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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1987-06-20, Collections de BAnQ.

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L’AMÉRIQUE FRANÇAISE •1 rt&àjk ?FRANCOPHONES RASSEMBLENT Les drapeaux qui ornent le parc de l’Amérique française, à Québec.De gauche à droite: Québec, Acadie, Louisianais francophones, Franco Ontariens, Fransaskois, FrancoManitobaîns Franco-Colombiens, Franco-Albertams, Franco-Américains, Franco-Américains du Midwest.’ LÉLECTRIFFICACITÉ (X Ce supplement tiré a 1 420 000 exemplaires est une Initiative de l’Association de la presse francophone hors Québec, réalisée en collaboration avec le Rassemblement des francophones d'Amérique Inséré dans les iournaux suivants.Le Radar, Faroq Forum (15 juin); L'Echo de la Baie, La Frontière, Le Nord-Est, Le Pharillon, Le Rimouskois, Le Voilier/Le Point, Les Échos Abitibiens (16 juin); Bonjours Chez-Nous France-Amérique L'Aviron L'Eau Vive La boite a Nouvelles, La Voix Acadienne, La Voix Gaspésienne, Le Carillon, Le Courrier, Le Madawaska, Le Moniteur.Le Nord, Lé Rempart, Le St-Laurent Écho, Le Voyageur, Pro-Kent (17 juin); Le Goût dé Vivre Le Journal dé oornwall (18 juin); Journal Français d'Amérique, L'Acadie Nouvelle, L'Aquilon, L'Aurore Boréale, La Liberté, Le Franco LeGaboteur, Le Matin, Le Nouvel Ontarien, Le Soleil de Colombie (19 juin) La Presse La Tribune La Voix de l Est, Le Devoir, Le Droit, Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec, Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Quotidien du Saguenay Lac-St-Jean (20 juin); Journal de Lowell (6 juillet). /jvh À L’OCCASION DU SOMMET DE QUÉBEC Les francophones d’Amérique témoignent de leur vitalité RASSEMBLEMENT DES FRANCOPHO BES DAMÉR/Ql/E La venue à Québec, au début de septembre, des leaders politiques de quelque quarante pays ayant en commun l’usage du français témoigne de l’existence et de la vitalité en terre d’Amérique d’une francophonie originale, à l’avant-garde de l’action déployée pour le rayonnement du fait français à travers le monde.Conscients de l’importance de cet événement et de son impact sur leur avenir, les peuples et communautés francophones du continent, par l’intermédiaire de leurs associations, ont décidé de conjuguer leurs efforts en vue d’affirmer leur présence et leur identité, de faire valoir leurs besoins particuliers et de mettre en valeur, tout au long de 1987, l’Amérique française.C’est ainsi qu’est né l’automne dernier le Rassemblement des francophones d’Amérique à l’initia- , 1£» Aux grandes idées, les grands moyens.Depuis plusieurs années, la Société générale de financement contribue à doter le Québec d’une infrastructure industrielle dans plusieurs secteurs vitaux.Aujourd’hui, l’avenir s’ouvre aux projets d’envergure et aux entrepreneurs qui voient grand.Lancer une entreprise dans des domaines tels la pétrochimie ou l’électro-métallurgie nécessite un encadrement sûr et un partenaire financier solide.Plus que jamais, le Groupe SGF prend, en 1987, une importance nouvelle dans l’établissement et le développement d’une industrie québécoise vigoureuse.Quand il s'agit de grandes idées, la SGF prend les grands moyens.LE GROUPE tive du Secrétariat permanent des peuples francophones de Québec, de la Fédération des Francophones hors Québec et de l’Assemblée des Franco-Américains.Oeuvre collective Cinquante organismes issus du Québec, de l’Acadie, du Canada français, de la Nouvelle-Angleterre, de la Louisiane et d’ailleurs aux États-Unis ont alors formé ce mécanisme de coordination que constitue le Rassemblement.Une trentaine d’autres associations ou organisations, tant de l’enseignement que du monde des affaires ou des milieux culturels, se sont depuis jointes au mouvement.Le Rassemblement s’est tout d’abord donné une image de marque: treize oiseaux stylisés sous forme de fleurs de lys, représenj tant les treize principales communautés francophones en volée, en pyramide, vers un même but, sinon vers.un sommet.Ce logo reflète une préoccupation fondamentale parmi les représentants de communautés francophones dispersées aux quatre coins d’un vaste continent: briser leur isolement, raffermir leur solidarité et travailler ensemble à une oeuvre commune.1,5 million d’exemplaires L’Association de la presse francophone hors Québec, qui en a pris l’initiative, et le Rassemblement des francophones d’Amérique publient en collaboration ce cahier spécial tiré à un million et demi d’exemplaires et axé sur des réalisations économiques et culturelles modernes, porteuses d’avenir pour notre langue et notre culture.D’ici la fin de l’année, il compte monter une exposition sur l’Amérique française qui pourra ensuite faire le tour des régions.Entretemps, il tient à Québec, du 27 au 30 juin, quatre «journées-rencontres», véritable occasion de retrouvailles entre toutes les communautés francophones d’Amérique, depuis la Colombie-Britannique jusqu’à Haïti.Sans ignorer les différences dues à l’évolution de chacune, ce ralliement vise à dégager les points de convergence et à étudier des projets à caractère international ou intercommunautaire.Tout cela, sans compter les activités organisées partout par d’autres organismes non gouvernementaux, fait de 1987, en Amérique, l’Année de la francophonie.M.Réal Gilbert, Vice-président Assemblée des Franco-Américains M.Yvon Fontaine Président, Fédération des francophones hors Québec M.Philippe Sauvageau Président, Secrétariat permanent des peuples francophones (Québec) , F '¦% LEVIER DEPUIS 25 ANS.TREMPLIN POUR L'AVENIR.L’Amérique française Edmonton Vancouver Winnipeg Halifax PERSONNES QUI PARLENT LE FRANÇAIS À LA MAISON Saint - Paul Boston 1000 à 9999 10000 à 49999 50000 à 149999 New York Chicago ' î San Francisco 551100 QUEBEC s Los Angeles 1920050 MONTREAL 600 Km Houston ' .'fork XASSEMBLEME/vr A*YM! DES francophobes MX ?$?$!*•>«.mxiwM •.¦ .,••••• m?-:, Cormier vm&KÊm&ti v V; -S J, .' -V êéïM, '&&&# Des bateaux équipés chacun de 150 casiers pour la pêche au crabe.Photo Roger L’Acadie reprend la mer JEAN SAINT-CYFt Les Acadiens du Nouveau-Brunswick, dont le monde francophone connaît surtout les écrivains et les artistes, doivent pourtant leur vitalité culturelle à un redressement qui est aussi de nature économique et qui leur a permis, en vingt ans, de reconquérir la maîtrise des pêches.La région acadienne du Nouveau-Brunswick compte 79,2 % de tous les pêcheurs de la province, 76,9 % des emplois en usine et 72 % de toutes les usines en exploitation.De ces usines, 21 ont un chiffre d’affaires annuel d’au moins 2,5 millions $, dont 18 sont situées dans la région acadienne et 17 sont la propriété des Acadiens.Des 288 millions $ que rapportait l’industrie des pêches dans la province en 1982, les Acadiens y étaient pour 194 millions, soit 67 %.À titre de comparaison, mentionnons que Terre-Neuve touchait la même année 483 millions $, la Nouvelle-Écosse 520 millions, le Québec 103 millions et lïle-du-Prince-Edouard 48 millions.Depuis lors, le chiffre d’affaires de l’industrie, au Nouveau-Brunswick, est passé à 350 millions $.Une génération plus tôt, la situation était tout autre.Anglais et Américains dominaient le secteur.Que s’est-il passé?Pour le comprendre, il faut remonter le temps.Un peu d’histoire La pêche est parmi les premières industries que les Français développent, dès le début de la colonisation.En 1619, l’une des sociétés fran- çaises créées à Bordeaux a justement pour but de commercialiser la pêche à partir de Miscou, au nord-est du Nouveau-Brunswick.Les luttes s’engagent aussitôt entre les sociétés commerciales françaises pour s’approprier l’industrie de la pêche dans la Baie des Chaleurs et le golfe Saint-Laurent.Pour leur part, les Acadiens participent à la pêche de cette époque, bien qu’au moment où ils s’installent sur les terres fertiles de la vallée d’Annapolis et le long du fleuve Saint-Jean, c’est surtout l’agriculture qui les occupe.Lorsque la France abandonne l’Acadie aux Anglais, ces derniers saisissent les bateaux et l’inventaire des Acadiens (1761).Pendant les deux siècles qui suivent, les Acadiens sont pratiquement ré- duits au statut d’esclaves: les acheteurs anglais de poisson détiennent le monopole du commerce en général et les Acadiens tirent de la pêche un revenu à peine suffisant pour se nourrir et se vêtir.À l’origine, une coopérative Cependant, à la fin des années 40, un groupe de pêcheurs acadiens de l’île de Lamèque, près de Miscou, s’organise en coopérative, avec l’aide du clergé local.Ce fut le début, timide et lent, de la reconquête.À la fin des années 60, quand les stocks de poisson du golfe Saint-Laurent s’effondrent à la suite d’une pêche trop intensive de la flotte étrangère, les intérêts anglais et américains, qui dominent la transformation du poisson, comptent pour moribonde l’industrie de Les pêcheurs côtiers de homard se préparent.la pêche dans le golfe et abandonnent graduellement les usines.Les Acadiens, qui voient leur principale industrie ainsi s’effriter, décident d’acheter ces usines afin de maintenir l’activité économique de leurs communautés.Les débuts sont difficiles.Pour compenser l’effondrement des stocks dans le poisson de fond, les Acadiens travaillent au développement de la pêche au crabe et à la crevette dans le golfe Saint-Laurent.En 1967, le crabe ne rapporte à l’industrie qu’une centaine de milliers de dollars.Au cours des années 70, la situation s’améliore graduellement: plus d’usines sont construites, les pêcheurs acquièrent des bateaux dépêché du dernier cri technique et les débarquements de poisson augmentent constamment.L’ascension du crabe La flotte acadienne de pêche semi-hauturière du Nouveau-Brunswick est constituée d’environ 130 bateaux, dont les ports d’attache se trouvent dans la Péninsule acadienne, à Shippagan, Lamèque et Caraquet.Une vingtaine d’usines emploient environ six mille personnes qui travaillent à l’apprêtage du poisson.Le poisson est exporté principalement aux États-Unis, au Japon et en Europe occidentale.La valeur marchande des produits de la mer qu’apprête l’industrie acadienne des pêches s’élève aujourd’hui aux environs de 200 millions f, dont une centaine de millions proviennent du crabe.Plus d’argent pour la culture Bien que le chômage saisonnier demeure élevé en Acadie, la réus- site des Acadiens dans l’industrie des pêches, force motrice de leur économie, redonne à toute la communauté une confiance en soi qu’elle n’avait pas il y a vingt ans.C’est avec assurance que les représentants des pêcheurs, par exemple, s’expriment en français lors de réunions officielles, et qu’ils exigent la même chose des fonctionnaires affectés à la gestion des pêches.Mais l’impact ne se ümite pas à l’aspect lingustique.En 1987, l’Association des pêcheurs professionnels acadiens (A.P.P.A.) célébrait son dixième anniversaire de fondation.Au banquet de clôture de son assemblée annuelle, l’Association a rendu hommage à une trentaine de pêcheurs qui avaient siégé à son bureau de direction, en leur remettant de magnifiques peintures sur soie réalisées par une artiste acadienne.Cette commande représentait pour l’artiste retenue quelques milliers de dollars, de quoi continuer à produire à l’aise pour quelques mois.Un groupe présente cette année au C.R.T.C.un projet de radio communautaire pour diffuser en stéréophonie sur la bande MF dans la Péninsule acadienne.Bien que le coût du projet s’élève à pratiquement un demi-million de dollars, l’apport financier de l’industrie acadienne des pêches procure au groupe l’assurance d’entrer en ondes en 1987, si la décision du Conseil de radiodiffusion et des télécommunications canadiennes lui est favorable.En 1982, le quotidien L’Êvangé-line ferme définitivement ses portes.Deux ans plus tard, dans la Péninsule acadienne, un quotidien régional voit le jour bien que la rentabilité du projet soit mise en doute.En 1987, grâce encore au soutien financier important de l’industrie des pêches (pêcheurs et ap-prêteurs), le journal n’a pas seulement survécu à ses difficultés financières initiales, il est devenu rentable.Un mouvement de fond En citant ces exemples d’aide directe que permet la force économique des Acadiens dans le domaine des pêches, on ne rend pas entièrement justice aux réalisations culturelles nées de la prospérité générale.Il existe en Acadie une troupe de théâtre professionnelle, de nombreux artistes, comédiens, photographes et cinéastes, et une multitude de sociétés culturelles: ils présentent régulièrement des spectacles que la communauté n’aurait pu se payer il y a de cela une décennie.C’est un aspect de l’Acadie contemporaine qui rend désuète, aux yeux des Acadiens, l’image d’un peuple pauvre et opprimé.La maîtrise économique a développé chez eux une nouvelle attitude de sorte qu’ils trouvent aujourd’hui plus facile de piloter des dossiers importants et de les gagner, dans leurs aspects économiques aussi bien que culturels.•Jean Saint-Cyr est directeur des communications à l'Association des pêcheurs professionnels acadiens.Où que vous soyez en Amérique du Nord.Recevez CHEZ-VOUS vos magazines préférés! Demandez notre catalogue général (plus de 5 000 titres) : 4,00 $ Tél.: (514) 274-5468 - Tout le Québec et l’Outaouais: 1-800-361-1431 (periodica) la maison de l’abonnement C.P.444, Outremont (Québec) Canada H2V 4R6 L’Amérique française m bllllMW kiiminl y,, * v b*»*»*»« ' ' 1 ! |m»h ¦*»¦¦] I I B ¦ I I,, iipl i a * *1 i * * « ! !