Le devoir, 25 avril 1986, Page(s) complémentaire(s)
vol.LXXVII — No 95 ?Ensoleillé avec passages nuageux Max 21 (détail page 14) Montréal, vendredi 25 avril 1986 Le service de pale qui se paie tout seuil ;iç comcneq Mootréoi QoSbec Onawa e\teti»ur de Montreal métropolitain SOcents g-** PCMTC Cote Nord Gaspesie Toronto Nouveau Brunswick 60 cents OU V/tN I O AU SOMMAIRE UNIVERSITÉS Le ministre de l'Enseignement supérieur et des sciences, M.Claude Ryan, a (ait savoir hier qu’il envisageait un plan de redressement à être mis au point avec chacune des universités.Page 2 _____________________ LIBRE-ÉCHANGE : FAIBLE IMPACT Le premier vice-président et économiste en chef de La Banque Royale du Canada a déclaré hier en conférence que la libéralisation du commerce avec les États-Unis n’aurait qu'un faible impact sur les quatre cinquièmes des échanges.Page 9 LE CANADA SERA INTÉGRÉ AU G-5 Des hauts fonctionnaires du gouvernement fédéral ont fait savoir que le Canada sera intégré sous peu au club sélect des cinq pays qui décident des questions monétaires internationales.Page 9 CONSOL DÉPENSE Malgré la faiblesse des prix découlant de l’offre excédentaire, la société montréalaise Consolidated-Bathurst accélérera en 1986 son programme de dépenses en immobilisation.Page 9 ^îencleu* jOUR UNE île déserte, *combien d'îles à déserter?Il est en or, l'arbre vert du printemps.m Beaucoup d'hommes ne sont grands que couchés.¦ La critique est un art présomptueux.— ALBERT BRIE L’aide aux contras : un compromis se dessine entre les É.-U.et Managua WASHINGTON (AP, AFP) - Washington est prêt à supprimer son aide aux rebelles antisan-dinistes si le Nicaragua donne son aval au plan de paix du groupe de Contadora, révèle une lettre portant la signature de l’envoyé spécial du président Ronald Reagan en l’Amérique centrale, M.Philip Habib.Dans sa missive, M.Habib indique que les États-Unis reconnaissent que l’adoption des propositions du groupe de Contadora entraînerait « la fin de tout appui à des forces irrégulières et/ou à des mouvements insurrectionnels ».La lettre, datée du 11 avril, ajoute que les États-Unis sont disposés à respecter la mise en oeuvre de l'Acte de Contadora si Managua s’engage à faire de même.De nombreux membres du Congrès se sont félicités hier d’apprendre que l'administration Reagan songeait a faire la paix avec le régime sandiniste.Le représentant démocrate Jim Slattery a dit de la missive de M.Habib qu'elle offrait une « chance historique » à Washington de mettre un terme à la guerre non déclarée qui oppose les États-Unis au Nicaragua.Un autre adversaire de l'aide américaine aux contras, le représentant démocrate Jim Leach, a estimé que la lettre était un document « extraordinaire » qui pouvait constituer « une base très sérieuse de réconciliation ».La lettre de M.Habib ne fait pas allusion à l'ouverture de négociations entre les sandinis-tes et les contras comme condition préalable à la fin de l’appui amméricain à l’opposition antt sandiniste.Le groupe de Contadora n'exige pas la tenue de tels pourparlers.Par le passé, l'administration américaine a indiqué qu elle ne mettrait un terme à son aide aux maquisards antisandinistes qu'après l’ou- verture de discussions entre Managua et les contras, ce à quoi s'opposent les sandinistes.M.Slattery, qui a reçu une copie de la lettre de M.Habib, a expliqué à l’agence Associated Press que la missive était « très claire » : « Si le Nicaragua signe (.) ce sera la fin de l’aide américaine aux contras».Le président du Nicaragua, M.Daniel Ortega, a maintes fois déclaré qu’il était disposé à signer l’« Acte de Contadora pour la paix et la coopération en Amérique centrale » si Washing ton supprimait son aide aux insurgés antisandinistes.voir pag# 8: Contrat LEURS CIBLES: DES CLINIQUES D'AVORTEMENT DE MONTRÉAL Le leader pro-vie américain lance ici « l’action directe » CAROLE BEAULIEU Celui que les médias américains ont surnommé « le nouveau commandant de la guérilla pro-vie », M.Joseph Scheidler, descendra dans les rues de Montréal cet après-midi pour lancer au Québec, espère-t-il, un mouvement de pro testation du type « action directe ».Peu importe, dit-il, le nombre de Québécois qui le suivront Ses ci blés seront, a-t -il expliqué au DEVOIR, « un hôpital, la maison d’un avorteur et un endroit où sont pratiqués des avortements ».« S’il n'en tient qu’à nous ça va commencer », déclarait il hier à l'envoyée du DEVOIR qui lui fai sait remarquer que le Québec n’a pas connu de manifestations aussi virulentes que celles auxquelles ses sympathisants ont habitué les cliniques d’avortement américaines.« Nous n’étions qu’une poignée aux États-Unis il y a deux ans », a ajouté un autre militant américain, M John CavanaughO’Keefe.« Maintenant nous sommes 200,000 ».Ex-moine, aujourd’hui père de sept enfants, M Joseph Scheidler est à la tête du mouvement qui a incité le plus grand nombre d'Américains à prendre des moyens concrets pour paralyser les cliniques d’avortement.M.Scheidler a déjà été arrêté à plusieurs reprises et confirme lui-même que tous les sympathisants pro vie ne sont pas d’accord avec ses stratégies.Outre ses lignes de piquetage et ses interventions directes auprès du personnel et des patients, M.Scheidler a introduit les poubelles pleines de poupées badigeonnées de sang et les t-shirts clamant «Cet hôpital tue des enfants».Le president de l'ro-life action league, la Ligue d’action pour la vie.a aussi initié les « équipes de la .! vérité », ces couples qui après ; I avoir pris rendez vous pour un avortement mènent une déchi- .rante discussion contre l'avortement, au beau milieu de la clinique, dans le but de bouleverser les femme présentes.