Le devoir, 19 avril 1986, Supplément 1
1LESEN READ Mfi URE HMTATb LEER LES .t": ¦ " ¦ I.£ * >EVOm 15e SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUEBEC Montréal, samedi 19 avril 1986 i LIRE HUTATb LEER LESEN READ MI EN VENTE DÈS LE 22 AVRIL Le tout nouveau livre de Jacques Savoie r j STfll fd âl Un roman plein d’humour et d’émotion qui saura vous charmer! Vol.d« 160p., 10,65$ .L §.Lire, écrire au cégep \ L’OCCASION du Salon du livre de Québec, le I)E-*“V01 R consacre aujour d’hui un cahier spécial à la lecture et à l’écriture au cégep.Une contribution qui survient alors qu'on s’interroge de plus en plus sur le système scolaire (les Ktats généraux sur l’éducation en sont d’ailleurs le dernier exemple).et que les éditeurs sont toujours à l’affût de nouveaux lecteurs.Avec un tel sujet, tout est matière à discussion, tout dépend du point de vue de vos interlocuteurs, les données « objectives » ne sont pas légion.Dans le grand public les clichés fusent : les étudiants ne savent pas écrire, on n'enseigne plus la « vraie » littérature au détriment d’expériences pédagogiques sans lendemain, les programmes ne correspondent pas à la réalité, et ainsi de suite.La réalité est souvent plus complexe et plus nuancée, on s’en doute.On trouvera ici des points de vue d’étudiantes et d’étudiants exigeants (nous avons demandé à certains d’entre eux de nous écrire un texte — oui, c’était bien écrit, non, il n’y avait pas trop de fautes !), des interrogations de professeurs passionnés, des expériences intéressantes pour l’avenir (cours de création, intégration de l’ordinateur, cours de rattrapage, etc.) Mais aussi des constats inquiétants.Nous avons également invité deux écrivains-professeurs, Philippe llaeek et Lucien Kran-coeur, à nous livrer le fruit de leurs réflexions Puisque ce cahier mi-littéraire mi pédagogique sera dis tribué dans de nombreux cégeps, nous souhaitons qu’il puisse servir d’outil de travail aux étudiants et aux professeurs, dans leurs classes.Ce qui serait la meilleure conclusion possible.Paul Caurhon SlÉftfe Textes: Lynda Baril, Lise Bissonnette, Elise Brunet, Angèle Dagenais, Carole David, Hélène De Billy, Valérie Dubreuil, Lucien Francoeur, Philippe Haeck, André Lamarre, Clément Moisan, Isabel Serra, Marc Sévigny, Clément Trudel.Coordination: Paul Cauchon Mise en page: Jean-Guy Duguay Publicité: Jacqueline Avril N '-•w/ 2 ¦ Le Devoir, samedi 19 avril 1986 Lire, écrire au cégep L‘accouchement d'un nouveau programme de français a été plutôt laborieux ANGÈLE OAGENAIS Journaliste au DEVOIR.L’enseignement de la langue française et de la littérature est encore obligatoire au niveau collégial.Dieu merci.Les étudiants ont donc une dernière chance, avant de se lancer dans la vie, de tomber amoureux des mots et des idées que charrient les textes, grands et moins agence .^otlê- internationale.Q'eSt d'abonnements Catalogue général: 3.00 S (plus de 5000 litres) Tél.: (514) 274-5468 1t55, avenue Ducharme Outremont (Quebec) H2V 1E2 grands, de leur culture maternelle.Certains coups de foudre s’opèrent tardivement.Il semble que de plus en plus d’étudiants, conscients de leurs lacunes, retrouvent de nouvelles motivations au cégep et succombent aux séductions du français, ne serait-ce qu’à l’utilité de l’orthographe et de la grammaire pour se débrouiller dans la vie.Le coordonnateur provincial du programme de français et professeur au cégep de Joliette, M.Augustin Vestraelen, est optimiste.« Le creux de la vague est dépassé », tant chez les professeurs que chez les étudiants, laisse-t-il entendre.« Je vois la phase qui s’amorce avec la mise en place du nouveau programme de français comme quelque chose de très positif.Les indices qui me portent à croire cela proviennent notamment de l’énergie que les gens sont prêts à dépenser pour valoriser la langue française ».Ces énergies ne se retrouvent pas uniquement dans les départements de français mais dans les autres disciplines et auprès de l’administration.L’élémentaire et le secondaire ont réformé leurs programmes de français en 1980.(Au secondaire on y a mis notamment un contenu, de 1968 à 1980 le programme « cadre » de français au secondaire n’avait aucun contenu ! ) En septembre dernier, c’était au tour du niveau collégial d’implanter un nouveau programme de français, programme qui a mis une bonne douzaine d’années à venir au monde.Cet accouchement laborieux est dû en partie au fait que personne ne s’entendait vraiment sur la façon dont devait être remanié le programme de français, intouché depuis la création des cégeps.Ce programme était découpé auparavant en quatre tranches d’apprentissage correspondant aux quatre grands genres littéraires — essai, roman, poésie, théâtre — héritage des anciens collèges classiques.De plus, le ministère de l’Éducation privilégiait une approche uniforme, provinciale et très rigide de l’apprentissage du français, faisant fi des compétences locales (linguistes ou littéraires) et ne laissant aucune place à la diversité de présentation déjà tolérée depuis plusieurs années d’un cégep à l’autre.Craignant d’être transformés en professeurs de grammaire tenus de suppléer à toutes les déficiences héritées des années antérieures, les professeurs de cégep défendaient majoritairement l’enseignement de la littérature et de la langue de niveau cégep.Selon une étude effec- tuée en 1984-85 au cégep de Maisonneuve à Montréal, 30 % d’étudiants présentant des difficultés d’écriture en français attribuent l’origine de leurs problèmes à l’école primaire, 60 % à l’école secondaire et 9 % au collegial.L’épreuve de force de la Direction générale de l’enseignement collégial (DGEC) auprès des départements de français à travers la province semble avoir retardé la conception du nouveau programme de quelque cinq années.La solution finalement retenue fut un compromis entre les objectifs défendus par le ministère — dont l’un des plus importants était la correction de la langue — et la versatilité que souhaitaient conserver les cégeps dans l’application de ce programme.Le nouveau programme de français comprend une banque de 13 cours s’articulant autour de quatre grandes orientations: 1) langue, littérature et société; 2) lecture, analyse et production; 3) langue, langage et communication; 4) langue et discours littéraires.Il semble qu’une majorité de cégeps n’ait pas retenu la « séquence type » proposée par le ministère à partir de l’orientation numéro 1) prévoyant la présentation d’un cours de linguistique ou de grammaire à la première session collégiale de l’étudiant, un cours de lecture et d’analyse à la seconde, un cours axé sur la communication et récriture à la troisième et enfin un cours de littérature orienté principalement sur la société québécoise a la quatrième.Bien que la plupart des collèges choisissent une seule des quatre grandes orientations du programme de français, certaines institutions de 5000 étudiants ou plus, disposant Photo: Louise Lemieux D’un programme à l’autre, le défi reste le même: inculquer le goût de lire d’un grand bassin de professeurs, peuvent en offrir deux, trois ou même quatre, pigeant à même la banque de 13 cours ceux qui leur conviennent davantage.Le cours de grammaire que le MEQ tenait à imposer à tous les étudiants n’est finalement pas obligatoire.Il est recommandé aux étudiants jugés trop faibles lors des tests de dépistage de difficultés linguistiques, et crédité ensuite comme n’importe quel autre cours.Un grand nombre de cégeps n’ont toutefois pas attendu la venue du nouveau programme pour créer des Suite à la page 3 Guérin Collection L’ÉDITEUR DES ÉCOLES 4501 Drolet Montréal, H2T 2G2 Tél.: (514) 842-3481 SARP ÉCRIT 601-911"76 MS ÉCBl 1 ages jèr.Desaulniers ooojé’10** .ous-même^ beso(Us.Peu rjthme et sel - de cours, être utilisée e •• Mé ! Elisée en salle de cours.