Le devoir, 27 avril 1992, lundi 27 avril 1992
Volume LXXXIII — No 97 Ensoleillé avec passages nuageux.Max : 12 Détail page 10 Montréal, lundi 27 avril 1992 mxj Le Parchemin RESTAURANT FRANÇAIS Repai d'affaires Midi et soir Salons privés 1333 rue Université.Montréal.Que.844-1619 Toronto 85 cents 65* 4- TPS + TVQ L'ENTREVUE DU LUNDI François-Marc Gagnon: la passion-Borduas Le professeur Gagnon a une passion : celle du peintre Paul-Émile Borduas, ami de son père, portraitiste de sa mère.C’est enfant qu’il a rencontré le grand peintre auquel il allait consacrer une bonne part de ses travaux.Aujourd’hui, il a élargi sa passion à l’ensemble du mouvement automatiste.Stéphane Baillargeon l’a rencontré.Page 11 Les travailleurs du sexe se regroupent Caroline Montpetit DEPUIS hier, les travailleuses et travailleurs du sexe, c’est-à-dire les prostituées et prostitués, les danseuses et danseurs, les masseuses et masseurs.etc, ont une association au Québec.L’Association québécoise des travailleurs et travailleuses du sexe ( AQTS) a en effet vu le jour en fin de semaine au cours du colloque international sur les jeunes de la rue.Elle vise à défendre les droits des travailleurs du sexe, adultes comme mineurs, à combattre le sexisme, le racisme, l’homophobie et la lesbopho-bie, ainsi qu’a contrer la violence dans le milieu de la prostitution.Sans prôner la légalisation de la prostitution, l’AQTS entend mettre en lumière le fait que les jeunes Voir page 4: Les travailleurs Israéliens et Arabes reprennent leur dialogue à Washington WASHINGTON (AFP) - Six mois après la rencontre historique de Madrid, Arabes et Israéliens se retrouvent pour la cinquième fois, à Washington, où le gouvernement américain espère un dialogue plus constructif vers la paix.Les délégations israélienne, pales-tino-jordanienne, syrienne et libanaise, arrivées samedi et hier, doivent reprendre au département d’État leurs pourparlers parrainés par les États-Unis et la Russie.Washington, principal artisan de ce processus de paix, veut le voir garder sa dynamique et souhaite qu’au moins sur un dossier — le statut intérimaire des territoires occupés de Cisjordanie et Gaza — les différences puissent maintenant se réduire.La lettre d’invitation adressée aux participants à la conférence de paix, mise au point l’année dernière par le secrétaire d’État James Baker, avait fixé pour objectif l’aboutissement de cette question un an après l’ouverture des négociations.Il reste donc six mois aux Israéliens et aux Palestiniens pour se met- tre d’accord, bien que tous soient conscients que les élections du 23 juin en Israël hypothèquent les chances de percée spectaculaire.Leurs approches respectives pour la période de transition dans les territoires occupés restent aux antipodes comme l’ont illustré les propositions faites dans ce domaine lors de la dernière rencontre israélo-arabe fin février à Washington.Le département d’État avait cependant jugé constructives ces propositions, les premières réellement concrètes faites depuis le début des négociations qui s’étaient jusque-là enlisées dans des querelles de procédure.Dans leur document de travail, les Israéliens avaient suggéré le transfert à des représentants palestiniens, qui restaient à désigner, de prérogatives essentiellement administratives dans des domaines comme le judiciaire, la santé ou l’éducation.Ce texte soulignait qu’Israël conservait le monopole de la sécurité sous tous ses aspects et demeurait la seule source de l’autorité.Voir page 4: Israéliens Kaboul aux mains de Massoud KABOUL (Reuter) — Au lendemain de la prise de Kaboul, les forces du nouveau gouvernement rebelle semblaient prendre le dessus, hier, dans les violents combats qui les opposent aux maquisards rivaux du llezb-i-Is-lami du fondamentaliste Gulbuddine Hekmatyar.La coalition de combattants dirigée par le commahdant Ahmad Chah Massoud, qui a été nommé ministre de la Défense, est parvenue à repousser les attaques du liezb avec l’aide de l’armée de l’ancien pouvoir communiste.Des blindés de cette armée sont ainsi intervenus aux côtés des hommes de Massoud dans la bataille pour le contrôle de Bala liissar, ancienne citadelle qui domine les approches de la capitale afghane au sud.Un officier, le colonel Mohamed Amin, a déclaré à des journalistes qu’il avait placé une demi-douzaine de chars en position pour pilonner les positions du Hezb.Nabi Hazimi, vice-ministre de la Défense du pouvoir déchu, est apparu samedi soir à la télévision pour inviter son armée à obéir au commandant Massoud, dont l’alliance a annoncé la création d’un conseil islamique au terme d’une guerre civile de 14 années qui a fait deux millions de morts.Massoud, le plus célèbre chef de guerre des moudjahidin, a été chargé du commandement des forces de l’alliance par le nouveau Conseil islamique créé samedi par les partis de la guérilla au Pakistan voisin.Le Hezb de Gulbuddine Hekmatyar, qui ne reconnaît pas ce conseil, a bénéficié sur le terrain du ralliement d’unités de l’ancien ministère de l’Intérieur.Celles-ci étaient assiégées hier par les hommes de Massoud dans les bâtiments du ministère, mais l’assaut n’avait toujours pas été donné à la nuit tombée.Les maquisards d’Hekmatyar, en majorité des Pachtounes du sud de l’Afghanistan, ont été repoussés après une attaque à la mitrailleuse et à la roquette sur le palais présidentiel.Des accrochages ont en outre été signalés sur la colline de Bibi Maru, d’où les unités du Hezb pourraient contrôler les abords de l’aéroport.De violents combats se déroulaient également au nord-ouest, entre la ville et l’aéroport, où le Hezb s’accrochaient à ses positions de part et d’autre de la rivière de Kaboul.Ces combats ont empêché l’arrivée à Kaboul des 50 membres du Conseil islamique, qui comptaient gagner l’Afghanistan à bord d’un Hercules C-130 de l’armée de l’air pakistanaise.Les succès remportés par l’alliance de Massoud ont été confirmés de source diplomatique.« Ils ratissent les quartiers où il y a des hommes d’Hekmatyar, a dit un diplomate.Il ne reste plus qu’un seul endroit.C’est le ministère de l’Intérieur, leur dernier bastion dans Kaboul.» Face au risque d’un assaut sur les bâtiments, les occupants de l’hôtel de Kaboul, proche du ministère, ont été invités à passer la nuit dans les sous-sols.Du fait de la confusion qui régnait dans la capitale, il était impossible d’établir un bilan des combats de la journée.L’hôpital de la Croix-Rouge a recensé six morts et plus de 60 blessés.Un moudjahidin de Massoud Voir page 4: Kaboul Gaspillage de 50 millions prévu à l’Environnement OTTAWA (PC) - Une étude réalisée l’an dernier pour le compte du gouvernement fédéral a permis de constater que le système informatique du ministère de l’Environnement, dont la valeur s’élève à 50 millions $, était mal géré, doté de mesures de sécurité inadéquates, et devenait rapidement désuet aux yeux de plusieurs des fonctionnaires qui l’utilisent.L’étude, effectuée en mai 1991 et obtenue en vertu de la Loi d’accès à l’information, a mis au jour plusieurs problèmes relatifs à la planification et à l’exécution des opérations de traitement de texte, du courrier, de la comptabilité et d’autres services informatiques.La firme de conseillers en gestion Peat Marwick Stevenson et Kellog observe dans son rapport préliminaire qu’à moins que l’administration ne s’occupe rapidement du problème, la situation risque de devenir chaotique et d’entraîner du gaspillage.Les conseillers ont relevé qu’un « nombre important d’utilisateurs étaient insatisfaits » du système informatique.Plusieurs scientifiques ainsi que des fonctionnaires du ministère qui ont accès à des micro-ordinateurs personnels et à d’autres équipements de bureau partagent cet avis.Ils reprochent au système informatique du ministère de n’être pas suffisamment rapide ou flexible pour répondre à leurs besoins.Aussi, ils utilisent souvent d’autres équipements.Les épargnes visées grâce à l’utilisation du système s’élevaient à 5,5 millions $ en cinq ans.Quatre ans plus tard, le ministère prévoyait des économies de 43 millions $ en six ans grâce à son implantation.Les auteurs de l’étude n’ont toutefois pu retracer d’informations fiables permettant de mesurer les économies réalisées et les autres avantages retirés.Pire encore, dans la région de l’Atlantique, son utilisation a été considérée comme un recul.Dans leur rapport préliminaire, les experts conseil proposent au ministère d’utiliser