Le devoir, 10 janvier 1992, vendredi 10 janvier 1992
Volume LXXXIII — No 7?Montréal, vendredi 10 janvier 1992 6.Détail page 6.Ensoleillé.Max Majfnfcni THaqtuuU fa.RESTAURANT Menu du jour à partir de 8,30$ (1ère salle) 9245 Lajeunesse • Tél.: 387-5959 Toronto 85 cents 65‘ + TPS + TVQ «r * mm A- METRO mmme SOCIÉTÉ Grande-Baleine sur fond d’effet de serre L’année 1992 risque fort de provoquer une mutation importante du dossier de l’environnement en raison de la dimension que prendra, au Québec comme sur la scène internationale, le dossier de l’énergie, ce qui risque d’élargir le débat plutôt étroit qui s’est déroulé jusqu’ici autour du projet Grande-Baleine.Page 9 Claude Turcotte LA RÉGION de Trois-Rivières fait face à un traumatisme majeur à la suite de l’annonce hier de la fermeture en juin prochain de l’usine de papiers de la compagnie Produits forestiers Canadien Pacifique Ltée.qui emploie à Trois-Rivières 1100 personnes, sans compter les 400 travailleurs forestiers qui perdront aussi leur emploi.La seule autre option qui reste sur la table est la vente de cette vieille usine, l’une des plus anciennes au Canada.Qui oserait en faire l’acquisition dans un contexte économique très difficile affectant particulièrement le secteur des pâtes et papiers ?Kn plus, cette même compagnie possède une autre usine de 1100 employés en llaute-Mauricie dont l’avenir demeure tout à fait incertain.Il s'agit de l’usine de La Tuque, mise en vente au cours de l’été.Aucun acquéreur sérieux ne s’est manifesté.« Nous ne recherchons plus activement un acheteur pour l’usine de La Tuque.Nous poursuivons nos efforts afin d’augmenter la productivité de cette usine, dont l’avenir dépendra du succès de ces efforts», déclarait hier dans son communiqué, M.Paul K.Gagné, président et chef de la direction de Produits forestiers Canadien Pacifique (PFCP).( )n ne peut pas tirer de conclusion maintenant sur le cas de l’usine de La Tuque, mais M.Gagné rappelait lui-même hier qu’au cours des années KO, du matériel nouveau a été installé à Trois-Rivières pour fabriquer une gamme de produits de qualité accrue; en outre, la direction et les employés ont travaillé ensemble pour améliorer la viabilité de l’usine.Malgré cette bonne volonté, on en est quand même arrivé à la conclusion qu’il fallait fermer cette usine, dont le rôle a été important dans l’économie trifluvienne depuis 70 ans.La Mauricie et la llaute-Mauricie TBILISSI ENTERRE SES MORTS Méningite : Québec écarte toute intervention extraordinaire comptent actuellement environ 6000 emplois dans le secteur des pâtes et papiers, dont plus de 3500 dans la région immédiate de Trois-Rivières, qui en aura perdu 1500 de façon permanente à la fin de juin 1992, à moins qu’un acheteur se manifeste d’ici là.Kn annonçant cette fermeture hier, la compagnie avouait qu’elle n'avait pas d’acheteur en vue.Il est évident qu’une telle décision porte un coup très dur à l’économie régionale.La surprise fut énorme parmi la population et les employés, qui s'attendaient à certaines mesures, par exemple l’arrêt de quelques machines, mais personne n’avait prévu une fermeture complète de l’usine.Les radios locales étaient inondées d’appels hier après-midi, quelques heures après que le président eut fait part de cette décision aux employés.M.Pierre Bellerive, directeur national pour le syndicat canadien des travailleurs du papier, qualifiait cet événement de « coup terrible » et mentionnait que « plusieurs étaient au bord de la crise».La moyenne d’âge des employés de l’usine visée se situe entre 35 et 40 ans.Dès hier après-midi, le maire de la ville, M.Guy Leblanc, entouré de plusieurs décideurs de la région, a donné une conférence de presse pour exprimer la solidarité envers les employés touchés.M.Leblanc a rappelé qu’ïin groupe de réflexion et d’action avait été mis sur pied l’automne dernier, parce que les difficultés de l’industrie des pâtes et papiers qui compte beaucoup à Trois-Rivières inquiétait les autorités régionales.Ce comité, auquel participent l’université et le cégep en plus des gens d’affaires, sera élargi pour inclure les représentants syndicaux et les commissions scolaires.On veut mettre l’accent sur la formation de ces travailleurs sans emploi.Kn outre, il y a toujours le fonds Laprade et autres sources de capitaux de risque auxquels on pourrait recourir pour aider Voir page 4: Mises à pied Chantal Hébert de nuire bureau d'Ottawa L’KSPOIR du gouvernement fédéral de tenir le bilinguisme officiel à l’écart du débat constitutionnel qui s’amorce s’est évanoui hier alors que l’Alberta a officiellement pris position pour l’élimination de cette politique vieille de presque 25 ans.Dans un discours au club Rotary d’Kdmonton, le premier ministre Don Getty lui-même a mis de l’avant la nouvelle position de sa province.« Le temps est venu, a-t-il avancé, de cesser de donner force de loi au bilinguisme.Cette politique est devenue un symbole d’irritation et de dissension au pays, le genre de symbole dont il faut disposer.» Signe que ce discours n’était pas prioritairement pour consommation en Alberta, Kdmonton s’était assuré d’en faire circuler des copies dans la capitale fédérale hier après-midi, une pratiqCe qui ne correspond pas aux habitudes de cette province.Ironiquement, la prise de position albertaine survient au moment où le gouvernement fédéral venait de se résoudre à ajouter le sujet de la dualité linguistique canadienne à la liste de ceux qui seront abordés lors de ses conférences d’orientation constitutionnelle.Kn réponse aux pressions de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Ottawa a convenu de greffer une journée d’études sur la question le 7 février à Toronto à la conférence qui doit être consacrée au sujet de la société distincte.D’ici là, l’intervention du premier ministre Getty promet de replonger le Canada dans un nouvel épisode du débat sur le bilinguisme.Le printemps dernier, le Forum des citoyens de Keith Spicer avait d’ailleurs transmis au gouvernement le désir d'un nombre important de Canadiens de voir revisée la loi sur les langues officielles.Simultanément, Ottawa avait envisagé l’hypothèse de mettre sur la table constitutionnelle le cadre linguistique canadien.Mais après un long débat interne, le sujet avait été abandonné de la liste des propositions à soumettre aux Canadiens parce que jugé trop explosif.Jusqu’à hCer, cette omission n’avait pas semblé causer beaucoup de remous dans les milieux politiques du pays.Voir page 4: L’Alberta Don Getty Isabelle Paré PHOTO AP Tbilissi, la capitale de la Géorgie, enterrait ses morts hier.Ci-dessus, des partisans du président déchu Zviad Gamsak hourdia se sont réunis pour un dernier hommage à leurs disparus et pour exprimer leur soutien au président en exil.Voir nos informations en page 6.M KM K SI l’on admet que la situation est « inquiétante», le ministère de la Santé et des Services sociaux écarte pour l’instant toute intervention de santé publique extraordinaire, malgré la hausse sensible des cas de méningite observée ces dernières semaines.Au terme d’une réunion du comité de coordination sur les maladies infectieuses convoquée hier par le ministère pour discuter des récentes éclosions de méningite, le sous-ministre associé, M.Roberto Iglesias, a affirmé que la situation actuelle ne justifiait aucunement que son ministère modifie ses « protocoles d’intervention » en matière de santé publique.« Pour l’instant, il n’est pas question de changements.Même dans la région de Hull, la situation ne rencontre pas les critères qui peuvent justifier une vaccination», a-t-il fait valoir hier, malgré les deux nouveaux cas de méningite signalés mercredi dans la région d’Otlawa-Carleton et de l’Outaouais.Peu de réponses ont en fait été apportées au terme de cette réunion, sinon que le ministère dit garder à l’oeil révolution de la maladie et se dit prêt à agir promptement si la situation dégénérait.On ajoute qu’à l’heure actuelle, le Québec est encore bien loin du seuil critique d’épidémie estimé à 25 à 30 cas par KM) (MM) habitants.