Le devoir, 28 mai 1986, Page(s) complémentaire(s)
4 10 B Le Devoir, mercredi 28 mai 1986 Otan : désarmement et terrorisme au coeur des discussions d’Halifax :: HALIFAX (PC) — Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord se réunissent à compter d’aujourd’hui à Halifax pour des discussions sur le contrôle des armes nucléaires et le terrorisme, au milieu de mesures de sécurité sans précédent.Alors que les ministres des 16 pays de l’OTAN tenteront de trouver des moyens de contrer le terrorisme, plusieurs centaines de policiers — dont des agents de la Gendarmerie royale du Canada armés de mitraillettes — tenteront de prévenir tout attentat.Les ministres arrivent aujourd’hui dans la capitale néo-écossaise mais ne commenceront leurs travaux que demain matin pour des discussions à huis-clos, que le ministre des Affai- res extérieures de Grande Bretagne Lord Carrington qualifie « de tour d’horizon des questions touchant les États occidentaux».Outre le contrôle des armements et le terrorisme, les ministres discuteront de l’état des relations est-ouest, des nouvelles propositions de désarmement du numéro un soviétique, M.Mikhail Gorbachev, et de la situation à Berlin-Est, où les autorités est-allemandes exigent maintenant des passeports aux diplomates désireux de se rendre dans la zone ouest.Mais au delà de l’ordre du jour formel, les ministres tenteront également — selon des fonctionnaires canadiens - de refaire l’unité de l’Alliance atlantique après les divergences qui se sont fait jour à la suite du raid américain en Lybie le mois dernier.Même si la Lybie n’est pas, en soi, une préoccupation de l’OTAN et que les Américains n’étaient pas tenus d’obtenir l’accord de leurs alliés avant le raid, plusieurs pays dont l’Allemagne fédérale, la France et l'Espagne ont été froissés de voir les Américains bombarder Tripoli sans rechercher un consensus chez leurs alliés Pour Lord Carrington, il importe de préserver l’unité de l’Alliance qui est présentement menacée par les divergences de vues entre l’Êurope et les États-Unis.Le ministre britannique affirme que l’OTAN ne pourrait que souffrir « si on continue ae percevoir les Américains comme des cowboys et les Eu- ropéens comme des poltrons», comme certains milieux ont eu tendance à le faire depuis le raid en Lybie.Le terrorisme n’est pas non plus, à proprement parler, une préoccupation de l’OTAN, mais les ministres entendent se pencher sur la question pour voir si une action commune des 16 pays ne pourrait p as aider à combattre le terrorisme, en particulier par l’échange d’informations, affirment les fonctionnaires canadiens.Les ministres des Affaires extérieures de l’OTAN se réunissent deux fois l’an, l’hiver au siège de l’organisation à Bruxelles et Pété dans un des pays membres.Une telle réunion ne s’est pas tenue au Canada depuis 1974 alors que la rencontre avait eu lieu à Ottawa.Octroi de contrats gouvernementaux Guy Chevrette accuse le ministre Rocheleau d’avoir menti à l’Assemblée NORMAN DELISLE QUÉBEC (PC) - Le leader parlementaire de l’opposition péquiste, M.Guy Chevrette, a accusé hier le ministre des Approvisionnements et Services, M.Gilles Rocheleau, d’avoir « menti» à l’Assemblée nationale.M.Chevrette a réclamé la convocation d’une commission parlementaire pour analyser ces accusations et réclamer, le cas échéant, des sanctions appropriées.C’est le président de la Chambre, M.Pierre Lorrain, qui décidera si la commission parlementaire doit être convoquée et il rendra sa décision aujourd’hui.Selon le député péquiste, M.Rocheleau aurait menti le 15 mai dernier en soutenant à l’Assemblée nationale que la firme Roger Pomin-ville Ltée, une firme de conseillers administration de Montréal, n’avait pas préparé contre rémunération des discours pour les députés libéraux.M.Chevrette a remis à la presse copie