Le devoir, 27 avril 1989, Page(s) complémentaire(s)
OE inc.341-0E0E ans d'expérience a votre service Mobilier de bureau, système de classement, design.Pour renseignements, appelez Vol.LXXX — No 97 ?Des nuages.Max : 10.Détail page 21 Montréal, jeudi 27 avril 1989 Côte-Nord Gaspésie Nouveau-Brunswick 60 cents Toronto 80 cents 50 CENTS Hausse du déficit et des impôts Une fuite oblige Michael Wilson à déposer son budget en catastrophe Michael Wilson ¦ Un triste cafouillage —page 8 * Le dollar chute —page 5 Michel Vastel de notre bureau à Ottawa LE DÉFICIT continuera d’augmenter, à $30,5 milliards, malgré des coupures budgétaires et une augmentation de $ 14 milliards d’impôts dans les deux prochaines années.La dette coûte maintenant 35 cents pour chaque dollar de revenu du gouvernement fédéral.Telles sont les données spectaculaires que le ministre des Finances a dû rendre publiques en catastrophe hier soir à 22 heures, et en dehors du Parlement.Le réseau Global-Televisionf, de Toronto, avait en effet obtenu le résumé officiel du budget et l’avait diffusé à 19 heures, avant la fermeture des marchés financiers de l’Ouest.Malgré son engagement de ré duire le déficit, Michael Wilson a révélé hier que celui-ci passera de $ 29 milliards à plus de trente milliards l’an prochain.Et il sera encore au moins de $ 28 milliards en 1990.La dette de $ 320 milliards a coûté six milliards de dollars de plus cette an- née à cause de l’augmentation des taux d’intérêt et, l’an prochain, 35 % de tous les revenus d'Ottawa seront engloutis en paiements d’intérêts.La dette fédérale sera alors de $ 352 milliards et de $ 440 milliards en 1993-94.Cette performance décevante, qui a fait réagir les marchés de Tokyo dès la nuit dernière, n’a pas empêché le gouvernement fédéral d’être obligé de couper $ 3.5 milliards d’ici deux ans dans ses programmes, et plus de huit milliards de dollars d’ici quatre ans.Voir page 10 : Le budget L’opposition exige un autre ministre et un autre budget Mlehel C.Auger ¦¦ de notre bureau à Ottawa LES DEUX PARTIS d’opposition sont unanimes : il faut un nouveau ministre des Finances, une nouvelle date pour le discours du budget et un nouveau budget.Mais le premier ministre Brian Mulroney n’a pas l’intention de demander la démission de son ministre qu’il estime victime d’un vol pur et simple des documents budgétaires.« Ce serait inapproprié pour M.Wilson de démissionner puisqu’il n’a rien fait de mal.Il y a eu bris de la sécurité, certains disent que c’est du sabotage, d’autres que c’est un vol.C’est certainement une question grave et qui fait déjà l’objet d’une enquête minutieuse de la G RC », a sou tenu M.Mulroney hier soir.M.Wilson a affirmé devoir rendre publics tous les documents budgétaires en fin de soirée, hier, « pour évi-Volr page 10: Opposition LES POINTS SAILLANTS (LE DEVOIR) — Voici les principales mesures fiscales qui rapporteront $ 14 milliards au Trésor fédéral d’ici deux ans pour réduire une dette qui gruge 15 cents de chaque dollar de revenu du gouvernement : ¦ Augmentation de $ 2 milliards de la taxe de vente et de $ 1,6 milliards des taxes d'accise sur les cigarettes ($ 4 la cartouche) l'essence sans plomb (un cent cette année et un cent en 1990, et trois cents sur l'essence avec plomb), et l’alcool; ¦ augmentation de $ 2 milliards de l’assurance chômage: les cotisations augmentent de $1,40 par semaine; ¦ augmentation de $ 1,2 milliard de l’impôt sur le revenu des personnes à hauts revenus (jusqu’à 8 % de surtaxe pour ceux qui gagnent plus de $ 70,000); ¦ augmentation d’un milliard de dollars de l'impôt corporatif des grandes sociétés ayant plus de $ 10 millions de capital ; ¦ abandon du programme national de garderies de $2 milliards; ¦ coupures de $ 2,7 milliards en cinq ans sur le budget de la Défense, incluant la fermeture de 14 bases militaires et l’annulation du programme d'achats des sous-marins nucléaires; ¦ coupures de $ 1,9 milliard à l’aide au tiers monde d’ici cinq ans et réduction de l'aide de $ 400 millions dès cette année; ¦ coupure de $ 500 millions du budget de Via Rail sur quatre ans et obligation à