Le devoir, 9 mai 1992, Cahier E
MUSÉES cahier spécial Le Devoir, samedi 9 mai 1992 m Le Musée McCord / L’histoire d’une passion »* v ' -, kl|i iL-jlit- mai mmmm '* ^ M i USU :~-S - M Marie Laurier L N’EST pas indifférent que le Musée McCord soit consacré à l’histoire canadienne et que Montréal en soit l’héritier privilégié.Il n’est pas superflu non plus de rappeler cette heureuse coïncidence de la réouverture de cette institution— aujourd’hui — en même temps que l’on célèbre le 350e anniversaire de Montréal.Et cela grâce à la philanthropie de la famille J.W.McConneU et de son don de 24,5 millions $ qui a permis la reconstruction, la rénovation et l’agrandissement de ce magnifique musée de la rue Sherbrooke.Avec ses 80 000 objets et ses 700 000 documents photographiques de la coUection Notman, le nouveau Musée McCord constitue une fascinante anthologie de notre histoire, celle des premiers habitants du pays, du costume, de la ville même de Montréal qui fut, s’en souvient-on ?un des plus importants centres culturel et commercial du pays.Mais à tout seigneur tout honneur : cette institution qui fête son jubilé vaut à elle seule qu’on raconte son histoire, peu banale en effet puisqu’elle témoigne de la passion d’un homme.Car le fondateur de cette institution éprouvait une véritable passion pour l’histoire.Au point d’avoir collectionné quelque 15 000 objets, peintures, photographies, documents, archives qui reflètent cet engouement.Ces articles forment une collection unique sous le thème La famille McCord : une vision passionnée.Qui était donc ce collectionneur?David Ross McCord, quatrième enfant et deuxième fils du juge John Samuel McCord et d’Anne Ross, est né le 18 mars 1844 à Montréal dans la demeure familiale de la rue Saint-Jacques.Il sera baptisé à la cathédrale Christ Church par le révérend John Be-thune.Ses études secondaires terminées au Montreal High School, le jeune David entre a l’université McGill et s’inscrit aux cours de philosophie de la morale et de littérature, tout en poursuivant ses études de droit.« Sans.McCord, quatri passé, sans \ iuge John Sai histoire, nous \ meure fa n’avons aucune \ sera î idée de notre iden- chth tité .Les musées sont des gardiens de no- x\ 9^.\ tre savoir, des incubateurs de connaissances.Notre mé-moire est aujourd’hui atrophiée \.par un bombardement médiatique.Nous oublions de nous référer à nos an-cêtres qui avaient les mêmes doutes et les \ mêmes espoirs que nous.» ¦ ouverture PHOTO ARCHIVES NOTMAN La rue Saint-Jacques, en 1884 : Collection Notman, Musée McCord.Marie-Michèle Cron Il fera une brillante carrière d’avocat et de conseiller de la Couronne.En 1978, il épouse à Toronto Leticia Caroline Chambers et le couple n’aura pas d’enfants.Comme avocat, David Ross McCord recevait des clients de partout, notamment d’Angleterre et d’Irlande.Conseiller juridique de la Ladies’ Benevolent Society, il défend les intérêts d’hommes d’affaires montréalais comme Augustin Cantin, constructeur de navires et propriétaire de l’Atelier de marine du Canada, ou ceux du photographe Alexander Hendersen.Il est chargé par les descendants de Sir William et de Sir John Johnson de réclamer au gouvernement américain une compensation pour leurs terres confisquées après la révolution, qu’ils possédaient dans l’État de New York.Dans les années 1890, McCord est responsable de la cause opposant la Ville de Montréal à la Montreal Street Railway Company à propos du prolongement de la route jusqu’en haut de la Côte des Neiges et il joue un rôle de premier plan dans les causes d’évaluation et d’expropriation, de façon à ce qu’elles soient équitables pour les citoyens.Au tournant du siècle, David Ross McCord consacre le plus clair de son temps à son amour de l’histoire du Canada et à ses collections qu’il offrira à l’Université McGill et qui formeront le noyau du McCord National Museum qui ouvrira ses portes en 1922 dans la maison Jesse Joseph, sur le site qu’occupera plus tard la Bibliothèque McLennna.Le juriste et l’historien a enfin réalisé son rêve, qu’il continuera d’entretenir jusqu’à sa mort en 1930.En 1936, le musée doit fermer ses portes en raison du délabrement de la maison Jesse Joseph et ce n’est que vingt Voir page E-2 : McCord France Gascon, conservatrice du Musée McCord.PHOTO JACQUES NADEAU OÛ PENSEZ-VOUS trouver la genèse des costumes d’époque, les objets rares qui mettent en scène les problématiques sociales et piquent toujours notre curiosité, tous ces petits détails dont on doit vérifier l’authenticité pour replonger dans le passé ?Où découvrir comment habiller Émilie Bordeleau ?Au Musée McCord.On n’y pense pas, mais l’établissement de la rue Sherbrooke, s’il invite à poser un regard aigu sur sa majestueuse collection riche et diversifiée (à ce jour on peut y recenser jusqu’à 80 000 objets) est aussi un véritable centre de recherche et d’études pour les créateurs, ethnologues, anthropologues ou visiteurs assidus qui veulent remonter à la source originelle d’une époque que l’on devrait toujours revisiter pour l’inscrire dans les perspectives socio-historiques, culturelles et économiques de notre temps.Regarder son patrimoine à travers la loupe de la curiosité et de la passion n’est pas un acte de chauvinisme, loin de là.Comment comprendre le présent et l’avenir si notre mémoire déjà atrophiée par un bombardement médiatique incessant, oublie de se référer aux gestes de nos ancêtres qui devaient composer avec les mêmes doutes et les mêmes espoirs que les nôtres ?D’où venons-nous, que sommes-nous, où allons-nous ?demanderait Paul Gauguin.France Gascon, conservatrice en chef du Musée McCord d’histoire canadienne, se pose continuellement ces questions d’ordre métaphysique en faisant parler le travail des artistes, en relisant et en reliant toutes les pièces entre elles afin de proposer une nouvelle façon de les interpréter.Auparavant enseignante en histoire de l’art et en sémiologie à l’Université d’Ottawa et à l’Université du Québec à Montréal, France Gascon entre au Musée d’Art Contemporain en 1978 pour devenir conservatrice aux expositions itinérantes.Elle fait rapidement une large place aux artistes d’ici.Elle y présente entre autres « Dix ans de propositions géométriques », « Menues manoeuvres» regroupant les oeuvres de Jana Sterbak, Serge Murphy et Sylvain Cousineau, « Écran politique » avec Jenny Holzer, Dominique Blain et Laurie Anderson, « Cycles récents et autres indices » avec Serge Tousignant, Louise Robert et Michel Goulet que l’on retrouve en 1988 aux côtés de Roland Brenner à la Biennale de Venise, dont elle est responsable.Après avoir quitté le MAC, France Gascon se laisse tenter par la critique d’art, notamment pour la revue spécialisée ETC.Son intérêt pour les institutions muséales s’élargit et elle préside bientôt aux destinées de la Société des musées québécois, qui regroupe plus de 200 institutions.Puis c’est le grand saut au Musée McCord.L’on pourrait croire que le passage d’un musée d’art contemporain à un musée d’histoire, traditionnellement anglais de surcroît, a nécessité une gymnastique peu commune.Voir page E-2 : Gascon M.A.Fortin SIGNATURES 34,95 $ Pellan Apogée 69,95 $ UN PAYS peindre 20 üft IKftiôcn deiy Beaux jCivm Demandez notre catalogue Peindre un pays SIGNATURES 44,95 $ Objets de civilisation Musée de la civilisation de Québec 39,95 BROQUETT ¦ ‘ C.P.310, LA PRAIRIE, Qc, J5R 3Y3 Tél.: (514) 659-4819 ÉDIT I 0 N S ; E-2 ¦ Le Devoir, samedi 9 mai 1992 \\"s le plaisir de ÜMiMMi PHOTO MUSÉE McCORD Une maquette du Grand Trunk Railway of Canada, en exposition au Musée McCord.PHOTO JACQUES GRENIER 4 McCord ans plus tard que le projet sera revitalisé, grâce au mécénat de Walter M.Stewart et de son épouse dont l’intérêt pour l’histoire du Canada est bien connu.Ils s’occuperont de mettre en oeuvre des programmes de conservation et de formation du personnel et trouveront de nouveaux locaux pour le musée.L’Université McGill fournit son bâtiment historique, le Centre universitaire conçu et achevé en 1906, et M.Stewart s’occupe de sa restauration.D’autres donateurs privés, dont M.Duncan Hodgson, fourniront les sommes qui permettront l’installation des expositions.