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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-04-02, Collections de BAnQ.

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SOCIETE CAHIER Le Devoir, jeudi 2 avril 1992 Une édifiante veillée au corps Pour qui connaît la trajectoire dramaturgique de Marie La-berge, Pierre ou la consolation, sa nouvelle pièce, ne devrait pas apparaître si éloignée de sa manière habituelle, à savoir le drame psychologique.Même si l’argument n’est pas tiré cette fois-ci de la vie contemporaine.Une critique de Gilbert David.Page B-3 Les femmes dans le tourisme Le monde du tourisme a ses conventions.Celle, par exemple, de confiner les femmes aux activités d’accueil et de service et de laisser aux hommes les tâches de direction et de gestion.Mais, dans l’industrie touristique comme ailleurs, les choses changent, même s’il reste encore bien du chemin à faire.Page B-5 Argentine, le poids du passé Le poids du passé n’est qu’un des problèmes qui hantent l’Argentine.Michel-Rémi Lafond, professeur au Collège de l’Outaouais, témoigne de la crise économique, du scepticisme des Argentins envers la démocratie nouvelle, et du poids des comptes non réglés avec les épisodes sombres d’un passé encore récent.Page B-8 Les 24 diables Sur une population de 9,5 millions, 72 % des Guatémaltèques vivent dans une pauvreté extrême, selon le dernier rapport du Comité in-ter-Églises des droits humains en Amérique latine.Voilà la toile de fond du film Le songe du diable, de la réalisatrice Mary Ellen Davis, actuellement présenté au cinéma du complexe Guy-Favreau.Page B-3 _ Mais les scénarios d’apocalypse sont loin d’être justifiés Jocelyn Coulon Quelques mois après son arrivée au pouvoir en 1969, le colonel Mouammar Kadhafi — encore lui — envoya secrètement en Chine son vice-président pour une mission bien particulière.La Libye avait de l’argent et voulait une bombe atomique.Le premier ministre Chou En-Lai reconduisit poliment son visiteur en lui disant que ce type d’arme n’était pas à vendre.Cet incident pour le moins cocasse n’a pas ébranle le moins du monde toute une kyrielle de pays du tiers monde dans leur course obstinée pour acquérir des armes de destruction massive.Maintenant, avec le démembrement de l’empire soviétique et le développement rapide des technologies militaires, la prolifération des armes nucléaires, chimiques et des missiles balistiques rend la communauté internationale extrêmement nerveuse.Mais la panique est pour le moins exagérée.Depuis un an, les inspections de l’ON U en Irak ont révélé l’ampleur du programme nucléaire de Bagdad alors que l’effondrement de l’Union soviétique soulève des doutes quant au contrôle effectif des 27 000 ogives nucléaires de l’Armée rouge.Dans son édition de cette semaine, la revue U.S.News& World Report révéle que trois armes nucléaires tactiques ont disparu du Kazakhstan et qu’elles auraient été vendues à l’Iran.Selon certaines informations, la Corée du Nord serait sur le point de Eroduire la bombe alors que le Pa-istan a confirmé être en mesure de la construire.En plus du nucléaire, plusieurs pays tentent d’acquérir du matériel pour construire des armes chimiques et des missiles balistiques.Un vigoureux commerce entre plusieurs pays et l’Iran, le Pakistan et la Syrie a été identifié par les agences de renseignements occidentaux.Selon la CIA, une vingtaine de pays produi- ront des missiles en l’an 2000.Cette prolifération, semble bien paradoxale au moment où les grandes puissances s’entendent de plus en plus pour réduire leurs arsenaux et leurs budgets militaires.Et pourtant.« Les grandes puissances ont réglé leurs problèmes de sécurité, dit Michel Fortman, professeur d’études stratégiques à l’université de Montréal.Les pays qui cherchent à acquérir la bombe ou des missiles de plus en plus perfectionnés sont des États qui se sentent constamment menacés».La carte de la prolifération des armes de destruction massive est la copie conforme de celle qui représente les grands conflits régionaux : Moyen-Orient, Inde-Pakistan, les deux Corées, Indochine, Afrique du Nord avec quelques pays isolés ici et là sur quatre continents.La bombe à tout prix?L’aspect le plus spectaculaire de la prolifération est la course effrénée que se livrent plusieurs États pour l’arme nucléaire.Dans sa quête pour l’arme absolue, l’ancien premier ministre pakistanais, Ali Bhutto, disait souvent que, s’il le fallait, son pays « mangerait de l'herbe » pour atteindre ce but.Au début des années soixante, le président John Kennedy prédisait qu’une vingtaine de pays seraient dotés de la bombe à la fin des années 70.Trente ans plus tard, le bilan est plus mitigé : en plus des cinq grandes puissance nucléaires, le club s’est élargi à l’Inde, à Israël et sans doute à l’Afrique du Sud et au Pakistan.L’Irak est maintenant hors jeu alors que le cas de la Corée du Nord reste très ambigu.Certains pays mènent des recherches frénétiques — Iran, Syrie, Algérie et Taïwan — alors que d’autres ont, officiellement, cessé d’y travailler même s’ils possèdent les capacités techniques — Argentine et Brésil.Quant à l’U-Volr page B-2 : Course Ci-dessus, des armes chimiques soviétiques en démonstration pour des inspecteurs des traités de désarmement.Ce type d’armes prolifère dans les pays les plus avancés du tiers monde.Ci-dessous, les restes d’un missile irakien Scud tombé en Arabie Saoudite pendant la guerre du Golfe en janvier dernier.Une multitude d’accords, de traités et de contrôles plus ou moins étanches Jocelyn Coulon POUR éviter qu’un trop grand nombre de pays acquièrent des armes sophistiquées, les pays producteurs, la plupart occidentaux, ont mis sur pied tout un réseau d’accords, de traités, de législations nationales et de régimes de contrôle.Ces dispositifs, qui visent particulièrement les exportations de matériel sensibles, ne sont pas aussi étanches qu’on l’espérait.La plupart des pays industrialisés ont adopté des législations nationales pour restreindre ou tout simplement interdire l’exportation de matériels militaires ou de technologies stratégiques.Au Canada, la première loi à interdire ce type d’exportation fut celle sur les Douanes en 1937.Elle fut remplacée 10 ans plus tard par la Loi sur les licences d’exportation et d’importation.Celle-ci fut complètement remaniée en 1954 à cause de la guerre froide.Le gouvernement imposait l’obtention d’un permis d’exportation pour transférer tout bien de nature stratégique et établissait une Liste des marchandises d’exportation contrôlée (LMEC).À cette loi se sont ajoutées des législations sur le contrôle de l’énergie nucléaire et les exportations d’armes à feu automatiques.La Loi sur les licences précise que tous les permis d’exportation doivent obtenir le feu vert du secrétaire d’État aux Affaires extérieures.Le Parlement n’a rien à dire sur les exportations stratégiques.L’administration de cette loi est une prérogative de l’exécutif.Le même scénario se retrouve en France, aux États-Unis et dans bien d’autres pays, le commerce des armes relevant avant tout de la politique étrangère.En plus des règlements intérieurs, les producteurs et les acheteurs ont signé ou respectent plusieurs accords, traités ou régimes de contrôle sur la prolifération des armes de destruction massive.Toutefois, ces dispositifs sont de vrais gruyères et font actuellement l’objet de négociations pour en resserrer les trous.Armes nucléaires La prolifération des armes nucléaires fait l’objet de deux types de contrôle.D’abord, sur une base bilatérale ou multilatérale, les grandes puissances nucléaires négocient des traités pour limiter ou réduire leurs stocks d’armes (SALT I et II, START entre Moscou et Washington) et réduire le nombre d’essais nucléaires (Accord de 1963 entre Londres, Moscou et Washington).La Chine et la France refusent de suivre cette voie.Deuxième contrôle : des accords multilatéraux.En 1968, le Traité de non-prolifération nucléaire (NPT) a été conclu.Les 150 adhérants acceptent de ne pas utiliser l’énergie nucléaire à des fins militaires alors que ceux qui disposent de l’arme nucléaire et qui ont signé le traité s’engagent au « désarmement complet ».Chaque pays signataire qui dispose d’un programme nucléaire civil doit signer un accord d’inspection avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).Cet organisme doit s’assurer que le matériel nucléaire ne soit pas détourné à des fins militâmes.Mais il est vite apparu que l’AIEA ne pouvait pas remplir son mandat.En 1974, l’Inde fit exploser une bombe grâce à un réacteur Candu canadien sous contrôle de l’AIEA.Les pays industrialisés créèrent donc en 1976 le Groupe de Londres dont les 26 membres s’engageaient à ne livrer des matières et équipements atomiques que pour des fins pacifiques.Mais là encore second échec.L’Irak a réussi à contourner les restrictions grâce à l’achat de matières premières (uranium) et équipements qu’il a transformées à des fins militaires.Armes chimiques et biologiques L’emploi, mais non la possession, d’armes chimiques est interdit par la Voir page B-2 : Multitude Le tiers monde dans la course aux armes de destruction massive «¦¦¦ 20 voyages pour 2 à Varadero, 35 lecteurs au laser et de nombreuses sorties! B-2 ¦ Le Devoir, jeudi 2 avril 1992 Les pressions sur Pékin doivent continuer, selon un ex-détenu politique chinois Clément Trudel CE PETIT homme de 39 ans, presque timide, a tenu tête fermement aux geôliers chinois qui voulaient oeuvrer à sa rééducation.Lau San Ching n’a jamais voulu admettre être l’auteur de crimes « contre-révolutionnaires » comme de porter secours, fin 1981, à des familles cantonales de dissidents qui étaient membres du mouvement pro-démocratie.Aujourd’hui, il se dit toujours marxiste, encore plus convaincu qu’avant, aucunement brisé par dix années d’incarcération, dont plus de six dans des cellules d’isolement; ce qui eut pour résultat indirect de le faire plancher sur son étude de la langue anglaise! On peut supposer que parmi les motifs qu’il avait de ne pas désespérer, il y avait la certitude que sa fiancée demeurée à Hong Kong l’attendrait; le mariage aura d’ailleurs lieu dans quelques semaines, quatre mois à peine après que Pékin eut relâché Liu, qu’un organisme comme Amnistie Internationale avait, dès 1985, adopté comme prisonnier d’opinion.La condamnation de Lau (l’orthographe de son nom dans les rapports est le plus souvent Liu Shanquinq) fut prononcée par un tribunal de Canton le 8 février 1983.Le groupe 32 d’Amnistie Internationale, à Québec, a fait partie des cellules qui s’activèrent pour la libération de ce Chinois dont la famille a cru, un moment, que « le monde avait oublié » l’existence de Lau.Pékin tiendrait emprisonnés de 4 à 5 millions d’individus, selon une mission de juristes français qui a rendu compte en janvier de ses conclusions.Suivant les catégories officielles de la Chine, il n’y aurait, de ce nombre, aucun prisonnier politique ou d’opinion! C’est dire la difficulté de bien sérier les faits dans un pays qui, en 1987, deux ans avant le massacre de la place Tien An Men, faisait connaître une révision de sa politique en matière des droits de l’homme dans le but de « participer plus activement et spontanément» au mouvement international (Rapport 88 d’Amnistie Internationale, p.187).Dans les bureaux d’Amnistie Internationale à Montréal, ces jours-ci, Lau San Ching s’avouait en colère, mais non cassé par cette expérience d’une décennie en prison.Prudemment, il répond à toutes les questions, car « en trois mois, je n’ai pas encore eu le temps de faire le rattrapage voulu».Se définissant comme un pragmatique, nullement épris de révolution des idéologies, ni de philosophie — son père est un ouvrier modeste, lui-même exerça un temps le métier de commis-voyageur — il se dit prêt, comme il s’y est engagé devant la commission de l’Onu pour les droits humains en février, témoignant alors « au nom de tous les prisonniers politiques chinois », de se battre pour la libération de tous ces prisonniers d’opinion.Et aussi, pour que Pékin mette fin à un régime d’isolement prolongé de détenus qui, semble-t-il, vise surtout à mater les militants du mouvement pro-démo-cratie ou du « printemps de Pékin ».En bref, il se dit d’avis que « très peu de démocratie » existe en Chine, que c’est même la « pire situation » qui y prévaut quant à la liberté d’expression et à la liberté des personnes.Il ne fait pas de son désir de démocratiser la Chine un objectif immédiat.Quand on lui demande si les puissances occidentales sont loyales dans leur offensive pour persuader la Chine de se transformer — compte tenu qu’au XIXe siècle, ces mêmes puissances avaient plutôt manoeuvré pour subjuguer les Chinois sous prétexte de les amener à une « ouverture » qui déguisait mal une défense unilatérale des intérêts de l’Europe et des États-Unis — il répond que le capitalisme avec son désir de profit, ce n’est pas la démocratie.Et s’il s’agit, comme les discours du premier secrétaire Deng Xiaoping et du premier ministre Li Peng le font croire, d’accélérer le rythme des emprunts aux techniques capitalistes, « c’est une bonne chose ».Les autorités « n’avaient pas le choix, car toute la planification centralisée s’est effondrée».Il prend note du courant mondial voulant que, l’un après l’autre, tombent les régimes qui se disent marxistes-léninistes, mais il ne démord pas de cet objectif socialiste qui suppose une dose de démocratie (ce qui comprend la diversité des opinions, porécisera-t-il par après) et de pros- périté dans un régime qui, lui, doit mener ses citoyens à « vivre par eux-mêmes ».Gorbatchev, dira-t-il, était un homme de transition, il a été désavoué par un mouvement populaire qui tenait compte des méfaits qui avaient été commis au nom de ce que l’on appelait le marxisme.La tournée de Lau San Ching, commencée à Genève, Paris et Londres, l’a mené ensuite à New York, Toronto et Montréal; bientôt, il se rend ces jours-ci dans des villes comme Vancouver, San Francisco et Los Angeles où des groupes s’étaient formés pour prendre sa défense — ce qui est « très important pour le moral » des prisonniers politiques.