Le devoir, 27 juin 1987, Cahier C
amedi r .Le Bon Pasteur, un bel exemple de reconversion.Un article de Jean-Claude Marsan sur l’art de transformer le patrimoine architectural sans renier son histoire.Page C-2.Son, le jazz n'est pas mort.Gilles Archambault nous propose quelques choix dans la programmation du Festival.Le meilleur, et les autres.Pace C-3.Les plaisirs de la mélancolie.Le iazz n’empêche pas Gilles Archambault d’évoquer les charmes bien montréalais du déménagement.Page C-3.Le cinéma de Marcel Jean, qui nous propose cette semaine un film prometteur: « Un zoo la nuit •, de Jean-Claude Lauzon.On parle même d’un tournant dans l'histoire du cinéma québécois.Page C-4.Le cinéma de Francine Laurendeau, qui nous invite à voir « Duo pour une soliste », de Kontchalovski.Page C-4.Les horaires, tous les horaires.Pages C-5 et C-6.Montréal, samedi 27 juin 1987 Un certain art hollandais Grâce au père Fernand Lindsay La musique a une région: Lanaudière C’est dans ce magnifique parc de Joliette que sera érigé l'amphithéâtre du Festival d’été de Lanaudière, un rêve du père Fernand Lindsay qui deviendra réalité au plus tard en 1989.* » Photo Jacquot Grenier C’est dans ce magnifique parc de Joliette que sera érigé l'amphithéâtre du Festival d’été de Lanaudière, un : h.j CLAIRE GRAVEL LE MUSÉE d’art contemporain propose durant tout l’été la vision de deux de ses conservatrices sur l’art hollandais contemporain.Josée Bé-lisle et Sandra Grant Marchand ont eu « carte blanche » pour choisir les artistes, indique Gijs van Tuyl, directeur de la division internationale du Service néerlandais d’art plastique.La tentation a été trop forte : Mmes Bélisle et Grant Marchand ont voulu montrer des manifestations de ce qu'elles nomment « le génie hollandais ».Le choix des oeuvres des sept artistes — au demeurant, tous des hommes — Lucassen, Pieter Laurens Mol, Han Schuil, Emo Verlek, Henk Visch, Carel Visser et Harald Vlugt, écrivent-elles dans le catalogue, « explore de fait les particularités de leurs références à un héritage artistique et les manières dont ces rapports se conjuguent à leurs propres histoires au sein de pratiques diversifiées.[.] Ainsi présentées hors de la Hollande, ces quelque quarante oeuvres sont d’ores et déjà investies de l’inéluctable appartenance à une esthétique hollandaise [.] ».Malgré ce discours teinté d’un nationalisme green-bergien, les conservatrices ont monté là une exposition remarquable.Elles ont su tourner le dos aux figures internationales de Karel Appel, J an Dibbets ou Stanley Brouwn pour nous introduire à des artistes nouveaux, à leur production récente, la plupart des oeuvres ayant été créées en 1985 et 1986; quatre d’entre elles datent de 1987.Quatre à huit oeuvres par artiste nous prouvent leur cohérence, leur maturité, leur force.Carel Visser, l’aîné (1928), peut être décrit comme le « pop » de l’exposition.Il n’hésite pas à empiler les chefs-d’oeuvre de l’art hollandais sur un mur ( Renaissance), à coller des plumes à Breughel, Rembrandt et Franz Hais dans un charmant esprit iconoclaste.Lucassen le suit d’une décennie, avec des oeuvres abstraites et figuratives qui recèlent des trésors d’intériorité et une vision ironique du monde ( The Divine Inspiration of the Immortal Ernest J.).Emo Verlek (1955) partage cet art de railler avec ses trois versions de Gabrielle : en bigoudis, décou- pée, en noir avec un oeil vert; il rajoute un nez de métal à Jan Thiel, dont une mer bleue traverse le visage grossièrement dessiné avec une poésie qui nous empêche d’en voir la maladresse : il en est de même pour Nora Joyce, yeux bleus peints sur un seau renversé.Les oeuvres d’Harald Vlugt (1957) produisent un certain malaise : son monument monolithique couvert de dorure Monument for the Skyscraper, trace en son centre une croix gammée; European Esthetic est une impénétrable forme octogonale sur le sol, couverte de lignes de cire rouge comme du sang.Quant à ses deux tableaux, de très larges encadrements y cernent une humanité écrasée par des monuments à la gloire de ses héros guerriers, dans des efforts de mise en perspective qui rappellent Brunelleschi.Han Schuil (1959) propose des oeuvres assez rétro, mi-formalistes, mi arte po-vera, où le métal est parfois percé comme chez Fontana.Les deux derniers « génies hollandais » sont Henk Visch et Pieter Laurens Mol.Visch (1950) produit quatre sculptures magnifiques, dont le très beau In Other Words, où deux larges cônes noirs rentrent l’un sur l’autre comme deux énormes oreilles à l’écoute l’une de l’autre, ou comme l’embrassement de deux grands animaux sombres.On se souviendra longtemps de son Chalice, et de son géant prisonnier, tous deux empilant sur 260 cm de hauteur des bouts de bois dans un élan particulièrement pathétique, formes dépouillées exhalant une grande force symbolique et curieusement, une certaine ironie.Ce que l’on retrouve dans le cheminement de Pieter Laurens Mol qui, dans The Density of Notion, applique des petits tas de tourbe (en fait, c’est de la cendre) sur un Mondrian en ferraille rouillée.On imagine le créateur d’un monde de plastique pure se retourner dans sa tombe.Mol récidive en clouant sur un bel exemple de peinture push and pull des fouets de cuisine : la pièce s’appelle Visage of the Arts.Avec Untitled (The Anonymous Testimony) qui s’est élaborée sur neuf ans, Mol atteint au chef-d’oeuvre surréaliste : des tuiles d’argile, grisâ- Suite à la page C-10 MARIE LAURIER DÈS QU’UN de ses rêves prend forme, il passe tout de suite à un autre, avec autant de calme, de patience et de sérénité.En apparence tout au moins, lui qui semble tout le contraire d’un homme passionné.Et pourtant il l’est, pour avoir doté simultanément la musique d’une région, Lanaudière et d’une ville, Joliette.À cinq ans, à Trois-Pistoles où il est né, Fernand Lindsay étudiait le piano.Il ne « rêvait » que de musique.Et c’est à Joliette qu’il devait poursuivre ses études, chez les Clercs de Saint-Viateur, où la vie des arts et du culte de la beauté, sous l’inspiration des pères Rolland Bru-nelle et Wilfrid Corbeil, entre autres, tenait une place prépondérante.Si bien que voyant dans ce milieu une façon de canaliser son idéal de « servir Dieu et la beauté », il s’orienta tout naturellement vers la prêtrise.En 1963, avant de poursuivre ses études de philosophie à la Sorbonne et à l’Institut catholique de Paris, le père Lindsay qui cumulait une carrière de professeur et d'animateur de multiples activités culturelles — il fut le directeur des Jeunesses musicales de Joliette, le fondateur du camp musical de Lanaudière, le directeur du choeur des Chanteurs de la Place Bourget, le fondateur du Centre culturel de Joliette et du festival-concours de musique de Lanaudière — assiste à tous les concerts des prestigieux festivals de France, d’Autriche et de Vienne.C’est à ce moment qu’il « rêve » de ce qui deviendra quelques années plus tard, en 1977, le Festival d’été de Lanaudière, qui inaugurait sa 10e saison jeudi dernier avec l’opéra Cost Fan Tutte de Mozart.Face au majestueux site du futur amphithéâtre du festival que nous visitions en sa compagnie cette semaine, le père Lindsay rêve encore.Il voit déjà des milliers d’amateurs de musique se presser sur « ces magnifiques pelouses » pour entendre la Neuvième Symphome de Beethoven, le Requiem de Verdi, l’Oratorio de Haenael, un rassemblement de chorales, un spectacle de ballet, « que sais-je, car tout spectacle à grand déploiement sera possible ici ! » Ce rêve, il sera réalisé en 1989, assure cette force de la nature qui ne cesse de nous étonner par sa modestie, voire son humilité.Il aurait souhaité que ce projet marque cet été le 10e anniversaire de ce qui est devenu « progressivement » un des plus importants festivals de musique internationale; mais en bon philosophe et « disciple de Platon », de son propre aveu, il se dit convaincu que le délai de la construction de l’amphithéâtre est peut-être une bonne chose; « Il sera encore plus beau et fonctionnel que prévu », jure ce philosophe-rêveur, et il le croit dur comme fer.Car le principaJ objectif du père Lindsay est de démocratiser la musique, d’y amener le plus de monde possible dans un décor champêtre qui allie si bien l’art et la beauté, comme il a pu le constater si souvent à Tanglewood, résidence d’été de l’Orchestre symphonique de Boston.Il ne tarit pas d’éloges sur la splendeur du parc de Joliette, où l’amphithéâtre sera érigé dans un boisé sans altérer aucunement ses sentiers pédestres et ses attraits naturels.