Le devoir, 13 juin 1987, Cahier D
LE PLAISIR LE PLÂ/Slt LE PL/lS LE PI LEP des vres Nos collaborateurs ont lu .?Les Heures, de Fernand Ouellette/D-1 ?Un oiseau vivant dans la gueule, de Jeanne-Mance Delisle/D-2 ?Renaissance en Paganie, d’Andrée Ferretti/D-3 ?Marcher dans Outremont ou ailleurs, de Paul Chamberland/D-3 ?La Lettre et la voix de la « littérature » médiévale, de Paul Zumthor/D-4 ?Robert Musil, l’homme au double lisage, de Marie-Louise Roth, et Robert Musil.Lettres, présentées et traduites par Philippe Jaccottet/D-4 ?Sofka, d’Anita Brookner/D-5 ?Les dernières parutions en livre de poche/D-5 ?Guyane pour tout dire, du poète, romancier et politique guyanais Serge Patient/D-6 ?Papiers collés 1, de Georges Perros/D-6 ?Des guides de voyages sur Venise, Paris, les auberges et hôtels de la campagne française/D-6 ?J’aime les rosiers, de René Pronovost/D-6 ?La Politique étrangère des États-Unis de Truman à Reagan, de Simon Serfaty/D-7 ?Une collaboration renouvelée.(Le Québec et ses partenaires dans la Confédération), de Peter M.Leslie/D-7 ?Louis XII, de Bernard Quillet/D-7 ?La Nudité humaine, de Jean Brun/D-8 Montréal, samedi 13 juin 1987 La revue Relations, témoin de l’évolution de la société québécoise depuis 1941 Photo Jacques Grenier m mm s «w* «n (M»*» (Mi fin m Soeur Gisèle Turcot et le père Albert Beaudry, jésuite, de Relations.MARIE LAURIER ILS SONT fous, ces gens de Relations ! », disait a la blague l’un de ses plus colorés collaborateurs, le jésuite Julien Harvey, à l’occasion d’une fête soulignant le 10e anniversaire du père Albert Beaudry à la tête de la revue.Si c’est être fou que de paraître sans interruption depuis 46 ans, que d’aborder des dossiers chauds et brûlants d’actualité — peine de mort, ho-mosexulaité, féminisme, libre-échange, maladies industrielles, etc.—, d’avoir dit « Oui » au référendum, au risque de perdre des abonnés, hélas ! de persévérer contre vents et marées dans le tumulte des crises constitutionnelle, religieuse, sociale ou autres, et, de surcroît, d’avoir récemment nommé une femme, religieuse il est vrai, rédactrice en chef en la personne de soeur Gisèle Turcot.Eh bien oui ! ils sont fous, mais d’une folie sérieuse, audacieuse, conséquente avec les enjeux qu’ils poursuivent.Le père Harvey signalait dans son « topo » qu’en effet Relations « est une revue qui prend le parti des pauvres dans un pays riche, une revue chrétienne dans un pays sécularisé, une revue sérieuse dans un pays qui ne lit plus que la télévision, une revue à tentations socialistes dans un milieu qui dérive à droite avec enthousiasme, et une revue féministe qui a été rédigée pendant ses 30 premières années par un club de vieux garçons.[.] Et pourtant, nous avons été reconnus comme d’utilité publique une fois encore », poursuivait-il en rappelant les conclusions d’un colloque international tenu à Rome récemment par les jésuites sur leurs activités sociales, politiques et économiques.Ce que devait confirmer, d’ailleurs, le père Jean-Marie Archambault, supérieur provincial des jésuites au Canada français, dans un message d’appréciation à l’équipe de Relations, depuis Rome.Les quelque 530 numéros de Relations forment sans contredit une impressionnant répertoire de l’évolution du Québec depuis plus de 45 ans.Albert Beaudry retrace pour LE DEVOIR le contexte dans lequel le périodique a vu le jour.« En 1941, c’était la guerre et les revues françaises n’arrivaient plus au Québec.Des jeunes de l’École nationale d’action populaire, centre de recherche et d’analyse dirigé par le père Papin Archambault, fondent Relations, une revue dans laquelle ils pourront s’exprimer sur les principales questions sociales de l’heure.Ils le font avec d’autant plus de mordant et d’à-pro-pos qu’à cette époque, on assistait à la naissance d’une sérieuse prise de conscience sur le syndicalisme, les coopératives, l’industrialisation, entre autres, problèmes qui ne trouvaient pas beaucoup d’écho.» Relations devient donc un laboratoire d’idées et de réflexions que d’éminents jésuites — les Jean-d’Auteuil Richard, Émile Bouvier, Jacques Cousineau, Richard Arès, Irenée Desrochers, Robert Toupin, pour ne nommer que ceux-là — et ae nombreux collaborateurs laïcs imprégne- ront de leur personnalité et de leur talent de communicateurs, en conformité avec les principes de la foi enseignés par l’Église catholique.Cette quête de la justice sociale, notamment pour les plus démunis de la classe laborieuse, prendra une allure dramatique au moment où Relations dénonce les ravages de la silicose à Saint-Rémi-d'Amherst (petit village de 160 familles situé à quelque 120 kilomètres au nord-ouest de Montréal) dans un dossier-choc où l’on déplore les conditions de travail inhumaines des ouvriers.En éditorial, le directeur Jean-d’Auteuil Richard écrit : « La maladie dont meurent les ouvriers de Saint-Rémi, la silicose, fait des ravages dans tous les pays où l’industrie a connu quelques développements.Dans plusieurs pays, l’opinion publique a forcé les patrons et les gouvernements à prendre de mesures efficaces de prévention et de secours.» La revue consacre toute une page à la nomenclature des « Canadiens français » de Saint-Rémi « morts de silicose et sacrifiés à la stupidité humaine ».(Un problème de santé et de sécurité au travail qui rebondira l’année suivante à Asbestos.) Cette affaire, reprise et abondamment commentée par LE DEVOIR et les autres médias, fait beaucoup de bruit dans Landernau : le premier ministre Duplessis est furieux, lui qui songeait justement à attirer des capitaux américains dans l’Ungava.L’équipe de la revue vit alors des heures sombres et devra payer le prix de son audace : des pressions s’exercent de la part des autorités politiques et religieuses sur les rédacteurs concernés; la revue est contrainte de se rétracter et son directeur est exilé à Saint-Boniface.L’équipe se remet lentement mais sûrement de cette affaire et n’en continue pas moins d’observer l’évo- lution de la société québécoise en traitant de tous les sujets et de toutes les crises qui l’agitent : les événements d’Octobre, le référendum, la montée du féminisme, la désaffection de la pratique religieuse, la visite du pape Jean-Paul II.le libre- échange, la récession, le chômage : bref, tout est prétexte à alimenter l’analyse et la réflexion des rédacteurs dont la cuvée se renouvelle sans cesse.Suite à la page D-8 une entreprise unique au monde permet de retrouver des expositions remontant à 1965 Artexte : Le «Catalogue VÉRONIQUE ROBERT collaboration spéciale PARMI les studios et les coopératives que la faune des artistes et des intellectuels d’avant-garde a coincés sur la « Main » depuis quelques années, entre les marchés de viande cachère et les boutiques de jeans, il y a, au 3575, une entreprise para-artistique probablement unique au monde : Artexte.Artexte est un organisme sans but lucratif, fondé en 1980, qui recueille et distribue des catalogues d’expositions et des revues portant surtout sur l’art canadien contemporain, mais aussi sur une sélection de sujets européens.Depuis son bureau lumineux, sis à côté d’un fourreur, au des catalogues» troisième étage rénové de cette ancienne bâtisse, Artexte fournit quatre types de services : une librairie, un centre de documentation, un service de distribution par la poste et un bureau de production de catalogues et de livres.Artexte est probablement unique au monde parce que, en Europe, les centres de documentation et de distribution ne sont pas rattachés.Au Canada, l’entreprise se rapprochant le plus d’Artexte est Art Métropole, à Toronto, qui s’occupe surtout de publier des livres d’artistes.Artexte a été fondé il y a sept ans par trois Montréalaises, les artistes Angela Grauerholz et Anne Rams-den, et Francine Périnet, historienne d’art.Lorsque cette dernière a été nommée au Conseil des arts du Canada en 1982, elle a été remplacée par Lesley Johnstone, historienne d’art également.