en parallèle deux systèmes informatiques.Le système actuel pourrait être réservé aux besoins nationaux, tandis qu’un autre type d’équipement, plus sophistiqué, serait employé localement.Le gouvernement s’attend à recevoir bientôt les résultats de la deuxième phase de cette étude sur le système informatique du ministère.PHOTO AP ** \ VT» i *v Deux secousses sismiques ont encore ébranlé la Californie, hier, après celle de samedi qui a fait des dégâts à Ferndale (ci-haut).Ces répliques indiqueraient que le sous-sol n’est pas stabilisé et que les menaces d’autres tremblements de terre sont toujours réelles.La terre continue de bouger en Californie RIO DELL, Californie (AP) - La Californie du nord a tremblé à trois reprises ce week-end : après un premier séisme samedi matin, deux fortes secousses ont de nouveau touché la région dans la nuit suivante, provoquant des fuites de gaz, un incendie dans un quartier commercial, des coupures de lignes électriques, la fermeture temporaire d’une autoroute et des dégâts matériels sur un pont, mais pas de blessés.Ces deux secousses sont des répliques au tremblement de terre de samedi matin, d’une intensité de 6,9 sur l’échelle de Richter, qui avait fait 50 blessés.Le séisme et ses deux répliques avaient leur épicentre à peu près au même endroit, non loin de Rio Dell, petite ville rurale près de la ville côtière d’Eureka, 350km au nord de San Francisco.La première réplique s’est produite à 0h41 hier et a été mesurée 6,3 par la station sismologique de Berkeley.Elle a été ressentie jusqu’à Palo Alto, 390km au sud de Rio Dell.La seconde réplique a eu lieu à 4hl8 et a été plus forte: 6,5 sur l’échelle de Richter.Elle a été ressentie à San Francisco et jusqu’à Fresno, à 740km de Rio Dell.« Nous étions assis dans le salon et les rideaux ont commencé à bouger », raconte un habitant de ürland (180km au sud-est de Rio Dell) à propos de la première réplique.« J’ai alors pensé que j’avais un peu trop bu.Puis j’ai vu les chiens courir se mettre à l’abri, et j’ai compris ce que c’était ».Après la seconde réplique, un incendie — probablement dû à des fuites de gaz — s’est déclaré dans quatre magasins de Scotia, près de Rio Dell : les pompiers ont du combattre des flammes hautes de 30m.L’autoroute 101 , — la principale artère californienne, qui longe la côte et relie le nord, San Francisco et Los Angeles — a été fermée quelques heures à un endroit, à cause des dégâts matériels.Les deux répliques ont apparemment ajouté quelques dégâts matériels au séisme de la veille, qui avait surtout touché Ferndale, hameau côtier de 1 300 habitants à quelques kilomètres de l’épicentre.Le gouvernement de Californie avait déclaré l’état d’urgence dans le comté Humboldt où est situé la ville et les autorités fait une première estimation des dégâts de 3,5 millions $.américains ont maintenant un guide sur la crise canadienne Les médias Marie Tison de la Presse Canadienne WASHINGTON — Les médias américains qui couvrent la crise constitutionnelle canadienne n’auront plus d’excuses.Une fondation américaine intéressée aux affaires canadiennes, la William H.Donner Foundation, vient de faire parvenir à 4000 médias américains un guide sur la crise constitutionnelle.Le document de 200 pages, en format de poche, est complet avec des essais écrits par des Canadiens sur les divers aspects de la crise, une chronologie historique, des statistiques et une liste de plus de 500 spécialistes canadiens et américains avec numéros de téléphone et champs particuliers de spécialisation.Il s’est bien glissé quelques oublis dans la chronologie, comme l’élection du Parti québécois en 1976, ou des interprétations un peu rapides, comme lorsqu’on dit qu’en 1837 : « Des rébellions républicaines éclatent au Haut et au Bas Canada en réponse à des récessions économiques », mais en général, les informations sont exactes.M.William Alpert, l’un des trois éditeurs du guide, a expliqué que la William H.Donner Foundation avait réalisé que plusieurs journalistes américains auront à écrire des articles sur le Canada cette année.« Nous avons pensé que ce serait une bonne idée de les aider à écrire de meilleurs articles », a-t-il déclaré au cours d’une entrevue téléphonique depuis les bureaux de la fondation, à New York.M.Alpert a affirmé que la presse américaine avait beaucoup à apprendre au sujet du Canada, reflétant ainsi le manque général de connaissance des Américains vis-à-vis de leur voisin du Nord.Dans son introduction au guide, le président du conseil d’administration de la fondation, M.James Capua, affirme que les médias américains ne pouvaient plus se payer le luxe de cette ignorance traditionnelle.« Ceci, parce que le Canada (.) est au milieu d’une crise constitutionnelle atténuée », écrit-t-il, précisant que les importants changements politiques qui devraient en découler pourraient inclure la dissolution de l’arrangement constitutionnel actuel.Il affirme que l’avenir du Canada est important aux yeux des États-Unis non seulement en raison de sa proximité et de ses liens commer- ciaux, mais aussi parce que les Américains, eux-mêmes de plus en plus confrontés à des questions ethniques et linguistiques, pourraient apprendre de l’expérience canadienne dans la résolution de ces divers conflits.Déjà, quelques médias américains ont écrit à la fondation afin de la remercier pour cette initiative.La Wilüam IL Donner Foundation a été fondée par M.Donner, un industriel américain qui a passé les dernières 15 années de sa vie à Mont-Volr page 4: Les médias 350e ANNIVERSAIRE de MONTRÉAL h?RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES 842-9645 __ __ Date de tombée le 8 mai 1992 LE DEVOIR Montréal en fête ! Le 15 mai commencent les 150 jours de célébrations du 350e anniversaire de fondation de Montréal, LE DEVOIR se joint à la fête et publie un cahier spécial qui présentera les expositions (pius de 80) qui ont lieu à Montréal pour marquer cet événement.En plus d’un calendrier de ces expositions, on trouvera dans ce cahier des textes présentant les expositions les plus importantes qui seront regroupées par thème: Histoire, politique, littérature, religion, beaux-arts et art contemporain, architecture, sciences.On traitera aussi des activités populaires qui auront lieu pendant cette période.Ce cahier qui sera publié dans l’édition régulière du DEVOIR du 16 mai sera aussi distribué sur les lieux de plusieurs de ces expositions. 2 ¦ Le Devoir, lundi 27 avril .1992 Le contrat sans appel d’offres à Bell Helicopter indigne l’opposition Maurice Girard de I:i Presse Canadienne •OTTAWA — Au moment où les négociations constitutionnelles franchissent une étape importante, le Québec pourrait être la cible aujourd’hui des questions de l’Opposition à la Chambre des Communes alors que reprennent les travaux parlementaires après deux semaines de relâche pour le congé pascal.Tant les libéraux que les néo-démocrates ont indiqué à la Presse Canadienne qu’ils entendaient interpeller le gouvernement conservateur et le ministre de la Défense, M.Marcel Masse, pour l’octroi à Bell Helicopter Textron, de Mirabel, d’un contrat sans appel d’offres d'une valeur de 1 milliard $ pour la fabrication d’une centaine d’hélicoptères pour les Forces armées.La député du Reform Party, Mme Deborah Grey (Beaver River), soutient pour sa part que la façon « inacceptable et honteuse » d’agir des ministériels « pourrait nous faire revivre une autre affaire des CF-18».La similitude entre les deux contrats, fait-elle valoir, est inquiétante.Dans un cas comme dans l’autre, c’est une compagnie de Winnipeg, au Manitoba, qui faisait concurrence à une entreprise du Québec pour des contrats de même valeur, dans une conjoncture constitutionnelle incertaine.Kn 1986, Canadair, de Montréal, a été choisi pour l’entretien des CF-18 sur son concurrent manitobain Bristol Aerospace.Six ans plus tard, Bell Helicopter a gain de cause devant Eurocopters, également de Winnipeg, pour remplacer les hélicoptères de marque 135 Twin Hueys et CH-118 Iroquois.Toutefois, le contrat à l’entreprise de Mirabel, qui doit être signé dans les 60 jours, a été octroyé en même temps que M.Masse accordait à la GM, de London en Ontario, un contrat de 800 millions $ pour la fabrication de 229 véhicules militaires légers.Ce contrat également a été accordé sans appel d’offres.Déjà, la controverse a soulevé d’amères critiques au Canada anglais.Le quotidien The Globe and Mail réclamait en éditorial, dans sa livraison du vendredi 17 avril, « une enquête du Parlement qui aurait dû être tenue depuis longtemps sur l’octroi de contrats par le Défense nationale et autres scandales du genre ».Le quotidien de Toronto profitait de l’occasion pour s’en prendre au ministre Masse pour ses nombreuses absences à la Chambre des Communes et se demandait si « comme certains paranoïaques du ministère le laissent croire, le ministre est en train de bâtir de l’intérieur sa propre armée québécoise, qu’il prendrait en main, chamarré de médailles militaires, si sa province se séparait ?» Trois jours plus tard, on apprenait que le président de la communauté urbaine de Toronto, M.Alan Tonks, écrivait aux députés conservateurs des environs pour faire pression sur le ministre Masse et empêcher le transfert du collège militaire de Toronto à Saint-Jean, au Québec.