À l’origine Centre universitaire de McGill, ce bâtiment situé au 690 ouest rue Sherbrooke et allongé du nouvel édifice qui fait l’angle de la rue Victoria est la première oeuvre importante de l’architecte Percy Erskine Nobbs (1887-1964) qui, pendant la première moitié du 20e siècle, joua au Canada un rôle de premier plan à titre d’architecte et d'éducateur.Directeur de l’École d'architecture de McGill et ensuite professeur de design, Nobbs voulait créer une architecture moderne solide adaptée au contexte canadien.Influencé par le mouvement anglais Arts and Crafts, Nobbs, originaire d’Écosse, fut parmi les premiers à étudier et apprécier les anciennes architectures française et britannique existant au Québec.Il recherchait dans ces bâtiments aus tères et pratiques des modèles pour un design actuel.La façade en calcaire gris de Montréal, inspirée de la tradition britannique classique canadienne, est ornée sobrement, en harmonie avec le cadre, le matériau et le climat.En 1971, le musée rouvre de nou vèau ses portes dans un lieu entiè rement refait et redessiné et par viendra à l’exploiter grâce à la Cor poration des Musées nationaux du Canada, au ministère des Affaires culturelles du Québec et à des dona teurs privés.En 1975, le Musée des beaux-arts en devient le gestionnaire et en 1980 McGill reprend de ûouveau cette responsabilité.En 1987, le musée reçoit ce don inespéré de 25 millions $ de la Fondation de la famille J.W.McConnell auquel s’ajoutent des contributions des gouvernements du Québec et d’Ottawa -n ils versent 3 millions $ chacun .Il lance son projet d’agrandissement, devient autonome en 1988 tout en maintenant des relations privilégiées avec l’Université McGill et en 1989 ferme de nouveau ses portes au blic, le temps de se refaire une auté.Les travaux de rénovation Ont duré trois ans, un laps de temps , qui en valait la peine puisque le Musée McCord d’histoire canadienne apparaît dans toute sa splendeur et sa distinction pour accueillir dès demain le public.Soulignons qu’en vertu de son mandat, le Musée McCord d’histoire canadienne est un musée public à vocation d’enseignement et de recherche, consacré à la Iiréservation, l’étude, la diffusion et a mise en valeur de l’histoire du Canada.Dirigé par un Conseil d’administration autonome présidé par M.David M.Lank, sous la direction générale de M.Luke Rombout, il met à la disposition du grand public et des chercheurs ses collection d’artefacts témoignant de tous les aspects de l’histoire du Canada.Le pont Victoria, le 18 avril 1859.4 Gascon Pour France Gascon cependant, il n’y a là aucune rupture.Au contraire, elle parle de continuité.Elle ne craint pas de naviguer du XVIIIe au XXe siècle dans l’expectative évi dente d’assurer une solide continuité à sa vision globalisante de l’histoire et de l’art.« C’est aussi retourner dans son enfance pour revivre ce qui se fait aujourd’hui.Les musées fonctionnent de la même manière car si nous n’avons pas de passé, pas d’histoire, nous avons une moins bonne idée de notre identité» dit-elle.Ici, en étant responsable de l’ensemble des programmes qui touchent les collections, l’acquisition, le programme de prêts, de remise en valeur à travers la documentation, je me suis surtout intéressée à l’aspect pratique et concret du Musée, à son organisation ».Pour ne pas perdre le fil de toutes ces chroniques du quotidien qui ont bâti la vie nord-américaine, et pour rester fidèle à l’esprit qui avait entraîné la constitution des collections au début du siècle, l’équipe du Musée McCord a essayé d’y ajouter toutes les préoccupations, les méthodes, les valeurs actuelles, à pointer pour mieux éclairer, comme au Siècle des lumières, la culture d’un pays.Ainsi en est-il de la collection d’ethnologie amérindienne et inuit fondée par David Ross McCord, dont la vision un peu romantique et exotique des us et coutumes autochtones a été revue et corrigée par le nouveau discours plus nuance et respectueux d’une ethnologue chevronnée.Au creux de ce travail de longue haleine, les acquisitions viennent rajouter du sel, stimuler cet attrait de l’inusité qui concourt à enrichir une collection et à ramifier son utilité et sa préciosité.Tel ce train présenté dans l’exposition « 1900 : le Québec à un tournant » et qui servait de.moulin à sucre.Les musées d’aujourd’hui ont détruit le mythe voulant que ces institutions soient vieillottes et poussiéreuses, fréquentées seulement par un public d’initiés.En fait, ils sont des gardiens du savoir, des incubateurs de connaissances, une pépinière d’idées novatrices dans laquelle l’objet sert de lien dialogique entre le spectateur, l’artiste et la société.Avec l’aide des nouvelles technologies de pointe, les divers intervenants du milieu veulent propulser les musées à la frontière du XXIe siècle.Le Musée McCord n’y échappe pas lui non plus.Pendant les deux ans de sa fermeture, on a pu le doter d’espaces qui mettent en valeur l’expertise rattachée aux collections, d’outils plus modernes tels un inventaire automatisé, de slaboratoires de restauration etc.« C’est à ce moment là que l’on a souvent parlé de nous et j’ai constaté avec une grande surprise ue plusieurs personnes qui poss-daient des photos, des objets conservés de génération en génération nous appelaient pour nous confier leurs trésors, explique France Gascon.En fait, il en existe encore beaucoup à découvrir dans les collections et ceci compense le fait que nous n’ayons pas eu, plus particulièrement ici, un réseau muséal à la hauteur de la qualité de notre patrimoine.Ainsi, collectivement, on commence à mieux comprendre le rôle que les musées ont à jouer ».Conserver, c’est aussi se rappeller.Le Musée McCord est tout ce qui nous reste de nos villes et de nos campagnes lorsqu’on pense avoir tout oublier.À ’intérieur, les objets parlent: écoutons-les.TOBIE STEINHOUSE jusqu’au 31 mai Galerie d’art du Parc Inc.864, rue des Ursullnes, Trois-Rivières Tél.: (819) 374-2355 mardi au dimanche 14 à 17h; jeudi et vendredi 19h à 21h30 Cahier spécial MUSÉES Un tour d’horizon de l’histoire de Montréal, du Québec et du Canada % Marie Laurier LE MUSÉE McCord d’histoire canadienne inauguré hier sera ouvert gratuitement au public aujourd’hui de 10 h à 21 h et demain jusqu’à 17 h.Et pour souligner de façon tout à fait particulière cet événement, dix expositions spéciales viennent se greffer à celles qui constituent son fonds permanent.Celui-ci, réparti en sept thèmes, rassemble des objets allant du XVIIIe siècle à nos jours témoignant du précieux héritage de l’histoire de Montréal, du Québec et du Canada.Ces sept collections ont pour thèmes le, costume et les textiles, les arts décoratifs, l’ethnologie et l’archéologie, les, archives photographiques Notman, les peintures, estampes et dessins, les archives et la bibliothèque.