Le devoir, 22 novembre 1986, Cahier C
LE DEVOIR CULTUREL Montréal, samedi 22 novembre 1986 VOS HÔTES GUY ET DODO /-\ / \ Dîners | Table d’hôte d'affaires y J midi el s°ir Cuisine Bourgeoise^^£^^Service personnalisé 4024 STE-CATHERINE OUEST Métro Affaler Résen étions 935-3277 J JAPRISOT GRAFF .4^ Photo Jacques Grenier Madeleine Forcier et Pierre Ayot, de la galerie GRAFF.?Avoir vingt ans rue Rachel JEAN ROYER Sébastien japrisot, ce gentleman qui est l’écrivain invité du Salon du livre de Montréal, porte bien le succès.Avec la simplicité qui est la marque des plus grands.Avec la modestie qui lui vient de l’intelligence de son travail.En littérature comme au cinéma, il a pris rendez-vous avec son époque.On l’a vu dans L’Été meurtrier, le livre et le film.On ne s’étonne plus que son dernier roman, La Passion des femmes (Denoël), qu’il devrait porter à l’écran bientôt, soit devenu un des best-sellers de la rentrée littéraire française.La réussite est la marque de Japrisot.De son vrai nom Jean-Baptiste Rossi, dont Sébastien Japrisot est l’exacte anagramme, il est né à Marseille dans les années 1940 et il a étudié chez les jésuites.Arrivé à Paris, il publie à 17 ans son premier roman chez Robert Laffont, Les Mal Partis.Il devient publicitaire puis scénariste.En 1963, il publie Compartiment tueurs et Piège pour Cendrillon.En 1966 paraît La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil.Il est consacré par le Grand Prix de la littérature policière, puis il retourne au cinéma pour une douzaine d’années (Adieu, l’ami, Le Passager de la pluie).Il reviendra à la littérature, mais non au polar, avec L’Été meurtrier et, aujourd’hui, avec La Passion des femmes.Ce dernier livre est la réussite d’un virtuose, mais aussi celle d’un grand écrivain du roman psychologique.Sur une plage déserte, à la fin d’un bel après-midi d’été, un jeune homme titube sur le sable, blessé d’un coup de fusil en pleine poitrine.Tombant une dernière fois, il sait que la marée va l’emporter, qu’on ne le retrou- GILLES DAIGNEAULT PENDANT près de cent jours, sous le titre de « GRAFF 1966-1986 », le Musée d’art contemporain présente sa plus importante exposition de la saison.En fait, GRAFF, l’atelier de la rue Rachel, et le MAC, l’institution de la Cité du Havre, sont de vieux amis.Les deux institutions montréalaises ont sensiblement le même âge, et il était normal que la deuxième (qui manquait peut-être d’idées, il y a trois ans) promette toutes ses salles à la première (qui semble avoir toujours manqué d’espace, en dépit de son agrandissement continuel) pour lui permettre de fêter ses 20 ans avec tout le panache que méritent, au Québec, les « industries culturelles » qui connaissent quelque durée.Conçu par Josée Belisle, l’accrochage comprend deux sections qui racontent, sur des modes différents mais également efficaces, la tonifiante histoire de cet atelier de gravure « pas comme les autres » qui, sans renier son état, a progressivement laissé la première place à l’une des plus solides galeries d’art contemporain en ville.La conservatrice du MAC a bien compris que le nom de GRAFF était associé à une certaine idée de débordement et elle n’a lésiné ni sur la quantité des estampes — près de 200 ! — qui résument l’aventure du centre de conception graphique, ni sur le gabarit des 27 tableaux, sculptures et installations de 22 artistes qui démontrent la brûlante actualité de la galerie.La salle, consacrée à la gravure, fournit un excellent raccourci de toute l’histoire de cette discipline au Québec puisque, parmi la centaine d’artistes sélectionnés, on retrouve des personnages aussi différents — et aussi importants ! — que Fernand Bergeron, Gilles Boisvert, Louis-Pierre Bougie, Cari Daoust, René Derouin, Yves Gaucher, Betty Goodwin, Jacques Hurtubise, Michel Leclair, Louis Pelletier, Francine Simonin, Serge Tousignant et, bien sûr, Pierre Ayot qui fait ici figure d’héritier direct d’Albert Dumouchel; « Dieu le fils », en quelque sorte.Par ailleurs, la présentation ne manquera pas de rendre nostalgiques les visiteurs qui se souviennent des éditions Graffofone (les premières à aborder en souriant le grave domaine du livre d’artiste), du pro- jet collectif « Pack-Sack » (le premier véritable ambassadeur de l’esprit GRAFF, en 1971), de Corri-dart.Si besoin est, on apprendra que l’image de marque de GRAFF n’est pas commode à définir, que sa production gravée n’a jamais été aussi stéréotypée ni aussi superficielle que le laissaient entendre ceux qui la regardaient hâtivement, que ces sérigraphies photomécaniques enjouées, à l’américaine, n’étaient pas moins « profondes » que les sages eaux-fortes à l’européenne qui étaient produites ici à la même époque.Mais c’est du côté des oeuvres inédites que l’accrochage est le plus spectaculaire.Même si tout n’était pas en place au moment d’écrire ces lignes, j’ai