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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1987-11-21, Collections de BAnQ.

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LE PLAISIR LE PLÆSft LE PL R LEP LE R vres Nos collaborateurs ont lu .?Des cerisiers en fleurs, c’est si joli !, de Marcelyne Claudais/D-2 ?Blizzard sur Québec, d’Alice Parizeau/D-3 ?Mémoires d'un autre siècle, de Marcel Trudel/D-3 ?Introduction à la poétique arabe, d’Adonis/D-4 ?L’Hiver de beauté, de Christiane Baroche/D-5 ?Frères de sang et Raphaël, je voulais te dire., de Clarisse Nieoïdski/D-5 ?Georges Bataille : la mort de l’oeuvre, de Michel Surya/D-5 ?Deux rééditions d’ouvrages de Louis Jouvet/D-6 ?Claude Chabrol, de Joël Magny/D 6 ?Taking the Veil, de Marta Danylewycz/D-7 ?Temps et contretemps, de Gaston Pineau/D-7 ?La Nouvelle Richesse des nations, de Guy Sorman/D-8 ?La Machine un/vers, de Pierre Lévy/D-8 ?Le Français et les siècles, de Claude Hagège/D-9 ?Discours d’Oslo, d’Éüe Wiesel/D-9 ?Le Harem politique, de Fatima Mernissi/D-10 ?Trois ouvrages sur les métiers du livre/D-10 ?Aimez-vous Gainsbourg ?/D-ll ?Spielberg, de Jean-Pierre Godard/D-11 ?Les Dimanches sont mortels, de Francine d’Amour/D-12 Le phénomène des best-sellers au Québec A la recherche du pourquoi et du comment du succès de ces «petits pains chauds» MARC MORIN LE VENDREDI après-midi, au pavillon De Koninck de l’Université Laval, Denis Saint-Jacques, du Centre de recherche de recherche en littérature québécoise (Creliq), rassemble quelques collègues, professeurs ou étudiants, autour du phénomène des best-sellers.Depuis septembre, la réunion hebdomadaire a une préoccupation de plus : la compilation et la recension, pour la page deux du PLAISIR DES LIVRES, des ouvrages qui se sont le plus vendus la semaine précédente dans une quinzaine de librairies à travers le Québec et à Ottawa.N otre liste des best-sellers a été lancée à la rentrée dans ce nouveau cahier du DEVOIR sans que nous expliquions dans quelle mesure elle résultait d'une méthodologie scrupuleusement élaborée par M.Saint-Jacques et son collègue Claude Martin, économiste et professeur au département de communication de l’Université de Montréal.Dans un document de travail (août 1987), M.Martin proposait une méthode de compilation hebdomadaire des best-sellers au Québec, tout en reconnaissant qu’il ne serait « pas possible de produire une liste qui reflète exactement l’état du marché ».La notion de best-seller, on s’en doute, est née aux États-Unis, paradis de la libre entreprise et du profit.Elle est, d’ailleurs, si américaine que même les puristes de nos facultés de lettres n’ont, semble-t-il, jamais songé à traduire l’expression en français : créée en 1897 aux États-Unis, elle est apparue telle quelle dans les dictionnaires de France dès 1934.Les listes de best-sellers du New York Times ou de l’hebdomadaire français L’Express, par exemple, ont un tel effet d’entraînement sur le marché du livre que la mention « X nombre de semaines sur la liste de.» constitue un élément important de la publicité faite par les éditeurs autour de leurs titres « meilleurs vendeurs».« Les listes de best-sellers, écrit Claude Martin dans son document de travail, témoignent à la fois du caractère industriel de la production littéraire et de la démocratisation de la lecture.Le public lecteur exprime son suffrage par l’achat pendant que l’industrie tente de manipuler le marché en sa faveur.Or l’apparition d’un titre sur une liste équivaut à une recommandation d’achat par une revue de consommateurs.Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que les contrats d’auteurs comportent parfois des primes substantielles si un livre “fait la liste”.On ne se surprendra pas non plus d’apprendre qu’il peut être intéressant de manipuler les listes elles-mêmes, d’y introduire un titre qui ne mérite pas d’y être.» Depuis 1982, le Groupe des best-sellers du Creliq s’intéresse au phénomène, l’objectif étant d’analyser la lecture de grande consommation au Québec et de dégager la culture commune en train de s’édifier à travers ces livres qui se vendent bien parce qu’ils répondent à une demande réelle.Le groupe de M.Saint-Jacques se penche donc non seulement sur la structure du marché du livre mais aussi sur le contenu : autrement dit, sur la recette littéraire qui fait.recette.Dans la livraison de cet automne de la revue Contact publiée par l’Université Laval (« Lance .et compte ! », Jean-Eudes Landry, pages 23-27).M.Saint-Jacques explique que « les best-sellers ne font pas partie de la littérature.Ils représentent un phénomène largement méconnu des chercheurs parce qu’ils sont placés dans une sorte de no man’s land à la frontière des intérêts des littéraires, des communicologues et des bibliologues ».Les travaux du groupe de Laval feront l’objet d’un livre, a paraître en 1988 : Les Best-Sellers au Québec, 1970-1982.Des listes publiées durant cette période dans La Pressed Le Soleil, on a retenu une centaine de titres (romans, récits ou biographies) dont la présence répétée sur les listes certifiait le succès populaire.Il en est sorti une liste des « super-sellers au Québec » (1970-1982) ou le Ka-mouraska d’Anne Hébert voisine le Papillon d’Henri Charrière et Le Parrain de Mario Puzo fait bon ménage avec La Sagouine d’Antonine Maillet.Onze des 23 titres sont des traductions de l’américain ou de l’anglais, cinq sont d’auteurs français, cinq d’auteurs québécois, un est traduit de l’italien et un de l’allemand.Mais que racontent donc ces livres que le public aime tant ?Le Groupe des best-sellers du Creliq en a fait une radiographie pour révéler la trame suivante : « Un héros — souvent une héroïne — se voit soudain placé dans une situation où sa survie est en cause et où il (elle) subit une agression qui polarise toutes ses énergies.Une lutte s’engage, mettant surtout à l’épreuve la détermination et la patience du personnage principal.La chance tourne, le héros (ou l’héroïne) triomphe de l’adversité, fait fortune, mais en paie le prix par des Suite à la page D-12 Les débuts parisiens d’un jeune Manitobain Ronald Lavallée raconte dans une fresque l’errance d’un métis à travers le Canada ¦ ¦ » Photo Jacques Grenier RONALD LAVALLÉE : « Il semblait y avoir une scission totale entre la manière dont on traitait les métis historiques et ceux qui vivaient encore avec nous, qu’on exploitait et méprisait.» GUY FERLAND UN PREMIER roman de 500 pages écrit par un Franco-Mani-tobain et publié à Paris (chez Albin Michel), ça ne se voit pas tous les jours.Tchipayuk, cette immense saga qui relate les déboires d’un métis exploité par les anglophones de la Compagnie de la baie d’Hudson et rejeté par les francophones du Québec lors de la révolte fomentée par Louis Riel, est une véritable leçon d’histoire qui en fera réfléchir plus d’un.C’est également un roman entraînant écrit dans une langue superbe.Mais qui est donc l’auteur de ce récit évocateur ?Ronald Lavallée a grandi sur une ferme, à Lasalle (50 km de Winnipeg), dans une famille canadienne-française.Ce qui n’a pas empêché trois de ses quatre frères de devenir pratiquement anglophones.Il a lui-même parlé principalement l’anglais jusqu’à 20 ans, bien qu’il ait fait la majeure partie de ses études en français chez les oblats et les jésuites.Aujourd’hui, à 33 ans, il parle français comme un reporter de Radio-Canada; ce qu’il est, du reste.Son diplôme obtenu, à la faculté de droit civil du Québec à Ottawa, il est en effet immédiatement engagé comme reporter à Radio-Canada au Manitoba, pour la radio et la télévision françaises.Mais une grande fascination le hantait : l’histoire occultée des métis.Très jeune, Ronald Lavallée s’in-téresse à l’histoire des métis.« On vi- Sulte à la page D-12 WTtOK Le Groupe des best-sellers de l’Université Laval : de gauche à droite, Pierrette Dlonne Drofessionnelle rie ^HhfarnC,hoei®ylV,etM0i8a?né,U?iaen,f à la maîtrise' Vincent Nadeau, professeur, Line-Andrée Mathieu étudiante a la maîtrise, et Denis Saint-Jacques, professeur et responsable du groupe.Les Enfants parfaits Dans ce second roman, l’auteur aborde le problème de la manipulation génétique sous un angle inédit.Un bel adolescent de Laval tente de retrouver ses vrais parents.Il est alors plongé dans une aventure avec des ramifications à Amsterdam, Libreville, Tokyo.Partout apparaissent plus ou moins mystérieusement ces « enfants parfaits ».À paraître sous peu chez Guérin littérature qui a autorisé la publication de cet extrait.PIERRE VOYER BRUNO était bien loin de sa chronique sportive.Cette fois-ci, le boulevard Saint-Joseph ne le conduisait pas vers le journal.Ils roulaient vers l ouest.— Je ne comprends rien à ce que vous racontez 1 dit Bruno.- Je m’appelle Albert Guénette.J’ai été lié contre mon gré à cette ogresse faussement allemande que vous allez retracer pour moi, pour nous en fait.Nous sommes plusieurs à vouloir lui mettre la main au collet.Vous serez très bien payé.Bruno se sentit tout à coup pris dans ce petit manteau comme dans une camisole de force.En suivant les ravisseurs, il avait cru se lancer à la chasse au scoop, mais il se retrouvait chargé d’une mission étrange, propulsé dans une histoire dont il saisissait très mal le sens.La voiture s’arrêta devant une imposante maison de pierre de la côte Sainte-Catherine.— Soyez discret ! Les autres pères pourraient nous entendre ! Ils montèrent, comme deux chats, l’escalier de secours, jusqu'à la petite porte du grenier.En entrant dans la chambre d’Albert Guénette, Bruno fut saisi par l’odeur : cigarette au menthol’ Des centaines de livres étaient posés, ouverts, fermes, empilés les uns sur les autres, partout autour de la chambre, sur la table de ht, sur les bras de fauteuil, par l)|rre aUSS’’comme s> une tornade était passée ~ Je suis jésuite, dit le vieillard.Je me suis spécialisé dans l’Antiquité grecque.Surtout Platon 1 Et c est pour cette raison que j’ai été approché par Noë-mie von Klapp.C'était trop pour Bruno ! Il se laissa tomber dans un fauteuil que le père Guénette venait de dégager pour lui.H n’osait même pas demander qui était cette Noëmie von Klapp.Il regardait les livres sans rien dire.— J aurais dû me méfier, reprit le père Guénette en préparant du thé.Quand je suis entré en contact avec elle, à Cologne, j’ai senti que ça ne pouvait pas en rester là ! Elle a tout fait à l’époque pour m'embarquer dans son bateau.J’avais beau être un esprit moderne, je restais jésuite .Mais là, c’est trop ! J’ai accepté de jouer le jeu de ses ennemis.[jour mes papiers.11 faut que je récupère mon texte.Sans ma Ihèse, ma carrière n’a plus de sens.Il faut que j’apporte les corrections nécessaires et que je la publie au plus vite.Sinon, je suis un raté !.Vous êtes tombe du ciel ! S’il n’y a pas de hasard, il faut qu’il y ait des interventions divines ! Bruno se sentait emporté par la vague.Ça lui rap pelait un rêve qu'il avait fait où le trottoir roulait sous ses pieds, les maisons défilaient, sans qu’il bouge.Le père Guénette lui apporta une tasse de thé, s'assit sur le lit et lui raconta tout ce qu’il savait des ravisseurs de Johnv Assunçao.Yananlha, qu’il avait connu dans un séminaire sur les philosophies pratiques à Heidelberg, l’avait convaincu de l’accompagner à Cologne pour rencontrer PIERRE VOYER.Photo Louise Lemieux/Guérin cette mystérieuse femme de science dont il disait le plus grand bien.Elle leur offrait à tous deux, le spécialiste du yoga tantrique et celui de la philosophie platonicienne, une chaire de professeur chez elle, dans un château lointain où des groupes de jeunes! appelés à participer à des expériences de pointe! Suite à la page D-10 /K SrxO-x^dUlnrU ALAIN GRANDBOIS / LETTRES À LUCIENNE AVEC AVANT-PROPOS, INTRODUCTION ET NOTES DE LUCIENNE LETTRES l’Hexagone lieu distinctif d LETTRES lieu distinctif d edition littéraire québécoise V D-2 Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 LE PLAISIR dpc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR :LE PLAISIR fS J • livres LES BEST-SELLERS Fiction et biographies Attendez que me rappelle René Lévesque Qué./Amérique (-)* 2 Probablement l’Espagne Claude Charron Boréal (2) 3 II y aura toujours des printemps en Amérique Louis-Martin Tard Libre Expression (3) 4 Les Grands Désordres Marie Cardinal Grasset (4) 5 La Popessa Murphy/Arlington Lieu commun (5) 6 Des cerisiers en fleurs, c’est si joli ! Marcelyne Claudais Mortagne (6) 7 Un certain goût pour la mort P.D.James Mazarine (7) 8 Emily L.Marguerite Duras Minuit (-) 9 Le Miroir secret Shirley Maclaine Michel Lafon (8) 10 La Maison des jours heureux Danielle Steel Libre Expression (10) Ouvrages généraux 1 Astérix R.Gosciny chez Rahazade A.Uderzo Albert René d) 2 Dieu ne joue pas aux dés Henri Laborit éd.de de l’Homme (-) 3 La Bombe et l’orchidée Fernand Seguin Libre Expression (3) 4 L’État du monde 87-88 Collectif Boréal (2) 4 Sauvez votre corps Kousmine Laffont (4) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa : Trillium; Sherbrooke : Les Biblairies G.-G.Caza; Joliette ; Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Les best-sellers Des dames de fleurs LES ONDES DES CERISIERS EN FLEURS, C’EST SI JOLI ! Marcelyne Claudais Boucherville, éd.de Mortagne 1987, 521 pages DENIS SAINT-JACQUES VOICI un roman dont l’intellectuel de service à la chronique littéraire pourrait faire une de ces merveilleuses descentes sarcastiques qui resserrent les rangs des lettrés face aux injustifiables prétentions de la culture moyenne.Comment peut-on.?Y a-t-il vraiment des malheureux qui.?Mais si LE DEVOIR s’est donné une chronique sur les best-sellers, j’imagine que c’est justement pour éviter ce genre de facilités et pour tenter, au contraire, de jeter de la lumière plutôt que de la morgue sur le phénomène.Or Marcelyne Claudais en est à son troisième succès de librairie, à ce que je découvre : elle a publié aussi, en 1983, Un jour, la jument va parler.et, en 1985, J’espère au moins qu’y va faire beau '., toujours aux éditions de Mortagne.Et sa réussite sur le marché semble se confirmer.Il faudrait essayer d’en rendre compte, d’autant que l’auteur est québécoise et fait sa marque sans lè moindre appui de l’institution à laquelle, du reste, elle ne demande rien, très confiante en sa propre démarche.La présentation matérielle permet déjà de s’orienter : photo couleur de cerisiers en fleurs sur la couverture, photo couleur de l’auteur au dos du volume accompagnée non d’une amorce publicitaire mais d’un pas- LA VIE LITTERAIRE MARC MORIN « Lire c’est voyager » COMMUNICATION-JEUNESSE, qui contribue depuis plus de 16 ans à l'essor de la littérature de jeunesse, lançait récemment une nouvelle campagne de promotion : la Sélection annuelle de livres québécois pour la jeunesse 1987.Dans cette sélection, une priorité est conservée pour les ouvrages nouveaux et les textes originaux québécois.Les critères de sélection sont : l’impression, la solidité, l’écriture du texte, les illustrations de qualité visuelle.Les valeurs proposées doivent contribuer au développement de la créativité et au sens critique des jeunes.Communication-Jeunesse veut renforcer la valeur des titres proposés en lançant le concours « Lire c’est voyager » auprès des parents et du public en général.