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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1987-03-21, Collections de BAnQ.

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des LE PLAISIR LE PL LE LE Jean-Paul L’Allier L’ancien ministre libéral a choisi de rester du côté de ceux qu ’il ne faudra pas oublier dans les «années qui viennent»: les intellectuels JEAN ROYER JEAN-PAUL L’ALLIER est devenu un auteur heureux, cette semaine, avec la parution chez Boréal du recueil de ses chroniques au DEVOIR sous le titre Les Années qui viennent.« C’est comme un nouvel enfant », me dit l’ancien ministre libéral qui a quitté l’action politique pour un rôle de commentateur.« Mais je ne renie rien, je suis heureux de cette nouvelle forme d’engagement », ajoute celui qui a choisi de répondre oui au référendum de 1980 et donc de s’éloigner du Parti libéral, celui-là même au sein duquel il lui a déjà été permis de rêver de devenir premier ministre du Québec.Dans sa préface au livre de M.L’Allier, M.Léon Dion lui souhaite de reprendre du service dans un parti politique.Mais pour l’ex-mi-nistre de Robert Bourassa, les conditions ne sont plus les mêmes et il a choisi de rester du côté des intellectuels.D’ailleurs, dans sa dernière chronique au DEVOIR, samedi dernier, M.L’Allier exprimait le souhait que le Québec reprenne l’habitude des débats.Ses chroniques au DEVOIR depuis 1984 et ce livre qui en réunit une cinquantaine concernant « la société à venir », « la culture qui se dessine» et «l’horizon politique » veulent justement provoquer cette réflexion nécessaire sur l’avenir du Québec.« Discuter au Québec, échanger, refaire des débats, je pense que c’est important et même urgent, au moment où tout le système est fait pour les éviter », précise M.L’Allier.Pour lui, l’absence de débats est lié à la dégradation de la fonction politique.Le système échange aujourd’hui beaucoup moins avec les intellectuels.« On a l’impression que les intellectuels sont perçus aujourd’hui, dans ce système, comme l’étaient les hommes d’affaires dans les années 1960 : soupçonnés d’inefficacité et de non-rentabilité.Dans les années 1960, du point de vue du fonctionnaire ou de l’intellectuel, l’homme d’affaires n’était vu que comme quelqu’un qui cherchait le profit.Dans les années 1980, la sitution est renversée.Tout le vocabulaire est à la performance, à l’économie, au fric, à tout se qui se met sur une calculatrice.Or, l’im- pact de l’intellectuel dans la société n’est pas mesurable.De sorte qu’il devient marginal dans notre système de valeurs.Il est même soupçonné de vivre au crochet de l’État.Mme -Bacon ne s’est pas privée de dire, à un moment donné, — ou peut-être est-ce Daniel Latouche qui lui a fait dire — que les artistes, les intellectuels et les gens du monde culturel restaient plus ou moins des parasites par rapport à notre système de productivité.« Moi, je m’inscris en faux contre cette idée.Au contraire et surtout dans un monde très matériel comme celui où l’on vit, il est important de multiplier nos sources de création et de réflexion.Si j’étais au gouvernement, je demanderais qu’on fasse beaucoup d’efforts pour la créativité.Pas à cause de ce qu’elle peut rapporter mais parce que c’est essentiellement dans les milieux de création qu’on va voir resurgir et naître les éléments de la société qui est à venir.Il ne s’agit pas de commandes de projets de société à passer aux intellectuels.Pas du tout.Cependant, si tout le monde intellectuel québécois, le monde de la réflexion et de l’intelligence, n’a pas les moyens pour s’exprimner et pour échanger de façon régulière et amplifiée, on se prive tout simplement, comme société, de nos sources d'évolution.» En fait, Les Années qui viennent n’est pas le premier livre de Jean-Paul L’Allier.Autrefois ministre, il a signé trois « Livres verts », dont deux sur les communications et un autre, plus connu, au sujet des Affaires culturelles.Aujourd’hui, on voit bien que l’homme n’a pas abandonné ses idées sur les conditions d’éclosion de la culture.Dans Les Années qui viennent, il écrit en clair : « La culture, c’est une façon d’être.La politique, Suite à la page D-8 Jean-Paul L’Allier : « Discuter, échanger, refaire des débats, je pense que c'est important et même urgent, au moment où tout le système est fait pour les éviter » PHOTO JACQUES GRENIER ftfsÉiiÉ Nos collaborateurs ont lu.?Un dossier comparatiste dans la revue Voix et Images/D-2 ?Ces îles en nous, de Denis Pelletier/D-3 ?Six premiers recueils de poésie québécoise/D-3 ?Un meurtre que tout le monde commet, de Heimito von Doderer/D-4 ?La Sarabande de Fisher, de Todd McEwen/D^ ?Un sang d'aquarelle, de Françoise Sagan/D-5 ?La Critique littéraire au XXe siècle, de Jean-Yves Tadié/D-5 ?Les Années sauvages, de Jean Carrière/D-5 ?La Vicomtesse