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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1989-12-02, Collections de BAnQ.

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I m Pïispj® ïls Wmu / / * * / kg p§>® • le plaisir des jglKl ivres Montréal, samedi 2 décembre 1989 Henri Rivard Pèlerinage artiste et artisan dans un passé faste La flamme du fond, une acrylique de Gilles Archambault, une des 22 il lustrations couleurs qui parent Le fou de l'île.GUY FERLAND ENRI Rivard est un artiste, dans son comportement et ses réalisations.Il est « concepteur de beaux livres ».Cette « appellation contrôlée » désigne celui qui, à partir d’un texte comme Le fou de l’île de Félix Leclerc (Fides), voit à toutes les étapes de la production d’un livre d’art qui vaudra en bout de ligne son pesant d’or.Son travail, Henri Rivard l’aime à la folie.« Je suis presque maniaque.J’aime la perfection.Du choix du papier à la séparation de couleurs, en passant par la reliure, l’impression, la coupe du papier même, tout dépend de moi.Lorsque je vais chez les fournisseurs en matériel dont j’ai besoin, ils savent tous que je cherche la qualité avant le profit.C’est le principe que j’applique tout le temps à l’intérieur des budgets qui me sont alloués par les éditeurs.» On doit comprendre que le métier de Henri Rivard est particulier.Prenons par exemple son nouveau-né, Le fou de l’île, paru aux éditions Fides.« Au départ, explique le volubile M.Rivard, je voulais rendre un hommage durable à Félix Leclerc et à son oeuvre.Je suis donc allé voir l’éditeur de la presque totalité du Voir page D -12 : Rlvard (.Il ( ()l Kl I MANCIIl TRENTE ARTISTES / -jÿr.4 ftr-.&f 4 : * i vr**’ DANS UN TRAIN ART (.1 .QUAI.MARIE LAURIER y U NE PROFONDE mais douce tristesse se dégage de ce mi- cro livre d’art au moment où l’on nous annonce des coupures dans notre réseau ferroviaire.Ce noble moyen de transport, le train, dont on nous a répété à satiété qu’il était le ferment de notre beau, grand, vaste et impossible pays, a déjà été un musée roulant : des toiles de nos meilleurs peintres ornaient ses wagons panoramiques.Et ironiquement, pour mieux nous imprégner de nostalgie au moment où Via Rail agonise len-.tement, on nous propose un pèlerinage littéraire sous forme d’un livre d’art intitulé Trente artistes dans un train qui retrace un passé faste.Celui des années 1950 au moment où le train représentait le moyen de transport par excellence pour nous faire connaître le Canada.Le Transcon-inental de Via Rail fait toujours le trajet une fois par jour et à compter du 15 janvier prochain, ce sera trois fois par semaine.Si bien que ce n’est pas tout à fait la fin d’une époque comme on le craignait, les oeuvres d’art continueront d’accompagner les Voir page D -12 : Train V + D’amour et de solitude avec JEAN ROYER Françoise Sagan n’est pas venue jouer son rôle de star à Montréal.J’ai rencontré une femme réelle, simple et directe, sincère et chaleureuse, passionnée de littérature comme d’autres jeux de la vie.Nous n’avons pas parlé d’automobile, de whisky ni de casino, mais plutôt d’amour et de solitude.Nous avons évoqué aussi ces « mauvais » sentiments qui font de son dernier roman, La Laisse (Julliard), de la bonne littérature.Autour d’elle, c’est l’énervement.Elle est en retard et l’on craint qu’elle ne vienne pas.Pour l’attachée de presse, toute la journée risque d’être ratée.Où est le photographe ?Pourquoi les télévisions de Montréal ont-elles boudé la star ?Qui a peur de Françoise Sagan ?Pour ma part, j’ai bien préparé l’interview mais je reste nerveux.Parlera-t-elle ?Parlera-t-elle trop vite ?Nous attendons une star.Trois quarts-d’heure plus tard arrive une femme qui vous regarde droit dans les yeux et qui s’excuse à toute vitesse, d’entrée de jeu, Françoise Sagan quand je lui demande pourquoi elle vient au Québec pour la première fois après vingt-sept livres et trente-cinq ans de üttérature.Il est vrai qu’elle a quelque chose à se faire pardonner.Françoise Sagan, dans un article, il y a quelques mois, a bêtement attaqué « l’accent » québécois de l’émission Les Moineau et les Pinson, qu’elle avait vue à la télé française.« Il fallait arranger cet imbroglio, dit-elle.Je suis venue ici un peu à cause de ça.C’est le film que je trouvais épouvantable.J’aurais parlé d’accent marseillais si le film avait été marseillais, ou belge, ou américain, si le film avait été belge ou américain.Ce n’est pas le Canada qui était visé.De tels films, on en fait d’aussi épouvantables en France aussi.C’était un quiproquo total.J’étais navrée d’avoir blessé les gens.» Bon.L’argument est faible mais nous n’allons pas nous éterniser sur l’accent.D’autant que Sagan n’a pas d’accent: elle parle trop vite ! Pour mieux la suivre, il faudrait aller faire l’interview en Suisse.Il est impossible de vivre en Suisse comme écrivain, mais cela permet à la pensée de ralentir ainsi que le débit verbal: « Un vrai repos pour mes amis », lance-t-elle en riant.Est-elle restée la jeune fille à scandale du temps de Bonjour tristesse et de Aimez-vous Brahms, celle qui retourne chez Julliard, pour son dix-huitième roman ?Certes, sa vie intime est toujours traquée par les paparazzi et Paris-Match et la critique littéraire s’intéresse plus au personnage qu’au contenu de ses livres, mais Sagan a appris à vivre avec son image.« Quand on a un peu de succès, il y a toujours des étiquettes qui vous tombent dessus.Celle-là ou une autre, c’est pareil.Et puis, il y avait une part de vrai dans cette image.J’aimais bien m’amuser.Au début, on est très énervée par l’image et puis après, pfitt.Quand j’étais très jeune, j’étais rigide.Maintenant, ça m’est égal.Peu à peu je me suis dit: il n’y a rien à faire et c’est plutôt commode, cette image.C’est comme une voilette.On est derrière, on est tranquille.À la fin, on est protégée par ce voile.» Pour Françoise Sagan, « la destinée, c’est l’oeuvre ».Elle l’a écrit dans une longue préface aux Lettres d’amour de Sand & Musset, un livre qui vient de praî-tre au Québec par les soins des Éditions de La Pleine Lune.Sagan note bien que Georges Sand, quand elle choisit l’ironie pour écrire une de ses dernières lettres à Musset, invente la femme moderne, «cette fameuse femme libre, cette fameuse femme sujet et non plus objet », qui s’approprie une arme du monde masculin : l’ironie, la plaisanterie, l’humour.« L’ironie, me confie Sagan, c’est le fait de prendre un recul et de voir son histoire devant soi.Passer au second degré vous donne des forces, vous donne l’avantage sur n’importe qui.Faire marche arrière et regarder sa souffrance comme un épisode de Voir page D -12 : Sagan Les beaux livres D * es livres d’art, des livres de collection, des livres à offrir en cadeau, comme Le fou de l’île, édition de luxe, ou Ttenle artistes dans un train.Page I)-l Aimez-vous Sagan ?u ne femme simple, j sincère, directe et chaleureuse, nous dit Jean Royer de Françoise Sagan.Page D -1 Le feuilleton jL^isette Morin vient de lire .Jours de colère, qui a valu le Prix Fémina 1989 à son auteur, Sylvie Germain.Page D- 5 Lettres étrangères N’ -1- ^ oubliez pas de lire, de vous faire offrir ou d’offrir l’autobiographie de Ruth Escobar.C’est le conseil d’Aüce Parizeau.Page D- 6 France Boisvert Li Tsing-tao ou Le grand avoir Conte - Adgone v> ir> O) r» °- O eu FRANCE BOISVERT LI TSING-TAO U,,.Dans ce conte chinois la mandarine Li Tsing-tao et le batelier Kouah Pan-long entretiennent leur commerce amoureux dans un climat zen.France Boisvert continue d’innover et de faire entendre la voix la plus singulière de la littérature actuelle.PAUL CH LIVRE Une nouvelle vision de la morale prend forme dans notre société médiatique qui fait passer la représentation pour le réel même.Face au déferlement du nihilisme contemporain, Un livre de morale remet en Jeu la totalité de notre culture en crise.CONTE m.v ESSAI a l) anniversaire l otn Le nouveau recueil de Louise Cotnoir.« Sous le ciel, une silhouette à demi effacée.Hile mène une vie de païenne, boit du vin chaud, sombre.Farouche et gourmande.A chaque envolée, l'air pénètre par la plante de mes pieds.J'oscille entre l'esprit du feu et le sacrilège.Une huître.Ma bouche fait un bruit d'eau mêlée de sang.Une femme se promène sous la neige.Prunelles brillantes d'une joie muette.File s'étonne encore.» ISBN 2 89091 087 3 9.95$ I .‘Agontla dcs femmes 1990 Suzanne Jacob, Hélène Pedneault, Johanne Dore, Denise Guénette, Monique Proulx et Jocelyne Corbeil (alias Folle alliée) ont voté pour l'humour.Fn six textes et plusieurs éclats de rire, elles nous disent ce quelles pensent du droit de vote et bien sur de la politique.Mais la grande question demeure, selon Suzanne Jacob, «Qu'est-ce qu'on mange?» ISBN 2 89091 083 0 10.95 S des Québécoises Le calendrier 1990 a été conçu spéciale-¦M* ment pour célébrer le 50' anniversaire de l’obtention du droit de vote par les femmes du Québec.Quatre artistes, Danielle Blouin, Andrée Brochu, Nicole Morisset et Raymonde Lamothe se sont inspirées de plusieurs femmes importantes de l’histoire du Québec: les Thérèse Cas-grain, Azllda Marchand, Léa Roback, Idola Saint-Jean, Mary Two-Axe Early et toutes celles qui ont lutté sans relâche pour que les droits des femmes soient reconnus.Objet-souvenir mais aussi objet d’art, ce calendrier, avec ses oeuvres originales et ses notes historiques, est I pour toutes et tous.12 illustrations originales en couleu ISBN 2 89091 088 1 12,95$ ( ilôt cimex?Femmes, droit de toit?et démocratie Diane Lamoureux Citoyennes ?Femmes, droit de vote el démocratie relate les diverses péripéties de la lutte pour l'obtention du droit de vote par les femmes au Québec comme au Canada.L'auteure analyse à la fois les arguments des opposants au vote des femmes ainsi que ceux des mouvements suffragistes.Outre le portrait qu'elle brosse d’Idola Saint-Jean, Diane Lamoureux étudie la notion de citoyenneté et nous présente une réflexion théorique sur la contribution du féminisme contemporain au débat sur la démocratisation politique et sociale.ISBN 2 89091 086 5 18,95$ Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Cet obscur objet du roman LA FÊTE DU DÉSIR Madeleine Ouellette-Michalska Québec/Amérique Montréal, 1989 149 pages Jean-Roch BOI7IN æ~res A quécécoises EN QUELQUE 20 ans d’écriture, une douzaine de livres parus, dont trois ont fait l’objet de rééditions, Madeleine Ouellette-Michalska a touché à tous les genres : poésie, journal intime, nouvelles, essais, romans.Son oeuvre se distingue par sa rigueur formelle et le souci constant d’établir un discours moderne, débarrassé de sa gangue mâle et colonisatrice.On se souviendra de ce très beau roman, La Maison Trestler, paru chez le même éditeur et distingué par le Prix Molson de l’Académie canadienne-française en 1984.Elle y conjuguait avec bonheur le passé et le présent, procurant au roman une forme originale et une particulière résonance.1989 nous aura apporté deux essais remarquables : L'Ê-ehappé du discours de l'oeil, paru il y a 10 ans et réédité en poche (TYPO),et L'Amour de la carte postale (Québec/Amérique).La Fête du désir est un texte aussi court qu’intense, inutilement baptisé « roman » sur la page couverture.En effet, le récit apparaît dépouillé des atours conventionnels du romanesque.L’amant s’appelle « l’amant », la narratrice n’a pas de nom et les autres personnages sont désignés par une seule initiale.Sauf G., ce sont, au plus, des comparses.Les lieux sont décrits pour l’intimité qu’ils révèlent.Le lieu réel du roman tient dans un tête-à-tête où se jouent le besoin et le manque, la puissance aveugle du corps qu’on appelle désir.