Le devoir, 21 décembre 1987, lundi 21 décembre 1987
Ciel variable Demain: neige dispersée Détail page 15.Le Mouvement Desjardins met en péril les assureurs québécois m D’importantes sociétés francophones dénoncent la vente d’assurances dans les caisses populaires __ Même Si le ministre fédéral ri'lvtat lunnnpi: Il rhsrin lin Iroitumnnl .In /.In» j i- l £.I .j 11 y nrnnrüY fin € 9*1 milliprilc \If\rc j.ir .i j SERGE TRUFFAUT La vente généralisée d’assurances de dommages à travers le réseau des Caisses populaires Desjardins, hypothèque très sérieusement l’avenir des compagnies québécoises d’assurances.Livré par des présidents d’importantes sociétés francophones, ce sombre pronostic est d’autant plus à prendre au sérieux que se profile à l’horizon la possibilité pour les banques à charte de transiger au sein de leur réseau respectif tout l’éventail ces polices d’assurances contre le feu, les acidents et les risques multiples.Même si le ministre fédéral d’État aux Finances, M.Torn Hockin, a réitéré en décembre dernier son refus à cet égard, M.Robert MacKintosh, président de l’Association des banquiers canadiens (ABC), a certifié, lors d’une entrevue accordée au DEVOIR, que son organisme reviendrait à la charge afin d’obtenir, à l’occasion de la révision en 1988 de la Loi sur les banques, cette addition de fonction.Et selon quel argument l’ABC va-t-elle élaborer sa demande ?Sur quel exemple va-t-elle bâtir son offensive ?Sur le Mouvement Desjardins.Plus précisément sur le fait que Québec l'a autorisé à mener cette opération.Ottawa se doit d'accorder aux banques à charte un traitement équivalent s’il ne veut pas que soit faussé le sacro-saint équilibre du jeu de la concurrence en plein vague de décloisonnement.Tout le noeud du problème est là.Car si d’aventure le fédéral acquiesce à cette demande, les banques à charte et leur capacité de « mass marketing », les banques et leur réseau de plus de 7,000 succursales et leurs énormes capitaux risquent fort, à moyen terme, de clouer au sol certaines compagnies d’assurances.Dans un document de réflexion soumis au ministre québécois délégué aux Finances et à la Privatisation, M.Pierre Fortier, pas moins le cinq présidents de sociétés qué-lécoises d’assurances, soit M.Guy de ' bécoises < Saint-Germain du Groupe Commerce, M.Jean-Denis Talon des Provinces Unies, M.Paul-H Brochu de l’Union Canadienne, M.Normand Fontaine du Groupe Promutuel, et M.Jean Tardif de la Saint-Maurice, cautionnés par d’autres dirigeants, ont soulevé à son attention, « l’énorme déséquilibre existant entre la taille et les moyens financiers des membres du secteur bancaire et des membres du secteur des assurances de dommages».Ainsi, au 31 décembre 1985, ce document note que les six banques à charte avaient des actifs canadiens totalisant $ 441 milliards et des capi- taux propres de $ 23 milliards.Alors que les assureurs de dommages affichaient, toujours à la même date au Canada, des actifs de $ 10 6 milliards et des capitaux propres de $ 3 milliards, « mais étaient au nombre de 234 dans la seule province de Québec ».En ce qui concerne le réseau de distribution, ce groupe rappelle que les banques disposent, à la grandeur du Canada, d’un inventaire de 7,014 succursales en excluant les caisses d’épargne.Dans la seule province du Québec, la Banque Royale et ses cinq consoeurs s'appuient sur 1,261 points de vente, auxquels il faut ajouter les 1,364 caisses reliées au Mouvement Desjardins.En parallèle, pas moins de 85 % des assureurs de dommages oeuvrant au Québec n'ont aucun réseau de succursales.Sur la base de ces constatations et du danger potentiel que représente l'introduction massive du Mouvement et des banques dans ce marché, les présidents des compagnies québécoises, faisant écho a la demande formulée la semaine dernière par les organismes représentant le milieu du courtage, ont sollicité