« Mais nous n’attendrons pas ce seuil avant de faire une intervention », a-t-il insisté.Les derniers chiffres de 1991 établissent à environ 2,4 par 100 (MM) habitants l’incidence de la méningite au Québec en général.Pour l’instant, le Dr Iglesias a laissé planer la possibilité qu’une ligne sans frais puisse être mise à la disposition de la population du Québec pour répondre aux parents inquiets, comme cela a été Voir page 4: Méningite L’Alberta ne veut plus du bilinguisme officiel 1500 mises à pied à Trois-Rivières Produits forestiers CP ferme son usine Le différend entre la Russie et l’Ukraine met en péril la CEI Jan Krauze l.e Monde MOSCOU — A peine constituée, la Communauté (les États indépendants bat de l’aile, victime des dissensions entre ses deux principaux fondateurs, la Russie eU’Ukraine.Le pire n'est pas encore sûr et un compromis finira peut-être par être trouvé sur ce qui constitue le problème du jour : l’avenir des forces armées communautaires.Mais quelle que soit son issue, la querelle, qui s’est cristallisée autour du contrôle de la flotte de la mer Noire, aura servi de révélateur ; la méfiance qui s’est instaurée entre Moscou et Kiev, le heurt des susceptibilités, la réémergence des vieux complexes, rendent hautement aléatoire l’avenir d’une «Communauté» qui avait précisément été imaginée par les dirigeants russes comme un moyen de « récupérer » l’Ukraine, de l’empêcher de rompre tout à fait les liens séculaires qui l’unissaient à Moscou.Kn principe, le conflit ne porte que sur l’interprétation des accords de Minsk, encore d’ailleurs très schématiques et qui laissent un grand nombre de questions sans réponse.Les dirigeants russes aiguillonnés par la hiérarchie militaire se font, toujours en principe, les avocats des intérêts de la Communauté : la prétention de l’Ukraine à s’approprier l’essentiel de la flotte de la mer Noire porte atteinte aux intérêts de l’ensemble des États qui ont souscrit à l’idée d’une défense commune.C’est ce qu’a fait valoir M.Kltsine avant de s’envoler mercredi dernier pour une série de déplacements en province : « La flotte de la met Noire ne peut pas appartenir à une seule République (.) elle est une partie des forces stratégiques, c’est-à-dire du commandement unique de la CKI ».Mais au lieu d'en rester là, le président russe a révélé le fond de sa pensée en ajoutant, en termes elliptiques, mais transparents : « Kn tout cas, pas ukrainienne mais russe ».Sur quoi, il s’est repris : « Je ne dis pas russe, je dis une partie du commandement commun ».M.Boris Kltsine, une fois de plus, en avait dit plus qu'il ne souhaitait en dire et la télévision russe a donc préféré censurer, très maladroitement d’ailleurs, cette partie de ses propos.Mais sur le fond, les choses sont parfaitement claires : les Russes supportent très difficilement que les Ukrainiens traitent d’égal à égal avec eux, et les Ukrainiens de leur côté refusent ostensiblement toute forme de parrainage russe sur la Communauté.Recevant mercredi une délégation du Congrès des États-Unis, le président Léonid Kravt-chouk a mis les points sur les « i » : la Russie, a-t-il déclaré, « ne se comporte pas encore avec l’Ukraine comme avec un État indépendant ».Il en a profité pour expliquer comment lui voyait l’avenir, et en particulier celui des forces nucléaires stationnées sur le territoire ukrainien : toutes les forces nucléaires stratégiques devraient, selon lui, être évacuées d’ici le mois de juillet de cette année et les forces tactiques dans un délai de trois ans.Ce qui signifie entre autres que la partie de la flotte de la mer Noire qui sert de support à Voir page 4: Le différend ÉDUCATION RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES 842-9645 Date de tombée le 10 janvier 1992 Le 18 janvier prochain, LE DEVOIR publiera son traditionnel premier cahier spécial bi-annuel sur l’éducation.Il aura pour thème l’évaluation.Autant l’évaluation des programmes d’étude que des méthodes d’enseignement, des enseignants que des dirigeants, des établissements que des équipements.Un sujet de brûlante actualité qui n’a pas cessé de défrayer les manchettes au cours de la dernière année.Nous ferons le tour de cette question très importante à tous les paliers du système, des classes maternelles jusqu’à l’université.Il sera également question, à l’intérieur de ce thème général, des problèmes de la petite enfance.Nous présenterons les points de vue qui émanent des milieux de l’éducation, syndicaux et socio-économiques.Nous rencontrerons les ministres qui sont en charge de ces dossiers.Voici donc un cahier de réflexion qui fera le point sur un dossier chaud, destiné à le rester.PARUTION le 18 janvier DANS LE DEVOIR 2 B Le Devoir, vendredi 10 janvier 1992 Anjou: les grands axes des plates-formes électorales EN BREF.Libéraux et péquistes dévoilent des programmes parallèles, sauf sur le principal Pierre O’Neill EN VUE DE L’ÉLECTION partielle du 20 janvier dans le comté d’Anjou, péquistes et libéraux font campagne sur des programmes qui se ressemblent à bien des égards, mais se distinguent sur la question constitutionnelle.Alors que la candidate du PLQ, Charlotte Goudreault, s’en remet à l’intégralité du rapport Allaire, le porte-étendard du PQ, Pierre Bélanger, prêche la prospérité économique par la souveraineté.« Je parle de souveraineté à toutes les portes où je frappe».À quelques heures d’intervalle, ils ont tous deux transmis à la presse hier les grands axes de leur plateforme électorale.À l’unisson, ils s’engagent à mettre l’accent sur le déve- loppement de l’économie locale, à exiger l'expansion du réseau routier qui traverse le comté et le développement du parc industriel de Ville d’Anjou.La candidate libérale promet que son gouvernement soutiendra les industries axées sur l’innovation et la haute technologie.Son insistance porte sur la prémisse que l’éducation et la formation de la main-d’oeuvre forment la pierre angulaire du développement économique à long terme.Dans cette optique, son engagement de député sera centré sur la lutte au décrochage scolaire, sur la valorisation des écoles de quartier et sur le soutien aux écoles à vocations particulières.En ce qui concerne l’avenir politique du Québec, Charlotte Gou-dreaull juge insuffisantes les propo-sitions fédérales, souhaite que les of- fres finales d’Ottawa traduisent davantage les aspirations des Québécois et, entre temps, considère que « le rapport Allaire est la voie à suivre dans le dossier constitutionnel ».Plus élaboré, le programme électoral du candidat péquiste, Pierre Bélanger, s’articule lui aussi autour d’une série de projets de développement industriel locaux: mesures incitatives pour attirer dans le comté les industries créatrices d’emplois; la formation d’une main-d’oeu-vre spécialisée par la création d’une école d’apprentissage pour techniciens de l’industrie plastique; la participation au processus de consultation publique sur l’implantation éventuelle d’un incinérateur dans l’est de Montréal; l’appui au projet Alexis Nihon, prévoyant l’aménagement graduel d’industries légères ainsi qu’une zone verte comprenant un golf; une enquête sur la source de contamination des terrains du développement immobilier Anjou-sur-le-lae; l’appui aux organismes communautaires qui contribuent à vita-liser le tissu social d’Anjou; une enquête publique sur l’état comparatif du financement des secteurs anglophone el francophone de la commission scolaire Jérôme-LeRoyer.Interrogé sur le débat que suscite le projet de déménager l’Hôtel-Dieu de Montréal dans l’est de l’ile, le candidat du PQ a fait montre de prudence.Après avoir exprimé le désir que le gouvernement intervienne dans les meilleurs délais pour répondre au besoin de 250 lits supplémentaires dans ce secteur de Pile, Pierre Bélanger a d’abord souhaité que si le gouvernement déménage l’Hôtel-Dieu, il lui conserve son statut universitaire.C’est à ce moment que le vice-président du parti, Bernard Landry, présent à la conférence de presse, est venu à la rescousse de son candidat, pour l’amener à se prononcer contre le déménagement de l’Hôtel-Dieu, et favoriser plutôt l’implantation d’un nouveau centre hospitalier régional.Par-delà toutes ces considérations locales, le vice-président du PQ soutient la théorie selon laquelle les électeurs d’Anjou ont tout intérêt à voter pour le candidat péquiste, parce que dans un Québec souverain, la relance économique qui suivra profitera à l’ensemble de la région montréalaise, à tous les comtés de nie de Montréal.