À l’achat en librairie d’un livre de la Sélection annuelle 1987, un coupon de participation sera remis afin d’être admissible à un tirage pour un safari visuel aux baleines lors d’un week-end à l’hôtel Tadoussac.Communication-Jeunesse invite les libraires à participer à ce concours en rendant visible 60 % de l’ensemble de la production de livres québécois.Un grand prix spécial sera décerné à un libraire participant, tiré au sort en janvier 1988 : un billet d’avion d’Air Canada pour Paris à l’occasion du Salon du livre de Paris, en avril 1988.Pour autres renseignements : Communication-Jeunesse, 964.rue Cherrier, Montréal, H2L 1H7; tél.: 524-2300.Québec-Science a 25 ans AVEC la parution de son numéro de novembre 1987, le magazine Québec-Science fête 25 années de publication continue.Le premier numéro de la revue est, en effet, paru en novembre 1962.D’abord appelée Le Jeune Scientifique, la revue a adopté, en janvier 1970, le nom sous lequel elle est désormais connue.« Il n’est pas un domaine de notre vie qui ne soit touché par la science et la technologie et nous avons voulu avant tout rendre accessible aux lecteurs une information scientifique souvent jugée complexe », explique le rédacteur en chef de Québec-Science, Jean-Marc Gagnon.Dans le numéro de novembre, M.Gagnon rend hommage à ses lecteurs qui, grâce à leur fidélité, ont rendu possible la longévité de Québec-Science.Consacré en partie à ses 25 années d’existence.À LIRE ABSOLUMENT SADATE dm 14I pour mieux écrire en français Le CAFÉ, cours autodidactique de français écrit, est un cours de trois crédits par correspondance pour améliorer • orthographe • vocabulaire • syntaxe • ponctuation ?Veuillez m’expédier votre dépliant Nom/prénom Adresse Ville Code postal Retourner ce coupon à: CAFÉ, Université de Montréal, C.P.6128, succursale A, Montréal (Québec) H3C 3J7 ouvert à tous date limite d'inscription: le 30 décembre 1987 information: 343-7393 Québec (1100, rue Saint-Jean) s’intéresse particulièrement cet automne au livre africain.En plus de représenter l’Association des éditeurs francophones d’Afrique au Salon du livre de Montréal (kiosques 157-158), Pantoute expose, entre autres, les livres des éditions Présence africaine, qui ont publié de grands écrivains comme Senghor, Césaire et Soyinka; la collection « Monde noir/poche », chez Hatier, et plusieurs éditions remarquables du Coran, en français et en arabe, de la Maison tunisienne de l’édition.Place aux poètes .-poésie-jeunesse c’est le theme choisi par la « Découvertes-p 87» « poète animante » Janou Saint-Denis pour la soirée du mercredi 25 novembre.Les jeunes auteurs invités sont : Carmen Ba^pa, Danya Maisonneuve, Mordax, Laure Pelletier et René Tétreault.Place aux poètes loge à La Folie du large (1021, rue de Bleury, angle Viger - métro Place-d’Armes), tous les mercredis à 21 h.sage significatif; 522 pages, mais de typographie très aérée (45 chapitres, 29 lignes par pages, caractère en gros points, abondance de dialogues à répliques courtes).Le principe qui gouverne ici semble être celui de la plus grande accessibilité : voilà bien un produit destiné au grand public.L’histoire que Marcelyne Claudais nous y raconte a pourtant fort peu à voir avec les récits d’exotisme, d’aventure et de passions brûlantes qu’on a coutume d’attendre à cette enseigne.L’extrait, tout à fait représentatif, offert en quatrième de couverture permet, d’ailleurs, de placer la tonalité d’ensemble.Je vous en donne la chute : « Qu’est-ce que vous faites ?— J’installe un banc pour mieux profiter des cerisiers ! Marie-Laure jubile : — Quelle merveilleuse idée !.Des cerisiers en fleurs, c’est si joli ! [sic]» Sur le bord du lac Memphréma-gog, la narratrice, Mathilde, dirige un théâtre d’été tout en s’occupant d’un centre d’accueil pour femmes battues.C’est une personne d’âge mûr, divorcée, indépendante et surtout entreprenante : une optimiste adepte de la psychologie positive qui voit dans la peur le principal obstacle à vaincre pour la réalisation du bonheur des femmes.Ce n’est pas le modèle de féministe auquel on es.habitué dans le champ intellectuel, mais pourquoi n’y aurait-il pas des féministes de la culture moyenne ?Et celle-là n’a certes ni le temps ni l’envie de se poser ce genre de questions : elle a à vivre et à aider.Car notre narratrice ne joue surtout pas le simple rôle de témoin de ce qui se passe autour d’elle; sans aller, cependant, jusqu’à en faire la protagoniste, on peut l’envisager comme un pôle de l’action ou mieux encore un catalyseur.Elle intervient, en effet, pour appuyer ou réorienter les uns et les autres avec un sens quasi infaillible de l’opportunité.Elle peut ainsi corriger des enfants mal élevés en une seule intervention ou arrêter par une réaction à bon propos une brute qui s’attaque à une femme.Mathilde ne peut, cependant, être partout à la fois et alors la violence des uns et la mesquinerie des autres donnent un sens et une nécessité à son combat.Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici, de combat non-violent, de littérature engagée « douce » : d’un engagement qu’on voudra souvent trouver volontariste et naïf, mais certainement en accord avec des valeurs très prégnantes de l’époque actuelle.La défense des femmes contre la violence et la recherche de leur autonomie n’ont rien de réactionnaire ni de dépassé aujourd’hui, que je sache.Et alors, on se prend à penser qu’il doit y avoir place au soleil pour un tel livre qui, au reste, semble trouver son public, quoi qu’on en pense, et qui vaut en son genre bien d’autres publications plus conformes à nos attentes habituelles.Sommes nous si loin avec ces Cerisiers des Dames de coeur de Lise Payette ?En tout cas, lectrices de Nicole Brossard s’abstenir ! TIONS mm i’ll & l Assist ‘¦Sys ' l< V K' r ¦ -V‘ •’ , ' * I ¦ ' i H A'-lv A y M‘‘> if #4 EK* J 1 mmê mm.vm* !§f «entre la bombe et l’orchidée, je choisirai la fleur; et si l’on m’accorde un choix supplémentaire, je prendrai le parti de l’homme.» las librairies TÉLÉVISION Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 9 h 30, Livre ouvert, une série conçue pour promouvoir le goût de la lecture chez l’enfant.Au réseau de Télé-Métropole, dimanche entre midi et 14 h, Reine Malo propose, à Bon Dimanche, la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 13 h, à l’émission Rencontres, Marcel Brisebois reçoit François Boespflug, dominicain, historien de l’art sacré, auteur de Dieu dans l’art et du Credo de Sienne (éd.du Cerf).Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l’on reçoit parfois un écrivain (remise à 23 h 15 si le football n’est pas terminé à 16 h).À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h, Bernard Pivot anime Apostrophes, sur le thème « Les lectures de Michel Rocard », avec les invités Georges Conchon et Pierre Nora.(Reprise ie dimanche 29 novembre à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l'émission Écriture d’ici, Christine Champagne reçoit Robert Gravel et Jean-Marc Lavergne (L’Impro, Leméac).(En reprise mardi à 13h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine à 13 h, l'émission Les Belles Heures traite de littérature et de théâtre.RADIO FM A CIBL-FM, Montréal, dimanche à 17 h 30, à l’émission Textes, Yves Boisvert lit des pages de Fernand Ouellette.L'émission est une sentation des Écrits des Forges.À Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère.Chroniqueurs : Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.Animatrice : Réjane Bougé.À Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature québécoise, animé par Marie-Claire Girard.À Radio-Canada, mercredi à 16 h: Littératures parallèles (science-fiction, policier, bande dessinée).Animateur : André Carpentier.À Radio-Canada, mercredi à 21 h 30 : Le Jardin secret, animé par Gilles Archambault.A Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.« Figures de la littérature italienne » (8e de 10 émissions).À Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les idées à l’essai, animé par Claude Lévesque.__M.M.essms U r , V r-” Le franÇ»4® sans p^PP^^es- La 'an9üiJj Lisez ces ovez 186 P Une vrai® rupturend Pierre Bertha ies 158 P- Taire .1 essence * 1 Claude B'0U'° aoleur LeUI«ie"'e.,"'eipooa«a°r Le ,r nui Vame \ap A«ex>on- po à proionde rei l3,5os matière a p 112P de i® Le ®ecr*agia«e pierre n*a9'M 'euneLentàBa'e'Ce 168 P mmw loi hurtubise hmh 7360, boulevard Newman, LaSalle (Québec) H8N 1X2 Téléphone (514) 364-0323 Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 ¦ D-3 LE PLAISIR fa LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es] • livres Un roman à la gloire de l’Hydro-Québec BLIZZARD SUR QUÉBEC Alice Parizeau Québec/Amérique, 1987 468 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN LK TITRE du roman pourrait faire croire que cela se passe à Québec ; or l'action ne nous y emmène qu’une journée.Je me demande encore pourquoi ce n'est pas « Blizzard sur le Québec », puisque c'est du pays flou qu'il s’agit, dans cette saga de l'hydro-électricité qui circule entre Montréal et le Grand Nord, de LG-2 à la Manie, à Churchill Falls avec des crochets à Londres, Paris et Stockholm.Alice Parizeau est une formidable raconteuse.Ses romans nous auront plus appris de la Pologne, de son histoire passée et récente, que les reportages les plus fouillés.Dans Blizzard .,., Alice Parizeau raconte l’épopée de ces Québécois qui dé- tournèrent le cours des rivières et, se prenant pour des dieux, firent dans le roc des escaliers à leur mesure pour que, du début des temps, les eaux se précipitent dans leurs artefacts, plus colossaux que toutes les pyramides d'Egypte, réchauffant leurs bungalows, leurs condos et leurs tours à bureaux, leur permettant de découper leur gigot avec un couteau électrique.Le récit se déroule à un train d’enfer.En quelques pages, Pierre Des-liie.personnage central du roman, quitte la scierie paternelle à Saint-Laurent pour entrer au DEVOIR comme commissionnaire, grâce aux accointances de Tante Lucie avec Ernest Rouleau (personnage réel), sympathique journaliste, célibataire endurci et buveur aguerri.Pierre veut écrire, et on peut comprendre sa passion de l’électricité si l’on pense que la scierie de son père en dépendait et que sa tante Lucie était la secrétaire émérite de l’adjoint de Herbert Holt, magnat de l'électricité quand le Québec était desservi par des compagnies privées, alors que l’Hydro-Ontario existait déjà.Saines tentatives MÉMOIRES D'UN AUTRE SIÈCLE Marcel Trudel Montréal, Boréal, 1987, 312 pages YVAN LAMONDE MARCEL TRUDEL a, de fait, écrit des mémoires de deux « autres » siècles : des mémoires portant sur le X Vile siècle et sur un « autre » siècle, lointain, le XXe.Ce grand spécialiste de l’Ancien Régime au Canada s’est ingénié à faire voir la persistance du XVIIe siècle dans la première moitié du XXe; et cela sans nostalgie, sans télescopage facile.Il s’agit bien de mémoires, d’un regard sur le siècle, sur la pratique historienne au Québec; mais, ça et là, le ton est heureusement celui de l’autobiographie, du regard sur la trame émotive d’un orphelin et sur l’aventure intellectuelle d’un helléniste-romancier devenu historien du Canada.M.Trudel s’inscrit dans la lignée des professeurs et universitaires qui ont laissé des mémoires : Hertel, les dominicains C.-M.Forest et G.-H.Lévesque, Édouard Montpetit, J.-P.Desbiens; il est du groupe d’historiens du 20e siècle qui ont récupéré leur expérience : les incontournables Mémoires de Groulx (sans parler du Journal intime), la Chronique des années perdues de son contemporain Guy Frégault et les mémoires — achevés ?— de Michel Brunet.M.Trudel ne les cite pas, mais il connaît les autobiographies de Chiniquy, les journaux intimes des abbés Ma-heux et Bégin.Il recourt aussi à son remier — et dernier — roman auto-iographique, Vézine (1946).Dans le style sarcastique, contenu et d'un humour serein qu’on lui connaît, Marcel Trudel nous fournit quelques clés d’enfance qui ouvrent les portes de l'âge adulte.Le père peut liquider sa famille; le fils ne peut la liquider.Sans le code psychanalytique, M.Trudel évoque les séquelles de l’absence du père, de la famille : la séquence orphelinat-pensionnat permettra de souligner le manque et le besoin d’affection, l’absence des visages attendus au parloir, à la distribution des prix.L’homme qui écrit : « Ceux qui m’avaient fait ce que j’étais devenu ne seraient plus là pour assister à la récolte » a dû se surpasser, dépasser les autres pour être reconnu.Autre cle : l'homme se dit « porté par instinct à prendre le contre-pied ».On est porté à le croire : renvoyé du collège, délaissant la bure franciscaine qui était un visa pour l’enseignement, l’étudiant au doctorat s’attaque à L'Influence de Voltaire au Canada : « Et moi, à Québec, je viendrais soutenir que notre littérature s’était nourrie de Voltaire.» Il s’attaque — quasi littéralement — à l’apostat Chiniquy.Clercs et gens de droite y verront « un programme pour éclabousser l’Église, et du même coup, notre belle histoire ».C’est l’époque à l’Université Laval des Beaucerons où un gros chanoine dirige la faculté des lettres, où l’on va voir le recteur à sa chambre du séminaire, où le secrétaire de la faculté — M.Trudel lui-même — « rents a horse » pour déménager le nouvel Institut d’histoire.Contre-pied encore qui, cette fois, fait perdre pied : les autorités de l’université papale ne pardonnent pas à M.Trudel son implication dans le Mouvement laïc de langue française.Il part pour Ottawa et la main de Dieu fait brûler la remorque qui transporte son bagage intellectuel, ses fichiers, ses manuscrits.Vingt Pierre se marie vite.Sa femme meurt vite.Elle lui laisse un fils, Jean-Paul, qu’il élèvera par lui-même.Il se fera vite engager comme publiciste pour la commission chargée de la réglementation des compagnies d’électricité.Jean Lesage venu, c’est pour l'Hydro-Qué-bec qu’il deviendra publicitaire, chargé d’aller dans les grands chantiers pour écrire des articles sur la vie de ces pionniers, brillants concepteurs d'ouvrages défiant l’imagination, obscurs constructeurs comme au temps des pharaons.Jean-Paul, fils unique de Pierre, fera Polytechnique et deviendra « hvdro-quéDécois » comme son père.A une époque où les diplômés de Polytechnique devaient s'expatrier s’ils voulaient trouver un emploi.En Afrique, par exemple, où ils ne pouvaient pas, comme ici, faire oeuvre de titans.Jean-Paul sera de ceux qui montreront que les « hydroquébécois » ne reculent devant rien.Ce qui est pratique, c’est qu’ayant été déçu dans son premier amour, il aura tout son temps pour le travail et le « harnachement » du « pouvoir ».Electrique, MARCEL TRUDEL.ans en fumée : épuration de l’art.Contre-pied, enfin, que cette comptabilité de son oeuvre à laquelle s’adonne M.Trudel dans son chapitre « Des livres, ça rapporte combien ?».Des chiffres qui secouent fortement l’arbre automnal des illusions ! Une histoire de l’Histoire et d’un historien construite clairement, sereinement et inévitablement pleine de silence.le cioiï©'.SI G NATU RE S LOUIS CARON La vie d'artiste Au fond des mers Samedi 21 novembre: de 20h00 à 22hOO FRANÇOIS GRAVEL Benito Dimanche 22 novembre: de llhOOà 12h00 h Wi Dimanche 22 novembre: de 17h00 à 18hOO CLAUDE CHARRON Probablement l'Espagne Samedi 21 novembre: de 15hOO à 17h00 de 19h00 à 20h00 Dimanche 22 novembre: de 13h00 à 15hOO MADELEINE FERRON Un singulier amour Samedi 21 novembre: de 20h00 à 21hOO Dimanche 22 novembre: de 12h00 à 13h00 G.FLORES PATINO Esteban Samedi 21 novembre: de 17h00 à 18h00 Dimanche 22 novembre: de 17hOO à 18hOO CLAUDE MORIN L'art de l'impossible Samedi 21 novembre: de 14hOO à 15h00 de 18h00à 19h00 Dimanche 22 novembre: de llhOOà 12h00 JEAN PROVENCHER ' Les saisons Samedi 21 novembre: de 15h00 à 17h00 Dimanche 22 novembre: de 15hOO à 16h00 MARCEL TRUDEL Mémoires d'un autre siècle Samedi 21 novembre: de 21h00 à 22hOO Dimanche 22 novembre: de 16h00 à 17h00 de 19h00 à 20h00 Stands 370-378 BOREAL s’entend.Son veuf de père, lui, collectionne les femmes comme les cravates et se passionne pour la politique de l’hydroélectrique.Pendant que son père batifole ae femme en femme (elles ne sont pas nommées), Jean-Paul tombe amoureux de Claudette, médecin de brousse et de steppes qui se reprochera même d’être « trop féminine ».Ils finiront bien par s’épouser, et Pierre par trouver une Française, qui a aes airs de sa femme, morte si jeune.Dans ce roman électrifficace, les personnages sont victimes consentantes des courts-circuits et des jeux de yo-yo auxquels les téléromans nous ont habitués.La vie étant mimétisme, le mélo prend les oripeaux du drame et le tragique épuisant prend son trou.Honnêtement, ce roman long, au style lourd et appliqué comme du béton armé — on peut comprendre que la ligne historique imposait un terrible carcan — m’a profondément ennuyé.L’Hydro-Quebec, pour moi, c’est une facture.Quand j’imagine que cet argent me revient, « maître chez nous », je me sens hydroquébécois « au boutte ».Je suis donc parfaitement, si tant est qu’on puisse être parfaitement quoi que ce soit, injuste.Dès les premières pages, j'attendais les dernières : le saccage ! Ce moment où l’histoire de ce pays qui refuse les projets de société refusait la marche du progrès.J'y ai appris par la voix de Pierre que : «La démocratie est un régime qui n'est pas fait pour des primaires insoucieux de la respecter.» Le poids de l’Histoire hydroélectrique et des personnages « réels » écrase celle de Pierre et Jean-Paul, et de ces femmes falotes qui rôdent autour d'eux.Pourtant, je connais l’oeuvre d’Alice Parizeau pour ses merveilleux personnages de femmes.Jusqu’à la jeune Jeanne de son précédent roman.Ici, c’est une histoire de gars, dans toute sa pathétique et aveuglante ambition.Ce n’est pas l’histoire d’un pays, mais celle d’une société d’Etat.C'est un roman instructif que les profs d’histoire utiliseront à bon escient et les profs de français pour illustrer l'usage erroné de sur : « sur l'avion, sur le chantier, sur le campement .» À lire à la chandelle.