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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 14 août 1992
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-08-14, Collections de BAnQ.

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2Zï:.*là; -mMs Vol.LXXXIII — No 188 Nuageux avec éclaircies.Max.: 23.Détail page 8.Montréal, vendredi 14 août 1992 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ SOCIÉTÉ L’ONU autorise le recours à la force en Bosnie-Herzégovine d’après Reuter NATIONS UNIES - Le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé hier le recours à la force, si nécessaire, pour assurer l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations de Bosnie-Herzégovine.Le vote a été acquis par douze voix pour et trois abstentions, celles de la Chine, de l’Inde et du Zimbabwe.Les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Japon, le Maroc, la Hongrie, l’Équateur, l’Autriche, le Venezuela et le Cap Vert ont voté pour.Le Conseil a ensuite adopté à l’unanimité une seconde résolution demandant l’ouverture à la Croix-Rouge des camps de prisonniers sur l’ensemble du territoire de l’ex-Yougoslavie.La résolution souligne la responsabilité individuelle de tous ceux qui violent les Conventions de Genève, bien qu’aucun texte international ne permette de les juger.Les deux textes, adoptés à l’initiative des États-Unis, ont été parrainés par la France, la Grande-Bretagne, la Russie et la Belgique.Le chef de la communauté serbe de Bosnie, Radovan Karadzic, a averti les Nations unies qu’une intervention militaire risquerait de trans- former la république en enfer.« S’il ne s’agit que d’envoyer une aide humanitaire, il n’est pas nécessaire d’avoir recours à la force militaire.Les Serbes ne s’en sont jamais pris à un convoi humanitaire », a-t-il déclaré à Reuter.« Il y a de nombreuses factions (serbes) de gauche, de droite, monarchistes, etc.Ce sera l’enfer.Nous ne pourrons plus les contrôler », a-t-il averti.La communauté internationale s’est mobilisée à la suite de nombreux reportages sur les opérations de purification ethnique menées par.les Serbes contre les populations non serbes de Bosnie.Des responsables de la Croix-Rouge internationale ont cependant déclaré avoir reçu l’assurance d’avoir accès à tous les centres de détention.Par ailleurs, dans une lettre datée du 12 août adressée au président du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, s’est dit préoccupé par les conséquences de l’adoption du texte sur le recours à la force pour les casques bleus déployés dans les zones de combat.Afin de minimiser le danger, il invite les États et organisations inter- Volr page 4: L’ONU L’OTAN prépare l’envoi des troupes : page 7 Les jeunes libéraux restent intraitables Le référendum est « sacré », prévient Mario Dumont Michel Venne de notre bureau de Québec Trois-Rivières refuse le titre de «capitale du chômage» Les Trifluviens partent en guerre contre la psychose du «tout-va-mal» PHOTO PC Le président de la Commission Jeunesse du Parti libéral du Québec, Mario Dumont, prie le premier ministre Bourassa de respecter le calendrier référendaire prévu.LE RÉFÉRENDUM prévu en octobre est « sacré » pour les jeunes libéraux du Québec qui, réunis en congrès ce week-end, demanderont à leurs aînés militants, députés et ministres de s’en tenir au calendrier prévu et de respecter le programme du parti en proposant une forme de souveraineté en l’absence d’offres canadiennes valables.L’invitation vaut aussi bien pour le premier ministre et chef libéral, M.Robert Bourassa.Les jeunes libéraux lui demandent d’être « à la hauteur des intérêts supérieurs du Québec, des attentes de la population et de rengagement formulé au printemps 1991 ».Ils enjoignent leurs aînés a « être conséquents avec la démarche que nous avons entreprise (avec le rapport Allaire) ».Le président de la Commission Jeunesse du PLQ, M.Mario Dumont, a rejeté hier, en conférence de presse, tout report du référendum prévu en octobre aussi bien par la loi 150, adoptée par les députés et ministres liberaux, a-t-il noté, que par le programme du parti (le rapport Allaire).Le jeune leader de 22 ans heurte ainsi de plein fouet les prétentions de deux ministres influents, Mme Lise Bacon et M.Marc-Yvan Côté, qui soutenaient mercredi qu’on peut bien prendre le temps qu’il faut et poursuivre les discussions, si cela peut contribuer à sauver le Canada.M.Dumont considère « improbable » une entente satisfaisante avec le Canada anglais.Il ne donne d’ailleurs à M.Bourassa que « quelques jours » pour revenir de la table multilatérale avec des résultats concrets.« Nous avons donné tout le temps voulu » pour qu’un accord se concrétise, estime M.Dumont.Le moment est venu selon lui pour les libéraux de s’en remettre à la seconde option de leur programme.Le rapport Al-, laire prévoit en effet qu’en l’absence d’offres, le Parti libéral proposera au peuple par référendum l’accès du Québec au statut d’État souverain dans le cadre d’une union économique gérée par un parlement commun.M.Dumont croit qu’il existe au parti une « solide unité de pensée » quant au contenu de cette solution de Voir page 4: Jeunes Le Jardin de Chine Inauguré l’été dernier au Jardin botanique de Montréal à la suite d’une entente entre les Villes de Montréal et Shanghai, le Jardin de Chine permet à tout coup de se plonger dans un monde diamétralement opposé à celui de la grande ville.Calme, douceur et harmonie y régnent, baignant le visiteur dans une atmosphère toute orientale.Dépaysement garanti.Page 11 LIBRE-ÉCHANGE À TROIS Doré ne partage pas le pessimisme de l’industrie du vêtement Le maire admet que certaines dispositions vont à l’encontre des recommandations de Montréal Danny Vear « À PRIME ABORD », le maire Jean Doré juge que l’Accord de libre-échange nord-américain n’assombrit pas outre mesure l’avenir de Montréal, mais admet qu’il ne va pas dans le sens des recommandations et des préoccupations que Montréal et son industrie du vêtement ont exprimées depuis un an auprès d’Ottawa et de Québec.