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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1987-04-04, Collections de BAnQ.

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LE LE LE LE LE Ïï-Agï des PLAiSÏK Nos collaborateurs ont lu .?Americane, de Renaud Longchamps/D-3 ?Plages, de Brulotte-LaRue-Monette-Weil/D-3 ?Vente à la criée du lot 49, de Thomas Pynchon/D-4 ?Le Prince noir, d’iris Murdoch/D-4 ?Le Feu de chaque jour, d'Octavio Paz/D-4 ?L’Équipée malaise, de Jean Echenoz/D-5 ?La Cité des dames, de Christine de Pizan/D-5 ?Vive le pouvoir de Jean Ziegler/D-6 ?Canada in Space, de Lydia Dotto/D-6 ?Histoire du Québec contemporain.Le Québec depuis 1930, de Linteau-Duroeher-Robert-Ricard/D-7 ?Nobody's Baby, de Sheila Copps/D-7 ?Le Ve Président, d’Alain Duhamel/D-7 ?L’Hiver au coeur, d’André Major/D-8 LE DEVOIR, samedi 4 avril 1987 Jacques Prévert en 1927, Jacques Prévert .qui êtes aux deux, restez-y! ROBERT LÉVESQUE IL FUMAIT des cigarettes autant que René Lévesque mais n’aurait jamais été ministre de quoi que ce soit, et encore moins le premier.On pourrait aujourd’hui jouer à compter les photographies de lui où la clope est absente.J’en regarde une, où, l’art d’être grand-père oblige, ses deux mains sont occupées à tenir sa petite Eugénie et il semble dire : bon, ça va, je vais en griller une.Et il est mort à 77 ans, en avril 77, son siècle arrêté à un chiffre double, comme sa vie avait été double, tout le temps : il était poète (c’est-à-dire unique) et homme de la rue (c’est-à-dire perdu dans la foule, dans ses cafés); il était anti-conformiste et cravaté; amuseur et triste, c’était Jacques Prévert.Dix ans plus tard, aujourd’hui, à une semaine du dixième anniversaire de sa mort (le 11 avril), que fait-il là-haut lui qui clamait « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y ! ».Prévert a toujours été double, comme dans Prévert-et-Kosma; .et en 1968 comme dans Prévert-et-Carné; il n’allait jamais seul, avait besoin de copains (ses plus grands, Marcel Duhamel qui lança la « Série noire » chez Gallimard, le peintre Yves Tanguy, le comédien Raymond Bussiè-res), et ne parlait surtout jamais de lui-même dans ses écrits.Sa vie fila comme une chanson sur la musique de Jacques Kosma, comme un film tourné par Marcel Carné, ce Jacques Prévert-là qui faisant dire à Gabin devant Morgan — « T’as de beaux yeux, tu sais », faisait succomber la France entière; ce Prévert-là qui, avec des arrières-pensées tout à fait malicieuses, mettait dans la bouche d'un Jouvet habillé en évêque, dans Drôle de drame — « Moi, j'ai dit bizarre ?Comme c’est bizarre ! », et dont les paroles des Feuilles mortes donnèrent ses couleurs à l'après-guerre.Et ce Prévert-là, ami des surréalistes mais qui signera un texte contre Breton qu’il intitulera Mort d’un monsieur, écrivant « un jour il criait contre les prêtres, le lendemain il se croyait pape en Avignon », qui inventa le jeu du « cadavre exquis » un soir de désoeuvrement surréaliste (si on jouait aux petits papiers, il n’y a qu’à mettre n’importe quoi), amateur de tirage de pipe à tout le monde, qui trouvera le moyen de taquiner l’envoyé du gouvernement russe qui accompagnait son groupe théâtral (Octobre) sur un paquebot qui les menait à Moscou en 1933, amant assidu de la révolte, qui n’en revenait pas que les communistes abandonnent l’Internationale pour revenir à La Marseillaise au moment du Front populaire de 36, antimilitariste féroce et intègre, qui lançait toujours blagueur, en ces temps de guerre à pied : « Nous ne descendrons pas à la prochaine ».Ce Prévert-là, le roi de l’inventaire poétique, qui savait déboulonner ceux qui pieusement., ceux qui copieusement., ceux qui tricolo rent., ceux qui inaugurent., ceux qui croient., ceux qui croient croire., ceux qui croa-croa ., ce Prévert-là de la Tentative de description d’un diner de têtes à Paris-France est mort il y a maintenant dix ans mais l’effet Prévert (le déboulonnage en règle des élites de tous poils), s’il n’a plus son roi-fou, n’est pas tout à fait disparu de nos moeurs.1987 est le bien triste anniversaire de la disparition d'un écrivain, poète, parolier, philosophe-amuseur; bien triste fête puisque ce monsieur-là, qui disait qu’il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumel- Suite à la page D-8 Comment lire Proust à la vitesse du Matou.PAUL CAUCHON MON BUREAU est le théâtre d’une guerre à finir, violente et exemplaire.Dès que j’ai le dos tourné les documents pleuvent, les dossiers et communiqués de presse luttent pour leur survie, et il faut décider en dix secondes ce qui sera conservé et ce qui prendra le chemin de la filière 13 ( filière secrète constituée d’un récipient évasé et de très grande profondeur, vidé tous les soirs dans un camion qui hante les ruelles).Sans parler des livres et des revues.Dans mon salon, les bilbiothè-ques montent à l’assaut du plafond, les livres s’accumulent en piles, la ile-à-lire, la pile-vile-parcouru-et-relire, la pile-vite-lu-et-à-jeter, la pile-lu-et-à-ranger —bref l’univers entier ressemble à un gigantesque océan de signes typographiques qui veulent ma peau.Le pire, c’est qu’à travers tous ces documents, revues et livres, on n’arrive jamais à lire ce que Ton veut.Dans un horizon lointain et brumeux se profilent les vrais livres que je veux lire, mais qui devront probablement attendre les doubles-foyers de la soixantaine.Les Virginia Woolf jamais ouverts, ou encore le dernier tome d’/î la recherche du temps perdu, qui me nargue depuis dix ans en se demandant pourquoi il a été oublié.Or, en cette fin de siècle où l’effi- cacité sait se parer de charmes redoutables, il existe des techniques de lecture rapide qui ne nous veulent que du bien.À prime abord, ces techniques semblent une autre de ces formules-miracles qui veulent nous convaincre qu’on peut bronzer tout habillé, maigrir de cinq livres par jour en ne mangeant que du foie gras, construire une cathédrale en kit ou encore guérir le SIDA par le massage.Hélène Tirole, elle, n’est pas de cet avis.Sa compagnie, Parlée Communications (qui propose une « croi sade pour venir à bout de la surinformation de cette fin du XXe siècle » ! ), offre depuis trois ans des ateliers de lecture rapide à divers groupes et institutions, tels des mi- nistères, de nombreux établissements scolaires, les Maisons de la Culture à Montréal, la Fédération des Caisses Desjardins, etc.Un soir pluvieux de printemps, donc, quelques journalistes sceptiques, communicateurs pressés et spécialistes intéressés, se sont retrouvés autour d’une table pour relire ad nauseam une biographie de Saint-Exupéry en suivant les lignes du texte avec le bout du doigt, battant la mesure au son d’une valse de Strauss ou d’un rythme de jazz.La lecture rapide veut développer les capacités de concentration, de mémorisation et de synthèse, et multiplier le plaisir de lire.Car contrairement à ce que Ton pourrait croire, tous les spécialistes s’accordent pour affirmer qu’on comprend mieux lorsqu’on lit plus vite, et que plus on est concentré, plus on s’imprègne du texte.Le plaisir de lire viendrait donc de cette meilleure capacité de concentration et de compréhension.On peut malgré-tout (et heureusement !.) continuer à lire lentement un recueil de poésie : la lecture rapide veut tout simplement nous donner le choix du rythme.Nous aurions la capacité physique et mentale d’absorber environ 15 mots à la fois d’un seul coup d’oeil.Mais pour ce faire il faut oublier la façon dont nous avons appris à lire.Nous lisons en effet à la vitesse à laquelle nous parlons, parce que nous avons appris à lire à voix haute.Or les signes de lecture sont d’abord vi- suels, et il n’est pas sans intérêt de savoir que les premières recherches en lecture rapide ont débuté au début du siècle au laboratoire d’ophtalmologie de la Sorbonne, alors qu’un chercheur démontrait que la vision est un processus essentiellement mental qui fait appel à la mémoire.Développer l’agilité visuelle entraîne donc une agilié mentale accrue.La lecture rapide ne veut qu’utiliser la capacité maximale de l’oeil.Plutôt que lire mot à mol il s’agit d’appréhender un groupe de mots dans son ensemble.Et apprendre à lire rapidement ressemble au conditionnement physique : les réflexes et les muscles sont d’abord rouillés, Suite à la page D-8 Un René Dumont admiratif devant les exploits de Taïwan Une réussite du tiers-monde dont l’Afrique, malheureusement, ne pourrait pas s’inspirer PAULE DES RIVIÈRES BON PIED bon oeil à 83 ans, le tiers-mondiste français René Dumont a néanmoins passé l’âge des illusions.Il sait que les livres qu’il a écrits sur l’Afrique — dès 1962, il alertait l’opinion mondiale avec L’Afrique est mal partie — n’ont pas empêché ce continent de couler à pic.