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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1986-06-07, Collections de BAnQ.

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B- ¦iMl.fJL .’Wii t- LE WIT DE VIVRE OU DAVOIR VÉCU LE FAIT DE VIVRE OU D’AVOIR VÉCU ACTION WRITING U S HERBES ROUGES DIFFUSION: QUÉBEC LIVRES LES HERBES ROUGE< monde International Jean Genet (1910-1986).STÉPHANE LÉPINE ?Jean Genet, Un captif amoureux, Gallimard, 1986, 504 pages.«Ii E SOUVENIR arrive par “éclats d’images”, et l’homme qui -crit ce livre voit sa propre image, très loin, dans les très petites mensurations d’un nain devenant de plus en plus difficile à reconnaître, puisque toujours plus âgé.» Cet homme vieillissant, qui essaie de donner l’idée de la vieillesse et la forme qu’y prend la poésie, qui a vu ses proportions diminuer et sa propre image disparaître progressivement, cet homme blessé par les éclats d’images se nomme Jean Grenet.Mort il y a quelques semaines — les images ont eu sur son corps résistant l’effet des abus —, il nous a laissé, avec Un captif amou-reux, un livre de souvenirs « aussi peu vrai qu’un roman ».Comme un héros de tragédie amusé d’attiser la colère des dieux, Jean Genet a été toute sa vie l’homme des positions insoutenables.Bagnard, proscrit, au moment de recevoir la bénédiction du ciel et celle de l’institution littéraire, il a préféré, comme l’avait fait Rimbaud, se taire.Supreme subversion.Les Paravents, qui date de 1961, demeurait jusqu’à ce jour sa dernière oeuvre.De 1970 à 1985, il soutient la cause des Palestiniens et des Panthères noires qui le pressent d’écrire ses souvenirs.En 1983, il signe, dans la Revue d’études palestiniennes, un texte magnifique où il montre ce qui reste de Chatila et de Sabra après le passage des phalangistes.Finalement, il accepte le jeu de la littérature mémoriale.Si la mort de Jean D.donna prétexte à l’écriture de Pompes funè- Sulte à la page C-4 LE DEVOIR CULTUREL CAHIER Montréal, samedi 7 juin 1986 GILLES DAIGNEAULT « Space Invaders » au MAC La bonne humeur de la nouvelle sculpture PARMI les faiblesses congénitales de notre Musée d’art contemporain, il y a l’absence de marketing, et il est probable que l’exposition la plus accessible et la plus drôle — ce qui ne lui enlève rien de son sérieux ! — de l’été montréalais soit aussi la moins fréquentée.EÜe s’appelle « Space Invaders » et rassemble 22 oeuvres de neuf sculpteurs contemporains — trois Anglais, deux Américains, deux Français et deux Canadiens (de l’extérieur du Québec) — qui constituent un univers infiniment plus « fou braque » que celui de Miro et sûrement aussi pertinent que celui des « trésors et splendeurs » de la Chine.En prime, le MAC offre aux visiteurs un solide accrochage d’acquisitions récentes en photo, histoire de montrer que, si les sculpteurs ne travaillent plus comme Henry Moore, les photographes ont pris quelque distance par rapport à Cartier-Bresson; que ni les uns ni les autres n’ont été insensibles au nouveau déferlement de la figuration en peinture.N’insistons pas trop sur le fait que, cet été encore, les innombrables touristes ne verront pas d’art québécois à la cité du Havre.Le nouveau directeur du MAC, M.Marcel Brisebois, ne peut que regretter la chose, alléguant qu’il lui fallait respecter des engagements anterieurs, mais laisse entendre que la situation pourrait bientôt changer.Quant a ceux qui ont pris les « engagements antérieurs », ils croient toujours que « Space Invaders», qui nous arrive de la Norman Mackenzie Art Gallery de Regina, est une merveilleuse exposition d’été, surtout si on la compare à celle de Paolini, présentée l’année dernière.En quoi ils n’ont pas tort : la plupart de ces ob- Sulte à la page D-10 Poke (1982), de l’Américain Ken Little.En haut, à gauche nathan Borofsky.¦ 1985 Norman Mackenzie Art Gallery, Regina Chattering Man, de l’Américain Jo- ALAIN BORER A la poursuite de Rimbaud JEAN ROYER aE VOIS la société comme une caravane qui ne sait pas très bien d’où elle vient ni où elle va, me dit Alain Borer.Au milieu de cette caravane, se tient un porteur de bagage.Et le bagage est la mémoire de la caravane : les livres, les pensées profondes des grands auteurs.Mais ce bagage, tout le monde s’en fiche.Heureusement, il y a toujours quelqu’un — comme disait Mallarmé : “un jeune homme à une génération se lève.” — qui prend ce bagage et le dépose, vingt ou trente ans plus tard, à un autre endroit.Puis, il faut qu’un autre jeune homme reprenne le bagage.Ce rôle-là est fondamental, sinon la caravane oublie sa mémoire.» Alain Borer s’est fait porteur de bagage et il a choisi la caravane de Rimbaud.Il avait le même âge — 27 ans — que le poète d’Une saison en enfer et des Illuminations quand il s’est lancé sur ses traces dans l’Est éthiopien.Parti pour faire un film ( Le Voleur de feu), il est revenu de voyage avec le plus beau livre réunissant l’homme et l’oeuvre, replaçant Rimbaud dans son destin.Borer a sillonné l’ancienne Abyssinie, interrogé les Rimbaud en Abyssinie Alain Borer : « comme un livre de gravure du 19e siècle ».gens et s’est rendu jusqu’en Egypte, décidé à tout savoir de ce poète qui voulait « changer la vie » et qui y a renoncé pour mener des caravanes commerciales dans le désert.On peut lire son Rimbaud en Abyssinie (Seuil) comme un récit de voyage ou un roman philosophique, comme un essai sur la question Rimbaud ou même comme un morceau de poème que porte en soi chaque lecteur de Rimbaud.Ce livre, Borer l’a travaillé durant plusieurs années.Il est, en fait, le résultat d’un voyage de vingt ans à la poursuite de Rimbaud.Né en 1949, Borer animait, en 1965, une revue nommée Le Bateau ivre.Puis, à dix-sept ans, il faisait sa première visite à Charleville, lieu de naissance du poète.Aujourd’hui, Borer possède une « rimbaldothèque » de 3,000 livres sur laquelle règne désormais son Rimbaud en Abyssinie.Écrivain, Alain Borer se méfie à la fois des biographes et des universitaires qui, dit-il, ont cherché à écrire des livres « sur » Rimbaud et ont manqué l’essentiel du phénomène.Au-dessus de l’ana- Sulte à la page C-5 CLAUDE LANZMANN ?« J’ai vécu onze ans dans l’extrême urgence » FRANCINE LAURENDEAU ON S’ÉTONNE d’abord quand Claude Lanz-mann nous dit qu’il a voulu faire Shoah (mot hébreu qui signifie « anéantissement ») parce qu’il n’existe pratiquement aucun document visuel sur la « solution finale ».Nous avons pourtant tous dans la tête les images saisissantes de Nuit et brouillard.Le Festival du nouveau cinéma, l’automne dernier, projetait Memory of the Camps, bouleversant film d’archives tourné par l’armée britannique à la libération.« Les gens pensent aux camps de concentration, précise Lanzmann.Dans ces camps, on mourait de malnutrition et de mauvais traitements, bien sûr, mais leur objectif premier n’était pas la mort.Mon film rest pas sur les camps de concentration mais sur les camps d’extermination.À Treblinka, Chelmno, Sobibor ou Belzec, on passait directement du train au camion à gaz ou à la chambre à gaz.Deux heures plus tard, 12,000 juifs n’existaient plus.On brûlait leurs cadavres.Il y avait même des prisonniers chargés de réduire en poudre les os qui avaient résisté au feu.Et on jetait cette poudre à la rivière.Il ne restait finalement aucune trace.» Onze années de persévérance, 350 heures de film dont il tirera les neuf heures et demie de Shoah.On sent chez cet homme une conviction profonde servie par d’inépuisables réserves de détermination et de courage.Rappelons que, né à Paris en 1925, Lanzmann aura lté, pendant la fuerre, un grand résistant.Ami de Simone de eauvoir et de Jean-Paul Sartre, il demeure encore aujourd’hui l’un des directeurs de la revue Les Temps modernes.C’est en 1974 qu’il s’attaquait à Shoah.De longues recherches pour retrouver survivants et témoins.Il a même failli y laisser sa peau.C’est dangereux de filmer à leur insu d’anciens nazis.« Un jour, je me suis fait prendre : ils ont compris que j’enregistrais.Ils m’ont volé tout mon matériel et se sont mis à cinq pour me casser la figure.Cinq grands types jeunes et costauds.Une meute.Je me suis retrouvé à l’hôpital.» On imagine également les difficultés financières d’un projet aussi gigantesque.Le cinéaste a obtenu, en 1979, l’avance sur recettes, un million de francs, très peu par rapport au budget du film.Après 1981, le ministère de la Culture et François Mitterrand se sont plus sérieusement intéressés à l’entreprise et il leur en est reconnaissant.Mais cela n’a pas suffi.C’est un peu comme si Lanzmann avait tourné dix longs métrages.« J’ai terminé le film avec sept millions de francs (environ un million et demi de nos dollars) de dettes personnelles.J’ai eu des moments de désespoir, de découragement absolu.Au fur et à mesure que les années passaient, je m’enfonçais dans la solitude.C’était un travail de cimetière.Mais c’est aussi un film énergique qui m’a demandé un grand amour de la vie.» A-t-il été tenté, dans ces moments de découragement, de tout abandonner ?« Non, jamais.Je suis incroyablement têtu et j’avais trop investi.Je me serais allié avec le diable pour terminer ce film.Mon problème a été de le terminer sans aucun compromis.Je n’ai pas fait le moindre compromis.J’ai toujours manqué d’argent.Le manque d’argent fait peut-être partie intégrante du processus créateur.« Je ne dis pas qu’il faut que les artistes soient pauvres ! Mais, si j’avais eu, au début, tout l’argent que j’ai fini par rassembler, je pense que j’aurais fait un autre film.Je ne savais jamais, d’un mois à l’autre, si je pourrais continuer.J’ai travaillé dans une sorte de fatalisme oriental.J’étais comme un alpiniste explorant une face nord jamais conquise, où il fallait sans cesse inventer la voie, la méthode et son objet en même temps.« Et, à un moment donné, on atteint un point de non-retour.Il n’y a pas le choix : il faut atteindre le sommet ou il faut tomber et périr.Et, plus j’approchais de la fin, plus j’avançais dans les années, plus la tension et l’urgence grandissaient.J’ai vécu onze ans dans l’extrême urgence.C’est la contradiction : un travail d’une terrible pa- Claude Lanzmann, réalisateur de Shoah.tience et d’absolue urgence.J’avais même peur de mourir avant de pouvoir finir.» Le texte intégral du film, paroles et sous-titres, est paru chez Fayard et maintenant en livre de poche.Sans indications de mise en scène, sans images.On pourrait croire l’aventure risquée.