« La pression venant de l’extérieur doit se maintenir », pense cet ex-prisonnier qui croit que les pétitions en vue d’obtenir des améliorations vers la démocratisation sont un des enjeux les plus importants à court terme : « La Chine.voudrait y apporter remède, les autorités chinoises se préoccupent beaucoup de ce qui se dit au sujet des droits bafoués ».Ce ne sont pas là des points à toucher seulement en théorie, corrige-t-il, « il me faudra sans doute un certains temps avant de me mettre au courant» des nombreux changements politiques survenus.Ce Chinois de Hong Kong ne songe pas à émigrer, il ne craint pas la date-charnière de 1997 à laquelle Londres remet ce territoire aux autorités chinoises qui, de toutes manières, n’auraient pas intérêt à chercher une revanche sur lui.« Je n’ai pas été expulsé de Chine et légalement, rien ne s’oppose à ce que j’y retourne ».Il n’a pas fait de démarches en ce sens: « Toutes les démarches en Chine sont complexes, vous savez », glisse celui qui tient à remercier tous les militants des droits humains qui se comportent avec tant de gentillesse avec lui partout où il se rend.C’est un peu grâce à eux que les autorités chinoises qui, jusqu’à la fin de sa détention, disaient ne pas vouloir le relâcher à moins qu’il ne plaide coupable, ont finalement compris qu’elles ne viendraient pas à bout de celui qui, pour toute faute, reconnaît avoir « apporté de l’argent et quelques livres a des familles de dissidents ».fsd PHOTO JACQUES NADEAÜ Lau San Ching a été détenu pendant dix années dans les prisons chinoises pour « crimes contre-révolutionnaires ».4 Course kraine, au Bélarus et au Kazakhstan, ils ont hérité des armes de l’ancienne URSS et ont promis de s’en débarrasser.« Réduisons ce problème à de justes proportions, dit Fortman.Une poignée de pays du tiers monde ont vraiment les capacités techniques et intellectuelles pour fabriquer des bombes.Ces pays estiment qu’ils ont besoin de cette arme pour acquérir une influence diplomatique et politique et pour s’assurer de la stabilité de leur région.» « Face à l’Inde, par exemple, le Pakistan veut une arme de dernier recours, dit-il.Mais ces deux pays se parlent, leurs dirigeants se rencontrent et signent des accords.C’est un peu plus compliqué dans le cas d’Israël et des pays arabes, mais les tensions entre eux diminuent lentement.» Fortman pense que le problème de la prolifération nucléaire vient surtout de pays comme l’Iran ou la Corée du Nord qui sont complètement coupés de tout dialogue.Mais là encore, il estime que même si l’Iran avait une bombe, que pourrait-elle faire avec?Il y a pourtant un exemple de rivalité géopolitique qui n’a pas abouti à une course aux armes nucléaires : la dyade Argentine-Brésil.« Ces deux pays ont fait de grands efforts depuis trente ans pour mettre sur pied un programme nucléaire militaire, dit Harold Klepak, professeur d’études stratégiques au Collège militaire de St-Jean.Pourtant, ils ont tout abandonné.Ils peuvent construire des bombes rapidement mais ils ne le font pas.» Klepak pense que fondamentalement l’Argentine et le Brésil voulaient des armes nucléaires pour une question de prestige et non à cause de différends militaires, économiques ou frontaliers.« Il n’y a aucune rivalité importante en Amérique latine, dit-il.C’est un continent assez pacifique.De plus, l’Argentine a accepté sa complète défaite militaire lors de la guerre des Falklands.Elle n’a plus d’ambition.Du moins pour l’instant.Aujourd’hui, les élites sud-américaines sont préoccupées par les questions d’intégration économique et de développement local.» Le spécialiste souligne que les deux pays ayant atteint le « seuil nucléaire » il devenait, militairement et surtout économiquement, inutile de le franchir.Les armes des pauvres Si le nucléaire est presque inaccessible à la plupart des pays du tiers monde, les armes chimiques et les missiles balistiques ne le sont pas.STATUT DE PROLIFERATION Nieléafre BMeÿqae CUmJqae Jüsgfles 11 AFRIQUE Algérie R AD - RAD* Dep* Dep éttlifàr - - — — »ep Ubj* RAD RAD Prad.* Dep De* AMqaedeSai Prad.RAD Dep.?RAD Dep ASIE Afgkaattaa -¦ - Dep?Dep Dep ttuüt — - Dep?- - Me Prad.RAD RAD Prad.Dep CeréeieNtei Prad.Prad.?Prad.Dep Dep CtriedaSai RAD?RAD Prad.?— Dep Fakttm Prad.RAD RAD Prad.Dep fUpëbtkpc Pwptiàin decme Dep.Prad.?Dep Dep Dep Ttlwaa RAD Prad.?Dep?Prad.Dep Tathaée - - Prad.?- Dep Vtetaam - - Dep - Dep AMÉRIQUE LATINE Ajjiarttoe RAD RAD RAD RAD Dep Briet Prad.?RAD Prad.?RAD Dep cm - RAD Prad.- Dep Cebe - - RAD - Dep MOYEN-ORIENT GOLFE F-eri* - RAD Prad.RAD Dep Irat RAD D«p Dep Dep Dep Irak RAD De* Dep Dep Dep IsraS Dep RAD Prad.Dep Dep Aratte Samite - - - Dep Dep Srniaa - - Dep?- Dep Syrie - RAD Dep Dep Dep Ytmea - — Dep?Dep Dep L 8 AD: Recherche et déveieffeaeat-L Pied : Capacité de predaetiea actuelle m Mire (mM« tm my-X Dtp.: Déptoj>éef ea Mâchée* éaaa M farce* an** Ce tableau est tiré du livre de Pierre Lellouche,Le nouveau monde, Éditions Grasset, 1W2.Comme l’indique le tableau sur la prolifération (page B-2), quelque 24 pays disposeraient d’armes chimiques et selon les services de renseignements occidentaux ce nombre pourrait bien atteindre 30.En fait, tout pays qui dispose d’une industrie chimique peut fabriquer des armes chimiques rudimentaires : gaz moutarde, agents neurotoxiques, suffocants.Mais les armes chimiques ne sont pas la panacée lors de combats de grande envergure.Pendant la guerre du Golfe, l’Irak s’est abstenu de les utiliser, tant à cause de sa peur d’une réplique de la coalition que des dangers potentiels contre ses propres troupes.Un vent qui tourne et voilà l’agresseur transformé en victime.Les armes chimiques ont surtout été utilisées contre des populations civiles ou des rebelles dans un théâtre d’opérations bien défini.Ces armes restent avant tout des engins de terreur.Ce qui semble le plus inquiéter les spécialistes, c’est la prolifération des missiles balistiques de courte et moyenne portée, des engins qui peuvent transporter des charges conventionnelles, chimiques et nucléaires sur des distances variant de 300 à 2700 kilomètres.Un pays qui maîtriserait très bien la construction de ce type de vecteur devient alors une source potentiel de menace non seulement pour ses voisins immédiats mais aussi pour des États plus éloignés.Si tous les pays du tiers monde « proliférateurs » possèdent des avions de combat, ceux-ci sont des vecteurs trop lents pour être vraiment efficaces.D’ou l’in- 4 Multitude Convention de Genève de 1925 qui compte 125 signataires.Du côté biologique, une Convention signé en 1972 en interdit la recherche, la production et le stockage (59 signataires).Ces deux traités n’ont prévu aucune mesure de vérification et certains pays signataires s’estiment en droit d’utiliser ces armes contre leurs populations (Irak).La Conférence sur le désarmement qui se tient actuellement à Genève pense être en mesure de produire un traité d’ici la fin de l’année interdisant complètement ces deux types d’armes.En attendant, les pays producteurs de produits chimiques ont constitué en 1984 le Groupe d’Australie qui a mis au point une liste de produits précurseurs sensibles soumis à des licences d’exportation.Toutefois, le contrôle se bute aux utilisations civiles des produits chimiques.La fabrication d’insecticides ou d’engrais nécessite la mise sur pied d’usines de produits chimiques dont les ateliers peuvent être convertis (certains en moins de 12 heures) pour produire des armes chimiques.Missiles balistiques Aucun traité ne limite ou n’interdit la fabrication et la possession de missiles balistiques.Toutefois, un code de bonne conduite, le Régime de contrôle des technologies relatives aux missiles (MTCR), a été mis en place en 1987 par les membres du G7.Il compte aujourd’hui 18 membres.La Chine et Israël ont promis térêt des missiles balistiques.« La plupart des pays qui veulent acquérir des missiles le font pour les mêmes raisons que pour les armes chimiques et nucléaires, dit Tarik Rauf, chercheur au Centre canadien pour le contrôle des armements à Ottawa.Ils perçoivent une menace à leur sécurité.Mais en fait, ils s’enfoncent dans la spirale de la course aux armements et participent ainsi à l’instabilité régionale».Actuellement, la plupart des missiles balistiques des pays du tiers monde ont une porté de moins de 500 kilomètres.Mais, ces pays travaillent à l’amélioration de la portée en construisant de nouveaux missiles qui, sans atteindre l’Amérique du Nord, pourraient menacer l’Europe, la Russie et le Japon.Mais les pays du tiers monde ont de grands problèmes.« Les performances des SCUD irakiens pendant la guerre du Golfe ont montré que l’Irak ne maitrisait pas toute la technologie, dit Rauf, Les missiles étaient imprécis et fragiles.» « Dans d’autres régions, plusieurs pays ont tout simplement abandonné les programmes de construction à cause des coûts et des pressions politiques de l’Occident », dit-il.Un plus grand contrôle Le pire scénario, selon les trois spécialistes, serait un pays qui maîtriserait parfaitement la fabrication d’armes chimiques et nucléaires et de missiles balistiques.La possession de pareilles armes lui donnerait accès au club des grands.« À part l’Inde ou Israël, je ne vois aucun pays du tiers monde capable de suivre ces règlements.Le MTCR vise à contrôler les technologies entrant dans la construction de missiles d’une portée plus grande que 300 kilomètres.Toutefois, la mission du MTCR est délicate car certaines technologies peuvent être utilisées à des fins pacifiques (lanceurs spatiaux, études de l’atmosphère et de l’espace).Comme on peut le constater, le contrôle de la prolifération ne manque pas de dispositifs mais plutôt de dents et de volonté politique.Depuis quelques mois, les pays occidentaux tentent de convaincre les nouveaux États de l’ex-URSS ainsi que plusieurs pays du tiers monde producteurs de technologie de joindre les différents organismes de contrôle.Mais il y a de nombreuses réticences.Enfin, il existe une prolifération bien insidieuse qui ne connaît aucune frontière.Ainsi, pendant toute la guerre froide le Comité de coordination pour le contrôle des échanges Est-Ouest (COCOM) a tout fait pour ne transférer aucun produit stratégique aux pays communistes.Mais les détournements furent nombreux par le biais notamment de la vente de produits à des pays neutres ou non-alignés.Dernièrement, les États-Unis ont accusé Israël de vendre des technologies à la Chine, comme elle le faisait avec l’Afrique du Sud et Taïwan dans les années soixante-dix.Pékin adapte ces technologies, fabrique de nouvelles armes et les vend à l’Irak, au Pakistan ou à d’autres pays.d’une telle performance technologique, dit Rauf.Cela demanderait un effort scientifique et financier colossal.Je vous ferai remarquer que l’Inde, avec sa troisième communauté scientifique au monde, travaille depuis 40 ans sur les technologies stratégiques et les résultats ne sont pas tous probants ».Fortman et Rauf estiment que le problème de la prolifération des armes de destruction massive est exagéré.Selon ces spécialistes, les pays industrialisés doivent renforcer les mesures de non-prolifération (voir autre article) mais s’attaquer aussi aux sources du problème.« Les dispositifs de non-prolifération ne sont en place que pour gagner du temps, dit Rauf.Ce qui est important, c’est de tenter de résoudre lès tensions régionales qui sont au çqetà* du problème de la prolifération.