« J’avais l’obligation morale de-prendre position », dit-il simplement.Mais surtout, « c’est ma raison de vivre.Je suis condamné au travail à perpétuité.Il se tourne vers sa compagne québécoise Charlotte Paquet : « À deux, la peine est moins lourde.» M me Paquet accompagne le sociologue de terrain depuis cinq ans.Effacée au début de l’entretien comme si elle s’excusait d’être là aux côtés d’un homme si célèbre, Mme Paquet s’installe progressivement dans la conversation, avec la même conviction que Dumont.Que ce dernier soit un bourreau de travail et qu’il ait la bougeotte, cela saute aux yeux.L’homme a l’allure d’un alpiniste.Il arrive au journal chaussé de bottines d’escalade, vêtu d’un chandail vermillon en coton ouaté et d’un pantalon sport.Le cheveu blanc est en bataille et lorsqu'il monte les marches de l’escalier au DEVOIR, il semble prêt à partir.Jusqu’à son sac de toile qu’il porte en bandoulière et qui, parions, contient plus d’outils de terrain que de livres.Le seul objet qu’il extirpera de ce sac, c’est un bouquin de statistiques dont l’agronome tire des chiffres lapidaires ici et là, pour ponctuer ses commentaires.« Le continent africain, y cite-t-il, outré comme s’il lisait le passage pour la première fois, est le seul dans l’histoire du monde dont le niveau de vie a baissé au cours des 12 dernières années.» Dumont jongle avec les chiffres et les continents.Il est une cascade vivante de paroles.imprévisibles.Alors qu’il est de bon ton de dénoncer les gouvernemnents, il félicite le Ca- nada pour avoir annulé une partie des dettes africaines et dénonce plutôt les organismes non-gouvernementaux.Alors que tous les regards sont tournés vers la Chine, René Dumont s’émerveille de « la réussite économique exceptionnelle » de Taiwan.Sa plus récente aventure Ta en effet conduit à Taiwan « Après tellement d’échecs dans le tiers-monde, on me répétait qu’un pays avait réussi.J’ai voulu aller voir pourquoi.Nous n’avons pas été déçus », dit Dumont, qui vient de publier, avec Mme Paquet, Taiwan, le prix de la réussite, fruit de deux séjours à Taïwan, l’un de six semaines, l’autre de trois.Même si les maux de la civilisation capitaliste affluent aujourd hui aux abords de l’île — Ton étouffe à Taipei, la capitale, tellement c’est pollué, et toute Tile baigne dans un « fascisme mou » —, Dumont reste admiratif devant le petit dragon d’Extrême-Orient.Malheureusement, « Taïwan n’est pas un cas typique » et ne peut servir de modèle à l’Afrique.Si l’inégalité salariale à Taïwan est aujourd’hui une des plus faibles du monde, voisine de la Suède, c’est en grande partie en raison de l’héritage japonais et chinois exceptionnellement riche.La réforme agraire y fut intelligente et le passage à l’industrialisation graduel, sans perdre de vue l’équilibre entre la ville et la campagne.Un effort de travail exceptionnel, le respect du paysan (plutôt que du guerrier) et l’ingéniosité orientale dans les petites choses ont permis à Suite à la page D-8 René Dumont : « Après tellement d’échecs dans le tiers-monde, on me répétait qu'un pays avait réussi.J’ai voulu aller voir pourquoi.Nous n’avons pas été déçus.» PHOTO JACQUES GRENIER mm ** South«ri» llllllll 1977, bout, Industriel Uval (Québec) H7S 1P6 667-9221 334-5759 1-800-361-9264 euRoute NE vous plié£ plus en quatre VOYAGEZ AVEC LA QUICK MAP! LA NOUVELLE CARTE ACCORDÉON DE KÜMMERLY+FREY.PRATIQUE ET RÉSISTANTE DANS SON ÉTUI DE PLASTIQUE, LA QUICK MAP VOQS PERMET DE CONSULTER UNE RÉGION À LA FOIS.* PLUS DE 25 CARTES DISPONIBLE® POUR LES PAYS D’EUROPE.9,95$ CHACUNE.EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ET DANS LES AGENCES DE VOYAGE. D-2 ¦ Le Devoir, samedi 4 avril 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR K.A VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Sur les traces de Jack Kerouac LA LÉGENDE de Jack Kerouac trouve un écho important à Québec, cette ville aux souvenirs, où une centaine de membres forment «le Club Jack Kerouac » et annoncent la tenue d’une « rencontre internationale Jack Kerouac» du 1er au 4 octobre.D’ailleurs, c’est dans la première livraison du bulletin de ce club qu’on apprend la tenue de l’événement avec la participation d’Allen Ginsberg et de plusieurs écrivains québécois dont Victor-Lévy Beaulieu, François Ricard, Lucien Francoeur et Denis Vanier.Des expositions de photos et la projection de films sur l’écrivain franco-américain compléteront ces assises patronnées par le Secrétariat permanent des peuples francophones, le Conseil des arts du Canada, le ministère des Relations internationales, l’Université Laval et la Sidac du Vieux-Québec.Jack Kerouac, mort en 1969, fait aussi l’objet d’un film du poète et réalisateur acadien Herménégilde Chiasson.Ce long métrage, qui en est au stade du montage à l’Office national du film, s’intitulera tout simplement Le Grand Jack.Chiasson veut y retracer le paysage social d’origine de l’auteur de On the Road.Pour le colloque Kerouac d’octobre prochain, les organisateurs attendent aussi les suggestions et les offres de collaboration de tous les intéressés.On peut joindre le Club Jack Kerouac ou le comité organisateur au 129, côte de la Montagne, Québec, G1K 4E6.Téléphone : (418) 692-5177.La littérature sous les palmiers LE CÉGEP de Sainte-Foy prend de l’expansion jusqu’en Guadeloupe ! En effet, un cours de littérature sur la francophonie conduira les étudiants et professeurs sous les palmiers, du 16 au 30 mai.Les activités du cours comprendront une série de conférences sur la poésie, le roman, le théâtre et la langue dans les Antilles françaises.Les étudiants rencontreront des écrivains martiniquais et guadeloupéens.Us auront également l’occasion de découvrir le patrimoine culturel de la Guadeloupe.Ce cours demeure ouvert à toute personne qui désire poursuivre ses études collégiales — deux unités à titre de cours complémentaire seront créditées par le cégep de Sainte-Foy.Pour de plus amples informations, on peut communiquer avec Linda Chartrand-Godbout, au numéro (418) 659-6600, poste 3733.Mot d’auteur LA REVU E Nos livres propose, dans sa dernière livraison, une entrevue avec Jean-Pierre Guay, auteur d’un Journal dont les deux premiers tomes ont paru chez Pierre Tisseyre.Voici ce que Jean-Pierre Guay répond à la première question de Michel Laurin sur son cheminement jusqu’à la rédaction et la publication de ce Journal unique dans notre littérature.« Rien, je ne suis rien, je me le dis le matin en me levant et je me le répète le soir en me couchant, répond Jean-Pierre Guay.'D’ailleurs, je ne veux rien être, je déteste les gens qui sont quelque chose ou quelqu'un, aussi, moi, je ne veux plus me détester, la Jack Kerouac Photo CP paix.Maintenant, pourquoi j’écris mon Journal.Pour ne plus écrire.Vous autres, les lecteurs, vous fouillez toujours dans les poubelles du passé, vous êtes des passéistes qui vous ignorez.Moi, c’est l’avenir qui m’intéresse, les petits moments où, après avoir écrit quelques lignes, je me sens toujours comme un assez jeune homme.Ce qui revient à dire que, vous et moi, nous ne nous comprendrons jamais.C’est bien ainsi.» Les bibliothécaires s’inquiètent À LA SUITE des restrictions budgétaires du ministère des Affaires culturelles, les bibliothécaires professionnels s’inquiètent de la quantité et de la qualité des services professionnels dans les bibliothèques publiques.Us ont récemment fondé un groupe de travail ayant pour mission de suggérer des actions concrètes au conseil d’administration de la Corporation des bibliothécaires professionnels (CBFQ).Diane Mittermeyer a été nommée présidente de ce groupe de travail.Place aux poètes LE MERCREDI 8 avril, au café La Chaconne (342, rue Ontario est), Janou Saint-Denis présente les poètes Louise Dupré, qui vient de publier Chambres aux éditions du Remue-Ménage, et Dominique Lauzon, qui vient de faire paraître Autrement, l’équitibre, aux Écrits des Forges.Le 15 avril, « Place aux poètes» accueillera Francine Déry.LA VITRINE DU LIVRE THÉÂTRE Kanyurhi T.Tchika, Impasse, tragi-comédie en trois actes, éditions d’Orphée, Montréal, 65 pages.L’AUTEUR est zaïrois.U a fait créer sa pièce sur le campus universitaire de Kinshasa en 1978.Impasse est une tragi-comédie qui lui permet de se livrer à une autopsie de la société zaïroise.En revenant de ses cours, Heri, fils d’un riche commerçant de la capitale, est émerveillé par Nyota, une jeune lycéenne, et lui « déclare les fiançailles ».Quelques jours plus tard, son père fait la même découverte et propose à la jeune fille de l’épouser en énième noce.L’auteur est un journaliste, poète et dramaturge bien connu au Zaïre.U poursuit des études en droit à l’Université de Montréal.Marc Perrier, Six heures au plus tard, adaptation de Michel Tremblay, Leméac.LA PUBLICATION de textes de théâtre reste une des principales activités aux éditions Leméac.Six heures au plus tard fut créé au théâtre Lucernaire, à Paris, en 1982 et adapté par Michel Tremblay pour le théâtre d’Aujourd’hui en 1986.La pièce a été jouée par Jean-Louis Millette et Michel Poirier dans une mise en scène de Roland Laroche.HUMANISME Annie Marquier-Dumont, Le Défi de l’humanité, Éditions universelles du Verseau, Montréal.129 pages.I,’AUTEUR est mathématicienne et elle a étudié la politique puis la musique et le yoga, avant de fonder l’Institut du développement de la personne qu’elle dirige à Montréal « afin de contribuer plus spécifiquement à l’accélération de la transformation dans le monde et favoriser la venue d’une nouvelle conscience planétaire génératrice d’un monde réel de paix, d’amour et d’abondance pour tous ».Le présent ouvrage, Le Défi de l'humanité, concerne la menace nucléaire.Mme Dumont veut expliquer les moyens que chacun peut avoir pour « inverser complètement le processus de destruction planétaire dans lequel nous sommes engagés ».ESTHÉTIQUE Régine Robin, Le Réalisme socialiste, Payot, Paris, 343 pages.UNIVERSITAIRE française vi- MICHEL TREMBLAY Photo Jacques Grenier vant à Montréal et professeur de sociologie à l’UQAM, Régine Robin a publié divers ouvrages sur la culture et l’histoire ainsi que des oeuvres de fiction dont un roman, La Québécoite, chez Québec/ Amérique en 1983.Son livre veut faire la synthèse sur le réalisme socialiste des années 30 et son émergence dans la société soviétique.Dans un langage qui veut rester accessible, ce travail se veut à la fois une approche socio-logique, sociocritique et sémiologique de la littérature soviétique et de cette esthétique du lisible, de la transparence de la langue et de la représentation.Le réalisme socialiste voulait concilier le soufne de l’épique et la prose de la quotidienneté.Le livre s’attache à montrer les difficultés de l’entreprise dans le contexte du stalinisme culturel et l’alliance impossible du didactisme et de la littérarité.En fin de compte, la thèse de Régine Robin conduit à penser que ce qui est « lisible » n’est plus de la littérature.BIOGRAPHIE Bernard Pénisson, Henri d’Hellen-court, un journaliste français au Manitoba (1898-1905), les éditions du Blé, Saint-Boniface, 293 pages.D’HELLENCOURT était l’homme de Laurier au Manitoba.Le rédacteur de L’Echo du Manitoba saura convaincre les électeurs qu’on peut être « libéral » en même temps que « bon catholique», quoiqu’en pensent les évêques « conservateurs » de l’époque.Cet essai de Bernard Pénisson est, en fait, une thèse académique qui jette un nouvel éclairage sur une époque et une région canadienne de la fin du siècle dernier.L’ouvrage est agrémenté de photos, cartes et tableaux.L’auteur est né en Vendée en 1941 et a enseigné pendant huit ans l’histoire au college universitaire de Saint-Boniface.U doit soutenir prochainement sa thèse sur Henri d’Hel-lencourt à l’Université de Paris.REVUES Le Sabord, revue culturelle, n° 14, printemps 1987 (C.p.1714, Trois-Rivières, G9A 5L9).LA RÉCENTE livraison du Sabord nous propose des fictions d’auteurs connus tels Jean-François Somcynsky, Madeleine Perron, Pierre Corbeil, Pierre Chatil-lon et Jean-Pierre April.De son côté, Gérald Gaudet propose un entretien avec Clémence Desrochers, qui vient de publier un recueil de ses textes aux éditions Trois.Diverses chroniques et commentaires complètent ce numéro de la revue littéraire de la Mauricie.L’Écrit primai, revue littéraire du Cercle d’écriture de l’Université Lavai, Québec, 98 pages (pavillon Pollack, bureau 1358, Cité univer-saitaire, Québec, G1K 7P4).CETTE REVUE parait quatre fois l’an et est distribuée dans certains points de vente à Québec et Montréal.La nouvelle génération des carabins aborde la littérature à sa façon.Elle prend la succession à Québec de revues telles Émourie et La Tourmente, qui ont fait la gloire de l’Université Laval dans les années 50 avec Gilles Vi-gneault et dans les années 60 avec Pierre Morency et d’autres.Pour les années 80, on revient « aux sources» avec un titre de revue qui semble vouloir relier la littérature aux sciences humaines, malgré les efforts ludiques de la fiction.L'écrit primai est une revue qui veut s’ouvrir à tous les genres, soit la poésie, la nouvelle, l'essai et le texte dramatique, nous rappelle son rédacteur en chef, Stanley Péan.Signalons le travail des poètes Jean Coulombe, José Lamarre, Pierre Lemay et Tony Tremblay.Leur poésie est tour à tour réaliste, sur un ton de journal intime, ou ludique et amusée du langage qu’elle met' en forme.Non, décidément, les jeunes poètes n’écrivent plus comme dans les années 1960.Oui, la poésie change.— JEAN ROYER Le Salon du livre de l’Outaouais Un événement familial exemplaire JEAN ROYER DEPUIS 1980, le Salon du livre de l’Outaouais devient l’événement annuel le plus couru de la région.Cette année encore, il avait lieu au Palais des congrès de Hull, du 25 au 29 mars et a attiré plus de 40,000 visiteurs, soit environ 20 % de la population.Animé par 200 bénévoles, subventionné par des organismes privés et publics, « couvert » par tous les médias régionaux, ce salon du livre prend une allure véritablement « familiale » et se révèle un événement exemplaire.En effet, le Salon du livre de l’Ou-taouais est le plus animé du Québec.Les 141 éditeurs et la centaine d’écrivains qui y étaient présents la semaine dernière vous le diront.La qualité de l’accueil autant que l’intérêt manifesté par le public sont tout simplement extraordinaires, selon l’avis des participants.Pour le président-directeur général du salon, Jacques Poirier, c’est une implication sociale importante qui est à la source du succès de l’événement.Un noyau de 29 personnes travaille à sa préparation à Tannée longue.Un groupe de 200 autres bénévoles entre en jeu après Noël.De sorte que le grand public, les institutions scolaires et les médias sont sensibilisés à l’événement durant trois mois.Bien sûr, il faut plus qu’un esprit de famille pour réussir un salon du livre.Une bonne partie des subventions importantes qui lui sont accordées servent à l’animation du salon.Présenté cette année sous la présidence d'honneur de Michel Tremblay, qui a joué son rôle avec enthousiasme, le salon de Hull accueillait une centaine d’écrivains qui, en plus de faire des séances de signature, rencontraient le public en atelier ou en colloque.Tous les écrivains invités recevaient un cachet de $ 200 à $300 pour leur prestation.Une dizaine de tables rondes, présentées sur la place Yves-Thériault et souvent retransmises à la radio, ont réuni des écrivains et diverses personnaütés sur des sujets aussi variés que les dictionnaires, les adolescents, la langue française dans TOu-taouais, les manuels scolaires et l’informatique, l’histoire, les prix littéraires, l'écriture religieuse et le testament politique.Ainsi, la semaine dernière, la population de l’Ou-taouais a vu défiler sur la scène du salon du livre de nombreuses personnalités dont Denis Vaugeois, Keith Spicer, Gérald Godin, le Dr Serge Mongeau, Benoît Lacroix, René Lévesque, Solange Chaput-Roland, notre collègue Michel Vastel ainsi que des écrivains tels Daniel Gagnon, Jean Provencher, Suzanne Paradis, Robert Baillie, Yves Boisvert, Ambroise Lafortune, Mireille Vallée, Paul Ohl, Clémence Desrochers, etc.La première implication régionale dans le salon du livre est celle de la caisse populaire Saint-Joseph de Hull, qui assure le salaire de M.Poirier ainsi que les services de secrétariat de l’organisation.Les autres subventionnaires sont le ministère des Affaires culturelles ($68,000), le Jacques Poirier, président-directeur général du Salon du livre de TOutaouais.ministère canadien des Communications ($ 40,000), le Conseil des arts du Canada ($ 17,000) et la Ville de Hull ($15,200).Il est à noter que la location des stands du salon se fait via les libraires de la région, qui ainsi ne perdent pas leur clientèle au seul bénéfice des éditeurs qu’ils représentent.D’autre part, la région de Hull est alimentée de façon exceptionnelle durant le salon par les nouveautés des éditeurs.En effet, il semble qu’en temps normal le public n’a pas accès à un fonds très varié ni très complet dans les librairies de TOutaouais.Ce qui est une autre bonne raison du succès du salon du livre annuel.Un récital unique par Monique Miller et Jean Marchand LES ONDES LITTÉRAIRES À CIBL-MF (104,5), à 19 h, à l’émission Textes, Yves Boisvert lit des pages du ooète-député Gérald Godin.À TVFQ (câble 30), à 21 h 30 demain, l’émission Apostrophes est consacrée aux « livres du mois ».Bernard Pivot reçoit François Baroin, Félicien Marceau, Marie-Thérèse Guichard, Charles Villeneuve et Laurent Galy, Au réseau Quatre Saisons, à 12 h 30, en reprise, l’émission Claude, Albert et les autres sur « la folie », avec Marie Cardinal et Nicole Houde, entre autres.Puis, à 22 h, en reprise également, une autre émission de la même série et portant sur l’amour, avec la participation d’Émile Olli-vier.André Carpentier et Daniel Gagnon, entre autres.