« Les fondatrices se sont rendu compte que les catalogues d’art ne circulaient pas après les expositions », dit Mme Johnstone, qui gère la librairie et le service de distribution.« Grâce aux photographies et aux documents qu’ils contiennent, les catalogues offrent un type d’information qu’on ne trouve pas dans les magazines d’art.» Artexte s’est rapidement rendu indispensable : 90 % de son stock n’est pas disponible en librairie.L’année dernière, les ventes se sont chiffrées à $ 75,000, revenu qui s’est ajouté aux $ 75,000 que la société reçoit du Conseil des arts et aux $ 18,000 que lui octroie le ministère des Affaires culturelles.Sa clientèle de bibliothèques, de galeries, de musées, d’institutions et d’individus s’est développée à un tel rythme qu’on a mis sur pied, il y a deux ans, un système de classification de données par ordinateur.Depuis ses débuts modestes grâce à une bourse du programme « Explorations » du Conseil des arts et a un personnel bénévole à temps partiel, Artexte a pris une expansion qui justifie maintenant l’emploi d’un administrateur à plein temps et de plusieurs adjoints à temps partiel, s’ajoutant à Lesley Johnstone.L’organisme espère pouvoir embaucher bientôt un bibliothécaire qui poursuivra la mise en train du programme informatisé.En plus de classer ses documents d’apres le nom des artistes, Artexte les indexe suivant des thèmes allant de « la subjectivité dans le post-modernisme » au féminisme, en passant par le genre, à sa- voir peinture, sculpture ou installation.Si vous désespérez de retrouver le catalogue d’une exposition que vous avez vue à Winnipeg il y a 10 ans, celui d’« OKanada » ou d’« Aurora bo realis», ou encore de trouver llow New York Stole the Idea of Modem Art, de Serge Guilbault, ne cherchez Elus.Artexte réglera votre pro-lème.en autant que la publication soit postérieure à 1965, date-limite un peu arbitraire, admettent les administrateurs d’Artexte.Si le catalogue est disponible, ils l’ont.S’il est épuisé, ils vous le diront.Ce que Salomon a été au Cantique des cantiques, Artexte l’est devenu pour le Catalogue des catalogues, document de commande postale publié une fois l’an, et qui sert également de publication-ressource.Depuis 1983, les 1,500 titres qu’il renferme couvrent l’art inuk et amérindien.Le catalogue offre également des publications dans d’autres domaines, en autant qu’il existe un lien avec les arts visuels.Artexte ne cesse d’élargir ses horizons : présent à la foire de Bâle chaque année, l’organisme reçoit ré gulierement du secrétariat d’État aux Affaires extérieures du Canada des contrats qui l’ont conduit par le passé à fournir des catalogues à la galerie 49e Parallèle à New York, à la bibliothèque des beaux-arts de l’Université d’Édimbourg, ou à la bibliothèque des Affaires extérieures, à Ottawa.Et ce n’est qu’un début.Comme dit Lesley Johnstone : « Il reste à rejoindre un marché immense.» « Regarder le monde et découvrir ce qui attend de naître » Fernand Ouellette et le retour de la poésie JEAN ROYER FERNAND OUELLETTE revient à la poésie avec son dernier livre, Les Heures, coédité par l’Hexagone à Montréal et Champs-Vallon à Paris.Avec ses trois romans, dont Lucie ou un midi FERNAND OUELLETTE : « La poésie est une connaissance peut-être plus globale et profonde que celle des sciences exactes ou humaines .» Photo Jacques Grenier en novembre (Boréal) qui lui a mérité le prix du Gouverneur général, et ses six essais, dont une biographie de Varèse, Fernand Ouellette est, certes, le poète de sa génération qui a le plus fréquenté la prose.Cela se lit dans Les Heures, où c’est la narrativité qui conduit les images de sa poésie.Ce livre, Les Heures, le poète l’a écrit en moins d’un mois, après la mort de son père.Tout comme son recueil Dans le sombre lui était venu soudainement après la mort de Varèse, en 1967.« Ces deux livres constituent les pôles de ma poésie.L’un sur l’érotisme, l’autre sur la mort.C’est étrange que les deux m’aient été donnés dans une sorte de préci- pitation de l’écriture.Il y avait, cependant, plus de contraction et une plus forte concentration d’images dans le premier.Avec Les Heures, j’ai l’impression d’être à la lisière de la prose, les images sont moins nombreuses et semblent s’écouler dans le temps.» En effet, les 81 poèmes des Heures épousent la respiration haletante de celui qui « entrait dans la solennité du dépouillement extrême ».On voit défiler les images de la mort, ou plutôt du passage de la vie à la mort.Avec cette poésie, Ouellette aborde la question de la mort dans ses aspects physiques et psychiques.Devant nous, les mots prennent le visage de la mort et nous comprenons ce que c’est que de vivre.Le poème de la page 57 nous donne peut-être le sens des Heures : « Plus il approchait/ de son abîme,/ mieux le corps/savait prendre/la pose du commencement./ Il avait enfin/ trouvé sa place,/ sa forme/ pour mieux nous quitter./ Il gardait une posture/ de vieillard/ que l'on place parmi les arbres./ Qui reconnaîtrait/ son ombre indolente ?/ Il allait un peu noirci,/ contre nous,/au-devant de sa lumière.» On le voit, cette poésie pose la question de la vie.Nous restons quand d’autres partent vers une autre lumière.Dans ce livre très per- Sulte à la page D-8 Attiré Frossard —1 twssuu "MOU****?* nïodbtteM?* ymunt.rtl''»’1 «N’OUBUEZ PAS L’AMOUR» LA PASSION DE MAXIMILIEN KOLBE ANDRÉ FROSSARD 262 pages / 20,95 $ André Frossard se penche sur la destinée de Maximilien Kolbe, ce martyr polonais qui fut canonisé en 1982 par Jean-Paul II au terme d'un procès en canonisation fameux.Une figure essentielle de l'Eglise contemporaine.«Un livre de passion, d’horreur et de tendresse» L’Actualité En vente chez votre fournisseur ÉDITIONS ROBERT LAFFONT D-2 M Le Devoir, samedi 13 juin 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR km! .*-»*• '- ** ' *¦ Maurice TYPO PÔCHE DANS LES Il TYPO LES MEILLEURS BOUQUINS Claude 'lasmin Pleure pas, Germaine Jeanne-Mance Delisle: «Je cherche le tragique de l’âme québécoise» Lectures de la CSN chez les danseurs et les chanteurs.Et moi, je me demandais où était le duende des Québécois.À travers mon théâtre et mon écriture, j’essaie de chercher le tragique de l’âme québécoise.On a le folklore.On sait ce qu’on aime, quelles sortes de pas on fait avec notre musique folklorique.Mais notre tragédie, elle se fait avec quelle musique ?J’essaie de trouver cette musique.Dans Un reel ben beau ben triste, j’avais trouvé le violon et le reel du Pendu.C’était le folklore.En écrivant Un oiseau vivant dans la gueule, je me suis demandé quelle autre musique m’avait influencée quand j’étais jeune.Je me suis rendu compte qu’on ne l’avait pas encore, cette musique.On est en train de la faire.Ce n’est pas comme dans les pays de l’Est ou en Espagne.À la fin de ma pièce, les coqs font une danse malhabile, sur leurs ergots.Ils sont croches.Ce sont des instinctifs, des brutaux.Ils n’ont pas beaucoup de raffinement.« Le théâtre, c’est la recherche de nous-mêmes, enchaîne Jeanne-Mance Delisle.Au bout de sa quête, à la fin de la pièce, Hélène trouve la solitude, la vraie : celle qui fait que t’es capable de descendre en toi et de vivre là, sans t’échapper de partout.» Quand on veut vivre au coeur du mythe, quand on se frôle aux dieux, la porte de sortie, c’est le rêve, dit la dramaturge.