Le devoir, 27 décembre 1986, Cahier C
LE DEVOIR CULTUREL Montréal, samedi 27 décembre 1986 Brunch & Jazz Tous les dimanches LA COTE A BARON Table d’hôte spécial Samedi et dimanche 17:00 à termeture 2070, RUE ST-DENIS 842-6626 THÉÂTRE Gilbert en scène : le comédien Yves Hunstad Lettre de Belgique ROBERT LÉVESQUE Bruxelles — Le pied sur la crotte du chien, Gilbert, l’espiègle discret, celui qui fait bande à part tout seul, préfère s’essuyer, sans que rien n’y paraisse, plutôt que de maudire, ou courir après le chiot.Gilbert est comme çà.Le comédien belge Yves Hunstad joue depuis plus d’un an,' à travers la Belgique et l’Europe, un spectacle qu’il a écrit et intitulé Gilbert sur scène, performance solo qui a reçu, entre autres récompenses, le Grand Prix des variétés de la presse du spectacle.Dans ce Gilbert, version belge de la difficulté d’être, personnage qui enfile l’anonymat comme une culotte, qui vit seul, qui ne veut pas déranger et qui s’arrange de tout, d’un poulet qu’il fricote le soir après le boulot, d’une bouffée d’air attrapée sous les étoiles, mais que la mort hante, que le goût de s’asseoir sur le frigo pour pondre un oeuf prend « pour rire », qui n’ose pas regarder une fille droit dans les yeux et s'étonne qu’avec les hommes et les femmes, ça tourne carré; dans ce Gilbert incertain, triste, drôle, seul, généreux, sans patrie vraiment, et dont (surtout) l’accent belge éclate en scène, des Wallons et des Belges se reconnaissent de plus en plus.?Dans les rues, sur les banquettes des bistros, dans les tramways de Bruxelles, l’accent belge, ou les accents belges, plutôt, vont à l’oreille immédiatement.Faits de courbes accélérées, de pauses allongées, descendant, parfois glissant puis coupant, ces accents, écartés entre le wallon et les dialectes romans, avec toutes les couleurs des régions et même des quartiers, farcis de pratique du néerlandais ou de l’anglais, mâtinés d’allemand ou du parisien pas si loin, cet accent multiple est l’un des plus chantants d’Europe.Mais, au théâtre, comme au Québec d’avant Les Belles-Soeurs, cette richesse sonore est ignorée, peut-être exclue, en tout cas laissée en coulisse avec la vraie vie.Un comédien francophone belge n’a pas d'accent au théâtre.Le français qu’on y parle, côté wallon, est strictement international, ou désincarné, à l’image de cette agglomération (on dit « l’agglo ») de Bruxelles qui, depuis le défonce-ment urbain des années 60 (on a évenlré la cité), est devenue l’une des villes les plus problématiques et hétéroclites d’Europe.À ces autoroutes (il y a la petite et la grande ceinture) se superpose une architecture de la fonction publique qui a l’art d’accumuler les strates d’organigrammes et de structures comme si quelqu’un avait juré, quelque part, agenouillé devant le Manneken Pis, que de l’abondance des bureaux et des juridictions coulerait la clarté administrative et politique.Et c’est pourquoi le Gilbert d’Yves Hunstad est important.Il vient, dans cette forêt urbaine politico-linguistico-culturelle où les « communautés » (on a inventé la notion de « bi-communautaire » lorsqu’on ne peut pas trancher entre les juridictions, wallone ou flamande) se rapprochent pour mieux se concurrencer, lancer un cri de survie.Mais ce n’est pas Yves Hunstad le comédien qui ose, pour cela, avan- cer son propre accent sur scene comme on baisse sa culotte devant la bêtise (comme tout acteur belge, sa diction est corrigée), c’est subtilement par le détour ou le prétexte de ce personnage-synthèse que le belge tel qu’on le parle se donne (par ce subterfuge) droit de scène en son pays.Cette brisure, au théâtre, d’un comportement linguistique jusque là normalisé et généralisé par une classe dominante, telle que Michel Tremblay en a provoqué ici en 1968, s’accompagne en Belgique, avec ce « Gilbert » qui remporte un évident triomphe (la reprise actuelle au théâtre de l’Atelier Sainte-Anne, rue des Tanneurs, dans le quartier des Marolles, affiche complet), d’une espèce de déblocage politico-social qui ressemble également à ce que Yvon Deschamps a fait ici en 1969 dans sa première manière, celle des « unions qu’ossa donne » et de son personnage d’aliéné heureux qui a servi d’exutoire ou de catharsis à l’une des caractéristiques les plus profondes du colonisé québécois.La québécitude est devenue, alors, une matière culturelle tangible, une force de création, plutôt qu’une force en couveuse, gardée intime ou bien occultée.Alors, retour de Belgique, avec en tête cet effort remarquable de portraitiste social fait par Yves Hunstad, je me demande si, là-bas, la belgitude, dans ce pays si difficilement coincé au centre de plusieurs influences, ce pays des zinneke, ce mot populaire dont se servent les Belges et qui veut dire « petit chien bâtard », pour imager ce caractère de sangs mêlés qui est le lot des Belges, dans ces rues où deux garçons sur trois ressemblent à Tintin mais dont on sent que c’est Milou, finalement, le type achevé du mortier bâtard belge, y aurait-il, donc, s’élaborant à petits pas, à petits mots, une belgitude en gestation, ou, du moins, l’audace nouvelle d’en définir une ?Gilbert, qui achète son poulet fade dans une « grande surface », qui soliloque au bistro, qui fait son creux dans la solitude, qui se sent réveillé en pleine nuit, c’est un frère du personnage de Deschamps qui se livrait naïvement et sans agressivité à la lumière d’un jour ainsi créé pour lui, se révélant tranquillement tel qu’en lui-même sa vie, et le fait de la dire, le changeait.Comme chez Deschamps, H unstad crée un personnage qu’il investit de toute la charge sourde d’un peuple anonyme.?Il faut faire attention aux comparaisons : ici, parler de Tremblay et Deschamps, quant à la manière d’être belge, peut fausser les perceptions.Hunstad ne réagit pas de la même façon aux mêmes comportements ou situations.La Belgique n’a pas ce rapport que le Québec a toujours eu avec le nationalisme et l’histoire d’une conquête jamais assumée.Hunstad et son personnage sont plus ouverts, moins blessés que Tremblay et son monde d’échec, que Deschamps et sa classe de soumission, et l’universalisme du Gilbert des rues d’Ixel-les ou du Béguinage ressort peut-être plus directement que la plupart des tentatives théâtrales québécoises de derrière les cuisines.Mais il y a des émotions, des prises de parole et des désirs de survie, et des réactions de spectateurs que Suite à la page C-4 ______^TÉLÉVISION ¦ La mini-série Laurier: rien de trop beau pour la classe politique PAUL CAUCHON DIM ANCH E le 4 janvier prochain les téléspectateurs seront témoins d’un événement rare : le début d’une mini-série de sept heures 30 qui défie allègrement toutes les compressions budgétaires imposées à Radio-Canada, et qui fait un pied de nez à tous les défenseurs du privé.Car la société d’État, en ce 50e anniversaire de sa création, a sorti de ses placards ses plus belles crinolines et a promené ses camé-ramen à travers le monde pour produire, toute seule comme une grande, la plus ambitieuse et la plus coûteuse ($ 7 millions) mini-série de son histoire, Laurier, qui met en vedette Albert Miliaire dans le rôle-titre.Une série produite avec le réseau fédéral anglais, tout comme la série Empire il y a quelque années.Et comme l'Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, Radio-Canada affirme ainsi sa mission pédagogique et son amour du faste.Car quel producteur privé aurait osé produire une biographie de cet homme politique canadien qui fut, s’il faut en croire la mémoire collective, un « héros » et un « mythe » national pour les Canadiens-français ?L’idée a d’abord germé dans la tête d’André Dubois, cet ex-Cy-nique qui, entre l’écriture des Bye Bye, du Tac au Tac et autres Agent fait le bonheur, s’est souvenu tout à coup qu’il possédait une maîtrise en sciences politiques, et qu’on lui avait proposé un poste de diplomate en 1975 après qu’il ait réussi un concours du ministère des Affaires extérieures ! André Dubois gardait depuis longtemps l’impression que l’époque de Laurier (le tournant du siècle) pourrait être la base d’une série intéressante.« L’idée m’est venu plus précisément autour des années 80, alors que le Québec, divisé par le référendum, vivait une période d’intense polarisation, ex-plique-t-il.On avait alors tendance à oublier qu’on avait déjà vécu des choses semblables dans le passé.Que, par exemple, l’état des relations entre les francophones et les anglophones canadiens avait toujours été très complexe ».Malgré que le chanoine Lionel Groulx ait déjà écrit que « notre maître (c’est) le passé », la plupart Monique Miller et Albert Miliaire dans les rôles de Zoé et de Sir Wilfrid, dans la série Laurier.des Canadiens d’aujourd’hui ne connaissent Wilfrid Laurier que parce qu'il apparaît sur les billets de $ 5, ou parce qu’il a donné son nom à une rue de Montréal.Pourtant, Laurier fut en son temps un symbole très fort : ce chef du parti Libéral, natif de St-Lin, orateur prestigieux, homme de charisme, fut le premier Canadien-français élu premier ministre du Canada.« Il a toujours préconisé un partage égal entre les deux nations canadiennes, explique le réalisateur Louis-George Carrier.Et sa grande philosophie était le libéralisme et la séparation entre la religion et la politique, ce qui n’était pas évident, à l’époque, dans le contexte québécois.De plus il a fait énormément pour l’ouverture du Canada au monde ».« Même en Angleterre, ajoute André Dubois, Laurier s’était imposé comme un individu capable d’articuler les problèmes de son époque.Le colonialisme anglais était alors à son apogée.Et Laurier est allé souvent à Londres, provoquant des prises de conscience importantes dans la vision impérialiste de l’Angleterre.Certains de ses gestes ont mené plus tard à l’indépendance du Canada.» Pour nous, l'aspect le plus spectaculaire de la politique de Laurier demeure sûrement sa position sur .le libre-échange.Lauriei préconisait en effet une diminution graduelle des tarifs douaniers entre le Canada et les USA.Certains éléments du parti Libéral préconisaient d’ailleurs le libre-échange dès la fin du XIXe siècle, mais selon André Dubois « cela a été mis de côté lorsque se sont accentués les échanges à l’intérieur de l’empire britannique ».En 1910, un accord provisoire avait même été conclu entre les deux gouvernements, mais Laurier avait perdu des élections sur ce thème controversé.Laurier présente donc en quatre épisodes (une diffusion en rafale durant quatre soirs, du 4 au 7 janvier) toutes les étapes de la carrière de Sir Wilfrid.On a également voulu mettre l’accent sur sa vie privée, sur son mariage avec Zoé Lafontaine (jouée par Monique Miller), mais aussi sur sa liaison avec Émilie Lavergne (qu’interprète Louise Marteau), femme distinguée et intelligente avec qui il entretint une correspondance amoureuse une bonne partie de sa vie.Au visionnement du premier épisode, on peut constater que la reconstitution historique est rien de moins que somptueuse.Dans cet épisode, par exemple, la maison du docteur Gauthier et de Zoé, future femme de Laurier, est tellement magnifique que j’ai demandé à Louis-George Carrier où ils avaient déniché une telle demeure pour tourner.