Le devoir, 11 février 1992, Cahier B
SOCIETE -b __ Le Devoir, mardi 11 février 1992 »«d‘- Laure revient au rock Après la parenthèse country de Western Shadows, Carole Laure a choisi le rock comme pivot de son nouvel album.She says move on.Contradictoire, comme elle dit l’être, le disque rejoint autant la douceur que la violence dans un climat globalement charnel et sensuel.Pascale Pontoreau l’a rencontrée.Page B-3 Les « trois nations » vues de Toronto A l’intérieur de l’État canadien coexistent trois entités nationales : le Canada « anglais », le Québec et les peuples aborigènes.Toute reconstruction de ce pays passe par la reconnaissance du Québec comme « nation » à part entière, dotée du droit à l’autodétermination, écrit un groupe d’intellectuels torontois.Page B-8 Le Canada discret et décevant Malgré un gain de 6-1 contre les Suisses en hockey, victoire qui n’a pas convaincu tous les observateurs, le Canada a connu une journée bien décevante, hier, aux Jeux d’hiver d’Albertville.En ski de fond, épreuve surtout marquée par un podium entièrement norvégien, les Canadiens se sont contentés de faire de la figuration.Page B-2 L’éléphant et la souris Le cinéma québécois ressemble parfois à un éléphant qui, à trop voir grand, finit par accoucher d’une souris.C'est un peu le cas de Avancez en arrière, écrit Nathalie Petrowski, un documentaire expérimental de Édith Labbéet Michel DeGagné.Le cas aussi de Les archives (ci-contre), du jeune Martin Lessard.Page B-3 L’ACUPUNCTURE On ne sait pas pourquoi mais ça marche Paul Cauchon MANON apprécie la « relation directe avec le patient», le fait de ne pas « être pressée par le temps».Pour Marie-France, le défi, c’est d’« amener le patient à raisonner par lui-même ».« Les gens ont tendance à croire qu’on fait de la magie, que notre affaire est mystique, renchérit Josée.Mais nous avons nos limites, il faut les admettre.Il faut aussi retenir que même si on ne comprend pas toujours comment ça peut marcher, on sait que ça marche.L’acupuncture ce n’est pas un effet placébo, cela fonctionne également avec des animaux ».« C’est une science qui n’est pas figée dans le béton, qui est souple, où le sens des nuances peut être développée », ajoute Marie-France, ce à quoi Cari réplique avec le sourire que « c’est parce que c’est un art autant qu’une science ».« Nous sommes des pionniers, conclut Marcel.Dans l’avenir il nous faudra entrer dans les hôpitaux, s'occuper de médecine du travail, c’est à nous d’élargir notre audience ».Nous sommes dans une grande salle du cégep Rosemont à Montréal.Sur les murs, de grandes affiches de corps humains avec le tracé des méridiens et des dizaines de points d’acupuncture.Autour de la table cinq étudiants en acupuncture, qui terminent leur cours de trois ans dans la seule école officiellement reconnue par les institutions « officielles ».La moyenne d’âge de ces étudiants est plus élevée que celle des cégépiens (ils ont environ 25 ans), ün y trouve des infirmières, des biologistes, des physiothérapeutes.Quelques étudiants proviennent des sciences humaines, intéressés à l'a- cupuncture par le biais de la philosophie, puisque la médecine chinoise repose aussi sur une philosophie globale et voit le corps humain comme un tout.Certains présentent de curieux parcours académiques : parmi les étudiants de ce matin on trouve un bachelier en géographie.En face de la salle se trouve la réception de la clinique-école.Pour leur dernière année de cours, ces étudiants reçoivent de vrais patients, des gens de tous les âges, provenant du quartier résidentiel des environs mais aussi de toute la région montréalaise.Chaque semaine, entre 200 et 250 personnes viennent ici consulter pour des problèmes d’asthme, d’allergies, d’arthrite, d’eczéma, de digestion, de maux de dos.Vingt-quatre lits sont à leur disposition.Les CLSC envoient certains clients, le bouche-à-oreille fait son travail.Les étudiants prodiguent les soins sous la supervision des professeurs, à un coût peu élevé pour le patient.L’école compte 12 professeurs et 30 étudiants — on reçoit environ 150 demandes d'inscription par année, une cinquantaine d’étudiants sont choisis et une trentaine terminent leur cours.ment.On compte déjà entre 500 et 600 acupuncteurs au Québec (le chiffre varie selon les sources, ce qui déjà donne une idée du flou qui prévaut dans la profession).« A Montreal, le marché est un peu saturé, admet Élizabeth Lapierre, coordonnatrice de l’école, mais il l’est moins en province.Mais, en général, il y a beaucoup de développement à faire.Actuellement la seule voie possible pour un acupuncteur, c'est d’ouvrir un bureau privé, ou peut-être de travailler avec les rares cliniques médicales multidisciplinaires qui font place à des praticiens en médecine douce ».« Mais on pourrait augmenter la présence d'acupuncteurs dans les CLSC, les hôpitaux, les foyers pour personnes âgées, ajoute-t-elle.Les acupuncteurs pourraient y pratiquer de façon privée, parce que je ne me fais aucune ilusion sur la possibilité pour le moment d’inclure de tels soins dans le régime d’assurance-maladie».Des perspectives intéressantes, mais d’ici là il reste beaucoup de choses à régler.Dont au premier chef l’examen imposé à ces étudiants.Une douzaine d’ex-étudiants, dont le porte-parole Catherine Poisson, ont rédigé à la mi-janvier une lettre ouverte adressée au premier ministre, à plusieurs ministres et députés, pour exprimer doléances et inquiétudes devant cet examen.Parmi les 13 finissants de 1991 qui se sont présentés à l’examen d’acupuncture de la Corporation professionnelle des médecins, seulement deux ont réussi le test.Les autres, recalés à l’oral ou à l’écrit.I ,a seule formation légale au Québec se donne au collège du Rosemont et pour obtenir le droit de pratique clinique il faut passer les examens de la Corporation.Ce droit permet, par exemple, d'obtenir un numéro professionnel qui permet de signer des reçus aux clients, ou encore d’éviter de se faire condamner pour « pratique illégale », comme l’a appris à ses dépens cette acupunctrice trifluvienne en novembre dernier, qui n’était pas inscrite au registre officiel de la Corporation des médecins.Devant la profilération des écoles au début des années 80 et les accusations de pratique illégale, le gouvernement tenta d’encadrer le tout en 1985 en instaurant la formation à Rosemont et en « soumettant » les acupuncteurs à une examen géré par la Corporation des médecins.Plusieurs acupuncteurs refusèrent de se plier à ces examens (c’est encore le cas aujourd’hui), et la plupart continuèrent à revendiquer une formation de niveau universitaire.Le cours à Rosemont dure trois ans : 1325 heures de formation en acupuncture, dont un stage de 500 heures, plus 455 heures en science occidentale (médecine clinique, biologie, pharmacologie).En plus des Voir page B-6 : Acupuncture Une corporation des acupuncteurs pourrait voir le jour dès cette année Paul Cauchon LE PRÉSIDENT de l’Office des professions du Québec, Thomas Mulcair, croit que les acupuncteurs pourront se doter de leur propre corporation professionnelle dans le courant de l’année.Il estime « souhaitable » que cette profession puisse bénéficier d’une corporation à titre réservé et à actes exclusifs.De nombreux acupuncteurs revendiquent depuis plusieurs années la création d’une telle corporation, une idée également appuyée par la Corporation des médecins.Des acupuncteurs ont présenté une demande formelle en ce sens à l’Office.La constitution d’une corporation pourrait améliorer le statut des acupuncteurs, mais leur dossier ne serait pas complètement réglé puisque la polémique fait toujours rage sur la queslon de la formation.