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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1987-10-31, Collections de BAnQ.

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LE PLAISIR LE PLÆSff?LE PL/ISS2 LE PIPlI des i Nos collaborateurs ont lu .?Simon l'embaumeur ou la solitude du magicien, de Jacques Testart/D-2 ?Des cailloux blancs pour les forêts obscures, de Jovette Marchessault/D-3 ?/.Académie du désir, de Michel Khalo/D-3 ?Surréalisme et littérature québécoise.Histoire d'une révolution culturelle, d'André G Bourassa/D-3 ?La vitrine du livre/D-4 ?En attendant la fin du monde, de Tim O’Brien/D-4 Lj Sur la même ligne d'horizon, de Zhang Xinxin, et Contes extraordinaires du pjw/fon du loisir, de P’ou Song-ling/D-4 ?Bétulia, de Gemma Salem/D-4 ' Desert physique, d Alain Nadaud/D-5 ?Textes pour un poème d'Andrée t hedtd/ D-5 ?Oabrielle dame de Beauchans.de Marie-Thérèse Roy/D-5 ?Dans les poches/D 6 ?Les Mondes d'Andrei Tarkovski, de Balmi Andràs Kovàcs et Akos Szilàgyi, Eisenstein, de Dominique Fernandez, Le Mou\ement de l'art, de Serguel Mikhaïlovitch Eisenstein, Glauber Rocha de s> lvie I îerre, et Les Marx Brothers, de Yves Alion/D-6 ?Xoblesse oblige, de a revue Autrement/ D-6 ?Le Développement affectif de l'enfant, de Stanley Gieenspan et Nancy Thorndike-Greenspan/D-6 ?La Bombe et l'orchidée de V ernand Seguin/D-7 ?L'Etat du monde, I9S7 I98S'D 7 ?Du Canada au Quebec.Histoire d'une généalogie, de Heinz Weinmann/D-8 Et encore .?l.es best sellers, les ondes littéraires et la vie littéraire l) 2 iiftf Mk m sers 8118 Une immense «auberge espagnole» prête à accueillir ses 80,000 visiteurs MARIE LAURIER JE N’AURAI plus rien à faire du 19 au 24 novembre, sinon que de faire face aux .imprévus! », nous lance en boutade Thomas Wri, directeur général du 10e Salon du livre de Montréal.Ces_ imprévus, ce peut être une tempête de neige comme celle qui s’est abattue sur la métropole le soir de l’ouverture du salon l’année dernière laissant à peu près désertes les aires d’exposition de la Place Bona-venture; ce peut être une manifestation contre la présence de l’Afrique du sud il y a cinq ans, ou encore la protestation bruyante de bonnes âmes qui jugeaient certains livres sexistes.Quand ce n’est pas un invité de marque qui se décommande à la dernière minute ou une victime d’une crise cardiaque .Autanfcd’événements que Thomas Déri a dû affronter avec stoïcisme THOMAS DÉRI, directeur général du Salon du livre de Montréal.PHOTO JACQUES GRENIER depuis les neuf ans qu'il dirige le salon mais sans jamais se départir de son calme et de son petit air de sphynx.Get homme ne dira jamais ce qu'il ne faut et ne veut pas dire .tout de suite, de peur de griller les nouvelles cjui seront connues à la conférence de presse du 5 novembre.Aussi nous contentons-nous de le faire parler de la logistique du salon, lui qui en connaît les rouages depuis près de neuf ans.« Disons tout de suite que nous n’exerçons aucune censure sur le contenu des stands et ne fermons la porte à quiconque veut exposer ses livres.Nous imposons cependant certains règlements en ce qui regarde l’esthétique, la pose des affiches par exemple.Et cette année il n’y aura pas de ballons! » L'année dernière, des jeunes prenaient plaisir à crever la multitude de bouquets de ballons, ce qui a considérablement perturbé l'atmosphère pour les gens plus tranquilles.Mais l’heure de faire face aux cas fortuits n’a pas encore sonné, si bien que Thomas Déri s’affaire présentement à prévoir et prévenir.N uit et jour ces derniers temps, entouré de ses collaborateurs, il met au point le programme du salon dans son bureau de la rue Jean-Talon, au centre Jean-Marie Gauvreau.Dans son cas, il est juste de dire qu'il commence à organiser le salon dès le lendemain de là fermeture du précédent.« Et même au-delà, précise-t-il en entrevue au DEVOIR.En fait, nous devons penser aux dates et au lieu de cet événement trois ans d’avance, si bien que la Place Bonaventure est réservée pour nous jusqu'en 1990.» Cela sans compter les pourparlers avec les éditeurs, les libraires, les exposants, les écrivains québécois et étrangers, la somme considérable de correspondance, de téléphones, de confirmations, de télégrammes, de ( telex.Ouf! En plus des 600 exposants et des 80,000 titres de livres et de périodiques déjà installés, d’entrée de jeu à l’ouverture du 10e salon le jeudi 19 novembre, ce sera le Gala du livre au cours duquel on dévoilera le nom du Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal qui refait surface après une éclipse de quelques années, de même que le dévoilement des lauréats des Prix Fleury-Mesplet, une initiative du salon pour souligner le travail d’écrivains dans dix catégo- ries différentes.Les auteurs québécois invités au salon de 1987 ont une chose en commun, celle d’avoir circonscrit leur oeuvre dans le milieu montréalais: Michel Tremblay, Mordecai Richler, et M.X.c'est-à-dire le lauréat du Grand Prix de Montréal qui ne sera connu que le 19 novembre.En dépit de son travail de directeur général du Salon, M.Déri agit comme secrétaire du jury et à ce titre a dû parcourir la centaine de manuscrits qui ont été soumis.« Je peux dire qu’il y a de fort bons ouvrages », se contente-t-il de répondre a notre curiosité, se gardant bien de laisser filtrer des noms d’auteurs.Les invités spéciaux qui viendront de l’étranger sont le biologiste Henri Laborit, le romancier Pierre Magnan et Michel del Castillo.Le salon présentera la panoplie régulière d’animation culturelle — les rencontres publiques : Comme un grand livre ouvert, Que lisent nos artistes?— en plus d’offrir des tribunes pour la discussion entre des spécialistes et le public, selon un thème re-tenu, par exemple les sagas dans la Suite à la page D-8 Quand on n’est jamais «un des nôtres» Le «pays insoupçonné» de Dominique Clift ÉVELYN DUMAS (collaboration spéciale) POUR Dominique Clift, le « nous » est haïssable.Dans son premier livre, écrit en collaboration avec Sheila McLeod-Arnopou-los, Le Fait anglais au Québec (1), le « nous » des anglophones québécois était la quintaine et ceux qu’il a piqués au vif ne l’ont pas encore oublié.Son deuxième livre, Le Déclin du nationalisme au Québec (2), prenait pour cible le « nous » des Québécois francophones, surtout depuis la Révolution tranquille, et n'épargnait ni les journalistes ni les permanents de la CSN dans ses attaques contre les élites.Bit voici que maintenant, dans Le Pays insoupçonné (3), il fait du caractère également haïssable de chacun de leurs « nous » le trait commun des divers groupes qui se partagent le Canada, et surtout des Canadiens anglais et des Canadiens français auxquels il attribue un « tribalisme» symétrique.En entrevue, Dominique Clift fait sienne cette expression « le nous est haïssable » qui lui est suggérée.« Que veux-tu ?quand on a toujours participé à la vie de chacun des deux groupes (anglais et français) sans jamais être accepté comme “l’un des nôtres” ni dans l’un ni dans l’autre .» C’est la conclusion que tire 1 auteur par suite, notamment, d’une carrière journalistique brillante qui l’a mené tour à tour au Globe and Mail, à La Presse, au Toronto Star, au Soleil, au Montreal Star, et au cours de laquelle l’originalité de ses analyses était sa marque distinctive.Avec Le Pays insoupçonné, toutefois, et c’est lui qui le précise, il ne veut pas parler de ce qu’il sait, mais de ce qu’il ressent.« À un certain moment, dit-il, il faut se débarrasser de 1 idée qu'on va faire de l’histoire, qu’on va faire de l’économie, qu’on va faire toutes ces choses-là, et raconter une vision qui est personnelle, qui est au-delà de toutes ces structures intellectuelles, raconter une sorte de voyage dans un pays where one is never one of ours.où l’on n’esl jamais un des nôtres partout où l’on est, à moins d’être de vieille souche .et où l’on en vient à dire : que la peste les étrangle tous les deux ! » Dominique Clift, fidèle à son penchant pour la caricature, raconte qu’au moment de la sortie de son deuxième livre, l’auteur d’un article Suite à la page D-2 DOMINIQUE CLIFT : Il y a au Québec une résurgence du tribalisme et du « désir de marginalisation » dans le « tutoiement granola ».PHOTO JACQUES GRENIER Probablement l’Espagne, le premier roman de Claude Charron Entre ville et banlieue, un drame où se heurtent la drogue et l’amour Vedette du Parti québécois de la première heure, Claude Charron a abandonné la politique, il y a quelques années, pour se recycler dans les communications, notamment comme animateur radiophoni-q u e.Les éditions du Boréal lançaient jeudi son premier roman, Probablement l’Espagne, qu'on trouvera en librairie ces jours prochains.Avec l'aimable permission de l'éditeur, nous vous en livrons un extrait CLAUDE CHARRON ALBERT.Jeudi, 2 juin 1983.A huit heures neuf minutes, Albert a jeté un regard de deux secondes sur la beauté du rose au-dessus de Laval, a vérifié qu il n’était pas en retard, a laissé pour rien ronronner sa voiture quelques autres secondes puis éteint le moteur pour les prochaines douze heures quinze minutes.Il est clair comme le ciel que la soirée sera tranquille rue Montcalm.La seule surprise d’aujourd’hui aura donc été l’été.Albert adore le spaghetti et ne s’en lasse jamais.C’est sa tendance à l’embonpoint qui l’empêche d’en redemander encore à celle qu’il appelle toujours maman quand il est à table.« J’ai de l’italien dans le corps » est une de ses réflexions préférées qui surgissent régulièrement et ont le don de hérisser Za-belle.C’est le jeudi soir qu'on mange du spaghetti rue Montcalm.À l’heure où Zabelle revient de son magasinage et dans l’état de fatigue qu’Albert lui prête, « les femmes se tuent de plaisir à courir les magasins », Albert ne s’attend pas à un dîner élaboré.Il n’y a plus de dîner élaboré chez les Paradis depuis trois ans, davantage même, si on se rappelle l’ambiance pénible qu'il y avait à table les derniers mois, avant que François ne se décide à partir.Un bref repas per- mettait alors à chacun de retourner à son coin le plus vite possible.Albert s’en souvient mais n’aime plus y penser.« Ce qui est passé est passé » est sa phrase la moins honnête.C’est aussi celle que Zabelle ne laisse jamais passer.Le repli de chacun, sitôt le repas termine, est ainsi une habitude acquise.Albert descend au sous-sol où il a son propre téléviseur, souvenir de l’unique fois où il avait eu les quatre derniers chiffres de la miniloto.11 leur arrivera, bien sûr, de regarder ensemble une émission de télé.Ces fois-là, Albert rejoindra sa femme dans la grande pièce confortable où elle passe ses soirées avec sa musique, ses plantes, sa broderie laissée dans un petit panier qu’elle n’a plus besoin de ranger au cas où.Car on ne s’attend plus au carillon de la porte, quand la maison était envahie de jeunes qui dévalaient l’escalier du sous-sol.Zabelle, ne voulant plus être portière ni domestique d’un centre sportif, avait obligé Albert à créer un accès extérieur à la salle de jeux aménagée pour le fils et ses amis.Les Paradis père et fils, François avait alors douze ou treize ans, travaillèrent pendant deux semaines pour ouvrir le côté de la résidence.La porte est désormais condamnée dans l’esprit d’Albert.C’est par là que l’adolescent titubant allait entrer plus tard tant de fois sans éveiller les soupçons.Albert se retire dans sa caverne et fait quelques rots.Zabelle l’a entretenu de sa journée, de ce qu’elle a vu et entendu autour d’elle, évitant les détails qui ne pourraient intéresser un homme.« Puis j’ai été prendre un café avec Madeleine marque toujours la fin du récit.Albert lui a fait part des conversations de bureau, d’un de ses agents en furie contre les coûts de l’assurance-automobile et même du crottin de cheval qui empeste déjà le Vieux-Montreal.« J’espère que l’été est pogné pour vrai.» C’est pour dire n’importe quoi comme les autres puisque la couleur du temps ne change rien à sa vie, à leur vie.Une seule lampe est allumée au fond de la grande pièce sans eloi- Suite à la page 0-8 HEINZ WE1NMANN DU CANADA AU QUÉBEC GÉNÊAIOGIE D'UNE HISTOIRE HEINZ WEINMANN DU CANADA AU QUÉBEC GÉNÉALOGIE D’UNE HISTOIRE 1y ÉBtMéUm l’Hexagone lieu distinctif d ESSAI ESSAI lieu distinctif d’édition littéraire québécoise D-2 ¦ Le Devoir, samedi 31 octobre 1987 LE PLAISIR Apc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres LES BEST Les best-sellers Fiction et biographies 1 II y aura toujours • des printemps en Amérique Louis-Martin Tard Libre Expression (2)* 2 Un certain goût pour la mort P.D.James Mazazine (1) 3 La Popessa Murphy/Arlington Lieu commun (6) 4 L’Univers est dans la pomme Marc Favreau (Sol) Stanké (7) 5 Un singulier amour Madeleine Ferron Boréal (5) 6 Les Grands Désordres Marie Cardinal Grasset (3) 7 Les Filles de Caleb II Arlette Cousture Qué./Amérique (4) 8 L’Amour au temps du choléra G.Garcia Marquez Grasset (8) 9 Le Cri Soshana Boukhobza Balland (-) 10 Éroshima Dany Laferrière VLB (-) Ouvrages généraux 1 Astérix chez Rahazade R.Gosciny A.Uderzo Albert René (-) 2 L’État du monde 87-88 Collectif Boréal (D 3 La Bombe et l’orchidée Fernand Seguin Libre Expression (2) 4 Sauvez votre corps Kousmine Laffont (4) 5 Ces femmes qui aiment trop Robin Norwood Stanké (3) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarc; Québec Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Biblairies G,-G Caza; Joliette Villeneuve; Drummondville : Librairie française Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Escargots lettrés SIMON L’EMBAUMEUR OU LA SOLITUDE DU MAGICIEN Jacques Testart Paris, François Bourin 1987, 186 pages DENIS SAINT-JACQUES JACQUFIS TESTART est ce biologiste célèbre, « père » du premier bébé éprouvette français, qui a déjà écrit deux pamphlets remarqués, De l'éprouvette au bébé spectacle en 1984 et L’Oeuf transparent l’année dernière.Cette fois-ci, il nous offre un roman, une fable si Ton veut; car le propos n’a pas cessé d’être moral, prophétique et dénonciateur.Dans moins de 200 pages d’un format assez réduit, Testart revient sur sa cible de choix, la science moderne et ses mirages, tout particulièrement ceux que la génétique suscite aujourd’hui quant au « progrès » et au bonheur de l’humanité.Mais l’autocritique de ce scientifique pessimiste n’a, dans ce petit récit, rien d’amer ni de renfrogné; l’humour, croit-il, et l’ironie doivent mieux convaincre que lamentations et condamnations.Le livre, en tout cas, se lit d’une traite en une trop courte soirée.Le talent, l’imagination de l’homme de lettres font honneur à l’esprit d’invention du savant.On ne sera pas très surpris de découvrir qu’il s’agit des aventures d'un biologiste, pas un de ceux qui LA VIE LITTERAIRE MARC MORIN Abdellatif Laâbi à Place aux poètes LE POÈTE marocain Abdellatif Laâbi, qui vit en France depuis 1985, sera l’invité de Place aux poètes, le mercredi 4 novembre à 21 h, à La Folie du large (1021, rue de Bleury, métro Place-d’Armes).Né à Fès en 1942, Laâbi a fondé on 1966 la revue Souffles, qui a joué un rôle considérable dans le renouvellement de la littérature du Maghreb.La revue fut interdite en 1972 et son directeur condamné à 10 ans de prison pour délit d’opinion.11 fut libéré en 1980 à la suite d’une campagne internationale de solidarité.