« Je les invite à manger un morceau », racontait il hier matin lors d’un atelier tenu à Montréal.Voir page B: Pro-vie Photo JacquM GronlOf MM.John Cavanaugh-O’Keefe et Joseph Scheidler (en médaillon) veulent susciter un vaste mouvement populaire d’opposition directe aux cliniques d'avortement.Libre-échange: au tour des provinces ¦ LES NÉGOCIATIONS AVEC LES É-U POURRAIENT DÉBUTER MÊME SANS UN ACCORD BERNARD DESCÛTEAUX OTTAWA — Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, rendues possible par le feu vert donné mercredi par le Sénat américain, ne pourront commencer avant quelques semâmes, chaque partie ayant encore plusieurs fils à attacher.Pour le Canada, le principal problème en suspens porte sur la participation des provinces.Le premier ministre Brian Mulroney a Îiris la peine mercredi soir, aussitôt connue a décision du Sénat américain, de téléphoner à certains premiers ministres des provinces, MM.David Peterson et Robert Bou-rassa notamment, pour leur annoncer la bonne nouvelle.Mais il n’était pas encore en mesure de répondre à leurs interrogations quant à la place qu’il leur réserve dans le processus de négociations.Les premiers ministres des provinces sont un peu impatients devant la lenteur de M.Mulroney à leur donner une réponse.Depuis déjà le’début de mars, neuf d’entre eux ont soumis une proposition de compromis.Selon les informations recueillies hier, il est certain qu’ils ne connaîtront la réaction fédérale à cette proposition avant la mi-mai, soit pas avant le retour du chef du gouvernement fédéral de son périple asiatique qu’il entreprend la semaine prochaine.Une réponse négative ou mitigée entraînera alors de nouvelles discussions et probablement la tenue d’une conférence des premiers ministres.Le chef du gouvernement fédéral n’a pas écarté hier qu'il y ait nécessité de réunir ses homologues provinciaux pour trouver un compromis.Notons que pour leur part les provinces songeraient à se réunir pour faire le point au préalable.La lenteur avec laquelle on procède dans ce dossier pourrait faire en sorte que les négociations avec les États-Unis commencent sans que rien soit résolu.L’attaché de presse de M.Mulroney, M.Michel Gratton, précisait hier que le gouvernement fédéral ne voyait pas comme un obstacle au début des négociations avec les États-Unis, l’absence d’accord avec les provinces.La doctrine fédérale veut que seul Ottawa négocie au nom du Canada avec les États-Unis, rap pelle-t-on.Avant de se prononcer sur la proposition des neufs provinces (seul le Nouveau Brunswick fait bande à part), M Mulroney attend un rapport de son ministre des Affaires extérieures, M.Joe Clark, à qui il a demandé de rencontrer chaque premier ministre provincial.M.Clark a rencontré à ce jour au moins quatre premiers ministres (MM.Bourassa, Peterson, Getty et Bennett), indique-t-on, précisant qu’il devrait pouvoir être en mesure de faire rapport à M.Mulroney à son retour d’Asie.Si M.Mulroney a ainsi senti le besoin de faire appel aux services de M Clark (il pré side le comité responsable des négocia fions), c’est que les provinces ne font guère plus confiance au négociateur fédéral, M Voir page 8: Libre-échange Bourassa se dit davantage coincé par les finances que par le problème linguistique GILLES LESAGE QUÉBEC — Le premier ministre estime que le problème linguistique est complexe et difficile à résoudre Mais il se sent plus coincé par l’héritage fiscal et financier de l'ancien gouvernement, ces jours-ci, que par la mise en oeuvre du programme libéral sur les questions linguistiques.C’est ce que M.Robert Bourassa a répété inlassablement hier, tant à l’Assemblée nationale qu’aux jouurnaltstes par la suite, pour tenter de désamorcer l’étonnante confession qu'il aurait faite sur le guêpier linguistique.Dans des propos tenus à l’issue d'une émission radiophonique à Québec, mais enregistrés et diffusés hier par Le Soleil, le chef du gouvernement aurait convenu que: il est coincé à propos du débat qui refait surface ; le programme du Parti libéral serait inapplicable; il compte sur le temps pour l’aider à sortir de ce guêpier.Selon M.Bourassa, ces propos à bâtons rompus avec l’animateur Pierre Bourgault ont été tirés de leur contexte, exagérés et dramatisés à loisir II soutient que les difficultés dont il était question portaient uniquement sur la mise en oeuvre de districts bilingues.Il s’étonne de l’interprétation que l’on fait de ses confidences, mais il respecte la liberté de presse.