« Mais ce ne sont que des décors de studio ! », a-t-il expliqué.Pour la production de la série, Radio-Canada a sorti son artillerie lourde.« Une telle série rehausse le moral des troupes », admet André Dubois.On le comprend, car pour Radio-Canada, Laurier sert de spectaculaire « machine à statistiques » : un budget de $ 7 millions, 125 jours de tournage étalés sur onze mois dans 90 endroits différents au Canada et en Europe, 40 intérieurs reconstitués en studio, 300 comédiens, 2,000 figurants, 3,000 costumes.En plus de ses promotions habituelles, la société d’État a même publié un journal grand format de 12 pages, distribue dans différents lieux publics, qui présente les artisans de la production et le synopsis des émissions.De son côté, l’histo-rien-conseil de l’émission, Réal Bélanger, vient de publier aux Presses de l’Université Laval une biographie de Laurier, Quand la politique devient passion, histoire de bien profiter des retombées éventuelles de la série.Pour le tournage, tous les services techniques de Radio-Canada Suite à la page C-4 .H ’ DE GAULLE uimm—il—mijiw.ga La passion de l’indépendance DENIS MONIÈRE ?Jean Lacouture, De Gaulle, tome 3 : Le Souverain, Paris, Seuil, 1986, 866 pages.« L’indépendance est un état d’esprit» (p.328).JEAN LACOUTURE, dans son oeuvre monumentale et probablement indépassable, suit à la trace cette passion d’indépendance qui a motivé et guidé le prodigieux destin politique du général de Gaulle.Tel est le leitmotiv de la pensée gaullienne et le fil conducteur du tome 3 de la biographie de Charles de Gaulle.L’auteur, au lieu de nous entraîner dans le dédale chronologique de la vie d’un chef d’État, a préféré suivre un cheminement thématique, nous donnant ainsi une meilleure vue d’ensemble de l’homme et de son oeuvre.Sa vision est à la fois analytique et subjective car Lacouture a suivi, à titre de journaliste au Monde, les événements de cette époque marquée par la guerre d’Algérie, la crise des missiles de Cuba, la guerre du Viêt-nam, la révolution de mai 1968, etc.Ce contact direct avec les événements donne une rare profondeur au récit.Il réussit tout particulièrement à nous montrer la grandeur de l’homme sans passer sous silence ses faiblesses ou certains traits de caractère désagréables.L’homme De Gaulle n’est pas écrasé par son personnage, ce qui est rare dans l’art de la biographie politique.Lacouture a donc élevé un monument biographique à la hauteur de son immense sujet.Aucune variable ne peut, à elle seule, expliquer comment se fabrique l’histoire, tant les conditionnements et les circonstances s’enchevêtrent de façon inextricable.Mais, pour Lacouture, il y a un facteur qui a pesé plus lourdement que les autres sur les comportements politiques de Charles de Gaulle et qui explique les péripéties de son règne élyséen : la durée.« Le projet gaullien est une course contre la >: Mi montre» (p.556).L’homme qui prend le pouvoir, en 1958, est âgé et il le sait.Pour réaliser son dessein, il ne pouvait attendre les circonstances favorables; il devait forcer les événements et, pour cela, faire des coups d’éclat.De la France libre au Québec libre, la pensée politique et stratégique du général de Gaulle est motivée par un grand dessein : la reconquête de l’indépendance nationale.Lacouture définit le gaullisme comme une pédagogie de la renaissance et de l’indépendance nationales.Résister aux grandes puissances, combattre les hégémonismes, dissoudre les blocs, garantir l’autonomie de décision de l’État français sont les constantes de la pensée gaullienne.Cette obsession de l’indépendance explique aussi certaines décisions controversées du général lors de la guerre d’Al- gérie, vis-à-vis la construction de l’Europe ou encore à l’endroit des deux Grands et à l’égard de la force de frappe nucléaire française.Revenu au pouvoir à l’occasion de la crise algérienne, le fondateur de la Ve République chemina, graduellement au risque de sa vie, vers la reconnaissance de l’indépendance algérienne.De Gaulle fit entrer la France dans la civilisation moderne en la libérant de ses entraves coloniales.Depuis le discours de Brazzaville en 1944, il était partisan de la décolonisation; il récusait la sujétion autant pour les peuples africains que pour le peuple français.Il fut, à cet égard, l’inventeur de la formule de souveraineté-association qui servit de transition vers l’accession à l’indépendance pour de nombreux pays africains.Il a su entendre « le chant pro- fond des nationalismes » des autres et c’est, pour ainsi dire, au nom de l’indépendance et de la grandeur de la France qu’il favorisa l’indépendance des colonies africaines.De Gaulle voulait que la France soit en tout point exemplaire pour qu’elle retrouve son influence dans le concert des États modernes.Il se devait donc de lever l’hypothèque algérienne, cette tare infamante, pour embrasser le destin mondial qu’il ambitionnait pour la France.L’indépendance algérienne fut ainsi une libération pour la France qui put, dès lors, se redéployer sur l’écniquier mondial afin de rééquilibrer le rapport de forces entre les superpuissances.Cette mission s’inspirait d’une conception égalitaire des rapports entre les peuples.À la polarité Suite à la page C-8 C-2 ¦ Le Devoir, samedi 27 décembre 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND Natalie Carter Bertrand du Brenil GRANDES PLUMES PASTICHE Natalie Carter et Bertrand du Breuil, Grandes plumes, Stock, 138 pages Ces imitations parodiques de Cavanna, Ionesco, Sagan, Robbe-Grillet, Bazin, Duras, Modiano, Sollers, B.-H.L., Tournier, Le Clézio, Yourcenar, et plusieurs autres, nous laissent songeur par leur réussite.On se demande, en effet, si l'écrivain contemporain ne finit pas par être prisonnier de son propre style .LITTÉRATURE Torgny Lindgren, Bethsabée, traduit du Suédois par Marc de Gouvenain et Lena Grumbach, Actes sud, 344 pages.Après Le Chemin du serpent, qui l'avait révélé au public français, Lindgren renoue dans le drame inspiré de la Bible, avec Bethsabée.Ce roman, qui vient de remporter le prix Fé-mina étranger, est un récit poignant sur l’amour, la mort, la sensualité, le coupie, les interdits et le pouvoir.Régis Debray, Éloges, Gallimard, 188 pages.L'auteur de la Critique de la raison pratique fait des études d’oeuvres célèbres, sous l’angie des démêlés de l'émotion et de l'événement, en mettant toujours l'accent sur le regard et l'image.G.Brulotte, M.LaRue, M.Monette et S.Weil, Plages, Québec/Amérique, 130 pages.Quatre nouvelles, quatre variations sur un thème, la plage, par quatre jeunes écrivains lauréats de prix littéraires, dont trois vivent à l'extérieur du Québec.Un livre de voyage, de soleil et de rêve.PHILOSOPHIE Martin Heidegger, Être et temps, traduction de François Vezin, Gallimard, coll.« Bibliothèque de philosophie », 596 pages.La parution de Sein und Zeit, en 1927, a complètement bouleversé la philosophie.Or, ce texte capital n'avait pas encore été traduit intégralement en français, sauf en édition pirate limitée (traduction d'Emmanuel Martineau).On a maintenant remédié à la situation.Français Vezin a fait une traduction difficile (beaucoup plus que celle de Martineau), mais sans concession et plus près du travail d'Heidegger sur le langage.ESSAI Simon Bolivar, Cahier de L’Herne, collectif dirigé par Laurence Tacou, 490 pages.Les Cahiers de l'Herne sont de véritables sommes des textes les plus importants sur des auteurs, des peintres ou des personnalités marquantes de l'histoire.Ce dernier Cahier analyse les mythes bolivariens.Les textes, souvent contradictoires, mettent en lumière l’actualité du Libérateur.Un débat critique sur la philosophie de l’histoire et sur les idéologies du pouvoir.Françoise Planiol, La Coupole, 60 ans de Montparnasse, Denoël, 232 pages.La Coupole, fondée le 20 décembre 1927, est le plus vaste restaurant de France.C'est, également, le ventre et le centre de Paris.Des surréalistes à Lawrence Durell, de Hemingway à Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, toutes les célébrités s'y sont mises à table et y ont fait étalage de leurs bonnes manières.Ainsi, on va à la Coupole pour voir des personnalités, plus que pour manger.POÉSIE Octavio Paz, Le Feu de chaque jour, Gallimard, édition bilingue, poèmes, 130 pages.Parus en 1976 à Mexico, ces poèmes sont un double retour au Mexique et à l’« acte des paroles ».Paz, fidèle à lui-même, lutte toujours contre la puissance de l'argent et tout ce qui fige la vie et la sensibilité.¦i % ¦ * «T'nSF Stod» LA LANGUE AU CHAT MARC MORIN Chers épouvantails (5) La générosité en plus LK BEAU cadeau de Noël que nos anglophones ont reçu de Robert Bour assa, un an après l’avoir eux-mêmes déposé dans notre chaussette trouée ! « Ho ! ho ! ho ! », riait malicieusement Santa Claus en 1985.« Euh ! euh ! euh ! », soupire cette année le ministre de la Santé et des Affaires sociales, forcé par son boss de jouer la Mère Noël généreuse avec l’argent de cette majorité masochistement silencieuse.« For he’s a jolly good fellow », a-t-on dû chanter en choeur et avec un brin d’ironie, dans la république du West-Island, ce Christmas au matin.Le régime a donc adopté, à lui tout seul, le projet de loi assurant aux « anglophones » des services sanitaires et sociaux dans « leur langue ».Je mets sciemment ces « anglophones » et « leur langue » entre guillemets puisque rien ne nous assure que cette.générosité à nos frais soit réservée aux véritables anglophones (Québécois de souches anglaise, écossaise, irlandaise et galloise).Si l’on éprouvait, dans un an, le pervers besoin d’examiner la clientèle des établissements visés par la loi 109, « my little finger » me dit que, dans la ruée aux portillons de la santé et du bien-être social, on dénombrerait autant, sinon plus, d’Italiens, Grecs, Chinois, Polonais, de citoyens de langue maternelle yiddish, arabe ou créole, que de véritables anglophones.Dans une étude prospective menée pour le Conseil de la langue française, l’Institut Gamma prédit que les Québécois devront choisir entre réaliser des profits en anglais ou être pauvres en français.Il semble que le régime ait déjà fait son lit là-dessus et que l’érosion des organismes protecteurs de la langue, écartée pour le moment du menu législatif, ne soit que partie remise : ce ne sera, en somme, que quelques plumes de plus à ce qui évoque davantage le grabat du mourant que le moelleux lit conjugal.Selon un sondage mené en novembre et dont les résultats ont été publiés au début de ce mois, plus de 87 pour cent des Montréalais francophones souhaitent qu’on préserve ou même qu’on rendre plus sévère la charte de la langue française, et trois Québécois sur quatre sont favorables à ce que le français demeure leur seule langue officielle.Qui faut-il croire : le peuple, qui s’exprime par pétitions, sondages, manifestations; qui, parfois confusément mais toujours viscéralement, éprouve l’urgent besoin de défendre ce qui fait sa spécificité nationale ?Ou ces politiciens, dont un autre sondage, réalisé à Toronto, nous dit que seulement 42 pour cent des citoyens de la fédération (31 pour cent chez les jeunes de 18 à 29 ans) les jugent « honnêtes et sincères » ?Nous étions déjà outrageusement généreux avec cette minorité anglophone qui ne nous a pourtant jamais fait d’autre cadeau (?) que de porter au pouvoir une équipe de tantes et d’oncles Torn.Essayez seulement d’acheter en français un timbre-poste à Toronto, de faire des études universitaires exclusivement en français à Sudbury, ou d’être servi dans votre langue « officielle » entre Fredericton et Ottawa, les deux seules capitales « bilingues » de ce drôle de pays.