l’entreprise de devenir rentable et de fermer ou de vendre les lignes de transports de passagers; ¦ coupures de I % des transferts aux provinces ou $ 200 millions dès cette année; ¦ privatisation immédiate d’Air Canada et d’Énergie Atomique du Ca nada.Entente dans la construction Hausse de 5 % pour un an Gilles Lesage ===== de noire bureau de Québec IL N’Y aura pas de grève dans l’industrie québécoise de la construction.Prolongé d’un an avec le consentement des parties, le décret de la construction prévoit notamment : des augmentations salariales moyennes de 5 % à compter de lundi prochain, le 1er mai ; l’abaissement de l’âge de la retraite de 60 à 58 ans, sans pénalité, au 1er janvier 1990; une hausse de 5 % des frais de déplacement, de chambre et pension; des avantages au titre de la santé et de la sécurité au travail.L'entente, paraphée au terme de longues négociations intensives au ministère du Travail, prévoit en outre la création d’une commission d’enquête sur la stabilité du revenu et de l'emploi des travailleurs de la construction.Avec un mandat de 10 mois seulement, les trois commissaires qui seront nommés incessamment par le gouvernement devront mettre au point un projet de loi et de réglementation.Voir page 10 : Construction Ultime tentative de conciliation à la STRSM Martin Pelchat UNE ULTIME tentative de conciliation a été tentée hier soir dans l’espoir d’éviter la grève illimitée que comptent déclencher à partir de minuit, ce soir, les 200 employés d’entretien de la Société de transport de la Rive-Sud de Montréal.Au moment de mettre sous presse, rien n’avait transpiré de cette réunion convoquée pour 20 h par le conciliateur du ministère du Travail.La STRSM a néanmoins précisé hier quels services elle entend « idéa-lement» fournir pendant la grève Voir page 10: STRSM Photo AP Bacon rappelle Goldbloom à la transparence Bernard Descôteaux - de notre bureau de Québec LE BUREAU d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), loin de cacher au public les faits sur les dangers des déchets toxiques, a pour première responsabilité de « bien informer la population ».Il doit donner au public les informations les plus transparentes possibles.Tel est le rappel à l’ordre qu’a servi hier la ministre de l’Environnement, Lise Bacon, à l’intention du président de ce bureau, Victor Goldbloom qui, lui, estime que trop d’information risque de saper la confiance et augmenter les attentes de la population.Interrogée hier à l’Assemblée nationale par l’opposition qui reprenait des informations publiées par LE DEVOIR, Mme Bacon a insisté à trois reprises sur cette responsabilité, précisant qu’il ne s’agissait pas d’une ingérence de sa part que de rappeler ce devoir au BAPE.En deux jours, c’était la deuxième fois que Mme Bacon adressait des remontrances à M.Goldbloom.Mardi, elle lui rappelait que s’il avait à se plaindre de l’absence de fonds pour mener à bien l’enquête qui lui a été confiée sur les déchets dangereux, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.Il n’avait qu’à aller défendre son dossier au Conseil du trésor, avait-elle dit, ce que le ministre-président de cet organisme, Daniel Johnson, a redit hier.Selon les informations publiées hier matin par LE DEVOIR, Mme Bacon avait déjà indiqué à M Goldbloom son désir au cours du mois de mars de voir le BAPE s’attacher à bien informer le public sur le dossier des déchets dangereux.Elle lui écrivait alors pour lui demander de remettre au gouvernement un rapport préliminaire.M.Golbdloom lui envoyait le 12 avril une lettre personnelle et confidentielle où il faisait état de considérations stratégiques quant à la nécessité de bien informer le public.Les propos tenus hier par Mme Bacon indiquent que celle-ci n’apprécie pas l’attitude réservée que veut adopter M.Goldbloom dans la réalisation de ce mandat d’enquête qui lui a été confié dans la foulée de l’incendie de BPC de Saint-Basile-le-Grand.Le BAPE a toute « la latitude d’agir suivant le mandat que nous lui donnons », a fait valoir la ministre qui dit ne pas avoir « à dicter les faits et gestes du BAPE ».Celui-ci ne devra pas prendre