« Vous rendez-vous compte, s’exclame ce passionné de musique, qui pourtant s’anime rarement tant son débit est lent et pondéré, 10,000 personnes qui viennent entendre la Neuvième Symphonie de Beethoven par un beau dimanche après-midi ! » Les chiffres galopent et s’amplifient à la mesure de ses rêves et ae ses aspirations.Il n’est pas dit que la réalité ne lui donnera pas encore une fois raison.Celui qui a réussi à faire venir à Joliette, en primeur, les célèbres Diva et Carmen du cinéma — Wilhel-menia Fernandez et Miguenez Johnson — et, cette année, toujours en exclusivité, le prestigieux Academy of St.Martin in the Fields, n’en est pas à un exploit près ! Il éclate de rire quand je lui demande comment il a réussi à « séduire » de si grands artis-tes.« Je n’ai séduit personne, mais il nous faut constamment relever le défi d’étonner, de susciter la curiosité pour attirer le plus grand nombre possible d’amateurs de musique.Il faut essayer de découvrir des musiciens que les gens ont envie de voir, et qui ne sont pas encore venus à Montréal.Nous avons eu l’audace d’inviter Mme Fernandez, elle est venue, et elle reviendra cet été pour la troisième saison consécutive.Le même scénario d’audace a prévalu pour Mme Johnson, qui venait tout luste de remporter un succès reten- tissant dans le film Carmen.Il est bien évident que le public a apprécié.» Pour la venue du célèbre orchestre de Sir Neville Marriner, encore une fois, la chance mais aussi les démarches faites par le père Lindsay et ses principaux collaborateurs, M.Paul Dupont-Hébert, directeur général du festival, et M.René Cha-rette, président du conseil d’administration, ont été favorables.« Il faut voyager et rencontrer les principaux intéressés sur place, explique simplement le religieux.Au cours d'un voyage à Londres, nous avons rencontré l’imprésario Stéphen Wright, qui avait a planifier une tournée nord-américaine de l’Academy.Il va sans dire que j'ai saisi la balle au bond et me suis mis en tête de liste, non sans avoir présenté un dossier de nos réalisations à Lanaudière.Et j’ai laissé le temps faire son oeuvre .» C’était il y a trois ans.Le célèbre orchestre anglais se pro- Sulte à la page C-10 Nathalie PETROWSKI A Humeurs Les grands espaces NEW YORK - C’est un immense espace nu et blanc, bordé de quatre grandes fenêtres.Le matin, le soleil y entre par effraction en lançant des poignées d’éclairs fulgurants contre les murs inondés de lumière.C’est un espace new-yorkais puisqu’il est situé en plein coeur de Soho, au coin des rues Wooster et Prince.Au-dessus de ma tête, d’autres espaces s’y déploient probablement de la même manière et dans la même disposition.Ici, tous les artistes ou ceux qui se réclament de l’art pour peu qu’ils aient du talent ou une fortune personnelle, vivent dans des grands espaces blancs comme le mien.C'est un espace new-yorkais mais en réalité c’est un territoire tout ce qu’il y a de plus québécois.D’abord je n’y paie aucun loyer.C’est le gouvernement du Québec qui en est le locataire officiel depuis presque dix ans.La nuance est importante.Vu du Québec, on ap- pelle cela vivre au crochet de l’État.Vu de New York, on appelle cela avoir de la chance et en profiter.L’État de New York, contrairement à l’État du Québec, n’est pas tendre pour ses artistes.À un récent conseil municipal, l’agenda des Affaires culturelles a été liquidé en moins de 45 minutes.Au moins 15 bonnes minutes ont été consacrées à la question des crottes de chien.La culture ici n’est pas l’affaire des gouvernements.Je vis donc sur un territoire québécois planté en plein coeur de New York.Je vis en pleine hérésie territoriale et pourtant chaque matin en me levant, je bénis le gouvernement québécois de m’avoir fait un si beau cadeau.En réalité je n’ai jamais tant aimé le gouvernement québécois.Je ne l’ai jamais trouvé aussi pratique à l’égard des artistes, aussi sensible à leurs besoins.Non seulement paie-t-il la totalité * de leur loyer ici au studio du Québec à New York, une affaire de $ 2,100 US que la plupart serait incapable de se payer, mais il leur évite de chercher pendant six mois, un an, un appartement minable qui nécessite a chaque fois un dépôt initial d’environ $ 1,500 US et ce avant même d’avoir emménagé et payé le premier mois du loyer.Comment ne pas lui en être reconnaissant ?Chaque fois qu’un New Yorkais met les pieds dans mon studio, il ouvre grands les yeux.Des éclairs d’admiration allument son regard envieux.La plupart du temps, il ne connaît pas le Québec, mais après avoir fait la visite des lieux, il se dit que le Québec ne doit pas être une si mauvaise affaire après tout.Être si petit, si méconnu et se permettre un tel luxe, cet État-là doit être unique au monde, disent-ils tous.Ils ont un peu raison.Car après tout, la ville de New York à elle seule contient le double de la population du Québec.Or il n’y a ici personne de mon âge ni de ma condition sociale qui est capable de se payer un tel espace, sans compter aucun gouvernement qui serait prêt à lui en faire cadeau.Ici, les gens de ma trempe, vivent à trois ou quatre, paient des loyers entre $ 1,200 et $ 2,500 dans Battery City Park, Upperside, Brooklyn Heights ou à la limite du Manhattan Valley.Je connais même une fille qui vivait avec quatre autres personnes dans un loft à Alphabeth City.Elle payait $ 500 par mois.Elle payait pour un petit carré d’intimité dérisoire, séparée des autres locataires par la maigre carcasse d’une bibliothèque.Le soir, il y fallait endurer la télé de l’un et les ébats amoureux de l’autre.Par la fenêtre communautaire, elle pouvait apercevoir le chic loft d'un couple de décorateurs intérieurs.En penchant la tête un peu, elle pouvait regarder les dealers de crack sur le trottoir, les junkies endormis dans un coin avec une seringue plantée dans leur maigre bras et, à l’occasion, un homme écrasé la face par terre, baignant solitairement dans son sang.Il va sans dire qu’un tel spectacle forme le caractère, mais est-ce bien nécessaire ?Moi, de ma fenêtre, je vois un mur de brique rouge, percé de fenêtres à travers lesquelles j’aper- blancs çois des bribes de vie new-yorkaise.Il y a par exemple un couple qui habite le loft en face de moi et qui passe toutes ses soirées à regarder la télé comme n’importe quel couple de la rue Panet.La semaine, la rue est calme, son silence troublé de temps à autre par le marteau-pilon deg rénovateurs.La fin de semaine, les pèlerins du New Jersey envahissent le quartier, forçant les résidents à fuir.Moi, pour l’instant, je ne suffis pas.Je teste, je tâte le bord du plongeoir, je savoure chaque instant de mon immersion dans le tourbillon.Je laisse les New-Yorkais m’imprégner lentement de ses odeurs sulfureuses.Je me sens loin de chez-moi mais pas tant que cela, au fond.C’est cela, la beauté du studio, à mi-chemin entre Montréal et Soho, dans un nowhere si peu éloigné qu’il permet immédiatement de tracer des parallèles, de tisser des correspondances.Au bout de quelques jours seulement, on se rend compte que New York au jour le jour, ce n’est pas tellement différent de Montréal.On n’y achète ni la même pinte de lait ni le même journal, mais on répète finalement toujours les mêmes gestes.Mon studio n’est pas aussi beau que l’appartement de la déléguée générale, qui vit dans une magnifique cage de verre au 37e étage du Museum Tower.Moi, il y a de la poussière sur les calorifères et les stores vénitiens, des marques de doigts sur les portes des placards.Les planchers sont croches et les vieux meubles sont dépareillés.Je n’ai pas de tableaux d’Hurtubise sur les murs, ni de cuisiner à temps plein pour me réchauffer mon coulis de castor.Il n’empêche que j’y suis rudement bien quand même.En fait je suis aussi bien que si j’étais chez moi au Québec.Bien, saris avoir à y être.C’est peut-être cela le Québec, au fond : un état d’esprit, une manière de vivre chez les autres en locataire souverain, une façon de se fondre dans le paysage des autres et de n’y prendre que ce qui nous arrange.Certains diront que c’est une façon de ne pas couper les onts, de vivre enfermé dans sa elle bulle de verre sans réellement se frotter à la réalité new-orkaise, sans réellement se frotter la réalité tout court.Je leur répondrai que si c’est cela le prix à payer, je l’accepte tout de suite même si fai beau jeu et qu’au bout du compte, ce n’est pas moi qui paie le loyer.MIKF.I.DUFRENNE IDOL ET [OREILLE l>v\1 ;¦litA.ViOM 1 •li'-.V.v'î'V ¦ ' ' IV KH 4,iJnlh#ia#'iiryk - «Mal écrit par un grand philosophe et esthéticien de réputation internationale et publié en primeur à I de Mikei Dufrenne est double: réhabiliter l’oreille oontre l’Impérialisme de l’oeil et avancer l’Idée d’un «trana mune du visible et de l’audible.Interroge tour à tour la