^ * -usée: Segmente M^ode •**£& de ce due (¦apprentissage en ^ ^ n mesur dÏctm^rSahnde ewe eço ¦ U c»'-w ^7%îo^'oW Cef ouvrage S\A orientation (hU °n derr)ande /S Pnnci" 6 Icl.: (514) 651-3646 297f;- SarUl"n’ M,,,"rt'al l«R 11 6 - Icl.: 332-5860 NOUVEAUTÉS Nouvelle Collection «Le Sens» L 'ami-chien 232 payes 15,95$ ISBN: 2-89133-069-2 L'ami-chien par Michel Morin Le sujet se cherche dans son rapport à l'autre mais ne se trouve qu'en se perdant toujours plus.Son expérience lui échappe.Que chercne-t-il?Amour?Amitié?Comment savoir?Quelle est la différence?Tendresse?Violence?f.chappc-t-il aux pièges du narcissisme?Est-il amant ou éducateur?Aussi, se tourne-t-il vers ces auteurs aux pensées contrastées que sont Rousseau et Sade, à travers lesquels il réfléchit l'extrême altérité du sentiment et du désir.L'Inceste et le Génocide par Paul Chamberland Pourquoi l’inceste, et pourquoi le génocide?Parce que l’espèce humaine ne forme plus qu’une seule famille, et la terre qu une seule patrie.Et que.dans ces conditions, le défi du futur imminent tient dans cette alternative: périr ou s’unir — l’autodes-truction généralisée, physique et psychique, ou la fusion, lucide et responsable, en une véritable civilisation planétaire.L ’Inceste et le Génocide 112 payes 12$ ISBN: 2-89133-064-1 Nouvelle Collection «Paralittératures» Écrits sur le fantastique ( Bibliographie) par Norbert Spehner Ce libre est une bibliographie analytique de plus de 2 200 études et essais consacrés au fantastique sous toutes ses formes: littérature.cinéma, art et bande dessinée.Répertoire des études sur plus de 200 auteurs fantastiques, c’est un livre de références pour chercheurs et amateurs de fantastique, autant qu'un guide de lecture.Écrits sur le EWTASTIQI i; l e roman IIISTOKIQI I 350 p«Kr nt A///, 'jMAUt-1 .rndcd .Jeu H'?/ d Cttf - AU/r/d/cd/aJ AxUÀpnùa., d A /) f/llt y/,/ ¦ yi/J/K_ ,4-/a/x .pa xA y a AU/ea/t/y .yux y/a' Xui/xAyoPyrnt yxaxtjr dxyy nj/nyx- *Avav"* dQX&J* ulÿ/jyUtj s&)Kt)ïU ?L1U l .xd \\WvU Up ) Goethe Institut Montréal centre culturel allemand / présente Hans Christoph Buck et la version française de son roman LE MARIAGE DE PORT-AU-PRINCE Kiosque nos 221 à 224 du 23 au 25 avril de 17h à 18h à l'Université Laval au Pavillon de Koninck, salle 3244 Hans Christoph Buch lira des extraits de son livre et discutera avec le public le 23 avril à 19h30 renseignements: (514) 866-1081 ce LIBRAIRIE Jarcco Inc.13 f PLACE CHAMBLY, CHAMBLY, QUE.J3L 2Y7 EN VEDETTE: Dépositaire de la fameuse brocheuse SKREEBA 117, livraison par la poste à nos frais = 3-4 jours.Demandez notre catalogue et liste de prix.FOURNITURES DE BIBLIOTHÈQUE 95.00$ 2 ble* de broches GRATUITES T«.î 658-4141 *658-5140 VENEZ NOUS RENCONTRER AU KIOSQUE E-256 10 ¦ Le Devoir, samedi 19 avril 1986 Lire, écrire au cégep Nous revenons de loin, de très loin Photo: Radio-Québec Les enseignants voyaient de la subversion partout! » -Æ y LISE BISSONNETTE Rédactrice en chef adjointe La nostalgie est encore ce qu’elle était, chez l’armada de ceux qui pleurent sur l’inculture littéraire des collégiens.La vieille bataille de la littérature française contre la littérature québécoise, et vice-versa, s’est soldée par un compromis au programme : les professeurs sont libres de choisir les oeuvres à mettre à l’étude, et il paraît que leur menu est désormais équilibré.Mais le front froid s’est déplacé vers les objectifs mêmes du programme : le coeur des profs balance entre enseigner la littérature pour la littérature, ou utiliser les cours de « langue et littérature » comme des instruments d’amélioration de la langue parlée et écrite des élèves, de leur capacité de communiquer et, pourquoi pas, d’expression de leur « vécu », encore à la mode en certains quartiers.On y ferait donc de la grammaire et de la thérapie, mais pas souvent d’intelligence littéraire.« Dans l’état actuel des choses, il semble qu’un étudiant puisse fort bien traverser ses deux ou trois années de cégep en ne lisant qu'un seul roman (.) », s’inquiète Micheline Lafrance, dans un intéressant dossier, que publiait en mars le Journal de l’Union des écrivains québécois.Je ne m’en mêlerai pas plus avant, puisque son interprétation est contestée dans les milieux qui vivent la littérature au cégep.Sauf pour mettre en question une prémisse qui tient des deux côtés de la dispute : tout ce monde semble croire que les collégiens d’aujourd’hui sont en moins bonne posture, littérairement parlant, que leurs ancêtres d’hier.Qu’il fut un temps où ils lisaient.De la poésie, du roman, et des essais.Il y a là une petite erreur de perspective, qui vient probablement du fait que les polémistes sont tous des littéraires, qui n’en jugent que par leur propre formation antérieure.Mais pour l’immense majorité des jeunes Québécois d’il y a vingt ans, même au coeur de la Révolution tranquille, la littérature aurait pu aussi bien avoir feu et lieu dans les confins de la Mandchourie.Il faudrait voir d’où l’on vient, avant de catastropher sur où l’on va.Rappelons d’abord l’abc du système.En 1965, dans les établissements de niveau collégial et universitaire du Québec, il n’y avait pas un demi-million d’étudiants comme aujourd’hui, mais environ 100,000, presque tous dans le secteur privé, collèges classiques et universités.Cette petite poignée de jeunes gens déjà sortis de foyers bien cultivés avait certes accès à la grande litté- rature, encore que cela pouvait varier de façon appréciable, selon que vous étiez chez les Jésuites du collège Sainte-Marie rue Bleury, des gens qui vivaient à la hauteur de leurs prétentions, ou un couvent pour filles en régions éloignées.Car il me souvient de ma formation « littéraire », dans une école normale de l’Outaouais, avec un réalisme refroidissant.J’étais liseuse, comme quelques autres, et j’en voulais.Le sommet, qui me ravit à l’époque, était le cours d’une religieuse qui adorait Claudel.Nous avons planché toute une année sur la préparation d’un débat littéraire qui s’intitulait: « De Violaine ou de Sygne de Coufontaine, laquelle est la plus courageuse ?».Inutile de dire que la douce et effarée Violaine avait gagné d’avance.Malgré le sirop et la guimauve, cette initiation à la littérature à travers une religiosité exaltée et un mysticisme de pacotille avait toutefois un avantage : nous lisions enfin des ouvrages complets.Tout le reste était des agapes autour d’une table remplie de miettes.De la littérature en extraits, savamment excisés de tout danger pour l’âme et le corps, coupés de leur contexte et de la vie de leurs auteurs, qui tenait entre deux dates et le nombre de leurs enfants.Sauf notre titulaire claudélienne, qui laissait paraître un penchant pour la transgression, tous les enseignants de lettres qui passaient par là voyaient de la subversion un peu partout.Marie-Claire Blais, dont nous entendions vaguement parler, était une peste révolutionnaire, Yves Thériault l’ultime vulgaire, mais Hugo et Rimbaud, évidemment, ne valaient guère mieux.Leurs noms passaient comme des péchés, dans un nuage de soufre qui réussissait vraiment à semer la crainte.J’ai lu mon premier Rousseau à 17 ans, ces Confessions là n’étaient pas permises, je les avais trouvées dans une bibliothèque publique, et cachées sous un oreiller, au