Le devoir, 9 décembre 1989, Cahier D
JL® mais W(rm Chanuri&i» AU NEZ ROUGE.! Montréal, samedi 9 décembre 1989 Les trois Montréal T 1 raduire Tremblay à l’écran, c’est ce que Michel Moreau a réussi de façon subtile et efficace.Jean Royer nous raconte cette promenade dans l’imaginaire de Michel Tremblay.Page D - 12 La fidélité de Madeleine Ferron P ^ our mieux nous prendre dans les filets tendres de ses propos, Madeleine Ferron s’exprime avec douceur.Page D - 3 Le feuilleton TT - ne gorgée de poison, nous écrit Lisette Morin du i roman de Serge Dou-brovsky, Le livre brisé, qui a été couronné du prix Mé-dicis 1989.Page D - 5 Levin pour lire ^Avant de boire le bon vin, il est bien agréable de s’agacer les papilles en lisant tout ce que bon oenologue devrait savoir.Page I) - 5 Promenades littéraires L>es auteurs de Prome-nacles littéraires dans Montréal, Monique LaRue et Jean-François Chassay.L’écrivain et l’esprit des lieux JEAN ROYER Les écrivains qui habitent une ville peuvent l’imaginer aussi dans leurs oeuvres et lui rendre une partie de son identité.Ainsi Montréal est devenu peu à peu, depuis un siècle, un personnage important de la littérature québécoise.Depuis 1885, plus de 650 romans écrits en français se passent, en tout ou en partie, à Montréal, ont découvert Monique LaRue et Jean-François Chassay.Pour l’étude fascinante qu’ils viennent de faire paraître chez Québec/ Amérique, Promenades littéraires dans Montréal, les auteurs ont extrait de 164 de ces romans des citations qui retracent en soixante tableaux l’espace de la vie montréalaise.Monique LaRue, qui a eu l’idée de ce livre, me dit: « La littérature, c’est une façon d’habiter les lieux, de les visiter, de les recréer.Nous voulions rendre la ville vivante par l’imaginaire romanesque et, du même coup, faire sortir le roman du livre et l’amener dans la ville».Jean-François Chassay, qui a collaboré à l’élaboration et à la rédaction du livre, s’empresse d’ajouter: « Le roman nous fait découvrir les couches historiques de Montréal par un biais qu’aucun ouvrage de sociologie ou d’architecture ou d’urbanisme ne pourrait nous faire découvrir ».Redécouvrir Montréal à travers un siècle de littérature, c’est une façon d’entrer dans son histoire, celle de ses habitants comme de ses lieux, celle d’une culture qui s’est établie avec l’industrialisation et d’une identité qui s’est formée contre ces « Anglais » qui possédaient la maîtrise économique de la ville.LaRue et Chassay nous proposent donc ce Montréal des écrivains selon cinq aspects précis: 1 - Montréal, ville singulière (insulaire, française, américaine, cosmopolite, bilingue, etc.); 2 - Montréal dans le temps (ville d’immigration, la guerre 39-45, ville insurrectionnelle, etc.); 3- géographie imaginaire de Montréal (le fleuve et la montagne, les principaux quartiers décrits dans les romans, la vie nocturne, les lieux de rencontres, les universités, les restaurants, etc.) ; 4 - les Montréalais tels qu’en eux-mêmes (ils parlent, ils déménagent, ils vivent en famille ou en couple, ils vivent leur enfance et leur bohème, ils rencontrent l’Anglais, le Juif et le Français, ils vieillissent et meurent) ; 5 - Montréal, ville culturelle (le milieu du livre, les médias, le théâtre et le cinéma, la peinture et la musique, l’écrivain et la ville, les langages, Nelligan, etc.).Tout cela se retrouve dans les romans, de Gabrielle Roy à Réjean Ducharme, de Michel Tremblay à Victor-Lévy Beaulieu, de Robert de Roquebrune à Jean Basile, de Gérard Bessette à Yves Beauchemin, de Monique Bosco à Dany Laferrière, de Jacques Godbout à Gilbert La Rocque, d’Andrée Maillet à Pauline Harvey, d’Alice Parizeau à Régine Robin, de Hubert Aquin à Yolande Villemaire et à tant Montréal est devenu peu à peu, depuis un siècle, un personnage important de la littérature québécoise.• Une ville où ont vécu et où écrivent des centaines d’écrivains d’autres écrivains à qui Montréal doit une part de son identité.Monique LaRue et Jean-François Chassay n’ont pas écrit pour autant un livre d’intérêt exclusivement littéraire.Ces promenades dans Montréal partent d’un point de vue anthropologique, c’est-à-dire culturel.C’est la vie de Montréal qu’on apprend ou reconnaît dans ces soixante tableaux, illustrés de photos originales de Y van Dubéet magnifiquement mis en pages par Emmanuel Blanc.Ce livre s'adresse à tous les publics d’ici et du monde qui veulent connaître Montréal dans son histoire, son évolution, son espace, son architecture et son intimité culturelle.Voici un ouvrage qui nous restitue de façon inédite l’esprit des lieux de Montréal.Rares sont les professeurs (pii se donnent la peine d’écrire une étude qui, rigoureuse dans sa démarche, ne soit pas austère pour autant mais, au contraire, plaisante à lire et à la portée de tous les publics.Cela, Monique LaRue et Jean-François Chassay l’ont réussi admirablement avec Promenades littéraires dans Montréal.Quelle a été leur méthode de travail et pourquoi, au fait, n’ont ils cité que les romanciers francophones de Montréal, laissant de côté Mordecai Riehleret Leonard Cohen, par exemple ?« Je ne connaîtrai jamais assez bien le corpus littéraire anglophone pour faire une telle recherche chez les romanciers montréalais de langue anglaise.Notre travail demandait une bonne connaissance de la littérature québécoise.Notre ouvrage est le fruit d’une recherche exhaustive et systématique.Il fallait nous limiter au corpus francophone.« D’autre part, nous avons évacué la distinction entre grands auteurs et auteurs mineurs.Nous voulions reconstruire l’espace montréalais, nous n’avons donc pas utilisé seulement les livres des grands auteurs.De même, il aurait été peu rigoureux de saupoudrer notre travail de quelques grands auteurs anglophones que tout le monde connaît .Ce n’est pas un parti pris idéologique mais plutôt méthodologique qui a fait que nous avons dû écarter les romanciers anglophones.« Par ailleurs, ajoute Jean-François Chassay, il ne peut pas manquer à notre ouvrage “la moitié” d’anglophones, comme l’a suggéré une critique, puisque, selon une étude que nous avons faite à l’Université de Montréal, il existe à peine une centaine de romans anglophones qui parlent de Montréal, contre 650 romans francophones.D’autre part, beaucoup de romans anglophones ne sont pas traduits et isoler le roman anglophone du corpus canadien, cela poserait aussi un problème.Pour nous, Montréal est la grande ville francophone d’Amérique.Pour les anglophones, d’autres villes le disputent en importance à Montréal.Les romanciers anglophones montréalais parlent peut-être plus de Toronto et Vancouver, dans leurs livres.» « Nous avons traité essentiellement du point de vue des francophones, conclut Monique LaRue.Il me semble que cela va justement intéresser les anglophones de voir comment nous habitons Montréal.11 serait absolument passionnant de réaliser le même travail du côté anglais, mais il faudrait faire la recherche avec la même rigueur que celle qui nous a animés.» Montréal capitale littéraire La littérature a fondé Montréal à sa manière.Depuis un siècle, elle en a fait un personnage de fiction.Ses romanciers ont parcouru en tous sens le centre-ville et même les quartiers périphériques.Aquin, Ducharme, Basile, Beaulieu, Beau-chemin, Tremblay, Harvey, Laferrière, Villemaire et tant d’autres ont réinventé Montréal dans leurs livres.À la veille de son 350e anniversaire, Montréal commence de recueillir le prestige de cette nouvelle identité littéraire.Jean-Guy Pilon et la revue Liberté avaient donné le ton par un numéro sur Montréal dans les années 1960.Puis c’était au tour de Robert Guy Scully, dans les années 1970, de réunir au Noroît les Morceaux de Montréal d’écrivains qui y sont nés.L’an dernier, les éditions de l’Hexa- gone publiaient un Montréal des écrivains, qui nous présente la ville comme fiction.Aujourd’hui, le profil de cette ville imaginaire se dessine à même son histoire littéraire: Monique LaRue et Jean-François Chassey, nous invitent à des Promenades littéraires dans Montréal, avec un livre paru chez Québec/Amérique (voir le reportage ci-contre).En même temps, le cinéaste Michel Moreau nous introduit dans Les trois Montréal de Michel Tremblay (voir notre article en page D - ).Ces publications nous font mieux voir Montréal comme capitale littéraire: une ville où ont vécu et ou écrivent des centai- nes d’écrivains, une ville imaginaire devenue personnage de la littérature québécoise.Une ville qu’on aime lire.Il restera au maire Jean Doré à se rendre compte de cette identité littéraire de Montréal et à nous proposer à son tour de visiter l’esprit des lieux, par exemple en posant sur les murs de certaines maisons et à l’angle de certaines rues les noms des écrivains qui ont habité Montréal avant nous.Paris n’a jamais eu honte de ses écrivains.Montréal a maintenant les siens à montrer.Dans les livres et dans la ville même: Montréal comme capitale littéraire.Alphonse Piché Fables • l’Hexagone — ALPHONE PICHE _ ___ ___ __ IA Os FABLES iss .I d s Illustrations de la condition humaine, ces Fables d'Alphonse Piché, par leur ton authentique et sincère, fustigent les mieux nantis qui exploitent la vie quoditienne des petites gens.Alphonse Piché redonne ainsi à la fable son actualité et ses lettres de noblesse.ÉLAINE AUDET 0 % IBS ment.FABLES l’Hexagone lieu distintif de l'édition littéraire Québécoise québécoise ÉLAINE AUDET La passion des mots La passion des mots retrace l’itinéraire d’une femme qui renou-veUe la parole des femmes d’aujourd’hui, afin qu’elle ne se fige pas dans un autre conformisme.Elaine Audet préconise un féminisme ouvert dont la générosité se nourrit de l’humanisme le j : plus classique et le déborde fertile- JOURNAL D-2 ¦ Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 • le plaisir des ivres Des livres-cassettes pour analphabètes FRANÇOISE LAFLEUR La jeune entreprise québécoise La littérature de l’oreille, bien connue pour sa production de littérature sur cassettes audio, vient une fois de plus d’innover en mettant sur le marché une collection de livres-cassettes spécialement conçus pour les adultes analphabètes.Lecture simple et facile 2, qui a été produit en collaboration avec la Communauté française de Belgique, présente quatre textes dans un coffret incluant une cassette, quatre fascicules (un pour chacune des histoires racontées) et un guide d’exploitation pédagogique.e LES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 BEAUCHAMP LOUISE BOISVERT YVES BROSSARD NICOLE BROSSARD NICOLE BUIN YVES CARDUCCI LISA CLANCIER GEORGES-EMMANUEL CHOLETTE MARIO COHEN ANNIE et GAGNON MADELEINE DARGIS DANIEL DESBIENS PATRICE FRÉCHETTE LOUIS FRENETTE CHRISTIANE LE GOUIC GÉRARD GUIMOND DANIEL LACHAPELL E CÔME LANGEVIN GILBERT LEDUC ANDRE MALHERBE ALAIN MAUFETTE GUY MÉLIKROUBEN PELIEU CLAUDE PERRON JEAN POZIER BERNARD TREMBLAY YVAN VIGNEAULT FRANÇOIS COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF 5,00$ (Prix Jovette-Bernier 1989) Les amateurs de sentiments (Co édition Le Dé Bleu) Installations GRAND PRIX DE LA POÉSIE DE LA FONDATION LES FORGES —1989 Amantes (Cassette audio) (Co édition Aralect) Fou-l’Art-Noir (Co-édition Le Castor Astral) La dernière lois Tentative d'un cadastre amoureux Radium Les mots ont le temps de venir (co-édition la table Rase) Au coeur de continents neuts Amour Ambulance La Légende d'un peuple Cérémonie Mémoire Fermé pour cause de poésie Ne jamais rien dire La réplique du doute Né en avril Une barque sur la lune Diwan du piiéton (Co-édition Le Dré Bleu Le soir qui penche Ce peu d'espace entre les mots (Co-édition Europe-Poésie) La rue est un rêve Un scintillement de guitare Un navire oublier dans un port (Co-édition Europe Poésie) L'Espace Heureux (Prix de poésie OCTAVE-CRÉMAZIE 1989 Salon international du Livre de Québec Croquis pour un sourire Des Forges - 28 (Sous la direction de Lucie Joubert) Choisir la poésie en France (Sous la direction de Bernard Rozier) La poésie mexicaine (Sous la direction de Claude Beausoleil) Québec Kérouac Blues Les passions s'avalent (co-édition galerie Daniel) Parle 101 8,00$ 8,00$ 10,00$ 10,00$ 5,00$ 10,00$ 5,00$ 8,00$ 8,00$ 8,00$ 10,00$ 5,00$ 10,00$ 5,00$ 5,00$ 8,00$ 5,00$ 10,00$ 8,00$ 10,00$ 10,00$ 5,00$ 8,00$ 5,00$ 5,00$ 5,00$ 12,00$ 10,00$ 10,00$ 5,00$ e 8,00$ (Co-édition Conseil Central de Trois-Rivières CSN) Distribution en librairies: PROLOGUE (S14) 332-5860 Autres: DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON (819) 379-9813 LES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 N°2l6- DECEMBRE 1989 L'ERREUR HUMAINE ET LES CATASTROPHES par Véronique de Keyser L'ALUMINIUM POUR STOCKER L'ÉLECTRICITÉ par Frédéric Lantelme, Otto Haas et Jean-Claude Mayor LES ONDES CHIMIQUES par Christian Vidal LA CARTOGRAPHIE DU GÉNOME par Bertrand Jordan TERREUR ATOMIQUE, SCRUPULE SCIENTIFIQUE par Jean-Jacques Salomon dossier LA RUÉE VERS LA LUNE ACTE II par Philippe Masson et Roger-Maurice Bonnet EK.— ïïr- li/T»nH7rn 4,95$ OFFRE SPÉCIAL D’ABONNEMENT — UN AN: 39,00 S Je souscris un abonnement d'un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 39,00 $ Veuillez payer par chèque établi à l'ordre de Diffusion Dimédia Inc | Nom Adresse .Ville___ Code Postal Dans le cadre de l’Année internationale de l’alphabétisation qui débute en janvier 1990, La littérature de l’oreille distribuera gratuitement, grâce à la collaboration du ministère québécois des Affaires culturelles, 200 exemplaires de Lecture simple et facile 2 aux groupes populaires et aux commissions scolaires qui en feront la demande.Les textes ont été écrits sur commande afin qu'ils puissent mieux répondre aux besoins d’apprentissage des personnes analphabètes.Le tout a été conçu en collaboration avec Sylvie Roy, recherchiste pédagogue en alphabétisation.Côté québécois, Stéphanie Roy a adapté la vieille légende La chasse-galerie pour adultes débutant en lecture, et Alizée, qui travaille avec les analphabètes depuis 1983, a inventé pour eux Un amour empoisonné, une nouvelle policière.Les deux textes sont lus par la comédienne Dorothée Berryman qui, par sa voix chaude et dynamique, ne peut que susciter l’envie de poursuivre la lecture ou l’apprentissage.Côté belge, on y découvre un conte de Hamadi, L’orgueil de l’amour, et une nouvelle intimiste de Constant Malva intitulée Denise.Les oeuvres ont été enregistrées par Bernard Marbais.Selon M.