« Incrédule, écrit Lanzmann dans sa présentation, je lis et relis ce texte exsangue et nu.Une force étrange le traverse de part en part, il résiste, il vit.de sa vie propre.C’est l’écriture du désastre et c’est pour moi un autre mystère.» Un texte étonnamment pur, qui se lit comme un poème.A tel point que, tout récemment, le cinéaste recevait, à Paris, un coup de fil du directeur du théâtre d’Aubervilliers.« Un très bon théâtre.Le directeur me dit : “Je n’ai pas vu le füm, j’ai lu le texte.C’est un texte de profération.Pour moi, c’est comme Eschyle ou comme Sophocle .” Et il va le monter.» Des signes noirs sur la blancheur du C-2 ¦ Le Devoir, samedi 7 juin 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND iMMÊËiïM théâtre Anne Legault, La Visite des sauvages, ou l’île en forme de tête de vache, VLB éditeur, 143 pages.Une orpheline revient à l’époque de sa conception pour retrouver l'origine perdue.C’est le début d'un suspense complexe qui déborde l'histoire personnelle pour rejoindre tous et chacun.SCIENCE Frank Rose, L'Intelligence artificielle, histoire d’une recherche scientifique, Payot, coll.« Espace des sciences », 252 pages.L'ordinateur pourrait-il apprendre, raisonner, mémoriser, comprendre, faire des associations d'idées et avoir un « sens commun » : bref, faire comme l'homme ?Cela remettrait ni plus ni moins en cause la place de l’être humain dans ce monde futur.Pour faire le point sur ces questions, l’auteur nous introduit dans le monde insolite des laboratoires (surtout californiens) où les chercheurs essaient de créer de l'intelligence artificiellement.Thomas S.Szasz, Douleur et plaisir, Payot, 246 pages.Pour l'auteur du Mythe de la maladie mentale, il n'y a pas d’opposition entre douleur organique et psychique.D'après lui, cette dichotomie est artificielle et révèle une tendance à hiérarchiser les maladies.Dans cet ouvrage, il analyse particulièrement les relations triangulaires entre patients, médecins et psychothérapeutes.HISTOIRE Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin, Jeanne d’Arc, Fayard, 447 pages.Cet ouvrage rassemble tout ce que l'on sait de certain sur Jeanne la Pucelle, « seul nom sous lequel ses contemporains l'aient connue », précisent les auteurs.Le livre est divisé en deux parties : un récit et un appareil documentaire composé d’une biographie et de réponses aux questions et débats les plus courants entourant la vie de la célèbre héroïne.BIOGRAPHIE Geoffrey Skelton, Richard et Cosima Wagner, radioscopie d’un couple, Bu- chet/Chastel, 267 pages.Cette biographie d'un amour fou étudie la période pendant laquelle virent le jour Tristan et Isolde, Les Maîtres chanteurs et la Tétralogie.L’auteur porte une attention spéciale aux articles, essais et lettres de Richard Wagner pour éclairer d'un jour nouveau cette passionnante relation.PHILOSOPHIE , Prismes, critique de la culture et société, Payot, ÛTvOin Theodor W.Adorno, coll.« Critique politique », 249 pages.Dans ce livre, on retrouve tous les thèmes de la pensée d'Adorno : philosophie, théorie de la société, musique et littérature.Il nous parle de ses auteurs favoris : Bach et Schôn-berg, Proust et Valéry, Benjamin et Kafka, tout en critiquant avec verve leur récupération et les modes faussement subversives.Une des meilleures introductions à l'oeuvre de cet important penseur allemand.LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Prix du Gouverneur général — Le Conseil des arts du Canada remettait donc, mardi, pour la première fois à Montréal, les prix du Gouverneur général pour 1985, décernés à Fernand Ouellette (roman), André Roy (poésie), François Ricard (essai) et Maryse Pelletier (théâtre).Fernand Ouellette avait refusé, en 1970, le même prix, qui lui était décerné pour son essai Les Actes retrouves.Pourquoi alors a-t-il accepté, cette fois, le prix du Gouverneur général ?Je lui ai posé la question cette semaine.« La raison est bien simple, me répond Fernand Ouellette.En 1970, c’était la Loi des mesures de guerre.Plusieurs poètes québécois étaient emprisonnés.Mon refus avait un sens moral.En 1986, la situation est changée.Et si j’avais refusé le prix aujourd’hui, j’aurais annulé le sens donné au premier acte.Depuis le référendum, il y a quelque chose de changé.Un acte de refus d’un prix du Gouverneur général ne serait pas pris au sérieux.Il m’était impossible de refaire le même acte dans un autre contexte historique.Je ne pouvais pas refuser le prix en 1986.Avant le référendum, la situation aurait été différente.» Doit-on conclure que les intellectuels et les écrivains québécois, qui ont combattu pour l’indépendance jusqu’en 1980, deviennent pessimistes quant à la souveraineté éventuelle du Québec ?À Radio-Canada — La littérature n’a jamais fait les manchettes du té-léjournal de Radio-Canada.C’est normal ! Mais quand l’attribution des prix du Gouverneur général se fait à Montréal, même si les caméras de Radio-Canada ne se déplacent pas pour des écrivains, Bernard L’ANTHOLOGIE (6) André Roy ANDRÉ ROY A CTO ©INI Né à Montréal en 1944, André Roy est professeur de littérature, critique de cinéma et travaille dans le monde de l’édition depuis vingt ans.Il a publié, depuis 1973, une quinzaine de plaquettes et de livres de poésie, pour la plupart aux Herbes rouges.Son dernier livre, Action writing (ce titre fait allusion à l’« action painting » et à Pollock), réunit des vers et proses écrits de 1973 à 1984 et qui n’ont pu prendre place dans d’autres livres de Roy.Ces pages nous font voir l’itinéraire d’un poète qui passe du formalisme au lyrisme avec intelligence et iro- nie.André Roy a écrit son oeuvre sur les thèmes de la passion et de l’homosexualité.Sa poésie est aussi nourrie par le cinéma et la peinture.En lui donnant, cette semaine, le prix de poésie du Gouverneur général, le président du jury, le critique Pierre Nepveu, a noté que le recueil Action writing « parle de l’acte d’exister comme d’une plongée passionnée dans le monde des sensations » en même temps qu’il dit « le désir de l'illumination, l’angoisse viscérale, le conflit entre la pesanteur et la légèreté».___j.r.La nuit du corps (extrait) « Obscur manifeste de l’oubli, avec cette question du temps qui s’ouvre sur ton ventre, voici les trous de la jouissance.La vérité du cadavre qui s’approche.Tu seras le livre inévitable que je n’ai jamais écrit, et dans le lit la colonne de poussière qui s’enfuit par la ville écrasée de peur.Lourdeur du corps de rêve, tu avais les mêmes sanglots que celui qui, dans le sommeil, demande sa mère, calcinée.Fenêtres mortes, lits aveugles.On aura peur, après, que son corps soit ruines, mais ce qui persiste à ses bords, le désir, le fleuve du désir, bleu foudroyé.» _ André Roy Derbme’lit au moins la nouvelle.en prenant bien soin d’escamoter le prix de poésie à André Roy.D’ailleurs, il faut se rappeler que, lors de l’attribution du prix Molson au poète québécois Gaston Miron, en octobre dernier, la télévision d’Etat n’avait pas cru bon d’inscrire la nouvelle au programme du téléjournal.Tandis que, du côté de Télé-Métropole, les écrivains ne sont pas boycottés aux nouvelles TVA.?Pas de bourse — Le poète et chansonnier madelinot Georges Langford est en furie.Il met en doute les méthodes d’attribution de bourses et la constitution des jurys qui font les recommandations au ministère des Affaires culturelles pour la région 0-1 (Rimouski, Gaspé, îles de la Madeleine).Il demande au directeur régional, Claude Roy, une révision de son dossier et de sa demande de bourse, ayant appris par hasard et dans les médias que sa demande de bourse avait été refusée pour une troisième fois depuis 1983.On sait que Langford vient de publier un important récit poétique chez Leméac et qu’il est un des rares écrivains de la région des îles de la Madeleine.Mais les écrivains de Rimouski semblent être préférés à ceux de Gaspé et des îles, selon les doléances de Langford.Dans une lettre à Claude Roy, à Rimouski, Langford écrit : « Je déplore l’absence des représentants de notre région sur (sic) le jury.Je remarque que les sommes importantes sont surtout distribuées dans votre territoire immédiat et qu’on retrouve des poussières de votre budget aux extrémités de la région, comme à Percé et aux îles de la Madeleine.[.] Existe-t-il une liste des acceptations et une autre des refus ?Faut-il siéger auparavant sur (re-sic) le jury afin de recevoir une bourse plus tard, comme cela se produit régulièrement dans vos programmes depuis quelques années ?Faut-il avoir des collègues sur les jurys ?Si on n’est pas de la région “Ma-tane-Rimouski-les environs”, à combien de kilomètres de vos bureaux pouvons-nous espérer avoir une aide intéressante ?» ?Pétition — Les librairies Demarc ont pris l’initiative d’une pétition en faveur des bibliothèques publiques du Québec.Voici un extrait du texte adressé à Mme Lise Bacon, ministre des Affaires culturelles.« Nous croyons que les coupures budgétaires appliquées aux bibliothèques publiques mettent ces bibliothèques en situation de danger extrême.Nous croyons que le Québec, bastion de la francophonie en Amérique, devrait, au moins pour le Canada, être la province détentrice du meilleur réseau LE DEVOIR CULTUREL est dirigé par Robert Lévesque La condition humaine GUY FERLAND * Alain Gerber, Les Heureux Jours de monsieur Ghichka, Robert Laffont, 193 pages.DANS un monde invraisemblable, dans une ville indéfinie, à une époque incertaine, un homme minable, monsieur Ghichka (un employé aux écritures), se promène sans but.Puis, tout de dédouble.Il rencontre un autre lui-même et va voir, dans un jardin public, un singe qui imite tellement bien les actions humaines qu’on se demande si ce n’est pas un homme qui imite un singe qui imite un homme.Du reste, cela est sans importance puisque tous trois se lient d’amitié et se reconnaissent l’un dans l’autre.Monsieur Ghichka, qui a passé sa vie à la regarder passer, se découvre à travers son autre lui-même.Pourtant, peu à peu, il s’en différencie et vient à prendre des initiatives.Lorsque son compagnon et bienfaiteur meurt, par sa faute, il doit faire face à la musique.La municipalité veut éliminer le singe pour faire des économies.C’est le début d’une longue errance à deux, remplie d’aventures de toutes sortes.À un moment, par exemple, on retrouve Karl, le singe, chirurgien réputé, et monsieur Ghichka, homme-sandwich.