Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le devoir, 1987-05-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE PLAISI LE PLjfSfc LE PL LEP A LE A Nos collaborateurs ont lu .?Meurtres à blanc, de Yolande Villemaire'D-3 ?Les dernières parutions de la collection « roman-jeunesse » à La Courte Échelle/D-3 ?Des poètes québécois dans les revues françaises Vagabondages et Levée d'encre/D-3 ?Les Antigones et Dans le château de Barbe-Bleue.de George Stemer/D-4 ?Oeil de veau, de Fritz J Raddatz/D-4 ?Atlas occidental, de Daniele Del Giudice/D-5 ?Les Égarements de Monsieur René, de Claude Bourgeyx/D-5 ?Le Pouvoir du bangré, de Kabire Fidaali/D-6 ?Des guides touristiques sur Florence, Strasbourg et Les 200 plus belles escales de Méditerranée I) 6 ?Une biographie de la danseuse Isadora Duncan par Maurice Lever/D-6 ?La Belle Entreprise.La revanche des PME en France et au Québec, de Pierre André Julien et Bernard Morel/D-6 ?L'Art de l'impossible.La diplomatie quélfécoise depuis I960, de Claude Morin/D-7 ?Que passe la justice du Roi Vie, procès et supplice du chevalier de La Barre, de Max Gallo/D-7 ?La Pipe dans le mur.de Jean-Claude Deschênes/D-7 ?Les Filles de Caleb.d’Arlette Cousture/D-8 Montréal, samedi 2 mai 1987 Ceux et celles qui nous disent quoi lire PAUL CAUCHON PENDANT DES MOIS, des années, ils font face à leurs angoisses dans la solitude de leur bureau, explorant dans ses moindres recoins une langue mille fois rabâchée qu’il leur faut pourtant réinventer encore et encore jusqu’à l’épuisement.Puis, on les plonge dans le grand cirque médiatique.Ces écrivains solitaires auront quatre minutes et quart pour communiquer l’essentiel de leur vie.Lorsque ça démarre, on leur expédie aussi sec une pub de papier de toilette.J’exagère ?À peine.Depuis des années, le milieu littéraire réclame une émission littéraire télévisée.Depuis des années, les sociétés d’État, dont le mandat est culturel (parait-il), escamotent le problème en promenant la littérature au gré des rares émissions consacrées à la culture, lesquelles effectuent elles-mêmes du slalom dans la grille-horaire, comme c’est le cas avec La Grande Visite à Radio-Canada.Ironie suprême, ce sont des télévisions privées, dont le mandat est de faire de l’argent, qui se sont chargées de soutenir de véritables chroniques littéraires.Bon Dimanche, à Télé-Métropole, fut la première à .présenter des chroniques de livres bien identifiées, et Quatre Saisons a osé l'Impossible, d’abord avec Claude Jasmin, maintenant avec Clémence Desrochers.De nombreuses idées reçues circulent à propos de la performance des écrivains et de la littérature en ondes.Idées abattues en flammes par mes interlocuteurs lors de ce reportage.Les écrivains sont incapables de s’exprimer en ondes ?Comme dans toute autre domaine, certains sont frappés de mutisme, d’autres sont, verbo-moteurs.La littérature n'est pas vendable ?Le discours des années 80 sur la gestion de la culture (ou la culture de gestion ?) a eu au moins le mérite de mettre en lumière l’impact économique de l’industrie du livre.On publie trop de livres au Québec, donc il y en a trop de mauvais ?Suzanne Gi-guère, dont le travail est justement de parler des livres à Radio-Canada, résume : « Le nombre de publications témoigne d’une littérature en ébullition.Dans tous les médias, il y aurait de la place pour des comptes-rendus quotidiens.C’est comme ça que les créateurs feront partie de notre paysage quotidien.» Obsédé par l’existence problématique d’une émission littéraire à la télévision (rien ne nous indique que Les Dimanches de Clémence se poursuivront la prochaine saison), on oublie que la radio a effectué un bon déblayage, depuis quelques années.Radio-Canada FM a pleinement joué son rôle et se paie même le luxe d’une émission d’une heure 30 exclu- sivement consacrée à la littérature québécoise {En toutes lettres.le mardi soir).A Radio-Canada AM, le livre est partout, disséminé selon les différents « créneaux » des émis sions.Les radios communautaires accordent une place privilégiée à la littérature.Les radios privées ont pris le train en marche, et autant Louise Deschâtelets à CJMS que Micheline Ricard à CIEL-FM parlent de livres.CKAC présente, depuis trois ans, un véritable magazine culturel tous les matins, alors que Suzanne Lévesque parle de ses coups de coeur et que, le mercredi, Georges-Hébert Germain rend compte de ses lectures.Ce rapide et incomplet tour d’horizon doit aussi mentionner le long travail de fourmi effectué par Livre d'ici, qui produit annuellement 30 émissions littéraires de 15 minutes transmises gratuitement à plus d’une quinzaine de radios régionales.Un auditoire restreint (environ 80,000 auditeurs) mais qui a ainsi accès à une information introuvable.En ce qui qui concerne la télévision, l'exaspération du milieu littéraire est palpable Four Yolande Fontaine, attachée de presse, « la littérature québécoise est maintenant mieux servie tout simplement parce qu'on écrit de meilleurs livres.Mais les médias ne prennent pas assez de risques, se réfugient trop souvent dans les valeurs sûres.C'est pour ça qu'on voit toujours les mêmes têtes ».Selon une autre relationmste, Nicole Mailhot, >< les écrivains québécois savent mieux se présenter maintenant à la télévision, mais on est dans un système médiatique où il faut jouer le jeu.J'ai déjà été obligée d’arrêter une campagne de presse, l'auteur passant tellement mal à la télé qu’il était en train de tuer son livre ! » Quant à l’animateur miracle, les élus ne se bousculent pas au portil- lon.Pour Paulette Villeneuve, qui re présente un maison française, « à la télévision, on manque de gens qui connaissent vraiment la littérature, qui comprennent les livres et qui ont des talents de communicateur.Il faut savoir faire jaillir chez l’invité ce qui le mettra en valeur ».Pour promouvoir la littérature au petit écran, il faudra donc s’armer d’une patience, d’une foi et d’un esprit missionnaire à toute épreuve, des qualités que notre Sainte Mère l'Église nous a tous léguées ! Et comment celles qui parlent de livres voient elles leur travail ?J’ai rencontré les trois journalistes-chroniqueuses le plus souvent citées par les gens du milieu.?Christiane Charette tient, depuis deux ans, la chronique des livres à Bon Dimanche.De l’avis quasi una-nime, c’est elle qui a le plus d'impact.Suite à la page 0-8 La fierté a un éditeur «Découvertes Gallimard»: peut-être une nouvelle manière de lire.VÉRONIQUE ROBERT collaboration spéciale LA FIERTÉ a un éditeur.Pierre Marchand est breton, il a 47 ans et il dirige depuis 15 ans la section « Jeunesse » chez Gallimard, à Paris.L’objet de sa fierté, et de son voyage éclair au Québec, est la collection « Découvertes Gallimard » de mini-encyclopédies de poche à formule unique, lancée en décembre dernier.Que Pierre Marchand décrit simplement comme « les plus beaux livres de poche du monde ».Dire que les 12 titres déjà parus ont remporté un vif succès serait un Pierre Marchand : résumer les connaissances actuelles comme Voltaire avait tenté de le faire il y a deux siècles.PHOTO JACQUES GRENIER euphémisme injurieux : la série collectionne les prix comme d’autres des timbres; le directeur de Libération l’a qualifiée d’« événement éditorial de l’année », tandis que Le Monde en est à son troisième article (dont un à la Une) avec même — ô consécration — une photo ! « Découvertes Gallimard » ne vise rien de moins qu’à résumer de manière passionnante les connaissances actuelles dans tous les domaines, un peu comme Voltaire avait tenté de le faire il y a deux siècles.Le « parfait honnête homme » du 20e siècle, c’est le lecteur de « Découvertes Gallimard » ! De À la recherche de l’Égypte oubliée à la monographie Picasso, le sage et le fou, La Saga de l’espace ou Alexandre Dumas ou les Aventures du romancier, les ouvrages déjà parus exploitent une recet te dont les ingrédients n’avaient jamais été réunis entre deux couveriures, et surtout pas en « poche » : auteurs spécialistes de la plus haute tenue, découpage ingénieux, mise en page révolutionnaire, qualité exceptionnelle du pa- pier — glacé —, de la reproduction, de l’impression — en cinq couleurs, un noir mat faisant ressortir les illustrations —, reliure cousue.Le tout à un prix « de poche » : entre $ 15 et 8 20.« J’avais l’estomac noué, la première fois que j’ai dit que c’était la plus belle encyclopédie du monde », dit Pierre Marchand, faisant miroiter l’étrange et magnifique couverture des Vikings.« Mais je peux le prouver.» « Le photograveur de Picasso a comparé les épreuves devant les tableaux de Picasso.Le volume sur l’Égypte contient deux fois plus de documents que tous les ouvrages sur le sujet réunis, et même des documents inédits dénichés dans les caves de la salle Champollion.» La dernière section de chaque titre, intitulée « Témoignages et documents » et imprimée sur un papier différent, peut être modifiée lors d’éditions subséquentes.« Cette formule permet une mise à jour constante, comme l’addition des deux expéditions archéologiques en Égypte depuis la parution de notre ouvrage, au cours desquelles les Américains , ont découvert un tombeau et les Japonais, passé une pyramide au scan ner.Elle permettra aux Anglais de remplacer les objets du Louvre par ceux du British Museum, aux Italiens, par teux du musée de Turin.» Car les encyclopédies « Découvertes Gallimard » ont été achetées par plusieurs éditeurs étrangers et seront traduites en 10 langues.Mais les exemplaires ont déjà voyagé avant de sortir en France : ils sont imprimés à Trieste, « chez le meilleur imprimeur d’Europe pour la couleur », et reliés à Padoue.« Ce n’est pas pratique, mais la qualité passe avant tout.Notre Picasso et notre Goya sont prodigieux.» Autant dire que Gallimard prenait de sérieux risques financiers avec cette collection où rien n’a été fait à rabais.« Picasso est protégé par la Spadem — les droits d’auteur — qui ne fait aucune concession sur les Suite à la page D-8 I Ecrire l’amour c’est parler de soi La 15e Rencontre des écrivains oscille entre le mythe de l’amour courtois et les catastrophes de l’amour fin de siècle JEAN ROYER Ecrire l’amour, est-ce le faire ?Non, bien sûr, ont répondu en choeur, mais pour des raisons bien différentes, la cinquantaine d'écrivains du monde et du Québec réunis autour de ce thème pour la 15e Rencontre des écrivains qui avait lieu à Montréal en fin de semaine dernière.« Écrire l’amour » ?La Rencontre a fait voler en éclats la réponse.Écoutez, par exemple, le Brésilien Geraldo Mello Mourào : « L’amour, on ne le fait pas, on l’écrit.» Au contraire, lui répond le Québécois Noël Audet : « Ecrire l’amour, c’est l’écrire, non le faire.» En fait, on en a vu et entendu de toutes les couleurs, au cours de ce colloque qui oscillait entre les anciennes conceptions de l’amour littéraire et les catastrophes de l’amour contemporain entamé par le sida, que nos littératures n’ont pas encore assimilé.Entre le pléonasme « écrire l’amour » et les néoplasmes de « l’amour-sida », entre l’amour des mystiques et la violence de la pornographie, se sont affrontés des fem- mes et des hommes qui semblaient venir de différentes planètes.Heureusement qu’un amoureux de parole bretonne, Pierre-J akez Hélias, a dit et chanté le poème de « la pierre noire ».Sa culture est en train de s’éteindre mais sa langue, qu’on ne comprend pas, a quand même réuni tout le monde dans la même émotion d’un poème d’amour.De quel amour parlait-on ?Voilà la première vraie question.Il fallait distinguer l’amour littéraire de l’amour vécu.Pour certains, il faut s'agripper aux grands mythes.L’éternel combat se passe entre Éros et Thanatos, rappelle Philippe Dracodaïdis, et c’est l’écriture qui fait basculer la balance au profit de l’amour.D'ailleurs, ajoute-t-il, on ne peut parler d’amour sans femme.Mais la femme est-elle l’objet de l’amour, pourrait-on se demander dans notre époque post-féministe ?Le macTiisme venu du berceau de notre civilisation peut-il encore se défendre ?Il me semble qu’on pourrait au moins admettre aujourd'hui qu’il y a dans l’amour deux sujets et que l’objet de l’amour, c’est « l’autre amour», pensais-je tout seul, en écoutant ces écrivains cramponnés aux littératures d'avant les nôtres.Ou bien faudrait-il regretter, comme Mourào, la désacralisation de l’amour et l’effritement de ses vieux modèles dans des spécialisations où changent les frontières de l’amour, comme l’a rappelé Herbert Gold ?« La beauté n'est pas fixe et l’amour contemporain est en mouvance », vous répondra Nicole Houde.Faut-il dire, comme Peter Schneider, que les nouveaux héros de l’amour sont ceux qui le font malgré le sida, ces nouveaux Ulysse qui, eux, succombent au chant des sirènes de fin de siècle ?Ou faut-il « désespérer de la fragilité du sentiment amoureux qui ne trouverait sa durée que dans l’écriture ?» demande Lise Ha-rou.«Je n’ai d’autre réponse que l’amour que je porte et qui m’écrit.Un amour heureux qui a pourtant une histoire.Je suis d'accord avec Madeleine Ouellette-Michalska : « Ce qui importe, c’est d’intégrer le corps dans sa vision du monde.Sinon, les hommes vont au bordel et les femmes ne servent qu’à la reproduction.Sinon, le corps n’est qu’un en-trop dont on ne sait quoi faire.Il faut réaliser la réinsertion du génital dans le corps global, la réconciliation du corps et de l’esprit.Pour l’émergence d’une tendresse qui fasse partie de l’amour et de la vie.» L’amour dont parlent les écrivains est certes sublimé.Il n’est pas directement transposé de la réalité vécue, rappelle Lise Harou.Il s’agit d’un amour transfiguré, défiguré.« L’amour, dans la vie, est un langage sans mot.L’amour, dans l’écriture, c’est parler de soi », précise Gaston Miron.Il faut distinguer l’amour écrit de l’amour vécu.Tout discours amoureux est un discours sélectif.« Quand j’écris, dit Gaston Miron, je suis en corps à corps avec un texte.Écrire l’amour n’a plus rien à voir avec le vécu.C’est peut-être la vingtième version et c’est peut-être la première version.» Ces distinctions éclairent des affirmations strictement littéraires.Suite à la page D-2 Sérigraphie originale créée par Roland Glguère pour la 15e Rencontre internationale des écrivains.x r.