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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-10-08, Collections de BAnQ.

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• le vlai ajpamaj ¦ Ceux qui ont aimé Fernand Seguin accueilleront cette offrande inespérée qu'est Le Cristal et la Chimère.D-2 ¦ Jean-Roch Boivin a lu le dernier roman de Marcel Godin, qu'il a trouvé dépourvu de sentiments.D-3 ¦ Lettres étrangères: les écrivains chinois contemporains nous font entendre leur cri après le silence forcé de la Révolution culturelle.D-4 ¦ Feuilleton : l’enfer semble attirer les auteurs qui scrutent leurs « angoisses de romancier ».D-5 Montréal, samedi 8 octobre 1988 Michel Morin le philosophe de la rupture v-ï J PHOTO CHANTAL KEYSER MICHEL MORIN Srtïf Et*; 'MC; C-K.t» « •?t >}'.A ému.« Depuis le début des années \%(), le territoire national du Québec a éclaté.Les Québécois sont sortis de leur réserve pour entrer de plain-pied dans le continent nord américain comme des individus.C'est-à-dire qu'ils font face maintenant au désert, au vide intérieur, aux grands espaces vierges à conquérir.» GUY FERLAND ON S’EN SOUVIENT, Michel Morin est ce professeur de philosophie qui, lors du référendum, avait pris position contre le nationalisme québécois dans un livre célèbre, Le territoire imaginaire de la culture, paru en 1979 et écrit en collaboration avec Claude Bertrand.Cette rupture avec tous les intellectuels d’alors, qui se rangeaient derrière l’idéologie nationaliste du parti au pouvoir, avait provoqué une sorte de scandale qui s’était transformé en exclusion.Depuis, plusieurs livres du même auteur sont parus dans le plus grand silence.Pourtant, à regarder la démarche de Michel Morin de livre en livre, on y aperçoit une grande continuité qui a abouti à cet ouvrage inclassable mais à méditer, Désert (Le Préambule).Après une période activiste à l’Université de Montréal, la lecture d’Althusser pousse Michel Morin vers le marxisme en tant que pensée .radicale qui remet en question toutes les formes de représentations courantes de l’humanisme, de l’anthropologie, de la sociologie, etc.« Dès le départ, précise-t-il, j’avais le goût de la pensée en tant que rupture avec les représentations courantes.» Mais ce sont le structuralisme et la pensée de .Jacques Derrida qui l’ont le plus marque dans ses années de formation en philosophie.Après quelques années de réflexion sur le marxisme, et tout en con-t inuant de donner des cours de philosophie au niveau collégial, Michel Morin sent le besoin d’intervenir dans la réalité culturelle et sociale.Cette intervention prendra la forme d'un livre étrange, où se mêlent les Voir page D-6 : Michel Morin RENÉ-LÉON CARON DE LA RUE SAINTE-CATHERINE Il y a encore des FRANCE LAFUSTE PLUTÔT QUE DE les voir mourir, je préfère les garder ici », me disait tout récemment M.Caron, libraire, bouquiniste, collectionneur de milliers de livres rien que pour leur éviter de croupir dans une bibliothèque publique, une institution privée ou chez un particulier.Certains attendront longtemps d’être classés, faute de temps.« Tout compte fait, ils mourront peut-être ici », dit-il un peu mélancolique.À vrai dire, il faudrait au libraire une patience de bénédictin pour en faire l’inventaire.Car, il y en a partout, de la cave au grenier, et même sous le plancher.En rangs serrés sur les rayons ou pêle-mêle sur de vieux bureaux, tapis dans les recoins, serrés dans les encoignures, les livres de M.René-Léon Caron se murent dans le silence de leurs caches de poussière.Cette passion de la chose écrite ne date pas d’hier.Elle naît dans la bibliothèque familiale et s’affirme au fil des lectures dont celles d’Anatole France « qui disait beaucoup de bien des libraires.» Pourtant, l’idée d’ouvrir une librairie ne lui vient qu’en 1968, après être passé par les Beaux-Arts, l'hôtellerie, le cinéma et la publicité.Première librairie rue Craig, deuxième Place d’Armes, la dernière rue Sainte-Catherine.Mais, au terme de 20 ans de métier, le ressort est un peu cassé.Convaincu d’être une es- pèce en voie de disparition, sacrifié aux lois d’un marché qui ne respecte plus les règles, M.Caron se livre non sans un peu d’amertume.Sa seule conviction ?« Satisfaire tous les besoins »; comme il le dit plus d’une fois, sans discrimination : « Je suis aussi heureux de vendre un vieux Bob Morane que les oeuvres complètes de Jules Verne ou de saint Thomas d’Aquin.Tenez, ce matin, j’ai vendu un bouquin sur l’influence de Rabelais en Acadie et un manuel de réfrigération.Ça a fait trois heureux, les deux acquéreurs et moi-même.» Heureux, M.Caron l’est aussi quand il me fait faire le tour du propriétaire et raconte la petite histoire de chacun des livres qu’il ouvre au hasard devant moi.Des livres parfois vieux comme la reine Jeanne, collections entières, fonds de biblio thèques publiques ou d’institutions religieuses, fonds de faillite ou livres de particuliers, achetés au compte-gouttes, dans les marchés aux puces, lors de voyages à l’étranger ou tout simplement chez un confrère : « Quand je rentre dans une librairie, j’achète toujours au moins un livre.Ça fait plaisir au libraire et je sais que je le revendrai un jour ou l’autre », dit-il en faisant voler la poussière d’un vieil ouvrage sur le frère Luc, premier peintre canadien.Il poursuit : « Ceux qui me vendent leur livre sont heureux de le voir passer dans d’autres mains.Chaque livre a une histoire, comme celui-ci, propriété de Charles Trenet, rap- libraires heureux porté par son frère et retrouvé dans un grenier de Magog ou celui-là, pé riodique de gare, vendu $ 0.25 dans les années 19110, à l’époque des tramways.» Mais il y a aussi Les bronzes de I.aliberté, ouvrage extrêmement rare dont il ne reste que très peu d’exemplaires après que le plus gros du tirage ait été détruit par l’éditeur Beauchemin.Ou encore cette étude ethnographique sur les Indiens d’Amérique du Nord, tirée à 300 exemplaires seulement et retrouvée par hasard dans un marché aux puces.Certains ont une valeur réelle comme cet ouvrage sur les meubles du Canada français ou le célèbre Ma ria Chapdelaine, illustré par Clarence Gagnon; d’autres ont une valeur bien relative, ils n’ont de prix qu’aux yeux de ceux qui les recherchent.Dans ce métier-sacerdoce, M.Caron a appris toutes les ficelles sans chercher à rivaliser avec les grandes librairies informatisées.« C’est un travail archaïque (pii demande beaucoup de manipulation et un personnel qui s’y connaît.Fini le temps des grandes librairies universelles, elles se sont fait bouffer par les grandes surfaces informatisées.» Inutile dans ces conditions de parler de rabais ou d’escomptes.Ce charabia mercantile fait regimber le routier du commerce qui en a gros sur le coeur et ne se gêne pas pour le dire : « Pourquoi les librairies seraient-elles des oeuvres de charité ?C’est déjà pas rentable et en plus il fau- drait faire des cadeaux ?Si le marché du livre se porte mal, c’est parce qu’on pousse les libraires à donner leur marchandise.Les institutions d’enseignement, les bibliothèques d’université n’achètent que dans les coopératives qui ne paient pas de taxes commerciales.Bientôt, il n’y aura plus une seule librairie à Montréal.» Il poursuit sa diatribe, le sourcil charbonneux .< Quand j’ai un livre, je lui donne le prix qu’il mérite.Je n’ai pas à le baisser simplement parce que l’éditeur a fait un mauvais choix ou un mauvais calcul, je n’ai pas non plus à me sentir responsable si les gens sont fauchés.Je fixe un prix en fond ion de la valeur (le l’ouvrage, de l’importance du sujet et de ma connaissance du marché.Personne ne m’obligera à le donner.» À son avis, le marché du livre est saturé : « Trop de titres, des prix trop élevés, et une durée de vie trop courte pour chaque bouquin, pas plutôt paru qu’il est déjà éteint.» S’il survit tant bien que mal, c’est grâce aux livres de seconde main (les 3/4 de son stock) : « En faisant du livre usagé et du livre neuf, j’ai un plus grand choix mais surtout des livres plus intéressants.» Des livres que les clients respectent bien peu, regrette le libraire.À une époque où tout s’ob-lient en déliant la bourse, M.Caron mènerait il un combat d’arrière-garde 7 l.a considération lui importe peu.Si ce Don Quichotte se bat contre des moulins, ses coups d’épée feront toujours tomber quelques têtes.PHOTO JACQUES GRENIER Entouré de ses livres bien-aimés, René-Léon Caron a tout d'un libraire heureux L’effet FRANÇOIS GRAVEL C’ÉTAIT UNE immense maison de briques rouges au toit couvert de tourelles et de lucarnes, dont les fenêtres minuscules étaient à moitié cachées par une vigne centenaire; une immense maison isolée, per due au bout d’un interminable chemin de terre, tout près de la frontière.Parce qu’elle avait les rondeurs de la vieille reine, et peut-être INEDIT \ \ François Gravel publiait en 19H5 La Note de passage et, en 1997, Benito, aux Editions Boréal.Professeur de sciences économiques au niveau collégial, ce jeune auteur aborde dans ce nouveau roman intitulé L’Effet Summerhill, également publié chez Boréal, la polémique fondamentale de la pédagogie moderne L’écolier doit-il vivre libre ou aussi les mêmes odeurs qui montaient de la cave, nous l’avions baptisée Victoria.J’avais 14 ans et je guettais par la fenêtre l’arrivée des inspecteurs.Je portais un blazer marine et un pantalon gris, mes souliers étaient vernis, mes cheveux cou- \ jlSLJSBl rrr»amrnic rDA\/n 1/ soumis à une discipline stricte ?A vec poésie et humour, il invite à une réflexion qui pourrait résoudre le dilemme.tendu le bruit des pneus sur le gravier, du moteur qui s’éteignait en tousso tant et des portières qui se fermaient, j’ai commencé