Le devoir, 25 novembre 1989, Cahier D
ÏLg ® )Le P • le plaisir ries mes (liampigny Librairie Champigny 4474.rue Si-Dentt Montréal (Oufbec) 844-2587 ,S°''oP/ Montréal, samedi 25 novembre 1989 MORRIS WEST Ï J e dernier roman de Morris West, De main de maître, vous apportera quelques heures de lecture tranquille sans laisser de profondes traces dans votre mémoire.Page D - 2 FEUILLETON Ïjoufoque, nous dit Lisette Morin du dernier roman de Jean-Luc Benozi-glio, Tableaux.d’une ex.Le romancier a choisi la dérision comme antidote à la dureté de la vie.Page D - 5 MARY HIGGINS CLARK intelligentes, intuitives, fortes de caractère.Ce sont les héroïnes des romans de Mary Higgins Clark, qui était de passage à Montréal ces jours derniers.Page D-6 BEAUX LIVRES N i.N oel arrive avec son cortège de cadeaux.Parmi ces derniers, les beaux livres de toutes catégories, qui tentent tout le monde.Pages D - 7, D - 8, D - 9 et D -10 LE PLAISIR DES MOTS ija chronique de Marie-Éva de Villers sur la langue suscite de nombreux commentaires.Modifier l’orthographe : certains le souhaitent, d’autres s’y opposent.Page D -11 JACQUES POULIN Romancier de la tendresse JEAN ROYER JACQUES POULIN me fait beaucoup penser à Jim, le narrateur de son plus récent roman, Le Vieux Chagrin (Leméac/Actes Sud).Comme lui, il veut écrire « la plus belle histoire d’amour ».On est tenté de lui rappeler celle qui se poursuit avec ses lecteurs depuis sept romans, depuis Le coeur de la baleine bleue et Faites de beaux rêves, depuis Les Grandes Marées et Volkswagen Blues.Mais comme il l’a fait écrire à Jim: « L’écriture, c’est comme la vie, on ne peut pas revenir en arrière».J acques Poulin a peur de se répéter.Qu’on lui dise que Le Vieux Chagrin est un chef-d’oeuvre, cela lui fait plaisir, certes, mais ne le rassure pas au sujet de son écriture.Le prochain roman ne devra pas ressembler aux autres.Pour lui, le roman idéal est celui dont l’action nous emportera vers un avenir.Ce qui n’est pas tout à fait le cas de son dernier livre, Le Vieux Chagrin, qui ressemble plutôt à une ardente méditation sur le corps de l’amour, l’âme du monde et le métier d’écrire.Dans ce roman, tout se dédouble, s’oppose ou se répond.Les désirs occupent la caverne des souvenirs.Les rêves de voyage réinventent les traces de l’enfance.Le voilier de l’amour s’ancre dans la nostalgie.Si, dans le rêve de Jim, Marika apparaît comme son féminin, le personnage de la Petite, qui l’accompagne dans son quotidien, gardera la mémoire d’une enfance perdue.Vieux Chagrin, le chat de l’écrivain, nous*conduira dans le roman du roman, dans les lieux des souvenirs et des rêves qui peuplent le manuscrit de Jim ou qui nourrissent sa lecture imaginaire des contes des Mille et Une Nuits, en compagnie de Marika dans la caverne que le temps a creusée au bord du fleuve, près de Québec.Dans Le Vieux Chagrin, l’émo- tion est à son comble.Histoire d’amour en même temps qu’his-tôire d’écrire, ce chef-d’oeuvre de Jacques Poulin illustre, finalement, l’histoire de tendresse qui s’invente entre le romancier et son lecteur.« Le roman idéal que je cherche à écrire ne serait pas tourné vers le passé, me confie Jacques Poulin, mais deviendrait plutôt l’exploration des formes nouvelles qui pourraient s’établir dans les rapports humains, entre des personnages qui trouveraient des façons modernes de communiquer, des façons de vivre pour l’avenir.Certes, dans Le Vieux Chagrin, mes personnages ont beaucoup de chaleur entre eux.Mais il me semble qu’ils pourraient être moins préoccupes par les choses du passé, afin de pouvoir faire quelque chose de neuf.Dans le prochain roman, je vais encore essayer d’écrire une histoire d’amour, mais plus orientée vers l’avenir».Décidément, Jacques Poulin ressemble beaucoup à Jim, son narrateur écartelé entre l’écriture des « débris de sa propre vie » et l’invention d’un monde.Comme Jim, il a l’ambition d’aller plus loin, jusqu’à vouloir « contribuer par l’écriture à l’avènement d’un monde nouveau, un monde où il n’y aurait plus aucune violence.» (Page 139) Cette ambition d’un monde Voir page D -11 : Jacques Poulin î?V-Süi i, * PHOTO JACQUES GRENIER Jacques Poulin ¦ - ¦ Le mariage du coeur et des affaires ïgsrxr -arc** ti' JL S FRANÇOISE LAFLEUR LA PASSION de Marcel ?Les arts visuels, plus p a r t i c u 1 i è -rement la peinture.La passion de Françoise ?Les sciences naturelles.Un mariage heureux de l’art et de la nature.Une histoire de coeur en même temps qu’une histoire d’affaires.Lorsque Marcel Broquet, Suisse d’origine, mit les pieds au Québec pour la première fois, il rencontra Françoise.Tous deux font route ensemble depuis 31 ans.Après avoir tenu librairie à Verdun pendant 20 ans, Marcel se laisse tenter par l’aventure périlleuse de l’édition.Il a toujours éu en tête de passer du métier de li-braire à celui d’éditeur.La maison, petite entreprise familiale regroupant aujourd’hui cinq employés permanents, tous liés par le lien du sang, fête aujourd’hui ses 10 ans d’existence.Les Éditions Broquet sont bien connues pour la publication d’ouvrages spécialisés sur la nature, tels par exemple les guides d’identification des oiseaux qui demeurent ses livres les plus vendus.En juin dernier, Broquet lançait sur le marché le guide Peterson des oiseaux, ayant acheté les droits de traduction et de diffusion en français, avec un Marcel Broquet à son stand au tirage de 25 000 exemplaires.« C’est le plus classique des guides, celui recommandé par les ornithologues ».Qu’il s’agisse du guide Peter-son, du Robbins ou du National Geographic Society, les trois sont bien cotés.Pourquoi publier trois guides semblables sur les oiseaux ?« Je préfère être mor propre concurrent », répond Marcel Broquet qui a eu le flair de choisir un créneau de marché du livre de Montréal.bien peu exploré jusqu’ici au Québec.« Lorsque je me suis lancé dans l’édition, la plupart des livres en français sur la nature venaient d’Europe.Il n’existait rien ou presque pour les amateurs d’oiseaux du Québec ou d’Amérique du Nord.Même chose pour les fleurs ou encore les pistes d’animaux d’ici.Et peu de livres se faisaient sur les peintres du Québec».L’équipe Broquet est d’ailleurs PHOTO JACQUES GRENIER réputée pour son souci du détail, pour son amour de la perfection, pour l’exactitude des propos.La recherche, la traduction et la révision des textes nécessitent de deux à trois ans de travail avant de peaufiner finalement l’ouvrage.« Ça coûte moins cher d’acheter les duplicata de films et de reproduire les dessins tout en négociant les droits de traduction plutôt que de payer directement des illustrateurs qui dessineraient fleurs, arbres, coquillages, etc.Le coût d’un dessinateur peut se chiffrer aux environs de 300 000 $ pour un seul livre, ce qui augmenterait beaucoup trop nos coûts de production.Et je tiens aux dessins.Un bon dessinateur reproduira plus fidèlement les couleurs d’une fleur ou d’un oiseau.Les illustrations seront plus réalistes que peuvent l’être des photographies ».Marcel Broquet ne pense pas que l’on puisse parler de best-sellers pour l’ensemble de ce qu’il produit.À l’exception des guides sur les oiseaux qui semblent se vendre comme de petits pains chauds dans les semaines suivant leur parution.Pour ce qui est de la collection Signatures, traitant des beaux-arts, le tirage d’un titre se situe autour de 3 000 exemplaires, parfois 5 000 selon le peintre dont on parle.Les ventes s’échelonnent sur deux, trois ou même cinq ans; il faut du temps pour ce genre d’ouvrages.La saison forte des ventes de livres sur les beaux-arts et les grands maîtres est courte : de novembre à janvier.Tandis que les livres exploitant les attraits de Dame Nature se vendent à l’année longue et leur tirage est plus élevé avec une moyenne de 10 000 exemplaires par titre.Les livres sur la nature permettent d’ailleurs à l’éditeur de maintenir ses collections de livres d’art qui, autrement, ne pourraient survivre et se faire une place au soleil.« Le marché du livre d’art est difficile; la clientèle limitée.Pour réussir à percer, il faut un catalogue imposant et il faut sans cesse faire de la promotion.Il faut constamment relancer les livres déjà parus.Il faut surtout des collections Voir page D -11 : Marcel Broquet Raymond Lévesque Lettres à Éphrem Propos humoristiques • l'Hexagone Raymond Lévesque nous dévoile tout un monde familier confronté au délire un livre drôle, amusant, écrit juste pour rire.de sol et des autres.humoi les jours LETTRES A EPHREM HUMOUR • T Hexagone lieu dislinctil de l'édition littéraire québécoise HUMOUR D-2 ¦ Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 • le plaisir des ivres Un voyage qui ne laisse pas de souvenir DE MAIN DE MAÎTRE Morris West Robert Laffont, collection Best-sellers Paris, 1989 SYLVIE MOISAN Il y a des livres dont on ne sait pas très bien quoi dire après les avoir lus.De main de maître est de ceux-là.Non pas que sa lecture ait été particulièrement ennuyeuse, loin de là, mais on ne peut pas dire non plus qu’elle ait été passionnante.Ce dernier roman de West, qui est paraît-il numéro 1 sur la liste des best-sellers en Angleterre, vous apportera sans doute quelques heures de tranquille délassement, mais je ne crois pas qu’il ait le pouvoir de laisser de profondes traces dans votre mémoire.L’auteur, Morris West, est un Australien né à Melbourne en 1916.Durant huit ans, il fut moine et professeur, mais a quitté la vie religieuse avant de prononcer ses voeux définitifs, en 1941.Tour à tour publicitaire et producteur d’émissions radiophoniques, il commence sa carrière d’écrivain dans les années 60.Parmi ses plus grands succès, on trouve Les souliers de Saint-Pierre, L’avocat du diable et Les bouffons du bon Dieu.De main de maître se déroule dans le monde de l’art, ou peut-être serait-il plus juste de dire qu’il se passe dans « le monde du marché de l’art ».C’est l’histoire d’un jeune et séduisant historien d’art américain nommé Max Mather, qui vit près de Florence avec Pia Palombini, une aristocrate millionnaire dont il est l’amant choyé.Tout en travaillant comme archiviste de la famille, il soignera Pia avec dévouement lorsque celle-ci tombera gravement malade.Grand bien lui fasse ! À sa mort, sa maîtresse l’autorise par testament à choisir son héritage parmi les documents des archives.En fouillant dans les piles de documents poussiéreux, Mather découvre un trésor : des toiles, inconnues jusque-là, d’un célèbre peintre de la Renaissance, le grandissime Raphaël, rien de moins.Mather comprend vite que s’il revendiquait les toiles, la famille de la défunte ne manquerait pas de contester son choix.Plusieurs di- zaines de millions de dollars sont en jeu.Mais, incapable d’y renoncer, il élabore un plan machiavélique pour se les approprier.C’est le récit de ces machinations qui formera la trame principale du roman.Ventes et reventes secrètes, création de compagnies fantômes, expertises, désinformation, assurances faramineuses et copies magistrales, voilà quelques-uns des ingrédients utiles à l’accomplissement de son projet.Ce n’est pas là le moindre intérêt de ce roman que de nous faire pénétrer dans cet univers, bien mystérieux, pour le commun des mortels.Si, après la lecture de ce roman, il n’est pas sûr que vous puissiez, sans vous faire rouler, négocier la vente d’un Raphaël sur les marchés internationaux de l’art, vous aurez au moins appris que, là comme ailleurs, l’argent est roi et que l’artiste n’est guère plus qu’un maillon de la chaîne dont l’oeuvre est soumise aux diktats tant de la finance que de la critique.Car, il est aussi question dans ce récit de peinture contemporaine puisque notre escroc ouvre, avec une ancienne maîtresse, une galerie d’art à New York.Les premières oeuvres qu’il y exposera seront celles de Madeleine Bayard, une peintre assassinée dans son atelier l’année précédente.Mather se retrouvera, à la suite de circonstances aussi fortuites qu’invraisemblables, impliqué dans cette affaire de meurtre, histoire d’ajouter, semble-t-il, une partie policière au roman.Peinture (sans jeu de mot) d’un milieu, intrigue policière, mais aussi roman psychologique principalement à cause des problèmes de conscience que se pose Mather face à son excro-querie (lesquels lui sont d’ailleurs inspirés par sa nouvelle maîtresse, une Suissesse on ne peut plus morale), ce dernier roman de West participe de plusieurs genres à la fois.Et c’est bien là, à mon avis, le problème.En effet, si certains auteurs de polars, telle P.D.James, arrivent à construire une intrigue policière très serrée tout en donnant à leurs personnages une certaine profondeur psychologique et en nous décrivant efficacement le contexte social, West s’en tire moins bien.Sa peinture du milieu des arts est superficielle et ses personnages manquent de consistance à tel point que l’on en arrive à se désintéresser de leur sort.Quant à l’intrigue policière, elle est bien mince et repose sur des éléments peu convaincants.Les personnages de ce roman s’habillent chez les grands couturiers, s’achètent des tabatières de 10 000 $, ne roulent qu’en limousine et se déplacent toujours en première classe.Si le lecteur appréciera de parcourir le monde en leur compagnie, peut-être regrettera-t-il, à son retour de voyage, de ne pas rapporter de souvenirs.GUY FERLAND Le Salon du livre de Québec sera-t-il sauvé ?LE SALON international du livre de Québec (SILQ) est en mauvaise posture.La Corporation qui en assurait la tenue n’existe, à toutes fins utiles, plus.Les membres du conseil d’administration ont démissionné cet automne et le ministère des Affaires culturelles, principal bailleur de fonds de l’événement, a retiré son appui et sa subvention annuelle de 76 000 $ à la Corporation.Enfin, M.Lorenzo Michaud lui-même, devant le désistement de tout le milieu du livre de Québec, a démissionné de son poste de président du SILQ.Bref, il fallait que d’autres personnes se décident à relancer l’événement sur d’autres bases.C’est fait.Claire Bo-nenfant (ancienne présidente du Conseil du statut de la femme), Laurent Laplante (journaliste), Réal Messier (directeur général de la bibliothèque centrale de prêt), Jean Provencher (écrivain, historien), Gilles Pellerin (nouvelliste et éditeur) et Denis Lebrun (éditeur de Nuits blanches et libraire) ont créé un comité visant la relance d’un tel événement.