\ \ CV * s.v- L'ENTŸCiÔpiSï DU canada TROIS TOMES (dans un bottier): 250 $ L’ENCYCLOPÉDIE DU CANADA L’OUVRAGE DE RÉFÉRENCE LE PLUS IMPORTANT QUI AIT JAMAIS ÉTÉ PUBLIÉ AU PAYS ! • 8 000 articles • 3 500 biographies • 2 200 pages • 1 600 illustrations • 300 cartes • 7 ans de travail • 3 000 collaborateurs «À peine sortie des presses, L’encyclopédie du Canada se vend comme des petits pains chauds» Véronique Robert, Le Devoir (Plus de 20 000 exemplaires déjà vendus en prépublication) Stanké •es Edition» Internationales Alain Stanké , 2127, rue Guy, Montréal H3H H D^2 ¦ Le Devoir, samedi 2 mai 1987 -L LE PLAISIR fa LE PLAISIR LE PLAISIR t-E FLAISIR LE PLAISIR es J • livres LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Prix littéraires de Laval LE PREMIER Grand Prix littéraire de la Ville de Laval, commandité en collaboration avec le ministère des Affaires culturelles, est allé à Frédéric Charbonneau, 19 ans, étudiant en littératures orientales à McGill, pour un récit et des poèmes.Il reçoit une bourse de $ 1 000.Cinq autres prix, commandités par des caisses d'économie et des caisses populaires de Laval, ont été décernés par le jury.Chacun des textes soumis au concours était signé d’un pseudonyme.Les autres prix sont donc allés à Anne-Marie Alonzo ($750), Di-Anne Robin ($ 500), Robert Deschamps ($ 500), Monique Goyer et Chantal Tison, 16 ans ($ 500), et Marie-Claire Hébert, 14 ans ($ 250).Des 308 textes reçus, 74 venaient d'écrivains de moins de 20 ans.Prix Adrienne-Choquette LE PRIX Adrienne-Choquette de la nouvelle, attribué sur manuscrit, a été décerné cette semaine à Claude-Emmanuelle Yance pour son livre Mourir comme un chat, que publient les éditions L’Instant même.Le deuxième prix a été attribué à L'Araignée du silence, de Louis Jolicoeur, et Visages d’Albert Lowestein, d’André Lamontagne.Le jury était composé de Michel Champagne, président de la Société des écrivains (section de Québec), André Berthiaume, ancien lauréat du prix, et Jean-Paul Beaumier, éditeur.Pas moins de 28 manuscrits avaient été soumis au concours, ce qui témoigne de l’essor de ce genre littéraire au Québec.Le magazine Nuit blanche et les éditions L’Instant même réunissent plusieurs écrivains de recueils de nouvelles à leurs stands du Salon du livre de Québec, qui accueillera aussi, aujourd’hui à 16 h, sur la scène centrale, une labié ronde sur la nouvelle.Paul-André Bourque animera la discussion à laquelle appelle une « anthologie », préparée sous la direction de Patrick Coppens, président de la Société littéraire de Laval.Si vous n’avez pas encore été approché, faites-vous connaître au numéro de téléphone 334-0329.Cahiers du cinéma ON PEUT désormais se procurer à Montréal, dès parution en France, les numéros des Cahiers du cinéma.La librairie Olivieri (Côte-des-Neiges) fait venir les exemplaires par avion (ce qui augmente légèrement le coût de la revue).D’autre part, cette librairie, spécialisée dans les livres étrangers, tient en permanence sur ses rayons la collection des Cahiers du cinéma.Place aux poètes LE MERCREDI 6 mai à 21 h, Janou Saint-Denis présente des extraits de son livre La Roue du feu secret ( Leméac).Elle est accompagnée de France Bonneau, jeune poète, et Jacques Beaudry, poète et musicien.LES ONDES LITTÉRAIRES À la télévision de Radio-Canada, demain à 13 h, l’invité de Denise Bombardier à Rencontres est l'écrivain Albert Memmi, auteur du célèbre Portrait d’un colonisé.Au réseau de Télé-Métropole, demain entre midi et 14 h, Reine Malo propose, à Bon Dimanche, la chronique des livres par Christiane Cha-rette et la chronique des magazines par Serge Grenier.À CIBL-FM (104,5), à 19 h, Yves Boisvert lit des pages de Michaël Delisle (Mélancolie, éd.de la nbj), à son émission Textes.Au réseau Quatre Saisons, demain à 22 h, Les Dimanches de Clémence porte sur les « visions Les Dimanches de Clémence, demain soir à Quatre Saisons : de gauche à droite, Monique LaRue, Claude Charron, l’animatrice Clémence Desrochers, Guy Deshaies et Robert Baillie.participeront Monique Proulx, Gaétan Brulotte, Claude-Emmanuelle Yance, Gilles Pellerin, de Nuit blanche, et André Carpentier de la revue XYZ.Prix de littérature de jeunesse Le Conseil des arts du Canada a fait connaître les noms des lauréats de ses prix de littérature de jeunesse pour 1986.Quatre bourses de $ 5,000 chacune sont attribuées pour le texte et l’illustration de livres de jeunesse de langue française et de langue anglaise.Les lauréats sont Raymond Plante pour le texte de Le Dernier des raisins (Québec/Amérique), Stéphane Poulin pour les illustrations de Album de famille (éd.Michel Quintin) et As-tu vu ma Joséphine ’(LivresToundra).Du côté anglophone, les lauréats sont Janet Lunn et Barbara Reid.Si le haïku vous intéresse IL EXISTE une société du haiku, qui regroupe déjà 75 poètes s'intéressant à ce genre de poésie orientale.Cette société produit un bulletin d’information et publie les haiku de ses membres.Pour toute information sur cette société, on peut s’adresser à : Haïku-Canada, 67, rue Court, Aylmer, QC, J9H 4ML Lettres québécoises dans Le Monde DANS SON ÉDITION du vendredi 24 avril, le journal Le Monde consacre une page aux « lettres québécoises ».Pour une fois, l’événement-prétexte d’une telle page n’est pas politique mais strictement littéraire.Autrement dit, Le Monde des livres semble désormais vouloir considérer la littértature québécoise pour elle-même.Les journalistes Geneviève Brissac, Pierre Drachline et Maurice Le Lannou présentent, entre autres, des livres récents, publiés en France, de Michel Tremblay, Jacques Brault, Gérald Godin, Madeleine Gagnon et Chrystine Brouillet.Anthologie des auteurs lavallois SI VOUS ÊTES un auteur ou un écrivain résidant à Laval, vous êtes susceptibles de participer à ce qu’on de voyages ».L’animatrice Clémence Desrochers reçoit Monique LaRue (Plages, Québec/Amérique), Claude Charron, lecteur invité, notre collègue Guy Deshaies (En voiture, VLB) et Robert Baillie (Les Voyants, l'Hexagone).A TVFQ (câble 30), demain' à 21 h 30, Bernard Pivot présente Apostrophes.(Reprise le dimanche suivant à 14 h 30.) À Radio-Canada, à 23 h, Francine Marchand et Daniel Pinard animent le magazine culturel La Grande Visite.Au réseau de Radio-Québec, à l'émission Télé-Services, à 18 h 30, Louise Faure reçoit un écrivain par semaine.Au réseau Vidéotron (câble 9), lundi à 15 h, Richard Bernier anime l’émission Pour la littérature.Au réseau Vidéotron (câble 9), lundi à 21 h 30, Écriture d'ici, animé par Christine Champagne et Marcel Rivard, reçoit Madeleine Ouellette-Mi-chalska.L'émission est reprise le mardi à 13 h 30 et le dimanche à 10 h 30.À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine à 13 h, Suzanne Giguère et Louise Saint-Pierre parlent littérature et théâtre aux Belles Heures.À la radio MF de Radio-Canada, le 4 mai à 16 h 30, dans la série La Séduction, l’émission de cette semaine porte sur « L'image et le corps ».Claudette Lambert a comme invités Marie-Louise Pierson, mannequin, Lise Watier et le couturier Michel Robichaud.Réalisation de Jean-Guy Pilon.A la radio MF de Radio-Canada, les 5, 6 et 7 mai à 16 h, l'équipe du magazine En toutes lettres remplace celle de Libre Parcours pour présenter des reportages sur la 15e Rencontre québécoise internationale des écrivains, qui avait lieu à Montréal ces jours-ci.À la radio MF de Radio-Canada, mardi à 21 h 30, Réjane Bougé anime En toutes lettres, le magazine d'actualité de la littérature québécoise, réalisé par Raymond Fafard.A la radio MF de Radio-Canada, jeudi à 16 h 30, à l'émission Positions, l’animateur François Ricard reçoit son ami le poète Jacques Brault Réalisation d'André Major.Ecrire l’amour Suite de la page D-1 Comme celle-ci, de Madeleine Gagnon : « C’est l’écriture de l’amour qui, de tout temps, rend l’amour réel.» Ou comme celle-là, de Christian Hubin : « Écrire est le véritable acte d’amour.» Je retiens cette précision de Nicole Brossard : « L’amour nous fait très souvent écrire.Dans la synchronie parfaite de tous les univers qui s’agitent en nous.L’état amoureux nous fait voir une autre dimension du monde.» Pourquoi écrit-on l’amour ?Les raisons les plus vieilles sont parfois les meilleures, dirait l’autre.Celles des mystiques, celles des troubadours, "celles des romantiques.André Ricard les a bien résumées : « La plupart du temps, écrire l'amour c'est en dire le besoin lancinant, le manque tragique dans des vies prisonnières de ce qui en est l’envers : l’indifférence, la voracité, la fureur.» On écrit l’amour parce qu’on n’arrive pas suffisamment à écrire sa vie, ajoutera Nairn Kattan.Bon.L’histoire littéraire nous ap prend, en tout cas, que les hommes ont changé de manière d’écrire l’amour à chaque siècle, note la Libanaise Vénus Khoury.-Ghata.De l'amour comestible de Louise Labé à l'amour ravageur de Philippe Sellers, puis de l’amour courtois dans l’absenc.e de la femme à l'amour du marquis de Sade dans le mépris de l’autre, l’amour s’est écrit selon dif férents modèles.Pour sa part, Micheline La France évoque certaine littérature aujourd’hui désuète, celle qui a oublié de parler de « la pomme», c’est-à-dire de l’amour même : « Le désir de la femme absente inspira aux poètes les chefs-d’oeuvre de la littérature romantique.La déception devant la femme présente inspira aux romanciers les chefs-d’oeuvre de la littérature réaliste.» En cette fin de 20e siècle, l’amour devrait, certes, s’écrire tout à fait différemment.Quel amour, sans la présence de l’autre ?Quelle littérature, sans renouveler les modèles ?Je dirais qu’écrire l’amour ne le rend pas plus réel mais autrement mythique.Je dirais qu’écrire l’amour, c’est parler de soi à l’autre.C’est faire l’expérience de ce qu’on piourrait encore appeler « le corps mystique ».Écrire l’amour, c’est, comme Edmond Jabès, écrire Le Livre du partage.Puisque seul l’amour peut sauver l’amour.— Jean Royer Le Loisir littéraire du Québec fête ses 25 ans «Quand tu écris, tu ne lis plus de la même façon » JEAN ROYER « NOUS NE SOMMES pas là pour créer une relève d’écrivains au Québec : elle existe.Mais, encore aujourd’hui, après 25 ans d’existence, le défi du Loisir littéraire du Québec reste de démystifier la lecture et l’écriture comme activités qui seraient réservées à une seule élite.Lire et écrire sont des moyens d’expression qui appartiennent à tout le monde.» C’est Jeanne-Mance Dubé qui parle.Directrice, depuis trois ans, du Loisir littéraire du Québec, cette diplômée en sciences sociales, qui est passionnée d’écriture, anime et administre un organisme culturel unique qu'elle définit comme « un grand courant souterrain ».Plus de 1,500 membres individuels et collectifs, en majorité des femmes âgées de 30 ou 40 ans, composent le Loisir littéraire du Québec.L’organisme, qui fonctionne avec un budget de $ 125,000 et qui doit désormais s’autofinancer à près de 50 %, est subventionné par le ministère du Loisir et fonctionne avec seulement deux employés permanents.Quelles sont ses activités ?En 1986-87, près de 70 ateliers d’écriture, de lecture et de formation à l’animation du livre et d’innombrables rencontres avec des écrivains ont occupé ses membres à travers le Québec.Les membres du Loisir littéraire ont aussi accès à un mini-centre de documentation à Montréal et à une revue, L’Êcrilu, publiée quatre fois l’an, qui ouvre ses pages à des .écrivains en herbe.De plus, deux publications, Écrire à loisir et Suivez le guide, init ient le public à la mise sur pied d’ateliers d’écriture et de clubs de lecture.En somme, le Loisir littéraire du Québec est au livre ce que les ciné-clubs ont été au cinéma : un lieu d’échanges et d’émulation.C’est aujourd’hui le rendez-vous de la littérature québécoise.D’ailleurs, l’évolution de l’organisme est intimement liée à l'intérêt croissant du public pour la littérature d’ici depuis 25 ans.Les fêtes des « Retrouvailles », qui réunissent, en fin de semaine à Montréal, les membres et les artisans qui ont fait vivre le Loisir littéraire depuis 25 ans, sont l’occasion de rappe- LIBRAIRIE HERMÈS 1er l’histoire de l’organisme.Quatre appellations ont désigné, depuis un quart de siècle, ce mouvement dont l’évolution ressemble à celle du Québec culturel : Les Jeunesses littéraires du Canada français (1961-1979) ; Les Jeunesses littéraires du Québec (1969-1977), la Fédération québécoise du loisir littéraire (1977-1983) ; le Loisir littéraire du Québec (depuis 1983).C’est une religieuse, soeur Rose de l’Assomption, qui fonde l’organisme afin de faire connaître aux jeunes la littérature contemporaire du Canada français, en 1961.S’inspirant des Jeunesses littéraires françaises, elle organise, dans sa classe de lie année, des activités reliées à la découverte de la littérature.Cinq ans plus tard, le mouvement compte 43 groupes à travers le Québec.Dans les années 70, le mouvement doit se détacher du réseau scolaire pour survivre.L’accent sera mis sur la littérature comme loisir.Il réunira désormais, non pas des groupes scolaires mais des clubs de lecture.Depuis quelques années, les ateliers d’écriture sont devenus la principale activité du Loisir littérature.« Il y a un immense besoin d’expression au Québec actuellement et c’est incroyable de voir combien de gens veulent écrire », dit la directrice Jeanne-Mance Dubé, qui ajoute : « Quand tu écris, tu ne lis plus de la même façon.» Grâce au Loisir littéraire du Québec, comme le dit sa directrice, « l’écriture appartient à tout le monde ».Jeanne-Mance Dubé, directrice du Loisir littéraire du Québec.FautLEDEVQïR pour le croire! Venez garder avec nou apostrophes le dimanche a année 21.95 S ISBN 2 89091 067 9 Ll LU rTSoi»15 1120.av.laurier ouest, outremont, montreal • 274-3669 s C’est dans le processus de reproduction humaine dans sa totalité que s’articule l’idéologie de la suprématie mâle.En comprenant mieux ce processus de la reproduction, qui est à l’origine de leur oppression, les femmes pourront commencer à entrevoir leur potentiel et leur propre libération.Un livre essentiel à la théorie féministe.les éditions du remue-ménage La guerre froule * Y commence EDITIONS COMPLEXE Quand l’Histoire nous renvoie au présent.Le XIXe siècle: La bourgeoisie triomphe.Quand l’Histoire nous renvoie au présent.EDITIONS COMPLEXE Le système communiste peut-il se libéraliser?CCA WJt © v Quand l’Histoire nous renvoie au présent.Distribution en librairie: Diffusion Dimedia l'histoire en poche Le Devoir, samedi 2 mai 1987 M D»3 LE PL A .Six /jt>c LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es T • livres Eh poche , le premier roman de Yolande Villemaire: un thriller gigogne Plus près de Simenon sans Maigret que d'Agatha Christie MEURTRES À BLANC Yolande Villemaire Les Herbes rouges collection « Typo » 1987, 125 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN AVANT DK tenter de rendre le plaisir vicieux que j'ai pris à me tordre les méninges pour suivre les signes de piste de Yolande Villemaire, je voudrais souligner la qualité et la beauté des livres de poche publiés par les éditeurs québécois.Je ne nommerai pas Stanké, VLB, Québec/ Amérique, Leméac, Les Herbes rouges, de peur d’en oublier.Qu’il suffise de constater qu’ils ont tout ce qu’on attend d'un livre de poche.D'abord, de nous donner accès, à bon marché à des oeuvres d’écrivains qui ont fa leur marque.Ce pays étant plein d'arbres et d’écrivains, les uns es autres nous fournissant notre oxygène, on devrait s’empresser de lès collectionner, ces petits livres, avant qu’ils ne périssent, les uns et les autres, sous les retombées venues d’ailleurs.On les fait beaux et complets, avec notes biographiques et biblio-raphiques.Ces « manuscrits » qui.e nos jours, naissent souvent sur disquette, on peut se demander pourquoi ils finissent en coûteuses briques.Ce sont Les Herbes rouges qui rééditent le premier roman de Yolande Villemaire dans la collection '« Typo ».Dixième titre de cette collection, c’est pourtant le second livre de cet écrivain que « Typo » nous présente en format compact, l'autre étant La Vie en prose, qui a établi une fois pour toutes le talent singulier de Yolande Villemaire.