À cet important panorama patrimonial viennent s’ajouter des exposi- —— tions dites inaugurales basées essentiellement sur les collections mêmes du musée.Voici une brève description de chacune d’entre elles : I La famille McCord : une vision •; .•O • '1 II témoignant de la richesse de notre patrimoine.En plus de ses collections permanentes, le Musée McCord offre des passionnée retrace les origines de la expositions inédites famille fondatrice en Irlande, de 1760 témoignant de la rie jusqu’à l’époque de David Ross McCord (1844-1930).Avec un goût marqué pour l’insolite et un profond sens de l’histoire, ce dernier a collectionné une foule d’objets de nature très va- < riée et le visiteur est à même de saisir les efforts déployés par le collectionneur en vue de construire ce mu- ! sée, l’idéal de sa vie.M Mont-Royal, Ville-Marie : vues et plans anciens de Montréal, permet d’apprécier un choix d’aquarelles, de dessins et de plans de Montréal datant des XVIIIe et XIXe siècles.Ces oeuvres sur papier sont rarement exposées en raison de leur fragilité et de leur sensibilité à la lumière.Cette exposition rassemble des prêts de diverses collections publiques et privées ' dont celles des Archives du Canada, des Musées des beaux-arts du Canada ' et de Montréal, du Musée royal de l’Ontario, de la British Library de Londres, de l’université McGill et du Château Ramezay.Ouverte jusqu’au 1er août, l’exposition se rendra ensuite au Courtauld Institute de Londres.MLes Premières nations du Canada, familiarise le visiteur avec la culture aborigène et elle apparaît en trois volets : Empreintes de la nation micmac ou l’art du costume et des décorations en piquants de porc-épic; Un village nommé Hochelaga qui illustre le mode de vie des Iroquoiens de File de Montréal avant l’arrivée des Européens ; Vies et toponymes du Nunavik qui décrit la toponymie inuit et évoque le lien entre la langue, la culture et les terres ancestrales.À voir jusqu’au 9 novembre.¦ Le pont Victoria, un lien vital est la contribution de la ville au musée .dans le cadre du 350e anniversaire de Montréal.Cette exposition est centrée sur la construction du pont Victoria sur le Saint-Laurent entre 1854 et 1859 et illustre son rôle important dans l’histoire sociale de Montréal, et elle rappelle la genèse du chemin de fer du Grand Tronc qui devait relier : Montréal au Haut-Canada, puis au Midwest américain.Parmi les objets , exposés, on note avec amusement les costumes portés au bal d’inauguration auquel assistait le Prince de Galles, des photographies et un vaste éventail de documents d’archives.Cette exposition se termine le 15 octo- , bre.¦ Le studio de William Notman: objectif Canada, une acquisition d’une valeur historique exceptionnelle, raconte la fabuleuse carrière du photographe canadien William Notman et de ses fils depuis 1856 à 1935 : une foule de portraits, de paysages, de scènes urbaines et rurales, etc.ainsi qu’une galerie de daguerréotypes datant de 1840 à 1860 et représentant des portraits de Canadiens pris par divers photographes.¦ 1900 : le Québec à un tournant met l’accent sur les années 1890 à 1914, i une période charnière dans l’histoire du Québec, son développement industriel et urbain qui modifie de façon irréversible le visage de la société.On voit une cinquantaine d’oeuvres d’art et artefacts, ainsi que des photographies et documents d’archives.Cette exposition dure jusqu’au 9 novembre 1993.¦ Question de goût : arts décoratifs et beaux-arts au McCord réunit des pièces d’orfèvrerie civile et religieuse, de mobilier, de verrerie, de céramique et autres artefacts du XIXe siècle, de même que des peintures témoignant de l’électisme de la période victorienne.¦ Formes et modes : le costume à Montréal au XIXe siècle, une originalité du McCord qui montre l’évolution des styles de vêtements et le caractère cyclique de la mode, comme en témoigne ce retour de la manche bouffante qui a fait fureur en 1830 pour revenir en force dans les années 1890.Cette exposition est ouverte jusqu’au 15 janvier 1993.Enfin pour la première fois le Musée McCord, sous le thème Les archives du Musée McCord, le visiteur aura un droit de regard sur un matériel documentaire considérable de documentation dans lequel puisent les responsables et les conservateurs pour nous raconter au mieux notre histoire.Cela peut être une excellente préparation à la rencontre international des archivistes qui aura lieu à Montréal en septembre prochain.- n r| i < i \ js fi Déœuvrez les originaux.L'EXPOSITION PALAIS DE LA CIVILISATION ÎLE NOTRE-DAME • Du 8 mai au 27 septembre Voici la plus importante exposition sur la civilisation romaine jamais réalisée en Amérique.Découvrez, entre autres, le casque de ce gladiateur qui alfrontait bravement l’adversaire vingt siècles avant nos athletes professionnels.Renseignements: (514) 872-ROMi • I 800 363-ROME Billets (réseau Admission): (514) 522-1245 • I 800 301-4505 1000 ANS DE CIVILISATION! Bell /llitalia nsr Le Devoir, samedi 9 mai 1992 M E-3 ii& art Cahier spécial MUSÉES r .3 : a Le Musée des filles de Dieu Stéphane Baillargeon QUAND on A plus de trois siècles et demi d’histoire, qu’on a soigné des centaines de mil-uers de patients, survécu à trois incendies majeurs, à des épidémies, quand on a participé aux grandes découvertes de la médecine, consacré toute sa vie aux autres et à Dieu, on mérite bien un musée pour rappeler tout cela ! La Congrégation des religieuses hospitalières de Saint-Joseph de Montréal a décidé de loger son nouveau musée dédié au souvenir de ses oeuvres dans un ancien presbytère, à l’ombre du grand Hôtel-Dieu de Montréal.« On a voulu rappeler notre participation à l’histoire de la ville et du pays », dit soeur Thérèse Payer, diplômée en administration, recyclée en directive du projet de Musée.« On veut stimuler la mémoire collective qui nous a peut-être un peu oubliées.» Un mur en pierre des champs et un petit jardin protègent l’édifice gris du bruit affolant de l’avenue des Pins et des palabres entourant le déménagement de l’hôpital.On est à deux pas des bars branchés de la rue Saint-Laurent, à quelques centaines de mètres du Mont-Royal.Tout à côté, il y a l’église où repose la dépouille de Jeanne Mance, la fondatrice de la Congrégation, en 1636.L’édifice, d’environ 1100 mètres carrés, comporte deux étages d’exposition (500 mètres carrés), un petit sous-sol réservé à l’administration et une salle polyvalente d’environ 50 places.Une annexe toute neuve abrite les services d’accueil.Elle est percée d’une haute verrière qui laisse entrevoir un vieil escalier de chêne, provenant de l’Hôtel-Dieu de La Flèche, en France, lieu d’origine du Sieur Jérôme le Royer de la Dauversière et de Jeanne Mance.Ces deux personnages à l’origine de Montréal l’ont probablement emprunté de leur vivant.La mère-patrie en avait fait cadeau à la Ville en 1963.L’escalier date peut-être du Xlle siècle, a été restauré et remonté, en 1989, par deux Compagnons du DEVOIR, puis cédé au Musée.Le reste de l’espace est réservé à la présentation d’une infime partie de la collection permanente de la communauté.Plus de 7000 objets ont déjà été répertoriés dans les voûtes des résidences et de l’hôpital.