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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-10-15, Collections de BAnQ.

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le plaisir de; mem ¦ Le prolifique et terrifiant Stephen King, sous le pseudonyme de Richard Bachman, a publié un roman qu’il avait écrit en 72 heures.l)-2 ¦ Jean-Roch Boivin a lu Les Tisserands du pouvoir, et en fait les plus grands éloges.IK! ¦ l.e feuilleton: qui se cache sous le nom de plume d’Erik Orsenna ?Peu importe puisque son roman est passionnant.I)-5 Montréal, samedi 15 octobre 1988 f#* w K \ tSnem Alias Bertrand Vac GUY FERLAND BERTRAND VAC, ça vous dit quelque chose ?Non ?Pourtant, il a remporté trois fois le Prix du Cercle du Livre de France, en 1950 pour Louise Genest, en 1952 pour Deux portes, une adresse et en 1965 pour Histoires galantes.Il a remporté le Prix du Cercle du Roman Policier avec L 'assassin dans l'hôpital en 1956.Il a également reçu un accueil chaleureux pour un roman historique, La Favorite et le conquérant en 1963.Mais voilà, après avoir fait paraître un recueil d’aphorismes, Mes Pensées «profondes » en 1967, et un livre d’histoire sur Montréal, Le Carrefour des géants, il y a eu une éclipse de quelque sept ans.Aujourd’hui, un retour inattendu : cet auteur pro lifique va publier prochainement un recueil de contes et de nouvel les, intitulé Bizarres, chez Guérin littérature.C’est le Dr Aimé Pelletier qui m’appelle pour me donner rendez-vous avec l’écrivain Bertrand Vac.A l'entrée de l’appartement du romancier, je remarque une raquette de tennis, un sac de bâtons de golf, des tableaux empilés, des livres soigneusement rangés et des calepins de notes qui t raînent un peu partout.Le médecin Aimé Pelletier me dit qu’il pratique tou jours : quatre jours par semaine il va assister des médecins à l’hôpital.Il joue souvent au golf, un peu moins au tennis, mais il s’est remis sérieusement à l’écriture.Il va publier, outre son recueil de nouvelles, et toujours sous le nom de Bertrand Vac qu’il avait emprunté après la guerre, un livre sui' Jean Lalemand, célèbre ani- mateur de la vie culturelle montréalaise.D’où vient donc ce nom de Bertrand Vac ?« C’est en France, raconte t il, que des amis m’avaient baptisé Bertrand parce qu'ils n’aimaient pas le prénom Aimé.Alors, lorsque j’ai choisi d’écrire, pour ne pas que ma vie d’écrivain se mêle à ma vie professionnelle, et pour pouvoir circuler librement, .j’ai choisi de continuer de porter ce prénom.Il me fallait un nom qui frappe, qui soit court et qui n’ait pas de « r » pour contre-ba-lancer : Vac s’est imposé.C’est longtemps après, par hasard, que J’ai découvert, dans une encyclopédie, que Vac était également le nom d’une déesse de la parole en Inde.» Pourquoi s’est-il arrêté d’écrire alors qu’il remportait succès par dessus succès ?« Parce que tout n’était pas rose, répond-il.Je ne faisais pas d’argent avec mes livres, j’avais quelques difficultés avec mon éditeur pour la distribution et les fautes de typographie dans mes romans.Bref, c’était devenu trop problématique pour moi de publier.» Il faut dire que Bertrand Vac ne se prend pas au sérieux.Il aime écrire et raconter des histoires, mais n’apprécie pas de jouer le jeu du grand créateur.C’est d’ailleurs un douanier américain qui lui demandait s’il était écrivain qui lui a fait réaliser, il y a quatre ans, qu’il l’était en effet.Pour Bertrand Vac, sa vie de médecin a toujours passé en premier lieu.Cela ne veut pas dire, par ailleurs, qu’il ne soit pas un écrivain sérieux, loin de là.« J’ai commencé d’écrire pendant la deuxième Grande Guerre, lors de mes permissions.Voir page D-6 : Bertrand Vac BERNARD-HENRI LÉVY L’écrivain doit aller au-devant du monde PHOTO JACQUES GRENIER Le Dr Aimé Pelletier, alias Bertrand Vac.dont la vie est archiconnue, dont le moindre détail biographique a été l’objet d’innombrables thèses et dont tout un pan de vie est un gigantesque blanc.On ne sait en effet rien sur les 30 ou 35 jours auxquels je m’intéresse et qui d’ailleurs ne sont pas les derniers.C’était là une formidable et vertigineuse tentation pour un romancier que ce blanc dans une vie La déchéance, l’agonie et la mort sont des sujets romanesques par excellence.» Le livre s’ouvre sur un exergue de Hermann Broch «.fuyant niait cherchant la mort, cherchant mais fuyant l’oeuvre .» La citation est lourde de sens.En effet, si Bernard-Henri Lévy est fasciné par le thème de la mort, il est tout aussi hanté par les mystères de la création, autre pan du livre : « Qu'est-ce qui se passe dans la tête d’un écrivain qui écrit une oeuvre, a-t-il conscience de l’oeuvre ou pas, de celles qu’il aurait dû ou n’a pas eu le temps d’écrire ?» Un peu comme dans Le Diable en tête, son premier roman publié en 1984, Bernard-Henri Lévy laisse la parole à ses personnages, y compris à un mystérieux disciple qui avouera être le narrateur, quasiment à la fin du livre.Parole donnée ou rendue à tous ceux qui ont connu de près ou de loin l’auteur des Fleurs du Mal.Des personnages réels qu’il fait parler à sa guise en imaginant leur langage et leurs travers.Composition à plusieurs voix, celle de Madame Lepage, la logeuse, de Jeanne Duval, la « pute noire » maîtresse de Baudelaire, celle aussi de l’éditeur Poulet-Malassis, de Sainte-Beuve ou de Madame Aupick, sa mère, matrone ridicule.Des voix, mais aussi des décors et des scènes multiples, bordel belge, dîners chez les Hugo, cénacles post-romantiques où brillaient, autour de la « Présidente », les écrivains de l’heure.Tout cela constitue un mélange de fiction et de réel que Bernard-Henri Lévy explique : « Je m'inscris délibérément dans une tradition de romanciers qui ont joué à pervertir, à brouiller, à faire vaciller la frontière entre réel et fiction.Oui, les deux sont entrelacés, comme dans un récit de Borgès ou de Hermann Broch.Les baudelai-riens patentés ont reconnu que Baudelaire n’est jamais trahi, et que quand ça n’est pas vrai, c’est plausible.Il poursuit : « J’ai parfois le sentiment d’être trop présent dans le débat intellectuel parisien pour écrire des romans.Je ne voudrais pas que mon image très médiatisée se superpose à celle de mes livres.Si j’ai pris le parti de ne pas me raconter dans mes romans, c’est aussi par pudeur.Je ne déteste rien tant que l’épanchement humoral de la littérature à l’estomac où l’auteur ne nous épargne Voir page D-6 : Bernard-Henri Lévy FRANCE LAFUSTE ESSAYISTE brillant et controversé, vilipendé par les cercles.politiques pour ses ouvrages polémiques, La Barbarie à visage humain (1977) et l’Idéologie française (1981 ), Bernard-Henri Lévy fait aujourd’hui l'unanimité dans les cénacles littéraires français.Quant à son deuxième roman, Les derniers jours de Charles Baudelaire, publié chez Grasset, il fait l’unanimité de la critique.Promu au rang des plus grands écrivains contemporains, ce jeune auteur de 39 ans brille dans le firmament médiatique avec un rien de négligence aristocratique.("est ce même Bernard-Henri Lévy, traits émaciés, visage d’archange, chemise blanche au négligé très étudié qui se prêtait tout récemment à une nième entrevue.Montréalaise cette fois-ci.Pourquoi un roman consacré à Baudelaire ?Peut-être parce que ce poète, considéré aujourd'hui comme un écrivain de génie, fut lui aussi éreinté par la critique.Peut-être aussi parce qu’il dérangeait les bonnes consciences.Mais pourquoi les derniers jours de déchéance d’abord, d’agonie par la suite, dans une miteuse chambre d’hôtel bruxelloise, le Grand-Miroir, alors qu’il était rongé par la syphilis et sombrait dans l’aphasie et la perte de la conscience ?Réponse de Bernard-Henri Lévy : « C’est la seule partie énigmatique de la vie de Baudelaire.Voilà un cas rarissime, celui d’un grand écrivain Bernard-Henri Lévy brille au firmament médiatique.b Diefenbaker et le scandale évité Député conservateur et ministre sous M.John Diefenbaker, M.Léon Baker a profité de sa retraite pour rédiger ses mémoires.