« On a contacté divers intervenants dans le milieu du livre de Québec dans le but de créer une nouvelle corporation, explique Denis Lebrun.En se basant sur la charte du SLM et en allant chercher des éditeurs, des libraires, des bibliothécaires et des hommes d’affaires, on veut donner une crédibilité à cette Corporation qui relancera le Sa- lon du livre à Québec.On va aussi rencontrer, très prochainement, des représentants du ministère des Affaires culturelles et de la ville de Québec.Mais pour l’année 1990, les chances de la tenue d’un Salon du livre à Québec sont très minces.Il faut comprendre qu’on repart à zéro.» Prix littéraire LA COMPAGNIE Christie Brown (les biscuits) a annoncé la création des prix du livre M.Christie qui entendent souligner l’excellence dans la rédaction et l’illustration de livres canadiens pour la jeunesse.Les prix seront accordés dans deux catégories : textes et illustrations.Il y aura en tout quatre prix pour un total de 30 000 $ pour des oeuvres en langue française et anglaise.Seront admissibles aux prix du livre M.Christie les livres destinés aux jeunes de 12 ans ou moins, publiés au cours de l’année par des auteurs et/ou des illustrateurs canadiens.La liste des li- Humaniias nouvelle optique LA LITTERATURE COMME PASSION Le Québec et la Provence enfin réunis! AXEL MAUGEY La poésie moderne québécoise Réédition actualisée d'un grand succès des années 70.L'auteur entreprend l'étude de la société québécoise et de la place qu'en celle-ci a prise et prend la jeune poesie du Québec.Une synthèse remarquable, appréciée aussi bien au Québec et en France qu'aux Etats-Unis, au Mexique et ailleurs.128 pages, 22/15 $ Récits secrets d'amour Dans ces récits, vous découvrirez une Provence essentielle, vivante, colorée, musicale et parfumée où l'amour et l'érotisme fondent leur royaume.PHI pages, N,95 $ Commandes téléphoniques acceptées 737-1332 Distribution Québec Livres e LES ECRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 BEAUCHAMP LOUISE Objet 5,00$ BOISVERT YVES (Prix Jovette-Bernier 1989) Les amateurs de sentiments 8,00$ BROSSARD NICOLE (Co-édition Le Oé Bleu) Installations 8,00$ GRAND PRIX DE LA POÉSIE DE LA FONDATION BROSSARD NICOLE LES FORGES — 1989 Amantes (Cassette audio) 10,00$ BUIN YVES (Co-édition Aralect) Fou-l'Art-Noir 10,00$ CARDUCCI LISA (Co-édition Le Castor Astral) La dernière fols 5,00$ CLANCIER GEORGES-EMMANUEL Tentative d’un cadastre amoureux 10,00$ CHOLETTE MARIO Radium 5,00$ COHEN ANNIE et Les mots ont le temps de venir 8,00$ GAGNON MADELEINE (co-édition la table Rase) DARGIS DANIEL Au coeur de continents neuts 8,00$ DESBIENS PATRICE Amour Ambulance 8,00$ FRÉCHETTE LOUIS La Légende d'un peuple 10,00$ FRENETTE CHRISTIANE Cérémonie Mémoire 5,00$ LE GOUIC GÉRARD Fermé pour cause de poésie 10,00$ GUIMOND DANIEL .Ne jamais rien dire 5,00$ LACHAPELL E CÔME La réplique du doute 5,00$ LANGEVIN GILBERT Né en avril 8,00$ LEDUC ANDRÉ Une barque sur la lune 5,00$ MALHERBE ALAIN Diwan du piiéton 10,00$ MAUFETTE GUY (Co-édition Le Dré Bleu Le soir qui penche 8,00$ MÉLIK ROUBEN Ce peu d'espace entre les mots 10,00$ PELIEU CLAUDE (Co-édition Europe-Poésie) La rue est un rêve 10,00$ PERRON JEAN Un scintillement de guitare 5,00$ POZIER BERNARD Un navire oublier dans un port 8,00$ TREMBLAY YVAN (Co-édition Europe Poésie) L'Espace Heureux 5,00$ VIGNEAULT FRANÇOIS COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF e (Prix de poésie OCTAVE-CRÉMAZIE 1989 Salon international du Livre de Québec Croquis pour un sourire 5,00 $ Des Forges * 28 5,00 $ (Sous la direction de Lucie Joubert) Choisir la poésie en France 12,00 $ (Sous la direction de Bernard Rozier) La poésie mexicaine 10,00 S (Sous la direction de Claude Beausoleil) Québec Kérouac Blues 10,00 $ Les passions s'avalent 5,00 $ (co-édition galerie Daniel) Parte 101 8,00$ (Co-édition Conseil Central de Trois-Rivières CSN) Distribution sn Hbralrios: PROLOGUE (514) 332-5800 Autres: DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON (819) 379-9813 LES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 vres admissibles sera dressée par Communication jeunesse et le Canadian Children’s Book Centre.Les premiers prix seront remis en avril 1990.Pistes de lecture LES BIBLIOTHÈQUES de la ville de Montréal offrent gratuitement des dépliants, intitulés En panne de livres, contenant des bibliographies d’une soixantaine de parutions récentes dans le domaine de la littérature québécoise et des publications documentaires.Chaque ouvrage est annoté et les volumes mentionnés se retrouvent sur les rayons des bibliothèques.L’Unéq au féminin LES MEMBRES de l’Union de écrivains québécois, qui tenaient leur assemblée générale au cours du Salon du livre, ont décidé de féminiser la dénomination de leur association qui devient ainsi L’Union des écrivaines et écrivains québécois (Unéq).Cinq postes au conseil d’administration ont été comblés : Hélène Pedneault a été nommée vice-présidente de l’U-néq alors que André Roy agira à titre de secrétaire-trésorier et que Jacques Pasquet, Daniel Ga- estuaire C.P.337, suce Outremont, Montréal, QC, H2V 4N1 COMME UNE MUSIQUE.estuaire lunmnninfl Comme sur une musique de.écrire non pas sur.mais avec ou à côte de la musique, comme on écrit derrière le bruit du monde, devant la voix des choses.Dossier: les jeunes poêles.Qui sont-ils.ceux qui n'ont pas encore 30 ans et qui font de la poésie?Les numéros 55.56 s'en viennent Les nouveaux interdits — Estuaire Levée d’encre / Notes de voyage Abonnements pour quatre (4 numéros) ABONNEMENTÊTL’DIANT/ÉCRIVAIN I5.00SD ABONNEMENT RÉGULIER 18.0050 ABONNEMENT POUR INSTITUTIONS 30.00 5 0 ABONNEMENT DE SOUTIEN 30.00 JD ABONNEMENT À L'ÉTRANGER 35.00 $ 0 CHAQUE NUMÉRO 6.00 5 0 Nom_________________________________ Adresse ____________________________ Code_______________________________ va ILLEZ M'ABONNER A PARTIR DL NUMÉRO_ iiiiiiiiiiii llllllllllll lllllllliuj III ZJ/rs ~m • ï 7 m • à» ¦> •’ T Fiction et biographies 1 Sire Gaby du lac Francine Ouellette Quinze (3)* 2 L’agenda Icare Robert Ludlum Robert Laffont O) 3 Le Premier Quartier de la lune Michel Tremblay Leméac 0) 4 Dors ma jolie Mary Higgins-Clark Albin Michel (2) 5 Juillet Marie Laberge Boréal (-) 6 La Chair de pierre Jacques Folch-Ribas Robert Laffont (5) 7 Anne au domaine des peupliers Lucy Maud Montgomery Québec/ Amérique (-) 8 Le Diable en personne Robert Lalonde Seuil (10) 9 Misery Stephen King Albin Michel (4) 10 A visage couvert P.D.James Fayard (-) Ouvrages généraux 1 L’état du monde Collectif Boréal (2) 2 Le Chemin le moins fréquenté ScottPeck Robert Laffont 0) 3 Le défi québécois C.Dufour Hexagone (-) 5 Souvenances III G.-H.Lévesque La Presse (-) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Raf-fin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes: Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium: Sherbrooke: Les Bi-blairies G.-G.Caza; Jollette : Villeneuve, Drummondville : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l’ouvrage la semaine précédente j DÉLIR SUR ALEX-2 La famille infernale C’est sur le réseau Alex 2 qu’est revenue la nouvelle aventure de ro man interactif.Les participants et les lecteurs retrouveront dans le tout nouveau C ROC les personnages du roman sous forme de feuilleton illustré.Les lecteurs se souviennent d’une bagarre « épique et picaresque ».Cette semaine, l’orage vient mettre fin, pour le moment, aux hostilités.Tous furent distraits par les éclairs.À la fenêtre, la foudre tomba, très proche.L’ancêtre était sur le gros nerf, gros comme le câble qui le tenait attaché à sa chaise berçante.Et Maurice s’élança sur le vieux métamorphosé avec la hache de sa panoplie suisse du parfait petit psychopathe en hurlant joyeusement: « Pour la gloire du roi patte trique ! ».Plus fou que ça, tu meurs.Le conflit fut épique et picaresque .La démence meurtrière de Maurice opposée à la puissance surnaturelle du vieil immortel .Maurice s’acharna vainement en vociférant des insanités.qui écorchaient les oreilles du vieil-x.essentiellement la pire blessure qu’il réussit à lui infliger.mais Lamphère préparait SON assaut.« Et pique, et pique, et pique.criaient en choeur les frères,enchantés par le spectacle.Lamphère attaquait maintenant un adversaire protégé d’un scutum où l’on pouvait lire Barletta Pizza 272-0070 Les interventions de cette semaine sont les suivantes Les cinq petits diables étaient montés à l’attaque au cri de « À bas Ber-lutta .À bas Berlutta .Ababa .abeber alulu atata .abab Ma.CAROL L’orage annoncé éclata en pluies torrentielles.Il mit fin aux histilités.On ne s’entendait plus et comme les mots représentaient le plus gros des munitions.MIRE À la prochaine chicane.soupira le général Berlutta.On pouvait compter la-dessus avec les quintuplets.Tous écoutaient, effrayés, le martellement de la pluie sur le toit de tôle.MIRE C’est Marie Fortier qui assure le choix des interventions.1 gnon et Richard Giguère exerceront les fonctions d’administrateurs.Bruno Roy et Denise Boucher poursuivent leur mandat à titre de président et d’administratrice de l’Union.Expo-vente L’artiste et le livre au Québec-1900-1989 est une expo-vente qui se tiendra à la librairie François Côté, au 1840 rue Amherst, du 25 novembre au 16 décembre, du mardi au samedi de 12 h à 17 h.Le lancement aura lieu le dimanche 26 novembre à 14 h.Un hommage particulier sera rendu lors de cet événment à Marie-Anas-tasie (1909-1989) décédée le 14 octobre dernier.PSEiHKhI mm % :Æ de réduction sur LA PLÉIADE SERVICE COURTOIS ET PROFESSIONNEL ¦le Parchemin =1 Mezzanine, station Berri-Uqam, Montréal — 845-5243 — librairie agréée Festival national du livre Le 12e Festival national du livre se déroulera du 21 au 28 avril prochain et sera placé sous le theme La lecture, c’est l’aventure.Les individus, associations, bibliothèques, établissements scolaires ou organismes qui désirent organiser des activités doivent soumettre leurs projets d’ici le 8 décembre 1989.Lors du dernier Festival, sur les 700 demandes reçues, près de 400 projets subventionnés ont été mis sur pied au pays dans plus de 320 villes.Pour obtenir des formulaires d’inscription, on s’adresse à Ginette Beaulieu, 1032, rue Laurier ouest, Outremont, Québec, H2V 2K 8, (514 ) 271-7949.1 Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Entre le grenier et la caverne, il y a les chats LE VIEUX CHAGRIN Jacques Poulin Montréal, Leméac/Actes Sud, 1989, 156 pages Jean-Roch BOI7IN Lëttres A Québécoises Lorsqu’on rencontre le bonheur, il faut savoir le saluer.S’il allait s’enfuir, intimidé par le vacarme domestique.L’écrivain peut-il trouver le bonheur par l’écriture, sinon dans l’écriture ?Raconter la plus belle histoire d’amour, sans avoir été amoureux.C’est ce que veut faire le héros-écrivain-narrateur du Vieux Chagrin.Il vit seul dans la maison de son enfance que son père fit transporter par barge dans une baie isolée, de l’autre côté du fleuve.« Dans mes souvenirs, j’étais moi-même à bord de cette embarcation, mais c’est peut- être une chose que j’ai imaginée, car j’étais tout petit à cette époque.» Tous les matins, après ses oeufs-bacon et beurre d’arachide, il monte au grenier pour écrire debout (vieux malaise au dos) « la plus belle histoire d’amour qui ait jamais été écrite».Il évite de regarder par la fenêtre, il passerait sa vie à la rêver, il a du talent pour ça, mais il a oeuvre à faire.Pendant que le fleuve, le ciel et tout ce qui les habite défilent sous sa fenetre, il cherche le mot suivant, Magellan de la plume.Ne pas confondre l’écrivain et l’auteur, qui ressemblent tous deux à Cousteau.Les jeux de miroirs sont partout dans le roman et la ressemblance ce que nous allons explorer.Outside looking in, inside looking out.Le double est au coeur du roman et le mythe de Narcisse en prend un coup de yin yang.Nous sommes avec l’Écrivain (je ne lui ai pas trouvé d’autre nom) faisant les cent pas dans son grenier ou sur la plage, fredonnant II n’y a pas d’amour heureux, cherchant comment l’homme de son roman va réussir à parler à la femme qui ressemble à Marlene Dietrich, qu’il lui a inventée.Il préfère la vie de papier à l’autre.Il finira par le dire, avec circonspection, quand « la Petite » lui posera la vraie question : Qu’est-ce qui compte le plus ?L’Écrivain aime les chats.Il y en a plusieurs qui hantent sa maison et meublent sa vie, dont le vieux Chagrin.Il les sert, les nourrit presque aussi bien que lui-même.Pour un peu, il leur servirait du vin et du beurre d’arachide.Il les respecte à l’égal des mots, comme des hôtes.« Parfois, les mots font leur chemin tout seuls : il faut les laisser faire, leur donner le temps.» Les mots, les chats, mais la vraie vie ?Qu’en est-il de celle qui a fait des trous dans sa bibliothèque, emportant tout Gabrielle Roy sauf Bonheur d’occasion ?C’est dans cette vie-là qu’il a compris qu’il n’avait jamais aimé.C’est cette vie-là qui le ramène aux livres et à celui qu’il écrit.Qui l’amène dans une caverne de la plage, près d’un petit bateau à l’ancre, où il trouve un sac de couchage qui sent « le trèfle » et un exemplaire des Mille et une nuits dédicacé à une Marie K.Trèfle ou dédicace, notre écrivain a si bien senti une présence féminine qu’il va tomber amoureux d’une ombre, lui écri-rer des lettres, lui fabriquer une boite-aux-lettres dans une maison de poupée, envoyer son frère en bateau, à proprement parler, pour la rencontrer — ce qu’il ne lui conviendrait pas à lui de faire —, rêver d’elle et même imaginer qu’il l’a imaginée.Mais cet ultime doute ne se présentera que lorsqu’il aura appris à aimer d’autre façon.D’autre façon ?Il n’y a jamais eu qu’une façon d’aimer, sujet et prédicat.La Petite se glissera dans sa maison, dans les vieux vêtements de son frère, et peut-être même dans l’ombre de Marie K.devenue Marika pour respecter la consigne du double, la schyzophrénie narrative, le jeu assidu de son masculin et de son féminin.La Petite pose les bonnes questions pour que l’écrivain se déculotte, au propre et au figuré, et qu’il livre au lecteur le sel fin de cet intense petit roman.Ancien prof de littérature, il est spécialiste d’Hemingway, et c’est à l’écrivain qu’elle pose des questions qui s’adressent à l’Homme après avoir fouillé dans le coffre de ses notes de cours.11 lui avoue, plein de componction : « Dans les livres, il n’y a rien ou presque rien d’important : tout est dans la tête de la personne qui lit ».Aux dernières pages, « la Petite » lisait Legrand Meaulnesdans le lit de l’Écrivain.Dans ma tête, il y avait toutes les images des précédents romans de Jacques Poulin : le frère insaisissable, la femme indéfinissable, le nomadisme de principe (kérouacien devenu hé-mingwayesque), la mâlitude d’une certaine époque.Dans mes mains, il y a le plus beau roman de Jacques Poulin, le plus nu et le plus sûr.Le plus fort aussi.Le plus mystificateur et le plus explicite.Un roman dont la beauté tient à sa qualité littéraire, d’autant plus éblouissante qu’il semble écrit avec un vocabulaire de Basic French.Hemingway engendra Poulin, Melville engendra Victor-Lévy Beaulieu.L’homme à femmes engendra l’Écrivain cherchant la Femme, l'homme-à-la-baleine .bon ! Les filiations littéraires, voilà de quoi il retourne, c’est un autre chapitre .JEAN ROYER L’avalanche des recueils parus récemment chez nos éditeurs de poésie (plus d’une trentaine de titres - nous en reparlerons) ne doit pas nous faire oublier quelques poètes majeurs, que je fréquente depuis quelque temps déjà et dont les oeuvres marquent l’histoire littéraire de 1989.L’INSEPARABLE Louise Bouchard Les Herbes Rouges 131 pages, 1989 Le livre de Louise Bouchard, d'un lyrisme sombre, évoque « le chant du refus » avec une force de ton et de style qui reste unique.Ce recueil vient de se mériter le Prix de poésie du Journal de Montréal.On s’étonne que les commentaires aient été si peu nombreux depuis sa parution.Car voici une voix déchirante, un cri d'alarme, dans l'écho de « la pensée des adieux ».Quand on sait que l’amour est son chemin et sa question, et qu’il se retourne contre soi.Quand on a peur de ce destin qui nous sépare du langage.Quand on sait que les mots « ont trahi leur sens ».Quand on est « laissée pour morte avec l’Inséparable ».Voici le PHOTO DENYSE COUTU Louise Bouchard texte du désespoir de mourir à l'autre et à soi.Un livre dont on ne se remettra pas.En publiant L’Inséparable, Louise Bouchard prend sa place parmi nos poètes majeurs.CORPS DE GLOIRE poèmes 1963-1988 Juan Garcia l'Hexagone coll.Rétrospectives 266 pages, 1989 L’édition collective des poèmes de Juan Garcia, augmen- Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Samedi le 2 décembre à partir de 14h RÉGINE ROBIN FRANZ KAFKA Editions Beltond Vendredi le 8 décembre de 17h à 19h ROGER MONDOLONI L’AUBE du temps qui vient Editions Pierre tisseyre Samedi le 9 décembre de 14li à 16b GUY MAUFETTH LE SOIR QUI PENCHE LES ECRITS DES FORGES INC.Vendredi 1er décembre de 17h à 19h LOUIS HAMELIN LA RAGE I 120.av.laurier ouest outremont, montréal tel : 274-3669 MARIE LABERGE 4 À l'occasion de la parution de son premier roman “Juillet' Marie Laberge rencontrera ses lecteurs à la librairie Le Fureteur, le samedi 25 novembre de 14h00 à16h00.Marie LabcfgP Kiwia" I.I B H A I R I K LE FURETEUR 615.AV.VICTORIA SAINT-LAMBERT (514) 465-5597 tée de nombreux inédits, nous donne la mesure de ce poète d’origine espagnole qui a participé activement à la vie littéraire de Montréal dans les années 1960.