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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1987-04-25, Collections de BAnQ.

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AMR NM | kiSBfci NSi -j SSôlH un peu pai Martel FRANCE FRANCE DUCASSE LES HE! LA DOUBLE VIE DE LEONCE ET LEONIL LES HERBES ROUGES ROMAN DIFFUSION: QUEBEC LIVRES GILLES LESAGE UÉBEC — C’est pour éviter qu’on écrive, demain, l’his-___ toire à partir des légendes d’aujourd’hui que Claude Morin s’est décidé à relater la percée internationale du Québec.Lui qui répondait en boutade qu’il se mettrait à écrire quand il aurait fini de lire tout ce qui l’intéresse — autrement dit, jamais — vient, en effet, de livrer un document impressionnant, au style vif et alerte, qui se lit comme un excellent roman.A la San Antonio.(1).Qu’est-ce qui a incité cet amateur d’histoire — la moitié de sa bibliothèque de 4,000 volumes est consacrée à cette discipline — à raconter sa version d’événements, parfois rocam-bolesques, qui font du Québec un cas unique sur la scène internationale ?Pourquoi la diplomatie plutôt que son implication au Parti québécois ou, mieux encore, sa version de l’étapisme péquiste — après tout, il passera à l’histoire comme le père de l’étapisme —, de l’épopée du référendum et de ses tristes séquelles constitutionnelles ?Pour une com- binaison de facteurs, confie M.Morin au DEVOIR, en arpentant son royaume de livres et en allumant sa pipe, toujours éteinte.« Les relations internationales du Québec sont un domaine extraordinaire et fascinant, qui est peu et mal connu.Il y a des faits que je suis le seul à pouvoir raconter, les ayant vécus comme témoin ou acteur privilégié.Si je ne le fais pas, il y a des perceptions fausses qui, reprises dans les articles et livres, seront présentées comme la vérité, alors qu’il s’agit de légendes.Finalement, un certain nombre de personnes m’ont incité à écrire, en particulier un ami, et insisté pour que je révise ma décision de ne plus intervenir publiquement.La constitution, le référendum, il y a une foule de personnes qui peuvent en parler.Les relations internationales, je ne suis pas le seul à y avoir contribué, loin de là, mais je puis y apporter une contribution originale.» L’élément déclencheur se produisit un matin de novembre 85, en pleine campagne électorale.Le premier ministre Pierre-Marc Johnson annonce que le Québec vient de « gagner le sommet », à savoir, sa parti- cipation au sommet des pays francophones, projet en chantier depuis des années, auquel M.Morin a été associé de près.Au début, il pense à ne faire qufun dossier sur cette pièce capitale de la stratégie québécoise, un peu comme il l’avait fait, 15 ans auparavant, dans Le Pouvoir québécois et dans Le Combat québécois (aussi publiés chez Boréal).Vite, il s’aperçoit qu’il ne peut traiter du sommet sans parler de son « ancêtre », l’Agence de coopération cultu-relle et technique, ni des premières Suite à la page D-6 -es presses universitaires à un tournant décisif DT TT DT TA A DT _______ PUL, PUM, PUQ: peut-on être à la fois «savant» et populaire?JEAN CHAPDELAINE GAGNON DANS CES chasses gardées ou ces tours d’ivoire que nous semblent, de l’extérieur, les presses universitaires, s’opèrent depuis peu des changements importants provoqués, en grande partie, par les coupures budgétaires décrétées à Québec comme à Ottawa, qui auront eu de profondes répercussions sur nos universités.Mais, alors que des signes de centralisation se manifestent du côté du Canada anglais (les Presses de McGill et de Queen’s se sont, en effet, fondues et sont dorénavant produites, promues et distribuées par les Presses de l’Université de Toronto), au Québec francophone, la tendance opposée prévaut toujours et chacune des presses universitaires défend jalousement ses prérogatives en ce domaine.Logées dans une ancienne concier- terie d’allure bourgeoise, boulevard Idouard-Montpetit, les Presses de l’Université de Montréal — fondées en 1962 et dirigées par Pierre Ste- wart — donnent à qui les visite l’impression de se retrouver dans une vénérable institution.La réaction du visiteur est toute autre quand il se rend aux Presses de l’Université du Québec, nées à la fin des années soixante et installées dans des locaux on ne peut plus modernes, boulevard Laurier, à Québec, où Jacki Dallaire, l’un des plus jeunes directeurs de l’histoire des presses universitaires, a vite fait impression — lorsqu’il entre aux Presses de l’Université Laval, en opération depuis 1950, que Marc Boucher et Jacques Chouinard, respectivement directeur général et directeur des publications, ont radicalement transformées en quelques années seulement, au point qu’elles sont aujourd’hui rentables ! Ce qui saute aux yeux dès l’abord, c’est le dynamisme dont font preuve les directeurs des presses sises à Québec.On s’attendrait peu, en effet, à trouver un pareil sens de l’innovation au coeur d’une ville qui dépend autant de l’appareil de l’État.Les directeurs Boucher, Chouinard et Dallaire font figure d’entrepreneurs audacieux et débordant d’imagination plutôt que de fonctionnaires désabusés.Le changement de cap qu’ils ont imposé à leurs presses aura déjà porté fruit en assurant leur relance grâce, entre autres, à de nouvelles politiques de diffusion et de vulgarisation scientifiques qui leur auront valu de nouveaux lecteurs.Tant à Montréal qu’à Québec, les presses universitaires lorgnent maintenant du côté d’un public « éclairé » certes, mais non pas uniquement universitaire, bien que leur mission première reste la même qu’à l’origine : diffuser, en s’appuyant sur des critères d’excellence, le savoir produit dans leurs institutions respectives.De plus en plus, chacune des presses tente de nouvelles expériences, identifie des marchés cibles, s’oriente vers la production d’ouvrages dits pédagogiques ou de « manuels» universitaires (au sens le plus large du mot), réduit ses coûts d’opération et de production, investit dans des projets susceptibles d’attirer un plus grand nombre de lecteurs et évite de produire trop de monographies spécialisées.Cette remise en question aura pu être favorisée par la participation des presses à aifférentes associations (telles l’Association québécoise des presses universitaires, l’Associa- tion des presses universitaires canadiennes et même l’Association des éditeurs canadiens) qui leur assurent une plus grande concertation, les aident à mieux faire valoir leurs points de vue auprès des gouvernements et des organismes gouvernementaux, leur fournissent des statistiques et même un fichier central fort utile — dans la mesure où elles tirent des revenus non négligeables des commandes postales —, leur permettent d’être présentes collectivement et à des coûts réduits dans tous les salons et foires d’importance, tant au Canada qu’à l’étranger, et les aident à mieux sonder le marché comme à mieux répondre à ses attentes.Avec un chiffre d’affaires légèrement inférieur à un million de dollars, les PUL et les PUQ sont, de toute évidence, sur la voie du succès.Déjà, les PUL,ne sont plus subventionnées par l’Université Laval, sinon accessoirement.Cela, grâce à leur association avec la librairie des PUL, outil essentiel de diffusion, qui relève également de la direction de Marc Boucher.En fait, l’entreprise conjointe, dont le budget total s’élève Suite à la page D-6 "S* Nos collaborateurs ont lu .?Du soufre dans les lampions, d’André Bruneau/D-3 ?Le numércf 35 de la revue Voix & Images/ D-3 ?Les Pratiques culturelles des Québécois, paru à l’Institut québécois de recherche sur la culture/D-4 ?Le Tombeau d’Adélina Albert, de Robert Yergeau, et Qu'en carapaces de mes propres ailes, de Raymond Martin/D-4 ?Le Repos et l’oubli, de Naïm Kattan/D-5 ?Le Sauteur de mur, de Peter Schneider/D-7 ?Couleur de fumée, de Menyhért Lakatos/D-7 ?L’oeuvre poétique de Vénus Khoury-Ghata/D-8 ?De Léopold à Constance, Wolfgang Amadeus, de Maurice Barthélémy/D-8 ?Confessions d’un rebelle irlandais, de Brendan Behari/D-9 ?Un dossier sur La Science à l’écran, dans CinémA cüon/ D -10 ?Les Dernières Enquêtes de Nestor Burma, de Léo Malet/D-10 ?Martin Scorsese de Michel Cieutat/D-10 ?Le Sang royal.La famille capétienne et l’Êtat, d’Andrew W.Lewis/D-11 ?La Communauté perdue.Petite histoire des militantismes, de Jean-Marc Piotte/D-11 • ?L’Univers romanesque de Marie-Claire Blais, de Françoise Laurent., .Montréal, samedi 25 avril 1987 LE LE LE LE LE Reste cette « Rencontre avec la francophonie » qui, sous la présidence d'honneur d’Anne Hébert, promet de faire jaser.Avec ses nombreux débats, table rondes et conférences, c’est, d’ailleurs, à un véritable salon de la parole qu’est convié le public.Pour donner à ses lecteurs une idée (forcément réduite puisqu’il y manque l’apport de tous les auteurs invités) de la controverse (soyons optimiste) qui risque d’éclater sur ce sujet à compter de mardi, LE DEVOIR a interrogé quelques écrivains.Leurs points de vue, comme leurs façons de penser et d’écrire diffèrent énormément.Il y a d’abord ceux qui disent : « La francophonie existe, je l’ai rencontrée.» C’est le cas de Naim Rattan, écrivain, essayiste, né en Irak de parents juifs, qui a publié ses premiers écrits en arabe.Francophone, vivant au Québec, M.Rattan a été invité à maintes reprises à commenter (la dernière fois, ce fut au Salon du livre de Paris en septembre) ce phénomène appréhende au réel qu’est la francophonie littéraire.Pour lui, au- Suite à la page D-6 Acteur privilégié, Claude Morin l’affirmation.internationale du Pour éviter qu’on écrive l’histoire à partir de légendes raconte Québec PLAISIR PLJISft des Le 16e la frand HÉLÈNE de BILLY collaboration spéciale CETTE ANNÉE, au 16e Salon international du livre de Québec, il y aura non pas un mais deux thèmes.Imprimé en caractères stylisés sur communiqués et affiches, le premier proclame