à affûter mes armes.Depuis le temps que j’attendais ce moment, j'étais prêt.Ils n’étaient pas pressés d’entrer, nos inspecteurs, et je les entendais chuchoter jusqu’à ce que la tôle du capot, trop chaude, cesse de crépiter.Quand ils sont finalement entrés, tête basse, battus d’avance, mon père leur a offert une consommation sur un ton si peu invitant qu’ils ont été obligés de refuser puis, satisfait de sa petite victoire, il s'est retiré dans son bureau tandis que les inspecteurs s’installaient en face de moi, à la grande table de la salle à manger.Je les ai regardés droit dans les yeux.Ils ont eu beau tousser, poser leurs gros livres sur la table avec fracas, multiplier les cliquetis des styles, je n’ai pas cédé.L'un d’eux est passé à l’attaque, sans conviction : définition d’un triangle isocèle ?Tout doucement, comme si je m’adressais à un débile, j'ai entrepris un long exposé sur l’origine de la géométrie, m’attardant sur le théorème de Pythagore, énumérant les corollaires et les applications et m’in-terrogeant finalement sur ses curieuses positions philosophiques : comment pouvait-il prétendre que les chiffres sont à l’origine de toute chose ?Leurs regards se sont croisés : s’ils ne voulaient pas être ridiculisés, il leur fallait vite abandonner le programme officiel.Ils ont immédiatement contre-attaqué avec une série de questions courtes la racine carrée de Vole page D-6 : Summerhlll PAR MARCEL GODIN 237 pages/17,95 $ Un roman-document qui vous plonge dans l'univers des Hell's Angels Un monde infernal admirablement bien décrit ÉDITIONS ROBERT LAFFONT En vente chez votre fournisseur préféré Le Devoir, samedi 8 octobre 1988 LE PLAISIR /Lw LE PLAISIR E PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Une offrande inespérée de Fernand Seguin LE CRISTAL ET LA CHIMÈRE Fernand Seguin Éditions Libre Expression, 206 pages PIERRE CAYOUETTE ; LA « Grande Faucheuse » avait beau rôder inéluctablement autour de lui, Fernand Seguin a poursuivi presque jusqu’à la toute fin de sa vie son exaltante aventure intellectuelle à travers la culture scientifique.Ceux qui l’ont aimé accueilleront comme une offrande inespérée la parution de son recueil qui, dans la lignée de La Bombe et l'Orchidée, réunit une cinquantaine de chroniques diffusées à la radio de Radio-Canada dans le cadre de l’émission Aujourd'hui la science.Dans ce dernier et précieux rendez-vous avec nous, le grand communicateur livre avec sagesse et humour ses réflexions sur la vie, les animaux, la terre, les nourritures, les corps, le cancer, la société et l’éducation.Dans cet amalgame de sujets, Fernand Seguin s’affaire avant tout à distinguer le cristal à travers les oripeaux de la chimère.Tout en célébrant la joie de connaître, il se place au-dessus de la mêlée, un peu comme le baron perché de Calvino, et il cherche la dure réalité dans « les fantasmes qu'invente notre imaginaire dans l’espoir d’échapper à la banalité du quotidien ».Cette quête de la vérité l’amène à dénoncer l’intolérance, voire le néopuritanisme, à travers les « vérités scientifiques » qui entourent par exemple le discours officiel sur la prévention du cancer, discours qui ta- -pisse à pleines pages la grande presse.Aux « Bonhomme Sept Heure » de l’écologie, Seguin rappelle ainsi que l’intolérance à haute concentration lui paraît plus dangereuse que la miuf.Aux non-fumeurs sectaires en mal de certitudes, il soumet poliment que, bien que le tabagisme ne soit pas bon pour la santé, le cancer du poumon n’est pas le résultat d’une cause unique qui serait l’usage de la PHOTO MIA & KLAUS FERNAND SEGUIN cigarette.Courageux, il prend parti pour le plaisir et la liberté et ose dire (lue le tabac procure indéniablement du plaisir, qu’il est l'accessoire du rêve et de la contemplation et qu’il constitue un adjuvant précieux de l’activité intellectuelle.Aux médecins cancérologues adeptes de l’acharnement thérapeutique, Fernand Seguin demande s’il n’y aurait pas lieu de comparer les vertus de la fureur de vivre et la sérénité qu’entraîne l’acceptation de la durée biologique.Tout au long de l’ouvrage, Seguin défend la science comme une des aventures excitantes de l’esprit humain, aussi exaltante que l’écriture ou l’art dramatique.Au crépuscule de sa vie à l’aube du troisième millénaire, Fernand Seguin nous fait d’émouvants adieux et nous laisse sur une prophétie dont l’optimisme n’a rien de scientifique.« Je suis convaincu qu’à la première seconde de l’an 2000, dans le fracas de la musique et des feux d’artifice, dans une grande émotion d’adieux et de recommencement, il y aura quelque part deux amoureux aux yeux étoilés qui se reconnaîtront et qui se précipiteront l’un vers l’autre à la vitesse de la lumière.Alors le troisième millénaire pourra commencer .» LA VIE LITTÉRAIRE GUY FERLAND Un joli numéro La revue de la nouvelle A' YZ vient de publier un numéro sur la laideur.Des textes de Gilles Archambault, Aude, Denis Bélanger, Daniel Gagnon, J.Gagnon, Micheline La France, Monique Larue, Gilles Pellerin, Jean- m Vont - .minium l'LSS Marie Poupart et Monique Proulx, qui a coordonné le numéro, disent la laideur sous toutes ses formes.Les textes de Jean-Marie Poupart et de Gilles Archambault sont particulièrement réussis.D’autres nouvelles et un entretien de Gérald Gaudet avec Réjean Bonenfant complètent cette parution.D’autre part, la dernière livraison de la revue Le Sabord est consacrée, en partie, à la traduction de poèmes.Six poètes et six traducteurs se sont prêtés au jeu du cosmopolitisme.De plus, Pierre Chatillon et Noël Audet publient des nouvelles, tandis que Louis Caron présente un extrait d’un estuaire automne 1988 / no 50 poesie ' UN AüTtf * MAROg% Une anthologie à ne pas manquer 50 poètes 6,00 S l'exemplaire ?Abonnement 4 nos (1 an) 18 S ?Abonnement 8 nos (2 ans) 34 $ ?Abonnement 12 nos (3 ans) 40 S Envoyez votre chèque ou mandat poste à estuaire C.P.337, Suce.Outremont, Montréal, H2V 4N1 NOM.ADRESSE .CODE .Veuillez m'abonner à partir du numéro.roman inédit.Finalement, Anne Dandurand inaugure une série de quatre textes qui porteront sur les quatre saisons du corps.Les Éditions Télémédia et Les Publication Filipacchi viennent de conclure une entente en vertu de laquelle une section québécoise s’ajoutera à l’édition internationale du magazine Paris Match vendu au Québec.A titre d’éditeur délégué, Les Éditions Télémédia réaliseront des reportages d’intérêt québécois.Le contenu rédactionnel de cette section sera sous la responsabilité de Louise-Marie Côté, directrice des rédactions aux Éditions Télémédia, assistée de Claude Blanchard et Bernard Paré.« Notre but, a précisé Jacques l.ina, Président des Editions Télémédia, est d’augmenter sensiblement la diffusion d’une telle version enrichie de Paris Match à compter du numéro qui sera mis en kiosque le 14 octobre prochain.» Sur les ondes Pendant la première heure de Présent dimanche, à Radio-Canada AM dimanche matin, Léo Kalinda s’entretiendra avec Gérard Chaliand et Jean-Pierre Rageau, auteurs de Atlas politique du XXe siècle publié au Seuil.A l’émission lai Dédicace, dimanche prochain de 18 h à 19 h, à la radio communautaire CH AA FM, 103,1 de Longueuil, Daniel Tremblay reçoit Claude Poissant et André Brassard.Des collaborateurs discutent également des nouveautés en théâtre, roman, BD, essais, livre jeunesse, etc.À l’émission Profession poète présenté les jeudis à 21 h 30 sur les ondes de TV5, on pourra entendre Pierre Morency, recent lauréat du Prix de la Fondation de Forges, parler de son oeuvre et de sa vie de poète.La tombe de Marguerite Yourcenar retrouvée Un lecteur, M Paul Michaud de Saint-Lambert, nous fait part de sa découverte de la sépulture de l’auteur de L’oeuvre au noir.Pour nous renseigner, il nous donne les indications suivantes : «Il faut d'abord se estuaire vous invite à une soirée JAZZ et POÉSIE au 5240 av.du Parc, Montréal Le mercredi 12 octobre 1988 à 20h30 avec Yannick Rieux Ensemble et les poètes Claude Beausoleil Yves Boisvert Nicole Brossard Paul Chamberland François Charron Jean-Paul Daoust Denise Desautels Louise Desjardins Gérald Gaudet Gérald Leblanc Geneviève Letarte André Roy Elise Turcotte Billets: 10 $ Billets disponibles à tous les comptoirs TICKETRON Réservations téléphoniques 288-2525 rendre sur l’île du Mont Désert, au Maine, et de là au cimetière de So-mesvilles.(.) Ce cimetière est divisé en deux parties distinctes et Marguerite Yourcenar est enterrée dans sa partie la plus éloignée.