du gouvernement Bourassa qu’il « intervienne immédiatement pour que le Mouvement Desjardins ne jouisse d’un avantage indu en matière de décloisonnement ».D’autant plus, est-il remarqué Voir page 8 : Le Mouvement SMt, M Le ski, c’est parti Le cirque, c’est ici Photo Chcntal Keyser Un cirque au Stade Olympique ?Plutôt une grosse foire jusqu'au 3 janvier, avec 32 manèges sous le toit du Stade (dont une grande roue qui brille), des vendeurs de hot dog et de toutous, un bazar marocain qui tente de transformer le béton du Stade en sable du désert (peine perdue !), des trapézistes, un Père Noël, une crèche, une danseuse du ventre, ouf ! Voir page 9.Photo Chantal Keyser Il suffisait seulement que la neige soit au rendez-vous des vacances de Noël pour que petits et grands chaussent les skis et se lancent à l'assault du Mont-Royal comme ce fut le cas, hier, à Montréal, où une neige molle se transformait de temps à autres en pluie, faisant aussi glisser le moral des automobilistes vers le bas.“g* Arthur Earle devient président du Conseil de l’aéroport La gestion de Dorval et de Mirabel négociée dès le mois prochain MICHEL C.AUGER Le Conseil de l’aéroport international de Montréal — l’organisme régional qui veut obtenir la gestion de Dorval et de Mirabel — a choisi son président et son Conseil d’administration et n’attend plus que ses lettres patentes de Québec pour commencer les négociations avec le gouvernement fédéral.Le Conseil, qui compte 21 membres, a choisi un conseil d’administration de sept personnes, toutes issues des milieux d’affaires, et qui est présidé par M.Arthur Earle, vice-président de Dominion Textile.M.Earle a confirmé au DEVOIR que les administrateurs tiendront leur première réunion au cours des prochains jours et annonceront officiellement à la mi-janvier le début des discussions avec Ottawa pour prendre le contrôle du nouvel aéroport international de Montréal, qui naîtra de la fusion de Dorval et de Mirabel.Le Conseil répond ainsi à l’offre faite en avril dernier par le ministre fédéral des Transports John Crosbie de céder la gestion des aéroports à des organismes régionaux.Les modalités de ce tranfert restent encore à déterminer, le gouvernement pouvant soit confier un contrat de gestion à l’orgamsine régional, lui louer ou même lui vendre les installations aéroportuaires.Le nouveau Conseil de l’aéroport international de Montréal est né de la table de concertation sur l’avenir des aéroports et conserve la même structure de 21 membres, représentant l’îlede Montréal (12 membres), Laval et les villes de la Rive-Sud et de la Rive-Nord (3 membres pour chaque région).Si le Conseil élargi comprend des représentants des diverses administrations municipales — on y retrouve notamment les maires de Dorval et de Longueuil Peter Yeomans et Roger Ferland et le vice-président du Comité exécutif de Montréal Robert Perreault — on ne retrouve que des gens d’affaires qui n’ont pas pris publiquement position dans la querelle Dorval-Mirabel parmi les sept membres du conseil d’administration.Arthur Earle Ce conseil d’administration reprend la même proportion de membres qu’au sein du Conseil lui-même, soit quatre membres de Plie de Montréal, un de Laval, un de la Rive-Sud et un de la Rive-Nord.Des représentants d’autres milieux seront éventuellement invités à' se joindre au Conseil de l’aéroport comme membres associés avec droit de parole mais non de vote.Des syndicats, le gouvernement provincial et l’Association des gens de l’air du Québec pourraient, par exemple, jouir de ce statut.Les membres actuels du Conseil seront invités à participer à son financement tout comme les gouvernements fédéral et provincial.Les membres du Conseil, comme ses administrateurs, ne sont pas rétribués, mais l’organisme a toutefois besoin d’un budget annuel d’environ un demi million de dollars.En attendant de gérer l'aéroport, le