Le devoir, 11 novembre 1989, Cahier D
mm m® le plaisir ch i Iklllll>iül1> jU m WrjjCZjrJiÆ Montréal, samedi 11 novembre 1989 SALON DU LIVRE DE MON!K?Al LES INVITÉS F lora Groult, Arlette Cousture, Marie-Claire Blais, Didier Decoin.Tout sur les invités d’honneur du Salon du livre de Montréal.Pages D - 2, D - 3, D - 4, D 5.UN PEU DE TOUT o 'g' uels sont les Prix littéraires qui seront attribués au Salon ?Qui anime les émissions littéraires, les tables rondes, les discussions ?Page D - 6 DANS LES OREILLES É coûter un livre ?Le livre-cassette est un phénomène récent, qui ne cherche ni à remplacer le livre ni à le supplanter.Le plaisir d’écouter un beau livre, bien lu, bien rendu, une expérience à ne pas manquer.Page D - 8 PLAISIR DES LIVRES N N otre collaborateur a rencontré Marie Laberge qui vient de se faire romancière et publie Juillet chez Boréal.Page D -12 os chroniques habituelles.Pages D - 14, D -16 et D -19 MARIE LABERGE INVITÉE D’HONNEUR SPÉCIALE DU SALON Ruth Escobar : femme médiévale et femme émancipée SYLVIANE TRAM1ER IL Y A CEUX que les blessures de l’enfance clouent au sol et il y en a à qui elles donnent des ailes.Ruth Escobar est résolument de la deuxième catégorie.« Née de père inconnu »; la formule, dans le Portugal ultra-catholique et salazariste de l’époque brûle la petite fille de honte et de désespoir.Alors, elle va prendre sa revanche.Et « du traumatisme d’un père inconnu », elle va tirer « l’alibi qui légitime l’ambition de la gloire.» À moins de 19 ans, « dépucelée, putain, chassée par sa mère, répudiée par son père, une moins que rien », elle va se lancer dans un tour du monde pour prouver à ce père inaccessible qu’elle, la bâtarde, est capable de grandes choses, et pour le forcer à la remarquer.Ce sera peine perdue pour le père, mais Ruth Escobar ne manquera pas de se faire remarquer de tous ceux qu’elle allait rencontrer par la suite.Ruth Escobar Car elle ne craint pas le coup d’éclat, cette petite femme menue et élégante qui, à 56 ans, en paraît 15 de moins.Surtout si le coup d’éclat ou le coup de gueule sont dirigés contre les préjugés, la dictature au Portugal où elle est née ou au Brésil où elle vit depuis plus de 40 ans.Le théâtre est sa première et sa grande passion : comédienne, propriétaire et administratrice de théâtres à Sao Paulo, elle fait parler d’elle lorsqu’elle défie la censure des militaires dans les années 60 et 70.Il fallait un beau courage, ou une belle inconscience, pour braver les militaires et jouer une pièce d’Arrabal avec pour partenaire un âne nommé Ernest comme le président de l’époque.La salle croule de rire et Ruth Escobar jubile.Et, quand elle est élue député au Parlement de l’État de Sao-Paulo, c’est au machisme des hommes politiques qu’elle s’attaque.De front et sans arrière pensée.Son autobiographie, qui vient d’être traduite en français sous le titre un peu énigmatique de Les cheveux du serpent, peut laisser parfois le lecteur incrédule : sa virée au bout du monde, à peine sortie de l’adolescence, pour interviewer Nasser, Sihanouk, Foster Dulles, et chasser l’éléphant en Afrique manque un peu de vraisemblance.Pourtant, lorsqu’elle raconte elle-même, en personne, les épisodes les plus bizarres de sa vie mouvementée, c’est son extraordinaire sincérité qui frappe.Sincérité qui va jusqu’à la plus totale impudeur.Son autobiographie, tout en présentant de nombreuses faiblesses Voir page D -11 : Ruth Escobar INVITÉ D’HONNEUR SPÉCIAL DU SALON Alain Peyrefitte aux multiples facettes SYLVIANE TRAMIER Dix-neuf heures trente dans les bureaux du Figaro à Paris : le président du comité éditorial révise la copie de l’éditorial du lendemain et la renvoie avec ses annotations.Si on est mardi ou mercredi, le président a passé plusieurs heures l’après-midi à l’Assemblée nationale (il est député).Si on est jeudi, il est allé un peu plus tôt à l’Académie française (il est académicien).Si on est vendredi, il s’apprête à aller aux environs de Paris à la mairie de Provins (il est maire).Vingt heures, il accorde une interview dans son bureau du Figaro à la journaliste du DEVOIR.Vingt et une heures, le Président rentre chez lui et passe encore quatre heures à écrire à sa table de travail (il est écrivain).À part ça, que fait-il de ses journées, M.Peyrefitte ?— Presque N N L PHOTO PELLETIER/SYGMA Alain Peyrefitte rien : des déjeuners de travail.Des réunions du comité éditorial, des séances de planification avec les chefs de service du Figaro, des rencontres avec des politiciens .et un jogging pour commencer la journée du bon pied (il est sportif).Cette semaine-là aussi, les journaux avaient reproduit le discours qu’il venait de prononcer à l’occasion de la réception sous la Coupole de Jacqueline de Romilly et une chaîne de télévision diffusait la série de reportages qu’il a faits en Chine, intitulée comme l’ouvrage pubüé en 1973 Quand la Chine s'éveillera.Pour faire le tour de toutes les facettes du personnage, il faudrait ajouter aussi qu’il est licencié en lettres et en droit, qu’il est diplômé d’études supérieures de philosophie, qu’il a été élève dans ce qu’il y a de mieux en matière d’écoles qui forment les élites pensantes et gouvernantes de France : l’école normale supérieure de la rue d’Ulm et l’École nationale d’administration.Et qu’il a été ministre d’à peu près tout (mais pas des Affaires étrangères), qu’il a publié une douzaine d’ouvrages, des essais philosophiques, sociologiques, historiques, politiques, et un seul roman (mais écrit à l’âge de vingt ans quand même !).Comblé Alain Peyrefitte ?