« Les acupuncteurs ont toujours revendiqué un enseignement universitaire, explique Ginette Bourque, infirmière devenue acupunctrice il y a douze ans et présidente du Syndicat des acupuncteurs.Le cours de trois ans au cégep de Rosemont était une expérience-pilote pour installer la formation au Québec ».« Je ne peux pas quand même pas être contre révolution du statut et de la formation de la profession, ajoute Élisabeth Lapierre, coordonnatrice du programme à Rosemont, mais ça me dérange profondément que la Corporation des médecins recommande une formation universitaire tout en déclarant que nos étudiants coulent leurs examens parce qu’ils n’ont qu’une formation collégiale ».Augustin Roy, de la Corporation des médecins, soutient que les acupuncteurs sont « des praticiens de première ligne, non des techniciens.C’est pour cela qu’ils demandent une formation universitaire.L'Office des piofes-sions a une conception trop technique de l’acupuncture ».Thomas Mulcair réplique que tous les intervenants (y compris le ministre Ryan, qui était alors ministre de l’Enseignement supérieur) avaient convenu il y a six ans que la formation serait présentée au niveau collégial, « et cela reste encore notre point de vue ».Un projet de certificat universitaire a été présenté par certains acupuncteurs à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).« Ce projet n’est pas dans nos priorités actuelles », explique André Thibault, vice-recteur à la recherche à l’UQTR.L’UQTR travaille plutôt à mettie sur pied un programme en chiropratie, et s’intéresse à moyen terme au dossier des sages-femmes.Thomas Mulcair fait valoir que « nous sommes déjà le seul endroit en Amérique du Nord où l’État paye pour une formation en acupuncture.Ensuite il y a des professions reconnues depuis longtemps dans le réseau — les podiatres et les chiropraticiens — qui n’ont même pas de lieux de formation à eux au Québec.Leur cas est plus prioritaire ».« Et puis, ajoute-t-il, je perçois une divergence fondamentale dans le milieu.Certains veulent mettre sui pied une véritable pratique de la médecine traditionnelle chinoise ici, et d’autres, comme nous, veulent plutôt former, et bien former, des gens en technique d’acupunctuie.La formation collégiale peut être améliorée, repensée, le cégep de Rosemont peut y ajouter des heures, tout esi possible, mais je ne crois pas qu’on soit prêt à installer une école universitaire de médecine traditionnelle chinoise au Québec ».À l’évidence, ces futurs acupuncteurs semblent passionnés et prêts à pratiquer leur nouveau métier.Mais leur nombre augmente sérieuse- PHOTO JACQUES NADEAU Quand on veut avoir les «bonnes» les plus qualifiées du monde.Josée Boileau LE CANADA aura-t-il les travailleuses domestiques — bonnes ou nannies— les plus qualifiées du monde ?Depuis le 30 janvier, toute étrangère venant travailler ici à titre de domestique aura à répondre à des critères de sélection beaucoup plus stricts que par le passé.Le ministère fédéral de l'Immigration présente ces modifications comme étant des « améliorations » à son programme concernant les employés de maison.Les représentants des communautés culturelles, des groupes de femmes et les associations de personnel domestique sont plutôt catastrophés.Le résultat net de l’opération, disent-ils, va soit amplifier l’exploitation dont ces travailleuses font souvent l’objet, soit carrément tarir l’embauche des femmes provenant de pays en voie de développement.Autant dire 90% de là main d’oeuvre domestique canadienne, évaluée à quelque 70 000 femmes ( 18 000 au Québec), surtout des Philippines, des Haïtiennes et des Sud-Américaines.Jusqu’à maintenant, le pro- gramme du ministère fédéral de l’Immigration permettait aux étrangères ayant neuf ans de scolarité, une année d'expérience et parlant anglais ou français de devenir temporairement travailleuse domestique résidant chez l’employeur.Au bout de deux ans, ces femmes pouvaient demander le statut d’immigrante.Sur les représentations des agences de placement, des employeurs el des associations de domestiques, le ministère a entrepris il y a 18 mois de réévaluer son programme.Il y a moins de deux semaines, le ministre Bernard Valcourt en faisait connaître les nouvelles modalités.« Pour mieux répondre aux besoins des employés de maison et de leurs employeurs », il faut désormais 12 ans de scolarité, une formation d’au moins six mois dans un domaine relié au service personnel, et savoir l'anglais ou le français.Le ministère se frotte les mains : étant plus scolarisées, les nouvelles arrivantes sauront mieux déceler les abus.Et surtout, elles pourront plus facilement s’intégrer au marché de l’emploi canadien lorsqu’elles demanderont, deux ans plus tard, leur statut d’immigrante.Lundi dernier, aux Communes, le ministre de l’Immigration Bernard Valcourt a d’ailleurs justifié son nouveau programme en ces termes : « Étant donné l’importance d’avoir des qualifications pour entrer sur le marché du travail, sûrement qu’il est à l'avantage de ces personnes-là et du pays de pouvoir compter sur une main-d’oeuvre plus qualifiée.» M.Brian Grant, directeur du programme au ministère, explique pour sa part : « Les modifications apportées vont faciliter le changement d’emploi tout en reconnaissant que les soins apportés aux enfants est un travail très important.De plus, nous nous assurons que ces femmes pourront réussir au Canada dans le futur.» Alarmées par de premières rumeurs avant les Fêtes, les associations de personnel domestique de toutes les provinces ont depuis une réaction tout à fait inverse à celle du ministère.Et les arguments qui y sont invoqués leur font plutôt dire : •< Pincez-moi, je rêve ».