(.) Én arrivant dans la deuxième section du cimetière, garder la droite, et sur un petit tertre à l’extrimité du cimetière, on retrouve la tombe de Marguerite Yourcenar.Comme il fallait s’y attendre, ou presque, il n’y a pas de grand monument funéraire; seule une simple plaque de pierre foncée indique le lieu.Sur celle-ci est inscrit : Marguerite Yourcenar, 1903-1987, Plaise à celui qui est peut-être/ de dilater le coeur de l’homme/ à la mesure de toute la vie.» YANNICK RIEUX * Jazz et poésie Le mercredi 12 octobre prochain, la revue Ksluaire présente un spectacle jazz et poésie au Club Soda (5240, av.du Parc, Montréal), à 20 h 30.Le Yannick Rieux Ensemble se joindra aux poètes Claude Beausoleil, Yves Boisvert, Nicole Brossard, Paul Chamberland, François Charron, Jean-Paul Daoust, Denise Desautels, Louise Desjardins, Gérald Gaudet, Gérard Leblanc, Geneviève Letar-tet, André Roy et Élise Turcotte.Les billets, au montant de $ 10, sont disponibles à tous les comptoirs ticke-tron.On peut aussi réserver en appelant au 288-2525.La Société des écrivains canadiens Lors de sa dernière réunion, le Conseil général de la Société des écrivains canadiens (SEC) a élu Gilbert Lévesque à la présidence générale de cette association littéraire fondée en 1936.Le bureau de la SEC est donc maintenant composé de Gilbert Lévesque, président général; Michel Champagne, vice-président général; René le Gère, secrétaire général et Yves Dutil, trésorier général.Rencontres Henri Tranquille et Yves Gauthier vous invitent à la prochaine réunion des Gens du livre au bar Le Mélomane, 812, rue Rachel est, Montréal, de 19 h à la fermeture, tous les premiers mercredis du mois.Dans le cadre de ses soirées «À livre ouvert», la Société des écrivains canadiens présentera au grand public, le 12 octobre prochain, trois poètes : Pierrette Champoux, Mona Latif-Ghattas et Patrick Coppens.L’événement aura lieu au restaurant Chez Marleau, 323 rue Roy est.Contribution suggérée : $3.Le Cercle des amis de la littérature, affilié à la SEC, invite le public à sa première rencontre auteur-lecteurs de la saison 1988-1989.La conférencière sera Marguerite Beaudry, qui vient de publier son autobiographie sous le titre de Souvenirs d'amours, aux Éditions Libre Expression.Elle a choisi comme thème de sa causerie : Écrire pour retenir le temps qui fuit.Cette rencontre aura lieu le mardi 11 octobre, à 20 h, à l’auditorium de la Maison de la culture de la Côte-des-Neiges (5290, chemin de la Côte-des-Neiges, angle Jean-Brillant).L’entrée est libre.Ateliers d’écriture Cap-Kamouraska offre des ateliers d'écriture littéraire donnés par Johanne Lepage, écrivaine et journaliste, boursière du Conseil des Arts du Canada.Ateliers 1 : invitation à récriture créatrice (durée : dix heures), les mercredis 12,19 et 26 octobre de 19 h à 22 h.Coût : $10.Ateliers 2 : Perfectionnement de l'écriture romanesque (durée de 15 heures), les mercredis 2,9,16,23 et 30 novembre, de 19 h à 22 h.Coût : $ 15.Les cours seront donnés à l’Ancien Palais (le justice de Kamouraska.Pour vous inscrire téléphonez au : (418) 492-9458.LE FELIN LES MORTS NOUS PARLENT l 'mnçois Brune 301 pages - $36.95 Le père François Brune, théologien, à travers une étude de textes souvent inexploités, apporte la preuve que l’éternité, loin d’être une croyance dépassée, constitue maintenant une vérité d'evidence.Les mods nous parlent VIERGE POURQUOI LA VIERGE APPARAÎT AUJOURD’HUI Anna-Maria l'un 448 pages — $39.95 Sceptiques ou animés de foi, nous sommes tous concernés par les multiples apparitions de la vierge l.a vierge nous parle; à nous de l’écouter.LE CRIME AU POUVOIR (iennaro Hgidio 285 pages - $38.95 La pieuvre de la criminalité a mille noms et mille visages, l’omniprésente industrie du crime déstabilise les individus et les États.Personne n'est a l’abri, qui tire les ficelles, et qui est victime?Éditions du Félin/Diffusion Raffin 7870 Fleuricourt St-I >éonard.Que.H1R 213 Fiction et biographies 1 Le Boucher Alina Reyes Seuil d)- 2 Le Bûcher des vanités Tom Wolfe ’ Sylvie Messinger (2) 3 Le Zèbre Alexandre Jardin Gallimard (5) 4 La Lectrice Raymond Jean Actes Sud (7) 5 Le Langage perdu des grues D Leavitt DeNoël (3) 6 Sur la Route de Gondolto Robert Ludlum Laffont (4) 7 Les Tisserands du pouvoir Claude Fournier Québec/ Amérique (-) 8 Anne d'Avonlea Lucy-Maud Montgomery Québec/ Amérique (-) 9 L'Épopée du buveur d'eau John Irving Seuil (9) 10 Replay Ken Grimwood Seurl (8) Ouvrages généraux 1 Le Cristal et la chimère Fernand Séguin Libre Expression (3) 2 L’Homme qui devint Dieu Gérald Massadié Laffont (2) 3 Le Défi alimentaire de la femme Louise Lambert- Lagacé Édition de l'homme O) 4 Le Dictionnaire du Français plus Collectif Centre éducatif et culturel (4) 5 Multi-dictionnaire des dificultés de la langue française Marie-Eva de Villers Québec Amérique (5) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Rat-tin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi Les Bouqui nistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa: Trillium: Sherbrooke Les Bi blairies G.-G Caza; Joliette : Villeneuve, Drummondville Librairie française • Ce chiffre indique la position de l’ouvrage la semaine piecédente Trois méthodes pour s’initier à la musique LE CHANT SANS PROFESSEUR Graham Hewitt 99 p LA GUITARE SANS PROFESSEUR Roger Evans 126 p.LE SOLFÈGE SANS PROFESSEUR Roger Evans 110 p.Éditions de l’Homme ISABELLE PARÉ À L’ERE où les « learn il by yourself books » inondent le marché de l’édition, c’est d’un oeil suspicieux qu'on accueille les nouvelles parutions promettant encore une fois de nous montrer en un tour de main ce que notre esprit têtu et borné s’est jusque-là rebuté à apprendre avec ou sans professeur.C’est donc en souhaitant qu'ils ne tombent pas dans la catégorie des livres ennuyants qu’on délaisse à la dixième page et qui nous relègue au triste rang des autodidactes déçus qu’on aborde les trois nouveaux ouvrages publiés par les Éditions de l’Homme, l.a Guitare sans professeur, Le Chant sans professeur, et Le Solfège sans professeur.D’emblée, le slogan « utilisez votre potentiel vocal au maximum sans l’aide d’un professeur» a des odeurs de publicités de diète-miradjle qui laissent présager le pire.Mais, surmontant tous ces préjti gés, je dois dire que la facture des trois méthodes, claire, concise, et enjolivée d’illustrations, invite néophytes ou initiés à parcourir avec Intérêt et sans effort les explications théoriques fournies par l’auteur.I .es croquis, le style simple et très Imagé parviennent, surtout pour la méthode de chant, à très bien faire comprendre au lecteur les techniques de bases que s’échinerait à démontrer un professeur.Lu méthode de chant amène d'une façon d’ailleurs très imaginative l'autodidacte à pratiquer les exercices (souvent ennuyeux) de respiration et de posture nécessaires à la technique du chant, en les intégrant à ses activités quotidiennes.Chose que bien peu de professeurs réussis sent à faire pour amener leurs élèves les plus butés à acquérir la technique préalable au chant.Mais que ceux qui aspirent à se muscler les cordes vocales à la manière d'une Barbra Streisand ou à se développer le coffre d’un Caruso se désillusionnent.Même bien expliquée et bien pratiquée, la méthode de chant proposée par Graham Hewitt est toutefois un peu limitative et contredit même certains principes mis de l’avant par les écoles de chant « moins classiques ».S’il est vrai que peu de gens peuvent rêver de couvrir huit octaves, e'esl une vision un peu mince des choses que de dire que les altos resteront altos quoi qu’ils fassent, comme le prétend l’auteur.Que les voix sablonneuses, à la ‘Alcide Ouellette', ou les nasillardes, devraient se garder de reluquer les octaves plus élévés.La méthode proposée se veut donc éminemment « classique » et l'autodidacte ne peu! donc espérer en tirer qu’une initiation aux plaisirs du chant.Même portrait pour les méthodes de guitare et de solfège, qui se veu lent line introduction pour le débutant, mais survolent parfois de façon rapide une théorie peu évidente à ingurgiter pour le néophyte.Bien qu’ parfois mè.^ n.u.uu.iv.»,.Méthodes « sans professeur » des Éditions de l’Homme n'ont toutefois pas le mérite d’être I ra luites dans le français le plus harmonieux qui soit Bref, si vous êtes de ceux qui abhorrent le jargon technique des pro fesseurs, ou leurs taux horaires coûteux, ces trois méthodes « apprenez le par vous même » peuvent sans aucun doute être en bonne entrée en matière dans le monde de la musique.LA LIBRAIRIE RENAUD-BRAY recherche LIBRAIRES D’EXPÉRIENCE Téléphonez pour rendez-vous 342-1 51 5 Demandez René Girard de la lettre groupement (Je librairies ,0* v LES ECRIVAINS >* DE LANGUE ALLEMANDE DEPUIS 1945 Les écrivains de langue allemande depuis 1945 I 4 ^ Le Devoir, samedi 8 octobre 1988 ¦ D-3 PLAISIR des L P i ias LE PI MSIR LE FL.S R 'LE PLAISIR livres Un roman jaune pour les lecteurs français LES ANGES Marcel Godin Paris, Robert Laffont, 1988 236 pages.QU ELQUK CHOSE m'a passablement asticoté tout au long de la lecture de ce roman.Qui m’agace encore profondément et que je voudrais énoncer simplement, mais ce n’est pas simple.Ceci.Qu'un écrivain Jean-Roch BOIFTN _ettres ?québécois réussisse à publier chez un éditeur français, moi je dis chapeau ! A une plus grande diffusion dans le marché francophone, je dis bravo ! Notre littérature québécoise est plus riche que jamais.Si on l’écrivait en anglais, les Français, qui n’en finissent plus de découvrir l’Amérique à en croire les Yves Berger et Philippe Labro, nous redécouvriraient avec la même ferveur qu’ils mettent à traduire les Américains d'abord, les Italiens, les Allemands, tutti quanti et bravo ! Ne rêvons pas en couleur.Qu’un écrivain québécois, qui a obtenu l’an dernier le prix du Journal de Montréal pour son qua-t rième roman et sa huitième publication, décide d’écrire un roman sur la célèbre affaire des Hell's Angels du « chapitre » de Laval retrouvés dans des sacs de couchage et les pieds coulés dans le béton au fond du fleuve, je dis génial ! Et je com- prends l’éditeur français d’avoir cru.et de n'avoir rien compris.« Les anges », ça vous dit quelque chose ?Comme moi, vous n’en connaissez pas mais on en a vu, à la télé, sinon dans la rue.Ni vous ni moi n’oserions, à leur face, les appeler comme ça.On les appelle les Hell’s, ils y tiennent et, si on veut en faire un titre, qu’on les appelle « les anges de l’enfer », puisque c’est le nom qu'ils se donnent.Ne soyons pas vétilleux.On peut comprendre que, pour le lecteur prisonnier de l’hexagone, des notes en bas de page soient nécessaires pour expliquer ce qu’est un pusher, un dealer, et un « pourvoyeur » dans un domaine de chasse et pêche.Bien sûr, on a tous vu John Wayne hoqueter du parigot dans les films doublés, mais des Hell's qui parlent de « gon-zesses » de « came », de « blé » et qui sont « poivrés », ça me ferait plutôt rire au mauvais moment.J’aimerais en rire.Je trouve plutôt ça pitoyable.Vétilles ?