Étienne Grosjean, directeur général de la Culture au ministère de la Communauté française de Belgique et secrétaire exécutif de l’Agence de coopération Québec-Wallonie-Bruxelles, le produit original de La littérature de l’oreille peut tout aussi bien servir de soutien a la lutte contre l’analphabétisme primaire (ceux qui n’ont jamais appris ni à lire ni à écrire) qu’à l’analphabétisme secondaire (ceux qui ont déjà appris à lire et à écrire mais qui, pour diverses raisons autant sociales qu’individuelles, possèdent mal les rudiments de la langue française écrite).« La réalisation de cet ouvrage est l’un des plus beaux modèles de coopération culturelle entre nos deux communautés», a ajouté M.Gros-jean, en souhaitant que d’autres pays suivent l’exemple.Deux cent exemplaires de Lecture simple et facile 2 seront également distribués gratuitement en Belgique auprès des ani- estuaire C P.337, suce.Outremont, Montréal, QC, H2V 4N1 COMME UNE MUSIQUE.estuaire Comme sur une musique de.écrire non pas sur.mais avec ou à côté de la musique, comme on écrit derrière le bruit du monde, devant la voix des choses.Dossier: les jeunes poètes.Qui sont-ils.ceux qui n’ont pas encore 30 ans et qui font de la poésie?l.es numéros 55, 56 s’en viennent Les nouveaux interdits — Estuaire Levée d’encre / Notes de voyage Abonnements pour quatre (4 numéros) ABONNEMENTÉTUDIANT/ÉCRIVAIN I5.00SD ABONNEMENT REGULIER I8.00 SD ABONNEMENT POUR INSTITUTIONS 30.00 S?ABONNEMENT DE SOUTIEN 30.00 S ?ABONNEMENT À L'ETRANGER 35.00 SD CHAQUENUMÉRO 6.00 SD Nom .Adresse Code______________________________ VI l II I L/\I ABONNER A PARTIR DI MMf.RO — mateurs oeuvrant dans les milieux défavorisés.Les conceptrices du projet, Johanne Carbonneau, Hélène Tremblay et Martine Boucher, veulent élargir la diffusion du produit à d’autres pays.« Le concept que nous avons développé pour adultes analphabètes peut s’adapter à divers milieux francophones et devenir un outil d’apprentissage à l’échelle internationale », explique Martine Boucher, l’une des fondatrices de La littérature de l’oreille.« L’analphabétisme n’est pas une préoccupation particulière au Québec.Pour le produit que nous lançons aujourd’hui sur le marché, nous avons mis en commun les ressources de recherchistes pédagogues québécois et belges, ainsi que des auteurs, musiciens, narrateurs et techniciens des deux pays.Résultat ?Un pas de plus vers une collection québécoise au service de tous les francophones du monde et au service de la langue française, partout où elle se parle.» Les intéressés pourront se procurer le nouveau coffret en librairie au coût de 27,50 $.Pour les professeurs qui veulent le guide d’exploitation pédagogique en plus des fascicules et de la cassette, le coût est de 34,50 $.Des fascicules supplémentaires peuvent être commandés pour des classes d'élèves, au coût de 14,50 $.Près de 30 % de la population québécoise souffre d’analphabétisation et que plus d’une cinquantaine de groupes populaires oeuvrent à leur apprentissage de la lecture.Pour plus de renseignements, contacter La littérature de l’oreille au numéro 849-3116.Le Prix Émile-Nelligan est de 5000 $ La période d’inscription au Prix Émile-Nelligan est ouverte.La date limite d’inscription a été fixée au 10 janvier et le Prix sera remis en mars 1990.Le Prix Émile-Nelligan couronne le recueil de poèmes en langue française ou d’un poète d’Amérique publié entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’année précédente.Les candidats ou candidates doivent avoir moins de 35 ans au moment de la publication de leur oeuvre.La bourse de 3000 $ remise au lauréat ou à la lauréate depuis la création du Prix en 1979 a été majorée à 5000 $.L’annonce avait été faite au printemps dernier par la Fondation Émile-Nelligan qui administre les fonds de ce prix.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd'hui le 9 décembre de 14h à 16h GUY MAUFFETTE LE SOIR QUI PENCHE ^ LES ÉCRITS DES FORGES INC.te dlnAanche *_____ 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 LES HESi S h ! i in y \ ===== 1 = Fiction et biographies 1 L’agenda Icare Robert Ludlum Robert Laffont (2)* 2 Sire Gaby du lac Francine Ouellette Quinze (1) 3 Juillet Marie Laberge Boréal (5) 4 Les Pérégrines Jeanne Bourin F.Bourin/ Lacombe (-) ! 5 Un grand pas pas vers Dieu Jean Vautrin Grasset (-) 6 Le Premier Quartier de la lune Michel Tremblay Leméac (3) 7 Anne au domaine des peupliers Lucy Maud Montgomery Québec/ Amérique (7) 8 La Chair de pierre Jacques Folch-Ribas Robert Laffont (6) 9 Dors ma jolie Mary Higgins-Clark Albin Michel (4) 10 À visage couvert P.D.James Fayard (10) Ouvrages généraux 1 Trudeau le Québécois Michel Vaste! Éd.de l’Homme (-) 2 L’état du monde Collectif Boréal (D 3 Le Chemin le moins fréquenté ScottPeck Robert Laffont (2) 4 Guide de l’auto 90 Denis Duquet Marc Lachapelle Éd.de l’Homme (-) 5 Guide du vin 90 Marc Phaneuf Éd.de l’Homme (-) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny.Flammarion, Rat-fin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté, Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières : Clément Morin; Ottawa : Trillium; Sherbrooke : Les Bi-blairies G.-G.Caza; Joliette ; Villeneuve; Drummondvllle Librairie française.‘ Ce chiffre indique la position de l’ouvrage la semaine précédente DÉLIR SUR ALEX-2 La famille infernale C’est sur le réseau Alex 2 qu’est revenue la nouvelle aventure de ro man interactif.Les participants et les lecteurs retrouveront dans le tout nouveau CROC les personnages du roman sous forme de feuilleton illustré.La semaine dernière, l’orage s’était calmé, la bagarre était terminée et les cousines arrivaient.Les quintuplets épuisés, aux regards hagards, étanchaient leur soif dans un immense bol de kool aid au BBQ.Les cinq cousines venaient d’arriver, elles devinrent vertes.Ce qui les rendait encore plus appétissantes dans leurs petites robes mauves.Les interventions de cette semaine sont les suivantes Le vieux, encore étourdi, commençait à comprendre le sens de celte aventure.Sa vue était encore floue mais il comprenait maintenant !I1 se jura bien de ne jamais retoucher à l’acide.PATATE Alors que les quintuplets ne regardaient plus que les cousines maintenant de toutes les couleurs et que l’oncle George.DUPOND Pour le mois de décembre, préparez-vous au tirage hebdomadaire d’un dictionnaire Robert 1.Voyez les résultats dans le Plaisir des livres de la semaine prochaine.Marie Fortier assure le choix des interventions, LTA la réalisation technique.O Robert la passion des mots m” FREUD Le siècle de la psychanalyse En vente chez votre libraire DIFFUSION PROLOGUE illustre Decoration d arbre de Noôl le I UNICEF Offrez des cadeaux et des cartes de F UNICEF et aidez un enfant Ht Contacte/ UNICEF Canada 143 Mt Pleasant Rd Toronto, Ont M4S 2L8 Telephone (416) 402-4444 OU appelez sans frais au 1 800-268 6364 (Téléphoniste 509) A retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dlmédla, 539, boul.Lebeau, Saint- I Laurent H4N 1S2 - Un délai de 8 à 12 semaines interviendra entre la date de la demande d’abonnement et la réception du premier numéro.L’abonné(e) le sera pour un an, à | compter du premier numéro reçu.» Le roi du polar drôle, c'est— RUMPOLE RUMPOLE: Mm à suivre Que dit la presse de Horace Rumpole, avocat, et de son créateur, le très estimé John Mortimer ?Quel régal, vivement la suite ! - (a Presse Maigret drôle - Le Figaro La coqueluche des amateurs de polars - Libération A déguster - Télécassette I Rumpole: Affaires à suivre, 1er titre de la collection La justice selon Rumpole (12 titres prévus d’ici 1992).Pour commander ou pour plus d’information, retournez-nous le coupon ci-dessous.Suivez-moi vite cet anglais en librairie dès maintenant—publié chez l'Étincelle U i l’Étincelle , CP 702, Outremont, QUE H2v 4N6 Je désire : Recevoir votre catalogue D Commander Rumpole: Affaires à suivre (chèque ou mandat ci-joint 22$) II] M’abonner à la série (je recevrai chaque livre avec votre facture) D NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL k ! Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Madeleine Ferron:une femme fidèle Les nouvelles insolences de Benoit et Chauveau épouse Robert Cliche, alors jeune avocat, et ils vont s’établir en Beauce où elle élève sa famille.Madeleine continue d’écrire à ses nombreux correspondants, entre autres à son frère.Comme celui-ci écrivait des chroniques dans Y Information médicale et qu’il manquait de textes, il décide de publier une lettre de sa soeur qui racontait, sous forme de conte, un événement dont elle avait été témoin.La carrière d’écrivain de Madeleine était lancée.Quelques années plus tard, Jacques propose à Madeleine de réunir les textes qu’elle avait écrits pour VInformation médicale et d’en faire un livre.C’est Coeur de sucre qui paraît chez Hurtubise en 1966.La même année, elle publie son premier roman, La fin des loups-garous.Neuf autres livres suivront, dont des essais historiques sur la Beauce en collaboration avec Robert Cliche.« C’étaient des années époustouflantes.» Ses deux derniers livres, Un singulier amour et Le grand théâtre, sont des recueils de nouvelles.Est-ce à dire qu'elle abon-donne le roman ?« Pas nécessairement.C’est seulement qu’en ce moment je me sens portée vers la forme courte.D’ailleur, ça toujours été le cas.Mes romans sont plutôt des expansions de petites histoires mises bout à bout en courts chapitres.» C’est que le genre de la nouvelle sied mieux, d’après elle, à son souffle et à ses exigences.« Dans la nouvelle, il ne faut pas faire d’erreurs.Il n’y a rien de trop et on met toute la lumière sur la singularité du personnage.Il faut trouver un élément unique Voir page D -12 : Ferron GUY fERLAND Madeleine Ferron est une femme fidèle : à sa famille, dont on connaît le regretté Jacques et la peintre Marcelle; à la mémoire de son mari, feu Robert Cliche; à la région de la Beauce où elle a vécu; à son pays le Québec; à son éditeur; a la littérature et, surtout, à la langue française qu’elle manie magnifiquement dans ses romans et ses recueils de nouvelles.Le dernier-né s’intitule Le grand théâtre publié chez Boréal.Mme Ferron s’exprime avec douceur, par ses gestes et sa voix.Mais c’est pour mieux nous prendre dans les filets tendres de ses propos.De manière simple, elle tient des positions fermes quant à l’avenir du français en Amérique du Nord et à l’indépendance du Québec, qu’elle croit inévitable.« Si ce n'est pas nous qui nous retirons de ce guêpier, ce sera le reste du Canada qui nous rejettera.» Mais malgré tous ses engagements politiques et sociaux, Madeleine Ferron a toujours su aménager un coin privilégié à l’écriture.Depuis qu’elle est toute jeune, elle a baigné dans un bouillon de culture.A Saint-Alexis des Monts, où elle a passé son enfance, l’aîné de la famille, Jacques, était déjà un maître à penser.« Il nous lisait Mallarmé et nous faisait écouter des disques.» Très tôt, Madeleine entreprend de correspondre avec toutes les personnes qui passaient par chez-eux.« Une année, j’ai même eu jusqu’à 22 correspondants.» « On lisait beaucoup et on commentait nos lectures entre nous, les enfants.On était près, aussi, de la nature.On avait un herbier, on collectionnait les couleuvres.Une fois, Jacques a même at-trappé, sans le savoir, un serpent .» À l’école, à Lachine, Madeleine participait à tous les concours littéraires.« Le lundi, se souvient- elle, en classe on lisait toujours la meilleure composition de la semaine précédente.C’était une honte lorsque ce n’était pas la mienne.» Plus tard, c’est la séparation inévitable de la famille.Jacques pratique la médecine dans la région de Montréal et Madeleine Madeleine Ferron dans un décor de vieilles pierres d’un restaurant du Vieux Montréal.PHOTO JACQUES GRENIER L’AFFAIRE ADAM ET ÈVE Une histoire d’intervenants : ta B.M.contre mon bébé Boréal 126 pages GUY FERLAND François Benoit et Philippe Chauveau sont ces jeunes auteurs qui ont commis le crime de lèse-ma-jesté de critiquer publiquement l’ordre social établi en s’attaquant aux adultes gâtés par le système dans leur premier ouvrage, L’Acceptation globale (Boréal).Le succès immédiat de leur livre a montré qu’ils avaient touché juste au coeur d’un problème.Ils récidivent en s’attaquant cette fois à rien de moins que l’histoire de l’humanité et la faute originelle qui a engendré les multiples intervenants.L’Affaire Adam et Êve est un essai percutant et polémiste, dans le style du premier livre, qui touche à tout.Mais il a les défauts de ses qualités : il pèche du syndrome de la grenouille en voulant englober trop de choses à la fois.Une seule énumération suffira à montrer tous les sujets que les fougueux auteurs abordent : les bébés, les immigrants, les pa- rents, le paradis, le malheur, le bonheur, la culpabilité, Laval, le syndicalisme, les fonctionnaires, les clubs Med, les politiciens, le journalisme, le publicitaire, l’éducation, etc.Bref, Benoit et Chauveau tirent sur tout ce qui bouge, ou ne bouge pas.Le problème de cet essai en est un de structure.Même si le fil conducteur, le rôle croissant des intervenants, court tout au long du texte, Benoit et Chauveau n’arrivent pas à resserrer assez les liens pour donner à l’ouvrage une trame unie.Les auteurs n’évitent pas non plus la répétition.Ainsi, dans le premier chapitre, ils écrivent : « Avant la révolution tranquille, le Québec exportait ses enfants.Depuis, on importe des ethnies plus ou moins visibles.» Dans les dernières pages du livre, ils en rajoutent : « On faisait des bébés pour qu’ils travaillent.Maintenant on fait venir des immigrants.C’est plus rapide : quand ils arrivent, ils sont déjà prêts à être utilisés.» Les auteurs n’ont d’ailleurs pas de thèse à démontrer ou à démonter.Benoit et Chauveau affirment simplement avec des formules chocs et drôles les travers de notre société.Jugez-en par vous-même : « De nos jours, la famille compte moins d’un enfant et souvent un seul parent à temps partiel.» « Le bébé est un article désuet.» « Déjà on demandait aux jeunes d’être créateurs, notamment de leur emploi.Aujourd’hui, ils devraient, de surcroît, être procréateurs.» « L’intervenant, comme le serpent, ne sait pas se servir de ses dix doigts.C’est grâce à sa langue qu’il peut se nourrir et se défendre.», « Serait-ce que, pour les sociétés riches, l’apathie vient en mangeant.», etc.Finalement, ce que veulent dénoncer ou constater Benoit et Chauveau, c’est que la multiplication des intervenants de toutes sortes n’entraîne pas nécessairement une augmentation de la qualité de la vie.