« Qui donne aux pauvres prête a Dieu », dit l’adage.Mais quand on donne si généreusement aux riches, à qui prête-t-on.sinon à ridicule.(I.a semaine prochaine .et le paradis (linguistique) à la fin de vos jours.') Peter Handke et son traducteur LETTRES ALLEMANDES DIANE-MONIQUE DAVIAU ?Peter Handke, Le Chinois de la douleur, roman traduit de l’allemand par Georges-Arthur Goldschmidt, Gallimard, 1986, 161 pages.?Georges-Arthur Goldschmidt, Un jardin en Allemagne, récit, Seuil, 1986, 153 pages.POUR LES COURAGEUX, voici deux livres arides écrits par des auteurs très étroitement liés : le plus récent « roman » de Handke, traduit par Georges-Arthur Goldschmidt, et un récit de ce même Goldschmidt, Allemand écrivant parfois en français, parfois en allemand, qui a traduit la plupart des livres de Handke en français et dont l’un des ouvrages rédigés en français a été traduit en allemand par Handke lui-même.Difficile à suivre ?Les livres dont il est question aujourd’hui le sont bien davantage ! D’abord, Le Chinois de la douleur, livre fort complexe dont l’« intrigue » est constituée d’une série d’événements disparates : un philologue classique, Andreas Loser, enseignant dans un lycée de Salzbourg et archéologue amateur, spécialiste du dégagement des seuils des maisons antiques, qui ne sait pas lui-même s’il est en congé ou mis en disponibilité, ni comment il se fait qu’il vit présentement séparé de sa femme et de ses enfants, traverse la ville pour se rendre à une partie de tarots.En chemin, il surprend l’Ennemi, occupé à peindre des croix gammées sur les arbres, et lui jette une pierre.Le coup est fatal.L’Ennemi étant liquidé, la partie de cartes a lieu comme prevu, enveloppée d’un long exposé sur la signification du Seuil dans plusieurs domaines et particulièrement en religion.Cela se passe pendant la Semaine sainte.Le dimanche de Pâques, Loser franchit le seuil d’un hôtel avec une belle inconnue grâce à laquelle il connaîtra une résurrection.C’est cette « beauté pensive », à qui le narrateur n’aura adressé que quelques mots en partant, qui le qualifiera de « Chinois de la douleur ».Après cette LES ESSAIS JEAN CHAPDELAINE GAGNON ?Jean-Pierre Guay, Journal II.Août 1985-Avril 1986, Montréal, CLF, 1986, 352 pages.LUNDI 15 décembre, 21 h.On me remet à l’instant le tome II du Journal de Jean-Pierre Guay.Premières réactions : comment peut-on publier une brique pareille et pourquoi me demander à moi d’en faire le compte rendu ?350 pages, près de 50 lignes la page : l’équivalent de deux ou même trois « gros » romans québécois.Je feuillette rapidement l’ouvrage.Que de fois me saute aux yeux le sigle de l’Union des écrivains québécois dont, il est vrai, Jean-Pierre Guay a été le président.L’éditeur a cru bon joindre à son envoi un communiqué de presse, pour annoncer qu’il y aura un troisième tome, et un feuillet noirci d’extraits critiques où je peux lire cette perle ; « Jean-Pierre Guay s’engage sur la voie d’une écriture essentielle qui, selon ses voeux, le conduira peut-être jusqu’au silence.» (Céline Babin, Nuit blanche.) De qui se mo-que-t-on ?Du silence, Guay me semble bien loin à l’heure qu’il est.Je ne suis pas au bout de mes peines.Sur la couverture, ce sous-titre : Août 1985-Avril 1986.Quand donc l’auteur aura-t-il trouvé le temps de réviser son manuscrit, de se relire même ?À peine avait-il complété cette tranche de son Journal qu’elle était déjà sous presse.Sans compter qu’à ce rythme-là, il nous aura bientôt tous ensevelis — nous, les « non-Québécois» du «non-Québec» — sous une avalanche de papier.Et quelle idée d’ailleurs de publier surtout aujourd'hui, un journal.Qui daignera même le consulter ?Pour me venger un peu, pour m’apaiser, je décide de répondre à l’auteur par quelques pages à la manière d’un journal.Peter Handke rencontre, Loser se rendra en Italie visiter le lieu de naissance de Virgile dont la lecture « illumine le monde » et en Sardaigne où les enfants du narrateur ont été conçus.De retour à Salzbourg, Loser retournera au lycée et reprendra contact avec sa famille.Il choisira son fils comme « témoin » de son histoire mais, avant de la lui raconter, il dormira « une nuit, un jour et une nuit encore ».Pendant ce long sommeil, il aura un rêve : « Le narrateur, c’est le seuil.Pour cela il faut qu’il s’arrête et se reprenne.» Le lecteur du Chinois de la douleur est, pour sa part, obligé de s’arrêter souvent et de se reprendre s’il ne veut pas perdre le fil.Depuis Lent Retour, l’écriture de Handke devient de plus en plus mythique.Mais ce n’est pas là que réside la vraie difficulté.Son texte ne serait pas si aride si l’on avait vraiment l’impression que Handke, dans sa quête du beau et de l’éternel, n’exclut pas le quotidien qui ne peut être illuminé, comme l’affirme Loser, que par ce qui traverse le temps.Mais on a, au contraire, le senti- ment de lire ici un traité, une espèce de tract religieux développé à partir de quelques considérations à saveur philosophique dont l’auteur tente de prouver la justesse en forçant les événements quotidiens à s’adapter à son « argumentation », laquelle n’a justement rien d’une réflexion sur lesdits événements plutôt parachutés dans le traité pour exemplifier ce qui ressemble à des opinions préconçues flottant dans le vide.Tout semble trop facilement, trop rapidement harmonisé.On a constamment l’impression d'assister au « miracle de Pâques » : aucune résistance de la part de la réalité, qui se plie à toutes les exigences du narrateur.Rien n’a d’antécédents, rien n’a de suites : Loser fait l’amour avec une inconnue sans qu’un seul mot ait été échangé entre eux, ou tue un homme et poursuit son chemin comme si de rien n’était.La scène d’amour et celle du meurtre, comme bien d’autres événements pseudo-quotidiens de ce « roman », ne sont apparemment que des allégories : Loser tue son ombre et enlace son idéal de beauté.Le monde, au lieu d’être illuminé par les réflexions du narrateur, par les vers de Virgile, est peu à peu élimé et finit par ne refléter que les affirmations abstraites de Loser/ Handke.Sans incarnation, sans enracinement, les êtres et les choses, au lieu de l'union mythique visée et supposément atteinte, ne se rejoignent que dans un pathos vide qui, malgré la profondeur de certaines réflexions et l’élégance du style, sonne malheureusement faux.?Le récit de Georges-Arthur Goldschmidt, Un jardin en Allemagne, n’est guère plus convaincant et guère plus excitant.Goldschmidt est né en 1928 à Hambourg et a émigré en France en 1939.Ce qu’il nous livre ici se veut le « récit d’une enfance allemande ».Disons qu’à part la statue de Bismarck et une Bockwurst, le récit ne présente rien qui puisse faire penser que l’histoire se passe en Allemagne plutôt qu’ailleurs.Les citations en allemand, toutes suivies d’une traduction française, ne contribuent pas davantage à créer une ambiance qui soit spécifiquement allemande.L’enfance décrite dans ce livre n’est que l’enfance d’un garçon terriblement perturbé par ce qu’il a surpris un jour, « l’image de sa mère entrevue dans son intimité », un garçon dont les rêveries solitaires se transformeront en fantasmes de plus en plus violents, envahissants, obsessions qui grandiront au même rythme que le sentiment de culpabilité les accompagnant.On ne voit vraiment pas ce que le fait d’avoir vécu ces fantasmes dans un pays plutôt qu’un autre change à toute cette histoire.De plus, on a peine à croire à l’intensité des émotions que le style de l’auteur tente par tous les moyens de suggérer.Deux éléments majeurs contribuent à maintenir le lecteur hors de l’adhésion souhaitée : d’abord, la répétition incessante des mêmes qualificatifs pour décrire aussi bien une baignoire qu’une peur immense.Ici, tout est oblique, cubique, arrondi, horizontal, arc-bouté, oblong, vertical, par tranches ou par saccades.Ensuite, les actions et les sentiments sont constamment niés pendant qu’ils sont décrits : l’enfant rit mais ne rit pas, il marche mais en même temps il ne marche pas, tout est détache de lui, au-dessus ou en dessous, à côté, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’action ou du sentiment.Un récit froid, sec, qui, malgré les «drames» étalés, n’arrive pas à émouvoir.Pour lecteur musclé Mardi 16 décembre, 23 h.Après trois longues heures de lecture, je n’en suis qu'à la page 90.Si je sais bien compter, il me faudra au moins douze heures rien que pour lire ce bouquin.Et plusieurs heures encore pour rédiger mon article.Découragé, je prends la résolution de m’arrêter à la page 200.Mais je sais bien que, malgré tout, je me rendrai jusqu’aux derniers mots : « Non mais.» (p.352) Et je poursuis ma lecture jusque tard dans la nuit, en dépit d’un agacement certain chaque fois que je bute sur des pronoms relatifs qui me font grincer des dents (lequel, duquel, etc.), sur des expressions comme « Moi.Mon journal.», « le mien journal », ou sur des mots aigres-doux destinés à presque toutes les cliques et les « claques » littéraires (l’opéra, vous connaissez ?); de ce dernier détail, je ne me plaindrai pas plus qu’il ne faut.Le malheur, c’est que Jean-Pierre Guay ne m’entretient à peu près que de ce « milieu » que je supporte, fort mal, qu’une fois l’an, à l’assemblée générale de l’UNEQ.De quoi se demander si son Journal pourrait intéresser un simple lecteur qui n’est pas membre de ladite association et qui ignore tout de ses guerres intestines.Mais les lecteurs, il est vrai, « des caves » (p.23), « des cons » (p.332).Heureusement il y a plus, mille fois plus dans ce Journal : une écriture, oui, quoi que Jean-Pierre Guay veuille bien que nous en pensions.Quel souffle, quel sens du rythme, quel esprit caustique, quel admirable humour aussi.Parce qu’on rit souvent en parcourant ce gros livre très beau d’ailleurs, d’une présentation simple et soignée.Oui, Guay a du style et il manie la plume comme un stylet.Mais il y a un hic : l’auteur se défend de faire de la littérature (p.37) bien qu’il se rebiffe contre ceux qui le prennent pour un « non-écrivain » ou un « écrivain public » (p.239) et si lui échappe, mi-sérieux mi-blagueur, qu’il se tient, lui, pour un « grand » écrivain (p.351).Mercredi 17 décembre.Encore lu iusqu’à 1 h 30 du matin.Aujourd’hui, à n’en pas douter, toute la journée y passera.