«»«: ' in* *ij « a « *11 a « m ! liatH SP»»B! ll'«*:».vi *¦¦¦¦ cement du Québec qui, pour le moment, a les plus gros capitaux dans les immeubles à bureaux : 500 millions $ dans des immeubles qui en valent 800 millions.Elle fait aussi l’acquisition de terrains qu’elle peut utiliser éventuellement comme levier pour obtenir une participation dans un édifice et ainsi accroître son rendement.L’immobilier représente toutefois moins de 2% de tout le portefeuille de la Caisse, dont les actifs atteignent 28 milliards $.La Caisse a engagé 250 millions $ dans les immeubles à bureaux de Montréal, avec des participations de 50% dans la Tour de la Bourse, 53% dans Westmount Square, 50% dans le 550 Ouest Sherbrooke avec Loto-Québec, 95% dans le Centre Capitol, 40% dans les Promenades de Montréal sur McGill College.Si cette présence paraît forte comparativement aux autres maisons francophones, la perspective change dans un contexte plus global.Cadillac Fairview a des investissements de près de 6 milliards $ en Amérique du Nord.Ces placements n’ont pas pour but d’épater les badauds ou les compagnies concurrentes.S’ils surviennent maintenant, c’est qu’un certain nombre de financières ont pris une expansion considérable ces dernières années.La F-I-C, de La Laurentienne, est «le bébé de l’industrie»: après trois ans et demi, elle a déjà des actifs de 75 millions $.Elle participe au tiers dans l’immeuble de 75 millions La Laurentienne, boulevard Dorchester, en compagnie de Lavalin et de Marathon (propriétaire du terrain et filiale de CP).Elle investit 40 millions dans l’aménagement du Windsor et s’apprête à mettre en marche cet été un projet de 200 millions en tandem avec Hydro-Québec dont le siège social sera complètement transformé.«Nous nous donnons la vocation de valoriser les choses propres à la société québécoise mais de façon économique, comme on le fait à New York ou Boston.Nous avons un exemple de cela à Montréal avec la maison Alcan», précise M.Normandeau.Pour minimiser les risques, le partenaire est très souvent, en même temps, un locataire.En un mot, ces énormes investis- LA LAURENTIENNE, LE TROISIÈME HOLDING FINANCIER AU CANADA «PÈSE» 6 MILLIARDS $ sements sécurisent les placements des entreprises financières, notamment les compagnies d’assurance en forte croissance.La Laurentienne est maintenant le troisième holding financier au Canada, avec des actifs de 6 milliards $.La F-I-C est le bras immobilier de tout le Groupe, aussi lui faut-il être présente partout où le Groupe se trouve, aussi bien en Amérique qu’ailleurs.La Caisse de dépôt et placement joue, cependant, un rôle de leadership depuis qu’elle a créé la Société immobilière Trans-Québec, dans laquelle elle détient 53% des ac- tions, avec sept autres partenaires, soit L’Alliance, Les Coopérants, le Trust général du Canada et quatre fonds de pension québécois.C’est grâce à cette participation que Les Coopérants ont acquis de l'expérience avant de se lancer dans de nouveaux projets immobiliers, seuls ou avec d’autres partenaires.Les Coopérants ont formé l’an passé leur propre filiale immobilière qui devrait prendre une expansion très rapide.Les grandes maisons financières s’intéressent de plus en plus à l’immobilier pour des raisons de placement à long terme.Comme pour une résidence personnelle, une hypothèque sur une tour de 30 étages qui coûte 200 millions $ peut être remboursée en 30 ans.Par la suite, c’est presque du profit net sur un investissement à l’abri de l’inflation ! Bientôt le Mouvement Desjardins à part les complexes Desjardins à Montréal et à Lévis, le Mouvement Desjardins n’a pas manifesté à ce jour son intention de pénétrer le marché des grands édifices.Toutefois, cette tendance pourrait bientôt changer.Le dossier fait l’objet d’une étude et un «comité immobilier regarde ça de près».En investissant dans l’immobilier, on jouit d’une publicité permanente avec un édifice très visible qui porte son nom.On a, en somme, pignon sur rue.Tout le monde s’accorde cependant pour penser que le dynamisme économique a des effets d’entraînement sur les activités culturelles au sens large.À Montréal, tous constatent l’intérêt gran- Place Félix-Martin dissant des médias pour les affaires: la récession de 1982 a contribué à porter cet intérêt à un niveau jamais atteint au Québec.La presse d’affaires hebdomadaire connaît des tirages dont elle n’aurait pas osé rêver il y a vingt ans : elle a multiplié ses publications.Même les quotidiens consacrent de plus en plus de pages à l’économie, à l’épargne-actions et aux entrepre- neurs.Les facultés d’administration sont devenues les plus achalandées.Le Québec, qui naguère regardait le commerce et l’industrie de haut, est aujourd’hui à la fine pointe de l’esprit d’entreprise.En définitive, il a fallu un quart de siècle avant que la Révolution tranquille ne transforme la vie écono mique depuis la Beauce jusqu’au centre-ville de Montréal.30 MILLIARDS $! C’est l’actif des 4,2 millions de coopérants du Mouvement Desjardins Avec des actifs qui dépassent 30 milliards $, le Mouvement Desjardins est le plus important groupe financier diversifié de l’Amérique française, dont 4,2 millions de coopérateurs québécois ont la propriété inaliénable.JEAN-PAUL GAGNÉ Les Affaires Si les entreprises financières québécoises connaissent le sort florissant dont témoignent leurs projets immobiliers, c’est surtout grâce au mouvement coopératif qui a su conserver son leadership dans la poussée récente, longtemps après avoir ouvert la voie à la présence francophone dans le monde bancaire, puis dans le secteur de l’assurance.Les caisses populaires Le Mouvement Desjardins, c’est d’abord 1 370 caisses populaires dont les actifs atteignent 26 mil- liards $, si l’on tient compte des onze fédérations qui les regroupent et de la Caisse centrale Desjardins qui agit comme banque centrale du Mouvement et qui a maintenant un bureau à New York.Les caisses populaires et leurs fédérations détiennent des parts de marché de 35 à 40% pour la plupart des produits financiers de type bancaire au Québec.La Banque Nationale vient au second rang dans ce domaine, laissant à l’ensemble des banques anglophones une part globale d’environ 40% ou moins.Par contre, les banques anglophones dominent nettement le marché des produits de type bancaire dans toutes les autres provinces canadiennes.Le Mouvement Desjardins comprend également deux sociétés d’assurance-vie: la mutuelle Assurance-vie Desjardins (actif, 1,2 milliard $); et La Sauvegarde, une compagnie à capital-actions (actif, 700 millions).Desjardins possède aussi la Fiducie du Québec (actif, 1,3 milliard) et le Groupe Desjardins, Assurances générales (actif, 180 millions); ainsi que le Crédit industriel Desjardins (actif, 550 millions) et la Société d’investissement Desjardins (actif, 260 millions), dont le principal placement est un intérêt majoritaire dans Cu-linar (Vachon, Stuart, Viau, Pacini, etc.).Fait significatif, Desjardins a permis au cours de la dernière an- née au Crédit industriel et à la Fiducie du Québec d’émettre des actions dans le public.Un autre groupe coopératif rayonne au Québec.Il s’agit des caisses d’établissement, dont les actifs globaux sont de l’ordre de 300 millions $.Ailleurs au Canada Dans les autres provinces, le groupe de caisses populaires le plus important est celui de l’Ontario: 64 caisses populaires y détiennent des actifs légèrement supérieurs à un milliard $, pour le compte de 145 000 membres.Au Nouveau-Brunswick, les 87 caisses populaires réunies dans la Fédération des caisses populaires acadiennes ont 185 000 membres (actif, 575 millions $).Les caisses populaires du Nouveau Brunswick possèdent une compagnie d’assurance-vie, la Société d’assurance des caisses populaires acadiennes (actif, 22 millions).En- Yvon Fontaine Président JOa «fédération des «francophones cJCors QueBec «Jne.1404 - 1, RUE NICHOLAS, OTTAWA (ONTARIO) K1N 7B6 Tél : (613) 563-0311 Aurèle Thériault Directeur général Ils sont près d'un million au pays à se parler, à s écouter, à s'entendre, à échanger en français en dehors de la province de Québec Qu ils soient Acadiens.Franco-ontariens.Fransaskois.Franco-colombiens, Franco-yukonnais.Franco-manitobains ou Franco-albertains, tous se battent avec conviction et ardeur pour conserver leur identité culturelle et trouver leur place au soleil.En cette Année Internationale de la Francophonie, la Fédération des francophones hors Québec s'est associée activement au Rassemblement des Francophones d'Amérique les 29 et 30 juin à Québec.Nous souhaitons avec vigueur que cette rencontre permettra à tous les francophones de ce vaste continent qu est l'Amérique du Nord de pouvoir tisser à nouveau des liens de solidarité dans le but de protéger et promouvoir le fait français.Il s'agira aussi d une préparation importante en vue du Sommet des chefs d État et gouvernements ayant en commun l'usage de la langue française en septembre 1987 à Québec Au nom des associations membres de la FFHQ et de tous les francophones qu elles représentent, nous souhaitons à tous et a toutes un Rassemblement des plus fructueux et une Année de la Francophonie des plus enrichissante.ZÎÏËP g» U # L'Amerique française 7 Suite de la page 7 - fin, au Manitoba, 23 caisses populaires regroupent 33 000 membres (actif, 200 millions).Les mutuelles d’assurance Le fleuron canadiens-français dans l’assurance-vie, ce sont les mutuelles.Une mutuelle appartient à ses assurés; c’est une sorte de coopérative.C’est cette formule qui a donné naissance, par exemple: à La Laurentienne de Québec; à l’Alliance de Montréal; à l’Assurance-vie Desjardins de Lévis; et aux Artisans de Montréal, qui ont fusionné plus tard avec Les Coopérants, une mutuelle d’assurance-vie et d’assurance générale issue de l’Union des producteurs agricoles.De même sont apparues la Mutuelle des fonctionnaires du Québec et la Mutuelle SSQ (actif, 165 millions), deux compagnies de Québec; La Survivance et L’Union-vie de St-Hyacinthe.Des compagnies créées initialement avec un capital-actions se sont plus tard transformées en mutuelles.Les deux exemples les plus frappants sont L’Industrielle de Sil-lery, qui a fusionné avec l’Alliance le 1er janvier 1987; et La Solidarité, également de Sillery, qui a acheté il y a quelques années l’Unique, une compagnie à capital-actions, qu’elle exploite comme filiale pour les affaires d’assurance générale mais dont elle a fusionné les affaires d’assurance-vie.La Laurentienne Le plus gros groupe d’assurance issu d’une mutuelle est le Groupe La Laurentienne.La Corporation du Groupe La Laurentienne, la société de gestion de La Laurentienne, regroupe des sociétés dont les actifs sont évalués à 7 milliards $, sans compter ceux de La Laurentienne elle-même (170 millions).La Corporation du Groupe La Laurentienne détient notamment: L'Impériale de Toronto, qui a d’importantes activités d’assurance-vie aux États-Unis et au Royaume-Uni; ailleurs à l’étranger, Trident Life de Londres, Loyal American d’Alabama, Life of Boston et Ame- rican Guaranty Life d’Oregon; La Laurentienne Générale (actif, 320 millions $), Tune des plus importantes compagnies d’assurance générale au Canada; et La Personnelle; les Services financiers Eaton, qui exploitent une gamme de services financiers (Eaton Life, Eaton Trust, etc.) partout au Canada, et Yorkshire Trust de Vancouver; ainsi que plusieurs investissements dans le secteur immobilier via le Fonds F-I-C de Montréal, Immeubles Imbrook de Toronto et Castle-mere Properties de Londres.L’Industrielle La plus importante compagnie mutuelle d’assurance-vie à capital francophone est L’Industrielle-Al-liance (actif, 2,5 milliards).Cette société possède aussi une filiale d’assurance-vie, North-West Life de Vancouver, et quelques compagnies d’assurance générale de taille moyenne.Elle s’est doté récemment d’une société de gestion, la Corporation Alliance-L’Indus-trielle, qui détient notamment 30% du Trust général et 80% de 1ST, une firme de services informatiques.Les Coopérants Les Coopérants (actif, 160 millions) se diversifient également.Us détiennent environ 80% de Guardian Trustco, une société de fiducie de Montréal; et ils viennent d’acquérir AM Life, une compagnie américaine d’assurance-vie.Les Coopérants ont une participation importante dans la Société d’En-traide économique (actif, 525 millions).Enfin, ils ont développé ces dernières années un portefeuille impressionnant d’immeubles commerciaux.La Mutuelle des fonctionnaires (actif, 100 millions) est devenue un groupe, à sa façon, en s’offrant une compagnie d’assurance générale, La Capitale, en acquérant la Société nationale de fiducie et en lançant une filiale immobilière.En dehors du Québec, la seule mutuelle d’assurance-vie indépendante est l’Assomption de Moncton (actif, 190 millions).Elle étend son rayon d’action à toutes les provinces maritimes, au Québec et à l’On- -s Université de Moncton La plus grande université canadienne entièrement de langue française à l’extérieur du Québec Plus de 6000 étudiants et étudiantes Trois centres universitaires EDMUNDSTON, MONCTON ET SHIPPAGAN Des programmes de baccalauréat dans environ 70 domaines des humanités, des sciences sociales, des sciences humaines et des sciences pures et appliquées.Des programmes de maîtrise en administration des affaires, administration publique, biologie, chimie, écononie, éducation, études familiales, français, génie, histoire, nutrition, philosophie, physique, psychologie, service social.Pour obtenir des renseignements sur les programmes d’études, veuillez communiquer avec le Bureau de liaison de l'un des trois centres: Centre universitaire Centre universitaire de Moncton de Shippagan Moncton, N.-B., E1A 3E9 Shippagan, N.-B., EOB 2P0 Centre universitaire Saint-Louis-Maillet Edmundston, N.-B., E3V 2S8 L'Université de Moncton, carrefour de la leunesse acadienne et, de plus en plus, de la francophonie canadienne et mondiale 8 ‘ C'ÀrriâriQÙè française ; » .¦ r w' * .;;;; ; L A C A.SSE POPULAIRE DE LEVIS UU&lPmWIHKllVIS .r as I));;-, ,.