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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 1989-09-09, Collections de BAnQ.

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igpKfiSS r mmsm mm Q Montréal, samedi 9 septembre 1989 LE JEU DE LA RENTRÉE GUY FERLAND EN LITTÉRATURE, une curieuse coutume veut que l’année commence au mois de septembre.On nomme cette période d’une expression peu commune : la rentrée littéraire.Pendant cette saison qui dure trois mois, comme les autres, les nouveautés abondent.C’est, ni plus ni moins, la renaissance après le silence de l’été.Les auteurs sortent de leur terrier, à Cape Cod ou ailleurs dans la belle province, et ils dévoilent leur dernier-né issu d’un accouchement parfois douloureux, mais jamais re- gretté.La littérature québécoise se porte bien.On le dit à chaque rentrée parce que le nombre imposant de nouveaux titres témoigne d’une certaine vitalité, du moins quant à l’industrie du livre.Cet automne est semblable aux autres rentrées : avalanche de nouveautés.Mais on note une légère baisse dans la production romanesque.Boréal, VLB éditeur et Québec/Amérique, pour ne nommer que ceux là, publient parcimonieusement des romans.Seul Leméac, qui prend du poil de la bête, ose y aller carrément avec six romans en cette rentrée.Évidemment, la production littéraire est d’inégale valeur.Les critiques littéraires ne savent plus où donner de la tête, s’ils l’ont jamais su, et les lecteurs semblent désorientés.Pourtant, un survol rapide de la production annoncée promet des valeurs sûres desquelles on est en droit d’attendre un minimum de qualité littéraire.Pour vous les présenter, on vous propose le jeu de la rentrée littéraire.Il s’agit, tout simplement, de trouver les noms des auteurs en partant des indices fournis.Par exemple : On parle de son roman depuis trois semai- nes.C’est l’auteur-dramaturge québécois le plus connu au Québec et en France.Les éditions Leméac comptent beaucoup sur son cinquième volume des Chroniques du Plateau Mont-Royal, Le premier quartier lie la lune, pour renflouer les coffres de la maison.Pas besoin de plus de détails pour deviner qu’il s’agit de Michel Tremblay.Si d’aventure vous ne trouvez pas le nom des écrivains en question à partir des indices fournis, vous pouvez toujours vous référer à la liste des principales nouveautés classées par éditeur.Maintenant, à vous de jouer.Il a publié récemment Les années d’apprentissage chez Leméac.Ce premier volume d’une série de cinq intitulé L’oiseau de feu était attendu avec impatience depuis la publication de Le sang du souvenir et du recueil de nouvelles Le métamorfaux.Il est sûrement un des meilleurs écrivains québécois.On lui doit, entre autres, des.romans importants comme Volkswagen blues, Le coeur de la baleine bleue, Les grandes marées, etc.Il publie enfin, après quelques années d’absence, un nouveau roman au titre nostalgique Le vieux chagrin chez Leméac.L’incontournable critique littéraire du DEVOIR a pris sa retraite au début de l’été.Il est toutefois encore pleinement actif dans le domaine de la littérature.Président du centre francophone du PEN club international du Canada qui organise un immense congrès fin septembre à Montréal, il a fait paraître l’année dernière un roman diplomatique intitulé Entre toutes les Femmes chez Leméac.Il raconte quelques-uns de ses souvenirs dans Fragments d'une enfance chez Leméac.Guérin littérature publie également des choix dans l’oeuvre de cet écrivain.Poète national le plus connu hors du Québec, éminence grise dans le domaine de l’édition et des lettres québécoise, il n’a pourtant publié qu’un seul livre qui a toutefois marqué la littérature québécoise : L’homme rapaillé.Il- fait un retour après une longue période de silence littéraire, pas verbal, avec la publication d’une correspondance entre lui et Claude Haeffely, À bout portant, chez Leméac.Il a failli se présenter à l’investiture du Parti québécois comme député dans Outremont.Il écrit des romans policiers et quelques-uns de ses romans sont devenus des classiques.La petite patrie, Pleure pas Germaine, Éthel et le terroriste, par exemple.Cet automne paraîtra le deuxième tome de son journal pour le moins controversé chez Leméac.