inoffen-sivement « Le plaisir de lire ».C’est le logo officiel.Ajouté in extremis pour marquer « le premier pas vers le sommet de septembre prochain », le slogan « Rencontre avec la francophonie » deviendra nul doute le véritable thème du salon, celui que, du 28 avril au 3 mai, on débattra fébri-lemçnt sur les podiums.Le tout débutera le mardi 28 avril à 19 h.Comme toujours, les premières minutes de l’événement seront consacrées à la remise du prix couronnant la relève du roman québécois, le Robert-Cliche.Pas de suspense, cette année : au gran dam des organisateurs, une fuite a permis la diffusion des noms de la lauréate ( Louise Doyon) et du roman primé ( Les Héritiers), 15 jours avant la date prévue. D-2 B Le Devoir, samedi 25 avril 1987 LE PLAISIR s/pc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es] • livres LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER La Rencontre des écrivains LA QUINZIÈME « Rencontre québécoise internationale des écrivains » se tient depuis hier à Montréal.Pour souligner ces 15 ans d’existence, les organisateurs de la Rencontre ont remis à l’affiche le thème « Écrire l’amour ».Cette question est inépuisable, disent Jean-Guy Pilon et son équipe, qui définissent ainsi le sujet : « De la séduction à la générosité, du désir à l’altruisme, l’amour n’est-il pas totalement contenu dans l’acte créateur ?En ce cas, l’écrivain ne serait-il pas l’amoureux absolu ?» Quinze écrivains du monde et une trentaine d’écrivains québécois ont été invités à participer à l’événement.Entre autres, Christian Hubin (Belgique), Tahar Ben Jelloun (Maroc), Valère Novarina (France), Pierre-Jakez Hélias (Bretagne), George Lisowski (Pologne), Hans Christoph Busch et Peter Schneider (Allemagne), Sun Axelsson (Suède), Vénus Khoury-Ghata (Liban), Gerardo Mello Mourao ( Brésil! et Eugène Savitzkaya.Parmi les invites du Québec, mentionnons les noms d’André Ricard et Pierre Morency, Jacques Godbout et Madeleine Ouellette-Michalska, Louise Maheux-Forcier, Daniel Gagnon, Michel Gay, Noël Audet, Monique LaRue, Nicole Brossard, Lise Gauvin, Guy Gervais, Lise Harou, France Théoret, Nicole Houde, Christine Brouillet et Paul-André Bourque, qui animera les débats.Lecture publique À L’OCCASION de la Rencontre des écrivains et dans le cadre des événements du 10e anniversaire de l’Union des écrivains, une soirée de lecture pubüque sera présentée à la Bibliothèque nationale, ce dimanche 26 avril.Cette soirée mettra en vedettes quelques invités de la Rencontre des écrivains, dont Pierre-Jakez Hélias, George Lisowski, Vénus Khoury-Ghata, Nicole Brossard, Madeleine Gagnon et Pierre Morency.Au Salon du livre de Québec LE SALON du livre de Québec, qui a pris pour thème cette année « Le plaisir de lire », sera le lieu de la remise de plusieurs prix littéraires, entre le 28 avril et le 1er mai.On remettra le prix Robert-Cliche des éditions Quinze pour le roman (28 avril), le prix Octave-Cremazie de Lemeac pour la poésie (29 avril), le prix Adrienne-Choquette de la nouvelle (30 avril), le prix Belgique-Canada du Conseil des arts (30 avril), le prix du Lieutenant-Gouverneur pour jeunes auteurs (1er mai) et le prix de littérature de jeunesse du Conseil des arts du Canada (1er mai).Festival national du livre LE FESTIVAL national du livre se tient partout au Canada dès aujourd’hui et jusqu’au 2 mai.Nos lecteurs trouveront un aperçu des activités du festival dans nos pages culturelles ces jours-ci, où seront aussi publiés les textes des gagnants du concours de comptes-rendus littéraires.Les gagnants de ce concours sont Lucie Côté, de Montréal, pour une critique du roman de Pierre Nepveu, L’Hiver de Mira Christophe, Dorothy Leigh-Lizotte, de Repentigny, pour un texte sur Pop Com, de Louise Leblanc, Jean-François Dowd, de Saint-Jean, pour une critique du livre de Jacques Boulerice, Apparence, et le jeune Jonathan Dupuis, âgé de huit ans, de Trois-Rivières, pour un compte-rendu de l’album de Gilles Gagnon, Un fantôme à bicyclette.Chacun de ces gagnants recevra du Conseil des arts du Canada un lot de 100 livres québécois.Prix littéraire de l’Outaouais LE PRIX Henri-Desjardins 1987 a été attribué dans deux catégories, soit roman et poésie, puis essais.Ce prix attribué à des écrivains de l’Outaouais est allé au poète Jacques Michaud pour son recueil Tous Bords, tous côtés (éditions du Vermillon) et à l’essayiste Germain Dion pour son ouvrage intitulé Une tornade de 60 jours, la crise d’octobre 1970 à la Chambre des communes (éditions Asticou).La Société des écrivains UN DÎNER-RÉCITAL de prose réunira, ce soir, les membres de la Société des écrivains à Montréal.Les comédiens Joanne Côté et Jean-Louis Roux liront des textes d’une quinzaine d’écrivains, dont Robert Baillie, Marguerite Beaudry, Claude Beausoleil, Jean Éthier-Blais, Jean-Paul Daoust, Claire de Lamirande et Marie José Thériault.L’événement est ouvert au grand public.Le récital, précédé d’un buffet, est présenté au Grand Hôtel (777, rue University).Les billets sont de $ 25 pour les membres de la SÉC et de $ 30 pour les non-membres.La soirée débute à 18 h 30 par un cocktail.L’Association des traducteurs littéraires À L’OCCASION du Festival national du livre, l’Association des traducteurs littéraires (ATL) organise diverses rencontres.Le 28 avril à midi, deux ateliers-rencontres aux cégeps Ahuntsic et Édouard-Montpetit, animés respectivement par Michel Buttiens et Robert Paquin.Le 29 avril à 20 h, à la Bibüothèque publique juive (5151, chemin de la Côte-Sainte-Catherine), Régine Robin prononce une conférence intitulée : « Traduire le yiddish : travail de deuil ou reconnaissance culturelle ?».Le 30 avril à 20 h, à l’Institut Simone-de-Beauvoir de l’université Concordia (2170, rue Bishop), une soirée de conversation littéraire « dans l’intimité des mots » avec Mary Meigs et Yvonne Klein.Le même jour à la meme heure, à l’auditorium de la Bibliothèque nationale du Canada (395, rue Wellington, à Ottawa), une table ronde explorera l’aspect politique de la tradition littéraire dans un pays bilingue et multiculturel.Les intervenants seront Sheila Fishman, David Homel, Alberto Manguel, Seymour Mayne et Paul Wilson.LES ONDES LITTÉRAIRES A la télévision de Radio-Canada, demain à 13 h, l’invité de Denise Bombardier à Rencontres est l’écrivain et journaliste français Jean-Marie Domenaeh.Au réseau de Télé-Métropole, demain en-trç midi et 14 h.Reine Malo propose, à Bon Dimanche, la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.Au réseau Quatre Saisons, demain à 22 h.Les Dimanches de Clémence portent sur la littérature et la télévision.L'animatrice Clémence Desrochers reçoit les nouvellistes Michel Francis Lagaeé (Facéties, XYZ) et Micheline La France (Le Fils d’Ariane, La Pleine Lune), ainsi que Claude Jasmin (Une saison en studio, Guérin littérature) et Suzanne Lévesque de CKAC.À TVFQ (câble 30), demain à 21 h 30, Apostrophes a pour thème « Les fêtes du corps ».Bernard Pivot reçoit Evelyne Sulle-rot.Brigitte Lahaie, YsabeUe Lacamp, André Pieyre de Mandiargues, Francesco Alberoni et Cyril Collard.(Reprise le dimanche suivant à 14 h 30.) À Radio-Canada vers 23 h, après Les Beaux Dimanches, Francine Marchand et Daniel Pinard animent le magazine culturel La Grande Visite.Les invités sont Rita Lafontaine, Jean Drouin et Frédérich Bach.À la radio MF de Radio-Canada, le lundi 27 avril à 16 h 30, l’émission La Séduction explore « l’imaginaire et le star system ».Claudette Lambert reçoit Nicole Brossard, poète, et Denis Héroux, producteur de cinéma.Au réseau de Radio-Québec, à l’émission Télé-Services, à 18 h 30, Louise Faure reçoit un écrivain par semaine.Au réseau Vidéotron (câble 9), lundi à 21 h 30, Écriture d’ici, animé par Christine Champagne et Marcel Rivard.L’émission est reprise le mardi à 13 h 30 et le dimanche à 10 h 30.À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine à 13 h, Suzanne Giguère et Louise Saint-Pierre parlent littérature et théâtre aux Belles Heures.À la radio MF de Radio-Canada, du lundi au jeudi à 16 h, Gilles Archambault présente le magazine d’actualités littéraires Libre Parcours.À la radio MF de Radio-Canada, le mardi à 21 h 30, Réjane Bougé anime En toutes lettres, le magazine d'actualité de la littérature québécoise, réalisé par Raymond Fafard.À la radio MF de Radio-Canada, le mercredi à 22 h, Jean-Pierre Myette anime la série La Pensée captive.Cette semaine, Wilhelm Schwartz parle de Jurek Becker.L’émission est réalisée par André Major.S-, Suzanne Jacob La passion selon Galatée roman Suzanne Jacob La passion selon Galatée Photo: Suzanne Langevin Dans l’âme de Galatée, toute une panoplie de cicatrices.Comme des tatouages.Plongée dans un “western mythologique”, Gala se débat afin d’assurer sa survie.Elle cherche farouchement à être séduite.“Le livre de Suzanne Jacob est un roman envoûtant qui a pour sujet la représentation de soi ou, si vous aimez mieux, la séduction." .n ,, _ Jean Royer /Le Devoir “(.) un roman troublant, profond, nécessaire.” Gilles Marcotte/L’Actualité “La passion selon Galatée, c’est une rencontre avec des personnages féminins très forts, très beaux.C’est une conversation imaginaire avec Jean-Luc Godard; c’est tout un univers dans lequel Suzanne Jacob nous entraîne.” Christiane Charette/ Bon Dimanche “Une écriture moderne, neuve, tant dans la forme que dans le ton.Un roman passionnantl”.Georges Hébert-Germain/CKAC “Gala ou Galatée.Du réel à l’imaginaire et jusque dans la folie, voilà une femme qui ne laisse surtout pas indifférente.(.) Suzanne Jacob a l’art de nous garder en haleine jusqu’à la fin.” Anne-Marie Voisard/Le Soleil “(.) des phrases courtes, un style direct, dépouillé, mais qui dit toujours l’essentiel.Et puis une force de prospection qui lui permet de mettre à nu ses personnages dans leurs motivations qu’ils pourraient croire les plus secrètes.” André Gaudreault/Le Nouvelliste 240 page 19.95$ V X m§ vlb éditeur La petite maison de la grande littérature 1945 VA La guerre frome commence Quand 1 Histoire nous renvoie au présent Le XIXe siècle: La bourgeoisie triomphe.