*»; Aux Affaires extérieures, les fonctionnaires qui s’occupent de cp* pf6-blème n’écartent pas la dimensibh « tensions régionales ».Ils souligne'rit toutefois que la mise en place de rrie-sures techniques de contrôle'éét aussi une priorité.Quoi qu’il en soit, on semblé ^ai-corder pour dire que les scénâribs apocalyptiques qui décrivent des dizaines de pays du tiers monde brandissant des armes de destruction massive contre leurs voisins ou las pays du Nord ne sont pas pour dé-main.;‘t Un bel exemple de dissémination incontrôlée des armes de destruction massive : ces soldats de l’ex-Armée rouge montrent des pièces d’un missile guidé alr-sol trouvé sur le territoire du Nagorny-Karabakh.1 .Hi Le Devoir, jeudi 2 avril 1992 ¦ B-3 musique Un Paganini transcendant Les Grands concerts De .l'Orchestre Symphonique de Montréal, dir.Charles Dutoit: Buhr, Gqnççrto pour trompette, James Thompson (trompette); Paganini, Càhcerto pour violon no.4 (Kremer/Paganini, cadence du premier mouvement), Gidon Kremer (violon); Mendelssohn, Symphonie no.3 op.56, dite < Écossaise >.Mardi 31 mars, salle Wilfrid-Pelletier.Carol Bergeron DE RETOUR d’un weekend new-yorkais de deux concerts, et avant d’entreprendre une tournée de 10 jours au Japon (du sept au 17 avril), l’OSM revenait à la Place des Arts, le temps d’accompagner Gidon Kremer dans une exécution transcendante du quatrième Concerto pour violon de Nicolo Paganini.Quant à moi, la soirée aurait pu s’en tenir là ! Le reste du programme (un Concerto pour trompette du compositeur manitobain Glenn Buhr et la Symphonie • écossaise » de Felix Mendelssohn) replongea les musiciens dans une atmosphère d’excellence léthargique qui, a mon sens, témoignait d’une certaine frustration.On ne peut en effet passer du Carnegie Hall à Wilfrid-Pelletier sans constater que la musique ne vibre pas de la même manière, qu’elle ne se propage pas avec la même intensité, avec la même liberté.La ternissure du son engourdit les uns et empêche les autres (les auditeurs) d’entendre à travers l’oeuvre.Jouer correctement ne suffit pas à la combattre; il faut encore que les interprètes se sentent particulièrement inspirés — ce qui ne se produit pas forcement tous les soirs.: Écrite dans le souci de ne provoquer personne (ni l’orchestre, ni le public), l’oeuvre de Glenn Buhr ne dérange personne.Seuls les amateurs de jazz — étaient-ils nombreux dans la salle ?— auront pu apprécier l’allusion faite à la trame harmonique qui sous-tend la Mélodie « Never let me go» de Jay Livingston à laquelle le souvenir du pianiste Bill Evans demeure attache.Marqué « adagio », le volet central laisse enfin entendre distinctement Cètte trompette que couvre trop aisément l’opacité instrumentale des deux mouvements rapides.Mais à l’image de l’ouvrage dans son ensemble, le discours du soliste ne s’impose pas de manière à interpeller le pu Dite.C’est pour James Thompson (ancien trompette solo de l’OSM, depuis l’an dernier titulaire du même pupitre à l’Orchestre Symphonique d’Atlanta) qui en fit une bonne lecture que Buhr composa son Concerto.Même si le Quatrième concerto de Paganini n’est pas un chef-d’oeuvre du genre, il n’en demeure pas moins une formidable machine de virtuosité.Aussi, seul un authentique violoniste virtuose peut-il embraser les brillantissimes prouesses techniques de ce feu qui les consume dans la gloire d’une gerbe de pièces pyrotechniques.Vertigineux dans les traits, tendre dans les élans « beleantistes », Gidon Kremer entraîna l’OSM et Dutoit sur ce chemin exaltant des prouesses prodigieuses.S’imprégnant de la folie de Paganini, il poussa jusqu’à la métamorphose dans une cadence (apparemment improvisée) qui commenta, dans un langage tout à fait contemporain, certains éléments de la composition romantique.Impuissant à garder l’élan de cette vertigineuse envolée, l’OSM revint après l’entracte dans un sentiment d’indifférente morosité qui gomma la Symphonie écossaise de la subtile mélancolie qu’elle renferme.THEATRE Une édifiante veillée au corps Pierre ou la consolation Poème dramatique de Marie Laberge.Mise en scène de Martine Beaulne.Scénographie (décor et costumes) de Alain Tanguay.Éclairages de Michel Beaulieu.Musique et interprétation de Silvy Grenier.Avec Marie Laberge (Héloïse), Germain Houde (Pierre) et Nathalie Mallette (Guillemette).Une production de la Société de la Place des Arts, à l'affiche au Théâtre du Café de la Place, jusqu'au 9 mai.Gilbert David POUR QUI CONNAIT la trajectoire dramaturgique de Marie Laberge, Pierre ou la consolation, sa nouvelle pièce, ne devrait pas apparaître si éloignée de sa manière habituelle, à savoir le drame psychologique, contrairement à ce qu’annonce l’appellation de poème dramatique qu’y accole témérairement l'auteur.À moins de penser que le recours à une forgerie langagière à saveur moyenâgeuse puisse à elle seule instaurer un univers métaphorique ou symbolique de quelque consistance.Certes, l’argument n’est pas tiré cette fois de la vie contemporaine, comme pour L’homme gris, Le faucon et tant d'autres pièces du prolifique auteur québécois.Laberge a en effet choisi son sujet dans la chronique médiévale, au Xlle siècle,en cherchant son inspiration du côté des amours légendaires d’Héloïse et d’Abélard.Une note de l’auteur au programme nous avertit toutefois que la pièce n’a aucune prétention à la vérité historique.Ce qui se comprend, B'un auteur n’a pas à se faire ien patenté pour écrire une oeuvre qui ait sa vérité propre.Mais n’en va-t-il pas autrement quand on se frotte à un mythe ?Avec Pierre ou la consolation, Laberge nous convie donc à passer une nuit de novembre 1142 en compagnie d’Héloïse qui vient de récupérer le corps de Pierre Abélard, son amant puis époux d’autrefois.Séduite à 16 ans par Abélard, de 23 ans son aîné, dont la carrière de philosophe et de théologien n’est pas sans créer des vagues dans les milieux ecclésiastiques — ce qui lui vaudra bien des vicissitudes —, Héloïse a goûté avec lui aux plaisirs de la chair.Elle se voit bientôt contrainte par son oncle d’épouser son amant.Un jour qu’elle se retire dans un monastère, son chanoine d’oncle la croit répudiée et fait émasculer Abélard.Les deux époux entrent en religion peu après cet épisode tragique.Héloïse a 40 ans lorsque meurt Abélard.L’héroïne des chansons d’amour composées par Abélard est devenue abbesse du Pa-raclet.En cette nuit des derniers adieux à l’homme qu’elle a aimé avec passion, Laberge a imaginé une Héloïse raisonneuse qui se risque en de longues tirades à un bilan de leur CINEMA Clément Trudel SUR UNE POPULATION de 9,5 millions, 72 % des Guatémaltèques vivent dans une « pauvreté extrême », selon le dernier rapport du Comité inter-Églises des droits humains en Amérique latine.Une telle toile de fond aide à faire comprendre l’insistance que met le film Le songe du diable, de la réalisatrice Mary Ellen Davis, à nous parler d’une « guerre secrète » qui se déroule là-bas « pour étouffer la voix des pauvres»; guerre qui, durant la décennie 1980, a produit au moins 100 000 orphelins et 45 000 veuves que l’on accuse cou-' ramment d’être des communistes ou des subversives.Le film, une coproduction de Système ‘D’ et de l’ONF, est présenté au cinéma ONF de la Place Guy-Favreau jusqu’au 5 avril, avec en complément Les rues de San Salvador.D'un côté, les paysans du Guate- Germain Houde et Marie Laberge dans Pierre ou la consolation.tragique destinée.En tirant Héloïse, l’inconsolable amante d’Abélard, le malheureux châtré, sur la pente du débat d’idées, Laberge n’arrive pas à inventer un monde d’images sensibles, à suggérer derrière les mots une zone de mystère, à ouvrir son matériau à un quelconque jeu de correspondances avec le monde actuel.À la place, l’auteur fait dans la dissertation dramatisée et montre son Héloïse s’épancher à n’en plus finir sur le cadavre emmailloté d’Abélard, en entrecoupant le tout de ratiocinations sur les exigences de sa foi chrétienne.Avec l’aide de Pierre le Vénérable, le moine de Cluny qui avait recueilli courageusement en son abbaye un Abélard vieillissant, rejeté par l’Église, l'Héloïse de Laberge finit par se réconcilier avec elle-même, ce qui est une façon pour le moins cavalière d’évacuer la contradiction tragique logée au coeur du mythe.Par cette résolution édifiante, la pièce ne parvient ainsi qu’à rabattre sur la légendaire figure d’amoureuse qui osa en son temps opposer l’amour au mariage, un brouet de faux vieux français, qui devrait plaire aux amateurs de discussions théologiques et de pièces rétro bien intentionnées.Martine Beaulne, à la mise en scène, n’en peut mais.L’oeuvre qui Les 24 diables mala disent calmement qu’ils veulent des salaires décents pour pouvoir nourrir leurs enfants.De l’autre, Sues militaires, dont un haut , nous expliquent comment un spectre pèse sur le Guatemala : une force qui entend combattre les bonnes traditions et coutumes d’un pays que les bourgeois définissent comme démocratique et libre.Un concours de beauté a couronné une « reine » qui se préoccupe de la drogue chez les jeunes et des problèmes familiaux; quand elle y pense bien, on parviendra « petit à petit » à corriger la situation de tant de gens de la campagne qui ne savent ni lire ni écrire.Ces paysans nous affirment n’avoir pas d’argent pour acheter les remèdes quand leurs enfants sont malades — le salaire mensuel d’un manoeuvre peut être de 25 $ et un seul vaccin peut coûter jusqu’à 5 $, rappellera le padre Tomas Garcia.Le film a comme fil conducteur une danse traditionnelle remontant à l’Espagne médiévale ( Les 24 diables) et permettant d’inculper carrément, sous couvert d’exorcisme, autant les présidents que les profiteurs qui rôtiront bien un jour en enfer.Cette liberté qui a besoin de se camoufler ne va pas sans risque; à l’université, des étudiants disparaissent parce que lors de leur « grève des douleurs », ils ont épinglé trop ouvertement les responsables de l’armée et du gouvernement.Le montage est de ce point de vue accablant pour les dirigeants guatémaltèques, Vinicio Cerezo et les autres, que l’on nous montre presque uniquement lors de parades militaires.Le petit peuple, lui, est chargé à bord de camions, il gagne la Côte pour la récolte du coton ou se livre, en famille, à un travail exténuant de cantonnier.Ces autochtones guatémaltèques qui dénoncent les massacres sporadiques — que l’armée at- ARTS VISUELS/chronique Les mots et les images Jean Dumont QU’IL SOIT D’AMOUR ou de raison, le mariage de l’art et des mots i-ésiste aux intempéries, malgré la hnaigreur chronique des escarcelles des éditeurs et des clients, et les craintes des esprits chagrins qui 6’acharnent à dénoncer le caractère 60it-disant contre nature de cette union.Les esprits curieux, eux, sont en droit de se demander ce que serait l’art aujourd’hui, dans un monde où jamais une parole n’aurait fait écho à une pensée tracée par un artiste.Lès revues d’art continuent d’affirmer la nécessité et la vitalité de la culture.Et pour en témoigner, la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) révélait récemment les noms des récipiendaires de ses Prix d’excellence 1992.Le Grand Prix d’excellence a été remis à Ciel variable, un magazine Ïii se consacre à la promotion et à la ffusion de la photographie noir et blanc actuelle.Le contenu visuel est organisé autour d’un thème, différent à chaque parution de cette revue fondée en 1986, et les textes critiques s’attachent à faire ressortir les liens existant entre les oeuvres et les préoccupations sociales et culturelles de notre temps.Le Prix d’excellence pour la tenue artistique est allé à la revue Espace, une parution trimestrielle qui est devenue, en quelques années, le véhicule privilégié du dialogue avec les oeuvres de la sculpture contemporaine.Un dialogue indispensable, mais un discours qui, comme le fait remarquer Serge Fisette, le directeur et rédacteur en chef de la revue, dans son numéro du printemps, « a ses propres règles, ses codes et ses exigences, ses contraintes et ses vélléités ».Et il cite Gérard de Cortanze : « Parler de l’art, c’est écrire du dedans de l’art.C’est parler d’art et retenir son souffle.c’est être dans le geste qui fait l’oeuvre d’art.».Dans cette même livraison, Nycole Paquin signe l'article d’ouverture d’un dossier sur « La sculpture et l’anthropologie », dans lequel elle note l’importance résolument actuelle qu’a, dans la sculpture, le corps pris comme objet de sens.Le magazine Spirale, bien connu pour le non-impressionnisme et la qualité de son exigence critique, s’est mérité le Prix d’excellence pour la tenue éditoriale.Ce magazine aborde tous les aspects de la culture d’ici et d’ailleurs, de la philosophie aux arts visuels, en passant par le cinéma, la littérature, la poésie, le théâtre ou la bande dessinée.Dans le domaine des arts visuels, on peut lire par exemple, dans le numéro du mois de mars, à côté de la critique d’une exposition sur la jeune photographie, une présentation détaillée de l’extraordinaire essai d’Yves Bonnefoy sur Alberto Giacometti.Enfin, le Prix spécial du jury est venu récompenser la revue Le Sabord, un périodique culturel interdisciplinaire, publié à Trois-Rivières depuis 1983, qui dans chacune de ses livraisons, réunit autour d’un thème commun des artistes et des écrivains pour susciter la création d’oeuvres originales.Les images et les textes sont ensuite mis en page avec le souci évident de les intégrer les uns aux autres pour que le dialogue s’établisse et que le sens s’enrichisse.Ce n’est donc pas pour rien que le magazine est sous-titré: « Une aventure littéraire et visuelle ».C’est ainsi, par exemple, que dans le numéro d’hiver 91-92 dont le thème est « Nocturnes », se répondent à la surface des pages des images de Paul Cloutier, de Daniel Leary et de Guy Langevin, et des textes d’auteurs aussi connus, entre autres, que France Théoret, Jean Royer, prêche pour une paix intérieure dont la mémoire d’Héloïse et d’Abélard n’a que faire, piétine dans son ressas-sement scolastique.L’auteur joue elle-même le rôle d’Héloïse dans un registre qui oscille, de façon monotone, entre le lamento et les pieux palabres.Germain Houde (Pierre) et Nathalie Mallette (Guillemette) lui donnent la réplique sobrement.Une scénographie dépouillée, dans le style roman (Alain Tanguay), une musique évocatrice (par les intermèdes soignés de Silvy Grenier), des éclairages à point (Michel Beaulieu) soutiennent un propos assommant qui vire à la célébration liturgique.Pour inconditionnels seulement.Philippe Haeck ou Yolande Villemaire.Diagonales Montréal IL EST INUTILE de répéter l’importance des monographies et des catalogues de tous ordres dans la diffusion et la connaissance des oeuvres des artistes, même si une illustration, aussi bonne soit-elle, ne peut remplacer l’expérience de l’original.Il suffit de penser au nombre d’oeuvres, de par le monde, dont nous n’avons idée que par la voie de ces médias.Il nous faut bien avouer que dans ce domaine nos artistes, qui pourtant le méritent tout autant que d’autres, sont moins favorisés que leurs collègues d’autres pays.Trop rares sont ces documents dont les textes et les illustrations peuvent éclairer une démarche ou exciter une curiosité.Il convient donc de saluer, avec la publication de Diagonales Montréal l’excellente initiative des éditions Parachute (dont la revue du même nom est d’ailleurs une des rares qui portent, avec quelque consistance, la connaissance de l'art d’ici hors de nos frontières).Diagonales Montréal réunit, sous une même couverture, 10 courtes monographies, illustrées en noir et blanc, de jeunes artistes Une oeuvre de Joaquin pour ouvrir la Quinzaine Marie Laurier tribue automatiquement à la guérilla avec laquelle des discussions se sont amorcées l’an dernier — nous parlent parfois sur un ton que l’on dirait neutre.Il y a là une caméra.Des étrangers se glissent dans leur univers de douleur.