« ma vie couchée sur une page/ -chaque mot y est une blessure/ arrachée à mon corps », écrit Garcia en 1976.Lire ce poète métaphysique, ce Nerval contemporain, c'est assister à la dissolution du Moi.Plus de la moitié du présent recueil contient des poèmes inédits ou parus en revues ces dernières années.Lisons le début du poème intitulé A l'hôpital: « Ce matin j’ai marché dans le parc/ la folie m'a repris par la main/ et comme d’habitude j'ai salué les arbres/ qui sont au fond de ma pensée/ je n’ai pas ri depuis que je suis ici/ il y a trop de haine sur le bord de mes lèvres/ et d’ailleurs je redoute ces moments/ où l'on tombe dans le ciel pour des riens ».ichenerà son melleur SiîîiK ¦«'"‘Va* Le roman Alaska a captivé des millions de lecteurs en Amérique.Tout comme dans Chesapeake et Colorado Saga, Michener séduit tant par sa maîtrise que par son sujet.L’Alaska de Michener est tour à tour celui des Russes, des Américains, des Canadiens, des Chinois, des Japonais.Un royaume mystérieux qui de tout temps a défié les destinées humaines.LIVRES LOGIQUES Le mur de Berlin s’écroule.Des extra-terrestres atterrissent en URSS.Le monde change.La science-fiction vous fait vivre les .changements.343n.24,95$ BERLIN- BANGKOK BERLIN-BANGKOK rormin de Jean-Pierre April De la Deutsche Drug à l’Eros center, de Berlin à Bangkok, du plaisir à l’horreur.Un roman d’amour, d’aventures, de spéculations qui rejoint les meilleurs ouvrages de science-fiction.280 p.24,95$ VIVRE EN BEAUTÉ VIVRE EN BEAUTE nouvelles de Jean-François Somain Certains extra-terrestres veulent conquérir la Terre, mais d’autres meurent d’horreur en s’y posant.La Terre est un monde où il est difficile de.vivre en beauté.22Xp.18,95$ C.I.N.Q.nouvelles inédites présenlées par Jean-Marc Gouanvic C.I.N.Q.visions dangereuses sur les mondes d’ici et les mondes d’ailleurs.C.I.N.Q.auteurs qui voient loin, qui étonnent, qui amusent, qui font réfléchir.STAND 05 En vente partout et chez LOGIDISQUE Inc.1225, de Condé, Montréal QC II3K2R4 (514)933-2225 FAX: (514)933-2182 Ginette Quirion Ginette Quirion QUMttlE ANS JOURS EN .3’ ANNE Ginette Quirion Quarante ans et toujours en troisième année Un clin d’oeil de la génération du baby boom Editions Pierre Tisseyre D-4 IP Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 • le phi sink's ivres La métamorphose de la presse québécoise À propos d’un sphinx batailleur LA PRESSE QUÉBÉCOISE de 1884 à 1914 Genèse d’un média de masse Jean de Bonville Presses de l’Université Laval Sainte-Foy, 1989, 416 pages GILLES LESAGE La publicité - le désir de rejoindre et de séduire les consommateurs, pas le besoin d’informer les citoyens - a tué la presse d’opinion et donné naissance aux médias de masse, au Québec comme ailleurs.La presse quotidienne québécoise est devenue un média de masse durant la première décennie du siècle.Les causes de cette mutation sont multiples.Au premier chef, les changements techniques attirent l’attention, puis les transformatioas démographiques et socio culturelles de la fin du 19ème siècle.Mais il s’agit là de conditions préalables à l’apparition du journal d’information a grand tirage.L’élément moteur, l’activité industrielle.le génère afin d’assurer et d’accélérer la circulation des marchandises: t’est la publicité.;¦ Telle est la thèse qu’un historien et chercheur en communication de l’VIniversité Laval développe avec rigueur et clarté, dans un fort volume de plus de 400 pages ( 1 ).Seule la publicité permet d’expliquer non pas tant la hausse du tirage que la métamorphose du journal d’opinion gn journal d’information ou commercial.Ce nouveau produit dbéit aux contraintes, aux attentes et aux pressions de la société et de l’économie.« Les artisans qui façonnent le journal jouent des rôles, possèdent des statuts, utilisent des techniques, tiennent des discours: ils n’échappent pas pour autant aux mêmes impératifs, conclut l’auteur.Les lecteurs, enfin, sont sûrs que c’est pour eux que tout ce monde s’agite.Mais ils se irompent.» Dans l’ensemble, de 1884 à 1914, la presse québécoise poursuit un double processus d’extension et de concentration.Extension d’abord : un plus grand nombre de titres, publiés dans un plus grand nombre de villes, desservant un plus grand nombre de régions.En 1914, toutes les régions du Québec possèdent un journal.I,a distribution est inégale sans doute; cependant, des journaux sont publiés aussi loin qu’en Gas-pésie et au Saguenay.Concentration ensuite: on compte moins de feuilles dans chaque ville.Montréal et Québec n’échappent pas à la règle; la réduction du nombre de quotidiens y est sensible.L’entreprise de presse passe de l’artisanat à l’industrie, non sans mal ou expédients d’ailleurs.Dans des pages « édifiantes», M.de Bonville raconte la difficile mutation de l’entreprise, le déséquilibre de l’offre et de la demande, la recherche de palliatifs auprès des partis politiques et du clergé.« Les lecteurs se désintéressent de plus en plus, non pas tant de la politique et de la religion que des querelles partisanes, des condamnations et des mesquineries qui noircissent les colonnes de la presse d’opinion.Dans les dernières décennies du 19e siècle, on voit apparaître plusieurs journaux qui souhaitent s’affranchir des tutelles querelleuses.« Le public est fatigué de cette presse muselée, absolue, triste et systématiquement querelleuse, ne recevant son inspiration que de ceux qui ont un intérêt à farder les faits, à fausser les événements et à mettre la lumière sous les boisseaux », écrivait un éditeur désabusé.Rapidement, la publicité prend le relais d’autres sources de revenus de la presse: l’annonceur remplace, pour nombre de journaux, le mécénat politique ou religieux et subventionne même le lecteur qui ne paie plus qu’une faible partie du coût d’édition du journal.Les transformations induites par l’industrialisation de la presse et son financement par la publicité influencent à la fois le contenu du journal et sa production ; elles entraînent le journal dans une métamorphose dont les bilans financiers des entreprises ne suffisent plus à rendre compte.L’auteur dresse ensuite le portrait fidèle du journaliste: de rédacteur, il devient graduellement reporter.Ceux qui s’intéressent à ce métier doivent lire les pages saisissantes du chapitre 4 sur ce « métier de chien », selon l’un, « le pis-aller des avortons de l’intelligence et des fruits secs de toute nature », selon Arthur Buies.Du Éditions du Pôle • Espace blanc pour une main.1985.8 gravures sur bois de Monique Dussault pour un texte de Claude Haeffely.Tirage à 30 exemplaires.• Tables du temps rauque.1981.7 bois de Monique Dussault pour un texte de Gilbert Langevin.Tirage à 104 exemplaires rognés après incendie.• Une prière rock.1983.7 gravures de Monique Dussault pour un texte de Lucien Francoeur.Tirage à 35 exemplaires.• Les chemins perdus quelque part se confondent.1987.9 eaux-fortes de Monique Dussault pour un texte de Yves Préfontaine.Tirage à 53 exemplaires.Iconia • Lite, 1983.collectif.11 estampes.Tirage à 30 exemplaires.• Icare, ou le cycle des éléments, 1981.7 burins d'Adriano Lambe pour un texte de Guy Robert.Tirage à 30 exemplaires.• Migrations, 1978.10 lithographies de Gaston Petit pour un texte de Guy Robert.Tirage à 30 exemplaires.• Trans-upparence.5 gravures de Berto Lardera pour un texte de Guy Robert.Tirage à 60 exemplaires.• Mourante spirale du regard.1981.7 gravures de Jean-Claude Bergeron pour un texte de Guy Robert.Tirage à 30 exemplaires.Éditions Kimanic • l.e premier chemin de fer canadien, 1986.I cuivre et une pointe-sèche de Muriel Faille pour un texte de Jean-Dominique Brosseau.Tirage à 50 exemplaires.•Aube.1988 Une eau forte de Réal Dumais et une de Muriel Faille, avec.une sculpture et un gaufrage de Jean-Guy Robert, pour un texte de Jacques Boulerice.Tirage à 61 exemplaires.Éditions Goglin, Éditions Erta, Éditions Michel Nantel, Éditions Éternité, Éditions de la nbj.L’artiste et le Livre au guébec - 1900-1989 - “Expo-vente* Du 25 now au 16 déc.LANCEMENT Demain le 26 nov.à 14h00 LES ARTISTES: Jean-Claude Bergeron, Gilles Boisvert, Léon Bellefleur, Jordi ’ Bonet, Françoise Bujold, Cécile Chabot, Reynald Connolly, Stanley Cosgrove, Angèle Beau-dry, Jean-Pierre Beaudin, Al-béric Bourgeoys, Odette Brosseau, Michèle Cournoyer.Monique Dussault, Muriel Faille, Réal Dumais, Martin Dufour, Célyne Fortin, René Derouin, Rodolphe Duguay, Albert Dumouchel, Claude Fortaich.Elisabeth Dupond, Georges Del-fosse, James Guitet, Clarence Gagnon, Roland Giguère, Claude Haeffely, Edwin Hol-gate, Adriano Lambe, Berto Lardera, Marie-Anastasie, Janine Leroux-Guillaume, Michael La Chance, Jean-Paul Lemieux, Jean-Paul Mousseau, Indira Nair, Ozias Leduc, Michel Landry, Anne Kahane, Robert Lapalme, Paul Meunier, Gérard Morrisset, Gaston Petit, Jean-Guy Robert, Mimi Parent, Alfred Pellan, Claude Péloquin, Roland Pichet, Lyne Rivard, Jean-Paul Riopelle, Jean Pa-lardy, Stelio Solé, (Société de Conservation du Présent), Gérard Tremblay.et bien d’autres.François Côté libraire 1840 Amherst, Montréal, H2L 3L6 Tél.: 523-0182 du mardi au samedi de 12h0() à I7h00 Éditions du Grainier • Le Grainier.1969.7 eaux-fortes de Marie-Anastasie pour un texte de Yves Préfontaine.Tirage à 20 exemplaires.• L'invisible.1971.5 eaux-fortes de Marie-Anastasie pour un texte de Rina Lasnier.Tirage à 50 exemplaires.• Les Hommes de paille.1978.7 gravures de Marie-Anastasie pour un texte de Jacques Brault.Tirage à 25 exemplaires.• Émile Melligan après cent ans, 1979.Une pointe sèche et 3 eaux-fortes de Marie-Anastasie.Tirage à JJ exemplaires.• Hymne des Alliances.1985.7 gravur.es de Marie-Anastasie.Tirage à 32 exemplaires.Éditions du Noroît • Images du temps.1983.6 lithos et 6 gaufrures de Gilles Boisvert pour un texte de Michel Beaulieu.Tirage à 60 exemplaires.• Vingt-quatre murmures en novembre.1980.24 eaux fortes de Janine Leroux-Guillaume pour un texte de Jacques Brault.Tirage à 60 exemplaires.• Ductus.1984.5 eaux-fortes et calligraphie de Martin Dufour pour un texte de Jacques Brault.Tirage à 28 exemplaires.• Secrète adhésion.1987.4 gouaches de Célyne Fortin pour son texte.Tirage à 15 exemplaires.• Jamésie.1981.6 bois polychrome de René Derouin pour un texte de Camille Laverdière.Tirage à 60 exemplaires.Éditions GRAFF • Graff Dinner.1978.collectif.27 estampes.Tirage à 155 exemplaires.• Corrida ri.collectif.12 estampes.Tirage à 130 exemplaires.Mous remercions, hormis les éditeurs et les artistes, les bibliophiles qui ont permis cet événement: Richard G ingras, Mormand Daigneault, Giacomo Falconi Michel Lefebvre, Mormand Houde, Gilbert Lévesque et Georges Rahy.I GUERIN littérature nouveau sous le soleil, vous | croyez ?Lisez ceci, concernant j le journalisme du début du siècle.« Les abus que suscite la recherche effrénée de la primeur et du fait sensationnel posent à la presse certains problèmes de déontologie.Cependant, le journalisme ne constitue pas une profession.La pratique en est mal définie.De plus, les transformations qui entraînent la diffusion du reportage bouleversent les habitudes.Les règles du nouveau comme de l’ancien journalisme relèvent d’une vague tradition orale.Aucun code ou aucune norme ne vient dicter au journaliste une ligne de conduite conforme à la probité.» En 30 ans, le journal quotidien et hebdomadaire subit une véritable métamorphose.En 1884, le journal traditionnel, préoccupé de polémiques partisanes, domine le paysage.Rapidement, il passe de l’opinion à la nouvelle.En 1914, son image bigarrée contraste avec la monotonie de naguère.Selon les critiques du nouveau journalisme, l’accessoire a remplacé l’essentiel: les idées et la tradition.Pour d’autres, la réalité prend le pas sur les préjugés.Le triomphe de la nouvelle coïncide avec la hausse de l’intérêt pour les événements locaux.La dimension locale, qui correspond à l’environnement immédiat du journaliste et du lecteur, l’emporte sur la dimension internationale, plus abstraite et plus éloignée.De nouveaux journaux, de nouveaux contenus, un nouveau public, de nouveaux intérêts: voilà les aspects déterminants du changement qui marque la période étudiée, souligne M.de Bonville.La presse traditionnelle continue de progresser et s’adapte au langage et au style qu’impose la concurrence de la presse d’information.Les feuilles traditionnelles n’intéressent pas tous les publics.Un seul leur échappe, le public populaire, que La Presse et le Star s’empressent de conquérir.Du nombre et de la richesse des annonceurs dépend désormais le sort de la presse, devenue un bien de consommation.La publicité, voilà le fondement de la presse marchande, au début du siècle.La presse quotidienne québécoise devient un média de masse à la veille de 1910.Elle entre alors dans son âge d’or.L’apparition de nouveaux médias y mettra un terme.Plaire aux lecteurs devient donc la clé du succès.L’éditeur n’a d’idée préconçue ni sur les sujets qui intéresseront les lecteurs ni sur la manière de les exploiter.Il adopte les méthodes que des concurrents ont utilisées avec succès; il accepte de se laisser guider par l’expérience, sans égard le plus souvent à ses propres convictions.La publicité joue un rôle de médiation entre le journal et l’économie.En changeant de volume, de nature et de statut, la publicité a transformé le journal.En définitive, la publicité n’existe que par et pour le capitalisme commercial et industriel; elle met la presse au service du capitalisme.Et du profit.