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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 1986-06-28, Collections de BAnQ.

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CIAMM 679-0671 L’INFORMATIQUE PAR LA PRATIQUE Court mfonsJh tur.Lotus, D Bose, Symphony Wordperfect, Multi mat* otc.Vol.LXXVII-NO 148 ?Plutôt nuageux.Max.24 (détail page A-6) Montréal, samedi 28 juin 1986 4 CAHIERS — $1.00 Jean Drapeau laisse «sa» mairie Le maire Jean Drapeau et son épouse, Mme Marie-Claire Boucher.ALAIN DUHAMEL S’estimant incapable d’accomplir un plein mandat, M.Jean Drapeau a annoncé hier aux Montréalais qu’il ne proposera pas sa candidature a la mairie de leur ville.« Ma carrière prendra fin quand se terminera le mandat en cours en novembre 1986 » a dit le maire de Montréal dès le début d’une allocution dont il n’a pu terminer la lecture, tellement l’émotion l’étreignait.C’est le président du comité exécutif, M.Yvon Lamarre, qui a complété la lecture d’un texte dont on trouvera la reproduction intégrale en page A-4.M.Drapeau, qui a eu 70 ans en février dernier, a longtemps hésité — la veille encore, il n’était pas fixé — avant de se résigner à une retraite qu’il tient encore pour hâtive.« J’ai le regret de constater que mon respect de la fonction et des électeurs me dicte ma décision.Je ne la choisis pas.» Jusqu’à ce qu’il entreprenne la lecture de son allocution, M.Drapeau n’avait pas communiqué clairement ses intentions, même à ses plus proches collaborateurs qu’il venait de rencontrer, çrivément, quelques minutes plus tôt.Seul un compagnon de la première heure, M.Lucien Saulnier, connaissait ses intentions.M.Drapeau les lui avait communiquées en F invitant à sa conférence de presse quelques heures aurapavant.Entouré de son épouse, Mme Marie-Claire Boucher, et des candidats du Parti civique de Montréal (PCM) qu’il a lui-même recruté avant de prendre sa décision.le maire de Montréal a expliqué que sa santé ne lui permettait plus d’envisager un autre mandat de quatre ans en donnant l’assurance aux électeurs de sa plus complète disponibilité.Trois épreuves (fracture du bassin en février 1982, attaque cérébrale vasculaire en juillet 1982, fracture d’une vertèbre en décembre 19851 ont hypothéqué sa santé au point ou il s’estime incapable d’assumer une tâche exigeante à laquelle il a consacré toutes ses énergies pendant plus d’un quart de siècle.M.Drapeau reste convaincu que les citoyens gardent leur confiance envers le Parti civique, bien que les enquêtes d’opinion lui ait montré, pour la première fois, une inclinaison de l’opinion vers le changement.« Un sentiment de lassitude peut se développer, même en politique » dit M.Drapeau.Le taux de satisfaction à l’égard de l’administration municipale reste élevée, environ 70 %, et l'affection que portent les Montréalais à l’égard de leur maire ne se dément pas.U n fort nombre souhaitait le voir accéder à une retraite paisible et bien méritée, mais indiquait en même temps leur intention de voter encore pour lui s’il décidait de faire campa- gne.M.Drapeau évalue le courant d’opinion en faveur du statu quo, i.e.de la réélection du PCM, à environ 67%.Le chef du PCM a été incapble de lire les passages de son allocution dans lesquels il dressait sommairement le bilan de sa carrière : assainissement de la vie publique, affirmation de la vocation internationale de Montréal, installation d’un régime à caractère parlementaire à l’hôtel de ville, fondation du premier parti politique municipal, distinct des formations politiques fédérales et provinciales, dont la viabilité ne fait plus de doute puisque 26 de ses candidats, en novembre prochain, seront des recrues.M.Drapeau a donc mis fin à sa vie élective, mais il ne renonce pas à une vie publique.Il aurait sans doute analysé la situation tout à fait autrement si la loi avait permis l’élection d’un maire, en cours de mandat, par cooptation d'un conseiller municipal.Or, depuis 1978, la loi impose une élection partielle en pareil cas au coût, estime M.Drapeau, d’environ $1 million; sans compter le régime de cohabitation dans laquelle se trouverait l’administration municipale si le maire élu appartenait à l’opposition.Voir page 10: Drapeau Autres informations en page A-4 L’éditorial de Paul-André Comeau en page A-8 _____ Un lifting politique pour les conservateurs Une analyse de BERNARD DESCÛTEAUX OTTAWA — Le premier ministre Brian Mulroney espère avoir tourné la page hier, avec l’ajournement des travaux de la Chambre des communes, sur une période difficile de l’histoire de son gouvernement.Dans les prochaines heures commencera, souhaite-t-il, une nouvelle étape dont il donnera le coup d’envoi avec un remaniement de son Conseil des ministres.Ce remaniement qui aura lieu selon toute vraisemblance lundi vise à donner un nouveau visage à l’équipe conservatrice qui dirige le pays depuis bientôt deux ans.Toutes les informations recueillies ces derniers jours confirment que l’opération de chirurgie plastique sera majeure.Les changements seront nombreux.Notamment au Québec où les principales figures de l’actuel cabinet seront affectées, M.Mulroney se cherchant toujours une sorte de lieutenant.Celui-ci pourrait être éventuellement Benoît Bouchard qui se verra confier de nouvelles responsabilités, probablement dans le domaine économi-Volr page 10: Remaniement .— BSSIi axtSr Ccndinal Que la vie est bien faite! elles-mêmes, les belles pelouses bien tondues, je me voyais finir mes jours dans la peau d’une Emma Bovary d’Amérique.Sinistre ! Le Nord me faisait peur.L’Ouest était trop anglais.Le Centre me semblait invivable.J’ignorais l’Est ! J’ai habité des lieux anonymes, des meublés, pour quelques semaines, quelques mois.J’ai découvert les bouchons de baignoires au bout de leur chaînette, les portes qui s’ouvrent à l’envers, l’absence de bidets, les fenêtres à guillotine, la télévision et ses perpétuels hoquets commerciaux.J’attendais, j’étais à l’affût.Est-ce qu’un jour ce ne sera plus l’étranger, ici, pour moi ?Jamais je n’oublierai Montréal en avril 1960, quand j’v ai débarqué pour la première fois.Je ne la regardais pas avec des yeux de touriste, je ne passais pas par là, j’allais y rester, y vivre, c’était grave.Une ville est une personne.On ne s’en rend pas compte quand on y est née parce qu’a-lors ses odeurs, ses bruits, ses architectures, ses lumières nous appartiennent, comme les parents nous appartiennent, ou comme notre peau nous appartient, elle est dans les cellules de notre personne.Mais une ville que l’on ne connaît pas et dans laquelle on vient s’établir, c’est une dame qui est dans sa maison et qui doit se tasser pour vous faire de la place .Une dame imposante ! J’ai mis longtemps à trouver les clés qui m’ouvriraient le