phylogénèse, fa phénoménologie, la psychologie, la synesthésie, la îünisMnsis m chaleureuse de Mlkel Dufrenne, essai Ü l’Hexagone lieu distinctif d' essai lieu distinctif d'édition littéraire québécoise MIKF.I.DUFRENNE LOBL ET [OREILLE C-2 ¦ Le Devoir, samedi 27 juin 1987 LE CAHIER DU SAMEDI Le Bon JEAN-CLAUDE MARSAN Collaboration spéciale AUCUNE ville au nord du Mexique ne possède autant d’édifices et a’ensembles à caractère religieux que Montréal.Ceux-ci présentent une caractéristique fondamentale de la métropole.Plusieurs de ces complexes, et parmi les plus imposants, se trouvent au centre-ville ou dans son voisinage immédiat.Citons, entre autres, le monastère du Bon Pasteur, l’Hôtel-Dieu, la maison-mère des Soeurs Grises, le domaine des Sulpiciens, et la maison-mère des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame, en cours de recyclage.Un des traits distinctifs de ces ensembles immobiliers est qu’ils incorporent des espaces verts, ce qui rend leur présence d’autant plus précieuse au centre-ville.Il est du au fait que le site de la plupart de ces institutions correspond à une relocalisation.En effet, ces dernières, à l’exemple de l’Hôpital général des Soeurs Grises sur la place d’Youville, se sont d’abord établies dans la vieille ville.Avec le temps, comprimées par l’essor urbain et contraintes dans leur développement, elles ont choisi de s’implanter à la périphérie de l’agglomération, sur des sites vacants de dimensions généreuses, capables d’absorber leurs expansions futures.Le cas du monastère du Bon Pasteur, situé dans le quadrilatère borné par les rues Sherbrooke, de Bullion, Saint-Norbert et Saint-Dominique, est légèrement différent.Les Soeurs de la Communauté de Notre-Dame du Bon Pasteur d’Angers, venues de France à la demande de Mgr Bourget, se sont installées en 1846 immédiatement en bordure de la ville, dans le secteur de la Côte-à-Baron, occupant l’ancien verger Saint-Onge.L’établissement ne comprenait au départ qu’un modeste bâtiment de quatre étages, parallèle à la rue Sherbrooke, logeant une chapelle, un noviciat et un pensionnat pour jeunes filles pauvres ou abandonnées.En 1861, une aile est ajoutée du côté est pour accueillir l’Académie des demoiselles; tout près sera construit en 1895 un élégant édicule de brique rouge pour servir de presbytère.En 1878, une chapelle publique est greffée au bâtiment originel, du côté de la rue Sherbrooke.Elle est l’oeuvre de Victor Bourgeau, qui fut également l’architecte de l’Hôtel-Dieu et de la maison mère des Soeurs Grises.En 1883, l’aile du côté de la rue Pasteur, un bel exemple de reconversion Photo Claire Beaugrand-Champagne Le monastère du Bon Pasteur abrite en outre 27 unités de logement à loyer modique, ainsi que 37 unités pour personnes âgées.Saint-Dominique est construite pour loger l’École d’industrie ; elle sera prolongée en 1892.Enfin, à partir de 1888, des bâtiments de services sont construits le long des rues Saint-Dominique et Saint-Norbert pour accommoder la buanderie, des ateliers et des entrepôts.Ces dernières constructions finiront par encercler presque totalement les espaces verts ri-siduels, les confinant à une cour intérieure.Ce développement progressif est typique de l’évolution des ensembles conventuels à cette époque : la maison mère des Soeurs Grises sur le boulevard Dorchester et l’Hôtel- Dieu de l’avenue des Pins ont connu des développements semblables.En comparaison avec ces deux derniers ensembles, le monastère du Bon Pasteur se distingue par son caractère très urbain, grâce à ses bâtiments épousant intimement la trame des rues.Il possède également une allure intimiste, ramassée, centrée sur sa cour intérieure.La prise en charge par l’État de l’éducation et des services sociaux devait affecter les activités du monastère du Bon Pasteur.En 1979, les dernières religieuses le quittaient.La même année, l’ensemble de ses bâtiments recevait le statut de monument historique classé de la part du ministère des Affaires culturelles.La semaine dernière, la ministre des Affaires culturelles et le maire de Montréal inauguraient un nouveau Bon Pasteur, reconverti à des vocations profanes.La chapelle-a été transformée en un centre de diffusion culturelle comprenant une salle d’exposition polyvalente et une salle pour le spectacle et la musique.L’aile est abrite désormais 27 unités de logement à loyer modique, tandis que l’aile ouest et une partie du bâtiment originel accueillent 37 unités de logement pour personnes âgées.Le reste du complexe a été aménagé en espaces à bureaux.Quant aux dé- pendances le long des rues Saint-Dominique et Saint-Norbert, elles ont été converties en 22 résidences en copropriété divise.L’ancien presbytère logera pour sà part une garderie.Patronnée par la Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA), société para-municipale visant à la conservation, la rénovation et la réhabilitation des bâtiments d’intérêt architectural et historique sur le territoire montréalais, menée de mains de maître par une jeune équipe de professionnels ayant à sa tête l'architecte Vianney Bélanger, la reconversion du Bon Pasteur apparaît exemplaire à presque tous les points de vue.Comme l’a souligné le maire, sa mixité de fonctions est souhaitable au centre-ville.Mais elle ne se limite pas qu’aux occupations : elle inclut également les classes sociales, les résidents des habitations à loyer modique voisinant les occupants plus fortunés des résidences en copropriété.Sur le plan formel, les architectes ont fait preuve de créativité et d’une grande sensibilité en conservant et en mettant en valeur, malgré d’innombrables problèmes, le caractère architectural historique de cet ensemble conventuel tout en trouvant des solutions d’aménagement originales.Ainsi, la chapelle de Bourgeau conserve tous ses attraits et sa frai-cheur malgré son changement de vocation.De même, on a su utiliser d’une façon créative les dépendances le long des rues Saint-Dominique et Saint-Norbert, en y aménageant des résidences attrayantes par l’imbrication de leurs pièces et leur accès physique et visuel à la cour intérieure.Seul le traitement de cette cour intérieure porte à critique.Si les architectes paysagistes, Piuze et Robert, ont su l’aménager avec simplicité et sensibilité, l’aire de stationnement en béton qui en occupe, en dépression, l’extrémité est crée cependant l’impression d’une tache de naissance défigurant un beau visage.Le mur de soutènement qui l’entoure est notamment trop élevé, lui donnant une allure de fosse septique.Sans doute, avec le temps, les aménagements paysagers viendront-ils atténuer cette brutalité.Mais on reste avec le sentiment qu’une solution d’intégration plus élégante aurait pu être trouvée, davantage compatible avec le raffinement caractéristique de l’ensemble.Cette difficulté d’intégration du stationnement rend bien évidents les problèmes auxquels sont confrontés les architectes et les aménagistes qui oeuvrent à la réhabilitation des bâtiments et des ensembles historiques.Car non seulement doivent-ils y intégrer des fonctions contemporaines pour lesquelles il y a une demande ou un marché, tout en respectant le caractère architectural de ces édifices anciens, mais il faut que ces immeubles recyclés puissent à leur tour s’intégrer dans leur environnement ambiant.Dans ce sens, la SIMPA et son équipe d’aménagistes ont fait avec le monastère du Bon Pasteur un excellent travail et produit un exemple de recyclage qui mérite de devenir une aune pour les autres du genre à venir au centre-ville.Radio-Musique M Radio-Culture Êâ Radio-Canada 24 heures sur 24 au réseau FM Stéréo de Radio-Canada SAMEDI 27 JUIN 1987 12hOO LES JEUNES ARTISTES Trio Klerobskur: Sonate en trio «La Paix du Parnasse» (Couperin); Variations sur «Auprès de ma blonde» (De Groot); Suite en ré min.no 2 (Paisible) - France Désourdy, p.: Sonate no 3, op.58 (Chopin).13hOO DES MUSIQUES EN MÉMOIRE Folk Festival de Bonn (2e de 3) Anim.Elizabeth Gagnon.14h00 L'OPÉRA DU SAMEDI «Zaide» (Mozart): Brigitte Poschner, Thierry Dran, Scott Reeve, Jean-Christophe Benoit, Ezio Di Cesare, Orch.de ch.de Norvège, dir Marcello Panni.