À la télévision de Radio-Canada, demain à 23 h, le magazine culturel La Grande Visite prend sa nouvelle place dans la grille-horaire et nous parle de l’écriture de théâtre.Francine Marchand et Daniel Pinard reçoivent, cette semaine, les écrivains Lucien Francoeur, René-Daniel Dubois; Marie Laberge et le comédien Serge Dupire.Au réseau Vidéotron (câble 9), lundi à 21 h 30, l’émission Écriture d’ici, animée par Christine Champagne et Marcel Rivard, reçoit Jean Éthier-Blais.L'émission est rediffusée en reprise le mardi à 13 h 30 et le dimanche à 10 h 30.du livre-poème de Jean Royer DEPUIS L’AMOUR qui vient de paraître aux éditions de l’Hexagone à Montréal et de la Table Rase à Paris Le récital est présenté un seul soir mardi le 7 avril 1987 à 20 heures au café-théâtre LA CHACONNE 342 est, rue Ontario (l’entrée.est libre) "jg- P T ' ! $! ¦ni- ¦ill 3 CO O oc h- SOMMAIRE Marc Le Bot L’amour comme l’amour et l’art comme l’art Linda Deflate Peinture de genre et genre de peinture Michel Peterson Les réécntures de Ponge: coup d’oeil sur une langue impropre Patrick Maurièa Littérature seconde LE CABINET DES MERVEILLES Jules Lemaître En marge des vieux livres (extraits) ORPHEUM Michel Gonnevtlle Le canon de la ceinte trinité Nicole Brassard Sa main prenait appui sur un livre pendant que nos corps à l’oblique Dorina Michelluttl Trois poèmes Patrick Coppens Érudition?Allez savoir il Michel Cailloux Bobinette et les choeurs antiques Tranchemontagne La fin du monde Mireille Best Le pont-virgule EX LIBRIS Louise Bouchard Les Images, Marte Chats Barbara, Oanys Del âge Le pays renversé Louise Dupré Chambres, Francols-Marc Gagnon Hommes effarables et bestes sauvaiges, Gérald Gaudet Lignes de nuit.Jean-Marie Pontévla Écrits sur l’art et pensées détachées UT PICTURA POESIS, Clémence Des Rochers, Françoise Guénette, Monique Leyrac En vente dans votre librairie — Duriuslon Parallèle V.?W@L, % IM® 2 LA RECHERCHE LE NAZISME ET LA "SCIENCE JUIVE" par P Thuillier 4,50$ No 186 EN VENTE PARTOUT 57.DUE DE SEINE 75006 PARIS DOSSIER : IA RECHERCHE FRANÇAISE IST-Ult IH BONNE SANTÉ?par M.Cation et i LeydesdorH LES GREFFES DANS LE CERVEAU par S.8.Dunnet et A.Bjorklund LOBDUCTION par A.Michard L’EXPLOSION DES ÉTOILES par E.Suraud L 'ARCHÉOLOGIE D’UN PORT MÉDIÉVAL par W.A.Van Es et WJ, H.Verwers L'ÉLEVAGE DES ESCARGOTS par L.Gomot et A.Deray ETC.OFFRE SPÉCIALE D’ABONNEMENT • Un an: 36,00* Je souscris un abonnement d’un an (11 n°), à la RECHERCHE, au prix de 36,00$.Veuillez payer par chèque établi à l’ordre de Diffusion Di média Inc.Nom-Profession__________________ Ad ressé_______________________________________________ Ville__________________ Code postal.À retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dltnédla, 539, Boul.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2.•Un délai, d'au moins 8 semaines, interviendra entre la date de ta demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L’abonnéfe) le sera pour un an.à compter du 1 premier numéro reçu » Jacques Clermont présentera les comédiens «Quel regard corrige l’avenir sinon celui du courage d’aimer» Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS aujourd’hui 4 avril de 14h à 16h JACQUES BOULERICE auteur de APPARENCE Éditions Belfond * samedi 1 1 avril de 14h à 16h MICHELINE LEGENDRE auteure de MARIONNETTES ART ET TRADITION Éditions Leméac vendredi 1 7 avril de 17h à 19h MICHÈLE CAUSSE auteure de .( ) aux Editions Trois samedi 18 avril de 14h à 16h JEAN ROYER auteur de DEPUIS L AMOUR Éditions É’Hexagone samedi 25 avril de 14h à 16h ANDRÉ MAJOR auteur de L HIVER AU COEUR XYZ Éditeur Venez regarder avec nous APOSTROPHES le dimanche a 14h.i0 „c9 »9 362 jours par anncc^ 1 120, av laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 I I 4 Le Devoir, samedi 4 avril 1987 ¦ D-3 CHEZ /¦r'ÿ/i!/ /'¦-,//• LA NCRE&mM1* DE NOS LIVRES , CA-AS» ONT PLIE BAGAGE ! tYMnai^ A5ans vt D *svr ¦ ronwvl'cSt ovaftos et \a T°vie WilHmn >v ICO»’® SEUIL TEMPS L’ÉMERGENCE D’UNE CULTURE AU FÉMININ MiMïilTi 1 I MI RGÉNC É D’UNI (I l II m U FÉMININ TEMPS II CONTRÉ I IMPS NVI IONAI ISMI POPl I.AIRI I I 1)1 l’T NI) \N< I : I \ ItOI l\ Il 1)1 l \ 1972 Je Robert J undyeke \prcs une mise cm situation des différents Uroupes sociaux en Amérique du Sud.l'auteur retrace et anal\se rémeruenee.les réalisations et le déclin du nation.ilismc l>o|Hilairc en Bol it ic.|(>.‘)VX lise i s( ( I ()[ Il I \l i SWOIR fiûlienfàmfyè MAURICE ROY EDITIONS !«S SAINT-MARTIN Je (niston Pineau Sons la direction Je Marisa /avuüoni ite Mlwrit e Roy 4073, rue Saint-Hubert, suite 201 Montréal, Quebec H21 4A7 (514) 525-4346 litre \ise a rompre le cercle t icieux des courses contre la montre qui empêchent même de prendre le temps de penser au temps.I nfm un lit re qui fait comprendre le rôle et l'importance des ( I S( .leur origine, leur histoire retente; les sen ices qu'ils offrent, leur intenention.leur uestion et leur réseau.( omineul définir une culture au féminin?Quelles formes peut-elle prendre dans les sciences sociales, la littérature, la philosophie et l'art?IM.\S En vente en librairie f / ?4'»'s ?4 HMM D-6 M Le Devoir, samedi 4 avril 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Jean Ziegler et la défaite du socialisme «Il reste à construire une fraternité de la nuit» CLÉMENT TRUDEL JEAN ZIEGLER estime que la crédibilité du socialisme en France est « liquidée pour au moins une génération ».Ça le rend furieux mais pas désillusionné : « Ne serait-ce que par un souci de dignité, il ne faut pas déclarer forfait.» Ce sociologue suisse, professeur adjoint à Paris I-Sorbonne, attribue la « trahison » de toutes les valeurs que proclamaient les socialistes aux « délices de la raison d’État ».Un militariste « stupide » comme Charles Hernu a été de ceux qui, selon Ziegler, ont intensifié la « folie des armes » et le « commerce de la mort », permis que la France devienne troisième marchand d’armes du monde, et persisté dans l’apologie de la force de frappe française alors que tout le monde cherche à désarmer.Charles Hernu et Laurept Fabius comptent, d’après Ziegler, parmi les principaux responsables de la « liquidation » du projet socialiste en France, s’étant montrés préoccupés de surpasser les capitalistes eux-mêmes dans leur gestion.La France « prolonge les guerres, accroît les souffrances » par souci d’équilibre commercial et perpétue en Afrique un empire « néo-colonial » qui lui permet, notamment, de se procurer à vil prix le fer de Mauritanie, le pétrole du Gabon et l’ura- nium du Niger « grâce à des accords bilatéraux injustes ».Selon ce sociologue, les services secrets français contribuent à maintenir en place des tyrannies qui ne bénéficieraient pas de 15 jours de grâce si lçon permettait des élections vraiment libres.Et François Mitterrand, dans tout ça ?Ziegler lui accorde le bénéfice du doute car, une fois passée la décolonisation, il y a eu un Mitterrand « en crise » qui a écrit, entre autres, L'Abeille et l’architecte, qui ne peut être le même que ce jeune ministre de la justice (Mitterrand a fait partie du cabinet'Guy Mollet, dans les années 50) qui, par son refus de gracier des centaines d’Algériens, a permis leur exécution.Cette approche plutôt indulgente de la politique africaine de Mitterrand va à l’encontre de ce qu’un chercheur du CNRS a écrit sur l’actuel président des Français, sorte d’habile tacticien qui n’aurait pas changé quant à son approche coloniale ou néo-coloniale de l’Afrique.Deux livres récents de Jean Ziegler, parus aux éditions du Seuil : Vive le pouvoir ! et Main basse sur l’Afrique, la recolonisation (réédition dans « Points/Actuel ») étoffent ce sombre diagnostic.Avant de gagner Hull, où il était l’invité du Salon du livre de l’Ou-taouais, Jean Ziegler, dans une entrevue au DEVOIR, a dit sa consternation devant le rôle des intellectuels qui, en France et en Europe, souffrent d’une sorte de « soumission à la rationalité marchande ».Les intellectuels les plus souvent présents sous les feux de la rampe sont, selon lui, les plus falots; ils s’adonnent à leur anticommunisme militant : « Je n’ai pas de sympathie particulière pour l’URSS qui, en Éthiopie et en Angola, a aussi pratiqué une politique de la raison d’État », mais, enchaîne Ziegler, de là à semer le doute sur tout mouvement de libération « qui pourrait devenir totalitaire », de la à faire le jeu du néo-conservatisme qui envahit médias et maisons d'édition ! Cet intellectuel, surtout connu par un essai en collaboration, Une Suisse au-dessus de tout soupçon (1976, une nouvelle édition ayant paru en 1985), revient à la racine essentielle de son indignation.« Ce monde est totalement intolérable.La FAO nous dit que 12 millions de personnes mourront de faim dans le monde en 1987, c’est presque la moitié de la population du Canada.Il y a dans le monde 153 naissances par seconde et la plupart de ces enfants sont des “crucifiés de naissance”.Cet état de faits tient à ce que, dans 122 pays du tiers monde, la souffrance, le “surtravail” et la sueur de l’immense multitude entretiennent l’aisance de la minorité, dans les pays mieux nantis.» Malgré tout, les raisons d’espérer sont très grandes car les contradictions de ce système sont de plus en plus apparentes : l’Europe n’arrïve pas à résorber ses 18 millions de chômeurs, il y a un surarmement nucléaire qui engendre l’angoisse existentielle, nous connaissons une intensification de la communication internationale qui fait que tout le monde sait que c'est la loi de la jungle qui prévaut.Ces contradictions créent « une multitude de révoltes », tout à fait sectorielles — sorte de « feu de broussailles » — et une « conscience de fêlure » traverse les classes sociales.« Mao disait que même les murs les plus puissants s’effondrent par des fissures » mais le problème essentiel demeure celui de l’organisation.Il reste un front à construire, une sorte de « fraternité de la nuit », et « il s’agit de jeter la lumière sur ceux qui sont dans l’ombre ».Pressé de préciser si, dans cet amoncellement de situations déprimantes, il y a lieu de voir des îlots-témoins, Jean Ziegler relève le Burkina Faso (ex-Haute-Volta, pays qui est le .neuvième plus pauvre du monde) où l’on vient d’enregistrer un surplus alimentaire de 30,000 tonnes; pays où le frugal chef d’État, Thomas Sankara, a permis que la faim et la corruption soient vaincues tandis que, dans des conditions de pauvreté partagée, la libération de la femme africaine est en train de se faire.Ayant porté un jugement sévère sur le mouvement ouvrier européen Photo Gérard Gastaud/ • Seuil Jean Ziegler : Les intellectuels européens souffrent d’une sorte de « soumission à la rationalité marchande ».