À peine le temps d’avaler une bouchée sur le coin de la table.Je n’en reviens pas : j’adore ce livre, je le dévore.Je suis littéralement fasciné, allez savoir pourquoi.L’auteur n’a pas peur des mots, même de ceux qui mordent.Et avec lui, je me « délittératurise » un tant soit peu, à quelques réserves près.Trop facile de rejeter en bloc ce qu’on appelle littérature quand on s’y adonne avec tant de bonheur, et de se défendre d’être écrivain quand on en est un à ce point-là.On croirait entendre parfois Todorov annonçant, après combien d’autres, que la littérature est morte; pourtant, quelques années plus tard, le même Todorov ne livrait-il pas au public lecteur de nouvelles pages de son crû.Et quand Guay parle de littérature québécoise (ou non québécoise, comme il lui plaira), alors là je décroche.Jeudi 18 décembre, 12 h.La lecture du Journal enfin terminée.Suis heureux et triste à la fois d’en sortir.Mais voilà qu’à la toute fin, en page 346, Jean-Pierre Guay me vole mon idée : au lieu d’une critique au sens traditionnel du mot, il aurait préféré lire quelques pages du journal de M.Réginald Martel.Tant pis pour Guay comme pour moi : je « journaliserai» tout de même.LIBRAIRIE HERMES 1120, av.laurier ouest outremont, montréal H2V 2L4 tél.: 274-3669 Un bon conseil Faites vérifier votre tension artérielle LA FONDATION DU QUÉBEC DES MALADIES DU COEUR /i D LIBRAIRE JT LIVRES f , RÉCENT ET ANCIENS ¦ Achat et vente I la plus la plus grande librairie PANORAMA DE L’ART MODERNE 251 Ste Catherine E.I art des années 20 OJes Nôret archrtecture r , sculpture / pfiotrxjrapt#?Pour la première fois, le panorama artistique d’une décennie est présenté dans son ensemble et de façon comparative.Avec les années 20, en effet, l’art est multiforme et s'exprime de toutes les façons: peinture, sculpture, architecture, design, décor, graphisme, photographie, cinéma.À travers ce panorama de l'art des années 20, on voit mieux se dessiner l'image complexe de ce qui a contribué à faire le génie propre et la richesse créative de cette période.Un livre magnifique.À lire et à relire.Prix jusqu’au 1er janvier 1987: 125$ Un volume de 28,5 cm x 31,5 cm, 240 pages, 300 illustrations dont 100 en couleurs, reliure pleine toile.À paraître à l’automne 87: L'ART DES ANNÉES 30.Pour de plus amples informations sur les tarifs publicitaires et pour les réservations contactez Jacqueline Avril 842-9645 LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 27 décembre 1986 ¦ C-3 ••• vv.nn*wywyyuywfrwwyyy! 'ftsctrccsTfccci: mmm ___________LE FEUILLETON__________ Le dernier Duras : figure de LISETTE MORIN ?Marguerite Duras, Les Yeux bleus cheveux noirs, éditions de Minuit, 152 pages.FAUT-IL, en littérature, qu’une chambre soit ouverte ou fermée ?Deux femmes écrivains répondent cette année : oui et non, dit France H user (La Chambre ouverte, Le Seuil) puisque les femmes de son roman n’ont de cesse de vouloir « s’échapper », refusent la claustration que voudrait leur imposer leur amant, tandis que l’homme, tout au contraire, s’enfonce dans son bureau, dans l’appartement où, autour de la déesse machine à écrire, « les livres mangent peu à peu tout l’espace.» Oui, répond Marguerite Duras, dans son dernier livre, qui ne porte pas la classique mention « roman », femme sous une soie noire qui n’en est d’ailleurs pas un, tenant du récit autant que du scénario ou de l’ébauche d’une pièce de théâtre.« Sauf cette lumière centrale de couleur jaune, qui tombe du lustre, la chambre est sombre, ronde, on dirait close, sans fissure aucune autour du corps.» « Il n’y a pas de chaises non plus dans cette chambre » qui donne sur la mer et la plage.Dans cette chambre, réquisitionnée à gage, pour lui tenir compagnie dans ses nuits blanches, une femme rencontrée dans un bar et que vient d’abandonner un jeune amant « aux yeux bleus cheveux noirs ».L’homme qui la paie ne veut rien savoir d’elle, de sa vie passée, ne lui demande même pas l’amour ou son simulacre.« Il dit qu’il est sûr de la vouloir ainsi, sans amour pour lui, rien que le corps.» On a déjà compris que le cru 86 de Marguerite Duras est banal.C’est la veine ordinaire, celle de Détruire, dit-elle,, d’Aurélia Steiner, de Vera Baxter ou les plages de l’Atlantique.Rien, ici, ne rappelle, sinon par le langage, la musique heurtée des mots dérangeants ou dérangés de leur acception normale, rien ne procède de la fulgurance de L’Amant, de sa narration enfin personnalisée parce qu’autobiographique, ni même l’insoutenable récit, l’an dernier, de La Douleur.C’est donc « la Duras » telle qu’on continue de l’aimer, et même de la révérer, quand on l’a un jour découverte et acceptée, telle que la haïssent — il n’y a pas d’autre mot ! — ses adversaires irréductibles, qu’ils soient de la critique officielle ou non officielle.Les Yeux bleus cheveux noirs ne raconte que six nuits de cohabitation pour une femme jeune, en tout point désirable, qui adore voiler son visage ou son corps d’un carré de soie noire, et qui accepte de « pleurer » (on pleure à toutes les vingt lignes dans le dernier Duras) avec un compagnon de hasard.On apprend, peu à peu, qu’ils ont été abandonnés par le même jeune étranger « cause de leur désespoir ce soir-là au bord de la mer» quand ils se sont rencontrés.Tenter de résumer « cet amour, ,-celui pleuré par eux deux, qui était leur véritable fidélité à l’un l’autre, cela au-delà de leur histoire présente et de celles à venir dans leurs vies ».Pourquoi cette jeune femme a-t-elle accepté « le contrat des nuits blanches » ?Et pourquoi cet homme, encore jeune mais « qui ne fait rien », ui est « quelqu'un qui ne fait rien et ont l’état de ne rien faire occupe la totalité du temps », tient-il autant à voir dormir dans la chambre, où elle le rejoint en sortant quelquefois des bras d’un autre homme, cette compagne nocturne ?Il faut lire Les Yeux bleus cheveux noirs, non pas pour l’apprendre mais pour vivre la solitude, l’amour en allé, le goût de mourir.Pour assister à cette étrange mais obsédante aventure et faire, après tout, comme l’homme qui pleure : regarder la femme qui « dort sous la soie noire jusqu’au plein jour.» Jacques Testart : un apprenti sorcier repenti HEINZ WEINMANN ?Jacques Testart, L'Oeuf transparent, préface de Michel Serres, Flammarion, coll.«Champs», 1986, 196 pages.LA SCIENCE finit par rattraper la science-fiction.C’est normal : la science-fiction n’est-elle pas l’horizon fantasmatique d’une réalité que la science ne cesse de faire reculer ?Ironie du sort, le premier bébé-éprouvette conçu par « fivete » (fécondation in vitro et transfert d’embryon) est né au pays d’Aldous Huxley, qui a conçu la fécondation in vitro dans Le Meilleur des mondes.C’était en 1978.La France ne voulait pas être en reste.Amandine, le premier bébé-éprouvette bleu-blanc-rouge, est née en 1982.Du jour au lendemain, son « père », Jacques Testart, obscur biologiste qui a fait ses armes dans le domaine du transfert d’embryon chez les vaches, est devenu une vedette et son bébé, un « bébé-spectacle ».Titre du livre de Testart qui rend compte comment une expérience scientifique se transforme en scoop médiatique (De l’éprouvette au bébé-spectacle, éditions Complexe).Deux ans après, Testart, apprenti sorcier repenti, arrête la recherche dans le domaine de la « fivete », et revendique une « logique de la non-découverte ».Battage publicitaire bien orchestré visant à vendre la réédition (augmentée, il est vrai) du livre de 1984 sous le nouveau titre de L’Oeuf transparent ?Ce père in vitro à la puissance 200 serait-il jaloux des autres docteurs Faust français qui lui ont arraché le monopole de la procréation artificielle en fécondant 400 oeufs viables dans leurs laboratoires, simulant les conditions de l’utérus ?Inévitablement, une société obnubilée par le « progrès de la recherche » trouve suspecte qu’un chercheur qui a passé ses nuits sur ses éprouvettes fasse maintenant l’éloge de la non-recherche.Aucun doute possible pour qui a lu ce livre passionné : son auteur est sincère.Plus, tourmenté.Il n’a pu se faire complice d’une science inconsciente des conséquences de ses découvertes.Jacques Testart cesse d’être la « taupe monomaniaque » (Einstein) qu’est le savant enfermé dans sa recherche.Dégrisé de ses succès, il fait surface pour réfléchir aux lendemains que la fécondation in vitro prépare à l’« humanitude » (Albert Jacquard).Mais déjà aujourd’hui, les pratiques auxquelles donne lieu la « fivete » ne laissent d’inquiéter.Banques de sperme, banques d'ovules et d’embryons, dons d’embryons, prêts d’utérus, etc., ne cessent d’élargir le fossé entre la parenté biologique et la parenté sociale.Ce qui inquiète, ce ne sont pas tant les pratiques de ces Prométhée modernes (ou postmodernes ?) que le fait qu’elles se font dans l’a-légalité (à ne pas confondre avec l’illégalité), se mouvant dans un no man’s land éthique qu’aucune législation n’a osé quadriller.Le livre de Jacques Testart est un appel désespéré aux hommes de science (humaine) pour penser ensemble cette situation humaine nouvelle créée par la fécondation in vitro.Car il est possible aujourd’hui de faire naître un embryon congelé des dizaines, peut-être des centaines d’années après la mort de ses parents biologiques; possible également qu’une soeur jumelle porte et allaite son autre « moitié » précédemment congelée.Où sont les philosophes, ces « penseurs patentes », prêts à jeter un soubassement éthique solide dans ces sables mouvants biologiques ?Pour nous rassurer, il faudra plus qu’une préface ludique de Michel Serres, qui joue encore avec la combinatoire leibnizienne.Dans ce vacuum éthique et épistémologique qui entoure la « fivete », saluons le livre de Jacques Dufresne (La Reproduction humaine industrialisée, Institut québécois de recherche sur la culture, Québec, 1986) qui, le premier au Québec, a osé réfléchir aux conséquences de la reproduction artificielle.Dès qu’on a quitté le sentier de la procréation naturelle, il est difficile de savoir où commencent les « perversions ».Ces perversions font frémir Testart et Dufresne : la fécondation de l’ovule par l’ovule, l’auto-fécondation féminine, la grossesse masculine, et j’en passe Dans son utopie égalitaire des sexes qu’est L’Un est l’autre, Élisabeth Badinter n’a pas craint de laisser miroiter la grossesse masculine comme le « matin des magiciens » où l’Homme serait enfin devenu Femme.Jacques Testart avait beau mettre en garde contre les risques mortels d’une telle grossesse, le livre d’Élisabeth Badinter l’a promu « spécialiste » de la grossesse masculine.Et déjà, des hommes en mal de