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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1989-10-21, Collections de BAnQ.

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PHOTO JACQUES GRENIER irai mmw, K3xs«/Wk: .7,1.' mm.Vùtk f ¦ ft B mm '«SÆ «C*l AM»K* :'^***j ¦ ;• • 0 llii HfiaMl Librairie Champlgny 4474, rue Sl OtnU Montreal (Quebec) 844-2587 »hàî1h 4EPT JOURS /RM mm?>] B • I HEXAGONE !fora> «K?* Montréal, samedi 21 octobre 1989 Les plaines à l’envers L'auteur de Nulle part au Texas et de Agenor, Agenor, Agenor et Agenor nous revient chez Libre Expression avec un roman qui se déroule cette fois au Québec, qui nous présente un scénariste et sa co-scénariste et un dénouement inattendu sur les plaines d'Abraham.FRANÇOIS BARCELO Comment le souvenir de Rachel s’était-il infiltré dans ses pensées ?Lorsqu’il se posa la question, Noël Robert fut d’autant plus incapable d’y répondre que, depuis quelques instants, au souvenir de Rachel s’était ajouté celui de Monique.Puis le souvenir plus vif encore de Micheline se superposa aux deux autres.Cela s’arrêta là, car c’étaient, avec France, les seules femmes qui avaient eu une certaine importance dans sa vie.Il avait eu quelques autres aventures éphémères, mais ces quatre femmes étaient les seules qui avaient compté pour lui.Il avait été marié à Rachel pendant deux ans.Monique avait en quelque sorte fait le pont avant son mariage avec France.Micheline était la seule dont il avait fait la connaissance après son second mariage.Et elle était justement le genre de femme que France n’aurait pas aimé qu’il connût.Elle riait souvent, semblait l’admirer pour des raisons qu’il n’arrivait pas à percer.Elle était douce avec lui.Et il n’avait jamais très bien compris non plus pourquoi elle lui avait un jour remis une note lui annonçant que tout était fini.Il se rendait maintenant par- faitement compte que ces quatre femmes — France y compris — avaient toutes été impeccables avec lui.Elles avaient été des compagnes agréables, des maîtresses passionnées, et même parfois un peu sa mère quand il paraissait regretter d’être orphelin.Il lui vint l’idée d’écrire à Rachel, Micheline et Monique une seule lettre avec son ordinateur en apportant simplement les changements nécessaires pour la personnaliser selon chacune des trois destinataires.« Ma xx chérie », écrivit-il d’abord.Il n’aurait ensuite qu’à remplacer « xx » par un des trois prénoms.« Je ne sais trop pourquoi je me suis mis à penser à toi aujourd’hui.» Il continua, s’efforçant d’écrire une lettre plus amicale qu’amoureuse.Il parla beaucoup de lui — du scénario qu’il écrivait — et ne se gêna pas pour mentionner France.Il n’avait pas envie que l’une des trois — et à plus forte raison les trois — s’imaginât qu’il voulait la revoir et tentât de le relancer.Lorsqu’il fut satisfait de sa lettre, il en fit une première version pour Rachel; une deuxième, pour Micheline, dans laquelle il ajouta une allusion à sa note de rupture; et une troisième pour Monique, dont il retrancha cette allusion.Il allait mettre l’imprimante en marche lorsque le téléphone sonna.C’était Roch Marcoux, qui voulait simplement des nouvelles du scénario.Il n’y en avait pas.Le producteur ne sembla pas s’en inquiéter outre mesure.Noël Robert raccrocha.Il imprima les trois lettres, les signa, les glissa dans des enveloppes qu’il scella.Puis il se rendit compte qu’il ne savait plus quelle Voir page D - 6 : Inédit Nos pauvres bibliothèques FRANÇOISE LAFLEUR Le rapport Sauvageau soulignait en 1987 l’état de sous-dé-veloppement des bibliothèques publiques du Québec, tant du côté des ressources documentaires qu’humaines et financières.Par exemple, en 1985, le fonds documentaire québécois représentait 1.56 volume par habitant par rapport à une moyenne nationale de 2.2 volumes par tête.L’Ontario venait au premier rang avec un ratio de 2.76 et l’Alberta en deuxième avec un taux de 2.42.En ce qui a trait aux dépenses totales des bibliothèques publiques, le Québec se situait alors en cinquième rang des provinces canadiennes avec une moyenne de $ 11.79 par tête comparativement à une moyenne nationale de $ 18.05 et de $24.59 en Ontario.En voulant donner suite aux mesures préconisées par la Commission d’étude (recommandations regroupées dans le rapport intitulé Les bibliothèques publiques, une responsabilité à partager), l’ex-ministre des Affaires culturelles, Lise Bacon, annonçait en avril dernier la création d’une Direction des bibliothèques publiques pour tenter de remédier à la situation.L’organisme a vu le jour en juin 1989.Le directeur de cette nouvelle unité administrative, Michel Bonneau, a donc pour mission de mettre sur pied divers moyens d’action tout en assurant la cohérence des interventions, de concert avec les directions régionales du ministère et les associations du milieu des bibliothèques.Jouant un rôle d’aide-conseil dans des domaines aussi variés que l’implantation de nou- velles bibliothèques, le développement des collections, l'informatisation, la coopération ou l’animation, la Direction des bibliothèques publiques assure également la gestion des programmes d’aide financière.