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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1992-03-24, Collections de BAnQ.

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Vol.LXXXIII — No 70 Montréal, mardi 24 mars 1992 2.Détail page B-7 Passages nuageux.Max.Montréal Londres Hong Kong Communications Design et graphisme Relations interculturelles Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ Bélanger, Legault SOCIÉTÉ Daniel Johnson ou le courage de la vérité Le président du Conseil du Trésor présente aujourd’hui ses prévisions de crédits pour la prochaine année fiscale.Dans son rôle de responsable des deniers publics, Daniel Johnson applique, écrit Gilles Lesage, la ligne de conduite qui fut toujours la sienne en politique : avoir le courage de la vérité.Page B-l Le Québec aura un service info-santé 24 heures sur 24 Marc-Yvan Côté annonce 70 mesures pour implanter sa réforme Jocelyne Richer de notre bureau de Québec RETOMBÉES CONCRÈTES d’une réforme devant placer au premier plan l’amélioration du service offert aux citoyens, le budget alloué aux services à domicile pour les personnes âgées sera haussé de 40 millions $ et tous les Québécois auront bientôt accès, par téléphone, à une ligne info-sante, pour obtenir des informations et conseils 24 heures sur 24, sept jours par semaine.Ce nouveau service sera dispensé en région par des infirmières liées aux Centres locaux de services communautaires (CLSC).Ces mesures font partie du plan d’implantation de la réforme de la santé du Québec, annoncé hier par le ministre de la Santé et des Services sociaux, plan qui comprend quelque 70 mesures et l’injection de 72 millions $ d’argent neuf dans le réseau dès l’an prochain.En rendant public son plan d’action, le ministre Marc-Yvan Côté franchit une nouvelle étape dans l’adoption de sa vaste réforme, qui sera complétée avec la publication, d’ici l’été, d’une politique de santé et bien-être.Hier, il a bien pris soin d’indiquer que 90 % des sommes additionnelles injectées serait directement consacré à rendre plus efficaces les services aux citoyens, particulièrement les personnes âgées et les jeunes, et non pour modifier des structures.Mais il reste que le plan d’action vise à la fois à rendre un peu plus efficace et légère la lourde machine bureaucratique des services de santé, et à faire en sorte que les différentes clientèles du réseau en aient davantage pour leur argent.Collectivement, les Québécois consomment 12 milliards $ en soins de santé et services sociaux, somme qui accapare le tiers du budget annuel de l’Etat.Découlant de la loi 120 adoptée en août 1991, qui suivait l’annonce des gl andes orientations privilégiées par le ministre en décembre 1990, le plan d’implantation de la réforme mise beaucoup sur une plus grande accessibilité, a court terme, à l’écheveau du système de santé.Grandes consommatrices de médicaments et nécessitant plus de soins que d’autres groupes de la population, les personnes âgées sont tout naturellement les premières visées.Maintes fois annoncé et promis depuis plusieurs années par le gouvernement libéral, le Conseil des aînés verra enfin le jour au cours des prochains mois, a dit M.Côté, en conférence de presse, sans élaborer sur le mandat ou l’utilité d’un tel organisme.Dès l'an prochain, faisant suite au rapport de l’ex-maire de Québec, Jean Pelletier, sur le sort réservé aux personnes âgées, on verra à élaborer un plan d'action favorisant une plus grande autonomie pour elles.La hausse des budgets alloués aux services à domicile et l’accroissement du nombre de lits de longue durée feront partie de ce plan d’action.Par ailleurs, pour éviter les fraudes, le gouvernement mènera un projet expérimental visant à démontrer s’il est opportun d’inclure une Voir page A-4 : Le Québec Un comité des Communes suggère des pouvoirs accrus d’Ottawa en environnement PHOTO AP S ;1® fjtèm Les Albanais sont descendus par milliers dans le centre de Tirana, hier, brandissant des drapeaux américains, pour célébrer la victoire du Parti démocratique, marquant ainsi la fin de 45 ans de régime communiste.L’Albanie enterre le communisme TIRANA (AKP) — L’Albanie a enterré hier 45 ans de règne des communistes avec la victoire éclatante, officiellement confirmée, du Parti démocratique (opposition) de M.Sali Berisha sur le Parti socialiste (excommuniste, au pouvoir).Selon des résultats définitifs portant sur 66 des 100 circonscriptions, 57 ont été remportées par le Parti démocratique, une par le Parti socialiste, une par le Parti social-démocrate et une par l’Union des droits de l’homme, qui représente la commu- LK PARTI socialiste a subi, dimanche 22 mars, aux élections régionales, la plus lourde défaite depuis sa naissance en 1971.Avec 18,3% des suffrages, il n'a pas bénéficié de la mobilisation, plus forte que prévu, des électeurs, qui ont voté à 68,7%.Le RPR et l’UDF, réunis au sein de l’UPF, ne profitent pas du recul de la gauche : recueillant 33 % des voix, ils enregistrent en effet une baisse d'environ huit points par rapport à 1986.Les véritables bénéficiaires de la consultation sont le FN qui, avec 13,9%, des suffrages, progresse de quatre points par rapport aux précédentes régionales, et les écologistes, qui se partagent à peu près également entre les Verts et Génération Écologie, crédités au total de 13,9%,.Le premier lour des cantonales confirme ces évolutions, mais en limite l’ampleur.L’élection des présidents de région, le 27 ou, au plus tard, le 30 mars, mettra à l’épreuve la droite nauté grecque, a indiqué le président de la commission électorale, M.Niko Nosi, au cours d'une conférence de presse.Le porte-parole du Parti démocratique, M.Gene Polio, a de son côté indiqué que son parti avait remporté 87 des 100 sièges, 4 revenant au Parti socialiste et le reste étant à départager la semaine prochaine, au second tour entre ces deux partis.Le Parti démocratique a recueilli 65,64 % des voix jusqu’à présent, contre 22,6 aux socialistes, 4,36 aux so- classique, qui s’est engagée à ne pas s'allier avec le FN.File permettra au PS de mesurer le soutien qu’il peut attendre du PC et des élus du Génération Écologie.Mme Cresson a souligné qu'en l'absence de majorités absolues dans la plupart des régions il faudrait « établir des majorités de coalition ».Thomas Ferenczi l.o Monde LE BILAN exact du scrutin régional du 22 mars ne pourra être établi qu'après l'élection des présidents des conseils régionaux, qui aura lieu, en principe, vendredi de cette semaine, ou, si le quorum n’est pas atteint ce jour-là, le lundi 30 mars.On saura alors si la droite, qui préside aujourd’hui 19 des 22 régions métropolitaines, est en mesure de maintenir ses acquis sans l’appoint du Front national, qu’elle a par avance récusé, et si ciauxrdémocrates, 2,95 au Parti de la minorité grecque et 2,76 aux républicains, a précisé M.Nosi.Entre 40 et 100 sièges doivent encore être attribués dans le cadre du système proportionnel qui complète le système majoritaire dans la loi électorale albanaise.La victoire des démocrates a parfois pris l’aspect d’un véritable raz de marée, comme à Kavaje (60 km au sud de Tirana), où M.Berisha a été élu, avec près de 98 % des voix.Voir page A-4 : L’Albanie la gauche peut, en s’alliant avec les élus du PG et de Génération Écologie, conserver ses trois régions (Nord-Pas-de-Calais, Limousin et Lorraine, que préside M.Rausch, centriste rallié au gouvernement), voire en conquérir une ou deux.On peut d’ores et déjà constater qu’au soir du 22 mars, sans le concours de l’extrême droite, la droite détient la majorité absolue dans trois régions (contre huit précédemment) et la majorité relative dans 13 (contre huit précédemment).Elle peut donc légitimement prétendre à la présidence de 16 conseils régionaux.La gauche, pour sa part, qui disposait de la majorité absolue dans deux régions (Nord-Pas-de-Calais et Limousin) et d’une majorité'relative dans trois (Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Haute-Normandie), est aujourd’hui en tête, avec l’appui du PC et de Génération Écologie, dans ces cinq régions.Louis-Gilles Francoeur L’EXPANSION des pouvoirs fédéraux en matière d’environnement, confirmée la semaine dernière par l’adoption du projet de loi C-13, pourrait n’être que le début d’une réforme plus globale visant à doter Ottawa d’une véritable suprématie constitutionnelle dans ce domaine où les provinces sont maîtresses du jeu, du moins pour l’instant.C’est ce que propose, à tout le moins, le rapport du Comité per-mament de l’environnement de la Chambre des communes, publié dans l’indifférence générale, ces jours derniers, pendant qu’éclatait au grand jour l’affrontement entre le ministre québécois de l’Environnement, M.Pierre Paradis, et son homologue fédéral, M.Jean Charest.Ce comité estime qu’il est actuellement opportun « d’encourager et d’accentuer les tendances actuelles, officielles ou non, à exercer en commun des pouvoirs en matière d’environnement », un discours sur « l’harmonisation » des pouvoirs qui masque le fait que les provinces ont historiquement des pouvoirs prépondérants en matière d’environnement ainsi que dans le domaine voisin des richesses naturelles, une problématique au coeur des stratégies économiques de chaque province.Les auteurs de ce rapport ont rencontré les plus grands groupes environnementaux canadiens, d’importantes associations industrielles, la ville de Toronto, des juristes environnementaux, le Consulat canadien à Si cette logique était respectée, le PS, en dépit de son recul général, améliorerait donc, comme on pouvait le prévoir, ses positions dans les assemblées régionales.Tout dépend, bien entendu, de la solidité des engagements pris par le RPR et l’UDF, tout au long de la campagne, de ne s’allier en aucune façon avec le Front national.Tout dépend aussi de l’attitude des élus écologistes, en particulier des Verts, et de celle des multiples défenseurs d’intérêts catégoriels, notamment les chasseurs et pêcheurs des listes CPNT, qui sont le plus souvent inclassables.Ces questions vont agiter les milieux politiques dans les jours qui viennent.Mais il va de soi qu'au-delà de la gestion future des régions d’autres questions sont posées par le scrutin du 22 mars.La première concerne le taux relativement faible de l’abstention.Boston, des organismes autochtones, des pétrolières et.pas un seul gouvernement provincial.Il est notamment proposé au gouvernement fédéral, aux termes de ce rapport : ¦ de prévoir un amendement constitutionnel en vue de promouvoir le « développement durable ».Cela conférerait à Ottawa un pouvoir prépondérant dans la façon de définir le « développement durable » au pays d’autant plus que l’on recommande que le « pouvoir résiduel du gouvernement fédéral, servant à assurer la paix, l’ordre et le bon gouvernement, est l’un des principaux fondements des mesures fédérales de protection de l’environnement et de promotion du développement durable ».«Ces pouvoirs (résiduaires), ajoute le rapport des députés fédéraux, ne devrait en aucune façon être diminués lorsqu’il s’agit de répondre aux nécessité de l'environnement », ce qui indique qu’Ottawa pourrait bien avoir, par prépondérance, le fin mot dans chaque dossier soumis à la règle du développement durable.Si tel devait être le cas, le « cheval de Troie constitutionnel » qu’est la loi C-13 pourrait ouvrir la porte à une véritable invasion constitutionnelle; ¦ de mettre en place des « dispositions expresses et non équivoques pour permettre au gouvernement fédéral d’agir de façon plus vigoureuse dans l’exercice de son mandat en matière d’environnement et de jouir de la compétence voulue dans tous les domaines recensés dans les pro-positiions du gouvernement ».Parmi Avec moins d’un tiers d’abstentionnistes, les Français se sont mobilisés plus massivement qu’on ne l’escomptait.Plus qu’aux législatives de 1988, presque autant qu’à celles de 1981.Faut-il croire que le déclin de la participation, dont les dernières consultations laissaient craindre qu’il ne fût inéluctable, a été enrayé ?Le sursaut de dimanche montre en tout cas que les appels lancés par tous les partis, sauf le Front national, n’ont pas été vains.Deuxième question : peut-on espérer que la progression de l’extrême droite, moins forte qu’on le redoutait, soit freinée ?Le Front national obtient en effet un pourcentage légèrement inférieur à celui de son président à l’élection présidentielle de 1988.C’est encore beaucoup, mais il semble que la campagne menée, sous des formes différentes, par la droite et par la gauche contre le Voir page A-4 : Le scrutin les pouvoirs qu’Ottawa doit se donner pour arriver à bénéficier d’une « compétence partagée » avec les provinces dans ce domaine, les parlementaires suggèrent qu’il se donne clairement le droit d’exiger des rapports des gouvernements provinciaux lorsque le gouvernement fédéral leur aurait délégué certains pouvoirs.Cette subordination des gouvernements inférieurs serait telle qu’Ottawa pourrait leur retirer les pouvoirs consentis lorsque « l'instance à qui ils ont été délégués n’en fait pas un bon usage ».L’application de la loi C-13 pourrait tomber dans ce domaine car elle prévoit qu’Ottawa pourrait se contenter des évaluations provinciales lorsqu’elles auraient, par entente, été reconnues à la hauteur des « normes nationales ».Une autre recommandation ouvre la porte à une autre brèche dans la compétence des provinces relatives au dossier amérindien, un dossier qui touche d’autant plus le Québec qu’il pourrait permettre à Ottawa de reprendre les pouvoirs fédéraux abandonnés dans la Convention de la Baie James sur les Cris et les Inuit.En effet, le rapport des Communes précise qu’Ottawa devrait mettre en place des « liens » et « mécanismes de consultation » avec d’autres instances comme « les institutions gouvernementales autochtones au fur et à mesure que ces dernières seront créées », ce qui équivaut à en faire des interlocuteurs directs comme les provinces en matière d’environnement.Le rapport indique aussi qu’Ot- Volr page A-4 : Un comité Précision RELATIVEMENT à l’article paru dans LE DEVOIR du 26 février 1992 intitulé « Deux contrats sur trois de la Rio vont à des fournisseurs de la caisse du PLQ» au sujet de l’octroi de contrats dans la construction du Biodôme, LE DEVOIR précise que la seule contribution faite par le président d’Acier Saint-Denis Inc.dans l’année précédant l’octroi des contrats a consisté en une somme de 200 $ payée par ce dernier pour assister à un souper-bénéfice.Dans leur mise en demeure adressée au DEVOIR, les avocats d’Acier Saint-Denis Inc.affirment que cette contribution n’a et ne peut avoir aucun lien avec l’octroi à leur client de contrats de plus d’un million et demi de dollars.Le scrutin de dimanche pose à la France cinq grandes questions LU S ¦r* ü 5 LU ^ Û.«8» DEVELOPPEMENT REGIONAL RÉSERVA TIONS PUBLICITAIRES 842-9645 PARUTION le 4 avril DANS Date de tombée le 27 mars 1992 LE DEVOIR LE DEVOIR lance cette année un nouveau cahier spécial sur le développement régional.Le Québec, ce n'est pas que Montréal.Ce sont aussi 16 régions qui ont toutes des attraits économiques, sociaux et culturels pouvant contribuer à entraîner la province sur la voie d’un développement durable à long terme.Le développement régional est devenu une priorité.Le Québec vient de déposer sa politique axée sur une nouvelle structure de soutien au développement régional, basée sur la concertation du milieu.Ce cahier spécial se propose de faire avec toutes les régions un bilan des actifs et de regarder avec chacune leurs perspectives d’avenir.Nous tenterons de cerner quelles sont les forces et les faiblesses des régions et les atouts sur lesquels chacune d’entre elles doit miser pour profiter au maximum de la carte de la compétitivité, clé du succès. A-2 M Le Devoir, mardi 24 mars 1992 Le rapport Allaire semble « un exemple patent de dérapage intellectuel » L’avis du professeur Charles Taylor Michel Venne de notre bureau de Québec LA DÉMARCHE ayant mené à l’adoption par le Parti libéral du rapport Allaire fut une erreur, soutient le professeur de l’Université McGill Charles Taylor.La longue liste de compétences exclusives réclamées pour le Québec dans ce qui est devenu le programme officiel du parti il y a un an, « n’était pas justifiée par leur impact concret et leur nécessité concrète dans la tâche qui incombe au Québec comme gouvernement du foyer de la francophonie nord-américaine », a-t-il déclaré hier à la commission d’étude sur les offres fédérales, à Québec.Dans le mémoire qu’il a déposé à la commission, M.Taylor écrit que « le rapport Allaire me semble un exemple patent de dérapage intellectuel».Plutôt que d’allonger sans cesse la liste des pouvoirs, le Québec devrait insister sur sa « reconnaissance » au sein du Canada, juge l’intellectuel, nommé récemment par le ministre Claude Ryan au Conseil de la langue française.« Nous occupons déjà la plupart des champs de juridiction qui nous sont essentiels, a-t-il affirmé.Il faudrait des ajustements, convient-il.Il s’agit dans certains cas de prévenir une ingérence fédérale, dans d’autres de transferts de pouvoirs, tel la formation de la main-d’oeuvre.Mais dans une fédération vivante, ce genre d’ajustement est presque toujours à l’ordre du jour.Ce qu’il importe d’établir maintenant, ce sont les principes de base qui soutendent la répartition et les ajustements qui en découlent, dit-il, et ces principes sont du domaine de la reconnaissance ».M.Taylor estime qu’il faut « tuer une fois pour toutes cette idée fausse que le principe de l’égalité des provinces exige l’uniformité des provinces ».« Le Québec, dit-il, a des tâches; le Québec a un rôle; le Québec a une destinée que les autres provinces n’ont pas, du fait d’être le foyer principal de la francophonie nord-américaine.Le principe de l’égalité voudrait que pour des tâches différentes soient accordés des moyens différents».Que le Québec exerce des pouvoirs différents « ne représente pas une inégalité, mais au contraire l’égalité proportionnée aux tâches ».Le professeur croit que la Constitution doit reconnaître non seulement que le Québec soit une société distincte, mais aussi de manière explicite le principe de l’asymétrie.C’est ainsi que le Québec pourra obtenir le « statut particulier » qu’il désire.Pour M.Taylor, cette reconnaissance est « l’essentiel de ce que le Québec devrait exiger maintenant ».Il fait valoir que le Canada n’en est probablement pas à ses dernières modifications constitutionnelles.Or, il importe de fixer « les règles du jeu », dit-il, de « jeter les balises pour tout changement constitutionnel futur ».C'est pourquoi M.Taylor estime que le rapport Allaire est une erreur.L’adoption de ce rapport par le Parti libéral il y a un an s’est déroulée dans la foulée de l’échec de l’accord du lac Meech.