vite compris que l’écurie actuelle de la galerie GRAFF — à peine renforcée de deux ou trois sympathisants — n’avait aucun mal a occuper les lieux.Manifestement, la plupart des artistes se sont défoules dans les magnifiques salles du MAC, et les bonnes surprises ne manquent pas.Ici, à défaut de mentionner tout le monde (ce qui serait la chose la plus juste), signalons le gigantesque ta- bleau de Jocelyn Jean qui occupe tout un mur et "qui synthétise brillamment toute sa production antérieure, l’installation de Serge Le-moyne qui joue sur le double sentiment de méfiance et de respect que la peinture inspire à l’artiste, la série de 10 petites boîtes de Lucio de Heusch réunies sous le titre d’« Analogies » et dont les interactions redonnent une nouvelle vie à une pratique du peintre qu’on croyait essoufflée, le double dessin de Luc Béland avec son kabukironique qui constitue la figuration la plus libre et la plus ingénieuse qu’on ait vue depuis longtemps, ici ou ail-ieurs 0tc.On sait que GRAFF aime les confrontations tant de générations que de nationalités, et l’exposition de Josée Bélisle en rend bien compte.Par exemple, le « Triptyque de la grande cuisinière » de la jeune Monique Ré-gimbald-Zeiber et les 12 sculptures peintes qui forment l’espèce de cathédrale intitulée « Faux vacuum » du vieux Claude Tousignant, cohabitent en bonne intelligence, avec la même maturité et la même fraîcheur ; et il en va de même pour les jeux de matériaux des Cozic en face de l’Américain Charlemagne Palestine, comme pour les travaux photographiques de Michel Leclair a côté du Français Georges Rousse.Encore là, on pourrait continuer.Enfin, quand on constate combien les histoires de GRAFF et du MAC se chevauchent depuis 20 ans, on ne s’étonne plus de l’ampleur des moyens mis en oeuvre par le musée pour célébrer ce joyeux anniversaire.De plus, on trouve tout à fait savoureuse l’idée d’établir un service d’audio-guide; après tout, il n’est pas complètement inconcevable que même une exposition, composée en majeure partie d’oeuvres québécoises, devienne ici un block-buster.Le vernissage a lieu demain à 15 h en présence des artistes.Mentionnons que l’événement se répercute dans le hall d’entrée de la salle Wilfrid-Pelletier (du 8 décembre au 18 janvier), à la maison de la Culture du plateau Mont-Royal (jusqu’au 30 novembre) et, surtout, a la galerie de l’UQAM (jusqu’au 30 novembre) de même que chez GRAFF, au 963, rue Rachel est (jusqu’au 2 décembre).Suite à la page C-9 ?Un rendez-vous avec notre époque Photo Jacques Grenier Sébastien Japrisot : « Écrire, c’est moi regardant le monde que je raconte .» Les enfants terribles NATHALIE PETROWSKI ILS ONT entre six mois et 16 ans.Ils n’ont pas toujours l’âge de raison.Cela ne les empêche pas d’envahir les écrans et d'annoncer, par leurs apparitions brèves ou prolongées, l’avenement de leur dynastie.Celle des enfarits-vedettes, des enfants-rois.Enfants, payés au même tarif que les adultes, et servis à toutes les sauces : dans les messages publicitaires, dans les émissions de télévision, dans les longs métrages.Enfants représentatifs et en représentation, exploités pour les mauvaises et les bonnes causes, selon l’honnêteté ou la démagogie de ceux qui les utilisent.Enfants à qui l’on donne enfin la parole, sans toujours leur accorder le choix des mots.Enfants qui nous interpellent, dans notre siège de spectateur, pour Photo Jacques Grenier Mahée Paiement.quence et la portée de la diffusion.Les enfants ont les mêmes droits que les adultes, et quelques privilèges de plus.S’ils ont moins de deux ans, ils n’entrent pas sur le plateau sans la bénédiction d’une infirmière ou d’une puéricultrice.Leurs heures de travail sont réduites.Par humanisme, sans doute, mais aussi pour des raisons purement techniques.S’ils ne sont pas en forme, le produit final s’en ressent.Les chèques sont faits à leur nom.Les parents encaissent et les enfants disposent.La plupart ne prennent pas la peine de s’ouvrir un compte en banque en prévision d’études universitaires.Les cachets sont négociés un peu n’importe comment par des parents qui s’improvisent agents sans connaître les rudiments de la négociation.Très peu d’entre eux assistent aux séances de formation qu’offre l’Union des artistes.Très peu tiennent tête au pro- Photo Jacques Grenier Sarah-Jeanne Salvy.Photo Mlrko Buzolltch Lucie Laurier.nous émouvoir, nous séduire, nous manipuler.Aurore l’enfant-martyre, premier enfant du théâtre et du cinéma québécois, n’en reviendrait pas.Jamais a-t-on vu sur les écrans québécois pareille sur-valorisation des enfants.On pourrait croire que leur rareté démographique les a rendus d’autant plus précieux aux yeux de la société, ou encore qu’ils participent inconsciemment a un complot nataliste organisé par les producteurs, concepteurs et créateurs québécois.Chose certaine, les enfants sont en demande.