Le devoir, 27 mai 1989, Cahier D
ÏLÎ1 Je pl Ü mm • le plaisir des ivres L’AMÉRIQUE - - - LATINE ET IA LITTÉRATURE, UNE CULTURE À DÉCOUVRIR DU 27 M AI AU 30 JUIN le Parchemin STATION MÉTRO BERRI UQAM H2L 2C« MS-5243 Ubralrt» «gréé* Montréal, samedi 27 mai 1989 Cécile Gagnon veut inculquer le plaisir de lire aux enfants DOMINIQUE DEMERS C3 EST une tornade, un ouragan.Un ballot d’énergie brute, de la dynamite ambulante.Lorsqu’elle parle, les mots se bousculent et ses mains battent l’air, s’agitent, s’affolent.Cécile Gagnon ne fait rien tranquillement, doucement, calmement.Elle vit d’élans et de coups de coeur, s’enflamme et s’emporte, ignorant les demi- mesures.Au cours des trois dernières décennies, elle a enfanté pas moins de 50 livres pour enfants et adolescents.Elle a connu l’âge d’or de la littérature jeunesse québécoise et elle est restée fidèle au poste lorsque le navire coulait au début des années 70.À l’heure de la renaissance, elle était toujours là et, aujourd’hui, ses récits se baladent dans plusieurs pays du monde.Une lettre dans la tempête, paru dans la revue J'aime lire chez Bayard- Presse, a été tiré à 15,000 exemplaires en France et, comme la plupart des numéros de J'aime lire, le 16e sera éventuellement publié en Espagne ainsi qu’à Hong Kong.Au Québec, les 15,000 exemplaires d’Une lettre dans la tempête ont disparu en une semaine.Heureusement, la maison Héritage publiera une version québécoise — « la meilleure, celle où l’on parlera de mélasse au lieu de sirop de sucre », dit l’auteur — de cette histoire d’une toute petite île du Canada coupée du monde lorsqu’un câble télégraphique casse, un jour glacial de 1910.Cécile Gagnon a grandi avec les parfums de varech et de vents salés.Tous les étés, encore aujourd’hui, elle quitte la folie des villes pour hanter les bords de mer, de la Gaspésie aux îles de la Madeleine, où elle a aussi installé les personnages de son dernier roman, Châteaux de sable, finaliste pour le prix du Gouverneur général.Avant d’écrire ces deux histoires, Cécile Gagnon a séjourné trois fois aux îles de la Madeleine, non pas comme vacancière mais « pour em-quêter sur les faits et les sentiments ».Elle savait qu’en 1910, les Madeliniens ont envoyé un tonneau rempli de lettres pour alerter les habitants de la Grande-Terre mais il lui manquait tous ces précieux détails qui permettent de ressusciter des pages d’histoire.Elle a bavardé avec Rose-Délima Gaudet, une belle octogénaire, soeur du gérant du magasin général de l’époque, et elle a demandé aux enfants, dans les écoles, s’il leur arrivait de rentrer en classe le matin sans nouvelles de leur père, leur frère ou leur grand-père parti en mer.« C’est effrayant ! lance-t-elle presqu’en criant.Les naufrages, ça existe pour vrai.Ça fait partie de leur vie.Là-bas, il y a presque toujours quelqu’un de manquant.Et ce n’est pas rare qu’ils ne reviennent pas.» Son premier album pour enfants est paru en 1959; elle en a signé non seulement le texte mais aussi la mise en pages, la typographie et les illustrations.Diplômée des beaux-arts de l’Université de Boston, Cécile Gagnon s’est découvert une passion pour les mots.« C’est la seule richesse qu’il nous reste : prendre le pouvoir par la parole.Lorsqu’on écrit, on nage dans l’inconnu et dans l’incertitude.Il n’y a pas d’école pour apprendre la technique; on ne sait jamais ce que ça va donner.Mais on s’empare d’un pouvoir immense.» C’est un peu ce qu’elle veut transmettre aux enfants.« Je n’ai pas de message, dit-elle.C’est trop gros.Mais j’ai quelque chose à dire.Si, grâce à moi, un enfant découvre le Cécile Gagnon plaisir de lire, j’ai déjà réussi un coup immense.Si, en plus, il pose des questions et prend conscience de la part d’imaginaire dans son oeuvre, c’est encore mieux.Je voudrais que PHOTO JACQUES GRENIER les enfants découvrent que c’est avec ça qu’on construit une vie.Que l’imagination, c’est ce qu’il y a de plus necessaire et extraordinaire.» Depuis trois ans, Cécile Gagnon explore les trontiéres de l’imaginaire avec des enfants.Elle a écrit Un chien, un vélo et des pizzas, paru chez Québec/Amérique, avec 32 élèves de 6e année de l’école Gutllaume-Vignal à Brossard.Ensemble, ils ont exploré une foule de pistes et le roman est né au hasard d’une discussion, lorsque, un matin, un élève a raconté qu’on venait de lui voler sa belle bicyclette neuve.Comme Cécile, les enfants ont mené une enquête, interviewant la mairesse, l’éditeur du journal, le propriétaire du dépanneur .« À la fin, aprè: avoir mis en ordre des milliers de pistes en vrac pour construire le roman, j’ai eu une idée géniale, raconte Cécile Gagnon.Je suis allée rencontrer les élèves une dernière fois pour leur demander ce qu’ils retenaient de l’expérience.Ce qu’ils m’ont dit est formidable : Maintenant, quand on voit un livre, on sait ce qu’il y a dedans.Le temps, l’effort, l’imagination .» Depuis que ses deux enfants sont grands, Cécile Gagnon ressent de façon encore plus urgente l’importance d’un contact privilégié avec les jeunes.« Ça me permet de respecter leurs goûts, leurs intérêts, leurs sentiments.On est quand même différents : ils mangent de la pizza et moi je préfère la mousse de foie gras ! Ils adorent les voitures, rouges de préférence, et ils ont un sens de l’humour extraordinaire.Pendant toute la durée du projet, je me suis amusée comme une folle.» Riche de ses cours d’italien, elle a exporté son expérience à Turin où des élèves de 2e année ont découvert qu’ils pouvaient, ensemble, écrire et illustrer un roman en huit chapitres.Elle leur a appris à cerner un sujet, développer un récit, terminer un chapitre sur une note de suspense Voir page C - 6 : Gagnon La littérature à haute tension de Christine Amothy PHOTO JACQUES GRENIER r FRANCE LAFUSTE ELLE A tout juste 19 ans quand elle reçoit en 1954 le prix Vérité du Parisien libéré pour son récit autobiographique et journal de guerre, J'ai 15 ans et je ne veux pas mourir.Une oeuvre étonnamment sensible, pétrie de la peur, de la faim et de la mort pendant le siège de Budapest.Ce journal, elle l’avait commencé dans la cave d’un immeuble où les Arnothy s’étaient réfugiés et terminé au camp autrichien d’Inns-bruck.L’adolescente ne se doutait pas alors que ses notes griffonnées sur ses cahiers d’écolière allaient devenir un best-seller mondial.Elle était aussi à cent lieues d’imaginer qu’elle recevrait le prix de Claude Bellanger, directeur et fondateur du Parisien libéré, et que sa vie, dès cet instant, lui serait à jamais liée.Un jour, il lui dit : « Aime-moi et écris.» Elle n’a jamais cessé.Elle est même devenue une insatiable du best-seller, « la reine du livre de poche » et l’un des écrivains les plus traduits.Mais, qu’il s’agisse du Cardinal prisonnier, de La Saison des Américains, du Jardin noir ou du Bonheui d’une manière ou d’une autre et aujourd’hui de Vent africain, thrillei psychologique sur fond d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, « ses livres ont tous une musique intérieure qui lui est dédiée ».Avec Vent africain, Christine Arnothy dit avoir pris un nouveau départ.« J’ai presque tout changé dans ma vie, sauf mes lunettes.J’ai mis quatre ans pour oser écrire comme j’en avais envie depuis longtemps.Cette fois-ci, je voulais emporter mes lecteurs plus encore que dans mes romans précédents, surtout avoir toutes les libertés, casser l’autocensure », dit-elle lentement de son accent chaud et velouté de sa Hongrie natale.« Il fallait aussi que je fasse accepter l’idée qu’on puisse Christine Arnothy faire mourir d’une mort non naturelle et que l’action soit pleine de rebondissements sans pour autant que l’on range négligemment l’oeuvre dans la catégorie roman policier.Pas facile d’aller contre des habitudes et des principes si typiquement français.J’ai pu casser cette image, sortir de moi-même un livre qui, au fond, a pris le lecteur et la critique par surprise.» Mais il y a aussi ces liens qui l’attachent plus que jamais à l’Amérique et à l’Afrique, deux continents qu’elle connaît bien pour y avoir fait plusieurs séjours.Et aussi toute l’Europe centrale qu’elle porte dans ses fibres : « Mon ambition était d’écrire un livre en tant que conteur de l’Est avec un rythme anglo-saxon.Cette tendance s’affirme.C’est ainsi, je n’y peux rien.Je me sens libre et espère qu’on m’accepte», dit-elle de son regrd de chat un peu implorant.Et elle résume : « En fait, ce que j’ai voulu faire, c’est lier la haute littérature à la haute tension.» Haute tension donne bien le ton de ce Vent africain qui emporte son protagoniste, Éric Landler, ingénieur chimiste français, dans les hautes sphères de la finance à Los Angeles et dans la vie d’une richissime héritière qui ne rêve que de partir agrandir la réserve de Masai Mara au Kenya et créer une fondation.