Le devoir, 13 mai 1989, Cahier A
DEVOIR U MEILLEURE BIÈRE PRESSION A MONTRÉAL BELLE GUEULE Vol.LXXX — No 111 ?Nuageux avec éclaircies Max : 20 Détail page B-11.Montréal, samedi 1 3 mai 1 989 4 CAHIERS —$1.00 AUJOURD’HUI Le feu de la Plaza Alexis-Nihon met Montréal en vedette Montréal blues Vrtt1 m Curieuse culture que celle du blues.Serge Truffaut nous décrit comment elle s'est emparé de Montréal avec des gars comme Bob Harrisson et Vic Vogel.Le blues a aussi ses repaires, et ils sont nombreux.Page C-1 L’ACFAS à Nattiez Marie Laurier présente le lauréat du prix André-Laurendeau, décerné par l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS) et le DEVOIR, au musicologue Jean-Jacques Nattiez.Page C-1 Pierre Bourgault s’en souvient Dans Moi je m'en souviens, Pierre Bourgault en fera bondir plus d'un avec son chapitre sur René Lévesque.Page D-1 Kohl satisfait des offres de Moscou Le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl se félicite de l'offre soviétique de réduction de 500 missiles.Page A5 Le Québec en déficit touristique Le déficit de l'industrie touristique du Québec atteint $ 600 millions par année alors que le taux d'occupation des hôtels ne cesse de diminuer depuis trois ans.Page B-1 Martin Pelchat MONTRÉAL aura sa place au Top Ten international des catastrophes avec l’incendie de la Plaza Alexis-Nihon, le 26 octobre 1986, désormais reconnu comme un classique du genre et qui retiendra l’attention de congressistes de 25 pays, demain, à Washington.Entre-temps, un récent jugement de la Cour suprême condamnant la ville de Beauport à payer des dom- Mormart Delisle == 1 - do la Presse Canadienne AMOS — Le premier ministre du Québec Robert Bourassa a annoncé hier de nouvelles offres aux infirmières.Elles impliquent un coût additionnel de $ 26,5 millions pour l’État.À son arrivée à l’Hôtel-Dieu d’A-mos, dans le cadre d’une tournée régionale, M.Bourassa s’est dirigé vers un groupe d'une cinquantaine d’infirmières qui manifestaient, à l’entrée de l’établissement, contre la lenteur des négociations pour le renouvellement de leur contrat de travail.« Ce matin, on dépose de nouvelles offres sur la valorisation et l’organisation du travail.Vos représentations sont légitimes et raisonnables », a dit M.Bourassa après avoir embrassé une des manifestantes, ce qui a désarmé les protestataires et adouci le ton.« C’est un effort du gouvernement pour régler le problème.On devrait COLLEGE STATION - Le président George Bush a mis hier l’Union soviétique au défi de prouver son attachement à la détente en démantelant le rideau de fer et en ouvrant son espace aérien pour permettre une surveillance de ses activités militaires.Ce faisant, Bush a réitéré une proposition dite de « l’ouverture des deux » avancée en 1955 par Dwight Einsenhower, visant à permettre à chacun des deux superpuissances de surveiller régulièrement les activités de l’autre.Hôflialie Petrowski ¦= - envoyée spéciale CANNES — Au lendemain de la première grande fête du festival, les stars, qui avaient allumé les trottoir la veille, se terraient maintenant dans leurs suites royales et leurs yachts loués.Ne restaient plus que ies lampions éteints, les nappes tachées et les journaux du matin cernés de café.Dans le Libé, une petite bande au bas des pages culturelles annonçait discrètement : 2,000 ans et toujours vert, Jésus de Montréal.Et dans le Spécial Cannes du journal Le Monde, mages de $ 2.5 millions au propriétaire d’un complexe hôtelier détruit en 1972 par un incendie, a donné espoir aux commerçants et assureurs qui dans une vingtaine de poursuites réclament de Montréal et West-mount $ 70 millions en rapport avec la catastrophe d’Alexis-Nihon.La ville de Montréal, dont ces plaignants tenteront de démontrer la négligence, a d’ailleurs délégué à la rencontre de Washington le procureur assigné au dossier, Me Jean-François Longtin.L’incendie prendra la vedette de- pouvoir s’entendre, comme on a réussi à le faire la dernière fois », a ajouté le premier ministre.« Je suis heureux que le gouvernement mette fin à l’exportation d’énergie des infirmières » a répliqué leur représentant local, un infirmier, Jean-Charles Perron.Les offres nouvelles du gouvernement, selon un document remis à la presse, comprennent une hausse de 2,8 à 4 % de la prime de soir, ce qui veut dire en moyenne $0.64 l’heure au lieu de $0.44.Il y a également introduction d’une nouvelle prime de fin de semaine représentant 4 % du salaire.Le gouvernement propose d’autre part de doubler la prime de nuit, qui passera de 5 à 10%.On prévoit consulter obligatoirement les infirmières dans certaines situations relatives à l’organisation du travail : création ou abolition de postes, adoption d’instruments de mesure de charge de travail, infor-Volrpage A-12: Bourassa « Un tel droit d’accès territorial sans précédent montrerait au monde la signification de l’ouverture.La simple volonté soviétique d’adhérer à un tel concept révélerait un attachement au changement », a déclaré le président américain dans un discours prononcé à l’université de College Station au Texas.Pour son premier grand discours sur les relations Est-Ouest depuis son entrée à la Maison-Blanche, le successeur de Ronald Reagan a en outre appelé Mikhaïl Gorbatchev à renoncer explicitement à la doctrine Voir page A-12: Bush Jésus avait droit à une pleine page de pub suivie d’un long entretien avec le comédien Lothaire Bluteau.Jésus est donc attendu à Cannes mais son réalisateur aura de la sérieuse concurrence.Il devra affronter la néo-nouvelle vague américaine qu’affectionne particulièrement Wim Wenders, « l’ami américain » et président du jury.Parmi ses plus sérieux rivaux, on retrouve les noms de Jim Jarmusch, Spike Lee, Percy Adlon, Jane Campion et Steven Soderbergh, tous jeunes, intelligents talentueux et.américains ou presque.Jésus devra aussi se mesurer au Saint-François d’Assise de Liliana Voir page A-12: Jésus Bourassa offre $ 26.5 millions de plus aux infirmières Bush propose à l’URSS la levée du rideau de fer d'après Reuter et AFP Jésus de Montréal ne sera pas seul à Cannes main dans la capitale américaine au congrès annuel de la National Fire Protection Association (NFPA) au cours d’un séminaire sur les tactiques d’intervention contre les incendies dans des immeubles en hauteur.L’incendie à Alexis-Nihon y sera comparé à celui d’un édifice de Los Angeles, la First Interstate Bank, en mai 1988.Plus de 2,000 congressistes, conseillers, enquêteurs, représentants d'organismes gouvernementaux et de services de prévention des incendies sont attendus au congrès du 14 au 18 mai de la NFPA, la plus importante association du genre, responsable de l'élaboration de plusieurs normes d’intervention.Le cas d’Alexis-Nihon y sera présenté par un délégué de la NFPA venu à Montréal étudier l’incendie, Michael Eisner.Si les cas de Montréal et de Los Angeles y seront mis en relation, explique le'chef de la division ouest du service de prévention des incendies de Montréal, André Bourdeau, c'est que tous deux présentent plusieurs similarités.Les interventions contre les deux plus désastreux incendies dans des tours à bureaux en Amérique du Nord, dit-il, ont souffert du manque d’eau, de délais d’alarme — ce sont des individus qui ont avisé les responsables et non les appareils de détection — et des difficultés de localisation du foyer.Coïncidence : bien que l'immeuble de la FUI compte 62 étages contre 16 pour Alexis-Nihon, les flammes se sont propagées aux deux endroits entre le lôe et le 16e étage.Impossible pour Montréal, qui sera représenté à Washington par un Voir page A-12: Le (eu Le Canada bloque le carburant empoisonné PHOTO CP Le ministre canadien de l’Environnement, Lucien Bouchard, accompagné de ses homologues du Québec et de l'Ontario, Lise Bacon et Jim Bradley, hier, à Ottawa.Le Canada stoppe l’entrée libre au pétrole américain 9e Tison ===== de la Presse Canadienne OTTAWA — Ottawa fermera 125 de ses 175 postes-frontières à l’importation de pétrole américain.Le ministre de l’Environnement Lucien Bouchard a annoncé, vendredi matin, que le gouvernement fédéral concentrerait ses inspecteurs dans 50 postes-frontières afin de mettre un terme à l’importation de combustible contaminé.« Il est difficile de contrôler totalement 175 postes-frontières », a expliqué M.Bouchard, à l’issue d’une rencontre avec les ministres de l’Environnement du Québec et de l’Ontario, Lise Bacon et Jim Bradley, ainsi qu’avec le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, Perrin Beatty.À cette occasion, le gouverne- ment fédéral a soumis aux ministres provinciaux un plan d’action visant à contrer le trafic de combustible contaminé.Outre la fermeture de 125 postes-frontières à l’importation de pétrole américain, le ministre Bouchard a proposé l’ouverture d’une enquête criminelle complète sur cette question, dirigée par la Gendarmerie royale du Canada, avec la collaboration des corps policiers du Québec et de l’Ontario, du FBI (Federal Bureau of Investigation), de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement et des ministères concernés.M.Bouchard a également annoncé que son ministère embaucherait davantage d’inspecteurs, et que le ministère fédéral de la Consommation et des Corporations mettrait des analystes à sa disposition.Il a enfin déclaré qu’il déposerait un ordre en conseil intérimaire visant à ajouter 97 produits toxiques à la liste de substances interdites en vertu de la Loi sur la protection de l’environnement.Provinces Les ministres provinciaux ont appuyé le plan fédéral.Mme Bacon a expliqué qu’elle avait assisté à la réunion dans le but d’obtenir davantage d’informations sur le trafic de combustible contaminé.Elle a affirmé que le ministère québécois de l’Énergie et des Ressources effectuait des prélèvements de pétrole, et que les résultats des analyses, effectuées par le ministère de l’Environnement, devraient être disponibles d’ici deux semaines.Voir page A-12: Le Canada PHOTO JACQUES GRENIER Yvon Charbonneau DÉCHETS DANGEREUX Yvon Charbonneau prend la relève de Victor Goldbloom Bernard Descôteaux ¦ de notre bureau de Québec LE GOUVERNEMENT Bourassa a décidé de faire appel au syndicaliste Yvon Charbonneau pour relancer l’enquête sur les déchets dangereux au Québec, tombée littéralement en panne avec la controverse Bacon-Goldbloom.Le premier ministre Bourassa a annoncé hier la nomination de l'ancien président de la CEQ, qui devra prendre la relève de Victor Goldbloom à pied levé, pour présider cette enquête dont l’échéancier pourrait selon le besoin qu’exprimera M.Charbonneau, être prolongé de quelques mois.Le choix de M.Charbonneau s’est fait en fonction d’abord de la crédibilité qu’il pouvait offrir, a fait savoir hier la ministre de l’Environnement, Lise Bacon.La confiance de l'opinion publique envers M.Goldbloom ayant été mise en cause ces dernières semaines, on voulait rétablir la confiance du public envers cette enquête.M.Charbonneau n’a toutefois aucune expertise scientifique ou environnementale à offrir, sinon le fait qu’il était membre d’une table de concertation sur l’environnement.C’est dans la foulée de l’incendie d’un entrepôt de BPC à Saint-Basile-Voirpage A-12: Charbonneau Jules Bélanger Balte'31 uécole détournée te > l :,ik : BOREAL Un plaidoyer lucide et courageux ta& Louis Balthazar et Jules Bélanger L’ÉCOLE DÉTOURNÉE Une mise au point radicale sur le système scolaire québécois • Des faits embarrassants • Des solutions concrètes • Un livre dérangeant à lire absolument! ¦¦i Vol.dé 216 pages — 19,95$ A-2 ¦ Le Devoir, samedi 13 mai 1989 CONGRÈS DES PSYCHOLOGUES Le mal de l’âme sous toutes ses coutures PHOTO LOUISE LEMIEUX D’ici peu de temps on prévoit que 50 % des élèves dans les écoles de la CÉCM proviendront des communautés culturelles.Un métier d’avenir Psychologue auprès des jeunes des communautés culturelles Paul Cauchon LES PROFESSION N ELS du mal de l’âme ne chôment pas.« Les agents traditionnels de guérison, comme le prêtre ou le médecin de famille, sont presque disparus.Il faut s’attendre à ce que les professionnels du mal de l’âme continuent encore à se multiplier ! » Luc Oranger ne s’en plaindra pas.La Corporation professionnelle des psychologues du Québec, qu’il préside, et qui regroupe 4300 membres, tient son cdhgrès annuel au Palais des congrès de Montréal depuis jeudi.En parcourant le programme du congres, on comprend qu’aucun comportement humain n’échappe aux psychologues : évaluation des toxicomanes, problèmes d’identité chez les lesbiennes, augmentation de l’a-norexie-boulimie nerveuse chez les adolescentes, nouvelles méthodes d’évaluation des abuseurs sexuels, suicide chez les personnes âgées, bref un tel congrès c’est la mine d’or pour les recherchistes de Janette Bertrand ! Mais la profession apparaît en pleine effervescence : les champs d’intervention se multiplient et les psychologues s’inquiètent de l’engorgement du système de santé et du système juridique.Ainsi, suite à une idée lancée spontanément hier lors d’un atelier, 850 d’entre eux signaient une pétition dénonçant le fait que la Direction de la Protection de la Jeunesse (DPJ) dispose de personnel insuffisant pour évaluer et traiter les quelque 3,500 enfants en attente de services.Les psychologues demandent à la ministre Thérèse Lavoie-Roux et au Premier ministre Bourassa de donner aux enfants dont la sécurité et le développement sont gravement compromis, la possibilité d'être entendus et traités dès la réception du signalement.Luc Granger signalait d’ailleurs au DEVOIR qu’un nombre grandissant de psychologues quittent le réseau public pour travailler dans leur bureau privé.