Également romancier et essayiste, Abdellatif Laâbi traduit des oeuvres littéraires arabes en français.Place aux poètes est animée par Janou Saint-Denis.Estuaire au Mélomane LA REVUE Estuaire entreprend demain (1er novembre) une série de récitals qui donnera à entendre une quinzaine de poètes.Présentée le premier dimanche de chaque mois, au bar Le Mélomane (812, rue Rachel est, angle Saint-Hubert, à Montréal), à 17 h, chaque lecture poursuivra à sa façon le travail amorcé pendant les fêtes du 10e anniversaire de la revue.On se rappellera que plus de 200 personnes s’étaient rassemblées, en novembre 1986 à la galerie Skol, autour des Gilles Hénault, Madeleine Gagnon, Paul Chamberland et France Théoret, entre autres, tout comme à Trois-Rivières, récemment, pendant le Festival national de poésie, autour des poètes Guillevic, Franck Venaille, André Roy, Joseph Bonenfant et Jocelyne Felx.Voici le calendrier de ces récitals : — 1er novembre ; Élise Turcotte, François Charron, Anne-Marie Alonzo et Jean-Paul Daoust.— 6 décembre : Claude Beausoleil et Yves Boisvert.— 3 janvier 1988 : Antonio d’Alfonso et Guy Moineau.— 7 février : Louise Dupré et Jean Royer.— 6 mars : Nicole Brossard et Nadine Ltaif.— 3 avril : Jean Chapdelaine Gagnon et Gérald.Gaudet.i pc LAABI sera l’invité de Place aux poètes, mercredi prochain.Cette série de récitals a été rendue possible grâce à la collaboration de l’Union des écrivains (Uneq), de Spectral et du Conseil des arts du Canada.Pour toute information supplémentaire, communiquer avec le directeur de la revue Estuaire, Gérald Gaudet, au 1-819-374-5044.Huit finalistes au Grand Prix littéraire Guérin PLUS DE 50 auteurs ont concouru cette année au deuxième Grand Prix littéraire Guérin, institué en 1985 par l’éditeur Marc-Aimé Guérin dans le but « d’encourager, par l’attribution d’une bourse de $ 5,000, la littérature francophone du monde entier».Sous la présidence de M.Guérin, le jury, composé de Gilles Archambault, Marcel Dubé, Réginald Hamel, Alice Parizeau et Alain Pontaut, choisira parmi huit finalistes et proclamera le nom du lauréat lors d’une réception au café de l’Opéra, rue Bishop a Montréal, le mercredi 4 novembre à 17 h.Fin 1986, l’éditeur avait reçu quelque 25 manuscrits.Élections à l’Union des écrivains québécois L’UNION des écrivains québécois (Uneq) tenait, le samedi 24 octobre, son assemblée générale annuelle à Montréal.Des élections ont eu lieu et le nouveau conseil d’administration est composé de : Bruno Roy, président, Charlotte Boisjoli, vice-présidente, André Roy, secrétaire-trésorier, F'rance Théorêt, administratrice, et Robert Baillie, administrateur; Bernard Demers et André Ricard poursuivent leur mandat à titre d’administrateurs pour une année encore.Roger Lemelin, Françoise Loranger et Claire Martin ont été également admis comme membres d’honneur.Yves Beauchemin, président ayant démissionné en avril 1987, et Bruno Roy, vice-président sortant, ont présenté un rapport moral conjoint où ils ont, entre autres, souligné « le brillant travail » de Michel Gay, directeur général de l’Uneq qui a quitté ses fonctions en août dernier.Yves Légaré, le nouveau directeur général de TUnion, a aussi été présenté aux membres.Tango volé LFI PFIINTRFI montréalais Stelio Solé nous signale une étrange affaire : deux exemplaires d’un recueil à tirage limité de poèmes de Gérald Godin, Le Tango de Montréal, illustré de lithographies originales de M.Solé, ont été subtilisés récemment dans un entrepôt de l’Université du Québec à Trois-Rivières.Chacun des exemplaires de ce livre d’artiste, publié par les Écrits des F'orges, portant une dédicace personnelle, on se demande comment le filou amateur de belles oeuvres pourrait les revendre au Québec.Une enquête est en cours.petut twngSQïB pouï lecioiie LIBERTÉ 173 (fs Iieüx mil Hulls hÀsiTenT octobre 1987 5$ i- ~ ~ Suzanne Robert Wilfrid Lemoine Jocelyne Gervais Pierre Nepveu Almanzor Denis Bilodeau Ratapopoulos Cécile Grenier Réjean Beaudoin et Dinu Bumbaru Jacques Dufresne Danielle Pigeon Jacques Folch-Ribas René Lapierre Luc Noppen François Rémillard Paul Faucher Jean Pierre Issenhuth CHRONIQUES Une nouvelle récolte de romans québécois Les brigades de Brian De Palma et de Stanley Kubrick Les divagations de l'amateur de musique L’année du cambozola LECTURES Dante lu par Jorge Luis Borges La cathédrale d’Odysseus Elytis Les portraits de Joseph Roth «POUR NON-LISEURS» Luisa Futoransky Une anthologie Steinn Steinarr «royale» Gilles Archambault François Gravel Mario Luzi Je désire ce numéro, ci-joints 5 $ Je désire m’abonner à LIBERTÉ, ci-joints 20 $ Nom.Adresse.Ville.Code postal.ÉCRITS DES FORGES TroM«"ère!’G,A5G4 .S Iïmbr PARI de JeanTeduy _ ——77éNxrTv\Hélène Mouette^ ___— de BemardPozier_ DE je la fondation LesFogfj 1987 ns POÏiSôCÉBÏcôSçwfréwo^^- cherchent seulement, non, un de ceux qui trouvent.Celui-ci, Simon, travaille dans un laboratoire du Centre national de la recherche scientifique, à Paris, où le train-train et les mesquineries de la recherche institutionnelle l’orientent vers des activités plus indépendantes et, pourquoi pas ?peut-être plus lucratives.L’invention du « paquet-cadoeuf » lui permet un de ces si socialement opportuns transferts de technologie vers l’entreprise privée ; un truc tout simple et ingénieux, comme vous le verrez.C’est la première d’une série d'idées qui conduira notre héros vers le « simalin », je vous laisse découvrir ., puis la reproduction accélérée des chiens de race, le « bordel à chats » et, enfin, la reproduction de masse des escargots.De la science utile, on pourra le constater, mais où les profits escomptés ne s’avèrent pas plus sûrement prévisibles que dans une quelconque opération boursière.Simon réintègre, d’ailleurs, le CNRS quand il tombe sur une merveilleuse équipe, la CRI) ou « cellule de recherche désarmée », qui va enfin lui permettre de travailler sans compromis.Je ne vous expliquerai pas cela non plus : qui sait ?vous risqueriez de devenir méfiants à l’endroit de la recherche financée par les deniers publics.D’ailleurs, vous pourriez à cette occasion découvrir une source de financement très secrète, VIRÜ ou International Research Device, source qu’il est plus prudent de bien protéger, étant donné la sélectivité de ses interventions et l’importance de ses ressources.Je ne voudrais pourtant pas que vous preniez Simon pour un maniaque sans autre préoccupation que la réussite scientifique et économique.Que non ! S’il ne drague pas, 'il « trappe » et avec assez de succès.Vous connaîtrez aussi ses aventures affectives, son côté humain, comme on dit.FIncore que ses dernières liaisons, si je peux m’exprimer ainsi, n’appellent plus le même qualificatif.Et ne croyez pas trop facilement que je vous parle de quelque perversité, qu’allez-vous croire ?c’est vers la sagesse que le trajet de Simon nous conduit.Fit je garde le meilleur pour la fin : tout se déroule sous le signe du mystère, car un inconnu poursuit Simon, enfin le suit de près, un inquiétant professeur Nomis qui écrit un livre plagiant les écrits littéraires inédits de notre héros.Vous n’en doutez pas, s’agissant en ce cas de fantastique, le triomphe de Nomis sur Simon ne saurait être évité, mais je vous laisserai ici aussi le plaisir de la découverte.Cette victoire marque un dénouement à la fois aussi inéluctable et imprévisible que celui d’un bon polar : écrasement de la littérature par la science, je ne vous dis que ça, dans une fable où, bien entendu, la littérature vise à maîtriser la science.À vous de juger qui y gagne.TÉLÉVISION Au réseau de Télé-Métropole, dimanche entre midi et 14 h, Reine Malo propose, à Bon Dimanche, la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.Au réseau français de Radio-Canada, les dimanches 1er et 8 novembre à 13 h, l'animateur de Rencontres, Marcel Brisebois, s'entretient avec la linguiste et psychanaliste Julia Kristeva.Au réseau français de Radio-Canada, le dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l’on reçoit parfois un écrivain.À TVFQ (câble 30), dimanche à 14 h, Apostrophes : sous le thème « Les mots pour le dire », Bernard Pivot reçoit Claude Ha-gège, Richard Jorif, Angelo Rinaldi, Ya ding et Alphonse Boudard.A 21 h, sous le thème « Visages de femmes », Pivot reçoit, entre autres, Michèle Fitoussi et Françoise Sagan.(En reprise le dimanche 8 novembre, à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écriture d'ici, Christine Champagne reçoit Jovette Marchessault.(En reprise mardi à 14 h 30, vendredi à 4 h 30, samedi à 16 h 30 et dimanche à 10 h 30.) RADIO AM À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine à 13 h, Suzanne Giguère et Louise Saint-Pierre parlent littérature et théâtre aux Belies Heures.RADIO FM À CIBL-FM, Montréal, dimanche à 17 h 30, à l'émission Textes, Yves Boisvert lit des pages de Gilbert Langevin.L'émission est une présentation des Ecrits des Forges.A Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère.Chroniqueurs : Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.Animatrice : Réjane Bougé.A Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature québécoise, animé par Marie-Claire Girard.À Radio-Canada, mercredi à 16 h: Littératures parallèles (science-fiction, policier, bande dessinée).Animateur : André Carpentier A Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.« Figures de la littérature italienne » (5e de 10 émissions).A Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les idées à l’essai, animé par François Ricard.__M M Un pays insoupçonné Suite de la page D-1 paru dans LE DFIVOIR « m’a accusé de pratiquer l’histoire sans permis ».En fait, les üvres de Clift sont des essais, du genre que le Conseil des arts du Canada désigne en anglais par le terme « creative non-fiction», pour ne laisser planer aucun doute sur le sens de ce que le mot « essai » signifie, depuis des siècles, dans la littérature française, c’est-à-dire une oeuvre très libre, en prose, une oeuvre qu’on ne peut enfermer.Le Pays insoupçonné risque de soulever encore plus de polémiques que les deux ouvrages précédents, dans la mesure où il cherche à dégager un portrait inattendu de l’unité canadienne en identifiant, dans chacun des groupes qu’on a dit fondateurs, les traits totalement détestables qu’il est censé partager avec l’autre.Mais Dominique Clift précise : « Le “nous” dont je parle n’est pas le “nous” canadien, qui est assez embryonnaire, mais plutôt le “nous” au Canada.C’est un “nous” qui cherche toujours à embrigader les individus, à les enrôler, à leur imposer une vision qui est collective.Il s’agit d’un manque de maturité qui produit un “nous” tribal.Ce n’est pas un “nous” de pays.» Pour cerner ce « nous » tribal dans la rédaction de son livre, Dominique Clift cherchait des exemples de ce qu’il ressentait, et ensuite les explorait, les mettait en situation.Une part substantielle de son essai s’appuie sur des auteurs canadiens qui il- 1.Éditions Libre Expression, 1979.2.Éditions Libre Expression, 1981.3.Éditions Libre Expression, 1987.(LFI DEVOIR en a publié un extrait dans son édition du samedi 10 octobre.) lustrent son propos.Des poètes, comme Edwin John Pratt, Frank Scott, Archibald Lampman, Charles Mair, Dorothy Livesay, Dennis Lee et autres, dont il fait lui-même la traduction en français.Des essayistes, comme Northrop Frye et Marshall McLuhan.Des romanciers, comme Mordecai Richler et Claude-Henri Grignon.Un seul personnage historique est pris comme modèle, ou du moins comme point de référence : Étienne Parent (1802-74), directeur du journal Le Canadien, en qui Dominique Clift voit le précurseur des penseurs québécois comme FIrrol Bouchette, Édouard Montpetit et FIs-dras Min ville, qui visaient à promouvoir une meilleure compréhension des questions économiques.Le « tribalisme » canadien qu’il attaque, Dominique Clift le voit comme un obstacle à l’adaptation à la société moderne — ce sont ses termes.Est-ce à dire, lui ai-je demandé, que société moderne est synonyme de société atomisée ?« Bien oui, répond-il, il faut ça.Une société moderne en est une qui offre des choix de carrières et d’activités assez vastes pour que l’individu puisse échapper au conformisme de la société traditionnelle.S’il faut que tout le monde soit médecin, agriculteur ou marchand, il n’y a pas grand choix de carrière, il n’y a pas assez de diversité.Il faut d’abord que ce soit diversifié, que ce soit atomisé, pour que, cela fait, il y ait d’autres regroupements, d’autres formes de solidarité que les solidarités tribales.» Mais, pour l’instant, Dominique Clift perçoit une résurgence au Québec du tribalisme et du « désir de marginalisation » dans ce qu’il ap- rïlle « le tutoiement granola ».Quant lui, pour son prochain livre, il explore la musique.— Évelyn Dumas VIENT DE PA RAÎTRE Introduction INTRODUCTION AUX ÉTUDES PASTORALES pur Marcel Viau Cet ouvrage vise un double objectif: faire connaître les sources d’où origine la réflexion actuelle en pastorale et présenter les avenues dans lesquelles s’engagent les études pastorales pour les prochaines années.Introduction aux études pastorales est sans doute le premier volume en langue française qui fait un tour d’horizon aussi complet des différents courants occidentaux de la pastorale depuis le Concile.232pages * 9,95$ SURVIVRE AU DEUIL Intégration de la perte par Isabelle Delisle Chaque personne, un jour ou l’autre, se trouve confrontée aux différents visages du «deuil».Survivre au deuil constitue un guide précieux pour une authentique ouverture sur la réalité de la perte.L’expérience de la perte se transforme en expérience de croissance, elle nous «apprend à être».256 pages *12$ Isabelle Delisle Survivre au deuil Lintésration de la perte Marie Reine de la paix Demeure avec nous Tltnoignatfe* pour IHcdjfuflorjc OuvOVa* A«MM avant Janke «utMln MA RIE; REINE DE LA PA IX, DEMEURE A VEC NOUS Témoignages pour Medjugorje par Guy Girard, A rmand Girard, Janko Bubalo Ce livre n’a aucunement la prétention de devancer le jugement de l’Église sur Medjugorje, mais il recueille toutes les données qui peuvent éclairer ce phénomène mystérieux et pourtant chargé de promesses spirituelles.Il s’agit de témoignages de très haute qualité spirituelle en faveur des apparitions de la Vierge à Medjugorje 232 pages * 15$ €P l u vente chez votre libraire habituel c n i T i A m c T%5, boni.Hcnri-Bourassu est t U I ! I U N b Montréal, Qc.Il II 111 I PAULINES Tel-: (514) 322-7.141 LE PLAISIR /Jpc LE PLAISIR ° LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es T • livres Le Devoir, samedi 31 octobre 1987 ¦ D-3 « Donner naissance à des choses grandes et imparfaites » DES CAILLOUX BLANCS POUR LES FORÊTS OBSCURES Jovette Marchessautt Montréal, Leméac 1987, 165 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN JOVETTE MARCHESSAULT écrit pour les happy few.J’imagine que ce n’est pas par choix.Comme Jeanne, l’écrivain narratrice de son nouveau roman, elle ne saurait se soustraire à ce qui est à la fois un appel et un besoin.Appel impérieux des forces vives de la nature, des bêtes et du rêve séculaire de l’harmonie entre l’homme et la femme.Besoin d’une voix de se faire entendre, d’une musique de se développer dans une exigence absolue.Sous l’étiquette de roman (mais ça ne veut plus rien dire), elle raconte un moment dans la vie de cette Jeanne écrivain, dans sa retraite des Appalaches, où elle fait face à la mort de celle qu’elle aime, cette Noria descendue du ciel en aéroplane.Devant la mort, tous les humains redeviennent des enfants.Elle les renvoie à leur passé, cherchant, comme le petit Poucet, les cailloux blancs qui les ramènent à la maison des origines.