couvade attendent avec impatience le jour où un chirurgien zélé leur implantera l’oeuf fécondé qui leur fera grossir le ventre.Mais peut-être plus inquiétants que ces perversions assez évidentes, sont les dangers plus sournois auxquels la « fivete » expose l’humanité.Décidément, quelle boîte de Pandore que cette fécondation in vitro ! Conçue hier pour donner à 10 % de couples stériles l’espoir d’une progéniture, l’« oeuf transparent » de la « fivete » produira demain l’enfant « à la carte ».En éliminant le hasard de la procréation, on choisira le sexe de l’enfant et, finalement, le clone parfait des parents.Vive l’identité ! Et l’acte vénérien, prime de plaisir pour la rencontre des sexes, ne sera plus qu’un simple « jogging pulsionnel » pour couples rétro en mal d’exercice.La publicité qui a entouré, en 1984, le 1984 d’Orwell nous a fait oublier qu’en 1978 déjà, nous étions entrés dans Le Meilleur des mondes.Ce n’est pas le moindre mérite de L’Oeuf transparent de Jacques Testart de nous l’avoir rappelé.Herman Hesse, peintre (PC) — La réputation de Hermann liesse comme écrivain n’est plus à faire, mais on sait moins qu’il possédait aussi des talents de peintre et de musicien.Il avait une quarantaine d'années quand il a découvert la peinture.Il y a pris goût et est rapidement devenu productif de sorte que dès 1920, il avait suffisamment d’oeuvres, surtout des aquarelles, pour tenir une première exposition.Par la suite, son oeuvre artistique est restée ignorée jusque vers 1975, alors qu’on a commencé à tenir des expositions de ses oeuvres qui ont maintenant été exposées dans une bonne demi-douzaine de pays outre la France.LIBRAIRIE HERMÈS • 1120, av.laurier ouest, outremont, montréal • 274-3669 apostrophes le dimanche à 14h30 C'était Vhiver is Wx.13% g $b - Zy .j| jt gfe ^ J », -, ELISABETH BADINTER L'UN EST L’ AUTRE ntS»ll»TK)NSIVT»l HOMUUri II MM! S C-4 ¦ Le Devoir, samedi 27 décembre 1986 LE DEVOIR CULTUREL Laurier, une production de $7 millions Suite de la page C-1 furent mis à contribution.Comment un tel projet aurait-il coûté dans le secteur privé, sans les ateliers de décors et de costumes de la société fédérale, sans ses techniciens et ses cadres ?Difficile à dire.« Je ne crois pas que le privé aurait pu faire ce genre d’émission, explique Louis-George Carrier.Ce n’est pas rentable.Radio-Canada pouvait investir parce qu’elle était intéressée à une émission de prestige ».« Je peux prouver que les coûts sont meilleur marché en utilisant les services internes », ajoute Jean Dumas, directeur de la production interne de Radio-Canada, qui prêche ainsi pour sa paroisse.« On ne fait pas une telle série pour le cinéma, continue-t-il.L’importance de Laurier est culturelle, sociale, historique.Radio-Canada se doit de fonctionner dans de tels projets, c’est comme se payer une grosse gâterie une fois dans sa vie».Mais on ne risque pas de manger Laurier en compagnie de sa femme Zoé.un tel gâteau au chocolat à toutes les semaines.La série Laurier s’est glissée juste à temps à travers les coupures imposées au budget de Radio-Canada, puisque le projet fut présenté en 1980.La première ver- sion du projet prévoyait d’ailleurs un budget de $ 9 millions et 10,000 figurants ! Mais il fallut tout de même réduire de nombreux frais, et tous les intervenants rencontrés doutent fortement que la société d’État puisse se permettre une telle série historique avant longtemps.Pour se faciliter la tâche, Louis-George Carrier avait écrit pendant six mois un story board noté à la minute près.Mais comme il fallait coordonner tous les services avec précision, on inventa des solutions inédites.Un programme informatique fut conçu par des programmeurs, sorte de « super-script » ou de grand organisateur qui a géré toute l’information avec une précision mathématique.Ainsi, on pouvait savoir quotidiennement qui portait quelle perruque, combien de costumes de tel genre fallait-il apporter dans tel lieu, etc.C’est la première fois qu’un tel programme informatique est conçue à de tels fins à R-C, et on s’en sert maintenant pour d’autres émissions, tel Des dames de coeur.En plus d’Albert Miliaire, Monique Miller et Louise Marleau, Laurier met en vedette dans les principaux rôles Jean-René Ouel-let, Jean Marchand, Jean-Louis Millette, Guy Provost, Marcel Sa-bourin, Jean Lajeunesse, Marjolaine Hébert, etc.La musique est signée Cyrille Beaulieu.Et la collaboration Carrier/Dubois ne s’arrête pas là.Le tamdem travaille actuellement à un projet de mini-série historique de huit heures, Dix ans d’espoir, portant sur les années 60 vues à travers une famille d’Outremont, de la mort de Duplessis à la mort de Laporte.Le projet est actuellement à l’étude à la haute direction de Radio-Canada.On ne peut présumer de son acceptation, mais Jean Dumas précise qu’« on s’en va maintenant beaucoup plus vers de courtes mini-séries qui jouent sur la réalité sociale actuelle».Quant à la prochaine série historique de prestige, qui sait, peut-être pour le centenaire de Radio-Canada aurons-nous droit à un Trudeau.?! Théâtre: lettre de Belgique Suite de la page C-1 j’ai senties, qui s’entrecroisent du quartier des Marolles aux rues de Montréal.L’embêtant, qui relève des différences géo-culturelles, c’est que Hunstad, ici, resterait peut-être sans écho immédiat, comme Deschamps première manière là-bas laisserait le Belge sur son quant-à-soi.Seul Tremblay, qui est un dramaturge inspiré, brise parfois ces frontières.?Pin Belgique, le théâtre n’a pas eu, comme au Québec, à se camper dans une attitude belliqueuse envers une quelconque mère-patrie écrasante ou une culture imposée d’outremer.Les dramaturges, tels le Wallon Ghelderode ou le Flamand Crommelynck, qui se sont insérés avec leurs influences, particularités et couleurs, dans le théâtre international, n’ont jamais eu de lutte nationale à mener.Et aujourd’hui, si l’on demande à quel-qu’homme de théâtre belge que ce soit qui est « l’auteur belge » actuel, celui qui, tel Tremblay, représenterait une spécificité nationale, on nous répond .que la question ne se pose pas.Il n’y a pas de Tremblay sur la scène belge.Il y a des auteurs, relativement peu joués (un quart des pièces jouées sont belges), parfois joués d’abord ou aussi à Paris, des auteurs, tout simplement, qui n’ont pas à être d’abord belges, et des théâtres, la plupart, qui affichent autant français, italien, allemand, américain, et même parfois québécois (Tremblay, Barbeau), que belge.Jacques de Decker, le critique dramatique du quotidien Le Soir, à Bruxelles, écrivant dans l’album du théâtre de l’Esprit-Frappeur, cette troupe fondée par Albert-André L’Heureux dans le sous-sol de la maison familiale, rue Josaphat, en 1963, point de départ du renouveau du théâtre belge, disait que l’Es-prit-Frappeur avait, le premier, « apprivoisé cet oiseau rare et rarement joué qu’est le dramaturge “biendchénou” ».Selon lui, il était mal vu, il n’y a pas si longtemps, qu’un théâtre belge porte en scène un texte qui ne soit pas d’importation.Le déblocage (qui ressemble à ce que l’on a vécu ici dans les années 60) s’est produit vers 1978, alors que l’Esprit-Frappeur, par exemple, frappant le grand coup, mit neuf créations de textes belges inédits à son affiche, un débarquement qui n’a pas été réédité.On a pu parler alors de « théâtre belge », dans ce tournant des années 70.Trois autres groupes suivirent ces traces ouvertes par L’Heureux, et si la place laissée aux auteurs belges ^Liliane Wou-ters, Georges Thines, Paul Willems, René Kalisky) n’est pas demeurée aussi large que lors de cette « grande saison de 78 », et si le « théâtre belge » ne s’est pas institutionnalisé ou sur-consommé, l’effervescence théâtrale née alors ne s’est pas pour autant démentie; elle s’est élargie et, aujourd’hui, le théâtre belge, particulièrement ouvert sur une modernité d’expression, fait par des gens sur la brèche de la pertinence et de la nouveauté, sans réflexe national et rien à prou- ver, vit aux quatre coins de la ville et ailleurs en Wallonnie (on en a eu plusieurs preuves à Montréal avec l’Atelier Sainte-Anne, le théâtre de la Vie, le théâtre de Banlieue, le Plan K, le travail de L’Heureux, etc.) dans une santé exceptionnelle.Aux institutions (le Théâtre national de Belgique, dirigé maintenant par Jean-Claude Drouot, le Nouveâu Théâtre de Belgique, TAn-cienne-Belgique, le Théâtre royal du parc, etc.) qui défendent un répertoire international et rarement belge, ce nouveau théâtre, issu des avant-gardes des années 70, répond et fait équilibre avec une frénésie de création sans frontières et sans ornières, esplanade théâtrale sur laquelle vient de s’avancer ce timide Gilbert, d’Yves Hunstad, et sur laquelle auront droit de cité, aussi, de plus en plus, les accents d’une belgitude trop longtemps reléguée aux affaires de la vie courante, aux réflexes des cafés bondés, aux habitudes de l’intime, et que le théâtre va prendre en charge, parce que le théâtre, c’est la vie qui revient nous surprendre.Django, Wes, Tal, Charlie et Cie LA NOTE BLEUE GILLES ARCHAMBAULT L’AUTRE JOUR, rentrant chez moi un peu en furie parce qu’une fois de plus on s’était adressé à moi en anglais chez un disquaire du centre-ville, j’ai eu la satisfaction de calmer mon indignation par la lecture d’un album sur l’histoire de la guitare dans le jazz.