« Notre principal mandat, c’est de faciliter le développe ment des bibliothèques sous tous ses aspects », explique Michel Bonneau.« Bien sûr, entre autres priorités, nous voulons mettre l’accent sur le renouvellement et le développement des collections qui commencent à souffrir de vieillissement ».Déjà en 1988, le gouvernement offrait une subvention de 50 % du budget d’acquisitions aux municipalités qui décidaient de consacrer un certain montant d’argent à l’achat de livres; pour chaque dollar investi à cet of-fet par la municipalité, le gouvernement allouait un montant équivalent, soit un dollar.« Nous maintiendrons cette politique de soutien cette année », ajoute Michel Bonneau.« Il s’agit d’une mesure qui incite les municipalités à investir davantage d’argent dans l’achat de volumes tout en permettant aux bibliothèques de rattraper le retard pour ce qui est du fonds documentaire ».Mais toutes les municipalités ne peuvent facilement se prévaloir de cette offre gouvernementale.Car « pour acheter du contenu, il faut d’abord un contenant », commente Michelle Dupuy, présidente de l’Association des directeurs de bibliothèques du Québec.Malgré toute leur bonne volonté d’acquérir davantage de volumes pour offrir à leur clientèle, certaines Voir page D - 6 : Bibliothèques Au poste des dépenses pour ses bibliothèques publiques, le Québec vient au cinquième rang des provinces.GUY FERLAND J’ai rencontré Pascal Quignard par hasard au bas d’un escalier.Je ne l’ai pas reconnu tout de suite.La dernière fois que je l’avais vu, c’était il y a 20 ans lorsqu'il entrait au comité de lecture des éditions Gallimard.Il avait alors la mèche rousse rebelle, les cheveux au vent, et il venait de publier deux essais sur Maurice Sève et Sacher-Masoch, La parole de la Délie et L’être du balbutiement.Il avait tout juste 20 ans.Vingt ans plus tard, il est toujours aussi plein de vie et souriant, même s’il a perdu quelques cheveux.Son dernier roman, Les escaliers de Chambord, est au plus fort de la course au Concourt et Quignard est surtout connu comme l’auteur, entre autres, du Salon du Wurtemberg.Les deux romans sont parus aux éditions Gallimard.Sur la première marche : ¦< Comment ça va ?Très bien Mon dernier roman est en lice pour le Goncourt.Si je l’obtiens, j’aurai certainement quelques lecteurs de plus.C’est ce que tout écrivain qui se respecte désire dans le fond.Et puis, une fois qu’on l’a obtenu, on ne peut plus l’avoir.J’en serai débarrassé dans l’avenir.Si je ne l’ai pas, tant pis.» Sur la deuxième marche : « Et le travail de lecteur chez Gallimard ?C’est toujours un rêve.Je n’aurais jamais cru qu’on pouvait vivre de la lecture.Pour moi, c’est un plaisir constant.» Sur la troisième marche : « Que raconte ton nouveau roman ?C’est très simple.J’ai voulu mettre en parallèle les sensations tenaces de l’enfance en rapport avec la vie adulte.Un collectionneur de jouets miniatures très riche parcourt le monde à la recherche d’objets de plus en plus rares.Dans ses déplacements, il rencontre plu- Voir page D - 6 : Quignard Une nomination au Goncourt, ça s'arrose .PAUL WARREN Le secret tin star system américain Une strategie du regard ESSAI :.V ï$ •1 11 ' h: L.fflSnlnp •wt'Ma s • X* if t «g ® jH i tk rTHTrfl gîaj ÉfS P ; H if tX-Jml Hi ffi •wy £j ¦ Une analyse captivante du pouvoir qu’exerce le cinéma américain dans le monde et, plus particulièrement, de son influence technique sur la manière de réaliser des films à succès.' Après avoir lu cet essai, il n’est plus possible de voir un film ou de regarder la télévision du même oeil ESSAI # l’Hexagone lieu distinctif de l'édition littéraire québécoise Pascal Quignard dans un escalier de Montréal D-2 ¦ Le Devoir, samedi 21 octobre 1989 Horrifiantes pages à MISERY Stephen King Paris, Albin Michel, 1989 391 pages SYLVIE MOISAN J E DOUTE qu’il puisse exister une seule personne au monde qui demeure insensible à ce dernier livre de Stephen King, que l’on soit amateur du genre ou pas.King nous livre là, en effet, un puissant thriller qui ne laisse pour ainsi dire aucun répit à son lecteur, et ce du tout début jusqu’à la fin.Depuis la publication de son roman Carrie, qui connut un immense succès et fit même, comme plusieurs autres de ses oeuvres, l’objet d’un film, Stephen King est devenu l’un des auteurs américains les plus lus à travers le monde.Que l’on songe à Shining, l'enfant lumière, à Sime-tierre ou encore à Brume et l’on comprendra que cet auteur soit ordinairement classé dans la catégorie des auteurs de fantastique.Pourtant, dans Misery, King déroge à bien des égards à ses habitudes.En effet, les éléments qui composent ce roman ne relèvent pas, à proprement parler, du fantastique.Il s’agirait plutôt ici d’une sorte de roman policier, avec un très fort suspense, bien entendu, et qui comporte cette part d’horreur omniprésente