ombrage toutefois du fait que le ministère pourra poser des gestes avant que le rapport d’enquête ne soit complété.Lorsque l’enquête menée par le commissaire aux incendies sur l’accident de Saint-Basile sera complété, Voir page 10 : Bacon Les étudiants de plusieurs universités de Pékin refusent de mettre fin, à la demande du gouvernement, à leur campagne en faveur d’une réforme politique.Les étudiants chinois défient l’interdiction de manifester PÉKIN (AFP, AP) - Le Parti communiste chinois est passé hier à la contre-offensive, en adoptant une ligne dure pour donner un coup d’arrêt à l’agitation dans le pays, à la faveur de deux réunions d’urgence de plusieurs milliers de ses cadres à Pékin et Shanghai.Les responsables du parti ont décidé — à la demande expresse du numéro un chinois, M.Deng Xiaoping — d’interdire aux étudiants de Pékin de manifester ce matin sur la place Tian An’Men, au coeur de la capitale chinoise, comme ils en ont exprimé l’intention.Us ont aussi signifié qu’ils ne to- léreraient aucun rassemblement « non autorisé », et empêcheraient les étudiants de continuer à populariser leur mouvement dans les rues et dans les usines.Plusieurs heures après la tombée de la nuit, les dirigeants étudiants de Beida.la plus presti-Volr page 10 : Les étudiants La Cour suprême statue aujourd’hui sur la liberté d’expression commerciale iel C.Auger de notre bureau à Ottawa LA LIBERTÉ d’expression est-elle absolue en matière commerciale et un gouvernement peut-il, sans brimer les droits des citoyens, interdire la publicité destinée aux enfants ?C’est la question à laquelle doit répondre ce matin la Cour suprême du Canada quand elle reviendra pour la seconde fois en moins de six mois sur la liberté d’expression en matière commerciale dans la cause du fabricant de jouets Irwin Toys qui conteste deux articles de la loi québécoise sur la protection du consommateur.Entendue par la Cour en même temps que la désormais célèbre affaire Chaussures Brown qui devait déclarer inconstitutionnelles les dispositions de la loi 101 sur l’affichage, le jugement de ce matin est attendu avec beaucoup d’impatience dans le monde de la publicité.Ainsi, les fabricants de cigarettes et de boissons alcoolisées ainsi que les professionnels qui font l’objet de restrictions nombreuses dans leur publicité voient dans la décision Irwin Toys l’occasion pour la Cour suprême d’ouvrir la porte à une levée des restrictions auxquelles ils doivent vivre.Déjà, la Cour d’appel de l’Ontario s'est fondée sur la décision rendue par la Cour d’appel du Québec dans Irwin Toys pour lever l’interdiction faite aux dentistes ontariens de faire de la publicité.À l’origine, en 1980, Ir- win Toys contestait les articles 248 et 249 de la Loi sur la protection du consommateur en affirmant que l’interdiction de toute publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans constituait une législation déguisée des provinces dans un champ de compétence fédérale, puisqu’elle visait essentiellement la publicité télévisée.Avec l’entrée en vigueur de la Charte des droits et libertés en 1982, Irwin Toys a ajouté à sa cause la dimension de la liberté d’expression, Voir page 10 : La Cour AUJOURD’HUI Shamir: plan chambranlant Quatre-vingt personnalités des Territoires occupés ont rejeté hier le projet israélien de tenir des élections en Cisjordanie.Page 7 L’assemblée d’Air Canada est populaire Une foule particulièrement nombreuse d'actionnaires a assisté à la première assemblée publique du transporteur Page 15 425, BOULEVARD DE MAISONNEUVE, OUEST, MONTRÉAL Une affaire de succès 288 9450 & 288 9167 G I MICRO CONTACT •Québec:418 683 1444&6597490 • Lévis:418 835 1444 •Trois-Rivières: 819 378 9180•Chicoutimi: 418 545 7925 • Montréal: 514 288 9167& 288 9450 •Sept-Iles: 418 962 2255 •Hull: 819 778 2788 Micro On — XTé ’OOO S ^spc 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OTTAWA (PC) — Le tout s’est déroulé selon la tradition des meilleurs romans d’aventure ou d’espionnage.Doug Small, le chef du bureau du réseau Global à Ottawa, a dit qu’il avait reçu un appel téléphonique anonyme à son bureau hier; son interlocuteur lui communiqua alors certains détails du budget que le ministre Michael Wilson devait lire au jourd’hui.