Le devoir, 17 mars 1992, Cahier A
Montrill londras Hong Kong Communicitioni Design et graphisme Relations Interculturelles Bélanger, Legault Vol.LXXXIII — No 64 Neige.Max.: o Détail page b-7 Montréal, mardi 17 mars 1992 Toronto as cents 65* + tps + tvq SOCIÉTÉ ^ La Charte de la langue française a 15 ans Il y a quinze ans cette semaine, la loi 101 était adoptée par l’Assemblée nationale.A cette occasion, Jean Chartier a interrogé le président de l’Office de la langue française, Jean-Claude Rondeau (ci-dessus), et le « père » de la Charte, le docteur Camille Laurin.Pour eux deux, le bilan est dans son ensemble très positif.Page B-l Desjardins investit dans le développement économique régional Le Mouvement s’associe à la Caisse de dépôt et au Fonds de solidarité Bourassa résiste à l’appel de Clark Toujours pas question de participer à une négociation « à 11,15 ou 17 » Claude Turcotte I.K MOUVEMENT DESJARDINS va participer à la création ou au développement de fonds régionaux avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité F'I’Q et éventuellement d’autres institutions détenant du « capital patient ».L’objectif est de couvrir toutes les régions du Québec pour y « rendre disponibles des capitaux importants et appuyer des projets de développement durables et rentables ».Au départ, Desjardins met 10 millions $ à cette fin.Les ajustements dans un sens ou l’autre se feront selon le nombre et la qualité des projets soumis.M.Claude Béland, le président du Mouvement, a fait part de cette initiative hier matin à l’occasion de l’assemblée générale de la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec.Desjardins, la Caisse de dépôt et le Fonds de solidarité ont déjà conclu un accord verbal quant à leur participation dans de tels fonds.Il reste à finaliser tout cela par écrit dans un Marie Laurier LA SOCIÉTÉ de musique contemporaine du Québec fSMCQ) a été proclamée hier laureate du Grand Prix 1991 du Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CACUM) présidé par Gilles Lefebvre.Ce dernier a remis une bourse de 25 000 $ à Walter Boudreau, directeur artistique de la SMCQ, qui vient de célébrer son 25e anniversaire de fondation.Créée en 1985, cette distinction vise à reconnaître l’excellence de l’un des 200 organismes que soutient le Conseil des arts, notamment en ce qui a trait à une production ou un événement réalisé en cours d’année, ce que la SMCQ a fait de façon tout à fait remarquable à la faveur de son quart de siècle.La musique se trouve ainsi honorée pour la deuxième fois en sept protocole d’entente, qui sera suffisamment flexible pour permettre des modèles de fonds adaptés à chaque région.Il ne s’agira pas de doubler les fonds déjà en place, comme Capidem à Québec, Estrie Capital, Soccrent au Saguenay, etc., mais plutôt de se joindre à eux.Le degré de participation des trois grandes institutions pourra varier d’une région à l’autre, selon les besoins et les circonstances.« Ce n’est pas Desjardins seul qui peut avoir un impact durable dans le développement économique régional.Il nous faut des partenaires qui ont du capital patient et qui ne sont pas motivés par des profits de spéculation à court terme.Il faut empêcher les régions de se vider de leur jeunesse », a expliqué M.Béland, en prenant bien soin cependant de souligner que présentement ce ne sont pas les capitaux qui manquent, mais les bons projets.La concertation de Desjardins, la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité et éventuellement d’autres partenaires n’engendrera pas d’elle-même de bons projets, mais elle en-Volr page A-4 : Desjardins ans, le pianiste Louis Lortie ayant remporté le Grand Prix en 1987.Les quatre autres finalistes en nomination pour la cuvée 1991 ont reçu un prix de 5000 $ : en arts visuels, le Collectif de communication Vox Populi, en danse, la Fondation Jean-Pierre Perreault, en littérature, la revue de nouvelles XYZ, et en théâtre, la compagnie du Théâtre de la Marmaille.Plusieurs manifestations d’envergure mises sur pied par la SMCQ en 1991 ont démontré son professionnalisme et élargi l’auditoire d’une musique dont Walter Boudreau a comparé l’accessibilité à « des montagnes russes ».« D’aucuns ressentent une sorte de danger à aborder ou même écouter de la musique contemporaine, a-t-il dit devant les centaines d’invités au déjeuner.Mais tout comme on hésite à monter dans les montagnes russes, une fois sa peur surmontée on veut y retourner Voir page A-4 : La SMCQ Jocelyne Richer de notre bureau de Québec REFUSANT DE céder aux pressions, prières et supplications qui lui parvenaient d’Ottawa depuis quelques jours, le premier ministre Bourassa maintient contre vents et marées sa stratégie de la chaise vide : pas question de participer à une négociation constitutionnelle «à 11, 15 ou 17 » où le Québec ne serait qu’un joueur parmi d’autres.« Nous n’avons pas l’intention de changer d’attitude sur la participation du Québec aux conférences constitutionnelles, a déclaré M.Bou- JOHANNESBURG - L’Afrique du Sud se retrouve à la croisée des chemins à l’occasion du référendum d’aujourd’hui : l’avancée vers la démocratie ou le retour vers l’apartheid.Le président Frederikde Klerk réclame le soutien des Blancs pour la poursuite des réformes démocratiques.Il s’agit, selon lui, d’envoyer un signal positif aux 27 millions de Noirs — qui, une fois encore, voient les Blancs décider de leur avenir.Le référendum d’aujourd’hui concerne 3,28 millions d’électeurs blancs auxquels il est demandé : « Souhaitez-vous la poursuite du processus de réformes que le président a engagé le 2 février 1990 et qui vise à forger une nouvelle constitution par voie de négociation ?» Les électeurs de vront cocher une case devant « oui » ou « non ».Le chef de l’État sud-africain dit rassa à Jean Cour noyer, qui l’interviewait sur les ondes de CK AC, hier midi.Faisant clairement allusion à l’échec de l’accord du lac Meech, il a dit estimer « que si ça a été difficile de s’entendre a onze, ce n’est pas évident que ça sera plus facile à 17.Cela complique un peu la situtation».Minimisant la portée des propos tenus le week-end dernier par le ministre fédéral du dossier constitutionnel, M.Joe Clark, M.Bourassa a soutenu que ce dernier ne s’attendait pas à ce que le Québec retourne s’asseoir à la table de négociation.