- «Satyricon» (Maderna): Pauline Vaillancourt, Anne Bartelloni, Justin Lavender, Paul Sperry, Boris Carmeli, Nouvel Orch Philharmonique de Radio France, dir.Luca Pfaff Prod Radio France.La Canadienne Pauline Vaillancourt Interprète le rôle de «Fortunata» dans le *Saty-riconm de Maderna 18h00 MÉLODIES Vvan Gauvin, t ; Rachel Martel, p 18H30 MUSIQUE DE TABLE Caprice «Le Rire du diable» (Paganini); «Concerto Italien», SjWV 971 (J.S Bach); Symphonie no 66 «L Eslfo armonico» (Haydn); Sonate pour violon et piano, K 481 (Mozart); «Morceau de concert» pour harpe, op.154 (Saint-Saëns); Variations pour clarinette et petit orchestre (Rossini).Anim Jean-Paul Nolet 20h00 ORCHESTRES AMÉRICAINS Orchestre de Philadelphie, dir Rafaël Fruh-beck de Burgos; Alicia de Larrocha, p : «Escales» (Ibert); Concerto en la min., op 54 (Schumann); Concerto pour orchestre (Bartok).22hOO LES MUSICIENS PAR EUX-MËMES Inv.Marek Janowski, chef d'orchestre Int.Georges Nicholson.23h00 JAZZ SUR LE VIF En vedette: Lee Konitz et Harold Danko Anim.Michel Benoit.DIMANCHE 28 JUIN 1987 OhOO MUSIQUES DE NUIT La nuit, des musiques de toutes les époques et de tous les pays vous accompagnent jusqu'à l'aube.Anim.Georges Nicholson SliSS MÉDITATION «Quand la solennité est frivole» (Gilbert Keith Chesterton).61)00 LA GRANDE FUGUE 1re h.: Concerto en fa min.pour cordes (Per-golesi/Wassenaer); Quatuor «Parisien» en sol (Telemann); Divertimento no 4 en la.K.I86 (Mozart).- 2e h.: Aria «Sebaldina» (Pachelbel); Sonate pour deux hautbois et basson no 4 (Zelenka); Sonate pour piano, op.2 no 1 (Beethoven).- 3e h.: Pavane, op.50 (Fauré); Sonate en duo pour hautbois et piano (Wider-kehr); Quatuor, op.64 no 6 (Haydn); Concerto brandebourgeois no 2, BWV 1047 (J.S.Bach).Anim.Gilles Dupuis.9h00 MUSIQUE SACRÉE •Gloria».R.589 (Vivaldi); extr.«Missa brevis», K.192 (Mozart).Anim.Gilles Dupuis 10h00 RÉCITAL ‘Ann Robert, vl.; Michel Fournier, p : Sonate en fa (Prokofiev).10h30 LES GOÛTS RÉUNIS «L'Itinéraire musical du chevalier de Ergefun-den» (3e de 12).Anim.Michel Keable 11h30 CONCERT INTIME Jean-Guy Boisvert et François Martel, clar «Bagatelles» (McCabe); «Quinze pièces sur des paysages bretons» (Koechlin).12h00 POUR LE CLAVIER Samson François (3e de 6): Concerto pour la main gauche (Ravel); «Pour le piano» et «Children's Corner» (Debussy) Inv Pierre Brunei.Int Pierre Rainville 13h00 TRÉSORS D’ARCHIVES Ire de 11.Aujourd'hui, entretien aVec le pianiste Alfred Cortot (1877-1962) Int.Mary-vonne Kendergi 14h30 CONCERT DIMANCHE Orch symph de la Radio finlandaise, dir.Antoni Ros-Marba; Leonidas Kavakos.vl.: «Le Tombeau de Couperin» et «Rapsodie espagnole» (Ravel); Concerto en ré, op.77 (Brahms).Anim Jean Deschamps 16h30 LES GRANDES RELIGIONS «L'Évangile et les cultures» (43e) «Le Christianisme, ferment de la culture des pays orthodoxes» Inv Olivier Clément Consultant: Gilles Langevin, s.j , de l'Université Laval.Anim.Diane Giguère 17h00 TRIBUNE DE L'ORGUE Orgues nouvellement inaugurées Jacques Montgrain, orgue Guilbault-Thérien.église St-Rédempteur, Matane: Chaconne en fa min.(Pachelbel); Choral «Gloire à Dieu au plus haut des cieux» (J.S Bach); Choral «Ce jour si plein de joie» et Toccata en fa (Buxtehude) - Luc Beauséjour, orgue Massimo Rossi, église Ste-Famille.Boucherville: Deux Riccer-cari (Palestrina); «Capriccio sopra la bassa la Fiamenga» et extr «Messa della Madonna» (Frescobaldi); Sonates, K 435, K 2 et K 288 (Scarlatti), Prélude et fugue, BWV 874 (J.S.Bach).Michel Keable 18h00 A TRAVERS CHANTS De Chicoutimi Anim Jean Deschamps 18h30 MUSIQUE DE TABLE «Leichtes Blut», op 319 (J Strauss); «Fanta-siestucke», op 12 (Schumann); Quintette pour cordes, D 956 (Schubert), 4 «Inventions», BWV 772, BWV 787,BWV 773 et BWV 788 (J.S Bach).Anim.Jean-Paul Nolet 2OhOO MUSIQUE ACTUELLE «Musique 1987 - Les Événements du Neuf» Oeuvres de Francis Dhomont, Alexina Louie, Denys Bouliane, Nicole Carignan et Silvio Pal-mieri Chroniqueur: Robert Léonard Anim Janine Paquet 22h00 COMMUNAUTÉ DES RADIOS PUBLIQUES DE LANGUE FRANÇAISE • • Scènes littéraires, scènes de ménages» (Ire de I0) «Le génie et la schizophrène: Scott et Zelda Fitzgerald Texte et anim Raymond Bel-lour et Nancy Huston Prod Radio France 23h00 JAZZ SUR LE VIF En direct du Festival International de Jazz de Montréal: Art Farmer; le Benny Golson Jazztet avec Curtis Fuller Anim Michel Benoit LUNDI 29 JUIN 1987 OhOO JAZZ SUR LE VIF (voir détails dimanche 28 juin à 23h00) 2h00 CAP SUR LA NUIT approx Anim Pierre-Olivier Désilets Sh55 MÉDITATION «La Magnanimité» (Gilbert Keith Chesterton) 6h00 LES NOTES INÉGALES Anim.Francine Moreau 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire du chef d'orchestre tchécoslovaque (naturalisé Suisse) Rafael Kubelik, né en 1914 Anim Renée Larochelle 11h30 LES JEUNES ARTISTES Anne-Sylvie Desgagné, p Chansons (Gershwin).12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Magazine d'actualité musicale sous forme de reportages, de chroniques et d'entrevues en provenance du pays et des principales capitales de la musique.Anim.Georges Nicholson et Françoise Davoine.13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Concours-énigme.Anim.Colette Mersy.16h00 AU COEUR DE L'ÉTÉ • Magazine d'actualité culturelle Chroniqueurs: Réjane Bougé, Marie-Andrée Bizier, Claire Leroux, Jacques Lacoursière.Journaliste: Marie-Claude Trépanier.Animation: Ginette Bellavance Reportage en provenance de Vancouver.16h30 L'ÉROTISME* * Dern de 7 Érotisme et écrivains.Inv.: à l’occasion de la 15e Rencontre québécoise internationale des écrivains, Vénus Khoury-Ghata (Liban), Philippe Dracodaïdis (Grèce) et Pierre-Jakez Hélias (France) Rech et anim.Jacques Folch-Ribas 17hOO LATITUDES • «Images d'Orient».Inv.Philippe Cardinal, auteur d'une monographie consacrée à deux grands photographes de l'Orient.Rech., texte et int.René Viau 17h30 L’AIR DU SOIR Un bouquet des plus belles pages du répertoire lyrique et symphonique conçu spécialement pour agrémenter l'heure du souper.Anim Danielle Charbonneau.19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE et CONCERTS EUROPÉENS Orchestre symphonique de Radio Francfort, dir Eliahu Inbal; Edgar Krapp, org.: Prélude et fugue, BWV 552 (J.S.Bach); Symphonie no 9 (Bruckner).21h30 LES TRÉSORS OU THÉÂTRE • Ire de 9 «Montréal à la belle époque» (Ire de 2) Inv.Jean-Marc Larrue.Int.et anim Michel Vais et Pierre Lavoie 22hOO LA COMÉDIE MUSICALE AU CINÉMA • Ire de 8 Des années 30 à aujourd'hui, les grands moments de la comédie musicale française et américaine.Extraits bien connus dont «Les Parapluies de Cherbourg», «Les Dames de Rochefort», «Orfeu Negro», «Singing in The Rain», «My Fair Lady», «Porgy and Bess», etc Anim Richard Gay et Jean-Marie Poupart 23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Azuré» et «222» Phil Woods; «Swing 42»; Stéphane Grappelli; «Freedom Swing Song»: The Leaders; «You Don't Know What Love Is.John Abercrombie; «Things Ain't What They Used To Be» Joe Venuti 8 George Barnes, «Rain Drain»: Richie Kamuka.Anim.Gilles Archambault.MARDI 30 JUIN 1987 OhOO CAP SUR LA NUIT Anim.Pierre-Olivier Désilets 5h55 MÉDITATION «La Clique et le clan» (Gilbert Keith Chesterton) 6h00 LES NOTES INÉGALES Anim Francine Moreau 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire du compositeur allemand Christoph Willibald Gluck (1714-1787).Anim Renée Larochelle 11H30 CONCERT INTIME Francine Voyer, Michèle Gariépy, fl ; Michèle Patry, p Trio, op 119(Kuhlau); «Valsedi bra-vora», op 33 (F et K Doppler).12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Anim.Georges Nicholson et Françoise Davoine 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Anim Colette Mersy 16H00 AU COEUR DE L'ÉTÉ • Reportage en provenance d'Ottawa Anim.Ginette Bellavance 16h30 PRÉSENCE DE L'ART • Actualités artistiques et entrevues de fond avec des personnalités du monde artistique.Anim Christiane Charette.Gilles Daigneault et Rober Racine 17h30 L'AIR DU SOIR Anim.Daniqlle Charbonneau.19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE et CONCERTS EUROPÉENS Orchestre symphonique de Radio Francfort, dir.Gianluigi Gelmetti; Isabellevan Keulen, vl.; Tabea Zimmermann, alto: «Inverno in Ver» (Castiglioni); Symphonie concertante, K.364 (Mozart); Symphonie no 4 «Italienne» (Mendelssohn).21h30 LA LITTÉRATURE ET L'EXIL * Ire de 8.