« Non pas un rêve d’évasion mais le rêve philosophique, celui gui nous fait comprendre et connaître la vie.Mon personnage, Hélène, finalement, risque la passion.Elle va au bout.Moi, je dis que/ quel que soit le prix, il faut savoir.Nous avons été élevés dans l’ignorance trop longtemps.» Photo Studio JEANNE-MANCE DELISLE Un poème de Lorca résume la tragédie d'Un oiseau vivant dans la gueule.Des journalistes chez Clémence DANS SON dernier bulletin (n° 259), l’équipe de Nouvelles CSN suggère à ses membres un certain nombre de « lectures de vacances », dont Le Noir et le Rouge (Le Livre de poche), de Catherine Nay (une biographie de François Mitterrand), Un chemin d’espoir (Fayard), de Lech Walesa (son autobiographie), En voiture (VLB éditeur) de Guy Deshaies (les Carnets de voyage de notre collègue du DEVOIR), La Plaisanterie (Gallimard), de Milan Kundera, la biographie de De Gaulle (Seuil), de Jean Lacouture, Essais inactuels (Boréal), de Pierre Vadeboncoeur (ancien permanent de la CSN), Le Coeur découvert ( Lemeac), de Michel Tremblay (ancien typographe), et une Histoire des grèves (Bordas) en France.En fait, la centrale syndicale consacre aux livres pas moins que huit des 32 pages de son bulletin d’avant les vacances.Aux Dimanches de Clémence, demain soir à Quatre Saisons : de gauche à droite, les journalistes Lise Bissonnette, Francine Tremblay, Anik Rouleau, l’animatrice Clémence Desrochers, Danielle Paquln, Mireille Simard et Françoise Guénette.Photo Raymond Poitras/ Quatre Saisons l’HEXAGONE m .JEAN ROYER « J’ESSAIE de chercher le tragique de l’âme québécoise », dit Jeanne-Mance Delisle, qui a quitté récemment son Abitibi natale pour Montréal où sa dernière pièce, Un oiseau vivant dans la gueule, qui vient d’être publiée aux éditions de la Pleine Lune, était jouée dans le cadre du Festival de théâtre des Amériques.« Dans ma vie, je veux écrire trois tragédies et une farce », ajoute la dramaturge.On n’a pas oublié sa première pièce, Un reel ben beau ben triste, une tragédie portant sur l’inceste et jouée au théâtre du Nouveau Monde.On connaît aussi d’elle un roman, Ses cheveux noirs comme le soir et sa robe écarlate, publié également à la Pleine Lune.Pour elle, Un oiseau dans la gueule est « la tragédie du désir ».Le personnage central, Hélène, à travers la représentation d’un conte, cherche la réponse à sa passion, fascinée qu’elle est par Xavier, son amant bisexuel et amoureux de son frère jumeau Adrien.Les trois personnages vont au bout de la tragédie.Mais pourquoi encore l’inceste ?« Je dois être à la recherche de mon double, répond Jeanne-Mance Delisle.C’est le sujet qui m’a choisie.Ainsi, je ne vois pas pourquoi, dans le théâtre, on serait complaisant envers soi ou envers ce qu’on écrit.Pourquoi ferait-on du théâtre de divertissement ?Pourquoi camouflerait-on des choses essentielles ?Le théâtre, c’est un bon moyen pour poser des questions.» La piece de Jeanne-Mance Delisle est d’une rare violence, non seulement dans la brutalité du propos mais aussi dans l’intensité des émotions.« Pour moi, cette violence-là est un mal de société.Si on la dit sur scène, c’est parce qu’on en est malade.» Après avoir écrit sa pièce, la dramaturge a découvert, grâce à un ami de théâtre, un poème de Lorca qui résumait tout a fait cette tragédie d’Un oiseau vivant dans la gueule.Elle a mis en exergue de sa pièce le texte du poète espagnol : « Mais le deux n ’a jamais été un chiffre car c’est une angoisse et son ombre, car c’est la guitare où l’amour se désespère, car c’est la démontration d’un autre infini qui n’est point le sien.C’est la muraille du mort et le châtiment de la nouvelle résurrection sans fin.» Alors, Jeanne-Mance Delisle a pleuré.« Lorca me touche énormément.Quand je lis ses poèmes, je me mets à pleurer.» Sa relation à cette poésie n’est pas tant sentimentale que fondamentale, pour Jeanne-Mance Delisle.C’est en lisant une conférence de Lorca qu’elle a fini par comprendre sa propre recherche de l’âme québécoise.« Lorca parlait du duende, c’est-à-dire le lutin, le farfadet.Il ne s’agit pas de l’esprit ni de l’intelligence mais des tripes.Le duende, c’est le son tout noir qui vient de très loin, qui vient des profondeurs biologiques.C’est ce que Lorca cherchait Photo Kèro MADELEINE GAGNON vient d’entrer à l’Académie canadienne-française.Concours d’oeuvres dramatiques RADIO-CANADA a couronné récemment les lauréats de son 15e concours d’oeuvres dramatiques radiophoniques.Dans la catégorie des 60 minutes, les lauréats sont Raymond Villeneuve (1er prix, $ 2,500), de Montréal, pour son texte Richard Lacoste, rocker et fils de., et Gabriel-Pierre Ouellet (2e prix, $ 1,500), de Valleyfield, pour son texte Le Dîner Durham.Dans la catégorie des 30 minutes, les lauréats sont Jean-Pierre Girard (1er prix, $ 1,500), de Sainte-Perpétue, pour son texte Larme de son, et Françoise Cantin (2e prix, % 1,000), de Chamy, pour son texte When I Fall in Love ou le 22 décembre, une Renault 5.Les quatre gagnants recevront, en plus de leur bourse, un cachet pour la diffusion de leur oeuvre primée au réseau MF de Radio-Canada.Pour ce 15e concours, 87 auteurs ont soumis 83 textes.Les textes sont parvenus principalement des régions de Montréal (46), de Québec (11), et d’Ottawa (5).Un texte est aussi parvenu du Nouveau-Brunswick.Le jury réunissait Angèle Coutu, Michel Vais ainsi que les réalisateurs Jacques-Henri Gagnon et Jean-Pierre Saulnier.LES ONDES LITTÉRAIRES À la télévision de Radio-Canada, dimanche à 13 h, l’invité de Marcel Brisebois à Rencontres est l’écrivain Jean-Pierre Maurel.Au réseau de Télé-Métropole, dimanche entre midi et 14 h, Reine Malo propose, à Bon Dimanche, la chronique des livres par Christiane Cha-rette et la chronique des magazines par Serge Grenier.À CIBL-FM (104,5), dimanche à 19 h, Yves Boisvert lit des pages d’un autre poète à son émission Textes.Au réseau Quatre Saisons, dimanche à 22 h, Les Dimanches de Clémence a pour thème « La presse au féminin ».L’animatrice Clémence Desrochers reçoit Lise Bissonnette, qui vient de publier La Passion du présent chez Boréal, ainsi que les journalistes Mireille Simard (Châtelaine), Anik Rouleau (Coup de pouce), Françoise Gué-nette (La Vie en rose), Danielle Paquin (Clin d’oeil) et Francine Tremblay (Nouvel Âge).À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h 30, Apostrophes a pour thème « Le livre du mois ».Bernard Pivot reçoit Jean Marais, Jacques Higelin, Francis Ambrière, Kenize Mourad et Loup Durand.(Reprise le dimanche suivant à 14 h 30.) À Radio-Canada, à 23 h, Francine Marchand et Daniel Pinard animent le magazine culturel La Grande Visite.Au réseau de Radio-Québec, à l’émission Télé-Services, à 18 h 30, Louise Faure reçoit un écrivain par semaine.Au réseau MF de Radio-Canada, lundi à 16 h 30, dans la série « L’Érotisme », l’animateur Jacques Folch-Ribas reçoit Pierre Monette, publicitaire, et Doris Lussier, professeur et comédien.Au réseau Vidéotron (câble 9), lundi à 21 h 30, Écriture d’ici, animée par Christine Champagne et Marcel Rivard, reçoit Véra Pollack (Rose rouge, chez Quinze).L’émission est reprise le mardi à 13 h 30 et le dimanche à 10 h 30.À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine à 13 h, Suzanne Giguère et Louise Saint-Pierre parlent littérature et théâtre aux Belles Heures.• A la radio MF de Radio-Canada, du lundi au jeudi à 16 h, Gilles Archambault présente le magazine d’actualités littéraires Libre Parcours.A la radio MF de Radio-Canada, mardi à 21 h 30, Réjane Bougé anime En toutes lettres, le magazine d’actualité de la littérature québécoise réalisé par Raymond Fafard.LA VIE LITTERAIRE Ville- Code Postal________________________ À retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dlmédia, 539, Bout.