Le devoir, 19 mars 1986, Page(s) complémentaire(s)
lo météo: Nuageux avec averses.Vents modérés.Maximum: 7.(détail page 17) Vol.LXXVII — No 65 ?Montréal, mercredi 19 mars 1986 extérieur de Montreal métropolitain 50 cents Cote-Nord Gaspésie.Toronto, Nouveau-Brunswick 60 cents 50 CENTS Photo AP Pour Brian Mulroney, tout a semblé aller comme sur des roulettes, au cours de cette première journée d’entretiens avec le président Reagan.Mulroney renouvelle l’accord NORAD ¦ PLUIES ACIDES ET COMMERCE : LES USA SATISFONT LES EXIGENCES DU CANADA BERNARD DESCÔTEAUX WASHINGTON — Le premier ministre Brian Mulroney a accepté hier de renouveler sans faire de difficultés le traité NORAD avec les États-Unis, obtenant en contrepartie satisfaction de ses exigences en matière de pluies acides et de commerce.Tel est le bilan des entretiens qu’a eus hier le premier ministre canadien avec le président américain Ronald Reagan, les deux hommes se livrant chacun leur tour à l’art du compromis au moment de faire le point sur l’état des relations entre leurs deux pays.Les deux hommes se voyaient hier dans le cadre de leur deuxième sommet annuel, une tradition inaugurée l’an dernier à Québec, désireux qu’ils étaient d’asseoir les relations canado-américaines sur une nouvelle base faite de discussions plutôt que de confrontations.Autant que l’an dernier, tout a semblé aller de soi entre les deux hommes qui entretiennent une relation personnelle comme en ont rarement eu un premier ministre canadien et un président américain.Les compromis les plus importants sont peut-être venus toutefois du président Reagan, sur la question des pluies acides.Le renouvellement du traité NORAD comme l’appui donné par M.Reagan à des négociations commerciales sans conditions préalables étaient en effet choses prévisibles.Sur les pluies acides, la chose était moins évidente tant les réticences passées étaient fortes.Pourtant le désir de plaire était clair et on n’a pu se retenir du côté américain de faire connaître l’existence d’un accord, un empressement qui n’a pas été sans embaras-ser les Canadiens.Ceux-ci voulaient garder cet accord comme la « bonne nouvelle » ve- nant clôturer aujourd’hui le sommet de deux jours.Il devait en résulter un imbroglio plutôt cocasse alors que de part et d’autre on se livrait à des déclarations contradictoires sur le sujet.La nature même de cet accord ne sera dé voilé qu’aujourd’hui à la demande des Canadiens qui expliquaient hier que tout n’est pas encore complété et qu’il y a du travail de persuasion à poursuivre.Certes, le premier ministre et le président rediscuteront du sujet aujourd’hui lors d’un lunch en tête-à-tête, mais hier M.Mulroney disait, en termes diplomatiques, être très encouragé et avoir de bonnes raisons d’espérer que M.Reagan endosse entièrement le rapport de leurs deux envoyés spéciaux.Drew Lewis et Bill Davis, sur les pluies acides.Dès les premiers moments de la visite de M.Mulroney, le président américain devait faire preuve d’ouverture sur ce dossier qui a toujours été une pomme de discorde majeure entre les deux pays.« Aujourd’hui, nous devons construire sur les réalisations du passé et amener ces dossiers ( enviro-nementaux ) plus près de leur résolution », a-t-il dit en accueillant son hôte avec fanfares et trompettes, comme le veut la tradition, sur la pelouse sud de la Maison-Blanche.M.Reagan devait par la suite annoncer à son invité au cours d’un premier entretien en tête-à-tête qu’il allait faire une déclaration aujourd’hui sur les pluies acides.Cette déclaration devait être présentée à la presse peu après, au cours d’une session d’information, comme un accord.Le porte-parole du président, M.Larry Speakes, devait dire que les deux chefs de gouvernement « sont en plein accord sur la façon dont les deux pays Voir page 10: Sommet ¦ LE CANADA INVESTIT $ 800 MILLIONS DANS LA STATION SPATIALE AMÉRICAINE - Page 2 ECONOMIE DESJARDINS : PROFITS EN HAUSSE DE 42 % Le Mouvement Desjardins a poursuivi en 1985 une progression remarquable.L’institution financière québécoise a vu son actif augmenter de 13.2 % et ses bénéfices, de 42.3%.Page 11 HYDRO-QUÉBEC ENTEND DOMINER SON SECTEUR Hydro-Québec demeure en 1986 un moteur important de l’économie québécoise et entend maintenir son « influence traditionnelle » dans le développement économique, bien que des conditions externes difficiles entament sa rentabilité.Page 11 ON EST rarement content du bien que quelqu'un pense de nous; on estime qu'il le pense mal.¦ Ce qui console de chercher la vérité et de ne pas la trouver, c'est de s'éloigner de l'erreur.m On dit que les oiseaux volent; il serait aussi juste de dire qu'ils rampent dans l’air.— ALBERT BRIE TRUDEAU VISITE HÉBERT Photo CP «WW* L’ancien premier ministre du Canada, M.Pierre Elliott Trudeau, a rendu visite hier à son ami de longue date, le sénateur Jacques Hébert, qui poursuit une grève de la faim depuis 10 jours pour obtenir le rétablissement du programme Katimavik.M.Trudeau a refusé de faire toute déclaration après son entretien de 35 minutes avec le sénateur.M.Hébert a cependant indiqué que son ancien compagnon de route appuyait de tout coeur sa grève de la faim, mais il a refusé de préciser si M.Trudeau croyait que le gouvernement conservateur devait accepter ses demandes pour rétablir le programme Katimavik.Nos informations en page 2.Québec suspend le droit de grève des cols bleus ¦ Les employés manuels convoqués ce matin en assemblée générale ALAIN DUHAMEL Le gouvernement du Québec a jugé insuffisante la prestation de services essentiels et a résolu hier de suspendre immédiatement, et pour une période indéterminée, le droit de grève des employés manuels de la Ville de Montréal.