À un autre moment, on les retrouve à la campagne en train de divertir des habitants par les imitations incroyables de Karl.Mais toutes ces péripéties ne sont que des prétextes, à Alain Gerber, pour nous faire rire de la malheureuse condition humaine.En cela, il faut le répéter, ce roman fait penser à ceux de Kafka et à l’humour juif.Gerber ne s’éternise pas sur les descriptions des lieux et du temps, mais va directement à l’action.Son univers semble fragmenté, irréel et en mouvement.Et les jeux de miroir (représentation, reproduction et imitation) qui parsèment ce livre se prolongent évidemment à l’extérieur.Le lecteur ne peut que s’identifier à monsieur Ghichka.ou au singe.L’avant-dernier livre du prolifique Alain Gerber (dix livres en onze ans), Une rumeur d’éléphant, nous a fait rire.Celui-ci nous laisse songeur.Et si nous ne reproduisions que des comportements acquis en agissant, comme le singe Karl?.Vient de paraître chez Fayard Chevallier ravanl Henri III Pierre Chevallier Biographie II vécut trente-huit ans et il est mort assassiné.II régna dans un pays divisé et devenu anarchique.Henri III maintient durant quinze ans le principe et le fondement de l’état en France.Peu de souverains ont autant que lui eu le souci de leur royaume.En vente chez votre libraire de bibliothèques publiques au lieu d’être la dernière.Situation due non à l’incompétence du personnel ni au désintéressement des abonnés, mais bien au désintéressement de nos élus.» Les personnes intéressées à signer cette pétition peuvent le faire aux librairies Demarc, dont le siège social est au 1691, rue Fleury est, Montréal, H2C 1T1.?Aux Quinze — Il se publie encore des oeuvres littéraires aux éditions Quinze.On lançait, cette semaine, un roman de Gaétan Lavoie, Le Mensonge de Maillard.M.Lavoie est réalisateur à Radio-Québec de Parler pour parler, entre autres séries.?En Ontario — Les éditions Prise de parole, de Sudbury, viennent de lan- cer un nouveau numéro de la revue Rauque, conçu entièrement par des artistes francophones de Toronto, sous la responsabilité de Pierre-Paul et Martel Karch.?Place aux poètes — Janou Saint-Denis reçoit, mercredi, à la Place aux poètes, France Théoret et ses deux invitées, Bianca Côté et Gys-laine Pesant.Le 18 juin, Janou recevra Jeanne Gagnon et Marcel Rivard.La saison se terminera le 25 juin, à La Chaconne.* * * Langevin — Le vendredi 13 juin, au réseau AM de Radio-Canada, Suzanne Giguère reçoit le poète Gilbert Langevin, qui vient de publier aux Écrits des Forges son recueil Comme un lexique des abîmes.Un «thriller» dans la meilleure veine, conjuguant qualité d’écriture et intrigue à rebondissements qui conduira le lecteur de Halifax et ses brumes à Leningrad, en passant par Washington, Paris.Comparé à Deighton, Graham Greene, Le Carré et Forsyth.VoiciREDFOX.Ce Pr* eo« l0o^éra',CL3ureflt LaP S i: u i L savoirs en crise • Les sciences sociales en crise • Connaissance et action : de nouvelles incertitudes • Savoirs scientifiques et pouvoirs • L’éclatement de modes de connaissance numéro réalisé par Jacques Fisette, Pierre Hamel, Gilbert Renaud, Céline Saint-Pierre et Ricardo Züniga 10$ EN LIBRAIRIE revue internationale d’action communautaire numéro 15/55 Ci EDITIONS SAINT-MARTIN 4073, rue Saint-Hubert, suite 201 Montréal, Québec H2L 4A7 (514) 525-4346 ) 1 Le Devoir, samedi 7 juin 1986 B C-3 LE DEVOIR CULTUREL Parutions ,-le feuilleton récentes en poésie JEAN ROYER IL SE publie une centaine de titres en poésie par année au Québec.Ce qui représente dix pour cent de la production littéraire.On comprendra qu’il est impossible de recenser dans les pages d’un journal tous les recueils parus.Nos prochaines chroniques pour non-liseurs vous proposeront un regard sur les livres récents de Roger Des Roches, André Roy, Pierre Mo-rency, Madeleine Gagnon, Claude Beausoleil et Jean Chapdelaine Gagnon et vous présenteront de « nouvelles voix » en poésie, celles de Fulvio Caccia, France Daigle, Hélène Dorion, Christiane Frenette, Paul Chanel Malenfant et Jean Charle-bois.Signalons aujourd’hui quelques parutions récentes de moindre importance mais d’un certain intérêt.Aux Écrits des Forges, Blues indigo, de Simone-G.Murray, est un livre qui porte les préoccupations générales d’une vie, avec le désir de la beauté et de l’harmonie.Bacilles de tendresse, de Bernard Pozier, nous donne en ouverture du recueil un beau poème lyrique qui se continue en jeux de mots et de langage (calembours, allitérations) qui pressent le sens comme un citron : voilà une poésie trop consciente de son matériau.Au Noroît, l’éditrice Célyne Fortin nous propose sa dernière manière, celle du haïku, dans un livre de belle facture où elle joint une douzaine de dessins à ses textes : Au coeur de l’instant.Ces petits textes nous laissent quelques poèmes, entre l’image frappante et la morale ou l’idéologie féministe, entre le haïku et le blues.Exemple : « Pays de l’enfance/ abrite l’herbe foulée/dur chemin de femme.» Aux mêmes éditions mais à l’opposé de l’esprit minimaliste du haïku, on retrouve les proses proliférantes de Jocelyne Felx sous le titre Nickel-Odéon.Imprégnée de diverses mythologies qu’elle réactualise, Jocelyne Felx médite longuement sur sa condition de femme et de mère.Puis, deux autres recueils semblent venus d’un autre âge.Le Train des limbesr d’Alain Pontaut, chez Le-méac, nous propose une poésie de la LE DEVOIR VOUS OFFRE LA QUALITÉ POUR INSÉRER UNE ANNONCE SOUS LA RUBRIQUE CARRIÈRES ET PROFESSIONS , 842-9645 nature, rimée et symboliste.De son côté — ô surprise ! — Fernande Saint-Martin nous donne, dans la collection « Rétrospectives » de l’Hexagone, un lourd recueil de 300 pages de poésie inédite : La Fiction du réel, poèmes 1953-1975.Exemple : « Le bras coule du sein/ tige calorifique/ os éclaté/ chaume accordé à sa prise/ retour à l’oeil double/ lier au tronc de l’ange/ la face embleu-tée/ trop de plis à naviguer/ dérive du rire .» D’abord théoricienne, Fernande Saint-Martin a fait précéder ses poèmes surréalisants par une préface imposante.N’oublions surtout pas qu’est paru chez VLB éditeur, il y a quelques mois déjà, une édition bilingue de Miss Emily et la mort, le texte du poète québécois anglophone Michael Harris, présenté et traduit par Jacques Marchand.Né d’une fascination pour l’oeuvre d’Emily Dickinson, ce poème doit beaucoup aussi à la lecture d’un autre poème de même inspiration, par Michel Garneau : Cousine des écureuils.Des éditions Fides nous arrivent des recueils à l’enseigne d’une nouvelle collection de poésie consacrée à des poètes allophones.Le poète d’origine roumaine Mircea Andrie-sanu nous donne ses poèmes Sous le signe de Dracula.Dans un style narratif et ironique, voici un regard original sur le monde d’aujourd’hui.Pour sa part, Shulamis Yelin nous donne, dans Au soleil de ma nuit, une poésie de tradition juive, près du conte et de la fable.De Cuba nous arrive Orchidée nègre, d’Anthony Phelps, le poète haïtien qui a longtemps vécu au Québec avant de se retirer au Mexique.Ce livre a mérité au poète le prix Casa de las Americas 1985.De Rimouski, Éditeq publie Le Coeur corsaire, de Michelle Dubois.Une poésie étonnante par moments, qui gagnerait cependant à éviter l’image déjà vue et l’adjectif qui l’alourdit parfois.Enfin, du côté des comptes d’auteur, signalons Un banquet, recueil de poèmes et chansons de Pierre Pe-tel, ainsi que le dernier recueil de Bernard Courteau à ses éditions Émile-Nelligan : Les Fables de Lafontaine (Louis-H.).Ces fables prennent pour titres, entre autres, « Babel et les fonctionnaires », « La grenouille et les recenseurs », « Les renards et les moutons ».Tout cela bien rimé et surtout sur un ton amusé.1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 et vous donnent rendez-vous en septembre.font relâche Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS VIENT DE PARAITRE AUX ÉDITIONS QUÉBEC/AMÉRIQUE Véritable thriller, p* / Henri entraîne le J f lecteur dans un È / suspense mettant en scène des personnages à la fois ordinaires, étranges et familiers.t Un roman qui risque d'étonner même les lecteurs les plus aguerris.Si vous aimez les livres qui vous captivent du début à la fin, en voilà un.193 pages -12,95$ LES ÉDITIONS QUÉBEC/AMÉRIQUE 450, rua Sherbrooke est, 3e étage Montréal, Québec, H2L 1J8, TéL.: 288-2371 En vente chez votre libraire, le professionnel du livre Henri Moreau, un obscur journaliste travaillant pour un hebdomadaire régional, met à jour un complot visant le ministre des Finances canadien.Disposant de peu de moyens, ridiculisé par son patron, il poursuit néanmoins son enquête avec l'appui d'une amie, Cécile Courey.Faute de preuves suffisantes pour dénoncer publiquement le complot, il décide de mettre en garde le ministre menacé.Histoire exemplaire d’un révolutionnaire péruvien LISETTE MORIN * Vargas Llosa, Histoire de Mayta, Paris, Gallimard, 320 pages.DANS L’UNE de ses capsules de sagesse humoristique et quotidienne, Albert Brie écrivait l’autre jour, à la Une de ce journal : « Un journaliste qui entre en politique est à l’image du critique qui se fait romancier.» La définition colle parfaitement à la personnalité de l’auteur Vargas Llosa mais tout autant à la personnalité de son héros, ce Mayta Aven-dano, élevé chez les salésiens, qui gagne chichement sa vie en faisant des remplacements à l’agence France-Presse de Lima, une vie autrement consacrée à la cause de la Révolution.En racontant L’Histoire de Mayta, le romancier péruvien se demande, par le truchement d’un de ses personnages : « Est-ce que cela a un sens d’écrire un roman dans l’état actuel où se trouve le Pérou, alors que tous les Péruviens sont en sursis ?» Mais c’est le narrateur lui-même, celui qui mène l’enquête journalistique sur Mayta, qui constate, avec tristesse : « La violence (est) derrière moi et devant moi la famine.Ici, sur ces marches (il s’agit du musée de l’Inquisition), voilà résumé mon pays.Ici se touchent les deux faces de l’histoire du Pérou.» Il ne faudrait pas déduire des deux citations précédentes que le roman de Vargas Llosa a un caractère didactique.C’est, tout au contraire, un ouvrage palpitant de vie.Parti à la recherche des compagnons de « révolution » de Mayta, dans le but d’écrire son histoire, « le roman » de sa vie, le narrateur-romancier nous entraîne dans les rues des quartiers populaires de Lima, mais également dans la petite ville de Jauja, en montagne, le terrain que son héros, qui atteint la quarantaine, juge propice pour une insurrection révolutionnaire.On est en 1958 et Castro prépare, dans la sierra cubaine, la chute de Batista.L’ombre de Fidel hante, d’ailleurs, la plupart des épisodes de L’Histoire de Mayta.Ceux qui concernent la lutte que mène presque seul Mayta.En s’informant, en recueillant partout où il espère les trouver quelques matériaux qu’il juge indispensables à la rédaction de son roman, celui qui dit « je », celui qui a toutes les chances d’etre Vargas Llosa lui-même, nous entraîne à sa suite, et avec une rare efficacité, à la découverte de son pays malheureux.Romancier d’une suprême habileté, l’auteur n’a cependant garde d’oublier un seul instant qu’il est à la recherche d’un homme et de son « histoire ».Un homme rempli de contradictions, révolutionnaire de type utopiste, homosexuel dans un pays et dans une classe politique qui n’admettent pas les déviants, adolescent autrement religieux que sa famille, en particulier sa tante et marraine Josefa, qui l’a recueilli à la mort de sa mère, croyait destiné à la prêtrise.Voilà Mayta, voilà le rebelle malheureux dont le narrateur s’épuise à tenter de comprendre le sens de la lutte, en rencontrant successivement ses compagnons, les ex-camarades vieillis.En même temps que l’échec personnel de son héros, Vargas Llosa éclaire d’un jour nouveau celui de la libération, qui semble encore si lointaine, du peuple péruvien.Ce , ’teOTA Gene Ugz Ge* 'fi»***?»