Le devoir, 23 avril 1992, Cahier A
Montréal, jeudi 23 avril 1992 Vol.LXXXIII — No 94 Nuageux.Max.: 14.Détail page B-7.ans d'expérience à votre service Copieurs NP et Copieurs Personnels PC Canon four renseignements, appelez 65* + TPS + TVQ Toronto 85 cents SOCIÉTÉ Le pire est passé pour l’aviation civile En 1991, l’aviation civile a, pour la première fois de son histoire, vu baisser son achalandage.Les pires pronostics étaient encore jusqu’à récemment de mise.Mais, écrit Pierre Racine, le tableau général n’est pas si sombre et le transport aérien a de beaux jours devant lui.même si toutes les compagnies ne finiront pas le siècle.Page B-l Des explosions éventrent le centre de Guadalajara Au moins 150 morts et 500 blessés d'après Reuter MEXICO — Une série d’explosions provoquées par des fuites de gaz a fait au moins 150 morts et 500 blessés hier dans le centre de Guadalajara, deuxième ville du Mexique, rapporte l’agence Notimex.Une radio locale a fait état d’un bilan de 127 morts.Des reporters de l’agence gouvernementale, présents sur les lieux du drame, ont dit que les secouristes avaient dégagé au moins 100 corps des décombres de bâtiments qui se sont écroulés sous la violence des déflagrations.Celles-ci ont commencé vers 10 heures du matin.On en a compté une dizaine.Les autorités ont expliqué que des gaz inflammables s'étalent propagés à travers le réseau d’égouts, à la suite d’une fuite.Des habitants s’étaient plaints d’une forte odeur de gaz depuis mardi soir.« C’est catastrophique, c’est comme un tremblement de terre de 6 ou 7 sur l’échelle de Richter », a déclaré un porte-parole de l’État de Jalisco.Plusieurs rues de la ville ont été littéralement éventrées, « avec des trous de 15 mètres de large », a-t-il dit.« Il y a des voitures dans les arbres ou jusque sur le toit des maisons ».De nombreuses personnes ont été hospitalisées dans un état grave, certaines à la suite de l’éboulement de leur maison.Etats-Unis MEXIQUE Guadalajara Mexico 500 milles 500 km APfPC) Un journaliste de radio a dit avoir vu une cinquantaine d’édifices réduits à l’état de décombres et des dizaines de véhicules ensevelis.Des effectifs importants de pompiers, Sécurité civile, et de la Croix-Rouge continuaient d’affluer sur place en masse plusieurs heures après la catastrophe.Des effectifs du 2ème Régiment de cavalerie de Guadalajara sont attendus en renfort, ainsi que des unités du génie.La Croix-Rouge locale a également lancé des appels aux volontaires locaux, et aux propriétaires de grues et engins de levage pour aider à dégager les blessés des décombres.Un porte-parole de la Croix-Rouge a déclaré que la zone du centre-ville qui avait été la plus durement touchée par les déflagrations comptait environ 150 000 habitants.Voir page A-4: Explosions Les combats s’aggravent en Bosnie-Herzégovine Le FMI prévoit une forte croissance de l’économie canadienne en 1992 Le Canada connaîtrait la reprise la plus forte de tous les pays industrialisés Marie Tison de la Presse canadienne WASHINGTON — Le Canada connaîtra la croissance économique la plus forte de tous les pays industrialisés en 1992 et 1993, et le taux d’inflation le plus bas.Par contre, son taux de chômage demeurera élevé.Il s’agit là des prévisions du Fonds monétaire international (FMI), tel qu’exprimé dans « Perspectives économiques mondiales », un document que l’agence internationale publie deux fois par année pour faire le point sur l’économie mondiale.M.Michael Mussa, conseiller économique et directeur du département de recherche du FMI, a toutefois rappelé en conférence de presse hier que la récession avait été plus longue et plus profonde au Canada qu’aux États-Unis.Il faut voir la reprise robuste de l’économie canadienne dans cette perspective, a-t-il déclaré.Il a tenu à signaler que les autorités canadiennes avaient pris des mesures particulièrement vigoureuses pour contrôler l’inflation et ré- duire le déficit, mais il a ajouté qu’elles devaient continuer leurs efforts en ce qui concerne le déficit.« Je pense qu'au Canada, on manifeste plus de confiance envers les mesures prises dans le passé et les mesures à prendre que dans d’autres importants pays industralisés, a-t-il déclaré.Cela devrait aider la reprise.» Dans son rapport, le Fonds monétaire international indique que le Canada et la Grande-Bretagne ont connu une récession plus sévère que les États-Unis notamment parce qu’ils ont enregistré des pressions in- flationnistes plus importantes en 1989-90.Cela les a forcés à adopter des mesures de lutte à l’inflation plus vigoureuses.Toutefois, le FMI note que les taux d’intérêts sont beaucoup moins élevés au Canada qu’en Grande-Bretagne et que les entreprises canadiennes semblent être en meilleure situation financière.Cela devrait permettre à la consommation et aux investissements de redémarrer plus rapidement au Canada.En 1992, le Canada devrait connaître une croissance économique de Voir page A-4: Le FMI /- ' ’’ , PHOTO JACQUES NADEAU $k*Êm Retour à la Terre À l’occasion du Jour de la Terre, hier, 250 employés du module horticulture de la Ville de Montréal ont planté 250 nouveaux arbres sur le mont Royal.À l’autre bout de la ville, une soixantaine de leurs collègues cols bleus ont épuré des papiers et autres détritus qui jonchent les abords de la falaise Saint-Jacques le long de l'autoroute Ville-Marie.Cette récolte printanière a permis de remplir sept pleins conteneurs de papiers, de métaux et de déchets, dont 60 % de pneus jetés « par-dessus bord » par des citoyens peu scrupuleux.Les forces souverainistes promettent un été chaud Josée Boileau QU’ILS AIENT à répondre « oui » ou « non », les Québécois auront leur pays, ont indiqué hier les grands mouvements souverainistes du Qué^ bec en réaction aux propos du premier ministre Robert Bourassa ail journal Le Monde.L’objectif premier des souverain nistes est d’obliger M.Bourassa à « respecter son engagement » pris lors de l’adoption de la loi 150 et qui prévoit la tenue d’un référendum sut la souveraineté.Mais même si M.Bourassa s’en te.nait à l’idée d’un référendum sur les offres fédérales, il ne gagnera pas; précise le président du Mouvement national des Québécois (MNQ), M, Sylvain Simard.« Nous allons tout simplement battre ces offres », a-t-il spécifié.Au Mouvement Québec, le prési- , dent Serge Demers ajoutait que la T~ population du Québec ne se laisserait pas manipuler et qu'elle souhaite une question aussi claire que « Voulez-vous un pays».« Vu la pression des électeurs, les députés et M.Bourassa, qui est un démocrate, devront y réfléchir à deux fois avant d’amender la loi 150», a-t-il dit.M.Demers a également noté que M.Bourassa ne pouvait se permettre « de briser le Québec pour sauver le Canada ou contrer la division au sein de son propre parti ».Tant le MNQ (qui regroupe l’ensemble des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec) que le Mouvement Québec (qui chapeaute, lui, tout ce qui s’appelle souverainiste — PQ, Bloc québécois, CSN, FTQ, CEQ, etc, y compris le MNQ !—) ont par ailleurs lancé hier leur campagne préréférendaire.Dans les deux cas, on a promis de l’action : manifestations, colloques, assemblées de cuisine, pétition.« Le gouvernement devra surveiller la rue, là où la majorité s’exprimera », a dit M.Demers.« L’été sera chaud et intéressant », a lancé M.Simard.Si des rencontres de moyenne envergure ont déjà eu lieu (notamment la série « Les lundis de l’indépendance » qui se tiennent chaque semaine à Montréal), les grands projets restent toutefois aussi flous que lors du lancement de Mouvement Voir page A-4: Souverainistes Les travailleurs de Maple Leaf reprennent espoir d'après Reuter et AFP SARAJEVO — Les combats entre milices adverses se sont aggravés hier en Bosnie-Herzégovine, où ils se sont étendus en de nombreux points du territoire.Malgré l’intensité des affrontements, la mission de paix de la Communauté européenne doit arriver aujourd’hui à Belgrade.La mission est composée de Lord Carrington, médiateur de la CEE dans la crise yougoslave, et Joao de Deus Pinheiro, ministre portugais des Affaires De Sarajevo à Sarajevo, un siècle de nationalismes en Europe : page B-l étrangères.Toutefois, il n’est pas certain que la mission puisse se rendre à Sarajevo.Plusieurs pays, dont l’Algérie, l’Autriche et la Conférence islamique, ont demandé hier un débat d’urgence au Conseil de sécurité sur la situation en Bosnie.À Sarajevo, les combats ont recommencé à l’aube entre les milices musulmanes indépendantistes et les éléments serbes qui encerclent la ville.Les affrontements faisaient rage à la périphérie de la capitale, aux abords de l’hôtel Bosna, utilisé par les observateurs de la Communauté européenne présents dans l’ancienne république yougoslave.De source proche du gouvernement bosniaque, on déclarait que des obus de mortier avaient touché le vieux quartier de Voir page A-4: Bosnie-Herzégovine Sylvain Blanchard LICENCIÉS il y a un peu plus d’un mois, les 425 travailleurs ae l’usine Maple Leaf à Montréal, dont la production vient de prendre le chemin de Toronto, pourraient avoir de quoi se réjouir la semaine prochaine.Le gouvernement du Québec s’apprêterait en effet, selon Yvon Bel-marre, directeur québécois des Tra-vaileurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), à libérer les fonds nécessaires pour permettre la réalisation d’une étude de marché susceptible, en 93, de mener à la création d’une nouvelle usine de traitement de charcuterie.Cette étude serait pilotée par les TUAC, un affilié de la FTQ, et impliquerait, outre les syndiqués, le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et d’ex-cadres de l’usine de la rue Mill.L’objectif : trouver des investisseurs intéressés à produire ici ce que Maple Leaf a décidé de produire ailleurs.Dans un premier temps, on tentera de cibler le marché, puis, avec l’aide du Fonds de solidarité, de mettre sur pied toute la structure organisationnelle nécessaire à la réalisa- tion de ce projet.Différents groupes populaires du sud-ouest de Montréal sont actifs dans le dossier, apportant au syndicat tout le support requis pour préserver les 425 emplois perdus dans ce quartier, l'un des plus défavorisés de 111e.Une collaboration qui vient s’ajouter à celle du ministre de l’Agriculture Yvon Picotte, que les TUAC n’hésitent pas à encenser pour l’intérêt qu’il porte à leur projet.« Les rencontres que nous avons avec lui ou les membres de son cabinet sont très encourageantes, dit Yvon Belmarre.Tous semblent partager notre enthousiasme quant à nos chances de réussite.Reste à savoir maintenant quel sera le montant qui nous sera accordé pour nous organiser.On le saura la semaine prochaine ».Le syndicat demande 275 000 $ Mais au ministère de l’Agriculture, on refuse d’avancer un chiffre.On admet cependant que la semaine prochaine, « il pourrait effectivement se passer quelque chose».Rappelons que la division production de l'usine de la compagnie Maple Leaf située sur la rue Mill a été fermée sous prétexte qu’elle fonctionnait à moins de 60 % de ses ca-Volr page A-4: Maple Leaf ce LU < O < O LU Q.CO SYNDICALISME RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES 842-9645 Date de tombée le 24 avril 1992 PARUTION le 1er mai DANS LE DEVOIR LE DEVOIR publiera le 1er mai, fête des travailleurs, son traditionnel cahier spécial sur le syndicalisme.En vingt ans, le mouvement syndical québécois a bien changé et les stratégies syndicales aussi.En mai 1972, on s en souvient, c était l’époque du syndicalisme de combat.Aujourd'hui, on pratique plutôt un syndicalisme de concertation.Ce cahier spécial examinera les formes de ce nouveau syndicalisme.On étudiera les mécanismes de participation au développement de l'entreprise qui se multiplient dans le secteur privé.L’emploi y est devenu priorité des priorités et on parle d’abondance de nouveau contrat social.Il examinera aussi les stratégies qu’adopteront les syndicats du secteur public pour protéger les acquis des dernières années.» I A-2 ¦ Le Devoir, jeudi 23 avril 1992 L’application du code d’éthique crée des remous dans les centres hospitaliers Paul Cauchon MAINTENANT que la grande bataille des médecins est terminée il faut bien essayer de mettre en oeuvre la réforme de la santé, non sans tiraillement comme l’illustrent les débats lancés hier au congrès annuel de l’Association des hôpitaux du Québec (AHQ).L’AHQ a pris le taureau par les cornes en intitulant son congrès « Les lendemains de la réforme », et un exemple frappant des « problèmes » causés par la nouvelle loi concerne cette nouvelle obligation pour les centres hospitalisera de se doter d’un code d’éthique.L’avocat Martin Hébert, consultant de plusieurs établissements pour les questions d’éthique, se dit d’emblée en « profond désaccord » avec cette nouvelle disposition de la loi.« L’exercice même de vouloir codifier l’éthique est un erreur, soutient-il.C’est un instrument trop formel qui est proposé, un instrument de nature obligatoire et exécutoire auquel on doit obéir, alors que l’éthique, c’est une interpellation de notre conscience : nous avons à choisir ce qui doit être codifié ou non».Me Hébert remarque également que l’article qui stipule la création de ce code est situé dans un chapitre consacré au personnel, personnel définit ailleurs comme excluant les médecins et les dentistes.Et il estime qu’il vaudrait mieux investir dans les sessions de formation et dans les comités d’éthique.L’avocate Anne Lapointe, de Québec, abonde dans le même sens, soulevant également le fait que comme ce code peut varier d’un endroit à l’autre, « le patient ne saura pas à quoi s’attendre d’un établissement à l’autre ».« À la base, l’éthique relève d’une morale et d’une conscience, ajoute cette avocate célèbre pour avoir défendu la cause de Nancy B.On parle ici d’individus qui n’entrent pas nécessairement dans les normes».Des inquiétudes partagées par certains spectateurs de ce débat, qui faisaient remarquer que puisqu’un tel code devrait également prévoir des sanctions le Conseil d’administration de rétablissement doit se pencher sur les implications légales de ces gestes.Ces propos étonnaient Guy Durand, professeur à la faculté de théologie de l’Université de Montréal et spécialiste de l’éthique, qui estime que ces codes peuvent devenir des instruments de sensibilisation du milieu, et qui y voit l’occasion de s’interroger sur les pratiques en cours.« Le plus important n’est pas l’adoption du code, mais tout le travail de sensibilisation autour.L’éthique, c’est d’abord l’interpellation des responsabilités de chacun ».Guy Durand a d’ailleurs été un des rares participants à donner des exemples concrets de problèmes auxquels peuvent s’attaquer un tel code : l’accès à la chambre d’un malade par exemple, la confidentialité, ou encore le vouvoiement envers les personnes âgées.