Éric Landler, l’arriviste lucide et somme toute honnête, se retrouvera pris à son propre piège avec un meurtre sur la conscience.Pour sauver sa vie, il partira en Afrique.avec une fille dénichée dans un casino de Las Vegas qu’il fera passer pour la fortunée et philanthropique Angie.« Je n’aime que ce qui est formidablement fort pour emporter.» Avec Vent africain, elle a découvert qu’au-delà des guerres, des grands problèmes idéologiques, l’être humain réunit à lui seul tous les éléments pour être « fantastiquement intéressant ».Aussi veut-elle ses personnages complexes et crédibles.À commencer par Éric, ce jeune homme extrê-memenmt lucide sur sa façon d’agir, prêt à épouser une jeune héritière rien que pour embêter son patron, prêt aussi à mériter ce luxe en étant un mari et un homme d’affaires irréprochable.« Je veux donner du poids à mes personnages.Je veux qu’on les sente, qu’on respire les odeurs qu’ils respirent et, quand ils ont peur, qu’on ait la gorge serrée.Il me faut cette écriture épidermique, c’est mon côté Europe de l’Est.» Voir page C - 6 : Amothy Vava Un roman sur la maladie d'amour, l'histoire d'un amour tourmenté, jalonné de moments cruels et de bonheurs éphémères.Roman témoignage de la génération des années soixante-dix emportée par sa frénésie et ses excès contre la raison quotidienne.Tel est Vava, qui sera publié sous [hui par l’Hexagone.YOLANDE VILLEMAIRE Im E N K SAIS plus Irès bien comment ça commence.I — ("est dans cette balançoire où je suis assise avec Solange, Alice el le directeur de la revue, une chaude journée de mai.Ça commence sans doute au moment où je dis la vérité pour la première fois de ma vie.Je crois que c’est Solange qui me pose la question.Oui, c’est ça.Solange me demande : « Est-ce que ça ne t’arrive pas toi, Vava, des fois, de te sentir insignifiante ?» J’ai dû rougir jusqu’à la racine des cheveux.D’aussi loin que je me rappelle, d’aussi loin que ma petite enfance, j’ai toujours su que ma vie avait un sens.J’ai difficilement renoncé à croire au père Noël et j’ai longtemps cru en Dieu, Je crois encore en mon ange gar dien et en mon étoile.Mais j’ai appris, depuis mes premiers jours d’école, à garder ma naïveté pour moi.J’ai renoncé au père Noël, au bon Dieu, j’ai cessé de garder de la place pour mon ange gardien sur mon banc de pupitre et je parle de mon étoile à personne.Sauf à Benoît, parfois.J’ai bien envie de répondre que bien sûr que si, il m’arrive de me sentir insignifiante.Ça ferait plaisir à Solange, ça ferait plaisir à Alice, ça ferait plaisir au directeur de la revue.Je sentirais que je fais partie de quelque chose.Mais je me sens prodigieusement courageuse tout à coup.Je trouve ça triste qu'ils se sen tent insignifiants.Parce que ce n’est pas la vérité Rien n’est insignifiant.Et je me mets à parler, doucement, timidement.Je dis que non, je ne me sens jamais insignifiante.Que la vie est une merveille et que c’est peut-être d’avoir failli la perdre qui me la fait tant apprécier.Que c’est peut-etre d'avoir passé tant de jours en compagnie d’une Sainte Vierge de plâtre qui me fait trouver signifiants la belle bouche rouge de Solange, le rire cristallin d’Alice et les jeux de mots du directeur de la revue.Je m’arrête, gênée d’avoir parlé si longtemps.Je ne parle jamais beaucoup, j’essaie toujours d’être discrète et de ne déranger personne.Mais ils m’écoutent tous les trois, très attentifs.Solange se met à parler comme si elle n’était plus insignifiante tout à coup.C’est intéressant ce qu’elle raconte.On va poursuivre la conversation au café, tandis qu’Alice et le directeur de la revue s’en vont voir le spectacle du théâtre de Carton.Solange m’écoute attentivement, curieuse de m’entendre parler pour la première fois depuis qu’elle me connaît.Je lui dis que j’ai l’impression de parler pour la toute première fois de ma vie aussi.Puis, tout à coup, je ne l’intéresse plus et elle va s’asseoir avec des amis qu’elle a rencontrés ici.Je vais m’asseoir avec Nane Yelle, qui est contente de me voir.Ma loquacité soudaine l’amuse.Ses yeux brillent, elle dit qu’elle m’aime bien.Ça me fait du bien de me faire dire ça.VAVA / YOLANDE VILLEMAIRE Yolande Villemaire VAVA Roman EN LIBRAIRIE LA SEMAINE PROCHAINE ROMAN ROMAN québécoise lieu distinctif de l'édition littéraire D-2 ¦ Le Devoir; samedi 27 mai 1989 GUY FERLAND La biographie de Flower publiée en anglais LA BIOGRAPIIIK de Guy Lafleur par le journaliste Georges-Hébert Germain, qui devrait paraître au printemps 90 en coédition entre Art global et Libre Expression, sera simultanément publiée en anglais pour le reste du Canada par Penguin Books Canada, Ltd.C’est ce qu’ont annoncé cette semaine, après plusieurs mois de négociations, les trois présidents des maisons d’édition : André Bastien, Ara Kermoyan et Morton Mint.Les deux éditeurs qué- Guy Lafleur et Georges-Hébert Germain bécois ont souligné, au cours de la conférence de presse à laquelle assistait le numéro 10, qu’ils étaient en pourparler actuellement avec des éditeurs américains.Est-ce que la biographie de Ti-Guy marquera un tour du chapeau en étant éditée aux États-Unis?C’est à suivre.Le prix Alain-Grandbois à Jean Royer Jean Royer, poète et auteur du recueil Poèmes d'amour publié à l’Hexagone vient de se voir attribuer le Prix Alain-Grandbois, créé par l’Académie canadienne-française.Le jury qui a attribué ce prix.d’une valeur de $2,000, était composé de Mme Madeleine Ouellette-Mi-chalska et de MM.Guy Sylvestre et Jean-Guy Pilon.Nouveau conseil d'administration à l’AÉPCQ L’ASSOCIATION des éditeurs de périodiques culturels québécois (AÉPCQ) a élu un nouveau conseil d’administration au cours de son assemblée annuelle qui s’est tenue le 7 mai à Montréal.Le nouveau conseil sera présidé par Gaëtan Lévesque (de la revue XYZ), Pierre Lavoie ('JEU), directeur depuis un an, devient vice-président, alors que Roger Chamberlain! (Québec français) conserve pour une deuxième année son poste de secrétaire-trésorier.Les nouveaux directeurs sont Guy Marchand ( Le Sabord) et André Thibault ( Possibles).Quant à Francine Bergeron, qui occupait le poste de secrétaire générale de l’AÉPCQ depuis sept ans, elle devient directrice générale.Etre à la Paje UNE NOUVELLE maison d’édition vient de voir le jour en catimini dans le prolongement de la revue littéraire Stop.Elle s’appelle « Paje » : Projet adapté à la jeune écriture.La politique rédactionnelle de cette maison d’édition, qui vient de publier Papiers mâchés, de Christian Mistral, et doit récidiver ces jours prochains avec Cunnilingus, de Michel Dumas, en est une « d’ouverture pour les jeunes auteurs, dit Sonia Pelletier du comité de direction.On veut servir, un peu comme on le fait à la revue, de tremplin pour la jeune écriture qui ne trouve pas autrement des moyens de diffusion.Actuellement, le comité de direction, formé de moi (Sonia Pelletier), d’André Lemelin et de Roger Lavoie, travaille bénévolement.On compte publier quatre titres par année en faisant du recrutement personnel.» Les jeunes auteurs ont donc maintenant la possi- RECHERCHE N° 210 -MAI 1989 LA TOMOGRAPHIE SISMOLOGIQUE par Georges Poupinet LES ZONES FROIDES DE L'UNIVERS par Françoise Combe s LA RÉCONCILIATION CHEZ LES PRIMATES par Frans B.A/l.de Waal LA FUSION DE SURFACE par Joost Y/M.Frenken APPARENCES ET RÉALITÉ DE LA SCIENCE DU TIERS MONDE par Jacques Gaillard •“"•c."Wife, 4,955 dossier SIDA: POUR OU CONTRE LE DÉPISTAGE DU VIRUS avec Daniel Schwartz, Sev S.Fluss et John Lau Hansen, Léon Schwarzenberg EK.OFFRE SPÉCIALE D’ABONNEMENT S I I I I I I I I I I I I I I I UN AN: 39,00$ Je souscris un abonnement d'un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 39,00 $.Veuillez payer par chèque établi à l'ordre de Diffusion Dimédia Inc.Nom____ Adresse Ville________________________________Code Postal A retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dimédia, 539, Bout.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2."Un délai, de 8 à 12 semaines, interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L’abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu." Salon du livre de Montréal.La documentation sort de ses réserves LA CORPORATION des bibliothécaires professionnels du Québec célèbre cette année son 20e anniversaire.Le 20e congrès annuel de la corporation, qui se déroule à Beaupré jsuqu’à demain, propose des tables rondes, des ateliers, des conférences et des plénières sur le rôle des bibliothèques et des bibliothécaires ainsi que des centres de documentation dans la société moderne.En outre, on remettra cette fin de semaine pour la première fois le prix du mérite annuel de la CBPQ à un(e) bibliothécaire émérite de la corporation.Rencontre LA POETE animante et aimante Ja-nou Saint-Denis reçoit cette semaine, dans le cadre de la Place aux poètes, mercredi à 21 h à La Folie du large ( 1021, rue de Bleury ), ses découvertes poésie jeunesse 89 : Jacques Bonin, Madeleine Garneau-Nadeau, Stéphane Garnira et France Bonneau.Sur Alex : Delir Décalage prend forme.Trois interventions ont été retenues encore cette semaine.En gras, les interventions des dernières semaines; en italique, les toutes récentes interventions, chacune signée du pseudonyme de leur auteur.Les personnages sont campés, l’action commence.Les abonnés d’Alex et les lecteurs du DEVOIR s'amusent.La Devine pratiquait la communication à distance et le grand monde.Sa passion : une collection de papillons; son butin préféré : le morpho cypris de Colombie, d’un bleu si .céleste.