« J’ai mentionné que le problème linguistique n’était pas facile à résoudre, explique d’abord M Bourassa, en réponse au chef de l’opposition.Cela fait 200 ans que le Québec doit faire face à un problème linguistique qui est complexe, qui n'est pas facile à résoudre II Voir pag» 8: Bourasta La CÉCM va marauder la CÉPGM JEAN-PIERRE PROULX La Commission des écoles catholiques de Montréal a décidé mercredi soir de se donner un plan d'action pour • contrer le mouvement • de la (Kipulalion allophone qui s’inscrit dans les écoles françaises de la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal plutôt que chez-elle.Ce plan comprend notamment l’analyse | « avec le ministère de l'Éducation, de la possibilité d’enseigner l'anglais langue seconde, dès la première année du primaire, dans les écoles de la cÉ( M où la majorité des parents le souhaitent».La CÉPGM, on le sait, donne l'enseigne- , ment de l'anglais dès la première année même ; si, en vertu du régime pédagogique, cet ensei gnement devrait commencer en 4e année.Le plan de la CÉCM s’intitule: « Promotion 1 des écoles françaises de la CÉCM • mais ne laisse planer aucun doute sur son objectif.Depuis la loi 101, explique t on, les enfants allopho-nes doivent fréquenter les écoles françaises Or » on ( (instate que plusieur s ( ) s'orientent du côté du réseau français protestant Combiné au faible taux de natalité de la population franco phone, ce phénomène a comme conséquence de diminuer la population française de la CÉCM et d’augmenter d'autant celle de la CÉPGM.Pour contrer ce mouvement, la CÉCM doit mettre en place des mesures afin d'attirer chez elle cette partie de la population francophone de son ter ' ritoire », La CÊPG M compte cette année 8479 élèves dans son secteur français dont 48 % seulement sont de langue maternelle française.La maio-rité n’est donc pas francophone : 10 % sont des anglophones et 42% des allophones.A la CÉCM Voir pago 8 CÉCM Petit manuel pour rendre la santé communautaire la direction de Antoine Chapdelalne et Pierre Goteelin .M solutions à la fols sfficacss st res-.dfvldus.Un livra Indispensable pour tous las « professionnels ds la santé », mais aussi pour tous eaux st cellss dont l’objet ds travail ast l’étra humain vivant an société.VoL do TSSp., 12,95$ Vol.LXXVII — No 95 ?Ensoleillé avec passages nuageux Max : 21 (détail page 14) Montréal, vendredi 25 avril 1986 Le service de pale qui se pale tout seul! * k le» »e* v«ce» de paie ÿçccrcchoq Montréo' Ouédec CWowa e«teneur de Montreal métropolitain î>0 cents Cote Nord liaspeste Toronto.Nouveau Brunswick 60 cents 50 CENTS AU SOMMAIRE UNIVERSITÉS Le ministre de l'Enseignement supérieur et des sciences, M.Claude Ryan, a fait savoir hier qu'il envisageait un plan de redressement à être mis au point avec chacune des universités.Page 2 ECONOMIE LIBRE-ÉCHANGE : FAIBLE IMPACT Le premier vice-président et économiste en chef de La Banque Royale du Canada a déclaré hier en conférence que la libéralisation du commerce avec les États-Unis n'aurait qu'un faible impact sur les quatre cinquièmes des échanges.Page 9 LE CANADA SERA INTÉGRÉ AU G-5 Des hauts fonctionnaires du gouvernement fédéral ont fait savoir que le Canada sera intégré sous peu au club sélect des cinq pays qui décident des questions monétaires internationales.Page 9 CONSOL DÉPENSE Malgré la faiblesse des prix découlant de l'offre excédentaire, la société montréalaise Consolidated-Bathurst accélérera en 1986 son programme de dépenses en immobilisation.Page 9 Y^OUR UNE île déserte, combien d'îles à déser-.ter ?Il est en or, l'arbre vert du printemps.Beaucoup d’hommes ne sont grands que couchés.¦ La critique est un art présomptueux.— ALBERT BRIE L’aide aux contras : un compromis se dessine entre les É.-U.et Managua WASHINGTON (AP, AFP) - Washington est prêt à supprimer son aide aux rebelles antisan-dinistes si le Nicaragua donne son aval au plan de paix du groupe de Contadora, révèle une lettre portant la signature de l’envoyé spécial du président Ronald Reagan en l’Amérique centrale, M.Philip Habib.Dans sa missive, M.Habib indique que les États-Unis reconnaissent que l’adoption des propositions du groupe de Contadora entraînerait « la fin de tout appui à des forces irrégulières et/ou à des mouvements insurrectionnels ».La lettre, datée du 11 avril, ajoute que les États-Unis sont disposés à respecter la mise en oeuvre de l'Acte de Contadora si Managua s'engage à faire de même.De nombreux membres du Congrès se sont félicités hier d’apprendre que l'administration Reagan songeait a faire la paix avec le régime sandmiste.Le représentant démocrate Jim Slattery a dit de la missive de M.Habib qu'elle offrait une « chance historique » à Washington de mettre un terme à la guerre non déclarée qui oppose les États-Unis"au Nicaragua.Un autre adversaire de l’aide américaine aux contras, le représentant démocrate Jim Leach, a estimé que la lettre était un document « extraordinaire » qui pouvait constituer « une base très sérieuse de réconciliation».La lettre de M.Habib ne fait pas allusion à l’ouverture de négociations entre les sandinis-tes et les contras comme condition préalable à la fin de l'appui amméricain à l'opposition anti-sandiniste.Le groupie de Contadora n'exige pas la tenue de tels pourparlers.Par le passé, l’administration américaine a indiqué qu'elle ne mettrait un terme à son aide aux maquisards antisandinistes qu’après l'ou- verture de discussions entre Managua et les contras, ce à quoi s'opposent les sandintstes.M.Slattery, qui a reçu une copie de la lettre de M.Habib, a expliqué à l'agence Associated lh ess que la missive était « très claire » : « Si le Nicaragua signe (.) ce sera la fin de l'aide américaine aux contras».Le président du Nicaragua, M.Daniel Ortega, a maintes fois déclaré qu'il était disposé à signer l'« Acte de Contadora pour la paix et la coopération en Amérique centrale » si Washington supprimait son aide aux insurgés antisan dinistes.Voir page 8: Contra» •I SES CIBLES: DES CLINIQUES D'AVORTEMENT DE MONTRÉAL Le leader pro-vie américain lance ici « Faction CAROLE BEAULIEU Celui que les médias américains ont surnommé « le nouveau corn mandant de la guérilla pro-vie », M.Joseph Scheidler, descendra dans les rues de Montréal cet après-midi pour lancer au Québec, espère-t-il, un mouvement de protestation du type « action directe ».Peu importe, dit-il, le nombre de Québécois qui le suivront.Ses ci blés seront, a-t-il expliqué au DEVOIR, « un hôpital, la maison d’un avorteur et un endroit où sont pratiqués des avortements».