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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1987-03-28, Collections de BAnQ.

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>¦/ LE PLAISIR fes LE PlÆStti LE PLaISJR vies le fmisR Katana, épopée fascinante dont le héros est le Japon Paul Ohl: de l’art de tuer au roman, une même intransigeante maîtrise ÛIL COURTEMANCHE IL Y A des auteurs qui portent leur oeuvre dans leur visage dans leur façon de se comporter et de s’habiller : Kessel, par exemple, Hugo, Rimbaud, Lénine.Paul Ohl, qui vient ] ùste de publier Katana, n’est pas, à prime abord, de ceux-là.Il est habillé comme le fonctionnaire qu’il est, porte une cravate qui nlest pas très bien agencée à sa che-niise rayée Arrow et coupe tout son foie de veau en petits morceaux avant de prendre la première bouchée.Parfois, derrière son regard clair, on a l’impression qu’il cherche, tout comme le jeune Ukiyo en méditation « .la vision, si furtive soit-elle, de la divinité : la blancheur immaculée d’une lumière vive et la myriade des fleurs épanouies ».Mais aussi, quand il déchaîne sa colère contre « la bête apocalyptique » qui sommeille dans l’homme nucléaire, ses yeux se figent, se glacent.Et on se rend compte qu’existe aussi chez lui la violence gigantesque, mais parfaitement contrôlée du Ninja, celui qui est « initié des techniques d’espionnage, de déguisement, d’invisibilité et de combat » ; ces guerriers mythiques du Japon ancien pour qui la nuit était un vetement et qui tuaient silencieusement d'un seul doigt.Ce n’est pas surprenant.Paul Ohl a déjà été une sorte de Ninja moderne, professionnel.Et d’une certaine manière, il l’est peut-être encore.Cela a peut-être commencé en 1945, dans son Alsace natale alors qu'il assiste à la retraite en catastrophe de l’armée allemande et qu’il voit arriver chez lui les premiers éléments des troupes de choc américaines.Il a cinq ans.Quelques soldats « noirs, évidemment », précise-t-il, l’installent pour s’amuser dans un char d’assaut et tirent quelques salves.L’enfant ne panique pas et en garde plutôt un bon souvenir.On le ramène à sa mère transie d’émotions dans son conservatisme ultra-protecteur.« He will make a good soldier », dit l’un des GI.Ce n’est pas évident.Le petit Paul vit en serre chaude.Il s’en évade grâce à une imagination qu’il qualifie de « maladive » et qui l’entraîne dans les aventures les plus folles dont il est évidemment le héros triomphant.L’enfant malingre qui n’aime ni sa petitesse ni sa faiblesse développe une fascination qui dure encore pour la beauté du corps, pour sa force, sa puissance, son harmonie et surtout son mystère.Il est comme possédé du corps qu'il sublime à travers le personnage de Tarzan, « le véritable Tarzan, pas celui de Weissmuller ».Il dévore littéralement les trente volumes de Edgar Rice Burroughs et s’invente un Tarzan, magnifique bête humaine.Quand il arrivera au Canada à onze ans, il verra sa première bande dessinée et constatera que son Tarzan imaginaire était conforme à la réalité imprimée.Suite à la page D-8 Paul Ohl : Une violence gigantesque, mais contrôlée, une sorte de Ninja moderne Nos collaborateurs ont lu .- Katana, de Paul Ohl/D-3 ?Le Fils d'Ariane, de Micheline La Fran-ce/D-3 ?Sao Bernardo, de Graciliano Ramos/LM ?Moi, Tituba, sorcière noire de Salem, de Maryse Condé/D-4 ?Quelques pas de danse en famille, de David Leavitt/DA ?La Reine de Saba.de Jean Crosjean/D-4 ?Le Coeur absolu, de Philippe Sollers/D-5 ?Le Royaume des mécréants, d’Anthony Burgess/D-5 ?L'Erreur, de Cé-cil Saint-Laurent/D-6 U John Cassavetes, de L.Gavron et D.Lenoir/D-6 ?Le Défi du plein emploi, de Diane Bellemare et Lise Pou-lin-Simon/D-7 ?Entretiens avec Didier Éribon.de Georges Dumé-zil/D-7 ?Les Dots des religieuses au Canada français, de Micheline D’Allaire/D-7 ?Monseigneur Moreau, de Jean Houpert/D-8 LE DEVOIR, samedi 28 mars 1987 ?* ¦ ‘ .- LhJà r y* YV >1 S' » Mmm HH WWH j jf *v\W> L’écriture en prison: à la fois thérapie et création PAUL CAUCHON ON PEUT imaginer, comme Borges, une bibliothèque qui contiendrait tous les livres du monde, un infini labyrinthe d’histoires où le Graal caché serait le livre total, définitif, celui qui résume tous les autres, celui qui rendrait compte de la véritable circularité de l’univers.La-quête du livre impossible n’a jamais de fin, et entre les rayons débordants de la librairie je cherche un sens à ma promenade.Relire Sabate, Aquin ou Chester Himes ?Plonger dans le dernier Bilal dont les couleurs se répandent en pâte molle sur les rayonnages, chercher ma des- tinée dans un atlas astronomique, ou saliver de gourmandise dans le « grand livre du chocolat » ?I)isons-le tout net, que les librairies soient ouvertes le dimanche est un signe de civilisation ! La bataille fut âpre, la tradition religieuse ayant longtemps prôné l’incompatibilité du dimanche et du commerce.Mais l’Association des libraires du Québec (ALQ) veillait au grain, puisqu’elle effectuait depuis dix ans des pressions auprès des ministères concernés afin de faire changer la loi sur les heures d’ouverture.Certaines causes frappèrent l’imagination du public : la librairie Renaud-Bray eut maille à partir avec la loi, tout comme le défunt Palais du livre rue McGill, qui avait alerté les médias par des protestations spectaculaires.Il y a trois ans les libraires obtinrent finalement gain de cause.Il était temps, la bataille avait pris un tour politique : le livre étant vendu de plus en plus dans les tabagies qui se multipliaient à toute vitesse, les libraires québécois (baignaient à juste titre que le sérieux de leur métier soit complètement noyé par les marchands de soupe.Au détriment du livre québécois, justement.Tous les libraires vous diront comment le public du dimanche est différent.Les promeneurs sont nombreux, reposés, débarrassés des tâches quotidiennes du samedi.Ce sont souvent les mêmes habitués de la semaine qui n’ont plus à courir entre leurs heures de travail.Ce sont aussi des consommateurs tentés par des achats impulsifs, qui ne sont pas à la recherche d’un titre particulier mais qui se laissent guider selon leur humeur, sinon d’après la disposition des étagères.Par contre, plusieurs d’entre eux ont retenu les recensions littéraires des quotidiens de la veille.Plusieurs viennent en famille, tirant carosses et poussettes.Les couples bouquinent silencieusement chacun de leur côté, et les solitaires peuvent passer une heure ou deux à glaner un Suite à la page D-8 Un public plus nombreux, plus détendu, plus impulsif dans ses achats PHOTO CHANTAL KEYSER RENÉE ROWAN BESOIN de briser son silence intérieur, de se retrouver, besoin de meubler le temps qui n’en finit plus de s’écouler, besoin de briser la routine du quotidien.L’écriture en prison est à la fois thérapie et création.« Quand j’ai commencé à écrire, j’étais dans le trou, en réclusion.Je me sentais devenir fou.J’ai décidé d’écrire pour ne pas éclater.Pour l’impulsif que je suis, ça été un moyen d’extérioriser mes frustrations, de faire passer ma rage sans être de nouveau puni.» C’était en 1985.Jean-Pierre Régi, 21 ans, avait été condamné à cinq ans de prison.Il avait tenté de s’évader.Il a écrit son manuscrit Jean-Pierre Régi : « J'ai décidé d'écrire pour ne pas éclater, pour faire passer ma rage » PHOTOS JACQUES GRENIER Pensées, perceptions en prison alors qu’il était incarcéré dans un établissement à sécurité maximum.