« Le fédéral ne peut rien faire, d’abord parce qu’il n’a plus d’argent et que s’il intervenait, il déclencherait un tollé au Canada anglais.Il n’est plus en mesure de réparer les torts».Réticences face à d’éventuelles modifications de la loi 101 sur l’affichage Jocelyne Richer île notre bureau île ljuébee LA PORTE-PAROLE de l’opposition dans le dossier linguistique, la députée Jeanne Blackburn, ne croit pas le moment venu de faire quelque mouvement que ce soit autour de la délicate question de l’affichage public.« Ce n’est pas le temps d’ouvrir un nouveau cliantier, dit-elle.Avant de procéder à toute modification, il faudrait faire un vrai bilan, englobant tous les secteurs couverts par la loi 101.On ne devrait pas travailler à la pièce dans ce dossier.» Elle voudrait.de plus, voir d’abord réglé le problème constitutionnel.Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, quant à lui, a demandé hier au ministre responsable de la question linguistique, M.Claude Ryan, « de résister aux pressions des milieux qui souhaitent une nouvelle dilution de la portée de la Charte de la langue française en matière d’affichage public ».M.Jean Donon dit ne pas vouloir être berné par des « astuces sémantiques », confondant « assouplissement » avec « affaiblissement ».Le type de modifications, somme toute mineures, qui pourrait être envisagé par le ministre Ryan était déjà, en fait, à l’agenda du ministre péquiste Gérald Godin, en 1985, alors qu'il se préparait à adoucir les angles de la loi 101 avant de perdre le pouvoir.()n ne sait pas dans quelle mesure l’actuel ministre responsable de la Charte de la langue française songe à assouplir certaines dispositions de la réglementation visant l’affichage public, quand il s’agit d’événements culturels.M.Ryan doit rencontrer la semaine prochaine les dirigeants des organismes de la langue afin de faire son lit sur cette question.Le ministre a reçu, à ce sujet, un avis et un projet de règlement des organismes dont il a la responsabilité.Le Conseil de la langue française et l’Office de la langue française préconiseraient une certaine ouverture de ce côté.1 j m if & Crosbie menace la CE de mesures unilatérales PHOTO CP John Crosbie tient un saumon écossais lors d’une visite au marché de poissons Billingsgate, à Londres.LONDRES (PC) — Le Canada pourrait être obligé de prendre unilatéralement certaines mesures si la Communauté européenne ne réduit pas le volume de ses pêches au large de Terre-Neuve, a déclaré hier le ministre des Pêches John Crosbie.En visite à Londres, M.Crosbie a ajouté qu’il y aura recours à de telles mesures unilatérales, comme une extension de la zone territoriale du Canada actuellement à 200 milles des côtes, uniquement quand tous les autres moyens auront été épuisés.Car le Canada pourrait bien perdre patience si la CE ne diminue pas ses quotas de pêches dans les eaux immédiatement à l’extérieur de la zone territoriale de 200 milles.« Nous devrons vérifier quelles mesures unilatérales peut prendre un pays constatant que l’existence de ses citoyens habitant les régions côtières est en péril », a dit le ministre au cours d’une conférence de presse.« Je ne menace pas d’étendre notre juridiction, je dis seulement que ce sera une possibilité, quand toutes les autres démarches auront échoué ».Le Canada a averti que la surpêche pratiquée par la CE, particulièrement par l’Espagne et le Portugal, diminue les réserves et menace l’avenir de la morue de l’Atlantique Nord — principal produit des pêches sur la côte Est.M.Crosbie a rappelé que déjà la province de Terre-Neuve avait demandé une extension de la juridiction canadienne s’il n’y avait aucun progrès cette année dans les discussions sur la surpêche.Une certaine confusion règne autour des quatre conférences sur le Canada Norman Delisle liste complète des quelque 150 repré- a favorisé à la loterie constitute Norman Delisle île la Presse canadienne QUÉBEC — Une certaine confusion règne dans l’organisation des quatre conférences pour le renouvellement du Canada qui se tiendront du 17 janvier au 16 février prochain à travers le Canada.Il était impossible hier d’obtenir la avis de demande d’un permis d’alcool Régie des permis d'alcool du Québec Toute personne, société ou groupement visé dans l'art.60 du Code de procédure civile peut, par écrit motivé, assermenté et transmis à la Régie, s'opposer à une demande de permis ci-après énumérée, dans les 15 |ours de la présente publication, ou s'il y a eu opposition, intervenir en faveur dans les 30 tours de cette publication Cette opposition ou intervention doit être accompagnée du certificat attestant de son envoi au requérant ou à son procureur, par poste recommandée, et être adressée a La Régie des permis d'alcool du Québec.1 rue Notre-Dame est, suite 9.200, Montréal.Québec, H2Y 1B6.Nom el adresse Nature de la Endroit du requérant demande d'exploitation JENAL 21 INC Restaurant Pacmi 487, rue de Cluny Laval des Rapides.Laval Dossier 942-821 2946-3213 QUÉBEC INC 12652, rue Raiche Pierrefonds Dossier 367-102 2945-1010 QUÉBEC INC Restaurant Giorgio 302, rue Victoria Saint-Lambert Dossier 942-680 ROBERT DESJARDINS, JACQUELINE NEVEU La Vieille Gare Chez Mamie Enr 114, Turgeon Ste-Thérese Dossier 887-679 145004 CANADA INC Restaurant L'Exotic 3788, Laval Montréal Dossier.368-175 TAVERNE CENTRALE DA INC 1 Restaurant 1500, Chemin pour vendre Gascon Terrebonne 1 Épicerie 45-C.bout Brunswick Dollard-des-Ormeaux 1 Restaurant 95, Bout de pour vendre Mortagne Boucherville Taverne Centrale D A Inc 600, St-Georges La Prairie Dossier: 255-414 GRILL CENTRO INC Grill Centro Bar-Restaurant 3450,rue Drummond Montréal Dossier 942-540 ONGENDAN-GENDA, Lolonga Club Moskalas 2025,rue Drummond Montréal Dossier 942-532 DIEU, Annie 2112,rue Beaubien Est Montréal Dossier 942-722 2696916 CANADA INC Restaurant La Fornarma 6825, Boul St-Laurent Montréal Dossier 315-242 Bar 1 Bar 59, rue spectacles St-Jacques 1 Restaurant Ouest pour vendre Montréal Changement 2025, rue permanent Drummond d'endroit d'ex- Montréal ploitation d'un Bar avec danse Augmentation de capacité et autorisation de spectacles et films 1 Épicerie 2112.rue Beaubien Est Montréal 2 Restaurants 6825, boul.pour servir St-Laurent Montréal 114, Turgeon Ste-Thérêse Changement de catégorie d'un Restaurant pour vendre a Bar avec danse et spectacles 1 Restaurant 3788, Laval pour vendre Montréal additionnel Changement 600, de catégorie St-Georges de Taverne a La Prairie GIRARD, Stelllnda Changement 3508, boul Chez-Yvon- de catégorie Dagenais Bar-Salon de Taverne Laval 3508, boul avec danse et Dagenais spectacles à Laval Bar avec Dossier.702-159 danse et spectacles 2753-5392 Permis 940 el 944.OUÉBEC INC additionnel rue Laurier Bistro Bar Terrasse 944, rue Laurier Beloeil .Dossier 268-292 1 Bar Beloeil 2164-6989 Changement 6, Rachel Est OUÉBEC INC de catégorie Montréal Bar des Nations de 1 Taverneâ 6, Rachel Est 1 Bar Montréal Dossier 317-180 Le président et directeur général Ghlslaln K.