Le devoir, 30 mai 1992, Cahier E
LE SOMMET DE LA TERRE En cr A L’HEURE DE RIO ENVIRONNEMENT Le Devoir, samedi 30 mai 1992 cahier spécial Louis-Gilles Francoeur dA PLUPART des décideurs d’aujourd’hui vont être morts lorsque la planète subira l’essentiel des dommages causés par les pluies acides, de l’effet de serre, de l’amenuisement de la couche d’ozone, de la désertification galopante et de la disparition accélérée du patrimoine biologique.La plupart des jeunes d’aujourd’hui verront cela de leur vivant.» En écrivant cette phrase en 1987 dans la conclusion de son rapport, la première ministre de Norvège et présidente de la commission mondiale de l’environnement, Mme Gro Harlem Brundtland, expliquait sans le savoir pourquoi les médias partout dans le monde voient dans le Sommet de la Terre qui s’ouvre la semaine prochaine à Rio, soit un « méga éco-cirque », soit la conférence de la dernière chance pour la planète, ou une sorte de « championnat du monde de l’écologie ».Kn réalité, opportunistes politiques et militants environnementaux vont se cotoyer tout au long de cette reformulation des priorités environnementales planétaires.Et le résultat, comme l’expliquait récemment Mme Brundtland au quotidien britannique The Guardian, pourrait s’avérer en deçà du minimum requis pour une politique planétaire efficace parce que cette conférence, en réalité, s’est déjà donné des objectifs limités.Ce qui peut sembler plutôt paradoxal quand on met sur un même ordre du jour le contrôle de l’effet de serre et du patrimoine biologique de la planète, une charte mondiale de l’environnement et un modeste plan de travail de 125 milliards $ (US) par an dont profiterait principalement le tiers monde.Il est difficile de comprendre un point de vue aussi critique et avisé sans saisir la trame historique de cette Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement.La conférence internatinale de Stockholm, en 1972, s’était concentrée sur la pollution, des problèmes que l’on percevait alors comme locaux ou nationaux même s’ils pro- venaient d’une souche commune, à savoir une industrialisation qui confondait son indice de performance avec sa fin propre.On ne voyait pas encore que la poursuite sans frein du profit avait déréglé le climat de la planète, ramené d’un million d’années à un siècle le rythme de disparition des espèces vivantes et enlevé le filtre qui protège les espèces vivantes des ultra violets.C’est en tentant de dresser un bilan de toutes ces aggressions, sous la pression conjuguée de l’explosion de la population mondiale et de la technologie moderne que les 22 commissaires de tous les pays ont identifié le cul-de-sac du développement « insoutenable » et qu'ils ont proposé d’y remédier avec le concept de « développement durable ».Certains pays, dont le Canada ont voulu parer au plus pressé en proposant en décembre 1989 la tenue d’un sommet mondial à Rio cette année.Cette conférence a pris une allure sans précédent quand son principal leader, le millionnaire canadien Maurice Strong, a entrepris d’en faire un rendez-vous de chefs d’État.Au moment d'écrire ces lignes, 177 pays seront accrédités à Rio.Plus de 70 chefs d’Êtat, dont le président George Bush des États-Unis.En tout, de 20 000 à 30 000 personnes, mêlées à plus de 3000 journalistes, vont se répartir entre trois et cinq conférences plus ou moins simultannées.Les objectifs particuliers de Rio sont au- jourd'hui contestés parce qu’ils s’attaquent à des problèmes périphériques, aussi importants soient-ils, plutôt qu’à leurs causes.Cette vue plus globale sur l’économie mondiale, sur les rapports nord-sud, seront l’objet des conférences parallèles comme Global Forum, dite des ONG, par celle du tiers monde, celle des peuples autochtones, etc.Le m< nu de la conférence de Rio est, à toutes fins utiles, arrêté depuis des semaines pour l’essentiel, hormis l’enveloppe budgétaire et la manière de transférer les technologies de pointe à ceux qui ne peuvent se les offrir.La conférence se trouve donc devant deux projets d’ententes internationales qui font consensus, l’une sur le contrôle de l’effet de serre et l’autre, sur la protection de la biodiversité, devant un projet de charte de l’environnement qui deviendra la Déclaration de Rio et, finalement, devant un ensemble de projets concrets que l’Unesco veut lancer sur la planète durant le prochain siècle pour amorcer le retour du pendule, l’Agenda 21.Le budget de cet agenda s’élève à 125 milliards $ par an, soit l’équivalent du budget de la guerre du Golfe, tranformé en assurance-maladie pour la planète.Un consensus a été atteint sur la nécessité de réduire les émissions de gaz carbonique pour ralentir l’effet de serre.Les Américains ont cependant empêché que le projet d'entente n’inclut le moindre échéancier.L’Eu- rope, qui a enclenché le processus d’adoption d’une taxe de C02 sur son territoire, pense que le traité est pratiquement vidé de son sens maintenant.Le Canada, comme la CEE, était prêt à réduire ses émissions de l’an 2000 au niveau de ses rejets de gaz carbonique de 1990.Les progrès n’ont pas été plus substantiels dans l’éventuelle entente sur la biodiversité.Elle s’en tiendra à une pétition de principe en faveur des espèces menacées.Il ne forcera pas les pays signataires à protéger les écosystèmes de base, soit les marais, les océans et les grandes forêts.Le financement de toutes ces activités, des organismes coordonnateurs ainsi que de l’Agenda 21 ne débloque pas non plus.Mais c’est vraisemblablement de ce côté que des progrès importants peuvent être accomplis même si plusieurs chefs d’État vont tenter de recycler en monnaie de Rio l’argent qu’ils consacrent déjà à l'aide extérieure, question de paraître généreux devant l’opinion mondiale.Les pays en voie de développement ont deux attitudes devant cette conférence.Les méga-problèmes d’environnement sont, disent-ils, la responsabilité de l’hémisphère nord qui les a engendrés.Le Nord réplique qu’aucun progrès ne sera accompli si le Sud ne met fin à la surexploitation des écosystèmes naturels et à son explosion démographique.Le Sud réplique qu’il a droit aussi de se développer avec les techniques et les énergies bon marché qui ont assuré le développement du Nord.Le Nord est prêt à fournir de meilleurs technologies, si on veut bien en payer le prix.On ne peut mieux illustrer ce dialogue de sourd qu’en constatant que les pays occidentaux ont réduit de 65 millions de tonnes en 1970 à 45 millions de tonnes en 1990 leur émissions acides.Pendant ce temps, le reste du monde faisait passer ses propres émissions de 48 à 59 millions de tonnes.Au total, la planète absorbait 103 millions de tonnes d’acide en 1970.Elle en gobe maintenant 99 millions .Pour plusieurs, cette conférence laisse dans l’ombre des pans entiers de la sécurité environnementale de la planète, comme la part croissante du nucléaire dans la production énergétique, la croissance sans frein de la demande en énergie sous prétexte qu’on en contrôle les principales séquelles même si l’agression contre les écosystèmes change simplement de forme.Même Mme Brundtland, qui inaugurera — signe des temps — la conférence « parallèle » des ONG, est d’avis que le Sommet de Rio passe à côté des principaux défis, comme la course aux armements qui engloutit 1000 milliards $ par année aux dépens de l’action environnementale.Elle n’hésitait pas, non plus, à dire récemment que rien dans cette conférence n’attaque de front l’économie de type productivité, ne réforme l’économie internationale, ne réduit l’endettement du tiers monde et n’y ancre sérieusement la démocratie, qui seule assure aux populations un contrôle sur leurs conditions de vie.Rio sera-t-elle un verre à demi-plein ou à demi-vide, la conférence de la dernière chance ou une occasion pour des milliers de ministres de pousser sous le tapis la poussière de leurs complaisances envers le développement «insoutenable»?Rio sera tout cela mais d’abord et avant tout un événement qui échappera par sa portée à tous ceux qui tentent d’en limiter les conséquences.Ce sera un jalon majeur — un de plus, sans plus — vers un meilleur contrôle des conditions de la vie sur terre par une espèce qui s’était arrogé le droit de les détraquer.Une importante contribution au débat sur le développement durable.Sous la direction de José A.Prades, de