Ça m’atteint dans mon côté colonisé, mon côté vulnérable pour lequel je prends régulièrement des doses massives de littérature québécoise et je m’en trouve fort bien, merci ! Je repense au Bateau d’Hitlerde Pierre Turgeon que j’avais médiocrement aimé, je n’en aimais pas le ton, mais j’en trouvais un qui était un style, j’y trouvais une structure romanesque, un effort de signification était là, ne m’en déplaise ! Si je compare ces deux romans, ce n’est pas seulement qu’ils sont publiés en même temps et par deux écrivains chevronnés que des prix ont consacrés, mais surtout que leur entreprise était inspirée de faits divers ou MARCEL GODIN de faits sociaux, ainsi qu’on appelle la mort quand elle se présente à plus d’un exemplaire.Je me suis déjà vanté en public de savoir trouver des qualités aux plus obscurs récits s’ils se donnaient un peu d’amour, désir, de compassion, de tendresse, d’empathie, de sollicitude pour leurs personnages, de respect pour leur propos.Aujourd’hui, après Zola et la « tralée » d’Américains qui savent convertir les coupures de journaux en roman, de Truman Capote, à James Michener, à Tom Wolfe, pour ne nommer que les comètes, je ne trouve aucune vertu, no redeeming value pour parler cheap, à ce roman.On appelle ça des docu-romans.On n’invente plus, on transpose.Sans doute étais-je indisposé.Par des vétilles, en plus.Cela peut indisposer le lecteur, la lectrice.Mais, comme tous les masochistes, je me suis obstiné.J’ai poursuivi ma lecture jusqu’à la fin.À mon gi and dam, parce qu’ayant vu de ces gens-là de près, sans en avoir connu aucun, j étais curieux comme ça ne se peut pas.J'en ai été quitte pour une histoire de « bums » dans le langage d’un séminariste qui se serait documenté dans le dictionnaire de la psychologie de Pierre Daco.On trouve dans ce roman de nombreuses scènes de sexe aussi érotiques qu’un comptoir de sex-shop.Chaînes, talons aiguilles, cache-sexe, toutes choses qui devraient nous allumer comme des commutateurs, et pour lesquelles le romancier a dû mettre son talent à contribution puisque cela, sans doute, ne relevait pas strictement de la documentation.À la page 112, on apprend un peu d’où viennent « les anges », d’où ils sont nés.On va commencer à apprendre des choses par le biais d’un personnage de journaliste travaillant à La Presse et du policier enquêteur.Les ficelles du récit sont énormes.Après que le policier ait longuement expliqué à son ami le pourvoyeur les origines et les moeurs des motards, il se demande : « Qu’est-ce qui me prend de lui raconter ça ! Ce n’est pas dans mes moeurs d’être si bavard.» Petite astuce de l’auteur pour nous livrer un pan de cette information que le livre forcément doit charrier.A cet égard, le personnage du journaliste devient si utile pour le narrateur que, ne sachant plus comment conclure, il nous concocte une touchante histoire d’amour filial, qui devrait donner à ce roman les quelques onces de sentiment dont il est par ailleurs totalement dépourvu.Triste affaire ! Des mémoires qui ouvrent une tranche passionnante de notre histoire collective SOUVENANCES 2 - Remous et éclatements Père Georges-Henri Lévesque, Éditions La Presse, 308 pages, entretiens avec Simon Jutras.MARIE LAURIER AVEC UNE MEME ferveur et une égale passion pour la vérité, le père Georges-Henri Lévesque continue de nous ouvrir tout grand le plus palpitant livre d’histoire du Québec, je dirais même du Canada français tout entier, lui qui fut en quelque sorte l’instigateur de notre évolution collective pendant plus d’un demi-siècle.En publiant enfin cette semaine la suite tant attendue de ses mémoires, à 85 ans le dominicain nous lègue un bien précieux héritage et nous livre en contre-plongée sa version des années que l’on a qualifié de « grande noirceur » et qui ont précédé la « révolution tranquille ».Aux yeux du père Lévesque en tout cas, ces étiquettes ne soutiennent pas son analyse de cette époque effervescente de 1938 à 1957 qui ont constitué pour une large part le ferment de la société moderne dans laquelle nous vivons présentement.Dans cet esprit, le deuxième tome de son autobiograhie écrite dans une langue plus belle et soignée que le premier, un souci non négligeable pour ce genre littéraire — il a été secondé par son interlocuteur, le père Simon Jutras — jette un éclairage essentiel pour la compréhension de notre cheminement.D’entrée de jeu, le mémorialiste nous raconte les péripéties de la fondation de la Faculté des sciences sociales en 1938.Un forum qui allait at-I irer et mobiliser les forces vives de l’intelligentzia québécoise et former un grand nombre de nos chefs de file, de nos penseurs de la réforme virtuelle entreprise au début des années 1960.Le père Lévesque se fait un devoir de distribuer à ahacune de ces personnalités un témoignage un peu trop laudatif pour la patience du lecteur de 1988, ce qui est strictement son droit et son privilège, reconnais-sons-le.Cependant que le chapitres sui-vants traitant de la crise de la con-fessionnalité et de la Commission Massey sur l’avenir des arts, des lettres et des sciences au Canada, deux dossiers pour lesquels le père Lévesque a pris une part active restent à mes yeux les pierres d’assises de cet ouvrage qui fourmillent de renseignements inédits sur des événements dont on récolte encore les retombées.Mais là, attention : l’auteur ne cède rien à la complaisance quand il s’agit de pourfendre ses détracteurs, le premier ministre Duplessis notamment qui lui a donné du fil à retordre en t enant à l’oeil l’école des sciences sociales qu’il associait volontiers à -«M W I I .k»____.1 Le père Georges-Henri Lévesque en 1984.J&.• un foyer de communisme et de socialisme, des concepts dont il avait horreur.En dépit de ces affrontements avec l’autorité civile, le père Lévesque sait faire la part des choses dans son analyse des êtres humains et de leur comportement.Dans le cas du fondateur de l’Union nationale, il reconnaît que c’est surtout lorsqu'il accepta de siéger à la Commission Massey que le grand prêtre de l’autonomie provinciale lui coupa les vivres, l’accusant de pactiser avec le fédéral, lui qui craignait tant l’ingérence d’Ottawa dans sa gestion jalouse de la « Belle Province ».Au fur et à mesure que nous poursuivons la lecture de l’ouvrage, le ton de la critique du père Lévesque monte et se fait même caustique.À l'endroit du chanoine Lionel Groulx, de François-Albert Angers, entre autres, qui confondaient volontiers « le national et le religieux » et défendaient âprement la juridiction symbiotique d’un Québec français et catholique.L’action du dominicain, plus ouverte sur le monde, favorisait la non-confessionnalité des coopératives et l’acceptation d’une aide financière du fédéral pour les universités.Ce qui a donné lieu à des échanges épiques dans les journaux et les revues, des discours passionnés sur les diverses tribunes, et surtout une volumineuse correspondance — on écrivait encore des lettres dans ce temps-là — où l’on plaidait sa cause, expliquait et réexpliquait ses points de vue.Au nom de la justice et de la vérité toujours, le père Lévesque nous donne sa version de l’affaire Mgr Charbonneau, étant convaincu qu’il fut « le plus célèbre martyr » et le « bouc émissaire de tout un système » et à ce sujet il sera en désaccord avec l’interprétation du chanoine Groulx dans ses mémoires concernant les circonstances de la démission suivie de l’exil de l’ancien archevêque de Montréal.Le dernier chapitre,« Culture sans frontières », porte sur la Commission Massey d’où devait naître le Conseil des arts du Canada.Une expérience fort enrichissante pour le « commissaire en soutane blanche » mais qui lui a valu sa part d’ennuis personnels et qui a provoqué une critique injustifiée, certains commentateurs et journalistes comme André Laurendeau, du DEVOIR se faisant sceptiques quant à l’objectif de cette enquête pan-canadienne.Encore une fois dans ces pages, le narrateur parle avec componction de ses collègues de la commission fédérale, de son président, Vincent Massey qui allait devenir le premier gouverneur général canadien.Et il nous présente le premier ministre de l’époque, Louis Saint-Laurent s’employant au nom de l’histoire à corriger « l’oubli dans lequel sa mémoire semble sombrer progressivement ».Ces quelques notes de lecture, bien succinctes en regard de tant d’événements qui ont eu et ont encore leur poids lourd de conséquences dans notre évolution, suffissent-elles à donner le goût de lire ces Souvenances ?J'ose l’espérer, ne serait-ce que pour les dernières pages où le père Lévesque rappelle non sans humour qu’il a failli être nommé sénateur.À sa grande surprise, sa nomination fut bloquée à la dernière minute, pour une raison qu’il ne s’explique pas encore ., essaie-t-il de nous faire croire ! Avait-il oublié qu’il était avant tout un dominicain, une vocation qu’il n’a jamais remise en question, peu s’en faut, ce qui le conduira à relever d’autres défis, à la Maison Montmorency et à l’université du Ruanda ?D'autres souvenirs déjà tout prêts pour le prochain livre qui devrait boucler la boucle d’une si riche vie.une rentrée enivrante! Didier Van Cauwelaert L’orange amère L orange amère «Un roman tout à fait farfelu et tendre Un conte léger, léger.Du champagne, en somme, que l'on déguste sans se poser de questions.Un roman très proche du non sense américain.» ./arques Folch - Rihas h: rressi I9.95 % » i U Aux Editions du Seuil Faire et défaire avec les mots GUY FERLAND ROSE LES PAVAGES DU DESERT avec 11 miniatures de Louise Paillé, Jocelyne Felx, Éditions du Noroît/ Table rase, 93 pages Ces poèmes, imprimés sur du pa pier rose et accompagnés de 11 miniatures qui rappellent les fresques de Lascaux, jouent une mélodie en contrepoint qui nous surprend.En parlant de Rose, des arbres, du fleuve, de la terre mauricienne, l’auteure parvient à poser les questions fondamen taies de l’existence.