¦v f.i Il produit beaucoup cet automne.Il publie, avec John Hare et Paul Wyczynski, un Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord chez Tides.L’ouvrage de référence comprend des notes biographiques et bibliographiques sur près de 1,600 auteurs.Il est professeur de littérature à l’Université de Montréal et est reconnu comme l’un des grands spécialistes de l’oeuvre d’Alexandre Dumas.Parti sur les traces de l’auteur des Trois mousquetaires à moto: cyclette, il publie deux ouvrages importants, Dictionnaire Dumas et L’Habitation St-Ybars.Mort il y a un an sur l’île d’Orléans, le chansonier, poète, écrivain a marqué l’histoire du Québec.Ses trois premiers livres, Adagio, Allegro et Andante l’ont rendu célèbre et sont réédités en format de poche chez BQ.Les éditions Fides publient en album de luxe richement illustré de son roman Le fou de l'île à la mémoire du regretté chantre du pays.f* Lf lL Lr * Le jeune auteur du Souffle de l’Harmattan, qui sera incidemment réimprimé en format de poche, publie un deuxième roman attendu, Terre du roi Christian, toujours chez Quinze éditeur.Elle avait publié avec succès Au nom du père et du fils.Elle fait paraître un roman intitulé Sire Gaby du lac chez Quinze éditeur.Directeur du service des lettres au Conseil des arts du Canada, né en Irak, col laborateur au DEVOIR, le récent lauréat de l’ordre des arts et lettres de France a écrit un nouveau roman dont on dit qu’il est son meilleur, intitulé La fortune du passager dans la collection L’Arbre de HMH.Ses livres les plus connus sont : Le repos et l’oubli et Adieu Ba-bylone Il a marqué plusieurs générations de communicateurs scientifiques avec son émission Aujourd’hui la science dont on a tiré l’ouvrage Le cristal et la chimère chez Libre Expression.Les éditions Libre Expression ont également publié quelques-uns de ses essais dans le volume intitulé La bombe et l'orchidée.Cette année, Libre Expression publie une biographie du regretté vulgarisateur scientifique écrite par Jean-Marc Carpentier et Danielle Ouellet.msim L’auteur du récit comique Nulle part au Texas revient avec un roman, Les plaines à l’envers, chez Libre Expression, dans lequel il raconte l’histoire du tournage d’un drôle de film.Le jeune auteur iconoclaste de Une mort vaut mille mots récidive dans le crime et publie un roman « rock » éclaté intitulé Kafka Kalmar chez Québec/ Amérique.L’auteur de L’échappée des discours de l'oeil, qui paraissent en poche dans la collection Typo, publie un roman intitulé La fête du désir chez Québec/Amérique.Auteur prolifique, presque démesuré, autant pour la littérature que pour la télévision, il a fondé sa propore maison d’édition dans les années 70.Il a écrit Jos connaissant, Race de monde, Don qui-chotte de la Démanche, Monsieur Melville, et bien d’autres.Il publie chez Stanké le deuxième tome de L'héritage dont est tirée la célèbre série télévisée.Elle a écrit la pièce de théâtre controversée Les fées ont soif, qui sera rééditée en format de poche dans la collection Typo, et elle publie cet automne son premier roman, Les crapauds, à L’Hexagone.’jin/iemim «rrn Fille a remporté le prix Molson de