Robert Tessier et de Jean-Guy Vaillancourt GESTION DE L’ENVIRONNEMENT, ÉTHIQUE ET SOCIÉTÉ Un ouvrage sur les aspects éthiques et sociaux de la gestion de l’environnement qui s’insère dans la dynamique de l’avant et l’après Rio et marque la continuité des travaux du Groupe de recherche en éthique de l’environnement (GRÉF.) qui, depuis sa fondation, centre son attention sur la nécessité d’harmoniser les exigences du développement économique et celles de la sauvegarde d’un environnement viable pour les générations futures.Vol.de312pages, 27,95$ 34fi(kS < E-2 Le Devoir, samedi 30 mai 1992 ENVIRONNEMENT cahier spécial L’Apocalypse des animaux et des végétaux?Un réchauffement de 1° C causerait des problèmes biologiques majeurs Raymond Lemieux AUT-IL dire adieu aux bat-tures du Saint-Laurent et aux plages des îles-de-la-Madelei-ne ?A en croire les projections des climatologues, quelques vulgaires degrés Celsius de plus au thermomètre planétaire, feront gonfler les océans d’au moins 30 centimètres.Ce qui inonderait, du coup, les habitats fauniques et floristiques situés en basse altitude.Bref, c’est l’annonce d’un déluge, version post-moderne.Et sur les continents, les zones bioclimatiques seront fortement perturbées au point de mettre en péril plusieurs espèces de végétaux et d’animaux.Ce chambardement climatique serait le résultat de l’augmentation des polluants atmosphériques issus de la consommation d’énergies fossiles telles que le pétrole, le gaz et le bois.Une convention internationale visant à limiter les rejets de polluants dans l’atmosphère, pourrait être conclue, au Sommet de Rio.Est-ce que cela sera suffisant ?Depuis un siècle, la boule bleue s’est réchauffée de 0,6° C.C’est peu mais on aurait encore rien vu.L’augmentation de température, appréhendée par les climatologues de l’Environnement Protection Agency, des États-Unis, varie de 1,5 à 4,5° C.Or, rappelle l’Institut Worldwatch, une autre équipe américaine de scientifiques spécialisés dans les questions d’environnement : « l’augmentation d’un degré Celsius apparaît inévitablement durant le siècle à venir.Et une telle variation de température est assez pour causer des Environnement Environment Canada Canada Message de Jean Charest, r s ministre de l’Environnement Depuis 20 ans, nous célébrons au début de juin la Semaine canadienne de l’environnement.Cette semaine vise à sensibiliser les Canadiens au défi de taille que représente la protection de l’air, de l’eau et des autres éléments de notre patrimoine environnemental.Mais, en juin 1992, un autre événement fera de l’environnement le point de mire des Canadiens et de la communauté internationale.En effet, les représentants de plus de 150 pays se rassembleront à Rio de Janeiro pour participer à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), la plus grande conférence de toute l’histoire de l’ONU.Au cours de ce Sommet Planète Terre, la communauté internationale sera confrontée à deux grandes questions.D’une part, il y a l’urgence, pour de nombreux pays en développement, de se donner les moyens économiques et technologiques d’échapper à la pauvreté.D'autre part, il y a la nécessité de protéger de dégradations irréparables les ressources et les systèmes écologiques essentiels à la vie sur la terre.Il s’agira en somme de concilier ces priorités et de faire en sorte que le développement durable soit mis en pratique à l'échelle de la planète.Il est encore trop tôt pour prévoir Tissue de la Conférence de Rio.Nous espérons pouvoir nous entendre sur une déclaration de principes qui guidera les actions économiques et environnementales des pays.Agenda 21, un cadre global d'actions nationales et internationales pour le XXIe siècle, abordera les grandes questions qui seront à Tordre du jour de la CNUED.Ce plan comporte divers volets traitant de questions comme la pollution de l’air et de l’eau, la désertification, la protection des forêts et des océans, la conservation des ressources halieutiques dans les eaux internationales, les modèles de consommation, ainsi que la lutte contre la pauvreté et la maladie dans les pays en développement.Nous souhaitons que ce plan fasse l'objet d’une entente à Rio.Nous avons aussi bon espoir de signer deux conventions internationales, Tune sur le réchauffement de la planète et l'autre sur la biodiversité, ainsi qu’une déclaration de principes sur la préservation des forêts du monde.En plus de ces objectifs précis, nous comptons mener à bien une mission encore plus fondamentale: concerter notre action en faisant cause commune.Il nous faut, en effet, contrer cette tendance qu’ont les pays à travailler de façon isolée pour régler leurs problèmes environnementaux.Le Canada a consacré beaucoup d'efforts pour mettre en branle cette conférence internationale.Il a coparrainé l’appel initial de TON U en faveur d'un sommet de la terre et a joué un rôle de premier plan dans les négociations qui ont abouti à la tenue de ce Sommet, d’une part en coopérant à l'élaboration d'Agenda 21, et, d’autre part, en accordant un solide soutien financier aux pays en développement pour leur permettre de participer à ces négociations.Pourquoi le Canada a-t-il fait autant pour mobiliser le monde autour de ce projet?D'abord, parce que nous voulons protéger la planète pour les générations futures.Ensuite, parce que le développement durable est un objectif fondamental du Plan vert, notre plan d’action national pour l'environnement.Nous sommes fiers d’avoir si bien amorcé le processus de prise en considération des aspects écologiques du développement.Nous avons compris que chaque victoire remportée sur le front environnemental au Canada est une victoire également pour le monde entier.Mais nous sommes conscients aussi que ni le Canada ni aucun pays ne saurait atteindre ses objectifs environnementaux seul.L’environnement planétaire est fait d’un ensemble d'éléments qui sont tributaires les uns des autres: les océans, l'atmosphère, la couche d'ozone n'ont pas de frontières; ils forment un tout.Et pour protéger l'environnement, il faut pouvoir engager une action internationale concertée qui repose sur la reconnaissance de notre intérêt commun.Le Sommet Planète Terre fera de juin 1992 un mois spécial sur nos calendriers.Nous croyons qu'il fera date dans l’histoire car il tracera la voie à une véritable collaboration entre les pays pour la protection de notre planète.JEAN CH A REST Ministre de l’environnement Canada problèmes biologiques majeurs».La température moyenne de la planète est actuellement de 15° C.Cette chaleur, propice à la vie, résulte de l’effet de serre qui est favorisé par la composition chimique de l’atmosphère.Les gaz comme le bioxyde de carbone (C02), le méthane et les oxydes d’azote ont la propriété de retenir une partie de la chaleur du soleil un peu comme une vitre arrive à le faire dans une serre.Cependant, le taux de C02 a augmenté de 25 % pendant la même période provoquant un accroissement de cet effet de serre.Le taux de C02 est actuellement à un niveau jamais atteint depuis 160 000 ans.Les émissions industrielles et le déboisement ajoutent encore, chaque année, l’équivalent de 20 milliards de tonnes de bioxyde de carbone dans l’air.Le Canada contribue à 2% de ce bilan.Les États-Unis, à 17%.line taïga en perdition LE Comité permanent de l’environnement du gouvernement du Canada a signifié, dans un rapport sur le risque de changements climatiques déposé en mars 1991, que les zones bioclimatiques du Canada ainsi que la végétation et la faune qui les caractérisent, pourraient être passablement perturbées d’ici l’an 2050.Autrement dit, si le réchauffement climatique se poursuit au même rythme, la taïga du Québec disparaîtrait complètement; la Gaspésie et la Côte Nord, actuellement dans la zone boréale, se situeraient dans la zone tempérée froide .comme Montréal; la zone boréale, qui trouve présentement sa limite nord à la latitude de la Baie James, se déplacerait jusqu’à la Baie d’Ungava.Cela dit, ni le ministère de l'Environnement du Québec ni le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, ni le ministère des Forêts n’ont, de leur côté, évalué avec plus de précisions les impacts que ces changements climatiques auraient sur la faune et la flore de « la belle province ».Un groupe de travail intergouvernemental canadien sur l’évolution des climats a quand même fait remarquer que le « climat changera probablement trop vite par rapport à la faculté qu’ont les essences forestières de s’y adapter».Ainsi, c’est la santé de la forêt, une des principales ressources naturelles du pays, qui sera perturbée.Selon une des rares études réalisées sur le sujet, et citée dans une livraison récente de Scientific American, au moins quatre espèces d’arbres nord-américains : le bouleau jaune, l’érable à sucre, le hêtre et le sapin du Canada devront se déplacer de 500 à 1000 kilomètres plus au Nord.