«S VMS* ,\\t ' Quand l’Histoire nous renvoie au présent.Le système communiste peut-il se libéraliser ?I/histoire en poche 5^ JJ**** © Quand l’Histoire nous renvoie au présent.y I,'histoire en poche Distribution en librairie: Diffusion Dimedia Robin Norwood CES FEMMES QUI AIMENT TROP La radioscopie des amours excessives Si vous vous retrouvez toujours ensorcelées par des hommes qui ne vous aiment pas ou ne savent pas vous aimer.Ce livre est fait pour vous! COLLECTION PARCOURS dirigée par Josette Stanké LE BEST-SELLER N°1 AU QUÉBEC Stanké les Éditions Internationale» Alain Stanké , 2127, rue Guy, Montréal H3H Le Devoir, samedi 25 avril 1987 ¦ D-3 LE PLAISIR /liw LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres La reconstitution de tableaux d’époque Des dialogues qui s’entendent entre «Le Parc des Braves» et «Le Crime d’Ovide Plouffe» LETTRES QUEBECOISES DU SOUFRE DANS LES LAMPIONS André Bruneau Guérin, Montréal, 1987, 287 pages MADELEINE OUELLETTE-MICHALSKA ÇA COMMENCE comme dans les romans de grandes familles qui nous faisaient rêver dans l’enfance.Imaginer.Un arrière-grand-père juge, qui se mêle d’affaires et de politique, mène un grand train de vie dans un manoir de Vaudreuil où il organise, avec sa frivole épouse, des fêtes qui font envie ou prêtent au scandale.Voyons le domaine où les boiseries sont importées d’Afrique, « les marbres d’Italie et la robinetterie de France»; domaine flanqué d’un « guest house », d’un « coach house », dins requérant les soins de deux jar- L’intérêt pour les André Bruneau d’un grand tennis, de somptueux jar diniers, et nous comprendrons que nous entrons de plain-pied dans une de ces demeures légendaires où logeait la bourgeoisie québécoise du début du siècle.Ajoutons à cela que la propriété de Brookwood a d’abord porté le nom de Boisruisseau, et nous commencerons à saisir pourquoi l’auteur, André Bruneau, ouvre son roman Du soufre dans les lampions par les mots : « J e suis né à l'âge de six ans, dans une église parfumée d’encens, sous un soleil radieux, comme peuvent en témoigner les dizaines d’invités qui assistaient à ma première communion.» Nous donnera-t-on le classique récit d’apprentissage d’un fils de bonne famille éduqué dans le respect de Dieu, de l’argent et des Anglais ?De prime abord, tout porte à y croire.Le frère de l’aïeul est un archevêque de haute stature dont l’omnipotence incline au respect.Son fils Arthur, propriétaire d’une maison de courtage, a le talent d’épouser Victoria, jeune fille riche de Westmount, oui lui donnera deux enfants nommes Charles et Olympe, avant de s’aliter pour le reste de ses jours dans une chambre remplie de fioles et d’onguents.Mais voilà que l’écrivain vient briser un trop parfait arrangement.Le côté cour l’emportera désormais sur le côté jardin.On apprend que la dé- pouille mortelle de l’aïeul fut cueillie clandestinement à la porte des cuisines de l’hôtel Windsor où, sous un faux nom, « monsieur le juge » louait réguüèrement une chambre afin d’v rencontrer sa douce amie.Également que Charles, l’héritier en droite ligne, et père du narrateur, épousa une fille d’ouvrier, fut exclu de l’héritage et se retrouva bientôt simple soldat des forces armées canadiennes.L’enfant est subitement projeté dans un autre monde.Après l’univers douillet de Brookwook, voici l’arrivée au plateau Mont-Royal où règne la violence qui oppose les « Blokes» aux « Pea Soups », et où une seule classe compte à elle seule plus d’élèves que toute l’école de Vaudreuil.Après les gestes dictés par la bienséance et les baisers freines par la pudeur, voici qu’entrent dans la nouvelle maison une grand-mère rieuse et une tante sexy, qui reposeront des soupirs souffreteux de Victoria et des grands airs d’Olympe.Ensuite, la vie suit son cours, sans plus se préoccuper d’imiter les romans.Ou alors, s’il y avait emprunt, ce serait plutôt du côté des teléro-mans ou des séries télévisées, quelque part entre Le rare des Braves et Le Crime d'Ovide Plouffe.L’enfant grandira, étudiera, rêvera à Lily Saint-Cyr aperçue au théâtre Gayety, se fiancera à Simone, connue dans un slow mené aux accents de « Star Dust ».Puis on travaillera tour à tour comme caissier dans une banque, vendeur de valeurs mobilières, enquêteur dans une société de perception, tandis que la mère versera les 64 sous hebdomadaires donnant un titre de propriété sur deux marches de l’escalier de pierre conduisant à la grande nef de l’oratoire Saint-Joseph où l’on s’étonnera plus tard de ne pas voir son nom grave.André Bruneau excelle dans la reconstitution de tableaux d’époque et l’analyse de moeurs.11 manie l’humour avec art, alliant la précision de l’écriture à la finesse de l’observa- tion.Mais le livre ne tient néanmoins pas toutes ses promesses.La faiblesse des dialogues, qui tirent un peu fort du côte des téléromans, rompt le charme d’une narration qui aurait pu se suffire à elle-même.On sent que l’auteur donne le meilleur de lui-même lorsqu'il s'approche de l’autobiographie et de l'essai, et le pire lorsqu’il oscille entre la Bible et le lit.Je n’ai jamais compris pourquoi certains auteurs nous imposent des scènes de masturbation qui n’intéressent que leur ego.Freud ou leur confesseur.Mais il y a ce dénouement qui incline à l'indulgence, tout particulièrement cette dernière phrase qui illustre ce que l'auteur sait faire quand U écrit avec rigueur : >< .je réalisais qu'un hérétique n’était pas un non-croyant, mais quelqu’un qui croyait à autre chose, et que l’on ne pouvait pas croire à autre chose sans abandonner ce à quoi on avait cru.Entre ces distances ne se situait que le temps.» de Voix & Images aventures culturelles de notre société Un admirable dossier sur le poète Jacques Brault LES REVUES CHANTAL GAMACHE EN PLUS de nourrir et de représenter l’activité intellectuelle des chercheurs, penseurs et enseignants des institutions de haut savoir, les revues universitaires devraient s’inscrire dans les cheminements culturels d’une société.On pourrait souhaiter qu’elles servent de lieu de circulation de la connaissance et de la réflexion, qu’elles établissent une espèce de dialogue implicite avec la société d’où elles émergent.Le numéro 35 de Voix et Images, revue du département d’études littéraires de l’UQAM, joue doublement ce rôle.Il est constitué de deux dossiers, de ce point de vue, fort pertinents : plusieurs pages sur le poète québécois Jacques Brault et les actes du colloque sur « La question des revues ».Ce numéro reproduit, en écho, les accents les plus denses, les plus empreints de gravité de notre poésie.Notons que l’ensemble des textes de ce dossier est parsemé de miniatures du peintre-poète, des monotypes inédits, tires pour la plupart d’une série intitulée « Les airs de famille », dont l’un orne la page couverture.Après quatre courts essais de Jacques Brault, des « essais miniatures » : André Brochu, de l’Université de Montréal, responsable de ce dossier présente brièvement le poète polyvalent et les études qui suivent.Robert Melançon, lui-même poète et professeur à l’Université de Montréal, s’entretient avec Jacques Brault.Cette conversation est une réflexion sur les rapports entre la Prix du Conseil des arts LE PRIX Canada-Australie du Conseil des arts pour 1986 a été attribué cette année à l’écrivain et romancier australien Rodney Hall.Ce prix annuel est décerné alternativement à un écrivain canadien et à un écrivain australien de langue anglaise, pour l’ensemble de son oeuvre.En 1985, le Canadien Jack Hodgins avait mérité le prix.L’Australien Rodney Hall est né en 1935 et il est l’auteur de 23 livres : trois romans, 11 recueils de poésie, deux biographies, six anthologies et une histoire photographique de l’Australie.Il a en outre été comédien et musicien professionnel.— Jean Royer Poumon qui respire Cigarette qui expire Par l’auteur de La note de passage François Gravel BENITO BORÉAL Sur un thème tout à fait différent, François Gravel confirme avec Benito un talent exceptionnel de romancier.Vol.de 200 pages, 14,95$ poésie et le langage, sur l'écriture comme croyance.L’écrit « est une façon, je ne dirais pas simplement de magnifier, mais d’éterniser l’instant qui reste fugitif [.]», dit-il.« C’est quelque chose en laquelle on croit.» La première étude, intitulée « La poésie dans la prose, ou le clochard illuminé », est d’André Brochu.Il présente l’oeuvre en prose du poète où règne « une atmosphère apparente de morbidité ».Il démontre comment « l’exigence intérieure », la sublimation, éclaire « par en dessous » cette pénombre, comme la poésie pénètre la prose de l’écrivain et la transfigure.Dans l’analyse suivante, Michel Lemaire, de l’Université d’Ottawa, s’attarde au poète-essayiste.Il insiste sur la diversité des champs d’écriture qui caractérise son oeuvre tout entière et les différents blocs qui la constituent.Considérant Brault comme un critique non conventionnel, il examine la présence du sujet d’énonciation dans ses essais.On n’y entend plus « que la voix de l’auteur qui nous parle, en toute amitié, pour parler, pour ne rien dire, pour maintenir ce fil ténu entre les hommes ».« Poésie de novembre », un texte riche, à l’écriture presque lyrique, de Gilles Marcotte, de l’Université de Montréal, converse avec la poésie de Jacques Brault.Apparemment « vouée à la simplicité, au naturel, [.] elle évoque la chaleur d’une communion fraternelle, puis s’enfonce dans un étrange malaise, un no man’s land d’âpre solitude ».Elle semble « refléter le manque du monde, le manque de la vie, le manque du bonheur ».Puis, l’auteur remarque que la poésie de Brault s’est peu à peu éloignée du « nous des aspirations collectives, [.] pour se concentrer de plus en plus sur le filet de voix » qu’il associe interrogativement à « l’histoire intime du Québec ».Dernière étape de ce dossier, précédant une bibliographie du poète, le témoignage d’un de ses étudiants, Jean-Claude Brochu.de l’Université de Montréal.