**" ^ 'dfurri.» - *-*£5 «-‘ÏÏÏ» scènes.’un* Pr0je, rr»ute V vvers * -° » y ,¦ * qu X ¦ Jacques Go’dbout.Progres-.Dim.wche 7.95$ Michel Tremblay THERESE ET PIERRETTE ATEC0IE DES SAINTS-ANGES "TENDRESSE.L amour de Tremblay pour le Plateau Mont Royal fera de son roman un classique » .Alan Brown, The Gazette 7 95$ Jean-Paul Filion Jacques Poulin LES GRANDES MAREES «Voila le roman accompli d'un er.n vain doue qui déviait taire le bon heur de milliers de lecteurs -Sheila Fischman.The Montreal Star 6.95$ „ DIFFUSION PROLOGUE 2975 SartelorV, Ville Saint-Laurent, QC H4R 1E6 Téléphoné (514) 332-5860 et 1 800 361-5751 LE PREMIER CÔTE DU MONDE Le récit bouleversant d'une enfance en milieu rural — un retour aux sources écrit en toute simplicité, et en toute vérité Un grand attache ment aux choses de la vie «Un homme honnête peut-il se vanter d être à l'abri de son enfance V 7.95$ Suzanne Paradis UN AIGLE DANS LA BASSE-COUR «En prêtant son talent et sa généro sité à une cause immense et peut-' être perdue.Suzanne Paradis affirme une fois encore, mais en s'effaçant elle même derrière Ihor reur obiective.sa foi djins la vie et dans l'amour » Reginald Martel.La Presse 7.95$ Claude Jasmin MAMAN PARIS.MAMAN-LA-FRANCE Un livre drôle, amusant Une sorte de guide commode e.t hilarant pour tous ceux qui veulent visiter la mère-patrie et qui veulent y retourner 7 95$ LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, eemedl 7 juin 1986 ¦ C-71 i La nuit porte morale et.réglisse LITTERATURE JEUNESSE DOMINIQUE DEMERS * Robert Munsch et Michael Martchenko, Le Dodo, éditions La Courte Échelle.?Allen Morgan et Michael Martchenko, Le Camion, éditions La Courte Échelle, APRÈS le succès de L'Alphabet de Roger Paré, la Courte Échelle a choisi de ne lancer que deux albums pour les trois à huit ans avant la prochaine rentrée littéraire.D’aucuns gémiront parce que l’édition originale de ces livres nous vient d’Annick Press en Ontario ?Aux auteurs et illustrateurs québécois de faire mieux ! Sur la page couverture de l’album de Robert Munsch, on rassure les parents avec un sage résumé : « L’heure du dodo n’est pas toujours un moment facile.Ni pour les enfants ni pour les adultes.Cette histoire l’illustre parfaitement bien.» Balivernes ! Foutaises ! C’est tout le contraire que dit le livre.Le dçdo, c’est la fête, la foire, la folie.À tout moment, la triste heure fatidique peut se transformer en carnaval.Et si quelqu’un en souffre, ce n’est pas celui qui lutte contre les bras de Morphee.À la manière de tant de contes traditionnels, Le Dodo propose une construction toute simple, la répétition d’une même séquence narrative avec des variantes qui témoignent des proportions gigantesques que finit par prendre un événement anodin.Ainsi, dans la première scène, maman met au lit un petit ange qui se déchaîne sitôt la porte refermée.Le père, puis les 17 frères et soeurs et, enfin, les policiers rendront ensuite visite au petit monstre.Jusqu’à ce que la discorde éclate entre tous ces représentants de l’ordre et que le jeune Simon, fatigué d’attendre le prochain sermon, décide de s’endormir tranquillement.Ici, comme dans les contes de fées, les nains viennent à bout des géants.Avec l’enflure des événements, les représentants de l’ordre grandissent et deviennent de plus en plus menaçants, mais le petit homme réussit à les dominer à sa manière.C’est la morale des contes de fées que la littérature-jeunesse plus récente avait trop longtemps niée.?Le Camion, d’Allen Morgan, fait appel à une structure plus complexe fondée sur une hésitation entre le rêve et la réalité.Mais la morale est la même et la représentation de l’enfance tout aussi élo-uente.Mathieu veut deux choses : es bâtons de réglisse rouge et un petit camion qu’il a perdu.Ses souhaits seront comblés pendant la nuit alors que le conducteur d’une énorme dépanneuse s’arrêtera, comme par magie, sous la fenêtre de sa chambre.Comme Simon, Mathieu a bien mieux à faire que de dormir et c’est une véritable plongée au pays des merveilles que lui propose ce grand géant conducteur de dépanneuse.Avec lui, tout est possible, tout est parfait : les désirs les plus intimes sont exaucés avant meme d’avoir été formulés.Ainsi, lorsque la faim tenaille les deux compagnons, le conducteur fait apparaître une boîte à lunch débordant de .réglisse rouge.Et, lorsque l’aventure d’une nuit tire à sa fin, Simon est témoin d’un événement extraordinaire : en appuyant sur un bouton secret au lave-auto, les camions remorqués par la dépanneuse se métamorphosent en modèles réduits.Simon recevra ainsi, de la main de son ami, la camionnette qu’il avait perdue.Le conte renverse ici l’opposition traditionnelle entre l’adulte et l’enfant.C’est la dimension de l’enfance qui a valeur de réel.Ce ne sont plus les camions jouets qui se métamorphosent en vrais camions mais l’inverse.Et le propriétaire de la dépanneuse avouera à Mathieu que son travail n’est finalement qu’un jeu : il s’amuse à remorquer toutes sortes de véhicules pour ensuite les échanger et les collection- ner.Freud aurait pris plaisir à lire ce conte moderne où se dessine l’image du père idéal, ce grand co- Sain, complice hors pair.Mathieu a eau avoir cinq ans, il n’est jamais dominé par ce géant ami avec lequel il traite d’égal à égal.On nage ici en pleine mer oedipienne alors que le petit Mathieu, de connivence avec la confrérie des remorqueurs, protège l’auto de sa mère en glissant des bâtons de réglisse rouge sous les essuie-glace pour l’identifier.Au terme de l’aventure, l’enfant-héros a pu s’emparer de ses deux objets de quête : réglisse et camionnette.Le rêve déborde ainsi dans la réalité alors que la magie et le merveilleux s’attachent a des éléments du quotidien.Le jeune héros n’a pas a vaincre un dragon mais à accrocher une voiture récalcitrante à la dépanneuse.Les citrouilles ne deviennent pas de beaux carosses dorés sous la baguette magique d’une fée mais les beaux gros camions se transforment en jouets lorsqu’on appuie sur le bouton secret au lave-auto.À ces deux récits merveilleux, d’une grande finesse, s’ajoutent les délicieuses illustrations de Michael Martchenko.Drôles, caricaturales, elles ne se contentent pas d’épouser le texte mais le dépassent, ajoutant une foule de détails pour mieux caractériser les personnages.Elles sont à lire et a relire, à décoder avec intelligence et plaisir.Et pourtant, elles sont toutes simples, avec des contours clairs et beaucoup de mouvement; jouant avec l’hyperbole, elles attachent au texte une joyeuse note d’exubérance.Il y a quelque chose d’euphorisant dans ces images d’un petit garçon invulnérable au pays des géants.Tout est plus grand que nature : la boîte à lunch déborde littéralement de bâtons de réglisse ; au lave-auto, les camions sont inondés de bulles; le vacarme que fait Simon est carrément infernal.Et les enfants aux allures de petits lutins sont, en réalité, des géants astucieusement déguisés.ENTRE LES LIGNES GUY FERLAND ?Max Genève, Le Salon, Barrault, 1986, 270 pages.EN FRANCE, l’écrivain est devenu une vedette de télévision.En effet, les médias prennent toute la place et les campagnes publicitaires font le succès des livres.Et, dans cette grande foire médiatique, le Salon du livre à une place privilégiée.Comme les prix littéraires, il concentre l’attention du public sur la chose littéraire.LIVRES RÉCENT ET ANCIENS Achat et vente la plus grande librairie 2gi Ste Catherine E.LE H-TIT ZODIAO! JF ILLUSTRE ¦Ü - f* *!?LE PETIT ZODIAQUE ILLUSTRÉ 12 beaux livres souriants et colorés 28 pages 5,95$ ch.méditions hurtubise hmh Itée 7360 boulevard -Newman .Ville de LaSalle (Québec) H0N 1X2 Téléphoné (514) 364-0323 À travers tout cela, c’est le véritable écrivain qui perd la face.Le livre n’est plus une fin en soi, mais un moyen de promotion d’un personnage public.Car les éditeurs veulent vendre à tout prix, quels qu’en soient les moyens.Dans les milieux littéraires, cela se traduit par une guerre sans merci entre revues concurrentes.Les auteurs-collaborateurs se surveillent les uns les autres et s’égratignent avec élégance.Les pots-de-vin abondent, de même que les coups en bas de la ceinture.Cette face cachée du domaine de l’édition, Max Genève nous la dévoile avec humour et ironie à travers son polar abracadabrant, Le Salon.Il nous offre, par la même occasion, des portraits désopilants des vedet tes du livre (on reconnaît sans peine Sollers, B.H.L., B.P.D., et plusieurs autres).Et on reste estomaqué devant ses talents de pasticheur, de ca- ricaturiste et d’architecte.Car il faut avoir l’esprit d’un architecte pour maintenir en place tous les éléments disparates contenus dans ce livre et réussir à créer un suspense.L’histoire ?Un étudiant, Olivier, tente de percer le mystère de la mort du grand poète Georg Rhein, qui s’est apparemment suicidé dans le Rhin.Cela le conduit à rencontrer plusieurs personnages caractéristiques du merveilleux monde des lettres.Par exemple, l’écrivain solitaire, le critique hargneux et jaloux des véritables écrivains, l’éditeur original, son directeur de thèse qui lui clame sans arrêt « le texte avant toute chose, n’oubliez pas le texte », etc.Mais, au centre de son enquête, c’est la littérature d’aujourd’hui qui est remise en question.Et ce roman captivant, rempli de réflexions, est la meilleure réponse que pouvait faire Max Genève à la littérature commerciale.Vient de paraître chez Fayard HISTOIRE DE LA POLOGNE Norman Davies Histoire de la Pologne Norman Davies L'auteur tisse les lignes de force d’un peuple et d’une nation qui ont toujours su retrouver, contre