•, vjoo li ÜU&Sf PCPtuiK Cl LÉVIS _ roxort • i;vw FîtBf fe l?4 LCH DES sm cats cdOPBwnriFS st ourkc La première caisse populaire, fondée à Lévis en 1900 par Alphonse Des jardins.tario, en plus de pénétrer quatre États de la Nouvelle-Angleterre.La formule coopérative a servi aussi dans l’assurance générale: on dénombre, sur le territoire québécois, 43 sociétés mutuelles d’assurance générale (actif, 125 millions) qui regroupent 170 000 membres.L’expansion à l’étranger Les entreprises financières à capital francophone sont encore fortement concentrées au Québec.Cependant, les incursions du Groupe La Laurentienne en dehors du Québec sont une source d’inspiration pour les autres et il est fort probable que la pénétration des marchés extérieurs s’amplifiera fortement au cours de la prochaine décennie.Même le Mouvement Desjardins emboîtera bientôt l.e pas.Il envisage en effet de se donner un holding financier dont la fonction sera à la fois d’amener du capital neuf dans le mouvement et de diversifier sa présence dans d’autres régions ou pays.Capital-actions: une présence qui s La presence canadienne-française s’est affirmée aussi dans les compagnies financières à capital-actions, dont la plus imposante est sans contredit la Banque Nationale du Canada (actif, 29 milliards).La BNC vient toutefois au sixième rang des grandes banques canadiennes, que domine la Banque Royale du Canada (actif, 100 milliards).Une autre banque québécoise à capital francophone, La Banque d’Èpargne de Montréal, détient un actif consolidé d’environ 4 milliards de $ en incluant Les Fiduciaires, une société de fiducie.Le Groupe La Laurentienne, qui possède environ 30 % de la Banque d’Épargne.n’attend plus que l’accord d’Ottawa pour porter à 50 % sa participation.Du côté des groupes financiers diversifiés à capital-actions, le groupe le plus spectaculaire est la Corporation financière Power dont l’actionnaire majoritaire ultime est le financier montréalais Paul Desmarais, d’origine franco-ontarienne.La Financière Power détient un intérêt majoritaire dans trois maisons importantes: le Montréal Trust (actif, 7 milliards), qui vient d’avaler le Crédit foncier; la compagnie d’assurance-vie Great-West de Winnipeg (actif, 6 milliards); et le Groupe Investors (actif, 1,5 milliard), une société de Winnipeg spécialisée dans la gestion et la vente de fonds d’investissement.Parmi les groupes financiers diversifiés, on retrouve à Québec le Groupe Prêt et Revenu (actifs, 550 millions) qui est formé de trois sociétés financières: la Fiducie Prêt et Revenu de Québec; Ae-terna-Vie, une compagnie d’assurance-vie de Montréal ; et la St-Maurice, une compagnie d’assurance générale de Trois-Rivières.Il n’existe pas de compagnie importante d’assurance-vie à capital-actions francophone qui soit indépendante des groupes financiers.Il y a toutefois quelques compagnies d’assurance générale.Les plus importantes sont le Groupe Commerce et Assurance Bé-lair, dont les actifs combinés sont de 322 millions, et L’Union Canadienne (actifs, 95 millions).¦ : Dans le secteur de la fiducie, la plus grosse maison francophone qui ne fait pas partie d’un groupe financier est le Trust Général du Canada (actifs consolidés, 3,5 milliards).Elle possède Sherbrooke Trust, de la ville du même nom; et Sterling Trust, une fiducie dont les actifs dépassent le milliard et qui exerce ses activités dans le sud de l’Ontario.Les actifs du Montréal Trust et du Trust Général impressionnent mais leur taille parait assez modeste quand on les compare aux 25 milliards du Canada Trust, la plus importante société de fiducie canadienne.O S.O.S.J’ÉCOUTE S.O.S.J’ÉCOUTE S.O.S.J’ÉCOUTE S.O.S.O O FÉMINISATION DE LA PAUVRETÉ.STOP.EMPRISE DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE .STOP.SEXISME.O O STOP.VIOLENCE.STOP.SEULE AVEC LES ENFANTS STOP.AGRESSIONS.STOP.SOLITUDE STOP O O ASSIMILATION.STOP.SIGNÉ: O O LA FÉDÉRATION NATIONALE DES FEMMES CANADIENNES FRANÇAISES O O 525-325, RUE DALHOUSIE, OTTAWA (ONTARIO) K1N 7G2 O Cliché répété a éclairage different, en raison du texte imprimé sur fonds gris ou de couleur.\Z Les succès incontestables du français langue d’entreprise PIERRE GRAVEL La Presse Il n’y a pas si longtemps, n’importe quel électricien québécois disposait d’un stock de gaskets, de breakers ou de heavy duty safety switches.Aujourd’hui, ceux qui s’approvisionnent chez les principaux manufacturiers commandent tout naturellement des joints d’étanchéité, des disjoncteurs ou des interrupteurs de sûreté intensifs.Pour le profane qui ne s’y entend guère en appareillage électrique, ce passage de l’anglais au français ne change pas grand chose; ces expressions ne seraient pas moins hermétiques en russe ou en souahéli! Mais pour les virtuoses du courant alternatif et les magiciens du 220, il s’agit d’une rupture radicale avec des traditions ancestrales.Aucun d’entre eux n’a cependant été obligé de suivre un cours intensif de français ni de retenir les services d’un traducteur pour effectuer cette conversion linguistique.Il lui a suffi de consulter le catalogue des produits disponibles et de s’en inspirer pour remplir le bon de commande; un catalogue rédigé exclusivement en français et dont les nombreuses illustrations permettent d’associer commodément l’objet recherché et sa désignation correcte.«On a bien pris soin de ne pas faire un catalogue bilingue pour éviter que nos clients succombent à la tentation de toujours se référer aux expressions anglaises qui leur sont plus familières, explique Raymond Plouffe, vice-président de Westinghouse pour le Québec.Et on constate, par les commandes reçues, que le français fait rapidement son chemin dans le monde de l’électricité».Cette opération qu’il n’aurait pas été possible de mener isolément a nécessité beaucoup de temps et de patience.«Seulement pour remplacer par le terme «tarifs» la traditionnelle «liste de prix» — qui était la traduction littérale de price list — poursuit M.Plouffe, nous avons dû coordonner notre action avec CGE et Sylvania.Et il aura fallu au moins trois ans pour faire entrer cette expression dans l’usage courant».Sans contestation Cette francisation des termes techniques ne constitue qu’un exemple du chemin parcouru au Québec depuis dix ans au chapitre du français comme langue de travail.La francisation des entreprises a un effet multiplicateur.Et c’est, à coup sûr, l’un des volets les moins contestés de la Charte de la langue française.La loi 101 ne se limite pas à imposer le français comme langue de communication entre les fournisseurs et leur clientèle; le chapitre V est en effet consacré tout entier à la francisation des entreprises qui emploient cinquante personnes ou plus.L’Office de la langue française (O.L.F.), chargé de son application, en a dénombré au total 3 829 dont 2 268 P.M.E.- de cinquante à cent employés — et 1561 G.E.— grandes entreprises de 100 personnes et plus.Comment amener des géants de l’industrie à respecter cette mesure audacieuse?Le défi était donc de taille et le scepticisme considérable.Comment amener des géants de l’industrie canadienne, actifs coast to coast, et des multinationales américaines, pour qui le Canada est assimilable aux États-Unis, à respecter cette mesure audacieuse d’une province traditionnellement velléitaire?Qui plus est, la loi adoptée en 1977 était celle d’un gouvernement nouvellement élu aux ambitions souverainistes.«Ce n’était pas notre seul problème, reconnaît aujourd’hui, Pierre Messier, responsable de la francisation des entreprises à l’O.L.F.Nous devions non seulement dissocier les questions linguistiques de la politique mais aussi relever le défi de franciser une technologie continentale reposant essentiellement sur l’utilisation de l’anglais».Certificat de francisation a Gouvernement Ou Quebec Office de la langue française n' Le présent certificat atteste que, dans l'entreprise la langue française possède le statut que les programmes de francisation ont pour objet d'assurer, conformément à la Charte de la langue française et à ses règlements.Fait à Montréal le Lu president.Le secrétaire.1 entreprise doit .îttuher une copie du present certificat dans chacun de ses etablissements situes au Quebec de telle sorte que tout son personnel puisse en prendre connaissance Les pâtes et papiers Dans l’industrie des pâtes et papiers ou de l’exploitation forestière, entre autres, chez Domtar et Mac-Laren, les responsables des comités de francisation insistent pour souligner les progrès partout accomplis: services d’informatique, magasins de pièces, centres de recherches, manuels d’instructions et lexiques terminologiques.«Ça n’a pas été facile et il reste beaucoup à faire, reconnaît Norman Chenail, président du comité de francisation chez MacLaren.À l’heure actuelle, on dispose d’une description en français d’environ le tiers des 7 000 pièces généralement disponibles dans nos magasins.Mais on entend de plus en plus souvent parler de triturateurs plutôt que de beaters».Des termes techniques qui n’ont pas été choisis au hasard.«Depuis sept ans, on a à notre disposition une traductrice professionnelle, en plus de pouvoir compter sur le résultat du travail des autres papetiè-res comme Domtar, Reed, CIP et autres membres d’un comité interentreprises qui se réunit régulièrement à tous les deux mois pour partager les résultats des efforts de chacun».Des résultats suffisamment concluants pour avoir amené l’.Univer-sité du Québec à Trois-Rivières à publier des ouvrages de consultation comme un.lexique technique général et un vocabulaire français du matériel papetier.«On a évidemment rencontré certaines poches de résistance à la francisation, surtout dans des usines établies à proximité de la frontière ontarienne, admet Norman Chenail.Et il nous a fallu convaincre beaucoup de monde qu’on pouvait travailler tout aussi efficacement en français qu’en anglais.Mais aujourd’hui, on peut affirmer que le pli est pris et qu’il apparaît normal à presque tout le monde de travailler de plus en plus en français.Tous les responsables d’usines ont à leur disposition des lexiques français-anglais des termes techniques et prennent graduellement l’habitude d’utiliser les mots français qui sont systématiquement mis en évidence sur les affiches et les étiquettes.» Les produits chimiques La francisation interne dans l’industrie des produits chimiques et pharmaceutiques n’était pas non plus un mince défi à relever.Chez Pfizer Canada, une multinationale américaine spécialisée dans la fabrication de médicaments, de parfums et de produits de beauté, on estime à approximativement un demi-million $ le coût de l’opération menée intensivement depuis 1980 mais amorcée avant même l’adoption de la loi 101.Une condition essentielle d'emploi ou de promotion interne «Aujourd’hui, tout se fait chez nous en français, explique Diane Strotman, présidente du comité de francisation, et une bonne connaissance de cette langue est devenue une condition essentielle d’emploi ou de promotion interne pour toute personne qui fait affaire avec nos employés ou notre clientèle au Québec.Même au siège social, à Kirkland, où la loi nous autorise à fonctionner en anglais dans nos rapports avec le reste du Canada ou les autres pays».Selon madame Strotman, cette exigence de la connaissance du français ne provoque pas vraiment de résistance chez les cadres venant d’autres provinces ou des États-Unis qui savent, en acceptant un poste à Montréal, qu’ils devront s’astreindre à l’apprentissage de la langue d’usage.«Nous avons en permanence un programme de cours à leur disposition et les résultats sont étonnamment rapides.Parce que chacun sait qu’il s’agit d’une volonté politique clairement établie de la part de la haute direction».Quand à l’appareillage technique et aux documents internes comme les manuels d’opération ou de gestion, les circulaires, les catalogues de pièces, les systèmes informatiques, tout a été francisé par l’équipe permanente de quatre traducteurs à l’emploi de Pfizer.Même à Toronto Dans plusieurs cas d’entreprises actives au Québec mais entretenant des relations étroites avec I f 1 Association de la presse francophone hors Québec Nous saluons les nombreux organismes, entreprises privées et gouvernements, qui nous ont permis d’initier et de réaliser cette édition spéciale de la francophonie.Roland Pinsonneault, Président Wilfred Roussel.Directeur général Jean Mongenais, 1er vice-président Aubrey Cormier, 2e vice président Yvon Losier, Secrétaire Raymond Beaudoin, Trésorier mpmrrmrffrmrw' pr"T|.’B ip ' t ® l * À “T m .on Oj Société fl« I» fondation Donj f rémont Société 0» opé'ilic 325, rue Dalhousie, Pièce 410 Ottawa (Ontario) K1N 7G2 (613) 237-1017 (Fondation DonatiencFremont, Qnc.L’Amérique française 9 Suite de la page 9 - d’autres provinces canadiennes ou différents pays étrangers, les effets de la loi 101 se font sentir à l’extérieur.Chez McDonald Tobacco, le président du comité de francisation, Gilles F.Arcand, a son bureau à Toronto, au siège social ontarien de la compagnie avec lequel il est maintenant possible de communiquer régulièrement en français.Chez Alcan, dont le rayonnement s’étend depuis le Saguenay jusque sur les cinq continents, on affirme avoir déjà francisé le centre de recherches et s’être attaqué à l’énorme problème que constitue la traduction du catalogue de toutes les pièces disponibles.À la lumière de ce rapide survol, on aurait tort de conclure que la partie de l’unilinguisme français est définitivement gagnée au sein du Québec industriel.Il conviendrait plutôt de parler de progrès marquants du bilinguisme dans un monde jusqu’ici résolument unilingue anglophone.Selon Pierre Messier, de l’O.L.F., il est plus facile de «vendre le fait français» aux grands patrons américains, plus habitués à s’adapter à la langue des différents pays étrangers où ils s’implantent, qu’à certains industriels canadiens.«On peut dire que l’accueil que nous recevons est généralement positif.Largement plus, en tout cas, que celui qui est souvent réservé aux responsables de la Loi sur la santé et sécurité au travail (C.S.S.T.).En gros, on peut évaluer à moins de deux pour cent le nombre réel d’en-terprises qui nous donnent encore du fil à retordre.» À la fin de février 1987, sur un grand total de 3 829 entreprises visées par la loi, 2 296 avaient obtenu leur certificat de francisation alors que 1 077 étaient engagées dans un programme approuvé par l’O.L.F.en vue de l’obtenir.Il reste à l’Office 456 dossiers à négocier pour engager les autres sur la voie de la francisation, graduelle et apparemment sans trop de douleur, des entreprises du Québec.Pas d’allergie de la langue qui ne soit guérissable! Le problème des termes anglais se posait avec une acuité particulière dans certains types d’industries de pointe faisant systématiquement appel à la recherche.À l’usine de Procter & Gamble de Pointe-Claire, par exemple, la francisation de la robotique et de l’informatique est un processus engagé depuis maintenant près de dix ans.