« Il était plus que nécessaire que le gouvernement pose un tel geste, la santé et la sécurité de la population étant de plus en plus compromise par les répercussions néfastes de ce conflit de travail et l’insuffisance des services essentiels » affirme le ministre du Travail, M.Pierre Paradis, dans une brève communication diffusée à la conclusion d’une réunion extraordinaire du conseil des mini-tres, hier.Les employés manuels devaient reprendre, à partir de minuit hier, leur travail habituel.Selon la Presse canadienne, l’exécutif syndical a cependant décidé, en fin de soirée, que ses membres ne retourneraient pas au travail dès minuit.Le syndicat a dit trouver irréaliste la décision du gouvernement de suspendre son droit de grève alors que ses mem- Pierre Paradis bres ont, selon lui, assuré les services essentiels.Les syndiqués doivent tenir ce matin une assemblée générale pour faire le point.' L’intervention du gouvernement se limite à la seule suspension du droit de grève en s’appuyant sur la prestation des services essentiels laquelle a varié entre 47 %, jeudi der Voir page 10: Cola bleue Mitterrand choisit Chirac PARIS (AFP) — Le président du Parti néogaulliste (RPR), M.Jacques Chirac, a été pressenti, hier soir, pour former le nouveau gouvernement français, par le président socialiste, M.François Mitterrand, à qui il apportera sa réponse d’ici 24 à 48 heures.À la présidence, on affirmait peu après qu’il ne fallait rien attendre de plus hier soir et que le traditionnel conseil des ministres hebdomadaire ne se tiendrait pas ce matin.Et du côté de M.Chirac, on laissait entendre que le délai de réflexion du dirigeant de la principale formation de la nouvelle majorité pourrait durer de 24 à 48 heures.Les élections législatives qui ont eu lieu dimanche en France ont été remportées par la coalition de la droite.C’est pourquoi il revient au président, socialiste, de choisir parmi ses adversaires qui formera le prochain gouvernement.Le choix de M.Chirac correspond aux voeux de la droite.Dans la soirée d’hier, M.Chirac, qui est maire de Paris, devait réunir à l'hôtel de ville de la capitale l’ensemble des responsables du mouvement libéral-centriste UDF, composante de la nouvelle coalition majoritaire, aux côtés de ceux du RPR pour discuter de la formation du nouveau gouvernement.« M.Chirac apportera sa réponse au président de la République dans les meilleurs délais », a précisé sans plus de commentaire hier un porte-parole.Voir page 10: Chirac THÉRÈSE LAVOIE-ROUX AU DEVOIR Les services de santé échapperont aux coupures mais le réseau des CLSC ne sera pas parachevé ¦ GARANTIES LINGUISTIQUES HOUR LA POPULATION ANGLOPHONE ¦ CRÉATION D’UN ORGANISME DE PROTECTION POUR PERSONNES ÂGÉES RENÉE ROWAN Il n’est pas question de couper dans les programmes, a réaffirmé hier au DEVOIR la ministre de la Santé et des Services sociaux qui accordait sa première longue entrevue depuis son entrée en poste au début de décembre.Mme Thérèse Lavoie-Roux se donne comme principal objectif au cours de son mandat de préserver l’accessiDilité, l’universalité et la qualité des soins.C’est ce que la population désire, dit-elle.Il n’est toutefois pas question « d’aller à l’aveuglette comme on l’a trop fait dans le passé ».Le parachèvement du réseau des CLSÇ n’est toutefois pas à l’agenda de la prochaine session, a déclaré hier la députée de l’Acadie, annonçant du même coup que son gouvernement déposera, au cours de la prochaine session, un projet de loi accordant des garanties linguistiques à la population anglophone.Elle compte aussi créer en cours de mandat un organisme de protection de la personne âgée.L’accent sera mis cette année sur la santé, comme cela a déjà été annoncé au cours de la campagne électorale.Mme Lavoie-Roux s’apprête à annoncer, des ce matin, en conférence de presse à Québec, le plan d’action global de son gouvernement sur le problème des urgences dans les régions de Montréal et de Québec.Au cours de la campagne électorale, M.Robert Bourassa s’était engagé à investir $ 150 millions dans la santé et les services sociaux.La ministre n’a pas voulu au cours de cette entrevue dé- voiler le montant qui sera consacré à régler le problème des urgences, mais on parle dans certains milieux de $ 130 millions sur trois ans.De ce chiffre, près de $ 10 millions iraient au maintien à domicile.Les montants dégagés, dit-elle, vont vouloir dire des mesures récurentes et de fonctionnement qui impliquent des sommes d’argent importantes auxquelles vont s’ajouter des montants pour de l’immobilisation.À cela va se greffer tout un ensemble de mesures articulées, cohérentes ayant pour objectif une action durable, s’est-elle contentée de dire.Tout au cours de l’entretien, la ministre est constamment revenue sur la nécessité d’une très grande rigueur administrative, d’une évaluation stricte des besoins.