À la question ; qui a tué José Maria Ixcaya ?personne ne répond.Mais on a compris qu’à 5 h du matin, un premier mai, ce leader du Conseil des communautés ethniques (CERJ) a été exécuté comme tant d’autres auparavant.Les pancartes du premier mai, dans la capitale, affichent la légitimité d’une lutte paysanne « pour la vie, pour la terre et pour le travail ».C’est à la fois élémentaire et essentiel dans ce pays où tant de gens humbles attendent que la promesse d’une vraie démocratie se concrétise, et que disparaissent « le chagrin et l’effroi» que décrivait Maurice Lemoine en décembre dernier dans Le Monde Diplomatique.N’ALLEZ surtout pas prononcer le mot retraite devant Otto Joaquin, il en ignore la signification.À plus de 80 ans, ce musicien-compositeur reste fort actif : à preuve, c’est avec une de ses créations que s’ouvre ce soir officiellement au grand public la première Quinzaine du violoncelle de Montréal.Un événement qui réunit jusqu’au 15 avril quelque 200 artistes dont 75 violoncellistes, la majorité d’ici et une vingtaine venant de divers pays.C’est d’ailleurs à Guy Fouquet, premier violoncelliste de l’Orchestre symphonique de Montréal que le compositeur Joaquin a confié le soin de créer en première sa pièce intitulée Paean.« Il s’agit d’une oeuvre colorée, remplie de joie et de romantisme, de triomphe et d’exaltation, nous disait hier Guy Fouquet.Une oeuvre complète et difficile, exigeante qui demande une grande faculté de concentration.Mais si belle à exécuter ! » Ce concert a lieu à la salle Claude-Champagne et le programme comprend aussi des oeuvres de Brahms, Casais, Haendel, Villa Lobos avec la participation des Pianistes Elizabeth Dollin et Carmen icard, de la soprano Marie-Danielle Parent et de l’Ensemble I Musici de Montréal dirigé par Yuli Turovsky.La soirée commence à 20 h et sera diffusée en direct à Radio-Canada FM.Les organisateurs présentaient hier à la presse d’autres « vedettes » de la Quinzaine dont Siegfried Palm, le grand maître allemand de la musique contemporaine qui présentera en solo une de ses créations, accompagné par un ensemble de six violoncelles sous la direction de Lorraine Vaillancourt.Aussi à la salle Claude-Champagne le vendredi 3 avril à 20 h.Le violoncelliste Claude Lamothe, de Montréal, interprétera pour sa part une oeuvre du compositeur qu’il a lui-même choisi, soit Alain Thibault lors d’un concert avec le Nouvel Ensemble Moderne, sous la direction de Lorraine Vaillancourt.À 17 h à la salle Claude-Champagne le dimanche 12 avril.Des compositeurs ont également créé des pièces spécialement pour cette Quinzaine, notamment la Hollandaise Frances Marie Uitti, le to-rontois James Tenney, aussi Richard Armin, inventeur du violoncelle RAAD qui proposera une création de Paul Dolden, de Vancouver.Une foule d’activités viennent se greffer aux concerts et récitals proprement dits : à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, ce sera un feu roulant de rencontres et d’ateliers réservés aux musiciens et improvisateurs de l’avant-garde, le tout pouvant se terminer tard le soir au Club Continental de la rue Saint-Denis.Car tous les genres seront illustrés par cet instrument polyvalent : le jazz au Spectrum, la danse à l’Agora de la danse, en collaboration avec Tangente, le cinéma à la Cinémathèque québécoise, les musiques actuelles ou de tradition européenne.La soirée de clôture le mercredi 15 avril réunira un ensemble international de violoncellistes dans l’interprétation du Brandebourgeois No 6 de Bach et les autres parties du programme seront consacrées à la musique contemporaine et actuelle.Tout cela au prix unique et populaire de 12$ à Claude-Champagne.Bref, du violoncelle à toutes les cordes, comme le promet le slogan de cette Quinzaine que les Productions Traquen’Art organisent depuis déjà trois ans et qui sera répercuté abondamment sur les ondes de Radio-Canada.Et l’on souhaite en faire un événement annuel.Avec ou sans violoncelle, ou du moins un autre instrument à mettre en valeur.habitant Montréal, et représentatifs des développements récents dans les arts visuels.On retrouve là, Dominique Blain, Sylvie Bouchard, Pierre Dorion, Martha Fleming à Lyne Lapointe, Holly King, André Martin, Alain Paiement, Roberto Pellegrinuzzi, Jana Sterbak et Martha Townsend.Chaque fascicule, bien présenté, mais sans une aucune prétention, contient, en huit pages, en français et en anglais, une description du travail et des structures de la démarche de chacun des artistes, quelques photographies en noir et blanc, et un curriculum vitae énumérant les principales expositions, les collections où sont représentées les oeuvres, ainsi qu’une bibliographie des textes ayant trait aux expositions et aux oeuvres.Rédigés par Thérèse St-Gelais et traduits en anglais par Colette Tougas, les textes sont suffisamment précis et éclairants pour réellement servir la pensée des artistes, et permettre à chacun de lui faire écho et de la prolonger.Les éditions Parachute sont situés au 4060, boul.Saint-Laurent, bureau 501.Tél: (514 ) 842-9805.Montréal ville ouverte Alors que l'enquête sur la moralité se poursuit on se met à fréquenter un nouveau personnage.Vie Cotroni.(7VA 20 h) ?Le soleil se lève au nord Un portrait très personnel de l’Abi-titi-Témiscamingue, tel que signé par André Melançon.(TV5 20h) ?Grand écran Des entrevues avec quelques personnalités du monde du cinéma, dont Jacques Dutronc, Bruce Willis, et la superbe comédienne Angelica Huston.(TV5 22h30) ?Studio libre On reçoit Michel Tremblay et André Brassard, et on entendra des extraits de la nouvelle pièce Marcel poursuivi par les chiens (Radio-Canada 23 h) — Paul Cauchon B-4 M Le Devoir, jeudi 2 avril 1992 CULTURE ET SOCIETE CINEMA ASTRE I: (849-3456) - Basic Instinct 7 h, 9 h 30 II: White Men Can't Jump! h, 9 h 15 III: My Coualn Vlnny 7 h, 9 h 20IV: American Me9 h 10— The Lawnmower Man 7 h BERRII: (849-3456) — Arrête ou ma mire va II- rer 1 h, 3 h, 5 h, 7 h, 9 h II: Europa 1 h, 3 h 15,5 h 15,7 h 30,9 h 45, mer.1 h, 3 h 15,5 h 15,9 h 45 III: La preuve! h 15,3 h 15,5 h 15, 7 h 15,9 h 15— IV: Being at Home with Claude 1 h 45,3 h 45, 5 h 45,7 h 45,9 h 45 V: Mon cousin Vlnny 1 h 30.4 h, 7 h, 9 h 30 jeu.1 h 30,4 h, 9 h 30 BONAVENTURE I: (849-3456) - Shining Th-rough9h25— Grand Canyon! h.II: American Mel h, 9 h 30 BROSSARD I: (849-3456) - My Cousin Vlnny 7 h 05,9 h 30 II: La preuve! h 15, 9h 15 III: Basic Instinct! h,9b30 CARREFOUR LAVAL 1: (849-3456)- Lueur dans la nult9h 15— L'ange du ring7h.2: The Lawnmower Man 9 h 30— Being at Home with Claude 7 h 20 3: Basic Instinct 7 h, 9 h 40 4: La preuve 7 h 30, 9 h 30 5: White Man Can 'I Jump 7 h 05,9 h 25 6: My Cousin Vlnny 7h,9h20 CENTRE EATON 1: Mil— Flamme sur glace 12 h 40,2 h 50,5 h, 7 h 10,9 h 30- 2: Power ol One1 h, 3 h 45.6 h 30,9 h 103: La belle et la bite!2 h 45,2 h 45,4 h 45- le cobaye 6 h 45,9 h.4: Le cobaye 12 h 40,2 h 55,5 h 10,7 h 20,9 h 30 5: Once Upon a Crime 12 h 30,2 h 35,4 h 55, 7 h 05, 9 h 15— 6: Hear my Song 9 h 20— Beauty and the Beast 1 h, 3 h, 5 h, 7 h, jeu.1 h, 3 h, 5 h.CINEMA ÉGYPTIEN 1: 1455 Peel, Mtl (849-3456)— My Cousin Vlnny lun au jeu.2 h, 7 h, 9 h 30 2: Close my Eyes lun.mar.jeu.2 h 05,7 h, 9 h 15, mer.2 h 05,9 h 153: Article 992 h 10, 7 h 30.9 h 35 CINÉMA FESTIVAL: 35 Milton (849-7277)- Toto le héros 7 h 30, 9 h 15, mar.5 h 30, 7 h 30, 9 h 15— Elvls Gratton 7 h 15,9 h, mar.5 h 15,7 h 15, 9 h.CINÉMA JEAN-TALON: Mil- The Hand that Rocks the Cradle 7 h 10,9 h 30 CINÉMA OMÉGA 1: - JFK 8 h— 2: Le secret est dans la sauce 7 h, 9 h 30 3: Capitaine Crochet 7 h, 9 h 35 4: Analyse latale 7 h.9 h 30 CINÉMA PARALLÈLE: 3682 boul.St-Laurent, Mil (843-6001) — Violence du calme/La lourml et le volcan 19 h.— Hearts of Darkness (l'apocalypse d'un cinéaste) 21 h.(2 au 5 avril) CINÉMA PARIS: Mil (875-7295)- Naked Lunch 2 h 15 — Grand Canyon 4 h 30— Méditer-raneo 7 h 15— Black Robe 9 h 30 CINÉMA POINTE-CLAIRE 1: 6361 Trans-Ca-nada (849-3456)- Article 99 7 h 05, 9 h 05 2: Fried Green Tomatoes 7 h, 9 h 30 3: The Lawnmower Man 7 h 10,9 h 10 4: My Cousin Vlnny 7 h, 9 h 35 5: Basic Instinct 7 h, 9 h 40 6: White Men Can't Jump 7 h, 9 h 30 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE: (842-9768)-Un bruissement de leullles: la révolution aux Philippines vue de l'Intérieur 18 h 35— Remous 20 h 35 CINÉMA V - 1: 5560 Sherbrooke 0.(489-5559) -JFK6h052: Kafka!h 20,9h 25 CINÉPLEX I: (849-3456)- The Lawnmower Man 1 h, 3 h 05, 5 h 10.7 h 15, 9 h 20 2: Le secret est dans la sauce 4 h 05, 9 h 20 — Le prince des marées 1 h, 6 h 45 III: ta sarra-line1 h 15.4 h, 7 h, 9 h 15 IV: Amoureuse1 h 15.4 h, 7 h, 9 h 15 V: Cercle des Intimes 1 h, 4 h, 6 h 40,9 h 20 VI: L'ange du ring 1 h, 6 h 30-JFK 3 h 05.8 h 30 VII: Les rois du mambo 1 h 05.4 h 10,7 h, 9 h 10 VIII: Basic Instinct1 h 05, 4 h 05,7 h 05,9 h 30IX: Prince of Tides 1 h 10, 4 h 05,6 h 45,9 h 15 COMPLEXE DESJARDINS I: (849-3456)-Conte d'hiver1 h, 3 h 10,5 h 20,7 h 30.9 h 45 II: Tous les matins du monde 1 h, 3 h 10,5 h 20.7 h 30.9 h 45 III: Ombre et brouillard 1 h 35, 3 h 30, 5 h 30.7 h 20,9 h 20 IV: Le bal des casse-pieds 1 h, 3 h 05, 5 h 10,7 h 20,9 h 30, jeu.1 h, 3 h 05.5 h 10,9 h 40 COMPLEXE GUY-FAVREAU/ O.N.F.: 200 ouest Boul.René-Lévesque, Mtl (283-8229)— Les rues de San Salvador/Le songe du diable 19 h.(1er au 5 avril) CONSERVATOIRE D'ART CINÉMATOGRAPHIQUE: (848-3878)— CRÉMAZIE: (849-FILM) - Alice 2 h - Tenue de soirée!It 15— Merci la vie9 h 15 DAUPHIN I: (849-3456) — Tous les matins du monde 7 h, 9 h 30 11 : La belle nolseuse 7 h 15 CINÉMA DÉCARIE 1: (849-3456) - lun au jeu.Terminator 2 6 h 45— Eating 7 h — The Silence of the Lambs 9 h 15— The Thin Blue Line 9h30 DORVAL I: (631-8586) - Power of One 6 h 30.9 h 20 II: Lady Bugs 7 h, 9 h III: JFK 8 h -Beauty and the Beast 6 h 15IV: Final Analysis lun.au jeu.6 h 55,9 h 25 DU PARC 1 : (844-9470)- Final Analysis 6 h 30, 9 h 05 2: JFK 8 h 3: Bugsy 6 h 35.9 h 10 DU PLATEAU 1: (521-7870)- La belle et la Ml» 1 h 15— Le cobaye 3 h 20,5 h 20,7 h 20,9 h 20 2: Capitaine Crochet 4 h 30,9 h — L 'été de mes 11 ans 2 h 30,7 h FAIRVIEW I: (697-8095) - One Upon a Crime 7 h, 9 h 10- II: Cutting Edge! h 10.9 h 20 FAUBOURG STE-CATHERINE 1 : (849-3456)— Shadows and Fog 1 h 15,3 h 15,5 h 15,7 h 15, 9 h 15 2: Fried Green Tomatoes 1 h 15,4 h 15, 7 h, 9 h 30, lun.1 h 15, 4 h 15- 3: White Men Can't Jump 1 h, 3 h 05, 5 h 15.7 h 25,9 h 40 4: Europa1 h 30,4 h 30,7 h, 9 h 15, mer.1 h 30,4 h 30,9 h 40, jeu.1 h 30,4 h 30,9 h 15 GOETHE-INSTITUT MONTRÉAL: (499-0159)— GREENFIELD I: (671-6129) - Le cobaye 7 h, 9 h 10 2: Mon père ce héros 7 h, 9 h.3: Flamme sur glace 6 h 50,9 h 05 IMAX: Vieux Port de Montréal (496-4629)- Programme familial: Montagnes de leu et L'Oeuf magique mar.au dim.10 h, 13 h, 14 h 30,16 h, 19 h.(relâche sam.) version anglaise: 11 h 30,17 h 30.Événement spécial: Les Rolling Stones 20 h 30 (v.o.) 22 h 30 (v.o.) (ven.sam.seul), lun.relâche.IMPÉRIAL: (288-7102) - Medicine Man 12 h 45, 2 h 50,5 h, 7 h 15,9 h 30 LAVAL : (688-7776) - 1 : Power ot One 6 h 45,9 h 202: Le cobaye 7 h 25,9 h 30 3: Hand that Rocks the Cradle 7 h 20,9 h 30 4: Cutting Edge 7 h, 9 h 10 5: Flamme sur glace 7 h 10,9 h 20 6: One Upon a Crime 7 h 10,9 h 20— 7 Capitaine Crochet 6 h 30, 9 h 20 8: Final Analysis 6 h 30,9 h 10.— La belle et la bite ! h, 9 h.9: Lady Bugs 7 h 10,9 h 20— 10: Memoirs of an Invisible Man 7 h 10,9 h 20—11: Wayne's World! h 05, 9 h 1512: La vieille qui marchait dans la mer! h 05,9 h 15 LAVAL 2000 1 : (849-3456)- Arrête ou ma mère va tirer 7 h, 9 h.— 2: JFK 8 h.LOEWS l:(861-7437) - Cutting Edge 12 h 30,2 h 50,5 h 10,7 h 20,9 h 30 II: Final Analysis 12 h 45,3 h 30,6 h 15,9h.Ill: /Ca/fca 12 h 15.2 h 30.4 h 45, 7 h, 9 h 15 IV: Memoirs of an Invisible Man!2 h 30, 2 h 45, 4 h 45, 7 h, 9 h 15 V: Memoirs of an Invisible Man 12 h 30,2 h 45,5 h 10.7 h 15,9 h 30- Hook 12h 05,6h.