« On ne réalise jamais toutes les ambitions que l’on peut avoir.On rêve toujours plus qu’on ne fait.Mais je ne peux vraiment pas me plaindre de ce que la vie m’a ap- Volr page D -11 : Alain Peyrefitte /^VMUSUI l IV Kl 06MONTRÊÂI Un Salon pour se dégourdir l’esprit GUY FERLAND OURQUOIy a-t-il un Salon du livre à Montréal du 16 au 21 novembre à la Place Bona venture ?La question se pose : il y assez de librairies à Montréal pour satisfaire les appétits livresques les plus insatiables.Mais, justement, Le Salon du livre répond à d’autres besoins.Le Salon du livre est d’abord un lieu de rencontres et d'échanges incomparable entre lecteurs et écrivains.C’est l’endroit où on peut croiser dans une seule journée plus d’auteurs qu’on n’en rencontrera pendant tout le reste de l’année.Le contact direct avec un créateur est un moment privilégié pour tout lecteur.Pour cette 12e édition, le Salon du livre de Montréal accueille sept invités de marque : Arlette Cousture, Marie-Claires Blais, Flora Groult, Didier Decoin, Alain Peyrefitte Ruth Escobar, qui ont tous été interviewés par le Plaisir des livres.L’autre invité, Pef, sera le sujet d’une entrevue dans notre prochaine livraison.C’est l’occasion aussi de voir dans un même lieu une quantité phénoménale de livres qu’on ne pourrait trouver en librairie.La plupart des éditeurs, en effet, profitent de cette semaine du livre pour sortir leur fonds littéraire.On peut donc passer la journée à bouquiner à l’aise devant des présentoirs de livres introuvables autrement.Le Salon permet également de rencontrer les éditeurs qui se terrent habituellement loin du public dans leurs grottes d’Ali Baba d’où sortent les objets magiques que sont les livres.Les visiteurs peuvent ainsi se familiariser avec le processus de la publication qui reste un mystère pour plusieurs.Ce sont toutefois les multiples animations du Salon qui piquent la curiosité des visiteurs.Les débats et les tables rondes offrent toujours des échangent enrichissants sur des sujets variés reliés au monde de l’édition.Par exemple, cette année, la série de débats Comme un grand livre ouvert animée par Gérard-Marie Boivin abordera les questions suivantes : Les journalistes écrivent aussi des livres, Notre litttéra-ture a-t-elle atteint l’âge adulte ?, Que lisent nos ve- Voir page D -11 : Salon -F Julie Stanton • Miljours Roman «MIUOURS: Un voyage inoubliable dans l’univers fragile du désir.Un roman pour tous» Anne-Marie Voisard, LE SOLEIL Jean-François Crépeau, CANADA FRANÇAIS «MILJOURS, des phrases d un rythme à vous couper le souffle» «MILJOURS, un quelque chose d’universel qui est la caution des grandes oeuvres.Tout concourt a créer une oeuvre de beauté».Résinai Martel, LA PRESSE ROMAN ROMAN l’Hexagone lieu distinctif de l’édition littéraire québécoise D-2 ¦ Le Devoir, samedi 11 novembre 1989 • le plaisir des SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL INVITÉE D’HONNEUR DU SALON DU LIVRE Flora Groult exerce l’art périlleux de la nouvelle SYLVIANE TRAMIER FAITES LE] TEST autour de vous.Demandez : « Connaissez-vous l’écrivain Flora Groult ?» et invariablement on vous répondra : « Ah ! oui, Benoîte et Flora Groult.» Même s’il y a plus de 20 ans que Flora et Benoîte Groult n’ont pratiquement plus rien signé ensemble, leurs deux noms restent liés comme celui des soeurs Brontë ou des frères Concourt.Benoîte la brune, et Flora la blonde, Benoîte l'intellectuelle et Flora l’artiste, Benoîte l’aînée un peu sérieuse, et Flora la cadette plutôt frondeuse.« Cette association, explique Flora Groult, était une gageure littéraire et un plaisir sororal.Nous avions partagé une adolescence amusante et joyeuse et affect ueuse, une sororité riche et nous nous sommes amusées arrivées à l’âge adulte à retraverser ce chemin parcouru ensemble.» Cela va donner d’abord en 1963 Le journal à quatre mains qui fait revivre les souvenirs des deux jeunes filles pendant la guerre, puis Le féminin pluriel en 1965 et, enfin, Il était deux fois en 1967.De cette époque, Flora Groult se souvient que l’écriture progressait à travers une série d’étapes difficiles où chacune écrivait un texte et où après force modifications et tâtonnements les deux textes finissaient par s’imbriquer l’un dans l’autre comme deux pièces d’un casse-tête.Une méthode épuisante.« Je n’aurai pas pu faire cet exercice, une voltige de la plume, avec quelqu’un d’autre, reconnaît Flora Groult.Et je crois que ma soeur dirait la même chose.Avec elle, c’était possible parce qu’une soeur, c’est tellement transpa- rent, on est tellement habitués à vivre ensemble, à se regarder.» Malgré le succès qu’elles remportent, les soeurs Groult décident de « divorcer à l’amiable » après leur troisième livre et de poursuivre chacune sa carrière de femme de lettres.Une douzaine de livres plus tard, Flora Groult vit à Londres et Benoîte dans le sud de la France.Quand elles se retrouvent, c'est souvent à Paris, où elles ont un appartemeent dans le même immeuble, l’un au-dessus de l’autre, dans ce même quartier chic où elles sont nées et où elles ont longtemps vécu.Romancière, essayiste et biographe (elle a publié une biographie de Marie Laurencin), Flora Groult est aussi un des rares écrivains français à se consacrer à un genre un peu ignoré en France et où excellent les Anglo-Saxons : la nouvelle.« J’aime beaucoup l’art de la nouvelle.C’est un art très périlleux.Il faut que tout soit a peu près utile dans une nouvelle.Toute la beauté de la nouvelle, c’est sa brièveté et, en même temps, il faut que ce soit complet, rond comme un oeuf.» Chez Flora Groult, les personnages principaux sont le plus souvent des femmes.Pas par choix délibéré, mais presque naturellement, comme un écho de sa complicité avec sa soeur, de son goût pour l’amitié féminine.Et, elle aime bien au passage écorner quelques clichés : « On nous a raconté pendant des siècles que les femmes étaient jalouses les unes N°215- NOVEMBRE 1989 RECHERCHI LE CŒLACANTHE par Peter L.Forey HISTOIRE D'UNE INVASION GENETIQUE par Dominique Anxolabéhère, Margaret G.Kidwell et Georges Périquet LE POUVOIR CRÉATEUR DES MATHÉMATIQUES par Alain Boutot COMMENT EST NÉE L'ÉCOLOGIE par Pascal Acot MÉCANIQUE QUANTIQUE ET MYSTICISME par Pierre Thuillier ' dossier COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE EN EUROPE par Mark N.Franklin 4,95$ OFFRE SPÉCIAL D’ABONNEMENT — UN AN: 39,00 $ Je souscris un abonnement d'un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 39,00 $.1 I | Nom.Veuillez payer par chèque établi à l'ordre de Diffusion Dimédia Inc.Adresse .Ville___ Code Postal.A retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dlmédla, 539, boul.