coeur de Montréal.Enfin, je veux dire le coeur qui m’aimerait et que j’aimerais, une ville a des milliers de coeurs.Guidée par mes habitudes — Ma ville, avant, c’était Alger (.) — je cherchais des rues en pente.J’errais dans la montagne, je passais en revue les belles maisons refermées sur Contrairement à toutes les prédictions, c’est le froid qui m’a donné la première clé ! Le froid, la glace.C’est beau Montréal gelé ! C’est beau la neige qui tombe, c’est comme un miracle pour quelqu’un qui vient d’Afrique du Nord.Un soir, j’ai entendu tinter les branches givrées d’un érable et j’ai pensé que je n’avais jamais rien entendu d’aussi beau.Quand le thermomètre a commencé à Voir page 10: Marie Cardinal Jobim et Herman lancent le 7e Festival de jazz GILLES ARCHAMBAULT Une fois de plus, Montréal est en période de Festival.Pas n’importe lequel.Celui du jazz.Hier soir s’ouvrait officiellement la 7e édition de cette aventure qui nous fait croire que le paradis de la musique est descendu sur terre.Si le temps maussade a ralenti l’enthousiasme des badauds, il n’a en rien réussi à gâcher l’atmosphère fébrile de l’inauguration — les amateurs de jazz, c’est bien connu, sont indifférents aux beautés de la nature et détestent le soleil.il était assez magnifique de voir cet homme de 73 ans, Woody Herman, usé, fatigué, s’activer sur scène, animer un orchestre presque exclusivement formé de musiciens dans la vingtaine.On pourrait arguer bien sûr que les difficultés économiques expliquent la jeunesse de cette troupe de souffleurs fraîchement sortis du conservatoire.Mais il y a plus.Wodrow Charles Herman dirige un big band depuis 50 ans et il n’a jamais craint de renouveler ses ensembles.Dans des interviews récentes, le vieil homme ne cachait pas qu’il n’avait ni compte en banque ni crédit établi et qu’il devait des sommes énormes au fisc américain.Clarinettiste, saxophoniste, chanteur, légende vivante, Herman est tout cela.Du chanteur, je n’aurai rien entendu hier, à cause de l’heure de tombée de cet article.Pas plus au reste ai-je pu voir Al Cohn qui doit bien compter parmi les cinq ou six saxo ténors vivants que je préfère.Ne craignez rien, je ne me plaindrai pas plus longtemps.Le programme, qui a commencé avec un retard d’une vingtaine de minutes, avait une première partie.Le trio de François Bourassa, lauréat du concours de l’an dernier, ouvrait le bal.Formé de Guy et de Yves Boisvert à la batterie et à la basse, cet ensemble nous a donné au moins deux pièces intéressantes, Exercice liaien no 6 et une ode à McCoy Tyner.« C’est du jazz, ça » demandait un spectateur à la verve un peu trop intempestive, eh bien oui ! Et tout à fait raisonnable, à mi-chemin entre Bill Evans et McCoy Tyner justement.Puis arriva Woody Herman.La démarche est hésitante, mais dès que Woody Herman s’empare du micro, on sent que les choses vont marcher rondement.D’abord un « It Don’t Mean A Thing.», puis un « Pools » emprunté au groupe Steps Ahead.On sent que le vieil homme, qui s’inscrit dans la tradition, ne veut pas décrocher d’avec le jazz d’aujourd’hui.Frank Tibéri, le seul véritable vétéran de l’orchestre, y prend un beau solo au ténor.C’est lui de toute façon qui dirigera les musiciens dans une lecture tout à fait au point du Countdown de John Coltrane.Woody Herman présente toujours ses musiciens, les met en vedette.Il est évident que cet homme aime la musique et ceux qui la font.Voir page 10: Festival Photo Louise Lemieux Le légendaire Woody Herman.AU SOMMAIRE CULTURE f- Hans Holliger LANAUDIÈRE EN MUSIQUE Depuis jeudi, alors que le pianiste Louis Lortie a triomphé en jouant Liszt, le 9e festival d’été de Lanaudière est ouvert.Y joueront, ou chanteront, les plus grands noms du monde musical, du flûtiste Jean-Pierre Rampai au hautboïste Heinz Holliger, de la soprano Renata Scotto au guitariste Baden Powell, de la mezzo-soprano Marilyn Horne au pianiste de jazz Keith Jarrett.Carol Bergeron a rencontré un directeur heureux, le père Fernand Lindsay.Et il présente l’affiche.Page C-1 ANDRÉ FRÉNAUD À 79 ans, André Frénaud vient de recevoir, en France, le Prix national de poésie.Peu connu du grand public, le poète André Frénaud poursuit, depuis qu'il a fait paraître en 1943 Les Rois mages, une oeuvre par laquelle il fait voir les chemins ouverts de la douleur d'être, où il dit la dignité de l’homme tragique.Jean Royer, qui l’a rencontré chez lui à Paris, présente cet héritier à la fois de Baudelaire et de Rimbaud, un poète majeur de la littérature française d'aujourd'hui.Page C-1 PASSEPORT L’ONTARIO, POURQUOI PAS ?L’été est là et vos projets de vacances ne sont pas encore arrêtés.Mais où aller ?L'Europe, c’est trop loin, les États-Unis, trop cher, les Maritimes, déjà vues, le Québec .l'an prochain.Reste donc l'Ontario, la province voisine que Jean Francoeur vient de visiter et dont il rapporte de merveilleux souvenirs qu’il nous fait partager.LE DEVOIR .PASSEPORT jette aussi un regard sur la région de De Lanaudière connue pour ses activités de plein-air et désormais reconnue pour ses attraits historiques et culturels.Cahier D.% ÉCONOMIE UN CONDO.EN ESPAGNE C’est ce que la société Estepona Promociones propose aux Canadiens qui ont plus de $ 100,000 à donner pour une copropriété sur la Côte espagnole méditerranéenne.Du soleil à longueur d’année ! Page B-1 Uesaée \ Pour lire en vacances.BOREAL SPORTS Le Devoir, samedi 28 juin 1986 M A-5 HORS-JEU La guerre des culottes JEAN-LUC DUGUAY La Troisième Guerre mondiale, celle des culottes courtes, tire à sa fin, faute de soldats.Demain, Argentine et RFA tireront les derniers boulets.Et, une fois proclamé le vainqueur, on signera un pacte de non-agression pour les quatre prochaines années.Demain, le Mundial 86 trouvera sa niche dans l’histoire.Dans les rues de Buenos Aires ou de Munich, ce sera la liesse ou la détresse.Mais, dans l’une et l’autre ville, on poussera de grands cris nationalistes pour saluer les héros de la guerre ou pleurer ses blessés.Car la bataille qui va se livrer demain au Mexique ne mettra pas en cause l’honneur de deux équipes mais celle de deux pays.Le football et moi ne faisons pas très bon ménage, je vous l’ai déjà dit.Je résumerai mon sentiment en disant que je n’aime dans ce sport que les buts et que, ceux-ci étant rarissimes, je m’ennuie 88 minutes sur 90.D’accord, c’est un peu court comme analyse mais c’est comme ça.J’ai pourtant essayé bien fort d’aimer.J’ai regardé plus de matchs de football depuis un mois que dans toute ma vie jusque-là.Je me suis fait expliquer des trucs, j’ai fait rire de moi par des copains des vieux pays.Rien à faire : je demeure imperméable à ce sport, sauf pour ces quelques secondes magiques où un Maradona se menamorphose en un dieu.Cela dit, j’ai aimé ce Mundial