« Ils sont tannés de la bureaucratie, dit-il.Mais le réseau de santé est devenu graduellement un gouffre financier qui crée de l’emploi pour fonctionnaires.Dans la politique sur la santé mentale, on déclare d’emblée que le premier objectif du système doit être le bien-être de la personne dans le besoin.Cela va de soi, mais quand on est en rendu à l’affirmer de cette façon c’est que le système a dérivé dangereusement».Le congrès permet de faire ressortir de nouvelles pistes pour les psychologues.Entre autres, les expertises en cour pour les gardes d’enfants.Ou encore les problèmes reliés au SIDA.« Non seulement les psychologues interviennent auprès d’un nombre grandissant de sidéens, explique Luc Oranger, mais les études de psychologie sociale s’accumulent afin de comprendre comment éduquer les gens pour qu’ils ne soient pas atteints».Autre secteur riche d’activités : les tensions vécues par les communautés culturelles.Ou encore les programme d’aide aux employés dans l’industrie : « quelques entreprises commencent à se rendre compte qu’il est plus payant de traiter un cadre en difficulté que de le jeter dehors ».Plus globalement, Luc Granger déplore que le réseau de la santé fasse trop peu de place aux psychologues.Résultat : le traitement thérapeutique devient de plus en plus « une affaire de riches ».« En santé mentale, se développe depuis cinq ans un réseau parallèle privé, ajoute-t-il.Dans le domaine des problèmes psycho-sociaux on peut trouver de l’aide si on a de l’argent.Du strict point de vue de l’emploi pour nos membres, il n’y a pas de problèmes.Mais comme corporation professionnelle, nous nous demandons si le public est bien servi et nous répondons non.Nous sommes préoccupés par le manque d’accessibilité des personnes à faible revenu aux psychologues».Un exemple de cette situation : le ministre de l’Éducation vient de permettre que soit accordée une dérogation à l’âge légal d’entrée de l’enfant en maternelle ou en première année.La dérogation est accordée si l’on peut prouver que la limite d’âge cause des préjudices sérieux à l’enfant.Résultat : plus de 2,500 demandes présentées l’année dernière (dans la majorité des cas les parents ont d’ailleurs obtenu la dérogation demandée).Pour obtenir la dérogation, les commissions scolaires peuvent demander une évaluation psychologique de l’enfant, et elles le font.Mais pour obtenir l’examen adéquat d’un psychologue, le parent doit souvent débourser de $ 450 à $ 500.On comprend vite que les « p’tits génies » des classes populaires devront attendre encore à la garderie.POUR ÉVALUER les enfants provenant des communautés culturelles dans les écoles de Montréal, on ne possède pas de tests psychologiques normalisés, on possède peu de recherches scientifiques valables et le sujet semble demeurer d'un intérêt mineur pour les autorités.C’est le point de vue exprimé par Anne Fortin, psychologue à l’emploi de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CÉCM), une des rares psychologues à travailler dans les classes d’accueil pour immigrants et les classes multi ethniques du réseau primaire et secondaire.Mme Fortin, qui présentait hier matin un atelier dans le cadre du congrès de la Corporation professionnelle des psychologues du Québec, qualifie cette situation de « pitoyable».Pour l’ensemble de la CECM, à peine une vingtaine de psychologues travaillent directement auprès des enfants et des adolescents en général, et on ne possède aucun plan d’intervention particulier auprès des communautés culturelles.Pourtant, on prévoit que d’ici quelques années plus de la moitié des élèves de la CÉCM proviendront de communautés autre que québécoi-sesde souche.En l’absence d’études spécialisées Anne Fortin a développé une pratique qui lui permet de répondre aux problèmes soulevés.Elle utilise, par exemple, des tests psychologiques non-verbaux conçus pour enfants sourds, puisqu’il n’existe pas de tests spécifiques à certaines cultures présentes dans le réseau de la CÉCM.Le traitement des enfants des communautés culturelles offre une double problématique : certains enfants présentent des problèmes psychologiques similaires à tous les autres enfants (difficultés d’apprentissage, problèmes familiaux, etc), mais il faut savoir les traiter en utilisant des concepts adéquats à leur culture.À titre d’exemple, on mentionne que les tests psychologiques basés sur le dessin peuvent être inadéquats pour certaines cultures asiatiques, pour qui la représentation des images de la nature est beaucoup plus développée que la représentation humaine.Dans d’autres cultures, où le rapport d’autorité est différent, l’enfant a de la difficulté à regarder un adulte en face, « et il a m’a fallu un certain temps à comprendre qu’en m’assoyant a côté de l’enfant plutôt qu’en face de lui je parvenais à le faire parler», ajoute Anne Fortin.Mais non seulement certains enfants vivent des problèmes semblables aux québécois de souche, mais plusieurs autres vivent des problèmes spécifiques à la situation immigrante, un terrain de recherche encore totalement vierge au Québec.On mentionne, par exemple, que plusieurs familles haïtiennes sont analphabètes; il devient donc difficile aux parents d’assurer un suivi scolaire adéquat auprès de leurs enfants.De plus, la culture haïtienne a tendance a considérer que l’école est responsable de l’enfant dans son ensemble.L’évaluation des enfants déficients doit également se faire avec prudence.Anne Fortin mentionne qu’une étude californienne à démontré que des élèves d’origines ethniques diverses évalués déficients selon des tests courants dans la culture américaine étaient en réalité totalement fonctionnels dans leur culture d’origine.“Entrez dans votre domicile en passant sous une porte cochère.” EN BREF.Marotte gagne une manche (PC) — Le juge Luc TTudel a accueilli en partie, hier, à Montréal, la requête de l’avocat de Hans Marotte visant à faire casser les 80 accusations portées contre le jeune étudiant relativement à des actes de vandalisme contre des commerces anglophones.Le magistrat a cassé les 40 accusations de complot mais a maintenu les accusations de méfaits.L’avocat de Marotte, Me Robert Lemieux, alléguait que les accusations étaient trop vagues.L’audition de la cause a été fixée pro forma au 15 juin.Le juge Trudel a également refusé la requête de la défense pour que le procès soit entendu devant juge et jury en Cour supérieure.Bombardier dément L’Événement du jeudi (PC) - LA COMPAGNIE Bombardier a nié, hier, les allégations de l’hebdomadaire français L'Événement du jeudi voulant que la France ait exigé le départ de Mme Louise Beaudoin de sa filiale Canadair.« Jamais les autorités françaises n’ont demandé à Bombardier le renvoi de Mme Beaudoin », a déclaré la société québécoise dans un communiqué.Le communiqué précise que le mandat de Mme Beaudoin, qui agissait comme consultante pour Canadair, a pris fin en juillet 1987 quand cette dernière a décidé de rentrer au Canada pour occuper un poste de direction à Téléfilm Canada.Bombardier soutient également n’avoir jamais entendu parler des demandes de commissions ou des pressions indues dont l’article fait état.L’hebdomadaire affirmait que l’Office général de l’air, une société parapublique française, aurait exigé de Canadair une commission d’une dizaine de millions de dollars pour donner son accord à l’achat de bombardiers d’eau CL-215 T.Un Riopelle volé chez Lavalin (LE DEVOIR) — Décidément, les Riopelle sont à la hausse sur le marché des filous.Alors que la Galerie Claude Laffite déplorait le vol d’un tableau d’une valeur de $ 100,000, jeudi, la société Lavalin signalait hier la disparition, le 14 mars dernier, d’une toile du célèbre peintre canadien, Soleil Noir (Monaco), d’une valeur égale.Comble d’ironie, le tableau fut subtilisé dans l’antichambre du pdg, M.Bernard Lamarre, au cinquième étage, en l’absence momentanée d’une secrétaire, alors qu’au sous-sol où loge la collection Lavalin, on marquait à l’heure du midi le vernissage des oeuvres de Georges Costakis.La toile est datée de 1957.La signature du peintre figure en bas à droite.Il appert que les vols de tableaux se multiplient à Montréal.La société Lavalin se promet d’améliorer son dispositif de sécurité.Tout renseignement au sujet du vol peut être communiqué au directeur de la collection, M.Léon Rosshandler, chez Lavalin.Fonctionnaires: 24 syndicats ratifient l’entente OTTAWA (PC) — Vingt-quatre des 27 syndicats des employés de la fonction publique fédérale et représentant 150,000 travailleurs ont ratifié l’entente intervenue en mars entre leurs représentants et l’employeur.Le Syndicat national de la fonction publique a fait savoir, hier, que tout effort de règlement avait par contre été rejeté par les travailleurs des hôpitaux, les travailleurs maritimes et ceux des services sociaux.Le contrat collectif d'une durée de 42 mois a été accepté dans une proportion de 70 % au cours du vote dont le taux de participation a été de 83 %.Lancement de Elle au Québec PARIS (AFP) — L’édition québécoise de Elle appartenant au groupe Hachette sera lancée le 15 août prochain à Montréal et dans les principales villes du Canada, a-t-on appris hier auprès du groupe.Elle Québec, qui sera la 15e version du célèbre magazine féminin à travers le monde, sera édité par Télémédia Hachette Inc., nouvelle maison d’édition créée dans le cadre d’une entente générale entre Hachette Presse et le groupe Télémédia.Elle Québec sera mensuel.Il sera tiré à 60,000 exemplaires la première année (160 pages dont 40 % de publicité).L’éditeur en sera Jean-Louis Maubois, la directrice de la rédaction Danièle Paquin et le directeur artistique Jean-Marc Martin.Une poursuite précoce WEST PALM BEACH (AP) — Une jeune américaine de 15 ans qui n’a guère apprécié de passer toute une soirée à attendre son cavalier à une fête de fin d'année scolaire a décidé de ne pas en rester là : elle vient d’intenter un procès contre l’adolescent avec qui elle avait rendez-vous et lui demande $ 49.53 de dommages et intérêts, somme qu’elle a dépensée pour s’acheter des chaussures, des fleurs et aller chez le coiffeur.Marion Shadd, le jeune lycéen de Palm Beach Lakes, affirme,lui, avoir annulé le rendez-vous une semaine avant la fête à laquelle ils devaient se rendre ensemble.Et il avait une bonne excuse : « Elle n’a pas voulu me croire quand je lui ai dit que je m’étais fracturé une cheville », se plaint-il.L'inspiration du passé, le confort moderne S 11 IR / Elevé au coeur du centre-ville de Montréal.Le Sir Robert Peel: 67 condominiums et maisons de ville correspondant au «nouveau» style de vie: celui de gens éclectiques qui vivent au rythme de la ville.Maintenant en vente Bureau de vente • 3410 rue Feel, Montréal Qc.H3A 1W8 sur rendez-vous • tel.: (514) 288-8008 une réalisation du GROUPE LÉ FI NE Leader dans le domaine de la distribution et du commerce de détail, le Groupe Ro-Na Dismat privilégie les produits québécois afin de stimuler la création d'emplois.Nous voulons également participer au dynamisme de l'économie de chaque région.Toujours à l’affût de nouveaux produits québécois, nous vous encourageons à contacter M.André Cardinal à l'adresse ou au numéro de téléphone mentionnés ci-dessous.Nous pourrions devenir des partenaires et ce, pour longtemps.LE GROUPE nona DISMAT 1250, rue Nobel, Boucherville, Québec J4B 5K1 (514) 599-5100 » Le Devoir, samedi 13 mai 1989 ¦ A-3 Bill Bennett est acquitté L’ex-premier ministre était accusé de délit d’initié MALGRE LE BUDGET WILSON Gérard-D.Levesque aura de bonnes surprises mardi VANCOUVER (PC) - • J’ai affirmé, au début du procès, que je n’avais rien fait de mal.Je le répète maintenant, après le verdict.» C’est le seul commentaire qu’a fait, hier, l’ancien premier ministre Bill Bennett, de la Colombie-Britannique, après avoir été acquitté, avec son frère Russell et Herb Doman, d’un délit d’initié.Les Bennett et Doman étaient accusés d’avoir vendu des actions avec profit, grâce à des renseignements privilégiés.