« Au lieu de taper dans les murs comme je le faisais dans les premiers mois de ma sentence, je tape sur la machine à écrire ou, étendu sur mon lit dans ma cellule, je noircis les lignes de mon cahier.» Quand je l’ai rencontré à l’Institution Leclerc, prison à sécurité moyenne, il ne savait pas encore qu’il allait gagner le deuxième prix au concours Raymond-Boyer 1987 (section création littéraire) organisé par l’Association de rencontres culturelles avec les détenus (ARCAD).Le manuscrit présenté par Jean-Pierre Régi n’est pas l’écho de sa vie quotidienne en prison.Il a délibérément choisi de sortir de la voie du témoignage.« Je me suis moi-même imposé une auto-censure, raconte le jeune homme.Je ne voulais pas retomber dans ce qui avait déjà été fait par d’autres.J’ai préféré retrancher la i prél rete i réalité concrète pour exprimer ce que mes yeux ont pu voir de façon abstraite.ce que mon conscient a nouveau rendez-vous flâneurs du dimanche ou devenir écrivain », indiquent les membres dans leurs commentaires.Derrière les barreaux, les détenus écrivent beaucoup : des lettres à leur famille, des lettre d’amour à leur « blonde », de la poésie, des romans, des pièces de théâtre.« L’écriture en prison permet l’évasion : elle permet de tailler une brèche dans la « solitude maudite vécue quotidiennement par les prisonniers », constate Jacques Garneau, professeur et écrivain qui a animé en 1982-1983, un atelier d’écriture avec un groupe de prisonniers au pénitencier Saint-Vincent-de-Paul.Cette expérience a débouché sur un petit ouvrage intitulé Ecrire en prison (Nouvelle Optique) dans lequel il témoigne de « l’immense cri de douleur » qui ressort de ces écrits, « cris du coeur, cris du corps emprisonné, hurlant sa peine à travers les mots ».On n’a pas toujours « les mots pour le dire » et « ce qui se conçoit bien » ne s’énonce pas toujours clairement, remarque Jacques Garneau en pré- Suite à la page D-8 imaginé, rêvé ou réfléchi.» Écrits pêle-mêle, les nouvelles, les épisodes et les anectdteC ont, avec le temps et le hasard, formé une suite de chaînons qui finirent par se suivre dans le temps, explique-t-il.Les membres du jury (des professionnels du monde littéraire ou artistique) au concours Raymond-Bover ont noté chez Jean-Pierre Régi « une imagination débordante, d’excellentes idées, de bonnes observations, un talent évident qui mérite d’être développé ».Toutefois, la faiblesse du français gâche un peu le plaisir de la lecture, constate le jury qui encourage le jeune auteur à s’inscrire à des cours de perfectionnement par correspondance: « Cela peut faire toute la différence entre écrire spontanément ROBIN NORWOOD CES FEMMES QUI AIMENT TROP BEST SELLER N°1 AU QUÉBEC La radioscopie des amours excessives Si vous vous retrouvez toujours ensorcelées par des hommes qui ne vous aiment pas ou ne savent pas vous aimer.Ce livre est fait pour vous! BEST SELLER No 1 AUX ÉTATS-UNIS DEPUIS UN AN COLLECTION PARCOURS dingée par Josette Stanké Stanké les Éditions Internationales Alain Stanké , 2127, rue Guy, Montrée KEIIFta-MHUf-FTfiZI-f D-2 ¦ Le Devoir, samedi 28 mars 1987 LE PLAISIR flfc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Mot d’auteur DANS la dernière livraison de L’Incunable, le bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, l’essayiste Pierre Vadeboncoeur donne un article qu’il intitule « Nelligan : notre seul romantisme ».Il rappelle avec justesse « l’échec » du génie de Nelligan, « poésie rompue dans son essor ».Vadeboncoeur écrit : « Le génie ici se manifeste d’une paradoxale façon : il manifeste son propre destin misérable.Il ne montre pas au même degré la misère du destin humain, ce qui serait victoire.Il est touché lui-même.C’est lui qui succombe.Avant sa propre victoire, laquelle n’aura pas lieu.Mais cette histoire navrante est poésie, de même que les poèmes dans lesquels on peut s'en émouvoir.Nelligan est, à retardement, je ne dirai pas notre seul romantique, ce qui serait je pense exact, mais notre seul romantisme.Figure unique.C’est un beau titre de poésie, assurément, et même un titre extraordinaire.Aussi Nelligan ne meurt pas.Il est aujourd’hui plus célèbre que jamais.» Au Conseil des arts LE CONSEIL des arts de Canada vient de rendre publics les détails de son budget pour 1987-1988.L’affection parlementaire du conseil est de $ 88,444,000.De ce montant, $ 11,375,000 sont consacrés au Service des lettres et de l’édition et $ 9,400,000 pour les bourses.Le théâtre et la musique ont des budgets de plus de $ 15 millions et de $ 14 millions respectivement.D’autre part, il faut noter que le programme d’aide à l’édition bénéficie d’un montant de $2 millions transférés du ministère des Communications au Conseil des arts.Salon du livre de l’Outaouais LE SALON du livre de l'Outaouais se poursuit depuis mercredi et jusqu’à demain dans la ville de Hull.Ce salon, un des plus animés du Québec, a lieu sous la présidence d’honneur de Michel Tremblay.Plusieurs activités, dont une soirée de poésie et un minicolloque sur les écrivains et la langue, sont prévues en fin de semaine.Festival national du livre UN CONCOURS est ouvert à tout le public lecteur du Québec, à l’occasion du Festival national du livre qui se tient du 25 avril au 2 mai prochains.Il s’agit de rédiger un compte-rendu d’un minimum de 15 lignes et d’un maximum de 30 lignes faisant une description d’un roman ou d’un recueil de poésie québécoise paru depuis janvier 1985 et expüquant les raisons pour lesquelles on a aimé le livre et on le recommande à d’autres lecteurs.Tes textes doivent parvenir au plus tard le 17 avril 1987 à Dominique Chénier, Festival national du livre, 1409, rue Pierce, Montréal, H3H 2K1.Le jury, composé de Louise Myette et des journalistes littéraires Réginald Martel (La Presse), Yves Taschereau (Le Matin) et Jean Royer (LE DEVOIR), choisira deux gagnants pour le roman et un gagnant pour la poésie.Chaque lauréat rercevra 100 volumes d’auteurs québécois offerts par le Conseil des arts du Canada.Les résultats du concours seront publiés dans les journaux.Colloque en Ontario AUJOURD’HUI, 28 mars, au collège Saint Michael’s de l’Université de Toronto, se tient un colloque sur Émile Nelligan « La littérature québécoise en Ontario — diffusion, édition, réception ».L’événement est organisé par David M.Hayne, Pierre Hébert, Mariel O’Neill-Karch et Ben-Zion Shek.Parmi les sujets à l’étude, notons les rapports de notre littérature avec les manuels scolaires, les traducteurs et les enseignants.On y parlera aussi des oeuvres de Félix-Antoine Savard et de Gabrielle Roy, ainsi que du théâtre de Félix Leclerc.Colloque sur Cendrars LE PROCHAIN colloque de Cerisy, en France, portera sur l’oeuvre de Biaise Cendrars.Organisé par Monique Chefdor, Claude Leroy et Frédéric-J.Temple, il aura heu du 20 au 30 juillet.LES ONDES LITTÉRAIRES À CIBL-MF (104,5), à 19 h demain, à l'émission Textes, Yves Boisvert lit des poèmes d'Alain Horic. TVFQ (câble 35), demain à 21 h 30, l'émission Apostrophes a pour thème « Les chemins de la réussite ».Bernard Pivot accueille Jean-Michel Gaillard, Daniel Dessert, Michel Schifres et Michael Moritz.Au réseau Quatre Saisons, demain à 22 h, en reprise, l’émission Claude, Albert et les autres sur le thème de « la magie du passé » avec Ambroise Lafortune, Marcel-Marie Desmarais et Jean Tétreau, biographe de François Hertel.Au réseau Vidéotron (câble 9), lundi à 21 h 30, l'émission Écriture did, animée par Christine Champagne et Marcel Rivard, reçoit l’éditeur Gaston Bellemarre, des Écrits des Forges.L'émission est reprise le mardi à 13 h 30 et le dimanche suivant à 10 h 30.Au réseau FM de Radio-Canada, le Théâtre du