À défaut d'une reconstitution rigoureuse des diverses étapes de sa vie et de sa carrière politique, M.Balcer en privilégie certains moments.Dans un style sim pie, où l'humour occupe une large place, Léon Balcer raconte.Un ouvrage que publient les Éditions du Septentrion à Québec.H S M LÉON BALCER John Diefenbaker et Léon Balcer à Trois-Rivières lors de la campagne électorale de 1962.LUCIEN PARIZEAU Lors des élections générales de 1962, il fut décidé d’ouvrir la campagne électorale dans mon comté de Trois-Rivières.Comme le voulait la tradition dans une telle circonstance, il s’agissait d’organiser un rassemblement qui frapperait l’imagination populaire par son ampleur et son enthousiasme.Trois semaines avant la date prévue, je réunis un petit groupe de mes amis qui, depuis mes débuts en politique, avaient toujours été à mes côtés et qui servaient alternativement d’orateurs, d’organisateurs, de publicistes et de trésoriers, ("étaient avant tout des amis d’enfance pour qui la politique était plus un sport qu’une bataille idéologique.Ils ne se prenaient pas trop au sérieux, mais n'en étaient pas moins efficaces et généreux de leur temps.Ils savaient travailler en équipe.Bien sûr, ils n’étaient pas toujours du même avis et des différends éclataient à l’occasion.Mais je jouais le rôle d’arbitre et tout rentrait dans l’ordre.A cette première réunion, il fut décidé d’essayer de trouver mieux que la traditionnelle assemblée publique du Manège militaire de Trois-Rivières comme cela se faisait depuis cinquante ans, autant chez, les Bleus que chez les Rouges.Comme nous voulions frapper un grand coup, nous optons pour un grand banquet de 5,000 personnes.Une organisation spéciale est mise sur pied.Ce n’était pas une mince affaire : il s'agissait de servir 5,000 repas chauds complets ! Je me souviens encore du menu : jus de tomate, poulet rôti, pommes de terre, légumes et dessert pour un prix de $ 1.50 par personne.Ce qui serait déjà un vrai tour de force ! Surtout quand on considère l'actuelle pratique des dîners bénéfices à $100 ou $200 du couvert.Bien que nous ayons reçu des ordres très stricts des quartiers généraux du parti, à Ottawa, de ne servir aucune boisson alcoolique aux assemblées où M.Diefenbaker serait présent, on ne pouvait se mettre dans la tête qu’on pouvait asseoir 5,000 Canadiens pour un banquet et deux heures de discours politiques sans leur laisser prendre au moins un verre de bière.Les instructions d’Ottawa furent oubliées et un système de vente de bière à $ 0.25 la bouteille fut organisé avec toute la discrétion possible.En outre, pas une seule bouteille ne devait être distribuée avant que les membres de la table d'honneur ne soient assis.L’entreprise présentait un énorme problème de logistique.Nous avions loué trois immenses bâtiments sur les terrains de l’exposition.Comme ces bâtiments servaient en général à abriter des chevaux, des vaches et des moutons, il fallait cacher, par des centaines de verges de tissu bleu et de portaits du chef et du candidat, les défauts d’architecture qui découlaient du changement de vocation de ces grandes étables.Il s’agissait aussi de trouver des chaises et des tables pour tout ce monde.Les traiteurs en avaient plein les bras.Mais tous nos efforts furent bien récompensés.Nous avions nos 5,000 personnes et nous furent même obligés d’installer deux tables d’honneur de 50 places chacune.Sauf qu'à un certain moment, le tout faillit tourner au désastre.Lorsque Diefenbaker et moi, suivis d'un groupe imposant de photographes et de journalistes, fîmes notre entrée dans la grande salle, tout le monde se leva et nous commençâmes à circuler entre deux rangées de tables en distri- Volr page D-6 : Diefenbaker PIERRE Ml LOT Dans la premiere partie, écoutant les voix du coeur, Fauteur s'applique à Quelle est la place de la génération de “la noi dégager les grands thèmes de la poésie grandboisienne.l’institution littéraire québécoise?m é écriture” dans a 3 La seconde partie est une exploration attentive des mies du langage, triomphes et faiblesses d’une écriture inquiète d’elle-même.Cet essai capital sur l’oeuvre poétique d’Alain Grandbois est avant tout un effort lucide de compréhension, mené dans une langue impeccable.Avant-garde, modernité, postmodemité, tels sont les termes d’un débat qui occupe le champ littéraire québécois et dont Pierre Milot nous entretient.: essais mordants et rigoureux dont le travail analytique s’inspire t ESSAIS | lin k aires mi w.dm ESSAI l’Hexagone Heu distinctif d' one essai lieu distinctif d'édition littéraire québécoise F SS Ah linfRAIRF-S (HEXAGONE D-2 B Le Devoir, samedi 15 Octobre 1988 L P I LE PLAIS LI PL R I fft’S] • livres Stephen King a écrit en 72 heures un roman qui ne verse pas dans l’horreur RUNNING MAN Stephen King (Richard Bachman) Roman traduit de l'anglais par Frank Straschitz Paris, Albin Michel, 1988 259 pages.MICHEL LORD DAN'S I.K MONI)K du best-seller, Stephen King, permettez-moi le cliché, est un véritable roi.Il produit tellement qu’il décide de soumettre, à partir de 1977, certains de ses manuscrits sous le nom de Richard Bachman.C'est sous ce nom qu’il publie, en 19X2, le thriller de science-fiction Running Man, quatrième de la série de cinq signés Bachman.Poussé par les rumeurs, King dévoile l’identité de Bachman en 1982.ce qui déclenche une véritable ruée vers les cinq romans de la série.L’horreur, classe esthétique où l’on a rangé de manière quasi définitive l'oeuvre de King, est absente dt Running Man (bien que la finale soil du genre éprouvant).Le récit, tout de suspense, s'inscrit dans un cadre de science fiction assez convention nel.Sur un thème similaire (une so ciété où des jeux de hasard violente ont force de loi), A.K.Van Vogt dans l.o Monde dos t, et Philip K Dick, dans Loterie solaire, avaient conçu des récits infiniment plue complexes.Il est toutefois intéressant de noter que King mit seulement soixante-douze heures à écrire son roman en 1972, mais que deux importants éditeurs new-yorkais le refusèrent à ce moment-là.King dut retravailler énormément son manuscrit parce que Running Man n'apparaît pas comme une oeuvre bâclé, bien au contraire.Pille est construite de manière très serrée, suivant à la Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd'hui 15 octobre de 14h à 16h Monique Laederach Poétesse et romancière Neuchâteloise Jeudi 20 octobre de 17h à 19h Marcel Godin LES ANGES ROBERT LAFFONT Samedi 22 octobre de I4h à 16h «FEMMES ET PSYCHANALYSE» Comité de rédaction et collaboratrices de la revue Arcade Vendredi 4 novembre de 17h à 19h Nadia Ghalem LA VILLA DÉSIR Guérin Littérature Samedi 5 novembre de 14h A 16h Marie-Éva de Villers MULTI DICTIONNAIRE QUÉBEC / AMÉRIQUE le dW'8°eh®"_____- 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 Fiction et biographies STEPHEN KING trace le « héros », à la manière traditionnelle de l'histoire criminelle.Un narrateur extérieur observe, comme avec une caméra, les agissements de Benjamin Richards (avec de rares incursions dans les pensées et les rêves de celui-ci), et laisse parler les quelques personnages qui gravitent autour de cet « homme qui court contre la mort ».La formule de ce best-seller est donc la suivante : une narration, réduite au rôle d’information sur l’action, en-t recoupée de dialogues et répartie en cent courts épisodes numérotés de 100 à 000.Nous ne sommes pas loin des procédés du script cinématogra- phique dont se repaît allègrement le thrilleren tant que genre.Pas éton nant d’ailleurs que ce roman soit rapidement devenu un film, et il ne fait pas de doute que King, comme beaucoup d’écrivains contemporains, pense cinéma lorsqu'il écrit ses histoires.Mais qu'en est-il exactement de Running Man ?L’oeuvre comporte au moins deux dimensions : une première, de surface, qui rend compte de l'action, et une seconde, à caractère psychologique et surtout social, où sont donnés quelques indices sur ce monde, représentant un futur relativement proche, et où sont décrites les transformations du héros en cours d’action.Kn 2025, dans une ville des USA, à Co-Op City, où les riches vivent en haut et les pauvres en bas, siège, dans une tour, une importante chaîne de télévision qui produit des émissions basées sur des jeux atroces pires que ceux des gladiateurs à Rome.La civilisation américaine est parvenue à un état de dégradation avancé : les pauvres vivent dans une grande misère Afin de trouver de l’argent pour faire soigner son enfant, Benjamin Richards s'inscrit au jeu télévisuel La Grande Traque, qui consiste à chercher à sauver sa peau pendant trente jours au bout desquels le gagnant reçoit un million de dollars.Pendant cette histoire de fuite et de poursuite, « l'homme qui court » n’hésite pas à tuer ses poursuivants, les cerbères du système officiel, mais parvient à se faire des alliés dans les couches plus humbles de la société à laquelle il appartient lui-même et avec lesquelles il s'identifie.Le roman trouve son intérêt dans ce mélange de suspense et de réfle- ( LES ÉCRITS DES FORGES C.P.335 \ Trois-Rivières, G9A 5G4 ^ ctouetcautéd 1 ( I U 1)1 BEAI SOI.Eli.i ( .run J hotel do étrangers - < o-édition Europe ! Poésie R.00 $ ( l \l l)l BEAl'SOEKIl.1 ille concrete (cassette audiol — -1 rtalect tParis1 111,0(1 $ - PIERRE CHAT1LLON / '•( rhre de mois — H, (10 S | HÉLÈNE HORION Les corridors du temps R, 00 $ L (il IEEEVIC A vrestes — photos Serge Mongrain R, 00 S DOMINIQUE EA BAR RI ERE t iMives pour mémoire — ( o-édition l e ( astor Astral 10,00 S GILBERT E \N(.EM\ l a saison hantée R, 00 S i— R IN A EASNIER l.'Ombre jetée 11 12,00 S ANDRE EAUDE / Oeuvre de chair — ( o-édition 1 rcuntère 10,00 s ! (,| RAI D l.EBl.ANC/C I AU DE BEAI SOI.EU./ „ poes,e a *r' lr > ?CK SKRA sans aucun doute un film excellent.Quelque chose d’énorme et d’éblouissant, de puissant et d’éphémère comme le cinéma, un film chassant l’autre.Le livre restera car il a tout pour plaire à tout le monde : les ingrédients d’un best-seller, une écriture élégante et discrète et surtout un sujet vaste comme le siècle qui s’achève.Il s’ouvre en 1979, sur un acte de terrorisme aux Lorraine Mills de Woonsocket qui ne sont plus que ruines.Jean-Baptiste Lambert, vieux garçon à la retraite, manchot depuis l’âge de neuf ans à la suite d’uri accident de travail, digne fils de Val-more Lambert, dynamiteur d’embâcles émigré au Rhode Island dans les années vingt, a reçu un avis d’expulsion de la maison de la rue Maple où sa famille nombreuse a vécu l’exil du Canada.Mais le pire, c’est que la chaîne llorno Entertainment vient de décider de laisser tomber les quelques heuresde programmation en français qu’elle diffusait.