«[.] les pages qui suivront sont le fruit d'une longue et lente compréhension.[.] Je suis en train d'affronter le jugement de ma propre conscience dans la réminiscence de tout ce que j’ai fait depuis que j'ai été incarnée sur la terre.» L’histoire de Noria est parfaitement rocambolesque.Fille du Lion de Bangor, un médecin chercheur éminent, et d’une pionnière de l’aviation, elle eut un enfant dont le Ku Klux Klan s’est emparé et qui est mort comme cobaye de la science.Noria, dans les dernières années de sa vie, quand elle se fut réconciliée .avec son père, se consacra avec lui à la mission de soustraire à la torture les animaux de laboratoire.Cela, Jeanne ne l'apprendra que petit à petit.Ce sont les cailloux qu’elle retrouve un à un, mais c’est le chemin qui compte : le voyage intérieur de l’écrivain, « les questions de la douleur et [.] de l’écriture ».Les détails anecdotiques ne sont qu’alibis pour ces grandes questions, de la vie, de la mort et de l'écriture dans toute sa belle vanité, qui sont posées.Les réponses, qui ne peuvent etre qu’exploratoires, sont tournées vers un avenir à inventer.Jeanne est lesbienne et cela lui donne une position privilégiée pour scruter l’avenir à faire et identifier les portes à ouvrir pour y accéder.Le décourage- ment pousse parfois des nuages épais dans cet horizon.Jeanne a connu une époque où la libération semblait si proche, faisable.Puis, elle a connu le désenchantement de la réalité qui ne se transforme que petit à petit.À ce vieux médecin qui a affronté le défi de la science comme une lutte à gagner et que Jeanne rencontre au moment où il est devenu un homme dépouillé de tout, qui se tourne vers la tendresse, elle demandera, à la fin : « Lion de Bangor, nous vos enfants, de qui ou de quoi sommes-nous les héritiers ?— Vous Jeanne, et tous ceux et celles de votre génération, vous êtes les héritiers du changement.Vous allez inventer et imaginer de nouveaux rapports entre les femmes, les hommes et tous les règnes de la terre.» Ce roman est d’une lecture exigeante.Par son contenu et par sa forme.Comme un oratorio qui ne s'écoute pas d’une oreille distraite, il marie le théâtral et le lyrique, et demande qu'on s’y investisse totalement.A ce prix, il emmène le lecteur, la lectrice, dans un espace neuf, où, au balcon de l’avenir, on courtise le vertige.Il en émane une sorte de panthéisme matérialiste qui cherche la voie de l’humain entre l’infiniment petit et ses obscures prescriptions génétiques, et l’infiniment grand qui nous contemple du fond de l’azur.Je pourrais tout de suite nommer trois livres qui, dernièrement, m’ont parlé des mêmes choses, autrement.Heureusement, ces choses-là ont besoin d'être dites de mille façons.Celle de Jovette Marehessault est lyrique, pleine de vibration poétique dans la description et de solennité théâtrale dans les dialogues, nourrie par une mise en cause de l’écriture, des propositions sociologiques et psychologiques à la mode et de la petite histoire des féministes ante- et posf-MLF.Ce qui fait de son roman une nourriture substantielle, mais au goût rare.Tel qu'il ne pourra rejoindre que ceux et celles qui ont développé ce goût et, au premier chef, ce public qui, depuis quelques années, apprécie son théâtre.Quand la mort du genre est proclamée, Jovette Mar-chessault le fait éclater à sa façon et nous livre des pages rutilantes.Qu’est-ce qu'un roman ?Jeanne répond : « C’est plein de petits feux vitaux capables de donner naissance à des choses grandes et imparfaites.» Et qu’est-ce qu’un écrivain ?« Quelqu’une qui se joue constamment des scènes et qui prend le premier café du matin avec des bribes de phrases effilochées dans sa tête.Quelqu'une qui se promène dans l’énergie du monde avec laquelle elle converse, s’exaspère et rompt avec fracas.» C’est un chant rauque et grave.PHOTO ALGIS KEMEZYS Un chant rauque et grave École buissonnière L’ACADÉMIE DU DÉSIR Michel Khalo Montréal, VLB éditeur 1987, 279 pages MADELEINE OUELLETTE-MICHALSKA AVANT de nous entraîner dans le labyrinthe de la fantaisie et de la parodie, L’Académie du désir, de Michel Khalo, nous offre une visite de la Haute-Ville de Québec qui est un pur plaisir.J’ai rarement lu de si belles pages sur le jardin des Gouverneurs, la terrasse Dufferin, sa balustrade à laquelle tant d’amoureux et d’amoureuses se sont appuyés, regardant couler les eaux du fleuve en espérant que leur bonheur serait éternel.Ce roman pourrait être classique.Voyons l’ouverture où l’on se prend à rêver de la petite Madeleine prous-tienne.« Depuis mon retour a Québec, tard chaque soir, j’entreprends une longue promenade à travers le labyrinthe des rues de la Haute-Ville.Au cours de ces heures où les échos de la mémoire ne sont pas étouffés par le bourdonnement de la vie extérieure, je me remets à vivre plus intensément - dans le recueille- ment.» Et puis, une fenêtre s’illumine à un étage supérieur du château Frontenac, laissant apparaître un torse nu dans l’entrebâillement des volets.Tout peut dès lors arriver.Le meilleur et le pire.À l’image de la vie, le roman se construira entre le grave et le loufoque, entre le rire et l’utopie.On aime ou on n’aime pas ce genre de roman.Si l’on attend une intrigue suivie qui roule parfaitement sur ses rails, entraînant avec elle des situations, des attitudes dont la progression évolue selon les règles de passions cohérentes, on risque de décrocher vite.Mais, si l’on croit le mot de Flaubert voulant que « tout ce que l’on invente est vrai », on prendra sans doute le tournant, quitte à rater quelques virages lorsqu’on ne sait plus trop si l’on se trouve dans un roman policier, un roman sentimental, le pastiche ou la déraison heureuse et débonnaire d’un écrivain qui aime jouer avec les mots et piéger les identités.Car ce meurtre qu’aurait perpétré Raoul Vianney sur la personne du docteur Vincent Zachée n’est, finalement, qu’un prétexte à insérer de multiples tiroirs dans une intrigue Pour transformer l’essence même de la pensée Notre surréalisme remonte-t-il à 1837?SURRÉALISME ET LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Histoire d'une révolution culturelle André-G.Bourassa Montréal, Typo, 613 pages LES ESSAIS LORI SAINT-MARTIN PARU pour la première fois en 1977, l’essai d’André-G.Bourassa nous fait redécouvrir un mouvement qui a éclairé la « grande noirceur » duples-siste en faisant jouer les couleurs et les formes.Malgré des points communs, « surréalistes » (regroupés autour d’Alfred Pellan) et « automatis-tes » (fidèles à Paul-Émile Borduas) formaient alors deux noyaux distincts, dont on retrace ici les hauts faits : manifestations culturelles, expositions, revues, sans parler des manifestes, dont le plus célèbre demeure évidemment le Refus global.Non sans audace, Mme Bourassa fait remonter les débuts du surréalisme à 1837, « date du premier roman et de la première rébellion au Québec ».Pour séduisante que soit cette idée, les preuves avancées pour démontrer qu’il existe des traits « pré-surréalistes » chez Philippe Aubert de Gaspé fils, Nelligan ou Cré-mazie ne résistent à l’examen que si l’on est prêt à élargir considérablement (quitte à la diluer) la notion de surréalisme.Pour les générations suivantes, l’importance du surréalisme ne fait pas de doute ; on n’a pas fini de parler de Borduas, de Claude Gauvreau, de Paul-Marie Lapointe et des autres.L’approche d’André-G.Bourassa relève surtout de l’histoire littéraire.L’analyse des textes eux-mêmes se limite, en général, à la recherche d’influences (tel poème « rappelle », « fait penser à » tel autre).Ce gros livre possède tout le sérieux voulu (plus de 600 pages, près de 1,400 notes), mais se lit presque comme un roman : défile devant nous une époque passionnante, où des peintres et des écrivains s’appliquent non seulement à renouveler les formes, mais aussi à changer le monde en transformant l’essence même de la pensée.que l’on déconstruit à mesure.Prétexte pour nous introduire, par exemple, dans la maison de passe Marat fréquentée, nous assure-t-on, par Peter Elie Hotte, où se trouve une femme superbe qui ressemble à la Maja nue de Goya.Prétexte encore pour nous livrer des fragments de journal intime, ou pour nous refiler des recettes culinaires aux appellations des plus séduisantes : le gâteau d’omelette aux deux mousses, les artichauts farcis Isabelle, les ortolans au Château-Christian, etc.On aura compris que, pour rédiger un tel texte, il faut de l’humour, des lettres, de la culture, une certaine naïveté perverse dont on ne sait trop si elle est feinte ou réelle.Car ces pé- ripéties amorcées, puis aussitôt détournées par une pirouette, permettent tout de même d’exposer ses vues sur le temps, l’amour, l’art d’aimer, de lire ou d'écouter de la musique.De toute évidence, on connaît Barthes, Couperin, la Kabbale, des classiques et plus encore, sans dédaigner pourtant l’école buissonnière.Souhaite-t-on être lu ?C’est une autre histoire.Dans un pays où le marché du livre est étroit, on peut se permettre toutes les extravagances et tous les plaisirs.Mais ce premier roman de Michel Khalo donne envie d’en lire un deuxième pour voir, simplement, ce qui se passera alors.Rien du tout, ou mer et monde.Je serais tout de même étonnée que ces Main Emman uel Dreuilhe A CORPS CORPS CORPS ALAIN EMMANUEL dreuilhe aultflutyÿ GiAcô*Bt_ le SIDA.Réflexion autour de sa ma ad ü refuse le verdetQUS ceuX Pb.“S»n ?:eJ”“nepPsfen guerre Alain —ïoiadie, son de mon m- autour de sa m, ^ ,j refuse le verd X ^ ceuX fKfsSsSSi!STJ>Sf!S*- pour combattre J d'écnvai ___ e( le grand tai_ t Xer=-,eJougéOan«er^^enidécrivajn En librairie ai-.questions de Coleridge, rapportées quelque part, n’y trouvent pas quelque écho ou quelque éclaircissement ! « Si un homme traversait le paradis en rêve, qu’il reçut une rose sur son passage et, qu’à son réveil, il trouve cette fleur entre ses mains.que pourrait il en déduire ?Où commence vraiment le rêve et où s’achève l’emprise de la réalité ?» Rectificatif Roger Viau LA FAMILLEde Roger Viau nous signale que la photo utilisée dans celte page, samedi dernier, pour illustrer une recension de Jean-François Chassay sur le roman Au milieu, la montagne, n’est pas celle de l’écrivain disparu.Nous regrettons notre méprise et signalons à nouveau que la réédition d’Au milieu, la montagne vient de paraître aux éditions de l’Hexagone, dans la collection « Typo ».Quelle est la capitale de la Somalie?Quelle était, en 1986, la population de la Thaïlande?Un livre et un seul répond à toutes vos questions sur le monde actuel, c'est L'ÉTAT DU MONDE L’ETAT DU MONDE 1987-1988 Annuaire économique et géopolitique mondial ÉDITIONS LA DÉCOUVERT* / BORÉAl Procurez-vous l'édition 1987-1988 chez votre librairie, ainsi que le questionnaire et les règlements du grand concours ÉTAT DU MONDE qui pourrait, sur les ailes de CANADIEN INTERNATIONAL, vous mener au pays de vos rêves.Ce concours est organisé par LES ÉDITIONS DU BORÉAL en collaboration avec Canadi>n LE DEVOIR MF BORÉAL PAUL DESMARAIS COMMENT PAUL DESMARAIS E DEVENU L'UN DES HOMMES LES l .j*,,.1 V r', ; PUISSANTS DU PAYS?DAVE GREBER LE PORTRAIT D'UN HOMME FASCINANT.SON ASCENSION FULGURANTE DEPUIS SA MAINMISE SUR POWER CORPORATION.352 pag$ 19.95 $ joj LES EDITIONS DE Ü L’HOMME D-4 B Le Devoir, samedi 31 octobre 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR * LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND QUÉBEC Jean-Paul Lefebvre, Entre deux fêtes, Stanké, 227 pages.SUR LA PAGE couverture, le titre est inscrit entre deux têtes : celles de Jean Lesage et de René Lévesque.Ces deux figures rappellent des moments essentiels dans révolution du Québec : la Révolution tranquille et la prise du pouvoir par un parti indépendantiste.C’est de celte période de profondes transformations (à partir de l’éclatement du Parti libéral du Québec en 1966) que l’ancien représentant du comté d’Ahuntsic à l’Assemblée législative nous entretient dans cette chronique humoristique.Une première partie, écrite sur le vif entre 1966 et 1970, a été à peine retouchée.La seconde partie a été écrite au fil des ans.MÉMOIRES Jehane Sadate, line femme d'Égypte, les Presses de la Renaissance, 519 pages.CETTE FEMME fut au coeur des événements les plus marquants des dernières années.On n’a qu’à penser à la guerre des Six jours et du Sinaï, à l’affaire de Suez, à la révolution nassé-rienne, à Khadafi, à l’Iran du chah et de Khomeini, à la paix toujours précaire avec Israël, etc.En livrant l'histoire de sa vie personnelle, la femme du prix Nobel de la paix 1978 montre l’autre côté des choses : l’influence d’une femme dynamique sur les destinées d’un pays.Mémoires BIOGRAPHIE Franz-Olivier Giesbert, Jacques Chirac, Seuil, 446 pages.CONTRADICTOIRE à l’excès, ce Jacques Chirac.Tellement que c’est un journaliste de gauche qui lui consacre une première biographie.Qualifié de « bulldozer » par Pompidou, Chirac écrit des poèmes en cachette et pleure comme un veau pour ses amis malades.Le personnage hors du commun a fasciné l'auteur de la biographie qui avoue candidement : « Il (Chirac) n’était pas celui que je croyais.Il était à la fois meilleur et pire.» ROMAN Ronald Lavallée, Tchipayuk ou le chemin du loup, Albin Michel, 504 pages.CETTE SAGA des Indiens métis du Canada au XIXe siècle, publiée en France, a été écrite par un francophone du Manitoba.Elle raconte les aventures du « sang-mêlé » Askik Mercredi, fils d’un courrier de la Compagnie de la baie d’Hudson.Une enfance dans la nature, à l’indienne, et une éducation scolaire chez les pères de Montréal fournissent les antagonismes de la vie de cet homme à l’image de son pays.John Steinbeck, Le Règne éphémère de Pépin IV, traduit de l’américain par Rose Celli, Lieu commun, 162 pages.C’EST en 1956 que l'auteur des Raisins de la colère a écrit cette farce.Il voulait portraiturer la vie politique française sous la quatrième République.Il ima- gine qu’une querelle partisane pousse les partis de l’Assemblée à rétablir la royauté.C’est presque par hasard que le trône échoit à Pépin Arnolphe Héris-tal, propriétaire d’une petite vigne à Sancerre, descendant lointain de Charlemagne.Toute une série de péripéties plus farfelues les unes que les autres permettent à Steinbeck de parodier