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Vendredi 27 novembre rie 19 h à 21 h VICTOR LEVY BEAULIEU Héritage Stankp Samedi 28 novembre de 14 b à 16 h MONIQUE PROULX Le sexe des étoiles QUEBEC AMERIQUE Mercredi 2 décembre de 17 h à 19 h PIERRE LEMIEUX La souveraineté de l’individu Puf Vendredi 4 décembre de 17 b à 19 h NICOLE BROSSARD l-e «léser! mauve • I NI XACiONI Samedi 5 décembre de 14 h à 16 h DENISE BOUCHER Lettres d’Italie • I III XACiONI Samedi I 2 décembre de 14 h à 16 h FERNAND OUELLETTE 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 Venez regarder avec nous apostrophes le dimanche a 14h (de9à9 | 362 jours par année V.WAJiSkY&.ton 1st AKUNli cl u Hvie Salon lliinan Illicit till H’* 1 inU\Ui K)() un* plus u» Slant Uoiiav» > i no" S infl«ente Vatican perrière r- la femme la la stoire de l'h» ,H1ll.WWrP"V A René ArbiMJ'0 .poPESSA ,u.Vll>tu«v pon"‘ itldhochondo voit sur la d ,0nwn*.Uo p°8.muni °u oeu tdl'eU nal de Emma® uel Vre Le joy11 d'Alam 19,95$ dlV-aco' ibrau'0 8 Gu""'I'ar S^fnRoyer jean *°Ver I £ QUEB£C Une analog 0 ss*: ssï-s ^Sitin'" en P°’ biographie sjardins 1 *°**”*r uvcrtesenOr tc0l scraP'65, ltC ' de Wo"' Ginos i , Sai°n Vibtaif,e 3 La labié ,'ndeü-aco' naine de La -auteur au Québec rre W\a9"an bcao maison le p'uS Oenoc' Vibraitie D-4 ¦ Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Quelques grisâtres lectures noires PETITE SOEUR Patricia J.MacDonald Paris, Albin Michel « spécial suspense » 1987, 284 pages MASSACRES THAÏLANDAIS Tony Kendrick Paris, Gallimard « Série noire » n" 2095 1987, 278 pages LA CHAIR ET LE POGNON Robert B Parker Paris, Gallimard « Série noire » n° 2092 1987, 243 pages LETTRES^ ETRANGERES PIERRE DESCHAMPS « LE RÊVE de tout auteur de romans policiers, depuis que le genre existe, c’est de découvrir une intrigue rigoureusement inédite », soutient Woody Allen, dans Opus 2.Dommage que Patricia MacDonald n’ait pas partagé ce même dessein.Ce qui nous aurait épargné la lecture de Petite Soeur, xième mouture de l’histoire d’un jeune campagnard frustre, mythomane et dangereux, comme il se doit.Le décor : la petite ville d’Oldham, un coin reculé du Maine.Là meurt le père de Francie et de Beth.La première est adolescente et a pour chevalier servant Andrew, un garçon de presque 10 ans son aîné.La seconde, qui habite Philadelphie depuis qu’elle a quitté la monotonie d’OlfJham et l’atmosphère étouffante de la maison familiale, y revient pour enterrer son père.LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND NOUVELLES Daniel Poliquin, Nouvelles de la capitale, Québec/Amérique, 135 pages.DANIEL POLIQUIN est véritablement un écrivain.Dans ses neuf nouvelles bien fignolées, il rapporte des anecdotes, des histoires entendues et des souvenirs de son enfance.Il mêle adroitement langage parlé et narration, dans un style simple.Dans presque chaque nouvelle, l’humour côtoie la nostalgie.Daniel Poliquin connaît l’art d’amener les récits à leur fin avec un maximum d’effets et un minimum de moyens.Une constante se dégage de ces courts récits : la présence envahissante de l’anglais dans la communauté francophone de la capitale.JUDITH C.BROWN Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne k'iscane, XV J Ie siècle ( îallimard Nicole Brassard Le Désert mauve Roman ¦ l’Hexagone l'horizon.A travers tout cela, dans les interstices des mots et des phrases, la vie s’incruste et le réel s’intégre dans la fiction.« Traduire, dit-elle.» BIOGRAPHIE Françoise Sagan, Sarah Bernhardt.Le rire incassable, Robert Laffont, coil.« Elle était une fois.», 246 pages.EST-CE un livre sur Sarah Bernhardt par Françoise Sagan ou un livre sur Françoise Sagan par Sarah Bernhardt ?Peut-être les deux.Dans un échange de lettres, on apprend à voir la grande actrice sans les oripeaux qui la parent habituellement.Ni glorification, ni attaque sournoise, mais une tentative singulière d’aller aux plus intimes secrets de Sarah Bernhardt avec l’humour et le style insisif qui siéent si bien à Françoise Sagan.LESBIANISME Judith C.Brown, Soeur Benedetta, entre sainte et lesbienne, Toscane, XVI le siècle, Gallimard, coll.« Bibliothèque des histoires», 216 pages.C’EST en fouillant dans les archives d’Etat de Florence que l’auteur de cet essai est tombée sur cette inscription : « Papiers relatifs à un procès contre soeur Benedetta Calini de Vellano, abbesse des Théatines de Pescia, laquelle se prétendait mystique et se révéla femme de mauvais renom.» En poursuivant ses recherches, Judith C.Brown s’aperçoit que ladite religieuse aurait bénéficié de visions et de célestes faveurs et qu’elle commençait à se faire connaître dans le peuple avant sa condamnation.Benedetta aurait donc pu constituer une menace pour l’autorité de l’Église.Tous les doutes sont alors permis.Un document exceptionnel sur l'homosexualité féminine de ce temps et la loi qui la sanctionnait.OULIPO Jacques Roubaud, L’Enlèvement d’Hortense, éditions Ram; say, coll.« Mots », 287 pages.UNE HISTOIRE abracadabrante de meurtre, d’enlèvement et d’imbroglios de toutes sortes.On joue à cache-cache avec les mots, les chiffres et les noms.Jacques Roubaud, grand mathématicien devant l’Eternel, poète et membre de l’Ouvroir de littérature potentielle, s’amuse à nous dérouter dans ce polar pas comme les autres.Le lecteur qui a l’avantage d’avoir l’esprit vif, de connaître les mathématiques, la littérature, et d’avoir lu La Belle Hortense y retrouvera peut-être ses esprits.Pour les autres.LITTÉRATURE Nicole Brossard, Le Désert mauve, L’Hexagone, coll.« Fictions», 228 pages.IL Y A d’abord un premier récit, « Le désert mauve », de Laure Angstelle, publié aux éditions de l’Arroyo.Ensuite, il y a le journal de travail de Maude Laures qui en fait la traduction.Finalement, il y a la traduction proprement dite du récit de Laure Angstelle qui parait aux éditions de l’Angle sous le titre Mauve ROMAN André Vanasse, La Vie à rebours, Québec/Amérique, coll.« Littérature d’Amérique », 192 pages.DANS son nouveau roman, aux thèmes aussi variés que l’amour, la mort, la désillusion, la folie, la solitude, etc., André Vanasse nous entraîne dans un voyage insolite : un retour aux sources dans le sein maternel,! Vé-noussa, le personnage principal du récit, développe une relation obsessionnelle avec son foetus.Ce qui produira une série d’incidents, faisant place aux mondes imagés, aux fantasmes, aux angoisses et aux attentes de Vé-noussa.APHORISMES François Richaudeau, Ce que je pense., Retz.L’AUTEUR est surtout connu pour ses travaux dans les domaines de la lecture, de la pédagogie et de l’écriture.« C’est au cours de la réalisation éditoriale d’une anthologie des citations qu’une idée a surgi : Et si j’écrivais une dizaine d’aphorismes sur la lecture, que l’on glisserait entre les maximes prestigieuse.Sitôt dit, sitôt fait.Mais j’avais déclenché une mécanique infernale, dont je suis encore incapable d’arrêter le mouvement.» Heureusement ! Car ces pensées fragmentaires sur des sujets divers (publicité, Céline, analogie, fourchette, point-virgule, etc.) sont vraiment rafraîchissantes et souvent pertinentes.Elles sont placées par ordre alphabétique et regroupées en fin de volume sous différentes rubriques.Dès la première rencontre, l’animosité s’installera entre Andrew et Beth.La grande soeur veut amener Francie vivre avec elle; l’amoureux ne parle que de prendre la route jusqu’en Californie, l’élue de son coeur à son côté.L’affrontement tournera finalement au drame, le jeune dur étant de ces êtres qui mettent à mort quiconque s’oppose à eux.Mais, avant d’en arriver là, que d’ennui ! Navrant suspense où domine une psychologie de salle d’attente, Petite Soeur ne décolle vraiment qu’un fois le sang versé, quelque 50 pages avant la fin.Passent alors de vie à trépas le meilleur et seul ami de Andrew, sa propre mère, l’employeur de cette dernière.De manière à ce que puisse s’engager le combat singulier opposant Andrew et Beth.Ce qui racheté — mais à demi seulement — ce récit dominé par la banalité des personnages et la faiblesse de l’intrigue.Un ouvrage à ranger sous l’un des pieds de la table bancale sur laquelle s’entassent déjà tous les chefs-d’oeuvres de la littérature policière.?Dans Massacres thaïlandais, Marcus, un flic vertueux d’Atlanta, veut venger la mort de son équipier.Pour ce faire, il usurpera l’identité d’un truandeau — Boyd Dubin — qui a récemment passé l’arme à gauche.Engagé par un richissime homme d’affaires londonien (ce qui vaut au lecteur l’énumération de tout ce qui compte dans le commerce des vêtements et accessoires de grand luxe), Marcus-Dubin se fera convoyeur de drogue en Asie du Sud-Est.Cargaison ; $50 millions d’héroïne, à acheminer de Birmanie à Londres, via Hong Kong et New York.Dans cet honnête thriller où triomphent l’honneur et l'amour, les renversements de situation et les capri- ces érotiques du richissime Londonien font rapidement oublier les excès d’invraisemblance auxquels se livre l’auteur.Habile construction narrative, l’aventure de Tony Kendrick se présente comme un kaléidoscope de micro-récits à logique variable.Ainsi le veut l’après-James Bond et l’influence du cinéma sur la littérature de masse.?Tout au contraire, La Chair et le pognon ne souffre pas de soubresauts structurels.Ici, la faille est au niveau de l’histoire même.À croire que Robert B.Parker a gardé pour lui (à moins que ce ne soit un fait de traduction) de nombreuses parties d’un texte premier, autre, plus complet que celui qu’offre la « Série noire », tant le déroulement narratif revêt les habits d’une intrigue en discontinu qui n’aurait pas su quel lièvre suivre.April Kyle, prostituée, a disparu.Une ancienne de ses maquerelles s’en inquiète.Aussi charge-t-elle un détective new-yorkais de la retrouver.Ce détective n’est nul autre que Spenser, celui-là même qui, autrefois, lui avait « présenté » April ! Sur sa route, Spenser rencontre Ginger, une autre horizontale.Elle lui apprend beaucoup de choses sur April, avant que de décéder, faute d’avoir satisfait pleinement un client.Le détective se met alors en frais de démasquer le meurtrier de Ginger.Quand il y sera parvenu, April reapparaîtra, comme par enchantement.Seul mérite de ce polar aux allures de leçon de morale : deux histoires pour le prix d’une, avec en prime des zones d’ombre où le lecteur pourra longtemps encore promener sa curiosité.En somme, un livre dont vous êtes le héros, cher lecteur.Un héros en forme de poire ! Y Un Lear nippon UN ARTISTE DU MONDE FLOTTANT Kazuo Ishiguro traduit de l’anglais par Denis Authier Paris, Presses de la Renaissance 1987, 232 pages ODILE TREMBLAY KAZUA ISHIGUROse défend bien d’écrire un roman japonais.Il est vrai que cet auteur, né à Nagasaki neuf ans après l’apocalypse, vit en Angleterre depuis son âge le plus tendre et qu’il s’exprime dans la langue de Shakespeare, mais seul un Oriental pouvait créer l’ineffable climat d’envoûtement qui s’exhale A'Un artiste du monde flottant.Dans le J apon d’après-guerre, les générations montantes conspuent les « traitres » qui ont mené le pays à la ruine et c’est sur cette trame de fond qu’apparaissent les traits d’abord flous du personnage central, Masuji Ono.À première vue, on peut difficilement comprendre comment ce peintre vieillissant, autrefois honoré, est devenu pour ses filles un roi Lear en butte à leurs moqueries.Pourtant, peu à peu, par délicates petites touches et grâce à des retours en arrière dans le passé du vieil artiste, une lumière diffuse apparaît.Ce peintre dont nulle toile n’orne les murs de la maison a jadis mis son oeuvre au service de la propagande nippone.Désormais honni, isolé, refusant de se suicider comme un grand nombre de ses pairs, il voit son monde flottant, sa vision de l’art et de la vie attaquée de toutes parts.Ce livre se veut une réflexion sur le rôle de l’individu ballotté dans la tourmente des bouleversements sociaux.Qui a raison ?Qui a tort ?L’ancien nationaliste ou la jeunesse éblouie par le modèle américain ?Avec une infinie subtilité, et une politesse toute nippone, l’auteur nous fait la grâce de n’y point répondre.La modernité retrouvée de la poétique arabe selon « Adonis » INTRODUCTION À LA POÉTIQUE ARABE Adonis traduit de l'arabe par Bassam Tahhan et Anne Wade-Minkowski Bibliothèque arabe de Sindbad, 1986 N AIM KATTAN ADONIS EST le pseudonyme d’un des meilleurs poètes arabes vivants.Né en Syrie, il est libanais.Un choix de ses poèmes fut traduit en français il y a quelques années.Il avait révélé cette voix parmi les plus percutantes dans la poésie contemporaine.Adonis est aussi un découvreur de poésie.Il y a une trentaine d’années, il a fondé avec d’autres la revue Shi’r (poésie).Adonis est contamment préoccupé par la théorie : à preuve, la série de conférences qu’il a récemment donnée au Collège de France et qui paraît sous le titre Introduction a la poétique arabe.Soulignons tout de suite que ce qui frappe, dans la démarche d’Adonis, et qui le distingue d’un grand nombre d’autres théoriciens arabes et orientalistes, c’est sa relecture libre et de l’intérieur de la poésie arabe (.) Il commence donc par le commencement.La première poésie est celle de Jâhiliyyah — le terme veut dire l’ignorance attribuée à la poésie pré islamique qui demeure jusqu’à au-, jourd’hui l’un des pôles de la langue et de la poésie arabes.Or cette poésie, qui a donné ses règles aux générations successives, est une poésie de l'oralité.Poésie de nomades, elle constituait, pour ceux qui l’improvisaient et ceux qui l’écoutaient, une rencontre.La langue devenait alors un facteur primordial d’unité, une évidence.Le Coran bouleverse ces notions tout en les confirmant.Le Coran étant lecture, il