« Il parle plutôt d’une participation informelle du Québec », a dit M.Bourassa.Durant la conférence constitution- s’altendre à une « victoire triomphale ».Son ministre des Affaires étrangères, Pik Botha, pronostique une victoire « à plus de 60 %.« C’est l’instant le plus décisif dans l’histoire de l’Afrique du Sud », a-t-il déclaré lors d’une réunion à l’hôtel de ville de Johannesburg.Mais l’optimisme du gouvernement n’est pas partagé, en raison notamment de l’apathie des anglophones — 40 % de la communauté blanche.Même dans les rangs du Parti national, on estime en privé que la majorité de « oui » ne devrait pas excéder 55%, peut-être moins.Selon des analystes politiques, Frederik de Klerk a sous-estime l’influence de l’extrême-droite dans une communauté blanche malmenée par la pire récession que le pays ait connue depuis 40 ans et terrifiée par la recrudescence de la criminalité et les violences entre Noirs.Depuis l’annonce du référendum, nelle sur les questions autochtones, tenue à Ottawa ces derniers jours, les pressions se sont multipliées de toutes parts pour inciter le Québec à participer au processus en cours : le grand chef des Cris du Québec, Matthew Coon Come, le président du Conseil du patronat, Ghislain Dufour, le président du Regroupement économie et constitution, Claude Beau-champ, et d’autres participants québécois ont déploré l’absence du Québec.Samedi, le ministre Joe Clark avait pressé le Québec de réintégrer le processus de négociation, meme de façon informelle, parce que, selon Voir page A-4 : Bourassa il y a trois semaines, les affrontements entre militants du parti zoulou Inkatha et ceux du Congrès national africain (ANC) ont fait plus de 270 morts dans les cités noires de banlieues.Selon des organisations humanitaires, beaucoup de ces violences ont été provoquées délibérément pour effrayer les 3,3 millions de Blancs afin qu’ils votent non au scrutin, ce qui aura pour effet d’interrompre les négociations devant conduire à la mise sur pied d’un gouvernement multi-racial avant fin 1992.Les appels de dernière minute en faveur du « oui » se sont multipliés.Après une longue liste d’hommes d’affaires, Frederik de Klerk a obtenu le soutien du président du principal groupe minier sud-africain — Consolidated Investissement Co Ltd.P.F Retief a estimé que la victoire du « non » aurait pour conséquence le Voir page A-4 : L'Afrique du Sud Roger Lemelin s’éteint à 72 ans L’écrivain sera inhumé samedi, au pied de la pente douce Odile Tremblay L’ÉCRIVAIN Roger Lemelin est décédé hier matin, à l’IIôtel-Dieu de Québec, des suites d’un cancer du poumon qui le rongeait depuis plusieurs mois, et contre lequel il s’est débattu avec une colère qui ressemblait à du courage.Il était âgé de 72 ans.Le cancer fut pour lui un combat livré jusqu’au bout dans l’espoir et l’amour de la vie.Il sera inhumé samedi, à l’église Saint-Joseph de Québec, au pied de la pente douce de son enfance, dans la ville qu’il adorait et dont il n’a jamais voulu quitter le berceau, restant, entre tous ses va-et-vient, amarré à sa propriété de Cap-Rouge.« C’était un Québécois ‘indéquébécoisable’ », résume Doris Lussier, alias le père Gédéon.Roger Lemelin fut une des plumes phares du Québec.Né en 1919, dans une famille de dix enfants de la paroisse Saint-Sauveur, sa jeunesse fut placée sous le signe de la pauvreté, des années de crise noire, de l’obscurantisme.Mais son amour de la littérature lui ouvrit les portes du monde.En 1944, dans Au pied de la pente douce, il a su traduire avec une remarquable verve satirique les aspirations et les détresses d’un jeune homme né « pour un petit pain », loin de l’univers doré et fermé de la ville haute.Cette chronique sociale, publiée à compte d’auteur, devait valoir à celui que certains ont surnommé le « troubadour des pauvres » le Prix David et lui faire grimper sa pente douce en moins de deux.Les Plouffe, publiés en 1948, ont fait de lui une véritable gloire nationale.Les tribulations de cette fa- ?Toute sa vie, il s’est battu pour la culture française.Page B-l mille populaire au sein de laquelle se bousculaient un joueur de baseball et un amateur d’opéra, transposées à la télé, furent au cours des années 50 la télésérie choc de la décennie sur laquelle tout le Québec s’était branché.« Je recevais jusqu’à trois mille lettres par semaine », se souvient Pierre Valcourt, qui fut le Guillaume du petit écran et pour qui l’écrivain a joué un peu le rôle de père spirituel.Également diffusée à travers un réseau canadien anglais, la série devait atteindre en deux langues la vertigineuse cote d’écoute de 4,4 millions de téléspectateurs, un record incroyable pour l’époque.« Avec ses Plouffe, Roger Lemelin a tendu pour la première fois aux Québécois un miroir dans lequel ils se sont reconnus et aimés», se rappelle Gaston Miron en décrivant Lemelin comme un des fondateurs du roman québécois moderne.Pour le cinéaste Gilles Carie, il demeure le plus grand romancier populaire d’ici, et un créateur de personnages inégalé.Son depart laissait hier sa famille Voir page A-4 : Roger Lemelin La SMCQ remporte le Grand Prix du Conseil des arts de la CUM L’ENFER DES SINISTRÉS D’ERZINCAN PHOTO AP TzJ i ****** Alors que l’espoir de trouver de nouveaux survivants s’amenuisait rapidement 72 heures après le premier séisme d’Erzincan, les premières critiques se sont faites jour, hier, pour dénoncer la lenteur et la désorganisation des secours.Selon un bilan presque définitif, le séisme, d’une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter, aurait fait environ 800 morts et 180 000 sans-abri.