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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1986-11-08, Collections de BAnQ.

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CAHIER Montréal, samedi 8 novembre 1986 A H *.' • ?Aigrette (à gauche) et pélican des Everglades.UN MONDE ÉTRANGE ET FASCINANT ANNE GARDON Collaboration spéciale 8 H DU MATIN.Le soleil, déjà loin dans sa course, réchauffe notre épiderme pâle de nordistes.Au-dessus de nos têtes, les aigrettes passent en vol serré, alors que perché sur une branche, un corbeau nous regarde avec une équation dans les yeux : touristes = bouffe.Entre deux claques sur les cuisses, nous mettons le canoe à l’eau.Les moustiques sont voraces ce matin.Heureusement nous les laisserons bientôt derrière, avec le bruit des voitures, le brouhaha des campeurs et les odeurs de guimauve brûlée.Nous partons pour l’aventure dans le parc des Everglades.Unique en son genre, le parc national des Everglades, à 60 kilomètres au sud de Miami, est un parc semi-aquatique couvrant plus de 2,000 milles carrés de marécage salé et de plaine aride.Aménagé avec soin et respect pour la nature, il accueille chaque année des milliers de visiteurs, caméra au poing et jumelles collées aux orbites, venus admirer une faune variée et exotique.C’est en effet le refuge de milliers d’oiseaux migrateurs : aigrettes, hérons, cigognes, macreuses, butors, ibis.C’est aussi l’habitat naturel de l’alligator, du cougar, du daim des Keys.De nombreux sentiers sillonnent la plaine et les marais et mènent à la découverte d’un monde fascinant de prédateurs et de proies, d’herbes rases et de forêts denses.Mais il faut pénétrer à l’intérieur des Everglades pour comprendre ce monde étrange et découvrir ses beautés cachées.Les provisions entassées au fond du canoe, les caméras à portée de la main, la lotion solaire étendue avec application sur chaque centimètre de peau exposée, nous sommes prêts.Bientôt, nous voguons lentement, suivant la piste balisée qui s’enfonce dans la fraîcheur de la forêt de palétuviers.Quelle merveille d’adaptation que ces arbres qui prospèrent entre eau salée et eau douce et dont les racines partent des branches, parfois à plus de 2 mètres du niveau de l’eau, pour grandir à une vitesse vertigineuse dans leur quête d’humidité.C’est dans ces racines que nos pagaies restent coincées à chaque tournant.Il faut dire que, sans en être à notre premier coup de rame, nous ne sommes pas exactement des experts de l’aviron.Et puis, le cours d’eau est étroit, pas plus d’un mètre de large à certains endroits, et particulièrement sinueux.Au bout d’une heure cependant, notre ténacité a raison des difficultés et nous entrons dans un plan d’eau étendu.Un cri stridant nous fait sursauter.Haut dans les airs, un buzard des marais nous surveille d’un mauvais oeil.Nous com- prenons bien vite la raison.Tout près, perchée sur un arbre dégarni, Madame Buzard couve ses oisillons.Si la plupart des oiseaux se tiennent sur le rivage où la pêche est abondante, c’est à l’intérieur du parc que l’on trouve les espèces plus timides comme la spatule rosée et le milan des marais, deux espèces en voie de disparition et le très rare flamand rose.C’est aussi dans les étangs loin de la pollution et du bruit, que l’on peut voir des mammifères paisibles et très laids, les menatees.Ces montres aquatiques, qui peuvent peser jusqu’à une tonne, ont fait récemment une réapparition timide dans les Everglades, après avoir été quasiment exterminées par une chasse à outrance et par les accidents dûs aux hélices des bateaux.La légende veut que les marins, fébriles et confus après de longs mois en mer, prenaient ces laiderons pour des sirènes.Sans être aussi dérangée je suis tombée en amour avec ces survivants préhistoriques et je serais bien restée en leur compagnie plus longtemps si de nouvelles aventures ne nous attendaient plus loin.?Voilà trois jours que nous sommes partis.Il me semble que je suis au bout du monde (et au