parce qu’il m’a rappelé certaines vérités.Par exemple, qu’à ce niveau-là, sport, nationalisme et politique se confondent.L’Argentine n’a-t-elle pas, durant ce Mundial, gagné la seconde guerre des Malouines, bottant les fesses de la honteuse Albion ?Entre les deux pays, le score est maintenant égal à un partout.Le Mundial m’a aussi rappelé la tristesse de la condition humaine.Vous trouvez ça drôle, vous, qu’un peuple tout entier se retrouve dans 11 garçons dont la première habileté est de savoir contrôler un ballon ?Le football, à cet égard, ne se distingue pas des autres sports d’équipe.Mais comme il est véritablement mondial, l’impact est encore plus fort.Le baseball, ça se joue entre Américains, le hockey entre Américains et Européens.La World Series, c’est une ville contre une autre, la coupe Stanley, la même chose.Cincinnati contre Kansas City, Buffalo contre Calgary, c’est du local, ça ne fait pas la une à Séoul.Mais la Corée du Sud contre je ne sais plus qui, ça fait la une à Montréal.Parce que c’est du mondial.Au fond, le Mundial c’est terrible.Une simple victoire du Mexique suffit à déclencher les passions.Ça n’est pas drôle de vivre au Mexique.On y trime dur pour bien peu, on s’y attife de sombreros pour faire croire aux touristes qu’on est heureux, on y rit sur les cartes postales.Mais les mariachis sont immensément tristes à l’ombre de leur chapeau parce qu'ils ne réussiront jamais, eux, et c’est pourquoi, quand leur équipe gagne, ils se mettent à chanter, oubliant pour un instant leur petitesse pour se projeter dans la gloire de 11 garçons en culottes courtes et un ballon au bout du pied.Mais le lendemain, le mariachi devra gagner sa pitance en chantant des chansons d’amour pour touristes méprisants.Au fond, le Mundial c’est terrible parce que la vie l’est, elle aussi.Le Mundial c’est la guerre.Comme la vie.BASEBALL LIGUE NATIONALE Section Est g P moy.diff.NEW YORK 47 21 .692 — MONTRÉAL 38 30 .559 9 PHILADELPHIE 32 36 ,471 15 ST LOUIS 32 37 .464 15Vh CHICAGO 29 40 .420 18'/s PITTSBURGH 27 41 .397 20 Section Ouest SAN FRANCISCO .39 33 .542 — HOUSTON .38 33 .535 V2 SAN DIEGO .37 34 .521 1 y.ATLANTA .35 36 .493 3'/2 LOS ANGELES 34 38 .472 5 CINCINNATI .30 39 .435 7'/2 LIGUE AMÉRICAINE Section Est BOSTON 42 25 .643 — NEW YORK 41 31 .569 5 BALTIMORE 38 32 .543 7 MILWAUKEE 36 33 .522 8 y* CLEVELAND 35 34 .507 9'/2 TORONTO 37 36 .493 9’/2 DETROIT 34 35 .493 10 Vi Section Ouest CALIFORNIE 39 32 .549 — TEXAS 38 33 .535 1 KANSAS CITY.37 35 .514 2 v.i CHICAGO 30 40 .429 8 MINNESOTA 29 42 .408 10 OAKLAND 29 44 .397 11 SEATTLE 29 45 .392 11 Vi Les frappeurs (Partie d’hier non comprise) pb CS ppcc moy.Bildello .66 12 7 2 .182 Brooks .228 76 4613 333 Dawson .171 51 2512 .298 .142 44 28 6 .310 Galarraga .192 51 25 7 .266 Krenc’cki .66 17 7 2 .258 Law .211 48 24 3 .227 Newman .90 21 4 0 .233 Raines .248 80 26 6 .323 Thompson 51 10 4 0 .196 Wallach 240 65 4512 .271 Webster 235 60 21 4 .255 Winn'gham.131 28 10 4 .214 Wohlford 44 4 1 0 .173 Buts volés : Raines 30; Webs- ter 20; Newman 9; Winning- ham 8 Les lanceurs 9-P ml pm rab mpm Burke 5-2 56.2 12 46 1.91 Hesketh 5-4 70.0 42 58 5.40 McGafligan 5-3 68.2 27 49 3.54 Reardon.W 51.0 17 40 3.00 Schatzeder 2-1 45.2 13 25 2.56 Smith 5-5 95.1 42 56 397 Tibbs 4-3 89.0 34 58 3.44 Youmans.6-5 84.2 43 69 4.57 Victoires préservées: Rear- don 17; Burke 4.Un numéro à connaître 873-BAIL OPÉRATION DÉMÉNAGEMENT Afin de mieux répondre aux demandes de renseignements que pourraient susciter les nombreux déménagements qui ont cours ces jours-ci, la Régie du logement tait part au public que ses services de renseignements téléphoniques seront prolongés jusqu'à 21 h les jours ouvrables et seront également accessibles de 8 h 30 à 17 h les samedi et dimanche 28 et 29 juin de même que mardi, 1er juillet.Les heures d'ouverture normales reprendront le lundi 7 juillet.Gouvernement du Québec Régie du logement Québec Les Pirates font trébucher les Expos RICHARD MILO PITTSBURGH (PC) — À bien y penser, les Expos devraient toujours affronter les Mets de New York.Après avoir remporté deux victoires au Shea Stadium, ils se sont (encore ) inclinés 7-1 contre les faibles Pirates de Pittsburgh devant 15,392 personnes, hier soir.Rick Rhoden ( 8-4 ) a remporté la victoire en lançant un deuxième match complet en sept jours tandis que Jay Tibbs ( 4-4 ) a subi la défaite.Il s’est effondré en allouant cinq points et sept coups sûrs alors que les Pirates ont marqué leurs sept points, en sixième.Tibbs n’a pas retiré un seul des cinq frappeurs à lui faire en sixième mais il faut reconnaître qu’il n’a guère été appuyé par les releveurs Bob McClure et Dennis Martinez.qui ont ajouté de l’huile sur le feu au lieu de limiter les dégâts.McClure a donné deux coups sûrs ( et deux points ) avant de céder le monticule à Martinez qui s’est empressé d’accorder un simple de deux points à Rafael Belliard.Quant à Rhoden, il a alloué cinq coups sûrs et un but sur balles en plus d’enregistrer 11 retraits sur des prises.Il avait retiré 10 frappeurs au bâton, le 21 juin.Il s’agit de la troisième défaite des Expos en cinq matchs contre les Pi- rates cette saison.A la suite de cette défaite, ils se retrouvent à neuf parties et demie de la tête.Le début du match a été retardé de 37 minutes en raison de la pluie mais les deux lanceurs partants n’ont pas été incommodés pour autant.Jay Tibbs et Rick Rhoden ont accorde deux coups sûrs chacun lors des trois premières manches.Ce sont finalement les Expos qui ont brisé la glace, en quatrième.Tim Raines a amorcé la manche en claquant un double, son deuxième coup sûr du match, puis Hubie Brooks a suivi avec un autre double pour produire le premier point du match.Il s’agit de son 47e point produit de la saison.Les Pirates ont éclaté en marquant sept points pour prendre l’avance 7-1 en envoyant 12 frappeurs au bâton, en sixième.Ils ont réussi sept coups sûrs et obtenu deux buts sur balles contre Tibbs, Bob McClure et Dennis Martinez.Rick Rhoden a amorcé l’attaque en frappant un simple après avoir obtenu un double à sa première présence, en troisième.Barry Bonds a obtenu un simple et Joe Orsulak a claqué un solide simple pour remplir les coussins.Johnny Ray a suivi en frappant un double de deux points, puis Sid Bream a frappé un simple d’un point pour envoyer Tibbs aux douches.R.J.Reynolds a accueilli Bob McClure en claquant un simple d’un point tandis que Tony Pena a poursuivi l’attaque en claquant un double d’un point pour chasser McClure du monticule.Rafael Belliard a accueilli Dennis Martinez en claquant un simple de deux points pour porter le compte 7-1.Les Alouettes perdent à Ottawa OTTAWA (PC) — La-défensive des Rough Riders a fait la vie dure au quart-arrière montréalais Joe Barnes, hier, et