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2 -Un délai de 8 à 12 semaines interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L'abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu » sHsai ITT- ."'C (jibre|j\Bq3resmj • • » % N LES ECRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivieres, Québec G9A 5G4 PHOTO NATACHA JEDWIFE dant environ cinq heures tous les matins : « C’est indispensable à mon rendement.Je ne peux pas m’en passer.Même s’il m’arrive de ne rien garder de ce que j’écris.» Lorsque ses ouvrages sont terminés, elle a une première lectrice privilégiée, sa soeur, qui elle de son côté ne manque pas de lui faire lire en priorité son travail en cours.La complicité est toujours là.des autres et avaient des rapports difficiles alors que rien n’est plus exquis que les relations qu’on peut avoir dans le travail et dans la vie avec des femmes, même si par tendance on aime les hommes et c’est avec eux qu’on vit.Les femmes ont de grandes qualités d’amitié, de fidélité et de compréhension.J’apprécie beaucoup les personnages féminins.Ce sont des soeurs.» Sans être « bruyamment féministes », ses romans présentent des situations qui lèvent le voile sur certaines difficultés d’être femme.Flora Groult, romancière, essayiste et biographe.Représentante de la deuxième génération d’écrivains féministes en France, après les pionnières, après Simone de Beauvoir, Flora Groult ne porte pas son féminisme comme un étendard.Et elle ne considère pas non plus qu’il existe une écriture féminine : « Nous ne mettons pas notre sexe sur notre écriture, mais nous mettons quelquefois peut-être notre sentiment, certaines tendances de notre nature profonde, mais pas toujours.» Pourtant, elle a une grande passion pour les romancières anglaises, Virginia Wolf, les soeurs Brontë et l’univers féminin qu’elles dépeignent.Féminisme assagi, parce qu’elle considère que, dans les pays occidentaux, le militantisme des premières heures est moins utile, qu’il doit changer de forme, mais féminisme vigilant quand même car « il y a des vents contraires qui soufflent parfois et parce que, ailleurs qu’en Occident, la situation des femmes est souvent épouvantable et notamment dans le monde musulman.» Dans Belle Ombre, son plus récent roman, Flora Groult revient sur le thème de l’adolescence et de la guerre, comme dans Le Journal à quatre mains, mais avec un style qui s’est épuré, simplifié, privilégiant l’atmosphère sur l’intrigue.Elle a un autre roman en chantier et prépare une introduction à l’oeuvre de Colette.Encore et toujours l’univers féminin.Flora Groult est une travailleuse qui s’impose une discipline quotidienne, celle d’écrire pen- Une oeuvre littéraire unique! JEAN O’NEIL “.l'aime aveuglément cet auteur(.).D'abord je trouve qu’il a une langue qui est d'une richesse, d'une élégance et d’une puissance rares, et quand je dis rares j’englobe toute la littérature française(.).Jean O’Neil, c’est vraiment les ligues majeures.” GEORGES-HÉBERT GERMAIN RADIO-CANADA “Tout ce qui fait le bonheur de la lecture(.).Une curiosité qui est la forme pudique de l’amour(.).De la belle, de la bonne littérature.C'est tout dire, dont le meilleur” RÉGINALD MARTEL LA PRESSE STAND # 005 BEAUCHAMP LOUISE BOISVERT YVES BROSSARD NICOLE BROSSARD NICOLE BUIN YVES CARDUCCI LISA CLANCIER GEORGES-EMMANUEL CHOLETTE MARIO COHEN ANNIE et GAGNON MADELEINE DARGIS DANIEL DESBIENS PATRICE FRÉCHETTE LOUIS FRENETTE CHRISTIANE LE GOUIC GÉRARD GUIMOND DANIEL LACHAPELL E CÔME LANGEVIN GILBERT LEDUC ANDRÉ MALHERBE ALAIN MAUFETTE GUY MÉLIK ROUBEN PELIEU CLAUDE PERRON JEAN POZIER BERNARD TREMBLAY YVAN VIGNEAULT FRANÇOIS COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF 5,00$ Objet (Prix Jovette-Bernier 1989) Les amateurs de sentiments (Co-édition Le Dé Bleu) Installations GRAND PRIX DE LA POÉSIE DE LA FONDATION LES FORGES — 1989 Amantes (Cassette audio) (Co-édition Aralect) Fou-l’Art-Noir (Co-édition Le Castor Astral) La dernière fols Tentative d'un cadastre amoureux Radium Les mots ont le temps de venir (co-édition la table Rase) Au coeur de continents neufs Amour Ambulance La Légende d'un peuple Cérémonie Mémoire Fermé pour cause de poésie Ne jamais rien dire La réplique du doute Né en avril Une barque sur la lune Diwan du piiéton (Co-édition Le Dré Bleu Le soir qui penche Ce peu d’espace entre les mots (Co-édition Europe-Poésie) La rue est un rêve Un scintillement de guitare Un navire oublier dans un port (Co-édition Europe Poésie) L'Espace Heureux (Prix de poésie OCTAVE-CRÉMAZIE 1989 Salon international du Livre de Québec Croquis pour un sourire 5,00 $ Des Forges # 28 5,00 $ (Sous la direction de Lucie Joubert) Choisir la poésie en France 12,00$ (Sous la direction de Bernard Rozier) La poésie mexicaine 10,00$ (Sous la direction de Claude Beausoleil) Québec Kérouac Blues 10,00 $ Les passions s'avalent 5,00 $ (co-édition galerie Daniel) Parle 101 8,00 $ (Co-édition Conseil Central de Trois-Rivières CSN) 8,00$ 8,00$ 10,00$ 10,00$ 5,00$ 10,00$ 5,00$ 8,00$ 8,00$ 8,00$ 10,00$ 5,00$ 10,00$ 5,00$ 5,00$ 8,00$ 5,00$ 10,00$ 8,00$ 10,00$ 10,00$ 5,00$ 8,00$ 5,00$ Distribution en librairies: PftOLOGUE (514) 332-5860 Autres: DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON (819) 379-9813 LES ECRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 i ! t r Le Devoir, samedi 11 novembre 1989 ¦ D-3 • te plaisir des ivres SALON DU LIVRE DE MONTREAL INVITÉE D’HONNEUR DU SALON DU LIVRE Le succès tranquille d’Arlette Cousture GUY FERLAND ARLETTE COUSTURE est invitée d’honneur au salon du livre de Montréal (SLM).Cet honneur l’honore, évidemment, d’autant plus qu’elle considère le Salon comme le lieu par excellence des rencontres entre les écrivains et les lecteurs « qui sont finalement la preuve vivante que notre travail touche certaines personnes et vaut quelque chose ».Pour toucher « certaines » personnes, Arlette Cousture n’a pas sa meilleure au Québec car on estime à plus d’un million le nombre de personnes qui ont lu en partie ou en totalité les deux tomes de sa vaste saga Les filles de Caleb publiée aux éditions Québec/Amérique.« Pour moi, explique Arlette Cousture, c’est un plaisir d’être invitée d’honneur en compagnie de Marie-Claire Blais qui est une idole de jeunesse.Le SLM est un lieu de rencontres informelles où les gens amoureux de la lecture peuvent véritablement échanger leurs impressions et commentaires sur les livres qu’ils ont lus pendant l’année.Pour les écrivains, c’est l’occasion de montrer une disponibilité émotive envers les lecteurs, contrairement au travail de l’écriture qui est le lieu de la disponibilité émotive envers sio-même.Pendant ces cinq jours de fête du livre, les écrivains se doivent d’entrer en contact avec les lecteurs pour éprouver leur sensibilité face à l’autre.» Cette disponibilité émotive est essentielle au travail de l’écrivain selon Arlette Cousture.