« Mais où être à travers cela ?/ Où rêver sa langue quand tant/ d’arbres tombent/ en nos mots,/ allant dessiner/ autant que le fleuve/ le pays natal ?» Dans la deuxième partie du recueil, intitulé Les vents de l'intérieur, les figures de Pascal, de Léonard malien et de Mona Lisa viennent interroger le monde et sa mécanique.L’art de Jocelyne Felx consiste à imbriquer la science et la poésie la plus pure pour nous étonner au détour de chaque vers.Le lecteur est vraiment saisi par la sensibi lité à fleur de page qui respire de ces poèmes sans espoir.« Et qu’est-ce qu’un nuage/ sinon la plastique provisoire d’un instan t/l’oxygène de la liberté perdue/ avant le sourire et les mots/ pour dire les choses ».Jocelyne Felx fabrique, au sens étymologique du mot poésie, de la pensée avec des mots.Du grand art.HUMOUR ROULE IDEAL avec huit dessins de Roland Giguère Patrick Coppens, Éditions du Noroît/ Table rase, 92 pages.L’humour n’est jamais gratuit, de même que les jeux de mots.Patrick Coppens connaît bien l’art de retourner une phrase comme un gant.Dans ces fragments, il joue au plus malin et il n’ennuie jamais On dirait qu'il écrit par à coups, sous l’inspiration (il di rail l’expiration) du moment.Quelques exemples : « combien d’hommes, abandonnés à eux-mêmes, reviennent à l’état de penseur ?» « La ville est ce qu’il y a de mieux, quand le mieux est ce qu’il y a de vil.» « Intellectuel heureux, son «< subconscient freu-donne.» «L’hérédité ?Quelle blague ! Tenez, même le fils du pendu s’en balance.» « Voilà ce que j’appelle l’effet Provigo : quand on a la bouche pleine, Iç* raisonnement s’articule moinç bien.» On pourrait continuer comme cela pendant des heures.Patrie Coppens, en quelques phrases, met le doigt là où ça cloche.ESPACE AIRES SANS DISTANCE avec 12 photographies de l’auteure, Germaine Beaulieu, Éditions du Noroît, colt.« L’instant d’après », 78 pages.Ces Aires sans distance sont indéterminées; elles représentent un voisinage indéfini, comme les photographies qui illustrent le recueil Champignons?Écorce?Signes ?Formes ?La perspective joue des tours.L’auteure tente, par la magie de la juxtaposition des mots de « déjouer les structures du réel », pour parvenir à la jouissance.Elle y parvient en effet, en ébranlant nos références habituelles dans des vers que même Lacan n’aurait pas désavoués : « Imaginer le réel/ où le fantasme rend évidente la réalité./ Jouer la mesure du temps,/ du geste./ S’imposer la lucidité d’une alternative/ où le corps s’éprend de désir.» Il n’y a pas de raison au rythme du temps, nous dit ailleurs la poète.La réalité n’est qu’un prétexte à ces magnifiques textes qui sont réels dans leur recherche pour atteindre la constellation du féminin.If’ ÿm\ XhaniPiôny I Iraramit l!OK$ifKJX6 inæi: Librairie Champigny inc.4474, rue St-Denis Montréal (Qué.) 844-2587 _ 9H à 21H • 1 SEPT JOURS Fiction A C 7c Alina Reyes Le Boucher mman/SeuH Aux deux librairies BERTRAND Place Ville Marie: 861-5808 & 3456, Saint-Denis: 849-4533 FAX (514) 849-5087 SHERBROOKE Sur tous les autres titres vous obtenez jusqu’ à 25% en "divûientles” échangeables en tout temps goleil Fe®®eS éditer NOUVEAUTÉS VLB Dominique Blondeau -EMMES DE SOLEIL Soleil, exotisme, amour, qui n’en a pas rêvé, du côté du réel ou de l’écriture! Voici 12 nouvelles qui nous présentent des femmes solaires, mouvantes et fuyantes comme l’eau, plongées dans le maelstrom des passions et des amours sans cesse défaites.Hélène Pedneault CHRONIQUES DÉLINQUANTES de La Vie en Rose Voici enfin réunies les fameuses chroniques d’Hélène Pedneault, qui ont fait les beaux jours de la revue La Vie en Rose.De l’humour, de la bonne humeur, une saine pensée critique, un regard acide sur notre société.Préfacé par Clémence Desrochers.vlb éditeur DE LA GRANDE LITTÉRATURE puantes ’l0 «Uteur D-4 B Le pevoir, samedi 8 octobre 1988 LE PLAISIR ///v LE PLAISIR ‘ ' LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Les écrivains chinois contemporains se penchent sur d’irréparables injustices LA REMONTEE VERS LE JOUR Nouvelles de Chine (1978-1988) (Anthologie) Ed.Alinea, 1988, 270 pages.PENDANT LONGTEMPS, on avait estimé que, pour comprendre la Chine moderne, U suffisait de lire Han Suyin.Tout en vivant à New York, elle avait chanté les louanges de Mao Tsé-Toung dont les politiques Alice R4RIZEAU ?culturelles consistaient à envoyer dans les camps de concentration, désignés sous le nom général de « camps de redressement de person nalité », des romanciers qui osaient contredire le « dogme ».Sans le savoir et sans le vouloir sans doute, Il an Suyin, romancière brillante par ailleurs, condamna ainsi ses confrères de plume à ne pas être traduits en français ou en anglais.Les éditeurs américains qui s’occupaient activement de faire connaître son oeuvre la présentaient comme « le reflet fidèle de la culture et des réalités chinoises » et dès lors la place était en quelque sorte prise.Les romanciers, susceptibles de contredire cette affirmation, n’étaient plus rentables, y compris Pearl Ruck qu’on déclara « dépassée ».Désormais, il convient par consé-quent de saluer l’initiative de la maison d’édition d'Aix-en-Provence, Alinea, qui vient de publier les nouvelles des écrivains chinois contemporains.En premier lieu, ils ont été reçus en France en mai et juin derniers dans le cadre de la promotion des littératures mal connues du grand public Cette initiative du ministère français de la Culture et de la Communication met à la portée des lecteurs une certaine synthèse de la production littéraire chinoise et en tant que telle essaie d’effacer en partie les irréparables injustices du passé.Certes, on aborde le volume avec appréhension, puisqu’il est toujours à craindre que ce genre d’anthologie ne pèche par la partialité du choix de textes, mais très rapidement on découvre à quel point ils sont intéressants et c’est là une surprise fort agréable.Il s’agit de nouvelles, fascinantes à plus d’un titre, une vision de la philosophie chinoise qui ressemble à un cri après le silence forcé de la « Grande Révolution culturelle » et du règne de la « Bande des Quatre ».C’est l’explosion où les romanciers chinois racontent le désespoir avec cette ironie proche du « Procès » de Franz Kafka et de l’oeuvre de George Orwell.Chez Gu Hua, dont le roman « Hibiscus » a été traduit en plusieurs langues, comme chez Bai 11 ua, il y a, en outre, une sorte de recul, comme si les goulags chinois dont ils parlent s’inscrivaient dans une longue chaîne de cruautés hu- I uts le jour \im*i Ilex ilr IhfMi ;|17H l'HlHi ' I IrfNili' Knt / M.INE4 \ maines, sinistres, mais inévitables.Philosophes, ces écrivains observent les victimes, acceptent de leur servir de porte-parole, mais n’épousent leur cause qu’indirectement et cela donne d’autant plus de force à la patience résignée de braves gens dont les espoirs ont été annihilés.On les retrouve, ces êtres humains, sacrifiés à l’idéologie, avec Gao Xingijan qui relate dans sa nouvelle leur absurde attente et chez Mo Yan qui démontre l’inutilité de la propagande et des promesses d’abondance.Mo Yan, qui n’a que 32 ans, fils de paysans, élevé dans l’armée et éduqué grâce à elle, dont la carrière littéraire commence seulement, dénonce aussi cette violence indigne de l’être humain qui a été celle de la révolution culturelle.Un autre thème est traité par Han Shaogong qui s’élève contre le pouvoir central en racontant comment Chen Mengtao fut réhabilité, libéré et condamné à collectionner les bouchons de bouteilles, sa seule lubie, mais aussi son unique possibilité d’échapper à l’ennui et d’avoir un semblant d’existence personnelle.Dans sa préface, Claude Roy (premier prix de poésie décerné par les Goncourt en 1985), parle « d’une littérature sinistrée » et des jeunes romanciers qui « après la tourmente » se remettent au travail.C’est là une approche, qui correspond à une réalité, mais ce qui frappe surtout à la lecture de l’ensemble de l’anthologie, qu’il est impossible de résumer ici en traitant de chaque nouvelle, c’est la parenté culturelle entre les romanciers russes, chinois,- ou encore tchèques et polonais.Tout se passe comme si l’oppression totalitaire devait être dénoncée tôt ou tardtlans la littérature, mais celle née en Chine apporte à cet égard une dimension différente de la tradition judéo-chrétienne.Stoïques, dépouillées de pitié et de toute forme de jugement moral, ces oeuvres sont d’autant plus poignantes dès lors qu’elles soulignent l’aspect irréparable des injustices et le fatalisme incroyable des masses qui en sont toujours et partout les victimes.Le mariage de l’anarchisme et du libéralisme L’ANARCHO-CAPITALISME Pierre Lemieux, Presses universitaires de France collection Que sais-je ?ALBERT JUNEAU ET SI LES sociétés occidentales pouvaient progresser et se développer sans État ! Cette utopie est développée par le Québécois Pierre Lemieux dans un petit livre synthèse que viennent de publier les Presses universitaires de France.Dans une langue claire et accessible, l’auteur y présente les grandes lignes de la doctrine anarcho-capitaliste qui est à la base de la cité idéale des libertaires.Cette dernière résulte essentiellement du mariage et des limites de deux doctrines : l’anarchisme, dont le principe de liberté est étendu à l’ensemble de l’économie, et le capitalisme, qui envahit le social et les conditions de base de la vie en société.La pensée libertaire se fonde sur la primauté absolue de l’individu.Robert Nozick, philosophe à l’Univer- sité de Harvard, soutient que les droits découlent de l’individualité de l’existence humaine : « comme il n’y a d’existant que des individus, eux seul comptent moralement, eux seuls ont des droits.» Selon les libertaires, comme l’économiste Friedrich Hayek, « pour être efficace, l’ordre social doit demeurer spontané.» Les libertaires en déduisent que les biens publics, y compris la sécurité publique — police, tribunaux, prisons et défense nationale —, n’existent pas.Ils soutiennent que la sécurtié publique serait produite plus efficacement par le marché que par l’État.