-Latlamme, avocat Québec liste complète des quelque 150 représentants du grand public à ces conférences.Leurs noms ont été pigés au hasard parmi les 1500 qui avaient soumis leur candidature par lettre à la suite d’une annonce parue dans les journaux.Ce choix des participants a été effectué en début de semaine lors d’un tirage au sort que les journalistes ont ironiquement baptisé « la loterie constitutionnelle ».Les conférences doivent se tenir à Halifax (17-19 janvier), à Calgary (24-26 janvier), à Montréal (31 janviers février) et à Toronto (7-9 février).On a dû recourir à deux organismes qui ne possèdent pas leur siège social au Québec pour organiser la conférence de Montréal.Il s’agit de l’Institut C.D.Ilowe (de Toronto) et l’Institut de recherche politique d'Ottawa.La présidente de l’Institut de recherche, Mme Monique Jérôme-For-get, attribue ce fait à ce que le gouvernement fédéral voulait que les conférences soient organisées par .< des instituts de recherche crédibles, où il n’y a pas d’ingérence poli tique».Il n’y a pas de tels organismes au Québec, a-t-elle souligné.Un homme d’affaires de Chicoutimi, Michel Prebinski, que le hasard a favorisé à la loterie constitutionnelle, participera à la conférence d’Halifax.M.Prebinski, gérant des ventes pour une compagnie de camionnage, ne cache pas son appartenance au Parti conservateur de Brian Mul-roney et au Parti libéral de Robert hourassa.« Je ne sais pas trop ce qu’on veut que je fasse lors de cette conférence; pour le moment, j’attends qu’on me transmette le dossier promis », a-t-il déclaré à la Presse canadienne quelques heures après avoir été avisé qu'il avait été choisi.Brigitte L'Archevêque, étudiante en génie chimique à l’Université de Sherbrooke, n’a elle aussi aucune idée de ce qui l’attend à la conférence de Toronto pour laquelle le hasard l a choisie.« Je ne suis pas plus au courant que ça car j’ai eu la nouvelle dimanche soir.J’ai hâte de recevoir les papiers préparatifs qu’on va m’envoyer », a-t-elle dit.Non seulement la liste des participants était impossible à obtenir hier, mais on ne pouvait pas connaître non plus au secrétariat des conférences l’ordre du jour des travaux qui doivent pourtant débuter la semaine prochaine.Et les Canadiens de l’Atlantique sentent faiblir leur patience au fur et à mesure que leurs pêches diminuent et que les usines de transformation ferment leurs portes, a rappelé M.Crosbie, en ajoutant que l’industrie des pêches avait perdu 5000 emplois au cours des trois dernières années.« On peut dorénavant s’attendre à ce qu'ils soient poussés à bout et à ce qu’on pose des gestes insensés, c’est toujours une possibilité», a-t-il dit.Hier, M.Crosbie a rencontré M.David Curry, haut fonctionnaire britannique chargé des pêches.M.Curry s’est montré sympathique et conscient des inquiétudes du Canada, a indiqué le ministre canadien.Toutefois, M.Crosbie a été incapable de dire si la Grande-Bretagne s’opposera aux autres pays de la CE et luttera en faveur d'une réduction des quotas de pêche.Le mois dernier, la CE a effectué une toute petite réduction du quota total de ses pêches pour l'année — environ 54 000 tonnes.Environ 149 chalutiers des pays de la CE ont pêché au large de la zone de 200 milles l’an dernier; de ce nombre 138 appartenaient à l’Espagne et au Portugal.De plus, un bon nombre de chalutiers portant le pavillon panaméen sont en fait la propriété d’Espagnols ou de Portugais, a dit le ministre.En 1992, le Canada exercera des pressions diplomatiques sur la CE afin que ses membres acceptent une diminution des quotas de pêche de l’Organisation des pêches de l’Atlantique du Nord-Ouest.Cette dernière organisation regroupe les pays se livrant à la pêche en haute mer, dont le Canada et les 12 pays de la CE.Le Canada soulèvera particulièrement la question à une conférence des Nations unies sur l’environnement, qui se tiendra au Brésil, au mois de juin, en plus de lancer une campagne d’information auprès des médias d’Europe.M.Crosbie a souhaité la tenue d’une session spéciale de l’Organisation des pêches de l’Atlantique du Nord-Ouest pour discuter du problème.Il a aussi dit que l’on devrait élargir la loi de la mer de manière à ce qu’elle protège les réserves de poissons juste à l’extérieur de la limite de la zone de 200 milles.La forte population de phoques dans les eaux de l’Atlantique contribue également à la diminution des réserves de poissons, a dit M.Cros-bie.« Le simple bon sens nous dit que les phoques doivent manger quelque chose pour vivre, ils ne mangent tout simplement pas leurs gonades », a-t-îl remarqué dans un sourire amère.Hier matin, M.Crosbie a visité le marché de poissons Billingsgate dans East London et a goûté aux huîtres britanniques.Plus tard, M.Cros-bie a dit qu’il aurait aimé voir plus de homards canadiens vendus en Grande-Bretagne el en France.Aujourd’hui, M.Crosbie prendra la parole à une conférence sur les frontières internationales parrainée par le Royal Institute of International Affairs, avant de se rendre à Hong Kong et au Japon.Garon reproche à la ministre de l’Éducation de mépriser le développement régional LÉVIS (PC) — Le député péquiste Jean Garon reproche vivement à la ministre de l’Enseignement supérieur Lucienne Robillard de mépriser le développement régional quand vient le temps d’autoriser ou non les projets de déconcentration de l’enseignement collégial.Au cours d’une rencontre avec la presse, hier, M.Garon s’est lancé dans une attaque à fond de train contre la ministre après que celle-ci eut refusé l’implantation d'une extension du cégep l.évis-Lauzon à Charriy.« Comment s’étonner du marasme n n Un bon conseil Ne fumez pas LA FONDATION DU QUÉBEC DES MALADIES DU COEUR économique qui sévit dans nos régions et du caractère déconnecté (sic) de l’enseignement supérieur au Québec quand on entend la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science décréter qu’elle n'a pas à se préoccuper du développement économique des régions quand elle doit décider du sort de tels projets », a dit le député de Lévis.Ce dernier n'a pas manqué de faire remarquer que la ministre a [iris bien soin de rendre sa décision « en catimini, entre Noël et le Jour de l'An ».Dans sa décision, Mme Robillard a expliqué que la clientèle de ce territoire « est déjà suffisamment desservie » et qu’elle n’a pas à se préoccuper de la question du développe ment régional.Les autorités du cégep ont été très déçues de la décision car, selon elles, la constructiond’un centre de for mation collégiale du cégep Lévis Lauzon « était et est toujours une ré ponse aux problèmes d’accessibilité aux études collégiales».l’eu avant les Fêtes, une pétition d’appui de 3400 noms avait été remise à la ministre Robillard.M.Garon a soutenu hier nue la fin de non-recevoir du ministère « est d’autant plus inacceptable qu’elle survient au moment même où le plié nomène du décrochage scolaire atteint un niveau alarmant au Québec et où les entreprises des régions se plaignent comme jamais d’une formation professionnelle inadéquate malgré les milliards payés par les contribuables dans ce secteur depuis trente ans».La déclaration de Mme Robillard sur l’indifférence de son ministère vis-à-vis du soutien au développement régional va de plus directement à l’encontre d'un avis préparé en 1989 par le Conseil supérieur de l’éducation qui portait précisément sur l’importance de l’éducation en matière de développement régional, selon le député Garon.Rae s’apprête a annoncer d’autres coupures APRÈS DES décades de prospérité économique, l’Ontario est à son tour entraînée dans les tourments de la récession.À l’instar du Québec, le premier ministre Bob Rae estime que la gravité de la situation nécessite des mesures d’urgence.Des informations recueillies cette semaine auprès de son entourage indiquent qu’il se présentera bientôt à la télévision ontarienne pour expliquer à ses électeurs que la situation économique de l’Ontario ne lui laisse d’autre choix que de couper dans les services gouvernementaux et d’augmenter le déficit.Au cours de ce discours pré-budget, le chef du gouvernement néo-démocrate doit préciser qu’en raison d’une réduction importante des revenus de l’État, il a décidé de limiter les paiements aux municipalités, aux commissions scolaires, aux hôpitaux et aux universités de la province.Ses conseillers économiques tenteraient de le convaincre qu’il serait plus sage de couper les services au nimimum, pour respecter sa promesse voulant qu’à l’issue du prochain budget, le déficit gouvernemental ne dépassera pas le sommet actuel de 8,9 milliards $.Resserrer les liens économiques LA CHAMBRE de commerce du Canada, après avoir sondé ses membres en octobre dernier sur leurs réactions aux propositions constitutionnelles fédérales, a réclamé hier un « resserrement des liens économiques unissant le pays ».