« Un livre, c’est du papier et de l’encre.Rien d’autre.Il doit être lu par quelqu’un pour devenir une oeuvre littéraire en sens fort du terme.On pourrait dire, pour faire une comparaison, que l’écriture d’un roman est comme la répétition théâtrale.Avant de montrer l’oeuvre au public, on nage dans le plaisir solitaire de la création, mais on n’a aucune certitude sur la qualité du produit fini.La réaction des lecteurs, comme des spectateurs à une pièce, témoigne en partie de la réussite d’une oeuvre littéraire.» Ce qui a le plus marqué Arlette Cousture parmi les nombreuses réactions et lettres qu’a suscitées son livre, c’est de voir que son roman a été pour plusieurs personnes le premier livre qu’ils ont lu.« C’est émouvant et gratifiant de savoir qu’on a fait découvrir la littérature à des gens.C’est, d’après moi, la plus grande joie que peut éprouver un créateur.» Malheureusement, Arlette Cousture ne prévoit pas pour l’instant de suite à son roman qui raconte en partie l’histoire de sa mère, infirmière de brousse dans les années 30.Mais les lecteurs seront heureux d’apprendre que le tournage de la telé-série réalisée à partir des Filles de Caleb avance à bon train et que Arlette Cousture est satisfaite des premiers « rushes » qu’elle a pu voir.Par ailleurs, son prochain roman avance à un rythme variable mais certain.« Je suis très structurée dans la fabrication de mon plan de récit et dans les co- hérences des histoires parallèles des personnages.Je tricote très serrée.Mais je suis totalement indisciplinée quant à mes horaires de travail.Certaines semaines, je peux écrire sans arrêt et d’autres fois, je n’écris pas un mot.Pour mon nouveau roman, je garde la même structure que pour les Filles de Caleb, mais je traite d’un sujet urbain qui met en jeu quatre personnes, deux hommes et deux femmes, qui ne vivent pas en couple.La difficulté de composition réside en ce que l’histoire se déroule en une journée et que je dois imaginer tout ce qui se passe pour tous les personnages a toutes les quinze minutes.Je dois également écrire au passé, au présent et un peu anticiper sur ce qui va se produire.Ces difficultés d’écriture m’enchantent.» Avant de devenir célèbre avec son premier roman, Arlette Cousture avait tâté de plusieurs métiers, même si elle a toujours voulu écrire.Sa formation de comédienne et de conseillère en animation culturelle et théâtrale la disposait à un emploi public.Mais c’est comme professeur à Laval qu’elle a commencé sa carrière professionnelle.Très tôt, par contre, elle change de branche.À 20 ans, elle se retrouve animatrice d’une émission de télévision appelée Caméra-moto.Après un an, l’émission tombe et Arlette se retrouve dans le milieu du cinéma où elle travaille plusieurs années.Pendant tout ce temps, elle continue d’écrire des pièces de théâtre et de nouvelles qu’elle conserve jalousement.Après avoir remporté le concours d’oeuvres dramatiques de Radio-Canada en 1979, elle se met à l’écriture de l’histoire de sa mère qui prend rapidement des proportions gigantesques.Pour l’instant, Arlette Cousture ne lit que des romans en anglais, des polars entre autres, pour ne pas se faire influencer par le style des auteurs, tant québécois que français.Lorsqu’on lui reproche de ne pas faire de la littérature « moderne », c’est-à-dire difficile, Arlette Cousture répond en citant une des répliques qui l’ont le plus séduites par rapport aux Filles de Caleb.Elle provenait de Jean-Claude Germain qui lui disait, sarcastique : « A-t-on idée d’écrire un livre qui se vend.» Comme elle aime par-dessus tout écrire et lire, Arlette Cousture entend faire partager ses plaisirs au cours du Salon.« Mon rôle consistera à animer de façon informelle le Salon en étant présente chaque jour et ouverte à tous les visiteurs qui vont venir me rencontrer.» C’est un rendez-vous qu’elle lance à tous.MARGARET LAURENCE Un oiseau dans la maison Margaret Laurence (1926-1987).I une des plus grandes romancières du Canada anglais, a qualifié elle-même ce recueil de nouvelles de "fiction semi-autobiographique"’.W ITOLD RYBCZYNSKI Le confort Cinq siècles d'habitation Witold Rybczynski nous fait découvrir une histoire de l'architecture, de l'aménagement intérieur et du confort qui changera complètement l’image (pie nous nous faisons de la maison.Stand 177 ÉDITIONS DU ROSEAU 7870, rue Fleuricourt, St-Léonard Québec, H1R 2L3 Witold Rvbc/ynski LE CONFORT I «in le* Jhukiminm M.irg.trci Laurence n ni.srnti In mni.son OIIIIM PHOTO JACQUES GRENIER *_____ Un livre doit être lu par quelqu’un pour devenir une oeuvre littéraire au sens tort du terme, explique Arlette Cousture.POUR L’AUTOMNE Un peu de.COMMUN ICA T! ON Guide de rédaction Les nouvelles radio et l'écriture radiophonique * sous la direction de: RÉAI.BARNABÉ Éditions Saint-Martin et Les entreprises Radio-Canada Comment écrire pour la radio, pour l’oreille?Un guide simple, utile et accessible pour les étudiant(e)s et les professionnel-(le)s qui veulent maîtriser l’ecriture radiophonique.(Séance de signature le jeudi 16 novembre de 18h00à I9h00) 135 pages GUIDE DE REDACTION w Iss nouvelles nulto et l'écriture nuliophonique Manuel de Journalisme radio-télé 14,95 s *—i Manuel de journalisme radio-télé JACQUES LARUE-LANGLOIS Un manuel pour la formation des journalistes.On y apprend tout sur le langage radiophonique, les nouvelles, le bulletin de nouvelles, l’interview, le magazine d’information.l’information télé, la présence à l’écran, l’accès à la profession.Un livre de référence indispensable! (Séance de signature vendredi 17 novembre de 18h00 à 19h00) 248 pages 19,95 S La réalisation d’un film Les matins infidèles JEAN BEAUDRY et FRANÇOIS BOUVIER Ce livre nous apprend comment s'est réalisé ce film.On y retrouve une description du tournage au jour le jour, le découpage plan par plan, le traitement cinématographique, la liste des équipements, un sommaire du budget ainsi que des entrevues avec ceux et celles qui ont bâti ce film.Un ouvrage essentiel! 