dans les oeuvres de cet auteur.Le côté « psychologique » y est également très développé.Tout au long du livre, le lecteur est amené à suivre la pensée du héros.Or, et c'est bien en cela que réside la particularité de ce roman, pour l’essentiel, ces réflexions tournent autour du phénomène de l’écriture, puisque ce héros est écrivain.King pose, en effet, ici les questions, par personnage interposé, de la liberté et de l’intégrité de l’écrivain, de son rôle dans la société, de son rapport à l’oeuvre écrite et de sa relation avec le lecteur.Comme quoi même un auteur à succès comme l'est ce Sheldon (et King ?) peut être confronté aux sempiternelles (mais combien réelles) angoisses de l’écrivain.Le personnage principal de ce récit, Paul Sheldon, est donc un auteur à succès.Il écrit depuis des années des romans qualifiés de « gothiques », c’est-à-dire cette sorte de romans sè situant dans le passé dans un décor composé de châteaux, de manoirs élégants et dont les protagonistes sont ordinairement de riches et séduisants membres de l’aristocratie qui vivent des amours contrariées mais finissent toujours par triompher des obstacles.L’héroïne de ses livres se nomme Misery.Un beau jour, las d’écrire ce genre de roman qui lui rapporte pourtant une fortune, il décide de tuer Misery dans ce qui sera, croit-il, le dernier roman de la série.Enfin libéré de sa créature, il écrit un nouveau livre, un « vrai » celui-là.Mais voilà qu’il fait un accident de voiture.Annie wilkes, une ancienne infirmière, le recueille chez elle et le soigne .à sa façon Fanatique des romans mettant en scène fa belle Misery, Annie ne pardonne pas à Sheldon de l’avoir tuée.Elle exige de lui qu’il écrive un nouveau roman dans lequel il la ressuscitera.Cloué dans une chaise roulante et bientôt complètement dépendant des drogues que lui donne Annie pour lutter contre la douleur, il n’a pas d’autre choix que de se mettre au travail.LES ÉCRITS DES FORGES INC.Trois-Rivières, Québec Objet 5,00 $ Les amateurs de sentiments 8,00 $ (Co-édition Le Dé Bleu) Installations 8,00 $ GRAND PRIX DE POÉSIE DE LA FONDATION LES FORGES — 1989 Amantes (Cassette audio) 10,00 $ (Co-édition Artalect) Fou-I’ Art-Noir 10,00$ (Co-édition Le Castor Astral) La dernière lois 5,00 $ CLANCIER GEORGES-EMMANUEL Tentative d’un cadastre amoureux 10,00$ CHOLETTE MARIO COHEN ANNIE et Radium 5,00$ GAGNON MADELEINE Les mots ont le temps de venir 8,00$ DARGIS DANIEL Continents neufs 8,00$ DESBIENS PATRICE Amour Ambulance 8,00$ FRÉCHETTE LOUIS La Légende d’un peuble (introduction de Claude Beausoleil) 10,00$ FRENETTE CHRISTIANE Cérémonie Mémoire 5,00$ LE GOUIC GÉRARD Fermé pour cause de poésie 10,00$ GUIMOND DANIEL Ne jamais rien dire 5,00$ LACHAPELLE CÔME La réplique du doute 5,00$ LANGEVIN GILBERT Né en avril 8,00$ LEDUC ANDRÉ Une barque sur la lune 5,00$ MALHERBE ALAIN Dlwan du piéton (Co-édition Le Dé Bleu) 10,00$ MAUFETTE GUY Le soir qui penche 8,00$ MÉUKROUBEN Ce peu d’espace entre les mots Co-édition Europe-Poésie) 10,00$ PELIEU CLAUDE La rue est un rêve 10,00$ PERRON JEAN Un scintillement de guitares 5,00$ POZIER BERNARD Un navire oublié dans un port 8,00$ TREMBLAY YVAN L’Espace Heureux 5,00 $ (Prix de poésie OCTAVE-CRÉMAZIE 1989 Salon international du Livre de Québec) VIGNEAULT FRANÇOIS Croquis pour un sourire 5,00$ COLLECTIF Des Forges # 27 (Sous la direction de Lucie Joubert) 5,00$ COLLECTIF Choisir la poésie en France (Sous la direction de Bernard Pozier) 12,00$ COLLECTIF La poésie mexicaine (Sous la direction de Claude Beausoleil) (co-édition le Castor Astral) 10,00$ COLLECTIF Québec Kérouac Blues 10,00$ COLLECTIF Les passions s’avalent (co-édition galerie Daniel) 5,00$ Distribution on librairies: PROLOGUE (514) 332-5860 Autres: DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON (819) 379-9813 LES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 BEAUCHAMP LOUISE BOISVERT YVES BROSSARD NICOLE BROSSARD NICOLE BUIN YVES CARDUCCI LISA lire ou.à Stephen King, auteur de pages à (aire frissonner.Les rapports de Sheldon et d’Annie sont ceux d’une victime avec son bourreau.King va très loin dans la description de ce qui s’avère être un lien de dépendance et de soumission totales et de la perte d’intégrité qui en découle nécessairement.Car Annie est aussi folle que l’on puisse se l’imaginer.Paranoïaque et sadique, elle a déjà à son actif plusieurs meurtres lorsqu’elle met la main suite pauvre Sheldon.Ce contexte nous vaut quelques-unes des pages parmi les plus horrifiantes qu’il m'ait été donné de lire et de .sauter.Certains passages vont, en effet, si loin dans l’horreur et la cruauté que je n’ai pas été capable d’en lire plus de quelques lignes.Tout au long du récit, le lecteur assistera à la rédaction du livre que Sheldon est contraint d’écrire.Il pourra même en lire quelques extraits qui sont reproduits dans le roman.King pousse le mimétisme jusqu’à restituer fidèlement l’appa- sauter rence du manuscrit, tapé à l’aide d’une machine à écrire à laquelle il manque quelques lettres.Mais le lecteur aura aussi le privilège de constater à quel point la fiction et le réel se confondent et s’entremêlent lors de l'écriture d’un livre, car Sheldon ne manque pas d’incorporer dans l’oeuvre qu’il écrit quelques-uns des éléments de sa vie avec Annie.