« Ce qui a été le moteur du rapport Allaire a été le rejet de la reconnaissance du Québec dans le refus (par le reste du Canada) de l’accord du lac Meech, explique le professeur.On a voulu compenser ça en exigeant une longue série de pouvoirs.Il faudrait sortir de ce genre de pensée compensatoire», dit-il.M.Taylor estime que les libéraux ont allongé la liste des pouvoirs revendiqués « sans tenir compte du fait que des transferts de pouvoirs devraient se justifier par des gains concrets dans le domaine de la gestion ou de la sécurité et devraient laisser une structure gédérale viable».Le rapport Allaire réduit Ottawa à •< la portion congrue».M.Taylor croit que la reconnaissance du statut particulier du Québec dans la fédération, par la clause sur la société distincte et la normalisation de l’asymétrie, « est aussi sinon plus importante que les pouvoirs eux-mêmes ».« Le contenu précis de ce statut ne saurait se définir une fois pour toutes, dit-il.Différents pouvoirs s’avéreront cruciaux à différentes époques, si on avait négocié un tel statut en 1920, par exemple, on n’aurait peut-être pas proposé d’inclure les retraites.» M.Taylor a fait savoir qu’il lui apparaît plus profitable pour le Québec de demeurer au sein du Canada.Les provinces attendent du gouvernement central des programmes de travaux pour relancer l’économie Suzanne Dansereau de la Presse canadienne TORONTO — Ottawa subira encore de fortes pressions en vue de l’établissement d'un programme pan-canadien de travaux publics lors de la conférence des premiers ministres sur l’économie qui s’ouvre aujourd’hui à Toronto.Une majorité de provinces — l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Québec, l’Alberta et les Maritimes — réclament la création d'un tel programme qui pourrait, disent-elles, sortir le pays de la récession.Selon nos sources, le président de la conférence, Mike Harcourt, de la Colombie-Britannique, fera aujourd’hui ou demain une proposition formelle en vue d’un programme national de travaux publics financé par Ottawa.Un tel programme qui permettrait de construire des ponts, d'améliorer des routes, de construire des édifices, etc.se vend bien politiquement, faisait-on remarquer hier à Queen’s Park.Mais lors de la dernière rencontre des premiers ministres, le 10 février, Ottawa avait rejeté cette demande.Cette conférence fournira à Ottawa et aux provinces l’occasion d’aborder huit dossiers différents : les négociations de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique; les barrières inter-provinciales; l’agriculture; les programmes sociaux; les travaux publics; le système de taxation; les pêches; la formation de la main-d’oeuvre.Pin plus de ces sujets, les premiers ministres risquent d’accorder beaucoup d’attention à la question des taux d'intérêt et du dollar canadien.Le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique inquiète également plusieurs provinces, dont l’Ontario et la Colombie-Britannique.De son côté, Ottawa veut convaincre les provinces de permettre la perception des taxes provinciales par les douaniers fédéraux, dans l’espoir de lutter contre le commerce transfontalier.La conférence s'ouvre cet après-midi à 17 h.Hier aux Communes, le premier ministre fédéral Brian Mulroney a manifesté un enthousiasme poli relativement à cette réunion, disant qu’elle sera « probablement utile ».Une chose est sûre, les leaders provinciaux souhaitent que l’exercice ne servira pas à rien.Les premiers ministres néo-démocrates voulaient à l'origine que la rencontre dure au moins deux jours et que les premiers ministres se réunissent pour un souper avant de commencer.Mais M.Mulroney trouvait cela trop long.Après avoir suggéré une duree d'une journée, il a dû ajouter la session d’aujourd’hui pour calmer les néo-démocrates et pour apaiser les récriminations de plusieurs observateurs au Canada anglais qui disent que « le fédéral n’a jamais le temps de parler d’économie parce qu’il est trop obsédé par la Constitution », selon M.Peter Fagan, un consultant de Toronto.D’autre part, il faudra s’attendre à ce que la guerre des mots se poursuive entre l’Ontario et Ottawa lors de cette conférence.Hier encore le premier ministre Bob Rae accusait le fédéral d’être responsable de l’augmentation de son déficit, à cause des compressions dans les les transferts de paiement aux provinces, lesquelles ont fait perdre près de 14 milliards $ à l’Ontario depuis trois ans, selon M.Rae.Le premier ministre ontarien a ajouté qu’il faudra renégocier le programme d’assistance publique (en vertu duquel Ottawa donne de l’argent aux provinces dans les domaines de santé, éducation, aide sociale).Mais cette « chicane » Queen’s Park-Ottawa ne fait pas partie des discussions prévues entre hauts fonctionnaires lors de la conférence.Le premier ministre québécois Robert Bourassa est encore absent de cette conférence.Il y a délégué, comme lors des deux autres rencontres, son ministre des Finances Gérard D.Levesque.Économisez jusqu'à 60$ par année en abaissant la température du thermostat de 22'C à 20°C quand vous êtes à la maison.La surveillance des souverainistes par les services de sécurité canadiens, c’est fini, assure le premier ministre Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa LES SERVICES de sécurité canadiens n’enquêtent pas actuellement et ne recevront pas du gouvernement fédéral de commande visant à mettre sous surveillance le mouvement indépendantiste québécois, a juré hier le premier ministre Brian Mulroney.« Est-ce que moi j’accepterais d’autoriser une opération policière contre un adversaire politique ?Jamais, a soutenu Brian Mulroney dans la foulée de nouvelles précisions sur le rôle joué par le cabinet fédéral lors des opérations clandestines de la (> RC au Québec au début des années 70.Il est absolument inconcevable qu’un gouvernement démocratique agisse de la sorte», a-t-il ajouté.Selon des renseigments obtenus en vertu de la Loi de l’accès à l’information par plusieurs organes de presse, le cabinet de Pierre Trudeau aurait évoqué dès la fin de 1969 l’hypothèse de charger expressément la G RC de compiler des renseigne- ments sur le mouvement séparatiste au Québec.En 1973, des agents de la GRC volaient la liste des membres du Parti québécois dans le cadre d’une série d’opérations clandestines.Interrogé sur l’hypothèse de rendre public une fois pour toutes les comptes-rendus de réunions du cabinet recueillis et examinés par la commission McDonald lors de son enquête sur ce dossier, le premier ministre a cependant répondu qu’il n’était pas en mesure de se prononcer avant d’avoir pris connaissance de la teneur des plus récentes révélations sur la question.De leur côté, deux des libéraux qui ont occupé le poste de solliciteur général sous le gouvernement Trudeau ont mis en doute l’existence d’un lien formel entre les discussions du cabinet survenues à un an de la Crise d’octobre 70 et les opérations clandestines survenues en 1973.« Quand j’étais solliciteur général, j’ai dit que les partis politiques étaient intouchables», affirme ainsi Warren All-mand, qui est devenu le patron politique de la GRC en novembre 1972, soit après les discussions de la fin 69 mais peu de temps avant le vol de la liste des membres du PQ.« C’est une histoire de fous, qui fait le lien entre une conversation au cabinet en 1969 et un événement survenu quatre ans plus tard », déclare de son côté Robert Kaplan, qui a été parmi les successeurs au poste de solliciteur général de M.Allmand mais qui n’a pas non plus été partie aux discussions de 69-70.Mais l’ancien chef libéral John Turner, qui a été intimement lié à toutes ces discussions à titre de ministre de la Justice au début des années 70, a préféré hier ne pas se rendre disponible pour répondre aux questions des journalistes.Même si l’ancien leader a fait hier une de ses rares apparitions à la Chambre des communes, il a quitté les lieux par une porte de sortie qui lui permettait de contourner les caméras postées dans le vestibule de la Chambre.Quant à Jean Chrétien, qui était également membre du cabinet Trudeau à l’époque, il était absent de la Chambre hier après-midi.Un chroniqueur célèbre du New York Times cite Mulroney en exemple Trafic aérien: une ronde de négociations contestée d'après la Presse canadienne OTTAWA — Le Canada devrait abandonner les négociations avec les États-Unis sur la libéralisation du trafic aérien entre les deux pays afin de protéger ce qui reste de l’industrie aérienne au pays.C’est la position qu’ont défendue hier trois grands syndicats de l’aviation canadienne, à la veille de l’ouverture d’une cinquième ronde de pourparlers avec les États-Unis, qui porteront sur les propositions canadiennes soumises aux Américains en décembre dernier à Denver.Le Canada s’était alors dit prêt à donner aux avions américains accès à tous ses aéroports, à l’exception de Dorval, Pearson et Vancouver.Dans le cas de ces trois aéroports, la libéralisation des vols se ferait par étapes, afin de protéger les transporteurs canadiens.Les trois syndicats, l’Association internationale des machinistes et travailleurs de l’aérospatiale, le Syndicat canadien de la Fonction publique et les Travailleurs canadiens de l’automobile, représentent 32 000 agents de bord, mécaniciens, manutentionnaires, commis de bureau, préposés aux réservations et à la clientèle.Ils craignent que la position que défend le Canada dans ces négociations n’entraîne la détérioration du service à la clientèle, une hausse des tarifs et la perte d’au moins 10 000 emplois au pays, en plus de compromettre le développement économique régional.En bout de ligne, cela pourrait même priver le Canada du contrôle de sa propre industrie aérienne, disent-ils.La question de l’accès des transporteurs canadiens aux aéroports américains sera abordée.Ingrid Abramovitch de la Presse canadienne NEW YORK — Le premier ministre Brian Mulroney, qui a célébré son 53e anniversaire à New York au cours du week-end, a reçu au moins un très beau cadeau : une chronique enthousiaste publiée dans le New York Times.Dans son texte qui est paru hier, le chroniqueur du Times installé à Washington, William Safire, décrit M.Mulroney comme un homme politique qui pourrait enseigner bien des choses au président américain George Bush et à son rival pour les élections du mois de novembre, le démocrate Bill Clinton.« M.Mulroney est la preuve que l’on peut être centriste et avoir des positions fermes», écrit M.Safire.Sa chronique, qui portait le titre de Canada's Comeback Kid, rappelle que Brian Mulroney ne possède actuellement que 15% des faveurs populaires, alors que des élections sont prévues pour l’année prochaine.Cette situation est, selon lui, semblable à celle qui a prévalu lors des deux dernières élections.Et William Safire explique la réélection de Brian Mulroney par le fait que ce dernier « investit toute sa popularité dans quelques grandes causes », telles le libre-échange et les compressions de dépenses gouvernementales.Le Canada est devenu « un joueur sur l’échiquier mondial » grâce à l’intérêt que Brian Mulroney montre envers les affaires internationales, indique le chroniqueur du Times.Très inhabituel pour un politicien canadien, le premier ministre Mulroney est un fervent admirateur des États-Unis.Et il ne s’en cache pas, souligne M.Safire.Brian Mulroney, dont c’était l’anniversaire vendredi, a passé le weekend à New York en compagnie de son épouse Mila.Ils étaient installés au très chic Hôtel Pierre — dont le propriétaire est un Canadien.Vendredi, le premier ministre a rencontré l’équipe éditoriale du New York Times.Jeudi, il était allé discuter avec celle du Wall Street Journal.Au cours d’une entrevue téléphonique réalisée hier, M.Safire a toutefois mentionné qu’il n’était pas présent lors de la rencontre de vendredi.« J’ai travaillé de mon propre chef », a-t-il dit.M.Safire, dans son texte, met en évidence le contraste existant entre les croyances politiques de Brian Mulroney et celles de MM.Bush et Clinton qui, affirme-t-il, « noient toute idéologie dans un brouillard de modération ».Par exemple, ils « marchent sur la pointe des pieds » lorsqu’ils abordent la question du libre-échange, parce qu’ils ont peur de se faire accuser de mettre en danger les emplois des Américains, indique M.Safire.« Pourtant, le Canada est dix fois plus petit que les États-Unis et il est notre partenaire commercial le plus important, écrit-il.Et c’est nous qui, récemment, l’avons frappé en pleine figure, en ce qui concerne le bois d’oeuvre et les voitures Honda assemblées là-bas.» M.Safire a également félicité M.Mulroney pour les compressions qu’il a effectuées dans les dépenses du gouvernement et pour sa volonté de réduire le déficit du pays.« Cela explique sa faible popularité — les compressions budgétaires provoquent de la colère, a-t-il conclu.Mais le jour des élections, les gens voient qui est le meilleur pour tout le pays.» Les autochtones tiennent à profiter du développement de leur territoire Rollande Parent de la Presse canadienne LES AUTOCHTONES veulent être des partenaires dans le développement des ressources sur leur territoire afin d’être en position d’en profiter financièrement et de limiter les impacts négatifs sur l’environnement naturel et humain.C’est ce qu’a indiqué, hier, le chef cri Billy Diamond devant une centaine de membres du Cercle canadien de Montréal, dont une dizaine de représentants d’Hydro-Québec.« Nous avons besoin d’établir un partenariat avec les entrepreneurs non autochtones et une meilleure relation avec le gouvernement pour que nos préoccupations soient prises en compte et que le développement à long terme profite non seulement aux consommateurs du Sud, mais aussi du Nord », a affirmé le chef de la bande crie de Waskaghasnish (P'ort Rupert).M.Diamond a fait valoir que les autochtones percevaient maintenant clairement les possibilités d’affaires et commerciales qui s’offraient à eux et qu’ils pouvaient exploiter eux-mêmes ou en partenariat dans le but d’en arriver à l’autosuffiance.« Les gens d’affaires autochtones et ceux qui s’occupent du dévelop- pement des autochtones sont maintenant en mesure d’évaluer les retombées commerciales de l’utilisation de leur terre, de leurs ressources et de la participation du peuple autochtone.« Compte tenu de la rareté de la terre et des ressources au Canada, nous pouvons profiter de notre situation unique pour prendre des décisions stratégiques quant à l’utilisation de nos atouts et en faire profiter les autochtones », a dit le chef cri, un des signataires de la Convention de la Baie James (en 1975) qui avait mis un terme aux démêlés opposant les Inuit et les Cris aux gouvernements fédéral et du Québec.Mais M.Diamond ne se fait pas d’illusions.« Si les autochtones sont finalement pris au sérieux par les développeurs privés et publics, c’est parce qu’ils y seront forcés par les circonstances», a-t-il ajouté.Cette prise de position n’a pas eu l’heur de surprendre l’ingénieur Robert Brunette, vice-président aux affaires amérindiennes et inuit, chez Hydro-Québec.Interrogé à l’issue de l’allocution, M.Brunette s’est dit confiant que « les deux parties vont trouver un moyen de développer le Nord tout en s’assurant qu’on respecte les Cris et que les Cris tiennent compte des priorités que nous avons ailleurs dans la province.» M.Brunette a donné une bonne idée de la forme que cela pourrait prendre.L’idée du partenariat au plan de la propriété, défendue par M.Diamond, pose des problèmes légaux majeurs, aux yeux de M.Brunette, du fait qu-’Hydro-Québec est une entreprise qui appartient au gouvernement du Québec, « de par la loi et de par ses emprunts.» Mais il n’exclut pas que « cela puisse se faire un jour avec les Cris ou d’autres nations », a-t-il concédé.M.Brunette considère que le pro- PHOTO CP Le chef cri Billy Diamond insiste sur les besoins des autochtones.jet Grande-Baleine est passablement avancé et qu’il n’est pas certain que les changements nécessaires pour établir un partenariat au plan de la propriété pourraient être faits.« Par contre, l’implication des Cris pour les études d’impacts, durant la construction et durant l’exploitation, c’est la volonté d’Hydro-Québec d’y travailler», a-t-il dit.Billy Diamond est membre fondateur du Grand Conseil des Cris du Québec dont il a été le dirigeant principal de 1974 à 1984.La semaine dernière, il présidait le comité d’évaluation aux audiences publiques qui se tenaient à Montréal et qui visaient à déterminer les points sur lesquels devront porter les études d’impacts d’Hydro-Québec sur le projet Grande-Baleine.i EN BREF.Michel Gervais réélu recteur à Laval M.MICHEL GERVAIS, recteur de l’Université Laval et président de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), s’est vu confier hier un second mandat de cinq ans par le collège électoral de cette université.Agé de 47 ans, M.Gervais a présidé, au cours de son premier mandat, à la réforme des instances décisionnelles de l’Université Laval en remplaçant le « Conseil de l’université » par un conseil d’administration et un conseil universitaire.Sous sa gouverne, l’Université Laval a également réussi à résorber son déficit accumulé.Son second mandat sera axé sur le développement des études et de la recherche aux cycles supérieurs.Prix Roberta Bondar TORONTO (PC) — L’astronaute canadienne Roberta Bondar première Canadienne à aller dans l’espace et une héroïne pour des milliers d’écoliers et d’écolières, a pris la parole hier devant des militaires et des journalistes à l’Institut civil et de défense de médecine environnementale, où ont été analysées certaines données que Mme Bondar a rapportées de sa récente aventure de huit jours dans l’espace.Par la suite, M.Rae a annoncé la création du Prix Roberta Bondar pour l’enseignement de la science et de la technologie en Ontario.