« Alors que la question constitutio-nelle devient importante, il serait important de discuter sérieusement de cette question avec les régions touchées.Autrement, on reste avec l’impression que le groupe conservateur québécois tire, en toute impunité, les ficelles à Ottawa », écrivait M.Tonks dans une missive en date du 8 avril.Dans la capitale fédérale, les partis d’opposition dénoncent le contrat à Bell Helicopter et à la GM mais on se défend de vouloir exploiter la controverse à une période si cruciale du débat national.Sauf la députée du parti de Preston Manning.« Cette affaire pourrait se retourner contre le gouvernement fédéral et M.Masse, qui n’est plus très populaire dans son propre parti », remarque Mme Grey.« Pour qui se prend-il, le ministre de la Défense, pour agir de cette façon.C’est de la mauvaise politique et une mauvaise affaire surtout quand les relations du Québec avec le reste du Canada sont si ténues.» Le whip du Parti libéral, M.David Dingwall (Cape-Breton), estime « possible » que l’affaire influence le débat constitutionnel.« C’est une raison additionnelle qui aurait dû in- Cette annonce sera publiée dans les journaux à travers le Canada.• Claude I.Taylor • Robert Winsor • A.H.Barber • Barbara Seal • Alton P.Smith • Vincent Prager • Jonathan Wener • Gordon Byrne • Barrie D.Birks • Michael E.Jalbert • Johannes S.Larsen • Gulab S.Dhole • John Baine • Michael Gamble • James D.Sullivan • Aida De Sousa • Robert Keamey • Wilson B.McLean • Rita Stafford • Patricia Gabrielli • Anibal Gabrielli • Doris Robb • John & Clare Hallward • Neil McKenty • Catharine McKenty • Storrs McCall • Dan O'Brien • Philip O’Brien • Right Rev’d.Andrew S.Hutchison • Eva Lessard • Sharon Wood Dauphinee • W.Dale Dauphinee • Pesel Hornstein • Elizabeth Kennedy • Sonia D.Raikes • The Board of Directors of the Piggery Theatre • Duncan Campbell • English-speaking Catholic Council • Irving Adessky, Mayor of Hampstead • John A.Boa • Michael Brooker • R.Charbonneau • Lewis Clark and Joan & Ross • Purdy Crawford • Evans Christmas • John H.Dawson • John Dobson • Joan Dougherty • R.Edward Fisher • E.Allan Gordon • W.J.Hindess • George Houston • George Holland • Philip L.McMaster • Philip Johnston • Nunzio Discepola, Mayor of Kirkland • W.R.Johnston • Stephen Leahey • Ruth Lindsay • Ian Macaulay • Peter Palmer • R.W.McGilvray • Walter Markham • James Moore • David Morton • Thomas McKenna • A.B.Nichol • Philip Nolan • Marjorie Packard • Margaret & Larry Nachshen • Judy & Carl Ravinsky • Alice & Joel Raby • Donnie & David Rittenhouse • Anne & George MacLaren • Natalie & Reford MacDougall • Sudershan & Ramesh Khosla • Diana & John Bennett • Cornelia Vaughan Molson • Carolyn & Richard Renaud * Alan Rose • Katrin Nakashima • NOUS NOUS SENTONS VRAIMENT CHEZ NOUS AU QUÉBEC Faisons en sorte que le Québec se sente chez lui au Canada.Le Canada est un grand pays au grand coeur.Avec un esprit ouvert, nous pouvons le consolider.Il n’en tient qu’à nous* Alexandra Lindley Champalimaud • Mary Ann Drummond • The Students’ Society of McGill University • Residents Association of Hudson • Malcolm C.Knox • Allan A.Hodgson • Nancy Erdrich • Stephen Olynyk, Mayor of Greenfield Park • C.Stephen Cheasley • André T.Mecs • Andrea Mecs • James G.Wright • Janet Boeckh • Tass Grivakes • Allan Bishop • Bunnie Berke • Kathleen Fitz Henry • Linda Campbell • James Robb • Peter Cumyn • Christina Hui-Chan • Michel Elliott, Mayor of Hudson Howard Kelly • Elaine Taylor • Alice Taylor • Brian O’Neill • Norman & Patricia Byme • Louis P Gold • Edna Mills • Robert W.Hatton ?Jean Christina Scott • Ronald T.Foreman • Richard W.Pound • Donna Brown • John A.Simms, Mayor of Montreal West • Barbara Chadwick • John McCallum • A.M.Tower • Gean-Yuan Pwu • Peter D.Walsh • Louise Johnston • J.Donald McOuat • Frank Nemec • Vera Danyluk, Mayor of T.M.R.• Thomas L.Wood • Ann H.Wood • A.J.Park • Peter Trent, Mayor of Westmount, • Patrick W.Rourke • T.Donald Myles • Stephen Reitman • David Culver • Maurice McGregor • Victor Drury • Lisa Steele • Peter Reid • Fred Reid • Richard Sargent • Ian Soutar • Scott Taylor • Eric W.Tobin • William Trower • Philip Veinot • R.Vincelli • David R.Webster • John H.Wilks • Douglas A.Short • J.Frank Roberts • Kerry Lanthier • Malcolm Knox, Mayor of Pointe Claire • Charles Whelan • William Wilson • Donald McNaughton • Cameron Lamond • Hugh A.Jones • Henry B.Yates • Duncan Robb • Alex Paterson • Douglas Brown • Brian Drummond • Edward Janiszewski, Mayor of Dollard des Ormeaux • Garth McVeigh • Peter Marier • Frank Kay • O.V.Dwyer • Gary Handley • Lindsay Christie • William Keating • Jim Tooley • Derek Hannaford • Richard Guthrie • William Ridley • Roderick C.Foster • Casper M.Bloom • W.John Gallop • Peter T.Macklem • E.B.Nicolle • John R.Schwab • Eleanor Algie • Rolland & Margaret Watt • Allan H.Butler • Dorothy Weaver & William Weaver • L.E.Whitworth • Ralph Harper • Russell Williams • Peter Kyle • Mildren E.Corbett • Peter Marier • Donald Patterson • Irene Thorburn • John Cleghorn • Peggy Purvis • Ann Macaulay • John Gogluska • Irwin Steinberg • Roy Kemp, Mayor of Beaconsfield • Roy Morison • John B.Claxton • Lillian L.White • Edward Cleather • Brian Gallery • Miss S.Mackie • Joyce Fennell • Olgierd Brzeski • Boyd Whittall • Ronald E.Lawless • K.S.Howard • Patricia Gardiner • Irving Gubitz • Marek Nitoslawski • Gary Hodgins, Mayor of Municipality of Clarendon • David Fraser • Ian Hutchison • Ronald T.Riley • Sheila Britt • W.Grant MacKenzie • Roland H.Charland • John N.Fawcett • John Morgan • Dick & Margaret McDonald • Gerry Snyder • Florence Stevens • Tess Troide • Harvey Levenson • G.B.Maughan • Martha Oppenheim • Mr.& Mrs.David M.Alexander • Warren P.Woodworth • Sheila Reinhold • Muriel J.Petrie • Thomas S.Gillespie • R.L.Grassby • Julian Chipman • Breen Marien • Robert J.Cowling • Ross Smyth • June Hunter • Campbell J.Stuart • Paul W.Adams • Arthur P Earle • L.R.Wilson • Peter S.Janson • Joseph Tenenhouse • Dong Hoon.Myung Won, Yoo • Steven, Sang Yoc & Christopher Yoo • Anya Orzechowska • Linda-Elliott Glover • Billy Bennett • Honora Shaughnessy • Doug Lowery • Marion Letham • Peter Golab • Lori Davies • George E.Davies • Jack Graham, Mayor of Municipality of Bristol • William Dickie • Rick Lavell • Pat & Mac Tower • Rocco Patraccone • Tom Banousis • Tony Kadas • C.M.M.Norcott • Richard M.Hart • Barbara Oliver • Charles Hantho • J.C.Stephenson • Mo Jaques • F.C.Grigg • Norma Short • Roseamond Frier • Lambros Vassiliou • Theopiste Hondzglou • Effie Vekris • Jimmy Doulis • Christo Papamikos • Kostantina Makri • Spori Slarfas • Omar Ali • Kerry Lowrey • Linda Wishart • Robert Wishart • Claire Chitayat • William Tetley • Douglas Robertson • Molly Fripp • Gillian MacCormack • Gloria Menard • David Boyd • Elsie Mathers • Anne Wong • Dorothea Kirshberger • Cynthia B.Hankin • Rosemary King • Janet King • Marjorie Marshall • Mildred Mollor • John J.Peacock • Peter G.Jones • Georges Robichon • H.E.Bell • John H.Bridgman • Gordon P.Jackson • Peter Kilburn • Stephen Takacsy • Charles E.Wiltshire • F.