« Les forêts ne pourraient probablement pas migrer aussi rapidement que les animaux en quelques dizaines d’années», commente avec un brin d’ironie Christian Boulais, biologiste et directeur à l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.De fait, lorsque les températures ont augmenté d’un à deux degrés Celsius par millénaire à la fin de l’ère glaciale, la limite de la forêt de résineux a été repoussée, plus au nord, à la vitesse d’environ un kilomètre par année.« Bref, un plan de conserva- is taux de C02 est actuellement à un niveau jamais atteint depuis 160 000 ans.Les émissions industrielles et le déboisement ajoutent encore, chaque année, l’équivalent de 20 milliards de tonnes de bioxyde de carbone dans l’air.Le Canada contribue à 2 % de ce bilan.Les États-Unis, à 17%.tion durable des ressources biologiques doit être mis de l’avant, de pair avec une réduction de gaz à effet de serre », poursuit Christian Boulais.D’ailleurs, l’Institut Worldwatch, dans un document sur la biodiversité, fait remarquer que 60% de la végétation des 2600 réserves naturelles de la planète ne constitueront plus un milieu écologique propice à leur faune et leur flore indigènes.Une convention internationale en délibéré SUJETTE à controverse, la menace du réchauffement climatique est toutefois assez sérieuse, les études climatologiques suffisamment crédibles, pour être reprises par les diplomates.Ainsi, à l’heure de Rio, ils ont inscrit, à leur ordre du jour, l’adoption d’une convention internationale sur les changements climatiques.Il a fallu deux ans de discussions pour que les représentants de 143 pays en viennent a un consensus visant à limiter les émissions de gaz responsables de l’effet de serre.Limiter, pas moins.Et c’était la seule façon d’obtenir l’accord des États-Unis qui se refusaient à endosser tout engagement qui impliquant une réduction de la consommation d’énergies fossiles.Le Canada avait, à l’exemple du Japon, de la Nouvelle-Zélande et de l’Angleterre, déjà décidé de stabiliser, d’ici l’an 2000, ses émissions de gaz à effet de serre au niveau de ce qu’elles étaient en 1990.« Le fait que les États-Unis ont signé un tel projet démontre au moins qu’ils reconnaissent le problème.C’est un fait important », commente Christian Boulais.Cependant pour freiner l’apport de C02 dans l’atmosphère, il aurait fallu s’engager à réduire de façon plus substantielle les émissions de polluants.Il faudrait viser une diminution de 60 % à 80 % ! » C’est, en outre, ce que notait le groupe intergouvememental canadien sur révolution du climat.Comment y arriver ?« En adoptant un réel programme d’efficacité énergétique, en se tournant décisivement vers des énergies renouvelables et en restreignant l’usage de l’automobile, grande responsable des émissions de C02 », dit Christian Boulais.« Ce n’est qu’après que la Terre pourra mieux respirer».Bilan de l’inefficacité énergétique LES ÉTATS-UNIS, l’ex-URSS et le Brésil sont responsables à eux trois de 40 % des émissions de gaz à « effet de serre ».Selon les statistiques de World Resources Institute des États-Unis, repris par le Comité permanent de l’environnement de la Chambre des Communes, le Canada se situe au 12e rang des pays responsables des émissions de gaz à effet de serre avec des rejets annuels qui équivalent à 120 000 000 de tonnes métriques de carbone.Cependant, par habitant, le Canada est poussé au cinquième rang, au classement de ce que l’on pourrait appeler l’inefficacité énergétique, avec des émissions qui équivalent à 4,5 tonnes de carbone.Ce qui le place devant les États-Unis qui sont au 9e rang du classement.En tête : le Laos, le Qatar et les Émirats arabes unis.Ce classement a été réalisé en ramenant les valeurs des gaz de rejet à leur équivalent en carbone.Par exemple, le méthane, dont la quantité dans l’atmosphère a doublé depuis 200 ans, absorbe 25 fois plus les rayonnements solaires qu’une quantité équivalente de gaz carbonique, les CFC en absorbent en moyenne 15 000 fois plus.Le Canada s’est engagé à éliminer complètement l’utilisation des CFC d'ici 1997.Cahier spécial ENVIRONNEMENT Recherche : Mise en page : Publicité-Vente : Louis-Gilles Francoeur Yves d’Avignon Jacqueline Avril Brigitte Cloutier Francine Gingras Lucie Lacroix Christiane Lcgault Lise Major Nathalie Thabet Publicité-Production Marie-France Turgeon Micheline Turgeon Ce cahier spécial est édité par le journal LE DEVOIR sous la responsabilité de : Pierre Beaulieu Directeur des publications spéciales ! Le Devoir, samedi 30 mai 1992 ¦ E-3 ENVIRONNEMENT cahier spécial À Jkt L’environnement et la securité mondiale -'J" f 7 Édition spéciale de juin sur le Sommet de la Terre Informations : tel.: (514)284-3043 fax :(514) 284-3045 ¦CM I cs Kl panes de ».clic puMkdlion liimcsincllc vous livrent les laits, lesJultres cl les opinions sur l'environnement »|tn lat,onnenl \oire\ic.la marche des allaites et les législations étudiées dans l opiu|iic d'un deu'lnppcmcnt viable I es citations d aulcuis mentionnées »i haul ne sont i|ti un milice a liant illonnag»' puise a même nos lexemes publications.PuMiA par la Skieie I n\ bonnement el l\ilitii|ucs I a Société royale du ( anada I ( i )| )| ( Ni a pour ohicclil île vous aider a laite des choix judicieux en laveur d'un developiK’incni viable Un abonnement personnel ne coûte (]ue $ par an.THÈMES abordés en profondeur ÊCOOPTIONS POUR LES ENTREPRISES VILLES VIABLES POPULATION ET CONSOMMATION DÉSASTRES NATURELS (IA NATURE RÉPLIQUE!) Oui ! pour vous mettre à jour Contrairement a l’idée répandue, la croissance démographique mondiale ne provient pas d'une hausse de la fécondité mais de l’allongement de l’espérance de vie.» • l’une Uadaune.I i.uuc.fondateur de l'Institut cl I valuation des Strategies sur I I ncrgic el I ! neuonncincttl en I mope iINI SII NI ' •« l ’atmosphère de la planète génère un effet de serre en accumulant une quantité d’energie solaire qui équivaut de SIKH) a 6 (KM) fois la somme de toute l’énergie aujourd’hui utilisée par l'homme.•• lient soieits» it.professeur et auteur danois IDS II /VOI RI l AK 11 Al KH KD III I moi à ECODECISION • 1 an 2 .lits t ans Signal ure \ olre nom Adresse VIII» bull» Hlm I M.'sOSl AS Mil (.- si \\ I 19.811 SI \S 125 SI \N 225 S( \s 12.1 SI AS Aimtuan I x|»rcs> bub» mIu» I su si s 9, Si s i tu SI S I a»lure/ moi Ichcanii ECODECISION est une revue bilingue.Les articles sont publiés dans leur version originale française ou anglaise, el accompagnés d’un résumé dans les deux langues.Sur demande, nos abonnés peuvent obtenir gratuitement la traduction d’un article.ouiourd'huL I 13 SI N 215SI S i ji.rdi» a» h oint ixios Kilourtur a 11 OI»|( IMdS T», ru» Xami |j»qu»s Ouesl.Htirr.ni 924.Montreal ! Quelle» i II2S IM » arutla CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR L'ÉNERGIE NUCLÉAIRE ET L'ENVIRONNEMENT • Les pluies acides endommagent de plus en plus nos lacs et l'effet de serre menace l'équilibre écologique.Pourtant • Les réacteurs nucléaires ne rejettent dans l'atmosphère aucun des gaz responsables des pluies acides et de l'effet de serre.• Bien que les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs, elles gèrent ces derniers de façon responsable depuis plus de 30 ans, en les entreposant sur les sites mêmes des centrales, selon des méthodes éprouvées et hautement sécuritaires.