Ça, c’est l’embâcle dans la vie de Baptiste et la trame de départ de l’immense tapisserie que tisse Claude Fournier avec l’art consommé d’un grand mai-Ire.Knfermé dans la guérite d’où il a surveillé pendant les années de prospérité industrielle l’entrée et la sortie des ouvriers de la Lorraine Mills, Baptiste menace de se faire sauter à la dynamite si on ne lui rend pas ses émissions de télévision en français.Ça c’est la fin de l’histoire dont l’auteur orchestre savamment les innombrables retournements jusqu'aux toutes dernières pages particulièrement belles et denses d’avoir été nourries pendant plus de cinq pour tout CLAUDE FOURNIER cent pages.Kntre les deux se déploie la fresque du destin d’un peuple dans le tintamarre des guerres et le grondement mécanique de la révolution industrielle qui allait entraîner 600 000 Canadiens français affamés à émigrer aux États-Unis pendant que le gouvernement canadien, royaliste et francophone, finançait à outrance l’immigration d’Européens de l’Est.C’est un roman abondamment documenté qui aurait pu crouler sous le poids de l’histoire exacte mais qui emporte si bien la réalité dans sa fiction que sa portée en est décuplée.I.es personnages sont légion et je suis encore ébahi de l'habileté avec laquelle l’auteur réussit à confectionner pour chacun un passé détaillé sans alourdir son grand dessein, mais au contraire en élargissant sans cesse sa profondeur de champ.Le destin de deux familles se retrouve à ce point de jonction de l’histoire.Celle de Valmore et Evelyne Lambert et celle d’Auguste et Betty Roussel.Valmore était maître-dra-veur, c’est à lui qu’on recourait pour faire sauter les embâcles à la dynamite mais il n’arrivait pas à arracher à la terre chiche de quoi nourrir les enfants que le Bon Dieu lui envoyait avec régularité.C’est la mort le monde dans l’âme et le bagage léger qu’il prend la route de l’exil.À Woonsocket, à l’usine de textile, il aura une paye, Evelyne pourra travailler et les enfants aussi.Ce qui vaudra à Baptiste d’avoir un bras broyé dans une machine.Auguste Roussel est grand lainier à Roubaix.Académicien et grand catholique, il a ses entrées au Vatican et des usines jusqu’en Cochinchine.Pour sa filiale Lorraine Mills aux États-Unis, il rêve que son fils Jacques, le benjamin de sa nombreuse famille, prenne un jour la conduite des opé rations.Il enverra donc Jacques faire son cours classique au collège Sainte-Marie à Montréal afin qu’il se familiarise avec l’Amérique du Nord et surtout avec ces Francos qui fournissent la main d'oeuvre rançonnée de ses usines américaines.Ironie du sort et fatals détours de l’histoire petite et grande, Jacques Roussel épousera Simone Fontaine, la soeur du Docteur Emile Fontaine qui après ses études à Harvard, avait décidé de mettre sa pratique au service des es*ropiés des usines de textile et fonda le journal La sentinelle pour mener la lutte à l'archevêque irlandais qui voulait, taxer les Francos pour construire des écoles catholiques anglaises.Le Docteur Fontaine sera excommunié, Valmore se pen dra, Simone et Jacques divorceront et naîtra une histoire d’amour bien particulière entre Madeleine, la plus jeune fille de Valmore et l’industriel vieillissant.Ce ne sont-là que quelques-unes des péripéties de ce récit symphonique qui charrie les amours et les grandes et les petites passions.Claude Fournier s’y révèle un grand écrivain quel que soit le matériau qu’il manie, qu’il sonde les tréfonds obscurs de l’âme de ses personnages où qu’il raconte les affrontements des pouvoirs qui se disputent leur vie, il pratique une langue raffinée et efficace, un style qui s’efface devant ce qu’il décrit.Cela place Les Tisserands du pouvoirs sa digne place sur le rayon des grands romans, avec les Germinal et les Guerre et paix, des romans au souffle ample qui savent rejoindre toutes les catégories de lecteurs.Une initiation à la vie adulte LE COEUR SUR LES LEVRES Aline Beaudin-Beaupré Quinze éditeur 152 pages.GUY FERLAND UNE FEMME a grandi trop vite.Elle est une enfant dans un corps d’adulte.Son neveu, lui, est encore un enfant.Mais il a les désirs naissants d’un adulte.Elle a le coeur sur les lèvres; lui a les mains sur la bouche pour s'empêcher de crier.Elle lui demande de tuer l'enfant qu’elle porte dans son ventre; lui la désire et est prêt a tout pour elle.Cela finira mal, d’autant plus qu’un fin limier rôde dans les parages en semant ici et là des sentences dignes d’un coryphée.Aline Beaudin-Beaupré a concocté un drame « sulfureux », presque une tragédie moderne.Écrit dans un langage simple et efficace, avec des images fortes récurrentes, le récit se déroule inexorablement vers une fin qu’on sait au départ tragique.Et le drame s’inscrit dès les premières pages du roman, lorsque le narrateur, le neveu Alexandre, tue une portée de chats avant d’étouffer, quelques pages plus loin, le premier enfant de sa tante Jeanne.Récit d’horreur qui nous met le coeur pas loin des lèvres.A partir de ce moment, dans le vase clos de la maisèn paternelle, bien que ce soit les femmes qui tiennent les rôles majeurs, une atmosphère morbide s’insinue partout.Et un en-quêteur-médecin-philosophe-pro-phèto se promène en catimini pour faire toute la lumière possible sur celte affaire de mort subite d’un enfant de quelques jours.« La justice, c’est la vengeance », dit le narrateur-meurtrier.Il n’y a pas de crime parce qu'il n’y a pas de coupable, sauf la passion qui rend aveugle.L’enquête tourne court pen-danl que le neveu progresse dans son LE COEUR LES LEVRES ALINE BKA€1MN>BKA l'FR K •OMAN ALINE BEAUDIN-BEAUPRE et la couverture de son livre.amour pour sa tante.Mais voilà, on n’échappe pas à son destin.Un deu xième enfantement, aussi mystérieux que le premier, pousse au drame.Un avortement et c’est la fin.( >n ne peut pas jouer toujours contre la nature.()n referme ce petit livre.bien mijoté.ce petit récil bien mené avec des personnages secondaires hauts en couleur, en se demandant si, nous aussi, on n'a pas grandi trop vite.Toutefois, on aurait aimé que ce texte soit mieux servi par une couverture plus sobre, et qu'il n'y ail pas ces inter titres accrocheurs venant souligner ce que le texte laisse entendre, ce qui coupe, par le fait même, la led lire du plaisir de la découverte.Car plaisir il y a ! Les livres dont on parle dans LE DEVOIR sont faciles à trouver chez RENAUD-BRAY Sept jours par semaine jusqu'à minuit! 5?19.ch de la Côlc-tlns-Neiçjüs 342-1515 Station Côté ïjet perdu diramour; Michel Braudeau V % roman BRAUDEAU L’objet perdu de l’amour 544 p 29 95’ "Que c'est beau, dites, un gros roman intelligent" Jerôme Garcm — L’EVENEMENT DU JEUDI Braudeau a réussi la une chronique personnelle formidablement troublante, vigoureuse et farouchement individualiste.Sera-t-il le Goncourt 88?” Jacques-Pierre Amette— LE POINT "Les vrais romans, ceux qu'on lit pour l'histoire, surpris a chaque page par les imprévus ou nous entraîne l'imagination de l'auteur, ne sont pas légion L'objet perdu de l'amour, appartient à cette catégorie.' Anne-Marie Voisard— LE SOLEIL Par l'auteur de Naissance du ne passion (Prix Médicis 1985) MICHEL lÿtowNDUîiaN ,t B I - - «JU4.• .iiliaiéüriÉÉmMi Le Choc d'un murmur Thérèse Renaud QUEBEC AMEr Denis Monière LE DISCOURS ÉLÉCTORAL Les politiciens sont-ils fiables?L'électeur peut-il se fier aux discours des hommes politiques?Peut-il se servir des engagements électoraux pour prédire l'action gouvernementale?Y a-t-il correspondance entre ce qui a été promis en campagne électorale et ce qui a été réalisé par les conservateurs au pouvoir depuis 1974?Quel est le degré d'ambiguïté du discours électoral?Le discours tenu en campagne électorale reflète-t-il le programme du parti?Les réponses à ces questions éclaireront les positions et les enjeux mis de l'avant par les partis fédéraux dans la campagne électorale actuelle.Thérèse Renaud LE CHOC D'UN MURMURE Quarante ans après la publication du Refus global, Thérèse Renaud nous entretient avec beaucoup d'émotion de la difficile relation mère-fille.Elle raconte, avec une simplicité et une lucidité étonnantes, que nous n'échappons pas à un système d'éducation qui nous a façonnés.Cela, même si on a été contestataire et signataire d'un manifeste qui a fait date dans notre histoire.Christian Mistral VAMP "Vamp [.] une bombe dans le paysage littéraire.[.] Jamais ici un auteur aussi jeune (il a vingt-trois ans), ni d'un autre âge d'ailleurs, n'aura à ce point bousculé la sérénité rassurante de notre paysage littéraire.[.] l'auteur a du style et du souffle et VAMP [.] restera le document incontournable de la saison littéraire 1988-1989." Réglnald Martel Ixi Presse (28-05-88) Normand Biron PAROLES DE L'ART Si l'on a pu souvent se familiariser avec l'œuvre des artistes, on ignore fréquemment les mondes intérieurs qui ont nourri leur création.L'écrivain d'art Normand Biron s'est préoccupé de mieux faire connaître leur cheminement vers l'art, leur façon de travailler ainsi que leur regard sur le monde actuel.Dans ce magnifique volume sont réunis, outre une œuvre de chacun d'eux, les témoignages d'une cinquantaine d'artistes très connus au plan tant national qu'international (Leduc, Ferron, Lemieux, Botero, pour n'en nommer que quelques-uns).