(il parle à ce sujet de « dégénérescence »), Ziegler se dit convaincu que le Sud « incarne les valeurs fondatrices d’une société humaine à venir », même si momentanément, en Europe, socialisme est un mot tabou alors que théorie et pratique socialistes sopt « formidablement vivantes » dans de nombreux pays du tiers monde.Le Canada et l’espace: un tableau fascinant Photo NASA/CP Marc Garneau : l’apesanteur et la grâce .CANADA IN SPACE Lydia Dotto, avec une préface de Marc Garneau, Toronto, Irwin, 1987 GEORGE TOMBS LES DIVERS programmes spatiaux à travers le monde ne reflètent-ils pas cet ardent désir de l’homme de conquérir l’espace, de réaliser l’impossible, de laisser les traces de son passage dans le cosmos, de connaître enfin le vide ?Pour ceux qui s’intéressent à la question,’voilà \in nouvel ouvrage, qui éclaircit tout ce que l’industrie spatiale canadienne souhaite faire dans l’espace.Lydia Dotto, ancienne journaliste scientifique du Globe and Mail, dessine un tableau fascinant des projets spatiaux dans ce pays.Le Canada ne semble pas reconnaître qu’il se trouve maintenant au seuil d’une nouvelle époqtie, celle de la pleine utilisation de l’espace, et peut-être même c^e sa colonisation.Mais cela ne dérange en rien l’auteur.Elle fait revivre les exploits de Marc Garneau, à bord de la navette Challenger en 1984; elle démontre combien étaient ravis les membres du consortium Spar lorsque, suivant sur leurs écrans à Houston les manoeuvres du bras télémanipulateur canadien, ils ont pu le voir réussir à récupérer un satellite américain en pleine orbite ! Il est vrai que Mme Dotto laisse de côté d’autres réussites technologiques du Canada : celles, par exemple, des satellites de communications, reliant le pays comme jamais les voi.es ferroviaires n’ont pu le faire.Ou celles des satellites de télédétection, capables d’aider les Œcteurs de minerai ou de suivre -adation des sols, donc d’aider à prévoir la sécheresse.Mais elle a l’art de dévoiler ce qui est resté, jusqu’ici, méconnu : qu’il existe^n programme spatial canadien, qqe ses travaux — aussi mal financés et vulnérables aux courants politiques qu’ils soient — font parfois l’envie de la NASA.Tout: cela, Mme Dotto le met dans le contexte de la compétition internationale.Elle montre comment les cosmonautes soviétiques, par exemple, relèvent le défi de vivre des mois entiers dans l’apesanteur.Leurs pé- Le duo insolite de la traduction ANGÈLE DAGENAIS LES DEUX auteurs les plus traduits à travers le monde, selon une compilation de l’Unesco, sont Lénine et Agatha Christie.C’est ce que révèle la 34e édition de T Index translalio-num (portant sur l’année 1981 ) que vient de publier l’Unesco, confirmant ainsi la remarquable stabilité de ce duo insolite de la traduction mondiale.L’« architecte de l’État soviétique » et la « reine du crime » sont aux premières places depuis plusieurs années.Quelque 55 pays ont fourni des statistiques pour cet Index portant sur 43,841 titres.C’est l’URSS qui a réalisé le plus grand nombre de traductions, avec 7,171 titres dont 153 de Léonid Brejnev.L’ex-président Nixon en a connu quatre.Les messages du pape Jean-Paul II ont fait l’objet de 63 traductions.Lénine et Agatha Christie sont talonnés de près par les éditions de Walt Disney Productions et.la Bi- rjK LES ÉCRITS M DES FORGES INC.NE MANQUEZ PAS LA RENTRÉE LITTÉRAIRE DE YVES PRÉFONTAINE AVEC LE DÉSERT MAINTENANT 8,00$ A L’UNION FRANÇAISE 429.VIGER EST.MONTRÉAL 17HRES VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉ(ES) C P 335 - Trois-Rivières.Québec - G9A 5G4 Distribution en librairies PROLOGUE 2975 Sortelon, Ville St-Laurent H4R 1E6 (514) 332-5860 Par la poste DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON C.P.500 Trois-Rivières G9A 5H7 (819)376-5059 1.0U1SE SIM*«0 ’«Jt Vient de paraître ble.Les Saintes Écritures ont toujours figuré dans le peloton de tête et, bien que les chiffres pour 1981 aient amorcé une légère baisse, elles restent le livre le plus traduit dans le monde.Lénine (avec ses 370 traductions pour la seule année 1981) est traduit abondamment en Union soviétique, évidemment, mais aussi en Grèce, en Inde, en Norvège, en Espagne, au Laos, etc.Pour ce qui est d’Agatha Christie, elle distance nettement Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, Georges Simenon ou Erie Stanley Gardner.Pour l’année 1981, elle a été traduite 216 fois.Les Walt Disney Productions ga- "I "1 ^ Allemands.Anglais.A / / Canadiens et Indiens: le ehoc de quatre peuples neeupant le même territoire- Ce roman vous passionnera ave des faits historiques peu connu; mais captivants, allies à une trame romantique généreuse au rebondissements multiples et imprévisibles.408 pages EN VENT PAR IOll Les Éditions La Presse roman gnent du terrain avec les années (203 traductions en 1981) mais les bandes dessinées sont encore loin de supplanter les formes littéraires qu’affectionnent les jeunes.Dans la compétition générale, Jules Verne arrive cinquième avec 156 traductions, suivi de Hans Andersen (109), Grimm (108) et Perreault (85).Isaac Asimov, l’écrivain bien connu de science-fiction, totalise 95 traductions pour 1981, score fort intéressant.Trente auteurs ont été traduits plus de 50 fois, parmi lesquels de grandes figures classiquçs tels Shakespeare, Tolstoï, Dostoïevski, Dickens, Gorki et Balzac.D’autres — Goethe, Tchékhov, Dumas père, Walter Scott, Stendhal, Homère, Victor Hugo ou Lewis Carroll — ne sont pas du « Golden.33« mais y arrivent presque avec une trentaine et une quarantaine de traductions.Sur les 38 lauréats du prix Nobel de littérature, seul Hemingway compte d0 traductions alors que Graham Greene, qui n’a pas reçu cette distinction, a été traduit 52 fois.Hermann liasse a 41 traductions à son actif, Isaac Bashevis Singer 35, Kipling 33, Pearl Buck et Albert Camus 31, Gabriel Garcia Marquez 23, Rabindranath Tagore 21, Heinrich Boll 20.Wole Soyinka, prix Nobel 1986, a été traduit cinq fois en 1981." NOUVEAUTÉS DEUX SUCCÈS DE LIBRAIRIE BENOÎT LACROIX IeInsion MMM LA RELIGION DE MON PÈRE 306 pages, ill.15 $ L’auteur présenté, avec son humour bien connu, l’image de son père et de toute une époque religieuse.USf ftAPll IÎCLCRC VAZNI SASTANAK Rendez-vous important à medugorie.par Lise Baril-Leclerc 147 pages, 12.95 $ Parlant la langue du pays, l’auteure nous propose umb^rencontre avec les '‘voyants’ et avec lpus les habitants de ce petit village de Yougoslavie.Edition5 Éellatmin ¦¦ 8100, bout.Saint-Laurent Montréal — Tél.: (514) 387-2541 nibles efforts de se lever sur leurs jambes, une fois redescendus à terre, lui inspirent une admiration certaine : voilà le dévouement de bons chercheurs.Mais elle écarte les mythes propagés par des films comme The Right Stuff.Les astronautes, de nos jours, ne sont plus des pilotes d’essai endurcis, mangeurs de clous, hommes de réflexes concentrés qui s’alimentent de leurs craintes pour aller au-delà des frontières du connu.Les astronautes sont plutôt devenus des techniciens hautement spécialisés, qui sont, en orbite, responsables d’une panoblie d’instruments scientifiques.Certes, leurs expériences peuvent avoir des côtés drôles.Marc Garneau devait, en 1984, faire une étude sur les effets de l’apesanteur et le mal de l’espace pendant qu’il survolait la Terre dans la navette Challenger.Mais, malgré tous ses efforts, il n’est pas arrivé à se rendre malade ! Comme quoi des nerfs solides peuvent nuire à une mission.D’autres astronautes canadiens, ayant suivi un entraînement extrêmement rigoureux, attendent toujours leur chance : depuis l’explosion de Challenger, tous les vols de la navette américaine ont été reportés.D’ailleurs, le rôle de l’homme dans l’espace a été remis en question.Le jour même où la navette a disparu, dans une vision d’apocalypse, le satellite Voyager continuait paisiblement son odyssée vers Uranus : point de vie à bord, mais les ordinateurs accomplissaient parfaitement leur travail.Si les programmes spatiaux venaient à évoluer surtout vers des vols inhabités, le Canada serait bien placé : son expertise se développe essentiellement autour des robots spatiaux, ainsi que l’intelligence artificielle, qui permet à ces derniers de fonctionner.Et bon nombre de sociétés canadiennes s’intéressent à poursuivre des expériences chimiques, pharmaceutiques et métallurgiques dans l’espace : en vue, éventuellement, d’y créer des usines où l’apesanteur permettrait d’atteindre une grande pureté de produits.Voilà l’intérêt apparent qu’il y a à construire la station orbitale américaine/internationale, pour laquelle le Canada s’est engagé à verser quelque $ 800 millions.Mais le Pentagone pourrait en profiter pour faire des recherches à des fins militaires, contrairement aux voeux des partenaires internationaux.Dans ce cas, le grand public canadien aura sans doute besoin de ce livre pour évaluer la situation ! LMm uébecoiaea Revue de l’actualité littéraire Yves Beauchemin Ou sommeI d'un arbre: Extraits Madeleine Ouellette-Michalska Vivre de sa plume au Québec L'Union des écrivains québécois, c'est quoi?Interview avec Michel Gay Directeur général de l'Union Lettres québécoises, c’est la revue qui parle littérature d’ici.Lettres québécoises, c’est