« Non seulement, a déclaré le juge Wallace Craig en rendant sa décision, la poursuite n'a-t-elle pas réussi à prouver au-delà de tout doute raisonnable que la vente des actions de Bill Bennett a été le résultat de renseignements privilégiés donnés par Herb Doman, mais elle a établi, du moins selon les probabilités, qu’il avait pris la décision de vendre avant d’avoir pu recevoir quelque renseignement que ce soit.» Avouant que sa preuve n’était que circonstancielle, l’avocat de la Couronne avait établi les faits suivants: ¦ Deux minutes après que Herb Doman fut prévenu par un appel téléphonique, le 4 novembre dernier, que la société Louisiana-Pacific avait retiré son offre d’achat de Doman Industries, un appel fut placé du bureau de Doman, a Duncan, et au bureau des Bennett, à Kelowna.¦ Cinq secondes après la fin de cet appel, le courtier de Russell Bennett, qui se trouvait à ses côtés, téléphona à Toronto pour donner ordre de vendre toutes les actions de son client dans Doman Industries.¦ Quatre minutes après l’exécution de l'ordre, un ordre semblable fut donné à Toronto pour la vente de toutes les actions de Bill Bennett dans Doman Industries.Les Bennett réalisèrent ainsi un profit de $2.1 millions.Bastard Descôteaux de notre bureau de Québec LE MINISTRE des Finances, Gérard-D.Levesque, présentera mardi soir prochain son budget, le quatrième.Un budget qui sans être de la même cuvée que celui de 1988, réserve malgré tout quelques bonnes surprises aux Québécois.La situation financière du gouvernement québécois laisse en effet suffisamment d'espace à M.Levesque pour faire un budget à caractère électoral, cela tout en absorbant les coups venus d’Ottawa avec le budget Wilson.Les derniers indicateurs sur la situation financière publiés par le ministère des Finances laissent percevoir une marge de manoeuvre confortable.Pas aussi grande que l’an dernier, alors que le ministre des Finances avait en poche $ 1.6 milliard, mais de l’ordre de $ 500 à $ 800 millions, peut-on estimer.Cette marge de manoeuvre, M.Levesque devra obligatoirement en consacrer une partie pour absorber les chocs du budget fédéral.Dépendant des choix qu’il fera, cela n’accaparera qu'une petite partie de sa marge de manoeuvre.Le « pelletage » de dépenses du fédéral dans la cour des provinces pratiqué par M.Wilson n’affecte en effet que très peu le Québec cette année, malgré une perception initiale plus pessimiste.Le coût devrait être inférieur à une centaine de millions de dollars, dont l’essentiel ira aux garderies.L’effet réel de ce « pelletage » ne se fera en effet sentir que partiellement au cours du présent exercice financier, car il s’agit mesures qui seront mises en place progressivement par Ottawa.Cela est vrai pour la réforme de l’assurance-chômage, le remboursement des allocations fa- miliale et de vieillesse, ou la diminution des paiements de transferts.Le vrai choc ne viendra donc en fait que l'an prochain.Dans la foulée du budget Wilson, M.Levesque devrait par ailleurs être amené à consacrer plus d'argent qu’il n'avait prévu pour stimuler la création d'emplois.Le budget fédéral ayant un net caractère réces-siomstê, il lui faut prémunir le Qué bec contre les effets des hausses de taxes et d’impôt fédéral.Il s'agit là, de la part de M.Levesque, d’un geste nécessaire qui rejoint ses propres priorités.Il a toujours dit en effet que son budget tiendrait compte d’une éventuelle récession que d’aucuns voient maintenant comme plus probable avec les hausses d’impôts et de taxes décrétées par M.Wilson.Le président du Conseil du patronat, Ghyslain Dufour, ainsi que le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, devaient insister cette semaine sur cet aspect, soulignant que M.Levesque n'avait pas le choix.Dans un entretien au DEVOIR, M.Dufour a dit que M.Levesque devait même faire plus pour l'emploi, quitte réduire un peu moins son déficit.Cela fait, M.Levesque devrait avoir en mains assez d’argent pour mettre en place les priorités du gouvernement, qui pour une bonne part seront dictées par des considérations électorales.À la fin de son mandat de quatre ans, des problèmes urgents attendent toujours des solu tions qu’il ne peut reporter.Pour cette raison, M.Levesque devrait se contenter de réduire symboliquement de $ 100 millions le déficit pour le ramener à $ 1.5 milliard.Ainsi, l’attribution d'un budget spécial au ministère des Transports pour des travaux de réparation au réseau routier apparaît incontournable.Une année électorale sans budget pour les roules serait impen- sable, surtout en dehors de Montréal qui a déjà eu son plan de transport.On note d’ailleurs au ministère des Transports que les besoins sont urgents, et qu'entre $ 75 et $ lOO millions sont nécessaires pour chacune des cinq prochaines années.Cet argent viendra directement des réserves de M Levesque, et non d’une taxe spéciale sur le carburant, inopportune en année électorale, dit-on.Des moyens supplémentaires sont aussi nécessaires pour le ministère des Affaires culturelles.La promesse d’accorder à ce ministère l’équivalent de 1 % du budget de l’État est loin d'être remplie, et le premier ministre Bourassa a promis d'en discuter avec M.Levesque.C’est d’une quinzaine de millions de dollars dont ce ministère a besoin pour garder sa crédibilité auprès du milieu culturel, dit-on dans l'entourage de la ministre, Lise Bacon.Le financement des universités a aussi fait l’objet d'une promesse formelle de M.Bourassa.Les institutions universitaires qui souffrent d’un manque à gagner de $ 150 millions par année se verront fixer de nouvelles règles budgétaires dans le discours du budget, afin de solutionner ce problème.Elles n'auront pas $ 150 millions cette année, mais un redressement important sera amorcé.Une fois ces budgets spéciaux at tribués, M.Levesque pourra alors considérer d’autres façons de dépenser son argent.11 pourra choisir alors entre des questions comme l’équité salariale, l'aide aux étudiants, le rattrapage salarial des infirmières, les budgets des services de santé et, qui sait, peut-être une autre petite réduction d’impôt.La parité fiscale avec l’Ontario est toujours un objectif du gouvernement, et avec seulement deux points et demi d’écart, elle est à portée de mains s’il le veut.Bill Bennett répond aux journalistes à sa sortie de la Cour provinciale de Vancouver.¦ PHOTO CP Provincial Court Vancouver District Des toxiques auraient été enfouis par Montréal dans la carrière Miron ( PC ) — Des produits toxiques, dont de l’arsenic, du cyanure et du DDT, qui étaient entreposés depuis dix ou quinze ans dans une voûte de la ville de Montréal, auraient été enfouis en février dernier dans la carrière Miron, à Montréal, au mépris des normes de sécurité.C’est du moins ce que soutient le Syndicat des cols bleus de la ville.En conférence de presse, hier, le syndicat s’est porté à la défense de Au Canada Les crimes violents en hausse de près de 6 % l’un de ses membres, M.René Houle, qui aurait été suspendu indéfiniment après avoir entrepris des recherches, à son retour de vacances, pour retracer les produits toxiques.Les produits qui auraient ainsi été éliminés sur ordre du gérant de la voûte sont pour la plupart des pesticides interdits par la loi depuis 1976 en raison de leur haute toxicité.M.Houle, un préposé au service d’extermination, n’aurait découvert les faits allégués que le 2 mai dernier.Trois jours plus tard, il alertait le Conseil exécutif de la ville qui a demandé sans tarder au ministère de l’Environnement de faire enquête.De son côté, le président du comité exécutif de Montréal, M.Michael Fainstat, a déclaré que l’enquête suivait son cours.Il a dit avoir obtenu l’assurance qu'il n’y avait aucun risque pour la population.Quant à la suspension de l’employé, M.Fainstat a laissé entendre que la mesure disciplinaire était l’aboutissement d’un dossier chargé pour cet employé et qui a culminé avec une altercation entre l’employé et son supérieur.Sus aux goélands pollueurs de plages! s-Gilles Francoeur U N E ÉTU D E du ministère québécois de l’Environnement, rendue publique hier, accuse les goélands à becs cerclés d’être les principaux agents de contamination des eaux de baignades de sept plages du Québec.L’étude, divulguée hier à Saint-Gabriel de Brandon, par le ministre délégué à l’Environnement, M.Gaston Blackburn, indique en effet que les fientes de cet oiseau, parmi les plus gracieux en vol, sont responsables d’apports importants en conformes fécaux ?t en agents pathogènes très dangereux, susceptibles de transmettre des maladies et des infections de la peau.En certains endroits, leur contribution à la pollution des plages serait la plus importante de toutes les sources identifiées.Les plages touchées sont celles de Saint-Gabriel, de la Pointe-Merry, de Magog, de Rawdon, du parc Paul-Sauvé, d’Oka ahsi que de la plage du parc de la Yamaska.La population de goélands à bec cercle du Québec connaît depuis plusieurs années une croissance inusitée.Cet oiseau est, comme la corneille, un véritable vidangeur, avec cette différence qu’il ne craint pas la proximité des humains.Accueilli, il y a quelques années, comme une véritable bénédiction par une société en train de s’enfouir sous ses propres déchets, certains n’hésitent pas aujourd’hui à le décrire comme un véritable « rat volant ».Plusieurs organismes voués à la conservation de la faune, comme là Fédération québécoise de la faune ( FQF), pointent cet oiseau du doigt depuis des années et demandent l’ouverture de sa chasse à l'année longue comme pour la corneille, à des fins de contrôle de population.On attribue au goéland la baisse de population de plusieurs espèces de canards, dont il détruit systématiquement les oeufs et attaque les canetons.Selon M.Blackburn, c’est en réduisant principalement la quantité de nourriture du goéland qu’on arrivera à contrôler l’explosion de population engendrée par les dépotoirs et les poubelles de restaurants dont il vit.Québec envisage donc une campagne de sensibilisation auprès des baigneurs, des propriétaires de plages et des restaurateurs pour lui couper les vivres.Le ministère de l’Environnement n’envisage pas de moyens aussi radicaux que ceux utilisés par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche (MLCP) contre les cormorans, dont les fientes dans les îles du Saint-Laurent ont exterminé en certains endroits toute forme de végé- tation et de vie animale.Devant la gravité des dommages causés à certaines habitats importants pour la survie d’autres espèces, le MLCP entend procéder l’été prochain à l'abattage de 10,000 cormorans pour ramener sa population à des propor- tions plus normales.Le plan de chasse aux cormorans du M LC P ne présente toutefois au eun danger pour la survie de cette espèce, non seulement prolifique, mais dont l’aire de distribution couvre toute l’Amérique « 3mou * ui f:ni:i.traiteur La gastronomie française de qualité à votre portée 1025.rue Laurier ouest 272-4065/272-4086 w TUNISIE: SOLEILS MAGIQUES Départ de Montréal chaque vendredi.18 jours séjours hôn-l-cluh.par Air I rance.Séjour de rê\c.tout ;l l)llrlir (lt ¦ compris: 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Côte-des-Neiges Téléphone: 343-6090 ou Extérieur: 1-800-363-8876 Annuaire et demande d'admission: 3335, chemin Queen Mary Métro Côte-des-Neiges Téléphone: 343-6090 Extérieur: 1-800-363-8876 mmm mmmm APPRENDRE POUR AGIR APPRENDRE POUR AGIR D69B A-6 ¦ Le Devoir, samedi 13 mai 1989 L’ACTUALITE INTERNATIONALE .7 jours/semame Service confidentiel, rapide, prolessionnel 259-9368.SERVICES DE TRAITEMENT DE TEXTE: lettres répétitives, envois postaux, C V etc Tarifs modiques Lee Service* Proleuionneli DELA Carmen De Luca: 389-5779 Occasions d'affaires A VENDRE À QUÉBEC SERVICE DE LIMOUSINE Établi depuis plusieurs années (Voi fuies ef permis).(418)626-5269 A VENDRE 2 magasins de locafion vidéo cassettes Bien établis, est de Montréal Chillre d'affaires f de $400,000 9.000 membres, inventaire 8,000cassettes Excellente opportu nité Pour mlo 646-4804 A VOUS DE VOUS INFORMER! 