« S’il n’en tient qu’à nous ça va commencer », déclarait-il hier à l’envoyée du DEVOIR qui lui faisait remarquer que le Québec n’a pas connu de manifestations aussi virulentes que celles auxquelles ses sympathisants ont habitué les cliniques d'avortement américaines.« Nous n’étions qu’une poignée aux États-Unis il y a deux ans », a ajouté un autre militant américain, M.John Cavanaugh-O'Keefe.« Maintenant nous sommes 200,000 ».Ex-moine, aujourd’hui père de directe » sept enfants, M.Joseph Scheidler est à la tête du mouvement qui a incité le plus grand nombre d'Américains à prendre des moyens concrets pour paralyser les cliniques d’avortement.M Scheidler a déjà été arrêté à plusieurs reprises et confirme lui-même que tous les sympathisants pro-vie ne sont pas d'accord avec ses stratégies.Outre ses lignes de piquetage et ses interventions directes auprès du personnel et des patients, M.Scheidler a introduit les poubelles pleines de poupées badigeonnées de sang et les t-shirt8 clamant « Cet hôpital tue des enfants ».Le président de Pro life action league, la Ligue d’action pour la vie, a aussi initié les « équipes de la vérité », ces couples qui après avoir pris rendez-vous pour un avortement mènent une déchirante discussion contre l’avortement, au beau milieu de la clinique, dans le but de bouleverser les femme présentes.« Je les invite à manger un morceau », racontait il hier matin lors d’un atelier tenu à Montréal.Voir page 8: Pro-vla Photo Jacquot Granlar MM.John Cavanaugh-O'Keefe et Joseph Scheidler (en médaillon) veulent susciter un vaste mouvement populaire d’opposition directe aux cliniques d’avortement.Libre-échange: au tour des provinces ¦ LES NÉGOCIATIONS AVEC LES É-U POURRAIENT DÉBUTER MÊME SANS UN ACCORD BERNARD DESCÛTEAUX OTTAWA — Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, rendues possible par le feu vert donné mercredi par le Sénat américain, ne pourront commencer avant quelques semaines, chaque partie ayant encore plusieurs fils à attacher.Pour le Canada, le principal problème en suspens porte sur la participation des provinces.Le premier ministre Brian Mulroney a pris la peine mercredi soir, aussitôt connue la décision du Sénat américain, de téléphoner à certains premiers ministres des provinces, MM.David Peterson et Robert Bou-rassa notamment, pour leur annoncer la bonne nouvelle.Mais il n’était pas encore en mesure de répondre à leurs interrogations quant à la place qu’il leur réserve dans le processus de négociations.Les premiers ministres des provinces sont un peu impatients devant la lenteur de M.Mulroney à leur donner une réponse.Depuis déjà le début de mars, neuf d'entre eux ont soumis une proposition de compromis.Selon les informations recueillies hier, il est certain qu'ils ne connaîtront la réaction fédérale à cette proposition avant la mi-mai, soit pas avant le retour du chef du gouvernement fédéral de son périple asiatique qu’il entreprend la semaine prochaine.Une réponse négative ou mitigée entraînera alors de nouvelles discussions et probablement la tenue d'une conférence des premiers ministres.Le chef du gouvernement fédéral n’a pas écarté hier qu’il y ait nécessité de réunir ses homologues provinciaux pour trouver un compromis.Notons que pour leur part les provinces songeraient à se réunir pour faire le point au préalable.La lenteur avec laquelle on procède dans ce dossier pourrait faire en sorte que tes ne gociations avec les États-Unis commencent sans que rien soit résolu.L’attaché de presse de M.Mulroney, M.Michel Gratton, précisait hier que le gouvernement fédéral ne voyait pas comme un obstacle au début des négociations avec les États-Unis, l’absence d'accord avec les provinces.La doctrine fédérale veut que seul Ottawa négocie au nom du Canada avec les États-Unis, rappelle-t-on.Avant de se prononcer sur la proposition des neufs provinces (seul le Nouveau Brunswick fait bande à part), M Mulroney attend un rapport de son ministre des Affaires extérieures, M.Joe Clark, à qui il a de mandé de rencontrer chaque premier mi nistre provincial.M.Clark a rencontré à ce jour au moins quatre premiers ministres (MM Bourassa, Peterson, Getty et Ben nett), indique-t-on, précisant qu’il devrait pouvoir être en mesure de faire rapport à M.Mulroney à son retour d’Asie.Si M.Mulroney a ainsi senti le besoin de faire appel aux services de M Clark (il pré side le comité responsable des négociations), c’est que les provinces ne font guère plus confiance au négociateur fédéral.M Voir page 8: Libre-échange Bourassa se dit davantage coincé par les finances que par le problème linguistique GILLES LESAGE QUÉBEC — Le premier ministre estime ue le problème linguistique est complexe et ifficile à résoudre Mais il se sent plus coincé par l’héritage fiscal et financier ae l’ancien gouvernement, ces jours-ci, que par la mise en oeuvre du programme libéral sur les questions linguistiques.C’est ce que M.Robert Bourassa a répété inlassablement hier, tant à l'Assemblée nationale qu'aux jouurnalistes par la suite, pour tenter de désamorcer l'étonnante confession qu'il aurait faite sur le guêpier linguistique.Dans des propos tenus à Tissue d’une émission radiophonique à Québec, mais enregistrés et diffusés hier par Le Soleil, le chef du gouvernement aurait convenu que: il est coincé à propos du débat qui refait surface ; le programme du Parti libéral serait inapplicable; il compte sur le temps pour l'aider à sortir de ce guêpier.Selon M Bourassa.ces propos à bâtons rompus avec l'animateur Pierre Bourgault ont été tirés de leur contexte, exagérés et dramatisés à loisir II soutient que les difficultés dont il était question portaient uniquement sur la mise en oeuvre de districts bilingues.Il s'étonne de l’interprétation que l’on fait de ses confidences, mais il respecte la liberté de presse.