la société française d’alors et peut-être d’aujourd'hui.HAMBURGERS John F.Love, Sous les arches de McDonald’s, les éditions de l’Homme, 330 pages.SAVIEZ-VOUS que les inventeurs du fast-foodsont les deux frères McDonald, Maurice et Richard ?Saviez-vousque les restaurants McDonald’s ont servi plus de 55 milliards de hamburgers depuis leurs débuts ?Saviez-vous que 96 % des consommateurs américains sont allés au moins une fois au McDonald's en 1985 ?Qu’en 1982, McDonald's ravissait à Sears le titre du plus important propriétaire d’emplacements commerciaux au monde ?Qu’avec plus de 500,000 employés, c’est chez McDonald’s qu’un Américain sur 15 obtient son premier emploi ?Que Fred Turner a succédé à Ray Kroc à la tête de ce vaste empire ?Vous apprendrez tout cela et bien d’autres choses dans ce livre décrivant une des multinationales les plus puissantes au monde.HOMOSEXUALITÉ Christine Heron Stockton, Let 1res de la main gauche, traduction de Francine Sala, Guy Saint-Jean, 110 pages.CES LETTRES et extraits de journal fictifs décrivent la vie des lesbiennes.Tous les problèmes d’adaptation et d’acceptation sont ainsi abordés directement.JACQUES Itar Fnm-Othicr Giesbert PASSE TEMPS Marthe Faribault-Beauregard et Êve Beauregard Maïak, La (lé néalogie, retrouver ses ancêtres.les éditions de l’Homme, 190 pages.COMMENT dresser un arbre généalogique ?Où chercher, ici ou à l’étranger, les sources de renseignements '! Quelle différence y a-t-il entre une généalogie linéaire et une généalogie ascendante totale ?Quels sont les problèmes qu’on rencontre habituellement dans sa recherche d’un ancêtre ?Autant de questions qui trouvent leurs réponses dans ce petit livre bien conçu.nfcRRPR RB Quand le cliché concerne tout le monde «To be or not to be» en 1995 Dans le delta du Mékong, en 1967 : « Quand on a peur, on devient fou.» r .A'"'»# EN ATTENDANT LA FIN DU MONDE Tim O’Brien traduit de l'américain par Bernard Ferry Paris, Presses de la Renaissance 1987, 365 pages LETTRES AMERICAINES MONIQUE LARUE « SUIS-JE fou ?» Comme le premier homme, ou comme le dernier, celui qui s’interroge ainsi creuse un abri.Un abri nucléaire, dans son jardin Sa question reste cruciale, et partagée par le lecteur, jusqu’à la toute fin.Ainsi se maintient le suspense : « To be or not to be», en 1995.À 12 ans, en 1958, quand déjà il construisait un abri antiatomique sous la table de ping-pong, cet individu était-il fou ?« Allez savoir quand ça a commencé.Peut-être est-ce que c’était cette histoire de système CONELRAD pour la défense civile, l'interruption des émissions de radio pour brouiller les systèmes de détection ennemis, les images de bombes Il dans Life, le strontium 90 dans le lait, les exercices d’alerte dans les écoles ?» Pour l’enfant de la télé, la cellule familiale, si paisible et chaleureuse fût-elle, n’est plus séparée de la folie du monde par une membrane étanche.L’Histoire est le seul sujet.Et, en octobre 1962, l’Histoire se détraque.« La crise des missiles à Cuba, je la passai rivé au siège des toilettes.» En Occident, c’est la guerre froide.En Orient, 11,000 aides militaires américaines sont déjà au Viêt-nam.Dans son patelin, un étudiant mal socialisé, allergique au sacro-saint base ball et à une certaine cheerleader, consulte un psychotérapeute.Celui-ci s’avoue plus terrorisé que son patient : c’est une forme d’aide comme une autre Reconnaître que la vie tient à un bouton pressé par le doigt d’un président fait du mot paranoïa un anachronisme.« Kennedy et Khrouchtchev, ces gars-là, c’est pas des fantômes.» La folie est dans leur camp.Mais jusqu’à quand ?« Automne 1964 .des avions df chasse au-dessus du golfe du Tonkin.» À l’université, c’est la paix en temps de guerre.Plus isolé que jamais, l’enfant du siècle tient solidement le petit fil de sa raison.« Je n'étais pas fou.Je ne m’effilochais pas.J’ai tenu bon tout seul au cours de cette longue première année.À la cafétéria j’avais ma table à moi tout seul.» 1966, le moment vient d’agir.« La bombe est réelle », affiche-t-il sur le campus.Indifférence et mépris accueillent l’initiative.Puis un noyau de marginaux «conscientisés», comme on disait alors, se forme.La prestigieuse cheerleader rejoint le camp.L’heure est à la politisation.« Viêt-nam : le mot lui-même a fini par devenir un cliché.» Mais, en 1967, ce n’est pas encore le temps des métaphores.Il faut réellement déserter, abandonner la légalité, en ne sachant si c’est lâcheté ou courage.Après la clandestinité à Key West, se retrouver dans un autre enfer militaire, un camp d’entraînement à Cuba, mitraillette au poing.Alors, se désengager.« Quand on est sain d’esprit, on distingue la folie.Quand on distingue la folie, on a peur.Quand on a peur, on devient fou.» D’autant plus qu’une fatale poétesse, qui ne respecte pas le sens des mots, s’insinue dans cette vie.« 1969 .Jane Fonda battait l’estrade, Kissinger se livrait à des coups tordus, tandis que Hoffman, Rubin et Dellinger semaient la pagaille sur la voie publique.Au Viêt-nam, les soldats américains étaient plus de 540,000; à Paris, les négociations traînaient en longueur.» Quand celles-ci aboutissent, c’est la fin des « années politiques ».L’équilibre de la terreur s’installe sournoisement.L’amnistie, accordée en 1977 par Carter, est loin d’apporter la paix au narrateur.Impitoyablement repoussé par la vie jusqu’aux derniers retranchements, il fera littéralement subir les affres de sa propre terreur à sa petite famille.Sa femme se défend en écrivant des poèmes.Mais « le monde est drogué de métaphores, dit-il à sa fille.La guerre nucléaire n’est pas un symbole ».Pour le prouver, devra-t-il réellement faire sauter son abri ?Est-il fou ?On ne réussit pas toujours à oublier l’artifice qu’il y a à faire racon- ter une histoire par un personnage au moment même où il la vit.Mais un ton de fin du monde, un savoir-faire de journaliste, une documentation serrée compensent la banalité de la narration.Appartenir à une société qui a commandé l’histoire du monde durant la deuxième moitié du 20e siècle n’est pas le moindre des avantages dont tire naturellement parti Tim O’Brien.Quand un récit se trouve à émerger de la conscience d’un citoyen américain né en 1946, ses clichés sont les clichés de tous.L’avenir de la planète, la menace nucléaire, la catastrophe finale : rebattu, le sujet n’est pas battu pour autant.Vous pouvez vérifier auprès de quiconque a entre sept et 77 ans.L’irréfutable logique de cette fulmination sera appréciée par tous ceux qui croient que, dans la démence accélérée qui semble précipiter l’histoire contemporaine vers la guerre des missiles ou des étoiles, la raison est encore, pour l’être humain, le plus fragile et le plus précieux des biens.La Chine d’hier et d’aujourd’hui SUR LA MÊME LIGNE D’HORIZON Zhang Xinxin traduit du chinois par Emmanuelle Péchenart en collaboration avec Henry Houssay Hubert Nyssen, éditeur, 1987 CONTES EXTRAORDINAIRES DU PAVILLON DU LOISIR P’ou Song-ling traduit du chinois sous la direction de Yves Hervouet Paris, Gallimard, 1987 LETTRES ETRANGERES NAÏM KATTAN UN J EUNE homme et une jeune fille font connaissance, s’aiment, décident de se marier, se marient.Quelques années plus tard, ils découvrent que les rêves et le désir qui les ont unis les séparent et rendent leur union impossible.Ils décident de se séparer.Voilà une histoire devenue banale qui se passe sous tous les horizons.Or il s’agit de la Chine d’aujourd’hui.Le garçon, jeune dessinateur, est obsédé par l’avenir qui se traduit pour lui par une carrière.Il est prêt à des compromis, à faire tirer des ficelles, à faire intervenir des amis, des parents, pour arriver à ses fins.Sacrifierait-il son art ?Peut-être.Qu’importe.Il y songera plus Un paradis couleur d’enfer BÉTULIA Gemma Salem Paris, Flammarion, 1987 ODILE TREMBLAY N'HABITE pas Bétulia qui veut.Seuls les excentriques, les malheureux, les artistes s’adaptent au magnifique domaine embroussaillé, surgi de l’imagination de Gemma Salem.À travers son dernier roman, cet auteur d’origine turque a composé une ode à la folie douce, à la marginalité triomphante.Elle brosse un décor enchanteur puis y laisse s’agiter une faune hurlante, superbe-memnt désordonnée.Bétulia est le royaume de Léon, un garçon de 13 ans qu’un père indifférent abandonne aux mains d’invraisemblables voisins.Mais ceux-ci ont beau être des farfelus de tout poil, du moins lui ouvrent-ils leurs bras.Au milieu des joutes épiques qui opposent les inséparables Cul et Chemise, des chagrins d’une vieille femme qui va mourir d’amour et des confidences d’un musicien solitaire, Léon découvre enfin les joies de la vie familiale.Bétulia est un roman d’amour entre une demeure et un enfant négligé, et un roman dont l’humour féroce n’efface pas la tristesse.En jouant avec maestria de tous les contrastes, Gemma Salem crée une oeuvre dont l’immense tendresse se découvre petit à petit, ensevelie à prime abord sous des tonnes de pudeur grinçante.De paradoxe en paradoxe, rien d’étonnant à ce que le paradis qu’elle nous dessine ait parfois les couleurs de l’enfer.Nouveauté vlb LA RADICALITÉ DU QUOTIDIEN Textes présentés par André Corten et Marie-Blanche Tahon Une réflexion sur le quotidien et la communauté, et sur l’émergence, avec l’informatique, d’une nouvelle culture.Des réflexions signées par Françoise Collin.André Corten, Ferenc Feher, Paolo Virno, Marcel Fournier, Guy Ménard, Hocine M.Benkheira, Marie Roué, Yolande Cohen, Daniel Cohn-Bendit, Agnès Heller, Henri Lefebvre, Pierre Lévy, Marie-Blanche Tahon, Gilles Zénon Ma-heu.Franco Piperno, Warner Ram-mert, Serge Proulx, Rudy Lelouche et Serge Ouakine.s î Si M vlb éditeur de la grande littérature tard, une fois la réussite atteinte et le succès obtenu.La jeune fille s’occupe de lui, l’entoure de son affection, mais elle aussi poursuit une voie.Elle passe des concours, elle est en train de devenir cinéaste.On projette son premier film.Son mari est indifférent à sa carrière.Il n’a pas le temps.Il n’a pas de loisir.Il est obsédé par sa propre carrière.Les conditions de vie sont-elles plus difficiles à Pékin qu’ailleurs ?Certes.Et la réussite est plus dure à atteindre, mais le chemin qui y mène est semblable partout.La” jeune femme se sent abandonnée; elle serait prête à sacrifier sa propre carrière si le jeune homme s’occupait un peu plus d’elle, répondait à son besoin de tendresse, à son appel à l’amour.Mais il n’a pas le temps.Il ne lui reste à elle qu’à suivre son propre chemin.Zhang Xinxin est une jeune romancière.Elle parle de sa vie et, surtout, de sa génération.Elle est d’abord un écrivain sensible qui capte une humeur et qui sait la traduire.Elle a su surtout trouver le ton et épouser le rythme, non seulement du déroulement d’une vie quotidienne, mais du va-et-vient des sentiments, des ambiguités du désir, de l’impossible équation entre rêve et volonté.?P’ou Song-ling est un écrivain du 17e siècle.Fils de marchand, il franchit à 18 ans le premier obstacle sur la route du mandarinat, l’examen du bachelier.Puis, pendant 30 ans, il cherche sans succès à passer l’examen provincial de licence.Dans cette attente, il s’applique à des petits travaux et à sa passion d’écriture.Le recueil de ces contes extraordinaires constitue un genre littéraire moins connu en Chine que celui des grands romans réalistes.On raconte que P’ou Song-ling s’asseyait dans la rue devant sa maison et invitait des passants à partager son thé ou son tabac.Il leur faisait raconter des histoires extraordinaires qu’ils connaissaient.Il a recueilli ainsi un nombre considérable de récits dont ce recueil constitue un choix.Il s’agit toujours de personnages réels qui mènent une vie quotidienne quasi banale et voici soudain qu’intervient le fantastique qui bouleverse leur existence.Ils aiment une femme et se rendent compte qu’elle est, soit une fée, soit une renarde réincarnée.Les potions, les plantes jouent un grand rôle pour changer le déroulement d’une vie.À travers ses contes, P’ou Song-ling dresse un miroir de la société chinoise de son siècle : mariages arrangés, prédominance de l’autorité familiale, difficultés de l’amour.Dans maints récits, la femme épousée se transforme en mégère acariâtre, qui bat son mari, le torture, le maltraite et s’acharne surtout sur la concubine.Il semble surprenant que ce soit toujours les hommes qui apparaissent comme victimes.Des hommes, presque toujours des lettrés, cherchent dans la prison familiale une ouverture.C’est la concubine dont le charme agit instantanément et qui se révèle n'être qu’une fée.Ce n’est point un hasard de découvrir une parenté entre ces deux livres.La tradition familiale est certes forte en Chine, mais tout aussi fort ce désir d’affranchissement et d’expression libre de l’amour.CHOC SUR IJVRE ZXZÏRMATItjN LE SILENCE DES MÉDIAS de la journaliste Colette Beauchamp Une critique radicale du journalisme tel qu'il se pratique et des pou-\oirs qu'il dessert.Un livre qui répond à ces questions; Comment fonctionnent les médias?Sont-ils au service de la population?Quelle est leur influence sur notre vie de tous les jours?«I.aiiteure apporte ses réponses aux grandes questions touchant la liberté de presse, I objectivité, le rôle du journaliste dans la société, témoignant à tous égards d'une profonde puissance de réflexion.I ne réflexion qui en dérangera plusieurs, c'est certain.» Eruncint Montpetit, La Presse, 14 octobre 87.les éditions du remue-ménage LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Le Devoir, samedi 31 octobre 1987 ¦ D-5 Quand fouiller le désert devient sujet de roman DÉSERT PHYSIQUE Alain Nadaud Paris, Denoël, 1987, 223 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN C5 EST Jean-Jacques Brochier du Magazine littéraire (lui-même auteur d’un des romans de la rentrée : L’Hallali, chez Albin Michel), qui affirmait, l’autre jour, que « les romans sont les tragédies de notre époque ».Au temps de Racine, les héros de tragédie étaient des rois et des reines.Aujourd’hui, les romanciers « ennoblissent » leurs personnages en leur conférant des destins singuliers : hier, chercher une étoile dans les espaces sidéraux ( Autopsie d'une étoile, de Didier Decoin); aujourd’hui, fouiller le désert à la recherche d’une.bibliothèque.L'archéologie est donc le sujet de la « tragédie » que nous conte PHOTO JACQUES ROBERT/Denoël ALAIN NADAUD.Alain Nadaud, sous forme de journal, dans Désert physique.L’aventure du narrateur et de la mission archéologique qu’il mène, avec un chef d'expédition qui fut son maître autrefois, est à la lettre tragique.Le lieu de leurs fouilles — une région désertique à la frontière de ce qui semble l'Irak et l'Iran (ces pays qui entrent en guerre n'étant, cependant, jamais nommés) — est menacé de tous côtés et de toutes les façons : par des fonctionnaires tatillons qui ralentissent leurs travaux, par le dur climat du désert, par les populations autochtones suspicieuses et bientôt franchement hostiles.Ce qu’on cherche, avec une passion que le style du romancier rend avec une grande efficacité, c’est une bibüothèque.