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Benoit Lauzière Rédacteur en chef: Paul-André Comeau Directeur des services administratifs: Gabriel Hudon FAIS CE QUE DOIS Rédacteurs en chef adjoints: Directeur de l'information: Jean Francoeur, Jacques Chabot Albert Juneau, Directeur adjoint: Michel Lefèvre Guy Deshaies : I I Washington rate le bateau M.Bush ne réussit pas à reprendre l’initiative face à Moscou DEVANT un Mikhaïl Gorbatchev, peut-on encore s’en remettre à réclamer l’abolition du « rideau de fer » pour raviver la foi des populations européennes envers l’Alliance atlantique et raffermir le leadership des États-Unis ?Saugrenue il y a trois ou cjuatre ans, la question suscite aujourd’hui incrédulité et impatience.Voilà quatre mois que Washington poursuit études, discussions et consultations auprès de tout ce que l’intelligentsia américaine compte d’experts en soviétologie.L’administration Bush vient malheureusement d’échouer dans son entreprise de retrouver la maîtrise d’une politique étrangère dont les coups et les initiatives sont maintenant pensés et joués à Moscou.On attendait beaucoup du discours d’hier du Président George Bush.A défaut d’une présentation stimulante et exigeante des relations entre l’Est et l’Ouest, M.Bush a ressassé de vieilles propositions dont certaines remontent à Dwight Eisenhower lui-même.La veille, M.Gorbatchev réussisait une autre de ces opérations de charme et de relations publiques qui confirment désormais la maîtrise de Moscou dans cet art de parler au coeur et à l’imagination des Européens.Annoncer la réduction des missiles nucléaires de courte portée, proposer le licenciement d’un million de soldats, la démarche correspond aux attentes des populations.Préconiser une politique de « ciel ouvert » pour les avions militaires, c’est au contraire s’en tenir à une forme de statu quo aux relents de guerre froide.La suggestion viendrait, dit-on, d’Ottawa ?Il n’y a pas lieu de se livrer à ce propos à une opération de « pétage de bretelles ».On confond l’histoire et l’avenir.À Washington, on a voulu éviter les gaffes qui avaient entaché les premiers mois de l’administration Reagan en 1981.L’objectif était sans doute louable, mais les résultats ne sont guère probants.Au lendemain de l’entrée des troupes soviétiques en Afghanistan, au moment où le Général Jaru-zelski imposait son ordre à Varsovie, il était possible d’invoquer Satan et ses maléfices.Les temps ont changé et Mikhaïl Gorbatchev accumule succès sur succès aux yeux d’une opinion publique médusée, mais séduite par la perspective de voir la détente se traduire autrement que par l’alignement des régiments et des engins de terreur.Il reste deux semaines à George Bush et à M.James Baker pour imaginer des propositions qui puissent rallier les Européens.À défaut de quoi le Sommet de l’OTAN, convoqué à Bruxelles à la fin du mois pour en marquer le 40e anniversaire, risque de se solder par un triste échec.Au premier rang de ces nécessaires propositions, il faut imaginer un compromis au sujet des négociations éventuelles avec Moscou sur les armes nucléaires de moins de 500 kilomètres de portée.Faute de quoi, c’est encore une fois Mikhaïl Gorbatchev qui tirera les marrons du feu.Au delà de cet enjeu concret, on voit resurgir la menace de désagrégeaient de l’Alliance — le « découplage » entre l’Europe occidentale et les États-Unis, dans le jargon diplomatique.Ce serait l’objectif visé par Moscou : on n’y verrait que du feu.La coalition informelle suscitée par l’Allemagne de l’Ouest, autour de cette question des armes nucléaires de courte portée, n’est pas une fronde d’enfants gâtés.Elle témoigne de la recherche d’une nouvelle forme de coexistence entre les Européens eux-mêmes.Elle traduit aussi la séduction qu’exerce auprès d’eux l’invitation de Mikhaïl Gorbatchev à bâtir une « maison commune ».Le gouvernement américain a perdu l’initiative du jeu dans cet échange subtil et exigeant qui tient actuellement lieu de relations est-ouest.Les États-Unis ont déjà imaginé le Plan Marshall.Pourquoi doivent-ils être aujourd’hui à la remorque d’un homme qui marque des points à chaque discours ?Au moment où l’Europe redevient le noeud des relations entre les deux Super-Grands, on doit s’inquiéter devant le silence observé par le Canada.Exception faite des propos tenus plus tôt cette semaine par M.John Crosbie en vue de regarder davantage vers les marchés européens, rien de nouveau n’est venu d’Ottawa à ce chapitre.La parade est trop simple, qui consiste à tout ramener à l’opération-charme menée par M.Gorbatchev.— PAUL-ANDRÉ COMEAU Enjeux stratégiques au Panama Derrière Noriega : le canal et des bases nord-américaines DÉTACHÉ de la Colombie pour donner un cadre politique au canal qui porte son nom, le Panama n’a guère connu autre chose que des régimes durs et instables à la fois, partagés entre la domination nord-américaine et un nationalisme plus ou moins populiste.L’histoire de Noriega échappe à peine à cette longue tradition.Sauf que maintenant les forces étrangères sont déjà dans le pays : Washington se contente d’y ajouter quelques milliers de marines, de quoi satisfaire les partisans de la manière forte.Avec ou sans Noriega, deux problèmes sont là pour demeurer longtemps, encore plus qu’on n’ose l’admettre franchement : le contrôle de la voie maritime, qui doit revenir graduellement au petit pays d’ici la fin du siècle, et la présence du quartier-général sud-américain du Pentagone.Les États-Unis ont finalement accepté de remettre le canal à la petite république, mais ils tiennent à ce que la direction qui en aura l’administration leur soit acquise.Le (futur) président panaméen doit nommer avec eux le directeur de cette administration, et Washington ne veut pas avoir à en discuter avec Noriega, l’« ami » devenu rebelle.D’où ce zèle pour faire élire un gouvernement « démocratique ».En effet, le Congrès ayant mis son veto à un coup d’État à Panama City, il ne restait qu’à passer par un scrutin.Mais voilà que les voleurs d’élection de l’astucieux général auront eu raison des organisateurs de l’opposition auquels la CIA est censée avoir acheminé de quoi gagner aux urnes.La Maison blanche compte maintenant sur l’indignation des capitales étrangères, y compris latino-américaines, pour forcer ce départ que n’a pu provoquer la pression économique.Certes, à peu près plus personne, sauf ses soldats, n’appuie Noriega, c’est vrai; mais l’habile tacticien profite de l’opposition internationale à toute intervention militaire.Il contrôle encore le terrain, à l’extérieur du canal.Entre-temps, il parait avoir su remplacer les dollars que Washington retient par des dollars de la drogue qui affluent d’un peu partout.Le président Bush incite les officiers panaméens à la révolte.Mais jusqu’ici le gros des militaires est resté fidèle.Manuel Noriega est d’autant plus difficile à liquider qu’il connaît tous les trucs du métier, pour les avoir appris et pratiqués longtemps à l’école des.États-Unis.Il ne manque pas d’appuis non plus en Colombie.Pour que la « démocratisation » de Panama soit plus qu’une couverture pour les intérêts nord-américains, il faudrait que l’Oncle Sam donne l’exemple et se retire du pays.Or, dans la lutte contre les révolutionnaires centro-américains et dans la nouvelle « guerre » contre la cocaïne colombienne, également confiée à l’armée des États-Unis, le Pentagone n’aurait pas de terrain où replier ses bases, ses systèmes de surveillance et sa fameuse école antisubversive.Autant dire qu’il sera moins aisé de faire sortir les marines de Panama que de trouver un exil doré au général Noriega.M.Bush devra inventer quelque perestroïka pour l’Amérique centrale s’il veut mettre fin non seulement à cette dictature, mais à un siècle d’ingérence « gringo ».— JEAN-CLAUDE LECLERC ün plan d’action familiale ?Québec devrait faire preuve de logique et de cohérence C’EST DPI BON N PI guerre.Mme Thérèse Lavoie-Roux a profité de l’étude des crédits du volet familial (secrétariat et conseil) du budget de la Santé et des Services sociaux, récemment, pour dénoncer le caractère antifamilial du budget Wilson.La ministre énumère une longue liste de mesures fédérales qui lèsent les familles québécoises : moins d’aide aux garderies (une perte de $48 millions cette année) ; récupération et non-indexation des allocations familiales (perte de plus de $ 200 millions) ; taxe de 9 % sur les maisons neuves.Impressionnant et sombre, le tableau met en relief, s’agissant de l’aide à la famille, un écart énorme entre le discours officiel et la dure réalité des chiffres.C’est vrai pour Ottawa.Mais ça l’est aussi pour le Québec.Ardent à dénoncer la paille dans l’oeil de l’autre gouvernement, celui de M.Bourassa mesure mal la poutre qui est dans le sien.Borgne au royaume des aveugles, il fait la morale au voisin, oubliant qu’il n’est pas lui-même à la hauteur de ses responsabilités et des attentes qu’il a suscitées depuis quatre ans.Est-il besoin de rappeler les engagements de la campagne électorale, notamment celui visant à faire bénéficier les femmes au foyer du régime de rentes du Québec ?Admettons que c’est complexe et qu’il y a d’autres mesures plus aptes à aider les femmes qui restent au foyer pour élever leurs enfants.De fait, sur le plan fiscal, il y eu, dans le budget de l’an dernier, un effort substantiel pour soutenir les jeunes familles.Réduction du fardeau, panoplie de mesures d’aide, il y a eu des gestes concrets et symboliques qui, sans constituer une politique nataliste proprement dite, encouragent ceux qui veulent fonder une famille.Mais le gouvernement a laissé entrevoir bien davantage.Il y a un an et demi, après moult études et analyses, il publiait un énoncé de politique familiale qui a suscité les espoirs les plus vifs.Cependant incapable (tout comme le précédent gouvernement) de mettre en oeuvre une véritable politique familiale qui ne heurte pas les groupes réticents, féministes et autres, le gouvernement s’en tient à des demi-mesures.D’un côté, des mesures éminemment familiales (au premier chef, les services de garde à l’enfance) continuent de relever de la Condition féminine ; de l’autre, considérée comme quantité négligeable, en tout cas peu féroce et dangereuse, la prétendue politique familiale est confiée à un ministre délégué, puis à une titulaire déjà surchargée, débordée même par l’ampleur de ses mandats.Cohérence et logique ?Il faut la chercher longtemps, aussi bien à Ottawa qu’à Québec.Comme s’il était encore besoin de cris d’alarme, deux fonctionnaires québécois, attachés au Secrétariat à la famille, ont ajouté leur voix à ceux qui crient dans le désert.La société québécoise est en train de disparaître, dit M.Émile Dubois, et on n’ose même pas parler de l’inévitable : une politique nataliste.L’État a peur de parler de politique nataliste et d’envoyer des messages clairs.À preuve, pour rien au monde n’a-t-on voulu associer à une mesure nataliste l’aide de $ 3,000 au troisième enfant, opine ce chercheur.Son patron, M.Aubert Ouellet, renchérit que les gouvernements doivent cesser de taper sur la tête des parents.Entreprises et syndicats doivent aussi faire leur part en créant et en revendiquant des conditions de travail compatibles avec les responsabilités des parents.Pourtant, malgré tous les obstacles, pour 9 Québécois sur 10, la famille vient en tête des valeurs à préserver.Mais l’insécurité économique domine cette aspiration profonde.Ne soyons pas trop sévères ou pessimistes.Dans trois jours, un nouveau budget apportera peut-être de meilleures nouvelles.— GILLES LESAGE LETTRES AU DEVOIR Essayons voir i I.et Ire à M.Michael Wilson LES RÉCENTS événements en Jordanie et au Vénézuela nous montrent à quel point les mesures d’austérité entraînées par la dette du tiers-monde ont un effet traumatisant sur les populations locales.Pour les pays pauvres, il s’agit d’une question de vie ou de mort.Le Canada peut précisément contribuer à remédier à cet état de choses lors du Sommet des sept pays les plus industrialisés à Paris, en juillet prochain.Ces sept pays(dont le Canada)sont en effet les plus gros contributeurs au Fonds monétaire international, l’institution qui impose les mesures d’austérité si impopulaires.Notre pays pourrait proposer à ses six partenaires de signer une déclaration commune qui établirait le principe que les mesures d’austérité, pour le remboursement de la dette, ne doivent pas se faire sur le dos des populations les plus pauvres, et qui engagerait les sept puissances industrielles à au moins maintenir leur niveau d’aide aux pays où les pauvres sont précisément menacés par le problème de la dette.Une simple déclaration permettrait à la fois au Canada d’exercer son leadership sur la scène internationale, de protéger les plus mal pris de la terre et n’aurait pas d’impact sur notre déficit ! Trop beau pour être vrai ?Essayons voir ! — JEAN-FRANÇOIS TARDIF Hull, le 1er mai.Vieux-Montréal Lettre à M.Pierre Êmond, directeur de la Société du Vieux Port VOUS AVEZ déménagé du Vieux-Montréal parce que vous n’aimiez pas ça.Vous dites que les gens du Vieux-Montréal n’aiment pas les touristes et que vous êtes inca- able de changer quoi que ce soit cette situation.Vous dites être là pour aménager.Doit-on conclure que, lorsque le Vieux-Montréal sera devenu un lieu de transit, entre Montréal et les aménagements faits sur les quais, les résidents du Vieux-Montréal devront, eux aussi, déménager ?Ce ne sont pas les touristes que nous n’aimons pas : ils sont civilisés.C’est le bruit des véhicules motorisés.Les scientifiques reconnaissent qu’un haut niveau de bruit entraîne des comportements délinquants.Action Vieux-Montréal a été réaliste en refusant des projets incompatibles avec son milieu de vie : patrimoine architectural où doivent s’allier la pierre et l’eau.Voilà pourquoi nous demandons le retour de la beauté du Port du 19e siècle, époque des grands voiliers.C’est un cri du coeur, de l’intelligence, de la raison.Reconnaissons que le port industriel n’est pas passé à l’histoire, il a seulement été déplacé.Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.Tout doit être pris en considération.Voyez comme le Vieux-Montréal est laid.Plusieurs de ses immeubles doivent être remis à neuf pour que plus de travailleurs viennent y vivre.La Ville a besoin de résidents et il y a des limites au laisser-aller.Ici comme partout, la beauté et l’harmonie seront éducatives et rentables.Le Vieux-Montréal doit être revalorisé aux yeux de tous, et des Montréalais en particulier.Ne vous en déplaise, nous avons la formule : le rebrancher sur le St-Laurent; n’y circuler qu’à pied; étudier davantage notre plan d’aménagement.Quant à un musée des enfants, avec les coupures dans les garderies et les allocations familiales, ce n’est pas sérieux.— ESTELLE BENOIT Montréal, le 9 mai.Sous-financement Lettre à M.Jean-Pierre Proulx DANS UN article du 27 avril (Avant d’injecter de l'argent neuf dans le système universitaire, Québec devra payer plus de $ 20 millions en rattrapage aux universités anglophones), vous faites référence à l’Université de Montréal en écrivant qu’elle « apparaît surfinancée de $9 millions».Des études récentes menées par le Conseil des universités, la Conférence des recteurs et principaux, le ministère de l’Enseignement supérieur, établissent sans conteste que les universités du Québec sont toutes sous-financées si on les compare aux systèmes ontarien, canadien ou américain.Les unes peuvent l’être moins que les autres selon les paramètres utilisés.Selon un document du ministère, daté du 20 octobre 1988 et remis pour consultation aux chefs d’établissements, l’hypothèse de rattrapage dans le financement des universités était basée sur la charge d’enseignement, à l’exclusion des coûts résultant des activités de recherche.En outre, du fait que l’Université de Montréal est très engagée dans les programmes d’études de 2e et de 3e cycles, le sous-financement qu’elle subit ressortirait avec plus d’évidence de la grille d’analyse si la pondération des étudiants de ces niveaux était différente.Heureusement, pour assurer une plus juste apprehension de la réalité, le ministre proposait-il, dans cette hypothèse, que des sommes additionnelles soient attribuées pour couvrir les frais indirects de la recherche.De plus, une étude déposée récemment par M.André Archambault, président d’un comité spécial créé par le ministre, concluait que les charges profe ssorales à l’Université de Montréal sont parmi les plus élevées au Québec.Cette étude prenait en considération l’ensemble des tâches des professeurs et non plus seulement leur charge d’enseignement.Fortement engagée dans la recherche, l’Université de Montréal est, au chapitre des frais indirects, tout à fait sous-financée.Elle doit soutenir un niveau élevé d’activités de recherche sans avoir reçu en contrepartie, durant des années, les sommes requises par son infrastructure de recherche.Enfin, le financement de l’Université de Montréal est d’autant plus lourd à porter qu’elle ne dispose pas d'un fonds de dotation suffisant pour lui permettre, année après année, de compenser ce manque à gagner.En dépit de cet état de choses, depuis trois ans, l’Université de Montréal, plus que toute autre au Québec, a adopté une politique responsable d’équilibre budgé- Les « Lettres au DEVOIR » doivent être signées.L’adresse et le numéro de téléphone sont requis également, mais seulement pour fins d’identitication dans nos dossiers.Prière de s'en tenir à moins de deux pages dactylographiées à double interligne, et de faire parvenir le texte à l’attention de Jean-Claude Leclerc.LE DEVOIR ne s'engage pas à publier toutes les lettres reçues et se réserve d’en réduire au besoin la longueur.taire en procédant à des réaménagements difficiles à l’intérieur d’une gestion très serrée.Sans le dévouement et la motivation des membres du personnel et des étudiants, l’Université aurait à déplorer aujourd’hui une dégradation plus importante de la qualité de ses activités de formation et de recherche.— JACQUES LUCIER vice-recteur à l’administration Montréal, le 10 mai.Moins de garderies DERNIÈREMENT, le gouvernement fédéral promettait des millions pour le développement et la consolidation du réseau des services de garde.Enfin, je voyais poindre une lueur au bout du tunnel.Toutefois, ces promesses électorales ont été mises aux oubliettes ! Mais lorsque j’ai appris que le gouvernement provincial souhaitait retirer la subvention de fonctionnement de $ 4.50 par jour par enfant et peut-être même la subvention logement dans les garderies sans but lucratif, les deux bras m’ont tombé.Si le gouvernement provincial coupe dans les subventions aux garderies, cela a des effets énormes : dans une garderie de 60 enfants avec un budget de $ 280,000, ces coupures enlèveront $ 70,000 par année.Des garderies seront forcées de fermer leurs portes.Cette décision soulèvera des débats inopportuns entre parents et éducatrices.Les uns en ont assez de payer très cher pour faire garder leur enfant et les autres en ont assez de voir leur condition de travail empirer.Aussi, nous remarquons une régression des acquis entre autre sur le plan de l’accessibilité au marché du travail quand on sait que les femmes sont de plus en plus soutien de famille.Les garderies seront hors de prix et au bout du compte, les enfants perdront leur droit à une éducation de qualité.À quand la pleine reconnaissance des garderies comme milieu de vie tant pour les parents que les jeunes enfants ! — SUZANNE ARMSTRONG étudiante en garderie (UQAM) Montréal, le 11 mai.LE DEVOIR LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal, H2Y 1X1.Il est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, Division du Groupe Québécor Inc., dont les ateliers sont situés au 7743, rue Bourdeau, LaSalle.L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., située au 775, bout.Le-beau, St-Laurent.Courrier de deuxième classe: enregistrement numéro 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.(514) 844-3361 Abonnements (514) 844-5738 ; DES IDEES, DES EVEHEMENTS Le Devoir, samedi 13 mai 1989 ¦ A-11 L’effet Rambo L’appel à la violence est quotidien CLAUDE PAQUETTE Écrivain et directeur du groupe-conseil INTERACTION DES adultes et des jeunes sont inquiets.Des jeunes attaquent.Il semble évident que nous assistions à une montée de la violence de la part des jeunes.Depuis quelque temps, cette violence se traduit par des attaques dans des endroits publics et eùe semble être de plus en plus gratuite.On aime pas l’habillement d’un jeune, alors spontanément on l’attaque au couteau.Rien ne semble prémédité.Ces événements nous questionnent sur l’avenir de notre société.Tuer avec le sourire Certains spécialistes cherchent à nous consoler en démontrant que cette situation est relative, peu importante, si nous la comparons avec ce qui se passe dans les grandes villes, chez nos voisins du Sud.Inévitablement, ce qui se passe au Sud se répercute au Nord.C’est un phénomène connu.Et le tout se passe avec un certain décalage dans le temps.Nos fins spécialistes voient venir les phénomènes mais nous attendons qu’ils soient présents dans notre milieu pour agir.La prévention devrait être commencée dès que l’on sent l’émergence d’un nouveau phénomène, et non pas au moment où les dégâts se font sentir.Au visionnement des aventures de Rambo, j’ai toujours été surpris de la facilité avec laquelle il tue.En 90 minutes, il peut éliminer des centaines d’adversaires et ce, toujours pour la bonne cause.Tuer est légitime si l’on a une bonne cause, et surtout si c’est pour se venger.C’est la loi du talion.Évidemment, Rambo c'est du divertissement.Tout le monde sait que ce n’est pas vrai.Mais il existe des centaines de films de ce type.Toutes les semaines, ils pénètrent dans nos foyers.Tous ces films banalisent la violence et la mort.Je crois que nous assistons maintenant à ce que nous pourrions nommer « l’effet Rambo ».Les images laissent des traces dans les attitudes et dans les valeurs.Des jeunes se sont imprégnés durant des années de ces images gratuites de violence.Elles font partie de la vie courante.Rambo a du pouvoir, et il l’exerce.Il domine.Il est performant.Il est un symbole d’excellence pour la nation.Il est un défenseur.Il est un symbole de la suprématie.Il est un modèle.Il a des valeurs et, de plus, il a une valeur économique indéniable.Il est facile de reconnaître ici les valeurs dominantes de notre société actuelle : la domination, la suprématie, l’excellence dans la compétition, la performance.Il suffit d'écouter les discours de nos hommes et de nos femmes politiques, des dirigeants d'entreprises pour voir toute la force actuelle de ces valeurs.Elles s’immiscent même dans les écoles.Les expressions à la mode dans les médias témoignent de ce phénomène : il faut être performant ; il faut gagner la bataille contre nos compétiteurs ; il faut abattre l’adversaire ; il faut être le plus fort pour réussir dans la vie ; il n’y a pas de place pour les faibles.Il nous faut tous devenir des petits Rambo dans nos domaines respectifs.Du moins, c’est le message.Un jour, consciemment ou inconsciemment, on finit par développer des attitudes et on pose des gestes qui nous rapprochent du modèle.Et je crois que nous assistons actuellement à la concrétisation de Sylvester Stallone dans Rambo III PHOTO DAVE FRIEDMAN l’effet Rambo.Des jeunes ont intégré le personnage.Mais ils ne sont pas appelés par le président pour défendre la nation, pour la venger.Ils protègent leur propre territoire.Ils prennent le pouvoir qu’ils peuvent.Ils protègent leur propre tribu.Ils manifestent leur intolérance par rapport à la différence.Ils jouent à Rambo, mais ils ne bénéficient pas de la protection qu’a celui-ci.Mais, il faut se rendre à une évidence : c'est cohérent avec le discours dominant de notre société contemporaine.L’appel à la violence est quotidien.Qu’il suffise de regarder un match de hockey.Mais encore là, ce n’est pas grave, c’est du divertissement.Comme les professionnels du hockey le disent : « ça fait partie de la game ».Eh bien, il faut également en accepter les effets pervers, notamment chez les jeunes.Évidemment, les spécialistes divergent d’opinion pour régler le problème.Nous assistons actuellement à des prises de position diversifiées : plus de sévérité dans les décisions des juges, plus de protection dans les endroits publics, plus de compréhension pour ces jeunes, plus d’encadrement dans les familles.Nous avons peur, et nous voulons des solutions immédiates.C’est légitime.Mais, nous savons tous que le problème est plus profond.C’est un problème social.C’est un problème de valeurs.Mais l’effet Rambo est imprévisible.Notre système immunitaire social est déficient pour nous protéger contre l’évolution de ce phénomène.Revoir nos valeurs Il est bien évident que nous ne pouvons empêcher la diffusion des messages de violence.Rambo sera remplacé par un autre.On doit déjà y travailler.Cependant, je crois que nous avons tous une responsabilité sociale à l’égard des jeunes : celle de développer un sens critique à la lumière des valeurs dominantes de la société.Combien de parents ont pris le temps de discuter des valeurs incluses dans les films de Rambo avec leur enfant ?Combien de parents ont manifesté clairement leurs choix de valeurs par rapport aux valeurs dominan- tes de la société ?Si nous acceptons ces valeurs dominantes, eh bien, il faut en accepter les conséquences.U ne valeur se concrétise dans les gestes quotidiens.La suprématie entraîne la violence, l’intolérance, la discrimination et l’abus de pouvoir.La jierfor mance absolue entraîne la rivalité, l’exclusion des plus faibles et le mensonge.