lundi présente, à 21 h 30, une dramatique de Lori Saint-Martin.Au même réseau, mardi à 21 h 30, Réjane Bougé anime le magazine d'actualité En toutes lettres sur la littérature québécoise.Toujours au FM de Radio-Canada, mercredi à 22 h, dans la série La Vie captive, animée par Jean-Pierre Myette, Yvette Birro présente Gyorgy Konrad.LA VITRINE DU LIVRE ESSAIS Françoise Laurent, L’Oeuvre romanesque de Marie-Claire Blais, Montréal, Fides, 286 pages.C’EST avec passion que l’auteur s’attache au destin üttéraire et à l’oeuvre de Marie-Claire Blais.Elle situe les livres dans leur époque, elle en commente les thèmes et la forme dans un essai qui tient plus de la critique d’accompagnement que de la critique d’autorité.Françoise Laurent a choisi de n’être pas exclusivement académique et son essai peut intéresser tous les lecteurs de Marie-Claire Blais.Des extraits d’entrevues et de critiques fondent parfois le propos de l’essayiste qui ne cesse d’interroger une des oeuvres les plus originales de notre üttérature.Micheline Legendre, Marionnettes, art et tradition, Leméac, 193 pages.QUI MIEUX que Micheline Legendre pourrait nous parler de marionnettes ?Avant de fonder sa compagnie, Les Marionnettes de Montréal, Micheline Legendre avait fait le tour du monde des marionnettes et s’était initiée à cet art chez les plus grands maîtres de notre époque.Dans son ouvrage, aujourd’hui, elle situe le développement de l’art de la marionnette au Québec et dans le monde.Tributaire de la peinture, de la sculpture, de la mécanique et de la poésie, l’univers des marionnettes est présenté ici dans ses traditions et son histoire.Cette étude s’accompagne d’un grand nombre d’illustrations en noir et blanc et en couleurs.FRANCOPHONIE En collaboration, L’Arbre à palabre des francophones.Colloque des Cent - 1986, Guérin/Littérature, coll.« Francophonie », 195 pages.À PARIS, en février 1986, plus de cent personnalités venues des domaines de la culture, de la diplomatie, de la science et de la haute technologie ont « palabré » sur ce que représentait pour eux la francophonie et ont indiqué leurs espoirs.Ce colloque se situe dans les prémices du premier sommet des pays francophones.Le recueil des textes de la rencontre, présenté par un avant-propos de Michel Têtu, nous propose une vision diversifiée de la réalité francophone à travers le monde.Il nous permet aussi de voir que c’est le Canada Marie-Claire Blais.Photo PC et non le Québec qui a pris l’initiative dans le domaine de la langue française.Du moins si l’on se fie à la représentation par les textes, dont deux ici sont signés par les ministres fédéraux Monique Vé-zina et Benoît Bouchard.FÉMINISME Sous la direction de Marisa Zaval-loni, L'Émergence d’une culture au féminin, éditions Saint-Martin, 178 pages.À PARTIR d’un colloque qui se tenait à l’Université de Montréal, des femmes de disciplines diverses ont tenté de définir « une culture au féminin».Quelles formes peut-elle prendre dans les «sciences sociales, la littérature, la philosophie et l’art ?se demandent-elles.Les auteurs de ce recueil, historiennes, écrivains, sociologues et philosophes, nous disent comment elles entrevoient l’avenir et identifient les facteurs de transformation dans leurs domaines respectifs.Des textes de Loukv Bersianik, Nicole Brossard, Michèle Causse, Marie-José Chombart de Laüwe, Françoise Collin, Mary Daly, Danielle Lafontaine, Michèle Jean, Andrée Michel, Giuseppina Moneta et Lisas A.Serbin.« Le féminisme, dit Marisa Zavalloni, est le seul angle de lecture qui permette à une femme de travailler son rapport au monde et d’y créer l’espace dans lequel il lui sera possible de s’affranchir des liens qui immobilisent sa pensée, son corps, son imagination.» REVUES LITTÉRAIRES Arcade, n" 13, février 1987.¦ Érotiques au féminin », 103 pages.D’ABORD revue d’apprentissage, Arcade devient une revue littéraire dont la présence n’est pas négligeable.« L’érotique, explique la philosophe Marcelle Brisson dans une entrevue aux animatrices d’Arcade, désigne une connaissance, une recherche et une pratique de formes qui ont trait au désir.» L’adjectif « érotique » est beaucoup plus ancien que le nom « érotisme » : il date de 1556.L’érotisme, précise Marcelle Bris-son, s’entend mieux dans la nuance de la théorie et pour désigner un système de modèles de comportements et de façons de vivre le désir.Voici donc, dans ce numéro d'Arcade, une vingtaine de récits, poèmes et courtes nouvelles qui témoignent d’une riche diversité des érotiques au féminin.On y retrouve, entre autres, les signatures de Claudine Bertrand, Dominique Blondeau, Charlotte Boisjoli, Denise Boucher, Danielle Fournier, Nicole Houde et Janou Saint-Denis.Moebius, n" 31, « De la mémoire .les mirages », 166 pages.EN ABORDANT des thématiques précises, la revue Moebius continue d’agrandir à sa façon le paysage littéraire.Gaëtan Anderson nous propose une entrevue-fiction avec Victor-Lévy Beaulieu (où est-il passé, celui-là ?).Puis des écrivains comme Hélène Rioux, Francine Campeau et Huguette Bertrand plongent dans leur mémoire.D’autres, comme Paul-André Bibeau, Lori Saint-Martin ou Gilbert Dupuis, affrontent les mirages.Plusieurs comptes-rendus de lecture complètent ce numéro.L’Incunable, bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, Montréal, 20e année, n" 3, décembre 1986.REPORTAGES, NOTES en bibliothéconomie, recensions, réflexions libres : un peu de tout cela compose les derniers numéros de L'Incunable.Dans celui-ci, on présente un fac-similé d’un portulan du 16e siècle acquis par la BN, un rappel de Pierre du Calvet, mort en 1786, une entrevue avec le cardinal Léger par notre collègue Marie Laurier, une recension du livre de René Lévesque par le rédacteur en chef du DEVOIR, Paul-André Comeau, un commentaire de Guy Deshaies sur le deuxième tome des mémoires de Gérard Pelletier et une réflexion de l’essayiste Pierre Vadeboncoeur sur la figure de Nelligan, « notre seul romantisme ».À noter aussi, un article de Cyrille Fee-teau qui, à partir d’un ouvrage de Bernard-L.Vigod, situe la carrière politique de Louis-Alexandre Taschereau._ jean ROYER Le nouveau rêve féministe Ghila B.Sroka, directrice de «La Parole métèque» LES REVUES CAROLE DAVID QUI, dans le milieu littéraire, n’a pas entendu parler de Ghila Benesty Sroka ?Née femme et socialiste, elle poursuit aujourd'hui sa progression obstinée, avec un nouveau projet qui ne manque pas d’audace.Après la Tribune juive, magazine auquel elle a donné un accent francophone dès que les libéraux ont pris le pouvoir, elle vient de s’engager dans une autre aventure en publiant le premier numéro de La Parole métèque « le magazine du renouveau féministe ».Une curieuse dialectique du commercial et de l’intime pourrait caractériser cette femme qui affirme, sans l’ombre d’un doute, avoir sa propre conception du journalisme et la ferme intention de faire école.Élevée dans un kibboutz en Israël, Ghila Benesty Sroka a d’abord enseigné à Dalhousie University à Halifax avant de s’établir définitivement au Québec.« J’ai écrit une thèse sur Simone Weil, ce qui m’a valu d'être invitée au Canada.Je ne savais même pas où ce pays se trouvait.Alors, j’ai regardé dans un atlas et j’ai vu que Halifax n’était pas très loin de New York.» Parce qu’elle a lu, probablement dans le texte, Simone Weil, Ghila Benesty Sroka a une âme de missionnaire.À vrai dire, tout dans l’itinéraire de cette femme évoque le goût de l’entraide, des rapprochements inédits.Ghila Benesty Sroka postule l’unité retrouvée du monde.