«À ce point de vue notre action porte sur deux fronts, explique Liliane Leduc, présidente du comité de francisation.En ce qui a trait à l’équipement déjà en usage, nous traduisons systématiquement tout ce qui peut l’être: logiciels, programmes, manuels d’utilisation, matériel de transmission des données, etc.Quant à l’important programme d’achat d’équipement neuf amorcé depuis plusieurs années, nous exigeons des fournisseurs le plus haut degré de francisation possible.L’O.L.F.est constamment tenu au courant de l’évolution de notre programme et s’en dit jusqu’ici fort satisfait.» En pratique, selon les explications fournies par Liliane Leduc, le bilinguisme intégral est en vigueur au département de l’informatique de l’usine de Proctor & Gamble où les employés peuvent travailler dans la langue de leur choix.Ce qui ne signifie pas pour autant qu’un unilingue anglophone puisse y poursuivre toute sa carrière en marge des exigences de la loi 101.«Toute l’organisation est résolument engagée dans la francisation, affirme madame Leduc.À preuve, les règlements internes stipulent que toute promotion au Québec requiert la connaisance du français et les unilingues anglophones disposent d’un délai de deux ans pour apprendre le français lorsqu’ils accèdent à un poste supérieur.L’entreprise offre elle-même des cours de français à ceux qui en ont besoin.Il n’est plus possible de faire carrière chez nous au Québec sans une connaissance suffisante du français comme langue d’usage.» r .—.Photo le Journal de Montréal.John Taylor Guillermo Piéli et sa femme, Patricia ViUeghas, derrière leur fils Martin.LA RÉGIE DE L’ASSURANCE AUTOMOBILE DU QUÉBEC EST HEUREUSE DE VOUS FÉLICITER POUR VOS RÉALISATIONS ÉCONOMIQUES ET CULTURELLES, ET VOUS RAPPELLE QUE.L'ALCOOL AU VOLANT QU'ON SE LE DISE Régie de l’assurance automobile -du Québec 10 L’Amérique française ’jWricaiHr Photo le Journal de Montréal, Normand Jollcoeur iü LES IMMIGRANTS LATINO-AMÉRICAINS Coup de foudre .pour toujours Le père Marcel Quirion a vécu une vingtaine d'années au Chili.dien!» leur lancent-ils en poussant des cris.Dans le fond, ce sont des manifestations d’un racisme intérieur que les Indiens du Canada connaissent bien et subissent encore fréquemment de la part des Blancs.«Ces manifestations de racisme sont rares», précise Guillermo Piéli.L’homme aime mieux insister sur les affinités qui unissent les Latino-Américains et les Québécois.Au premier rang, les affinités politiques.Le docteur Reuben D’Urbano, arrivé au Québec en 1976, se rappelle toute la camaraderie qui unissait alors les nationalistes québécois aux Chiliens et aux Argentins.«Et dans Menaud, maitre-dra- veur, de Mgr Félix-Antoine Savard, ajoute-t-il, les Québécois luttent contre les grandes compagnies de papier.J’ai été témoin de batailles identiques dans mon pays.» Des affinités politiques Enfin, il y a la lutte pour la sauvegarde de la langue française.Dans la mesure où elle est liée à la protection d’une identité culturelle, elle est aussi une forme de résistance à l'impérialisme.Cela, maints Latino-Américains le comprennent dès leur descente d’avion! «Quand je suis arrivé au Québec, raconte Guillermo Piéli, je me suis tout de suite porté à la défense du français.J’avais le sentiment d’arriver dans la maison d’un ami ; je voulais respecter, et faire respecter, tout ce qui s’y trouvait.» Les réfugiés politiques latino-américains sont naturellement enclins, politiquement, à s’intégrer au Québec français.«Si on examine bien leur cas, commente Charles Castonguay, professeur de mathématiques à l’université d’Ottawa, on voit que ces gens ont tous fui des catastrophes politiques.«Il est tout de même assez catastrophique de constater qu’il faut des catastrophes pour qu’un groupe d’immigrants s’intégre au Québec français.» Sûrement! Mais il demeure que les Latino-Américains s’intégrent, et qu’ils s’intégrent bien au Québec français.Ils y pansent leurs plaies.Ils y calment leurs peurs.Ils y trouvent aussi parfois la paix et la liberté.«Vous savez, conclut Guillermo Piéli, la liberté, c’est entendre sonner à la porte à six heures du matin et savoir que c’est le livreur de journaux.» L’homme ne court plus maintenant lorsqu’il entend une sirène! ANDRÉ DALCOURT Le Journal de Montréal « La plupart du temps, ils arrivent complètement massacrés psychologiquement», raconte le père Marcel Quirion, du Carrefour des Latino-Américains de Montréal.Victimes de la terreur en Argentine, de la torture au Chili ou des escadrons de la mort au Salvador, ils cherchent au Québec une terre où panser leurs plaies et refaire leur vie.Guillermo Piéü a passé cinq ans dans les geôles argentines ; il décrit cet état de massacre.«Le soir de mon arrivée à Montréal, j’ai logé au YMCA.Vers 9 heures, je suis descendu prendre une marche, rue Sainte-Catherine.«Je me suis promené quelques minutes, comme ça, sans problème.Je regardais les gens, les vitrines.Je sentais la ville.J’étais bien.«Puis, tout-à-coup, j’ai entendu une sirène.Alors je me suis mis à courir, à courir comme un fou, effrayé, et je suis rentré au YMCA, complètement essoufflé.» Depuis 1980,12 982 Latino-Américains comme lui, Salvadoriens ou Chiliens pour la plupart, ont ainsi trouvé refuge au Québec, la peur dans l’âme! Douze mille neuf cent quatre-vingt-deux, c’est beaucoup.C’est 10 pour 100 des 130159 immigrants qui sont entrés au Québec durant la même période.Se refaire une vie Quatre-vingts pour cent des Latino-Américains se sont établis dans la région métropolitaine, à Anjou, Laval, Montréal-Nord, Saint-Léonard, Saint-Laurent, Lon-gueuil et dans les quartiers francophones de Montréal.Ils n’ont pas créé de ghettos.Habitués au soleil et sans voiture, ils se sont lovés en grappes, comme une vigne, autour des lignes de métro, pour se protéger de l’hiver.Deux choses les regroupent à l’occasion: la santé et la religion.Pour la santé, un grand nombre se fait soigner à la clinique Luso, angle Saint-Joseph et Saint-Laurent.«Il n’y a que des médecins latino-américains, commente le père Marcel Quirion.Ils sont aux petits soins pour leurs patients, comme les médecins de famille d'antan.» Pour la religion, ils assistent à «leur» messe, le dimanche, à l’église Sainte-Brigide, dans le centre-est de Montréal, après celle des résidants du quartier.C’est l’une des rares occasions, durant la semaine, où les Latino-Américains parlent espagnol en dehors de chez eux.Les autres jours, ils utilisent, au travail ou à l’école, le français qu’ils ont appris dans un des huit centres d’orientation et de formation des immigrants (COFI) du Québec.Dans la langue d’Yvon Deschamps «Les Latino-Américains, précise Marcel Vaillancourt, directeur de la formation linguistique pour tout le réseau, constituent 70 pour 100 de la clientèle des 3 000 personnes qui suivent chaque année les cours de français des COFI.» Ces COFI facilitent considérablement leur intégration au Québec français.Les Latino-Américains ne tarissent pas d’éloges à leur endroit.Ils y trouvent même, sur cassette, les monologues d’Yvon Deschamps avec lesquels ils apprennent le français de la rue.«Cela permet ensuite d’emprunter un râteau ou une brouette pour faire la connaissance du voisin», confie Reuben D’Urbano, médecin d’origine argentine au C.L.S.C.-Ri-chelieu.«.Et de parler aux autres femmes au parc, ou d’assister à une vente de garage», ajoute Patricia Villeghas, l’épouse de Guillermo Piéli.Les Latino-Américains forment la communauté culturelle, parmi celles dont la langue maternelle n’est pas le français, qui s’intégre le mieux au Québec français.Selon le recensement de 1981,81 pour 100 de ceux qui habitent la ré- gion métropolitaine parlent bien le français.C’est énorme! La proportion n’est que de 62,8 pour 100 pour l’ensemble des allophones.Qui plus est, les Latino-Américains sont, de tous les groupes, ceux qui envoient le plus leurs enfants à l’école française: 91 pour 100 de leurs enfants fréquentent des écoles de la C.E.C.M.La proportion atteint à peine 64,5 pour 100 pour l’ensemble des allophones malgré la loi 101.Québécois pour longtemps Ces enfants étudient et grandissent au Québec et leurs parents ne quittent pas la province après cinq ans comme le font la moitié des autres immigrants.Ils restent.«Mieux, raconte le père Marcel Quirion, il arrive quelques fois, au contraire, que des Latino-Américains quittent des emplois intéressants dans d’autres provinces pour venir s’établir au Québec, à la recherche d’un style de vie plus latin et d’une mentalité plus chaleureuse.» L’accueil qu’ils reçoivent alors n’est pas toujours cordial.Plusieurs leur ferment mentalement la porte.Un sondage, publié dans Le Devoir, n’indiquait-il pas, au printemps, que 62 pour 100 des Québécois souhaitaient des limites à l’immigration?L’argument est connu: «Ce sont des voleurs de jobs.» La peur est là aussi.De jeunes Latino-Américains endurent parfois les sarcasmes racistes de leurs petits compagnons, à l’école ou à la garderie.«Indien! In- Après l’office, tout le monde descend au sous-sol et reconstitue en conversant, l’espace d’une heure, la vie communautaire du village natal.Une famille latino-américaine devant l’église Sainte-Brigide.Un organisme québécois à l'écoute de l'Amérique d'expression française ouvert sur la Francophonie internationale perm de/peuple/ franophone/ [418) 692-5177 G1K 4E6 129, côte de la Montagne, Québec, Qué L’Amérique française En «arrosant» les arts, les nouveaux mécènes cultivent la santé de toute l’économie De plus en plus nombreux sont les gens d’affaires et les entreprises francophones qui consacrent temps et argent à soutenir une organisation ou une activité culturelles.Et s’il est trop tôt pour y voir la naissance d’une tradition, on peut cependant déceler un effet d’entraînement sur les mentalités.MARIE LAURIER Le Devoir La levée de fonds que projette l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour financer la construction de sa salle de concert sera à cet égard un inappréciable test: le nouveau mécénat privé francophone est-il assez mûr pour assumer sa part des grands équipements culturels dont le Québec a besoin?Ce qui est certain, c'est qu’on cherche, dans le milieu, à transformer des initiatives apparemment isolées en mouvement concerté.Le groupe Sociétal tenait à Montréal à la fin de mars un colloque intitulé: Mécénat, philanthropie et responsabilité sociale.La Chambre de commerce et le Bureau de commerce de Montréal publiaient peu auparavant le rapport d’un groupe de travail qui invite le monde des affaires à prendre en charge la relance culturelle de la métropole.La relève de l’État «Plus que jamais, dans le monde moderne, écrit Gilles Mercure qui présidait ce groupe de travail, faut-il considérer l’activité artistique d’une société comme un des premiers moteurs de son développement économique.» Et il établit clairement qu’elle est une source d’emplois (33 500 personnes dans le Montréal métropolitain) de même qu’elle est un puissant attrait touristique et un facteur d’implantation pour les entreprises.Les dirigeants des grandes sociétés n’hésitent plus à considérer la qualité et le prestige des activités culturelles comme un atout important pour établir la réputation d’une ville et y attirer un personnel compétent.Les succès qu’ont remportés Charles Dutoit et l’OSM sur la scène internationale, par exemple, ont rejailli sur toute la communauté montréalaise et ils ont certainement stimulé le milieu économique.Le financement des grands, moyens et petits organismes culturels reste un éternel casse-tête.Lui-même aux prises avec des contraintes budgétaires, l’État ne suffit plus à les subventionner.«Il faut se rendre à l’évidence, explique Gilles Mercure en entrevue : les gens d’affaires et les entreprises ne peuvent plus se dérober.Ils doivent assumer une partie du financement des arts ou, à tout le moins, aider d’une quelconque façon les organismes culturels à bien fonctionner.Ce n’est plus l’apanage de l’État.Le gouvernement du Québec, en particulier, a eu tendance à prendre l’entière responsabilité dans ce domaine par souci d’affirmation nationale.Il se rend compte que ce n’est plus possible et à l’instar de l’Ontario et des États-Unis, qui ont une longueur d’avance sur nous, la société québécoise doit se donner les moyens de maintenir ses activités artistiques.» Gérer la culture Les entreprises sont d’ailleurs inlassablement sollicitées et leurs dirigeants, au moment de verser de l’argent, se demandent avec raison comment les fonds seront em- Jacques Lefebvre: •.s’engager dans les conseils d’administration d’organismes culturels».Les études universitaires et la recherche à l'Université du Québec à Montréal: un essor continu.En 1987, dix-huit ans après sa création.l'UQAM c'est: • plus de 50,000 diplômés-es • plus de 37.000 étudiants-es ' plus de 2.000 prafesseurs-es et chargés-es de cours 112 programmes d'études de premier cycle • 48 programmes d'études de deu xième et de troisième cycles ¦ des subventions de recherche ipti ont doublé en deu x ans pour atteindre 10.5 millions en 19X5-86 Attentive aux besoins de la société.l'UQAM est déterminée à promouvoir le développement de la science et de la recherche.L'UQAM vous invite à vous joindre à elle: vous y trouverez un milieu intellectuel stimulant, des activités de recherche intenses et des programmes d’études de qualité dont certains sont uniques au Québec.Des bourses d'études de premier cycle, de l'aide financière aux études avancées et des bourses pour stages postdoctoraux sont offertes sur concours.Participez à cet essor! Université du Québec à Montréal Renseignements: Kegistrariat Case postale 8888, Suec.A Montréal, P.Q.H3C 3P8 (514)282-3121 ployés.«La meilleure réponse est encore de s’engager dans les conseils d’administration des organismes culturels», précise Jacques Lefebvre, qui a une longue expérience en la matière.C’est grâce à «l’appui extraordinaire» de son ancien employeur, ,1a firme de génie-conseil SNC, qu’il a pu dépenser tant de temps et d’énergie à la gestion des industries culturelles: il a siégé au conseil d’administration des Grands ballets canadiens, de l’Opéra de Montréal, du Théâtre d’aujourd’hui et de l’École nationale de théâtre.Maintenant vice-président du Conseil des arts du Canada, il gère un budget de 100 millions $, qui est réparti entre une centaine d’organismes culturels: «Il n’y aura jamais suffisamment d’argent pour satisfaire la demande», commente-t-il.D’où la nécessité du mécénat privé, qui profite d’ailleurs à ceux-là même qui l’exercent.Car personne ne nie que l’intérêt récent des gens d’affaires pour la vie culturelle projette d’eux une image favorable dans le grand public.