À partir de quelques tablettes d’argile, et, bientôt, la découverte d’une grande statue, le narrateur-chercheur se convainc qu’il est sur les lieux de la légendaire bibliothèque de Sakkayah-Iptah.Mais, au fil des jours, de nombreuses épreuves attendent ce narrateur, qui re- vient à son journal comme à une bouée de sauvetage.Une rencontre, qui devient une véritable passion amoureuse partagée, avec une belle et jeune habitante des marais voisins des lieux de la fouille, se termine dans le drame : la fascinante Leila aura la gorge tranchée par un coreligionnaire fanatique; le maître et compagnon de celui qui tient le journal, Sébastien Derain, subissant le châtiment qu’on aurait pu croire réservé à l’amant : la malaria s’acharnant par la suite à détruire physiquement l'archéologue, seul désormais pour mener à bien la mission; et, comble de malheur, la guerre qui menace de tout saborder, et le projet des fouilles et les découvertes précieuses qu'elles ont déjà permis d'engranger.Difficile, dans un bref résumé, de rendre compte du climat angoissant de ce journal.Seul dans le désert, le héros d’Alain Nadaud se délivre, en écrivant, des misères innombrables qui l’accablent, trompe cette solitude mortelle en rédigeant, quand la fiè- vre lui laisse quelque répit, l’histoire de l’expédition, répondant ainsi à la fameuse interrogation de Rainer Maria Rilke : « Mourriez-vous s’i vous était défendu d’écrire ?» Le sujet de cet ouvrage me semble être tout ensemble une sorte d'initiation à l’archéologie et une protestation contre la mort qui rôde.Ce que le narrateur espère, en rédigeant son journal, c'est laisser une sorte de testament.Mais, dans le suspense véritable que constitue Désert physique.le lecteur sera tenu en haleine jusqu'aux dernières pages, à la date du 16 décembre, qui marqueront à la fois la fin.de la mission et une extraordinaire conclusion, en forme de feu d’artifice.C’est un fort beau roman que vient de signer là Alain Nadaud.L'inquiétude, l'angoisse, le découragement qui étreignent son héros, il parvient à nous les communiquer, sans artifice, par la magie d'une écriture qui confine parfois au dépouillement, donc qui épouse étroitement les tribulations du personnage.Le désert lui de- « La parole écrite est fidèle » TEXTES POUR UN POÈME 1949-1970 Andrée Chedid Flammarion, coll.« Poésie », 1987, 301 pages LETTRES FRANÇAISES CLAUDE BEAUSOLEIL POÈTE, dramaturge, romancière, Andrée Chédid a pratiqué tous ces genres, avec bien ancrée la mémoire d’une origine.Égyptienne d’ascendance libanaise, Andrée Chédid a choisi l’exil.Les mots étant réellement le territoire qu’elle habite, elle écrira que « le mot fascine le poète seul capable de le mener à sa propre profondeur ».C’est sous le curieux titre de Textes pour un poème que l’auteure regroupe ses recueils antérieurs, écrits et publiés entre 1949 et 1970.« La parole écrite est fidèle » dira Andrée Chédid et partout en effet dans ces pages on retrouve le même dépouillement, le même espace accordé à la parole comme support essentiel de la vie.Cette poésie ne s’envole pas.Elle scrute mot à mot son habitat et dans l’exigence nomme ce qui reste quand on doit choisir sa voix parmi les souffles du monde.Je lis cette oeuvre toute imprégnée de respect pour la parole, en devinant que ce qui la charme jusqu’au trouble c’est l’appel du silence.Non un silence abscond, mais d’une,autre dimension faite de nuances et de secret.En guise d’ouverture à cette rétrospective, Andrée Chédid nous donne la tonalité dans laquelle elle désire inscrire son travail : « La Poésie n’est pas refus ou survol de la vie; mais bien plutôt une manière de la multiplier, de rendre compte de sa largesse.Elle témoigne aussi d’une soif qui nous hante, d'un sens impénétrable qui nous tient en haleine, d’une densité que le quotidien dilapide trop souvent.» Qu’importe les diverses époques auxquelles appartiennent les poèmes d’Andrée Chédid, il y a une forte unité qui se dégage de l’ensemble, comme si dès les premiers textes, l’auteure avait trouvé comment rendre sa vision des choses.« Derrière le visage et le geste / les êtres taisent leur réponse », ces deux vers de 1949 ouvrent le livre qui se refermera sur « Jamais ne tarira le battement sous l’écorce / Ni ma soif de le dire / Visage le plus nu », lignes écrite en 1970.Les titres des recueils rassemblés témoignent aussi de cette unité fondatrice de l’oeuvre : Textes pour une figure ( 1949), Textes pour le vivant (1953), Terre et poésie (1956), Terre regardée ( 1957).On retrouve dans ces parcours successifs la volonté d’indiquer la nécessité d’une conscience dont le poème peut dans la simplicité de l’écoute, donner une image souvent présentée en mouvement, comme s’il s’agissait pour Andrée Chédid, d’abord et avant tout, de continuer : « Mais nous allons et nous allons / Vêtus d’ardeur, vêtus de nuit./ Comme si l’autre monde était le nôtre.» Cette poésie en est une des sources, elle poursuit ses intuitions donnant surtout de l’espoir.Généreuse elle ne craint pas la solitude, ce lieu où se forme le poème quand « l’accord est bref comme l’écho ».PHOTO S.BASSOULS ANDRÉE CHEDID.vient, malgré tout, familier, presque fraternel dans l’impossiblité où il se trouve de partager l'émotion de ses trouvailles ou la déception de ses échecs.Et, symboliquement, celui qui tient le journal est à la recherche d'une preuve.écrite de la vie des hommes qui vécurent là, il y a des millénaires.C'est l’espoir de trouver ces tablettes d'argile, couvertes de caractères « lisibles », qui le fait rêver sous « la lune qui s’attardait, immobile et à demi inquiétante, derrière un étrange moutonnement de petits nuages noirs.» Un livre envoûtant, qui nous change des petites histoires des poitrinaires de la vie littéraire parisienne.Un roman inattendu et.rassurant quant à l’avenir de la lit -térature romanesque.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd’hui 31 octobre de 14hà 16 h LOUIS-MARTIN TARD Il y aura toujours des printemps en Amérique Condition de femme GABRIELLE DAME DE BEAUCHANS Marie-Thérèse Roy Paris, La Table ronde, 1987, 405 pages ALICE PARIZEAU CERTES, le prix de la liberté de la nord-américaine est élevé, mais quand on retourne en arrière on ne peut que constater à quel point le jeu vaut la chandelle ! Cabrielle, dame de Beauchans vit au seizième siècle sa condition de jeune fille qui veut aimer.Née à Paris, elle sera mariée à un notaire, très provincial, qui a franchi le cap de la quarantaine et qui est déjà, pour elle, adolescente encore, un homme vieux.Gabrielle le déteste, il se venge, elle a peur de lui, il boit et au-dessus de tout cela plane l’ombre de la femme âgée, une laissée pour compte qui règne sur la domesticité.Le véritable conflit, l’origine du drame, c’est cette haine que la soeur du notaire éprouve à l’égard de sa belle épouse, l’usurpatrice ! Les personnages sont bien campés et l'intrigue se déroule selon une logique parfaitement convaincante.L’amour romantique a moins d’importance dans tout cela que des considérations sordides qui dominent l’existence de Gabrielle qui ne peut ni travailler, ni se libérer d’aucune autre façon de l’emprise de sa belle-soeur.Ce n’est pas un roman féministe, toutefois, dans le véritable sens de ce terme, mais plutôt la reconstitution historique d'une période où la malfaisance des mâles était liée avec la cruauté des familles.Gabrielle doit gagner de haute lutte le droit élémentaire de refuser sa porte à l’homme volage et de préserver sa fierté.Les scènes de violence sont rares, mais on la sent néanmoins présente dans ces relations entre conjoints incapables de communiquer entre eux et de comprendre à quel point les liens qui les unissent sont artificiels.Mane-Thécèse Roy sait retenir l’intérêt du lecteur de la première à la dernière page, mais on peut lui reprocher de relater les grands événements du règne de François 1er d’une façon qui ne reflète pas pleinement leur importance.En fait l’héroïne du roman prend trop d’espace pour permettre à la romancière de traiter des enjeux de cette période de l’histoire de France d’une manière satisfaisante pour ceux qui ne la connaissent pas.Femme, la belle Gabrielle ne participe pas aux débats et aux conflits politiques puisqu’elle est condamnée à vivre retirée.Les hommes qu’elle croise, étudiants, commerçants, notaires, vivent les événements locaux, se soumettent aux règles et aux coutumes, mais leurs préoccupations sont limitées.C’est un univers dont les horizons sont aussi étroits que l’existence même de la femme au foyer et le mérite de la romancière consiste à les montrer tels qu’ils sont.Dès lors, il est fort possible que des descriptions plus longues et plus fouillées de la politique de François 1er introdui- raient dans l’histoire de Gabrielle un élément artificiel et lui enlèverait cette fraîcheur et cette spontanéité qui la caractérisent.Vivantes, visuelles en quelque sorte, les scènes se succèdent et on a l’impression en refermant le roman qu’il pourrait inspirer un très beau film.Il n’est pas inutile de mentionner, en outre, que la romancière a réussi à maintenir dans ses dialogues un ton qui correspond à celui de l’époque, et cela sans exagérations inutiles.Les répliques courtes, cinglantes au besoin, sont crédibles.« Que vous ayez des maîtresses, soit.N’y trouveraient à redire que leurs maris.» dit Gabrielle à Alexandre.« Mais que sous mes yeux ou presque, vous couchiez avec votre servante, et que je voie de jour en jour enfler son ventre, ne me convient pas ! » « Me feriez-vous l’honneur d’être jalouse, madame ?», lui demande ironiquement Alexandre.Dans tout roman historique c’est un tour de force que de ne jamais rompre le rythme de la phrase par des expressions trop modernes qui par définition sont bien faites pour surprendre désagréablement le lecteur.Ce roman de Marie-Thérèse Roy témoigne en somme de son souci d’authenticité, de son talent de conteur et de sa capacité d’investir beaucoup de travail dans son écriture, autant au niveau des dialogues que des descriptions des lieux et des paysages.Une romancière à découvrir et une carrière littéraire à suivre.La bonne littérature chez vlb Dany Laferrière Éroshima Un livre qui parle de la mémoire et du désir, de l’horreur de la Bombe et de la beauté de la culture.Un beau succès littéraire par l’auteur du célèbre roman Comment faire l'amour avec un Nègre sans se fatiguer.174 pages — 12,95 $ Une idée de La Vie en rose Qui a peur de?.Quinze nouvelles écrites par autant de femmes.Une invitation à une aventure peu banale, à un jeu littéraire qui procurera un indéniable plaisir de lecture.Qui est qui derrière ces écritures différentes?146 pages — 12,95 $ Daniel Gagnon La fée calcinée Un livre éblouissant et unique dans le genre: une femme, passée de vie à trépas, est condamnée par la Mort, ici personnifiée, à flotter entre la réalité de son cadavre et celle de son mari, qui l’a tuée; et qu’elle attend de l’autre côté des choses.116 pages — 11,95 $ Céu c-aleinee Irtwro J>onÔB Jx-IW Petite histoire du band on don et du tango Deux prix Nobel à Paris PARIS (AFP) — Joseph Brodsky, prix Nobel de littérature 1987, Czeslaw Milosz, lauréat de la même distinction en 1980 et l’écrivain Milovan Djilas, ancien « dauphin » du maréchal Tito, font partie des quelque 100 intellectuels qui doivent participer, du 19 au 21 novembre, à un colloque international intitulé « Forum de Paris », contrepoint du « Forum de Moscou » organisé en février 1987 par Mikhaïl Gorbatchev.Ce colloque, organisé conjointement par le Pen Club.l’Internationale de la résistance (organisation qui rassemble des exilés politiques connus) et la revue Continent, a pour titre général : « Littérature au-delà des frontières » et sera axé sur l’idée de la résistance des intellectuels au pouvoir.Dans l’esprit de ses organisateurs, MM.Alexandre Blokh, secrétaire international de l’organisation littéraire Pen Club, et Vladimir Maximov, président de l’Internationale de la résistance, le « Forum de Paris » est une « réponse » sans ostracisme au « Forum de Moscou » de février dernier.Les invitations adressées aux écrivains soviétiques sont restées sans réponse, selon les organisateurs.Arturo Penon et Javier Garcia Mendez Petite histoire du bandonéon et du tango Le tango est à la mode, c’est plus qu’une simple danse, c’est devenu un style, un mode de i vie.Mais qui sait d’où vient cet instrument qui l’a popularisé, le bandonéon.Ce livre I nous fournit tous les renseignements et les I plaisirs pour mieux apprécier le tango.144 pages — 9,95 $ Et dès le 23 novembre.L’ÉVÉNEMENT LITTÉRAIRE DE LA SAISON! Myriam première de Francine Noël Voici enfin la suite du roman à succès Maryse.Les personnages ont vieilli, les enfants ont grandi, mais toujours le même humour, toujours le très grand talent de cette grande écrivaine.LE ROMAN DE NOTRE ÉPOQUE! Réservez votre copie dès maintenant chez votre libraire! Vlb edi t»©UT DElLAGFWJVIDE LITTÉRATURE aux Éditions tXPr Mardi 3 novembre de 17 h à 19 h MICHEL BÉLAIR Idéal Standard DANIEL MARCOUX Les Interdits PAULE SAINTE-MARIE Madame Bourdon Guérin Littérature Jeudi le 5 novembre de 19 h à 21 h CLAIRE LEJEUNE Âge poétique, âge politique • 1HEXAGONE Vendredi 13 novembre de 17 h à 19 h HEINZ WEINMANN DU CANADA AU QUÉBEC • l'HEXAGONE Samedi 14 novembre de 14 h à 16 h JEAN-LOUIS BAUDOIN Catherine Labrusse-Riou Produire l’homme de quel droit?Puf Vendredi 27 novembre de 19 h à 21 h VICTOR LÉVY BEAULIEU Héritage Stankç Samedi 28 novembre de 14 h à 16 h MONIQUE PROULX Le sexe des étoiles QUEBEC AMERIQUE Samedi 5 décembre de 14 h à 16 h DENISE BOUCHER Lettres d’Italie • KHEXAGONE 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 328 Pa9eS LE SEXE DES ETOILES Monique Proulx Une littérature insolite, imagée comme nulle autre pour les mots et le ton unique qu’elle véhicule, pour l’intensité particulière qui en émane.Une oeuvre qui provoque le plus grand enchantement.& QUEBEC AMERIQUE $ %! D-6 ¦ Le Devoir, samedi 31 octobre 1987 LE PLAISIR fa LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR 'es T • livres DANS LES POCHES Julian Green Mr K- n ¦ iron GUY FERLANO CRI Marie-Claire Blais, Le Sourd dans la ville, Stanké, coil.« 10/10», 231 pages.UN SEUL mot résume ce paragraphe de plus de 200 pages : intériorité.Toute l’action se déroule à travers les perceptions qu’ont les personnages des moindres choses.Et la mémoire vient à la rescousse du manque d’action pour rappeler la douleur de vivre.L’angoisse qui étreint les personnages, les tord de douleur tout en les empêchant de crier, est très bien rendue par les longues phrases qui emprisonnent les êtres.Par ces phrases sans fin qui finissent par nous envoûter, Marie-Claire Blais démontre, si besoin était encore, sa grande maîtrise de la langue.C’est vraiment un petit chef-d’oeuvre à hauteur de mort.Le livre, publié une première fois en 1979, est accompagné par une lettre de l’auteur, de photos tirées du film et des extraits de la critique, comme tous les livres de la collection « 10/10».HISTOIRE ^lane-ii U- sourd mmmi Michel de Certeau, Histoire et psychanalyse entre science et fiction.Folio, coll.