pensionnat.Notre bibliothèque scolaire était remplie de bondieuseries, de romans roses, ou d’essais moraux.Entre la littérature québécoise et la littérature française, il n’y avait pas de bataille: des volumes et des volumes de Michel Quoist, qui nous appelait au mariage, à la vertu et à la maternité, prononçaient le non-lieu.Et si nous avions eu des sous pour acheter des livres, qu’aurions-nous trouvé, dans ces villes où tout ce qui était relié se vendait en tabagie?Il est toujours bien romantique de se souvenir d’un aumônier qui prêtait clandestinement ses fonds de bibliothèque, ou du jour béni où, arrivant dans la grande ville, on mettait les pieds chez M.Tranquille en n’en croyant pas les rayons.Mais qui ai- merait y revenir, à cette époque où la chance tenait lieu d’éducation littéraire, aussi variable que la loto?Et nous étions vraiment des privilégiés.Pour le reste, pour plus de 90 % des jeunes Québécois qui n’iraient jamais au collège, il ne s’enseignait pas une traître ligne de littérature au cours secondaire, sauf par le biais des dictées, et leur bagage littéraire était donc équivalent à zéro.Mon évaluation n’est pas scientifique.Mais dans ces villes où j’ai vécu, et où il m’arrive de retourner, l’accès à la littérature est extraordinaire.Il y a partout des cégeps, où cela s’enseigne hors de la censure.Il y a partout des librairies, avec des libraires compétents, et parfois heureux.Nous sommes revenus de très loin, et de très obscur.Parfois, il faut s’efforcer de ne pas l'oublier.À QUÉBEC au CHÂTEAU FRONTENAC Les 4,5 et 6 juin 1986 6e colloque annuel \ association cjucbccoi/o ?M de.pédogog» collegiate.INFORMATIONS: A.Q.P.C.M.Gérald Sigouin, conseiller pédagogique 7000, rue Marie-Victorin Montréal (Québec) H1G 2J6 (514) 325-0150 poste 210 DES PETITS LIVRES QUI EN DISENT LONG : yeSOU^ )aCfl ,C1 Disponibles en librairie dès maintenant 7.95 $ ou au Salon international du Hure de Québec, stand 235-236 Lire, écrire au cégep Le Devoir, samedi 19 avril 1986 ¦ 11 4.95$ Des étudiants déplorent leur « base pourrie » .LYNDA BARIL Collaboration spéciale L'idée était intéressante mais l’entreprise tout de même un peu folle.Nous voulions tâter le pouls des cé-gepiens, savoir ce qu’ils pensaient de leurs cours de français.À 17-18 ans, s’ils avaient vraiment le choix, opteraient-ils pour des cours de linguistique et d’analyse de textes ?Choisiraient-ils de lire Camus, Vian, Baudelaire ?De goûter L Écume des jours, de poursuivre Le Survenant, de connaître Thérèse Raquin ?S’ils pouvaient troquer leur petite table d’étudiant contre la chaise du professeur, quel genre de cours de français offriraient-ils ?Et mieux encore, tiens, s’ils étaient ministre de l’Éducation, imposeraient-ils, eux, quatre cours de français à tous les finissants du secondaire de la province ?Nous le savions dès le départ, le résultat serait probablement loin d’être représentatif.Mais tant pis.Nous voulions en « parler pour parler », pour attraper au vol les idées et les opinions de cinq collégiens choisis au hasard parmi 137,000 autres.Trois filles et deux garçons, tous de discplines et de collèges différents : Pascale en sciences de la santé à Bois-de-Boulogne, Sylvie en technique d’hygiène dentaire à Maisonneuve, Annick en lettres à Rosemont, Yves en technique administrative à Ahuntsic et Claude-Phil-lipe en sciences humaines à Édouard-Montpetit.Bilan de l’exercice ?En gros, ils aiment bien leurs cours de français.Avec des nuances évidemment.Certains sont « passionnants », d’autres « pénibles ».« Ça dépend toujours du professeur.» Dans les souliers du ministre, oui, à l’unanimité, ils imposeraient des cours de français au collégial.Parce que la maîtrise de la langue française est une chose « essentielle », « primordiale » et « super importante ».En fait, ce qui les agace, ce n’est pas tant le principe du cours obligatoire.Très soucieux de la langue, qu’ils considèrent comme un outil indispensable de communication et de connaissance, conscients de leurs lacunes en français, c’est surtout la déficience de leur formation linguistique au primaire et au secondaire qui les dérange et à laquelle ils (en) reviennent constamment.« Au cégep, on devrait encore avoir des cours de français de base, ‘ estime Sylvie.C’est tout juste si on sait lire et écrire.L’autre jour, je me suis aperçue jusqu’à quel point j’étais faible en français quand un enfant m’a demandé d’épeler un mot, un mot pourtant facile, et que j’ai été incapable de lui répondre ».« Oui mais tu vois c’est ça le problème, s’objecte Pascale, c’est pas au cégep qu’on devrait apprendre à écrire.Ça devrait déjà etre su depuis longtemps.» « Justement, à l’âge qu’on a, on devrait pouvoir passer à autre chose », enchaîne Annick, la « dévoreuse de livres » et la plus loquace du groupe.« On devrait avoir la chance à l'intérieur de nos cours de s'ouvrir sur le monde, d'utiliser la langue pour mieux développer notre imaginaire et élargir notre culture générale»,., « De problème encore «oe fols.poursuit Claude-Phillipe, c’est qu’on ne peut rien construire sur une base pourrie.Comment veux-tu demander à un élève qui n’a jamais rien lu ou presque de rédiger une dissertation sur La nausée de Jean-Paul Sartre ?» Et la pierre est de nouveau lancée du côté de l’enseignement au primaire et au secondaire : classes surchargées, manque de rigueur, programmes «bidons» dont ils étaient les cobayes, enseignants qui ne prenaient pas la peine de corriger les fautes ni de transmettre le goût de la lecture.Mais encore.Les cours de français au cégep, ça vaut la peine ?« Ça dépend toujours des professeurs », répètent-ils l’un et l’une après l’autre.« Mais de façon générale, tranche Pascale, je crois que les étudiants ont plutôt tendance à s’en désintéresser.Ils préfèrent mettre plus de temps et d’énergie à leurs cours de concentration ».Pourquoi donc ce manque d’intérêt ?« Moi je pense qu’il n’y a pas assez souvent de lien avec les' autres matières, répond Annick.« Un de mes professeurs base son cours sur les thèmes dans l’oeuvre de créateurs comme Gatien La-pointe, Picasso, Beethoven.C’est passionnant parce qu’on apprend en même temps plein de choses sur l’histoire, la poésie, la peinture, la musique.C’est diversifié et relié à d’autres disciplines.Ce qui est essentiel, finalement, c’est de transmettre le goût d’apprendre.Avoir un cours de français à donner, c’est du moins ce que je tenterais de faire ».Nous y voilà.Eux, qu’est-ce qu’ils feraient à la place de leurs professeurs pour faire courir les foules ?Pas de réponse.Mais ils savent fort t pa >ed« _ désintéressé.Photo: LoulM Lofnloui « C’est pas au cégep qu’on devrait apprendre à écrire bien par contre ce qui les fait fuir : un pédagogue blasé, apathique et Un professeur peut donner à lire tous les bouquins que ça lui chante.Pourquoi pas ?En autant qu’il soit assez convaincu et dynamique pour motiver ses étudiants à en tirer du plaisir.« En autant que le cours colle à la vie, au quotidien, dit An- nick.En poésie, plutôt que de téter sur les vers, les pieds et les rimes, pourquoi ne pas etudier de plus près la vie du poète, les émotions qu’il ressent quand il écrit, le pourquoi de son oeuvre ?» « Ce qui est important, pense Yves, c’est l’implication.Sentir qu’on participe et qu’on crée quelque chose ».Ce qui explique peut-etre le succès des cours de théâtre, le plus prisé et le plus populaire de tous, selon les cinq collégiens.« Entre Théâtre et Linguistique, on hésite généralement pas très long- temps », sourit Sylvie.La voie de la facilité ?