220 pages 19,95$ JEAN BEAUOflY ET fRANÇOIS BOUVIER et de.PSYCHOLOGIE J'ai fait l'amour avec mon thérapeute Trmotgnagfi \ur Tuuurutt J’ai fait l’amour avec mon thérapeute Témoignages sur l'intimité sexuelle en thérapie HÉLÈNE LAPIERRE et MARIE VAL1QUETTE, Ph.l) Ce livre qui dérange.Faire l’amour avec sa cliente, faire l’amour avec son thérapeute: comment cela arrive-t-il?À qui cela arrive-t-il?Est-ce un paradis ou un enfer?Un privilège ou un événement traumatisant?Les auteures, toutes deux psychothérapeutes vous répondent.(Séance de signature du jeudi 16 novembre au lundi 20 novembre de 19h00 à 20h00) 192 pages 19,95$ Le répertoire de la condition masculine sous la direction de: JEAN-PIERRE SIMONEA U Le répertoire est un outil de référence pour ceux et celles qui s'intéressent aux divers aspects de la condition masculine.On y présente une liste par régions des groupes, organismes et personnes ressources ainsi que quelques centaines de références bibliographiques, filmographiques et discographiques regroupées par thème.(avec la collaboration du MAC) (Séance de signature le samedi 18 novembre et le dimanche 19 novembre de 17h00 à 19h00) 160 pages 9,95$ Dans toutes les bonnes librairies ÉDITIONS SAINT-MARTIN JOJ 4316, bout.St-Laurent, Montréal (Québec) H2W 1Z3 (514) 845-1695 ^lüü STANDS 417 et 516 CAMILO JOSE CELA PRIX NOBEL DE U LITTÉRATURE 19S9 Le prix Nobel de la littérature 1989 vient d'être décerné à Camilo José Cela Né en 1916 à Padron (Galacie), Camilo José Cela est un des plus grands écrivains de l'Espagne contemporaine.Après Cervantès, il est l'auteur le plus traduit mondialement.Il publie ses premiers romans en 1935.Révélé en 1942 par son roman La famille de Pascal ûuade, il est aussi l'auteur de très nombreuses nouvelles et de récits de voyage LA FAMILE DE PASCAL DUARTE CXNUtOlOSe^ La fatnttle n 1 de l/ans la prison de Badajoz, M Pascal Duarte un condamné relate longue- B * 0 M A N ment sa vie.Le dernier acte ¦ ïiTxCT4 1 »•* va être sanglant: c'est sur Pascal Duarte que la mort va frapper après avoir tracé autour de lui un cercle de meurtre et de croix.Nul ne peut vivre auprès de cet humble paysan d'Estrémadure.À son contact, les existences s'effritent: celles des enfants, de sa femme, de ses proches, de sa mère enfin - comme s'effrite la terre d'Espagne tuée par le soleil et «le vent mauvais et perfide».La fatalité a marqué Pascal Duarte du signe de la mort.Comme les héros des grandes tragédies classiques.«Voilà un modèle -un modèle qu'il ne faut pas imiter mais fuir.» (traduit de l'espagnol par Jean Viet) Diffusé en librairie par Diffusion Dimédia inc.TOREROS DE SALON 11 ne faut pas confondre la Tauromachie de Salon avec la musique de chambre, le latin de cuisine, ou quelqu' autre divertissement casanier.Il n'est pas indispensable, pour se sentir torero, d'avoir face à soi un véritable taureau.Le torero de salon va l'inventer, au sens de «L'Invention de la Croix».C'est-à-dire qu'il creuse, pour le trouver, tout au fond de lui-même, dans les obscurités ou sommeille le mammifère primordial.(traduit de l'espagnol par Antoine Martin) 104 pages - 17,95$ Diffusé en librairie par Diffusion Dimédia inc.Verdier LE JOLI CRIME DU CARABINIER ET AUTRES ANECDOTES IrM Vamilo José Cela nous entraîne, avec ces nouvelles, à travers l'Espagne.De ses multiples observations, il nous livre des portraits saisissants de petites gens vus dans leur quotidien où, à la délicatesse, aux demi-teintes et à la tendresse, amusée parfois, succède l'humour féroce et noir qui égratigne plutôt les nantis et le pouvoir.S'il sait peindre l'humain et les atmosphères, il décrit aussi merveilleusement les paysages grandioses de.l'Espagne.Les textes, souvent d'allure picaresque, sont servis par une langue d'une extrême richesse et d'une grande flexibilité.(traduit de l'espagnol par Claude Bourguignon) 160 pages- 23,95$ Diffusé en librairie par Médialiv I D-4 M Le Devoir, samedi 11 novembre 1989 • le plaisir des salon du Livre de Montréal INVITÉE D’HONNEUR DU SALON DU LIVRE Marie-Claire Biais: l’écrivain et les autres JEAN ROYER « Si on croit à la littérature, on ne peut pas être continuellement réservé », finit par me dire Marie-Claire Blais, en acceptant cette interview.Marie-Claire Blais ne joue à rien d’autre qu’à écrire la vie.Elle n’est jamais en représentation.Elle n’est pas quelqu’un qui cherche à charmer par masques et bergamasques.On se demande comment elle remplira son rôle d’écrivain invité d’honneur du Salon du livre de Montréal.Elle aussi, d’ailleurs.Car elle hésitera, avant de m’accorder cette brève interview.Marie-Claire Blais n’est pas dans l’image ni dans le paraître.Discrète et presque silencieuse, elle veut rester vraie.Sa vie d’écrivain, elle ne s’en sert pas pour accroî- tre sa popularité mais pour aller plus loin en elle et dans sa vision du monde.C’est ainsi que je l’ai toujours connue, depuis trente ans, alors que sortant de l’adolescence nous lqngions les couloirs de la faculté des lettres de l’université Laval et qu’elle avait commencé d’écrire.Déjà, elle semblait fuir la rumeur qui accompagnait son premier livre, La Belle Bête, publié en 1959.Depuis ce temps, elle a bâti une oeuvre qui ne cesse d’étonner et qui a été saluée par plusieurs prix dont le Médjcis en France en 1966 et le Vient de paraître le nouvel album UA'nüp*' ¦sT "fa Bandes dessinées, tout en couleurs $ 56 pages d'humour et de fantaisie Venez rencontrer Tristan DEMERS au Salon du Livré de Montréal Kiosques 914 - 916 - 918 - 920 En vente chez votre libraire \ W ÉDITIONS MILLE-ÎLES /LEVAIN X Diffusion Levain (514) 273-6410 Pc Diffuseur exclusif ÉDITIONS AUVIDIS ÉDITIONS LABOR (littérature) ÉDITIONS MILLE-ÎLES/LEVAIN ÉDITIONS RADIO-FRANCE LIVRES-CASSETrES CASTERMAN ENCYCLOPÉDIE SONORE HACHETTE VIDÉO-GUIDES HACHETTE ÉDITIONS ELLEBORE ÉDITIONS STUDIO S.M.DIFFUSION LEVAIN 205 ouest rue Laurier Montréal, Qc H2T 2N9 Tel.: (514) 273-6410 • Fax: (514) 271-6230 Nous sommes présents au Salon du Livre Kiosques 914 - 916 - 918 - 920 Un imposant choix de textes, une solide introduction à sa vie.une nomenclature critique fouillée et trente-deux pages iconographiques sur la première poétesse du Québec.prix David du Québec en 1982.J’ai le plus grand respect pour cette oeuvre et pour celle qui, sans complaisance, creuse son sillon d’écrivain de fin de siècle, essaie d’exprimer nos angoisses et nos espoirs en abordant des mondes marginaux et dissidents, où l’on reconnaît, comme dans son plus récent roman paru chez VLB Editeur, L’ange de la solitude.Arrivée la veille d’un bref séjour en France et se préparant à quelques jours de vie publique au Salon du livre de Montréal, Marie-Claire Blais est préoccupée par le statut de l’écrivain dans la société québécoise.Ici, l’écrivain n’est pas toujours reconnu comme un citoyen à part entière.