ÉDITION RELIÉI SOUS COFFRET uu U JL/ J i D-4 ¦ Le Devoir, samedi 15 octobre 1988 LE PLAISIR ///.LE PLAISII LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Le délire destructif des constructeurs S’IL EST DÉFENDU DE PLEURER Maria Maïlat Traduit du roumain par Alain Paruit Robert Laffont 1988 198 pages.Alice R4RIZEAU LetTres ?MARIA MAÏLAT, née en Roumanie en 1953, est une jeune femme élevée et éduquée par le régime communiste implanté dans son pays après la Deuxième Guerre mondiale.C’est là qu'elle avait terminé ses études de psychologie, c’est là également qu’elle avait publié son recueil de poèmes, tout en collaborant comme journaliste aux revues littéraires de Roumanie et de Hongrie.Au départ, il ne s’agit donc pas d’une victime du système, mais de quelqu'un dont les opinions sont tolérées par la censure, particulièrement vigilante pourtant dans les pays de l’Est au chapitre de la parole écrite et imprimée.S'il est défendu de pleurer est un premier roman qui engage d’autant plus son auteure qu’il a été publié en France où Maria Maïlat vit depuis 1986; or, ce qui est frappant, ce n’est pas sa révolte ou son goût de dénon cer un système totalitaire, mais cette sorte de nausée face à ce « délire destructif des constructeurs » dont elle parle.En tant que romancière, elle se place ainsi dans un cadre particulier, comparativement à ceux qui, exilés comme elle en Occident, se sont déjà imposés comme écrivains.« Si une chose est bien entrée, bien ancrée, dans les habitudes de tous », remarque un de ses personnages, « c’est attendre qu’on leur donne, qu’on leur distribue.Quoi ?N’importe quoi.On fait la queue des heures durant, on paie, mais on ne dit pas qu’on achète, on dit qu’on reçoit, on ne proteste pas, on ne se révolte pas : on attend que ça soye solutionné, que ça soie distribué.Mon Dieu ! jusqu’à la langue qu’ils ont réussi à abâtardir.» Parmi les personnages de ce roman, on rencontre tout aussi bien ceux qui ont été des constructeurs du système comme le mari de Stela, le directeur, comme dans une certaine mesure Mic, le petit homme dominé par la peur et même Émil Carman, l’intellectuel qui croyait pouvoir changer et améliorer les choses.Face à eux se dressent des individus qui, dans le sillage de l.uca, le révolté, deviennent des victimes, mais ce qui les caractérise tous, c’est l’inutilité de leurs existences.Les couples s’aiment, ou se séparent, des femmes solitaires cherchent l’amitié, la camaraderie et l’amour comme partout ailleurs mais, en fin de compte, ils avancent sur un chemin sans issue.En fait, le roman de Maria Maïlat se situe sur deux plans.D’une part, c’est le reflet de l’existence des citoyens roumains, ceux qui se situent en haut de l’échelle sociale en tant que fonctionnaires, parmi lesquels se faufilent les moins fortunés et, d’autre part, c’est le reflet précis, brûlant, de l’humiliation sous toutes ses formes qu’on ne cesse d’infliger à Maria Maïlat S’IL EST DÉFENDU * DEFLEURER *OMAN TRADUIT DU ROUMAIN fm ALAIN rUtL TT Mk- ’VL „ PWII.IONS IU»»t L .ifforjt _._____i______1 l’individu.Elle est humiliée, cette femme dont la correspondance est lue par les censeurs et les communications téléphoniques surveillées.Il est humilié, cet homme qui reçoit d’un ami à l’étranger un livre dont on a coupé toutes les pages pour qu’il ne puisse jamais le lire, ni se plaindre qu’il ne l’a pas reçu par la faute de la poste roumaine.L’une comme l’autre, ils apprennent, grâce aux radios étrangères dont les émissions sont brouillées, malgré les déclarations officielles à ce propos, qu’une explosion a eu lieu à Tchernobyl et que le vent souffle du côté de leur frontière commune toute proche, ils se ca- chent, ils protègent leurs enfants, et ils ont peur.Grâce à Maria Maïlat, on découvre ainsi la cruauté des pouvoirs totalitaires et l’absurdité de la condition humaine réduite à sa plus simple expression, ce qui la rend d’autant plus pathétique dans sa recherche d’une autre vérité.« Elle glisse le bras entre le matelas et le sommier et en extirpe la bible souple, à couverture noire, qu’elle y a dissimulée, la veille .Cache-la bien (lui recommande sa soeur), c’est dangereux .Les passeurs prennent de gros risques.Si on les attrape à la frontière, c’est la prison assurée, et pour un bon moment.» De toute évidence, quand une jeune Roumaine telle Maria Maïlat traite dans son premier roman de l’importance profonde de la culture chrétienne, cela remet en question les affirmations selon lesquelles cette culture est ignorée et complètement effacée dans certains contextes politiques.Dans l’ensemble, il s’agit en somme d’un roman fort intéressant auquel on peut reprocher, cependant, des lacunes de structure.La romancière voulait-elle se montrer prête à suivre des courants dits « modernistes », ou son éditeur lui a-t-il imposé des coupures?C’est là une question dont on ne pourra avoir la réponse que dans quelques années.Car il est probable qu'un jour Maria Maïlat sera assez connue pour se permettre de raconter la genèse de son premier roman et de sa première publication en traduction française, lancée sur le marché littéraire de Paris.Une explication de la folie berlinoise Le buveur de nuages Fritz J.Raddatz, Flammarion, Paris, 1988, 258 pages JEAN-FRANÇOIS CHASSAY UN DEMI-SI LC LE après l’apparition de .1/ Le Maudit sur les écrans, Berlin redevenait la capitale culturelle de l’Europe.La ville où Bowie et Lou Reed vont puiser leur inspiration, où déferlent les punks et éclate l’école des Jeunes Fauves en peinture, où l’édition et le théâtre se font particulièrement dynamiques, marquait avec faste son entrée dans la décennie 1980 avec l’adaptation, d’abord pour la télévision puis le grand écran, que fit Fassbinder du Berlin Alexanderplat/ de Doblin.Mais à Berlin, symbole d'une Allemagne divisée en deux, la culture n’est jamais très éloignée de la politique.Le récent ouvrage de l’heideg-gerrien Jean-Michel Palmier, Weimar en exil, portant sur la situation des écrivains et intellectuels allemands obligés de s’exiler au moment de l’avènement du nazisme, le rappelait douloureusement.("est ce qui explique que chez beaucoup de romanciers allemands, à l'Ouest — Gunter Grass, Peter Schneider, notamment — ou à l'Est — Ulrich Plendorfz —, le travail consiste à poser et reposer la question, fuyante et ondoyante, de l'identité allemande.Elle prend son sens en particulier dans cette ville où fut érigé le mur et qui, Est et Ouest confondus, détient le record européen pour la consommation d’alcool et le taux de suicides.Le roman de Raddatz raconte les pérégrinations d’un jeune étudiant en archéologie, entre 1948 et 1953, oscillant entre l’Est et l'Ouest, hésitant entre deux cultures et deux civilisations, à l’image de ses amours qui pencheront d'abord vers Yvonne puis vers Stephan, deux individus composant un couple fort singulier.Les années 1948-1953 forment une LE SPECTACLE Arturo Loria nouvelles traduites de l'italien par Michel David Paris, Desjonquères, 1988, 122 pages JACQUES CROUSSET LES HASARDS de l'édition font que, du côté italien, il se publie plusieurs recueils de nouvelles, ces temps-ci.En voici un autre, tout en finesse, celui-là, tout en fluidité, et qui met en scène de ces héros chers à Pavese : sans contour précis et à l’âme fati- époque particulièrement complexe de l’histoire récente de Berlin, pendant laquelle se déroula notamment le ravitaillement aérien de la ville par les puissances occidentales et qui fut à l’origine de la Guerre Froide.Cette période trouble constitue la toile de fond sur laquelle se dessine le désarroi sentimental, sexuel et intellectuel du jeune Bernd.Mais malgré des événements à teneur anecdotique, l’Histoire et l’histoire ne réussissent pas à s’imbriquer l’une guée.Des héros en somme qui n'en sont pas, des versions prolétarisées de l'intellectuel Ulrich, cet ondoyant personnage musilien.Arturo Loria (1902-1957) se disait •< un fabricant d’histoires volées ».Il avait bien raison.Il était un intrus, il entrait de nuit dans la tête de ses créatures et il en ressortait, à l’aube, sur la pointe des pieds, le dos chargé de secrets qu'il confiait ensuite à sa plume, ("était un écrivain de la nuance, en quelque sorte, du moindre-chatoiement, et qui préférait la pénombre remplie de mystères à l’éclat du plein jour.Dans la première des quatre nouvelles qui composent le recueil, Le Maçon Fatigué, sans doute la meilleure, il nous décrit un maçon, justement, qui, en proie au vertige après avoir réparé une cheminée sur le toit d’une maison, aperçoit une femme nue à sa fenêtre.Réaction normale : il la contemple longuement, pensant « qu’elle était la récompense de ses maux et de son courage ».Mais, horreur ! son fils, plus bas sur la pelouse, fait la meme CENTRAIDE A BESOIN DE VOTRE AIDE.DONNEZ.Cantralda dans l’autre, comme si l’auteur avait voulu raconter certains événements historiques et, pour ce faire, avait décidé de masquer son cours d’histoire derrière une trame romanesque.Il en résulte une impression d'agacement, le texte demeurant hésitant, à cheval entre deux genres, les deux s’opposant au lieu de se compléter.Sur le même sujet, il est préférable de lire le remarquable Sauteur de mur de Peter Schneider, où la 274 S468 ou 1 800 361-1431 L GUY FERLAND ÉDITER L’ÉDITEUR ET SON DOUBLE, Hubert Nyssen, Actes sud, 274 pages.Les éditions Actes sud ont dix ans d’existence cette année.L’écrivain-éditeur Hubert Nyssen publie, pour marquer l’événement, ses carnets de notes et de réflexions, son calepin de bord en quelque sorte avec des parties de sa thèse de doctorat.Le double de l’éditeur, c’est son flair.