« Pas nécessairement, réplique Yves.Un cours de théâtre peut être extrêmement formateur.Moi, ça été un de mes préférés.C’était sublime.J’y étais entièrement dévoué.Et j’ai travaillé fort parce que j’ai décidé de tout faire : écrire la pièce, la mettre en scène, la jouer.C’était extraordinaire.» Participer et apprendre.Les deux mots reviennent sans cesse comme un leitmotiv.Bref, de quoi motiver tous les enseignants découragés de la province ! ILS SONT DEVENUS MES ENFANTS Jacqui Lee Sehiff — Beth Day Ils sont .devenus mes entants -ç.I* Ha à- ni $ Inti •rl'Jition Psychothérapeute en analyse transactionnelle.Jacqui Lee SchilT a recueilli chez elle de jeunes schizophrènes considères connue incurables par les psychiatres classiques.Elle.raconte comment elle leur a offert une rie de famille, les a adoptes pour leur permettre de rerirre.et par la de dépasser une enfance très perturbée.Ils ont trousé en elle une mere qui leur permettait, malgré leur âge.d’aroir un comportement de bébé, et en son mari, thérapeute lui aussi, un pere auprès duquel ils (muraient ce qui leur arait fait défaut dans leur famille d’origine.Écrit dans un strie très simple, ce récit cnptirant recueilli par la célèbre journaliste Belh Day se- lit comme un roman.Best-seller aux Flats-l nis.il passionnera les profanes autant que les praticiens de l’analyse transactionnelle.en vente chez votre libraire InterEditions Diffusion Diffulnrc 12 ¦ Le Devoir, samedi 19 avril 1986 Lire, écrire au cégep TÉMOIGNAGES « J'aurais voulu des outils pour créer » ISABEL SERRA Finissante en lettres au cégep du Vieux-Montréal.En arrivant au cégep après deux ans et demi sur le marché du tra- vail, je ne savais pas trop à quoi m’attendre.Ce qui m’intéresse surtout, c’est la littérature.J’avais envie d’apprendre à écrire, de savoir comment écrire un texte intéressant, cohérent, bien construit.Je voulais également apprendre sur les ueuec, $24.95 • 128 pages • 135 photos • Français anglais « Découvrir une ville incomparable où il fait bon vivre.» 176 pages • la politique 180 dessins • le quotidien • ses personnages « Je salue la parution de cet album $19.95 comme un événement culturel majeur au Québec.» R.LaPalme Distribution Prologue Kiosque 109 — Le salon du livre de Québec.- Aussi un livre de collection tiré à 150 exemplaires avec 9 sérigraphies P.E.Trudeau (couleur) B.Mulroney R.Reagan R.Lévesque R.Bourassa C.Ryan I.Pelletier G.Vigneault P.Julien $325./pour $275.— prix du Salon.O ILS LPILIONS PI 1510.Beaulieu #502 l 'EMPREINTE Sillery.Que.GIS 4R3Tel.: 087-4511 grands noms de la littérature.Mais il faut d’abord savoir lire, analyser, bien comprendre un texte.Lors de ma première année de cégep, on m’a surtout demandé de faire des résumés de livres.On n’insistait pas sur le fait de comprendre ce que nous lisions, de l’analyser, d’y rechercher le sens, mais uniquement sur le résumé : quatre à 10 pages de travail mal construit, mal écrit et surtout très superficiel.C’est enfin au début de ma deuxième année de cégep que quelqu’un a su répondre à mon emballement pour cette matière, ce qui m’a apporté une grande satisfaction que je ne pensais plus obtenir à cause des expériences de l’année précédente.Le professeur en question n’imposait pas des travaux spectaculaires.Son souci était davantage de s’assurer que nous comprenions réellement le contenu de ce que nous lisions.Il parvenait à nous communiquer son intérêt, sa passion pour la littérature.En fait, ce professeur, en plus d’aimer sa matière, avait une conscience et un respect de nous, de ce que nous étions.Il attendait des choses de ses élèves et avait confiance que nous allions répondre à son enthousiasme pour le cours.Durant mes deux ans et demi de cégep, je n’ai pas toujours eu la chance de tomber sur de tels professeurs.C’est pour cela que je considère ne pas avoir beaucoup appris.Les cours inintéressants deviennent une perte de temps presque complète.Je crois réellement que l’attitude de l’enseignant(e) y était pour une très grande part : un robot devant nous qui répète son cours sans savoir à qui il s’adresse (et sans s’en soucier non plus) et qui semble nous reprocher ce qu’on ne connaît pas, ce dont on ne nous a jamais parlé.Dans de tels cours, j’ai appris à savoir très rapidement ce que le professeur veut entendre et de le rendre de la plus belle façon possible.Il ne me restait qu’à tenter d’obtenir une note décente : je devenais robot à mon tour.Ce qui est dommage au cégep, c’est que les bons professeurs sont rares.Ceux qui connaissent leur matière, qui sont passionnés par ce qu’ils enseignent, ceux qui laissent de la place pour la création, pour la compréhension et pour l’intérêt.Mais tout cela n’est pas évident.Il arrive souvent qu’un professeur soit engagé à la dernière minute ou pour en remplacer un autre qui donne un cours différent du sien pendant une ou plusieurs sessions.Ceci n’arrange pas les choses.La littérature passe à travers nous, elle s’y transforme, y vit.On ne peut pas l’enseigner comme on enseigne la mathématique, c’est pourquoi je trouve que dans les cours de français la création n’est pas à négliger.À mon avis, dans la plupart des cours au cégep, les professeurs ne lui accordent pas assez d’importance.J’aurais voulu qu’on me donne des moyens, des outils pour créer, écrire, découvrir des choses dans ce domaine.Je ne crois pas que les cours devraient être basés sur la création, mais que les professeurs devraient s’en servir pour nous faire comprendre ou nous aider à comprendre des choses, pour susciter notre intérêt.Mais on dirait que pour eux, ce que nous écrivons n’est pas à la mesure des « vrais » écrivains et n’a donc pas de valeur.Pourtant, nous sommes au cégep Suite de la page B on note le même phénomène.« Les étudiants paniquent dès qu’on leur demande de mettre une idée sur papier, mentionne un professeur de français de cette institution.Ils ont tout simplement perdu l’habitude d’écrire ou ne l'ont jamais acquise ».L’intégration plus poussée de l’informatique au niveau collégial y changera-t-il quelque chose ?« Il y à déjà des résultats avec un programme comme EGAPO, souligne Jacques Leclerc.C’est un début, mais il faudra du temps pour convaincre les enseignants d’utiliser davantage l’ordinateur, car certains craignent encore d’être remplacés par la machine ».Il semble en effet ue la résistance ne vienne pas des tudiants, la plupart favorables à l’informatique, mais des professeurs.On peut espérer que la situation puisse changer avec l’arrivée d’une nouvelle génération d'élèves utilisant actuellement l’ordinateur dans les écoles primaires, mais d’ici là tout reste à faire.pour apprendre et pour développer nos capacités.Je parle ici en général car j’ai quand même eu la chance d’avoir quelques professeurs, un surtout, pour qui la création avait son importance.Ce professeur nous aidait et nous encourageait à créer.Elle nous donnait des outils pour le faire tout en nous laissant très libres, nous permettant ainsi de découvrir notre propre style et de nous exprimer d’une façon authentique.Je n’avais pas de limite lorsque je faisais un travail puisque je ne faisais pas les travaux pour le professeur, mais pour moi, pour mon plaisir et pour apprendre vraiment.Pour moi, l’idéal serait que chaque professeur, quel que soit le cours qu’il ait à donner, sache d’abord à qui il s’adresse, qu’il se soucie de ce que nous sommes.Qu’ils accordent plus d’importance à la compréhension et à la création.Et qu’enfin, dans la mesure où ils aiment la matière qu’ils ont à enseigner, ils parviennent à susciter notre intérêt.Suite de la page 9 connaît les tarifs des centres d’aide privés américains : en moyenne de S 20 à $ 25 l’heure ! Bref, tout le monde au cégep Êdouard-Montpetit tire profit du Centre.Primo, les consultants qui améliorent leur français écrit, donc leur rendement scolaire et du coup leurs chances sur le marché du travail.Secundo, les assistants qui apprennent tout en enseignant.Et tertio, les professeurs qui, à plus ou moins long terme, auront davantage de plaisir à lire les travaux de leurs élèves.Qui dit mieux ?