« Je suis ravie d’apprendre qu’on instituera un programme de prix scientifique qui portera mon nom, a dit Mme Bondar.Les sciences ont enrichi ma vie.Et si je peux contribuer d’une façon ou d’une autre à encourager d’autres personnes à choisir une carrière en science et technologie, j’en suis très heureuse.» Au mois de mai, on informera les écoles sur la démarche à suivre par les élèves, les enseignants et les enseignantes ainsi que par les écoles pour pouvoir être admissibles au prix.Les plus jeunes sont les plus en danger OTTAWA (PC) — Les adolescents et les enfants (âgés de moins de 12 ans) sont deux fois plus souvent victimes d’agression sexuelle que les adultes, selon une étude de Statistique Canada.L’analyse est fondée sur les déclarations de 43 299 victimes de crimes avec violence fournies par 13 services de police de 1988 à 1991 dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC).L’agence fédérale a précisé qu’en 1990,23 % de toutes les victimes de crimes avec violence étaient des jeunes âgés de 12 à 19 ans, quoique ce groupe ne représente que 11 % de la population canadienne.Les raisons personnelles, par exemple une dispute, étaient invoquées le plus souvent dans les cas d’homicide.Toutefois, le tiers des victimes chez les 12 à 15 ans et le quart chez les 16 à 19 ans ont été tuées lors de la perpétration d’un autre acte criminel.Ozone : gagner quatre ans BRUXELLES (Reuter) — Les ministres de l’Environnement de la Communauté européenne réunis hier à Bruxelles ont invité le monde industrialisé à avancer de l’an 2000 à 1996 la date de l’interdiction des CFC et d’autres substances menaçant la couche d’ozone.Le Protocole de Montréal prévoit d’interdire la production et l’utilisation de ces substances après l’an 2000 pour les pays industrialisés et après 2010 pour les pays en développement.Il doit être renégocié dans le courant de cette année.Il est probable que la CEE s’engagera à prendre 1996 comme date limite, même si le reste de la communauté internationale;né se fixe pas un objectif aussi ; ::: rapproché, affirme-t-on de source ; autorisée.Certains pays, en particulier l’Allemagne, voudraient aller plus vite encore.La CEE ; j; entend aussi faire pression pour que la production de ces substances soit réduite, d’ici le début de 1994, à 85 % des niveaux atteints à la fin des années 1980.La seule exception portera sur le trichloroéthane, dont la réduction pourrait être diminuée de moitié dès 1994.L’arme du rire BANGALORE, Inde (AP) - Si les slogans vengeurs et les récriminations ne marchent pas, essayez le rire.C’est ce qu’ont fait durant deux heures hier 20 000 agriculteurs à Bangalore (sud du pays), pour exprimer leur ressentiment à l’égard du gouvernement de l’État de Karnataka.« Nous voulons le tourner en dérision », a expliqué M D.Nanjundaswamy, secrétaire général du syndicat des agriculteurs, cependant que ses ouailles s’esclaffaient devant le siège du gouvernement.Entre deux éclats de rire, les manifestants ont réclamé la démission des responsables locaux, jugés incompétents et corrompus.Au bout de deux heures, visages et zygomatiques tétanisés n’en pouvaient plus.Huées et sifflements ont donc pris le relais.Les quelque 2000 policiers en armes, qui eux ne riaient pas, sont cependant restés impassibles.« Aucune loi n’interdit le rire », a commenté le commissaire Ramalingam. Le Devoir, mardi 24 mars 1992 ¦ A-3 Rumeurs et inquiétudes sur le sort de la la taxe d’amusement v m Mi J»-1» • vfl lit!.Y a * MNH i iff! V * ¦' ***** PHOTO AP 26 morts à la Guardia L’accident du Fokker de la compagnie US Air sur l’aéroport la Guardia de New York — qui s’est écrasé dimanche soir peu après le décollage — a fait 26 morts, 24 blessés et une personne était toujours portée disparue hier, selon un dernier bilan publié par la compagnie aérienne.L’une des « boîtes noires » de l’appareil, l’enregistreur de paramètres de vol, a été retrouvée sur les lieux de la tragédie, qui s'est produite au début d’une tempête de neige, a déclaré un porte-parole des pompiers.Les enquêteurs du Bureau national de la sécurité des transports, dépêchés sur place, ne pouvaient toutefois se prononcer sur les causes de l’accident du Fokker F-28 4000 Fellowship, qui transportait 51 personnes, dont 47 passagers.Selon un porte-parole de l’Administration de l'aviation fédérale, « quelque chose s'est produit au moment du décollage mais nous ne savons pas encore quoi ».Les 24 blessés, pour la plupart atteints de brûlures, de coupures et de blessures internes, ont été hospitalisés.Une immense grue (photo) sortait hier des débris de l’eau.Des morceaux de l'appareil étaient éparpillés sur plusieurs centaines de mètres et l’on pouvait voir les traces du dérapage sur la piste.Vallerand condamne la lettre anonyme de la RIO Les locataires du Village olympique souhaitent la suspension des responsables Laurent Soumis LE MINISTRE responsable de la Régie des installations olympiques (RIO), M.André Vallerand, a « condamné» hier la distribution l’automne dernier par la RIO d’une lettre anonyme destinée à intimider les 2500 résidants des 980 logements des pyramides de la rue Sherbrooke.Appelé à commenter les informations publiées hier par LE DEVOIR, un porte-parole a déclaré que « le ministre déplorait ce genre de missives indépendamment de sa provenance et de sa source».« La RIO ne doit pas se livrer à ce genre d’activités », a-t-il ajouté en précisant que le ministre exigerait des explications de la Régie gouvernementale.Hier, LE DEVOIR indiquait que la RIO avait fait distribuer à ses locataires le 25 octobre dernier une lettre anonyme adressée à une militante et fondatrice de l’Association des locataires du Village olympique (ALVO), Mme Yvette Lalonde, âgée de 71 ans, l’invitant à déménager en la menaçant de connaître le même sort que les rats qui hantent à l’occasion les pyramides de la rue Sherbrooke.Mme Lalonde s’était commise peu de temps auparavant dans une lettre au lecteur publiée par un quotidien montréalais en réclamant une enquête sur la gestion de la RIO.Hier, la RIO, qui s’est refusée à toute entrevue, a indiqué dans un communiqué émis en fin de soirée qu’elle entendait « éviter d'alimenter une manchette d’information à caractère sensationnaliste » en n’émettant « aucun commmentaire ».Du même souffle, la Régie a indiqué qu’elle ne se reconnaissait « aucune responsabilité quant à la rédaction de la lettre qui fut écrite à l’intention d’une locataire par un • groupe de locataires» et ce, malgré qu’elle ait admis l’avoir elle-même distribuée dans un document signé par son procureur et dont LE DEVOIR a copie.« La RIO considère qu’elle joue pleinement son rôle de collaboration auprès de l'ensemble de ses locataires » et affirme reconnaître « le droit à la libre expresssion aux divers lo- cataires ou groupes locataires».La Régie, qui a confié la distribution de la lettre anonyme à ses services de sécurité, estime ne pas avoir « à autoriser ou à interdire l’un ou l’autre groupe de faire valoir son point de vue et de le faire connaître à l’ensemble des locataires».Pour sa part, la direction du Village olympique a tenu à préciser qu’elle offrait sur demande « les mêmes moyens aux autres locataires ou groupes de locataires qui désirent s’exprimer » que ceux qu’elle fournit déjà à la seule association reconnue du Village, l’ALVO, qui représente les résidents d’environ 400 logements.Le président de l’Association des locataires du Village olympique (ALVO), Me Lawrence Morgan, a réclamé pour sa part l’intervention du Paul Caucbon ALORS QUE la récession traîne en longueur, les banques alimentaires sont en plein essor : au Canada deux millions de personnes, soit 7,5 % de la population (ceci incluant 700 000 enfants de moins de 18 ans) recevaient de l’aide alimentaire au moins une fois pendant l’année 1991, selon Tendances sociales canadiennes.Cette revue, publiée par Statistique Canada, révèle également dans son tout dernier numéro qu’en 1990 les banques alimentaires avaient distribué 4,6 millions de livres de nourriture par mois (55 millions de üvres dans l’année), un chiffre qui n’a cessé d'augmenter depuis cette date.Ainsi la banque alimentaire Moisson-Montréal (une des six Moissons du Québec) a distribué en 1991 6,6 millions de livres de nourriture, ce qui se compare à 5,1 millions de livres pour l’année 1990.Et « pour les deux premiers mois de 1992, nous avons distribué 640 000 ministre en lui rappelant sa promesse, contenue dans une lettre datée du 4 décembre 1991, voulant qu’il ait « fait le nécessaire pour qu’une telle situation ne se reproduise plus ».« L’ALVO s’attend à ce que le ministre donne suite aux engagements de sa lettre, a déclaré hier Me Morgan.En ce sens, le fait de relever temporairement de leurs fonctions les responsables du Village (le directeur Jocelyn Lafond et le trésorier et vice-président à l’administration Jean-Pierre Payette) contribuerait à assainir le climat et à instaurer un climat de dialogue.» Sur ce point, le ministre Vallerand s’est réfugié derrière l’interprétation de la loi sur la Régie des installations olympiques concernant ses « pouvoirs restreints d’intervention ».livres en moyenne par mois, ce qui laisse présager qu’on pourrait atteindre 7,6 millions de livres cette année, explique John Pasquini, de Moisson-Montréal.Mais je ne serais pas surpris qu’on dépasse 8 millions.Nous desservons 150 organismes, et une centaine d’autres attendent de recevoir nos services ».Ces banques recueillent principalement leurs denrées auprès de l’industrie agro-alimentaire, pour ensuite les redistribuer aux organismes d’aide aux démunis : produits mal étiquettés chez le fabricant, surplus en tous genres, ou encore produits presque périmés.« Nous utilisons par exemple des bananes qui sont encore très bonnes mais dont les grands magasins ne veulent pas sur leurs tablettes parce qu’elles ont commencé à brûnir », indique-t-on à Moisson-Montréal.Certaines banques achètent aussi des produits afin de répondre à des besoins nutritifs précis.Elles vivent de dons des particuliers, des organis- Son porte-parole a fait valoir que c’était au président et directeur général de la RIO, M.Pierre Bibeau, de prendre ses responsabiütés.M.Bibeau est absent ces jours-ci de Montréal, a-t-on appris.Il est en Floride où il assiste notamment au camp d’entrainement du club de baseball des Expos.L’ALVO a réitéré hier sa détermination à obtenir la publication de toutes les études et de tous les documents pertinents concernant l’entretien et l’avenir du Village olympique que la RIO songe à privatiser.Par ailleurs, dans un communiqué diffusé vers 5 h 30 hier matin, la RIO s’est dite « heureuse » de constater que les conclusions de l’inspection du Village olympique par la Régie du bâtiment du Québec, annoncées vendredi, « viennent confirmer ses affir- mes religieux, de Centraide et quelquefois de subventions gouvernementales.Le nombre de banques demeure sujet à discussion : l’Association canadienne des banques alimentaires, organismé situé à Toronto, estime qu'en 1991, on en comptait 377 au Canada, mais la dénomination « banque alimentaire » ne correspond pas nécessairement à la même chose au Québec ou en Ontario, tout dépendant si on inclut des comptoirs alimentaires plus petits.Il reste que quelle que soit la méthode de recension utilisée, l’Association en comptait à peine 75 il y a huit ans.Et selon Tendance sociales, à l’automne 1990,590 000 personnes avaient bénéficié à tous les mois d’une aide alimentaire, une augmentation de 53 % par rapport à 1989.Au Québec, le nombre de bénéficiaires mensuels de ce type d’aide s’était accru de 69 % du printemps 1989 à l'automne 1990, la plus forte Jocelyne Richer de notre bureau de Québec MÊME SI dans les cabinets des ministres visés, on nie avec la dernière énergie avoir pris la décision de mettre la hache dans la taxe d’amusement, l’intention du gouvernement, clairement exprimée derrière des portes closes, soulève l’indignation des municipalités et du monde des arts, qui entendent réagir avec vigueur.Le maire de Charlesbourg et président de l’Union des municipalités du Québec, M.Ralph Mercier, a affirmé hier en entrevue que les maires de Laval, M.Vaillancourt, de Montréal, M.Jean Doré, de Québec, M.Jean-Paul L’Allier, et lui-même avaient eu des rencontres à ce sujet avec le ministre des Affaires municipales, M.Claude Ryan, au cours des dernières semaines.À cette occasion, M.Ryan leur a proposé d’abolir la taxe d’amusement, équivalant à des pertes de revenus de l’ordre de 28 milüons $ pour les municipalités.Cette perte serait mations ».Selon la RIO, « la sécurité des résidants a toujours été assurée et cette préoccupation n’a jamais été et ne sera jamais subordonnée à d’autres priorités ».La RIO a dit déplorer « qu’on ait inutilement inquiété les résidants du Village olympique en véhiculant des propos alarmistes qui ont aussi pour effet de ternir l’image du Parc olympique, un bien collectif, propriété de tous les Québécois».Hier, le rapport de la Régie du bâtiment n’était toujours pas disponible.Seul point d’accord entre le ministre Vallerand et les villageois olympiques : que la RIO s’assoie pour discuter avec ses locataires des problèmes vécus aux pyramides et accepte de participer au processus de médiation offert par la Régie du logement.augmentation canadienne.Les données compilées par Statistique Canada indiquent egalement qu’en 1990 les enfants de moins de 18 ans formaient 40 % des bénéficiaires de l’aide des banque alimentaires.Cette année-là, 68 % des démunis qui fréquentaient ces banques recevaient de l’aide sociale.Barry Davidson, de l’Association canadienne, ajoute que pour 1991 « nos informations nous indiquent qu’on retrouvait de plus en plus de gens avec un emploi qui fréquentaient ces banques, parce qu’ils ne pouvaient plus arriver à se nourrir convenablement avec leur salaire ».M.Davidson estime que les banques alimentaires sont condamnées à demeurer, même si la situation économique devait s’améliorer dans les prochains mois (ce qui reste à prouver ! ).« Il y a vraiment quelque chose qui ne fonctionne pas, ajoute-t-il, nous sommes devant une crise de société à laquelle il faudra bien s’attaquer ».allégée par le gouvernement du Québec, durant quatre ans, via une compensation financière s’élevant à 10 millions?, résume M.Mercier.Ce dernier juge « complètement inacceptable» le projet gouvernemental, faisant valoir que les municipalités ont déjà adopté leur budget et qu’une telle mesure risquerait d’avoir un impact considérable sur le secteur culturel.Les municipalités exigent une pleine compensation financière, si jamais le gouvernement décide d’aller de l’avant avec son projet.M.Mercier rappelle que les municipalités investissent 230 millions ?dans le secteur municipal, et que « règle générale » les sommes perçues via la taxe d'amusement sont réinvesties dans l’organisation d’activités culturelles.Un article paru hier à la une du quotidien The Gazette disait que le ministre Claude Ryan avait informé le maire de Québec, M.Jean-Paul L'Allier, qu’il s’apprêtait à abolir la taxe d'amusement, qui rapporte à la ville 3,5 millions?.L’attaché de presse du maire a confirmé hier les propos parus dans The Gazette.Pourtant, le ministre Ryan ne veut pas dire si oui ou non il a fait cette proposition aux maires des villes les plus peuplées du Québec et au président de l’UMQ.La présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal, Mme Léa Cousineau, dénonçait hier, elle aussi, le scénario voulant que la taxe soit enlevée sans une compensation pleine et entière.« Il s’agit d’un désastre puisqu’on privant les villes de sources de revenus importantes, le geste de Québec risque d’entraîner une pression à la hausse sur leur fardeau fiscal», disait-elle hier.La taxe d’amusement de 11) % devait être abolie en décembre 1990, dans la foulée de la réforme de la fiscalité municipale, mais le gouvernement avait reculé, devant les protestations des municipalités.En mai 1991, le ministre Ryan rendait facultative l’imposition de cette taxe, et envisageait l’adoption d’un règlement définissant certains événements à caractère culturel qui pourraient en être exemptés.Mais aucun règlement n’a été adopté depuis.Le gouvernement cherche le moyen d’éviter que les billets de spectacles ne soient taxés à 26 %, comme il est prévu à compter du 1er juillet avec l’arrivée de la TVQ.Voyant déjà les salles se vider, le milieu des arts a vivement réagi pour empêcher cela, et la ministre des Affaires culturelles, Mme Liza Frulla-Hébert, a été la première à convenir que jamais l’industrie du spectacle ne pourrait survivre à pareille escalade de taxes.La Coalition des arts de la scène a tenu, elle aussi, à rejeter l’idée d’abolir la taxe d’amusement, telle qu’envisagée.« Loin de constituer une victoire, cette mesure nuirait à la diffusion des arts de la scène au Québec », disait hier la coalition par voie de communiqué.Elle rappelait par la même occasion que son action vise « l’abolition de la taxe d’amusement, accompagnée de mécanismes de compensation équitables de la part du gouvernement à l’endroit des municipalités de façon à ce que celles-ci puissent continuer à assumer le même niveau de responsabilités dans le domaine du spectacle ».Depuis quelque temps, les trois ministres visés par ce dossier (Mme Hébert, MM.Gérard D.Levesque, aux Finances, et Claude Ryan, aux Affaires municipales) multiplient les rencontres pour trouver la façon la plus appropriée de réduire le fardeau de taxe sur l’industrie du spectacle, sans saigner à blanc les coffres de l’Etat.Deux millions de Canadiens recevraient de l’aide alimentaire au moins une fois l’an CE MERCREDI Ça change pas le monde.Sauf que.btoquêbec A-4 B Le Devoir, mardi 24 mars 1992 Mulroney croit toujours qu’Ottawa peut faire des offres satisfaisantes au Québec Huguette Young de la Presse Canadienne OTTAWA — Le premier ministre Brian Mulroney estime qu’il est possible d’élaborer des offres constitutionnelles satisfaisantes qui puissent répondre aux aspirations du Québec.M.Mulroney répond ainsi à la perche tendue en fin de semaine par le premier ministre du Québec Robert Bourassa.La loi 150 force le gouvernement à tenir un référendum sur la souveraineté avant le 26 octobre prochain, mais M.Bourassa a bien souligné que le référendum pourrait porter sur les offres fédérales si elles étaient acceptables.Réitérant sa profession de foi dans le renouvellement du fédéralisme, M.Bourassa a même indiqué qu’il pourrait déclencher des élections générales si les offres d’Ottawa ne justifiaient pas la tenue d’un référendum.De l’avis de M.Mulroney, bien que le temps presse, il est toujours possible de produire des offres satisfaisantes.« C’est toujorus difficile, mais tout est faisable.Si nous avons de la bonne foi, si nous avons le désir véritable, les premiers ministres vont régler», a-t-il précisé.Se faisant conciliant, le premier ministre a reconnu qu’il y avait moyen de bouger « les meubles » au besoin pour répondre aux revendications du Québec.« Il n’y a rien de compliqué là-dedans en ce qui concerne les variables.Tout est connu de tous les joueurs, a-t-il renchéri.Si vous voulez changer les meubles de place, si vous voulez les agencer d’une façon différente, allez-y fort.À l’exception de la question autochtone, il n’y a rien de nouveau là-dedans depuis 32 ans.» Quant à savoir si M.Bourassa devrait reporter l’échéance du référendum en vertu de la loi 150, M.Mulroney s’est dit « intrigué » par la portée de cette loi.