À eux trois, ils valaient bien une section complète du FBI .Leur efficacité complice en faisait le trio le plus redouté des services de contre-espionnage.Minujt trente, il était déjà en retard quand .(in lugubre personnage le héla du fond d'un taxi crasseux arrêté près de là.Sans hésiter, le Doc se dirigea vers le sinistre véhicule.Il avait reconnu son vieil ami, une éternelle brute aux yeux.sartriens.Son sourire fut interrompu à mi-chemin par une rafale de mitraillette.Il reconnut le son familier d'une kalachnikov.Merdre, se dit-il, le KGB ! Comment.Tout à coup, il ouvrit les yeux.Tout ça n’avait donc été qu’un rêve.Toujours la même chambre minuscule, le même néon lancinant, le même bruit de la ville prête à'l’avaler.Il se leva lentement, très lentement.Encore une journée à ne pas savoir qui il est.Pourquoi ce rêve à tous les jours, pourquoi le KGB et pourquoi cette blessure à l’épaule ?Exténué, il retomba lourdement sur le dos.Tout à coup, il cria et s’évanouit : une orchidée poussait sur son épaule.Encore un coup du KGB, songea-t-il.La cloche d’entrée résonna alors .qu’il se demandait s’il avait vraiment eu ce coup de téléphone.Certes, son imagination lui jouait de temps en temps de mauvais tours, mais quand une information de ce type lui parvenait aussi.NOMINAL A quoi bon répondre ! Il savait que c était eux.D ’ailleurs, ils commençaient à défoncer la porte.« Ma seule chance ! » pensa-t-il en regardant la fenêtre.Il plongea sans réfléchir.Heureusement.PHICHEL qu au bas de la fenêtre s ’était garée une remorque remplie de matelas.Notre ami n eut donc aucun mal et pu filer à l'anglaise.Mais ses problèmes étaient loin d'être terminés !Où allait-il aller.DANYDANY Ce texte devient la propriété exclusive de Delir.Cette semaine, ÉNIGME a gagné un bon d'achat de $ 35 chez Renaud-Bray.C’est La Télématique d'affaires qui assure le bon déroulement de Délir.bilité de se faire connaître en s'adressant au comité de rédaction de la revue Stop-, qui sait ?peut-être verront-ils publier leurs plus longs textes par la maison d’édition Paje ?Invitation aux voyages LA SOCIÉTÉ des écrivains canadiens et la société Air Canada invitent tous les auteurs d’expression française, de citoyenneté canadienne, à participer au concours littéraire Air Canada avant la date limite fixée au 31 août 1989, à minuit.Créé en 1976, le prix est accordé cette année pour un roman.Les romans publiés entre le 1er janvier et le 31 décembre 1988 sont les seuls admissibles.Les auteurs intéressés doivent utiliser la formule d’inscription réglementaire qu’ils se procureront en écrivant au secrétaire du prix Air Canada, Société des écrivains canadiens, a/s de la Fondation Macdonald-Stewart, 1193, rue Sherbrooke ouest, Montréal, 1I9A 1119.L’heureux lauréat recevra deux billets d’avion, aller et retour, offerts par Air Canada, valables pour toute destination de son choix sur le réseau de cette société, à une date agréée par Air Canada.Le prix sera remis lors du Fiction et biographies 1 Juliette Yves Québec/ Pomerleau Beauchemin Amérique (D* 2 Une prière pour Owen John Irving Seuil (-) 3 Le Zèbre Alexandre Jardin Gallimard (2) 4 L’Héritage d’Emma Harte Barbara Taylor-Bradford Belfond (-) 5 Drakkar Paul Ohl Québec/ Amérique (3) ! 6 L’homme qui plantait des arbres Jean Giono Gallimard/ Lacombe (4) 7 Le Médianoche amoureux Michel Tournier Gallimard (-) 8 2061 Odyssée III A.C.Clarke Albin-Michel (6) 9 La Nuit des Perséides Jean-Alain Tremblay Quinze (7) 10 Esclaves de New York Tama Janowitz Gallimard (-) ! Ouvrages généraux 1 Mol, je m’en souviens Pierre Bourgault Stanké (-) 2 Douces Colères Gil Courtemanche VLB (1) 3 Père manquant, fils manqué Guy Corneau Éditions de l’Homme (2) 4 Le Mal de l’âme D.Bombardier et C.St-Laurent Robert Laffont (3) 5 Le Chemin le moins fréquenté Scott Peck Laffont (4) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Raf-fin, Demarc; Québec: Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi: Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Bi-blairies G -G.Caza: Jollette Villeneuve; Drummondville : Librairie française.' Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Le français à T heure du jogging COURRIER DANS « Le plaisir des mots » du 13 mai, Marie-Éva de Villers déplore avec ironie et tristesse l’envahissement du français par .les anglicismes incontournables».L’avenir du français est-il vraiment en cause, comme elle semble le craindre, ou ne s'agirait-il pas d'une prolifération malheureuse de l’un des nombreux langages de surface, des nombreux « langages affectés, hétéroclites, transitoires » ou précieux qui ont cours dans certains milieux parisiens depuis quelque temps ?En 1895, les snobs de France faisaient du footing.L’Angleterre était au sommet de sa puissance.Aujourd’hui, ils font du jogging.Les États-Unis sont la première puissance médiatique du monde, et de loin.Nous sommes bien revenus, quant à nous, du « défi américain », qui a suscité au Québec la Révolution tranquille, mais nous avons perdu notre unité en cours de route.Ainsi, nous nous partageons aujourd'hui entre près de 200 confessions ou sectes, sans compter les diverses formes de quasi indifférence religieuse.Est-ce que ce phénomène d’éclatement n'aurait pas son parallèle linguistique dans la patrie de Molière, ce génial dénonciateur de la préciosité de son époque.Voilà une « avenue de recherche » (« avenue of research »), ainsi que diraient nos sociologues précieux.J’en proposerais une seconde : l’éclatement de l’américain en une infinité de jargons plus ou moins savants et de dialectes sociaux plus ou moins éphémères, tout le monde voulant faire original à tout prix.L'ésotérisme et le babélisme gagnent sans cesse du terrain, ce qui met en cause la traduisibilité de l’anglais.Clasnost ou pas, la question de la langue ne pourrait plus donc se poser à la même échelle qu'autrefois.Enfin, malgré toutes les nouvelles ra- mifications de la préciosité, raffinées ou démagogiques, le français commun et l'anglais commun demeureraient des langues saines et solidement établies.— JACQUES POISSON ¦ .//•.' P ART AG K entièrement l'avis de Jacques Poisson lorsqu'il écrit que les anglicismes de la revue Elle, que j’ai cités, ne sont probablement qu'une proliféra bon passagère d'un langage réservé à certains milieux parisiens branchés.En effet, il m'étonnerait fort que le français moyen s'exprimât ainsi.Dimanche dernier, j'ai justement soumis mon petit article à deux Parisiens arrivés de la veille; ils étaient totalement abasourdis.Pas spécialement dans le coup et ne connaissant pas l'anglais, ils ne comprenaient rien à ces extraits : du pur charabia, m'ont-ils dit.Fort bien, il s'agit d'emprunts marginaux et certainement éphémères : nous sommes d'accord et ce n'est pas ce qui pourrait remettre en cause l'avenir du français.Par contre, l’indifférence des Français relativement â la langue des publications scientifiques, de l'étiquetage de leurs produits, leur étonnement devant la réaction des Québécois, que j'ai évoqués brièvement dans ma chronique, me semblent traduire une absence de combativité, un défaitisme à l’égard de la prédominance de l'anglais autrement plus inquiétants pour nous.—M.-É.de V.Désirons acheter ' livres «encore utiles» Tél.: 845-5698 LA GRANDE LIBRAIRIE A CONNAITRE ' ___________________.