« Pour rendre le propos clair en histoire il faut faire des choix, même s’ils sont parfois déchirants », dit Mme Lyse Brousseau, responsable de l’aménagement des salles.La communauté a engagé cette spécialiste en muséologie, ainsi qu’un historien, pour faire un travail dans les règles de l’art et de la science, même si au total, évidemment, le Musée défend le point de vue de la Congrégation sur son histoire et son oeuvre.La présentation est assez classique, volontairement didactique, mais sans lourdeur.On utilise souvent une photo pour bien replacer chaque objet dans son contexte.La visite est conçue selon un parcours chronologique qui fait passer du rêve de colonisation, dans l’esprit de Le Royer et de Jeanne-Mance, à la réalité du travail hospitalier de la Communauté dans la société en mutation, française, puis canadienne et finalement québécoise.Les premières salles rappellent les liens avec les origines de Montréal et mettent en évidence le rôle de ses fondateurs et fondatrices.On voit par exemple les lettres patentes signées par Louis XIV et l’empreinte du pouce royal, écrasé dans la cire d’un immense sceau.On entend sur bande sonore des extraits des annales que la Communauté tient sur ses activités depuis ses débuts.On retrace ensuite l’évolution de l’Hôtel-Dieu proprement dit.Les incendies (1695, 1721 et 1734), les épidémies de typhus (1832, 1854) et de choléra (1816, 1847), le premier déménagement, en 1861, du Vieux-Montreal (dans ce qui forme maintenant les condos des Cours Le Royer), devenu trop achalandé, à leur emplacement actuel, sur « le Mont Sainte-Famille ».« Ça devait être aussi pénible que ça va l’être pour nous, dit soeur Thérèse.Les religieuses ne voulaient pas plus s’en aller que nous maintenant.» C’est aussi toute l’histoire de la médecine moderne en condensé, du temps des saignées, des purgations, des ventouses, jusqu’à la révolution scientifique du tournant du XXe siècle.La communauté a conservé ces curiosités d’une autre époque, comme ce tableau de statistiques du XIXe siècle, où les quelque 3000 malades annuels sont classifiés selon leur religion et leur nationalité : Canadiens, Irlandais ou Italiens, mais aussi « nègres » ou « Indiens » ! Une petite salle est réservée à la présentation d’expositions temporaires.La première rappellera la différence entre un Hôtel-Dieu et un hôpital général, ouvert aux contagieux et aux femmes enceintes par exemple.« On va réagir rapidement, au gré des événements, explique Lyse Brousseau.Si un congres d’ophtalmologistes se pointe à Montreal, on va sortir nos plus beaux instruments.On pense aussi faire une exposition sur le traitement de la peste et du choléra, en faisant des rapprochements avec le sida aujourd’hui.» D’autres salles montrent la vie quotidienne des religieuses : l'étape des voeux, la grille du cloître, où elles vivaient en dehors de l’Ilôtel-Dieu et qu’a connue soeur Thérèse jusqu’en 1953, le réfectoire et la chaire d’où la lectrice récite les versets, une cellule parfaitement reconstituée.Et puis, l’essentiel, tout ce qui aide à vivre spirituellement sur fond de chants grégoriens enregistrés par les Hospitalières d’aujourd’hui, des trésors d’orfèvrerie religieuse, un magnifique parement d’autel de 3,5 mètres, des reliquaires, une châsse et des paperolles, et puis un retable doré, attribué à Philippe Liebert, restauré après 3300 heures de décapage au coton-tige, par le Centre de conservation du Québec.« Un vrai travail de moine», dit soeur Thérèse, en éclatant de rire.Le tout se termine sur les dernières décennies, des années de crise.Les vocations se font extrêmement rares, les membres vieillissent et les laïques doivent continuer d’entretenir les postes de cet empire de la charité et de la compassion, qui, en 350 ans, a essaimé un peu partout dans le Nord-Est du continent, au Nouveau-Brunswick, en Ontario, aux États-Unis et, bien sûr, au Québec.C’est aussi l’arrivée de la « caston-guette » et de la Carte-Soleil, reproduite sur un mur, comme symbole d’une autre mutation.La toute dernière salle est réservée à la projection d’un vidéo, réalisé par Lise Bo-nenfant, qui montre que les 600 bonnes soeurs actuelles continuent ce que la directrice appelle « notre mission de tendresse et de compassion, l’héritage de Jeanne et Jérome ».L’exposition permanente ne fait jamais mention du projet de déménagement de l’Hôtel-Dieu à Rivière-des-Rapides.« Quoi qu’il arrive, notre Musée va rester au centre-ville, dit soeur Thérèse Payer sur un ton résolu.Et le reste des bâtiments va continuer à servir la population, comme hôpital ou comme hospice, mais ça ne deviendra pas un complexe de condos, ça c’est sûr et certain !» Une citation de Job conclut l’exposition : « L’arbre conserve un espoir.Une fois coupé, il peut renaître encore et ses rejetons continuent de pousser.» Le Musée des hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal, situé au 2ÛL avenue des Pins ouest, sera officiel-’ lenient inauguré le 18 mai et accueillera gratuitement les Montréalais du 7 au 14 juin.Ensuite, il en coûtera 4 $, par adulte, et la moitié de ce prix aux bénéficiaires des tarifs spéciaux.« Le programme éducatif sera très important, dit soeur Thérèse.On espère recevoir beaucoup de groupes scolaires.On veut montrer aux jeunes l’importance de se donner un projet dans la vie, de trouver un sens a son existence.Le dévouement et l’amour du prochain sont les plus belles passions au monde.» Le Musée clé en main a coûté 3,5 millions $.Ottawa a fourni 2,2 millions $, la Ville de Montréal 100 000$.Québec n’a pas apporté la moindre: obole.« Mais on n’a pas reçu de re-' fus, précise tout de même la religieuse, l’air déçu.Alors on espère qu’en voyant le Musée, les gens du ministère des Affaires culturelles vont réagir.Après tout, je pensé qu’en 350 ans, on a fait la preuve de notre sincérité.» Derrière l'oeil de William Notman Jean Dumont AUJOURD’HUI, où chacun ou presque d’entre nous a eu, à un moment ou à un autre, un appareil photographique entre les mains, et où nous croulons littéralement sous l’avalanche des images de toutes sortes et de toutes provenances, il nous est difficile d’imaginer l’importance que revêtent les Archives photographiques Notman pour notre connaissance de l’histoire de Montréal aussi bien que de celle du Canada tout entier.Constituées en 1956, au moment de la donation de l’oeuvre de William Notman et fils à l’Université McGill pour qu’elle soit déposée au Musée McCord, la collection comprend plus de 40C 000 photographies, prises sur une période de 80 ans, par William Notman, ses fils et ses employés.Si on ajoute à ce corpus les photographies des centaines d’amateurs et de professionnels qui y ont été incorporées, c’est plus de 750 000 documents photographiques, négatifs sur verre, lanternes magiques, daguerréotypes et autres procédés, qui constituent, de 1845 à nos jours, un extraordinaire témoignage sur les différentes