« Avec La Tribune juive, j’ai voulu faire connaître la culture québécoise aux juifs et la culture juive aux Québécois.» Mais elle ne pouvait se contenter de cette unique réalisation.Elle recommence.Une autre Tribune juive, sous un autre nom, avec d’autres acteurs.« Les collaborateurs de La Tribune juive sont pour la plupart des hommes.Je souhaitais un magazine qui s’adresse spécifiquement aux femmes.» Mais quelle est donc la particularité de cette revue qui s’engage dans un marché déjà fort encombré ?Avec ses 43 pages, sa couverture sobre noire et blanche, sa présentation aérée, ce périodique entend mettre les laissées-pour-compte de son côté en affichant le paradigme métèque, .écho supplémentaire à son combat.La majeure partie de cet entretien portera inévitablement sur des questions sémantiques.Dans son petit cahier d’écolière, la directrice de cette publication a déjà consigné le champ des possibles.Elle répond aux questions avant même qu’elles lui soient posées.Je lui demande si pour un magazine féministe, cette référence au mot métèque ne confine pas encore les femmes dans un ghetto.« Ici, au Québec, le mot « métèque » n’a pas de connotations péjoratives, soutient-elle.« Métèque » en grec signifie « étranger ».Je considère que les femmes sont des étrangères.Et nous, les immigrantes, nous sommes doublement étrangè- A VENDRE MOBILIER DE MAGASIN —LIBRAIRIE Le 29-30-31 mars entre lOh — 17h LIBRAIRIE ALIRE 450 Ste-Catherine Ouest DIAPORAMA système de création d’images électroniques IBM PC 256K 2 lecteurs de disques 2 écrans (monochrome el couleur) 399,”$ nmnitso H LOGIDISQUE me C.P.4X5.Suce.Place d'Armes Montréal (Québec) H2Y 3H3 (514) 842-5221 — 1-800-.161 -7633 res : venues d’ailleurs, nous éprouvons encore beaucoup de difficultés à nous faire accepter par les mouvements féministes existants.Notre place au sein du mouvement n’a pas été clairement définie.» Ghila Benesty Sroka n’est pas tendre à l’endroit des femmes d’ici qui ont souvent développé sans s’en rendre compte une attitude « paternaliste » et « colonialiste » vis-à-vis de leurs soeurs étrangères.« Métèque n’a pas l’accent du pouvoir, affirme-t-elle, je veux récupérer certains mots, leur donner une autre signification, un peu comme l’a fait Louky Bersianik.La parole des femmes immigrantes est doublement marginalisée et il faut remédier à cette situation avant qu’il ne soit trop tard.» Partisane fougueuse, déterminée à attaquer toute forme de pouvoir et ce, sans compromis, la directrice de ce magazine s’enflamme quand je lui demande de me donner un exemple de cette attitude « paternaliste » et « colonialiste » caractéristique de certains groupes de femmes.« La CSN organise le 4 avril au Palais des Congrès une grande journée de solidarité féminine.On attend plus de mille personnes.Depuis trois semaines, j’essaie de les convaincre de se laisser une petite place pour diffuser La Parole métèque.Elles m’ont ignorée systématiquement.Je suis indignée, car je considère qu’elles n’ont pas le droit de parler en notre nom si elles refusent d’afficher par un moyen ou un autre notre existence.Déjà, plusieurs organismes nous ont manifesté leur appui.Plusieurs communautés culturelles sont solidaires de notre magazine.Nous travaillons, entre autres, avec le collectif des femmes immigrantes.» Ghila Benesty Sroka présente son magazine, appliquant ses principes non pas en termes subjectifs, mais en données presque scientifiques.Plus révélatrice encore, l’annonce de ce « renouveau féministe », qui nous permet de croire que ce printemps sera l’idéale représentation du 8 mars.« Les femmes immigrantes n’ont pas réagi à cette appellation, dit-elle, mais certaines femmes, nées ici, engagées depuis longtemps dans le mouvement féministe, se sont demandées si cela signifiait leur exclusion.» Dans le contexte actuel, renouveau risque en effet de provoquer un débat, du moins de chatouiller l’égo de celles qui ont investi corps et âme pendant les années dures.« Renouveau prend un sens particulier dans le contexte actuel, poursuit-elle.En France, il n’existe plus de revues féministes, Femmes en mouvement et F Magazine sont disparues.Il ne reste plus que des ma- gazines pour les nanas et les bourgeoises comme Elle et Marie-Claire.Là-bas, le mouvement féministe s’est cassé la gueule.Au Québec, nous vivons une situation bien étrange, il y a deux ministères de la condition féminine, l’un à Ottawa et l’autre à Québec, mais ceux-ci n’existent que par souci de défendre les droits et libertés des individus.Nous voulons réagir face à cette institutionnalisation du mouvement en lui donnant un second souffle.» Je lui fais remarquer qu’il existe déjà d’autres revues telles Commu-niqu’elles, La Vie en rose, Les cahiers de la femme, La Gazette des femmes, Arcade qui accomplissent un travail différent de celui des institutions.« Oui, constate-t-elle, mais ce n’est suffisant.Il n’y a jamais eu d’espace dans ces magazines pour les immigrantes qui se sentent concernées par l’avenir du Québec.Nous avons notre mot à dire et, si nous ne pouvons nous exprimer dans ces revues, nous le ferons par le biais de La Parole métèque.» Et, puisque notre belle époque se veut résolument optimiste, la directrice de ce nouveau magazine affirme que toutes les voies du féminisme seront privilégiées.Entendez par là que la politique éditoriale n’adoptera ni ligne dure, ni langue de bois.Sans oublier le grand désordre des militantes d’hier.La Parole métèque s’engage dans un exercice réaliste du social et de l’imaginaire.« La culture demeure le territoire où les échanges entre les femmes de différentes origines pourront se concrétiser », soutient Ghila Benesty Sroka.Parce que la culture semble parfois être plus efficace que n’importe quelle potion magique, mon interlocutrice ne s’inquiète pas pour autant du clivage entre les objectifs du magazine et ses collaboratrices.En effet, la plupart de ces femmes proviennent de milieux universitaires tandis que La Parole métèque veut donner la parole à des immigrantes d’origines souvent modestes.Que la lectrice se rassure, les ressources du rêve féministe ne sont pas encore épuisées.\e ctoiïe'- RECHERCHE LE NAZISME ET LA "SCIENCE JUIVE" par P.Thuillier 4,50$ No 186 EN VENTE PARTOUT -v 57.RUE DE SEINE 75006 PARIS en mars DOSSICR : LA RECHERCHE FRANÇAISE EST-ELLE [N BONNE SANTÉ?par M.Callon et L.LeydesdorH LES GREFFES DANS LE CERVEAU par S.8.Dunnet et A.Bjorlrlund L'OBDUCTION par A.Michard L’EXPLOSION DES ÉTOILES par E.Suraud L’ARCHÉOLOGIE D’UN PORT MÉDIÉVAL par WA.Van Es et WJ.H.Verwers L’ÉLEVAGE DES ESCARGOTS par L.Gomot et A.Deray ETC.OFFRE SPECIALE D’ABONNEMENT • Un an: 36,00* Je souscris un abonnement d'un an (11 n°), à la RECHERCHE, au prix de 36,00$.Veuillez payer par chèque établi à l’ordre de Diffusion Dimédia Inc.Nom.Profession.Adresse- Ville.Code postal.A retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dlmédla, 539, Boul.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2.•Un délai, d’au moins 8 semaines, interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L abonnéfe) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu » 20 ans Par le chemin de la lecture V « sai'8 ,Vaquai cette semaine | rég.19,95$ notre prix: 14,95$ le Parchemin Mezzanine Métro Berri-de-Montlgny 505 est, rue Ste-Catherine, Montréal • 845-5243 SJfiAM argent comptant seulement ChampwraiM LA MOITIE DE NOS LIVRES , ff';!-ÊÎ ONT PLIE BAGAGE ! -*•«»» %?¦ msü Kt.'""1 Bu^r K,‘ S\aPstk KlVO"" ^nonsense i cs avetüty , (V/Vdria" a 15 ans vc V)es\>n>^ r©nfcl«cV \abavt« orcUn*»1TC V)r£""1 0t*sic K'i«Vi»t’r >aV''s :\aaucS istral *^atl lvno«>" „rfc«.'iv .