« La réalité, dit Myriam Bals, présidente de l’Association montréalaise pour la défense du personnel domestique, c’est que sous le titre de nannny, les gens cherchent une éducatrice professionnelle.Une anima-trice-psychologue-professeure, qui sait nager, patiner, skier, qui s’occupe de la maison, qui se lève la nuit quand le bébé pleure, tout ça pour une moyenne de 70 heures de travail par semaine, à 2 $ ou 3 $ l’heure.« Pour les employeurs — et bien des hauts fonctionnaires et des politiciens ont de telles bonnes à tout faire —, c’est du bonbon.Ils auront maintenant des femmes encore plus scolarisées qu’ils vont payer le même salaire ! » De plus, ajoute Mme Bals, avoir 12 ans de scolarité dans un pays du tiers monde, surtout quand on est femme, c’est déjà appartenir à l’élite de ces sociétés, donc à une infime minorité.Quant à la spécialisation exigée, seuls la Grande-Bretagne et les États-Unis ont des écoles de nannies.On voudrait fermer les portes du pays qu’on ne ferait pas mieux, conclut Mme Bals.À Ottawa, M.Grant fait plutôt valoir que des cours d’aide-infirmière ou une formation d’institutrice seront acceptés comme formation.Il dit aussi que le ministère « n’a aucune raison de croire à une possible pénurie ».Quant au salaire et aux conditions de travail des domestiques, ils relèvent de lois provinciales.Le ministre Bernard Valcourt enverra d’ailleurs une note aux ministres provinciaux concernés pour qu’ils s’assurent de la protection légale de leurs travailleuses domestiques.Au Québec, la Loi sur les normes du travail ne couvre le personnel domestique ayant charge d’enfant que depuis le 1er janvier 1991, leur assurant un salaire de 215 $ pour une semaine de 53 heures, et l’employeur peut déduire une pension de 32,90 $ quand l’employée demeure chez lui.Le salaire minimum des autres travailleurs québécois est de 5,55$ l’heure pour une semaine normale fixée à 44 heures.« Mais, ça c’est la théorie, affirme encore Mme Bals.Dans les faits, ces domestiques doivent souvent être disponibles 24 heures sur 24.La vraie protection aurait été d’abolir l’obligation de rester chez l’employeur.Il faudrait aussi que le ministère cesse de considérer ces femmes comme des mineures qui doivent rapporter tout ce qu’elles font.» Le Conseil des communautés culturelles et de l’immigration, qui re- lève du ministère québécois des Communautés culturelles, s’est pour sa part saisi du dossier afin d’en aviser la ministre Monique Gagnon-Tremblay, qui pourrait éventuellement faire des représentations auprès de son homologue Bernard Valcourt.« Le resserrement des critères exercé par le fédéral est complètement irréaliste, dit la présidente du Conseil, Mme Raymonde Folco.On veut tout simplement aller chercher des femmes de la bourgeoisie ! D’ailleurs, pour les autres catégories d’immigrants, on n’exige pas ces 12 années de scolarité : on leur demande plutôt s'ils ont un emploi ou de l’argent.« Il aurait mieux valu appliquer des mesures pour que les travailleuses domestiques soient moins à la merci de leur employeur, elles qui sont déjà énormément exploitées.« Et ce n’est pas parce qu’elles ont une 12e année que ces femmes auront moins peur de dénoncer leur employeur ou qu’elles comprendront toute la complexité du fonctionnement de l’immigration canadienne.Bref qu’elles sauront davantage se défendre.» COMMUNICA TIONS RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES 842-9645 Date de tombée le 21 février 1992 PARUTION le 28 février DANS LE DEVOIR LE DEVOIR publiera cette année encore un cahier spécial sur le monde des communications.Il sera notamment question du vent de fusion, sans précédent, qui depuis deux ans ne cesse de changer les paramètres du secteur de la publicité.Nous examinerons aussi les relations publiques, la promotion, le marketing direct et les médias, pour dégager les grandes tendances.Et nous nous intéresserons aux nouvelles relations agences/médias/clients.Nous traiterons finalement de l’ensemble des moyens mis à la disposition de l’entreprise pour se mettre en évidence ou pour faire connaître ses produits et services, surtout dans des périodes de difficultés économiques et de concurrence accrue.Nous verrons comment l’entreprise gère ses budgets de communications et quels sont les choix qu elle a tendance à privilégier en cette période de lente reprise de l’économie. B-2 ¦ Le Devoir, mardi 11 février 1992 ALBERTVILLE 92 Guy Deshaies La chute, cette inconnue Les Canadiens déçoivent en ski de fond LE SPORT étant affaire de statistiques, on sait beaucoup de choses avant que les épreuves aient lieu.On connaît les favoris, on sait les performances dont ils sont capables, on a en main leurs résultats aux plus récents tournois nationaux ou championnats mondiaux de sorte qu’au départ on pourrait dire, à première vue, qu’il n’y aura pas de surprises.Je ne parle pas de surprises légères comme le gagnant prévu qui arrive deuxième ou troisième, c’est-à-dire à quelques centièmes de seconde du premier qui, de toute façon, faisait partie des favoris comme l’Autrichien Ortlieb et le Français Piccard dimanche en descente.L’inattendu, c’est souvent la chute qui survient forcément dans des sports qui se pratiquent sur la glace et sur la neige.L’ordinateur a beau calculer la moyenne, la vitesse du moment et le rang à quelques reprises même pendant une course de luge qui dure environ 45 secondes, il ne peut prévoir la chute.La chute est aux Jeux ce que la personne indécise est aux élections.Elle déjoue les calculs.Sans elle on saurait d’avance les résultats grosso modo comme s’il y avait eu sondage d’opinion.File est décevante pour la victime et ses partisans, elle peut être douloureuse, humiliante et même parfois fatale, notamment en ski alpin.En secret, certains spectateurs la souhaitent parce qu’elle est spectaculaire dans certaines disciplines rapides.Un accident en sport automobile est toujours apprécié des foules avides de sensations.C’est bête, mais c’est comme ça.AUX JEUX, la chute représente l’inconnue.Isabelle Brasseur a perdu pied dans sa prestation avec Lloyd Eisler, un des couples promus par tous au podium en patinage artistique.Us sont toujours dans la course, mais cette chute est devenue un événement marquant du premier week-end d’Albertville.Dès les essais, avant même la cérémonie d’ouverture, l’excel-leat skieur canadien Edi Podi- LES CANADIENS se sont de nouveaux montrés bien discrets, hier, aux Jeux d’Albertville.N’eut été de la victoire convaincante de l’équipe de Dave King au hockey, après des débuts inquiétants contre la France samedi, cette journée n’a guère permis de faire vibrer la corde patriotique.Après avoir inauguré le tournoi olympique avec une victoire sans grand panache de 3-2 face à la France, Eric Lindros et Joe Juneau ont marqué deux buts chacun pour guider l’équipe olympique canadienne à une gain de 6-1 face à la Suisse.Grande déception en ski de fond au 30 