facettes de la vie canadienne.William Notman fut un portraitiste en vogue.Et nombreux furent les clients, de toutes conditions sociales, qui fréquentèrent les studios du 11 rue Bleury où, dès la fin de 1856, quelques mois après être débarqué à Montréal en provenance de son Écosse natale, il avait établi ses quartiers généraux.Le succès de ses affaires aidant, il engagea rapidement, non seulement de nombreux assistants photographes, mais aussi plusieurs artistes à plein temps, dont John A.Fraser, pour retoucher les négatifs et réaliser les divers décors et toiles de fond utilisés dans les photographies.Le studio Notman fut en effet vite réputé pour ses photographies de scenes d’extérieur, entièrement réalisées dans des décors d’intérieur.Quelques fourrures au premier plan, du sable blanc ou du coton sur le sol, du gros sel sur des branches d’épi-nettes, une plaque de zinc polie en guise de surface glacée, des raquettes ou un traîneau stratégiquement placés, et les visiteurs charmés repartaient dans leurs pays aux températures plus clémentes avec une image flatteuse d’eux-mêmes affrontant le difficile environnement canadien ! Bien qu’artificielles, ces photographies-montages d’excellente qualité n’étaient pas, après tout, si loin de la vérité.Elles ont par contre contribué pour beaucoup à une certaine perception romantique de la réalité canadienne à l’étranger.Mais l’intérêt de William Notman ne se limitait pas aux portraits.Villes et villages, scènes de rue, paysages, scènes rurales, pêche, Indiens, Inuit, développement industriel, costumes, tout avait valeur de sujet pour cet excellent photographe.Sans lui nous n’aurions jamais su ce qu’était le Montréal de cette époque.Pour les chercheurs de tous ordres, la collection Notman constitue une extraordinaire mine de renseignements et, jusqu’à un certain point, elle joue le rôle d’une sorte d’articulation indispensable à certains pans des collections du Musée McCord.Au-delà des certitudes scientifiques et des recherches spécifiques, ces photographies sont en effet le seul moyen de replacer les divers objets dans leur contexte, de les relier sans erreur les uns avec les autres, de recréer l’atmosphère d’une époque.Cinéastes, historiens, chercheurs, romanciers viennent y puiser l’exactitude du détail.Cette valeur historique très particulière est due en grande partie au soin qu’apportait Notman à la collation et à la rédaction de tous les renseignements circonstanciés entourant les photographies qu’il prenait.Il tirait de chaque négatif une épreuve supplémentaire qu’il collait dans un album dans il consignait son numéro, son nom ou son titre.Il a laissé derrière lui plus de 200 de ces albums.Il notait par ordre alphabétique dans ses carnets, les noms de chacun de ses modèles.Il est donc facile d’identifier sans erreur chacun de ses clichés.Cette richesse documentaire est remarquablement mise en valeur par la façon dont le Musée McCord présente certains aspects de la collection Notman.Les documents servent d’articulation à un prétexte historique.Le Pont Victoria, par exem- ple, premier pont construit a Montréal il y a 132 ans (inauguré le 24 août 1860), fut considéré à l’époque comme la « Huitième merveille du monde ».Il faisait partie du lien ferroviaire vital qui permettait de relier Montréal au port libre de glace de Portland, dans le Maine.Notman fut chargé de documenter la construction.L’exposition montée par le musée, « Le Pont Victoria, un lien vital », permet d’admirer non seulement les vues stéréoscopiques du pont pendant sa construction, les dessins originaux des ingénieurs, les costumes portés au bal inaugural donné en l’honneur du Prince de Galles, etc., mais aussi tout ce que Notman avait l’habitude de voir et de noter, ne serait-ce que le village ouvrier qui s’était constitué au pied du pont.Il en est de même dans une autre exposition intitulée « 1900 : Le Québec à un tournant », qui fait le bilan des changements sociaux importants enregistrés par la sociétés québécoise au tournant du siècle.Au milieu des objets et des documents de tous ordres, les photographies de Notman, distribuées en un volet rural et en un volet citadin, font prendre conscience des distorsions importantes colportées par les gravures et les illustrations de l’époque.Ces dernières font état d’un peuple gigueux, souriant et fumant placidement la pipe à l’ombre rassurante des traditions ancestrales.Sur les photos de Notman, certains Indiens ont le visage de la misère.Nombre d’habitants des villes sont pauvres et PHOTO ARCHIVES NOTMAN Andrew Allan dans sa serre (1871 ).en haillons et les paysans portent le masque de la fatigue et de l’incertitude.Je sais bien que la photo n’est pas objective, mais elle l’est parfois plus que l'imaginaire de certains artistes.LE MUSÉE DAVID M.STEWART ¦ \ j * 1 i ; LE MUSEE DES ARTS DÉCORATIFS DE MONTRÉAL v?v LE MUSÉE CHÂTEAU RAMEZAY Nous sommes heureux de souligner la réouverture du Musée McCord d’histoire canadienne, cette grande institution muséologique qui contribue au rayonnement de la vie culturelle à Montréal E-4 ¦ Le Devoir, samedi 9 mai 1992 le plaisir de art Cahier spécial MUSÉES Pour tout savoir sur les Plaines d’Abraham Jocelyne Richer de notre bureau de Québec LE DIMANCHE 17 MAI marquera une étape importante dans la vie du Centre d’interprétation du Parc des Champs-de-ba-taille, qui sera ouvert à l’année à compter de cette date.Physiquement greffé au Musée du Québec, lui aussi installé sur les Plaines d’Abraham, le Centre d’interprétation, qui dépend du gouvernement fédéral, offre au visiteur de mieux comprendre la portion d’histoire rattachée à ce coin de territoire, aujourd’hui synonyme de pique-nique dominical, en été, et de randonnée en ski de fond, l’hiver.Mais U demeure que c’est là que •s’est jouée une tranche déterminante de l’histoire du Québec et du Canada, et qu’il n’est peut-être pas superflu de découvrir ou redécouvrir les événements et les acteurs qui ont ainsi modifié le destin de la Nouvelle-France.Jusqu’à maintenant, le Centre d’interprétation n’était ouvert au public Sue durant l’été.Les visiteurs férus 'histoire pourront maintenant, hiver comme été, apprendre sur les lieux mêmes où ils se sont produits, comment se sont déroulés les événements qui auront, pour des siècles, un impact sur l’avenir du peuple québécois.Retracer l’histoire des Plaines d’Abraham, de la période où le Qué-lliec s’appelait encore Nouvelle-• IFrance jusqu’à aujourd’hui, en pas-'.àant bien sûr par la conquête britan-îriique, au 18ième siècle, durant la cé-.ïèbre bataille des Plaines d’Abraham •ihenée par le Général Wolfe, voilà : Illobjectif que s’est fixé le Centre d’in-Iterprétation.Pour atteindre cet objectif, on a : :mis au point toute une série de ; moyens susceptibles d’attirer l’attention des petits et des grands et de .fournir les grandes lignes de l’His-: toire : visite des lieux, tour guidé en ;; autobus, visite des tours Martello, du ;; Parc des Braves, de divers monu-;; ments présents sur le parcours, des ;; magnifiques jardins du parc Jeanne-;;d’Arc, de la Citadelle, etc.:: On trouvera aussi des expositions PHOTO PIERRE SOULARD (MUSÉE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC) Québec-ville, vue de Lévis, vers 1870.mojms ?