À tout prix.Pierre Péladeau n’a rien inventé! TRUDEAU LE QUÉBÉCOIS Michel Vastel Éditions de l’Homme Montréal 1989, 320 p.t Yvan LAMONDE Vf ASociété Hier comme aujourd’hui, Pierre Elliott Trudeau intrigue ses observateurs par la force et le mystère de sa personnalité.Ce cartésien méthodique et canoteur solitaire qui avait écrit : Résolu à me débrouiller seul et ne recherchant que ma propre approbation .est aussi un homme de contrepoids sinon de contradiction : « Il ne faut pas chercher d’autre constante à ma pensée que celle de s’opposer aux idées reçues ».U ne telle attitude a dérangé, de Cité libre à son opposition aux accords du lac Meech en passant par la Saint-Jean-Baptiste de 1968, la loi des mesures de guerre de 1970 ou le choix d’un rapatriement unilatéral de la Constitution en 1981.L’homme est allé à rebrousse-poil des idées, doublant cette position d’une attitude interpersonnelle inexplicable.Lui qui a repêché dans le passé le mot de Laurier — « Les Canadiens-français n’ont pas d’opinions, ils n’ont que des sentiments » — parlait peut-être aussi de lui-même a contrario : beaucoup de raisons exprimées, peu de sentiments sinon quelques-uns bien ajustés à l’opposition rationnelle et qui vont de la provocation au mépris.Cela n’a cessé d’intriguer de la part d’un penseur si rigoureux, si habile à mettre le doigt sur des zones sensibles de la culture politique des Québécois.Cette personnalité a aussi beaucoup intrigué Michel Vastel; son ouvrage est fortement marqué au coin de ce mystère.Il a ici le mérite d’avoir pris à bras le corps son rapport complexe avec M.Trudeau et d’avoir cherché à se l’expliquer publiquement, comme s’il était exemplaire du rapport de nombreux Québécois avec l’ancien premier ministre du Canada.Le lecteur virtuel que Vastel a élu est celui-là, le Québécois qui a une histoire avec Trudeau.Cette biographie à l’américaine ( ?),encore toute chaude de l’histoire qui se fait, permettra à des Québécois de mieux baliser les 40 dernières années, d’objectiver l’homme et son oeu- 12 LES MIDIS DE FLAMMARION Le vendredi 1er décembre DENIS DUQUET, MARC LACHAPELLE Le guide de l’auto 1990 PLACE MONTRÉAL TRUST 1500, av.McGill College (niveau 1)499-9675 RICHARD RAYMOND DRÔLES DE SECRETS vre, d’apprécier avec plus de pondération les défis du présent.Michel Vastel, plus à l’aise avec la période fédérale de M.Trudeau, s’avère habile à faire voir la cohérence intellectuelle du fédéraliste « autonomiste » lors du débat (1954) sur le financement des universités, à révéler ces malentendus sur lesquels peut rouler la politique, par exemple celui d’un pays non pas bilingue mais multiculturel avec deux langues officielles.Le journaliste attentif aux textes et aux négociations pose des questions pertinentes : pourquoi M.Trudeau n’a-t-il « jamais eu l’énergie politique — ou le courage — » de demander au premier ministre de l’Ontario les droits d’éducation dans leur langue pour les Franco-Ontariens qu’il demandait à René Lévesque pour les Anglo-Québécois ?Michel Vastel relativise l'homogénéité idéologique des « trois colombes », affirme l’échec de la politique linguistique de M.Trudeau, fait voir à nouveau le malentendu post-référendaire à propos d’un fédéralisme modifié plus que renouvelé.Il est bon de voir certains vins déposer.Cette biographie délibérément partielle — Trudeau et le Québec — est davantage axée sur l’action et les attitudes politiques de l’homme que sur sa pensée.Est-ce limite du genre, toujours est-il que, quoique l’on pense de l’homme, il a donné à son action des principes et des fondements dont l’analyse s’avère ici un peu courte.Sans exiger une critique de la raison pure, le lecteur aurait pu aimer comprendre pourquoi, par exemple, M.Trudeau s’est opposé, au-delà de ses expériences de voyages, à l’État-Nation.Si Michel Vastel cite certes fréquemment — sans référence précise, autre limite du genre ?— des textes de Trudeau, fait-il justice à sa vision de l’histoire du Québec au 20e siècle (dans La grève de l’amiante), à sa réflexion sur la tradition démocratique au Québec, au paradoxe de son aversion au nationalisme proportionnelle à son adhésion à des valeurs universelles ?Face à cet ouvrage qui parle de « psychodrame » et de « schizophrénie », il faut citer un passage de Fernand Dumont dans Cité libre (1958) qui identifie ces « tentatives illusoires de parvenir à l’humain ».« Pour s’universaliser, les nationalistes réclament un humanisme empreint d’une originalité qui a été définie comme un système.Les autres, ceux qui sont sortis de la coque nationaliste, tentent de passer directement à l’humain, sans médiation par la culture (.); et pour tâcher d’être une élite, ils sont des hommes de nulle part ».On en parlera dans les bungalows et les condos ! Quel prix ! NK.W YORK (AP) — Le magnatde la presse Ted Turner a annoncé lundi la création d’un prix littéraire de 500 000 $ destiné à récompenser le meilleur roman situé dans un futur proche et dont la survie et la prospérité de la vie sur la Terre sont le thème principal.Le prix Turner Tomorrow, dont la somme est la plus élevée à ce jour (celle du prix Nobel de littérature se monte à 463 000 $, sera décerné par un jury, dont feront notamment partie l’écrivain Wallace Stegner, vainqueur du prix Pulitzer, l’explorateur Peter Matthiessen, et l’auteur de science-fiction Ray Bradbury.Le vainqueur sera également assuré d’un contrat d’édition garantissant une diffusion minimum de 50 000 ouvrages ainsi que la somme de 50 000 $ pour la campagne de promotion.Le prix Turner Tomorrow sera décerné pour la première fois en mai-juin 1991.Fumer, c'est gaspiller Argent et santé «Seulement, pour être franc, vous n’êtes pas le terroriste que vous croyez être: vous vous amusez à faire pleurer les yuppies, vous êtes, disons, un vandale, un vandale de banlieue.» EDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) II2T2G2, TT (514) 842-3481 Distributeur exclusif: Québec livres, TT (514) 327-6900 Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 ¦ D-5 • leplüisirdes mes De la loufoquerie comme genre littéraire TABLEAUX D’UNE EX Jean-Luc Benoziglio Paris, 1989, Le Seuil 300 pages Lisetle MORIN A Le .eton Si loufoque qu’il soit et si loufoquement écrit, on peut dire du dernier roman de Benoziglio qu’il comporte une morale très sérieuse, sous forme d’avertissement : « Ne fondez jamais un foyer dans le foyer des autres».L’autre, pour la circonstance, est une véritable chipie, non pas une maîtresse adorable, bien qu’elle soit adorée — on pourrait se demander pourquoi — par le narrateur, mais une maîtresse femme.Quand au foyer, c’est la maison de ladite femme, une bicoque branlante, qui fait eau de toute part, mal tenue, de surcroît, la femme aimée ne sachant faire qu’une chose : en repeindre les murs selon des canons tout à fait surprenants, qu’elle impose à l’homme qui partage, très provisoirement — le temps d’un roman — sa vie.Comment peut-on s’intéresser à une histoire qui commence en villégiature dans une île grecque, et y finit — par le souvenir, la plus déprimante romance de la saison ?Tout simplement parce que Jean-Luc Benoziglio est passé maître dans l’art de la loufoquerie, et que l’extravagante aventure qu’il nous conte fait rire à tout moment.Un art qu’il fait analyser par un comparse.Par modestie ?ou par l’une des nombreuses astuces qui parsèment Tableaux d'une ex.Or donc, l’importun, qui envahit à tout propos le domicile des amants, considère que la « seule façon encore possible d’écrire, c’est avec des mots qui soient à la littérature l’équivalent de ces soit-disant maladroits personnages, insultés de tous côtés, qui en pleine émission passent devant la caméra, créant ainsi pourtant, ne serait-ce qu’une seconde, un spectacle plus intéressant que celui qu’ils interrompent et .» Chaplinesque, le héros de cette désopilante aventure l’est très certainement.« On ne se rencontre jamais pour rien », se dira-t-il, Fiction A Cir Jean-Luc Benoziglio Tableaux d’une ex roman / Seuil philosophe plus que pince-sans-rire, quand la belle l’aura chassé de sa maison et de sa vie.Mmmm .Car, cédant à un procédé littéraire que plusieurs écrivains et chroniqueurs ont emprunté au cher Alexandre Via-latte (« C’est ainsi qu’Allah est grand»), Benoziglio ponctue ses soliloques — le roman en est tissé — de cette onomatopée, ces quatre « m » dont seul le premier est majuscule ! Mais quelle histoire et quelle maison ! « En bref, c’était une maison où la merde était traitée comme elle le méritait : de la merde ».On me pardonnera de citer la triviale expression du personnage.Mais elle est la seule qui convienne.Tant pour la bicoque dans l’île grecque, prêtée par un ami, que pour la villa des courants d’air où l’on s’aimera, le temps de quelques saisons.Sans doute choisi soigneusement, pour ses effets comiques, le meublé où l’esseulé échoue, après sa disgrâce.amoureuse, nous vaut également des pages où la crasse, la saleté, le pourri sont poussés à leur degré ultime.Toujours, ré-pétons-le, pour l'efficacité comique.Rassurons néanmoins ceux qui feraient la petite bouche : Tableau d'une ex n’est pas écrit par un débutant ni par un ignare.Benoziglio a fait ses preuves : Cabinet portrait, qui était d’une encre très voisine, lui a valu le Prix Médicis, en 1980, et Le jour où naquit Kary Karinaky, où il changeait néanmoins de registre, pour raconter la vie et la mort d’une petite fille mal insérée dans le siècle, s’il sentait son Céline à plein nez, n’en démontrait pas moins un talent indiscutable.Benoziglio, mine de rien, abandonne quelquefois le récit de sa mésaventure amoureuse pour émettre quelques judicieuses considérations, éminemment ironiques comme de bien entendu, sur l’avenir du livre et de ceux qui les écrivent : « Plus le temps passera et moins nombreux seront les Français à savoir que Proust n’est pas un foutu coureur automobile, Borges pas un joueur de tennis et Tati autre chose qu’un grand magasin .» C'est peu de dire que ce romancier a choisi la dérision comme antidote à la dureté de la vie et à l’inconstance amoureuse.Son héros est un tendre, à une époque où la tendresse est fort difficile d’emploi.Son « ex » le lui fait bien sentir le jour où elle essaie de lui expliquer « combien il était difficile de parler de tendresse maintenant que le mot était employé pour vanter le moelleux de fond de couches-culottes pour nourrissons ou pour énuréti-ques.» Cette dernière expression, qui fait, hélas ! référence à l’un des malheurs physiques du vieil âge me ramène à l’un des chapitres les plus troublants d'un livre qui par ailleurs n’encourage pas la tristesse.Dans le tissu loufoque de ses aventures, le héros intercale une fable .disons futuro logique.Il se « voit » en l’an 2017, et ce qu’il prévoit n’a rien de ré-, jouissant.Redevenu cynique, l’auteur n’en conclut pas moins « Ricanez, vieux père, vous qui ne savez même pas qui sera là pour fermer les vo (vos yeux).» En dépit de sa loufoquerie, il sera sans doute beaucoup pardonné à Jean-Luc Benoziglio puisque, tel son maître souvent cité, Jules Renard, il pourrait s’écrier, et son dernier roman le prouve avec surabondance ; « J’aime passionnément la langue française, je crois tout ce que la grammaire me dit, et je savoure les exceptions, les irrégularités de notre langue»*.Mmmm.Une lettre dans la malle LA MALLE D’AIMÉE Jérôme Michaud-Larivière Éditions Balland, Paris, 1989 ALBERT BRIE Ce titre, La malle d’Aimée en suggère un autre.Lecture faite, on se rend compte qu’il a été voulu.Il joue le rôle d’indicateur.Peut-on en tenir rigueur à l’auteur ?À chacun déjuger.Voici un roman des plus singuliers d’un auteur de trente ans qui en est à son premier livre.Michaud-Larivière, apprend-on, travaille dans le cinéma.Il y paraît : style elliptique, scènes brèves en accéléré, images fulgurantes.En trois ou quatre heures, on traverse ce récit.Mais il oblige à une relecture, si l’on veut en saisir les repères de la trame qui ponctuent le récit mené tambour battant.Dès le départ, le roman prend l’allure du suspense.La vie n’en est-elle pas un ?De quoi demain sera t-il fait ?Dans La malle d'Aimée, le passé est tout aussi impénétrable, dérobé à la lumière du grand jour.Victoire veille sa mère Aimée, malade de vivre, dans une chambre dénudée.Alitée depuis on ne sait quand, la vieille perd goutte à goutte un reste d’existence obscure, inavouable.Claquemurée dans son mutisme, elle meurt après avoir livré à son fils son secret et ses dernières volontés sur une seule page de son journal.Ce fils qu’elle a tant aimé, trop aimé, est l’unique dépositaire de son cahier et de son legs.Victoire n’est pas son unique enfant.Il y a aussi Luce, la grande soeur, que Ludo, son mari, homme attentif et généreux, a arraché à ce que le romancier nomme « un carrousel dément ».Tout comme son frère, Luce est l’enfant d’un amour, d’un même amour, mais honteux et « sale », aux yeux du monde, on ne sait trop pourquoi.Qu’adviendra-t-il de ce garçon de quarante ans sans sa mère, laquelle en avait fait sa chose, allant jusqu’à rejeter sa fille, parce que celle-ci n’a pas tué l’enfant qu’elle portait ?Victoire se fit complice de sa mère pour empêcher que se perpétue la tache de ce sang maudit.Ce désir fou de sa mère, il le regrette aujourd’hui.Il veut retrouver sa « Luce affectionnée ».Il lui annonce par lettre qu’il arrive.« Luce savait que Victoire revenu, c’était le retour des grands dangers.» Le personnage de Victoire, le romancier l’a voulu imprévisible, donc inquiétant, plus pitoyable que lâche.Aimée, à toute forces, l’a vidé de sa susbtance pour lui substituer la sienne.Cherche-t-il à se dégager de cette emprise du sang ?On le sent qui ballotte entre l’infantilisme et la velléité de puissance.Avec sa soeur, il veut partager un secret qui lui pèse et — sait-on jamais ?— retrouver une autre mère.Quand Aimée et son fils ont déserté leur maison de Brou pour aller vivre dans un village fantomatique, c’était pour y enfouir leur honte, leur aliénation et leur déshonneur, déchéance que Luce se refusait à admettre.Depuis ce temps — neuf ans — Luce n’a rien su de leur vie à deux et n’a pas cherché à savoir.Maintenant, elle saura.Victoire débarque à Saint-Loup.Il traîne une malle, « une malle avec tous ses trésors, et le cadeau pour Luce, pour le petit aussi, notre offrande, voilà la malle d’Aimée, mon dernier devoir de fils, misérable bon fils ! » Luce l’accueille froidement.Elle a pour ce paria de frère une pitié mêlée de dédain.Ils se parleront en tête à tête.Victoire lui racontera à mots couverts son existence de grand enfant possédé par sa mère.Il a fait ces dernieres quatre volontés.C’est ainsi que Luce apprend qu’il a fa- briqué le cercueil d’Aimée et creusé sa fosse au fond du potager, à l’abri des regards.Il n’a fait qu’obéir aux ordres de sa mère, sauf qu’il a remplacé le cercueil de bois par une malle.Que contient l’autre malle que Victoire a emportée avec lui et qu’il a remisée à la consigne de la gare ?— Des chiffons, des linges de toutes sortes et un pot de confitures où est enferme le sang de la morte.Pour ajouter au désarroi de Luce, dans la malle exhumée par Ludo, se trouve la dépouille exsangue d’Aimée, pour laquelle Luce exige une sépulture décente.La fille d’Aimée n’est pas au bout de sa détresse.Elle doit arracher des doigts de sa mère une enveloppe.Victoire y a inséré la page du journal où Aimée se confesse.Ces aveux lui dessilleront les yeux.llvlene I.optent Marie \uliuucth\ Ph./).J\u fait Vamoui avec mon thérapeute Têmoifinuni’s sur Tint imité sexuelle en thèrapk Kaire l'amour avec sa cliente, faire l'amour avec son thérapeute: comment cela arrive-t-il?Kaire l'amour avec son thérapeute: un paradis ou un enfer?Un privilège ou un événement traumatisant?Les autcures toutes deux psychothérapeutes nous répondent.19,95$ 192 pages DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES Et chez, nos dépositaires: Montréal: Agence du livre, Cixm U.Q.A.M., Kcnaud-Bray, Zone Libre.Québec: Générale Française, Laliberlé, Pantoute.ilull/Ottawa: Trillium, Ctx>n U.Q.A.M.Trois-Rivières: Libfac.Sherbrooke: Hihlairic G.G.C Saugcnay/l-ac Si-Jean: Les Bouquinistes ! ÉDITIONS SAINT-MARTIN 4316, bout Saint-Laurent, Montréal, Québec I12W IZ3 (514) K45-I695 il va 20000 ans es chasseurs de Sibérie orientale passent sans le savoir sur un nouveau continent: l’Amérique.Premiers envahisseurs du Nouveau Monde, ils en sont aussi les premiers conquérants.Grâce aux récentes découvertes de l’archéologie, nous pouvons désormais suivre la fantastique odyssée des premiers habitants de l’Amérique du Nord.Le Canada Au Temps Des Envahisseurs nous raconte leur conquête, leur exploration, leur maîtrise du territoire.11 nous révèle les civilisations et les destinées humaines qui se sont épanouies sur cette terre tout au long des 20 000 ans qui ont précédé l’arrivée des Européens.Le récit exceptionnel de l’archéologue Robert McGhee, les illustrations originales du peintre Gilles Archambault, les impressionnantes photographies d’Harry Foster mettent à la portée de tous une histoire qui jamais encore n’avait été racontée: la préhistoire de Une coédition Musée canadien des civilisations.Un l’Alïlgriqug grand album relié de 176 pages imprimées sur papier ” ' /ZJftAi glacé et contenant plus de 120 illustrations, cartes et photographies.En vente dans toutes les librairies au prix exceptionnel de 29,95$.m 11 LEON A.ROBIDOUX L’ART DE PARLER EN PUBLIC Pour vendre des salades, poser des lapins, refiler des citrons, passer des sapins et même défendre des idées, rien de mieux que de savoir parier en public ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T2G2, TT (514) 842-3481 Distributeur exclusif: Québec livres, TT (514) 327-6900 D-6 ¦ Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 Un peuple, une patrie, un avenir LES FILS D’ABRAHAM Marek Halter Éditions Robert Laffont, 1989, 476 pages Alice B4RIZEAU Lettres A ¦ Hier, nous vivions au rythme de notre paroisse, de notre quartier, de notre petit coin de rue, désormais nous voilà capables de savoir dans l’heure ce qui se passe à des milliers de milles de distance.Mais en réalité qui comprend, en dehors des initiés, plusieurs de ces événements lointains sur lesquels nous ne recevons que les nouvelles sèches des copies de dépêches et des images parfois floues ?Le roman de Marek Halter est l’un de ceux qui remettent les choses en place en les faisant revivre et soudain alors plusieurs mystères s’éclaircissent.Le succès de son dernier livre découle en partie de cet art avec lequel il raconte l’histoire contemporaine, le jeu des forces en présence et des intérêts qui s’affrontent.