(1) Que des gens vous agressent en vous vendant à prix respectable des disques compacts, cela est évidemment intolérable.Mais comment en vouloir longtemps à la caissière anglophone arrogante et mal payée, alors que la politique linguistique du Québec manque à ce point de dignité.Mais quittons ces choses laides pour la musique .Norman Mongan est guitariste, directeur artistique, écrivain, photographe et cinéaste.Originaire de Dublin, il vit à Paris depuis plus de vingt ans.Son livre a la particularité de nous offrir en plus d’un aperçu historique du jazz et des guitaristes qui se sont illustrés à travers lui, la transcription de 25 solos de guitaristes aussi divers que Django Reinhardt, Wes Montgomery et Larry Coryell, de nombreuses photos, une bibliographie, une discographie.Il s’agit, sauf erreur, de la première tentative de lire l’histoire du jazz à l’aide du seul éclairage de la guitare.On y vérifie une vérité qui faisait peu de doute, cet instrument qui connaît depuis l’avènement du rock and roll une faveur extraordinaire, a toujours été présent dans le jazz et le blues.Mongan fait d’abord un rappel de la place de l’instrument dans la musique occidentale et africaine.C’est avec l’apparition des race records destinés au public noir du Sud des États-Unis que se fabriquent les premières vedettes Charley Patton et Blind Lemon Jefferson, par exemple.Comme l’auteur n’est pas un chercheur, mais un amateur passionné, il fait appel aux travaux de spécialistes de cette période, comme Paul Oliver et Samuel Charter.Et il a l’honnêteté de citer ses sources.La bibliographie est donnée chapitre par chapitre, ce qui permet au lecteur d'approfondir certains points de détail.Je ne crois pas qu’on puisse prendre Mongan en défaut quant au nombre de guitaristes mentionnés dans Larry Coryell son ouvrage.Je n’ai remarqué, quant à moi, aucune omission importante.Ce que l’ouvrage gagne en étendue, il le perd évidemment en profondeur.Comment rendre compte d’un musicien aussi important que Charlie Christian en six ou sept pages ?Il en résulte une certaine impression de superficialité qui atteint son comble lorsque Grant Green, par exemple, est évoqué en quelques lignes, Herb Ellis en trois pages, etc.Pour certains musiciens actifs à une certaine période et moins par la suite, Mongan perd carrément leurs traces.On en retire une certaine sensation de frustration.Pourquoi ne pas en dire davantage sur l’excellent René Thomas, par exemple.Notons que l’auteur n’est pas sectaire et qu’il ouvre son panthéon à des musiciens de toutes tendances, de George Barnes à Terje Rypdal, de Pat Martino à John Abercrombie.Le moment étant venu de tirer une conclusion, j’avance que tout imparfait qu’il soit, cet album est l’amorce d’un travail essentiel.Je ne crois pas qu’il soit bien difficile de passer outre au côté superficiel de l’aventure pour s’attacher à l’approche passionnée de son auteur.Les nombreuses anecdotes qu’on y glane, les rappels historiques, certains points de détail qu’on ignorait, tout cela nous procure un plaisir certain.Quant à la discographie, forcément incomplète, elle a le mérite de nous guider assez sûrement même si la plupart des microsillons suggérés ne sont pas trouvables.1) Norman Mongan, Histoire de la guitare dans le jazz.Préface de Barney Kessel.Traduit de l’anglais par Alain-Pierre Guilhon et Pascale Ba-rithel.Paris, Éditions Filipacchi, 1986, 275 pages.RADIO-MUSIQUE ?RADIO-CULTURE ?RADIO-CANADA 24 HEURES SUR 24 AU RÉSEAU FM STÉRÉO DE RADIO-CANADA La Société Radio-Canada est heureuse de souhaiter à ses auditeurs et auditrices une bonne et heureuse année.Samedi 27 décembre 1986 12h00 Les Jeunes Artistes Sy l\am ('.renier, perc.et Oksama Stel-ma/uk.p «Children's Songs» nos 15 et 6 (Corea) ; extr suite no 2.RWV 1067 (JS Bach) ; extr.Concerto pour marimba (Creston); «Le Vol du bourdon» ( Rimsky-Korsakov ); «Black Page» (Zappa).- Jean-Philippe Tanguay et Claude Régimbald.fl., et Lysette Bnère.p : Trio.op.119(Kuhlauj; Fantaisie sur «Rigoletto».op 38 (Doppler).13h00 Des musiques en mémoire Musique et traditions de l’hiver.Inv Jean Provencher Anim.Elizabeth Gagnon 14h00 L'Opéra du Metropolitan «Die Fledermaus» (J.Strauss) Kiri Te Kanawa (Rosalinda); Judith Blegen (Adele); Tatiana Troy a nos (Orlofsky); l)a\ id Rendall ( Alfred); llakan liage gard ( Kisenstein) ; Michael Devlin (Dr l'alke); choeur et orch.dir Jeffrey Tate Anim.Janine Paquet et Jean Deschamps 18h00 Mélodies Pierre Boutet, t.et Richard Paré.org.«Bel astre que l'adore» (noel du XVe); «où s en vont ces gais bergers?» (noel du XVle); «Les Trois Petits Enfants» (Missa).«Cantique de Noel» (Busser); «Noel» (Holmes); «Jesu Redemptor» (Von); «Noel» (Gounod) 18h30 Musique de table Extr «Mignon» (Thomas); «Shepherd's lies» (C.rainger); Sonate no 11.op.22 ( Beethoven); Sonate pour violon et b.c .op 5 no 3 (Corelli); Fantaisie de con cert sur des thèmes de «l.a Traviata» de Verdi (Lovreglio); «Variations pas (orales sur un vieux noel» (Samuel-Rousseau ).«Jésus que ma joie de meure».BWV 147 (J S Bach); Sonate.I.23 (I) Scarlatti).«Fantaisie pastorale hongroise» (Doppler) Anim Jean Paul Nolet.20h00 Orchestres américains Orch symphonique de Pittsburgh, dir Michael Tilson Thomas Sympho me no 9 ( Mahler).22h00 Les Musiciens par eux-mèmes In\ Louise Lebrun, sop.Int.(ïeorges Nicholson 23h00 Jazz sur le vif Émission enregistrée au Festival inter national de Jazz de Montréal 1986 En vedette Jane Ira Bloom, saxophone Anim.Michel Benoit Dimanche 28 décembre 1986 OhOO Musiques de nuit Anim.(ïeorges Nicholson.5h55 Méditation «Ilérode ou l'Enfant Jésus'» ((îuy K mbé).6h00 La Grande Fugue Ire h.Oeuvres de C.ruber, C P E Bach; Charpentier et Telemann 2e h.Handel.J.S Bach.Buxtehude.Vi va ldi et Wesley 3e h.Handel.Beethoven.Haydn.1 .oeillet.J S Bach et Humperdinck Anim Gilles Dupuis.9h00 Musique sacrée «Cantique de Jean Racine» (Fauré).«Vêpres de la fête des Saints Innocents» (Haydn).«Ave verum» (Saint Saens); extr «Requiem» (Fauré) Arum.Gilles Dupuis.10h00 Récital Suzanne Fournier, p.; Sonate no 5.op 53 et 1 préludes, op 11 (Smabine) 10h30 Les Goûts réunis Pro Musica Antiqua de Radio-Bremen I98.V Polyphonie sacrée de la renais-sam e; Pro Canlione Antiqua de Lon (1res \mm.Michel Keable 11h30 Concert intime Louise Bouchard, fl.; Alain Desgagné.flûte à bec; llermel Bruneau, clv.: Suite - 1770, et Suite -1787 (Schultze): Sonate en do min.( Loeillet).12h00 Pour le clavier «Les compositeurs hongrois» (Irede 3).Oeuvres de Liszt: «Nuages gris».«Un-stern», «Valse oubliée» no4.«Bagatelle sans tonalité», «(’/aidas obstiné».«Czardas macabre».« Rhapsodie hongroise» no 16 1st van Lantoset Elizabeth Tusha, p Inv Kalman Dobos, contrôleur des émissions musicales à la Radio de Budapest.Int.Pierre Rainville 13h00 Suite canadienne La tradition des chansons du jour de l’An au XIXe'siècle «Larmes».«Pastorale» et Mazurka (Bernier); «Ici-bas».« Enfant, si j'étais roi» et Impromptu (Fortier); «Poème élégiaque» (Bourdon); «Mon âme avait rêvé».«Au clavecin» et «A mon piano» (Gralton): «Nouvel An» (de Terlae); «Jour de l'An» (Levasseur); «Chanson du jour de l'An» (Labelle); «L'air des fraises» (anon.); «Les Jeunes Canadiennes» (Comte Premio Réal).Anim André Hébert.14h30 Concert dimanche Erno Sebestyen et lleidrun Ganz.vl ; Hallo Reverie, alto; Martin Ostertag et Christoph Henkel, vc.; Quintette, op.39 (Glazounov); Quintette, op 10 (Dessoif); Quintette.D.956 (Schubert).Anim Michel Keable.16h30 Les Grandes Religions «L'Évangile et les cultures» (17e) In carnation et ineulturation.Inv.Gilles l.angevin.s j .de l'Université Laval.Anim.Diane C.iguère 17h00 Tribune de l'orgue s> Ivain Caron, orgue Beckerath, église Immaculée-Coneeption.Montréal, et Les Petits Chanteurs du Mont-Royal, dir.Gilbert Patenauüé: Prélude et fu gue.RWV 552 ( J S Bach) ; extr Suite, op 5 (Duruflé); Fantaisie et fugue, op 135b (Reger); Motet «Tota pulchra es» (Duruflé).«Ave Maria» (Verdi); « Lauda.Sion, salvatorem» (Monte verdi); «Venu Domine» (Mendelssohn) Anim Michel Keable 18h00 À travers chants De Rimouski La Chorale de la cathé drale St Germain.Anim Myra Créé.18h30 Musique de table «Noel de l'Ile-de-France»; «Aile Vogel smd schon da» et « Hansel und Gretel» (anon.); Sonate pour violon et piano, op 24 (Beethoven); extr « Handler*.I) 366 (Schubert); «Valse accélération» (J Strauss).Sonate en sol pour violon et piano (l.ekeu) Anim Jean-Paul No let 20h00 Musique actuelle «Musique actuelle» célèbre la nouvelle année \mm Janine Paquet 22h00 Communauté des Radios publiques de langue française • «Le Théâtre (les saveurs ou les neuf Rasa d'André Velter» de Zéno Bianu Prod Radio France.« 23hOG Jazz sur le vif Hommage à Scott l.afaroavec Michel Donato «Gloria's Steps» et «Jade Visions» ( l.afaro/Donato): «Pensée pour Scott».«Danse pour Scott» et «Cinq pour Scott» (Donato) création Anim Michel Benoit Lundi 29 décembre I986 OhOO Musiques de nuit Anim Monique Leblanc 5h55 Méditation «Noel n'est pas seulement derrière nous» (Guy Riobé) 6h00 Les Notes inégales Ire h Quatuor.G 197 ( Boccherini).Fantaisie pour flûte no 1 en la (Telemann); «Concierto serenata» (Rodrigo).2e h.Adagio et rondo pour harmonica de verre, flûte, hautbois, alto et violoncelle.K 617 (Mozart); Cantate folklorique autour du thème de Bethléem pour choeur de femmes et or chestre (Szokolay ); «La Valse des patineurs» ( Waldteufel) - 3e h.: «Pierre et le loup» (Prokofiev): Sy mphonie «des jouets» (L.Mozart); «Mit gantzen W'il-len» (Paumann).Anim.Francine Moreau.9h00 Musique en fête Ammboldo le «merveilleux».«Les Saisons» (Vivaldi); Chansons (Janequin); «Reflets dans l'eau», «Poissons dmr» et «Pagodes» (Debussy); «Renard» (Stravinsky); extr.«Orchésographie» (Ar-beauj; extr «L'Art delà fugue» (J.S Bach) Anim Renée Larochelle.I1h30 Les Jeunes Artistes André Picard, fl., et Pierre Tremblay, gui : Ballade ( Marcoux) ; «Pastiche» (Beaudet); «Sonatina», op.205 (Castel-nuovo-Tedesco).12hOO Présent-musique Magazine d'actualité musicale sous forme de reportages, de chroniques et d'entrevues en provenance du pays et des principales capitales de la musique Anim André Vigeant.13h00 Au gré de la fantaisie Concours énigme Anim.Colette Mersy 16h00 Libre parcours • Actualités littéraires.Anim.Gilles Archambault 16h30 Homo Ludens • 3e de 10.«Le jeu de l’imaginaire».Inv Julie Cotes, mots et lettres; Yolande Rivard, musique; Hélène Gagnon.Dérive urbaine'; Lucie Fréchette, psycho logue Rech et anim.Daniel Gauvreau.17hOO Latitudes • «L'Aventure qui s’écrit» (en alternance avec «L'Histoire au quotidien»), 3e de ÎK Mirages et ventsd'Est.Inv.Jean Claude Berchet.Rech.texte et int René Viau Lect.Jacques lioude.17h30 L'Air du soir Anim Danielle Charbonneau.19h00 Musique de chambre et Concerts européens saison de l’ORF.Orch symphonique de l'oRF.Ernst Kovacic.v !.et Rudolf K at /bock.bar.Concerto no 2 pour violon, dir.Lothar Zagrosek; Sy mphonie no 7 (llcnze).dir Hans Werner Henze.Anim Michel Keable.21h30 Théâtre du lundi • lie partie: magazine d’actualité culturelle \mmMichel Vais 2e partie: «L'Hiver en Calédonie» d'André Ricard Lect Denise Gagnon.Paul Hébert.Micheline Bernard.Louis (ïeorges Girard, Michel G arceau.Hélène Leclerc et René Edgard Gilbert.23h00 Jazz-soliloque ¦ Darn That Dream»: Bob Moover; -Walk Maroussa Walk» et «Wood Dream» Yochk’o Seffer/Siegfried Kessler.«Second Thoughts» Art Blakey .«Promenade»: Caraïbe Jazz Ensemble: «All Too Soon» Nancy Harrow «My Heart Belongs to Daddy» Dave Pell.«The Jeep Is Jumping» : Warded Gray Anim Gilles Archambault Mardi 30 décembre 1986 OhOO Musiques de nuit \mm Monique Leblanc 5h55 Méditation • t ne bonne nouvelle pour lout homme» ((lus Riobé) 6h00 Les Notes inégales Ire h Extr.«Le Temple de la gloire» ( Rameau); Quatuor no 2.W 94 ((' P E Bach); < ’oncer!o pour hautbois no 3 «La Cctra» ( Marcello) 2e h.« Album pour mes petits amis», op !4(Pierné); Sym phonie «des jouets» (Reinecke).«Try to Remember» (Schmidt/Jones).Con certo pour flûte, op 10 no 5.(Vivaldi).3e h.Extr «Casse noisette» (Tchai kovsky ) «Danses hongroises» nos 11 à 14 (Brahms): Concerto pour violon et cordes, op 10 no 10 ( Albinoni ) Anim Francine Moreau.9h00 Musique en fête Le passage sonore de R Murray Seha fer «La Moldau» (Smetana).«Dis» pour flûte et harpe (Garbarek); «Swal lows» (Jones); extr.Symphonie no 6 «Pastorale» (Beethoven); «And (ïod Created Great Whales» (Hohvaness): Flûtes de cornes et de bergers (Cle-mencic); extr.Sérénade no 9.K.320 «Cor de postillon» (Mozart); «La Battalia» pour cordes (Biber); «Pacific 231» ( Honegger); extr.