l’Académie canadienne-française pour son dernier roman Encore une partie pourBerri.Elle fait paraître un nouveau roman ayant pour titre Pitié pour les salauds à l’Hexagone.Cinéaste du fleuve et poète, homme au flot de paroles intarissable et connaissant très bien les travers humains, il publie à l’Hexagone le second volet de la traversée Saint-Malo/Québec qu’il avait déjà mise en images sous le titre de La grande traversée.On lui doit, entre autres, le film La bête lumineuse.Voir page D - 8 :Le Jeu Pauline Harvey Pitié pour les salauds! Koman Après Encore une partie pour Berri (Prix Molson de l’Académie canadienne-française), vous lirez avec ravissement et frémissement le quatrième roman de Pauline Harvey Pitié pour les salauds! .«Un livre dur et complexe, une sorte de petite fresque impitoyable des temps modernes.Dans la grande masse graisseuse des livres de sa génération, ce roman fait partie des os.Pas étonnant qu’on s’y casse une ou deux dents.» Jean Basile, La Presse • l’Hexagone PAUL] l’Hexagone ntlf de l’édition littéraire québécoise ROMAN ROMAN ) f L D-2 ¦ Le Devoir, samedi 9 septembre 1989 • le plaisir de s mes Entre le rêve et la réalité LE PREMIER QUARTIER DÊ LA LUNE Michel Tremblay Leméac, 1989, 283 pages.I R4RIZEAU IL EST particulièrement difficile d’osciller dans un roman entre le rêve et la réalité et entre trois niveaux de langage.Par ailleurs, il faut avoir la passion de son pays et surtout l’immense talent de Michel Tremblay pour mettre en scène des dames Lauzon, Ouimet et tout un petit monde, banal en apparence, et le rendre attachant.Soeurs et belle-soeurs campent là dans des appartements trop exigus, se déchirent, se dénigrent et se détestent, mais malgré cette façon qu’elles ont d’exprimer leurs sentiments qui se situent-qnelque part entre le langage et les borborygmes, sous la plume de Tremblay elles deviennent fascinantes.« Ça peut pas durer comme ça longtemps.Si j’reste icitte, j’vas venir folle pis vous allez être obligés de m’enfarmer .Chus pas faite pour ça.Chus pas faite pour la tranquillité pis la paix.J’angoisse, icitte.À deux heures de l’après-midi, quand y’-a pus personne pis que j’sais que j’verrai pas un verrat de client avant cinq heures et demie, j’pourrais toute casser ! Chus faite .chus faite pour le bruit, pis le mouvement, pis la boucane de cigarette, pis la senteur d’là bière pis du fort.Chus faite pour encourager les marcheuses, sur le stage, pis décourager les mains entre les tables.» Bref, ce n’est plus « je pense donc je suis », mais « il me faut du bruit et des garé « épais » pour me persuader que j’existe.Or, il suffit de relire ce bout de dialogue, replacé dans les descriptions qui le précèdent dans le roman, pour se rendre compte qu’il est aussi émouvant que certaines tirades du répertoire classique.Dans Le premier quartier de la lune la superposition du langage composé de borborygmes et de la langue française que Michel Tremblay possède à perfection fait ressortir, ainsi, une autre dimension de ses personnages qui s’apparente à celle de Tennessee Williams dans Un tramway nommé Désir, ou encore, en peinture, à ce regard de Toulouse-Lautrec qui a immortalisé la Goulue.En fait, dans son dernier roman, M.Tremblay va plus loin encore que dans l’ensemble de son oeuvre dans l’expérimentation du langage.C’est ainsi qu’il met en scène les enfants dont les modes d’expression sont différents quand ils communiquent entre eux de ceux qu’ils utilisent pour répondre à leurs professeurs à li*****'"••*•* ; PHOTO JACQUES GRENIER « Le premier quartier de la lune est dans ce sens une oeuvre majeure qui va marquer la production littéraire québécoise.Ce qui distingue le roman et la place dans