« Il y a là un problème », a commenté, hier, le maire Doré, étonnamment peu loquace dans une réaction préliminaire à l’entente commerciale entre le Mexique, les États-Unis et le Canada.Son équipe doit étudier plus à fond l’entente au cours des prochains jours.L’industrie montréalaise du vêtement pourrait perdre quelque 18 000 emplois, soit près de 33 % de tous les emplois du secteur, une fois en vigueur toutes les mesures prévues dans l’entente, a déjà affirmé l’Institut canadien des manufacturiers du vêtement.Le maire Doré ne partage pas ce pessimisme empressé.« On doit analyser les documents.Il est encore difficile de tirer les conséquences à long terme de l’accord sur l’industrie de la mode », a lancé le maire Doré, qui a participé, hier, au lancement des « Fêtes gourmandes internationales de Montréal» (voir page 31.Les réactions à l’entente ont été vives hier chez certains représentants de l’industrie de la mode québécoise.Avec les dispositions de l’entente, l’industrie, notamment l’industrie de la mode haut de gamme, a purement été sacrifiée, n’a pas hésité à lancer le créateur de mode, Jean-Claude Poitras, hier, dans une entrevue radiophonique.C’est que désormais, en vertu de l’entente, les manufacturiers canadiens devront s’approvisionner en tissus produits en Amérique du Nord pour que leurs vêtemens soient exportés, sans tarifs douaniers, à l’intérieur de la zone de libre-échange nord-américaine.Auparavant, ces tissus pouvaient provenir sans problème d’Europe.De plus, les tarifs canadiens sur Voir page 4: Doré Baker porte secours à la campagne de Bush WASHINGTON (Reuter) - Le président George Bush a annoncé hier que James Baker abandonnerait le 23 août son poste de secrétaire d’État pour devenir secrétaire général de la Maison-Blanche et prendre la direction de sa campagne électorale.Quatre jours avant l’ouverture à Houston de la convention républicaine, qui doit officiellement le désigner pour disputer un second mandat présidentiel, le président américain a mis fin à des semaines de conjectures.Il a remis son avenir politique entre les mains de James Baker, l’architecte de sa victoire en 1988.« Il m’aidera à consolider ce que nous avons commencé en élaborant un programme intégré de politique intérieure, économique et étrangère pour le second mandat », a expliqué George Bush.« Je souhaite également avoir ses conseils et son aide, au moment où je cherche un mandat auprès du peuple américain, pour mettre ce programme en oeuvre», a ajouté George Bush.Voir page 4: Baker Claude Turcotte TROIS-RIVIÈRES - Offensés de voir certains médias affubler leur région du titre de « capitale nationale du chômage », les décideurs de Trois-Rivières se sont livrés hier à une mission d’affaires, en conviant les journalistes à venir constater de visu que leur ville demeure malgré tout une capitale des pâtes et papiers, sans renier son titre de capi- tale de la poésie et surtout sans perdre espoir de voir le taux d’emploi retrouver son niveau d’avant la récession et d’avant la mise à pied des 950 employés de l’usine de Produits forestiers Canadien Pacifique (PFCP).« Nous sommes handicapés, mais pas morts», a rappelé M.Gabriel Pellerin, président de la Chambre de commerce du district de Trois-Rivières, devant une quarantaine de notables, en présence de journalistes représentant les principaux quotidiens de Montréal et même un de Toronto, sans oublier tous les médias locaux.La journée avait commencé par une tournée en autobus, pendant deux heures, pour montrer les parcs industriels, les équipements de toutes sortes, dont l’université, les travaux de six millions $ au sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine et même une petite balade sur le circuit du Grand Prix de formule Atlantique qui débute aujourd’hui même.Mais hier, c’était les gros canons de la ville qui vrombissaient.Le maire de Trois-Rivières, M.Guy Leblanc, a rappelé que les sept comités mis sur pied au moment de la fermeture de l’usine de PFCP sont tous en place pour s’occuper de divers aspects, l’un de la relance, l’autre du recyclage, etc.M.le maire conserve même l’espoir d’une réouverture en septembre d’une partie de l’usine fermée par PFCP, selon un projet Voir page 4: Trois-Rivières SALON ICOM RÉSERVA TIONS PUBLICITAIRES (514) 842-9645 Date de tombée: le 4 septembre 1992 PARUTION le 12 septembre DANS LE DEVOIR À l’occasion du Salon ICOM 1992, un événement organisé en parallèle à la XVIe Conférence générale du Conseil international des Musées, LE DEVOIR publiera un cahier spécial le 12 septembre prochain.De format tabloïd, ce cahier présentera la liste des exposants, ainsi que la liste des participants à ce salon où on retrouvera les grands musées du monde et le programme d’animation du Salon.Il sera également question des grandes orientations de développement que prendront les musées au cours des prochaines années.( 2 ¦ Le Devoir, vendredi 14 août 1992 Mulroney étouffe les dissidences et se tait sur ses préférences Le PQ tend la main aux anglophones Une stratégie de rapprochement aborde tous les facteurs de division Manon Cornellier de la Presse canadienne OTTAWA — Le premier ministre Brian Mulroney a réussi, hier, à étouffer les dissensions de son caucus sur la réforme du Sénat mais sans afficher sa préférence pour un des quatre modèles actuellement à l’étude et dont le ministre des Affaires constitutionnelles, Joe Clark, a dévoilé l’existence en fin de journée.Un de ces modèles serait en fait une solution intérimaire, en attendant que les provinces s’entendent.* À son entrée au caucus, hier, M.Mulroney devait réconcilier les positions des caucus de l’Ouest, en faveur d’un Sénat égal, et de ceux du Québec et de l’Ontario, opposés à ce modèle de réforme.À l’issue de la rencontre, il clamait victoire et aucun député n’a osé le contredire.« Mes députés sont tous solidaires de ma position et de celle de mon gouvernement », a-t-il déclaré.Le premier ministre a pu pacifier son caucus en ne prenant position sur aucun des modèles actuellement à l’étude, ont indiqué les ministres Benoît Bouchard et Joe Clark.