Ottawa a amorcé sa saison régulière avec une victoire de 20-11 sur les Alouettes.La performance défensive des Rough Riders a été impeccable mais il n’y avait que 17,410 spectateurs au parc Lansdowne pour apprécier les sept sacs du quart et les cinq interceptions réalisés par les leurs.Il s’agissait d’un deuxième gain des Rough Riders, après le triomphe de 24-13 sur les Tiger-Cats de Hamilton en match hors-concours.Le demi-défensif Chris Sigler a été le héros de cette victoire des Rough Riders en réussissant quatre interceptions.Il avait procuré la marge victorieuse aux siens au troisième quart lorsqu’il a ramené sa première interception pour un touche.Ottawa prenait alors l’avance 14-11 et ne devait plus la perdre.L’autre interception a été réussie par le demi-défensif Darryl Hall au quatrième quart.Les Riders avaient inscrit leur premier touché au deuxième quart sur la course de sept verges du quart partant J.C.Watts, qui a cédé sa place à la recrue Tom Burgess au début de la deuxième demie.Dean Dorsey a pour sa part complété le pointage avec des placements de 22 et 40 verges en plus de réussir la transformation sur les deux touchés.Les Alouettes ont marqué leur unique touché lorsque le quart Joe Barnes a complété une passe de touché de 39 verges à Jacques Chapdelaine.Roy Kurtz est l’auteur des autres points avec un placement de 22 verges et un simple de 33 verges.La défensive montréalaise avait largement dominé la première demie même si les Alouettes ne détenaient qu’une avance de 11-7 à la mi-temps.Photo CP Le golfeur canadien Dave Barr s’est bien sorti du sable au sixième trou de l’omnium canadien qui se déroule sur le terrain de Glen Abbey, à Oakville, en Ontario.La fièvre du Mundial Argentins et Allemands ne rêvent qu’à la victoire (AFP) — Une épidémie de fièvre, la fièvre du Mundial, vient de frapper la République fédérale allemande et l’Argentine.À Bonn comme à Buenos Aires, on rêve de victoire et chacun pense que leur équipe nationale vaincra l’adversaire.Curieusement, dans les deux pays, le même désenchantement à l’endroit de la sélection s’était fait entendre quelques semaines avant les matches de la Coupe du monde.Le ballon rond est devenu le principal sujet de conversation des Allemands de l’Ouest qui croient maintenant à un succès des joueurs de Beckenbauer contre Maradona et ses coéquipiers.Les Argentins, longtemps divisés sur la valeur de leur sélection, sont désormais tous unis derrière l’équipe nationale gui, grâce au génie de sa vedette Diego Maradona, devrait, selon eux, ramener à l’Argentine sa deuxième Coupe du Monde de football en battant dimanche à Mexico les Allemands de l’Ouest en finale.Du ministre à l’homme de la rue, les Argentins ont maintenant une confiance illimitée en leur sélection nationale, qui contraste avec le manque de crédit dont elle jouissait il y a seulement quinze jours, une situation qui ressemble étrangement à celle de l’Allemagne.Beaucoup se sont déjà donné rendez-vous dès le coup de sifflet final pour fêter dimanche la victoire dans les rues comme après les succès contre l’Angleterre et la Belgique.Le Mundial est ainsi devenu le sujet de conversation numéro un dans le pays.ï:S:.:>ÏÏ:*SÏ illliii PfTROCANADA A COUP SÛR!* Consommateurs’ DES MILLIONS TOUS LES JOUEURS DE PRIX! 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les stations Gulf participantes de l'Ontario, sur présentation de la carte dûment remplie et sur laquelle on aura répondu correctement à la question-épreuve.Échangez-Us chez Distribution aux Consommateurs et obtenez dei rabais appréciables ou accumulez-les pour obtenir davantage de rabais.CHRYSLER CANADA LTSS • lObaguesparéesd’un DI lie| L_ diamant d'un carat de sa ¦ l-V/J._____ Boutique bijoux 10 • lOOmagnétoscopesVHS CHRYSLER JHHaJ GeneralElectric AUTO* r • 130 ensembles de meubles BEAUCOUP E I1* f de jardin Tahiti .T» Rfe e 450 lecteurs de disque PLUS! • wl compacts Magnavox 400 000 Sen U Pour chaque participation, Petro-Canada fera un dan au baseball et ou softball amateurs.*À condition de répondre correctement à la question-épreuve.PETROCANADA Distribution aux Distribution aux t A-10 B Le Devoir, samedi 28 juin 1986 L’aide US aux contras : la Cour de La Haye donne raison au Nicaragua ¦ Managua ordonne la fermeture du seul quotidien d’opposition WASHINGTON (AFP, AP) - Washington a affirmé hier que sa politique en Amérique centrale était conforme au droit international et contesté le jugement de la Cour internationale de justice de La Haye qui a condamné hier matin les actions des États-Unis contre le Nicaragua.La Cour de La Haye a donné raison aux sandi-nistes, qui accusaient Washington d’activités militaires et paramilitaires sur son territoire, notamment en finançant les contras qui cherchent à renverser le gouvernement de Managua.Entre-temps, le gouvernement sandiniste a ordonné la « fermeture indéfinie » du journal La Prensa, seul périodique d’opposition nicaraguayen, a déclaré jeudi un cadre du journal, M.Carlos Hollman.Cette information n’a pas été confirmée officiellement mais M.Hollman a précisé que l’ordre de fermeture lui a été signifie par télégramme par la direction des médias du ministère de l’Intérieur.Les raisons de cette décision n’ont pas été précisées, a ajouté M.Hollman qui n’a pas écarté un lien éventuel entre la fermeture du journal et le vote mercredi soir par la Chambre des représentants américains d’une aide de $100 millions US aux rebelles antisandinistes.Le gouvernement sandiniste a accueilli avec joie l’arrêt rendu par la Cour de La Haye.« C’est une victoire politique et morale très importante », a déclaré le président nicaraguayen, M.Daniel Ortega.La Cour de La Haye, saisie en avril 1984 par le gouvernement sandiniste, a conclu dans sa résolution que les Etats-Unis ont violé le droit international par « certaines attaques en territoire nicaraguayen » de 1983 à 1984, et en « minant les eaux intérieures ou territoriales du Nicaragua ».En outre elle considère que Washington a violé le traité d’amitié et de commerce signé avec Managua en imposant en mai 1985 un embargo commercial contre le Nicaragua, et reproche aux États-Unis « d’armer, équiper, financer et appuyer» les antisandinistes.À Washington, les États-Unis ont répété qu’ils ne reconnaissaient pas la juridiction de la Cour de La Haye en ce qui a trait à l’Amérique centrale.« La’décision prise aujourd’hui démontre ce que nous avons toujours affirmé : la Cour n’est tout simplement pas apte à traiter un cas de cette nature comprenant des faits complexes et des informations secrètes », a déclaré le porte-parole adjoint du département d’Êtat Charles Redman.« Le Nicaragua pratique l’utilisation de la force contre ses voisins d’une façon substantielle, non provoquée et illégale », a-t-il ajouté.