y a donc écriture.Les nomades s’installent, leur lieu est le livre.Adonis décrit comment le Coran est aussi et non seulement une lecture nouvelle de l’homme et du monde mais encore une écriture nouvelle.Il constitue son propre modèle et institue le principe que la création est hors de tout modèle préalable.Il insiste sur l’insoüte et la transgression de tous, ce qui est établi, et le Coran abonde en mots, images et structures inhabituels.Il établit aussi la nécessité d’une culture vaste comme condition requise pour le poète et le critique.On s’éloigne ainsi de l'improvisation et de l’écoute orale.Il efface l’auréole mythique qui entoure l’ancien.Tout texte est évalué selon une valeur intrinsèque, abstraction faite de l’auteur et de l’époque (.) À partir du Coran, une littérature et une poésie ont vu le jour durant la grande époque où les Arabes disposaient de grandes cités et d’un grand pouvoir.Adonis distingue trois grands noms : Abu Nuwas, Niffari et Almaarri.Chacun, à sa manière, confirme l’unité, dans l’écriture, entre poésie et pensée.Chacun, à sa manière, est un non-conformiste.C’est une grande période poétique que constitue celle de la modernité arabe.Fille s’est éteinte au 13e siècle avec la fin de l’empire arabe à Bagdad.Il a fallu attendre le 19e siècle pour assister à une renaissance.Or cette renaissance s’est heurtée à de nombreux obstacles dont le plus im portant fut la coupure avec le passé, avec la modernité.Les premiers poètes de la renaissance ont cherché à procéder par un retour au passé, aux formes anciennes, pour préserver justement la pureté de la langue.Pour Adonis, il y a là un risque de perdre le sens de la langue.L’autre obstacle est la fascination du public arabe face à la modernité occidentale.On a retenu des aspects superficiels, les illusions d’une modernité éphémère issues en partie de la peur d’affronter le réel.Adonis résume ces illusions.La première est la temporalité.Certains voudraient relier la modernité à l’instant présent.La deuxième illu- sion consiste en la volonté d’être différent, à tout prix, de l’ancien.La troisième illusion est celle de l’identification.L’Occident serait la source de la modernité.Et la quatrième est celle de l’agencement de la prose : écrire en prose, à l’écart de toute écriture prosodique arabe, et, en s’identifiant à l’écriture poétique en prose à l’occidentale, on assure la modernité.Adonis retrace la modernité au 8e siècle alors qu’à Bagdad, il y eut une ère nouvelle et une nouvelle utilisation de la langue pour traduire une nouvelle appréhension de la culture.Il ne rejette ni la poésie occidentale, ni son influence.Il voudrait établir un rapport d’échange entre deux poétiques.Pour lui, il y a l’homme, il y a une approche occidentale et une approche orientale unies dans une meme interrogation.La poésie occidentale, dans ses sommets, est une rébellion contre la technique.Fin d’autres termes, elle n’est qu’une orientaüsation de l’Occident.Chez Adonis, l’érudition est d’abord connaissance et découverte.Dans sa pondération et sa mesure, son livre excite l’imagination et ouvre des perspectives de réflexion et d’échange.C’est une lecture indispensable à tous ceux qui s’intéressent à la culture.Brodsky publié en URSS MOSCOU (AFP) — Une sélection de poèmes de Joseph Brodsky, auteur d’origine russe expulsé d’URSS en 1972 et prix Nobel de üttérature 1987, va être publiée dans la livraison de décembre de Novy Mir, selon l’un des responsables de cette revue littéraire.i Oleg Tchoukhontsev, chef de la rubrique poésie de Novy Mir, souligne dans une interview à l’hebdomadaire Les Nouvelles de Moscou que le choix des vers devant être ainsi présenté aux lecteurs soviétiques a été fait « en accord avec l’auteur ».Ce sera la première fois que des écrits de Joseph Brodsky seront publiés officiellement en URSS, seuls quelques-uns de ses poèmes ayant paru dans le troisième (et dernier) numéro de la revue clandestine Syn-taxis tirée, en avril 1960, à 120 exemplaires sous la direction d’Alexandre Guinzbourg.L’attribution du Nobel de littérature à Joseph Brodsky n’a pas été annoncée en Union soviétique par les médias officiels.Joseph Brodsky avait été expulsé d’URSS en 1972, après avoir été interné pour « parasitisme social».LE CONSORTIUM DU MOIS DU LIVRE JUIF En collaboration avec ristituto Italiano di Cultura et la librairie Olivieri présente PRIMO LEVI: IN MEMORIAM 1919-1987 avec SERGIO GILARDINO, JOSEPH LEVY, ALEXIS NOUSS Jeudi 23 novembre 1987 à 20:00 h Dans l’auditorium Joseph & Ida Berman de la Bibliothèque publique juive 5151 Chemin de la Côte Ste-Catherine Entrée; Âge d’or, étudiants: Information: 735-6535 3,00$ 2,00$ ÉCRITS DES FORGES Trois-Rivières, G9A 5G4 paBi PARI de JeanL^L MO1 de Bernard L'ACCtXt.RWïVR °’1NTENS^ *.*•«W «,*£»**£!! (tannant du Orand rn_- - ’rtREVDEDESFORGES ———— no W*.rjt Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 ¦ D-5 LE PLAISIR ,]pc LE PLAISIR "° LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es] • livres Deux siècles plus tard, suite et fin des « Liaisons » de Laclos L'HIVER DE BEAUTÉ Christiane Baroche Paris, Gallimard, 1987, 338 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN « À q AM a QUOI ressemblait Mme de i Merteuil ?On s’avise à la ^réflexion que si ce mystère ne gêne pas, c’est qu’il est entièrement comblé par les mouvements de l’Ame .» ( Dominique Aury, introduction aux Liaisons dangereuses.Guilde du livre de Lausanne, 1959).Puisque Pierre Choderlos de Laclos ne croyait pas utile de décrire la Marquise, pas plus, d’ailleurs, que les autres « beautés » qui succombent à Valmont, on peut supposer que la suite imaginaire que donne à son célèbre roman épistolaire un auteur de ce siècle l’étonnerait beaucoup.Christiane Baroche, en effet, ne se prive pas de décrire, avec un luxe infini de détails réaüstes, la beauté enfuie de Mme de Merteuil, et la laideur « de naissance » de Queria Ha-guenos, sa descendante qui vit à notre époque.Donnons sans tarder une très importante précision, utile non seulement aux lecteurs de L’Hiver de beauté, mais également aux lecteurs des Liaisons dangereuses qui au- raient bien oubüé, et c’était mon cas, la dernière lettre, portant le numéro CLXXV, de Madame de Volanges à Madame de Rosemonde.« Le sort de Mme de Merteuil, écrit Volanges, parait enfin rempli, ma chère et digne amie; et il est tel que ses plus grands ennemis sont partagés entre l’indignation qu’elle mérite et la pitié qu’elle inspire.J’avais bien raison de dire que ce serait peut-être un bonheur pour elle de mourir de la petite vérole.Elle en est revenue, il est vrai, mais affreusement défigurée; et elle y a particulièrement perdu un oeil.Vous jugerez bien que je ne l’ai pas revue; mais on m'a dit qu’elle était vraiment hideuse.» C’est donc sur la base de ce constat, en ajoutant que la Marquise « a pris la route de la Hollande [.] en emportant ses diamants, objet considérable, et qui devait rentrer dans la succession de son mari, son argenterie, ses bijoux », que la romancière Christiane Baroche imagine la suite et la fin des Liaisons dangereuses.Mais elle le fait dans le style, avec la sensibilité d’une femme de notre siècle.Si le roman de Christiane Baroche n’était qu'un « à la manière de .Laclos », il ne susciterait pas, de la part d’un public lecteur terriblement blasé, qui a plus que son compte des romans dits historiques, l’intérêt puissant que nous serons sans nul doute plusieurs à lui trouver.L'auteur a choisi la méthode que, par analogie musicale, on pourra qualifier de contrapuntique.Queria 11a-guenos, qu’un accident à la naissance a défigurée, la privant d'un oeil comme son « ancêtre » du galant XVIIIe siècle, a résolu, brillante re-cherchiste à la Bibliothèque nationale, de partir à la rencontre d’Isabelle de Merteuil, au moment où la Marquise débarque à Rotterdam pour y retrouver sa soeur Madeleine et la maison de ses parents.Cette héroïne exilée choisit, non pas d’écrire des lettres mais de rédiger son journal.« À vingt-cinq ans, écrit-elle, j’entrais dans l’hiver de beauté.» Commentaire de « l’héritière » qui lit le journal de sa lointaine parente : « Isabelle.Elle a survécu très longtemps, avec de loin en loin des vides et des désespoirs.» Les désespoirs seront de courte durée, la Marquise prouvant à chaque événement, chaque coup du sort qu'elle continue de subir, une énergie indomptable.Queria, qui la suit pas à pas, ou plutôt de page en page de ce journal, observe, a propos des gens qui s’acharnent à ruiner Isabelle, à commencer par son frère Hector, qu’elle se « méfie énormément des gens de cette sorte, la « fragilité » de leur cuir met leur âme à l’abri des atteintes plus profondes, les protège de quasiment tout ce qui malmène les autres.» En replaçant chacune de ses héroïnes dans leurs temps respectifs, Christiane Baroche raconte à tour de rôle les malheurs qui surviennent à Isabelle, réfugiée en Hollande mais qui ressent les misères du pays où elle a vécu : la Révolution, le régicide, la famine, tout ce qui accable les Français; les aventures de Queria, qui retrouvera, grâce à la chirurgienne esthétique qui devient son amie^un visage presque normal, et.du même coup, trouvera l'amour en la personne d'un homme d’affaires bien de son siècle, ami de son frère Diego.Bien délimitées par la composition typographique, les pages du journal d’Isabelle, et les réflexions de Queria.qui se superposent, sans jamais alourdir le récit, font de L'Hiver de beauté un très beau roman.Le style respecte les usages, de l'une et de l'autre époque.En se remémorant ses 15 ans, et ceux de sa soeur Madeleine, Isabelle écrira, notamment : « Nous nous observions autrement, de plus loin, elle avec méfiance, et moi.assotée de mon teint rose, de mes yeux presque trop grands disaient les bonnes, moi, dédai gneuse.» Et, un peu plus loin, de commenter Queria, en parlant de ce temps-là : « Les femmes [.] se débrouillaient entre elles, vivaient une sororité efficace, car c'est vrai, pas une fois elles ne cherchent appui au dehors et près des hommes, d'ailleurs ils ne sont pas là.Qu'ils s’attar dent en mer, aux champs, à la guerre ou au cabaret, les hommes s’occupent de refaire le monde ou de constater que rien n’y parvient vraiment.Ils se désintéressent de la vie.[.] La vie, ça se vit, parfois les hommes l'oublient, les femmes, jamais.» Ce n'est pas réduire le roman de Christiane Baroche que de le quali fier d’ouvrage de femme.Tout ce qui survient, par la grâce d'une imagination souveraine, appuyée sur une sérieuse documentation historique et littéraire, à la Marquise de Merteuil exilée en Hollande puis émigrée au Brésil, et comment « la rejoint » cette arrière-petite-fille ou petite nièce que lui donne la romancière, qui aboutira elle aussi à Recife, est Photo Gallimard CHRISTIANE BAROCHE.empreint d'un grand souci de vérité.Celle de l'Histoire, bien sûr, celle de la littérature mais également celle des femmes de notre temps.Quand elles résistent aux malheurs de l’hérédité ou de la fortune.La romancière de I."Hiver de beauté poursuit, dans sa démarche d’écrivain du XXe siècle, ce qui faisait déjà de Choderlos de Laclos un romancier « mo derne ».C’est une grande réussite ! La pensée indécente Amours, passions et crime FRÈRES DE SANG Clarisse Nicoïdski Paris, Flammarion 1986, 225 pages RAPHAËL, JE VOULAIS TE DIRE .Clarisse Nicoïdski Paris, Flammarion 1985, 257 pages LETTRES FRANÇAISES ALICE PARIZEAU VENUE récemment au Québec, Clarisse Nicoïdski avait parlé de son engagement pour l’abolition de la peine capitale tout en présentant son neuvième roman, Frères de sang, qui met en scène des passions où l’amour et la mort se confondent.Mi-caël est un meurtrier.Il a vécu des nuits folles avec Cléa, sa soeur; il a confondu les souvenirs d’enfance, la tendresse et une relation d’amant et de maîtresse, puis il a étranglé le fils de Cléa conçu avec un autre homme.Nous voilà dans un univers qui ne correspond pas à la réalité des choses.Certes, dans l'histoire, les exemples de tragédies pareilles ne manquent pas, mais vus de loin, entourés de légendes, ils paraissent différents, moins poignants que cette image on ne peut plus moderne de Micaël, condamné à perpétuité, enfermé dans sa cellule, en train d’analyser ses réactions et ses souvenirs! Clarisse Nicoïdski écrit bien.Son style est à la fois poétique et efficace.La famille dont elle raconte les origines, la mère, l’enfance de Micaël et de Cléa, sont parfaitement crédibles et cela donne une dimension particulière à l’ensemble du récit.On a l’impression de pénétrer dans un univers normal, puis les événements se précipitent, se précisent et le drame apparaît d’autant plus poignant.En fin de compte, toutefois, on ne s’attache ni à Cléa ni à Micaël, ni même à leurs amours.Ce n’est, d’ailleurs, pas là l’objectif de l’auteur, mais plutôt la tentation de présenter le criminel comme un être qui ne mérite ni punition, ni châtiment.Une espèce de fatalité pousse Micaël à agir.La conscience, la morale, sont totalement absentes, évacuées.Quand Cléa éprouve un certain remord, Micaël lui lit la Bible.«.Il habita dans une caverne, lui et ses deux filles.L’aînée dit à la plus jeune ; Notre père est vieux et il n’y a point d’homme dans la contrée pour venir vers nous, selon l’usage de tous les pays.Viens, faisons boire du vin à notre père et couchons avec lui.» « Nous nous sommes aimés cette nuit-là, raconte Micaël.Pacifiés.La Bible posée sur la table de chevet.La lumière allumée dans la chambre.» Pauvre Loth, que deviendrait-il, à notre époque, sollicité, car ce fut, paraît-il, un beau vieillard solide, par beaucoup de belles filles et pas nécessairement les siennes ?Clarisse Nicoïdski précise, dans un petit message sur la page couverture : « À l’origine de ce texte, mon engagement pour l’abolition de la peine de mort et ma rencontre avec la mère d’un des condamnés.» On comprend, à partir de là, qu’elle veut plaider l’innocence du coupable et l’on admet, après la lecture de son roman, qu’elle le fait fort bien, mais on ne peut s’empêcher de conclure en le terminant que la condamnation à perpétuité d’un infanticide n’est pas forcément la pire des injustices sociales ! Bref, Frères de sang, un roman bien construit et bien écrit, ne peut vraiment pas secouer la conscience de ceux qui préconisent le rétablissement de la peine capitale.?Le précédent roman de Clarisse Nicoïdski, Raphaël, je voulais te dire., est d’une tout autre facture, proche, par certains côtés, d’un récent livre de Monique Bosco.Beth-sabée, une femme de 40 ans, aime Raphaël qui n’en a que 30.Dans ses veines coule le sang de la juive, de Maria Nunez, qui, à l’époque de l’Inquisition, a été condamnée à l’emprisonnement à vie.Betty et Raphaël vivent à New York, sont libres de s’aimer et vont avoir un enfant, mais l’ombre de l’autre ne cesse de les hanter.