d’Êristal n’a pas reçu son balai mécanique, de Jean Anouilh/D-6 ?Un prénom pour toujours, de Philippe Besnard et Guy Desplanques/D-6 ?Deux études de la Reive d’histoire de l’Amérique française/ D-7 ?Un syndicalisme pur et simple, de Serge Denis/D-7 LE DEVOIR, samedi 21 mars 1987 MMMM MM La passion de Louise Courteau Une maison d’édition qu’elle a créée sur un coup de tête et qui porte de son nom MM——g ¦—mm—mmmmhmmmm—mm ¦M— WUttfX Louise Courteau : « J’ai une confiance et une foi inébranlable en ce que je fais.Je fonctionne par coup de foudre.Et je ne regrette rien » PHOTO CHANTAL KEYSER SIMONE PIUZE VISAGE à la Botticelli, regard bleu perçant, corps robuste, longue main énergique.Avec une sorte de tendresse dans la voix.Quarante-huit ans, un passé de journaliste, d’enseignante et d’intervenante sociale elle a dirigé, pendant sept ans, un service inter-gouvernemental d’orientation et de relance industrielle pour les femmes.Louise Courteau vit dans un univers où la recherche du beau prime sur toutes les autres.Cette recherche, alliée à une intarissable soif de connaissance, l’a conduit, en 84, à fonder, sur un coup de tête et du coeur, une maison d’édition qui porte son nom.Et sa passion.Aujourd’hui, sa maison d’édition sise à Verdun a le vent dans les voiles et se confond avec son heu de vie.Elle y travaille, y mange et dort, entourée de somptueux tableaux, d’une photocopieuse, de piles de livres, de plantes et d’objets intimes.La femme se confond avec l’éditrice pour plus d’harmonie et d'efficacité.Ici, dans cette vaste maison qui résonne de la musique et Mozart et de Brahms, pas de secrétaire, d’attaché de presse, d’abeilles butineuses sous sa gouverne.Louise Courteau fait tout elle-même.Peur de se casser les rems dans le dur monde de l’édition ?« J’ai une confiance et une foi inébranlable en ce que je fais.Je fonctionne par coup de foudre.Et je ne regrette rien.» Se tenant à la frontière des choses dites et des silencieuses interrogations, se livrant par périphrase ou alors par un signe du visage ou de la main, il est difficile de cerner cette femme en quelques heures.Il vaut mieux regarder ses livres, objets façonnés avec passion, fruits d’une étroite collaboration entre elle, les auteurs et John W.Stewart, peinte qui crée les étonnantes couvertures de chez Courteau.« Je ne peux pas me permettre de publier n’importe quoi ; j’ai une immense responsabilité vis-à-vis du lecteur, dit-elle, dénouant sa chevelure argentée.La préparation d’un livre se compare à un accouchement.Là comme ici, je suis seule et je vais jusqu’au bout.Cependant, si je ne connais pas le vi- Suite à la page D-8 MM MMMMMM —HMMMBMM MMM HMMMMNM—MMMMMMMMMMMMM» WKÊBHKSMÊÊÊIKIÊBI^^^-y' mm Si les fées m’étaient contées.DOMINIQUE DEMERS ALORS que la littérature d’enfance et de jeunesse s’ancre dans le quotidien tout en reluquant l’humour et la fantaisie, et qu’elle tente de réinventer l’image qu’on se fait de l’enfant et de ses relations avec le monde adulte, les contes merveilleux n’ont pas perdu leur à propos.Au contraire, ils sont peut-être plus près de nous que les livres pour enfants de l'après-guerre.Comme ceux des contes de fées, les héros enfants d’aujourd’hui sont tout à la fois ordinaires et tout-puissants.Ils ont beau être plus jeunes, plus pauvres ou plus petits que les géants, ogres ou adultes, de leur entourage, ils réussissent presque toujours a surmonter les épreuves, vaincre l’adversaire, terrasser les dragons.Voulez-vous des contes de fées ?Choisissez.Blanche-Neige en vidéocassette ou Barbe-Bleue en livre-ieu.Le Petit Chaperon rouge en livre à écouter ou Cendrillon au petit écran.Le Petit Poucet en livre à colorier ou La Belle au bois dormant en livre animé.À moins que vous ne préfériez les personnages merveilleux repris en bande dessinée.Rassurez-vous, ils existent aussi sous forme de recueils joliment illustrés.Même s’ils sont parfois déjà plusieurs fois centenaires, les héros des contes merveilleux n’ont pas fini de peupler l’imaginaire des tout-petits.Autour d’eux, les plus grands ne font pas toujours bonne figure.Vous souvenez-vous du père du Petit, qui abandonne ses marmots dans la forêt, et des machinations diaboliques des belles-mères de Cendrillon, de Blanche-Neige et d’Hansel et Gre-tel ?Sans parler de tous ces loups, sorcières et dragons que la psychanalyse a ramenés à des figures pa- rentales.Les personnages adultes de la littérature de jeunesse contemporaine ne sont guère plus recommandables.Ils n’ont jamais le temps de s’occcuper de leurs enfants, ne comprennent rien à l’enfance, sont pleins de bibittes et d’idées folles et apparaissent souvent commme de grands enfants à côté de leurs pupilles qui, étrangement, semblent mille fois plus « matures » et drôlement mieux outillés pour affronter la vie.Les contes