« Cette évaluation des programmes est importante pour savoir d’abord vers quoi nous nous dirigeons, mais surtout dans le but de préserver l’universalité, l’accessibilité, la qualité des programmes qui risquent de plus en plus d’être compromises si on n’a pas cette plus grande rigueur administrative, une meilleure orientation des programmes en place et des orientations nouvelles à donner à des ressources déjà existantes », précise-t-elle.Ainsi, donne pour exemple la ministre, tout le monde est d’accord avec le principe des services de maintien à domicile, mais à ce moment-ci, on est incapable de préciser avec beaucoup de rigueur ce vers quoi on devrait s’orienter quant au développement.Tout en croyant en la nécessité des services de maintien à domicile, Mme Lavoie-Roux soutient qu’avant de s’engager davantage dans cette voie, il faut évaluer de façon stricte les sommes Voir page 10: Lavole-Roux Thérèse Lavole-Roux RENOVATIONS Kcadie 9725 fc ^ BOUL.L’ACADIE » RENOVATIONS AcAOiE vous pDApner OA VA31L LrAiVUMLE, U JL, CUISINES I CHÊNE PIN ÉRABLE MERISIER MELAMINE STRATIFIÉ ’•«A • SALLE DE JEIX «RAJOUTS • SALLE DE BAINS • TOUT GENRE DE RÉNOVATIONS HEURES ' D'OUVERTURE MMHiimmuvm.10 h à 17 h I l Mil I MKRi »;|)| 9 h à 18 h JM IMKTU.MIRKIM 9 h à 20 h ESTIMATION GRATUITE ou 337-0702 4 » ù V/ 10 B Le Devoir, mercredi 19 mars 1986 suites Victoire du NPD laphewuere au Manitoba + Lavoie-Roux qu’on y met et les résultats qui en découlent.Quand présentement on sait qu’il y a environ $ 80 millions pour les services de maintien à domicile et qu’il y a eu tout récemment une demande des CLSC pour plus que doubler les ressources humaines et financières, on ne peut le faire, poursuit-elle, sans avoir la certitude que l’on répond véritablement aux besoins des personnes âgées, des personnes handicapées physiquement et intellectuellement.« Je ne dis pas que cette demande n’est pas justifiée, mais il faut examiner de près la façon dont ces services sont dispensés et les coûts qu’ils peuvent impliquer à long terme.on ne peut éviter ces ques-tions-là.» Les CLSC ont remis un document qui constitue une tentative d’évaluation des coûts des services à domicile, indique Mme Lavoie-Roux.Elle les félicite de cette initiative mais en même temps, poursuit-elle, il faut bien se rendre compte « qu’il est loin d’y avoir concordance entre les chiffres qu’ils soumettent et ceux qui sont avancés par le ministère ».La commission Rochon va se pencher sur toute cette question du financement des services.« Si le gouvernement antérieur avait eu ce souci d’évaluation constante et de mise à jour de la programmation des services, on n’aurait normalement pas dû avoir recours à une autre commission d’étude », affirme-t-elle.Plusieurs reprochent à la ministre de mettre du temps à agir.En réponse à ceux-là, Mme Lavoie-Roux fait remarquer qu’en acceptant la direction du MSSS, elle a eu « un héritage très lourd » : Télémédic, à Québec, risquait d’aller en grève; le problème des ambulances sur la Rive sud et la Rive nord perdurait, tout comme celui des pharmaciens, celui des effectifs à Honoré-Mercier « dont le précédent gouvernement avait été saisi depuis plusieurs mois et dont il ne s’était pas occupé » ; celui du moratoire sur la désinstitutionnalisation; les négociations avec les spécialistes qui étaient au point mort; l’enquête sur Rivière-des-Prairies, etc.« Sur tous ces dossiers et d’autres encore, il y a eu une action de la ministre.J’ai fait passablement de boulot.Il y a des décisions qui se prennent, des problèmes qui se règlent.c’est à la population de juger », commente Mme Lavoie-Roux.Avec la ministre, nous avons fait un tour rapide des principaux dossiers pour tenter de voir ce que réservent les prochains mois.¦ Centres locaux de services communautaires : « Nous avons toujours dit que nous voulions compléter les services de première ligne qui sont rendus par les CLSC.Dans ce sens là, il faut envisager de parachever le réseau, mais cela ne pourra se faire cette année, indique Mme Lavoie-Roux.Le gouvernement antérieur avait pris la décision de parachever le réseau sans avoir les ressources nécessaires pour le faire.si bien que nous nous voyons obligés de combler un certain déficit chez les deux types d’établissements.» Essayer de parachever le réseau sans en avoir les ressources, « c’est vraiment défavoriser le système et défavoriser la population », estime la ministre qui refuse de continuer sur une voie qu’elle qualifie de « peu responsable ».Il n’y a pas d’argent non plus de prévu pour la consolidation cette année.¦ Santé mentale et désinstitutionnalisation ; le ministère en est encore à déterminer quel type de consultation il souhaite faire sur le document actuellement en circulation.Quant au moratoire sur la désinstitutionnalisation, la ministre fera connaître sa position au plus tard le 15 avril.¦ Effectifs médicaux : une proposition visant à élargir le contingentement, non seulement en fonction des régions éloignées, mais aussi d’une pénurie qui existe dans certaines spécialités, est déjà prête à être acheminée au conseil des ministres.Une autre devant permettre aux médecins immigrants d’avoir accès à l’examen obligatoire sera aussi présentée très prochainement au conseil des ministres.