« Le coeur de la théorie anarcho-capitaliste se trouve dans cette démonstration, affirme Pierre Lemieux.» Ainsi, aux yeux de l’auteur, la privatisation des tribunaux civils apparaît tout à fait concevable et réaliste.Pierre Lemieux rappelle que l’arbitrage privé des conflits est fort répendu aux États-Unis.Mais comment, à défaut d’un pouvoir public contraignant, assurer l’exécution des sentences ?Morris et Linda Tannehiil surmontent cet obs- I Flammarion NOUVELLE.ADRESSE Xs\0' r\ \V/ 'A V , y’ v.i , A A' a V aV.PIERRE LEMIEUX tacle en imaginant un système d’assurances qui permettrait aux victimes et à leur assureur d’être dédommagés.La justice pénale serait aussi garantie par des tribunaux privés.Grâce a la concurrence entre eux, les tribunaux pénaux seraient incités à maintenir une réputation d’impartialité, de justice et d’efficacité.Une procédure d’appel pourrait être instaurée.L’absence de tribunal de dernière instance pose un problème que les libertaires résolvent en invoquant le pouvoir de l’intérêt personnel : « Il n’est dans l’intérêt d’aucun protagonistes, note Pierre Lemieux, de régler leurs conflits sur les champs de bataille.La lutte armée coûte très cher à un individu seul mais aussi à une firme privée.» Chaque conflit trouverait donc sa propre « cour su- prême » qui varierait d’un conflit à l’autre.Et c’est la même logique qui conduit les libertaires a concevoir la défense nationale comme un bien privé.La prédominance des droits individuels relègue le nationalisme au rang d’un sentiment secondaire qui n’influe que marginalement sur # les décisions individuelles.Aussi les ’ anarcho-capitalistes parlent-ils plutôt de défense territoriale.Mais comment éviter la menace extérieure ?Les libertaires répondent qu’une société basée sur le droit individuel, n’étant plus un État-nation, ne constituerait aucun danger pour aucun autre État.Car, aux yeux des anarcho-capitalistes, c’est l’État qui rend possible et justifie la guerre internationale ; l’abolition de l’un entraînera la disparition de l’autre.Dans la dernière partie de l’ouvrage, l’auteur anlayse les critiques les plus courantes formulées à l’endroit de l’anarcho-capitalisme.L’une en particulier concerne la concurrence et les tensions entre des firmes privées de sécurité publique qui peuvent conduire à l’affrontement armée et à la guerre civile.L’économiste David Friedman par exemple, hésite à retirer la sécurité publique du champ de responsabilité de l’État : « Le cas échéant, dit-il, je n’essaierais pas d’abolir ce dernier vestige de l’État.Je n’aime pas payer des impôts, mais je préfère quand même les payer à Washington plutôt qu’à Moscou.» Au terme de.cet ouvrage dense, le lecteur est frappé par le caractère éminemment rationnel et raisonnable de la société sans État.Et si les hommes n’étaient, comme l’écrivait Thomas Hobbes, que des loups pour l’homme et leur vie ! XUIOMNt 198» NUMtilO 4 VOIUMI 11 v A i di»tin«te» nime l'art et le commerce ou la belle et la bête et vice vena ROBERT M.LEPAGE l aHaire culturelle ment PAUL CHAMBERLAND Danser maintenant.et après MICHÈLE FEBVRE Autoportrait d'une fille perdue CAROLE DAVID Réflexions sur la vie d’artiste ROBERT SAUCIER USE LANDRY RAYMOND LAVOIE Conférence-fiction SUZANNE JACOB La rentabilité de la création artistique .une histoire de « premier arrivé, dernier servi .PHILIPPE MÉNARD D'encre et de lumière DANIEL GAGNON Gilles Corbell et l’amour de l’art MARCEL FOURNIER L’objet, quel objet?FRANCINE DÉRY Intimités KÈRO Quand les « bits », les • tiques », le* Puce* nous attaquent MARYSE LÉVESQUE Le journal de Marcel Riaux Comité de rédaction : Rose Marie Arbour, Franc.ne Marcel Fournier, Gabriel Lise Gauvin, Raymonde André Thibault.Couture, Gagnon, Savard, Secrétariat et administration s Suranné Martin >S) : ichard, Francine re, Jacques T.(Vision Mi- .« ffAHl^ÿ A.«rl VI 1 SUMNC III hymnes l’amour rut s// s f unity! / s ¦ BULLETIN D’ABONNEMENT Abonnement institutionnel: 30,00$ NOM Ta plaint?douce et haletante Abonnement de soutien: 30,00$ le numéro: 6,00$ ADRESSE VILLE.CODE POSTAL M ’envoié ses mains dans les cheveux Revue Possibles, B.P.114, Succursale Côte-des-Neiges, Montréal, Québec H3S 2S4 PROVINCE.TÉLÉPHONE .OCCUPATION .CI-JOINT MANDAT-POSTE AU MONTANT DE 18,00$ POUR UN ABONNEMENT A QUATRE NUMÉROS A COMPTER DU NUMÉRO 995S Distribution: WFUSION LOUGAROU inc.(514) 326-1431 En vente chez votre libraire GUY FERLAND À FLEUR DE PEAU LE COEUR SUR LES LÈVRES Aline Beaudin-Beaupré, Quinze, 152 pages.Les éditions les Quinze viennent encore de frapper le grand coup.Après Sylvain Trudel et Josee Fréchette, les années précédentes, voici Aline Beaudin-Beaupré qui nous offre la surprise de la rentrée.Son roman est poignant de la première ligne à la dernière.Le ton est dur, le propos scandaleux, mais l’écriture est d’une efficacité exemplaire.Le lecteur court après son souffle^ Voici un petit extrait du début du roman, comme exemple : « Un jour, toute une portée de chats est née dans un drôle de branle-bas sur le lit de ma mère.Moi, qu’on disait dur, j’étais planté debout, un grand sac de jute entre les jambes et j’y laissais tomber les bêtes encore gluantes.Les chats arrivaient en vrac au fond du sac et, chaque fois, j’entendais leur corps frapper durement le plancher.Mon ventre élançait dans les miaulements de toute espèce.» DÉTOURNEMENT LENDEMAINS PIÉGÉS Du référendum à la nuit des longs couteaux, Claude Morin, Boréal, 400 pages.« J e veux raconter dans ce livre, nous dit Claude Morin dans son avant-propos, l’histoire de l’incroyable détournement politique pratiqué par le gouvernement fédéral à l’occasion du « rapatriement » de la constitution canadienne entre 1980 et 1982.L’opération a commencé tout de suite après le référendum québécois de mai 1980.Elle a conduit à l’isolement du Québec dix-huit mois plus tard, en novembre 1981, et à la proclamation, en avril 1982, d’une transformation constitutionnelle conforme aux seules CLAUDE MORIN Lendemains piégés ' Du référendum à la nuit des longs couteaux BORÉAL aspirations d’Ottawa et du Canada anglais.(.) Même si on en a beaucoup parlé alors et depuis, la véritable histoire de l’offensive constitutionnelle fédérale de 1980-1982 est mal connue.En perdurent des impressions générales dont l’exactitude n’est pas le trait dominant et des anecdotes auxquelles il ne faudrait pas trop se fier.C’est pourquoi, en tant qu’ac-teur et témoin, j’ai cru utile de relater ici les éléments significatifs de cette tranche complexe de notre vie politique.» CORRESPONDANCE LETTRE A HÉLENE PICARD, A MARGUERITE MORENO, AU PETIT CORSAIRE Colette, Flammarion.Ce recueil à la pagination dou teuse rassemble trois livres de correspondance.Les Lettres à Hélène Picard marquèrent en 1958 le début de la publication de l’importante correspondance de Colette.Elles furent suivies, en 1959, par les Lettres à Marguerite Moreno et, en 1963, par les Lettres au petit corsaire dont le destinataire était Renée Hamon.ENTRETIENS LE TEMPS D’AGIR Ed Broadbent, Guérin littérature, 292 pages.« Je puis le dire maintenant, précise Jacques Rivard dans sa pré- face : tout ce qui a été écrit dans les pages qui suivent exprime la philosophie de base du N PD telle qu’elle est défendue par Ed l.iu rin Hueraiw< Broadbent et telle qu’il me l’a exposée au cours d’une série d’interviews qui se sont déroulées sur une période de deux mois au printemps 88.» Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit là d’un livre qui arrive au bon moment .HANDICAPÉ SOUS L’OEIL DE L’HORLOGE Christopher Nolan, traduit de l’anglais par Caroline Chabot, Balland, 275 pages.Dès sa parution en Angleterre, ce livre connaît un immense succès dû certes à la découverte d’un jeune écrivain, mais aussi à l’extraordinaire aventure de l’auteur.En effet, comme Joseph le héros de ce roman autobiographique, Christopher Nolan est handicapé de naissance, un handicapé total.Seuls ses yeux lui permettent de communiquer ira cœ: Sous l’œil de l’horloge avec son entourage et laisse entrevoir la grande intelligence prisonnière de ce corps paralyse.