« Nous favorisons un modèle qui fonctionne », s’est contenté de dire le ministre des Affaires constitutionnelles.En fin de journée, après une rencontre avec le ministre québécois Gil Rémillard, M.Clark a précisé que les quatre modèles avaient été mis de l’avant lors de la rencontre des premiers ministres de lundi dernier.Un de ceux-ci, soumis par le gouvernement fédéral, compterait un nombre supérieur de sénateurs qui seraient nommés à partir de listes soumises par les provinces ou à la suite d’une élection.Cette solution serait réévaluée après quatre ou cinq ans.Les autres solutions ont été suggérées par les premiers ministres du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, de l’Ile-du-Prince-Édouard, Joe Ghiz, et de l’Alberta, Don Getty.Le premier modèle est fort complexe.Il prévoit entre autres un Sénat égal et une augmentation du nombre de sièges à la Chambre des Communes pour les provinces qui auraient perdu des sénateurs.Celui de Joe Ghiz compterait deux catégories de provinces : celles qui ont plus de deux millions d’habitants, et donc 24 sénateurs (Québec, Ontario, Colombie-Britannique et Alberta), et celles qui sont plus petites et qui n’ont que huit sénateurs.M.Mulroney a indiqué hier que ce modèle renforcerait la position alber-taine.M.Clark n’a pas décrit celui soumis par M.Getty.L’entente du 7 juillet et l’idée d’abolir le Sénat s’ajoutent à la liste mais ne sont plus dans la course.L’entente du 7 juillet prévoyait un Sénat égal, ce que Quebec rejette catégoriquement, a rappelé hier le ministre Gil Rémillard.La nouvelle réalité constitutionnelle semble avoir calmé les députés albertains.« Plus nous nous éloignons du modèle de Sénat triple E, plus le coût politique est grand.(.) Pour nous, à court terme, et pour le pays à long terme », avait pourtant dit le président du caucus albertain, Ken Hughes, avant d’assister à la réunion du caucus.Mais le député albertain Jim Haw-kes déclarait aussitôt que l’appui au Sénat triple E était surtout une position de négociations pour le caucus de l’Alberta.Selon lui, les députés veulent avant tout une solution à la crise constitutionnelle et sont ou- | verts aux diverses propositions.M.Mulroney partageait ce point de vue.Après le caucus, il a affirmé avec fermeté qu’il n’y aurait aucune défection du coté de ses députés albertains.Le caucus ontarien s’est pour sa part opposé au Sénat triple E.Le président René Soetens a carrément qualifié d’esprit de clocher l’attitude intransigeante de certains politiciens provinciaux et a invité ses collègues albertains à ne pas suivre leur exem- j pie.Il a prédit que si l’entente conclue le 7 juillet était présentée à la Chambre des Communes, elle serait défaite.Chez les parlementaires québécois, on veut surtout en finir.« Les gens sont tannés des enfantillages des politiciens sur la question constitutionnelle », a déclaré le président du caucus québécois, André Harvey.À son avis, si la conférence des premiers ministres de mardi ne mène à rien, le fédéral devrait prendre les devants et demander à la population de trancher.Le sénateur Claude Castonguay est d’accord.« J’ai hâte que le gouvernement fédéral prenne les choses en mains et fasse un ensemble de propositions plus équilibrées.Ça fait assez longtemps qu’on discute avec les premiers ministres et les autochtones, je ne crois pas que ce soit très probable que cela aboutisse.» L’essence « propre » se fait attendre malgré les promesses PHOTO CF Dieppe, 50 ans après OTTAWA (PC) — Malgré l’engagement pris par les gouvernements fédéral et provinciaux dans une tapageuse campagne publicitaire, la majorité des Canadiens ne peuvent pas encore acheter une essence contribuant moins à la formation du smog.Ce type d’essence, plus propre, devait être disponible cet été au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.Pourtant, l’essence vendue régulièrement dans ces provinces émet toujours beaucoup plus de gaz nocifs que prévu par le Programme de contrôle de l’azote et des composés organiques volatiles.Lancé en 1990, ce programme prévoyait l’élimination d’une bonne portion du smog estival avant la fin de la décennie.En fait, on est très en retard.Le smog est un brouillard formé de particules de suie et de gouttes d’eau.Pour ce qui est de l’essence dite « d’été », elle est vendue dans la plupart des États du nord-est des États-Unis et, au Canada, seulement dans la région de Vancouver.Pierre O’Neill LE PARTI québécois tendra la main à la minorité anglophone et se donnera une stratégie de rapprochement qui abordera tous les facteurs diviseurs, y compris la question linguistique.Député de Pointe-aux-Trembles à l’Assemblée nationale, Michel Bourdon est membre du groupe de travail que le parti a mis sur pied en début d’année pour réfléchir sur « la place de la minorité anglophone dans un Québec souverain ».Et dont le rapport, en phase finale de rédaction, sera rendu public ces prochaines semaines.« Notre rapport se doit d’être un chaînon de ce rapprochement.Il faut établir des ponts et faire des pas.Le PQ doit être un parti ouvert, où les anglophones peuvent se faire entendre», a expliqué M.Bourdon au cours d’une entrevue au DEVOIR.Les délibérations de ce groupe de travail s’inscrivent dans le prolongement d’initiatives que le PQ a prises dans le passé pour tenter d’établir un dialogue qui parvienne à réduire les tensions.Ainsi, l’automne dernier, le parti a tenu à Sainte-Anne-de-Bel-levue dans le West Island de Montréal un colloque auquel avaient notamment participé le président d’Alliance-Québec, Bob Keaton, le président du Parti libéral du Canada, Donald Johnston et le député Richard Holden.Le succès remporté à l’époque par cet exercice de réconciliation avait convaincu M.Parizeau de poursuivre l’expérience et de structurer ces efforts de rapprochement.Coprésidé par la députée de Chicoutimi, Jeanne Blackburn et la trésorière du parti, Mme Rita Dionne-Marsolais, le groupe de travail comprend en outre le président de la région Chaudière-Appalaches, M.André Gaulin, ainsi que trois anglophones : MM.Henry Milner, David Payne et Robert Dole.Les conclusions qu’ils arrêteront seront d’abord soumises à la réflexion des militants et serviront à enrichir le programme du parti, qui est en cette matière relativement silencieux.Le printemps dernier, le groupe de travail avait lancé ses travaux en pu- PHOTO JACQUES NADEAU Michel Bourdon croit que les comportements ont sensiblement évolué.Une cinquantaine de survivants de Dieppe, la plupart âgés de plus de 70 ans, ont écouté en silence la sonnerie aux morts, hier, en se remémorant le raid désastreux du 19 août 1942.L’opération, à laquelle ont participé quelque 5000 soldats canadiens, avait pour but d'étudier les problèmes d’un débarquement en sol occupé par les Nazis.Parmi les personnalités qui ont participé à la cérémonie, qui