(1) Enquête du ministère de l’Education, 1984.(2) Enquête sur le français écrit dans les cégeps, Bibeau, Doucet, Poirier et Vermette, Cégep de Maisonneuve, mars 1975.{3}Problèmes ortographiques d'étudiants universitaires et expérimentation de divers types d’interventions, Flore Gervais, Colette Noël, sera publié prochainement par le Conseil de la langue française.CERTIFICAT EN LITTÉRATURE DE JEUNESSE Le programme de certificat en littérature de leunesse vise à parfaire les connaissances de celles et de ceux qui manifestent un intérêt pour I analyse, la création et la diffusion des oeuvres destmees à la leunesse Il dispense une connaissance théorique et pratique, et développe des aptitudes qui permettent de réinvestir ces apprentissages dans le milieu, par la production d objets culturels ou d activités reliées au texte destiné à l’enfance et à la leunesse Conditions d'admission: — Détenir un diplôme d etudes collegiales (DEC) ou r équivalent OU posséder des connaissances appropriées, une experience pertinente et être âgé d au moins vingt-deux ans — Maîtriser l’écriture du français DEMANDE D ADMISSION Les demandes d admission doivent être envoyées à I adresse suivante Bureau du registraire Service de l’admission UNIVERSITÉ OU QUÉBEC A MONTRÉAL Pavillon Hubert-Aquin.A-R 750 Case postale 8888, Succursale A Montréal (Québec) H3C 3P8 Tél.: (514) 282-3121 RENSEIGNEMENTS Module d'études littéraires Pavillon Judith-Jasmin, J-1775 1495.rue Saint-Denis Montréal (Québec) Tél.: (514) 282-3652 Université du Québec à Montréal Le Devoir, samedi 19 avril 1986 ¦ 13 Lire, écrire au cégep TÉMOIGNAGE S Les professeurs devraient d'abord Us étudiants lisent! enseigner à aimer lire ANDRÉ LAMARRE Professeur de langue et littérature au cégep de Maisonneuve.Quelle est la situation de l’enseignement de la littérature dans les cégeps ?Plusieurs personnes, de l’extérieur, en donnent une vision caricaturale, sensationnaliste : la littérature n’est plus enseignée ! Cela met en péril la littérature québécoise ! Les étudiants ne lisent pas ! La seule façon de jeter un regard réaliste sur la situation de renseignement de la littérature consiste à identifier des faits, non de vagues perceptions.Il serait possible — peut-être souhaitable — d’établir le tableau statistique de la consommation littéraire obligatoire chez les cégépiens (dans ce texte, toutes les expressions désignant les étudiants s’appliquent évidemment autant aux étudiantes qu’aux étudiants).Je me bornerai ici à témoigner de la situation de l’enseignement de la littérature dans mon milieu de travail : le département de français du Collège de Maisonneuve.Je me baserai sur les deux années scolaires les plus récentes : 1984-1985 et 1985-1986, à partir des plans de cours produits par les professeurs.À Maisonneuve, deux cours sont obligatoires pour tous les étudiants en collège I : Littérature et société québécoise (Français 935) et Langue, communication et société (904).À partir des diverses pratiques d’enseignement des professeurs de 935, on peut tout de suite affirmer que les quelque 1,800 étudiants de Collège I en 1985-1986 au ront été en contact direct avec au moins cinq oeuvres québécoises, qu’ils auront lu au moins quatre livres et soit lu une anthologie de poè-mes québécois, soit assisté à une pièce de théâtre québécois produite à Montréal.Dans le cours Langue, communication et société, ils auront été amenés à des analyses et des réflexions sur la langue comme instrument de communication, sur les particularités du français québécois et sur la situation socio-historique de la langue au Québec.En Collège II, les étudiants sont répartis en trois séquences de deux cours chacune : deux de ces séquences ne sont pas spécifiquement littéraires, mais elles n’excluent pas la lecture, comme on le verra.La séquence B : Lecture, analyse et production est axée sur la pratique théâtrale, ce qui implique de nombreux exercices de création linguistique (scénario dramatique, monologue, texte de spectacle), mais aussi des activités précises de lecture et de consommation culturelle.Les étudiants inscrits à cette séquence auront assisté à quatre spectacles écrits et produits au Québec, VALÉRIE DUBREUIL Etudiante en sciences humaines au cégep St-Laurent.Partout au Québec, on affirme que les jeunes ne lisent pas.Héritiers des grands bouleversements de la Révolution tranquille, de plus en plus envahis par les médias et la fast culture, les étudiants ont effectivement tendance à ne pas consacrer beaucoup de temps à la lecture.Les professeurs de français au niveau collégial ont par ailleurs un grand rôle à jouer en ce qui concerne l’intérêt de leurs étudiants face à la lecture.Afin de susciter chez leurs élèves une certaine motivation à lire, les enseignants doivent choisir consciencieusement les oeuvres qu’ils mettent à l’étude, et avoir une approche pédagogique axée sur la communication en classe.Un professeur qui décide de faire lire une oeuvre parce qu’elle est courte et facile à lire, et qui impose ils auront lu et adapté dramatiquement de courts textes littéraires, puis travaillé en équipes à la transposition théâtrale d'un roman.Examinons un exemple de che minement culturel poursuivi par un étudiant de la séquence B au terme de ses deux années de cégep : en Collège 1, il aura lu Trente Arpents un travail d'analyse à la suite d'un cours magistral pendant lequel la participation des étudiants est exclue, ne donne pas le goût d’approfondir les recherches personnelles, ni de connaître la littérature parallèle.Si, en général, les étudiants ne lisent pas, il faut alors leur faire étudier les oeuvres majeures de chaque époque et de chacune des cultures francophones.Il est tout à fait révoltant de constater que certains professeurs se laissent arrêter par le nombre de pages d’un roman, ou encore, par le degré de difficulté d’un texte, sans en considérer l’influence dans la littérature ou dans l'histoire d’un peuple.Si les étudiants lisent au moins les oeuvres dominantes, ils auront une connaissance globale de la littérature francophone.Ils s’intéresseront davantage aux oeuvres plus secondaires et, en les situant dans leur contexte historique et littéraire, les comprendront mieux.De plus, lorsqu’un professeur con- (Ringuet), Le Torrent (A.Hébert), Salut Galarneau ! (Godbout) et il aura vu Albertine en cinq temps (Tremblay) au Rideau-Vert.En Collège II, il aura lu et adapté des poèmes de Prévert, avant d’effectuer une mise en spectacle de La Fissure d’Aline Chamberland En plus d’avoir assisté au Titanic de sacre une partie de son cours â la discussion, à l’analyse du texte en groupe et à l'échangé de critiques, il permet aux étudiants de connaitre une multiplicité de points de vue, ce qui stimule la réflexion lors de la rédaction d'un travail subséquent.L’atmosphère du cours étant aussi plus agréable, les étudiants dévelop pent une attitude plus positive en vers la littérature, ne la percevant non plus comme un fardeau sco laire, mais comme un enrichissement culturel essentiel.Le programme des cours de fran çais au cégep n’inclut pas l’enseignement de la grammaire, de l’orthographe ou de la syntaxe.Il vise plutôt à donner à l’étudiant une plus grande capacité d’analyse de textes ainsi qu’une connaissance des différents genres littéraires.Il n'y manque qu’un aspect, pourtant primordial, qui est celui d'apprendre aux étudiants à aimer lire.La tâche n’est pas si difficile, et ne repose strictement que sur la démarche pé dagogique du corps enseignant.Ronfard/Maheu, à Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges à La Licorne, à Sortie de secours du Théâtre Petit à Petit et à un spectacle du clown Orner Veilleux, cet étu diant aura lu quatre livres québé cois en deux ans Suite à la page 14 NOUVELLES PARUTIONS dans la Collection QUÉBEC Victor-Lévy Beaulieu NiPfP ’ -‘i * sonkr Yictor-Lévy Beaulieu ¦ Yictor-Lcvy Beaulieu K.Marc Favreaii Je mégalomane T' à moi-même.!