« Pense, Bethsabée, tous les voyages, toutes ces mouvances, du pays d’Espagne au Portugal, à la terre de France.Amada, la petite juive cachée, ne cessera de naître, de renaître là-bas, dans le paysage de rivière et d’arbres.Jusqu’au jour où Bethsabée la rencontrera, si semblable à sa mère, si semblable à Betty.» Symbolisme de femme fort beau et des réminiscences qui se tissent entre la New-Yorkaise et ses ancêtres.La romancière parvient à faire un retour en arrière, à décrire un voyage émouvant et ce paèsé des juifs qu’ils portent en eux comme le plus important des héritages et qui nous rend tous coupables des crimes dont ils ont été, tout au cours de l’histoire, à la fois cibles et victimes.GEORGES BATAILLE La mort à l'oeuvre Michel Surya Paris, Librairie Séguier 1987, 560 pages GUY FERLAND «Je pense comme une fille enlève sa robe.» Pervers.Débauché.Malade.Curé défroqué.Rat de bibliothèque.C’est avec ces qualificatifs que les surréalistes décrivaient Georges Bataille dans les années 20.André Breton en tête.Ensuite, ce fut différent.Mystique.Martyr.Jaloux.Fou.Paranoïaque.Halluciné de l’arrière-monde.Etc.C’est avec ces autres qualificatifs que les existentialistes décrivaient Georges Bataille dans les années 40.Jean-Paul Sartre en tête.Rien de gratifiant et de recommandable là-dedans.Le pire, c’est que tout cela est vrai.Vrai.Georges Bataille était une sorte de pervers (il fréquanta les bordels et les prostituées toute sa vie), un fou (ou un saint, disait-il de lui-même) et un malade torturé par l'idée du mal.Et la réussite magistrale de la monumentale biographie de Michel Surya est de nous montrer le lien étroit qui unit la vie de Georges Bataille à ses textes, plus particulièrement à ses récits.Les conséquences de la mort de son père, aveugle, paralysé et presque fou, dans des circonstances dramatiques sont immenses dans l’imagerie ba-taillienne.Elles nous ont légué les plus terribles représentations de l’autorité déchue, du dieu mort, du soleil pourri.Cette expérience de l’horreur a marqué toute la philosophie scandaleuse de l’auteur de L’Anus solaire dans laquelle le haut et le bas s’amalgament bizarrement.On ne sort pas indemme des récits de Bataille.Ces textes pornographiques (« L’histoire de l’oeil », « Ma dame Ewarda », « Le bleu du ciel », etc.) à « hauteur de mort » vous ren voient littéralement les entrailles dans la bouche.L'influence de l’oeuvre disparate et morcelée de Bataille est grande et ne cesse de croître.Caillots, Leiris, Queneau, Lacan, Klossowski, Blan-chot, Derrida, Baudrillard, etc.: bref, tout un pan de la pensée fran çaise a été façonné par la sortie in sensée (avec les notions de dépense improductive, de négativité sans em ploi et de transgression) du système clos hégélien.Du reste.Bataille a été un des premiers à confronter la philosophie française à l’allemande.Jean-Paul Aron {Les Modernes), Luc Ferry et Alain Renaut ( La Pen sée 68) ont bien raison de le désigner comme l’assassin de la notion de su jet.L’érotisme, l’excrétion, l'hétéro logie, la scatologie, le potlatch, le sacré, l’excès, le rire, la part maudite, l'expérience intérieure, etc., sont autant de noms pour désigner et atteindre l'impensable et l'innommable, tout en détruisant le confortable co gitoprès de son foyer.À partir de là, les notions d’écart, de marge, de « différante » avec un « a », de différend.de séduction, de [xmits de fuite, devenaient possibles.Dans sa biographie, Michel Surya éclaire quelques points obscurs de la vie secrete de Bataille.Il récuse, par exemple, l’accusation de séduction qu’aurait exercée le fascisme sur l’auteur de La Structure psycholo gique du fascisme.Il replace également dans leurs contextes les relations tendues entre Bataille et Breton, Sartre et Lacan.Surya corn prend très bien la pensée de Bataille et donne à sa vie et à son oeuvre tout leur sens démesuré.Librairie Champigny inc.4474, rue Saint-Denis Montréal Ouvert 7 jours De 9h à 21h 844-2587 NOUVEAUTÉ _ GRAND Larousse EN 5 VOLUMES PRIX RÉGULIER: 535$ PRIX SPÉCIAL DE SOUSCRIPTION JUSQU’AU PREMIER JANVIER : 450$ PRIX CHAMPIGNY— _ _ REDUIT A: 345,95$ Champisny PRIX GONCOURT 1987 La «uü sacrée Tahar BEN JELLOUN Le nouveau roman de Tahar BEN JELLOUN m’a émue autant qu’il m’a intéressée.Lisette Morin/£e Devoir C’est un roman d’initiation grave et tendre, un beau chant de grâce aussi en l’honneur de la femme.Pierre Lepape/Le Monde Toute la beauté, toute la puissance envoûtante du roman est là: un hymne à la nuit intérieure.André Clavel/Z.’Événement du jeudi Décidemment, chaque livre de Ben Jelloun semble approfondir tous les précédents.C’est le propre d’une oeuvre.André Brincourt/Le Figaro .Sa prodigieuse habileté à jouer de tous les registres et de tous les tons, à passer du rêve à la réalité.Pierre Démeron/Zlte/vë Claire On ne peut pas ne pas aimer cette lecture.André Gaudreault/Le Nouvelliste Editions du Seuil D-6 ¦ Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 LE PLAISIR ffpc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres LITTÉRATURE JEUNESSE DOMINIQUE DEMERS En l’air, texte et illustrations de Donald Crews, L’École des loisirs.DKS LIGNES pures.Peu de personnages, quelques mots.Un scénario tout simple : un enfant monte à bord d’un avion, l’appareil décolle, vagabonde, puis atterrit.Mais, pour l’enfant lecteur, tout, ici, est pure magie.L’auteur-illustrateur ne se contente pas de décrire le voyage d’un oiseau métallique avec un enfant héros à bord; il rend le ciel accessible en permettant au lecteur d’images de bien s’approprier chaque séquence grâce à une mise en scène et des décors significatifs, lisibles et éloquents.Un vrai livre d’images.Bonjour !, texte et illustrations de Jan Ormerond, éditions Milan.L’ALBUM a d’abord paru en Angleterre mais la traduction s’arrête au titre : Sunshine est devenu Bonjour !.Les images racontent le quotidien, dans ce qu’il a de plus intime et de plus banal mais décomposé en petites tranches d’atmosphères et d’émotions.Tout y est : la lumière feutrée, les silences précieux, la tendresse des caresses matinales, la langueur des premiers instants et même l’humour, au détour des pages.U n humour sans texte ni bulles, construit à partir du contraste entre la lucidité tranquille d’une enfant et la course folle des grands pour franchir l’étape du petit matin.C’est la faute à Édouard, texte et illustrations de Tony Ross, éditions du Seuil.TOUT le monde blâme Édouard.Pour les dégâts, le désordre, les démolitions, les déluges, tous les désastres, quoi ! Mais le gamin, qui, il faut le dire, n’a pas tout à fait l’air d’un chérubin, plaide et jure et crie et hurle que c’est la faute à Yannick.Le problème, c’est que Yannick est invisible.Aux yeux des grands, du moins.À tout ceux qui allaient croire qu'Édouard fabule pour mieux se disculper, l’album joue un bon tour : un véritable démon, rouge, cornu et diabolique, bondit derrière la porte de la chambre du pauvre Édouard à la fin du livre ! Julien avait peur du noir, texte et illustrations de John Canty, éditions du Seuil.LORSQU E la nuit se fait noire et silencieuse et que les ombres se faufilent, prêtes à se métamorphoser en monstres et dragons et autres horribles créatures, Julien se précipite hors de sa chambre pour éviter de se faire dévorer.Jusqu’au jour où il décide de livrer aux intrus une guerre à finir.Sans épée, sans formule magique, avec juste un petit filet de courage qui se met à grandir, il tient tête aux montres de la nuit jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent.Alors, son lit redevient une cité, un havre, une oasis de tranquillité que la noirceur ne réussit pas à assombrir.¦w*’-r-—- Julien avait peur .du noir * , John Canty t— Tîfl Les Animaux en hiver, texte de Louise Beaudin, illustrations de Stéphane Poulin, éditions Michel Quintin.L’AN dernier, le premier titre de la collection « Pellicule, photographe animalier » valait à Stéphane Poulin le prix de littérature de jeunesse du Conseil des arts du Canada pour la qualité de ses illustrations.Documentaire, bestiaire, livre d’images, ce deuxième titre réussit encore, avec simplicité et originalité, à enseigner mille choses avec très peu de mots.L’entreprise est déjà fort louable.Mais Stéphane Poulin ajoute encore l’humour, meilleur ami du livre qui amuse et instruit.Pour apprendre comment le lièvre, l’orignal, la grenouille, l’ours polaire ou le hibou tiennent tête à l’hiver.La Tour de Cap-Chat, texte et illustrations de Ginette An-fousse, éditions Ovale, coil.« Quand on joue ».GINETTE ANFOUSSE avait déjà conquis les tout-petits avec la série des Jiji et charmé les adolescents avec Rosalie.Voilà maintenant les jeunes lecteurs servis.Là où le merveilleux se mêle d’hésitation pour franchir la frontière du fantastique, Timothée Lafleur et sa cousine Colette pénètrent dans l’antre d’une sorcière.Une sorcière qui, comme tout le monde, au gré des C’est la faute à Édouard Tony Ross matins, sera délicieusement gentille ou parfaitement détestable.H umour, suspense et fantaisie, dans un conte moderne où tout est bien qui finit bien.Mack le Rouge, de David Schinkel et Yves Beau-chesne, illustrations de Pierre Pratt, Québec/Amé-rique, coil.« Jeunesse/romans ».DANS un roman, je déteste les camions parlant, les chiens ruy-rateurs ou les oiseaux philosophes.Mais ici, Y.Beauchesne et D.Schinkel relèvent plutôt bien le défi.Les astuces de deux enfants pour échapper à un réseau de contrebandiers nous sont li- GINETTE ANFOUSSE la tour ¦ de cap-chat eaatasa» ovue (ÿsasa.vrées par Mack, un gros camion rouge qui sent son moteur ronfler un peu plus fort en présence de Mlle Mirabelle, une camionne plutôt belle.L’aventure des personnages n’est pas sans intérêt mais ce qui amuse surtout, ce sont les descriptions anthromor-phiques du bon vieux Mack Le Paradis des autres, de Michel Grimaud, éditions de l’Amitié, coil.« Les maîtres de l’aventure ».J’ADORE, par contre, les romans où tout ne se termine pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.Les romans aux portes ouvertes sur le monde qui interrogent et appréhendent le lecteur d’une main, sans lui fournir, de l’autre, des réponses toutes faites.Le paradis des autres, c’est celui auquel l’étranger n’a pas droit parce qu’il parle une autre langue et porte en lui un autre pays.Djamil quitte l’Algérie pour découvrir une France hostile, un ailleurs où son père perd toute dignité.Sa révolte, à la fois tapageuse et sourde, ne réussit pas à changer la face du monde.J’ai besoin de personne, de Reynald Cantin, éditions Québec/Amérique, coll.« Jeunesse/romans plus».CE N’EST pas un chef-d’oeuvre.L’écriture s’alourdit parfois de mots inutiles ou frôle l’improvisation.Mais c’est un roman envoûtant, riche, dense, comme écrit à fleur de peau.Le lecteur reste en haleine, happé par l’urgence des émotions et cette fébrilité presque insoutenable qui agite une polyvalente où, au coeur de 2,500 errants, la petite Ève Paradis tente de se frayer un bonheur.Bon vent Bonne forme Bonne PERFECTIONNE Le théâtre en pages Jouvet: le libre échange du théâtre TÉMOIGNAGES SUR LE THÉÂTRE Louis Jouvet nouvelle édition de l’ouvrage publié en 1952 Paris, Flammarion 1987, 249 pages LE COMÉDIEN DÉSINCARNÉ Louis Jouvet nouvelle édition de l’ouvrage publié en 1954 Paris, Flammarion 1987, 280 pages ROBERT LÉVESQUE LE 15 DECEMBRE, Paris rendra un hommage officiel à la mémoire de l’un de ses plus grands hommes de théâtre, Louis Jouvet, décédé en 1951 et dont Tannée 1987 marque le centenaire de la naissance.U n’y a pas de panthéon pour les acteurs mais s’il y en avait un, Jouvet y aurait trouvé son dernier théâtre.Avec Jouvet, qui quitta ses classes de médecine pour aller jouer des mélodrames dans des salles de quartier, au début du siècle, et qui mourut en scène comme Molière, à Tété 1951, le théâtre était tout, toujours, partout.Dans des interviews célèbres, il fallait l’entendre avouer son impossibilité à répondre à des questions comme : préférez-vous le théâtre au cinéma ?Il plaçait trop haut l’idée de l’acteur pour faire des différences au sujet de projection plus ou moins forte de la voix, et autres techniques.Jouer était son mystère et sa vie, que ce soit devant un public ou une caméra.« On ne tirera pas au clair l’idée de ce métier d’acteur, parce que ce n’est pas une idée claire », disait-il.Jouvet entra professionnellement dans le métier en 1913, lorsque Jacques Copeau, qui l’avait remarqué dans une production des Frères Ka- CLAUDE CHABROL Joël Magny Paris, Cahiers du cinéma coll.« Auteurs », 1987, 238 pages MARCEL JEAN COMBIEN de films a tournés Claude Chabrol ?Vingt.Trente.Non, plus que ça : une quarantaine.Joël Magny, dans la monographie qu’il consacre à ce cinéaste, ne tarde pas à insister sur ce fait : « Très tôt, Chabrol a défini sa méthode : tourner beaucoup et, sinon n’importe quoi, tout ce qui se présente quand il n’y a pas mieux à se mettre sous l’objectif.De tous les cinéastes de la Nouvelle Vague.il est celui dont la filmographie ramazov (le père Zossima), l’invita au Vieux-Colombier, où travaillait Charles Dullin.Avec eux, le jeune Jouvet s’initiera au « beau métier » en étant régisseur, accessoiriste, décorateur autant qu’acteur.Sa carrière démontrera que, comme quelques rares artistes de chaque génération, il deviendra un « homme de théâtre » complet, étant autant scénographe que directeur d’acteurs, en un mot metteur en scène.On a vu à Montréal, au Festival du nouveau cinéma, ce spectacle de Brigitte Jaques, Elvire Jouvet 40, où Philippe Clévenot et Maria de Medeiros jouent les leçons que donnait Jouvet au Conservatoire de Paris durant la guerre, à propos de la seconde scène d’Elvire dans Dom Juan.Fascinant dialogue, quête du sentiment dramatique, travail complexe de recherche d’une vérité dans cet art d’illusion, les leçons de Jouvet portent aujourd’hui autant qu’hier.Il disait du théâtre qu’il était une sensibilité éparse en soi, « un appétit de vivre intensément », et il disait plus encore : « C’est, plus fort, plus complet que l’amour, plus facile et plus immédiat que la religion, le sentiment, l’attirance du dramatique.» Qu’il écrive, celui qui aujourd’hui pourrait dire mieux au sujet du théâtre.Le cinéma a fait connaître plus largement l’acteur Jouvet.Glissant Mosca de Volpone, le film de Maurice Tourneur en 1941, l’évêque halluciné de Drôle de drame, de Carné et Prévert, le professeur (un peu lui) d’Entrée des artistes, de Marc Allé-gret en 38, le Don Juan machiavélique de La Fin du jour, de Duvivier, dans tous ces films qu’il a habités et que, récompense suprême, on appelle « un film de Jouvet ».Sur ces pellicules, le comédien perce l’écran avec ce quelque chose d’indéfinis- est la plus chargée : quarante films pour le cinéma, une quinzaine pour la télévision, une vingtaine de pubs.Ce qui implique d’être aussi celui qui a le plus de déchets à son actif.[.] Tournons, il en restera toujours quelque chose et Dieu reconnaîtra les siens» (p.7).Ceci dit, la première bonne idée de Magny aura été de se substituer à Dieu et de « reconnaître les siens » en choisissant les 26 films qu’il aborde dans son livre, laissant de côté plusieurs oeuvres de seconde importance.Sa deuxième bonne idée, dans la lignée de la première, aura été de regrouper les films selon les grands thèmes qu’ils abordent, laissant ainsi de côté une approche chronologique qui n’aurait pu révéler Photo Lipnitzki LOUIS JOUVET.sable qu’on appelle la présence.Carlo Rim ramasse bien dans son journal (Le Grenier d’Arlequin, De-noël, 1981) un portrait de Jouvet : « Étrange bonhomme, à la fois expansif et impénétrable, insolent et timide, confiant et soupçonneux, sarcastique et tendre, sceptique et superstitieux, prônant l’amitié et démolissant ses meilleurs amis.» Jouvet avait toujours un personnage quelque part, qu’il sortait d’une poche de sa mémoire collective, comme autant de facettes d’une même idée de l'homme, multiple et unique à la fois.Heureusement, on peut lire Jouvet.Il a beaucoup écrit, il a toujours noté, et particulièrement pendant la guerre de 39-45 alors qu’il effectua une très longue tournée en Amérique du Sud (il avait refusé la Comédie-Française que le régime de Vichy lui offrait, il quitta la France occupée) avec des lambeaux de sa troupe de la pertinence du travail du cinéaste.