~25TSte-Catherine E.Pour la première fois, le PRIX STENDHAL décerné à une québécoise!! claire dé comme catastrophe naturelle la nouvelle littérature de /'écf/teur cfe /ivres qui comptent en librairie le 24 mal / diffusion MEDIALIV J U Lu Quinzaine MHéiade se poursuit jusqu'au 23 juin Obtenez l'album ”iA>s écrivain» de la Hévolution française" plus l'Agenda Pléiade I HH9 à l’achat de 2 volumes de la Pléiade -La librairie- Flammarion Place Montréal Trust 1500 McGill Collège 499-9675 I 45 JOHN IRVING sera à "Apostrophes" (TV5) les aventures.Elles ne manqueront pas." Réginald Martel, , La Presse A Wo, j'ai pense.c|ue si Barcelo écrivait ce qu’il écrit en anglais, John Irving irait se rhabiller au vestiaire des boxeurs.Nulle part., fait la preuve qu'il en serait bien capable." Jean-Roch Boivin, Le Devoir “C'est l'histoire de Benjamen Tardif, un Québécois qui s'en va-t-en Amérique pour voir le monde et peut-être le comprendre.Il y va seul, ce qui favorise l'aventure et Le Devoir, samedi 27 mai 1989 Livres et périodiques religieux Autre parole, histoire et liturgie MARIE LAURIER SOUFFLES DE FEMMES Monique Dumais et Marie-Andrée Roy Montréal, éditions Paulines 1989, 240 pages LES AUTEURS, toutes deux membres du collectif L’Autre Parole, ont réuni des textes de Flore Dupriez, Naomi Goldenberg, Béatrice Gothscheck et Louise Melan-çon.Cet ouvrage a pour objectif de faire le pont sur cette parole émergente des femmes dans les éludes religieuses.Il est issu d'une pratique de changement de la condition des femmes dans l’Église.En première partie, Louise Me-lançon fournit des perspectives générales sur la problématique féministe de la religion.Marie-Andrée Roy trace un bilan exhaustif des revendications des femmes dans l’Église catholique depuis une quinzaine d'années.La deuxième partie permet de faire le point sur quelques avancées théoriques qui ont marqué la réflexion des femmes d’ici et pré-sente les textes de Béatrice Gothscheck et Monique Dumais.La dernière section propose des perspectives nouvelles.La parole des femmes dans l’Église ouvre la voie à une véritable révolution en ce qu'elle remet en cause le pouvoir ecclésial et la conception même du sacerdoce.TRIOMPHES ET DÉFAILLANCES DE NOTRE TEMPS Paul-Émile Allard Montréal, éditions Paulines 1989, 163 pages DIPLÔMÉ en sciences sociales, retraité de la vie active après 20 ans de pratique dans le monde de l’éducation, l’auteur de cet essai analyse les questions qui affectent notre destin canadien et québécois, individuel et collectif.Il propose des pistes de réflexion susceptibles de féconder les discussions et les échanges dans révolution de la pensée contemporaine.« L’homme est le seul être à avoir un sens et à donner un sens à sa vie », soutient l’auteur.HISTOIRE DU CATHOLICISME QUÉBÉCOIS Les XVIIIe et XIXe siècles ou les années difficiles de 1760 à 1839 Lucien Lamoureux Montréal, Boréal 1989, 438 pages PREMIER TOME du volume 2 de la collection dirigée par Nive Voisine, qui nous avait inversé l’ordre de présentation de cette fascinante histoire du catholicisme au Québec en nous en offrant la partie plus contemporaine.Ce nouvel ouvrage couvre la pé riode de 1760 à 1839, soit de la conquête britannique jusqu’à la fin des rébellions de 1837-38, sans doute la période la plus sombre de l’Église du Québec Rédigé par Lucien Lemieux, exprofesseur à la faculté de théologie de l’Université de Montréal, ce nouveau volet de VHistoire du catholicisme québécois nous est raconté à travers l'action de personnes et de groupes qui ont joué un rôle déterminant sans négliger la situation économique, sociale et politique de l’époque.Indispensable pour les étudiants et les chercheurs.Une fois complétée, cette série comprendra cinq li vies.LITURGIE, FOI ET CULTURE revue publiée par l'Office national de liturgie mars 1989, volume 23, n” 117 SOUS une couverture et une mise en pages renouvelées, ce bulletin de liturgie qui paraît quatre fois par année aborde dans son premier numéro de 1989 le thème de l’initiation chrétienne.Les signataires des articles, Louis Dicaire, Raymond Vaillancourt, Guy La-pointe, Claude Blanchette, Yves Gazeau, Jacques Houle, Gaston Fontaine expliquent la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne qui constitue le point d'ancrage de la foi.Le directeur de la revue, Paul Boily, souligne en liminaire que cette revue se veut « un carrefour unique de res-sourcement et d’échange pour les divers intervenants en pastorale sacramentelle et liturgique ».APPROCHES revue de réflexion et de recherche publiée par des étudiants en théologie CETTE REVUE parait, elle aussi, quatre fois par année (septembre, novembre, janvier et mars).Le dernier numéro, le 13e, traite d’un seul dossier : le choix de notre re lève à l'égard de l'enseignemen de la religion et de la morale an secondaire.En éditorial, Marie Bergeron e Jo Lessard rappellent qu’au cours de l'année académique 1987 1988 au Québec, 24.25 % de la clientèle étudiante du secondaire a opté pour le cours d’enseignement moral (76,099 élèves) tandis que 75.25 % choisissait le cours d'ensei gnement moral et religieux cat ho tique, soit 238,440 élèves.D’où l’in térêt des théologiens à s'intéres ser à cette situation et en tirer les conclusions sous forme de conseils et de réflexions utiles pour les parents, animateurs de pastorale et éducateurs.Les rédacteurs de la revue Approches organisaient récemment un colloque fort significatif sur la nouvelle génération des « Concile boomers », c’est-à-dire les enfants nés depuis 1963.Abonnement : revue Appro dies, C.p.613, succursale Côte des Neiges, Montréal, II3S2V3; tél.343-7080.COMMUNAUTÉ CHRÉTIENNE revue publiée six fois par année par l’Institut de pastorale CETTE AUTRE revue a, elle aussi, fait peau neuve, du moins dans son contenu qui se rapproche plus concrètement des préoccupations des lecteurs.Sous la direction de Gilles Thibault, le dossier du dernier numéro, le 164e, se donne un titre-choc : « À qui appartient Jésus ?» À tout le monde certainement, serions nous tentés de répondre, encore que les rédacteurs de ce dossier principal nous en apprennent davantage en fouillant pour nous les livres, les images, les discours qui ont été écrits sur ce sujet.La théologienne Marie Grat Ion-Boucher signe un intéressant texte sur « Tout ce qu’il faut savoii sur les soutanes roses».Abonnement : 2715, chemin de la Côte-Saint-Catherine, Montréal 1131’ 1B6; tél.: 739-9797.Argentine-Québec Une noce des sens et de l’imaginaire RENCONTRES/ENCUENTROS Écrivains et artistes de l'Argentine et du Québec préface de Marie-Claire Blais liminaires de Gilles Pellerin et Oscar Hermes Villordo traduit de l'espagnol par Louis Jolicoeur et du français par Celia Ponte Montréal, les Éditions sans nom 1989, 272 pages rxr Jean-Roch O BOI7IN .e*:res ?Québécoises C’EST un livre qu’il faut décrire d’abord comme un bel objet, dans sa couverture de toile noire et emboîtage idoine, avec signet de même couleur.Il se patinera sans se salir.Textes aérés, larges marges, sur papier texture, blanc cassé.Quarante-trois photographies en noir et blanc avec notes biographiques permettent de connaître un peu les auteurs et les artistes qui ont préparé cette noce des sens et de l’imaginaire, donnant le coup d’envoi à une nouvelle maison d'édition qui, pour se nommer « sans nom », se fait à coup sûr, avec cette première publication, une image de marque.Le nouvel éditeur est la fille d’un géant de notre littérature, la fille d’Yves Thériault, notre plus grand nouvelliste, celui qui a fini par entrer dans l’Institution littéraire porté en triomphe par ses lecteurs.Qui, mieux qu’elle, pouvait orchestrer le concert des nouvellistes des antipodes de l’Amérique ?C’est un livre qu’on ne traînera ni à la plage, ni dans le métro.On l'accueillera dans son meilleur fauteuil avec les égards dus à la contemplation, au bal des images (20 planches en quadrichromie) et à la musique des mots.Toute lecture nous fait un bout de vie, au moins le temps qu’on la lit.Celle-ci nous la fait riche d’émois divers, palpables et colorés.L’éditrice a choisi les oeuvres et leurs auteurs selon ses goûts, sa sensibilité.Elle avait parcouru le monde et navigué dans les livres comme un corsaire toujours à l’affût de trésors.Elle a composé (c’est moi qui souligne) son livre — car c’est elle qui l’a conçu — fidèle à ses goûts, et la réunion de ces oeuvres se présente comme rang de perles en un écrin, chacune chatoyant de son eau unique et se retrouvant dans leur commune lumière.Du côté argentin, il y a des vieux un peu connus et des jeunes inconnus.Deux générations; entre deux, le bâillon politique.U ne période de parole étouffée.N’oublions pas que l’Argentine a aussi été la terre d’ac-cue'l de célèbres fascistes.Cortazar et Borgès, publiés ailleurs, ne sont pas de cette réunion, mais y est Adolfo Bioy Casares, qu’on connaît par son amitié avec Borgès, et surtout sa femme, Silvina Ocampo, que Paumés un jour.LA JUMENT DES MONGOLS Jean Basile Montréal, Typo n° 26 1989, 220 pages » GUY FERLAND QUATRE JEUNES mousquetaires vivent leur spleen à bout de souffle.Ils n’ont pas de projets définis, aucun plan de carrière, pas d’aspirations spéciales sauf peut-être celles de créer et de conserver leur amitié.Leur gourou commun disait : « Dans la vie, il y a quatre choses importantes : la jeunesse, l’amour, la création et tout au bout la mort.» C’est ce qu'il mettent en oeuvre dans leur vie de désoeuvrés.Mais tout ce qu'ils réalisent, c’est de deviser sur des sujets hautement philosophiques.Cela pourrait être ennuyant, ou à tout le moins fastidieux, si Jean Basile ne maîtrisait pas parfaitement la langue française et l’humour noir.Il entraîne le lecteur dans les méandres des élucubrations des quatre jeunes qui ont de la difficulté à vivre dans une société qui les repousse.Mais à travers toutes leurs paroles pointe finalement une faible aspiration au bonheur.Jérémie, Jonathan, Judith et Armande désirent secrètement être heureux et vivre de belles histoires d’amour, mais la réalité contraint