• Talent singulier ?Cette musique particulière de Yolande Villemaire, « animatrice du réseau télépathique L’Ombre jaune », je l’entends encore dans ma tête à cause de La Constellation du Cygne, roman publié par La Pleine Lune, qui recevait le prix du Journal de Montréal en 1985.Celia Rosenberg dans Paris occupé par les Allemands.Celia Rosenberg, dont le seul nom entame encore dans ma tête les premières notes d’une symphonie pathétique en mode mineur.Elle ne parlait pas l’allemand, il ne parlait pas le français.Ils s'aimaient, ce qui les dispensait de se comprendre.Mais c’est de Meurtres à blanc qu’il s'agit ici, premier roman publié en 1974.« Roman policier pour rire », dit le prière-d’insérer.Pas de quoi rire puisque les cadavres s'accumulent sur le passage de Marie Du-breuil, alias Liliane Desjardins, alias Nancy Desjardins, alias Nancy Du-breuil.Tout y est des règles du genre : les alias, les supputations méthodiques à la Hercule Poirot, les apartés au lecteur complice (toujours un peu moins qu’il ne le souhaiterait).Plus près du Simenon sans Maigret que d’Agatha Christie.Pour le reste, c’est unique ! Marie Dubreuil, agent secret de profession, écrit pour meubler les temps'creux.Dans ce métier, on attend souvent.« J'écris, point », dit-elle, à l'ouverture du rpmaih Écrivant pour meubler les temps morts, elle finira pourtant par se demander si ce n’est pas là, sur la page, le seul signe de sa réalité.Son enquête, dont le motif est à clarifier, la fail voyager, comme on s’y attend dans ces’romans-là.Chicoutimi.Toronto, Québec, Province-town.Dans ses chambres d’hôtel successives, elle décrit le voyage de Caroline et son errance à la récherche d'un énigmatique Abdul.Tanger, Rabat, Marrakech, Madrid.Les cadavres pleuvent sur le passage de Marie.Une véritable heca-to’mbe ! À tel point qu’elle en vient à douter d'elle-même et, malgré son habileté à déjouer la police, sa lo-îque succombe devant l'implacable vidence.Ça finira mal !.Si l’auteur se plie aux exigences du thriller, c’est en s’en riant élégamment.Importe, surtout, le ton qu’elle établit dans la narration.Il y a déjà, dans son premier roman, ce qu’on re- Yolande Villemaire : cette musique particulière.trouvera de meilleur dans les suivants.Déjà, une phrase scandée qui a son propre élan et qui semble inviter la lecture à haute voix.Si bien lancée, cette phrase, que la narratrice peut la laisser aller.« Dors en paix, petite Caroline.Je ne sais pas, moi non plus, ce qui te guette (ou te menace) derrière la porte de ta chambre maghrébine.Écoute les longues plaintes d’une mendiante qui chante au loin sous le ciel étoilé d'Afrique .» Cela s’appelle faire confiance au lecteur.On peut reconnaître déjà beaucoup d’audace formelle dans la construction de ce roman gigogne qui se retourne sur lui-même, avec ses personnages dédoublés, hantés par tvau-tres personnages et piégés par l’empire des signes.Audace aussi de l’invention villemairienne pimentée d’ésotérisme qui flirte constamment avec les frontières de la conscience.Dès ce premier roman, Yolande Villemaire s’imposait comme un écrivain doué d’une voix et d’une vision singulières.Les malheurs de Rosalie ou l’éloge La dernière fournée de La Courte Échelle ' * de l’enfance LES CATASTROPHES DE ROSALIE Ginette Anfousse illustré par Marisol Sarrazin LE JOURNAL INTIME D’ANI CROCHE Bertrand Gauthier illustré par Gérard Prischeteau LA PATTE DANS LE SAC Sylvie Desrosiers illustré par Daniel Sylvestre* ATTERRISSAGE FORCÉ Joceline Sanschagrin illustré par Pierre Pratt La Courte Échelle collection « roman-jeunesse » LITTERATURE JEUNESSE DOMINIQUE DEMERS APRÈS JIJI, Pichou et Fabien, Ginette Anfousse lance une nouvelle héroïne, Rosalie, lointaine cousine d’une certaine Sophie, née d’un autre temps et d’un autre pays.Mais l’écrivain derrière Les Catastrophes de Rosalie n’a que faire du ton moralisateur de cette, chère comtesse qui nous légua Les Malheurs de Sophie.Rosalie aurait aussi pu s’appeler Jiji : deux petites espiègles enjouées, impitoyables observatrices de leur entourage, pleines de bougeotte, délicieusement sympathiques et terriblement enfants.Les deux personnages n’ont rien à voir avec les petites filles modèles aux beaux cheveux blonds et aux doux yeux bleus.Jiji arbore fièrement sa tignasse de rouquine et Rosalie étale une masse de cheveux noirs en bataille.Mi-réelle, mi-personnage de bande dessinée çvec ses contours caricaturaux, Rosalie nous propose un joyeux éloge de l’enfance, assorti d’une critique impitoyable de ces êtres farfelus et irraisonnables appelés adultes.Ginette Anfousse en a fait une « orfeline » aux prises avec sept mères adoptives : sept tantes aux mille travers avec qui elle partage une grande maison et une vie mouvementée, boulevard Saint-Joseph.Derrière les déformations et les exagérations, l’étonnante histoire traduit une vision du monde qui n’est pas simplement cocasse.Comme toujours, l’auteur nous promène dans les lieux de l’enfance en guide avertie.Elle sait peupler les décors, fignoler les discours, dénicher les situations et inventer les anecdotes pour dessiner avec humour et complicité la géographie particulière du pays de ces grands enfants qui ne sont pas encore adolescents.Comme dans ses oeuvres précédentes, Ginette Anfousse livre un récit bien mûri, une écriture soignée mais sans préciosité.Un petit roman d'une grande conteuse qui réussira sûrement à rallier aussi bien les jeunes boulimiques de littérature que ceux qui boudent la lecture.Des illustrations jeunes et toniques, signées Marisol Sarrazin, servent aussi bien Ginette que Rosalie.?Bertrand Gauthier avait lancé A ni Croche l’an dernier.Depuis, le personnage s’est approfondi et habite avec plus de conviction l’univers de ses 10 ans.Fidèle à lui-même, Bertrand Gauthier ne se contente pas d’amuser : il traduit les interrogations et les réflexions d’une société où enfants et adultes ne savent plus trop comment cohabiter.Son parti pris pour l’enfance est évident : les adultes sont coupables d’incompréhension et d’immaturité ! Ani, au contraire, fait preuve d’une grande sagesse et d’un fort penchant pour la psychologie.C’est ainsi qu’elle réussit à percer la personnalité complexe d’Elisabeth, la blonde de son père.« Au fond, Élizabeth est un grand bébé.Encore plus que moi.Elle a constamment besoin de toute La poésie québécoise en revues françaises VAGABONDAGES n 66, février-mars 1987 « Poésie québécoise » Paris, 119 pages (diffusée au Québec) LEVÉE D’ENCRE n“2, mars 1987 « Québec vivant » Paris, 94 pages (diffusée à Montréal) JEAN ROYER UN NOUVEL intérêt se fait voir chez les Français pour la poésie québécoise actuelle.Cet intérêt n’est plus exclusivement politique mais bien littéraire.Par exemple, le journal Le Monde du vendredi 24 avril consacrait une page entière aux « Lettres québécoises ».On voulait souligner, non pas une visite du premier ministre québécois mais la parution de plusieurs lures d’écrivains québécois à Paris.D’autre part, notre poésie semble retrouver son charme auprès des éditeurs littéraires français.Ignorée de Paris dans les années 70, alors qu’elle se faisait les dents à l’écriture dans son petit laboratoire, la poésie québécoise redevient parole dans les années 80 et intéresse aussitôt les lecteurs de l’Hexagone.La revue Vagabondages, pour une, a même demandé à un poète québécois, André Roy, de réunir une anthologie de la poésie actuelle.Ce qu’An-dré Roy a réussi avec brio.Il a choisi une cinquantaine de poètes vivants ayant publié au moins trois recueils depuis les années 60.Ces critères nous valent un panorama prospectif de notre poésie dans ses diverses tendances et générations.André Roy a surtout retenu des poèmes qui ont le mérite de faire entendre le lyrisme des voix et les préoccupations thématiques des poètes.Pour compléter cette anthologie, l’équipe de la revue parisienne a choisi d’honorer particulièrement Gilles Vigneault comme « le poète du mois » dont on présente 25 pages de textes.De son côté.la jeune revue Levée d’encre consacre plusieurs pages de son second numéro au « Québec vi- L’ÉCRIVAIN PUBLIC LOGIDISQUE vant », Cette mini-anthologie qui réunit huit poètes, en collaboration avec la revue Sud, est précédée d’une préface amicale de l’éditeur François Vignes.Au sommaire de Levée d'encre, on retrouve aussi une sorte de scoop littéraire, soit une série de dédicaces du critique Alain Bosquet au poète René Char.On lit la « fervente admiration » du critique qui, sans réponse du poète, se met à le « descendre » ensuite dans les pages du Monde.Voilà une illustration amusante du jeu littéraire parisien, qui n’a rien à voir avec la littérature.DIS COLAS PRÉSIDENT DE PEPSI-COIA ROGER ENRICO H O 278 pages - $29,95 Roger Enrico, grâce à son style tonique et au rythme d'un ouvrage mené comme un spot publicitaire, transmet, sa passion de l'exercice de la res-ponsabilité managériale au plus haut niveau.La guerre des colas convie le uns et les autres à un safari de marketing stratégique.Chez votre libraire InterEditions Diffusion: Diffulivre l’attention de mon père.Moi, à 10 ans, il faudrait que je sois plus raisonnable qu’elle.C’est beaucoup me demander, fu ne trouves pas ?» Réaliste, ce personnage d’Ani ?Chose certaine, il traduit un malaise et se fait l’écho d’une société qui ne sait plus trop ce qu’est un enfant et ce qu’est un adulte et de quelle matière devraient être tissés les liens qui les unissent.Le Journal intime d'Ani Croche présente de bons et de moins bons moments.Lorsque Ani nous parle de ses.musiciens favoris, le récit tombe dans la banalité et les monologues séréotypés.Mais, lorsqu’elle profite de l’heure du lunch pour quitter son existence trop banale d’élève de l’élémentaire afin de hanter les couloirs de la polyvalente et de sè métamorphoser en glorieuse étudiante du secondaire, Ani est tout à fait irrésistible.Elle peut alors résumer en quelques lignes le charme suprême et indéniable d’une polyvalente : « De l’ambiance, de la bonne musique, de beaux garçons, des hot dogs et des frites.Tout ce qu'il faut pour être heureuse.» ?La nouvelle fournée de romans-jeunesse à La Courte Échelle réunit aussi une histoire policière, La Patte dans le sac, de Sylvie Desrosiers, et Atterrissage forcé, un roman d’aventure de Joceline Sanschagrin.Légèrement énigmatique et truffé de quelques trouvailles habiles, La Patte dans le sac ne réinvente rien mais saura intéresser les détectives amateurs.Dommage que l’aventure glisse dans ce manichéisme primitif quelque peu détestable dans lequel baignent les aventures en série bon marché.Ainsi, le gros méchant qui a entraîné le chien Notdog à franchir la frontière en transportant de la drogue travaille dans une fourrière parce qu'il n’aime pas les animaux : « En tuer quelques-uns de temps en temps, ça lui-fait du bien ( !)» Atterrissage forcé nous livre une écriture forcée servant une histoire touffue mettant en scène Wondeur, une super-héroïne qui aurait pu naître de l’union de Superman avec quelque bonne fée.L’idée du personnage n’est pas mauvaise, mais la narration dérape et les joyeux étonnements ne réussissent pas à faire oublier un récit qui décolle difficilement et s’écrase trop souvent.ROGER DRAGONETTI TerDragoneW Le mirage des sources .Toute littérature n'est-elle pas à équidistance d'un "vrai” cl d’un “faux”?Quelle est, par rapport à cette situation,* la position spécifique de l'écrivain médiéval?Qu'attend-il de la littérature, lui qui vit dans un univers religieux où le vrai est à la fois garanti et inaccessible, et où, face A lui, l'art ne peut relever que du “faux”?Roger Dragonetti montre comment P'écrivain” médiéval assume la “fiction” littéraire en l'inscrivant dans son texte même.Afin que le faux puisse être la médiation du vrai.272 p.- .14,'»* SEUIL PAUL ZUMTHOR Pau\ Zumthc* Uleuteetwvc SeuiU^ Reprenant, dans ce qu'il tient pour une vue finale, l'ensemble de son oeuvre — désormais classique — sur le Moyen Âge, Paùl Zumthor reproche à l'ensemble des spécialistes (lui-même compris) d'avoir trop négligé le fait qu’il n'y eut presque jamais littérature écrite avant la fin du Xllle siècle, qu'il s'agissait de textes oraux et que nous devons les lire aujourd'hui en pensant toujours à la voix.Une première partie reconstitue les conditions sociales où les textes étaient dits, quasi joués; la seconde montre les références faites è l'oralité dans les textes mêmes et jusque dans leur structure.352 p.- 38,951 SEUIL i D-4 Le Devoir, samedi 2 mai 1987 LE PLAISIR //A LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR 'es J • livres Le portique des « petites ourses » (prêtresses de la déesse Artémis), à Vavrone, sur la côte de l'Attique.% f-ÂK.I* V/ -**§ ¦ Pourquoi l'Occident, impuissant à créer des « mythes fondateurs », a-t-il recours à l'Antiquité pour les redire obsessionnellement ?LA VITRINE DU LIVRE ROMAN Pascal Bruckner, Parias, Points/ roman, n R270, 384 pa ges.L'AUTKUR de l’essai controversé Le Sanglot de l'homme blanc a publié, en 1985, un roman sur la confrontation de l’Occident et de l’Orient.Parias, qu’on réédite aujourd’hui en format de poche, raconte, en effet, la fascination qu’exerce l’Inde et ses innombrables contradictions sur divers Occidentaux.Jusqu’où peut aller cette fascination ?Trop loin, malheureusement.Face à la misère, un homme décide d’alléger la souffrance des nécessiteux en les tuant dans un geste d’amour et de compassion.Allégorie de l’aide aux pays en voie de développement ?Roman initiatique d'une prise de conscience (l’auteur a vécu près de sept ans en Inde) ?Un peu de tout cela, mais surtout un grand portrait envoûtant de l’Inde contemporaine.Madeleine Ouellette-Michalska, La Danse de l’amante, les éditions de la Pleine Lune, 64 pages.L’HOMME, l’amante, la mère, là fille et le fils cherchent leurs mots pour dire les relations d'interdépendance.Au milieu de tout cela, entre les lignes, c’est l’amour et le désir qui finissent par se dire.Ce texte dramatique, de l’auteur de L’Échappé des discours de l'oeil, a été diffusé sur les ondes de Radio-Canada.Une postface, presque poétique, Photo AP ÈkmikéÊ Jorge Luis Borges.de Chantal Chawaf, sur le rapport à la mère, complète le volume.LECTURES Jacques Derrida, Ulysse gram maphone.Deux mots pour Joyce, Galilée, coll.« La Philosophie en effet », 143 pages.Marcel Rioux ' r « TYPO sais », 190 pages.CETTE ANALYSE détaillée de quelques textes pubüés chez Parti pris, entre autres Le Cassé, de Jacques Renaud, La Ville inhumaine, de Laurent Gi-rouard, La Chair de poule, d’André Major, et Pleure pas Germaine, de Claude Jasmin, permet à l’auteur d’éclairer la nature subversive de ces récits et de déterminer l'influence de Parti pris sur la littérature québécoise.Hubert Nyssen, Lecture d’Albert Cohen, Actes sud, 137 pages.UNE LONGUE fréquentation des textes d’Abert Cohen a permis à Hubert Nyssen de saisir au plus .près la logique et la continuité de cette oeuvre dispersée.Une lecture intelligente et pertinente qui souligne la construction, les thèmes récurrents, les valeurs véhiculées et la cohérence entre les différents textes de l’auteur de Belle du Seigneur.Jorge Luis Borges, Neuf essais sur Dante, Gallimard, coll.