« Dieu est mort », « Le désordre so cial », « La bête humaine », « Le se cret derrière la société » : voilà autant de titres révélateurs qui coiffent les chapitres de l’ouvrage en soulignant les constantes de l’univers cha-brolien.Déjà auteur d’un excellent Roh mer (Rivages/Cinéma), Joël Magny y va ici d’un ouvrage convainquant et essentiel, puisque, avant lui, le seul livre en français consacré au cinéaste datait de 1971.Son écriture simple et directe va dans le sens de l’écriture cinématographique de Chabrol, qui est, elle aussi, sans détour.On pourrait relever la part de subjectivité qui a dicté le choix des films analyses — pourquoi pas Les l’Athénée (maintenant l’Athénée-Louis-Jouvet).Flammarion publia ces notes du metteur en scene en 1952 et 1954.Aujourd’hui pour le centenaire Jouvet, on réédite ces deux ouvrages, précieux entre tous pour ceux que le théâtre attire.Dans Témoignages sur le théâtre, des pages entières seraient à citer, sur Dom Juan, sur Tartuffe, sur Knock, de Jules Romains, sur le décor, sur l’acteur (« s’il n’est pas remarqué, rien n’existe des beautés environnantes », dit-il), sur ce qu’il appelle, sans vergogne aucune, « Tunique invention des hommes, tout ce que Dieu leur a laissé dans la malédiction dont ils ont été frappés ».Relire ces réflexions de Jouvet, en 1987, c’est retrouver tout cet appel, tout cet amour que le théâtre propageait déjà dans nos premières lectures de cet acteur inquiet jusqu’à être inquiétant.On ne saurait recommander livres plus inspirés sur le théâtre.Dans Le Comédien désincarné, comme autant de notes sur un babillard généreux, Jouvet multiplie les réflexions incisives sur toutes les questions que soulève le théâtre, sans qu’importe vraiment l’atteinte d’une conclusion.Laissons Jouvet parler : « Nous souhaitons que l’art dramatique ne puisse jamais être considéré comme un instrument de propagande, qu’il ne soit jamais assimilé à une marchandise ou à un troc, la scène à une tribune.Nous souhaitons qu’il cesse d’être tenu pour un commerce ou un trafic; nous souhaitons que l’éducation fasse, au théâtre, à l’art dramatique, la part qui lui est due et qu’il reste ce qu’il a toujours été jusqu’ici et ce qu’il doit rester : une offre, un échange d’amitié et d’amour entre les hommes.» CLAUDE CHABROL.Innocents aux mains sales ?— mais cette subjectivité est assumée par l’auteur et, de toute façon, elle était dictée par l’oeuvre.Claude Chabrol: «Dieu reconnaîtra les siens » CONCOURS «Lire c’est voyager» 1987-1988 La sélection de livres québécois pour la jeunesse de COMMUNICATION-JEUNESSE vous permet de participer à son grand concours «Lire c’est voyager».Procurez-vous un coupon de participation chez votre libraire avant le 31 décembre 1987.Vous pouvez gagner: f m E DthdI WAJjm mmâoÆtuà TIRAGE FIN JANVIER 1988: Les règlements du concours sont disponibles à COMMUNICATION-JEUNESSE, 964, rue Cherrier, Montréal (Québec) H2L 1H7, tél.: 524-2300.GRAND PRIX SPÉCIAL POUR LES LIBRAIRIES En taisant la mise en place des livres québécois de la sélection 1987 de COMMUNICATION-JEUNESSE, les libraires sont éligibles à un tirage d uh billet d'avion de la compagnie AIR CANADA pour Paris, à l'occasion du SALON DU LIVRE DE PARIS en avril 1988 (valeur 1,500 $) Le litjtaire gagnant sera choisi au sort parmi les coupons reçus des participants Ce concours est organisé par COMMUNICATION-JEUNESSE avec la participation du CONSEIL DES ARTS DU CANADA et des commanditaires: ‘ \ AIR CANADA FAMILLE DUFOUR / CROISIÈRES NAVIMEX / JOCUS SALON DU LIVRE DE MONTREAL 10e anniversaire Demain, sur la scène centrale: Le dimanche 22 novembre 12h30 : Le livre : Gargouille de Tristan Demers, éditions Québécor.L’activité : dessin improvisé par Tristan Demers, auteur et éditeur de Gargouille.13h30 : La finale du concours organisé par les Éditions françaises et CKOI-FM, Moi, j’épetle avec Larousse.Le concours a débuté à l’automne dans les écoles, pour se poursuivre sur les ondes de CKOI-FM en novembre.Plus de 40 000 $ seront remis en prix dont un voyage offert par Air-Canada.La finale sera enregistrée par le réseau de télévision Quatre-Saisons et diffusée au Petit Journal.15h00 : Comme un grand livre ouvert Gérard-Marie Boivin se pose la question suivante : Que î lisent nos vedettes?en compagnie d’artistes bien connus du public.17h()0 : Le livre : Ces femmes qui aiment trop de Robin Norwood, éditions Stanké.L’activité : Jeannette Biondi anime une table ronde sur ce phénomène social important.Ses invités sont : Monique Dansereau, iniatrice des groupes de soutien pour les femmes; Michel Laflamme, initiateur des groupes de soutien Entre hommes et Josette Stanké, éditeur adjoint et directrice de la collection Parcours.19h00 : Le livre : L'homme de papier, une réalisation de l’ONF aux éditions Stanké.L’activité : le comédien Denis Bouchard dirige un atelier sur le cinéma d’animation.20h()0 : Le livre : Desafinado, otobiographie d’Hubert Aquin par I Françoise Iqbal, éditions VLB.L’activité: Une table-ronde avec Paul Ohl, Françoise Iq- ; bal et Andrée Yanacopoulo, animée par Jacques Langui- ; rand.Du 19 au 24 novembre 1987 Place Bonaventure Prix d'entrée: 3,00$, 1,50$ (étudiants/aînés), 1,00$ (enfants) A vec la collaboration de La Presse CASTILLO iaichb^üel démon V oubli de carrière, nos religieuses?Hue Cnuilrc Ho lo Mll'Àrwi.lt'Hn n»i fin JiMnn4inn .-4 X A' l < mm » » des soeurs de la Miséricorde, qui de vait être sa thèse de doctorat, Mme Danylewycz se demande, en effet, pourquoi tant de Québécoises après 1840 choisissent de « prendre le voile », Sa thèse est, d'ailleurs, tout entière contenue dans le titre de son livre : l'appel de Dieu est d’autant mieux entendu que la vie laïque n’offre pas grand-chose.Dans le Québec du XIXe siècle, les femmes sont privées de droits politiques, considérées juridiquement incapables, exclues des études supérieures et des carrières, confinées aux emplois durs et scan daleusement mal payés d’institutri ces, de domestiques, d'ouvrières du textile ou du tabac.Les jeunes filles n ont devant elles que les maternités nombreuses et pas toujours choisies de la vie d’épouse ou le mépris, l’isolement et la pauvreté qui assortissent le statut de « vieille fille ».Dans ces conditions, la vie religieuse ou vre à leurs ambitions, autrement étouffées de connaissance et d’action, des possibilités d’épanouissement reconnues et appréciées socialement, des possibilités aussi de promotion, car même une fille de cultivateur ou d’ouvrier peut légitimement espérer accéder aux postes de direction dans sa congrégation.Mais les religieuses de Marta Danylewycz ne sont pas seulement des femmes de carrière; elles sont aussi des féministes.Le dernier chapitre est consacré à ce trio remuant qui a inspiré la biographie si juste et si vivante qu’Hélene Pelletier Baillar-geon a dressée de Marie Gérin-La-joie.Elle-même, sa mère Marie La coste-Gérin-Lajoie et son professeur mère Sainte-Anne-Marie, supérieure de la CND, ont milité chacune à leur façon et de concert pour l’émancipation politique et juridique des fem mes, pour le droit a l’instruction su périeure pour les filles, pour un renouveau de la vie religieuse et pour une plus étroite et égale collabora tion entre soeurs et laïques dans l’action sociale.Or, même si elles comptent des compagnes de lutte et même si la CND promeut dans ses programmes d’étude une vision très positive des femmes, ces trois militantes restent relativement exceptionnelles dans la société bourgeoise et religieuse de leur temps et il sem ble abusif de faire des communautés les hauts lieux du féminisme au début du siècle.Oserai-je le dire ?L’ensemble de la thèse de Marta Danylewycz me semble souffrir de cet excès de gé néralisation.Sans nier quq la vie consacrée ait élargi l’éventail des act vités professionnelles offertes aux femmes, il faut souligner que l’au teur elle-même, en une courte page, n’évalue qu’à une sur six au maximum le nombre de religieuses des deux communautés qui occupent des postes d’initiative ou de direction.Et, sans sous-estimer le dyna nnsme et les capacités des supérieures, ni leur autorité ou l’étendue réelle de leur pouvoir, il aurait fallu mentionner à uuel point les communautés restent a cette époque encore soumises à l’évêque.En faisant des religieuses des femmes d’abord soucieuses de leurs aspirations individuelles de carrière, non seulement Marta Danylewycz a-t-elle restreint l’ampleur de leurs motivations, mais elle a oublié que dans la famille québécoise rurale du siècle dernier, si fortement intégrée et communautaire, les destins personnels sont bien souvent l’affaire du groupe tout entier.L’anachronisme qui entache cette étude fait qu’une véritable histoire de la vocation re ligieuse féminine au Québec reste encore à écrire.Temps gagné, temps perdu TEMPS ET CONTRETEMPS Gaston Pineau éditions Saint-Martin colt.« Éducation permanente » 1987, 165 pages CHANTAL BEAUREGARD DIFFICILE de ne pas songer, dès l’abord, à un essai philosophique.Dans les premiers chapitres, l’auteur remet discrètement en cause certaines idées reçues sur la chronologie sociale : date, heure, âge.Il tire du langage courant des exemples fort bien choisis de l’assujettissement des individus à une conception homogène du temps, la même pour tous.En lait, cette organisation sociale du temps, qui se maintient notamment par le respect des horaires, enferme l'individu dans une universalité où « être dans le temps évoque plus être à l’heure que prendre son temps ».Mais comment échapper à la schizo-chronie - cette coupure du temps, coupure d’avec de nombreux rythmes naturels — qui caractérise la vie moderne et que consacre en partie l’éducation ?Selon Gaston Pineau, c’est tout le système de datation qu’il faudrait réactualiser afin qu’il retrouve sa « fonction initiale de synchronisation écologique ».Ce que cet ouvrage suggère donc, c’est une autre conception du temps non plus linéaire, mais circulaire.Comme s’il fallait, en d’autres mots, laisser sa chance au hasard.Ce livre refuse le recours trop facile aux explications toutes faites.Cependant, que de détours avant d’arriver au coeur du sujet, la formation permanente, en troisième partie.Toute la deuxième partie traite des histoires de temps et les références à Jacques Attali abondent.L’auteur parle, tout d’abord, du lien entre mesure du temps et ordre social.Toutefois, les courts chapitres se succèdent trop rapidement de sorte que les idées ne sont pas toujours approfondies et la logique entre les chapitres n’est pas toujours évidente.Parfois théoricien, tantôt chroniqueur, M.Pineau passe en revue quelques conceptions du temps qui, du reste, évoluent.Souvenons-nous, par exemple, qu’après de longues luttes, certains travailleurs ont obtenu l’horaire variable.C’est dire que la conception du temps de travail, comme celle du temps de loisir, peut se transformer.Non seulement les différentes façons d’organiser le temps varient, notamment selon la culture, la classe sociale ou la catégorie socio professionnelle, mais aussi tous les êtres humains intério l isent plusieurs rythmes auxquels ils réagissent : celui du jour et de la nuit, des saisons, des années, les cy- cles de la faim et de la respiration, etc.Chaque individu réagit également de façon différente face au temps, comme le démontre une typologie des personnalités (p.87), allant des résignés aux gagnants.Si l’idée de départ me semble attrayante — échapper aux contraintes du temps — hélas ! son applica lion au champ de l’éducation permanente m’a déçue.Les bonnes intuitions ne suffisent pas.Et l’auteur ne tient qu’imparfaitement sa pro messe de faire gagner du temps.AU SALON DU UVRE DE MONTRÉAL L’AVENIR | DU FRANÇAIS AU QUÉBEC YVES BEAUCHEMIN GASTON NURON LUC PERREAULT NU A RIDDEZ Venez rencontrer au Salon du livre de Montréal quatre des 17 auteurs du collectif L’Avenir du français au Québec, Le dimanche 22 novembre de 14h00à 16 h 00 au stand 201 des Éditions Québec/Amérique % QUÉBEC ! AMÉRIQUE % LE PLAISIR fa LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 ¦ D-7 MICHEL DEL CASTILLO Le démon de l’oubli est un livre rare.Dense, limpide et débordant du bonheur d’écrire.Marie-Claude Fortin/Revue Voir Un livre implacable qui nous condamne à voir.Michèle Gazier!Télérama L’un des écrivains les plus émouvants de sa génération.Sylvie Genevoix!L’Express Un véritable bonheur de lecture.Pierre Drach line Ile Monde Editions du Seuil Femmes TAKING THE VEIL, AN ALTERNATIVE TO MARRIAGE, MOTHERHOOD AND SPINSTERHOOD IN QUEBEC, 1840-1920 Marta Danylewycz Toronto, McClelland & Stewart.1987, 203 pages LUCIA FERRETTI PEUT-ÊTRE parce qu’elles ont fait si longtemps partie intégrante de notre paysage social et culturel, on ne s’était pas encore vraiment interrogé sur la vocation des religieuses.Le mérite en revient à Marta Danylewycz.Dans cette étude des soeurs de la congrégation de Notre-Dame et « Il semble abusif de faire des communautés les hauts lieux du féminisme au début du siècle.» PHOTO AP «Libre», dites-vous.LE LIBRE-ÉCHANGE, VRAIMENT LIBRE?Jean Blouin Institut québécois de recherche sur la culture, 1986, 134 pages PIERRE CAYOUETTE TOUS EN SERONT atteints et tous en possèdent une vague opinion.Mais à peu près personne ne sait vraiment ce qu’est le libre-échange.L’auteur Jean Blouin a deux grandes qualités.D’abord, il est honnête.C’est pourquoi il avoue, dès l’exergue, « avoir pillé sans vergogne les idées et souvent les mots des économistes, des universitaires et des autres spécialistes du libre-échange ».Ensuite, il est journaliste.En somme, il sait se faire comprendre du lecteur.À défaut de maîtriser les méandres de l’économie, il possède l’art très rare d’économiser les mots.C’est peut-être pourquoi il réussit là où tant de politiciens et de spécialistes échouent.En 134 pages, il définit ce qu’est le libre-échange.Après la lecture de l’ouvrage, le lecteur moyen en sait suffisamment pour entretenir une conversation intelligente sur le sujet avec les honnêtes gens.D’entrée de jeu, Jean Blouin propose un lexique très commode qui permet une fois pour toutes de savoir ce qui se cache derrière les termes de « barrières non tarifaires », « tarif », « dumping » et tous les autres mots pour le dire.Il enchaîne aussitôt avec une remarquable « petite histoire du commerce international, du protectionnisme au libre-échange ».Puis, dans un second chapitre, il explique pourquoi le Canada et les États-Unis sentent le besoin maintenant de conclure une entente.On comprendra que l’ouvrage, paru à la fin de 1986, a été publié avant l’accord historique.Il définit ensuite clairement les enjeux de la libéralisation du commerce, avant de peser le pour et le contre en examinant les positions des provinces, des divers secteurs économiques et des syndicats.Jamais il ne réduit, comme l’ont fait tant d’autres journalistes, le libre-échange à une seule question politique.L’auteur examine encore — l’exercice est fort utile — le traité de libre-échange États-Unis/Israël.Puis, il conclut sagement : « Le libre-échange n’est pas la panacée à tous les maux économiques du Canada.Mais l’opposition au projet ne doit pas masquer la nécessité de réformes économiques profondes.» Il nous laisse, enfin, sur cette prophétie : « Toute cette mise en scene, toute cette énergie pour accoucher d’une souris ! ».Comme s’il avait lu l’accord un an avant sa conclusion ! L’enfance, denrée LE QUÉBEC À L’HEURE DU NAUFRAGE DÉMOGRAPHIQUE Cahiers canadiens de sociologie/ The Canadian Journal of Sociology, volume 12 numéro 1-2 (printemps 1987) JEAN-CLAUDE SURPRENANT GARY CALDWELL et Daniel Fournier redéfinissent ainsi en termes démographiques « la question du Québec ».Leur analyse est publiée par les Cahiers canadiens de sociologie, dans un dossier regroupant plusieurs auteurs qui réfléchissent à cette question.Le bilan offert rend partiellement compte des transformations subies par la société québécoise aux niveaux démographique (G.Caldwell et D.Fournier), économique (J.Hamel et G.Houle), culturel et politique (M.Fournier, M.Rioux) et sociologique (L.S.Laczko).Caldwell et Fournier dressent ce tableau : le Québec se dirige vers un déclin de sa population en termes réels d’ici l’an 2000.La cause ?Un taux de natalité très bas joint à une immigration négative.Un tel déclin a des conséquences sérieuses aux ni-veaux.politique, économique et social.Au plan économique, il y a augmentation des coûts des services sociaux à la suite du vieillissement de la population.Mais aussi, une réduction des investissements au Québec et même un désinvestissement causé par une population déclinante incapable de supporter le niveau d’investissement actuel.Ces conséquences économiques ont un impact social : stagnation au niveau de l’emploi et gaspillage de talent.Perte de dynamisme, donc, et gaspillage de ressources humaines.A partir des réflexions de MM.Caldwell et Fournier, on conclut à l’urgence de redonner à la société québécoise son dynamisme démographique.