-1- ¦— - •; Vw*1* ¦ ¦* \.le ç.va r\tmv*n,s ¦ I 20 ICH K3 \\biaPtcl’ mi\UafW (TVion^ datvsaa EUIL 9.SOS 6.95S QUE SONT LES MILITANTS DEVENUS?La communauté perdue de Jean-Marc Piotte Jean-Marc Flotte* W cowamaut Petite histoire de» axilitar.tiessa ?Xb éditeur I/IK O ri if 011V La petite maison ^ LIS UI de la grande littérature Le Devoir, samedi 28 mars 1987 D-3 LE PLAISIR /Jpc LE PLAISIR LE PLAISIR .LE PLAISIR À LE PLAISIR f A J • h vres Une enquête auprès de 26 militants et militantes de toutes les tendances.Un premier bilan des militantismes des 25 dernières années au Québec.26 récits de vie qui en disent long sur la grande mouvance socio-culturelle des années 60 et 70.Un ouvrage nécessaire, un grand message d’espoir! 140 pages — 12.95$ Un roman d’érudition au souffle immense Un fil d’Ariane habilement tendu LETTRES QUEBECOISES KATANA, le roman du Japon Paul Ohl Québec/Amérique, 1987, 525 pages.JEAN-ROCK BOIVIN MERCI, SAINT Hubert Aquin d’avoir un jour conseillé à Paul Ohl, qui écrivait des livres sur le sport et les arts martiaux, de se lancer dans la littérature épique.Combien de fois a-t-il dû vous invoquer au cours des six ans qu’il a consacrés à l’écriture de Katana, se demandant s’il allait se noyer avant d’aborder à l’autre rive ?L’entreprise était gigantesque de couvrir un siècle d’histoire et de sortir du même coup de l'ombre portée du Shogun de James Cia veil, auquel on ne peut manquer de le comparer, puisque l’un de ses deux personnages principaux est ce meme Tokugawa Ieasu, seigneur de guerre, dont Clavell avait fait son héros.Plus grande encore est l’ambition de Paul Ohl.Si l’on en croit le sous-titre Le roman du Japon, c’est toute une civi- Paul Ohl lisation, deux fois millénaire, qu’il veut dépeindre et faire comprendre.Katana offre tous les éléments de (photo de l'auteur) base du best-seller : ¦violence, érotisme, exotisme.Mais il livre infiniment plus, misant sur l’authenti- cité davantage que sur la séduction du pittoresque et la popularité actuelle des japonaiseries.Roman d'érudition donc, où l’on n'entrera qu’avec précaution et révérence, acceptant pendant les quelque cent premières pages l’aller-retour à la fin du livre pour consulter le glossaire des mots japonais qui émaillent le texte et la nomenclature des personnages historiques.Acceptant de s’y perdre el de revenir sur ses pas pour s’y retrouver.L'action se déroule durant le siècle chrétien japonais (1549-1638).Les navigateurs européens sillonnent les mers, et le Japon féodal, déchiré par les rn aütés claniques, s’ouvre à l'Occident, à son commerce et à sa religion.« La civilisation d’Occident leur apparaissait comme un gigantesque édifice dont la base unique était le christianisme.Ils y voyaient un secret merveilleux qui avait permis à des hommes, après tout inférieurs, d’acquérir une puissance formidable, de pénétrer les mystères de la nature, de fabriquer des instruments déconcertants, de construire des gros bateaux et d’imprenables citadelles.Le christianisme bénéficiait de l’admiration qu’ils vouaient aux canons » (p.358).Nous suivons donc la longue campagne du seigneur To- kugawa pour réunifier le Japon divisé, redonner à la dynastie des Mi-namoto le pouvoir du shogun et repousser les Barbares venus d'Occi dent.Parallèlement, se développe l'histoire d’un personnage fictif combien plus attachant, Kikusui, par le biais duquel l’auteur nous permet de pénétrer les arcanes de cette pensée orientale où se conjuguent le culte de la mort et celui de la beauté, où parlent les jardins de pierre et les arrangements floraux, où la contemplation, la poésie et l'art de la guerre participent de la même ferveur.Orphelin et fils de Samuraî, Kikusui vit dans un monastère, se consacrant à la recherche du satori par la méditation, la mortification et la prière.Jusqu’au jour où le moine à qui il a été confie lui apprend sa véritable identité et que son karma s’inscrit sous le signe du sabre, le « katana ».Alors, nous suivrons le jeune samouraï tout au long de sa démarche initiatique, à travers des épreuves surhumaines.« Il faudra te durcir, te purifier, te façonner pratiquement jusqu’aux limites de ta résistance », lui dit son maître d’arme.Nous verrons naître son amour pour Fujiko, la jeune chrétienne, et regretterons qu’il soit impossible comme si, à ce point, nous n'avions pas compris que la souffrance est vertu de samouraï.Roman initiatique donc où l’écrivain décrit avec la même application zen l’architecture d’un temple, le motif d'un tissu, le chant d'une flûte, le chemin précis d'une lame dans la chair, le feu d’un regard ou le miroitement d'un étang, le carnage d’une bataille et la beauté d'un chrysanthème, la ferveur de l'amour et les fièvres de la peur.La grande réussite de ce roman est dans la prose hiératique que l’auteur pratique et que je trouvais à l'abord sentencieuse, avant d’obéir à son rythme lent et mesuré et de comprendre à quel point elle convenait a son sujet.Ne se contentant pas de raconter, elle me faisait entrer pas à pas dans cet univers énigmatique.Comme si vraiment un roman japonais pouvait s'écrire en français ! Est-ce pour cela que l'éditeur en parle comme d’un « événement littéraire » ?.Il aurait donc fallu un écrivain québécois pour écrire le roman de ce pays de tous les tremblements et de l’éclair atomique ! On verra bien si un roman d'érudition peut aussi être un roman populaire.Et si l’on peut faire un roman pour les Japonais comme ils nous font des voitures et des chaînes stéréo.LE FILS D’ARIANE Micheline La France, La Pleine Lune, Montréal, 1987, 148 pages MADELEINE OUELLETTE-MICHALSKA IL EST RARE de trouver un recueil de nouvelles qui apporte un plaisir total, c’est-à-dire ou l’art de la nouvelle, plus complexe qu’on ne le croit, trouve une écriture conforme à ses fins : proposer un univers qui sache imposer sa fascination dans l’espace et le temps réduits qui lui sont alloués, ou même en donner la nostalgie une fois la lecture achevée.C’est pourtant ce qui arrive avec l’excellent recueil que vient de publier Micheline La France aux éditions de la Pleine Lune, Le Fils d’Ariane.Ce beau titre, emprunté à la dernière nouvelle du recueil, éclaire l’ensemble de la thématique.Rien n’est tout à fait sûr, rien n’est totalement pur, puisqu’au monde de la conscience claire qui connaît le mobile et le choix de ses actes, s’oppose un autre monde, tout aussi réel mais plus confus, où aucun geste n’est transparent.De l’un à l’autre, le passage est étroit.Et c’est dans cette région frontalière où vie et mort se côtoient, où amour et haine s’affrontent ou même se confondent, qu’évoluent les personnages de Micheline La France.Dans cet univers trouble et mouvant, le passé et le présent ne sauraient être confinés a des territoires précis.C’est ce que l’un des protagonistes, Rodolphe, tente d’expliquer : « Il se produit une fissure dans le temps qui m’aspire vers d’autres univers [.].Je ne sais pas de quelle manière s’effectue le passage, je suis conscient de ce qui se passe, comme si je me tenais un peu en retrait de la scène, incapable pourtant d’intervenir.» Explorer ce passage, saisir l’instant où s’insinue la fissure permettant l’immersion du rationnel par l’occulte, l’invasion du coeur et de l’imaginaire par la violence d’une passion où l'intensité d’un sentiment, paraît être le but que s’est donné l’auteure.Mais il restera toujours un « je-ne-sais-pas » non élucidé, qui soutiendra le suspense narratif et débouchera sur le mystère de la vie, Micheline La France.face auquel on se sentira impuissant soit parce que des forces extérieures agissent — et nous avons là le registre du fantastique —, soit parce que des forces intérieures commandent l’action — et nous voilà dans la tradition du récit d’analyse où prédominent les éléments psychologiques qui font évoluer le drame et lui confèrent sa valeur.