bout de mon corps aussi, je ne sens plus mes épaules, mes genoux sont croches et mes ampoules aux mains, n’en parlons pas).Mais on oublie bien vite les cris d’un corps qui souffre lorsqu’au détour d’une baie, on découvre une nuée de foulques qui s’éparpille à grands coups d’ailes, une élégante aigrette neigeuse ou une galinulle pourprée.Faire une randonnée en canoe dans les Everglades, c’est s’adapter à un rythme bien particulier.Ici pas de courant contre lequel on doit se battre, pas de portage.pas de paysage grandiose non plus.Une foret de palétuviers, c’est beau .pour une heure.Après ça, la monotonie prend la relève.C’est alors que l’esprit peut vraiment vagabonder à la recherche du petit rien merveilleux qui fait toute la différence ; un mocassin d’eau enroulé sur une branche, une touffe d’orchidées encore en fleur, une grenouille verte suspendue à une branche.L’oreille tendue s’emplit du clapotis de l’eau glissant sous la coque du canoe, du souffle du vent dans les branches, du splash d’un alligator se jetant à l’eau.On peut naviguer des jours entiers dans ces eaux sans rencontrer âme qui vive.Le soir au chickee (plateforme de campement), on retrouve quelque vieil habitué, le geste sûr, la parole rare ou, ce qui est moins amusant, une bande de joyeux lurons qui fêtent jusqu’au petit matin.Tout n’est pas rose dans la vie de touriste ! Au bout d’une semaine, nous ressortons du marais, la démarche hé- * -î ¦ Mmd * Liijfc.M* Les Everglades, un parc semi-aquatique couvrant plus de 2,000 milles carrés de marécage et de plaine.*¦ * •* j • \*v**$i "T ¦ I: '"K*- 'îNv!: -J * VÏJ jï-ïà*.* * / r -4 \-4,i * i ¦ En\fersk>n Française CINEMAS ClNEPLEX ODEON DESJARDINS COMPLEXE HOMMES MONTRÉAL Pendant un an, sur ie continent le plus dur de la planète, une seule idée; SURVIVRE.Ce que Tara et Jiro.chiens de traîneaux, ont vécu, aucun homme au monde ne l'aurait imaginé.ROBIN RENUCCI (ESCALIER C) .irrésistiblement drôle!” - Francine Laurendeau.LE 0EV0IR UNE HISTOIRE VRAIE Etats d’ame UN FILM DE JACQUES FANSTEN DESJARDINS LE DAUPHIN On ne sait jamais auprès de quelle femme on vit MICHEL MICHEL c/Ïmet SERRAULT PICCOU onqnate da| VANGELISl Dntrifcafw* FRANCE FILM avec la collaboration de [ ROBERT HOSSEIN "*haé Koreyoshi Kurahara PARADIS | ODÉON LAVAL | CHÂTEAÜGUAY ¦ D-8 B Le Devoir, samedi 8 novembre 1986 LE DEVOIR CULTUREL Abitibi-Témiscamingue Le festival qui vient du froid MARCEL JEAN Tpfc OUYN-NORANDA - On a peut-être trop insisté sur la -X^qualité de l’accueil — qui se vérifie année après année — au Festival international du cinéma en Abitibi-Témiscamingue.De cette insistance est née une attitude condescendante, toute montréalaise, qui voudrait réduire ce festival à une succession de parties, en évacuant presque entièrement la cinéphilie.Il n’est pas nécessaire d’insister pour dire à quel point cette attitude méprisante est loin de la réalité lorsqu’elle oublie que c’est là que se joue la partie de l’existence de la culture en région.Rouyn-Noranda, avec son beau théâtre du Cuivre fraîchement rénové, est devenu un symbole : celui de la possibilité de planter un événement culturel d’importance en terrain infertile.La présence, à la soirée d’ouverture, de nombreux députés et ministres (de Lise Bacon à Marcel Masse, en passant par François Gendron et Gilles Baril), de même que d’autres personnalités importantes dans la gestion de notre cinématographie (François Macerola, commisaire à l’ONF; Jean-Guy Lavigne, directeur général de la SGC ; Alain Gourd, sous-ministre des Communications), ne faisait aucun doute sur l’enjeu du festival.Car, derrière l’image de marque de Rouyn-Noranda, la situation n’est pas rose et la cinéphilie se meurt un peu partout, comme le reste de la culture, faute de moyens.Jacques Matte, le directeur du festival de Rouyn-Noranda, supporté par une équipe au dynamisme incroyable, a su manoeuvrer avec intelligence pour en arriver là.Aujourd’hui, il a doté sa ville d’une salle de premier ordre et offre à la