À Erzincan, des sinistrés ont risqué leur vie afin de récupérer leurs biens enfouis sous les décombres.L’Afrique du Sud à la croisée des chemins 3,3 millions de Blancs vont aux urnes aujourd’hui pour décider de l’avenir des réformes démocratiques d'après lieuter ASSURANCES RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES 842-9645 PARUTION le 27 mars DANS Date de tombée le 20 mars 1992 LE DEVOIR Le cahier Assurances fera cette année un bilan des réalisations et des défis du secteur industriel des assurances générales et regardera les perspectives d’avenir.Nous nous attarderons tout particulièrement sur le rôle des intermédiaires et leurs nouvelles voies de croissance.Nous ferons le tour des diverses catégories d’assurances pour dégager les principales tendances de tarification et relever les principaux problèmes auxquels elles doivent faire face.Il sera également question de l’état du marché et de la concurrence étrangère ainsi que des approches de diversification.Nous analyserons, bien sûr, l’impact de la chute du groupe Les Coopérants.Enfin, nous jetterons un regard sur les régies de l’assurance-automobile et de l’assurance-maladie et sur les fonds d’indemnisation. A-2 ¦ Le Devoir, mardi 17 mars 1992 Côté est harcelé par les opposants toujours plus nombreux au déménagement de PHôtel-Dieu Isabelle Paré À QUELQUES jours d’une décision dans le dossier de l’IIÔtel-Dieu, le mouvement d’opposition au déménagement de l’hôpital tricentenaire ne cesse de grandir et réclame une rencontre formelle avec le ministre Marc-Yvan Côté et les ministres responsables des politiques de relance et de développement prônées par le ¦gouvernement Bourassa.Hier, de nouveaux détracteurs ont en effet joint les rangs de cette coalition, pilotée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.L’urbaniste Jean-Claude Marsan, l’architecte Mme Phyllis Lambert et Mme France-Manon Pratte, du Conseil des monuments historiques et sites du Québec, ont allié leurs voix à celles de ceux et celles qui militent contre la disparition pure et simple de cette institution du centre-ville de Montréal.Hier, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M.Jean Guibault, et le reste de ce mouvement constitué du Regroupement des médecins de l’Hôtel-Dieu, des employés généraux de l’hôpital, du Conseil central de la CSN, de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et de la Ville de Montréal ont pressé le gouvernement de mettre cartes sur table et de dévoiler toutes les données gar- dées jusqu’ici confidentielles par le ministère de la Santé et des Services sociaux.« Nos demandes d’information n’ont rien donné.Notre lettre envoyée au ministre Côté a donné lieu à une réponse à l’effet que cette question ne nous regardait pas, et que la décision du conseil des ministres nous serait communiquée en temps et lieu », s’est indigné hier M.Jean Guibault, qui estime que l’attitude du ministre Côté dans ce dossier dépasse l’entendement.Le Dr Michel Bergeron, représentant de l’Université de Montréal au conseil d’administration de l’Hôtel-Dieu, a aussi fait valoir que les études sur les « bilans-lits » sur lesquelles Québec fonde son plan de déménagement demeuraient inaccessibles et «confidentielles».Pour l’heure, a-t-il ajouté, on ne dispose que d’une seule étude effectuée à l’Université de Montréal qui fait état d'un déficit d’environ 800 lits dans le centre-ville d’ici l’an 2000.Comment le gouvernement peut envisager de fermer l’IIôtel-Dieu alors qu'un consensus règne sur l’effet dévastateur qu’aurait ce projet sur le centre-ville, a renchéri M.Guibault.On veut rencontrer les ministres Daniel Johnson, Gérald Tremblay et Claude Ryan pour qu’ils nous expliquent comment cette décision se justifie face à leur projet de re- lance de Montréal, face à la politique des grappes industrielles, face au projet d’analyse de l’aménagement du territoire de la région de Montréal», a relancé M.Guibault.L’urbaniste Jean-Claude Marsan s’étonne lui aussi de voir un gouvernement qui vient d’injecter 500 millions $ dans la relance de Montréal s’apprêter à arracher l’équivalent d’une industrie de haute technologie au coeur de la métropole.« En planifiant l’exode de l’Hôtel-Dieu, a repris M.Marsan, on s’en-ligne sur le modèle de développement américain du « beigne ».Une ceinture formée d’industries de haute technologie en périphérie, et un centre-ville laissé à la pauvreté », a-t-il illustré.Dans la même veine, Mme Phyllis Lambert a invité les décideurs à ne pas répéter l’erreur de la décentralisation pratiquée en France, à la fin des années 70, qui a mené à la création de no man’s lands en périphérie, isolés de services tant économiques que culturels.Quant aux médecins, ils répètent que la logique plaide en faveur du maintien de l’hôpital près de la masse critique d’établissements de santé du centre-ville, étant donné l’importance des activités de recherches à l’Hôtel-Dieu.Et ce réseau d’hôpitaux constitue en soi plus qu’une simple « grappe », mais « tout une vignoble », a ironisé à ce titre le Dr Bergeron.D’ailleurs, ce dernier rejette l’argument de la « vétusté des locaux » invoqué par le ministère.La mise aux normes du vieil hôpital ne coûterait que 17 millions $, avance-t-il.Un autre farouche détracteur du projet, le Dr Jean Davignon, de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), a fait valoir que Québec semblait « vouloir fêter Montréal en lui organisant des funérailles ».La CSN, par la voix de son secrétaire général Pierre Paquette, a quant elle rappelé que les besoins en services médicaux de l’est de Montréal ne doivent pas servir de prétexte pour brouiller davantage le dossier de l’Hôtel-Dieu.« Ce sont deux dossiers distincts, a-t-il noté.Il faut aussi penser au rôle important que joue l’Hôtel-Dieu auprès des al-lophones de ce secteur, et donc dans le maintien du cartère français du centre-ville ».Mais tous ces arguments ne semblent pas pour l’instant ébranler le ministère de la Santé et des Services sociaux où l’on indiquait hier que « les gens qui devaient être informés, l’ont été ».