«Mais au-delà de cette considération, souligne de son côté Gilles Mercure, je suis à même de constater que les gens d’affaires y trouvent une satisfaction intellectuelle que l’on ne saurait leur reprocher.» Lui-même engagé dans le mécénat depuis de nombreuses années, il a participé au conseil d’administration de l’Opéra de Montréal, du Centre d’art d’Orford, du groupe I Musici.Ancien banquier devenu professeur aux Hautes études commerciales, c’est «par goût personnel», confie-t-il, qu’il met sa compétence au services des arts.Le mariage des affaires et de l’art Une des principales recommandations du groupe de travail qu’il a présidé porte sur la création d’une table de concertation arts-affaires qui favoriserait la rencontre des deux milieux et l’émergence d’un consensus sur les besoins des organismes à vocation culturelle.Cette table de concertation, explique Gilles Mercure, servirait à «sensibiliser le monde des affaires à l’importance du secteur culturel et à son impact économique.» Si la grande entreprise se laisse convaincre, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour convertir la P.M.E.aux vertus du mécénat: elle est, en effet, quasi totalement absente du décor culturel, surtout dans la région de Montréal.Pour y arriver, on évoque la possibilité d’un «partenariat» et on suggère que le Bureau et la Chambre de commerce mettent en relation à cette fin les P.M.E.d’affaires et les «P.M.E.culturelles».Cette position reflète la conception moderne du mécénat privé qui s’écarte de l’approche traditionnelle donateur-bénéficiaire pour lui préférer le jumelage d’intérêts entre le monde des affaires et le monde des arts.Les gens d’affaires sont de plus en plus instruits et détiennent généralement un diplôme universitaire.Beaucoup d’entre eux trouvent fort gratifiant d’avoir l’occasion de travailler avec des artistes.«Mon travail en milieu culturel m’apporte personnellement de grandes satisfactions, conclut pour sa part Gilles Mercure, grand amateur d’opéra et de musique classique.Le mécénat en milieu francophone est un mouvement irréversible.» Gilles Mercure: •.considérer l’activité artistique d’une société comme un des premiers moteurs de son développement économique».12 L’Amérique française f.Quelques fruits.Quelques fruits de la culture et de la prospérité: — La Chambre de commerce et le Bureau de commerce de Montréal ainsi que le journal La Presse commanditent avec d’autres le Festival d’été de Lanaudière.— La Banque d’Épargne pourvoit depuis 1982 à la promotion des maisons de la culture de Montréal.— Bernard Lamarre, p.d.g.de Lavalin, préside le conseil d’administration du Musée des Beaux-Arts et Lavalin, comme Alcan, Téléglobe, Bell Canada et plusieurs autres grandes sociétés, possède sa collection permanente d’oeuvres d’art.— La Banque nationale du Canada, Hydro-Québec, La Presse, Télémédia et Télé-Métropole se joignent à Air Canada, Alcan, Ultramar, Pratt & Whitney et Xerox pour financer l’exposition Léonard de Vinci au Musée des Beaux-Arts.- Hydro-Québec associe son nom à l’Orchestre symphonique de Québec, comme Du Maurier, Air Canada et Esso à l’Orchestre symphonique de Montréal.— Michel Gaucher, président fondateur de Sofati, a soutenu financièrement la formation du groupe I Musici.— Elias Malka, promoteur immobilier d’origine marocaine, a fourni les locaux de l'Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal et possède le théâtre Arlequin.— Noël Spinelli, concessionnaire d’automobiles à Lachine, est l’un des rares p.d.g.de P.M.E.(92 employés) à subventionner la culture.Il a fondé avec Robert Savoie les Concerts Lachine. ¦ ««««'«« Au coeur de votre évolution financière , O UN RESEAU DE PLUS DE 1400CAISSES POPULAIRES El CAISSES D’ÉCONOMIE DESJARDINS LE GROUPE DESJARDINS, ASSURANCES GÉNÉRALES FIDUCIE DU QUEBEC ASSURANCE-VIE DESJARDINS LA CAISSE CENTRALE DESJARDINS DU QUÉBEC LA SAUVEGARDE, COMPAGNIE D’ASSURANCE SUR U VIE SOCIÉTÉ D’INVESTISSEMENT DESJARDINS CREDIT INDUSTRIEL DESJARDINS INC VISA' DESJARDINS SECUR INC * LE CENTRE DESJARDINS DE TRAITEMENT DE CARTES INC EST UN USAGER INSCRIT DE CETTE MARQUE L’Amérique française Les gens d’affaires en Ontario: premiers signes d’émancipation JEAN-CHARLES CACHON Quinze ans après le Québec, dans une province où la dispersion des francophones rend difficiles les redressements collectifs, se dessine peu à peu un mouvement concerté d’émancipation économique.Les premiers signes en sont le regroupement des gens d’affaires franco-ontariens en clubs et associations dynamiques et l’émergence, dans l’enseignement supérieure, de programmes d’initiation aux affaires offerts en français.Un nouveau dynamisme Le succès de Paul Desmarais et Robert Campeau, tous deux originaires de Sudbury, représente toujours une exception.Mais en novembre 1986, un exploitant forestier de Timmins, Gaston Malette, inscrivait à la Bourse de Toronto le premier titre franco-ontarien, la Waferboard Corporation Limited.Quelques mois auparavant, des investisseurs de Sudbury inscrivaient leur société d’exploitation de mines d’or à la Bourse de Montréal.Ces exemples, bien qu’encore isolés, sont significatifs d’une tendance : les Franco-Ontariens sont de plus en plus nombreux à s’affirmer économiquement.Ce dynamisme s’exprime de ma- nière plus visible sous la forme de regroupements professionnels à Ottawa, Sudbury et Toronto et dans l’apparition de clubs d’investissement, notamment dans les régions de Hearst et Kapuskasing.Le club Sapiens, par exemple, réunit des diplômés du Collège universitaire de Hearst et investit occasionnellement dans certaines entreprises créées par ses membres.Quant aux regroupements, il en a surgi ces dernières années dans chacune des trois régions où vit la majorité des Franco-Ontariens: le Sud (de Kingston à Windsor, en passant par Toronto); l’Est (Ottawa et la «frontière» du Québec) ; et le Nord.À Toronto, sous l’impulsion de francophones et de francophiles, le Cercle Canadien organise, chaque premier mardi du mois, un déjeûner qui rassemble quatre cents personnes issues du monde des affaires et de la politique.Dans une ville à forte majorité anglophone, il est fréquent de constater qu’un quart, environ, des participants sont des anglophones bilingues.À Ottawa, le Regroupement des gens d’affaires francophones s’est montré plus ambitieux : il a ses dé- jeuners réguliers mais il publie aussi un Bottin et organise des cours pour la formation et le perfectionnement en administration.Du côté de Sudbury, une société sans but lucratif.Les Promotions Nordcom, se propose d’établir des liens plus étroits entre les francophones qui sont en affaires et de promouvoir l’éducation économique, tant au niveau secondaire que supérieur.Créée en janvier 1986, la société a publié un premier annuaire de personnes intéressées à participer à diverses activités éducatives et elle a parrainé, à l’occasion de la semaine de la P.M.E.en octobre, un séminaire sur l’entre-preneurship destiné aux élèves du secondaire.L’accent sur l’éducation Les associations mettent donc l’accent sur l’éducation.Trois établissements universitaires forment en français des gens d’affaires: l’université Laurentienne de Sudbury, l’Université d’Ottawa et le Collège universitaire de Hearst.Ce sont, en fait, des universités bilingues où les étudiants franco-ontariens trouvent un climat plus conforme à leur situation réelle.Le diplômé d’une université ontarienne, s’il est francophone, a l’avantage d’être parfaitement bilingue, une caractéristique peu commune sur le marché des jeunes diplômés.Le réalisme oblige cependant l’observateur à constater que, malgré certaines percées, les Franco-Ontariens sont encore largement sous-représentés dans de nombreuses professions reliées aux affaires (comme dans les professions scientifiques).On compte ainsi en Ontario deux fois moins de comptables agréés francophones, proportionnellement à la population, que d’anglophones.Contrairement au Nouveau-Brunswick (ou au Québec pour sa minorité anglophone), l’Ontario n’a pas encore cru nécessaire de créer une université franco-ontarienne qui parachèverait le système d’éducation francophone.Cependant, une génération de Franco-Ontariens est aujourd’hui mobilisée et prête à se faire entendre dans l’action.Jean-Charles Cachon est professeur à l'École cle commerce et d'administration de l'Université Laurentienne (Sudbury).Les Franco-Ontariens ont un «royaume», l’exploitation des ressources forestières, et une spécialité, la manufacturation du bois d’oeuvre.Dans les régions de Hearst, Timmins et Chapleau, au nord-est de la province, plusieurs scieries se sont développées grâce à l’impulsion et à la ténacité de Canadiens français.Malette (Timmins), Martel, Robi-taille et Lafrenière (Chapleau), Lévesque, Lecours, Gosselin et Fontaine (Hearst), Dubreuil (Dubreuilville) et Isabelle (Opa-satika): la plupart des bâtisseurs sont encore en lice de nos jours et très prospères.De fait, leurs entreprises vivent et fonctionnent en français, à l’exception du service des ventes, qui est bilingue.Cette forte présence francophone dans un secteur économique donné a eu des retombées positives à plusieurs niveaux.Ainsi, même dans les scieries de la région que contrôlent les anglophones, on a fait appel à la compétence des Canadiens français, qu’ils soient contremaîtres, ingénieurs, mécaniciens, limeurs, scieurs ou autres.Les syndicats eux-mêmes exigent des conventions collectives rédigées dahs lés deux langues.Des alliés Du côté québécois de la frontière, toute proche, deux fac- tribué à cette réussite.D’abord ÎCOiS, pour leur expérience, leur dextérité et leur résistance physique, ces «rois de la forêt» ont été bien accueillis et ont souvent fait souche.Ensuite, le contact établi de tout temps avec les industriels en sciage du nord-est québécois.Les Perron, par exemple, propriétaires du géant Normick, se sont aussi implantés dans le nord de l’Ontario, avec deux scieries et une usine de contreplaqué.En toile de fond, les Caisses populaires ont joué ici aussi un rôle utile.De plus en plus prospères et audacieuses, elles ont pu, grâce à leur force collective, disposer de capitaux substantiels qu’elles ont libérés sous forme de prêts commerciaux pour la petite et la moyenne entreprise.Et finalement, à la fois conséquence et symbole de cette vitalité, les francophones de la région se font élire aux conseils municipaux.Ils ont même (il était temps, diront certains) un député à la législature ontarienne, où l’arrivée de René Fontaine n’est pas passée inaperçue.Suivant ce mouvement, de nombreuses villes du nord-est ontârien se sont officiellement déclarées bilingues et il en est une.unilingue française! C’est la petite municipalité de Mattice-Val-Côté (entre Hearst et Kapuskasing). L’an dernier, des parents anglophones ont campé une nuit durant dans deux écoles de Hamilton, en Ontario, pour retenir l’une des 75 places disponibles au programme d’immersion française.Même scénario à Charlottetown et à Calgary où papa et maman ont fait le pied de grue devant les conseils scolaires pour que leur enfant ait l’ultime honneur de faire son primaire dans la langue d’Anne Hébert.À l’heure actuelle, obtenir une place dans une classe d’immersion au Canada est devenue une entreprise tout aussi ardue que celle de se procurer un billet à la veille d’un concert de Bruce Springsteen.Des Rocheuses aux Maritimes en passant par les Prairies ondoyantes, le phénomène de l’immersion a fait boule de neige au cours de la dernière décennie.Des 37 000 élèves qui franchissaient le seuil des premières classes d’immersion dans 240 écoles, en 1977, on est passé aujourd’hui à tout près de 200 000 plongés quotidiennement dans un environnement francophone dans près de 1200 écoles qui se sont converties à l’immersion.D’ici cinq ans, ils seront un demi-million, prévoient les experts.«Il n’y a pas un seul phénomène en éducation qui a eu autant d’influence et d’impact», rappelle le professeur Ronald Tourigny, responsable de la formation des maîtres à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et président de l’Association canadienne des professeurs d’immersion (A.C.P.I.).«L’immersion n’est pas une DES MARITIMES Le goût du français lait boule de neige FRANCE PILON Le Droit mode, elle est là pour rester, lance-t-il.Aucun autre programme ne peut réussir à rendre bilingue un enfant à la fin de son cours élémentaire».C’est dans la foulée de la Loi sur les langues officielles adoptée en 1969 et avec l’appui financier du Secrétariat d’État et du Commissariat aux langues officielles que sont nés les premiers programmes d’immersion.Ceux-ci sont en effet presque entièrement financés par le gouvernement fédéral qui y destine, cette année, 250 millions $.La capitale fédérale se devait de donner le ton et ce n’est pas surprenant qu’Ottawa ait été le berceau de l’immersion à l’initiative du Conseil d’éducation de Carleton.C’est d’ailleurs à la capitale nationale que revient l’honneur d’avoir le plus gros contingent d’élèves en immersion française, avec 35 pour 100 de toute la clientèle scolaire «immergée» à travers le pays.Des parents mécontents Mais c’est sous l’impulsion du Canadian Parents for French (CPF), un groupe de parents mécontents de la piètre qualité du français enseigné dans les écoles anglophones, que le phénomène a connu une fulgurante expansion et atteint la popularité dont il jouit maintenant.« Les parents constataient que le français enseigné dans les écoles était inefficace.Les enfants étaient absolument incapables de communiquer en français», raconte Cynthia Steers, porte-parole du mouvement.L’immersion: une religion L’école, affirme le CPF, est le terrain idéal pour former une nouvelle génération d’élèves bilingues.Pour les parents qui veulent à tout prix que leurs enfants réussissent là où ils ont échoué, l’immersion est devenue une véritble religion, un acte de foi inconditionnel envers le bilinguisme.