s’est déroulée près du monument aux victimes de la guerre, on notait le gouverneur général Ray Hnatyshyn, le premier ministre Brian Mulroney, le ministre de la Défense Marcel Masse, le ministre des anciens combattants Gerald Merrithew et le général John de Chastelain, chef de l’état-major.Parizeau veut étudier en commission parlementaire les conséquences du libre-échange nord-américain Michel Venne de notre bureau de Québec BIEN QU’IL appuie le principe d’une zone de libre-échange étendue à l’ensemble du continent nord-américain, le chef du Parti québécois M.Jacques Parizeau, souhaite la convocation d’ici à 15 jours d’une commission parlementaire pour en étudier les conséquences.avis de demande d'un permis d’alcool Régie des permis d'alcool du Québec Toute personne, société ou groupement visé dans l'art.60 du Code de procédure civile peut, par écrit motivé, assermenté et transmis à la Régie, s'opposer à une demande de permis ci-après énumérée, dans les 15 jours de la présente publication.ou s'il y a eu opposition, intervenir en faveur dans les 30 jours de cette publication.Cette opposition ou intervention doit être adressée à: La Régie des permis d’alcool du Québec.1 est, rue Notre-Dame, Suite 9.200, Montréal, (Québec), H2Y 1B6.Nom et admet du requérant Nature de la demande Endroit d'eiploltatlon DENISE MARTIN, GILLES SEGUIN Le Rang d'Oignons Enr.1101, rue Jean-Talon Est Montréal Dossier: 256-255 LE DANMICH INC.Le Danmich Inc.5199, Sherbrooke Est S.3040 Montréal Dossier 987-446 DAOUD.Moumr Le Cavalier Bauly 8230, boul Champlain Lasalle Dossier: 221-077 NGUYEN.Quang Thai Bistro Doré 6902, rue St-Denis Montréal Dossier 804-468 KAVATHAS, Chris Calé Platon 4521, ave du Parc Montréal Dossier 988-097 2947-5548 QUÉBEC INC.Bar Le Macho 5782,rue de Repentigny Montréal Dossier: 341-677 NGUYEN, Thi TuyetMai Restaurant Chiang-Mai Enr.971, bout Décarie 1 Restaurant 1101, rue pour vendre Jean-Talon Est Montréal 1 Restaurant 5199, pour vendre Sherbrooke Est S 3040 Montréal t Restaurant 8230, boul pour vendre Champlain t Bar Lasalle t Restaurant 6902,rue pour vendre St-Denis (Demande Montréal amendée) 1 Restaurant 4521, ave pour vendre du Parc Montréal Autorisation 2461, rue de danse et Bélanger Est spectacles Montréal suite à cession t Restaurant 971, boul pour vendre Décarie St-Laurent St-Laurent Dossier: 261-305 170776 CANADA INC.Billard Merlyn 7560, rue Birnam, app 2 Montréal Dossier: 988-063 CAFÉ BAZAAR DE STASH LTÉE Café Bazaar de Stash 200, rue St-Paul Ouest Montréal Dossier: 988-444 RESTAURANT BUONANOTTE INC.Restaurant Buonanotte Inc.3518.rue St-Laurent Montréal Dossier: 657-502 DEGUIRE, Claude Le Jazz Loft 31, Archambault Le Gardeur Dossier: 817-197 2960-1291 QUÉBEC INC Restaurant Curry Queen 1713, ave Dollard Lasalle Dossier 330-340 GESTION MIDI-MINUIT INC.Restaurant "Au Trait d'Union" 919, boul.Laurier Bel oeil Dossier 944-850 2960-1135 QUÉBEC INC Resto Country Pub 4660, Montée St-Hubert Local 100, St-Huberl Dossier: 8394)01 NGUYEN.Thi Nhung Le Coin d'Asie 6020,rue Sherbrooke Ouest Montréal Dossier 225-763 t Bar 232A, Jean-Talon Ouest Montréal Changement 200, rue St-de Paul Ouest l'emplacement Montréal d'un Restaurant pour vendre 1 Bar 1 Bar avec danse et spectacles 3518, rue St-Laurent Montréal 5369, rue St-Laurent Montréal 1 Restaurant 1713, ave pour vendre Dollard Lasalle 1 Bar sur terrasse 919, boul Laurier Beloeil 1 Bar avec 4660, Montée danse et St-Hubert spectacles Local 100, St-Hubert Changement 6020, rue de catégorie Sherbrooke de Restaurant Ouest pour vendre à Montréal Restaurant pour servir Le président et directeur général Ghlslaln K.-Laflamme, avocat Québec ?n U M M.Parizeau a fait parvenir hier une demande en ce sens au premier ministre Robert Bourassa, qu’il a rendue publique lors d’un point de presse.Le leader souverainiste estime par ailleurs que l’adhésion d’un troisième participant (le Mexique) à un traité de libre-échange continental peut faciliter celle éventuelle d’un Québec souverain.« Plus il y a de participants, dit-il, plus l’adhésion du Québec en sera facilitée.» M.Parizeau refuse pour le moment de se prononcer sur le contenu de l’accord tel quel, puisqu’il n’a pas pu le lire.Il ne « sait pas comment trancher », dit-il, entre ceux qui prédisent l’hécatombe, notamment dans le secteur du vêtement et ceux qui prévoient des gains.La commission parlementaire qu’il réclame pourrait justement aider à se faire une opinion plus juste, a-t-il soutenu.Il suggère de convoquer la commission de l’économie et du travail de l’Assemblée nationale pour examiner l’impact de l’accord intervenu avant-hier et accueilli favorablement par le gouvernement sur chacun des secteurs industriels.La commission devrait étudier aussi comment faciliter la transition, quelles mesures d’adaptation on peut R ESULTATS Tirage du 92-08-12 3 4 20 22 33 46 Numéro complémentaire: 19 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 GAGNANTS 1 6 299 17811 343 492 LOTS 5 552 026,50 $ 148 585,40 $ 2 385,30 $ 76,70 S 10,00$ Ventes totales: 20 840 753,00$ Prochain gros Ic4 (approx.): 2 500 000,00 $ Prochain tirage: 92-08-15 EQtra Tirage du 92-08-12 NUMÉROS LOTS 983972 100 000 S 83972 1 000 S 3972 250 S 972 50 S 72 10 S 2 2 S TVA le réseau des tirages Les modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité proposer aux entreprises et aux travailleurs afin que le Québec puisse tirer le meilleur parti de l’entente.Le chef péquiste croit que la convocation d’une commission publique, dont les débats pourraient etre télévisés, devrait calmer beaucoup d’appréhension chez les Québécois inquiets pour leur emploi.Les gens pourront se sentir rassurés de voir que le gouvernement examine en détails les impacts et prépare des mesures de transition.Le défilé des experts devant les caméras de télévision donnerait à l’exercice une dimension pédagogique.M.Parizeau précise que « ce n’est pas une trappe » qu’il tend au premier ministre.Il souhaite que l’exercice se déroule de façon non partisane, comme cela avait été le cas en 1988 lors de la signature du traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.La commission parlementaire s’était réunie durant deux jours en juin 1988 pour étudier les impacts de l’accord bilatéral.Le premier ministre et le chef de l’opposition en avaient été membres et ses délibérations avaient été télévisées.Les deux partis avaient alors fait front commun en faveur de l’accord et avaient convenu de mesures de transition qui n’ont toutefois pas été entièrement mises en oeuvre.M.Parizeau convient que cet accord continental, décrié déjà par les gouvernements néo-démocrates de l'Ontario, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique, puisse créer des « interférences » avec le débat constitutionnel.