À tel point que, depuis quelques années, c’est par centaines qu’ils viennent grossir les rangs de l’Union des artistes.Tous sont payés au même tarif que les adultes : $ 288 par jour pour le cinéma, $ 182 par jour pour les émissions de télé, et entre $ 432 et $ 1,878 pour les messages commerciaux, selon qu’ils ont un rôle parlant ou muet, selon la fré- # Photo Jacques Grenier Charlotte Laurier.ducteur lorsque celui-ci demande une permission spéciale pour prolonger les heures de tournage.Trop contents de voir leurs petits monstres goûter à une gloire précoce, ils s’accommodent des bouleversements qui viennent avec.Ils répondent à la demande du marché, comme leurs enfants.Plus la demande est forte, plus ils la comblent.Quant aux enfants, plus ils tournent de films, plus ils ont envie d’en tourner.Mahée Paiement (Bach et Bottine au cinéma, Pop-Corn à la télé), Sarah-Jeanne Salvy (Tinamer), Lucie Laurier (Anne Trister) : trois enfants, trois exemples d’actrices nées qui ont déjà presque trop conscience de leur effet.Elles n’ont pas encore les mots pour le dire, mais elles ont, chacune à sa manière, une envie dévorante de faire du cinéma Suite à la page C-9 En pages LE GONCOURT 1986 Au « feuilleton», Lisette Morin commente le roman de Michel Host, Valet de nuit, qui a remporté le Goncourt 86, lundi.Page C-3.LE NOUVEAU TREMBLAY Michel Tremblay quitte ses Chroniques du plateau Mont-Royal, le temps d’un « roman d’amours ».Stéphane Lépine commente cet écart, et Jean Royer interviewe le romancier.Page C-4.AU SALON I)U LIVRE Vingt jeunes éditeurs français débarquent au Salon du livre de Montréal.Et Antonine Maillet y est l’un des auteurs invités.Page C-6.JEAN BOTTÉRO Heinz Weinmann interroge l’historien et spécialiste des religions sémitiques anciennes, Jean Bot-téro, qui publie chez Gallimard La Naissance de Dieu.Page C-7.THE MISSION Marcel Jean a vu le film de Roland Joffé qui, dans la controverse, remportait, en mai dernier, la Palme d’or au festival de Cannes.Page D-7.HUMEURS Nathalie Petrowski, qui signe ci-contre un article sur les « enfants terribles » de l’écran, raconte dans ses « humeurs » l’envers de ce reportage.Page C IO.ROBIN NORWOOD CES FEMMES QUI AIMENT TROP BEST-SELLER AUX ÉTATS-UNIS DEPUIS PLUS D’UN AN! La radioscopie des amours excessives Si vous vous retrouvez toujours ensorcelées par des hommes qui ne vous aiment pas ou ne savent pas vous aimer.Ce livre est fait pour vous! COLLECTION RAHC0UHS dirigée par Josette Stanké Stankç les Editions internationales Alain Stsnké , 2127, rue Guy, Montréal H3 C-2 M Le Devoir, samedi 22 novembre 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Le poète acadien Herménégilde Chiasson, dont le film, Toutes les photos finissent par se ressembler sera diffusé le 27 novembre au cinéma Outremont.IT**-* -W Pétition — À l’inauguration du salon du livre, jeudi, Lise Bacon a reçu une pétition contestant les coupures infligées par son ministère dans les subventions aux bibliothèques municipales.Louise-P.Rochon a remis la pétition au nom de plusieurs organismes oeuvrant dans le livre et le périodique.Les 9,230 signataires de cette pétition proviennent de tous les chaînons du monde du livre.Les organismes du livre et du périodique déplorent vivement cette mesure régressive qui va à l’encontre de la promotion de la lecture.La pétition parle de « nos bibliothèques en danger».?Un film de Chiasson — Le poète acadien Herménégilde Chiasson a réalisé un film de grande qualité, intitulé Toutes les photos finissent par se ressembler.Cette oeuvre sera projetée une seule fois (pourquoi une seule ?) le jeudi 27 novembre à 19 h 30 au cinéma Outremont.Le film de Chiasson est une fiction émouvante qui a pris comme sujet la naissance de la littérature acadienne moderne, mise en parallèle avec le combat politique des Acadiens.En plus d’être un hommage aux artisans de « la mise en parole orale et écrite » de ce pays qu’on appelle l’Acadie, le film traite avec lucidité de la présence des écrivains dans la situation politique et de l’importance de la littérature dans une société qui cherche à affirmer son identité.L’histoire du film met en présence un père, écrivain (Herménégilde Chiasson), et sa fille (Marcia Pilote), qui vient lui montrer son premier manuscrit.Réalisé par Chiasson, le film est produit par Éric Michel.?Attaché de presse à l’Hexagone — Les éditions de l’Hexagone et des Herbes rouges annoncent la nomination d’André Beaudet comme attaché de presse.Jusqu’ici lecteur de manuscrits, M.Beaudet s’occupera de la promotion des livres de ces deux maisons.Il a publié aux Herbes rouges l’excellent titre Littérature l’imposture.Chargé de cours à l’Université de Montréal, il a aussi été administrateur de l’Uneq durant deux ans.?Départ chez Leméac — Yves Dubé, depuis de nombreuses années directeur littéraire chez Leméac, dé- Les