«Street Music» (Russo); «Ionisation» (Varèse).Anim.Renée Larochelle.11h30 Concert intime De Toronto.Ens.de musique de chambre Kitchener-Waterloo.Suite pour violon.clarinette et piano (Milhaud); Moshe Hammer, vl ; Victor Sawa.clar.et Raffi Armenian, p ; «La Cheminée du Roi René» (Milhaud): Tom Kay.fl ; James Mason, ht b ; Victor Sawa.clar.; Cedric Coleman, bas., et Martin 11ac-kelman.cor.12h00 Présent-musique Anim André Vigeant.13h00 Au gré de la fantaisie Suite «I/Artésienne» (Bizet): orch.sy mphonique des jeunes de Lévis.dir.Gilles Auger.Anim.Colette Mersy.16h00 Libre parcours • Actualités littéraires.Anim.Gilles Archambault.16h30 Présence de l'art • Ac tualités artistiques et entretiens sur le thème «Art et politique».Anim Christiane Charette.Gilles Daigneault et Rober Racine.17h30 L’Air du soir Anim Danielle Charbonneau 19h00 Musique de chambre et Concerts européens Concert d'abonnement de l'Orch.symphonique de la Radio SD R.Stuttgart, du Neville Marriner; Lynn Harrell, vc .et Gunter Teufrel, alto: «Don Qui ehotte».op.35 (R Strauss); suite «Pul-emella» (Stravinsky); «Les Pins de Rome» (Respighi) Anim.Michel Keable Veuillez prendre note que l'émission En toutes lettres, diffusée à 2lh30.(‘si annulée aujourd'hui.21h30 Portrait de l’année de la C.R.P.L.F.• Rétrospective des événements sociopolitiques de l'année dans le monde et (te la v ie culturelle en France, en Belgique.en Suisse et au Canada Coprod de la ( R P L F 23h00 Jazz-soliloque «Love Won't Let You Get Away»; Ro solitary Clooney : «Prelude to a Kiss»; \rchie Shepp; «Blues in B Flat» Bill Henderson; «Keep Love Alive»: Jimmy Heath.«I Remember Clifford»: Lilian Terry.«Stardust»: Clark Terry; «Chasin'at Newport»: Clark Terry/Howard McGhee; «When Your Lover Has Gone» Bud Freeman; «Deep Purple» Carol Sloane Anim Gilles Archambault Mercredi 31 décembre 1986 OhOO Musiques de nuit \mm Pierre-olivier Désilets.5h55 Méditation «L'humble bonheur humain est un moment essentiel» (Guy Riobé) 6h00 Les Notes inégales Ire h.Sy mphome no 101 «L'Horloge» (Haydn); Sonate pour basson et piano-forte.op 24 no 3 (Devienne); «Le Rapin'I des oiseaux» ( Rameau) 2e h.«Le Tic Toc Choc» (Couperin); Symphonie no 8.I) 759 «Inachevée» (Schubert); Andante et Menuet, op 103 (Haydn); extr Requiem.K 626 ( Mozart ).Ouv «Prince Igor» (Borodine) 3e h.Sonate pour mandoline.Wo IIOENICII.f lirt Lauréats du Goneuiirs OS VI l!*8«> \i vkie-vndkée hlnnv.M VRTIN KKVV I R.violon SCOTT ST.JOHN, violon LFS CONCERTS ESSO ,ïl musique de Bach 7.7¦: ni L I,' 117777 77 17/-.' ////’musique (le Mahler 7.77,777 musique de Vivaldi el Tuxedo Moon SI7 \ VIL 1 TROIS musique de Bartok SI HT.171/.77 17 \ musique de Beethoven et Hughes Labors Be il sun X Hedges (Canada) lue.Billets: 3â S-21 S - 12 S Mercredi 2H janvier.19 h 30 Basilique Nnlre-liame TREVOR PINNOCh.ehel et piano LES CONCERTS HANOI E KOV VI,E BAROQ1 E ET CLASSICISME J||g // WML Water Musk «S Il \)l)\ Concerto pour piano en ré majeur Il I V/77,7, Sa oison.ouverture Il U/7V Symphonie no 93 Billets : 20S - IBS - Kl S - 7.30S éb Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Reservations téléphoniques 514 842-2112 Fraisdo service Redevance de 1 $ sur tout billet de plus de 7$ SI disponibles, 100 billets seront vendus .) fi 5.une heure avant le concerl.ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL CHARLES DUTOIT *• kovski, Le Sacrifice, qui prend l’affiche du cinéma Laurier.Dans la photo du bas, assis, le comédien Erland Josephson.propos de reprendre ici les mots de Pierre Francastel, déjà cité au sujet du Sacrifice par Joël Magny dans Les Cahiers du cinéma : « En se détournant des chevaux et des activités guerrières, l’homme se met en situation.d’accéder à un autre mode de vie qui, au sens figuré du mot, l’élève (.) Il oppose aux témoins du règne de la violence, à l’âge de fer, les beautés sereines de la nature ».( La Figure et le lieu, Denoël) Ces phrases représentent une clé non-négligeable lorsque vient le temps d'interpréter Le Sacrifice, oeuvre ouverte à une multitude de sens et de lectures.D’ailleurs, toute cette histoire, cette guerre, cette annonce de la fin du monde, ce sacrifice, tout cela n’est peut-être qu’un rêve.Peut-être n’est-ce aussi que le gigantesque fantasme d’un esprit malade.Peut-être a-t-on raison d’interner Alexandre.Dans cette incertitude se trouve l’une des facettes les plus intéressantes du génie de Tarkovski.Où il n’y a pas de doute, il n’y a pas de foi.Tarkovski, avec Bergman, Zanussi, Godard dans Je vous salue Marie et quelques autres tous parmi les meilleurs, a compris que l’un n’allait pas sans l’autre.De ce doute, Tarkovski fait le corps même de sa mise en scène.Chaque image est fuyante.Rien n’est sûr.Chaque symbole voit les sens tournoyer autour de lui.C’est là toute la richesse d’un film où le sujet et la forme ne font qu’un.On reconnaît ainsi les chefs-d’oeuvre : leur forme n’est applicable à aucun autre sujet et leur sujet ne peut s’exprimer ailleurs que dans cette forme.« Rien ne manque, rien de trop », disait Bresson dans ses Notes sur le cinématographe.Le Sacrifice.Le Sacrifice est d’une telle richesse que je pourrais continuer ainsi pendant des pages et des pages, remplir totalement ce cahier et bien plus encore.Mais ce ne serait souhaitable ni pour vous, ni pour le film.Il ne faut pas tuer toute la magie, fermer la porte aux surprises, aux émotions, à l’envoûtement et aux interprétations.À ce chapitre, rien ne peut remplacer la vision troublante de ce film exigeant.(Au Laurier) ?Les Fugitifs est le troisième épisode de la fructueuse collaboration de Gérard Depardieu et Pierre Richard avec le scénariste et réalisateur Francis Veber.Les deux premiers étaient La Chèvre et Les Compères.À n’en pas douter, Les Fugitifs est le plus drôle des trois et promet d’être l’événement de Noël dans les salles francophones.La situation initiale est tout sim- plement délirante : Depardieu, auteur de quinze vols de banques, sorti de prison le jour même et fermement décidé à ne plus y retourner, est pris en otage par Richard, chômeur désespéré qui tente maladroitement un hold-up minable.Rapidement, Depardieu résume la psychologie de son ravisseur en affirmant : « T’es un connard, toi ! » Et comme les deux font la paire, le film est lancé avec entrain.Les gags foisonnent, plusieurs sont de grande qualité, et tout baignerait dans l’huile si ce n’était de la partie destinée à faire « tout public », celle qui cherche laborieusement à nous soutirer les larmes après les rires.Là, c’est moins heureux et infiniment plus convenu.Mais Depardieu et Richard repartent le bal et on se laisse prendre de nouveau avant de retomber dans la guimauve.Ce film-là, quand vous le reverrez en vidéo, parions que vous en sauterez des bouts.(Au Berri) .»»• ^ritm ; Dons d’organes Trois heures de variétés consacrées aux dons d'organes, avec Jean-Pierre Ferland et Diane Hébert.UN CADEAU POUR LA VIE Realisation: Jacques Cholcttc Dimanche 28 décembre, 2()h Bell Er3 H Le Permanent Wk BANGUI La Société Canada Trust Hjrï NATIONALE Courtage immobilier ¦ Prels hypothocaires Radio Québec de Célia Bertin FRANCINE LAURENDEAU MÊM E si vous êtes comme moi trop occupé ces temps-ci pour trouver le temps de vous adonner à ce vice impuni, la lecture, il y a des publications qu'il ne faut pas prendre le risque de laisser passer.Je vous signale donc la parution de deux ouvrages qui devraient figurer dans la bibliothèque de tout cinéphile.« Dans la semaine entre Noël et le jour de l’An ( 1978-79), Alexander Sesonske et sa femme Sally vinrent faire une visite.Jean Renoir se sentit fatigué et alla se coucher avec l’aide de Greg.François Truffaut le suivit dans sa chambre et demeura assis en silence auprès de lui.Alexander Sesonske fut impressionné par l’attitude des deux hommes et la chaleureuse affection qui irradiait d’eux.En Inde, Renoir avait été frappé par ces relations silencieuses entre les êtres où les sentiments s’expriment par la seule présence immobile et une sorte d’état de concentration qui permet de saisir l’autre au plus profond de son âme.Sans doute était-ce un adieu qu’échangeaient deux amis, ce soir-là».Comment ne pas être touché par ces lignes qui évoquent la profonde amitié entre deux grands réalisateurs disparus ! On a beaucoup écrit sur l’oeuvre de Jean Renoir, mais Célia Bertin vient de signer la première véritable biographie de l’auteur de La Règle du jeu.Un li vre intelligent, attentif et chaleureux qui se lit mieux qu’un roman.Quelques photographies (dont deux portraits de Jean Renoir enfant par son père — dommage qu’ils ne soient pas en couleurs !), une filmographie détaillée, une liste des écrits du cinéaste et un précieux index des noms cités.Un ouvrage essentiel.Signalons que le livre précédent de Célia Bertin, La dernière Bonaparte, a été couronné par l’Académie Française.(Aux Editions Perrin).?Cinéma québécois — Nouveaux courants, nouvelles critiques, c’est le titre du dernier numéro de la revue Dérives.Ouverte aux nouvelles pratiques d’écriture, ayant choisi de ne pas se limiter au Québec et aux cultures prédominantes (France, U.S.A.) mais s’intéressant surtout aux cultures « périphéri- Jean Renoir ques », cette publication québécoise mérite d’être découverte si ce n’est déjà fait (elle existe depuis 1975).Après des dossiers sur la musique contemporaine latino-américaine, la nouvelle brésilienne, Chahine et le cinéma égyptien, pour ne citer que ces exemples, Dérives s'intéresse enfin au cinéma québécois.« Ce numéro, nous prévient Michel Larouche, membre du collectif de rédaction, ne présente pas un caractère encyclopédique II propose plutôt sept signatures, sept approches différentes d’un cinéma de plus en plus riche et varié ».On retrouvera au sommaire les noms de Denis Bellemare, professeur de cinéma à l’UQAC, Jean-Daniel Lafond, cinéaste et critique, Marcel Jean, mon collègue du DEVOIR, Michel Larouche, professeur de cinéma à l’Université de Montréal, Patrick Straram le Bison ravi qui n’est plus à présenter, Jocelyn Deschênes, chargé de cours à l’UQAM et Brenda Longfellow, cinéaste et professeur au Queen’s University.On aborde notamment les thèmes du cinéma direct, du cinéma expérimental, de l’esthétique qui sous-tend l’oeuvre de Gilles Carie et d’André Forcier, de l’écriture féministe de Journal inachevé, de Marilu Mallet, et de Strass Café, de l.