(Il suffit de voir coin ment nos athlètes olympiques obtiennent leur succès).C’est cohérent.Mais, sommes-nous d'accord avec cette cohérence ?En voulons-nous une autre ?Alors, le discours et les gestes doivent suivre.D’autres valeurs, d’autres gestes, et nous assisterons à l’émergence progressive d’une nouvelle cohérence.Cependant, c’est une solution en profondeur qui aura des effets à très long terme.Si notre propre vie d’adulte est modelée sur les valeurs dominantes actuelles, il ne faut pas se surprendre de ce qui se passe actuellement.Ces jeunes ne sont que le pâle reflet des valeurs dominantes de la société actuelle.Toujours plus pour le plus fort.Et le plus forl a toujours une arme.GUY HÉROUX Recherchiste EN décembre dernier, la Cour suprême du Canada déclarait inopérant l’article 58 de la loi 101, portant sur l’affichage commercial exclusivement français, comme étant contraire à certaines dispositions de la Charte québécoise des droits.Dans les arrêts Ford et Singer, la Cour reconnaissait que la liberté d’expression contenue dans la Charte comprenait, d’une part, l’expression commerciale et, d’autre part, la liberté de s’exprimer dans la langue de son choix.La Cour indiquait également qu’une exigence relative à l’usage concurrent ou prédominant du français, serait justifiée aux termes des Chartes canadienne et québécoise et ce, sans que soient invoquées au soutien de la loi les clauses nonobstant.Le Pacte International relatif aux droits civils et politiques Le gouvernement Bourassa y a préféré la « solution Dion » : affichage extérieur français, affichage intérieur à prédominance française.Le gouvernement a assorti le projet de loi 178 d’une clause nonobstant suspendant l’application des Chartes québécoise et canadienne.Mais, voilà que le Québec (tout comme le Canada) a ratifié en 1976 le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.Les États parties au Pacte s’en- gageaient alors à respecter et à garantir aux individus se trouvant sur leur territoire les droits qui y sont énoncés, sans distinction aucune, notamment, de langue.L’un de ceux-ci concerne la liberté d’expression, on y dit : « Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix ».Ce droit est plus expücite que celui contenu à la Charte québécoise, ou canadienne et, toujours selon le Pacte, il ne peut être restreint que par rapport aux droits et à la répu- Un livre accusateur! A 24.95$ Un bilan sans complaisance de dix ans de régime khemeiniste.* n vente chez votre libraire Distribution en librairie: Diffusion Dimedia “Khomeini/ c’est fini” Boni Sadr “.Bani Sadr, par son importance dans le renversement du Chah et par ses fonctions prééminentes dans le quotidien politique iranien, demeure une source privilégiée pour comprendre et démonter les mécanismes de cette confiscation d’un pays par ses hommes enturbannés.” Charles David/La Presse tation d’autrui, à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publique ; ou encore, plus généralement, dans le cas d’un danger public exceptionnel qui menace l’existence même de la nation.La Charte québécoise reconnaît l’existence d’un droit ou d’une liberté qui n’y est pas inscrit.Celle-ci doit même s’interpréter de manière à ne pas en supprimer ou en restreindre la jouisance.Dans le premier arrêt Ford, en 1984, le juge Boudreault avait lui-même statué que la liberté d’expression contenue à la Charte québécoise comprenait la langue et l'expression commerciale.Comparant la Charte et le Pacte relatif aux droits civils et politiques, il disait : « Le législateur a nécessairement dû vouloir protéger tout message acceptable et au moins le moyen privilégié de transmission et de réception de ce message : la langue.Autrement, il aurait parlé pour ne rien dire.» Une ultime démarche contre la loi 178 Citant l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, à laquelle, comme son nom l’indique, ni le Québec ni le Canada n’a souscrit, et portant sur une définition moins large de la liberté d’expression, le juge admettait que la Commission européenne l’avait interprétée comme s’appliquant à la publicité commerciale.Il est vrai que cette liberté pouvait être restreinte par le gouvernement signataire pour protéger, par exemple, l’intégrité territoriale.Détail que ne contient ni la Charte canadienne ou québécoise, ni le Pacte relatif aux droits civils et politiques.Cependant, le Pacte contient un autre article que ne contient pas la Convention.L’article 27 stipule : « Dans les États où il existe des minorités ethniques.linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe,'leur propre vie culturelle, ou d’employer leur propre langue », d’où est venue, peut-être, cette idée d’enclaves ou de districts bilingues ?La plainte des professeurs des universités du Québec En 1978, le Québec déclarait « désirer se conformer au Pacte relatif aux droits civils et politiques ».Pour ce faire, il reconnaissait au Comité des droits de l’homme, créé par le Pacte, pleine compétence pour recevoir et considérer toute plainte portée contre lui, en contravention au Pacte, par un autre État ou même par un citoyen québécois.Dans l’état actuel des choses, il se pourrait bien que le recours au Comité des droits de l’homme soit une ultime démarche de la part de ceux qui s’opposent au projet de loi 178.À d’autres égards dans le passé, la Fédération des associations de professeurs des Universités du Québec avait porté plainte contre les lois 70 et 105 de 1982 au Bureau international du travail.Et, bien que les représentants du gouvernement du Québec s’étaient rendus à Genève pour s’expliquer, le Comité des libertés syndicales avait donné raison au syndicat.Que le Québec ne soit pas signataire du Pacte relatif aux droits civils et politiques parce qu’on ne lui reconnaît pas, dans le système fédéral actuel, la capacité juridique pour ce faire, il reste qu’il s’est engagé moralement par décret de son gouvernement et cela constitue un geste d’une portée internationale indéniable.Il est moralement lié par une obligation de comportement et de moyens de voir au respect des termes du Pacte.Par le biais d’une entente fédé-rale-provinciale, le Québec a le droit d’expliquer, de défendre et de justifier la loi critiquée devant une instance internationale, relativement à l’application du Pacte.Le Québec Jouera-t-ll faux dès la première mesure ?S’il advenait que tel soit le cas, en ce qui concerne le projet de loi 178, le Quebec pourrait peut-être tenter d’expliquer et de justifier l’exigence de l’emploi exclusif du français, à tout le moins en ce qui a trait à l’affichage commercial extérieur, ce qui n’a pas été fait devant la Cour suprême concernant l’article 58 de la loi 101.Les décisions du Comité des droits de l’homme ne sont pas exécutoires.Cependant, si celui-ci décidait que le projet de loi 178 contrevient au Pacte relatif aux droits civils et politiques, on voit dans quel embarras se retrouverait le gouvernement du Québec.Face aux arguments de ceux qui prônent le statu quo en matière linguistique, c’est-à-dire l’application intégrale de la loi 101, qui croient qu’il existerait de grands droits fondamentaux et d’autres plus petits, qui soutiennent, qu’en certaines circonstances, les droits collectifs doivent l’emporter sur les droits des individus, enfin, ceux qui sont contre le gouvernement des juges, je suis porté à croire que nous ne sommes pas prêts à assumer les conséquences d'une Charte des droits et libertés.C’est à se demander si, dans un Québec indépendant, nous ne serioas pas, parce que plus sûrs de nous, plus tolérants.Toutefois, pour ceux qui aspirent à ce que le Québec fasse partie du grand concert des nations, il est bon de noter que, dans l’ordre juridique international, il serait désagréable que le Québec joue faux dès la première mesure.Chrétien ou Peterson ?a Michel VASTEL A Lettre d'Ottawa JEAN CHRÉTIEN peut maintenant espérer devenir chef du Parti libéral du Canada avant la fin de l’année.Et toute la politique nationale risque de s’en trouver chambardée.Contre toute attente, le petit purs de Sha winigan est en train de faire des progrès fulgurants.« Il veut l’avoir avant même que la partie soit commencée », confie d’un air découragé l’un de ses futurs adversaires.On savait que l’intérêt de Jean Chrétien est de précipiter les événements.Maison n’avait pas prévu que tant de facteurs viendraient jouer en sa faveur : ¦ John Turner a beau avoir retrouvé une nouvelle vigueur de chef de l’Opposition, il n’accroche plus devant une presse nationale et une opinion publique cruelles pour ses héros qui ont déjà un pied dans l’Histoire; de jeunes députés, loyaux à Turner jusqu'à sa décision d'abandonner, souhaitent maintenant « qu'on en finisse au plus vite », impatients qu’ils sont d'ébranler Mulroney; « le moral des troupes est excellent, dit un vieux routier du caucus libéral, mais je reconnais que les jeunes députés sont impatients » ; U Jean Chrétien et ses partisans se livrent en ce moment à d’incroyables tordages de bras des jeunes députés — ils sont une cinquantaine — leur laissant entendre que « puisque Chrétien va gagner de toutes façons, autant se placer du bon bord tout de suite » ; |xmr un nouveau député sans trop d'expérience de la politique nationale, et qui pense à sa « carrière », l’argument porte .Surtout quand c’est, comme actuellement, l’Hono-rable Jean Chrétien lui-même qui est à l’autre bout de la ligne téléphonique ! ¦ le maigre caucus québécois est majoritairement attiré vers Chrétien, en particulier à cause de ses positions constitutionnelles ; c'est un dur coup pour Paul Martin qui donne ainsi l'impression de ne pas contrôler sa propre base régionale ; U le groupe Trudeau — des Marc Lalonde, Francis Fox, Don Johnston et John Roberts en particulier — se sont rapprochés de Jean Chrétien et se disent que, « bien encadré », il pourrait devenir le dernier rampart face à la montée du crypto-séparatisme qui mine le pays et s’infiltre partout, tant chez les conservateurs de Brian Mulroney que chez les libéraux de Robert Bourassa.La vague est telle qu’il est maintenant possible que l’éxécutif soit obligé de transformer le congrès de Calgary, à l’automne, en congrès de direction.Une dernière parade des autres candidats serait d avancer la réunion de cet éxécutif national du 17 juin au 27 mai, et de l’obliger à fixer tout de suite la date du Congrès au mois de février ou mars 1990.Mais les pressions viennent de partout pour confier tout de suite à Chrétien la direction du parti : il a encore une solide base chez les vieux organisateurs du parti au Québec ; l’Ouest et les Maritimes aiment ce populiste qui va regarnir les coffres du parti et grossir les rangs des militants ; et Toronto, en particulier ces « nouveaux Libéraux » d’origines diverses, sont en train d’être enrôlés par le lieutenant de Chrétien, Dennis Mills.Bien des Libéraux pensent qu’il faudrait un évènement extraordinaire pour arrêter la vague Chrétien.De façon surprenante, des proches de David Peterson ont commencé à suggérer que « malgré tout ! Sait-on jamais ?Si l’avenir du pays .> Bref, le premier ministre de l’Ontario n’aurait pas encore tout à fait renoncé à tenter l’impossible et à se lancer sur la scène nationale.Il est perçu comme un joker dans le jeu de ceux qui se préoccupent autant de l’avenir du pays que de l’intérêt du Parti libéral.Et l’homme a changé le ton de ses discours, comme cette semaine devant un millier de libéraux à Ottawa : tissé dans la trame du récent Discours du Trône de son gouvernement à Queen’s Park, sa vision du pays est globale et sérieusement articulée.Sans renier les acquis du Parti libéral, conscient de la maturité des régions et du souci général de réconciliation nationale personnifié par le parti conservateur, Peterson regarde au-delà d’un Canada miné de l’intérieur — par l’esprit du lac Meech —, et menacé de l’extérieur — par les génuflexions devant le modèle américain.Son discours suinte le mépris pour des chefs politiques de transition qui ne sont pas dignes de faire entrer le pays dans le prochain siècle.43% des Canadiens seraient mieux disposés à l’endroit du Parti libéral si Jean Chrétien en prenait la direction.Soit ! Mais une proportion presqu’aussi significative reviendrait au parti si c’était Pierre Trudeau qui le dirigeait.David Peterson arrive ensuite en troisième position, avec 18 % de Canadiens prêts à revenir au Parti libéral fédéral s’il en prenait la direction.Avant Paul Martin, Lloyd Axworthy, Sheila Copps et Clifford Lincoln.Pas si mal pour un maudit Ontarien qui jure, la main sur le coeur, qu’il n’est pas intéressé. I, A-12 ¦ Le Devoir, samedi 13 mai 1989 | ! ¦I f Menace de grève générale au Panama PANAMA (AFP) — L’opposition au régime du général Manuel Antonio Noriega a appelé hier à une grève générale d'une durée indéterminée à partir de mardi prochain, pour exiger « le respect des résultats » des élections générales de dimanche dernier, qui ont été invalidées, a annoncé un porte-parole de l’Alliance démocratique de l’opposition civile.« La grève coïncidera avec l’appel à une réunion urgente de l’Organisation des États américains », qui se tiendra mercredi prochain pour examiner la situation au Panama, a déclaré un porte-parole de l’opposition, qui a requis l’anonymat.