Belles Rencontres de la librairie HERMES aujourd’hui 22 novembre de 14h à 16h CÉCILE CLOUTIER vendredi 28 novembre de 17h à 19h JEAN-MARIE THERRIEN PAROLE et POUVOIR Éditions de l’Hexagone .samedi 29 novembre de 14h à 16h GAÉTAN BRULOTTE Le surveillant Editions Leméac mercredi 3 décembre de,18h à 20h Le choix de JEAN PANNETON dans l’oeuvre de RINGUET Le choix de M.JOSÉ THERIAULT dans l'oeuvre d’YVES THÊRIAULT Le choix ae MARCEL DUBÊ dans l’oeuvre de MARCEL DUBÊ Editions Presses Laurentiennes vendredi 5 décembre de 19h à 21h REVUE DIXIT 01 samedi 6 décembre de 14h à 16h FÉDÉRATION INTERNATIONALE DES DROITS DE L’HOMME vendredi 12 décembre de 19h à 2lh GÉRALD GODIN Soirs sans atout Écrits des Forges MADELEINE GAGNON L’infante Immémoriale Écrits des Forges samedi 13 décembre de 14h à 16h Dr.PAUL DAVID 1120, av.laurier ouest outremont, montréal té(.: 274-3669 missionne de son poste, ont annoncé les nouveaux propriétaires de la maison, Mme Bergevin et les frères Rochette.?Nouvelle collection — Avec Bilan du nationalisme au Québec, de Louis Balthazar, l’Hexagone inaugure une nouvelle collection, « Politique et Société », dirigée par M.Balthazar en collaboration avec Fernand Dumont et Jean Mercier et coordonnée par Yvon Johannisse.?« Parcours » — Les éditions Alain Stanké viennent de nommer une de leurs collections du même nom qu’une collection très connue des éditions de l’Hexagone, soit « Parcours ».Roland Giguère dirige depuis 1978 la collection « Parcours » à l’Hexagone, qui comprend jusqu’ici deux titres : Forêt vierge folle, de M.Giguère, et La Pointe du vent, de Claude Haeffely.On y prévoit deux titres de Gilles Hénault et Guy Robert.Or Stanké vient de faire paraître le premier titre de « sa » collection « Parcours », Laissez-moi devenir, du Dr Gilles Racicot.Dans un communiqué, Alain Horic, de l’Hexagone, dénonce cette « usurpation » de son confrère Stanké et lui demande « de retirer le nom de sa collection et de s’en forger un autre».?Fin d’une Chronique — Un communiqué de l’Union des écrivains souligne la fin de la chronique littéraire d’Alice Parizeau dans La Presse.Cette chronique faisait connaître, dans un effort de synthèse, les oeuvres des écrivains québécois.La chronique s’est donc arrêtée, la semaine dernière, à la lettre F.?* -k Le choix du libraire — Le choix du libraire pour décembre est assumé par la directrice générale de l’Association des libraires.Louise-P.Rochon conseille des titres en trois catégories.Beaux livres : Pellan, de COURRIER Lettre adressée à Nathalie Petrowski.Ô, IMBERBE philosophe des lumières, que c’est rouillé chez vous.Le chien de Léo Ferré saurait mieux que moi répondre à votre pied de vierge offensée.J’essaierai de japper à sa place.En cet espace francophone d’Amérique, la parole aura-t-elle toujours à se débattre entre, d’un côté, les Américains, et, de l’autre, les sous-pontifes de l’Académie française ?Un peu d’air, de l’oxygène, s’il vous plaît, madame Petrowski.L’émotion que vous exprimiez dans votre criminelle arrogance de samedi dernier (« Le crime de Sandra Dorion »), je l’ai ressentie en vous lisant.Au moins, me dis-je, Sandra Dorion a le don de vous toucher.Enfin, quelque chose en ma langue vous va droit au spleen, court-circui- Germain Lefebvre (Marcel Bro-quet), et un collectif du Trécarré sur les peintres D'après nature.Histoire/roman : Le Québec contemporain de 1930 à nos jours, par Durocher, Linteau, Robert et Ricard (Boréal), et La Passion des femmes, de Japrisot (Denoël).Livres d’enfants : Les Chiffres, par Roger Paré (La Courte Échelle), et As-tu vu Joséphine ?, de Jacques Poulin (Toundra).?Droit d’auteur — L’oeuvre littéraire constitue une propriété intellectuelle, rappelle l’Union des écrivains québécois en soulignant que deux journaux anglophones ont « violé » récemment la loi du droit d’auteur.En effet, The Globe and Mail, de Toronto, et The Gazette, de Montréal, se sont permis de traduire et publier, sans autorisation, des extraits de l’ouvrage de René Lévesque, Attendez que je me souvienne.« L’Union des écrivains québécois et l’Association des éditeurs canadiens dénoncent les comportements méprisants à l’égard des auditeurs et tant toutes les têtes bourrées de grammaire et de sophismes couleur papier-journal.Allez jusqu'au bout de votre émotion, madame : vous y découvrirez sans doute quelque chose d’inédit.Par ailleurs, si jamais, en ce continent, vous avez déjà subi le réel isolement en mer anglophone, vous reconnaîtrez que la plus belle qualité que nous permet la langue française, c’est justement la nuance.Il faut peut-être se noyer chez les Anglais pour découvrir combien cette qualité manque à nos voisins d’à côté, d’en face, d’en haut et d’en arrière.Ce n’est ni vache, ni espagnol, que de l’inscrire — n’était-ce que naïvement — dans du vinyle.Enfin, pour le reste, madame, je vous suis et