Le devoir, 11 mars 1989, Cahier D
11LYSSE LA LIBRAIRIE DU VOYAGE s/s/ww Guides Cades foutieres Accessoires 4’ Su "• IV” s Montre»»: 1 .'08 Su nt Pt»” s *\ Mu t Roy .i SÎBern 562 Près u«»nt Kenued> *\ M» v‘, tt 843 9447 TT 289 9875 tt 289 0993 Montréal, samedi 11 mars 1989 Un bon roman d’espionnage Qui sont les bons et qui sont les méchants ?Il faut attendre la toute fin de Un ange à Bucarest, de Sidney Sheldon, pour le découvrir Page D - 2 Qui s’y frotte s’y pique Une formidable araignée au venin toxique tisse la toile de fond du premier roman de Sophie Schallingher.Un roman techniquement parfait, écrit Jean-Roch Boivin de L'amour venin Page D - 3 Sciences humaines Heinz Weinman a lu Mémoires pour Paul de Man où Jacques Derrida démêle le fil d'Ariane de la mémoire, plus précisément comment ce disparu s'inscrit dans la mémoire de l'auteur.Lev Davidovitch Bronstein, vous connaissez ?Il s'agit de Trotski.Deux ouvrages sur ce personnage, l'un de référence, l'autre portant sur les trois dernières années de sa vie Page D - 4 Le feuilleton Une nouvelle biographie de Franz Kafka que l’éditeur (Fayard) qualifie de meilleure vue d'ensemble de l'homme et de son oeuvre Page D- 5 Les revues culturelles Mercredi le 15 mars débute la semaine des revues culturelles du Québec, ces revues qui luttent contre les Goliaths, qu'ils viennent des États-Unis, d'Europe ou du Canada Pages D - 6 et D - 7 Pour les yeux et la bouche Six livres qui s'adressent aux papilles et aux estomacs : l’alimentation de demain, les expressions de la table, la synthèse des primeurs, l'aubergine, la poésie dans la cuisine et la cuisine de la chasse.Pour les yeux, les beaux livres : Rodin, David, Vuillard, Velasquez, Garache, etc Page D - 8 Lettres étrangères Frank Ching, journaliste américain, retourne à l'âge de 32 ans dans la Chine de son enfance et retrace l'histoire de sa famille.Alice Parizeau a lu Ancêtres, qui a eu un tel succès que son auteur a décidé de se consacrer exclusivement à l'écriture.Page D - 9 Yves Beauchemin en toute humilité PHOTO JACQUES GRENIER Yves Beauchemin devant une pile de son nouveau roman.mm I## &*»***•> .B***” Çr 4F W¥£ GUY FERLAND COMMENT SK REMETTRE d’un succès phénoménal comme celui du Matou ?A-t on une appréhension telle qu’elle paralyse l’écrivain devant la page blanche ?Prend-on une telle assurance qu’on ne se pose plus de questions avant d’écrire ?Ou bien fait-on comme si de rien n’était et que tout ça n’avait pas d'importance ?Pour Yves Beauchemin, ces questions ne se posent pas vraiment.« Une fois un livre terminé, lorsque les personnages se dégagent de moi et que l’intrigue s’éloigne, j’ai l'impression que le roman tombe dans le domaine public, qu’il appartient aux autres, s’ils veulent bien l’accueillir.» On le voit, même après un succès comme celui du Matou, Yves Beau chemin, le petit gars de Clova en Abi tibi, reste humble.« Les gens vou draient que l'histoire se répète, que mon nouveau roman, Juliette Po merleau (Québec/Amérique), se vende autant sinon plus que le Ma tou.Mais l’histoire ne se répète ja mais.Il se peut que mon troisième roman se vende plus ou moins que le précédent, mais l’important n'est pas là.L’essentiel, c’est que le même écrivain reste.J’accorde toujours une place prépondérante à la structure de l’histoire, au style picares que, à l’action dense, aux rebondis sements nombreux et aux person nages originaux.Je suis en fait ur écrivain balzacien, dans la mesure du possible.Je décris les personnages de mes romans par leurs actions, un peu comme au cinéma, sans insister sur le côté psychologique de leur personne.Ce sont leurs actes qui les définissent.» Yves Beauchemin avait commencer à rassembler des notes pour Juliette Pomerleau avant la parution du Matou en 1981.Mais c’est en 1982 qu’il a vraiment débuté l’écriture de son roman, par un simple résumé d’une page qu’il mit des jours à composer.« Au départ, je voulais écrire l’histoire d’une obèse joviale qui recherchait quelque chose.Je ne savais même pas quoi.C’était difficile comme situation.Puis m’est apparue la nièce, Adèle, qui fuyait pour une raison quelconque sa tante.Je ne savais pas trop pourquoi également.C'est peu à peu que les éléments se venus se fondre.J’étais dans cette histoire comme un détective qui es- saie de rassembler les pièces d'un puzzle.Il faut que l'action se fasse en moi avant que je puisse la coucher sur le papier.« Pour mes personnages, je me suis inspiré de personnes que je connaissais ou que j’avais déjà croisées dans mon existence, en les transposant bien entendu.Mon propre fils m’a fourni le caractère un peu introverti de Denis, le petit-neveu de Ju liette, et cette dernière est issue d’une rencontre que j’avais faite avec une immense et sympathique femme de ménage à Radio-Québec où je travaille comme recherchiste, bien que je sois en congé sabbatique depuis plusieurs années.Le compositeur Martinek, quant à lui, je l’ai imaginé à partir du compositeur tchèque Bohuslav Martinu que j'admire beaucoup.Alexandre Porte-lance, l’entreprenant vendeur d'aspirateur Electrolux, est venu s’imposer en cour de route dans l’économie du texte.» Cette découverte d’un personnage qui s’impose dans le cours du récit, de l’imprévu du texte qui se construit comme une maison ou une symphonie, pièce par pièce, est ce qui séduit l’écrivain en Yves Beauchemin.« Le premier jet d’une histoire me procure un plaisir intense, même si je jette énormément d’ébauches, presque les trois quarts.Après ça, et c’est ce qui est le plus long pour moi, c’est la réécriture.Je travaille très lentement, dans une chambre que je loue spécialement pour écrire à des heures régulières, et j’avance à petits pas, parce que je suis un peu perfectionniste.Je voudrais donner du plaisir au lecteur.Je n'ai pas d’autre but.» Mais cette façon d’écrire va à l’encontre de la conception romantique de l’écrivain torturé qui écrit sous le coup de l’inspiration insensée.« Je ne suis pas Victor-Lévy Beaulieu ou Michel Tremblay.Je n’ai pas la maîtrise technique nécessaire pour écrire comme ça presque du premier coup quelque chose de valable.Je dois travailler mon texte souvent avant qu’il devienne acceptable pour moi.Maintenant, après huit années de travail assidu, je peux dire que je ne lirai plus jamais ce roman, parce que j’en connais la plupart des passages par coeur.» Il faut avoir une bonne mémoire, ou y avoir travaillé longtemps, pour mémoriser des passages de ce gros roman de 700 pages qui se déroule principalement à Longueuil, où habite le romancier, et dans plusieurs autres villes du Québec et dans di vers restaurants de Montréal.Les personnages foisonnent dans cette quête insensée aux allures baroques et policières.Outre les personnages décrits par l’auteur, il y a, dans la conciergerie de Juliette Pomerleau, un assortiment assez bigarré d'êtres humains.D'abord, la belle violoniste Rachel, inspirée en partie par la violoniste québécoise Viviane Roberge, ensuite le photographe peu scrupuleux Clément Risette, un dentiste cachotier, un merle des Indes savant, un concierge virtuose et même Charles Du toit qui fait son apparition vers la fin du récit L’imagination de Yves Beauchemin regorge de personnages fantastiques.11 y a même, pour les nostalgiques du Matou, quelques références au roman précédent.Comme quoi, non seulement la réalité s’imbrique dans la fiction, mais la fiction elle-même se lie de livre en livre.Pour Yves Beauchemin, la litté-rature ne doit pas se soumettre à l’idée de livrer des messages.« Les romans à caractère religieux ou communiste du début du siècle sont viles tombés dans l'oubli.Dans mon roman, je ne veux pas faire de leçon.La littérature doit procurer un plaisir esthétique par elle-même.On ne demande pas a une statue de livrer un message.» Même s’il ne veut pas faire de roman à thèse, Yves Beauchemin ne s’empêche pas de lancer des pointes acidulées à travers son gros récit.À l’ex maire Jean Drapeau, par exemple, ou aux spéculateurs de toutes sortes qui défigurent les villes et détruisent les traces du passé seulement par esprit de lucre.« C’est une des seules concessions que j’ai faites, parce qu’il me tient à coeur de conserver le patrimoine.» En ce moment de promotion, à laquelle Yves Beauchemin se prêle vo lontiers, l’écrivain se sent en période d’attente.« Je suis réceptiv à tout ce qui se passe et j’attends de trouver un filon, sans trop forcer les choses.J’ai déjà quelques idées et du maté riel de notes, mais par expérience je sais que tout peut encore changer du jour au lendemain.» ( )n attendra bien quelques années encore pour se lancer une nouvelle fois dans la lecture d’une oeuvre colossale qui s'affirme de plus en plus et fait penser, par son ampleur et sa structure, aux séries de livres de Balzac ou de Zola.« Mais on ne peut pas se comparer à ces deux géanLs », s’exclame modestement l’écrivain.Chair 'Wffl Satan Parallèlement à une carrière de télévision et de cinéma, Roger Fournier vient d’écrire son onzième roman, Chair Satan, le récit d’une initiation sensuelle et d'une maturation.En voici les premières pages.H I FH Q w ROGER FOURNIER J’AVAIS 14 ANS lorsque je fus frappée par le sens du mot « anfractuosité ».Je ne sais pas trop pourquoi et je n’ai pas envie de le savoir.Je me souviens seulement des circonstances qui ont coïncidé avec ce petit événement, insignifiant en apparence.C’est ce jour-là que j’ai noté un changement dans l’attitude de ma mère.Je l’avais toujours trouvée transparente.Or, elle me cachait quelque chose.Ma mère enseignait l’histoire des religions à l'université et elle était belle.C’est peut-être à cause de cela que, sortant de sa bouche aux lèvres douces, le mot divinité prenait une saveur particulière.Dès ma plus tendre enfance, j’ai entendu parler non seulement du « Dieu tout-puissant » des catholiques, mais aussi des chamans.des sorciers, des déesses et PHOTO JACQUES GRENIER Roger Fournier des dieux de plusieurs civilisations.Aujourd’hui, il m’apparaît évident que ce monde plus ou moins imaginaire, bourré de monstres et d’êtres surnaturels, a stimulé mon imagination et exacerbé ma sensibilité.Mon père est avocat.