¦ Planification de la main-d’œuvre touchant les soins infirmiers ; des décisions seront prises concernant le niveau de formation, le type de formation et les besoins véritables dans ce secteur.Un comité est déjà formé pour étudier toute cette question pour éviter d’aller à l’aveuglette et qu’on se retrouve face à une pénurie d’infirmières alors qu’il y a quelques années il y avait un surplus.¦ Redressement du budget des hôpitaux : Mme Lavoie-Roux espère pouvoir annoncer des mesures concrètes le plus tôt possible, soit entre le 1er et le 15 avril prochain, pour tenter de mettre fin a la sous-budgéti-sation chronique de certains hôpitaux.« Nous voudrions, dit-elle, dans la mesure de nos ressources, permettre aux administrateurs de centres hospitaliers de se responsabiliser davantage vis-à-vis l’utilisation qu’il font de leur budget.» ¦ Planification des Immobilisations : il y a près d’un milliard de dollars de projets dans les cartons du ministère, note Mme Lavoie-Roux.La sélection des projets se fera d’une part à partir de deux critères — la vétuste et la sécurité des bâtiments — et, d’autre part, en tenant compte des effets que cela peut avoir sur l’encombrement des salles d’urgence des hôpitaux.Les choix devraient se faire dans cette partie-ci de la session.À tous ces dossiers, il faut ajouter les négociations dans le secteur public.Mme Lavoie-Roux n’oublie pas non plus l’engagement qu’elle a pris de créer un office ou un organisme WINNIPEG (PC)-Le chef néodémocrate, M.Howard Pawley, a remporté sans éclat les élections qui se sont déroulées hier au Manitoba.C’est un deuxième mandat consécutif pour le NPD, dont les candidats ont triomphé dans 31 des 57 comtés.Le Manitoba demeure ainsi la seule province au pays dirigée par un gouvernement néo-démocrate.Les conservateurs, avec M.Gary Filmon à leur tête, ont enlevé 25 sièges.Ils en détenaient 22 à la dissolution de la législature, le 11 février.Tout au long du dépouillement, l’issue est demeurée incertaine, les conservateurs talonnant les néo-démocrates.Mme Sharon Carstairs, chef du Parti libéral, a par ailleurs été élue dans le comté de River Heights, à Winnipeg, traditionnellement un châ- quelconque dont la fonction serait de veiller à la protection des personnes âgées.Cela demeure une chose qu’elle voudrait réaliser durant son mandat.Au menu législatif figurent quelques projets de loi qui vont être déposés prochainement et qui sont des choses assez mineures.Deux, toutefois, qui revêtent une plus grande importance, ne sont pas encore prêts.Il s’agit des garanties linguistiques pour les anglophones à l’intérieur du partage des responsabilités CSS/CLSC, projet de loi qui devrait être adopté avant la fin de la présente session, et un autre qui concerne les modifications à apporter à la composition des conseils d’administration des établissements de santé.Ce dernier projet de loi est prévu pour l’a utomne.Interrogée sur le centre de bilan de santé ouvert récemment à l’hôpital Notre-Dame et où les cadres d’entreprise paieront $ 300 pour un examen physique complet fait en un temps record, la ministre ne cache pas qu’elle a demandé un rapport sur les services offerts.Elle ne s’est toutefois pas prononcée quant à savoir si ce type de service représentait un premier pas vers la surfacturation.« Il faut bien mesurer, dit-elle, ce qui s’y fait.En soi, le centre n’est pas une mauvaise chose, mais si cela vient « saboter » les délais que l’ensemble de la population doit encourir ou les services que les autres doivent obtenir dans un système qui prétend assurer une accessibilité égale, l’universalité, il faut alors se questionner sérieusement.si ce type de centre devait beaucoup se développer, qu’est-ce que cela pourrait avoir comme influence sur le fonctionnement du système hospitalier et les ressources de santé en général.C’est là où il faut s’interroger », conclut Mme Lavoie-Roux.+ Sommet doivent traiter le problème des pluies acides».Les porte-parole canadien devaient se montrer surpris.Selon eux, les deux leaders n’avaient discuté de pluies acides qu’à peine une minute hier ( selon les Américains c’était au contraire pendant presque tout leur tête-à-tête ).La vraie discussion viendra aujourd’hui, prédisaient-il, évoquant les mécanismes de suivi du dossier qu’il faut mettre en place d’ici le prochain sommet, dans un an.Si, de fait, le président endosse aujourd’hui le rapport Lewis-Davis, le premier ministre pourra prétendre avoir fait avancer le dossier un peu.D’une part, le président américain admettra que les pluies acides sont un problème trans-frontalier et qu’elles ont pour source les émissions acides.Il y a quelques années, il prétendait que les arbres étaient la cause des pluies acides, voulant ainsi montrer qu’il fallait plus de recherche avant de passer à l’action.D’autre part, il s’engagera dans un processus qui devrait conduire justement à des gestes concrets à moyen terme.L’inconnu qui demeure est de sa-voir jusqu’où le président est prêt à aller à cet égard.Le plan d’action proposé