« Nous sommes d’abord interpellés dans nos propres valeurs, nos façons d’agir, et les Conseils d’administra- tion doivent pouvoir regarder les valeurs qui soustendent les décisions qu’ils prennent », ajoute Jean-Pierre Duplantie, directeur général du Conseil régional de la santé de l’Estrie.Madeleine Mayer, professeur de philosophie au cégep André-Laurendeau, ajoute d’ailleurs que le fait d’effectuer des choix en fonction des seuls critères de performance budgétaire, « c’est une valeur en soi ».Elle en appelle au sens des responsabilités des gens qui siègent sur les conseils : « Le conseil d’administration doit assumer ses responsabilités, devenir le chien de garde et ne plus être le heu où s’officialisent les décisions prises ailleurs».Elle ajoute que le pouvoir politique doit aussi poser clairement les valeurs sociales, et elle voit dans le caractère obligatoire du code une position politique affirmée.Une seule conclusion possible : tous semblaient s’entendre pour affirmer que ce débat doit mieux nous sensibiliser aux problèmes humains vécus dans les hôpitaux.Lucien Bouchard accuse Bourassa de se faire l’émule de Clyde Wélis d'après la Presse canadienne LE CHEF du Bloc québécois, Lucien Bouchard, accuse M.Bourassa de se faire l’émule du premier ministre terre-neuvien, Clyde Wells, en menaçant de renier sa signature au bas de la loi 150, qu’il avait lui-même parrainée à l’Assemblée nationale.« Dans la mesure où M.Bourassa respecte sa loi, on va être son allié.Mais si M.Bourassa se met de travers par rapport à la volonté démocratique de la population et de l’Assemblée nationale, il va nous trouver dans son chemin et on ne sera pas seul », a promis le chef du Bloc québécois dans une interview à la Presse canadienne.« Telle une girouette », dit M.Bouchard, le chef du gouvernement québécois passe d’une position à l’autre, flirtant avec la souveraineté à Bru- xelles, la question référendaire dans une interview au journal Le Monde, se faisant rassurant avec sa récente profession de foi fédéraliste, qui a •suivi sa déception publique devant les recommandations du rapport Beaudoin-Dobbie sur le renouvellement du Canada.« M.Bourassa est en train de violer tout ce qu’il a d’obligations envers l’Assemblée nationale, envers la population et envers son parti.Je dis qu’il ne pourra pas passer à travers ça.Dans ses attitudes de cynisme, il est rendu très loin.Une loi, ça ne veut rien dire; sa signature, ça ne veut plus rien dire; et un consensus autour d’une date et d’un référendum sur la souveraineté, ça ne veut plus rien dire.» M.Bouchard reproche à M.Bourassa de traiter de constitution comme s’il s’agissait de paver une grande artère.« Il ne s’agit pas de construire une route à quatre ou à six voies, il s’agit de l’avenir du Québec», dit-il.« C’est incroyable.On dirait que c’est une tentative délibérée de vouloir faire en sorte que les gens perdent intérêt pour la question nationale, la question constitutionnelle, alors qu’on sait que c’est un verrou qu’il faut faire sauter pour arriver vite à régler les vrais problèmes », affirme-t-il.Le chef du Bloc québécois reproche à M.Bourassa d’être aux prises avec une crise économique « dont il ne s’occupe pas » et de vouloir « tuer, diluer la preoccupation que les gens ont de régler les vrais problèmes ».M.Bourassa «joue avec le feu» parce que, conclut le chef du Bloc, « il a peur de poser la vraie question », la trouille de trouver « la » ré- ponse.D’autre part, le ministre des Affaires constitutionnelles a félicité M.Robert Bourassa de vouloir consulter les Québécois l’automne prochain sur les offres fédérales qu’Ottawa s’est engagé à présenter d’ici la fin mai.« La promesse faite par le premier ministre Bourassa de tenir un référendum sur les propositions de réforme constitutionnelle qui résulteront de la ronde Canada est un reflet de son engagement vis-à-vis du Canada.Comme M.Bourassa l’a lui-même souligné, il est possible de bâtir un Québec dynamique sans détruire le Canada », fait valoir M.Joe Clark, dans un communiqué émis hier dans lequel il commente la déclaration du premier ministre québécois au quotidien Le Monde.La fonction publique fédérale respecte mal la diversité démographique canadienne Maurice Girard de la Presse canadienne OTTAWA — La fonction publique fédérale a peut-être deux fois plus d’employés issus des minorités « visibles » que la bureaucratie québécoise, mais elle se fait reprocher, elle aussi, de ne pas refléter dans sa composition la diversité démographique canadienne.« Les données sont à cet égard éloquentes », a déclaré hier le président du Conseil ethnoculturel du Canada, M.Lewis Chan, qui rendait publique une étude effectuée auprès de 43 ministères et organismes fédéraux comptant plus de 200 employés.L'enquête a porté essentiellement sur les quatre premières années de l’application de la Loi sur l’équité dans l’emploi, qui n’a provoqué qu’une « amélioration marginale » des minorités visibles dans la fonction publique fédérale.« Située à 3,6 des effectifs fédéraux en 1991, la représentation des minorités visibles est deux fois moins forte que dans le secteur privé, réglementé par le gouvernement fédéral », affirme le rapport.Au Québec, le pourcentage des fonctionnaires « minoritaires » oscille autour de 2%- De 1988 à 1991, le pourcentage de fonctionnaires appartenant à un groupe ethnique identifiable à l’oeil nu n’a augmenté que de 1 %.Il s’agirait, selon le conseil, d’un accroissement net de 22 postes, même si la statistique officielle indique pour la seule année 1989-1990 un gain de plus de 1000 ( 6576 à 7583).L’explication du Conseil : un plus grand nombre de fonctionnaires sont moins réticents à s’identifier à un groupe minoritaire.Des 43 organismes oscultés, seulement trois ont dépassé les normes du marché, où 5,9 % des travailleurs appartiennent à un minorité visible, et 11 autres ne pouvaient prétendre compter un seul cadre de couleur dans leurs rangs.Le Conseil privé, qui relève du bureau du premier ministre, obtient un des scores les plus faibles.Des 4429 cadres recensés, à peine 92 sont issus d’une minorité visible et des 69 nouvelles embauches effectuées en 1990, pas une seule n’a été recrutée chez les minorités.En fait, appartenir à un groupe minoritaire, c’est risquer plus que de coutume de perdre son emploi ou de rater sa titularisation, fait-on valoir.Le rapport est explicite : « Quand on répartit les congédiements en 1990, il semble qu’un pourcentage anormalement élevé de membres des minorités visibles ait été libéré, cet euphémisme pour congédiement, soit 5,6% (10 cas sur 179).Un nombre encore plus grand n’a pas réussi à franchir l’étape de la période d’essai à l’embauche, 5,9% (13 cas sur 219) ».Pour rectifier la situation, le Conseil recommande d’étendre la portée de la loi fédérale à tout organisme et ministère fédéraux et d’accélérer la procédure d’étude des cas de discrimination.Plusieurs institutions fédérales étaient exclues de la recherche comme les militaires, la GRC, certaines sociétés de la Couronne, les postes ministériels politiques et le Conseil national de la recherche.En somme, conclut M.Chan, « le gouvernement fédéral nous ordonne de faire ce qu’il dit mais de ne pas suivre son exemple».EN BREF.Le CPQ réplique aux centrales syndicales LE CONSEIL du patronat du Québec (CPQ) dit être disposé à un débat public sur plusieurs des questions que soulève la plate-forme sur la fiscalité, rendue publique mardi par les trois centrales syndicales CSN, CEQ et FTQ, notamment sur l’accroissement des activités au noir et sur la vogue que connaît le magasinage outre-frontières.Le président du CPQ, M.Ghislain Dufour, a émis hier un communiqué où il se dit en désaccord avec l’exposé des centrales syndicales lorsqu’elles affirment que la réforme du régime fiscal canadien et québécois s'est faite, depuis une décennie, à 1 avantage des entreprises et des hauts salariés.Le CPQ rappelle, par exemple, que le pourcentage de citoyens gagnant plus de 100 000 $ et ne payant pas d’impôt était de 2,2 % en 1984, part qui baissait à 0,35 % en 1988.Le CPQ dit partager l’objectif d’une fiscalité plus efficace et plus équitable, mais il situe la solution beaucoup plus dans l'équilibre budgétaire que dans une révision en profondeur de la fiscalité.Ce qui est en cause, selon l’organisme patronal, c’est la « boulimie gouvernementale ».Les entreprises paient leur juste part d’impôts, soutient le CPQ qui souligne que pour l’exercice se terminant le 31 mars 1991, le fédéral a prélevé des entreprises des sommes de 60 % plus élevées que ce n’était le cas sept ans auparavant et ce, pour une année où les sociétés avaient vu chuter leurs bénéfices d’environ 10 % par rapport à l’année précédente.En réponse au document syndical sur la fiscalité mis au point par les trois plus importantes centrales syndicales québécoises qui réclament la mise sur pied d'une Commission d’enquête publique sur la fiscalité, le CPQ compte faire paraître prochainement « un dossier complet sur la question de la fiscalité des entreprises et des particuliers ».Traversée avortée à Anvers BRUXELLES (Reuter) — La police du port belge d’Anvers a trouvé mardi 11 ressortissants roumains dans un conteneur en partance pour le Canada, a annoncé mercredi un porte-parole des forces de l’ordre.Les 11 hommes avaient passé les fêtes de Pâques dans ce conteneur de 12 m de long, qui devait traverser l’Atlantique en 12 jours.Mais la présence de petits trous dans le conteneur a fait soupçonner une anomalie à des dockers.Les clandestins, qui sont en bonne santé, avaient stocké eau et vivres pour le voyage.Arrivés illégalement par la route en Allemagne puis en Belgique, ils y avaient demandé l’asile politique et leur présence y avait été légalisée.Tous ont été libérés du fait que leurs papiers étaient en règle.Charles craint pour ses petits-enfants LONDRES (Reuter) — Le prince Charles a réclamé hier « vision et courage » dans la lutte contre les problèmes de l’environnement.Il a exhorté les dirigeant mondiaux de mettre au point des stratégies permettant de combattre également la pauvreté lors du Sommet de la Terre en juin au Brésil.« Je crois que nous vivons une époque dangereuse et je pense que ça vaut la peine d’écouter attentivement les observateurs intelligents de l’environemment qui, de plus en plus, parlent d’une seule voix », a-t-il dit lors d’une réunion à Londres de la commission mondiale de l’environnement.« Si nous ne réussissons pas à mettre au point un programme pratique et à long-terme au sommet de Rio, nous sacrifierons la vie de nos petits-enfants et de nos arrières-petits-enfants pour un gain à court-terme », a-t-il ajouté.Amnistie condamne l’exécution de Harris LONDRES (AP) — Amnistie Internationale a condamné hier « la triste bataille contre la montre » qui a précédé l’exécution du condamné à mort Robert Alton Harris dans la prison de San Quentin mardi en Californie.Amnistie Internationale, qui est contre la peine de mort d’une manière générale, déclare à propos de cette exécution: « La détermination des autorités de l’État de gazer leur¦prisonnier dès qu’elles ont pu le faire avec l’appui de la Cour suprême des Etats-Unis s’est achevée par une triste bataille contre la montre.« Tout dans cette affaire nous confirme dans notre conviction, et dans la conviction d’un nombre croissant de gouvernements dans le monde, que la peine de mort est un châtiment cruel, inhumain et dégradant qui doit être aboli.» Hécatombe chevaline LONG SAULT, Ont.(PC) — Une bétaillère conduisant 45 chevaux à l’abattoir d’une usine de colle au Québec, s’est renversée hier sur l’autoroute 401, tuant 18 des animaux, a rapporté la Police provinciale de l’Ontario.Selon la PPO, deux des chevaux étaient gravement blessés et ont dû être abattus sur place.Vingt-cinq des 27 chevaux qui n’ont pas été blessés dans l’accident ont été rattrapés.Les deux autres ont disparu dans la nature.Le chauffeur de la bétaillère, Mario Belhumeur, 34 ans, de Yamachiche, au Québec, a été hospitalisé, mais il ne soufre de que légères blessures.Il a expliqué aux enquêteurs que l’accident est survenue alors qu’il était dans une voie de dépassement et que les animaux étaient en mouvement dans le camion.« C’est ce qui aurait provoqué la perte de contrôle », a-t-il dit.Terminus de la STCUM à Henri-Bourassa LE CONSEILLER du district municipal Fleury, M.Pierre Lachapelle, a confirmé hier la construction imminente d’un terminus de la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM) au métro Henri-Bourassa.Ce nouveau terminus, un bâtiment de construction légère, permettra aux usagers du transport en commun de passer du métro à l’autobus de manière plus confortable et plus sécuritaire.L’érection de ce terminus, au coût de 2 millions $, s’inscrit dans la foulée des mesures annoncés récemment pour relancer le transport en commun.Ce plan de relance dispose d’un budget de 17 millions $ pour 1992 et vise à redresser l’achalandage de 4 % d’ici 1996, ce qui représenterait 20 millions d’usagers supplémentaires par année ou l’équivalent de 25 000 automobiles de moins par jour au centre-ville.LE DEVOIR COCKTAIL-BÉNÉFICE LH DEVOIR a une tenace volonté de vivre, comme la société dont il émane.Fidèle à ses principes fondateurs, il se refait de génération en génération, et va d'une adversité à l'autre en y trouvant la force de se ressourcer.L'histoire de ce miracle est double.C'est celle de ses artisans qui l'ont porté à travers temps fastes et néfastes.C'est celle de ses amis, qui le lisent, y croient, et le soutiennent.LE DEVOIR est une victoire contre la fatalité, et une lutte qui vaut, de temps en temps, d’être célébrée.Merci de vous joindre à nous.Lise Bissonnette Les patrons de l’événement Jean-Pierre Brassard Vice-président Hydro-Québec, répion Mcilapédia Marc-André Dionne Recteur t diversité du Québec à Rimouski Lisette Morin Journaliste Raymond SiroLs Président du conseil d administration Québec-Téléphone Le comité d’honneur Albert Côté Ministre des Iorêts (îtntt émanent du Québec Gaston Côté l’résident C hambre de commerce de Hlmnuski Danielle Daignault Direct rite régionale (.ojnmunnations Québec Guy D'Anjou Maire de Mont Joli Rita Giguère / )irectnce générale Conseil de la culture deled da Québec inc Paulette Griffin Maire de C.ahano Wesley Hogg /’rem 1er rice président et directeur général f édération des caisses fxipnlaires Des/ardins de Himouski François Lachapelle Directeur général Musée régional de Himouski Mgr Gilles Oucllet fitvque de Himonski Gilles Simard Directeur Conservatoire de mas nine de Hi mon ski Raymond Tudcau Président Commission scolaire !xi SelRetle L’hon.Monique Vézlna Ministre d fitat a IH m plot et à I Immigration Com eniement dn C anada les /tairons de I éi énemenl et les membres du i omlté d honneur tiennent à marquer./>ur leurprésence a cette soirée leur soutien à ce quotidien unique fondé /tar Henri Bourassa en IV10.et toujours au Cfvnr des réalités québécoises et canadiennes lu relance du UhVfj/H sera Ioccasion de retroui ailles unis éyardaux/xjrtls ou autres allégeances, entre amis d ime presse libre et / IgotUVUSe Madame Lise Bissonnette directrice du DEVOIR vous invite à un cocktail-bénéfice le vendredi 24 avril 1992 à compter de IS h OO à l'entrée de l’Atrium de l’Université du Québec à Rimouski pour célébrer LE DEVOIR et sa relance Elle vous accueillera en compagnie des patrons de l’événement et