& M.McC’heyne • Anne Myles, Mayor of Baie d’Urfé • Bruce Cowper • James Michael Gilmour • Alfredo Gomes • William Herlihy • Ray McManus • Daniel Oana • Richard Oana • Susan Tutt • Cathy Hamilton Lambie • Linda Sedlak • Dana Couture • Mary Lou Gustin • Mary Vlahakis • Lise Martin • Robert Cochrane • Ray Tapp • G.Tetti • M.McKenzie • Lionel Tapp • Carol Ann Joseph • Richard Nataf • Mark Gravel • Martin Fletcher • Jean Sanche • Richard Tye • Leona Altner • Michael Triffon • Jill Drummond • Harvey Goodman • Kirk Allen • Peter Lemay • Michael McDonald • Janet Murphy • Shirley Spencer • Rosemary McCarten • Sarit Zalter • Freda Caza • Joyce Hammock • Luc Paquet • Francyn Vaillancourt • Anne Vine ?Suzanne Perras • Lucy Salvi • Elizabeth Daousl • Peggy Morgan • Dyan Webb • Miriam Sciacia • Teresa Goriup • Jean Latrémouilie • Bob Boisvert • André Savard • V.Salvi • René Dumont • Mark Rogers • Elizabeth Austin • Albert Armstrong, Mayor of Municipality of Shawville 'Don Burns • Joe Raimondo • Steve Henry • Josée Plante • Jennifer Cook • Ann Vaccaro • Antoinetta Pecora • Charlotte Fineberg • Danny Ortuso • Ray Williams • Greg Vlahos • Gina Dattilio • Mario Serio • Kathy Treuman • Mike DiCriscio • Shawnee Auhert • Wayne Dance • Paul Cloutier • Sandra Young • Susan Rooke • Karen Ditty • I.Davidovici • Carla Plescia • David & Sharon Johnston • Leonard Ellen • William & Claire Leggett • Diane Bale • Linda Haiman • Alain Benedetti • Kerrigan Turner • Un groupe de Québécois anglophones et allophones * Dites-nous ce que vous faites! C.P.692, Station H, Montréal, Québec, Canada H3G 2M6 Télécopieur: (514) 987-9938 «Québec is our home.Let’s make Québec at home in Canada.» citer le gouvernement à la prudence », dit-il.Aucun député libéral ne veut opposer une région du pays à une autre.« Ce n’est certainement pas l’intention des députés libéraux de casser du sucre sur le dos d’une région du pays», ajoute M.Dingwal.Ce qui n’empêchera pas son parti d’interroger le gouvernement en chambre sur cette affaire.Son vis-à-vis au NPD, M.Iain Angus, se dit « très, très nerveux sur la façon dont une question sur le sujet pourrait être perçue ».Le whip néodémocrate parle par expérience.L’automne dernier, une fuite le rendait responsable de l’orchestration d’une charge anti-Québec aux Communes.Son parti se faisait reprocher de vouloir se faire du capital politique au Canada anglais en exploitant l’impatience du Canada anglais à l’endroit du Québec.« Même si je manifeste la plus grande des prudences et que je n’insiste pas sur la province qui obtient le contrat, je suis certain que le gouvernement établira le lien et qu’on m’accusera d’être anti-Québec.Et ça pourrait revenir plus tard pour nous hanter», dit M.Angus, qui ajoute : « En période difficile, on saute facilement sur un bouc émissaire.Et il est facile de pointer du doigt le Québec en raison de son caractère distinct ».La séance du Parlement, qui débute ce matin avec une résolution de l’Opposition réclamant des élections générales, sera déterminante dans la stratégie constitutionnelle des conservateurs.M.Dingwall prévoit le dépôt la semaine prochaine du projet de loi référendaire.Les libéraux comme les néo-démocrates feront porter leurs interventions sur la situation économique.« Si le gouvernement est si fier des résultats économiques, pourquoi ne demande-t-il pas au peuple de se prononcer par une élection », demande M.Dingwall.Personne au bureau du leader du gouvernement, M.Harvey Andre, n’étaient en mesure vendredi de fournir des précisions sur l’échéancier législatif.L’emploi est rare NAPANEE, Ont.(PC) - Plus de 2700 personnes ont envahi, hier, un gymnase de Napanee dans l’espoir d’être choisies pour occuper l’un des 130 postes que la direction de Goodyear Canada veut combler à son usine de cette ville ontarienne.Une longue file de candidats s’était formée dès vendredi soir et elle était composée de personnes venant d’aussi loin que Montréal ou Kapus-kasing, dans le nord de l’Ontario.Les emplois qu’on comblera exigent un secondaire V et ils sont rémunérés à raison de 12$ à 15$ l’heure, a confié le directeur du personnel, Pat Burns.L’usine de Goodyear à Napanee n’est pas syndiquée, elle a commencé sa production en 1989 et elle est l’une des plus modernes au monde du géant du pneu.La direction de l’entreprise s’est dite nullement surprise qu’autant de monde se soit présenté, hier: l’an dernier, un événement semblable avait attiré près de 1700 candidats.« Nous nous attendions à ce qu’il y a plus de monde, cette année, en raison de la récession », a évalué M.Burns.Plusieurs des candidats d’hier sont d’anciens travailleurs de General Tire ou d’Uniroyal-Goodrich: ces deux entreprises ont fermé leurs usines, mettant à pied respectivement 800 et 1000 travailleurs à Barrie et Kitchener.Ces deux fabricants de pneus avaient alors donné pour raison que la compétition était féroce et que leurs installations respectives étaient trop vieilles pour produire efficacement.Napanee, Goodyear emploie déjà 430 travailleurs et se spécialise dans la fabrication du pneu radial et de haute performance.2-9645 "A k i ~ PHOTO AP Les sinistrés de Guadalajara tentent tant bien que mai de récupérer leurs effets personnels des décombres.Pemex et des élus sont mis en cause dans les explosions de Guadalajara GUADALAJARA, Mexique (AP) — Présentant — dans les temps qui lui avaient été impartis — le bilan de l’enquête préliminaire, le procureur général du Mexique a mis en cause hier le monopole pétrolier d’État Pemex et des responsables municipaux et d’État dans la série d’explo/ions qui ont fait au moins 190 morts et 1470 blessés à Guadalajara.Le procureur général Ignacio Morales Lechuga a affirmé que plusieurs responsables officiels pourraient être poursuivis pour homicide en raison de leurs négligences dans cette catastrophe survenue mercredi dernier.M.Morales a relevé que les déflagrations avaient été provoquées par de l'essence mélangée à d’autres substances chimiques volatiles, dont de l’hexane, qui avaient fui dans les égouts où se sont produites les explosions.Trois sociétés produisant de l’huile de table et qui utilisent de l’hexane dans leur processus de fabrication feront l’objet d’une enquête pour déterminer leur éventuelle part de responsabilité.11 a souligné que la fuite d’essence sans plomb s’était produite dans une conduite de la Pemex, en raison d’une corrosion due à une fuite dans une canalisation d’eau située juste au-dessus.La Pemex, qui n’a pas commenté dans l’immédiat ces accusations, avait rejeté toute responsabilité, affirmant qu’une de ses canalisations du quartier de La Reforma avait en fait été affectée, mais par les déflagrations.« Il y a des responsabilités pénales et civiles engageant des citoyens privés et des responsables officiels qui, par incompétence, négligence ou omission, ont contribué à ce résultat», a-t-il affirmé en mettant en cause neuf responsables publics et deux personnes privées qui devront selon lui se présenter devant la justice.« Quant aux conséquences tragiques des explosions, nous avons établi la responsabilité pour négligence du maire, Enrique Dau Flores, et du secrétaire au Développement urbain de l’État, Aristeo Mejia », a ajouté M.Morales, selon lesquel ces deux hommes ont été avertis.Des habitants du quartier de La Reforma avaient dit avoir senti de l’essence plusieurs jours avant les déflagrations.« Il a été établi que les pertes en vies humaines auraient pu être évitées si ces responsables publics avaient agi en faisant évacuer les habitants des zones présentant un risque élevé.» Avec cette mise en cause rapide de la Pemex, l’une des institutions les plus puissantes du Mexique, M.Morales pourrait aider à minimiser les répercussions négatives pour son Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) — au pouvoir depuis 63 ans, celui-ci est accusé de complaisance et de corruption.Le chef de l'État, Carlos Salinas de Gortari, avait donné jusqu’à dimanche aux enquêteurs pour établir les responsabilités.Outre le bilan des morts et blessés, M.Morales a affirmé que les explosions avaient endommagé 1422 maisons, 450 établissements commerciaux, 600 véhicules et 8km de voie publique.Wilson demeure optimiste KITASIIIOBARA (PC) - Le ministre canadien du Commerce, Michael Wilson, a poursuivi, hier au Japon, ses entretiens avec ses homologues japonais du Commerce international, Kozon Watanabe, de la secré- 0 lotnquCbcc Tirage du 92-04-25 1 24 26 28 29 32 R E I O t S U L T A T S SM.Le choeur de l’orchestre sera sous la direction de Iwan Edwards.Expo 67.25 ans déjà Le passeport avec les « étampes », la bulle des États-Unis, le Gyrotron, le film du Canada à 360 degrés, bref une émission nostalgie animée par Pierre Bruneau mais aussi un regard sur ce que deviennent les îles de l'Expo.(TVA 19 h) ?Henry V Après le film original de Laurence Olivier la semaine dernière la chaîne américaine présente cette version 1989 de Kenneth Branagh.De la grande classe.