recommande un programme quinquennal de recherche sur les équipements anti-pollution de $ 5 milliards financé conjointement avec l’industrie.Dans un contexte de restrictions budgétaires, il n’est pas certain que M.Reagan veuille aller aussi loin.M.Mulroney semblait néanmoins optimiste.Soulignons que cet optimiste n’est pas entièrement partagé par les groupes environementaux.Ne faisant pas confiance aux deux leaders, des représentants de la Coalition canadienne sur les pluies acides ont pris la peine hier de venir manifester devant la Maison-Blanche pour leur rappeller l’acuité du problème.On avait aussi acheté une pleine page de publicité dans le Washington Post pour le leur rappeller.Sur la question du commerce, la satisfaction des Canadiens était sans ambiguité aucune puisqu’ils avaient obtenu exactement ce qu’ils étaient venus chercher : un appui personnel du président Reagan à l’ouverture de négociations commerciales entre les deux pays.On considérait de première importance cet appui au moment où le Congrès américain discute de l’ouverture de ces négociations.Jusqu’ici, le président ne s’était pas commis publiquement aussi fortement qu’il ne l’a fait hier sur cette question.Aussi, pour que le message soit bien clair au Congrès comme dans l’administration, le président a-t-il parlé hier dans son discours de bienvenue d’un « accord historique » qui sera « la pierre d’angle de notre future prospérité ».Cet accord commercial pourra faire disparaître les « irritants » qui viennent assombrir les relations commerciales des deux partenaires, a-t-il prédit.Le Canada croit que cette décla- teau-fort conservateur.Avec raison, les libéraux étaient les plus heureux de ces résultats.Mme Carstairs a défait le conservateur sortant Warren Steen.Le Parti libéral qui n’avait aucun député à la législature, n’a pas réussi à faire élire un seul autre candidat.Le dernier député libéral élu avait été Mme June Westbury, défaite aux élections de 1981.Les autres partis, en particulier la Confédération des Régions et le Western Canada Concept, n’ont pas obtenu la faveur de la population.Le premier ministre Pawley, dans sa circonscription de Selkirk, tout comme le chef tory, M.Filmon, dans celle de Tuxedo, ont été rapidement déclarés vainqueurs.Plusieurs des ministres du cabinet de M.Pawley ont été également élus.ration ainsi que les assurances données en privé feront dispraître la principale menace qui pesait sur l’ouverture de ces négociations : l’imposition de conditions à l’ouverture des négociations.On craignait en effet que les parlementaires américains exigent le règlement préalable de certaines questions litigieuses comme les exportations canadiennes de bois-d’oeuvre pour autoriser ces négociations.Les parlementaires demeurent libres de leurs gestes, mais on estime que rien maintenant ne viendra entraver le début des pourparlers.M.Mulroney, qui a rencontré hier un groupe de sénateurs a pu constater, assure-t-on, une grande ouverture d’esprit.Si M.Mulroney a ainsi obtenu qu’aucun nuage ne vienne menacer l’ouverture des négociations commerciales, il a dû en contrepartie montrer aussi une certaine flexibilité.Les Américains tiennent à ce que rien ne soit exclu de ces négociations, alors que le gouvernement canadien veut exclure des questions telles les programmes sociaux et l’identité culturelle.Hier, il semble que M.Mulroney n’ait pas insisté sur ces exclusions, se contentant de demander flexibilité et compréhension de la part des Américains.Dans un toast prononcé au dîner officiel donné par M.Reagan hier soir, M.Mulroney a dit croire que l’identité culturelle canadienne est suffisamment forte pour permettre au Canada de s’épanouir dans ce processus de libéralisation du commerce.Il a ajouté toutefois que « le défi pour votre pays, monsieur le président, consistera à faite preuve de compréhension à l’égard de nos préoccupations.Avec vous comme seul voisin, nous sommes devenus une nation distincte.Continuons à croître, chacun à notre manière».Ces négociations pourraient commencer, du moins au niveau préparatoire, dès le mois de mai, puisque le Congrès doit donner son approbation au processus vers le 21 avril.Ce sera un processus qui exigera que le président Reagan et le premier ministre Mulroney travaillent à obtenir l’appui populaire de leurs concitoyens, a indiqué hier midi le secrétaire d’État, M.George Schultz.Au cours d’un toast au déjeuner officiel offert en l’honneur de M.Mulroney, il a aussi soumis que les deux pays devaient rechercher une abolition des barrières commerciales sur les échanges de services mais aussi sur les investissements.Quant aux « irritants» commerciaux, on devra chercher en parallèle à les solutionner, a-t-il soumis.Pour amadouer ses hôtes, le pre mier ministre Mulroney avait pour sa part deux bonnes nouvelles à leur donner : la participation canadienne à la station spatiale américaine et le renouvellement du Traité de défense de l’Amérique du Nord, le traité NO-RAD, pour une période de cinq ans, cela sans modification aucune.Il y a encore quelques jours, le cabinet hésitait à procéder à ce renouvellement, jonglant avec la possibilité, comme le lui avait recommandé un comité parlementaire, d’exiger en parallèle au traité une déclaration commune visant à clarifier la question de la participation du Canada à la guerre des étoiles.Du côté américain à qui répugnait une telle façon de procéder, on comprennait hier que le renouvellement se ferait sans une telle condition, alors que du côté canadien on disait qu’on allait apporter des explications à la décision prise jeudi dernier au cabinet.Le traité sera signé aujourd’hui.Cette décision du gouvernement ne pouvait que plaire au président américain qqui n’a pas manqué hier de faire allusion publiquement au non respect par le Canada de la politique adoptée par l’OTAN de maintenir en termes réels à 3 % la croissance des dépenses en matière de défense.