«Maximilien Laroche, venu d'Haïti au Canada».Texte et int.Alain Pontaut.Lect.Ronald France.Prod.Société Radio-Canada 22h30 CONCOURS DE NOUVELLES • Ninon Larochelle, gagnante du 1er prix au Concours de nouvelles de Radio-Canada (1986-87) «La Fille de Jeanne» de Ninon Larochelle.Lect.Dyne Mousso.23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Sea Glass»: Michael Brecker; «Concord Blues» Richie Cole, «Lady Be Good»: Ray Brown; «It Never Entered My Mind»: Sheila Jordan, «Fukai Aijo»: Barry Harris; «Ballad of The Sad Young Men»: Art Pepper; «Song of Her.The Leaders; «St Louis Blues»: Stéphane Grappelli; «For Buster»: David Newman Anim.Gilles Archambault.MERCREDI 1er JUILLET 1987 OhOO CAP SUR LA NUIT Anim Pierre-Olivier Désilets 5h55 MÉDITATION • Spiritualité, spiritisme et spiritueux» (Gilbert Keith Chesterton).6h00 LES NOTES INÉGALES Anim Francine Moreau 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire du violoniste Felix Ayo, fondateur de l'ensemble européen I Musici, qui servit d'exemple à l'ensemble canadien I Musici de Montréal Anim Renée Larochelle 11h30 RÉCITAL D'ORGUE Jacquelin Rochette, grand orgue de la chapelle de la maison provinciale des Frères ma-ristes, Iberville Prélude, adagio et choral varié sur le thème du «Veni Creator spiritus» (Duruflé); Toccata sur le Veni Creator (Litaize) Anim Michel Keable 12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Anim Georges Nicholson et Françoise Davoine 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Anim Colette Mersy 16h00 AU COEUR DE L'ÉTÉ • Reportage en provenance de Toronto Anim.Ginette Bellavance 17h00 PROGRES ET PERSPECTIVES • • Nutrition et maladies» (3e de 8) Anim.Félix Ruffié Prod Radio France 17h30 L’AIR DU SOIR Anim Danielle Charbonneau 19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE Anim Aline Ouellet 2Oh30 SUITE CANADIENNE ÉDITION SPÉCIALE «Les chants patriotiques» (2e volet).Anim André Hébert 21h30 NUIT DE MOTS SANS LUNE A JAVA • 22h00 LITTÉRATURES • «Inventer une littérature» (9e de 13) L'enfer est rouge.L'Institut canadien et les Rouges.Inv.Laurent Mailhot, écrivain, professeur à l'Université de Montréal.Anim.Robert Melan-çon.22h30 MÉMOIRES • Ire de 10 Inv.Jacques de Tonnancourt (Ire de 2).Inv.Claudette Lambert 23h00 JAZZ-SOLILOQUE • Dark Eyes»: Oliver Jones; «The Mystery Man»: Lorraine Desmarais; «Ail Alone»: Fraser McPherson; «Duke Ellington Medley»: Oscar Peterson; «You're in Love With Someone»: Ed Bickert; «Only One Earth»: Sonny Greenwich.Anim.Gilles Archambault.JEUDI 2 JUILLET 1987 0h00 CAP SUR LA NUIT Anim.Pierre-Olivier Désilets.5h55 MÉDITATION «Le symbole des clefs» (Gilbert Keith Chesterton).6h00 LES NOTES INÉGALES Anim.Francine Moreau 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire du romancier et correspondant de guerre américain Ernest Miller Hemingway.Anim Renée Larochelle.11h30 RÉCITAL Paul Marcotte,cor; Michel Fournier, p.: Sonate, op 28 (Danzi); Notturno (Seiber).12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Anim Georges Nicholson et Françoise Davoine.13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Anim Colette Mersy.16h00 AU COEUR DE L'ÉTÉ • Reportage en provenance de Québec.Anim.Ginette Bellavance.17h00 DESTINS INSOLITES • 1re de 10.«François Hertel» Inv.Gérald Ro-bitaille, écrivain.Texte et anim.Dominique Blondeau et Charles Temerson 17h30 L'AIR DU SOIR Anim Danielle Charbonneau 19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE Anim Aline Ouellet 20h00 ORCHESTRES CANADIENS Orchestre symphonique de Québec, dir.Simon Streatfeild; Eleanor James, sop : extr.¦Les Troyens» (Berlioz); «Minnelieder» (Schafer); Symphonie no 4 (Mahler) 22h00 LIBRE ÉCHANGE • Pierre Olivier s'entretient avec Lise Watier, pdg de Lise Watier Inc.22h30 LE CANADA FRANÇAIS.HORS QUÉBEC • 18e de 24 «Ontario» (2e de 3).Inv père Roger Guindon, président de la Fondation franco-ontarienne Rech .texte et anim.Jacques Rivart 23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Two Bass Hit»: Buddy Rich/Dizzy Gillespie; «Le Cannet»: John Lewis; «Like Someone in Love»; Stan Getz; «Sophisticated Lady»; Toots Thielemans; «After The Morning»: Charlie Rouse Anim Gilles Archambault VENDREDI 3 JUILLET 1987 OhOO CAP SUR LA NUIT Anim.Pierre-Olivier Désilets.5h55 MÉDITATION «La terreur du passé» (Gilbert Keith Chesterton).6h00 LES NOTES INÉGALES Anim.Francine Moreau.9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire du compositeur tchèque Leos Janacek (1854-1928).Anim.Renée Larochelle.11h30 LA SINFONIETTA DE RADIO-CANADA Dir.Gilles Auger: Concerto grosso, op 6 no 2 (Handel); Sinfonia no 2 (C P E Bach).12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Anim Georges Nicholson et Françoise Davoine.13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Anim Colette Mersy.16H00 AU COEUR DE L'ÉTÉ • Reportage en provenance de Moncton.Anim Ginette Bellavance.17h00 VU DE SAN FRANCISCO • 9e de 10 «La sexualité».Pendant que les Noirs se réfugient à New York, les homosexuels et les radicales du féminisme mènent le bal sur la Côte L'évolution québécoise confirme-t-elle un apartheid des genres?Anim.Jacques Godbout et Daniel Latouche.17h30 L'AIR DU SOIR Anim Danielle Charbonneau 19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE Anim.Aline Ouellet 20h00 LES GRANDS CONCERTS Quatuor, op 77 no 1 (Haydn); Quatuor (Franck): Quatuor Laval.22h00 SOUVENIRS D'ENFANCE ET DE JEUNESSE• Ire de 13.«Souvenirs brisés» de Wilfrid Le moine.Lect Jean Marchand 221)30 LA PEINTURE QUI S'ÉCRIT • 11e de 24 «Pissarro: humble et colossal».Lect.Jean Brousseau et Yves Massicotte.Textes et rech René Viau 23D00 JAZZ-SOLILOQUE «I Never Knew», «Destination K C.»: Lester Young; «Yellow Follow»: Ahmad Jamal; «A Monk's Dream» Rein de Graaf; «I Hear a Rhapsody»: Line Chamberland; «Moonlight in Vermont»: Bud Powell; «Eddie's Blues»: Django Reinhardt.Anim.Gilles Archambault SAMEDI 4 JUILLET 1987 0h00 MUSIQUES DE NUIT Anim Monique Leblanc 5h55 MÉDITATION «L'Église et les nouvelles religions» (Gilbert Keith Chesterton).6h00 LA GRANDE FUGUE 1re h.: Cinq Pièces du I4e Ordre de pièces pour clavecin (F.Couperin); Sonate en si min pour flûte et clavecin (Handel); Concerto grosso, op 6 no 8 «pour la nuit de Noël» (Corelli).- 2e h.: Concerto pour violon no 1, K.207 (Mozart); Trois pièces pour flûte et piano (Foss); extr.Quatuor no 12 «Américain» (Dvorak); «Old Black Joe» (Foster) - 3e h.: Suite «Drottningholm» (Roman); Concerto pour clavecin no 4, BWV 1055 (J.S.Bach); «Étude pour les agréments» et «Étude pour les arpèges composés» (Debussy); «Danca negra» (Guarnieri).- 4e h.: «Bess , You Is my Woman Now» (Gershwin); «Pavane pour une infante défunte» (Ravel); extr.Symphonie no 9 «Nouveau Monde» (Dvorak); «Elegy for Mippy II» (Bernstein); Concerto pour clarinette no I (Weber); Fugue no 1 (J.S Bach/Loussier).Anim Gilles Dupuis.10h00 CHRONIQUE DU DISQUE Inv Jean-François Sénart, chef de choeur et chef d'orchestre; Eric McLean, critique musical au journal The Gazette.Anim.Danielle Charbonneau.• Émission culturelle CBJ-FM 100,9 CBAF-FM 98,3 CBOF-FM 102,5 CBF-FM 100,7 CBV-FM 95,3 CJBR-FM 101.5 CBF-FM 104,3 ,î*;.Chicoutimi Moncton Ottawa-Hull Montréal Québec Rimouski Trois-Rivières t i LE CAHIER DU SAMEDI Le Devoir, samedi 27 juin 1987 ¦ C-3 JAZZ Non, le Festival n’est pas mort ! GILLES ARCHAMBAULT VOUS SOUVENEZ-VOUS des manchettes des journaux l'an dernier, peu après la fin du Festival international de jazz de Montréal ?On était alarmiste.On se demandait si ces moments de félicité jazzistique reviendraient hanter les soirs et les nuits de Montréal en 1987.Les choses se sont si bien arrangées, par commanditaires, organisateurs et instances politiques interposés, que la huitième édition de cet événement annuel qui a commencé hier n’a absolument rien d’une entreprise chancelante.Bien au contraire.Paul Cauchon nous dit en première page ce qu’il a pensé du spectacle d’ouverture réunissant sur une même affiche l’Orchestre national de jazz de France et le tandem Uzeb-/Didier Lockwood.À partir du lundi 29, et quotidiennement, je vous donnerai mes impressions des différents et nombreux concerts auxquels j’assisterai.L’importance d’un Festival comme celui de Montréal fait moins que jamais de doute.Ce sont les festivals, de toutes manières, qui permettent aux musiciens de vivre de leur musique.Les boîtes qui peuvent se permettre de faire venir des musiciens américains de haut calibre, ici comme ailleurs, ne sont pas légion.Un programme aussi généreux, aussi étendu que celui du FI JM n’a pas que des points forts.Mon avis est donc essentiellement partial.Je me suis amusé à réunir en deux groupes distincts les représentations auxquelles je me rendrai.Dans un premier temps, je dresse la liste des événements que je ne voudrais pas rater pour tout l’or du monde.Puis, je signale quelques autres performances qui ne devraient pas trop décevoir.Quant aux spectacles sur lesquels je serai muet, on pourra conclure que mon enthousiasme n’est pas d’une puissance incontrôlable.S’il m’arrivait de changer d’avis en Photo A F» Dexter Gordon, peut-être le plus grand saxo ténor vivant, est l'une des têtes d’affiche du Festival international de jazz de Montréal.cours de représentation, je ferai amende honorable bien évidemment.La venue de Dexter Gordon est providentielle.Peut-être le plus grand saxo ténor vivant, assurément le plus attachant, il a été remis en lumière grâce au film Autour de Minuit de Bertrand Tavernier.Tete Montoliu joue toujours avec une grande intensité.Il ne faudrait pas le rater.Phineas Newborn Jr est un pianiste remarquable, dont la car- CfL DCLflCÏLLJi'bèst CL'C'Clà/Czt RICHARD NIOU€TT€ BCRNRRD SIRD€ JUU€ VINCtNT JtflN-PI€RR€ MHTT€ CflTTH€RIN€ DOMINIC l l€NI€ SCOFflé5 DU 19 JUIN RU 15 ROUT • Ven &I Sam.