kilomètres.Les Canadiens se sont limités à de la figuration.Le meilleur du lot a été l’Ontarien Al Pilcher.Parti 89e et dernier du peloton, il a terminé au 45e rang à plus de neuf minutes et demie du premier rang.Wayne Dustin a fait 48e et les deux Québécois Yves Bilodeau et Alain Masson ont été surclassés, terminant 59e et 60e à près de 12 minutes du champion olympique.En patinage de vitesse, Susan Auch de Winnipeg a pris le sixième rang du 500 mètres féminin.Cartiona Lemay et Shelley Rhead-Skarvan, toutes deux de Calgary, se sont respectivement classées 14e et 18e.En ski artistique, Richard Peirce n’a pu conserver sa troisième place acquise après les préliminaires, dimanche, et il a terminé quatrième dans l’épreuve de ballet, présentée en démonstration.Dave Walker, de Thunder Bay, a obtenu le 12e rang.Chez les dames, Tanya Clarke de Youbou en Colombie-britannique s’est maintenue au 12e rang.Autre déception au combiné de ski alpin, Cary Mullen, de Banff, a mené le bal chez les Canadiens dans cette descente avec une 21e place.Felix Belczyk de Castlegar a terminé 25e.Rob Crossan de Barrie, en Ontario, a mérité le 29e rang.En luge, Harrington Telford, de Calgary, s’est dit instisfait de sa 18e place pendant que le Torontois Chris Sudu obtenait le 24e rang.Par ailleurs, un autre accident a assombri la journée pour l’équipe canadienne.La patineuse Jacqueline Petr, un des espoirs canadiens en danse avec Mark Janoschak, a chuté et s’est coupée à la jambe gauche.La coupure de quatre pouces environ a nécessité 22 points de suture.D’autre part, l’aventure olympique PHOTO PC L’Ontarien Richard Peirce, quatrième au ballet acrobatique.de Lucie LaRoche prendra vraisemblablement fin ce matin.Victime d’une chute à l’entrainement dimanche, son état semblait confirmer qu’elle ne pourra prendre part à la descente féminine.Elle doit se déplacer à l’aide de béquilles.Hier, elle a reçu trois traitements à base de chocs électriques qui doivent chasser la douleur et l’enflure et stimuler la circulation.La piste prévue est cependant une piste tellement exigeante que même la grande Vreni Schneider, championne olympique du slalom et du slalom géant de Calgary, a quitté la France pour la Suisse, pour se reposer quelques jours.?Au programme La journée d’aujourd’hui pourrait' permettre au Canada de remporter ses deux premières médailles.Ainsi,’ au biathlon féminin, Myriam Bedard participera à l’épreuve de 7,5 kilomètres.Et à la compétition de pati-' nage artistique en couples, le duo Isabelle Brasseur-Lloyd Eisler effectuera son programme libre.Ils étaient troisièmes à l’issue du programme original, dimanche.?Le bobeur espion viendra aux Jeux LE BOBEUR allemand llarald Czudaj, mis en cause récemment pour ses liens avec la Stasi, pourra finalement participer aux Jeux d’Albertville à la demande même ae ses coéquipiers.Dans une lettre adres-' sée a Willi Daume, le chef de ia délégation allemande aux Jeux, iis ont assuré ne pas avoir souffert des relations de Czudaj avec la toute puissante police secrète de l’ancienne R DA, mais qu’ils pourraient souffrir maintenant si leur pilote, donné comme grand favori du bob à quatre,' était écarté des Jeux.?Lillehammer observe LES ORGANISATEURS des Jeux d’hiver de Lillehammer en 1994 sont en force à Albertville.« L’organisation et le niveau des facilités techniques nous a impressionnés », a déclaré le directeur du comité organisateur norvégien, M.Tor Inge Mar-tinsen.Le ministre norvégien de la Défense, M.Johan Jorgen llolst, également en Savoie, a visité le PC inter-armes aménagé à Albertville et le site des Saisies où lui sera expliquée la participation de la 27e divi-, sion alpine dans le déroulement des* épreuves de biathlon.?Coca-Cola a signé pour 1994 et 1996 LE GROUPE Coca-Cola, qui fait, partie du TO P12 (les douze sponsors internationaux officiels des Jeux de 1992) a reconduit sont contrat avec le CIO pour être partenaire des Jeux d’hiver de Lillehammer en 1994 et des Jeux d’été d’Atlanta en 1996.D’après AFP, Reuter et PC vinsky a fait une spectaculaire chute qui lui a valu des ligaments étirés et fait probablement perdre toute chance de participation ultérieure.Le Canada, du reste, a beaucoup chuté.Lucie Laroche a été évacuée des pentes de Méribel sur une civière, mise hors combat par une chute.Les skieurs Brian Stemmle, Craig Mullen et Bob Crossan sont également tombés en pleine Face de Belle-varde.Que dire des grands noms comme Marc Girardelli, le seul représentant du Luxembourg et à qui on donne sur papier plusieurs médailles, le Suisse Paul Accola et l’Autrichien Leonard Stock, des grands favoris qui ont failli se tuer en chutant en descente toujours sur la périlleuse Face de Bellevarde.IL Y EN aura beaucoup d’autres d’ici la fin.Ces défaillances nous ra'ppeleront que le corps humain est perfectible, certes, mais qu’il le sera toujours.Sans quoi, les Jeux pourraient coûter moins cher puisque, sur papier et statistiquement, à l'aide de l’impayable ordinateur, on pourrait presque, à part un bris d’équipement, un empoisonnement alimentaire ou un accident de voiture, décerner les médailles lors de la cérémonie d’ouverture et dire au revoir à tout le monde.Ce serait navrant.La chute demeure le plus solide rempart contre le connu et le prévisible.Sans elle, les Jeux n’auraient que l'intérêt de la confirmation des meilleurs et le couronnement des champions anticipés.C’est pour cela qu’on les regarde.Le Canada se rassure mais ne convainc pas LE HOCKEY canadien s’est rassuré en battant la Suisse 6-1, hier, à Méribel.Décevants face aux Français, les joueurs à la feuille d’érable se sont partiellement réhabilités, quelques-unes de leurs étoiles, comme Eric Lindros (2 buts), ayant brillé par intermittence.Mais cette équipe aux ambitions affichées n’a pas encore convaincu tous les observateurs et certainement pas l’un de ses principaux ri- vaux au titre olympique, la CEI qui fit une nouvelle démonstration face à la Norvège.Lindros fut celui qui a lancé à deux reprises la machine canadienne.Après guère plus de trois minutes de jeu, la jeune star trompait la vigilance du portier suisse, déviant une passe de Joe Juneau.Alors que le monde pensait à un festival des Nord-Américains, ceux-ci devaient peiner pour ne conserver que cet infime avantage jusqu’à l’entame de la deuxième période.Et c’est encore Lindros qui relan- çait la mécanique, ce dont profitait cette fois son équipe pour prendre le large, sachant enfin exploiter (’infériorité technique des Suisses et les situations de supériorité numérique, grâce notamment à Juneau (2 buts).Les Suisses quant à eux ne purent qu’en une seule occasion tromper la vigilance de l'excellent Sean Burke, à l’entame d'un dernier tiers-temps que les Canadiens effectuèrent sur un