des factures de Roger Pomin-ville datées de 1982 indiquant des frais pour préparation et rédaction de discours de députés libéraux.Le ministre Rocheleau vient de mandater la firme Pominville pour réviser le système d’octrois des contrats du gouvernement.Selon le député Chevrette, le ministre des Approvisionnements et Services devra se rétracter publiquement et retirer à la firme Pomin- 28 mai par la PC et I'AP 1985: en Ontario, le parti libéral et le nouveau parti démocratique ; ; - conviennent d’un pacte de deux ' "• - ans qui met fin à 42 années consécutives de gouvernement conservateur en permettant aux libéraux d’accéder au pouvoir.— David Jacobsen, directeur de l'hôpital américain de Beyrouth, est le sixième .Américain enlevé depuis mars ;¦ 1984.»» 1982: le pape Jean Paul II entreprend une visite de six jours en Grande-Bretagne: il sera reçu par •.la reine Elisabeth II.' * 1981 : le primat de Pologne Stephan Wyszynski meurt à l’âge de : ; 79 ans.1989: en Saskatchewan, 25 personnes perdent la vie dans la collision d’un autobus de CP Rail avec un camion.1979: le président Anouar el Sa-date annonce l’ouverture de couloirs aériens entre l’Egypte et Israel.1977: incendie dans un cabaret de Southgate, au Kentucky: 164 : morts et 130 blessés.1978: signature d’un traité américano-soviétique limitant la puissance des explosions nucléaires souterraines à des fins pacifiques.1971 : une sonde soviétique de cinq tonnes est lancée vers Mars.19*9: en conférence de presse, à Bruxelles, le ministre de la Dé-, fense, Léo Cadieux, cause toute une commotion en annonçant que le Canada réduirait ses forces basées en Europe.1961 : après 78 ans de carrière, l’Orient Express quitte Paris pour son dernier voyage vers Bucarest.1949: l'auteur Gratien Gélinas est honoré à Québec à l'occasion de la 201ème représentation de sa pièce « Tit-Coq ».194*: l’armée belge capitule devant la Wehrmacht: les troupes franco-britanniques commencent à évacuer Dunkerque.1934: naissance à Callandar, près , de North Bay, en Ontario, des cinq j -, jumelles Dionne.‘ I92C: approbation du programme canadien des pensions de vieillesse.— La dictature militaire est Instaurée au Portugal.1119: l’Arménie proclame son indépendance.1917: le conseil municipal de Qué-' bec se prononce contre la con-r SCription sans consultation.1911: inauguration de la ligne de .tramways entre Montréal et Longueur 1874: la Commune de Paris s'achève dans la semaine sanglante.1*74: l’empereur Léopold premier du Saint Empire Romain Germanique déclare la guerre à la France.* 1*11: samuel de Champlain visite la bourgade indienne d llochelaga qui deviendra Ville-Marie puis Montréal.ville son mandat de réviser le fichier central des entreprises.Ce fichier devra être évaluée par une firme indépendante « de façon à ce qu’aucun doute ne plane sur son caractère non partisan », a dit M.Chevrette.Interrogé par la presse à sa sortie de l’Assemblée nationale, le député-ministre de Hull, M.Gilles Rocheleau, a qualifié le geste de M.Chevrette de « coup en bas de la ceinture ».M.Rocheleau juge « très regrettables les insinuations du député qui tentent de miner son intégrité ».M.Rocheleau reconnaît que la firme Pominville a rédigé des « notes » pour les interventions des députés libéraux en 1982 sur le projet de loi forçant la fusion de Baie-Com-eau et de Hauterive.SUITES DE LA PREMIERE PAGE + Afrique Les projets seraient conçus et réalisés par des Africains.Même si cela peut sembler inconcevable, les projets d’aide en Afrique sont encore aujourd’hui pilotés par les pays donateurs.L’agence, dont la création ne semble plus faire de doute, relèverait du Programme de développement des Nations unies (PNUD) et tous les pays riches seraient invités à y contribuer.Les fonds iraient à combattre les principaux maux de l’Afrique, soit la désertification, la