« De la nuit profonde ou cette histoire m’a plongée, de cette nuit où je crus toucher le commencement de tout amour, la source de toute extase, l’origine de tout abandon, je n’ai jamais encore parlé.» Ainsi commence le récit qu’elle écrit pour G., personnage sybillin — il est écrivain, elle est peintre — qui lui propose ce contrat intellectuel : « Tous les deux, nous passerons ici nos vacances.Alors, je vous propose un jeu, un exercice d’écriture.Cela s’intitulera La Fête du désir, et le mot nuit devra figurer dans les premières lignes du récit.» Le récit de cette quête de l’obscur objet du désir, qui emporte le corps dans des lieux indicibles parce qu’inaccessibles, lieux de fusion qui finissent par se situer dans la chambre, quand on les nomme, — lit ancestral ou lit d’auberge, c’est toujours dans la sueur primale que se produit le JEAN ROYER La poésie est partout, sauf dans le langage, disait Georges Perros.Les poètes doivent donc fracturer le langage, le dédouaner, pour ne pas entrer dans son corset.Ainsi font Long-champs, Beaulieu, Soudeyns et les autres.U1.sie est une manière d’être », rap- Y;., _ .pelle bien Paul Bélanger, ami du Mæhel Beaulieu poète, dans la présentation de Norod/ Castor Astral Ces inédits.De son côté, après la 123 pages, iyoy mort de Beaulieu, un autre ami BEAU LIEU poète, Guy Cloutier, a voulu cul- Guy Cloutier tiver sa mémoire en évoquant la Noroît/ Cismonte Corse, « l’île de Beauté», ce é Pumonti Edizione « beau lieu » où il passe ses étés.79 pages, 1989 PHOTO KÊRO Madeleine Ouellette-Michalska grand transport — est serti dans ce jeu intellectuel qu’Elle joue avec l’écrivain mondain en vacances au soleil.Elle lui soumet ses pages.Il commente, sentencieux.C’est lui, l’écrivain.Lui, l’homme.Écrit-il sa version de « la fête du désir » ?Le récit n’en a cure.Cela, sans doute, ne lui sied pas.Elle écrit le coup de foudre pour l’amant : «(.) entre nous, tout se joue dès le premier regard.Le reste fut en quelque sorte superflu.» L’amant subjugue.Elle dit qu’elle ne l’aime pas.Il lui écrit des lettres qu’elle juge médiocres.Elle est d’origine modeste, lui, de milieu privilégié, aristocratique peut-être, probablement étranger, il aime les égards de la valetaille dans les restaurants, être vu avec elle, qui est belle et artiste.Tout cela, dit Douze dessins de Valère Nova-rina accompagnent ces poèmes magnifiques de Guy Cloutier, qui « interroge le rapport dynamique que l’on peut établir entre écrire l’espace et écrire l’amitié.Entre l’action et la mémoire, (.) entre le territoire de l’écriture et le territoire du corps ».« Tes mots sont un exil», écrit Cloutier.LEGENDES suivi de SOMMATION SUR L’HISTOIRE Renaud Longchamps VLB Editeur, 127 pages, 1989 La voix de Renaud Longchamps s’allie à la réflexion de la science pour intuitionner les origines du monde, pour décrire le territoire incidemment, appartient au « superflu ».L’essentiel, la substance dense du récit est dans ce qu'il dit du tout-puissant désir de fusion qui les jette l’un contre l'autre, l’un en l'autre.Mais ils sont six dans ce lit où le désir entre en lice : « Car nous étions déterminés à oser l'impossible : forcer nos géniteurs à participer à la fête du désir refusée lors de notre enfantement, leur ravir la connaissance du début, cette substance nourricière capitale qui comblerait à jamais notre faim d’aimer.» Le désir n’aura qu'un temps, comme si, trop puissant, il s’autodétruisait.Comme si, trop puissant, il s’était jeté sur le premier objet.Le récit ne le dit pas, qui pour autant refuse de laisser l’amant se transformer d'objet du désir en être aimé.On sait dès le départ que ce récit, qui s’écrit en plongeant dans les territoires amniotiques où règne l’absolu du désir de chair, est advenu, résolu, au moment où il s’écrit, devenu un «jeu d’écriture».Pour décrire ce désir qui emporte la narratrice au point de la consumer, presque, et fait se dérober ces hommes fantoches, fantasques et poseurs, qui en sont l’objet, Madeleine Ouellette-Michalska se sert d’une plume sensuelle et précise, dont le trait incandescent entraîne le récit dans une exploration hardie de l’empire des sens.Musique de chambre, grave et légère.Désir en manque d’objet ?Notre littérature est en mal d’hommes.Elle ne se trouve jamais que des Survenant, ou des intellectuels compassés.Mais j’allais oublier Édouard Malarmé ! De ce côté, mon coeur balance.de « l’éternité avant la mort », de la vie d’avant la parole.Long-champs situe sa poésie au coeur du mouvement premier de la vie.Avant les traces de la douleur.Cette poésie (qui lui a valu le Prix Emile-Nelligan 1989) est certes déroutante.Elle se situe hors lyrisme.Elle « somme » l’Histoire de se rétracter.Elle se fonde sur la théorie mathématique des « cordes fondamentales » qui tendent notre monde.Cette poésie est froide mais nous révèle des dimensions inférieures de la réalité.« Un jour vous verrez le mouvement/ comme un vieil océan mouillé de sueur ».Ou: « Dans la dimension inférieure/ le bruit n’a pas de bouche ».Ou: « J’aurai la mort que Voir page D -12 : Poésie Parmi les parutions les plus récentes, saluons le recueil posthume de Michel Beaulieu publié au Noroît: Vu.La publication de ce livre était prevue avant la mort subite du poète en juin 1985.Ces poèmes s’inscrivent dans l’esprit et le ton de Kaléidoscope.Ils sont écrits au vif du sujet, comme le suggère Bernard No 1 dans sa préface.Ici, le poète est « incapable d’échapper aux mots », comme le dit Patrick Coppens dans une autre excellente préface au livre.Mémoire de l’immédiat, le désir contre l’absence, images d’un amour perdu, ce livre se présente à nous dans le mot à mot de la douleur et de la disparition.« Il n’y a pas de nuit plus longue que demain », écrit Beaulieu.« Écrire de la poé- Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd'hui le 2 décembre à partir de 14h RÉGINE ROBIN KAFKA Éditions Belfond Vendredi le 8 décembre de I7h à 19h ROGER MONDOLONI L’AUBE du temps qui vient Editions Pierre Tisseyre Samedi le 9 décembre de 14h à 16h GUY MAUFFETTE LE SOIR QUI PENCHE ^ LES ECRITS DES FORGES INC.Venez apostrophes le dimanche I 120.av.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 CHEZ TOUS LES LIBRAIRES PARTICIPANTS EST-CE ?L v A la recherche des parfums perdus un nouveau grand jeu fa Pléiade organise à nouveau un grand concours littéraire.Le thème choisi cette année?Celui des odeurs et des saveurs que les écrivains cherchent tant à apprivoiser dans les mots.17 questions au total, certaines faciles, d'autres plus retorses.Et de très nombreux lots à gagner si vous avez été perspicace.Une précision importante: toutes les réponses figurent dans les volumes ou le catalogue de la collection La Pléiade.Cherchez bien et bonne chance ! CONCOURS La Pléiade Françoise Voici un livre qui mérite son litre: «Autoportrait».Françoise Dolto se montre sans fard, comme elle l'a toujours fait.«Elle raconte son enfance, ses amours et livre, avec sa spontanéité habituelle quelques-uns des fils qui ont tissé sa destinée.» Annie Roux/L 'Express Gregory BÆTPSON SSSM®*» LA PEUR DES ANGES evo««on el ‘le G„ Vaa,ot Mea 'c!Jory Bi| BATESON De quel «sacré» aurons-nous besoin demain?Telle est la question que se pose Gregory Bateson dans son dernier livre, au terme d'un parcours qui l'a conduit de la biologie à l'anthropologie, et de l'éthologie à la psychiatrie.Gorbatchev peut-il gagner ?» Sur ce prodigieux bouillonnement dont l'issue sera déterminante pour l'équilibre du monde, Claude-Marie Vodrot, familier de l'URSS, apporte un témoignage de première main. I D-4 Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 lui re M • le plaisir des ivres RAYMOND KLIBANSKY Le penseur de la mélancolie HEINZ WEINMANN Depuis son lancement solennel, le 25 septembre au musée du Louvre, le livre de Raymond Klibansky, Saturne et la mélancolie ( Gallimard, 684p.), écrit en collaboration avec Erwin Panofsky et Friz Saxl, fait un «malheur» en France.À la grande surprise de son auteur, professeur de philosophie, habitué avec sa spécialité, la pho-losophie antique et nédiévale, à des publics plutôt restreints.Il subit avec étonnement l’« effet médiatique », comme d’ailleurs, on s’en souvient, Georges Dumézil après son passage remarqué à Apostrophe.Quand je l’ai rencontré dans le grand bureau que l’université McGill a mis à sa disposition en sa qualité de professeur émérite, puisqu’il y a enseigné de longues années jusqu’à sa retraite, le professeur Klibansky me montre, amusé, comme des objets de curiosité, les derniers comptes rendus de Paris, de Genève, envoyés par Gallimard.Complet rayé noir, noeud papillon, d’une politesse exquise, l’esprit d’une grande vivacité, décidément le professeur Klibansky vient d’un autre âge, d’une autre planète, comme d’ailleurs son livre écrit à l’ombre de Saturne.En effet, au temps de la culture instantanée soluble dans l’est, ce livre, tombé tel un météore dans un paysage intellectuel morne, vide, a de quoi nous sidérer.Car imagine-t-on encore aujourd’hui quelqu’un travailler pendant plus de cinquante ans sur le même livre ?Après la mort de ses co-au-teurs ( Saxl en 1948, Panofsky en 1968 ), R.Klibansky a porté seul a bout de bras, a nourri de ses recherches et de sa pensée ce livre jusqu’à l’édition française, considérée comme définitive.On dirait que cette étude magistrale sur Saturne et la mélancolie, tombée sous l’influence de Saturne, n’a cessé de subir les adversités et les retards de l’astre hostile, tout en croissant, en se développant grâce aussi à ces retards.Ainsi, la genèse même du livre, à elle seule, incarne-t-elle les ambivalences, les contradictions qui caractériseront Saturne et la mélancolie tout au long de son histoire mouvementée de deux mille ans.C’est sur l’épopée époustouflante de ce livre, qui reflète en creux les affres de l’Allemagne ttl'MANITAS nouuelle optique LA LIr T E R A T U R E COMME PASSION Le Québec et la Provence enfin réunis! AXEL MAUGEY • La poésie moderne québécoise Réédition actualisée d'un grand succès des années 70.L'auteur entreprend l'étude de la société québécoise et de la place qu'en celle-ci a prise et prend la jeune poesie du Québec.Une synthèse remarquable, appréciée auSsi bien au Québec et en France qu'aux Etats-Unis, au Mexique et ailleurs.1211 pages, 22,95 $ Récits secrets d'amour Dans ces récits, vous découvrirez une Provence essentielle, vivante, colorée, musicale et parfumée où l'amour et l’érotisme fondent leur royaume.198 pages, 14,95 $ Commandes téléphoniques acceptées 737-1332 Uistribution Québec l ivres de ce siècle, que j’interrogë d’abord le professeur Klibansky.La première version par E.Panofsky, éminent historien de l’art, et F.Saxl, grand connaisseur des illustrations de l’astrologie, sur la célèbre Melencolia I de Dürer paraît en 1923, année du putsch de Hitler.Invité chez le philosophe Ernst Cassirer à Hambourg, R.Klibansky découvre l’étude chez Aby Warburg, fondateur de la grande bibliothèque, devenue l’Institut Warburg.Après une critique décisive du livre par R.Klibansky, Panofsky et Saxl l’invitent comme co-au-teur pour une nouvelle version augmentée.L’ébauche générale de l’étude est terminée en 1933, année de la prise de pouvoir de Hitler.R.Klibansky est alors Pri-vatdozent ( professeur-assistant ) à l’université de Heidelberg.Né à Paris de parents allemands, parfaitement bilingue, il pensait faire se carrière universitaire en Allemagne.