- LES GRANDS ROMANS dans un PETIT format Mankf ronur Hankr roman I La collection Québec 10/10 est dirigée par ROC II C ARRIER Clément Marchand Les soirs rouges r Or f Wtr lluntiMirtl Jean Simard Félix Livre d'enfant pnur adultes Stankg 14 ¦ Le Devoir, samedi 19 avril 1986 Lire, écrire au cégep madame 11 roman LOUISE LEBLANC Gb*»p Ne vous privez plus de: SAVOIR DISSERTER de Jean-Maurice Lamy Jean-Maurice Lamy.Ph.D., professeur de philosophie depuis 26 ans, présente dans SAVOIR DISSERTER un art de penser et de composer souple et polyvalent.Voici un bouquin où la logique et la dissertation sont associées et forment un tout.On y parle de l'INVEN-TION.de la COMPOSITION et finalement de rfVAL UATION de la composition.• Stimulez votre imagination par la méthode du trèfle! • Structurez vos propos d'une façon logique! • Réussissez à composer des textes dont vous serez fiers! 9,50$ l'unité +- frais d'envoi TÉMOIGNAGES Écrire pour mieux lire ÉLISE BRUNET Etudiante en sciences pures au cégep Maisonneuve.Mon avis au sujet des cours de français ?Le premier cours de français obligatoire, le cours de linguistique (fra.904), ne se différenciait pas des autres matières; une scéance d’information plus ou moins stimulante.Par contre, les cours de poésie et de littérature ( fra.935 et 203) ont été de bonnes surprises.Je me suis cru un instant de retour à l’école alternative : on me demandait de créer, d’écrire selon moi, sans restrictions.Il est tellement rare que la machine à enseigner nous donne de nouveaux espaces à explorer, des champs de broussaille a défricher (c’est mon âme de colonisatrice qui parle .).Ils sont habituellement bien carrés, clôturés, les espaces qui nous sont donnés : des champs de monoculture ennuyeuse.D’autant plus que j’étudie en sciences pures (povre de moâ ! ).Parmi mes cours grisailleux, le cours de poésie était lumineux parce qu’enfin je pouvais participer d'une façon un peu plus active au contenu du cours.Je ne sais pas si dans les buts des cours de français au collégial est inclus l’apprentissage de l’expression.Il me semble que c’est là le plus important : apprendre à extérioriser et à rendre cohérents nos désirs, peurs, opinions.Les cours qui touchent à des domaines qui ne sont pas scientifiques ou qui ne sont pas liés à la rationalité sont rares.Ceux qui demandent une implication personnelle encore plus.Malgré que la structure d’un cours de littérature soit orthodoxe et académique, le contact avec les livres nous plonge dans le monde de l’imaginaire, du fantastique et de l’onirique face auxquels notre émotivité réagit.Je crois qu’on a besoin de formes variées d’apprentissage où est impliqué plus que la raison et la logique.Par le biais des livres, le cours de littérature me fait voyager à l’intérieur des autres, ailleurs dans mon pays, ailleurs dans le monde.En touchant à l’imaginaire collectif dans une oeuvre québécoise j’en apprends autant sur le Québec que dans un cours d’histoire, en explorant l’imaginaire d’un autre individu j’en apprends sur moi.L’étude d’oeuvres littéraires devrait toujours être accompagnée de créations individuelles parce qu'il me semble qu’en explorant son écriture à soi on sent encore mieux ce qui se passe quand un livre s’écrit.On a plus de plaisir à lire ensuite.À se perdre dans les symboles, à se retrouver dans les images.En somme je suis contente de ce que les cours de littérature du cégep m’ont apporté; un goût nouveau d’écrire, des auteurs inconnus à lire.Si j’ai un reproche à faire il est au niveau de la quantité ; les cours sont en général insatisfaisants parce qu’on en voit trop peu.Il aurait fallu couvrir un éventail plus grand d’auteurs et de styles, quitte a sélectionner des oeuvres plus courtes, des nouvelles, quelques poèmes de plusieurs auteurs et faire des études comparatives plutôt que d’étudier trois ou quatre romans isolés.Suite de la page 13 La séquence C : Langue, langage et communication est axée sur la communication dans le cours Communication et média (204) et sur la pratique théâtrale dans le cours de Théâtre (202) (cette séquence mixte permet aux étudiants qui le désirent d’étudier à la fois le théâtre et la communication).Dans le cours de théâtre, l’étudiant aura assisté en moyenne à trois spectacles québécois et il pourra avoir lu des textes en rapport avec son expérimentation dramatique.Dans le cours de communication, il pourra avoir lu un essai sur la culture et la communication.Voici un exemple du cheminement culturel d’un étudiant de la séquence C.En Collège I, il aura lu Angéline de Montbrun (Conan), Le Survenant (Guèvremont), Bonheur d’occasion (G.Roy) et La Saga des poules mouillées ( Marchessault).En Collège II, il aura lu 20ans (recueil de pièces québécoises chez VLB) et Le Journal piégé de P.Ber-thiaume (VLB).En plus d’avoir assisté au Titanic, à Thérèse et Pierrette à l’école des Saints Anges et à 10 minutes de vérité ( un théâtre-forum du Théâtre sans détour), cet étudiant aura lu six livres québécois en deux ans.Ce portrait des lectures proposées à des cégépiens apparaît déjà plus reluisant que l’image mystifiante qu’on en donne souvent, surtout si l’on considère que les lectures sont complétées par d’autres activités de consommation critique de la culture québécoise.Cependant, les séquences B et C ne concernent que 60 % des étudiants de Collège II cette année.Donc, près de 40 % des étudiants auront eu un taux de lecture beaucoup plus élevé, puisqu’ils auront suivi les cours de la séquence A : Langue, littérature et société.