À cette époque, il était fort, prospère, respecté, sans doute mêlé à des combines plus ou moins propres, parce que l’argent est un tyran sans pitié.Cela donne, à ce que l’on dit, une famille bourgeoise.Mais pous moi, ça n’a aucune importance.On peut être pauvre et penser bassement, ce qui rend plus bourgeois que l’aisance.Avec mes yeux de fillette, je voyais mon père comme un homme élégant, grand, amène, triomphant.Quand il marchait, j’avais toujours l’impression qu’il s’avançait vers une conquête.Pour moi, à cet âge-là, c’était fascinant.Rien de plus naturel, bien sûr.Mes plus beaux souvenirs d’enfance, ce sont mes promenades en sa compagnie.Ma petite main enveloppée dans la sienne, j’avais le sentiment qu’elle pouvait m’emmener très loin, me faire traverser les frontières,Om’enlever, me faire voler.Rien de plus frustrant que toutes ces limites inhérentes à la nature .Quand il se penchait pour em brasser ma mère allongée sur le lit, il avait l’air d’un prince qui consent avec beaucoup de grâce à faire une gentillesse à une femme ordinaire.Pourtant, ma mère était une femme de grande classe.Nos yeux voient ce qu’ils ont besoin de voir.Mes parents avaient l’air heureux.Peut-être l’étaient-ils vraiment.Je ne le saurai jamais.Tout compte fait, l’important, pour mes jeunes yeux, c’est qu’ils aient réussi à me montrer cette image de couple harmonieux.Les ¦< bellus images » ne sont peut-être pas si débilitantes, après tout.Donc, anfractuosité, creux, cavité, caverne .Or, depuis le fond de; âges, les cavernes sont habitées, utérus géants où se forment les monstres les plus divers, tout comme les êtres les plus beaux que l’on puisse imaginer.C’était en juin, par un après-midi assez chaud.J’avais l’impression que le monde tournait d’une étrange façon.Mon père était à son bureau et je lisais dans le jardin, à l’ombre de notre magnolia.Tout était embaumé, velouté comme la feuille de certaines plantes tropicales.Ce n’était pas de l’air que je respirais, me semblait il, mais quelque chose de beaucoup plus dense : un mélange de parfums et de sucs.Ma mère est venue me demander d’aller chercher un pain à la boulangerie, chose qu’elle ne me demandait jamais de faire parce que les courses, c’était la bonne qui s’en chargeait, une femme qui passait trois jours par semaine à la maison.Sur le moment, je n’ai pas réfléchi à ce détail mais j’ai remarqué la nervosité qui se lisait sur son visage.Elle me donna de l'argent.Je sentis la fébrilité et la moiteur de ses doigts.Il se passait quelque chose.Je voulus la regarder dans les yeux mais elle se détourna rapidement, me disant que, si je voulais faire une promenade par la même occasion, ce serait bon pour ma santé.Je suis donc sortie pour aller à la boulangerie, ce qui m’aurait normalement demandé une bonne demi-heure en prenant le temps d’admirer les fleurs des parterres mais, sur le cher, m du retour, un orage éclata subitement et je dus courir.Trempée par la pluie tiède, je me suis enfournée dans la cuisine par la porte de derrière.Alors, j’ai entendu des pas, des claquements de portes, des chuchotements entrecoupés de soupirs, de « Non ! Non !» et de « Oui ' Oui ! ».Au bout de quelques secondes, plus rien.— Maman ?Maman ?De loin elle a crié : — Oui, ma chouette .T'es re Voir page D -10 : Chair Satan père JL séparé UN LIVRE POUR LE PÈRE QUI VEUT RESTER PÈRE APRÈS LA RUPTURE DU COUPLE.POUR LA MÈRE QUI DÉSESPÈRE.ET POUR LES ENFANTS QUI SOUFFRENT.Lise Turgeon y /\ l Etre père quand même ) 172 pages 14,95$ EN VENTE PARTOUT PARCOURS Les éditions internationales Alain Stanké, 2127, rue Guy, Montréal H3H 2L9 (514 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 11 mars 1989 • h’plaisir des ivres Angélique en Roumanie ïÆ r LAI51K Ï)l LIKl UN ANGE A BUCAREST Sidney Sheldon Paris, Stock, 1988 (Édition originale Windmills of the Gods Sheldon Literary Trust, 1987) SERGE BERGERON SIDNEY Ml KI.DON est loin d’être un illustre inconnu.Dans les années 60, il s'est consacré à l’écrit ure de séries pour les réseaux américains de télévision Durant les années 70, sa carrière d'auteur a pris une tangente nouvelle alors qu’il s’est plutôt tourné vers le « best -sellerisme », où il connaît beaucoup de succès.11 n’a cependant pas renoncé à écrire pour la télévision puisque quelques-uns.de ses romans les plus populaires ont été portés au petit écran, sous forme de mini-séries.On a pu voir, il y a quelques années, Lu Maîtresse du jeuei, il y a quelques semaines.Un ange à Bucarest, sur les ondes du ré seau TVA.Le discours d’investiture du 42e président des États-Unis fait beaucoup de remous parmi les fonctionnaires de l’administration américaine, et pour cause : le président annonce que son mandat se fera sous le signe de la paix (?) et de la détente (?): son objectif premier étant la mise en oeuvre d’une politique d’ouverture vers les pays du bloc de l’Kst ( ! ?) Panique dans les bureaux de la (T A Le président es’t-il devenu communiste en même temps que fou ?¦« Il projette d’inviter la Roumanie, l’Albanie, la Bulgarie et les autres pays communistes à envoyer leurs espions chez nous en tant qu’attachés culturels, chauffeurs, secrétaires et domestiques.Nous dépensons des milliards de dollars à garder la porte de derrière et le pré sident veut ouvrir en grande l’entrée principale.» Certains fonctionnaires vont même jusqu'à prédire la fin de l'empire américain à plus ou moins brève échéance si le president maintient sa politique.Bref, une panique typiquement américaine s’installe.Sheldon connaît bien ses compatriotes.En-Iin, disons qu'il les caricature assez bien.La Roumanie ayant depuis un certain temps cessé toute relation avec les États-Unis, Paul Ellison (le président ) décide de commencer son programme d’ouverture par ce pays.Le gouvernement roumain fait preuve de bonne volonté en acceptant d’accueillir une délégation américaine sur son territoire, mais à la condition expresse de pouvoir donner son accord sur le choix de l’ambassadeur.Déjà critiqué sévèrement par ses proches sur sa politique, le premier dirigeant des États-Unis s’attire encore une fois les foudres de ses collaborateurs en suggérant, pour remplir la fonction d'ambassadeur, une personne qui n’a aucune expérience du monde de la diplomatie.Il choisit Mary Ashley, professeur de science politique à l’Université du Kansas et spécialiste des questions touchant les pays du bloc de l’Est.Paul Ellison l’avait remarquée en raison d’une série d’articles qu’elle avait signée dans une revue universitaire portant sur les relations internationales.Leur parenté idéologique apparut évidente à l’homme politique.Après la routinière enquête de moralité que doivent subir, à leur insu, les candidats à pareilles responsabilités, le président prend contact avec Mary Ashley.Cette dernière est certes flattée d’un tel honneur, mais décline l’offre qui lui est faite, car elle ne veut pas laisser son mari et ses enfants.Entre alors en scène une organi sation clandestine, composée de membres venant des deux côtés du Rideau de fer et appelée les Patriotes de la liberté, qui se fait fort de contrecarrer les plans présidentiels.Elle décide de faire en sorte que Mary Ashley devienne ambassadrice américaine en Roumanie.De prime abord, cela peut sembler paradoxal, mais il faut savoir que personne, à part Ellison lui-même, ne pouvait imaginer le professeur remplissant ses fonctions avec efficacité.LES ECRITS' DES FORGES c.p.335 TROiS-RÎVtÈRES C'EST PARTI La Jeune poésie g9a 5g4 COME LACHAPELLE I \ RFI’MQIE 1)1 1)01 TF CIIRiSTLAAE FRENETTE CÉRÉMOME MH>l()iRE taU.MARIO ( MOLETTE RADII M JEA\ PERRON I N SClM iELEMENT DE WTTARES FRANÇOIS ViCNEAILT CROQI is 1*01 R I \ SOI RIRE (Gouvernement du Quebec Ministère des affaire» culturelle» du Québec L’époux de Mary Ashley meurt donc dans des circonstances plutôt mystérieuses et Mary, devenue veuve, accepte de se rendre en Roumanie avec ses deux enfants.Contre toute attente, elle fait des miracles à Bucarest (peut-être « un peu » trop pour la vraisemblance du récit).Quelques Patriotes de la li berté, faisant partie du personnel attaché à l’ambassade, mettent alors tout en oeuvre pour faire échouer la mission de Mary, et ainsi discréditer le programmé d’ouverture sur les pays de l’Est.Malgré des menaces de mort, quelques tentatives d’enlèvement et l’hostilité de certains de ses collaborateurs, elle ne se laisse pas démonter, et continue à évoluer dans la dangereuse société de la capitale roumaine.Voyant qu’aucune de leurs manoeuvres ne réussissait à convaincre lq diplomate deOpartir, et qu’ainsi le plan d’ouverture semblait bien fonctionner, l’organisation clandestine décide de l’éliminer.Elle dépêche sur place un tueur à gages de renommée internationale afin d’assassiner l’ambassadrice et ses enfants.Mais arrêtons ici, avant de vendre les punchs.Avec ce roman, Sidney Sheldon mène à bien un récit dans lequel le suspense est la valeur première.Tout au long de l’histoire, on ne parvient jamais à savoir exactement qui sont les « bons » et qui son les « méchants », les uns comme les autres travaillant dans l’ombre.Ce n’est qu’à la toute fin que l’on découvre « qui » est « qui ».Alors, en ce qui a trait aux rebondissements et aux mystères, le lecteur peut s’estimer mh Hi PHOTO AP Sidney Sheldon choyé.Cependant, là où le bat blesse, c’est dans les événements et les personnages.Il se dégage de l’ensemble une « légère » impression de déjà vu; tout semble un peu trop convenu.Par exemple, on décrit l’héroïne comme une « femme très belle mais qui ne le sait pas ».Abstraction faite de l’absurde d’un tel propos, combien d’auteurs nous ont déjà fait le mauvais coup d’une pareille protago: niste .De plus, avec sa naivete et sa pureté (on lui accole ces qualil i catifs), elle se frotte avec un peu trop de succès à de « grands méchants loups » pour que le texte ne perde pas, à quelques moments du moins, de sa vraisemblance.Malgré ces petits défauts agaçants, Un ange à Bucarest demeure un bon roman d’espionnage.La façon dont le suspense est ficelé vaut à elle seule la lecture.Fiction et biographies 1 Le Zèbre Alexandre Jardin Gallimard (2)* 2 La Vieille qui marchait dans la mer San Antonio Fleuve noir (1) 3 Ça Stephen King Albin Michel (3) 4 C’est quoi, ce petit boulot ?Nicole de Buron Flammarion (5) 5 Le Boucher Alina Reyes Seuil (4) 6 Autoportrait en érection Guillaume Saber Régine Deforges O) 7 L’Homme qui plantait des arbres Jean Giono Gallimard/ Lacombe (-) 8 Une femme Anne Delbé Le Livre de poche (-) 9 Le Fils du chiffonnier Kirk Douglas Presses de la Renaissance (7) 10 Les Lettres volées Gérard Depardieu JC Lattès (-) Ouvrages généraux 1 Le Mal de l’âme D.Bombardier et C.Saint-Laurent Robert Laffont d) 2 Le Chemin le moins fréquenté Scott Peck Laffont (3) 3 Et tournons la page Solange Chaput-Rolland Libre Expression (2) 4 Le Défi alimentaire Louise Lambert-Lagacé éd.de l’Homme (4) 5 Mes secrets naturels Rlka pour guérir et réussir Zaraï JC Lattès (5) Compilation faite à partir des données tournles par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray.Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Ratlin, Demarc, Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes, Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Bi-blairies G.-G Caza, Joliette : Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.• Ce chiffre Indique la position de l’ouvrage la semaine précédente GUY FERLAND Raymond Plante chez Boréal L’ÉCRIVAIN Raymond Plante, qui a quitté récemment les éditions Québec/Amérique, se joint à l’impressionnant comité éditorial des éditions Boréal qui regroupe déjà Pascal Assathiany, Antoine Del Busso, Jacques Godbout, Daniel Latouche, Paul-André Linteau et François Ricard.En plus de prendre part aux décisions sur la politique éditoriale de la maison, Raymond Plante dirigera à la fois les collections pour les adolescents, pour les jeunes et « pour ceux qui restent jeunes d’esprit ».Les premiers titres sous sa gouverne paraîtront à l’automne 89.Boréal invite les écrivains à faire parvenir leur ma- nuscrit à ses soins au 5450, chemin de la Côte-des-Neiges, bureau 212, Montréal, II3T 1Y6.La semaine des revues culturelles à Québec C’EST à compter du 15 mars que se déroule la campagne de promotion des revues culturelles membres de l’Association des éditeurs de périodiques culturels.À cette occasion, le journaliste Laurent Laplante prononcera une conférence au musée de la Civilisation, à Québec, sur les périodiques culturels et la place qu’ils occupent au sein des industries culturelles québécoises.La conférence sera précédée d’une présentation visuelle illustrant la variété des revues culturelles québécoises et leur évolution au cours de la dernière décennie.L’événement est gratuit et aura lieu le dimanche 19 mqrs à 13 h à l’auditorium 2 du musée de la Civilisation (85, rue Dalhousie, à Québec).Nominations à l’Association québécoise des salons du livre LORS de l’assemblée générale annuelle de l’Association québécoise des salons du livre, tenue le 4 février dernier, la présidente Danielle Dupuis a été nommée directrice générale du Salon du livre de l’Estrie; le vice-président Thomas Déri, directeur général du Salon du livre de Montréal; le trésorier Jean-Louis Reid, directeur général du Salon du livre du Saguenay - Lac-Saint-Jean; la secrétaire Sylvie Pelletier, présidente du Salon du livre de la Côte-Nord.Les autres membres de la corporation sont Denis Voynaud, Roger Dufour, Lorenzo Michaud, Denise Sénéchal et Andrée Quesnel.Films sur la littérature AU SEPTIÈME Festival internatio- If QSJEbK MW 1 ® jkjU VH ; BEAULIEU • BOUCHER • COUSTURE D’AMOUR • GARNEAU • HAMEL LACOURSIÈRE • POUPART • PROULX RENAUD HIVER 1989 -NUMÉRoQ nal du film sur l’art, plusieurs films traitent de sujets littéraires.Uxmal, de Mario Diezde Urdanivia, au musée des Beaux-Arts, ce samedi à midi.Présentation du site maya d’Uxmal, dans le Yucatan, à partir de prises de vue in situ et de dessins de Frederick Catherhood, un artiste anglais du 19e siècle.Le commentaire est basé sur les notes du diplomate américain John L.Stephens, Incidents of Travel in Yucatan, publié en 1943.Le Vent de novembre, de Jean-Paul Lavaud, au cinéma Parallèle à midi.Un enregistrement d’époque du poème Le Vent, d’Émile Verhaeren, dit par l’auteur.Des images de l’Escaut, des paysages de la Flandre, des dessins de M.Massin et des oeuvres d’artistes contemporains de Verhaeren créent une atmosphère mystérieuse.Yves Légaré quitte l’Uneq LE DERNIER Bulletin de l’Union des écrivains québécois nous apprend que le directeur général de l’Uneq depuis septembre 1987 quittera ses fonctions à la mi-mars.Yves Légaré était à l’emploi de l’Uneq depuis plus de cinq ans.Il a travaillé à la recherche et à la rédaction du Dictionnaire des écrivains québécois contemporains et a assumé la direction du Service des droits de reprographie pendant plus de trois ans.L’Uneq souligne la qualité du travail qu’il a accompli et lui souhaite bonne chance dans ses nouvelles fonctions à la Sardec.TV5 LE THÈME de l’émission littéraire Apostrophes diffusée demain soir à 20 h est « La vie est un long fleuve tranquille».Bernard Pivot reçoit Edward Behr, auteur de Hiro-Hito (aux éditions Robert Laffont), Pierre Boujut, auteur de Un mauvais français (Arléa)_, le R.P.Bruckber-ger, auteur de A l’heure où les ombres s'allongent (Albin-Michel), Bernard Lecherbonnier, auteur de Les Sanson, bourreaux de père en fils, 16SH-1847 (Albin-Michel), et Ella Maillart, auteur de La Voix cruelle (Payot).Radio-Canada FM LE LUNDI 13 mars à 16 h, au magazine de littérature étrangère Fictions, trois ouvrages récemment parus sont commentés en table ronde par les chroniqueurs Louis Caron, Jean-François Chassay, François Hébert, Stéphane Lépine, François Ricard et Suzanne Robert.L’animatrice est Réjane Bougé.LE MARDI 14 mars à 21 h 30, au magazine de littérature québécoise Fn toutes lettres, les chroniqueurs Roch Poisson (revues), Jérôme Daviault (essais), Robert Melançon (poésie), Jean-François Chassay (fiction), Francine Beaudoin et Jacques Thé-riault (actualité littéraire) font le tour des récentes parutions québécoises.L’animatrice est Christine Champagne.Luc Durand lira Idiots Delight, d’André Ricard.Poumon qui respire Cigarette qui expire CLAUDE POISSANT PASSER LA NUIT LES HERBES ROUGES / THÉÂTRE (/> ft — / CLAUDE POISSANT PASSER LA NUIT Portrait acide et fragmenté d’une génération en panne, Passer la nuit, par son écriture syncopée, plonge au coeur du malaise ontologique actuel en Amérique et donne à voir, sous un angle inédit, le Québec des «années floues».THÉÂTRE LISE VAILLANCOURT MARIE ANTOINE, OPUS 1 C’est une oeuvre unique, tragique, immense.Elle est à la fois comique, grave et poétique.Elle dégage également une dimension critique.C’est un regard féroce sur la famille, le couple, le mariage, l’éducation, sur l’école.— Paul Pelletier, La Presse THÉÂTRE où l’écriture faitTa littérature MARIE-ANTOINE, OPUS 1 4 r i Le Devoir, samedi 11 mars 1989 ¦ D-3 L • le plaisir des ivres Fais-moi peur, Amélie ! r Le procès de Dorian Gray L'AMOUR VENIN Sophie Schailingher Montréal, Les Quinze 1989, 376 pages Jean-Roch ( B0I7IN ï111(0 appeler les textes apocryphe- les inédits, les documents oublié .a 11 a\ est is qui révèlent l'arriére -eene (le la pensée officielle.! e i ainsi qu’un exposé narratif (h enseignements ésotériques d’un vieux maître quechua de la tradition solaire mi a ne peut être que bienvenu en Inst oire culturelle des religions Surtout lorsque les enseignements nous renvoient aux cultes cosmique- el a la nécessité de connaître l’univers pour être vraiment religieux Les questions que posent les textes du présent ouv rage sont passionnantes l'importance du visuel dans la découverte du sacré, les requête de la transcendance et les premières attitudes de l’humanité face à la nature.Il est a remarquer que l’auteur de ce livre, fortement oral dans son suivi linéaire, est un Péruvien qui a mis sur pied un centre dans le but d'aider le- enfants et les vieillards déshérités Nous voilà avec le vécu il c e- 'éi i ste altruiste (pu, loin de e bornei uix techniques du mental et de l'éveil spirituel, témoigne lui même d'une recherche partagée du salut Le premier de ces deux ouvrages en est un de référence, utile à tous ceux et celles qui recherchent la vérité au-delà des thèses officielles ou des « impressions historiques».On doit ses 1,105 pages à Pierre Broué, professeur à l’Institut d’études poli tiques de l'Université des sciences sociales de Grenoble.Broué, l’historien, est connu pour une vingtaine d’ouvrages qu'il a publiés mais aussi pour sa participation active à l’édition française des oeuvres de Trotski qu’il dirige à titre de président et directeur scientifique de l’Institut Léon Trotski.S’il est une personne en Occident qui pouvait écrire un ouvrage d’une telle profondeur et d'une qualité aussi irréprochable, c'est bien lui Bien sûr, les 947 pages de texte — ainsi que les 158 pages qui suivent et où l’on retrouve chronologie, bibliographie, notes, cartes et index sans lesquels ce livre serait réservé à quelques érudits — ne se laissent pas lire facilement.Mais c’est un livre qu’on lit tout de même avec un grand plaisir, qu'on commence un peu par curiosité puis dans lequel on se plonge tout entier et que l'on dévore fiévreusement après quelques chapitres.Une fois accepté le principe d’un certain parti pris, inhérent à toute biographie, cet ouvrage constitue un très intéressant témoignage d’une vie hors du commun.Il retrace aussi, à travers les luttes qui firent la vie de cet homme, l’évolution pénible des sociétés européennes du début du 20e siècle.De près ou de loin, Trotski fut mêlé à nombre de ces bouleversements sociaux, lorsqu’il ne les provoqua pas lui-même.Bien qu’oeuvre d’érudit, ce Trotski évite les lourdeurs qui souvent barrent la route du lecteur néophyte.