« La voie était alors toute tracée pour les intervenants : il fallait multiplier les malheurs et les problèmes de l’humanité en lui enlevant la responsabilité.Il suffisait de remplacer le bonheur, intangible, par la qualité de vie, mesurable.Chacun pourra enfin savoir combien de bonheur il a en banque et calculer son manque à gagner.» C’est là l’argument de base à partir duquel les deux auteurs « élaborent » pour expliquer ironiquement l’histoire de l’humanité vers son accomplissement idéal : un club Med sans enfants à Laval près d’un Dunkin Donut.Pour tout dire, l’argument de L’Affaire Adam et Ève est bien mince et traité de façon répétitive, mais les auteurs arrivent à faire sourire le lecteurs par leur insolence, leur sens inné du co mique, et leurs formules insolites.Vient de paraître Une édition spéciale tirée à 800 exemplaires numérotés de JEAN PAUL LEMIEUX ET LE LIVRE * de Marcel Dubé Présentation sous coffret pleine toile.Reliure réalisée manuellement par Pierre Ouvrard.Couverture en papier pur chiffon Saint-Gilles.Tranchefile et signet de soie.Prix: 100 S ÉDITIONS ART GLOBAL 1009, avenue Laurier Ouest, Outremont H2V 2L1 Tél.: (514) 272-6111 ‘ Grande- distinction, Graphisme Quebec H9, catégorie livre Une nouvelle librairie de voyages | J «tj ; MasfB laie COPIES CONFORMES typiquement 1 Éditions Lacombe, 17,95$ RENAUD-BRAY IACOMBE Avec un clin d'oeil à Dashiell % f; W * * Hammett, Monique LaRue mène l'intrigue policière avec jubilation et parle avec force jf de l'amour, de la maternité et pPP du sentiment d'appartenance.f jmmk lÉHHk "¦/Ml .Y A' 5227, Cate-des-Neiges — 342-1515 Editions Rivages ALISON LURIE 4 n\"'U YoV>'* «La romancière américaine de l’heure, Alison Lurie, se penche sans complaisance sur les excès du féminisme.» Gilles Marcotle/ L'Actualité «U VÉRITÉ SUR LORIN JONES forme le texte passionnant, intelligent et drôle d’une femme libre sur les femmes.À ne pas rater.» Le Journal de Montréal ETRANGER y Editions du Seuil RENAUDC D-4 ¦ Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 La panse des philosophes LE VENTRE DES PHILOSOPHES Critique de la raison diététique Michel Onfray Grasset, 1989, 219 pages HEINZ WEINMANN « Je pense donc je suis », on connaît à satiété le cogito cartésien : la pensée sublimée, la possibilité de connaître comme preuve de notre existence.Le philosophe depuis Descartes :• une tête sans corps, sans estomac.MPirg A-, *J PHOTO KEYSTONE Certes, Michel Serres, dans Les cinq sens, avait déjà protesté contre une « philosophie » coupée du corps.Comme jamais aucun philosophe avant lui, il a célébré les cinq sens — et pas seulement l’oeil —, notre porte d’entrée dans le monde.Aujourd’hui, un jeune philosophe français, Michel Onfray, frotté au « gai savoir »> des cyniques, jette un regard critique (et cynique) non sur les manuscrits de quelques-uns des grands philosophes, mais .dans leur assiette.Il a voulu vérifier la célèbre phrase de Feuerbach, premier à avoir mis l’homme de tête philosophique sur ses pieds : « L’homme est ce qu’il mange ».En allemand : « Der Mensch ist was er isst.» On le voit, en allemand, « être » et « manger » à la troisième personne du singulier .sont homophones.Le rapprochement s’imposait donc.Feurbach, à la faveur de son retournement « diététique », s’est, en effet, aperçu combien le savoir dans l’encéphale des philosophes s’est desséché, vicié, sa voir vient du latin sapere, « goûter ».Le « savoir » se goûte d'abord, passe par le palais, pour être digéré, assimilé par l’estomac.La pensée passe donc d’abord par la panse.Avec son air de pas y toucher, Onfray revient donc à l’origine même du savoir.Mine de rien, il faut une défense et illustration d’une diétét(h)ique, d’une éthique du bien manger, d’une gas-trosophie qui part du principe profond : dis-moi ce que tu manges et je te dirai quel philosophe tu es.Certes, Jean-Paul Aaron et Revel sont déjà passés par là.Diogène cynique, grand péto-mane et masturbateur public, se nourrit comme des animaux, comme précisément ces « chiens » (kyne) qui lui ont valu son surnom.Retour à sauvagerie, voilà l’éthique diététique des cyniques.Répudiant le feu pro-méthéen, le cynique ne crachait pas sur un gigot humain.Rousseau, on s’en doute, l’écologiste avant la lettre, est pour les «aliments naturels», une nourriture à base de laitages.Il ne cesse d’ingurgiter ce lait (maternel) qui lui a tant manqué, puisque sa mère est morte à sa naissance.Rousseau se bat pour une civilisation Spartiate, frugale avec au menu du « cottage cheese ».Il est convaincu, en plus, que la nourriture carnée favorise l’avènement de la « barbarie », de l’agressivité guerrière.Soyons pacifiques, restons végétariens ! Attention, Rousseau conclut un peu trop vite.La lo- Une bonne fourchette: Orson Welles gique n’a jamais été son fort ! Bien des bêtes sanguinaires, des révolutionnaires, notamment — Saint-Juste par exemple — ont été des végétariens L’ogre du XXe siècle, Hitler, n’a jamais goûté à de la viande ! Puis, nous assistons à la première (et dernière) cuite du sage Kant et verrons comment cette chute dans l’éthylisme s’est fait sentir dans son éthique.Enfin, c’est peut-être Nietzsche qui a le plus lucidement vu comment la « pensée » n’est qu’un dérivatif d'autres fonctions, plus « basses », physiologiques.« Le travestissement inconscient des be- soins physiologiques sous les masques de l’objectivité, de l’idée, de la pure intellectualité, est capable de prendre des proportions effarantes ».N’empêche, il avait beau pester contre la lourdeur de la cuisine allemande, entraînant immanquablement la lourdeur de la pensée allemande.Nietzsche ne cessait de réclamer des saucisses allemandes à sa mère.Comme il est difficile de s’arracher à son « régime » national ! Morinetti, le futuriste italien,, soulève un tollé général des ménagères, puisqu’il se propose de débarrasser l’Italie de cette « plaie » nationale, les pâtes : spaghetti, fettucini, tortellini qui « entortillent » et alourdissent la pensée des Itaüens.Enfin, nous allons comprendre pourquoi Sartre, qui n’aimait pas manger (aimait-il au fond quelque chose ?), a écrit, devait écrire L'Être et le néant, comprendre sa phobie pour les fruits de mer, les crustacés, pour tout ce qui est gluant, visqueux.Sartre hanté par le « cri de la langouste ».Tout en rédigeant cet article, je ne cessais de « penser » à ce que je pourrais bien manger : car je suis plus convaincu que jamais, après avoir lu, « goûté », l’essai diétét(h)ique de M.Onfray, que la pensée passe par la panse ! Pour un art de la cruauté Recension d’une campagne PHOTO CP Le libre-échange a préoccupé tous les protagonistes de la dernière campagne électorale.C'est avec vigueur que Brian Mulroney s'est fait le défenseur de ce traité.LA GRIFFE DU POLEMIQUE Dominique Garand L’Hexagone, 1989, 235 p.ANNE ÉLAINE CLICHE V -—- Il y a des textes tranquilles, sans angoisse, comme portés par : l’assurance d’arriver ; immanquablement à leur terme.Ce sont des textes lisibles que l’on traverse sans grand dommage, avec plaisir.Et puis, il y a des textes percu-I tants, brûlants, angoissés, fragi-f les, mettant à vif les questions les plus troublantes, des textes que l’on dirait frappés d’une interruption qui insiste et vous arrache à l’espace familier où vous lisez.Ceux-là, ce sont les textes par où la lisibilité s’expie en douleur ou en urgence ou en pensée.Ce sont des textes cruels.Le premier livre de Dominique Garand a ceci d’étrange et d’attirant qu’il participe à la fois de la tranquilité et du remous, de ! l’assurance et de l’angoisse, ; d'une urgence certaine et d'une réserve de temps dans laquelle la lecture s’écoule et s’accomplit.Ce n’est pas un livre cruel et pourtant, il ne s’écrit que parce qu’il cherche à dévoiler'la violence de la genèse, de toute genèse : celle du sujet, du langage, de la parole, de l’écriture.Violence que tout son travail désire reconnaître et faire reconnaître comme la loi même du lien social - ou amoureux ou érotique - et dont nous tissons quotidiennement notre méconnaissance.De quoi s’agit-il ?De quelque chose de trèç simple au fond, et d’irrecevable : de l’Autre, ni plus ni moins.De l’Autre en tant qu’il rompt l’identité, fracture l’« ê-tre » et le fait dériver vers ce qui justement le structure, à savoir une différenciation radicale, sans complémentarité, insuturable.Bon.La « griffe du polémique » serait-elle ce qui vient gratter, rayer le miroir lisse de l’identique et mettre à nu dans le discours la plaie du monde parlant ?Cela pourrait l’être, répond Garand, mais cela ne l’est que très rarement.Tellement rarement que lorsque cela arrive il faut le nommer autrement : l’agonistique, par exemple, ou si l’on préfère, une signature c’est-à-dire l’entrée en scène d’un sujet étranger, inédit et cruel en ce qu’il ne vient là - dans la langue - que pour offrir aux semblables qui s’affrontent le point de fuite qui les cause et les fait causer.Sujet agonique, donc, que Garand appelle pour nommer ce « quelque chose qui dépasse les individus et les manipule, même s’ils estiment pouvoir le maîtriser par des techniques diverses ».Voilà pourquoi le polémique s’enferre presque toujours dans la polémique et que la violence verbale rature son signifiant.Car, di-sons-le, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise violence.Il n’y a que la violence reconnue et jouée, travaillée, et la violence méconnue et agie.Le livre de Dominique Garand souligne cette distinction pour mieux éclairer une séquence mal connue de notre histoire et qui n’est pas sans produire — comme après-coup — un effet de répétition.Il s’agit du conflit entre les régionalistes et les exotiques (sous-titre du livre).L’analyse de Garand qui puise avec souplesse et légèreté aux sources de savoirs aussi divers que la pragmatique, la sémantique et la psychanalyse, vient révéler qu’au fondement de notre institutionnalisation il y a une crise repérable portant à l’écrit ce qui traverse de tout temps la définition de l’être-écrivain canadien français.Polémique virulente, naïve et parfois savoureuse dans laquelle s’affrontent deux discours qui se croient et se donnent pour opposés et que l’on peut entendre comme la lutte obstinée et aveugle entre le particulier et l’universel.Mais ce que cette crise recou- ! vre est beaucoup plus important que le simulacre d’opposition-qu’elle pratique puisque de part et d’autre c’est la signature — l’Autre — qui est évincée.La polémique fonctionne à partir de cette éviction impensée, informulée, celle de l’écriture elle-même en ce qu’elle pourrait bien être la fracture du sujet, son acte singulier ET universel, l’Autre de l’institution.Ce que j’admire dans Le livre de Garand c’est son calme.Disons, sa façon tranquille de pointer vers le sujet agonique pour dire qu’il n’est pas de ce monde hyperinstitutionnalisé de notre littérature.Mais peut-être est-ce aussi cela qu’il appelle un « art de la cruauté» : cette façon près que souriante d’enfoncer sa griffe pour décoller, un peu, la peau lisse du corps social.PLAYING FOR KEEPS The Making of a Prime Minister Graham Fraser Toronto, McClelland & Stewart 1989, 491 pages JEAN-V.DUFRESNE Graham Fraser nous avait enrichis d’un livre excellent sur le Parti québécois.Il récidive, un an après la deuxième victoire de Brian Mulroney, avec la recension, cette fois, de l’une des plus passionnantes campagnes électorales que notre pays ait connue.Passionnante, celle de 1988, parce que ses retombées vont continuer d’influencer le cours des événements politiques pour plusieurs années encore.Accident ou intuition, la publication à cette heure de cet ouvrage, Playing for Keeps, offre, dans la conjoncture actuelle, non seulement une analyse minutieuse de la campagne sur le libre-échange et l’accord du lac Meech, mais fait office de préface en quelque sorte au grand contentieux qui aboutira, en juin prochain, à l’échec ou au succès encore incertain de la tentative de « réconciliation nationale » du Parti progressiste-conservateur.Alors seulement saura-t-on si le célèbre discours de Sept-îles, écrit par Lucien Bouchard pour faire la paix avec le Québec dans « l’honneur », aura été entendu.Il en est ainsi du discours électoral sur le libre-échange, dont la campagne fut, à vrai dire, le grand point d’orgue.Dans un ouvrage de ce genre, le lecteur cherche inévitablement la grande ligne de force, et l’auteur n’ignore pas que sa crédibilité tient pour l’essentiel à la cohérence qu’il donnera aux événements.On y voit comment le multipartisme dans un régime conçu pour un ménage politique à deux, a marqué profondément non seulement les résultats de la campagne, mais influencé continuellement tout au cours des débats la stratégie de chacun d’eux.Ôn y découvre aussi, et c’est réconfortant pour la démocratie, comment ces stratégies tiennent à la personnalité parfois si incertaine des grands acteurs de ce théâtre.Et comment, malgré l’apport de ressources intellectuelles énormes, malgré la compétence assurée des conseillers de tous ordres, combien fragiles sont ces stratégies, combien l’imprévu peut déjouer les plans les mieux faits, et comment, aussi, la panique, littéralement, peut s’emparer d’un parti; jusqu’au point où les Libéraux, dans un geste d’aberration politique inconcevable, se sachant déjà perdus, faillirent déposer leur chef en pleine campagne.M.Fraser s’attache aussi dans le détail à démontrer quelle importance a eue la télévision au cours de cette campagne.Chez les stratèges, cela va jusqu’à l’obsession.Suffit-il que le message ait trouvé son créneau aux actualités dans un clip de 30 secondes, alors la tournée est gagnée.Suffit-il que l’adversaire ait compté ce jour-là le but gagnant, c’est la défaite.Sur cette forme de politique-événement, Graham Fraser ne porte pas de jugement.Il appartient à la génération de ceux qui regardaient la télé en dévorant leur Pablum, et cet aspect de la campagne dont il ne néglige aucun détail convaincra assurément les lecteurs, si besoin est, que dans un pays qui repose sur le consensus, idéologie et céréales se vendent tout à fait de la même manière.À cet égard, le livre de M.Fraser dépasse la simple chronologie.Tout en se tenant à distance professionnelle de son sujet, l’auteur traduit bien l’attitude des Canadiens à l’égard du processus électoral.Malgré toutes leurs divergences, les électeurs, qu’ils soient de Colombie-Britannique ou de Terre-Neuve, partagent essentiellement les mêmes idéaux de justice et d’équité.Ce qu’ils choisissent, en déposant leur bulletin dans l’urne, c’est le parti qui saura le mieux « administrer », pour ainsi dire, ces grandes aspirations nationales.Graham Fraser, avec ce livre, mérite toute la place qu’il occupe maintenant sur les rayons de la solide littérature journalistique canadienne, à côté des Peter Newman et des Pierre Godin.ftUMlHMîniV PageD7 i DÉSORMAIS DISPONIBLE EN LIVRE-CASSETTE de Patrick Süskind Histoire d’un meurtrier Éditions La voix de son livre Coffret de 6 cassettes, durée 9h30 COMPTOIR DE DIFFUSION DU LIVRE: 683-4102 EN VENTE DANS LES MEILLEURES LIBRAIRIES D C.P.5670,suce.C, Montréal H2L 2H0 Tel.: (514) 524-5900 La mort de Marlon Brando roman itnr Gotx ¦ I LA MOÛT DK MAKLON URA’NDO Pierre Gobeil •• Absolument remarquable, le livre'qui m’a le plus impressionné cette année.