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2.«Un délai, d’au moins 8 semaines, interviendra entre la date de la demande d’abonnement et la réception du premier numéro.L’abonnéfe) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu.» «Mais cette Germaine, quel ' roman) Il va vous chercher l’âme humaine dans son plus profond et son plus vr.ai.» • “ Géra Id Godin JEAN ROYER Madeleine Gagnon et Marcel Dubé à l’Académie canadienne-française LES ÉCRIVAINS Madeleine Gagnon et Marcel Dubé ont été élus à l’Académie canadienne-française, le jeudi 4 juin dernier.Le dramaturge Marcel Dubé avait reçu, il y a quelques semaines, la médaille de l’Académie.Il avait été présenté par Antonine Maillet comme notre « dramaturge national ».L’auteur de Zone et de Florence a aussi écrit plusieurs textes pour la télévision de Radio-Canada.Quant à Madeleine Gagnon, née en Gaspésie en 1938, elle a fait paraître une douzaine de livres depuis 1969.Après son recueil de nouvelles Les Morts-Vivants chez HMH, elle a fait paraître un roman Lueur, chez VLB éditeur, ainsi que plusieurs livres de poésie dont le plus récent a été coédité par les Écrits des Forges à Trois-Rivières et La Table rase à Paris.Prix de la Fondation des Forges LE CONCOURS du prix de la Fondation des Forges, créé à la mémoire de Catien Lapointe, est ouvert.Le poète du livre ou du manuscrit primé reçoit une bourse de $ 5,000.Les candidatures doivent être soumises pour le 20 juin.Pour être admissible, il faut avoir publié au moins trois livres de poésie.Tout candidat peut soumettre un livre publié dans les trois mois précédant le 30 mai de l’année ou un manuscrit inédit d’au moins 48 pages dactylographiées à double interligne.Chaque texte ou livre doit être soumis en trois exemplaires.L’adresse : Fondation des Forges, att.M.Gaston Bellemare, secrétaire général, 3231, rue Notre-Dame ouest, C.p.232, Pointe-du-Lac (Québec), GOX 1Z0.Les premiers lauréats de ce prix ont été Michel Beaulieu (1985) et Normand de Bellefeuille (1986).Place auç poètes MERCREDI PROCHAIN, à La Chaconne (rue Ontario est) Janou Saint-Denis souligne le 10e anniversaire de l’Union des écrivains par un récital de dix poètes : Anne-Marie Alonzo, Yves Boisvert, Paul Chamberland, Nelly Davis Vallejos, Gilles Hénault, André Leclerc, Guy Marchamps, Marcel Rivard, André Roy et Marie Savard.Le récital commence vers 21 h.La présente saison de Place aux poètes se terminera le 24 juin.OFFRE SPÉCIALE D’ABONNEMENT • Un an: 36,00* Je souscris un abonnement d’un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 36,00$.Veuillez payer par chèque établi à l’ordre de Diffusion Dimédia Inc.Nom-Profession__________________ Ad resse____________________________ CLAUDE JASMIN PLEURERAS, GERMAINE roman.208 p.— 6.95$ TYPO RECHERCHE 51 RUf DE SUN! 75280 PARIS CEDEX 06 TEl 'I 43 54 32 84 Sggf N° 188 MAI 1987 5,50s LfS VACCINS DU FUTUR par C.Bona LA MANIPULATION DÈS PLANUS par J.Tempe et J.Schell LA BIOCONVERSION de lEnergie solaire par P Tapie et A.Vermiglio LE GÉNIE GÉNÉTIQUE par J.Davies LES RÉACTEURS BIOLOGIQUES par M.R.Willemot et G.Durand ENZYMES ET CHIMIE FINE par S.Sicsic LES ANIMAUX TRANSGÉNIQUES par L.M.Houdebme LES BIOTECHNOLOGIES ET LA BIO-INDUSTRIE par A, Sasson 14 LEVURE par C.Gaillardm et H.Heslot LA CULTURE DES CELLULES VÉGÉTALES par V Pétiard et A.Buriaud-Fontanel LES NOUVEAUX DIAGNOSTICS BIOLOGIQUES par 8 Dodet DES BACTÉRIES POUR EXTRAIRE DES MÉTAUX par J.Berthelin LA BIOTECHNOLOGIE DES ADDITIFS ALIMENTAIRES par P.Langley-Danysz LA PRODUCTION INDUSTRIELLE DE L’HORMONE DE CROISSANCE par W.Roskaip / QUEBEC Dictionnaire de moi-meme , .,, t ANDRÉ MOREAU POUR RÉVEILLER LE DIEU ENDORMI .n : J.ANDRÉ VANASSE ¦ADIEU, BABYLONE DICTIONNAIRE DE MOI-MEME a Saga iîM a; Jean Éthier-Blais 7,95$ POUR RÉVEILLER LE DIEU ENDORMI André Moreau 9,95$ LA SAGA DES LAGACÉ André Vanasse 7,95$ MAMAN-PARIS, MAMAN-LA-FRANCE Claude Jasmin 7,95$ CAUSES CÉLÈBRES DU QUÉBEC Dollard Dansereau 6,95$ ADIEU BABYLONE Nairn Kattan 7,95$ LES GRANDES MARÉES Jacques Poulin 6,95$ lÂMï&ù.Éditeur En vente chez votre libraire QUEBEC Le Devoir, samedi 13 juin 1987 ¦ D-5 LE PLAISIR foc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es j • livres Portrait de dame.avec groupe! SOFKA Anita Brookner La Découverte, 200 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN L?AN dernier, la romancière anglaise Anita Brookner fut vraiment pour moi « la découverte ».des éditions La Découverte.C’est dans un sentiment voisin de l’incrédulité, tant me paraissent de plus en plus rares les écrivains de cette trempe, que j’ai lu Regardez-moi, et, pour reprendre le mot de l’auteur, c’est avec impatience que j’attendais ce qu’elle nous promettait, « l’une de ces chroniques humoristiques et mordantes comme en aiment les professeurs d’Oxford et de Cambridge ».Dans ce même premier roman, traduit en français, qui fit mesMé-lices toute une semaine, Anita Brookner, par le truchement de Frances Hinton, son personnage, nous faisait une confession bien rafraîchissante, en un monde où les littérateurs pèchent le plus souvent par sophistication : « J’essaie de temps en temps, disait-elle, de ren- dre un modeste hommage au bon sens.Nous, les rationalistes, il faut bien que nous nous manifestions.» Rationaliste, sans être simpliste, femme de bon sens plus exactement, voilà telle que nous apparaît, • au début du roman, Sofka.Qui se nomme, en réalité, Sophie Dorn, originaire « du continent » mais qui, ayant épousé un Anglais plus âgé qu’elle, s’efforce, même après le décès de cet époux, de se conduire en véritable lady, de se conformer aux règles de la bourgeoisie londonienne.Sofka vit très confortablement, dans une belle maison dont elle surveille avec une vigilance sans défaut la bonne marche, entourée de ses quatre enfants : deux .garçons, Frederick et Alfred, et deux filles, Mireille et Babette.Or, dans cette famille très BCBG, « il a été décidé — ou du moins pourrait-on le croire — que toutes les femmes de la famille devraient avoir des petits noms affectueux, des diminutifs, comme pour souligner leur petite nature pétillante ».On verra et on entendra donc beaucoup plus souvent Mimi et Betty que Mireille et Babette, de même que Nettie, pour Annette, la cousine, mais également Sofka, pour Sophie, d’où le titre français de ce roman qui s’intitulait, en version originale, Family and Friends.Les chroniques, de préférence celles de grandes familles riches, sont l’une des constantes de la littérature anglaise contemporaine.Qui ne se souvient de The Forsythe Saga, de John Galsworthy, dont une brillante adaptation télévisuelle permit de remettre à l’avant-scène de l'actualité littéraire ce Prix Nobel 1932 un peu oublié.Et de cette autre série, qu’on repasse encore sur les chaînes américaines et canadiennes (j’en ai revu, l’autre soir, un épisode au réseau PBS), et dont le titre français était Maîtres et valets.Avec Anita Brookner, il ne faut pas trop vite conclure à cette continuité dans la tradition.Sofka est tout le contraire d’une oeuvre romanesque « inspirée » par le conformisme et les bonnes manières.Brookner a choisi de nous les faire voir en portraits de famille, à l’occasion des mariages, avant de les redessiner à sa manière, incisive, caustique, qu’on qualifierait volontiers de vitriolique si l’humour, à toute page, et à chaque nouvelle photographie de groupe, ne tempérait l’acidité des descriptions et des analyses.Parlons des filles, puisqu’elles sont peut-être les personnes du groupe les plus intéressantes.