« Cela nous frappe, surtout quand on revient d’Europe, dit-elle.Là-bas, être écrivain, c’est d’abord une fierté, une sorte d’honneur.Ici, c’est très différent.Peut-être que la situation a commencé de changer un peu mais l’idée n’est pas encore entrée dans la tête des gens.Le statut de l’écrivain n’a pas encore pénétré toutes les consciences.C’est bien dommage ! Pourtant, on doit être fier d’être écrivain.C’est un métier difficile, exigeant, torturant mais qui nous donne tout de même une façon d’approcher la vie, peut-être plus vaste.Il me semble que par moments la société pourrait être capable de plus de compréhension, de plus de charité envers l’écrivain.C’est un métier qui veut dire tant de choses.Ces choses qu’Albert Camus exprime dans son oeuvre quand il dit qu’il est un témoin.L’écrivain est un être très important dans la société parce qu’il voit les autres.Il est parmi eux et il les voit, avec un oeil de visionnaire.» Quels sont les rapports de Marie-Claire Blais avec son public -acteur ?« Celui de tous les écrivains, dit-elle.On reçoit des témoignages, des lettres.On sort un peu de sa vie pour aller vers les autres, quand on écrit.Malgré soi, on va vers les autres.On raconte un peu l’histoire de ceux qui nous entourent.Alors on reçoit un écho.Comme les autres écrivains, je reçois des lettres.C’est toujours émouvant.C’est un contact souvent inespéré.» J’ai remarqué que, contrairement aux poètes, qui peuvent se rencontrer souvent, dans des lancements ou des fêtes, les romanciers restent un peu plus isolés les uns des autres.« C’est vrai que nous ne nous rencontrons pas assez souvent, admet la romancière.Par contre, quand cela arrive, c’est sti- PHOTO CHANTAL KEYSER On doit être fier d’être écrivain, proclame Marie-Claire Blais dans une entrevue exclusive au DEVOIR.« C’est un métier difficile, exigeant, torturant mais qui nous donne tout de même une façon d’approcher la vie.» mulant.J’ai rencontré beaucoup d’écrivains dans des rencontres internationales de travail et dans des jurys.Il y a de la vitalité à sentir là présence d’autres écrivains autour de nous.C’est certainement une stimulation dont nous avons besoin.On ne peut pas nier cela.On peut aimer sa solitude et avoir besoin de sa quiétude.Mais la présence des autres écrivains est quelque chose dont on peut se nourrir.Quand ils viennent d’autres Tays, cela peut donner un foisonnement d’idées et de provocations, cela nous fait grandir.« J’arrive justement d’Europe où j’étais pour un travail, poursuit Marie-Claire Blais.'J’étais avec d’autres écrivains québécois, Jean-Guy Pilon, Gilles Archambault, Michèle Mailhot, Michel Garneau et plusieurs autres artistes.Certains d’entre nous étaient venus pour lire leurs oeuvres et participer avec d’autres écrivains venus d’ailleurs aux rencontres de L’Atelier imaginaire organisées par Guy Rouquet.Ce genre de stimulation nous force à agrandir nos opinions et cette fraternité, cette solidarité qu’on peut sentir internationalement, nous fait du bien.« Evidemment, ajoute Marie-Claire Blais, comme on est habitué de vivre notre viè d’écrivain en solitaire et de vivre la vie de l’écrivain d’un pays d’A- mérique du Nord, de langue française mais loin de l’Europe et de ces lieux où tout le monde se rencontre sur le plan de l’écriture, on a parfois un peu tendance à se replier sur nous-même quand on se retrouve parmi les autres.Mais quand la fascination commence à grandir pour un autre écrivain, pour une autre langue, on sort de soi-même un peu plus.» Voilà.Je vous avais prévenu.Marie-Claire Blais n’a pas profité de.cette interview pour se vanter.Mais elle s’est fait un devoir de parler (en exclusivité pour LE DEVOIR) de son métier d’écrivain parmi les autres.Tout l’honneur est pour nous.LES ÉDITIONS DE LA CHENELIÈRE DISTRIBUTION: ÉDITIONS EST-OUEST 4189.boul.Décarie Montréal (Québec) CANADA.H4A 3J8 Tél: (514) 483-6220 Fax: (514) 483-6408 i.eie\emestpasse.te livre reste! Venez nous voir!! Salon du livre de Montréal (du 16 au 21 novembre 1989) STAND 1-14 CANADA: THE STATE OF THE FEDERATION 1989 Sous lu direction de Ronald L.Watts et Douglas M.Brown Des commentateurs chevronnés analysent: ¦ les relations fiscales fédérales-provinciales et le déficit national ¦ le fédéralisme canadien à l’épreuve du libre-échange ¦ la réforme du Sénat ¦ la nouvelle législation environnementale ¦ les politiques linguistiques des gouvernements fédéral et provinciaux ¦ la politique fédérale sur les services de garde ¦ l’élection fédérale de 1988 ainsi que: les changements politiques en cours en Ontario et au Manitoba.plus: une chronologie des relations intergouvemementales canadiennes pour les années 1988-89.284 pages — 16,00 $ Institut des relations intergouvemementales, Queen’s University, Kingston, Ontario, K7L 3N6.DAVID LONERGAN ANTHOLOGIE DE BLANCHE IV\MONTAGNE- BEAUREGARD I GUERIN littérature Distributeur exclusif: Québec livres, TT (514) 327-6900 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) II2T2G2, TT (514) 842-3481 I ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE f Le Devoir, samedi 11 novembre 1989 ¦ D-5 SALON DU LIVRE DE MONTREAL • te plaisir des ivres INVITÉ D’HONNEUR DU SALON DU LIVRE Didier Decoin, le colleur d’affiches du Bon Dieu SYLVIANE TRAMIER PARIS — On serait à Paris, ou bien à Londres, ou à New York .Oui, plutôt New York.On apercevrait la structure d’un pont en construction, ou d’un entrepôt, ou d’une usine.On entendrait le fracas d’une locomotive, ou de camions ou de machines.Ça sentirait le poisson ou la boue ou l’oignon frit.Et il pleuvrait.