*> RenéHomier-Roy 108 p., 12,95$ La maison d'éclats récits Michelle Allen Bianca Côté Céline DeGuise Charlotte Gingras Suzanne Lambert Lisette Legault 120 p., 12,95$ Drôle d’école conte : %ïU' «v-’t ^ 4* ., Marie Page Prix Gaston-fSouin 1989.Abondamment illustré des « cent dessins» de Normand Hudon.Pourquoi diable le roi veut-il à tout prix que les enfants aillent à son école?146 p., 12,95$ Le cri d’un clown théâtre Reynald Bouchard Père suicidé.Thème morbide.Peut-être.Mais le comédien réussit le tour de force de faire rire son public.Paul Toutant 120 p., 12,95$ Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 ¦ D-5 • le plaisir des ivres Prix Médicis 1989 Une fameuse gorgée de poison LE LIVRE BRISÉ Serge Doubrovsky Paris, 1989, Grasset 416 pages Lisette AIORIN ?Le feu Au sortir d’une représentation de Tristan et Iseult, de Wagner, François Mauriac raconte, dans son Journal, qu’il « s’appliquait la parole d’Une saison en Enfer : « J’ai avalé une fameuse gorgée de poison ».On ne peut que reprendre l’aveu de Rimbaud, sortant du roman de Serge Doubrovsky, un livre qu'il appelle une « autofiction », et qui est la forme la plus insoutenable, la plus nauséeuse, la moins supportable que je con-naise d’autobiographie.Déjà, l’ayant vu et entendu à Apostrophes, il y a quelques semaines, je n’étais pas tentée d’y aller voir de plus près ; ce veuf, non pas inconsolable, mais consolé par l’écriture, par la confession toute nue, indécente, presque obscène de l’infortune conjugale, du drame d’un couple, sans doute mal assorti — un quinquagénaire qui épouse une femme de moins de trente ans — ce veuf-là m’inquiétait et même m’effrayait.Or, comme il faut bien, le feuilleton est fait pour cela, suivre l’actualité littéraire, j’ai succombé et je sors.brisée, c’est le cas de l’écrire, du Livre brisé, de Doubrovsky.Dieu sait, pourtant, que j’ai utilisé un subterfuge de lectrice qui me sert de temps à autre : j’ai, prévenue par la publicité de chez Grasset que les chapitres les plus tragiquement personnels se si- ’ tuaient, comme il se doit, vers la fin de l’ouvrage, j’ai lu la fin de la première partie, sous-titrée Beuveries, et la dernière et brève conclusion, titrée Disparition.Quand on a traversé, non pas indemne mais soulagée, cet enfer, on est prête à affronter tout le reste, les quelque trois cents pages qui précèdent.L’auteur, un Juif originaire de Russie mais qui a grandi, étudié ( il est sorti brillamment de l’École normale supérieure, le «cloître de la rue d’Ulm> comme l’appelait Romain Rolland ) et enseigné en France, puis a New York.C’est là, en 1979, qu’il a rencontré lise, d’origine autrichienne, qui deviendra sa troisième femme après avoir été son étudiante à l’Université.Lui a déjà vécu deux désastres conjugaux ; il a deux filles, « une surdouée et une sousdouée », comme il le confesse volontiers.Mais épouser une belle fille de 27 ans, quand on a le double de son âge, que les difficultés des précédentes unions, des mères de ses enfants, encombrent sa vie, c’était sans doute courir une fois de plus à l’échec.D’autant que cette femme, intelligente, raffinée, fort critique, fatiguée de l’entendre radoter sur « les femmes de sa vie », lui propose un pacte.Cette fois, il écrira This toire de leur relation.Voilà pour l’anecdote.Mais cette proposition, qui a toutes les apparences d’un bon sujet de roman, se révèle la plus dangereuse, la plus mortelle, la plus diabolique des entreprises.Elle finira par tuer la jeune femme.Serge Doubrovsky après l’avoir fait sombrer dans l’enfer de l’alcool et de l’autofla-gellation, au sens sado-maso-chiste du mot.Après la mort d’Ilse — overdose ou suicide délébéré ?— Serge continuera et finira le roman.Sous la forme de la plus déchirante, de la plus impudique des confessions.Sous forme d’autocritique, il s’efforcera de ne rien cacher, depuis les débuts romantiques et passionnés de leur amour, jusqu’à sa fin sordide.Non seulement ne s’épargne-t-il pas, mais il a choisi de ne rien, vraiment rien nous cacher, de ses petitesses, de son machisme, dans un chassé-croisé de lieux, et même de continents puisque sa vie professionnelle est tour à tour new-yorkaise et parisienne.C’est à Paris que sa femme mourra, loin de lui, au moment d’aller le rejoindre définitivement à New York.Ce livre est terrible.Ce qu’il raconte est angoissant, du début à la fin, et nous entraîne dans les ténèbres sulfureuses d'une sexualité débridée et d’un égoïsme mâle incorrigible.Mais c’est, indiscutablement, une grande oeuvre littéraire.Bien que l’on conçoive difficilement, quand on n’est pas contaminé par la tarentule littéraire, que l’on puisse, à travers ces remords, l'indicible cruauté des souvenirs, trouver la forme littéraire qui convienne au récit.Doubrovsky, dont je ne connais pas les ouvrages précédents, est un prosateur original, son livre est tissé serré, regorge de descriptions efficaces qui ne le sont pas moins d’être souvent morbides et même fangeuses.C’est peut-être là le vrai scandale, l’illustration la plus convaincante que toute littérature est mortelle.Qu’elle peut tuer plus sûrement que l’arme à feu ou l’arme blanche.Seule diversion, dans cette confession brûlante, ce mea culpa qui ne peut entraîner aucune absolution, et surtout pas celle des lecteurs : un très beau portrait de Jean-Paul Sartre, en deux « épreuves », pour utiliser le lan- Un humour peu exportable LE PETIT MARCEL Rafaël Pividal Paris, Grasset, 1989, 288 p.ODILE TREMBLAY En littérature, rien de moins facile que d’amuser.Il faut trouver le ton juste et le maintenir, glisser sans appuyer, contourner la grosse farce, éviter les plaisanteries d’initiés, étonner d’une page à l’autre : délicate entreprise qui, telle une mayonnaise, risque de tourner à chaque étape du processus.Avec Le petit Marcel, Rafaël Pividal échoue à son tour sur les rives du roman comique.Il brosse ici un déliquescent tableau de moeurs, mais l’humour parisien dont il joue tout en surface se révèle bien peu exportable.Même si l’écrivain arrache ça et là quelques sourires à son lecteur, l’hilarité tombe souvent à plat, faute de structures assez robustes pour la soutenir.Son ouvrage ondoie entre l’atmosphère et le vide.FRANÇOIS HEBERT MONTRÉAL jchenerà son meiHeur Le roman Alaska a captivé des millions de lecteurs en Amérique.Tout comme dans Chesapeake et Colorado Saga, Michener séduit tant par sa maîtrise que par son sujet.L’Alaska de Michener est tour à tour celui des Russes, des Américains, des Canadiens, des Chinois, des Japonais.Un royaume mystérieux qui de tout temps a défié les destinées humaines.L écrivain et critique François Hébert nous offre un voyage dans le temps, un témoignage d'attachement pour tout ce qui fait de Montréal une ville unique en Amérique.La collection «des villes» est le lieu de rencontre privilégié entre des écrivains de notre temps et les villes qui les fascinent, car on peut se pencher sur une ville comme on se penche sur un être aimé 1 üniflBfl» AUX EDITIONS CHAMP VALLON gage de la photographie.Doubrovsky se considérait, et Sartre le lui avait confirmé, comme le fils spirituel de l’auteur de La Nausée.Et, pour vous consoler de toutes les turpitudes qu'il vous raconte, il faut relire avec lui Les Mots.Splendide et splendidement écrit ! Pour le reste, et il faut le regretter, c’est le poison qui fait son oeuvre de mort.S a ns espoir de rédemption .même quand on croit à celle de l’écriture.Enfin.le temps de lire! J'ai fuit rumour avec mon thérapeute ll'lftWWtt > V*/ 11 u xtttU- .,i rtumpi 192 pages 19,95$ JiAtiMM.'.'.n IWf/.X' Hr ., LA RÉALISATION D’UN HI.M M ' ŒSMATlNS INFIDELES 220 pages 19,95$ GUIDE DE REDACTION Û W /> •.utmveiies ttuito et Ircriinrr nidoiphooiipit 135 pages 14,95$ Manuel de Journalisme radio-télé 230 pages 19,95$ Dans toutes tes bonnes librairies et chez nos dépositaires Montréal: Agence du l ivre.Coop U Q A M .Renaud Bray.Zone l ibre Québec: Générale Française.Lali berté.Pantoute Hull/Ottawa: Tril lium.Coop UQAII Trois-Rivières: I.ifbac Sherbrooke: Biblairie Ci G C Chicoutimi: lx’s Bouquinistes ^ ÉDITIONS SAINT-MARTIN 4316, boul.St-Laurent, Montréal (Québec) H2W 1Z3 (514) 845-1695 LOGIQUES LOGIDISQUE Offrez-lui l’intelligence pour Noël.Le cadeau intelligent à prix intelligent.IBM 1»C 640 K 84,95$ HUGO PLUS « «imi*\i nu i Ao.dIViIci Ml, Wuidl'rtfrtl 4 J.MitttiMill Wind 5.Wmdsl.it 4.U Su irluitr pu sunnrl, l'I ii itaio puldit l'I I I H tlDlM.H I HUGO PLUS le dictionnaire et la grammaire par Manseau, Malka, Des Roches, Li/.ée-, Hélu Vérifient ion orthographique et grammaticale, compatible avec WordPerfect 5.0, WordPerfect 4.J2, Wordstar 4, Word 5, Écrivain public, Secrétaire personnel.iormal disquette incluse 34,95$ APPRENDRE LA COMPTABILITÉ AVEC BEDFORD par Huguelte Brodeur La comptabilité comme si vous étiez en affaires! 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DU NOUVEAU.rue Laurier! StiOO à minuit semaine 7\ourspar Tél: 279-6384 1005, av.Laurier Ouest Quand la réalité dépasse la fiction LA NUIT DU GÉNÉRAL Gabriel Mérétik Pierre Belfond Paris, 1989, 280 pages Alice R4RIZEAU Lettres ?étror c ières Un livre a lire absolument et à offrir pendant les Fêtes bien qu’il ne s’agit ni d’un roman féministe, ni de science fiction, ni même de ces histoires d’espionnage traduites de l’américain qui de l’avis des éditeurs parisiens se vendent mieux que les Fémina et les Goncourt.Gabriel Mérétik, qui a déjà été correspondant pour France-Inter et TF 1 à Moscou, raconte ! Nous sommes à Varsovie, c’est la nuit du 13 décembre 1981 et il fait très froid.Au mépris des accords signés par le gouvernement, au mépris des discussions et des ententes avec le syndicat Solidarité, le général Jaruzelski arrête ses leaders.Sous le falla-cieux prétexte d’éviter la « guerre civile », sous-entendez surtout l’intervention des tanks soviétiques massés sur le territoire polonais depuis des années, prêts à tirer n’importe où et n’importe quand, la milice défonce les portes et am mène les gens.Mal réveillés, affolés, les écrivains, les artistes, les professeurs d’université et les syndicalistes se font interroger par la milice, emprisonner et .hospitaliser ! Comme dans un film, la voiture occupée par des journalistes français roule à travers Varsovie.Ils essaient de comprendre ce qui se passe et de communiquer, mais les lignes téléphoniques sont coupées et c’est seu- lement en allant d’une maison à l’autre qu’ils parviennent à apprendre quelque chose sans pouvoir pour autant le transmettre.C’est la chasse aux nouvelles, moyen ultime de lutte contre la chasse à l’homme, arbitraire et « musclée ».Gabriel Mérétik évite de présenter les situations extrêmes.Il ne parle pas de ceux dont les noms ne sont pas connus en Occident et qui, cette nuit là, ont attendu des heures dehors, sous la neige, pour être identifiés et interrogés.Manque de place dans les commissariats et dans les prisons ou moyens d’intimidation des membres des premiers syndicats libres de l’Europe de l’Est, peu importe ! Ce qui fait la force et l’intérêt du livre ce n’est ni le drame collectif, ni les péripéties individuelles, mais la description de la simple mécanique des événements qu’il démonte d’une façon remarquable.On découvre grâce à son auteur comment on déclenche le règne de l’arbitraire, à la suite d’une opération méticuleusement préparée et gardée secrète jusqu’à la dernière minute.Les officiers sélectionnés au préalable prennent en charge les médias d’information, la radio et la télévision, les journalistes toujours trop vociférants, il va sans dire, ne peuvent pas communiquer avec leurs salles de rédaction et les rares scribes locaux n’osent pas protester ! Dans les bureaux bien chauffés du général Kiszczak, on croise Urban, puis on rejoint Lech Walesa dans son internement solitaire, le professeur Geremek qu’on arrête sur la route de Gdansk à Varsovie, et Jacek Ku-ron, Adam Michnik et Tadeusz Mggowiecki enfermés dans des cellules qui ne sont pas chauffées, où ils devront rester d’ailleurs plusieurs mois.Gabriel Mérétik mentionne à peine le drame vécu par les mineurs de « Wu-jek » qui se mettent en grève pour exiger, entre autres, la libération des leader de Solidarité.Ici, les forces du Pouvoir chargent, blessent et tuent.Mais ce n’est pas cela La nuit du général.Les côtés trop réalistes de la re- Le général Jaruzelski.préssion telle qu’on pouvait encore la pratiquer il y a huit ans à peine ne sont pas traités dans le livre.Ce qui ressort c’est surtout le jeu de « l’action » et de la « réaction ».Nous sommes en 1981, le mur de Berlin paraît encore très solide et à Prague, comme à Budapest, on décide de fermer les frontières aux ressortissants polonais par crainte de la « conta-giok ».C’est la période où les « Pays Frères » exigent qu’on brouille les ondes parce que les nouvelles concernant le mouvement « Solidarité », jugé subversif, relèvent de « l’Hérésie polonaise ».Gabriel Mérétik retrace, heure par heure et jour par jour les réactions des chancelleries et des postes diplomatiques occidentaux.Le coté fascinant de son ouvrage réside dans la présentation, dans le découpage des scènes et dans les renseignements inédits qu’il a sû réunir.On a l’impression d’assister à une pièce de théâtre qui se joue en même temps à Paris, à Washington, à Berlin ouest et à Stockholm.L’élément déclencheur c’est la contrainte imposée en Pologne avec la « bénédiction » de Moscou, ce sont aussi les déclarations offi- cielles, mais aussitôt suivent les rencontres occultes, les rapports relatifs aux mouvements éventuels des troupes et les réactions des politiciens américains, allemands et français.Dans les salles de rédaction, dans les studio de télévision, les journalistes réagissent.Pendant plusieurs mois ils vont faire l’impossible, dans certains cas, à Paris entre autres, pour rapporter fidèlement ce qui se passe en Pologne et ce que deviennent Walesa et ses conseillers toujours emprisonnés.Par ailleurs, à travers l’événement politique survenu en Pologne se profilent les réactions des fonctionnaires de l’Élysée, comme des personnalités importantes, tel Alexandre Haig qui est justement à Bruxelles d’où il essaie de joindre le président Reagan au Camp David.Gabriel Mérétik refuse pour sa part de prendre position.En guise de postface il se contente de quelques pages sur les événements qui se sont déroulés un certain mercredi, 19 juillet 1989, à l’occasion des élections libres en Pologne, de l’arrivée au pouvoir comme premier ministre de Tadeusz Mazowiecki, du changement total de l’attitude du Kremlin, où Gorbatchev a décrété la politique de la transparance.