j’essaie de comprendre.Je ne suis offensé que par ce frisson de châtelaine qui croise une provinciale.des éditeurs, dit un communiqué de l’Uneq.L’incident qui a marqué la publication du livre de M.Lévesque aux éditions Québec/Amérique est un cas classique de violation du droit d’auteur.Le cas est d’autant plus grave qu’il met en cause des instances qui devraient être parmi les plus responsables et les mieux informées.Quand celles-ci montrent si peu de respect à l’endroit du droit d’auteur, comment s’étonner que la propriété intellectuelle ait autant de difficulté à être connue et reconnue dans notre société ?» ?Les ondes littéraires — Demain au réseau Quatre Saisons à 13 h, reprise de l’émission de Claude Jasmin avec Michel Tremblay, Roch Carrier et Marie José Thériault, entre autres.À la même heure au réseau Vidéotron, Ghila Sroka reçoit Jacques Langlais, qui parle des 200 ans d’histoire commune des juifs et des Québécois de langue française.À TVFQ/99, c’est la reprise de l’émission Apostrophes sur le thème de la lutte des pouvoirs.À 21 h 30 à TVFQ, Bernard Pivot propose « une soirée cosmopolite » avec Han Suyin, Edmund White et Wole Soyinka, entre autres.À 22 h 30, l’émission Claude, Albert et les autres à Quatre Saisons accueille des écrivains étrangers présents au Salon du livre de Montréal, dont Sébastien Japrisot.Estuaire L’ART POÉTIQUE te» NUMÉRO 40-41 LE POÈME EN REVUE ESTUAIRE C.P.337, SUCC.OUTREMONT MONTRÉAL, QC H2V 4N1 BULLETIN D’ABONNEMENT Abonnements pour quatre (4) numéros par année ABONNEMENT ÊTUDIANT/ÊCRIVA1N 12,00$ ?ABONNEMENT RÉGULIER 15,00$ ?ABONNEMENT POUR INSTITUTIONS 25.00$ ?ABONNEMENT DE SOUTIEN 25.00$ ?ABONNEMENT À L'ÉTRANGER 30.00$ ?ABONNEMENT POUR DEUX ANS (nous vous enverrons dix (10) anciens numéros d’Estuaire disponibles de votre choix.) (prix spécial pour huit numéros, au Canada seulement) 30,00$ ?ABONNEMENT POUR TROIS ANS (nous vous enverrons vingt (20) anciens numéros d’Estuaire disponibles de votre choix.) (prix spécial pour douze numéros, au Canada seulement) 45,00$ ?On peut aussi se procurer la plupart des quarante premiers numéros d’Estuaire CHAQUE NUMÉRO 4,00$ ?Nom________________________ Adresse_________________ Code_______________ VEUILLEZ M’ABONNER A PARTIR DU NUMÉRO.Stand #175 JEAN-GUY DUGUAY Don nés’y ’a claque, Sandra LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND LITTÉRATURE Laurent Mailhot et Pierre Nepveu, La Poésie québécoise, L'Hexagone, coll.« Typo », 646 pages.Cette réédition en format de poche de la monumentale anthologie de la poésie québécoise, entièrement remise à jour, fera des heureux pour la période des Fêtes.Les extraits les plus significatifs des oeuvres de quelque 140 poètes nous donnent un aperçu général de l’évolution de la poésie au Québec depuis le 17e siècle jusqu'au milieu des années 80.Léon Tolstoï, Lettres I et II, Gallimard, 395 pages et 452 pages.Ce choix de lettres — Tolstoï en a écrit plus de 8,500 — peut être divisé en trois catégories : Tolstoï l'écrivain, le penseur et l'homme.On y rencontre l'auteur de Guerre et paix dans son intimité, dans ses relations avec d'autres écrivains et dans ses réflexions les plus générales sur la condition humaine.BIOGRAPHIE Françoise Wagner, Madame Récamier, JC Lattès, 545 pages.« La Belle des Belles », ainsi la nommait-on, régnait comme une reine sur la société de son époque.Les plus grands hommes, tels Bonaparte, Sainte-Beuve, Hugo, le vieux La Harpe, le jeune Balzac, Wellington, Benjamin Constant, Guizot, etc., étaient séduits par elle et venaient parader dans son salon.Même les femmes respectaient la « Muse de la sociabilité ».Mais son plus grand amour fut Chateaubriand, avec qui elle vivra plus de 30 ans.Françoise Wagner veut montrer l’importance de madame de Récamier pour son époque.POLITIQUE Édification d'un État moderne.Le Maroc de Hassan II.Collectif présenté par Georges Vedel, Albin Michel, 472 pages.Dans cet ouvrage, on retrouve d'abord des témoignages sur la vie de SM Hassan II.Ensuite, des experts analysent les quatre grandes entreprises du roi : la symbiose de la fidélité religieuse et de la démocratie, l'unification des communautés décentralisées, la construction du développement économique et, finalement, l'affirmation du Maroc dans le monde.Alain Jaubert, Le Commissariat aux archives.Les photos qui falsifient l’Histoire, Bernard Barrault, 190 pages.Les photos ne représentent pas toujours la réalité.Quelquefois, elles sont truquées.Lénine, Staline, Trotsky, Hitler, Mussolini, Mao Tsé-Toung, Dub-cek, Brejnev, Castro, Gorbatchev ont abondamment exploité cette possibilité.Alain Jaubert a fouillé dans les archives et rassemblé des centaines de documents photographiques ainsi falsifiés qui ont servi pour la propagande dans les pays totalitaires.CINÉMA Georges-Patrick Langlois et Glenn Myrent, en collaboration avec Hugues Langlois, Henri