tempo assez tranquille.L’équipe canadienne a montré qu’elle pouvait mieux faire.Et elle le devra si elle veut assouvrir le désir de conquête olympique de son entraî- neur, qui a déjà échoué à deux reprises, et celui d’un pays privé de médaille depuis.24 ans.Face à la Norvège, l’équipe de Dave King aura demain une nouvelle occasion d’aiguiser ses armes avant les véritables tests : d’abord face à la Tchécoslovaquie puis contre à la CEI.CEI 8, Suisse 1 VICTORIEUSE 8-1 de la Suisse samedi pour son entrée en matière dans le tournoi olympique de hockey sur glace, la CEI a récidivé, hier, en disposant de la Norvège sur un verdict identique.Ce deuxième match des héritiers de l’ex-URSS a, plus encore que le premier, eu des allures de galop d’entraînement qui rend bien difficile toute appréciation de leurs chances réelles de victoire finale.Andrei Khomutov et Nikolai Borshchevski ont tous deux marqué deux fois dans une rencontre où les hockeyeurs de la CEI ont fait preuve parfois de désinvolture.Tchécoslovaquie 6, France 4 LA FRANCE a parfaitement tenu son rôle de pays hôte avant de s’incliner face à la Tchécoslovaquie 6-4 dans son deuxième match du groupe B.Séduisants mais vaincus par le Canada, les Français n’ont rêvé que pendant une période d’état de grâce, où ils ont mené 2-0, avant de s’effilocher à force de fautes et de fatigue.Car les Tchécoslovaques, qui avaient étrillé la Norvège 7-1 lors de leur premier match, ont peu à peu pris le dessus, notamment au milieu du deuxième tiers-temps, où ils ont inscrit, trois buts en trois minutes.Bonnie Blair, première médaillée Calgary-Albertville L’AMÉRICAINE Bonnie Blair a réussi hier le premier doublé olympique Cal-gary-Albertville dans le 500 mètres de patinage de vitesse.Soutenue par une importante colonie de parents et amis, elle a établi un nouveau record de la patinoire en 40,33 secondes et a distancé de 22 centièmes la Chinoise Ye Quiaobo, médaille d’argent.Pendant que Susan Auch parlait de sa sixième place à l’extérieur de l’anneau de vitesse, hier, elle a pu entendre l’hymne national américain et les chants saluant « Bonnie, Bonnie » en l’honneur de la médaillée d’or « Ce serait extraordinaire d’être à sa place », a confié Auch, âgée de 25 ans, ses yeux se tournant vers le lieu des cérémonies.«Je me reprendrai dans les prochaines années.Je me suis constamment améliorée au cours des quatre dernières années et.j’envisage de poursuivre dans cette voie.» Pendant que Auch parlait de son avenir, Blair savourait sa victoire au 500 mètres.Pour six centièmes, l’Allemande Christa Luding a régressé de la deuxième marche du podium, qui avait été la sienne il y a quatre ans, à la troisième.Blair a vécu le moment le plus difficile de la journée avant de chausser ses patins, lorsque les organisateurs ont décidé, 45 minutes avant le début de l’épreuve, un report d’une heure pour refaire la glace qui commençait à fondre dans le redoux.Très vite, la Chinoise Quiaobo qui partait dans la deuxième paire a donné le ton en réussisant un bon r Bonnie Blair temps.Blair, lancée en cinquième position, a tout donné dès le départ et le temps de son premier 100 mètres l’assurait pratiquement de la vie toire.Le prochain objectif de l’Américaine est le 1500 mètres où elle retrouvera demain l’Allemande Gunda Niemann qui a remporté dimanche la médaille d’or du 3000 mètres.Triplé norvégien Michel Lajeunesse Presse canadienne LES SAISIES - Le drapeau rouge à l’immense croix bleue et blanche de la Norvège couvre toutes les Saisies après un tir groupé des ténors Vegard Ulvang, Bjorn Daehlie et Terje Langli, qui ont balayé les honneurs du 30 kilomètres messieurs des épreuves de ski de fond.On avait dit de cette course, la plus longue encore disputée en style classique, que ce serait le combat des chefs.Les chefs seront donc Norvégiens alors que les prétendants finlandais et russes ont été laissés loin derrière et que les Canadiens n’ont encore été que des figurants.En effet, Harri Kirvesniemi, qui s’était fait construire chez lui en Finlande un parcours en tous points semblables à la difficile piste des Saisies, a été laissé loin derrière et il termine 10e, tout juste derrière l’ours sibérien à la barbe rousse, Vla-dimir Sniirnov, vainqueur de la Coupe du monde, qui n’a pu soutenir le rythme.Ils ont terminé à trois minutes d’Ulvang.Langli, parti une minute derrière Smirnov, lui a même fait l’affront de le coiffer à un kilomètre de l’arrivée pour faire son entrée bien avant lui dans le stade et confirmer ainsi le triplé norvégien.Ulvang et Daehlie s’étaient partagé les honneurs des deux courses de 30 kilomètres en Coupe du monde cette saison.D’entrée, ils ont montré qu’ils étaient les hommes à battre.« Quand j’ai compris que je ne pourrais rattraper Vegard, j’ai cessé de lutter », a confié Daehlie.Et Ulvang souriait déjà devant les caméras de télé quand Kirvesniemi et Smirnov ont finalement gagné l’aire d’arrivée.Et le jeune Erling Jevne est venu compléter cette avalanche norvégienne en terminant cinquième.Seul l’Italien Marco Albarello, ancien champion du monde, a pu s’interposer au quatrième rang et sauver la face, mais il était très éprouvé à la fin de l’épreuve et a peut-être hypothéqué ses chances pour ses autres courses.Accola se place en position VAL D’ISÈRE - Le Suisse Paul Accola s’est idéalement placé pour remporter le titre olympique du combiné de ski alpin en réalisant, hier, le cinquième temps de la descente.Son plus dangereux rival, le Luxembourgeois Marc Girardelli, ne pourra plus l’inquiéter.Le quadruple vainqueur de la Coupe du monde, qui avait manqué une porte dimanche, ri’a toujours pas réussi à atteindre l’aire d’arrivée de la Face de Bellevarde : il a heurté hier les filets de protect ion à la sortie de l’Ancolie, au bas du premier tiers de la piste.Ce passage terrible a été fatal à un autre favori, l’Autrichien Guenther Mader, médaillé de bronze de la descente.Cette descente du combiné a été remportée par le jeune Norvégien Jan Einar Thorsen, cinquième la veille.Il a devancé dans l’ordre deux Italiens, Gianfranco Martin et Franco Colluri.D’après Reuter et PC Georg Hackl fait cavalier seul L’ALLEMAND Georg Hackl a gravi une marche de plus dans la hiérarchie olympique en remportant, hier, l’épreuve de luge monoplace messieurs.En tête à l’issue des deux premières manches disputées la veille, il a signé le meilleur temps des deux dernières pour s’imposer dans le temps total de 3:02,363.Favori de l’épreuve, Hackl, médaillé d’argent à Calgary il y a quatre ans, a devancé les deux Autrichiens Markus Prock (3:02,669) et Markus Schmidt (3:02,942).Sa victoire est venue à point pour réconforter une équipe allemande unifiée ébranlée à l’approche de ces Jeux par les révélations sur les liens d’athlètes de l’ex-RDA, dont le bobeur llarald Czudaj, avec la Stasi.En bon Bavarois, Hackl a fêté son titre, le deuxième de l’Allemagne après celui de la patineuse de vitesse Gunda Niemann, avec une bière.Ilarington Telford, de Calgary, a échoué dans sa tentative visant à décrocher une place parmi les 10 premiers, se contentant du 18e rang parmi 43 concurrents.