faiblesse de la production alimentaire et l’érosion du couvert végétal.Les conseils villageois soumettraient eux-mêmes leurs projets à l’agence sans l’intervention des bailleurs de fonds ou des institutions financières internationales.D’ailleurs, en annonçant qu’il suspendait le remboursement de la dette durant 15 ans, le gouvernement canadien a surpris en soulignant qu’il ne prendrait pas en considération les conditions posées par le Fonds monétaire international (FMI) à certains pays d’Afrique avant de leur accorder des rééchelonnements de dettes.Mme Vézina a précisé que le gouvernement canadien rencontrera les chefs des pays africains qui désirent un moratoire de leur dette et exigera « qu’ils démontrent une volonté de prendre des mesures pour restructurer leur économie ».Le gel serait revu à tous les cinq ans.En prennant ses distances avec la Banque Mondiale et le FMI, le Canada se situe dans une tendance qui a gagné plusieurs pays d’Amérique latine.Ces derniers ne veulent plus faire affaire avec le FMI, jugé trop interventionniste.Le moratoire annoncé hier est conforme à la philosophie actuelle de l’ACDI qui, depuis l’an dernier, ne prête plus d’argent.Les prêts de l’ACDI étaient sans intérêt.Aujourd’hui donc, les pays qui veulent emprunter au Canada doivent frapper à la porte du ministère d’État au Commerce et accepter de payer des intérêts.La mesure annoncée hier n’est pas un précédent.En 1978, le Canada, les Pays-Bas et les pays nordiques avaient effacé la dette des pays africains dont le revenu moyen par habitant était inférieur à $ 350 par année.Les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et la France avaient refusé de suivre le mouvement.Pour le Canada, le montant « effacé » était de $350 millions.Cette fois, les pays qui pourront bénéficier d’un moratoire sont tous ceux qui ont contracté des prêts d’aide avec le Canada.Ce sont le Nigeria, le Togo, le Cameroun, le Gabon, le Zimbawbe, la Côte d’ivoire, la Tanzanie, l'Ouganda, le Swaziland, le Ghana, le Kenya, le Zaïre, le Sénégal, la Zambie Madagascar et le Congo.La plupart des prêts consentis aux pays africains au cours des 20 dernières années ont servi à financer des gros projets de construction routière ou ferroviaire ou d’expololtation du pétrole.Les Canadiens ont tiré un gros bénéfice de ces projets.Il affirme cependant que lui-même « n’a pas utilisé ces notes.J e n’utilise jamais de discours écrits quand je parle à l'Assemblée nationale», a-t-il dit.M.Rocheleau rappelle également que c’est la ville de Baie-Comeau et non l’opposition libérale qui avait assumé les frais de la firme Pominville.Cet imbroglio pour savoir qui dit vrai lance un débat beaucoup plus important sur la façon dont le gouvernement octroie ses contrats.Le gouvernement péquiste avait mis sur pied en 1978 un système d’attribution des contrats professionnels par le biais d’un ordinateur appelé Rosalie, dans le but d’éviter toute décision discrétionnaire et partisane dans ce domaine.4 Spécialistes d’autres « dépotoirs oubliés ».Cela n’a jamais été fait, hormis quelques tests localisés.« Nous n’avons pas de programme généralisé d’inventaire du sous-sol dans ce secteur comme cela a pu être fait dans la région de Mercier où une lagune de produits toxique a contaminé une vaste région.Même s’il y a de nombreuses lagunes de produits dangereux dans l’Est de Montréal, il faut préciser que l’inventaire du sous-sol n’y a pas l’urgence que présentait la région de Mercier car personne ne s’y alimente en eau potable.», commente le porte-parole du ministère.M.Dessureault explique que le GERLED n’a pas trouvé l’an dernier le site de Rivière-des-Prairies « parce qu’il n’avait aucun indice ».On a bien appliqué à ce secteur la «photo-détection aérienne».Mais sans résultat.L’inspecteur du GERLED a bien vu quelques « reflets irrisés montrant qu’il pouvait y avoir une petite quantité d’huile à cet endroit », comme le mentionne son rapport du 7 juin 1985.Mais, précise M.Dessureault, « il pensait que cette huile provenait des vieilles automobiles » qui étaient régulièrement englouties dans le « lac d’huile » par on-ne-sait-qui.C’est, en effet, un inspecteur de la fourrière municipale de Montréal qui avait découvert le fameux « lac d'huile » aux autorités environnementale dans le cadre de ses chasse aux vieilles bagnoles.Un policier du secteur a, pour sa part, expliqué au DEVOIR que « ce qu’on risque de retrouver en chars volés et dans leurs valises, si jamais on vide cette carrière, ça vous fera écrire des romans.» La carrière de Rivière-des-Prairies est loin d’être la seule à avoir été bourrée de déchets de raffinage à une époque, pas si lointaine, où le Québec n’avait aucune loi, ni règlement en matière d’environnement.Autour des raffineries, le GERLED a identifié 13 sites remplis de déchets dangereux pour l’environnement, et tout particulièrement avec des « boues huileuses », soit des résidus de raffinage contenant des HPA en grande quantité ainsi que des collections généralement complètes de métaux lourds toxiques.Les HPA sont réputées pour causer différentes formes de cancer chez les humains.Au moins cinq de ces sites posent non seulement des risque pour l’environnement mais aussi des risques our la santé publique.Il s’agit d’a-ord du champ dans lequel Gulf étend ses résidus.Gulf possède aussi à Montréal-Est un ancien dépotoir dont le contenu est aussi dangereux.Pétro-Canada possède de son côté une « lagune de boues huileuses » à Pointe aux-Trembles.Il possède aussi un dépotoir contaminé sur un terrain situé à Montréal et une « lagune de boues huileuses » à Anjou.Le petit boisé de l’Héritage, situé dans le même secteur, pose une menace tout aussi importante.Six autres sites, qui ne présentent aucun risque pour la santé, sont constituent néanmoins des menaces pour l’environnement.Il s’agit d’un champ d’épandage appartenant à Shell Canada (Anjou et Montréal-Est); des lagunes de boues huileuses de Texaco à Montréal-Est; d’un autre dépotoir appartenant à la même compagnie dans le même secteur; d’une ancienne carrière utilisée par Pétro-Canada comme site d’enfouissement à Montréal-Est près de la rue Sherbrooke.La grande pétro- Or, le ministre Rocheleau vient justement de mandater la firme Po-minville pour revoir la méthode d’octroi des contrats du gouvernement aux professionnels.Le député péquiste Guy Chevrette croit que le gouvernement libéral veut profiter de cette revision des procedures pour réinstaurer le favoritisme dans l’octroi des contrats.M.Rocheleau estime plutôt que les péquistes avaient mis au point un système parallèle pour contourner la procédure habituelle d’octroi des contrats.La question sera débattue dans les prochains jours lorsque sera étudié en commission parlementaire le projet de loi 68 qui créera le nouveau ministère des Approvisionnements et Services.lière Esso, qui a fermé sa raffinerie, a néanmoins laissé comme héritage de son passage des « lagunes de boues biologiques » à Montréal-Est et des champs d’épandage de boues huileuses dans la municipalité de Montréal-Est.+ Mulroney Ce changement de cap pourrait toutefois aussi bien refléter une certaine division au sein du comité des priorités du cabinet qui a longuement discuté hier des mesures à prendre.M.Clark a reconnu hier la caractère aléatoire de cette idée de la demande de compensation financière que rien n’oblige les États-Unis à considérer, si bien que dans quelques jours on se retrouverait devant la même situation.Le gouvernement aurait ainsi plus de temps pour arrêter une position définitive.La demande de compensation a été présentée dès hier par l’ambassadeur canadien à Washington, M.Allan