À la question « appuyez-vous de façon générale les propositions économiques » déposées par Ottawa' en septembre, 43 % des répondants se sont dits « entièrement d’accord »; 44 % « quelque peu en accord » et 13 % « absolument pas d’accord ».C’est au Québec que le taux d’approbation a été le plus faible avec 73 %.La plus grande association canadienne de gens d’affaires (170 000 membres) estime que « les gouvernements provinciaux devraient posséder un pouvoir d’initiative égal à celui du gouvernement fédéral » et croit qu’à cette fin, « les entreprises et les syndicats devraient participer formellement à l’élaboration de la politique économique ».La Chambre appuie aussi la proposition d’exclure toute possibilité de nouveaux programmes à frais partagés à l’échelle du Canada dans les secteurs de compétence provinciale exclusive, sans l’accord des provinces.Elle souligne en outre que ses membres ont cité de nombreux secteurs sur lesquels les provinces devraient avoir compétence exclusive : éducation, soins de santé, programmes sociaux et culturels, services publics, travail et environnement.La Chambre prône également le « libre-échange interprovincial » et l’introduction de comités consultatifs régionaux dans le processus décisionnel de la Banque du Canada.Plus de 80 % de ses membres se disent aussi favorables à la « constitutionnalisation » d'une certaine forme de droit à la propriété.Les conservateurs à la traîne WINNIPEG (PC)-Les conservateurs fédéraux ont débuté la nouvelle année comme ils avaient terminé l’année 1991, soit en tirant de l'arrière sur les deux autres partis nationaux.Un sondage Angus Reid, publié hier par le quotidien Winnipeg Free Press, indique en effet que les libéraux se maintiennent bons premiers dans la faveur populaire avec 35 % d’appui chez les électeurs.ayant arrêté leur opinion.Le Nouveau Parti démocratique est deuxième avec 27 % d’appui populaire, tandis que les conservateurs sont appuyés par seulement 17 % de l’électorat.Le Reform Party, quant à lui, récoltait 12 % d’appui.Ce sondage a été effectué du 18 décembre au 3 janvier auprès de 1502 Canadiens d’âge adulte, et il est considéré juste à 2,5 % près 19 fois sur 20.Député acquitté OTTAWA (PC)- Le député conservateur Bill Kempling, 70 ans, a été acquitté, hier, d’une accusation de vol portée à titre privé par le légendaire protestataire Glen Kealey.M.Kempling était inculpé de s’être emparé, sur la Colline parlementaire, en novembre 1990, d’une pancarte et deux cubes ressemblant à des dés, appartenant à M.Kealey, et de les avoir jetés à la poubelle.Sur la pancarte étaient écrits les deux mots « Lyin’ Brian », qui pourraient se traduire par « Brian le menteur ».Quant aux dés, ils faisaient allusion à la demande du premier ministre Mulroney de « jeter les dés » au cours des négociations du lac Meech.Le juge Jean-Marie Bordeleau n’a mis qu'une minute à lire son jugement.H n’existe aucun doute, a-t-il noté, que M.Kempling a pris la pancarte et les dés, mais aucune intention criminelle n'a pu être prouvée.Son avocat, Me John Nelligan, a qualifié la pancarte de diffamatoire pour le premier ministre et il a accusé M.Kealev d’abuser de son droit à la liberté de parole.Comme le ministère public avait refusé d’intenter des poursuites dans cette affaire, c’est l’avocat de M.Kealey, Me Richard Bosada, qui a dirigé la poursuite./ Le Devoir, vendredi 10 janvier 1992 ¦ 3 Le député Gabriel Fontaine devra subir son procès sous 14 chefs d’accusation Pierre April de hi Presse canadienne QUÉBEC — Le député conservateur de Lévis aux Communes, Gabriel Fontaine, devra subir son procès à compter du 3 février sous 14 chefs d’accusation de fraude et d’abus de confiance.Ainsi en a décidé hier le juge Laurent Dubé, de la Cour du Québec, chambre criminelle, dans un jugement de 16 pages.Le juge devait déterminer, à la suite d’une requête de la défense, si la Loi sur le Parlement du Canada modifiée le 7 mai 1991 ne comportait pas une possibilité d’exclusion à l’égard du Code criminel en faveur du prévenu.Les modifications adoptées par le Parlement canadien stipulent qu’il appartient au Bureau de régie interne de la Chambre des communes « de statuer sur la régularité de l’utilisation — passée, présente ou future — de fonds, de biens, de services ou de locaux mis à la disposition des élus dans le cadre de leur fonction parlementaire ».« Je n’admets pas qu’en l’absence de textes législatifs explicites, a statué le juge Dubé, le plus haut niveau de l’administration publique du pays puisse ou doive jouir d’une forme quelconque d'impunité face à ce qui pourrait constituer une transgression des règles fondamentales, un piétinement des plus élémentaires prescriptions éthiques, un mépris des principes balisant le comportement de tous les citoyens, du plus modeste jusqu’au plus haut placé.» Le juge, citant une abondante jurisprudence touchant l’immunité parlementaire et les privilèges s’y attachant, a souscrit à la thèse voulant que les faveurs accordées à un député dans l’exercice de ses fonctions de législateur ne le mettent en aucun temps à l’abri de l'application du (’ode criminel ou des lois du pays.Les 14 chefs d’accusation auxquels doit faire face M.Fontaine ont tous trait à l’exercice de sa fonction d'élu et c’est pourquoi la défense a soutenu qu’à cause d’un privilège exclusif conféré par la Loi sur le Parlement du Canada les tribunaux de droit commun n’avaient pas juridiction pour étudier la conduite du député.M.Fontaine avait d’ailleurs déposé le 20 juin dernier un avis au Bureau de la régie interne de la Chambre des communes et demandé à la Cour du Québec de se déclarer incompétente à instruire sa cause.Le juge Dubé a par ailleurs reconnu qu’un député doit jouir de certains privilèges exclusifs, « d’une certaine immunité».« L’immunité permet des coudées franches dans l’élaboration et la réalisation du travail législatif, a précisé le juge, mais permet-elle au député de s’y retrancher quand on lui reproche des agissements sanctionnés par le Code criminel ?» La poursuite, représentée hier par Me Pierre Lapointe, a soutenu qu’un député n’est pas à l’abri des lois pénales, qu’il doit répondre de ses actes devant les tribunaux de droit commun lorsqu’ils sont commis en contravention aux lois du pays, à moins que le privilège qu’il invoque ne le soustraie expressément aux rigueurs de la loi.Dans sa décision, le juge Dubé a posé deux autres importantes questions : 1) « La sauvegarde de l’autorité et de la dignité de la Chambre exige-t-elle qu’un député soit exempt du respect des lois générales et publiques du pays, lorsqu’il dispose des biens ou des fonds soumis à son administration ?» 2) « Un privilège aussi exorbitant est-il justifié pour assurer la quiétude et l’indépendance dont l’élu du peuple a besoin dans l’accomplissement de ses devoirs envers la Chambre et envers ses électeurs ?» A l’issue de l’audience.Me Mario Bilodeau, l’avocat de M.Fontaine, a indiqué qu’il étudiera plus à fond le jugement avant de décider s’il ira en appel.De son côté, le député, surpris par la rigueur du jugement, a indiqué qu’il croyait vraiment pouvoir se faire entendre exclusivement par le Bureau de la régie interne de la Chambre des communes et éviter de se retrouver devant un tribunal de droit commun.