des membres du comité d’honneur Prière d utiliser le carton-réponse ct-Joinl pour retenir vos places pour le cocktail-bénéfice du 24 avril 1992 en b/u Prêt Âuto-Ôption'u BANQUE NATIONALE Notre banque nationale /1CCORD L_ X mois* Trans., prép.et taxes Incl.5 vitesses, berline 4 portes • Moteur de 2.2 litres • Radio MA/MF stéréo cassette • Moteur de 16 soupapes • Alimentation à injection • et beaucoup, beaucoup plus Brunch annuel au Grand Salon de l'Hôtel Bonaventure Hilton de Montréal V Honorable Jean Chrétien, c.p.s'adressera aux Québécois et Québécoises à l'occasion d'un brunch-bénéfice qui aura lieu le dimanche, 3 mai prochain à12h00 Pour réservation signalez le (514) 866-2966 Hatchback 2 portes, 5 vitesses • Moteur de 1.5 litres • 102 Chevaux • Moteur à 16 soupapes • Pneus radiaux quatre-saison • et beaucoup, beaucoup 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pétition réclamant la tenue d’un référendum sur la souveraineté dans les plus brefs délais.SUITES DE LA PREMIERE PAGE + Explosions Guadalajara, qui a environ trois millions d’habitants, se trouve à 400 km au nord-ouest de Mexico.En novembre 1984, dans la banlieue de Mexico, des centaines de personnes avaient trouvé la mort à la suite d’explosions elles aussi provoquées par des fuites de gaz.?Bosnie-Herzégovine Basearsija, dans le centre-ville.Deux journalistes étrangers figurent parmi les blessés de la journée d’hier.L'un d’eux a été touché en Croatie.Rob Ceillers, caméraman de l’agence d’images Visnews, a été blessé à l’arme légère alors qu'il filmait des combats dans les rues de Sarajevo, capitale de la Bosnie.Il souffre d'une blessure superficielle, a précisé Visnews.Un journaliste canadien, dont l’identité n’est pas connue, a été plus gravement atteint lors d’un bombardement à Slavonski Brod, en Croatie.Il a été opéré dans un hôpital local.D’après la radio croate, Slavonski Brod a été touchée par plus de 30 obus au cours de la journée.Bo-sanski Brod, en territoire bosniaque, en a reçu plus de 100.Toujours d’après la radio, un MiG-21 de l’armée de l’air yougoslave aurait été abattu près de Mostar, dans le sud-est de la Bosnie, et la ville essuierait des tirs de mortier.Cette information n’a cependant pas été confirmée.La région, a ajouté la radio croate, a été bombardée par trois avions.Les parties en présence faisaient également état de violents combats et de dégâts importants à Bosanska Krupa, dans l’ouest de la république, où l’eau et l’électricité ont été coupées.L’agence Tanjug y signale de nombreux blessés.Radio-Sarajevo fait état d’affrontements similaires à Sanski Most, dans la même région.La localité aurait été évacuée par 3000 de ses habitants.Dans Sarajevo elle-même, des tireurs embusqués rendent tout déplacement dangereux.Le général Satish Nambiar, com- mandant de la force de l’ON U déployée en Croatie, a déclaré que la situation ne modifiait pas ses projets.« L’évolution défavorable et l’extension des combats n’influenceront pas le projet d’arrivée et des déploiements des forces de paix de l’ON U », a-t-il déclaré à Knin, dans le sud de la Croatie.Le mandat des Casques bleus ne leur permet cependant pas d’intervenir en Bosnie, dont le territoire est situé entre la Serbie et la Croatie, bien que leur quartier général se trouve à Sarajevo.Les combats ont commencé avec-la déclaration d’indépendance de la Bosnie, prononcée à la suite d'un référendum organisé les 29 février et 1er mars.Ils opposent indépendantistes musulmans et croates d’une part et Serbes d’autre part.La reconnaissance de la Bosnie par la communauté internationale, au début du mois, n’a fait qu’aggraver les affrontements.En dépit des dénégations de la Serbie, principale république de la Yougoslavie, les États-Unis et la CEE accusent celle-ci d’être profondément impliquée dans les combats à des fins d’expansion territoriale.Par ailleurs, l’Algérie a demandé au Conseil de sécurité d’examiner d’urgence la situation en Bosnie-Herzégovine, a-t-on indiqué hier de source officielle algérienne à l’ONU à New York.Dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité et rendue publique hier, l’ambassadeur d’Algérie à l’ONU, M.Messaoud Ait Chaalal, demande au Conseil de prendre « le plus rapidement possible les mesures concrètes appropriées, notamment par l’intermédiaire de la Force de protection des Nations unies (FORPRONU), en vue de mettre un terme à la tragédie que vit le peuple de Bosnie-Herzégovine ».Lundi, l’Algérie avait pris contact avec la CEE et l’ONU à propos de la situation dans cette république.L’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui regroupe 45 pays dont l’Algérie, a également demandé hier au Conseil de sécurité d’agir en Bosnie-H erzégovine.L’Autriche, par l’intermédiaire de son président, Kurt Waldheim, ancien secrétaire général de l’ONU, a formulé une demande identique.Hier, le secrétaire général de l’ONU a accepté de déployer une centaine d’observateurs de l’ONU, non armés, dans plusieurs districts du sud du pays, près de Mostar.M.Cyrus Vance, émissaire spécial de l’ONU, de retour de Bosnie-Her- LE DEVOIR Renseignements (514) 844-3361 Administration (514) 844-3361 Rédaction 15141 842-9628 Annonces classées.(514) 286-1200 Publicité .(514) 842-9645 numéro sans trais * J-800-363-0305 Abonnements Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements postaux.Montréal.(5141844-5738 Extérieur (sans frais).1-800-463-7559 Service à la clientèle LE DEVOIR 211, St-Sacrement, Montréal QCH2Y1X1 DE 9H°° ^16H3° Les environnementalistes demandent un moratoire sur l’incinération des déchets Louis-Gilles Francoeur LES 40 GROUPES environnementaux québécois oeuvrant dans le dossier des déchets ont demandé hier à Québec de décréter, comme en Ontario, un moratoire total sur l’incinération des déchets domestiques et dangereux jusqu’à ce qu’une refonte des politiques et des lois ait établi les règles du jeu de la prochaine décennie.Cette demande survient au moment où au moins deux incinérateurs régionaux sont planifiés au Québec en plus du projet de Montréal de rénover le sien d’ici quelques années.Par ailleurs, Québec songe à autoriser la destruction de produits dangereux dans les fours à ciment malgré leur proximité des populations urbaines et les conclusions inquiétantes de récentes études sur la question.La demande de moratoire, qui englobe aussi l’ouverture de nouveaux sites d’enfouissement, a été adressée hier au ministre québécois de l’Environnement, M.Pierre Paradis, par le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.Cet organisme survit depuis deux ans grâce aux maigres contributions des groupes de citoyens et environnementaux, eux-mêmes faméliques, qui le composent.Québec a refusé toute subvention à ce groupe provincial, qui fut le seul à parrainer un projet de réduction à la source des déchets.Le Front commun a d’autre part demandé à M.Paradis de « mettre fin aux rapports incestueux » qui prévalent, à son avis, entre son ministère et les cimentiers, industriels et vendeurs d’incinérateurs du Québec.Les porte-parole du Front commun ont qualifié de « scandale » le fait que le ministère a confié aux cimentiers et industriels favorables à l’incinération le soin d’élaborer loin des ci- toyens et environnementalistes la politique et les normes gouvernementales qui vont éventuellement s’appliquer à leurs entreprises.Le gouvernement et le ministère en particulier, ont-ils souligné, ne peuvent pas baser la politiaue de gestion des déchets sur une prémisse qui reconnaît a priori le bien-fondé de l’incinération: «On décide derrière des portes closes ce qui devrait faire l’objet d’un large débat démocratique », a déclaré M.Alain Ra-jotte, porte-parole du Front commun.« Ce faisant, a ajouté ce dernier, le gouvernement définit sa politique de gestion des déchets à partir d’une seule filière technologique : l’incinération.Et il ose la modeler en cachette en fonction des objectifs des industriels.Si le ministère est incapable de rappeler à l’ordre l’auteur de cette situation inacceptable, le sous-ministre adjoint au secteur industriel, M.André Marsan, nous devrons conclure que nous n’avons plus au Québec de ministre et de ministère de l’Environnement digne de ce nom.» Le Front commun réagissait au dossier publié, le 7 avril dernier, par LE DEVOIR, qui révélait comment Québec a entrepris d’élaborer sa politique d’élimination de déchets industriels dans les fours à ciment.Les documents obtenus indiquaient d’autre part que les postes clés de cette opération, visant à concevoir la politique et les futurs règlements, avaient été presque tous confiés aux futurs administrés industriels, à l’exclusion des groupes environnementaux oeuvrant dans ce domaine.Un seul a été invité à joindre le club sélect mis sur pied et il a décliné, faute de pouvoir protéger véritablement son indépendance.Le Front commun a attendu trois semaines avant de réagir publiquement à la publication du dossier du DEVOIR parce que les 40 organismes voulaient établir une position commune à l’occasion de l’assemblée qu’ils ont tenue à Montréal la veille de Pâques.C’est là qu’ils ont décidé de demander la parité avec les citoyens de l’Ontario dans le dossier des déchets.Le gouvernement ontarien a décrété, en septembre dernier, un moratoire complet sur les projets d’incinération de cette province parce que, se fiant notamment aux etudes de la commission mixte internationale, il vise désormais le niveau d’émission zéro pour tous les toxiques omniprésents dans les rejets d’incinérateurs.L’Ontario entend d’autre part profiter du retard de ses voisins, comme le Québec, pour fair resurgir et consolider chez elle de préférence la nouvelle industrie du recyclage, concepteurs et acheteurs de matières compris*.Queens’ Park a aussi décidé de remettre en question ses lois de l’environnement et des affairmes municipales pour les refaire, au besoin, en fonction de ce que ces citoyens vont lui suggérér à l’occasion de la consultation provinciale en cours sur ce sujet.Le gouvernement s’est dit prêt à aller jusqu’à modifier en profondeur le rôle traditionnel des villes, cantons, gouvernements régionaux pour que la nouvelle politique ne soit pas enlisée dans des structures politiques d’un autre âge.C’est un exercice aussi profondément novateur qu’a réclamé hier le Front commun des 40 groupes de M.Paradis et de son collègue des Affaires municipales, M.Claude Ryan.Et le succès d’un tel examen dépendra, ont affirmé les porte-parole du Front commun, du « niveau d’indépendance intellectuel et politique » que le ministère de l’Environnement réussira à préserver car il ne devra dans ce domaine être manifestement voué qu’à la défense de l’intérêt gé- néral, ce qui exclut les relations « incestueuses » qu’il entretiendrait avec les cimentiers et industriels pour l’heure.« On ne va pas accepter que la gestion des déchets de nos villes et de nos entreprises se concocte entre quelques fonctionnaires et industriels derrière des portes closes comme si les Québécois étaient des arriérés incapables de décider ce qu’ils veulent en faire », ajoute M.Rajotte.Le Front commun a par ailleurs remis aux journalistes un résumé d’une récente étude effectuée par l’Environnemental Protection Agency (EPA) dans une cimenterie de l’Ohio.Cette étude démontrerait que ces fours à ciment, malgré leur puissance, n’éliminent pas les molécules dangereuses mais les transfèrent tout simplement dans l’environnement par un saupoudrage plus démocratique, si l’on peut dire.Selon le résumé de cette étude, l’émission de métaux lourds a augmenté de 167% durant cette expérience par rapport à la combustion de charbon.Les émissions de plomb ont pour leur part été multipliées par six et celles de zinc, par onze.Les rejets de dioxines et de furannes ont, selon cette expérience, été de huit fois supérieurs à une combustion de charbon, dépassant le seuil de sécurité admis pour une population de 1,5 million de personnes.Le poids des produits de combustion n’a pas été réduit mais augmenté de 29% durant cette expérience alors que la masse chimique des émissions était composée à 99 % de produits qui n’ont pu être identifies.En aucun moment, cette cimenterie moderne n’a pu dépasser un seuil d’efficacité de destruction supérieur à 99.99%.Pour les produits dangereux, on exige généralement une efficacité supérieure à 99.9999 %, soit 100 fois plus propre.zégovine, ne serait pas favorable à un large déploiement de Casques bleus dans cette république, indique-t-on de sources diplomatiques, ne serait-ce qu’en raison du coût et des risques d’une telle opération.M.Vance devrait faire rapport de sa dernière mission au Conseil de sécurité dans les prochains jours.+ Maple Leaf pacités.Malgré l’intervention des ministres Yvon Picotte, Gérald Tremblay (Industrie et Commerce), Normand Cherry (Travail) et Daniel Johnson (Conseil du Trésor), qui ont présenté à la compagnie tout un train de mesures susceptibles de l’aider à moderniser ses installations et à diversifier ses activités, Maple Leaf a refusé de revenir sur sa décision.Résultat : près de 1000 emplois directs et indirects sont disparus.Une perte énorme pour l’économie de Montréal qui, il y a à peine trois mois, voyait un autre de ses plus importants employeurs, les Ateliers Angus, licencier 1000 personnes.4 Souverainistes Québec l’an dernier ou du lancement de sa pétition en février, où l’on promettait déjà de vastes rassemblements.L’objectif de recueillir d’ici la fin juin un million de signatures en faveur d’un référendum sur la souveraineté va bon train, a-t-on fait valoir.En quelques semaines, plus de 250 000 personnes ont déjà signé la pétition à travers toutes les régions du Québec, et la région de Montréal reste encore à visiter.Par contre, si l’idée de faire sortir les Québécois dans la rue est répétée sur tous les tons, aucune date n’a encore été fixée pour ce faire.Hier, les représentants de Mouvement Québec — M.Demers, le secrétaire général de la CSN Pierre Paquette, la présidente de la Fédération des infirmières Diane Lavallée, le président de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal Jean Dorion, le député du Bloc québécois Gilles Duceppe — laissaient entrevoir une manifestation le 1er mai.Mais le jour de la Fête des travailleurs donne de toute façon lieu à des rassemblements des grandes centrales syndicales, toutes membres de Mouvement Québec.M.Demers évoquait aussi des manifestations possibles en mai, au cours de la campagne de financement du Parti liberal du Québec, fertile en cocktails et soupers, et des visites aux bureaux de députés libéraux.CARTES D’AFFAIRES ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 55 Ji'.rjwr, Montréal 0'jéhnr.H?Y 3X7 hi 1514) 845 7874 Tél.