« Arcades », 119 pages.CE N'EST un secret pour personne, le regretté Borges adorait l’oeuvre de Dante.Dans cet ouvrage, on peut apprécier l’art du commentaire du poète argentin.Neuf lectures qui nous offrent, chacune, un aperçu d’une relation privilégiée à un texte aimé.POCHE Marcel Rioux, La Question du Queoec, L’Hexagone, coll.« Typo », 273 pages.CE LIVRE, publié la première fois il y a plus de 15 ans chez Seghers, voulait faire le point sur la situation du Québec tout en prenant position pour l’indépendance du Québec.L’auteur, sociologue et professeur à l’Université de Montréal, ne renie rien de ce qu’il y promouvait.Cette édition revue et corrigée arrive à point nommé pour ranimer, une fois encore, le perpétuel débat constitutionnel.CES DEUX essais de lecture de l’oeuvre de James Joyce sont des transcriptions de deux conférences de Jacques Derrida.Celui-ci nous parle de son rapport aux textes de Joyce, il les répète dans d’autres langues, il multiplie et divise les voies d’accès à l’oeuvre : bref, il tourne autour.La circonstance de la circonférence circonscrit toute cette lecture.Max Roy, Parti pris et i’enjeu du récit, Centre de recherche en littérature québécoise, coll.« Es- Pierre Bourgault, Le Plaisir de la liberté Entretiens avec Andrée Lebel, VLB éditeur, coll.« Second Souffle », 235 pages.TOUT UN PERSONNAGE, ce Pierre Bourgault ! Sans jamais avoir été élu député une seule fois, il a réussi à devenir une des personnalités marquantes de l’histoire du Québec.Dans ces' entretiens, ce grand orateur de la trempe de Henri Bourassa se raconte à voix basse, dans un ton intimiste qui lui sied bien.— GUY FERLAND Nous sommes tous des Grecs LES ANTIGONES George Steiner Gallimard, 1986, 332 pages.DANS LE CHÂTEAU DE BARBE-BLEUE notes pour une redéfinition de la culture George Steiner Folio/Essais, .1986, 156 pages.LETTRES^ ETRANGERES HEINZ WEINMANN NOUS SOMMES à la fois infiniment proches et infiniment loins des Grecs.Nous courons le marathon à Montréal; nous organisons des jeux Olympiques autour d’une flamme apportée par relais d’Athènes; notre régime politique, la démocratie, vient en droite ligne également d’Athènes, son premier lieu d’expérimentation; nos catégories de pensée et notre logique (dialectique, principe de contradiction, etc.) ont été préformées par Platon et Aristote; jusqu’à Oe-dipe et Narcisse qui ont trouvé un regain de vie dans la psychanalyse de Freud.« Nous sommes tous des Grecs », commentait le poète anglais Shelley.Pourtant, cette identité proclamée avec la Grèce antique ne doit pas nous cacher la distance sidérale qui nous en sépare.Nous parlons d’autres langues; notre Dieu, unique et jaloux, a vidé l’Olympe des divinités anthropomorphes qui se chamaillaient comme des Terriens.Certes, les hellénistes philologues et mythologues ont tenté de combler le fossé qui se creuse entre nous et l’antiquité grecque en jetant des ponts explicatifs.Ponts à tout jamais vacillants, hypothétiques : rien ne nous assure qu’ils mèneront sur la terre foulée par Périclès ou Sophocle.Aucune reconstitution « scientifique » ne nous rendra jamais la tragédie attique, morte depuis que les amphithéâtres grecs ne résonnent plus du chant des choeurs à jamais tus, des cris poignants des Médées ou des Antigones subjuguées par un Destin (Moira) qui n’est plus le nôtre.> Après avoir fait le deuil de la tragédie (La Mort de la tragédie), George Steiner, philosophe bien connu du langage et de la culture (Après Babel, Heidegger, Langage et Silence, Dans le chateau de Barbe-Bleu qui vient d’être réédité en livre de poche), cette fois s’attaque à ce paradoxe plus subtil qui veut que la tragédie grecque, morte au cinquième siècle avant notre ère, vit toujours (nous l’avons senti viscéralement lors de la récente représentation de Médée à Montréal) et nous fait toujours vivre avec une intensité suprême.Dans son dernier livre, Les Antigones, l’auteur amorce une des réflexions contemporaines les plus perspicaces sur l’osmose secrète qui se fait entre la tragédie grecque et nos sensibilités modernes apparemment toutes tournées vers l’avenir.Plus profondément, il cherche une réponse à cette question qui a déjà tant hanté nos mythologues : pourquoi l’Occident, impuissant à créer des « mythes fondateurs » (Don Juan et Faust étant les seuls mythes modernes), a-t-il recours à l’Antiquité pour les redire obsessionnellement ?U ne tragédie est au centre du débat de Steiner : l'Antigone de Sophocle.Depuis sa représentation en 441 av.J.-C., cette tragédie n’a cessé d’être traduite, représentée, adaptée.On compte des centaines d’adaptations depuis l’Antigone de Robert Garnier à la fin du X Vie siècle jusqu’à celles d’Hôlderlin, d’Anouilh ou de Brecht, sans oublier les nombreux opéras qui se sont inspirés du sujet, de Scarlatti à Arthur Honegger et Carl Orff.Bien plus, avant que Freud ne rende « complexe » l’Oedipe, Antigone aura été le personnage de la tragédie grecque qui a le plus retenu l’attention des philosophes du 19e siècle.L’étoile épistémologique d’Antigone se lève aux aurores de la Révolution française pour faiblir avec L’Interprétation des rêves, au début de notre siècle.Depuis, Oedipe parricide et incestueux fascine davantage que la virginité combative d’Antigone.Après tout, on reste dans la même famille.Témoin privilégié de cette gloire dont Antigone a été auréolée au siè- cle dernier, Hegel voit en elle « parmi toutes les splendeurs du monde antique et du monde moderne .l’oeuvre d’art la plus haute, la plus satisfaisante ».Pas étonnant qu’il consacre dans sa Phénoménologie un vibrant hommage à la « sororité » et à l’amour entre frère et soeur qu’Antigone poussa jusqu’à sa mort.On sait qu’Hegel aimait passionnément sa soeur et que son frère est mort dans la lointaine Russie.Voilà les éléments d’un « roman familial » antigonien.Derrida s’en souvient et sa glose sera la glose de Hegel sur Antigone dans Glas.L'ait à noter, pour la première fois dans l’herméneutique de l’Antigone sopho-cléenne, chez Hegel, Créon cesse d’être le cynique tyran machiavélique pour représenter une force, une loi necessaire face aux exigences ( Gebot) de l’éthique privée de la famille.Kierkegaard, lui, n’échafaude pas de théories au(ourd’Antigone, il va droit au but en affirmant tout de go qu’il a « passé avec Antigone toute une nuit d’amour ».Ce fiancé nordique d’Antigone partage avec elle un même secret horrible : celui du passé honteux d’un père tombé en disgrâce.Le père du philosophe danois n’a-t-il pas renié Dieu un jour sur la lande du Jutland ?L’Antigone kierkegaardienne vit VAngst (angoisse) moderne engendrée par l’incertitude de notre situation existentielle.On le voit, l’Antigone sophocléenne foisonne, devient plurielle, créant des faisceaux de variantes.Bien qu’il ait passé sa vie à les recueillir, l’auteur s’avoue vaincu d’avance par la force proliférante du sujet d’Antigone qui a l’universalité du mythe.Comment accéder aux avatars japonais, Slovènes ou arméniens d’Antigone, à moins d’être un « homme de parole » de la trempe d’un Hagège ou d’un Dumézil ?F'ort heureusement, Steiner résiste à la tentation pan-hellénisante qui consiste à considérer toutes les variantes ultérieures comme des sous-produits abâtardis de la noble Antigone sophocléenne.Inutile de gratter le palimpseste des Antigones, en quête d’un original précédant So- phocle d’où toutes seraient issues ! Plutôt, toutes les « Antigones » disséminées à travers pays et siècles constituent une mosaïque qui ne cesse de se constituer autour d’un même centre rayonnant, invisible.Enfin, Steiner nous explique pourquoi, à travers les âges, Antigone n’a jamais perdu sa force d’interpellation.C’est qu’elle pose, condensées à l’extrême, les cinq questions essentielles auxquelles doit répondre toute société.En effet, à travers le conflit qui oppose Créon à Antigone, il s’agit de savoir quels sont les rôles respectifs de l’homme et de la femme dans la société, quel doit être le rapport entre les jeunes et les « anciens », quels sont les droits de l’individu face aux diktats des représentants de l’État, quelle est la place des morts parmi les vivants et, enfin, comment les humains se situent par rapport au divin.Évidemment, ce qui ressort très clairement à la lecture de ce livre magistral, c’est qu’Antigone est la tragédie de la crise, de l’homme devant l’absurde auto-destruction de la guerre : ne sçnt-ce pas deux frères, Polynice et Étéocle, qui s’auto-dé-truisent dans leur rage guerrière aveugle ?C’est pendant ces périodes de carnage barbare que le cri d’Antigone, traversant les pays et les siècles, s’est toujours fait entendre.R.Garnier écrit son Antigone au temps des guerres de religion en France.Désespéré des boucheries sauvages de la guerre des tranchées de Verdun, R.Rolland en appelle à L’Antigone éternelle (1916) au nom des 300,000 cadavres laissés sans sépulture.En pleine occupation allemande (1944), Jean Anouilh emprunte encore la voix d’Antigone devant la rage destructrice des deux frères ennemis.Enfin, dans le film Allemagne en automne (1979), H.Bôll a encore recours au mythe d’Antigone pour exprimer son désarroi devant la mort mystérieuse d’Ul-rike Meinhof, « enterrée vivante » dans sa cellule.Antigone restera des nôtres tant que les guerres mettent en péril la condition humaine.Autant dire qu’elle ne nous quittera jamais.Une lucidité acérée et rieuse Connaissez-vous Raddatz, celui qui semait la terreur dans les lettres germaniques?OEIL DE VEAU Fritz J.Ftaddatz Flammarion, collection allemande, 142 pages ANDRÉ ROY BÔLL, GRASS, Hàrtling, Schneider, Strauss ne sont plus des inconnus pour ceux qui s’intéressent à la littérature allemande contemporaine.Mais Raddatz ?Pourtant, ce nom a semé la terreur dans les lettres germaniques.En effet, F’ritz J.Raddatz a été critique littéraire et a dirigé pendant 10 ans le service culturel du Die Zeit.Maintenant grand reporter pour ce même.journal, il a été, des années durant, redouté par les littéraires et les artistes.Éditeur, essayiste, cet homme de gauche a publié en 1984 son premier roman, Oeil de veau, qui a été plutôt mal accueilli là-bas.Et pourtant, Bernard Lortho-lary a eu raison d’inaugurer sa collection allemande chez Flammarion par ce livre bref mais fulgurant.Oeil de veau rejoint la prose des écrivains des années 70, connue sous le vocable de « nouvelle sensibilité » ou « nouvelle subjectivité » (voir à ce sujet le dossier de Nuit blanche, n" 21, décembre 1985).Prose caractérisée par l’autobiographie, là où le vécu personnel sert de point d’ancrage au sujet allemand pris dans une histoire traumatisante, lourde d’un passé honteux, culpabilisateur.Ce roman puissant puise donc dans l’enfance de l’auteur, atroce, faut-il dire : le vert paradis des amours enfantines y prend le visage brûlant et terrible de l’enfer.Déjà le titre intrigue : Oeil de veau ?C’est pourtant le surnom dérisoire dont est affublé Bernd-Joôrn Coeur de chien, de Boulgakov, paraît enfin MOSCOU (AP) — Le court roman de l’écrivain Mikhaïl Boulgakov, Coeur de chien, une satire mordante de la société soviétique dans les années 1920, va être publié pour la première fois en URSS en juin prochain et en plusieurs épisodes, a annoncé cette semaine la revue littéraire La Bannière.Les critiques littéraires occidentaux estiment que ce récit, écrit en 1925, compte parmi les meilleurs romans satiriques de l’ère soviétique et les plus belles oeuvres de Boulgakov.Né à Kiev en 1891, Boulgakov est mort en 1940 d’une maladie des reins.Coeur de chien raconte la transplantation d’un coeur humain sur un chien, qui, du même coup, devient doué de raison et de parole.Le manuscrit de Coeur de chien, saisi par le KGB sous Staline, ne fut jamais publié en URSS.Ensuite, l’écrivain tomba sous le coup de la censure avant d’être « redécouvert » dans les années 1960.Wallher, à cause de ses grands yeux.Ce sobriquet lui a été donné par sa soeur Hermine, elle-même surnommée « l'Escargot ».Ce fils d’un directeur financier, âgé de 10 ans, de la frivolité berlinoise, sera jeté dans les atrocités de la guerre, qu’il traversera d’un air hagard, accroché à la vie comme un chat qu’on tente de noyer (il est souvent comparé à un chat, parfois à un rat, toujours en animal affamé).Nigaud sans grande imagination, Oeil de veau apprendra la débrouillardise (dans le marché noir tout particulièrement), mais aussi l’insolence, la roublardise, l’escroquerie, le vol.La nouvelle femme de son père, la destruction de la maison familiale, l’agonie puis la mort paternelles, le chaos berlinois, les lois inhabituelles et inhumainês de la guerre le rendront invulnérable, sans désir.Sans désir parce que nourri de la soif d’avoir, de survivre dans un monde éclaté, Bernd connaîtra le cynisme et non la souffrance, la ruse et non la bienveillance.N’existe que son corps dont il découvrira, à la fin du roman, la sensibilité en se léchant (comme un chat ! ), afin d'être tout tendu de désir pour son professeur, Mme Geroldstein, dont il possède la photo.Sa première nuit d’amour, il la passera seul, dans la rencontre imaginaire avec lui-même : « Désir sans partenaire », conclut abruptement Fritz Raddatz.Le gros garçon aux yeux trop grands de 1940, qui deviendra un gaillard mince, robuste et séduisant en 1945, n’aura aucune perception, ni de lui-même, ni des atrocités de la guerre, ni de la folle libération so-viéto-américaine.Tout à sauver sa peau, il n’est que nervosité, rapidité, curiosité, gourmandise.Il veut le bonheur mais il ne sait pas que c’est ça qu’il veut.Nous sommes loin ici du roman d’apprentissage glorieux tel que nous Ta enseigné la tradition littéraire germanique.D’horreur en horreur, la vie de Bernd n’est qu’un vertige.La libération n’annonce qu’une possibilité de survie différente.Lutter, voler, monnayer deviennent, comme le note l’écrivain, son érotisme.Comme la mort qui ne fait pas partie de son monde, la sexualité de Bernd est infléchie, tordue; elle est une inconnue pour lui qui, cependant, n’a pas été épargné par elle (dans presque chaque chapitre surgit une scène sexu- Meurtre dans : /«" Diffusion en librairie: Dimedia 9,95$ ISBN 2 89091 068 7 Margaret Atwood 27 nouvelles fascinantes, déroutantes et souvent amusantes.les éditions du remue-ménage inc.elle violente jusqu’au dégoût).La sexualité revêt les oripeaux d’un mauvais rêve.Mauvais rêve comme ce roman qui plonge dans l’enfance pour faire remonter à la surface un inconscient collectif allemand.Regard sur Bernd et les siens, Oeil de veau possède une lucidité acérée et rieuse qui éclaire les années terribles de l’Allemagne.Moins un récit d’éducation qu’un portrait clinique qui s’en tient au primat du réel.Pas de paraphrase ici mais une écriture rapide et sèche qui ne fuii pourtant pas la poésie ni le baroque.Pas d’emphase mais l’exactitude, le détail qui dit l’effondrement, la déchirure.Un ton implacable et ironique pour décrire le poids de l’irrémédiable, de l’irrévocable, pour évoquer l’intensité de l’enfance d’un Oeil de veau jamais aimé et, pour cette raison peut-être, indestructible comme ce désir qui réussit à renaître de lui-même à cause de la photo d’une femme.e LES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 - Trois-Rivières, Québec - G9A 5G4 VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉ(E) AU LANCEMENT DES OEUVRES SUIVANTES Extase et Déchirure de Claude Beausoleil 12,00s Essai, co-édition, La Table Rase Le Violon vert de Pierre Chatillon 8,00s Les mémoires artificielles de Michael Delisle 5,00$ Dans la distance des liens de Côme Lachapelle 5,00$ Midi craqué de Marcel Olscamp 5,00$ LE LANCEMENT AURA LIEU JEUDI.LE 7 MA11987, à 17hres A L’UNION FRANÇAISE.429.Viper est.