merveilleux n’existent pas seulement dans les versions plus ou moins affadies où édulcorées des récits que Perrault ou les frères Grimm avaient déjà adaptés de la tradition orale.Ils sont aujourd’hui réinventés à la mode de Henriette Bichonnier (Le Monstre poilu, Folio Benjamin Gallimard ; Babette Cole, La Princesse Finemouche, Seuil ; Claude Boujon, Dragonus, l’École des loisirs) et plusieurs autres.Résultat ?Des contes merveilleux à sa- veur féministe comme cette princesse Finemouche qui n’a que faire de tous ses prétendants et leur impose des épreuves insurmontables afin que nul n'obtienne sa blanche main.Lorsqu’un certain prince Flambard émerge triomphant des neuf épreuves, la princesse Finemouche, en salopette, jeans et pantoufles, lui inflige un baiser maléfique qui le transforme en gros crapaud.Avec Henriette Bichonnier, les pères abandonnent encore leurs enfants à d’effroyables créatures mais les enfants, la petite Lucille du Monstre poilu, par exemple, ont plus d’un tour dans leur sac pour défaire l’adversaire.À coups d’insultes délicieusement irrévérencieuses, Lucille fait enrager le monstre poilu tant et si bien qu’il finit par en crever.Des dé-bris émerge un beau prince punk Suite à la page D-8 ¦t alors que k prince M.unbaril sonna à la porte du château H i t; » DE L’ETRANGE AU RÉEL Une évasion dans les phénomènes paranormaux Qu’il s’agisse de psychographie, de psychokinésie, de radiesthésie, de divination à distance ou de voyance, l’auteur ROGER MAINVILLE prouve qu’il est à la portée de chacun de contacter ces puissances Un recueil d’histoires impressionnantes et de fait vécus captivants, publié chez.Stankç les Editions Internationales Alain Stanké , 2127, rue Guy, Montrée KHSm-MHEIf-ffBZE l Jf ?D-2 ¦ Le Devoir, samedi 21 mars 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Jacques Boulerice, Prix Québec/Paris JACQUES BOULERICE, poète de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, envoyé un manuscrit chez Gallimard puis il est édité chez Belfond.Son livre, intitulé Apparence, obtient finalement le prix Québec/Paris 1986.Au centre de cette belle histoire, il y a le critique Alain Bosquet, qui dirige la collectiopn «Lignes» chez Belfond.Mais pour le poète québécois, ce prix n’est pas plus important que l’écriture.Cette semaine, au cours d’une petite réception au Consulat de France à Montréal, l’écrivain s’est confié aux journalistes.«Quand j’ai appris que je gagnais le Prix Québec-/Paris, la première personne à qui j’ai pensé, c’est précisément mon père.Le livre lui est dédié.Il est décédé il y a un an.Papa était menuisier.C’était quelqu’un de très patient, qui travaillait longuement les jouets qu’il faisait pour les enfants.Il ne cherchait pas à faire des cathédrales.Il faisait des petites choses, modestes, mais avec beaucoup de ferveur et d’intensité.Je l’ai vu, combien de fois ?, me faire, quand j’étais petit, un petit cheval de bois.Il en a fait pour mes enfants.Avant de mourir, il a pris le temps de faire une bibliothèque pour chacun de ses petits-enfants, Nicolas et Alexandre, sachant qu’ils pourraient y placer quelques livres écrits par leur père.«J’essaie de travailler comme lui, de regarder comme lui les choses.Avec beaucoup de patience, assez de disponibilité et, je l’espère, de générosité, pour les objets et les gens qui nous entourent.Essayer, non pas de les scruter de façon froide mais de les contempler aussi.Il y a toujours là la beauté et le désespoir de la vie.Avec le temps - j’ai maintenant 41 ans - j’ai l’impression qu’il les animait, ces objets, qu’il leur donnait une âme, à force d’utiliser le bon mot pour désigner son outil.Si son rabot était un guillaume, il ne l’appelait pas rabot.Mon père n’avait jamais term-niné sa deuxième année et il avait un culte pour le beau mot.«Ce n'est pas pour rien, d’ailleurs, que, quand il a vu que je commençais à m’intéresser aux mots - j’avais une douzaine d’années et je faisais beaucoup de sport - il m’avait dit : ‘je vais te faire un coin près de mon établis où tu pourras être à l’aise pour travailler.Et si tu veux, plus tard, continuer à t’occuper des mots, c’est bien, c’est bien ! Les mots, quand on en prend soin, il finissent par nous le rendre’.