À Ht! ans, Broué publie ici un véritable chef-d’oeuvre, couronnement d'une vie de travail consacrée au grand révolutionnaire.On retrouve dans cet ouvrage tous les détails de la vie du grand homme; des premières armes politiques qu’il fit lors de la mise sur pied de l'Union des travailleurs de la Russie du Sud en 1897 jusqu’au coup de piolet qui mit fin à ses jours, en passant par les nombreuses arrestations dont il fut victime tout au long de sa vie (on y apprend qu’en 1917, Trotski fut interne pendant un mois au Canada par les Britanniques) et les brillantes interventions qu’il fit alors qu’il était au pouvoir en Union soviétique ou, plus tard, depuis ses exils sans fin.L’ouvrage de Broué ne convaincra personne à la cause de Trotski, mais il a au moins le mérite d’exposer clairement des faits historiques oubliés, trop souvent noyés sous des demi-vérités ou carrément passés La vie en rose LETTRE OUVERTE A LA GENERATION MITTERRAND QUI MARCHE A CÔTE DE SES POMPES Thierry Pfister Paris, Albin Michel coll « Lettre ouverte » 1988, 200 pages PHILIPPE W1LMART « LORSQU K "tonton" devint "Dieu”, apparut simultanément la "‘génération Mitterrand".L’Immaculée Conception avait encore frappé.» D’emblée, le ton est donné.Dès les premières lignes, on pressent que Thierry Pfister va profiter de sa lettre ouverte pour remettre les pendules socialistes à l’heure et quelques personnalités bien en vue à leur place Knl'ant de la gauche, cet homme possède ses convictions et il n’apprécie guère de voir ses petits camarades renier les leurs au seul motif qu'ils sont aujourd’hui les princes qui gouvernent la France.Alors, rompant avec ce consensus qui semble être devenu le mot d’ordre de la classe politique française, il choisit de monter en première ligne et de dénoncer tous azimuts les abus qu'il constate et réprouve.Non sans avoir au préalable enfilé son gilet pare-balles II faut dire que ses coups de plume n’épargnent personne De Michel Rocard à Jean-Pierre Chevènement en passant par Sd.S Racisme et Médecins du monde, c'est toute la nouvelle gauchi* 1 socialiste qu’il passe à la mouli-nette.Ses armes : un cynisme frôlant la dérision, des mots qui sentent le soufre, une syntaxe meutrière, des métaphores dévastatrices.C'est que la comédie à laquelle il assiste, impuissant, l’inquiète au plus haut degré.Quand l’allégeance au président en arrive à primer l’adhésion aux institutions démocratiques, c’est la République qui se trouve mise en danger, clame-t-il Or tout se passe dans l'Hexagone comme si on en était revenu à l'ere du despotisme et du pouvoir d'un seul homme.La suprématie présidentielle était ex cessive quand d'autres l'exerçaient ; elle est désormais présentée comme une garantie pour la démocratie La démagogie se trouve soudain élevée au rang de vert u dès lors qu’elle a pour fonction de s’attirer les grâces présidentielles.Bref, la République chancelle et la France dérive.De « recentrage » en « politique du changement », le discours politique de la nouvelle gauche socialiste sonne creux et ne parvient plus à masquer le manque d’idéologie, affirme Pfister.Adieu les pompeuses déclarations de principe, le seul principe qui vaille est devenu : « J’y suis, j’y reste».Kt voilà les Jospin, Rocard, Fabius transformés en radis politiques roses à l’extérieur, blancs à l’intérieur.Sans programme précis, leur seul engagement consiste à tenter de se maintenir au pouvoir.Tel est bien le dilemme auquel se trouve toujours confrontée la gauche en France lorsqu'elle arrive au pouvoir : demeurer à gauche et perdre le pouvoir ou demeurer au pouvoir mais virer à droite L’option actuelle ne laisse guère de doutes, nous dit Pfister.Incapables d’inverser le cours des événements, les socialistes se voient contraints d’accompagner le glissement à droite de la société française.Kn le freinant, certes, mais en justifiant aussi du même coup des références culturelles qui ne sont pas celles te la gauche.Comment s’étonner, dans ces conditions, que de nombreux acteurs de la scène politique en viennent à perdre leur âme et à se retrouver hors d’état d'assumer un passé récent.Veut-on leur rappeler certains discours qu’ils ont tenus en des temps peu éloignés ?Les voilà soudain frappés d’amnésie collective et de mutisme congénital.Ces socialistes français (jui se permettaient dans les années 70 de dénoncer les compromissions sociales démocrates de Willy Brandt ou d’Olof Palme, les voilà désormais positionnés à l’extrême droite de l’internationale socialiste.Leurs convictions ont cédé devant les palais ministériels.Alors, pour sauver les apparences, déclare l’auteur, on les voit, la rose à la main, forcés de recourir à des subterfuges censés tout justifier, tout absoudre.Kt le petit livre rose en profite pour s’enrichir d’une nouvelle expression : « l’ouverture au centre ».Pour compléter la démarche, le gouvernement socialiste a voulu faire appel ;fux interprètes médiatiques.C’est ainsi qu’à côté de la traditionnelle société politique, on a soudain assisté à l’émergence d'une « société civile » et à l’entrée au gouvernement de S' SB*- %mm Lev Davidovitch Bronslein, dit Léon Trotski.Entre la mémoire et l’oubli sous silence.Par la puissance de sa réflexion politique sur son temps et la clairvoyance dont il fit preuve dans la plupart de ses interventions, Trotski se classe de facto parmi les êtres exceptionnels qui ressortent du groupe déjà restreint des grands de ce monde.Pour qui ne saurait goûter au charme enivrant de la lecture de ces ouvrages dépassant les mille pages de fins caractères, les « Documents Payot » proposent Trotski — Mexico 1937-1940, un ouvrage sur les trois dernières années de Trotski, où l’on revoit très succinctement la vie tu multueuse du grand personnage.Pierre Broué en a écrit la postface, la chronologie et la bibliographie.On y retrouve, à la suite du texte d'Alain Dugrand, le très beau portrait écrit par l’Américain James Thomas Farrell (1904-1979) au lendemain de l’assassinat de Trotski.Plus modeste dans ses visées, ce petit ouvrage traite seulement du séjour mexicain de Trotski.Dugrand nous parle de la vie quotidienne de Lev Davidovitch.Il nous parle de l’action politique qu’il poursuivit avec toujours autant d’intensité, de son amitié avec Breton.de l’amour qui le lia jusqu'à son dernier souffle à Natalia, des rafales de mitrailleuses Thompson qui le manquèrent et enfin du coup de piolet de Ramon Mer cader.Ce dernier, près de 20 ans après, à sa libération, devait recevoir l’Ordre de Lénine à Moscou .Généreusement illustré, sorte d’al bum de famille, ce livre nous brosse un portrait intime et humain de celui que Bernard Pivot, dans sa Iiiblio thèque idéale, qualifie de « plus intel lectuel des bolcheviks».Jean-Philippe Tastet est journaliste pi gisle.personnages médiatiques bien con nus comme l’académicien et historien Alain Decaux, le président de Médecins du monde, Bernard Koueh ner, ou encore le cancérologue Léon Schwartzenberg.Mais là où le bât blesse, affirme Pfister, c’est que la société civile ne se trouve ainsi mise en exergue que pour servir de référence et de faire-valoir aux intérêts tactiques de l’équipe ministérielle en place.Viendrait-il à l’idée d’un de ces « communicateurs» de s’attribuer une sphère de décision propre et d’oser l’audace d’une quelconque initiative personnelle qu’aussitôt il se retrouverait renvoyé à ses chères études médiatiques.Kouchner l’a bien compris.Le professeur Schwartzenberg apparemment pas, lui qui s’est vu passer à la trappe en un temps record lorsqu’on en était encore a la première équipe Rocard.Kn fait, de génération Mitterrand, Thierry Pfister en distingue trois, suivant leur classe d’âge et il les interpelle l’une après l’autre.Des baskets aux charentaises en passant par les mocassins, il les secoue et leur dit ; De grâce, mettez fin à cette mascarade, refusez de vous reconnaître dans ces miroirs déformants que sont devenus vos représentants à l’Assemblée nationale.Certes, il les félicite d’avoir reconduit « pépé » à l'Élysée pour un nouveau septennat car, dit-il, il en va de la gauche comme de la démocratie : c’est la pire des choses à l'exclusion de toutes les autres.Mais il les conjure de ne pas laisser faire n’importe quoi à n’importe quel prix au nom de n’importe quel prétendu principe.Si vous vous intéressez à la politique française, voilà en tout cas un livre qui, soyez-en sûr, va vous passionner.Aussitôt classée dans les meilleures ventes de livres lors de sa parution en France, cette lettre ouverte n’a certainement pas dû faire que des heureux au sein de la gauche tricolore.Habitués qu’ils sont à leurs phrases sibyllines et à leurs discours byzantins, les hommes de la classe politique n’ont dû apprécier que très modérément de se voir ainsi mis à nu.Il en va des politiciens comme des prestidigitateurs : une fois leur méthode décomposée et révélée au public, leur numéro n’intéresse plus personne.Pour un prestidigitateur, c’est grave Pour un politicien, c’est tragique.MEMOIRES POUR PAUL DE MAN Jacques Derrida Paris, Galilée 1988, 232 pages USAGES DE L’OUBLI colloque de Royaumont Paris, Seuil, 1988, 89 pages LE GENRE HUMAIN Politiques de l'oubli automne 1988 HEINZ WEINMANN VOUS AVEZ un ami qui meurt prématurément.Cette mort vous blesse mortellement, vous êtes en deuil.Son corps disparu, l'« esprit » du mort viendra hanter votre mémoire, seule instance humaine susceptible de faire survivre dorénavant ce « revenant ».Jacques Derrida a traversé cette épreuve humaine, hélas trop humaine avec la disparition, en 1983, de son ami, Paul de Man, éminent professeur de littérature comparée à Yale.Un an après, il tient à cette même université une série de trois conférences consacrées justement à la « mémoire », intitulées « In me moriam : de l’âme ».Profondément endeuillé, Derrida s'attache à cerner le mode d’être dans la mémoire de cet autre disparu à tout jamais.Dans la mémoire, plutôt dans les mémoires, puisqu’elles sont chatoyantes, plurielles, labyrinthiques.Derrida cherche et trouve le fil d'Ariane dans ce labyrinthe de la mémoire en étant sensible tout d’abord, comme toujours, aux moindres subtilités sémantiques des mots français, anglais, allemands pour « mémoire ».Bien sûr, il tire profit au maximum de l’ambiguïté très riche de la « mémoire » française (et donc-québécoise) qui change de signification en changeant de genre (fa mémoire, le mémoire) et en passant du singulier au pluriel (le mémoire, les mémoires).Mais, à