À défaut de pouvoir renverser la vapeur à court terme avec une politique nataliste, il reste l’immigration.Par-delà le problème des immigrants illégaux, il faut donc contrôler l’immigration.La question du nombre est presque réglée : l’entente du rare lac Meech clarifie les pouvoirs du Québec en matière d’immigration et lui assure une proportion minimum de l’immigration totale.Une fois assuré un influx de population suffisant, l’intégration de cette immigration à la culture québécoise et francophone est prioritaire.À cet égard, la loi 101 a été efficace (Caldwell et Fournier) et doit le rester.Il importe de donner la certitude aux immigrants que vivre en français est rentable.Et pour cela, il faut y croire nous-mêmes et aller au-delà de la logique néo-libérale qui réduit la société à l’ensemble de ses activités économiques, faisant de l’État, de la culture et des autres éléments de la vie sociale des anachronismes nuisibles.La société québécoise doit éviter le naufrage démographique pour assurer au Québec la capacité de se redéfinir et de renouveler de façon réaliste sa foi en l’idéal social-démocrate.Elle doit donc s’ouvrir sans hésiter à l’immigration et passer rapidement par-dessus la xénophobie causée par la question des immigrants illégaux. D-8 ¦ Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR La terre aux paysans ! LA NOUVELLE RICHESSE DES NATIONS Guy Sorman Paris, Fayard, 1987, 334 pages PIERRE-Y.LAURIN L’AGRONOME bien connu René Dumont est un homme vénérable.Ses livres sur la faim dans le tiers monde et sur les problèmes d’approvisionnement alimentaire dans ces pays ont été de grands succès.Dans LE DEVOIR du 20 septembre dernier, il nous expose la situation problématique de l’Asie, où la famine menace toujours.Au passage, il étrille le dernier ouvrage de l’économiste français Guy Sorman.à la lumière de ces critiques (et des autres qu’il va sûrement provoquer), ce livre ne sera pas un grand succès.Cette enquête, menée dans une vingtaine de pays en développement, ne plaira pas car elle ne propose pas de solution simple, rapide et efficace aux problèmes criants qui accablent ces populations.Il est, pourtant, de grande qualité.Et, sous la plume de M.Sorman, la performance étonne : souvenons-nous d'un de ses précédents ouvrages (La Solution libérale, Paris, 1984) où les constructions théoriques douteuses (le nouveau libéralisme.) voisinaient joyeusement avec les as- sertions ronflantes sur les vertus de l’État réduit à sa plus simple expression.Dans ce cas-ci, il ne s’est pas satisfait de bâtir des théories qui ronronnent et tiennent bien la route in abstracto.Il a évité les généralisations et s’est contenté de parler avec les paysans.Nous lui sommes aussi très reconnaissants de nous avoir fait l’économie de la commisération qui tisse normalement les récits de voyages et les enquêtes au tiers monde (et qui font parfois passer les habitants pour des espèces de demeurés, incapables de faire des erreurs comme tout le monde !).Sa thèse est simple et tient en quelques lignes : leur décollage passe par une réforme agraire réelle, mettant de côté la collectivisation des terres (qui n’a jamais fonctionné).L’auteur est très précis en ce qui concerne les grandes fermes d’État : il l’est moins avec les domaines possédés par les « happy few » qui sont parfois peu ou pas du tout exploités.Mais la logique est la même, et le remède fort simple : le paysan doit devenir propriétaire de sa terre.Il est important que l’État se dégage, mais M.Sorman lui reconnaît (c’est presque étonnant) une grande utilité : assurer un cadre légal stable et incontestable; mettre un accent important sur l’éducation ; soutenir les prix de certaines den- rées alimentaires.Au passage, il nous livre, pourtant, quelques remarques qui sont littéralement insoutenables : débarquant au Chili, il s’interroge avec candeur sur l’apparent calme du pays.Là où il croyait rencontrer une armée sur le qui-vive, harcelant une population apeurée, il n’a vu que des gens ordinaires qui n’avaient pas l’air de mal vivre.Or c’est là faire bon compte de la liberté, thème si cher à M.Sorman : c’est aussi oublier que ce peuple « calme » a, en fait, été matepar une police qui faisait (et fait encore) bon marché des droits de l’homme les plus élémentaires.Mais, à part ces assertions malheureuses (distraction d’un voyageur pressé ?), son travail est fondamental.Il pose en termes simples des questions d’une brûlante actualité.Mais il est clair qu’on n’appréciera pas chez les bien-pensants du tiers-mondisme.Comme dans le cas de Pascal Brückner (dont le remarquable ouvrage Le Sanglot de l’homme blanc, Paris, 1983, a été décrié par tout le monde, mais lu par personne), M.Sorman risque de voir son livre brandi comme un exemple encore plus probant du mépris de l’Occident pour les pauvres du monde.Quand on pense qu’il ne fait que demander que la terre soit rendue aux paysans.: r i -———i Le Cray IS-1300, l'ordinateur le plus puissant au Canada PHOTO CP Les puces du «village global» Une justice en sursis JUSTICE DELAYED Nazi War Criminals in Canada David Matas et Susan Charendoff Toronto, Summerhill Press 1987, 275 pages ARTHUR HIESS L'auteur est co-président de l’Institut canadien des droits des minorités.ON IMAGINE mal MacKenzie King, Louis Saint-Laurent, Camilien Houde ou Pierre Trudeau protégeant des criminels nazis ou refusant de les retracer et de les poursuivre.C’est pourtant une des surprises auxquelles doit s’attendre le lecteur de Justice Delayed.Depuis que le procès de Klaus Barbie en France et celui de Demjanjuk en Israël nous ont remis à l’esprit les horreurs perpétrées par les nazis, nous avons du mal à concevoir que quiconque veuille les voir échapper à la justice.Dans Justice Delayed, on découvre que Saint-Laurent, premier ministre du Canada de 1948 à 1957, se fit le protecteur du comte Jacques de Bernonville, célèbre bras droit de Klaus Barbie.Tortionnaire impénitent du « régime Barbie », de Bernonville arriva au Québec déguisé en curé ! Vivant tranquillement à Montréal avec sa femme et ses trois enfants, il fut jugé pour trahison et con- Respect RAPPORT 1987 Amnistie internationale Méridien/AEFAI, 287 pages GUY FERLAND « CE RAPPORT 1987 traite des atteintes aux droits de la personne commises par les gouvernements dans 129 pays.Il évoque l’incarcération d’hommes et de femmes qui ont exprimé sans violence leur désaccord avec les orientations officielles.Il fournit des informations sur des prisonniers politiques détenus sans avoir eu la possibilité de se défendre au cours d’un procès public équitable.Il décrit les tortures et les mauvais traitements infligés derrière les murs des centres de détention, des prisons et des camps militaires.» Amnistie internationale, c’est : 500,000 membres et adhérents; 3,744 groupes dans plus de 150 pays et territoires; des sections dans 44 pays; 4,247 détenus adoptés comme prisonniers d’opinion; 1,952 prisonniers libérés; 1,792 nouveaux dossiers ouverts et 391 actions urgentes en faveur de près de 2,000 personnes dans 73 pays.damné à mort « in absentia » par le tribunal de Toulouse.Reconnu par un ancien résistant, de Bernonville fut ardemment défendu par les milieux religieux et nationalistes du Québec des années 50 sous le leadership de Camilien Houde, alors maire de Montréal.Pierre Trudeau, par ailleurs assez audacieux et capable d’imposer ses vues sur le bilinguisme au Canada et les droits des minorités linguistiques, n’osa pas poursuivre les criminels de guerre nazis de peur de créer des tensions que la société canadienne n’était pas assez forte pour supporter.Cette attitude timorée trouva un écho en la personne de Martin Low, alors avocat pour le ministère de la Justice, chargé par le ministre Kaplan de présenter au gouvernement les avenues légales que le Canada pourrait utiliser pour poursuivre ou extrader les criminels de guerre nazis.C’est donc en 1981 que Martin Low dirigea une commission intergouvemementale dont le rapport fut gardé secret jusqu’en 1985.Le rapport Low s’employait laborieusement à démontrer que, sur le plan légal, le Canada ne pouvait rien faire.C’était justement ce que le Canada avait fait depuis 40 ans : rien.S’appuyant sur des arguments fallacieux et une interprétation la plus étroite possible du code pénal et de la charte canadienne des droits, le rapport Low concluait que de nouvelles dispositions dans le code pénal pour couvrir les criminels de guerre nazis constitueraient une violation de la charte des droits et libertés et de l’entente internationale sur les droits politiques et civils qui interdisent les poursuites rétroactives.Les auteurs de Justice Delayed reprennent pied à pied les arguments du rapport Low.Ils démontrent, entre autres, qu’en réalité, ces deux chartes acceptent des exceptions à la règle contre les poursuites rétroactives dans les cas de crimes reconnus comme tels par le droit international.Les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité sont condamnés par le droit international et étaient reconnus par la communauté internationale même avant la Deuxième Guerre mondiale, nous disent les auteurs.Mais, si la justice a été retardée, elle n’a pas nécessairement été arrêtée.En 1982, le Canada se décidait enfin à expulser Albert Helmut Rauca, accusé du meurtre de plus de 10,000 juifs lithuaniens et recherché depuis 30 ans.En 1987, la commission Deschênes déposait son rapport d’enquête sur les criminels de guerre, après deux ans d’audiences publiques.Les auteurs, David Matas et Susan Charendoff terminent leur livre par un vibrant plaidoyer : le temps presse, bientôt tous les survi- vants de l’holocauste auront disparu; les criminels nazis vont mourir de leur belle mort sans avoir jamais eu à rendre compte de leurs actes odieux.Convaincus que le gouvernement Mulroney détient tous les atouts en main pour poursuivre au moins la vingtaine de criminels nazis reconnus par la commission Deschênes et sur lesquels elle a fourni beaucoup d’information, les auteurs expriment leur impatience.On reste étonné que rien n’ait encore été fait alors que le rapport Deschênes est déposé depuis 11 mois et que le premier ministre Mulroney a endossé les recommandations du rapport, notamment celle à l’effet de poursuivre les criminels de guerre au Canada.LA MACHINE UNIVERS Pierre Lévy Paris, La Découverte, 1987 GEORGE TOMBS COMMENT réagir au bouleversement que représente la toute-puissante culture informatique ?Comment, lorsqu’on se trouve face à l’intelligence artificielle, ne pas laisser échapper cette plainte : « Et moi, est-ce que je ne risque pas de devenir superflu, avec mon intelligence toute simple, naturelle, humaine ?» En effet, comme le démontre Pierre Lévy dans La Machine univers, l’ordinateur est en train de remporter une victoire fulgurante sur la personne.Le calcul subordonne le langage, l’abstrait remplace le vécu, les variantes si vitales entre cultures, moeurs, valeurs à travers le monde risquent de disparaître, une fois réduites, simplifiées, codées par cette machine universelle qu’est l’ordinateur.Ce livre est incontestablement le plus important qui ait jamais été écrit sur la culture informatique, d’un point de vue humaniste et informatif.Il démontre clairement les enjeux pour nous tous de l’ère des ordinateurs, où certains chercheurs veulent réduire la condition humaine, l’âme, la pensée, la sensation à de simples traitements mécaniques de données.Certains auteurs ne cessent de se demander si l’intelligence artificielle ne serait pas une impossibilité logique.D’autres font miroiter l’épanouissement imminent de l’espece entière, grâce à l’informatique, ou font ressurgir les angoisses les plus viscérales que peuvent avoir leurs lecteurs.Mais Lévy, chercheur associé à Enfance et communication ALLIANCE ET MÉSALLIANCES DANS LE DIALOGUE ENTRE ADULTE ET BÉBÉ La communication précoce dans la famille Élisabeth Fivaz-Depeursinge Neuchatel/Paris, Delachaux et Niestlé coll.« Actualités pédagogiques et psychologiques » 1987, 212 pages RENÉE HOUDE PAREILS à deux comédiens qui improvisent, parent et bébé s’engagent, on ne peut plus naturellement, dans les plaisirs de la communication où vocalises, mimiques, regards, caresses, roucoulements et postures se répondent.N’y a-t-il pas de quoi s’étonner de cette installation spontanée des rôles et des répliques où alternent écoute et expression ?N’y a-t-il pas de quoi s’étonner de ces alliances et de ces mésalliances ?Élisabeth Fivaz-Depeursinge cherche à décrire comment l’adulte encadre corporellement son bébé et comment le bébé y répond.Après une revue de la littérature sur la communication et l’interaction, puis sur l’alliance communicationnelle, elle nous présente ses hypothèses et sa méthode de microanalyse des interactions corporelles et visuelles entre adulte et bébé.Elle observe le jeu du dialogue après de 16 familles suisses — huit des 16 mères ont un dossier psychiatrique — pendant la LES MÉDICAMENTS, FAUT PAS EN ABUSER!.période du post-partum, en étudiant les couples père-bébé, mère-bébé ou étrangere-bébé.Ceci la conduit à établir des règles du maintien et du regard dans le jeu du dialogue.Cette recherche s’inspire de la théorie écosystémique de la communication qui s’est grandement préoccupée de la communication dans la famille.« La communication, d’un phénomène secondaire au fonctionnement mental de l’individu, est devenue un paramètre du développement » (p.20).À lire par ceux qui se passionnent pour la communication non verbale entre nourrissons et adultes ! l’École polytechnique de Paris, nous invite à penser l’informatique.« Que sont la mémoire, la perception, l’intelligence ?, nous lance-t-il.Qu’est-ce que l’homme, enfin ?Que l’on construise des machines, que Ton teste des hypothèses formelles au sujet de la cognition, que les ingénieurs du concept mettent en algorithmes des compétences de plus en plus étendues, fort bien.Mais de grâce, ne nous figurons pas toucher au coeur battant de la pensée.» C’est ainsi que Lévy écarte la pos-sibilité de quantifier l’esprit, l’âme.Au fond, les chercheurs essaient d’objectiviser le sujet, de traiter le transcendental comme de l’empirique, de voir même dans nos procès-, sus biologiques (réseaux de neurones) de simples mécanismes simulates.Comment en est-on arrivé là ?L’auteur souligne que l’ordinateur, est le produit par excellence de la ci-, vilisation occidentale, celle qui, depuis les Grecs, a cherché à rompre : avec la tradition historique pour réa-, liser, d’une part, des idéaux abstraits et, d’autre part, la maîtrise des ryth-.mes de la nature.C’est ainsi que Lévy rompt avec les lieux communs véhiculés depuis si longtemps par les apôtres de Marshall McLuhan, à savoir qu’on serait dans un village global, relié instantanément par l’électronique.L’épiphanie, l’épanouissement technologiques tant attendus, ne se produiront donc pas ! Quoi qu’il en soit, on a si souvent évoqué ce « village global » qu’il a perdu tout sens.Et l’histoire, l’expérience même sont au point de se dissiper.Santé et Services sociaux Québec François Côté, libraire.Vendredi et samedi, 12 à 17 hres et sur rendez-vous 1840 Amherst, Montréal, Québec H2L 3L6.Tél.: (514) 523-0182.La solution idéale pour tous vos cadeaux de Noël se trouve chez Flammarion Scorpion .