Langlois, premier citoyen du cinéma, Denoël, 444 pages.Le créateur de la Cinémathèque française, en 1936, que Cocteau avait surnommé « le dragon qui veille sur nos trésors », a influencé un grand nombre de cinéastes, comme en témoigne Kurosawa dans sa touchante préface.Les auteurs de cette biographie ont voulu rappeler, pour le 50e anniversaire de la Cinémathèque française, le rôle essentiel de Henri Langlois dans l’évolution du cinéma.ALAIN JAUBERT LE COMMISSARIAT AUX ARCHIVES LES PHOTOS QUI FALSIFIENT L HISTOIRE s* V 1243 University 866-6381 • 4380 St-Denis 284-3688 • Galeries d'Anjou 351-8763 Centre Laval 688-5422 • Carrefour Angrignon 365-4432 • Mail Champlain 465-2242 Venez faire avec nous votre choix de livres-cadeaux.Les librairies- flammarîon scorpion DIDIER VAN ( AUWELAFRI Les vacances du fantôme 22,95$* ^¦DIDIER MUWELAERTl “(¦¦•) L'Invitation qu'il renferme à la détente, au plaisir certain d'une lecture facile, soutenue par ____une écriture tout à tait remarquable.” ¦ Lisette Monn, — Le Devoir “(.) ahurissant, drôle, pétillant et à lire de toute urgence si l'on veut passer quelques heures passionnantes.Ce roman est le cauchemar le plus drôle de l’année." Jacques Folch-Ribas, — La Presse “(.) on sort de la lecture de ce livre étourdi, séduit, ébloui, envoûté." Louise Blanchard, — Journal de Montréal SEUIL ’JwInuXii Sur la piste du dragon JfMVAAJ.'f Sur la piste du dragon.•>»*-.>, comme dit le poète, et vivre, n’est-ce pas s’éblouir de vaines et brûlantes incantations?Au Salon du livre de Montréal stand 523 NOUVEAUTÉS 1986 ALEXIS KLIMOV TERRORISME ET BEAUTÉ .le terrorisme est une abomination.Mais il est infiniment moins redoutable que le phénomène dont il est l’un des principaux révélateurs et qui devrait, lui, nous faire trembler plus que tout: celui de l’objectivation de l’être humain.Jean Rénaux JEAN RENAUD LE SECRET D’EMMA ISBN-2-920449-11 -7 Essai — 184 pages 15$ Alexis Klimov ALEXIS KLIMOV TERRORISME ET BEAUTÉ ISBN 2-920449-12-5 Essai — 150 pages 10$ FRANÇOIS HÉBERT L’HOMME AUX MARINGOUINS — Une libellule! prévint une sentinelle.Il faut comprendre que le sentiment d’un marin^ouin qui voit une libellule ressemble a celui d’un surviant de Guernica apercevant un Junker allemand dans le ciel de son village.Tous se réfugièrent sous des feuilles du plus proche bouleau.L’un d’eux, malheureusement, rata son atterrissage, percuta une branche et fracassa son aile gauche.— C’est un malheur, soupira le diptère, que nos ailes soient si Fragiles.On l’emmena à l’infirmerie.— C’est un malheur, ajouta le blessé, que les arbres soient si résistants.— Et c’est un malheur, conclut le médecin, que tu conduises ton appareil (son corps) comme le bourdon, ce lourdaud.FRANÇOIS HÉBERT L’HOMME AUX MARINGOUINS ISBN 2-924449-13-3 Récit — 130 pages 10$ DISTRIBUTIONS DU LONG-SAULT 3550, rue du Long-Sault, Beauport, Québec, Canada, GIE 1H6 TÉL.: (418) 663-3696 LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 22 novembre 1986 ¦ C-9 Sébastien Japrisot Suite de la page C-1 vera plus.Cette marée sera celle de l’écrivain, qui convoque ses personnages.Alors, tour à tour, les femmes qui ont compté dans la vie du héros racontent l’aventure qu’elles ont partagée avec lui, sans rien cacher des plaisirs et des tourments qui les ont conduites à l’abattre.Emma, Belinda, Zozo, Caroline, Frou Frou, Marie-Martine et Yoko ont chacune leur délire organisé.Japrisot emprunte leurs voix pour mêler à la fiction les souvenirs de sa vie et se moquer de ses propres fantasmes.Ici, l’écrivain a choisi de se démasquer avec un humour brillant.Mais pourquoi écrire ?Japrisot me donne la réponse d’André Breton : « J’écris pour donner rendez-vous.» Raconter des histoires pour rencontrer un public à soi.Non pas sur une scène ou devant la caméra — il n'a pas aimé son expérience de comédien dans Le Passager de la pluie — mais dans l’ombre et dans la « sincérité » de l’écriture.Derrière les masques de ses personnages, il peut dire « je ».Derrière les événements du roman, il peut « s’extérioriser » et devenir lui-même.Japrisot se méfie du nombrilisme.Il n’aime pas particulièrement les tournées de promotion et les entrevues minutes.« La littérature s’est beaucoup médiatisée, dit-il.Depuis L’Été meurtrier, je ne retrouve plus la même chose.C’est comme le cinéma ou les variétés.Je souffre d’être sur le devant de la scène.Mais j’essaie de faire le mieux possible parce qu’il faut le faire, parce que c’est comme ça que j’aurai le plus de lecteurs.« Ce que j’aime, c’est se regarder soi-même quand on écrit.On essaie alors de se raconter, de passer d’un souvenir à un autre, d’une sensation à une autre, en espérant toujours que cela va cadrer avec l’histoire et les personnages derrière lesquels vous vous cachez.Écrire me fait voir mon évolution personnelle.Écrire, c’est moi regardant le monde que je raconte.