-JFK2 h 35.8 h 30 OUIMETOSCOPE:(525-8600) - Salle 1: Salo ou les 120 Jours de Sodome 19 h — Le festin de Babette 21 h 15— Salle 2: Trlstana 19 h 40— Vlva la muerte2\ h 30 OUTREMONT: (278-FILM)— PALACE 1: - Wayne's World1 h, 3 h 05,5 h 10, 7 h 25, 9 h 40 II: Lady Bugs 12 h 30, 2 h 40,4 h 50,7 h, 9 h 10 III: Great Mouse Detective 12 h 40, 2 h 30, 4 h 25- Bugsy 6 h 10, 9 h.IV: Mambo Kings 12 h 20,2 h 40,5 h, 7 h 10,9 h 30 V: Hand that Rocks the Cradle 12 h 25,2 h 45,5 h 05,7 h 20,9 h 40, jeu.12 h 25,2 h 45,5 h 05, 9 h 40 VI: Mlsslsslpl Masala 1 h 30,4 h, 6 h 30.9 h.PARADIS I: (354-3110)- Les nerfs i vif 6 h 45-Le dernier boy-scout 7 h— As des as 7 h 05— Chérie ne m'attends pas pour dîner 8 h 50— Freejack 9 h — Hollywood9 h 05 PARISIEN I:(866-3856)- Van Gogh 2 h 45,8 h 15— La totale 12 h 30,6 h.Il: L'annonce faite i Marie 1 h 10, 3 h 10, 5 h 15, 7 h 15, 9 h 10 III: Mon pire ce héros!2h 40,2 h 50,5 h, 7 h 05,9 h 25IV: La vieille qui marchait dans la mer 12 h 50,3h, 5h 10, 7h 20,9 h 35 V: Kafka! h,3h 05, 5 h 15, 7 h 15, 9 h 15 VI: Les amants du Pontneuf 1 h 15,4 h 15.6 h 45.9 h 20 7: Mlsslsslpl Masala 1 h 30,4 h.6 h 40,9 h 10 PLACE ALEXIS NIHON l:(849-3456) — Basic Instinct 1 h 30.4 h 15, 7 h, 9 h 35 II: Lawnmower Man 2 h, 4 h 30.7 h 15,9 h 25 III: American Me 1 h 30,4 h 15,7 h, 9 h 30 PLACE LONGUEUIL 1 : (849-3456) — Arrête ou ma mire va tirer! h, 9 h.— 2: Les mémoires Lj L northern Présente la saison fclocom 1991-1992 Directeur artistique YULI TUROVSKY Marc-André Hamelin, piano Kevin McMillan, baryton Eleonora Turovsky, violon r Nielsen: Petite suite no 1 H HH H-jr Mendelssohn: Concerto no 1 pour violon, piano et cordes ü o Prokofiev: Visions fugitives, op.22 Schonberg: Ode à Napoléon Bonaparte, op.41 DS LE DIMANCHE 5 AVRIL 1992,20h00 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE 220, Vincent d’Indy (Métro Edouard- Monlpetit) Billetterie: 524-4526 Prix: 18S/10S (TPS intl.) •< fs Commanditaire associé: HH U noranda ® MUSIQUE CLASSIQUE ( N KîÆ CE SOIR.JEUDI 2 AVRIL LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE MOZART A 22:00 • extr.sérénade Collorédo K.203 (Mozart) • symphonie no 36 Linz (Mozart) DEMAIN SOIR, 22:00 • suite tchèque op.39 (Dvorak) • symphonie concertante K.364 (Mozart) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 d'un homme Invisible! h 05— L'ange du ring 9 h 05 PLAZA COTE DES NEIGES: (849-3456)- 1 : White Men Can't Jump 7 h 10,9 h 40 2: This Is my Life! h 15,9 h 20 3: The Lawnmower Man 7 h 20,9 h 30 4: Fried Green Tomatoes 7 h, 9 h 30— 5: My Cousin Vlnny 7 h, 9 h 25 6: Basic Instinct! h 05,9 h 40 7: Article 997 h 20,9 h 20 QUARTIER LATIN: MULE RIALTO: 5723 ave du Parc.Mtl (274-3550)- Wisecracks 7 h 15— La double vie de Véro-nlque 9 h 30 VERSAILLES l:(353-7880) - Le cobaye 7 h 10, 9 h 20 II: Flamme sur glace 7 h, 9 h 10—111: Final Analysis 7 h, 9 h 20— Capitaine Crochet 6 h 30IV: Kafka 7 h 05.9 h 10- V: Lady Bugs 7h.9h.CINÉMA QUÉBEC CANARDIÈRE: (661-8575)—Analyse fatale 18 h 45— L'ange du ring 21 h 10 CINÉMA LIDO: — L'ange du ring 19 h, 21 h 10— As des as/le cobaye 19 h.— Le docteur 18 h 50,21 h 15— Flamme sur glace 19 h, 21 h 10— Arrête ou ma mire va tirer 19 h 15,21 h 15 LE CLAP: (650-CLAP)— Ombres et brouillard 12 h 15,14 h, 15 h 45,17 h 30,19 h 15,21 h 15 GALERIES CAPITALE 1 : (628-2455)- Le docteur 9 h 10— Capitaine Crocheté h 15— Le cobaye 6 h 45,9 h 10— Les amants du Pont-neuf 6 h 30,9 h 10— Mon pire ce héros 7 h 05, 9 h 20— Bugsy 6 h 20,9 h— La Totale 6 h 20,9h PLACE CHAREST: (529-9745)- Arrête ou ma mire va tirer 13 h, 15 h, 17 h, 19 h, 21 h— Mon cousin Vlnny 13 h, 16 h, 19 h 15.21 h 45— Being at Home with Claude 12 h 45.17 h 10.21 h 40— Tous les matins du monde 14 h 50.19 h 20— La preuire13 h 20,15 h 20,17 h 20,19 h 20, 21 h 25- JFK 12 h 30,16 h 15, 20 h 15- Le bal des casse-pleds!2h40,14 h 50.17h 15, 19 h 25,21 h 35— Basic Instinct 13 h, 16 h, 19 h, 21 h 40— Une lueur dans la nuit 13 h 15,16 h 15,19 h 05,21 h 40 LE PARIS: (694-0891 )— PLACE QUÉBEC 1 : (525-4524)- Memoirs of an Invisible Man ven.au mar.7 h— Once Upon a Crime ven.au mar.9 h 15— JFK ven.au mar.8 h.STE-FOY 1 : (656-0592)- Le cobaye 7 h 05,9 h 25 2: Talons aiguilles 7 h, 9 h 20 3: Flamme sur glace 7 h 10,9 h 15.SUR SCENE LES BEAUX ESPRITS: 2073 St-Denis.Montréal (844-0882)- Mai'Jing, le 2 avril à 22h.30 BIBLIOTHÈQUE VILLE DE MONTRÉAL: 1210 est Sherbrooke, Montréal (522-1245)- Le Théâtre Pluriel présente • Le silence des abîmes > dans une m.en s.de Michel Laprise, du 26 mars au 25 avril à 20h.BIDDLE'S JAZZ AND RIBS: 2060 rue Aylmer.Montréal (842-8656)— Le Quatuor de Johnny Scott et Geoflrey Lapp, en permanence, lun.mar.19h.à 24h„ mer.au ven.17h.30 â 22h.— Le Trio de Charlie Biddle, en permanence du mer.au ven.à compter de 22h„ sam.à compter de 21 h.30 — Billy Georgette, pianiste/chanteur, lun.mar.de 17h.à 19h.— Trio Billy Georgette, sam.de 18h.à 21 h.30— Le trio de Bernard Primeau.les dim.de 18h.30 à 24h.CAFÉ DE LA PLACE: PDA, Montréal (842-2112)— • Pierre ou la consolation • de Marie Laberge, m.en s.Martine Beaulne, du 25 mars au 9 mai, â 20h„ sam.16h.30et21h.CENTRE SAIDYE BRONFMAN: 5170 ouest Ste-Catherine, Montréal (739-7944)— Bulldog Productions présente « The Heidi Chronicles > de Wendy Wasserstein, du 17 mars au 16 avril, mar.au jeu.et sam.à 20h„ dim.à 19h.30, matinées les jeu.et sam.à 14h.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR: 100 est Sherbrooke, Montréal— Journées de la musique française: Porte ouverte sur les ondes martenot, animation Jean Laurendeau et Suzanne Binet-Audet, le 2 avril de 10h.à 13h — Concours d'interprétation, 16 ans et plus, discipline bois, de 13h.à 15h.30, discipline cuivres de 16h.à 18h.30, discipline chant de 20h.â 22h.30, le 2 avril CLUB CONTINENTAL: 4171 St-Denis, Montréal (844-4481)— Dans le cadre de la Quinzaine de Montréal: le violoncelle à toutes les cordes, Icarus, le 2 avril à 22h,30 ÉCOLE DE MUSIQUE VINCENT D'INDY: Salle Marie-Stéphane, 628 chemin Cite Ste-Cathe-rine, Montréal— Les semi-finalistes du Prix d'expression musicale de l'École Vincent d'Indy, chorale Vin-cent-d'lndy, dir.David Doane, groupe de musique de chambre, le 2 avril à 19h.30 ESPACE GO: 5066 Clark, Montréal (271-5381)— « Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans » de Normand Chaurette, m.en s.Alice Ronfard, du 10 mars au 11 avril à 20 Crime du siècle > de Peter Madden, traduction de Guy Beausoleil, du 10 avril au 3 mai THÉÂTRE BISCUIT: 221 ouest St-Paul, Vieux Montréal (845-7306)— • Opéra fou > spectacle de marionnettes, conception et m.en s.Vladimir Ageev, à compter du 7 mars, les sam.et dim.à 15h.THÉÂTRE CENTAUR: 453 St-François-Xavier, Montréal (288-3161)— » Rough Crossing > de Torn Stoppard, du 12 mars au 5 avril THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE: PDA.Montréal (842-2112)— « L'examen de passage » de Israel Ho-rovitz, m.en s.René-Richard Cyr, du 8 avril au 16 mai THÉÂTRE NOUVEAU MONDE: 84 ouest Ste-Catherine, Montréal (861-0563)— < Le Roi Lear > de Shakespeare, m.en s.Jean Asselin, du 28 avril au 23 mai, mar.au ven.à 20h., le sam.à 16h.et 21 h.THÉÂTRE DE QUAT'SOUS: 100 est ave des Pins, Montréal (845-7277)— t Traces d'étoiles • de Cindy Lou Johnson, m.en s.Pierre Bernard, du 16 mars au 11 avril, mar.au sam.à 20h., dim.à 15h.THÉÂTRE DU RIDEAU VERT: 4664 St-Denis, Montréal (844-1793)— • Les précieuses ridicules et Le médecin malgré lui • de Molière, m.en s.Guillermo de Andrea, supplémentaires du 2 au 4 avril, mar.au ven.à 20h„ sam.16h.et 21h.UNIVERSITÉ CONCORDIA: 7141 ouest Sherbrooke, Montréal (848-7928)— Classes de jazz vocal, le 2 avril à 20h.UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL: 200 Vincent d'Indy, Montréal— Salle B 484: Dans le cadre de la Quinzaine de Montréal: le violoncelle à toutes les cordes, classe d'interprétation avec Siegfried Palm, le 2 avril à 14h.— Récital de trombone, classe d'Albert Devito, le 2 avril à 20h.— Salle B 421 : Récital de chant, classe de Gail Desmarais, le 2 avril à 16h.30 GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Québec- Le Théâtre du Trident présente « Les fourberies de Sca-pin > de Molière, m.en s.Serge Denoncourt, du 7 avril au 2 mai, mar.au sam.à 20h.THÉÂTRE DE LA BORDÉE: 1143 Si-Jean, Québec (418694-9631)— » Comédies russes » d'Anton Tchékhov, m en s.Jean-Jacqui Boulet, du 31 mars au 25 avril, mar au sam à 20030 THÉÂTRE PÉRISCOPE: 2 est Crémazie, Québec (418-529-2183)— Le Théâtre Niveau Parking présente • Passion Fast-Food > de Marc Doré.Michel Garneau et Jean-Pierre Ronfard, m en s.Michel Nadeau.du 7 avril au 2 mai, du mar.au sam.à 20h.THÉÂTRE DE L'ILE: 25 rue Laurier, Hull (818598 7171 .La chatte et le hibou » m.en s.Louise Campeau, du 18 mars au 26 avril, mer.au ven.à 20h , sam 18h.30 el 21h.30, les dim.5 et 12 avril à 15h. SURVEILLER Un choeur de chant de bonne réputation est à la recherche de nouveaux membres de toutes voix, mais spécialement sopranos et ténors.Rens.: Dr Léonard Wosu au 345-8041.¦ Ce soir à 20 h, conférence intitulée : « Les châteaux de la Vallée de la Loire », à l’Église Sainte-Marthe, 12 570 rue Fernand-Gauthier à Montréal.¦ Aujourd’hui, collectes de sang de la Croix-Rouge à Montréal au Centre des donneurs de sang, 2991 rue Sherbrooke est, de 9h à 20h; à Mont-Laurier, Salle des Chevaliers de Colomb, 467 rue Crémazie, de 14 h à 20 h 30, et à Pincourt, Centre commercial Île-Perrot, 101 rue Cardinal-Léger, de 10 h à 20 h 30.Rens.: 937-1941.¦ Soirée des personnalités de marque de l'Association des femmes d’assurance de Montréal, le jeudi 16 avril à 17 h 30, au Le Grand Hotel, Salle de bal.Réserv.: 288-5596.Ce soir de 17 h à 19 h, la Société d’histoire de Deux-Montagnes invite tous les amateurs d’histoire et de géographie au lancement du vidéo sur la Tournee de la Seigneurie, au centre d’art de la Petite Église, 271, rue St-Kustache, à St-Eusta-che.Rens.: Sylvie Richer au 473-5414.¦ Séminaires Léo 1991-1992 organise un séminaire avec Mme Colette Deaudelin, le vendredi 3 avril de 14 h à 17 h, sur le thème : « La communication personne-ordinateur : analyse à partir de la théorie écosystémique de la communication », à l'Université du Québec à Trois-Rivières, Pavillon Lafontaine, local L-1435.Rens.: 987-3708.¦ Le Mouvement pour l’agriculture biologique offre un cours sur le thème : « Aménager pour attirer oiseaux et papillons », le samedi 4 avril de 13 h à 17 h, et « Le compagnonnage des plantes; pourquoi et comment ?», le dimanche 5 avril de 13 h 30 à 16 h 30, à l’Université du Québec à Montréal (métro Berri-Uqam).Rens.: 276-1142.¦ La société québécoise de l’autisme tiendra sa campagne de souscription du 6 au 20 avril 1992.Rens.: Manon Carie Dage-nais au 931-2215.¦ Aujourd’hui de 15 h à 17 h, le Séminaire d’économie appliquée vous convie à une conférence de Man CHO sur le thème : « Measuring effects of land use regulation on multi-urban sectors », à l’École des Hautes Études commerciales, Salle 6040.Rens.: Bernard Gauthier au 340-6809.Une série de 8 cours sur la « Dépendance affective » sera offerte par Mpie Carole Fradette, débutant le jeudi 9 avril de 19 h 30 à 21 h 30.Réserv.: 389-1275'.¦ Ce soir à 20 h, la Maison de la culture Frontenac vous propose une conférence avec Jean Chartier sur les Premières Na-'tions d’Amérique.Le thème sera : « Baie James grandeur nature».Rens.: 872-7882.¦ Rassemblement des Pilon de nom ou de descendance les 11 et 12 juillet 1992 à Montréal et à Pointe-Claire.Prix réduits d'inscription avant le 15 mai 92.Communiquez avec François Pilon, 1811 rue La-kebreeze, Deux-Montagnes, Qué.J7R 1A6.Rens.: 472-7453.¦ PARLIMAGE, spécialisé en communication et en audio visuel, offre un stage de trois jours de « régisseur d’extérieur » et de « régie de plateau ».Les dates de formation sont les 10, 11 et 12 avril.Rens.: Ginette Castonguay ou Suzane Lassonde au 288-1400.¦ Le Programme d’échange de vêtements et de meubles pour bébés de Head & Hands est ouvert à tous les jeunes parents.Nous avons présentement un grand besoin de meubles pour bébés (poussettes, chaises hautes, lits, etc.) et de vêtements de printemps pour enfants 0-5 ans.Rens.: Anne-Marie au 481-0277.¦ Le Groupe autonome CAFAT vous invite, tous les mercredis de 19 h 30 à 22 h, à venir trouver du support, de l’encouragement et de l’information afin d’apprendre à aider sans vous détruire et a êtTè plus adéquat auprès du dépendant chimique (alcoolique-toxicomane).Ces rencontres ont lieu au 1450 Pie X (coin Souvenir) à Chomedey, Laval.Rens.: Jocelyne au 686-6969.¦ Le jeudi 9 avril de 18 h à 22 h, un atelier intitulé : « La communication — Une alternative aux drogues » aura lieu à l’école secondaire Beaconsfield, 250 Chemin Beaurepaire à Beaconsfield.Inscr.: 457-3770.440 boul.René-Lévesque Ouest, bureau 1400 Montreal (Québec) H2Z 1V7 Tel.; (514) 671-1551 ou 1-800-361-7650 (Siège social) Téléc.: (514) 871-1464 UJOURD'HUI! AUGMENTEZ VOS CHANCES DE LUTTER CONTRE L'ENNEMI NUMÉR01 ESPACE LA VEILLÉE: 1371 est Ontario, Montréal (528 6582)— La P.M.E.de l'art présente La femme du poète, texte de Sylvie Lachance et Richard Du-charme.m.en s.Sylvie Lachance, du 2 au 26 avril, mar.au sam.à 20030, dim.à 16h.LE CIRQUE: 2112 St-Denis, Montréal (987-7658)-Snack'n Jazz tous les lun.et mar.à 21 h.avec C.Pa-pasoff et L.Soulier.LE LION D’OR: 1676 est Ontario.Montréal (524-3848)— Sylvie Laliberté en spectacle, les 2-3-4 avril NOUVELLE COMPAGNIE THÉÂTRALE: 4353 est Ste-Catherine, Montréal (253-8974)— Salle Denise-Pelletier: < Iphigénie » de Jean Racine, m.en s.André Brassard, du 10 mars au 9 avril à 20h.