“ Distribution en librairies: PROLOGUE 2975 Sartelon, Ville St-Laurent H4R 1E6 (514) 332-5860 Par la jloste: DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON C P 500 Trois-Rivières G9A 5H7 (819) 376-5059 1119 LE PLAISIR /Ji\ LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Le Devoir, samedi 2 mai 1987 ¦ D-5 L’espoir du roman de notre «II avait appris la nécessité de se distraire.» ATLAS OCCIDENTAL Daniele Del Giudice Le Seuil, 184 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN IL M E semble qu’être jeune est assez facile : c’est la fa-igue de quelques années; tandis qu’il est plus compliqué d’être nouveau, et qu’il faut s’y employer toute une vie.» Cette confession, Daniele Del Giudice, qui est né en 1949, et qui en est à son second roman, osait la faire, au moment de publier Atlas occidental.En ajoutant qu’« aujourd’hui l’esprit du lieu n’existe plus beaucoup, ce qui me rend curieux, par contre, c’est l’esprit dans le lieu (Benjamin, Kafka)».Comme dans Le Stade de Wimbledon, publié en 1983 en Italie, avec « la bénédiction » d'Italo Cal-vino, l’action de Y Atlas occidental, si l’on peut parler d’action, se déroule dans une ville hors de l’Italie.Et même pas dans une ville : dans une sorte de no man’s land, entre la France et la Suisse.Les deux amis qui en sont les protagonistes chevauchent constamment une frontière.Brahé, qui est physicien, travaille dans l’anneau souterrain européen, à Échevenex, et habite une villa située devant le château, à Ferney-Voltaire.Epstein, romancier vieillissant, vit, temporairement, à Genève, une ville dont il estime qu’elle n’a guère de caractère : « Une ville qui a pour caractère l’hospitalité impartiale, comment se fait-elle valoir ?Il est difficile que la neutralité ait un tempérament .» Que raconte ce second roman de Daniele Del Giudice ?On pourrait, en simplifiant à outrance, parler du récit de quelques rencontres, entre le jeune chercheur de pointe — personnage évidemment bien contemporain.qui travaille sur la physique des particules — et l’écrivain dont le lecteur apprend très vite, par la «transcription» d’une lettre qu’Epstein écrit à son éditeur, qu’il n’écrira plus.( L'intellectuel Robert Bazlen, dans le premier roman de l’auteur, était également un romancier «qui ne publiait rien».) L'Atlas occident a/déborde largement cette trame initiale, cette amitié assez fortuite — qui s’amorce par un accident d’avion évité de justesse — et qui se terminera par une soirée d’adieu devant le lac de Genève, une nuit de feux d'artifice.Prétexte à une description en deux temps : la vision nette, précise, racontée d’une façon .journalistique, et la « recréation » du spectacle « vue » par le vieil écrivain.Fascinant ! Entre-temps, tous les deux regardent le petit monde où ils vivent, et le voient avec les yeux, il faut bien y venir, de Monsieur Pa-lomar.La filiation calvinienne est évidente bien que Del Giudice parvienne aisément, dans ce second ouvrage, à une maîtrise tout à fait personnelle de ses moyens.Il continue d’accorder aux objets une attention extraordinairement soutenue, qui l’a fait comparer, à tort, à un romancier de l’école du regard.Mais ces objets réels techniques — les avions et les voitures, et même les trains jouets, dans une vitrine — sont examinés et décrits selon les rapports qu’ils ont avec les personnes.« La technique est positive, racontait encore le romancier en se confiant au traducteur de son premier livre, René de Ceccatty, non pas dans un sens enthousiasmant, mais comme un désir d’amitié.C’est un terme peut-être inattendu, l’amitié, lorsqu on parle de technique.mais c’est le seul que je voie : une amitié pour notre époque, pour le présent.» Plus sensible et encore mieux démontrée.cette contemporanéité, dans Atlas occidental que dans Le Stade de Wimbledon.Brahé et Epstein sont deux figures très actuelles, participent à des modes de vie qui ne peuvent étonner les lecteurs de cette fin de siècle.Le personnage du scientifique, celui de l’écrivain qui « doute », après une vie réussie, sont de nature à non seulement nous intéresser mais nous émouvoir, à certains moments.Car Brahé et Epstein sont loin d'être coupés de la réalité.Ils rencontrent des gens, dînent en ville, se promènent, dans le jardin en.philosophant familièrement sur toutes choses.Mais leur approche, il faudrait peut-être écrire leur appréhension du réel est originale, souriante, jamais défaitiste.Lorsque Epstein réclame de son jeune ami qu’il lui parle de l’anneau européen, il insiste pour qu’il le fasse avec exactitude : « Pourquoi, pour chaque chose que vous dites, avancez-vous un jumeau que je connais déjà, en m’empêchant de me faire une idée de l’autre ?N’ayez pas peur de me désorienter, uisque ce dont vous parlez est tout fait en dehors de mes orientations .» Et pourtant, Brahé était conscient qu’il était nécessaire d'expliquer : mais « comment expliquer que pour tout ce qu’il voyait, lui, et cherchait à voir, il n’existait littéralement pas d’image, qu’il voyait des choses dont il n’y avait pas d’images, sinon des images conventionnelles et formalisées selon une représentation rigoureuse, aussi arbitraires et puissantes, par rap- temps; l’esprit dans le lieu ort aux choses, et.» qu'un alpha- Le roman de Daniele Del Giudice est — le sujet le veut-il, cette amitié entre un homme jeune, de formation scientifique, et un sexagénaire.littéraire par goût et par vocation ?- tout à fait chaste Même le baiser, « très long et très doux », qu’échangent, après un après-midi de visite à FenevA’ol-taire, le personnage féminin très épisodique de Gilda et Brahé.son cicerone pour l’occasion, ne parvient pas a sexualiser (!) ce récit.Qui ne manque pourtant ni de charme ni même de références à la vie des gens ordinaires, lesquels ne sont ni chercheurs de pointe ni écrivains célèbres.Passe dans le roman, fugitivement, mais très reconnaissable, le souvenir du coureur automobile québécois Gilles Villeneuve.Traversant un village qui porte son nom, Brahé explique : « Villeneuve n’arrivait presque jamais à la fin, il sortait de la piste, cassait son moteur, faisait un numéro.Mais c'était quelqu’un qui prenait des risques, et j’aimais beaucoup sa générosité», conclut Brahé.On parlera beaucoup, dans les années qui viennent, de Daniele Del .Giudice, romancier « contemporain », puisqu’il faut bien lui coller cette étiquette, mais romancier qui pratique une éminente qualité, celle-là même qu’il prête à son personnage, le jeune chercheur : « Il avait compris que les choses les plus importantes ont lieu dans la distraction, non pas dans la concentration, et il avais appris la nécessité de se distraire.» Heureuse distraction qui nous vaut ce roman intéressant et inattendu.Dans la production désespérément.allen due du roman d'aujourd’hui.Daniele Del Giudice : on I a comparé, à tort, à un romancier de I'« école du regard » PHOTO LE SEUIL Pour une nouvelle Les égarements d’un romancier.LES ÉGAREMENTS DE MONSIEUR RENÉ Claude Bourgeyx Arlea, 216 pages MONIQUE BOSCO D’APRÈS MOI, entre la critique et l’oeuvre, il devrait y avoir un minimum d’empathie, de respect, d’intérêt.Pourtant, quand on accepte de suivre l’actualité et de recevoir, au hasard, les services de presse, on risque fort de ne pouvoir se tenir parole.Ainsi, égaré sur mon bureau, Les Égarements de Monsieur René, de Claude Bourgeyx.Deux feuillets, sur commande, c’est beaucoup pour vous annoncer que Claude Bourgeyx est né à Bordeaux en 1943 et que ce, roman, publié aux éditions Arlea, est son troisième livre.Le premier, Les Petits Outrages, publie en 1984, a eu droit, paraît-il, à cette exclamation du Canard enchaîné : « C’est jouissif.» Rien de plus subjectif, sans doute, que les jugements de la critique.Relisons donc Les Fleurs de Tarbes, de Jean Paulhan, pour nous en convaincre.En exergue, Claude Bourgeyx cite Le Clézio : « J’ai de plus en plus l’impression que la vérité n’existe pas.» Me voilà donc rassurée.Pourquoi existerait-elle davantage dans le domaine qui me préoccupe ?Donc, cela commence dans le « nonsense ».Un monsieur, chaque soir, revêtu d’une pèlerine bleu marine, muni d’un passe-partout, va se coucher dans les lits des gens.Sans jamais se faire prendre ou surprendre.Pourquoi pas ! Il repart à l’aube.Passe la journée à se laver, se nourrir de noix et de dattes pour être en forme lors de sa prochaine expédition nocturne.Et puis cela tourne, hélas ! au pseudo-policier macabre.Les cadavres s’accumulent.Monsieur René, en bon héros de la « post-moder nité », se met à écrire ses états d’âme, à commenter l’action.« Il écrit, le cher homme.» Roman dans le roman, « mise en abyme » et autres bébelles chères aux profs.Ceci dit, ce qu’il écrit ne vaut pas tripette mais, surtout, je crois, est intolérable à lire pour toute femme.En tout cas, pour moi.Je manque certainement d’hu- L’ÉCRIVAIN PUBLIC ruée vers l’or mour à mes heures.Mais l’histoire du pauvre enfant trop et mal aimé par sa mère et ses tantes, et qui en prend toutes les femmes en haine, il me semble que, vraiment, on nous l’a trop souvent servi, accommodé à toutes les sauces.Comble de malchance, l’écriture que Claude Bourgeyx utiüse pour ses « mémoires d’un fou » est vraiment trop « plate ».Par exemple, il y a le policier qui écrit : « Les femmes sont des murailles à prendre d’assaut, à vaincre avec le glaive.» Une des jeunes femmes, amoureuse de lui, croit-il, confie au papier : e viaireleS rt1'"e eCla-« énig- facette5 |üt | auta ns |‘Se «Cinéaste, «'^‘arr.bi SS5S»*5!S «¦* t,on ntàlaf°isl aansson {&»*$2*** jpant librairie cornt# à 24,95$ *de France yMercurede SSBr C'estains' en 1545, "Je rom^encent a ^'Jté de « lornm^e,^ réjr* et clerc t07oSsandreJ, Ronsa'V se marierf seigneur dU ^'d;5.«""iaSS1nrup"’ sP0LJSf„e De « J’aime ces hommes fiers, ces eta Ions hautains qui relèvent la tête et se détournent sans un regard.» Et lui, René, se surnommant mo destement le Grand Éjaculateur.nous décrivant ce viol dont il rêve : « Alors que d’une main je la maintiens au sol en serrant son cou, de l’autre je fais voler en éclats ses dernières protections.Ultimes remparts avant l’assaut final.Mon sexe s’impatiente comme un guerrier trop longtemps retenu.» Trop, c’est trop, je crois.C’est la derniere fois que je me hasarde à parler de ce genre de texte.Je suis tine ON _est "°" policier* un yrand Savoir été seules prerwe[* qui fsafpar0^aü,,eÜarrand^9néedeS Pa>riciaï ou des B^aaün d'amour.De^^^ungrand.ro^^ronre- elaV0 oftnt un ro^3,0 d Chant due |onrleS motifs I SSi:«==;"“ I inavoués ^ I cioutier.librairie ErU Aux à 14.95$ contre la censure, certes, mais je crois aussi que, dans ce I lot de livres qui parviennent, de partout, aux vi trines des libraires, il faut choisir avec patience, conscience.Autre ment, la «désinformation» s’installe aussi dans ce domaine.11 y a de beaux et grands livres, nécessaires, dont on n’entend, n’entendra jamais parler.La critique devrait avoir la passion tenace du chercheur d’or Découvrant le filon, loin de le gardei secret, elle clamerait bien haut qu’elle a trouvé un trésor et qu’elle cherche à le partager avec le plus grand nombre.omoUÛ .0* APrèsi&nia^fmeemsdu ^Ç'sClesm0enétud|antl’f trilo^f” râme , rerotis de lisrTieocCulin>BM;„is La- *d°nrjs lues- 15 \r\é\e cu^rned'uneffrau.re- .0'^n^5scoA'«,SÜ „cesne.,"r*nnée' urelies„ sr vai ditions à 19,95$ Ramsay, DES AUTEURES QUI S’IMPOSENT i;Auinin VIENT DE PARAITRE MO*V*P,COTÉ Madeleine Ouellette-Michalska possède l’art de chercher la racine de situations contemporaines dans les structures économiques et idéologiques qui leur donnent corps.Agnès Guitard réussit avec une remarquable finesse psychologique à ressusciter sous nos yeux les acteurs d’une exceptionnelle histoire.260 pages, 17,95$ 469 pages, 19,95$ 1 N D-6 Lé Devoir, Samedi 2 mai 1987 LE PLAISIR /Jpc LE PLAISE?LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR \ \ Kabire Fidaali : Carlos Castaèda sans.drogues PHOTO JACQUES GRENIER Florence, Strasbourg et la Méditerranée FLORENCE guide historique et culturel Larousse, 1987, 237 pages STRASBOURG collection Autrement 1987, 215 pages GUIDE DES 200 PLUS BELLES ESCALES DE MÉDITERRANÉE Ély Boissin éditions Amphora JEAN-FRANÇOIS LACERTE FLORENCE, capitale de la Toscane et berceau de la langue italienne, figure également parmi les lieux que l’on pourrait qualifier de « villes-musées ».Chef-lieu incontesté de la Renaissance italienne, les endroits que cette ville offre à visiter sont innombrables : la cathédrale et son baptistère, le paiazzo Vecchio, le palais Pitti et ses merveilleux jardins Bo-boli, le ponte Vecchio qui croise la rivière Arno avec ses multiples boutiques de luxe, l'.église Santa Maria Novella, les nombreuses forteresses, etc.Outre ses monuments, Florence a aussi inspiré de nombreux artistes et créateurs comme Dante, Léonard de Vinci, Michel-Ange.Ville au passé glorieux et à l’architecture variée, ce livre tente avec succès de bien résumer cette histoire qui attire les touristes par centaines de milliers chaque année.Abondamment illustré (en couleurs, ce qui ajoute à la qualité dujivre), cet ouvrage réussit à bien nous mettre dans l’ambiance de la ville et nous fait rêver toutes les beautés qu’elle recèle.Outre la ville comme telle, plusieurs pages sont également .consacrées aux en-'virons de Florence (Prato, Sienne, San Giminiano, Fiesole, qui présente une vue superbe sur la vallée de l’Arno, le Chianti, etc ).Un très beau livre de référence qui a aussi l’avantage d’être facilement transportable en voyages.?La collection Autrement s’est enrichie de ce titre sur la capitale rhénane française.À Strasbourg, le visiteur aux aguets sent deux cultures (la française et la germanique) qui, après de multiples luttes, atteignent aujourd’hui une certaine dose d’harmonie.Dirigé par Francis Bueb et Kabire Fidaali: du rituel à la science exacte LE POUVOIR DU BANGRÉ enquête initiatique à Ouagadougou Kabire Fidaali Presses de la Renaissance collection « De près comme de loin » 220 pages MARCEL JEAN EN DÉCEMBRE 1981, un spécialiste en audio-visuel débarque a Ouagadougou, en llaute-Volta (aujourd’hui le Burkina-Faso).Cet homme, c’est Kabire Fidaali, universitaire d'origine malgache, vivant en France depuis plusieurs années déjà.Passionné de sciences exactes, Fidaali est aussi très curieux des pratiques médicales alternatives.En France, il a mené à bien une enquête sur les médecines douces, de" l’homéopathie à Tacupuncture.