« Essais », 211 pages.CE VOLUME inédit rassemble divers textes parus en revue.Le grand historien traite de l’oeuvre de Michel Foucault, de Freud, de Lacan, du roman psychanalytique, de révolution de la psychanalyse, etc.Toujours avec perspicacité, Michel de Certeau pèse le pour et le contre dans la vaste aventure psychanalytique.TRADUCTION Julian Green, Le Langage et son double, traduit par Julien Green, Points littérature, n° 190,401 pa ges.LA TRADUCTION véritable est-elle possible ?On sait bien que non.Seule une approximation le plus près possible de la langue d'origine est faisable.Même un Américain, élevé en France, qui parle et écrit merveilleusement bien dans les deux langues (français et anglais) et qui se traduit lui-même, ne parvient pas à franchir le « mur du son » qu’est la musique d’une langue.Les textes, réunis pour la première fois dans ce recueil, traitent de ces questions.Les textes traduits en anglais ou en français, c’est selon, se font face comme dans un miroir déformant qui nous permet de juger immédiatement des modifications qu’apporte toute traduction.POLITIQUE Jean-Marc Piotte, La Pensée politique de Gramsci, VLB éditeur, coll.« Second souffle », 302 pages.CET ESSAI, publié une première fois en 1970, est centré sur la notion d’intellectuel dans l’oeuvre de Gramsci.En se basant principalement sur Les Cahiers de prison, Jean-Marc Piotte cerne adroitement les rapports essentiels qu’entretient l'intellectuel (organique ou traditionnel) avec la société dans la pensée politique de Gramsci.ROMAN Yann Queffélec, Les Noces barbares, Folio, n 1856, 344 pages.LA PENSEE POLITIQUE DE GRAMSCI ylb éditeur Le langage et son double CE ROMAN poignant, étouffant, intolérable par moments, a remporté le prix Concourt en 1985.Un enfant innocent, Ludovic, aime une mère dénaturée et dépossédée d’elle-même.Un drame est à l’origine de cette frêle vie et un drame y mettra un terme.L’écriture de Queffélec est superbe, impeccable.Elle joue sur tous les registres.Un grand roman.Tourgueniev, Père et fils, préface et traduction de Françoise Flamant, Folio, n° 1869,314 pages.ON CONNAÎT les thèmes prophétiques et toujours d’actualité de ce roman paru en Russie en 1862 : la naissance des idéologies, la crise de la culture, le phénomène nihiliste inspirateur du terrorisme, la faiblesse des technocraties utilitaristes, etc.Les questions existentielles sur le sens de la vie, à la lumière du progrès historique hégélien, en constituent la trame.Dans son excellente préface, Françoise Flamant restitue le contexte littéraire, sociologique et politique de la composition de ce chef-d’oeuvre.AMOUR TOUJOURS Noël Audet, Ah, l’amour l’amour, Stanké, coll.« 10/10 », 204 pages.EN FAISANT le tour de la Gas-pésie, deux jeunes apprennent à s’aimer dans un décor enchanteur.Une troisième personne viendra mettre à l’épreuve leur union.C’est un affrontement entre l’amour passion et l’amour qui dure.Dans son texte ajouté à la fin de cette réédition, Noël Audet met en perspective cet aspect de son roman : « L’absolu de l’amour est ce qui l’empêche de s’établir dans la durée.Par contre, les amours ordinaires ont la vie si dure qu’elles s’effilochent et s’étirent et ne lâchent pas.» LA POISSE Georges Arnaud, Les Oreilles sur le dos, 10/10, n" 1858, série « La Poisse », 191 pages.UN CAMION file à toute allure sur une route accidentée.Ses passagers, des bandits sans scrupules, fuient le temps, l’espace et les emmerdements.Toujours plus loin, en avant, sans regard vers l’arrière.Ce premier roman de Henri Girard (Georges Arnaud étant un pseudonyme) fut refusé par les éditeurs, à la fin des années 40.Il faut dire que cet auteur avait un lourd bagage judiciaire : accusé de parricide, assassinat et vol, il a fait 18 mois de prison avant d’être acquitté.Si vous voulez perdre le souffle à 190 milles à l’heure, c’est le livre qu’il vous faut.AFRIQUE DU SUD J.M.Coetzee, Michaël K., sa vie, son temps.Points R292, 217 pages.MICHAËL K.a beau cultiver son jardin, maislesaffresde la guerre civile et la violence le séparent continuellement de sa terre.Il s’obstine, pourtant, à toujours revenir à son petit lopin de terre.Magnifiquement écrit, dans un style austère qui rehausse les horreurs décrites, ce récit est une admirable allégorie de la situation instable de l’Afrique du Sud et de la condition humaine prise dans le bourbier de la misère.Le cinéma en pages Du marxisme au matérialisme hystérique LES MONDES D’ANDREÎ TARKOVSKI Balint Andràs Kovàcs et Akos Szilàgyi traduit du hongrois par Véronique Charaire L’Age d’homme, 1987, 195 pages EISENSTEIN Dominique Fernandez Paris, Ramsay coll.« Poche/Cinéma » 1987, 272 pages LE MOUVEMENT DE L’ART Sergueî Mikhaïlovitch Eisenstein texte établi par François Albera et Naoum Kleiman Paris, éditions du Cerf coll.«7e art», 1987, 288 pages GLAUBER ROCHA Sylvie Pierre Cahiers du cinéma coll.« Auteurs », 1987, 254 pages LES MARX BROTHERS Yves AJion Paris, Édilig, 1987, 143 pages MARCEL JEAN « L’ART cinématographique est sans doute le seul genre artistique de la Russie dont la naissance corresponde à celle du nouvel État soviétique.» Voilà comment s’ouvre l’ouvrage que deux Hongrois, Balint Andràs Kovàcs et Akos Szilàgyi, consacrent au cinéaste soviétique André! Tarkovski.Auteur de huit films en 26 ans, Tarkovski a édifié, entre 1960 et 1986, l’une des oeuvres les plus imposantes du cinéma mondial.Pourtant, à ce jour, les éditeurs de langue française ne lui avaient pas fait une place à la mesure de son importance.En effet, seul un numéro monographique de la revue Études cinématographiques lui avait été consacré avant que paraisse, il y a quelques mois, Les Mondes d'Andreî Tarkovski.Les premières pages de l’ouvrage de ces deux universitaires hongrois constituent une excellente synthèse des circonstances qui ont permis au cinéma soviétique de naître, au début des années 20.C’est donc à partir d’un contexte historique très précis que Kovàcs et Szilàgyi abordent l’oeuvre du cinéaste, inscrivant ainsi Blasons r NOBLESSE OBLIGE Paris, Autrement avril 1987, 208 pages YOLAND SENÉCAL LA CHAÎNE TF 1, récemment privatisée, présentait, il y a quelque temps, une émission consacrée à la monarchie.« La monarchie est une idée à la mode », affirmait l’animateur; particulièrement en cette année du millénaire capétien.Mais il y a loin de la coupe (royale) aux lèvres.Quoi qu’il en soit, le présent ouvrage témoigne du regain d’intérêt pour les questions royales et nobiliaires, même s’il faut se garder de confondre noblesse et monarchie.Revue « branchée » pourtant, Autrement ne s’en intéresse pas moins à la noblesse dans ce numéro spécial dirigé par Olivier Poivre d’Arvor et Yan de Kérohuen.« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la noblesse, et plus.» ; ainsi pourrait se définir cet ouvrage.Ceux qui connaissent la revue en savent aussi la très belle facture.Certes, sur 58 articles, il y a du bon et du moins bon.Mais on trouvera des prestations d’écrivains célèbres comme Michel de Saint-Pierre (qui vient de mourir), Philippe Sollers, Eugène Ionesco, Jean-Édern Rallier.Des témoignages, des articles historiques ou juridiques, des reportages sur les modes de vie, les lieux, la « snoblesse », une « psychanalyse du noble » font aussi partie, entre autres, du menu; avec souvent cette ironie et cette désinvolture qui conviennent à Autrement Et également de l’émotion.En une période où la noblesse a perdu, en tant que telle, tout pouvoir intrinsèque, Autrement se demande, par ailleurs, d’où provient ce désir de noblesse qui s’empare de plusieurs.Avec beaucoup d’ironie, on nous présente ce personnage de « candide » qui tente de s'intégrer à la caste nobiliaire .son travail « dans la continuité culturelle et spirituelle russe».Voilà le premier temps d'une démarche qui en compte deux, puisque, une fois cela fait, les auteurs s’arrêtent longuement sur les sept premiers films du cinéaste et démontrent, avec passablement de brio, ce qui fait leur singularité et leur grandeur.Expliquant comment l’auteur d'Andreî Roublevel de Nostalghia travaille en continuité avec la culture anté-révolutionnaire, expliquant aussi comment ses films sont uniques dans l’histoire du cinéma, Kovàcs et Szilakyi dissipent habilement le malentendu entourant les rapports entre Tarkovski et Moscou.Ni dissident, ni homme du régime, Tarkovski était, avant tout, un artiste, un poète s’exprimant dans un langage libre.C’est ce que l’on retient de l’analyse thématique et esthétique de son oeuvre.Après avoir vanté l’intelligence et la densité du texte de Kovàcs et Szilàgyi, deux réserves s’imposent.Elles concernent toutes deux le travail d’édition effectué à L’Âge d’homme.La première a trait, plus spécifiquement, à la traduction de Véronique Charaire.Pourquoi, dans le second chapitre, intitulé « Introduction à la poétique », avoir traduit « kinoo braz» par « image », alors que ce concept est déjà connu en français sous le nom de « figure cinématographique »?Une telle traduction nuit à l’intelligibilité du texte en substituant un nouveau terme (qui a, en plus, le défaut d’être trop vague) à un autre que toute la critique francophone avait déjà adopté et largement propagé.Quant à la deuxième réserve, elle porte sur le texte inutile et superficiel qui clôt l’ouvrage.Signé par Freddy Buache, directeur de collection chez L’Âge d’homme, ce texte n’amène rien et fait croire abusivement par son titre, « André! Tarkovski et Le Sacrifice », qu’il s’agit d’une analyse du chef-d’oeuvre du cinéaste.Il n'en est pourtant rien, Buache se contentant de survoler en une quinzaine de pages l’ensemble d’une oeuvre préalablement bien analysée par les deux Hongrois.?tous PHOTO PC HENRY, comte de Paris.La dernière partie est consacrée à « Mille ans de royauté ».À tout seigneur tout honneur, Autrement termine ce numéro spécial par un entretien avec le comte de Paris.Pourtant, le chef de la maison de France ne se considère pas, à l’encontre de Louis XIV, comme « le premier de ses gentilhommes », désirant plutôt rassembler l’ensemble des Français.Mais, précise-t-il, « si j’avais suivi le goût des Français, j'aurais institué une décoration et distribué des titres.Cela aurait pu devenir une source de revenus car le nombre de personnes qui souhaitent avoir un blason, un titre, une décoration est considérable.Je m’y suis tout simplement refusé.[.] Je réponds que ma vocation n’est pas de donner des récompenses honorifiques .> (p.224).Heureusement que le comte de Paris n’est pas vénal ! Ces propos indiquent, toutefois, l’attrait d’un grand nombre de Français pour les questions nobiliaires.Premières sensations LE DÉVELOPPEMENT AFFECTIF DE L’ENFANT Premières émotions, premiers sentiments Stanley Greenspan et Nancy Thorndike-Greenspan Paris, Payot, 1987, 318 pages RENÉE HOUDE QU’ON APPRENNE l’affectivité comme on apprend la grammaire, le piano ou le ski, voilà une vérité que l’on reconnaît de plus en plus.Le mérite du livre de Stanley Greenspan et de Nancy Thorndike-Greens'pan est d’affiner notre compréhension de la maturation affective du nourrisson.Le titre anglais, First Feelings, est plus concret et plus révélateur.Le livre s’adresse aux parents et décrit les différents processus visant à les aider à améliorer la qualité de leur soutien et de créer un environnement favorable.Le lecteur suit la complexité des six étapes de développement : 1- l’éveil au monde extérieur et l’auto-régulation (de la naissance à trois mois); 2- la découverte de l’amour (de deux à sept mois); 3- le besoin d’un échange : passage à la communication consciente ( trois à 10 mois) ; 4- l’accession à une conscience de soi organisée (de neuf à 18 mois); 5-de l’émotion à l’abstraction (de 18 à 36 mois); 6- penser ses émotions : les fondements de l’imaginaire, de la réalité et du respect de soi (de 30 à 48 mois).Les auteurs donnent beaucoup d’exemples, analysent les craintes des parents et proposent des suggestions sans jamais tomber dans le style « recettes ».Au contraire, ils nous rendent complices de tant de complexités.À lire par ceux et celles qui veulent comprendre comment cette boule de sensations qu’est le nouveau né devient un être humain .(bien souvent) à leur image et à leur ressemblance.Le Sacrifice, d'Andreî Tarkovski.Autre fleuron de la cinématographie soviétique, S.M.Eisenstein s’est vu consacrer, en 1975, une biographie signée par l’excellent Dominique Fernandez, déjà gagnant du Concourt pour Dans la main de Tange.Réédité récemment par Ramsay, T Eisenstein de Fernandez est une psychobiographie, c’est-à-dire un ouvrage pensé pour « mettre en parallèle la vie et l’oeuvre, découvrir un traumatisme inconscient qui explique et l’une et l’autre » (p.9).Il s’agit donc pour l’auteur de rechercher « les mobiles inconscients de la création, tous les mobiles, sans prétendre qu’ils sont tous d’ordre sexuel » (p.10).C’est après avoir éclairci ces « questions de méthode » que Fernandez s’attaque aux grands films d’Eisenstein, du Cuirassé Potemkine à Ivan le terrible.Il procède le plus souvent en relevant des éléments précis à l’intérieur d'une oeuvre (le piano dans Le Cuirassé Potemkine, les statues dans Octobre) et en reliant la présence de ces éléments à certains événements, à certains traumatismes de la vie du cinéaste.Il en résulte un livre d’une forme très libre, toujours éclairant et parfois délirant.?Cet ouvrage ne saurait, toutefois, se substituer à la lecture des écrits d’Eisenstein, car il est impensable de s’adonner à l’étude de la vie et de l’oeuvre d’Eisenstein sans considérer la somme extraordinaire de textes qu’il a laissés.Mémoires, notes, ouvrages théoriques, essais sur le théâtre japonais ou la peinture, les textes d’Eisenstein témoignent tous d’une érudition hors du commun et d’un véritable talent d’écrivain.C’est pourquoi il faut souligner la parution récente, en français, d’un recueil de textes où Einsenstein confronte le cinéma et la littérature.Intitulé Le Mouvement de l’art, cet ouvrage fait suite à un autre publié en 1980, Cinématisme, où il traitait des rapports entre peinture et cinéma.Zola, Diderot, Shakespeare, Gogol, Dostoïevski, voilà autant d’auteurs dont Eisenstein traite en élaborant certaines notions essentielles pour qui veut comprendre sa vision du cinéma et de l’art en général.?On a dit de Glauber Rocha, cet imposant cinéaste brésilien décédé en 1981, qu'il était l’Eisenstein des temps modernes.La monographie que lui consacre Sylvie Pierre dépasse cette simple comparaison pour tracer un portrait, souvent captivant, de ce poète de pierre et de feu, cet artiste barbare qui marqua de manière indéfectible la montée des cinémas nationaux au cours des années 60.Auteurs de films aussi brûlants que Le Dieu noir et le Diable blond, Terre en transe et Antonio das Mortes, Rocha fut à la fois le chef de file et le théoricien du « cinema novo ».Dans son ouvrage, Sylvie Pierre raconte longuement sa vie mouvementée, faite de scandales et de coups d’éclat, avant de laisser la parole au cinéaste en reproduisant certains de ses textes portant sur le cinéma ( Esthétique de la faim) ou sur d’autres cinéastes (Ford, Rossellini, Bunuel, Godard, Renoir).Quelques témoignages, venant d’horizons aussi divers que ceux du président José Sar-ney et du réalisateur portugais Paulo Rocha, viennent compléter l’ouvrage.Bien écrit, de lecture facile et d’intérêt soutenu, le Glauber Rocha de Sylvie Pierre éclaire de manière brillante la vie et le rôle de l’homme, tout en laissant malheureusement trop d’ombre autour des films.Un exercice critique plus poussé aurait été souhaitable, dans la mesure où l’excellent Glauber Rocha de René Gardiès, publié chez Seghers en 1974, est épuisé depuis déjà longtemps.?Pour ceux que les cinéastes marxistes, d’Eisenstein à Rocha, laisseraient de glace, rien de mieux qu’une initiation au matérialisme hystérique avec les Marx Brothers. ce chapitre, l’ouvrage que Yves Alion leur consacre est une bonne introduction.Très bien illustré, écrit avec beaucoup d’humour, l’ouvrage est en grande partie constitué d’une longue filmographie commentée qui analyse avec légèreté le travail des auteurs de Duck Soup et de A Night at the Opera.Les Marx Brothers d’Alion n’a pas la prétention de décortiquer en profondeur le comique des Marx (pour cela, mieux valent les ouvrages de Petr Kral sur le burlesque, publiés chez Stock), mais il représente le parfait ouvrage pour l’amateur qui désire retrouver, sous une même couverture, photographies, biographie et filmographie des célèbres frères.On y retrouve aussi, en prime, quelques morceaux choisis de l’oeuvre marxienne : la retranscription de 10 scènes tirées de leurs meilleurs films, de même que quelques lettres signées Groucho.