une catégorie à part c’est sa trame qui comprend une série d’images précises, concrètes et parfaitement conformes aux réalités d’un certain milieu urbain qui a existé et qui existe toujours ».l’école, ou encore à leurs parents.En tant que dramaturge, l’auteur a certes une expérience spécifique dans le domaine des dialogues, mais c’est un tour de force, et ceux qui écrivent le savent, de rendre authentiques les raisonnements, les joies et les peines de l’enfance tout en respectant rigoureusement la différenciation des personnages.Le premier quartier de la lune est on ne peut plus « vrai » également par ses descriptions.C'est ainsi qu’au moment où l’histoire commence, l’été surprend brusquement un petit garçon de neuf ans qui regarde en silence sa rue du haut de l’escalier ex- térieur de la maison qu’il habite.Ces escaliers noirs en fer, c’est le symbole des villes nord-américaines où la bêtise des architectes a permis que des générations de femmes les descendent et les remontent pendant des longs hivers sur la neige et sur la glace.Combien de mères de famille ont dû subir la crainte de tomber, un bébé dans les bras, parce que des ?ens inconscients, pour quelques conomies sordides, ont décidé que cela n'avait vraiment aucune importance ?L’autre symbole de cette journée du 20 juin, c’est l’obligation pour un groupe d’enfants de la rue Fabre de subir des examens scolaires avant de quitter défuuüvement leur classe pour retrouver à la rentrée, en au tomne, celle d’un autre niveau.Sur cet événement important se greffe l’histoire personnelle de deux gai çons qui vivront, chacun à sa manière, ce tournant décisif dans leur existence, aidés par des adultes qui font pleuvoir sur leurs têtes des ta loches et dont les cris les poursuivent dans la rue.Manifestations d’une autorité désordonnée, preuve d’im puissance des mères face à l’éducation de leurs enfants qui, pourtant, cherchent des modèles de conduites à suivre.Et c’est ainsi que les descriptions préparent et introduisent les comportements des personnages de premier plan.Oui, il est évident, à cause de la trame du récit qui correspond à la réalité des choses, que Marcel est malade.Personne ne tente pour autant, et cela aussi est conforme à la vie, de comprendre ce que ressent ce petit épileptique, dernier de classe, et où sa maladie va le mener.Michel Tremblay ne sait pas sans doute à quel point son roman est proche des analyses scientifiques de certains phénomènes de l’enfance malheureuse, qu’il n’a pas lû selon toute probabilité.Toutefois, ce qui est déssèchant et complexe dans un essai, devient émouvant et limpide sous la plume du romancier qui réussit par ailleurs à éviter les tons mélodramatiques, si fréquents dans les descriptions qui mettent en scène des enfants.Soulignons en passant que la maladie de Marcel, ses crises, son déséquilibre, sont à l’origine de certains de ses comportements qui, racontés par Michel Tremblay, n’ont rien de scabreux puisqu’il s’agit d’un immense besoin de tendresse.En même temps on découvre tout un monde, tissé de rêves, dans lequel Marcel évolue avec son chat Duplessis.La belle maison, dont le jardin devient son refuge, est inhabitée.La paix et le silence régnent là et personne ne peut plus l’atteindre, ni le déranger quand il entraîne son cousin.Personne, en dehors de la maladie qui s’empare de son corps, de son cerveau et qui l’éloigne fatalement des autres y compris le fils de la grosse femme qu’il aime.L’enfance c’est bien l’époque des rêves, mais pour Marcel et pour ceux qui lui ressemblent c’est aussi, et souvent surtout, celle des angoisses que rien ne leur permet de surmonter.Ce sont là des sentiments complexes, particulièrement