çle juin à 20h30 Mer.au Sam juillet/août a 20h30 LUC GINGRRS (514)464-4772 rière s’est déroulée en dents de scie.S’il est en forme, le soir du 2, la fête sera au rendez-vous.Archie Shepp et Horace Parian qui nous ont donné deux disques si remarquables pour Steeplechase, ne devraient pas décevoir.L’orchestre de Gil Evans peut surprendre, étonner, mais il dédaigne toujours la routine facile.Johnny Griffin joue toujours avec sa fougue coutumière des thèmes hérités du bop et le blues n’a pour lui aucun secret.Marian McPartland est une pianiste au goût exquis.Nul doute qu’elle saura nous offrir quelques ballades impeccables.On jugera peut-être que le Art Farmer-/Benny Golson Jazztet rejoue trop régulièrement d’anciens succès des années cinquante et soixante, mais la pureté du son de Farmer au bugle vaut certainement le déplacement.On aura le choix entre le jazz chanté par Joe Williams et celui chanté par CENTRE CULTUREL DE BELOEIL C P 245.Beloeil.J3G 4T1.600 Richelieu, Beloeil.Sortie 109 ou 112 Transcanadienne à 30 minutes de Montréal (suivez les masques) (.ommofidifc fjor le boulevard de l^uto St-Hyacinthe 774-2000 861-5028 (Montréal) 4 JUILLET AU 23 AOÛT Veuillez me faire parvenir le programme du Festival Orford pour ta prochaine saison estivale .Code Postal _ I Retourner à JBA Contre d'Arts Orford rw\! Parc Provincial du Mont-Orford y C.P 280 Qrhïà msnr m3m Helen Merrill.J’accorderai ma préférence à la seconde, que je n’ai jamais entendue en personne.Enfin, il ne faudrait pas oublier le duo Jim Hall/Ron Carter, qui n’est jamais bien loin d’une certaine perfection formelle.J’ai longtemps hésité à placer Ella Fitzgerald dans la liste de mes préférences.Je sais comme vous que sa santé n’est plus ce qu’elle était, que la voix n’a plus la même texture.Mais on aime Ella, on doit l'aimer, on l’a vue maintes fois sur scène, on a écouté beaucoup de ses disques.Qu’elle se retrouve dans cette deuxième liste ne prouve peut-être que la dureté de mon coeur.L'orchestre de Mel Lewis joue à la même heure que le quintet de Terence Blanchard et Donald Harrison.J’ai choisi les seconds au premier.Il s’en est fallu de peu que le couple Waldron/Freeman s’impose à moi comme un must.Seule l’interrogation quant au jeu de Chico Freeman me fail hésiter quelque peu.Ce musicien est capable du meilleur et du pire.Voir Stanley Jordan et Bobby McFerrin au même programme, voilà qui n’est pas vilain.Le quatuor de McCoy Tyner doit se laisser écouter sans trop d’irritation.Je serai quand même plus curieux d'aller vers Oliver Jones et Fraser McPherson.Quant à Wynton Marsalis, il ne me surprend jamais, mais il ne m’indiffère pas encore.Vous remarquerez que je n’ai pas tiqué sur la présence de Paolo Conte et que la venue de David Sanborn me laisse de glace.La tolérance m’est venue sur le tard.Les musiciens locaux me direz-vous ?Ils sont là.Pas toujours en vedette.Il en est de même dans tous les Festivals de jazz.Il me semble toutefois qu'un effort a été fait en ce sens.En ce qui a trait aux concerts gratuits, on ne voudra pas rater non plus les bluesmen importants que sont Robert Lockwood Jr, Sugar Blue et Fenton Robinson.À lundi donc.Bonne écoute.Les plaisirs de la mélancolie Déménagements GILLES ARCHAMBAULT MAIS quelle mouche m’a donc piqué ?Une fois de s plus, je déménage.Énoncé de cette façon, le mot a l’air bien inofensif.Pourquoi ne pas changer de paysage ?Pourquoi ne pas élire domicile ail leurs ?D'autant qu’on ne se transporte pas dans une autre ville.Montreal, la laide et l'attachante, la belle et la repoussante vous servira toujours de port d’attache.Mais enfin déménager, c’est toute une affaire.Ceux qui vous racontent que des braves gens, payés à prix d’or au reste, s’occupent de tout sont des men teurs.Ils ne le font pas eux-mêmes, remarquez, leurs beaux discours livrés, ils n’ont de cesse qu’ils n'aient comme vous et moi sali leurs blanches mains à des tâches bien quotidiennes.Encore si je n’étais pas de ces rares esprits diserts dont ce monde soit encore pourvu, je pourrais plus facilement faire sacrifice de mon temps.Mais non, on me réclame.On souhaite que je parle des affres de la création à Rimouski, que je me passionne pour le Festival de jazz à Montréal et que je défende la littérature québécoise dans les salons de la Marquise d’Aubusson dans le seizième.Et pendant ce temps qu’est-ce que je fais ?Des boîtes.Faire des boîtes.L’expression n’est pas jolie.Et pourtant qu’est-ce que je peux bosser ! On jurerait qu’un mauvais génie s’est ingénié à accumuler à ma place des livres et des disques, des disques et des livres.Il y a même des moments où je souhaiterais être aussi inculte qu’un premier ministre.Donner des poignées de mains, lire des résumés de rapports illisibles, manier le cliché qui séduit les foules et les journalistes, vendre ma femme et mes enfants comme des détersifs, voilà qui serait bien.Sansdoute.Mais je ne puis le faire.Bien trop fier de mes assises intellectuelles, ainsi qu’on a dû le dire dans les colloques récemment, j’enfouis des livres dans des caisses.Parfois en rangeant des bouquins de Proust et de Stendhal dans des boîtes ayant servi à l'origine à la compagnie Kellog, j’ai l'impression de les annoblir.Je parle évidemment des boîtes.Ça rassure.Il n’y a pas si loin du Corn Flakes matinal à la madeleine que vous savez.La plupart du temps toutefois, ma conscience culturelle ne tient pas le coup Pour peu je lancerais au loin ces Mémoires de Saint-Simon que je n’ai pas encore lus au complet et qui en sont à leur quatrième tour de caisse.La mauvaise humeur aidant, j’en viens même à en vouloir à mes amis qui écrivent.Si je ne les connaissais pas, serais-je obligé de trimballer à ma suite des livres que je ne suis pas sûr de relire ?Les amis sont terribles.Ils tiennent toujours à visiter votre bibliothèque.Ils affirment vouloir vérifier un détail dans les oeuvres complètes de Paulhan, mais leurs yeux balla-deurs se dirigent inmanquable-ment vers le petit roman qu’ils ont écrit.S'il fallait que vous ne Payiez pas ! Une amitié s’écroulerait.Pour l’heure, c’est votre patience qui fout le camp.Les disques, n'en parlons pas ! Pendant des années, vous avez eu la bêtise de vous poser en collectionneur.L’étiez-vous vraiment ?C’est à voir.Une chose est certaine, on vous a proposé des merveilles que vous avez acquises avec gourmandise.Les microsillons vous font face, mais de gourmandise point.Ils vous contemplent, ces beignets noirs, sont souvent parfaitement inutiles puisqu’il ne vous viendrait jamais à l’esprit de les faire tourner sur votre électrophone, mais ils ne feraient strictement rien pour sauter tout seuls dans la caisse qui les attend.Les plaisirs supérieurs, vous m’en parlerez ! Pourquoi ne me suis-je pas plutôt passionné pour le golf.Je n’aurais qu'un sac à confier aux musclés déménageurs qui frappent à ma porte.Canadien CIRQUE DU SOLEIL TOURNEE QUEBEC C A U FO R N I F Vieux-Port de Montréal jusqu’au 3 juillet Billets en vente aux comptoirs TICKETRON et à la billeHerie du GRAND CHAPITEAU du Cirque du Soleil sam.27 juin 12h-16h-20h dim.28 juin 12h-16h mar.30 juin 20h mere.1er juillet 14h-20h 845-1103 jeu.2 juillet 14h-20h ven.3 juillet 12h-16h.CKAC273 Agrinovc MERCI 0 1*1 Réalise grâce a'ù Ministère des Communications du Canada Le Vieux-Port de Montréal Le géme canadien les cent prochaine CKAC~73 UN COUP DE GENIE! DU 20 MAI AU 8 SEPTEMBRE, VIEUX-PORT DE MONTREAL Heures d'ouverture 101a' a 22h Renseignements: 845 8120 Réservations groupes: 1-800-267-9736 Fermé le lundi ÆSOsivm ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL” lusii.iyn; notre-dame ETE 8' BASILIQUE NOTRE-DAME 30 JUIN Charles Dirrorr COSTAN7A Ct CCARO, soprano ORCHESTRE 1)1 CENTRE NATIONAL DES ARTS MOZART : Symphonie no.2!, K 134 BACH Jauchzei Got! in allen Landen!" Cantate BWV 5/ MOZART: Vu arete un corfedele" air de concert.A 217 MOZART: Symphonie no.29.K.201 ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL LES CONCERTS DEBITENT À I9H.W SIÈGES RÉSERVES Billets individuels 16S, I.A S et 8$ en vente • aux comptoirs Tickctron ( + MOS) • aux guichets de la Place des Arts ( + 1,00$) • a la Basilique Notre Dame le jour du concert CE FESTIVAL EST REND! POSSIBLE GRÂCE A I.A GENEROSITE DE POWER CORPORATION DU CANADA LES CONCERTS DÉBITENT À I9H.A0 SIEGES RÉSERVÉS Billets individuels 16$, 1.4 S el B J en vente • aux comptoirs Tickctron ( + MOS) • aux guichets