travers ce labyrinthe des mots, il s’agit de retrouver la mémoire de Paul de Man, de son oeuvre (hélas inconnue dans la francophonie puisque non encore traduite), plus précisément des idées, des concepts qui l'ont marquée; l’allégorie, l’ironie.le statut des « actes de langage » (Austin) en littérature telle la « promesse », tel le « contrat », enfin la « déconstruction » dont il fut l’initiateur aux États-Unis.Jusqu’ici, ces conférences ne se destinent qu’à des spécialistes, qu’à des universitaires nord-américains, anglo-saxons.Mais voilà qu’arrive l’incident qui change tout, l’événement encore plus bouleversant que cette mort qui, après tout, est « naturelle ».Fin 1987, au moment même oû .l’affaire Heidegger», fomentée par le livre de Farias, battait son plein, il est question qu’un jeune chercheur belge avait mis la main sur 92 articles que Paul de Man avait publiés entre 1941-1942 dans l.e Soir, journal belge qui collaborait avec l'occupant allemand.Même si de Man recensait des oeuvres littéraires, dans un de ses articles, il dérapait, pis, il déraillait complètement pour tomber dans l’antisémitisme le plus virulent, envisageant même, avant que ne soit connue la « solution finale », une « colonie », vaste ghetto où seraient parqués tous ces juifs de « moindre valeur ».Alors, comment réagira l’ami Derrida, juif lui-même, qui, trois ans avant, avait édifié le « tombeau » de Paul de Man, ciselé amicalement son épitaphe ?S’ajoute à la blessure infligée par ces paroles cette question obsédante à qui personne ne saura plus répondre : comment cet ami pouvait-il lui cacher sa vie antérieure ?Pour venger ce dénie d'amitié, allait il laisser tomber ce mort encombrant, pis, hurler avec les loups ?Car le grand halali sur Paul de Man, « distingué professeur de Yale, ancien collabo », avait commencé dans la grande presse européenne et nord-américaine.Ou bien allait-il faire l’« apologie de Paul de Man », comme jadis Platon a fait celle de son maître Socrate contre ses détracteurs ?Si jamais la philosophie devait avoir un « effet » (la collection que dirige Derrida chez Galilée et dont fait partie cet essai s’intitule justement « La philosophie en effet »).c’est bien maintenant, dans cette situation humainement difficile.Le premier choc passé, Derrida non seulement fait face à ces écrits de Paul de Man, mais les interprète avec une probité, avec une honnêteté qui forcent le respect.D'avance, il donne un « protocole de lecture », véritable « déontologie de l’interprétation », pour savoir comment raccorder ces oeuvres de jeunesse écrites sous l’occupation aux « grandes oeuvres» liées dans un espace de li berté.Texte important qui marque une étape décisive dans l’évolution du philosophe français.?Usages de l'oubli rend compte du colloque de Royaumont de 1987 consacré à l’oubli, fondateur des sociétés humaines au même titre que la mémoire.Parmi les cinq communications tout à fait disparates, seule celle de Nicole Loraux, historienne, spécialiste de la Grèce antique, peut prétendre avoir mis à jour un de ces fondements sociétaux institués par l’oubli.Car elle fait la généalogie du mot et de la chose « amnistie » — cet « oubli » politique — dans la cité grecque.C’est elle aussi qui dirige et présente le dernier numéro, beaucoup plus étoffé du Uenre humain, intitulé « Politiques de l’oubli ».Parmi des contributions d’un haut niveau, je retiendrai celle de Paul Zumthorqui montre bien combien l’oubli peut être créateur dans l’élaboration des traditions orales et, globalement, de la culture.Knfin, J.-M.Lévy-Leblond évoque, éclairé par La Préface de Cromwell de Victor Hugo, toujours aussi actuelle, « le savoir sans mémoire » de la science.Trois écrits à méditer au Québec, puisqu’il a pour devise « Je me souviens» ! Agrégé es philosophie et ès lettres, Heinz Weinniann enseigne la littérature au cégep de Rosemont.Ecole des Hautes Etudes Commerciales L'art de la gestion Pour gérer avec brio, place au programme d études spécialisées en gestion d organismes culturels.Ce programme de 2 cycle, de courte durée est otfert à temps plein ou à temps partiel.L'espri t d'en tue prise fXf\fEzÇvi\ n [LEÜLI Diplôme d'études spécialisées en gestion d'organismes culturels 30 crédits Conditions d'admission Diplôme de 1 cycle universitaire, de préférence dans le domaine artistique, avec une moyenne d au moins 70% ou I équivalent ou diplôme de r Ecole nationale de théâtre De plus, le candidat doit posséder une expérience de travail pertinente d'au moins deux ans.Trimestre d'automne 1989 Date limite d admission 1 avril 1989 Renseignements et formulaires: Bureau du registraire École des Hautes Études Commerciales 5255.avenue Decelles, Montréal.Québec H3T 1V6 (514)340-6151 Mit m LIVRES-CASSETTES LA MORT À VENISE de Thomas Mann lu par Georges Béjean - éditions lu Vmx de son Livre HISTOIRE D’ENFANT de Peter Handke raconté par Jeanne Moreau éditions Ducnté fO L’v'iLs offcU> MUSCLEZ VOTRE MÉMOIRE (exercises) par François j.Paul Cavallier LE TAROT de François Guerdon BEAUDELAIRE éditions Didnkhé éditions Le Livre (/(// 1‘nrle LES PARADIS ARTIFICIELS éJilions par 5 lecteurs Livraphone J’ÉCOUTE LES OISEAUX DANS LES FORÊTS ET LES BOIS de Jean C.Roche ¦ éditions Silclle Kn vente chez, votre libraire Comptoir de diffusion du livre 683-4102 \ Le Devoir, samedi 1 1 mars 1989 ¦ D-5 • kplaisir ch Petit et grand, le monde FRANZ KAFKA Claude David Paris, Fayard, 1988.340 pages Lisette FLORIN A QU’APPORTERA cette nouvelle biographie de Kafka au lecteur qui a déjà lu celle de Max Brod (« Idées ».Gallimard, 1945) qu'on jugea défini live et qui reste incontournable, ou celle, plus controversée, de Klaus Wagenbach (« Écrivains de tou jours », l.e Seuil, 1983) ?Sans aucun doute fort peu d’inédit, de faits nouveaux, mais ce que l’éditeur qualifie avec raison de meilleure vue d’ensemble de l’homme et de son oeuvre.Claude David, qui édita et livra une « interprétation détaillée » de tous les textes de Kafka — cf.les quatre volumes de La Pléiade — es-time aujourd’hui qu’au bout du compte il existe trop d'interprétations et surabondance d’études sur l’auteur du Procès et fort peu d'ana- lyse objective de l’écrivain de religion juive, né à Prague le 3 juillet 1883 et mort au sanatorium de Kier ling, près de Vienne, le 3 juin 1924.La vie de Franz Kafka qu'il nous offre cette année prétend donc combler cette lacune tout en réinsérant objectivement dans son époque un auteur que Roger Nimier considérait « comme Proust, Joyce ou Céline, une des clés de la littérature du XXe siècle ».Il faut dire que le purgatoire, où l'on enfonce si souvent après leur mort des écrivains illustres pendant leur vie, n'a pas « hébergé » si peu que ce fût l’auteur, entre autres, du Château, de La Métamorphose et des Lettres à Milena.De Jean-Louis Barrault jusqu'à, tout récemment Roman Polansky, en passant par Antoine Bourseiller, pour ne citer que les metteurs en scene français, on a monté, avec grand succès, les meilleurs textes de Kafka, du Procès au Verdict, sans oublier I,'Amérique.Mais ce qui paraît avoir plus ou moins occulté, depuis une dizaine d'années, la gloire posthume de Kafka, c’est l’importance, que d’au- cuns jugent démesurée, que des ouvrages de témoignages ont accordée à Milena Jesenskà.la destinataire des belles Lettres â Milena, les plus émouvantes sans doute de toute la littérature épistolaire de notre siècle.Il y eut d’abord le beau livre que Margarete Ruber-Neumann, sa compagne de captivité, lui consacra en 1977, traduit en 1986 par Alain Brossât; ensuite.Vie de Milena : de Prague â Vienne, rédigée par sa propre fille, Jana Cerna; et, sous le titre de Vivre, le très intéressant recueil de textes de la journaliste que fut Mi lena Jesenskà, et de la militante courageuse, réunis et présentés par Dorothea Rein.Bref, on ne peut plus rien ignorer de la vie et de la mort tragique, à Ra vensbrück, de l’amante de Kafka D'où l'étonnement de constater, U sant la biographie de Claude David, le court chapitre, presque désobli géant, qu'il consacre à cette jeune femme qui compta énormément dans la vie de celui qui en fit la muse de ses lettres d’amour.Le biographe consacre infiniment plus de soin, et de pages, à décrire les longues et dit- kafkaïen revisité finies fiançailles avec Felice Bauer, et.au dernier chapitre, et de son li vi e et de la vie de Kafka, à sa der mère et dévouée compagne.Dora Diamant.Ce serait injuste, cependant, de h miter l'ouvrage de ce biographe, ex trêmement bien documenté, et, dans l'ensemble, objectif, aux relations que le pauvre Franz, éternel amou reux transi, entretint si difficilement avec les femmes.L'état presque constamment maladif du person nage, mais en même temps sa pro duction littéraire étonnamment di verse et fascinante, si l'on tient compte de ses « traversées du désert », des longues périodes de sèche resse, sont fort bien analysés, de même que ses démêlés avec sa fa mille, en commençant bien sûr par ce qu'il faut bien considérer comme un rapport presque haineux avec le père Lire la vie d'un très grand écn vain, c’est le plus souvent s’obliger à revenir aux oeuvres.Ainsi, pour ce qui est de Kafka, c'est retrouver dans Préparatifs de noceâ la cam pagne, l'illustrissime Lettre au père, insérée par Max Brod lui même parmi les textes de ce gros recueil posthume l ne lettre rédigée en no vembre 1919 et qui ne parvint jamais à son destinataire.Un texte indispensable à la compréhension des mal heurs du fils, et qui commence par cet aveu d'impuissance infiniment triste « Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi.Comme d'habitude, je n’ai rien su te répondre, en partie justement à cause de la peur que tu m’inspires » Et suivent les qua raille pages d'explications où la né vrose de Franz Kafka apparaît aussi clairement que ('incompréhension paternelle Un souvenir de lecture, en appa mice fort éloigné de l'oeuvre de Kafka, me revient Dans Quelque chose, là-bas, recueil de nouvelles de Nadine Gordimer, romancière d'origine sud africaine, l'auteur imagine la réponse du père à une lettre qui ne lui est jamais parvenue Brillant exercice