« Si tous les membres font leur juste contribution ( à la modernisation de l’alliance Atlantique ), l’OTAN sera capable de préserver la paix », a-t-il dit à M.Mulroney dans son discours de bienvenue.Les deux hommes n’ont pas abordé hier les questions internationales, si ce n’est indirectement alors que, lors d’une scéance de photo, M.Mulroney a été invité par un journaliste à expliquer sa position sur le Nicaragua.« Pourquoi aidez-vous le Nicaragua », a demandé le journaliste, ce à quoi le premier ministre a répondu qu’il était dans la traditon canadienne d’aider les pays démunis, une pratique qu’il entend maintenir.M.Reagan qui, lui, veut aider financièrement l’opposition armée au Nicaragua, les contras, a dit simplement, lorsqu’on lui a demandé son opinion, que le Canada est un pays souverain.Néanmoins, cette question semblait l’intéresser puisque ses adjoints avaient en mains toutes les données sur l'évolution de l’aide canadienne au Nicaragua depuis le début de la révolution sandiniste.4 Cols bleus nier, et 93 %, dimanche, pour retomber ensuite, hier, à 74 %.Le gouvernement a jugé ce rendement insatisfaisant et a rappelé l’avis du Conseil des services essentiels en ce sens.Elle laisse dans l’état où il se trouve depuis dimanche le dossier des négociations en vue du renouvellement de la convention collective des 3,900 employés manuels de Montréal, regroupés dans le Syndicat canadien de la fonction publique ( SCFP ).Les négociations sont suspendues et la controverse relative aux pourparlers entre MM Louis La-berge, président de la FTQ, et Yvon Lamarre, président du comité exécutif de la ville de Montréal, reste entière.Dans l’administration municipale et dans le syndicat, plusieurs s’attendaient à une intervention plus décisive se portant non seulement sur la prestation des services, mais aussi sur le litige de la convention collective, échue depuis la fin de 1984.Le gouvernement québécois a écarté des moyens d’intervention comme la médiation extraordinaire ou l’arbitrage décisif du litige en cause, n’étant pas conviancu que les parties le souhaitaient vraiment.Il les a invité à recourir aux services des spécialistes du ministère.Depuis un mois, le syndicat et l’administration ne se sont jamais entendus sur les services essentiels rendus.En certains endroits, les ordures se sont accumulés pour faire des montagnes tandis que l’état des rues se détériorait chaque jour davantage.Plus tôt dans la journée, le président du comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal, M.Michel Hamelin, était intervenu pour réclamer le retour au travail le plus tôt possible afin de pourvoir à l’entretien des équipements d’épuration des eaux.Les employés manuels de la CUM font partie de la même unité d’accréditation que les employés de la Ville de Montréal.+ Chirac En clair, cela revient à dire que le président du RPR a été pressenti par le chef de l’État pour le poste de premier ministre et que les deux hommes ont étudié ensemble la composition du futur gouvernement que M.Chirac serait appelé, s’il donne son accord définitif, a diriger.Ce procédé, inédit sous la 5e République, suit, dans l’esprit, les conditions posées officiellement lundi par la coalition majoritaire.Le RPR et l’UDF indiquaient que le premier ministre désigné devait s’engager devant ces deux formations à mettre en oeuvre sans compromission ni concession leur plate-forme commune de gouvernement et obtenir leur accord sur les modalités de son application.Bien que rien n’ait filtré sur la teneur de l’entretien à l’Élysée, on ne peut exclure que le chef de l’État qui, à plusieurs reprises durant la campagne électorale, s’était personnellement porté garant du maintien de plusieurs acquis des cinq ans de législature socialiste, ait demandé à son interlocuteur d’assouplir certains points précis de la plate-forme.Au cas où un accord interviendrait entre le RPR et l’UDF, d’une part, et entre MM.Mitterrand et Chirac, d’autre part, la nomination du premier ministre et la composition du nouveau gouvernement pourraient ainsi être annoncées au même moment.La plate-forme « pour gouverner ensemble » signée par le RPR et l’UDF le 16 janvier puis par le CNIP (centre national des indépendants et paysans, droite), comprend trois volets : « promouvoir une société de liberté », « retrouver le chemin de la croissance économique et du progrès social » et « redonner à la France sa vraie place dans le monde».Ce texte, qui comprend « vingt engagements fondamentaux », ne se veut