À la toute fin on trouvera une chronologie succinte, la liste de noms et puis un très beau texte extrait des Carnets de Prison du cardinal Stefan Wyszynski.Fait d’actualité à signaler ! Au début de cette semaine le journal soviétique La Pravda avait publié un article où on décrivait les problèmes linguistiques canadiens et où on référait à la Crise d’Octobre de 1970 pour montrer comment on a réglé au Québec une « insurrection appréhendée ».Décidément, nul n’est prophètes dans son coin du monde ! Au lieu de référer à la « guerre civile appréhendée » si bien contrôlée selon les descriptions de La nuit du général voilà que les quotidiens soviétiques préfèrent chercher des exemples occidentaux .En soit, c’est déjà toute une révolution ! Un panier réussi LE GRAND SANTINI Pat Conroy traduit de l'américain par Éric Chedaille Presses de la Renaissance Paris 1989, 436 pages RÉJANE BOUGÉ Si je me souviens très bien de Robert Duvall dans de nombreux rôles, dont celui dans Tender Mercies, je n’ai malheureus-meent pas vu son interprétation du Great Santini.De même, je n’ai pas lu Le prince des marées, premier roman de Pat Conroy à être traduit en français l’an dernier, roman qui a connu un énorme succès.Après avoir lu cependant Le Grand Santini, ie comprends aisément qu’un réalisateur, en l’occurrence Lewis John Carlino, ait pu s’y intéresser : l’histoire est pleine de rebondissements et les personnages restent crédibles même s’ils ne sont pas spécialement « grandeur nature ».Publié en 1976 aux États-Unis, ce roman précède la vague de ceux qui semblent trop souvent écrits pour le cinéma, opération kamikaze par excellence.En 1962, le grand Santini, alias Bull Meacham, commandant de l’escadrille 367 du Marine Corps dont il a adopté la mythologie en prétendant défendre l’Amérique blanche, conduit sa petite famille à Ravenel, Caroline du Sud.C’est là que ses quatre enfants tenteront une fois de plus de se refaire un cercle d’amis pendant que l’aîné Ben, 18 ans, continue, à travers les déménagements, à tenir la chronique des fois où son père l’a battu.Si l’on ne compte plus les équipes de « cheerleaders » qui sont a l’origine des premiers émois sexuels des adolescents américains de même que les viols autour desquels se cristallise la violence raciale, Pat Conroy réussit à insuffler une vie véritable aux événements qui secouent Ravenel et ce, jusqu’à ce que le « taureau » brûle ses ailes, une fin prévisible dès la deuxième page.Originaire de Caroline du Sud, Conroy est aujourd’hui installé à Atlanta.Les enfants du grand Santini sont, eux, nés en Géorgie.Mais Bull Meacham vient de la Cité des vents, Chicago, et ne tolère pas que ses rejetons aient l’accent de ce coin de pays.Lui, ne mange pas le gruau de mais que sa femme, blonde beauté du Sud, s’obstine à lui servir chaque matin et à côté duquel elle songe perversement à l’enterrer.La voir tomber en désuétude ravirait probablement Mary Anne, l’adolescente de la famille, elle qui a développé une passion pour les mots obsolètes.Ce personnage nous vaut ainsi de nombreux mots d’esprit bien tournés.D’une manière générale d’ailleurs, la langue de Conroy est vive, alerte.En jouant sur les niveaux de langue, il sail être d’une vulgarité aussi étonnante qu’efficace.La traduction a au moins le mérite de faire sentir ce travail même si, à notre oreille, l’argot vient l’édulcorer.Dans ce roman construit autour de la relation difficile d’un FRANÇOIS DUMONT EAU DURE Eau dure se veut surtout une poésie de la durée.Le présent morcelé y apparaît comme un possible passage.l’Hexagone «Poésie .I WP il MCXAGONE • POÉSIE père et son fils, Conroy, à l’instar ballon avec frénésie.Certains de nombreux auteurs améri- lecteurs pourront trouver ces cains, nous parle sport.Pendant moments longuets mais, il faut que le grand Santini plane, Ben en convenir, Conroy fait bien rereste à ras de terre dribblant son bondir le ballon.Amours transatlantiques LA DERNIERE ESCALE DU TRAMP STEAMER ILONA VIENT AVEC LA PLUIE Alvaro Mutis Traduit de l’espagnol par Chantal Mairot et Annie Morvan Sylvie Messinger, Paris, 1989 155 pages et 211 pages HERVÉ GUAY Des cargos moribonds, des gestionnaires à la dérive, bien des villes portuaires hantent les pages de Alvaro Mutis, poète et romancier colombien.Homme et femme aux destins mystérieusement scellés se confessent dans ces romans avant de s’engloutir lentement dans des sables et des eaux tranquilles.La poigne du destin a délicatement saisi leur cou sous la forme conventionnelle et immémoriale de l’aventure amoureuse.Leur amour dure le temps qu’une épave disparaisse, ils se sont soulagés de leur peine devant le témoin que nécessitait leur chute.Le roman tarde à s’ébaucher chez Alvaro Mutis dans la moiteur d’existences errantes et indéterminées.Une langue complaisante instaure la narration.Un témoin lointain s’approche par de multiples détours d’une intrigue amoureuse intense à laquelle il est mêlé malgré lui et qui l’éclabousse hors de sa volonté.À la toute fin, les passions sont assouvies, l’inéluctable s’est produit.À travers les péripéties de personnages rien moins qu’ordinaires, curieusement, c’est ce constat qui sort tranquillement des lèvres d’un protagoniste de La dernière escale du Tramp Steamer : « Elle a appris avec moi que les gens sont pareils dans le monde entier, et qu’ils sont mus Alvaro Mutis par les mêmes passions mesquines, les mêmes intérêts sordides, aussi éphémères et semblables sous toutes les latitudes.Cette conviction bien ancrée en elle, le retour à son monde était facilement prévisible et prouvait une maturité très rare chez une femme d’aujourd’hui», (p.149).Oui, toutes les vicissitudes d’une existence mènent aux mêmes déchirements, les êtres se transforment en marionnettes agitées par la fatalité pour qui le naufrage est inévitable.Leur histoire mérite cependant d’être racontée, sans en estomper complètement le mystère, sans expliquer non plus les coïncidences qui ponctuent chaque vie, correspondances ténébreuses et nécessaires, pareilles aux songes, lesquels influencent la suite du monde.Alvaro Mutis réussit à marier dans ces parcours d’êtres aux longs cours aventures, surprises et mystères, comparable en cela à un Julien Gracq sud-américain, la lancinance et la lourdeur en moins, la fantaisie et le bavardage en plus.Avec ce second volet des Entreprises et tribulations de Magroll el Gaviero ainsi que La dernière escale du 'IYamp Steamer nouvellement publiés chez Sylvie Messinger, voici deux récits enchanteurs et cosmopolites qui possèdent sans conteste un charme insolite bien à eux. Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 ¦ D-7 • le plui sir Je s mes Allons lire si le vin est bon PIERRE SÉGUIN L’ENCYCLOPÉDIE MONDIALE DU VIN Torn Stevenson 480 pages, Flammarion Décrire brièvement et justement la presque totalité des appellations et vins du monde m’appa-raîssait comme un travail quasi impossible.Torn Stevenson y est arrivé avec son encyclopédie.Un ouvrage colossal ! La France occupe la place prépondérante.Les grandes régions et communes font l’objet d’une étude détaillée.Les principaux châteaux bordelais sont présentés, notes de dégustations, encépagement et statistiques de production à l’appui.Toutes les appellations bourguignonnes sont décrites et suivies d’une liste (parfois déficiente) des bons producteurs pour chacune.Il y va de même pour la vallée du Rhône, la Loire, La Champagne.Les autres pays producteurs sont tous présentés avec la même rigueur et compétence : l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Australie, le Chili .et même le Canada ! Le tout est abondament illustré de cartes claires et faciles à consulter, de belles photographies et de nombreuses étiquettes.Jacques Puisais résume bien le travail de Stevenson, « la plus ex-haustive, la plus actuelle et la plus documentée des encyclopédies mondiales du vin ».J’ajouterais pour ma part que, s’il n’y avait qu’un seul livre sur le vin à posséder, ce serait celui-là.LE GUIDE HACHETTE 1990 DES VINS 927 pages, Hachette.Chaque année plus de 400 dégustateurs besognent à goûter plus de 10,000 vins pour retenir environ 6000 crus qui formeront l’essentiel du Guide Hachette.L’édition 1990 est le cinquième millésime de ce guide et la plus considérable.Bien que la majorité des vins décrits dans le manuel ne soit pas disponibles chez nous, de nombreux vins en vente au Québec sont décrits dans le guide.Les notes de dégustation sont claires, concises et fiables.Environ 90 pages renseignent le vinophile sur les généralités qui entourent la consommation du vin : les verres, la cave à vins, le vieillissement, la dégustation, la vigne, la vinification et les mariages vins/mets.Bref, un guide d’achat valable ainsi qu’un compagnon utile pour le touriste-vinophile qui séjournera bientôt en France.Bordeaux MASTROJANNI MICHEL SOLAR LE GRAND LIVRE DU BORDEAUX Michel Mastrojani 191 pages, Solar éditeur Voilà un livre des plus agréables à consulter, à lire ou à feuilleter.Il n’y a pas une page où l’atten-tion du lecteur n’est pas attirée par une des très belles photographies réalisées par l’auteur.Tous les aspects du vignoble bordelais sont couverts : l’historique, la géographie, la vinification, les cépages et naturellement les appellations d’origine et les célèbres châteaux et vignobles qui ont fait la renommée de la région.Les crus prestigieux ont la place qui leur est due mais les appellations moins connues ne font l’objet que de commentaires superficiels.Ce qui est une lacune considérable puisque les crus classés bordelais ont déjà été décrits dans de nombreux ouvrages, alors qu’il y a encore des trouvailles à faire dans le Fronçadais, dans les communes satellites de Saint-Émilion .Ce livre n’en de meure pas moins un excellent document d’introduction aux vins de la plus grande et fascinante région vinicole du monde.LE VIN ET LES JOURS Émile Peynaud 367 pages, Dunod éditeur.Les amateurs de vins de Bordeaux connaissent Emile Pay-naud pour sa contribution inestimable à l’oenologie moderne.Si les grands vins rouges de ce monde sont meilleurs aujourd’hui qu’il y a 30 ans, Peynaud y est pour beaucoup.Son travail lui a valu le sobriquet « Monsieur Bordeaux ».Après les oeuvres scientifiques de référence sur l’oenologie, il nous a offert un livre (indispensable) sur la dégustation Le goût du vin et ensuite un traité d’oenologie à la portée des professionnels et des amateurs intitulé Le travail de la vigne et du vin.Ces excellents livres sont caractérisés par la rigueur propre à ce grand biochimiste.Sa dernière contribution à la bibliothèque du vinophile brise la tendance.En reprenant les grands thèmes du vin, de son histoire, de la vinification, du travail de la vigne, il nous livre sa pensée, sa philosophie.On lui découvrira aussi un côté artiste et sensuel (nécessaire à mon point de vue pour faire de grands vins).Certains chapitres nous donnent l’impression d’être à feuilleter ses carnets intimes et journaux de bord ou, comme il le dit si bien, « les chroniques d’une vie passée dans l’intimité des plus grands vins du monde ».Certainement un classique de la littérature bachique.J’en ai fait mon livre de chevet.pl mê k U 'a?imKf Y* % vta du citoyen J : ’ ' / " 4 ¦> .< - V?BEAUJOLAIS, VIN DU CITOYEN Georges Duboeuf et Henri Elwing 217 pages, J.C.Lattès Si chaque région viticole a sa figure de proue, Georges Duboeuf est la personne toute désignée pour le Beaujolais.Figure dominante du négoce, il a mit le vin du beaujolais sur les tables du monde entier et est devenu, ce faisant, « Monsieur Beaujolais ».Le livre qu’il signe avec Elwing est une succession de chroniques anecdotiques où Duboeuf nous parle des vins qu’il aime (et qu’il vend), de l’histoire du Beaujolais et de ses vignerons sympathiques.Il nous raconte aussi sa propre histoire ; du fils de pauvre vigneron d’hier au célèbre et riche négociant qu’il est aujourd’hui.Quelques données techniques complètent le livre.Une réserve : le ton délibérément populiste est inutile et agaçant.Pourquoi pas une version en « jouai » pour les consommateurs québécois ?N’ayez crainte monsieur Duboeuf, nous ne doutons pas de votre attachement vicéral pour ce très beau vignoble et ses vignerons.D’ailleurs vos vins parlent bien.¦ Champisiiy Limasse Iwmmuil CANADIEN ONT BEAUCOUP NOMS PROPRES OUANO I;, unisse YOU NU N • • • t ROBERT Chansons a se Tordre, (livre cassette), l’or.1.1 I .V.UkitJp rôg.24,95 19,95 Comment ça marche, P.1V*1 M.U .lltf.lÿ l .UlHISSti rôg 45,95 34,95 Découvre le monde, la collection de 6 volumes, PIk1.iI rog 41.70 32,95 Dictionnaire Visuel junior en couleurs, QuebociAinôttque rôg 19.95 14,95 Le lourd passe de Lagalle, Gaston, Dupuis rég 9.95 7,95 Le peli! Robert des Enfants, f lotit*! rég 34.95 28,95 Les Animaux en danger, (livre-jeux).Qunlln el Poulin.Mi(iu4 l ALIMENTS Juliette Pomerleau Yves Kx-ewher»'11 Prix en vigueur du 9 au 15 décembre inclusivemenl ou jusqu'à épuisement des stocks DICTIONNAIRE VISUEL \l I M II) U \( w ;i Je rr ¦¦ ¦ ¦ Alain Peyrefitte *ITC RUTH ESCOBAR nstrrri r.t a !)( SKIU'MAT 1 C-omptoirs du Sud ie lune l’ne vi< le petit cotps’ip ROBERT VAUTRIN le wawazon 1 ’t grand pas r,'rs i‘‘ finir ! hr t "Cl Ihl», 20% ! ESB EM COUPONS-RABAIS SAUF SUR LES LIVRES DÉJÀ RÉDUITS COMMANDES TÉLÉPHONIQUES OUVERT DE 9H À 21H TOUS LES JOURS, MEME LE DIMANCHE Livre' monstre des ENFANTS • - •• n?n IL.r v Lr U l J Champiôny LIBRAIRIE CHAMPIGNY INC., 4474, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL (QC) H2J 2L1 TÉL.: (514) 844-2587 l D-8 ¦ Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 le plaisir des Pour l’amour de Picasso FRANCE LAFUSTE À une jeune femme qui lui dit un jour: « Tu vois, dans cinquante ans, je pourrai dire beaucoup de choses sur toi », Picasso répondit: « Lorsque je ne serai plus là, il y aura quelqu’un qui m’a aimé pour dire des choses justes sur moi.Et pas n’importe quoi.» Geneviève Laporte et Pablo Picasso se quittaient en 1952.Mais pendant un an, Geneviève Laporte partagea son intimité.Pendant trente ans, elle gardera pour elle dessins et souvenirs.Jusqu’au jour où elle rompra le secret, « pour régler sa dette ».Aujourd’hui, elle publie un livre, Un amour secret de Picasso, récit d’un an de bonheur entre l’atelier des Grands-Augustins et le village méditerranéen.Sous sa plume, le démiurge, disparu il y a Un des dessins de Picasso qui pare le livre.seize ans, retrouve sa fragilité d’homme accablé par le génie, cette « calamité de naissance » disait Cocteau, l’un de ses amis.Mais avant de connaître l’homme, c’est Picasso le génie qu’elle rencontre.