« Il y a un travail qui s’est fait dans divers comités.On en est à l’étape de la décision », a fait valoir hier l’attachée de presse du ministre Côté.Invité à dénoncer les écrits de Richler, Clark s’en prend plutôt au Bloc québécois Maurice Girard de la Presse canadienne OTTAWA — Le ministre des Affaires constitutionnelles met en doute l’attachement du Bloc québécois aux valeurs fondamentales de liberté d’expression et de publication.Loin de dénoncer, comme il était invité à le faire, l’écrivain anglo-montréalais Mordecai Richler pour ses écrits jugés par plusieurs comme anti-québécois et calomnieux, le ministre Joe Clark est passé à l’offensive hier en s’en prenant au Bloc québécois, qui veut faire interdire le bouquin « O Canada, O Québec», en instance d’impression à Toronto.« Premièrement, s’il y a violation du Code pénal, bien sûr il y aura une réponse.Deuxièmement, je crois qu’il sera très utile à la population de prendre connaissance de la position du Bloc en ce qui regarde la liberté de publication», a déclaré le ministre dans une allusion à l’attachement qu’il croit fragile des souverainistes fédéraux aux valeurs démocratiques fondamentales.C’était la deuxième fois en trois jours que les troupes de M.Lucien Bouchard interrogeaient les ministériels sur le propos de M.Richler, qui présente, dans son prochain ouvrage, le Québec comme une « société tribale », « raciste » et « antisémite ».À l’exemple des députés anglophones qui se sont tenus éloignés de celte controverse, la semaine dernière, le ministre Clark refuse lui aussi de prendre position et se contente d’affirmer que de faire taire M.Richler, c’est enfreindre sa liberté d’expression.Entre-temps, le battage publicitaire autour de l’ouvrage se poursuit avec succès.Dans son édition de samedi, le Toronto Star en publiait de larges extraits, dont un passage consacré aux premiers colons de la Nouvelle-France.« Flxaminez la question sous cet angle.Plusieurs des Québécois pure laine ou de vieille souche sont, en fait, les rejetons des filles du roi, ces prostituées amenées en Nouvelle-France par l’intendant Jean-Baptiste Talon pour satisfaire aux besoins primaires de ses soldats illettrés», écrit-il.Les troupes loyalistes n’ont guère une descendance plus noble, pour-suit-il, eux qui sont sortis de la cuisse de « réactionnaires obsédés ou de repris de justice.de voleurs, de prostituées et d’arnaqueurs de deuxième ordre ».Quant au premier ministre René Lévesque, « il n’a jamais été à la hauteur de sa réputation d’honnêteté ».Pour la députée Pierrette Venne (Saint-Hubert), les commentaires anti-québécois de M.Richler constituent « de la propagande haineuse », passibles de sanctions par le Code pénal.Elle ne digère pas les sous-entendus du ministre Clark, qu’elle dénonce comme une esquive malhabile : « Ce n’est pas une façon de répondre aux Québécois quand on parle de publicité haineuse».« Je me serais attendue à ce que le ministre accepte d’étudier les articles du Code; fomenter la haine, incitation publique à la haine, c’est ce dont on parle dans le Code.C’est assez étrange que tout d’un coup, quand il s’agit des Québécois, on ne réagit pas.C’est assez spécial », conclut-elle.Lucien Bouchard exhorte Bourassa à résister Pierre O’Neill CONVAINCU QUE les exhortations du Canada anglais et des autochtones en faveur d’un retour du Québec à la table des négociation ne visent qu’à le discréditer, Lucien Bouchard croit que le premier ministre Bourassa doit résister à tout prix.« Il faut qu’il tienne ferme».De l’avis du chef du Bloc québécois, les conclusions des délibérations de la fin de semaine dernière ont illustré l'impuissance du gouvernement conservateur, qui a cédé à toutes les exigences des leaders autochtones.« Ce n'est plus la ronde Canada, c’est la ronde des autochtones ».Au cours d’un bref entretien, M.Bouchard a déclaré au DEVOIR que les prétentions des leaders autochtones, qui revendiquent le statut de société au même titre que le Québec, sont inacceptables à leur face même.Il ne voit pas très bien comment le Québec pourrait accepter de s’asseoir à la même table constitutionnelle que le chef Ovide Mercredi qui ne reconnaît même pas le peuple du Québec.« On n’a pas d’affaires à aller retrouver M.Mercredi pour se faire dire qu’on n’est pas un peuple, pour se faire provoquer».Pour l’instant, le premier ministre du Québec s’est mérité la reconnaissance de Lucien Bouchard, parce qu’il a résisté aux pressions du fédéral et des premiers ministres provinciaux qui ont tenté de l’entraîner dans « la fosse aux lions ».Et il a introduit un élément de fermeté dans le débat en fixant un échéancier.Et c’est à cette fermeté du Québec, à ce refus de se faire avoir, croit M.Bouchard, que le premier ministre doit sa crédibilité politique constitutionnelle qu’il s'est construite et qu’il va conserver aussi longtemps qu’il saura se maintenir à l’écart.« Ça marche son affaire.Et ça marche de plus en plus.C’est pour cela qu’ils veulent le ramener à table.Ils veulent le rentrer dans le panier aux crabes.Si M.Bourassa n’avait pas raison d’y aller à 1 contre 11, il devrait s’abstenir davantage à 1 contre 17».En conclusion, Lucien Bouchard maintient qu’il n’y a qu’une seule façon efficace pour le Québec de faire pression sur le Canada anglais, et c’est de tenir un référendum sur la souveraineté.On vous facilite les choses.Revenu Canada Impôt Revenue Canada Taxation Canada Beaucoup de gens remplissent leur déclaration de revenus avec soin, mais négligent certains détails qui peuvent faire une grande différence.Leur adresse, par exemple.Lorsqu’une adresse est inexacte ou incomplète, le remboursement d’impôt risque malheureusement d’être retardé ou envoyé à la mauvaise adresse.Si vous prévoyez déménager, indiquez votre nouvelle adresse sur votre déclaration.Si vous ne la connaissez pas encore, appelez-nous dès que vous le saurez afin que nous puissions mettre votre dossier à jour.Autre détail important: incluez dans votre déclaration tous les feuillets pour appuyer vos demandes de crédits ou de déductions.Votre remboursement pourrait être retardé si nous devons communiquer avec vous pour obtenir l’information manquante.