«J’anticipais un forum approprié, a-t-il dit, pour débattre de mon dossier et aujourd’hui (hier) il m’est refusé et il est possible qu’on en appelle.» Les 14 chefs d’accusation de fraude et d’abus de confiance ont été portés contre le député Fontaine le 7 février 1991 et ce n’est qu’un an plus tard qu’il est cité à son procès qui doit débuter le 3 février par l’enquête préliminaire.PHOTO CP Le député conservateur de Lévis Gabriel Fontaine.Explosion devant la demeure du président de la CUM Sylvain Blanchard U N F.PETITE bombe de fabrication artisanale a explosé mercredi soir, vers 21 h 40, devant la résidence du président du comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal, M.Michel llamelin, sans toutefois causer de dommages ou faire de blessés.L’engin, placé dans un paquet de cigarette, a explosé sous une camionnette garée en bordure du parc Tolhurst, à l’angle de rues Fleury et Sauvé, dans le quartier Ahuntsic.Dans un communiqué émis hier, M.llamelin a vivement réagi à l’événement, indiquant que pareil geste « d’intimidation » était « inacceptable » et de nature à créer « un climat de confrontation inutile».L’enquête a été confiée au sergent détective Jean Martin, du poste 41, et pour le moment aucune accusation n’a été portée.L’incident s’est produit quelques heures avant qu’une dizaine de fenêtres d’un édifice de la CUM, située sur l’autoroute Métropolitaine, soient fracassées par une arme à feu, et que le bureau de soutien technique de la CUM, boulevard Saint-Joseph-est, soit également la cible de vandales.Qualifiant ces événemnts « d’intolérables», M.llamelin dit espérer que ces actes de vandalisme ne soient « pas liés aux présentes négociations de travail entre la Communauté urbaine de Montréal et ses cols bleus».Les cols bleus et les représentants de la CUM négocient depuis un mois le renouvellement de leur convention collective.Ces négociations sont actuellement dans l’impasse et ont pour effet de priver les 4700 cols bleus à l’emploi de la Ville de Montréal de bénéficier des retombées de l’entente de principe qu’ils ont paraphée avec l’administration Doré, en novembre dernier.En guise de solidarité avec leurs confrères de la CUM, affiliés au même syndicat (SCFP-FTQ), les cols bleus de la Ville ont en effet voté en assemblée générale une résolution selon laquelle ils ne signeraient pas leur nouvelle convention tant qu’un règlement entre la CUM et leurs collègues ne serait Vos intervenu.Au Syndicat canadien de la fonction publique, le président Henri Massé nie tout lien entre ses membres et les incidents malheureux de mercredi, affirmant qu’aucun col bleu n’a intérêt à poser des gestes aussi déplorables.Denise Bombardier invoque une vingtaine de motifs pour en appeler d’une diffamation La population du Canada se déplace vers l’Ouest OTTAWA (PC) — L’Ouest du pays a continué à exercer son attrait sur les Canadiens l’an dernier, ce qui a valu à la Colombie-Britannique et l’Alberta les augmentations de population les plus rapides au pays.Les données publiées par Statistique Canada révèlent que la Colombie-Britannique a reçu 12446 personnes venues des autres provinces, et UAlberta, 3526, au cours des 12 mois se terminant le 1er octobre.Pour la Colombie-Britannique, c’est une augmentation de 2,6% de sa population, qui atteint 3,2 millions de personnes.Dans le cas de l’Alberta, la hausse a été de 2%, et sa population totalise maintenant 2,5 millions de personnes.Dans toutes les autres provinces, sauf en Nouvelle-Écosse, le solde migratoire interprovincial a été négatif.Le Québec a notamment perdu 4160 personnes à la suite de ces déplacements interprovinciaux.M.Jean Dumas, de Statistique Canada, a expliqué que les Canadiens migrent vers l’Ouest attirés par la perspective d’un meilleur avenir économique : en Colombie-Britannique pour les occasions de commerce avec l’Asie, en Alberta pour le développement des ressources.Il a souligné que ce mouvement est le fait de tout un ensemble de facteurs, et ne peut être expliqué par le seul déplacement de retraités ou de personnes âgées à la recherche d’un climat plus clément, par exemple.Paris-Match met en doute la thèse officielle de la noyade de Maxwell Un des médecins impliqués dément la version de l’hebdomadaire PARIS (AP) — Une contre-autopsie du corps du milliardaire britannique Robert Maxwell, pratiquée par des médecins légistes israéliens et britanniques en Israël quatre jours après la mort de ce dernier, remet en cause la thèse officielle de la noyade, affirmait hier l’hebdomadaire Paris-Match.Cette nouvelle autopsie a eu lieu dans la nuit du 9 au 10 novembre à l’institut médico-légal d’Abou Kabir de Tel-Aviv.Il fait suite à celle pratiquée à la Palma par le docteur Carlos Lopez Lamela.Elle a été réalisée par cinq médecins légistes, trois Israéliens et deux Britanniques.Le journal publie sur trois pages des photos prises pendant l’autopsie, qui a duré plus de quatre heures, ou de la bande vidéo d’une heure 20 qui en a été tirée, ainsi que des bribes de la conversation des médecins légistes pendant l’autopsie.Ceux-ci font état d’importants hématomes au niveau de l’épaule gauche, du cerveau, de la colonne vertébrale, sur le visage, et d’une blessure alxlominale.A partir de la bande vidéo, Paris-Match a demandé leurs commentaires à deux experts légistes français : Loic Le Ribault, fondateur du CARME, le laboratoire de police judiciaire, qui dirige aujourd'hui une société d’expertise, et le Pr Louis Roche, ancien président de l’Académie internationale de médecine légale.Les deux spécialistes arrivent à la même conlusion : « Il y a eu trau T PHOTO CP Robert Maxwell matisme avant le décès ».Ils restent toutefois prudents, estimant tous deux que ces lésions traumatiques ne peuvent à elles seules avoir entraîné la mort.M.Le Ribault, « d’après les images observées, il est hautement probable qu’un violent coup ait été porté à l’arrière du crâne de la victime, sans doute à l’aide d’un instrument con- Deux écoles primaires anglophones refusent de fermer leurs portes Caroline Montpetit________ .ES ÉCOLES primaires anglopho-îes Francesca-Cabrini et Nazareth, le la Commission des écoles catho-iques de Montréal (CECM), ont reusé de fermer leurs portes, mer-¦redi, devant le Conseil des commis-iaires de la CECM.Les deux directions d’école réagis-;aient ainsi à la volonté de la CECM le fermer trois écoles primaires et me école secondaire du secteur anglophone dès juin 1992, à cause d’une mportante baisse de clientèle enregistrée dans ce secteur depuis quel-jues années.Par ailleurs, l'école primaire iaint-Michael et l’école secondaire l’homas D’Arcy McGee se sont ranges hier à la volonté de la CECM de ransférer leurs élèves dans d’autres itablissements dès le début de l’an-lée 1992-1993.Le Conseil des commissaires de la 'ECM rencontrait hier les directions les quatre écoles concernées, avant le prendre une décision finale dans •e dossier, en juillet 1992.Avec une capacité de recevoir 575 •lèves, l’école Francesca-Cabrini l'accueille plus que 152 élèves cette innée.Les écoles Saint-Michael, Naza-eth, et Thomas D’Arcy McGee abri-,ent pour leur part respectivement 141, 170, et 266 étudiants.En vertu du plan de relocalisation le la CECM, les élèves de Fran-•esca-Cabrini seraient transférés à 'école primaire Emily Carr, qui accueille présentement 283 élèves.Ceux qui fréquentent l’école Saint-Michael seraient relocalisés aux éco-es primaires Saint Brendan, Saint-Dorothy et Emily Carr, dans le même secteur.«Optons pour la meilleure soiu lion, soit celle de relocaliser toutes les écoles dans le meilleur édifice disponible, suggérait hier la direction de l’école Francesca-Cabrini, dans un rapport soumis à l’assemblée des commissaires.Nous croyons Francesca-Cabrini toute désignée pour remplir cette mission.Elle peut accommoder tous les enfants en laissant assez d’espace pour la croissance».Par ailleurs, la direction de l’école Nazareth, qui abrite présentement 170 élèves, a catégoriquement refusé de fermer son établissement, arguant notamment que la majorité des élèves se rendent actuellement à l’école à pied.« Si l’école Nazareth venait à fermer, la majorité, sinon la totalité des élèves devraient utiliser l'aulobus scolaire », ont soutenu les représentants de l’école Nazareth devant le Conseil des commissaires.La CECM avait proposé aux parents des enfants de l'école Nazareth de relocaliser les élèves l’an prochain aux écoles primaires anglophones Saint-Patrick ou John Cabotin.