— < La nef des fous » texte et m.en s.de Claude Laroche, du 31 mars au 23 avril RESTAURANT-THÉATRE LA LICORNE: 4559 Papineau, Montréal (5282246)— < Les souliers vernis » de Léo Lévesque, m.en s.Pierre André Fournier, du 12 mars au 12 avril, mar au ven.à 20h.sam.à 16h.et 20h.30 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE: 220 Vincent d'Indy, Montréal— Dans le cadre de la Quinzaine de Montréal: le violoncelle à toutes les cordes, Guy Fou-quet, Élizabeth Dolin et Carmen Picard, piano, Ensemble des violoncelles I Musici de Montréal, avec Marie-Danielle Parent, soprano, dir.Yuli Turovsky, le 2 avril à 20h.SALLE POLLACK: 555 ouest Sherbrooke, Montréal— Marathon de musique contemporaine avec le pianiste Alcides Lanza, avec musiques, bandes, ordinateurs, films et diapositives, le 2 avril de 18h.à 230 RÉCITAL D’ORGUE YVES-G.PRÉFONTAINE, organiste et claveciniste À la chapelle des Frères Maristes, 14, Bord-de-PEau, Iberville (Autoroute 10 Sortie St-Jean) Dimanche, 5 avril à 20h00 Offrandes volontaires APRÈS "LES YEUX NOIRS" SON NOUVEAU CHEF D'OEUVRE UN FILM DE «ttA Cl A4 II AA LION D'OR PRIX DU PUBLIC VINISC 1 99 1 «Une perle rare.» ?MAX «Semblable à Costner dans «IL DANSE AVEC DES LOUPS», Mikhalkov danse avec la steppe.» ?PREMIÈRE NIKITA MIKHALKOV i||Sj SRC iMEDiACôMl PolyGram HOTEL AEKOSTAK MOSCOU EN VERSION FRANÇAISE sam.et sem.: 7:00 - 9:20 dim.: 2:00 - 7:00 - 9:20 ce; m BEAUBIEN PRES 0 IBERVILLE LE DAUPHIN _ ( Y1[00tgTTTP9Ol DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS m V.0.AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS tous les jours: 1:45 - 4:15 - 7:00 - 9:25 La télévision du Jeudi soir en un elin d'oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO era CBFT (R.C.) Montréal 17h30 / Ce soir Détecteurs de mensonges Marilyn P Cinéma : Histoire d'un olac Avec Mario Thomas et Davl e—Am.90p dDukes Le Téléloumal p Le Poinl/météo/sport Studio libre Cinéma rzrï WCAX (CBS) Burlington News News Ç The Golden Girls Top Cops p Street Stories p Knots Landing p News Silk Stalking; fëT WPTZ(NBC) L-5J Plattsburgh News News p Jeopardy I Wheel of Fortune The Cosby Show g Cheers Wings p LA.Law p News The Tonight Show CBMT(CBC) U Montréal Newswatch CBC Newsmagazine Front Page Challenge Picture on the edge Three Dead Trolls.p Kids In p The Hall The National p The Journal News Newhartp Welcome Back.p ©EXT’ Le TVA ?éd.18 h res Jeopardy! D’amour et d’amitié Montréal, ville ouverte p Claire Lamarche Ad Lib Le TVA p réseau mg sports Des mots pour le dire œ Eff" Puise p Entertainment Tonight Cheers p The Cosby Show g Diflerent World p Knots Landing p LA.Law p Newsp TheArsenlo Hall Show m TV5 (Télé Francophones Découverte Des chiffres et des lettres Journal deTF1 Vision 5 Téléobjectif Au plaisir de Dieu Grand écran Télétourtsme Journal de FR3 a» Passe- Partout Téléservlce Questions d’argent p Le monde en mouvement Points de vue p Québec en affaires Téléservice Les groupes parlementaires m ï?” Musique vidéo Fax: L’Infoplus Solidrok : VJ : Paul Sarrasin Musique vidéo Rock en bulle 21h15 / Musique vidéo (Ô9\ WVNY(ABC) Burlington News News p Star Trek: The Next Generation Cinéma : Murder: A Sell Portrait—Am.89 p Avec Peter Falk et Patrick Bauchau • Primetime Live p News Nightline Commercial Programs ® sa 19h / Muchwest Fax Rapclty Mike and Mike’s.Monkees - Spotlight / L.Ronstadt Power 30 Æ3\ VERMONT ETV(PBS) The MacNell/Lehrer Newshour Q The Nightly Business Venturing This Old P House Hometlme Mystery ! p Bergerac Cinéma : The Lite and Death ol Colonel Blimp -GB.43 —Avec Deborah Kerr (3® Montréal La roue chanceuse Coup de fouare Recherche Hockey : Nordiques vs Bruins Le Grand Journal Sports plus Sports plus extra Automobile 92 Œ> (S! 17 h/Chttdren Programs The Nightly Business.The MacNeil/Lehrer Newshour p Nature p Cinéma : My Life As A Dog—Suéd.85 Avec Anton Glanzellus et Ankl Liden Unlucking.(22H45) Emmerdale Farm Taggart Le Devoir, jeudi 2 avril 1992 ¦ B-5 TOURISME/chronique Les femmes dans l’industrie touristique : une place reconnue ?Normand Cazelais LE MONDE du tourisme a ses règles et ses conventions.L’une d’entre elles, et non la moindre, est de confiner les femmes aux activités d'accueil et de service en laissant aux hommes les responsabilités de direction et de gestion.Mais, en ce domaine comme ailleurs, les choses changent.Le 8 mars 1991, l’Institut de tourisme et d’hôtelleriédu Québec (ITHQ) célébrait la journée internationale des femmes en organisant un petit déjeuner-causerie sur le thème Le tourisme et l'hôtellerie au féminin.Cinq femmes furent alors invitées à prendre la parole : Charlotte Hovington, présicente de l’Association des hôteliers de la province de Québec et vice-présidente du conseil d'administration de l’ITHQ, Anne Desjardins, chef-propriétaire de l’auberge L’eau à la bouche à Sainte-Adèle, Denise Giguère, professeure de cuisine à l’ITHQ, Claude Jolin, présidente-directrice générale du Manoir Lac-Etchemin en Beauce et Louise Nadeau, secrétaire générale de la Société québécoise de promotion touristique.Sous la coordination de Reine Saïdah, l’ITHQ vient de publier les A cfes de cet événement.Outre les allocutions des conférencières, on y trouve certaines données sur l’importance des effectifs féminins à l’Institut : à l’automne 1991, les éléments féminins représentaient 61 % de sa population scolaire, comparativement à 4 % en 1969-1970.De façon plus détaillée, les femmes constituent, pour la présente année scolaire, 33 % des inscrits en cuisine (2 % en 1969-1970), 75 % en pâtisserie ( 10 %), 54 % dans les services de restauration (0 %), 69 % dans les ' techniques de gestion hôtelière (6 %), 57 % dans les techniques de gestion des services alimentaires (27 %) et 88 % en tourisme (90 % en 1975-1976, année où a débuté ce programme).Dans sa présentation d’ouverture, Charlotte Hovington soulignait à cet effet « qu’à l’heure actuelle au Québec, près de 30 % des nouvelles entreprises sont créées par des femmes.À l’Association des hôteliers de la province de Québec, parmi nos 700 membres, près de 200 femmes sont propriétaires ou directrices générales de leur entreprise.Si le monde de la restauration et de l’hôtellerie est composé majoritairement d’hommes, celui du tourisme connaît davantage de composantes féminines ».Les propos des conférencières invitées avaient deux buts : souligner d’abord l’importance d’une solide formation professionnelle et surtout, fournir aux plus jeunes le témoignage de femmes qui ont « réussi ».Ils nous informent aussi de l’écart important à combler entre cette importance numérique et une réelle reconnaissance professionnelle.D’entrée de jeu, Anne Desjardins posait la question : « Qui aurait dit, lorsque j’avais 20 ans, que je deviendrais cuisinière, chef-propriétaire, gestionnaire d’une PME, d’un petit-hôtel-restaurant qui figure au registre de la chaîne Relais & Châteaux ?La vie est pleine de détours, enchaînait-elle.J’ai une formation en géographie, je suis issue d’une famille de voyageurs et de gourmands et j’ai toujours eu de l’intérêt pour ce magnifique métier.C’est un métier où il y a beaucoup de magie, beaucoup de vie, tout à fait passionnant.Malheureusement, j’ai appris sur le tas et je ne recommande absolument pas mon itinéraire à personne.« Je fais partie, ajoutait-elle, des quelques femmes-chefs du Québec.La principale différence entre une femme et un homme qui fait ce métier réside dans la vie de famille, c’est-à-dire dans la maternité, les soins traditionnels que les femmes portent aux enfants.Il y a là des choix à faire dans sa vie de couple; il faut une entente, beaucoup d’organisation et un partage dans la vie de famille.L’hôtellerie, ce n’est pas du 9 à 5.Malheureusement, le réseau des garderies est encore basé sur cet horaire.Les gens qui choisissent l’hôtellerie choisissent un mode de vie non conventionnel et doivent assumer ce choix.La femme dans l’hôtellerie doit organiser sa façon de vivre comme femme.Je n’ai jamais ressenti que c’était un handicap.Bien sûr, pour une mère monoparentale, c’est plus compliqué.» Denise Giguère, pour sa part, confirma sans ambages que « la place des femmes dans l’industrie existe et non seulement existe-t-elle, mais va grandissant.Cela étant dit, je crois que, s’il subsiste un accrochage, il se situe au niveau de la perception des autres.C’est-à-dire que notre place existe bel et bien : c’est le regard que les gens jettent sur cette place-là qui la met en doute ».Après avoir cité quelques exemples de cette attitude toute mâle de « réserve » et parfois de condescendance (comme se faire dire : « Denise, tu travailles très bien; tu travailles comme un homme ».).« Ma première arme a été mon sens de l’humour qui me sert beaucoup et que j’aiguise tous les jours.Par contre, j’insiste sur la formation, parce que vous allez en avoir besoin pour faire votre place.Un diplôme comme ça dans un métier où c’est plus difficile pour les femmes, aide à avoir une certaine reconnaissance, à établir sa crédibilité.» « J’étais sans doute prédisposée à faire ce métier, étant donné que je suis née à l’hôtel plutôt qu’à l’hôpital, avouait Claude Jolin.J’ai été élevée à l’hôtel.J’y ai travaillé aussi.Après mon bac, j'ai travaillé pendant un an pour IBM comme analyste financier, puis pour la Banque fédérale de développement comme agente de crédit.» Relevant que les femmes étaient majoritaires dans tous les emplois de son entreprise, elle notait : « Les demandes d’emploi qui nous sont transmises proviennent en majorité de femmes.Je ne sais pas si c’est typique en région mais, à Lac-Etchemin, beaucoup de femmes offrent leurs services comparativement aux hommes.Ne croyez pas que j’ai un parti pris : lorsque j’embauche du personnel, je priorise beaucoup plus la compétence que le sexe.Plusieurs me disent que ça paraît que le Manoir est la propriété d’une femme, à cause de la valorisation du personnel, parce qu’il est accueillant.» Elle terminait, avec une pointe d’humour sinon de malice : « Quelqu’un m’avait dit qu’au Québec les femmes ont toujours leur place au niveau du service.Autrefois, les femmes étaient très présentes dans leur famille, avec 10 ou 12 enfants; bien servir développait le goût du service.C’est peut-être parce que j'ai subi l’influence de ce goût que j’ai laissé le domaine financier pour revenir dans le milieu de l'hôtellerie.C'est agréable d’administrer et valorisant de servir.» Ancienne directrice de l’Association touristique de la Gaspésie, Louise Nadeau rappela qu’èlle a travaillé avec « des femmes, des femmes gestionnaires d’entreprises dans l’hôtellerie, les terrains de camping, la restauration, les entreprises culturelles, les chambres de commerce, les municipalités, bref, dans tous les domaines du développement de l’industrie touristique.Ce qui était particulier, c’est que souvent elles se présentaient en couple pour traiter d’une campagne promotionnelle ou de tout autre chose.Mais, après quelques minutes, on voyait très bien que c’était la femme qui décidait de ce qui allait vraiment se passer, de la façon dont ils allaient investir et sur quel marché.Je pense que l’on voit ça de plus en plus dans les entreprises hôtelières et touristiques du Québec.» Et ce cri du coeur : « Il ne faudrait pas croire que les femmes en tourisme doivent être confinées dans des rôles traditionnels.» Il reste donc encore du chemin à parcourii1.TOURISME/excursion L’Allemagne de l’Est — dépaysement qui attire et effraie Normand Cazelais INTIMEMENT lié au sens même du voyage, le dépaysement est le miroir parabolique du sentiment d’étrangeté.De ce qui est différent de nous-mêmes, du quotidien et de l’univers familier.À l’écart géographique il surimpose la distance psychologique, mentale, culturelle.Ce dépaysement, qui attire et effraie tout à la fois les voyageurs, prend divers visages : climats, paysages, façons de vivre, de manger, de se vêtir, langues et valeurs, la liste s’alimente aux contrastes et nuances des milieux naturels et des groupes sociaux.Il peut aussi trouver sa source dans la mémoire et les systèmes politiques.¦ Depuis la chute du mur de Berlin 4 lp réunification des deux Allema-gpes, j’ai eu l’occasion d’aller à quel-qpes reprises en ce qui fut, avec une njoitié de continent et pendant près d;’un demi-siècle, un pays fermé, coupé de l’Europe occidentale derrière son rideau idéologique.Maintenant, il n’y a plus de frontière, ni politique ni économique; mais cette Allemagne, qui ne fait officiellement pàus qu’une, vivra pour longtemps encore ses diversités.; Donc, pour tout dire, l’ex-Alle-magne de l’Est dépayse : son passé récent lui colle toujours à la peau malgré les accélérations de l’histoire.J’y étais l’automne dernier et je me demande si je la reconnaîtrais, tant elle bouge, bouillonne, change et se transforme, sans pour autant s’intégrer totalement dans le moule ouest-allemand.Considérons ceci par exemple : de champions des pays de l’Est, ses habitants sont devenus, absorbés par la grande Allemagne, les derniers de la classe : leurs usines, mêmes les plus performantes, ne peuvent soutenir la concurrence de l’autre partie du pays, d’où fermetures d’entreprises, mises à pied et une gêne certaine.Et personne, y compris les autorités touristiques, ne vous encouragera à y loger lors de vos voyages : en raison du manque flagrant d'établissements hôteliers de qualité, on vous recommande plutôt de séjourner en des hôtels ou pensions de famille qui étaient « à l’Ouest » et, de là, rayonner jour après jour à travers ce qui, hier encore, était un monde interdit.Une même impression se dégage tout le long de cette frontière entre les deux Allemagnes, frontière aujourd’hui ouverte et largement démantelée, qui était circonscrite par des murs, des barbelés électrifiés, truffée de mines, gardée par des soldats armés, des chiens, piquée de miradors et de projecteurs ultra-puissants.L’impression, malgré les mois et maintenant les années, d’une certaine irréalité.