« Les essais et les cours de J acques Brault répondent d’une attitude critique qui ne se réalise pleinement que dans le langage.» Encore là, comme professeur, Brault reste fidèle à lui-même, à sa relation au langage, à la parole.La seconde partie de ce numéro de Voix et Images porte sur la question des revues.Ce document renseigne sur l’existence, l’histoire et l’orientation des revues universitaires francophones : Études littérai- Meurtre DANS ISBN 2 89091 068 7 Diffusion en librairie: Dimedia 9,95 $ de Margaret Atwood 27 nouvelles fascinantes, déroutantes et souvent amusantes.les éditions du remue-ménage inc.¦ Hamon tant sur le plan de la production littéraire que sur celui des instruments institutionnels de Iravail et de réflexion.Le dossier Jacques Brault est très agréable à üre et stimulant.Un certain nombre de lecteurs le savent déjà puisque ce numéro est épuisé.Cependant, patience ! Une réédition le rendra disponible sous peu LE ROMAN VECU D’UNE .GÉNÉRATION res, de l’Université Laval; Études françaises, de l’Université de Mont réal; Voix et Images, de l’UQAM; La Revue d’histoire littéraire du Québec et du Canada français, de l’Université d’Ottawa.Ce numéro de Voix et Images marque son intérêt pour les aventures culturelles de notre société.Madeleine OuelleUe-Mielialska L'An tou rdc la curie posfu/c QUf Bff.I AMÉRIQUE QUEBEC/AMERIQUE L’flmour de la carte postale de Madeleine Ouellette-Michalska Un essai capital sur la façon dont la différence - géographique, ethnographique, sexuelle - est codée, interprétée, voire prescrite par la philosophie, l’économie, le langage des groupes dominants.260 pages, 17,95$ Le iïloyne Picoté de Agnès Guitard Des événements inattendus et profondément bouleversants s'enchaînent neuf cents jours durant, et Agnès Guitard réussit avec une remarquable finesse psychologique à ressusciter sous nos yeux les acteurs d’une exceptionnelle histoire.469 pages, 19,95$ Agnès Guitard LE MOYNE PICOTÉ C AM»(BOlIt i « D-4 ¦ Le Devoir, samedi 25 avril 1987 LE PLAISIR /]ffe LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres Portrait du Québécois au repos Le public consomme la culture mais les artistes restent pauvres LES ESSAIS LES PRATIQUES CULTURELLES DES QUÉBÉCOIS : UNE AUTRE IMAGE DE NOUS-MÊMES collectif sous la direction de Jean-Paul Baillargeon Institut québécois de recherche sur la culture, 1986, 388 pages.LORI SAINT-MARTIN LE TOMBEAU D’ADÉLINA ALBERT Robért Yergeau Éditions du Noroît 1987, 68 pages QU’EN CARAPACES DE MES PROPRES AILES Raymond Martin avec une eau-forte de Michel Casavent éditions Triptyque 1987, 70 pages JEAN ROYER PLUSIEURS POÈTES québécois, ces dernières années, ont succombé à la tentation de la poésie savante et y ont perdu leur voix.Ils se sont mis à écrire pour les autres poètes plutôt que pour un public lecteur à qui communiquer leur propos.Mais la poésie ne peut pas se contenter d’être « savante » et de se confiner dans une zone qui serait celle de l’« intertexte ».La poésie n’est pas un jargon, c’est une parole accomplie qui cherche à communiquer.Ce qui ne lui enlève ni l’intelligence de s’écrire ni l’émotion de se faire.Robert Yergeau est un de ces poètes-professeurs qui se sont fait happer par l’idée de la poésie savante.Dans ses derniers recueils, il semblait vouloir nous expliquer ses découvertes, ses redécouvertes (par des collages à la manière des surréalistes) et même ses recettes.C’était, en quelque sorte, « le poème, mode d'emploi », pour employer un de ses titres.Dans son avant-dernier recueil au Noroît, L’Usage du réel suivi de Exercices de tir, Yergeau perdait sa voix de poète.Cette « perte » s’est effectuée peu à peu d’un recueil à l’autre, ces dernières années.Pourtant, avec L’Oralité de l’émeute, paru chez Naaman en 1981, Yergeau avait commencé brillamment à s’inventer une voix de poète.Elle s’écrivait à même celles de ses aînés mais on y entendait des accents personnels.Aujourd'hui, avec la publication de son dernier recueil, Le Tombeau d'Adéhna Albert, Robert Yergeau renoue avec cette voix qui nous émeut.Le voici enfin aux prises avec sa propre parole, son destin à lui, son chant profond.C’est une réflexion sur la mort qui anime ce recueil, comme l’indique son titre.Mais le propos s’avère plus vital et même plus vita- EN MARCHE vers la société de loisirs qu’on nous promet depuis un moment, comment vivons-nous, comment jouons-nous ?Par ce livre, l’Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC) invite les gens à réfléchir sur cet ensemble de pratiques qu’on appelle « culturelles et de loisir ».Dans 16 articles, 19 auteurs — 17 hommes et deux femmes — rendent compte d’une grande variété de pratiques : le livre, la presse, les arts vi- liste que morbide.On retrouve dans Le Tombeau d'Adélina Lambert des accents nostalgiques qui rejoignent ceux de Jean-Paul Daoust dans Dimanche après-midi (Écrits des Forges) sur la mort de son père.Mais il y a aussi chez Yergeau une interrogation métaphysique qui rejoint le ton du journal intime.Ce style, qui cherche à se placer à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des choses, reste bien de notre époque.Cette façon de dire fait partie de notre « modernité ».Cependant, Robert Yergeau n’abuse pas de procédés et dépasse les tics d’écriture, dans son dernier recueil.Il laisse parler sa voix, parfois maladroite mais toujours juste.L’influence surréaliste qui donnait son élan à la poésie de Yergeau a été bien assimilée.Dans Le Tombeau d’Adélina Albert, la poésie se refait une mémoire.Cette mémoire, c’est la mémoire de vivre, comme l’écrit le poète à la fin du livre : «Mère/ alors que ma voix ne vous parvient déjà plus/ je continue de respirer par toutes les blessures/ de notre temps inquiet/ seul admirable/ Mère/ ce que vous avez vécu/ me tient lieu désormais de mémoire.» Si le lyrisme de Yergeau passe par l’amour et la mémoire, la poésie de Raymond Martin révèle une grande maîtrise de l’ellipse et d’un surréalisme du quotidien.Qu ’en carapaces de mes propres ailes est le livre d’un poète étonné et étonnant, dont la lucidité face au réel nous renvoie à l’image même de chaque mot.Cette poésie incisive apparaît à certaines pages comme un prolongement figuratif de la poésie exploratoire de Gauvreau.Martin, cependant, résiste au jeu de mots et au son gratuits.Il s’accroche au sens possible, il ancre sa métaphore dans le concret.Sa poésie ne délire pas, elle dé-lyre.Raymond Martin est, lui aussi, à sa manière, un poète métaphysique, qui pose la question du destin à même l’énigme de l’instant.Ses notations brèves mais denses renouent avec la liberté des moralistes.Certains de ses poèmes sont de véritables aphorismes.D’autres nous proposent des tableaux inoubliables qui déchirent notre écran mental.« Te voilà/ l’oeil ouvert/ arraché au paysage», écrit le poète.suels, le théâtre, la musique (la grande et l’autre), la danse et le cinéma ; mais aussi la radio, la télévision, le patrimoine, les archives, l’industrie touristique, le sport, les activités de loisir.En dernier lieu, Jean-Paul Baillargeon tente une synthèse des thèmes récurrents.Chaque auteur traite, pour son secteur, de la période 1971-1985.La plupart des essais comportent un mini-historique, un état présent, un pronostic et quelques recommandations.Cela donne un ouvrage sérieux et fort stimulant, à la fois pour le contenu de chaque article et pour les questions plus générales qui s’imposent après lecture de l’ensemble.Par le choix de traiter aussi bien des humbles loisirs quotidiens que des grandeurs vertigineuses de l’Art, on a évité l’élitisme.Lance et compte vaut bien l’Opéra de Montréal .La diversité des pratiques couvertes fait la richesse de l’ouvrage en même temps qu’elle contribue à un certain morcellement du propos : on met sur le même pied deux mondes fort différents, culture et loisir.Du côté des loisirs, Gilles Prono-vost retient, comme caractéristiques majeures de l’évolution des dix dernières années, l’accroissement spectaculaire des pratiques sportives et socio-éducatives ainsi que le « déclin relatif » du cinéma et de l’écoute de la radio MA.L’industrie touristique, en pleine crise, devrait être modernisée par des investissements mas- sifs (Jean Stafford et Marcel Sam-son).Bilan global des activités culturelles : tous les domaines sont florissants — et vulnérables.Le marché québécois est restreint et fragmenté; bien souvent, nos oeuvres passent mal la frontière.De plus, au Québec même, la concurrence américaine (cinéma, télévision, chanson) ou française (livre) gruge la part des artistes d’ici.Il faut voir les mass-media comme de véritables industries, dont les intérêts ne recoupent pas toujours ceux de la culture.Ainsi, la liberté de presse est devenue une « liberté d’entreprise » (Claude Martin et Roger de la Garde citant L.Falardeau).