l’actualité littéraire québécoise dans tous les domaines possibles de création littéraire.Romans, S-F., fantastique, contes et nouvelles, poésie, théâtre, études littéraires, essais, biographie, journal, éditions critiques, Lettres québécoises fait le tour de tout et vous invite à la lecture de nos meilleurs écrivains.Demandez notre dernier numéro dans les librairies ou dans les grands kiosques à journaux.Ou mieux, avant que nos prix changent, abonnez-vous pour un an et recevez le dernier numéro en cadeau; abonnez-vous pour 2 ans et recevez les trois derniers numéros en cadeau.Lettres québécoises, C.P.1840, Suce.B, Montréal H3B 3L4 Nom________ Adresse____ Ville______ Code postal.Je m'abonne pour un an ?pour 2 ans ?Canada 10$ USA 10$ (U.S.C.) Europe 16$ t i Le Devoir, samedi 4 avril 1987 ¦ D-7 LE PLAISIR rfpc LE PLAISIR "° LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres / Un Québec contemporain à la fois fascinant et agaçant Les quatre auteurs : René Durocher, Paul-André Linteau, Jean-Claude Robert et François Ricard Contre les règles de jeu d’une politique masculine NOBODY’S BABY Sheila Copps Deneau, Toronto, 1986, 192 pages PAUL-ANDRÉ COMEAU ON POURRAIT jouer avec les mots au lendemain de la naissance d’un premier-né à Mme Sheila Copps, députée libérale de la circonscription de Hamilton Centre.L’ouvrage qu’elle a publié, à la fin de l’année, ne manque pas de provoquer le lecteur.Il est à l’image de cette jeune femme audacieuse, intelligente et agressive.On se souvient de l’échange cocasse, pour éviter d’autres épithètes, entre le ministre de la J ustice à Ottawa et Mme Copps en pleine Chambre : M.Crosbie avait rappelé à l’ordre ce « beau brin de fille » — traduction approximative de baby.Et des scènes encore plus colorées des jours suivants: les télégrammes chantés, les mots qui se voulaient drôles à l’endroit de cette femme élue démocratiquement par une circonscription ouvrière.Cet épisode sert évidemment de fil directeur à cette auto-biographie qui participe en fait de plusieurs genres.Dans un style alerte, Sheila Copps retrace le cheminement d’une carrière politique originale.Après avoir délogé le député néo-démocrate de sa circonscription, cette dernière siège à Queen’s Park durant les derniers mois du gouvernement Davies.Elle découvre alors le « machisme » des hommes politiques de sa province natale.Et elle ne se gêne pas pour croiser le fer avec ministres et députés, y compris ses collègues libéraux.Certains incidents frisent l’indécence et ne redorent cert es pas Sheila Copps Photo Canadian Press le blason d'une caste sûre de ses privilèges, y compris à l’occasion du droit de cuissage.Sheila Copps ne recule devant rien.Elle se lance dans la course au leadership pour trouver un successeur à Bob Nixon.Elle terminera au deuxième rang derrière l’actuel premier ministre ontarien, David Peter-son.La narration de cette aventure, vécue avec des moyens modestes mais un enthousiasme incroyable, constitue vraisemblablement ia section la plus captivante, la plus inédite aussi de ce livre.Féministe, Sheila Copps Test certainement, à sa façon.Aussi, son ouvrage emprunte-t-il le ton du conseil, parfois même de l’exhortation envers les autres femmes.Rien de pleurnichard, loin de là.Mais une détermination peu commune.Impossible de ne pas évoquer le film réalisé par Mme Beaudry (ONF) sur l’implication des femmes en politique au Québec et centré sur la tentative de Mme Pauline Marois de succéder à M.René Lévesque à la tête du Parti québécois.De son travail à la Chambre des communes, de ses altercations avec les ministres conservateurs, à commencer par M.Sinclair Stevens, de ses activités dans sa circonscription et à travers tout le pays, l’auteure brosse des pages intéressantes.Ce témoignage prend toute sa signification à travers le prisme de ce féminisme actif et positif.On në tioit pas y chercher de contribution inédite à la compréhension du fonctionnement des institutions politiques.Les hommes qui liront ce livre at-trapperont, par contre, des rougeurs lorsque Mme Copps puise à son expérience des exemples d’intransigeance et de chauvinsime mâle.On doit aussi souligner les pages, sobres et émouvantes tout à la fois, consacrées à l’histoire familiale de cette bouillante femme.Outre leur qualité humaine, ces confidences à peine avouées permettent de deviner le poids des héritages qui expliquent une carrière politique.Une percée dans la presse soviétique MOSCOU (Reuter) — Un auteur soviétique, profitant du mot d’ordre d’ouverture de la presse officielle, a condamnée la collectivisation des terres opérée sous Staline, la qualifiant d’ère de violence et d’épreuves inimaginables.Dans un article publié dans l’édition d’avril du mensuel littéraire Zanmya, Vladimir Choubkine écrit que dès dizaines de millions de pay sans ont souffert lors de la collectivisation forcée, entre 1929 et 1933, et que ses effets se faisaient encore sentir aujourdhui.e pé qui n’a jamais fait l’objet dun réexamen en profondeur de la part des autorités soviétiques, et personne ne s’y était encore attaqué publiquement, même depuis que Mikhail Gorbatchev, a encourage la presse à parler de sujets autrefois occultes.Gorbatchev avait fait une prudente allusion à la collectivisation — devenue presque complètement tabou après la destitution de Nikita Khrouchtchev en 1964 — le mois dernier, devant la presse soviétique, en disant que c’était « le sort du peuple, avec toutes ses contradictions, ses succès et des erreurs».Choubkine est allé beaucoup plus loin.Pour lui, Staline a mis prématurément fin à la nouvelle politique économique (NEP) de Lénine lancée en 1920, relativement souple, et Ta remplacée par une politique qui a brisé les reins du monde paysan « en utilisant uniquement des méthodes administratives et la violence », ce qui a, « pour employer un euphémisme, entraîné des résultats lamentables pour l’économie ».r LE COSMOS INTÉRIEUR André Moreau Le Cosmos intérieur André MOREAU L’entreprise générale de ce livre est sous le signe de l’excès et de l'impossible.MOREAU explique pourquoi il se sent Dieu et renonce à prier pour bénir.Le défi est de taille.Il s’agit de forcer les frontières oui résistent encore à l’assaut de l’esprit.La philosophie de MOREAU, plus que jamais, apparaît comme une pratique trans-cendentale dont le but est d’opérer l’infini, au lieu ae laisser l'homme à sa merci.640 pages 19,95$ L© CL o uuîS CJX U IE.S1 es Publié chez ' V_© U.VÀ U O UUL\ «jCX U éditrice inc.distribution exclusive QUÉBEC-LIVRES 327-6900 membre de En vente partout HISTOIRE DU QUÉBEC CONTEMPORAIN.LE QUÉBEC DEPUIS 1930 P.-A Linteau.R Durocher.J -C.Robert et F.Ricard Boréal, Montréal, 1986, 739 pages MARCEL FOURNIER COMME tout oeuvre de synthèse, T Histoire du Québec contemporain, dont le deuxième tome est consacré au Québec depuis 1930, est un ouvrage à la fois fascinant et agaçant.Fascinant parce qu'il réalise la synthèse de centaines d'études et de recherches, réunit une multitude de données et présente une interprétation de l'évolution récente de notre société.Agaçant parce qu’à force de vouloir donner une vue d’ensemble des transformations majeures, l’analyse demeure à un niveau de grande généralité et apparaît souvent banale.Construite en fonction d'une périodisation relativement conventionnelle, Y Histoire du Québec contemporain est divisée en trois parties : de la crise à la guerre, de 1945 à 1960 et, enfin, de la Révolution tranquille à aujourd'hui.Et, pour chaque période, les auteurs commencent par l’étude des phénomènes démographiques et économiques pour terminer par celle de la culture.Les historiens que sont Linteau, Durocher, Robert (et Ricard) délaissent l’histoire événementielle pour nous présenter, à gros traits et sous le mode de la mosaïque, une grande fresque sociologique : urbanisation, pluralisme, réforme de l’État, culture de consommation, etc.Rien de très neuf, et parfois des analyses un peu courtes.Par exemple, pour la réforme de l’enseignement, est-il suffisant d’affirmer que « l’appartenance sociale, le sexe et l’origine ethnique sont encore des facteurs qui limitent Légalité des chances et l’accessibilité» et d’en conclure que « la réforme est inachevée » (p.600) ?L’on peut déplorer quelques erreurs (création des Cercles de fermières en 1925) et aussi quelques lacunes : aucune référence à Taciréculture (le sirop d'érable ! ), au rôle des corporations professionnelles, au Mouvement laïc de langue française, à la revue Socialisme québécois, aux écrits de Marcel Rioux, à l’oeuvre du sculpteur Armand Vail-lancourt, etc.Mais on y parle presque de tout, même de là composition du panier de provisions en 1980 avec ses brocolis, ses courges et ses kiwis.Tout compte fait, voilà un travail professionnel, honnête et bien fait, quoique parfois d’une lecture ennuyeuse comme peut l’être celle des Annuaires du Québec.Heureusement qu’il y a un vrai plaisir à feuilleter l’ouvrage en regardant les excellentes illustrations : affiche antisémite à Sainte-Agathe en 1939, etc.D’une oeuvre de synthèse comme VHistoire du Québec contemporain, Ton attend moins la présentation d'informations inédites qu'une interprétation nouvelle de notre histoire.Les auteurs ont fait l’effort de tenir compte et d'intégrer les « nouvelles » lectures qui ont mis en