« Une espèce de conscience qu’il traîne donc, nous dit-il, comme un colporteur son baluchon, où s’affrontent et se mêlent des bribes de savoir, une dose d’intuition, un reliquat de tradition, des rudiments de culture héritée, l’exemple des maîtres qu’on se reconnaît, sans compter les vents, les humeurs, les modes du temps.» La mission des éditions Actes sud, sises à Arles, est d’éditer en format réduit, 10/19, avec une présentation soignée, des grands textes, étrangers ou français, oubliés par les éditeurs parisiens.La maxime, « éditer, c’est découvirir » s’applique à merveille à Hubert Nyssen qui parcourt le monde en quête de textes nouveaux.Dans son journal, on le voit voyager de par le monde et il n’est jamais question que de livres.Il y parle de ses découvertes, de ses relations avec les auteurs, de ses rencontres avec les écrivains étrangers, des difficultés d’éditer en province, de sa politique éditoriale, de ses amis, des traductions, etc.À regarder Hubert Nyssen et Bertrand Py accomplir un travail colossal, on peut s’exclamer comme ce dernier, que « le fond de la question, c’est le fonds».ÉDUCATION SENTIMENTALE L’EFFET SUMMERHILL François Gravel Boréal, 224 pages.Après les succès remportés par Benito et La note de passage, François Gravel récidive avec un roman sur l’éducation intitulé providentiellement L’effet Sum-merhill.« L’école, ce n’est pas autre chose qu’une prison», dit quelque part un des personnages du récit.Fit François Gravel d’élaborer là-dessus une espèce de conte philosophique désopilant, avec sa touche d’humour particulière, dans lequel il prend à contre-courant les idées reçues sur l’éducation.v r, THÉORIE ET FICTION LA BANLIEUE DU VIDE Charlotte Lemieux Triptyque, 93 pages.« L’activité intellectuelle m’apparaît comme un effort en vue de poser une limite, de combler un manque, de boucher un trou, de cerner un vide.» Ainsi débute ce curieux livre qui mêle adroitement théorie et fiction.L’auteur se réclame de Camus et de la psychanalyse pour analyser ce que tout texte ne dit pas.Elle s’attache particulièrement à scruter les livres de Marguerite Duras et de Lewis Caroll.« Il s'agit donc de reconnaître et d’iden- tifier, note Charlotte Lemieux, avec le soutien discret de la théorie psychanalytique, la recherche des limites chez Duras et chez Caroll, puis de rechercher moi-même une limite dans le discours et dans l’écriture.Ceci devrait produire en même temps texte, texture et méthode.» REDÉCOUVERTE LE TÉMOIN OCULAIRE, Ernst Weiss, traduit de l’allemand par Jean Guégari avec la collaboration de Marie-France Carrier-Guégan, Alinea, 304 pages.« Désepéré par la défaite de la France, raconte Jean-Michel Palmier dans sa préface, Ernst Weiss s’empoisonna et s’ouvrit les veines tandis que l’armée allemande pénétrait dans Paris.(.) L’homme dont l’agonie prit fin dans la nuit du 15 juin 1940 à l’hôpital Lariboisière n’était pour la police française qu’un simple réfugié d’origine autrichienne.» Pourtant, avant 1933, il était considéré comme l’égal d’Alfred Dô-blin, de Thomas Mann, de Joseph Roth et de Stefan Zweig, entre autres.« L’habilité d’Ernst Weiss, poursuit Jean-Michel Palmier, est de parvenir à résumer en quelques pages les thèses centrales de Mein Kampf et de les présenter comme les divagations d’un fou.Dès qu’il évoque ce personnage à la voix rauque, à l'accent autrichien, ses hurlements, il est clair qu’il s’agit de Hitler.Et par un raccourci surprenant, il prête au caporal aveugle le style que n'adoptera le Führer qu’au début des années 1920.» Il s’agit ici de la première traduction en français d’un livre de Weiss.ENTREPRISES LES QUÉBÉCOIS, ENTRE L’ÉTAT ET L’ENTREPRISE Jean Mercier, L’Hexagone, coll.« Politique et société », 202 pages.Comment gère-t-on nos organisations productrices de biens et de services, nos PME, nos hôpitaux, nos établissements scolaires, nos bureaucraties ?Quel est le coût de notre gestion sur le prix des produits que nous offrons sur le marché international ?Nos entreprises sont-elles aussi performantes que celle de nos concurrents ?C’est à ces questions que tente de répondre Jean Mercier dans cet ouvrage.S’intéressant plus particulièrement au développement des organisations du secteur public, il examine les raisons et les causes de la croissance et de la centralisation de l’appareil étatique québécois entre 1960 et 1970.Quant au secteur privé, il évalue les effets de la question linguistique et de la loi 101 sur la participation des Québécois francophones aux sociétésd anglophones et multinationales.Il s'interroge enfin sur la portée des restrictions budgétaires dans les dépenses publiques au moment même où la gestion doit tenir compte d’un environnement de plus en plus médiatisé et informatique.BIOGRAPHIE RIOPELLE GRANDEUR NATURE Daniel Gagnon Éditions Fides 280 pages.« Le lecteur doit pouvoir imaginer et sentir, souligne l’auteur, il doit être ému.Ce n’est pas un Riopelle désincarné qu’il doit découvrir, mais plutôt sa réalité, sa nature.(.) Le livre rapporte ce qu’on pensait à tel ou tel moment de l’artiste; ce n’est pas une biographie mais, grâce notamment aux articles de journaux et de revues de Montréal, Québec, Toronto, Paris, New York, il relate les événements déterminants de la vie du peintre et nous fait assister à son ascension et à sa confrontation avec les contemporains.1ANCE NOUVEAUTÉ SAM ABEXG XART /fT TENDANCES au Québec ! // *rar fcn vente chez votre libraire hymnes l’amour Ta plaint?douce et douce et haletante M ’envoie ses mains dans mains dans les cheveux g95* Distribution: INFUSION L0UGAR0U inc.(514) 326-1431 .En vente chez votre libraire 1 Le Devoir, samedi 15 octobre 1988 ¦ D-5 A .l p ai: i E: S LE PL R le plaisir S’inventer nom et famille pour « ouvrir la porte aux souvenirs » L’EXPOSITION COLONIALE Erik Orsenna, Paris, 1988, Le Seuil, 554 pages.Lisette -MORIN A Le NI L’ÉDITEUR ni aucun des journalistes qui ont rédigé des papiers, la plupart laudatifs, consacrés à L ’Exposition coloniale, n’a voulu révéler le nom véritable de l’auteur.On sait seulement qu’il est un technocrate, plusieurs années conseiller auprès de François Mitterrand.Mais peu importera sans doute aux lecteurs de ce passionnant roman l’identité réelle d’Erik Orsenna : ils seront, comme je le fus, beaucoup plus sensibles au fait qu’il ait choisi ce pseudonyme dans Le rivage des Syr-tes, parce qu’il admire infiniment Julien Gracq.Comme le révèle Orsenna, presque vers la fin de sa longue histoire, quand il écrit : « Parurent [.] deux beaux livres jumeaux.Un italien, un français : un désert (des Tartares), un rivage (des Syr-tes).» « One fois ouverte la porte aux souvenirs, écrit donc Orsenna, les années passées surgissent entières ou par bribes, mais toujours bavardes, sans ordre ni pudeur.» C’est peu de dire que ce programme, en forme d’aveu, l’auteur s’efforcera et réussira à s’y tenir.En plus d’un demi-millier de pages, et en relatant l’histoire de son héros, prénommé Gabriel, né à Levallois, en 1883, et qui vit toujours, dans une villa ou plutôt une « grande maison de l’avenue Wester Wemys, de Cannes-la-Rocca » aux années cinquante.Au moment où il entreprend de tout nous dire, de tout nous raconter de la vie, des aventures, des amours, et de la passion de Gabriel, dit « le rebondi », en n'oubliant même pas de préciser que « Bibendum a été créé à l’image de Gabriel».Puisque, au commencement et jusqu’à la fin de sa vie, cet homme n’eut qu’une passion : le caoutchouc ! A travers cette « légende de trois-quarts de siècle », digne, par moments, du père Hugo, qu’on pourrait trop vite qualifier de « saga du caoutchouc», il m’est revenu quelques bonnes pages d’un petit roman (petit par ses proportions : 250 pages), paru l’année dernière.Il s’agit de L’équipée malaise, de Jean Echenoz, ERIK ORSENNA où une plantation d’hévéas tient une large place.Plus importante, même, que chez Orsenna où le produit « fini », celui qui fait rouler les voitures, intéresse davantage Gabriel, devenu .pneumatologue 1 Si pas sionné, le cher homme, qu’il se croira même un jour, ayant attrapé une « blenno », devenu lui-même un hévéa.Mais avant d’en arriver à ce dérangement mental, qu’on soignera avec succès en Angleterre, il faut lire au complet la vie rocambolesque de ce personnage, imbriquée étroitement dans l’Histoire de France.Tout y passe de ce que vécut, dans la joie, la peine, le bonheur et le malheur, le Français de la fin du XIXe et delà moitié du XXe siècles.Il n’est pas étonnant que le romancier, qui n’avait rien publié depuis 1980, ait consacré à cette histoire extraordinaire sept ans de sa vie.Une vie