population locale un événement d’importance (tant médiatique que cinéphilique), en plus de programmer des films et des spectacles à l’année longue.Cette année, le festival comptait sa part de primeurs (Inspecteur Lavardin, de Chabrol; Le Rêve de voler, d’Helen Doyle; Bach et Bottines, d’André Melançon).Et, en dehors de ces primeurs, des reprises (ce que je ne peux qu’encourager puisque ça va à l’encontre de la course aux primeurs qui rend les films si éphémères) et une place très importante accordée au cinéma québécois (autant les courts que les longs métrages).De ces films, je retiens tout particulièrement Inspecteur Lavardin, un Chabrol du meilleur cru, vitrio-lique, fustigeant les bourgeois et les tartuffes, drôle et moral d’une morale qui dépasse les lois pour atteindre la justice selon Jean Lavardin (Jean Poiret, merveilleux).Avec cette histoire de meurtre d’un écrivain catholique, Chabrol nous offre un vrai plaisir de cinéma, à faire retourner Claudel dans sa tombe.Autre primeur, Transit, court métrage québécois de Richard Roy, laisse entrevoir un cinéaste au véritable talent en gestation.Entre un homme (Michel Côté) et une femme (Marie Laberge) se nouent des rapports tortueux qui les poussent à se remettre en question, jusqu’aux tréfonds de leur sexualité.Un tel sujet pourrait être lourd (il l’est, par moments) si la mise en scène de Roy ne le transcendait pas en exploitant systématiquement le hors-champ.Fort d’un découpage précis et d’un montage sensible, Roy n’hésite pas à abandonner une action en cours de route au moment même où elle prend un sens.Cette façon de passer rapidement à autre chose, de ne pas trop en dire sur chaque geste pour avoir l’occasion d’en dire le plus possible sur leur conjonction est hautement cinématographique.De même, Roy joue habilement d’une temporalité saccadée pour faire débouler son récit à un rythme qui accentue la fatalité du drame (et qui n’est pas sans rapport avec la deuxième partie du très beau Tarot, de l’Allemand Rudolf Thome).Avec Transit, le court métrage réintègre l’une de ses fonctions importantes, soit celle de nous faire découvrir les cinéastes qu’il faudra suivre au cours des prochaines années.Limiter la production de courts métrages, comme cela se fait au Québec depuis deux ou trois ans, c'est aussi empêcher les jeunes cinéastes de se faire la main et d’étaler leur talent au grand jour.Toujours venant du Québec, j’ai moins apprécié, par contre, Le Rêve de voler, d’Helen Doyle (que l’on peut voir à L’Autre Cinéma depuis hier).Documentaire sur une troupe de trapézistes qui présente un spectacle théâtral, Le Rêve de voler se divise en deux parties ; la préparation du spectacle et le spectacle lui-même.Dans la première partie, un malaise naît du culte du corps auquel s’adonne la cinéaste.En insistant sur les corps par de nombreux plans rapproches, elle exalte l’harmonie et la beauté du corps dans l’effort, la beauté-force, en plus d’évoquer ce mythique et ancestral rêve de voler qui se rattache à une certaine surhumanité.La parenté avec la Leni Riefen-stahl des Dieux du stade existe, quoiqu’on en dise.Dans la deuxième partie, le film échoue à cause de son utilisation de l’espace.Le trapèze est, d’abord et avant tout, quelque chose de spatial.Or l’espace n’existe pas lorsque Doyle filme le spectacle.Elle se contente de la beauté des costumes pour créer l’intérêt.Elle démonte le spectacle par petits blocs, n’arrive pas à nous faire prendre conscience de l’espace utilisé par les trapézistes.Ce cinéma-là détruit la magie du trapèze, l’emprisonne dans le cadre, le ramène à une perspective plate.Il n’y a plus de hauteur, il n’y a qu’un seul plan, celui, outrancièrement sans relief, de la mise en scène.Du côté des reprises, un film déjà présenté au FFM, L’Homme dans la lune, du Danois Erik Clausen.On revoit avec bonheur ce long métrage où un homme retrouve sa liberté 17 ans après avoir tué sa femme.Le film montre un univers sombre mais plein d’humour, témoignage de la