« Qu’arrive-t-il, se demande leur mère, aux jeunes femmes élevées dans l’obéissance et formées à la docilité et à la vertu ?» (Petite précision : le roman se situe, aux premiers chapitres, vers les annés 1920.) À Betty, il arrivera que, peu soucieuse de demeurer dans les jupes de sa si parfaite maman, elle s’enfuira avec un danseur mondain vers Paris .puis en Amérique D’où elle ne reviendra plus.Même pas pour le mariage de sa soeur Mimi, ni même pour la mort de sa mère, qui s’éteint doucement au dernier chapitre, dernier cliché d’un album de photographies que la romancière feuillette pour ses lecteurs en les entraînant sur de fausses pistes.Qu’elle s’empresse de brouiller en regardant, si l’on peut dire, les photos par transparence .Chacun des événements mondains, si bien arrangés, si parfaitement équilibrés, que constituent les réceptions de mariage, d’anniversaires ou de deuils de la famille Dorn, s’accompagne, dans Sofka, d’une autre.vision de cette caste que constitue, peut-être encore aujourd’hui, la gentry.« Les enfants de Sofka ne sont jamais allés à l’école : ils sont en dehors de toutes les normes admises.Les garçons ont eu un précepteur et les filles une gouvernante.Ils ont fini, note quand même l’auteur, par apprendre pas mal de choses sans avoir réellement d’instruction.» Peu instruit, sans doute, ne possédant rien du charme conquérant de son frère aîné Frederick « qui consommera des hécatombes de femmes » avant de tomber, avec consentement et nonchalance, sous la coupe d’une femme, qui l'entraînera pour la vie sur la Riviera italienne, Alfred, le cadet, « a appris par ses lectures de Dickens que la vigueur vient d'un dur labeur et de la cuisine traditionnelle .» Les week-ends dans la maison de campagne, baptisée Wren House (sans rien devoir au génie de l’architecte de Saint-Paul) sont des chefs-d’oeuvre d’observation .corrosive pour Anita Brookner : les invités d'Alfred, qui sont tous du « clan » mais sans beaucoup se ressembler, la domestique souillon, qu'on finit — c'est toujours la grande placidité anglaise qui l’emporte — par adopter et meme à qui on pardonne presque tout, fihalement cet ennui distingué qui gomme les contrariétés, qui permet de tout subir avec résignation.Les pages les plus intéressantes et les plus drôles de ce roman beaucoup plus savant qu’il ne le laisse voir, au premier coup d’oeil (c’est toujours la lecture au second degré qui est la plus fascinante), sont cel les qui « montrent » ce que ne verra jamais Sofka : Betty, au bord de sa piscine hollywoodienne, entourant son époux diminué par un accident cérébral.Frederick et sa.femme Kvie, leurs jumeaux robustes, dans cet hôtel de la côte que délaisse souvent l'hôtelier pour se « repo ser » de fatigues inexistantes en descendant sur Nice, en fréquen tant les environs de l’église Sainte-Rita, ses cafés et ses rues odorantes.Quelle dernière pirouette, follement divertissante, nous réserve la romancière en nous offrant, dans la dernière photo de l’album, le mariage de la petite bonne de Sofka, Ursie, entourée des « restes ».de la famille.Encore bien conservé, tout ce beau monde.Qui a supporté les ennuis, les épreuves, et même la guerre, sans les ressentir — du moins sur ce portrait de groupe .d’où la dame est absente.Mais se continue dans la ressemblance que la petite cousine Vicky (Victoria) offre avec la grand-tante disparue.* Une chronique, certes, mais traitée avec le brio, on n’ose dire la méchanceté — Anita Brookner est une personne si bien élevée — d’un écrivain qui a choisi, pour révéler son talent, ce que l'on nomme, chez les Anglais, l’« understatement ».Une réussite dans le mode mineur, peut-être, mais c’est quoi, le mode majeur dans le roman d’aujourd’hui ?Dans les poches GUY FERLAND ROLAND GIGUÉRE, La Main au feu, Typo, poésie, 141 pages.De la grande poésie qui se rattache à la tradition française (Rimbaud et Michaux, entre autres) mais qui s’en sépare dans le même mouvement pour garder une originalité.Un poète qui a une vision du monde et qui a compris que la réalité se forge par la perception qu’on en a.Une préface de Gilles Marcotte situe bien l’oeuvre de Giguère dans une perspective historique.* JANINE MOSSUZ-LAVAU, André Malraux, La Manufacture, coll.« Qui êtes-vous ?», 221 pages.Écrivain, ¦ militant des droits de l’homme, chef d’escadrille aérienne, résistant, ministre, voyageur infatigable, André Malraux a toujours opposé l’action et l’art à la mort.C’est sous cet angle que Janine Mossuz-Lavau nous le présente dans la très belle et utile collection « Qui êtes-vous ?».Des entretiens entre Pierre de Boisdeffre et André Malraux complètent le volume.* BRIGITTE-FANNY COHEN, Ëlie Wiesel, La Manufacture, coll.« Qui êtes-vous ?», 160 pages.Après une présentation de cet écrivain juif de nationalité américaine et de langue française, humaniste radicalement pacifiste et prix Nobel de la paix 1986, nous avons droit à une série d’entretiens et à un texte inédit d’une conférence donnée en décembre 1975.Jacques Dufresne LE PROCÈS "DROIT it long f LE PROCÈS DU DROIT Jacques Dufresne «LE PROCÈS DU DROIT, tout à fait remarquable./Absolument étonnant, un bouquin extraordinaire, une véritable bombe.» (Jacques Languirand, Par quatre chemins, Radio-Canada) 127 pages 9,95 $ INSTITUT QUEBECOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE 14.rue HaldirhanCI.Quebec.G1R 4N4 .Tel (418) 643-4695 à w Roland Giguère' La Main au feu ?ALBERTO MORAVIA, La Chose, J’ai lu, n° 2171,249 pages.Une vingtaine de nouvelles qui tournent autour de « la chose », dans la meilleure veine du grand auteur italien.?SADE, Les Crimes de l’amour, Foüo, n° 1817, 434 pages.Plus accessible que les grands romans sadiens ( La Nouvelle Justine.et Les Cent-Vingt Journées.), ces courts récits n’en sont pas moins pernicieux et témoignent de la grande maîtrise de l’écrivain.D’après Bataille et Barthes, entre autres, Eugénie de Fran-val serait un des plus importants récits français de tous les temps.Ces Nouvelles héroïques et tragiques sont précédées de Idée sur les romans et d’une préface de Michel Delon.?CATHERINE KINTZLER, Condorcet, l’Instruction publique et la naissance du citoyen, Folio/essais, n" 55, 311 pages.La liberté s’accorde-t-elle avec le savoir ?C’est cette question capitale que pose Catherine Kintzler dans son livre sur Condorcet qui, le premier, osa formuler le problème.Kant contre Condorcet ?Le débat est ouvert.?JEAN COCTEAU, Orphée, J’ai Lu, n° 2172,123 pages.Quel beau film et quel beau livre ! On retrouve, dans le scénario d'Orphée, toute la poésie dont Jean Cocteau était capable.?YVES COHAT, Les Vikings rois des mers, PHILIPPE JACQUIN, La Terre des peaux-rouges; BERTRAND IMBERT, Le Grand Défi des pôles, Découvertes Gallimard, nos 13,14 et 15,176,192 et 224 pages.