« Dans le cadre d’un sondage, outils poursuivi, plus de la moitié des parents des enfants ont déclaré vouloir transférer leurs enfants à l’école Bancroft, de la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal.Bien que l’aspect religieux de l'école Nazareth soit d’une grande importance pour eux, ils croient qu'il est primordial que leurs enfants demeurent dans leur quartier ».Le plan de relocalisation des écoles anglophones de la CECM, qui doit se poursuivre jusqu’en 1994, prévoit en tout la fermeture de sept écoles anglophones, principalement des écoles primaires, sur tout le territoire de la commission scolaire.En 1993, c’est l’école primaire Saint-Kevin, qui abrite 143 élèves, qui pourrait être touchée par ce projet de relocalisation.La CECM prévoit également la fermeture de l’école primaire Jean XXIII, en juin 1994.Cette école abrite présentement 120 élèves du secteur anglophone de la commission scolaire.GUERIN littérature L’ESPRIT DE BOTTINE François Avant Réimpression terminée N A nouveau disponible | chez notre distributeur de Guérin littérature ADF: (514)523-1182 tondant (.) A elles seules, ces lésions hémorragiques profondes et étendues ne peuvent avoir entraîné la mort (sous réserve de celles provoquées au cerveau, que nous n’avons pu étudier) mais avaient un caractère douloureux et quelque peu invalidant.Ces lésions ne sont pas incompatibles avec des coups portés par un tiers».Le Pr Louis Roche, qui rappelle que cette seconde autopsie « a consisté essentiellement dans la recherche de lésions traumatiques », estime qu’on « ne peut soulever que des hypothèses.Parmi celles-ci, soit chute par suite d'un malaise ou par déséquilibre (.) soit coup sur la face et chute entraînant une perte de conscience, hypothèse qu’on ne peut éliminer ».Peu après la publication du grand hebdomadaire français, un médecin britannique qui a participé à l’autopsie du magnat de la presse a cependant démenti que son corps ait porté des traces de coups, comme l’a affirmé Paris-Match.Les informations publiées par le magazine comportent « de graves inexactitudes », a dit Iain West, qui a examiné le corps de Robert Maxwell à Tel-Aviv, quelques heures avant son enterrement à Jérusalem.Pour Iain West, les médecins ont estimé que certaines des blessures étaient postérieures à la mort et avaient notamment pu survenir au moment de la récupération du corps, découvert au large des îles Canaries le 5 novembre dernier.Confirmant la présence de sang sur le corps, il a affirmé que les médecins avaient conclu qu’il provenait des précédentes autopsies.L’ANIMATRICE Denise Bombardier cherche à en appeler du jugement qui, en novembre 1991, la condamne à payer 12 500 $ au psychologue Alain Bouchard qu’elle aurait diffamé dans une entrevue parue dans Montréal Campus en 1989.Me François Aquin, qui représente Mme Bombardier, a en effet déposé le 18 décembre une requête pour appel.11 avait jusqu’au 22 décembre pour le faire.La requête se fonde sur une vingtaine de motifs, le principal étant la liberté d’expression, ou la faculté qu’a cette animatrice de « faire un commentaire loyal sur les assertions fallacieuses du demandeur » Bouchard.C’est le juge Claude Nolin, de la Cour supérieure du Québec, qui avait présidé l’audition de cette cause où M.Bouchard, traité de « pédophile », a recherché et obtenu la condamnation de la journaliste qui, sitôt la décision rendue, avait commenté ce jugement en parlant d’un «jour de deuil pour l’information ».L’animatrice de L’envers de la médaille à la télévision de Radio-Canada a, pour les fins de l'appel — qui est sujet à l’autorisation du plus haut tribunal du Québec — créé un Fonds d’aide à Denise Bombardier.Depuis la décision rendue par le juge Nolin, LE DEVOIR a d’ailleurs publié plusieurs commentaires de personnalités qui offraient leur appui à la journaliste si.elle décidait de se pourvoir en appel.En 1983, alors qu’elle interviewait le même psychologue Bouchard à la télémission Noir sur blanc ( Radio-Canada), Denise Bombardier s’était insurgée contre la défense des pédophiles faite par son invité, ce qui lui avait valu un reproche du Conseil de presse du Québec quant à son attitude vis-à-vis d’Alain Bouchard.Mme Bombardier persiste et signe.Dans un reportage paru hier dans le Journal de Montréal, elle revendique de nouveau le droit de s’indigner, fût-ce en cours d’entrevue : « On n’interviewe pas quelqu’un qui dirait que les Noirs sont inférieurs de la même façon qu’un premier ministre».Une cinquantaine de pays invités aux prochains Jeux de la Francophonie PARIS (PC) — Près d’une cinquantaine de pays ont été invités à participer aux seconds Jeux de la Francophonie qui se tiendront dans la région parisienne en 1993.À l’issue de sa 22ème session annuelle hier à Paris, la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays d’expression française a convié 47 pays et communautés à cet événement sportif et culturel.« Les Jeux eux-mêmes font maintenant partie de la francophonie, a noté le ministre canadien Pierre Ca-dieux, également vice-président du Comité international des Jeux de la Francophonie.Le succès de ces Jeux, comme de tous les autres, se mesurera à la participation.Notre objectif est donc d’obtenir la participation de tous.» Si tous acceptent effectivement l’invitation, ces prochains Jeux seront ceux de l’élargissement, pour reprendre l’expression utilisée par le’ président François Mitterand au récent Sommet de Chaillot.Au nombre des pays invités figurent en effet trois nouveaux venus dans la famille francophone : le Cambodge, la Roumanie et la Bulgarie.On estime généralement que l’arrivée de deux pays de l’Est contribuera à augmenter le calibre des compétitions.Les seconds Jeux de la Francophonie, qui se tiendront du 13 au 24 juillet dans le département de l’Es-sone, au sud de Paris, devraient coûter environ 10 millions $ au pays hôte.Si tout va bien, jusqu’à 2500 athlètes pourraient y prendre part.ELECTION PARTIELLE Le 20 janvier Avis d'autorisation d'un CANDIDAT INDÉPENDANT Conformément aux dispositions de l’article 64 de la Loi électorale, le Directeur général des élections du Québec donne avis qu’il a auto-' risé le candidat indépendant suivant.La représentante officielle du candidat autorisé est également son agente officielle.Candidat indépendant autorisé FORTIN, Patrice Représentante officielle GALLANT, Line Date d’autorisation 1992-01-06 Pour de plus amples renseignements, composez sans frais le 1 800 461-0422 de 9 h à 22 h, 7 jours par semaine.Vil Le Directeur général des élections IfcJl du Québec Pierre-F.Côté, C.R.parce qu'un vote, ça compte 4 B Le Devoir, vendredi 10 janvier 1992 Québec ne remet pas en question la subvention à la Chambre de commerce de Saint-Jean-de-Matha Louis-Gilles Francoeur I,K MINISTER K (le TEnvironne-ment ne voit pas la nécessité de remettre en question la subvention ac cordée récemment à la Chambre de commerce de Saint .lean de Mal ha.du moins à ce moment-ci, n’ayant été saisi d’aucune demande en ce sens.Hier, LE DEVOIR révélait que le ministère avait accordé une subven tion de 14 000$ pour la création d’un Centre d’information sur le site d'en fouissement Bérou-Transvick, de Saint-.Jean-de-Matha, dont l’essentiel de la documentation, selon la demande déposée au ministère, proviendra de la compagnie elle-même.La Chambre avait d’ailleurs désigné comme responsable de ce projet un membre de son conseil d’administration qui agit comme représentant de cette compagnie sur le comité créé par le ministère de l’Environnement pour superviser la gestion de ce site d’enfouissement.Le responsable du jury au ministère, M.Raymond Martin, affirmait qu’il n’y avait, dans les faits di\ ul-gués hier par LE DEVOIR, aucun motif susceptible de conduire à une réévaluation du dossier, ce qui n'était pas nécessaire, à son avis, du lait qu’aucune demande n'avait été formulée en ce sens par quiconque.La responsable des communications du ministère, Mme Louise Jacob, était plus prudente, disant que le dossier avait été évalué correctement « au moment où il a été évalué».