« Le PQ n’y croit tellement pas qu’il a voté contre.Alors pourquoi en faire des drames ?Le premier ministre du Québec a quand même le droit d’établir les balises de ses propres actions politiques», a reconnu M.Mulroney.Selon un processus de consultation multilatérale qui a été établi il y a deux semaines, le gouvernement fédéral estime être en mesure de déposer ses offres formelles vers la fin du mois de mai.Le premier ministre Mulroney a rappelé hier que cette date cible n’était pas coulée dans le béton.Il salué le choix du premier ministre Bourassa en faveur de l’unité canadienne, un choix qu’il a qualifié « d’encourageant ».Par ailleurs, au cours de la période des questions, le premier ministre Mulroney s’est porté à la défense de son ministre de la Santé, M.Benoît Bouchard.Ce dernier a affirmé au cours d’un entretien qu’il s’opposait à l’enchâssement d’une charte sociale dans la Constitution canadienne sans avoir l’assurance que le gouvernement fédéral pourrait assumer les frais de tous les grands programmes sociaux universels.Cette déclaration a fait bondir le Nouveau Parti démocratique hier à la période des questions.Le NPI) tient mordicus à l’inclusion d’une charte sociale dans le texte constitutionnel.Le chef du NPD Audrey McLaughlin a accusé le gouvernement de délaisser les pauvres et les démunis en les abandonnant à leur sort et en mettant au rancart son programme de garderies.Elle a proposé une refonte des lois fiscales qui favoriseraient les pauvres au détriment des riches.M.Bouchard s’est défendu en disant qu’il n’était pas opposé à l’inclusion d’une charte sociale mais qu’il fallait trouver les moyens de financer les programmes sociaux.Mme McLaughlin est revenue à la charge en demandant au premier ministre de répudier les propos de son ministre, mais celui-ci les a plutôt entérinés.M.Mulroney a tout de même reconnu qu’il y avait déséquilibre au niveau de la redistribution de la richesse au pays, mais que des progrès tangibles avaient été réalisés depuis l’accession des conservateurs au pouvoir.Il a cité comme exemple que l’incidence de la pauvreté avait chuté de 18,1 % en 1984 à 13,6 % en 1989 et qu’il y avait 576 000 Canadiens à faible revenu de moins en 1990 qu’en 1984.Attaque aux fleurs contre la Dame de fer LONDRES (AFP) — La campagne électorale s’accélère en Grande-Bretagne à quinze jours du scrutin, et travaillistes et conservateurs haussent le ton dans des attaques portant sur deux thèmes principaux : l’économie et les impôts.Sur le terrain, une électrice mécontente a carrément attaqué l’ancien premier ministre Margaret Thatcher avec un bouquet de jonquilles (ci-contre) dans une rue de Mar-ple Bridge dans le centre de l’Angleterre, hier.Feignant d’offrir les fleurs à la Dame de fer qui s’empressait de les accepter, l’inconnue a voulu frapper Mme Thatcher avec le bouquet mais on l’a vite neutraliser.Le mauvais chiffre du déficit de la balance des comptes courants 1,3 milliard de dollars, a fourni des munitions à l’opposition.Le leader travailliste Neil Kinnock y a vu la preuve que le gouvernê-ment conservateur « était en train d’enfoncer l’économie encore plus, et allait laisser au Labour la tâche de sortir de la crise ».24 mars par la PC et P AP 1989: le pétrolier Exxon Valdez fait naufrage au large de l’Alaska.1988: les Canadiens Tracy Wilson et Robert McCall remportent à Budapest la médaille de bronze de la compétition de danse des championnats mondiaux de patinage artistique.1985: un bac surchargé coule près de Dhaka, au Bangla-Desh: 250 morts et disparus.1980: Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador, est assassiné pendant qu’il célèbre la messe dans sa cathédrale.1976: les militaires prennent le pouvoir en Argentine après avoir renversé et emprisonné la présidente Isabel Peron.1975: le castor devient officiellement le symbole du Canada.1974: échec d’une tentative de coup d'Etat contre le président Amine Dada, en Ouganda.1944: le sergeant Nicholas Alke-made survit à une chute de 18000 pieds après être tombé sans parachute d'un bombardier abattu pendant la Deuxième Guerre mondiale.Sa chute est amortie par des arbres et une neige épaisse qui recouvre le sol.Ils sont nés un 24 mars: l'acteur Steve McQueen (1930-1980); David Suzuki, vulgarisateur scientifique (1936); l’acteur Robert Carradine (1954).McKenna accusé d’avoir cédé au chantage FREDERICTON (PC) - Des députés de l’opposition et des syndicats du secteur public ont accusé hier le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, d’avoir plié sous le poids d'un « chantage corporatif » pour renflouer la Stone-Con-solidated, située à Bathurst, en lui accordant un prêt de 3,5 millions.à la suite de cette décision, les syndicats du secteur public, dont les 40 000 membres font face à des gels de salaire prolongés et à des mises à pied, ont indiqué qu’une grève générale touchant toute la province se dessine de plus en plus clairement à l’horizon.« Ce qui se passe à Bathurst ap- puie ce que nous disons depuis le début : ce gouvernement ne négocie pas de bonne foi avec les employés du secteur public du Nouveau-Brunswick », a vivement lancé Jerry ‘Dun-net, directeur exécutif du Syndicat des employés du gouvernement du Nouveau-Brunswick.Stone-Consolidated, qui appartient à Stone Container, de Chicago, a fermé l’usine de Bathurst vendredi, et menacé de quitter définitivement les lieux après que les syndiqués aient refuse d’accepter des concessions salariales.Le gouvernement provincial, désireux de conserver la papetière et les quelque 600 emplois qui en dépendent, a alors offert une subvention de 3,5 millions $ à l’entreprise.L’entente a été conclue et le processus de réouverture de l’usine a commencé hier.Stone-Consolidated devra rembourser ce prêt d’ici un an et demi.Personne ne sait ce qu’il adviendra de la papetière après cette échéance, mais les représentants syndicaux de Bathurst pensent que la maison-mère tentera alors de se débarrasser de l’usine.Rick Doucet, représentant du Syndicat canadien des travailleurs du papier à Bathurst, affirme qe Roger Stone, président de Stone Container, a pourtant les moyens d’endosser les 2,2 milliards $ de dettes de l’usine.L’enquêteur américain du bois d’oeuvre associé à une coalition anti-canadienne WASHINGTON (PC) — Le département américain du Commerce a refusé de retirer du dossier du bois d’oeuvre un enquêteur qui était en 1986 le principal porte-parole d’une association américaine opposée au Canada lors d’une dispute semblable.La coalition américaine pour des exportations équitables de bois réclamait alors l’imposition de droits LE DEVOIR Renseignements.(514) 844-3361 les SS5&, Administration.(514) 844-3361 nü VEBTS RcijdRED1 Rédaction.(514) 842-9628 AU * i6H3® .q6 9^0° Annonces classées.(514) 286-1200 Publicité.(514) 842-9645 numéro tans Irais.1-800-363-0305 Abonnements Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements postaux.Montréal.Extérieur (sans Irais).(514)844-5738 1-800-463-7559 Service à la clientèle LE DEVOIR 211, St-Sacrement, Montréal QC H2Y 1X1 compensateurs sur les exportations canadiennes de bois d’oeuvre.M.Bill Lang a depuis quitté la coalition pour se joindre au département américain du Commerce.Il est présentement au Canada, où il vérifie les informations fournies par le Canada relativement à la présente dispute sur le bois d’oeuvre.La coalition est toujours active, et réclame toujours l'imposition de droits compensateurs sur le bois d’oeuvre canadien.Le gouvernement canadien a formellement protesté contre la présence de M.Lang au sein de l’équipe américaine de vérification, et a demandé au département du Commerce de le retirer de ce dosser, a déclaré hier le porte-parole de l’ambassade canadienne à Washington, M.Malcolm McKechnie.Le département du Commerce a rejeté cette requête, et a affirmé que M.Lang n’avait violé aucune règle sur les conflits d’intérêts.M.McKechnie a déclaré que là n'était pas la question.« Le point que nous voulons souligner, c’est que le département du Commerce devrait faire un effort pour être équitable et pour paraître équitable au cours de ce processus », a-t-il déclaré.Il a affirmé que le gouvernement canadien réclamerait peut-être une autre fois le rejet de M.Lang.-jj AMNISTIE ¦-INTERNATIONALE ™ (514)766-9766 Le président du Conseil des industries forestières de la Colombie-Britannique, M.Mike Apsey, a également condamné hier la présence de M.Lang.M.Apsey, qui était à Washington pour rencontrer les représentants de l'Association nationale des commerçants de bois et de matériaux de construction, a affirmé qu’il s’agissait d’un autre exemple de l’inéquité de l’enquête américaine sur le bois d’oeuvre canadien.« Il faut se demander si M.Lang arrive sans idées préconçues, ou s’il a un parti pris», a-t-il déclaré.Il a affirmé qu’il devait exister plusieurs économistes compétents dans le domaine forestier, qui n’ont jamais été chef de la coalition américaine, qui auraient pu être choisis à sa place.Le département du Commerce a imposé le 6 mars dernier un droit compensateur de 14,48% sur les exportations canadiennes de bois d’oeuvre de résineux.Il s’agit d’une décision préliminaire qui devra être confirmée par le département le 20 mai prochain.Hier, l'Association nationale des commerçants de bois et de matériaux de construction s’est jointe à l’Association américaine des constructeurs d’habitations pour condamner ce droit.Les deux associations soutiennent que le droit compensateur augmentera le prix du bois d’oeuvre aux États-Unis, ce qui entraînera une hausse du prix des maisons neuves.Cette augmentation serait suffisante pour nuire considérablement à la reprise économique, traditionnellement dépendante de la construction domiciliaire.SUITES DE LA PREMIERE PAGE é Un comité tawa pourrait envahir de nombreux champs de réglementation provinciale sous prétexte « d’honorer efficacement et rapidement les engagements pris par le Canada en vue d’améliorer l’environnemental national et mondial et de promouvoir le développement durable».Jusqu’ici, les provinces avaient admis qu’Ot-tawa touche aux dossiers comme l’ozone, l’effet de serre et la gestion des déchets dangereux en raison des ententes internationales dans ce domaine.La nouveauté vient ici du fait que l’on ajoute à la liste des interventions internationales celles qui pourraient découler du « développement durable » éventuellement constitu-tionnalisé, ce qui justifierait l’intervention d’Ottawa dans la plupart des politiques et grands projets économiques des provinces pour y séparer l’ivraie du bon grain.Le rapport de la Chambre des communes indique clairement que le concept de « développement durable » est déjà inhérent, si l’on peut dire, au concept d’environnement tout court de sorte que la porte est déjà ouverte, indiquent les députés, à de nombreuses interventions dans ce domaine via la problématique environnementale.En effet, le rapport note que la récente décision de la Cour suprême du Canada dans le dossier Old Man River a reconnu que, désormais au pays, le concept d’environnement incluera expressément les aspects économiques et sociaux et qu’il ne fallait plus y voir une affaire de poissons et de petits oiseaux, comme le réclament, par exemple, certains milieux économiques dans les dossiers Soligaz et Grande-Baleine.La Cour suprême a d’ailleurs dit qu’Ottawa pouvait intervenir pour procéder à des évaluations environnementales — ou pour intervenir tout court — si les organismes fédéraux ont un pouvoir « décisionnel » dans un dossier et non plus une simple « compétence » générale.Mais le hic avec cette restriction apparente, c’est qu’il suffit à Ottawa de se donner un pouvoir dans tous les domaines de sa compétence — comme celui d’émettre un simple permis — pour qu’il puisse intervenir avec un arsenal environnemental de la taille que celui proposé par le Comité des Communes.Le comité en question est d’ailleurs très conscient de l’énorme socle que la Cour suprême vient de donner à Ottawa pour édifier sa suprématie en matière d’environnement : « Cette décision n’affecte toutefois aucune des recommandations formulées par le Comité concernant la répartition des pouvoirs en matière d’environnement.Elle vient peut-être même d’étayer bon nombre des conclusions du Comité et elle pourrait faciliter la mise en oeuvre de ces recommandations », lit-on en guise de conclusion du rapport.4 Le Québec photographie du titulaire sur la carte d’assurance-maladie.Lors du dernier conseil général du Parti libéral, le week-end dernier, on pouvait lire dans un document sur le financement de la santé qu’il y aurait « quelque 400 000 cartes orphelines ou illégales en circulation au Québec ».À la Régie de l’assurance-maladie, on juge ces chiffres très exagérés.La RAMQ n’a entre les mains aucune étude sur laquelle s’appuyer pour évaluer l’impact financier des fraudes, et celui de l’implantation d’une carte-soleil avec photo.La carte avec photo semble gagner en popularité.Récemment, le gouvernement autorisait la Société de l’assurance-automobile à émettre, à compter de l’an prochain, un permis de conduire plastifié avec photographie du détenteur.La Commission d’accès à l’information jugeait quant à elle qu’il s’agissait là d’une « intrusion dans la vie privée ».Parmi les autres mesures annoncées hier et devant prendre effet dans les mois qui viennent, notons que les patients estimant avoir été lésés dans leur droit auront désormais accès à un commissaire aux plaintes dans les établissements hospitaliers et les nouvelles régies régionales.Des changements surviendront bientôt, également, en matière de services préhospitaliers.On prévoit notamment à court terme la rénovation des salles d’urgence, l’implantation de centres de traumatologie et la réorganisation du transport ambulancier.Un des objectifs connus de la réforme est la régionalisation des services et des prises de décision.Le ministre Côté veut « améliorer l'organisation et le fonctionnement des services en tenant compte des particularités locales et régionales d’un milieu donné».Des mesures viseront à assurer une plus large participation des citoyens au sein même des structures décisionnelles du réseau.La mise en place de nouvelles régies régionales des soins de santé, dans tous les coins du Québec, entraînera des déboursés de 6 millions $, cette année.On a aussi prévu la nomination d’un directeur régional de la santé publique, qui veillera à doter une région donnée d’un plan de réorganisation de la santé publique.Le ministre Marc-Y van Côté avait annoncé en grandes pompes les grandes orientations de sa réforme en décembre 1990.Le mois dernier, une commission parlementaire étudiait toute la question du financement des services de santé.D’ici l’été, le ministre devrait déposer sa politique globale en matière de santé et bien-être, et on devrait savoir de quelle façon le gouvernement aura réussi à « rationaliser» l’explosion des coûts en ce domaine.4 Le scrutin parti de M.Le Pen ait produit ses effets.Le succès inattendu de M.Tapie dans les Bouches-du-Rhône est, de ce point de vue, significatif., Troisième question : le lour’d échec du Parti socialiste, qui perd plus de 11 points par rapport à soh score de 1986 et plus de cinq par rapport aux européennes de 1989, le condamne-t-il irrémédiablement à laisser la place, dans un an, à l’opposition ?On voit mal, à l’issue de ce scrutin, comment il pourrait éviter une nouvelle défaite aux législatives de 1993.Mais, on voit mieux qu’une des raisons de la désaffection qu’il subit tient à son inaptitude à offrir aux Français un projet qui leur ouvre des perspectives d’avenir.Ce projet, ce n’est évidemment pas le PC, une fois de plus déçu dans ses espérances, qui l’incarne, mais ce sont bel et bieij les écologistes.Le PS, prisonnier d’une culture ouvriériste qui l’a rendu insensible à toute forme de contestation de la « logique productiviste », a compris trop tard que ces thèmes étaient devenus porteurs, en particulier auprès des jeunes.Est-il encore temps pour lui de se renouveler en intégrant ces préoccupations ?Il aurait tort, en tout cas, de ne considérer les écologistes, y compris ceux qui sont les plus proches de lui, que comme une simple masse de manoeuvre.La quatrième question porte évidemment sur les écologistes.Réussiront-ils à surmonter leur crise de croissance, qui les empêche encore d’apparaître comme des partenaires crédibles, de la droite comme de la1 gauche, et qui les voue à une certaine marginalité ?Cela suppose non seulement qu’ils mettent fin à leurs querelles, que même leurs électeurs ont, à l’évidence, quelque peine à comprendre, mais aussi qu’ils définissent un vrai programme afin d’échapper, les uns au reproche d’opportunisme, les autres à celui de gauchisme.II.dépend d’eux de devenir une force appelée à durer ou d’être récupérés par les grands partis.La dernière question concerné la droite classique.S’il est abusif de mettre sur le même plan le grave revers du PS et l’échec relatif de l’UPF, il n’en reste pas moins que celle-ci est atteinte, elle aussi, par la montée du vote protestataire et, bien entendu, en tout premier lieu, par le score du Front national.Parviendra-t-elle enfin à exploiter à son avantage le désaveu que l’opinion vient d’infliger au pouvoir socialiste ?Saura-t-elle se donner les moyens, comme l’a dit M.Jacques Chirac, de « tirer les conclusions de cette situation » ?Les élections régionales — ainsi que le premier tour des élections cantonales, qui reproduit les mêmes phénomènes en se contentant d’en atténuer l’ampleur — revêtent ainsi une dimension nationale que seuls se sont obstinés à nier ceux qui craignaient, non sans raison, d’en faire les frais.4 L’Albanie Les démocrates ont remporté les élections grâce au vote de la campagne, qui s’est prononcée aussi massivement dimanche pour le Parti démocratique qu’elle avait voté en bloc Dour les communistes l’année dernière.Près de 83 % des deux millions d'électeurs inscrits ont voté dimanche (sur une population totale de 3,2 millions d’habitants).