« Faire la promotion de son livre, c’est une sorte de nombrilisme.Mais écrire un livre et se regarder soi-même, se raconter à travers des personnages, c’est une sorte d’autocritique.C’est pourquoi j’utilise beaucoup la dérision et qu’il y a dans La Passion des femmes des personnages qui se moquent d’elles-mêmes.On peut trouver que, dans ce roman, j’ai trop parlé d’érotisme et pas assez de sentiments.On peut trouver que j’ai utilisé un langage pour chacune des femmes et que j’ai fait un exercice de style.C’est vrai.Mais, en fait, je me suis rendu compte que si j’utilisais tellement les héroïnes dans mes romans plutôt que les héros, c’est qu’ainsi je suis davantage masqué.Quand une femme parle à la première personne, on ne peut guère soupçonner qu’elle est moi.Du moins, c’est ce que j’imagine, en oubliant que Flaubert, par exemple, a dit : “Madame Bovary, c’est moi.” « L’imagination est entièrement nourrie de la réalité.Il n’y a pas de doute que mon héros est comme moi.Il a de la mémoire et de l’imagination.Moi aussi, c’est là-dessus que je dois compter pour écrire.Quand je décris un personnage, c’est, en fait, une foule de personnages que j’ai connus, des sensations et des sentiments que j’ai eus.C’est cela, le travail du romancier.Dans l’écriture, tout revient.Tout se met en place au moment où il faut.Le souvenir revient au bon endroit.L’essentiel, c’est de le rendre.Ce n’est pas l’histoire qui doit être cohérente, ce sont les personnages.« D’autre part, si j’aborde dans mes livres certaines choses que je pense sur la société, cela me vient vraiment des personnages.Tout ce qui m’intéresse, c’est humain, ce n’est jamais idéologique.C’est pourquoi après Compartiment tueurs, mes romans s’écartaient de plus en plus du policier pour aller vers le roman psychologique jusqu’à La Passion des femmes, où il n’y a plus vraiment d’intrigue policière.Je pouvais dire des choses à travers des personnages qui sont confrontés à une aventure qui les dépasse.Plutôt que de prendre des policiers qui voient des meurtres tous les jours, autant prendre un personnage comme vous et moi qui est confronté à un meurtre ou à une histoire dans laquelle il ne devrait pas être.J’aime les personnages qui sont dépassés par les événements et qui, finalement, gagnent sur les événements.C’est d’autant plus intéressant quand c’est une héroïne, qu’on croit plus vulnérable, en tout cas plus fragile physiquement que les hommes, et qui est protégée par le lecteur qui a peur pour elle plus que pour un héros masculin.C’est pourquoi j’en suis arrivé à écrire La Dame dans l’auto., puis L’Été meurtrier, enfin La Passion des femmes.» Certes, le roman de comportement est plus susceptible d’être porté à l’écran que le roman d’analyse.Mais ce n’est pas une raison pour dire que Japrisot « écrit directement pour l’écran ».Ceux qui disent cela ne connaissent pas les deux écritures du roman et du cinéma, répond le romancier.« La différence entre la littérature et le cinéma, c’est comme d’être boulanger ou cordonnier.Vous n’utilisez pas les mêmes instruments et vous ne travaillez pas pour les mêmes fins.Sauf que les deux activités servent aux hommes.Le boulanger fait quelque chose qui sert à manger et le cordonnier, à marcher.Mais si j’avais de la farine sur les chaussures, ce ne serait pas si grave — ce qui m’arrive parfois quand je fais du cinéma et que je n’ai pas oublié assez que je suis un romancier aussi, un littéraire.« Or, dans le dialogue du film et du scénario, ce n’est pas la littérature qui compte mais l’extériorisation des personnages à travers les comédiens.D’ailleurs, le cinéma que j’aime, c’est celui qui ne bouge pas beaucoup.Comme celui de Bunuel ou même de Hitchcock.Le cinéma est tout le contraire de l’écriture qui, elle, est toujours en mouvement.« Les métiers de romancier et de cinéaste sont complètement différents.Le premier tient d’un art de solitaire alors que le cinéma est un art collectif.L’écrivain, comme le peintre ou le compositeur de musique, est seul.Le scénariste, comme le comédien ou le danseur, est enfermé dans une mise en scène ou une chorégraphie.« L’écrivain n’a besoin que d’un crayon et d’une feuille de papier mais aussi d’une grande concentration et de beaucoup d’attention à ce qu’il fait.Il lui faut être très tranquille, ne pas être embêté par les autres, ne pas penser aux autres, ne penser uniquement qu’à son travail.De plus, c’est quelque chose d’achevé qu’on est en train d’écrire.Quand le livre est fini, il n’y a plus rien à toucher.On le donne à publier et à lire.