• L'industrie nucléaire a développé et proposé une technique de stockage permanent, qui fait présentement l'objet d'études environnementales.De toutes les sources d'énergie au Canada, l'énergie nucléaire constitue un excellent choix pour vivre en harmonie avec l'environnement.Il est temps de parler de l'avenir.Pour plus de renseignements : 1 800 387-4477 A**** E-12 ¦ Le Devoir, samedi 30 mai 1992 ENVIRONNEMENT cahier spécial Concours de rédaction Une action locale menée par une nouvelle conscience du monde DEPUIS CINQ ANS, LE DEVOIR et Environ nement Canada organisent conjointement un concours de rédaction à l'intention des IS à 21 ans.Michel de Courval, d’Environnement Canada, Louis-Guy Lemieux, du Soleil de Québec, et Louis-Gilles Francoeur, du DEVOIR, formaient le jury cette année.Le premier prix a été décerné à Jacinthe Bussières, qui mérite une bourse de 1500$; Ali Kinazi, du Collège Jean-de Brébeuf reçoit le deuxième prix (1000$), tandis que le troisième prix (500 $) est attribué à Sylvie Côté, de l’Université Laval.Les autres lauréats sont : Julie Ga-riépy, du Collège de Saint-Laurent, Rima Elkouri, du Cégep Bois de Boulogne, Catherine Boudreault, de l’Université de Montréal, Julie Martineau, du Cégep Édouard-Montpetit, Mathieu Simard, du Collège Jean-de-Brébeuf, Jennie-Laure Sully, du Cégep Bois-de-Boulogne, Sophie Vincent, du Cégep de Jonquière, Geneviève Verdier, du Collège Marie de France, Simon Chamberland, du Collège de Maisonneuve, Louis-Philippe Mari-neau, du Collège de Bois de Boulogne, Éric Girardeau, du Cégep de Trois-Rivières et Emma Savard, du Cégep de Ri-mouski.Le thème retenu pour le concours était le suivant : « En matière d’environnement, il faut penser globalement et agir localement pour assurer l’avenir ! » Les textes ont été évalués en tenant compte de la qualité de la langue, de la clarté du style, de la portée environnementale et de l’originalité dans le traitement du sujet retenu.LE DEVOIR et Environnement Canada remercient tous les participants au concours.Jacinthe Bussières LE NORD demande au Sud d’arrêter de faire des enfants et de protéger l’environnement.Le Sud demande au Nord l’équilibre dans les échanges et une chance de se développer.Qu’on parle de développement ou d’environnement, quand il s’agit de l’avenir de la planète, le Nord et le Sud deviennent indissociables.La survie de la terre dépend plus que jamais de notre attitude à tous vis-à-vis de l’environnement.N’est-il pas temps de mettre à profit cette immense ressource que représente la solidarité humaine ?Si la protection du milieu était encore, il y a quelques années, sous la responsabilité unique des grands industriels et des politiciens, les choses ont changé.L’idée a fait du chemin dans la tête de M.Tout-le-Monde.Grâce aux médias surtout, elle les a atteints dans leurs habitudes.Protéger l’environnement, ce n’est plus seulement lutter contre la pollution.C’est de prendre conscience qu’on vit « non pas sur mais avec la terre ».Contre les mauvaises habitudes : le réflexe environnement LE MOT clé ; responsabilité.Selon Jean Ouimet, président du Parti vert du Québec, le Québécois devrait réduire de 50 % sa consommation d’énergie.Une des cibles est, bien entendu, notre trop indispensable automobile.En 1988, elles étaient près de trois millions à faire la navette de la banlieue au centre-ville au Québec.Plus globalement, François Lavallée, un spécialiste d’Environnement Canada en matière de transport, pense que les progrès réalisés depuis 15 ans pourraient être annulés : les émissions polluantes ont été réduites à cause des normes plus sévères et des nouveaux systèmes de carburation, mais le nombre d’automobiles augmente.Nos véhicules consomment donc moins mais sont plus nombreux.Où est la logique ?Il ne suffit pas de rester au même niveau de consommation mais de réduire notre train de vie.Pari immense et difficile.Les habitudes de tout un monde d’adultes ne changeront pas en un jour.Pensons plutôt à créer, chez les enfants, des réflexes écologiques.Leur engagement pour l’environnement prouve leur intérêt et détermine de plus en plus leur action.Aux éducateurs d’établir d’urgence des programmes pertinents concernant les questions environnementales.Un tel mouvement est heureusement déjà amorcé un peu partout dans le monde.L’environnement et la pensée globale NOS HABITUDES de consommation et nos choix énergétiques influencent notre environnement de façon évidente.D’un autre côté, les pays défavorisés voudraient atteindre le même niveau de développement que les pays du Nord.Ils veulent aussi disposer des mêmes choix et des mêmes moyens.Que tous les pays consomment autant en matériel et en énergie est pourtant physiquement impossible du point de vue des ressources.Le problème se situe au niveau de notre pensée et dans notre manière de voir les choses.Il faudrait idéalement redéfinir le concept de richesse en faveur de la vie, de la créativité et des valeurs culturelles et spirituelles.Notre nouvelle façon de penser et d’agir devrait comprendre un sens de la soli- darité qui embrasse la diversité de la vie et la planète elle-même.L’inégalité dans la distribution des terres et des richesses n’a pas placé tous les pays sur un même pied, mais nous appartenons tous à une même espece.L’époque où chacun s’organisait sur son territoire est révolu.Les maux, au même titre que les bonheurs que l’on vit, font qu’on se ressemble .et qu’on s’assemble.L’appauvrissement et la pollution sont en train de devenir une menace sociale et écologique au niveau mondial, bien que ses manifestations soient différentes d’un pays à l’autre.Il n’y a plus de retranchement possible ; nous allons vers la solidarité internationale.La terre au sommet de Rio C’EST ainsi que seront liés développement et environnement au Sommet de la Terre à Rio.Ce sommet, qui aura lieu en juin, réunira 160 chefs d’État.Leur but : un traité international visant la réduction de l’effet de serre.De quoi relancer bien des débats.Entre autres celui sur l’utilisation de l’énergie, collec- tivement et individuellement.On veut depuis longtemps limiter l’usage des hydrocarbures (pétrole et charbon), mais il faudrait voir, avec le Sommet de la Terre, si des progrès rapides sont envisageables.Cela serait somme toute surprenant quand on pense à ce qu’une diminution de la consommation de pétrole implique pour les pays industrialisés.Là encore, c’est le sentiment d’appartenance au monde qui entre en ligne de compte.Une conscience pour une société globale permettrait de satisfaire les besoins de tous et d’atteindre un nouvel équilibre.Espérons que ce sentiment animera les participants au Sommet de la Terre.La cause environnementale, devenue cause planétaire, demande une transition vers un niveau d’humanité encore jamais atteint.Pour elle, il faut miser sur la plus grande richesse que nous possédons ; la capacité humaine.De cette nouvelle conscience du monde doit naître l'action.Locale celle-là, concrète et réfléchie.Pensons à long terme mais agissons maintenant.Aimons l’espece humaine et travaillons sur nous-mêmes.Pour sauver la terre.Grano, Venvironnement ?Une pensée efficace Ali Kinazi Un enfant.Il a cinq ans.Un éclat dans les yeux.Il s'amuse.Paisible, le soleil l’observe se rouler dans l’herbe; il veille sur lui.Un enfant.LA NATURE.À la base d’un environnement sain, elle est le pivot de la société actuelle.Pivot instable par contre, autour duquel on ne cesse de tourner, par d'incessants débats pour l’instant sans issues.C’est un fait, et personne n’osera le nier, la nature souffre un peu plus chaque année, chaque jour, chaque minute, et l’on ne semble pas agir concrètement pour rétablir cette sombre situation.Les jeunes d’aujourd’hui sont les acteurs de la dure pièce de théâtre qui s’annonce, et dont le décor est gris.C’est cette force active de l’avenir qui doit maintenant raviver l'éclat des couleurs perdues.Ces comédiens, ces jeunes, on les retrouve dans les différents cégeps de la province de Québec.Mais, sont-ilS vraiment conscients de l’ampleur du problème environnemental ?Sont-ils impliqués dans les mouvements écologiques de leur entourage ?Croient-ils à un avenir meilleur, sans pollution ?L’enfant sourit de toutes ses dents.Il regarde naïvement les papillons qui volent un peu partout dans le bleu du ciel, et ça l’amuse.