pas un « catalogue complet de mesures précises » mais souligne « une volonté d’engager la France dans une voie nouvelle par quelques actions prioritaires ».Il est question, dans cette plateforme, de rétablissement du scrutin majoritaire « sans délai », de la libération des prix « immédiate », de la libération totale des changes « dans les plus brefs délais », de la libération du crédit (libre concurrence entre les banques pour la rémunération de l’épargne et l’octroi des prêts) et du développement de la concurrence « par la déréglementation » Le texte parle aussi de « Emettre en ordre » les finances publiques.Un collectif budgétaire 1986 « rétablira les vrais comptes et engagera l’action de réduction des déficits », y lit-on.Il s’agira également de « desserrer le carcan de l’impôt » en supprimant l’impôt sur les grandes fortunes et en « revenant à un taux marginal de l’impôt sur le revenu n’excédant pas 50 % ».Un programme de dénationalisations sera mis en place également, fondé sur « l’abrogation immédiate de la loi dite de démocratisation du secteur public » et sur la dénationalisation.A terme, « tout le secteur concurrentiel sera dénationalisé», dit la déclaration.La coalition entend aussi agir sur l’emploi en supprimant l’autorisation administrative de licenciement, en permettant la « flexibilité du travail », en dotant les PME (petites et moyennes entreprises) d’un « statut allégé» (effacement des effets de seuil) et en encourageant l’emploi des jeunes.En matière de communication, le groupe de droite parle de rompre de façon « rapide » avec « le dirigisme étatique » : rendre l’audiovisuel à l’initiative privée en désengageant l’État qui gérera une chaîne de TV et une société de radio, et abroger immédiatement la loi sur la presse du 23 octobre 1984 « pour donner place à un régime juridique nouveau ».M.Chirac avait déclaré au début de l'année que le calendrier de privatisation des chaînes de télévision ne devrait pas être trop rapide Les autres points forts de la plateforme incluent le « renforcement des Karl Lévêque meurt subitement à Montréal JEAN-CLAUDE LECLERC Le père Karl Lévêque, jésuite, figure de premier plan de la communauté haïtienne au Québec, est décédé subitement hier à Montréal, à l’Institut neurologique, au cours d’une opération chirurgicale.Connu familièrement par son nom de Karl Lévêque, le leader spirituel, âgé de 49 ans, était retourné en Haïti, peu après le changement de gouvernement.Revenu à Montréal pour subir l’ablation d’une tumeur au cerveau, il est mort avant même d’être opéré, des suites, semble-t-il, de complications à l’anesthésie.Karl Lévêque avait dû s’exiler d’Haïti, après être entré au grand séminaire de Port-au-Prince.Admis au noviciat des Jésuites, à Saint-Jérôme, en 1960, il fut ordonné prêtre dans la même ville le 17 mai 1969.Étudiant en philosophie à Strasbourg, puis en science politique à l’Université de Montréal et à l’UniversitÉ du Québec à Montréal, il avait aussi enseigné plusieurs années aux collèges Saint-Laurent et Ahuntsic.En plus de ses nombreuses activités au sein de la communauté haïtienne, notamment à la radio communautaire de CIBL, il avait été permanent au secrétariat de l’Entraide missionnaire, rédacteur à la Revue Relations, et directeur des programmes, depuis 1983, au Centre Justice et Foi (Maison Bellarmin).Animateur jovial, critique indépendant, le père Karl Lévêque a pris part à nombre des grands débats des dernières années, tant M fc sur les enjeux défrayant la manchette internationale que dans les questions sociales qui se posent au Québec.Son rôle effacé mais déterminant au sein de la communauté haïtienne lui avait valu, surtout ces dernières années, des menaces de mort et maints actes de vandalisme de la part d'agents duvaliériste.La Société québécoise de solidarité internationale (SQSI), dont il était le secrétaire, perd avec lui une des personnalités les plus averties des problèmes de réfugiés.La nouvelle de sa mort a plongé dans la consternation tant la communauté haïtienne que sa famille religieuse et le milieu de la coopération internationale.Les funérailles devraient avoir lieu vendredi à Montréal.On ignore pour le moment si Karl Lévêque sera inhumé à Montréal ou dans son pays natal.moyens des services de police », et, en matière de terrorisme, la mise à jour des conventions d’extradition pour « rendre le droit d’asile à sa vocation première ».Dans le secteur chaud de l’immigration, il est question d’« affermir notre identité nationale en luttant contre l’immigration clandestine, en agissant avec fermeté contre les étrangers qui s’affranchissent des lois de la République, en facilitant l’intégration de ceux qui le souhaitent, en développant pour ceux qui le choisissent l’aide au retour et en réformant le code de la nationalité».-Le document parle aussi de « libre choix de l'école » et de décentralisation progressive du système scolaire, de « remettre à niveau la défense nationale » pour qu’elle représente 4 % du budget et de mettre l’accent sur la « solidarité étroite entre la France et les Etats-Unis ».En revanche, si aucun accord n’est conclu, le président Mitterrand devra pressentir une autre personna- lité, mais l’on voit mal dans ce cas qui pourrait réussir là où, M.Chirac, candidat préféré de la coalition de droite au poste de premier ministre, aurait échoué.Par ailleurs, le ministère français de l’Intérieur a publié hier matin les résultats définitifs des élections législatives qui accordent 290 sièges au RPR (néo-gaulliste), à l’UDF (li-béro-centriste) et aux divers de droite, et 35 sièges au Front national (extrême droite).