« Mais, quand j’écris un film, je sais que je n’ai donné qu’un support pour une oeuvre qui sera achevée par d’autres et par toute une équipe.les Productions Papa Inc.présentent 9 représentations : du 3 au 13 décembre Le journal-vérité d'un comique de chambre., lin one-man show i trois! centaur 453 ST FRANÇOIS XAVIER VIEUX MONTRÉAL H2Y 2T1 reservations 288-3161 IcGILL Lawrence Gradus directeur artistique 1986, 20h00 LUNDI, 1" IfECEM SALLE MOVSE.ARTS BLE*,!.UNIVERSITI 853 OUEST.RUE SHERBROOKE DISPONIBLES CHEZ SADIE'S EÆ A LA PORTE LE GUICHET OUVRE 1 HEURE*»VANT LE SPECTACLI RENS.: 392-8926 TS: $5 00 ÉTUDIANTS j i $6.00 GÉNFRAl I NETWORK Les enfants terribles Suite de la page C-1 et de passer à la télévision.Elles ont surtout une compréhension troublante de la technique de dédoublement qu’implique un rôle de composition.« Dès que tu commences, tu ne peux plus t’arrêter.Je ne sais pas à quoi ça correspond, ni même ce que ça veut dire; tout ce que je sais c’est que j’ai envie de jouer, envie de ne pas être moi.» Lucie Laurier a 11 ans, une petite frimousse espiègle d’où dardent deux yeux noirs et pétillants.Fille ressemble à sa soeur Charlotte ( Les Bons Débarras) comme deux gouttes d’eau.C’est Charlotte qui lui a donné la piqûre.« Je suis allée voir Charlotte sur le plateau des Bons Débarras.Je n’avais que trois ans et pourtant j’étais déjà fascinée, raconte-t-elle.Après mon premier court métrage, je savais que je voulais être comédienne.» Lucie affirme son intention d’être comédienne avec tant de conviction qu’on a peine à croire qu’elle a 12 ans.Elle avoue d’un même souffle que les longues heures à poireauter sur un plateau ne la dérangent pas.« On est super-gâtés sur les plateaux, on peut dessiner, parler aux gens, se concentrer pour son rôle.C’est quand tout est fini que c’est dur.Il m’est arrivé de pleurer des heures de temps, d’être triste.La meilleure chose, c’est de ne pas trop s’attacher aux gens.» Avec trois films derrière elle, Lucie Laurier semble avoir compris autant les mécanismes techniques qu’humains qui régissent un plateau de cinéma.Elle s’est engagé un agent.Elle a même commencé à refuser des films.« Pas parce que je le veux vraiment, mais parce que mon agent m’a fait comprendre qu’il vaut mieux faire moins de films et en faire de bons.Et puis, je suis tannée de toujours me faire proposer des rôles de petite fille malade, de petite fille qui a des problèmes.J’aimerais jouer une petite fille normale.» Lucie n’a qu’un seul regret : elle n’a pas été invitée à l’audition de Bach et Bottine.« J’ai rencontré André Melançon pendant la post-synchro A'Opération beurre de pi-notte.Je trouvais le film plat, je n’avais pas envie de faire de la post-synchro.Je ne suis pas certaine qu’André Mélançon ait compris que je ne filais pas ce jour-là.C'est dommage.Peut-être qu’il m’aurait invitée à son audition.» Mahée Paiement, 11 ans, a été invitée à l’audition avec environ 2,400 autres enfants.C’est elle qui a décroché le rôle.Le rêve de sa vie venait de se réaliser.Fille est aujourd’hui la vedette montante au royaume des enfants.Partout où elle passe, elle étonne, séduit, ravit son entourage.« Le monde trouve que je dis des choses drôles.Je parle beaucoup et j’aime cela quand on m’écoute.Quand je tournais Bach et Bottine, j’étais pas toujours d’accord avec le personnage; elle n’insistait pas assez et faisait trop ce qu’on lui disait ; moi, c’est pas mon genre.Un dit que j’ai cela dans le sang.Si le métier de comédienne n’existait pas, je crois que je serais morte.» Même intensité que chez Lucie Laurier, avec la fébrilité en plus.Mahée est une véritable tornade.Fille ne tient pas en place une seconde, mais dès que les réflecteurs s’allument, le démon se transforme en ange de discipline et de concentration.Parfois aussi l’ange se transforme en orpheline.Silencieuse, le regard flou, on sent subitement une sorte de vague à l’âme l’envahir, comme si toute cette effervescence autour de sa personne commençait à peser lourd sur ses frêles épaules, comme si cet exil au pays du travail lui arrachait de gros lambeaux d’une lointaine in-sousciance.« Si seulement on pouvait les laisser traîner le plus longtemps possible dans l’enfance.» La phrase est de la comédienne Louise Marteau.Fille parle en connaissance de cause.À huit ans, elle était vedette de la télévision.À 15 ans, vedette au théâtre.« Tout s’est enchaîné sans même que je le choisisse vraiment.J’ai été retirée de l’école, mise en cours privé.Pendant l’enfance, j’avais du fun, je m’amusais, les gens s’occupaient de moi.C’est vers 16 ans que les choses se sont gâtées.Je ne savais plus très bien qui j’étais.J'ai vécu des années d’ambivalence à me derriander si c’était vraiment ce que je voulais faire, si j’avais d’autres aptitudes que je ne pour- $ Orchestre Métropolitain JEAN-EUDES VAILLANCOURT Chef invité SÉRIE LYRIQUE Raffi Armenian Chef d’orchestre attitré PAULINE VAILLANCOURT Soprano RICHARD STRAUSS: Der Rosenkavalier: Deuxième Suite RICHARD STRAUSS: Vier letzte Lieder FRANCIS POULENC -JEAN COCTEAU: La Voix humaine Lundi, 24 novembre, 1986 — 20hOO Renseignements: 282-9565
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.