«J’essaie de travailler comme mon père.Je suis un artisan des mots.» L’Union des écrivains a dix ans C’EST AUJOURD’HUI le 21 mars que l’Union des écrivains québécois (Uneq) fête son dixième anniversaire.En effet, en 1977, environ une cinquantaine d’écrivains autour de Jacques Godbout fondait le syndicat professionnel.Aujourd’hui, l’Uneq compte 500 membres.Pour souligner l’événement, le cinéma Outremont inscrit à son programme une projection spéciale de l’adaptation cinématographique par Yves Simoneau du roman d'Anne Hébert, les Fous de bassan.Un vin d’honneur réunira la communauté littéraire après la projection prévue pour 21 h 30.Dans le cadre des célébrations de ce dixième anniversaire, dimanche à la galerie Aubes 3935, rue St-Denis, il y aura vernissage à 15 h de l’exposition «Les écrivains s’illustrent».Une trentaine d’écrivains proposent au public leurs mots et leurs dessins.Parmi eux, on retrouvera les oeuvres de Jacques Brault, Fulvio Caccia, François Charron, Roger Des Roches, Clémence Desrochers, Célyne Fortin, Pierre Gau-vreau, Roland Giguère, Jacques Godbout, Alain Grandbois, Claude Jasmin, Tibo, Marie Uguay, Pierre Vadeboncoeur et Yolande Villemaire.L’exposition sera présentée jusqu’au 12 avril.Parutions LES ÉDITIONS SAINT-MARTIN annoncent une demi-douzaine de titres pour le printemps.Notons : L'émergence d'une culture au féminin, sous la direction de Marisa Zavalloni, avec les textes d’un colloque d’un colloque qui avait eu lieu à l’Université de Montréal ; Les CLSC, par Maurice Roy , leur his- Photo Jacques Grenier jwjrMr Jacques Boulerice toire; Le dissertoire de Jacques Colson, un guide de rédaction.Aux Éditions XYZ, on inaugure bientôt la collection «Novella» avec une oeuvre d’André Major intitulée L’Hiver au coeur.Concours Humanitas LA REVUE interculturelle Humanitas lance son concours d’oeuvres littéraires pour 1987.Aucune limite d’âge.Deux catégories : prose (n’excédant pas 10 pages) et poésie.Le concours se termine le 31 mai.Adresse : 5780, Ave Decelles, suite 309, Montréal Qc H3S 2C7.Le no 17 de Humanitas qui paraît à la fin de mars a pour thème «Les ethniques et les médias».Avis de recherche LOISIR LITTÉRAIRE du Québec (autrefois Jeunesses littéraires du Canada français) fête ses 25 ans d’existence le 2 mai prochain.Un banquet de retrouvailles aura lieu à l’Hotel du Park, à Montréal.Tous les animateurs et membres ayant participé de près ou de loin à l’évolution et au développement de l’organisme sont priés de contacter immédiatement Loisir littéraire du Québec, tél.(514) 252-3033.Récitals de poésie MERCREDI le 25 mars à Place aux Poètes tLa Chaconne), Janou Saint-Denis reçoit deux poetes des Herbes Rouges, Roger Des Roches et Marcel Labine.Vendredi le 27 mars, Journée mondiale de la poésie, deux spectacles, mis en scène par Huguette Uguay, sont présentés au Conservatoire d’Art dramatique, rue Notre-Dame.À 13 h 30, des élèves de 2e année présentent une vingtaine de poètes surréalistes français.À 16 h 45, c’est le spectacle «Alexis Lefran-çois, poète montréalais», avec des extraits de Rémanences et de La Belle été, publiés au Noroît.Les ondes littéraires DIMANCHE au réseau Vidéotron (câble 9), à 10 h 30, l’émission Écriture d’ici, animée par Christine Champagne et Marcel Rivard, reçoit lepoète Bernard Po-zier, co directeur littéraire des Ecrits des Forges.Reprise le lundi à 21 h 30 et le mardi à 13 h 30.Dimanche à TVFQ, à 21 h 30, l’émission Apostrophes porte sur «l’art du roman».Bernard Pivot reçoit Bernard Clavel, Marie Ndiaye, Jean Échenoz, Olivier Rolin, Morgan Sportes et Claude Roy.À ne pas manquer.(Reprise le dimanche suivant à 14 h 30.) Dimanche au réseau Quatre Saisons, à 22 h, en reprise, Claude, Albert et les autres fait place aux témoignages avec, entre autres, Diane Hébert.Dimanche à 19 h à CIBL-MF, Yves Boisvert lit des textes de Marie Bélisle.Mercredi 25 mars, au réseau MF de Radio-Canada à 22 h, dans la série «La pensée captive» réalisée par André Major, Yvon Rivard présente Danilo Kis.Tous les jours, au réseau AM de Radio-Canada, aux Belles Heures, Suzanne Giguère et Louise Saint-Pierre reçoivent et Usent les écrivains.LA VITRINE DU LIVRE MÉMOIRES Raymond Lévesque, D’ailleurs et d’ici, Leméac, Montréal, 1987.203 pages PERSONNAGE unique, pionnier de mérite, chansonnier dans tous les sens du terme, Raymond Lévesque est resté au fil des ans un artiste fidèle à lui-même et à son rôle de vilipendeur de la bêtise et de l’injustice.Voici qu’il nous üvre ses mémoires avec la même sincérité.Il nous raconte ses débuts difficiles à Montréal et à Paris.Il nous montre les couhsses des célèbres cabarets, le Red Light, le Faisan Doré et le Copacabana.Il nous présente enfin ses amis dont Aznavour, Bourvil et Brassens.Le tout enrobé d’un humour et complété par quelques poèmes et chansons qui couronnent une autobiographie touchante.REVUES CULTURELLES Possibles, Vol.11, no 2, hiver 19,17.