« Les États-Unis ont aidé les victimes à répondre à l’intervention nicaraguayenne.» Il a souligné que la Cour internationale n’était de toute façon pas habilitée à ordonner quoi que ce soit aux Etats-Unis et que sa décision devait être entérinée par le Conseil de sécurité de l’ONU, où les États-Unis ont le droit de veto.Le gouvernement nicaraguayen a demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour entériner la décision de la Cour.Le Conseil devrait se réunir lundi matin pour examiner la demande formulée par l’ambassadrice nicaraguayenne à l’ONU, Mme Nora Astorga.Le Conseil aura des consultations sur cette affaire lundi dans la matinée avant d’ouvrir ses débats dans l’après midi, précise-t-on.Le ministre des affaires étrangères du Nicaragua, le père Miguel d’Escoto, participera aux travaux du Conseil, croit-on savoir.Au sein de la délégation nicaraguayenne à l’ONU, on déclare ignorer encore si le Conseil sera saisi d’un projet de résolution.Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de Venezuela et de Colombie, MM.Simon Consalvi et Augusto Ramirez Ocampo, ont indiqué jeudi qu’ils considéraient l’aide américaine d’aider les contras comme un nouvel obstacle à l’établissement de la paix en Amérique centrale.MM.Consalvi et Ramirez ont fait cette déclaration à l’issue de la rencontre à Washington des quatre ministres des Affaires étrangères du groupe de Contadora (Colombie, Mexique, Panama, Venezuela) avec le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), M.Joao Baena Soares.Les quatre ministres ont présenté à leurs interlocuteurs « la dernière version » de l’Acte de paix pour l’Amérique centrale rédigé par le groupe de Contadora.M.Consalvi a rappelé que Te groupe de Contadora demandait la fin de toute intervention extérieure dans la région.M.Ocampo a estimé pour sa part que l’aide des États-Unis aux contras allait « en direction contraire » des efforts de paix du groupe de Contaddora.¦ La Prensa a été fondée en 1926 et pendant plus de 40 ans a joué un rôle important dans l’opposition au régime de l’ex-dictateur Anastasio So-moza.Son ancien directeur.Pedro Joaquim Chamorro Cardenal, avait été assassiné en janvier 1978, alors que Somoza était encore au pouvoir, et donné le coup d’envoi à la mobilisation qui allait éventuellement renverser le dictateur.Pendant l'ultime phase de la guerre civile, les installations du journal avaient même été la cible de l’aviation gouvernementale.Dans les derniers temps, le journal cessait parfois de paraître, invoquant la trop grande intervention de la censure qui, déjà en temps normal, contraignait le journal (60,000 exemplaires) à paraître avec des colonnes vides d’informations.Accusé par le régime de favoriser la contre-révolution et la politique américaine dans la région, La Prensa recevaient des dons d’une fondation américaine proche de l’administration Reagan.Malgré le coup qui frappe une nouvelle fois la famille Chamorro, le fils au défunt directeur de La Prensa, Fernando Chamorro Barrios dirige encore le journal Barricada, organe du Front sandiniste, et son oncle Javier Barrios dirige le journal progouvememental Nuevo Diario.En janvier dernier, d’autre part, le gouvernement du président Ortega avait ordonné la fermeture pour une durée indéterminée de la radio catholique, porte-parole de la hiérarchie catholique qui se situe franchement dans l'opposition depuis au moins quatre ans.SUITES DE LA PREMIERE PAGE + Drapeau Pour l’heure, il demeure le chef du Parti civique et entend bien participer à la campagne électorale dans le rôle que lui confiera le parti.Il participera donc au choix du candidat à la mairie de la même manière qu’il a participé au choix des candidats dans les districts électoraux.« Je ferai tout ce qu’un chef de parti doit faire.» Un comité d’une quinzaine de personnes s’affaire à choisir le candidat du parti à la mairie et devrait en arriver à une conclusion en juillet.Le candidat ou la candidate doit recueillir l’assentiement unanime des membres du parti, i.e.des autres candidats et de quelques anciens conseillers toujours militants.Ni le président du comité exécutif, M.Yvon Lamarre, ni le vice-président et organisateur principal du parti, M.Pierre Lorange, n’ont voulu indiquer leur intention.Depuis plusieurs mois, lorsqu’il a été question de la succession de M.Drapeau, ces deux noms se trouvaient, a un titre ou à un autre, dans tous les scénarios.M.Pierre Lorange se présente dans le district d’Hochelaga.M.Yvon Lamarre doit prendre une décision d’ici à la fin du mois de juillet.Que fera M.Drapeau, une fois qu’il aura laissé son bureau à son successeur?Il aimerait, dit-il, faire l’expérience de vivre en touristè à Montréal, libre de son temps et de son activité.Non, il n’a pas l’intention d’écrire ses mémoires, mais il compte faire quelques voyages et, si on le lui demande, rendre encore des services à la Ville de Montréal dans des rôles nouveaux.+ Remaniement que.L’actuel secrétaire d’État est l’un des ministres en qui Brian Mul-roney a le plus confiance.Les ministres anglophones du cabinet seront aussi affectés.Des infor- » mations concordantes font état notamment du départ de deux, sinon de trois vétérans qui iraient vers le Sénat ou retrouveraient des banquettes arrières.Les noms qui sont le plus souvent mentionnés sont ceux de l’actuel vice-premier ministre Erik Nielsen, de la ministre de l’Emploi et de l’Immigration, Flora MacDonald, et du ministre des Anciens Combattants, Georges Hees.Quelques départs volontaires laisseraient une bonne marge de manoeuvre à M.Mulroney pour s’adonner à un véritable jeu de chaises musicales.Depuis l’élection de son gouvernement le 4 septembre 1984, le premier ministre Mulroney a retouché à plusieurs reprises à la composition de son cabinet.Ce ne furent cependant à chaque fois que des retouches mineures dont l’objet était de remplacer des ministres qui avaient démissionné dans la foulée de crises ou scandales.Les deux derniers démissionnaires, Suzanne Blais-Grenier et Sinclair Stevens, n’ont toujours pas été remplacés.Ce remaniement en profondeur que prépare M.Mulroney (la parade des ministres au 24 Sussex est commencée) avait failli survenir l’hiver dernier.Le premier ministre avait été tenté alors de jouer du scalpel, mais ses projets s’étaient heurtés au refus du ministre Sinclair Stevens de laisser son poste à l’Expansion industrielle régionale à un Québécois.M.Mulroney avait alors conclu qu’il valait mieux attendre à l’été.Rendu à mi-mandat, personne ne pouvait alors s’objecter à un remaniement en profondeur.La nécessité de ce remaniement ne fait plus de doute aux yeux de personne à l’intérieur du parti.On a compris le message que véhiculent les sondages.Ceux-ci varient