éa Pool.Dans le bref chapitre intitulé No-tes sur le regard de l’autre, Marcel Jean rappelle l’apport des réalisateurs néo-québecois à notre cinéma, d'Arthur Lamothe, Georges Dufaux et Michel Moreau à Léa Pool et Paul Tana.Dérives est en vente dans toutes les bonnes librairies.UlVlTtO r*ÏAT**% ©ïïioilleurs êoufiaits à dbusf FESTIVAL ¦*st V j I G ,UesA9“*tév'X .g*_iv\cV^V M1 Parents enfant a D’une grande sensibilité [ c i MELO Un film de Alain Resnais Avec Sabine Azema.Fanny Ardant.Pierre Arditi 12:55-3:05-5:15-7:25-9:35 Montand / Depardieu [J~" JEANde FLORETTE Ezl 2:20-4:40-7:00-9:20 Sam Couche tard 11:35 SI AN (ONNI R Y UN HLM 1)1 ILAN-JACQUl S ANNAUD Le PARISIEN 480 STE CATHERINE O.866 3856 ^VERSAILLES PLACE VERSAILLES 35Ï7880 Le PARISIEN 480 STE CATHERINE O.866 3856 PARISIEN 4-VERSAILLES 3 1:45-4:20-7:00 9:35 Sam Couche tard 12:00 C-8 B Le Devoir, samedi 27 décembre 1986 § %t'W ~ IT [T ~7l T\ MUSÉE McCORD ¥ El ran D’HISTOIRE CANADIENNE 690, rue Sherbrooke ouest (métro McGill) Du mere, au dim.de 11 h à I7 h.ENTRÉE: 1,00$ INFORMATION: 392-4778 UN NOËL VICTORIEN Costumes variés de l'époque victorienne: traditions de Noël.A voir également: WILLIAM NOTMAN: L'EMPREINTE D’UN STUDIO — exposition exceptionnelle de photographie du 19e siècle.L’ÈRE DU CHEVAL AU QUÉBEC — art traditionnel.Le Musée remercie de leur appui 1er Musées nationaux du Canada, le ministère des Affaires culturelles du Québec, le Conseil des arts de la CUM.Alcan et la faculté de médecine vétérinaire de St-Hracinthe LE DEVOIR CULTUREL Arts plastiques en 1986 L’année de la collection russe GILLES DAIGNEAULT AU MOMENT de commencer cet exercice traditionnel — et toujours arbitraire — du palmarès des meilleures expositions de l’année, on pense d’abord à la disparition d’Andrée Paradis qui a fait perdre à notre milieu son personnage le plus généreux et le plus attachant.Je me rappelle qu’elle commentait chaque fois ma sélection avec beaucoup de chaleur et d’humour, et je suis sûr qu’elle aurait approuvé mon premier choix de 1986.À première vue, l’année écoulée a été satisfaisante mais elle est surtout prometteuse, tant à cause de l’ouverture de trois nouvelles galeries d’art contemporain à Montréal que de la percée de quelques autres sur la scène européenne par le biais des foires de Bâle, de Paris et de Cologne.Cela dit, on doit reconnaître que ce sont encore les block-busters qui ont marqué l’année et qu’il peut difficilement en être autrement.Peut-être même faudra-t-il songer un jour à dresser des palmarès différents pour les institutions et pour les galeries commerciales (d’autant qu’il ne sera pas commode pour celles-ci d’affronter prochainement les expositions de Léonard de Vinci, Gauguin ou Degas.) En attendant, voici, toujours par ordre croissant d’intérêt, les dix plus beaux moments de 1986.10.Ilana Isehayek chez Yahouda Meir et Monique Régimbald-Zeiber chez Graff (ex-aequo).Un subterfuge pour mentionner une exposition de plus ! Ces deux jeunes artistes, de tempéraments aussi différents que possible, manient avec la même intelligence et la même sensualité la scie à découper, la couleur et l’histoire de l’art pour construire des univers à la fois très personnels et très engageants.Les deux révélations de l’année.9.Michel Larionov chez Gilles Gheerbrant.À la longue, on a de plus en plus envie d’appliquer à Gheerbrant la fameuse boutade de Picasso : «Je ne cherche pas, je trouve ».Cette année, il avait mis la main sur une quarantaine d’oeuvres sur papier de Larionov, le créateur du rayonnisme, et ces incunables de l’art abstrait donnaient — encore une fois ! — à cette pittoresque galerie les allures d’un petit musée d’art moderne.8.Chine : Trésors et splendeurs au Palais de la civilisation.Certes, il était à peu près impossible de rater son coup avec la qualité exceptionnelle des quelque 200 objets d’art ou d’artisanat — le temps finit souvent par ébranler cette distinction — que les autorités chinoises avaient prêtés au maire Jean Drapeau.Et, malgré l’espac-e inadéquat de l’ancien pavillon de la France, on n’a pas oublié ni la sérénité des grands guerriers récemment exhumés, ni le linceul émouvant de la princesse Douwan, ni.7.Miro à Montréal au Musée des beaux-arts.À l’instar de celle de Picasso, notre rencontre de Miro eut lieu sur le mode intimiste mais, la sélection de la Fondation Maeght étant exhaustive pour les périodes concernées, le jardin de Miro était plus cohérent et plus fertile en enseignements que celui, plus ambitieux, de son illustre prédécesseur et ami.6.Graff 1966-198G au Musée d’art contemporain.Bien sûr, tout le monde a d’abord trouvé sympathique l’idée du MAC de consacrer la plus importante exposition de sa saison au vingtième anniversaire de Graff, mais d’aucuns se demandaient quand même comment les artistes de la galerie allaient relever ce défi de taille.Or, leur prestation — dans des formats inusités pour plusieurs d’entre eux — demeure une des plus heureuses surprises de l’année.5.Splendeurs du Vatican : Chefs d’oeuvre de l’art baroque au Musée des beaux-arts du Canada.Ce « prix de consolation » que le Vatican avait accordé à M.Joseph Martin, alors qu’il était directeur du MBAC, pour atténuer le refus de faire passer par Ottawa la colossale exposition « The Vatican Collections : The Papacy and Art », est devenu un modèle de présentation thématique intelligente et créative entre les mains de la conservatrice Catherine Johnston.Et aussi, pour tous les musées, une leçon magistrale sur l’art de mettre en valeur les splendeurs de leurs propres collections.4.Cycle récent et autres indices au Musée d’art contemporain.Eu égard à la qualité des artistes impliqués et à la justesse du concept de la conservatrice France Gascon, cette exposition est loin d’avoir bénéficié de toute la publicité — et de tout l’espace ! — qu’elle méritait.En outre, le MAC a raté ici une belle occasion de confronter les « cycles récents » (particulièrement heureux) de Michel Goulet, Louise Robert et Serge Tousignant à des productions analogues d’artistes étrangers plus en vue sur la scène internationale.3.Betty Goodwin chez René Blouin.La moindre manifestation de Betty Goodwin est extrêmement attendue, et pourtant l’artiste ne déçoit jamais.En attendant sa grande exposition qui terminera sa tournée au MBA au début de 1988, la récipiendaire du Prix Borduas 1986 a inauguré avec éclat la nouvelle galerie René Blouin avec son installation la plus subtile et la plus envoûtante à ce jour.Et le plus merveilleux avec Betty Goodwin, c’est qu’on a chaque fois l’impression qu’elle vient à peine d’entreprendre son cycle le plus fructueux.2.Lumières : perception-projection à la Place du Parc.Même si elle était parfois un peu plus brouillonne qu’Aurora borealis, cette deuxième édition des Cent jours d’art contemporain confirmait l’importance capitale de notre jeune Centre international d’art contemporain dans le paysage désolé des salles d’exposition montréalaises.Avec Lumières ., le CIAC a grandement augmenté sa « crédibilité internationale », et on est en droit d’espérer le meilleur de son prochain projet intitulé Stations.1.Tableaux de maîtres français impressionnistes et post-impressionnistes de l’Union soviétique au Musée du Québec.Da, camarades.Cette présentation inopinée de 40 toiles, réparties sur 40 ans, qui racontaient avec une clarté presque aveuglante la déconstruction d’une réalité — celle du monde extérieur — et la construction d’une autre — celle de la peinture — aura été l’événement de l’année.Rappelons seulement que les huit tableaux de Picasso envoyés par les Russes valaient au moins dix fois tous ceux que nous avons vus à Montréal, en 1985, et que la seule Conversation de Matisse méritait largement le voyage à Québec.Par ailleurs, le personnel du MQ, qui a dû travailler dans des délais inimaginables, y a acquis en quelques jours une expertise et une réputation qui risquent de nous valoir d’autres lendemains qui chantent.De haut en bas, et de gauche à droite, La conversation (1909) de Matisse, Femme ( 1969) un bronze de Miro, Carbon (1986) de Betty Goodwin, et Ilana Isehayek devant une de ses toiles ' — MT"* mÊÊÊÈËÊmÊÊÊÊÊÊÈm De Gaulle: la passion de l’indépendance Suite de la page 00 mondiale menaçante, le stratège de Gaulle voulait opposer le polycentrisme.Cette conception supposait la collaboration sans sujétion entre les peuples.Partisan du politique d’abord, de Gaulle pensait que les différences de puissance liées au nombre ou aux ressources ne devaient pas se traduire par des inégalités de droit.Il devait, certes, y avoir alliances, mais alliances en tre États indépendants, inégaux en pouvoir mais égaux en droit.Les nations, par la préservation de leur identité et de leur indépendance, étaient le meilleur contrepoids à l’équilibre de la terreur.Il n’admet ainsi de contraintes qu’à partir d’une liberté exercée.Au nom de cette vision, de Gaulle s'opposa à la conception fédéraliste de l’Europe parce qu’elle portait atteinte à la souveraineté de la France en créant des organes supranationaux.Il défendit donc la construction d’une Europe des patries, d’une Europe politique confédérale sans pouvoir supranational où chaque Etat conservait son autonomie décisionnelle et son originalité créatrice.Il s’opposa à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun parce que les Britanniques ne voulaient pas se dégager de l’emprise américaine.Il consolida les liens de la France avec l’Allemagne pour freiner les appétits hégémoniques de l’URSS.11 dégagea la souveraineté française de l’Alliance atlantique pour ne pas être à la remorque des intérêts et de la volonté hégémonique américains.Refus de l’intégration atlantique, liberté d’initiative et dissuasion nucléaire, telles sont les composantes doctrinales de sa stratégie militaire.De Gaulle croyait à la nécessité d’une protection spécifique de l’Europe.Il ne voulait pas dépendre, à cet égard, du parapluie américain qui pouvait s’ouvrir ou se refermer selon les aléas de la politique américaine.La France devait donc se doter d’une force de trappe nucléaire pour assurer sa défense et contribuer à la dissuasion.Il était convaincu que, sans le feu nucléaire, les puissances moyennes seraient incapables d’arbitrer les conflits entre les deux Grands.À ses yeux, l’indépendance nationale dans toutes ses dimensions était la meilleure garantie pour la paix mondiale.l nomme au verbe fulgurant a témoigné éloquemment de cette passion de l’indépendance lors de son voyage au Québec en 1967.Le « Vive le Québec libre » n’a pas été une échappée de discours mais un souffle inspiré par sa conscience historique.Lacouture accrédite donc la thèse de la préméditation.Dès 1964, dans un communiqué officiel, de Gaulle avait fait référence au manque de souveraineté des Français du Canada.Avant de s’embarquer sur le Colbert, à Brest, n’avait-il pas d’ailleurs déclaré à Xavier Deniau : « On va m’entendre là-bas.Ça va faire des vagues » (p.515) ?Ainsi fut fait parce qu’il « fallait que ce fut dit » (p.533).Il récidiva lors de sa conférence de presse du 27 novembre 1967 où il prévoyait l’avènement du Québec au rang d’État souverain.De Gaulle pensait loin, mais peut-être trop loin.Le Québec ne sera pas son seul chagrin.Galerie Nina bénard OEUVRES DE MAURICE RAYMOND LÉON BELLEFLEUR «SQUARE BERNARD» 1209, AV.BERNARD.SUITE 200 OUTREMONT Tél.: 276-7637 PIERRE GENDRON JEAN-PAUL JÉRÔME Nouvel horaire: Jeu.Ven.: I1hà21h.Sam.Dim.lOh à 17h.FERMÉ Lun.Mar.Mer.
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