À Maisonneuve, nous avons assigné un corpus spécifique à chacun des cours : le cours Lecture et analyse (303) porte sur des oeuvres étrangères (françaises.américaines et autres), le cours Lecture et écriture (203) porte sur des oeuvres québécoises des 10 dernières années.Tous les étudiants de cette séquence auront lu au moins huit oeuvres de plus en Collège II, ce qui donne, pour ce groupe, une moyenne de 12 livres en deux ans d’étude, incluant au moins huit oeuvres québécoises.Selon les exigences variées des professeurs, ce total pourra aller jusqu’à 15 livres en deux ans, dont 10 oeuvres québécoises ! * Voici un exemple de cheminement de lecture suivi par un de ces étudiants.En collège I, cet étudiant aura lu Le Survenant, Aaron (Thé-riault), les Poèmes d’A.Hébert et L’Amélanchier (Ferron).En Collège II, il aura lu L'Arrache-coeur (Vian), Mar Morto(Amado), L’attrape-coeur (Salinger) et Le Marin rejeté parla mer (Mishima), puis Volkswagen Blues (Poulin), Le Matou (Beauchemin), Les Fous de bas-san (A.Hébert) et Des nouvelles d’Edouard (Tremblay).Ces exemples suffisent à prouver la diversité, la vitalité et la pertinence de l’enseignement de la littérature au collégial.Bien qu’il ne s’agisse ici que d’un seul collège, je suis certain que plusieurs pourraient témoigner dans le même sens : au cours des dernières années, plusieurs professeurs, plusieurs départements de Français ont défendu avec passion leur ensei- gnement, contre une conception instrumentale du langage et une réduction de l’enseignement collégial au seul perfectionnement de ce qu’on appelle encore la langue maternelle.Le programme actuel est le fruit d’un compromis entre les exigences du ministère de l’Éducation et les pratiques d’enseignement, qu’il s’agisse des acquis pédagogiques des dernières années ou du renouvellement en cours de l’enseignement de la littérature.Ce programme provincial (dans tous les sens du mot) ne menace pas l’enseignement de la littérature.Certes, les titres de cours semblent rébarbatifs et font preuve d’un équilibre boiteux.Cependant, ils permettent de multiples adaptations locales.Selon les exemples cités ici, on voit qu’il est possible de faire plier les structures dans le sens du développement culturel.Derniers chiffres : un rapide décompte me fait remarquer qu’en deux ans plus de 40 oeuvres de 34 écrivains québécois, dont 24 vivants, ont été enseignées à mon collège.Au cégep, la littérature québécoise est vivante.Prix GeorgesBernanos Quinze* 1986 Après le succès de 37 1/2AA, voici le second roman de Louise Leblanc.Photo Louise Lemieux En analysant les faits véritables, il apparaît que les étudiants lisent plus qu'on le croit.Nicole Lavigne.jeune romancière québécoise, déjà réci- Pop Corn, c'est la biographie teintée d'ironie d’une grande Adressez-vous à: piendaire de la deuxième place au prix Robert-Cliche 1984.a séduit, avec son roman Le Grand Rêve de Madame EN VENTE Wagnar, le jury français présidé par Jacques Ouquesne de PARTOUT la revue Le Point.vedette de cinéma des années 70, mais c’est d'abord et avant tout un roman sur l'identité et la vie, où la frontière entre la réalité et la fiction est abolie.Une énigme qui vous tiendra en haleine jusqu'à la toute dernière page.14.95$ IRP4.Institut 4e Recherche sur le Profil d'ipprentiwage inc.1050.Howard.C.P.29».Saint-Hubert.Québec.J3Y5TÏ Tét.: (514) 462-1948 12.95$ Lire, écrire au cégep Le Devoir, samedi 19 avril 1986 15 Les « orientations » ont remplacé les « genres » CLEMENT MOISAN L’auteur, professeur à la Faculté de Lettres de l'Université Laval, travaille actuellement à une recherche sur l'enseignement du français au cégep, dont le texte qui suit résume un des aspects.On peut constater que l’enseignement de la littérature aux XIXe et XXe siècles, jusqu’après la Deuxième Guerre mondiale, est un enseignement à fonction civique et comportementale et non esthétique ou sociale.Le but de cet enseignement littéraire, par la rhétorique qui n’a durant toute cette longue période que changé de visage, ainsi que par la dissertation et l’explication de textes, était la connaissance de l’homme, avec comme lieux de références les valeurs patriotiques, religieuses et morales.Le statut premier de cet enseignement était humaniste : la littérature y servait de prétexte ou de point de départ à une formation ou à une éducation civique et chrétienne : l’étudiant devait par ce moyen devenir un bon citoyen et un bon chrétien.Peu importait alors que cette éducation s’incarne dans une histoire particulière ou une littérature particulière.Sauf pour les valeurs patriotiques proprement dites, tout pouvait servir.Du mimétisme discursif des exercices oratoires aux persuasions argumentatives de la dissertation littéraire, si les pratiques littéraires des étudiants changent, les visées, elles, ne changent pas : il s’agit toujours de faire acquérir par un savoir-écrire, une façon de bien penser et de bien agir.Le changement, s’il a eu lieu, s’effectue en 1967, avec l’établissement de la nouvelle structure, celle de l’enseignement collégial des cégeps.Il ne s’agit pas de rupture, mais d’une évolution qui se manifestait depuis quelques décennies.Et, pour montrer que l’enseignement des cégeps n’est pas une rupture, notons d’abord que les cours obligatoires de base, de français langue maternelle, ont été empruntés tels quels à DÉSIREZ-VOUS GRANDIR de 2 à 5 centimètres ou plus?Quel que soit votre âge, c'est POSSIBLE, en 15 minutes par jour, grâce à la méthode BERTHELET.Ce livre de 224 pages contient: • 10 chapitres de précieux conseils; • 100 EXERCICES SPÉCIAUX bien illustrés et clairement expliqués; • 9 tableaux pour contrôler votre entrainement.ACHETEZ-EN UNI En vont» PARTOUT à seulement 10,95$ Les Editions de l'Homme (514) 523-1182 la structure précédente, celle des quatre genres connus : poésie, roman, théâtre et essai.Deux années de cégep, quatre semestres, quatre genres ; ça ne pouvait mieux s’assortir ! Même si, en pratique, il fallait au début tenir compte aussi de la linguistique qui devait entrer dans ces cours de base.Mais qui y entre à reculons, prenant ici la place d’un des cours de genre, servant là de cours d’option, ailleurs de cours obligatoire a prélever sur le reste du programme.On n’a jamais su où caser ce cours de linguistique, dont le statut est demeuré longtemps flottant ! Et cela, à cause précisément des fameux quatre genres qui entraient trop bien dans le cadre des quatre semestres.Pourtant, les responsables de programmes et de cours, au moment de l’établissement de ces structures, affirmaient que cette répartition par genres était purement « administrative ».Mais ces genres prirent petit à petit de l’extension ou de l'expansion : ainsi, de nos jours, les cours de « Roman » proposent des études sur le roman policier, le roman d’espionnage, le roman de science-fiction, le roman d’aventure, aussi bien que sur un roman de Balzac ou de Mauriac ou de Marie-Claire Blais et de Réjean Du-charme.L’essai présente un foisonnement encore plus grand : les plans de cours permettent de voir qu’on y traite aussi bien du roman que des confessions, des mémoires, des correspondances; l’essai, c’est également un éditorial de journal, une page de critique journalistique; c’est Montaigne, mais encore L'Étranger, les Rêveries d'un promeneur solitaire.Tout cela sert aussi ou donne lieu à des expériences d’écriture d’essai par l’étudiant/e.Le théâtre, lui, éclate de l’intérieur : il n’est plus question de littérature théâtrale, mais de mise en scène, de décor, de costumes, de maquillage.Quant à la poésie, elle intègre tout ; les techniques de la publicité commerciale (à partir des fonctions de Jakobson), l’audio-vi-suel, la récitation et l’audition de poèmes ainsi que l’écriture et la lecture poétiques.Les oeuvres qui reviennent le plus souvent comme objets d’étude et d’analyse dans les plans de cours (de 1967 à 1977) sont celles d’Albert Camus et de François Mauriac.On se serait attendu à d’autres noms d’auteurs que ceux-ci ! L’éclatement des genres dans un programme d’enseignement fondé sur les genres est le signe d’un changement de perception.Un texte littéraire n’est plus un genre, ayant, par définition, son autonomie, mais une espèce, parmi d’autres, dans le genre discursif.Faire entrer dans un genre toutes sortes de textes, éditoriaux, bandes dessinées, discours politiques, textes publicitaires et oeuvres littéraires, indique que la littérature n'a plus une fonction esthétique, mais une fonction culturelle, de médiatrice d’appropriation du monde par les moyens de