Gotlieb.Celui-ci a eu le mandat de s’enquérir de la volonté de Washington d’offrir de telles compensations.Le ministre croit qu’en vertu de l’Accord général sur les tarifs commerciaux (Gatt) il y a une possibilité d’obtenir une telle compensation bien que le Canada n’y soit pas éligible strictement.Le bardeau de cèdre n’est pas couvert comme tel par cet accord et il n’y a pas de précédent où des compensations ont été accordées sans que le produit affecté ne soit pas couvert par l’accord.M.Clark a dit vouloir obtenir du gouvernement américain une réponse rapide.On sait à Washington que le Canada est prêt à adopter des représailles en cas de réponse négative.Se refusant de dire s’il avait fixé une date limite pour obtenir une réponse des États-Unis, il a précisé qu’il discuterait personnellement de la question vendredi avec son homologue américain, M.George Schultz, qu’il rencontrera dans le cadre de la réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Otan.Notons qu’aujour-d’hui, le ministre rencontrera dans la capitale fédérale les représentants de l’industrie et des travailleurs affectés par la mesure américaine.La valeur de la compensation recherchée sera en proportion de l’impact des tarifs imposés à l’importation de bardeau de cèdre rouge de Colombie-britannique, a noté le ministre.Certains craignent que ces tarifs de 35 % pour les 30 prochains mois réduisent à néant les exportation de $ 250 millions par année de ce bardeau aux États-Unis.L’opposition aux Communes a invité instamment hier le premier ministre Mulroney à appeler directement le président Reagan pour discuter de cette mesure.Selon M.Clark, ce serait un geste prématuré dans les circonstances.Le chef libéral, M.John Turner, a reproché à M.Mulroney de s’être fait avoir deux fois par M.Reagan dans cette affaire.Non seulement, il a manqué à sa parole en imposant des tarifs, mais en plus il a outrepassé la mesure car à 35 %, ce ne sont plus des tarifs mais un véritable mur commercial impossible à franchir.On a aussi reproché au premier ministre d’avoir ignoré un appel à l’aide du premier ministre de Colombie-britannique fait trois semaines avant la décision américaine.M.Mulroney a fait valoir qu’il y avait l’engagement de M.Reagan à ne pas prendre de mesure protectioniste à l’endroit du Canada et qu’en aucune façon on l’avait prévenu que cet engagement ne serait pas respecté.CHRONIQUE POLITIQUE PIERRE O’NEILL Bourassa préfère Mulroney; ses militants : Turner Brian Mulroney et Robert Bourassa arrivent à la croisée des chemins.Aux abords de la conférence des premiers ministres du 2 juin prochain à Montréal, les deux chefs politiques auront un entretien particulier de la plus haute importance.Le premier y jouera sa tête et l’autre, l’avenir du Québec.Les circonstances ont fait que ces deux vieux comparses de la pou-tique se sont mutuellement égratignés depuis le 2 décembre.Ils ont des choses à se pardonner et ces retrouvailles serviront, en premier lieu, à mettre du baume sur la plaie.Après avoir fait élire 58 députés du Québec, Brian Mulroney se croyait tout permis.Il a vite appris que Robert Bourassa, à la tête de 99 députés, n’allait pas s’en laisser imposer et qu’il peut se montrer acariâtre, au besoin.Tous deux ont d’ailleurs compris que leurs intérêts réciproques résident dans la cordialité et la collaboration.Robert Bourassa préfère encore de beaucoup Brian Mulroney à John Turner, surtout parce qu’il le sait vulnérable sur les deux fronts où se jouent l'avenir du Québec : la constitution et le libre-échange.