leur rêve.Rien n’est simple dans cette histoire en apparence banale.Et Jean Basile montre bien, par les dédales des spéculations des protagonistes, que la contradiction est au coeur même de la vie.La Jument des Mongols est parue en 1964 et constituait la première partie d'une trilogie de Jean Basile qui comprenait Le Grand Khan (1967) et Les Voyages d'Iskroutsk (1970).Mais ce livre aurait pu, tout aussi bien, être écrit par un jeune auteur d’aujourd'hui tant sa modernité ne se dément pas, tant du point de vue de l’écriture que de la condition des jeunes paumés qui n'a pas changé.je découvre dans une nouvelle qui a rétrospectivement valeur de parabole : une femme, en voyage avec son mari, se retrouve abandonnée et confinée dans un heu où l’on n'entend pas ses questions, ni ses réponses, muette.Plaisir délicat et pervers, je saute des accords syncopés de la prose de Gilles Pellerin à leur traduction en espagnol par Celia Ponte, car le livre est bilingue.Du même coup, je m’ébahis devant le tour de force de Louis Jolicoeur, d’avoir su mettre en français une nouvelle entièrement construite sur des jeux de mots, « Carpe diem », d'Isodoro Blaisten.Autrement fascinant est « Dieu de Perse », que signe le traducteur lui-même, en tant qu’auteur.Au riche filon de la littérature des voyages, Louis Jolicoeur apporte un petit joyau, la perle d’un désert qui s’appelle le temps et rayonne de sa propre lumière.Du côté des Québécois, il suffirait de les nommer pour montrer la richesse du camaïeu.11 y a là des valeurs sûres (ce qu'il peut y avoir de prétention dans ce genre de locution ! ) et des valeurs montantes, auteurs et artistes connus, sinon reconnus.La préface de Marie-Claire Blais est aussi un joyau dans son genre, qui déroule le fil d'une lecture riche, qu'on relit, le livre terminé, pour refaire le voyage dans la discrète compagnie dè celle qui connaît l’éclat particulier des choses rares.De Gilles Archambault, je retiens une histoire aux airs gavroches qui devient un touchant hommage au souvenir qui, comme un héritage, se doit d'être transmis.De Monique Proulx, celle d’une petite fille qui commence à prendre voix dans l’oeuvre de son auteur; une presque jeune fille qui a le coeur à la bonne place et la tête bien plantée, et qui ne laissera pas le monde s’en aller tout croche, même si la beauté est le premier commandement intrinsèque appris de son papa, qu’elle traque avec l’acuité d’un private eye.Celle de Jean Éthier-Blais m'épate absolument, qui relate la vie d’un essayiste obscur à travers la correspondance que celui-ci accorde à un amoureux acharné de son oeuvre, refaisant, à partir de l’écrivain fictif, le parcours minutieux de l’élaboration d’une oeuvre qui n’existe pas ! Il aurait pu en faire un gros roman, il en fait un bijou ciselé, l'air de s’en jouer.L’académicien est à son meilleur, plein d’espièglerie et d’aimable cruauté.Mille exemplaires numérotés de ce livre ont été mis en distribution.Amateurs de beaux textes et de beaux livres d’images, courez, vous êtes plus de mille ! D-4 Le Devoir, samedi 27 mai 1989 St ‘ t?B • le plaisir des mes Premiers mots, nouvelles images 5 rZWMSIS lit i fall = sa : EJ E / j\ S 5 £J £ £ £ £_J £ £ i k £ V DOMINIQUE DEMERS 100 PREMIERS MOTS À DIRE AVEC VOTRE BÉBÉ Edwina Riddell Centurion/Jeunesse Paris, 1988 LES LIVRES d’images jouissent d'un pouvoir exceptionnel : immobiliser ce qui est fuyant, rapetisser ce qui est trop grand, rapprocher ce qui est loin.Chaque page renferme un univers en miniature, accessible, disponible.C’est la magie de l’imagier qui, pour les tout petits, n’est pas qu’une simple collection d’images mais une fenêtre ouverte sur le monde, un outil pour apprivoiser son environnement et se l’approprier en le nommant.MADEMOISELLE TOUT-À-L’ENVERS MADEMOISELLE TOUT-À-L’ENVERS Philippe Corentin L’École des loisirs, Paris, 1988 DEUX COUSINS souris découvrent, ébahis, les étranges habitudes de leur curieuse cousine.Chiffonnette la chauve-souris s’empiffre de salades de papillons, se régale de soupes aux hannetons, dévore des tartes de moucherons et dort les deux pattes en l’air ! Sans compter qu’elle a de bien vilaines oreilles et des ailes bizarres.Corentin aborde le thème de la différence sans prêchi-prêcha : les souris découvrent le plaisir de la différence, l’attrait de l’inconnu et l’intérêt des contrastes, sur fond d’images explosives avec de magnifiques gros plans et une palette de couleurs toute personnelle.AU BAIN, CAPITAINE! texte de Jasmine Dubé illustré par Anne Michaud éditions du Raton laveur Saint-Hubert, 1989 L’HEURE du bain fait partie de ces moments du quotidien mille fois ressassés dans les livres pour enfants mais Jasmine Dubé s’en fout.Elle réinvente le scénario, ajoute de la musique et des chansons.L’heure du bain sert de prétexte pour devenir matelot, marin, capitaine; pour remonter le courant et parler avec maman du bébé qui grandissait dans l’eau au creux d’une bedaine; pour se caler paresseusement dans un bain de tendresse affectueuse et de douce sensualité LES GRANDES MENACES texte de Marie-Hélène Jarry illustré par Philippe Béha éditions du Raton laveur Saint-Hubert, 1989 PARENTS susceptibles s’abstenir ! Ce petit recueil des pires bêtises qu’ânonnent les grands pour impressionner les enfants pourrait les vexer.L’auteur et l’illustrateur font équipe pour démentir quelques prophéties de malheur en faisant appel a la méthode empirique.Combien d’enfants sont restés petits parce qu’ils n’ont pas mangé leur soupe ?En connaissez-vous qui ont disparu sous le manteau du Bonhomme Sept-Heures ?Le vent a-t-il déjà figé le visage d’un de vos amis en grimace pour toute la vie ?CHÈRE MILI conte de Wilhelm Grimm illustré par Maurice Sendak Gallimard, Paris, 1988 EN 1816, un des deux frères Grimm, Wilhelm, écrivit une lettre à une fillette nommée Mili.Un siècle et demi plus tard, le New York Times annonçait en première page la découverte de ce conte resté inconnu et Mili allait rejoindre Hansel et Gretel, Blanche-Neige et Cendrillon.On a confié à Maurice Sendak la tâche de faire surgir les forêts enchantées et terrifiantes, la magie et le mystère, les créatures fabuleuses, dieux et démons, de ce conte où le symbole devient langage alors que l’histoire se métamorphose en pèlerinage.PANIQUE AU CIRQUE texte de Claude Delafosse illustré par Yvan Pommaux Bayard-Presse/L’École des loisirs Paris, 1988, 59 pages UN NOUVEAU genre : la bande dessinée dont vous êtes le héros, pour lecteurs débutants.« Tu auras souvent des décisions à prendre, il te faudra choisir entre plusieurs solutions.À toi de choisir la meilleure et.attention aux pièges ! Si tu es coincé, prisonnier, perdu, ficelé, si tu ne parviens pas à te tirer d’affaire, n’hésite pas a recommencer : tu découvriras des épisodes passionnants que tu n’avais pas lus.» Point de règles compliquées; après cette courte entrée en matière, le héros-lecteur saute à pieds joints dans l’aventure.SACRÉE VIRGINIE! Évelyne Reberg L’École des loisirs Paris, 1988, 106 pages À SEPT ANS et demi, la vie n’est jamais banale.Les moindres petits événements, insignifiants en apparence, se parent de folie, de grandeur, de tragédie.L’horreur ou l’euphorie guettent à chaque détour.Virginie le sait.Elle nage dans ces eaux tumultueuses avec la superbe de ses sept printemps : audacieuse, taquine, inventive, rarement déconfite.Chacun des chapitres se lit comme une nouvelle et les apprentis lecteurs peuvent reprendre leur souffle entre chaque aventure.LES ENFANTS DÉCOUVRENT.LES MOYENS DE LOCOMOTION Time-Life/Jeunesse 1988, 87 pages LES MOYENS de locomotion en 80 questions.Comment peut-on tenir sur un vélo sans tomber ?Pourquoi est-ce que l’avant des camions et des bus est plat ?Comment les sous-ma-rins font-ils pour s’enfoncer dans l’eau et ressortir ?Existe-t-il des bateaux qui vont aussi sur la terre ferme ?Les réponses sont données en peu de mots, à l’aide d’illustrations et de photographies.Un encadré « pour les parents » propose des compléments d’information.C’est la clé du bon documentaire : susciter le désir de connaître, développer le goût d'apprendre.Rien à voir avec le bourrage de crâne des livres qui proposaient de tout connaître.LE BLOND DES CARTES Johanne Mercier Québec/Amérique Montréal, 111 pages CHAPEAU BAS au jury du concours de la revue Lurelu qui a décerné à Johanne Mercier un premier prix pour ce manuscrit.Si Le Blond des cartes était un cheval de Blue Bonnets, je miserais dessus ; il faudrait cacher ce délicieux roman pour qu’il ne parvienne pas à faire un malheur.Le ton n’est ni racoleur, ni démagogue, et la complicité avec le lecteur n’est pas fabriquée : elle s’impose.