légèrement de mois en mois, mais donnent au mieux une légère avance aux Conservateurs sur les libéraux lorsque ce n’est pas l’inverse.Au Québec, cet équilibre apparent des forces devient une véritable catastrophe alors que les libéraux dominent avec plus de 50 % des intentions de vote, loin devant les conservateurs, qui selon certains sondeurs, traîneraient de la patte derrière le NPD.Les difficultés rencontrées par le gouvernement dans la gestion des affaires de l’État invitent aussi fortement à procéder à des corrections.De mois en mois, les difficultés n’ont cessé de s’accumuler, depuis la faillite des banques de l’Ouest, le scandale du thon avarié jusqu’aux difficultés reliées au lancement des né- tociations commerciales avec les Itats-Unis.Tous ces événements ont fait que le gouvernement a perdu en quelque sorte son sens de l’orientation, notait hier John Turner, le chef du Parti libéral, pour qui il est temps que M.Mulroney sépare l’ivraie du bon grain dans son conseil des ministres.La tâche à laquelle se livre le premier ministre durant le week-end est complexe car les objectifs qu’il poursuit avec ce remaniement sont multiples.Sachant qu’il n’aura pas d’autres occasions d’ici les prochaines élections de refaire cet exercice en profondeur, il s'agit pour lui de constituer une équipe qui pourra retrouver ce sens de l’orientation dont parlait M.Turner.De constituer aussi une équipe qui sera plus efficace, ce qui pourrait imposer quelques changements structurèls a certains ministères.Il s’agit, enfin, de limiter les dégâts qui ne manquent pas de survenir lorsqu’il s’agit de bousculer au passage des individus qui verront leur carrière personnelle brisée par un retour éventuel sur les banquettes arrières.Une des premières choses que fera M.Mulroney sera de confirmer à des postes de premier plan les mi- nistres qui se sont révélés les piliers du gouvernement.Les Michael Wilson aux Finances, Don Mazankowski aux Transports et Joe Clark aux Affaires extérieures garderont leurs postes ou seront même promus.Il est à peu près assuré que M.Clark ou plus probablement M.Mazankowski sera choisi pour occuper le poste de vice-premier ministre qu’abandonnera M.Nielsen.Pour des raisons de politique régionale, il faut un ministre de l’Ouest à ce poste de vice-premier ministre.Si M.Nielsen quitte, ce ne sera pas à la demande de M.Mulroney.Comme certains de ses collègues, celui-ci a accepté d’être candidat une dernière fois en 1984 puis, en raison de son expérience parlementaire, de jouer un rôle de premier plan au cabinet.Après deux ans, il trouve que le temps est venu de passer la main en acceptant un poste au Sénat par exemple.Ce serait le cas aussi de Flora MacDonald qui a eu 60 ans au début de juin et de Georges Hees qui a maintenant 76 ans.On évoque aussi en ce sens les noms de John Wise et de Roch LaSalle.Dans ce dernier cas, une retraite prématurée apparaît improbable même si M.LaSalle a indiqué qu’il ne serait pas candidat à la prochaine élection.Ces départs éventuels de vétérans, joints aux départs forcés de ministres juniors (on évoque toujours les noms de Andrée Champagne et de Walter MacLean) laisseront alors beaucoup de liberté à M.Mulroney pour procéder à des réaffectations.Les personnes dont les noms sont le plus souvent cités pour occuper de nouvelles responsabilités sont à cet égard ceux de Barbara McDougall, Benoît Bouchard, Pat Carney, Marcel Masse, Bill McKnigth, David Crombie, tous des ministres qui se sont révélés des valeurs sûres et qui pourraient d’une façon ou d’une autre jouer de plus grands rôles régionalement.Les postes de ministres juniors qui seraient ainsi laissés vacants pourraient être remplis par de jeunes loups comme les Pierre-H.Vincent, Monique Landry, Jean Cha-rest, au Québec ou Torn Hockin, Cris Speyer ou John McDermid en Ontario.Au Québec, M.Mulroney devrait se contenter en fait de choisir deux nouveaux ministres.Dans un cas, il s’agira de remplacer Suzanne Blais-Grenier dont le fauteuil est toujours vacant depuis son départ.Dans l’autre, il s’agirait de remplacer un ministre qui serait renvové sur les banquettes arrières.La région de Montréal étant sous représentée au cabinet, les députés de cette région, comme Monique Landry, partent gagnants.La principale difficulté pour M.Mulroney dans le cas du Québec sera cependant de trouver le candidat idéal pour le poste de lieutenant québécois.Ces derniers mois, la bataille s’était toujours faite entre les ministres Marcel Masse et Michel Côté qui à l’occasion n’ont pas manqué de faire étalage publiquement de leur rivalité.Avec le temps, il est apparu que M.Côté pouvait manquer encore de maturité politique alors que M.Masse se révélait un ministre plus fort mais aussi plus individualiste.Entre ces deux extrêmes, le nom de M.Benoît Bouchard a commencé à s’imposer comme étant un homme d’équipe et efficace.Le premier ministre pourrait se permettre toutefois de satisfaire ces trois ministres.Pour M.Masse il pourrait créer par exemple un poste de ministre responsable des relations fédérales-provinciales, poste auquel l’actuel ministre des Communications rêvait en 1984 et qui pourrait s’avérer utile à la veille des négociations constitutionnelles.À M.Bouchard, il pourrait confier un ministère à haute visibilité comme l’Expansion industrielle régionale qui lui permettrait d’assurer un leadership économique au Québec.À Michel Côté, il pourrait enfin donner la responsabilité de l’organisation électorale au Québec que pour des raisons de santé, Roch LaSalle souhaite abandonner pour se consacrer uniquement à son ministère des Travaux publics.Aucun de ces trois ministres ne semblait encore savoir hier soir si M.Mulroney songeait véritablement à ce genre de compromis.+ Marie Cardinal descendre (à l’époque c’était en fa-renheit et je me perdais dans des calculs époustouflants ! ), à descendre encore, et encore, j’ai pensé : « Cardinal, tu ne dois pas mettre un pied dehors, ton organisme n’est pas habitué à ça, tes os vont casser, ta moelle va geler.» Mais je ne pouvais pas rester enfermée six mois, alors je suis sortie, et c’était comme si je venais au monde : je ne savais pas marcher, je ne savais pas respirer, je ne savais pas m’habiller.j’ai regardé faire les autres, j’ai posé des questions, j’ai commencé à aimer les Montréalais (même si, à l’époque, je ne comprenais pas la moitié de ce qu’ils disaient).Un jour, c’était rue Berri, j’étais perdue, un monsieur auquel je demandais ma direction a décrété : « Vous, vous êtes du pays d’Voltaire ! ».J’ai dit oui, je n’allais pas lui expliquer que je n’étais pas du pays de Voltaire, tout en l’étant, etc.j’ai ri et je n’ai jamais oublié que, là, c’était Berri et Ontario.J’ai trouvé qu’il y avait des similitudes entre les Français d’Algérie et les Canadiens-Français.Question d’impérialisme culturel peut-être ?Question d’être des colonisateurs colonisés ?Allez savoir .Le froid, à Montréal, m’a donné un corps que je ne connaissais pas, capable de vivre par -25 deg.et même au-delà ! Je l’avais promené par +48 deg.