« J'ai mentionné que le problème linguistique n'était pas facile à résoudre, explique d’abord M Bourassa, en réponse au chef de l'opposition Cela fait 200 ans que le Québec doit faire face à un problème linguistique qui est complexe, qui n'est pas facile ô résoudre II Voir psg» 8: Bourassa nmmm1 La CÉCM va marauder la CÉPGM JEAN-P~il~RRE proulx La Commission des écoles catholiques de Montréal a décidé mercredi soir de se donner un plan d’action pour « contrer le mouvement » de la population allophone qui s’inscrit dans les éco les françaises de la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal plutôt que chez-I elle.Ce plan comprend notamment l'analyse « avec le ministère de l’Éducation, de la possibilité d'enseigner l’anglais langue seconde, dès la première année du primaire, dans les écoles de la CÉCM où la majorité des parents le souhai tent », La CÉPGM, on le sait, donne l'enseigne ment de l'anglais dès la première année même si, en vertu du régime pédagogique, cet enseignement devrait commencer en 4e année.Le plan de la CÉCM s'intitule: « Promotion des écoles françaises de la CÉCM » mais ne laisse planer aucun doute sur son objectif.Depuis la loi 101, explique t on, les enfants allopho-nes doivent fréquenter les écoles françaises.Or « on constate que plusieurs (.) s'orientent du côté du réseau français protestant.Combiné au faible taux de natalité de la population francophone, ce phénomène a comme conséquence de diminuer la population française de la CÉCM et d'augmenter d'autant celle de la CÉPGM Pour contrer ce mouvement, la CÉCM doit mettre en ; place des mesures afin d’attirer chez elle cette partie de la population francophone de son ter-• ritotre ».La CÉPGM compte cette année 8479 élèves f dans son secteur français dont 48 % seulement sont de langue maternelle française.La majorité n’est donc pas francophone : 10 % sont des anglophones et 42% des allophoncs A la CÉCM Voir pogo 8: CÉCM Sous la direction de Antoine Chapdelalne et Pierre Gosaelin Une Approche nouvelle qui propose de» solutions à la foie efficace* et respectueuses des Individus.Un livre Indispensable pour tous les « professionnels de la santé », male aussi pour tous ceux et celles dont l’ob|et de travail est l'étra humain vivant an société.Petit manuel pour rendre la santé communautaire BORÉAL/Sociélé 8 ¦ Le Devoir, vendredi 25 avril 1986 SUITES DE LA PREMIERE PAGE + CÉCM par contre, la majorité demeure massivement française soit 80 %.Le ratio francophone / non-francophone est de 4 pour 1 à la CÉCM, alors qu’il est .9 pour 1 à la CÉPGM.Autrement dit, 94 % des francophones des deux commissions scolaires sont à la CÉCM, mais elle n’en reçoit que 79 % des allophones; la CÉPGM, eUe, accueille 6 % des francophones et reçoit 21 % des non-francophones.Par ailleurs, 86 % des étudiants de la CÉCM sont des Québécois de souche, donc nés ici, contre 64 % à la CÉPGM ; 13 % seulement des élèves de la CÉCM sont des immigrants contre 34 % à la CÉPGM.Au total, 10 % de la clientèle de la CÉCM est constitué d’allophones nés à l’étranger contre 21 % à la CÉPGM.Les non-protestants ont le choix entre l’école catholique et l’école protestante.En 1984-1985, sur 7213 élèves au secteur français de la CÉPGM, 274, ou 4 %, étaient catholiques, 2458, ou 34 %, protestants et 4481, ou 62 %, appartenaient à d’autres religions ou n’en pratiquaient aucune.En somme, la CÉCM peut « légitimement » marauder deux tiers de la Clientèle du secteur français de sa rivale à commencer par les 4 % de catholiques qui y étudient.Le plan d’action adopté mercredi soir comprend, outre la possibilté d’enseigner l’anglais dès la première année, la mise en train d’une étude scientifique pour connnaître les motifs de l’attrait du secteur français de la CÉPGM, la mise en place dans chaque école d’un plan d'action pour attirer les nouveaux arrivants, une campagne de publicité « mettant en évidence le caractère commun de la CÉCM pour inviter les parents de confesionnalité différente », l’étude de la possibilité d’accéler l’implantation des services de garde et des services alimentaires dans les écoles primaires, la création de poste d’agents de liaison, l’implantation de programmes d’enseignement des langues d’origine, l’ouverture de maternelle 4 ans dans les milieux socioéconomiquement faibles à concen-tratin allophones.Incidemment, le Conseil scolaire de l’île de Montréal a autorisé lundi soir dernier l’ouverture de deux nouvelles pré-maternelles 4 ans à la CÉPGM dont l’une au moins dans son secteur français.