À compter de cette année, vous pouvez aussi choisir de faire déposer votre remboursement d’impôt directement dans votre compte au moyen de notre service du dépôt direct.Pour ce faire, utilisez la formule de demande du dépôt direct qui figure dans votre guide d’impôt.Pour ne pas recevoir votre remboursement en retard.» La Fédération des francophones hors-Québec en « a marre » des belles paroles fédérales Manon Cornellier de la Presse canadienne OTTAWA (PC) - La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada en a marre des belles paroles du gouvernement fédéral et entend demander des comptes au premier ministre Mulroney.« Plus ça va, plus on nous traite de façon cavalière.Nous représentons un million de personnes, mais on nous traite comme des moins que rien.Ça dépasse les bornes », a lancé hier le president de la fédération, Raymond Bisson, lors d’une conférence de presse.M.Bisson a écrit à M.Mulroney, hier, pour solliciter une première rencontre depuis l’élection des conservateurs en 1984.M.Bisson veut savoir dans les plus brefs délais quel est le niveau d’engagement du premier ministre.Mais il ne devra pas s’attendre à être invité à participer aux négociations constitutionnelles en cours, comme il le souhaitait.Le ministre des Affaires constitutionnelles, Joe Clark, a été catégorique à ce sujet, hier.« Je peux leur donner une réponse et c’est non », a déclaré le ministre à sa sortie des Communes.Il a tenu à faire la distinction entre le besoin de garanties constitutionnelles pour les communautés linguistiques, et la demande des autochtones et des territoires pour un statut de gouvernement.« Je suis un peu surpris de l’attitude du leadership de la Fédération des communautés francophones parce que chaque fois que nous faisons des progrès, nous avons une objection», a soutenu le ministre.Les griefs de M.Bisson sont pourtant bien concrets.« Au cours des derniers mois, en particulier depuis le dépôt des propositions constitutionnelles, en septembre dernier, nos communautés ont vu s’effriter le leadership du gouvernement fédéral dans le dossier de la dualité linguistique et ont constaté un désengagement progressif de l’État fédéral à l’endroit de nos communautés », a soutenu le président de la fédération, en conference de presse.Dans le dossier constitutionnel, le gouvernement « a tout fait pour nous mettre des bâtons dans les roues », a-t-il dit.« Au lieu de profiter de notre col- laboration, on a constamment cherché à nous mettre au rancart.D’abord, en présentant des propositions qui ne tenaient pas compte de nos revendications traditionnelles », a-t-il souligné.Puis, le gouvernement a refusé de tenir une conférence constitutionnelle traitant de la dualité linguistic que.Se sont ajoutés à cela la sous-représentation des communautés ün-guistiques lors des conférences cona-titutionnelles régionales, et le silence des rapports de deux conférences sur l’appui accordé à la dualité linguistique.« Enfin, nous attendons toujours de savoir quelle place le gouvernement fédéral nous accordera dans le nouveau processus de négociations constitutionnelles», a-t-il poursuivi.Les autres griefs de la fédération touchent l’élimination sans consultation du programme de contestation judiciaire, l’abandon de projets d’ententes entre Ottawa et les communautés du Manitoba et de l’Alberta, et le refus de renouveler le programme d’appui aux radios communautaires.Malgré leur frustration évidente, les leaders francophones ont indiqué qu’ils s’en tiendraient à leur ton traditionnellement poli et à leur lobbying discret.Le recours à des protestations publiques dépendra de la réponse du premier ministre, mais M.Bisson reconnaît que ce n’est pas la stratégie traditionnelle de la fédération.« Nous nous sommes toujours efforcés de respecter les voies traditionnelles de discussions avec le gouvernement, mais il apparaît, a la lueur de notre expérience des derniers mois, que la dénonciation semble être le seul moyen de se faire comprendre par Ottawa.C’est complètement ridicule», a renchéri M.Bisson.Mais il a admis que depuis l’automne dernier, cette stratégie n’avait pas porté fruit.Il a refusé d’en déduire que le poids politique des communautés francophones s’effritait.Face à l’appui croissant des provinces pour le principe de la dualité linguistique, le directeur général de la fédération, Marc Godbout, ne trouve qu’une explication à la perte de sensibilité d’Ottawa : un barrage de la part de certains conseillers oeuvrant au sein du secrétariat d’État et du bureau du premier ministre.Des ministres réagissent mal aux virages de Mercredi OTTAWA (PC) — Stratégie mal placée, polémique inutile, tactique de négociation.Le débat lancé au cours du week-end par l’Assemblée des Premières Nations au sujet de la société distincte a suscité hier des réactions négatives de la part des parlementaires fédéraux.C’est le lieutenant québécois du premier ministre Brian Mulroney, Benoît Bouchard, qui a été le plus percutant.Il s’est dit déçu de l’attitude de M.Mercredi.« Je n’aime pas cette habitude qu’il a de revenir constamment sur les mots et de tenter de faire une bataille d’expressions alors que l’essentiel doit porter sur le contenu, a-t-il dit, sur un ton indigné.Je le déplore et j’espère que cela va changer.» Reprenant la position de M.Clark, M.Bouchard a souligné que l’expression « société distincte » appartenait au Québec et qu’il la défendra, s'il le faut, étant donné que le Québec n’est pas à la table des négociations.Son collègue, le ministre de la Défense Marcel Masse, dont les sorties récentes sur la futilité du rapport du comité Beaudoin-Dobbie lui ont attiré des critiques, a souligné pour sa part que « reprendre les mêmes mots pour exprimer des concepts différents» créait de la confusion inutile.La libérale Sheila Copps, ainsique le chef néo-démocrate Audrey McLaughlin, ont fait écho à ces' propos en soulignant qu’il vaudrait mieux trouver des termes équivalents pour exprimer cette réalité.Les revues s’affichent! Las Herbes rouges Horizons philosophiques Imagine.Inter Interculture Jeu, cahiers de théAtre Lettres québécoises y a (JQO u au qui St) IclSSB oil vase clos.En tant qu’artiste, je trouve essentiel d'être tenu au courant de l'expression