À la télévision, des conflits naissent au sein d’un système « où l’on attribue des objectifs culturels à des entreprises privées qui doivent forcément (puisqu’elles ne vivent que des revenus publicitaires) fonctionner selon les lois du marché » (Hélène Cantin).De pratiques culturelles à industries culturelles, donc, il n’y a qu’un pas, que certains franchissent allègrement, tandis que d’autres protestent contre ce désir de « réduire les créateurs au rôle de producteurs d’objets vendables, taxables, exportables, libre-échangeables », selon l’expression de Denys Morisset.Ce dernier ajoute : « Tentez de vous imaginer la tronche de Van Gogh ou de Matisse rédigeant une demande de subvention.» Après le succès de "La Bougainvillée" Voici LOUISON La nouvelle héroïne de Fanny Deschamps Louison est née d’une heure exquise.Bâtarde non reconnue, elle est jeune et femme, frivole et charmeuse dans la France fastueuse du début du règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette, mais aussi France fragile sur le point d’être déchirée par la Révolution de 1789.Fanny Deschamps vous fait découvrir ce XVIIIe siècle qu’elle connaît comme personne.Elle vous y mène par le bout du nez, vous séduit, vous enchante! Louison 432 pages - 22,95 $ Éditions ALBIN MICHEL La poésie n’est pas une science mais une parole Justement, l’État hante tous les textes portant sur les activités culturelles.C’est en même temps le principal bailleur de fonds et l’autorité qui impose un certain nombre de normes artistiques, d’où l’ambivalence des créateurs à son égard.Tous décrivent un véritable scandale : la pauvreté des artistes.Quarante pour cent des écrivains québécois et la moitié des artistes visuels gagnent moins que l’équivalent du salaire minimum; les danseurs et les musiciens sont encore moins bien rémunérés.Il faut admirer la ténacité et le désintéressement de bon nombre de ces créateurs et leur souhaiter d’obtenir rapidement de meilleures conditions de vie.Dans la majorité des essais, donc, on crie famine, chiffres à l’appui : « l’assiette à subventions n’est pas suffisante pour le nombre de convives » dans le domaine du théâtre (Guy Beaulne); « En Europe, les gouvernements subventionnent tout » dans le cas des orchestres (Laurent Duval citant Pierre Béi-que) ; l’État doit « continuer et augmenter son aide à la production de films » (Réal la Rochelle).Toutes les bouches sont ouvertes, toutes les mains tendues, chacun sait démontrer que c’est son secteur à lui qui est le parent le plus pauvre.Un même paradoxe sous-tend tous ces appels à l’État : la qualité coûte cher mais on ne peut l’acheter.Les artistes ne doivent pas perdre de vue la réalité économique, soit, mais suffit-il de grossir les budgets pour assurer une production de haut niveau ?Par ailleurs, on voudrait que l’État ramasse la facture de la culture sans poser aucune condition; mais n’a-t-il pas intérêt plutôt à récompenser ceux qui l’appuient à leur tour, qui tiennent le discours de l’ordre ?Dans un régime où triompherait l’« art officiel » (Denys Morisset), comment les voix neuves, contestataires ou marginales, parviendraient-elles à se faire entendre ?De ces textes se dégagent nombre d’interrogations essentielles.Qu’est-ce que la qualité et comment l’obtenir ?Quel rôle l’État et le secteur privé doivent-ils jouer dans le secteur culturel ?Pour quels publics travaillent les artistes et qu’espèrent-ils retirer de leur travail ?Le débat est ouvert.Aux artistes comme aux spectateurs de prendre parti.et les grands formats! «««fàl*iu Fourni**’ Circuit fer»é 142 pages — 9.95$ ïhêâtr.r«Ut à Petit Sortie de seoours )«un» théttr* 140 pages —- 9,95$ LouIüb Ann» Boustard Alain Fournier CIRCUIT FERMÉ Cette pièce pour adolescents met en scène une jeune fille de quinze ans qui pense pouvoir se débrouiller toute seule en vivant de la prostitution.Sa fugue la confronte à des réalités qui sont à l’opposé de ses rêves d’indépendance.Ce texte est suivi d’un dossier pédagogique complet, à l’usage des enseignants.Une oeuvre théâtrale provocante, de qualité! Théâtre Petit à Petit SORTIE DE SECOURS Cette pièce présente cinq cas d’adolescents aux prises avec des difficultés de vivre propres à cet âge.L’éventail va du fugueur à la fille vivant une relation incestueuse avec son père.Ces cinq personnages se retrouvent à la Maison des Jeunes pour y réaliser une oeuvre collective.Ce texte est également suivi d’un dossier pédagogique.Un spectacle vivant, rempli de tendresse et d’humour.Louise Anne Bouchard CETTE FOIS, JEANNE.Cette fois, Jeanne.nous fait découvrir une femme dans sept situations différentes.Sept fois Jeanne, en compagnie de sept hommes différents, en commençant par le premier d’entre tous, le père! Un roman où se mêlent avec bonheur le monde de l’enfance et celui des adultes.Un ton neuf, empreint d’une belle naïveté, une écriture envoûtante, ducharmienne.114 pages — 9,95$ André Mathieu et Claude Grenier D'où est-ce que je viens ‘ Ateliers d'expression libre 1 Préface de Julien Bl*raa 124 pages’— 14,95$ André Mathieu et Claude Grenier D’OÙ EST-CE QUE JE VIENS?C’est bien là la question universelle, formulée ou non, à laquelle il est toujours très difficile de répondre.Peu d’adultes ont le courage de risquer une réponse “personnelle”, fondée sur leur propre expérience.Cet ouvrage est le résultat de dix ans de recherches cliniques avec des enfants en grande difficulté de croissance.Cet ouvrage illustré est précédé d’une préface de Julien Bigras.¦ tIL La petite maison v IU vUILvUI de la grande littérature e"tf“"'eSSd,eS^Vfs.d'0bstac|es; pons3rd ,o ^aner ^gne"f s p****e*KSs*"**'’ SSçSSî-SSSi tine c^yfnet T' .-u est n° -ouch n^ouz°n °nunrand ron re- inav°uésl2s0 cloü ^14,95$ librairie 3 1 ^0^airfeîerriesu- -UneHfJrze ne Elle ar,scentimè- sur rait^Eut ElieseSs'étant ,,esgS* de ment ^SSSnsenti- mPflt Bffl® j, .de sain , élégie etdoU° lredel'aLJ‘ * 19 95$ J -4* jSSaffSïS dans Sa mère Pau|inf; amoureux^' de Ere Bap'isfi’.appelle -J&rÆisS»* n'a son colère-1® 31j boot du c0mme ÿ»®i,,e,,a5$ en aux*«‘“T - Thomas fête ud de seS°nre pr0,ége!arlesnaZlSo ies autres —7 rnécan'g d’habi|e,f’ ^uement'P^bf^1 diaWJ'Sigence'1-thriller".31315 tantdintel Jn simPle,,,ne autre.S3&:!&** gée” t0' à 24,95$ librairie semaine ochaine ère T'TjjIËÜ !*> isiaH^mon- sgSS SïSsK- sou- Ta*"®* t*'ar%°'"*"° *S gfl due moeurs ei a“n0UvelieS' T'psCava- gfer-rçsrs»- * p a 24.95* Bi**'1** Éditi°nS < I Le Devoir, samedi 25 avril 1987 ¦ D-9 HMPmi GRENIER «S' Î^Sàsfe' ¦ le plaisir //a- LE PLAISIR 1E PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Naïm Kattan: «J’ai choisi Montréal pour vivre en français » La littérature québécoise porte une dimension de l’homme tel qu ’il vit en Amérique Huit lettres de Pasternak MOSCOU (AFP) — L’hebdomadaire Ogoniok a publié, mardi, huit lettres inédites de Boris Pasternak, rédigées entre 1946 et 1960, dans lesquelles l’écrivain évoque notamment son travail sur Le Docteur Jivago et ses démêlés avec les autorités soviétiques après la parution de ce roman en Occident.Cette correspondance avait été adressée par Boris Pasternak à sa cousine Olga Freidenberg, à un ami, Valentin Asmous, ainsi qu’à la poétesse Éléna Blaguinina, l’une des rares personnes à avoir pris sa défense apres la publication du Docteur Ji- vago en Italie, en 1957.Dans une lettre à Éléna Blaguinina, datée du 16 décembre 1957, Boris Pasternak se dit désemparé.« Je ne sais pas ce qui m’attend », écrit-il en se plaignant de ce que la maison d’édition soviétique Goslitizdat refuse obstinément de publier une version « abrégée et censurée » du Docteur Jivago.Ogoniok confirme que Le Docteur Jivago sera publié en Union soviétique.Début février, le rédacteur en chef de Novy Mir (Nouveau Monde), l’écrivain Sergueï Zalyguine, avait indiqué que le roman paraîtrait l’an prochain dans ce mensuel littéraire.JEAN ROYER N AIM KATTAN est né juif en pays arabe.Il est devenu un écrivain québécois, ayant choisi de vivre en français en Amérique.Cette destinée peu commune nous vaut une oeuvre singulière dont le dernier volet, Le Repos et l’oubli (Hurtubise/HMH), retrace l’itinéraire du côté de l’essai.Il y est question de la traversée des civilisations et des cultures jusqu’au « temps dans la littérature québécoise ».Déjà, dans son magnifique roman Adieu, Babylone, qui vient de paraître en poche chez Leméac, Naïm Kattan racontait son adolescence passionnée à Bagdad, dans sa communauté juive transplantée en pays arabe 25 siècles plus tôt par le roi babylonien Nabuchodonosor II.Minoritaire dans son pays natal, Naïm Kattan, nationaliste irakien pendant la dernière guerre, se passionnera pour la culture française, ira étudier a la Sorbonne avant de venir vivre sa nouvelle culture à Montréal, cette ville française de la Terre promise d’Amérique.Dans Le Repos et l’oubli, qui est peut-être son meilleur recueil d’essais, Naïm Kattan retrace, cette fois, son aventure intellectuelle.Il réfléchit sur sa vie d’écrivain, sur les mythes qui l’habitent, sur les différences fondamentales qui définissent l’Orient et l’Occident, l’Europe et l’Amérique.Il tente aussi de définir des lieux, des temps et des manières de vivre : la prière, le verbe et l’icône, le jardin rêvé, la trahison, l’Histoire et le destin, l’amitié et l’érotisme.L’écrivain se décrit comme « l’héritier du Livre », c’est-à-dire de la Bible, du Coran et des contes des Mille et Une Nuits.Cette réflexion se fait dans l’échange de deux attitudes : le repos et l’oubli.Le repos, c’est le temps essentiel, celui où l’oeuvre est contemplée, où le temps impose sa vie et constitue le tissu de nos jours et de nos rêves.L’oubli, c’est le temps arrêté, sans attente, c’est la mort dans l’agitation sans mémoire.« Le temps essentiel, pour moi, se confond avec l’écriture, me dit Naïm Kattan.L’écrivain est l’homme de repos.Il passe sa vie à s’agiter.Le repos vient quand il vit l’essentiel : l’écriture.Par contre, l’oubli, c’est l’anti-mémoire.Mais aucun être hu- main ne peut vivre dans l’effacement de sa mémoire.« J’ai vécu des tentations d’oubli toute ma vie : j’ai changé de langue.Mais la langue arabe reste présente en moi par des images, par des figures.Je prétends que toutes les langues que nous avons dans notre mémoire s’expriment dans la langue que nous choisissons.« Je vais encore plus loin.Pour dire que, pour moi, accepter le français, c’est en même temps accepter la mémoire qu’il contient et qui pourtant n’est pas ma mémoire personnelle.