À cet égard, il ne veut pas trop spéculer.« L’imagination est sans bornes», dit-il.Comme en 1988, on se retrouve dans une situation où le Québec est dans le camp des pour et le reste du Canada en grande partie dans celui des contre.Le chef péquiste rappelle qu’en 1988, il avait déclaré que s’il était Ontarien, il serait probablement contre le traité de libre-échange canado-américain.Ainsi, il peut comprendre certaines objections du reste du Canada.« On se prononce selon les intérêts qu’on représente», dit-il.Comment réagirait-il s’il était social-démocrate 7 a demandé un journaliste.« Mais je suis social-démocrate ! » a-t-il répliqué après quelques secondes d’hésitation.« Mais je suis social-démocrate québécois », a-t-il précisé.Nouvelles stratégies pour intéresser les femmes aux carrières scientifiques TORONTO (PC) - Quelque 200 professeurs et étudiants, représentants de l’industrie et des gouvernements se réunissent aujourd’hui et samedi, à Toronto, afin de tenter d'élaborer des stratégies visant à intéresser davantage de femmes aux carrières dans les domaines du génie et des sciences.Les femmes sont nettement plus nombreuses qu’autrefois dans les facultés de génie des universités canadiennes.Elles forment maintenant entre 25 et 30 % des étudiants.Mais plusieurs, comme Mme Donna Brown, la présidente de la Conférence canadienne des femmes en génie, science et technologie, jugent que ce n’est pas encore suffisant.Les jeunes femmes doivent choisir des carrières dans ces domaines, puisque ce sont les champs d’activités susceptibles de donner naissance aux nouveaux produits, aux nouvelles technologies et compagnies qui assureront la prospérité future du Canada.Ce sont aussi ceux où tout indique qu’il va y avoir une certaine reprise économique, fait-elle valoir.Les obstacles sont déjà identifiés, soutient Mme Sandra Redshaw, coprésidente de la conférence.Les parents peuvent encourager leurs filles à devenir des enseignantes ou des infirmières; les expériences scientifiques menées au niveau primaire sont souvent axées sur des thèmes auxquels les garçons sont plus susceptibles de s’intéresser, comme les fusées et les automobiles; certains conseillers en orientation dissuadent les jeunes filles d’étudier les mathématiques à l’université, et celles qui le font peuvent se sentir isolées.Une fois qu’elles entrent sur le marché du travail, leurs collègues masculins peuvent se montrer peu accueillants.Plusieurs universités ont déjà mis sur pied des programmes destinés à encourager les femmes à opter pour des études en sciences et en génie, se félicite Mme Brown, et font des efforts pour embaucher davantage de femmes, qui deviendront à leur tour des exemples à suivre pour leurs étudiantes.Mme Brown, détentrice d’un doctorat en neurochimie, observe que les enseignants s’efforcent également d’intéresser les fillettes des niveaux primaire et secondaire aux sciences.Y bliant dans le quotidien The Gazette une invitation à la participation des anglophones.Malgré l’ordre de boycottage d’Alliance-Québec, le groupe a reçu 150 lettres, dont une quarantaine portaient des manifestations d’agressivité, d’incompréhension et de rejet.À ce jour, les missionnaires du PQ ont entendu les témoignages d’une trentaine de leaders de la communauté anglophone.Entiché par l’expérience, le député de Pointe-aux-Trembles croit que les attitudes et comportements ont sensiblement évolué de part et d’autre.Confiance qui repose sur la transformation du portrait linguistique, engendrée par les longues années d’application de la loi 101.« L’enseignement est un grand facteur d’intégration.» Transformation qu’il attribue également aux pouvoirs que l’entente Cullen-Couture a donnés au Québec en matière d’immigration.Ce qui l’amène même à conclure que « le français n’est plus menacé au Québec », tout en recon-; naissant qu’il faudra continuer à être « vigilant ».Cela dit, sa perception de l’état d’esprit qui prévaut au PQ lui fait croire que les militants ne sont pas encore disposés à des assoupplis-sements de la loi 101 avant que le Québec accède à la souveraineté/ Néanmoins, le groupe de travail formulera à cet égard des recommandations favorables à l’ouverture.Pour ces raisons et pour d’autres, Michel Bourdon voit déjà le climat d’affrontement céder la place à une, volonté réciproque de rapprochement.Il s’en dit heureux parce qu’il lui paraît évident que l’appui monolithique des non-francophones au, PLQ est un obstacle au développe-, ment de son parti, de Montréal et du Québec.Bien sûr, le député Bourdon perçoit encore ici et là des relents d’intolérance.La férocité des réactions suscitées au sein de la communauté' anglophone par l’adhésion de Richard Holden en est l’illustration.Et: quand il voit l’éditorialiste Alain Du-' bue de La Presse établir une ma-’ cabre comparaison entre Richard' Holden et John Kordic, il se dit qu’il ' n’y a pas que des anglophones de' troubles.EN BREF.Parizeau étonné de l’impact de Holden QUÉBEC — Le chef du Parti québécois se demande si l’entrée au Parti québécois de M.Richard Holden n’a pas « des conséquences encore plus grandes que celles que je pensais ».Au cours d’un point de presse, hier à Québec, M.Jacques Parizeau s’est dit étonné de « l’ampleur du tir » dont est l’objet M.Holden de la part de fédéralistes qui dénigrent l’homme et sa décision de passer dans le camp souverainiste depuis qu’il a annoncé son adhésion au PQ en début de semaine.« Je ne me souviens pas d’avoir jamais vu l’entrée d’une personnalité dans un parti politique susciter tant de commentaires en si peu de temps », dit-il, soulignant avoir lu quelque chose à ce sujet même dans le Edmonton Journal.