« L’Albanie fait enfin partie de l’Europe après la longue nuit du communisme », a déclaré M.Sali Berisha en lançant un appel à l’Europe et aux États-Unis, pour aider à la re-: construction du pays.M.Berisha, qui s’est déclaré confiant dans l’aide future de l’Europe et des États-Unis, a demandé à la CEE, aux États-Unis et au Japon, d’accepter temporairement davantage d’e-migrés albanais.Le nouvel homme fort de l’Albanie, cardiologue de 47 ans devenu le leader charismatique de l’opposition, a refusé de répondre au cours d’une conférence de presse à Tirana sur son éventuelle candidature à la présidence de la république pour succéder au communiste Ramiz Alia, ancien bras droit d’Enver Hoxha, le fondateur de l’Albanie socialiste.Soulignant les difficultés de « l’entrée dans la démocratie», M.Berisha a cité les célèbres parole du président américain J.F.Kennedy : « Ne cherchez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays ».Né dans le nord de l’Albanie, dans une région voisine du Kosovo (province de Serbie peuplée à 90 % d’Al-banais de souche), Sali Berisha a appelé l’Europe à reconnaître aux Albanais de l’ex-Yougoslavie le droit à l’autodétermination « comme elle l'a’ déjà fait pour les Croates et pour les Slovènes ».Toute la journée, Tirana en liesse a fêté la victoire du Parti démocratique.Des milliers de personnes ont manifesté leur joie dans les rues sillonnées par des voitures, autobus et camions roulant phares allumés, portières ouvertes, drapeaux albanais et américains flottant au vent.Plusieurs centaines de sympathisants avaient passé la nuit devant le siège du parti, pour attendre l’annonce des résultats.La célébration populaire de la victoire s’est achevée avec un rassemblement sur la place Skanderbeg, au centre de Tirana, au cours duquel M.Berisha a « rendu hommage au peuple qui a dit adieu une fois pour toutes à l’idéologie communiste».DONNEZ DÈS AUJOURD'HUI! AUGMENTEZ VOS CHANCES OE LUTTER CONTRE L'ENNEMI NUMÉRO t 440 bout fané l «vasque Oueal, bureau 1400 Montréal (Québec) MM 1V7 Tél.: (514) 871-1501 ou 1 800-381-7800 (Siège social) Téléc.: (014) 871-1404 ECONOMIE Le Devoir, mardi 24 mars 1992 La BN et le Canada Trust font une offre sur 97 succursales de Central Guaranty Michel Van de Walle de la Presse Canadienne LA BANQUE Nationale, qui n’avait pu obtenir les appui?nécessaires à son projet d’acquisition d’une partie des actifs de Central Guaranty Trust, s’est finalement associée au Canada Trust pour faire une offre conjointe plus globale.L’offre conjointe porte cette fois sur 97 des quelque 150 succursales de Central Guaranty Trust et un actif de 7 milliards?, divisés entre les deux acquéreurs.Les grands paramètres de cette éventuelle transaction ont été rendus publics hier.On se rappellera qu’en décembre, la Banque Nationale avait fait une offre d’achat de 48 succursales dans les provinces de l'Atlantique et du Québec de Central Guaranty Trust.Pour mettre la main sur le réseau et un actif d’environ 3,5 milliards ?, la B NC était disposée à débourser une somme oscillant autour de 75 millions ?.La transaction avait été approuvée par le conseil d’administration de Central Guaranty Trust mais n’avait pas reçu l’assentiment des institutions prêteuses.De nouveaux pourparlers ont dû être engagés et une entente est survenue avec le Canada Trust pour formuler une offre con- jointe portant sur un actif plus imposant.L’offre originale de la BN n’est pas modifiée, souligne le premier vice-président, Affaires bancaires, de la BN, Pierre Paquette.Elle porte suite même nombre de succursales et sur le même actif.Le Canada Trust offre de son côté d’acquérir 49 succursales situées celles-là dans l’est et le nord de l’Ontario ainsi que dans l’ouest du Canada.Dans ce cas-là, il s’agit aussi d’un actif évalué à 3,5 milliards $.« Nous pensons que cette offre conjointe est au bénéfice de toutes les parties », estimait M.Paquette qui exprimait sa confiance de voir cette transaction se réaliser.Pour qu’elle se matérialise, l’opération devra être approuvée par les syndicats bancaires qui ont prêté à Central Guaranty Trust ainsi que par les actionnaires de la fiducie.Ceux-ci ont été convoqués en assemblée le six avril prochain, à Toronto.La transaction devra aussi recevoir l’approbation du Surintendant des institutions financières.Le Canada Trust administre un actif de 124 milliards?et dispose d’un réseau pan canadien de 500 succursales^ La Banque nationale opère de son côté 670 succursales, concentrées à l’est de l’Ontario, et dispose d’un actif de 37,5 milliards?.PHOTO CANAPRESS GATT : la CEE et les États-Unis veulent un accord avant la fin avril BONN (Reuter) — Les États-Unis et là Communauté européenne souhaitent parvenir à la conclusion d’un accord commercial dans le cadre du G ATT avant la fin avril.Mais aucun compromis décisif permettant de débloquer les négociations, actuellement dans l’impasse, ne parait en Vile, a déclaré hier le chancelier allemand Helmut Kohl.Rendant compte de son week-end d’entretiens avec le président George Bush à Camp David, le chancelier a estimé que les parties devaient encore faire des concessions.« Nous avons eu d’intenses discussions ces dernières semaines et nous avons réalisé quelques progrès, mais en aucune manière nous n’avons atteint notre objectif », a-t-il déclaré.Helmut Kohl a énergiquement rejeté des insinuations selon lesquelles Bonn pourrait faire pression sur Paris pour que la France assouplisse son opposition concernant la réduction des subventions agricoles de la CK K.« Quiconque connait la moindre chose en politique française sait que c'e serait une chose mortelle à faire», a-t-il dit.Il a ajouté qu’il ne s’était pas rendu aux États-Unis pour négocier au nom de la CEE.Evoquant les points sur lesquels un accord est possible, il a cité la réduction des exportations de blé subventionné de la CEE, la limitation des exportations américaines de produits de substitution et les garanties de revenus pour les agriculteurs européens.Il a ajouté que le président Bush, le président Mitterrand, lui-même et tous les autres leaders de la CEE s’étaient publiquement prononcés en faveur de la conclusion d’un accord d’ici la fin avril.Il a dit espérer que les négociations ne s’éternisent pas jusqu’au prochain sommet du Groupe des Sept, prévu à Munich en juillet.Une douzaine de fonds régionaux seront en opération d’ici deux ans Michel Van de Walle de lu Presse canadienne D’ICI DEUX ANS, une douzaine de fonds régionaux de développement économique impliquant certaines des principales institutions financières du Québec devraient être fonctionnels.Il en existe déjà quatre qui ont réalisé plus de 30 investissements et les prochains à voir le jour devraient être ceux de la région de la Monté-régie, au sud de Montréal, ainsi que de l’Outaouais.C’est du moins ce que prévoit le vice-président aux investissements dans les petites entreprises du Fonds de soüdarité des travailleurs du Québec, Maurice Prud’homme, qui était appelé hier par la Presse Canadienne à faire le point sur les fonds régionaux de capital de risque.Ces fonds régionaux, dotés pour la plupart d’une enveloppe de 10 millions ?, servent à financer le démarrage ou le développement de petites entreprises, généralement du secteur manufacturier.La fourchette des investissements varie entre 50 000 $ et 500 000 ?.Ces fonds d’investissement impliquent, en plus du Fonds de solidarité, la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Banque Nationale et l’ex-Financière Coopérants, maintenant propriété de la Banque Lauren-tienne.À ce groupe de base s’ajoutent des investisseurs locaux, pour chacun des fonds.Les quatre fonds existants sont ceux de la région de Québec, de l’Es-trie, de la Mauricie-Bois-Francs ainsi que de la Gaspésie-Iles-de-la-Made-leine.Il en existe aussi au Saguenay-Lac-St-Jean et dans le Bas Saint-Laurent mais avec des partenaires différents.S’ils voient tous le jour comme prévu, la douzaine de fonds régionaux pourraient requérir des investissements approchant les 100 millions ?.Les discussions entourant les modalités de participation des divers partenaires ainsi que le calendrier de mise sur pied ne sont pas terminées.Le Mouvement Desjardins a annoncé, la semaine dernière, qu’il entendait se joindre au noyau de base des partenaires dits « nationaux » et injecter 10 millions $ par le biais de la Société d’investissement Desjardins.La Caisse de dépôt a déjà misé 11 millions?tandis que le Fonds de solidarité est prêt à ajouter 10 à 15 millions?aux 5,5 millions?déjà engagés.Mais du côté de la Banque Lauren-tienne, on semble moins certain de vouloir poursuivre l’expérience.L’un des premiers vice-présidents et ancien dirigeant de la Financière Coopérants, Richard Guay, se disait « pas trop enthousiaste » devant les résultats obtenus à ce jour.Si la Banque Laurentienne demeurera partenaire de trois des fonds déjà créés, il n’est pas assuré qu’elle participera aux prochains.« Les frais annuels d’administration sont assez élevés pour une institution comme la nôtre, a-t-il fait valoir.Nous sommes prêts à regarder les prochains projets mais nous ne sommes pas sûrs d’y participer.» Il est cependant question que le gouvernement du Québec finance une partie des frais d’administration, comme c’est le cas pour le fonds G aspésie-I les-de-la- M adeleine.À ce jour, les trois premiers fonds ont réalisé 32 investissements au total tandis que celui de la Gaspésie, qui a été mis sur pied il y a quelques mois seulement, est à attacher les ficelles de ses deux premiers investissements.Ce sont essentiellement des entreprises manufacturières dans lesquelles les fonds régionaux s’impliquent, précise Maurice Prud’homme.On a investi par exemple dans des entreprises de confection de vêtement, de fabrication de circuits imprimés, de réservoirs en fibre de verre, etc.Le premier fonds créé il y a près de trois ans, soit Capidem dans la région de Québec, a investi près de quatre millions?dans 15 projets, dont la valeur totalise 14 millions ?.Quelque 300 emplois ont été maintenus ou créés.Un nombre à peu près équivalent d’emplois a été maintenu ou créé par Capital de l’Estrie par le biais de huit investissements totalisant 2,2 millions?.Quant au fonds de la Mauricie-Bois-Francs, c’est environ 150 emplois soutenus dans le cadre de neuf projets ayant exigé des investissements de 2,5 millions ?.Selon M.Prud’homme, les projets de mise sur pied de fonds de capital de risque sont assez avancés dans les régions de la Montérégie et de l’Ou-taouais.On en prévoit aussi un pour nie de Montréal, un autre pour Laval-Lanaudière ainsi que sur la Côte Nord et l’Abitibi-Témiscamingue.Il existe enfin deux autres fonds, l’un dans le Bas Saint-Laurent créé à l’initiative de la Fédération régionale des caisses Desjardins et l’autre au Saguenay-Lac-St-Jean, Soccrent.Dans le premier cas, il est possible que les institutions « nationales » se joignent au fonds existant tandis que pour Soccrent, dont la société en commandite arrive au terme de sa vie utile, il est question de poursuivre le travail amorcé par ce qui deviendrait Soccrent phase 2.Les fonds régionaux déjà sur pied fonctionnent avec le modèle des sociétés en commandite, explique M.Prud’homme.Les grandes institutions financent chaque fonds à hauteur variant entre 60 et 75 %, le reste provenant d’investisseurs locaux.Les projets d’investissement sont examinés par des gens d’affaires de la région, qui ont alors le statut de « commandités ».Les projets retenus sont proposés à un comité consultatif qui est composé de représentants des principaux partenaires que sont la Caisse, le Fonds, la Banque, etc.A ce jour, note M.Prud’homme, à peu près 20 % des projets soutenus se sont effondrés, ce qui est normal pour ce genre d’investissement risqué.Une vue des ateliers GE à Montréal.Le CN commande 25 locomotives Catherine Leconte LE CN a commandé 25 locomotives neuves de grande puissance,'d’une valeur d’environ 40 millions ?, qui seront construites par General Electric dans son usine d’Erie, en Pennsylvanie.Pour obtenir ce contrat (que convoitait également General Motors pour son usine de London, en Ontario), GE a promis de transférer d’autres contrats à son usine de l’est de Montréal, de façon à assurer quand même des retombées au Canada en termes d’emplois.Chez GE, seule l’usine d’Erie est outillée pour construire ces locomotives d’une puissance de 4000 chevaux-vapeur, dont le CN a besoin pour ses activités de transport intermodal (transport de marchandises par conteneurs qui peuvent être chargés indifféremment sur train ou sur camion).Mais pour pouvoir commencer à les livrer au CN à l’automne, G E devait nécessairement libérer de l’espace sur ses lignes de production à Erie, a expliqué en entrevue un porte-parole du CN, Robert Frank.A la demande du CN, GE transférera donc à sa filiale GE Locomotives Canada de Montréal, signataire du contrat du CN, l’exécution de deux mandats initialement confiés à l’usine d’Erie.C’est ainsi que les ateliers de GE rue Dickson, dans l’est de Montréal, remettront à neuf 50 locomotives pour un chemin de fer américain et surtout, construiront 36 locomotives neuves destinées à l’exportation, ce qui constitue « le plus gros contrat que cette usine ait jamais eu », assure M.Frank.La commande du CN et les deux mandats confiés à l’usine de GE à Montréal auront également des retombées chez « plusieurs fournisseurs ferroviaires du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et du Manitoba », précise-t-on au ('N.Mais surtout, GE a fait au CN « un prix beaucoup plus attrayant » que celui que demandait General Motors, souligne M.Frank.Les ventes au détail se sont maintenues en janvier OTTAWA (PC) — Les ventes au détail sont demeurées inchangées à 15 milliards?en janvier, la hausse signalée dans les ventes de voitures, d’alcool et d’essence ayant été annulée par une baisse des ventes des marchandises générales et dans les boutiques de vêtements féminins, signale Statistique Canada.Les ventes de voitures, de camions et de véhicules de loisir ont grimpé à 3,1 milliards ?, soit 2 % de plus qu’en décembre, ajoute l’agence fédérale, signalant que ces chiffres ont été Le régime politique n’est pas le seul facteur à influer sur l’économie ajustés aux changements saisonniers de l’économie.Dans les autres secteurs de la vente au détail, les ventes ont baissé de 0,5% en janvier, comparativement à décembre.« Les gains signalés pour les véhicules routiers et récréatifs en janvier ont suivi une baisse de 1,3% en décembre », souligne Statistique Canada.Les ventes de janvier étaient en hausse sur décembre dans toutes les provinces et territoires, excepté en Ontario, en Colombie-Britannique et dans les Territoires du Nord-Ouest.Claude Turcotte SE SITUANT au-delà des querelles de chiffres qui commencent à pleuvoir deci delà à l’approche du référendum québécois, l’économiste Pierre Fortin a rappelé, hier au cours d’un savant débat, que le Québec a le troisième niveau de vie au monde, non pas à cause de ses institutions politiques actuelles mais à caisse de sa position stratégique en Amérique du Nord et de sa révolution en éducation.Pour l’avenir, a-t-il soutenu, « pas plus que le fédéralisme, la souveraineté ne garantit que le niveau de vie baissera ou augmentera à long terme».: Comme d’autres intervenants, M.Fortin a soutenu qu’il faut garder les yeux sur le long terme, en mettant de nouveau l’accent sur l’éducation et éliminer complètement le décrochage scolaire, en misant encore sur l’enlrepreneurship, en rejetant toute forme de protectionnisme, en renforçant notre discipline sociale et financière et enfin en faisant du choc des langues à Montréal un formidable lieu d’effervescence culturelle, économique et sociale.Si le professeur en était resté là, on aurait pu voir dans ce propos une façon de se défiler.Mais, M.Fortin s’est aussi penché sur l’impact à court terme de la souveraineté et il en est arrivé à la conclusion qu’un Québec indépendant, avant de procéder à la rationalisation de ses dépenses, aurait un déficit de fonctionnement de 13,2 milliards?, équivalent à 8,3% du produit intérieur brut québécois, soit exactement le même poids dans le PIB que le déficit ontarien prévu par le gouvernemenl de Bob Rae en 1992/1993 ! Selon M.Fortin, il ne s’agirait d’une situation ni bénigne, ni catastrophique, mais il serait alors essentiel pour le Québec de rationaliser les dépenses pour les réduire de 3 milliards ?, afin de ramener le déficit à 6,5 % à très brève échéance, ce qui impliquerait un large consensus en faveur de la rationalisation budgétaire et du contrôle de l’inflation.f Pierre Fortin L’économiste de l’UQAM n’est pas le seul à avoir fait une estimation du déficit de l’État québécois dans ses premiers pas comme pays indépendant.Le secrétariat de la Commission Bélanger-Campeau a parlé d’un déficit supérieur à 9,3 milliards ?, mais, à cause de son mandat, certains frais n’ont pas été pris en compte, par exemple les primes d’intérêt qui pourraient être imposées.Pour sa part, M.Fortin pense que ces primes pourraient coûter 400 millions?; Rodrigue Tremblay, économiste à l’Université de Montréal, avance le chiffre de 200 millions?; un autre économiste, John McCal-lum, parle de 300 millions?; enfin PHOTO ARCHIVES Patrick Grady, du Fraser Institute de Vancouver, mentionne 700 millions?, mais M.Fortin lui prête l’intention de défendre le scénario de YApoealyspe now ! Comme les hommes politiques, les économistes aiment bien se taquiner sur les prévisions, à cette différence qu’ils insistent sur la nécessité de faire preuve de modestie.Conférencier hier midi à ce colloque sur l’avenir du Québec organisé par Les Affaires et Commerce, M.Y van Allaire, de l’UQAM et de Se-cor, s’est demandé avec humour si l’on ne devrait pas s’en remettre à l’astrologie.«Je blague, a-t-il dit, mais quelle autre explication peut-on donner à la combinaison d’événements fortuits, de petites lâchetés et de calculs à court terme, de mauvaises personnes au mauvais endroit au mauvais moment qui nous ont amenés à la présente situation de crise ».Ce langage est évidemment beaucoup plus politique qu’économique; il en fut ainsi d’ailleurs tout au long de la journée, mais presque toujours dans une perspective d’économiste.Par exemple, pour M.Fortin le référendum de 1980 fut « un concours de beauté », alors que celui qui vient est un jeu stratégique.Un professeur de l’Université Laval, M.Louis Imbeau, s’est d’ailleurs penché sur l’application de la théorie des jeux au référendum de l’automne prochain, à partir d’attitudes flexibles ou dures de la part du Québec et du Canada, ce qui donne diverses combinaisons possibles.Ainsi, le jeu non coopératif mènerait tout droit à la souveraineté, même si chaque partie préférait Meech-Plus.En fait, pour avoir Meech-Plus, il serait essentiel, selon Fortin, que l’option souverainiste soit crédible et que les parties acceptent de coopérer.En revanche, si le Québec se comporte en « poule mouillée », ce sera le statu quo parce que le Canada repoussera tout, puisqu’il préfère la situation de pouvoir actuelle.Toutefois, l’impasse et le report à plus tard favoriseront la souveraineté, selon Fortin, parce que son coût diminue avec le temps.Dans cinq ans, expli-que-t-il, les souverainistes seront plus forts, notamment parce que l’écart avec l’Ontaria va en diminuant en ce qui concerne le niveau de vie et que le Québec va finir par ne plus retirer de péréquation.Pour ce qui est de certains secteurs dont on a beaucoup parlé comme le textile, le lait et les subventions d’Hydro-Qué-bec, les négociations du GATT sont en train de régler tout ça.En somme, M.Fortin tire la conclusion que c’est maintenant la dernière chance du fédéralisme renouvelé.Pour sa part, M.Allaire a trouvé des images tout à fait saisissantes pour décrire le contexte présent des négociations constitutionnelles.Il voit deux voitures qui se dirigent à toute vitesse l’une vers l’autre, selon « le jeu du dégonflé », c’est-à-dire le premier qui a peur dévie de sa course.