littéraire, sans doute, mais Une gare en même temps une preuve de plus qu'on n'eu a jamais fini, en cette fin de siècle, avec Franz.Kafka, qu'il sous tend et sous tendra longtemps encore les angoisses de ceux qui cou sacrent leur vie à l'écriture D'où, et plus particulièrement pour les., nouveaux » lecteurs de Franz, Kafka, l'importance de celte biographie très complète de Claude David masquée Quelques bonheurs selon Borges LES CONJURES précédé de LE CHIFFRE poèmes de Jorge Luis Borges Paris, Gallimard/NRF, 1988, 141 pages ATLAS photos-souvenirs et commentaires de voyages de Borges Paris, Gallimard/NRF, 1988, 92 pages BRIGITTE MORISSETTE IL Y AURA trois ans en juin que les admirateurs de Jorge Luis Brges se-rendent fleurir sa tombe, à Genève.Mort, dit-elle ?Mais voyons, un poète ne meurt pas.Surtout pas un poète qui fut durant des décennies le phare littéraire de tout un continent.Son Amérique.Nuestra America.Quelques années avant sa mort, Borges disait dans une interview au Magazine littéraire : « Je crois que j’ai trop écrit.Mais si écrire beaucoup est une condition nécessaire pour laisser finalement quelques lignes décisives, je ne m’en repens pas.L'oeuvre d’un auteur est une suite de brouillons pour arriver à quelques pages définitives.» Jorge Luis Borges se confessait aussi parfois, comme dans Le Remords.d'avoir commis « le plus grand péché que l’on puisse commettre : le péché de n’avoir pas été heureux ».Depuis plusieurs années déjà, son regard perdu cherchait en vain Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd’hui 11 mars de 14h à 16h RENÉE MAHEU PIERRETTE ALARIE LÉOPOLD SIMONEAU DEUX VODi, UN ART LiQf€ Expr^jion Mardi 14 mars de 17h à 19h JOHN SAUL PARADIS BLUES PAYOT 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 dtmanC"e 362joo^ la lumière.Ce qui ne l’empêchait pas, à 80 ans passés, d’apparaître tantôt à Mexico, tantôt à Rome, Milan, Venise, Genève ou Paris.Né au carrefour de tant de religions, de langues et d’idées, il ne faisait lui-même religion d’aucune.Ayant été élevé dans la discorde (comme il racontait lui-même) d’un père libre-penseur, d'une mère catholique plutôt tiède comme tous les Argentins, d’une grand-mère anglaise, avec des ancêtres quakers, il avait l’âme ouverte sur le monde.Sous les terribles dictatures des années 70 qui assombrirent le ciel latino-américain, on lui en voulut de ne pas se joindre au concert de la gauche.Sans pourtant lui refuser estime et affection.Il est vrai que son long combat contre Peron lui avait plus d'une fois attiré les foudres du dictateur.Et puis, n'avait-il pas eu, dès 1946, cette condamnation implacable pour les dictatures et ceux qui pourraient être tentés de les appeler de leurs voeux, comme ce fut le cas en Argentine en 1974-75 ; « Les dictatures fomentent l’oppression, les die tatures fomentent la servilité, les dictatures fomentent la cruauté; encore plus abominable est le fait qu’elles fomentent la stupidité.» Ennemi du péronisme, Borges l'était tout autant de la poésie enga- gée, et lorsque l’occasion lui en était fournie, il ne manquait jamais de régler ses comptes avec un style poétique qu’il détestait.Sa haute taille, ses belles manières étaient celles d'un diplomate plus que d’un poète.Et pourtant, Borges aimait à provoquer, sinon à scandaliser.Dans Les Conjurés, son dernier recueil de poèmes publié en Argentine en 1981, puis traduit chez Gallimard en 1988, Borges écrit ce court poème en forme d’autobiographie : Avoir vu grandir Buenos Aires, grandir et décliner./ Se souvenir d'une cour en terre battue, et d’une treille, du vestibule et de la citerne./ Avoir hérité de la langue anglaise, avoir questionné le saxon./ Professer l'amour de l’allemand et la nostalgie du latin./ Avoir causé â Paler me avec un vieil assassin./ Rendre grâce au jasmin, au jeu d'échecs, aux tigres et à l'hexamètre./ .Avoir refusé ce qui suborne Etre citoyen de Genève, de Montevideo, d'Austin et (comme nous tous) de Rome./ Être fervent de Conrad./ Etre ce que nul ne peut définir : argentin./ Être aveugle./ Rien, là.que de très ordinaire, et le tout me vaut une renommée que je ne parviens pas à comprendre Il n’empêche.Écrire un poème, c’est pratiquer une sorte de magie, même si Borges qualifie celte magie de mineure.Et.comme il l'écrit encore : « L’instrument de celte magie, le langage, est passablement mystérieux.Nous ne savons rien de son origine.» Voilà quelque peu éclairci le mystère Borges lui-même.Le mystère d’un poète capable d'écrire, à 85 ans, redressant le tir de certain regret lui ayant échappé dix ans plus tôt : « J'ai remarqué, au cours des ans, que la beauté, tout comme le bonheur, est chose fréquente, l’as un jour ne s’écoule sans que nous ne vivions, un instant, au paradis.La beauté n’est pas l'apanage de quel ques noms illustres.» Dans ses derniers poèmes, la vieille main n’a pas tracé que l'espoir.Elle nous laisse ces quelques halku qui vont si bien à Jorge Luis Borges : L'immense nuit maintenant est un seul parfum.Et celui ci encore : Sous la lune cette ombre qui s'allonge unique.«meilleur livre de l'année 1988» par la rédaction de Editions du Seuil F par Hitchcock LES FANTÔMES DE GRAND CENTRAL Françoise Ducout Paris, Pierre Horay 1988, 115 pages JEAN-FRANÇOIS CHASSAV~ JAMAIS un aéroport ne pourra pro voquer chez le voyageur le senti ment d'attachement produit par certaines gares.Aucun aéroport ne par viendra à avoir le charme de certai lies gares, posséder la même dimension mythique et fantasmatique.( "est à celle de Grand Central, la gare de New York, sur la 42e Rue, que s’est attachée Françoise Ducout.C’est de là, grâce aux chemins de fer, que le territoire américain s'est peu à peu étendu.La conquête de l'Ouest commence à Grand Central A partir de ce point de départ, il y a, bien sûr, matière à développe ment La gare, cependant, ne se présente pas ici comme un microcosme, un micro-noyau urbain.À la vie grouillante de la gare, et tone de la ville, Françoise Ducout préfère se pencher, de manière plutôt laborieuse, sur quelques archétypes in bains, new yorkais, sans toujours échapper aux clichés Les choses se compliquent lorsque, finalement, le lecteur se rend compte que la gare n’est finalement qu’une métaphore filée pour parler riodiques culturelles de même que le prix d’excellence pour la tenue artis tique et le prix d'excellence pour la tenue éditoriale viendront couronner les lauréats mercredi prochain, lors de la soirée de lancement de cette semaine d'activités.De plus, durant cette semaine de festivités, l'Asso nation a organisé un concours de vt trine de revues culturelles pour les li braireset un concours littéraire pour les gens qui fréquentent les bibliothè ques ou les maisons de la culture « 11 faut se battre pour prendre un peu de place dans les kiosques ou les tnblio thèques », soutient la responsable des communications.n passe d'une période à l’autre sans et fort en compagnie de l’écrivain qui met en avant scène tantôt une femme et tantôt un homme, lointains ancêtres avec lesquels il se sent lié et solidaire.Et, grâce à cette solida rité, il ne critique ni ne v ante aucune époque de l’évolution de son pays, mais essaie de comprendre et de faire comprendre pourquoi et coin ment on est arrivé en Chine à accomplir et à rater tant de choses, à perdre et à gagner tant de batailles 1 Ancêtres est un livre passionnant, une sorte de roman dont les personnages authentiques sont d'autant plus séduisants, exotiques et représentatifs de leur univers culturel que l'auteur a une formation à la fois chinoise et américaine, ce qui lui per met de rejoindre la sensibilité des lecteurs occidentaux.Frank Ching ne défend aucune thèse, ni aucune idéologie 11 présente le passé de la Chine sous plusieurs éclairages, mais fondamentalement il refait la chaîne des générations.Si je suis ce que je suis, dit-il, c'est parce qu’ils sont tous passés avant moi, et dès lors, je ne peux que leur être reconnaissant Ils vécurent de telle manière.plutôt que de telle autre, ils ont essaye avant moi de poursuivre des rêves, des idéaux, des carrières, ou tout simplement de gagner leur vie, parfois par des moyens inavouables, de créer une famiile ou de l'oublier et tout cela est bien mon héritage le plus cher Car, sans eux, rien ne se rail possible, ni l’amour de mon père pour ma mère, ni le sacrifice de ma mère pour ses enfants.11 n’est pas étonnant que.dès la pu bheation.les W/cè/Jv.xonl eu un suc cès immédiat d'une ampleur telle que Frank Ching décida de quitter le journalisme pour se consacrer uni quement à l'écriture 11 vit à Hong Kong, ce lieu idéal, selon certains, pour observer révolution de la Chine, mais les circonstances changent en ce moment et il est possible qu'il retournera dans son village natal ou, au contraire, qu'il ira aux États Unis.Quoi qu’il adv îonne, cependant, il ne sera plus jamais un exilé, lui qui a réussi le tour de force de sortir de l’oubli des femmes et des hommes de sa famille dont le passé comprend neuf siècles d'histoire de la Chine ancienne et moderne.Il n’en reste pas moins que Frank Ching a dédié son livre, qui a demandé dix ans de recherches, de démarches et d'entrevues, à sa mère, comme s'il tenait à indiquer ainsi que finalement c’est elle qui compte le plus pour lui dans celle longue chaîne de ses ancêtres, car c'est elle qui lui a donné le goût d’étudier, de réfléchir el de se sur passer ("est là un très bel boni mage d'un fils el d'un écrivain ! La terre oubliée La terre oubliée que tu combles de l'épuisement des espèces Pour cet arbre un sol excessif Pour cet os une place auprès de l'os La-bas une ville rentre dans la feuille aux abois Voilà le tombeau de nouveau plein de problèmes matière sous le manteau maladroite Société de l’usure après laquelle viendra l'humanité une coque de plus que l'hiver fait frissonner F.xtrail de Légendes, de Renaud l.ongclinmps, VLB éditeur Ï LJ III JJ U [ill PRESSES Dl llIMll DU QUÉBEC tflC/WON DU CRAYON À L'IMPRIMANTE Hélène BLAIS et Marcel LAVALLEE 158 pages, 16$ L'"1ip0rta?CdeadnsWenUssage riaSÏeTde Oconee GROUPE, S@SaT.ON fflüESg6 Estelle M MORIN avec la collaboration de B Lopez-Gonzalez 256 pages, 18$ L'étude présenteourComprendre fondamentaux po m(jividu les comportements de U" dans un groupe ou dans organisation Elle t améliorer I efficacité des organisations planification.aménagement ct t niSIR Ml Vit-"-' - et LOISIR 480 pages, J* f[ança,s Pre,Wer déménagement du la notion de PRODUCTIVITE ÉTABLISSEMENTS d ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR 348 pages.24$ de Rapport des ^"^enseignement productivité et la recherche t,y ftomwiv GUIDE de l'intervenant municipal I A femme de ^ORGANISATION de la solitude et « de deT'lieetade hiérarchie que .