Également parce que Brian Mulroney est le chef du pays pour deux ans encore et qu’il est un ami de longue date, alors que M.Turner ne représente qu’une relation circonstan-tielle.La réalité d’aujourd’hui, c’est que M.Mulroney est piégé; il s’est pem-turé dans le coin.Après avoir promis l’adhésion du Québec à des conditions honorables et dans la dignité, il s’est rendu compte qu’il avait surestimé les dispositions du Canada anglophone, peu enclin à faire des concessions au Québec.Et quand il a offert le libre-échange aux Américains sur un plateau d’argent, il n’avait pas prévu une alliance aussi carabinée des premiers ministres du Québec et de l’Ontario.Si Robert Bourassa préfère Brian Mulroney, c’est également parce qu’il ne peut rien espérer de John Turner, qui s’en tient à une ligne constitutionnelle dure.Il y a aussi cette double filiation, libérale provinciale et fédérale, qui revient en force; Robert Bourassa ne pourrait pas se permettre d’attaquer John Turner au pouvoir, comme il le fait aujourd’hui avec le gouvernement conservateur, sans risquer de diviser son parti.Il a encore frais à la mémoire les pieds de nez que lui faisait l’ancienne équipe Trudeau, et rien ne l’assure que les libéraux fédéraux, sitôt revenus au pouvoir, ne retrouveront pas leur belle arrogance d’an-tan.En position de force, le premier ministre du Québec voit pour 1 instant son profit dans un rapprochement et une étroite collaboration avec les conservateurs de Brian Mulroney.Voilà qui est bien.Mais encore faudrait-il que ses militants en soient tout aussi convaincus et qu’ils s’associent à la stratégie.Or, il semble bien que ce ne soit pas le cas.Les libéraux provinciaux de la base savent que les prochaines élections, à moins d’un revirement imprévisible, appartiennent aux libéraux fédéraux de John Turner et ils s’y rallient massivement.Le président de l’aile québécoise du PLC, Me Paul Routhier, n’hésite pas à reconnaître le phénomène.D’ici les prochaines élections générales, prévues pour 1988, Robert Bourassa va sûrement tout faire pour exploiter la fragilité et la vulnérabilité de Brian Mulroney.Mais dans l’entourage du chef fédéral, on se méfie de Bourassa et l’on conseille à M.Mulroney de ne pas risquer sa réélection dans ce dossier farci de traquenards.C’est sur cette relation difficile à vivre que se pencheront Brian Mulroney et Robert Bourassa, le 2 juin, dans les couloirs du Ritz-Carlton, avec l’espoir d’en dégager un modus vivendi.Pierre Trudeau secrétaire général de l’UN?Il n’est pas exagéré de dire que les leaders politiques canadiens se retirent relativement jeunes de la vie publique.Si Ton considère que Ronald Reagan est âgé de 74 ans et que les De Gaulle, Adenauer et bien d’autres moins illustres ont attendu la vieillesse pour prendre leur retraite, il faut bien constater que les Lougheed, Davis et Bennett ont tiré leur révérence alors qu’ils avaient encore toute la forme physique et la vigueur intellectuelle nécessaires pour servir un ou deux mandats de plus.Le phénomène tient sans doute au fait que la plupart des chefs politiques canadiens exercent le pouvoir avant même d’avoir atteint la cinquantaine.Il apparaît par ailleurs que l’électeur canadien, moins tolérant, moins patient aussi, plus vite désabusé, exprime plus promptement sa volonté de changement.Victimes de ces moeurs politiques, Pierre Trudeau et René Lévesque ont dû abandonner alors qu’ils avaient sans doute encore quelques bonnes années de service public en réserve.Dans une récente entrevue au magazine américain Newsweek, l’ancien président américain Richard Nixon, âgé de 73 ans, avouait songer à un retour en politique active.Une hypothèse que les analystes politiques de la revue ont jugée tout à fait vraisemblable.Si l’illustre vedette du scandale du Watergate a droit à tant de prétentions, alors pourquoi pas Pierre Trudeau ?Il suffisait d’un coup de téléphone à son bureau pour en avoir le coeur net et s’assurer que le Québec ne risquait pas de revivre le cauchemar d’un nouveau coup constitutionnel.La réponse ne s’est pas fait attendre: « Non, non et non».