À peine arrivé à Ouagadougou, il commence une enquête sur les guérisseurs burkinabés.Il en rencontre plusieurs, mais c'est surtout Barkié, le « bangdba » (homme de connaissance) de Ouagadougou, qui retient son attention.Voici que Barkié prétend que Kabire Fidaali est investi d’une mission et qu’il ¦' il être initié au « bangré» (la connaissance).Commence alors cette initiation où Fidaali est témoin du pouvoir de Barkié, qui soigne de nombreux malades sans véritablement utiliser de médicaments.Puis, à l’aide de nombreux rituels, Barkié apprend à son disciple à séparer les deux connais- / sandes : la connaissance traditionnelle (celle des Occidentaux) et celle du « bangré».Parallèlement à l’enseignement du « bangré », Barkié pousse donc Fidaali à étudier les mathématiques, la physique et la philosophie : « Il faut que tu augmentes ton autre savoir, pour que ce que je dois te donner un jour serve à quelque chose, car avant il faut que tu arrives à séparer encore plus ces deux connaissances » (p.40).Pour Fidaali, c’est le début d’une période de doute.Comment un illettré peut-il l’inciter à étudier des sciences dont il ne doit même pas soupçonner ’’«xistence ?Que veut donc dire Barkié lorsqu’il parle de séparer les deux connaissances ?Rencontré à Montréal il y a deux semaines, Kabire Fidaali explique que « toute démarche initiatique nous entraîne vers des troubles de la personnalité.Le danger est de laisser sa personnalité se disloquer complètement, se déconstruire ».Il fàut donc arriver à savoir jusqu'où on peut aller sans aller trop loin.Dans Le Pouvoir du bangré, Fi-' daali raconte comment un jeune scientifique est ébranlé dans ses certitudes; comment, au cours de ses recherches, l’accès à un autre niveau de connaissance entraîne la dérive de sa méthodologie.On ne peut s’empêcher dejaire le parallèle avec Carlos Castaneda, qui, dans L’Herbe du diable et la petite fumée, racontait sa rencontre avec Don Juan, un Indien yaqui qui lui proposait une ini- tiation.D'ailleurs, les ouvrages de Fidaali et de Castaneda ont plusieurs points communs, ne serait-ce que leur forme où une partie épistémologique succède à un journal discontinu racontant l’initiation en détails (les deux ouvrages sont aussi le résultat de thèses de doctorat).Cependant, à la différence de celle de Castaneda, l’initiation de Fidaali ne passe par l’usage d’aucune droguç.L’accès à l’autre connaissance se fait sans catalyseur, sans apport extérieur.Reste donc à savoir quelle est la mission dont Kabire Fidaali est investi.C’est Barkié, bien entendu, qui lui en donne la clé : « Ce n’est pas une bonne chose d’écrire tout ce que Ton entend.Un jour, tu pourras le faire, mais seulement après que je t’aurai donné quelque chose qui te le permettra et qui te facilitera la tâche.Quand tu auras bien séparé tes deux savoirs, tu pourras écrire tout ce que tu voudras, car tu auras le bangré en quantité suffisante » (p.67).Voilà donc la tâche de Fidaali : écrire, faire connaître, expliquer le « bangré».Ce qu’il a fait en écrivant ce livre et en réalisant un film intitulé L’Interpellation de l’étrange.Pour Barkié, il était nécessaire qu’un homme occidentalisé, un universitaire, vienne, voie et fasse l’analyse du « bangré».C’est pourquoi il a incité Fidaali à continuer d’étudier les sciences pendant son initiation.Et Fidaali fait face à la situation lorsqu’il écrit, dans la partie épistémologiqu conceptuelle de iue : « Toute erreur le ma part risque de faire apparaître le bangré comme un système métaphysique de plus à propos duquel le débat scientifique sera exclu; or je le recherche avec force» (p 176).Et il faut dire que le travail de Fidaali n’est pas sans intérêt, ne serait-ce que parce qu’il représente un effort de vulgarisation appréciable.U tilisant Popper ( La Logique de la découverte scientifique), Kuhn (La Structure des révolutions scientifiques) et Lacan, l’auteur cherche à définir le « bangré » et arrive à bousculer les idées reçues avec assez de force.Du point de vue de l’ethnologie, FidaaÜ arrive à des conclusions qui ne feront pas l'affaire de tous : « Je suis persuadé qu'il y a une unité de toutes les pratiques rituelles.Il faut donc arriver à les aborder directement, en dépassant l’analyse du cadre social.» Voilà pourquoi, après son expérience du « bangré », Kabire Fidaali cherche maintenant un moyen d’aller travailler en Inde, pour étudier le tantrisme et le shamanisme.Convaincu de la valeur scientifique de son travail, désireux de_conserver la crédibilité que Castaneda a perdue (au profit d’une indéniable reconnaissance littéraire), Fidaali ne démord pas et cherche sans cesse la discussion sur une véritable base théorique.C’est sans doute cette détermination et ce caractère frondeur qui le rendent intéressant.Isadora Duncan: comme un roman MATHIEU ALBERT Brigitte Ouvry-Vial, cet ouvrage sur Strasbourg a recueilli 30 textes écrits par presque autan.t d’« amants » de cette ville.Rares sont les simples descriptions de lieux touristique-ment « viçitables ».Les guides de la collection Autrement portent bien leur nom : les auteurs invités dissertent sur Strasbourg, ils nous la font aimer comme’eux l’aiment.Ils nous la font découvrir par leurs sentiments profonds, dans lin style où la poésie fait chanter les mdts.Nous sommes loin des simples descriptions du genre : « à gauche, la cathédrale avec, à l’intérieur, une horloge astronomique datant du 19e siècle et une façade comptant plusieurs verrières construites aux 12e, 13e et 14e -siècles ».Rien de descriptif, donc, mais plutôt des sensations et parfois quelques entrevues.Un livre malheureusement mal illustré, ce qui le rend moins attrayant.?La Méditerranée, cette « mer au milieu des terres », présente d’innombrables possibilités poùr les vacanciers.Les Allemands-vont là s’écraser sur les plages de Rimini ou aux Canaries; les Français envahissent l’Espagne; les Britanniques for-¦ cent les Portugais à parler la langue de Shakespeare.Alors, pourquoi les Québécois n’iraient-ils pas en croisière sur la Méditerrannée ?Berceau de notre civilisation, les pays méditerranéens offrent également une vaste gamme de cultures à dé- -couvrir.Naviguer sur cette mer dans le luxe et le calme, accostant d’un pays à l’autre, permet dè découvrir toutes sortes de civilisations souvent totalement inconnues de notre culture de masse.Ce livre d’Ély Boissin •touche les pays suivants : Espagne, France, Grèce, Italie, Tunisie; Turquie et Yougoslavie, soit un pays méditerranéen sur deux.Avec 200 escales colligées, il est une excellente source de renseignements autant pour les navigateurs de petites embarcations que pour les clients de paquebots luxueux où le seul souci est de mangêr cinq fois par jour.La plupart des lieux décrits sont illustrés par une carte indiquant l’entrée de .chaque port, ce qui fait penser à une carte routière des mers.AU PAYS de la littérature chorégraphique, les ouvrages rédigés avec un souci d’élégance dans la langue ne sont pas légion.Les esthètes, plus familiers des raffinements du langage du corps que des exigences de la prose, enfourchent souvent le stylo avec des lourdeurs de maréchal Mais, du nombre, il existe aussi des auteurs, charitables pour qui les liront, qui ont compris que pour enseigner il^i’est pas inutile de savoir intéresser.Un commentaire en forme de maximes, que Maurice Lever a su admirablement mettre en pratique dans la biographie qu’il vient de consacrer à Isadora Duncan.Par la vivacité et la souplesse de son style, l'auteur procure spontanément à la vie de la danseuse une dimension proche du roman.Au fil des quelque 400 pages de l’ouvrage, nous découvrons'un personnage lâché dans le tourbillon d’une existence traversée avec la fougue de la démesure.Une femme spécialisée dans l’art de faire éclater le scandale, dilapider des fortunes, offusquer le jansénisme des puri- tains.Une femme qui, en fait, ne possédait pour seul talent que celui de toucher à la vérité de son âme par la liberté de sa danse.Une artiste fri-volé et grave, comme le sont les esprits qui s’abandonnent à la gouverne des caprices de leurs humeurs.Néç en 1877 dans les quartiers miteux de San Francisco, Isadora Duncan, aussitôt l’adolescence complétée, traversera l’Atlantique pour faire de l’Europe le sol de prédilection à l’épanouissement de son art.Un art fait de révolte et de candeur, délibérément impudent, qui cherche, dans la frénésie de son éclosion, à Les PME en question LA BELLE ENTREPRISE.La revanche des PME en France et au Québec Pierre-André Julien et Bernard-Morel éditions Boréal Montréal, 1986, 237 pages GIM.ES SAINT-PIERRE LES PROFESSEURS Pierre-André J ulien, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, et Bernard Morel, de l’école des Hautes Études en sciences sociales ( France)*, nous présentent, dans ce livre, des solutions pour répondre à la crise que vivent actuellement les sociétés occidentales en général et le Québec en particulier.Ces solutions sont centrées sur le développement de l’entrepreneurship et des PME comme outil de sortie de crise.Ils proposent aux dirigeants de PME des pistes pour orienter leurs décisions.Ces pistes correspondent à certaines grandes mutations : un nouveau type de consommation plus social et plus respectueux des effets sur la qualité de la vie, plus diversifié, moins matérialiste enfin; la présence de nouvelles raretés telles l'énergie, l’eau, la forêt;1 l'avènement de nouvelles technologies bées à l’informatique; une nouvelle façon de penser le travail.Selon les auteürs, la renaissance actuelle des PME se situe dans la dynamique d’une société en mutation où la crise économique est avant tout une crise de la régulation fordiste qui débuta au lendemain de la Deuxième LES PETITS FORMATS CHEZ L A mélanchier, Tie rJacques Féirron -7,9/$ -^.plaisir de la liberté, de «Pierre ftourgau]^-Maryse, (le Francme Noël - 9,95$ ’¦ Maryse, (te Francme Noël - 9,95$ L'héroïne, de Léon Weinigel - 7,9$ >s*t$ïï£,1 vlb éditeur La petite maison de la grande littérature Guerre mondiale.De plus, à travers la contestation de l’universalité de la loi des économies d’échelle comme garantie d’efficacité, ils observent un phénomène de dégénérescence dans les grandes organisations, qu’ils qualifient de syndrome du dinosaure.Ils insistent sur le fait que la PME est une forme d’organisation flexible qui permet de déployer des stratégies offensives, adaptées à la situation économique et sociale actuelle.Les auteurs s’inscrivent en dehors de la tendance néo-libérale reaga-nienne et résument ainsi leurs pensées : « De même, les petites dimensions n’ont pas que des avantages : il ne s’agit ni de retourner à l’économie concurrentielle sauvage du 19e siècle, génératrice des dépressions économiques générales, ni de préconiser l’égoïsme des petits groupes face aux autres.Petites dimensions et grandes dimensions peuvent coexister et être complémentaires.Mais les premières sont appelées à se dé-velopper-et à augmenter leur importance dans l’économie, permettant une meilleure proximité des citoyens, une .plus grande créativité, un plus grand dynamisme.La multiplication des unités dans un système bien orienté et appuyé par eLES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 - Trois-Rivières, Québec - G9A 5G4 3 POÈTES IMPORTANTS DE FRANCE Édités au Québec Maintenant en librairie Timbres deGuillevic 10,00$ L’apprenti foudroyé de Franck Venaille 10,00$ Embargo sur tendresse de Patrice Delbourg 8,00$ Co-édition L9 Castor-Astral Distribution en librairies PROLOGUF 2975 Sartelon, Ville Sf-Laurent H4R 1*E6 (514) 332-5860 Par la poste DIFFUSION COLLECTIVE RAOISSON C P 500 Trois Rivières G9A 5H7 (819) 376-5059 l’Etat constitue un atout pour la diversité et permet une évolution plus conforme aux besoins changeants de la société» (p.116).D’un style alçrte et accessible, ce livre demeure un outil essentiel pour comprendre le phénomène actuel ^’émergence de Tentrepreneurship au Québec et d’appréhender les grandes tendances du futur immédiat en plus de présenter des solutions pour réconcilier l’homme et l’entreprise.Toutefois, nous aurions aimé que les auteurs s’attardent davantage sur la capacité de l’entrepreneur à percevoir, analyser et intégrer dans leurs entreprises les grandes mutations qu’ils observent.briser le carcan imposé aux femmes par le ballet classique, pour enfin permettre au corps de renouer avec l’authenticité de sa poésie naturelle.Au milieu du scandale permanent qu’aura été sa vie, la danseuse ne trouvera même pas le répit nécessaire à la sérénité dans l’intimité de ses liaisons amoureuses.À l’image de sa vie elle-même, toutes n’auront été que tumulte et désordre.L’aipour n’aura été présent pour elle que sous la forme d’un échec.Le seul répit que le sort consentira finalement a lui accorder sera celui qu’elle trouvera dans la mort, survenue à Nice, en 1927.L’ouvrage de Maurice Lever se parcourt de bout en bout avec la facilité d’un récit.Néanmoins, pour le lecteur spécialisé, le livre comporte un certain nombre d’insuffisances.Par exemple, l’auteur passe systématiquement sous silence les répercussions provoquées par la nouveauté du style de la danseuse sur les milieux chorégraphiques de l’époque.De plus, il s’interdit, hélas ! toute réflexion sur l’évolution personnelle d’Isadora Duncan à travers son art.Nous ne saurons jamais à combien s’élève le nombre de ses chorégraphies (ce nombre fût-il approximatif), ni quel était le procédé de composition privilégié par la danseuse.Finalement, pour faciliter la consultation, il n’aurait pas été superflu d’ajouter à la fin de l’ouvrage un index des noms cités.Dans sa forme actuelle, une fois lu, le livre reste ensuite pratiquement inutilisable.«LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l’histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 |usqu’à son 75ième anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir.exemplaire(s) du livre "LE DEVOIR” J’inclus 19,95$ par exemplair», (3 $ de frais de port et de manutention inclus dans ce prix).NOM:.ADRESSE:.PROVINCE:.CODE POSTAL.:.MODE DE PAIEMENT: ?Chèque ?American Express ?Master Card ?Visa No.de carte de crédit.Expiration:.i LE ?LA .SC /]i\ LE PLAISLP LE PLAISIR LE PLAIS! LE PLAISI 'fîdesT • i /ivres Le Devoir, samedi 2 mai 1987 ¦ D-7 Vingt-cinq ans de relations «internationales» On devine les réactions que la lecture de ce témoignage de Claude Morin suscitera chez ceux qui ont défendu un L’ART DE L'IMPOSSIBLE La diplomatie québécoise depuis 1960 Claude Morin Montréal, Boréal, 1987, 470 pages PAUL-ANDRÉ COMEAU EN REFERMANT le livre de Claude Morin, quelle impression de profonde satisfaction.Un peu comme au moment de quitter un bon roman d’espionnage dont on a pressent i la trame au fil des pages, sans pour autant la cerner avec précision.Avec un rare talent de conteur, l’ancien ministre des Affaires intergouvemementales du Québec vient de publier un ouvrage fondamental qui se situe à mi-chemin entre l'histoire diplomatique et une réflexion sur le cheminement politique du Québec contemporain.