sensibilité à fleur de peau du cinéaste.Clausen y va d’un récit subjectif (tout passe par la perception altérée de l’homme) et excelle à créer des atmosphères nocturnes et oniriques.Film maniéré (dans le bon sens du terme), L’Homme dans la lune procède d’une esthétique étonnante, proche de l’expressionisme, qui sert à merveille son propos.Tout, pour cet ex-bagnard, est plus gros, plus sombre, plus coloré qu’avant.Après 17 ans de taule et de rêves, l’étrangeté caractérise chaque objet.Il n’y a pas un chaudron, un lampadaire, une ruelle ou un frigidaire qui soient normaux.Et, dans cette lignée, il n’y a plus de communication qui soit facile.À ce chapitre, les rapports de l’homme avec la famille turque et avec le chanteur travesti donnent lieu aux scènes les plus fortes du film.(L'Homme dans la lune prend l’affiche ce soir, à l’Outremont.) Enfin, le festival de Rouyn-Noranda aura été gratifié d’une présence chaleureuse, celle de Jean Dréville qui, du haut de ses 80 ans, venait présenter Le Joueur d’échecs, qu’il a réalisé en 1938.D’une vitalité surprenante, Dréville a séduit tout le monde pas sa simplicité et sa vivacité d’esprit.Parlant des grands du passe (Gance, L’Herbier), de ses projets de films (eh oui ! ), il m’est apparu comme un véritable pan, à lui seul, de l’histoire du cinéma.La projection de son film, Le Joueur d’échecs, fut l’un des bons moments du weekend, surtout grâce à la prestation gaillarde de Françoise Rosay en Catherine de Russie.Avec sa grande maîtrise technique, Dréville nous a donné le gout d’aller voir du côté des incunables du cinéma français (ce que fait, d’ailleurs, Francine Laurendeau en page D-7.) Grand succès public, ce cinquième festival d’Abitibi-Témiscamingue s’oppose courageusement à la désertification culturelle hors-Montréal.Il est, bien entendu, un pis-aller : la projection soutenue de films, tout au long de l’année, demeure encore la meilleure façon de faire aimer le cinéma.Mais, dans le contexte actuel, alors que l’État ne prête l’oreille que lorsqu’il s’agit d’organiser des événements exceptionnels, Rouyn-Noranda (comme Sainte-Thérèse) est l’exemple de gens qui luttent avec les seuls moyens mis à leur disposition.« Bach et Bottines » L’entre-deux-genres d’André Melançon Bach et Bottines : de gauche à droite, Mahée Paiement, Geneviève Turcot-Dompierre et Maryse Cartwright.NATHALIE PETROWSKI LA PREMIÈRE image de Bach et Bottines, le nouveau film d’André Melançon et le troisième de la série des « Contes pour tous », est saisissante.Une petite fille drapée de rouge marche dans un im-, mense champ de neige dont l’infinie blancheur sera perturbée par l’apparition à l’horizon de deux cavaliers qui s’approchent d’elle lentement.Les chevaux tournoient autour de la petite fille, puis l’un d’eux se couche à ses pieds et révèle, posé sur son ventre, le clavier d’un piano.L’image empreinte de poésie laisse croire que Bach et bottines est un film surréaliste au lyrisme porteur d’enchantement.Il n’en est rien.Quittant trop tôt le mode onirique, André Melançon plonge à pieds joints dans l’hyperréalisme des cuisines réduites et des appartements un peu tristes où vit un homme enfermé dans sa musique, bousculé dans ses habitudes par l’arrivée impromptue de sa nièce Fanny (Mahée Paiement) et de la mouffette Bottines.Fanny a perdu ses parents dans un accident d’auto.Sa grand-mère, qui se prépare à entrer à l’hospice, même si elle paraît à peine âgée de 50 ans, vient la déposer chez le seul être qui lui reste sur terre : l’oncle Jean-Claude (Raymond Legault), un célibataire endurci qui ne pense qu’au concours d’orgue qu’il prépare et veut gagner à tout prix.L’envahissement du monde adulte par le monde des enfants, l’incompatibilité des deux cultures, l’apprivoisement difficile des deux solitudes : autant de thèmes qui seront abordés à travers les rapports entre Fanny et Jean-Claude.Si le pourquoi est juste, le comment, c’est-a-dire le traitement et la mise en scène, l’est moins.Dans Bach et