« Diable, a-t-il lancé en riant, ça m’a l’air très important; plus que je ne le pensais.» Des vols trop chers vers les îles ?CAP-AUX-MEULES (PC) - Les compagnies aériennes desservant les ïles-de-la-Madeleine auraient été de connivence pour maintenir une tarification élevée sur les billets d'avion, soutient l’ancien président de la Chambre de commerce de la région.M.Léonard Gaudetdit détenir des documents démontrant la possibilité d’une réelle collusion entre Inter-Canadien, Air Atlantique et Air Alliance.Il affirme que les transporteurs ont augmenté indûment leurs arifs au cours des quatre dernières années, faisant passer le prix d’un billet aller-retour entre l’archipel et Montréal de 444 $ à 763 $.M.Gaudet soutient de plus que la Direction du transport maritime, aérien et ferroviaire au ministère québécois des Transports est au courant de cette pratique depuis 1989.M.Gaudet estime que les compagnies aériennes ont profité du programme de réduction de 25 % des tarifs aériens accordée aux Madelinots, qui a coûté près de deux millions de dollars au gouvernement du Québec depuis son instauration, en 1988.L’ancien président de la Chambre de commerce a remis le dossier entre les mains de la GRC et de la Sûreté du Québec, pour qu’une enquête soit ouverte.Paralysie cérébrale : amende honorable LA DIRECTION provinciale de l’Association de la paralysie cérébrale, qui est critiquée par plusieurs de ses membres montréalais, promet une plus grande transparence.La direction de l’association a fait savoir que ses états financiers seraient rendus publics cet automne.La directrice du financement, Aliette Poirier, a également fait savoir que des efforts sont déployés en vue de réduire les frais de production du téléthon annuel, dont la réalisation a atteint 656 000 $ l’an dernier.L’Association pour la paralysie cérébrale reconnaît de plus que la région de Montréal est pénalisée par rapport à la politique de répartition des dépenses.(PC) t Le Devoir, vendredi 14 août 1992 ¦ 3 Nouvel assaut du Parti Égalité contre la loi référendaire Jean Dion LE PARTI Égalité poursuivra devant la Cour d’appel du Québec sa bataille pour obtenir des modifications à la Loi sur les consultations populaires.Débouté en Cour supérieure le 30 juillet dernier, le chef du PE, Robert Libman, a fait savoir hier qu’ü avait donné avis au plus haut tribunal de la province de sa décision d’en appeler du verdict du juge Pierre Michaud, qui avait refusé de donner raison au parti dans sa tentative de faire invalider certains articles de la loi référendaire.Le PE en a notamment contre une clause de la loi 2, adoptée par l’Assemblée nationale en 1978, qui prévoit la formation de comités « para- lies » lors d’un référendum et éta- t pour chacun des camps un plafond de dépenses et un accès limité aux moyens de communication.M.Libman est d’avis qu’une pareille disposition contrevient à la liberté d’expression et d’association garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.Car, fait-il valoir, « en cas de référendum, le PE pourrait être forcé de travailler de concert avec des adversaires politiques, qui proposeraient là même option que lui mais pour des raisons diamétralement opposées.Le parti pourrait ainsi devoir soumettre ses dépenses, de même que sa latitude politique, à une autorité qui ne partage en aucun cas son point de vue.» Dans sa décision du 30 juillet, le juge Michaud écrivait que « les limitations dont se plaignent les requérants favorisent davantage la participation des électeurs au référendum et en quelque sorte contribuent à accentuer la liberté d’expression, puisqu’elles donnent à plus de gens l’occasion de participer et de se faire entendre, tout en essayant d’accorder aux deux camps qui s’affrontent des ressources les plus égales possible».S’il est d’accord pour admettre qu’il serait illégitime de ne pas limiter les dépenses des protagonistes, l’avocat du PE, Julius Grey, dit néanmoins considérer que ces restrictions à la liberté d’expression, que le juge considère justifiées au nom du processus démocratique, violent un droit fondamental.Me Grey a par ailleurs estimé que le juge s’était montré « trop optimiste » en laissant entendre, à lfap-pui de son verdict, que le PE ne pouvait pas présumer qu’une juste place ne lui serait pas accordée au sein d’un des comités parapluies.Conscient que l’appel a peu de chances d’être entendu avant le 26 octobre, date ultime du référendum prévu par la loi 150, M.Libman a admis que la cause pendante pouvait quand même être de nature a « mettre de la pression » sur les autorités d’un éventuel comité parapluie pour qu’elles accordent une plus grande marge de manoeuvre au PE.Me Grey s’est pour sa part voulu plus prudent, refusant de parler de pression et affirmant que la requête du PE était « une question de principe, de nature strictement juridique et non politique ».Mais même si l’entente de l’appel tarde, ont fait valoir les deux hommes, la requête du PE ne sera pas inutile puisque la loi 2 ne se limite pas au référendum anticipé pour cet automne, mais régirait aussi toute consultation populaire ultérieure.Lorsque interrogé quant à la proportion des dépenses qu’il voudrait voir sa formation détenir dans un éventuel comité parapluie, M.Libman s’est fait évasif.« Il est difficile de se prononcer là-dessus », a-t-il dit, ajoutant que le calcul pourrait notamment se faire au prorata du nombre de sièges détenus à l’Assemblée nationale.« Tout ce que nous voulons, c’est mener notre propre campagne et approuver nos propres dépenses.Or nous craignons sérieusement que, dans l’état actuel des choses, nous soyons soumis à l’imprimatur d’adversaires », a-t-il lancé.Selon la Loi sur les consultations populaires, qui a notamment servi lors du référendum de 1980 sur la souveraineté-association, les députés de l’Assemblée nationale doivent s’inscrire dans l’un des camps puis, chacun de leur côté, élire le chef de leur comité parapluie.La loi prévoit en outre que les groupes insatisfaits de la place qui leur est faite au sein du comité puissent recourir à un « tribunal référendaire ».Le verdict de la Cour d’appel sera d’autant plus intéressant à surveiller, a noté Me Grey, que la Cour supérieure de l’Alberta avait précédemment rendu un jugement allant à l’encontre de celui du juge Michaud.PHOTO JACQUES GRENIER •i&tfti j • Un kilomètre de bouffe ! Gourmets, gourmands, le maire de Montréal, Jean Doré, et Jacqueline Vézina dégustent un sorbet au cantaloup du Québec, préparé spécialement pour célébrer le lancement officiel, hier, des Fêtes gourmandes