Élève au lycée Fénelon en 1944, Geneviève Laporte, (elle a à peine 17 ans) doit faire un papier sur le peintre.Sept ans plus tard, elle le retrouvera et sera son âme soeur.Bonheur sans nuages que cette Au- vergnate à la soixantaine plantureuse résume ainsi: « Avec lui, tout était dans la joie et la tendresse.Picasso était un homme très joyeux, le contraire du clown triste.Il plaisantait facilement, imitait Charlie Chaplin et chantait des valses-musettes ».Une joie de vivre que des doutes sur la valeur de son oeuvre et sur son devenir venaient parfois ternir.Quelques paroles résonnent à sa mémoire: « Ce qui est terrible, disait-il, c’est que je suis comme le roi Midas.Tout ce que je touche se transforme en or ».Ou encore : « Quand je pense aux gens qui m’envient parce que ma peinture se vend bien ! Le vrai prix de mes tableaux, s’ils le connaissaient, personne ne voudrait le payer ».Autre commentaire souvent entendu: « Je n’ai pas voulu la célébrité.J’aime trop la misère.C’est pour cela que j’ai fait des têtes avec des nez de travers: pour dégoûter les gens ! Rien à faire.Ils ont trouvé que c’était “joli”! Et les plus jolis sont parfois les plus épouvantables, s’ils savaient voir ! » Elle dira encore que Picasso était un homme habité et que sa religion était non pas chrétienne mais héllène.Fasciné par le monde ésotérique, le Catalan temps se sera heureusement un peu arrêté.Aux dessins qu’il faisait d’elle à la volée, elle a répondu par des poèmes.Car cette belle nature, diplômée de l’École normale supérieure, a toujours eu l’amour de la poésie, « ce trait-d’union entre le ciel et la terre ».L’apport de Picasso dans tout ça ?Un regard sur les choses, une façon de relativiser.Que lui a-t-elle donné en retour ?« La jeunesse mais aussi la possibilité de respirer à son rythme, sans contrainte ».Pendant cette année parenthèse, la jeune femme verra naître son art, coup de crayon griffonné sur une nappe de restaurant ou trait plus affiné, autant de dessins dont elle connaît les secrets.« Il y avait concordance absolue entre l’esprit et la matière.Mon sentiment, c’est que sa main droite allait aussi vite que sa pensée.C’est là pour moi une des manifestations du génie.» N’empêche qu’elle l’aura vu s’acharner sur un seul trait, cracher dessus et le reprendre jusqu’à trouer le papier.« Le dessin, ce n’est pas une blague » se plaisait-il à dire.L’image du minotaure, du macho matador, vole en éclats dans ce récit au quotidien.Reste une « histoire d’amour ordinaire » et le sentiment, à peine avoué, d’avoir été « le seul amour et vraisemblablement le dernier amour de Picasso.» Geneviève Laporte lors de son récent passage à Montréal.cherchait des réponses dans l’Orient, ce « vaste gâteau de civilisation dont l’Occident n’est qu’une miette ».Homme de contradictions, il avait adhéré au parti communiste, tout comme ses amis Eluard et Cocteau, pour contester la dictature de Franco.Pourtant Moscou l’avait mis à l’index.Instable dans ses amours, il avait aimé et perdu Fernande Olivier, Eva, mais aussi Olga Kokhova la danseuse de Diaghilev, la Suissesse Marie-Thérèse Walter et Dora Maar, le profil vociférant de Guernica.Au moment où Geneviève entre en scène en 1951, il est sur le bord de la rupture avec Françoise Gilot.Avec celle qui dit être la plus jeune des trois rescapées de la féminine saga picassienne, le Les symboles de la bohème KIKI ET MONTPARNASSE 1900 1930 Billy Klüver, Julie Martin traduit de l'américain par Edith Ochs Flammarion, Paris 1989 264 p.(91,00$)- ODILE TREMBLAY « Kiki est la femme la plus célèbre et la plus aimée de Montparnasse.Chacun s’accorde à la trouver belle, gaie, sensuelle et provoquante, mais aussi bonne fille et généreuse.» Illustre dans tout Paris, et bien au-delà, Kiki est devenue le symbole de la bohème artistique d’avant la seconde guerre.C'est sur les traces de cette époque bénie et de sa reine que partent Billy Klüver et Julie Martin dans Kiki et Montparnasse 19001930.Ce superbe document abondamment illustré cumule des centaines de photographies et de reproduc- GEORGES RABY L’IMPOSSIBLE JEUNESSE NOUVELLES MIEUX QU’UN ROMAN.des nouvelles de Georges Raby! |88l l In même personnage cherche un nouveau visage à la vie.D’élranges rencontres au coeur du Plateau Mt-Royal.Une imagination rare! Un souffle érotique vivifiant! À lire sans faute, dirait Pivot.(Illustration: Dominique Epaule) ÉDITIONS DU BOUC I m petite maison de la vraie littérature Diffusion: Québec livres (136 p.) $11.95 1900-1930 Billy Klüver Julie Martin val tions d’oeuvres d’art.À l’aide de pièces d’archives et de témoignages, les auteurs font renaître les années folles qui furent le bouillonnant creuset des principaux mouvements artistiques de notre siècle.Autour de Kiki, le modèle préféré des peintres et des photographes de Montparnasse, reprennent vie aujourd’hui Cocteau au bras de Raymond Radiguet, Picasso et Appolinaire dans leur Bateau Lavoir, le beau et génial Modigliani, Max Jacob, le couple Delaunay, tant d’autres.Et Man Ray, bien sûr, qui dans sa chambre noire, perpétuait sous tous ses angles une kiki dont il était follement épris.Ce magnifique volume retrace et immortalise leur histoire, leurs amours et leur quête.Il constitue un cadeau merveilleux que sauront apprécier tous les amoureux de Paris et de l’art.I EST revue de la nouvelle 1 an / 4 numéros ,.„w< «il* Étudiant* 15$ Régulier 18$ Institution 20 $ Étranger 25$ Nom Adresse.Ville- Code postal.96 p.— 5 $ * Justificatif XYZ Éditeur: C.P.5247, succursale C, Montréal (Québec) H2X 3M4 La délivrance du peintre MAN RAY (1890-1976) Gallimard 350 pages JACQUES GRENIER Man Ray, un nom qui s’impose par la diversité des oeuvres aussi bien en peintures qu’en photographies.Un nom qui s’inscrit tout au long d’un livre luxueux dédié à sa mémoire.Merry Foresta, avec six collaborateurs, scrute l’esprit inventif de cet homme d’origine américaine qui proclame son affranchissement de tous les liens et devoirs imposés par la société.En défiant la tradition, il laisse une oeuvre déroutante que ce livre s’est donné pour objectif d’unifier par une analyse fort bien documentée des différentes étapes de sa vie tant aux États-Unis qu’en France où il s’établit en 1921.Enrichi par de nombreuses illustrations couleur et noir et blanc, le texte établit différents parallèles avec les personnalités artistiques et intellectuelles qui ont marqué son époque.Ainsi, se référant aux photogrammes de Man Ray, Jean Cocteau écrit : « Vous venez de nouveau délivrer le peintre.Vos groupes mystérieux remportent sur toutes les natures qui essayent de vaincre la toile plate et la boue prestigieuse des couleurs».Man Ray savait donner libre cours à son imagination par des expériences picturales innovatrices.L’étude comparative de ses oeuvres dans cet ouvrage aide à la compréhension de son cheminement.Influencé par le surréalisme, ce peintre-photographe a aussi réalisé des courts métrages, dont l’Étoile de mer, sur un poème de Desnos où la fantaisie se manifeste à l’image de son auteur.Ctiampisny Gemma TREMBLAY Poèmes I960 1972 L Hexagone • Rélnispeuivcs WÊÊÊSÊÊÊÊÊÊÊÊÊ^M * ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) II2T2G2, TT (514) 842-3481 Distributeur exclusif: Québec livres, TT (514) 327-6900 Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 ¦ D-9 O le plaisir des ivres L’élégance sacrée du temps L’imagerie de l’âme à&JZk J01 lis III (OU III «en***» S*" * "îsrrôBw ¦ fuu* «umiW*4 J*?*.*1*™*'"* •ŸhW PCaiU Akthauo Il faut lire JOURS DE COLÈRE de Sylvie Germain, Gallimard 23,95$ SACjAMIE/QUEDEC La photographie actuelle CHANGE 'SSBail'argeo^ $ 161 pa8cs (avec photos) MICHEL CAMPEAU • PENNY COUSINEAU • MARIE CARANI • PIERRE DESSUREAULT • EVER-GON • MICHEL GABOURY • GAÉTAN GOSSELIN • LUCIE LEFEBVRE • HENRI ROBIDEAU • RENO SAL-VAIL • CHERYL SOURKES • GABOR SZILASI • ANN THOMAS • KATIE TWEEDIE.Quinze photographes et spécialistes de la photographie actuelle présentent leurs recherches et leurs approches de l’image.Faites bonne «impression»: un cadeau idéal en ce I50e anniversaire de la photographie.Diffusion Raffin (514) 325-5553 «Un auteur intrépide, dont l'originalité, dans le petit monde romanesque si souvent copieur, suiveur, est un signe de durée.» Lisette Morin — Le Devoir PUBLIE DES PHOTOGRAPHES PRIX FEMINA GUÉRIN JACQUES LAMOTHE LE FOLKLORE DU TEMPS DES FÊTES LES ARTS SACRÉS AU QUÉBEC Jean Simard photographies de François Brault Éditions de Mortagne Boucherville 1989, 307 pages FRANÇOISE LAFLEUR Ce magnifique livre d’histoire de l’art se révèle une « véritable imagerie de l’âme du Québec », tel que le définit lui-même l’auteur.Des trésors d’architecture, qui sont autant d’envolées vers le ciel, nous font découvrir un peuple qui croyait en Dieu.Partout au Québec, des églises, des croix de chemin, des cimetières, des statues colorent le paysage.En créant des oeuvres qui relèvent de l’artisanat populaire, de la décoration intérieure, de la peinture, de la sculpture, nos ancêtres ont témoigné de leur totale confiance en l’au-delà.L’ouvrage nous fait suivre l’itinéraire du chrétien, le chemin que celui-ci emprunte pour se rendre à l’église de son village.L’histoire, vue ici avec la lunette de l’ethnologue réputé Jean Simard et avec l’oeil du cinéaste François Brault, devient des plus intéressantes.Et l’on pénètre dans le temple du sacré, en compagnie de personnalités du monde de l’art telles que les Levasseur, Victor Bourgeau, Alphonse Venne, Adrien Dufresne, Louis Jobin, Alfred Laliberté, Ozias Leduc et bien d’autres.L’église et la paroisse divisent en deux parties cet admirable ouvrage de synthèse sur le patrimoine sacré.L’église y est d’abord décrite dans son architecture extérieure, puis dans son décor intérieur.Sculpture, peinture, orfèvrerie et arts décoratifs sont au rendez-vous, témoignant des joies, des peines et des espérances de nos aïeux.Puis, quittant l’église, la deuxième partie nous fait traverser la paroisse « au paysage marqué par les signes du sacré», avant de nous conduire à la maison où l’habitant entretient sa croyance en un Le Folklore du temps dos Fêtes CHATEAUX ANGLETERRE CHATEAUX EN ANGLETERRE Présenté par le duc de Marlborough Photographies de Earl A.Beesley et Garry Gibbons Paris, Arthaud 1989, 151 pages CHANTAL BEAUREGARD Ces huit châteaux d’Angleterre sont tout autant éloge du patri-moine que témoignage de l’histoire.Sur les 78 photographies en couleurs prises à différentes saisons, on peut admirer, avec les changements de lumière, la majesté et l’élégance de ces châteaux au coeur de paysages de rêve.Car, au-delà des styles de l’ar- La poésie des grandeurs LES FEUX DU CIEL Étoiles, galaxies et autres merveilles de l’univers William K.Hartmann et Ron Miller Robert Laffont 190 pages GUY FERLAND Qui sommes-nous ?D’où venons-nous ?Où allons-nous ?Telles sont les questions classiques que l’homme se pose depuis les débuts de l’humanité.À l’époque de l’Antiquité, les philosophes spéculaient sur ces thèmes.Aujourd’hui, les sciences tentent de répondre scientifiquement à ces questions.Dans Les feux du ciel, les auteurs font le point sur les dernières découvertes en astronomie qui apportent des éléments de réponses aux interrogation de l’homme face à son destin.En traitant de sujets aussi variés que la formation des étoiles, révolution des étoiles vers les géantes rouges ou les naines blanches et les trous noirs, les systèmes stellaires, la formation des planètes, les catastrophes planétaires, la nature de la Voie Lactée, la composition du noyau galactique, le célèbre Big-bang et finalement la vie ailleurs que sur la terre, Hartmann et Miller offrent des éléments de réponse à notre anjgoisse existentielle, comme dirait Sartre.Mais ce qui fascine le plus, dans ce volume de vulgarisation scientifique, ce sont les illustrations époustouflantes de mondes inaccessibles à l’oeil nu.On reste estomaqué devant plus d’une image.Par là, le livre atteint à une sorte de poésie des grandeurs qui enchante l’esprit et nous fait apprivoiser une matière froide.Mais même si la science progresse à pas de géant, les scientifiques restent des boy-scouts devant l’immensité de l’univers, comme en font foi les propos suivants des auteurs : « L’univers contient bien plus de lieux que notre savoir.» chitecture ou de la décoration extérieure, on s’émerveille devant la beauté d’un parc attenant à la propriété ou devant une vaste fontaine.Châteaux en Angleterre tente de traduire, en images plus qu’en mots, le cadre naturel de ces châteaux ainsi que « cette aura reconnaissable entre toutes, la trace sacrée du temps ».Le côté grandiose des jardins est attribué aux jardiniers anglais qui organisaient l’espace paysager en respectant le cadre naturel de l’environnement.La courte présentation sur l’origine et l’histoire de chacun des domaines met en relief les grandes familles de l’aristocratie.D’ailleurs, la plupart des châteaux sont encore le lieu de résidence de familles qui y vivent depuis des générations.Dommage qu’on ne présente aucun intérieur, comme des pièces remplies de collections d’oeuvres d’art, d’armures et de pistolets anciens que j’ai pu voir au Warwick Castle.Ce livre reflète des qualités esthétiques formidables.C’est le cas des huit dépliants de près d’un mètre de long, qui restituent à ces bâtiments leur réelle splendeur.|i:.\\ SIMARDi monde meilleur au moyen de divers objets, « de l’oratoire extérieur à la boîte d’images».Le livre se veut un complément à la série de films documentaires sur « les arts sacrés au Québec », réalisés par François Brault qui sillonna le pays, rapportant de sa longue pérégrina- tion 100,000 photos illustrant « la manière de vivre et de mourir » de ses habitants.À l’aide d’une iconographie abondante qu’on ne peut qu’admirer, l’ouvrage nous entraîne dans un voyage particulier à travers trois siècles d’histoire.Cela ne peut que fasciner.L 'ft* >v i >*î fTWMtÛQT* onnaissez-vous cette femme?