de la Place des Ans ( + 1,00$) • a la Basilique Notre-Dame le iour du concert ___ 7 JUILLET CHARLES DIJTOIT JOHN ZIRBEL, cor MOZART : Symphonie no.33, K.319 MOZART : Concerto pour cor no.3.K.447 MOUSSORGSKY-RAVEL: Les tableaux d’une exposition CE FESTIVAL EST REND! POSSIBLE GRÂCE À U GÉNÉROSITÉ DE POWER CORPORATION DU CANADA C-4 M Le Devoir, samedi 27 juin 1987 LE CAHIER DU SAMEDI « Un zoo la nuit » Un cinéma qui reflète le Québec d’aujourd’hui MARCEL JEAN Un zoo la nuit, de Jean-Claude Lauzon, avec Roger Le Bel, Gilles Maheu, Lome Brass et Germain Houde, scénario de Lauzon, images de Guy Dutaux, musique de Jean Corriveau (Québec, 1987).115 minutes g tN ZOO LA NUIT est un pre Ê Jmier long-métrage prenant et surprenant.Peut-être le premier réalisateur québécois issu des programmes universitaires de cinéma, Jean-Claude Lauzon, son auteur, s’impose d’emblée comme un véritable cinéaste, capable de composer à la fois avec une imagerie de son temps et avec un récit reposant sur des bases solides.Deux courts-métrages, Super-Maire et Piwi, avaient laissé entendre que Lauzon était en voie de s’imposer.Piwi, surtout, montrait à quel point l’imaginaire torturé de Lauzon pouvait se traduire en idées de mise en scène.Un zoo la nuit, avec son monde tout de violence et de tendresse, s’amène dans le paysage du cinéma québécois comme quelque chose auquel il fallait s’attendre, prévisible et de rassurant, qui témoigne du talent de son auteur et de la situation actuelle du cinéma d’ici.Fin effet, à une époque où la volonté de créer un cinéma national québécois a fait place à celle d’engendrer un cinéma québécois qui soit d’envergure internationale, nos cinéastes ne semblent avoir d’autres choix que de s’aligner sur le modèle européen (Anne Trister) ou sur le modèle américain (Pouvoirintime, ou plus encore Toby McTeague).L’intelligence d’un Jean-Claude Lauzon, à l’intérieur d’un tel contexte, aura été d’hybrider les deux tendances, comme pour mieux illustrer la position singulière de l’homme québécois à travers la situation ponctuelle de son cinéma.Entre l'errance et l’action pure, entre Diva et Paris, Texas, entre Michael Cimino ( L'Année du dragon) et Patrice Chéreau (L’Homme blessé), Jean-Claude Lauzon promène ses personnages et dessine un curieux Montréal de nuit, ville nord-américaine que la dérive des continents a poussée du côté de l’Europe.Et c’est dans cet univers esthétique, dans cette ville hostile et chaude qui correspond à l’imaginaire de la jeunesse québécoise d’aujourd’hui, que Marcel (Gilles Maheu) est à la recherche de lui-même.Incapable de composer avec sa sensibilité et la violence auquelle on l’a habitué, Marcel est une sorte d’introverti en perpétuelle explosion.Relâché apres deux ans de bagne, il est aussitôt pris en chasse par deux policiers corrompus à qui il doit encore une importante somme d’argent.Marcel se sauve, mais sa fuite n’en est pas vraiment une puisqu’il s’agit plutôt d’une quête dont il est à la fois sujet et objet.Terrorisé par le désir homosexuel (il a été viole dans sa cellule par le Rambo de la prison), incapable de renouer contact avec son ancienne blonde, c’est vers son père (Roger Le Bel), lui aussi abandonne par sa femme, que Marcel se tourne, en une sorte de retour aux origines qui l’amènera à reconnaître son propre corps à travers celui du père.C’est à la consécration (au sens eucharistique du terme) de cette reconnaissance que sert la phrase qui est le pivot du film: « Je suis ton père, pis t’es mon gars, pis pour moi ça veut encore dire quelque chose.» L’étonnante réussite de ce film tient à la cohérence et à la définition précise du monde dans lequel Marcel évolue.Un zoo la nuit oscille en effet entre deux lieux, quasi-mythiques, qui encadrent le récit et en situent clairement l’enjeu.Ce sont la prison, qui sert de point de départ a l’histoire, et le domaine de chasse, qui est en quelque sorte le point d’arrivée souhaite par Marcel.Deux Ueux où tout se passe entre hommes, alors que le voyage de chasse accompagné du père doit apporter une réponse au traumatisme survenu dans la noirceur de la prison.A ce chapitre, Pierre Perrault a assez dit — et bien dit, dans ce film âpre qui s’intitule La Bête lumineuse et qui est aussi l’un de ses plus beaux —, ce que la chasse signifiait pour l’homme d’ici.Dans Un zoo la nuit, entre une petite partie de jambes en l’air sans plaisir au bord du fleuve et la scène saisissante du « peep-show » où une vitre épaisse empêche toute communication, la femme demeure inaccessible, impossible à atteindre.Comme lorsque le père, cloué à son lit de mort, voit apparaître un dernière fois sa femme, vision fugitive et fantomatique.Au contraire, les hommes poursuivent Marcel jusque dans ses derniers retranchements.Apeuré par les deux policiers qui le suivent à la trace et qui ont commandé son viol, Marcel devra choisir l’affrontement et, après un feu purificateur, procéder au double meurtre sacrificiel (son chemin est balisé par une série de flambeaux) qui le libérera.Aidé par un Américain avec qui il s’est lié d’amitié en prison — et avec qui ses rapports demeureront volontairement flous —, il se purgera dans le Photo PC Jean-Claude Lauzon (au centre), avec Un zoo la nuit, se présente déjà comme un cinéaste de grand talent.Ci-haut, Lauzon donnant des directives à Lome Brass (à g.) et Gilles Maheu.sang pour aller ensuite vers son père, accomplissant ainsi son rêve de chasse.Ce n’est qu’après tout cela que Marcel pourra mettre un terme à sa peur et s’étendre dans le calme tout contre le corps nu de son père.Le scénario de Jean-Claude Lauzon a une portée qui donne un poids réel aux images léchées et glacées composant son film.Car ces images, dues au travail de Guy Dufaux, ce sont les mêmes que l’on retrouve dans la plupart des vidéo-clips, elles ont la beauté et l’affectation de celles d’un Luc Besson ou d’un Alan Rudolph.Mais, grâce à la complexité des caractères qu’il dessine, grâce aussi à son sens de la durée et à un découpage qui ne pèche pas par excès, Lauzon dépasse la superficiaüté qui est le commun de notre temps pour nous livrer un personnage en proie à un véritable trouble.Cela, il le réussit même si l’interprétation de Gilles Maheu, au regard neutre et au visage le plus souvent impassible, n’a pas la finesse exigée par le rôle de Marcel.D’autant plus qu’il est confronté à un Roger Le Bel qui met à profit son métier imposant pour nous offrir un père qui demeurera l’une des grandes prestations de la courte histoire du cinéma québécois.Dans son désir de dépasser la dimension policière du film et de dépasser aussi sa dimension mélodramatique pour atteindre quelque chose de plus profond — où un homme se reconnaît en établissant le pont qui le relie à ses origines —, Jean-Claude Lauzon commet lui aussi quelques bourdes.La plus importante de celles-ci demeure l’in- vraisemblance temporelle évidente de la dernière nuit où, sans doute dans le but d’accélérer le rythme et d’accentuer la clarté du récit, le cinéaste force la note jusqu’à bousculer le temps, jusqu’à le faire reculer, comme s’il avait voulu joindre deux nuits en une seule.Mais c’est probablement au compte de l’inexpérience qu’il faut mettre ces quelques maladresses.Elles ne devraient pas nous empêcher de voir en Jean-Claude Lauzon quelqu’un avec qui il faut désormais compter.Un zoo la nuit ressemble à ces hommes d’ici dont la tendresse éclate en violence maladroite.Il y a beaucoup du Québec d’aujourd’hui et de son état des choses culturel dans ce premier long-métrage dont la forme autant que le propos sont fort représentatifs de l’ici et maintenant.« Duo pour une soliste » Kontchalovski parle avec douceur d’un problème déchirant FRANCINE LAURENDEAU Duet for One.d’Andrei Kontchalovski, avec Julie Andrews, Alan Bates, Max Van Sidow , Rupert Everett, Sigfrit Steiner, Macha Méril.Scéna rio de Torn Kempinski, Jeremy Lipp et Andrei Kontchalovski d'après la pièce de Tom Kempinski Images: Alex Thomson.