« L’environnement, c’est plate; c’est grano.» Frédéric Laurin, coor-dônnateur-en-chef de d’Éco-Actif, le rrtouvement écologique du collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal, rapporte en ces mots l’opinion de la majorité des jeunes étudiants de ce niveau.M.Laurin, étudiant en première année collégiale, est pratiquement le seul à tenter d’agir concrètement en matière d’environnement à Brébeuf, dont la réputation d’excellence et d’élitisme n’est pourtant plus à faire .Pour assurer une bonne conscientisation de la gent étudiante, « il faut, selon Jean-Claude Gaudet, directeur des services aux étudiants du collège Jean-de-Brébeuf, maintenir la présence quotidienne d’un groupe distribuant l’information, et y organisant des activités pour capter l’intérêt et éduquer un peu plus la population étudiante à chaque jour».L’enfant fixe un oiseau qui n’est plus là, un léger sourire suspendu aux lèvres.Éco-Actif existe depuis maitenant trois ans, et la majorité de ses projets, tous à une échelle locale, se sont soldés par des échecs.Frédéric Laurin et son groupe ont d’abord tenté, en 1989-90, de revigorer le système de recyclage de papier au secondaire, qui avait été instauré quelques années plus tôt par le service de pastorale.Le recyclage en général constitue une partie intégrante du maintien d’un environnement sain, bénéfique pour tous.Cependant, en février 1992, ils ont dû abandonner le projet, pour des raisons structurelles extérieures au collège : « les compagnies de recyclage, affirme M.Laurin, ne remplissaient pas leurs engagements, soit à cause du manque de profit à réaliser, soit tout simplement à cause de faillites.» Parallèlement à ce projet, Éco-Actif s’est attaqué au recyclage de plastique, mais cette entreprise s’est avérée éphémère, puisque la quantité de plastique recyclable provenant de Brébeuf ne satisfait pas aux besoins des compagnies, qui ne peuvent se permettre de perdre de l’argent avec des clients de moindre importance.Le problème avec le recyclage ne se situe donc pas au niveau local, puisque les responsables du mouvement écologique de Jean-de-Bré-beuf ont su poser les gestes nécessaires à sa réalisation.Il se situe plutôt au niveau extérieur, car les compagnies de recyclage ne possèdent pas LA KORCK l)K LA SCIENCE 1 • ¦ —-vnv/, / ' ; y* ^ t.J 'mmm a» >••• i L Institut national de la recherche scientifique est un milieu de recherche dédie a la formation de chercheurs dans des domaines hautement prioritaires pour toute société moderne LINRS oeuvre dans plusieurs secteurs relies a l'environnement • les processus d'assainissement des eaux, • les deversements de petrole en milieu marin, • la dégradation des BPC a l'aide de bactéries, • la valorisation des boues d épuration et des reiets miniers, • l'étude des processus de contamination des eaux souterraines, • la mise en valeur des energies alternatives dites ’propres', • les etudes d’impact hydro-morpho-sedimen-tologiques des /ones coheres.• l'environnement et la qualité en milieu urbain, • l'évaluation de la demande énergétique du Québec, • ta caractérisation des résidus miniers Les etudes de pointe a l'INRS • Maîtrise en sciences expérimentales de la santé • Maîtrise et doctorat en sciences de l'énergie • Maîtrise et doctorat en sciences de l'eau • Maîtrise et doctorat en télécommunications • Maîtrise en analyse et gestion urbaines, en collaboration avec l'UQAM et l'ENAP • Doctorat en études urbaines, en collaboration avec l'UQAM • Accueil pour études en océanologie et en géoressources • Stages et études postdoctorales Renseignements '4181 654 2517 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique les infrastructures nécessaires à la satisfaction des petits marchés, dont l’importance collective est peut-être plus grande que celle des grosses industries.L’enfant, songeur, observe passivement ce qui l’entoure.Tout au cours de ces trois années, M.Laurin s’est efforcé de faire comprendre l’enjeu écologique à la population étudiante par le biais de diverses activités ; conférences, débats publics, semaines écologiques, improvisations thématiques, kiosques, articles dans le journal étudiant, activités de plein-air.« Notre but, c’est la sensibilisation !, clame M.Laurin.« La réponse à ces activités fut plutôt froide et négative.» Citons le cas d’un débat auquel participaient plusieurs responsables de mouvements écologiques ainsi que des représentants du milieu journalistique auquel l’assistance n’a pas excédé les 25 personnes sur un potentiel de plus de 1700 étudiants.De plus, un récent référendum sur l’énergie a été marqué par une très faible participation de 19%.M.Gaudet prétend que « les élèves sont conscients du problème de l’environnement ».M.Laurin ajoute une précision qui décrit avec une plus grande exactitude le manque flagrant d’enthousiasme des étudiants.Selon lui, les élèves « pensent globalement » en ce sens qu’ils comprennent le problème, le voient autour d'eux, le trouve désastreux.« Par contre, ils n'agissent pas localement ; ils ne s’adaptent pas à la situation, pensent que l’environnement est l’affaire de tout le monde, mais chacun oublie sa petite part.Si la pollution est une affaire de groupe, sa salution l’est de même ! » (1).Mais, les jeunes de Brébeuf refusent visiblement de s’impliquer.« Il apparaît donc, à la suite de l’observation de ce comportement de désintéressement, qu’il faudra atten- dre la prochaine grande catastrophe environnementale pour que les jeunes d’ici, les dirigeants de demain, se sentent concernés», poursuit M.Laurin.L’enfant, l'air morne, marche tranquillement, le regard vide.Malgré tous les échecs connus par Frédéric Laurin, celui-ci refuse de se laisser abattre.Au contraire, il contre-attaque : il a récemment présenté à la direction du collège Brébeuf le premier Plan Vert, une proposition en 12 points, précise et structurée, qui présente des mesures environnementales concrètes.Si ce Plan Vert est accepté, ce sera un grand pas à la fois pour Éco-Actif et pour le collège, car tous deux pousseraient ainsi les étudiants à enfin se soucier de l’environnement, et ce, en ne déployant que de minimes efforts.Malgré le fait qu’il se dégage de la situation actuelle de Brébeuf un certain pessimisme, M.Laurin demeure combatif, plein d’entrain et de volonté.Il demeure optimiste.M.Richard Lalonde, d’ENvironnement JEUnesse, réseau de groupes de jeunes pour la protection de l’environnement, se félicite de cette attitude positive car « la situation est tout de même très satisfaisante au niveau de l’ensemble de la province malgré la faible participation de certains collèges.Il y a quatre ou cinq ans, explique-t-il, il y avait au Québec seulement sept groupes de jeunes pour l’environnement, alors qu’aujour-d’hui, ils sont une cinquantaine ! C’est pourquoi les responsables de ces collèges en difficulté, comme Frédéric Laurin, doivent retrousser leurs manches et rehausser l’intérêt des jeunes.» L'enfant traverse une ruelle, une larme sur la joue.1 - VILLENEUVE, Claude et POIRIER, Marthe, De nouveaux comportements : TOUT DK SUITE !, publication de EN-vironnement JEUnesse, 1990.UNIVERSITÉ LAVAL • FACULTÉ de FORESTERIE et de GÉOMATIQUE La Faculté de foresterie et de géomatique de l’Université Laval est fière de s'associer à ce cahier spécial sur l'environnement.Seule au Québec donnant accès à des carrières d'ingénieurs forestiers et d’arpenteurs-géomètres, la faculté forme des professionnels soucieux de répondre aux préoccupations de la société en matière d’environnement et d’aménagement en milieu forestier.Dans le cadre de ses programmes de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat, la faculté dispense des cours tels que: • Écologie et géographie forestière • Changements atmosphériques globaux • Écologie et pollution • Sylviculture et protection des forêts • Cartographie et télédétection de l’environnement forestier • Aménagement faunique et récréatif des forêts • Recyclage des résidus du bois • Aménagement des boisés urbains • Ressources et fonctions de la forêt • Économie de l’environnement forestier • Impact de la foresterie sur l’environnement hydrique Pour informations: Faculté de foresterie et de géomatique Université Laval Sainte-Foy (Québec) G1K 7P4 Téléphone: (418) 656-3053 pour assurer l’avenir Sylvie C5té DEPUIS le 11 mars 1992, Environnement Canada émet un bulletin hebdomadaire informant la population de l’état de la couche d’ozone.Ainsi, on vise à prévenir les gens des effets nocifs que peuvent engendrer les rayons ultraviolets à la suite de l’amenuisement de cette enveloppe gazeuse.Science fiction ?Non, nous en sommes rendus à ce point.On ne cesse d’ausculter la planète sous toutes ses facettes et il semblerait que notre chère patiente.