« Tu avais une façon singulière de pencher la tête sur le côte », dit encore un personnage, « comme si mes Photo François Royer mots, mes mondes t’arrivaient de plus loin que moi.Comme si les mondes que je rapportais d’ailleurs menaçaient le tien.Comme si — l’espace d’un instant — tu te demandais qui je suis ».Dans chacune des onze nouvelles, ce « qui je suis », interpellé dans un moment de crise, retourne à lui-même, obscur et impénétrable, comme si toute affirmation d’identité était un leurre.Comme si toute prétention à l'unité de l’être était une * La Librairie Champigny entreprend la dernière phase de ses rénovations.Durant les travaux, l'étage demeure ouvert, mais le rez-de-chaussée est temporairement installé à quelques pas vers le sud, dans le local qu'occupait Sirbain.Pour l'occasion, des milliers de prix coupés, des réductions incroyables, tout un événement.20% SUR TOUS LES FORMATS DE POCHE 20% DE RABAIS SUR NOS 50 BEST-SELLERS 9Hà 21H-SEPT JOURS 4 IkimiHui» Librairie Champigny inc.4384, rue St-Denis Montréal (Qué.) H2J 2L1 (rez-de-chaussée) STATIONNEMENT A L'ARRIÉRE Librairie Champigny inc.4474, rue St-Denis Montréal (Qué.) (étage seulement) 844-2587 méprise sinon une « imposture » — autre titre d’une nouvelle fort réussie.La présence du double est à cet égard révélatrice, le double pouvant même s’adjoindre une tierce*per-sonne en qui pourrait s’ébaucher une synthèse ou un dépassement de la dualité, tel que cela se passe dans « Emma ».Le fils’d’Ariane, c’est aussi le fil d’Ariane tendu, renoué et sans cesse rompu, où se brisent les illusions el où se fracassent les miroirs dans la traversée du labyrinthe où s’engage toute existence.Ce n'est pas un hasard si des enfants ouvrent enferment le recueil, le monde de l’enfance étant celui du rêve, des possibles en attente qui ne se réaliseront peut-être jamais.Le bel et jeune amant imaginé de toutes pièces par l’institutrice quinquagénaire, le ba teau de papier lancé sur une grande mare d’eau, la Douce pourtant fé roce dont le fou Lindberg tombe amoureux sur File, ce « petit quelque chose (d’ému) au bord des cils » qui envoûte l’amante fascinée par l’envoûtement plutôt que par l’homme lui-même, voilà autant d’invitations au rêve que le réel découragera.Il y a aussi ces méchancetés tapies sous les masques, ces meurtres perpétrés en une seconde où l’on se trompe de cible, ces vengeances minutieusement préparées et froidement exécutées.Il y a le théâtre de la comédie humaine, ses coulisses, ses mises en scène, ses jeux parodiques ou tragiques.Il y a cette phrase qui illustre ce qui, dé l’être ou dans l’être, ne sera jamais conscientisé, vécu, entendu : « Toi, tu as une musique dans la tête que tu ne joues pas.» S’il arrive que l'on regrette parfois cette non-conscientisation chez le personnage, on se réjouit par ailleurs de l’utilisation qu’en fail Micheline La France.Faire entendre la musique intérieure qui ne se joue pas reste pré- cisément son propos et son art.Un art porté par l’allusion, la brièveté, la pointe ironique, où rien de lourd ou d'inutilement long n’ont ryve la marche du récit, son orientation, sa chute toujours habilement présentée.On pourrait en dire autant de l'ouverture qui va tout de suite à l’essentiel et crée le climat dès l'abord. D-4 ¦.Le Devoir, samedi 28 mars 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Grandeur et décadence de Paulo Honorio LETTRES ETRANGERES SAO BERNARDO Graciliano Ramos Gallimard, collection « du monde entier », 1986 (traduit du portugais par Geneviève Leibrich) ÉMILE OLLIVIER JE CONNAIS un millier de gens qui projettent d’écrire, un jour, un roman.Généralement, ils renvoient cette entreprise au lendemain, à plus tard, la gardent pour leur retraite.Ils auront, entre temps, le temps de passer l’arme à gauche, sans avoir écrit une seule ligne.Paulo Honorio aurait pu se trouver dans cette situation si, deux ans après le suicide de sa femme, il n’avait choisi le moyen du récit, pour décortiquer les menus faits et événements de son existence, et essayer de déterminer comment il a pu devenir cet être brutal, égoïste, cruel qu’il est aujourd’hui.Au moment où s’ouvre le roman, Paulo Honorio a cinquante ans.Cinquante ans, âge approximatif puisque, déjà adulte, il s’est atribue une année de naissance, en empruntant des détails au registre de baptêmes de la paroisse et choisi une date d’anniversaire, faisant coïncider celle-ci avec la Saint-Pierre.Pour meubler sa biographie, aucune référence.Mais Paulo Honorio ne s’embarrasse pas de cette incertitude ; il y trouve même quelqu’avantage.Il est la souche d’une famille, ce qui lui évite d’être affligé de parents pauvres, engeance qui a l’habitude de s’insinuer sans vergogne, dans l’intimité de ceux qui font leur chemin dans la vie.Du plus loin qu’il remonte le courant de ses souvenirs, Paulo Honorio a toujours méprisé l’école et les livres, ce qui d’ailleurs ne manquera pas de l’embarrasser quand il décida d’écrire le récit de sa vie.Alors, il planifia une curieuse division de travail en engageant des nègres.(Quelle appellation ! ) Le curé de la paroisse se chargerait de la morale et des citations latines; tel veillerait à la ponctuation, à l’orthographe, à la syntaxe ; tel autre s’occuperait de la typographiqe et le rédacteur en chef du journal local, de la révision littéraire; lui, Paulo Honorio, tracera le plan de l’histoire, y introduira des rudiments d’agriculture et d’élevage, réglera les factures et mettra son nom sur la couverture.Après il ne lui restera plus qu’à soudoyer les directeurs de journaux pour assurer le succès de sa publication.Le tour sera joué et il pourra voir son nom figurer au palmarès de ceux qui contribuent à l’essor des lettres nationa- les.Les résultats furent navrants; un tel « tissus d’âneries » qu’il congédia ses collaborateurs.Paulo Honorio venait de découvrir que l’écriture est une pratique solitaire.Au fil de la lecture, on découvre le passé peu reluisant de ce personnage aux idées extravagantes.Cet homme du Certao?qui avait commencé par être guide d’aveugle, vendeur de gâteaux puis ouvrier agricole, fit systématiquement la chasse à l’argent, qui semblait la fuir.Après un séjour en prison (au cour d’une altercation, il avait administré un coup de couteau à un rival) il finit par trouver les moyens de s’élever au-dessus de sa condition.Muni de connaissances glanées rapidement dans des manuels, Paulo Honorio, homme de sac et de corde, acquit une « fazenda » : Sao Bernardo où il fit régner une brutalité sans scrupule, taillant sans merci ses subalternes, maltraitant les paysans, escroquant ses voisins, tirant les ficelles en coulisses lors des échéances électorales.Sao Bernardo était son royaume.Il y était maître et seigneur des vies et des biens.Malgré cet empire, Paulo Honorio était rongé par la solitude.Certes il avait insufflé un essor à ce pays perdu de Sao Bernardo, fait construire maisons, chapelle, école.Il était entouré d’une poignée de fidèles : des flagorneurs, des domestiques plutôt que des amis.Sa vie au quotidien se déroulait sans « jupon précis ».Un beau matin, il décida de prendre femme, beaucoup plus pour des raisons fonctionnelles