¦ PRIX ¦ COURANT , Gabriel Garcia 1 1.L’AMOUR AUX TEMPS DU CHOLÉRA.Marquez 28,00$ NOTRE PRIX 22,95$ 2.LES AMOURS BLESSÉES, Jeanne Bourin 19,95 15,25 3.L’ADIEU AU SUD, Maurice Denuzière 24,95 19,25 Barbara 4.QUAND LE DESTIN BASCULE, Taylor-Bradford 19,95 15,25 5.LES BRUMES D’AVALON, Marion Zimmer Bradley 24,95 19,25 6.LÉONARD DE VINCI, L’HOMME Sylvia Alberti de ET SON TEMPS, Mazzer, 17,95 13,85 7.ROMAIN GARY, Dominique Bona 24,95 19,25 8.MONSIEUR BUTTERFLY, Howard Buten 19,95 15,25 9.OURAGAN, Jame Clavell 24,95 19,25 a rlpttp 10.LES FILLES DE CALEB, tome II Cousmre 19,95 15,25 Prix net — Achat comptant seulement.COLL.LA PLÉIADE, RABAIS DE 25% STATION DE METRO BERRI-DE-MONTIGNY H2L 2C9 845-5243 Fidèle à ses promesses, la collection « Découvertes Gallimard » publie trois autres volumes abondamment illustrés avec une mise en page soignée, dynamique et un texte accessible et bien documenté qui font le point sur les différents sujets abordés.De véritables petites encyclopédies en format de poche.?FRANQUIN et JIDÉHEM, Gaston I, Gala des gaffes, J’ai lu/BD, BD17, 125 pages.Gaston nous en met plein la vue avec ses milliers de gaffes de tous genres.Signalons également la parution, dans la même collection, d'Adèleet la bête, de Tardi (BD18) et de HP et Giuseppe Bergman, de Milo Manara (BD20).?ROGER CALLOIS, Le Mythe et l’homme, Folio/essais, n° 56,188 pages.Un des premiers livres de Cal-lois devenu un classique de l’anthropologie.Dans cet ouvrage, Callois tente de définir le mythe et ses conséquences dans la vie sociale de l’homme.?CIORAN, Histoire et utopie, Folio/essais, n” 53,147 pages.Avec sa Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Vendredi 19 juin de 17h à 19h ANDRÉE FERRETTI auteure de RENAISSANCE EN PAGANIE AUX ÉDITIONS # l’HEXAGONp Samedi 20 juin de 14h à 16h PAQUERETTE VILLENEUVE auteure de RETOUR II, journal d’émotions aux Éditions LîArStAï- 1120.av.laurier ouest outremônt, montréal tel.: 274-3669 r avec nous Venez apostrophes I le dimanche a année 362.jours_par La Terre des Peaux-Rouges BftCOi :V«U*s comme un des grands livres de la poésie récente au Québec».| Jean Royer, le Devoir d • «La parution d’un livre de Pierre Morency représente n généralement un événement littéraire».* Guy Cloutier, le Soleil VERBE SILENCE • Depuis son recueil Gravité (1982), Guy Gervais.est un poète de la maturité.Sa réflexion atteint des accents uniques en notre y, poésie, où la pensée renoue avec l’émotion.Le propos de ce £ recueil intitulé Verbe silence serait de dire le monde en un seul « mot ou, si vous préférez, raconter la naissance du poème».| Jean Royer, le Devoir à $ ._ * i D-6 B Le Devoir, samedi 13 juin 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR des] • livres Serge Patient, écrivain «Le créole est une langue verte, d’une force guyanais extraordinaire.» GEORGE TOMBS « JE SUIS nègre d’acculturation, enraciné dans mon exil comme un alter ego.» Ce sont les paroles de Serge Patient, dans Guyane pour tout dire, recueil de poèmes sur la complicité et la solitude des créoles noirs dans ce département français d’outremer, voisin du Brésü.Serge Patient est aujourd’hui le doyen des écrivains de son pays, en plus d’être professeur d’espagnol à Kourou, défenseur de la langue et de l’identité créoles (il a récemment fait une intervention sur ce sujet devant le Sénat français) et conseiller régional UDF, donc barriste, et, à ce titre, ardent partisan de la décentralisation politique en France.À travers ses ouvrages littéraires et sa carrière politique, il vit donc le double caractère de la situation guyanaise, dans cette terre méconnue du monde extérieur (qui est en dehors même du triangle antillais habituel Haïti-Guadeloupe-Martinique).El Dorado, terre perdue, tombeau des Blancs, bagne de Cayenne, enfer vert, bagne de l’île du Diable : depuis toujours, semble-t-il, la Guyane n’a été connue que pour quelque affreuse catastrophe, et jamais pour elle-même.Aujourd’hui, le pays vit une dépendance économique qui semble avoir été planifiée par l’État français.« Le Guyanais lui-même, de poursuivre M.Patient, a toujours été mal à l’aise dans ce rôle de fille entretenue.Il a toujours eu conscience que son pays avait une potentialité économique extraordinaire.D’où une contradiction entre les gouvernements français, qui se contentaient de faire survivre la Guyane au jour le jour et petitement, et l’ambition des rêves guyanais, qui, eux, disaient : ce pays peut faire plus, peut-être plus.» La cohabitation des Noirs et des Blancs est l’un des thèmes principaux que l’on retrouve dans la poésie de Sergé Patient ou dans ses romans (qui, malheureusement, ne sont pas faciles à trouver au Québec).Dans son roman Le Nègre du gouverneur, le héros apparaît comme le premier créole, le premier esclave à gagner sa liberté en contrepartie d’une assimilation totale au pouvoir de l’État français.M.Patient revient souvent sur ce thème : le créole vis-à-vis du français, la solitude pathologique du colonisé face à la négligence chronique du colonisateur, la schizophrénie d’une culture orale à l’intérieur d’unè plus grande culture littéraire française.Mais il se rend bien compte qu’on vit actuellement en Guyane une revalorisation, une réaffirmation de toute la culture créole.Il en est d’ailleurs un des premiers artisans.Le créole est « une langue verte, une langue d’une force extraordinaire, qui ne semble pas menacée de disparition.Donc, le problème aujourd’hui n’est pas de sauvegarder la langue créole, qui se défend très bien elle seule.Le problème est simplement de faire en sorte qu’il n’y ait plus de tabou pour l’expression en créole.Parce que la langue créole, pour les Guyanais, restera toujours la langue de la connivence créole, de la complicité, tandis que la langue française sera toujours perçue comme la langue des rapports institutionnels ».Pour cela, il fallait que les quelque 80,000 Guyanais passent par un mouvement de décolonisation qui, s’il n’a pas conduit à l’indépendance politique, s’est néanmoins exercé au niveau des esprits.Les Guyanais n’ont plus pour ancêtres les Gaulois, comme on l’apprenait à l’école, il y a encore peu de temps.« Il est remarquable de constater qu’une fois les esprits décolonisés, le problème de la langue française comme langue officielle ne se pose plus comme une menace de domination ou d’asservissement mais, au contraire, comme une possibilité d’enrichissemént.» Il demeure que la Guyane fran- çaise n’est pas bien connue des lecteurs québécois.Certains, ayant lu Le Siècle des lumières, extraordinaire épopée du Cubain Alejo Carpentier, auront une impression plutôt négative de ce pays équatorial au carrefour de l’Afrique, de l’Europe, de l’Amérique latine et même de l’Amérique du Nord.N’oublions pas qu’à la suite du Grand Dérangement, les Acadiens ont essayé de s’implanter à la limite d^la forêt amazonienne.Cette impression négative, communément partagée à l’extérieur, est enfin en train de changer.« L’implantation de la base spatiale à Kourou (sur laquelle LE DEVOIR a récemment publié un reportage) a singulièrement contribué au changement positif de l’image déplorable que la Guyane pouvait avoir aux yeux de l’extérieur.» Mais, malheureusement, M.Patient voit que l’influx à Kourou d’in- génieurs et de cadres métropolitains n’a pas conduit à une plus grande compréhension entre Noirs et Blancs.Au contraire, Kourou semble bien la ville de deux nouvelles solitudes.Il s’agit d’un nouveau défi pour les Guyanais de souche.« Le reproche que je suis tenté de faire jusqu’à maintenant à certains éléments européens qui vivent en Guyane, c’est de vivre en Guyane comme dans un paquebot, comme s’ils faisaient une traversée.Et, quand on arrive au port, quand on a accompli son séjour.eh bien ! on se retrouve comme au départ, sans avoir-rien appris, sans avoir rien oublié.» Homme de lettres, Serge Patient se présente cette année aux élections municipales de Kourou.La mairie de cette ville pourrait lui servir de tremplin pour une carrière « nationale », autrement dit dans toute la France, en métropole comme outre mer.1 Photo * George Tombs 1987 SERGE PATIENT : « Le Guyanais a toujours été mal à l’aise dans le rôle de fille entretenue » que signifie la dépendance économique.Et Perros inventa le genre «papiers collés» PAPIERS COLLÉS 1 Georges Perros Gallimard, coll.