«Le bilinguisme est une richesse des Canadiens, soutient Pat Webster, la fondatrie du CPF.Se couper de la langue française, c’est se priver d’une grande partie de l’histoire du pays».Cet organisme de pression compte actuellement 16 500 adhérents et a des ramifications d’un bout à l’autre du pays par le biais de ses 117 sections locales.Il se propose de rendre accessible l’éducation en langue française à un plus grand nombre de jeunes anglophones.Son lobbying puissant s’exerce auprès des conseils scolaires et des officines gouvernementales.Depuis l’année de sa création, les inscriptions aux programmes d’immersion française ont augmenté de 19 pour 100 en moyenne annuellement.Le CPF estime que d’ici 1992, un demi-million de jeunes Canadiens anglais prendront un bain de francophonie dans les classes d’immersion.En effet, selon un sondage réalisé en 1984, près de 60 pour 100 des parents anglophones inscriraient leurs enfants à un programme d’immersion française, sil y en avait un dans leur communauté.Des considérations économiques Cependant, admet-elle, les considérations économiques ne sont pas étrangères au choix des parents.Un sondage mené pour le compte du CPF en 1984 révélait que près de 45 pour 100 des Anglo-Canadiens veulent que leurs enfants deviennent bilingues pour décrocher plus tard un meilleur emploi.Ce sondage a mis en lumière le fait que ce sont les anglophones du Québec (95 pour 100) et ceux des provinces maritimes (83 pour 100) LA CANADIAN PARENTS FOR FRENCH ET LE PROFESSEUR J Canadian Rmnts for French qui tiennent le plus à ce que leurs enfants apprennent le français.En Ontario, la proportion est de 73 pour 100; dans les Prairies et en Colombie-Britannique, elle est de 56 pour 100.Ronald Tourigny cite une étude récente qui montre carrément que la perspective d’emplois mieux rémunérés l’emporte sur l’intérêt de découvrir une culture différente: le critère de l’emploi vient au pre- .anada.CanadS § * ia< 11 Cana 3 am c - - Canada .Il me fait plaisir, à titre de ministre de l’Emploi et de l’Immigration, de souligner l’excellente initiative que représente la publication, par l’Association de la presse francophone hors Québec et le Rassemblement des francophones d’Amérique, d’un cahier dont la diffusion contribuera à resserrer les rangs de la grande communauté francophone répartie sur les cinq continents.La multiplicité des actions entreprises dans chacune des communautés francophones se fond, lors d’une rencontre internationale, en une manifestation grandiose de dynamisme et de fraternité.Je vous souhaite la plus fructueuse des rencontres, h Le ministre, Cil______________________o Benoît Bouchard ¦ Emploi et Employment and ¦ T Immigration Canada Immigration Canada Canada CaiiaÆ CanadS Canada Je suis fière d'appuyer le second sommet de la francophonie qui aura lieu à Québec en septembre prochain.Le Canada a toujours été un chef de file dans le domaine des communications, qui constitue l'un des volets les plus importants de cette rencontre.Mon ministère a fait oeuvre de pionnier dans la livraison des services médicaux et éducatifs par satellite.De nos jours, il encourage la présence du français comme langue dynamique dans l'univers scientifique et technologique.Dans le cadre du sommet, le ministère des Communications du Canada jouera un rôle clé en lançant et en appuyant diverses initiatives dans des domaines variés tels que l'extension d'un espace audiovisuel francophone, dont la création d'un centre international de formation à distance constitue un des éléments majeurs ; et le soutien aux festivals culturels, notamment à des festivals du film à Montréal, à Québec, à Trois-Rivièrès, à Moncton et à Fredericton.Mon ministère appuie fortement l'implantation du réseau de télévision francophone TV5 en Amérique du Nord et participe à des études, notamment celle portant sur un réseau radiophonique international de langue française.J'ai la ferme conviction que ce second sommet de la francophonie connaîtra tout le succès escompté.Flora MacDonald Ministre des Communications Gouvernement du Canut!,:, Government of Caittd» Ministère des Communications Department of Communication-.14 L’Amérique française AUX ROCHEUSES «Oui mais.» disent certains francophones LA > «CANADIAN PARENTS FOR FRENCH» ET VOUS / Canadian Fbrenls for French mier rang alors que l’unité can-dienne se situe en cinquième place.On ne peut reprocher aux anglophones de mettre toutes les chances de leur côté, précise Pierre Calvé, professeur à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa.Le Conseil économique du Canada notait en 1984 que les salaires des anglophones bilingues étaient de 14 pour 100 supérieurs à ceux de leurs confrères unilingues.¦ Si les anglophones expriment leur préoccupation devant le développement accéléré des programmes d’immersion, les francophones hors Québec ont également leur lot d’anxiété.Certains craignent de perdre le monopole des postes bilingues et de voir pousser des écoles d’immersion française dans des régions où ils réclament à grands cris des écoles françaises.Aurèle Thériault, président de la Fédération des francophones hors Québec (F.F.H.Q.), partage cette inquiétude.L’organisme, qui représente environ un million de francophones vivant à l’extérieur du Québec, appuie l’action du Canadian Parents for French mais avec quelques réserves.Questions d’argent «L’immersion permet à la majorité anglophone d’être mieux sensibilisée à la francophonie et d’en avoir une meilleure compréhension.C’est un grand avantage.Cependant, avant de se bousculer (dans les classes d’immersion), il faut voir à ce que les francophones disposent des ressources humaines et financières pour leur propre enseignement,» précise M.Thériault.C’est ainsi qu’en Alberta, l’immersion française se pratique au détriment de l’enseignement en langue française.Guy Lacombe, de l’Association canadienne-française de l’Alberta, soutient que «les Franco-Albertains deviennent minoritaires dans leurs propres écoles.» À titre d’exemple, l’école J.H.Picard, qui était française à l’origine, est devenue bilingue depuis l’implantation du programme d’immersion.En plusieurs endroits, soutient M.Lacombe, les commissions scolaires se sont rendu compte que les écoles françaises constituaient déjà la structure idéale pour obtenir les subventions fédérales et satisfaire les désirs des parents anglophones.Ainsi, les 62 000 francophones de l’Alberta ne disposent que de deux écoles élémentaires françaises et il n’y a plus d’établissement secondaire français comme tel.Par comparaison, les 60 000 Franco-Mani-tobains ont accès à 23 écoles élémentaires et secondaires françaises.Vouant un véritable culte au français, les parents anglophones de l’Alberta veulent profiter de tout ce qui est français.Ils ont même demandé d’intégrer les rangs de l’Association canadienne-française de l’Alberta, question d’avoir le bonheur de parler français.L'exemple du Manitoba La Société franco-manitobaine, (S.F.M.), qui représente les 60 000 francophones de la province voisine, réagit fort différemment.La présidente, Lucille Blanchette, prétend que l’immersion, loin de menacer la francophonie, au contraire la valorise.«L’engouement pour le français n’est pas superficiel.Il a été suscité chez plusieurs par la vision d’un Canada bilingue.La décision de la Cour suprême du Canada de valider les deux langues officielles à la législature manitobaine a sûrement été un stimulant».Le Manitoba compte actuellement 14 000 élèves dans des centres d’immersion française et la première promotion a produit l’an dernier 17 diplômés.Avec 23 écoles françaises, les francophones ont déjà des garanties que la langue, la culture et les traditions françaises seront préservées.Les Franco-Manitobains ne se battent plus pour obtenir des écoles françaises mais pour en avoir la gestion, rappelle madame Blanchette.Les Franco-Manitobains, en fait, n’ont rien à craindre des nouveaux bilingues qui sortent tout droit des centres d’immersion.L’entente entre anglophones francophiles et Franco-Manitobains est telle que la S.F M.a élargi son membership pour accueillir dans ses rangs tous les parlants français qui adhèrent à sa mission.Marché du travail Par ailleurs, les spécialistes s’accordent à dire que les anglophones bilingues ne prendront jamais la place des francophones sur le marché du travail.« L’immersion les rend fonctionnellement bilingues mais ils ne peuvent rivaliser à l’écrit et à l’oral avec les personnes d’expression française», soutient le professeur Calvé.À son avis, ceux qui suivent les cours d’immersion «plafonnent très tôt.» «Ils se tiennent toujours ensemble (entre anglophones) et on ne met pas l’accent sur la correction».Les premiers diplômés des écoles d’immersion devrait avoir un effet stimulant chez les Franco-Ontariens, renchérit Ronald Tou-rigny.«Ça devrait les encourager à améliorer leur langue.De plus, ils peuvent même s’en faire des alliés dans leurs revendications, vu qu’ils auront une meilleure compréhension du fait français au Canada.» Canada CanadS Canada Canada1 Canada Canada Canada.Canada ' * Photo Hydro-Québec International Hydro-Québec International réalise de 60 h 70 p.100 de ses activités en Afrique.Face à l’Asie, une seule solution: rexcellence Si les Français et les Belges observent avec circonspection la percée québécoise en Afrique, il faut dire que les francophones en particulier et l’Occident en général ont affaire à une sérieuse concurrence asiatique.Dans les quelques pays d'Afrique qu’ils ont réussi à pénétrer, les Chinois ont fait merveille pour construire à peu de frais routes et bâtiments.De leur côté, les Indiens offrent à rabais une technologie avancée.Quant aux Japonais, il est dans leurs habitudes de marketing de se faire connaître avec des produits très bon marché, pratiquement gratuits.De plus, ils n’ont peur ni de travailler ni de s’exiler.«Nous ne sommes pas vraiment concurrentiels, explique Raymond Martel de SNC.Les Indiens et les Pakistanais offrent maintenant des produits équivalents pour le quart du prix.Pour survivre, les firmes d’ingénieurs doivent donc se diversifier.Nous devons inventer de nouveaux produits et prendre ainsi la concurrence de court.» le béton et recommencer entièrement le coulage».L’important demeure le transfert technologique.Pour Marc Parent, président d’Econosult, la filiale de Lavalin chargée des études économiques (particulièrement à l’étranger), il y a trois façons de pratiquer ce transfert.La première est la formation sur le tas: les Africains apprennent en observant les manoeuvres des ingénieurs et des techniciens.C’est une situation très courante dans le secteur des travaux publics.La deuxième façon se limite à des cours traditionnels, comme les séminaires ou les projections de diapositives.Enfin, le transfert technologique le plus complet consiste à former des cadres compétents, comme c’est le cas dans le dernier projet de Lavalin en Tunisie.«La Banque Mondiale finance une usine de phosphates dans la ville de Cassa, explique Marc Parent : 50 millions $ US serviront à construire des ateliers et des entrepôts, à rationaliser l’exploitation déjà existante, à entretenir la machinerie nécessaire et à former des mécaniciens.Les cégeps camerounais Le besoin de mécaniciens est criant dans tous les pays d’Afrique.La firme Sofati (Société de formation et d’assistance technique internationale) l’a vite compris.Elle vient de décrocher un contrat (plus de 100 millions $) du gouvernement camerounais pour rebâtir de A à Z tout le système des lycées techniques et ÿ dispenser un enseignement équivalent à celui de nos cégeps.Renaud Poirier, responsable du développement dés marchés chez Sofati, explique que les Camerounais préfèrent l’approche nord-américaine, plus pratique que l’approche européenne.Les Européens divisent le temps en 65 pour 100 de cours traditionnels et 35 pour 100 de stages pratiques, alors qu’avec l’ap- Photo La Presse, Pierre Côté M.Epiphane Agi Mawussi, vice-président au marketing d’Hydro-Québec International en Afrique.proche américaine, on renverse pratiquement la proportion.Selon Renaud Poirier, notre avantage principal sur les Français et les Belges réside dans le fait que ces derniers font surtout du support technologique, sans véritable transfert.Ils se contentent d’administrer et de coordonner au lieu de former des cadres locaux.«Les Européens occupent ainsi 90 pour 100 des postes d’appui technologique, estime M.Poirier.Il y en a des milliers rien qu’à Yaoundé».Mais ce que veulent par-dessus tout Camerounais, Algériens, Ivoiriens, Tunisiens et Marocains, c’est la coopération industrielle.Le «joint venture» canado-africain répond bien à cette demande et a considérablement progressé depuis six ans.À l’ACDI, un programme de 45 millions $ est consacré au jumelage des entreprises canadiennes et africaines.Le programme évite aux premières les dédales de la bureaucratie africaine et aux secondes, il procure un partenaire commercial expérimenté.Généralement, l’entreprise locale détient la majorité des parts.Depuis les débuts de programme, en 1980, une centaine de sociétés se sont ainsi formées en Afrique francophone.Pourquoi l’Afrique Sur le strict plan financier, toutes les activités canadiennes en Afrique coûtent plus cher aü Canada qu’elles ne lui rapportent.«Il est vrai que jusqu’à maintenant, le Canada n’a pas récupéré le cinquième de tout l’argent investi en Afrique, convient M.Épiphane Ayi Mawussi, vice-président au marketing d’Hydro-Québec International en Afrique.Mais il en retire tout de même certains avantages qualitatifs : il obtient des contrats et défend sa place sur la scène internationale.» M.Mawussi explique que pour les pays d’Afrique, il s’agit de choisir entre différents produits techniques, et que le continent noir a tout intérêt à varier ses partenaires commerciaux.«Dans le cas de l’électricité, Hydro-Québec et Électricité de France présentent une qualité et un prix à peu près équivalents mais l’approche d’Hydro-Québec est différente», explique M.Mawussi.Claude Descoteaux, président d’Hydro-Québec International, affirme que les activités de son organisme sont dans une proportion de 60 à 70 pour 100 concentrées en Afrique.