« Mais dès le 1er avril 1933, premier boycott des Juifs.J’ai reconnu immédiatement ce qui se passe, ayant un certain flair pour ces affaires.J’ai vu que l’avenir de toute recherche libre était dorénavant impossible en Allemagne.» Car dès cette année, le jeunes professeur a eu à subir l’intimidation, le terrorisme du nouveau régime totalitaire allemand.Qu’avait-ïl fait de si grave ?Il préparait tout simplement une edition latine du grand mystique allemand Maître Ec-kart ! « Ce dernier est devenu un problème politique.Car dans Le mythe du XXe siècle d’Alfred Rosenberg-idéologue en chef du nazisme , Maître Eckart est représenté comme l’ancêtre spirituel du national-socialisme, l’apôtre du germanisme.Or j’ai montré qu’Eckart citait des auteurs « sémites », arabes notamment, ce qui jurait avec la « vérité » de l’idéologie nazie.» L’édition de Maître Eckart interdite en Allemagne, sera finalement publiée par les dominicains du Vatican.Quitter l’Allemagne pour quel pays d’élection ?Tenté d’abord par la France, R.Klibansky a la clairvoyance d’avoir choisi l’Angleterre, seul pays qui tiendra tête à l’hybris de Hitler.Non seulement il se sauve a temps outre PHOTO JACQUES GRENIER Raymond Klibansky Manche, mais il réussit aussi le.tour de force de convaincre le grand banquier Max Warburg de transférer la grande bibliothèque d’Aby Warburg à Londres.Saxl et R.Klibansky émigrant à Londres « avec 10 marks dans la poche », tandis que Panofsky trouve une chaire à Princeton, aux États-Unis.Après un temps d’adaptation, le livre avance, est fin prêt.En 1939, les dernières épreuves sont envoyées chez l’éditeur de Hambourg.Mais la guerre éclate début septembre.Plus de nouvelle de Hambourg jusqu’en 1945.« Après l’armistice, j’ai vu l’imprimeur, il m’a dit en pleurant qu’il a dû détruire les plombs requis pour matériel de guerre.» Saturne et la mélancolie, version allemande, transformée en canons et munitions ! Quel meilleur symbole de la tragédie allemande ?Tout était à refaire.Pas question de penser à une autre éditions allemande, vu que l’Allemagne était en ruines.Vingt autres années sont nécessaires pour parachever l’édition anglaise qui paraît en 1964, aussitôt épuisée."Après le succès fulgurant de l’édition italienne, en 1984, Gallimard demande les droits de traduction.« J’ai eu le grand bonheur d’avoir d’excellents traducteurs, des gens enthousiastes qui sont devenus des amis.Je suis très content puisqu’il ne s’agit pas d’une simple traduction de l’anglais, mais d’une édition révisée, augmentée, avec plusieurs appendices, une iconographie augmentée et une nouvelle introduction ».« La mélancolie est quelque chose de trop sérieux pour qu’on la laisse aux seuls psychiatres », dit Raymond Klibansky en boutade.Il a en effet passé sa vie à leur disputer cette proie convoitée.Cette somme qu’il nous livre, illustre d’abord l’unité psychosomatique de l’homme, de son esprit ( psyché ) et de son corps ( soma ), enfin l’unité de l’homme et du cosmos.Ce livre-cosmos suit pas à pas le chemin sinueux de l’idée de mélancolie, à la croisée de la médecine puisque déterminée par les humeurs, la fameuse « bile noire » et de l’astrologie puisque « inspectée » par Saturne.La mélancolie, notion-carrefour qui met en correspondance des extrêmes, est l’expression d’une profonde ambivalence.D’emblée, elle naît dans la contradiction, à la fois tempérament et maladie.Depuis le Problème XXX, attribué à Aristote jusqu’à Marsile Ficin et Dürer, la mélancolie est le signe de l’homme extraordinaire, du penseur, du « génie ».« Le grand médecin romain, Rufus, ira jusqu’à affirmer que la mélancolie n’est pas la source, mais le résultat de l’activité intellectuelle.» «Depuis l’époque hellénistique, Saturne devient le maître de la mélancolie.Chez Saturne, il y a la même ambivalence que pour la mélancolie.Astre lourd, il est aussi pour l’époque la planète la plus élevée, la plus près du Ciel, la plus «.réfléchie ».Son influence sur la mélancolie nous rapelle qu’influence est d’abord un mot astrologique.« Qu’est-ce que l’influence, d’abord, sinon l’influence des astres sur l’homme ?» Enfin, dans la mystérieuse Melencolia I du Dürer convergent toutes ces influences, humorales, astrologiques, philosophiques, artistiques sur la mélancolie lors de la Renaissance.Le professeur Klibansky, s’écartant de l’interprétation « spécialisante » de Panofsky y voit l’image de « l’artiste moderne qui reconnaît les limites de son art et qui souffre de ne pouvoir accomplir matériellement ce que son imagination a conçu plus parfaitement».Le Canada et le désarmement UNE DIPLOMATIE DE L’ESPOIR Albert Legault et Michel Fortmann Les presses de l’université Laval, Québec, 1989 JOCELYN COULON Ce livre arrive à point.Depuis quelques années, la diplo-matie canadienne semble paralysée devant les profonds changements qui affectent le bloc de l’Est et qui commencent à modifier les relations Est-Ouest.Pour de nombreux observateurs, le Canada a perdu tout rôle et demeure à la traîne des initiatives américaines.Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi comme le démontre cet ouvrage qui trace le bilan de l’action canadienne en faveur du désarmement de 1945 à 1988.Une diplomatie de l'espoir est le premier livre au pays à décrire l’implication du Canada dans toutes les questions de désarmement multilatéral depuis la Seconde Guerre mondiale.Grâce à un accès privilégié aux archives du Ministère des affaires extérieures, les auteurs, Michel Fortmann et Albert Legault, professeurs de science politique aux universités de Montréal et Laval, ont réussi un tour de force qui fera date dans l’histoire diplomatique canadienne.Malgré sa propension à la modération, ce qui fait dire à certains « que la politique canadienne est mortellement ennuyeuse », le Canada a souvent été un acteur de premier plan dans les grandes discussions militaires de l’après-guerre.Fortmann et Legault analysent une quinzaine de ces forums de négociations où Ottawa fut impliqué en situant l’action canadienne dans le contexte international de l’époque pour bien montrer la place que le pays occupait dans le monde.Tout au long de ces pages, constellés de citations, d’extraits de discours ou de mémos personnels, on voit défiler les grands hommes qui ont façonné la politique étrangère de ce pays : le général Burns, Marcel Cadieux, Howard Green, John Holmes, Georges Ignatief, Lester Pearson et tant d’autres.Le Canada a toujours été un fidèle allié des États-Unis mais pas au point de tout accepter sans broncher.L’opposition systématique de Diefenbaker aux armes nucléaires en est une bonne illustration.Dans sa quête pour imposer un ordre nouveau après la guerre, la diplomatie canadienne tentera tout pour créer un système destiné au développement de l’énergie atomique au point d’agacer Washington.Depuis une vingtaine d’années, les compétences militaires acquises YVAN LAMONDE LES ITALIENS AU CANADA Bruno Ramirez Société historique du Canada (Les groupes ethniques au Canada, # 14) Ottawa 1989, 28 p.Pour le citoyen curieux de son temps, pour le professeur et l’étudiant soucieux de l’école multiethnique, ces brochures d’une trentaine de pages mettent les choses en place tout en proposant des orientations de lecture complémentaires.Après les Écossais, les Portugais, les Polonais, les Juifs, les Irlandais et les « Eastern Townshipers », les Italiens par l’auteur d’une étude sur les Italiens de Montréal du début du siècle et le scénariste du film Cafe Italia.AN ENGRAVER'S PILGRIMAGE James Smillie in Quebec, 1821-1830 Mary Allogy et Rosemarie Tavell Royal Ontario Museum Toronto 1989, XX-139 p.Il convient de souligner ce catalogue d’exposition qui contient les courts mémoires d'un graveur oeuvrant à Québec vers 1825.Document rare que celui qui évoque l’apprentissage d’un métier, les travaux multiples à exécuter — cuillères, colliers à chien, cartes géographiques, logos pour boîtes à cigares — et les limites technologiques d’une ville où l’on a eu en 1829 toutes les difficultés à faire imprimer le Picturesque Quebec illustré.LE COFFRE A OUTILS DU CHERCHEUR DÉBUTANT Guide d'initiation au travail intellectuel Sous la direction de Jocelyn Létourneau Oxford University Press Toronto 1989, XII-227 p.En ces années où le prof d’université, de cégep, de polyvalente se demandent « qui » fait le cours de « Métho », un bijou de coffre à outils pour chercheur débutant.Méthodes d’enquête, analyse de documents de types variés, modalités de communication des résultats.On a lu au DEVOIR le chapitre : « Comment faire la recension d’une lecture » ! ATLAS DES ÉLECTIONS FÉDÉRALES AU QUÉBEC, 1867-1985 Pierre Drouilly VLB éditeur, Montréal 1989 Drouilly achève de constituer notre bibliothèque électorale.Après les indispensables ouvrages publiés par le Bibliothèque de l’Assemblée nationale sur les statistiques électorales, le personnel politique et l’atlas des élections au Québec et après son ouvrage sur les Statistiques électorales fédérales au Québec, 1867-1985 ( VLB, 1986 ), voici la présentation géographique de ces données.Indispensable dans les bibliothèques, les centres de documentation et les salles de rédaction.TWO WORLDS The Protestant Culture of Nineteenth Century Ontario William Westfall McGill-Queen’s University Press Montréal 1989, XII-273 p.L’état de grâce ! Une analyse qui sans pédanterie — épistémologique et langagière ! — montre comment la religion omniprésente là-bas comme ici informe notre regard sur le sens du monde, de la vie et du temps.Deux regards, deux mondes, deux religions, celle de l’ordre et celle de l’expérience qui s’allient pour former une culture protestante puissante.LA PUB 30 ans de publicité au Québec Jean-Marie Allard Libre Expression Publicité-Club de Montréal Montréal 1989, 223 p.La pub joue souvent sur le deuxième niveau.C’est le cas de ce livre qui se présente comme une « histoire » de la pub au Québec alors qu’il est d’abord un regard sur le Publicité-Club de Montréal.L’ouvrage offre une iconographie de messages publicitaires précieuse pour qui voudra voir et analyser nos « mythologies » du savon ou de la bière des « vrais ».SPOILS OF POWER The Politics of Patronage Jeffrey Simpson Harper and Collins 1989, Toronto 413 p.150 ans de patronage au Canada.À Ottawa, dans les provinces, sous Trudeau et sous Mulroney.Une charge sur la culture politique canadienne et ses duplessis-mes.Quand le pouvoir est spolié, on peut avoir le goût de s’élever — sans pouvoir — au-dessus des partis.auprès des alliés permettent au Canada de jouer un rôle important dans les négociations sur les armes chimiques, les essais nucléaires et l’espace extra-atmosphérique.Au lieu de s’opposer systématiquement aux deux superpuissances, le Canada, selon les auteurs, a pris une autre approche pour amener les parties à discuter réellement du désarmement : l’utilisation de la science pour faire avancer les grands dossiers sur le plan diplomatique.Fortmann et Legault soulignent que les quarante dernières années, malgré certains échecs ou aveux d’impuissance, ont été riches en succès pour la diplomatie canadienne.