À Berlin, il ne reste plus que des lambeaux du mur, de ce mur qui marquait pour les habitants de l’Est, la limite — ou le commencement ?— d’un monde libre mais inaccessible.Il ne reste plus de mur mais seulement, en certains endroits, des pancartes rappelant que telles et telles personnes sont mortes en telle et telle année, en tentant de le franchir.PHOTO ADN-ZENTRALBILD I Mit 1 V*: H m ENERVAN7lA6E •ÉcAÉ/HP/lfTEL z r 7 Ma NÜiiVô / Mei iM.BUfi.e^ULo.i fi «.oavet-Me.tendB R.E/)Br.0.R \ i UoR s ofts EC "QMjL.I El/El noblMi i I B-8 B Le Devoir, jeudi 2 avril 1992• DES IDEES, DES EVENEMENTS L’Amérique du Sud ou les stigmates de la dictature 1—Argentine, trouble passé PHOTO AP :.1 \ Depuis plus d’une décennie, chaque semaine, les Mères de la Plaza de Mayo manifestent infatigablement.Michel-Rémi Lafond Professeur de philosophie au Collège de l’Outaouais, l’auteur rentre d'un séjour en Amérique du Sud.Ce texte est le premier de deux.IL Y A dix ans, la guerre des Ma-louines faisait rage dans l’Atlantique-Sud.Les militaires au pouvoir à Buenos Aires depuis 1976 étaient aux prises avec de sérieux problèmes économiques et sociaux.La partie qu’ils avaient gagnée au Mundial de 1978 ne se sera pas répété.Il est vrai que le soccer et la guerre ne se jouent pas sur le même terrain, encore moins avec les mêmes armes.Cet échec aura valu un ticket de sortie à la soldatesque qui a réintégré les casernes — quoique la Trois problèmes hantent l’Argentine : la crise économique, le scepticisme devant la démocratie et la hantise du passé.révolte ait sonné à quelques reprises.Depuis lors, deux présidents se sont succédés : M.Alfonsin, un radical, et M.Menem, un justicialiste.Où en est l’Argentine à l’heure actuelle ?Si l’ordre démocratique est revenu, trois graves problèmes continuent néanmoins de sévir.Le premier reste sans nul doute la grave crise économique et financière qui affecte le pays.D’abord, une dette extérieure frôlant les 50 milliards de dollars US, et une hyperinflation qui a déjà atteint des proportions allant jusqu’à 2000% par an, ont miné la confiance des Argentins dans leur économie.Si M.Alfonsin a été incapable de remettre sur pied une économie déliquescente laissée par les militaires, M.Menem, pour sa part, a radicalement pris la chose en main en instaurant le « Plan austral » qui devait redonner une santé économique au pays.On s’aligne sur ie dollar américain Ce fut un demi-succès, de telle sorte qu’à la fin de l’année 1991, une nouvelle réforme monétaire devait entrer en vigueur.L’Argentine revenait au peso, qui se change au pair avec le dollar américain.Cette stratégie se veut à la fois une mise en confiance de la population — « Argentina vuelve a tener peso » — et une entreprise de séduction envers les organismes internationaux prêteurs, FMI et Banque mondiale.Le nouveau plan réussira-t-il à juguler l’inflation galopante ?Non, puisqu’au début janvier, on annonçait des hausses dans les produits pharmaceutiques, le pain, l’électricité et le passage simple du transport par autobus.Il semble que, psychologiquement, les Argentins manquent de confiance en leur économie et que, à partir de ce fait, au train où vont les choses, on ne sait pas trop bien quelle mesure pourrait rétablir une quelconque assurance en ce domaine.Par ailleurs, l’Argentine, qui avait gelé le paiement de ses dettes sous la présidence Alfonsin, a revu sa tactique et désormais l’État rembourse ses intérêts, démonstration de sa bonne foi envers ses créanciers, au moment même où des négociations s’engageaient.À New York, les grandes banques étrangères exigent des garanties.Même si M.Cavallo, le ministre de l’Économie, semble les avoir convaincues en leur exposant les nouvelles politiques économiques de son gouvernement, il n’a obtenu aucun engagement de leur part.En même temps, à Washington, l’Argentine négocie un prêt de 3 milliards avec le FMI.Ce crédit est considéré à Buenos Aires comme une clé importante dans la réduction de la dette et un point de départ capital dans ses tractations avec les banques créditrices.On connaît les exigences du FMI.C’est pourquoi le president Menem souhaite l’accélération du processus de privatisation des corporations d’État qui aurait pour effet une diminution de la dette de plus de 7 milliards, selon les estimations.Par contre, certains critiquent ouvertement cette position.En effet, pour eux, la privatisation n’est pas un mot magique dans une économie moderne : l’État doit faire sa part en faisant lui-même preuve de ponctualité en matière financière, car le laxisme demeure en grande partie la source de beaucoup de maux en Argentine.Ainsi, le budget pour l’année 1992 a été adopté juste avant Noël.C’était la première fois en 26 ans et la cinquième fois en un siècle que le Congrès l’approuvait à temps ! • La jeunesse ne croit pas à la démocratie Le deuxième grand problème réside dans le fait que la population semble désillusionnée par rapport à la démocratie encore jeune.En outre, le président Menem est constamment rabroué pour sa façon de diriger le pays.On l’accuse d’avoir la mainmise sur le pouvoir judiciaire et de vouloir établir le contrôle du Congrès en y dénonçant l’opposition comme un élément de conspiration contre l’État : si l’opposition a un tort, c’est qu’elle dénonce ouvertement et vertement les fraudes et la corruption qui régnent au sein de l’État.À cet égard, le ministre de l’Intérieur M.Manzano, le secrétaire d’État M.Angel et les frères Yoma, parents par alliance du président, ont été pris à partie dans une affaire de construction publique.Devant cet état de chose, Carlos Menem s’est vu dans l’obligation de déclarer une lutte sans merci à la corruption.Or, les Argentins veulent des gestes concrets et non de belles paroles, lesquelles ne demeurent, somme toute, que des conquilles vides.En conséquence, que reste-t-il au président pour contenter la population ?Bien peu de choses sauf, une fois de plus, jouer sur la sensibilité nationale quant aux Malouines.Lors d’un discours, le 10 janvier dernier, il réaffirmait que les îles appartiennent à l’Argentine et que « nous lutterons jusqu’à ce qu’elles deviennent nôtres ».Par contre, il élimine toute action militaire car, dit-il, « personne n’y gagne ».De toute façon, le contentieux anglo-argentin est actuellement sous arbitrage international.Des comptes non réglés avec le passé Enfin, le troisième problème, en apparence moins important sur le plan quotidien, relève de l’éthique et de la justice.Il repose sur la question des desaparecidos de la « sale guerre » de 1976 à 1983.Encore aujourd’hui, les célèbres « Mères de la Plaza de Mayo » continuent à manifester chaque semaine afin d’obtenir justice.Cette question ternit l’image de l’Argentine.Que les présidents Alfonsin et Menem n’aient pas eu le courage de poursuivre les tortionnaires et les hauts responsables de ces crimes relève, pour certains, de la pure collaboration et, pour d’autres, de la grave violation des lois internes et des traités que l’Argentine a ratifiés.D’ailleurs, l’OEA, par le biais de sa Commission interaméricaine des Droits de l’Homme, a statué à l’effet que le pardon présidentiel contrevenait a la Déclaration américaine des Droits de l’Homme et à la Charte de San José de Costa Rica dont l’Argentine est signataire.Comme l’OEA ne peut être manipulée de la même manière que la justice en Argentine, cette position établit clairement que les crimes se doivent d’être jugés.Il semble que le président ne va pas en ce sens.Une attitude aussi désinvolte est dangereuse car, comment penser que la protection des droits de la personne puisse être une réalité si de tels gestes n’encourent aucune sanction ?Dans le même ordre d’idées, le quotidien Clarin faisait des révélations chocs sur les liens qui unissaient les services de sécurité des trois dictatures les plus sanguinaires : l’Uruguay, le Brésil et l’Argentine.Des documents qui émanent des services brésiliens — obtenus grâce à une loi d’accès à l’information — relatent le fait que des prisonniers ont été échangés.Ainsi, certains disparus pourraient vivre à l’étranger.De plus, ces papiers révèlent qu’il existait une étroite collaboration quant aux méthodes répressives des trois pays.Cette question reste une épine au pied de l’Argentine.C’est pourquoi, dans un Nouvel Ordre mondial tel qu’il se dessine, il faudrait mettre à l’ordre du jour ces crimes contre l’humanité, tout aussi graves que ceux commis par le régime nazi lors de la Deuxième Guerre mondiale.Que l’opinion internationale et que les puissances démocratiques ne réagissent pas dans ce contexte particulier, laisse entendre que le droit et la justice s’appliquent lorsqu’il s’agit de certains, mais qu’ils ne s’appliquent pas pour d’autres.Cette politique de « deux poids, deux mesures » ne peut qu’être nuisible à l’avancement des droits de la personne dans le monde.(Demain : le Chili) La confédération ou l’histoire d’un échec 1— Il n’y a pas de communauté politique canadienne Fernand Dumont Le célèbre sociologue a présenté à la commission parlementaire sur la souveraineté quelques réflexions dont voici des extraits.NATION, ÉTAT : ce sont là des vocables apparemment simples, mais qui, à l’usage, s’avèrent ambigus.Je ne me livrerai pas ici à de longues spéculations de sémantique.On pourra mettre des mots différents sur les distinctions que je vais suggérer; l’essentiel réside dans les distinctions elles-mêmes.Entendons par nation une communauté résultant d’un héritage historique de manières de vivre.La référence collective qui en résulte suppose des repères : une langue, une religion, des institutions juridiques, des organisations diverses, parfois un statut politique.(.) La langue française n’est pas parlée seulement par les francophones d’Amérique; le catholicisme a été un caractère distinctif de notre nation et il ne rallie plus l’unanimité; l’État canadien pas plus que l’État québécois ne s’identifient à une nation.Cependant, des marques de ce genre se rencontrent dans une communauté nationale ; ils sont entretenus aussi bien par la mémoire historique que par les formes quotidiennes de la sociabilité.(.) Quant à lui, l’Etat se définit avant tout par la citoyenneté.Du moins en démocratie.11 concrétise le règne de la justice.Il garantit l’égalité des droits fondamentaux, confirmant ainsi l’individu dans son statut proprement public.(.) Nation et État procèdent donc de deux modes différents de cohésion des sociétés.La distinction est de principe; elle est aussi de fait.Entre les deux, il n’y a pas de coïncidence obligée : il existe des nations sans État correspondant; les États plurinationaux sont d’ailleurs en majorité dans le monde actuel.Cependant, et c’est à ce point que j’introduirai une observation capitale pour la suite de ma réflexion, la nation et l’État entretiennent tous les deux des solidarités tissées par l’histoire.C’est évident pour la nation qui, à la limite, n’a pas d’autre assise.C’est vrai également pour l’État.