•Philippe Qingros «LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l'histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 jusqu'à son 75ième anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir.exemplaire(s) du livre “LE DEVOIR” J'inclus 19,95$ par exemplaire; (3 $ de frais de port et de manutention inclus dans ce prix).NOM.ADRESSE;.PROVINCE.CODE POSTAL .MODE DE PAIEMENT: ?Chèque ?American Express ?Master Card ?Visa No.de carte de crédit.Expiration. Le Devoir, samedi 31 octobre 1987 H D-7 LE PLAISIR Jpc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres Le set d’un gentil sorcier Soixante «radio-clips» de Fernand Seguin LA BOMBE ET L'ORCHIDÉE Fernand Seguin Montréal, Libre Expression, 1987 JACQUES TREMBLAY FKRNAND SEGUIN transporte la science comme Obélix ses menhirs.Comme notre héros gaulois, il est tombé dans une potion bien spéciale quand il était petit, à l’époque des balbutiements de la culture scientifique des Québécois.Il se plaît à nous le rappeler dans quelques-unes des 60 chroniques qui composent son dernier ouvrage paru à Libre Expression, La Bombe et l’orchidée.Soixante chroniques, 60 nouvelles, 60 « radio-clips ».A l’heure du « fast food », en voici du nourrissant, oeuvre d’un gentil sorcier qui ne cesse de faire des clins d’oeil au public conquis au fil de 40 années passées à lui raconter des histoires à la télévision.Même la photo de la page couverture, signée Mia et Klaus, nous le fait voir en G.S.(Gentil Sorcier).Sommes-nous le jour ou la nuit ?D’où vient cette curieuse lumière ?Sur la couverture, comme à l’intérieur, il semble qu’elle ne puisse venir que du dedans.Lorsque Séguin nous confie, en fin de parcours, qu’entre la bombe et l’orchidée, il choisit la fleur et qu’au-delà, c’est le parti de l’homme qu’il veut défendre, on comprend qu’il ne parle pas que de têtes et de jambes, mais d’émotions, de convictions et.d’inquiétudes.Qu’il traite de biologie moléculaire ou d’immunologie, de génétique ou de physique nucléaire, qu’il assiste à un congrès d’imminents chercheurs ou qu’il nous fasse la lecture du British Medical Journal, Seguin parvient à nous faire partager les préoccupations des personnages « un peu tous» que sont les scientifiques.Pourtant, tout son propos tend à déconstruire l’image du savant, héritée du cinéma de son enfance, sorte de « chaman » aux humeurs changeantes, tantôt bienveillant, tantôt machiavélique.À la « louable curiosité scientifique » s’associent, en effet, les « illusoires tentatives » de tous ceux qui, à l’intérieur de la caverne imaginée par Platon (image chère à Seguin), dans le fond de leurs labos ou de leurs salles de travail, cherchent à décoder l’énigmatique processus de reproduction de l’orchidée ou à trouver l’ultime combinaison de particules qui rendra la bombe plus meurtrière.À quelques reprises, Seguin empruntera la phrase de Paul Valéry : « La science est une série de recettes qui réussissent.» l/analogie peut s’appliquer à l’ouvrage de Seguin, qui réussit à faire de la majorité des « chps » de ce recueil des petits plats savoureux.Il faut dire que l’assaisonnement, fait de pas mal de sagesse et d’un brin d’humour un peu noir, y est pour quelque chose.Concluant sa chronique sur une affliction qui touche surtout les adolescentes, l’anorexie, Seguin laissera tomber en conclusion : « Il existe des balances pour le poids corporel.Il n’en existe pas pour le poids de l’angoisse.» Ailleurs, refusant de jeter l’anathème à ce peuple inconscient des drames qui se jouent au-dessus de sa tête et qui menacent la survie de l’humanité, il écrira : « On ne peut guère le leur reprocher.En attendant de mourir (le plus tard possible ! ) des radiations nucléaires, des pluies acides, des B.P.C.ou de la destruction de l’ozone, ils aimeraient bien vivre en paix sans se préoccuper du surlendemain.Ils ont bien assez du lendemain (avec le loyer à payer, le rhume du petit à soigner et les ennuis du travail à surmonter).» L’humour de Seguin s’inspire souvent d’anecdotes scientifiques.Abordant la maladie mentale, il rappelle la dispute de deux thérapeutes à propos d’une nouvelle boîte à électrochocs et cite le commentaire discret d’un vieux psychiatre : « Laissez faire, ce sont là des chicanes d'électriciens.» À propos de la « carte génétique personnelle », qu’on pourra bientôt se faire constituer et qui comportera les indications des gènes morbides dont on sera porteur, elle « fera de nous un citoyen angoissé mais conscient des maladies dont il sera tôt ou tard affligé ».Son cynisme est particulièrement grinçant à l’endroit de 1 organisation scientifique de plus en plus bureaucratisée.« On a tout lieu de croire qu'un projet de recherche présenté de nos jours par un individu de la taille de Newton, de Pasteur ou d’Einstein n'aurait guère de chance d’être accepté par la bureaucratie scientifique.» Dans une entrevue récente, Seguin refuse de se considérer « à la retraite ».Il se dit plutôt « en vacances, sans autre obligation que celles qu’il s’impose à lui-même .» Ne s’in-surge-t-il pas, dans sa dernière chronique, à la fois contre l’uniformisation et contre les lois de la performance ?« Tout se passe comme si la vie ressemblait à une course de fond : on a le droit de s’y écrouler en milieu de parcours, mais il est malséant de courir moins vite que les autres.Le ralentissement est mal toléré.» Voilà qui paraîtra suspect aux fanatiques de la performance qui ne s’intéressent qu’au peloton de tête sous couvert de recherche d’excellence.Le monde à portée de la main L’ÉTAT DU MONDE 1987-1988 éditions La Découverte/Boréal Montréal, 1987, 634 pages JOCELYN COULON RIEN ne réussit comme le succès, dit-on, et, pour cette septième édition, L’État du monde est à la hauteur de l’adage populaire.Son équipe rédactionnelle a produit plus de 600 pages d’information, de bibliographie, de statistiques, de tableaux et de cartes, tout cela relevé de caricatures du dessinateur Plantu, toujours aussi cinglant et dévastateur.Un bouquin compact, facile à consulter et qui vous met le monde à portée de la main.Cette année, la section thématique est consacrée aux médias dans le monde.Comme dans bien des secteurs de l’activité humaine, la presse, écrite comme électronique, a dû affronter les affres de la modernisation et ses paris coûteux et risqués.La progression constante des heures d’écoute de la télévision n’a pas sonné le glas de l’écrit, comme bien des Cassandre le prévoyaient il y a encore peu.Jamais les journaux n’ont été aussi populaires, recherchant maintenant un positionnement plus précis pour satisfaire leur clientèle.Les médias électroniques demeurent, toutefois, en tête de liste des sources d’information pour le grand public, ce que soulignent les auteurs des articles sur la bataille de l’audovisuel en Europe, les flux d’images et la prédominance du transistor en Afrique.L’ouvrage s’ouvre sur une excellente analyse d’Alfredo Valladao sur les surenchères au désarmement entre l’Est et l’Ouest depuis un an, suivie d’articles sur les négociations du GATT, l’énergie, l’immigration, ce « défi aux sociétés occidentales », et le terrorisme mondial.Dans ce dernier article, Sven Ortoli décrit comment les terroristes d’aujourd’hui ont compris que « le message est le médium » en kidnappant des journalistes.Toute leur stratégie se résume maintenant de la manière suivante : « obtenir un maximum de publicité pour un minimum de risques».Comme L’État du monde est un ouvrage de référence, les deux tiers de ses pages sont consacrées à la description des 170 États souverains et 25 territoires non indépendants qui forment la planète.Daniel Latouche signe le texte sur le Canada, où il dresse un bilan fort sévère du gouvernement Mulroney malgré sa brillante performance au niveau économique.Ce constat « n’a d’autre explication que l’acharnement des membres du Conseil des ministres à s’impliquer dans des pratiques poli- Le guide compte* pour vos achats de Noël • Bijoux» Cadeaux mod • Gadgets utiles .jouets éducatifs 0 Ordinateurs ., Produits de beaute .Lingerie ^ms, etc.Date de tombé* 18 ne , 'tSSSSÿST (514)842-9645^ mtr ^SPECIAL CADEAUX m^DEVOIR 1 ¦,V.VL •V /jÿ Y''A mmïê ÿ&ÿîÀEl Sfâ fî.Çi: j»Y.«MMnHPHIMlililH tiques douteuses et à susciter les accusations de corruption les plus diverses », écrit le célèbre analyste québécois.Le lecteur trouvera plaisir à se renseigner sur des problèmes ou des phénomènes culturels, politiques et économiques aussi divers que les Tibétains, les manipulations génétiques, le ral ce genre musical qui fait des ravages au Maghreb, le piratage industriel en Asie, ou la montée des Églises et des sectes afro-chrétiennes.À noter, un portrait fort intéressant de Raîssa Gorbatchev.estuaire estuaire iOT| Les poètes O en revue avec estuaire des lectures le premier dimanche de chaque mois à 17 hres au Mélomane 1er novembre Élise Turcotte François Charron Anne-Marie Alonzo Jean-Paul Daoust 7 décembre Claude Beausoleil Yves Boisvert 812, Rachel est (angle St-Hubert) Montréal — Tél.: 526-9504 mm ifjfrrr.¦ P.-f y* Y LE 30 AVRIL 1987 une entente de principes est intervenue entre le fédéral et les dix provinces LE 3 JUIN 1987 Le gouvernement du Québec a entériné l’accord Le 26 OCTOBRE 1987 La Chambre des Communes à Ottawa a confirmé l’entente : .llilili VOUS?Vous devez vous faire une opinion LISEZ UN DOSSIER DU DEVOIR LE QUEBEC ET LE LAC MEECH guerin littérature 480 pages J 19,95$ Livre historique — Oeuvre indispensable Collaboration Le Devoir / Guérin littérature Distribution exclusive: Québec Livres D-8 ¦ Le Devoir, samedi 31 octobre 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR L’homme qui connaît son histoire est-il Jean E1HIER-BLAIS ?Les carnets COMME tous les peuples, nous sommes faits d’ombres et de lumières, qui assurent ses contrastes à notre physionomie.Mais, comme toutes les nations conquises par la force des armes, assujetties à des lois étrangères, culturellement aliénées, nous sommes devenus une nation tronquée.Ainsi, la plupart des Québécois croient mordicus que notre systèmetle gouvernement, notre magistrature issue des partis, reliquats de la pensée politique anglaise, sont les meilleurs qui soient.C’est cela, l’aüénation.Nous souhaitons nous gbsser dans la peau du vainqueur, devenir l’Autre; no«s l’imitons, mais toujours mal, jusque dans notre façon de vouloir nous libérer.Dans un livre sévère et nuancé, Du Canada au Québec.Histoire d'une généalogie (éditions de l’Hexagone, Montréal, 1987,477 pages), Heinz Weinmann retrace les temps forts de notre histoire en fonction de cette aliénation.L’originalité de son livre réside en ceci qu’il accepte le principe que, selon un mécanisme récurrent, notre histoire se défait à mesure qu’elle se forme.Elle est fille des Parques, ces soeurs filandières de La Fontaine, qui tissent et coupent le fil en même temps.Ce qui revient à dire que notre déroulement historique est mimétique et que nous vivons l’histoire des autres.Il s’agit, bien sûr, d’un ouvrage d'interprétation et, à ce titre, il fourmille d’aperçus intelligents, souvent paradoxaux, qui remettent en cause l’interprétation traditionnelle de notre histoire.J’en retiens quelques exemples.Heinz Weinmann est d’avis que les Canadiens (c’est ainsi que s’appelaient nos pères) n’ont pris conscience historique de leur état de vassalité qu’après la rébellion de 1837.Si tel est le cas, pourquoi se sont-ils rebellés ?Pour le plaisir de la chose ?La révolte de 1837 est implicite dans les premiers discours de nos représentants en 1791.La conscience historique s’est peut-être étendue au peuple tout entier à la suite de la rébellion, mais l’attitude de nos dirigeants, dès après la Conquête, est sans équivoque.Ils luttent pour conserver l’acquis essentiel du Régime français, qui est l'identité nationale.En 1759, nous formions une nation, sans doute plus cohérente qu’aujourd’hui.Notre histoire est aussi la recherche de cette cohérence perdue.La rébellion de 1837 a mis fin au règne d’une certaine élite d’hommes politiques de haut niveau intellectuel.En ce sens, l’expression « la tête de Papineau » dit bien ce qu’elle veut dire : nos chefs politiques après Papineau deviennent des hommes-troncs.Heinz Weinmann a raison d’écrire qu’après la rébellion de 1837, le conquérant anglais apparut sous son vrai jour hégémonique.Il laissa tomber le masque.Mais le peuple ne savait-il pas, derrière ce masque, lire les traits véritables ?La méthode d’analyse sociologico-sémantique qu’utilise Heinz Weinmann ne complique-t-elle pas indûment les choses ?Les événements historiques, surtout lorsqu’ils ont valeur de symbole, n’aiment pas qu’on les fige dans un cadre.Heinz Weinmann est en terrain très mouvant lorsqu’il réinterprète notre histoire.Les traditions des peuples sont choses sacrées qui transcendent les approches freudiennes (contestables déjà au niveau de l’individu) et les décalques anthropologiques.Nous serions donc le seul peuple conquis sans subir le traumatisme de cette conquête.Je préfère la version traditionnelle qui veut que nos ancêtres aient utilisé à fond les déclarations libérales du gouvernement anglais pour atteindre à l’autonomie.La lutte ¦ d’un demi-siècle pour le contrôle de la Chambre figure dans cette évolution organique.1837 en est l’apogée et cette défaite signifie surtout la