(Grande-Bretagne, 1987) 104 minutes Version originale au Cinéplex, version française au Complexe Desjardins.POUR que vous n’entriez pas à l’aveuglette dans la salle que vous auriez choisie, voici quelques points de repère sur l’étonnante carrière d’un cinéaste russe qui a choisi de travailler en Occident.Andrei Mikhalkov-Kontchalovski, né à Moscou en 1937, vient d’une famille d’artistes.Petit-neveu du peintre Vassili Sourikov, neveu du peintre Piotr Kontchalovski, fils des écrivains Serguei Mikhalkov et Natalia Kontchalovskaia, il est également le frère aîné de Nikita Mikhalkov, comédien et réalisateur (Partition inachevée pour un piano mécanique, Cinq soirées, Sans témoins).Voilà pour le milieu familial.C’est en Kirghizie qu’en 1967, il tourne son premier long-métrage, Le premier maître, film réaliste et antidogmatique considéré comme le coup d’envoi de la « nouvelle vague » soviétique.Il sera longtemps retenu par la censure et son deuxieme film, Le Bonheur d’Assia, est toujours interdit en U.R.S.S.Il s’inspirera par la suite de Tourgueniev et de Tchékhov mars c’est son Sibériade (1978), vaste fresque épique en trois heures et demie a la gloire des pionniers du pétrole dans la taïga sibérienne, qui classera désormais ce cinéaste controversé parmi les tenants du régime.Et pourtant.Fin 1984, on le retrouve aux Etats-Unis où il a simplifié son nom (laissant tomber le Mikhalkov ) pour tourner Maria's Lover, avec Nastasja Kinsky et John Sa->, pui John Voi| rents que passionnants.Même si je me sens plus proche de l’univers de Mikita Mikhalkov, les films de Kontchalovski m’intéressent toujours et je ne voudrais pas en rater un.Au dernier F’estival de Cannes, du reste, les deux frères étaient en com-pétition, l’un contre l’autre en quel- vage, puis Runaway Train, avec Voigt, deux films aussi diffé- LES 2 CHEFS-D'OEUVRE RÉUNIS DANS UN SEUL PROGRAMME.- n jean zaïoum présente j i MONTAND DEPARDIEU AUTEUIL BEAUX 4 heures de spectacle émouvant JEANdeFLORETTE MANON des SOURCES de CLAUDE PAGNOL MANOri DK S SOURCES CAPITOL 12:30-5:00-9:30 Aussi au PROMENADES a Gatineau JEAN DE FLORETTE CAPITOL 2:40-7:10 Aussi au PROMENADES a Gatineau que sorte.Kontchalovski présentait un film américain, Shy People, et Mikhalkov une coproduction italo-russe, Les yeux noirs.Le jury s’est brillamment tiré de cette situation cornélienne en accordant le prix d’interprétation féminine à Barbara Hershey, pour Shy People, et celui d’interprétation masculine à Marcello Mastroianni pour Les yeux noirs.Salomon pouvait aller se rhabiller .Nous pouvons maintenant passer à Duet for One que Kontchalovski tournait en Angleterre entre Runaway Train et Shy People.Si la situation reste la même que dans la pièce de Tom Kempinski, le scénario a ajouté plusieurs personnages et diversifié l’action.On n’a à aucun moment l’impression de voir du théâtre filmé.Stephanie Anderson (Julie Andrews), une grande violoniste au sommet de sa carrière, sur le point de donner un concert à l’Albert Hall avec son élève le plus talentueux (Rupert Everett), apprend qu’elle est atteinte de sclérose en plaques.Va-t-elle sombrer dans la neurasthénie, se suicider, ou au contraire tenter d’être raisonnable, c’est-à-dire renoncer aux concerts pour se consacrer à l’enseignement et, pendant qu’il en est encore temps, au disque ?Son psychiatre (Max Van Sidow) ne lui est d’aucun secours.Son mari (Alan Bates), chef d’orchestre et compositeur imbu de lui-même, ne demande pas mieux que de fuir une situation qu’il est trop lâche pour affronter: avec la bénédiction de sa femme, stoïquement magnanime, il va partir avec sa jeune assistante, admiratrice soumise.Le meilleur élève décide d’aller gagner beaucoup d’argent aux Etats-Unis et, dernier coup d’un sort décidément trop cruel, le vieil accompagnateur et répétiteur, l’ami de toujours (Sigfrit Steiner), meurt.Il n’y a plus à ses côtés qu’une petite bonne italienne (Macha Méril), dont la dévotion discrète l’agace, et un amant de passage, gigolo inculte et mal dégrossi en compagnie duquel elle cherche sans doute l’avilissement.C’est souvent quand on touche le fond qu’on trouve l’énergie de donner le coup de pied salvateur.Duet for one commence comme un film qui va être très noir, mais il s’éclaire par le sourire et les yeux lumineux de Julie Andrews qui incarne avec nuances et ferveur le difficile cheminement d’une femme en rébellion contre l’inéluctable, mais une femme intelligente et forte qui finira par puiser en elle-même sinon l’acceptation, du moins une certaine sérénité.Même si.quelques passages de ce film sont conventionnels (Kontchalovski semble parfois moins à Taise quand il fait évoluer ses personnages dans le confort d’un salon bourgeois que quand il les met en situation de risque physique à bord d’un train à la dérive.), certaines séquences sont très émouvantes.Mais le plus neuf peut-être dans ce drame psychologique, c’est sans doute la relation en-trele psychanalyste et la violoniste, Festival d’été de Lanaudière à Joliette Concours «Je prends ma place d2tœ=Hrtrattt£ à la Terrasse Ciel / Le Devoir» À l’occasion du spectacle de Francis Cabrel, le samedi 11 juillet, nous offrons un traitement de faveur à 80 personnes (40 couples)! Prenez un repas en plein-air à 18h30 près de la scène et assistez au spectacle à 20h30.• en présence d’animateurs et animatrices de CIEL MF • Le repas est offert par: La Maison du Spaghetti, La Préférence, L’Antre-Jean, Le P’tit Bistro de Lavaltrie, Le Bedon Rond et le vin par Corelli.LE DEVOIR T\ra9e \ gagnant» N2rÎ.Hése"oode ' ____-SB.WSSSS- se termine > ,# s 9 §?*: -'ÿ, André G.Bourassa Surréalisme et littérature québécoise essai.624 p.— 14,95$ «Un livre merveilleux, riche et plein de toutes sortes d'éruditions mais qui.pdr le miracle de sa générosité et de son style toujours chaleureux, se lit comme un charme, avec passion même.» Jeun Basil** Venez regarder avec nous APOSTROPHES le dimanche a 14h30 9*9 362 jours par annee vernissage de l’exposition Un siècle d’élégance française, en 1945.Son premier décor, c’est à la Comédie-française que Bérard le signe.À cette époque, le « peintre-décorateur » passe souvent pour le metteur en scène.Et Jean Cocteau, qui l’engage pour le décor de La Voix humaine au Français, passe pour le « collaborateur » à la mise en scène.Mais tout cela était privé, et l’on annonçait « La Voix humaine de Jean Cocteau », c’est tout.Nous étions en 1930.Cocteau envoya, avant la première, un mot à « bébé » : « Si le décor est réussi, veux-tu qu’on dise : décor de C.Bérard ?».Le spectacle, joué par Berthe Bovy, fut une telle réussite que le nom de Bérard parut sur l’affiche, et que sa carrière, dès lors, démarra.Ce gros joufflu fit sensation partout, dans lè monde de la mode autant que dans celui du théâtre.Moins dans celui de la peinture, où il resta toujours (jusqu’à aujourd’hui) un inclassable.Le MOMA, à New York, a des Bérard au grenier .Dans un des rares textes qu’il écrivit, et que l’on retrouve dans l’album chez Hersher, Bérard explique son art : « Lorsque j’ai lu une pièce, ce qui m’intéresse d’abord, c’est l’architecture des situations, c'est-à-dire : par où les personnages vont-ils en trer, où vont-ils se rencontrer, où vont-ils se quitter ?Avant même d’imaginer le décor, il faut s’occuper de son armature.Cette armature architecturale a la même importance que les agrès pour un acrobate ».Il écrit aussi : « Ce que je préconise avant tout, au théâtre, c’est le vide.De cela on peut faire une règle générale : n’emcombrez pas le plateau, on a toujours tendance à en mettre trop ».Bérard est l’un des premiers scénographes français à avoir mis en pratique l’art de l’allusion, retrouvant l’esprit russe de Meyerhold et rejetant les rigidités du carton-pâte.C’est la simplification poétique.En avril 1984, lors d’une interview au DEVOIR, Jean Marais s’était prêté pour moi au jeu des noms.Je citais un nom, et il avait une minute pour dire son impression.À Bérard, il dit :« Il n’y avait pas un seul couturier de Paris qui ne l’invitait pas quinze jours avant de présenter sa collection, et de deux ou trois remarques il changeait tout.et puis le décor de théâtre a trop relégué dans l’ombre son génie de la peinture ».L’album des éditions Hersher, venu tard, rend justice à Bérard.On y apprend qu’il doit son surnom de « bébé » non pas à la première syllabe répétée de Bérard mais à une réclame du savon Cadum où le pou pon étalé sur les murs de Paris lui ressemblait (lui qui n’aimait pas se laver ! ), mais l'on apprend aussi et surtout qu’une vie consacrée à l’art et à l’incertitude du lendemain est une vie où la tristesse est déboussolée par le plaisir.Quand il s’écroula sur la scène du Marigny, à 47 ans, Barrault et Jouvel durent jouer un jeu pour contourner la loi.Mort dans un lieu public, il fallait alors qu’on nous transporte à la morgue.Ils le ramenèrent chez lui en simulant l’ivrogne qu’on soutient Jusque dans la mort, « bébé » réus sissait une pirouette.*roma terri»- .lusseCh»rthe tons te] UneteÜ„sd’un monde Pr0ΰ;t ce\uideSentan«t secrC ait anormal L-I CSS*-* n«vma«-leXan,W^ ‘"°*aJn£Stentil extrao^a‘«’meset de rir! te livre du coe tfamouf ,ie udkl„.i/A A" ' \ ETE SEU L A roman Le best-setteï Julien nouveau -T Va livre q« ü ' heures - ^ Vloriu /Ie' les aval et
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