Conseil a obtenu du gouvernement fédéral d’être consulte sur les déci-Voir page 8 : La gestion Anticosti : File inaccessible LOUIS-GILLES FRANCOEUR L’île d’Anticosti, dont l’achat et l’infrastructure ont coûté plus cher aux contribuables québécois que la totalité des parcs de la province, est devenue un véritable club privé dont les 4,500 places sont pour la plupart monopolisées par les Américains et les chasseurs les plus fortunés de la province.C’est ce que révèle une étude effectuée en 1986 pour la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), une société d’État québécoise qui administre l’ancienne réserve gouvernementale, privatisée entièrement l’an dernier.Seulement le tiers des 3,000 places disponibles sur ce territoire est offert à prix « économique » (entre $600 et $900 en mini-chalet, sans nourriture et sans guide) par voie de tirage au sort.L’enquête du DEVOIR en vue de faire le bilan de la plus importante expérience de privatisation d’une réserve gouvernementale au Québec révèle que: ¦ Les Américains ont occupé en 1986 une place sur quatre dans la réserve aujourd’hui privatisée.Dans les secteurs les plus chers comme Jupiter 12 ou le nouveau pavillon de Chicotte la Mer ($2,485 et $2,640 pour quatre jours de chasse), les Américains ont monopolisé jusqu’à 68 % des places.La capacité de payer de ces clients, qui se pointent souvent à l’île avec leurs avions ou les jets de de leurs compagnies, est en grande partie responsable de la flambée des prix qui ferme littéralement Anticosti aux chasseurs à revenus modestes ou moyens.Les ouvriers, agriculteurs el journaliers, soit la majorité des chasseurs de la province, comptent pour seulement 15% seulement de la clientèle de la Sepaq.¦ un chasseur sur quatre, qui a fréquenté en 1986 la réserve privatisée, bénéficiait de revenus sujiérieurs à $75,000 par anneé.Les plus de $45,000 Voir page 8 : Anticosti Turner se dit prêt aux élections PIERRE APRIL OTTAWA (PC) — John Turner, le chef du Parti libéral du Canada et de l’opposition officielle aux Communes, est fin prêt à affronter l’électorat au moment où le premier ministre Brian Mulroney le jugera bon.Du moins, il l’affirme avec conviction.« Je suis bien préparé, j’ai fait mes devoirs, le parti s’est ressaisi, je suis prêt », s’empresse-t-il de dire au cours d’une entrevue accordée à La Presse Canadienne.John Turner a beaucoup changé, il est plus agressif, plus nerveux, plus ouvert, il manie mieux le verbe français, hésite moins à répondre aux questions, il semble vraiment transformé.Pourtant lors de l’entrevue, un sondage Gallup venait de lui apprendre qu'il avait perdu cinq points d’appui dans l’opinion publique, que son John Turner parti devançait à peine d’un point les néo-démocrates et que les conservateurs n’étaient plus qu’a six points de le déloger de la tête.John Turner ne commente jamais les sondages, mais il a répondu aux questions concernant la difficile année qu’il vient de vivre à la tête de cette formation politique qui a éprouvé et éprouve encore des difficult és à se détacher de l’ombre de Pierre Trudeau.Assis sur le bout de sa chaise, il parle sur un ton plus animé que celui auquel il a habitué tout le monde depuis son retour à la politique fédérale en 1984.11 a le geste vif et parfois plus élaboré.Le leader libéral a beaucoup de choses à dire, comme s’il voulait rattraper un train en mar-Voir page 8 : Turner hmi D’HUI LE TEXTILE DRESSÉ CONTRE LE VÊTEMENT Le remboursement par Ottawa des droits de douanes que paient les fabricants de vêtements lorsqu'ils importent du tissu dresse l’industrie du textile qui se dit prête à la guerre Page 3 SINGULIÈRE LOI ÉLECTORALE EN HAÏTI Le respect du vote secret ne sera pas garanti par la nouvelle loi électorale en Haïti qui, en plus, ne prévoit pas de listes d’électeurs.Page 5 COVER VOIT DOUBLE Les industries Cover, fortes de