à l’ombre, maintenant je le sentais apte à endurer la même chose dans l’autre sens.C’est beau la nature humaine quand même ! Les boutiques sont la deuxième clé.Au début, quand j’allais acheter mon poisson chez Waldmann, je me prenais pour Christophe Colomb.Et puis il y a eu « là où y’a du bon salami », « là où y’a du pain Cousin », « là où y’a du lapin », « là où y’a d’là menthe fraîche », « là où y’a des épi- ces comme ci » et « là où y’a des épices comme ça ».J’ai découvert l’Est ! Les terrasses des bistros ont commencé à s’ouvrir sur Saint-Denis, et les petits magasins de fanfreluches, et les bric à brac.Et puis les maisons des copains sur le Plateau Mont-Royal et autour du Parc Lafontaine, ces longs appartements qui s’enfoncent dans l’ombre des chambres, le couloir qui conduit à la cuisine, la café chaud sur la table, la lumière de la cour avec un arbre qui rougit à l’automne, et un débarras, et la shed.Et puis il y a eu une promenade en sleigh sur Sainte-Catherine, un hiver que les déneigeurs étaient en grève .les grelots du cheval tintaient au milieu des gratte-ciel, et nous, sous la peau d’ours, avec un bocal de pruneaux à l’eau de vie.Et puis il y a eu ma fille qui, après le cégep, est allée s’installer en bordure d’Outremont.Et puis il y a eu un des derniers grands ormes qu’on a abattu sous mes yeux et ça m’a fait pleurer.Et puis il y a eu le Vieux, la frontière du Vieux à l’Est.C’est là que je reste depuis 1970.Et puis il y a d’autres clés, mais elles sont secrètes, je ne les donnerai pas.Je suis une femme impudique mais très décente.Il a fallu 10 ans pour que la dame imposante m’accepte chez elle et que je me sente chez moi ici.Maintenant, quand je suis trop longtemps absente, Montréal me manque.Des que je sors de Mirabel et que je commence à sentir l’odeur de ma ville (un mélange de patates frites, d’essence au plomb et le malt de la brasserie Molson), j’éprouve du bonheur parce que je rentre à la maison, je reviens chez nous.Des fenêtres de mon appartement, je vois la tour du port, avec son horloge.Elle ressemble à un minaret ! Je ne l’ai pas fait exprès, c’est un hasard.La vie est bien faite ! 28 juin par la PC et l’AP 1984: des guérilleros de gauche attaquent la plus importante centrale hydro-électrique du Salvador.1981: une explosion détruit le siège du Parti islamique à Téhéran, faisant plus de 70 morts.— Terry Fox meurt, victime du cancer à 22 ans.1976: le ministre de la Justice du Québec, Gérard-D Lévesque, promulgue la Charte provinciale des droits et libertés.— Les îles Seychelles accèdent à l’indépendance après 102 ans d’administration britannique.— Fin d'une grève de neuf jours des pilotes de ligne canadiens protestant contre le programme fédéral visant à accroître l'usage du français dans les aéroports du Québec.1965: inauguration d'un service téléphonique commercial utilisant le satellite américain « Early Bird » entre le Canada et la Grande-Bretagne.1956: des manifestations ouvrières sont sévèrement réprimées à Poznan, en Pologne: il y a de nombreux morts.1926: le premier ministre Mackenzie King remet sa démission au gouverneur général, lord Byng, qui refuse de dissoudre les Chambres; il demande au chef conservateur Arthur Meighen de former un gouvernement.1838: couronnement de la reine Victoria: son règne durera 64 ans.Ils sont nés un 28 Juin: le roi d'Angleterre Henry huit (1491); l’écrivain et philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712); l'auteur dramatique italien Luigi Pirandello (1867); le peintre hollandais Pierre-Paul Rubens (1557).+ Festival Au détour d’une phrase, il rend hommage à Duke Ellington, à Coltrane, salue plus longuement Lester Young.Une fois de plus, on a droit à ce « Four Brothers » qu’on ne se lasse jamais d’entendre.Michael Brignola au baryton, Dave Riekenberg, Frank Tiberi et Gerald Pinter au ténor sont précis et tout à fait swingants.Pendant qu’on entonne les premières mesures de Early Autumn, votre distingué serviteur se dirige vers la sortie et ce joyau de la culture musicale que vous êtes en train de lire.Dire que si le concert avait commencé à temps, dire que si on avait pu couper ce lamentable ensemble dixieland qui en début de soirée a tenu à jouer « When The Saints Go Marchin’In » comme au temps des PAUL CAUCHON Pour oublier le temps maussade qui avait sévi durant la journée un remède infaillible: le spectacle très attendu de Antonio Carlos Jobim hier soir à la Place des Arts.« Le Brésil et le Canada ont beaucoup de choses en commun, lance-t-il en lever de rideau : les grands espaces, les lacs, les températures extrêmes .et les États-Unis.» La salle applaudit en riant, bien sûr, et cela donnait le ton à un spectacle décontracté et cool comme sa musique.Assis au piano, de sa voix très douce qui ne hausse jamais le ton, le père de la bossa-nova chantait des airs qui, à chaque fois, nous rappel-laient un succès impérissable.Antonio Carlos Jobim, qui aura 60 ans en janvier prochain, s’est fait connaître durant les années 50 en s’associant avec le guitariste Joao Gilberto et le poète et diplomate Vinicius de Moraes, ce dernier lui demandant d’écrire une musique pour son adaptation théâtrale du mythe d’Orphée.En 1959, le film Or feu Négro du réalisateur français Marcel Camus lança définitivement aux quatre coins de la planète ce nouveau rythme enlevant qu’on a appelé la bossa-nova (dont Jobim a déjà prétendu qu’il n’était qu’une branche de la samba).Jobim a écrit plus de 250 chansons, dont «La fille D’fpanema» (non, je ne l’ai pas entendu, j’ai du partir à l’entracte!).En spectacle, avec cinq choristes aux voix douces et harmonieuses, avec son fils Paulo à la guitare acoustique, avec d’autres musiciens à la flûte, au violoncelle, à la batterie (très discrète) et à la basse, il interprète des pièces qui rappellent l’eau qui coule, le vent léger, la sensualité de l’amour, dans une sorte de langueur et de lenteur lancinante, toujours appuyée sur un rythme de samba.Un spectacle classique et «propre», pour une musique devenue classique.En conférence de presse au début de l’après-midi, Antonio Carlos Jobim, commençait par déclarer qu’il ne se considérait pas vraiment comme un artiste de scène : « Pour moi , la vie c’est de construire une maison, se marier, élever des enfants .et prendre un coup, lançait-t-il en un clin d’oeil.J'aime bien rester chez nous à composer, je n’aime pas vraiment le contact avec la scène, j’ai toujours été très timide.» Jobim