* w .T*, t ÿrjÿêi «g|/ j ssH * multi-médias, un spectacle « son et lumière », un vidéo, des projec- tions .on a donc cherché à rendre plus vraie que nature cette partie fort mouvementée de l’histoire québécoise.Pour tout savoir sur l’histoire du Parc des Champs-de-bataille, il faut se rendre au Pavillon Baillairgé (la vieille prison) du Musée du Québec.17 mai Journée internationale des musées Entrée gratuite dans les musées du Québec Planifiez votre itinéraire : La ligne info-musées de L’interurbain Bell (514) 987-3797 tous les jours de 9 h à 21 h La Société des musées québécois accepte les frais d’appels R I E gaëtan morin éditeur vous invitent à une exposition rétrospective d’oeuvres ayant servi à illustrer les couvertures des ouvrages de Gaëtan Morin éditeur.Lise Auger Léo Ayotte Marcel Barbeau Monique Bédard Hélène Béland Léon Bellefleur Pauline Bressan Jacline Bussière Louise Calvé L’exposition et Du mardi Jean-P.Dallaire Robert Dupont Renée Durocher Marie-J.Essertaize Marcel Fecteau Harry Guttman Louise Houde Jean-P.Lafrance Michel La pensée Michel Leroux Claude Le Sauteur Nathalie Maranda Marc Poissant Marcel Ravary Sylvia R.Servadei Miyuki Tanobe Monique Voyer John Walsh la vente se tiendront jusqu’au 17 mai.au dimanche de llhOO à 18h00 430, rue Bonsecours, Vieux-Montréal (Québec) Tél.: (514) 875-8281 EXPOSITION DE CALIBRE INTERNATIONAL EN PROVENANCE DU MUSÉE DES ARTS h DÉCORATIFS ET POPULAIRES DE LA RUSSIE k À MOSCOU r • - vaMb fuùx .1 MUSEE DE CHARLEVOIX dès le 10 juin 1992 1, Chemin du Havre CP.549 Pointe-au-Pic (Québec) G0T1M0 tel (418) 665-4411 fax (418) 665-1560 TOUJOURS PLUS VITE SUR LES CHEMINS DE L’HIVER Le Musée J.Armand Bombardier propose à ses visiteurs trois salles d’exposition différentes avec: • des maquettes interactives; • de nombreuses vidéos; • une salle de projection.En passant d’une salle à l’autre, on vous raconte la carrière de ce grand inventeur et entrepreneur prospère qu’était Joseph-Armand Bombardier et on vous fait découvrir les multiples facettes de la motoneige, ce véhicule fort bien connu dans les pays de l’hiver.Horaire: Du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h.Du 24 juin à la fête du Travail: tous les jours de 10 h à 17 h 30.Tarifs: Adultes 5 $ - Aînés et étudiants: 3 $ Gratuit pour les enfants de 5 ans et moins.Prix spéciaux de groupe (réservations obligatoires) et de famille.Musée Armand Bombardier 1001, avenue J.Armand Bombardier Valcourt (Québec) JOE 2L0 (514)532-2258 Galerie _ Jon Baturin Richard Buchanan Faye Fayerman David Liss David Lubell Marilyn Milburn Dessins, peintures et photographies 1 1 mai - 10 juin 1992 lundi au vendredi et dimanche le 17 mai (Journée internationale des Musées) de 9h à 17h 4710St-Ambfoise, suite 101, Montréal, Qué! H4C 2C7 (514) 939-1704 GALERIE V E R I I C A I, E RAYMONDE APRIL photographie MARIE-CHRYSTINE LANDRY sculpture ART C O N T E M P O R A 1 N 1 897, BOUt.DAGEN AIS O 1 A V A t , Q U É B E C H 7 l • 5 A 3 5 14 6 2 8 8 6 8 A Le Devoir, samedi 9 mai 1992 ¦ E-5 le plaisir Je art Cahier spécial MUSÉES Là où de Maisonneuve a accosté.Caroline Montpetit LA PREMIÈRE cité, entourée de palissades de bois, s’étendait sur cette pointe.C’était le fort de Montréal (1642-1682).La première place Royale s’y trouvait déjà depuis le voyage de Champlain, en 1611 ».C’est en ces termes qu’une brochure touristique décrit la Pointe- PHOTO JACQUES GRENIER .*‘I L.La salle de spectacles, dont le parterre est constitué de vestiges, au Musée d’archéologie et d’histoire de Pointe-à-Callière.à-Callière, lieu de fondation de Montréal, au coeur de la vieille ville, tout près de la rue de la Commune.Sur quatre bateaux en provenance de Québec, le sieur de Maisonneuve, entouré du gouverneur de la Nouvelle-France, Charles Huault, de Jeanne-Mance, du Père Vimont, de Mme de la Peltrie, et de l’armateur Pierre du Puiseaux, y accostait, avec 53 colons, n fondait peu après la cité qui allait devenir un des centres commerciaux les plus importants de la Nouvelle Amérique.Le 17 mai prochain, soit très exactement 350 ans plus tard, la Pointe-à-Callière donnera officiellement son nom à un musée d’histoire et d’archéologie de Montréal, érigé à même les vestiges de fondation de la ville.Protégés notamment par un nouvel édifice de béton, à quatre mètres sous le sol de la ville actuelle, ces vestiges, auxquels travaillent depuis 10 ans un groupe d’archéologues, ont donné lieu à la reconfection de deux pavillons, l’Éperon et l’Ancienne Douane, reliés par une crypte archéologique que traverse le premier égoût de Montréal.Le tout, à ce jour, aura coûté 6,5 millions $ à la Ville de Montréal, propriétaire du site, 9 millions $ au ministère des Affaires Culturelles de Québec, et 12,1 millions $ au gouvernement d’Ottawa.« Le premier édifice, qu’on appelle l’Éperon, a été construit sur les ruines de la Royal Insurance Company, Cahier spécial MUSÉES Coordination : Paule des Rivières Mise en page : Yves d’Avignon Vente-Publicité Jacqueline Avril Production-Publicité : Marie-France Turgeon i .lOURNïlï DES MUSÉES MOHTRÉAIJVIS 1992 o«\j w ( O / to A PROGRAMME /Y ^ H S ACTIVITÉS CARRÉ DORCHESTER CIRCUITS D’AUTOBUS GRATUITS De 10h00 à 17h30, le dimanche 17 mai 1992, 5 circuits d’autobus gratuits permettront au public montréalais de visiter les musées de leur choix.Les départs et les correspondances se feront au carré Dorchester face au centre Infotouriste.Ligne inlo-musées de L’interurbain Bell : (514) 987-3797(les frais sont acceptés) Circuit #1 - Centre Ville • Musée McCord • Musée Redpath • Musée des Beaux-Arts de Montréal • Centre Canadien d’Architecture • Galerie d’art Concordia Circuit #2-île Sainte-Hélène • Musée David M.Stewart • Palais de la civilisation • Château Dufresne, Musée des Arts décoratifs de Montréal Circuit #3 - Lachlne/Pointe Claire • Musée de Lachine • Commerce de la fourrure • Galerie d’art Stewart Hall 00 N SI u di Aw- Circuit #4 - Sl-Laurant • Musée d’art de St-Laurent • Centre commémoratif de l’holocauste Circuit #5- Maison «-Gabriel/ Vieux-Montréal • Maison St-Gabriel • Centre d’histoire de Montréal • Château Ramezay H CÉLÉBRAhONS MONTRÉAL 1642-832 La Journée des musées est un événement spécial organisé par la Société des directeurs des musées montréalais en collaboration avec la Société des musées québécois.À l’occasion de cet événement, les musées suivants ouvrent également gratuitement leurs portes : Maison Sir George Etienne Cartier, Marché Bonsecours, Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal (Pointe-à-Callière), Musée d’art contemporain (ouverture 28 mai 1992), Musée ferroviaire canadien, Nouveau musée.pour rire, Musée international de l’humour (ouverture octobre 1992), Musée Marc-AurWe Fortin et Musée Marsil.STCUM érigée au 19e siècle, puis démolie », explique Francine Lelièvre, directrice générale du musée.Bien que présentant une facade rigide de béton, le nouvel édifice respecte exactement la forme et la dimension de celui de la Royal Insurance, selon Sophie Voyer, des relations publiques du musée.Sur le sol même des ruines de la Compagnie, une salle de 13,5 mètres de haut permettra aux visiteurs d’assister à un montage multi-médias de 16 minutes, qui présentera l’histoire de Montréal, à partir du 16e siècle.Dans un coin plus profondément fouillé de la salle, aux différentes couleurs des couches de pierre découvertes par les archéologues, on devine le magasin (1816) de Pierre Berthelet, négociant enrichi par le commerce des fourrures, ainsi que la maison d’Antoine Papineau, maître tonnelier et commerçant, qui achetait le terrain à Montréal en 1796.Le montage, alimenté par la projection de diapositives sur des écrans mobiles, présentera différents contextes de l’histoire de Montréal.