À partir du moment ou j’écris en français, je deviens l’héritier de Molière et de Racine.Même si je suis né à Bagdad, je les reconnais et je les lis comme mes ancêtres.Quand j’ai appris la langue française, j’ai appris toute sa mémoire.D’autre part, j’apporte avec moi une tout autre mémoire que j’essaie d’inclure dans celle que je tente d’absorber.C’est une entreprise énorme.C’est une lutte continuelle contre l’oubli.« Si je raconte mon enfance à Bagdad, je l’écris en français.Ce n’est pas un Arabe qui écrit en français, c’est un écrivain de langue française qui parle d’une mémoire arabe.L’écrivain sait que la langue n’est pas un simple instrument ni un véhicule, c’est une mémoire.» Pour Naïm Kattan, « vivre à Montréal est une manière différente de s’insérer dans le réel ».Mais comment ?« Comme beaucoup de villes nord-américaines, Montréal ressemble aux villes du Moyen-Orient.Dans Bagdad, ma ville natale, il y avait des quartiers : celui des Arméniens, celui des chrétiens assyriens, celui des Chaldéens, des juifs, des musulmans chi’ites, des musulmans sémites.La ville était un agglomérat de groupes.La ville était une mosaïque.« Puis j’arrive à Montréal et je découvre une ville dont une partie est anglophone, une autre francophone, une autre juive, italienne ou grecque.L’espace est découpé en quartiers.Ce rapport d’une ville avec son espace intérieur crée une liberté.Chacun peut vivre s’il accepte la loi de la cité.Bien sûr, il se crée des tensions entre minorités et majorités.C’est très difficile de créer un consensus quand il y a des intérêts en jeu.J’ai trouvé dans Montréal des tensions mais pas de haine.Il n’y avait pas eu de sang ni de cadavres dont les gens se souvenaient ou pour lesquels ils criaient vengeance, comme cela arrive dans des villes plus antiques où j’ai vécu.« Il devenait donc encore possible dans le monde de découper la ville en cultures différentes qui peuvent vivre ensemble.Pour moi, c’est une possibilité essentielle.Pas seulement pour une ville mais pour le monde entier.Si l’on peut vivre dans une ville en étant différents et en s’acceptant dans nos différences, avec des tensions inévitables mais en acceptant de les régler par des paroles et des manifestations sans passer par les cadavres, c’est donc une possibilité de civilisation.Montréal était devenu pour moi une expérience vitale.« Cependant, comme dans n'importe quelle civilisation, il faut dans cette ville une ligne commune où les gens s’entendent et puissent se parler.Ce lien commun, pour moi, c’était le français.Montréal est — ou devrait être — une ville de langue française.Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas parler toutes les autres langues ou que toutes les autres langues n’aient pas la même liberté d’expression.Au contraire.Mais c’est à partir du moment où l’on affirme que la langue de communication sera le français que l’on crée une liberté.En effet, à l’intérieur de cette contrainte de la loi de parler le français, il y a la liberté de parler toutes les autres langues.Ainsi, pour moi, Montréal peut devenir un exemple de civilisation universelle.» Un des essais importants du recueil de Naïm Kattan porte sur « le temps dans la littérature québécoise ».Selon l’essayiste, les Québécois, privés d’une Histoire et faute d’un plan d’action pour le présent, réhabilitent ce présent à travers des romans folkloriques.Ils se servent de la modernité comme seul moyen d’échapper à la redondance revendicatrice du texte.« Dans le constat d’absence du lecteur, une littérature veut se justifier par sa propre existence », écrit Naïm Kattan, qui s’empresse d’ajouter que la littérature québécoise « est assez substantielle pour permettre à ses adeptes de voler de leurs propres ailes, d’explorer toutes les voies, de s'inscrire dans le temps, non pas par le repli ou la fuite maispar l’angoisse de l’attente, par la quete de l’instant et par l’aménagement d'un lieu qui n’est pas un refuge ou une place forte protectrice mais une ouverture sur l’espace».En effet, me précise Naïm Kattan, on voit, comme lecteur et critique, que cette littérature est unique et non singulière.La singularité empêcherait la communication et nous ferait tomber dans l’exotisme.«Je crois qu’il y a un danger, dit-il, qu’on relègue à l’intérieur du français la littérature québécoise comme un exotisme.Pour moi, cette littérature n’est pas exotique.Elle porte une dimension de l’homme qui est l'homme tel qu’il vit en Amérique.Elle est en rapport avec le réel qui est vécu d’une manière particulière, unique, mais qui n’est pas singulier et qui, reste donc communicable.« D’autre part, il n’y a pas une surproduction de la littérature québécoise.Plus il y a de gens qui se font entendre, mieux c’est pour la littérature.Il n’y a pas trop de paroles ni trop de voix.Un poète ne prend pas la place d’un autre poète.Un écrivain ne prend pas la place d’un autre écrivain.Une littérature ne prend pas la place d'une autre littérature.Tous et toutes sont nécessaires.Le choix des oeuvres à lire devient difficile à faire, à cause de l’encombrement, mais on va apprendre à vivre avec cette richesse culturelle du monde.» Naïm Kattan se décrit comme « l'héritier du Livre ».Banc de brume ou PHOTO JACQUES Les aventures de la petite fille que l'on croyait partie avec l’eau du bain.gARAMOND LOGIDISQUE vous fera découvrir son ÉCRIVAIN PUBLIC sur Commodore, Apple et.IBM! Venez nous voir au Stand A-556 L’ÉCRIVAIN PUBLIC Apple et Commodore: 84,95$ IBM PC: 174,95$ C.P.485, suce.Place d’Armes, Montréal, QC H2Y 3H3 (514) 842-9551 1-800-361-7633 A’ rflON TreVlZenour l,f1ürTiaera PaS leS aven|fP° nerecre^^que.avenir,qJe r^P'^fde la prreurs .Ip men- .entre le ^idatio0 e jn aven!rtp nient- ndépe Âriaire les(Tlille Ga 1 i iS) mm.\ \ ¦ , oë1 WfS.«LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l'histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 jusqu'à son 75lème anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir.exemplaire(s) du livre “LE DEVOIR" J’inclus 19,95$ par exemplaire; (3 $ de frais de port et de manutention inclus dans ce prix).NOM.ADRESSE:.PROVINCE:.CODE POSTAL.MODE DE PAIEMENT: ?Chèque ?American Express ?Master Card ?Visa No.de carte de crédit.Expiration:.::: ? Le Devoir, samedi 25 avril 1987 D-11 LE PLAISIR rfpc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es j • livres La France comme affaire de famille Un livre pour marquer le millénaire de la dynastie des Capétiens LE SANG ROYAL.La famille capétienne et l’État, France, Xe-XIVe siècle Andrew W.Lewis Paris, Gallimard, collection « Bibliothèque des histoires » 1986, 436 pages YOLAND SÉNÉCAL ON CÉLÈBRE cette année le millénaire capétien.C’est, en effet, en 987 qu’Hugues Capet accéda au trône.Sa famille allait régner presque sans interruptions jusqu’en 1848.Diverses manifestations seront organisées sous l’égide du gouvernement français; le comte de Paris, chef de la maison royale de France, y sera associé.« Ce n’est pas une fête de monarchistes, disait-il dans une entrevue récente, c’est une fête de la Nation.» Le prince viendra également au Québec — fin avril — invité de divers organismes : le Conseil de la francophonie, la Société historique de Québec, les MRC de la Beauce (le comte de Paris présidera les célébrations du 250e anniversaire de cette région).De la sorte, le Québec sera associé aux célébrations du millénaire capétien.À juste titre : n’avons-nous pas eu, de François 1er à Louis XV, neuf monarches capétiens ?L’ouvrage d’Andrew Lewis vient aussi à point nommé pour ce millénaire.« Les historiens modernes, dit-il, ont trop souvent étudié la France capétienne en quelque sorte à l’envers, en se plaçant à l’arrivée : ils en ont fait, pour l’essentiel, une histoire de la croissance du pouvoir royal et de l’unification de la France moderne.Les sources qui nous parlent des structures de parenté et les modes de succession dans la famille capétienne ne nous disent rien de tel; elles nous disent parfois le contraire »> (p.245).Cette citation résume bien la problématique de l’auteur, qui s’est livré à une anthropologie des Capétiens.En 987, Hugues Capet n’était pas le premier de sa famille à ceindre la couronne; depuis quelques générations, sa maison était en lutte avec les derniers Carolingiens : Lewis nous montre ce processus, de même que la formation de la dynastie, puis sa consolidation.Pour Lewis, la structure des Capétiens n’est pas différente, alors, de celles des autres grandes familles féodales.Cette prémisse permet d’expliquer deux choses.D'abord, le caractère héréditaire du bien principal, la royauté.Après Hugues, pendant plusieurs générations, les rois ont associé de leur vivant leur fils aîné à la couronne, par le sacre.Bien avant que cette mesure de prudence ne parût plus nécessaire, Lewis pense que la transmission héréditaire de la couronne était déjà un fait; mais son argumentation n’est pas pleinement convaincante.Les structures familiales permettent, d’autre part, une explication sur les apanages.Les historiens comprennent mal qu’à compter du règne de Louis VIII, les cadets reçurent des fiefs abondants (apanages), ce qui n’était pas le cas auparavant.Démembrement d’un domaine royal minutieusement rassemblé ?Simple coutume féodale, répond Lewis.Il explique qu’avant Philippe-Auguste, il était normal que les cadets reçoivent peu, vu l’étroitesse du domaine capétien.Mais il sous-estime l’importance du droit de la réversion des apanages, dont la jurisprudence s’établit à partir du temps de Philippe III : en cas d’extinction de la ligne mâle, les terres revenaient au roi, ce qui était contraire à la coutume féodale où les femmes pouvaient hériter.Lewis traite ensuite du développement d’un sentiment de fidélité aux Capétiens par la sacralisation de la monarchie.On chercha également à rattacher généalogiquement les Capétiens aux Carolingiens, mais l’auteur insiste trop sur ce point.Au XlVe siècle, ce processus renforça les Capétiens comme entité ( = les princes du sang).Après l’extinction des aînés, c’est