À Washington, l’OEA a décidé la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’organisation pour discuter de la « grave situation » au Panama, a annoncé hier le conseil permanent de cette organisation.C’est le Venezuela qui avait pro- posé la tenue d’une telle conférence.Elle a été approuvée hier matin par consensus lors d’une session extraordinaire du Conseil permanent des 31 membres de l’OEA.Selon le porte-parole de l’opposition panaméenne, l’appel à la grève générale a été décidé hier matin, et le mouvement sera soutenu par le Syndicat des industriels, la Chambre de commerce et les principales chaînes de supermarchés, ainsi que les hôpitaux et les stations-services.Par ailleurs, le candidat de l’A-DOC à la vice-présidence, M.Ricardo Arias, a lancé un appel hier aux partisans de l’opposition pour qu’ils se rassemblent dimanche dans les églises de tout le pays et lancent des concerts de casseroles à partir d’hier.Par ailleurs, un avion C-141 de l’armée de l’air des États-Unis est arrivé hier après-midi à la base Ho- ward dans la zone du canal de Panama, avec à son bord les 25 premiers Marines sur un total de 2,000 soldats que Washington a décidé d'envoyer pour renforcer la défense du canal, ont annoncé des sources du Commandement sud de l’armée américaine.Les soldats, qui sont arrivés armés de fusils M-16 et d’artillerie légère, ont été accueillis par un porte-parole du Commandement sud, le colonel Ronald T.Sconyers, selon lequel 160 autres soldats ainsi qu’un porte-avion doivent arriver la semaine prochaine au Panama.Le colonel Sconyers a déclaré aux journalistes que le reste des 2,000 soldats arriverait dans les prochaines 36 heures par 17 vols qui atterriront toutes les 30 minutes.Enfin, les États-Unis discutent actuellement avec des pays tiers des possibilités que ces pays accueillent sur leur territoire le général Manuel Noriega au cas où celui-ci accepterait d’abandonner le pouvoir et de quitter le Panama, a révélé hier M.Brent Scowcroft, conseiller du président George Bush pour les affaires de sécurité.M.Scowcroft, qui s’adressait à des journalistes à bord d’Air Force One, l’avion du président en route vers le Texas, a refusé de nommer les pays en question.Une démarche semblable avait été faite l’an dernier, après l’inculpation de l’homme fort du Panama pour trafic de drogue par un tribunal de Floride.En mars 1988, l’Espagne avait accepté d’accueillir le general Noriega, à condition que les États-Unis abandonnent les poursuites judiciaires à son égard.Mais le président Bush a déclaré jeudi qu’il n’était pas question pour lui d’accepter que l’inculpation du général Noriega soit levée.Le départ de Kraft n’inquiète pas Bourassa VAL-D’OR (PC) — Les emplois perdus par la fuite du siège social de Kraft General Foods de Montréal à Toronto seront remplacés par des emplois en recherche et développement, a fait valoir, hier, le premier ministre du Québec Robert Bourassa.Invité à commenter la nouvelle du départ du siège social de la compa- gnie Kraft et de la perte d’une centaine d’emplois, M.Bourassa a dit avoir reçu l’assurance que l’entreprise maintiendra au moins la moitié de ses emplois canadiens au Québec.M.Bourassa a nié que la décision ait un lien avec la politique linguistique de son gouvernement.« Je ne crois pas qu’il y ait un lien, et il ne devrait pas y en avoir, la loi 178 (sur la langue) ne brime pas la liberté d’expression.Il y a une restriction à un secteur très particulier de l’affichage commercial.Cela ne devrait jouer d’aucune façon, car les hommes d’affaires ne réagissent pas émotivement ».Par ailleurs, M.Bourassa a refusé de commenter la dernière déclaration de Jean Chrétien, l’invitant à de- meurer neutre dans la course au leadership du Parti libéral fédéral.« Mes préoccupations sont ailleurs », a lancé M.Bourassa, sourire en coin.Le premier ministre québécois et l’ancien ministre fédéral divergent notoirement d’opinion sur la valeur et l’avenir de l’Accord du lac Meech.SUITES DE LA PREMIERE PAGE + Bush Brejnev, par laquelle l’URSS s’était arrogée le droit d’intervenir dans les affaires de ses alliés d’Europe de l’Est.Bush s'est quand même dit impressionné par les réformes mises en oeuvre par le chef du Kremlin, qu’il a interpellé en ces termes : « M.Gorbatchev, ne vous arrêtez pas maintenant.» Accusé par Moscou de trainer les pieds pour avoir retardé la reprise des négociations sur le désarmement en attendant un réexamen général de la diplomatie américaine, Bush a estimé qu’il était temps pour les États-Unis d’adopter « une nouvelle politique pour les années 90 — une politique qui prend en compte l’entière dimension des changements intervenant dans le monde, et en Union soviétique même.» La vieille politique américaine de l’après-guerre dont l’objet était de contenir l’expansion soviétique a vécu, a-t-il ajouté, en se disant prêt à « accueillir de nouveau l’URSS dans la communauté mondiale.» Bush a encore indiqué que l’Alliance occidentale était prête à répondre favorablement aux réformes de Moscou et s’est engagé à accorder à l’Union soviétique le statut de nation la plus favorisée, à la condition qu’elle amende sa législation sur l’émigration pour la mettre en conformité avec les normes internationales en la matière.À ces fins, il a promis d’obtenir du Congrès la levée, au moins temporaire, de la loi Jackson-Vanik interdisant tout traitement commercial privilégié à l’URSS tant qu’elle ne supprimera pas les restrictions à l’émigration des juifs.Le président américain a toutefois laissé entendre clairement qu’il n’était pas encore persuadé du caractère définitif des changements amenés par Gorbatchev et a prêché la vigilance.« Que personne ne doute de notre désir sincère de voir la perestroïka se poursuivre et réussir (.) mais la sécurité nationale de l'Amérique et de nos alliés n'est pas fondée sur l’espoir.Elle doit l'être sur des actes.» Bush n’a fait aucune allusion aux dernières propositions soviétiques en matière de désarmement, notamment l’engagement pris jeudi par Moscou de retirer unilatéralement du théâtre européen 500 de ses 10,000 têtes nucléaires à courte portée (SNF).Il a préféré lancer une série de défis que l'U RSS doit, selon lui, relever pour prouver sa bonne foi.Le Pacte de Varsovie, a-t-il dit, doit réduire ses forces conventionnelles, aux effectifs plus de deux fois plus nombreux que celles de l’OTAN.Le Kremlin, a-t-il poursuivi, doit tenir sa promesse, datant de la Seconde Guerre mondiale, de respecter l’autodétermination des pays d'Europe centrale et de l’Est.« En bref, abattez le rideau de fer », s’est-il exclamé en invitant encore Moscou à parvenir à « un pluralisme politique durable » et à respecter les droits de l’homme.À Ottawa, le premier ministre canadien, M.Brian Mulroney a déclaré hier qu’il avait suggéré aù président américain George Bush de ne pas limiter aux deux seules surperpuis-sances sa proposition de politique de « ciel ouvert », mais d’v associer les autres membres de l’OTAN et du Pacte de Varsovie.« Cette idée », a déclaré le premier ministre canadien dans un communiqué, « a surgi pendant nos rencontres avec le président et le secrétaire d’État James Baker, et nous avons suggéré que M.Bush étudie la possibilité d’y associer d’autres membres de l’Alliance ».M.Bush avait téléphoné à M.Mulroney jeudi pour lui dire qu’il avait retenu cette suggestion, a-t-on appris de source autorisée.Dans son communiqué, le premier WEEK-END SAMEDI DIMANCHE Le Groupe d'étude Saint Germain donnera une conférence intitulée : Âmes jumelles et âmes soeurs — réalisez votre plan divin avec votre âme jumelle, aujourd’hui à 19 h 30, à la salle Grand Salon du Ramada Inn, 1005 Guy à Montréal.488-5774 ¦ Aujourd'hui à 11 h, 15 h et 17 h et de main à 15 h et 17 h, conférence et démonstration d'ikebana à l'Auditorium Max-well-Cummings du Musée des beaux-arts, (entrée libre).285-1600.¦ « Les ami-e-s de la terre » de Montréal présente : Panel sur le plan Côté l plan d'action-transport, région de Montréal), aujourd'hui à 14 h, au 445 St-François-Xa-vier, Vieux-Mtl (métro Place d’Armes) 843-8585.¦ Aujourd'hui et demain à 13 h 30, film : Coslakis, the Collector, à l’Auditorium Maxwell-Cummings du Musée des beaux-arts de Montréal.Entrée libre.285-1600 ¦ Ce soir à 20 h 30, la troupe de théâtre du caf’tiers Mise à jeux présente « Catras-toto », au 4837, av.du Parc.270-5336 ¦ Bingo ce soir à 19 h 30.à la Salle du Conseil central des syndicats nationaux de Sorel-Tracy (900 de l'Eglise, Tracy) 742-0183.Les Grands Frères et Grandes Soeurs de Montréal vous invite, le mercredi 17 mai à 17 h 30, à une séance d’information au 3744 Berri, 3e étage 842-9715.¦ Opération Tandem 31 Côte-des-Nei-ges/Snowdon, organisme à but non lucratif qui a pour but d'améliorer la quaüté de vie dans le quartier en réduisant la criminalité, est à la recherche de bénévoles.484-8370 (Claude l.auzon) ¦ Le Collège Mane-Victorin (7000 Marie-Viclorin) vous propose un stage intensif sur l'approche globale de la santé, les 20 et 21 mai, d’une durée de 15 heures.328-3828.Les Citoyens pour le Bois Franc offrent des visites guidées du Bois Franc tous les dimanches du mois de mai ( 14,21 et 28) à 13 h.Rendez-vous au coin des boulevards Sunnybrooke et St-Régis à Dollard-des-Ormeaux.Rens.: 683-7864 (David Fletcher) a Aujourd'hui à 10 h 30, Visite commentée Costakis: à 11 h conférence : Des technologies d 'hier pour le monde de demain ; Villard de llonnecourl et Léonard de Vinci; à 11 h 30, visite commentée de L'Image de la Révolution française, et de 13 h à 16 h, Dimanche-hlsso Costakis, à l'Auditorium Maxwell-Cummings du Musée des beaux-arts de Montréal.285-1600.Ce soir à 19 h 30, le chapitre de Shos-hanim des femmes de l’ORT de Montréal vous présente la première soirée du Gala Casino-Encan, au Temple Emanu-El-Beth Sholom (4100 Sherbrooke ouest).481-2787.La 10e édition de la Course [topulaire de LaSalle, organisée par les Kilomaitres de LaSalle, aura lieu le 21 mai 89.Inscription le jour même, dès 7 h 30, au secrétariat : École Lasalle Protestant High School, 8300 Georges (coin Raymond) Lasalle.367-1000, poste 368.Soirées rencontres pour gens seuls (25 à 45 ans) avec musique et danse tous les vendredis et samedis dès 21 h, au Le Complice (7243 St-Hubert).954-1358.¦ Marché de printemps : marché aux puces, mets japonais, pâtisserie, etc., aujourd’hui de 11 h à 16 h 30, au Centre culturel japonais (8155 Rousselot).728-5580.¦ Aujourd’hui et demain, journées intensives : Tai chi et Haiku : Instantanéité et énergie par Richard Gallant, au Centre les Nouveaux Couples (356 Sherbrooke est).845-1830.Le Service de l’animation communautaire de l’UQAM offrira, à l'été 89, des camps de jour en arts plastiques pour les jeunes de 7 à 16 ans.Inscription aujourd'hui de 9 h à 17 h, sur la Grande place du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM (405 Ste-Catherine est).282-3453 ou 282-3579.¦ Le Centre d'information sur les Nouvelles Religions (8010 St-Denis) présente une session de 15 heures animée par M.Yvon Lepage intitulée : La Pin des temps et puis après, le 19 mai de 19 h à 22 h et les 13 et 20 mai de 9 h 30 à 15 h.Réserv.: 382 9641 ministre canadien indique également que le Canada serait disposé quant à lui à adhérer à un accord qui permettrait le survol du territoire canadien par des avions non armés du bloc de l’Est, moyennant un court préavis.« Ce projet, a déclaré M.Mulroney, témoigne de la volonté de l’Ouest d’appliquer une transparence et de l’intérêt que nous portons depuis longtemps au contrôle des armements et a la coopération pacifique avec les pays de l’Est ».Le chef du gouvernement canadien a fait observer qu’un tel accord pourrait offrir d’importants avantages pour la vérification du respect des accords de contrôle des armements, particulièrement pour les États qui ne possèdent pas de dispositif de surveillance par satellite.4 Le Canada Le gouvernement ontarien s’est livré à deux vagues d’inspections intensives au mois d’avril.Les premiers résultats disponibles ne montrent aucune trace de BPC (biphé-nyles polychlorés) ou d’autres produits toxiques, a affirmé le ministre Bouchard, vendredi.Le ministre Beatty a ajouté que les inspections de routine effectuées sur la nourriture et l’eau n’avaient décelé aucun niveau menaçant de BPC.L’affaire du combustible contaminé a pratiquement monopolisé l’attention de la Chambre des communes cette semaine.C’est lundi que le quotidien torontois Globe and Mail a rapporté qu’une organisation criminelle opérant à Buffalo ajoutait des déchets toxiques, notamment des B PC, à de l’essence, du diesel et de l'huile à chauffage vendus en Ontario et au Québec.Selon le quotidien, l’organisation voulait ainsi économiser les coûts de destruction de ces produits dangereux.Négligence Les débats de vendredi ont porté exclusivement sur cette question.Le député libéral Sheila Copps a déposé une motion visant à condamner le gouvernement pour sa négligence dans cette affaire.Elle a affirmé que le ministère du Revenu était au courant de ce trafic depuis 1987, et qu’il n’avait rien fait pour y mettre fin.M.Bouchard a répliqué que l’opposition s’était bien gardée de parler des mécanismes d’inspection qui existaient déjà pour protéger la population.Il a accusé les libéraux et les néodémocrates de faire peu de cas de l'inquiétude des Canadiens et de n'agir que par intérêt électoral.