(PBS 57 20 h) — Paul Cauchon (Balanchine était âgé de 79 ans).Il s’agit de l’une des toutes dernières oeuvres créées par le chorégraphe, et qui n’a jamais été présentée à Montréal.Après Serenade (1934), Concerto Harocco (1940), Les quatre tempéraments (1946), et Agon (1957), que nous connaissons presque sur le bout des doigts pour les avoir vu danser à plusieurs reprises par les Grands Ballets Canadiens (GBC), Hallo Della Regina nous donne l’occasion, cette fois, d’apprécier un aspect du travail de Balanchine au moment où celui-ci était parvenu au sommet ultime de sa maturité d’artiste.Ne serait-ce que pour cette raison, l’oeuvre vaut le détour.« 11 n’y a que trois compagnies au monde qui possèdent cette pièce à leur répertoire, dit John Meehan : le San Fancisco Ballet, le New York City Ballet, et nous.Il s’agit d’une chorégraphie qui tient à la fois de la virtuosité, de la précision, et de la légèreté de la part des interprètes.C’est une pièce également dont le rythme d’exécution est rapide et qui, techniquement, est très exigeante ».La seconde chorégraphie au programme est le Jardin aux lilas du chorégraphe anglais Antony Tudor.La pièce (que les GBC ont présentée dans la même salle il y a à peine un mois), est considérée par les inconditionnels de Tudor comme l’un des chefs-d’oeuvre du 20e siècle en matière de ballet psychologique.D’autres, cependant, y voient plutôt un modèle de dramaturgie qui poussai-l'amour du tourment jusqu’à l'hyper-trophie et qui glisse un peu trop souvent dans les viscosités du pathétisme.i Toutefois, que l'on soit sensible ou* non à l’univers trouble et douloureux du chorégraphe, il n’en demeure pas moins que la pièce est habilement" ' construite et qu'elle témoigne de l’un des moments forts de l’histoire dii ballet contemporain par la manière,’* ' hautement originale au moment de sa création, en 1936 à Londres, dont elle marie le théâtre à la danse.Enfin la dernière pièce au pro-^, gramme, qui s’intitule Symphony No' 1, est une création du nouveau chorégraphe attitré de la compagnie, Mark Godden.L’oeuvre a été créée il Winnipeg en octobre 1990 sur une musique du compositeur américain Christophe Rouse et se présente, ses.Ion John Meehan, « comme une sorte de transposition visuelle de la partition musicale ».En marge de ces trois pièces, le.Royal Winnipeg offre également le pas de deux du deuxième acte du Lac des cygnes qui sera interprété par l’extraordinaire Evelyn llarj» (accompagné par Steven Hyde).UnfiJ danseuse absolument magnifique! ¦ dont la technique est non seulement, parfaite, mais qui possède également un charisme et une sensibilité, à fleur de peau (pii rend captivante chacune de ses apparitions sur la scène.Suzanne Rubio dans Ballo della Regina, une chorégraphie de George Balanchine sur une musique de Verdi.Mark Godden dans une de ses chorégraphies sur une musique de Christopher Rouse.Des shows qui mordaient.en chien Pascale Pontoreau Samedi soir dernier, le grand auditorium plein à craquer du cégep Maisonneuve acceuillait les finales des Cégeps en spectacle, les Shows qui ont du chien.L’organisation estudiantine ne laissait place à aucune improvisation et l’on ne peut que louer cette rigueur.Monsieur Leduc, directeur-général du cégep, devait être fier de ses ouailles car tout s’est déroulé comme sur des roulettes.Des animateurs à l’image de la Sainte-Trinité qui nous ont fait sourire, faisant entre autres répéter au public debout pour l’occasion, le « serment du bon spectateur ! » Rock et Belles Oreilles, porte-parole de l’édition 1992, étaient eux aussi présents et n’ont pas manquer de glisser quelques notes humoristiques dans l’hommage qu’ils ont rendu à la réussite de l’événement.Leur sentence ne manquait pas de piquant, « l’essentiel n’est pas de participer mais bien de gagner, et si possible, en humiliant les autres participants.» Enfin, le jury, car il en faut bien un, sous l’égide du ministre Lawrence Cannon, a rendu son verdict sans trop d’hésitation, selon ces quatre critè- res : talent, professionalisme, présence sur scene et originalité.Neuf formations se sont donc suivies dans des registres aussi divers que les percussions, la danse ou le chant.Trois numéros se sont nettement démarqués et comme par hasard, ils ont reçu des prix.Moment fort, les deux créations de Jennifer Aubry du cégep de Saint-Hyacinthe.Dans un esprit « jo-bocanesque », la jeune fille interprétait ses propres textes inscrits dans l’univers sombre de la tourmente intérieure.Ça manquait passablement de chaleur humaine et de joie de vivre, mais la qualité des paroles et la voix profonde de Jennifer en a fait frémir plus d'un.Elle a remporté la première bourse Alcan de 1500$ .Deuxième bourse Alcan du même montant pour les danseuses de la troupe Impact, du cégep Édouard-Montpe-tit, qui ont ravi la vedette avec leur chorégraphie rappeuse toutefois largement inspirée de celles de Janet Jackson et consoeurs.Leurs mouvements saccadés et rapides se suivaient sans nécessairement se ressembler.Ça tombait pile, ça tombait bien.le rap plaît, surtout dans des uniformes qui enrobent des courbes plantureuses.Les percussionnistes Etienne Ratthé et Pierre Doré du cégep de Chicoutimi ont offert, en ouverture de la programmation — tâche ingrate — une performance pour basse et batterie originale et dynamique.Mais c’est Steve Burman du cégep de l'Outaouais qui a gagné, avec ses percussions « physiques », la bourse de 1000 $ de la meilleure création offerte par la Fédération des cégeps.Il sautait partout, et chaque saut donnait un son.De la percussion nouvelle et complètement séduisante.Enfin, le trio de blues Essence du cégep André-Grasset a séduit par la force des voix et la douceur de la guitare acoustique d’accompagnement.Sur des paroles de Laurence Jalbert et des Indigo Girls, arrangées par leurs soins, Arlène Foster et Francine Lewis nous en ont mis plein les oreilles.Le groupe représentera le Québec durant le Festival des jeunesses musicales de France et le Festival international de musique universitaire de Belfort, gracieuseté de l’Office franco-québécois pour la jeunesse.Les autres prestations ?Et bien, elles rataient quelque peu le coche en tenant plus du spectacle de fin d’année que du concours national.Au théâtre Saint-Denis, Émelinei; Michel faisait un retour sur la scèpe| j montréalaise après sa piètre preste-1 ; tion des dernières Franco Folies, en décembre 91.L’Haïtienne au déhanché toujours aussi suggestif, qui venait inaugurer sa tournée canadienne, se présente enfin avec ses propres musiciens, majoritairement français.Le chef d’orchestre, arrangeur et guitariste, Claude Alvarezj, ! Pereyre a parfaitement saisi l’esprit de la chanteuse.Au lieu de se contenter du folklore haïtien et de ses rythmes tropicaux, les résonnances jazz ponctuent toutes les nouvelles compositions.Il n’en fallait pas plus pour qu’Emeline Michel soit comme un poisson dans l’eau.Sa chanson totem Flanm en ressort vivifiée.La belle y gagne chaleur, assurance.mais ça ne lève toujours pas.Pourquoi ?Je cherche encore.Elle est charmeuse, elle chante délicieusement bien et vous envoûte facilement, elle a des musiciens efficaces qui n’ont plus rien à apprendre de leur métier.Et malgré tous ces ingrédients, rien à faire, les spectateurs se contentent de sages et polis clap-clap.Rien à voir avec l’effervescence que l’on sè* rait en droit d'attendre.Un discours tricoté serré Joan Jonas, Naomi London Galerie Samuel Lallouz 372, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu'au 29 avril 1992.Marie-Michèle Cron L’ENVOÛTEMENT qui se dégage des pièces présentées par Joan Jonas et Naomi London, deux grandes artistes (la première en pleine maturité d’une démarche hautement poétique, la deuxième déjà promise, elle aussi, à une brillante carrière internationale) réunies ici à la galerie Samuel Lallouz en un duo de coeur et de choc, nous « oblige » presque à retourner maintes fois sur les traces de ses oeuvres catapultées dans les balises poreuses de l’exil et de la solitude.Joan Jonas, sorte de prêtresse chamanique du XXe siècle rodée, entre autres, à l’art de la performance et de la vidéo est férue de légendes médiévales magiques.Ici l'artiste revient avec des souvenirs de voyage puisés dans des villes soumises aux fortes fluctuations de l’Histoire, l’ex-Berlin Est récemment basculée de l’autre côté de son mur, la Pologne grise et hagarde, dans lesquels l’artiste a