« Il s’agit probablement de ma pire performance de l’année, a constaté Telford.Je suis vraiment très déçu, je m’attendais à beaucoup mieux de ma part.» Telford avait entrepris le concours olympique sur un note encourageante dimanche avec une 14e position dans la première des quatre manches, mais il n’a jamais pu se ressaisir après un départ désastreux dans la deuxième manche.« Les choses ont tourné au désastre par la suite, a ajouté Telford, qui a compilé un chrono de 3:06,195.Je pense que ma performance dans la première manche a démontré que j’avais le potentiel pour me classer parmi les 10 premiers.Si j’avais pu réussir trois autres manches comme celle-là, j’aurais probablement atteint mon objectif.» Le chaud soleil qui baignait La l’Iagne dimanche avait laissé place à un ciel couvert.Mais la neige qui tombait depuis la nuit s’est arretée en début de matinée, permettant aux organisateurs de nettoyer la piste à temps pour le départ de la troisième manche.d’après Reuter et PC Pays TABLEAU DES MÉDAILLES Or Argent Bronze Total Autriche 2 2 3 7 Allemagne 2 1 1 4 Norvège 1 1 1 3 CEI 1 0 1 2 États-Unis 1 0 0 1 finlande 0 1 1 2 France 0 1 0 1 Chine 0 0 1 1 ¥ 4 Le Devoir, mardi 11 février 1992 ¦ B-3 CINÉMA Nathalie Petrowski LE CINÉMA QUÉBÉCOIS ressemble parfois à un éléphant qui à trop voir grand finit par accoucher d’une souris.L’éléphant déploie énormément d’efforts et d’énergie, réunit une quantité considérable de gens et remplit une quantité industrielle de formulaires afin que d’une idée, d’un flash, d'une émotion, naisse un film.Le problème, c’est que parfois le film tant voulu et tant attendu ne livre pas ce qu’il annonçait et telle une souris incongrue, sort du ventre de l’éléphant déçu.C’est un peu le cas de Avancez en arrière, un documentaire expérimental de Édith Labbé et Michel De-Gagné, présenté dimanche au Rendez-vous du cinéma québécois et repris vendredi au Cinéma ONF du Complexe Guy-Favreau.Malgré un titre qui donne dans le folklore du transport en commun Avancez en arrière traitait en principe du thème de la violence conjugale.En guise d’entrée en matière, on avait écrit en exergue dans le programme des Rendez-vous que du 17 août au 1er octobre 1990, dix drames conjugaux et familiaux se sont produits sur l’île de Montréal, entraînant la mort de 20 personnes.« On ne compte, parmi les victimes, aucun homme » ajoutaient les auteurs magnanimes.Alex Haley Décès de l’auteur de Roots SEATTLE (AFP) — L’écrivain noir américain Alex Haley, auteur de Roots (Racines) et de L’autobiographie de Malcolm X, est mort nier matin à Seattle (État de Washington) à l'âge de 70 ans, a annoncé la direction de l’hôpital suédois de cette ville.L’écrivain, qui devait prononcer un discours aujourd’hui lors d’un banquet à la base sous-marine de Bangor, non loin de Seattle, avait été admis en urgence dans cet hôpital dimanche soir.Il y est décédé peu après minuit, a précisé M.John Fol-krod, l’un des responsables de l’hôpital, refusant de préciser la cause du décès avant l'arrivée de la famille de M.Haley.Alex llaley avait reçu le prix Pulitzer en 1977 pour Roots, un roman fleuve retraçant l’histoire d’une famille noire américaine et de ses ancêtres africains, qui fut adapté au petit écran.Le feuilleton, d'une durée totale de 12 heures, a été regardé par 130 millions de téléspectateurs, soit la plus forte audience dans l’histoire de la télévision.« Il aimait passer son temps à discuter avec des gens ordinaires, comme ceux des stations service.Il n’était pas impressionné par les célébrités »», a déclaré l’un de ses amis, John Rice Irwin, fondateur du Musée des Appalaches à Norris (Tennessee!.Né le 11 août 1921 à Ithaca (État de New York), Alex llaley avait été élevé à Henning, dans le Tennessee.À l’âge de 18 ans, il s’était engagé dans les Garde-côtes et avait servi vingt ans dans les forces armées avant de commencer une carrière d'écrivain.Outre Roots ei L’autobiographie de Malcolm X, Alex llaley a publié Une différente sorte de No), un roman racontant l'histoire d’un riche planteur du Sud, effectuant une reconversion morale et aidant à libérer un groupe d'esclaves.Le mois dernier, il avait décidé de vendre sa ferme dans le Tennessee pour pouvoir consacrer plus de temps à l’écriture.Il avait effectué récemment un voyage en mer pour terminer son dernier livre consacré à la ville de Henning, et avait annoncé son intention d’écrire un livre sur C.J.Walker, la première femme noire américaine à gagner plus d’un million de dollars de revenus.L’éléphant et la souris MUSIQUE lis HINDU VOUS OU C1N » Attirée par cette dernière phrase et par la réflexion politico-sociale qu’elle promettait, j’ai évidemment voulu savoir de quoi il en retournait et à quelles conclusions les cinéastes en étaient venus.Malheureusement pour moi et pour eux, je n’ai jamais su quelles étaient ces conclusions ni à quoi on voulait en venir au juste.Malgré le vocable documentaire expérimental, Avancez en arrière n’a de documentaire que le genre sous lequel il s’est volontairement réfugié.Pour le reste c’est du cinéma expérimental pur et dur, c’est-à-dire un exercice formel faisant appel à plusieurs techniques d’animation et de pixilation pour lesquelles la violence conjugale sert de prétexte et non de matière à réflexion.Les images de la ville qui débou- lent à une cadence frénétique sont ponctuées par une bande son bétonnée, où s’abîment des extraits sonores de films français et des voix diverses qui déclinent l’horoscope du jour et des pages entières du manuel d’hygiène et de civisme.De temps à autre, une femme assise sur une chaise avec la ville en toile de fond, ouvre la bouche pour bâiller ou pour crier sans produire le moindre son.Ailleurs, des silhouettes se perdent sur des rubans de pellicule détournés du projecteur pour envahir l’écran complètement.Manifestement, les cinéastes ne confrontent pas le problème de la violence conjugale mais s’en imprègnent et s’en imbibent pour nous redonner à sentir l’horreur que ces drames leur a inspirée.Je veux bien que des créateurs partent de faits réels pour laisser libre cours à leur imagination, mais encore faut-il que cette imagination ouvre la voie à un début de compréhension, encore faut-il qu’il y ait de la lumière au bout du tunnel sans quoi les créateurs en question ne sont pas différents de nous, pauvres mortels condamnés à lire les journaux quotidiens et à constater