que par désir, ainsi entrèrent en scène Ma-dalna et sa chaperonne de tante, Dona Gloria.Madalena était une femme d’humble condition mais instruite.Ce ne fut pas sans réserves qu’elle accepta de venir s’enterrer dans ce trou de Sao Bernardo.Très vite, elle prit parti pour les paysans, dénonça la cruauté de Paulo Honorio, au grand dam de celui-ci qui, entretemps, se consumait de jalousie, avec toute la gamme de comportements afférents : soupçons, méfiance, sentiment d’orgueil blessé, agressivité et cruauté.Un jour, il ramassa un feuillet qui traînait dans le jardin.Scène exemplaire de brutalité et de cynisme.Madalena se donnera la mort plutôt que d’obéir à la loi d’airain de Paulo Honorio.Mais coup de théâtre, ce feuillet n’était qu’une partie d’une lettre d’amour et d’adieu a Paulo Honorio lui-même.Perte irréparable, aggravée par le vent de révolution qui souffle sur le Brésil.Honorio se retrouve dans le camp des vaincus, ruiné physiquement, moralement, économiquement.Sao Bernardo est le troisième roman de Graciliano Ramos après Enfance et Sécheresse.Mémoire de prison, film du cinéaste brésilien Nelson Periera Dos Santos, qui avait retenu Une vérité historique qui fait mal MOI, TITUBA, SORCIÈRE NOIRE DE SALEM Maryse Condé Mercure de France, Paris, 1986 ALICE PARIZEAU AVEZ-VOUS la mauvaise conscience de l’homme blanc ?Moi, Tituba sorcière noire de Salem est un roman bien fait pour que ressurgissent de l’ombre les spectres d'un passé sinistre.Le puritanisme tout d’abord de ce dix-septième siècle où les immigrants fraîchement arrivés en Amérique du Nord de leur Écosse, ou de leur Irlande natales y apportent la crainte de l’enfer, le gout du soufre et la recherche passionnée d’une vertu dont l’hypocrisie efface aussitôt toute la valeur.Plus proche des règles du Coran que de la véritable tradition chrétienne, cette philosophie autorisait toutes les cruautés.Ce fut l’époque où les femmes soumises et dépendantes, il va sans dire puisque l’un ne va pas sans l’autre, acceptaient les brutalités des mâles bien pensants.C’était même là, l'émanation d’une véritable caricature de l’ordre divin.Ce qui dans la vieille Europe était filtré, la Sainte Inquisition mise à part, par le sens critique des classes dominantes, les frasques des nobles et le génie des artistes, était au Nouveau Monde étrangement proche de la régression de l’être humain.Dans un tel climat tout ce qui était différent devenait par le fait même suspect et passible de punition suprême.Les Blancs faisaient preuve de cruauté entre eux, mais ceux qui étaient au bas de l’échelle, les Noirs, les esclaves, constituaient les souffre-douleurs d’une société qui pour des raisons économiques ne leur reconnaissait pas le droit d’avoir une âme.La belle Tituba et John l’Indien, l’homme qu’elle aime, venus de la Barbade à Boston avec leurs maîtres, subissaient, chacun à sa manière, les effets de cette cruauté.Le mérite de la romancière consiste dans l’art de camper les personnages qui représentent les diverses facettes de l’esprit de l’époque.Tituba qui raconte à la première personne sa vie et celle des femmes qui lui ont été chères, a une morale qui se situe à un autre niveau que celle de ses maîtres.Il y a son amour des enfants, son désir de faire du bien, de soigner et de guérir.L’homme, l’Indien, joue le jeu des maîtres blancs.Farceur, hâbleur et séducteur, il parvient à conquérir une veuve fortunée et à se bâtir une existence.Amou- reuse, Tituba note que «.certains hommes qui ont la vertu d’être faibles, nous donnent le désir d’être esclaves ! », puis, répudiée, poursuit son propre chemin.Elle pardonne à ses maîtres leur conduite, mais refuse d’accepter le sort fait à son peuple.Torturée, emprisonnée, sauvée par un Juif qui lui aussi est rejeté par la société bien que sa peau soit blanche, Tituba réalise son rêve et retourne à la Barbade parmi les siens, mais là aussi on la pourchasse.Elle est bonne, elle est brave et un peu sorcière grâce à ses pratiques de guérisseuse et elle aime l’amour.Ses soeurs noires lui pardonnent mal tout cela ! Un beau roman où les nuances sont respectées, où la cruauté et la violence s’accompagnent d’une dimension très humaine qui se situe ailleurs et met en relief l’absurdité de la condition de tous, peu importe la couleur de la peau, face à la mort.La révolte des esclaves de la Barbade se terminera par les exécutions sauvages, mais le simple fait d’avoir eu le courage d’oser, leur donne des lettres de noblesse.Le roman de Maryse Condé dérange et en même temps parvient à reconstituer une atmosphère depuis longtemps oubliée qui met er.relief ce qùi de nos jours encore, malgré les acquis de notre civilisation et de notre culture, demeure dans un certain sens parfaitement actuel.En même temps, c’est en somme une mise en garde contre l’intolérance, telle qu’elle existe toujours dans certains contextes socio-culturels.Car il s’agit d’un roman qui en dehors de l’histoire apporte à travers son héroïne une image très pure de la femme et de sa capacité d’aimer qui en fait la victime de la contrainte.Dans les collectivités noires, elle s’exerce d’une manière différente, mais elle existe autant au niveau des individus, des familles, que des groupes.Maryse Condé a le mérite d’écrire dans un style efficace qui rejoint le lecteur et qui est dépourvu de ces accents pénibles où le romancier se fait moraliste.Par ricochet, elle explique aussi, involontairement sans doute, pourquoi les sectes religieuses et les divers rites, tel le Voodou, entre autres, ont encore de nos jours une telle emprise sur certains esprits qui cherchent un sens à leur statut de parias.Avec l’aide des sorciers et des faux prophètes, les impuissants font face ainsi au grand rêve collectif du progrès et de la réussite qui demeure, pour eux, impossible à atteindre.Saba: la passion arabe du roi Salomon LA REINE DE SABA Jean Grosjean, Gallimard NAIM KATTAN DEPUIS quelques années, nous avons pris l'habitude de lire régulièrement les ouvrages que Jean Grosjean puise dans la Bible.On le connaît comme poète, comme traducteur de la Bible.Des ouvrages comme Le Messie, Les Beaux jours, Élie, Darius, Pilate et Jonas, se situent entre le récit et le roman, la fidélité au texte et la liberté de l’imaginaire.Ainsi, quand il raconte l’histoire de Jonas, de Pilate ou de Darius, Grosjean nous offre sa lecture du texte et une lecture de cette qualité et de cette envergure relève de la création.Dans La Reine de Saba, je perçois un changement, un cheminement nouveau.Le propos est fidèle certes à l’histoire mais il est à la fois serein.primesautier, drôle.La gravité de la maturité voisine avec l’ardeur de la jeunesse qui loge parfois à la frontière de l’impertinence adolescente.On connaît l’histoire de la reine de Saba.Cette grande dame arabe se découvre au contact du roi Salomon, jeune et amoureuse.Elle admire le roi, respecte le chef mais c’est l’homme qu’elle aime et qui la fait vibrer.