À la veille du deuxième sommet de la francophonie, la lecture de cet Art de l’impossible s’avère indispensable pour qui veut s’y retrouver dans l’écheveau des démêlés entre Québec, Ottawa et Paris.Au-delà des querelles de drapeau, la patiente reconstitution de M.Morin structure des épisodes importants de cette intrusion du Québec dans le jeu des relations internationales.Le mérite majeur de cette contribution réside sans doute dans cette tentative de dégager un fil directeur, d’agencer les déclarations et les interventions, d'expliquer mobiles et arrière-pensées de ce qui représente, tout de même, un précédent de taille dans la vie politique internationale de cette seconde moitié du 20e siècle.Peu importe le jugement que l’on peut porter sur cette dimension de la politique québécoise, il s’agit là d’une question intrigante, sinon fascinante pour les spécialistes des relations internationales qui saisissent mal l’enjeu ou la portée des « petits pas » du Québec dans le concert des nations.C’est un autre mérite de cet ouvrage que de fournir une matière ordonnée et de permettre une appréciation dégagée de l’impressionnisme ou des simples préjugés politiques ou idéologiques.De retour à l’enseignement qu’il avait abandonné aux premières heures de la Révolution tranquille, Claude Morin s’est employé à faire ressortir la cohérence des actions internationales du gouvernement du Québec, sous les divers gouvernements qui ont assumé le pouvoir.De la signature avec la France d’une première entente sur l'éducation jusqu’à la participation au sommet des pays francophones, c’est la justification avancée par Paul Gérin-Lajoie qui constitue le fil conducteur de tous ces événements.Prolongement externe de compétences internes détenues, en vertu de l’Acte constitutionnel de 1867, l’intervention du Québec sur la scène internationale devait inévitablement provoquer l’incompréhension, l’agacement, la colère du pouvoir central.Et puis la tentative de contenir, de contrôler, de réduire cette forme d’émancipation qui portait ombrage à un pouvoir jusque là assuré de l’exclusivité des agirs canadiens en matière de politique étrangère.Mise en place des relations avec la France, roman de l'accession à l’Agence de coopération culturelle et technique, intermède d’un gouvernement souverainiste à la recherche d’un nouveau statut constitutionnel, cheminement sinueux vers la convocation du premier sommet francophone : l'ouvrage du père de l’étapisme se charpente autour de ces événements qui ont jalonné les 25 dernières années.Cette histoire, M.Morin la retrace à l'aide d’une documentation dont la richesse ne le cède qu’à la pertinence.Impossible de n’être pas frappé devant l’ampleur de la documentation de première main dont dispose l’auteur.On comprend qu’il puisse citer notes de service, télégrammes, correspondance officielle émanant du gouvernement du Québec.On se surprend de lire des lettres échangées entre Ottawa et diverses capitales de la francophonie, de Dakar à Paris, de Niamey à Libreville.La surprise et un certain ébahissement s'installent lorsqu’ap-paraissent des extraits de procès-verbaux des réunions du gouvernement fédéral canadien ! Plusieurs questions s’accumulent quant aux « complicités » dont a pu bénéficier celui qui avait réussi à polariser contre lui la presque totalité de la classe politique fédérale, sans parler de la haute fonction publique.Et pourtant, les chercheurs sauront gré à M.Morin d’avoir colligé autant de docu- tout autre cours ments de première main : c’est la condition essentielle pour vraiment écrire l'histoire.Cette diplomatie québécoise, encore mal affirmée aujourd’hui, s’est rapidement heurtée à la conception du fédéralisme et des relations internationales entretenues à Ottawa.On ne saurait faire grief à M.Morin de sa tentative de pointer les manoeuvres d’Ottawa pour empêcher l’affirmation internationale du Québec : il défend une politique qu’il a inspirée, façonnée et mise en oeuvre.On devine les réactions que la lecture de cet ouvrage va susciter chez ceux qui, conviction politique oblige, ont défendu un tout autre cours.De l’ensemble des coups portés par M.Morin dans cette minitieuse reconstitution, c’est sans doute l’ancien premier ministre Pierre Elliot-Trudeau qui écope davantage.Il serait exagéré de parler de règlement de comptes, même si l’on devine chez M.Morin une volonté de présenter sa propre version de faits qui ont été interprétés différemment par cet autre universitaire devenu, lui aussi, homme politique dans la foulée de la Révolution tranquille.C’est à ce niveau d’interprétation, d’exégèse que l’ouvrage de Claude Morin donnera sans doute lieu à une nouvelle étape des « échanges virils » entre Québec et Ottawa.Fonctionnaires, diplomates et leaders politiques mis en cause par M.Morin retiendront sans doute une autre version des faits, récuseront les thèses développées par celui qui fut à la fois Mourir à vingt ans avec le dictionnaire de Voltaire QUE PASSE LA JUSTICE DU ROI Vie, procès et supplice du chevalier de La Barre Max Gallo Paris, Robert Laffont 1987, 338 pages JEAN-PAUL DE LAGRAVE AVEC L’AFFAIRE du chevalier de La Barre, Max Gallo met en accusation et condamne la « société d'avant 89 dont les principes et le fonctionnement sont authentiquement totalitaires ».À ceux qui engagent le procès de la Révolution française à la veille de la célébration de son bicentenaire, l’auteur rétorque : « .à oublier le chevalier de La Barre, on ne comprend plus pourquoi, un jour, des hommes dans tout le royaume de France se mirent en révolution.» Dans cette première biographie exhaustive de François-Jean Lefeb- Max Gallo vre chevalier de La Barre (1745-1766), Max Gallo donne une actualité Conte-moi la liberté LA PIPE DANS LE MUR Jean-Claude Deschênes illustrations de Maurice Assier Sainte-Foy, Le Griffon d’argile 1986, 98 pages JACQUES-G.RUELLAND CE LIVRE est un petit bijou.On peut le définir à la fois comme un conte fantastique et comme une sorte de roman d’atmosphère un peu à la manière de Simenon.Mais ce qui s’en dégage le plus est la poésie.Membru, commissaire de police, est un ami de la nature, des fleurs, des arbres et des oiseaux.Au cours d’une de ses rêveries à la belle étoile, non loin du saule qui lui sert de maison, il entre en osmose avec l’environnement, et devient lui-même un arbre.Devenu arbre, il abrite une corneille avec laquelle il a de longues conversations qui le rassurent sur sa capacité de se déraciner et de marcher.Explorant alors la région, il arrive aux monts Mauves, où un troglodyte lui enseigne l’art de voler.Mais Membru, confondu avec un quelconque gibier, est abattu par des chasseurs.Tronc d’arbre, il a une forme humaine; humain, il vole comme un oiseau; abattu, il saigne abondamment.L’étonnement des chasseurs n’a d’égal que le fantastique de cette histoire.Le style poétique de cet ouvrage est extraordinaire.Il y a, dans ce texte, une telle recherche, un tel travail de plume, que la lecture seule — nonobstant le scénario — vaut la peine d’être accomplie.Pratiquement dépourvu de dialogues, ce conte met le lecteur en contact étroit avec la nature, lui permet de redécouvrir la poésie des fleurs et des chants d’oiseaux, tout en redéfinissant à demi-mots une notion qui fut largement galvaudée : la liberté, c’est aussi le bonheur de jouir du soleil, de la terre et de tout ce qui vit.fulgurante aux combats de Voltaire contre l’intolérance.On reprend l’enquête que « seul un Kafka aurait pu imaginer ».L’historien est conscient que « le 20e siècle avec ses holocaustes » est moins sensible à l’agonie d’un seul; mais le supplice en question, si atroce soit-il, dépasse le sort de la victime, il est significatif de tout un système politique et judiciaire.Le 26 juin 1766, le jour de l’exécution, le chevalier de La Barre a vingt ans.Le nom de sa famille est lié à l’histoire du Québec, rappelle Max Gallo, puisque son arriere-grand-père, Antoine Lefebvre de La Barre, fut gouverneur de la Nouvelle-France (1682-1685).Après avoir été supplicié, le jeune chevalier fut décapite et son corps brûlé sur un bûcher avec le Dictionnaire philosophique de Voltaire, parce qu’il n’avait pas salué une procession du Saint Sacrement à Abbeville, près de Paris.Ses talents de romancier permettent à Max Gallo de faire revivre intensément l’affaire La Barre.Ceux qui ne la connaissent que par la voix de Voltaire sauront apprécier l’éclairage fantastique qu’en donne l’histo- rien.Les données du Patriarche sont précisées et la nouvelle enquête permet de suivre méticuleusement le fonctionnement d’un appareil judiciaire que Beccaria n’avait pas dénoncé sans raison dans Des délits et des peines.Le 26 août 1789, la Constituante votait la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.On y affirmait, entre autres, là liberté de conscience : « C’était bien mettre en oeuvre de manière solennelle ce qui avait été contesté, poursuivi, supplicié dans la personne de La Barre.[.] C’était ouvrir une brèche dans le totalitarisme de la société monarchique.» La Révolution devait jeter bas « cette construction faite de vénalité, d’à-peu-près, de bon plaisir et de torture qu’on appelait la justice du Roi».Une seule absence notable dans cette fresque, celle de Condorcet qui, le premier des Philosophes, dénonça l’affaire du chevalier de La Barre et incita Voltaire à s’y engager.Ce n’est pas un hasard si le même Condorcet fut l’un des grands inspirateurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.b’IDEFIft 1850 Mont-Royal 523-2258 6381 St-Hubert 495-4575 LOGIDISQUE vous fera découvrir son ÉCRIVAIN PUBLIC sur Commodore, Apple et.IBM! Venez nous voir au Stand A-556 au Salon du livre de Québec L'ÉCRIVAIN PUBLIC Apple et Commodore: 84.95$ IBM PC: 174.95$ C.P.485, suce.Place d’Armes, Montréal, QC H2Y 3H3 (514) 842-9551 1-800-361-7633 Claude Morin : un réseau de connivences entre Québec et Paris.exécutant et auteur de la politique « internationale » du Québec.Est-il besoin de préciser qu’une riposte ou-taouaise de même qualité favoriserait inévitablement une compréhension, une appréciation globale ?De sa retraite juridique, M.Trudeau devrait lui aussi, tout juriste qu’il est, s’attaquer à cette tâche.L’Art de l'impossible fait la part de l’anecdotique et de l’essentiel.Le professeur de l’ÉNAP ne ménage pas les effets de style ni ne se refuse a aligner les anecdotes pour main tenir l’intérêt tout au long de cet essai.Et, qui plus est, il lève le voile sur certains aspects de la politique québécoise et sur ses alliances.À vrai dire, sur son alliance fondamentale.Dès les premières démarches sous le gouvernement de Jean Lesage, il s’est tissé, entre Paris et Québec, un réseau de connivences, de complicités dont M.Morin présente certains résultats.Sans la France, sans l’appui de certains de ses dirigeants politiques, le Québec n’aurait jamais pu accéder à l’Agence de coopération culturelle et technique avec un statut inédit en droit international (gouvernement participant ) Aussi doit-on regretter la pudeur ou la retenue avec laquelle M Morin traite cet autre épisode des relations privilégiées entre Paris et Québec.À quelques semaines du 20e anniver saire de la fameuse visite du général de Gaulle au Québec, on aurait aimé en savoir davantage sur les tractations qui ont préparé cette page mémorable.On aurait aimé, entre au très, avoir une idée du contenu de la lettre que de Gaulle a lait parvenir à Daniel Johnson à son retour à Paris.D’un intérêt qui oblige à une lecture continue, L’Art de l’impossible n’a heureusement rien d’un traité di plomalique.L’écriture en est nerveuse, agréable même.Spécialiste des notes diplomatiques, M.Morin s’est heureusement dégagé de cet univers souvent alambiqué pour parler le langage des choses simples.L’auteur a relevé ce pari avec un talent qui force l’admiration.Il reste maintenant à M.Morin de s’attaquer au volet interne des relations fédé raies-provinciales, à l’histoire du référendum dont il a été l’instigateur./LC PLUS QU’UNE LIBRAIRIE.BANDES DESSINÉES Prix régulier 8,95$ — SPÉCIAL 5,95$ c " wrmk Ycmw j.-Jl H & 3 BEST-SELLERS Prix régulier $19,95 — SPÉCIAL 13,95$ w Fhuiœso) .>\llkjn tni L’érotisme Visitez àu rez-de-chaussée LA BIBLIO LE MEMORIAL DU QUÉBEC Prix original 49.95$ - SPÉCIAL $12,95 ch.NOMBREUX SPÉCIAUX: DISQUES ET CASSETTES Maintenant ouvert dans le quartier latin 7 jours et 7 soirs de lOh à 22h 180, rue Sainte-Catherine est, Montréal (Édifice La Patrie) Un génie qui marque encore notre époque LE LIVRE DE L’ÉTÉ LES EDITIONS DE U HOMME 272 pages ** 17,95$ n) rv Sylvia Alberti de Mazzeri Léonard de Vinci EN VENTE CHEZ VOTRE FOURNISSEUR f D-8 ¦ Le Devoir, samedi 2 mai 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR À Saint-Tite, la saga d’un patrimoine secret et sacré Jean E1HIER-BLAIS A Les carnets Arlette Cousture : .ainsi qu'un conteur raconte par une soirée interminable d'hiver.ON SE DEMANDE pourquoi certains livres ont du succès, d'autres, pas.Parfois, le scandale assure la réussite.Ainsi, en 1942, parut un roman, écrit par un collégien, André Béland, que tout le monde des collèges s’arracha.Son titre ?Orage sur mon corps.Béland, mort depuis, y racontait ses premières amours, dans un style alerte et parfois, du moins le croyions-nous, osé.Le nom de l’auteur restera dans les annales de notre sensibilité, par la nouveauté de la chose.Orage sur mon corps était bien nommé, car il fit beaucoup de bruit.Mais, livre de jeune lettré, il n’atteignit qu'un maigre public.Sa réussite, retentissante, fut le fait de happy few, dont il représentait les aspirations et, peut-être, l’esprit licencieux.Après ce coup d’éclat, Béland se retira dans ses terres.Il n’en va pas de même des Filles de Caleb.Nous sommes aux antipodes de la plaquette.Mille pages de texte, cent personnages, presque un siècle de durée; les aventures se succèdent à un rythme effréné, les enfants naissent et meurent, sont atteints de tuberculose ou grandissent hébétés.C’est un monde qui revit, celui de nos ancêtres, fidèle reproduction de ce Québec déjà ancien dont nos grands-mères nous parlaient avec des larmes dans la voix.Cette saga, en deux tomes (aux éditions Québec-Amérique) a pour auteur Arlette Cousture et s’est vendue à plus de cent mille exemplaires.Avec Arlette Cousture, j’ai remonté le cours du temps et, ma foi ! je ne le regrette pas.Un conseil, cependant.Les Filles de Caleb doit être lu à petites doses, le soir, j’allais écrire presque au coin du feu, loin des bruits de la maison, pour ne pas perdre le fil, ne pas s’égarer dans un labyrinthe.Je l’ai lu afin de m’expliquer à moi-même cet énorme succès.Après tout, ce n’est que l’histoire d’une femme de miüeu paysan, qui devient institutrice, qui élève ses enfants, que son mari quitte, avec ses joies et ses peines.Une vie ordinaire, en somme.Mais je me disais que, dans son ensemble, le public lecteur est intelligent.Un pareil succès, dans la mesure où le livre se tient bien droit, a donc sa raison d’être.C’est cette cause d’enthousiasme que j’ai cherchée dans le cours de ma lecture, en suivant pas à pas Émilie Bordeleau, la regardant étudier, tenir tête à son père, Caleb, aimer, accoucher, vieillir, souffrir.Nous avons pris l’habitude de lire des sagas familiales, souvent écrites pour épater les amateurs de télévision.La plupart du temps, ce sont des oeuvres étrangères, comme la merveilleuse série des Forsythe.La vie secrète d’une famille intéresse toujours.Plus près de nous, Michel Tremblay a tenté de reconstituer le milieu du plateau Mont-royal.En nos murs, il a réinventé le genre, sans toutefois lui donner l’ampleur qui convient.Peu importe, car