les décès sans pouvoir y faire que ce soit.Or bien que Édith Labbé et Michel DeGagné soient armés d’une caméra et qu’ils manifestent une belle maîtrise technique, ils ne sont finale- ment pas différents de nous et ne nous donnent à voir que ce que nous connaissons déjà pour l’avoir vécu par procuration.11 se peut aussi que leur film soit plus signifiant qu il n'y paraisse et sa facture expérimentale brouille des pistes qui se voulaient claires.Le cas échéant nous ne parlons définitivement pas la même langue et sommes donc condamnés, chacun de notre côté, à avancer en arrière.?DANS un tout autre ordre d’idées Les archives, le court-métrage de Martin Lessard mettant en vedette Remy Girard et Elizabeth Chouva-lidzé, est aussi un éléphant qui accouche d’une souris.Le problème dans ce cas-ci tient à ce que le cinéaste met en scène assez judicieusement une situation proprement apocalyptique qu’il est obligé de conclure affreusement vite en nous laissant sur notre appétit.L’idée de départ était pourtant intéressante.Un archiviste un peu toqué interprété par Remy Girard a eu le mandat de classer dès milliers de tonnes d’information par la directrice d’un conseil d’administration interprétée par Elizabeth Chouvalidzé.Or l’archiviste a mis au point un système un peu poussiéreux mais permettant néanmoins d’avoir accès à la connaissance absolue.Il suffit d’appuyer sur le bon bouton pour qu'une voix d'outre-tombe se mette à répondre à toutes les questions possibles et inimaginables.Combien de sonates Beethoven a-t-il composé, qui a fondé Baby lone, est-ce que Jésus existe ?etc.Posez la question et la machine de la connaissance absolue y répondra.La seule question qu’il ne faut pas lui poser est d’ordre existentiel.Pourquoi vit-on ?L'archiviste la posera évidemment, déclenchant la mégalomanie de la machine qui commencera à dérailler joyeusement et à exercer la suprématie de son pouvoir.11 aurait fallu une bonne heure pour à la fois mettre en place la situation et la faire se dénouer sans précipitation.Or Martin Lessard, étudiant en cinéma à l’UQAM, dispose d’exactement 21 minutes, un temps bien mince pour un sujet aussi vaste.Tous les efforts de mise en scène, de direction artistique et de direction d’acteurs, tourneront court, le temps filant trop vite et le cinéaste, ayant vu trop gros, perdra subitement le contrôle de sa progression dramatique pour accoucher d’une souris.En tant qu’exercice scolaire, le film mérite problement la meilleure note de la session, ne serait-ce que pour son ambition.En tant qu’invité officiel aux Rendez-vous du cinéma Québécois, le film est l’oeuvre d’un tudiant ambitieux certes, mais étudiant tout de même.Carole Laure, les retrouvailles avec le rock Carole Laure She Says Move On Audiogram Pascale Pontoreau PAS FACILE de rencontrer Madame Laure.Non, pas en terme de rendez-vous.Habituée au rythme des meilleurs, elle se prête au cérémonial avec rigueur.Ce jour-là, trois entrevues qui se suivent dans un petit restaurant d’Outremont.Deux hommes et moi, deux adorateurs et moi, deux journalistes connus et moi la petite nouvelle qui ne connaît la mythique Carole que par le bon goût d’un père qui aime les jolies femmes et un dossier de presse bien rempli.Moi qui tente de lancer la conversation hors des lieux communs, je gaffe d’entrée de jeu.Elle, habituée à l’engouement des foules — véritable délire en Hexagone —, n’en revient pas.Visiblement insultée parce que non, je n’ai pas vu son clip, et non, je ne suis pas passée maître en Furey-tudes en tous rythmes, la dame me plante en bonne et dûe forme.Prétention, direz-vous ?Avec une maîtrise du langage digne des verbeux français, Carole Laure transforme vite la rencontre en une joute assassine dont j’ai eu du mal à me sortir vivante.Heureusement, je connaissais et.j’aimais son dernier né She Says Move On.Et c’est vrai que je l’apprécie ce dernier album, retour aux clés de son musicien de mari Lewis Furey.Après la parenthèse country de Western Shadows, les retrouvailles avec les sonorités rock tintent doucement.Pour Carole Laure, cet album appelle ses extrêmes.Contradictoire, comme elle se dit l’être, le disque rejoint autant la douceur que la violence dans un climat globalement charnel et sensuel qui s’étire en longueur.« J’aime les chansons qui parlent d’amour, j’aime ses morceaux qui durent créant ainsi une atmosphère.» Mais pour la comédienne, chanteuse à part entière depuis deux ans, She Says Move On représente aussi un défi puisqu’il a été travaillé selon un concept peu habituel.« Presque toutes les chansons ont été interprétées pendant le spectacle Bonsoir, mon amour que j’ai fait tourner partout en France, en Europe, au Québec (FraneoFolies en décembre dernier).Ensuite nous sommes entrés en studio.Bien sûr, tout a été réorchestré, joué avec de nouveaux musiciens de réputation internationale comme Manu Katché (Sting) à la batterie et Rick Hayworth (Michel Rivard) à la guitare et les autres, mais moi, je n’étais pas à froid.Je connaissais parfaitement chaque chanson.Chaque chanson avait déjà vécu.» Pour Carole Laure, cette approche dans laquelle la scène devient un véritable laboratoire expérimental risque de devenir une nouvelle méthode de travail.« La scène est un moment fabuleux.Il s’en dégage une énergie terrible.Et l’interaction avec le public demeure le moyen par excellence pour faire évoluer un spectacle.» Après la rassurante approche du cinéma « tout se construit par petits morceaux qui s’emboitent.Au moindre problème, tu recommences, il n’y a pas de spectateurs ».Carole Laure se concentre depuis Western Shadows sur le côté musical de sa vie.Aussi « la musique appelle la danse.Sur scène, tu bouges.Moi, je suis allée chercher avec Claude Godin (émule d’Édouard Locke) un mouvement peu habituel des shows de rock.» Depuis Bonsoir, mon amour dans sa première version, les scènes, les salles et les théâtres se sont succédés apportant chacun leur dose de surprises.Et si les journalistes présents aux FraneoFolies de La Rochelle se souviennent d’un « grand moment » dû principalement à l’improvisation de la chanteuse conséquente à la multitudes de problèmes techniques, Le Bataclan s’est offert une panne totale d’électricité.« Il y a toujours une part de risques en spectacle.Four moi, cette mise en danger est stimulante.Si je ne prends plus de risques, je ne crée plus.» Pourtant, chaque soir succède à celui qui précède, et les salles se sui- Après une parenthèse western, Carole Laure a décidé de faire du rock.vent sans nécessairement se ressembler.