À l’âge de onze ans, il parvient malgré tout, à se servir d’une machine à écrire grâce à une pointe fixée à son front.Traduit en treize langues, ce roman a obtenu le « Witbread Price », Prix du meilleur livre de l’année 1987.ROMAN DECONNECTION Claude Ollier, Flammarion, 194 pages.Après avoir remporté le prix Mé-dicis 1958 pour La mise en scène, premier livre de la suite Le jeu d’enfant, Claude Ollier a poursuivi son oeuvre loin des sentiers battus.On l’a qualifier parfois de nouveau romancier, mais ses livres s’inscrivent hors du courant.Deux histoires se croisent dans ce livre, s’y relaient, échangeant leurs incertitudes, leurs questionnements, leurs frayeurs, leurs pressentiments.La première renvoie à un passé récent : elle se déroule en Allemagne dans les dernières années de la seconde guerre mondiale.La seconde anticipe un futur proche, la fin du siècle : elle se passe dans une contrée paisible, un petit village des Causses.On réédite également, chez le même éditeur, le second livre de la suite Le jeu d'enfant, Le maintien de l'ordre, jjaru originellement en 1961.Soyen enfin libéré Cessez de fumer ?ATAGIL informatique inc’ (514) 347-8041 665454 LP I LE PL/ S A T des W • Le Devoir, samedi 8 octobre 1988 ¦ D-5 /ivres Écrire pour écrire, c’est perdre sa vie et gagner l’enfer?L'OBJET PERDU DE L'AMOUR Roman de Michel Braudeau Paris, 1988, Le Seuil 535 pages U’EST PÉJORATIF, évidemment, mais il me parait difficile de trouver Lisette fui ZWORIN I A ¦ ’e .e*c' un autre mot qui le définisse mieux : Michel Braudeau est un littérateur, et analyser ses romans, autrefois Naissance d'une passion, cet automne L'objet perdu de l'amour, c'est tenter de cerner sa littérarité.Il n’est certes pas le premier à pousser en enfer, en nous y emmenant, les créatures de son imagination qui lui ressemblent comme des sosies : Dante fut le précurseur mais, de siècle en siècle, il s’est toujours trouvé des écrivains pour « traverser l’Aehéron », pas toujours victorieusement comme le prétendit, à tort dans un sonnet fameux, le pauvre Gérard de Nerval.Tout récemment, l’année dernière, Claude I)u- neton, dans une fable réjouissante, plongeait un agneau — L'Ouilla — dans l'une de ces régions ténébreuses, fief de Lucifer, un agneau pensant beaucoup plus que bêlant.L’enfer, donc, semble attirer les auteurs qui scrutent leurs « angoisses de romancier », leurs « douleurs sur papier », tel Braudeau qui ne s’en cache d’ailleurs pas, ajoutant que le récit de son séjour au royaume des morts sera farci de « ses digressions coutumières », ce qu’il nomme ironiquement « ces tumeurs de mon talent ».Du talent, et même une sorte de génie de l’écriture, souvent encombrée de vocables rares, inattendus, l’auteur de L'objet perdu de l'amour en a, sans conteste.Nourri aux meil leures sources, et entretenu par « l’abondance des livres » dans son ap partement, qui est aussi celui d’Axel Balliceaux — son autre moi — qui déplore « cet envahissement lépreux ».Moins doué, moins bon écri vain, Braudeau ne saurait nous entraîner à sa suite, nous plonger pendant plus de la moitié de son roman, dans cet enfer tout à fait personnel, peuplé des morts qui furent ses amis terrestres, ses relations, qui vont du coiffeur Léon à la shampouineuse MICHEL BRAUDEAU Angèle — experte dans l’art de « conjuguer » les 13 règles d'or du « tur-luru » (lisez la fellation),en passant par le dentiste B .et Camille, la noyée de 15 ans, à Venise, qu’il n'a-vail pas eu le temps de connaître, encore moins d’aimer.Axel Balliceaux tente de nous faire croire, descendu en enfer, que c’est de sa propre main qu'il mit fin à sa vie.Quant à ses voisins, dans l’infernal séjour (un enfer qui ressemble à s'y méprendre à l’enfer de la vie terrestre et quotidienne), s'ils gardent les traces de ce qui les tua, brutalement ou à petit feu ( ), ils n'en restent pas moins des compagnes et des compagnons fort supportables, sinon d'un commerce agréable.Les fantasmes de l’écrivain Axel Balliceaux sont à la mode du temps .érotiques sans frein.L’enfer que lui a préparé Braudeau est permissif à l’extrême : on y baise à volonté, on y boit constamment — le flacon n’est jamais vide — on y fume en toute liberté Même le cancéreux, qui en est mort, ne se refuse pas la cigarette, toujours recommencée, contrairement à la dernière •< touche » traditionnelle du condamné à mort.Quant aux promenades en fiacre — qui n’est plus« le fiacre fugitif » des vivants — elles sont beaucoup plus réjouissantes que les mythiques et irréversibles croisières dans la barque de Caron.Axel Balliceaux n’est pourtant pas convaincu que son métier, sa passion d'écriture Ta quitté.Il savait que « les écrivains s’arrêtaient toujours à temps, pour pondre encore un livre, noter leurs impressions dernières, ce qui était a priori sans fin ».Néanmoins, se souvenant de tous les moments de sa vie, de ses voyages, en particulier de ce séjour à Venise qui lui valut d’adopter Samuel — adolescent qui ressemble à s'y méprendre au Jadzio de Mort à Venise, mais qui n’est que le neveu d’une institutrice retraitée — Balliceaux, après nous avoir tout dit, rien caché de ses vices, défauts, tics et manies, en ll'ilî pages d’une première partie intitulée Le don de mourir, croit que le non-dit ou plutôt le non-écrit mérite une suite explicative.Il laissera donc le fils adoptif, ou plutôt autorisera Sa muel à M uiui les .,* i.- le., uroanistes (ii t iti iisii iileurs in.!.véritables tVi ta Danylewycz, rtvOFESSION: RibuIGIEUSE Un choix pour les Québécoises 1840-1920 i induction de Gérard Boulad 246 (.âges, 18,95$ t'ouï la première fois, une historienne retrace les conditions sociales qui ont favorisé l’essor des communautés religieuses féminines entre 1840 et 1920 Kn effet, Marta Danylewycz démontre dans ce livre que l’entrée au cuvent représentait ouvcnt, en plus d’une ,cp se à des aspirations digi.uscs, un choix de .atnerc et une solution de rixiungc au mariage, à la maternité ou au célibat.Ronald Rudin BANKING EN FRANÇAIS Les banques canadiennes- françaises 1835-1925 Traduction de Claudine Dufresne 248 pages, 18,95$ I listoirc des banques canadiennes françaises, depuis la fondation de la Banque du Peuple, en 1835, jusqu’à l'établissement de la Banque nationale en 1925, ce livre vient combler une lacune importante dans l’histoire économique du Québec.Fernande Roy PROGRÈS, HARMONIE, LIBERTÉ Le libéralisme des milieux d’affaires francophones à Montréal au tournant du siècle 304 pages, 22,95.$ Une contribution majeure au débat sur les idéologies au Québec.Fernande Roy réussit à sortir ce débat de l’impasse et fournit les éléments pour une réinterprétation de certains aspects fondamentaux de notre histoire.EDI HONS DU BOREAL bien le récit.Sa façon de parler des gens simples n’est pas sans rappeler celle de Steinbeck, ou celle du Faulkner de Tandis que j'agonise, la méchanceté en plus.Ici en effet, la bêtise et la méchanceté sont universelles et omniprésentes, même chez le bon et raisonnable Bibi.Ici pas d’espoir, pas de rayon de lumière (ou bien peu).Rien que la colère, le meurtre et la frustration.Pierre Pelot a déjà écrit plus de 100 romans policiers et de science-fiction, en particulier aux éditions Fleuve Noir, sous le nom de Pierre Suragne.Il faut souhaiter qu’il publie de plus en plus d’ouvrages moins spécialisés.L’atmosphère moite et trouble qu’il sait instaurer est en effet la marque d’un grand écrivain, capable de toucher un large public.Si loin de Cam est le roman de l’aliénation et de la malédiction.La famille Samson est marquée par le destin, sans espoir de rédemption.Elle est condamnée à errer indéfiniment dans le labyrinthe de la mort et de la folie.Si près de Caïn, Les livres dont on parle dans LE DEVOIR sont faciles à trouver chez RENAÜD-BRAY Sept jours par semaine jusqu’à minuit! 5219, 342-1515 — 55 Station Côte-des-Neiges LE TEMPS D’AGIR Ed Broadbent 292 pages — 14,95 $ • Les éléments fondamentaux de la philosophie de Nouveau Parti Démocratique et les idées du chef Ed Broadbent sur les questions les plus controversées de la politique canadienne.• Une analyse lucide du monde actuel, un inestimable document politique et social qui témoigne de la valeur de l’homme et de l’engagement du politicien.• Une présentation claire, sous forme d’entretien, avec le journaliste Jacques Rivart Le livre que vous devez absolument lire avant les élections i Guérin littérature Distributeur exclusif: Québec Livres pecter leurs grands patrons, Ed-»’ mond et Jules qui, selon Kléber llae-l _ dens, se contentaient de « décrire " avec raffinement des tableaux soi - , dides empruntés à des faits de leur connaissance ou à des histoires ra-contées par des amis», ils retiendront ce gros roman, très « littéraire », dans leur dernière liste de > candidats.Si, au contraire, ils se dé- , marquent des fondateurs, en privi ; légiant les romans innovateurs, l’originalité dans le sujet et le traitement, ils l’élimineront avant le der-; ; nier tour de scrutin.Mais l’éditeur, il ne faut pas l’oublier, veille toujours au grain, quoique, rappelons-le, ce ne devrait pas être, cette année, un _ Concourt du Seuil, Tahar ben Jalloun* ; ayant été « leur cru » couronné Tan j dernier Pour être en forme IS minutes d'exercice.J fois par semaine1 pjnncu’jt non I Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS jeudi 13 octobre de 16h à 18h Lancement REVUE STOP N ° 8-9 Contes - Nouvelles - Récits «Novella de Christian Mistral» Vendredi 14 octobre de 17h b 19h Lancement Dominique Blondeau FEMMES DE SOLEIL VLB éditeur Samedi 15 octobre de 14h à 16h Monique Laederach Poétesse et romancière Neuchâteloise Jeudi 20 octobre de 17h à 19h Marcel Godin LES ANGES ROBERT LAFFONT Samedi 22 octobre de 14h à 16h «FEMMES ET PSYCHANALYSE» * Comité de rédaction et collaboratrices de la revue Arcade "" Vendredi 4 novembre de 17h à 19h Nadia Ghalem LA VILLA DÉSIR Cuérin Littérature Samedi 5 novembre de 14h à 16h Marie-Éva de Villers MULTI DICTIONNAIRE QUÉBEC / AMÉRIQUE ,e dimanche dc9»9.1120.av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 4 t D-6 ¦ Le Devoir, samedi 8 octobre 1988 LE PLAISIR ,/pc LE PLAISIP LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres La mythologie est une bible en perpétuelle mouvance Jean E1HIER-BLAIS ?Les carnets AVANT de le lire, j’ai longuement feuilleté le livre de M.Jacques Desautels, Dieux et mythes de lu Grèce ancienne).Quel beau livre ! Quelle admirable construction ! Un temple grec.Il y a quelques années, j’ai passé avec un ami (colonel spécialiste de la cartographie) cinq semaines dans le Péloponnèse.La table des matières du livre de M.Jacques Desautels m’a fait revivre, en face de la page et de ses