À gauche, le Parti socialiste obtient 206 sièges, les Divers de gauche 5, les Radicaux de gauche 2 et le Parti communiste 35.Les résultats englobent les 96 départements de la métropole auxquels s’ajoutent la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion ainsi que la Nouvelle-Calédonie, Mayotte et la Polynésie.Les deux derniers sièges (Saint-Pierre et Miquelon - Wallis et Futuna) seront pourvus dimanche prochain à l’issue d’un second tour de scrutin.LES OTAGES FRANÇAIS AU LIBAN L’émissaire de la France « renonce » à sa mission ARGENTAN (France) (AFP) -Le Dr Razah Raad, considéré jusqu’à présent comme l’émissaire officieux du gouvernement français pour la libération des otages détenus au Liban, a annoncé hier après-midi à l’AFP qu’il « renonce » à sa mission.« On a voulu me salir en pleine campagne électorale », a déclaré le médecin français d’origine libanaise, qui a ainsi confirmé son intention, exprimée lundi à l’AFP de « laisser tomber les négociations si les autorités françaises ne le lavaient pas des accusations mensongères » récemment portées contre lui.« Ma démarche, a-t-il ajouté, n’avait qu’un double but ; humanitaire et servir mon pays.Je suis écoeuré, cette démarche n’a pas été comprise.C’est au gouvernement français de prendre maintenant ses responsabilités ».Répondant aux accusations selon lesquelles il avait été « grassement payé » pour accomplir cette mission, le Dr Raad a affirmé qu’à l’exception de ses billets d’avion, il n’avait jamais touché « un seul centime » des autorités françaises.Le médecin a indiqué qu’il avait en vain essayé à plusieurs reprises de contacter Mme Mary Seurat, arrivée lundi à Paris, pour lui remettre des documents — lettres et photos — ayant appartenu à son mari qu’il a ramenés du Liban.La jeune femme a déclaré à Paris que ceux-ci ne lui auraient « rien apporté de nouveau et n’auraient fait que remuer le couteau dans la plaie ».Le Dr Raad en a convenu, ajoutant que ces documents « ne constituent pas une preuve de la mort du sociologue».« Il existe une volonté extérieure pour que j’abandonne ma mission », a par ailleurs estimé le médecin.Il a indiqué que sa femme avait reçu à la fin de la semaine dernière des menaces téléphoniques de mort et d’enlèvement d’enfants.Il a affirmé qu’au cours de son dernier séjour au Proche-Orient, un homme se faisant passer pour lui avait téléphoné à une Agence de presse Damas pour, a-t-il dit sans autre précision, « semer le trouble avec le Djihad islamique et me brouiller avec les milieux intégristes ».L’Agence, selon ses déclarations, a fait entendre au téléphone l’enregistrement à son épouse qui n'a pas reconnu sa voix.« Dans toute cette af- faire, a-t-il conclu, il y a des schémas politiques ou commerciaux qui me dépassent’.Le Dr Raad avait fait l’objet de vives critiques de la presse notamment.C’est que, contrairement aux autres émissaires officiels — les ambassadeurs Serge Boidevaix, Jacques Morizet, Henri Servant, Eric Rouleau notamment — qui rendaient directement compte à leur gouvernement de leurs contacts, en s’abstenant de toute déclaration à la presse, M.Raad a choisi la voie inverse.C’est en effet par des déclarations à des journaux arabes et à des radio périphériques que l’opinion française a été informée de ses démarches bien avant son retour en France.Certains journaux l’ont soupçonné de se livrer à une publicité personnelle avant les élections législatives du 16 mars où il se présentait dans l'ouest de la France et où il a d’ailleurs été battu.Une autre personnalité, l’homme d’affaires syrien Omrane Adham, plus sévèrement, Ta accusé d’avoir fait capoter en janvier dernier par des propositions inconsidérées des négociations visant à une libération imminente des otages français.Le Dr Raad était brusquement apparu sur le devant de la scène, fin août dernier, en apportant à leurs familles des messages des 4 otages français : Michel Seurat, Jean Paul Kauffmann, Marcel Carrton et Mar-ceel Fontaine.M.Raad accomplira deux missions à Beyrouth, la première en novembre, la deuxième, le 17 décembre, après l’annonce de la grave détérioration de l’état de santé d’un des otages.Au cours du second voyage, il est accompagné d’un diplomate français, M.Pierre Blouin, et d’une cargaison de matériel médical.Malgré des déclarations « optimistes », ces démarches n’ont pas donné de résultats.Circonstance aggravante, ses propos contradictoires — il affirme tantôt avoir rencontré les ravisseurs, tantôt des intermédiaires, tantôt Marcel Carton, tantôt ses médecins — commencent à susciter des interrogations.L’épouse d'un des otages, Mme Jean-Paul Kauffmann le contestera publiquement en février en demandant que les négociations soient prises en charge directement par le gouvernement.4
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.