« On peut conclure que l’influence canadienne en matière de désarmement et de contrôle des armements est allée bien au-delà de ce que l’on était en droit d’attendre d’une petit ou d’un grand pays comme le Canada », écrivent-ils.Ce prestige, le Canada le doit en partie à son inlassable soutient aux négociations sous toutes ses formes.C’est en cela qu’ils qualifient l’effort canadien en matière de désarmement de diplomatie de l’espoir.Les deux auteurs n’ont pas ménagé la documentation, dense et souvent inédite, et les références qui permettent au lecteur d’approfondir les questions abordées dans cet ouvrage.Malgré certaines longueurs et quelques pages aux donnés très spécialisées, la lecture d’Une diplomatie de l'espoir sera d’un très grand intérêt pour ceux qui s’intéressent à la politique étrangère canadienne.La vie et la mort de Sankara IL S’APPELAIT SANKARA Sennen Andriamirado Jeune Afrique Livres coll.Actuel, Paris, 1989, 1,87 p.GILBERT TARRAB Rédacteur en chef de la revue Jeune Afrique, ami intime de Thomas Sankara, président du Burkina Faso (ex Haute-Volta), jusqu’à son assassinat, survenu le 15 octobre 1987, l’auteur de ce livre émouvant et hardi s’est donné pour objet d’enquêter sur les raisons profondes qui ont mené à la mort de Sankara.Quatorze mois d’enquête, au Burkina Faso mais aussi ailleurs en Afrique et en France, auront été nécessaires pour écrire ce récit qui se veut exhaustif.Émouvant, l’ouvrage l’est indéniablement car l’auteur, d’entrée de jeu, ne cache pas son parti LES MIDIS DE FLAMMARION Le vendredi 8 décembre MICHEL PHANEUF Le guide du vin 90 PLACE MONTRÉAL TRUST 1500, av.McGill Collège (niveau 1) 499-9675 LOUISE BOUCHARD LOUISE BOUCHARD ü'K1I™rabl| L’INSÉPARABLE f Grand Prix littéraire | du Journal de Montréal g, 1989 a «o n POÉSIE LES HERBES ROUGES pris et sa sympathie pour Thomas Sankara, ce capitaine-président qui, après la révolution du 4 août 1983, prit le pouvoir en Haute-Volta, qu’il nomma Burkina Faso (ou le pays de l’homme intègre) et en fit un pays d’obédience socialo-marxiste, mais à l’africaine.Hardi aussi, car l’auteur courut des risques et en a fait courir à ses enquêtés (dont beaucoup demandèrent l’anonymat, de peur des représailles, toujours possibles).Biaise Compaoré, le compagnon de route et le bras droit de Sankara pendant toutes ces années révolutionnaires, fut à l’origine du coup d’État du 15 octobre 1987, et prit le pouvoir en assurant au peuple burkinabè d’adoucir et d’assouplir le régime (devenu dictatorial) du « tortionnaire » Sankara.En tout cas, selon Biaise Compaoré et ses acolytes.L’intérêt de l’ouvrage réside dans la description détaillée des circonstances de cet assassinat et, dès le chapitre 4, d’effectuer un retour en arrière pour nous brosser ûn tableau complet de l’itinéraire du jeune Sankara, depuis l’obtention de ses galons de sous-lieutenant à l’Académie militaire de Madagascar, en 1973, jusqu’à son assassinat, le 15 octobre 1987.On le suit ainsi à travers ses nombreux séjours en France, au Maroc.et au Brukina (alors Haute-Volta) et, de pérégrination en pérégrination, on en arrive à mieux saisir l’homme, cet éternel étudiant, et se laissant aller à sa fougue jusqu’à en oublier sa fonction de président.L’ouvrage est sérieusement documenté, les témoignages ont été recueillis de première main.Il devrait toucher tous ceux que l’Afrique intéresse.(IklIIIDiUllV LES PRIX EN ÉTAT D'ÉBRIÉTÉ.! Page D-7 Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 ¦ D-5 • le plaisir des ivres Prix Fémina 1989 Retour à la forêt enchantée JOURS DE COLÈRE Sylvie Germain Paris, 1989, Gallimard 268 pages.Lisette .MORIN ?Le feuilleton FAUT-IL s’en éloigner, dans le temps comme dans l’espace géographique, pour s’imprégner de la terre natale ?L’auteur de Jours de colère vit et travaille très loin des forêts et des villages du Morvan où elle a planté le décor de son dernier roman.C’est à Prague, et nuitamment, qu’elle crée et décrit les mondes fascinants où se meuvent des personnages habités par de sombres instincts sinon par la folie.Mais plus que dans Le livres des nuits ( 1985) et Nuit-d'ambre (1987), ses précédents romans, où le fantasque et le féerique l’emportaient, Jours de colère entraîne le lecteur dans une histoire de meurtre et de vengeance, sans doute, mais où le tragique est tempéré par la douceur d’une femme pieuse.À propos d’Edmée, qui pria tant et tant la Mère de Dieu qu’elle en obtint une fille, c’est le mot d’hyper-dulie qui m’est revenu.Un mot que je crois obsolète, tout à fait hors d’usage, que n’utilise d’ailleurs pas Sylvie Germain.Mais qu’à l’école des Soeurs, aux années 30, les petites filles du Québec se devaient de mémoriser.Hyperdulie, le culte de la Vierge, par opposition au culte du dulie, rendu aux saints, et au culte de latrie, culte d’adoration qui n’est rendu qu’à Dieu seul : termes fort abstraits mais qui s’ajoutaient aux mystères de la religion.Ces mots, je l’ai vérifié, sont encore au Petit Larousse, qui a laissé tomber tant et tant de vocables appris dans notre enfance.Or donc, Edmée Verselay, dont la vie est remplie, submergée par son amour pour la Vierge Marie, donne naissance à une belle petite fille, qui se muera en une immense et douce jeune femme qu’on baptisera Reinette-la-Grasse.Chez Sylvie Germain, le goût des surnoms est irrépressible.Les neuf fils que Reinette donnera à son mari Ephraim, tous nés le 15 août — fête de l’Assomption, comme de bien entendu — portent tous ces adjonctions .descriptives à leurs prénoms bien usuels.Et les fermes elles-mêmes du hameau, dans la bonne tradition villageoise, sont baptisées.C’est dans la Ferme-du-bout que vit Edmée, sa fille et son gendre et leur nombreuse famille.Et c’est dans la Ferme-du-Pas que se terre Ambroise Mauperthuis par qui tous les malheurs arrivent.Un être dur, malfaisant, dont la fortune est inquiétante parce qu’elle lui vint dans des circonstances jamais éclaircies.Pourquoi le riche propriétaire Corvol, dont la femme s’est enfuie, a-t-il cédé tous ses bois et ses terres au flotteur de bois, au pauvre Mauperthuis ?En faire un secret, dans ce Sylvie Germain feuilleton, c’est pour ainsi dire tromper les futurs lecteurs et lectrices de Jours de colère, qui apprendront dès le premier chapitre l’origine de cette fortune mal acquise, en même temps que la mort tragique de Catherine, la Vouivre aux yeux verts qu’assassina son mari, et dont la beauté sera léguée à sa petite-fille Camille.Sylvie Germain n’écrit pas de polars.Et son dernier roman, encore moins que les autres, n’est une énigme policière.C'est une saga villageoise où la rudesse et la méchanceté de Mauperthuis sont confrontées à la douceur d’Edmée, à la placide Reinette-la-Grasse et à la « neu-vaine» de ses fils.Il est tout à fait exceptionnel de trouver dans un roman de notre temps une description de fête religieuse, à moins que l’auteur le fasse sous le mode risible, par dérision.Sylvie Germain a intercalé, dans Jours de colère, un véritable morceau d’anthologie.Il s’agit de la cérémonie du 15 août où l’on consacre une statue de la vierge sous le nom de Notre- Dame-des-Hêtres.« Un jour où la joie fut portée à son comble, où ils la firent exploser en formidable retentissement.Un retentissement tel que sa démesure fit l’effet d'un scandale.Mais un scandale heureux, et même glorieux ».Mais, autre danger de vous induire en erreur : si l'on prie la Vierge, que l’on pratique le culte d’hyperdulie à la Ferme-du-bout, le mal sévit à la Ferme-du-Pas.Et la fureur assassine de Mauperthuis ne désarmera pas.Non content d’avoir dépouillé Corvol de tous ses biens, il fera le malheur de sa petite-fille.Et les épisodes de haine, chez Sylvie Germain, sont traités avec la maîtrise habituelle à ce jeune auteur, dont la main ni la plume ne tremblent jamais, décrivent l’horreur, le sang et la mort sans faiblesse.féminine ! C’est, pour reprendre le titre du roman de Bernanos (que Sylvie Germain a, d’évidence, beaucoup pratiqué) Sous le soleil de Satan que le vieux Mauperthuis se livre à ses oeuvres perverses.Tandis que c’est l’idée de rédemption qui travaille la grand-mère Edmée et ses vaillants et doux petis-fils.Les hymnes traditionnelles de l’Église se retrouvent dans Jours de colère, à commencer par le Dies irae, comme le titre du roman l’annonçait déjà, mais également le chant du magnificat, qui donne à cet étonnant « poème visuel », comme le vante son éditeur, un grand moment d’espérance, inconnu dans les précédents ouvrages de l’auteur.Un auteur intrépide, dont l’originalité, dans le petit monde romanesque si souvent copieur, suiveur, est un signe de durée.À mi-chemin entre Beckett et Sarraute K.622 Christian Gailly Paris, éditions de Minuit 1989, 125 pages JACQUES CROUSSET K.622, qu’est-ce que ça veut dire ?Explication (beckettienne) de l’auteur : « L’oeuvre dont le chiffre apparaît sur la couverture est un concerto de Mozart, je sais que tout le monde le sait, je le dis pour ceux qui peut-être ne le savent pas et aussi pour ceux qui le savent, afin qu’ils sachent que je le sais aussi, et enfin afin que nous soyons tous là à savoir que le nous le savons, ça commence bien».Ça commence bien, en effet.Quelques pages plus loin, après cet incipit tout en zigzag, il nous avertit : «.je souhaite tout partager avec le lecteur, dont je suppose qu’il partage ma répugnance pour les récits nickel au passé simple ».K.622, comme de fait, est loin d’être un récit nickel.Christian Gailly n’est pas Pascal Quignard ni surtout ne veut l’être.Avec lui, pas d’imparfaits du subjonctif en veux-tu en v’ià, pas de belles phrases qui invoquent grand-papa Chateaubriand.Gailly, dont certains auront peut-être lu le précédent roman, Dit-il, publié en 1987, est une sorte d’explorateur des petits riens et qui donne à ces petits riens une dimension quasi cosmique.S’il s’agit de trouver une parenté à son écriture, on pourrait la situer à mi-chemin entre Beckett et Sarraute.En très bonne compagnie donc.De quoi parle-t-on dans K.622 ?De pas grand-chose, évidemment.Un soir, le narrateur, étendu sur son lit, entend à la radio le fameux concerto K.622 pour clarinette.Il est très ému.«.ce que c’est beau, mon Dieu, dit-il, ce que c’est beau.» Il se lève, prend note du numéro du disque et tout, et le lendemain court chez un disquaire l’acheter.Mais ça ne va plus, l’émotion n’est plus là.Il manque quelque chose, il ne sait pas quoi exactement.Mais il est chanceux : il entend dire qu’on va donner l’oeuvre en concert à Paris.Il décide d’y aller.Dès ce moment, la porte s’ouvre toute grande et on entre de plain-pied dans un autre monde, un monde de petits riens grossis dix mille fois, et au lecteur de bien se tenir.Le narrateur nous sert cet autre avertissement d’ailleurs : « Avant d’aller plus loin, je vous préviens, ce qui va suivre est une épreuve, un supplice lent, extrêmement pénible, mais ne vous plaignez pas, moi j’ai déjà fait le chemin une fois, tout le chemin, et je recommence pour vous faire laisir ».Plaisir sadique, comme on s’en rendra compte très vite.Tout le monde le sait, ou ne le sait pas : Les Éditions de Minuit ne font pas dans la littérature de digestion facile.Quand on apprend que c’est la maison où Claude Simon et Robbe-Grillet, entre autres, ont publié tous leurs livres, on a déjà une bonne idée.K.622, comme tout bon produit sorti des ateliers de Jérôme Lindon (le patron de la maison) ne fait pas exception à la règle.Mais une fois qu’on s’est bien installé au coeur de ce petit récit, qu’on a apprivoisé peu ou prou son écriture, tout — enfin presque — coule de source.Fans de Pascal Quignard, s’abstenir.Il faut lire JOURS DE COLÈRE de Sylvie Germain, Gallimard 23,95$ cette femme?