Bottines, les deux mondes — enfantin et adulte — se chevauchent constamment sans fusionner dans un genre précis.Sommes-nous dans un film pour enfants ou dans un film pour adultes ?Nous ne le saurons jamais.Ce que nous observerons, toutefois, c’est le parti pris évident du réalisateur pour le monde des enfants.Chez Melançon, les enfants ont raison et les adultes tort.Les enfants ont des structures mentales tellement développées qu’on ose croire qu’ils ont à peine l’âge de raison.Inversement, les adultes agissent avec l’immaturité niaise d’enfants qui ne sont jamais sortis des jupes de leur mère.Le problème ne tient pas au renversement des rôles mais plutôt au fait qu’il se déroule dans un cadre terriblement réaliste.Ce cadre vient fausser le jeu.Des personnages comme ceux-là, c’est-à-dire fabriqués pour les besoins de la cause, ne peuvent survivre que dans un cadre hyper-fantaisiste, sans quoi ils basculent dans la caricature complaisante.C’est précisément ce qui se passe dans Bach et Bottines.Les personnages perdent de leur crédibilité au contact de cette mise en scène réaliste, privée d’images folles et fantasques, mise en scène qui les confine à un univers terne et étroit dont ils ne peuvent ni ne veulent s’échapper.Avec une action qui piétine, un montage qui manque de fluidité et parfois de continuité, avec des personnages qui se rapprochent et s’éloignent sans véritable progression, Bach et Bottines ressemble, par moments, à une symphonie sur mode émotif dont on aurait mêlé les partitions.Dans une première scène, Jean-Claude rayonne de bonheur en retrouvant sa nièce.Dans la suivante, il parle déjà de lui trouver une famille d’accueil.Dans la troisième, il lui installe une chambre.Si le comportement est contradictoire, le jeu de Raymond Legault ne met pas la contradiction en relief.Son jeu est ambivalent, jamais vraiment méchant, jamais vraiment aimant, entre deux eaux, entre deux émotions.Le personnage ne succombe pas au stéréotype du vieux garçon grincheux, certes.En même temps, il ne s’ancre dans aucune émotion réelle.Le comédien ne joue pas, il sur-joue, faussement exaspéré par Fanny, faussement amoureux d’une musique qu’il écoute, le visage déformé par un rictus ridicule qui fera frémir les mélomanes.La petite Mahée Paiement est plus vraie, plus touchante, encore que les mots qui sortent de sa bouche ne sortent visiblement pas de sa tête mais de celle du réalisateur.Elle les livre parfois avec un naturel étudié qui manque de spontanéité.Elle crève l’écran, mais elle le sait et cela se sent.Bach et Bottinesl reste un très joli film, quant au fond.Un film qui refuse la facilité de l’action à la faveur de la difficulté des émotions.Dommage seulement que ce monde émotif ne soit pas servi par des images plus riches et des atmosphères plus poétiques.À trop refuser l’effet et l’invention, le film frôle la banalité et n’arrive pas à accéder à une dimension plus large et moins anecdotique que celle qui sévit sur l’écran.LES FILMS DU CRÉPUSCULE INTERNATIONAL présente UNE RÉVÉLATION LES FILMS DU CREPUSCULE INTERNATIONAL présente G LIBERATION lors de la sortie du film au Festival MARIE CARDINAL Une émotion contenue parcourt tout ce film.— Luc Pen-eault, "La Presse" DENI MA L’HOMME DANS LA LUNE é v.o.danoise, s.t.français un»* d* CMOtelJ Au cinéma OUTREMONT 1248, rue Bernard ouest* dès le 8 novembre I.’AUTRE CINÉMA ______6430 rue Papineau _ de Cannes 1986: une manière de chef-d'oeuvre à la française qu'est-ce qui lui a pris (au réalisateur), soudain, de faire un si beau film?car en plus, c'est drôle LIBÉRATION le 29 août 86.lors de la sortie du film à Paris: C'est son habileté (à l'auteur) de manier, souvent ensemble, l'humour et l'émotion qui font de “Beau temps mais orageux en fin de journée" une réussite rafraîchissante, une bonne nouvelle au pays du cinéma L’HUMANITÉ: Un film rare dans le cinéma français LE CANARD ENCHAÎNÉ: vif et drôle JL be m TEMPS M §®ia
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