des régimes mensongers, la mémoire longue de leur existence.L'héritage de la Pologne est l'une des plus anciennes cultures de l'Europe.En vente chez votre libraire Robert Charbonneau parmi nous CLÉMENT TRUDEL ES ÉCRITS du Canada français (n° 57) portent sur « Robert Charbonneau parmi nous».Dossier qui trace un portrait de cet homme timide et distant, de son oeuvre de romancier (Ilsposséderont la terre, Fontille, etc.) et de ses talents de polémiste.S’y ajoutent : un inédit, « Précieuse Élisabeth », joué sur les ondes de Radio-Canada dans les années 40, et une correspondance entre Charbonneau, Robert Élie, Jean Le Moyne, Paul Beaulieu et d’autres., Ex-ambassadeur à Paris et à Rio, notamment, M.Beaulieu est président des Écrits.Il signe une « esquisse de portrait » de Robert Charbonneau, dont il fut le condisciple au collège Sainte-Marie; en 1934, les deux amis avaient fondé La Relève que l’on peut inscrire dans la mouvance de Mounier.Le dossier des Écrits.reprend une cinquantaine de pages de Jean-Charles Falardeau sur ce « romancier sur modèle » que fut Charbonneau, et offre une pénétrante analyse de Jacques Allard sur Fontille et l’amour.11 faut se rappeler que Robert Charbonneau (1911-1967) mena campagne, presque seul, dans l’immédiat après-guerre, pour que soit reconnue, en France, une littérature ca-nadienne-française autonome.Ceux qui croisèrent le fer avec lui avaient tous un nom prestigieux dans les lettres françaises : Jean Cassou, François Mauriac, Georges Duhamel, Étienne Gilson, les frères Tharaud, Billy, Aragon, etc.Gilson comptait parmi les plus amènes de ses contradicteurs.Mauriac et Aragon se firent cinglants.Le tout fut amplement rapporté dans La France et nous — journal d'une querelle, que publiè- rent les éditions de l’Arbre, fondées en 1940 par Claude Hurtubise et Robert Charbonneau.La thèse française passait, à Paris, par des tribunes telles Le Monde, Le Figaro et Les Lettres françaises.Par moments, on n’y faisait pas de quartier face aux « cousins » ingrats qui, selon certains, n’étaient murs que pour la sous-littérature d’un Delhy.Le contentieux tournait autour de l’indignation des écrivains « résistants » comme Jean Cassou, outrés ue Charbonneau se permette ’éditer ici des auteurs considérés comme traîtres à la France : Maur-ras, Massis, Bainville, Léon Daudet et d’autres.Charbonneau avait compati aux malheurs de la France occupée mais il disait ne pas mélanger politique et littérature.À la limite, selon Charbonneau, on pouvait stigmatiser un auteur pour ses idées, sans aller jusqu'à lui bloquer l’accès aux maisons d'édition s’il s'agissait d’un écrivain talentueux.La France se trouvait alors en pleine épuration.Ce n’est que plus tard qu’apparurent les « dintinguos » sur les Drieu La Rochelle et consorts.Robert Charbonneau admettra plus tard avoir sciemment gonflé la voix pour mieux être entendu.Les pages que Gilles Marcotte consacre dans ce numéro à « La France et nous » sont éclairantes.Elles nous rappellent la rivalité inéluctable entre éditeurs de France et éditeurs « canadiens », rivalité que certains cherchaient à masquer derrière des considérations plus sentimentales que réalistes; on parlait de l’arbre français et du rameau « canadien ».Tous ne réclamaient pas, heureusement, des glossaires pour comprendre les auteurs francophones d’ici.C’est tout de même l’époque où le jury du prix Fémina récompense Bonheur d’occasion, de Gabrielle Roy, et où Paul Beaulieu, depuis son ambassade parisienne, se retrouve à la fois dans la ligne de tir de son ami Charbonneau et dans celle des sora: mités des lettres françaises.Le Quebec accueille alors de très nombreux conférenciers français dont plusieurs mènent campagne contre les articles de Charbonneau, porte-parole d'une émancipation difficile.Gilson écrit, en juillet 1947, une lettre personnelle a Charbonneau : il le rie de ne pas prêter de « mauvais esseins » à Georges Duhamel et aux frères Tharaud, mais il ajoute que ce que Mauriac dit « des ignobles insultes dont la France est couverte dans la presse du Québec est vrai».La controverse n’aura pas été inutile mais que de coups bas et de hargne entre-temps ! Le vainqueur amer de cet engagement fut Charbonneau.25 ans plus tard, n’oublions pas, sortait un autre dossier : La Bataille du livre (éditions Leméac / LE D EVOIR ) où des éditeurs d’ici étalaient leur manque d’oxygène face à un géant français comme Hachette .L’écrivain Robert Charbonneau a-t-il de l’intérêt pour le lecteur des années 80 ?Le présent dossier place l'auteur dans l’axe de Bourget-Proust-Mauriac, pour ses personnages tourmentés, obsédés, angoissés.Charbonneau a souvent décrit des hommes nostalgiques de l'adolescence, plutôt novices en psychologie féminine.Il m’apparaît que le moins jauni de ses romans ( Les Désirs et les jours) donne une bonne idée d'un « bilan décevant de l’âge mûr », du profil d'homme de pouvoir ue le Québec était apte à produire ans la première moitié de ce siècle.VIENT DE PARAÎTRE Par l'auteur de LA PETITE FILLE AU TAMBOUR UN PUR ESPION roman JOHN LE CARRÉ 536 pages / 19,95 $ La plus extraordinaire traque de Thistobre de la littérature d’espionnage! «UN PUR ESPION surpasse tous les best-seilers de John Le Carré.L'intensité des sentiments exprimés, le génie de la langue, l’humour et le mordant enchaînent littéralement le lecteur au destin de l’insondable Magnus Pym.» PUBLISHERS WEEKLY 1 LE «CHOIX DU LIBRAIRE POUR LE MOIS DE JUIN.LE PACTE HOLCROFT ROBERT LUDLUM 454 pages / 16,95 $ «Ludlum a l’art de nouer les intrigues les plus subtiles et d’inventer des scènes qui laissent le lecteur pantelant».TIME En vente chez votre libraire ROBERT LAFFONT HUMOUR (*** ACTION < miVJf Vf I VWT > WtOffc 1 N Njfï.RI \\s s\ i Yfir* Eh /MM l.iCLttKlLFJ.COMMENT FAIRE L’AMOUR AVEC UN NÈGRE SANS SE FATIGUER de Dany Laferrière - James Baldwin et Chester Himes sont Invités è patronner ce portrait agile et adde d'un Montréal qui aurait la misère de Harlem, avec des Blanches en plus .Heureusement, l’écriture Jubile, et la verve de Vlan n’est pas loins.“Un livre osé, sans bloquages ni complexes, oui.Sans doge de la séduction, fait avec humour, qui suscite, chez le un rire de qualité." Nouvelles littéraires.» que ce plaidoyer est aussi un le contraire d’un rire gras: Jeune Afrique.156 pages — 12,95$ VLB ÉDITEUR, la petite VACANCES PAS BÊTES! PROGRAMMEURS A GAGES de Jacques Bissonnette Un véritable thriller écrit par un spécialiste de la sécurité informatique, et qui nous entraîne de Los Angeles à Montréal, Toronto et Détroit.282 pages — 14,95$ maison de la grande littérature PROGRAMMEURS A GAGES ut» tlirilfer de -iacqiips BissonripHe iC-8 ¦ Le Devoir, samedi 7 juin 1986 LE DEVOIR CULTUREL Dutoit et la rayonnante DISQUES CAROL BERGERON Arthur Honegger (1892-1955): Symphonie n° 1, Pastorale d'été, Pacific 231, Rugby et Mouvement symphonique n° 3; le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, dir.Charles Dutoit.Erato NUM 75254, texte de présentation en français.Symphonie n° 2 pour cordes avec trompette et Symphonie n° 4 « deliciae basilienses »; le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, dir.Charles Dutoit.Erato NUM 75259.Symphonie n" 3 « liturgique » et Symphonie n° 5 « di tre re »; le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, dir.Charles Dutoit.Erato NUM 75117.«Le A MUSIQUE doit changer e caractère, devenir oite, simple, de grande allure : le Peuple se fiche de la technique et du fignolage ! » Faite en 1927 (à une époque où certains musiciens sentaient le besoin de se démarquer des assauts du sérialisme schonber-guien), cette proclamation d’un Honegger de 35 ans s’explique encore mieux quand on sait que, pour lui, la musique était essentiellement une « magie » dont la fin ultime devait « rayonner ».Il fallait donc qu’elle fût comprise sans quoi elle perdait son sens et sa raison d’être.Compositeur suisse, Arthur Honegger naquit au Havre (en France) en 1892 de parents de vieille souche zurichoise, vécut surtout à Paris et y mourut d’une maladie cardiaque qui assombrit les huit dernières années de son existence.Ses origines suisses alémaniques jouèrent, cependant, un rôle déterminant dans le développement de sa personnalité artistique.Ainsi, son écriture musicale est une synthèse heureuse des influences germaniques (Bach, Wagner, Richard Strauss et Max Reger) et françaises (Fauré, Debussy).D’ailleurs, Honegger avouait que « Debussy et Faure ont fait très utilement contrepoids, dans mon esthétique et ma sensibilité, aux classiques et à Wagner ».Homme de son temps, Honegger le fut à travers ses amitiés : celles de musiciens comme Darius Milhaud, Érik Satie, Francis Poulenc, celles de poètes comme Apolinaire, Biaise Cendrars, Jean Cocteau.Il suivit l’évolution d’un Stravinsky, voire d’un Schônberg, sans aller jusqu’à rompre « le lien du développe- « magie » d’Arthur Honegger tains titres l’indiquent, il y a les préoccupations d’un artiste dont l’oeuvre est médiatrice.La Pastorale d’été suggère avec une fraîcheur délicieuse le bord de la mer ; triptyque sportif, si l’on peut dire, Pacific 231 évoque la griserie de la vitesse.Rugby, les bondissements de l’effort humain (ceci en s’inspirant d’un sport qu’il connaissait bien pour le pratiquer) et Mouvement sympho-3, la Charles Dutoit.ment de la tradition musicale » : il a ainsi refusé la rupture totale avec le langage tonal.Membre du célèbre groupe des « six » (Milhaud, Auric, Tailleferre, Durey, Poulenc, Cocteau, le septième), Honegger ne souscrivit pas pour autant au nouvel évangile inventé par Cocteau.« Je n’ai pas le culte de la foire et du music-hall, précisait-il, mais au contraire celui de la musique de chambre et de la musique symphonique dans ce qu’elle a de plus grave et de plus austère.» Honegger a laissé une oeuvre imposante dont la majeure partie est consacrée à la voix (oratorios, opéras, opérettes, etc.), a la musique de scène, à la musique de film et à la danse.Plus modeste, la partie purement symphonique ne comprend que cinq symphonies et 16 autres partitions pour orchestre.Les trois disques Erato qu’ont signés Charles Dutoit et l’Orchestre symphonique de la radio bavaroise (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks) en regroupent neuf qui nous brossent un tableau représentatif de l’évolution du compositeur.La Pastorale d’été fut écrite en 1920 et n’est que la deuxième page symphonique de son auteur, tandis que la Cinquième symphonie (1950) en est presque la dernière.Compositeur humaniste, Honegger fut un témoin semsible et attentif de la première moitié du 20e siècle.Derrière les notes et comme cer- mque n“ 3, la course aérienne d’un skieur, comme le suggère José Bruyr (la pièce fut écrite en partie dans une station valaisane climatique et de sports d’hiver) ; de la Quatrième symphonie, Honegger disait qu’« elle se réclame plus volontiers de la filiation de Haydn et de Mozart, dans son esprit et dans sa forme ».Jean Roy ajoute qu’« elle se veut un hommage à une certaine qualité de bonheur » trouvé en Suisse au lendemain de la dernière guerre.