À mesure qu’il rédige son roman, Sheldon prend conscience de l’importance de récriture dans son existence et de tous les mécanismes qui entrent en jeu lorsqu’il s’agit de créer, particulièrement quand votre vie en dépend.En effet, un peu comme Shéhérazade, Sheldon sait que tarit qu’il écrira, il demeurera en vie, car Annie a trop envie de connaître la suite de l’histoire pour en tuer l’auteur.Les rapports de force qui se nouent entre les deux personnages à cause du livre en cours d’écriture sont l’un des éléments essentiels qui composent ce roman, car si Sheldon est totalement dépendant d’Annie à cause de la domination physique qu'elle exerce sur lui, Annie, elle, est en quelque sorte captive de Sheldon à cause du pouvoir qu’il exerce sur elle grâce à son livre.Bien sûr, on n’a pas le droit de confondre les idées du personnage avec celles de l’auteur et d'en inférer que King, tout comme Sheldon, s’interroge sur les rapports qui existent entre les oeuvres de grande diffusion et les oeuvres plus « littéraires ».Mais la tentation est forte de le faire ici lorsque Ton constate que, tout autant que son personnage-écrivain, King « ne peut s’empêcher » d'écrire cette sorte de livres qui ont fait de lui un maître du genre.Il reste que, avec ce livre, King risque de se gagner de nouveaux lecteurs.Un livre pour tous, absolument.Fiction et biographies npi i un A fi % 1 Le Premier Quartier de la lune Michel Tremblay Leméac (1)* 2 Misery Stephen King Albin Michel (2) 3 Dors ma jolie Mary Higgins-Clark Albin Michel (10) 4 SlreGsby du lac Francine Ouellete Quinze (3) 5 La Chair de pierre Jacques Folch-Ribas Robert Laffont (5) 6 Le négociateur Frederick Forsyth Albin Michel (6) 7 Juliette Pomerleau Yves Beauchemin Québec/ Amérique (4) 8 Rendez-vous Judith Krantz Belfond (-) 9 Une prière pour Owen John Irving Seuil (7) 10 Dédale Larry Collins Robert Laffont (8) Ouvrages généraux 1 Le Chemin le moins fréquenté Scott Peck Robert Laffont O) 2 L’état du monde Collectif Boréal (-) 5 Père manquant, tils manqué Guy Corneau Éditions de l’Homme (5) 4 Le voyage fantastique Gründ (-) 3 Histoire du Québec contemporain Linteau et al.Boréal compact (5) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Raf-fin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Bi-blairies G.-G.Caza; Jollette : Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l’ouvrage la semaine précédente Drôle de famille GUY FERLAND Salon du livre de Rimouski LE 24e salon du livre de Rimouski aura lieu à l’Université du Québec à Rimouski du 26 au 29 octobre et il est placé sous le thème Une folle folle brise.Lors de l’ouverture officielle qui aura lieu le 26 octobre à 19 h en compagnie de l’animateur Daniel Mathieu et du groupe Phazz, on procédera à la remise officielle des prix Arthur-Buies, Jovette Bernier et Radio-Canada.Il y a en tout près de 50 kiosques à ce Salon et une vingtaine d’auteurs seront présents pour rencontrer le public dont Yves Boivert, Arlette Cousture, Tristan Demers, Jasmine Dubé, Josée Fréchette, Francine Ouellet et Sylvain Trudel.Plume d'argent pour jeunes coeurs Le concours littéraire La plume d'argent, réservé à toutes personnes de Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Mardi 24 octobre de 17h à 19h Lancement de la revue ARCADE «au-delà du réel» automne 89 et recueil de nouvelles de DOMINIQUE BLONDEAU DESTINS VLB Éditeur Samedi 4 novembre de 14h à 16h PIERRE GOBEIL LA MORT DE MARLON BRANDO Les Éditions Tryptique Mercredi le 8 novembre , de 17h à 19h RAYMOND LEBLANC CHANTS D’AMOUR ET D’ESPOIR Michel Henry Éditeur Vendredi 10 novembre de 17h à 19h SUZANNE JACOB PLAGES DU MAINE nbj Samedi le 11 novembre de 14h à 16h JEAN-ETHIER BLAIS FRAGMENTS D’UNE ENFANCE Leméac \.j 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 60 ans et plus, est en cours et là date limite pour la remise des manuscrits est le 31 janvier 1990 à minuit.Tous les genres littéraires sont acceptés : roman, récit, biographie, témoignage, nouvelle, etc.Les participants doivent soumettre des manuscrits de 200 pages ou plus qui seront présentés à un comité de lecture.Le gagnant obtiendra le prix Angelina Berthiaume-Du Tremblay auquel est attachée une bourse de $ 700 et verra son oeuvre publiée par les éditions du Jour.Le deuxième lauréat recevra un montant de $ 400 et le troisième obtiendra $ 100.Les personnes intéressés doivent s’adresser à ; Concours littéraire La plume d’argent, a/s Mme Françoise Morin, 1474 est, rue Fleury, Montréal, H2C 1S1.Atelier d’écriture retardé Le premier atelier d’écriture de la société littéraire de Laval qui devait avoir lieu le lundi 16 octobre est reporté au 30 octobre.Pour plus d’informations contactez le 682-2708.Concours outre-Atlantique Le 4e