(elle nous supporte depuis quelque deux millions d’années .), ne serait pas aussi éternelle qu’on l’aurait cru.Comme de violents virus, nous nous attaquons à son eau, à ses forêts, à son atmosphère .à ses organes vitaux ! Devant des diagnostics peu reluisants concernant l’état de santé de la terre, est-ce qu’une pensée globale, jointe à une action locale, s’avère être efficace pour assurer l’avenir ?La pensée globale, où en sommes-nous en tant que Québécois ?Voici un bref portrait de la situation environnementale à l’échelle planétaire afin de se donner une vision d’ensemble.En 20 ans, 200 millions (1) d’hectares de forêts, 480 milliards (1) de tonnes de couche de sol arable, ainsi que des milliers d’espèces animales et végétales ont été perdus.Depuis le milieu du 20e siècle, la demande en cuivre, en énergie et en acier a approximativement doublé, le nombre de voitures et la consommation de ciment a quadruplé, l’emploi de la matière plastique a quintuplé et la consommation d’aluminium a été multipliée par sept (2).Cinq milliards de responsables ?Il ne faut pas se leurrer ! Ce sont 20 % des terriens qui ont déversé deux tiers (3) de gaz à l’effet de serre, trois quarts des oxydes de soufre et d’azote et 90% des chlorofluorocarbones responsables des lacunes dans la couche d’ozone.Dans le même ordre d’idées, les Québécois génèrent chacun l’équivalent d’une tonne de déchets solides par an.L’élimination de ces résidus coûte annuellement 300 millions $ (4).Quand on constate que plus de 50 % de ces matériaux sont d’excellente qualité, il y a de quoi faire rougir la société quelque peu avari-cieuse.Devant un tel gaspillage, pourquoi ne pas opter pur des plans de récupération et de recyclage.Quand on sait que chaque tonne de journaux recyclés sauve 17 arbres (4), que la récupération de canettes d’aluminium sauve 95 % d’énergie et que les bouteilles de verre prendront un million d’années à se détruire, où peut-on trouver meilleure source de motivation ?Il n’est pas nécessaire d’établir un spectaculaire plan d’action à l’échelle internationale.En agissant localement, on peut faire beaucoup.Ainsi, selon la société de récupération V.I.A.de Lévis, environ 524 tonnes métriques de papier, soit l’équivalent de 90 000 arbres, ont été récupérées sur le campus de l’Université Laval en 1991, et le mouvement croît d’année en année.De plus, quelques villes disposent d’un programme de collecte sélective de papier, verre, plastique, feuilles mortes et quelques industries y voient aussi un intérêt.Si chacun transformait ses déchets de table en compost, le mende produirait chaque année des milliards de tonnes de moins d’ordures (5) et utiliserait moins d’engrais chimique de synthèse.En plus, il ne faut surtout pas négliger des mesures telles que le covoiturage qui réduit les émissions polluantes, l’emploi rationnel de l’eau, le boycottage du suremballage, la réduction des chlorofluorocarbones et autres matières dangereuses.En somme, l’action locale s’avère être une solution à ne pas négliger pour assurer la viabilité de la planète.Pour ce, il faut acquérir une vue d’ensemble sur la question environnementale afin d’être en mesure de comprendre le problème et d’établir des plans efficaces.Toutefois, avant de penser récupération, il faut penser conservation et par conséquent changer nos habitudes de vie qui nous poussent à l’extrême gaspillage.Un mouvement de solidarité est indispensable entre toutes les activités entreprises et la conscientisation de chacun doit faire partie des priorités.Pour finir, à l’heure où la merveille du génie génétique se presse de découvrir des remèdes aux maladies du siècle, est-ce que l’on se préoccupe de la détérioration de la terre ?Serons-nous si heureux d’être guéris du sida ou du cancer si la planète nous craque sous les pieds ?1 — L'état de la planète 1991, Lester R.Brown, Economica-Worldwatch Institute, 1991, p.2.2 — L’état de la planète 1991, Lester R.Brown, Economica-Worldwatch Institute, 1991, p.259.3 — L'état de la planète 1991, Lester R.Brown, Economica-Worldwatch Institute, 1991, p.254.4 — Nombreux documents fournis par les ministères provincial et fédéral.5 — Sauvez votre planète !, Marjorie Lamb, Les Éditions de l’Homme, 1991, p.187.L® TTœnp Conseillers Amélioration du rendement Programme “PEP” Tél.: (514) 631-9207 Borrowed Time Consulting Fax: (514) 694-7892 3e édition Saguenay - I^ac St-Jean (418) 276-6502 rQ£«sMr*iBv*AWi Un festival tout à fait différent du 24 au 28 février 1993 à Dolbeau.i I ENVIRONNEMENT Le Devoir, samedi 30 mai 1992 ¦ E-13» cahier spécial Le Canada, gardien de la planète et médiateur « vert » ?Raymond Lemieux N 9 AYONS PAS les yeux plus grands que le ventre ».L’appel au réalisme, de l’ambassadeur canadien au Sommet de Rio, Arthur Campeau, reflète bien la position du Canada : U ne faut rien brusquer.L’environnement est, après tout, une préoccupation nouvelle pour la majorité des diplomates d’autant plus que les pays n’ont pas la même perception des problèmes de pollution planétaire.Mais le Canada agit comme s’il cherchait à s’attribuer le rôle de gardien de la planète et de médiateur « vert ».On ne peut certes pas lui reprocher : c’est un travail d’avenir.« L’important c’est de faire ressortir des consensus, c’est de trouver des points de convergence », continue M.Campeau.« À partir de là, on pourra faire des gains pour l’environnement.Il faut se rappeller, par exemple, qu’il a fallu attendre deux ans entre le moment où la communauté internationale a convenu d’agir contre l’amincissement de la couche d’ozone, en 1985, et le jour où les principaux pays industrialisés ont signé un protocole, en ce sens.C’est ainsi que les choses évoluent dans de nombreux dossiers d’environnement ».Un plan vert inspirant Le Canada mise beaucoup sur la Conférence de Rio.À certain moment, on pouvait compter autant de Canadiens que d’Américains qui travaillaient aux préparatifs du Sommet.Ce que le Canada met de l’avant, en guise de contenu, s’inspire directement de son plan vert national.« Un plan qui impressionne bien du monde.Un modèle ! », vante M.Campeau.Ainsi, au chapitre des changements climatiques, le Canada défend l’idée de stabiliser, d’ici l’an 2000, les émissions de gaz carbonique au taux où elles étaient en 1990.Dans les discussions touchant les forêts et le déboisement, il a, conjointement avec les États-Unis et la Suède, préconisé une convention internationale.La « L’important c’est de faire ressortir des consensus, c’est de trouver des points de convergence.Il faut se rappeller qu’il a fallu attendre deux ans entre le moment où la communauté internationale a convenu d’agir contre l’amincissement de la couche d’ozone et le jour où les principaux pays industrialisés ont signé un protocole.» — Arthur Campeau Malaisie et l’Inde ont cependant durement rejeté l’initiative.À propos du recul des terres arables, Ottawa a recommandé une gestion intégrée des sols qui revaloriserait, entre autres, des méthodes traditionnelles et les connaissances de peuples indigènes.Sujet épineux, les pêches ont suscité la même attention auprès des représentants canadiens qu’auprès des délégués américains, antillais et des îles du Pacifique.Tous critiquent la grande pêche pélagique avec filet dérivant qui mettent en péril les stocks de poissons et que pratiquent notamment les pêcheurs européens.La délégation canadienne, à Rio de Janeiro, pourrait compter pas loin de 200 personnes incluant la plupart des ministres provinciaux de l’environnement assis aux côtés de leur homologue canadien, Jean Charest.Kn plus du ministre de l’Environnement du Québec, Pierre Paradis, trois ministres québécois devraient faire le voyage au Brésil : Lise Bacon, ministre de l’Énergie et des Ressources, Christos Sirros, ministre délégué au Affaires autochtones, et John Ciaccia, ministre des Affaires internationales.Même s’il se retrouve quelque peu dans l'ombre d'Ottawa, Québec compte présenter « une image dynamique en matière d’environnement», laisse entendre Manon Chevalier, du cabinet du ministre des Affaires internationales.« Un des autres objectifs, c’est de contrer la désinformation en matière d’hydroélectrique, de forêts et de relations avec les autochtones.Enfin, on compte faire valoir l’expertise nationale en matière de depollution et d’environnement ».Les affaires de l’écologie Pour Arthur Campeau, les transferts de technologie constituent d’ailleurs la pièce maîtresse de l’après-Rio.