« Par définition, pour creuser plus loin dans l’histoire, les archéologues doivent parfois détruire les sites déjà découverts ».« Par ailleurs, il s’agit de la première salle de spectacle dont le parterre est constitué de vestiges , ajoute-t-elle.Au détour d’un escalier, on découvre le premier cimetière catholique, qui date de 1643, où ont été ensevelies 38 personnes, amérindiennes et françaises.« Nous y avons trouvé sept fosses et une sépulture, poursuit Mme Lelièvre.Certains artefacts trouvés dans le cimetière permettent de déterminer que des Amérindiens y étaient ensevelis, une dent d’ours, par exemple, ou une pièce de poterie».Dans le cimetière, des latrines de bois, du 18e siècle celles-là, trônaient par ailleurs encore, oubliées par les temps, au moment de la visite.À la traversée de l’ancien égoût de Montréal, évacué depuis 1989, puis aménagé par les initiateurs du musées, on découvre les premiers remparts de pierre de la ville.Aux côtés de ces murs de pierre, cinq maquettes illustreront différentes époques de l’histoire de Montréal.« Plusieurs artefacts démontrent d’ailleurs ici la présence amérindienne, des pointes de flèches, ou des poteries typiquement amérindiennes», poursuit Mme Lelièvre.Durant la visite du chantier, la directrice générale promet l’installation de mannequins programmés par ordinateur, qui répondront aux questions pré déterminées des visiteurs.De la crypte archéologique, on arrive à l’ancienne Douane reconstituée, qui abritera deux salles d’exposition ainsi que la boutique du musée.Ici, le Montréal moderne, québécois, international et multi-ethnique, trouvera autant sa place que celui des Amérindiens, des Français et des Anglais.Des questions politiques actuelles proprement dites, on ne parlera pas trop, promet d’ailleurs la directrice générale.*' « Nous avons tenté de cerner la réalité spécifique de Montréal comme carrefour commercial », ex-ue Mme Lelièvre, la sortie, les visiteurs (on en attend 200 000 par année) sont invités à laisser un artefact ou une photo; signe des temps, et à laisser une trace de leur passage à Montréal dans le développement de l’histoire.b,- MI-FAUX MI-VRAI DIVERSES MANIÈRES DE PERCEVOIR ET D'INTERPRÉTER LA RÉALITÉ.UNE INCURSION FASCINANTE ET DÉROUTANTE DANS LE MONDE DES SIMULACRES ET DES ILLUSIONS.UNE INVITATION À PERCER LE MONDE DES APPARENCES: LE POUVOIR DES IMAGES ET LEUR MAGIE.MI-VRAI, MI-FAUX UNE GRANDE EXPOSITION, UNE ÉNIGME, UN ÉVÉNEMENT! AU MUSÉE DE LA CIVILISATION DU 1 1 MARS 1 992 AU 31 JANVIER 1 993 m MUSÉE DE LA CIVILISATION 85, RUE DALH0USIE, QUÉBEC, (418) 643-2158 le Musée de la civilisation est une corporation d'État subventionnée par le ministère des Affaires culturelles du Québec R£l | I Groupe La Mutuelle Le profil de IVrenir PARTEZ À LA DÉCOUVERTE DE L'OBJET-MYSTÈRE DANS L'EXPOSITION MI-VRAI.MI-FAUX.TROIS VOYAGES À GAGNER: BOSTON.NEW YORK ET PARIS, OFFERTS PAR LE GROUPE LA MUTUELLE, AIR ALLIANCE, AIR CANADA ET INTER-VOYAGE.RÈGLEMENTS DISPONIBLES AU MUSÉE DE LA CIVILISATION.141 Groupe La Mutuelle Le profil de l’avenir folirSIlliBnce AirCanada /MU?voyage/1 E-6 ¦ Le Devoir, samedi 9 mai 1992 Ks'lfPf ¦ ¦ ¦ ¦—mit TTTTTTT TTTW TTT mmwmmm '¦i* ti k OJGv lM I S(>i(i Membre Me I iithmi /V»i/ewnmnelle ties tuilerie\ J I;/ i/n t iimnlit Int ROBERT SAVIGNAC oeuvres récentes Vernissage mercredi 13 mai de 17h à 21 h L’exposition se poursuivra jusqu'au 26 mai ^IoLexLe d'e/fxt cIe Souq cilikjlIÏe 4511, Salnt-Denli (coin Mont-Royal) Montréal (Québec) H2 J 2L4 — 845-2400 nom elles acquisitions rVIONIQUL; IIARYPY C I .AUDE 1 ISAl J I Kl j R ________rVUYllKl IAINOBK______________ galerie jean-Pierre Valentin 14 '4 Sherbrooke O Montréal.849-1637 t» ' m Nk«"L fîü sa®& GALERIE DOMINION 1438, rue Sherbrooke ouest Mar.au ven.: lOh.à I7hJ0 845-7833/845-7471 sam.: lOh à 17h Eric Goldberg 1890-1969 exposition rétrospective jusqu’au 16 mai Le Devoir, samedi 9 mai 1992 ¦ E-9 le plaisir de igmt?«i art Cahier spécial MUSÉES Princesse russe Natalya Nesterova Musée des beaux-arts de Montréal f.Pavillon Jean-Noël Desmarais || 1380 rue Sherbrooke ouest Jusqu'au 14 juin 1991.Marie-Michèle Cron LE TEMPS s’est arrêté à Moscou.À moins que cela ne soit à Vladivostok ou à Saint-Peters-bourg.Les parcs remplis de statues immortelles, les cafés qui bruissent ! de cliquetis, les couples qui languissent sur l’herbe, un carrousel qui l monte dans le ciel, un bateau qui passe au loin comme un songe.Il y a dans les oeuvres mélancoliques de Natalya Nesterova le sentiment d’être à la fois ici et ailleurs, aujourd’hui, hier ou demain, d’être indéfi- Iniment suspendu dans l’espace à la ; recherche d’un visage perdu dans la foule, d’un corps invisible dont la main apparaît là, subitement, dans un coin de la toile.Nous déambulons dans la ville, dans toutes ces villes embuées par des foules anonymes et où la nature, > si elle n’a pas complètement acquis V droit de cité, reste encore le lieu privilégié des rendez-vous amoureux et V des promeneurs rêveurs, où le théâtre des gens ordinaires se déploie, sur un balcon accroché à la façade d’un immeuble, sur une barque qui file sur l’eau, dans cette partie de ballon qui se joue près d’un châteaux de sable.On avait oublié que la vie, c’est aussi ça, des petits riens que l’on ne pense plus faire, des moments qui coulent inexorablement dans un sablier et que l’on ne peut plus rattraper.Natalya Nesterova vient hanter nos nuits montréalaises avec ses images simples et fortes dans cette importante rétrospective de 60 oeuvres que lui consacre le Musée des beaux-arts de Montréal (celui-ci possède depuis deux ans quatre de ses toiles).Elle dessine la solitude et les lendemains incertains de notre fin de siècle.Découverte en 1987 à la Foire internationale d’Art contemporain à Paris (FIAC) par le conservateur responsable de l’exposition, Louise D’Argencourt (également conservateur d’art européen 1800-1960 au MBA), Natalya Nesterova, dont les oeuvres ont surtout circulé en Europe depuis 1981 grâce au collectionneur allemand Peter Ludwig et à partir de 1988 aux États-Unis depuis une exposition à la Chicago Art Fair, est considérée comme une figure j majeure de l’art contemporain russe.Issue d’un milieu artistique assez aisé, (un grand-père peintre, des pa-l rents architectes) et après avoir ob-f, tenu une formation académique à |ï l’École des beaux-arts, elle devient membre de l’Union des artistes de : l’(ex) URSS en 1969.Bien qu’à la solde de l’État, Natalya Nesterova a , su préserver une certaine indépen-: dance vis-à-vis de l’appareil étatique : et s’extrader de toute vie artistique officielle.En fait, nous savons bien peu de choses sur tout ce pan de l’histoire de l’art en Union soviétique alors que les avants-gardes en 1910-1920 ont marqué la pensée du XXe siècle, dans l’éclosion fertile des styles cubo-futuriste, constructiviste ou su-prématiste.Avec les incidences de la glasnosl en 1980, les écluses qui tenaient ce pays d’ombres et de lumières bien encadré entre l’art officiel véhiculant un réalisme-socialiste pompier et l’art non officiel qui venait le parasiter éclatent.La réalité politique est complètement bouleversée comme nous le rappelle à sa manière, dans l’intéressant catalogue d’exposition, Alexandra Anderson-Spivy.