“Si une fille d’origine modeste comme moi a réussi, même après avoir abandonné les études à treize ans, n’importe quel individu talentueux peut en faire autant”, confie Maureen Forrester dans son autobiographie.Au-delà du personnage nous révèle une femme décidément moderne qui aime la vie passionnément.Une rencontre unique avec une femme ^ unique! m J Editions du Seuil Editions Rivages ALISON LURIE PRIX FEMINA f\ ' ' «La romancière américaine de l'heure, Alison Lurie, se penche sans complaisance sur les excès du féminisme.» Gilles Marcotte/ L'Actualité «LA VÉRITÉ SUR LORIN JONES forme le texte passionnant, intelligent et drôle d'une femme libre sur les femmes.À ne pas rater.» Le Journal de Montréal i RENAUDOT D-6 ¦ Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 Entre l’amour et les subventions LES CHEVEUX DU SERPENT Ruth Escobar Traduit du portugais (Brésil) par Marguerite Wunscher Sylvie Messinger Paris, 240 pages, 1989 Alice R4RIZEAU Lettres ?étrangères Si voulez-vous lire une autobiographie remarquable n’oubliez pas d’acheter et d’offrir comme cadeau celle de Ruth Escobar.Voilà une femme qui raconte avec toute la spontanéité et la passion d'une latino-américaine ses aventures amoureuses et c’est autrement plus instructif que Le déclin de l’Empire américain de Denis Arcand.Tout d’abord on remonte en arrière, jusqu’à l’enfance de la petite Portugaise qu’elle a été.Sa mère partageait alors son père avec une autre femme, légitime celle-là et elle-même fréquentait la fille de ce couple à l’école.De nos jours, en Amérique du Nord surtout, ce sont des situations plutôt courantes, mais au Portugal du docteur Salazar ce n’était certainement pas facile à vivre.Le départ pour le Brésil marque la fin de cette période.La jeune fille termine ses études, décide de devenir actrice et en attendant, pour se libérer de la surveillance de sa mère, se marie avec un homme jeune, trop faible, pas très efficace comme mâle et désargenté.Cela sè termine par un avortement, le refus de prendre des responsabilités et un autre amour qui efface le précédent.Nous sommes en 1954 et ce qui est intéressant c’est que la nar- ratrice qui écrit tantôt à la première personne et tantôt à la troisième, décide à dix neuf ans de lancer une revue et réussit ce tour de force.À partir de ce moment là on a l’impression que comme beaucoup d’hommes elle a plus de suite dans les idées quand il s’agit de son existence professionnelle que de ses amours.Derrière les confessions d’une femme se profile les nouveaux symboles de l’égalité des sexes ! Cela commence par des voyages fabuleux pour quelqu’un d’aussi jeune qui n’a pas un sou vaillant en poche.Ruth Kscobar parcourt l’Asie, rencontre aussi bien Foster Dulles que le premier ministre turc, se débrouille pour servir d’interprète à Christian Finaud, fait une entrevue importante avec l’ambassadeur de l’Inde et visite les studios de la Métro-Goldwyn-Mayer pour rédiger un article sur Jack Lemmon.File défend l’Empire portugais que se désagrège justement, mais chemin faisant passe Noël 1954 à Tokyo, puis la voilà à Hong Kong, au Pakistan, au Cambodge et en Thaïlande.Peu de journalistes peuvent se vanter d’un départ aussi fulgurant sur la scène internationale et cela dans des conditions aussi particulières, puisque Ruth Escobar travaille après tout pour une modeste revue de la communauté portugaise du Brésil.Peu importe, elle passe partout ! Au Portugal elle parvient à être reçue par Salazar et part avec son ministre, le docteur Marcelo Caetano, comme attachée de presse, dans un voyage officiel au Mozambique.Le docteur Salazar lui dit :« En avant, fille du Portugal », en bon dictateur nationaliste qu’il était et la jeune femme a l’impression de marcher sur les nuages.Toute cette partie du livre a le mérite du regard jeune et neuf avec lequel on voit les lieux et les personnalités dont on connaît surtout les images officielles.On 10,00$ BUIN YVES 10,00$ 10,00$ 12,00$ 10,00$ 10,00$ C.P.335 LES ÉCRITS DES FORGES INC.Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 C.P.335 LES ÉCRITS DES FORGES INC.Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 Ruth Escobar comprend bien pourquoi Ruth Escobar qui prétend ne pas avoir eut beaucoup de talent comme journaliste est parvenue néan-mois à vendre aux grands quotidiens portugais et brésiliens son entrevue avec le président Nasser ! Au moment où elle retourne au Brésil les choses se compliquent cependant.Elle n’a pas confiance dans son avenir, fait une dépression, se lance dans des aventures exotiques et tombe amoureuse.Les enfants naissent, Christian et Patricia, mais l’argent manque pour réaliser les ambitions de ce mari qui, après l’échec d’une galerie de peinture à Paris veut créer un théâtre expérimental à Sao Paulo.Tendue, à bout de forces, Ruth Escobar lutte pour réaliser le grand projet, emprunte, décroche des subventions, se bat avec les exigences quotidiennes, organise tant bien que mal son foyer avec l’aide de sa mère et se fait exploiter par un homme qui se prend pour un génie.On a l’impression de retrouver les relents de ces romans dont les héros amoureux se ruinent pour que leur bien-aimée puisse se pro- Sur la trace du poète LE DERNIER DES MONDES Christoph Ransmayr traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre Paris, Flammarion/P.O.L.1989, 253 pages ODILE TREMBLAY AVEC une rare unanimité, la presse européenne crie au chef-d’oeuvre.En allemand, 150 000 exemplaires du Dernier des mondes viennent de s’arracher en un tour de calendrier (à la stupéfaction de son petit éditeur).Dans la foulée de ce livre, bientôt traduit en 18 langues, son auteur Christoph Ransmayr s’est vu propulsé d’obscure figure littéraire à révélation de l’année, voire de la décennie.On parle à son sujet de souffle nouveau, de renaissance du roman germanique.À 35 ans, de sa Vienne natale, il fait retentir une de ces voix profondes et originales exaltées par la rumeur qui déferle et s’amplifie sur son sillage.Rumeur pleinement fondée : Christoph Ransmayr est de la race des créateurs d’univers.Et quel univers ! Puissant, hermétique, cauchemardesque, refermé comme un couvercle sur l’être humain qui aborde ses rives.Son oppression à lui n’a rien de commun avec l’angoisse kafkaïenne d’une société bureaucratisée; elle revêt un caractère primitif, quasi sauvage, décliné hors du temps entre genèse et apocalypse.Le Dernier des mondes puise source et inspiration au tournant de notre ère.Au siècle d’Auguste plus particulièrement, quand le poète Ovide, grand favori de l'Empereur, fut pour des raisons encore obscures bouté hors de Rome et exilé à Tomes, aux confins de la mer Noire.C’est de cette terre perdue que devaient retentir pour la postérité ses beaux chants de douleur et d’e- Histoire d’un meurtrier .^ de Patrick Siiskind Éditions La voix de son livre Coffret de 6 cassettes, durée 9h30 COMPTOIR DE DIFFUSION DU LIVRE: 683-4102 EN VENTE DANS LES MEILLEURES LIBRAIRIES DÉSORMAIS DISPONIBLE EN LIVRE-CASSETTE duire comme première danseuse, ou chanteuse au théâtre, ou à l’opéra.Brusquement, c’est le coup d’État de 1964 et la même Ruth Escobar qui était si fière comme journaliste de rencontrer le docteur Salazar, ouvre les portes du Théâtre National Populaire.Entre la droite et la gauche, l’amour fait le pont ! L’homme de sa vie reçoit le prix du meilleur décorateur et elle l’avis de la banque que la faillite est proche.En passant, il lui impose le port d’une ceinture de chasteté, tellement il est jaloux et elle en fabrique une tant bien que mal qui lui écorche la peau.Cet épisode plutôt masochiste va certainement faire « pleurer » ou « enrager » des lectrices sensibles.En fait, il a de l’importance pour illustrer le degré de passion que peut atteindre l’actrice Ruth Escobar, car elle joue désormais la comédie avec beaucoup de talent.Et c’est le drame ! Il ose dire après tout cela, l’imbécile, « je ne t’aime plus».Ah, que voulez-vous, une Portugaise ne peut pas, hélas, à notre époque surtout, dé- tenir le pouvoir d’une Catherine la Grande qui pour plus de sécurité ordonnait qu’on fouette ses amants râtés et qu’on les exécute en imposant à son compagnon en titre, Potemkine, qui elle voulait et quand elle le voulait.Autres temps, autres moeurs et surtout une autre civilisation ! Pour revenir à Ruth Escobar, son aventure artistique s’achève au profit de la carrière politique qui se profile à l’horizon.Elle devient le porte-parole, ou le porte-étendard des femmes et lutte pour la réforme du code civil.Un détail pour terminer cette autobiographie d’une femme certainement remarquable : à la suite des tensions nerveuses et d’une maladie très rare, elle a perdu très tôt ses cheveux.Elle passe donc sa vie, ses amours, sa carrière et son existence de député, en perruque qui recouvre son crâne complètement nu.La ceinture de chasteté mise à part, voici un autre symbole évident de l’égalité des sexes.Un livre à lire et à méditer dans la solitude d’un soirée d’hiver .au grand nez Christoph Ransmayr xil : les Tristes et les Pontiques.Voilà pour l’Histoire.Près de 2000 ans plus tard, Christoph Ransmayr réinvente à sa manière le destin d’Ovide.Le récit débute quand circule le bruit de la mort du poète.Cotta, un de ses admirateurs, s’embarque pour Tomes, la ville de fer, à la suite du proscrit.Il rêve d’y découvrir des fragments de son chef-d’oeuvre, Les Métamorphoses, dont l’exilé a brûlé l’unique exemplaire avant de quitter la capitale.Mais Tomes est une cité hallucinée, irréelle.Du poète au grand nez, dit Nason, nulle trace.Seul son vieux serviteur Pytha-gore, dans une clairière égalée, lui révèle, étouffées sous les limaces et gravées dans la pierre, des sentences du poète évanoui.Quant aux habitants de Tomes, estuaire C.P.337, suce.Outremont, Montréal, QC, H2V 4N1 COMME UNE MUSIQUE.estuaire |ii nni imt nil ils semblent tirés tout droit des Métamorphoses d’Ovide.À croire que Nason les a lui-même enfantés pour peupler sa solitude.Cotta doit cohabiter avec ces énigmes vivantes qui se transforment en loups, en oiseaux, ou se pétrifient.Chaque villageois présente un profil monstrueux : autant la belle Echo à la peau écaillée que l’énorme femme du boucher ou que Cyparis, le lilliputien projecteur de films qui entraîne le peuple archaïque de Tomes dans ses salles obscures.Car cette ville de l’âge de pierre possède ses photos, ses téléphones, son cinématographe.Elle va jusqu’à recueillir en son sein un soldat fuyant l’holocauste nazi.Aucun anachronisme ne saurait démonter ce trou noir oublié par le temps.« Les époques n’avaient plus de noms, passaient les unes dans les autres, se traversaient de part en part », écrit Ransmayr dans son frissonnant récit apocalyptique.Mais, au-delà de ses fulgurantes visions d’une humanité vrillée à sa ruine, la puissance de Christoph Ransmayr réside dans une écriture superbe, presque indigeste à force de densité.Le Dernier des mondes (servi par une excellente traduction française) révèle un auteur et une plume.Chacune de ses phrases fait image, percute.Ses descriptions frappent comme autant de coups de poing.Grâce à l’envoûtement d’un style touffu aux termes évocateurs, l’écrivain autrichien ouvre une brèche sur le réel par où s’engouffre en tornade la magie de ses paraboles.Champiâny LES PRIX ONT TROP PICOLÉ.! Page D-7 Comme sur une musique de.