« C’est la peur qu’ils veulent semer, a-t-il lancé.Nous avons assisté toute la semaine à une démonstration éclatante d’irresponsabilité ».4 Charbonneau le-Grand, l'été dernier, que le gouvernement avait en décembre ordonné la tenue de cette enquête sur les déchets dangereux.On avait choisi de confier cette enquête au Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE), un organisme tout désigné pour faire le point sur l’ensemble du dossier des déchets dangereux et proposer des solutions quant à leur élimination, disait-on alors.À titre de président du BAPE, M.Goldbloom devait décider de présider lui-même cette enquête, qui à toutes fins utiles n’est pas encore commencée.Les premières audiences publiques devraient avoir lieu au cours du mois de mai.Dès le départ, M.Goldbloom eut des difficultés à obtenir les budgets nécessaires du Conseil du trésor.Il fit face aussi à des rapports peu harmonieux avec la nouvelle ministre de l’Environnement, Lise Bacon, comme le montra un échange de correspondance qui fit l’objet d’une fuite.Dans cette correspodance, M.Goldbloom faisait état de sa conception sur la façon de diriger l’enquête, soit mettre moins l’accent sur les problèmes et plus sur les solutions.Cela provoqua une vive dénonciation des groupes environementalistes qui interprétèrent cela comme une volonté de cacher à l’opinion publique les dangers des déchets dangereux et qui exigèrent sa démission.Mme Bacon voyant cela, invita M.Goldbloom à à démissionner.Devant son refus, elle annonça que son mandat à la tête du BAPE ne serait pas renouvellé et prendrait fin le 31 août.Dès lors, il était prévisible que la direction de l’enquête sur les déchets dangereux allait lui être enlevée.La ministre a précisé hier M.Charbonneau devra dans un premier temps évaluer le travail à faire et lui faire des recommandations à ce sujet.Consciente que déjà cinq mois se sont écoulés depuis que le BAPE a reçu le mandat de mener cette enquête, elle n’écarte pas que M.Charbonneau puisse lui recommander une prolongation.En principe, un rapport intérimaire devait être remis à la ministre en septembre, et un rapport final en décembre.Notons que le décret adopté par le Conseil des ministres prévoit que le mandat de M.Charbonneau prend fin au plus tard le 24 janvier 1990.Les perspectives de l’enquête sur les déchets dangereux se sont aussi modifiés hier du fait que le premier ministre Bourassa, de passage en Abitibi, a confirmé à toutes fins utiles l’abandon du projet de construction d’un incinérateur de produits dangereux, notamment de BPC, à Senneterre, et qui était l’élément-clé de la stratégie gouvernementale d’élimination des déchets dangereux.L’opposition des citoyens de l’Abitibi à ce projet était vive et dans une large part avait amené le gouvernement à mettre sur pied cette enquête.Son mandat consiste tout particulièrement à déterminer si d’autres solutions que l’incinérateur de Senneterre existe.Désormais, les enquêteurs savent qu’ils doivent trouver une autre solution.À Senneterre, un entrepôt de BPC avait déjà été construit.Il sera maintenu mais ne servira qu’à l’entreposage de déchets venant de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nouveau-Québec.Plus question d’y admettre des déchets venant d’autres régions, a indiqué M.Bourassa donnant ainsi raison aux protestataires qui affirmaient depuis deux ans que l’Abitibi ne serait pas la poubelle du Québec.4 Jésus Cavani avec Mickey Rourke dans le rôle du saint malgré lui.N’empêche que s’il fallait se fier aux deux premiers films de la compétition, Trop belle pour toi de Bertrand Blier, et L’Enfant de la lune de Agustin Villaronga, Jésus pourrait tout de suite gagner son paradis sans le moindre effort.La compétition à Cannes, c’est bien connu, démarre toujours lentement.Cette année, on dirait qu’elle plane et succombe au vertige de la mise en scène.Les films sont beaux, léchés, professionnels, mais ils racontent des histoires sans intérêt.Prenons le cas de Blier, le moins « français » des cinéastes de l’hexagone, donc le plus universel ; Blier, le père des Valseuses et de Tenue de soirée, nous revient avec son éternel triangle, mais comme épuisé par sa propre géométrie.Gérard Depardieu incarne un homme riche, heureux, marié à Carole Bouquet, mince, belle et intelligente.Que pourrait-il demander de plus ?Rien, pensez-vous ?Eh bien non.Le bonheur et la perfection angoissent ce cher Gérard qui tombe amoureux d’une secrétaire, pauvre, moche et bouffie, interprétée par la comique Josiane Balasko.Dans Trop belle pour toi, le mari infidèle est bouleversé.La belle femme trompée est verte de jalousie et la maîtresse moche, rose de bonheur volé.La trame narrative du film est éclatée, on passe de la fiction au fantasme, de la voix intérieure au monologue à la caméra, le tout entrelardé de petits soupers entre amis qui rappellent les soupers du Déclin avec la différence que Blier pousse les gros mots et les pensées pesantes un cran plus loin.Tout cela pour dire quoi, au juste ?Pour tout que l’amour sans authenticité c’est de la merde.Pour dire aussi que l’amour authentique malheureusement fout la merde partout.Pour une rare fois, Blier fait du cinéma « français », et ses personnages ont beau exprimer ouvertement leurs pulsions inconscientes, le syndrome Roche-Bobois, doublé du syndrome Claude Sautet, finit par as- PHOTO AP WV _ yT * mmm aSjfejF Vv WjS'J ¦p-TB' -S £MàL4 Spectaculaire déraillement Un train de marchandises de 55 wagons, appartenant à la compagnie Southern Pacific, a déraillé et s’est écrasé contre un groupe de maisons, hier matin, dans la banlieue de San Bernardino, en Californie.Le train, qui roulait à grande vitesse, a tué au moins deux personnes et en a blessé plusieurs autres.La locomotive est même sortie des rails et traversé une maison.Les deux morts seraient le conducteur du train et un enfant qui se trouvait dans une maison.sassiner le propos.Quel propos, au fait ?Même question pour Villaronga et son Enfant de la lune, que l’on aurait facilement pu intituler Dans le ventre de la lune, tant l’histoire, campée dans un centre scientifique où l’on exploite des enfants, fait penser au film de Simoneau.C’est à se demander si le petit garçon du film ne finit pas à Montréal comme livreur de circulaires.Il est évidemment trop tôt pour tirer des conclusions, n’empêche que ces deux premiers films de la compétition annoncent déjà un certain malaise du cinéma européen.Rien à redire sur la technique ni sur la forme cinématographique.Les cinéastes européens ont fait leurs devoirs et admirablement transposé leurs leçons.Seulement, on les dirait à court de bonnes histoires et en retard sur révolution de la société.Que Bertrand Blier en soit rendu à faire des films, pour nous montrer qu’une fille moche peut plaire, en dit long sur son manque d’imagination sinon sur la vie terne qu’il mène.Quant à son voisin espagnol parti à la recherche de sa mère, la lune, on a envie de le renvoyer à son père, un dénommé Luis Bunuel, qui n’avait pas besoin de l’Europe de 1992 pour faire du cinéma.Mais la course est longue et pavée de surprises.Hier soir, par exemple, ls surprise s’appelait Denys La-combe, le clown du Cirque du Soleil, venu ouvrir la Quinzaine des réalisateurs et égayer l’hommage pour le 50e anniversaire de l’ONF.Juché sur sa trampoline, le diabolique clown, métamorphosé en chef d’orchestre, a dirigé le trafic des images et traversé en quelques minutes 50 ans d’histoire du cinéma québécois et canadien.Le numéro a littéralement charmé l’auditoire qui en a presque oublié de regarder le court film de montage de l’ONF.Qu’importe, la délégation de l’ONF, précédée par Joan Pennefather, commissaire par interim, et par le cinéaste Jacques Godbout, semblait ravie.Même qu’on a pu entendre, à travers les branches, un Québécois déclarer que le Québec serait désormais l’avenir de la France.Qui sait ?Il a peut-être raison.4 Le feu avocat, de rater la moindre occasion de fourbir ses armes contre des adversaires regaillardis par une récente décision de la Cour Suprême, qui, renversant celle de la Cour d’appel du Québec, a jugé que les municipalités québécoises pouvaient être poursuivies en vertu du Code civil pour les dommages causés par la négligence ou la faute de leur service de protection des incendies.À Beauport, l’intervention des pompiers avait été retardée par une négligence de la municipalité dans l’entretien de ses bornes-fontaines.Une décision contraire de la Cour Suprême aurait considérablement réduit les chances des plaignants d’obtenir gain de cause contre Montréal et Westmount, admet un des avocats des plaignants, Me Gordon Kugler.« Notre recours aurait été à toutes fins utiles caduque.L’effet de ce jugement est de nous permettre de continuer les poursuites contre la ville.Avec le jugement, si nous établissons la négligence des pompiers, nous pensons que nous allons gagner », soutient Me Kugler, qui espère un procès d’ici Tan prochain.Il tentera alors de démontrer qu’à l’arrivée des pompiers sur les lieux, l’incendie était confiné dans un secteur précis, et que « parce qu’ils n’avaient pas suffisamment d’eau, ne savaient pas quoi faire ni quel équipement utiliser, l’incendie n’a pas été éteint avec pour résultat qu’il s’est propagé en causant beaucoup de dommages ».Montréal ne nie pas que l’eau ait manqué, mais en attribue la responsabilité à la Place Alexis-Nihon.Le représentant de la Ville, Me Jean-François Longtin, observe que « dans le cas d’Alexis-Nihon, les pompiers de Montréal ont réussi à éteindre l’incendie et à le limiter à l’édifice Alexis-Nihon ».On ne peut pas dire qu’il y a eu faute parce que les pompiers n’ont pas pu limiter l’incendie à un secteur précis, dit-il.« Le feu était là et c’est un événement en soi incontrôlable», ajoute-t-il.Les parties en sont présentement à l’étape des requêtes pour précision, et Me Longtin doute quant à lui que le procès puisse avoir lieu d’ici un an, comme le suggère Me Kugler.Chose certaine, dit-il, il s’agira d’un mégaprocès.Une enquête du commissaire aux incendies John McDougall sur cet événement avait pris fin de façon prématurée en mars 1987 au milieu de disputes juridiques.M.McDougall avait néanmoins produit un bref rapport dans lequel il concluait à un incendie accidentel probablement causé par une défectuosité électrique.On s’attend par ailleurs à ce que les assureurs de biens soient invités à examiner les possibilités que leur offre le jugement.« J’écris à l’heure actuelle aux compagnies que nous représentons pour leur faire remarquer que la decision donne l’opportunité aux assureurs d’exercer des recours contre les municipalités », déclare Me Kugler.La décision du 20 avril dernier du plus haut tribunal du pays a également amené le Bureau des assurances du Canada à former un comité spécial qui en étudiera les impacts en matière d’assurance responsabilité.Des résultats sont attendus d’ici un mois.4 Bourassa matisation des soins infirmiers, etc.L’offre, croit le gouvernement, représente une importante amélioration au niveau des inconvénients reliés au travail de soir, de nuit et de fin de semaine.« Les infirmières doivent abandonner leurs trop nombreuses demandes accessoires et accepter l’offre patronale », mentionne le document gouvernemental.Pendant ce temps, partout à travers la province, les infirmières ont souligné à leur façon la Journée internationale des infirmières.Les membres de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec portaient un vêtement noir, en signe de deuil d’une profession qu’elles disent en voie de disparition.Ils ont distribué également des dépliants aux bénéficiaires et aux visiteurs pour faire connaître l’effet de leurs demandes sur la quaüté des soins.Les 3,500 infirmières et infirmiers de la Fédération des affaires sociales, affiliée à la CSN, portaient pour leur part une épinglette sur laquelle était inscrit le message suivant : « Ma formation mérite d’être reconnue ».De leur côté, les quelque 3,400 membres de l’Union québécoise des infirmières et infirmiers, affiüée à la CEQ, devaient tenir une heure d’étude sur chaque quart de travail afin d’échanger sur leurs rôles, leurs tâches, et leur formation.Par aiüeurs, le premier ministre a également annoncé à Amos un investissement de $ 6.5 millions à l’Hôtel-Dieu d’Amos.M.Bourassa était accompagné de la ministre de la Santé Thérèse Lavoie-Roux, du ministre responsable de l’Abitibi, Raymond Savoie, et du député local, un adversaire poütique, le péquiste François Gendron.Le projet permettra d’ajouter 10 lits à rétablissement, et de créer une unité de chirurgie de jour.Le député Gendron a répüqué toutefois en signalant que la première tranche des travaux ($ 2,3 millions) avait été annoncée en 1984, sous le précédent gouvernement.
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