À ses côtés, Salomon n’oublie pas qu'il est roi et qu’elle est reine, ce qui ne l’empêche pas d’aller, haletant, à la rencontre de l’amour et de célébrer, dans la ferveur, la beauté de l’amoureuse.Rarement a-t-on réussi à parler de l’amour avec tant de gravité qui laisse la porte ouverte à la simplicité et à l’amusement.On lit ces pages ardentes avec l’émoi et le sourire.De toutes les forces qui dictent le destin de l’homme, l’amour, semble dire Grosjean, est la plus grande, celle qui bouleverse imperceptiblement, quasi discrètement.Comme dans ces autres récits, Grosjean décrit les mouvements du coeur et de l’âme quand il parle des arbres, du vent et des sentiers.Il mêle les genres : récits desçriptifs, dialogue dramatique et cette fois une nouveauté, le sonnet.S’il a un style, c’est qu’il se moque des styles.Rien ne vaudra, quand tu seras vainqueur de tous les dieux qui régnent sous le ciel, ton seul instant de détresse essentielle N EW YORK (AFP) - Une étude psychatrique d’une trentaine d’écrivains qui a duré 15 ans semble confirmer l’existence d'un lien entre la maladie mentale et la créativité artistique, a rapporté le magazine américain Psychology Today dans son édition de lundi.Selon l’étude citée par le maga- qui t’a permis de connaître mon coeur.Car ta sagesse est moins ce que tu sais que d’en savoir assez la pauvreté pour ne chercher ta vie que dans l’autre âme.Et ton pouvoir est moins ce que tu peux que d’avoir pu changer ta vie si peu qu’il t’ait fallu le secours de mon âge.zine, « il apparaît qu’une tendance maniaco-dépressive peut, chez un individu créatif, faciliter l'accès à des expériences d’une intensité et d’une richesse inhabituelles ».Une étude plus approfondie fournirait probablement « une image moins romantique du génie », mais elle ajouterait à la compréhension.Génie et folie: il y a un lien QUINZAINE DE LA SPIRITUALITÉ 26 mars — 12 avril 1987 JUSQU’À 20% DE RÉDUCTION SUR NOS LIVRES DE SPIRITUALITÉ EN MAGASIN Vous y trouverez des ouvrages d’auteur(e)s tel(le)s: B.Bro, M.-M.Davy, M.Teresa, M.Quoist, A.Sève, J.Vanier, J.Beaulac.H.Le Saux, Y.Girard, C.Carretto, A.von Speyer, C.de Hueck Doherty, La Spiritualité orientale, les Grands Mystiques, etc.DIEU.AUJOURD’HUI LUNDI LE 6 AVRIL 1987 à 19h30 CONFÉRENCE DU P.ANDRÉ SÈVE LIEU: CENTRE ST-PIERRE, 1212 PANET, MONTRÉAL Participation aux frais: 2,00$ Renseignements: ep LIBRAIRIE DES ÉDITIONS PAULINES 4362, ST-DENIS, MONTRÉAL Qué.H8J 2Ll(Métro Mt-Royal) (514) 849-3585 l’attention de la critique au festival de Montréal il y a deux ans, est une adaptation d’un roman en cours de traduction.La version originale de Sao Bernardo a été publiée en 1936.Nous sommes loin du réalisme fantastique d’un Borges par exemple ou du réalisme merveilleux d’un Garcia Marquez ou d’un Alejo Carpentier.Ici, fidèle au courant de l’époque, la veine exploitée est celle du réalisme social.Quelle maîtrise ! Cette histoire de propriétaire terrien, de latifun-diste, dans le sertao brésilien, terre oubliée de la terre et des dieux, nous fait humer toute l’odeur de l’Amérique latine.L’hululement des chouettes dans le beffroi de l’église, traduit le malheur des hommes, leur difficulté de vivre, tant les pesanteurs sociologiques sont lourdes.L’art de Ramos est de mettre en relief cet aspect des choses à travers le visage de Paulo Honorio.Sa maîtrise, c’est celle de cette consciencé qui se fouille, au mitant de sa vie, avec humour et finesse.Le roman se lit d’une seule traite, comme on boit un grand verre de lait après la sieste.Si un soir lecteur, la grisaille de l’hiver vous envahit, lisez ce texte qui dévoile un autre rapport avec les mots, avec la mémoire, rompt, sans cuivre ni clairon avec le langage utilitaire.Sao Bernardo, lénifiant comme le parfum des fleurs d’orangers.Malaises d’une civilisation LETTRES AMERICAINES QUELQUES PAS DE DANSE EN FAMILLE David Leavitt nouvelles traduites de l'américain par Jean-Yves Pouilloux, Denoël, 233 pages GUY FERLAND UNE FAMILLE unie, que c’est beau ! Snif ! Ça rappelle le bon vieux temps, lorsque le mari courbatu de fatigue, mais satisfait du devoir accompli, rentrait à la maison où sa femme l’attendait pour le dorloter, lui préparer son souper, lui allumer sa télévision, en un mot, le servir.Les enfants étaient sages et se faisaient oublier dans un coin.Tout était pour le mieux .Mais voilà qu’aujourd’hui tout l’édifice familial s’écroule.Les femmes gagnent leur indépendance, les enfants ne respectent plus leurs parents, les époux sont souvent désunis, le cancer s’insinue dans chaque famille, tout homme peut devenir homosexuel, même chose pour les femmes, bref, les sujets de dispute et de séparation augmentent à un rythe effarant.C’est ce nouveau désordre amoureux que met subtilement en scène David Leavitt dans son premier livre, Quelques pas de danse en famille.Ce manuel de nouvelles, intelligent et agréable à lire, est écrit d’une main de maître.À 25 ans, Leavitt connaît toutes les arcanes de la narration.Ses dialogues sont vivants et vraisemblables.Ses descriptions percent les carapaces des personnages.Et souvent, en une phrase, le jeune auteur stigmatise tout un plan de la réalité familiale d'aujourd’hui.Par exemple, lorsqu’un jeune homosexuel amène son amant chez sa mère pour les présenter l’un à l’autre et qu'il dit à son ami : « La culpabilité va de pair avec le territoire », on comprend toute la gêne et le non-dit NOUS ACHETONS LIVRES ET DISQUES D’OCCASION entre 1 Oh-18h — 7 jours service à domicile pour des quantités importantes MARCHÉ DU LIVRE 455 de Maisonneuve (coin Ber ri) Palais du Commerce 288-4350 • •••••••••••••••••a Y qu’il y a dans leur rencontre, et l’impossible solution de la situation.Ou encore, cette phrase qui résume à elle seule toutes les frustrations des Nord-Américains : « Vraiment la laideur est une trahison.» Les chimiothérapies, les soupers, silencieux, les soirées à regarder la télévision, les vacances tendues, les relations impossibles entre divorcés, c’est cette nouvelle vie de famille que David Leavitt découpe à froid et expose au grand jour.Le mensonge américain de la belle vie californienne se transforme vite en cauchemar climatisé.Et le jeune écrivait) sait poser les questions qui font vrai:, ment mal : « Qu’est-ce qui fait qu’on n ’a jamais aucun mal à abandonner un ami qu’on aime pour n’importe quel amant ?» ,, Tout l’art de Leavitt consiste à déjouer de biais le moralisme et le mensonge en mettant en situation des êtres ordinaires pris au piège de, la vie moderne.« Quand tous les hommes que vous aimez ne peuvent que s’aimer entre eux », répétait en-f suite Célia à qui voulait l’entendre,’ « vous n’y pouvez rien, mais vous commencez à vous demander s’il y a quelque chose qui ne va pas dans le fait d’être une femme.» On l’aura compris, Quelques pas de danse en famille est un des meilleurs livres américains des dernières années.Par sa perspicacité et son écriture efficace, par le regard im«‘ placable qu’il pose sur la société’ d’aujourd’hui, David Leavitt deviendra sûrement un grand auteur.Héroïne: HlsROINIi isa6sr;si»E tr la afcmffct&mfr .mm vlb éditeur l a désintoxication progressive et la désintoxication brutale r/e Léon Weinige! Dcmix récits, deux témoignages de personnes — un homme et une femme — qui ont voulu un jour se défaire d’une habitude terrible, d une accoutumance toxique; l’héroïne la rec on quête de la liberté ne sera ni fa c ile.ni gagnée définitivement.Deux portraits d'héroïnomanes bouleversants! 144 pages (format poc he) — 7.95$ t/1 h PflitPIir l-»* petite* maison de VIU 1 Its 11 I I,, ,1Trtmle littérature NOUVEAUTÉS DEUX SUCCÈS DF LIBRAIRIE BeNOÎT LACROIX SeI^gion KPRMpry La religion de mon père par Benoit Lacroix 306 pages, ill.15 $ L’auteur présente, avec son humour bien connu, l’image de son père et de toute une époque religieuse.Vazni Sastanak.Rendez-vous important à medugorie.premiers habitants du Québec.par Lise Baril-Leclerc 147 pages, 12,95 $ Parlant la langue du pays, l’auteure nous propose une rencontre avec les “voyants et avec tous les habitants de ce petit village de Yougoslavie.Ill £
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