«L’expérience africaine est enrichissante sur le plan humain, c’est bien évident, explique M.Descoteaux.Nos ingénieurs deviennent plus créatifs, ils apprennent à se débrouiller dans toutes sortes de conditions.Mais sur le plan des affaires, eUe apporte aussi beaucoup.Au Québec, nous sommes en situation de monopole.Le simple fait d’affronter des concurrents nous donne une tout autre vision des affaires.» Depuis 15 ans au service de la francophonie.Seule université francophone en Amérique du Nord qui oeuvre spécifiquement à distance, TÉLÉ-UNIVERSITÉ offre des cours et des programmes universitaires en administration, informatique, sciences humaines et sciences.Au Québec et ailleurs en Amérique du Nord, en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique latine, TÉLÉ-UNIVERSITÉ rejoint ses étudiants par la poste, la télévision, la télématique, le téléphone et le satellite.Université du Québec Télé-université L'UNIVERSITÉ DANS UNE CLASSE À PART 26 L’Amérique française LA TÉLÉVISION SANS FRONTIÈRE La télévision en français sans frontière?Il y a une décennie, plusieurs auraient soutenu que ce reve n’avait aucune chance de réussir en raison des différences culturelles souvent profondes qui opposent les communautés francophones.Aujourd’hui pourtant, c’est une réalité.en Europe grâce à TV5 Ce le sera ici dans quelques mois.’ ’ Sans frontière aussi, la Télé-université, un concept d’enseignement à distance à la québécoise, qui fait des adeptes au Canada,aux États-Unis, en Europe et en Afrique.Et finalement, pour les gens d’affaires comme Claude Chagnon, du Groupe Videotron, la télévision sans frontière c’est s’assurer une participation dans les télévisions étrangères pour exporter les productions québécoises.GRILLE DES PROGRAMMES 1986 VWMETÉS MUSICALES tÉCOU DES FANS actualités Economiques vwmétés musicales actualités Economiques JOURNAL TtlfVtSf (TVS) JOURNAL TELEVISE (TVS) Comme l’indique la grille-horaire de TV5 en Europe, chaque lundi soir est consacré aux emissions du Consortium Québec-Canada.Grands échanges sur petit écran CLAUDE SAVARY Le Nouvelliste «L’avenir de la télévision francophone internationale repose d’abord et avant tout sur notre capacité d’offrir un produit attrayant et de qualité.» C’est Pierre-Paul Brassard, le directeur général du Consortium de télévision Québec-Canada (CTQC), qui l’affirme et il sait visiblement de quoi il parle.Prêté par la Société Radio-Canada, Pierre-Paul Brassard est à l’image des nouveaux jeunes cadres québécois: déterminé.Depuis 1984, on lui a confié le mandat de faire en sorte que huit sociétés canadiennes associées, COGECO, Film Sat, TV Ontario, Radio-Canada, Radio-Québec, Télé-Métropole, l’Office national du film et un producteur indépendant, participent concrètement au développement d’une chaine internationale de télévision francophone de concert avec cinq télévisions publiques européennes, TF1, Antenne 2 Set FR3 de France, RTBF de Belgique et RTSR de Suisse.Dans 20 pays TV5, la nouvelle chaîne qui est née de cette association (à ne pas confondre avec la 5e chaîne de France) diffuse depuis déjà un an et demi dans plus de 20 pays du vieux continent.Plus de 5 millions de foyers câblés peuvent la capter, particulièrement en Hollande (1,7 million de téléspectateurs potentiels), en Allemagne de l’Ouest (1,3 million) et en Belgique (1,1 million).La France ne compte pour le moment que 67 000 foyers susceptibles de recevoir TV5 mais grâce à la mise en place progressive de nouvelles structures de câblodistribution, le million de foyers sera rapidement atteint.sties LA TELEVISION FRANCOPHONE PAR SATELLITE s™-® : ü§ • : 11 p lit % m ff AÂu cours des années, par sa spécificité, ses connais-F p sances, son expérience et son ouverture sur la francophonie, le Québec a et joue un rôle d’envergure dans l'expression, la consolidation et l’essor du fait français tant au Canada quèn Amérique du Nord.De plus, le Québec s’enrichit à même cette vitalité manifeste des communautés francophones d’Amérique.M e gouvernement du Québec est heureux de s’associer •facette entreprise prestigieuse qu’est le Rassemblement des francophones d’Amérique.Voilà certes une occasion I unique qui va permettre à des milliers de francophones d’Amérique de se rencontrer dans un cadre éminemment privilégié, puisque ce rassemblement aura lieu dans une ville reconnue «patrimoine mondial» par l’UNESCO, la Ville de Québec.(J opp ne peux évidemment que souscrire à cette tendance opportune, heureuse et riche de conclusions, que manifestent de plus en plus les peuples, d’où qu’ils viennent et qui ont pour langue d’usage le français, de se réunir et d’échanger.Le Sommet de Québec, qui aura lieu en septembre, n’est-il pas un exemple éloquent qui démontre avec vigueur que la francophonie peut s’épanouir hors des créneaux exclusivement culturels et à travers des secteurs qui ont à proprement parler des incidences économiques: ainsi, la francophonie s’enrichit-elle à travers l’agriculture, les communications, la recherche et le développement technologique, et l’énergie.æM l’exemple de ces Chefs d’État pour qui le rendez-vous r P de septembre au Sommet de Québec représente un nouveau défi, les francophones d’Amérique saisissent là une occasion de grand prestige pour faire valoir des besoins et des préoccupations qui leur sont propres et qui ont le mérite de faire croître la vie même de la francophonie internationale.A titre de conclusion, qu’il me soit donné de leur faire connaître ma plus vive appréciation pour un tel Rassemblement et de m’associer à toute action concrète et collective qui aurait pour résultat premier de promouvoir la langue française en Amérique.Le ministre des Relations internationales et ministre délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes Gil Rémillard Gouvernement du Québec Conseil exécutif Secrétariat aux affaires intergouvemementales canadiennes Québec L’Amérique française 27 LA TÉLÉVISION SANS FRONTI suite de la page 27- Tous les lundis Tous les jours, l’un des partenaires présente son programme.Les émissions du Consortium Québec-Canada sont diffusées en Europe le lundi, «l’une des meilleures soirées d’écoute», estime M.Brassard.À l’affiche, des émissions de variétés (Vedettes en direct, ballets et concerts), des documentaires, des reportages d’actualité axés sur la culture, l’économie et la science, et des émissions spéciales.On offre aussi un bulletin d’information complet en fin de soirée mais avec un décalage de trois jours.Ce problème est d’ailleurs à l’ordre du jour du prochain Sommet.Pour le Consortium Québec-Canada, c’est là une façon très efficace d’imposer sa présence à l’important marché européen de langue française, qui compte une clientèle évaluée à 90 millions de personnes.«Traditionnellement, explique M.Brassard, c’était la Société Radio-Canada qui prenait le «bâton du pèlerin» depuis 20 ans en offrant aux pays francophones des émissions qu’elle produisait.Aujourd’hui, note-t-il, le consortium a pour ainsi dire pris la relève, en proposant cette fois une programmation diversifiée dont les émissions sont produites par les différents partenaires.» M.Brassard admet qu’il n’a pas été toujours facile d’asseoir à une même table les réseaux francophones canadiens et québécois mais, croit-il, tous ont compris qu’il fallait faire front commun.«Aujourd’hui, remarque le directeur général, tout le monde se félicite de cette collaboration puisque chacun, en bout de ligne, va y trouver son compte.» M.Brassard ajoute que même les téléspectateurs d’ici vont y gagner, puisque les télévisions vont tendre à produire des émissions de plus grande qualité.Forts et présents Pour M.Brassard, il était temps que les pays francophones se dotent d’un outil commun face à l’invasion des productions étrangères.«En Europe, signale-t-il, les Anglais et les Allemands, les Italiens également, prennent beaucoup de place dans le domaine de la câblodistribution et il était important de riposter avec une programmation solide, capable de satisfaire les différentes communautés culturelles francophones.» «De plus, le génie créateur québécois, notre côté «patenteux», a trouvé, par le biais de TV5, une vitrine remarquable.TV5 ne rejoint pas encore l’Amérique du Nord mais cela ne saurait tarder.En effet, le consortium a déposé une demande de licence pour diffuser la nouvelle chaîne au Québec et au Canada.La réponse du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (C.R.T.C.) est attendue pour le mois de juillet.Un scénario très optimiste avait permis de croire que le programme de TV5 serait offert dès le début de l’automne mais, selon M.Brassard, il serait plus juste de parler du début de 1988.TV5 prendra donc la relève de TVFQ, ce premier maillon d’une concertation télévisuelle internationale qui a permis depuis 1979 de recevoir quotidiennement une sélection d’émissions produites par les chaînes françaises.TV5, assure-t-on, présentera un programme plus riche et beaucoup plus à jour.Photos Claire Beaugrand-Champagne Jean- Yves Lescop, professeur à Télé-université.Un,enseignement à distance qui peut prendre bien des formes.L’enseignement à distance: un bel exemple du leadership et de l’ingéniosité des Québécois L’enseignement à distance a connu ces dernières années un essor remarquable au Canada, et plus particulièrement au Québec.Le réseau de Télé-université, par le biais de la Corporation pour l’avancement de nouvelles applications des langages (C.A.N.A.L.), n’a cessé de croître, au point de toucher maintenant (1986) quelque 7 500 étudiants officiellement inscrits aux différents cours.Le truc de Vidéotron: associer d’abord, pour vendre ensuite André Chagnon, président de Vidéotron.Vidéotron est la seconde compagnie de câblodistribution en importance au Canada.Elle rejoint directement 600 000 foyers québécois et plus de quatre millions de téléspectateurs par ses différents canaux spécialisés comme la météo, les petites annonces illustrées, la Bourse, etc.L’acquisition récente d’un réseau de câblodistribution dans l’Ouest du Canada devrait permettre à Vidéotron de s’implanter, à terme, dans tout le pays.L’Europe • Le marché québécois étant en quelque sorte saturé, le président de Vidéotron, André Chagnon, s’est tourné vers l’Europe.Il a conclu avec la Société générale des vidéocommunications une entente qui va lui permettre de «câbler» plus d’une trentaine de grandes villes de France.La participation financière de l’entreprise québécoise n’est que de 10% mais elle installe Vidéotron aux premières loges sur un marché potentiel considérable.La compagnie québécoise a aussi conclu des ententes avec d’autres pays européens pour développer d’autres réseaux de câblodistribution à des coûts deux et même trois fois moindres que ceux des réseaux étatisés.De l’intérieur D’autre part, en achetant Télé-Métropole (Montréal),la plus importante télévision privée francophone au Canada, le président de Vidéotron a promis au C.R.T.C.de relever sensiblement la qualité des productions maison pour les rendre vraiment exportables à l’étranger.Il imitera en cela ses concurrents du Québec, avec des atouts différents dans sa manche.Comme pour la câblodistribution, en effet, le nouveau patron de Télé-Métropole s’associe d’abord pour vendre ensuite.Il vient d’acquérir une part de trois pour cent dans la cinquième chaîne française (ne pas confondre avec TV5) et s'apprêterait à signer une entente semblable avec Télé-Monte-Carlo.À titre d’administrateur de ces sociétés,* il pourra mousser la vente de ses émissions, et même des productions québécoises en général, si on en croit Claude Leclerc, le directeur des ventes chez Vidéotron.L'Amérique française Selon le directeur général de C.A.N.A.L., M.Gilles Carrier, le télé-enseignement est un bel exemple du leadership québécois francophone qui a su, avec des moyens ingénieux, rejoindre l’ensemble du territoire et rendre ainsi accessible une programmation universitaire de qualité.Au Québec, grâce aux réseaux de 10 câblodistributeurs et à Radio-Québec, ce sont 950 000 personnes qui peuvent recevoir les émissions de C.A.N.A.L.L’expérience intéresse vivement les autres provinces canadiennes.L’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) songe à un réseau pan-canadien qui rejoindrait la plupart des francophones du Canada.La décision sera prise prochainement.Aux États-Unis Mais les retombées de l’expérience CANAL, ne se limitent pas au Canada.On met actuellement la dernière main à un projet de collaboration avec le Miami Children Hospital, grâce auquel des médecins spécialistes des maladies infantiles en Ontario et au Québec pourront échanger des informations avec leurs confrères de ce grand hôpital de Floride.Le projet a été préparé en collaboration avec l’Université Laval, l’Université de Montréal et l’Institut Armand-Frappier.En Europe C.A.N.A.L.étudie aussi un projet de collaboration avec l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française qui regroupe environ 35 pays.Par ailleurs, une expérience particulièrement intéressante se déroule en Afrique.C.A.N.A.L.a accueilli, il y a quelques semaines, quatre stagiaires en administration publique, en provenance de la Côte d’ivoire et du Sénégal.En collaboration avec l’École nationale d’administration publique (ENAP), ces invités ont préparé sur cassette 30 cours qui sont transmis à une qua- rantaine de stagiaires dans leurs pays d’origine.Selon M.Carrier, la formule a ceci d’original qu’elle permet de ne déplacer que quatre personnes au lieu d’une quarantaine.Ce sont les stagiaires venus au Québec qui ont enregistré le cours dans les studios de C.A.N.A.L., en les adaptant aux habitudes et coutumes du Sénégal et de la Côte d’ivoire.Selon les premiers rapports parvenus à CANAL., les gens, là-bas, sont très satisfaits de l’expérience.Pour assurer le suivi; on a prévu de tenir une conférence téléphonique par mois d’ici la fin de l’année.Le télé-enseignement «à la québécoise» prend donc au fil des ans une envergure internationale et se révèle un instrument souple et efficace au service de la francophonie.Gilles Carrier, directeur général de C.A.N.A.L. Le DéV€LOPP€M€NT et lo Francophonie —— Ml mu .