À la source cependant, au niveau de l’inspiration et de la structure des personnages, l’auteur apporte les valeurs éternelles, si décriées dans nos sociétés contemporaines, celles qu’il connaît bien puisqu’elles sont la seule richesse fondamentale de son peuple.Pour l’écrivain qui dédicace son livre à sa mère, Perl Halter, poétesse yiddish, s’exprime en français, mais garde en même temps son prénom polonais de Marek au lieu de le traduire en Marc, puisqu’il vit à Paris, la tradition, on le devine dès le départ, est fondamentale.Et il ose, cet homme aux beaux yeux graves qui porte la barbe, des moustaches et des cheveux longs et bouclés, affirmer que ce qui compte c’est la famille, le pays qu’on doit défendre coûte que coûte et le courage ! La famille tout d’abord, souvent difficile à supporter, autoritaire, exigeante, mais qui de- Marek Halter meure le lien sacré que rien ne peut rompre, ni les pogromes, ni les camps de la mort, ni l’exode.On la retrouve de l’Argentine à Moscou, d’Israël à Londres, de New York à Varsovie.Peu importe d’ailleurs le degré de parenté ! À l’intérieur de la diaspora, on reste fidèle aux Écritures, on garde la mémoire du passé et on reprend le combat là où le prédécesseur, l’ancêtre, le parent éloigné, le laisse avant de disparaître.Les femmes et les hommes, les filles et les fils d’Abraham, que Marek Halter met en scène, ne sont pas des perdants-nés soumis au départ au sacrifice .Au> grands-parents exterminés par les Nazis succède Hugo ! Le cousin Hugo Halter est issu de cette grande famille d’imprimeurs de père en fils, ni pauvre ni riche, mais honnête et cultivée à sa façon grâce aux contacts constants avec l’écriture et avec les mots ! Dès le départ, dès les origines, un beau symbole qui consiste à opposer la discussion et la réflexion à la force aveugle .Au moment où justement cette force se déchaîne, Hugo quitte Varsovie tandis que ses parents refusent de le suivre.Il emporte en guise de viatique la liste des Halter dispersés sur les deux continents.Une fois en Amérique, il perdra beaucoup de temps et investira beaucoup d’efforts pour informer les leaders de la communauté juive du sort de leurs coréligionnaires dans les pays occupés puis ira se battre.Officier dans l’armée américaine, il deviendra après la guerre le soldat de l’armée des ombres, le pacifiste qui paiera de sa vie ses tentatives de préconiser un modus vivendi entre les arabes et les juifs.Mais, aussitôt d’autres Halter vont reprendre son combat et seront happés dans la ronde infernale.Le cousin Sidney, tout d’abord, le médecin américain, puis sa petite nièce impliquée dans le terrorisme en Argentine, puis Arié et bien d’autres encore y compris Olga, venue au Liban de Moscou.Grâce au talent de Marek Halter, ses personnages sont aussi authentiques que les événements de l'actualité internationale dans laquelle ils sont impliqués.De la guerre de Six Jours à l’enlèvement des avions par des terroristes palestiniens et la sinistre croisière du bateau Achille Lauro, on vibre avec eux et on comprend.Parfois aussi, le romancier se laisse séduire par la nostalgie du souvenir et on a droit alors à une belle scène de mariage dans un kibboutz, où les jeunes couples dansent et les vieux discutent.Il arrive également que Marek Halter s’attarde, l’espace d’une page, à raconter l’amour de sa vieille tante Dona Régina pour son mari qui s’éteint tout doucement dans leur pauvre logement de deux pièces où la chaleur est insupportable.Et on regrette alors qu’il ne veuille pas donner plus de relief à certains autres de ses héros.Car Les fils d’Abraham, c’est un film dont les acteurs expli quent par leur passé et leur présent les enjeux du judaïsme à l’heure actuelle.Ils se fondent dès lors dans une action commune à un point tel qu’on a du mal à les suivre et à garder le fil conducteur des destinées individuelles.C’est ainsi, par exemple, qu’une rencontre avec Golda Meier, chef de l’État d’Israël, a la durée authentique de quelques instants et se termine par une décision souhaitée par le jeune Halter.Les contacts de Hugo avec le Vatican occupent une place exiguë par rapport à leur importance réelle, mais il faut admettre que c’est bien ainsi que se joue parfois le destin d’un peuple .N’empêche qu’en tant que lecteur, on voudrait accompagner Hugo à la sortie et mieux mesurer ses réactions de déception ou de joie ! En fait, tout se passe comme si Marek Halter tenait absolument à ne jamais paraître triomphaüste et garder un regard de témoin objectif pour ne pas magnifier trop l’héroïsme réel de ces fils d’Abraham dont il fait partie ! Ce qui semble compter pour ce romancier avant tout et par dessus tout, c’est le destin d’un peuple et de sa patrie, Israël, qu’il lui faut protéger coûte que coûte contre les dangers qui le menacent.Un beau message d’espoir d’un écrivain pour lequel la violence est inacceptable et dont le message n’est pas celui de haine, mais de fierté, de courage et d’une nouvelle solidarité humaine.Entre la Grèce et le Québec.PARIE-ATHÈNES Vassilis Alexakis Le Seuil, Paris 1989 215 pages MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE Le touriste qui s’offre la Grèce, inévitablement revient avec une question brûlante comme les vieilles pierres à quatre heures de l’après-midi : pourquoi certains Grecs habitent-ils ailleurs qu’en Grèce ?Qu’on lui donne le choix, à lui, le touriste, et il habitera l’une des Cyclades ou même Athènes, s’il lui faut vraiment travailler, mais enfin il choisira la Grèce.Les choses ne sont pas si simples.Tout jeune homme, Vassilis Alexakis a quitté son pays afin d’aller étudier le journalisme à Lille.Il s’y ennuie à mourir et sa correspondance avec sa mère grossit des sacs entiers qu’elle lui remettra plus tard.En France, croit-il, le ciel est toujours gris.« Ce n’est pas possible, pensais-je, qu’ils soient de bonne humeur quand ils reçoivent quotidiennement tant d’eau sur la tête.» C’est la tristesse d’un réfectoire et des amours platoniques avec la soeur de son meilleur ami.Vassilis Alexakis vit chichement d’une petite bourse et apprend le français.Voilà l’exposition du drame.Au fil des années, il arrive à le maîtriser, en dépit de certaines fautes traîtresses.Il devient journaliste, rentre en Grèce le temps d’un service militaire, mais un matin, les colonels sont dans la rue, dans les journaux, à la télévision, partout ! Il retourne en France, s’installe à Paris, devient écrivain et ses livres, voilà le drame, il choisit de les écrire en français.Qui est-il en effet ?Peut-on entendre impunément les mots « nana », « bagnole », qu’il n’aime pas à cause de sa proximité avec « bougnoul », « pipistrelle » que son fils lui ramène de l’école, « quarteron », celui-là est de Gaulle, et « soldatesque » qu’il refuse d’utiliser, sans que l’identité de l’homme ne s’en trouve modifiée profondément ?C’est qu’avec les mots, on s’en doute bien en ce pays, toute une culture s’installe.Vassilis Alexakis refuse de choisir et fait la navette entre Paris et Athènes.Qui est-il oui, ce livre veut y répondre et y parvient.Il s’ouvre sur une autre culture « inquiète » avec un congrès international d’écrivains réunis à Québec et dont le thème est précisément l’autobiographie.Il se produit alors ceci que le plaisir du livre tient autant aux découvertes que l’on y fait qu’à ses reconnaissances.Les points communs entre le Québec et la Grèce sont plus nombreux qu’il n’y parait : même culture « inquiète », il l’a dit ; même religiosité d’une certaine époque ; même misère sexuelle, aussi.La Grèce se distingue toutefois du Québec en ce qu’elle doit unir un passé trop riche à un présent plutôt modeste.Vassilis Vassilikos, un compatriote de l’auteur, l’a écrit : « Nous, les Grecs d’aujourd’hui, nous souffrons au plus profond de nous du syndrome de l’Acropole.» Du haut de son avion, Alexakis regarde l’échancrure des côtes grecques et parle d’un « vêtement en lambeaux ».Le livre refermé, le drame dénoué, il reste encore une autre différence entre la Grèce et le Québec : ils ont des cyprès, eux.Les librairies Flammarion Scorpion Pltu f Montreal Trust 4W-%75 • 4.1 NO St-Denis 284.1688 • ( aire four Anyixnon .165-44.12 • Centre Laval 688-5422 Cilleries iTAnjou .151-876.1 • Caleries île Terrebonne 4V2-5688 • Mail Clianifilain 465-2242 MARY HiGGINS CLARK Des héroïnes toujours intuitives MARIE-CLAIRE GIRARD Les personnages romanesques sont les émissaires des écrivains : les héroïnes des romans de Mary Higgins Clark sont toujours des femmes affichant une grande force de caractère, détentrices d’un certain bagage culturel et d’une brillante intelligence.Elles ont toujours un métier prenant et passionnant qu’elles exercent avec compétence, mais ce sont aussi des intuitives à l’imagination vive qui, aussi, comme dans bien des romans à l’eau de rose, attendent l’amour, le trouvent enfin et s’y réfugient avec soulagement.Ces héroïnes-là se révèlent des claques de l’écrivain qui leur a insufflé la vie le temps d’un livre : d’une certaine manière elles sont aussi la revanche de Mary Higgins Clark, cette femme de soixante ans qui, depuis les années soixante-dix, connaît un succès ne se démentant pas grâce à des romans à suspense comme La cünique du docteur IL, La nuit du renard, Le démon du passé et son dernier roman traduit en français chez Albin Michel : Dors ma jolie.Mary Higgins Clark est une femme charmante, volubile, passionnée, pleine d’humour, également tout à fait le reflet de sa bonne éducation bourgeoise, catholique et irlandaise mêlée à l’ironique irrévérence qui lui a permis d’écrire des romans appelés à connaître la liste des best-sellers.Elle a toujours écrit, de la poésie surtout, dans sa jeunesse, puis des nouvelles qui furent publiées dans Saturday Evening Post, McCall’s, Woman’s Day ou Family Circle.Son mari, l’homme et l’amour de sa vie, ne la prenait pas trop au sérieux comme écrivain alors que, mère de cinq jeunes enfants, elle se levait à l’aube pour concocter ses histoires et qu’elle mettait la machine à écrire sur la plancher de la cuisine quand venait l’heure de préparer le déjeuner.Mais ce mari la laissa veuve à trente-six ans, et c’est à ce moment-là que Mary Higgins-Clark décida de se convertir au roman et d’avoir du succès, tout en assumant un tas de boulots alimentaires, entre au- tre en écrivant des scénarios pour des dramatiques à la radio.Elle avoue son ahurissement lorsque son éditeur lui téléphona un beau jour de 1974 pour lui conformer qu’elle possédait un million de dollars en droits d’auteur dans son compte en banque.Américaine jusqu’au bout des ongles, le lendemain elle alla s’acheter une Cadillac et un manteau de vison.Puis des maisons, à Cape Cod, et dans le New-Jersey.Elle a une tête sur les épaules, Madame Higgins-Clark, et croit dans la solidité des investissements immobiliers.Mais qu’on ne se méprenne pas : elle est impliquée de façon résolument concrète dans la lutte contre l’analphabétisme et oeuvre aussi pour régler les problèmes des sans-abris dans sa ville natale de New-York et pour contrer les effets néfastes de la drogue auprès des jeunes Américains.Elle s’insurge losqu’elle pense que les États-Unis ont mis des hommes sur la lune et se révèlent incapables de loger leurs citoyens.Mais Mary Higgins-Clark croit aux miracles.Et à l’imagination.Pour écrire ses romans elle se sert du fait divers transposé, elle va hanter les procès criminels où elle écoute les témoignages les plus aberrants ou les plus délirants, elle écoute et est à l’affût du détail dans le quotidien qui risque de prendre des proportions gigantesques s’il se retrouve dans un autre contexte.Elle sait très bien que, pour ses lecteurs, l’enfer ce sont les incertitudes, aussi sème-t-elle des indices discrets tout au long de ses intrigues.Et souvent ces indices, qui feront éclater la vérité et pointer du doigt vers le meurtrier, ne sont que d’infimes détails, les fruits d’une imagination trop bouillonnante, pense-t-on, ou encore le résultat d’une vague intuition terriblement fé- Horace Rumpole : Un Anglais à suivre.dans une nouvelle série de polars, «LA JUSTICE SELON RUMPOLE».«Rumpole est devenu la coqueluche des amateurs de polars, qui voient en lui un digne successeur du cathodique Perry Mason.John Mortimer est un observateur malicieux de toutes les facettes psychologiques de ses contemporains.» Libération John Mortimer : un grand écrivain à découvrir.s TltycE L lE yplVjp °lp me minine et donc sujette à caution.Mary Higgins-Clark se transforme en chevalier sans peur et sans reproche quand on parle de cette fameuse intuition, se disant convaincue, après avoir tant vu de procès criminels, que les femmes peuvent discerner le détail, la marge d’ombre ténue qui cerne, parfois, quelques instants de la vie humaine et qui peut être plus révélateur que les plus sincères des confessions.Dans Dors ma jolie, l’héroïne Neeve Kearny est la seule qui peut montrer ce qui cloche dans l’habillement du cadavre de Ethel Lambston, et de là en arrive à se douter de l’identité du meurtrier.Sous des apparences frivoles, pour une question de couleur et de tissu, l’enquête avancera davantage à cause d’une question d’atours qu’avec toutes les techniques modernes mises de l’avant par l’escouade de détectives new-yorkais.On devrait davantage écouter les femmes et leur instinst, nous dit Mary Higgins-Clark.Ayant participé à de nombreuses conférences internationales en compagnie de Ruth Rendell, Mary Higgins-Clark la connaît et l’admire.Elle lit tous les romans de P.D.James dont elle adore le style et dans cette troïka des femmes « reines du suspense », elle se considère comme la moins violente des trois en ce qui a trait au graphisme des descriptions ou à la sauvagerie des crimes commis.Ses livres, dit-elle, peuvent être lus par des adolescents sans qu’ils en frémissent d’horreur ou fassent des cauchemars.Les psychopates sadiques ne relèvent pas de sa spécialité.Et en ce sens elle est probablement l’écrivain contemporain spécialisé dans le roman noir le plus proche d’Agatha Christie.Mary Higgins-Clark écrit à-propos de gens charmants et très bien dont les vies sont chamboulées, qui vivent des drames affreux et qui s’en sortent malgré tout.Elle tient absolument à a fin heureuse et à l’héroïne tom-ant dans les bras d’un intéressant jeune homme sur fond de soleil couchant.C’est son côté optimiste, dit-elle, et rien ne lui fait plus plaisir que de recevoir une lettre d’un lecteur lui racontant avoir oublié sa douleur physique ou morale pendant quelques heures grâce à la lecture d’un de ses romans.Persuadée que les femmes possèdent une voix à part dans l’univers romanesque, Mary Higgins-Clark souligne le point de vue différent des femmes, leur facilité à croire en l’intuition et à tendre l’oreille lorsqu’elle se manifeste.Et elles méritent toutes de trouver le grand amour, comme les héroïnes de ses livres.Il est difficile de résister à un tel débordement de fantaisie et d’audace, à une telle absence de férocité et de prétention. Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 ¦ D-7 • te plaisir des ivres Tout sur l’Amérique CHRONIQUE DE L’AMÉRIQUE Éditions Chronique collection Dicorobert, 956 pages.MARIE LAURIER CET ÉNORME livre de références sur les États-Unis d’Amérique est le premier du genre album-dictionnaire destiné aux lecteurs de l’Hexagone francophone.On sait combien les Français s’intéressent de plus en plus à nos voisins du Sud, au point de les imiter dans ce qu’ils ont de mieux et de pire .Aussi trouveront-ils dans ce spi-cilège tout ce qu’ils veulent savoir .et davantage sur l’histoire du continent nord-américain depuis les premiers mots prononcés par Christophe Colomb en 1492: Tierra, tierra! jusqu’aux noms moins célèbres pro- pos de Neil Amstrong le 20 juillet 1969 quand il a posé son pied sur la surface poudreuse de la lune : « .un petit pas pour l’homme mais un bond de géant pour l’humanité »>.Sous forme de chronique, les auteurs de cette brique racontent les événements — et Dieu sait s’ils sont nombreux — qui ont jalonné l’histoire, sans oublier une description chronologique aussi de la pensée, de la culture d’une société qui s’est développée jusqu’à occuper une place prépondérante sur l’échiquier mondial.On y trouve les grands textes officiels sur lesquels se fondent l’esprit et la pratique politique de ce pays, le texte intégral de la Constitution y compris.Chronique de l’Amérique tou che huit grandes périodes, chacune ocmmençant par une illustration pleine page à valeur symbolique, suivie d’un texte de présentation.Ces textes ont pour titre et référence dans le temps: Un Nouveau monde (des origines à 1606), Les colonisations (1607 à 1763), L'Indépendance (1764-1788), L’Union parfaite?(1789-1849), La Nation divisée (1850-1877), Le melting-pot (1878-1916), Puissance mondiale (1917-1945) enfin l’Aigle dominateur, de 1946 à 1988.On trouve en annexe de chacun des 50 États des États-Unis, une série de cartes illustrant les grands courants d’immigration, un organigramme des différentes institutions législatives, exécutives et judiciaires, et évidemment la liste des présidents qui ont gouverné ce vaste et fascinant pays.Plusieurs volumes sont déjà parus dans la même collection, soit des chroniques traitant du 20e siècle, de l’humanité en général, de la Révolution, de la Belgique,^ la France et des Français.A quand le tour du Québec et des Québécois?Pèlerinage aux sources VOYAGE DANS LA GRÈCE ÉTERNELLE Guido Gerosa Éditions Atlas Paris, 1989 238 pages FRANÇOISE LAFLEUR Écrivain passionné d’histoire ancienne et d’archéologie, Guido Gerosa nous entraîne dans un périple aux mille facettes, celui de la civilisation grecque.Nous faisant explorer des lieux significatifs de l’histoire qui virent naîtrent le mythe, les jeux sportifs et le théâtre, l’auteur nous conduit aux sources du monde occidental.Le coeur de cet univers : Athènes, cité chargée de résonances historiques et culturelles, avec son Acropole et le Parthénon.La ville lumineuse, qui atteignit son apogée au siècle de Périclès, donna naissance à une génération de héros, d’artistes, de poètes et de philosophes ayant franchi les barrières du temps.Les VOYAGEI A dansLA générations actuelles s’inspirent encore des grands esprits de l’époque, tels Socrate, Platon et Aristote qui se sont interrogés sur la signification du monde et de l’existence.Préciclès avait d’ailleurs proclamé dans un discours sur la grandeur d’Athènes : « Puissants sont les signes et les monuments de notre empire que nous avons laissés sur notre chemin.Les époques futures s’émerveilleront de nous comme l’époque actuelle s’émerveille à présent de nous ».Aujourd’hui, les touristes enva- hissent la Grèce au rythme de trois millions par an.L’antique se mêle au contemporain et le voyageur ne cesse de découvrir les trésors du pays en y parcourant les siècles avec ses vestiges du passé et ses attraits d’aujourd’hui.Bien plus qu’un guide touristique, l’ouvrage de G uido Gerosa sert de leçon d’histoire et d’humanités.Un chapitre sur les splendeurs de Byzance explore un aspect moins connu de la Grèce.Puis, l’auteur nous entraîne vers la Grèce des montagnes pour nous conduire au retour dans les îles des Dieux, tout en passant par la route d’Oedipe.Un dernier chapitre nous montre un pays qui, tout en étant tourné vers la modernité, conserve ses traditions et coutumes avec ferveur.Une iconographie abondante et de toute beauté accompagne les textes de ce livre d’art qui suscitera l’intérêt tant de celui qui s’envole vers la Grèce que de celui qui en revient.Plus encore : il fascinera tout amoureux de l’histoire, des lettres et des arts.Il aidera celui qui veut acquérir des références culturelles solides et il complétera le savoir de l’homme déjà cultivé voulant explorer plus avant ses racines.plaires QUEBECAMER1QUE Juliette Pomerleau: un hommage à Montréal, un cadeau pour les Montréalais.Juliette Pomerleau O Yves Beauchemin a' EN VENTE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES - 692 PAGES - 24,95$ Dans Juliette Pomerleau, il y a d’abord (.) Montréal, telle qu’elle est, avec ses quartiers démolis ou rénovés, ses organismes de protection du patrimoine, ; son boulevard René-Lévesque, son orchestre symphonique (.), ses gens, ses -tabagies de quartier, ses restaurants d’habitués, ses rues, ses couleurs, son métro, ses vieilles maisons (.) Si dans 500 ans, un historien tombait sur une antique copie de Juliette Pomerleau, il saurait exactement à quoi Montréal ressemblait à la fin du vingtième siècle.M.-C.Fortin, Voir, 16 mars 1989 ^Tout est plaisir.Ses personnages, son style et le plaisir de renouer avec Montréal, ses quartiers vieillots, ses petites boutiques et chaque page nous fait découvrir la passion de Beauchemin pour cette ville et les personnages qui y habitent.Marie Winning'Montegu, Elle, 13 novembre 1989 ^(.) un fantastique portrait de Montréal en Babel d’outre-Atlantique (.) Juliette Pomerleau a du ventre mais aussi du souffle, celui qui manque ici cet automne.Jérome Garcin, L’Evénement du jeudi, 15 novembre 1989 : ÉDITIONS ART GLOBAL 1009, avenue Laurier ouest, Outremont, Québec H2V 2L1 Tél.: (514) 272-6111 Téléc.: (514) 272-8609 D-8 ¦ Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 - à ÆF J’ai une histoire à vous conter.Concours littéraire "VISAGES HISTORIQUES DU QUÉBEC" ES POURQUOI LES ANNÉES 1930-1950?La période des années 1930-1950 marque un tournant important du développement de l'histoire du Québec.Si plusieurs manuels d'histoire ont traité de cette période, on déplore toutefois que les moments vécus par les gens ordinaires demeurent peu connus.Genres littéraires Trois genres littérajres sont retenus: 1) RÉCIT DE VIE Rédiger une page de vie par la narration de faits réels auxquels vous avez pris part ou dont vous avez été témoins.2) FICTION Oser la fiction, par le conte ou la nouvelle, en vous inspirant d'un fait historique (national, régional ou local).3) TÉMOIGNAGE ORAL Recueillir, auprès des personnes qui ont pris part à des événements ou qui en ont été témoins, un témoignage verbal de ces faits historiques.•Manuscrit, 25 pages maximum.Cassette d’une durée de 60 minutes.PRIX * 1ER PRIX: Une bourse de 500,00$ et un livre sur l'histoire du Québec.2IÈME PRIX: Une bourse de 300,00$ et un livre sur l'histoire du Québec.3IÈME PRIX: Une bourse de 200,00$ et un livre sur l'histoire du Québec.* Les textes des premiers prix seront édités en un ouvrage collectif.Date limite: 30 mai 1990 jury: Le jury, présidé par madame Andréanne Lafond, est composé de: madame Hélène-Andrée Bizier, madame Arlette Cousture, madame Marie Laurier, monsieur François Ricard Informations: Fédération des sociétés d'histoire du Québec (514) 252-3031 Loisir littéraire du Québec (514) 252-3033 Nous remercions les collaborateurs suivants: LE DEVOIR Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche pc iui|iniiienV GOTHIQUE Iconographie de Jésus L’ENFANT DE NAZARETH Didier Decoin et Marie-Hélène About album d'art Nouvelle Cité, Paris C.M.D., Montréal, 156 pages.MARIE LAURIER VOILÀ un sujet universel qui a inspiré plus d’un peintre et plus d’un écrivain: la vie de Jésus.Mais on connaît peu de détails des premières années de son enfance.Didier Decoin y pourvoit en reconstituant le cheminement de l’Enfant Jésus à travers les oeuvres d’art qui l’ont immortalisé, les commentant de textes et de légendes inspirés de cette iconographie ou tout simplement puisés dans l’imaginaire ou la probabilité.Les images valent bien dans ce cas des millions de Didier Decoin M.ric llttènc About L'ENFANT DE NAZARETH Mndkcltt CM.D.mots et leur beauté suffirait à elle seule à se procurer cet album, à défaut d’une authenticité rigoureuse de rappels historiques de l’enfance de celui que d’aucuns considèrent le sauveur de l’humanité.Cela donne assurément un album original.Il réunit l’écriture et les gravures signées des célèbrent artistes qui meublent les musées les plus prestigieux du monde: Le Louvre de Paris, le Prado de Madrid, le Palais Pitti de Florence, la Galerie Borghèse de Rome, etc., les peintres le splus célèbres aussi: Rembrandt, Raphaël, Fra Angelico, Dürer, Michel-Ange.Mais le lecteur sera donc surtout séduit justement par les illustrations choisies par Marie-Hélène About parmi quelque mille oeuvres d’art, à partir des Vierges de tendresse byzantine jusqu’à la Vierge grave et douloureuse de Bernard Buffet dans La Nativité.Quant au texte d’accompagnement de Didier Decoin, il plaira sans doute à tous ceux et celles qui ne se lassent jamais de relire l’histoire tant de fois écrite et commentée de la naissance et l’enfance de Jésus, en remontant à la naissance et la vie de sa mère Marie.Avec cet album, le lauréat du Prix Concourt en 1977 avec John L’Enfer, réussit un coup du nord, une énorme entreprise littéraire et certainement publicitaire pour le temps des Fetes.Les confidences de Paul Cézanne CÉZANNE PAR LUI-MÊME Tableaux, dessins, correspondance rassemblée par Richard Kendall Éditions Atlas Paris, 1988 320 pages FRANÇOISE LAFLEUR Son odeur favorite était celle des champs, sa fleur préférée la scabieuse, et il considérait l’amitié comme la plus estimable des vertus.La natation le délassait grandement et les pommes de terre à l’huile était son mets de prédilection.Son lui-même occupation préféré ?Peindre, bien sûr.Paul Cézanne nous livre ici ses opinions et ses confidences à travers ses écrits, ses tableaux, ses conversations.L’auteur de l’ouvrage s’efface pour laisser la plus grande place au peintre afin de faire connaître Cézanne tel qu’il s’est présenté lui-même.« Peindre d’après nature, ce n’est pas copier l’objectif, c’est réaliser ses sensations », disait Cézanne.Il est vrai que parmi les 900 peintures et 400 aquarelles qui composent le catalogue de son oeuvre, les portraits, les paysages et les natures mortes témoignent d’une force et d’une intensité particulières.Tout au long du livre, le lecteur prendra plaisir à découvrir les nombreuses et savoureuses lettres que Cézanne a fait parvenir à Émile Zola, son ami d’enfance, ainsi qu’à Camille Pisarro dont il subira une forte influence.L’originalité de ce livre d’art réside dans ses deux principales sources d’information : la correspondance de Cézanne et les témoignages de ses amis, évidemment accompagnés de bon nombre de reproductions de ses peintures, aquarelles et dessins.Le tout, joint aux informations biographiques, donne une nouvelle vision du peintre et de son oeuvre.Histoire de la première migration LE CANADA AU TEMPS DES ENVAHISSEURS Robert McGhee Libre Expression Musée canadien des civilisations 1989, Montréal.NORMAN CLERMONT Des Montagnes Rocheuses jusqu’au Labrador et du Pôle Nord jusqu’à la frontière avec les États-Unis, le Canada est aussi vaste que l’Europe, à l’ouest de l’Oural.Ce territoire immense était parcouru, exploité et occupé en 1492 par un nombre considérable de groupes amérindiens distincts.Ces groupes s’inscrivaient dans des trajectoires culturelles anciennes, plongeant dans des millénaires encore mal calculés.À la période du contact, on y parlait des langues devenues mutuellement inintelligibles, on y priait des dieux appartenant à des cieux différents et on y vivait des quotidiens contrastés dans des paysages fort variés.Qui étaient ces groupes amérindiens ?Comment avaient-ils humanisé ces espaces en transformant la nature en culture ?Comment avaient-ils forgé leur distinction et affirmé leur originalité ?Ce sont des questions qui exigeraient beaucoup plus qu’un survol de 175 pages.C’est pourtant le défi que s’est donné Robert McGhee en écrivant ce petit ouvrage.Dans une langue simple, avec des images suggestives, des cartes pertinentes et des croquis séduisants, il veut d’abord montrer les circonstances de la première migration canadienne.Par la suite, cabotant le long de 15 millénaires, il s’arrête, ici et là, jetant un regard indiscret et furtif sur une vieille sépulture labra-dorienne, sur un camp de chas- , V-.j > H < -s.,q •, ^ seurs de bisons ou sur une falaise peinte.Il visite un chantier de construction de monticules rituels, un village iroquolen, une agglomération de maisons sculptées en cèdre rouge, un fort sur le Skeena, etc.McGhee refuse la dessertation.Il opte pour les clins d’oeil, dans le temps et l’espace.Il veut montrer que cet univers amérindien, marginalisé par l’histoire, refoulé en dehors de notre mémoire collective, simplifié à l’extrême, est une partie injuste- ment négligée d’un patrimoine qui mériterait une meilleure intégration.C’est peu.C’est suffisant.C’est souvent beau.Ce n’est qu’un contact.On pourrait critiquer l’itinéraire choisi, la sélection des postes d’observation, le focus de la description, etc.Rappelons seulement que c’est un ouvrage sans prétention et une simple invitation à la promenade patrimoniale.C’est une promenade de trois heures dans un paysage exotique : chez « nous » ! Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 ¦ D-9' • le plaisir des ivres Trenet, encore à la page CHARLES TRENET 50 ans de chansons 50 ans d’images Album illustré de 126 pages Jacques Pessis avec la collaboration de Jacques Capelle Flammarion, 1989 ROBERT LÉVESQUE LA NOUVELLE VIE de Charles Trenet, c’est-à-dire sa nouvelle carrière (triomphale celle-là aussi) depuis 1985, est l’une des choses les plus étonnantes qui soit.Non pas étonnante vraiment, puisque les chansons de Trenet sont là pour rester, mais étonnante parce que voilà un homme de 75 ans qui, sollicité dans sa retraite, a décidé de revenir à la scène,répétant le succès instantané de ses débuts il y a 50 ans.Cet album paru chez Flammarion, signé par un journaliste et un ancien secrétaire de Trend, se situe dans la foulée de ce grand retour de Trenet.Un retour qui a d’abord eu lieu à Montréal, au Théâtre Saint-Denis en 75, dix ans après la retraite officielle du poète qui, en 1975, avait fait ses adieux à la scène.On sait que c’est l’imprésario québécois Gilbert Rozon, celui des galas « J uste pour rire », qui, dès 1982, avait conçu l’audace d’écrire à Trenet pour lui proposer de reprendre le chemin de la scène.Trenet avait accepté pour un gala à Montréal, et maintenant Rozon est devenu son agent mondial, l’orchestrateur du grand retour parisien du « Fou chantant » dont les grandes étapes furent un spectacle devant 15,000 jeunes au Printemps de Bourges en avril 87, puis un gala pour ses 75 ans au Théâtre des Champs-Élysées, et enfin la grande rentrée (11 récitals) du Châtelet l’hiver dernier.Trenet est « relancé », pour ainsi dire, presqu’aussi vite que ce soir d’octobre 1937 au music-hall de l’ABC où la foule l’ovationna spontanément, longuement (il ne devait faire que trois chansons en fin de première partie du spectacle de Lys Gauty, il en fit neuf), et chanta ses airs dans la rue dès le lendemain.Trenet donnait à la chanson de l’entre-deux-guen es son côté rieur, ses airs débridés, sa folie poétique.On retrouve avec le même plaisir, aujourd’hui, les chansons de Trenet : désuètes sans doute, mais pas fanées, toujours fines, avec ce que les nostalgiques aiment le plus, ces plaisirs démodés qui souvent ont des fraîcheurs naïves qu’il serait vain de tenter de combattre.Un album comme celui de Pessis et Capelle, très vite fait, laisse encore assez de plaisir de lecture, comme un survol express d’un personnage que l’on a beaucoup aimé, et où, au détour des pages, des airs surgissent spontanément dans la tête.Il faut évidemment avoir fréquenté son Trenet pour retrouver ces souvenirs tapis entre les pages de cet album.r Offrez le savoir et le rêve! Dictionnaire Petit Larousse en couleurs Larousse régulier: 79,95$ 58,95$ Encyclopédie Mémo Larousse régulier: 95,00$ 69,95$ Les pérégrines Jeanne Bourin Éditions François Bourin/ Lacombe régulier: 24,95 18,95$ Juliette Pomerleau Yves Beauchemin Québec-A mérique régulier: 24,95$ 18,95$ Dédale Larry Collins Laffo, r: 233 Robert Laffond .95$ 17,95$ régulier La chair de pierre Jacques Folch-Ribas Robert Laffond ier: 16,953 régulier: 16,95$ 12,69$ Misery Stephen King Albin Michel régulier: 19,95$ 14,95$ Encyclopédie des antiquités et de la brocante Jean Bedel Larousse régulier: 59,95$ 44,95$ -mè.J* i % m tfCÎ • ^ SERVICE COURTOIS ET PROFESSIONNE1 Librairie agréée Mezzanine, station Bcrri-Uqam Montréal.L ^ 0 4 C ri 4 T ÉDIT 0 N S N C C P 310 LAPRAIRIE.QC CANADA J5R3Y3 TEL 514 659 4819 10 ANS DE BEAUX LIVRES PEINDRE UN PAYS oiseaux d* I A'nérqnv dj Nord PEINDRE UN PAYS Charlevoix et ses peintres populaires auteurs Richard Dubé et François Tremblay 160 pages nombteases illustrations 44.95$ (Collection Signatures Rus) LOUIS JAQUE auteure Monique Brunet-Welnman Collection Signatures 34,95 $ LE GROUPE DES SEPT textes de Joan Murray et de Lawren Harris Collection Signatures 34.95 $ LES OISEAUX DU CANADA auteur Earl Godfrey 652 pages 49,95 $ Véritable encyclopédie yoia le livre le plus complet sur les oiseaux du Cdnada GUIDE D'IDENTIFICATION DES OISEAUX DE L'AMÉRIQUE DU NORD National Geographic Society 472 pages, toutes en couleurs Un guide superbe, indispensable, idehtitiont plus de 800 espèces 29.95 $ DECOUVRIR LE CIEL LE JOUR auteur Terence Dickinson 72 pages en couleurs Si vous savez observer, le ciel pendant le tour vous réserve bien des surprises 9.95$ LE SYSTÈME SOLAIRE Texte et conception Antoine Broquet Superbe carte en couleurs de foules les planètes et leurs satellites, avec livret explicatif de 2ri pages 14.95 $ tu mi ii m 11 I I S M HH > fl II MMI\ Kiigtr l"i» l*rtrfvni tes oiseaux ¦h I ¦ .1 ik t .r Paul Gladu Collection Signatures 34.95 $ YVES TRUDEAU textes de J.de Roussan i Hêfocodo .latiana Démidofl Seguin Collection Espace et Matière 34.95 $ LES OISEAUX DE L'EST DE L'AMÉRIQUE DU NORD n ilour Roger Tory Peterson 384 pages toutes en couleurs v< j bible des ornithologues" 24.95 $ S'APPRIVOISER AUX OISEAUX ni jtoure, Suzanne Brûlotle • t Susy Le Btun vs pages./ h mbreuses illustrations four mieux connaître les i nsec a ix de 8 o 12 ans 19.95$ DÉCOUVRIR LE CIEL LA NUIT auteur Terence Dickinson 72 pages en couleurs Voyage û travers /'immensité du cosmos 9.95$ PEINTURE ANIMALIÈRE Technique des maitres contemporains Les techniques de dessins de peintres ommohers tels R Tory Peterson.Robert Bateman, et de plusieurs autres 144 pages en couleurs textes: Susan Rayfield i—^ 27,95 $ VOYEZ VOTRE LIBRAIRE, IL AIME NOS LIVRES D I 0 N C P 310.LAPRAIRIE.0C CANADA J5R3Y3 TEL.514 659 4819 (Diffusion Prologue] 845-5243 D-10 ¦ Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 GASTRONOMIE Il ne reste qu’un mois pour préparer le réveillon .JOSÉE BLANCHETTE LE GRAND LIVRE DES MARINADES La Mère Michel Éditions Guy St-Jean C’est le troisième petit livre du genre commis par cette Mère Michel au masculin qui a peut-être perdu ses chats mais point sa langue : en témoignent ces 140 recettes toutes plus alléchantes les unes que les autres.Après les confitures et les fines herbes, voici les marinades associées à l’automne et ses fastes récoltes.De ce rituel qui consiste à mettre yn peu de l’été en pots, l’auteur dira : « On oublie que c’est cette grande variété des rituels saisonniers qui conférait à la vie plaisirs, sens et beauté.Quant à moi, rien ne remplacera le charme humble et discret d’un pot de marinades.» Humbles et discrets, mais aussi intriguants et mystérieux, ces achards épicés, ces boutons d’hémérocalle confits, ces champignons des sous-bois marinés, ces chow-chow de mais ou de tomates, ces concombres mûrs ou à la moutarde, ces canneberges marinées .Du reste tous les classiques du genre y sont également, sans tape-à-l’oeil aucun.Derrière sa petite étiquette sage, l’automne aura bien meilleur goût.l’hiver venu.FRUITS Amy Nathan photos de Kathryn Kleinman Éditions Sylvie Messinger Même éditeur, même esprit, même cru que cette fugue en fruits majeur.Fruits défendus et fruits joufflus s’offrent en chair et en jus à notre convoitise.Pomme farcie sauce au porto, gâteau aux cerises et aux noix, gratin de figues, melon charenais (baptisé au Pineau), poulet fumé au melon d’eau ou salade de poulet aux diverss prunes séduisent complètement par leur originalité et leur simplicité complice de la nature.140 pages de photos et de recettes présentées avec sensibilité vous sont offertes pour le prix de bien des repas moches au restaurant ($39.95).TOUTES LES MEILLEURES SALADES ET VINAIGRETTES Joie Warner Éditions de l'Homme L’arrivée du froid vous rappelle avec un frisson d’horreur que l’apparition prochaine de la laitue iceberg ne saurait tarder.Décorée d’une vinaigrette crémeuse et sucrée plus rien n’y paraîtra de son insipidité naturelle.Pour tous ceux et celles qui manquent d’imagination quand arrive le service de la salade, Joie Warner a écrit ce petit livre indispensable et bien inspiré.De quoi redécouvrir les multiples vertues de la laitue mais aussi de tous ces légumes savoureux qui ne demandent qu’à être confondus dans la salade.Salades toutes simples aux poivrons rouges grillés et aux anchois ou plus complexe comme ce mesclun au stilton grillé, salades de fruits, de pâtes, de fruits de mer ou de volaille, chacune d’entre elle se touille avec vinaigrette différente.Pour briser la monotonie.365 RECETTES DE CHAMPIGNONS Jean-Charles Blanc Éditions Nathan Pratique Cette nouvelle collection propose une recette pour chaque jour mais sans une seule illustration.Autour d’un thème, les champignons, l’auteur accommode ama- nites, clavaires, morilles, lactaires ou gonfides glutineux (moins évidents) à toutes les sauces.Trente-cinq familles ou espèces connues des mycologues et moins connues des humbles mortels (mortifiés à l’idée d’y succomber en deux bouchées) font ?" UKCETÏKS Aciiani|Ngiions4 les frais de cet ouvrage conçu comme une encyclopédie, par ordre alphabétique.Potage de moules aux cèpes, tarte aux coprins, caviar sur lactaires fermentés, porc aux pleurotes japonaises, crêpes aux trompettes des morts font la nique aux éternels champignons de Paris qu’on peut leur substituer en désespoir de cause.Un livre français qui s’adapte bien aux ressources québécoises.Pour l’amateur de champignons en vous.365 RECETTES DE LÉGUMES Michèle Chenot-Simouliansky Éditions Nathan Pratique Cuisine familiale et quotidienne vont ici main dans la main et renvoient la routine aux oubliettes.De l’entrée au dessert, ces recettes de légumes débordent de saveurs et d’imagination au fil des pages sans couleur.Des légumes simples comme la carotte, le céleri, la betterave, l’asperge ou le chou-fleur et des légumes plus exotiques comme le salsifis, le potiron, le fenouil, l’igname, le manioc ou le bok choy renouvellent le genre.HORS-D’OEUVRES Amy Nathan photos de Kathryn Kleinman Éditions Sylvie Messinger Les mots manquent afin de traduire ce festin pour les yeux et la panse.Plus proche du livre d’art HORS-D’ŒI et de poésie que du livre de recettes, ce recueil nous en met plein la vue.Les couleurs tour à tour grisantes et enivrantes, les contrastes choquants, les natures mortes redevenues vivantes, la textures en appellent de la sensibilité tant intellectuelle que gustative du lecteur.Un régal pour l’âme, ce livre-finesse et la superposition des cadeau que tout amant des fourneaux aimera posséder traite des « hors-d’oeuvre » dans le sens de « petits plats ».Soupe au potiron et poireaux, filet de poisson à la marmelade d’oignons, oeufs brouillés aux asperges, soupe aux champignons ou au melon, filet de porc aux abricots ou salade au pain ne sont que quelques exemples à portée de tous les goussets.NOURRITURES Plaisirs et angoisses de la fourchette Éditions Autrement Septembre 1989 Comme chaque mois, cette revue « songée » excelle à cerner les thèmes les plus variés.Une brochette de textes, réflexions à haute voix, essais, nouvelles et entrevues portent ce mois-ci sur la nourriture et toutes ses implications, autant physiques, émotives qu’économiques.Chargé de multiples significations, l’acte de manger n’est pas simple et les Hommes sont loin d’être égaux devant la nourriture.Des peintres trop souvent ignorés NAÏFS .CES PEINTRES DU QUÉBEC ET DE L’ACADIE?Guy Boulizon, Yvon Daigle et Anne-Marie Bost Éditions du Trécarré Montréal, 1989 168 pages FRANÇOISE LAFLEUR On pourrait les qualifier de peintres enfantins.Passant outre les académies et les grandes théories de l’art, ils font surgir spontanément du bout de leurs pinceaux et du fond de leur imaginaire des paysages ou autres images laissant cours au désordre dans les perspectives.Ils projettent dans leurs tableaux leurs rêves, leurs souvenirs.Ils transposent leur quotidien dans un univers aux coloris souvent éclatants.Dans leurs oeuvres, la simplicité domine.Les peintres présentés dans l’album des Éditions Trécarré sont dans l’ensemble peu connus, mal connus ou même méconnus.Ils ne manquent pourtant pas de talent, mais on les relègue au rang de « peintres du dimanche » comme si leur originalité ou leur marginalité ne pouvait s’inscrire au sein de ce que les savants et historiens nomment « le grand art ».Sont-ils primitifs, naïfs, folkloriques, néo-primitifs, instinctifs, populaires, du dimanche, régio- Université de Montréal Faculté de* art* et des science* Pour mieux écrire àft Cours autodidactique de français écrit Un cours comprenant exercices, questions, réponses et explications suffisantes pour travailler seul.même en vacances.Ouvert à tous Date limite d'inscription: le 15 janvier 1990 Frais d’inscription: 30$ (payables sur réception de la facture seulement) Renseignements: 343-7393 Veuillez m’envoyer votre dépliant Nom/Prénom Adresse Ville Code postal Retourner ce coupon- réponse à CAFÉ Université de Montréal C.P.6128, succursale A Montréal (Québec), H3C 3J7 CES PEINTRES DU QUEBEC ET DE L’ACADIE?¦ ' * Guy boulizon - Yvon Daigle • Anne-Marie bost EDITIONS DU TRECARRE nalistes ?Ce sont les mots naïfs et populaires qui reviennent le plus souvent dans les conversa- ¦ La Bibliothèque Publique Juive présente MAREK HALTER Conférence 1 “C’est Quoi D’être Juif à la fin du Vingtième Siècle” Conférence 2 “Les Rencontres de Marek Halter” Date: Mardi 28 novembre 1989 Date: Mercredi 29 novembre 1989 Heure: 20h Heure: 19h30 Lieu: Auditorium Joseph & Ida Berman de la Bibliothèque Publique Juive, Édifice Cummings, 5151 Côte Ste-Catherine Road Entrée: $3.00 $2.00: 3e Âge/Étudiants Sous les auspices du Consortium du Mois du Livre Juif Lieu: Pavillon des Sciences Sociales Université de Montréal 3200 Jean Brillant Amphithéâtre B.2305 Entrée: Libre Sous les auspices du Centre Hillel, Centre Communautaire juif.Centre de Recherche et de Documentation sur Israël et le Proche-Orient et le Département Jeunesse de la Fédération Sioniste Canadienne.Renseignements: 345-2627 tions pour les désigner.L’un de ces peintres dira à Guy Boulizon : « Je suis populaire, parce que je considère que c’est le peuple qui m’inspire.Que c’est par le peuple que je me sens porté.Et, enfin, parce que c’est au peuple que je destine mes tableaux.» Les peintres naïfs sont souvent des autodidactes qui peignent par plaisir, par nécessité viscérale.Des peintres naïfs, il y en a partout sur la planète.Le Québec et l’Acadie ont les leurs; ils font partie de notre histoire.Pourquoi les laisser dans l’ombre des beaux-arts ?Guy Boulizon, Yvon Daigle et Anne-Marie Bost les mettent ici en lumière, nous entraînant à la découverte de leur monde merveilleux peuplé de paradis imaginaires.Jacques Barbeau, Alain Bis-sonnette, Alban Bluteau, Blanche Bolduc, Arthur Bouchard, Michel Pimparé, Michel Saint-Arnaud, Geneviève Jost, Félix Vincent, Arthur Villeneuve, Nérée De-Grâce et plusieurs autres font l’objet de l’album sur cette forme d’art contreversé qu’est la peinture naïve.Les auteurs précisent les mots, clarifient les tendances et tentent de réhabiliter les peintres naïfs québécois et acadiens qui, ici, n’appartiennent à aucune école, comme les Yougoslaves ou les Haïtiens par exemple.wmM Le lecteur y découvrira un monde d’émerveillement et pourra y admirer 34 reproductions couleur de l’un ou l’autre des peintres présentés et interviewés.Cependant, les auteurs ont volontairement exclu de leur étude l’école historique des peintres populaires de Baie Saint-Paul, puisque « d’autres écrivains y travaillent depuis longtemps ».De plus, leur but était de mettre en valeur les naïfs les plus contemporains, principalement ceux qui vivaient encore.PEINDRE UN PAYS CHARLEVOIX ET SES PEINTRES POPULAIRES Richard Dubé et François Tremblay Éditions Broquet Montréal, 1989 160 pages Dans la collection Signatures Plus aux Éditions Broquet, on fait connaissance avec les peintres populaires de Charlevoix auxquels le Musée régional Laure-Conan a consacré une salle permanente en 1976.C’est au début des années 30 qu’apparaît le premier groupe des peintres populaires de Charlevoix.De 1934 à 1939, ils participent à des expositions à Pointe-au-Pic.Dès 1937, et jusqu’en 1950, ils participent à des expositions internationales.wmrnm Les Yvonne Bolduc, les soeurs Bouchard, les Robert Cauchon, Alfred Deschênes, Adéla Harvey, Philippe Maltais, Marie-Anne et Berthe Simard et Georges-Édouard Tremblay exercent leur art dans leur milieu familial de Baie Saint-Paul et de la Malbaie ou les centres environnants.Chacun a son style personnel et développe à sa façon une nouvelle écriture picturale, tantôt dans les formes, tantôt dans les couleurs.Les auteurs de l’ouvrage se sont ici aussi, comme dans l’album ci-haut mentionné, butés sur la difficulté de choisir les bons mots pour désigner des artistes.Ils ont opté pour peintres populaires.Dans le premier chapitre, ils retracent l’histoire du groupe en soulignant l’apport de Patrick Morgan.Ils consacrent ensuite un chapitre à chacun des peintres répertoriés, traitant de leur évolution respective, de leurs techniques d’expression et de la place qu’ils tiennent sur leur marché local.Pour tout amateur d’art et historien des beaux-arts, les deux ouvrages se complètent.Le premier aux Éditions du Trécarré coûte 69,95 $.Le second, aux Éditions Broquet, coûte 40 $ et l’on y trouve près d’une centaine de planches couleur d’oeuvres de quelques-uns de nos plus grands peintres dits « populaires ».wzwm/imm. Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 ¦ D-11 • le plaisir des mes Touche pas à mon orthographe ! MIGNONNE ALLONS VOIR SI LA ROSE .Cavanna Belfond 1989.MARIE-ÉVA DE VILLERS Défense passionnée de la langue française, 440 ans après Joachim Du Bellay, l’essai du bouillant Cavanna ravira tous ceux qui prennent à coeur la survie du français.Que l’on soit farouchement opposé (50 % des lecteurs du Plaisir des mots qui nous ont écrit) ou favorable à une réforme orthographique, le vibrant plaidoyer Mignonne allons voir si la rose., qui vient de paraître chez Belfond, ne laissera pas indifférent.Au-delà d'une simplification de l’écriture, de la prolifération des anglicismes, de la méconnaissance de la ponctuation, Cavanna — qui aime le français d’amour ardent — s’émeut de la désaffection des jeunes pour la langue écrite.« Allons, ils l’auront, leur réforme de l'orthographe.mais qu’en feront-ils ?Ils n’écrivent plus.» Il poursuit plus loin : « Pourquoi voulez-vous qu’ils lisent, qu’ils écrivent, les jeunes d’aujourd’hui, et surtout ceux de demain ?Ils ont d’autres sources d’information, de culture, d’intérêt, d’amusement, d’autres moyens de communication.(.) Encore une fois, ce n’est pas parce que l’orthographe les rebute qu’ils ne lisent ni n’écrivent, c’est parce qu’ils n’aiment pas ça et n’en voient pas l’utilité.» Le Québec ne vit pas seul la crise de l’écrit : le phénomène en est général.Comme McLuhan l’avait annoncé dans La galaxie Gutenberg, l’écriture perd sa suprématie au profit des nouveaux médias.« L’écriture, la lecture, l’imprimé, c’est mon bateau à voile, à moi.(.) On laisse bien Tabarly et d’autres gu-gusses déguisés en loups de mer carguer le clinfoc et virer lof pour lof, comme si vraiment ça servait à quelque chose !(.) Alors, laissez-nous carguer nos petits clinfocs, nous ne faisons de tort à personne, il n’y a même pas de fric à la clé (sauf s’il s’organise des paris autour des championnats d'orthographe ! ).» Les Québécois sont souvent agacés par les anglicismes qui ponctuent les conversations de nos cousins branchés d’outre-Atlantique.Puristes démodés, nous trouvons enfin un allié avec Cavanna : « Je n’aime pas qu’on méprise ce que j’aime.C’est mépriser le français que de préférer à ses mots des mots étrangers, c’est avoir honte de sa propre langue, et donc honte de ce qu’on est soi-même, que de se gargariser de vocables américains là où on n’en a que faire.C’est être, proprement, foncièrement, un colonisé.» Et plus loin : «.ce qui me hérisse dans cette américomanie, c’est, à travers la niaise prolifération de mots yankees de pacotille, l’attitude de soumission masochiste qu’elle trahit, l’acceptation béate et servile de je ne sais quelle infériorité.» Il faut lire aussi le cinquième chapitre qui est un délicieux petit traité sur la ponctuation.Mignonne, allons voir si la rose.est une magnifique lettre d’amour : « Exceptions, contradictions, bizarreries d’orthographe et archaïsmes de construction auraient peut-être désenchanté un amant moins épris (.).Quand on aime, on aime aussi le défaut sur le visage aimé.On aime d’abord malgré cela, et puis on aime pour cela.» Et Cavanna nous avoue bien candidement : « L’orthographe ?Moi, je la trouve très bien telle qu’elle est.J’ai toujours été bon, vous comprenez.» Le fervent auteur est tellement sympathique, persuasif, qu’il ralliera certainement plusieurs défenseurs sous sa bannière qui crieront avec lui : « Touche pas à mon orthographe ! » NDLR : Les lecteurs sont invités à faire part de leurs commentaires, de leurs critiques et de leurs suggestions à l’auteur de cette chronique.I .a correspondance doit être adressée au Plaisir des mots, aux soins du DEVOIR, 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal, H2Y 1X1.Cavanna + Marcel Broquet qui font vendre les titres précédents ».Broquet offre dans son catalogue près de 260 titres.Cette année : une vingtaine de nouveautés.Vingt parutions et 20 réimpressions avec un chiffre d’affaires qui approche les deux millions dont 25 % se réalisent grâce à des ventes hors Québec.Une évolution encourageante pour la fourmilière Broquet, puisqu’il y a trois ans, le chiffre d’affaires se situait aux environs de 500 000 $.Ce sont principalement les réimpressions des ouvrages sur la nature qui rentabilisent l’entreprise et permettent des profits.« Il y a environ 3 000 amateurs de beaux livres au Québec », dira Marcel Broquet.Ce sont eux qui investissent dans des collections de livres sur les beaux-arts.« Je ne fais pas vraiment du livre d’art avec papier fin, reliure spéciale, édition de luxe avec tirage limité, etc.Je fais plutôt de beaux livres sur les arts et de beaux livres sur la nature.Je les fais pour le grand public; je les vends à prix populaire ».Dans l’ensemble, les prix varient entre 35 $et70 $.Les Signatures coûtent 34,95 $.Chacun des ouvrages présente bon nombre de planches couleur, jusqu’à 80 reproductions des oeuvres de l’artiste.En feuilletant l’un ou l’autre des petits chefs-d’oeuvre de marque Broquet, on y sent le souci du travail bien fait, quasi parfait, ce qui aide sûrement la maison Broquet à se faire une clientèle qui, les années le prouvent, lui demeure fidèle.« Quelques personnes des milieux artistique et journalistique nous ont reproché il y a quelques années de faire principalement des ouvrages traitant de peintres figuratifs et de négliger les peintres abstraits.Mais le Québécois aime beaucoup le figuratif; il « mange » du paysage, sûrement à cause de ses origines campagnardes.» Depuis, les Éditions Broquet publient les deux genres.Exemple : un récent livre sur le peintre québécois Louis Jaque dans la collection Signatures.Autre exemple loin des paysages : un ouvrage sur Yves Trudeau, considéré comme l’un de nos grands sculpteurs.Côté sciences naturelles, signalons parmi les derniers-nés Broquet un très bel ouvrage joliment intitulé Belles de nos bois fait en collaboration avec le Jardin botanique de Montréal, nous faisant découvrir les fleurs indigènes.Puis, un quatrième guide sur les oiseaux, cette fois-ci pour les plus jeunes : S’apprivoiser aux oiseaux.Et une encyclopédie sur Les oiseaux du Canada, faite en collaboration avec les musées nationaux et tirée à 7 500 exemplaires.Puis une autre sur les arbres du Canada.Côté beaux-arts, l’une des nouveautés présente quelques-uns des grands verriers du Québec dans la collection Signatures Plus, un document unique, ce qui dénote chez l’éditeur un certain sens des affaires puisqu’ici, encore, il choisit un sentier inexploré de l’édition.Tout au long de la conversation, Marcel Broquet transmet son feu sacré, celui qu’il cultive depuis toujours pour tout ce qui est Beauté.+ Jacques Poulin meilleur, Jacques Poulin l’assume aujourd’hui à la suite d’Hubert Aquin.« À la question: Est-ce que vous voulez que vos livres changent le monde ?», Hubert Aquin avait répondu, se rappelle Poulin: ‘Oui, sinon cela ne vaut pas la peine’.Cette réponse peut paraître prétentieuse et invraisemblable, à première vue, mais je pense qu’Hubert Aquin avait raison.Il faut que la lecture transforme un peu les gens et les aide à vivre.Les livres peuvent servir à tout, y compris à cela.Un tout petit peu.Si on met le meilleur de soi dans les livres, cela va finir par transformer un peu les gens qui lisent, par communiquer une petite étincelle qui va faire son chemin et modifier quelque peu les rapports entre les gens.» Dans ses romans, Jacques Poulin veut transmettre la chaleur qu’il a trouvée chez les personnages de Boris Vian.Cette chaleur humaine, il la reconnaît aussi au Québec, où il revient après une absence de trois ans.« On voit qu’une des qualités de la vie, ici, c’est la chaleur humaine, dit-il.Il y a une cordialité, une bonne humeur, une chaleur entre les gens qu’on ne retrouve pas partout et qui fait la richesse de la vie ici.» On croirait entendre Jim, le narrateur du Vieux Chagrin, quand il élabore sa théorie de l’âme comme enveloppe du monde.« Cette qualité de vie, elle est partout.Dans les villes, dans les villages, elle doit former une sorte de trame.C’est quelque chose d’invisible, qu’on ne peut pas palper, mais qui tient ensemble une société, j’imagine, autant que les institutions, les habitudes, les traditions.Cette chaleur humaine, c’est une sorte de structure invisible qui doit avoir beaucoup d’importance.« Les rapports entre les femmes et les enfants dans chaque maison, ce n’est pas du temps gaspillé.Les femmes toutes seules dans les maisons, qui parlent à leurs enfants, les rapports chaleureux qu'il y a entre eux, cela n'a l’air de rien ni ne semble concerner le monde extérieur.Mais si tu enlevais cette chaleur dans chaque maison, qu’est-ce qu’il resterait ?S’il n’y avait que la politique, cela ne pourrait pas soutenir la société.J’ai l’impression que la société s’écroulerait, sans cette chaleur qui relie les gens ensemble.» Jacques Poulin est le romancier de la tendresse.Lire Le Vieux Chagrin et interviewer l’écrivain pour l’entendre dire tout haut ce que nous vivons tout bas, voilà pourquoi, je pense, la littérature vaut la peine d’être vécue.COURRIER Logique illusoire QU’ON NE ME DISE PAS que c’est par souci logique qu’on veuille simplifier le français : c’est la pire des illusions, car c’est d’un réductivisme lamentable qui va terriblement appauvrir la faculté même de sondage de l’esprit.Bref, le problème du français n’est pas dans sa simplification (au contraire, on détruirait la sagesse qui l’a conçu), il est dans l’effort que tous et chacun doivent apporter à bien comprendre, écrire et parler.Ce faisant, c’est à penser avec rigueur et nuances que l’apprentissage du français provoquera puisque l’orthographe permet de fouiller et de ciseler davantage l’expression elle-même.— JEAN-RENÉ ÉTHIER prêtre, Montréal La beauté des mots usuels LA FAMEUSE « dictée » qui relient l’intérêt des amis de la langue française ne risque-t-elle pas de polariser l’attention du public sur des points qui ne nous paraissent pas essentiels, de distraire l’esprit des vraies difficultés de la langue française qui tiennent à sa « complexité » entendue dans le sens de richesse.et de priver le lecteur d’une vision élargie de l’art d’écrire ?L’apprentissage de l’écriture ne concerne pas que la ponctuation et l’accentuation, surtout pas le traitement de mots rares ou étrangers (où une simplification parait s'imposer).Savoir écrire est le résultat d’un tout autre apprentissage.Un concours dans cette voie nous révélerait le vraie niveau de culture des candidats au plan de l’écriture.On découvrirait peut-être que la beauté de la langue française tient souvent dans une économie de mots usuels utilisés à bon ou meilleur escient, dans le choix d’un rythme qui épouse les mouvements de la respiration écrite.On n’aura donc jamais fini d’explorer les mille et une façons de cette langue aux nuances les plus subtiles.C’est ici que nous paraît se situer sa complexité et les germes de beauté que cette langue recèle.Faut-il le dire ?Quand on aura remis une dictée aans faute, il faudra ensuite apprendre à écrire.— RAYMOND LOCAS, Rawdon in hurtubise hmh j 160 pages — 16,5 3$ 134 pages — 14,95 $ Saloir 17,95 JEAN-LOUIS ROY TÉMOIN DES DEUX GRANDS PROJETS QUI FONT L’ACTUALITÉ Ville LaSalle (Québec) H8N 1X2 Téléphone: (514) 364-0323 JEAN-LOUIS ROY Q.Æ FRANCOPHONIE L'émergence d'une alliance?HURTUBISE HMH Maman, écoutez-moi vraiment Jacques Salomé Pour les parents, les éducateurs et tous les intervenants dans l'apprentissage de la vie.L'essentiel d'une existence se joue parfois au cours des premières années de la vie.L'auteur dévoile quelques-uns des languages avec lesquels le bébé, le jeune enfant, et plus tard l'adulte, vont tenter de se dire, de ne pas se dire aussi, de se signifier, et peut-être d'exister.,uteut de hoses _ j'aid®8 lO !••• à te dite b Éditions ‘Albin Michel Des dictées d'érudit IL M’APPARAlT vraisemblable qu’une langue puisse atteindre la souplesse et l’universalité qui la rendent normalement accessible, sans sacrifier sa richesse et sa subtilité.Ce n’est pas nécessairement le nivellement par le bas.Dans ce sens, les dictées de Pivot seraient-elles réservées à des érudits ?L’ouverture du langage sur une expression correcte et accessible à tous, dans le simple jeu de sa logique, serait à mon avis à l’avantage du français, au delà de Paris et de par le monde.Fixer le français dans son or- thodoxie présente revient à vouloir en faire une langue morte.— JEAN OUELLET, Outremont Concertation POUR MOI, qui ne possède pas très bien ma langue, je crois que celle-ci devrait être rationalisée un peu (peut-être un peu plus vite que M.Rocard le propose).Il faudrait qu’il y ait concertation entre les divers organismes de réglementation de la langue dans les différents pays francophones.— RENAUD BLAIS, Slllery MUSIQUE CLASSIQUE O CE SOIR.SAMEDI 25 NOVEMBRE LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE A 22:00 concerto pour piano no.2 en do m op.18 (Rachmaninov) concerto pour piano en fa M Hob.XVIII no.3 (Haydn) symphonie no.96 (Haydn) allegretto extr.symphonie no.l(X) Militaire (Haydn) sonates pour cordes no.1 &4 (Rossini) DEMAIN SOIR, 22:(X) concerto pour piano No.9 K.271 Jcunchommc (Mozart) symphonie no.35 K.385 en rc Haffncr (Mozart) symphonie no.4 en la op.90 Italienne (Mendelssohn) concern pour flûte RV 509 & 514 (Vivaldi) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 DU NOUVEAU.rue Laurier! LIBRAIRIE 1005, av.Laurier Ouest — Tel: 279-6384 ¦ ¦ D-12 ¦ Le Devoir, samedi 25 novembre 1989 choix Boréal M adeleine Ferron + Le gr: théâtre novive lies h Ftançol» *M°n _ Philipp» Chauveau LYtFFMBE fi FVF UETM oumonde 1989-1990 Boréal a t GRAS® TtffiÂTBE c ipsauelles Nouvelles douze histoires à traver^ ^ ^ Un recueil ndes ambigu^ ^ s’expriment g temporam • d la vie et de la se sait allier 1 e intense.Madeleine ea l’émotion P Vol.de 160 page François Benoit et Philippe Chauv i:affairE ad AM ET EVE ïïïs-tE'— Après Acceptation g et noUS donne u Chauveau est de r ui soulève des tedrôleetpercu^^^rees,.! s:-;riSr de l’humanité en 1 P b Vol.del28pag^^^_ l’état du monde 1989-1990 tTgé^oUtiqneuAondm Remis ài°wr Tn cartographie, ndve P°Uf SUred-an onrd’hui.le monde dauj ^^ Vol.de 640 pages " pierre Morenev Histoires «atureUesdu Non ^ nalure A of6* .—
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