l'appui de la Caisse de dépôt, prévoit quasi doubler ses ventes en 1988.Page 11 DU CAPITAL POUR LES COOPS Le Fonds de la FTQ et la fédé des coops de travail se sont entendus pour favoriser l'injection de capital de risque.Page 11 Ml III I MXJBOMS U* CAMFALuXe UBimoivnwÉAiAis Montréal en textes e^înmâges!"run^^eê*7asnnantelpourT^oéÎ! DEMEURES BOURGEOISES DE MONTRÉAL François Rémillard Brian Merrett 242 pages 29,95$ (éd.reliée: 49,95$) GRANDES PLACES PUBLIQUES MONTREAL LES GRANDES PLACES PUBLIQUES DE MONTRÉAL Marc H.Choko 215 pages 29.95$ (éd.reliée: 49.95$) En vente chez votre libraire MAISONS DE CAMPAGNE DES MONTRÉALAIS 1892-1924 L'architecture des frères Maxwell France Gagnon Pratte 215 pages 29,95$ (éd.reliée: 49,95$) AMENAGER L’URBAIN DE MONTREAL A SAN FRANCISCO Jean-Claude Marsan Annick Germain 215 pages L 29,95$ (éd.reliée: 49,95$) Æéridien ÉDITIONS OU MÉRIDIEN 1980, rue Sherbrooke bureau 520 Montréal (Que H3H 1E8 Tél.: (514) yj 2 ¦ Le Devoir, lundi 21 décembre 1987 Photo CP Les policiers de Saint-Jean acceptent l’arbitrage obligatoire et rentrent au travail SAINT-JEAN, N.B.(PC) - La ville de Saint-Jean et ses policiers syndiqués se sont entendus dimanche sur le principe d’arbitrage obligatoire pour résoudre le conflit qui a amené les 191 agents à faire la grève pendant presque trois heures samedi.« Les deux parties en présence l’ont demandé et je crois que c’est un indice qu’elles désirent vivement toutes les deux régler ce différend », a déclaré le ministre provincial du Travail, Mike McKee, dont l’intervention a mis un terme à la grève de samedi soir.L’entente sur l’arbitrage obligatoire a été prise après une journée de négociations présidées par M.McKee.Les discussions ont pris fin lorsque les dirigeants de la ville ont fait ce qu'ils ont qualifié une offre finale puis ont quitté les lieux.Aucun problème majeur n’a été rapporté au cours du bref arrêt de travail des policiers.Les principaux enjeux autour du contrat de travail, qui doit être négocié depuis plus d’un an, portent sur les salaires et les droits de la direction.La grève a débuté à 18 h 20 samedi, trente minutes après que l’administration municipale eut rejeté une proposition syndicale.Elle a pris fin lorsque le ministre McKee a demandé aux policiers de retourner au travail en attendant la rencontre de dimanche.« Je suis très heureux d’avoir pu prendre part moi-même à la médiation, d’avoir encouragé les parties à bien vouloir régler le conflit », a déclaré le ministre en quittant la table des discussions.Le syndicat demande une augmentation de salaire de cinq pour cent en 1987 et de six pour cent en 1988.Samedi, la demande syndicale a été ramenée à cinq pour cent en 1987 et à trois pour cent pour les six premiers mois de 1988.Mais la ville a refusé d’aller au-delà de quatre pour cent par année.Les policiers de Saint-Jean, travail hier au Nouveau-Brunswick, sont retournés au Photo AP Les fauchés manifestent chez Fauchon Aux cris de « les fauchés chez Fauchon », entre cent cinquante et deux cents jeunes gens, hommes et femmes réunis, ont pénétré samedi en début d'après-midi dans la célèbre épicerie Fauchon, l’un des fleurons du luxe parisien.La police s’est immédiatement rendue sur place et une dizaine d’interpellations ont été opérées.Les jeunes gens scandaient ou chantaient, entre autres slogans : « On va chez Fauchon chercher du pognon pour les chômeurs fauchés », ou « 20,000 francs pour les chômeurs, pas pour les spéculateurs ».Le perroquet délateur HOUSTON (AP) — Un perroquet volé s’est transformé en informateur de police quand, découvert dans un appartement de Houston, il a révélé aux policiers le nom de ses véritables propriétaires.Cela faisait neuf ans que le perroquet, répondant au nom d’Eric, animait un magasin de chaussures, régalant les clients de phrases telles que:
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