- , «Par la coopération active avec les pays francophones, nous cherchons à promouvoir lo poix mondiale et à pallier les cruelles disparités économiques qui divisent les pays du Nord et du Sud» Monique Landry, ministre des Relations extérieures responsable de la Francophonie Haïti, Sénégal, Tunisie, Cameroun, Sainte- Lucie.des noms de pays familiers aux Canadiens depuis longtemps.Si ces pays nous paraissaient autrefois si lointains et inaccessibles, il y avait toujours dans la famille une cousine éloignée qui y enseignait ou un grand oncle qui y consacrait sa vie aux démunis.Et ce dévouement à des populations si différentes de nous nous paraissait totalement naturel.Le visage de cette aide a toutefois bien changé depuis notre enfance.À l’oeuvre des bénévoles s’est ajoutée l’aide publique et officielle administrée par des organismes gouvernementaux.Et, si ces mécanismes d’aide au développement international peuvent paraître obscurs, difficiles à comprendre, sans rapport immédiat avec notre vie quotidienne, ce n’est en fait qu’une question de vocabulaire.Qu’est-ce-que c’est que l’assistance bilatérale, l’assistance multilatérale, les programmes spéciaux, la coopération avec le monde des affaires?D’abord pourquoi tous ces canaux d’assistance?Tout simplement parce que l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a besoin de beaucoup de partenaires pour accomplir son oeuvre.L’ACDI ne construit pas de routes, ne soigne pas, ne plante pas de riz, ne fait pas de recherche agricole, n’enseigne pas.Elle est un intermédiaire entre le tiers monde et les Canadiens.Elle administre la plus grande partie du budget officiel de l’aide du gouvernement canadien mais le travail sur le terrain est fait par nos médecins, nos ingénieurs, nos professeurs, nos techniciens, nos volontaires ainsi que par nos institutions et nos associations; ou bien il se fait par l’entremise d’organismes internationaux.grand nombre d’autres langues.Leurs économies, leurs cultures, leurs religions sont très différentes les unes des autres.Le cadre et les conditions varient mais les problèmes fondamentaux restent les mêmes : maladies infectieuses et absence d’hygiène, analphabétisme, manque de formation technique, production agricole insuffisante, isolement.C’est précisément dans ces secteurs essentiels que se situent les priorités de l’aide canadienne au développement.Sans accès à la mer, sans voie ferrée, avec des distances énormes entre ses centres urbains, le Niger par exemple doit faire face pour son développement à de grandes difficultés.Voilà pourquoi le Canada a financé la «Route de l’unité et de l’amitié» d’une longueur de plus de 400 km.Ce genre de projet est élaboré et mis en oeuvre par les gouvernements des deux pays, le Canada et le pays concerné.Développement de la pêche en Guinée.(Photo ACDI : Paul Chiasson) Que faisons-nous pour les pays en développement de la Francophonie?Ils sont si divers! îles baignées par les mers comme les Comores ou Madagascar ou pays enclavés essayant de survivre dans une nature désertique comme le Burkina Faso (anciennement Haute-Volta) ou le Tchad, ils ont en commun l’usage du français mais parlent aussi un Point d’eau au Mali.(Photo ACDI : Michel Dompierre) La population du Mali, elle, a du mal à se nourrir à cause des sécheresses successives.Il faut creuser des puits, planter des arbres pour couper le vent, enrichir les sols d’engrais, changer les techniques agricoles, etc.C’est une entreprise complexe à laquelle la population doit absolument participer et il faut la former.Au Kaarta, au nord-ouest du pays, on peut voir en oeuvre un tel projet de développement rural.Voilà deux exemples de projets bilatéraux ou de gouvernement à gouvernement.Une autre direction de l’ACDI donne son appui à des institutions, associations et organismes bénévoles canadiens qui apportent leur savoir-faire au tiers monde.Qui peut mieux aider le Cameroun à établir les coopératives de crédit dont ses habitants ont besoin que la Société de développement international Desjardins, avec sa grande expérience?Et l’Université de Sherbrooke n’a-t-elle pas un personnel particulièrement qualifié pour former le personnel médical de la région de Nioki au Zaïre et y organiser des activités de soins de santé primaires?Des millions d’enfants meurent encore de maladies qu’on pourrait prévenir comme la rougeole, la coqueluche, la poliomélite, la diphtérie.Les Lors d’une mission à Haïti, Mme Landry est accueillie par le ministre des Affaires étrangères de ce pays.(Photo ACDI : Michel Dompierre) institutions internationales ont lancé une grande campagne de vaccination universelle.Le Canada veut faire sa part.Il a alloué des fonds à cet effet dont 10 millions de dollars pour les pays membres de la Francophonie; ces fonds sont gérés par l’Association canadienne d’hygiène publique qui travaille de concert avec d’autres organisations comme l’UNICEF.Certains projets de développement sont d’une telle envergure qu’aucun pays ne peut les entreprendre seul.C’est le cas de la recherche agricole dans laquelle il faut investir beaucoup de fonds et de temps.La recherche est indispensable; c’est, entre autres, en découvrant des variétés à haut rendement de riz, de blé, de millet qu’on augmentera la production agricole.Voir au financement des centres internationaux de recherche agricole et à leur bonne gestion, c’est une des tâches de la Direction des programmes multilatéraux.Cette direction s’occupe de la contribution canadienne à diverses organisations multilatérales comme le Groupe de la Banque africaine de développement ou la Banque de développement des Caraïbes, et à des organisations internationales comme le Comité international de la Croix-Rouge, l’UNICEF ou le Programme des Nations Unies pour le développement.Les institutions internationales francophones entrent dans cette catégorie.Le Canada y a été très actif depuis leur création.C’est sur son initiative qu’a été mis en oeuvre un Programme spécial de développement pour la Francophonie.Ce programme favorise le partage d’échanges et de connaissances entre pays membres.Ainsi un expert du Togo a pu étudier les maladies et les parasites des cultures vivrières de la République centrafricaine et proposer des remèdes, et des techniciens de Haïti sont allés au Gabon se perfectionner dans un centre d’exploitation forestière.Au programme de bourses de l’ACDI, le Canada a ajouté un nouveau programme spécifiquement destiné aux étudiants provenant de pays francophones en développement.En 1990, il y aura environ 350 étudiants francophones qui étudieront dans nos universités dans le cadre de ce programme.Ils repartiront chez eux avec des connaissances et des diplômes; ils emporteront aussi avec eux des souvenirs et des amitiés.Ces contacts et ces échanges entre le Canada et les pays du tiers monde sont précieux pour tous.Le vieux proverbe : « Un bienfait n’est jamais perdu » s’applique là plus encore qu ailleurs.Dans un monde interdépendant, notre sécurité, notre prospérité dépendent de plus en plus de ces fraternités que nous saurons créer.Et la Francophonie en est une.» Publicité L'Amérique française 29 Un comité d’honneur sans précédent venu de tous les coins du continent CLAUDE MALETTE Soucieux de mettre en valeur la francophonie d’Amérique et de manifester les signes de sa vitalité en cette année du Sommet de Québec, le Rassemblement des francopho- nes d’Amérique a demandé à des personnalités issues de la plupart des peuples et communautés francophones du continent de s’associer au sein d’un comité d'honneur.Trente-cinq personnes ont spontanément, et avec empressement, ac- cepté l’invitation qui leur a été adressée, marquant ainsi leur attachement au fait français sur l’ensemble du territoire nord-américain.Ces personnalités prestigieuses sont représentatives des principaux secteurs d’activité de nos Richard B.Hatfield £ ccAfouveau-'jdrunsivich est de i aaocLz'i aux: gouuzxns.- msn tl cl u Canada et du Québec à l occasion de L a deuxième Conférence des Chefs d Ctat et de gouvernement agant en commun t usage de La Langue française gui se tiendra à Québec Les 2, 3 et 4 le fi te mère prochain.Jla hart ici fiat ion du gouvernement du ^Nouveau - 'Jd runsuiich à L or-ganiiation de ce deuxième Qommet le veut un témoignage de notre attachement aux institutions, de La s^francophonie, et margue une étafie importante dans L affirmation de L a dimension francophone de notre 1Province.Coeur de L défcad ie contemporaine, Le QVouveau-LÎBruniujich est un éLément original et dgnamigue deL a francophonie nord-américaine.cdféri-tier des civilisations française et anglaise, Le QVouveau-Qranswich peut se considérer Le berceau de La présence française en cdfmérigue du QVord.Cn e.ffet, c est en IÔ04 gue L explorateur Samuel de Champlain devait entreprendre, à rcil'e Sainte-Croix, La première tentative d installation permanente de colons français sur ce continent.{JCe ce premier effort se sont fixées les racines d une communauté acadienne à La fois fière de sa culture et confiante en son avenir.dNous sommes convaincus gue le prochain Qommet de Québec ne man -guera pas d apporter une contribution importante à b essor (is./ a grande famille gue constitue La francophonie.défiche de ses institutions poli-tigues, économigues, sociales et culturelles francophones, le QVouveau-llSrunSLvich est honoré de prendre part à ce forum des plus importants.SPEM RFDUVir dbfichard ll3.Qfatfield 1 Premier ministre CProvince du dAduveau-ItSrunsLvich.sociétés modernes: monde des affaires, de l’économie et du travail, milieux de l’éducation et de la culture, vie religieuse et administration locale.Elles forment un regroupement dont la composition apparaîtra à plusieurs impressionnante et à certains.surprenante.Le comité d’honneur de «1987, Année de la francophonie en Amérique» : COMITÉ D’HONNEUR M.William Arceneaux, Commissaire général de l’enseignement supérieur de la Lousiane M.William Aubuchon, homme d’affaires, Nouvelle-Angleterre M.Guy Bernier, président du conseil de la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec M.Conrad Black, président du conseil d’administration, Argus Corporation (Toronto) M.Louis-Philippe Blanchard, recteur, Université de Moncton M.Gilles Boulet, président, Université du Québec Mme ÉloTse Brière, New York State University (Albany, N.Y.) M.Claude Castonguay, président du conseil et chef de la direction, Corporation du Groupe La Lauren-tienne M.Guy Coulombe, président-directeur général, Hydro-Québec M.Fernand Daoust, secrétaire général, Fédération des travailleurs du Québec M.Paul Desmarais, président du conseil et chef de la direction, Power Corporation du Canada M.Louis Desrochers, avocat et homme d’affaires, Edmonton M.Paul Dolan, président, Conseil canadien de la coopération M.James Domengeaux, homme d’affaires et président du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) M.Jean Doré, maire de Montréal M.Gilbert Doucet, président, Société l’Assomption, mutuelle d’assurance-vie (Nouveau-Brunswick) M.Sylvio Dupuis, président, New England College of Optometry (Boston) M.Roger Gaillard, recteur de l’Université d’État d’Haïti et membre du Haut Conseil de la Francophonie M.Michel Gervais, recteur, Université Laval Mme Madeleine D.Giguère, University of Southern Maine Mme Alice Grégoire-Bourdeau, présidente, Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens M.Jean Guertin, directeur, École des Hautes Études Commerciales ( Montréal) Mgr Antoine Hacault, archevêque de Saint-Boniface Mgr Bernard Hubert, évêque de St-Jean-Longueuil et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada M.Robert Jolicoeur, homme d’affaires, Manchester (New Hampshire) Mme Gisèle Lalonde, maire de Va-nier (Ontario) M.Conrad Lavigne, homme d’affaires, Timmins (Ontario) M.Félix Leclerc, poète, écrivain et chansonnier Mme Antonine Maillet, écrivaine, prix Concourt, membre du Haut Conseil de la Francophonie Mgr Joseph-Aurèle Plourde, archevêque d’Ottawa M.Jacques Proulx, président, Union des producteurs agricoles Mme Susan Purdy, présidente nationale, Canadian Parents for French Dr Claire Quintal, directrice, Institut français de Worcester (Massachusetts) Cardinal Louis-Albert Vachon, archevêque de Québec et primat de l’Église canadienne Mme Juanita Westmoreland-Traore, présidente, Conseil des Communautés culturelles et de l’Immigration ( Montréal) Suite de la page 23 - Le Sommet: événements connexes Québec, du 30 août au 1er septem bre.Le Centre québécois des relations internationales et ses invités étudient les sommets francophones comme instrument de développement et voie d’accès au partage de la modernité.• Forum des organismes non gouvernementaux de coopération, Québec, fin août.L’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) et ses invités examinent la place des organisations non gouvernementales (O.N.G.) de coopération dans la francophonie et proposent un regroupement permanent des O.N.G.francophones.• Trousse pédagogique «Voyage en francophonie», réseau scolaire, rentrée 1987.Publication d’un manuel qui initie les élèves des cours élémentaire et secondaire à la francophonie: histoire, géographie, rayonnement culturel et institutions.• Timbre commémoratif, Ottawa, 2 septembre.Émission d’un timbre commémoratif reproduisant l’emblème du Sommet de Québec.• Forum francophone des affaires, Montréal, Québec et Laurentides, du 4 au 12 septembre.Rencontres entre une centaine de décideurs des pays francophones et la communauté québécoise des affaires.Maître d’oeuvre: le Centre de commerce mondial de Montréal.• Congrès international des journalistes de langue française, Moncton, du 7 au 11 septembre.L’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française tient son 21e congrès annuel en Acadie où elle attend 150 participants.• Film «Québec, une ville», diffusion aux Beaux dimanches, le 27 septembre.Film de Gilles Carie sur les événements qui ont fait et font de Québec une ville de di- « mension internationale.30 L’Amérique française L'Amérique française 31 Presse de FRANCE ^oec, v„eM\\\e,àe ï|r * *seJva^»x 'N,sses s; .r.C6ÎLîi09e .,:, S‘ *»£*£*•?oy» Agi- V>f>* > «?2V*si f\V> vp.t>' ;ssevA\e\ ^Sss> Le Secrétariat d’État, au service des communautés de langue officielle
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