amorcé un travail, des performances ouvertes en plusieurs volets.En témoignent ces photographies d’une ancienne manufacture de spiritueux, d'architectures encore investies d’ornements baroques, de robes de mariée comme une âme éperdue accrochée au grillage et mêlant sa blancheur surannée à la neige, d’images d’aujourd’hui «exotiques» confrontées au foisonnement d’objets qui imprègne un bric-à-brac coloré new-yorkais.Deux bandes vidéo racontent parallèlement aux documents photographiques devenus porteurs de mémoire et de parole, l'histoire d’un roi déchu et fou, transformé par un mauvais sort en oiseau.Inspirées d’un poème irlandais du XVI le siècle, les photographies juxtaposent des fragments narratifs où le héros, suspendu dans l’espace, exprime son déchirement entre deux états d’être.C’est aussi le sort de tous ces exilés tiraillés par le retour aux sources et l’adaptation à un monde qui leur est étranger.Naomi London surprend le spectateur par une démarche qui s'avère des plus prometteuses.Dans ses dessins bruts au graphisme atteint et sali par le fusain, les prototypes de vêtements non-fonctionnels renvoient à un corps virtuel prisonnier du carcan social.Les tricots en laine aux couleurs vives accrochées au mur souffrent déjà de l’amputation-que ce dernier leur a fait subir.Manches trop longues ou soudées en une camisole de force, pièce sans ouverture où une cagoule empêche de voir et de sentir, cou vertigineusement allongé comme celui de femmes-girafes africaines, têtes qui se rejoignent et qui parlent de la malformation génétique des frères siamois.Fabriquées par des personnes âgées que bien des sociétés occidentales refoulent et enferment dans des hospices atones, confirmant leur rôle passif et nivelant toutes les iden- tités, ces créatrices hors pairs queS; l’artiste a approchées pour leur sou-; mettre son projet collectif, tricotent*: maille après maille un discours actif! et critique.Elles opposent alors à;J.une activité féminine traditionnelle' et manuelle, ta production de masse!; que des ouvrières taïwanaises sous-J; payées, poussées par l’exploitatiom; massive de patrons abusifs, doivent’! rentabiliser.Posant devant l’objectif; de Naomi London qui en saisit tout*' la tendresse rieuse, ces vieilles dà-i! mes pas du tout indignes essayeijtj; alors ces vêtements inusités qui péri! lent leur signature sur les étiquettè.^ • d’usage et laissent sur le parquet de; la galerie un large poncho écarlate1! que quatre personnes peuvent endosser pour rapprocher tous les corps/ Corps déformés par l’arthrite ou vi- j goureux, corps infirmes et bien por ; tants.ils se faneront bien un jour J dans l’habit difforme et flou qu’une „ humanité sourde-aveugle s’empres ’ sera de reléguer aux oubliettes.L’oeuvre de Naomi London est touchante et très forte. 14 ¦ Le Devoir, lundi 27 avril.1992 ÉDITORIAL Cesser de miser sur les casinos CJ EST ENCORE PARTI.Comme un lapin de Pâques sortant du chapeau d’un magicien, la vieille « nouvelle » de l’implantation de deux casinos à titre expérimental — l’un au Palais des congrès de Montréal, l’autre dans Charlevoix, au royaume de Me-naud, devenu celui de.Raymond Malenfant — refait surface une fois de plus.Comme par hasard, cette « fuite » bien calculée survient durant l’ajournement de l’Assemblée nationale pour le congé pascal.Ce qui donne près de deux semaines pour laisser voler le ballon sans contrainte ou contradiction; ce qui permet ainsi aux lobbyistes, internes et externes, de pousser leurs pions un peu plus avant, un peu plus haut.À force de pressions bien placées, les puissants groupes d’intérêts, qui se disputent les mirages du baccarat et du poker, finiront par venir à bout des résistances, ici comme ailleurs.La technique est usée, elle semble encore efficace.Depuis un an, le manège, trop bien rodé pour qu’il ne soit pas inspiré en haut lieu, se répète presque mensuellement.Si ce n’est La Presse qui annonce la primeur, c’est le réseau TVA qui a vent des sites probables ou Radio-Canada qui établit de savantes distinctions entre les casinos à l’européenne, bon chic bon genre, qui seront notre lot béni, et les maisons de jeu à l’américaine, honnies des dieux qui veillent sur notre bien-être et notre sécurité.Les autres médias ajoutent aussi leur grain de sel.Et le gouvernement, au lieu de trancher comme il aurait dû le faire depuis longtemps, ne cesse de tergiverser, laissant chacun spéculer et ergoter à sa guise.C’est à n’y rien comprendre.Il y a une décision à prendre.Elle n’est quand même pas si terrible ni si difficile.Il y a tout juste dix ans, aux prises avec une conjoncture semblable — récession qui s’étire, reprise léthargique, selon l’euphémisme des spécialistes, de sorte que le gouvernement cherche désespérément des sources inédites de fonds — le premier ministre Lévesque n’a pas laissé traîner le débat outre mesure.Les casinos procureraient bien quelques millions de dollars supplémentaires à l’État affamé, mais les risques, à l’évidence, étaient plus lourds que les bénéfices, à bien des égards; ils n’en valaient pas la chandelle.Aux prises avec l’ombre menaçante du crime organisé et du blanchiment d’argent, le gouvernement péquiste a vite fermé ce dossier qui ne sentait pas bon.D’ailleurs avec la bénédiction de l’opposition officielle, devenue depuis le gouvernement.Au terme d’une longue étude et analyse, le PLQ s’opposait formellement à l’implantation de casinos au Québec.Le député de Viger et porte-parole de son parti, M.Cosmo Maciocia, concluait ainsi son dossier : « Aucune formule de casinos, même la formule dite européenne, ne saurait faire hésiter le gouvernement.De plus, l’établissement d’une brigade de jeux, l’adoption de toutes les mesures législatives pour la prévention du crime, ne sont que des moyens fictifs pour enrayer les problèmes qui, tôt ou tard, se manifesteront.» On ne saurait mieux dire.Dix ans plus tard, on prétend que les systèmes de protection — bien gérés par l’État et sous la gouverne de Loto-Québec qui, en 20 ans, a fait des Québécois les plus gros parieurs du Canada — peuvent être étanches.Rien n’est moins sûr.À preuve, ce qui se passe ailleurs, au fil des ans : même les prétendus meilleurs systèmes finissent par être percés et par être détournés à des fins inavouables.Le Québec n’est pas si mal pris qu’il doive ainsi, en désespoir de cause, jouer à la roulette russe.Bien d’autres aspects ne cessent de troubler dans ce dossier.Par exemple, alors que la crise économique ne cesse de multiplier ses victimes, le gouvernement devrait redoubler d’imagination et d’audace pour mettre au point des programmes de relance novateurs, en vue de susciter la création d’emplois permanents et bien rémunérés.Or, pour toute stratégie touristique, en guise de coco pascal, il fait miroiter des retom- Le hasard reste un mauvais pari économique pour le Québec bées aléatoires et des emplois précaires, autour de gobe-sous de luxe, pour amuseurs richards et désoeuvrés.Le ministre de l’industrie et du Commerce, M.Gérald Tremblay, a peine à implanter ses grappes industrielles, porteuses d’emplois d’avenir, permanents et stables.Le tourisme, mal en point, aurait aussi besoin d’un « prophète » semblable, qui ne craint pas de sortir des sentiers battus.Hélas, le ministre responsable, M.André Vallerand, donne la fâcheuse impression d’être obsédé par les fichus casinos, présentés comme une espèce de panacée qui permettrait de maintenir à flot des programmes sociaux de plus en plus coûteux.S’il mettait autant d’énergie à développer des initiatives solides et durables, au lieu de s’obstiner à vendre ses tables de jeux de hasard à ses collègues sceptiques, le ministre ferait oeuvre bien plus utile pour le Québec.S’il en est incapable, qu’il s’adonne plutôt au golf où, semble-t-il, sa moyenne est meilleure et.moins dangereuse pour la société québécoise.De quelque point de vue qu’on aborde le dossier, il faut cesser de miser sur les casinos comme stratégie de développement touristique.