internationales de Montréal.Jusqu’au 23 août prochain, ce festival champêtre de bouffe se déroule sur le site de l’ile Notre-Dame, sur une surface de plus d'un kilomètre de long.Les visiteurs pourront y déguster les mets de tous les pays et de toutes les régions du Québec.Ces mets seront présentés en petites portions dont les coûts varient entre 0,50 $ et 8,50 $.Présidente de l'événement, Jacqueline Vézina a promis qu'il reviendra l'an prochain.Le CRTC gronde les réseaux privés de télévision « Télé Métropole n’a pas tenu sa promesse envers les gens de Québec » Pierre Roberge de la Presse canadienne LA LICENCE de diffusion de Télévision Quatre Saisons a été renouvelée pour trois ans par le CRTC, alors que la direction de la chaîne privée souhaitait obtenir une reconduction pour sept ans.Dans la décision rendue hier par le tribunal administratif, la station de Montréal et le réseau de TQS sont concernés par ce renouvellement de trois ans, tandis que celle de Québec (CFAP-TV) voit sa licence reconduite pour cinq ans, soit jusqu’à la fin août 1997.Le CRTC renouvelle également pour cinq ans les licences de Télé Métropole (CFTM) et du réseau TVA; aux audiences en mars, la direction de TM aussi demandait sept années de plus pour son bail des ondes publiques.Une affiliée de TVA, CFCM de Sainte-Foy, voit sa licence renouvelée pour trois ans.« Télé Métropole n’a pas tenu sa promesse envers les gens de Québec, elle a même demandé de réduire davantage son engagement, à 10 heures par semaine d’émissions locales », souligne Keith Spicer, président du CRTC.« Ceci est manifestement inacceptable.Nous ordonnons donc à la station de respecter son engagement de 21 heures par semaine.» Mais vu la situation économique, le CRTC accepte « avec réticence » que la titulaire puisse atteindre cet objectif en trois ans.Jusqu’à 16 millions $ à des victimes d’agressions sexuelles OTTAWA (PC) — Les victimes d’agressions physiques et sexuelles des anciennes écoles de réforme d’Alfred et d’Uxbridge, en Ontario, pourraient se partager jusqu’à 16,1 millions $ en compensations, selon une entente historique dévoilée hier.L’entente, qui constitue un précédent en Amérique du Nord, tant par son ampleur que par la nature des dommages qu’elle couvre (pertes de salaires, soins médicaux et dentaires, service-conseil, réhabilitation et formation! est l’aboutissement de 20 mois de négociations entre les représentants des victimes, les Frères des écoles chrétiennes, les archidiocèses d’Ottawa et de Toronto et le gouvernement ontarien.« C’est une entente uniaue qui n’a pas son pareil en Amérique du Nord », a souligné hier M.David Mc-Caan, un des négociateurs pour les victimes, lors d’une conférence de presse diffusée simultanément par satellite à Toronto et Ottawa, et à laquelle participaient une douzaine de représentants de toutes les parties à l’entente.Gérard Champagne, un ancien élève de l’école de réforme d’Alfred, a fait savoir qu’il était « satisfait » de l’entente qui est « un pas vers la guérison ».« C’est important que nos souffrances soient reconnues », a-t-il déclaré.Les Frères des écoles chrétiennes, dont trois des membres ont été reconnus coupables d’agressions physiques et sexuelles sur d’anciens élèves, espèrent que cette entente va aider à panser les plaies et mener à une « réconciliation globale et complète ».Les victimes qui auront prouvé avoir été abusées sexuellement et physiquement par des frères des écoles chrétiennes pourront obtenir des dédommagements allant jusquà 10 000 $, en plus de bénéficier d’une série de mesures compensatoires pour tous les traumatismes subis.Les plus traumatisés pourraient recevoir jusqu’ à 400000$.C’est un arbitre de la Commission d’indemnisation des victimes d’actes criminels de l’Ontario qui entendra chaque cas.C’est lui qui déterminera si la plainte est recevable et le montant du dédommagement.Du montant maximum de 16,1 millions $, la part des Frères des écoles chrétiennes pourrait s’élever à 5,8 millions $.Le gouvernement ontarien pourrait défrayer jusqu’à 6,2 millions $, dont 4 millions $ en compensations financières aux victimes.Les diocèses d’Ottawa et de Toronto contribueront également.L’organisme fédéral a même échelonné ce que devra être la progression de la production locale de CFCM : elle devra totaliser 15 heures d’ici la fin août 1993,18 heures en 1994, 21 heures en 1995.Au sujet de TQS, la décision des commissaires Spicer, Walter Ruest, Fernand Bélisle, Claude Sylvestre et Ed Ross indique que « le conseil n’est pas satisfait de la titulaire qui n’a pris aucun engagement précis pour la nouvelle période de sa licence».Suivant la plaidoirie de CFCF inc.(propriétaire de TQS) aux audiences, le CRTC refuse d’« accepter pour promesse de réalisation, pour une période de sept ans, un projet global dénué de tout engagement détaillé, susceptible d’être altéré au gré de la titulaire », ce qui créerait « une situation inéquitable face aux autres titulaires ».TQS ayant aussi fait part de son intention d’être « une télévision moins variée en ciblant surtout l’auditoire des 18-49 ans, excluant ainsi toute émission pour enfants », lit-on dans l’avis du CRTC.Le tribunal s’attend donc au moins à ce que TQS « envisage des projets en collaboration ou coproduction », notamment avec d’autres diffuseurs canadiens.Par ailleurs le CRTC s’attend à ce que TM « définisse un point d’équilibre » quant à la participation des stations régionales de TVA à la grille horaire du réseau.Le CRTC note aussi « l’accent mis sur le développement d’émissions interactives » Jean Dion LOUISE ARCAND, journaliste et animatrice de radio et de télévision qui fut à l’emploi de Radio-Canada pendant deux décennies, est décédée hier d’un cancer.Elle était âgée de 48 ans.Femme d’une grande polyvalence, chaleureuse et simple aux dires de ceux qui l’ont connue, les Québécois se souviendront surtout d’elle comme celle qui a défrayé la manchette en 1984 après avoir été victime, de la part de la société d’État, d’un traitement considéré injuste par plusieurs.Présentatrice du Téléjournal de fin de semaine à compter d’août 1981, — fait rarissime pour une femme à l’époque —, elle devait par la suite animer le bulletin de début de soirée Ce soir jusqu’à ce que la direction de Radio-Canada lui annonce que ses services à cette émission n'étaient plus requis.Motif invoqué : R.