concours Amitié et solidarité est ouvert du 15 octobre au 15 mars 1990.Cette compétition spécialement réservée à la francophonie comprend sept catégories : conte, nouvelle, poeme humoristique, sonnet, poésie libre, prix de la ville de Pau et prix de la Région.Pour tous renseignements au sujet de ces prix dont on ne connaît pas les bourses, contactez Raymonde Lago au 11, rue Dr.Roux, 64150, Mourenx, France.C’est sur le réseau Alex 2 qu’est revenue la nouvelle aventure de roman interactif.Les participants et les lecteurs trouveront chaque mois dans CROC les personnages du roman sous forme de feuilleton illustré.Les aventures de nos héros et héroïnes commençaient avec les interventions suivantes.On n’avait jamais rien vu de pareil, le vieil homme au vil-1 a g e disait que .mais il avait la réputation d’être un vieux fou et personne ne l’écoutait, mais pourtant, cette fois, il n’avait pas tort.« Pas un mot sur Jo-Mar (les parents) mon vieux sarpan, ou j’tenvoie mes serpents ».La menace de Lamphère était à prendre au sérieux.Elles se poursuivent avec les suivantes .mais le vieux répond : « Tu me fais pas peur, maudit sacripant.Dans mon jeune temps, mon chum Moïse, y changeait les serpents en bâtons.à moins que ce soit le contraire.charette-à-foin de mémoire .GARTH Le châtiment avait été décidé démocratiquement par Lamphère et ses frères à quatre contre un.Le vieux allait ravaler ses mots.ALIS Sa disparition horrible n’arrangeait rien.Il fallait vraiment être monstrueux pour forcer ce veil homme à manger deux énormes pots de Cheez-Wizen regardant Mike Vainlou chanter La dame en rose.TINTIN C’est Marie Fortier qui assure toujours le choix des interventions.L’illustration thème de l’aventure, et les prochaines, sont de Gabriel Mor-rissette.Sans faute CONGRÈS ANNEE!, DF l/INSTITl I D’HISTOIRE DE I AMERIQUE FRANÇAISE «AUTOCHTONES, MIGRANTS ET RELATIONS ETHNIQUES» Hôtel des Gouverneurs SHERBROOKE Les 27 et 28 octobre 1989 vendredi, le 27, à compter de 8:30 heures Frais d’inscription: 35,00$ Etudiants: 10,00$ Banquets: 27,00$ Étudiants: 20,00$ Des communications traiteront des contacts entre Amérindiens et Blancs, des mouvements migratoires, des relations entre Canadiens français, Canadiens anglais et les autres groupes ethniques; comme chaque année d’autres communications seront présentées sur les recherches historiques en cours.Parmi les invités à la séance plénière, on comptera Élise Marienstras, de Paris, au-teure de Nous le peuple, sur les origines du nationalisme américain publié chez Gallimard (1988), dans la collection “Bibliothèque des histoires”.Remise des Prix Lionel-Groulx, Guy-Frégault, Michel-Brunet et Maxime-Raymond, au banquet de l’IHAF, le vendredi 27 octobre, à 19:30 heures, à l’Hôtel des Gouverneurs, 3131 ouest, rue King, à Sherbrooke, 1 -800-463-2820.Les 91 candidats qui ont obtenu au! Québec une note de 80 % et plus lors des demi-finales régionales des Championnats du monde d’orthogra-phee de langue française sont réunis cet après-midi dans un studio de Radio-Québec pour se soumettre à l’épreuve de la dictée, qui sera lue par Bernard Pivot au grand amphithéâtre de la Sorbonne, aux oreilles attentives des téléspecteurs de 36 pays.Cette émission de 45 minutes sera diffusée sur les ondes de Radio-Québec à 17 h.À 21 h, au cours d’une deuxième émission spéciale, Bernard Pivot corrigera cette dictée.On dévoilera alors le nom des trois champions québécois, dans les catégories sénior professionnel, sénior amateur et junior.Le vainqueur de chaque catégorie se rendra à Paris le 2 décembre pour tenter d’y décro-.cher le titre de champion du monde.L’an dernier, c'est un Québécois, Jean-Christian PLeau, qui avait été proclamé champion du monde des pays francophones, dans la catégorie juniors.Prix littéraires L’association des auteurs des Cantons de l’Est a remis ses prix littéraires récemment.Le prix Alfred-Des-rochers, assorti d’une bourse de $ 1,000, a été décerné à Yves Gosselin pour son recueil de poésie Connaissance de la mort paru au éditions Triptyque.Le prix Yves-Sauvageau, d’une valeur de $ 1,000 également, a couronné Patrick Quintal pour son manuscrit intitulé Kraken, conte à la dérive.Le prix Gaston-Gouin, doté d’une bourse de $ 500, a été attribué à Marie Page pour son conte manuscrit Drôle d'école.Le jury des deux premiers prix était formé de Daniel Gagnon,-Yvette Francoli et Hélène Ouvrard.Le jury du troisième prix était composé de Lise Blouin, Marc Genest et Robert Giroux.Pour renseignements et programme, s’adresser à L'Institut d’histoire de l’Amérique française 261 ave Bloomfield, Outremont, Qc H2V 3R6 — 278-2232 Bienvenue à tous! Le Devoir, samedi 21 octobre 1989 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Heureux mariage de hasard, d’histoire et d’aventure LE FEU MAUVAIS TEMPS Claude Le Bouthillier Québec/Amérique Montréal, 1989, 447 pages i Jean-Roch BOI7IN i_e~res ?québécoises Voici un roman qui affiche bien ses couleurs de roman d’aventure et de roman historique.Dans