À Montréal ou dans Charlevoix — le pays de Félix-Antoine Savard, de Gabrielle Roy, de René Richard, et de tant d’autres peintres, poètes et écrivains — à Mirabel, Hull ou Or-ford — les mânes du poète d’« une race qui ne sait pas mourir », Alfred DesRo-chers doivent se regimber quelque peu — pour renflouer la caisse touristique ou le Trésor public, il faut trouver d’autres formules, plus rentables et moins pernicieuses que le hasard bien maquillé.Par exemple, il y a des mois, sinon des années, que l’on connaît à Qué- bec l’urgence de mettre de l’ordre dans les vidéopokers et autres jeux électroniques.Le gouvernement y perd annuellement plusieurs dizaines, voire quelques centaines de millions — le chiffre de 600 millions $ a même été évoqué — au vu et au su de tous.Au lieu d’y voir, comme son devoir le lui impose et comme les commerçants honnêtes le réclament, d’ailleurs, Québec gaspillé un temps précieux à tergiverser autour d’éventuels et mirobolants casinos — qui rapporteraient au mieux quelques dizaines de millions $.Résultat pitoyable : on laisse, en pleine disette de fonds publics, filer sans contrôle adéquat une industrie en pleine expansion, autrement plus lucrative pour le Trésor public que les mises des joueurs en smoking.L’imagination au pouvoir à Québec ?Non pas, plutôt l’aberration, presque érigée en système ! Que le gouvernement mette fin à cette valse-hésitation, à cette procrastination qui n’honore personne.Il n’y a aucun touriste qui va venir au Québec parce qu’il y trouvera des casinos dits à l’européenne, donc propres, propres, propres, où dépenser ses précieux dollars et gonfler les coffres d’un État de plus en plus anémique.Visiteurs et congressistes affluent, par contre, là où ils trouvent des produits originaux, axés sur les atouts d’une région, des programmes qui mettent en valeur les attraits d’une Province qui en a plusieurs.Il faut miser sur du solide et du permanent, pas sur des gobe-sous et des risques inévitables, presque incalculables, quoi qu’on prétende par ailleurs.Le jeu de hasard n’est pas préjudiciable en soi, sauf pour les joueurs compulsifs et invétérés qui, de toute manière, ont assez d’astuce pour assouvir leur passion.Ce qui est en cause, ce sont surtout les activités qui s’y greffent, immanquablement, et les coûts divers qu’elles entraînent.Il y a, certes, des retombées économiques, mais aussi des retombées sociales autrement plus dramatiques.Que les maisons de jeu soient gérées par l’État ne constitue pas une assurance tous risques.Comme le disait le prédécesseur de M.Vallerand au Tourisme, M.Michel Gratton, s’il y a une part pour l’État, dans les casinos, il y en a une autre, moins désirable, pour des réseaux clandestins, de la prostitution à la drogue, en passant par le blanchiment de l’argent et le prêt usuraire.Des broutilles, quoi, pour les adorateurs du dieu dollar à tout prix ! Heureusement, à côté de M.Vallerand, qui veut administrer sa panacée hasardeuse un peu partout au Québec, et de son collègue Marc-Yvan Côté, qui insiste pour que Charlevoix (« le comté métaphysique» du Québec, selon Mgr Félix-Antoine Savard) serve de cobaye privilégié, d’autres ministres manifestent plus de prudence.Ce n’est pas, faut-il espérer, parce que le projet fait surface aux comités interministériels, que MM.Levesque, Ryan, et autres n’ont plus de réticences.Ce n’est pas non plus parce que l’Ontario songe aussi à cette potion prétendue magique que le Québec doit se donner le poison.GILLES LESAGE LETTRES AU DEVOIR Un choix simple CESSERONS-NOUS bientôt de traiter l’arbre, cet être essentiel à la vie sur terre, en simple mobilier facultatif qui répond à des normes d'efficacité statistique (tant d’arbres au km et par 100 habitants).Quand on sait que l’arbre, même le plus résistant, n'a en moyenne que cinq ans de probabilité de survie* en ville, comment ne pas admirer le rôle autrement décoratif de ces véritables baromètres indicateurs de la qualité de l’air, donc de la vie.Le choix reste simple; ou on limite la plantation d'arbres dans les rues commerciales ou on y limite la circulation automobile.L'exemple des pauvres arbres qui sont transplantés à l'intersection Papineau/Mont-Royal est un cas flagrant de négligence.("est à croire que les services de la ville aiment se donner ainsi du travail.La main droite ne sait ce que fait la gauche, et surtout ce qu’il nous en coule en taxes pour un travail perpétuellement à recommencer : probablement près de 1000 $ par arbre, si on évalue l’entretien, la culture, le transport et la manutention.Denis Munger Montréal, 4 avril 1992 J'aime le Canada .1K VOUS ÉCRIS parce que je crois que les Canadiens anglais et les Canadiens français ont souvent une perception limitée et dénotent des faux préjugés à l’égard de l’autre Canada.Nous nous observons à travers les extrémités opposées d'un télescope et le résultat provoque un portrait difforme de la réalité.Plus que ce qui peut nous séparer, regardons bien ce qui nous unit, nous réaliserons que nous partageons beaucoup de choses en commun et qu’en effet nous sommes comblés.Je ne veux pas que le Canada soit démantelé.C'est un pays spécial et unique.Non seulement le Canada est vaste et beau mais on y trouve un mélange de langues et de cultures unique au monde.J’ai visité le Québec de temps en temps et j’ai bien aimé.Le Québec est à la fois différent, si distinct tout en étant une partie intégrale du Canada.Les Canadiens français sont chaleureux, joviaux et créateurs.Sans eux, le Canada ne serait pas le même.Bien que ce mariage n’ait jamais été de tout repos, le Canada a été, et doit demeurer, un exemple vivant du travail commun visant un bien commun que peuvent accomplir des gens de langue et, d’origine differentes.Cette première raison, je peux la résumer par les mots «J’aime le Canada».Le malentendu entourant l’Accord du lac Meech et un bel exemple d’incompréhension mutuelle.Ainsi, beucoup de Québécois croient que le rejet de l’Accord correspond à un rejet du Québec et à ses aspirations légitimes.Tel n’est pas le cas.Trop de distorsions et d'ambiguïtés ont fait échouer l’Accord sans parler d’un processus inadéquat.Cela ne signifie pas, que nous n’acceptions Eas le caractère distinct du Québec; le Qué-ec a toujours été distinct, et c’est ce qui fait la spécificité du Canada.Je suis consciente que mes enfants, mes petits-enfants et moi sommes fortunés d’être nés dans un pays où, les citoyens jouissent de la liberté, de la sécurité, d’un panorama divers et magnifique.Les gens qui habitent le Canada sont très civilisés et font du Canada un des pays les plus enviés du globe.Barbara Blue St.Catharines, 15 avril 1992 Abraham, Jésus, Mahomet et les autres MALGRÉ toutes les tergiversations qui continueront à alimenter les interprétations historiques et pour clore le débat sur la confes-sionnalité scolaire, voici quelques idées qui permettront d’éclairer la lanterne des « con-fessionnaleux ».Voici donc une série d’énoncés qui tenteront de faire comprendre aux malenten- LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : LISE BISSONMETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l ’administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur.Michel Lefèvre Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS dants de tout acabit ce que sera l’école laïque, publique et ouverte à tous.Par exemple, ce serait un compromis acceptable.Nous verrions très bien, après les heures de cours, des locaux prêtés par l’école, occupés par les différentes communautés religieuses dispensant aux élèves inscrits, selon un horaire établi, la catéchèse chrétienne catholique, protestante ou autres, la catéchèse musulmane shiite ou sunnite, la catéchèse juive ou toutes autres formes de catéchèse que la communauté ou les parents jugeraient à propos.Il est de la responsabilité même des traditions séculaires d'entretenir leurs traditions.C’est un droit et la démocratie appelle cette pluralité.Le problème vient du fait qu’en fixant dans la constitution les religions catholiques et protestantes comme les seules garantes de l’éthique ontologique on interdit aux autres confessionnalités leur inscription au coeur même de l’institution scolaire et du débat démocratique.L’école n’a-t-elle pas pour but de transmettre la connaissance et toute la connaissance ?Or, qu’en est-il au Québec à l’aube de l’an 2000 ?Deuxièmement, se greffe à la constitution la Charte des droits qui interdit à quiconque, il nous semble, de causer une discrimination envers un être humain en raison, entre autres, de sa religion.L’article 93 qui fixe ce que nous savons dans la constitution, i.e.que les catholiques et les protestants puissent posséder leurs écoles, ne serait-il pas en flagrant délit de contradiction avec le contenu même de la Charte ?Revenons à l’essentiel, la connaissance.La connaissance de notre droit de cité, d’échange avec l’autre, de la différence de l’autre, de la richesse de l’autre, de nos droits civiques, de la convivialité, du partage, de l’histoire, de l’avenir et de tout ce que le lecteur voudra bien y ajouter.Quel est donc le problème de cette école nouvelle qui, si expurgée de ses intégrismes, devient pluraliste, tolérante, accueillante en respectant chez chacun, dans un horaire flexible, ce droit démocratique qu’est la transmission, chez ceux qui s'inscrivent, de toutes les formes de traditions que véhicule l’humanité depuis au moins 3 millions d’années ?L’État aura son rôle à jouer et les Églises le leur.C’est incroyable qu’on pai le encore de ces choses aujourd’hui en 1992 pour l’ère chrétienne, 5752 pour l’ère juive et a peu près 1600 pour l’ère musulmane.J’oublie ici les religions asiatiques.Les Français ont compris cela depuis belle lurette.Réal Glngras Outremont, le 21 avril 1992 LE SILENCIEUX De l’homme et d’autres bagatelles L HOMME est un brouillon dont on attend en vain le texte définitif.?Dialogue.