À son avis, les bénéficiaires de la subvention auront intérêt à ne pas s’en tenir à faire le travail de promotion du site s'ils veulent préserver leur propre crédibilité, L'affaire a provoqué plusieurs réactions hier de groupes environnementaux, éberlués d’apprendre qu'un projet, conçu explicitement pour rétablir l’information « biaisée » attribuée à un groupe environnemental, avait réussi à obtenir une des subventions les plus importantes du programme provincial Action-Envi ronnement, destiné à consolider le financement des groupes environne mentaux via des projets conformes aux critères du ministère.La porte-parole du Front commun québécois pour la gestion des déchets, qui tenait son premier congrès cet automne à Saint-Jean-de-Matha, Mme Liliane Col noir, a déclaré qu’elle demandera au ministre une révision formelle de ce dossier.Le projet du Front commun, qui voulait intéresser des organismes publics et privés à adopter des modes de pro-duction moins générateurs de déchets, a été refusé par le ministère.« Quelle crédibilité, dit-elle, faudra-t-il accorder à un mécanisme de sélection qui se fie aux déclarations d'intention et ne regarde pas de plus près si les moyens mis de l’avant sont conformes aux objectifs annoncés.S’il y a eu erreur, le jury doit rectifier le tir.» Même son de cloche à l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) où le directeur général, M.Christian Simard, n'en revient pas d’apprendre que la plus haute subvention connue pour l’instant ait été accordée non pas à un groupe environnemental mais à un projet ciblé explicitement contre un groupe.L’UQCN s’est opposée à ce que le ministère mette fin au régime île subventions statutaires, basé sur la reconnaissance de la mission sociale des groupes environnementaux, au profit d’un système qui met au travail sur des projets précis et souvent fort accaparants.Il craint davantage aujourd’hui l’ouverture de ce programme à tous les groupes à buts non lucratifs pour qu’on « évite d'en arriver à des erreurs d'inattention — j’espèce que c’est ce dont il s’agit — où on en arrive à payer avec l’argent des contribuables pour la défense d’un site d’enfouissement privé.» Quant au président de la Chambre de commerce de Saint-Jean-de-Mailla.M.Gérard Bertrand, il a reconnu hier qu’il n’avait pas pu vérifier le texte du projet soumis au ministère au nom de son organisme et il a regretté qu’on y ait attaqué ouvertement le groupe environnemental local.Action-Écologie, qui a éveillé la population à la gestion de ce site d'enfouissement.M.Bertrand a dit que le conseil d'administration de la Chambre sérail invité à sa prochaine réunion à retirer le dossier de son proposeur initial, M.Richard Gagnon, qui représente la compagnie Bérou-Transvick devant le ministère de l’Environnement.La Chambre, dit-il, « fera tout ce qu'elle doit pour donner plus de crédibilité » au Centre d’information qu’il veut toujours mettre sur pied grâce à la subvention du ministère.M.Bertrand ajoute qu’il s’occuperait « personnellement » de la mise sur pied de ce centre qui.dit-il, « ne vise pas Action-Écologie et qui entend plutôt, même si notre demande dit maladroitement le contraire, utiliser tous les documents que ce groupe — ou n’importe qui d’autre — voudra nous fournir pour donner à la population l'information la plus complète possible » dans ce dossier.M.Bertrand met sur le compte de l’improvisation de dernière minute l’attaque en règle contenue dans sa demande de subvention contre Action-Écologie.Personnellement, il dit qu’il tentera d’obtenir de la municipalité et du ministère tous les documents qu’Action-Écologie s'est vu refuser jusqu’ici pour en informelles citoyens.« Ils ne peuvent me les refuser », ajoute M.Bertrand qui n’hésitera pas à démissionner de sa fonction de représentant du public sur le comité de supervision du ministère si ce dernier ou la municipalité refuse de remettre au Centre des documents pertinents.Le secrétaire d’Action-Écologie, M.Robert Morin, a pour sa part déclaré qu’il écrirait au ministre de l'Environnement pour lui faire part de sa surprise en apprenant que le ministère avait entériné un projet visant nommément son groupe et l'accusant de biaiser l’information.« Nos livres, nos données, nos documents sont accessibles depuis toujours à qui les veut.On ne peut pas en dire autant du ministère qui nous refuse, par exemple, les plans et devis du site Bérou-Transvick, ou de la municipalité qui nous refuse l’accès aux rapports de son inspecteur.» Le groupe Action-Écologie vient d’être autorisé à intenter un recours collectif contre le site Bérou-Transvick.ce qui pourrait placer notamment le ministère en mauvaise posture devant un éventuel tribunal en raison des tolérances passées qui ont eu cours dans ce dossier.Le tiers du site d’enfouissement est situé sur un lot jamais autorisé, ce dont les inspecteurs du ministère ne se sont jamais aperçu en 10 ans de visites.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Méningite fait au DSC de Sainte-Justine pour la région de Montréal (345-8363).Le sous-ministre Iglesias a par ail leurs réfuté la rumeur voulant que le ministère de la Santé ail réquisitionné 50 000 doses du vaccin contre le méningocoque auprès du fabricant pour éviter un manque en cas de be soin.« Le gouvernement n'a pas donné ce genre de directive, a-t-il dit Mais nous avons la possibilité de rap peler un nombre suffisant de doses si les besoins de santé publique l’imposaient ».Quant à l'incident survenu mer credi à l’Ilôtel-Dieu de Saint-Jérôme où on a failli à la tâche de diagnostiquer un cas de méningococcémie chez un jeune enfant qui en était atteint.le sous-ministre a tenu à minimiser l’événement.« Il est possible de ne pas reconnaître les symptômes au début de la maladie, a-t-il rétorqué.Mais de façon générale, la technique médicale a jusqu’ici bien fonctionné».Le jeune garçon a pu être sauvé de justesse à Sainte-Justine où ses parents ont dû l’amener en trombe, et ce, parce qu’aucun médecin n'avait encore examiné Ten-fanl après trois heures et demie d'attente à l’autre hôpital.Si le ministère n’entend pas changer son tir pour l'instant, il reconnaît toutefois que les divers types de méningite ont été plus virulents au Québec en 11)91 qu’en 1990.Selon l’épidémiologiste du ministère de la Santé, M Pierre l.avigne, plus de 171 cas de méningite ont été signalés en 1991 et 18 décès ont été constatés.Ce qui représente une hausse sensible UDIANTS OTION CAMPUS t offre à tous les étudiants miversitaire et collégial/ jté de s'abonner au iux préférentiel/ en se I un des campus ¦aux dates indiquées: présentant ci-dessous, UQAM: Judith Jasmin UNIVERSITE D'OTTAWA UNIVERSITE LAVAL: De Koninck Pollack Pallasis-Prince P.E.P.S.Pouliot ‘ UNIVERSITE DE SHERBROOKE : Leblanc 14,15 et 16 ja 13,14,15,16 et 17 janvier 13,14 et 15 janvier 20,21 et 22 janvier 20,21 et 22 janvier 20 janvier 8,29,30 et 31 janvier 13,14 et 15 janvier 21 et 22 janvier 21 et 22 janvier et 22 janvier 129 janvier ' 29 janvier par rapport aux 126 cas répertoriés en 1990, et aux 10 décès liés à la méningite en 1990.Fait plus inquiétant, admet M.Pierre Lavigne, les décès liés à la méningite au cours du seul mois de décembre 1991 ont augmenté du double par rapport au même mois de Tannée précédente, passant de 13 à 27 cas.Et depuis les premiers jours de 1992, déjà 14 cas de méningite ont été traités dans les hôpitaux et quatre personnes en sont mortes.Malgré tout, estime le Dr Iglesias, on ne peut se fier sur ses données partielles pour d’ores et déjà sauter aux conclusions et établir une tendance annuelle.« Le taux normal de décès est d’environ 11 à 12%, ce qui correspond aux chiffres de 1991 », s'est-il borné à dire.Les spécialistes du ministère conviennent toutefois que la maladie a connu des
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.