l’essentiel est de décrire un mode de vie collectif qui ait une résonance historique.Les chroniques de HYemblay, défaillantes par le style (et, par style, j’entends l’architecture du récit), vivent par l’intensité de la vision.Arlette Cousture a choisi une autre approche, celle du récit longitudinaire, qui s’étend sur la vie comme une nappe d’eau recouvre un champ après une inondation.Le récit est dit, sur le même ton narratif, presque à voix basse, ainsi qu’un conteur raconte par une soirée interminable d’hiver.Tous les détails sont bons, chacun d’eux ajoute à la vérité de la reconstitution.La réussite des Filles de Caleb tient d’abord à ceci que le destin d’Émilie Bordeleau devient aussi valable aux yeux du lecteur d’ici que s’il s’agissait d’une paysanne suédoise ou italienne.Arlette Cousture a transformé cette vie ordinaire en modèle de durée, en valeur symbolique, en expression directe d’un milieu et d’une conception de la vie qui nous touchent profondément en tant qu’hommes et que Québécois.Cette approche historique correspond à un besoin.Lequel d’entre nous peut se targuer de bien connaître l’histoire sociale de son pays ?Comment les enfants naissaient-ils, à la fin du siècle dernier ?Quel rôle jouait une sage-femme ?Quand le médecin intervenait-il ?Comment les femmes s’habillaient-elles ?Quel était le statut social d’une jeune institutrice ?La place du cheval ?Les rapports entre père et fille, entre mère et fils ?Arlette Cousture nous fait comprendre de façon naturelle les mécanismes de cette vie qui nous paraît antédiluvienne, mais qui nous est nécessaire à l’âme, si nous voulons survivre comme entité culturelle et sociale.La mémoire bien entraînée débouche sur le retour à l’histoire.Les Filles de Caleb propose une forme d’appropriation mnémotechnique, par la voie des gestes usuels, des rapports de domination et d’obéissance.Il ressort de la lecture de ce livre que notre société, dans son for intérieur, a toujours été beaucoup plus libre que nous ne l’imaginons du dehors.Ainsi, Émilie, fille de paysans, institutrice, peut s’affirmer avec force comme être humain avec sa physionomie et ses charismes propres.Elle devient une femme complète.Peut-être sa PHOTO GUY TARDIF vie n’est-elle pas une réussite totale ; mais de qui peut-on dire que son existence terrestre est parfaitement réussie ?Cette histoire, que notre enseignement brime, crainte de donner aux enfants l’amour de la patrie, la voilà qui s’anime ici sous sa forme anecdotique.Et c’est cela, sans doute, que les lecteurs souhaitent voir revivre.Ils veulent plonger leurs racines dans le sol vivant qui est le passé.Et non pas le passé des autres, des reines de France ou des premiers ministres britanniques, mais dans le leur, avec ses petitesses et sa grandeur.En un mot.nous voulons du mythe.Arlette Cousture en sert, abondamment.Il ne s’agit pas de déformer la réalité au profit d’un imaginaire qui relèverait du conte de fée.Qui n’a pas entendu une parente raconter sa jeunesse, « au bon vieux temps » ?C’est autre chose que le folklore.C’est la mise à jour d’un patrimoine secret et sacré.Il y a là une sorte de révélation affective qui dépasse le quotidien, qui offre au regard toute une société.Je me disais, en rêvant après avoir lu cent pages de ce livre, que j’aurais pu, moi aussi, être Ovila ou Ovide.Je renaissais en eux.La reconstitution du décor physique et humain ajoute au charme prenant des Filles de Caleb.La nature est partout présente, dans le premier volume.Les lacs, les forêts, les routes de campagne sous la neige, la vie si captivante des bêtes dépaysent le lecteur et l'obligent à se plonger par réfraction dans le mystère d’Émilie, de ses parents, de ses élèves.On se rend compte à quel point la nature qui nous entoure a peu changé.La région de Saint-Tite et de Shawinigan revit.J’ai été frappé par l’unité des êtres et du paysage, qui enveloppe les personnages comme une chaude fourrure.Lorsqu’Émilie se marie, Ovila l’amène dans un chalet au bord d’un lac.On dirait que la forêt et les animaux qui la peuplent participent à leur amour.Arlette Cousture a le don de donner à la fragilité du destin et du bonheur une auréole mélancolique et tendre.Cette tendresse est d’autant plus frappante qu’Émilie est un personnage dur, quoique sensible.Elle est la femme traditionnelle du roman québécois, forte et belle, de type français, les épaules fragiles et les hanches lourdes, la physionomie claire, le regard vif, impérieux même.Elle est ambitieuse, pour elle et pour les siens; elle domine la scène.Qvila, le mari, est un faible.Les protagonistes sont bien campés, tout ce premier volume frémit de la vie du passé reconstituée, rendue présente par l’imagination et le style.Une réserve.J’ai moins aimé le second volume de cette saga, plus près de nous, consacré à la vieillesse d’Émilie, aux aventures de sa fille Blanche, racontées sur le mode du fait divers, avec une abondance de détails qui sent un peu l’improvisation et la hâte.Sans doute fallait-il que le cycle de la femme, mère et fille, fût bouclé.Mais, alors que la trajectoire d’Émilie relève du mythe, s'insère naturellement dans l’histoire, donne un sens à notre passé, les incursions d’Arlette Cousture dans le présent connu ont un je-ne-sais-quoi d’immobile, comme si la vie de Blanche s’interdisait d’accéder au destin.Sans doute notre époque est-elle incapable de se mythifier.Et c’est de mythe que nous avons besoin.Quoi lire Suite de la page D-1 Et lorsque Reine Malo rencontre un écrivain en ondes, les libraires sont à l’affût, le ticket Malo-Charette brisant tous les records.Une responsa-blité lourde à porter ?« Le feedback que je reçois me permet d’évaluer ce que la télé peut faire, répond Christiane Charette, en toute lucidité.Dans les médias électroniques, il faut être très clair, la nuance passe mal.Si tu hésites, ça insécurise l’auditeur.Si tu dis “c’est bon, mais.” on retiendra que c’est mauvais ! La télévision est un médium populaire dont la logique diffère des journaux.Tu dois trancher vite, tu dois être très concrète.Le téléspectateur doit se reconnaître comme lecteur potentiel à travers ton propos.» Christiane Charette connaît autant le milieu populaire que le milieu intellectuel, autant la radio que la télé.Cette ancienne libraire, qui a longuement travaillé dans le mileu de l’art contemporain, anime également une émission spécialisée en art à CBF-FM et intervient à la radio AM.Elle se dit « maniaque et compulsive des livres ! « Il y a quelque chose de magique dans le fait de parler d’une activité aussi intime et personnelle, qui s’adresse à l’intimité des gens.» Christiane Charette peut occasionnellement exprimer en ondes ses déceptions.« Cela montre que tu n’aimes pas tout indifféremment, explique-t-elle.Mais il y a tellement de bons livres qui s’accumulent en pile au pied de mon lit que je n’ai pas assez de temps d’antenne pour parler de tout.On fait tellement peu pour le livre à la télévision qu’il ne sert à rien de l’encadrer dans des mandats trop sévères.Je ne peux pas, par exemple, privilégier uniquement le livre québécois.Je dois aussi tenir compte de l’auditoire de Bon Dimanche, très large et populaire.Il faut donner au public le plaisir de lire, nous en sommes encore là.» À Radio-Québec, Téléservice, en pleine heure de souper, fait un travail unanimement salué.Le nombre de livres dont on parle pendant une saison est élevé, puisque chacun des 10 chroniqueurs a l’occasion de parler d’un ouvrage dans son domaine propre.Louise Faure traite de la fiction.Elle travaille en étroite liaison avec sa recherchiste, lisant ensemble les livres choisis, et elle reçoit un écrivain par semaine, en plus de tenir une chronique.« C’est certain qu’on parle des livres qu’on aime, dit-elle.Moi, par exemple, j’ai beaucoup de difficulté avec la poésie.De toutes façons, je suis là pour donner une tribune.J’ai six minutes par invité, ce qui est affolant ! Il faut donc choisir un angle particulier.Au Québec, la critique est souvent dure et souligne avec plaisir les ratages.Moi, je veux laisser la place aux créateurs et m’effacer.» Quant à Suzanne Giguère, elle reçoit quatre écrivains par semaine et parle de ses nombreuses lectures à Radio-Canada AM, dans le cadre des Belles Heures, l’après-midi.Pour cette diplômée en lettres de l’Université Laval, qui a travaillé à CKRL-FM de Québec, la lecture demeure une découverte et une aventure, et elle est une des rares à suivre en priorité la littérature québécoise.Mais elle se passionne également pour les littératures des pays de l’Est et des pays latino-américains : « Lorsqu'on parle de littérature, il est essentiel d’avoir la mappemonde derrière soi.Il n’y a plus de frontières géographiques, il ne devrait plus y avoir de frontières littéraires.De toutes façons, le livre te conduit toujours ailleurs.Ainsi, j’essaie souvent de faire le rapport avec la musique ou avec les arts visuels.» Les trois premières années de rémission, Suzanne Giguère se refusait à réinviter les memes invités.« C’était un peu missionnaire, je voulais faire le tour de tout le monde ! » Elle a le temps de développer plus longuement que les autres chroniqueuses.« Si tu as vraiment lu le livre, 50% de la rencontre est faite.Moi, je m'appuie beaucoup sur le texte, la vie privée ne m’intéresse pas au départ.Mais on déborde souvent, d’autant plus que la littérature québécoise se fait très intimiste, depuis quelques années, les intériorités sortant de plus en plus.» À quoi peuvent bien rêver trois journalistes üttéraires ?Suzanne Giguère rêve d’une émission télévisée où elle passerait une semaine chez un écrivain, alors que Louise Faure et Christiane Charette rêvent d’animer elles-mêmes de grandes émissions culturelles.Directeurs de programmes, au boulot ! — Paul Cauchon Gallimard Suite de la page D-1 prix.Il fallait en vendre 35,000 exemplaires avant de gagner un seul sou.» Ce chiffre est maintenant dépassé.Quant à L'Êgypte, les ventes atteignent les 45,000.and rising ! Pierre Marchand est convaincu que cette recherche impitoyable de la qualité lui vient de sa longue expérience des livres pour enfants, « la plus exigeante des clientèles ».« Chaque livre pour enfant doit être un livre d’art.» Quant à l’idée de « Découvertes », il ne cache pas qu’elle lui vient de son passé d’« autodidacte complet ».Un des rares éditeurs fils d’analphabète, Pierre Marchand a créé les livres dont il rêvait adolescent.Comme il est responsable du volet « Jeunesse », lequel, soit dit en passant, s’est hissé sous sqn règne de presque rien à 30 % du chiffre d’affaires de la maison, Pierre Marchand déploie beaucoup d’énergie à répéter que « Découvertes Gallimard » est une collection pour adultes.Ou, du moins, « pour toute personne de 12 à 72 ans désireuse de devenir plus intelligente».Même s’il admet que l’« abondance de la télévision en Italie a tué le livre », M.Marchand ne croit pas dangereux de lancer cette collection à une époque où, dit-on, les gens lisent de moins en moins.« En France, Pivot, c’est-à-dire la télé, fait lire.En outre, le style très vivant de notre présentation, qui imite presque celui des pages de publicité, se rapproche des goûts formés par la télévision.Titres, intertitres, sous-titres, légendes et même dépliants encartés (une première en poche), l’aspect visuel a été travaillé de manière à ce que toute personne qui ouvre un exemplaire soit accrochée par quelque chose.» Chaque ouvrage commence par un « pré-générique » en gros caractères : le bombardement de Guernica pour Picasso, la découverte de la pierre de Rosette pour l’Égypte.Qu’on ne s’étonne pas qu’une adaptation télévisuelle soit au programme.Vu les sommes d’argent et de tra-vail engagées, le dernier souci de Pierre Marchand est la concurrence, que le rythme des publications devrait, à lui seul, décourager : 15 au- tres titres d’ici la fin septembre, puis une quarantaine par année.Avec, en parallèle, plusieurs encyclopédies en huit à 10 volumes sur l’histoire de l’art, de la littérature, de la science, du monde.En fait, le seul accroc à la fierté de M.Marchand est de ne pas avoir trouvé lui-même le slogan de la campagne publicitaire conçue pour « Découvertes Gallimard » : « On n’a jamais vu autant de choses entre la première et la dernière page d’un livre.» « Vu », notez-bien, pas « lu ».« Car nous avons parié sur le texte autant que sur une utilisation nouvelle de l’image.» Bref, « Découvertes Gallimard », c’est plus que la somme des connaissances contemporaines à portée de l’oeil : c’est peut-être une nouvelle manière de lire.— Véronique Robert LES ÉCRITS DES FORGES INC.C.P.335 - Trois-Rivières, Québec - G9A 5G4 NE MANQUEZ PAS LA RENTRÉE LITTÉRAIRE DE YVES PRÉF0NTAINE AVEC LE DÉSERT MAINTENANT 8,oo$ JEUDI, LE 7 MA11987 A L’UNION FRANÇAISE 429, VIGER EST, MONTRÉAL 17HRES VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉ(ES) Distribution en librairies PROLOGUE 2975 Sarlelon.Ville St-Laurent H4R 1E6 (5141 332-5860 Par la poste DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON C.P 500 Trois-Rivierés G9A 5H7 (819)376 5059 .et les grands formats! ; fourni «r :Sirouit tnaw* i«ih ai**" Alain Fournier CIRCUIT FERMÉ Cette pièce pour adolescents met en scène une jeune fille de quinze ans qui pense pouvoir se débrouiller toute seule en vivant de la prostitution.Sa fugue la confronte à des réalités qui sont à l’opposé de ses rêves d’indépendance.Ce texte est suivi d’un dossier pédagogique complet, à l’usage des enseignants.Une oeuvre théâtrale provocante, de qualité! 142 pages — 9,95$ ïhatra Mit l Mit Sortie de eeoours J «un* thatra Théâtre Petit à Petit SORTIE DE SECOURS Cette pièce présente cinq cas d’adolescents aux prises avec des difficultés de vivre propres à cet âge.L’éventail va du fugueur à la fille vivant une relation incestueuse avec son père.Ces cinq personnages se retrouvent à la Maison des Jeunes pour y réaliser une oeuvre collective.Ce texte est également suivi d’un dossier pédagogique.Un spectacle vivant, rempli de tendresse et d’humour.140 pages — 9,95$ boula* Anna BotMtMxd Louise Anne Bouchard CETTE FOIS, JEANNE.Cette fols, Jeanne.nous fait découvrir une femme dans sept situations différentes.Sept fois Jeanne, en compagnie de sept hommes différents, en commençant par le premier d’entTe tous, le père! Un roman où se mêlent avec bonheur le monde de l’enfance et celui des adultes.Un ton neuf, empreint d’une belle naïveté, une écriture envoûtante, ducharmienne.André Nathlmi at Claude Uranler D'où «at-o« qua Ja viens ?Atallera d'axnreealon 11fera 1 Préface de J alla felgrea 114 pages — 9,95$ André Mathieu et Claude Grenier D’OÙ EST-CE QUE JE VIENS?C’est bien là la question universelle, formulée ou non, à laquelle il est toujours très difficile de répondre.Peu d'adultes ont le courage de risquer une réponse “personnelle”, fondée sur leur propre expérience.Cet ouvrage est le résultat de dix ans de recherches cliniques avec des enfants en grande difficulté de croissance.Cet ouvrage illustré est précédé d’une préface de Julien Bigras.vlb éditeur La petite maison de la grande littérature PRIX ROBERT-CLICHE 1987 —LES- HERITIERS
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.