lumière des réalités jusqu'à récemment ignorées des historiens : l’action du mouvement ouvrier et des organisations politiques de gauche, la situation des femmes, l’apport des diverses communautés ethniques et culturelles, le rôle des intellectuels, etc.Et, afin de mieux couvrir l'histoire, riche et complexe, des Arts et des Lettres, l'équipe initiale de Y Histoire du Québec contemporain s’est associée un critique littéraire, François Ricard, dont la contribution est bien documentée, quoique parfois biaisée (pour la revue Liberté contre les Herbes rouges et le formalisme en poésie).La conclusion de l'ouvrage se veut « générale » et vaut pour les deux tomes de Y Histoire du Québec contemporain, Du « sens de l’évolution du Québec », les auteurs présentent une rapide interprétation qui rejoint celle déjà élaborée par les spécialistes en sciences sociales : loin d’être monolithique et unanime, le Québec est une société complexe et diversifiée et, comme toutes autres sociétés, vit les processus qui se déploient à l’échelle occidentale tels l'industrialisation et l’urbanisation; la modernisation du Québec apparaît non pas comme une rupture brutale mais comme un long processus de changement; le nationalisme n’est pas tant l’idéologie d’une élite qu’un mouvement de fond, expression de la « volonté de reconquête » partagée par les francophones.Le Québec actuel ne démarre donc pas avec la Révolution tranquille et les années 1960 Il faut, peut-être, se le répéter et le répéter aux jeunes générations.De Y Histoire du Québec contemporain.Linteau, Durocher, Robert et Ricard ont voulu écrire une oeuvre de syn thèse; les jeunes générations s’en serviront dans les cégeps ou à l’université, comme d’un manuel scolaire.Favoris, aspirants, outsiders et figurants LE Ve PRÉSIDENT Alain Duhamel Gallimard, Paris, 1987, 224 pages DANS UN AN exactement, la France vivra les derniers moments de la campagne présidentielle.Déjà, la vie poütique de ce pays se modifie sensiblement.L’expérience — et l’intermède — de la cohabitation auront permis aux formations politiques de se réorienter, de refaire leurs munitions en prévision de l’épreuve fondamentale de cette Ve République dont on fêtera du même coup, Tan prochain, les 30 ans d’existence.Dans un petit livre, merveilleusement écrit, le journaliste et politologue Alain Duhamel brosse le portrait des dix candidats les plus vraisemblables à cette élection.On y retrouve bien sûr ceux qu’il qualifie de « favoris» : Raymond Barre, Jacques Chirac et Michel Roccard.Mais aussi les « aspirants » : Laurent Fabius, Lionel Jospin et François Léotard.Fit les « outsiders », anglicisme bien parisien, Pierre Mauroy et Valéry Giscard d’Estaing.Enfin, les « figurants » : Jean-Marie LePen et André Lajoinie.Évidemment, les lecteurs français se délecteront à cette prose parfois éblouissante, toujours précise, souvent incisive.Avec un talent de portraitiste qui avoue un penchant pour La Bruyère, Alain Duhamel cerne, par touches successives, la personnalité de chacun de ces hommes po- NOUVELLES La reprise Naïm Kattan Dix-neuf belles nouvelles sur la souffrance et l’amour.214 pages 15,95$ ETC**** A E5SA NAÏM KATTAN Le repos et l’oubli Le repos et l’oubli Naïm Kattan Livre de réflexion et d’interrogation.Le meilleur essai de Nairn Kattan.MUBTUBISf 198 pages 16,50$ Ici hurtubise hmh 7360, boulevard Newman LaSalle (Québec) H8N 1X2 Téléphone (514) 364 0323 MICHEL VAN SCHENDEL EXTRÊME LIVRE DES VOYAGES • Extrême livre des voyages est un parcours, fine cheminure.• Qu’Il s’agisse de l’amour, de l’amitié, de la solidarité, de rêves, des événements ou de l’histoire, Michel van Schendel chemine dans la poésie à la recherche «d’une autre intelligence».• Une insigne expérience de la poésie qui fait voir ce qu’elle dit.• Une éthique, un spectacle, une pratique: une oeuvre de grande maturité.htiques.Pour le lecteur étranger, le plaisir est sans doute littéraire.Mais en parcourant ces pages, c’est toute une conception, toute une appréhension de la vie politique française qui se met en forme.Ce n’est pas le moindre mérite d’Alain Duhamel que de nous faire pénétrer da;is cet univers fascinant, mais complexe d’une classe politique authentique.Un mot sur Alain Duhamel qui a déjà publié quatre ou cinq ouvrages sur la politique française de la dernière décennie.C’est un journaliste important qui se partage entre la télévision et la presse écrite.Fin observateur, il est un intervieweur sagace et pénétrant.Et ses chroniques se ressentent de ce contact quotidien avec les grands de la politique française.Fin somme, un petit livre à lire pour qui veut suivre le déroulement de la politique française d’ici l’élection du Ve Président.— P.-A.C.WORDPERFECT par la pratique Susan Baake Kelly WORDPERFECT 37,95$ 412 pages WordPerfect par la pratique est un ouvrage destiné aux utilisateurs désireux d’acquérir une parfaite maîtrise de ce puissant logiciel de traitement de texte (version 4, 1 ).L’ouvrage est divisé en trois parties indépendantes qui permettent au lecteur de consulter aisément le livre pour un problème spécifique.La première partie guide le débutant dans l’édition, la sauvegarde et l’impression d’un premier document.La deuxième partie traite des techniques évoluées offertes par WordPerfect qui permettront à l’utilisateur d’adapter le produit à ses propres besoins: formatage de pages, contrôle d’imprimante, index, listes, tables des matières, numérotation de paragraphes, colonnes de journaux, titres courants et notes.La troisième partie traite des caractéristiques les plus spécifiques de WordPerfect: • Sécurité des fichiers.• Fusion de documents.• Tris et sélections.• Colonnes mathématiques.• Création de macro-instructions.• Le vérificateur orthographique.Des annexes détaillées regroupent les différents commandes, fonctions et codes du programme ainsi que la description complète et l’installation du logiciel sur différents systèmes.Éditions [SYBEX Diffusion: Duffulivre inc.en vente chez votre libraire S k D-8 ¦ Le Devoir, samedi 4 avril 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR des] • livres La vie est bien faite, dit Vendredi, et juste en somme! «P Jean E1HIER-BLÀIS ?Les carnets VENDREDI (ombre de Robinson) est un chien d’origine inconnue, qui .traînasse rue Sainte-Catherine, dans l’est de Montréal, à la recherche de sacs à ordure, pour apaiser sa faim ; il est perdu, il cherche un maître.Ce personnage mythique et merveilleux, un jour de mars, alors que tombe une neige transparente, il le rencontre.C’est Antoine, le héros de L’Hiver au coeur, une longue nouvelle que vient de faire paraître M.André Major (XYZ éditeur, Montréal, 1987).Mais Vendredi dispute les feux de la rampe à Antoine.Que dit-il ?« Je suis heureux, nous dit-il, d’avoir connu ce charmant homme.La première fois que je posai les yeux sur lui, il me parut désenchanté.Histoire de femme, me dis-je.En effet, dans la vie d’Antoine, il y a plusieurs femmes.Son ex, qui vit dans le Nord, au sein d’une commune, avec Sacha, leur fils; Nicole, qu’il vient de quitter et qui semble devoir filer des jours heureux avec sa copine et collègue, Brigitte; Huguette, ce trésor qu’il n’avait pas encore découvert lorsque je l’ai adopté.Ce jour-là, Antoine avait tout lâché.Il me fit l’impression d’un jeune homme en proie à une crise existentielle.Un intellectuel en mal de liberté, me suis-je dit.Sa voiture ?Une vieille Renault.Le lieu de notre rencontre ?J’ai vite compris qu’après de nombreuses années de travail, de réussite peut-être, dans l’ouest de notre grande ville (et moi, l’ouest, je n’y mets jamais les pieds) Antoine revenait à son bercail, à son enfance, aux histoires d’autrefois.Mon Dieu, ai-je pensé, serais-je en face d’un personnage d’André Major ?J’ai vite chassé cette idée de mon cerveau, parce que je sentais que mes oreilles se dressaient de joie à la vue de ce jeune homme.Il est sympathique, il est malheureux.Quel chien saurait résister à l’appel de la jeunesse et du malheur ?« Décidément, Antoine me plaît.• Il vit entouré de livres et d’êtres qui aiment lire.Ne serait-ce pas la raison pour laquelle il abandonne Nicole ?Elle ne lit pas.Je n’ai connu Antoine que quelques jours, et le nombre de livres que je lui ai vus entre les mains me sidère.Comme j’aimerais lire, moi aussi (plaisir interdit aux chiens, sauf la lecture absolue des âmes) pour connaître tous ces chefs-d’oeuvre.D’abord, le Littré, l’ami fidèle, qui éveille en moi d’intenses pulsions de jalousie.C’est le seul, les autres sont des auteurs épisodiques : Flaubert (Correspondanceet Trois contes), Tchékhov (La Dame au chien), Wiechert (Les Enfants Jéronime), Boulgakov (Garde blanche) sans parler de Knut Hamsun, de Stevenson, qui sont de sous-épisodes.J’ai même vu Huguette, tenancière de bistrot et dernière flamme (sera-t elle durable ?) d’Antoine, lire Mauriac au lit ( Le Mystère Frontenac), ce qui lui donne au réveil un petit air japonais qu’Antoine affectionne tout particulièrement.Je ne serai pas le premier chien littéraire.On dit dans ma famille que nous avons un ancêtre français, qui avait trouvé gîte et couvert chez un certain professeur Bergeret, lui aussi victime de l’ingratitude des femmes, lui aussi ami des livres, lui aussi coeur tendre et naïf.