À la tête d’un excellent orchestre aux sonorités rondes et chaudes, Charles Dutoit donne de ces oeuvres une lecture soignée et fort convaincante.Le contrepoint honeggérien s’entend toujours clairement (la Pastorale), les coloris de l’orchestre se font soigneusement et la charpente rythmique s’agence à la perfection (notamment dans le troisième mouvement de la Quatrième symphonie).De plus, Dutoit s’applique partout avec bonheur à faire chanter le dessin mélodique.Par ailleurs, il sait habilement souligner des effets qui portent comme le crescendo de Pacific 231.Dans les quatre autres pièces, les Symphonies nos 1,2,3 et 5, s’exprime un homme beaucoup plus tourmenté, plus inquiet, plus pessimiste : c’est le Honegger des oeuvres « graves et austères ».Ici, il aurait fallu à Dutoit le temps de pousser son orchestre au-delà d’une certaine perfection plastique.(Il est bon de savoir que ces oeuvres ne sont pas au répertoire habituel des grandes formations symphoniques comme le sont les symphonies de Beethoven ou de Brahms.) Pour faire plus que ne font les musiciens bavarois et leur chef suisse, il aurait été sans doute nécessaire de leur accorder quelques heures de plus afin d’approfondir la substance expressive d’oeuvres aussi lourdement chargées d’émotion.À noter que la galvano et le pressage des disques NUM 75254 et 75259 auraient facilement pu être de meilleure qualité, d’une qualité semblable à ceux du troisième 30-centimè-tres (NUM 75117), par exemple.Présente CIRQUE DU AU VIEUX-PORT SOLEIL MONTREAL IBi.leil 3 conql"i^a?e Soleil 0uebl , Ht/niour.renouvele Le Cirque c Lundi 23 |uin .14:00 et 20:00 15 juin 19:30: Soiree Coop des Policiers Mardi 24 |uin : 14:00 et 19:30 de la C.U.M.14:00 et 20:00 Mardi 1 juillet : 12:00 et 16:00 17 juin 19:30: Soiree Banque Royale 14:00 et 19:30 - 26 juin 19:30: Soiree Ville St-Laurent Information et réservation: 845-1 103 Billets en vente aux comptoirs TICKETRON et au GRAND CHAPITEAU.TELETRON: 288-2525 12:30 et 19:30 *.Mardi au jeudi Vendredi * Samedi » Dimanche en collaboration avec MERCI Le Vieux-Port de Montréal LA mCVISIOH DC MONTREAL RADIO-MUSIQUE ?RADIO-CULTURE ?RADIO-CANADA 24 HEURES SUR 24 AU RÉSEAU FM STÉRÉO DE RADIO-CANADA 12h00 Lm Jaune* Artiste* De Québec Jean-Marc Leclerc et Jean-Luc Plourde, vis.; Gérald Daigle, alto; Russell Gagnon, vC.: Quatuor, op.8 no 5 (Boccherini) et Quatuor no 2, op.92 (Prokofiev).- Suzanne ViUeneuve, vc., et Claire Gagné, p.: Toccata en si min.(Frescobaldi); «Kol Nidrei» (Bruch); • Variations sur un thème slovaque» (Martinu).13h00 Des musiques an mémoire «Regard sur Bail».Anim.Elizabeth Gagnon.14h00 L'Opéra du samedi •Cosi Fan Tutte» (Mozart): Margaret Marshall, Anne Murray, James Morris, Francisco Araiza, Sesto Bruscantini, Choeur de l’Opéra de Vienne et orch.philh.de Vienne, dir.Riccardo Muti.Anim.Jean Deschamps.18h00 Concert Intima Quatuor Orlando: Quatuor à cordes (Debussy).18h30 Musique de tabla Oeuvres de Challan, Mendelssohn, Schubert, Fauré, Paganini et R.Strauss.Anim.Jean-Paul Nolet.20h00 Orchestras américains Orch.symph.de Chicago, dir.Klaus Tennstedt, Samuel Magad.vl.: Concerto.op.99 (Chostakovitch); Symphonie not (Mahler).22h00 Jazz sur la vit Bemie Senensky.23h00 Musique de chambra Sonatine pour violon et piano, D.385 (Schubert).23H30 La Voyage Intérieur ¦ Zen Waterfall» (Eliot Joshu/Paul Lloyd Warner).Anim.Yvon Leblanc.Dimanche S juin l !>Xli Oh 00 Musiques de nuit Anim.Monique Leblanc 5hSS Méditation «Amour humain et amour absolu» (Christian Chabanis).8h00 La Grande Fugua Ire h.: Oeuvres de Satie, Stanford et Paganini.• 2e h.: Oeuvres de Krebs, Rossini et Brahms.• Je h.: Oeuvres de Mozart, Boccherini et Martinu.Anim.Gilles Dupuis.9h00 Musique sacrée Extr.Messe du couronnement» (Liszt); extr Messe grecque orthodoxe (anon); »Panis angelicus» (Franck).Anim.Gilles Dupuis.10h00 Récital Berta Grinhauz, planiste.10h30 Las Goûts réunis Festival international de Radio France et de Montpellier 1985.René Jacobs haute-contre, et Konrad Junghànel luth: «Qui l'auretta» (Steffani); «Ron deau de Montfermeil» (Visée); «O Ster naugelein» (Schein); «Elle mi CR Al IM CROI- IM I02.5 ( HF-IM 100,7 CBV IM R5A C.IBR I M"iii n «n ( Hl.iu.i Hull Mimlic.il Le Devoir, samedi 7 juin 1986 B C-9 LE DEVOIR CULTUREL RAF VALLONE Un penseur au théâtre Photo PC Raf Vallone à son arrivée à la Quinzaine internationale du théâtre de Québec, lundi.PAUL LEFEBVRE RAF VALLONE a cette aura des grands acteurs de théâtre.Ce qui fait une double surprise : celle de trouver vieilli l’ouvrier de RizamerouTEddieCarbonede Vu du pont et celle de se trouver devant un homme qui dégage une énergie si dense.Invité comme jury à la Quinzaine, il a décliné l’offre.« Mais, comme je sentais que c’étaient des gens dont l’amour du théâtre était véritable, j’ai voulu venir montrer ce en quoi je croyais, j’ai voulu venir poser un acte.» C’est ainsi qu’il vient jouer Luci di Boheme, de l’auteur espagnol Ramon de Valle-Inclan, pièce avec laquelle il a parcouru l’Italie pendant deux ans avec la Cooperativa Teatro di Sardegna.Il avoue aussi être venu à Québec pour approfondir « toutes ces choses entendues superficiellement sur votre pays.Me promenant dans les rues de Québec, dit-il, j’ai été touché par l’architecture : chaque maison est un cri de nostalgie envers la France ».D’abord avocat, pour suivre les voeux de son père, il laisse vite la pratique du droit pour l’étude de la philosophie et le journalisme, attirant pour des collaborations au quotidien L’Unita, où il travaille, des artistes comme Paul Éluard et Alberto Moravia.Ayant écrit un reportage sur les dures conditions de vie dans les rizières italiennes, Vallone fut contacté en 1948 par le cinéaste Giuseppe de Santis gui voulait faire un film sur le sujet.Evénement imprévu : le jour- naliste fut engagé comme acteur et devint célèbre grâce à ce film-phare du néo réalisme italien qu’est Riz amer.Si c'est le cinéma qui l’a fait connaître, Raf Vallone, depuis 30 ans, est surtout un homme de théâtre.Car, après avoir assisté à la production londonienne de Vu du pont, d’Arthur Miller, il a décidé de le jouer à Paris en 1957, avec le succès que l’on sait, devenant l’interprète préféré de Miller.« Finalement, je préfère le théâtre au cinéma.Au cinéma, l’acteur est objet; au théâtre, il est sujet.Et, surtout, au théâtre, l’acteur est libre; c’est lui qui détermine cette chose essentielle, cette chose mystérieuse et extraordinaire qu’est le rythme.« Autrefois, dit-il, la parole régnait.On y croyait.Mais la vie de notre siècle a peu à peu détruit le grand château de la parole.Je crois encore à la parole de la poésie.Je ne crois pas à cette parole relative que nous utilisons dans la vie.Les idéologies, les politiciens l’ont amoindrie.Il est difficile de changer ne serait-ce qu’un adjectif dans Rimbaud, Dante ou Shakespeare.La poésie est une parole absolue.C’est pourquoi le théâtre poétique a une valeur absolue, et c’est pourquoi j’y crois.» D’ailleurs, Raf Vallone, ne serait-ce que par toutes ces images qu’il emploie pour s’exprimer, est un homme qui entretient une relation privilégiée avec la poésie.Il a, d’ailleurs, monté un récital, L’Amour dans le temps, qu’il présente en ce moment.Qu’il donnera justement pour la communauté italienne de Montréal, les 10 et 11 juin, à l’école Laurier-M acdonald.« Pourtant, poursuit-il, il y a une absence d’un vrai théâtre contemporain.C’est bien là la preuve de la crise des idéologies que nous vivons.Les plus grands auteurs de notre siècle demeurent toujours Pirandello et Brecht.Car manquent aujourd’hui des auteurs capables de parler de la globalité du monde.Il manque une grande individualité créatrice qui soit capable de faire une synthèse universelle.Nous sommes un peu dans l’attente d’une parole nouvelle.Le plus grand théâtre a été celui des Grecs.C’est la grande peur métaphysique qui a fait la grandeur de ce théâtre.Cette grande peur a aujourd’hui disparu.Et la scène s’en ressent.« Aujourd’hui, au théâtre, la parole est confinée à un rôle secondaire : il faut bien l’accepter.Les jeunes metteurs en scène n’ont plus confiance en la parole et se tournent vers le gestuel.Je ne sais pas si c’est bien ou mal; je suis indécis.» Depuis hier soir, au Palais Montcalm, et jusqu’à demain, on peut le voir dans Luci di Boheme, de Valle-Inclan, ce poète et dramaturge espagnol du début du siècle, peu connu dans la francophonie sinon pour sa pièce Divina Palabrés (Divines Pa roles), la seule de cet aristocrate à la barbe de prophète qui ait été publiée dans notre langue.« Luci di Boheme, c’est le iournal de la dernière nuit d’un poète aveugle que la poésie n’est pas arrivée à satisfaire.La pièce évoque Goya et ses monstres : plus la blessure est profonde, plus le masque est fort.Cette pièce est une expression puissante de la crise des valeurs européennes.En 1922, quand Valle-Inclan l’a écrite, l’Espagne était un lieu confiné derrière ses frontières.Cela n’a pourtant pas empêché l’auteur de remettre en question la langue théâtrale, les structures du récit, opérant en théâtre une révolution analogue à celle de l’École de Vienne en musique.Mais ce qui me bouleverse profondément, c’est la puissance du cri de révolte qu’est Luci di Boheme.« Le théâtre, conclut-il, a besoin de l’aide de l’État, car il est nécessaire à l’homme.C’est l’unique thérapie contre la massification du goût.Au théâtre, le public est un sujet pensant, pouvant influer sur ce qui se passe sur scène, ce qui est interdit avec le cinéma et la télévision.Contre l’automatisation qui menace d’engloutir la pensée humaine, il y a cette île qui doit être défendue à tout prix.Cette île, c’est le théâtre.» ACHETEZ Le coup de Maria Chapdelaine bis ?Ah non, pas ça, monsieur Clavel ! COURRIER DE MES exils successifs où je me rapproche de mon Québec en y revenant à petits pas par la porte du Pacifique, je m’étonne qu’il soit possible de retomber dans la même bêtise 72 ans après.Mais pourquoi pas ?À Paris, j’ai, à quelques reprises, entendu parler d’un Bernard Clavël qui « racontait » le Nord québécois à travers une merveilleuse saga.