« Ils seront un élément déterminant dans le cadre d’un nouveau DONNEZ DÈS AUJOURD'HUI! 'filÇl'L «fa AUGMENTEZ VOS \I7 CHANCES DE LUTTEfl .3.CONTRE I ENNEMI ^ rS» NUMÉR01 u 440 bout.R «né l év**qu* Ou**1.bureau 1400 Montré*» (Québ*c) H2Z 1V7 Tél (514)871 1M1 ou 1 800 381 7550 (Slèfl* »ocM) Téléc (514)871 1404 contrat social entre le Nord et le Sud », affirme-t-il.Et dans ce dossier, le Canada, dont les ventes en matière de biens et services atteignent 10 millards $ par année, se tient fin prêt.« Ayant une économie basée sur l’exploitation des ressources naturelles, nous avons acquis une expertise en matière de développement durable qui peut être fort utile pour des partenaires internationaux », poursuit l’ambassadeur canadien.Affairisme ?Éric Thibeault, du Groupe de travail québécois sur l’environnement et le développement — un regroupement d’ONG en coopération internationale et en environnement —, n’est pas loin de le penser.« Près du quart des membres de la délégation viennent du secteur privé», fait-il remarquer.« Le Canada voit, en l’événement de Rio, un moyen d’accroître ses ventes à l’étranger.Il faudrait au moins qu’il ait à proposer des technologies acceptables pour l’environnement.Pourtant, on fait, par exemple, la promotion du réacteur nucléaire Candu comme moyen alternatif pour produire une énergie propre.C’est, pour le moins, critiquable ».« Si on pense aux transferts de technologiques, il faudrait également songer à annuler la dette que les pays du Sud ont envers nous et qui les prive de la marge de manoeuvre nécessaire pour entreprendre un développement durable », poursuit Éric Thibault qui dirige une organisation de gestion de projet en déve-jement international.« Avec les intérêts qu’ils nous paient depuis plusieurs années, et avec l'effondrement du cours des matières premières qu'ils ont écopé à cause des politiques économiques du Nord, ils ont largement payé leur dû.Si on veut parler d’environnement, il faut aussi aborder à ces problèmes».Arthur Campeau voit justement le Sommet de Rio comme une occasion de donner un coup de barre bien différent en matière de relations internationales.« On travaille à la mise en place d’une nouvelle dynamique entre le Nord et le Sud.En permettant aux pays pauvres de développer une économie viable, c’est la planète au complet que nous mettrons sur la voie du développement durable.Autrement, le genre dee développement qui se fait actuellement peut avoir, à moyen terme, des répercussions néfastes pour l’ensemble du globe et sur les générations à venir ».Les priorités des gouvernements Diane Précourt LORS de l’étude des crédits de son ministère pour l’exercice financier 1992-1993, le ministre québécois de l'Environnement Pierre Paradis a réitéré son intention de mettre sur pied l’Office de protection de l’environnement du Québec.« Nous croyons, a-t-il dit, que la structure actuelle ne permet pas de remplir de façon appropriée les mandats multiples et diversifiés qui nous sont confiés ».Le gouvernement entend également soumettre à Hydro-Québec une directive servant de balise à l’étude d’impact du projet Grande-Baleine, et procéder à la réforme du processus d’évaluation environnementale en saisissant l’Assemblée nationale d’ün projet de loi à l’image des propositions qui ont été faites.Parmi ses autres priorités, le ministe a mentionné les modifications à la Loi sur la qualité de l’environnement et plusieurs projets de règlement en consultation ou en processus d’adoption, touchant divers aspects du dossier environnemental : pollution agricole, rejets des fabriques de pâtes et papiers, attestations d’assainissement, substances appauvrissant la couche d’ozone, matières dangereuses et déchets solides.De plus, des décisions devront être prises concernant la modernisation d’usines de filtration, les consignes sur les pneus et les bouteilles de vin et spiritueux, décontamination de terrains pollués comme à Saint-Amable et Sainte-Julie, le choix d’une technologie pour la destruction des BPC, la constitution de réserves écologiques, l’assainissement des eaux et la régénération des rives.Le ministre canadien de l’Environnement Jean Charest fait ressortir pour sa part quelques points importants du Plan Vert lancé il y a plus d’un an et qui constitue la bible des actions à entreprendre.« La mise en place de ce Plan Vert représente en elle-même une priorité », a-t-il dit lors d’un entretien téléphonique.Son ministère entend accélérer le processus de réglementation sur les produits toxiques, dont une quarantaine seront bannis ou feront l’objet d’un contrôle plus sévère.Aussi, « le projet de loi C-13 sur le processus d’évaluation environnementale permettra de mettre de l’ordre sur le plan juridique dans ce dossier ».En ce qui a trait aux conditions atmosphériques, le ministre évoque des changements climatiques et du smog en insistant sur l’importance de réduire les substances affectant la couche d’ozone : « Nous entendons éliminer au plus tard en 1995 les chlorofluo-rocarbones (CFC) », promet-il.Aussi, l’implantation de bulletins quotidiens d’information sur l’intensité des rayons ultraviolets du soleil devrait être annoncée ces jours-ci.Quant aux pluies acides, le ministère fédéral a alloué en septembre dernier 30 millions J à la mise en place de mesures de contrôle et se propose de conclure des accords avec les provinces, en plus de faire le suivi sur l’accord Bush-Mulroney de mars 1991.Enfin, M.Charest se défend bien de parler de « permis de polluer » concernant les permis échangeables offrant la possibilité aux entreprises qui réduisent leurs émissions de C02 de revendre ces permis, dont le prix est déterminé par un maximum annuel de tonnage de C02.« Ce dossier est actuellement en discussion », a-t-il dit simplement.Par rapport aux autres pays, conclut le ministre, il faut apprécier le défi environnemental du Canada en fonction d’une économie basée sur ses ressources naturelles : « Nous devons aborder le développement durable dans ce contexte.Car, en fait, nous vivons sur le dos de l’environnement depuis toujours».Ml ,Z'( TORONTO OTTAWA REGION DK YORK ( AI.GARN MONTREAL (Ml BIT \ \\( Ol \ K R II LONDRES WGI.E TERRE : MATRE ENVIRONNEMENT T.O.» z7 ’V) m/j/,!//•./ "// , , .y/ WJ WW L m wÊÊÊÊk Prospérité, croissance et environnement peuvent faire ménage à trois.Seules les entreprises qui l’ont compris s’assurent longévité.C’est face aux multiples dilemmes environnementaux, que la vision du cabinet Lavery, de Billy vous permettra de demeurer maître de votre vitesse de croisière en matière d’environnement.LAVERY DE BILLY AVOCATS Montréal Bureau 4000 I, Place Ville Marie Montréal (Québec) H3B 4M4 114) 871-1522 Québec Bureau 500 125, chemin Saint-Louis Québec (Québec) GIS ICI (418) 088-5000 Ottawa 20' étage 45, rue O'Connor Ottawa (Ontario) Kl P 1 A4 (613) 594-4936 SIMUNOI I I >I I\1().)N\\ UINOIN.) NMOA Md SORTIR VWVI.I.O O.INOHOI iltlMTO IY IH.INOIV NOUANT!!) V SI ISSN.) I E-14 ¦ Le Devoir, samedi 30 mai 1992 ENVIRONNEMENT cahier spécial s.•».-— ¦ ' y'" mimlËmm mm ¦ wwmwntt- ,';V.Vy > 1/ JtXMSf., wmæm MMÊ ¦ ;< MaH .ml HM Abonnez-vous à FAXCOM'1' et économisez jusqu’à 59% sur vos frais d’interurbain par télécopieur au Canada et aux États-Unis.Et plus encore, faites-le d’ici le 30 juin 1992: vous n’aurez pas à payer les frais J U S Q_U’À mensuels d’abonnement de 13,95$ pendant les trois premiers mois! 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les cinq milliards et plus d’habitants de la planète adoptaient nos comportements de consommation et notre mode de vie.» À l’aune de cet étalon de mesure, le Québec apparaît loin du compte.Les environnementalistes québécois citent souvent l’exemple du modèle autos-bungalows-banlieues.S’il était transposé à la Chine, disent-ils, le géant d’Orient serait totalement recouvert d’asphalte et l’air irrespirable.« L’analyse de soutenabilité évite un paquet de charriage.Par exemple, de dire que l’industrie automobile peut être soutenable.Le développement durable suppose au contraire une réduction de l’utilisation de la voiture.» Une voiture mue au gaz naturel ou, grâce à une pile électrique, ne freinerait pas l’étalement urbain qui entraîne une immense consommation d’énergie (construction résidentielle, multiplication des réseaux de route, d’égouts, d’éclairage, etc.) et la perte de terres agricoles.