(Ou il y aurait du vent, ou du brouillard, peu importe mais on saurait quel temps il fait.) Atmosphère ! Atmosphère !.on serait dans un roman de Didier Decoin.La suite se complique ! II y aurait du mystère, mais ce ne serait pas un roman policier, il y aurait des événements empruntés à la réalité mais ça ne serait pas un roman historique, ni naturaliste, ni socio-politique.L’auteur tente un néologisme : « émotionniste, si vous voulez un mot pour qualifier mes romans, je cherche à provoquer des émotions variées.Des rires, des.» Réalistes aussi, et poétiques, les romans de Decoin sont atmosphériques en diable (au pied de la lettre) : « J’écris rarement une scène dans un livre sans dire s’il pleut ou s’il fait beau, m’assure-t-il.Il y a plein d’écrivains qui se foutent complètement du temps qu’il fait dans leurs livres.Moi pas.» On aura perçu ici le scénariste sous le romancier, le réalisateur de films et le fou de cinéma qu’est aussi Didier De-coin.Son père, le réalisateur Henri Decoin, lui inculque naturellement le goût de la fiction, de l’imaginaire, des histoires, des univers fantaisistes.Dès son enfance il côtoie le cinéma, et passe ses jeudis après-midi de congés scolaires dans les salles obscures à déguster les premiers films en technicolor.Des films d’aventures surtout et américains.Et il dévore les bandes dessinées, venues des États-Unis aussi.Mickey Mouse et Donald Duck lui racontent inlassablement l’American Way of Life.Plus tard, quand il découvre la littérature, ce sera encore avec des Américains qu’il éprouve ses premiers grands chocs ! Salinger et Dos Passos : « Manhattan Transfer est un des premiers ouvrages d’auteurs sérieux que j’ai lus.J’ai été marqué par la façon d’écrire de John Dos Passos, sa vision de la ville et par les symboles qu’il utilise.» Il ne lui restera qu’à découvrir New York, à se laisser fasciner par cette ville « à la lumière glauque, verdâtre, une lumière d’abysse » précise-t-il avec délectation, pour devenir le plus Américain des romanciers français.Laurence, Abraham de Brooklyn et John l’Enfer (pour lequel il a obtenu le prix Concourt en 1977) forment une trilogie américaine dans une oeuvre qui comptent une douzaine de romans, des essais, des livres pour enfants.Sans compter — car il les met à part — les nombreux scénarios de films ou de téléfilms que Didier Decoin écrit « à des fins alimentaires ».L’influence du cinéma dans l’oeuvre de Didier Decoin se fait sentir dans son souci du cadrage.Mais c’est alors un cinéma intimiste (celui de ses maîtres Bergman, Truffaut, Ozu) qui l’inspire, et non plus celui des films d’aventure de son enfance : « Je ne sais pas bien écrire sur les grandes immensités vides, explique-t-il.J’ai besoin d’enfermer mes personnages, j’ai des difficultés à les faire évoluer dans un décor vide.» Didier Decoin est un romancier sensuel : dans ses livres il y a des bruits, des odeurs, des choses à goûter, à palper et c’est en homme qui a l’oeil rivé à la caméra qu’il décrit son prochain roman : « C’est un livre en noir et blanc.Genre Doisneau et Brassai, ces photographes de la nuit de Paris.C’est très différent de mon autre roman L’Enfant de la Mer de Chine qui est un livre en cinémascope couleur.C’est à l’âge de dix-neuf ans, et sans le savoir, que Didier Decoin se met à écrire son premier roman.Il travaille à ce moment-là pour le Figaro.Malheureux en amour, il commence à écrire une lettre à l’objet de sa flamme et termine deux cents pages plus tard avec un manuscrit qu’un collègue indiscret, mais perspicace, remet à un éditeur.Ce sera Le procès à l’amour publié en 1966.Le succès vient vite : prix des quatre jurys en 1971 pour Elizabeth ou Dieu seul le sait, prix des libraires en 1972 pour Abraham de New York, prix Goncourt en 1977 pour John l’Enfer.Quelque part dans ces années-là va se produire un événement qui va bouleverser sa vie et transformer son existence heureuse qui «s’écoulait comme un long fleuve tranquille » en « une mer tumultueuse et joyeuse » : il découvre Dieu.Cela se passe un soir chez lui.Il n’a pas de vision, il n’entend pas de voix, mais il est brusquement saisi d’une conviction : « J’ai eu la certitude totale, évidente, qu’un être m’aimait moi personnellement et aimait personnellement tous les gens de la planète.» Il se décrit comme un « chrétien sans complexe, et très précisément l’enfant prodigue de la parabole ».La foi ne le transformera pourtant pas en écrivain religieux et il refuse de dire à quel moment exactement s’est produite sa conversion de crainte qu’on ne se mette à distinguer dans son oeuvre un avant et un après.Il décrit quand même son expérience dans un essai II fait Dieu paru en 1975.Il écrit aussi une « Bible illustrée par les enfants », et son plus récent ouvrage est un récit de l’enfance de Jésus à partir de tableaux de grands peintres qui l’ont représenté, intitulé Jésus de Nazareth.Après cette révélation, il se demande s’il ne doit pas devenir prêtre.Il y pense mais se ravise.Il se contentera de parler de sa foi lorsque l’occasion se présentera.Ses personnages sont ouvriers sur des chantiers de construction, chauffeurs de trains, laveurs de vitres.Lui se fera « colleur d’affiches du Bon Dieu ».Vf, - w « J'ai eu la certitude totale qu’un être m'aimait moi personnellement et aimait personnellement tous les gens de la planète », raconte Didier Decoin.«Of ie nouveau roman est celui d'un écrivain en pleine maturité et nous donne un immense plaisir de lecture».Jean Royer/Le Devoir ROBERT LALONDE LE DIABLE EN PERSONNE 'JEANNE1 BOURIN Les Pérégrini •f| IV Jeanne Bourin fciéO LES PÉRÉGRINES Éditions François Bourin, 24,95$ fclfUT.De Chartres à Jérusalem, Jeanne Bourin retrace la vie quotidienne de trois femmes parties avec les croisés lors de la première croisade.Personne encore n'avait écrit le roman de cette épopée au féminin.