symboles, l’émotion que j'ai ressentie en voyant pour la première fois le stade de Delphes ou les temples d’(ilympie.L’intelligence et la clarté enfantent ici un envoûtement qu'on appelle à juste titre esthétique.M.Jacques Desautels cite Anaxagore : «Au commencement était le chaos; vint l’Esprit qui mit tout en ordre.» Cette belle sentence initiatique, on peut la lui appliquer.Il a reconstruit avec une science qui étonnera j’en suis sûr, les savants tout aussi bien que les béotiens remplis d'admiration, dont je suis, la grande, impérissable demeure des Dieux.Je souhaite vivement qu’ils lui en soient reconnaissants, ainsi que le veut Pindare, invoquant ce « Dieu seul qui d'un vivant à l’autre fait courir la Gloire qui nous garde à jamais de vieillir.» Dans ma retraite, d’où, l'été, je peux tourner mon front vers la Grèce, j’ai deux ouvrages à portée de la main, qui me rappellent que, comme tout Occidental, je suis aussi Grec.Le premier est celui que Robert Graves a consacré aux dieux el aux mythes grecs.Il est touffu, plein de détails obscurs ou amusants, sans vue d'ensemble, dépourvu de cette unité souveraine du discours qui est ici l'apanage de M.Jacques Desautels.J’abandonnerai Graves, sauf à m’amuser parfois dans le fouillis de ses notes rocambolesques.Le second ouvrage servira de compagnon au Desautels; il est de Maurice Bovvra et résume, dans tous les domaines, l’expérience grecque.Bovvra, professeur à Oxford, fut un illustre savant (la citation de Pindare lui va comme un gant) et un drôle de zigue.Il a, paraît-il, laissé à sa mort un recueil de vers érotiques qui fait l'admiration des quelques connaisseurs qui y ont eu accès.Je mettrai le Desautels dans ma valise.Il enchantera mes longues soirées de lecture sous les palmes.À mon avis, c’est un des livres les plus savoureux qui ait paru au Québec depuis longtemps et il devrait figurer, facile à retrouver dans l'amoncellement des choses quotidiennes, dans toutes les bibliothèques.Pour la première fois, j’ai vu Apostrophes, dimanche.Que sont ces livres à côté de cet essai magistral, passionnant, ravissamment écrit, qui est mieux qu’un roman et qui en a cependant tous les charmes.L’imagination peut s’y repaître, l’intelligence s’y donner libre cours, l’admiration y éclater, les regrets s’v mêler.On en vient à regretter que les dieux de la Grèce aient disparu.Sans doute ont-ils choisi de se faire oublier jusqu’à ce que des temps meilleurs les rappellent à la vie de l’âme unanime.M.Jacques Desautels, dans sa conclusion, note que la mythologie est une « bible en perpétuelle mouvance », qui a permis à des millions d’hommes, au cours des âges, d’apaiser leurs paniques, de se construire un univers d'harmonie dans la guerre et de paix dans la recherche de l’ineffable.Et cette religion a duré 13 siècles, jusqu’au jour où le monothéisme, dans sa volonté d’aspiration vers l’Unique, et peut-être cet Unique est-il ce Dieu dont parle Pindare, a fait prendre à l’histoire un autre cours.On peut regretter que Dieu soit Dieu.Ceci pour la transcendance.En lisant l’histoire des dieux, comme la raconte M.Jacques Desautels, on se dit que ces Etres font toujours partie de notre vie.Nous vivons avec eux, chaque jour.Prenez les descendants de Pontos, qui est la mer.Dieu à peine connu.Pourtant, parmi ses descendants, on trouve les Néréides, les llarpyes, les Gorgones, le Serpent, Méduse, Pégase, Cerbère, l’Hydre, la Chimère, le Sphinx et le Lion de Némée.Ce ne sont pas là des inconnus.Les llarpyes nous poursuivent dans les cocktails, la nuit est noire comme le derrière de la Gorgone, on nous fait une tête de Méduse, vous enfourchez Pégase, le concierge est un Cerbère, à combien de personnes ne voudrait-on pas trancher la tête comme à l’Hydre; ne parlons pas de la Chimère, elle hante nos jours et nos nuits, le Sphinx est inéluctable (la meilleure amie d’Oscar Wilde s’appelait le Sphinx) et le Lion de Némée a eu Hercule comme adversaire.Qui dit mieux ?Il faut bien reconnaître que nous faisons moins allusion aux saints et aux saintes du calendrier qu’à ces personnages dont on continue de nous assurer qu’ils sont mythiques.J’ouvre mon carnet aujourd’hui, le 26 septembre; c’est la Saint Côme et Damien.Je sais qu'on leur a tranché la tête.L’Hydre m’est plus cher, qui se dresse et rugit avec sa forêt de têtes et de langues de feu.Il faut dire que M.Jacques Desautels a l’art de rattacher ces vies aux nôtres.La mythologie devient actuelle sous sa plume et rayonne sur notre imaginaire.Pour atteindre ce résultat, M.Jacques Desautels remonte aux sources, qui sont les grands écrivains, Homère, Hésiode, Eschyle, Pindare, ces génies auxquels on ne peut échapper.J’ai lu Eschyle en Relles-Lettres et c’est là que j’ai compris que jamais plus Agamemnon, Clytemnestre et Iphigénie ne quitteraient le paysage de ma vie.Au sommet du palais de Mycènes, passée la Porte des Lions, devant ce même paysage qu’ont vu les Atrides dans ce palais où sont nés, sans doute, Agamemnon et Ménélas, pensant au Destin, les larmes me sont montées aux yeux.Je sais que nombre d'hommes de ma génération portent en eux, dans le lieu secret de leur coeur, le message d'Homère et du divin Eschyle.A cette interrogation, je sais que je ne pourrai apporter de réponse que sous forme de livre.Celui de M.Jacques Desautels est déjà le compagnon de l’imagination et des rêves.Cependant, Dieux et mythes de la Grèce ancienne n’est pas (jue le récit des faits et gestes des dieux.Il est aussi une histoire de la recherche dans ce domaine bien particulier de la connaissance.On y apprend comment les savants de tous les temps, et surtout ceux de l'ère moderne, on! conçu et utilisé celte mythologie.Le mythe se distingue par la profondeur du sentiment qu’il inspire, par sa durée et par sa présence constante et vivante au sein d’une collectivité.Nous, hommes du 20e siècle, fabriquons des « mythes » de durée approximative.Ce sont des élans superficiels d’une intelligence à la recherche de sa continuité.Freud, lui, avait fort bien compris que la mythologie grecque ressortissait à ce qu'il y a dans l'âge de plus profond, de plus épanoui et de plus durable.En effet, elle recouvre tout, depuis la naissance (pourquoi homme et non pas femme; pourquoi femme et non pas homme ?) jusqu'à la mort et à ses ténèbres.Le peuple à l'intelligence la plus éclairante qui ait jamais été, a utilisé cette lumière pour descendre jusque dans les recoins les plus cachés de ce dédale qu’est l'homme.M.Jacques Desautels est le témoin privilégié de cette quête.L’an dernier, je suis allé voir la Phèdre de Jean Racine.Devant le déroulement majestueux du mythe, la salle silencieuse vibrait.Elle se reconnaissait en lui.Il en va de même de ce livre.On se retouve comme l’a voulu Hésiode, en chacune de ses pages et jusque dans le personnage si antipathique d'Ulysse.Voilà où nous mène cette lecture, à prendre parti pour un demi-dieu contre un autre.On est ébloui par la richesse des détails et la vérité humaine qui se dégagent des aventures de ces dieux et demi-dieux.On hésite à croire que ce soit là un monde d’illusions et que ce monde ait disparu.Ah ! que n’est-on né Grec, au centre du Péloponnèse, parmi ces vergers en fleurs dont parle si savamment et si élégamment Maurras.Hélas ! nous sommes d’ici, de notre temps, en proie au délire des machines, des dieux truqués, du stade et des futures hécatombes.Le livre de M.Jacques Desautels nous propose un songe qui est plus beau que la vie.Combien je regrette de n’être point helléniste et savant, je dirais ce que je pense : c’est un chef-d’oeuvre.DIEUX ET MYTHES DE LA GRÈCE ANTIQUE Jacques Desautels Québec, Presses de l'Université Laval, 1988.^ Michel Morin développements les plus ardus avec des poèmes d’une grande beauté, Le contrat d'invertion, écrit en collaboration avec Claude Bertrand.« Ce livre s’est fait à travers et comme expression d’un processus de rupture avec le marxisme », explique-t-il.•Et puis est venu l'avènement du Parti Québécois au pouvoir en 1976.» ( )n a été surpris par l’effervescence de l'esprit nationaliste qui était pour nous dépassé depuis longtemps.Les gens au pouvoir, et la très grande majorité des intellectuels nationalistes, promouvaient une conception de la culture comme identité à retrouver; c'était exactement celle qu’on avait remis en question au début des années 1970.On a vu le danger que constituait l'embrigadement de tous les intellectuels derrière UNE conception de la culture, même si cette dernière a une certaine valeur.On a voulu affirmer, dans Le territoire imaginaire de la culture, que la question de la culture n’était pas exclusivement relative à la problématique de l'identité et que, bien au contraire, si on considère les oeuvres culturelles de près, on se rendait compte qu'elles sont le fait d’individus dissidents par rapport à la réalité nationale, par rapport à la réalité sociale.Ce sont très souvent des gens bannis, rejetés, mis de côté, ou qui sè retrouvent seuls.manuels scolaires d'occasion Librairie Guérin 4440, Saint-Denis • Montréal, Qué H 2 J 2 L1 • 8 4 3 - 6 2 4 1 LES ÉCRITS DES FORGES C.P.335 Trois-Rivières, G9A 5G4 (MUVO&uted ci U DE BEALSOLEIl.(irand hôtel des étranger, C ,,-edtUon hurope/Pots* S, 1)0 S CLAUDE BEAI SOI.Eli nil.'.un, réie (cassette audio) - Artalect (Paru) 10,00 $ PIERRE CHA I ILEON H, 00 $ Il 1 1 NE HORION S, 00$ GUILLEN K H, 00$ 1 —— — — DOMINIQUE I.NB ARRIERE 1 juives pour mémoire — ( o-édition l.e ( ustor 1 strut 10,00$ i GILBERT I.ANGEVIN H, 00$ • RIN N l.ASNIER 1.Ombre jetée 11 12,00$ I ANDRE LAI DE 1 'Oeuvre de i huir — < o-édilitm Arcanlere 10,00$ r (TIRAI.1) LEBLANC/CLAl''DE BEAUSOLEIL lu,
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