« L'Imaginaire » JEAN ROYER GEORGES PERROS (1923-1978) a* inventé un genre qui se nomme « papiers collés » et qui se lit en trois tomes chez Gallimard.Voici que le premier de ces livres est désormais trouvable dans la collection « L’Imaginaire ».Ces « papiers collés » (vous reconnaissez bien le titre de la collection d’essais que les éditions Boréal ont emprunté à Perros) rassemblent des aphorismes, des soliloques, des notes de lecture de l’auteur qui ne parlait pas mieux aux autres qu’à lui-même.Fuyant les jeux mondains de Paris pour une retraite toute familiale en Bretagne, après avoir troqué le théâtre (il avait été comédien à la Comédie-Française sous le nom de Georges Poulot) pour récriture, Perros est devenu l’un des commentateurs les plus lucides et fulgurants de l’Homme du ,20e siècle.Je dois vous faire un aveu : depuis 10 ans, Georges Perros reste un de mes plus fidèles compagnons en littérature.Il m’a appris à chercher le mot juste et l’esprit de synthèse.Il m’a montré les chemins pour entrer en soi et pour en sortir.Il m’a donné des leçons de littérature et de vie sans jamais tricher.Georges Perros n’est pas un écrivain comme les autres.Il n’est ja- mais en représentation que pour lui-même.Il n’écrit pas pour la galerie.Il n’épouse pas les tics et les manies de son temps.On dirait qu’il se râpe la conscience à force de mots arrachés au sentiment de vivre.On dirait qu’il gratte les livres qu’il a lus jusqu’à l’intérieur du texte.Certes, Perros est un écrivain unique.Son problème de communication avec les femmes qu’il a connues en fait un être près de Jacques Brel : un tendre misogyne, un homme qui est resté adolescent en ce qui concerne le sentiment amoureux mais qui le sait et qui cherche à se l’expliquer constamment.Du point de vue humain, Perros est certes un écrivain d’avant le féminisme.Mais, sur le plan intellectuel, Per- ros représente avant tout l’esprit français le moins chauvin et le plus intelligent.Ses lectures des classiques et des modernes, des romanciers et des poètes, des philosophes et des moralistes comptent certainement parmi les plus brillantes.De plus, le style de Perros reste toujours vibrant et communicatif autant que moulé dans la justesse de l’expression.Le regard de Perros devient irremplaçable.Si vous aimez la littérature, si vous prétendez que le journal intime est un genre mièvre, ou si vous croyez que l’aphorisme n’est qu’un jeu, lisez Georges Perros.Lisez ce genre (Ju’il a inventé et nommé « papiers collés ».GUIDES DE VOYAGES JEAN-FRANÇOIS LACERTE SE PERDRE DANS VENISE Arthaud, collection « Pays », 1986, 156 pages VACANCES ET WEEK-ENDS A LA CAMPAGNE Balland, 1987, 346 pages PARIS Arthaud, 1987, 652 pages GUIDE DES AUBERGES ET HOTELS DE CAMPAGNE (de France) Rivages, 1987, 266 pages VENISE, capitale mondiale des romantiques, est tellement unique que plusieurs grands voyageurs la considèrent comme la plus belle ville qu’ils aient jamais vue.Fort probablement que les auteurs du livre Se perdre dans Venise, René Huyghe et Marcel Brion (les magnifiques et nombreuses photographies sont de Bronislaw Horowicz), ont Venise dans le sang.Malheureusement, les textes manquent de dynamisme, bien qu’on sente constamment une volonté de faire ressortir ce que Venise a de beau et d’inédit (dans oe genre de « guide », il faut souligner que la collection « Autrement » excelle.Sa recette ?Probablement le fait qu’on fait appel à plusieurs auteurs, et non à deux seuls comme c’est le cas ici).Dans une même page, les auteurs se passent continuellement la plume afin de parler du même sujet.Cette « partie de ping-pong » devient lassante à la fin, même si l’idée maîtresse des auteurs était de créer l’effet d’un dialogue.La page couverture est de toute beauté, les couleurs et leurs reflets dans l’eau donnent le goût de feuilleter ce livre, dans le but de lire des textes aussi beaux que les photographies qui les illustrent.Certes, la qualité y est : c’est toutefois l’arrangement des textes qui est un peu agaçant.Mais, côté détails, il faut dire que tout y est.?La France étant de loin la destination européenne la plus populaire auprès des Québécois (la politique tarifaire des sociétés aériennes n’est pas étrangère à cet engouement), il est un peu normal, à la veille des vacances, que nous nous attardions à cette destination.Paris, principalement, nous sert de porte d’entrée au continent européen, au point où les rayons des librairies regorgent de livres à son sujet.Le guide publié chez Arthaud (653 pages) est probablement le plus récent qui existe ici, puisqu’il a été rédigé en 1987.La capitale de l’Hexagone est littéralement assée aux rayons X.Tout sem-le y être : l’histoire, le (classique) Paris de A à Z, des itinéraires pour une semaine entière et enfin, des descriptions de monuments et lieux a visiter.Pour en savoir plus long sur la Seine et les croisières que ce fleuve offre, le Paris insolite, la vie culturelle, la gastronomie et les possibilités d’hébergement (à ces égards, toutefois, le guide Michelin est difficile à battre), quoi faire avec des enfants, le Paris nocturne, etc., l’achat de ce guide est fort conseillé.Il manque peut-être un peu d’illustrations (avec 650 pages, on aurait pu se forcer un peu plus) et, malheureusement, il ne couvre que Paris.Quant aux amants dç la nature et des lieux d’hébergement hors des circuits réguliers "et moins chers que la norme, le guide de Michel Smith, intitulé Vacances et week-ends à la ferme (1987,348 pages), est tout désigné.Le guide compte plus de 1,000 bonnes adresses pour des vacances familiales, dont (nouveauté pour l’édition de cette année) 200 adresses de fermes-auberges.Chaque endroit recommandé fait l’objet d’une brève description et est toujours accompagné d’une photo descriptive des lieux.Les pictogrammes sont aussi originaux : le nombre de poignées de main représente l’accueil; le sabot indique l’authenticité du lieu; le fauteuil symbolise le confoçt (pour lequel les critères sont différents de ceux que nous sommes habitués à considérer) et la soupière rappelle que la place fournit les repas.C’est bien fait et ça change des guides Michelin et autres de cette catégorie.Mais.les guides rouges Michelin ont très certainement la cote d’amour des millions de touristes qui vont en France chaque année.Bien faits, concis et, surtout, extrêmement quantitatifs et qualitatifs, les disciples de saint Christophe (patron des voyageurs) le trouvent parfois un peu « sec », côté illustrations.Pour exaucer le voeu de ces visuels, les éditions Rivages ont mis au point une collection de guides dans laquelle sont répertoriées plusieurs petites auberges de campagne.Au total, près de 250 pensions de toutes catégories font l’objet d'une recherche minutieuse, chacune ayant droit à une page de texte avec photo couleur à l’appui.Quant à son utilisation, les procédures ont été réduites à la plus simple expression : les régions de France sont listées par ordre alphabétique et c’est encore l’ordre alphabétique qui régit l’apparition des noms de logis classifiés.Dans la même collection, Auberges et hôtels de charme en Italie et Hôtels de charme en Espagne et Portugal.Bref, la campagne française semble représenter le dernier créneau développé par les éditeurs de guides de voyages.La rose « Apollon » : les rigueurs de notre climat sont un défi pour la culture de la reine des fleurs.UNE EXPOSITION.UNE RENCONTRE UN BON FILM.UN BON AVEC NOS ARTISTES DIVERTISSEMENT C'EST DE TOUTE ÉVIDENCE DANS LE DEVOIR Le printemps poétique chez vlb éditeur Philippe Haeck L ’atelier du matin «Un livre qui en un peu plus d’une centaine de textes vous dit toute la vie, tout l’univers, la beauté du monde, |a fraîcheur des matins.Un livre qui vous rappelle l’éblouissement de vivre et de souffrir çst un grand jivre.» Gilles Toupin, La Presse.136 pages — 10,95$ watin Élise