écrire non pas sur.mais avec ou à côté de la musique, comme on écrit derrière le bruit du monde, devant la voix des choses.Dossier: les jeunes poètes.Qui sont-ils.ceux qui n'ont pas encore 30 ans et qui font de la poésie?Les numéros 55.56 s'en viennent Les nouveaux interdits — Estuaire Levée d’encre / Notes de voyage Abonnements pour quatre (4 numéros) ABONNEMENT ÉTUDIANT/ÉCRIVAIN 15.00 SD ABONNEMENT RÉGULIER 18.00 S ?ABONNEMENT POUR INSTITUTIONS 30.00 SD ABONNEMENT DE.SOUTIEN 30.00SD abonnement à l'étranger 35.00 s ?CHAQUE NUMÉRO 6.00 S ?Nom .Adresse Code_______________________________ VRILLEZ M'ABONNER A PARTIR Dl NUMÉRO_ Contacte/ UNICEF Canada 443 Mt Pleasant Rd Toronto.Ont M4S 2L8 Telephone (416) 482-4444 OU appelez sans frais au 1 800-268-6364 (Telephomste 509) LISE VAILLANCOURT JOURNAL D'UNE OBSÉDÉE LES HERBES ROUGES / RÉCIT w O «t 00 OO LISE VAILLANCOURT JOURNAL D'UNE OBSÉDÉE • Lise Vaillancourt invente des histoires qui, de l’enfance à la maturité, ressembleraient étrangement aux nôtres si nous osions les ROGER MAGINI UN VOYAGEUR ARCHITECTE • Roger Magini réinvente pour nous un personnage hors du commun, l’architecte Vitruve, qui fait le récit de ses voyages vrais raconter.et fabuleux.ROGER MAGINI UN VOYAGEUR .ARCHITECTE 09 LES HERBES ROUGES / RÉCIT "O i » M % m \ n~ *~ti 11 tt J MM .J f inrmr»nr»nnrrril \ Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 ¦ D-7 • le plaisir des mes Autant en emporte la folie PIERRE DESCHAMPS Charles Manson, la grande figure diabolique des années qui fleuraient bon le patchouli, s’intéresse sans doute fort peu à l’influence qu’il a eu sur l’inconscient collectif d’Amérique et d’ailleurs.À sa suite pourtant, la figure du psychopathe violent envahit brutalement la une des journaux et les pages des romans d’un néoréalisme douteux qui laisse béat d’indignation le plus tolérant des libres penseurs.Nourri à l’aune du crime et du fait divers, le roman policier pouvait difficilement résister à la tentation d’emprunter là de quoi rapidement fonder une neuve thématique po-laréenne capable de donner un énième souffle à un genre dont on annonce sans cesse la mort prochaine.En nombre, les amoureux de l’Underwood hammettienne se lancent à corps perdu dans des intrigues qui relèguent Dracula et Landru au rang des frivolités.Ainsi naissait le Rhésus polar, cette sous-littérature qui s’abreuve du sang qui gicle de partout.Avec elle, l’horreur devient figure de style; la folie, marche vers la renommée, la consécration.Depuis, il n’est pas une année, voire une saison qui ne consacre son écrivain fétiche exploitant le filon sang-folie.Et la rentrée littéraire de cet automne n’y fait pas exception, un certain Charles Willeford s’enorgueillissant d’être — avec Miami Blues— la coqueluche du moment.Mais comme avait l’habitude de dire le père d’Kllen Purcell, « les livres sont aussi périssables que le beurre et les oeufs.et doivent être manipulés avec le plus grand soin».MIAMI BLUES Charles Willeford Rivages/Thriller 1989, 253 pages Imaginez un haut-le-coeur en guise d’intrigue .Pimentez-le d’hasards invraisemblables, conviez des personnages enfouis dans les poubelles de la banalité, brassez bien, faites goûtez à un flic (Hoke Moseley) qui patauge dans la médiocrité et servez tiè-dasse.Vous aurez concocté là un récit qui débute par un krishna qu’un doigt cassé fait passer à trépas (sic) et qui s’achève sur une recette de dessert concocté plusieurs années plus tard par Susan, la soeur du décédé jaune orangé.L’entre-deux voit errer Frederic F.Frenger, un tueur aussi appétissant que des mets chinois mangés froids au petit déjeuner à même les assiettes du repas de la veille ! Reste à coiffer ce chef-d’oeuvre d’un titre accrocheur.Pourquoi pas Miami Beurk ! LE DIABLE PREND LA MOUCHE John F.Bardin Terrain Vague/Losfeld coll.Bibliothèque de l’insolite 1989, 217 pages Heureusement, la folie ne prend pas les seuls traits de psychopa- thes.Il est des récits comme celui de John Bardin qui ont porté loin l’art de l’inquiétante étrangeté qui les baigne.Ellen Purcell, une claveciniste de renom, quitte l’hôpital psychiatrique.Libre, son premier souci sera de mettre la main sur la clef qui ouvre la serrure de son instrument chéri.Il s’ensuit une fouille en règle de la demeure à peine retrouvée, fouille qui constitue pour Ellen le premier de nombreux glissements du côté du miroir aux alouettes.Resurgissent ensuite les souvenirs croisés de l’enfance, du père, du couvent, du premier amant, du séjour asilaire, du mari infidèle.Toute l’habileté de John Franklin Bardin est de promener — à un rythme de plus en plus accéléré — le lecteur en ces divers temps, sans que jamais le fil du récit ne se casse ou se relâche, sans que jamais l’énigmatique personnalité d’Ellen ne se dévoile entièrement, sans que jamais son équilibre, sa folie, son trauma originel ne puissent être rangés au rayon des certitudes.Un voyage en somme du côté de la folie peinte cette fois sous les traits d’une dérive intimiste vers le passé irrésolu.IRISH LIBERTY William Irish 10/18 série « Grands Détectives » no 2024 1989, 282 pages JEUDI, LE RABBIN EST SORTI Harry Kemelman 10/18 série « Grands Détectives » no 2026 1989, 286 pages GROS PLAN DU MACCABÉE Léo Malet 10/18 série « Grands Détectives » no 2022 1989, 213 pages Le lecteur à qui toutes ces « freu-dolinades» auraient donné la nausée pourra oublier son malaise à la lecture des sept nouvelles d'Irish Liberty, un recueil d’un goût suranné proche de celui qu’avaient les menthes roses et blanches de nos années d’enfance.Ou fréquenter l’univers juif new-yorkais que dépeint Harry Kemelman.Ou apprendre comment, sous la plume de Léo Malet, Nestor Burma fonda l’Agence Fiat Lux et survécut aux méfaits du tabac.Ici et là déambulent des personnages, se profilent des décors, s’installe une atmosphère qui fondent vraiment le genre policier et qui sont comme autant d’univers distincts gravitant dans la nébuleuse polaréenne .Seules quelques contrées arides demeurent résolument hostiles aux coeurs sensibles qu’un trop plein de sang dégoûte ! Les mots de la foi THÉO une encyclopédie catholique Paris, Droguet-Ardant/Fayard 1989, 1235 pages JACQUES GAUTHIER CONNAISSEZ-VOUS Théo ?Non, ce n’est pas le nom d’un propriétaire de dépanneur.Théo est un mot grec qui signifie Dieu.Il est le préfixe de plu-sieurs mots qui se rapportent au divin ; théologie, théologal, théophanie, théopoésie.Théo est aussi le titre d’une nouvelle encyclopédie catholique.Théo, qui a demandé huit ans de travail et de recherche à une équipe de 150 collaborateurs français, se présente comme un guide et un ami toujours disponible.Ce qui frappe d’abord, c’est l’é- paisseur de cet ami ; il y a des illustrations presque à toutes les 1235 pages.Théo contient pas moins de 1079 biographies, 387 extraits de grands textes anciens et modernes, 1059 mots de la foi expliqués, 211 tableaux, graphiques et cartes.Le plus remarquable dans cet ouvrage est l’index qui contient 18 000 mots.Il y a là une mine de renseignements, facile d’accès, aidant le lecteur à se retrouver dans cette encyclopédie religieuse.Plusieurs professeurs ou pasteurs trouveront ici des réponses aux interrogations de leurs étudiants ou paroissiens.Théo se divise en cinq grandes parties : « Des chercheurs de Dieu par milliers », « La géographie et la sociologie du catholicisme au sein des grandes religions », « Un survol historique de trente-deux siècles d’histoire », « L’expérience chrétienne», « Les institutions ».Bien que ce livre présente surtout le catholicisme français, en lien avec l’Église universelle et les autres religions, les Églises du Québec et d’ailleurs pourront tirer profit de cet ouvrage simple, accessible, ouvert et fort bien documenté.Si la vie chrétienne vous intéresse ! Pierre Morency Vond pas J Ao// Dp,, I -I v- • "!'e Une vie Comment ça marche, David Macaulay, Larousse rég: 45.95 34,£ La Vallée des Bannis.Spirou et Fantasio, Dupuis rég 9.95 7,! VCKk&r! Le sombre épouvantail, Une légende du Labrador, Héritage rég: 12,95 9,95 ïïl s Les Animaux en danger, (livre-jeux), Ourtin el Paiin, Mkiiel Oiritin rég 24.95 1 9,95 r.utrxw' fpommu SOMBRE a pleine lune Ou est Charlie?Le Voyage fantastique, Martin Handtord, Gfûnd.12,95 rég 16.50 Rosalie s’en va-t-en guerre, Ginette Anfousse, OU.Sauvez ma Babouche, Gifles Gaultier, Courte Échelle rég: 7,95 5,95 S.UIH7 ma Babouche Vive mon corps!, prix excellence •Protégez-vous 1989", intro, à Tanatomie humaine, Corne Échefle rég 19,95 15,95 Zunik, numéros 5 ou 6, Gauthier et Sytvestre, Coule Échelle 5,95 rég: 7,95 Prix en vigueur du samedi 2 décembre au vendredi 8 décembre 1989 mcl uu |usqu'à épuisement des stocks.Nous nous réservons le droit de limiter les quantités -/ L’œil américain Histoires naturelles du Nouveau Monde PHILIPPE DOMINIQUE Mi fantasio (Hammgny OUVERT DE 9H A 21H TOUS LES JOURS, MÊME LE DIMANCHE LIBRAIRIE CHAMPIGNY INC 4474.RUE SAINT-DENIS, MONTREAL (QC) H2J 2L1 tel (514) 844-2587 LS COMMANDES -*• TÉLÉPHONIQUES Champiôiiy LES PRIX AU NEZ 0 O O O 1 OBTENEZ JUSQU'A - * 20% EN COUPONS-RABAIS ¦ .>Y\ Vc\\ ! QlClIONNAIRf CANADIEN \jjL' NOMS Ivroprü « * conve c *» o .O o ¦ u *»®I* I ROBERT T* Hf> f ¦r .Marie lobera VAl%v Juillet uyRittùw SVK DAYU) MAC Al I.ïMBEk Coltret Larousse: Dictionnaire des Canadianismes et Dictionnaire canadien des Noms propres, Veyron et Duk>ng.Larousse rég 84.95 63,95 Grand Larousse en 5 volumes, L5, Larousse reg 450,00 345,95 Jehane Benoit, recettes micro-ondes, convexion et gril, Jehane RoivyL Héritage rég 39.95 31,95 La pub.30 ans de publicité au Quebec, Publicité Club de Mtl, libre I ipression rég 80.00 63,95 Le Groupe des Sept, collection Signature, Broquet rég 34,95 27,95 Les Arts sacrés au Québec, Jean Swnard.De Mortatyw rég 95,00 74,95 Les Oiseaux du Canada, éd revisée, W E Godfrey, Broquet rég 49.95 39,95 L’oeil américain, Plono Morency, Boréal rég 27,95 21,95 Mémo, Larousse, encyclopédie.rég 95.00 69,95 Petit Robert 2, noms propres, Itutwt rég 77,95 58,95 Philippe Noiret, Domkilque Maillot.Henri Veyrier rég 75,00 59,95 Juillet, Mario Laborgo, Boréal rég; 16,95 12,95 La Vérité sur Lorin Jones, prix Fémina étranger, Alison Lurio, Rivages rég: 27,95 21,95 Le livre brisé, prix Médias étranger, Serge Doubrovsky, Grasset.rég 34,95 26,95 Le Grand Santini, Pat Conroy, Prossos de la Renaissance rég 23,95 18,95 Le premier quartier de la Lune, prix Salon du Livre 89, Michel Tromblay, Leméac rég: 19,95 15,95 Un grand pas vers le Bon Dieu, prix Goncoud, Jean Vautrin, Gxassoi rég: 24,95 19,95 Une vie, Elia Kazan, Grasset rég: 39,95 31,95 D-8 Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 ,dualité Un Mvre P’EMPW® «.eW'**1 question •y v.tMËJÊLM ù.