“Si une fille d’origine modeste comme moi a réussi, même après avoir abandonné les études à treize ans, n’importe quel individu talentueux peut en faire autant”, confie Maureen Forrester dans son autobiographie.Au-delà du personnage nous révèle une femme décidément moderne qui aime la vie passionnément.Une rencontre unique avec une femme unique! Cessez d’être les acteurs passifs de traditions qui vous échappent! Avec Jacques Lamothe redécouvrez l’origine et le sens des fêtes.Un livre-cadeau incontournable.EDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE 4501, rue Drolet, Montreal (Québec) II2T 2G2, tr (514) 842-3481 Distributeur exclusif: Québec livres, TT (514) 327-6900 D-10 ¦ Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 • le plaisir des ivres À chaque jour suffit sa peine r : s ?1 i i \: \ z i 5 ?i FRANCE LAFUSTE Il ne s’appelle pas éphéméride, encore moins carnet de rendez-vous ou pense-bête mais tout simplement agenda.Il est dans toutes les serviettes de ministres, d’étudiants, de comptables, de journalistes, de gens d’affaires.La mémoire n’y est plus la faculté d’oublier.Réglons tout d’abord le cas des ministres et des hommes d’affaires.Pour eux pas de fioriture.Leur pense-bête s’appelle Agenda professionnel type Quo Vadis ou Exa-Compta.Petites concessions.L’agenda Aupel agrémenté de quelques dessins au crayon représentant monuments et chasseurs esquimaux, ou même l’agenda pictographique de Québec Agenda, suffisent à détendre tous ceux qui marchent chronomètre en main.Les agendas pratiques personnalisés forment le plus gros du peloton.La méthode est simple, la denrée abondante.À chaque jour sa maxime, ses citations d’écrivains, ses petits conseils sagaces, ses dates fétiches.Souvent spiralés, parfois reliés : Agenda littéraire du Québec (Guérin littérature), agenda étudiant de la réussite, de l’automobiliste, des Canadiens avec photos couleurs des as du patin et de la rondelle, (Editions Québécor), agenda des jeunes, autocollants compris et même agenda des romantiques pour les inconditionnels de Danielle Steel.Sans oublier la série des agendas moralistes, regains de vie et monde meilleur : Agenda du succès, de la réussite, de la croissance personnelle, des gagnants, avec leurs sésames et autres formules pour « winners » qui s’igno- mrik; tutu 1990 .; ms m ¦ PHOTO JACQUES GRENIER L’embarras du choix: c’est ce qu’affronte l’acheteur d’agenda.rent.Signés Québec Agenda, un monde différent, de Mortagne, Québécor.Plus soignés, les agendas paysagistes et naturalistes : paysages du Québec, les oiseaux les plus connus du Québec (Québec Agenda), oiseaux du Canada et Agenda de la nature canadienne (Héritage), loisirs de plein air (Québec Science Editeur) et agenda de l’UNICEF avec ses visages d’enfants du monde.Et à mi-chemin entre l’art et le tourisme, se trouvent les agendas sur Paris et sur la Provence aux éditions Rivages.Leur point commun ?Une photo couleur sur la page de gauche.Plus élaborés : les agendas pour fins palais et bonnes fourchettes : Agenda gastronomique des affaires, Agenda du vin.Le premier est un guide des meilleures tables de Montréal, de Québec et de la province.Il comprend entre autres une carte routière indiquant bonnes auberges et relais de campagne ainsi que des articles sur les vins avec les meilleurs choix pour 1990.(Aux Éditions Thierry Debeur).Le deuxième passe en Penser l’art CLAIRE GRAVEL L’ART GREC John Boardman traduit de l’anglais par Hélène Pujo-Meynier 250 ill.couleurs et noir et blanc Thames & Hudson, Paris 1989 252 pages Professeur d’,art classique et d’archéologie à Oxford, Sir John Boardman a écrit de nombreux livres sur l’art grec.Ce dernier, écrit en 1985 et récemment traduit, a acquis une grande popularité.Il couvre tout l’art grec, de la période géométrique des vases décorés à l’assouplissement des motifs et l’introduction du style figuratif dû à l’influence du Proche-Orient, jusqu'à la fin de la période hellénistique.Boardman aborde son sujet en historien, situant la trame des enjeux commerciaux, des « trafics » de styles qui vont modifier l'architecture, la sculpture et les arts décoratifs.Les formes, les sujets, Champisny LES PRIX SONT PAF.J Page D7 ÉDITONS PAULINES-IEUNESSE DES LECTURES DE QUALITÉ Francine Pelletier Le Crime de l'Enchanteresse i:.Æ f I LE CRIME DE L’ENCHANTERESSE Francine Pelletier Un meurtre est commis sur la planète Arkadie et les premiers soupçons se portent sur un oiseau mystérieux.128 pages — 6,95$ LA NEF DANS LES NUAGES Daniel Sernine Anne a des visions et se trouve mêlée à une intrigue internationale.Des moments de suspense dans un décor fantastique.160 pages — 6,95$ ep ÉDITIONS PAULINES 3956, bout Henri-Bourassa Est Montréal, QC, H1H 1L1 Tét: (514) 322-7341 revue les millésimes des cavistes de France, un mémento des appellations, des pictogrammes et des illustrations ainsi que des photos couleur des régions d’origine.(Aux Éditions Chêne).Les éditeurs font aussi la part belle aux agendas instructifs, à usage pédagogique : dans cette catégorie, sont tout particulièrement intéressants : Le livre de tous les jours, Mon premier agenda, assorti de poèmes choisis (Gallimard), La science par la bande dessinée (Casterman), L’agenda en Europe, de Gutenberg à Bruxelles, en passant par l’Europe de Madame de Staël et d’Umberto Ecco (Éditions Chêne).Et carrément ingénieux : l’agenda de Gervaise Pi-lon-Lucier pour élève et chercheur, qui donne des tuyaux sur la façon de prendre des notes de cours ainsi qu’une liste des livres groupés par thèmes et classés selon le système décimal Dewey.Les planificateurs qui ont le sourire au coin de l’oeil et savent arrêter le chrono aimeront bien sûr le dernier né d’Albert Brie, l’Agenda du silencieux (Éditions Héritage), l’agenda Croc avec ses perles ni chastes ni pures, le Mafalda de chez Glénat, le Juste pour rire et ses blagues de comique troupier.Autre petit nouveau : le Petit blagueur aux Éditions Lougarou.Outsiders au royaume des petits plaisantins : l’Agenda des femmes, qui souligne l’anniversaire du droit de vote reconnu aux femmes du Québec il y a cinquante ans à grands renforts de textes amusants signés par six écrivaines ou monologuistes célèbres dont Suzanne Jacob, Hélène Pedneault et Monique Proulx (Éditions du Remue Ménage) et l’Année du chant avec dessins d’enfants et bulles humoristiques (chez Cas-termann).Agendas utiles, agendas sympathiques, mais aussi agendas pour le plaisir de l’art : du 7e d’abord avec le superbe Agenda des cahiers du cinéma, photos blanc et noir (Éditions de l’Étoile).Sans oublier cet art médiéval qu’est l’enluminure : élégant agenda perpétuel enluminé des dames du temps jadis.Le titre est une invitation en soi.(Éditions Solar).Le Musée du Québec a ses reproductions de peintures de Cockburn, Adrien Hébert, Marc-Aurèle Fortin entre autres, le Musée canadien des civilisations ses photos couleurs d’objets recueillis par l’anthropologue Marius Barbeau et ses photos noir et blanc prises par lui entre 1911 et 1968.Aux Éditions Les Petits frères, on s’est entiché de la gent canine photographiée avec ou sans ses maîtres dans un style proche de Boisneau ou de Cartier-Bresson.Et entre les deux, il y aura toujours une place pour les classiques, les indémodables : agendas de luxe, jaquette de cuir, tranche dorée, et ces agendas électroniques dont la petite sonnerie, cette vicieuse, viendra rappeler un rendez-vous ou un engagement dont on se serait passé.les matériaux utilisés sont décrits à l’intérieur d’un récit enlevé ; les illustrations, abondantes, sont d’un grand intérêt.ÉCRITS SUR L’ART Eugène Delacroix Séguier, Paris 1988, 338 pages Delacroix ( 1 798-1 863 ) croyait, comme beaucoup d’artistes, qu’ils étaient les seuls à pouvoir bien parler de leur art.Les critiques sont, écrit-il « des faiseurs de théories ( qui ) font bâiller les gens du monde pour qui ces sortes d’ouvrages sont toujours obscurs, embrouillés de termes dont on connaît mal le sens, fatiguants, en un mot, parce qu’ils ne laissent rien que du vague dans l’esprit.Ensuite les artistes en ont la haine, parce que, loin de contribuer à l’avancement de l’art, ces discours embrouillent les questions les plus simples et faussent toutes les idées.D’ailleurs, les gens du métier contestent aux faiseurs de théories le droit de s’escrimer ainsi sur leur terrain et à leur dépens ».Voilà un débat toujours actuel.Publiés sous forme d’articles entre 1824 et 1847, ces textes ont été réédités en 1923 par l’historien d’art Élie Faure.Il faut saluer cette édition établie par François-Marie Deyrolle et Christophe Denissel qui réunit les études de l’artiste face au problème du beau et ses analyses de l’oeuvres de Raphaël, Michel-Ange, Puget, Prud’hon, Poussin et Charlet dont il discute avec une sensibilité — faut-il le dire ?— de romantique.GUY FERLAND LA TERRE EST ICI Élise Turcotte VLB Éditeur 106 pages Après La voix de Caria, Élise Turcotte poursuit sa recherche littéraire avec des petits textes qui se situent à la limite de la prose et de la poésie.Un exemple : « Elle ne dit rien sur le bonheur.Elle voit encore tous ces arbres penchés sur le monde.De plus en plus d’espace : voilà exactement le silence.Les doigts et le coeur sont des parties de son corps qui respirent plus vite que les autres.Quelqu’un pourrait l’aimer et placer chaque chose derrière elle.Ce serait sa vie, le monde et les arbres.Juste avant de fermer l’oeil, la neige tomberait et parviendrait toujours jusqu’à l’âme.» FRANÇOIS HÉBERT MONTREAL son voisin de bungalow, se barricade avec lui dans son sous-sol puis exige que son directeur d’école, ainsi que le délégué syndical, monte sur le toit d’un autobus garé dans la cour de l’école.Et c’est l’apothéose : devant les caméras de Radio-Canada, le premier se déculotte et le second lui baise les fesses ! ÇheTale * des villes ' 4i \ f OITiOX^CHAMC V41.1.0V MONTRÉAL François Hébert Éditions Champ Vallon coll.« Des villes » 104 pages Ce livre est le premier consacré à une ville nord-américaine dans la collection « Des villes », dirigée par Luc Deca-unes, qui se veut « le lieu de rencontre privilégié entre des écrivains de notre temps et les villes qui les fascinèrent ».En morceaux détachés, François Hébert trace l’itinéraire imaginaire qui le lie à Montréal.« Mark Twain visita Montréal au siècle dernier, et il prétendit que, si on y lançait un caillou en l’air, au hasard, il irait nécessairement briser la vitre d’une église ou d’une autre.Remarque désinvolte mais prophétique : c’était déjà le principe de la loterie.(.) Aujourd’hui, le caillou brisera la vitre d’un dépanneur, petit magasin où vous trouverez de tout à toute heure.Il y avait les pannes d’auto et les pannes d’électricité; il y a maintenant les pannes de sucre, de vin, de nourriture pour chat, de gomme à mâcher, de cartes à jouer, de verre de plastique.Nouvelle et proliférante institution montréalaise, le dépanneur est la manne du citadin moderne.» MONSIEUR GROLEAU NE RÉPOND PLUS Richard Vincent VLB Éditeur 120 pages Le résumé de l’histoire, au dos du livre, annonce une réelle partie de plaisir.Gilbert Groleau, professeur de chimie dans une école secondaire de la banlieue de Montréal, apprend soudainement qu’on vient, sans aucune véritable raison, de lui supprimer une année d’ancienneté.Bouleversé par cette décision injustifiée, le professeur sombre dans un délire paranoïaque.Il décide alors d’enlever CHEVALE D.Kimm VLB Éditeur 80 pages Ce livre est, comme le précédent de la princiesse Kimm, ô solitude !, une oeuvre inclassable.À mi-chemin entre la poésie et de la prose, l’écriture de D.Kimm traduit dans sa simplicité la complexité des sentiments.Ici, c’est une « chevale » qui s’exprime dans tout ce qu’elle a d’extravagant : son amour éperdu pour son frère, sa force brute, sa lucidité terrible, sa rage indomptable et enfin sa grâce.« C’est MA HAINE et je la polis avec soin.C’est la plus vraie, la plus pure des haines.Elle est sans raison.Elle est implacable, sourde, profonde.Elle n’est pas secrète mais bien déclarée, alimentée, entretenue.Ma passion pour toi est démesurée.Je crois bien que tu devrais disparaître.» LA MAISON OTCLATS :i '***> r (*t\ » '.Wit «enfuma wwtomcMs UUMUm SSZMttlMSHI tiw DfSUSf usmt UMtJ LA MAISON D’ÉCLATS Michelle Allen, Bianca Côté, Céline Déguisé, Charlotte Gingras, Suzanne Lambert et Lisette Legault Triptyque 116 pages « Une maison, sept chambres, disent-elles.Un groupe de travail, six auteures.Nous nous sommes rencontrées par hasard.Nous avions des expériences de vie et de création différentes.Pendant toute une année, nous nous sommes retrouvées régulièrement pour lire et commenter nos textes, pour réfléchir et nous provoquer.Le résultat ?Six oeuvres écrites en parallèle.Au fur et à mesure que nos héroïnes trouvaient leur rythme de naissance.De la douleur à la magie, du noir au rose, les chambres servaient de repères au parcours initiatique.» Les librairies- Flammarion Scorpion Place Montréal Trust 499-9675 • 45HO St-Denis 284-5688 • Carrefour Angrif’iwn 565-4452 • Centre Laval 688-5422 Galeries d’Anjou 551-8765 • Galeries de Terrebonne 492-5688 • Mail Champlain 465-2242 f Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 ¦ D-11 Maureen Forrester « La chanteuse qui a un Stradivarius dans la gorge » MARIE LAURIER Mesdames et messieurs qui voulez savoir comment une petite fille anglophone née dans l’Est de Montréal est sortie du rang pour devenir la grande, l’ineffable et si attachante Maureen Forrester, lisez son autobiographie qui vient de paraître Vous passerez peut-être une nuit blanche mais vous sortirez de cette lecture subjugués, envoûtés, empreints d’une admiration accrue pour cette artiste.Ce fut mon cas.Et comme si ce seul bonheur ne suffisait pas, la célèbre contralto nous a fait l’insigne honneur d’une visite au journal.Et c’est en buvant un mauvais café dans un verre en carton, tout simplement, tout uniment, qu’elle a rappelé, à mon insistance, les grandes étapes de sa vie, elle dont Arthur Rubinstein disait qu’elle avait un « Stradivarius dans la gorge»! À mon insistance, je dis bien, son tempérament la portant plutôt à parler de l’avenir: « Je voudrais devenir danseuse », s’exclame-t-elle en pouffant de rire.À 59 ans, bientôt 60, cette artiste qui a chanté sur toutes les scènes du monde, en récital, à l’opéra, en concert, qui a côtoyé les plus célèbres chefs et artistes, cette mère et grand-mère de cinq enfants et de six petits-enfants, résume toute sa vie en citant Mahler: « Une joie encore plus profonde qu’une peine de coeur.» Auparavant, en une seule phrase aussi elle s’était décrite ainsi: « Je ne supporte pas les gens qui ne se donnent pas totalement.» Maureen Forrester en La guitare Fernando Sor une guitare à l'orée du romantisme Bernard Piris Éditions Aubier France 1989, 167 pages.