« C’était l’un de ces appels anonymes que tout journaliste rêve de recevoir une fois dans sa carrière ».Small a précisé que son informateur anonyme s’est montré très pré cis en ce qui a trait aux hausses de taxes et aux coupures des dépenses qui devaient établir le déficit fédéral à $30.5 milliards pour 1989 1990.Small s’empressa d’entrer en onde pour communiquer l’information privilégiée qu’il avait reçue.Le journaliste, un vétéran de l’écrit et de la télévision, a raconté ensuite que sa source l'avait rappelé pour lui demander s’il voulait une copie du résumé du budget, un document qui donnait l’essentiel des intentions du ministre Wilson.Small s’entendit avec son interlocuteur pour le rencontrer à une station-service.Il fit la description de son automobile de façon à ce que l’autre puisse la reconnaître mais l’individu lui précisa qu’il le connaissait déjà.« On se serait cru dans un roman de John Le Carré » déclara-t-il lors d’une conférence de presse impromptue.« L’homme s’approcha de mon auto alors que je baissais la glace électrique et me dit: ‘Je crois que j’ai ce que vous cherchez’».Doug Small, qui était accompagné de son épouse à cet étrange rendez-vous, dit que l’homme lui tendit le do cument et qu’ils échangèrent un sourire.Plus tard, devant les caméras du réseau Global, le journaliste fit voir le document en question aux téléspectateurs lors de diverses interruptions de la programmation régulière.Small, qui est originaire de Gull Lake en Saskatchewan, dit qu’il n’a pas versé d’argent à l’homme.« J'ai une bonne idée de qui il s’agit, même s'il ne s’est pas identifié et que je ne lui ai pas demandé son nom.Il avait Doug Small l’air d’un digne représentant de.» Le journaliste s’est interrompu avant d'aller plus loin.Le journaliste de Global a déclaré qu'il était conscient de la peine qu'il allait causer au ministre Wilson en publiant des extraits du budget.« J’aime beaucoup M.Wilson.Mais je préfère encore les bonnes nouvelles exclusives» a-t-il conclu.« SYMPATHISANT » avec Michael Wilson, le premier ministre Robert Bourassa et son ministre des Finances, Gérard-D.Lévesque, ont préféré attendre à aujourd’hui avant de commenter le budget fédéral.C’est ce qu’a fait savoir en leur nom hier soir le directeur des communications du premier ministre, Ronald Poupart.« Il y a trop d’information imprécises et incomplètes pour commenter ce soir», disait-il.« Entre autres avec les paiements de transferts, ajoutait M.Poupart.Et il faut faire des calculs pour l’assurance-chômage.Le gouvernement du Québec est un gros employeur.Il faut voir combien ça nous coûte.» Le président de la CSN, Gérald Larose, estime pour sa part que les extraits du budget dévoilés hier confirment « la vision conservatrice de l’économie canadienne, c’est-à-dire un transfert systématique des impôts sur le revenu sur la consommation, ce qui est une taxe très régressive », dit-il.« Cela confirme la trajectoire de M.Wilson depuis quatre ans: faire porter sur les petits davan-tages de charges », continue M.Larose, pour qui la seule bonne nouvelle est jusqu’à présent l’abandon du programme des sous-marins.Guy Chartrand, président de Transport 2,000, un organisme voué à la défense et à la promotion du transport en commun, s’inquiétait de l’avenir de Via Rail, qui sera privé de $500 millions en quatre ans.« On peut supposer facilement que Via devra couper le quart ou le tiers des services actuels », dit-il.Ces coupures n’épargneront que quelques routes secondaires, pense M.Chartrand, et pourraient priver Via de deux millions de ses six millions de passagers.Qui dit coupures de service dit coupures de personnel, note M.Chartrand, et « Montréal risque d’être encore plus touchée que les autres, parce que 55 % des employés de Via au Canada sont au Québec et particulièrement dans la métropole ».Pierre Ippersiel, président de l’Association des manufacturiers canadiens, parlait d’un budget annonçant de « bonnes et de mauvaises nouvelles ».Une des mauvaises, dit-il, est l’importance du déficit, plus élevé que prévu.La hausse de l’impôt des sociétés?