* V JL sggms* La belle époque des grandes traversées TRANSATLANTIQUES John Malcom Brinnin et Kenneth Gaulin traduit par Claire Beauvillard 232 pages, illustré 28cm x 32cm Robert Laffont JEAN-V.DUFRESNE Le beau livre que voilà ! Pour ceux, il n’en reste plus beaucoup, qui connurent jusqu’aux années soixante le plaisir irremplaçable de traverser l’Atlantique en navire.Pour ceux qui, sanglés dans le siège d’un charter de Nationair, rêveront toujours d’air salin pour ne l’avoir jamais respiré, jusqu’à l’ivresse, sur un pont de première.Mais Transatlantiques s’adresse tout autant à l’architecte, au décorateur, au collectionneur d’affiches, et à l’amateur d’histoire.La saga de ces incroyables palais flottants qui marquèrent l’apogée et tout autant la décadence de toute une époque, ne peut-être ici mieux racontée, ni mieux illustrée.Entre l’affiche qui invite aux grands voyages et la splendeur outrancière des vastes salons de la Cunard ou de la French Une, aucune duperie publicitaire : du Luxus allemand à 1’Empress of Britain canadien dont la blancheur immaculée narguait la grisaille du port de Montréal, tout y est comme si vous y étiez, pour partager en tournant ces pages ce qui consti- La compagnie White Star a lancé d’abord VOlympic, que l’on voit ici, puis le Titanic.tue, en passant, la fin grandiose de la Révolution industrielle.Après ce triomphe, la vapeur ne servira plus qu’à faire de la nouvelle cuisine.Apogée de l’individualisme créateur aussi, car ce fut le siècle des grands architectes navals, qui pouvaient encore élever à leur propre gloire de gigantesques monuments maritimes que seules les banquises pouvaient faire sombrer, et le Titanic, hélas, fut un de ceux-là.Le design anonyme de l’ordinateur n’existait pas encore pour banaliser les profils et les carènes, et aucun de ces bâtiments ne peut être évo- qué sans y rattacher les noms les plus célèbres leurs constructeurs.Apogée, aussi, d’un nationalisme triomphaliste, car ces paquebots d’un luxe inoui servirent tout autant le prestige des nations qu’à transporter leurs passagers.Sans cette course effrénée pour porter à l’autre bout du monde l’étendard de l’orgueil national, la grande navigation prin-cière n’eût peut-être jamais vu le jour.Paradoxalement, ce fut aussi la naissance d’une nouvelle démocratie voyageuse.Pour la première fois, le passager de fortune modeste avait droit à la lumière d’un hublot, et les seules dimensions de ces palais flottants exi-gaient pour le profit des armateurs l’exploitation d’une idée nouvelle : le transport de masse.Irrésistibles, les transatlantiques.Sur les océans, ils étaient en quelque sorte une véritable scène de théâtre, et les passagers devenaient pour cinq ou six jours les personnages qu’ils entendaient jouer, dans l’illusion parfaite de la richesse, tantôt insolente, tantôt discrète, mais toujours selon un rite de manières convenues pour affecter une allure de mystère.Sur un pont de première, ne vient-on pas toujours d’ailleurs, et de loin ?À lire et apprécier sans un regard social trop critique, cependant.Un ouvrage fait pour inspirer le décorateur avant que ne disparaisse, épuisé, le style art-déco qui fait fureur depuis quelques années entre les magasins de guenilles du boulevard Saint-Laurent.Mais de l’atmosphère empestée des soutes à charbon La magie du verre SACjAMIE/QUEDEC QUESTION D’EMPIRE Essai sur les deux nationalismes canadiens Ctimil Girard, historien, analyse l’idéologie diffusée par le plus influent des journaux anglais, le TIMES de Londres, pendant la période de 1908 à 1922.Revivez l’époque mouvementée du début du siècle: guerre de 1914-18, crise de la conscription, naissance des deux nationalismes canadiens.Un livre qui alimente le débat sur l’objectivité de la presse et questionne les relations entre les deux communautés linguistiques du pays.Préface de Claude Fohlen - 19 9^ S 248 pa9«s ^vec photos) Diffusion Raffin (514) 325-5553 PUBLIE DES HISTORIENS LE CAVEAU IDEAL.“Comment réveiller la puissance qui dort en vous” Profitez de notre offre de lancement et envoyez dès aujourd'hui 13,95$ à: Édition Jack.E.Benny 297 rue Principale, C.P.515, Granby, Qc.J2G 8F.9 Nos pensées créent notre destin ! Nous ignorons le pouvoir qui est en nous.QUELQUE SOIT VOTRE ÂGE, vous apprécierez cet outil précieux qui vous apportera un bien-être toute votre vie.LES VERRIERS DU QUÉBEC Texte de Guy Simard Préface et postface de Pierre H.Sévignac Les Éditions Broquet Laprairie, 1989 160 pages FRANÇOISE LAFLEUR Dès la fin des années 60, la France n’arrivait plus à exporter ses vitraux au Québec, se demandant pourquoi elle ne recevait plus de commandes qui, en 1960, se chiffraient aux environs de 500 000 $ par année.Première raison : la construction des églises accusait une régression.Deuxième raison : le Québec était devenu en mesure de réaliser ses vitraux puisqu’on y comptait désormais plusieurs grands maîtres-verriers.Parmi les verriers québécois, Pierre Osterrath eut l’idée de propager sa connaissance du Un vitrail de Daniel Potvln, Les olseaus de feu, dans l’école primaire La Nacelle, à Saint-Jean-Chrysostome.\u JEAN DÉSY verre tout en élargissant les horizons de son utilisation.Comme plusieurs autres, il se mit à utiliser le vitrail comme élément de décoration dans les résidences et il enseigna l’art verrier en poussant ses élèves à explorer de nouvelles avenues, considérant le verre « comme un médium pouvant s’intégrer à différents types d’architecture ».Pour lui, le vitrail est trop souvent perçu uniquement comme « un art religieux et sacré ».C’est pourquoi il favorisera chez ses élèves le développement du caractère profane du vitrail tout en inculquant à la relève les techniques traditionnelles de conception et de fabrication.Pierre Osterrath n’est qu’un parmi les grands verriers ayant influencé révolution des arts du verre d’ici.On pourrait citer plusieurs autres artistes et décrire l’approche de chacun d’eux, tels les Gilles Desaulniers, Guy Bruneau, Laurens Kroon, Théo Lubbers, Daniel Potvin, Lyse Charland-Favretti, Guy Simard, etc.L’ouvrage Les verriers du Qué- et de la chambre aux machines, là où s’entassaient les charbonniers chinois en esclavage, interdits de séjour dans les ports jusqu’où ils avaient gavé les bouilloires de ces monstres, Transatlantiques ne dit mot, et c’est dommage, car le contraste eût été pour le moins saisissant.On pardonnera aux auteurs, l’époque était à cette image, merveilleuse d’étourderies esthétiques, alors que le deuxième conflit mondial allait rappeler tout ce beau monde à la réalité.Fini le rêve, et on transforma le Queen Mary en transport de troupes, tandis que l’orgueilleux Normandie brûlait couché sur le flanc dans la vase du port de New York, victime du sabotage ennemi.La mode transatlantique survécut quelques années encore à la victoire des Alliés.Le France, dernier cri du coq gaulois, fut lançé en 1960 aux chantiers de Saint-Nazaire.Je m’en souviens, j’y avais assisté.Le général de Gaulle, juché à hauteur de proue, avait mis deux bonnes minutes, souffle retenu, à mesure qu’on enlevait les dernier étançons, avant de déployer comme un étendard oratoire les quelques mots somptueux d’un dernier grand mariage : « Le France.a épousé., la mer !».Peu d’années après, le prix du mazout consomma le divorce.bec, dans la collection Signatures plus au coût de 40 $, donne un aperçu des oeuvres et du travail de 12 verriers du Québec.C’est le coeur du livre, précédé d’une brève histoire du verre remontant jusqu’à l’Antiquité où le verre valait plus que son pesant d’or.Des pièces de verre, exposées au musée du verre de Corning dans l’État de New York, auraient même servi de monnaie de transactions entre des rois.La dernière partie du livre nous explique quelques-unes des étapes de fabrication à partir de la plus ancienne des techniques, le vitrail au plomb, ainsi que celle plus contemporaine des vitraux en dalles de verre.Près d’une centaine de planches couleur, photographies d’oeuvres des 12 artistes présentés, supportent le texte.« C’est un art social parce que monumental et public », dira Laurens Kroon.Il ajoute : « Quand verra-t-on l’architecte et le verrier concevoir ensemble un édifice moderne ?Pourquoi pas maintenant ?.» UN DERNIER CADEAU POUR CORNÉLIA COLLECTION • L ÈRE NOUVELLE - 112 pages — 9,95$ MARCO MICONE Déjà l’agonie Grand Prix littéraire £ du Journal de Montréal 1989 S l’Hexagone • Théâtre Marco Micone Déjà l’agonie i'Hexaqone • Théâtre Les Verriers du Québec nous offre une vision contemporaine qui nous force à regarder avec un oeil nouveau et un esprit neuf toute verrière ou vitrail.Qu’il s’agisse de verre antique, de verre opalescent, de verre dit « commercial », de dalles de verre, bref de toutes sortes de verre pour toutes sortes d’oeuvres, force est de constater une période de renaissance de cet art à laquelle participent grandement les maîtres québécois.Pour ceux qui aimeraient contempler sur place l’une ou l’autre des oeuvres présentées, on trouve à la fin du livre, suivant une importante bibliographie, une liste de lieux publics ou l’on peut voir des oeuvres de verriers québécois, celles-ci ayant commencé à s’intégrer à différents édifices publics tels des centres d’accueil, des bibliothèques, des cégeps, des hôpitaux, des centres d’art.Polémique sur le Goncourt PARIS (AFP) - Un universitaire français, spécialiste de la langue et de la culture cajun, accuse le dernier prix Goncourt, l’écrivain Jean Vautrin ( Un grand pas vers le bon Dieu), d’avoir largement utilisé le contenu de deux de ses ouvrages et il souhaite « voir partager » le célèbre prix littéraire.Le livre de Vautrin, couronné la semaine dernière, a pour cadre les bayous de Louisiane.Dans une lettre adressée à M.François Nourissier, secrétaire général du prix Goncourt, l’universitaire, M.Patrick Griplet, estime que Jean Vautrin s’est servi de deux de ses livres : Mots de Louisiane et Cadjin et créole en Louisiane.Selon M.Griolet, professeur à Nice « c’est à partir de ce travail original que Jean Vautrin a composé son livre, dont il a reconnu publiquement, mais tardivement, apprenant que j’étais alerté, la paternité véritable ».