« La volonté de survie et non plus l’exigence idéologique paraît la nouvelle priorité d’un grand nombre d’artistes russes», écrit-elle.Freinons alors cette envie qui nous brûle la langue de cerner toute dimension socio-culturelle et politique dans le travail de Nesterova.Elle refuse toutes les étiquettes que l’on voudrait bien coller a son travail, par ailleurs marqué par ses voyages dans les musées européens, pour nous rassurer.« Je suis contre les titres, dit-elle.Au début, on disait que j’appartenais à l’art primitif ; quant à moi, je ne le crois pas car, au début, il y avait plus de choses en commun avec l’école des beaux-arts où j’ai étudié.Il faut souligner aussi que, dans tous les pays qui on sont complètement différents et qui ne sont pas en contact entre eux, a la même époque, presque à la même heure, naissent les mêmes peintres qui peuvent appartenir à la même école.» Alors, ce dont elle parle, ce qu’elle peint, cafés, rues, cours, scènes rurales, scènes urbaines participent d’une existence proche de la nôtre.Mais, les yeux nous fuient parfois, les têtes se penchent vers des objets cassés en quête d’un passé disparu, un oiseau gît sur le sot veillé par un buste et des statues aux bras tronqués.Parler avec Natalya Nesterova, c’est découvrir, derrière une artiste absolument orignale, une petite fille pudique et secrète qui ne se livre jamais totalement (au grand désespoir des journalistes), mais qui éveille chez nous le sentiment coupable de tout catégoriser et d’analyser hâtivement un monde étranger que les feux de l’actualité embrasent.Tous les isme achoppent là où l’on voudrait bien les introduire alors que, devant les figures hiératiques fortement architecturées qui peu- plent ses tableaux, on pense à la grande peinture classique espagnole ou française.Les hommes et les femmes apparaissent figés dans la matière, même si leurs vêtements accrochent la lumière.Des teintes sourdes balaient le fond de la toile.On sent une rupture entre cette oeuvre qui date de 1969, Chanteurs, celles des années 1980 et les toiles récentes qui composent le canevas d’un art subtilement subversif où l’être humain semble isolé dans une aura invisible, puis immerge dans un contexte plus radieux (Gens qui dansent).Les paysans à la facture lisse, qui chantent autour de cette table où trône un morceau de saucisson, élèvent leurs voix vers les hauteurs.La vue en contre-plongée monte de la table vers un chemin ménagé entre les arbres qui grimpe au-dessus de nous ; au loin, passe une silhouette.Les chanteurs, les mains sur les genoux ou croisées, sont en état de concentration totale comme s’ils voulaient, par cette attitude, jouir d’un instant privilégié.La voix et les mains sont des éléments importants pour Natalya Nesterova.« Ce que l’on voit le mieux d’un être humain, ce sont ses mains et sa voix qui le trahissent, alors que les yeux jouent sur l’effet de miroir et sont faux, explique-t-elle.On peut déterminer un peintre par sa façon de peindre les mains et dire à ce mo-ment-là comment il est.» Cette notion de transparence, la recherche d’une harmonie entre les différentes composantes du tableau sont mises en évidence entre autres dans Lecture à la mer où une femme pensive a posé sa main sur la couverture d’un livre, dans Lueur où un jeune homme, le nez auréolé d’une tache de lumière, tient une étoile entre ses doigts dans Fenêtre où une manucure polit les ongles d’un personnage invisible.Ailleurs, des objets viennent remplacer les visages.Dans Petrodvorets, ce sont des urnes encadrant une fontaine, dans Oiseau sur une prune, des coupes de fruits et des feuillages exubérants, dans Restaurant, des chaises transportées par des serveurs.Avec Trinité, (ma favorite), Natalya équilibre les formes, construit des liens triangulaires entre natures mortes et vivantes ; trois garçons assis sur des tabourets regardent l’horizon alors qu’un plateau de fruits couleur vanille, jaune, vert-gris et noir bleuté, placé devant une tête, ramène constamment le regard sur ce corps anonyme en avant-plan.»••••• • • • • • » ¦ • • • • • • Musée canadien de la photographie contemporaine Canadian Museum of Contemporary Photography 1, canal Rideau, Ottawa (613) 990-8257 1 Rideau Canal, Ottawa (613) 990-8257 L'exposition internationale inédite POUR LA SUITE DU MONDE regroupe 29 artistes.ENTRÉE LIBRE.L'exposition LA COLLECTION: TABLEAU INAUGURAL présente la collection du Musée.ENTRÉE LIBRE.DANS LE CADRE DES CÉLÉBRATIONS DU 350«, JOURNÉES PORTES OUVERTES LES 30 ET 31 MAI! À l’occasion de son ouverture à la Place des Arts, le Musée d'art contemporain de Montréal vous invite à ses journées « portes ouvertes » les samedi 30 mai de 10 h à minuit et dimanche 31 mai de 10 h à 22 h.Venez admirer le nouveau Musée et ses oeuvres qui vous y souhaiteront la plus artistique des bienvenues.MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Les Oiseaux, de Natalya Nesterova.Les oeuvres de 90, qui peuvent sembler plus dramatiques, ange chutant devant des gratte-ciel, personnages frôlant l’abîme, insistent sur le déséquilibre que produit le vertige des grands espaces.Les scènes bibliques où les apôtres masqués de patine dorée et cuivrée, leurs lamentations au Jardin des Oliviers, la Cru-xifixion, renvoient à des thèmes religieux universels que les grands artistes du XVe ou du XVIe siècle, par exemple, ont utilisés.Les hommes-paysages complètement tapissés de fragments architecturaux, de maisons, de montagnes, d’arbres, d’immeubles, dansent et grimpent vers l’infini.Ce sont des souvenirs de voyage, une confrontation entre nature et culture.« I y a deux ans, il y avait une exposition au Grand Palais à Paris sur l’art figuratif et, là, j’exposais parmi d’autres artistes soviétiques des ta- PHOTO JACQUES GRENIER; J} »**•».?•'A bleaux qui représentaient des Fraiw • çais, des hommes-paysages.J’ai coin-'7 j tinué des oeuvres dans le même dsPi» prit lors de mon séjour à Nejw!*« York», confie Natalya Nesterova!';** Les yeux qui parsèment ces visf-T ; teurs, juchés sur un balcon, regà£::: > dent avidement la ville américaine : ils nous disent que partout où nous allons, voir et imaginer sont fonctions essentielles.Cette peintre-là est très poétique et spirituelle.En première, concert avec Le Nouvel Ensemble Moderne et la Société de musique contemporaine du Québec les 29 et 30 moi.(BILLETS PLACE DES ARTS) IUNA-PARK, une création du théâtre UBU, à compter du 3 juin à la Salle multimédia du Musée.(BILLETS ADMISSION) Barrie Jones Danica West 1989 Extrait de la série « Les jeunes femmes et les jeunes hommes du Canada épreuve argentique partiellement virée au sépia et colorée à la main Exposition inaugurale Musée canadien de la photographie contemporaine Une réflexion sur la nature de la beauté en photographie Du 7 mai au 14 juin I>t* MC PC «*8l affilié un MuhiV
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