« Des choses dont on fait la promotion au Québec à travers des programmes de subvention comme Mon taux, mon toit», déplore Christian Simard.Yves Guérard parle de confusion généralisée.« Le débat sur le développement durable est devenu si confus qu’on a réussi à bloquer la seule chose qui ne faisait pas réellement problème : le développement de notre potentiel hydro électrique.Pendant ce temps-là, la consommation de pétrole ne décroît pas et le gaz naturel est à la mode.» Si les centrales thermiques américaines délaissaient le charbon au profit du gaz naturel, les États-Unis réduiraient de moitié les pollutions découlant de la fabrication d’électricité.« Ce serait intelligent ».Or, ce qui est bon pour eux ne l’est pas nécessairement pour le Québec.Le développement viable suppose que l’on en arrive à zéro de pollution.« Pour le Québec, c’est faisable.Même si nous consommons autant d’énergie que les autres Nord-Amér-cains, nous polluons l’air deux fois moins qu’eux grâce, justement, à notre hydro électricité.Ce qu’il faut, c’est que l’on se tourne massivement vers les économies d’énergie.Pas que l’on cesse le développement de l’hydro électricité.» Conscient de ne pas faire l’unanimité parmi les écologistes, le G RAM K est d’accord avec Québec pour dire que l’hydroélectricité est un exemple de développement durable.Pierre Lundahl, vice-président de SCN-Lavalin Environnement, estime qu’en matière de développement durable, le Québec se situe à un degré d’évolution assez semblable à celui de la majorité des autres pays industrialisés occidentaux.Il faut bonne figure dans certains domaines et piètre figure dans d’autres.On peut par exemple facilement trouver des entreprises produisant des objets à partir de plastiques recyclés, voisines d’entreprises qui, agissant en contradiction flagrante des lois et règlements, n’épurent même pas leur effluents.Même si le Québec peut souvent se comparer avantageusement à plusieurs autres contrées industrialisées, la déception des environnementalistes québécois est grande.Elle est grande parce qu’ils sont persuadés que le Québec pourrait faire preuve d’un véritable leadership en la matière.« Nous pourrions développer une expertise et un savoir-faire dans toutes les industries reliées à la récupération et au recyclage.Au lieu de cela, on laisse fermer une usine comme Consumers Glass dans l’ouest de Montréal », dit Christian Simard.Le président de l’UQCN rappelle que le Québec se trouve à la confluence de deux cultures.Il pourrait s’inspirer des bons coups de l’Envi-ronnemental Protection Agency des États-Unis, en ce qui concerne la gestion quotidienne de l’environnement, et des concepts européens de conservation de l’énergie.« On a la possibilité de devenir un laboratoire de développement durable et même celle d’avoir des propositions originales dans le concert des nations.» Pour Peter Jacobs, professeur titulaire à l’école d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, le Québec a le devoir de tenter des expériences.« Choyé par la nature, nous pouvons, contrairement à d’autres coins du monde, nous permettre le luxe de faire des erreurs.Malheureusement, nous sommes très conservateurs.Nous voulons toujours être sûrs et certains de tout avant d’entreprendre le moindre pas.» M.Jacobs estime que la popula tion dans son ensemble est prête à adopter des « comportements conformes au développement viable», mais que les autorités politiques et économiques ne le sont pas.Les gens, dit-il, attendent des initiatives de leur part.« Le Québec ne s’est pas encore engagé dans la voie du développement viable.Personne au gouvernement québécois n’a réagi de façon proactive au pian vert présenté par le gouvernement fédéral, disent les environnementalistes.» Jean-Marc Salvet PRÉSENTÉ en grande pompe par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement en 1987, le concept de développement soutenable a connu des fortunes diverses.Si tout le monde s’en réclame, tous ne s’entendent pas sur ce qu’il recouvre.Pas plus d’ailleurs que sur les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs qu’il sous-tend.Même, le vocabulaire change d’un groupe d’interlocuteurs à l’autre.Si la population en général parle volontiers de développement durable, les écologistes québécois, s’appuyant sur le rapport Brundtland, lui préfèrent l’expression développement soutenable.L’une et l’autre sont cependant parfois déformées par des développeurs qui leur substituent celles de développement soutenu et de développement économique durable.Des contresens, selon les écologistes.Pour bien faire comprendre que le développement durable n’est pas un développement « qui peut durer dans sa forme actuelle sans être transformé », des environnementalistes ont eu l’idée de faire précéder durable de l’adjectif sain.Us parlent de développement sain et durable.À l’heure de Rio, ils sont toutefois de plus en plus nombreux à opter pour développement viable ou déve-loppememnt viable et équitable.Deux expressions qui ont le mérite de ne pas seulement faire référence à la conservation de la nature, expli-que-t-on, puisqu’elles englobent les questions de justice sociale entre individus et communautés.Les récupérations sémantiques de quelques-uns, les élargissements de sens des autres et les nuances de chacun ne doivent cependant pas faire oublier ce de quoi il s’agit fondamentalement : le développement viable vise principalement a satisfaire les besoins du présent sans nuire à ceux des générations futures.La pérennité des cultures, des écosystèmes et la stabilité des grands cycles bio-chimiques supposent une croissance économique respectueuse des droits de tous à un environnement sain et épanouissant.Toutes les activités de nos sociétés, qu’elles soient industrielles ou qu’elles relèvent de la consommation des individus, doivent donc tenir compte des limites qu’il y a à prélever les ressources naturelles de la planète et des conséquences que font peser sur son avneir les pollutions rejetées.Ce qui fait dire à André Harvey, sous-ministre adjoint au développement durable du ministère de l’Environnement à Québec, que le développement durable « implique un véritable réajustement de nos schèmes de valeurs et de nos comportements ».Le Québec, admet-il, a encore pas mal de chemin à faire pour tendre vers le développement durable.Per capita, les Québécois partagent en effet, avec les autres Nord-Américains, les titres de plus grands consommateurs mondiaux d’énergie et de plus grands producteurs de dé- chets.« Si tous les habitants de la Terre faisaient comme nous, la planète serait invivable.» Aux yeux des environnementalistes, le Québec ne s’est pas encore engagé dans la voie du développement viable.Le virage vert du gouvernement est une incantation, disent-ils.Ils rappellent que personne au gouvernement québécois n’a réagi « de façon proactive » au plan vert présenté par le gouvernement fédéral.Où sont les objectifs, et les stratégies d’action de Québec,’ demandent-ils ?« Nous pourrons parler de développement viable au Québec lorsque nous serons moins énergivores, lorsque nous développerons de nouvelles technologies ou procédés de produc- tion, de recyclage et de récupération et, enfin, lorsque nous gérerons mieux les ressources naturelles du territoire », dit Christian Simard, président de l’Union québécoise pour la conservation de la nature.L’économie québécoise, remarque-t-il, est encore fondée sur la cueillette de ressources naturelles et l’énergie à bon marché.Il en veut pour preuve le développement récent de l'Aluminium Valley sur les rives du Saint-Laurent.Le Québec a pris du retard par rapport à des pays comme le Japon ou la partie occidentale de l’Allemagne pour ce qui est de l’efficacité énergétique.Ou par rapport à la Finlande pour ce qui est de la gestion de ses forêts.La forêt finlandaise croît 15 % plus rapidement que la coupe de bois.L’UQCN estime que les préoccupations environnementales de Québec sont trop traditionnelles.« Tout ce que fait le gouvernement est de limiter le potentiel de catastrophes écologiques en concoctant des réglementations de bouts de tuyaux.» L’organisme douterait moins de la profondeur des intentions du gouver- I
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