-JC» perde son identité intervenant ’uTbÏnisTes ingénieurs, citoyens En vente chez votre LIBRAIRE et aux Presses de l'Université du Québec, 2875, boul Laurier.Sainte Foy, Québec G1V2M3 Tel (418)657-3551 Collection THÉÂTRE La Doublure Bernard Andrés GUÉRIN LITTÉRATURE Distributeur exclusif: Québec Livres LA DOUBLURE \ V,,X l)0l'h'A UV guettn lOOp.7,95$ Les trois personnages du début en feront bientôt six.Derrière le jeu des masques se profile «la doublure».Aucun doute, nous sommes en présence du théâtre et son double.Puis, la duplicité des personnages se confond avec le dédoublement obligé des comédiens.Nous ne pourrons pas éviter la confrontation violente de leur identité respective.À travers le destin de l’individu, c’est celui de la société tout entière que l’auteur considère, sans concession.Bernard Andrés nous donne ici un de ses textes les plus achevés. D-10 ¦ Le Devoir, samedi 11 mars 1989 le plaisir des ivres Ce siècle de participation voit triompher la solitude Jean E1HIER-BLAIS A Les carpets' L} HISTOIRE d’un enfant; celle d’une adolescente qui devient une vieille femme, deux courts romans de jeunes auteurs.Je me rends compte que je lis de plus en plus d’ouvrages français (heureusement, pas les invendus qui inondent nos librairies) pour la raison que la masse est par nature écrasante.Elle vous entraîne, comme un iceberg et encore, je n’en vois que la pointe.Toujours est-il que je suis revenu à mes anciennes et québécoises amours et que j’ai lu Vers l'Amérique, de Tiziana Beccarelli Saad, et l.u Fin des jeux, de Michel Gosselin, parus l’un et l’autre aux éditions Triptyque.Romans ?Récits ?Récits plutôt, rapides, poignants, descriptions fidèles du monde où nous sommes, qui n’est pas que le Québec, mais la terre entière.La « novella » de Tiziana Beccarelli Saad a l’Italie comme cadre.Le récit de Michel Gosselin se passe à Montréal.Mais les hommes souffrent tous de la même manière, incapables de comprendre la raison de leur souffrance, se réfugiant dans le silence, attendant la mort, victimes du destin.Lorsque nous lisons Eschyle ou Racine, ne serait-ce que quelques pages d’un choeur ou d’un monologue, nous percevons le destin à l’affût des personnages, toujours prêt à intervenir.Il se dissimule, dans les romans modernes, il a honte de sa puissance, il laisse l’enfant comme la vieille dame aller son chemin, dans un univers où il n’y a plus de dieux, où, chose terrible, il n’y a plus Dieu.Dans ces deux livres, le désespoir est sans recours.Agamemnon, comme Clytemnestre, peuvent se tourner vers les dieux coupables, leur montrer le poing, ils peuvent parler.Ici, on ne s’adresse pas la parole, ou si peu.Dans Vers l'Amérique, les propos tenus sont de commandement ou d’obéissance.Cette femme analphabète reçoit des lettres, y fait répondre.Lu Fin des jeux est construit autour du journal d’un petit fugueur, des notations de son père (père et mère étant écrivains, lauréats de concours littéraires; on imagine le grenouillage), d’une lettre qu’un ancien ami de sa mère écrit à cette dernière.Ce sont des personnages bavards qui ne s'écrivent que pour se réprimander les uns les autres, le fils impubère gourmandant père et mère.Pas plus d’amour à Montréal que dans l’Italie du Nord.Livrés a eux-mêmes, les personnages se durcissent, referment la coquille, comme l’huitre.Mais il n’y a pas de perle.Dans Vers l'Amérique, la hantise de l’argent est partout présente.Il faut dire que nous sommes chez des paysans italiens pour qui un quignon de pain a de l’importance.Et le livre se termine avant la seconde moitié de ce siècle.Les parents de Simon, dans le Montréal confortable et contemporain, n’ont aucun souci d’argent ; lui, auteur dramatique, elle, professeur.Divorcés, bien sûr.La longue nouvelle de Michel Gosselin est, de toute évidence, une charge contre le divorce, cet abandon légalisé d'enfants.L'anecdote est simple, mais il fallait y penser.Le petit Simon s’est enfui.Il a quitté la maison de sa mère et de son « second père », Serge, poussah buveur de bière.Où a-t-il trouvé refuge ?Dans l’appartement de son père, qui lui en a, subrepticement, donné la clé.Ce père est le personnage le plus intéressant du livre, parce qu’il est complexe.Il aime son fils mais il s’aime d’abord lui-même.Dans chacune de ses oeuvres, il se raconte et j’ai eu l’impression qu'il répétait la même histoire, celle de son échec d’homme, de mari, de père.Il est sale, son appartement est un capharnaiim, on dirait un homme à la dérive.On dirait ?C’est cela même, car il a appris de son médecin qu’atteint d’une maladie incurable, il ne lui restait plus que six mois à vivre.Il prend la décision de se suicider, à son retour d'un séjour au soleil dans les îles.Il se suicidera.En son absence, on recherche Simon, qui s’est fait un nid, bien caché rue de la Montagne.À la faveur de cette fugue et de cette mort, chacun se dévoile, la mère, l’ami infidèle et surtout l’enfant Simon, dont les avatars sont innombrables, fils qu’il est de la télévision et des vedettes du sport bien plus que de ses parents.Michel Gosselin a saisi admirablement cet aspect singulier de la dépossession contemporaine.Simon, qui est un enfant charmant, intelligent, observateur, dont le sens moral est aiguisé, est un être dépersonnabsé.Sa pauvreté n'est pas celle de l’immigrant italien de Vers l'Amérique, qui travaille pour manger; c’est le désert de l’amour où ne poussent que des racines qui ne fleuriront pas.Simon envie ses petits camarades qui ont des parents.L’envie est sa façon d’aimer.Triptyque est une maison d’édition ouverte et chaleureuse.Les poètes y sont à l’honneur, dans des présentations souvent somptueuses et, la plupart du temps, exemptes de coquilles.La revue Moebius, à laquelle on finit par s’attacher, fait partie des meubles de la maison.Il y a là, qui fait la navette entre Sherbrooke et Montréal, un réseau littéraire du plus haut intérêt.Les amateurs de littérature québécoise constateront avec plaisir que Triptyque fait la part belle aux jeunes écrivains.Le travail de cette maison et sa politique méritaient que j’en souligne ici la qualité et l’envergure.Après l’enfant, la vieille femme, qui n’a pas toujours été vieille.Je reprocherai à la « novella » de Tiziana Beccarelli Saad d’être trop rapide, de contenir trop d'éléments forts pour un ouvrage de cette importance.Le lecteur ne connaît pas plus Teresa à la fin qu’au début du livre.Le coup d’envoi est frappant, qui raconte la vie des immigrants italiens à New York.Teresa y retrouve son frère, elle a quinze ans.Une malheureuse histoire d’amour entraîne le suicide du frère.C’est peut-être ce drame que Tiziana Beccarelli Saad aurait dû raconter, si poignant, comme une longue nouvelle à la Zola, dans l’atmosphère sinistre des ateliers de cette époque.Elle a choisi de suivre le destin de Teresa jusqu’au bout, d’en faire une femme qui aura vécu totalement sa souffrance.Là aussi, ce redémarrage est raté.Teresa revient dans son village natal avec la ferme résolution de s’imposer, d’être sa propre maîtresse.Elle n'y parvient pas et Tiziana Beccarelli Saad, emportée par le mouvement de sa narration et par la volonté de mener son récit jusqu’à la mort cle Teresa, va toujours de l’avant.Voilà deux beaux sujets abandonnés en cours de route, sans raison valable; d’autant que la suite est farcie de coups de théâtre, viol, tragédie de l’amitié, retournements de situations.La vieille Teresa meurt enfin, dans son silence implacable.Elle a vécu, non pas sa vie, mais biun celle que lui a tracée Tiziana Beccarelli Saad.Je trouve que c’est dommage, car cet échec tient à l’excès d’imagination, qui a amené Tiziana Beccarelli Saad à traiter rapidement, mais en surface, un énorme canevas.Il y a, dans Vers l'Amérique, la matière de dix nouvelles.Elles ne sont qu’esquissées, au profit d’une affabulation dont les rebondissements inattendus finissent par lasser.Deux livres qu’unit la solitude.Elle est la meme pour tous.Curieusement, ils racontent aussi tous deux le drame de la séparation d’avec l’enfant.Le petit Simon se sépare de tout, sombre dans l’autisme ; la petite-fille de Teresa la quitte, recommence la vie de sa grand-mère, part en Amérique.Dans les deux cas, il y a césure.Dans Lu Fin des jeux, les adultes qui entourent Simon souffrent de ce mal québécois qui est l’aphasie grammaticale.La plume à la main, ça va toujours; les phrases parlées sont asyntaxiques.Le seul interlocuteur que rencontre ce garçon de dix ans, c’est lui-même.Quel monde ! A quatre-vingt ans, Teresa se retrouve au même point que Simon à dix.Par-dessus les mers, par-delà le temps, la vieille et l’enfant se répondent, sans se connaître, victimes du même primitivisme psychologique et social.