« J’attends de l’auteur et de l’éditeur la véritable réparation de mon préjudice », ajoute Patrick Griolet, qui a saisi son avocat.Jean Vautrin, dès la proclamation de son prix, avait rendu hommage à Patrick Griolet, dont les ouvrages sur les langues de la Louisiane, avait-il dit, lui avaient été précieux pour écrire son roman.Contrairement au premier, le deuxième tirage du Goncourt, a-t-on appris de bonne source, mentionne le nom de Patrick Griolet.YVES BELANGER PIERRE FOURNIER Les dessous de l'industrie militaire québécoise VIENT DE PARAITRE QUÉBEC/AMÉRIQUE 202 PAGES - 19,95$ Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 ¦ D-9 • U’plaisir des mes Edition impériale Lorsque Napoléon Bonaparte partit à la conquête de l’Égypte, il a eu la curieuse idée de remplir les navires de scientifiques, archéologues, architectes, artistes et ingénieurs.Ceux-ci s’accoutumèrent plutôt bien que mal, à découvrir, mesurer, dessiner les trésors de ce pays à travers les expéditions et les affrontements militaires qui ont duré’ des années.Conseils d’époque pour décorer MONUMENTS DE L’ÉGYPTE Édition impériale de 1809 textes de Charles Coulston Gillipsie et Michel Dewachter traduction de l’anglais Dominique le Bourg Paris, Hazan, 1988 2 tomes illustrations couleurs et noir et blanc CLAIRE GRAVEL Les deux tomes des Monuments de l’Égypte sont la réédition de la publication réclamée à cor et à cri par l’Empereur en 1802.Le texte — contemporain — de Gillipsie raconte avec abondance de détails les péripéties d’une telle galère.Car, malgré le fait qu’il porte la date de 1809 décrétée par Napoléon, le premier livre ne verra le jour qu’en 1810, et le dernier sortira en 1828.Ce monstre comprenait en 1810 820,000 illustrations dont 60,000 en couleurs ; elles seront regroupées en 837 planches et l’on calcule entre 80 et 100 le nombre de graveurs qui transcrivirent les dessins originaux sur les plaques de métal.La seule édition du premier livre coûta à l’Empire un million et demi de francs.Les résultats sont fabuleux.Et témoignent du courage de cette « armée parallèle » : Denon n’a eu qu’une demi-heure pour esquisser le temple d’Hermopolis; Devilliers, Jollois sont allés sur les sites sans garde du corps, bravant les ordres, pour travailler jusqu’au crépuscule.Denon a raconté comment l’armée napoléonienne, lorsque sont apparus Louxor et Karnac parmi les ruines de Thêbes, « .s’arrêta d’elle-même et, par un mouvement spontané, battit des mains, comme si l’occupation des restes de cette capitale eût été le but de ses glorieux travaux, eût complété la conquête de l’Égypte .Je trouvai, dans le complaisant enthousiasme des soldats, des genoux pour me servir de table, des corps pour me donner de l’ombre, le soleil éclairant de rayons trop ardents une scène que je voudrais peindre à mes lecteurs, pour leur faire partager le sentiment que me firent éprouver la présence de si grands objets et le spectacle de l’émotion électrique d’une armée composée de soldats dont la délicate susceptibilité me rendait heureux d’être leur compagnon, glorieux d’être Français.» Cette armée et ces hommes de science ne furent-ils pas la première génération de romantiques, se demande Gillipsie ?La copie fidèle de milliers d’hiéroglyphes dont ils ne comprenaient pas le sens — les découvertes de Cham-pollion datent de 1828 — montre leur respect infini devant la culture dont ils s’emparaient.Cette édition a révolutionné la technique de la gravure, pour laquelle Conté inventa des outils nouveaux.Certains dessinateurs ont pris la liberté d’introduire de petites scènes pittoresques au bas des monuments : l’armée, bien sûr, mais aussi l’artiste au travail, des arabes fumant la narguilé, des tableaux romains ou bibliques.Quand le crayon vint à manquer, ils se servirent du plomb des balles : cette édition impériale est sans doute le plus beau trophée de cette campagne d’Égypte.L’EPOQUE ET SON STYLE La décoration intérieure au XIXe siècle Charlotte Gere traduit de l’anglais par Jean-François Allain Paris, Flammarion, 1989 407 pages (170,00 $) ODILE TREMBLAY LE CONCEPT de décoration intérieure a été introduit en Angle-terre à l’aube du XIXe siècle, nous apprend Charlotte Gere.A cette époque, les classes moyennes aisées ont réclamé à cors et à cris des conseils d’experts pour meubler et agencer leur petit « home ».Et voilà, c’est parti.L'époque et son style.La décoration inté- rieure au XIXe siècle focalise les courants et les modes qui sont venus habiller et transformer le chez-soi des Occidentaux.Non seulement en Angleterre, mais aussi dans l’Europe continentale et en Amérique, l’auteur Charlotte Gere a pourchassé lesta-blaeux et les photographies illustrant son thème.Thème qu’elle traite ici de façon fort savante.Son livre spectaculaire, tapissé de superbes reproductions, a éclairé toute la vie domestique du siècle dernier.L'ère victorienne fut, on le sait, érigée sous le signe du rococo.Les influences mauresques, égyptiennes, chinoises, indiennes, au zénith de l’empire britannique, se sont mariées en autant d’exotiques éléments de décoration qui faisaient l’orgueil des salons cossus.Les voici reproduits page après page, dans leur plus folle excentricité.Charlotte Gere effectue ici une étude très poussée en traquant les mille transformations apportées à cet art de la décoration au cours du XIXe siècle.Elle présente un ouvrage touffu qui mérite d’être consulté autant que regardé.Le cadeau idéal pour un décorateur, un antiquaire, un collectionneur ou simplement pour un amateur passionné des beautés domestiques du temps passé.# Anne Wiazemsky est de passage au Québec du 4 au 9 décembre.WM U I \/l Mon beau navire Gallimard (Coll.Blanche), 22,95$ «S'il y a une justice sur mer, le «Beau Navire» d'Anne Wiazemsky n'en finira pas de naviguer - loin et longtemps - Avec beaucoup de lecteurs à bord.» (Frédéric Vitoux, Le Nouvel Observateur) l’Amérique ilya 20000 ans I I es chasseurs de Sibérie orientale passent sans le savoir sur un W I nouveau continent: l'Amérique.Premiers envahisseurs du Nouveau A Monde, ils en sont aussi les premiers conquérants.Grâce aux récentes découvertes de l'archéologie, nous pouvons désormais suivre la fantastique odyssée des premiers habitants de l’Amérique du Nord.Le Canada Au Temps Des Envahisseurs nous raconte leur conquête, leur exploration, leur maîtrise du territoire.Il nous révèle les civilisations et les destinées humaines qui se sont épanouies sur cette terre tout au long des 20 000 ans qui ont précédé l’arrivée des Européens.Le récit exceptionnel de l’archéologue Robert McGhee, les illustrations originales du peintre Gilles Archambault, les impressionnantes photographies d’Harry Foster mettent à la portée de tous une histoire qui jamais encore n’avait été racontée: la préhistoil e de Une coédition Musée canadien des civilisations.Un grand album relié de 176 pages imprimées sur papier glacé et contenant plus de 120 illustrations, cartes et photographies.En vente dans toutes les librairies au prix exceptionnel de 29,955.LOGIQUES LOGIDISQUE Offrez-lui l’intelligence pour Noël.Le cadeau intelligent à prix intelligent.HUGO FIAIS t OMI’XIIIU I Ui ill’ri U, i * 0.Wwrdfrrfrcl 4.2, Mirtmufl Wwil 5.\\niil'im 4.Ir Smrlilir priMMinrl.l’Iiil.aln |hiMk IM • | ( )( .11 | HUGO PLUS le dictionnaire et la grammaire par Manseau, Malka, Des Roches, Li/.éc, Hctu Vérification orthographique et grammaticale, compatible avec WordPerfect 5.0, Word Perfect 4.2, Wordstar 4, Word 5, Écrivain public, Secrétaire personnel.20(1 p.graiwl formai disquette incluse 34,95$ APPRENDRE UA COMPTABILITÉ AVEC BEDFORI) par Huguetlc Brodeur La comptabilité comme si vous étiez en affaires! Un cour d’initiation, axé sur la pratique, qui inclut des simulations de compagnies sur disquette.APPRENDRE I I l’R Mil Ml \l DE TEX I L APPRENDRE LE TRAITEMENT DE TEXTE AVEC L’ÉCRIVAIN PUBLIC par Yolande Theriault, C’.N.D.Ce manuel de cours, éprouvé en classe’, contient un traitement de texte MS-DOS gratuit à l’intérieur! lin vente partout et clic/.LOGIDISQUE Inc.1225, de Condi-, Montréal QC IUK 21-1 (514)933-2225 l-AX: (514)931 21S2 PROMENADES LITTÉRAIRES DANS MONTREAL MONIQUE LARUE EN COLLABORATION AVEC JEAN TR AN Ç0IS CHASSA Y «Un livre pour redécouvrir Montréal, pour s'y promener avec un regard neuf, pour s'offrir le luxe de la flânerie dans les rues et dans les textes» Christine Champagne, Elle-Québec VIENT DE PARAÎTRE QUÉBEC/AMÉRIQUE 276 PAGES - 49,95$ 5 1 D-10 ¦ Le Devoir, samedi 2 décembre 1989 L’état du monde change L’ÉTAT DU MONDE 1989-90 collectif d’auteurs Éditions La Découverte/Du Boréal Montréal, 1989, 638 pages JOCELYN COULON ~~ Pour cette neuvième édition, L'état du monde vieilli et bien.Aussi vite que la planète change, son équipe s’est adaptée en transformant sa présentation graphique et éditoriale : pages plus aérées, cartes claires et dépouillées, encadrés plus nombreux et plus instructifs, caricatures de Plantu toujours excellentes.La description des événements politiques et économiques des 170 pays souverains et des 27 territoires non indépendants est enrichie d’articles sur la géopolitique des continents et de certains grands États comme le Brésil et l’Inde qui émergent sur la scène internationale comme de futures superpuissances.Cette année, le dossier principal est particulièrement d’actualité : l’environnement.Les auteurs y traitent du réchauffement de la planète, de la destruction de la forêt amazonienne et de la vie dans les grandes mégalopoles.Deux nouvelles rubriques font leur apparition dans cette nouvelle édition : Droit et démocratie et Démographie.Parmi les 280 articles rédigés par 140 spécialistes dont les Québécois, Philippe Faucher, Georges Mathews et Jules Nadeau, on lira avec intérêt ceux consacrés aux questions religieuses, aux médias et aux minorités nationales.Paris sous PARIS IMPRÉVU Joe Friedman Photographies de Jérome Darblay Traduit par Odile Laversanne Paris, Flammarion 1989, 128 pages CHANTAL BEAUREGARD Cet album de photo-grahies porte essentiellement sur les intérieurs anciens de tous genres et de toutes époques, parmi les plus remarquables de la capitale.Ville respectueuse de son passé, Paris possède des trésors d’architecture.En peu de lignes, on résume bien les traits essentiels ainsi que la période de construction de chaque lieu.Paris imprévu trace un portrait personnel d’une grande ville, vue sous un angle nouveau.On présente beaucoup de lieux peu connus du grand public et les lieux plus connus sont présentés sous un Faites-vous plaisir.abonnez-vous au cahier littéraire le plus en vue au Québec.Prenez plaisir à découvrir tous les samedis une information soignée et détaillée sur les principales nouveautés en librairie.Des critiques pertinentes et des commentaires sur les jeunes auteurs, ceux de renom et leurs oeuvres.De la poésie au roman, de la fiction à la nouvelle, tout y est, rien ne vous échappera.Chaque samedi, faites-vous plaisir, abonnez-vous au Plaisir des Livres! r I I Oui je désire m'abonner au Devoir du samedi incluant le cahier Le Plaisir des Livre | | 13 semaines: 13$ Nom____________________________________________ I I 26 semaines: 24$ Adresse _______________________________________ ?52 semaines: 44$ #App__________ville____________________________ chèque inclus Visa comptant Qj Master Card ] facturez-moi U] Am.Express Code postal Tél.rés.____ Tél.bur.___ Signature numéro de carte date d'expiration Retournez ce coupon à l'adresse suivante: LE DEVOIR "Service des abonnements" 211, rue St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 J un jour inédit jour inédit.Dans le palais de l’Elysée, par exemple, on a délaissé les splendeurs des salles de réception pour photographier l’ancienne salle de bain de l’impératrice Eugénie et un boudoir intime au décor argenté.De même, le célèbre hall de l’Opéra de Paris, visité par tous les touristes, a été photographié non pas de l’entrée ou des galeries, mais depuis le pied de l’escalier menant au sous-sol.Tout près de ce bâtiment public le plus important du Second Empire, la photographie des toilettes publiques de la Place de la Madeleine, dont le décor Art Nouveau date du début du siècle, montre l’établissement pour dames.Les jolies portes en bois ornées de vitraux fleuris datent de 1905, ainsi que le plafond en céramique.Paris imprévu est à la fois utile et agréable à lire.Il permet de découvrir l’envers du décor de plusieurs lieux pour la plupart ouverts au public, comme le cinéma Rex, le plus spectaculaire de la ville, la bibliothèque Sainte-Geneviève, la villa La Roche, siège de la fondation Le Corbusier dont le jeu de couleurs et des matériaux ne manquent pas de sensualité.Le lecteur découvrira, en annexe, adresse, numéro de téléphone, heures d’ouverture, stations de métro les plus proches de ses endroits préférés.* rjÿi \ tt H* ¦ V.;»¦
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