Ça se lit d’une traite, en un souffle.Ni longueurs, ni lourdeur.C’est drôle et vrai.L’action se déroule dans les corridors d’une polyvalente et le chapitre où Julie découvre le théâtre expérimental pour obéir à son prof de français est tout à fait hilarant.Sur la mémoire MNÉMOSYNE ou la mémoire vivante Guillemette Isnard Montréal, éditions du Méridien 1988, 162 pages RENÉE HOUDE ÉCRIT dans un style non académique, ce livre parle de la mémoire à court terme, des liens qui existent entre mémoire, émotivité, respiration, alimentation et vie quotidienne, de la mémoire des sons, des odeurs, des couleurs, des différentes sortes de mémoires et de pertes de mémoire.Pourquoi Mnémosyne ?Mnémo-syne a accès à tout ce qui est, a été et sera; elle est la fille de Gala (la Terre) et d’Ouranos (le Ciel), et, à la RAPPEL NOUVEAUTÉ LIBERTÉ Rançon Ricard NATIONALISM K ET CULTURE(S) Pierre Vadeboncccur LE PiiocEs DE L’IMAGE poèmetdr Mine-Andrée Limootigne Denuis Siint-Yvr» Andre BfTx.hu fxmrtde Nid h Chifik-Shthi Nicolle FLpevu PiMile Durand |ein Nidriu )ein Renmd 182 -LIBERTE Avec une enquête de Jean-Pierre Issenhuth sur ce qui fait courir des chercheuses derrière France Théorêt.Beissel, Chambers, Cowan, Dudek, Ferguson, Ferrand, Fischman, Paskal, Pearson, Podbrey, Rybczynski, Salzman, Sheppard, Taylor, Weisbord, Winkler.Je désire ?le numéro 182 (5 $) ?le numéro 183 (7,50 $) ?m’abonner pour un an (20 $, 6 numéros) Nom .Adresse .code postal .Ci-joint la somme de.LIBERTÉ C.P.399.SUCC.OUTREMONT MONTREAL, QUÉBEC H2V 4N3 ?5 i : s s ï ITz F?suite de son union avec Zeus, a donné naissance aux Muses, inspiratrices des poètes.En tout, neuf filles.Vous vous rappelez ?(N’est-il pas question de mémoire dans ce livre?) L’auteur, qui a fait un doctorat en neurobiologie à l'université Claude-Bernard de Lyon, adopte un point de vue pragmatique tout en voulant faire le point sur la question.« Mes recherches et mes activités se déroulent durant les séminaires de formation, parmi un public diversifié, et en face de troubles de mémoire, allant d’un oubli épisodique à une déficience profonde » (p.17).L’auteur propose de contrer la mythologie des deux hémisphères afin de maximiser notre mémoire par l’harmonie entre les deux, suggérant : « Il était une fois deùx hémisphères.» Le résultat : un livre — compromis entre le livre de recettes pour améliorer votre mémoire (le livre suggère des exercices pour la mémoire) et la vulgarisation scientifique où il y a un manque de rigueur certain : l’écriture du texte n’est pas assez serrée, les transitions sont parfois absentes et les référents utilisés pour définir des concepts tels qu’inconscient, volonté, liberté (critique que fait Laborit en préface) ne sont pas toujours explicités.Au total, une lecture décevante.GUY FERLAND ESCLAVES DE NEW YORK Tama Janowitz Gallimard coll.« Du monde entier » 356 pages « UNE FOIS devenue prostituée, j’ai eu affaire à des pénis de formes et de dimensions d’une diversité inimaginable.Certains très grands, d’autres ratatinés avec des testicules pendants.Certains guillochés de veines bleuâtres et puant le stilton, certains misérables.Certains compliqués, magiques, rehaussés de perles comme les grands minarets du Taj Mahal, des pénis facétieux, annelés telles des queues de ratons laveurs, fervents, ornés de crêtes, invivables.Et je me félicitais de plus en plus de n’être pas affligée d’un de ces appendices.» C’est le début pour le moins cru de la première nouvelle de ce recueil d’un jeune auteur américain.Son livre a inspiré le dernier film de James Ivory qui vient de sortir à New York.CONFESSION DE MA VIE Wanda de Sacher-Masoch Gallimard coll.« L'infini » 340 pages « WANDAainterprétéet incarné le rêve impossible du prolifique auteur de La Femme séparée et de La Vénus à la fourrure, dit Jean-Paul Corsetti dans sa préface.Le livre qu’elle publie onze ans après le décès de son époux met un terme au long feuilleton autobiographique que plusieurs de ses romans et nouvelles n’avaient cessé de tisser.Il clôt ainsi le cycle d’une aventure fantasmatique que l’oeuvre de Leopold avait tenté de liquider — d’exorcicer —, mais qu'elle avait pourtant reconduite dans un échange ininterrompu entre la réalité et la fiction, l’écriture autobiographique et la création littéraire.» Cette autobiographie, publiée une première fois en français en 1907, brosse un portrait sans complaisance de Leopold von Sacher-Masoch et permet de comprendre l’autre versant du masochisme, ou de la servitude « involontaire ».LES MEILLEURES NOUVELLES DE L’ANNÉE 88-89 présentées par Christine Fernicot Syros coll.« Alternatives » 200 pages CE RECUEIL rassemble près d’une vingtaine des meilleures nouvelles de la francophonie.On note la présence d’un texte de Noël Audet, « Les dents d’Alberg », et un entretien avec Gaétan Lé- TAMA JANOWITZ ESCLAVES DE NEW YORK MU Mills vesque, directeur de la revue X YZ, aux côtés des nouvelles de Michel Tournier, Didier Dae-ninckx, Jean Vautrin, Pascal Garnier, Jacques Bens et plusieurs autres.« Il convient, lorsqu’on lit des textes courts, dit-on dans la préface, d’apporter un peu de son imaginaire et beaucoup de son énergie.Ce pourrait être le début d’un nouveau plaisir de lire.» À vous de jouer ! ANTHOLOGIE DE NOUVELLES JAPONAISES CONTEMPORAINES tome 2 collectif Gallimard coll.« Du monde entier » 590 pages ENCORE des nouvelles, mais cette fois en provenance du Japon du 20e siècle.Des auteurs connus, tels les Sôseki Natsume, Katai Tayama, Ango Sakaguchi ou Kôbô Abe, côtoient des écrivains moins célèbres, mais à découvrir.Quelques titres mettent l’eau à la bouche ; « Sushi », « Songes venus d’un saké trouble», etc.L’INVITATION AU MENSONGE Gilles Barbedette Gallimard 146 pages « NOUS AVONS la nostalgie des légendes et des oiseaux de fable.Il y a bien longtemps — qui voudrait s’en souvenir ?— le roman, c’était le mensonge, l’illusion d’une vie vraiment inventée, le rêve de quelque chose qui n’avait pas tout à fait existé.Au milieu de tous ces mirages, le roman inquiétait, fascinait, intriguait.Il tirait une grande partie de son prestige d’une certaine forme d'inexistence.Il se situait à côté de la vie qu’il cherchait à dépeindre.Il ne paraissait pas “sérieux”.Il voulait être futile, dépensier, extravagant.Il n’avait pas l’air de calculer son intempérance.En son for intérieur il avait toujours su qu’il ne parviendrait jamais à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, sur l’aventure des êtres.Son inconséquence prévalait contre tout.Ses châteaux en Espagne étaient des châteaux en Espagne.Voilà pourquoi nous avions, paradoxalement, confiance en lui.» Cet essai littéraire de l’auteur des Volumes éphémères et directeur de la collection étrangère chez Rivages a suscité un vif débat en France autour de la question du réalisme en littérature.L'INDIVIDU, LA MORT, L’AMOUR Jean-Pierre Vernant Gallimard coll.« Bibliothèque des histoires » 234 pages « PARMI les formes diverses que l’autre a revêtues aux yeux des G recs ( les bêtes, les esclaves, les Barbares, les enfants, les femmes.) il en est trois que leur position extrême, dans le champ de l’altérité, désigne à l’enquêteur comme particulièrement significatives : la figure des dieux, la face de la mort, le visage de l’être aimé.Parce qu’ils marquent les frontières à l’intérieur desquelles s’inscrit l’individu humain, qu’ils soulignent ses limitations tout en éveillant, par l’intensité des émotions qu’ils suscitent, son désir de les dépasser, ces trois types d’affrontement à l’autre jouent comme les pierres de touche pour la mise à l’épreuve de l’identité telle que les Grecs l’ont comprise et assumée.» C’est, du moins, ce que soutient le vénérable professeur dans ce recueil d’essais sur « soi-même et l’autre en Grèce ancienne ».PASCAL PIA OU LE DROIT AU NÉANT Roger Grenier Gallimard coll.« L’un et l'autre » 136 pages QUI EST Pascal Pia ?Il a écrit un Baudelaire, un Apollinaire, d’innombrables articles à Combat et à Carrefour-, il a poussé Bataille à écrire Histoire de l'oeil et Aragon Le Con d'Irène- il était érotomane et érudit; il a fait entrer dans la première édition du Baudelaire de la Pléiade un faux texte apocryphe de son cru et a commis d’incalculables autres fraudes.Mais il se tenait constamment dans l’ombre.Roger Grenier, qui fut son ami, fait la lumière sur ce personnage étrange de la littérature française.« Si Ton ne veut pas que l’homme soit tout à fait enseveli sous la légende, dit Grenier, ou GEORGES M;i\ Milritf *V.r;irUk qu’un industrieux de la biographie s’en empare, ceux qui l’ont connu doivent dire le peu qu’ils savent.» KAFKA Pietro Citati traduit de l’italien par Brigitte Pérol Gallimard coll.