+ Pro-vie « Après voir mangé, elles ne peuvent plus subir l’avortement.» M.Scheidler soutient qu'à Chicago seulement ses actions « ont sauvé 2000 enfants de l’exécution ».Le lobbying n’a pas fait grand chose, dit-il, pour arrêter « ces meurtres ».Vétéran de plus de 200 ateliers à travers les États-Unis, M.Scheidler est de passage à Montréal dans le cadre du deuxième Congrès de Vie humaine internationale (Human Life International), un organisme pro-vie dont le siège social est à Washington.Le congrès se déroule depuis hier au Grand Hôtel de Montréal.Plus de 700 personnes, représentant des mouvements pro-vie de 35 états et d’une vingtaine de pays y sont rassemblées.Une centaine de Québécois, la plupart de langue anglais, y participent.Une soixantaine de personnes ont pris part hier à l’atelier pratique de M.Scheidler.Le conférencier a confirmé hier au DEVOIR qu'il sera à la tête de l’une des trois manifestations prévues pour ce matin.Les participants à son atelier intitulé: « Comment fermer ces moulins à avortements?» seront invités à descendre dans la rue immédiatement après la fin de sa conférence, a-t-il déclaré.Les détails et les lieux des manifestations ne seront toutefois précisés que ce matin, a-t-il ajouté.Répartition des élèves du secteur français de la CÉPGM et de la CÉCM selon leur langue maternelle et leur lieux de naissance Français Anglais Autres Total Propor- tion QUÉBEC CÉCM 65,055 1,167 6,064 72,286 86% CÉPGM 3,251 502 1,686 5,439 64% CANADA CÉCM 502 167 152 911 1% CÉPGM 45 81 50 176 2% ÉTRANGER CÉCM 2,031 306 8,856 10,998 13% CÉPGM 778 281 1,805 2,864 34% TOTAL CÉCM 67,678 1,643 14,874 84,195 CÉPGM 4,074 864 3,541 8,479 PROPORTION CÉCM CÉPGM 80% 48% 2% 10% 18% 42% Sourc* : Fichier (ta* élèvss au M.6.0.M.Scheidler a déploré hier que la grande majorité des sympathisants pro-vie « préfère les discussions à l’action ».Il sera soutenu aujourd’hui dans son « opération de sauvetage des enfants de Dieu » par M.John Cavanaugh-O’Keefe, un objecteur de conscience américain qui a introduit dans le mouvement pro-vie les tactiques de la gauche (occupations, résistance non-violente etc).Co-fondateur du Pro-life non-vio-lent Projet, (Projet non-violent pour la vie),l’un des trois plus importants mouvements anti-avortement américains, John Cavanaugh-O’Keefe, estime qu’à peine 200,000 des 12 millions des sympathisants pro-vie américains ont adopté des tactiques militantes.« Mais nous n’étions qu’une poignée il y a deux ans », précise-t-il.« Le mouvement prend de l’ampleur.» Les cliniques d’avortements d’une trentaine d’états américains font déjà face à des occupations et des manifestations.Dans certaines cliniques les employés ont adopté l’usage des walkmen pour éviter que le patientes n'entendent, de l’intérieur, les cris de « meurtrière », « maman, maman, sauve-moi » lancés par les manifestants.M.Cavanaugh-O’Keefe, soutient que « seul une guerre ou un mouvement de résistance pacifique du type de ceux menés par Martin Luther King, Corazon Aquino ou Gandhi » pourra arrêter « l’holocauste ».Il travaille actuellement à plein temps à susciter ce mouvement.Les deux hommes soutiennent que les mouvements pro-choix et les médias s’acharnent à les associer à la vague d’attentats à la bombe et d’in-cendiats qui frappe depuis 1984 les cliniques d’avortement américaines.Selon M.Scheidler il n’y a « pas de risque » que ses appels à « l’action direction» conduisent à la violence.M.Scheidler dit ne pas favoriser la violence.Mais il ne peut, dit-il, « condamner ceux qui détruisent des appareils à succion » ou ont recours à des bombes pour « mettre fin à un mal encore pire ».« Je ne suis pas si radical, a-t-il déclaré hier.Mais le reste du mouvement pro-vie est tellement passif.» Le mouvement Vie humaine internationale existe au Québec depuis mai 1984.Ses bureaux sont à Laval.Sa directrice.Soeur Lucille Duro-cher, a dit concentrer son action sur l’intervention auprès des adolescentes.« Les infirmières des CLSCs vont dans les écoles montrer l’usage des contraceptifs, dénonce-t-elle.C’est inacceptable.Il faut montrer aux jeunes la chasteté, la maîtrise de soi».Hier au Grand Hôtel, les participants au Congrès pouvaient se procurer, parmi toute une paraphanélia de matériaux publicitaires pro-vie, une cassette vidéo du film, Le Cri silencieux pour $100 ou une figurine en plastique nommé « Précieux em- bryon », se vendant $2.50.« Même nos évêques ne nous défendent plus », dénonçait une ontarienne d’Etobicoke, Mme Vickie La-prairie.Selon le président-fondateur de Vie humaine internationale, le Père Marx, le mouvement pro-vie est « faible » au Québec et le leadership de l’Église catholique « ne lui donne pas tout l’appui nécessaire».M.Joseph Scheidler a, de son côté, invité les Québécois à « adopter » des médecins pratiquant des avortements et à « les sauver de la damnation éternelle ».« Ils vous en remercieront un jour », dit-il.Il invite aussi les sympathisants pro-vie à ouvrir, non loin des cliniques d’avortements, des centres d’aide aux mères.Hier au Grand hôtel, M.Scheidler a souvent enthousiasmé son auditoire.Particulièrement lorsqu’il a raconté comment, récemment, il avait fermé une clinique d’avortements « menée par des femmes qui pratiquaient la sorcellerie et jouissaient particulièrement chaque fois qu’elles avortaient un garçon ».Dévoué à sa cause, Joseph Scheidler n’a tout de même pas l’intention d’être appréhendé aujourd’hui à Montréal.Il veut bien aller en prison parfois, dit-il, quand c’est nécessaire.M ais l’un de ses sept enfants fait sa première communion demain et il compte bien, dit-il, attraper son vol de 16h30.