Turcotte La voix de Caria «Il y a dans cette Voix de Caria une vision cinématographique surprenante.Une écriture serrée, bien servie par l’ellipse, fait surgir devant nous un univers d’images.La peur, la mort, le temps, les signes, le corps, la voix sont quelques-uns des thèmes abordés de biais dans ce livre dense.» Guy Ferland, Le Devoir.100 pag«-s — 8,95$ Kileé Turoott* Un voix‘de’Carlft Belle rose.J’AIME LES ROSIERS René Pronovost éditions de l’Homme collection « Pouce vert » Montréal, 154' pages, illustré ET QU’EST-CE qu’elles font dans les pages üttéraires ?Elles n’y sont pas plus étrangères qu’un poème de Ronsard, qui les a chantées, ou que Gertrude Stein, à qui l’on doit « a rose is a rose is a rose.», ce sur quoi un malin a renchéri : « .is not a tomato ».i Boutade, peut-être, car on affirme que la tomate étant aussi de la famille des rosacées, on ne sait s’il s’agit, à vrai dire, d’un légume ou d’un fruit.Bref, nous aimons tous les roses et c’est le titre (au singulier) d’un ouvrage de René Pronovost paru tout récemment aux éditions de l’Homme, dans la collection « Pouce vert ».Saviez-vous que les Québécois dépensent pour décorer léurs parterres plus que les Hollandais eux-mêmes ?Les rigueurs du climat canadien constituent un défi pour la culture de' la reine des fleurs, et le livre de l’agronome-horticulteur y consacre quelques pages essentielles.On y trouve l’histoire de la rose, ses origines historiqu'es et botaniques, les soins à lui donner, la plantation, la taille, les boutures, et, bien sûr, une nomenclature exhaustive des rosiers anciens et modernes.On y découvre aussi de fort jolis mots, hormis « bouturage », comme « marcottage» et «écussonnage».Se procurer l’ouvrage sans tarder si vous comptez planter avant la fin du printemps.À l’automne, la mise en terre est plus difficile._j.v.D.«LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras pm it T iF< le cioiiel » •«Ullppe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l’histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 Jusqu'à son 75làme anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir.exemplaire(s) du livre “LE DEVOIR” J'inclus 19,95$ par exemplaire; (3 $ de frais de port et de manutention inclus dans ce prix).NOM:.ADRESSE:.PROVINCE:.CODE POSTAL.‘.J.MODE DE PAIEMENT: ?Chèque ?American Express ?Master Card ?Visa No.de carte de crédit.;.Expiration:.4 Le Devoir, samedi 13 juin 1987 LE PLAISIR fjpc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR ft' T • livres L’Amérique: une politique étrangère introuvable Entre le discours et la politique, il y a la réalité, complexe et ambiguë LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DES ÉTATS-UNIS DE TRUMAN A REAGAN (Les années difficiles) Simon Serfaty Paris, Presses universitaires de France, collection « Politique d’aujourd’hui » 1986, 247 pages ALBERT JUNEAU « L’AMÉRIQUE est de retour», avait clamé Ronald Reagan en arrivant au pouvoir en janvier 1981.En politique internationale, le nouveau président voulait redonner à son pays la puissance et l’autorité des années 50.Il avait fait des promesses : « Plus de SALT», « plus de nouvel Iran », « plus de nouveau Viêt-nam », « plus de nouveau Cuba ».Bref, en finir avec ces échecs qui ont affaibli le pays et miné son prestige à travers le monde.L’administration Reagan s’engagea donc dans un vaste programme de réarmement avec l’espoir de rétablir la suprématie militaire américaine.Mais, très tôt, les républicains allaient faire l’expérience des « limites du renouveau américain ».Entre le discours et la politique, il y a la réalité, complexe et ambiguë.L’Amérique a reculé, révisé une fois de plus ses rêves ambitieux.Pourquoi ?Parce qu’elle n’est pas prête à en payer le prix.Et ce Il y a un an./ One year ago.UNE COLLABORATION RENOUVELÉE (Le Québec et ses partenaires dans la Confédération) Peter M.Leslie Kingston (Ontario) Institut des relations intergouvemementales, 1987, 83 pages AU MOMENT où le Parlement fédéral et les assemblées législatives des États de la fédération canadienne vont se saisir de l’accord constitutionnel intervenu à Ottawa, voilà un petit livre qui vient à son heure.Il s’agit d’un compte-rendu détaillé du colloque tenu au Mont-Gabriel en mai 1986 qui a signalé le démarrage effectif de cette révision de la constitution.Ce colloque, organisé conjointement par l’Institut des relations intergouvemementales de l’université Queen’s ( Kingston), la direction de l’École nationale d’administration publique (Énap) et LE DEVOIR, regroupait des universitaires, des hauts fonctionnaires de chacune des provinces et de l’administration fédérale, des syndicalistes et des hommes d’affaires, tous inscrits à titre strictement personnel.Cet ouvrage, intégralement bilingue, permet de comprendre le chemin parcouru en un an jusqu’à la réunion du lac Meech où le premier ministre du Canada et ses homologues provinciaux ont réalisé un premier accord.Cet accord devait provoquer la tenue d’une série de délibérations d’une commission de l’Assemblée nationale et susciter bon nombre de réactions, dont la moins fracassante n’aura pas été celle de l’ancien premier ministre du Canada, M.Pierre Trudeau.Instrument de travail précieux, ce petit livre reproduit aussi intégralement l’allocution prononcée à cette occasion par le ministre québécois responsable de ce dossier.M.Gil Ré-millard y expose les fameuses cinq conditions mises de l’avant par le Québec à l’ouverture de cette ronde de négociations et qui ont balisé l’ensemble de cette entreprise.— PAUL-ANDRÉ COMEAU prix est souvent très élevé.Il implique fatalement le soutien réel de pays alliés ou, ce qui répugne généralement à l’opinion publique, une intervention directe de l’armée américaine.Telle la thèse centrale que soutient Simon Serfaty dans son dernier livre publié en français : La Politique étrangère des États-Unis de Truman à Reagan.Édité en anglais en 1984, l’ouvrage n’en reste pas moins actuel, l’auteur ayant pris soin de faire une mise à jour pour la traduction française.N’étant pas américain d’origine, Serfaty présente une analyse « détachée » de la politique étrangère des États-Unis.Né en Afrique du Nord et formé à la culture française, l’auteur aborde son sujet avec une sensibilité « européenne » et une connaissance profonde de l’Amérique où il vit maintenant depuis 27 ans.Nation ou empire ?L’Amérique doit être les deux, mais elle reste hantée par son penchant isolationniste qui a si profondément marqué son histoire.L’auteur note avec raison l’indifférence du public américain vis-à-vis de la politique étrangère.En 1982, un sondage révélait que le tiers des Américains estimaient le moment venu pour les États-Unis de se retirer des affaires du monde.Comment, dans ce contexte, mener une politique qui suit le discours ?philosophie améri lions internationa- MikhaTI Gotbatchev et Ronald Reagan lors de leur premier sommet, en novembre 1985 à Genève.L’histoire et la géographie constituent ici des facteurs déterminants.Il est regrettable que l’auteur n’ait pas explicité davantage leur influence.En particulier, quand il traite des rapports entre les États-Unis et l’URSS.Il signale fort justement que les « Américains ont négligé d’accorder à leurs relations avec Moscou ce caractère normal qui fait des relations entre grandes puissances un va-et-vient oscillant perpétuellement entre la négociation et la confrontation ».En fait, l’Amérique éprouve toujours une grande nostalgie de la « clarté des années cinquante », où elle jouissait d’une suprématie mili- taire.Le projet d’initiative de défense stratégique
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