« L’arpenteur » 328 pages « TOUTES les personnes qui ont rencontré Franz Kafka dans sa jeunesse ou son âge mûr ont eu l’impression qu’une “paroi de verre” l’entourait.Il était là, derrière ce verre parfaitement transparent, il marchait avec grâce, bougeait, parlait; il souriait, tel un ange léger et méticuleux, et son sourire était la fleur ultime d’une gentillesse qui se donnait et se dérobait aussitôt, se prodiguait et se repliait jalousement sur elle-meme.» Paru en 1987 en Italie, on attendait la traduction de cette biographie avec impatience.Autres livres reçus : UN OISEAU DANS LE CIEL Félicien Marceau Gallimard 260 pages GEORGES BERNANOS Max Milner Librairie Séguier 390 pages Savoir pédaler LES ECRITS DES FOBGES éditeur de poésie c.p.335 TROIS-RIVIÈRES g9a 5g4 POUR VOUS PARTIR EN VACANCES BUIN, YVES Fou-l’Art-Noir co-édition Le Castor Astral 10,00$ I LE GOUIC, GÉRARD Fermé pour cause de poésie I TREMBLAY, YVAN L’espace heureux Prix Octave-Crémazie — 1989 Salon International du Livre de Québec 10,00$ 5,00$ ¦ POZIER, BERNARD (sous la direction de) U JOUBERT LUCIE (sous la direction de) Choisir la poésie en France 12,00$ Des Forges # 27 5,00 $ Lauréat(e)s du Prix Alphonse Piché Distribution en librairies: Prologue (514) 332-5860 Autres: Diffusion Collective Radisson (819) 379-9813 VOUS ET LE VÉLO Un techniguide Larousse Jean-Paul Vespini Paris, Larousse, 1989 DE LA BELLE ouvrage, comme on dit.De la belle ouvrage de vulgarisation.Juste le nombre de pages qu'il faut sur la réparation de votre bicyclette pour éviter d’avoir à vous salir les mains.Le tout bien arrosé de chapitres dans lesquels l’auteur nous raconte de belles histoires tirées de l’histoire du vélo.L’auteur présente d’abord la bicyclette à l’intention des coureurs; ainsi, vous apprendrez que « monter en danseuse » veut dire se dresser sur les cale-pieds et quitter la selle dans une ascension ou au démarrage.Mais il signale régulièrement les différences entre la bicyclette de course et d’autres types de bicyclettes, en particulier celles de cyclotourisme.Avec une bonne mesure de palmarès des grandes épreuves cyclistes et des pages bien illustrées sur les tactiques des coureurs, on trouve là le livre parfait pour intéresser un néophyte à ce beau sport et lui donner les moyens de comprendre (et même d’exécuter) les réparations les plus simples.Publié sous la direction de Maurice CHAMPAGNE-GILBERT.POUR DÉVELOPPER LA VIE DE FAÇON HUMAINE LÏWORTES - Un livre toujours au cœur dudébat sur I avortement, qui soulève les vraies questions et les porte jusqu aux réflexions fondamentales: létablisement d une politique de la'nalalité et de la famille au Quebec.— Quel est le statut du fœtus7 • — Quel est la situation de la femme?Qu est-ce que la santé pour la femme et les enfants7 Qu affirment, les églises?.•' Que fait la loi canadienne?Que fait-on-face au drame des enfants non voulus7 L'information il'AVJOURD'HUI LEMÉAC éditeur T Le Devoir, samedi 27 mai 1989 ¦ D-5 • le plaisir des ivres Mauriac: le père, le fils.et l’esprit de famille NOUVELLES LETTRES D UNE VIE François Mauriac Paris, Grasset, 1989, 413 pages TRANS-AMOUR-ÉTOILES Claude Mauriac Paris, Grasset, 1989, 214 pages Lisette ZWORIN AU U- N'Y A pas mieux que l’indulgence ( plénière ! ) de la famille pour éviter à l’écrivain après sa mort le purga foire, ce lieu d’attente où séjournent le plus grand nombre des auteurs avant d’accéder au « ciel » de la pos térité.François Mauriac a quitté les siens, et des milliers de lecteurs assidus, en 1970.La relève du romancier bordelais était déjà assurée : son fils Claude était entré dans la carrière littéraire, sans doute avec la bénédiction paternelle, et poursuivait, notamment, la publication du journal-fleuve : Le Temps immobile, dont le dixième volume paraissait l’an dernier.Les Nouvelles Lettres d'une vie, qui viennent de paraître chez Grasset, le très fidèle éditeur de François Mauriac, doivent beaucoup à sa belle-fille, Caroline, femme de Jean Mauriac, qui avait déjà, en 1981, favorisé la publication des Lettres d'une vie.Mais il faudrait également rappeler que, chez Pivot ou ailleurs, dans les magazines, les gazettes spécifiquement littéraires, des membres de la famille Mauriac ne perdent aucune occasion de rappeler la mémoire du père, du beau-père, du grand-oncle.N'y a-t-il pas jusqu’à Régine Desforges, parente par alliance grâce à Claire, la fille de l’écrivain, épouse Wiazemsky, qui donnait l’autre année un excellent reportage sur Malagar, la retraite campagnarde des Mauriac, en regrettant que le domaine ne soit pas resté dans la famille.Ces lettres, dites « nouvelles », le sont surtout grâce aux correspondants.Ils sont 70 de plus que dans le premier ouvrage.Et, s’ils n’ajoutent que peu de choses aux connaissances que possèdent déjà tous les admirateurs fidèles de Mauriac, sur la jeunesse, les étapes de la vie parisienne de Mauriac, ils les conforteront dans la bonne opinion qu’ils ont, soit du romancier, soit du mémorialiste « intérieur », soit du journaliste de combat.Les écrivains, amis ou ennemis du brillant polémiste du Figaro, de L’Express, puis du chroniqueur de télévision qui signa, pendant des années, « Les hasards de la fourchette », sont présents dans ces Nou- velles Lettres.Ils l'étaient déjà, avec-plus d’abondance dans le cahier dit du « centenaire », publié par les éditions de l’Herne, en 1985, sous la direction très éclairée, avec une rare objectivité, de Jean Touzot.C’est à ce gros cahier, le 48e de la série, que je suis revenue.Parce que Mauriac m'y semble plus libre, moins contraint par la piété filiale.Quelques-uns de ses meilleurs articles y sont reproduits, et, plus que jamais, il me semble que c'est le journaliste qui survivra.L'esprit de solidarité de la famille Mauriac durera sans doute jusqu'aux derniers descendants directs, mais l’oeuvre du pamphlétaire, extraordinaire de vivacité, d’ironie, sera pour très longtemps un modèle pour d’apprentis-journalis-tes.Elle leur rappellera, notamment, que l’âge n’avait jamais émoussé, chez le sexagénaire qui rompait des lances avec les hommes politiques, ses confrères académiciens, et même avec quelques ecclésiastiques, la vigueur et même la témérité.U ne pièce de plus, donc, à verser au dossier Mauriac, avant de s'attaquer au roman bizarroïde que Claude Mauriac vient de signer.Qu’en dirait le père ?Ce qu’il écrivait à son fils, le 10 août 1955, à propos de Toutes les femmes sont fatales '! « Ce que tu me dis de ce livre (c’est) qu'il faut que tu l’écrives pour pouvoir en écrire d'autres très diffé- rents.» Différent est un euphémisme, à propos de Trans Amour-Étoiles.« Ce texte non pas de la science, de la métaphysique-fiction », le qualifie l’auteur, en ajoutant « Vocable commode pour donner une idée de ce que je tente.Car rien, ici.n'est inventé.» Voire ! Ne laissant rien ignorer au lecteur de ses débats, à propos de son ouvra ge, alors qu’il était en préparation, Claude Mauriac ajoute qu'il l'avait d’abord intitulé Petite Histoire de la sexualité dans les mondes habités ( ! ), mais s'était par la suite ravisé, essayant de trouver pour son h vre « un titre à la fois moins scienti fique et moins frivole».Cette incursion dans « la pluralité des mondes » — au sens cosmique du terme — vous permettra de rencontrer un oumnin, qui rajeunit à partir .de 53 ans, et qui vous est décrit dès la page 10.« Dans la lumière bleutée de l'arbre sous lequel je me suis assis, je garde ma main aux six doigts écartés.Un peu de sang coule de ma paume blessée.11 tache de jaune la pochette avec laquelle je l’éponge.Je me mouche, une oreille après l’autre.» Je doute que les véritables mordus de la science-fiction soient captivés par cette mouture dite métaphysique d'un genre qui a ses règles strictes et.son mode d'emploi bien connu.D'autant que, suivant avec un retard de plus de trente ans le con- L’URSS et ses hommes du pouvoir seil que lui donnait son père, en 1955, le fils introduit « cette dimension qui donne son tragique à la vie sexuelle devenue vraie vie, unique vie, au sens où le Christ dit Je suis la vie » Car le maître-mot de 7Tans Amour Etoiles, c’est l’amour, dont, vers la fin, celui qui s'appelle MOI avoue qu’il est passé à coté « Même de Dieu, qui m'était, comme à tous les nôtres, donné .» Que restera t il, au deuxième cen tenaire de sa mort, de l'oeuvre de Mauriac, dont la famille s’est si pieu sentent occupée jusqu'à l’orée de l’an 2000 ?Des romans '.’ peut être pas.Quand il écrivit, en 1942 et 1943 (de mémoire, raconte la légende), ( ne histoire de la littérature française — qu'on redécouvre cette année avec-émerveillement grâce à la réédition dans.Les cahiers rouges » de chez Grasset — Kléber llaedens ne con sacrait que.neuf lignes à François Mauriac, « catholique moins explosif que Bernanos, mais plus trouble, (qui) sait décrire la région bordelaise, les vignes brûlées par le soleil, les forêts de pins et les bourgeois frelatés en rupture de sacristie et tourmentés par le péché.On dit, con cluait abruptement Rendons, qu’il peint des monstres.Les petits ( ! ) romans où il met la psychanalyse à la portée des gens du monde, échappent à la médiocrité par la vertu du style dépouillé et, malgré tout, clin lovant ((lenitrix.Le Noeud de vipé res) Mais on connaîtra des satisfactions plus aiguës auprès de Marcel François Mauriac et son fils Claude.Jouhandeau, le diable de- t’hamina dour ».Et c’est dans les Nouvelles Lettres d'une vie qu'on retrouvera les deux antagonistes que furent, à une coi laine époque, le romancier de Bordeaux et le •• chroniqueur » de Gué ret C'haminaelour.De- quoi satisfaire les curieux de la « petite » histoire lit téraire.LES MAÎTRES DE LA NOMENKLATURA Michael Voslensky traduit du russe par Josie Mély et Christine Zeytounian-Beloüs Paris, Belfond, 1989 Alice R4RIZEAU ettres gères Aérron EN GUISE d’analyse de l’ouvrage de Michael Voslensky oh a envie d’écrire que c’est un essai de premier ordre, dont la parution s’imposait depuis un certain temps déjà pour la compréhension de l’URSS.L’auteur, qui a de l’esprit à revendre, le don de l’observation et la patience de compléter des recherches longues et ennuyeuses, raconte l’histoire des maîtres de la Nomenklatura comme s’il brossait des tableaux de famille.