À ses yeux, les conducteurs sont le problème : « D’une part, l’auto-Québec pilotée par M.Bou-rassa qui, les yeux fixés sur son rétroviseur, zigue et zague selon les mouvements d’humeur des passagers sur le siège arrière, soit les différentes factions de son parti, les tacticiens du Parti québécois et les sondeurs de l’opinion publique québécoise.« En face, le bus-Canada, un autobus à 11 volants, que l’on vient tout juste de modifier d’ailleurs pour y ajouter six autres volants.Chaque conducteur tourne le volant dans sa direction préférée mais avec l’effet net que l’autobus ne dévie pas de sa route.Assis derrière les conducteurs, une quinzaine de chefs de partis d’opposition attendent impatiemment leur tour au volant ».M.Allaire ne sait pas si l’on pourra éviter la collision.Empruntant une autre image, celle de l’effet de levier apporté par une entreprise pour le financement de son acquisition par une autre entreprise, M.Allaire soutient que, selon les hypothèses les plus favorables, la souveraineté serait une opération de haut risque qui soumettrait le Québec aux pressions intenses des marchés financiers et des marchés pour ses produits et services.M.Jean Campeau, qui présidait cette conférence, avait dit à l’ouverture qu’il s’agissait d’évaluer les risques à court, à moyen et à long terme de continuer à confier à un gouvernement central les intérêts du Québec ou alors à assumer nous-mêmes les pouvoirs du gouvernement.En fait, plusieurs des participants ont spéculé sur l’impact de la souveraineté, mais personne n’a fait de prédiction sur ce que deviendrait un Québec qui resterait dans le Canada.boursier sans 338.20 changement_______ Or (New York-USS) •Dollar canadien (US Cents) TSE-300 MontréaFXXM Dow Jones 3272.14 + 26.28 3443.67 1793.35 + .35 83.89 (PC CARTES D’AFFAIRES ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 55 Sl-Jacques Montréal.Québec H2V 3X2 Fa» (514) 845-7874 Tél.: (514) 98 R O B I C /»/ /zzz/zY/'ZzZ 'Y/z Y/z/z/szy/'/wO A-6 M Le Devoir, mardi 24 mars 1992 U ACTUALITE INTERNATIONALE Shamir critique les USA et rejette tout gel des implantations Le gouvernement sud-africain propose une structure de pouvoir transitoire rejetée par l’ANC JOHANNESBURG (AFP) - Le gouvernement sud-africain a rendu publiques hier ses propositions concernant la constitution d’un pouvoir transitoire, propositions que le Congrès national africain (ANC) a immédiatement rejetées.Ces propositions, qui reprennent pour l’essentiel celles formulées en juin dernier au Congrès de Bloemfontein du Parti National (NP, au pouvoir), apportent une nouveauté: la création de conseils transitoires nommés par le président Frédérik de Klerk pour traiter des questions relatives aux élections, gouvernements régionaux, gouvernements locaux, finances et éventuellement police et forces armées.Ces conseils auront pour fonction de « faciliter l’application des nouvelles mesures constitutionnelles» (transitoires).Le gouvernement de M.De Klerk précise à cet égard que ses « propositions pour une constitution transitoire seront formulées sous forme d’un texte législatif présenté à la CODESA (Convention pour une Afrique du sud démocratique, fin avril», selon le document contenant ces propositions.L’ensemble de ces conseils formera un grand conseil, appelé Conseil exécutif de transition, dont les fonctions seront d’« étudier la législation actuelle et de faire des recommandations sur la nouvelle législation dans le domaine de compétence de chaque Conseil transitoire».D’après le document, « la possibilité de créer d’autres groupes, toujours transitoires, dans le domaine de l’éducation, du logement, de la santé, et des relations internationales » est aussi à l’étude.- Dans le texte en six pages, le gouvernement de Klerk précise également que pour « assurer la continuité des affaires de l’Etat » durant la période transitoire, ces propositions seront «soumises à négociations » avec les mouvements noirs.« Aussitôt discutées et négociées », elles seront transformées en un projet de loi soumis à l’approbation de l’actuel parlement tricaméral (blanc-indien-métis).Les autres propositions portent notamment sur la création d’un parlement bicaméral (une assemblée nationale et un sénat), l’instauration d’une présidence collégiale rotative (tous les six mois) à la tête de l’État, composée de trois à cinq personnalités des formations les plus importantes de la future assemblée nationale, dont les décision seront prises par consensus, ainsi qu’une Déclaration des droits de l’Homme.S’agissant des deux futures cham- bres du parlement, l’assemblée nationale sera « élue .à la réprésentation proportionelle, par tous les citoyens sud-africains âgés de plus de 18 ans, et le sénat sera composé de représentants des régions ».Ces nouvelles propositions ont été jugées « inacceptables» par la principale formation politique noire, l’ANC, qui a estimé que cette instance laissait la totalité du pouvoir aux mains de l’actuel gouvernement de la minorité blanche qui peut ainsi agir à la fois comme juge et arbitre», a déclaré l’ANC dans un communiqué.Tout en se félicitant de ce que le gouvernement envisage la mise sur pied d’une structure élue pour rédiger la Constitution, le mouvement nationaliste noir s’est inquiété de l’attitude du gouvernement dans les négociations avec les organisations noires, relevant que ces propositions impliquaient que la constitution demeurerait inchangée jusqu’à la mise en place d’une assemblée constituante élue.Le gouvernement de M.de Klerk a également posé comme condition à l’élaboration d’une nouvelle constitution, la renonciation de l’ANC à la « lutte armée » que celle-ci a annoncé avoir « suspendue ».JÉRUSALEM (AFP) — Le premier ministre israélien Yitzhak Shamir a critiqué hier les États-Unis, et rejeté tout gel des implantations dans les territoires occupés, a-t-on indiqué à la présidence du Conseil.« C’est avec une grande tristesse dans notre coeur que nous disons que nous ne comprenons pas pourquoi l’administration des Etats-Unis lie un effort humanitaire (pour l'intégration des nouveaux immigrants) à une question politique, nous déniant ainsi une assistance nécessaire », a souligné M.Shamir au cours d’une rencontre à Jérusalem avec des pèlerins occidentaux.« Nous n’accepterons jamais d’arrêter de construire en Judée-Sa-marie (Cisjordanie), car il s’agit d’une tentative pour déterminer les frontières d’Israël et le statut final de ces régions (les territoires occupés) avant que les négociations soient achevées », a ajouté le Premier ministre.M.Shamir faisait référence au refus du président George Bush d’accorder des garanties du Trésor américain pour des emprunts de 10 milliards de dollars qu’Israël demande pour financer l’intégration d’un million d’immigrants de l’ex-URSS, d’ici cinq ans sans avoir obtenu au préalable un gel des implantations.- M.Bush, qui a qualifié à plusieurs repri- ses les implantations de « principal obstacle à la paix », a refusé ces derniers jours tout compromis avec le Congrès sur ce dossier.M.Shamir a, de son côté, repoussé un gel total et immédiat des implantations, acceptant seulement de s’engager à ce que l’argent mobilisé grâce aux garanties ne soit pas investi dans les territoires occupés.Le directeur général de la présidence du Conseil, M.Yossef Ben Aharon, avait affirmé dimanche à la télévision, que « la question des garanties est derrière nous ».Le ministre de la Défense, M.Moshé Arens, avait lui aussi estimé qu’Israël n’avait plus aucune chance d’obtenir ces garanties et que l’État hébreu ne présenterait pas une deuxième demande.« Nous n’avons pas l’intention de ramper», avait-il dit.Cet échec a provoqué des dissensions au sein du gouvernement israélien, indique la presse.Le ministre de l’Économie et de la Planification, M.David Magen, est revenu à la charge dans une déclaration lundi à la radio, en accusant l’administration américaine « d’hostilité systématique » à l’égard d’Israël, et s’en est pris au ministre qui refuse de « prendre en compte cette réalité », faisant, selon la presse, allusion au ministre des Affaires étrangères, M.David Levy.La France entre dans l’ère des alliances PARIS (Reuter) — Le laboratoire des élections régionales, première consultation nationale depuis trois ans, a fait entrer la France dans une ère nouvelle, celle des majorités absolues introuvables, des alliances et donc des négociations.Ces pourparlers ont commencé hier dans les 22 régions de France dont les présidents seront désignés vendredi mais, au-delà des stratégies locales, c’est le mode de scrutin qui retient l'attention.Le débat proportionnelle-scrutin majoritaire n’est pas nouveau.Il a été lancé lors de la première élection de François Mitterrand qui avait inscrit l’adoption de la proportionnelle parmi ses 101 propositions de 1981.Il a depuis connu des périodes de fièvre.En 1984, Michel Rocard a démissionné du gouvernement par refus de l’abandon du scrutin majoritaire.En 1986, les élections législatives à la proportionnelle ont permis au PS de sauver la face.Quelques semaines plus tard, Jacques Chirac, devenu premier ministre de la cohabitation, a rétabli le scrutin majoritaire.Le premier des enseignements des régionales est peut-être que la proportionnelle semble avoir redonné aux Français le goût de la politique : 68,7 % d’entre eux ont retrouvé l’allégresse d’exprimer des votes-opinion et non plus des votes-décision pris dans le carcan de l’affrontement des blocs droite-gauche.La coalition RPR-UDF n’a pas profité de ce recul.Son rang de première force politique avec 33% des voix ne peut cacher qu’elle a perdu ;huit points par rapport aux régionales de 1986 et que l’éclatement de 11’alliance ramènerait le RPR et TU DF au rang de partis mobilisant i moins de 20% de l’électorat.! Les dirigeants de droite ont donc lété prompts à déclencher un tir de barrage contre ce que Jacques Chirac a appelé « la perversité du scru-!tin proportionnel ».Le président du RPR a parlé de « risque de paralysie et d’impuissance ».François Bayrou, secrétaire général de l’UDF, a accusé le pouvoir socialiste de vouloir « rendre la France ingouvernable et « empêcher l’alternance ».À l’inverse, les écologistes ont défendu un mode de scrutin qui leur a donné rang de force d’arbitrage avec 13,9 % presque également répartis entre les Verts et Génération Écologie.Le mode de scrutin constitue même un des rares points de convergence totale entre Antoine Waechter et Brice Lalonde.« La seule leçon à tirer de ce scrutin est que la proportionnelle s'impose », a dit le chef de file des Verts.« Cela fait longtemps que je me prononce pour la proportionnelle », a rappelé le ministre de l'Environnement, fondateur de Génération Écologie.Avec les mêmes ambitions que les écologistes, le Front national, dont les 13,9% confirment l’enracinement, a souligné qu'il était un partisan historique de la proportionnelle qui lui avait donné 35 députés en 1986.Au centre de l’échiquier, les socialistes ont confirmé leurs divisions.Gérard Lindeperg, numéro deux du PS et proche de Michel Rocard, a dénoncé la proportionnelle « système pernicieux qui serait désastreux pour la conduite des affaires du pays ».Laurent Fabius, premier secrétaire du PS, a rappelé que le PS était favorable à « un scrutin à dominante majoritaire avec, dès lors que les conditions politiques sont réunies, une dose de proportionnelle».Le Premier ministre Édith Cresson a refusé de s’engager mais elle a aussi pris soin de ne pas fermer la porte.« La question n’est pas à l’ordre du jour », a-t-elle dit, pour ajouter immédiatement : « Nous devrons nous reposer la question ».Tous courants confondus les socialistes n’en ont pas moins lancé un appel général à des « majorités de coalition » entre « les forces de progrès ».Si les régionales continuent à jouer leur rôle de laboratoire, ces rassemblements serviront d’ébauche ] aux alliances qui pourraient émerger de législatives organisées à la proportionnelle intégrale ou au scrutin mixte.Pour nourrir leur réflexion, les socialistes et le président François Mitterrand savent que le scrutin majoritaire serait leur perte aux législatives de 1993 - 421 députés RPR- ' UDF contre 101 PS, selon une étude de l’institut de sondages BVA - et entraînerait une deuxième cohabitation.La proportionnelle intégrale ne dégagerait en revanche aucune majorité.Selon les mêmes projections, elle donnerait 262 députés RPR-UDF, 137 socialistes, 70 du Front national, 46 écologistes (Verts et Génération écologie confondus) et 30 communistes.De quoi envisager toutes les « ouvertures ».Le Tatarstan ne signera pas le traité de la Fédération russe MOSCOU (AFP) — Le président ta-tare Mintimir Chaïmiev a déclaré le Traité de la Fédération de Russie, au surlendemain du référendum sur l’indépendance de la république qui a remporté 61,4 % de oui, selon l’agence ITAR-TASS.Il a évoqué la possibilité de parvenir à cet accord avant le congrès des députés du peuple (assemblée élargie) de Russie, le 6 avril prochain.Ce traité concernerait les relations économiques et politiques entre la Russie et le Tatarstan, ainsi que les relations internationales du Tatarstan, selon M.Chaimiev cité par ITAR-TASS.Économisez jusqu'à 9$ par année en ajoutant des aérateurs à vos robinets.ËCOKI1XJ 333-KILO Rencontre russo-kazhake pour relancer la CEI après l’échec du sommet de Kiev MOSCOU (Reuter) — Des responsables russes et kazakhs se sont rencontrés hier à Ouralsk, au Kazkahs-tan, pour tenter de donner un nouvel élan à la CÉI, après l’échec du sommet de Kiev la semaine dernière, rapporte l’agence Itar-Tass.La persistance de désaccords au sein de la Communauté des États indépendants, formée il y a trois mois, fait planer des doutes sur la survie de cette organisation.Le conflit du Haut-Karabkah, les incidents en Moldavie, le différend russo-ukrainien et le vote des Tatars de la Volga en faveur de l’autodétermination minent la fragile cohésion de la Communauté née sur les ruines de l’URSS.En Russie, outre le Tatarstan, la République autonome de Tchétché-nie-Ingouchie critique toujours le nouveau traité de Fédération, dont la signature a du être repoussée au 31 mars.Dans le Haut-Karabakh, Azéris et Arméniens se sont accusés mutuellement lundi de violer le cessez-le-feii entré en vigueur vendredi dernier après la médiation de l’Iran.Le Front national d’Azerbaïdjan a accusé les miliciens arméniens d’avoir bombardé des villages près de la ville azérie d’Agdam, à la lisière de l’enclave disputée.Sept personnes auraient été tuées ces deux derniers jours, a rapporté l’agence Itar-Tass citant des sources azéries.Les Arméniens accusent de leur coté des hélicoptères venus d’Azer-baidjan d’avoir attaqué des villages arméniens du Haut-Karabakh.Les dirigeants arméniens et azéris veulent profiter de la réunion des ministres des Affaires étrangères de la CSCE (Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe) qui s’ouvre aujourd’hui à Helsinki pour réclamer l’envoi d’une force d’interposition dans la région.En Moldavie, des affrontements entre miliciens russophones et la police à Kochnilsa, dans la région du Dniestr, ont fait six blessés hier, selon Itar-Tass.La radio moldave, elle, a fait état d’un mort et de sept blessés.Deux jeunes gens ont été tués dans la nuit de dimanche à hier à Malovata.Face à ces tensions, les délégations russe et kazakhe réunies à Ouralsk ont étudié les moyens de prévenir l’éclatement de la Communauté.Selon l’agence Itar-Tass, cette réunion « marque une nouvelle étape qualitative dans les relations entre les membres de la CEI».Le vice-Premier ministre russe Guennadi Bourboulis, qui dirigeait la délégation de Moscou, a déclaré que cette rencontre « pouvait être considérée comme un appel aux autres membres de la Communauté ».Le président russe Boris Eltsine s’était entretenu ce week-end à Moscou avec son homologue kazakh Noursoultan Nazarbaiev.Les deux hommes ont lancé un appel à des « initiatives énergiques et coordonnées» au sein de la CÉI.Si nombre d’observateurs ne sont guère optimistes sur l’avenir de la Communauté, le chef des forces armées unifiées, le maréchal Evgueni Chapochnikov, a cependant estimé que le sommet de Kiev n’avait pas été un échec sur le plan militaire.Il a souligné que plusieurs accords d’importance avaient été conclus, même si des problèmes subsistent, notamment sur le partage des forces de l’ex-URSS.Il a cité comme un important progrès l’accord sur la création d’une force de maintien de la paix de la CÉI, qui pourrait être appelée à intervenir au Karabakh.Fusillades en Bosnie-Herzégovine et cessez-le-feu fragile en Croatie BELGRADE (AFP) — À mesure qu’avancent les préparatifs pour le déploiement des « casques bleus », dont le premier contingent est attendu le 5 avril en Yougoslavie, la situation en Croatie et en Bosnie-Herzégovine semble de se dégrader, à en juger d’après les comptes rendus des médias serbes et croates.Un convoi, composé de deux camions et de 16 voitures tout-terrain, transportant l’équipement des forces de maintien de la paix des Nations Unies, a traversé dimanche la Hongrie, et était attendu hier en Yougoslavie.Des incidents, qui ont éclaté dimanche dans l’est et le sud de la Bosnie-Herzégovine se poursuivaient lundi, faisant craindre à nouveau la guerre civile dans cette république plurinationale tandis que le cessez-le-feu en Croatie semblait se fragiliser avec la multiplication des accrochages et les accusations réciproques des armées croate et yougoslave.Les tirs de mitrailleuses paralysent depuis lundi matin les quelque 37 000 habitants de Gorazde, ville de l’est de la Bosnie-Herzégovine dont les accès sont interdits par des dizaines de barricades tenues par des Musulmans et des Serbes armés.Une unité spéciale de la police de Bosnie-Herzégovine et de l’armée yougoslave dépêchée de Sarajevo sur les lieux, n’a pu entrer dans la ville, a-t-on annoncé de source officielle à Sarajevo.La ville, composée à 70 % de musulmans et de 26 % de Serbes, était déserte, les magasins fermés.De nombreux habitants n’ont pas osé se rendre à leur travail, selon Tanjug.