difficiles à décrire et, par conséquent, généralement escamotés, même chez des écrivains aussi importants que Charles Dickens, par exemple, où la cruauté de l’adulte a préséance sur la bêtise, beaucoup plus fréquente pourtant de nos jours.J’avoue humblement que je n’aime pas les romans de l’enfance et que généralement, publicité annonçant la possibilité du prix Concourt, ou pas, comme ce fut récemment le cas pour un écrivain français, je les évite ! Or, je n’ai pas été en mesure de laisser le livre de Michel Tremblay, une fois commencé, ce qui démontre que les sujets importent peu et que seul compte le talent avec lequel on les traite.Le premier quartier de la lune est dans ce sens une oeuvre majeure qui va marquer la production littéraire québécoise.Ce qui distingue le roman et la place dans une catégorie à part c’est sa trame qui comprend une série d’images précises, concrètes et parfaitement conformes aux réalités d’un certain milieu urbain qui a existé et qui existe toujours.Dépourvues de violence ces images sont néanmoins d’une intensité telle qu’on ne peut leur échapper et qu’elles restent présentes une fois le bouquin terminé et rangé sur les rayons d’une bibliothèque.Et puis il y a les personnages de Marcel et de son cousin, un jeune garçon comme bien d’autres qu’on rencontre dans les rues d’une grande ville et de ces femmes qui tentent d’échapper à leur destin en la quittant et qu'on ne voit plus de la même façon ! Un roman à lire et à relire.QUAND IL S’AGIT DE DICTIONNAIRES.Petit Robert I dictionnaire de la langue française DICTIONNAIRE DU FRANÇAIS Dictionnaire du Français Plus à l’usage des francophones d’Amérique 49^ 34 95$ Petit Robert II dictionnaire universel des noms propres 72^5* Robert & COLLINS Robert et Collins dictionnaire français-anglais / anglais-français Jé,9T JEAN CLAULL CoiUiUi.Aj^Aî.i AWCH DICTIONNAIRE THEMATIQUE VISUEL FRANÇAIS/ANGLAIS FRENCH/ENGUSH DICTIONARY Dictionnaire Thématique visuel français-anglais / anglais-français (nouvelle édition) 39,95* l)ICITONNAIRi:!!ORIi\S SYNONYMES ANALOGIES ANTONYMES Dictionnaire Bordas des synonymes, antonymes et analogies 29,95* 21 95$ MULTI DICTIONNAIRE llKIHOl.Ktm t.H VMM tIKt.l OVJllUIHlV PRONOM Ut ION tbHMUIlON» tNf |ql l t\r.LU l»Mt -( \NtnUM«Mt» nrot.it tPHif Multi- Dictionnaire des difficultés de la langue française 39,95s HARRAPS SHORTER Frendi-English DICTIONARY DICTIONNAIRE Anglais-Franrais Harrap Shorter dictionnaire français-anglais / anglais-français 39,95 r L'art de conjuguer Le nouveau Béscherelle Dut >i isse illustre IVVf., 7/“' Petit Larousse illustré 1990 49,95s 95$ GREVISSE Kle bon usage ANDRE: GOOSSE Le bon usage 2^95s* Service courtois et professionnel Mezzanine, station Berri-UQAM Montréal, Québec, H2L 2( 9 845-5243 Librairie agréée (anadastauiurite \ Genuine Werriam Webster 34 Webster’s ninth new collegiate dictionnary 22,95s Le Devoir, samedi 9 septembre 1989 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Le roman en laboratoire PITIÉ POUR LES SALAUDS I Pauline Harvey L’Hexagone Montréal 1989,192 pages.Jean-Roch BOI7IN Lettres A québécoises Si vous n’avez jamais lu de roman de Pauline Harvey, n’allez pas commencer avec Pitié pour les salauds ! Cela dit, vous avez alors ignoré l’un des écrivains majeurs, l’une des voix les plus originales de la décennie 80 et de cette génération dite des baby-boomers.