ce qui a permis, notamment, aux Valois (branche cadette) de succéder à la couronne face à leurs concurrents, le roi d’Angleterre et Jeanne de Navarre.L’ouvrage de Lewis, qui est un monument d’érudition, ne remplit cependant pas toutes ses promesses.On ne le suit pas toujours dans ses interprétations et la dimension géo-politique est absente.Une question de taille n’est même pas soulevée.Comment se fait-il que la royauté des Capétiens ne fut pas contestée au Xle siècle, où l’énigme se situe ?Car d’autres grands feudataires auraient pu prétendre au trône : les ducs de Bourgogne (eux-mêmes capétiens), de Normandie, d’Aquitaine, plus au sud; les comtes d’Anjou, de Champagne, d'autres encore.Ce n’est pas a cause de la puissance territoriale des Capétiens, laquelle n’est avérée qu’à partir de Philippe-Auguste (début Mlle) ; ce n'est pas à cause de la fidélité à la dynastie qui, elle aussi, est plus tardive.La réponse à cette énigme peut être la suivante : les grands féodaux n’étaient pas intéressés par la couronne.En effet, notre regard donne à la royauté du Xle siècle une considération qu’elle n’aura que plus tard.En fait, Lewis nous dit que les Capétiens avaient davantage le sens de la famille que celui de l’État — en dépit de son sous-titre.Si cette affirmation est sujette à caution, elle n’est pas neuve : de vieux auteurs avaient souligné que ce qui fit la force des liens entre les Capétiens et la France, c’est que, justement, pour eux, la France était une affaire de famille.Confession de Jean-Marc Piotte La fin des militantismes vécue comme «une peine d’amour» LA COMMUNAUTÉ PERDUE Petite histoire des militantismes Jean-Marc Piotte Montréal, VLB, 1987, 140 pages MARCEL FOURNIER DES MEMBRES du FLQ, des militants gauchistes et même de certains « contre-culturels », les médias ont parfois diffusé l’image d’« adolescents irresponsables » ou de « personnalités déséquilibrées ».À la lecture des résultats de la récente enquête que Jean-Marc Piotte a menée auprès de militants actifs, dans les années 70, dans divers mouvements (indépendantiste, féministe, contre-culturel, syndicalisme de combat, groupes populaires, Parti communiste ouvrier, En lutte), la tentation est grande de donner raison à ceux qui ont cherché à disqualifier les engagements politiques radicaux ou révolutionnaires en les ramenant à des problèmes psycho-pathologiques : « Le militantisme peut, même, re-marque-t-il, conduire à un état quasi schizoprène » (p.83); « Le militantisme, fait-il dire à une militante interrogée, est un excès de jeunesse » (p.115).Et nombreux sont ceux et celles qui, au moment de leur « rupture militante », « entrent en dépression ».Dans le chapitre consacré au récit de sa propre vie de militant,, Piotte avoue lui-même qu’il a vécu sa « remise en question » « dans la plus extrême douleur; dans la plus grande confusion, dans la plus totale dépression » (p.51).Que d’erreurs de jeunesse ! Que d’illusions ! Que de belles années perdues ! La Communauté perdue, de Jean-Marc Piotte, est moins une « première histoire du militantisme des vingt-cinq dernières années au Québec » qu’une réflexion personnelle, alimentée de discussions avec une trentaine d’ex-militants.L’auteur, jrofesseur de sciences politiques à ’U QA M, a mis de côté ses ouvrages théoriques et oublié les cours de méthodologie qu’il a suivis; il ne nous fournit une analyse approfondie ni de l’action et de l’orientation idéologique des différents groupements politiques contestataires, ni des événements qui ont marqué les années 70.Au contraire, guidé par quelques intuitions, et fort de sa propre expérience, Jean-Marc Piotte se sert des confidences recueillies pendant des entretiens semi directifs qui prennent souvent la forme de « véritables séances de thérapie » pour esquisser un « premier bilan du militantisme ».Le regard qu’il porte sur le militantisme et qui vaut principalement pour les organisations marxistes-léninistes qu’il a combattues, est « sévère, impitoyable, implacable » : autosacrifice des militants, organisation hiérarchique et autoritaire (comme l’armée) dogmatisme, ravages de la mode althussérienne, erreurs et échecs nombreux.« Les espoirs poursuivis se sont dissipés.[.] Les militants ont sacrifié des plaisirs, quelques fois des études ou un plan de carrière, pour des causes perdues » (p.125).Faut-il s’étonner qu’ils aient vécu la fin de leur militantisme « comme une peine d’amour » et qu’ils soient aujourd’hui désenchantés ?Sensible au drame personnel des militants, Jean-Marc Piotte cherche à comprendre; il scrute rapidement leur passé (mobilité ascendante ou descendante).Comment de tels engagements politiques ont-ils été possibles ?se demande-t-il.Sa réponse peut apparaître facile : d’abord un besoin de dévouement qui n’est qu’une transposition au niveau de la politique d’un rapport aux autres (missionariat) inculqué par la religion catholique; ensuite un « désir de communauté » qui provient du Québec des années cinquante ».Aussi près du vécu des militants soit-elle, cette analyse ne nous fournit une explication ni du développement des groupements politiques dans les années 70 ni de leur déclin rapide au cours de la seconde décennie.Tout mouvement social se conjugue au singulier et au pluriel; il trouve ses conditions de possibilité dans une conjoncture particulière qui, tout en rendant nécessaires des changements, rend disponibles ceux et celles qui vont les opérer.Dans une étude somme toute assez légère, Piotte nous en apprend moins sur le militantisme des années 70 que sur son propre itinéraire au terme duquel il se découvre lui-même comme un moraliste et un humaniste.« J’opte, conclut-il pour un possible à l’échelle humaine.» Et s’il se refuse, comme un Pierre Vallière, de « retourner à Dieu », il n'en réitère pas moins son attachement aux valeurs d’espoir, de foi et de dévouement et il nous exhorte à demeurer des progressistes prêts à participer à la résistance qui s’amorce.À ceux « qui n’auront jamais plus vingt ans » reste l'espoir d’être les « compagnons de route » des (futurs) mouvements de jeunesse ! UNION ESSAIS des écrivains québécois LE REEL ET LE THEATRAL ESSAI F* Le réel et le théâtral Nairn Kattan Pour Nairn Kattan, le théâtre représente le point de par age entre l’Orient et l'Occident, théâtre dans le sens de médiation car selon lui le rapport que , Occident établit avec leree passe toujours par la mediation du,héâtre 12,95$ 192 pages p r FautLEDEM pour le croira A LE CONSEIL DE LA VIE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE EST PRÉSENT ~ w au 16e Salon international du Livre de Québec (stand A-3) EN CETTE ANNÉE DE SON 50e ANNIVERSAIRE DE FONDATION VENEZ VOUS RENSEIGNER SUR SON ACTION AUPRÈS DES COMMUNAUTÉS CULTURELLES FRANCOPHONES DE L’AMÉRIQUE DU NORD.VOUS Y SEREZ BIEN REÇUS.?Siège social: 59, rue d’Auteuil, Québec, Québec, G1R 4C2 — Téléphone: (418) 692-1150 la mémoire et la promesse La mémoire et la promesse Nairn Kattan Suivant l'itinéraire biblique Nairn Kattan apprend que l’attente n est pas l’exil et que l’oubli d une promesse non accomplie, la perte d’une mémoire nous plonge dans l’exil._ -, 12,95 $ 160 pages ACTES SUD.pour des romans différents UNE BIOGRAPHIE i RETENTISSANTE TCHAIKOVSKI Le monde secret de la vie d'un grand musicien, son homosexualité, les circonstances de sa mort.Célèbre depuis L'Accompagnatrice et Le laquais et la putain, Ulna Berberova poursuit son oeuvre.Distributeur exclusif : Les Éditions françaises 1411.rue Ampere, Bouchemitle.Qc., J4B 5W2 Tel : (514) 641 0514.871-0111.1 -800-561 -9635 ÇpUq "//S V /) le désir et le pouvoir Le désir et le pouvoir Nairn Kattan Dans cet ouvrage, Nairn Kattan poursuit son interrogation inquiète de nos vies et de notre civilisation et nous incite a poursuivre le débat et la réflexion.198 pages 16,50$ NAIM kattan Le repos et l’oubli Le repos et l’oubli Nairn Kattan Vient de paraître, ce livre de réflexion et d’interrogation sur les clvlisatlons vécues ou oDse.vees par l’auteur 198 pages 16,50 loi hurtubise hmh 7360, boulevard Newman LaSalle (Québec) H6N1X2 Téléphone (514) 364 0323 NWUkzEA de moi-meme DICTIONNAIRE DE MOI-MÊME Jean Éthier-Blais 7,95$ Chaque homme /wssede un alphabet à lui.C'est le sien que.tributaire aussi ilu hasard, lean Idhier Blais propose, dans un style contemporain.vrai monde?9,95$ LE VRAI MONDE ?Michel Trembla1/ » Un grand moment de theatre qui s 'insère dans les plus grandes pages du theatre québécois.» Robert Lévesque, LE DEVOIR L'ECRIT-VENT Benoit Fradette 13,95$ A la fin de sa vie.un vieil original fail le point.Il raconte cl commente son aventure de globe-trotter qui sillonne le Québec et le monde à la recherche du pays humain.Le sang du souvenir LE SANG DU SOUVENIR Jacques Brossard S,95$ «Fctc de l'interprétation, c'est-à-dire fête delà lecture, el fete de l'écriture.Un beau, un très beau livre.» François Ricard.LE DE VOIR ROGER DEUSU LE MERCENAIRE * DE ^ 16% m?Wi LE MERCENAIRE DE LG2 Roger Delisle 17,95$ LaC.I.A.fait appel à lake Kordic, mercenaire québécois, pour discréditer Hydro-Québec.Sa mision: faire sauter la centrale LG2 à Radisson.L'amour et la passion côtoient la haine, la brutalité et le terrorisme.Mon cheval pour un royaume MON CHEVAL POUR UN ROYAUME Jacques Poulin 6,95$ Deux jours pendant lesquels un homme se découvre et découvre la violence.Une histoire de tendresse pourtant, tantôt drôle.Innlôl tragique.Les vacances de MONSIEUR GASTON -.4 MÎ.U LES VACANCES DE MONSIEUR GASTON Tibo 6,95$ Gaston n'est pas très heureux à l'idée de quitter son zoo et ses amis pour le bord de la mer.Pourtant, quelles joyeuses vacances l'attendent.' En vente-chez votre libraire ÉDITEUR 5111,avenueOurocher OUTREMONT QC H2V3X7 tél 273-1150 lÂ/[\ ïM D-12 ¦ Le Devoir, samedi 25 avril 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR De P enfant-Narcisse à la contre-Antigone M ~ Jean