à cause .V.V.V.* I.V.V.V.V.V 0 9 0 9 0 0 9 0 • • • 0000000000 • • 0 « 9 0 0 0 0 0 0 0 0* 0 0 0 0 0 0 0 * 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 00000009 0 9 0 0 ¦0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 * >0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 01 » 0 0 « 0 0 0 0 0 0 0 0».¦ 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 • ••••• 0 0 0 0 0 0 01 * 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 *0 !• 1 •••••••• 099 0*0 • du choix rayonnant • de votre goût de l’inédit • des libraires à la page • du livre qu’il leur faut ’.V.V.V.V.VVV VVAVVWV'l V$S$SSSS4&8$n Les librairies ,v.v.v.v.v.v.*.;.v> flammarion scorpion 124.1 Universits H66-63HI • 4380 St-Denis 284-36HH • Galeries d Anjou 351-8763 • Centre Laval 6HH-5422 Carrefour An^ri^nun 365- 4432 • Mail Champlain 465-2242 • Galeries de Terrebonne 492-568H SALON DU LIVRE DE MONTREAL 10e anniversaire Demain, sur la scène centrale: Le dimanche 22 novembre 12h30 : Le livre : Gargouille de Tristan Demers, éditions Québécor.L’activité : dessin improvisé par Tristan Demers, auteur et éditeur de Gargouille.13h30 : La finale du concours organisé par les Éditions françaises et CKOI-FM.Moi, j'épelle avec Larousse.Le concours a débuté à l'automne dans les écoles, pour se poursuivre sur les ondes de CKOI-FM en novembre.Plus de 40 000 $ seront remis en prix dont un voyage offert par Air-Canada.La finale sera enregistrée par le réseau de télévision Quatre-Saisons et diffusée au Petit Journal.15h00 : Comme un grand livre ouvert Gérard-Marie Boivin se pose la question suivante : Que lisent nos vedettes?en compagnie d'artistes bien connus du public.16h00 : Le livre: La Vie d’artiste de Louis Caron, éditions du Boréal.L’activité: un hommage aux 50 ans de l’Union des artistes.L’UDA invite le public à venir célébrer cet anniversaire.Des suprises vous y attendent.I7h00 : Le livre : Ces femmes qui aiment trop de Robin Norwood, éditions Stanké.L’activité : Jeannette Biondi anime une table ronde sur ce phénomène social important.Ses invités sont : Monique Dansereau, iniatrice des groupes de soutien pour les femmes; Michel Laflamme, initiateur des groupes de soutien Entre hommes et Josette Stanké, éditeur adjoint et directrice de la collection Parcours.I9h00 : Le livre : L'homme de papier, une réalisation de l’ONF aux éditions Stanké.L’activité : le comédien Denis Bouchard dirige un atelier sur le cinéma d’animation.20h00 : Le livre : Desafinado, otobiographie d'Hubert Aquin par Françoise Iqbal, éditions VLB.L’activité: Une table-ronde avec Paul Ohl, Françoise Iqbal et Andrée Yanacopoulo, animée par Jacques Langui-rand.Du 19 au 24 novembre 1987 Place Bonaventure Prix d'entrée: 3,00$, 1,50$ (étudiants/aînés), 1,00$ (enfants) A vec la collaboration de La Presse "T-T"—"-TTT Le Devoir, samedi 21 novembre 1987 D-9 LE PLAISIR /](’< LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es T • livres Claude Hagège, optimiste de la langue LE FRANÇAIS ET LES SIÈCLES Claude Hagège Paris, éditions Odile Jacob 1987, 260 pages MARCEL FOURNIER LE LINGUISTE français Claude Hagège quitte un moment sa chaire du Collège de France pour s’engager dans la polémique.Élaboré d’une manière rigoureuse et sur la base d’exemples concrets, son diagnostic est clair : certes, il y a eu, comme le notent les gardiens du bon usage, de nombreux emprunts, mais « l’anglais n’a pas atteint le noyau dur de la langue française ».L’ouvTage de Claude Hagège nous offre une bouffée d’air frais et nous invite à un optimisme de bon aloi : les emprunts sont le plus souvent absorbés, à terme, par DISCOURS D’OSLO Élie Wiesel Paris, Grasset, 1987 CLÉMENT TRUDEL DEUX BRÈVES allocutions du prix Nobel 1986, prononcées à Oslo : « Ai-je le droit ?et « L’espoir, le désespoir et la mémoire », viennent d’être réunies en plaquette chez Grasset.Il y a là un témoignage dense, plein d’émotion, quasi haletant.Élie Wiesel s’y révèle le chantre à la fois horrifié et fasciné par l’ampleur d’une tragédie; le plaideur entièrement voué à procurer à Israël un horizon « libre de toute haine et de tout péril ».Ce qui le poussera à évoquer les Palestiniens « frustrés » et « désespérés », tout en se disant sensible à leur souffrance : « Mais je déplore leurs méthodes quand elles débouchent sur la violence.» Il dira aussi qu’il « est possible de résister à la violence autrement que par la violence », sans indiquer par quelle praxis, cependant.L’auteur du Chant des morts et du Testament d’un poète juif assassiné reprend la question lancinante : « Le monde n’aurait-il rien appris ?», pour aussitôt affirmer : « C’est pourtant pour le sauver que nous invoquons la mémoire.» Combattre l’oubli et le mensonge, car « oublier c’est se choisir complice».Rappeler qu’« aussi longtemps qu’un dissident restera en prison, (ou qu’un enfant aura faim), notre liberté ne sera pas entière ».Telle est la préoccupation de cet la langue qui les reçoit et contribuent à l’enrichir.La pureté interne du français est donc moins menacée qu’on le croit.S’il y a un problème, c’est plutôt du côté de la promotion internationale du français.L’enjeu se déplace, de la France à l’ensemble de la francophonie.Pour sa part, Hagège considère que « le maintien du français à un bon niveau international » constitue un dessein rationnel; il croit aussi que « la cause du français comme langue de l’Europe peut raisonnablement être plaidée, sans rodomontades ni subreptions».Son grand rêve est de voir le français « jouir derechef, un jour, du privilège de l’universalité ».Quelle autre langue mieux que le français peut représenter une « troisième voie d’expression écrivain-prêcheur aux accents touchants lorsqu’il fustige les guerriers (« qui n’ont pas bonne presse dans le Talmud ») et lorsqu’il dégage le caractère contemporain (?) de Job.« Bien sûr, nous ne sommes pas en mesure d’éliminer la guerre, mais le moins que nous puissions faire, c’est de ne plus la glorifier et de la montrer dans son abjection hideuse .elle ne laisse pas de vainqueurs, elle n’engendre que des victimes.» C’est là un discours noble, une voix courageuse qui n’a rien à dire de louangeur sur la haine comme ressort de l’Histoire.Wiesel a l’art de parler en mystique aux stratèges, souvent cyniques, de tous les blocs ; de pousser à fond le paradoxe d’un oubli guérisseur et insidieux, si Ton prend en compte les fruits du « fanatisme religieux », des « hystéries collectives », des « tentations totalitaires », du racisme, de l’antisémitisme (aussi aberrant que l’apartheid, dira Wiesel) et de la « haine tonitruante ».Même si ces textes se rattachent à un contexte où la gratitude est de mise (l’écrivain accroît son prestige par un tel prix), il est bon de les relire avec les yeux de l’enfant qui a survécu à l’holocauste.C’est, d’ailleurs, ce que fait fréquemment Wiesel, en se demandant si le silence ne constituerait pas le plus éloquent des témoignages.« Leurs tombes, c’est nous qui les portons en nous », dit-il des victimes juives (il n’oublie pas, non plus, les autres groupes voués par les nazis aux fours crématoires).Ces Discours d’Oslo ont pu paraî- entre celles qui traduisent les idéologies des deux blocs, soviétique et américain » ?Qui mieux que l’espace francophone peut répondre à l'aspiration d’indépendance culturelle de nombreux peuples ?Après avoir détruit quelques mythes — par exemple, la clarté de la langue française — Hagège nous en offre donc un nouveau lorsqu’il associe étroitement la culture et la langue françaises à « l’image de la liberté que la Révolution (française) a imprimée dans les esprits ».Notre savant universitaire s’aventure hors du « carré des linguistes ».et d’analyste qu'il était, il se fait homme d’action.Pour l’entreprise de longue haleine qu’est la promotion internationale du français, Hagège identifie divers préalables, dont le respect des langues autres que le français aussi PHOTO AP ÉLIE WIESEL, prix Nobel de la paix 1986.tre intégralement dans des revues mais les avoir sous la main, quand il faut traiter de la récurrence de l’intolérance et de l’oppression, c’est pousser jusqu’à ses limites le désespoir « et bien au-delà, afin de le transformer en un appel puissant et irrésistible à l’espérance ».N’est-ce pas là la mission la plus courante des plus éloquents porte-parole d’un peuple décimé, voué à rêver un destin plus humain ?Wiesel, l’espoir et le désespoir Les Bourbons aujourd’hui ÉTAT PRÉSENT DE LA MAISON DE BOURBON Paris, éditions du Léopard d’or 1987, 244 pages YOLAND SENÉCAL LES BOURBONS d’aujourd’hui représentent la seule branche subsistante, en ligne légitime, des Capétiens, et Ton marque cette année le millénaire de l’accession au trône de Hugues Capet.Ils sont issus des deux fils de Louis XIII, Louis XIV et Philippe, duc d’Orléans, et peuvent se targuer de la plus ancienne filiation généalogique masculine connue hors de toute contestation : 852.L'État présent.recense les Bourbons d’aujourd’hui, sous forme d’annuaire, en les rattachant à leurs différentes branches.De même, l’historique, l’héraldique, les titres, les ordres sont bien présentés.On regrettera l’absence de dimension sociologique et biographique dans les notices; mais nous savons, par ailleurs, que la position sociale des Bourbons est généralement élevée.La maison de Bourbon règne toujours sur l’Espagne et le Luxembourg, à travers des descendants de Philippe V d’Espagne, petit-fils de Louis XIV.Le chef de la maison — l’aîné dans la primogéniture — est le duc de Cadix, cousin germain de Juan Carlos.Du même Philippe V sont issues également d’autres branches qui furent souveraines en Italie avant l’unification : la maison royale des Deux-Siciles et la branche de Parme.La maison royale de France, dont le chef est le comte de Paris, est issue de Louis XIII par la ligne d’Orléans.On sera plus étonné de l’existence, chez les Orléans, de la maison impériale du Brésil ! En effet, le comte d’Eu, petit-fils de Louis-Philippe, épousa l’héritière de la couronne du Brésil, qui descendait de la famille royale de Portugal.Il faut, en revanche, négliger — et contester — la_ position prise par les auteurs de VÉtat présent.en ce qui a trait à la succession de France, posée en 1883 après le décès du comte de Chambord, dernier de la ligne issue de Louis XV.Pour eux, la renonciation faite par Philippe V au trône de France pour lui et ses descendants n’est pas valide en droit.Ainsi, la branche aînée espagnole en serait l’héritière au détriment des Orléans.Lors du séjour du comte de Paris au Québec, on a entendu certains commentaires là-dessus.Remettons les choses au point.Il y avait effectivement en France des lois fondamentales situées au-dessus de la volonté du roi et des princes.Celles-ci, qui s'imposèrent peu à peu dans le temps, touchent à la masculinité (loi dite salique) et à la catholicité.Or la renonciation de Philippe V ne contrevient à aucune de ces lois.Il est même possible de montrer qu’elle va dans le sens de la première; car, comme l’écrivait Pierre de Belloy en 1586, l’exclusion des femmes n’est pas fondée sur « l’imbécilité et infirme condition du sexe (féminin), laquelle se trouve trop souvent aussi au sexe masculin; mais principalement pour empêcher qu’elle (la couronne) ne tombe en étrangère main.» Ces dispositions ont, de plus, reçu l’aval du temps : jamais sous l’ancienne monarchie puis sous la Restauration, les descendants de Philippe V ne furent considérés comme membres de la maison de France.En droit, le comte de Paris est bien l’héritier du trône.Mais il a beaucoup d’ennemis qui ne cachent pas leur repulsion pour la tradition libérale de l’orléanisme.Prudence faite sur la question successorale, l’État présent.est digne d’intérêt pour l’historien, le généalogiste, l’héraldiste ou le simple curieux.LE ROMAN DE NOTRE ÉPOQUE MYRIAM PREMIÈRE DE FRANCINE NOËL Ce deuxieme roman de Francine Noël, où l’humour et l’imagination ne font jamais défaut, fait vivre des dizaines de personnages attachants ou burlesques, avec, en toile de fond, l’année 1983: l’après-référendum.la démobilisation, la désillusion amoureuse, mais aussi l'embrasement de l’Amérique latine, l’affirmation féministe, etc.La fin d’une époque ou le début d’une ère nouvelle?Avec un talent et un art inégalés, Francine Noël jette un regard juste et profond sur notre société.Une suite prestigieuse à Maryse\ 536 pages —19.95$ En librairie dès le 23 novembre! Réservez dès maintenant votre exemplaire chez votre libraire.vlb éditeur DE LA grande littérature Myriam première Francine Noël sera au Salon du livre de Montréal, aux stands 476 à 478.pour y dédicacer son nouveau roman.bien en France qu’à l’étranger, et il propose différents moyens, allant de la réforme (mineure)'de l'orthographe à des mesures concrètes pour favoriser la diffusion du français dans les médias (TV5) et dans les sciences.Hagège ne craint pas de se ber cer d'illusions.« C’est souvent en croyant aux utopies qu’on les a transformées en réalité.» En parcourant les quelques paragraphes que Hagège consacre aux problèmes linguistiques du Québec, les lecteurs d’ici se réjouiront de la tolérance qu’il adopte à l’égard du jouai, ce « dialecte populaire franco-québécois, assez différent de la norme canadienne par son lexique ri che en anglicismes et Surtout par sa phonétique ».Nous sommes enfin autorisés à dire claque pour parler du « revêtement protégeant les chaussures contre la neige boueuse » ! Plusieurs seront récon fortés de savoir qu’« en inscrivant dans sa constitution l’unilinguisme officiel en faveur du français (loi 101), le Québec a manifesté une claire saisie de la gravité des enjeux » et que nous sommes ainsi protégés « contre le péril du bilinguisme ».11 y a, cependant, fort à parier que des grammairiens puristes lui reprocheront son laxisme et des intellectuels nationalistes, son insouciance face à « l’urgence de la situation ».L’un des mérites de cet essai aura été de nous rappeler que « la PHOTO LOUISE LEMIEUX CLAUDE HAGÈGE.langue française a noué de très anciens rapports avec la durée » et que sa défense passe aujourd’hui par la reconnaissance et l’organisation d’un véritable espace francophone.Pour Hagège, il ne s’agit pas d’une forme de néo colonialisme culturel : la dif fusion du français lui apparaît comme « un autre choix, humaniste, face à toutes formes d’hégémonie ».AUX EDITIONS sia Louis % A-1 '&M 'rOTUxm‘ .Y r ' | IIY^^ 19,95$ La plus belle histoire que vous puissiez lire: Celle du Québec qui vous est racontée à travers le destin d’une famille que vous suivez au fil de quatorze générations depuis 1633 jusqu’à aujourd’hui «.Le roman de Louis-Martin Tard a une valeur pour le Canada français au même titre que certains ouvrages de Mitchener l’ont pour les États-Unis.» Alice Parizeau Le Devoir En vente dans les bonnes librairies Le Tandem Jeunesse *£ • cA A SJ5** vVV%( 'ey,, e, luW.¦Va
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