+ Bourassa n’y a rien de nouveau.» Il ajoute que ses propos para-radiophoniques portaient sur les districts bilingues et faisaient référence à ceux de M.D’Iberville Fortier, commissaire fé déral aux langues officielles.Il répète qu’il n’a pas l’intention de dévoiler sa stratégie avant d’avoir tous les éléments en main, notamment la décision de la Cour d'appel sur le jugement Boudreault.Il s’étonne de l’entêtement de l’opposition à cet égard et se demande si ce n’est pas un reflet du vide intellectuel qui l’afflige.M.Pierre Marc Johnson avait demandé si le gouvernement avait une politique linguistique, considérant qu’il se livre a un véritable carnaval de déclarations et d’agissements contradictoires: Mme Lise Bacon rabroue les responsables d’organismes, le ministre de la Justice sème la confusion quant aux poursuites, celui de l’Éducation veut amnistier les illégaux.Quant au premier ministre, il esquive, jusqu’à sa confession de mercredi voulant qu’il ne soit pas confortable avec le programme de son parti.« La politique du gouvernement et du Parti libéral est bien connue, finit par dire M.Bourassa, au deuxième essai de son vis-à-vis.Nous avons été élus sur cette politique.Nous l’appliquons selon les problèmes qui sont posés.» Il ajoute que le Conseil des ministres a discuté mercredi du pro- blème des illégaux et qu’un projet de loi sera présenté avant la mi-mai.Il y aura possiblement d’autres amendements à la loi 101, conformément au programme libéral, mais ce serait illogique et prématuré d’en discuter avant le jugement de la Cour d’appel.Il reproche à l’opposition de relancer un débat avant un jugement qui peut influencer l’application de la loi, un débat qui pourrait devenir désuet dans quelques semaines.M.Johnson insistant, M.Bourassa lui rappelle qu’il n’a pas craint de prendre des décisions, avec la loi 22, en 1974, « qui ont été jugées par une partie de notre clientèle d’une façon assez ingrate ou hostile.Nous l’avons fait et parce que nous l’avons fait, je crois qu’on n’a pas de leçon à recevoir du chef de l’opposition.» Quant à l’affichage bilingue, à la condition que le français reste prédominant, il est prévu dans le programme libéral.Aux journalistes, par la suite, le premier ministre répète qu’il ne veut pas intervenir dans le processus judiciaire et risquer l’outrage au tribunal, comme en 1973, à propos de la Baie James.Il ne veut pas tomber dans ce piège.Après avoir répondu à plusieurs questions, il finit par laisser tomber: « On n’est pas au Théâtre des variétés.» Il donne des coups d’épingle aux journaux, qui doivent s’adapter aux lois du marché et rappelle le dicton selon lequel, avec une phrase, on peut tuer n’importe qui.Il conclut que la formule des districts bilingues, évoquée par M.Fortier et par M.Jean Doré, président du RCM, ne fait même pas partie du programme du PLQ, qu’il a l’intention de mettre en oeuvre en temps opportun.« C’est pas qu’un maudit problème, Pierre .», a confié M.Bourassa à M.Bourgault, selon la version du Soleil.« On examinait hier les formules.En haut de dix (employés), en bas de dix.J’ai dit à Jean Doré: Comment est-ce qu’on va appliquer cela-?.C’est Jean (Doré) qui parlait de cela.Si un gars arrive et baisse son nombre d’employés à neuf, à ce mo-ment-là, il est obligé de changer toutes ses annonces?» + Libre-échange Simon Reisman, pour discuter de cette question.Un porte-parole du ministre albertain des Affaires intergouvemementales, James Horseman, précisait que les provinces n’attendent plus rien de leurs discussions avec M.Reisman dans ce dossier.Aux Affaires extérieures, un fonctionnaire qui a demandé de garder l’anonymat a résumé la situation en disant: « M.Reisman était probablement le meilleur négociateur à opposer aux Américains; face aux provinces, il a le même effet que la cape rouge qu’on agite devant un taureau.» M.Reisman n’a jamais caché vouloir avoir les coudées franches pour mener la négociation, affirmant qu’il ne pouvait être question d’aller négocier à 11 avec les États-Unis.Dans leur proposition du début mars, les provinces disent être prêtes à accepter M.Reisman comme seule porte-parole autorisé.Elles veulent cependant pouvoir assister aux négociations par l’entremise d’un observateur commun, avoir accès à toutes les informations, participer à l’élaboration des stratégies de négociations et déterminer en collaboration avec Ottawa les mandats de négociation affectant les secteurs de compétence provinciale.Le partage des compétences constitutionnelles, tel qu’il existe actuellement entre les deux paliers de gouvernement, a amené M.Mulroney à reconnaître le principe d’une certaine participation des provinces.Il veut en effet s’assurer que l’entente négociée avec les États-Unis sera applicable, ce qui dépend en partie de la volonté des provinces.Le premier ministre ontarien, M.David Peterson a souvent prévenu M.Mulroney qu’il n’hésiterait pas à utiliser tous ses pouvoirs pour empêcher l’application de clauses qui n’agréeraient pas à sa province.L’actuel ministre québécois des Affaires canadiennes, M.Gil Rémillard, a déjà pour sa part prétendu que le Québec pourrait exercer, en vertu de l’Acte EN BREF.