artistique québécoise et étrangère.Les périodiques culturels contribuent à l’élargissement de mes connaissances et font ainsi partie d'un effort constant de formation continue.Normand Choulnard soi)ep I é Le Devoir, mardi 17 mars 1992 ¦ A-3 Le front syndical du secteur public offre un troc au Trésor PHOTO JACQUES NADEAU Jean-Louis llarguindeguy, Fernand Daoust et Gérald Larose.Les trois leaders syndicaux expliquent leur position.supprimer 200 postes à son siège de Montréal Sylvain Blanchard LKS ORGANISATIONS syndicales représentant les deux tiers des employés de la fonction publique sont disposées à retarder d’un an le début de leurs négociations avec le gouvernement sur le renouvellement des conventions collectives si Québec accepte en retour de mettre au panier son projet de gel de salaires prolongé.En février dernier, le président du Conseil du Trésor, Daniel Johnson, évoquant la conjoncture économique difficile, avait annoncé son intention de prolonger de deux ans les contrats de travail des employés de l’État, soit jusqu’en juin 94, plutôt que le 30 juin prochain comme le prévoit l’entente signée avec les syndiqués le 26 avril dernier.Selon cette nouvelle formule, les fonctionnaires ne toucheraient plus une augmentation de 3 % le 1er juillet 92, comme le stipule l’entente, mais de 1 %, à quoi s’ajouteraient un autre 1 % le 1er janvier 93 et une hausse de 2 % le 1er juillet Kn agissant de la sorte, le gouvernement ferait fi de l’entente d’avril qui, en outre, fixait au 1er juillet 92 le début des négociations dans le secteur public.Accusant Johnson de renier sa signature et de chercher à « rouler ses employés », les syndicats regroupés en front commun lui reprochent du même souffle de se comporter « comme si le Québec ne vivait plus dans une société démocratique ».Compte tenu de la position gouvernementale dans ce dossier, les porte-parole de la CSN, de la FTQ, de la FIIQ, du SFPQ et du SPGQ ont expliqué hier qu’ils étaient disposés, si leurs membres acceptent — ils ont jusqu’au 3 avril pour se prononcer — à reporter d’un an le début des né- 70 000 votants dans les CLSC gociations prévu dans quelques mois si quatre conditions sont remplies.Premièrement, que l’entente du 26 avril 1991 soit respectée.Deuxièmement, que le gouvernement se prononce sur la refonte du régime de négociation dans le secteur public.Troisièmement, qu’il accepte de créer, avec les syndicats, des comités de travail chargés de préparer le terrain en vue de la prochaine négociation.Puis, qu’il accepte de négocier « rapidement » certaines questions jugées urgentes par les syndicats, soient notamment, les primes d’éloignement, d’isolement et de rétention; l’adaptation du programme temporaire de mise à la retraite; l’harmonisation des contrats de travail aux modifications de la Loi sur les normes du travail.S’il ne souhaite pas se retrouver en juillet avec 230 000 fonctionnaires sur le dos, c’est ce que le gouvernement devra accepter.Des moyens de pression sont actuellement à l’étude et seront connus la semaine prochaine.Selon Gérald Larose, président de la CSN et porte-parole du front commun hier, cette contre-proposition vise trois objectifs : ¦ faire respecter les engagements contractés envers les syndiqués en avril dernier; ¦ maintenir le principe de la libre- CP Rail va Catherine Leconte RÉCESSION OBLIGE, CP Rail a annoncé hier la suppression de 500 emplois administratifs et de direction, dont environ 200 à son siège de Montréal, et le gel «jusqu'à nouvel ordre » des salaires de tous ses cadres « en raison de l’incertitude qui caractérise actuellement l’économie et les affaires».Les effectifs seront réduits principalement par des indemnités de négociation dans la fonction publique; ¦ permettre la tenue d’un « vrai débat » sur l’état des finances publiques au Québec.De plus, les syndicats demandent à Québec de créer une commission d’enquête sur la question.Il ne s’agit pas d’une condition liée à leur contre-proposition, mais d’une demande, ou si on préfère, d’une « exigence » comme on le dit souvent dans les centrales.« On en a ras-le-bol de voir les fonctionnaires payer à répétition pour les effets de la conjoncture économique, dit Gérald Larose.Ce n’est pas vrai qu’ils sont les seuls à devoir faire les frais des difficultés économiques de la province.Un débat de fond sur la fiscalité nous permettrait de trouver des vrais solutions et de s’assurer que les Québécois contribuent de façon équitable à la caisse du gouvernement».Cette contre-proposition, présentée hier comme un compromis « pour que Daniel Johnson souffle un peu mieux en 92 », sera débattue dans les assemblées générales des cinq organisations syndicales jusqu’au 3 avril prochain, date à laquelle, s’il y a consensus, la position du front commun sera officiellement acheminée à Québec.cessation d’emploi et des primes de départ à la retraite anticipée.Un porte-parole, Barry Scott, a précisé en entrevue que les postes supprimés concernent des employés non syndiqués, allant « de la simple secrétaire jusqu’au cadre assez élevé dans la hiérarchie », quoique ne montant pas jusqu’au rang de vice-président.La mise en oeuvre de ces suppressions de postes a commencé fin 1991 et se poursuivra jusqu’à la mi-1992.Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’une cure d’amaigrissement à laquelle CP Rail entend astreindre ses installations et son personnel pour « demeurer concurrentiel dans l’industrie du transport ».M.Scott a précisé qu’outre les 200 postes abolis à Montréal (soit 10% du personnel administratif du siège social), les 300 autres se répartissent entre les bureaux de Toronto (siège régional pour les opérations de transport de l’Est du Canada et des États-Unis, qui emploie présente- ment 750 personnes), Vancouver (siège régional pour l’Ouest, 350 employés) et Minneapolis aux États-Unis (500 employés).La maison-mère de CP Rail, Canadien Pacifique Liée, a déclaré le mois dernier, à titre préliminaire, une perte nette de 913,8 millions $, après un bénéfice de 355,3 millions $ en 1990.Mais cette perte est principalement imputable à ses activités de pâtes et papiers et de gestion des déchets.CP Rail déclare pour 1991 un bé- néfice net préliminaire de 24,5 millions $ (contre un bénéfice de 316 millions $ en 1990).Chiffre qui prend en compte une provision pour pertes de 143 millions $, après impôts, destinée à couvrir la totalité des coûts de fermeture des Shop Angus(qui a entraîné 900 mises à pied) et des 500 suppressions de postes annoncées hier.Cette mesure n’affectera donc pas les résultats de 1992, a précisé M.Scott.LA FÉDÉRATION des CLSC vient de terminer la compilation du vote de lundi le 9 mars visant à combler les postes réservés au public dans les conseils d’administration des établissements de santé.Près de 70 000 personnes se sont présentées dans les CLSC pour y choisir leurs représentants parmi 1661 candidats.Au CLSC Le Minordet, en Abitibi-Témicamin-gue, 2184 personnes ont voté, ce qui constitue un record.Environ 70 % des personnes élues sont de nouveaux membres des conseils.La région où l’élection a été la plus suivie demeure le Saguenay-Lac Saint-Jean où on a compilé 733 volants en moyenne par CLSC où se tenaient des élections.Suivent ensuite la Montégérie avec 653 votants en moyenne par CLSC, et Montréal-Laval avec 603 votants en moyenne.La participation a été plus faible dans l'Oulaouais.Par ailleurs, 6344 employés, soit 42% du personnel des CLSC et centres de santé, ont participé aux scrutins pour choisir deux représentants par conseil d’administration.Saga judiciaire à l’hôpital Louis-H.Caroline Montpetit UN GROUPE de médecins de l’Hôpital Louis-II.-Lafontaine a déposé hier une nouvelle requête en Cour supérieure, contestant le prolongement de la tutelle de l’hôpital par le ministère de la Santé et des Services sociaux.Cette prolongation, qui doit se poursuivre jusqu'au mois de novembre 1992, a été imposée par décret, au mois de décembre dernier, par le conseil des ministres du gouvernement du Québec.Un premier jugement avait déjà été rendu par la Cour supérieure en faveur des médecins, dans le dossier de la contestation de la tutelle de l'hôpital Louis-II.-Lafontaine.Ce jugement, rendu par la juge Danielle Grenier, est présentement contesté par le ministère de la Santé et des Services sociaux devant la Cour d'appel du Québec.« Le gouvernement a décidé de prolonger la tutelle sur recommandation du ministre de la Santé, et ce, même si il y a déjà un jugement, émis par la' Cour supérieure, qui blâme très sérieusement le premier décret », expliquait hier le Dr Gérard Cournoyer, l’un des demandeurs, et président du Conseil des médecins, des dentistes et des pharmaciens de l’hôpital.Les médecins de ont décidé de contester le décret de prolongation malgré la nomination, annoncée la semaine dernière, d’un directeur général permanent, le Dr Raymond Carignan, à la tête de l’hôpital.« Nous ne contestons pas la nomination du directeur général, mais nous voulons que ce dernier puisse Des exploitants de « vidéos-poker » accusent Québec de lorgner leurs profits Frédéric Tremblay de la Presse canadienne QUÉBEC — Le président de la Corporation du loisir automatique du Québec (CI.AQ), Jean-Pierre Au-clair, accuse le gouvernement du Québec de faire preuve d’hypocrisie dans le dossier des machines vidéos-pokers.M.Auclair estime que Québec s’est employé à salir, ces deux dernières années, l’image de cette in-dustrie pour mieux ensuite en ravir les fruits au secteur privé.« ("est quelque chose qui a été pensée d’avance, toutes ces manigances depuis deux ans.On a tout fait pour rendre mon chien malade.Quand un chien a la rage, on le tue », a lancé en entrevue M.Auclair, dont l’organisation regroupe 40 exploitants de machines vidéos-pokers, détenant 40% du marché de cette indus! lie.Cette « campagne de salissage », explique M.Auclair, s’inscrit dans une stratégie visant à permettre au gouvernement d’aller puiser des revenus supplémentaires de plusieurs centaines de millions $ chaque année.Depuis novembre dernier, Québec a cessé d’émettre les permis qui autorisent l’exploitation des appareils vidéos-pokers.Le ministre du Revenu, Raymond Savoie, est en train actuellement de revoir complètement la réglementation ayant trait à ces machines.Sous prétexte d’exercer un contrôle plus serré sur les activités de l’industrie, Jean-Pierre Auclair croit que Québec profitera de celle révision essentiellement pour récolter de nouvelles sommes d’argent.De plus, signale le président du CI.AQ, Loto Québec projette d’implanter prochainement une nouvelle loterie télématique dans les brasseries et les bars du Québec, où l’on retrouve présentement un grand nombre des appareils vidéos-pokers en circulation.Jean Pierre Auclair admet sans embages, par ailleurs, que l’industrie du vidéo poker au Québec est actuellement infestée d’illégaux.Son association, précise-t-il, ré- clame depuis longtemps que Québec prenne les moyens nécessaires pour faire respecter la réglementation ac-tuelle, afin d’enrayer ces activités illicites.Il estime que 10 000 appareils vidéos-pokers sur 17 000 étaient opérés sans permis (avant que Québec ne cesse en novembre l’émission des permis), en raison « du laxisme des inspecteurs de la Régie des loteries du Québec et des corps policiers».M.Auclair rappelle, d’autre part, que son organisme s’était opposé, à la lin des années 70, à la légalisation des machines vidéos-pokers.« On craignait, se souvient M.Auclair, que ça crée une arrivée monstre de nouveaux opérateurs et probablement aussi la venue d’indésirables dans notre industrie ».Mais en autorisant finalement l’exploitation des appareils vidéos-pokers, le gouvernement a encouragé l'industrie du loisir automatique à procéder à des investissements considérables dans cette nouvelle activité.Jean-Pierre Auclair juge donc absolument injustifiable la volle-lace actuelle du gouverment. 3?