communication.L’enseignement littéraire dans les cégeps se trouve ici partagé entre une initiation personnelle aux oeuvres qui maintient le respect dans leur examen des contraintes esthétiques des genres dont elles font (faisaient) partie, et la nécessité d’intégrer la vie et le milieu ambiant où la littérature est supportée de plus en plus par des moyens efficaces de communication (radio, télévision, cinéma, théâtre, salon du livre, journaux, revues).Tiraillés entre ces deux orientations, somme toute opposées, les enseignant/e/s (et les etudiant/e/s) tendent à se débarrasser du cadre imposé des genres littéraires traditionnels, pour entrer dans un autre cycle.Cette tendance remonte aux débuts des cégeps; quelques années à peine après leur création, on corn mençait à parler de nouvelles structures qu’on appelait vers 197.1 les séquences.lesquelles répondraient aux transformations observées plus haut.Après une continuité réelle avec l’enseignement classique : reprise des genres, suprématie, (que nous avons vérifiée) de la littérature française sur la littérature québécoise, mêmes objectifs fonda mentaux et mêmes démarches qu'auparavant, ainsi que l’attestent les plans de cours, on a ressenti l’urgence du changement.L’éclatement des genres en est le symptôme, que confirme le déplacement des objec tifs de ces cours.Dans ce dernier cas, il ne s'agit plus de transmettre des valeurs littéraires attachées aux genres comme contraintes es thétiques, mais de transmettre des moyens qu’offre la littérature de développer des « habiletés » et des « attitudes », ainsi que les appellent les Cahiers de l’enseignement collégial de 1975 et de 1977, et enfin de créer une nouvelle motivation qui passe de la formation littéraire à la communication et à l’enracinement culturel.C'est cet aboutissement qu’on atteint avec l’apparition des orienta lions qui commencent à remplacer les genres depuis 1977, et qui, dans le rapport de 1977 de la DG EC ( Direction générale de l’enseignement col légial) étaient au nombre de trois : langue, littérature, société; lecture, analyse, production ; langue, lan gage, communication.L'enseignement par genres, avant 1967, sun plantait un enseignement par sic clés et périodes, de type historique, pratiqué dans les collèges classi ques; l’enseignement par orienta fions, depuis 1977, abolit les genres, du moins en théorie, car on est encore loin d’avoir réalisé ces trans formations partout et complète ment, et place la littérature en forte tion d'autre chose, qui serait d'après les titres des orientations, le déve loppement des habiletés culturelles de communication.VOUS! VOUS COMPTEZ , LYNE, PROF A L’EDUCATION DES ADULTES % Bien des gens éprouvent de grandes difficultés à lire et écrire.Ce qui différencie Tes étudiants et les étudiantes de Lyne, c'est qu'ils se sont pris en main.Et ils comptent sur elle pour apprendre à lire un bail, écrire un chèque, rédiger une lettre au propriétaire.Lyne Labelle enseigne au Centre Lartigue, à Montréal.Ses élèves ont de 18 à 30 ans.La plupart viennent de milieux défavorisés et reçoivent des prestations sociales pour étudier.Lyne leur enseigne 28 périodes par semaine.Mais elle n'est pas rémunérée les jours de congés fériés.Ni les jours de vacances.Et elle n’a pas de -journées de maladie payées».Elle peut aussi être congédiée sans préavis.Tout cela est important, bien sûr.Mais pas autant que le rêve de ses élèves, même les plus démunis, de terminer un jour le secondaire V.Pour toutes les Lyne Labelle de nos centres d'adultes, cela fait partie du quotidien ordinaire Pour elles, le centre est bien plus qu'un lieu de travail.C'est une façon de vivre.C’est pour cela que vous comptez sur elles Et que vous comptez tellement pour elles.r/ Centrale de renseignement du OuSbec Alliance des professeur* de Montréal 16 ¦ Le Devoir, samedi 19 avril 1986 Lire, écrire au cégep L'UTOPIE DO PLEIN EMPLOI NOUVEAUTÉS ' E C R É A L Marc Lesage LES VAGABONDS DU RÊVE Boreal QU’EST-CE QUE LA LIBERTÉ DE PRESSE?Testes réunis sous la direction de Alain Prujiner et Florian Sauvaficau vec la collaboration de Viviane Haeberlé Marc Lesage LES VAGABONDS DU REVE BORE M Bornai Sous la direction de Antoine Chapdelame let Pierre 6osselin Prelate de Jean Rochon * #i IL K DU P BORÉAL/SOCIÉTÉ Pierre Lamonde et Jean-Pierre Bélanger L’UTOPIE DU PLEIN EMPLOI Croissance économique et aspirations au travail, Québec 1971-2001 176p., 13,95$ Combien d’emplois peut-on créer d’ici la fin du siècle, dans quels secteurs et pour quelles catégories de travailleurs?Comment sauvegarder les acquis essentiels de la sécurité sociale?Un livre d’une grande lucidité qui dégage les possibilités réelles de l’économie québécoise jusqu’à l’an 2001.Sous la direction de Alain Prujiner et Florian Sauvageau, avec la collaboration de Viviane Haeberlé QU’EST-CE QUE LA LIBERTÉ DE PRESSE?260p., 16,95$ Les problèmes de la liberté de presse vont bien au-delà de la propriété et de la concentration des entreprises.En fait, quand on parle de liberté de presse, de quelle liberté s’agit-il?Celle des propriétaires?Celle des journalistes?Du droit du public à l’information?En examinant les conditions dans lesquelles cette liberté s’exerce concrètement, les auteurs proposent les moyens susceptibles de la rendre plus effective.Sous la direction de Antoine Chapdelaine et Pierre Gosselin LA SANTÉ CONTAGIEUSE Petit manuel pour rendre la santé communautaire 168p., 12,95$ Un livre indispensable pour tous les « professionnels de la santé», mais aussi pour tous ceux et celles dont l’objet de travail est l'être humain vivant en société.A travers une approche nouvelle, les auteurs proposent des moyens concrets d’aborder les problèmes de santé sous l’angle communautaire et d’appliquer des solutions à la fois ^efficaces et respectueuses des individus.Vers une société de marginaux?148p., 10,95$ A travers le monde, c’est par millions qu’on compte désormais les exclus du marché officiel du travail (ménagères involontaires, assistés sociaux, étudiants à temps partiel, travailleurs «au noir».).Résultat d’une longue recherche sur le terrain, ce livre nous fait pénétrer au coeur d’une société en pleine mutation où les sensibilités et les aspirations de ces sans-statut donnent forme à une nouvelle conscience sociale.BORÉAL/FICTION — Jacques Savoie LE RÉCIF DU PRINCE 160p., 10,95$ Après le grand succès des Portes tournantes, voici le tout nouveau roman de Jacques Savoie.Une écriture simple et vibrante, une imagination pleine de surprises, un humour tout parcouru de délicatesse, des personnages attachants et singuliers.Un roman rempli d’émotions qui saura vous charmer! BORÉAL/HISTOIRE Alfred Laliberté LES ARTISTES DE MON TEMPS Texte établi, présenté et annoté par Odette Legendre Notes biographiques, index, 380 pages, 34,95$ Un ouvrage de référence unique dans lequel Alfred Laliberté commente avec verve et passion les œuvres de ses contemporains, peintres et sculpteurs, les plus célèbres comme les plus obscurs.33 œuvres reproduites en quadrichromie.François-Marc Gagnon et Denise Petel HOMMES EFFARABLES ET BESTES SAUVAIGES Abondamment illustré, 240 p., 17,95$ Une relecture passionnante des récits de voyage de Jacques Cartier! Un livre qui propose, à travers l’examen des textes et de l’iconographie qu’ils ont inspirée, une interprétation stimulante des images que les Européens se sont faites du Nouveau-Monde et de ses habitants.EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE DÈS LE 22 AVRIL
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