une préface enthousiaste, Louis Caron, qui s’est illustré dans le genre avec Le Canard de bois, le compare à James Michener pour « le savant dosage du romanesque et du documentaire », à Bernard Clavel pour « des personnages plus grands que nature dont le souffle et le sang battent jusqu’en nous», et à Maurice Druon pour avoir su « donner à son récit l’ampleur réelle qui le situe dans son époque sous toutes ses dimensions ».On ne saurait mieux énoncer les lois du genre.Un genre qui connaît un regain de popularité et dont la veine remonte chez nous au moins jusqu’en 1874, quand Georges Boucher de Boucherville publiait Une de perdue deux de trouvées.Dans la postface, l’auteur — qui ne ménage rien et nous réserve une surprise de taille à la trois cent quatre-vingt-unième page — ne fait pas mystère de ses intentions : « J’ai voulu faire ressortir, (.), les actions héroïques qui témoignent d’une vive résistance en Acadie, contrairement à l’image d'un peuple résigné devant les déportations qui a été véhiculée.» On comprendra que les mérites de ce roman ne soient pas strictement littéraires.Son mérite est d’abord de faire revivre une époque qu'on a préféré dire en chanson, pour mettre des dentelles à l’inconcevable : la déportation.Les annés 1740-1763, « la fin de l’empire français en terre d’Amérique, une époque de ruptures », écrit l’auteur, « riche en aventures et en mythes qui ont encore leurs ramifications aujourd’hui.» Sur le plan historique, c’est un roman richement documenté, soucieux du détail, dont la narration conduit le lecteur pas à pas dans le développement documenté de l'histoire.Avec notes en bas de page.Impeccable.Longuement mûri.Sur le plan romanesque, le hasard est fortement mis à contribution pour compliquer l’intrigue et l'auteur met beaucoup d’application à rendre PHOTO JACQUES GRENIER Claude Le Bouthillier ses personnages attachants.Le héros, Joseph Le Bouthillier, né de parents inconnus, venu de France s’installer au bord de la « Baye des chaleurs», marie Angélique, une métisse blonde « superbe », bien qu’il soit hanté toute sa vie par le souvenir d'une Énilie qui n’aura pas attendu ce coureur des grandes voies d’eau et se sera enfuie en Bretagne grosse d’une fille qui s'appellera Héloïse.Joseph a des armoiries tatouées dans la peau qui pourraient le rattacher aux ducs de Bretagne.Il y Miron d’hier et d’aujourd’hui À BOUT PORTANT Correspondance de Gaston Miron à Claude Haeffely 1954-1965 Leméac, 174 pages, 1989 JEAN ROYER La publication de ces lettres constitue, à n’en pas douter, un événement littéraire.Nous y reconnaissons dans le Miron d’hier le Miron d’aujourd’hui.Nous assistons à la naissance d’un homme à lui-même, à l’amour, à la poésie et au Québec.Nous reconnaissons un écrivain qui regarde les siens du fond de sa propre solitude.Cette homme écrit « à bout portant d’existence ».Amoureux éperdu, bafoué, mélancolique, il veut mourir à la poésie et renaître en politique.Tantôt il vit « en amnésie » et prétend défendre le bonheur « des âmes mortes », tantôt il revendique « une miette d’affection ».Il se définit comme un homme d’action avant que d’être poète.« Je ne serai jamais qu’une bestiole de la pensée et qu’un chiot de poésie.Soit », écrit-il (page 14), mais aussi: « Je suis un animal d’action, bien plus qu’un type à écrire.Quand j’écris, c’est pour ne pas périr» (page 25).Miron sur son chemin de Damas, qui aura 30 ans en 1958, se dépouille de ses « dessous noirs » dans ces lettres à un ami.Il découvre son visage et on l'aime malgré tout, à cause de tout.Rien n’est trahi ici, ni la force de sa présence ni la douleur de ses silences.Le poète et le militant, l’éditeur et l’animateur culturel, le voici qui avance sur son chemin de l’identité, même si les mots le fuient.Des poèmes naissent sous nos yeux, variantes de La Vie agonique, matrices de La Marche à l'amour.Ces lettres n’étaient pas destinées à la publication.Elles sont d’une écriture courante et amicale, d’une douleur quotidienne, d’une « pensée décourageante ».Mais on doit remercier leur premier destinataire, Claude Haeffely, et l’éditeur Pierre Filion de les inscrire dans notre his- ï Claude Haeffely et Gaston Miron toire littéraire.Car ce Miron-là, arraché à son propre silence, est aussi un personnage littéraire.Il est ce « pitre d’étincelles et de lésions profondes », poète sans cesse en chamaille avec la poésie - « Poésie égale Femme égale Amour» (page 130) - mais aussi prisonnier de la légende qu’il a contribué à construire et qu’il s’empresse d’anéantir.Dans ses démêlés avec la poésie, Miron peut nous faire penser à ceux de Gombrowicz avec la Pologne.Ces dénégations de la poésie sont le fait du poète mais non de l’éditeur.« Je continue de croire en la poésie, de l’aimer, d'en lire à la tonne, de la diffuser, écrit-il en 1958.Mais voilà, je ne puis en créer de la poésie.Ma création poétique, c’est d’agir.» L’éditeur a fondé avec d’autres la maison de l’Hexagone.Il a « de la poigne », dit-il: « Faire marcher une affaire, rencontrer des gens, parler, invectiver, etc.ce sont là des gestes pour lesquels j’ai des aptitudes.