débâcle d’une certaine classe dirigeante qui n’a jamais été remplacée.L’Église prend le pouvoir après 1837 et là, je suis l’analyse de Heinz Weinmann, comme il suit le déroulement des faits.Alors que, jusqu’en 1837, l’élite était laïque, elle devient soudain religieuse.Non sans derniers soubresauts de la art des perdants.Que l’Église ait ien ou mal joué son rôle pendant un siècle d’autorité incontestée, l’avenir le dira.Ce qui est, à mon avis, essentiel, c’est qu’un énorme an de la vie intellectuelle a chappé à la classe dirigeante non religieuse.Nos hommes politiques n’ont plus eu accès à l’univers total des idées, dans la liberté de penser, comme cela avait été le cas d’un Papineau.En sorte que l’habitude se prit d’hommes politiques parfois compétents dans une matière (essentiellement, le droit) mais, dans l’ensemble, sans vues générales et ignorants.Heinz Weinmann insiste sur l’importance de la symbolique de la décapitation dans notre histoire.Comme il a raison ! Lorsqu’on décapite un peuple, on lui enlève son élite.Cela nous est advenu après 1837.Comme le roi de France allait directement au peuple en court-circuitant nobles et bourgeois, ainsi l’Église canadienne s’adressait directement à la nation, ayant forgé au cours des ans une pseudoélite à sa botte.Après avoir attendu un siècle, cette pseudo-élite a pris le pouvoir à la faveur de la Révolution tranquille et de la démission de la classe dirigeante cléricale rongée de l’intérieur par l’ignorance théologique et les attraits du modernisme.Le contrôle des événements a vite échappé à cette nouvelle équipe; son impréparation est apparue dans toute son évidence.Nous savons ce qui a suivi : le vide idéologique que le FLQ a voulu combler par la violence (le mythe de Castro, entretenu par toute l’intelligentsia canadienne jouant ici le rôle de détonateur), l’hystérie collective s’emparant de la classe dirigeante incapable de trouver une solution politique à une crise politique; le recours à l’armée (pour rester fidèle au modèle sud-américain); la crainte religieuse du Grand Frère devenue méthode de gouvernement; enfin, toute cette débâcle de civiüsation à laquelle nous assistons aujourd’hui, ce déni de l’histoire et des ancêtres.En somme, je tire les conclusions logiques des analyses de Heinz Weinmann.Elles permettront au lecteur de mieux saisir les composantes de sa propre conception de l’histoire.Heinz Weinmann, d’origine allemande, formé dans son pays et en France, vivant ici depuis vingt ans, admirablement intégré à notre milieu, nous voit, en quelque sorte, du dehors et du dedans.Il décrit la réalité qu’il perçoit, selon des schèmes qui ont pour lui une importance qu'ils n’auront peut-être pas pour ses lecteurs.Peu importe.Il oblige à réfléchir, à restructurer, à affermir sa propre pensée.Ainsi, son approche de cette plaie douloureuse de notre nation, le blasphème, qui va chercher les racines de ce vice jusque dans la définition de nous-mêmes.Les peuples conquis, impuissants et ignorants, blasphèment.C’était le cas des Russes avant la révolution bolchevique.Trotsky a écrit là- libre?dessus des pages remarquables, qui s’appliquent au Québec de 1987.Heinz Weinmann démonte les mécanismes du blasphème québécois dans un contexte religieux: Bien sûr, il faut un Dieu au blasphémateur.Ceci dit, pourquoi blasphème-t-on ici et pas ailleurs ?Pourquoi les étudiants (en principe, scolarisés) blasphèment-ils tout autant que les ouvriers ?Pourquoi les incroyants blasphèment-ils ?Non pas pour désacraliser le sacré, mais pour protester, depuis les fondements mêmes de son être, auprès d’un Dieu cruel (et même si l’on ne croit pas à son existence), du sort injuste qui vous est fait.C’est pour adhérer à ce principe que l’étranger qu’une ville a mal aceueili lève le poing contre elle en la quittant.Question de überté intérieure, de liberté de groupe, de niveau de connaissances, d’éducation, de culture.Nous aurons honte de nos origines françaises, nous parlerons mal notre langue, nous blasphémerons, nous adorerons les faux dieux aussi longtemps que .Aussi longtemps que quoi ?cher lecteur.Mystère et boule de gomme, dans la conscience de chacun, in cubiculocum libro.Il fallait que je signale un peu longuement ce gros livre, qui suscitera force commentaires par son ton, son originalité, son approche nouvelle de notre processus historique.Heinz Weinmann croit que l’homme qui connaît et domine son histoire est libre, ou, du moins, qu’il peut le devenir.Avec quelle joie, dans notre cas, j’en accepterais l’augure ! PHOTO CHANTAL KEYSER ts i à ¦ < nn Suite de la page 0-1 Le Salon du livre de Montréal, édition 1986 : Thomas Déri espère atteindre cette année l’objectif de 80 OC visiteurs.Probablement l’Espagne Suite de la page D-1 son, puisqu'elle fut un jour le gymnase d'où devaient jaillir les étoiles.Quand Albert se cale dans son fauteuil, les Expos tirent déjà de l’arrière par deux points; sa bière n’aura pas le temps d’être tiède que les Cardinals auront rempli les buts à nouveau.« La nouille à Virdon.» À la taverne près du bureau demain midi il dira que « le gérant a trop attendu ».C’est la sixième manche, Gullickson en arrache.Le petit gars le lui avait prédit.L’image de Marcel resurgit, mais imprécise derrière le nuage de charme.C’est l’allure, la présentation de ce garçon qui ont déjà tout gagné.Les qualités qu’Albert lui prête se présentent en cortège et évidemment dans l’ordre où il les vénère.Le jeune homme est bien élevé, poli, respectueux des gens plus âgés.Il a un grand sens des responsabilités malgré son jeune âge, déjà soucieux de faire le bonheur d’une femme.On sent que son sérieux vient de la dure école, qu'il a trimé fort depuis qu’il a quitté sa campagne.Plein d’énergie, travailleur honnête, il pense sûrement à une famille puisqu’il a préféré la sagesse de Montréal-Nord.Il sait déjà que le travail est un des domaines où seule la réussite compte, d’où l’obligation de plaire à ceux qui donnent de l’ouvrage.Sans oublier ce qui est loin d’être un détail : c’est une passion pour le sport qui dévore ce petit.Au moment où il ouvre une second bière, c’est aux parents inconnus, lointains, du jeune exilé-à-la-ville qu’il songe et son coeur s’ouvre à la fierté et l’orgueil qu’ils doivent ressentir pour ce fils.Péché d’envie, péché capital.Albert Paradis n’évitera point le fossé ce soir, son délire l’y précipite.Ici, dans l’ombre qui baigne les angles de la pièce, la bete blessée peut sentir son mal.Le grésillement de la radio ne le dérange nullement, il le protège même.Si le son disparaissait, le silence monterait avertir Zabelle de la nouvelle chute de son mari.Le médecin a bien dit de sa dépression qu’elle ne le quitterait jamais tout à fait, confirmant ainsi la culpabilité de son patient.C’est normal quand on a raté la plus chère mission de sa vie et que l’éducation de son fils est un échec.Le temps a fait son oeuvre.Albert peut maintenant regarder ce qu’il appelle sa faillite sans risquer de perdre la raison.Il pourrait même dire tout haut, s’il avait quelqu’un à qui le dire, qu’il se considère le seul responsable d’avoir fait rater la vie dorée qu’il souhaitait à son unique descendant.Il n’a pas eu le choix, Zabelle ne lui a pas laissé la moindre alternative.S’il n’avait pas eu le courage de prendre sur lui le désastre, après la place première que le maître-mâle s’était arrogée dans l’éducation du fils, il aurait perdu Zabelle aussi.La mère non plus ne s’en est pas sortie indemme, loin de là.Les yeux d’Isabelle ont changé.Elle est meurtrie, quelque chose en elle pleure sans arrêt.«C’est ton gars», lui avait-elle dit en insistant durement sur le possessif.Ils revenaient au milieu de la nuit de la Cité de la santé où François agonisait d’une overdose.La phrase cinglante était semblable à celle qu’il utilisait d’un ton sans appel pour mettre fin à une discussion sur la manière d’élever l’héritier : « C’est mon gars.» Zabelle lui en voudra toujours de ce gâchis.Elle a parfois des regards, des phrases qui sont froids comme des lames.Heureusement, il la retrouve à l’occasion dans cette tendresse où leur amour s’est réfugié sans jamais connaître la passion.Maladroitement, sa femme ne semble plus avancer dans la vie qu’à tâtons, elle dérive rapidement comme lui vers plus d’alcool, et s’occupe à des dizaines de niaiseries pour tuer le temps.Il sait surtout, depuis toujours, que sa femme indispensable doit toujours remporter plus de victoires que lui s’il veut la voir continuer à jouer.Albert n’entend pas le bruit de la porte patio, celle qui coince au bas, mal posée, et glisse ensuite avec un bruit strident de métal frotté.Isabelle vient d’enrager une fois de plus du travail mal fait de celui qui prétend toujours savoir tout faire.Heureusement, les « vacances » approchent et l’expert pourra se faire valoir encore en corrigeant son bricolage.C’est une bise chaude qui accueille la femme lassée de broder et yenue goûter à une première nuit tiède.On s’habitue à tout, même à ce que l’on n’acceptera jamais.Isabelle retrouve sans les voir dans la cour arrière de son bungalow de Laval le mauvais goût et les phobies de son mari, le jardin étant évidemment de sa juridiction.C’est lui qui l’a défiguré, encore plus laid qu’une cour donnant sur d’autres cours et sur des arrières de maisons attachés«ensem-ble par les cordes à linge.Sur ce terrain, donc, que le sens de la propriété et le droit au bonheur ont morcelé de clôtures et de haies, Albert Paradis a laissé paraître une personnalité peu commune.En voyant l’aménage- ment asymétrique, Madeleine avait un jour décrit à Isabelle son mari comme un « toqué ».Albert a en effet utilisé sa liberté de propriétaire pour établir des clôtures de différentes hauteurs avec ses voisins de gauche et de droite, selon le sentiment qu’il leur voue.Cela donne à l’arrière de la résidence un déséquilibre bizarre qui peut même provoquer une sorte de vertige.Isabelle n’ignore pas ce que cette particularité a déclenché des rigolades dans le quartier, sans que son mari s’en soit aperçu.Ainsi la haie qui sépare le bungalow de son jumeau de droite ne fait même pas un mètre.Albert s’entretient souvent de tout et de rien avec Francoeur, le voisin, entrepreneur-électricien, dont le fils, fou de baseball, fut jadis son protégé.L’entraîneur avait admiré le sérieux que mettait le jeune aux poids et haltères.Mais évidemment, « la maudite polyvalente » avait happé le garçon.Aujourd’hui, les deux familles continuent leur bon voisinage, et les Francoeur ont été d’une grande discrétion lors du drame maudit.ITous ilroils réservés I9S7, éditions du Boréal.) littérature québécoise.On pense à .celle d’Arlette Cousture dans Les Filles de Caleb, à celle de Louis-Mar-tin Tard dans II y aura toujours des printemps en Amérique, et d’autres qu’il sera intéressant d’entendre analyser par quelques experts: historiens, sociologues et autres log.« Comme vous voyez rien de spectaculaire ni d’extraordinaire », commente M.Déri qui espère atteindre l’objectif de 80,000 visiteurs .s’il n’y a pas de tempête de neige ou autre .imprévu.À en croire M.Déri, les nouveautés, elles seront nombreuses l’année prochaine, le salon de 1987 servant en quelque sorte de charnière entre la décennie qui se termine et celle qui commencera en 1988.« Nous avons de nombreux projets d’expansion et le prochain salon pourra accueillir une centaine de participants de plus.Nous occuperons toute la Place Bo-naventure, soit un surplus de 40,000 pieds carrés en aires d’exposition.Si bien que nous ne serons pas contraints de refuser des exposants, comme c’est le cas présentement.» Le Salon du livre a un budget de $500,000 régi par une corporation formée du Conseil d’administration et d’un comité exécutif présidé par l’écrivain Roch Carrier.Il emploie cinq personnes de façon permanente dont le directeur général.Ses sources de revenus émanent d’une subvention annuelle de $80,000 du ministère des Affaires culturelles, de la location des stands, de la billetterie ($3 le prix d’entrée), de la commandite, de la publicité.Le budget de dépenses comme celui des revenus se chiffre par $500,000.Donc pas de déficit, ce qui dénote sans aucun doute une gestion intelligente et pondérée.M.Déri ne relève pas ce commentaire se contentant de l’apprécier avec un large sourire.Les 387 stands du SLM regrouperont quelque 600 libraries et maisons d’édition de livres écrits en français .dans tous les coins du globe, mais aussi quelques ouvrages du Canada anglais.Parallèlement à la tenue du SALON DU LIVRE DE MONTREAL Prix Fleury-Mesplet 1987 Rappel Nous rappelons aux 6000 professionnels du livre et du périodique qu'ils ont jusqu'au 10 novembre prochain pour nous retourner leur bulletin de vote concernant les prix Fleury-Mesplet.C es dix prix Fleury-Mesplet souligneront cette année la qualité du travail et l’apport exceptionnel des divers intervenants dans le domaine du livre et du périodique au cours des dix dernières années.Les Heury-Mesplet seront décernés dans le cadre du Gala du livre qui aura lieu au Grand Salon de l’Hôtel Reine-Élisabeth le jeudi 19 novembre 1987 à 19h30.que l’on se tourne pour lui faire aimer le livre et la lecture.« Fort heureusement, depuis quelques années, les enseignants prennent des moyens pour inciter les jeunes à la lecture, constate M.Déri.Quelque 10,000 écoliers et étudiants viennent au salon avec leurs professeurs, ce qui nous encourage à organiser pour eux de nombreuses activités, en collaboration avec Communication-Jeunesse notamment.» Enfin, M.Déri décrit ainsi le SLM : « C’est une sorte d’auberge espagnole dans laquelle chacun des milliers de visiteurs différents vient chercher et trouver des choses différentes! » — Marie Laurier les herbes rouges Jean-Yves Soucy LES ESCLAVES nouvelle Qui, de la dominatrice ou de l'homme ligoté à ses pieds, est l’esclave de l'autre?Dans ce texte aux lueurs marines, à l'odeur de cuir fauve, aux sonorités de chaînes chromées, Jean-Yves Soucy mêle intimement une fiction sur le pouvoir et une réflexion sur les rôles de maître et d'esclave.¦ Jean-Yves Soucy, Les esclaves, 5,00$ ¦ abonnement 10 nos, 25,00$ ¦ ci-joint ¦ chèque ¦ mandat poste les herbes rouges C.P.81, bureau E, Montréal, Québec H2T 3A5 Nom.Adresse.Code postal.salon, on prévoit une centaine de lancements de livres nouveaux, mais cette activité est indépendante de l’organisation même du salon.Témoin de l’évolution du salon du livre depuis dix ans, M.Déri constate tout d’abord une augmentation progressive de visiteurs, 4% chaque année (en 1977, 50,000 visiteurs).« Nous avons toutefois constaté que les gens qui y viennent sont déjà des liseurs alors que nous croyions naïvement attirer un public peu familier avec la littérature.Nous nous sommes trompés, car je crois personnellement qu’il n’y a pas moyen d’amener au livre celui qui n’a pas pris jeune des habitudes de lecture.» Qui a lu lira, pourrions-nous conclure.Aussi est-ce vers la jeunesse Thomas Déri et le Salon du livre de Montréal «
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