(514) 98 ROBIC /r/ //////Zr/.jr z/rÀ //'/'///y/Z/r / Le Mouvement national des Québécois, qui compte 183 000 membres, tiendra pour sa part un forum national à Montréal en fin de semaine et a préparé un vidéo, qu’il diffusera à l’occasion d’assemblées de cuisine, mettant en scène des Québécois ayant voté « non » en 1980 et qui sont depuis devenus souverainistes.Tout en soulignant que son regroupement ne disposait pas des millions du fédéral, M.Simard a indiqué que le MNQ pouvait compter sur environ 200 000 $ pour sa campagne, en sus des dizaines de milliers de dollars propres à chacune des 14 sociétés qui le composent.4 Le FMI 2,3 %, alors que la Grande-Bretagne ne devrait enregistrer qu’une croissance de 0,8%.La croissance économique au Japon devrait s’établir à 2,2% seulement (après avoir atteint 4,5% en 1991), et celle des États-Unis, à 1,6%.En 1993, le Canada devrait également connaître la plus forte croissance économique de tous les pays industrialisés.Selon le FMI, il devrait enregistrer une croissance de 4,9%, contre 3,9% pour le Japon et 3,5% pour les États-Unis.Le FMI prévoit qu’après avoir connu une diminution en 1991, les taux d’inflation des pays industrialisés devraient poursuivre sur ce.tte même voie en 1992 et 1993, et atteindre dans certains cas des taux qui n’ont pas été vus depuis les années 60.Au Canada, notamment, les prix à la consommation ne devraient augmenter que de 1,7% en 1992, et de 2,3 % en 1993, soit les taux les plus bas parmi les pays industrialisés.Au Japon, ces prix devraient augmenter de 2,2 et de 2,4%.Par contre, le taux de chômage demeurerait élevé au Canada, surpassé uniquement par la France et l’Italie.Le FMI prévoit un taux de chômage de 10 % pour le Canada en 1992, et de 9,1 % en 1993.Le FMI, qui favorise généralement une politique monétaire sévère, indique que le Canada a bien fait de laisser baisser les taux d’intérêt à court terme pour alléger les effets de la récession et favoriser une reprise.Toutefois, il soutient qu'il n’est pas nécessaire d’aller plus loin dans cette voie.Au contraire, il conseille au Canada d’être prudent et de se tenir prêt à resserrer sa politique monétaire en cas de signes précurseurs d’une poussée inflationniste.Le FMI affirme'aussi que la présence d’un important déficit fédéral constitue le plus important obstacle à une croissance économique non inflationniste.panricipacTinn, [photocopies urgentes?En noir?En couleurs?De qualité?À bas prix?Vite faites?Toutes grandeurs?Alors, adressez-vous à : SCRIBEC 385-9400, 45, RUE JARRY EST 8h30 A 20h, Samedi IOh30 A I6h Québec retarde sa nouvelle politique des communications QUÉBEC (PC) — Le gouvernement québécois ne semble pas pressé de publier sa nouvelle politique en matière de communications et tout indique qu’il la gardera au frais tant que le gouvernement fédéral n’aura pas déposé ses offres constitutionnelles.Le premier rtiinistre est en possession depuis janvier du projet de politique préparé par son ministre des Communications, Lawrence Cannon, mais son contenu a été scrupuleusement gardé secret jusqu’à ce jour.L’attaché de presse du ministre Cannon, Gilles Pineau, a indiqué, hier, à la Presse Canadienne, que l’attentisme de son gouvernement reposait sur des raisons stratégiques.La discrétion du gouvernement dans ce dossier laisse même croire au Parti québécois que Québec a tout simplement renoncé à son projet de politique.La prudence du gouvernement Bourassa dans ce dossier est d’autant plus grande qu’une fuite survenue en septembre dernier avait mis sérieusement dans l’embarras le ministre Cannon ainsi que son gou- vernement.Le quotidien LE DEVOIR avait alors obtenu copie d’un rapport d’étape dans lequel on apprenait que Québec pourrait réclamer le contrôle de tous les services français de Radio-Canada.Le lendemain, le ministre Cannon affirmait qu’il ne s’agissait que d’une, hypothèse étudiée parmi d’autres, et qu’elle pourrait ne pas se retrouver dans la nouvelle politique des communications.À Ottawa, le premier ministre Mulroney réagissait immédiatement en soutenant que « le gouvernement canadien a l'intention de maintenir toutes les institutions nationales nécessaires pour la promotion des intérêts du pays ».Plus tard en octobre, voulant ménager la chèvre et le chou devant les membres de l’Association canadienne des radiodiffuseurs, le ministre Cannon avait parlé de « rôle prépondérant » du Québec en matière de communications sur son territoire, en ajoutant qu’il ne voulait pas, pour autant, « affaiblir» le système télévisuel canadien.RUEL, Pierre H.Courageusement à sa résidence, le 21 avril 1992, est décédé M.Pierre II.Ruel, à l’âge de «X ans, époux de Dame Georgette l’rotcau demeurant â Sherbrooke.Le défunt laisse dans le deuil outre son épouse, ses enfants Bernard C.(Chantal Tourigny) de Sherbrooke, Jean-François (Mariette Brault) de Drummondville,Christiane (Jean-Claude Biron) de St-Marc sur le Richelieu, Johanne (François Choi-nière) de Sherbrooke, ses petits-enfants Jean-Sébastien, Geneviève, Stéphanie, Pierre Étienne, Émile-Anne, Pierre-Vincent, Claude-Olivier ainsi que ses frères et soeurs, beaux-frères et belles-soeurs, neveux et nièces, autres parents et amis.Le défunt repose â la Coopérative funéraire de l’Éstrie, 530, rue Prospect, Sherbrooke, Qc Alain Leclerc, dir.gén.Tél.: (819 ) 565-7646.Heure de visite: jeudi le 23 courant de 19 heures à 22 heures.Vendredi le 24, de 14 heures à 16 heures et de 19 heures â 22 heures.Jour des funérailles, de 8:30 heures jusqu'au départ du salon â 9:40 heures.Les funérailles auront lieu samedi le 25 avril 1992 â 10 heures en l'Église N.-' D du Perpétuel Secours.L’inhumation suivra au cimetière St-Michcl.Vos dons à Solidarité Cancer de l'Usine, C.P.2293, Sherbrooke, Qc .11.1 3YI, seraient grandement appréciés de la famille.t 23 avril par la PC et l'AP 199(1: ù Toronto, le joueur d’échecs Alexandre Lesiège, âgé de 14 ans, liât le maître soviétique Vladimir Toukmakov.1988: attentat à la voiture piégée à Tripoli, au Liban: 69 morts et lit blessés.1987: dans le Connecticut, 28 ouvriers perdent la vie à Bridgeport dans l’effondrement d'un édifice à logements.4986: le gouvernement sud-afri-cain annonce son intention d’abroger un certain nombre de textes restreignant les déplacements des Noirs.1978: les chercheurs britanniques Bob Edwards et Patrick Steptoe annonce avoir réalisé la première fertilisation in vitro.1975: le président Ford déclare que la guerre du Vietnam est terminée; le gouvernement de Saigon démissionne.1972: les astronautes John Young et Charles Duke quittent la surface de la Lune pour reprendre place dans le module de commandement d’Apollo 16 avant de regagner la Terre.1940: plus de 200 morts dans l’incendie d’une salle de bal à Natchez, au Mississippi.1928: la Cour suprême du Canada juge que les femmes ne sont pas des personnes, au sens de l’Acte de l'Amérique du Nord britannique.1851: parution du premier timbre poste canadien.Ils sont nés un 23 avril: William Shakespeare (1564-1616); le compositeur Serge Prokofiev (1891-1953); l’écrivain Maurice Druon (1918); l’ex-vedette enfant et diplomate américaine Shirley Temple-Black (1928); l'acteur Lee Majors (1940); l'actrice Sandra Dee (1942); l’ancien premier ministre canadien Lester B.Pearson (1897-1972). ECONOMIE Le Devoir, jeudi 23 avril 1992 Delors ne parvient pas à un déblocage avec les E.-U.WASHINGTON!Reuter) - Les États-Unis et la CEE se sont engagés hier à poursuivre leurs efforts de rapprochement sur le commerce mondial, mais ils n’ont fait état d’aucun déblocage des négociations du GATT.« Aucun sujet inscrit à notre calendrier ne supplante les négociations commerciales de l’Uruguay round.Nous entendons parvenir rapidement à un accord », a dit le président George Bush après deux heures et demie d’entretiens avec le Portugais Anibal Cavaco Silva, président en exercice de la CEE, et Jacques Delors, président de la Commission eu- ropéenne.Le chef de la Maison-Blanche a fait état de quelques idées nouvelles visant à sortir de l’impasse les pourparlers du GATT (Accord général sur le commerce et les tarifs) engagés en 1986 en Uruguay, mais sans annoncer de réelle percée.Avant la rencontre, Européens et Américains avaient dit ne pas s’attendre à des progrès sensibles.Les négociations butent notamment sur la question des subventions versées par la CEE à ses agriculteurs.« Nous avons procédé à un échange de vues approfondi sur les questions litigieuses», a dit George Bush.« Quelques idées nouvelles ont été avancées.Nous sommes absolument convaincus que les dirigeants de la CEE souhaitent conclure un accord rapidement.J’espère qu’ils savent que j’y suis attaché.» « Nous sommes convenus de poursuivre ce processus.Il y a eu des discussions sérieuses et cela continuera», a-t-il ajouté.Chacune des deux parties souhaite des concessions, mais aucune ne veut etre seule à les consentir.Avant de rencontrer George Bush, Jacques Delors avait dit souhaiter la réussite des entretiens, mais pas à n’importe quel prix.Dans un discours prononcé devant l’Institut européen, il a dit avoir une proposition « modeste » à formuler au président américain, sans toutefois en détailler le contenu.« La CEE est prete à consentir un réel effort pour faire aboutir l’Uruguay round (des entretiens du GATT) », a-t-il dit.« Nous avons apporté une contribution importante et parfois très pénible à la réussite des entretiens, mais la Communauté n’est pas prête à payer n’importe quel prix.La Communauté n’a pas encore renoncé à l'espoir de parvenir à un compromis final et de faire prévaloir le sens commun », a-t-il ajouté.Mardi, George Bush avait lui aussi déclaré que les États-Unis souhaitaient un compromis avec les Européens, mais à condition de n’être pas les seuls à faire des concessions.Le porte-parole de la Maison-Blanche, Marlin Fitzwater, a fait allusion hier à des « discussions acharnées ».« C’est une négociation très ardue.Comme l’a dit hier Caria Hills (déléguée américaine au Commerce extérieur), nous travaillons très dur », a-t-il dit.La CEE souhaite parvenir à un accord sur l’agriculture, mais aussi sur deux autres différends majeurs relatifs à l’accès aux marchés et aux services, notamment bancaires.: A Bruxelles, on considère que les États-Unis attendent de la CEE des diminutions importantes de la pro.-duction et des exportations agricoles, ainsi qu’un accroissement des importations dans le meme secteur.A cette fin, la CEE souhaite obtenir de Washington des concessions sur les services.De leur coté, les États-Unis tiennent à des exceptions pour des secteurs majeurs comme les télécommunications, les transports et la banque.Unigesco met en vente Excelco pour se concentrer sur Provigo et Sodisco Michel Van de Walle do la Presse Canadienne LA SOCIÉTÉ de portefeuille Unigesco a décidé de se départir de la plus petite de ses trois divisions, soit Aliments Excelco.La décision a été annoncée hier par la direction de l’entreprise.Unigesco contrôle le géant de l’alimentation Provigo ainsi que le grossiste et distributeur de produits de quincaillerie, Sodisco.Aliments Excelco regroupe quatre filiales qui emploient 900 personnes à travers le Canada.Ces entreprises offrent des services de pause-café, de cantines mobiles et d’embouteillage de boissons gazeuses.« Nous avons jugé bon qu’il y avait avantage à ne pas tout faire et nous voulions nous concentrer sur le secteur de la quincaillerie ainsi que sur notre investissement dans Provigo », expliquait hier le vice-président, Affaires publiques, Daniel Larouche.Constatant entre autres qu’il y a restructuration dans le domaine de la quincaillerie, la direction a cru approprié de se « donner la marge de manoeuvre humaine et financière pour bien appuyer le développement de nos filiales dans ce secteur ».Au cours des onze premiers mois de l’exercice financier, Aliments Excelco a réalisé un chiffre d’affaires de 116 millions $ tandis que le bénéfice d’exploitation est de 12,2 millions $.L’exercice financier d’Uni-gesco prend fin le 31 mars mais les données complètes n’étaient pas encore disponibles hier.Après les neuf premiers mois toutefois, les ventes combinées d’Aliments Excelco avaient chuté de 14,4 %, n’atteignant que 97 millions $ alors qu’elles avaient été de 113 millions $ pour la période correspondante un an plus tôt.Dans son rapport intérimaire du troisième trimestre, la direction expliquait la baisse par le déclin marqué des ventes de cigarettes, l’abandon de certaines activités ainsi que l’impact conjugué de la TPS et de la conjoncture économique difficile.Lors de l’exercice précédent, celui de 1991, Aliments Excelco avait encaissé des revenus de 143,7 millions $ et dégagé un bénéfice d’exploitation de 6,6 millions $, que des frais exceptionnels de rationalisation de la division La Cantinière avaient ramené à 3,5 millions $.En plus de La Cantinière, qui exploite un réseau de cantines mobiles dans la région de Montréal, les autres filiales d’Aliments Excelco sont Café Séléna et Services Alimentaires Tapis Rouge qui exploitent un réseau de pause-café ainsi que Breuvages Kiri, qui embouteille et distribue des boissons gazeuses.M.Larouche a précisé qu’Uni-gesco ne cherche pas nécessairement un acheteur pour l’ensemble de la division.Elle sera donc vraisemblablement vendue à la pièce.Le courtier Burns, Fry a obtenu le mandat de vendre les deux filiales offrant les services de pause-café.Le président et chef de la direction d’Unigesco, Berlin Nadeau, a par ailleurs annoncé la nomination de Douglass G.McDougall au poste de président et chef de l’exploitation d’Unigesco.Celui-ci est à l’emploi d’Unigesco depuis 1989 où il agissait comme vice-président exécutif aux opérations de la société.L’Algérie demande une baisse de la John Baggaley de l'Agence lieuler ALGER — L’Algérie, qui juge la demande en pétrole très en deçà des niveaux anticipés par l’OPEP, souhaite établir une collaboration avec d’autres pays exportateurs afin de réduire l’offre ainsi que les stocks pour tenter de relever les prix.Le ministre de l’Énergie, Nordine Ait Laoussine, espère que les ministres des pays membres de l’OPEP arriveront à persuader leurs homologues de neuf pays producteurs indépendants afin de provoquer une baisse globale de la production.Les niveaux de prix restent en dessous du prix de référence (21 $ US) décidé par l’OPEP, malgré l’accord de février visant à réduire de 6% le plafond de 22,982 millions de barils par jour.Les cours actuels sont voisins de 17 $ le baril.Les représentants des deux groupes exportateurs doivent se rencontrer jeudi à Vienne pour discuter essentiellement de questions d'envi-ronnment et une réunion du comité de surveillance de l’OPEP est prévue pour vendredi.« Nous devrions profiter de cette occasion pour voir comment il serait possible de réduire quelque peu la production à travers une contribution des pays non-OPFlP», déclare Nordine Ait Laoussine dans une interview à Reuter.Les neuf pays exportateurs indépendants, y compris la Chine, l’Égypte, l’Angola, la Malaisie, la fédération de Russie et l’Alberta, avaient par le passé réduit leurs exportations.« Ils gardent le silence » depuis l’appel lancé par l’OPEP, souligne Nordine Ait Laoussine.L’OPEP devrait donner l’exemple en imposant une stricte discipline dans ses rangs.Selon des rapports, ses membres dépassent de 500 000 bpj le plafond de production fixé à 22,982 millions de barils.« Nous devrions revoir l’actuel système de quotas », estime le ministre algérien pour qui, si les conclusions de ces rapports sont fondées, « des décisions doivent être prises pour faire respecter la totale adhésion à l’accord ».