(.) Dans ce pays, le nôtre, rien ne doit être négligé qui favorise un climat de création» (page 85).Les encouragements de Miron et son soutien à Claude Haeffely qui va fonder, à partir de la France, une première revue francophone, Le Périscope, s’accompagnent de bons mots concernant les poètes qui l’entourent, Jean-Guy Pilon, Roland Gi-guère, Fernand Ouellette, Michel van Schendel et les autres.Quand, malade, Miron quitte la vie littéraire, puis renaît pour aller étudier l’édition en France, il ne manque pas de vanter le travail de Jean-Guy Pilon, qui a pris en main, et seul pour un temps, les éditions de l’Hexagone à Montréal.Parmi ces 52 lettres, plus de 40 composent le récit de l’homme qui se fait et se défait, une trentaine concernent le poète et le militant", enfin dans une vingtaine d’entre elles on reconnaît l’éditeur et l’intellectuel engagé.Mais le personnage auquel Miron se confronte, si c’est lui-même, c'est aussi le Québec en devenir auquel il s’identifie.Miron amoureux, malade, noir, enthousiaste, forcené, poète puis silencieux, aliéné à lui-même, « Ô démuni Miron » (comme il s’est baptisé) et « Miron le Magnifique » (dira bientôt Jacques Brault), il est branché sur l’inconscient collectif.Ainsi va le Canada français des années 1950, ainsi va Miron.Le plus extraordinaire de cette correspondance, c’est son actualité, trente ans plus tard.Aujourd’hui, à la fin des années 1980, les lettres de Gaston Miron à Claude Haeffely nous arrivent comme « une morsure au coeur ».Lisons cet extrait: «.je cotoie l’angoisse.Je m'interroge beaucoup de ce temps-ci sur l’avenir de l’esprit français au Canada.Déjà, j’ai l’impression de me battre désespérément.Cet effondrement de l’inté- GALLIMARD Il faut lire.Francois Weyergans JE SÜIS ÉCRIVAIN Le grand ami intellectuel de François Weyergans est Freud, «qui a trouvé quand même pas mal de choses».Son grand ami de coeur est le rire, un petit rire subtil où se tapissent les vérités pas toujours bonnes à dire car «rire dans la vie, c'est apprendre à mourir».Jean Basile, la Presse Je suis encore dans l'euphorie où m'a mis la lecture du roman de Weyergans.Jean Royer, Le Devoir J'étais tombé en amour avec un écrivain pince-sans-rire qui changeait de genre comme on change de chemise.Ün romancier qui lançait ses livres comme autant de peaux de bananes dans l'histoire de la littérature.Et moi, bonne poire, je tombe sur le cul à chaque fois.Jean Barbe, Voir a même un trésor caché dans une île, comme dans les vrais romans d'aventure.Pittoresque et irrésistible.Avec aventure à Versailles et coup de tomahawk en plein bal ! Le style se fait fleuri dans les métaphores, érudit quand il s’absorbe dans les us et coutumes, vivre et manger, de ces habitants du Nouveau-Monde qui s’étaient fait une identité de leur appartenance à un lieu où leurs croyances se côtoyaient et se mélangeaient parfois.Les dialogues succombent sous le poids de l’information historique à véhiculer et l’on se trouve quelquefois dans des assemblées où les comparses dûment nommés déclament comme coryphées, comme s’ils disputaient des choses que nous devons savoir.Côté historique, surchargé.Côté romanesque, c’est de la praline.Mais à la fin, le roman a une astuce audacieuse.11 nous présente une deuxième partie d’une soixantaine de pages qui ouvre le récit sur un présent dont on espère que l’auteur nous écrira le roman ici ébauché.Nous nous retrouvons en 1981, sept générations plus tard.Un certain Christian Le Bouthillier, boursier àa Paris et pensionnaire de la Maison du Canada, se met à délaisser ses cours entraîné par une double pas- rieur auquel j’assiste chez un trop grand nombre ne cesse de m’inquie-ter.Ce n’est plus le fait d’un individu par-ci par la, ça devient le fait de près de la moitié du peuple canadien-français.Nous devenons, nous, des déracinés de l’intérieur.Si rien n’intervient, nous devrons tout simplement rentrer en France ou opter pour l’américanisation » (p.21,12 octobre 1954).Et encore: « Nous sommes à un tel point menacés, du dedans et du dehors à la fois, par h haut et par le bas, que nous nous sommes peu à peu pétrifiés en un bloc de résistance, long à réagir positivement.Toutes nos forces intimes aussi bien que collectives sont dirigées immédiatement vers un front d’urgence toujours nouveau et surgissant » (p.50, 3 juillet 1956).Le rôle de Gaston Miron dans notre histoire littéraire, et notre histoire tout court, se définit de lui-même dans ces lettres, par exemple quand on lit (p.55, 26 novembre 1956) : « J’essaye bien d’affronter le plus de largeur possible du réel.Oui, je continuerai le plus possible jusqu’à la corde usée de ma voix, de lutter pour une culture qui rend libre ».Depuis cette correspondance, Miron nous a donné L'Homme rapaillé et s’est fait l’ambassadeur de notre littérature dans le monde.Ce destin est exemplaire.Mais nous ne pourrons plus désormais en oublier les douleurs d’origine, je parle de celles sion : celle de la recherche des traces de son ancêtre aux armoiries tatouées et au trésor caché, et celle qu’il ressent pour Dalila, la jeune femme juive cie Halifax, également pensionnaire de la maison.