d'écrivain, sans doute, mais également une vie de chercheur, de passionné d'Ilistoire, de Science et de Littérature.Les majuscules sont peut-être de trop.Car c’est par l'anecdote, humoristique, ironique et même souvent sarcastique, multipliée à des centaines d’exemplaires, qu’Orsenna nous attache solidement, sans qu’on puisse un moment s’en défaire, au récit de ce curieux petit homme, rebondi, qui s’attache, lui, deux femmes qui lui donneront.un seul fils ( 1 ), et qui viennent d’ailleurs.Car l’histoire de Gabriel serait fort incomplète, et sans doute beaucoup moins jouissive, si ne vivaient, par la grâce d’Erik Orsenna, Clara et Ann Knight, leur père découvreur de talents musicaux, leur mère Elizabeth .Quant à Louis, père de Gabriel, Marguerite, sa grand-mère qui connut un Mexicain le temps de concevoir un fils, mais qui ne saurait dorénavant, tout au long de sa longue vie, qu’imaginer son destin « volé » d’Américaine, ils sont à la mesure de cette Exposition coloniale : rêveurs éveillés, fantasques, cultivant l’imagination débridée, comme d’autres cultivent — évidemment ! — l'arbre à caaoutehouc.Les deux guerres, l'Occupation, l'Angleterre où les Résistants s’en vont rejoindre De Gaulle (Gabriel en est, inévitablement), l’épisode tragique du Vel’d’Hiv’, la guerre d’Indochine, tout est là.Mais, en même temps, rien n’est pareil à ce que, c’est Gabriel qui le dit, « des livres et des livres ont déjà raconté».Gabriel, qui est ingénieur, « préfère s’en tenir à son métier, expliquer le rôle du caoutchouc ».Trop modeste, « le rebondi » ! Ce qui fait de I.’Exposition coloniale, le livre le plus étonnant, le moins attendu de cet automne pourtant riche en découvertes, c’est que l’auteur semble avoir eu le don d'ubiquité, qu'il ait tout vu, tout entendu, de l’Histoire dite officielle, mais en même temps qu’il ait imaginé son héros regardant par le petit bout de la lorgnette.On voudrait bien que tant d’efforts, une telle richesse, un don d’imagination si bien utilisé, au coeur d’un récit bigarré, qui rebondit comme la petite boule de mousse rouge qui accompagnera Gabriel tout au long de sa mirifique existence, soient récompensés par un prix.Qui serait, pour une fois, cent fois mérité.Quelque chroniqueur parisien, mieux averti que nous le sommes de ce côté de la « grande Mare », fera-t-il au jury Concourt le rappel que depuis Les Mandarins, de Simone de Beauvoir, donc depuis 1954, il n’a pas couronné d’oeuvre si ambitieuse ?Et par le sujet, et par la qualité d’érudition, jamais pesante, du romancier ?L’artiste est-il une PME?manuels scolaires d'occasion Librairie Guérin 4440, Saint-Denis • Montréal, Qué H2J 2L1 • 0 4 3 - 6 2 4 1 LA REVUE Possibles publie dans son numéro d’automne une série de textes sur l’aspect économique de la création.L’artiste est-il vraiment devenu une PM E dont le succès — lire le statut économique — est directement proportionnel à son mode de gérance ou de gestion ?La nécessité de s’insérer dans un système de production va-t-elle à l’encontre de la liberté créatrice ?La culture est-elle rentable et pour qui ?Hélène Ped-neault, Claude Saint-Denis, Robert M.Lepage, Paul Chamberland, Michel Febvre, Carole Davis, Robert Saucier, Lise Landry, Raymond Lavoie, Suzanne Jacob, Philippe Ménard, Daniel Gagnon, Marcel Fournier, Francine Déry et Maryse Lévesque signent des textes sur ces sujets brûlants.Écrivains allemands I ,a revue L'oeil de la lettre publie un très riche catalogue thématique sur les écrivains allemands contemporains.< Nous avons choisi, disent les éditeurs, de répertorier sous forme d’un dictionnaire bio-bibliographique, seulement les écrivains qui ont commencé ou continué à publiewr après 1945, soit en République fédérale allemande, soit en République démocratique allemande, soit en Suisse, soit en Autriche, soit au Luxembourg, et dont au moins un livre a été traduit en français.Ce répertoire, qui recense 310 écrivains, est illustré par des extraits de romans, de pièces de théâtre, de poèmes, de préfaces, de critiques littéraires, d’entretiens et de portraits d'auteurs.» Lendemains Du référendum à la nuit des lonj>s couteaux En vente dans toutes les librairies 400 pages — 22,95$ w ¦4* Claude Morin parle! ÉDITIONS # DU BORÉAL La tradition des lits à une place LES CORBEAUX ET LES RENARDS Françoise Dorin Flammarion MARIE-CLAIRE GIRARD LE DERNIER ROMAN de Françoise Dorin se situe bien dans la tradition des lits à une place.Lili, une ancienne cocotte possédant un côté calculateur tout à fait désarmant, va inciter ses deux filles, Nadège et Agathe, à tout faire pour le partager, ce lit, de préférence avec un gentil garçon pas trop intelligent et bien nanti du côté du portefeuille.L'ardeur maternelle de Lili à mettre en oeuvre ses projets de mariage trouve peu d’égal dans la littérature contemporaine.Avec sa fille aînée, d’ailleurs, ça marche merveilleusement : Nadège réussit à se faire épouser par un doux imbécile non seulement riche mais encore titré alors que la cadette, elle, préférera le chemin incertain mais gratifiant d’une carrière de journaliste-photographe.Les tactiques de Lili pour trouver et garder un mari sont simples et drôlement efficaces.Jouer l’extase naïve face aux talents multiples et variés du monsieur de qui on désire se faire épouser.Lui répéter qu’il est le plus beau, le plus fin et surtout le meilleur au lit, même s’il s’agit du dernier des crétins incapables.En retour, le velours, la soie et la sécurité fi- FRANCOISE DORIN lüsü nancière vous attendent.De quoi faire rêver la « super-woman » la plus efficace il va sans dire.Évidemment, Nadège et sa soeur connaissent des millions de problèmes qui, s’ils sont différents, se rejoignent toutefois dans l’absolu puisque ce sont toujours les mâles qui en sont responsables.Quiproquos, imbroglios, folles coïncidences, revirements de situation ne manquent pas dans ce roman, de quoi vous étonner et vous laisser pantelants après la lecture tout en vous faisant immanquablement penser que tout ça ferait un téléroman du tonnerre.Et en plus, c’est drôle.Françoise Dorin manie une plume acérée pour égratigner au passage tous ces beaux messieurs et aucun ne trouve grâce à ses yeux.Mais elle n'est pas beaucoup plus tendre pour ses personnages féminins.Lili et Nadège donnent dans le machiavélisme raffiné, Agathe, elle, erre plutôt du côté de l’héroïsme au quotidien, tout le monde finalement est seul, toute vie se révèle stérile.En fait, il n’y a pas de solution, et ce livre très amoral, truffé de personnages sans scrupule, trouve une conclusion tout ce qu'il y a de plus correcte.La course au bon heur n'a toujours pas trouvé son Ben Johnson.Les nommes et les femmes vivent toujours sur des planètes différentes et l'insatisfaction règne plus que jamais de part et d’autre.Les hommes sont de grands enfants, au mieux des adolescents attardés et les femmes, jouant de leurs faiblesses et de leurs forces, essaient de les manipuler afin d’en tirer tout le lait possible, un lait qui n’est pas tou jours celui de la tendresse humaine.Laissez-moi vous dire : Françoise Dorin a écrit un roman gai et amusant qui est aussi terriblement pessimiste.' "MH l,,ülurr i„ductt«»n ( ollrct",n j- \a mer'-Le dents dew _ ^ LA , Hank Searts revanche Rivant forces obscures „ captivai - sur le,s '"Ùer américain Traduit du best-se«e de,'a^he Revenge»- «Jaws 436 paQeS 14,95$ AGENDA SSSsSiK- 9,95 $ in littérature Distributeur exclusif: Québec Livres Une quinzaine à surveiller: des livres de fond qui questionnent mm Des hommes et de l'intimité 12,95* Les enfants n'aiment pas la pédagogie 10,00 * Le défi du plein emploi 29.95 * uu travail et de lamour Du travail et de l amour 16.95* Etapes de vie au travail Étapes de vie au travail 14.95* W DECINE SE80 Médecine et société 18.00 * Accoucher autrement 29.95 * A suivre.M os nouvelles parutions d’automne Dans ces librairies Montréal Agence du Livre, Champigny, Coop Ahuntsic, Coop U.Q.U.A.M.Coop H.E.C., Coop Rosemont, Librairie Demarc (Fleury).Librairie du Square.L'Encrier, Flammarion (Pt.Montréal Trust), Flammarion (St-Denis), Librairie Hermès, Lettre et Son, Outremont.Parchemin, Raffin (St-Hubert), Renaud Bray (Benjamin Hudon), Université de Montréal.Laval et rive nord Belles Lettres, Le Bouquin (Cartier), Carcajou, Demarc no.6 (St-Jérôme), Lincourt.René Martin Québec Boutique du Livre, Coop.F.X.Qarneau.De Konink.Gameau 14 (Halles Ste-Foy).Générale Française.Laliberté, Nouveau Monde, Pantoute.Huil/Ottawa Demarc (Hull), Trillium, Capitale (Centre-Ville) Estrie Biblairie Belvedère, Biblairie Université.Trois-Rivières/Centre du Québec Clément Morin.Saguenay/Lac St-Jean Bouquinistes.Bas du fleuve/Gaspésie Lie.Du Portage.Jî EDITIONS SAINT-MARTIN 4316 Boul.Soint-Lourent Montréal, Québec H2W 1Z3 ©(514) 845-1695 * % 1 C69D D-6 ¦ Le Devoir, samedi 15 octobre 1988 A ,Jr< LE PLAISIR .E : .A [Si P LE PLAISIR LE PL AI livres L’électeur canadien est le plus frivole du monde occidental CANADA AT THE POLLS, 1984 A Study of the Federal General Elections H.Penniman, éd.Durham, Duke University Press, 1988, 218 p.STRAINED RELATIONS Canadian Voters and Parties J.Wearing Toronto, McClelland and Stewart.1988, 318 p JEAN-PIERRE GABOURY UES DEUX VOLUMES sur les élections