«Un emploi pour tous?».Monl-réal, 242 pages AVEC sa plus récente livraison, la revue Possibles propose de rafraîchissantes contributions sur la problématique de l’emploi.Constitué d’une mosaique de points de vue, ce dossier a été élaboré, disent les éditeurs, dans l’esprit d’offrir un support à l’action des personnes qui cherchent un emploi ou qui*désirent situer la place du travail dans leur vie.Outre ce dossier, signalons des textes de fiction de Pierre Chatillon, Madeleine Ferron et Pierre Tousignant ainsi qu’un essai de Jean-Paul Guay sur l’urbanisme contemporain et des textes d’Yvan Comeau, de Gabriel Gagnon et de Pierre-Eric Tixier qui aümentent la chronique « Sur les chemins de l’autogestion ».Ce numéro a été coordonné par André Thibault.Le Beffroi, revue philosophique et littéraire.Québec, 185 pages.NOUVELLE revue, Le Beffroi veut réunir philosophie et fiction, Raymond Lévesque sciences humaines et poésie.Les éditeurs, Alexis Klimov et Jean Renaud, définissent ainsi leur projet: «Une revue ouverte à tous ceux qui pensent que la création n’a rien a voir avec toutes ces constructions intellectuelles qui enlaidissent le monde de la culture avec une violence comparable à celle qui, dans la sphère de l’urbanisme, se dégage de la prolifération des H.L.M.» Au sommaire de ce premier numéro, nous lisons entre autres des textes de Léon Chestov, Jean Ethier-Blais (« Ode à Paul Morin »), André Paradis, François Hébert, Jean Brun tandis que Christian Bouchard présente des inédits de Benjamin Fondane.ANTHOLOGIE Le Choix de Marcel Dubé dans l’oeuvre de Marcel Dubé, Québec, Les Presses Laurentiennes.79 pages.MARCEL DUBÉ nous prévient qu’il ne lui a pas été facile de faire cette anthologie et de choisir parmi les pages de son oeuvre nombreuse .« Quand on gagne sa.vie comme écrivain depuis trente-cinq ans et qu’on touche à presque toutes les formes d’écriture, on se retrouve devant des amoncellements d’éléments les plus divers ayant chacun leur résonance propre, leur âge, leur actualité, leur pertinence, leurs défauts et leurs qualités ainsi que leur anachronisme ou leur incongruité.» Notre dramaturge national est trop modeste.Voici en tout cas un choix heureux de ses textes.Des poèmes, des réHexions sur le théâtre et des extraits de Zone, Au retour des oies blanches, Médée et Florence.Ce livre nous rappelle que le récent médaillé de l’Académie canadienne-française reste un de nos grands écrivains.RÉÉDITION France Théoret, Une voix pour Odile, Les Herbes Rouges, 75 pages.PARU en 1978, ce texte est devenu un des « classiques » de la littérature moderne au Québec et qui a marqué l’écriture des femmes, principalement.« J'écris d’où je viens.Je parle d’où je suis.Le passé ne m’intéresse que pour agiter le devenir.L’ici et maintenant n’est pas aboli et n’est pas mémoire non plus, tout au plus une cage.Où es-tu?» Par ces lignes commence une oeuvre inoubliable où une femme cherche à se défaire de la terreur qui l’enserre dans « le cri du dedans ».POÉSIE Mona Latif-Ghattas, Quarante voiles pour un exil, Montréal, Editions Trois.105 pages.POUR la naissance des éditions Trois, voici le troisième livre de cet auteur, poète et dramaturge, née au Caire en 1946 et vivant à Montréal depuis 1966.Sa poésie regorge d’images et de sensualité, évocatrice de la nature et des grands tableaux fantasmatiques qui flottent dans la mémoire heureuse, dans la tradition de la palabre d’Orient en forme de spirale.Ainsi, page 58: « Au fil du soleil les larmes se dessèchent/ les coeurs se tendent comme la peau des tam-tam/ Vous pouvez a présent venir battre des mains sur la peau de mon coeur/ Mes larmes ont séché sur le fil du soleil.» — JEAN ROYER Les voix des Amériques Un dossier comparatiste VOIX ET IMAGES Littérature québécoise, dossier comparatiste Québec-Amérique latine, vol.XII, numéro 1, automne 1986 CHANTAL GAMACHE CE NUMÉRO rend d’abord hommage à André Belleau, écrivain, décédé l’automne dernier.Il présente ensuite un dossier comparatiste des littératures québécoise et sud-américaine.Suivent deux « Études » sur la littérature québécoise, les « Chroniques » régulières sur divers ouvrages parus récemment et quelques notes bibliographiques.Une allure élégante, une présentation rafraîchie, retiennent l’attention.Depuis le numéro 32, la revue Voix et images, du département d’Études littéraires de l’UQAM, a abandonné son traditionnel « portrait argenté de l’auteur », encadré de noir.Des compositions graphiques, légères et variées, sur une surface à peine grise, suggèrent maintenant l’intérêt particulier de chacun des numéros.Non seulement l’apparence de la revue s’est transformée, mais il me semble qu’y souffle, encore discret, un vent nouveau, une sorte de décloisonnement des frontières culturelles.Sous-titrée « Littérature québécoise », Voix et images n’a pas délaissé sa fonction première, mais tente de s’inscrire dans des questions plus vastes et englobantes.Ainsi, outre les sections régulières, « Études » et « Chroniques » et un touchant hommage à l’écrivain et professeur, André Belleau, décédé l’automne 86, le numéro 34 propose à ses lecteurs une image renouvelée de la littérature québécoise : voix parmi d’autres, celles des Amériques latines.Les essais sont diversifiés.Ils étudient les similitudes et les oppositions entre ces diverses littératures en émergence.Les rapprochements, loin de niveler les caractères spécifiques de chacune d’elles, les mettent en évidence, comme par un effet de réfraction.Chaque littérature « nouvelle » de l’Amérique latine, y compris celle du Québec, apparaît alors libérée de ses liens avec les littératures des métropoles coloniales, qui ont constitué, pour elle, le patrimoine, le modèle et la norme, comme unique voie explicative de leur signification.C’est dans ce sens que Gilles Thé-rien, de l’UQAM, réclame hardiment, pour la littérature québécoise, une position « tiersmondiste ».