(De façon erronée, me semble-t-il.N’était-ce pas plutôt, ici en tout cas, le début de la fin des grosses familles ?) On pourrait dire une enfant du glasnot québécois, d’un Québec aux fenêtres ouvertes.Si vous avez lu un de ses romans, il y a fort à parier que vous les avez lus tous les trois, non seulement parce qu’ils jouent également d’un enchantement efficace et sournois, avec des airs de raconter des histoires pour grands enfants, mais aussi parce que l’Institution littéraire en a immédiatement signalé la qualité en leur accordant à chaque fois un prix important.Le deuxième momopoly des précieux et La Ville aux geux ont obtenu le Prix des jeunes écrivains du Journal de Montrai en 1982.En 1985, le Prix Molson de l’Académie cana-dienne-française reconnaissait Encore une partie pour Bern comme le meilleur roman de l’année.Si vous avez lu et aimé les romans de Pauline Harvey, alors vous êtes mûrs pour le test à l’acide de PITIÉ .! C’est un roman d’une lecture exigeante puisque, au lieu de se mettre au service des personnages et de broder la dentelle de leurs destins raccommodés, il s’intéresse à sa propre gestation.La narratrice, Georgia, raconte donc sa grossesse littéraire, inséminée par un rêve où c’était son frère, le beau Treffley, qui lui disait avoir écrit un roman intitulé Pitié pour les salauds ! « Pas que j’y croyais le moins du monde.Mais je youlais avoir écrit Pitié pour les salauds ! C’était irrésistible.Je ferais ça.Je ne savais pas du tout ce que serait ce livre et pourtant je le voyais déjà tel qu’il est maintenant entre vos mains, tel que je suis en train de le taper pour la dernière fois.Voilà, j’ai fait ça : c’était le prin- Paullne Harvey temps et j’ai écrit Pitié pour les salauds ! Et puis il y a eu un autre hiver et un autre printemps, et j’écrivais toujours Pitié pour les salauds ! J’ai inventé cet angle, j’ai forcé la perception qu’on avait de moi.» L’auteure, on le constate, risque tout, et de perdre les lecteurs timorés.Aussi adjoint-elle au roman des tribulations de Georgia une introduction et un avant-propos.En quarante-quatre courts chapitres, elle nous présente son théâtre intime.Dès les premières lignes, elle précise : « Dans l’histoire que je vais raconter, les autres vont sembler occuper une place importante.Mais je tiens à dire tout de suite que je n’ai connu aucune de ces personnes.C’est pourquoi, sans doute, je ne leur donnerai pas la place — réellement importante — qu’elles auraient méritée si elles avaient véritablement existé.Je suis seule dans la pièce où j’écris l’histoire de ces personnages.» Ces préliminaires feront les délices des aficionados de théorie littéraire, et gagneront au roman l’adhésion des lecteurs qui, autrement, se trouveraient réticents à voir le roman se retourner sur lui-même comme un gant.Il y a de la prouesse quand l’auteure nous présente ses personnages, nous aiguisant un appétit pour leurs jeux fantasques, puis les laisse filer hors-cadre, les ramène un instant et s’en laisse distraire impunément, comme pour illustrer leur relation parfaitement accessoire au roman qui s’écrit.Ainsi de Treffley qui écrit bien un roman, mais celui-là s’intitule Isaac Merflo- rêst.« Pourquoi Isaac ?» lui demandera sa soeur.La réponse se perdra car, au fond, ce qui intéresse Georgia c’est de savoir ce ^ue c’est qu’un salaud.Et la question se ^erd car, ne sommes-nous 't as tous dés salauds ?Jules, par exemple, la fille de Melda qui tient le « Melda Bar » où se retrouveront à divers moments tous les personnages, jumelle de Laura, beauté parfaite, a des transes de théâtres.Quand Georgia l’a rencontrée, elle était habillée en mousquetaire.Quand ça la saisit, Jules vit sous l’empire hallucinatoire d’une pièce qu’elle n'arrive pas à écrire.Comme elle est possédée par le sexe parfois.Elle ira jusqu’à masturber un cougar.Elle mourra, je ne sais comment, même si j'ai lu le roman deux fois.Comme un fan de Pauline Harvey, assouvissant ma complaisance.Avec la fascination qu’on éprouve pour les