au Canada nous arrivent à point nommé.Ils nous rappellent quelques-unes des caractéristiques de nos élections fédérales, dont la plus importante et peut-être la moins bien connue est l’instabilité de l’électorat canadien.L’électeur canadien est, semble-t-il, le plus frivole du monde occidental.Finie la belle époque où nous étions « rouges » ou « bleus » de père en fils.Comment cela est-il arrivé ?Sans entrer dans les explications complexes de la sociologie électorale, retenons que le comportement de l’électeur est soumis à deux sortes de tendances : les profondes et les superficielles.Les tendances profondes exercent sur lui une influence durable, elles découlent, notamment .de la classe sociale ù laquelle U appartient, de la religion qu’il pratique, du groupe ethnique dont il est membre, etc.Par exemple, en Europe de l’Ouest, la classe sociale est un bon indice de l’orientation électorale du citoyen; un travailleur vote plutôt pour un parti conservateur.Les tendances superficielles, quant à elles, n’ont sur l’électeur qu'un effet provisoire.Elles résultent de facteurs divers : les leaders en présence, les questions controversées de l’heure, la performance du gouvernement en place, etc.On le devine, les tendances profondes ont, chez nous, relativement peu d’influence.En fait, seule la religion et, à un degré moindre, le groupe ethnique et le lieu de résidence ont une quelconque emprise sur le voteur.Nous connaissons tous le lien entre être catholique-francophone-québécois et voter libéral.Mais, contrairement à ce que l’on pense, cette relation est plutôt faible en comparaison de celles que l’on retrouve dans les pays étrangers.Il résulte donc que le citoyen canadien subit surtout l’action de facteurs à court terme : les leaders des partis, les partis eux-mêmes, les can didats de sa circonscription, la popularité du gouvernement, les questions débattues, etc L’électeur mo- difie son orientation en fonction de l’évolution de chacun de ces éléments, d’où sa mobilité.Ainsi, la position des différents partis dans l’opinion publique peut varier considérablement d’une élection à l’autre ; les conservateurs étaient au premier rang à la fin de 1984, au dernier, en 1986 et à nouveau au premier rang, semble-t-il, maintenant.En outre, l’importance relative de chacun des facteurs varie d’une région à l’autre, ou même, d’un groupe à l’autre.Par exemple, aux dernières élections fédérales, l’impopularité du gouvernement libéral a joué un rôle capital hors du Québec, alors que le Québec a surtout été marqué par M.Mulroney lui-même.Ajoutez a cela, et en conséquence de cela, le nombre important d’indécis qui hantent notre vie et nos discussions politiques.L’électeur canadien complique donc drôlement la tâche de tous les pauvres journalistes ou autres observateurs qui se hasardent à prévoir les résultats de nos élections.Cette versatilité de l’électeur ca- ’ nadien permet de mieux comprendre les fameuses élections de 1984.On s’est souvent demandé si elles ne marquaient pas un changement radical de notre comportement électoral.Par exemple, les francophones n’allaient-ils pas désormais jeter L’électorat canadien est d’une grande instabilité, nous rappellent deux spécialistes à un peu plus d’un mois des élections fédérales.leur dévolu sur le Parti progressiste-conservateur ?Les deux ouvrages, dont il est question ici, ne les voient pas ainsi.Les élections de 1984, comme celles de 1958, diffèrent des autres tout simplement parce que les tendances superficielles qui nous habitent ont agi dans le même sens, c’est-à-dire en faveur des conservateurs, et elles ont opéré uniformément d’un bout à l’autre du pays.Le gouvernement Mulroney a donc été élu avec une majorité absolue des suffrages pan-canadiens et avec une majorité (relative ou absolue cette fois) dans chacune des provinces, ("était un précédent dans notre régime pour ce dernier point.Par ailleurs, contrairement à ce que disent les conservateurs ces jours-ci, leur victoire de 1984 n’est pas la plus grande depuis la Confédération, (en excluant l’élection de 1917 qui porte la coalition nationale au pouvoir avec 57 % des voix).Cette distinction revient plutôt aux élections de 1958 qui apporta aux conservateurs 53.6 % des suffrages et 78.5 % des sièges de la Chambre des Communes, par rapport à 50.04 % et à 74.4% respectivement en 1984.On peut naturellement trouver dans ces deux livres fort intéressants plusieurs autres caractéristiques de nos élections.Avis aux intéressés.Ballade au pays du spaghetti à Tail LES GRANDES RECETTES DE LA CUISINE ITALIENNE Amalita Pacelli Larousse, $ 29.95.JOSEE BLANCHETTE EN CUISINE, les régions sont à l’honneur.La gastronomie italienne n’échappe pas à cette tendance et c’est tant mieux.D’ailleurs, que peut-il y avoir de commun entre la pizza napolitaine et l’osso bucco milanais, entre la cassate sicilienne et le pa-nettone du nord ?Même la tomate y perd son latin entre Rome et Milan.Ces grandes (pas toujours) recettes de la cuisine italienne font honneur aux vingt régions de la botte méditerranéenne Incluant la Sicile et la Sardaigne et quantité de plats du terroir oubliés ou méconnus des étrangers.À la fois culturel et culinaire, ce livre, repris en version française par Larousse, souffre de n’avoir pas été relu avant l’impression.Ceci nous vaut un langage coloré, empreint de coquilles et de déviations plus ou moins latines, mais qui ajoutent en couleur aux recettes bien authentiques, elles.A la’frontière du guide touristique, ce beau livre illustré permettra à plus d’un d’aller se balader quelques heures au pays du spaghetti à l’ail, à l’huile et au piment.Rapprendra aux plus curieux qu’autrefois les loges de la Scala étaient munies de cuisinet-tes et aux plus terre-à-terre la façon de déterrer les truffes.Quant aux autres, simples affamés ou cuisiniers DROGUES., PAS BESOIN! Santé et Services sociaux Québec à#- Hjxptcs italienne ¦ de ïa Cuisine .* - '•/ yp b&ÇïÉfar virtuoses, il donnera amplement matière à s’exercer en cette saison propice.LA BIÈRE Larousse, $34.95 Elle persiste depuis bien avant Astérix cette cervoise gauloise que les Égyptiens « pratiquaient » déjà, bois son aussi universelle que l’eau.Plus qu’une simple mode, la bière a ses •hauts et ses bas, chacun y allant de sa recette originale.Larousse y va lui aussi de son répertoire (alphabétique) : de la Adambrau à la Zywiec en passant par la Labatt Bleue, dont il ne divulgue pas le secret, mais af firme qu’elle esl « assez douce et banale».Et vlan ! Ce dernier-né des « bibles » Larousse fait le tour de la question en nous administrant tour à tour un peu d’histoire, de gastronomie, d’alchimie et d’anecdotes.Ne se voulant ni l’outil du parfait brasseur, ni l’ency clopédie en huit volumes destinée à clore toutes les discussions sur le sujet, ce livre s’adresse plutôt aux néophytes et amateurs pour qui la fabri cation de la bière demeure un joyeux mystère.Avec les 58 bières désormais disponibles sur le marché québécois, la soif de connaissances est loin d’être étanchée.Aux deux librairies BERTRAND Place Ville Marie: «61-5808 & 3456, Saint-Denis: «49-4533 FAX (514)849-5087 Sherbrooke P§ Surtout les autres titres vous obtenez jusqu'à 25'i en udividendes ” échangeable en tout temps Les errances poétiques d’un jeune Libanais LE ZALAMI Gérard Rehban, Éd Zgharta, Montréal, 1988, 116 p.ODILE TREMBLAY GÉRARD R EU BAN est un auteur engagé.Mais cet écrivain libanais ne vient pas sonner l’appel aux armes dans son roman « Le zalami ».Sa prose candide aux contours poétiques constitue plutôt une supplique en faveur d’une pacification universelle.Plus qu’une narration, ce livre est un recueil de réflexions sur la guerre, l’exil et la condition humaine.L’intrigue est un support où viennent se greffer les méditations de l’auteur commentant constamment les événements qu’il met en scène.L’ouvrage pourrait s'intituler « Journal d’un errant ».On y suit pas à pas un poète déraciné qui louvoie dans les eaux troubles des cités en cherchant comme Diogène un homme avec sa lanterne.Quête ardue qui poussera le héros de l’hi.stoire, un jeune Libanais, à mettre les voiles vers la France en abandonnant son pays.Hélas, Paris se révèle un mirage et, sous la bannière Liberté, Égalité, Fraternité, le voyageur voit sonner des mots creux ne recouvrant aucune réalité.Sans abri, sans permis de travail, l’exilé, qui refuse d’ailleurs de se trahir lui-même en cédant au confort, y rencontre la solitude et de la misère.L’amour traverse sa vie sans s’y arrêter, des éludes de philosophie le passionnent quelque temps mais, incompris par ses maîtres, il doit y renoncer.« Comment atteindre l’humain au-delà de son aliénation ?» se demande-t-il en croisant tant d’indifférents sur son passage.Ni Paris, ni Ottawa, où les hasards de sa course l'entraînent enfin, ne l’accueillent comme un des leurs.« L’homme est un espoir, mais son état actuel est une déception », conclut l’éternel étranger.Le livre de Gérard Rehban force la réflexion.C’est toute l’angoisse des immigrants catapultés dans un monde fermé, bureaucratisé et inattentif qui devient tangible dans ce touchant plaidoyer à la tolérance.