« (.) nous constituons probablement un cas à part dans l’histoire géopolitique mondiale en réussissant à être, sans même devoir nous en rendre compte, un pays du tiers-monde industrialisé (.) : un masque industrialisé sur une ame de colonisé.» Sauf quelques réserves, cette position nous permet de considérer la littérature « comme moyen de prendre possession de soi-même ».« Vouloir être tiersmon diste, c’est aussi vouloir être non-ali-gné.C’est accepter de construire sa propre culture comme le mixte qu’elle doit être plutôt que d’attendre la reconnaissance ou de subir entretemps la construction des autres; inventer, de notre tiers à nous, « une littérature américaine vraiment écrite en québécois».Zila Bernd, de l’Université fédérale du Rio Grande do Sul, au Brésil, pose autrement et de façon complémentaire la question de l’identité : sous le signe de l’hybridisation.Comparant les « Têtes à Papineau » de Jacques Godbout et le Centaure dans le jardin du Brésilien Moacyr Scliar, elle démontre comment « la question de l’identité fait corps avec celle de l’altérité, le sentiment de l’autre, idée selon laquelle l’être est impossible hors des relations qui le tiennent à l’autre.» Cette analyse, qui ne manque pas d’intérêt, laisse souvent entendre ce qu’on voudrait voir élaboré davantage.Aborder l’oeuvre de l’écrivaine brésilienne Clarice Lispector tient de la complexité même de son écriture et de son attachement au langage, au mot comme « matière première ».Elène Cliche, de l’UQAM, pour qui « il ne s’agit pas de faire ici une étude comparative, mais plutôt d’esquisser quelques rapprochements de manière non systématique », s’y risque en établissant certains rapports entre la « voix de Clarice » et celles de Madeleine Gagnon et France Théoret.Dans une perspective psychanalytique qui, malheureusement, n’apporte pas toute la lumière attendue sur l’écriture mouvante de Clarice Lispector, Elène Cliche conserve une espèce de flou, de va-et-vient du discours et des images qui brouillent légèrement sa propre visée.r v Pour Amaryll Chanady, de l’Université ae Montréal, l’oeuvre de Hubert Aquin et celle de Cortazar ont ceci en commun qu’elles « condamnent le lecteur passif ».Ce qui les rapproche, malgré leurs différences de surface, c’est l’aspect métalitté-raire de leurs récits et la présence, chez les deux écrivains, de « plusieurs thèmes, reliés à des problèmes d’identité ».Cette étude comparatiste bien menée, systématique et détaillée, montre de quelle façon, chez Cortazar et Aquin, « la quête sous toutes ses formes ne conduit pas à une littérature (.) insouciante de l’élaboration formelle » ni « la recherche esthétique (.) à une complexité gratuite et aride».L’article de Javier Garcia Méndez tente d’établir un rapport, que lui-même qualifie d’hasardeux, entre Trente arpents de Ringuet et Vidas secas de Graciliano Ramos.Tentative réussie.L’analyse discursive de ces deux romans, dans la tradition encore neuve des travaux en socio-critique d’André Belleau, à la mé- moire de qui l'auteur dédit son étude, est d’un grand intérêt du point de vue du problème de la hiérarchisation des langages sociaux et de leur mise en textes.« Trente arpents et Vidas secas parlent tous deux » (l’un, en la faisant taire ; l’autre, en la laissant percer un apparent discours homogène) « de l’étouffement dont la parole populaire est victime dans leurs sociétés de référence».Ce dossier comparatiste est trop bref.Cependant, il témoigne de l’intérêt croissant porté à la littérature comparée et au déplacement des perspectives d’analyse de l’axe est-ouest vers l’axe nord-sud.« C’est vers l’est que (trop) longtemps se sont portés nos regards », écrit Bernard Andrés, dans la page éditoriale.Souhaitons que, maigre les difficultés nouvelles que cela pose à l’analyse, ce champ de recherche, récemment inscrit dans les préoccupations de la critique littéraire universitaire, fasse l’objet d’autres travaux en ce sens.Dessins d’écrivains LES ÉCRIVAINS S’ILLUSTRENT En collaboration, Cahiers de l’Union des écrivains québécois, 1987, 23 pages CE N’EST PAS tous les jours qu’on peut visiter une exposition d’oeuvres d’art réalisées par des écrivains.On en verra une trentaine à la galerie Aubes 3935 que dirige Annie Molin Vasseur.