(Je me méfie toujours maintenant des pays « racon- LK WANTS MJUUNÉS ON Bl RETROUVE DANS VOUE QUARTER! ET CHEZ VOUS, Québec ss tés » sous forme de saga : la saga, ça sent l’opération financière.) Étudiante — mère de famille — en mal d’un Xe diplôme (ça console toujours pendant l’exil), je me replongeais dans notre passé littéraire avec le recul que donnent le temps et, surtout, la distance d’exil et je découvrais l’immense imposture socio-politique que nous avaient imposée les Éminences — bleues — et — rouges à l'époque de la parution de Maria Chapdelaine.Après avoir eu le train dans le dos, Louis Hémon aurait le peuple passif sur le dos ! Louis Hémon a été utilisé et violé comme une vieille p .et ceux qui se sont voués à la restitution de l’intégralité de son roman Maria Chapdelaine et de son langage littéraire ( Legendre, Deschamps) sont tombes souvent sous la hargne des amateurs de vieilles p.Maria Chapdelaine n’a été qu’un objet dans ce que cela peut avoir de plus abject — objet/outil d’aliénation culturelle pour le peuple canadien-français; objet/outil d’aliénation dont l’origine était une fantastique opération financière, menée de mains de maîtres par des éditeurs français intéressés, pour ne pas dire ¦¦ Quinzaine Internationale Edition Une des plus grandes manifestations théâtrales à travers le monde L’événement de théâtre à Québec EN TOUT 27 productions 18 GRANDES PREMIÈRES LUCI ITALIE, CAGLIARI DI BOHEME de VALLE-INCLAN COMPAGNIE: COOPERATIVA TEATRO DI SARDEGNA METTEUR EN SCÈNE: MINA MEZZADRI Palais Montcalm 6 juin/21h30 7-8 juin/19h00 PREMIÈRE NORD-AMÉRICAINE Odyssée textuelle et visuelle d’un poète aveugle qui entreprend un pèlerinage métaphorique vers la mort.Mélange d’hallucinations politiques, philosophiques et littéraires qui rappelle Homère.Une interprétation de Raf Vallone.Une mise en scène où l’imaginaire est à son meilleur dans un décor fantaisiste qui crée la perfection du rythme.Un véritable CRESCENDO ÉMOTIONNEL! Valle-Inclan est redécouvert par cette merveilleuse compagnie italienne.UNE INTERPRÉTATION MÉMORABLE mettant en vedette RAF VALLONE EN COLLABORATION AVEC LE DEVOIR du MAURIER RÉSERVATIONS avec cartes de crédit 1-800-463-1572 POUR INFORMATIONS 418-694-0206 Quinzaine Internationale du Théâtre 995.PLACE D'YOUVILLE, QUÉBEC L Événement de théâtre en Amérique véreux, soutenus par une famille Hémon politiquement et catholiquement très engagée, donc rentable ! Le France-Soir du 18 février 1986, que mon mari s’obstine à lire quand même, sur notre tas de sable désertique, présente sa rubrique « Livres » avec ce titre : « Bernard Clavel a fait découvrir aux Canadiens “leur” Canada.Sous ce titre colonialiste par excellence, une photographie de M.Clavel (d’âge canonique) accompagné de sa « jeune femme » (on apprendra plus loin que c’est la romancière québécoise Josette Pratte .Ont-ils le même éditeur ?).Voilà le portrait parfait de notre passé de colonisé : le grand découvreur français qui nous révèle à nous-mêmes ! et qui, en plus, daigne épouser une squaw québécoise qu’il élèvera au rang de civilisée et qu’il emmènera vivre loin de son pays barbare, dans une île irlandaise ou anglaise ou .Qu’importe ! Ah ! l’amour ! Je n’ai aucune idée de l’accueil qu’a pu faire la critique québécoise à cette saga, car, dans le désert, si mon mari a France-Soir, moi je n’ai pas mon DEVOIR.J’ai mes rages littéraires, je n’ai qu’une chose à dire à mes compatriotes québécois et canadiens : écoutez-vous avant d’écouter les autres et, s’il faut parfois lire les « récits de voyages » écrits par les explorateurs étrangers qui vivent dans des îles, il faut bien se dire, et leur dire, qu’ils seront toujours touristes, même s’ils enlèvent les squaws de chez nous.Notre grand tort, dans le passé, a été de vivre la notion et le pays par explorateurs — exploiteurs — interposes ! On a toujours « tapé » sur les touristes anglais — je me plais, cepen dant, à ne pas oublier (en ce moment sablonneux de ma vie) que les premiers arracheurs de «plumes» étaient des Français et que ces présumés cousins n’en finissent jamais de nous découvrir et de nous inviter à des « sommets » sur la « francophonie » alors que la langue parlée en France a atteint des « sommets » de pollution par le franglais et par le vocabulaire dit « branché-câblé »! Non mais c’est formidable, la prétention de ces gens qui trouvent notre accent « charmant » et qui, par la porte arrière, se présentent encore comme les nouveaux découvreurs du pays Québec ou du pays Canada (l’appellation étant fonction de la rentabilité, si je ne m’abuse.).Louis Hémon .pauvre Louis qu’on imagine mal, sifflant dans le vent de Cha-pleau alors que le Western Express s’apprête à l’aplatir.Quant à M.Bernard Clavel, lui, en tout cas, sait de quel côté souffle le vent — et du haut et du loin de mon tas de sable.J’espère que les derniers porteurs de plumes deviendront tout à fait « imperméables » à cette belle saga.Le colonialisme politico-littéraire, ça fera ! Clavel ne va tout de même pas tenter la « passe-à-Maria » ?¦ «Je me souviens».— CLAIRE BRUNELLE exilée au désert.mm UN NOUVEAU ROLE.?COSINUS Fairview Rockland 694.9053 341.3270 ü 10 ¦ Le Devoir, samedi 7 juin 1986 E DEVOIR CULTUREL i La musique africaine : accueil, intégration, fusion PAUL CAUCHON LE PROBLÈME du Blanc (entre autres ! ), c’est l’étiquette.L’esprit d’organisation occidental veut tout classer.Chaque chose à sa place, bien encadrée dans sa petite case.Lorsqu’il est question de musique africaine, la valse des étiquettes devient effrénée : il faut bien essayer de définir les sons pour se comprendre un peu, mais la musique africaine en est une de fusion, d’accueil, d’intégration, une musique qui brasse (dans tous les sens du mot), qui fait sauter les étiquettes et dont révolution actuelle est passionnante.Il existe quelques discothèques spécialisées, à Montréal, qui ravissent les amateurs (Keur Samba, Baobab, Balattou, etc.).Certains disquaires commencent à importer timidement les meilleurs produits.Et Montréal a vu, depuis trois ans, quelques grands spectacles : Touré Kunda, Tabu Ley Rochereau, King Sunny Adé, les Malopoets, Youssou N’Dour qui attirait, il y a trois semaines, 1,000 personnes en délire au Club Soda (pour la majorité des Blancs, d’ailleurs).Encore cette semaine, le Club Soda accueille un autre vedette, le Nigérian Sonny Okosun et son groupe Ozzidi.Et la Sud-Africaine Lorainne Klaasen lançait, jeudi soir au même endroit, un spectacle qui la mènera à travers le Québec et aux États-Unis durant l’été.On sait que la musique africaine actuelle puise allègrement dans les traditions profondes du continent hoir.Mais c’est aussi une musique hioderne en pleine évolution qui, jjour les Africains eux-mêmes, traduit une quête d’identité.Tous les créateurs africains im- nt actuellement dans riches et souvent portants puisent a les traditions très très complexes des différentes ethnies et tribus qui composent l’Afrique.Cela ne date pas d’hier : dès les pnnées 20, on parlait de musique juju lia musique de King Sunny Adé et ju’Obey ), une musique très dansante, jaux percussions polyrythmiques, qui j^est approprié par la suite synthétiseurs et guitare hawaïenne.Et, tout au long du siècle, les échanges ont été nombreux, particulièrement avec l’Amérique du Sud et les Antilles (les congas latins sont des transpositions de tambours africains, par exemple).Mais c’est surtout à partir des années 60 que l’Afrique a vécu une véritable explosion.Avant cette date, la musique restait très « ethnique », sinon étrangère.Au Sénégal, par exemple, on écoutait beaucoup de musique cubaine.Ce fut donc une sorte de révolution lorsque quelques musiciens utilisèrent tous les rythmes des ethnies sénégalaises, chantant en wolof avec les nouveaux instruments électriques.Les pays africains accèdent à l’indépendance, l’évolution s’accélère, les chants parlent d’amour et de révolution.L’Afrique devient un immense bouillon de culture musicale, de la même façon que les structures politiques doivent se définir, les sociétés héritant de divisions arbitraires instaurées par le colonialisme.D’autres facteurs accélèrent le développement : le transistor, qui entre dans les villages, et, surtout, les cassettes depuis une quinzaine d’années, dont le marché est stupéfiant, hors de tout contrôle, un joyeux bordel (le piratage est presque institutionnalisé).Et l’Afrique écoute le rythm’n-’blues, le soul, le funk, le jazz (elle qui a été si souvent pillée par les musiciens blancs).Elle réintègre dans ses traditions ethniques la musique latine, le rock américain et britannique, le soul\ elle pige ici et là de nouveaux instruments, toujours au service de sa propre identité.Les styles musicaux se démarquent, se multiplient, mais toujours dans cette même idée de brassage commun.Des vedettes apparaissent : Fêla Kuti, sorte de pape subversif qui crée Vafro-beat, avec des influences soul américaines.Le Zaïrois Tabu Ley Rochereau, qui croise africanité et latinité.Sans parler des musiciens émigrés qui travaillent leur identité à l’étranger, tels les Sénégalais du groupe Touré Kunda, qui se découvrent à eux-mêmes en France, tel le groupe Osibisa, formé à Londres avec des musiciens du Ni-géria et du Ghana.£ |V) s3 Le Nigérian Sonny Okosun.Le marché est énorme : les Africains sont des consommateurs effrénés, pour qui la musique est une réalité quotidienne et communautaire depuis des siècles.Et, à travers toutes ces musiques qui créent des problèmes d’étiquette aux pauvres Blancs que nous sommes, empêtrés dans notre logique et nos corps trop raides, une constante : dans la mu- ¦ .Rien à voir avec le heavy metal **~^ÉKIN (AP) — Depuis 28 géné-;§-^rations, les moines bouddhistes du temple pékinois de Zhihua se transmettent le secret d’une musique qui fut naguère un des apanages de la cour des Ming.Après la Révolution culturelle, huit musiciens seulement survivent.Ils ont de 60 à 84 ans.Mais les moines en robe d’or se sont remis au travail.Ils s’exercent une fois par semaine dans un autre temple et s’apprêtent à transmettre leurs secrets a un groupe de novices, selon des dirigeants de l’Asssociation bouddhiste chinoise.