« Mon maître (car j’ai l’intention de ne plus quitter cet esclave) écoute de la musique dans sa voiture : Léveillée, Theolonius Monk, Ferré, Mulligan.Je le soupçonne d’être un fana de Jazz soliloque.Il n’aime que les vêtements hors d’usage, plus ils sont élimés, plus je lui vois l’air heureux.Il se rend dans un chalet qu’il possède dans le Nord uniquement pour se vêtir de ses oripeaux d’écrivain et fumer sa pipe.J’aime, fort heureusement, l’odeur du tabac batave.Plus j’y pense, plus je remercie le Grand Canin de m’avoir envoyé cet ami, qui s’agite beaucoup et qui, parfois, me donne envie de pleurer.Triste enfant abandonné, homme qui ne deviendra jamais un homme, qui s’entoure de toute cette ferraille qui donne aujourd’hui l’illusion d’être adulte : machine à écrire, poste de radio, enregistreuse.Et ce besoin d’aimer, d’échapper à la solitude, de se retrouver dans les bras de Maman ! Je les observe, dans mon coin, feignant de dormir et mon brave Antoine croit que mon sommeil est agité.« Il me donne à manger.Lui-même est porté sur la bouffe.Mais sa cuisine est simple ; j’ai vu mieux.Des oeufs durs, des sardines, de la langue de veau, des fruits, des biscuits.Il boit de la bière et lorsqu’il est triste, du gin ou une bouteille de vin italien ordinaire.Je lui souhaiterais d’autres goûts.Il me semble que la passion de Littré et ce frémissement qui parcourt son visage lorsqu’il lit Un coeur simple cadrent mal avec ses recettes, comme celle d’une omelette à l’oignon et au bacon.Il y a là une faille.Parfois, lorsqu’il lit, je me glisse derrière lui et lui murmure quelques mots à l’oreille.Mais sa nature lui interdit de m’entendre.Il sourit èt je retourne à mon coin.Il continuera, je le crains, à mal manger et à mal boire.Voilà à quoi je songe lorsqu’il me laisse dans l’automobile, à l’attendre.Je m’installe commodément sur les livres qui jonchent la banquette.Mon odeur les ennoblit.« Deux scènes m’ont particulièrement réjoui, depuis qu’Antoine et moi sommes des intimes.Un jour, nous entrons manger dans une gargote et tombons sur celui qu’Antoine appelle notre Poète national.J’ai beaucoup ri à l’entendre refaire le monde et surtout les Québécois, à projeter les siens dans le passé comme dans l’avenir.Antoine semblait avoir déjà entendu ces propos quelque part et s’esquiva.Moi, je serais resté à écouter cette parole prophétique et sévère.Tout ce que disait le Poète national m’a paru vrai.Mais je ne suis qu’un chien.Je ne regarde les journaux que lorsqu’ils traînent dans la rue.Mais, lorsque je somnole, j’entends et mes réflexions rejoignent celles .du Poète national.Nous, les chiens, attachons beaucoup d’importance à notre vie (ce qu’ici, on appelle la survie) et à notre langue.Sans doute avons-nous tort et les Québécois ont-ils raison.Ce que je sais, de science certaine, c’est qu’il y a toujours eu des chiens et qu’il y en aura toujours.Nous y voyons nous-mêmes et gare aux chats ! C’est pourquoi le Poète national m’a plongé dans un océan de tristesse.Il y a longtemps que je le vois et l’entends.Ce jour-là, j’ai eu la certitude qu’il était devenu un prophète et donc qu’il criait dans le désert.J’aurais voulu aller lui lécher la main, pour lui faire oublier tous ceux qui la lui mordent, mais j’ai suivi Antoine, tout de même le coeur bien lourd.La seconde scène, visite de Sacha, le fils.Je ne sais pourquoi, j’ai ce prénom en horreur.Pourtant, ce petit garçon est sympathique, il aime tout ce qui est chinois (excellent signe), ne fait aucun bruit, semblable en ceci à son père, et est reparti muni d’un cadeau.Lequel ?Je vous le donne en mille.Un livre, L’tle au trésor.Je me disais, en le regardant partir ; chacun a besoin d’un trésor.Et moi, Vendredi, je suis le trésor d’Antoine.« On devine qu’Antoine est écrivain, qu’il gagne sa vie en marge de l’écriture, qu’il appartient à cette nouvelle classe québécoise, celle des intellectuels de profession.Il recherche la quadrature du cercle, retourner à ses origines populaires sans perdre les avantages de son appartenance à l’univers des privilégiés.Huguette tombe à point, avec son restaurant populaire, ses tabliers défraîchis, l’odeur de frites, et cependant, ô miracle réparateur, qui lit Mauriac avant d’éteindre, dans la chaleur amoureuse du lit.Comblé, Antoine, qui se retrouve correcteur d’épreuves dans un journal peuplé d’amis à lui, d’admirateurs de son talent.Comme la vie est bien faite, et juste en somme ! Et moi aussi, Vendredi, je suis tombé à point pour remplir un coin du vide de cette âme.Antoine écrit beaucoup, en ce moment.Une longue nouvelle, qu’il appelle, étrangement, une novella.Je devine que cette oeuvre sera belle et intéressante à lire, car le talent lui sort par les narines.Il aime écrire et je me suis laissé dire qu’il avait déjà fait paraître des ouvrages remarquables.Bientôt, ce sera le printemps et nous mettrons nos coeurs d’hiver au placard.On fera des compliments à Antoine, on lui dira qu’il a écrit un beau livre, touchant, probe, fantaisiste et poétique.Une novella, pourquoi pas ?Parfois, je rêve d’être un personnage de ce livre.Il me semble que Vendredi et Antoine, cela ferait un couple harmonieux.Parce que ce serait lui, parce que ce serait moi.» Prévert Suite de la page D-1 tes, n’a pas vraiment été remplaçé.Coluche, et Reiser, disparus, savaient avec art dépister le faux-cul et le mauvais coucheur; Delfeilde Ton asperge tout le monde de son DDT tous les lundis dans le Nouvel Obs, mais le talent poético-acide de Jacques Prévert ne s’est pas reproduit à la chaîne dans l’Hexagone.LES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 - Trois-Rivières, Québec - G9A 5G4 VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉ(E) AU LANCEMENT DES OEUVRES SUIVANTES Extases et Déchirures de Claude Beausoleil 12,00$ Le Violon vert de Pierre Chatillon 8,00$ Les mémoires artificielles de Michael Delisle 5,00$ Dans la distance des liens de Corne Lachapelle 5,00$ Midi craqué de Marcel Olscamp 5,00$ LE LANCEMENT AURA LIEU JEUDI, LE 7 MA11987, à 17hres A L FRANÇAISE, 429, Viger est, ' Distribution en librairies: PROLOGUE 2975 Sortçion.Ville St-Laurent H4R 1E6 (514) 332-5860.Par la poste: DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON C.P 500 Trois-Rivières G9A 5H7 (819) 376-5059 Il disait : « Notre père, qui êtes aux cieux, restez-y, et nous resterons sur la terre, qui est quelquefois si jolie ».Eh bien, je ne sais plus si Prévert y est resté, lui, bien longtemps, là-haut ; il a dû y essuyer une volée de braises vertes en arrivant, tant il avait su, mieux que tout autre, manger du curé, mordre de l’évêque, lui qui, enfant, régulièrement expulsé par le catéchiste, avait noté dans un calepin : « Séances orageuses au catéchisme », et qui dans ses Hebdomadaires plus tard, écrivit : « On me taxe parfois d’anticléricalisme.Ce mot ne veut rien dire.Les gens qui s’appellent des cléricaux sont des anti-tout.Ils sont contre tout ce qui est agréable dans le monde».Mais s’il peut y être heureux, qu’il y reste au paradis ! Il doit bien y avoir, ciel ou enfer, un café bruyant où, avec Brassens, il pourra prendre éternellement le coup de l'étrier.Dans un texte qu’il avait intitulé « Le grand bal du printemps », qui pourrait être du chansonnier de Sète, Prévert écrivait ; « tout saccagé qu’il est, le Grand Bal du printemps, peut-être, ne fait que commencer ».Ce monde sans Prévert, mainte nant, en-bas, il est toujours « quelquefois si joli », il y a encore de l’agréable qui fait des taches sur l’horreur, mais sans cet observateur perspicace et décapant, sans ses « Paroles », sans son « Fatras », sans son « Spectacle », sans ses « Choses et autres » (ces merveilleux recueils, qu’on trouve maintenant dans Folio), il y a comme du vide quelque part du côté de la poésie, le jeu de massacre n’est plus le même, les guerres sont plus féroces et les poètes plus discrets, et puis les dénonciateurs manquent de tendresse, les révoltés n’ont plus de coeur, la colère n’est plus ce qu’elle était, dérangeante, et la violence nécessaire n’a plus son prestidigitateur.Tout est poli-, plus rien ne -tique.Celui qui mettait des grains de sable dans les mécanismes s’est fait couper les bras.Prévert était un poète.Au chapitre consacré à son enfance, dans Choses et autres, le seul travail de mémoire qu’il a écrit et qu’il abandonne à ses 11 ans, il décrivit ainsi une visite du huissier rue de Vaugi-rard ; « D’un coup de baguette magique, de magie noire, disait papa, un sorcier à tête d'huissier était venu et tout avait disparu, sauf les lits, une table, la plus petite, quatre chaises, le berceau de Pierrot, ma ferme, mon cirque, mon cochon en carton et Sigurd ».Un chat, un animal de carton, tout avait la même importance dans le coeur de Prévert des lors qu’y palpi- QUE SONT LES MILITANTS DEVENUS?La communauté perdue de Jean-Marc Piotte Une enquête auprès de 26 militants et militantes de toutes les tendances.Un premier bilan des militantismes des 25 dernières années au Québec.26 récits de vie qui en disent long sur la grande mouvance socio-culturelle des années 60 et 70.Un ouvrage nécessaire, un grand message d’espoir! 140 pages — 12.95$ vtITi o/Tifoiiy '««'s»»' VIU V’VtlI-C'ttl de la qrandc littérature J*tui->taxc Plott» !»a communauté perdue Petite hiateir# d«a adlltar.tl
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