« Cette adhésion pourrait signifier peut-être que les pays qui excèdent leur quote-part en mars produiront moins en avril et mai pour atteindre ainsi le niveau moyen pour la période de mars à juin », a-t-il précisé.Une enquête réalisée par Reuter Les remboursements d’impôt retarderont l’an prochain OTTAWA (PC) — En promettant, la semaine dernière, que les remboursements d’impôt s’effectueraient cette année deux fois plus rapidement que d’habitude, le ministre du Revenu Otto Jelinek a oublié de mentionner qu’ils retarderont plus que jamais à compter de l'an prochain.On vient en effet de découvrir, dissimulé dans un appendice du budget du 25 février dernier, que le gouvernement fédéral s’accordait maintenant un délai de grâce de 45 jours, après la date limite du 30 avril, avant de commencer à calculer des intérêts sur les sommes dues aux contribuables.MontréaFXXM m 1768.15 - - 10.08 TSE-300 3367.75 - 12.98 Dow Jones «J m 3338.77 - 4.48 Dollar canadien (US Cents) || - m 84.37 - .23 Or (New York-USS) "J m 339.30 - 1.80 (PC), Ce qui signifie, selon la spécialiste fiscale Minnie Lawrence, de la firme torontoise Orenstein and Partners, qu’Ottawa attendra au moins 45 jours après le 30 avril avant d’expédier les remboursements, puisqu’il n’aura pas à verser les intérêts.Comme le gouvernement effectue chaque année plus de 12 millions de remboursements à des particuliers, il épargnera ainsi quelque 55 millions $ en intérêts.Mais pourquoi le ministre des Finances Don Mazankowski n’a-t-il pas parlé de cette nouvelle politique dans son discours du budget ?C’est son attaché de presse, Tom Van l)u-sen, qui a répondu : « Tout ne se trouve pas dans le discours du budget.Nous ne mettons que ce que SAINT-JEAN, N.-B.(PC) - À la suite des menaces américaines d’imposer des droits de douane sur les importations de bière canadienne, les brasseries Moosehead et Labatt ont procédé, hier, à des licenciements de personnel.La Brasserie Moosehead a mis à pied une quarantaine de personnes, tandis que la Brasserie Labatt a licencié 20 employés temporaires travaillant à ses installations brassi-coles de Waterloo.Le gérant du marketing des exportations de Moosehead, Pat Sullivan, a signalé que la compagnie exporte 40% de sa production aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie.La plus grande partie va aux États-Unis.Quant à elle, la Brasserie Labatt exporte aux États-Unis 65% de sa production à Waterloo.À cause de ces menaces, la société Guiness Import, du Connecticut, qui est l'un des principaux importateurs nous jugeons être important ».Mme Lawrence trouve que cette nouvelle mesure est injuste pour le contribuable, qui doit payer des amendes et des intérêts, lui, s’il tarde à verser au gouvernement ce qu’il lui doit.De plus, comme les demandes de déductions qui sont faites au travail ne font aucune mention d’un grand nombre de déductions, les contribuables prêtent de l’argent au gouvernement sans intérêt.« Plusieurs déductions habituelles, comme les REER, ne sont pas mentionnées dans ces formulaires, a fait remarquer Mme Lawrence.De sorte que ceux qui contribuent à des REER se font retenir plus d’argent à la source que nécessaire.» américains de bière Moosehead, a suspendu toutes ses importations canadiennes.Le tarif des douanes que les Américains songeraient à imposer n’a pas encore été fixé, mais on croit qu’il pourrait s’élever à 8$ la caisse de bière, selon M.Sullivan.Ignorant le montant des droits de douane à venir, les importateurs américains ne savent pas quel prix imposer à leurs clients et ils s’abstiennent d’importer les bières canadiennes.Le licenciement de Moosehead constitue le dernier épisode de ce qu’on a appelééla « guerre de la bière » entre le Canada et les États-Unis.La semaine dernière, la deuxième brasserie en importance au Canada, la brasserie Labatt, a cessé d’exporter ses produits aux États-Unis, afin d’éviter les droits de douane suggérés.Licenciements dans les brasseries des Maritimes PHOTO CANAPRESS Le nouveau président et chef de l'exploitation d’Unigesco, M.Doug McDougall.production de pétrole montre que l’Arabie Saoudite, le plus grand exportateur, a produit 8,05 millions de bpj en mars, soit 400 000 bpj de moins que sa production de février — mais plus que son quota de 7,887 millions.Le Middle East Economie Survey, une publication spécialisée dans ie domaine pétrolier, a écrit que Ryad compte résister à tout appel visant à .changer le plafond des quota de l’O-PEP.Le ministre algérien estime que la remontée du prix du baril durant les deux dernières semaines ne devrait pas procurer pour autant une sécurité illusoire à l’OPEP.« Notre analyse tend à indiquer que la situation est franchement plus mauvaise que celle qui prévalait en février dernier.La demande de pétrole de l’OPEP pour le second se- mestre est en deçà de celle que nous avions anticipée lors de la réunion de février », souligne-t-il.Le récent affermissement des prix a été provoqué par la tension qui s’est manifestée sur le cas de la Libye et des sanctions prises contre elle par le Conseil de sécurité de l’ONU, estime Nordine Ait Laoussine.« Nous ne devons pas nous laisser aller à penser maintenant que tout est pour le mieux et que les prix continueront à augmenter », a-t-il ajouté.La réunion de l’OPEP à Vienne va également examiner la possiblité d’un retour de l’Irak sur le marché pétrolier au cours du second semestre.Si cela se confirme, alors « nous n’aurons pas d’autre choix que de réduire la production », estime Nordine Ait Laoussine.BankAmerica et Security Pacific se sont associées SAN FRANCISCO (Reuter) — BankAmerica et Security Pacific ont achevé hier une fusion évaluée à 4 milliards $ US, donnant ainsi le jour au deuxième établissement bancaire des États-Unis.À l’annonce de la fusion, la plus importante de l’histoire des États-Unis, BankAmerica a vu ses titres augmenter de 1,50 $ pour atteindre 46,50$ à la Bourse de New York.BankAmerica compte vendre 211 filiales dans cinq États, avec plus de 8,8 milliards $ de dépôts et 2,7 milliards $ de prêts interbancaires.En dépit de cette opération, la banque de San Francisco devient la deuxième du pays avec un capital propre de 185 milliards $.La première, Citicorp, dispose de ressources propres estimées à 217 milliards $.Avec l’achèvement de la fusion, les analystes financiers espèrent se faire une idée plus juste de l’opération, en ce qui concerne notamment le nombre des licenciements qu’elle entraîne.BankAmerica a jeté un voile sur la plupart des dispositions de la prise de contrôle annoncée en août.La banque espère réduire ses coûts de 1,2 milliard $ dans les trois années qui suivront la fusion, en partie par des compressions de personnel.Les estimations avancées au sujet des licenciements vont jusqu’à 20 000 suppressions d’emplois, bien que BankAmerica ait fait état de 10 000 à 12 000 postes supprimés dans un délai de trois ans.A elles deux, BankAmerica et Security Pacific — établie à Los Angeles — emploient 91 000 personnes.L'institut d'administration publique du Canada Groupe régional de Montréal ét l’Association des diplômés de l’ENAP en collaboration avec LE DEVOIR vous invitent à un colloque d’une journée dont le thème sera: Gérer les communications en situation de crise: un défi de taille le jeudi 7 mai 1992 Hôtel Méridien, Basilaire 2, Complexe Desjardins Membres de IT APC 130$ Non-membres (incluant Réservation: l’adhésion à I’IAPC) 195$ Ginette Guilbault Étudiants à temps complet 65 $ ENAP 522-3641 Dîner seulement 45$ Birks fait appel à la loi sur les faillites! d’après la Presse canadienne CONNAISSANT de graves difficultés financières, les sociétés affiliées aux États-Unis du bijoutier canadien Henry Birks et fils se sont placées hier sous la protection de l’article 11 de la loi américaine sur les faillites.Ces sociétés affiliées disposent d’ün réseau de 35 succursales et dès hier, on décidait de fermer six magasins dans le cadre d’un plan de restructuration.Il importe ici de préciser que la situation de ces sociétés affiliées aux États-Unis n’a aucun impact sur !(i maison-mère au Canada.« Il ne faut pas que la panique prenne.Ce qui se passe aux Ét alunis ne touche en rien nos affaires au Canada », disait hier la porte-parole de Birks à Montréal, Johanne Hotte.Elle souligne qu’il n’y a aucun lien financier direct entre ces sociétés américaines et la compagnie canadienne.Il s’agit de sociétés affiliées disposant d’une complète autp-nomie corporative.Les difficultés des magasins américains s'expliquent par la récession ainsi qu’une période des Fêtes au cours de laquelle les ventes ont été particulièrement déprimées.! En se plaçant sous la protection dè l’article 11, les sociétés affiliées, dont aucune d'ailleurs ne porte le nom dè Birks, peuvent mettre en place un plan de réorganisation qui sera éventuellement soumis aux créanciers.Entre-temps, précise le communiqué émis depuis le siège social de Boston, les principales banques ont accepté d’affecter les fonds nécessaires à là poursuite normale des opérations.' Mme Hotte estime que les sociétés américaines devraient se sortir de cette mauvaise passe d’ici huit à douze mois.Des six magasins fermés, quatré sont situés à Chicago tandis que les deux autres sont à Minneapolis et à San Francisco.j Ici, au Canada, la compagniç Henry Birks et fils exploite un réseau de 150 magasins.Selon Mme Hotte, l’exercice financier 1991 n’a pas été « fantastique » mais elle affirme qu’une reprise se fait sentir depuis le début de 1992.Elle soutient que les ventes ont progressé de 3 %, ce qui rend l’entreprise « un peu plus optimiste ».Fondation des normes de télévision par câble Gérald Lavallée La présidente de la Fondation des nonnes de télévision par câble (FNTC), Elizabeth Duncan, est heureuse d’annoncer la nomination de Gérald Lavallée à la direction générale de la Fondation et au secrétariat du Conseil des normes de télévision par câble (CNTC).Organisme autonome établi en 1988 par les télédistributeurs canadiens, le CNTC est chargé de veiller à la mise en oeuvre des normes de l’industrie et de régler les différends qui surviennent entre les titulaires de licence de télédistribution membres de la Fondation, leurs abonnés et d’autres parties intéressées.À titre de directeur éxécutif de la Fondation, M.Lavallée sera responsable de toutes les activités de cette dernière.En tant que secrétaire du Conseil, il fera connaître les décisions de ce dernier et veillera à la mise en oeuvre efficace des normes gérées par le Conseil.M.Lavallée se joindra à la Fondation des normes de télévision par câble le 27 avril 1992.D occupait auparavant le poste de vice-président aux affaires réglementaires de l'Association canadienne de télévision par câble. A-6 B Le Devoir, jeudi 23 avril 1992 L ACTUALITE INTERNATIONALE LE MONDE EN BREF Cuba dénonce les mesures américaines LA HAVANE (AFP) - Les ‘dernières mesures annoncées par le président américain George Bush pour renforcer l’embargo contre Cuba sont« une manoeuvre électorale », a estimé Pedro Ross, 'secrétaire général de lu Confédération des travailleurs cubains ((’TC), au cours d’une conférence de presse hier à La Havane.L’annonce de ces mesures, dont notamment l'interdiction pour un bateau entré dans un port cubain de toucher un port américain, entre dans le cadre de la campagne du président américain pour sa réélection, a estimé Pedro Ross, qui est aussi membre du bureau politique du Parti communiste cubain.Le secrétaire général de la (TC, qui regroupe 3,25 des 3,5 millions d'employés de l’État, a annoncé une immense manifestation à bicyclette pour le 1er mai à La Havane en « soutien populaire à la révolution et au socialisme », en présence de 260 délégués étrangers venus de plus de 30 pays.Il a indiqué d'autre part qu’en raison des difficultés économiques, 120 000 personnes avaient perdu leur emploi, mais que 87 %d’entre elles avaient été réembauchées, notamment dans l'agriculture.Enfin, il a affirmé que le développement des entreprises mixtes dans le tourisme a permis la création de 30 000 emplois au cours des 18 derniers mois et devrait en créer plusieurs dizaines de milliers d'ici la fin de l’année.L’Ukraine accorde plus d’autonomie à la Crimée KIEV (AFP) — L’Ukraine a accordé line plus grande autonomie à la Crimée, dans une loi adoptée hier à une large majorité par le Parlement ukrainien.Selon cette loi sur la répartition des pouvoirs entre l’Ukraine et la république autonome de Crimée mise au point après cinq mois d’étude, la Crimée, presqu’île baignée par la mer Noire, peut désormais avoir son propre gouvernement et sa propre constitution.Seule restriction, la loi stipule que la constitution de la république de Crimée ne doit pas contredire celle de l’Ukraine.Un projet de constitution en cours d'élaboration à Yalta qualifie la presqu'île d’État indépendant, sans mentionner le rattachement de la république à l'Ukraine.Intervenant hier devant le Parlement ukrainien, le président du Parlement de Crimée Nikolai Bagrov a estimé que k l'adoption de cette loi était la seule solution pour éviter les tensions dans cette presqu'île ».Retrait de David Duke WASHINGTON (AFP) - L’ancien responsable du Ku Klux Klan David Duke a annoncé hier son retrait de la course à l’investiture républicaine pour l'élection présidentielle américaine de novembre prochain.« Mon rôle dans cette élection présidentielle est terminé.J’ai fait ce que j’ai pu (.) je n’envisage pas de poursuivre la campagne en tant tjue candidat indépendant », a indiqué M.Duke au cours d’une conférence de presse hier à ¦Washington.David Duke, l’un des î rois candidats à l’investiture républicaine avec le président "George Bush et M.Pat Buchanan, a Souvent éprouvé des difficultés pour faire inscrire son nom sur les bulletins de vote sous l'étiquette républicaine.Depuis le début de la campagne, il n’a obtenu le soutien d'aucun délégué et n’a réalisé que de faibles scores.M.Duke, qui n’avait bénéficié ni du soutien du président Bush ni de celui du parti républicain lors de ses candidatures aux postes de gouverneur et de sénateur de Louisiane, a annoncé qu’il se rendrait à la convention républicaine au mois d’août à Houston et qu’il pourrait éventuellement soutenir M.Bush.Manifestation contre le Venezuela (Le Devoir) — Un réseau de « Vénézuéliens à l’étranger » compte manifester pacifiquement demain (11 h ) devant les consulats et ambassades de leur pays.Ce mouvement entend « protester face aux récentes violations des droits humains de la part des forces répressives du gouvernement de Carlos Andrés Perez ».Les rassemblements prévus visent à sensibiliser l’opinion publique internationale, précise un communiqué émanant de deux professeurs d’origine vénézuélienne enseignant à l’Université Laval, Igor Albornett et Hugo Parra.Ces derniers veulent se faire l’écho de compatriotes « qui exigent un système judiciaire plus juste et èfficace » et contre les arrestations qui se multiplient depuis le 4 février ( tentative ratée de coup d’État).La Vague de répression touche depuis plus de deux mois maints étudiants et leaders de la société civile, pertains cas allant « jusqu'à la torture », affirment les organisateurs de ces manifestations.