— Technique de communication munie d’un dispositif d’interruption.?Le mal, c’est de ne pas faire le bien.?Je hais les gazons cultivés, offrant l’aspect d’un désert vert que le pissenlit même dédaigne.?Grand commis.— Dans la jungle obscure et impénétrable de l’État, le boa constric-‘or des ministères.?Commentant une déclaration qu’allait faire M.Bourassa, un journaliste écrit : « On le voit venir.» — Quand donc le verra-t-on s’en aller ?Les génies font école, mais n’en fondent pas.?Un building en érection n’a rien d’édi-fiant.?Régression de la spiritualité.— Combien de bonnes âmes troquent leur foi de charbonnier contre d’absurdes crédulités de charlatan ?Je me demande de qui est composé l’opinion publique, puisque la plupart des gens s’en excluent.?Dresser un chien, c’est abuser de son instinct animal.?Le coeur est un organe amovible.Ne l’a-t-on pas à la bonne place quand on l’a sur la main ?Un politicien devrait être tenu de parler convenablement comme un écrivain d’écrire correctement.?Aberration.— Dérangement d’esprit d’un intellectuel éminent que seul un psychanalyste de haut vol peut traiter.?On attend toujours que les économistes nous disent si la mondialisation des marchés entraînera l’extinction des ventes de garage.?Jeune, je considérais un homme politique.Je le tenais pour une boussole qui bien vite s’est métamorphosée en girouette.Albert Brie Jeffrey Simpson Un message limpide Toutes mes excuses si, après deux semaines passées au Japon, je trouve le Canada un tantinet paroissial.Le Globe and Mail, l’un des rares quotidiens qui ait des corrrespondants à l’étranger, a joué à la une un reportage sur le ministre Michael Wilson qui occupait une suite luxueuse dans un hotel lors d’une mission commerciale en Chine.L'Ottawa Citizen, toujours à la une, parle de la secrétaire d’État aux Affaires extérieures, Barbara McDougall, voyageant en première dans l’avion qui la ramenait d’Afrique du Sud, malgré une directive gouvernementale bannissant cette pratique.Le Toronto Star, de son côté, a fait tout un plat du fait que des députés et sénateurs canadiens ont séjourné dans une ville de villégiature en Floride — avec leurs épouses ! — à l’occasion d’une rencontre annuelle avec des sénateurs et congressmen américains.Au Québec, c’était à prévoir, la presse n’a pas pu détacher son regard des propos tout-à-fait ordinaires tenus par Jacques Parizeau au magazine Time et par Robert Bourassa au journal Le Monde.Ce qu’avaient à dire ces deux hommes politiques n’avait rien de vraiment surprenant.Que M.Parizeau annonce sa démission au cas où l’option souverainiste serait défaite lors d’un référendum n’est qu’un geste honorable, mais ses commentaires ont été la source d’analyses et de reportages à n’en plus finir.Il se peut que ces anecdotes fournissent une réponse partielle au fait que la presse dite sérieuse — j’exclus ici les tabloïds — perde des lecteurs depuis quelques années.Les journaux à l’affût de choses triviales ou qui ennuient leurs lecteurs à faire bâiller perdront toujours des lecteurs.Nulle part ailleurs au monde, selon moi, on trouve des journaux qui se préoccupent autant de choses triviales et « plates » qu’au Canada anglophone; ou qui sont, à mon sens, aussi paroissiaux que ceux du Québec.De toutes manières, tandis que les Canadiens se lancent dans leur passe-temps préféré de s’examiner les entrailles, les Japonais sont en voie de consolider leur force économique, pour la rendre encore plus compétitive dans les années à venir.L’économie japonaise a subi un ralentissement en 1991.Il ne s’agissait pas d’une récession, mais d’un ralentissement.Et ce courant est bénéfique pour l’économie japonaise.En 1989-1990, l’économie japonaise a connu une telle croissance que les investissements se firent dans la mauvaise direction — dans l’immobilier, ce qui a fait monter le prix des terrains à Tokyo, et à la Bourse.La Banque centrale du Japon n’a pas prisé ces deux tendances qui ne contribuaient pas à rendre l’économie du pays plus compétitive.Les responsables de la politique monétaire ont déclaré la guerre à l’inflation.La croissance a ralenti, contrariant du coup les spéculateurs en Bourse ou dans l’immobilier.Il en a résulté un nombre accru de faillites et une chute sentie de l’indice Nikkei, mais la conséquence à long terme sera de ramener les investissements dans des domaines plus productifs.Au lieu d’exporter des milliards de dollars vers l’Amérique du Nord, les Japonais investissent maintenant dans leur économie et dans l’économie des pays asiatiques.On estime qu’en cinq ans, le Japon aura doublé ses investissements en Asie.À l’aube du XXIe siècle, par le biais de ces investissements, de l’aide et des flux commerciaux en provenance du Japon, Tokyo se sera préparé un rôle de puissance économique dominante dans l’aire asiatique.Au fil de trois décennies, après la Deuxième Guerre mondiale, le Japon récupérait.Il se contentait de bâtir sa propre puissance économique sans assumer un rôle important sur la scène internationale.Maintenant, les Japonais estiment que la puissance économique doit aller de pair avec une part plus grande dans la sphère politique.En quoi consistera au juste ce rôle nouveau ?De longs débats ont cours à ce sujet au Japon, pays où l’on préfère en arriver au consensus avant de passer aux actes.Les Japonais savent que le souvenir des agressions du Japon en Asie rendent nerveux les pays qui sentent que Tokyo aura une influence de plus en plus grande.Ils se rendent compte que les États-Unis trouveront difficile quelque partage de leadership que ce soit.Mais les Japonais savent également que la puissance économique de leur pays rend la Japon sujet à de fortes pressions politiques auxquelles il doit répondre.Au Japon, on cherche des idées nouvelles pour la conférence de l’ONU qui se tiendra en juin à Rio — sur le développement et l’environnement.Le Japon s’efforce de jouer un rôle diplomatique constructif au Cambodge.Ce pays est devenu la plus importante source d’aide au monde — en chiffres absolus, mais pas selon les statistiques par habitant.Un projet de loi à l’étude par la Diète (parlement) japonaise autoriserait les forces japonaises à servir dans les missions de paix que chapeautent les Nations Unies.Ce sont là des éléments qui indiquent que le Japon s’achemine vers un rôle politique plus important dans le monde, comme l’atteste également sa demande discrète de siéger à un Conseil de sécurité élargi àl’ONU.L’an dernier, le premier ministre Mulroney, lors d’un voyage au Japon, a appuyé une proposition allouant au Japon un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.Il s’agissait là d’une bonne proposition; le monde gagne en stabilité dès que ceux qui détiennent le pouvoir assument plus de responsabilités.Personne ne peut douter que, pour le meilleur ou pour le pire, le Japon détient présentement un pouvoir énorme en proportion de la force de son économie; force qui est susceptible de s’accroître avec le temps.LE MESSAGE du Japon est limpide pour le Canada.Tandis que nous nous engageons dans des débats internes interminables à propos d’enjeux que le reste du monde estime nullement pertinents, le Japon et les autres pays asiatiques s’affairent à devenir plus efficaces et plus compétitifs.Leurs priorités sont les bonnes.Les nôtres, non.A mesure que passent les années, le coût à payer pour nos fixations domestiques ne fait qu’augmenter.*
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