E1HIER-BLAIS Æs/K ?Les carnets 'HOTO RADIO-QUEBEC L5 ÉTOILE de Marie-Claire Blais pâlit.Qui lit ses livres ?Pourquoi ?Les étudiants se plongent-ils encore dans cet univers maléfique, soumis aux règles du péché, du remords, de la pénitence ?Y a-t-il place, dans notre littérature désordonnée, tendue vers la satisfaction du plaisir dans son immédiateté, pour un écrivain janséniste ?La réponse est : oui, bien sûr.Toutes les générations ont besoin qu’on leur rappelle l’importance de la condition humaine, de ses faiblesses, de cette blessure que nous portons tous au flanc, qui saigne de péché, l’importance, surtout, de la compassion, de l’acceptation de notre sulfureuse essence.Dès les premières pages de son livre, L’Univers romanesque de Marie-Claire Blais (éditions Fides, 1986), Françoise Laurent note que, par-delà les problèmes qui se posent à l’homme québécois (celui a naître) de 1959, Marie-Claire Blais, dans La Belle Bête, cherche à définir l’être humain.Certes, l’homme dont il s’agit vit au Québec.Il porte les stigmates que nous nous connaissons.Mais c’est dans l'immatérialité de l’aura romanesque qu’il se situera.On peut donner au drame de l’enfant-Narcisse les interprétations qu’on voudra.Marie-Claire Blais fait intervenir tous les mythes, jusqu’à celui de la contre-Antigone.Peu importe.Le mythe qu’elle crée, en le détruisant, n’est-ce pas précisément celui du Québec ?Le Québec confortable de papa ?Presque à la même époque, Anne Hébert avait traité le meme thème, avec une force égale dans l’appropriation.Elle en avait fait une oeuvre violente, mais spécifique; Marie-Claire Blais plonge dans le passé grec comme si elle l’avait vécu.Là où Anne Hébert recherche l’universalité, Marie-Claire Blais l’impose.Face au livre de Françoise Laurent, je me posais la question suivante : quel plaisir particulier ai-je pris à la lecture de Marie-Claire Blais ?Au fil des ans, je l’ai beaucoup pratiquée, sans la connaître.J’avais constamment l’impression de la suivre dans ses lectures.Elle découvrait Kierkegaard, Camus, Dostoïevski, Nietzsche.Un titre d’elle s’attache à chacun de ces auteurs, en sorte que son apport romanesque est une sorte de Télémaque baroque et assourdissant, qui permet de suivre révolution intellectuelle, pendant trente ans, d’une jeune fille qui devient femme faite, à la découverte de son intelligence et de sa sensibilité.J’avoue que ce côté didactique de l’oeuvre me gênait.Je me disais : le jour où Marie-Claire Blais oubliera la mode et découvrira que les plus grands écrivains sont La Fontaine, Mme de Sévigné et Saint-Simon, à quoi aurons-nous droit ?Un recueil de fables, une correspondance, des mémoires-fleuve ?Je ne comprenais pas qu’il y a de tout cela dans son oeuvre et que, fréquentant Nietzsche, butinant dans Kierkegaard, Marie-Clair Blais se forgeait une vision classique du monde.Elle ressemble à un héraut qui proclame d’abord ce qu’il va dire et puis qui le dit en long et en large.On pourrait intituler son oeuvre : Vers le classicisme.Suivre un écrivain à la trace est déjà un plaisir.On a le sentiment qu’une oeuvre se fabrique sous nos yeux, que le lecteur participe à l’organisation de son propre univers romanesque.En compagnie de l’auteur, il transcende le temps.Il y a cette donnée en premier lieu dans la démarche de Marie-Claire Blais.Françoise Laurent insiste sur l’importance de la durée, dans ce bloc d’invention.Les personnage y échappent non seulement au temps, mais à l’histoire.Peut-être Marie-Claire Blais est-elle, de tous nos écrivains, celui qui a le plus misé sur son esprit créateur pour assurer sa permanence, ne pas mourir entièrement.D’abord, la vie.Il faut donc, dans cette optique, que les personnages vivent leur vie intensément.C’est une découverte.Les héros de Marie-Claire Blais n’agissent pas dans la solitude de leur être, définis par eux-mêmes, mais dans ce rapport qui les lie à ceux qui les entourent.Aucun n’a une vie autonome.Ils s’appuient les uns sur les autres, en quete d’une âme-soeur, ou d’une âme-frère.La ville agit fortement sur cette oeuvre, car les hommes ne se découvrent multiples à l’infini que dans les rues et sous le ciel d’une ville.Les premiers romans de Marie-Claire Blais se situent dans un paysage imaginaire qui ressemble à s’y méprendre à une campagne sub-lunaire.Vite, elle les confie à leur véritable contexte, qui est l’asphalte.En ce sens, elle est profondéement québécoise, créant des personnages qui n’ont d’identité que celle qui leur vient de leur appartenance au milieu urbain.J’ai remarqué qu’il n’y avait pas de solitaire dans cette oeuvre.L’homme ou la femme seuls ne le sont que pour quelques heures, le temps de se trouver un compagnon de chaîne.Les personnages de Marie-Claire Blais, qui font bloc, suivent une pente faite pour la multitude.Ils sont donc par définition des citations, inséparables de l’agrégat qui colle à eux et auquel ils collent.L’ouvrage de Françoise Laurent est didactique.Chaque roman de Marie-Claire Blais fait l’objet d’une analyse serrée.L’approche est méthodique et culturelle, loin des poncifs habituels de la critique universitaire contemporaine.Françoise Laurent replace le roman dans le temps qui l’a vu paraître.Elle part du principe que tout livre, quelqu’éternel qu’il soit dans son message et sa facture, est en rapport direct avec son époque immédiate.Cela est particulièrement vrai dans le cas de Marie-Claire Blais, que nous avons vue tributaire de ses lectures quotidiennes; elle est un écrivain qui hume son époque, qui en ressent les préoccupations, qui veut les hausser au rang de la fiction.Phénomène rare dans nos lettres.Françoise Laurent utilise un peu la même méthode, pour expliquer cette oeuvre.Elle replace Marie-Claire Blais dans son temps, dans l’actualité des jours; mieux encore, elle sertit ces livres, les entourant d’une constellation de références qui leur confèrent une densité historique qu’on ne leur soupçonnait pas.Les citations abondent, la plupart du temps admirables et qui permettent de suivre à la trace le cheminement de Marie-Claire Blais, un peu comme ces pierres blanches que le petit Poucet semait dans la forêt et qui lui permettaient, abandonné avec ses frères et soeurs, de trouver le chemin du retour.Il en va de même ici.Suivez le guide.Marie-Claire Blais a eu beaucoup de chance, car Françoise Laurent est un sourcier.Elle va droit à l’essentiel.Quels sont les thèmes privilégiés de Marie-Claire Blais ?L’exil, l’insoumission au jaillissement, la damnation, la mort sous forme d’immolation.Françoise Laurent ne perd jamais des yeux ces formes immenses qui se projettent sur l’oeuvre et la recouvrent.À chaque instant, la conclusion s’impose : comme Marie-Claire Blais a raison, la vie est une moquerie ! Et pourtant non.La vie ne peut pas être placée sous le signe de l’immolation et être cette moquerie; l’homme est un exilé, mais où donc est sa véritable patrie ?Après la mort, on nous attend.Lorsqu’on rêve qu’on est mort et qu’aux Champs élyséens, votre père et votre mère vous ouvrent les bras, dans une lumière qui est amour, la vie qu’on vit à chaque instant est-elle grotesque ?J’ai peine à le croire.Dans cette optique, Marie-Claire Blais écrit son oeuvre comme poussée par la crainte que son destin ne s’achève sans que son destin d’écrivain soit accompli.Et, la lisant, nous comprenons que Marie-Claire Blais : On pourrait intituler son oeuvre « nous vivons à l’ombre de l’Apocalypse.Ce livre de Françoise .Laurent le dit.Je me demandais au début de cet article quel plaisir me procurait (m’avait procuré) la lecture des romans de Marie-Claire Blais.Eh bien ! celui de me hausser à un certain niveau de compréhension de la vie.Il est impossible de parler de cette oeuvre sans entrer dans la forêt des symboles, quotidiens qui deviennent éternels.En ce sens, Marie-Claire Blais, qui est peut-être un grand écrivain, est de toute évidence un écrivain important.Vers le classicisme ».Cependant, son absence de style la dessert.Elle écrit, avec beaucoup de talent naturel, à la va-comme-je-te-pousse.Souvent, elle remplit la page.Cela est impardonnable et le livre si flatteur que Françoise Laurent lui consacre ne fait qu’accentuer cette carence.Et pourtant, ces ouvrages vous font signe.Je me disais, en fermant cette étude sérieuse et toujours vivante d’un écrivain sérieux et vivant, que mon premier livre de vacances serait Visions d’Anna.C’est tout dire.GU É RO Ml U n TE •RAI ruRi E F »ARUTIONS RÉCENTES Claude JASMIN UNE SAISON EN STUDIO -récit -guérin littérature.CLAUDE JASMIN une saison en studio — 11.95$ «UN LIVRE POUR TOUT LE MONDE» «Un récit qui est la découverte d’un autre Claude Jasmin.un livre émouvant où il s’y révèle fragile, révolté et blessé» Suzanne Lévesque (CKAC) «Un livre écrit avec émotion et une colère retenue constamment» Daniel Pinard (CKAC — «La grande visite») GORE VIDAL JULIEN — VIDAL M* m lüh wmm i/A.Üfc DHOMMf — 24.95 $ «UNE OEUVRE DÉJÀ CLASSIQUE» Depuis vingt-cinq ans qu’il a été écrit, la renommée de ce livre n’a jamais cessé de croître et plusieurs spécialistes le considèrent déjà comme un classique de Factuelle littérature américaine.en coédition avec P Âge d’Homme ANDRÉ LEFEBVRE MARIE-VICTORIN Le poète éducateur — 15.00 $ «LA REDÉCOUVERTE D’UN GÉNIE» «Sous la plume alerte d’une des grandes autorités de l’Université de Montréal, les retrouvailles possibles avec le savant, l’homme, le poète, l’éducateur, l’humaniste qu’a été Marie-Victorin».Publié en collaboration avec la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal 1 es rmic.v À paraître en mai 87 JACQUES RIOUX UN JOUR A VAUDOR roman CLAUDE VAUDAUX L'ACHÈVEMENT DE JULIE HARFANG roman Ces deux oeuvres se sont mérité les deuxièmes prix au Grand Prix Littéraire Guérin Distributeur exclusif de Guérin Littérature : Québec Livres I
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