-Des milices Serbes auraient pris le contrôle de l’émetteur de télévision de Gorazde, situé sur une colline à 10 km de la ville, a appris Tanjug de source officieuse locale.Des accrochages entre forces croates et yougoslaves se poursuivaient également dans le sud de la Bosnie, près de Neum (côte adriati-que), autour du point stratégique de Gornji Hrast, qui domine la vallée de la Neretva.Les armées croate et yougoslave affirment ne riposter qu'aux attaques de l’autre bord tandis que la population croate et serbe a été contrainte, selon les deux sources, à se réfugier à l’intérieur du pays.Un accord de cessez-le-feu, intervenu dimanche soir à Bosanski Brod, dans le nord-est de la Bosnie, près de la frontière croate s’est révélé précaire, des tirs sporadiques ayant été entendus dans la nuit, selon Radio-Zagreb.Le responsable de la cellule de crise serbe de Bosanski brod s’est opposé hier au retrait de l’armée yougoslave de la région, réclamée par la présidence bosniaque.Les accrochages en Croatie semblent gagner en violence.Plus de 300 obus sont tombés durant la nuit à Sunja, première ligne de défense du centre industriel de Sisak (60 km au sud-est de Zagreb, selon la radio croate.Deux soldats croates ont été blessés à Nova Gradiska (130 km à l’est de Zagreb) lors d’attaques lancées par les artilleurs fédéraux.Les posi-lions croates sur les fronts de Vin-kovci et Osijek, en Slavonie orientale, de Gospic et Karlovac (au sud de zagreb) ainsi que de Zadar, sur la côte adriatique, ont été la cible de l’artillerie fédérale durant la nuit, a affirmé la radio croate.L’Ouest réagit avec prudence à l’offre libyenne de livrer les auteurs de Lockerbie à la Ligue arabe NATIONS-UNIES (Reuter) — Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont réagi prudemment hier à l’offre libyenne de remettre à la Ligue arabe les deux agents soupçonnés d’avoir commis l’attentat de Lockerbie.L'ambassadeur français à l’ONU, .Jean-Bernard Mérimée, a qualifié de « positive » l’offre annoncée par son homologue libyen Ahmed Elhouderi.Il a déclaré nue le processus de sanctions engage par Paris, Londres et Washington auprès du Conseil de sécurité de l’ONU contre Tripoli — une résolution imposant un embargo — serait suspendu.Mais l’ambassadeur des États-Unis, Thomas Pickering, a souligné que ce processus ne serait ni «artificiellement accéléré, ni artificiellement retardé».Son homologue britannique, David Hannay, a estimé que le projet libyen ne constituait pas encore un fait, « même si la Libye semblait enfin commencer à s’orienter» vers l’acceptation des requêtes américaine, britannique et française.Les ambassadeurs occidentaux ont finalement tous trois souligné qu’ils attendaient que l’offre libyenne soit formellement présentée.« Dans les jours qui viennent », a précisé Jean-Bernard Mérimée.La proposition libyenne de remettre les deux hommes à la Ligue arabe a été présentée aux ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU dimanche, a-t-on cependant déclaré de source diplomatique au Caire et à Tunis.Les deux agents sont soupçonnés d’avoir fait exploser un Boeing de la Pan-Am en 1988, en Écosse.L’attentat fit 270 morts.La lutte se fait à quatre aux Philippines MANILLE (AFP) - À mi-chemin de la campagne électorale, la bataille pour la présidence des Philippines s’est réduite à une lutte à quatre et, si aucun vainqueur potentiel n’apparaît encore avec certitude, le nom des perdants est déjà connu, déclarent des analystes politiques.Six semaines avant le choix, le 11 mai, du successeur de la présidente Corazon Aquino, trois hommes se sont dégagés de la masse des huit candidatures officiellement enregistrées au début de Tannée.Le centriste Ramon Mitra, président de la chambre des représentants, fait figure d’homme à battre aux yeux de nombreux analystes, suivi par un ancien protégé du président Ferdinand Marcos, l'homme d’affaires Eduardo Cojuangco, principale figure de l’opposition conservatrice.•, Le candidat soutenu par Mme Aquino, l’ancien ministre de la défense Fidel Ramos, dispute la troisième place à une passonaria locale, Miriam Defensor Santiago, qui tente de rassembler un large vote de protestation contre la pauvreté, la corruption et le manque d’éclat de ses rivaux.Mais de nombreux commentateurs doutent qu’elle soit capable de traduire sa popularité en votes dans un pays où le clientélisme et la force des appareils politiques au niveau local sont toujours considérés comme des facteurs déterminants dans le choix d’une majorité d’électeurs.-Mitra, Cojuangco, Ramos, Santiago, « cela laisse quatre candidats en campagne », estime Teodoro Beni-gno, ancien porte-parole de Mme Aquino et commentateur en vue.Au-delà, ajoute-t-il, « la boule de crystal ne donne pas de réponse directe».La situation reste ainsi fluide à un mois et demi du scrutin, aucun des principaux candidats ne se détachant alors qu’un grand nombre d’électeurs se déclarent toujours indécis.Une indication plus claire devrait émerger dans la semaine après la clôture, hier à minuit, des inscriptions pour plus de 17 000 postes de députés, responsables municipaux et provinciaux.Le candidat à la présidence qui parrainera les plus influents prétendants locaux possédera les meilleures chances d'aiguiller les voix sur son nom le jour du vote et de l’emporter, souligne le professeur de sciences politiques, Alex Magno.Il estime que le parti au pouvoir, le LDP de M.Mitra, est le mieux placé, suivi de la machine électorale de M.Cojuangco.Mais l’ancien général Ramos, après un mauvais départ, a réussi dans les derniers jours à se rallier un certain nombre de notables au détriment de M.Mitra.Mme Santiago, ajoute le commentateur, est une « grosse bulle qui va éclater ».- La plupart des analystes pensent que Mme Santiago, faute d’une implantation au niveau national, ne représente pas une menace réelle malgré une popularité qui la place régulièrement en tête des sondages.Mais certains observateurs et diplomates se demandent si elle rte pourrait pas provoquer la surprise à la faveur d’un vote populiste.S’il est trop tôt pour dire qui sera le vainqueur des premières présidentielles libres en une génération, le nom des perdants est déjà connu.Personne ne parie sur l’ancienne première dame des Philippinés Imelda Marcos, malgré le phénomène d’idôlaterie qu’elle suscite auprès d’une fraction des plus déshérités.Des rumeurs donnent le sénateur Joseph Estrada, un ancien acteur de cinéma, sur le point de se retirer, faute de fonds.La candidature de l’ancien président du sénat Jovito Sa-longa, un homme de centre-gauche, souffre du même mal et d'une même désaffection.Quant au vice-président Salvadçr Laurel, la férocité de ses récentes ql-taques contre M.Mitra semble refléter une situation désespérée en bas des sondages.y \ La campagne a été dans sa première moitié relativement calme, avec moins de violences que ne le veut la tradition.Mais l’entrée en lice des candidats locaux risque d’échauffer les passions et de dégénérer en règlements de compte, ont averti des responsables électoraux.Inspection des sites irakiens par l’ONU BAGDAD (AFP) — L’équipe d’experts de l’ONU en balistique a poursuivi hier ses visites d’inspection de sites irakiens pour « vérifier les informations» fournies par Bagdad sur son armement balistique, a-t-on appris de sources proches de TOND dans la capitale irakienne.Conduite par le Britannique Derek Boothby, la mission avait eu, dès son arrivée samedi à Bagdad, des entretiens avec la partie irakienne, consacrés à la mise au point de son programme de travail.Au cours de sa mission de neuf jours, elle doit notamment superviser, après inspection de différents sites suspects, la destruction de missiles ou d’éléments entrant dans la fabrication d’engins balistiques, avait indiqué samedi le chef du bureau de coordination de TONU à Manama, M.Alastair Livingstone. L’ ACTUALITE INTERNATIONALE Le Devoir, mardi 24 mars 1992 M A-7 Climat de BANGKOK (AFP) — L’homme fort de l’armée thaïlandaise paraissait hier en bonne position pour accéder, au lendemain des élections générales, au poste de Premier ministre qui ne lui était, pourtant, pas encore complètement acquis.L’arrivée éventuelle à la tête du gouvernement du Général Suchinda Kraprayoon, qui ne figurait pas parmi les candidats aux elections de dimanche, présentait l’inconvénient de susciter des résistances dans les milieux politiques d’opposition, voire des désordres dans la rue, selon certains observateurs.Ces éléments, ajoutés à la pour- Un candidat indépendant en novembre WASHINGTON (AFP) - Le milliardaire texan Ross Perot prépare actuellement une candidature indépendante pour l’élection de novembre qui pourrait constituer une menace pour le président George Bush, en le privant notamment d’une partie de son soutien dans l’État-clé du Texas.« Je n’ai aucune envie d’être président.Mais c’est aux gens de décider », a déclaré ce week-end H.Ross Perot.Cet ancien élève de l’Académie navale qui a fait fortune dans l’informatique s’est fait connaître des Américains et du reste du monde en 1979 en organisant avec succès une opération commando pour libérer deux de ses employés retenus en Iran.Comme beaucoup d’électeurs, il n’est pas satisfait du choix entre M.Bush côté républicain et celui qui devrait l’affronter pour les démocrates, le gouverneur de l’Arkansas Bill Clinton.Mais contrairement à la plupart des Américains, il a les moyens de financer une campagne nationale.M.Perot a confirmé ce week-end que des comités étaient en train de se former à travers les États-Unis pour recueillir dans les 50 États américains le nombre de signatures nécessaires pour figurer sur les bulletins de vote à la fin de l’année.Selon différents comités, de la Californie (135 000 signatures requises) à l’État de New York (20 000) en passant par son État du Texas (54 000), la démarche de M.Perot suscite de plus en plus d’enthousiasme.À Dallas, un numéro de téléphone gratuit reçoit jusqu’à 2 000 appels par jour, a indiqué un porte-parole.- A 61 ans, M.Perot cultive une image de « milliardaire populiste», critiquant régulièrement l’administration Bush et le Congrès, incapables selon lui de comprendre les problèmes économiques de l’Amérique et de réduire le déficit budgétaire.Dans ses propositions, figurent notamment la création d’un nouveau système fiscal, un amendement constitutionnel interdisant au Congrès d’augmenter les impôts et la suppression de tous les privilèges dont bénéficient les parlementaires américains.Jamais aucun candidat indépendant n’est parvenu à se faire élire à la présidence des États-Unis.Le dernier à tenter sérieusement l’expérience avait été John Anderson en 1980.Handicapé notamment par le peu de moyens dont il disposait, il avait obtenu moins de 7 % des voix.M.Perot a au moins une certitude : il n’aura pas de problèmes financiers.Il a déclaré récemment qu’il était prêt à dépenser entre 50 .millions et 100 millions de dollars pour une éventuelle campagne.Les deux candidats républicain et démocrate bénéficient d'un financement public limité cette année, à 55 millions de dollars.La nationalité russe pour les Ossètes du Sud MOSCOU (AFP) — La direction de l’Ossétie du Sud, qui a proclamé unilatéralement son indépendance, a demandé aux autorités russes d’accorder à ses citoyens la nationalité russe, a annoncé hier l’agence Interfax.Dans un appel au gouvernement et au parlement russes, le presidium du parlement ossète — jugé illégal par la Géorgie qui a supprimé le statut d'autonomie de la région — a demandé une telle mesure « en accord avec le référendum sur l’indépendance » organisé en janvier et contre « la politique de génocide de la Géorgie », selon Interfax.Lors du référendum du 19 janvier, 99 % des Ossètes — qui représentent les deux tiers des 100 000 habitants -avaient approuvé le statut de république indépendante — de la Géorgie — de l’Ossétie du Sud et son rattachement à la Fédération de Russie.Les Ossètes du Sud souhaitent à terme fusionner avec l'Ossétie du Nord, république autonome administrativement rattachée à la Fédération de Russie par les découpages staliniens.Les visées séparatistes des Ossètes ont conduit la Géorgie à instaurer un blocus économique et une pression militaire sur la région, déchirée depuis plus d’un an par une guérilla sanglante.confusion au lendemain des élections en Thaïlande suite de tractations complexes en vue de la formation d’une majorité de soutien à la Chambre des représentants, formée de 360 membres, faisaient que, 24 heures après le scrutin, le climat politique restait encore indécis.Une formule d’attente pourrait consister à confier temporairement le poste de Premier ministre à une personnalité jouissant de la confiance des militaires, et le nom le plus souvent avancé par les observateurs est celui de M.Somboon Ra-hong, le leader du Parti de la Nation.M.Somboon, directeur des Aéroports de Thaïlande, pourrait se voir ainsi conférer la mission de « garder la place chaude » pour le général Suchinda, la cheville ouvrière du coup d’État de février 1991, pendant un intérim de quelques mois.L’arithmétique parlementaire se présente dans d’assez bonnes conditions pour les deux partis proches de la junte à l’issue des élections de dimanche.Le Parti de l’Unité et de la Justice et celui de la Nation arrivent en tête, et, s’ils ne disposent pas à eux seuls, d’une majorité, les observateurs considèrent généralement comme faisable une coalition les unissant à deux formations plus petites.Une telle coalition disposerait de 191 sièges, tandis qu’une alliance, également envisageable, des trois partis qui ont fait campagne contre le général Suchinda en aurait 157.L’alliance en question serait dominée par le général Chaowalit Yongchaiyuth, commandant en chef des forces armées en retraite, qui s’est fait élire, lui, à la Chambre des représentants.L’élu qui a obtenu dimanche le score le plus impressionnant, l’ancien maire de Bangkok Chamlong Srimuang, a, quant à lui, lancé une mise en garde contre des risques de troubles dans l’hypothèse où le général Suchinda prendrait la tête du gouvernement.« L’opposition qui se manifeste contre l’éventualité d’un premier ministre non élu grandit sans cesse, et pourrait déboucher, à terme, sur un soulèvement populaire», a affirmé M.Chamlong, dont la formation, le Parti de la Force morale, a enlevé 32 des 35 circonscriptions de la capitale, totalisant 41 députés à la Chambre.Des rumeurs font état, depuis un certain temps déjà, d’un certain malaise dans les universités où des groupes d’étudiants radicaux se prépareraient à descendre dans la rue pour protester contre une mainmise des militaires sur le pouvoir.Dans la nuit de dimanche à lundi, une douzaine de membres de la Fédération des étudiants de Thaïlande ont déployé des banderoles devant un bâtiment du commandement de l’aviation où s’étaient réunies, pour faire le point de la situation, des pr-sonnalités de premier plan de l’armée et du monde politique.Ce petit rassemblement s’est dispersé sans incident, ont indiqué des témoins.Mais, selon des sources étudiantes, une autre manifestation, plus importante, serait prévue pour la fin de la journée de lundi dans le centre de Bangkok.La police, quant à elle, est sur le pied de guerre et multiplie, selon des témoins, les vérifications d’identité des jeunes circulant près des universités de la capitale.a-1 iM; I I ‘A'A/, .Ipfl U' «K MW.mâÊsasmm ________________, —.il«li m «Mi a Ésl I «n if lal W is Multipliez vos services et économisez 32,50$.Voici l’occasion exceptionnelle d’accroître votre efficacité.Faites votre choix parmi les services de Bell* décrits brièvement ci-dessous et vous verrez votre téléphone répondre comme jamais à vos besoins et à ceux de votre clientèle.Neuf services, mille et un avantages, et d’ici le 11 avril, vous économisez les frais d’administration de 32,50$”! 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A-8 M Le Devoir, mardi 24 mars 1992 ÉDITORIAL Changer la politique «L A SOCIÉTÉ française fait une dépression nerveuse », a récemment déclaré Michel Rocard, ex-premier ministre socialiste de la France et candidat aux prochaines élections présidentielles, qui ne sont pourtant prévues que pour 1995.Dans un pays où plus de trois électeurs sur quatre, jusqu’à la fin des années 80, votaient régulièrement soit pour la gauche démocratique classique (Parti socialiste), soit pour la droite du même nom (gaullistes et républicains); où il y avait deux camps bien délimités et des majorités parlementaires toujours stables, le vote de dimanche est effectivement un coup de canon qui dérange les certitudes de beaucoup de monde.