« Avec Le Diable en personne, son cinquième roman, Robert Lalonde signe un livre superbe.Une quête patiente, minutieuse sur un parcours empreint de poésie et d'émotions retenues».Lucie Côté/La Presse .» « On n'échappe pas à la fascination que suscite Le Diable en personne.On lit ce roman comme on reconstruit le puzzle d'une image qu'on n'aurait jamais vue.Robert Lalonde est arrivé à écrire, à partir d'un personnage qu'on ne connaît pas et qu'on ne connaîtra finalement jamais, une histoire que l'on suit avec passion.» Marie-Claude Fortin / Voir.Robert Lalonde sera présent au Salon du livre de Montréal Séances de signatures le vendredi 17 novembre, de 17h à 19h le samedi 18 novembre, de 17h à 19h STAND 563 SALON DU LIVRE DE MONTRÉAI ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE GUERIN littérature 1 x ' l - * 4501, rue Drolcl, Montréal (Québec) H2T 2G2, TT (514) 842-3481 Un roman biographique, tendre cl émouvant sur celle qui fut l'une des ligures dominantes de notre littérature féminine de rentre-dèux-gucrres.Distributeur exclusif: Québec Hures, TT (514) 327-6900 novembre 1989 Le Devoir, samedi • te plaisir des SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Les prix littéraires au Salon du livre h Les gens aiment lire, les auteurs, lire leurs confrères.Le Salon fera en sorte d’enthousiasmer les premiers, tout en soulignant par la remise de prix le talent des seconds.Le Prix Une initia- j._i live du Sa- dli Grand Ion du livre Public en collabo- ration avec La Presse et Radio-Cité, couronnera les efforts d’un auteur québécois.Pour une 7e année con sécutive, le public sera donc appelé à voter pour le livre qu’il aura le plus apprécié parmi les 10 best-sellers 89, tels que recensés par La Presse depuis janvier dernier.L’auteur choisi par le public recevra de La Presse une bourse de $ 1,000.Le Prix du Concours littéraire franco québécois Une bourse de 5,000 1 offerte par l’Office franco-québécois pour la jeunesse, sera attribuée à un auteur français ou québécois.Le jury chargé de choisir le lauréat est composé cette année de Gilles Archambault, Madeleine Gagnon, Tahar Ben Jellounf Pierre Lepage et Pierre Morency.Le Prix Remis de- Aii _ n 'a___i_ puis 15 ans Alvine-Bélisle a |a meil- leure oeuvre de littérature jeunesse publiée en français au Canada, ce Prix sera décerné pour la première fois dans le cadre du Salon du livre.Les Grands Prix du Journal de Montréal Eux aussi remis pour la première fois au Salon, ces deux prix sont attribués à chaque année à une oeuvre poétique, une oeuvre dramatique et à une oeuvre en prose.Ces prix, d’une valeur de 1,500 $ chacun, sont offerts par le Journal de Montréal et l’Union des écrivains québécois.Le Prix UELF L’Union des éditeurs de langue française remettra ce Prix le 17 novembre aux trois lauréats suivants : le Français Jean Guerreschi pour son premier roman Montée en première ligne, paru en France aux éditions Julliard; les éditions Boréal pour le livre Les quatre saisons du Québécois Jean Proven-cher; et les éditions Lavauzelle pour la publication de Nouvelle équitation du Français Jean-Yves Le Guillou.Le Prix 'Ce.pÜx .•• sera ac- du LOISir cordé lundi Littéraire le 20 no- vembre aux auteurs des trois meilleurs textes réalisés à l’intérieur des ateliers d’écriture que tiendra Loisir littéraire pendant le Salon.Le Prix Ce prix littéraire sera attri- liueraire bué samedi Air Canada ie is cou- rant sous l’égide de la Société des écrivains canadiens.Le Prix littéraire Canada Communauté française de Belgique écrivain belge et à un écrivain canadien de langue française, dont il couronne l’ensemble de l’oeuvre.Financé par le ministère des Affaires extérieures du Canada et par le gouvernement belge, ce prix est administré au Canada par le Conseil des arts.D'une valeur de 2,500 $, ce Prix est décerné chaque année en alternance à un Le Prix Québec Wallonie Bruxelles du livre de jeunesse Ce prix sera décerné le mardi 21 novembre à un illustrateur belge.Le Prix/Wallonie-Bruxelles du Livre de jeunesse est attribué annuellement à un écrivain ou à un illustrateur du Québec et de la communauté française de Belgique alternativement.Le prix comporte, pour l’illustrateur, une bourse de 3 500 $ offerte par le gouvernement du Québec et, pour l'éditeur, une aide financière de 6 000$ de l’exécutif de la communauté française de Belgique afin d’assurer la mise en marché et la promotion de l’ouvrage primé au Québec.Le Prix Décerné des Lecteurs BibÜO ment des bibliothèques centrales de prêt, il ira à un auteur québécois dont l’ouvrage a été prêté le plus souvent au cours de la dernière année.Le trophée Bi-blio sera accompagné d'une reliure d'art de l’ouvrage primé.LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA FRISON ET lUiiunnmETl FUI QUEBEC Ce livre aborde la question controversée des prisons comme moyen de "répression".La prison est au coeur du social.Elle est souvent perçue comme moyen de gérer la pauvreté.L’auteur dénonce des stéréotypes sociaux en vue d’inspirer certaines réformes institutionnelles.238 pages 15x23 cm broché ISBN 2-7603-0253-9 29,95 $ de la 'uhùuc Jcalaiat m9-mo ! PENSER, URE, ÉCRIRE NTROOOCTON V AU TRAVAIL 81 RI Lucie ROBERT L'institution du littéraire au Québec Qu’est-ce oui fait qu’un texte est littéraire?Lucie Robert étudie la manière dont, au Québec, le littéraire a été institué en tant que valeur esthétique accordée à certains écrits plutôt qu’à d’autres.282 panes, 26 $ fORIBS floues f'IQUES nnrmpmfte i r mOisas L’histoire littéraire Théories el méthodes sous la direction de Clément Moisan Une vingtaine de texte où les auteurs, tant européens, qu’américains, canadiens et québécois, abordent tous les aspects essentiels de l’histoire littéraire d’hier et d’aujourd’hui, afin de trouver les voies à un avenir renouvelé.296 panes, 29 $ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE OU CHEZ L’ÉDITEUR LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL AVENUE DE LA MÉDECINE, CITÉ UNIVERSITAIRE.SAINTE-FOY, G!K 71*4 ROBERT LAFFONT La chair de pierre par Jacques Folch-Ribas Mieux qu'un roman, Lu chair de fiierre est une oeuvre.234 pages - 16,95 $ lACOtJgS fOUCtt-RIBAS la chair de pierre lACQIiES KaOMtlBAS La chair de pierre [•[>[>] Yves Masson ENTRE 'ARENTHÈSESI 9,95$ )tre parenthèses, après Fais de eaux rêves qui par la structuré] la langue et la thématique : I révélait un véritable talent auteur, mérite de se tailler un€ jtre place de choix dans cette Iramaturgie qui commence à j ! s'écrire à i'intention des j adolescents.Lorraine HÉBERT c a n K
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