n’a pas tellement commenté l’importance et le rôle de sa musique, préférant truffer ses commentaires d’anecdotes et de blagues, laissant entendre que les étiquettes musicales l’intéressaient peu.Il a tout de même déclaré que les critiques et les spécialistes brésiliens, « des puristes qui cherchent les racines authentiques, ont commencé à dénigrer la bossa-nova à la suite de beer parlors, dire que si le journal était paru une heure plus tard, etc.Dire aussi que j’avais juré de ne plus me plaindre.Je vous parlerai lundi des concerts ou récitals suivants, celui d’Amina Claudine Myers, du quatuor de James Moddy, de Benny Carter, de Monty Alexander, du Clarinet Summit et du Paris Reunion Band.Bien sûr je ne saurais être partout à la fois et devrai me résoudre à rater Petrucciani que j’aime beaucoup et Jobim que j’aurais bien aimé entendre un peu.Mais le foisonnement des activités en cette période faste commande des choix qui auraient fait pâmer d’aise Salomon lui-même — ce n’est pas un jazzman.N’oubliez surtout pas les films sur le jazz et le blues que Ton présente à la Cinéma- son succès populaire aux États-Unis.» « La bossa-nova s’est développé avec le jazz cool et les américains l’ont vite identifié au jazz, a-t-il continué.De toute façon, les américains appellent jazz tout ce qui swing, ils parlent de latin-jazz, de cuban-jazz, et se sont appropriés la bossa-nova.Les critiques brésiliens ont refusé cette attitude, et je pense qu’ils avaient tort.Je suis convaincu que la bossa-nova passera à l’histoire comme une branche du jazz.C’est peut-être une cause perdue pour moi, peut-être que c’est bon.», a-t-il laissé planer, évasif.Jobim s’est vu ouvrir les portes des États-Unis durant les années 60 alors qu’il enregistrait quelques disques avec Frank Sinatra.Et il y a quelques années il demandait à un muséologue brésilien de classifier et cataloguer ses archives pour préserver cette importante documentation sur l’histoire de la musique brésilienne.Sympathique et décontracté, il s’est étonné de trouver tant de Jobin dans l’annuaire de Montréal : « c’est la même souche, ça vient de Bretagne.Au Brésil nous avons changé le N parce que notre langue ne fait pas de différence sonore entre le N et le M.» Pressé de questions sur la musique brésilienne actuelle, il a qualifié Milton Nascimento de génie et d’incroyable compositeur, et il faudra probablement voir dans cette dernière image sa vision de la musique en général : « J’aime regarder cette grande carte géographique des deux Amériques sur un mur à la maison.Tous les oiseaux volent sans contraintes, de l’Alaska à la Terre de Feu, libres et sans passeport, ignorant les frontières.» Le spectacle d’Antonio Carlos Jobim sera télédiffusé demain soir à Radio-Canada, dans le cadre des Beaux Dimanches à 21 h 50.Et un peu plut tôt au Spectrum les festivaliers ont pu entendre Alive!, un quintette entièrement féminin qui fut une découverte.Alive! est né en 1976 de la rencontre de trois femmes dans un atelier de jazz à San Francisco.Deux autres membres se joignaient au groupe en 1979, et en 1981 une nouvelle gérante les lançait dans un circuit jazz.Le groupe semble avoir joué beaucoup dans les festivals de femmes et leur musique est hybride, à la fois jazz, proche des variétés, latine ou plus free.À quoi ressemble un quintette de femmes?D’abord à cinq bonnes musiciennes qui jouent autant McCoy Tyner et Dizzie Gillespie que leurs propres compositions, mais avec des textes parlés/jazzés qui racontent de vrais histoires, des textes sur des listes d’épicerie, par exemple, sur le besoin d'argent, sur une femme qui prend des pilules.thèque.Vous pourriez le regretter.Quant à moi, je devrai me résoudre à les louper parce que je courrai du Saint-Denis I au II, du Spectrum à la Bibliothèque nationale, etc.Mais j’aime pleurer.Ça forme les caractères.Pour prolonger les concerts, quelques disques : — François Bourassa, Jazz Image.Les Entreprises Radio-Canada J Z 102.— Woody Herman, Presents Four Others, Concord 180.A Great American Evening, Concord 220.— Al Cohn, Standards of Excellence, Concord 241.Version CD : Concord K 32 Y 6049 CCD 4241.Tout cela servi par Rhiannon, une chanteuse d’une voix et d’une présence peu commune.Les encnai-nements ou les solos manquent quelquefois de fini, mais de façon générale c’est bien et surtout très joyeux, plein d’humour, une sorte d’affirmation heureuse de pouvoir jouer ensemble.Et jeudi dernier, au lendemain d’une avant-première difficile pour la comédie musicale québécoise 1926, qui a été plutôt mal reçue par la plupart des critiques, le Festival de Srocédait au lancement du dis-j Trio François Bourassa, enregistré par Radio-Canada pour célébrer le lauréat du concours de Jazz 1985.Le trio, formé de François Bourassa au piano, Guy Boisvert à la basse et Yves Boisvert à la batterie, a donné quelques spectacles durant Tannée mais s’est surtout consacré aux études, le leader du groupe étudiant au New England Conservatory de Boston en maîtrise, daqs une faculté dirigée par le célèbre musicien Miroslav Vitous.François Bourassa, qui est le fils du premier ministre du Québec Robert Bourassa, avait participé Tannée dernière au concours « pour l’expérience ».Son calme et son humilité ne semble toujours pas pris en défaut : « J’ai encore besoin d’étudier », dit-il.« Ce que je compose actuellement se rapproche de l’esprit ECM, j’ai le goût de composer dans des espaces et des structures plus larges.J e ne suis pas un fervent de be-bop ou de hard-bop, je suis encore à la recherche d’un style, même si le trio possède déjà sa propre couleur.»?À surveiller ce soir: le trio de Michel Petrucciani, le tango moderne d’Astor Piazzola avec l’Orchestre Métropolitain du Grand-Montréal, le Clarinet Summit de quatre grands clarinettistes en fin de soirée.Et une note d’espoir si vous désespérez de trouver des billets: le Festival a conservé entre 50 et 100 billets disponibles pour chaque spectacle, même ceux qui affichent complets.Ces billets, qui avaient été réservés pour des forfaits touristiques, sont en vente à midi le jour même.Mais avant de se déplacer on conseille de téléphoner à la ligne d’information mise à la disposition du public durant la semaine: 871-1881.À signaler également: selon le nombre de places disponibles des laissez-passer gratuits seront distribués gratuitement une heure avant la représentation pour tous les spectacles du Saint-Denis/II: le Concours de Jazz, la série «Jazz sur le vif» qui présente plusieurs québécois, et les très intéressants spectacles de L’Union Européenne des Ra-diodiffuseurs (d’excellents ensemble français, suisse, britannique, suédois, danois, yougoslave, etc.) Jobim charme et Alive! étonne
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