À l’occasion de cet événement, qui souligne ses dix ans d’existence, l’Union des écrivains québécois a fait paraître un «cahier» qui réunit des textes de ces écrivains-artistes.Dans sa présentation, Annie Molin-Vasseur souligne que «cette exposition aura le mérite de bousculer nos habitudes.La poésie est partout.» Cette brochure de circonstance publiée par l’Uneq réunit près d’une vingtaine de textes où les écrivains-exposants définissent leur rapport à l’art.Parcourons ce petit üvre.D’abord, François Charron, dans Le temps échappé des yeux ( H erbes Rouges), écrit : «U ne faut pas craindre de devenir ce que nous ne sommes pas; la peinture.» Pour sa part, Louise Desjardins nous üvre une belle prose sur l’art du dessin : «Le dessin ouvre la porte au fil de la plume qui s’infiltre sur la pointe des sens, fine, il se dévoile, rare, étranger, de Chine, avant que le mot s’écrive.Comme une caresse avant l’amour, comme une incubation magique du dire, comme une cerise au fond du sundae, cachée, attentive à la dernière bouchée, parce que c’est rouge et que c’est rond et que c’est beau, c’est tout.» Pour Daniel Gagnon, «la peinture me repose de l’écriture et vice versa.Les tableaux racontent et les récits montrent».Si Madeleine Gagnon a découvert «l’écriture des pierres» au fil des ans et si Claude Jasmin veut «laisser une trace sur une paroi de sa caverne» afin de faire un pied-de-nez à la mort, Line Mc Murray, elle, cherche «l’intelligible du sensible».On le voit, les justifications et les approches de l’art sont diverses.Mais on ne saurait oublier ce qu’en dit Roland Giguère, qui a commencé de dessiner en marge de ses poèmes et qui est devenu peintre et graveur, en plus de rester un des nos plus grands poètes depuis presque 40 ans.«La peinture, écrit Roland Giguère, est souvent appelée à prendre le relais du langage.Quand les mots manquent, quand les mots ne suffisent plus, qu’ils sont trop maigres, trop pauvres, on se tourne vers l’image qui, dit-on, vaut mille mots.Mais cela n’est pas sûr; l’image ne dit pas plus, mais autrement et autre chose.Si la poésie est toujours là, c’est que le peintre est poète et vice versa.» — J.R.le croire*- NOUVEAUTÉS HISTOIRE DES HURONS Lucien Campeau Lucien Campeau LA MISSION DES JÉSUITES CHEZ LES HURONS 1634-1650 CAHIERS UMSTtHRE DES JESUITES CATASTROPHE DÉMOGRAPHIQUE SUR LES GRANDS LACS LES PREMIERS HABITANTS DU QUÉBEC LA MISSION DES JÉSUITES CHEZ LES HURONS 1634-1650 Pour tous ceux qu’intéressent l’histoire de notre pays et celle de ses premiers habitants, l’auteur fait revivre les années où le peuple huron fut presque anéanti.La mision des Jésuites chez les Hurons 1634-1650.En annexe: La formation des noms de peuples et de bourgades en huron, par Pierrette-L.Lagarde.487 pages, 7 cartes, 24 $ CATASTROPHE DÉMOGRAPHIQUE SUR LES GRANDS LACS LES PREMIERS HABITANTS DU QUÉBEC Catastrophe Grands L du Québec démographique sur les .acs.Les premiers habitants 147 pages, 12 $ ¥ Édition* ûe Liât min 8100, bout.Saint-Laurent Montréal — Tél.: (514) 387-2541 Le Cosmos intérieur André MOREAU L’entreprise générale de ce livre est sous le signe de l’excès et l’impossible.MOREAU explique pourquoi il se sent Dieu et de cjue pourquoi il se sent Dieu et renonce à prier pour bénir.Lè défi est de taille.Il s’agit de forcer les frontières oui résistent encore à l’assaut de l’esprit.La philosophie de MOREAU, plus que jamais, apparaît comme une pratique transcendental dont le but est d’opérer l’infini, au fieu ae laisser l’homme à sa merci.640 pages 19,95$ Publié chez La^«A Q.C2.0 UUCS P fV VA éditrice inc.distribution exclusive QUÉBEC-LIVRES 327-6900 En vente partout Le Devoir, samedi 21 mars 1987 ¦ D-3 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Des îles à portée de main Ces petits moments furtifs qui confèrent à la vie son sens premier ces Iles en nous Denis Pelletier Québec-Amérique, 1987, 210 pages JULIE STANTON QUAND Denis Pelletier publie, il arrive à point.À point, car on dirait qu’il vient tout juste de tâter le pouls de la société et qu’il exprime ce que chacun pense en silence, ce pourquoi il s’interroge et s’inquiète, ce après quoi il soupire.Déjà, les titres interpellent et séduisent, promesses d’une rencontre majeure.Après L’Arc en soi — qui a fait un tabac en son genre, trois tirages de plus de 30,000 exemplaires vendus ici et en Europe — voici que l’auteur récidive avec Cesiles en nous, lequel essai doit sortir dans quelques jours des presses de Québec/Amérique.S’inscrivant dans la foulée du premier ouvrage où Pelletier traitait du manque et du plein, cette nouvelle réflexion sur l’intimité n’est ni un traité, ni une thérapie, ni un mode d'emploi, ni une analyse clinique sur le sujet.Véritable expérience d’intimité en lui-même et dont on aimerait prolonger la lecture à l’infini, le propos donne envie de se mettre en retrait des activités quotidiennes et de s’offrir enfin du temps, du temps, du temps.L’urgence de s’unifier.