« Les médias Continuent d’être censurés », ajoutent MM.Albornett et Parra qui, avec d’autres Vénézuéliens, réclament le rétablissement des garanties constitutionnelles.,'tWRT Massoud entend négocier un transfert du pouvoir L’intégriste Hekmatyar lance un nouvel ultimatum au pouvoir afghan KABOUL (Reuter) — Le commandant Ahmad (.’hah Massoud, le légendaire chef de guerre des moudjahidin, a assuré hier qu’il n'avait pas l’intention de s’emparer de Kaboul par la force, alors que son grand rival, le fondamentaliste Gulbudinne Hekmatyar, adressait un nouvel ultimatum au pouvoir afghan virtuellement assiégé dans sa capitale.Près d’une semaine après la destitution du président Najibullah, à la suite d’une tentative avortée de fuite de Kaboul, les dissensions entre moudjahidin continuent de faire obstacle à un transfert du pouvoir à Kaboul malgré les efforts de l’ONU et du Pakistan.L’émissaire spécial de l’ONU, Be-non Sevan, présent à Kaboul depuis jeudi dernier, a pu rencontrer pour la première fois hier le commandant Massoud, qui l’a assuré de ses intentions pacifiques.« (’’est un grand pas vers un règlement, a-t-il dit.Je me félicite du fait que Massoud ait pris une mesure très judicieuse en décidant de ne pas entrer dans Kaboul, sauf pacifiquement, a-t-il ajouté.J’espère que tous les autres feront de même.Il est temps que chacun se parle ».L’entrevue s’est déroulée à Cha-rikar, ville située à 60 km au nord de Kaboul, dont les forces de Massoud se sont emparées la semaine passée au début de leur avancée finale sur la capitale.« Il est important que nous réglions les problèmes par la négociation », a déclaré de son côté le commandant Massoud.« J’espère qu’un consensus pourra être trouvé avec Hekmatyar.Dans le cas contraire, le peuple afghan le rejettera ».Fort du ralliement de milices gouvernementales, le commandant Massoud contrôle la quasi-totalité du nord de l’Afghanistan via une coalition récemment formée de mouvements tadjiks et ouzbeks, le Conseil PHOTO AP Le médiateur des Nations unies, Benon Sevan, a rencontré hier le chef rebelle Ahmad Shah Massoud, à gauche.de la Djihad islamique, et campe aux portes même de la capitale.Depuis le Pakistan, le pachtoune Gulbuddine Hekmatyar, dont les forces progressent sur Kaboul par le sud, a donné 48 heures à l’armée gouvernementale et aux forces de Massoud pour évacuer le périmètre de sécurité autour de la capitale, faute de quoi il ordonnerait à ses hommes d’attaquer.L’ultimatum a été lancé sur les on- des de la radio du Ilezb-i-Islami, le mouvement de Gulbuddine llekma-lyar, qui accuse le Jamiat-i-Islami du commandant Massoud de collaborer avec Kaboul pour le tenir à l’écart du futur pouvoir.Navvab Salim, un porte-parole du llezb, a indiqué que le précédent ultimatum lancé par le mouvement au gouvernement de Kaboul — démission et remise du pouvoir d’ici dimanche à un conseil de moudjahidin — tenait toujours.Un autre responsable a qualifié d’« invention à cent pour cent » une information selon laquelle cinq chefs militaires du Hezb auraient eu des pourparlers mardi à Kaboul et assuré qu’ils ne mettraient pas à exécution les menaces de leur dirigeant.( >n ignorait dans l’immédiat si Benon Sevan avait entrepris de nouer des contacts avec les chefs du Hezb sur le terrain.Inquiet des risques de dégradation I de la situation, le Pakistan, où le se- ' crélaire général de l’ONU Boutros .Boutros-Ghali est attendu demain, : mène des contacts intensifs avec les sept partis sunnites de la guérilla afghane, ainsi qu’avec l’alliance de la minorité chiite, en vue de la formation d’un conseil représentatif qui pourrait prendre le pouvoir à Kaboul.Le gouvernement afghan s’est engagé à s’effacer devant un tel conseil à la condition qu’il ne soit pas dominé par Gulbuddine Hekmatyar et ses partisans.Un porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères s’est voulu optimiste en faisant le point des négociations en cours.« Très prochainement, vous entendrez de très bonnes nouvelles », a-t-il dit à la presse, en jugeant qu’un accord pourrait être conclu dans les jours qui viennent.Sur le terrain, le pouvoir de Kaboul a subi un nouveau revers avec la chute de Gardez, la capitale de la province orientale de Paktia et bastion de l’ex-président Najibullah.Seule parmi les grandes villes de province, Djallalabad tient encore, mais des négociations y seraient en cours entre militaires et moudjahidin.Outre le transfert du pouvoir à Kaboul, Benon Sevan s’efforce de régler le sort de Najibullah, qui est réfugié dans des locaux de l’ONU dans la capitale afghane.Ses efforts pour obtenir un sauf conduit pour le président déchu se heurtent à l'opposition des moudjahidin, qui veulent juger l’ancien chef de la police secrète porté au pouvoir par l’URSS il y a six ans.Un porte-parole du Jamiat au Pakistan a déclaré que la protection accordée par l’ONU à Najibullah pourrait nuire à son image de marque.Fujimori annonce de profonds changements politiques Paris engage le processus d’adoption LIMA (Reuter) — Le président péruvien Alberto Fujimori, qui s’est octroyé des pouvoirs quasi dictatoriaux au début du mois, a annoncé mardi soir l’organisation de deux référendums sur des réformes constitutionnelles cette année et la tenue d’élections législatives en février 1993.« Nous ne détruisons pas la démocratie, nous préparons la mise en place d’une structure plus moderne », a-t-il assuré dans un message de 30 minutes à la nation.La semaine dernière, le secrétaire d'Êtat américain James Baker avait dénoncé le coup de force du président péruvien, qui a dissous le Congrès et suspendu partiellement la constitution le 5 avril.« On ne peut pas sauver la démocratie en la détruisant », avait lancé le chef de la diplomatie américaine.Alberto Fujimori a ajouté qu’il demanderait à la population d’approuver le 5 juillet par référendum la dis- solution du Congrès et la réforme du pouvoir judiciaire, selon lui corrompu.Le 31 août, il publiera ses propositions sur la réforme de la constitution, qui seront soumises à un autre référendum le 8 novembre, lors des élections aux municipalités et aux présidences régionales.Le 28 février 1993, des élections législatives seront organisées et le nouveau Congrès sera installé le 5 avril, a-t-il dit.Le président Fujimori a reconnu que les mesures prises le 5 avril, avec l'appui de l’armée, n’avaient pas été comprises à l'étranger.Avec le retour des règles constitutionnelles .< dans les plus brefs délais possibles », il a dit espérer que le monde comprendrait enfin les raisons de son action.Le chef de l'État n’a pas évoqué la démission de son ministre de l'Économie, Carlos Bolona.Le président Fujimori a fréquemment fait référence au soutien populaire dont bénéficient ses mesures, en affirmant que jusqu’à 90 %des Péruviens approuvaient sa politique, selon les sondages.« La souveraineté du peuple doit être respectée», a-t-il dit.Le président a souligné qu’il procéderait à un profond remaniement des structures gouvernementales et ne reviendrait pas en arrière.Contrairement à son intervention du 5 avril, Alberto Fujimori est apparu mardi encadré de l’ensemble de son cabinet.Avant son intervention télévisée, il avait rencontré pendant une heure les membres d'une délégation de l'Organisation des États américains (OHA), en mission à Lima pour tenter de favoriser l’ouverture de discussions entre le gouvernement et l’opposition.Israël va proposer aux Palestiniens un projet d’élections municipales JÉRUSALEM (AFP) - Israël s’apprête à proposer aux Palestiniens, lors de la reprise à Washington le 27 avril des négociations de paix israélo-arabes, un projet d'élections municipales dans les territoires occupés, les premières depuis 1976, ont indiqué hier les médias israéliens.Les négociateurs palestiniens rejettent d'emblée ce projet et lui préfèrent une proposition qu’ils avaient eux-mêmes soumises à leurs interlocuteurs le 3 mars à Washington, prévoyant la formation d'un gouvernement autonome dans les territoires.La délégation israélienne chargée de négocier avec les Palestiniens a d’ores et déjà recommandé au premier ministre Yitzhak Shamir la tenue d’élections municipales dans les villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, rapporte le quotidien Jerusalem Post.De hauts responsables de l’Étal hébreu cités par le quotidien en langue anglaise, ainsi que des diplomates israéliens à Washington dont les propos sont rapportés par la radio israélienne, ont fait savoir que les délégués mandatés par Israël soumettront ce projet d’élections à la délégation palestinienne.La dernière main y a été mise jeudi dernier par les délégués israéliens, sous la conduite de M Eliakim Rubinstein.Selon ces responsables, M.Shamir ne devrait pas être opposé à un tel projet.Un plan de paix israélien adopté le 14 mai 1989 par le gouvernement d'union nationale d'alors, dirigé par M.Shamir, avait prévu « des élections régionales» (et non municipales).dans les territoires occupés qui, suivant le texte, devraient être divisés en 10 circonscriptions.Interrogé par l’AFP, le porte-parole de M.Shamir, M.Ehud Gol, a refusé de confirmer les informations du Jerusalem rosi.Il s’est également refusé à indiquer si le chef du gouvernement était en faveur de ce projet et si les délégués israéliens comptaient le proposer aux Palestiniens lors du cinquième round des négociations bilatérales.Le ministre de la Défense, M.Moshé Arens, a déclaré récemment qu’il « espérait que les récentes élections au sein d’associations professionnelles et des chambres de commerce, constitueraient un poinl de départ pour des élections municipales ».Selon M.Arens, les municipales pourraient se tenir dans un premier temps à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.Son ministère a déjà donné son approbation à la tenue de telles élections.Côté palestinien, le projet israélien a suscité des divergences.Les proches de l'OLP, favorables au processus de paix, rejettent en bloc la proposition et craignent qu’elle permette l'émergence d’une nouvelle force politique dans les territoires occupes ou le renforcement du Mouvement de la résistance islamique Hamas Ainsi, M.Saïb Erakat, membre de la délégation palestinienne aux négociations bilatérales, a déclaré à l’AFP que ce projet montre que les Israéliens « tournent en dérision le processus de paix et tuent le concept d’élections générales dans les territoires occupés ».En revanche, les militants du Ramas, hostiles au processus de paix, sont favorables à la tenue d’élections municipales car ils comptent profiter du succès récent et inattendu de leur mouvement aux élections à la chambre de commerce de Ramallah (Cisjordanie), pour renforcer leur influence.Le Front populaire de libération de la Palestine (FI’LP de George llabache, une composante de l’( >LP), a, de son côté, menacé de tuer quiconque présenterait sa candidature à des élections municipales.Depuis l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, en juin 1967, des élections municipales se sont déroulées une seule fois, en 1976.Elles ont porté à la direction des mairies, des partisans de l’OLP.Ces maires ont, depuis, presque tous été démis de leurs fonctions par les autorités israéliennes.Des conseils muncipaux élus existent uniquement en Cisjordanie, dans les villes palestiniennes de Tulkarm, Bethléem, Beit Jala, Beit Sahour et Anabta.Les autres municipalités sont dirigées par des fonctionnaires nommés par l’autorité d'occupation.Boudiaf exhorte les Algériens à se rassembler ALGER (Reuter) — Le chef de l’État algérien, Mohamed Boudiaf, a exhorté hier ses compatriotes à rejoindre un rassemblement politique, sorte de parti présidentiel qui se veut le vecteur d’un « changement radi cal » dans le pays.« Que tous ceux qui aiment leur pays par dessus tout, qui rêvent d’urie Algérie prospère, moderne et fraternelle, se préparent à nous re- joindre dans notre rassemblement patriotique », a dit lors d'un discours le chef de la présidence collégiale, le Haut comité d’État, a rapporté l’agence APS.Le rassemblement patriotique, dont l’idée a été lancée par Mohamed Boudiaf en janvier dernier, veut apparaître comme une alterna-live credbile au multipartisme instauré par son prédécesseur Chadli Bendjedid, qui avait permis la montée en puissance des intégristes du Front islamique du salut.Dans son intervention, effectuée à l’occasion de l'installation du Conseil consultatif national, Mohamed Boudiaf a estimé que le choix était fait « en faveur du changement radical, qui est le seul choix valable, le seul qui pourra permettre à notre pays de sortir de la crise ».de Maastricht PARIS (AFP) — Le gouvernement français a engagé hier formellement le processus de ratification du traité de Maastricht en approuvant un projet de loi de révision de la constitution qui sdevait être déposé dès hier après-midi sur le bureau de l’Assemblée nationale.Selon le porte-parole du gouvernement, le président François Mitterrand a « insisté avec force sur le caractère non renégociable du traité fruit d’une longue élaboration, débattue pendant des mois par (.) les chefs d’État et de gouvernement des pays de la Communauté européenne ».La révision de la constitution est un préalable nécessaire à la ratification elle-même du traité, du fait des transferts de souveraineté qu’il entraîne.Le projet de loi doit être adopté dans des termes identiques par les deux chambres du Parlement, l’Assemblée nationale et le Sénat, puis soil soumise à référendum, soit ratifiée par les deux chambres réunies en Congrès, à la majorité des trois cinquièmes.Le président Mitterrand a marqué sa préférence pour la voie parlementaire, et le processus devrait prendre jusqu’à la mi-juin, avant que ne soit engagée la procédure de ratification du traité lui-même.Le texte de révision comporte deux articles, le premier stipulant que la France consent aux transferts de compétences sur la monnaie unique et les visas d’entrée dans la Communauté européenne.Le second accorde le droit de vole et d’éligibilité pour les élections municipales aux ressortissants de la CEE résidant en France, qui ne peuvent en revanche être élu maire ou adjoint.Les pouvoirs de maires et de leurs adjoints — police, état-civil, élections des sénateurs — empêchent en effet que des étrangers, ressortissants de ; la CEE ou non, occupent ces fonc- ; tions, sauf a réviser profondément ; des pans entiers de l'administration ; publique française.; La classe politique française est ; profondément divisée sur la ratifi- ; cation du traité, les positions des uns ; et des autres dépassant pour une fois ; les habituels courants politiques.La ; procédure de réforme de la constitu- ; tion est également source de dis- ; corde, les uns notamment le RPR ; néogaulliste et le Parti communiste ; revendiquant un référendum, les au- : très notamment à l’UDF (droite li- I bérale) préférant la voie parlemen- ; taire.,’ Au sein même du parti socialiste I (271 députés), l’ancien ministre de la 1 Défense Jean-Pierre Chevènement, ! ne cache pas son hostilité à « un : traité très frileux, qu’il souhaite voir ' amendé et renégocié».L’ancien premier ministre socialiste Michel Rocard, candidat déclaré à l’électior présidentielle de • 1995, a souhaité mardi que le traité qu'il juge imparfait, soit ratifié puis corrigé lors de sa révision prévue en ¦ 1996.Les communistes (26 dépulés) ont, -eux, exprimé un non radical au traité, de même que le Front national (extrême-droite, un député) qui • considère que Maastricht marque le ¦ « début de la fin de la France ».De son côté, l'opposition de droite ¦ (256 députés RPR et UDF), a décidé : de multiplier les rencontres pour tenter de dégager une position corn- '• mune entre des points de vue appa- I remment inconciliables.Du côté des européens convaincus, l’ancien président Valéry Giscard ! d’Estaing (UDF) s’est déclaré hier i pour la ratification du traité, souli- I gnant que « tous ceux qui prennent 1 une position contre l’union de T Eu- ! rope prennent une attitude suici- ! dair.e ».Collèges créateurs d’avenir le plus important congrès en éducation collégiale au Canada organisé par l'Association québécoise de pédagogie collégiale, l'Association des collèges communautaires du Canada, le Cégep de Bois-de-Boulogne, le Cégep de Maisonneuve, le Cégep Édouard-Montpetit et le Cégep John Abbott.24,25,26 et 27 mai 1992 Palais des Congrès de Montréal mæm : va- pour information et inscription : Congrès Collèges Célébrations 92 10 555, avenue de Bois-de-Boulogne Montréal H4N1L4 Téléphone : 1514) 332-3000 poste 284 Télécopieur : 15141 332-0527 Spectacle d'ouverture Gala 25e anniversaire du réseau collégial 24 mal à 20 h une coproduction delà Fédération des cégeps et du Cegep Joliette-De Lanaudiere LE DEVOIR Æ\««|» .