équilibrâtes, précisément parce qu'ils risquent de se casser le cou.La grande force de Pauline Harvey dans ses romans c’est de savoir fabriquer (peindre serait plus exact) ses personnages.Montréal même, y devient personnage, un lieu mythique.Or ici, les personnages s’immiscent dans la narration, comme s’ils n’y étaient pas invités à juste titre.L’effet est pervers et le roman courageux sera simplement trop déroutant pour ceux qui n’ont que faire de la littérature en laboratoire.Quand elle sera bien vieille et que ses livres occuperont tout un rayon de ma bibliothèque, on parlera peut-être de Pitié pour les salauds ! comme d’un roman de transition dans l’oeuvre de Pauline Harvey.On en parlera, très certainement, et de l’oeuvre incontournable de Pauline Harvey.'i'iliïl / mini r; *L j Jacques Folch-Rlbas PHOTO LOUISE LEMIEUX Robert Lalonde Les Québécois rentrent à Paris LES ÉCRIVAINS québécois font une brillante rentrée littéraire à Paris.Outre le Multidictionnairede Marie-Êva de Villers qui devient Le Dico pratique chez Larousse, Marie-Claire Blais, Yves Beauchemin, Jacques Folch-Ribas et Robert Lalonde publient des romans chez des éditeurs Français.Marie-Claire Blais, publie L’ange de la solitude chez Bel-fond; Yves Beauchemin fait paraître sa Juliette Pomerleau chez de Fal-lois; Jacques Folch-Ribas publie son nouveau roman La chair de Pierre chez Robert Laffont et Robert Lalonde voit son nouveau roman Le diable en personne publié par le Seuil.C’est donc une belle fournée littéraire québécoise outre-Atlanti-que.L’ÉDITEUR QUÉBÉCOIS VLB a déménagé ses pénates sur l’avenue Lajoie, plus adaptée à l’atmosphère de la maison, dans Outremont au 1339.Le nouveau numéro de téléphone est le 270-6800.JACQUES BROSSARD, l’auteur de Les années d’apprentissage (Le-méac), premier volet d’une série de cinq romans intitulée L’oiseau de feu sera à la librairie Hermès cet après-midi pour rencontrer le public entre 14 h et 16 h.LA SOCIÉTÉ littéraire de Laval reprend ses activités lundi le 11 sep- tembre à 18 h 30 en recevant le poète, journaliste et essayiste Jean Royer au restaurant Au vieux Duluth, 1670, boul.Saint Martin ouest.Pour les réservations appelez au 744-1847 et 667-1138.Le coeur découvert de Michel Tremblay sera traduit en allemand chez Bruno Gmünder à l’automne 90.Dans le cadre du mois de lu photo, la revue Ciel variable lance son numéro 9, 60 photos, 60 photographes dimanche le 10 septembre entre 16 h et 20 h au Bistro 4,4040, boul.Saint-Laurent.Informations : 271-3431.Liban ou iSRàël GÉRARD RKHBAN ÉDITIONS ZGHARTA C.l».428, Bcloeil, Qué.J3G 5S9 Veuillez m’envoyez le livre "Liban ou IsraëI» Nom:.Adresse:.Code posiul:.Ci-inclus un chique ou mandai de 15,00$, fait :t l'ordre des éditions Zgharta RENTREE SEU IL ïtieï@C SOTS!®?et de VouMi -Luc Ben S-füT rorrul" Jiuxdem^ -crruMfi mec tTafôuee Ç?Lles vicissitudes V—rTTTo l p*mI un scénario P‘«s c\ass\que^U"eotsV rtrP ^ A TB1L1WE POUMENC Les compta'115 1 du Sua ions'* PU 1 u„.om»»s“''T"e venais une invention littéraire sens exempte-Roman.416 p' \ un »» > _ las encore * Roman.304 P- NMiiofl VASSlUS Paris-Athènes etauxbêtes «.mo*5 Sanstricherie ns»ir langues.deUX Roman.22* P- tnt inspired un ,fS authentique n du’siècte cette histoire i et d’une soeu • Le rituel des dunes |0»*** En attendant la guette ioa>M ou stc11- mi» ternom OeiSSSL u^tnîreS - histoires ¦ O »» S ** tniTions DU passionet rîAdir.t'lO fiction „ .-lM1 bâti pour -CS-—- \m«***^ r-ïïrsïï-* Roman,20® P' sa mémoire-»"® P'u%UdVdesa'pt°Pre SeAurècitqu1» h,S ,*nd pourléfluer entteptenuP° Wsse -.SS*»*-*: étrange qu» »u v longtemps mec Roman.320 P- aux tOlTIOSSDU ttU.L ssfiÆSSf* r\cie
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