• CAROL BERGERON Il faut bien admettre que le nom Fernando Sor baigne encore dans ces eaux mysté- chez Libre-Expression.fait la preuve — et comment ! — elle qui n’a fait que se donner passionnément — dans tout ce qu’elle a entrepris, avec une audace et une détermination à faire pâlir de rage tous ceux qui croient encore à tort que la réussite est le fruit d’une naissance dorée ou d’un simple hasard.Maureen Forrester est née pauvre, modeste, anglophone et protestante d’une mère irlandaise et d’un père écossais sur la rue Fabre, après deux soeurs et un frère et elle ne doit qu’à elle-même et à son acharnement son succès.Chose étrange, elle fut la seule de sa famille à apprendre le français « de la rue ».Douée d’un talent naturel pour le chant, elle ne tarda pas à se joindre aux chorales des églises, même catholiques au grand dam de ses parents, et à jouer au chat et à la souris pour « faire à sa tête » chaque fois qu’elle voulait franchir un obstacle ou conquérir sa place au soleil.À 13 ans, elle quitte l’école pour gagner sa vie et payer ses cours de chant, en promettant à ses parents de s’inscrire à des cours du soir.Ce qu’elle ne fera évidemment pas ou si peu, tant sa soif de vivre et de chanter lui dictait sa conduite qu’elle qualifie de « délinquante ».Celle qui allait connaître une vie trépidante et éblouissante à romantique rieuses de l’oubli où se sont perdus tant de musiciens, tant d’artistes.Puisqu’il consacra une partie importante de son oeuvre à la guitare, les guitaristes le connaissent un peu, mais ne le jouent guère.Pourtant, l’un d’eux, Bernard Piris, n’a pas hésité à partir à sa recherche afin de nous apprendre, par un ouvrage qui redessine admirablement bien le Honoré Beaugrand LA CIKNM (Ml Kit i r a nuis ru tr- HENRIETTE DESSAULLES Journal (Jean-Louis Major) Un journal qui révèle une figure originale du XIXe siècle Une histoire d'amour, une accession à l'écriture ISBN 2-7606-0828-X - 672 p — 63 S HONORE BEAUGRAND La Chasse-galerie et autres récits (Francois Ricard) En plus des contes classiques bien connus.un médit et sept récits jamais réédités depuis le XIXe siècle ISBN .’ 7606-1507-.1 1162 p 43 S «MS ¦M GERMAINE GUEVREMONT Le Survenant (Yvan Lepage) Un roman qui fascine depuis quarante ans Édition critique établie d'après un exemplaire corrigé de la main de l'auteure remis à I éditeur avant sa mort en 1968.ISBN 2 7606 0803-4 366 p - 43 S wm LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL LITTERATURE La Bibliothèque du Nouveau Monde : Une collection prestigieuse qui rassemble en édition critique les textes fondamentaux de la littérature québécoise et oui s'adresse aux amoureux des beaux livres.¦ -IL .L ¦ DIFFUSEUR EXCLUSIF GAETAN MORIN EDITEUR CP 180 BOUCHERVILLE OC J4B 5E6 PHOTO JACQUES GRENIER Maureen Forrester tous égards, trouva un protecteur confiant en son talent, M.J.W.McConnell, fondateur du défunt Montreal Star et dès lors put envisager sérieusement une carrière de chanteuse.À cet égard, Mme Forrester ne peut que souhaiter une chance semblable aux artistes en herbe.Cette idée, elle l’a développée bien souvent comme présidente du Conseil des arts du Canada où elle a donné cinq ans de sa vie, invitant les mécènes à soutenir les jeunes talents pour qu’ils puissent poursuivre leurs études.Mais avant d’en arriver à cette étape des discours, la jeune Mau reen en aura franchi bien d’autres, autant dans sa vie publique de Fernando Sor profil du personnage, à le mieux apprécier.En fait, la tâche pouvait à prime abord sembler impossible puisque de l’homme, nous ne connaissons que peu de choses, et que du compositeur, nous avons perdu un nombre appréciable de ses partitions.De plus, il restait à percer une légende, celle de ce prince solitaire de la guitare, et à jeter un regard critique sur l’héritage que ce maître espagnol nous a laissé.Si Bernard Piris n’a pas cherché à faire de son héros un Beethoven de la composition ou un Liszt de la guitare, il ne s’est par contre pas dérobé à l’obligation de le situer dans son contexte historique, artistique et, plus spécifiquement, musical.et personnelle, celle-ci se confondant à celle-là dans ses souvenirs, sans sacrifier ni l’une ni l’autre.Éperdument amoureuse du violoniste Eugene Kash de dix huit son aîné et qu’elle finit par épouser après avoir donné secrètement naissance, seule à Berlin, à sa première fille, Paula, Maureen Forrester ne cache rien de cette expérience traumatisante, consciente de ce que cela pouvait signifier une conduite que le milieu d’alors pouvait juger répréhensible, voire fatale pour sa carrière.Encore une fois, son optimisme, sa vitalité et son amour de la vie allaient finir par triompher des embûches et des préjugés.Pendant les neuf premières années de son mariage, elle eut quatre autres enfants, en dépit de ses nombreux engagements et déplacements, luttant constamment contre le sentiment de culpabilité bien connue des femmes de cette époque qui se voyaient contraintes de renoncer à concilier les obligations d’un travail et d’un foyer.Le témoignage de la biographe sur ses choix personnels vaut à lui seul la lecture de cet ouvrage rédigé en collaboration avec la journaliste Marei McDonald et traduit de l’anglais par Jean Chapdelaine Gagnon.Autant, en tout cas, que tous les autres souvenirs qui retracent le chemin parcouru dans l'univers du bel canto.Oui, Maureen Forrester a connu la gloire, l’admiration, l’amour du public, elle n’en disconvient pas et elli en est fière.Elle a reçu les hommages des plus grands de ce monde, les plus hautes distinctions — 17 doctorats honorifi- ques, elle « une décrocheuse d’é cole »! — et éprouvé des décep lions amoureuses et profession nelles.Mais elle nous confie: « La vie m’a tout donné: un mari, des enfants et une carrière qui m'a comblée bien au-delàa de mes plus folles espérances.Je ne me permettrais pas de conseiller à une jeune cantatrice de suivre mon exemple ( .) Mais si elle aime un homme, qu’elle veuille l’épouser et avoir des enfants, je lut dirais qu’elle ne devrait pas y renoncer.» Madame Forrester enchaîne en me parlant de chacun de ses enfants qui « ont lotis réussi quel que chose» et si jamais elle prend sa retraite, elle apprendra a tricoter pour ses petits en fants ! Cela dit avec un humour désarmant, car ce n’est pas de main la veille.I.’ex présidente du Conseil des arts du Canada qui fui la première artiste élevée au rang de Compagnon de l'Ordre du Canada en 1967 a des enga gements jusqu’en 1994 ! A l'opéra surtout, un genre qu’elle préfère désormais à eausedu climat de convivialitéqui y règne, elle qui fut si longtemps seule sur tint' scène à se défendre, seule aussi dans les aéroports et dans les chambres d’hotel à avoir envie de rentrer an bercail : « j’aurais pu mener une plus brillante car rière ailleurs, mais je n’aurais pas éprouvé le même sentiment d’appartenance au Canada «pu* j’aime tant.» MAUREEN FORRESTER Au-delà du personnage récit autobiographie publie par Libre-Expression 387 pages.LIBRAIRIE choix]».HERMÈS 1120, av.laurier ouest outremont, monlréal H2V 2L4 tél.:274-3669 m m {jrï ¦ Le nègre de l'Amistad Barbara Chase-Riboud Barbara Chase-Riboud évoque avec émotion les racines noires de la culture américaine et nous raconte le destin exceptionnel d'une figure légendaire de l'émancipation africaine.Les lecteurs de La Virginienne et de La Grande Sultane retrouveront le même bonheur de lecture! 330 pages - 19,95 S Editions Albin Michel ]ïOimki]0; Distrtoué au Québec par DIFFUSION PROLOGUE INC.MAINTENANT DISPONIBLE chez votre libraire : Absente pour la journée ROMAN ISBN 2-7600-0162-8, 180 pages, 14,95 $ La vie d’Anita Leduc n’est qu’un tour du monde à l’infini; aucun pays ne lui est inconnu.Les récits qu’elle fait de ses voyages suscitent l’admiration de tout le village.Femme adulée, Anita Leduc n’a pourtant jamais pris l’avion de sa vie.Christiane St-Pierre æ édition/ docodic C.P.885 Moncton (N.-B.) E1C8N8 ¦¦¦¦¦BMI D-12 ¦ Le Devoir, samedi 9 décembre 1989 le plaisir des Les trois Montréal de Tremblay-Moreau Les trois Montréal de Michel remblay ou promenade dans l'imaginaire d'un écrivain un film de Michel Moreau, 16 mm, couleur, 58 minutes, Québec, 1989.Images de Jean-Claude Labrecque, montage de Monique Fortier, musique de Maxime Dubois.Les Productions Dix-Huit Ltée en co-production avec l'Office National du Film et la collaboration de Radio-Canada.JEAN ROYER Le plaisir des livres, c’est aussi ce qui nous en reste ou ce qu’ils deviennent.Ceux de Michel Tremblay, publiés chez Leméac, ont depuis longtemps traversé l’écran.Romans et pièces de théâtre sont devenus des livres pour être mieux traduits, dirait-on, au cinéma.Ainsi reconnaissons- nous le monde de Michel Tremblay dans la « traduction » fidèle et brillante du cinéaste Michel Moreau.Qui a dit que la littérature n’avait rien à faire à la télévision ?Le film de Michel Moreau prouve le contraire.Le réalisateur a su nous introduire dans le monde de Michel Tremblay d’une façon subtile et efficace, à la portée de tous les publics.Cette promenade dans l’imaginaire de l’écrivain nous conduit sur le Plateau Mont-Royal, sur « la Main » et dans Outremont.Ce dernier quartier reste silencieux et garde ouverte la suite de l’oeuvre de Tremblay.Les deux autres Montréal voient défiler les principaux personnages de son théâtre et de son roman.Au milieu de ce monde, l’auteur nous explique sa démarche.Il est intéressant de noter ici que Michel Tremblay a toujours accordé autant d’attention à communiquer ses oeuvres qu’à les écrire.Il force ainsi ses commentateurs à ne pas dérailler, à s’accrocher au contenu de l’oeuvre et en même temps à respecter son auteur.De cette façon, la personne de Michel Tremblay s’est identifiée comme indissociable de son théâtre et de ses romans.Tremblay est devenu lui- même un personnage parmi son monde.L’auteur se présente comme le passseur de la réalité à la fiction.C’est ce qu’il explique à Michel Moreau dans ce film, pendant que défilent à l’écran ses personnages inoubliables.« Ce qui est intéressant, dit Tremblay, c’est ce qu’on ajoute à ses personnages.On a beau dire: je vais me mettre à l’intérieur d’un personnage, l’intéressant ce n’est plus soi, c’est ce qu’on ajoute.(.) La seule utilité que l’oeuvre peut avoir, c’est l’interprétation qu’on fait de soi-même, donc ce qu’on ajoute à soi-même.L’art est plus intelligent que la vie.L’art, c’est la vie intelligente, parce que c’est la vie recomposée, refaite par un ou des cerveaux.» Michel Moreau a suivi la même démarche que l’écrivain.Il nous fait passer de la réalité du Plateau et de « la Main » à des scènes de la fiction de Tremblay.Il se tient en funambule attentif « sur la fragile frontière de la fiction et du documentaire».Il aborde en commentateur respectueux une oeuvre déjà monumentale et il réussit - c’était là son défi - à nous la garder vivante.Dès l’ouverture du film, le chat de Marcel nous conduit dans les.La connaissance de nos cousins VOUS LES FRANÇAIS Jérôme Duhamel Albin Michel, Paris, 1989 ALBERT BRIE Saviez-vous que 75 % des Français « éprouvent de la sympathie pour le Canada ».Il s’agit là « du pays le plus apprécie par les Français ».Si on faisait la même question aux Canadiens, je parie qu’ils nommeraient d’abord les Etats-Unis, sui- vis de l’Angleterre et du Japo-n .Imaginez que nos cousins apprennent la chose .Us re tourneraient leur veste.Ce serait à leur tour de nous traiter de « maudits Canadiens », avec l’accent de Ménilmontant.Venons-en à notre propos.Voulez-vous connaître les Français chez eux et entre eux ?Sans voile, à la loupe, mais sans voyeurisme ?Eh bien ! consultez le bouquin de Jérôme Duhamel : Vous les Français ou 56 millions de Français en 2000 sondages.L’auteur dit « vous » les Français, comme s’il se distinguait d’eux.Sans doute qu’en s’ex- cluant, voulait-il prendre de la distance avec ses compatriotes, se mettre hors-jeu.Quoi qu’il en soit, Duhamel affirme que tous les sondages, toutes les statistiques cités dans cet ouvrage sont rigoureusement authentiques et que chacun des quelques 10 000 chiffres a été relevé dans des études publiées par la presse ou diffusées par des organismes publics, des entreprises, des sociétés de communication, etc.La liste des sources de sondages apparaît en appendice de ce pavé de 425 pages, malheureusement difficile à tenir ouvert, à moins de casser le dos à sa reliure.Cette restriction sur l’emballage mise à part, disons que les informations sont entrées par ordre chronologique, allant de Abraham à Zorro, en passant par Mitterrand, et qu’elles vont du très sérieux au franchement comiques, bien que, fréquemment, L’artiste et le Livre au Çuébec - 1900-1989 - “Expo-vente” jusqu'au 16 décembre LES ARTISTES: Jean-Claude Bergeron, Gilles Boisvert, Léon Bellefleur, Jordi Bonet, Françoise Bujold, Cécile Chabot, Reynald Connolly, Stanley Cosgrove, Angèle Beaudry, Jean-Pierre Beaudin, Albéric Bourgeoys, Odette Brosseau, Michèle Cournoyer, Monique Dussault, Muriel Faille, Réal Dumais, Martin Dufour, C’élyne Fortin, René Derouin, Rodolphe Duguay, Albert Dumouchel, Claude Fortaich, FJisabeth Dupond, Georges Delfosse, James Guitet, Clarence Gagnon, Roland Giguère, Claude Haeffely, Edwin Holgate, Adriano Lambe, Berto Lardera, Marie-Anastasie, Janine Leroux-Guillaume, Michael La Chance, Jean-Paul Lemieux, Jean-Paul Mousseau, Indira Nair, Ozias Leduc, Michel Landry.Anne Kahane, Robert Lapalme, Paul Meunier, Gérard Morrisset, Gaston Petit, Jean-Guy Robert, Mimi Parent, Alfred Pellan, Claude Péloquin, Roland Pichet, Lyne Rivard, Jean-Paul Riopelle, Jean Palardy, Stelio Sole, (Société de Conservation du Présent), Gérard Tremblay.et bien d’autres.François Côté libraire 1840 Amherst, Montréal, H2L 3L6 Tel.: 523-0182 du mardi au samedi de I2h00 à 17hOO DICTIONNAIRE DHS AUTEURS di: LANGUE FRANÇAISE i v AMÉRIQUE DU NORD DICTIONNAIRE DES AUTEURS DE LANGUE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE DU NORD Reginald Hamel, John Mare, Paul Wvczynski lin incroyable ouvrage «le référence sur plus «le mille six cents auteurs «le langue française en Amérique «lu Nor«l.' ( liaque article comprend une hi«»grupliie «le railleur, la bibliographie «le son oeuvre, ainsi «pie les principales études qu'elle a suscitées.l'.n tenant à la plus rigoureuse scientificité, tant pour le fait biographique que pour la description bibliograpliitpie des écrits, l'ouvrage met en relief le patrimoine imposant de l'écriture française au Québec, en Ontario français, dans l'Ouest cana-
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