Être civilisé, est-ce cela ?Le regard de Michel Gosselin est dur et notre milieu en prend un coup.Cette description paraîtra arbitraire, mais nous savons tous, dans notre for intérieur, que l’auteur a raison.Ce siècle de participation voit triompher la solitude.Tout est mensonge.Simon invente et pleure et choisit le silence.VERS L’AMÉRIQUE Tiziana Beccarelli Saad LA FIN DES JEUX Michel Gosselin Montréal, éditions Triptyque, 1988 Jeun Marcel, auteur, entre autres, de Jacques Perron malgré lui et du Jouai de Troie, vient d'écrire son premier roman, Hypalhie ou la fin des (beux.Hypathie ou la fin des dieux r VIENT DE PARAITRE |ules Be au Ut L'Église de chez nous Réflexions spirituelles et pastorales L’ÉGLISE DE CHEZ NOUS Réflexions spirituelles et pastorales Jules Beaulac * 376 pages * 19,95$ Jules Beaulac parcourt le Québec depuis de nombreuses années pour y donner des récollections, des conférences, des sessions d’étude.Ces rencontres lui ont fourni une abondante matière pour son ouvrage L'Église de chez nous.Son regard sur l'Église du Québec n’est pas celui du spécialiste ou de l’analyste de profession.C’est celui d’un pasteur qui aime l’Église et celui d’un homme de foi et d’espérance qui veut partager avec ses soeurs et ses frères chrétiens quelques réflexions d’ordre spirituel et pastoral.SÉCULARITÉ ET INSTITUTS SÉCULIERS Bilan et perspectives Solange Lefebvre * 120 pages * 11,95$ Où en est la réflexion chrétienne sur la sécularité?Depuis les années 60.l’attention aux rapports foi et sécularisation s’accentue.Mais comment évaluer sa portée réelle sur la vie chrétienne?Ce livre se penche sur une expérience propre à éclairer cette question, celle des Instituts Séculiers.Leur caractéristique réside dans la recherche du radicalisme évangélique, mais au coeur du monde.L’auteure s’attache à élucider des questions de cet ordre: les membres des Instituts Séculiers sont-ils des vrais laïcs?Ont-ils un lien spécifique à la sécu- larité?Solange Lefebvre SECULARITE ET INSTITUTS SÉCULIERS Bilan et perspectives VOCATION ET MISSION DES LAÏCS i iimsTiMOii i «ni h t CD VOCATION ET MISSION DES LAÏCS Jean-Paul II * 184 pages * 4.95$ Le synode des évêques de 1987 sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde vient de trouver sa conclusion avec l’exhortation apostolique Christifideles laici.Dans son exhortation post-synodale, Jean-Paul II affirme que la mission du laïc ne peut bien se comprendre que dans le contexte vivant de l’Église-Communion.Le pape met aussi un accent particulier sur divers lieux ou moyens offerts aux laïcs pour un meilleur et un plus juste service de la société et de l’Évangile.en vente chez votre libraire ep EDITIONS PAULINES 3965, boul.Henri-Bourassa Est Montréal, QC, HIH 1L1 Tél.: (514)322-7341 FAX: (514)322-4281 J JEAN MARCEL MA SOEUR (puisque les mêmes dieux sont nos pères et nous ont également enfantés), ma tendre mère (puisque ton sein m’a nourri du lait délicieux de toutes les connaisan-ces), ô ma maîtresse (puisque enfin c’est par toi que m’ont été enseignées les voluptés de la sagesse), je n’ai pas pensé un instant que la nouvelle de mon accession à l'épiscopat eût pu jeter quelque ombre d’une ombre sur notre amitié si ancienne, et ta lettre me confirme que je n’avais pas tort.Presque tous tes disciples dans le culte de la fidélité à la Grèce de nos pères, ceux du moins qui ne l’étaient pas encore, sont devenus chrétiens (c’est le nom qu’on nous donne depuis longtemps dans la première église fondée par Pierre à Antioche, et je le préfère, si tu permets, à celui de « galiléens » que Ju-lien l’empereur a quelque peu déshonoré en l’employant avec mépris).Quoi ! sommes-nous donc si méprisables d’avoir réuni en un seul tous les dieux que nous vénérions jadis ?N’étaient-ils point déjà, dans leur vénérable diversité, les noms tant innombrables de l’Unique ?Je me plais à le penser et je le soutiendrai jusque dans nos assemblées les plus saintes.C’est pour leur salut, en vérité, que je suis passé du côté de l’Autre Soleil, ce grand témoin, roi des pures constellations.Mais sans doute Évoptios mon frère ne t’a-t-il pas appris toutes les circonstances réelles de mon itinéraire, que je te dirai ici non point tant pour entreprendre de me justifier à tes yeux (en est-il donc besoin quand tant de liens nous soudent l’un à l’autre pour toujours ?), mais pour que tu aies une idée juste du difficile cheminement de l’appel divin et de la grâce dans le coeur des hommes.Ce cheminement n’est point mon fait, il est celui seul du dieu qui régit l’univers où il a lui-même daigné s’insérer en Dévêtant l’humanité pour prendre place parmi nous et nous racheter de n’être pas des dieux.Ainsi, me voici donc évêque chrétien de Ptolémaïs, moi qui n’eus ja- BEST-SELLER DEPUIS SA PARUTION QUADRA roman Jean-Claude Boult • L’histoire émouvante d’un agresseur et de sa victime quadraplégique, à travers la vie quotidienne d’une famille exceptionnelle pour qui le droit à la tendresse et à l’amour est toujours prioritaire.• Le cheminement douloureux de deux êtres blessés poussés à la limite de leur endurance, se cherchant une raison de vivre ou de survivre.UN PREMIER ROMAN PASSIONNANT D’UN AUTEUR GÉNÉREUX 586 pages — 19,95 $ GUÉRIN LITTÉRATURE Distributeur exclusif: Québec Livres Jean-Claude Boul! < iillrctinn Roman [Uuétin lillrralurr Sac au dos mais que deux occupations, la chasse et la philosophie, moi que ne tourmenta jamais qu’un seul souci qui fut d’administrer mon domaine de Cy-rène où je menais des jours paisibles au milieu de ma famille, moi qui ne connus jamais qu’une unique vénération, celle que j’eus sans cesse et d’une égale ferveur pour les dieux et pour la poésie ! Depuis que le grand Constantin a donné à notre rebgion le droit d’exercer librement son culte dans l’empire, l’emprise de la foi chrétienne n’a cessé de s’étendre, pour le meilleur et aussi pour le pire.Le grand renom de sainteté des successeurs des premiers apôtres leur a peu à peu apporté la confiance des populations, fussent-elles étrangères au culte chrétien.Dans le même temps, chez les fonctionnaires, préfets et gouverneurs, la corruption la plus éhontée s’installait et s'étalait à la vue de tous.Ce que voyant, le peuple, chrétien ou non, chercha auprès de ces évêques des diverses églises de l’empire des protecteurs fidèles qu’avec l’aide de l’empereur lui-même parfois on investit de véritables fonctions impériales.Élus par le peuple chrétien, on chercha de plus en plus, lorsqu’un siège devenait vacant, des candidats qui eussent toutes les quabtés de chefs civils.(.) LE GUIDE DU ROUTARD 1989-1990 CANADA PORTUGAL WEEK-ENDS AUTOUR DE PARIS Paris, Hachette, 1989 CHANTAL BEAUREGARD CONTRAIREMENT aux « Guides Visa » et aux « Guides bleus », les « Guides du routard » s’adressent à une clientèle moins préoccupée par le confort et qui peut même se contenter des auberges de jeunesse.C’est une question de mode de vie.D’ailleurs, la sélection des endroits pour dormir varie du logement le moins cher possible à l’hôtel un peu plus luxueux.La liste des adresses pour manger, se distraire et dormir tient compte des catégories de budget à partir de ces regroupements : «bon marché», «prix moyens» « chic », « très bien ».Une invitation à organiser son voyage sur mesure, en découvrant des villes, quartier par quartier.Dans Week-Ends autour de Paris, on retrouve une bonne quarantaine de suggestions d’itinéraires, de Ronfleur à Chambord, avec, tout au long du parcours, les grands centres d’intérêt, des lieux classiques aux plus récents.Avec le « Guide du routard », toutes sortes d’adresses pratiques, de renseignements utiles et des idées pour l’achat de souvenirs, comme le sirop d’érable du Québec et les carreaux de céramique peinte du Portugal ! Abondamment illustrés de plans, ces guides informatifs se veulent en même temps une initiation culturelle.Au début de chaque livre, on jette un regard sur l’histoire et les particularités du pays.Ainsi, on prévient le public français de ne pas débarquer au Québec en donneur de leçons.Et l’on continue sur la même note.« Ne soyez pas trop rapide à émettre des jugements (Ô Descartes) et n’oubliez jamais qu’ici.c’est vous qui avez l’accent.Avec beaucoup de savoir-vivre et de modestie, vous vous donnerez l’occasion de rencontres extraordinairement chaleureuses et d’amitiés durables.» Pertinent.Chantal Beauregard est journaliste pigiste.Rencontres LE MERCREDI 15 mars à 21 h, au bar La Folie du large (1021, rue de Bleury), dans le cadre de la Place aux poètes, la poète animante Janou Saint-Denis reçoit Hélène Grimard.Cette dernière écrit depuis dix ans et compte à son actif deux publications : Graffiti phomiques et Haute Tension (éditions de la Pleine Lune).Elle travaille présentement à la publication de Le Corps est un pont qui danse.Aujourd’hui entre 14 h et 16 h, Renée Maheu sera à la librairie Hermès (1120, avenue Laurier ouest) à l’occasion de la parution d’un essai intitulé Pierrette Alarie, Léopold Si-moneau : deux voix, un art, publié aux éditions Libre Expression.L’écrivain canadien John Saul sera à la librairie Hermès à l’occasion de la parution de son dernier roman, Paradis Blues, publié aux éditions Payot._ Guy Ferland 4 Chair Satan venue à la pluie ?Elle arriva dans la cuisine à grandes enjambées, plus troublée que jamais.Mes cheveux dégoulinaient sur le plancher et mon chemisier me collait à la peau.Ce petit incident m’amusait beaucoup.Mq mère, elle, fut prise d’une colère subite.— Mais, qu’est-ce qui t’arrive ?T’aurais dû prendre un taxi, ou partir avec un parapluie ! — Maman .J’pouvais pas prévoir .— Va te faire sécher au plus vite ! Elle disparut, fuyant ma présence, mais j’avais eu le temps de voir son visage empourpré.Il me restait à comprendre les raisons de cette colère soudaine, ou plutôt à les trouver, car je n’en voyais pas.Comment débrouiller tout cela, à mon âge ?Je me suis retrouvée devant elle vers la fin de l'après-midi, et j’eus la maladresse de lui demander : — À qui parlais-tu quand je suis arrivée tout à l’heure ?J’ai entendu quelque chose ?Le trouble réapparut sur son visage et le rouge colora ses joues de nouveau, comme au moment de sa colère.Fille bafouilla, puis finit par dire : — Personne .j’étais seule .Voyons, ma chouette, tu entends des voix, maintenant ?— Peut-être.J’ai exactement l’âge de Jeanne d'Arc.Désirons acheter livres «encore utiles» Tél.: 845-5698 LA GRANDE LIBRAIRIE À CONNAITRE " -___________________________________ 251 Ste-Catherine E.CONFÉRENCES BEATTY DE McGILL ÉMINENTE ANTHROPOLOGUE DE HARVARD Sally Falk Moore AUTEUR DE POV/ER AND PROPERTY IN INCA PERU LAW AS PROCESS SOCIAL FACTS AND FABRICATIONS: "CUSTOMARY LAW" ON KILIMANJARO 1880-1980."NtiHontiBsm, CuHvrtd PturaBsm and the Stote" LE MERCREDI 15 MARS 1989 À I8H30 UNIVERSITÉ McGILL, PAVILLON LEACOCK, SALLE 132 ENTRÉE LIBRE.LE PUBLIC EST INVITÉ.McGill I
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