+ Diefenbaker huant des poignées de mains, à, mi-chemin, nous arrêtons dans l’allée pour saluer Rémi Paul, député de Bethier-Maskinongé, qui était accompagné d’une forte délégation de ses « supporteurs ».Parmi ceux-ci, se tenait, à côté de Rémi Paul, nul autre qu’Adrien Arcand, l’ancien fasciste et chef des chemises noires qui avait été envoyé dans un camp de concentrât ion pour toute la durée de la guerre.Arcand était un homme d’une stature imposante qui se tenait toujours droit comme un militaire.Il avait une physionomie remarquable et surtout deux yeux noirs perçants, un peu sortis de leur orbite.En lui donnant la main, Diefenbaker fut fasciné sur le champ par Failure d’Arcand.Il se mit à lui parler.Comme j’avais- reconnu celui-ci et que j’entendais le déclic des caméras qui n’arrêtaient pas, je pousse sur Diefenbaker et même le prends par le coude pour l'entraîner.Celui-ci résiste, agacé par mon geste, et continue à causer avec Arcand.En voyant que le photographe d’un quo-tidien de Montréal, que je connaissais.prenait une série de photos des deux personnages, je ne pouvais m’empêcher de penser au scandale dans les journaux du Canada anglais avec des titres aussi percutants que Diefenbaker meets fascist Adrien Arcand, in Trois Rivières, last night.Heureusement, il y avait, près de I I BÛCHER DES VANITÉS un roman “national-réaliste" par TOM WOLFE, le BALZAC de NEW-YORK TOM moi, un de mes bras droits, Roger Laroche, avocat de Trois-Rivières (plus tard juge de la Cour supérieure).Je lui explique en deux mots les conséquences que pouvaient avoir de telles photos et lui demande d’intervenir auprès du photographe.Vingt minutes plus tard, Roger se penche vers moi et me dit simplement : «affaire réglée».Heureusement, sinon toute l’élection aurait pu se faire là-dessus.Après le dîner et tous les discours, je raccompagnai Diefenbaker à son hôtel.Il était enchanté de l’enthousiasme de la foule et il n’arrêtait pas de vanter l’excellence de notre organisation.Le lendemain, nous volions vers Bagotville pour une série d’assemblée dans la région du Saguenay.Sur l’avion, nous avions les journaux du matin.Blair Fraser, correspondant du Toronto Star, et plutôt sympalhi que aux libéraux, écrivait que la bière avait coulé à flots lors du banquet de la veille à Trois-Rivières.Diefenbaker me fit une scène terrible, même s’il n’avait rien vu et me déclara que cela serait probablement responsable de notre défaite le soir des élections.On n’était réellement pas fait pour s’entendre ! + Bernard-Henri Lévy rien de la chronique de ses états d’âme et de ses ridicules passions.Écrire un roman, ce n’est pas seulement raconter une histoire.C’est apporter un éclairage nouveau à des zones obscures de la condition humaine.Vous savez, peu importe comment ma démarche est perçue par les lecteurs.Tout ce que je sais, c’est que j’en ai appris un peu plus long sur ma propre mort, sur la souffrance, sur l'amour et sur la littérature.» Nourri des tourments de Fauteur des Fleurs du Mal, Bernard-Henri Lévy trouve, en comparaison, la mo- Le roman L’OEIL DE LA CHOUETTE Claude Collignon, Paris, éd du Seuil, 1988, 219 p., roman.ODILE TREMBLAY L’OEIL DE LA CHOUETTE est le roman d’une ville.Une ville portuaire située on ne sait où, balayée par le crachin et figée dans l’apparente torpeur de ses habitants.C’est toute l’opacité d'une communauté aux ailes repliées que Claude Collignon est parvenu à traduire dans ce récit quelque peu oppressant.Avec son écriture intimiste, fouillée, presque trop dense, l’auteur amorce d’abord un lent démarrage d’où émergent peu à peu des visages taciturnes qui cachent un mystère.Comme des écrins minutieusement, trafiqués, ses personnages possèdent un double fond.Ce n’est pas par hasard si un photographe de guerre, habitué à bourlinguer sa vie aux quatre coihs du globe, vient échouer dans ce lieu de brouillard.D’abord étranger aux yeux des hommes qui hantent le bistrot du coin, il fait bientôt figure de revenant.Enfant du pays élevé à l’ombre des écluses, on l’appelait jadis Méli-mélo.Tout en scrutant les lieux et les visages du présent, le .raie hugolienne abjecte et dangereuse Baudelaire méprisait et jalousait Hugo, le romancier lui donne raison jusqu'à un certain point.« Certes, Hugo est un grand écrivain mais je pense que sa métaphysique est dangereuse.Cette idée, selon laquelle l’écrivain ou l’intellectuel serait chargé de guérir l’humanité de ses maladies, me semble redoutable.Toute cette philosophie optimiste, niant la radicalité du mal, est à la racine même du totalitarisme.En plus, je crois que la place qu’a prise Hugo au 19e siècle a occulté d'autres noms et d’autres oeuvres, pas seulement celles de Baudelaire.» Question hasardeuse.L’écrivain a-t-il un rôle à jouer ?Pour Bernard-Henri Lévy qui revendique son affiliation à Musil, Broch ou Kundera, l’écrivain a une fonction de connaissance de soi bien sûr, mais aussi de la condition humaine.En tant qu’in tellectuel, il se doit « d’aller au devant du monde et de ses batailles.» Bernard-Henri Lévy parle en con naissance de cause.En 1971, son premier acte littéraire fut de répondre à l'appel de Malraux qui appelait à la constitution d’une brigade internationale pour le Bangladesh.Il avait à peine 23 ans.Il renouvelait cet engagement lors du Mundial de football en Argentine il y a 10 ans et auprès des résistants afghans qui corn battaient pour la démocratie.« l’as celle que réclamaient les fondamentalistes qui ne valaient pas plus cher que l’armée soviétique.» Nécessité de faire la part des choses, d’exercer son esprit (le complexité comme il dit, pour résister aux idées simples et aux slogans, troisième rôle de l’intellectuel.Pour écrire son roman et faire ses recherches pendant quatre ans, Bernard-Henri Lévy s'est retiré dans une sorte de thébaïde.Mais il est prêt à repartir en guerre et à écrire d'autres essais : « J’éprouve régulièrement la nécessite de l’un ou de l’autre genre.Je fais un essai quand j'ai l’impression qu’un combat est à mener, qu’un bout de vérité doit être dit, à un autre moment, c’est la littérature qui me sollicite.L'écriture WOLFE Le bûcher des vanités ROMAN En vente partout KDIFRF.SSK Inc.273-6141 Flammarion NOUVELLE ADRESSE d’une ville narrateur se voit happé par ses fantômes.Trente ans plus tôt, la guerre faisait rage.Méli-mélo apprenait la vie aux côtés de ses deux grand-pères, des modèles de courage muets et de passions souterraines.Ses inséparables de l’époque : Charlie, le poète de la rue et Mélilot, une aérienne petite fille habitée par la grâce.Tout en questionnant les lieux de son enfance, ce déraciné ouvre une à une ses anciennes blessures.À nouveau, la mort et la disparition de ses compagnons le déchirent comme elles reviennent déchirer la ville paisible qui n’a rien oublié.À travers ce pèlerinage, qui prend parfois Failure d’une enquête, l'auteur touche du doigt la lourdeur et le mutisme d’un pays enseveli sous un passé tragique.Claude Collignon secoue ses personnages, les dépouille tranquillement de tous leurs masques et traque avec minutie les drames humains camouflés sous les visages silencieux.Le rythme de ce roman tout en lenteur, en patients travaux d’approche, en retours en arrière, épouse parfaitement l'atmosphère de la ville décrite et le caractère de ses habitants; les cornes de brumes de ce pays hanté deviennent perceptibles jusque dans le style de Fauteur.est-elle sa seule patrie ?« Je ne suis ni homme de terroir ni homme de racines.Je ne suis pas un nationaliste français frénétique non plus.Mon vrai lieu, c’est la littérature et la langue française.La littérature, ce n’est pas frivole, ajoute Bernard-Henri Lévy qui reconnaît aisément avoir brisé des amitiés ou en avoir noué d'autres sur des questions de pure littérature, sur un point d’interprétation de Baudelaire ou de Joyce par exemple.+ Bertrand Vac Ensuite, j’ai toujours continué.Même pendant ma période de silence, j'allais souvent à New York avec nies calepins et j’écrivais dans ma chambre.Lorsque je publiais des livres, je recevais les épreuves chez moi en quatre exemplaires et je les corrigeais avec des amis trois ou quatre fois de suite avant de les laisser partir pour l’imprimerie.Aujourd'hui encore, je viens de terminer un roman que je corrige pour la qua-t rième fois avant de l’envoyer a un éditeur.» Celte patience, cette détermination et ce professionnalisme n’empêchent pas Bertrand Vac d’être productif.lia en préparation, à part du recueil de nouvelles qui va paraître prochainement, un roman, une pièce de I héâtre, un autre recueil de nouvelles écrites en Égypte, des centaines d’aphorismes et bien d’autres choses.« Je veux écrire des histoires drôles parce que personne ici ou presque en écrit, dit-il.Dans Bizarres il y a une histoire de croisement de chiens de chasse basée sur un fait aut hentique, un récit d’une partie de golf loufoque, une histoire d’un désoeuvré qui s’achète sept balais pour rien, un récit, tragique celui-là, d’une hallucination, etc.» Loin de renier son passé, Bertrand Vac, alias Aimé Pelletier, poursuit son oeuvre plus que jamais avec toute l’énergie et la fougue qui le font ressembler à un adolescent.US ENFANTS MAL AMÉS ON EN RETROUVE DANS VOTRE OUART»! 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