>5//a/CTS % I « ' n h Sylviane Tramier Le nouvel abcès de l’Europe ÜNE FOIS de plus, l’Europe est confrontée à un conflit armé restreint qui risque de dégénérer.Gros de menaces pour la sécurité du continent, l’embrasement au Haut-Karabakh révèle avec acuité la faiblesse des instruments dont l’Europe dispose pour maintenir la paix chez elle.Face au déchirement yougoslave, l’Europe n’a pu opposer que ses observateurs, et une mission de conciliation impuissante à empêcher les terribles combats et les destructions de Vukovar et d’Osijek.Et c’est finalement TON U qui est l’ultime recours, la seule structure qui puisse fournir une force d’interposition que l’on espère capable de tenir les belligérants à distance.Au Caucase, le Haut-Karabakh est devenu le nouvel abcès de fixation des inquiétudes et des efforts diplomatiques en tout genre.Au cours des derniers jours, les initiatives se sont multipliées : l’Iran, la Turquie, la France et l’ONU ont tour à tour proposé leurs bons offices pour mettre ' fin aux combats qui opposent Arméniens et Azéris pour le contrôle du Haut-Karabakh.Cette semaine deux émissaires se rendront au Haut-Karabakh.La visite au Haut-Karabakh de l’émissaire des Nations unies, M.Cyrus Vance, marquera le premier engagement de l’organisation internationale dans une des anciennes républiques de l’ancienne URSS.Mais il est vrai que depuis le 2 mars, l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont deux États membres de l’ONU.L’autre émissaire, envoyé par la France à la demande de la CSCE (Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe) est le secrétaire d’État français à l’action humanitaire, M.Bernard Kouchner, qui tentera d’ouvrir des couloirs humanitaires pour convoyer de la nourriture et des médicaments de la zone en dispute.La France a également proposé de réunir une conférence internationale sur le Haut-Karabakh avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan et des représentants de la Russie.LE HAUT-KARABAKH, enclave à majorité arménienne en Azerbaïdjan, est revendiqué par les deux États.Une guérilla s’y déroule depuis quatre ans qui a fait 1500 morts.Si l’escalade du conflit se poursuit et débouche sur une guerre entre les deux États, Arménie et Azerbaïdjan, toute la région pourrait être déstabilisée.Et la région, c'est d’abord les deux voisins immédiats, l’Iran et la Turquie, les deux pays qui se disputent le rôle de puissance régionale, surtout depuis l'éclatement de l’Union soviétique et l’accession à la souveraineté des six républiques musulmanes du Caucase et d’Asie centrale (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan, Ouzbékistan, Kirghizistan et Tadjikistan).I/Arménie, elle, est chrétienne.(Elle a même été le premier État chrétien, douze ans avant la conversion de l’empereur Constantin).De là à imaginer qu’une guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan tourne à la guerre de religion islamo-chrétienne, il n’y a qu’un pas.Que beaucoup n’hésitent pas à franchir, ne serait-ce que pour prévenir le pire.ÜN DIALOGUE entre Arméniens et Azéris, amorcé à Téhéran sous l’égide de l’Iran, aurait permis, selon les autorités iraniennes, la conclusion d’un accord de paix.Les combats se sont quand même poursuivis, chaque partie accusant l’autre d’avoir rompu la trêve.La CSCE, organisation issue des accords d'Helsinki, qui regroupe tous les pays d’Europe, le Canada et les États-Unis, est logiquement la structure appropriée pour traiter les problèmes de sécurité en Europe.Le mécanisme de prévention des conflits dont s’est dotée la CSCE à sa création en 1989 n’a jamais eu à vrai dire le temps de se mettre en place.Les conflits (én Yougoslavie, et au Caucase) ont surgi alors que la CSCE en était encore à ses balbutiements.Cependant, la CSCE pourrait à tout le moins regrouper et structurer les différentes tentatives de médiation sur le Haut-Karabakh.Lettre de Paris La Turquie est forcément intéressée au premier chef par la crise du Caucase.Voisins, les Turcs et les Arméniens se sont déchirés durant la Première Guerre mondiale.Les Arméniens ont payé un lourd tribut : entre 300 000 et 1,5 million d’entre eux ont été déportés et tués.L’Arménie maintient des revendications territoriales contre la Turquie.Dans le conflit actuel, l’opinion turque a pris fait et cause pour les Azéris, turcophones et musulmans.La Turquie cherche à agir avec prudence pour ne pas s’aliéner l’Europe.( La Turquie, membre de l’OTAN, a frappé encore à la porte de la Communauté européenne, mais voit ses chances d’y être admise s’amenuiser avec l’entrée en lice des candidatures plus facilement admissibles de l’Autriche, de la Suisse et de la Suède.) Mais elle estime aussi être en bonne position pour jouer un rôle stabilisateur dans le Caucase et sur les républiques musulmanes d’Asie centrale.La Turquie affirme ne pas avoir de visées expansionnistes, mais un espace turcophone et allié à sa porte asseoirait son influence.Puissance montante de la région, la Turquie fait état de son développement économique et industrielle, de ses institutions démocratiques et laïques pour se présenter comme la meilleure des garanties de stabilité de la région.Le vice premier-ministre turc, M.Erdal Inonu, ne disait pas autre chose lorsqu’il affirmait : « Nous sommes en mesure de renforcer les liens culturels dans la région, de promouvoir le développement économique et social et l’économie de marché, de raffermir la laïcité et surtout de soutenir la démocratisation.Mais pour atteindre ces objectifs, nous avons besoin de l'aide de la Communauté européenne.» IL VA sans dire qu’aux yeux de l’Europe, un islam modéré, à la turque, vaut mille fois mieux que celui que l'Iran pourrait exporter au Caucase.Tandis que la Turquie cherche à accroître son prestige politique et culturel dans la région, (on fait aussi remarquer à Ankara que l'Azerbaïdjan et l’Ouzbékistan ont opté en 1990 pour l’alphabet latin), elle tient à modérer les sentiments anti-arméniens de sa population et garder sur le plan de la diplomatie une positon de médiateur.Sachant que la tragédie vécue par le peuple arménien au début du siècle, et la diaspora arménienne en Europe de l’Ouest (surtout en France) font naturellement se porter sur l’Arménie la sympathie occidentale.
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