À commencer par celles de la classe politique française.Simple élection régionale qui ne devrait pas — en principe — affecter la conduite de la politique « nationale », la consultation de dimanche va bien au-delà de la dimension « locale ».En France, contrairement à ce qu’on voit ici, les clivages idéologiques, les partis et les appareils que l’on retrouve aux élections « nationales », se retrouvent tels quels à l’échelon local.Le PS, le PC, le FN, l’UDF, le RPR, sévissent ainsi dans les plus petites mairies de village, comme ils sévissent à l’Assemblée nationale ou au Palais de l’Élysée.Ce qui donne à ces consultations locales — plus excitantes et plus médiatisées qu’ici — un caractère de sondage national grandeur nature.Un électeur sur deux a donc décidé, dimanche, de dire « merde » aux partis traditionnels qui se partagent traditionnellement le gâteau électoral.C’est une révolution.Malgré d’importants bémols, malgré l’instabilité nouvelle, malgré le caractère transitoire de la situation, il y a là un événement indéniable et en soi réjouissant : la France politique change.Peut-être, comme dit le politicien Rocard, ce changement est-il provoqué par un malaise social, par un quelconque écoeurement qu’il appelle « dépression ».Mais ce changement s’imposait pour bousculer un monde politique en décalage croissant avec la réalité.Réjouissant : cet échec fracassant des partis de l'establishment (le PS réduit à 18 %, recevânt une « claque » historique et méritée; la coalition de droite UDF-RPR plutôt faible à 33%) qui se partagent depuis un quart de siècle, avec un esprit de caste sans équivalent dans le monde démocratique, l’échi-_l_quier politique.Réjouissant : le radical rebrassage de cartes et l’émergence de nouveaux joueurs.Certes, l’émiettement démocratique a peut-être pour effet de rendre difficiles les majorités stables; il est peut-être le signe de flottements idéologiques et de grandes marées politiques; il est en tout cas une saine réaction contre un bipolarisme sclérosé, où les mêmes apparatchiks des deux camps s’échangent depuis des décennies les mêmes accusations, avec le même discours répétitif, les mêmes recettes, etc.Réjouissante, en particulier, est l’émergence de la mouvance écologiste.Une mouvance qui, sans encore établir de véritables bastions régionaux, s’affirme comme une force nationale avec laquelle on devra compter.Une mouvance qui réalise aujourd’hui un score record à l’échelle européenne.Les écologistes français avaient fait 2,4 % aux régionales de 1986 et 10,6% aux européennes de 1989.Ils frisent aujourd’hui les 15 %.Un défi attend les animateurs de cette tendance : dépasser le stade de la protestation pure, pour étendre la réflexion et l’action politique au-delà des thè- Les signes du nouveau à travers une élection française mes strictement liés à l’environnement.Le vote lui-même qui s’est posé sur ces listes est ambigu.Vote de protestation ou vote de conviction ?L’écologisme politique, au-delà du débat sur le nucléaire et la protection de l’écosystème, c’est le retour de la morale en politique — morale ô combien désertée par le PS au pouvoir —, une alternative sociale non utopiste, l’expression d’une nouvelle solidarité urbaine.Une mouvance progressiste qui aspire à prendre la relève du socialisme ouvriériste, corporatiste et dinosaurien.En France, cependant, ses animateurs ne sont pas toujours d’absolus néophytes, au « casier politique » vierge.Les deux tendances ecolos (celle de La-londe, le vétéran des gouvernements socialistes, et celle de Waechter, le moraliste parfois agaçant) s’entredéchirent d’une manière qui rappelle la bonne vieille politique politicienne — qu’ils vilipendent pourtant par ailleurs.Mais la percée écologiste, parce qu’elle ne se laisse pas enfermer dans le continuum gauche-droite, reste un fait culturel nouveau.Moins réjouissant, et peut-être même carrément inquiétant, est le vote en faveur du Front national, qui s’installe désormais à demeure dans le paysage.Encore ici, la France fait, à l’échelle continentale, figure de leader pour le poids politique de l’extrême droite.Quatorze pour cent à l’échelle nationale, ce n’est pas encore le pouvoir, loin de là.Mais lorsqu’on va chercher jusqu’à 30 % dans certaines régions, on peut devenir le pivot du jeu politique local.Le vote français confirme qu’à travers l’Europe, et en particulier en Eu- rope du Nord, les populations inquiétées par l’immigration massive qui se profile a l’Est sont aujourd’hui prêtes à donner huit, douze, quatorze pour cent de leurs suffrages à des partis qui se définissent essentiellement par la xénophobie et le refus de cette « invasion », réelle ou supposée.Réjouissant : les spécialistes patentés prédisaient un fort taux d’abstention — jusqu’à 50% — et voici que 70% des électeurs se sont quand même déplacés pour voter.Voilà en soi un succès pour la démocratie, une contre-tendance par rapport à ce qu’on peut voir ailleurs, et la preuve que les électorats se sont mobilisés.Sans doute cette participation a-t-elle pu contenir, dans une certaine mesure, la percée du Front national.Un Front national qui, tout de même, reste en-deçà du score réalisé par Jean-Marie Le Pen aux présidentielles de 1988.Au-delà de la France hexagonale, quelles leçons tirer de cette élection « régionale » qui en contient ou en annonce sans doute d’autres ?L’émiettement politique et la fin du bipolarisme clair et net reflètent une tendance que l’on retrouve ailleurs dans le monde, parfaitement dans l’air du temps : la gauche et la droite, l’opposition capitalisme-socialisme, les « conservateurs » contre les « progressistes », on sait plus au juste ce que cela veut dire, si tant est que cela veut encore dire quelque chose.En Europe du Nord (voir la Suède, les Pays-Bas et la Belgique), les vieux équilibres sont bouleversés par la fin des certitudes sociales-démocrates, par l’irruption de l’extrême droite.La France du 22 mars va dans le même sens.Bien sûr, le type de scrutin y est pour quelque chose.La proportionnelle favorise le foisonnement; le système majoritaire lamine le terrain au détriment des petits.En France, le jeu des « politiciens pourris » est allé jusqu’à s’emparer des systèmes électoraux.Le type de scrutin n’y relevant que d’une simple loi et non de la Constitution, François Mitterrand et Jacques Chirac ont ainsi pu jouer au ping-pong avec les deux systèmes au cours des années 80, au gré de leurs intérêts politiques du moment.Telle élection s’est jouée à la proportionnelle; telle autre au système majoritaire : cynisme, quand tu nous tiens.Les nouveaux débats — l’immigration, l’environnement, la critique de la politique classique — sont appelés à remplacer les vieilles luttes de classes et d’appareils.Les « pourris » qui occupent la scène depuis trop longtemps font face à une relève qui pousse et se fait pressante.Même si le résultat de ces combats inédits est loin d’être assuré, même si ces nouvelles tendances ne sont pas toutes positives, il reste que le nouveau est là : le mouvement d’humeur des Français permet clairement d’en prendre acte.FRANÇOIS BROUSSEAÜ LETTRES AU DEVOIR Taisez-vous M.Richler APRÈS AVOIR lu des extraits de votre article paru dans le New Yorker et de votre livre à paraître, après avoir lu — surtout — les réactions de nos journalistes québécois, et devant le manque total de prise de position de la part de nos organismes communautaires, il me semble urgent qu’une personne de la même religion que vous se lève pour vous répondre.J’aimerais déclarer solennellement, monsieur Richler, devant vous et devant tous les habitants de la province de Québec, qu’en 16 ans de vie à Montréal, dont six dans le quartier que vous avez vous-même habité, je n’ai jamais — je dis bien jamais — été confrontée à un comportement anti-sémite.Or il me semble que si les Québécois étaient aussi anti-sémites que vous le dites, avec le nom que je porte, je m’en serais rendu compte ! Cela ne veut pas dire, bien sûr, que l’antisémitisme n’existe pas.Le Québec et le Canada ont malheureusement, comme tous les r pays, leur part d’anti-sémites et de racistes.Les manifestations récentes du Ku Klux Klan en ont témoigné.Mais de là à taxer tous les Québécois d’anti-sémites, il y a un énorme pas que je ne franchirai pas.Vous fondez votre jugement sur les années qui ont précédé et suivi la Deuxième Guerre mondiale et je comprends qu’ayant vécu à cette époque, vous soyez marqué par l’anti-sémitisme qui sévissait dans tous les pays.La marque de l’holocauste est d’ail leurs imprimée au fer rouge dans le subconscient de tous les juifs de la planète.Mais il faut replacer les choses dans leur contexte et admettre qu’il s'agissait d’une époque particulière et que le Québec a fait bien du chemin depuis.Oserait-on aujourd’hui, accuser le peuple allemand entier d’anti-sémitisme ?Non bien sûr, ne serait-ce que pour des raisons diplomatiques.Alors pourquoi vous, ici ?Ce que vous avancez revient à dire qu’aucun pays n’a progressé et que la France, l’Espagne, l’Italie, tous les pays d'Europe sont encore anti-sémites.Oseriez-vous le soutenir ?Pis encore, votre discours à l’égard du peuple québécois ressemble dangereusement au discours raciste.Vous vous fondez sur une attitude à une époque et vous généralisez à un peuple entier.Or vous devriez savoir mieux que quiconque, vous qui êtes juif et avez dû en souffrir, que les étiquettes et les stéréotypes sont les pires blessures, car elles ne se cicatrisent jamais complètement, ou du moins les rouvre-t-on régulièrement.Je crois, pour ma part, que c’est un comportement primaire, indigne de gens instruits comme vous.Connaissant les conséquences graves de ce genre d’attitude, vous devriez, au contraire, vous en défendre et savoir faire la part des choses.Qui plus est, vous insultez le peuple qué- bécois dans ce qu'il a de plus cher, son identité nationale et ses symboles.Vous avez droit à vos opinions sur le séparatisme et l’indépendance du Québec.Mais de grâce, ne mélangez pas tout.Dénigrer René Lévesque — qui n’est en outre plus là pour se défendre — est trop facile.Personne n’est parfait.Louer Brian Mulroney pour ses prévisions avant le référendum est facile également.(Il semble d’ailleurs qu’il ait vite perdu ses talents si on en juge par l’état actuel du pays, mais c’est là une autre question.) Ce genre d’affirmations sont stériles et ne font pas avancer le débat.Un vrai philosophe se bat pour ou contre des idées, non des hommes.Si vous avez des idées, M.Richler, faites-les valoir avec preuves à l’appui et n’insultez personne.Ou taisez-vou ! Car vous ne vous rendez pas compte que vos articles rejaillissent sur toute la communauté juive et que certaines personnes vont s’empresser de généraliser votre comportement et de l’attribuer à tous vos corré-ligionnaires.Heureusement que les journalistes du Québec ont eu la bienséance et l’intelligence de remettre les choses à leur place.Ils ont, par la même occasion, démenti ce que vous affirmez avec tant de conviction.Mais il reste que les anti-sémites — les vrais — du Québec ont dû se délecter et trouver, dans vos élucubrations, matière à alimenter leur haine.Si nous donnons nous-mêmes à ces gens la corde pour’nous pendre, que reste-t-il ?Et au lieu de cela, ne devrions-nous pas, nous, juifs errants, qui n’avons nos racines nulle part et savons nous adapter à toutes les situations, prêcher justement la tolérance, l’ouverture d’esprit et la reconnaissance — sinon l’appréciation — de la différence.LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : LISE B1SSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l ’administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Michel Lefèvre Directeurs adjoints de l’information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS Nous avons la chance de vivre à une époque et dans un pays où nous pouvons faire valoir nos croyances, nos coutumes et nos idées.Ne gâchons pas tout.Betty Cohen Montréal, 18 mars 1992 Un jeu intelligent COMME tout le monde j’attendais avec impatience la contre-offensive de M.Bourassa en réponse à « l’attaque à cinq » de la Commission Beaudoin-Dobbie.J’ai été enchanté par sa prestation du 3 mars dernier devant les caméras de la télévision.En fait, je dois avouer que ce qui m’intéresse, le plus à chaque fois c’est de voir comment les journalistes vont s’y prendre pour analyser la performance de M.Bourassa sur la glace.Comme ce dernier ne fait jamais de montée à l'emporte-pièce, ceux-là doivent se rabattre, les pauvres, sur une récapitulation de ses feintes pour nous faire comprendre à quel jeu il joue .Exactement.Quand je vois cela à la télé, c’est comme si j’étais à la Cage aux sports en train de regarder un bon match.En fédéraliste convaincu qui, on le sent bien, transpire le nationalisme, il n’a pas intérêt à être débusqué en tant que tel par qui que ce soit par les temps qui courent.Pourvu d’une excellente vision périphérique, il contourne alors tous ses adversaires avec la rondelle et il est épatant pour faire s’écouler les secondes de jeu.Et comme il affectionne tout particulièrement le jeu dans les coins, il peut alors se faire valoir encore davantage sur une patinoire qui rétrécit maintenant de jour en jour.D’après moi, notre champion a réalisé son meilleur jeu en carrière lorsqu'il a annoncé au Canada-anglais que dorénavant il ne serait pas en uniforme lors des prohaines rencontres fédérales-provinciales tant qu’il ne serait pas certain d'obtenir ce qu’il veut.En tout cas, c’est la meilleure façon de ne pas se retrouver à dix contre un sur la patinoire adverse.Mais surtout il enlevait ainsi au Canada-anglais toute possibilité de le rentrer à dix dans la bande «live» au lendemain de l’échec de Meeeh.Il ne fallait pas que, chauffée à blanc comme elle l’était, la population du Québec ne sorte encore dehors avec ses drapeaux mais cette fois pour proclamer son indépendance une bonne fois pour toute.En agissant comme il l’a fait, M.Bourassa a donc pu éviter que ne se reproduire l’effet « émeute au Forum » comme au temps de Maurice Richard.Mais quel jeu intelligent I D’après moi, ce refus de participer aux fu turs engagements, même s'il en a pris plus d’un au dépourvu, devrait à lui seul lui mériter une place au temple de la renommée.Qui sait, cette « passe » aura peut-être sauvé le Canada malgré lui.Jules Lamarre, Ph.D.Montréal, 6 mars 1992 Sylviane Tramier Sursaut de civisme Tout COMPTE fait, les abstentionnistes sont les grands perdants des élections de dimanche.On les voyait déjà se blaser au sommet, au rang convoité de « Premier Parti de France ».Il n’en fut rien.Les Français n’ont pas déserté les urnes.La divine surprise s’est produite.Près de 70 % de participation, c’est un chiffre étonnant pour des élections régionales.Et, c’est une forme d’invite aux politiciens à hausser le niveau de leur débat et de leur action.Il me semble que n’importe quelle personne, élue au cours d’un scrutin où la population s’est mobilisée malgré son malaise et son ras-le-bol de la politique, devrait se sentir pénétrée du sens d’être fortement mandatée, et d’avoir la balle dans son camp, par le bon vouloir des électeurs, jusqu’à la prochaine consultation.Si les Français ont voulu dire à leurs représentants : « Oui, la chose publique nous intéresse toujours et nous voulons encore participer à son élaboration », il y a là de quoi réjouir les démocrates, même ceux qui ont mordu la poussière dimanche.Pourquoi ce sursaut de civisme dans la population ?Pour barrer la route au Front national comme l’y invitaient sans relâche les partis de droite et de gauche, et des dirigeants religieux tel le Grand Rabbin de France M.Sitruk et le Primat des Gaules, Mgr Decourtray, archevêque de Lyon ?Il est probable que cela a joué un grand rôle.MAIS, a-t-on barré la route au Front national ?Non.Bien sûr, le Front national n’a pas enregistré dans le sud un score de 40 % que son président, M.Jean-Marie Le Pen promettait à ses partisans dans ses envolées oratoires.Bien sûr, le raz-de-marée lepéniste, que beaucoup redoutaient, ne s’est pas produit.Et, dans aucune région, même dans celles où il devance le Parti socialiste, le Front national ne remporte pas assez de sièges pour s’assurer la présidence du conseil régional.Mdis, lorsque les sondages prévoyaient un score d’environ 15 % pour le Front national à l’échelle du pays, tout le monde faisait remarquer que cela serait une performance remarquable.Et, c’est ce qui s’est à peu près réalisé.Le Front national a remporté 14 % des voix des électeurs inscrits.Cela fait de ce parti d’extrême droite, national populiste et d’inspiration vichyste, le seul parti de ce type à avoir, dans toute l’Europe, un enracinement et un réel poids politique.Une autre des singularités françaises.Le Front national avait l’ambition de supplanter le Parti socialiste.Il ne la réalise pas.Mais, le parti du gouvernement qui n’a pas fait mieux que 18 % en moyenne dans le pays, n’est pas très loin devant le FN.Les progrès de l’exrême droite contre la droite classique sont également manifestes.Bon nombre de commentateurs, par soulagement sans doute qu’une déferlante lepéniste ait été évitée, s’employaient à démontrer hier que Jean-Marie Le Pen avait perdu ses paris, puisqu'il était probablement exclu, faute de majorité, de la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où il dirigeait la liste de son parti.Il n’empêche.L’implantation dans toute la France des thèses qu’il incarne est bien réelle.ON A PEU parlé de programmes économiques au cours de cette campagne.Il est vrai que l’affrontement droite-gauche qui s’est fragmenté sur le plan politique dimanche, il y a déjà un certain temps qu’il a été aboli sur le plan économique.La politique que mène l’actuel ministre de l’Économie et des Finances, M.Bérégovoy, socialiste, ne présente pas de grande différence avec celle que menait son prédécesseur gaulliste M.Balladur.Pourtant, le Front national en a profité pour présenter son programme économique (après son programme social qui consiste à arrêter l’immigration et renvoyer chez eux les étrangers).Le parti de M.Le Pen fait preuve d’une belle opiniâtreté puisque la principale proposition pour résoudre la question de l’immigration (le renvoi d’un million d’étrangers) est aussi centrale pour venir à bout du chômage.Lettre de Paris Le Front national instaurerait une forme inédite de scrutin, au suffrage familial : le chef de famille aurait autant de voix que d’enfants.Les actions des sociétés d’État seraient distribuées au public.Curieusement, le président du Front national n’est à peu près jamais interrogé sur ses propositions en matière économique.Ni par ses adversaires politiques, ni par la presse française qui s’est contentée jusqu’ici de chercher dans le passé du dirigeant du Front national ou dans celui de ses candidats des zones d’ombre.Et, il y en a.Que M.Le Pen balaie du revers de la main : « Nous sommes le parti de la réconciliation des Français, nous ne sommes pas le parti de la guerre civile », dit-il.C’est ainsi que plusieurs candidats du Front national aux élections législatives ont été magnanimement absous par leur chef de leur passé de miliciens nazis, ou d’agents de la Gestapo, etc.Pendant que s’affrontaient dans une campagne sans relief (et presque sans affiche, la loi sur le plafonnement des dépenses électorales étant passée par là, l’affichage électoral, autrefois agressif et sauvage, était réduit au strict minimum), un grand silence régnait sur le Palais.Le président Mitterrand a laissé ses fidèles lieutenants monter à l’attaque, et essuyer la défaite.Pas un mot n’est venu de l’Élysée pour amadouer un électorat décidément bien mal embouché à l’endroit des socialistes.MAIS, c’est quand même de l’Élysée que l’on attend la prochaine manoeuvre : remaniement, mise à la retraite du premier ministre Mme Cresson, législatives anticipées, changement de mode de scrutin pour les législatives ?Les analystes se perdent en conjecture, et le président joue encore un peu au sphinx.On le dit tellement soucieux d’éviter une nouvelle cohabitation avec un premier ministre de droite, qu’il aimerait encore mieux rendre la France ingouvernable, avec un scrutin proportionnel qui donnerait une Assemblée nationale aussi éclatée que les assemblées régionales issues du scrutin de dimanche.À moins que les socialistes ne parviennent, en un an, à former un nouveau rassemblement, comme celui qui les a portés au pouvoir en 1981, en tissant de nouvelles alliances avec les écologistes, les centristes.Mais, la pente est dure à remonter pour un parti qui ne recueille que 18 % des voix, comme à sa fondation en 1971, et qui vient très précisément de retomber à la case départ.
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