« Personnellement, je préfère les salles rock comme le Spectrum pour l’énergie qui s’en dégage.Mais, je peux avoir des moments très forts dans des théâtres de province datant du siècle dernier, seulement ce n’est pas le même public.Et, c’est ie public qui change en fonction de la salle, plus qu’en fonction du pays.» Si le Québec attend sa vedette avec impatience, les Français l’ont déjà installée sur un trône dont elle a du mal à descendre et sa nomination aux Victoires de la musique pour la « meilleure performance musicale de l’année » le confirme.Même si Eddy Mitchell lui a été préféré pour le prix, les critiques se font plus dithyrambiques les unes que les autres, les éloges pleuvent, les nouveautés sortent à Paris six mois avant Montréal, « question de distribution et de promotion, je ne peux pas être partout à la fois », réplique Carole Laure.De plus, la Belle province a une fâcheuse tendance à lui reprocher l’emploi excessif de la langue de Shakespeare.« C’est ridicule, commente-t-elle.Tout le monde fait sa part pour sauver le français parce que cela demeure un marché minoritaire.Mais, depuis le début, l’auteur compositeur avec lequel je travaille est un Montréalais anglophone.Pourquoi écrirait-il dans une autre langue que sa langue maternelle.Quant à moi, j’essaie d’adapter les textes selon le pays où je me trouve.Au Québec, certaines chansons sont traduites.» Décidément, ce problème la chatouille et quand on lui demande si elle préfère vivre en France ou au Québec, elle s’insurge et précise « de toutes façons, je vis dans les hôtels.J’avais déjà ce genre de vie quand je faisais du cinéma.Je ne connais rien d’autre, alors j’en suis bien contente.» Difficultés d’une logistique qui n’empêchent pas Carole Laure de trimballer ses deux enfants partout avec elle, ni de se reposer — à Noël, par exemple — avec le télé- phone débranché.« Les femmes ont voulu tout avoir, le travail, la famille, l’indépendance; elles voulaient des hommes qui eux-aussi étaient tout à la fois.Maintenant, on paye.Toutes les femmes doivent être super organisées pour tout mener de front.Moi, ni plus ni moins que les autres.» La question du cinéma semble en attente.Contrairement à la tendance actuelle, je suis passée du cinéma à la musique.Kn particulier, parce que je chantais dans mes films et que Lewis Furey signait déjà les musiques, puis il s'est mis à travailler juste pour moi.» Maintenant, ce sont les chanteurs qui font du cinéma.Tournages de vidéo-clips aidant, de Madonna à Prince, de Sting à Patrick Bruel ou à Vanessa Paradis, les as PHOTO JACQUES GRENIER des planches s’installent tous confortablement, et avec plus ou moins de talent devant les caméras.« Pour-moi, cette période est temporairement révolue.Mais, j’ai bon espoir de travailler, prochainement peut-être, sur un film-musical, pas une comédie musicale.Un film dans lequel la musique s'intégrerait comme la danse dans mon spectacle, naturellement.» Bien que la tête bourrée de projets en tous genres, cette boulimique de travail pense beaucoup à ce dernier défi.Mais d’ici là, She Says Move On ne devrait pas moisir sur les tablettes, l’Olympia croulera bientôt sous les applaudissements et Carole Laure s'envolera ensuite vers l’empire du Soleil levant pour une série de six concerts qui l’enchantent littéralement.Une maîtrise admirable Studio de Musique Ancienne de Montréal Dir.Christopher Jackson : Victoria, Salve Regma, Verdelot, Sancta Maria; Goudimel, Salve Regina; sept Villancicos; Tallis, Gaude gloriosa; Victoria, Ave Maria; Bouzignac, Ave Maria.Regma coeli.Ecce aurora; Weelkes, Magnificat.Nunc dimittis.Ce concert sera diffusé sur les ondes de CBF-FM, le 17 février à 20 heures.Dimanche 9 février, église Notre-Dame-du-T rès-Saint-Sacrement ^arol Bergeron FAUT-IL le regretter?Au sein de l’expédition qui, partie du port de La Rochelle, mena Paul Chaumedey de Maisonneuve à la.fondation de Ville-Marie en 1642, ne se trouva point de compositeur pour traduire, par une Messe ou un Motet, le sentiment de piété mariale qui avait inspiré le nom de ce bourg insilaire promis à une grande destinée.Le siècle qui sépare 1534 de 1642 a ainsi permis à Christopher Jackson d’aller puiser en France, en Espagne et en Angleterre — les trois pays colonisateurs du continent américain — la matière à un programme qui voulait souligner le 350e anniversaire de Montréal en rendant tout particulièrement hommage à la Vierge Marie.Essentiellement des pièces chantées a cappella ou accompagnées de quelques instruments (orgue positif, luth, violoncelle, contrebasse et percussion) que le Studio de Musique Ancienne de Montréal (SMAM) confia à 17 de ses meilleurs choristes.Ce nombre semble correspondre assez fidèlement à ce qu’on avait l’habitude d’utiliser dans les chapelles princières pour assurer la pratique quotidienne du plain-chant liturgique et de la polyphonie religieuse; bien que la composition d’un choeur pouvait aussi varier en fonction du lieu et des circonstances ou encore du goût et de la fortune du maître.Pendant ce siècle où Montréal attendait la naissance de sa ville, sa future dédicataire inspira plus d’une oeuvre aux compositeurs européens.Aussi, dans le but de créer quelques variations sur son unique sujet, Jackson a-t-il soigneusement choisi des polyphonies à quatre, cinq, six, huit et 12 voix comme le Salve Regina a 12 de Claude Goudimel.À coté du Gaude gloriosa a 6 de Thomas Tallis, Eage majestueuse d'une grande eauté, nous avons également entendu quelques Villancicos — ces chants religieux connus en Espagne dès la fin du 16e siècle et dont l’origine est à la fois religieuse (chants de Noël) et profane (danses populaires).voilà donc une manière originale de souligner un anniversaire qui nous a fait découvrir de fort belles musiques, dirigées avec précision et intelligence et chantées avec une admirable maîtrise.Albertville 92 Toujours au poste ?Ce sera comme ça à tous les soirs, de 19 h à 21 h.( Radio-Canada) ?L’équipe Cousteau Exotisme garanti : le célèbre commandant à la tuque entreprend une série de reportages sur la Papouasie.( Radio-Québec, 11) h 30) ?Le match de la vie C’est quoi être un père en 1992 ?Qu’est-ce que se racontent les gars entre eux ?Et le démon du midi ça existe encore ?Claude Charron tente d’y répondre.(TVA, 21 h) ?Tous à la une Une émission de variétés françaises comme on adore les détester, avec un animateur tarte à souhait (Patrick Sabatier), mais où deux invités piquent ce soir notre curiosité : Michel Rivard et Ginette Reno.(TV5, 21 h) — Paul Cauchon 3 iTUif/1 ORCHESTRE SYMPHONIQUE SAjM I DE MONTREAL Charles dutoit LES CONCERTS GALA Ivan Fischer, chef Louis Lortie, piano 11 et 12 février, 20h00 ANHALT: Sonance - résonance GRIEG: Concerto pour piano en la mineur, opus 16 DVORAK: Symphonie no 8 en sol majeur, opus 88 Commanditaire 12 1 février: 1/^1 HEWLETT 1,11 * wLiiÆ PACKARD cfb SALLE WILFRID-PELLETIER I \ Y! \ 11 \ I
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.