« J’espère que je ne t'inquiéterai pas, lui dit-il, en te disant que tu es la femme la plus ravissante de la maison.Nous sommes ici pour un an; nous devrions faire alliance .devenir des amants pour l'année, sans obligation ni conséquence.Nous donner de bon nés choses serait notre devise !» La candeur ne tue pas mais elle n'est pas innocente.Pas de cynisme chez ce Christian trop bonhomme pour qu’on lui résiste longtemps et qui pourrait bien avoir du sang des ducs de Bretagne et un trésor dans l'armoire.À travers le récit de la recherche historique qui a produit le roman que nous venons de lire, Christian raconte les amours de l'Acadien et de la Juive eu soulevant quelques questions fort pertinentes qui montrent que candeur est aussi vertu.Ce sont ces dernières pages qui m’ont le plus captivé, l'ancrage dont parle le préfacier, f.< Al fcfÇHII.v W PASSE, AU PR ES EN i MOROf.CAt wcm RR V 29,955 $ D-4 ¦ Le Devoir, samedi 21 octobre 1989 • le plaisir des ivres La France, Yes Sir L’IMAGE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE AU QUÉBEC, 1789-1989 Sous la direction de Michel Grenon Montréal, Hurtubise HMH, 1989 CAP-AUX-DI AMANTS Le Québec et la Révolution française no d'automne 1989 Yvan f % LAMONDE \ ASociété L'année du Bicentenaire s’achève et la question se pose : a-t-on renouvelé dans les études québécoises la connaissance de l'impact de 1789 sur le Québec ?Je ne pense pas.Du nouveau est certes venu de l'analyse des rapports entre le contexte révolutionnaire et la formation de la tradition juridique et, en partie, de l’étude en milieu rural de l’humus socio-éco- nomique susceptible de recevoir l'esprit sinon la lettre des idées révolutionnaires (LE DEVOIR, 7 octobre 1989).Mais, à vrai dire, l’étude fondamentale de Claude Galarneau, La France devant l'opinion canadienne (1760-1H15) résiste à l’épreuve du temps et de l’historiographie.Pourra-t-on réfuter un jour l’affirmation selon laquelle le pouvoir politique anglais de monarchie constitutionnelle et le pouvoir clérical, même faible après 1760, ont réussi malgré un courant libéral significatif à faire dominer la contre-Révolution dans une société qui devait faire après 1791 l’apprentissage de la souveraineté populaire et de la vie démocratique ?L’année du Bicentenaire n’a certes pas épuisé le sujet ; mais, si une historiographie laïque, critique sinon contestatrice n’a pas réussi à renverser cette réalité d’une contre-Révolution dominante, quand et comment le pourra-t-elle ?Dans le présent ouvrage, Claude Galarneau reprend son analyse d’une action pyschologique contre-révolutionnaire après 1793, après la mort par guillotine du roi.Réginald Hamel a cherché sans trouver dans ïilîfiS i Gravure publiée dans le Quebec Magazine en avril 1793 et représentant la mort de Louis XVI.un corpus de 30 périodiques entre 1764 et 1823 un courant littéraire identifiable à 1789.le Père Chaussé décrit certes une Église contre-révolutionnaire.J.-P.Wallot, ici et ailleurs, présente une action révolutionnaire plus active, plus remuante, par exemple, que celle perçue par Galar- Ordres et désordres juridiques GUY ROCHER du Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal Un certain dialogue entre le droit et les sciences sociales s’élabore progressivement au Québec, à la suite de bien d'autres pays d’ailleurs.Il n’y a pas longtemps, Sociologie et sociétés, la revue du département de sociologie de l’université de Montréal, y consacrait tout un numéro (volume 18, no 1.avril 1986).C’est maintenant au tour de Anthropologie et sociétés, la revue du Département d'anthropologie de l’Université Laval, de le faire.D’une manière cependant bien typique de ces deux disciplines, qui sont soeurs sans être jumelles, le numéro de Sociologie et sociétés avait.comme thème : Droit et pouvoir.Pouvoirs du droit ', celui de Anthropologie et société se présente sous le thème Ordres juridiquesel cultures.Il faut espérer qu’un chercheur s’intéressera un jour à l'analyse comparée de ces deux numéros.Ordres juridiques et cultures se divise assez également en deux grandes tranches : les cinq premiers articles sont d’une nature plutôt théorique, les cinq suivants sont fondés sur des recherches empiriques.Mikhaël Klbaz, co-responsable avec Ruth Murbach de ce numéro, en fait une présentation sous le thème des « ordres et désordres juridiques ».Il est vrai, comme il le souligne, que la notion du « désordre », dans les ordres juridiques, pourrait être un axe de lecture de tout ce numéro.Par ailleurs, Klbaz en propose trois : le statut de la modernité du droit pour l’anthropologie, les configurations 9 |E CROIS EN DIEU i'xr.Fta 7 5 cl > Z c Z Les Églises particulières 14 rJu/vr (uthujJc
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