\\i i iimniiMt.iiil.iirra 1 s J® Hii < mmUm F JH ouoootton qvêMcwi* d« Inter,illon (lis légers Le Devoir, jeudi 23 avril 1992 B A-7 I î ! ! : UtjttUtli tltliti UttttMUtï^ ii t tHiuaniiuuia ¦S.X ^ [MmKIIKIIIliilUIIIIIIIIMIIIIIHIIIIIIHIIIIIIHIIIIIMMmmiltH -«UMUli llllllll »~ O.¦¦¦¦¦Il mçmmmmm ys'-m'MM //y//// liiiyü SS EggjïMBiSSS llillllllllUïfl VÆMML WW/M À VENDRE: L'INDUSTRIE CANADIENNE DES MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES Le 14 janvier dernier, sans consultation convenable, le ministre fédéral du Commerce extérieur, M.Michael Wilson, a annoncé que le Canada allait porter à 20 ans la période d'exclusivité que les brevets procurent aux sociétés pharmaceutiques multinationales à capitaux étrangers.La décision du cabinet n'a rien à voir avec les obligations du Canada en matière de commerce international, comme le laisse entendre M.Wilson, car les négociations du GATT (Accord général sur les tarifs et le commerce) et les pourparlers relatifs à l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) se poursuivent et leur avenir est incertain.Nous ne pouvons qu'en conclure que le gouvernement a de nouveau capitulé face aux multinationales étrangères et qu'il a l'intention d'appliquer cette décision, quel que soit le résultat de ces négociations.La mise en oeuvre de cette décision entraînerait une augmentation considérable du prix des médicaments vendus sur ordonnance.Débarrassées de la concurrence des fabricants canadiens de médicaments génériques, qui font épargner aux Canadiens plus d'un milliard de dollars par an, les multinationales introduiront leurs nouveaux médicaments sur le marché à des prix de plus en plus élevés.D'ailleurs, la tendance est déjà manifeste.Les nouveaux médicaments comme Imitrex et Zofran se vendent au prix incroyable de 16 à 17 $ le comprimé.Un autre exemple: le Vasotec produit par le géant pharmaceutique américain Merck.Ce médicament pour le coeur coûte aux patients une quarantaine de dollars par mois.En vertu de l'actuelle loi canadienne sur les brevets, les fabricants de médicaments génériques pourraient, dès 1994, lancer sur le marché canadien une version générique du Vasotec, ce qui se traduirait par des économies importantes pour le système de soins de santé au Canada.Mais en vertu des nouveaux règlements proposés par M.Wilson, les Canadiens devront attendre jusqu'en 2007 avant de pouvoir disposer de la version générique de ce médicament.Autrement dit le gouvernement a l'intention de prolonger de 13 ans, et non de trois ans comme il le prétend, le monopole qu'il accorde au fabricant de ce médicament Pour ce seul produit, il en coûtera plus d'un milliard de dollars à notre système de soins de santé! Ce n'est là qu'un seul exemple parmi bien d'autres.De toute évidence, en l'absence de la concurrence des fabricants canadiens de médicaments génériques, les sociétés multinationales à capitaux étrangers pouiTont continuer de vendre leurs médicaments d'ordonnance à des prix exorbitants.Tous les Canadiens en feront les frais au fur et à mesure que de nouveaux médicaments coûteux arriveront sur le marché.Quelles seront les conséquences sur le système canadien de soins de santé?Réponse: le coût des médicaments vendus sur ordonnance augmentera de façon dramatique.Par conséquent les consommateurs et contribuables devront assumer ces dépenses inutiles ou accepter des coupures dans les programmes et services de soins de santé.En définitive, la décision de M.Wilson pourrait sonner le glas de l'industrie canadienne des médicaments génériques.Or, ce secteur, dont le chiffre d'affaires est de 400 millions de dollars, augmente ses activités de recherche et de développement plus vite que les multinationales, emploie des milliers de personnes et a des dizaines de projets en cours de réalisation, notamment un investissement de 50 millions de dollars dans la R&D à Winnipeg.A notre époque où le coût des soins de santé ne cesse d'augmenter et où la dette publique constitue un fardeau colossal, la décision annoncée par le gouvernement est irresponsable.Il est indispensable d'assurer la survie de nos fabricants de médicaments génériques pour que les Canadiens et Canadiennes puissent continuer de se procurer de bons médicaments d'ordonnance à un prix raisonnable.C'est pourquoi nous demandons au gouvernement fédéral de revenir sur sa décision.Si vous partagez notre point de vue, aidez-nous à préserver un élément essentiel du système de soins de santé du Canada en communiquant par téléphone, par la poste ou par télécopieur avec votre député et avec: L'honorable Michael Wilson, C.P.Ministre du Commerce extérieur Immeuble Lester B.Pearson 125, promenade Sussex, 5e étage, Tour B Ottawa (Ontario) K1A 0G2 Téléphone: (613) 992-7332 Télécopieur: (613) 996-8924 ¦ jél fflk L’Association Canadienne des Fabricants de Produits Pharmaceutiques 1IIV 1490 Beaulac, St.Laurent (Québec) H4R 1R7 Téléphone : (514) 337-6030 Télécopieur : (514) 745-2977 Nous représentons des sociétés pharmaceutiques dynamiques, à capitaux canadiens, qui emploient 2 300 hommes et femmes d’un océan à l’autre. A-8 M Le Devoir, jeudi 23 avril 1992 EDITORIAL Marchand d’illusions, avec acheteurs IL FUT UN TEMPS où les « séparatistes» passaient pour des marchands d’illusions.À la façon dont il a réussi à embarquer le Canada anglais dans ses rêves éveillés, M.Bourassa aura montré plus de talent qu’eux.Jusqu’à M.Joseph Clark, un garçon bien au fait de la mécanique Québec-Canada, qui tombait hier dans le panneau, et se félicitait avec tant d’autres des confidences de M.Bourassa au quotidien français Le Monde.Pensez donc, le premier ministre du Québec a dit sa foi dans le fédéralisme à l’européenne, a affirmé « croire » qu’il y aura des offres fédérales, et s’est montré prêt, dans ces conditions, à « amender la loi 150 » pour faire porter le référendum d’octobre sur les dites offres.On a pavoisé jusque dans le fond des officines du pouvoir et de l’opposition à Ottawa, où certains recommençaient à jouer avec le scénario d’un référendum pan-canadien géré parles gouvernements provinciaux.Ils nous enverraient tous dans l’isoloir, un beau matin d’automne, pour voter sur la même « offre ».Que nous ne pourrions évidemment refuser.Le premier ministre du Québec joue sur l’ignorance ou la distraction de l’opinion canadienne.À un public français, il peut bien laisser entendre que des « offres fédérales» suffiront à lui faire prendre le virage.Mais il est clair qu’il ne pourra jamais présenter à l’Assemblée nationale un projet d’amendement à la loi 150 — et encore moins le faire adopter — si les fameuses offres jaillies d’Ottawa ne lient pas aussi les autres provinces canadiennes.Leur consentement est essentiel, incontournable.Tout simplement parce que l’offre devra absolument redonner au Québec son droit de veto sur de futurs changements constitutionnels, et qu’il faut l’unanimité des provinces canadiennes pour le garantir.À moins que M.Bourassa ait décidé de renoncer à ce minimum du minimum ( sait-on jamais ) il ne pourra pas se contenter d’un texte outaouais, si débordant d’offres soit-il.De là, son meccano se démonte aisément.Au mieux, la série de négociations entre Ottawa et les neuf autres provinces produira un premier texte, non ratifié, à la fin de mai.( Et c’est sans compter avec les nouvelles revendications autochtones, que vient de ren- dre publiques un comité de l’Assemblée des Premières Nations, et qu’on ne saurait trop recommander à M.Bourassa comme lecture de plage durant ses brèves vacances.) S’il faut attendre une ratification par l’ensemble des provinces, dont certaines se sont obligées par loi à tenir un référendum, il serait irréaliste de tenter de mettre les ciseaux dans la loi 150 avant le début de l’automne.Indépendamment du boucan terrible qui secouerait alors le Salon bleu, et peut-être les alentours de la colline parlementaire, il faudrait entreprendre parallèlement un débat sur la question référendaire, si le premier ministre voulait respecter l’échéance référendaire d’octobre.Et il le prétend dans son entretien avec Le Monde.Il faudrait être Tarzan ou Batman, et profiter d’une Le Canada prête à M.Bourassa une autorité qu 71 n ’a pas extraordinaire complicité avec le gars des vues, pour passer à travers un tel scénario.M.Bourassa n’a pas le profil de l’emploi.Il pense peut-être l’avoir, toutefois.Ce serait la seule explication à sa candeur pour usage européen.À la moindre offre fédérale un peu présentable, sans attendre l’accord des autres provinces, il se croirait capable de jouer le tout pour le tout, d’inviter les Québécois à joindre sa profession de foi, de « mettre son siège en jeu » pour court-circuiter les exigences de la loi 150, les délais, les débats normaux.C’est à cet espoir que s’accroche le Canada, en applaudissant aussi naïvement ses propos.On le croit apte à rééditer, en 1992, le truc de M.Trudeau en 1980, un appel au ralliement à une simple promesse de « fédéralisme renouvelé », un peu mieux défini cette fois, mais aussi mal garanti dans les faits.Telle est la pire illusion, que M.Bourassa vend d’autant mieux qu’il semble, c’est incroyable, la partager.Car pour éviter la terrible comparaison avec 1980, et pour mettre la hache dans le processus qu’il a enclenché avec la commission Bélanger-Campeau puis avec la loi 150, M.Bourassa devrait inspirer, aux Québécois, un respect de tous les instants.Il devrait exercer, chez lui, une indéniable autorité morale.Or ce n’est pas ce qu’éprouvent ses concitoyens.S’il ne fait plus l’objet du mépris qui l’expédia littéralement en exil en 1976, il a tout au plus regagné la plate confiance qu'on fait à un bon gestionnaire à la petite semaine.Et il profite d’une comparaison favorable entre sa simplicité qui confine au charme, et la suffisance surannée de son principal adversaire, M.Parizeau.Avec ce gentil mélange, il peut tout juste espérer gagner des élections, si l’organisation est bonne et les vents favorables.Mais secouer un peuple, appeler qui l’aime à le suivre et à prendre, avec lui, un dernier « beau risque »?Il suffit d’entendre grommeler dans les rangs de son propre parti, depuis leur édifiante lecture du Monde, pour savoir qu’il n’est pas de ces chefs là.D’autant moins, d’ailleurs, qu’il n’a jamais voulu l’être.Ils ne sont pas très aguerris, à Ottawa.Dès qu’ils avancent un peu, M.Bourassa leur offre des encouragements en privé, puis il les retire en public, après avoir tâté de l’opinion.C’est ce qu’il a fait en septembre dernier, au moment de la première proposition fédérale.C’est ce qu’il a fait plus récemment avec le rapport de la commission Beaudoin-Dobbie sur le renouvellement du Canada.C’est ce qu’il fait aujourd’hui, avant de reculer à nouveau demain.Tel est son style de leadership, court et tacticien, nonobstant son admiration pour les visionnaires européens.Et c’est pourquoi le Québec et le Canada, jusqu’à nouvel ordre et sauf miraculeuse réconciliation universelle à temps pour le solstice d’été, vivront cette année avec les tactiques qu’il a mises au point en 1991 en espérant à tort pouvoir s’en dispenser en 1992.Il manque bien peu de choses au Québec pour vivre de facto en souveraineté, confie M.Bourassa au Monde pour s’excuser de vouloir relâcher la pression.Il manque peu, et à la fois beaucoup : un sens de l’État, par exemple, quelque part au sommet.LISE BISSONNETTE LETTRES AU DEVOIR La rigidité canadienne DANS SON article sur « La fureur marine des Terre-Neuviens », M.Jeffrey Simpson prétend à plusieurs reprises que les eaux territoriales du Canada s’étendent jusqu’à 200 milles de ses côtes.