¦ La CSN réclame une enquête sur l’industrie forestière La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et sa Fédération des travailleurs du papier et de la fôret (FTPF) ont réclamé, hier, l’institution d’une commission publique d’enquête sur les conditions de travail et de vie des ouvriers forestiers.Appuyé par le président de la FTPF, M.Georges Cantin, le président de la CSN, M.Gérald Larose, a invité le gouvernement québécois à donner suite à une recommandation en ce sens, formulée par la Commission consultative sur le travail, dans son rapport déposé en janvier dernier.La Commission Beaudry avait recommandé au ministre du Travail, M.Pierre Paradis, « l’ouverture dans les plus brefs délais d’une enquête sur l’ensemble des sujets susceptibles d’influencer les droits et les conditions de travail de la main d’oeuvre forestière ».Parmi les matières d’enquête, la commission avait identifié la planification de la production et ses effets sur les conditions de travail, les effets de la mécanisation sur la santé, la sécurité et la rémunération, la formation, la pratique de la sous-traitance, le droit d’association et la qualité de vie.¦ La CÉCC plaide de nouveau en faveur du respect de la vie L’épiscopat canadien vient de réitérer avec une nouvelle vigueur sa prise de position en faveur du respect de la vie, par conséquent contre l’avortement, comme il l'a fait à plusieurs reprises ces dernières années.Dans une déclaration de quatre pages intitulée Aimer et respecter la vie, la Conférences des évêques catholiques du Canada (CÉCC) insiste une fois de plus sur la valeur et l’importance de la vie tout en condamnant la violence qui se manifeste dans le débat relatif à l’avortement.« Le respect de toute vie humaine, affirment les évêques, est, sans aucun doute, un critère sûr pour évaluer la qualité de notre propre humanité.C’est aussi une façon d’exprimer cette conviction chrétienne selon laquelle Dieu nous appelle à aimer les autres comme nous nous aimons nous-mêmes.» La CECC croit bon de revenir à la charge sur ce sujet délicat qui divise même les catholiques et son intervention veut faire ressortir le climat de respect mutuel et de charité qui doit exister dans la défense ou la promotion de points de vue divergents.¦ Règlement municipal sur les « arcades» jugé illégal Le règlement 5317 de la Ville de Montréal, voulant qu’une taxe municipale soit perçue sur les appareils de jeux opérés dans les « arcades-video », a été déclaré illégal hier par le juge Benjamin Greenberg, de la Cour supérieure.Dans un imposant jugement de 50 pages, le magistrat donne donc raison à 19 propriétaires ou locataires d’un grand nombre d’appareils opérant dans 25 établissements de Montréal, qui contestaient la validité de la décision de l’administration municipale, qui, en décembre dernier, les avertissait qu’elle entendait percevoir 10 % des montants déboursés par les clients pour prendre part aux jeux, le tout en vertu de la Loi québécoise concernant les divertissements et le règlement municipal 5317.Les contestataires prétendaient n’être soumis ni à l’une ou l’autre législation.de Westminster, un droit de veto sur tout accord avec les États-Unis qui ne lui conviendrait pas.Toute la question est d’établir jusqu’où cette participation doit aller.Remarquons que hier le premier ministre Peterson notait que le vote serré intervenu au Sénat américain mercredi soulignait plus que jamais la nécessité de la présence des provinces dans le processus de négociation.Le premier ministre Bourassa, tout en se réjouissant du dénouement heureux survenu au Sénat, a aussi maintenu la volonté du Québec d’être présente dans les négociations.Le déroulement de discussions entre les provinces et le fédéral sur ce dossier n’empêchera pas par ailleurs le négociateur Reisman de mettre en place les mécanismes de négociations.Déjà il a réuni autour de lui une équipe d’experts et une quinzaine de comités consultatifs sectoriels ont été mis sur pied.On présentera leurs présidents à la presse ce matin.+ Contras On ignore si le président Reagan est du même avis que son envoyé en Amérique centrale, M.Habib.Mercredi, le président a encore une fois affirmé son appui aux contras, qu’il qualifie habituellement de « combattants de la liberté».Le mois dernier, M.Reagan avait déclaré qu’il n’abandonnerait « jamais » les insurgés, qu’il a déjà comparés aux pères fondateurs de la nation américaine.Des adjoints de nombreux membres du Congrès estiment toutefois que l’administration Reagan commence à comprendre que l’insurrection antisandiniste n’atteindra pas les objectifs qu’elle s’est données.Tant au plan militaire que militaire, on considère que les rebelles n’ont pas obtenu le succès escompté dans leur lutte contre le gouvernement du Front sandiniste de libération nationale.De son côté, le département d’État s'est contenté de dire que la lettre de M.Habib ne faisait que réitérer les positions traditionnelles des États-Unis.U n porte-parole du département d’État a ajouté que M.Habib effectuait présentement une tournée de 12 pays latino-américains, dont les pays du groupe de Contadora (Mexique, Panama, Colombie, Venezuela), et que la lettre ferait l’objet de discussions.Le groupe de Contadora, avec l’assistance technique de pays comme le Canada pour les problèmes de contrôle en matière de sécurité, cherche depuis trois ans à faire adopter un plan de paix pour l’Amérique centrale.On estime que l’Acte de Contadora est voué à l’échec si Washington, qui dit partager les objectifs du groupe de Contadora, n’apporte pas un appui clair à l’initiative de paix en supprimant son assistance aux contras.PELLETIER et PELLETIER Optométristes 84, NOTRE-DAME OUEST 4e étage • optométrie générale • lunetterie • lentilles de contact Rendez-vous: 845-2987 l _________ (Approximatif) LOTTO SAMEDI TIRAGE « Ça change pas le monde.Sauf que.
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