« On s’y attendait, dit-iL II fallait un effort de tous les contribuables dans le sens de contribuer davantage, et nous devons apporter notre contribution au même titre que tous les citoyens canadiens.» Le directeur général de la FTQ, M.Fernand Daoust, s’est dit consterné par l’annonce de restrictions importantes au réseau ferroviaire Via Rail annoncées dans le budget du ministre des Finances Michael Wilson.La question de Via Rail tient particulièrement à coeur à la FTQ qui a mis sur pied un front commun du rail au Québec pour assurer la survie de la compagnie.Dans un autre ordre d’idée, M.Daoust s’est réjoui de l’abandon de la décision d’acheter des sous-marins nucléaires.Le budget fait chuter le dollar canadien LES FUITES de documents budgé- 1 taires ont rapidement créé des remous sur les marchés monétaires asiatiques et européens.Le dollar canadien a rapidement perdu plus d’un demi cent en matinée sur le marché de Tokyo.La devise canadienne qui avait terminé la journée d’hier à 84.10 cents à Toronto cotait 83.54 cents à la pause de midi sur le marché japonais.Selon les premières réactions des analystes financiers, ce n’est pas le contenu comme tel du budget, mais bien les fuites qui pèsent émotive-ment sur les marchés.Toutefois, on est unanime à dire que le déficit budgétaire de $ 30.5 milliards annoncé par le ministre des Finances, M.Michael Wilson, aura des effets extrêmement négatifs sur l’ensemble des marchés monétaires et boursiers au cours des prochains jours.Selon M.Richard Carter, économiste en chef de la Banque Nationale, les marchés boursiers et financiers anticipaient un déficit de l’ordre de $ 27 milliards, $ 26 milliards pour les plus optimistes.« Il est clair, prédit M.Carter, que les opérateurs financiers vont perdre confiance dans l’économie canadienne et que le dollar continuera de chuter, tout comme les marchés boursiers.» Et si la Banque de Canada veut maintenir un dollar canadien fort, il est fort probable que les taux d'intérêt vont continuer de monter à court terme, risquant par le fait même d’entrainer l’économie dans une récession plus sévère que prévu.M.J.Pearce Bunting, président de la Bourse de Toronto, a dit tard hier soir, que le marché torontois devrait normalement ouvrir ses portes ce matin comme prévu.« Je n’ai rien vu dans ce budget qui me forcerait à fermer le plus important marché canadien de valeurs mobilières.» Si tel est le cas, il serait surprenant de voir la Bourse de Montréal agir dans le sens contraire.« Toutefois, a dit M.Bunting, je vais vérifier toutes les transactions effectuées en fin de séance pour m’assurer que les fuites se sont produites trop tard pour permettre une possible manipulation des actions.» Du cote des gens d’affaires, la Chambre de commerce du Québec s’est montré extrêmement déçue par la situation que crée les fuites bud gétaires.Extrêmement déçue éga lement par le fait que le déficit aug mente de plus de $1 milliard alors qu’elle souhaitait que celui-ci soit ramené au seuil des $ 25 milliards pour assainir la situation économique canadienne.« Ceci est un signe non équivoque que notre situation d’endettement et les coûts qui en résultent sont encore plus sombres que nous ne l’imaginions.Nous étions prêts à nous serrer la ceinture, précise M.Louis Arsenault, président de la chambre provinciale, mais pour de meilleurs résultats.» Le plus important groupement de gens d’affaires du Québec s'explique mal par ailleurs que le ministre ait annoncé si longtemps à l’avance sa taxe de vente et en ait fixé le niveau à 9 %.« Ceci est de nature à amener des distorsions importantes aiu chapitre des transactions taxable d’ici à ce que cette taxe soit réellement bise en application.» « Le présent niveau de déficit, poursuit la Chambre du Québec, ne Eiermettra sûrement pas de réduitre es taux d’intérêt à court terme.Ni à moyen terme d’ailleurs avec l’introduction de la taxe de vente en 91.» r Soyez enfin libéré Cessez de fumer V - Dans le vent.:
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