À ce que je sache, les eaux territoriales du Canada ne s’étendent que sur 12 milles marins.Quand on parle d'une limite à 200 milles marins des côtes, on fait réréfence à la zone économique (voir LE DEVOIR, 14 mars 1975, p.8).Ces deux concepts de zone économique et d’eaux territoriales n’ont évidemment pas la même signification juridique ni la même résonance émotive et il faut bien les distinguer.M.Simpson donne quelques explications sur l’origine des relations tendues entre la Communauté européenne et le Canada dans le domaine de la peche.Je me demance s’il n’oublie pas un élément important.Le Canada ne s’est toujours pas mis d’accord avec la France, pays membre de la Communauté européenne, sur les limites de la zone économique autour des îles françaises de St-Pierre et de Miquelon situées tout près de Terre-Neuve.L’attitude rigide du Canada dans ce dossier pourrait très bien être un des motifs du peu de coopération que manifeste la Communauté européenne dans le dossier de la pêche en haute mer.Reinhard Hinz Sainte-Foy, 7 avril 1992 Deux identités tribales L’ATMOSPHÈRE CRÉÉE par les récentes affirmations de Mordecai Richler m’oblige à sortir de la réserve quasi-judiciaire à laquelle ma situation professionnelle m’assujettit.Il est évident que les opinions que j’exprime dans ce texte ne concernent que moi-même et n’engagent en aucun cas l’organisme dont je suis membre.Je suis né Québécois d’origine juive et j’ai passé presque toute ma vie au Québec.Avec tout le respect que je dois à M.Richler et au droit qu'il a d’exprimer ses opinions, je constate que celles-ci ne reflètent aucunement la réalité présente.Il est vrai, comme il le prétend, que nous, les Québécois et Québécoises d’origine juive et d’origine française, avons vécu par le passé des moments difficiles.Les faits sont bien connus et les recherches historiques prouvent ces dires.Je me souviens d’épisodes poignants vécus par mes parents lors de leur enfance sur le plateau Mont-Royal au cours des années 30 et 40.Je n’oublierai jamais ce point de départ plutôt désolant qui a coloré de façon négative les relations entre nos deux communautés.Cependant, il faut affirmer que notre société ainsi que nos relations ont évolué énormément, et ce, de façon positive depuis 50 ans.Au cours des dernières années, soit depuis la Révolution tranquille, le Québec est devenu une société beaucoup plus ouverte, accueillante, tolérante et pluriethnique.Dans mon cheminement professionnel, j’ai eu l’honneur de servir la communauté juive pendant deux ans, à titre de directeur du Congrès juif, région du Québec.Depuis juillet 1989, j’ai le privilège d’occuper une fonction importante au sein de l’État québécois, à titre de commissaire à la Commission d’appel en matière de lésions professionnelles.Pendant toutes ces années, je n’ai jamais été la cible d’un commentaire de nature antisémite, raciste, ou même l’objet d’une remarque désagréable.Le plaisir que je ressens à vivre et à travailler au sein d’un tel milieu témoigne de l’esprit accueillant et chaleureux de mes confrères et coasoeurs.Venir accuser l’ensemble de la société québécoise d’antisémitisme et de racisme équivaut au même type de généralisation que celle dont nous fumes victimes nous les juifs ainsi que d'autres communautés-cibles depuis des siècles.Ces accusations sont inacceptables et ne reflètent d'aucune façon la réalité que nous vivons tous présentement.On se doit de garder à l’esprit la réaction outrée des médias et des milieux syndical, patronal et gouvernemental face aux actes de vandalisme qui sont survenus depuis peu au Québec et à la présence du Klu Klux Klan sur notre territoire.A titre de Juif et donc de membre d’une des tribus d’Israël, je considère que l’appellation « tribale » comporte une connotation plus empreinte de positivisme que de dérision ou, ultimement, d’insulte.Je suis très fier de porter en moi ces deux identités tribales ! Jeffrey-David Kushner Saint-Laurent, 15 avril 1992 Un pionnier ALBERT FAUCHER, décédé récemment a consacré toute sa vie à l’enseignement et à la recherche à la Faculté des Sciences Sociales de l’Université Laval.L'Actualité Économique consacrait entièrement son numéro de septembre 1983 à lui rendre hommage en le présentant comme le « père de l’histoire économique du Québec ».Après plus de 40 ans de travail assidu et persévérant, il figure donc parmi les pionniers des Sciences sociales au Québec.Spécialisé en histoire économique, il a toujours considéré cette discipline à la manière d'un humaniste en la situant dans son cadre géographique et culturel particulier et en tenant compte des forces sociales et des courants idéologiques susceptibles d’influencer le cours normal de son développement.Il eut la chance, si je puis dire, de poursuivre au Canada sa spécialisation en histoire économique canadienne, discipline qu’il a enseignée jusqu’à l’âge de la retraite à l’Université Laval.En choisissant Toronto plutôt que Paris, Cawbridge ou Londres, il trouva auprès du professeur Innis un véritable maître et une matière si ample à explorer qu’elle occupa toute sa vie de chercheur et lui permit de publier un grand nombre d’études dans des revues spécialisées et des ouvrages, devenus des classiques, comme son Histoire économique et unité canadienne, et ce que d’aucuns ont appelé un « document-synthèse » : Québec en Amérique au XIXe siècle qui lui valut le prix du Gouverneur Cé- LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : USE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l’information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Michel Lefèvre Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS néral en 1974.Son stage au London School of Economies en 1953-54 l'avait aidé à pousser encore davantage son analyse de la structure économique du Québec et à mieux comprendre le « caractère continental » de l’économie et de l’industrialisation du Québec.Cette réalité a ensuite nourri ses nombreuses recherches devenues une source d’inspiration pour la génération actuelle.Chercheur acharné, pour ne pas dire scrupuleux à cause de son extrême respect de la vérité historique, il a travaillé dans un domaine neuf et aride qu’il fallait défricher, et il a su créer les avenues où tant d’autres peuvent maintenant oeuvrer.Et tout cela s’est fait dans le silence, sans tintamare ni cymbales, seul ou presque dans une sorte de tunnel d’où il émerge maintenant en pleine lumière.Il tient donc une place de cnoix dans le panthéon des pionniers qu’ont introduit dans l’enseignement universitaire du Québec les véritables sciences sociales.Texte tiré de « Réminescences » paru aux Éditions Pierre Tisseyre, 1988 pp.148-149.Eugène Bussière Québec, 31 mars 1992 Évitons les raccourcis MONSIEUR FRANCOEUR, je lis toujours avec beaucoup d’intérêt et d’attention vos éditoriaux.Je ne partage pas toujours vos opinions, cependant j’apprécie votre précision et votre grande rigueur que je qualifierais presque de légendaires.C’est donc avec beaucoup d’étonnement que j’ai lu votre éditorial en date du 7 avril dans lequel vous mentionniez : « La CSN, qui reconnaît maintenant que le déficit de la CSST est « alarmant et sérieux », se contentait dimanche, dans un communiqué de presse, d’inviter le ministre du Travail à faire preuve de prudence».Vous trouverez ci-joint deux communiqués émis par la CSN.L’un est daté du 9 février 1992, l’autre du 20 mars 1992.Dans le premier communiqué, vous remarquerez que déjà nous disions être « très préoccupé par le déficit de 600 millions $ de la CSST ».Dans notre communiqué du 20 mars, la journée même où le président de la CSST annonçait le montant du déficit, nous avons dit : « Le déficit actuel est exorbitant et extrêmement préoccupant».L’inquietude de la CSN, face aux coûts de la CSST qui vont toujours en augmentant, n’est pas soudaine.Notre approche concernant ce déficit est toutefois fort différente que celle du Conseil du patronat.Sans refaire ici l’argumentation complète de la CSN à ce sujet, je dirai simplement qu’il apparaît fondamental que des études précises et structurées soient faites pour connaître les causes de ce déficit, ce ûu’actuellement la CSST est incapable de démontrer.Si la CSN a invité le ministre Cherry à faire preuve de prudence, c’est qu’elle est convaincue que plusieurs seront tentés de prendre des raccourcis pour gruger dans un régime de protection basé sur un contrat social en vertu duquel les employeurs sont tenus d’assumer les coûts reliés aux accidents du travail.À son dernier conseil confédéral (17-18-19-20 mars) la CSN a adopté un plan d’action pour précisément contrer la volonté affichée dans certains milieux patronaux de remettre en question le régime de santé et sécurité au travail.Thérèse Jean directrice du Service de l’information CSN Montréal, 9 avril 1992 HeKzéç-o/in/ë i m/\ OU O Michel Paquette L’effet Fujimori Ly OPINION INTERNATIONALE est inquiète de l’évolution des choses en Amérique latine.Le Pérou bascule dans l’autoritarisme, le Venezuela vacille, le Brésil est politiquement paralysé.Les vieux démons refont surface et la démocratie, à peine née, entre en convulsions.Il y a un contexte économique à tout cela.L’implantation d’un modèle économique néo-libéral en réponse au déficit des dépenses publiques et à l’endettement pose un défi pratiquement insurmontable aux pays d’Amérique latine.Imaginez l’ampleur de la tâche.Il faut d’un côté mettre en place une forme crédible de démocratie représentative et de l’autre transformer profondément l’économie dans une voie peu susceptible de plaire aux électeurs.Créer plus de chômage dans des économies où l’emploi est déjà rare.Exposer au feu de la concurrence internationale une jeune industrie qui a vécu au biberon des commandes publiques et des subsides.Larguer des pans entiers de l’État, la seule organisation capable d'orienter l’économie dans une direction précise.S’il y a un continent où le libéralisme n'est pas spontané, c’est bie'n celui - là.En parcourant la littérature sur le néo libéralisme, on trouve des leçons qui se veulent généralisables.Parmi elles, les plus marquantes sont le désengagement de l'État, et notamment de sa capacité « planificatrice ».On prône alors le « dégraissage » de l’appareil bureaucratique.On parle de la fin d’un protectionnisme en faveur des industries plus faibles, au nom du rétablissement de la compétitivité sur le marché.En découle la déréglementation à tous les niveaux de l’économie.Enfin, on fait une invitation pressante aux capitaux étrangers, incluant le transfert technologique, afin d’établir un avantage comparatif « dynamique » pour les exportations du pays.Ces leçons se veulent une solution à la crise du déficit de l’État, de l’endettement qui en résulte, des hauts taux d’intérêts venant de la pression sur le crédit et de l’inflation due au manque d’argent frais.On souhaite restaurer l’esprit d’entreprise par une renonciation aux politiques de soutien du revenu des classes moyennes, génératrices de chômage chez les pauvres.Un problème si aigu en Amérique latine que les nouveaux régimes s’y sont immédiatement intéressés.Ils l’ont d’ailleurs fait, au Chili et au Mexique, avec un prosélytisme que justifiait l’état avancé de la crise.Aujourd’hui le Brésil emboîte le pas sans enthousiasme.Le président Fujimori, du Pérou, prônait, depuis son élection en 1990, une médecine similaire dans des circonstances compliquées par les assauts répétés de la guérilla du Sentier Lumineux.Celle-ci n’a-t-elle pas étendu le théâtre de ses opérations meurtrières de la province d'Ayacucho à l’ensemble des provinces andines puis à Lima, la capitale ?Une armée démoralisée, coupable de nombreuses exactions envers l’opposition réelle ou appréhendée, n’a pu reprendre le dessus.Le narco - trafic, si important dans la région, impliquait trop de participants et faisait vivre dans l’illégalité trop de monde pour que le coup d’État « civil » de Fujimori ne soit pas suspect aux yeux d’une opinion internationale inquiète du retour des militaires.COMME LE DISAIT l’ambassadeur du Pérou à Washington, quand 60% de la population vit d’une façon ou d’une autre de commerce illicite et fait fi de toute forme de réglementation, quand la loi n’est respectée ni des promoteurs immobiliers, ni des patrons d’entreprise, ni même des partis politiques, où sont les conditions minimales d’un redressement ?Le marasme attire le marasme et le précédent péruvien remet en question, au - delà des frontières de ce pays, tout le fragile édifice de la démocratisation en Amérique latine.Alors pourquoi le Pérou ?Si on admet que, sur le plan politique, les nouvelles démocraties en sont encore au berceau, c’est dire qu’elles ne disposent pas du cadre constitutionnel, voire du savoir faire pour conduire des politiques de libéralisation.La coalition politique sur laquelle elles reposent — cette coalition est elle - même fluide — n’est pas suffisamment solide pour courir le risque de stratégies susceptibles de mutiler des groupes entiers de la société, les entrepreneurs influenLs ou encore les secteurs bancaire et financier.Le jeu politique paralyse la stratégie économique.Bien entendu, les économies des nouvelles démocraties n’ont pas atteint les mêmes niveaux de performance dans le cadre de la compétition internationale, alors que les stratégies néo - libérales apparaissaient à l'agenda.Ces économies sont plus ou moins intégrées dans le marché mondial.Si le Mexique et le Brésil sont fortement protégés, le Chili a mis en application depuis dix ans une stratégie libérale qui a assaini sa situation sans résoudre le problème des inégalités.Si la plupart des économies sont affectées par l’inflation — c’est ainsi qu’on explique les brusques mouvements de rue et le coup manqué au Venezuela — il faut admettre que tous les pays sont lourdement endettés.Certains pratiquaient depuis des lustres, comme le Brésil et le Mexique, une large ouverture aux capitaux étrangers.Le Venezuela avait pensé tirer partie de la crise de l’énergie en nationalisant son industrie pétrolière.Cet espoir fut déçu, au grand dam des démocrates locaux.Dans ce pays à la tradition démocratique plus solide qu’ailleurs, la menace militaire devint plausible.Il y a quelques histoires à succès.Le Chili a réussi une belle percée des exportations dans les dernières années.L’invasion de ses produits horticoles a même perturbé les producteurs américains, qui ont riposté il y a deux ans avec des mesures protectionnistes.Et puis l’Argentine de Carlos Menem, sous le ministère intelligent de Domingo Cavallo aux Finances, vient d’obtenir un succès spectaculaire auprès de ses créanciers, en échelonnant sur 35 ans le paiement de sa dette.Un facteur de stabilité déterminant dans la recherche de capitaux frais car ce pays pourra opérer ses versements à même les intérêts générés par 7 milliards $ de réserves laborieusement rassemblées à même un ambitieux programme de privatisation du secteur public.En termes d'orthodoxie économique, l’Argentine a compris les leçons du néo — libéralisme plus vite que les autres.LA RELANCE du secteur privé croit pouvoir compter sur des conditions meilleures que par le passé.On pense notamment à la création d'un nouveau marché du travail constitué d’emplois « flexibles ».Comment entendre autrement la floraison des nouvelles industries implantées au nord du Mexique, dans l’attente de l’intégration continentale concoctée en secret par les négociateurs des trois pays nord-américains ?Le succès des stratégies de redressement économique en Amérique latine repose sur l’adaptation — assortie de modifications plus ou moins substantielles — des formules mises à l'essai dans les pays développés.Cette adaptation n’est possible que par l’adhésion d’une majorité à la réforme.La démocratie prend son sens ici car elle présuppose un constant marchandage entre les acteurs et les groupes sociaux.Elle dicte son déroulement au processus d'application du néo - libéralisme.La vitesse et l’ampleur des transformations opérées permettent de mesurer le pouvoir réel des coalitions politiques porteuses de changement.Comme l’ont indiqué les événements récents à Caracas et à Lima, cette marge de manoeuvre y était pratiquement nulle, si on la compare à celle dont dispose un Menem à Buenos Aires ou un Salinas à Mexico.Mais la grande inconnue reste le Brésil.Le président Collor de Melo pourra t — il se maintenir au sommet de ia vague, conserver le capital politique dont il disposait lors de son élection et réussir, sur le modèle de l’Argentine, un redressement que la population souhaite ?Tous les yeux sont braqués sur Brasilia car, advenant un coup d’État militaire ou « présidentiel » dans la capitale du plus grand pays d'Amérique latine, c'est tout le processus de démocratisation dans le continent qui serait remis en cause.
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