« La page est tournée », réaffirme-t-on avec vigueur dans l’entourage de l’ancien premier ministre.Pour l’instant, M.Trudeau vaque quotidiennement à ses occupations professionnelles, à titre de conseiller de l’étude juridique Heenan et Blaikie.Contrairement à son vieil adversaire politique René Lévesque, il n’a pas non plus l’intention d’écrire ses mémoires.Entre deux voyages à l’étranger, il consacre ses temps libres à élever sa famille.Justin et Sacha, respectivement âgés de 14 et 12 ans, fréquentent le collège Brébeuf, alors que Michel, 10 ans, poursuit ses études élémentaires au pensionnat Jésus-Marie d’Outremont.En conclure que Pierre Trudeau restera dans l’ombre jusqu’à sa mort serait une méprise.C’est sur la scène internationale qu’il faut prévoir sa renaissance, soit pour la cause de la paix, soit dans la lutte contre la profilération des armements nucléaires, nous a-t-on confié.Et M.Perez de Cuellar venant d’indiquer qu’il n’a pas l’intention d’accepter un nouveau mandat au poste de secrétaire général des Nations unies, M.Trudeau apparaît comme un aspirant logique à sa succession.«Matériel didactique» universitaire Ryan donne son aval à des augmentations « raisonnables » JEAN-PIERRE PROULX Le gouvernement n’a pas l’intention d’intervenir auprès des universités tant que les augmentations de frais pour le matériel didactique « vont rester dans des bornes raisonnables », a déclaré hier au DEVOIR, M.Claude Ryan, ministre de l’Enseignement supérieur.L’augmentation de $ 100 et de $ 80 par année qu’ont déjà annoncée les universités McGill et de Montréal lui ont paru, « après explication », raisonnables.Diverses associations étudiantes, appuyées par le RAEU et l’ANEQ, ont, plus tôt dans la journée, uni leur voix hier pour accuser M.Claude Ryan de laisser certaines universités imposer une « augmentation déguisée » des frais de scolarité.Les règles budgétaires des universités, a indiqué M.Ryan, comprennent des frais de scolarité, d’inscription et de matériel didactique.Il n’est pas permis d’augmenter les deux premières catégories sans que les universités voient leurs subventions réduites d’autant mais ce n’est pas le Cas pour le matériel didactique.Quoiqu’il soit, M.Ryan « va suivre l’évolution du dossier de très près ».Depuis quelques semaines, ont expliqué hier les porte-parole des associations étudiantes des universités de Montréal, McGill, Concordia et de l’École Polytechnique, leurs institutions respectives imposent ou projettent d’imposer, qui une taxe de $ 40 par session pour du « matériel didactique », qui une taxe de $ 150 par année pour des « services pédagogiques », qui des « frais » de $ 20 par cours.« Les étudiants et les étudiantes, a dit le porte-parole de l’ANEQ, M.Claude Dionne, n’apprécient guère entendre le ministre de l’Enseignement supérieur jouer sur les mots en prétendant que son ministère ne peut intervenir parce qu’il s’agit de frais d’inscription et non de frais de scolarité.M.Dionne a qualifié cette attitude de « malhonnête ». 20 Le Devoir, mercredi 28 mai 1986 SPORTS EN BREF.¦ ¦ ' Le Canadien fait des profits -£PC) — Le président du club de hockey Canadien, Ronald Corey, a indiqué hier que l’équipe gagnante de la Coupe Stanley fera des profits de l’ordre de un million de dollars en 1986.Le Canadien a évidemment fait beaucoup d’argent lors des séries de fin de saison.Onze matches ont été présenté au Forum procurant des revenus bruts de trois millions.Une équipe conserve 60 % des revenus aux guichets, le reste allant aux visiteurs et au fonds de bonis pour les joueurs.Les 12 matches éliminatoires présentés au Saddledome l’ont été à guichets fermés et les Flames s’enrichissaient de $25,000 par match.On parle là-bas de revenus bruts de $19 millions pour la saison.¦ Bonneau favori
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