(.) Le Canada est-il une communauté politique ?Les distinctions que j’ai suggérées, et qui n’ont rien de particulier à notre situation, m’amènent à récuser un projet de souveraineté du Québec qui aurait pour objectif d’identifier nation et État : il y a ici des anglophones et des autochtones, et la nation francophone ne se limite pas au territoire québécois.Selon les mêmes critères, le projet de confédération canadienne est, de soi, parfaitement justifiable.Mais à des conditions, qui ressortent tout autant de mes observations antérieures.La Confédération devait garantir la sauvegarde et l’épanouissement des nations qui y ont adhéré : dans notre cas, la nation francophone qui, après une longue histoire où ont alterné les tentatives d’assimilation et la réclu: sion dans une réserve folklorique, était en droit de trouver dans la Confédération un libre développement qui aurait enrichi la maison commune, sans s’y dissoudre.Cette première condition est en étroite relation avec une seconde : la Confédération devait former peu à peu une authentique communauté politique.Exigence à laquelle ne sauraient satisfaire ni des bricolages constitutionnels tardifs, ni des allusions attendries aux Rocheuses ou au passeport canadien.Une communauté politique, j’y ai insisté, est le produit d’une histoire, de la progressive sédimentation de solidarités.Or, l’histoire de la Confédération est l’histoire de l’échec à édifier une communauté politique.L’Union des Canadas avait été l’ultime tentative pour assimiler les francophones.Le Québec est entré dans la Confédération après l’échec de ce ré gime.On voulait contrer l’instabilité ministérielle, renforcer les colonies britanniques envers le voisin améri cain, promouvoir une extension de l’économie, en particulier par la cons- truction des chemins de fer ; les intérêts des hommes d’affaires ont été prédominants.Au départ, le peu de pouvoir dévolu au Québec, la dépendance étroite des politiciens provinciaux envers les politiciens fédéraux ont empêché des frictions qui ne se sont manifestées, et de plus en plus vivement, qu’avec le temps.Par ailleurs, les Pères de la Confédération, anglophones comme francophones, espéraient fonder ce qu’ils appelaient une nation nouvelle; l’expression est revenue souvent dans leurs déclarations publiques.Les francophones du Québec se retrouvaient, en toute hypothèse, sujets de deux nations.Québec, nation culturelle Canada, nation politique Comment a pu se dénouer l’ambivalence qui en découlait ?On s’est mis à insister sur le caractère culturel de la nation francophone, sur « notre langue, nos institutions et nos droits », selon la devise consacrée auparavant.Si je comprends bien, l’autre nation devait être une nation politique.Effectivement, les pouvoirs laissés au Québec étaient surtout de Tordre de la culture ; l’éducation, l’assistance sociale, qui devaient être confiées à l’Église et mises ainsi à l’écart de la politique.Curieux arrangement, on le voit, qui laissait la nation francophone largement en marge de la « nation nouvelle » définie avant tout par la politique.Ces facteurs sont de Tordre des structures du régime confédératif Mais, je le répète, une communauté politique repose aussi sur des symboles d’un consensus premier.On célèbre ses origines fondatrices dans l’émancipation des Cantons suisses, la Grande Charte britannique, la Déclaration d’indépendance américaine, la Révolution française, la Révolution belge de 1830.Or, rien de pareil au début de la Confédération.Les Pères ont refusé de tenir une consultation populaire : celle-ci aurait été, en la circonstance, non pas seulement le recours à un mécanisme démocratique, mais un acte fon- dateur analogue à ceux qu’ont connus d’autres communautés politiques.On s’est rabattu sur le vote des députés.Un excellent historien, Jean-Paul Bernard, a calculé que « parmi les 49 représentants des comtes francophones qui prennent part au vote, 25 disent oui et 24 disent non au projet de confédération.» ( Les Rouges.Libéralisme, nationalisme et anticléricalisme au milieu du XIXe siècle).Le moins que Ton puisse dire, c’est que le consentement à la nation nouvelle, à la communauté politique en genèse était fragile.Voilà une communauté qui doit célébrer ses origines avec discétion.La suite n’a fait qu'illustrer et accentuer ce défaut initial de structure et de symbolique.Dès les premières années de la Confédération a commencé la longue liste des atteintes aux droits scolaires des francophones des autres provinces.Les droits de la minorité anglaise au Québec avaient été soigneusement garantis, alors qu’on s’était montré plus négligent à l’égard des francophones du reste du Canada.Le gouvernement fédéral n’a jamais cessé de louvoyer, de manquer aux responsabilités qui normalement étaient les siennes.Combien de batailles aussi, qui nous paraissent aujourd’hui invraisemblables ou caricaturales, pour obtenir la monnaie bilingue, le timbre bilingue, un nombre un peu équitable de fonctionnaires francophones dans les services fédéraux.(.) Tout aussi significatif a été le retard du Canada à conquérir son autonomie à l’égard de l’Empire, entrave là encore à la création progressive d’une communauté politique canadienne.Les Canadiens français qui ont réclamé une plus grande autonomie, et même l’indépendance du Canada, espéraient renforcer de cette manière un État canadien susceptible de conférer à ses citoyens une identité propre.Le rapatriement de 1982, remake de 1867 Certes, on a rapatrié il y a peu la Constitution canadienne.Tardivement, et en l’absence du Québec : c’était répéter, en quelque sorte, l’échec de l’acte fondateur de 1867.Et puis, la symbolique d’une référence extérieure subsiste toujours : la chef de l’État est une reine étrangère ; un gouverneur général coiffe l’Etat canadien.On me dira que ces symboles ne gênent en rien nos décisions.Si ces symboles n’ont aucune importance, je ne vois pas pourquoi ils subsistent; s’ils perdurent, c’est qu’ils sont indispensables aux yeux d’un grand nombre.Le bilinguisme officiel, pratiqué le plus souvent en surface et avec parcimonie, ne pouvait faire dévier une tradition aussi longue et aussi solidement établie.On ne s’étonne pas qu’il soit si mal accepté en tant d’endroits.La politique du multiculturalisme a encore embrouillé les choses, au point où une personne normale n’arrive plus à se retrouver dans les nombreuses définitions officielles de ses allégeances politiques et nationales.Que Ton v ajoute la « société distincte », et un véritable capharnaüm tiendra lieu de communauté politique.À ces brefs rappels, plusieurs ne manqueront pas d’objecter que tout ça c’est de l’histoire, qu’il faut se situer carrément dans le présent et face à l’avenir.J’y reviens à nouveau : une communauté politique ne s’improvise pas; on ne saurait fabriquer d’un coup ce que récuse l’histoire.On mettre au point des mécanismes de fédéralisme « asymétrique » ou « coopératif », on accumulera toutes les métaphores ou les recettes; on ne parviendra qu’à faire faire monter en surface les vieilles divisions.L’échec d’une communauté politique canadienne est une tragédie pour tout le monde.Dans un continent anglophone, la nation francophone aurait pu trouver dans la Confédération un point d’appui solide en Amérique; de même, les Canadiens anglais auraient pu construire avec nous un État où les uns et les autres nous nous serions sentis chez nous, fiers de nos différences comme de nos convergences.Nous n’avons pas réussi.Et on ne voit pas comment un bricolage hâtif pourrait pallier un échec historique.(Premier de deux articles) Obscurantisme sexuel à l’Association des parents catholiques Charles Côté Conseiller pédagogique au programme de Formation personnelle et sociale à la CECM LE DEVOIR du 25 mars titre qu’un vidéo sur l’éducation sexuelle soulève la controverse.En tant que parent et responsable de dossier en éducation sexuelle, j’aimerais faire un apport au débat.Grandir est un vidéo de grande qualité fait par l’ONF, en collaboration avec l’école Adélard-Desrosiers de la CECM.Il répond à des questions que tout enfant de 9-12 ans se pose, et pour lesquelles il a peu de réponses claires et fiables.On en trouve dans les fiches du ministère de l'Éducation en Formation personnelle et sociale, et dans quelques publications d’éditeurs scolaires comme Guérin ou Musiphone.Les parents, un peu comme dans notre temps, sont mal placés pour en parler.Au-delà d’une certaine démission face à leur rôle d’éducateur, Us sont en porte-à-faux car leurs enfants, à ces âges, commencent leurs poussées d’émancipation.Ils veulent de moins en moins, pour cette raison, révéler des zones intimes qu’ils tentent maladroitement de maîtriser et d’autonomiser.De nombreux parents veulent ce vidéo.Cinq mille familles s’en sont déjà procuré une copie.Les parents arrivent à peine à faire passer les explications sur le hardware (anatomie, fécondation, MTS, exploitation sexueUe).Ils se heurtent à des blocages quant au software (TéveU sexuel, le consentement, les options sexuelles, les normes sexuelles, les stéréotypes, l’expression de sa sexualité).Et c’est précisément de cela que traite Grandir, dans la troisième partie du vidéo.Maints parents veulent ce vidéo.Cinq mille familles s’en sont procuré.Et tout à coup, l’Association des parents catholiques du Québec part en guerre.Ils font des pressions pour que la vidéo ne soit pas diffusée a Radio-Canada.Où veulent-ils en venir ?Un survol de certaines de leurs prises de position des années dernières contribue à nous éclairer.Dès les débuts du programme de Formation personnelle et sociale, ils croisent le fer avec le MEQ, afin que les valeurs du volet « Éducation à la sexualité » soient limitées à une certaine conception conservatrice du catholicisme.La sexualité serait essentiellement un acte de reproduction de l’espèce.Elle se manifesterait dans le mariage.La jeunesse s’en tiendrait à la continence.Ils perdent non seulement la bataille contre le ministère, mais l’Assemblée des évêques reconnaît le bien-fondé du programme tel qu’il est et lui apporte son soutien.Depuis, ils se redéploient contre toute intervention des domaines publics sur la sexualité, tant des gouvernements que des médias comme Radio-Canada.Pour eux c’est strictement une affaire privée, familiale.À ce propos, le MEQ stipule dans le programme que cette éducation est une responsabilité familiale, mais que devant l’état de non-information des enfants, il a aussi un rôle à jouer.Rappelons ceci : le passage du privé au public de la question des relations homme-femme, a été un des acquis des mouvements féminins, et assurément un jalon dans le progrès de l’humanité.Cette passation a fait ressortir la violence dans le couple, la répartition inadéquate des tâches et des pouvoirs, le droit à l’épanouissement sexuel de la femme.L’éducation sexuelle, passant du privé au public, consolide ces acquis car il est question, répétons-le, de stéréotypes, d’agir sexuel, de désir, d’options sexuelles.Dans une sq-ciété aux valeurs éclatées, des vidéos comme Grandir fournissent des balises nécessaires aux jeunes.Quant à l’Association des parents catholiques, plusieurs éducateurs, dont je suis, et de parents, souhaitent en connaître plus sur cette « Patente ».Quels sont leurs sources financières, où se recrutent leurs membres, leurs dirigeants, leurs idées officielles, leur influence ?Est-il vrai qu’ils jouent les éminences grises de maints commissaires lors des élections scolaires ?Beau sujet de reportage pour un grand quotidien.L'équipe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale Jean Chartier Yves O Avignon Jean Denis Lamoureux.Louis-G L Heureux Bernard Morrier, Laurent Soumis Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) a l'Information culturelle Pierre Beaulieu Paule DesRivieres, Marie Laurier, Robert Lévesque (Le Plaisir des livres), Nathalie Petrov/sXi Odile Tremblay à l'Information économique Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut Claude Turcotte à l'Information politique Josee Boileau, Pierre O'Neill (partis politiquesy Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste a Québec).Jocelyne Richer (information générale et parlementaire a Québec) Michel Venne (correspondant parlementaire a Québec) Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa), Jocelyn Coulon (politique internationale) François Brousseau (éditorialiste politique internationale et responsable de la page Idées et événements) aux affaires sociales : Paul Cauchon (questions sociales) Caroline Montpetit (enseignement primaire et secondaire).Isabelle Paré (enseignement supérieur).Louis-G Fraricoeur (environnement) Sylvain Blanchard (relations de travail).Clément tiudel (attaires /undiques).Suzanne Marchand (adjointe a ta direction) Marie-Josée Hudon.Jean Sébastien (commis).Danielle Cantara, Thérèse Champagne, Monique Isabelle.Christiane Vaillant (clavistes) Marie-Héléne Alarie (secrétaire a la rédaction).Isabelle Baril (secrétaire a ta direction) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur) Manon Scott" Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ Lise Millette (directrice) Jacqueline Avril, Caroline Bourgeois, Brigitte Cloutier, Francine Gmgras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix.Christiane Legault, Lise Maior Nathalie Tl abet (public taires) Marie-France Turgeon.Micheline Turgeon (maquettistes).Johanne Brunei (secrétaire) L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables).Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (secrétaire a l'administration).Raymonde Guay (responsable du financement privé) LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Bergamin (directrice), Monique Corbeil (ad|omte), Monique L'Heureux Lise Lachapelle.Olivier Zuida, Rachel Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements).Louise Paquette LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Françoise Blanc Manon Blanchette, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Françoise Coulombe.France Grenier.Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland LE DEVOIR est publié par I imprimerie Populaire Limitée société a responsabilité limitée dont le siege social est situe au numéro ?l 1 rue du Saint-Sacrement Montreal h?/ 1X1 ii est compose et imprimé par imprimerie Dumont 7743 rue Bourdeau une division de Imprimeries Québécor inc bl?ouest rue Saint j,,r Montreal L Agence Presse Canadienne est autorisée a employer el a diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribue par Mnssaqerms Dynamiques division du Groupe Québécor Inc située au 775 bout Lebeau St Laurent Envoi de publication Enregistrement no 0858 Dépôt | Bibliothèque nationale du Québec Téléphone général (514) 844 3361 Abonnements (514) 844-5738 I F.DEVOIR (USPS 003/08) is published daily by ; impriment* Populaire Limitée ?11 rue St Sacrement 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