« Il y a toujours des moments où l’on voudrait se placer en état de refuge et c’est pour cette raison que j’ai associé l’intimité à l’île que chacun a la possibilité d'aborder seul ou avec d’autres », explique le psychologue qui se double ici d’un écrivain sachant manier les mots sous la peau.Ce désir d’abandonner ses défenses.Éclaté, fragmenté, dépossédé, l’envie de se recentrer.Ne plus résister ni se protéger, quitter le continent du pouvoir et de la continuelle mise en valeur.Jouir du silence, jouir du presque rien.Le soir sous la lampe quand le feutré invite à la confidence.Cette fleur et le vent.Les boutons que l’on classe à deux dans la complicité des anciens vêtements auxquels ils réfèrent, tandis que l’enfant sous les couvertures attend les baisers d’avant le sommeil.Le viscéral et le palpable, sonorités, lieux, rencontres.Mais aussi ce qui s’entend et ne fait pas de bruit, ce qui se touche et ne se voit pas, ce qui se vit sans évidences pour les autres.Le seul plaisir de respirer très large au centre d’un moment unique et « le silence en est la condition essentielle », affirme Pelletier pour qui le fait d’écrire Ces îles en nous s’est avéré une révélation quelque part.« Une des grandes découvertes que j'ai réalisée ici, dit-il, a été de me rendre compte à quel point l’intimité reste fortement liée au silence, à ce qui n’existe qu’à peine mais est en train de naître, à ce qui finalement se perçoit peu.Aussi nécessaire avec soi-même qu’avec l’autre, le silence permet cette ouverture primordiale aux sensations, subtilités et finesses des êtres et des choses.Je ne peux nier, hélas, certaines réalités très physiques et très matérielles qui empêchent les gens de quitter le continent, assaillis, agressés, aliénés, exploités, privés d’eux-mêmes par un milieu qui les place dans une telle détresse qu’ils deviennent insensibles et n’éprouvent aucun des petits bonheurs dont je parle.Mais, je sais qu’il existe de ces îles quelque part dans notre géographie personnelle, ne serait-ce qu’une rêverie.Ainsi que je l’ai dit dans L’Arc en soi, avant d’accéder à cette magnifique détente qui permet l’abandon, il faut d’abord avoir découvert ses limites et ses faiblesses, sa vulnérabilité.S’accepter pour ensuite entrer en rapport avec soi-même et les autres de telle façon que, pour citer Rilke, « je vois un arbre au dehors et il grandit en moi ».Dépassant son propre cheminement, l’auteur a interrogé plus de 500 étudiants et étudiantes âgés de 20 à 35 ans.leur demandant de creuser leur mémoire à la recherche de souvenirs intimes.La multitude d’expériences relatées dans le cadre de cet exercice lui a presque valu une anthologie de l’intimité ! Ce qui lui fait dire aujourd’hui que ce sentiment loge non dans le désir mais dans son comblement où, dans un état de quiétude et d’accueil, l’être se laisse rejoindre et pénétrer par ce qui commence de fragile et de profondément simple.Bien.Mais, l’intimité peut-elle se vivre collectivement ?« Non, il serait très utopique de seulement y songer et personne ne doit s’attendre à ce que les habitants de cette planète se rendent collectivement complices de leur propre bien-être au point de laisser tomtier la compétition et cette envie de réussite sociale qui pousse tout le monde et son père à protéger son territoire.Cependant, malgré cette impression de tous les humains aux prises avec un système économique qui les dépossède de leur vie intérieure, je demeure convaincu que dans le secret de sa maison chacun tente d’échapper à cet impératif en laissant la vie affective prendre le dessus.Et quand on y réussit, cela devient un acte de subversion ! Lorsque je vis l’intime, j’échappe au temps, hors de la chronologie des événements et dé la nécessité d’atteindre des objectifs.Denis Pelletier & > L’intimité demeure le bien le plus universel à partager et n’appartient à aucune classe sociale en particulier.Certaines personnes cependant se montrent davantage prédisposées que d’autres à une vie plus ressentie, plus sensuelle, plus voluptueuse.L’in timité, ce n’est pas ailleurs ni dans un autre monde mais ici et maintenant, et j’espère qu’après avoir lu mon livre le lecteur saura mieux nommer ces îles en lui, ces petits moments furtifs de la vie qui lui confèrent son sens premier.» Pour accéder à l’île, cesser de s'identifier au moi logique, au moi raisonnable, au moi qui contrôle l’environnement, qui prend décision sur décision, qui sait tout d’avance et fait tout sauf le rien.Juste forcer un peu les choses pour, bénéficier d’un peu plus de temps.Et dériver'.tafcBess00 ROraitw' ,ara
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