À l’origine se situent Marx, Engels, Lénine et finalement Staline qui a établi la stabilité et la continuité du régime que les Soviétiques subissent depuis.De Staline, dont on se permet désormais de dire tout le mal qu’on veut, jusqu’à Gorbatchev, au sujet duquel on tient à notre époque de dire beaucoup de bien, des dizaines d’années se sont écoulées et des générations de la Nomenklatura ont pu consolider leurs privilèges.Grâce à la simplicité avec laquelle Michael Voslensky présente des sources inédites, on se demande pourquoi des détails d’une pareille importance ont échappé à ceux qui ont essayé avant lui de faire une enquête semblable.En fait, l’auteur est historien de formation et jusqu’à l’âge de 50 ans il a su, de son propre aveu, gravir plusieurs échelons d’une carrière tout à fait exceptionnelle en U RSS, à la fois scientifique et diplomatique.Traducteur au procès de Nuremberg, professeur à l’université Lumumba de Moscou, il a fréquenté la plupart des chefs d’État.Grâce à son travail au conseil de l’Académie des sciences sociales et comme membre du Comité central, il a pu, en outre, comprendre certains mé- canismes de cruauté, ce qui lui permet de traiter sur un ton légèrement ironique, dépourvu de haine, des personnages aussi monstrueux que Bé-ria, entre autres.Impossible de résumer ici ce volume de 400 pages, car il est trop dense, mais si l’on veut comprendre les événements et les changements qui se déroulent sous nos yeux et qui peuvent avoir des conséquences décisives pour notre avenir collectif, il faut le lire absolument.Michael Voslensky a le don à cet égard de nous démontrer en peu de mots que l’ignorance est un péché contre l’esprit et qu’il est temps qu’on le sache et qu’on le comprenne.Comme ce n’est pas un moralisateur, mais plutôt, à en juger par sa photographie, un monsieur aux cheveux blancs, au regard pénétrant et au sourire de bon vivant, on ne peut éviter de se laisser séduire par son écriture qui correspond à son image, à la fois précise et pétillante.Premier mythe qu’il examine de près : celui de l’idéalisme de Karl Marx qu’il présente, sur la base de citations de ses lettres et de certains de ses articles, comme un antisémite, bien que descendant de rabbins, un raciste et un antiféministe, parfaitement d’accord avec les idées de droite du journal viennois Die Presse qui le publie.En lisant ces citations, on ne peut s’empêcher de penser que l’idealisme de Marx était très théorique ! En ce qui concerne Lénine qui, selon plusieurs historiens, n’était pas responsable des exécutions massives ordonnés, selon eux, par Staline, Vos-kensky puise dans ses souvenirs d’enfance et démontre que cela est faux.Michael Voslensky brosse ensuite les portraits de Staline, des gens de la Nomenklatura qui l’entouraient, puis de ses successeurs en faisant ressortir des faits qui démontrent à quel point leurs comportements étaient dictés par la peur.U ne peur obsessive qui empêchait Staline de dormir la nuit et compliquait ses déplacements à un point tel qu’on a construit pour lui une ligne de métro personnelle.C’est Khrouchtchev seulement qui saura, à un moment donné, rompre avec cette psychose de la peur, dénoncer le culte de la personnalité et procéder à la déstalinisation, mais son entourage ne le suivra pas vraiment dans cette voie.A cet égard, l’insurrection de Budapest en 1956 et le lynchage des « Avoch », police secrète hongroise honnie, auront, semble-t-il, des conséquences très lourdes.« Des amis me rapportèrent ce qui se disait au ministère des Affaires étrangères, écrit Voslensky.Et si ça arrivait chez nous ?» La Nomenklatura peut bien s’accommoder de blagues vulgaires et des réactions imprévisibles de Khrouchtchev, mais jamais de la perspective de perdre la loyauté absolue de sa police secrète et d’assister à une « contre-révolution », dans « un pays frère ».Len tement, mais sûrement, à la faveur de plusieurs intrigues, ententes et accords tacites entre individus et groupes, on prépare dès lors la succession de Nikita Khrouchtchev .Michael Voslensky semble en parler en connaissance de cause puisqu’il détient alors un poste d’observation de choix comme membre du conseil de l’Académie des sciences sociales auprès du Comité central.Tantôt, il croise Brejnev, dont il pense beaucoup de mal, et tantôt Andropov, le président du KGB, ancien ambassadeur de l’U RSS à Budapest, chaleureusement félicité pour son rôle pendant l’insurrection de 1956 et considéré depuis comme une « étoile montante ».À force de dessiner avec exactitude le parcours des maîtres du Kremlin, il donne une image différente de l’évolution récente de l’U RSS ; il n’en reste pas moins qu'à notre époque, c’est celle de Michail Gorbatchev qui revêt le plus d’importance.Le chapitre qui lui est consacré précède, d’ailleurs, en toute logique celui des conclusions générales où l’auteur traite des réformes entreprises en ce moment et de l’avenir de la Nomenklatura, la classe privilégiée, à qui ces réformes peuvent coûter cher.Car, autant dans le système démocratique la faillite est une forme de sanction, autant en URSS la disgrâce politique équivaut à la ruine et à une sorte de mort civile.« Il faut louer Gorbatchev, constate Michael Voslensky pour tout ce qu’il a accompli de positif.Mais remarquons tout de même qu’on est encore loin de voir l’URSS, dictature de la Nomenklatura, transformée en pays normal et civilisé.Gorbatchev a fait bouger l’économie et la poli- LA BONNE LITTÉRATURE CHEZ vlb l * L Tt • (ri Lr i j X K/kTi* lire Ülai- L'arvçe de la solitude Marie-Claire Blais L ANGE DE LA SOLITUDE Le nouveau roman de Marie-Claire Blais.De jeunes femmes artistes, réunies pour le meilleur et pour le pire dans une commune très fin de siècle, se débattent au milieu de tensions de toutes sortes et en appellent à la solidarité.Un grand moment de littérature! ____ Denise Hébert et Pauline Julien i36 pages -12.95$ NÉPAL: L’ÉCHAPPÉE BELLE Deux récits d’un même voyage, né d’un même rêve, celui de découvrir l’Asie, cette face cachée du monde pour nous.Occidentaux.Deux femmes, l’une est peintre, l’autre, chanteuse renommée, nous invitent au voyage et nous livrent leurs impressions R fabuleuses, avec photos à l’appui! nun»/ Jui i«» fffÿ/P.Nip»li *V'.L'rfchapp*» b*U« «fer 152 pages — 14,95$ JU Lin* Oient Les talons cubains 360 pages — 18,95$ Lise Daoust LES TALONS CUBAINS Voici le roman du début des années soixante et de la Révolution tranquille! Stella est dactylo dans un pool de secrétaires, à Montréal.Elle fait le difficile apprentissage de l’amour, entre les rêves et ses lectures.Lise Daoust nous fait revivre toute une époque inoubliable! Vlb éditeur DE LA GRAKiDE LITTÉRATURE tique soviétique mais .un poète anonyme avait écrit en paraphrasant le poème de Pouchkine dédié aux décembristes : Camarade, elle passera/ La glasnost, aube ravissante/ Personne ne s’éveillera/ Et la Sûreté vigilante/ Nos noms saura et notera.» Ce qui ressort, toutefois, de cet essai sur les maîtres de la Nomenklatura, c’est que la disparition de cette classe dirigeante est aussi inévitable que celle des maîtres féodaux d’autrefois, mais que, comme eux, elle se défendra jusqu'au bout et ne pourra être balayée qu’à la faveur d’une révolution ou d’une guerre mondiale du type traditionnel.Et Michael Voslensky termine son analyse sur une note optimiste en constatant que l’avenir sera certainement moins cruel et moins sanguinaire que le passé.« Tout ce qu’on peut dire aujourd’hui, conclut-il, c’est que la future société soviétique ne sera pas l’enfant des fondateurs du marxisme et des maîtres de la Nomenklatura.Car notre monde bouge.À pas hésitants, dans une alternance de bonds en avant et de reculs, il va non pas de la liberté vers l’esclavage, mais de l’esclavage vers la liberté.» La question qui se pose consiste, en somme, à savoir si les jeunes Soviétiques sont prêts à attendre, comme leurs aînés, les résultats d’une évolution au visage incertain .Les librairies Flammarion Scorpion 4380 St-Denis 284-36
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.