À l’occasion d’une entrevue a eu Heu une démonstration des bonzes jtnusiciens qui, malgré leur âge, font «ne musiaue forte, harmonique, ressemblant a de l’orgue, au moyen d’un qrchestre composé de cinq instruments chinois traditionnels.Variétés- sur-Richelieu Voué depuis quelques années aux comédies d’été, à Saint-Charles-sur-Richelieu, le théâtre sous chapiteau Molson reprend cet été le volet des variétés.Jean Lapointe ouvrira, le 25 juin, «ne saison établie par les producteurs Guy Latraverse, Rénald Paré et Frank Furtado.Robert Charlebois y chantera au début d’août (en juillet, remontant sur une scène québécoise pour la première fois depuis plus de deux ans, il sera au Festival d’été de Québec avec le rocker français Jean-Jacques Goldmann).En solo à Saint-Charles, Charlebois donnera de nouvelles chansons et d’autres très anciennes, comme La Boutée.Suivra le spectacle Un homme, un piano, avec Claude Léveillée et Renée Claude (celle-ci chantera des textes de Marc Desjardins et Serge Laporte).Le rocker Gerry Boulet fde feu le groupe Offenbach) fera équipe avec le jazzman Vic Vogel; également Edith Butler et Michel Rivard avec son tour de chant intimiste.L’humour se pointera au début de juillet, sous l’aspect du quintette iconoclaste Rock et belles oreilles.Juste après le < stand-up comic » Pierre Labelle ( Job de fou), une Èaire de drôles de Drummondville, ¦s Foubrac, va clore la saison au début de septembre.M.Latraverse avait lancé ce théâtre en 1980 et fait faillite trois ans plus tard; après quoi le regretté Pierre Dufresne y a produit des pièces, puis sa veuve, en 1985 (L’Occa-sion fait le larron).Utilisant une gamme à cinq notes, qui rappelle la musique médiévale européenne, les moines jouent de mémoire.La musique évolue, progresse, par vagues, sans répétitions.Parmi les instruments figurent un orgue à bouche à 17 tuyaux, appelé « sheng», qui émet un son de bourdon, une flute traversière en bambou, un kuan en forme de hautbois, un ensemble de dix gongs dans un cadre de bois et une timbale.Obligé de travailler à l’aciérie de Pékin durant la Révolution culturelle, alors que toute religion était interdite, le joueur de flûte, Zhao Xiang, 62 ans, a déclaré qu’il avait appris à jouer de l’instrument à 13 ans.Il lui a fallu 15 ans pour maîtriser la musique solennelle que perpétue sa communauté.Et, a-t-il dit, c’est la seule musique qu’il connaisse.« J’ai entendu Beethoven, mais je n’apprécie pas sa musique », a-t-il répondu, à propos d’une musique plus moderne.Chen Jiewei, secrétaire général de l’Association bouddhiste de Pékin, a déclaré qu’au cours de la Révolution culturelle, les Gardes rouges avaient brûlé des instruments de musique et brisé des statues bouddhistes, dans lesquels ils voyaient des vestiges de féodalité.« Les moines ont cessé de jouer de la musique, mais ils n’ont pas désappris à jouer », a-t-il dit.Ling Haicheng, qui est chargé de la section artistique de l’association, a contribué à retrouver la musique ancienne et à rassembler les moines, en 1980.Le gouvernement chinois autorise aujourd’hui une activité religieuse, bien que beaucoup de temples et d’églises restent affectés à des usages profanes.« Aux premiers jours de la libération (début des années 50), 20 ou 30 moines étaient capables de jouer, a dit M.Ling.Depuis, beaucoup sont morts et d’autres vieillissent ou sont malades.» Une partie de la musique du temple de Zhihua existe en notation ancienne.Les nuances se transmettent de maître à élèves, et sur les 150 thèmes qui existaient à l’origine, il en reste une vingtaine, a dit M.Ling.Il a ajouté que la musique avait pour origine des airs populaires de l’époque TfnPS DU de la dynastie des Sung (960-1279) qui, sous les Ming (1368-1644), ne survivaient plus que dans le répertoire des musiciens impériaux.L’eunuque Wang Chen, conseiller de l’empereur ming Cheng T’ung, qui régna au XVe siècle, ordonna aux moines de faire de la musique pour son plaisir, après avoir fait construire, pour lui-même, le temple de Zhihua (« Croissance de l’intelligence »), en 1446.Trois ans plus tard, il devait être assassiné lors d’un coup d’État.« Les moines n’avaient pas de ressources pour vivre, a déclaré M.Ling.Ils ont commencé par jouer pour de riches familles.Par la suite, la musique s’est transmise de génération en génération.» Le temple de Zhihua a été fermé en 1966.Les bonzes vivent aujourd’hui au temple de Guanghua, qui se trouve dans le nord-ouest de Pékin et qui date du XlVe siècle.Pas une note n’a été changée au fil des siècles et, afin de conserver leurs secrets musicaux, les moines refusent d’enseigner à quiconque n’appartient pas à leur communauté ou de laisser les novices apprendre la pratique de plus d’un instrument.Mêlant le folklore, la vie de cour et la vie religieuse, certaines pièces dépeignent le pêche et la chasse.D’autres mélodies accompagnaient jadis l’arrivée de l’empereur sur son palanquin.Des passages, plus chantants, selon M.Ling, ont une coloration plus spirituelle.« Avant 1949, on jouait cette musique aux enterrements.Un morceau s’intitulait Le Fantôme éphémère, mais les familles éplorées l’ignoraient », a-t-il dit.L’Association bouddhiste s’efforce de trouver de jeunes musiciens pour perpétuer la tradition.On estime, dans les milieux officiels, qu’il n’existe plus que 800 bouddhistes pratiquants à Pékin, une ville de 9.5 millions d’habitants.« De mes huits disciples, c’est le seul survivant », a déclaré un moine de 84 ans, ancien flûtiste, en désignant un corpulent musicien sexagénaire.«orchestre symphonique DE MONTREAL Charles txnorr samedi 20h00 dimanche 15h00 MARCELINE QUI ÊTES-VOUS?poésie-théâtre avec chansons pour le bicentenaire de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) Mise en scène: Huguette Uguay Studio-Théâtre du Conservatoire 100, rue Notre-Dame est Entrée libre Rés.: 849-8527 musique » chant .» danse '3ANÇOx4> ARTISTES INVITÉS Le 12 juin 1986 à 20h.SALLE POLLACK 555, rue Sherbrooke ouest rés.info: 282-0677 billets 15$ et 10$ (étudiants, âge d'or) en vente chei Archambault Musique (500 Ste-Catherine est) et à la porte le soir du concert.BASILIQUE NOTRE-DAME 17 juin 19 h 30 lhtiiud^5 At r*Qt !Kf A S A R CF V T !\ A \ CHARLES DU TOIT JORGE BOLET, piano RICHARD ROBERTS, violon REYNALD L’ARCHEVÊQUE, violon LESLIE MALOWANY, allô MICHAEL LEITER, contrebasse MOZART: Serenata noiiurna.K.23V MOZART : Symphonie n° JJ, K.385 " Haffner " RACH M ANÎNOV : Omeerto pour piano n° J SIÈGES RÉSERVÉS Billet* individuels I4S.II.SOS.H$ en vente • aux comptoir* Iicketron (?I.25S) • par télélron (?2.65S) • aux guichet* de la Place de* Arts (?I.00SI • à la Basilique Notre-Dame le jour du concert CT USTIVAI ESt *1 NIH.ROSSIÜ | CftACt ’A GÉNÉROSITÉ D» POWER CORPORATION OU CANADA sique africaine, la notion de temps est complètement différente.Cela ressemble à une matière en constante expansion : les battements rythmiques, les chants, les sonorités évoluent sans cesse et se développent en vagues, en une sensualité souvent torride.Patrick Darby, lui, connaît bien cette musique.Après avoir étudié les relations internationales, il s’est passionné pour le continent africain et il produit des spectacles depuis quelques années.C’est sa boîte, Traque-n’art, qui a fait venir ici Touré Kouda, King Sunny Adé, Youssou N’Dour.Il m’a longuement expliqué les récents développements dans le domaine.Au hasard de la conversation, il me glisse un petit « scoop » : il est presque assuré de faire venir à Montréal, en septembre, le grand Fêla Kuti lui-même ! En attendant, il présente jusqu’à ce soir, au Club Soda, Sonny Okosun et son groupe Ozzidi.Selon Darby, Okosun fusionne différentes musiques noires depuis 13 ans, parce qu’il veut être écouté par tous les Afri- cains.Il chante, manie le talking drum et utilise l’afro-beat du Nigeria, le high-life du Ghana, le funk américain, le reggae.Ses textes, à la gloire du pan-africanisme et contre l’apartheid, chantent l’identité africaine.On le dit spectaculaire sur scène.Si vous ne comprenez pas toutes les références musicales, laissez-vous aller, laissez-vous habiter.?Avec Lorainne Klaasen, c’est une autre histoire.Elle partage sa vie entre le Québec et son Afrique du Sud natale depuis des années.Sa mère, Thandi Klaasen, a été une très grande vedette en Afrique du Sud, vendant des millions de disques (sans faire un sou, d’ailleurs).Lorainne a commencé sa carrière en 1973 dans la production sud-africaine de Hair.Elle a donc été marquée par le son de Broadway, et sa carrière commerciale s’en est bien portée.Elle effectue des tournées dans des grands cabarets ou des salles depuis plusieurs années, en Grèce, en France, en Angleterre et en Israël.Danseuse dynamique, chorégraphe, elle a effectué des recherches pour recueillir des mélodies traditionnelles cachées au fond des villages depuis souvent deux ou trois cents ans.La musique d’Afrique du Sud se caractérise par une constante utilisation du chant, de la voix et de bruits de bouche de toutes sortes, dont de très beaux chants d’oiseaux.Les chansons racontent des histoires réalistes, les joies et les souffrances de la petite communauté, les épopées quotidiennes, la lamentation d’une femme en deuil parce que son enfant s’est noyé à la rivière, par exemple, ou le plaisir d’un nouveau mariage, d’une nouvelle récolte.Les grands prêtres des villages, dépositaires de la tradition, se transmettent les chansons lors des événements communautaires importants.Lorainne chante en sept dialectes.Mais elle a adapté le tout à la sauce moderne, une sorte de croisement Broadway/Afrique.On pourrait trouver cela dommage.Lorainne Klaasen répond qu’il s’agit d’un canal communautaire pour mieux se faire entendre, pour mieux attirer notre oreille.« Je veux apporter ici notre culture, nos chants, construire un pont culturel entre nos pays, livrer un message de paix et d’harmonie à travers un langage universel.» Elle ne commentera pas la situation politique en Afrique du Sud, mais son mari m’affirmera, prudemment, qu’il faut attirer la sympathie des Canadiens envers son pays : « En se comprenant mieux comme individus à travers la musique, les choses changeront peut-être.» Lorraine Klaasen est accompagnée d’une douzaine de danseurs, de choristes, pour la plupart sud-afri cains, et son orchestre de cinq mu siciens est montréalais, cinq jeunes Blancs formés au jazz et au rock qui oarticipent à l’aventure.Orchestre “^Jeunes ^Québec SERIE MONTREALAISE 1 9 8 6 - 87 URI MAYER LUCIE ROBERT, violon Bruch, Concerto pour violon no 1 RICHARD HOEMICH MARC-ANDRÉ HAMELIN, piano Beethoven, Concerto pour piano no 1 MICHEL TABACHNIK ERIK OLAND, baryton Mahler, Eines Fahrenden ûesellen SIMON STREATEEILD MARCELLE MALLETTE violon Chausson, Poème pour violon et orchestre FRANZ-PAUL DECKER SOPHIE ROLLAND violoncelle Saint-Saëns, Concerto pour violoncelle no 1 A PORTEE D OREILLE 282-9465 pour plus de renseignements, du lundi
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