-C.avait « décidé de donner une image jeune à l’information ».Alors âgée de 40 ans, elle dut céder son poste à Marie-Claude Lavallée.Louise Arcand contesta cette décision, et tant un arbitre du ministère du Travail qu’un juge de la Cour supérieure statuèrent qu’elle avait été victime de discrimination.Mais les (vendues sous la marque Video way, au câble) et l’utilisation expérimentale de quatre canaux du cable pour certaines émissions.À cet égard l’organisme dit vouloir « s’assurer que la titulaire n’exploite pas de cette façon un service parallèle », référant au service interactif ainsi donc qu’à l’intégration verticale de TM, propriété de Vidéotron.Le CRTC souhaite donc voir des « rapports annuels sur ces expériences, en précisant les nombres d’heures par année et les dépenses en émissions, segments interactifs distribués à d’autres canaux et les revenus en découlant ».De plus la violence, réitère le CRTC, « constitue le principal objet de plainte des Québécois depuis 1985 » et exige que « les diffuseurs s’occupent de cette question, en renforçant leur code d’autoréglementation».Le CRTC déplore aussi « le peu de progrès » des réseaux privés avec les sous-titres pour sourds et malentendants; le CRTC « exige que chaque station offre à tout le moins ce service pour les grands titres des bulletins de nouvelles locales.La direction de Télé Métropole s’est dite par la suite « très satisfaite » du renouvellement de licence de cinq ans accordé à la station de tête ainsi qu’au réseau TVA.« Dans le contexte actuel, la décision est très réaliste et sage », a dit la vice-présidente, Claire Samson, même si le canal 10 voulait idéalement une reconduction de sept ans.deux instances se déclarèrent inaptes à exiger sa réaffectation.Mme Arcand passa dès lors à la radio, qu’elle ne devait plus quitter, assurant la lecture des nouvelles en soirée, puis animant les émissions Dimanche Magazine et Les affaires et la vie.Née à Amos en 1944, Louise Arcand fait d’abord des études de sciences politiques à l’Université PHOTO ARCHIVES Louise Arcand Le président Mario Bertrand, dans un communiqué, affirme que « nous ferons en sorte que les stations se conforment aux décisions du CRTC.Nous entendons bien poursuivre notre engagement de maintenir la qualité.» Quant au renouvellement de trois ans seulement de l’affiliée CFCM-TV, de Québec, TM « souhaite que le marché publicitaire de la capitale l’appuie pour atteindre l'objectif très ambitieux fixé par le CRTC » d’accroître les émissions locales de 10 à 21 heures par semaine.Il s’agit pour les annonceurs de Québec de « mettre l’épaule à la roue, en prenant la télévision pour le média important qu’elle est dans la région, en l’utilisant beaucoup », précise Mme Samson.La station de Télévision Quatre Saisons à Québec ayant obtenu cinq ans, TM juge « nécessaire d’imposer une échéance commune à toutes licences de diffusion».Cela dans le but d’une « approche globale qui reflète avec plus de justesse l’évolution.des tendances et des besoins de la population ».Pour TQS, a dit le vice-président, Jean Fortier, « nous aurions souhaité avoir cinq ans à Montréal mais il était difficile, dans le plus creux de la vague, de prendre des engagements > fermes ».M.Fortier dit comprendre « la prudence du CRTC de nous donner une licence plus courte.Trois ans, c’est cependant suffisamment long pour rassurer nos annonceurs.d’Ottawa et occupe différents postes, notamment auprès d’Expo 67 et de l’ambassade de France à Ottawa.En 1970, elle entre à Radio-Canada en qualité de pigiste à la station CBOF, d’Ottawa, où elle anime différentes émissions de radio.En 1972, la société d’État l’embauche de manière permanente à son bureau de Toronto.Elle y fait de la radio et de la télévision, tâtant de plusieurs domaines, y compris les affaires publiques et le sport, et se voit notamment confier l’animation de la version torontoise de la série Réseau-Soleil.En 1976, Mme Arcand participe à la 2000e émission de Femme d'aujourd’hui, dont elle assure la portion en provenance de Toronto.Elle deviendra par la suite animatrice attitrée, en alternance avec Aline Desjardins, de cette prestigieuse émission, jusqu’en 1979.À compter de cette date, elle succède à Simon Durivage au micro de Consommateurs Plus, poste qu’elle occupera pendant deux ans.Radio-Canada devait ensuite lui confier la présentation du Téléjournal du week-end et de Ce soir, jusqu’aux événements de 1984.Pendant ces années, elle agit également à titre d’animatrice du magazine Ilebdo-Dimanche.PHOTO JACQUES NADEAU Franches manoeuvres La Compagnie Franche de la Marine a fait une démonstration de mouvements d'armes et a tiré plusieurs coups de feu devant l’entrée principale du marché Bonsecours, en fin d'après-midi hier.La Compagnie a marché dans la rue Saint-Paul après avoir quitté l'île Sainte-Hélène en navette pour accoster au Vieux-Port et finalement chanter dans les rues du Vieux-Montréal.Tout ce branle-bas s’inscrit dans un nouveau programme d'animation pour attirer les gens vers les quatre grandes expositions que présente le marché à l’occasion des fêtes du 350e anniversaire de Montréal.Louise Arcand disparaît en laissant le souvenir d’une femme chaleureuse Québec annonce huit premiers parcs « régionaux » QUÉBEC (PC) — Le gouvernement du Québec injectera une somme de 85 millions $ au cours des cinq prochaines années pour la création des huit premiers d’un nouveau réseau de parcs « régionaux ».Quatre de ces parcs seront situés au nord du 50e parallèle (Manicouagan) : le lac Al-banel et la rivière Témiscamie, le cratère du Nouveau-Québec, les monts Otish et les monts Torngat ainsi que la rivière Koroc.Au sud, les quatre parcs proposés sont le mont Mégantic (Estrie), la réserve faunique Plaisance (Ou-taouais), la rivière Vauréal (Anticosti) et le Massif du mont Vallin ( Saguenay- Lac-St-J ean ).La nouvelle de ce nouveau réseau de parcs régionaux, dont la gestion serait confié aux gens du milieu, a été annoncée hier en conférence de presse par le ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Gaston Blackburn.Ce dernier a expliqué que le ministère tiendra des consultations avec les gens du public afin de discuter des plans d’aménagement provisoires qui traduiront les orientations du ministère quant à la conservation et à la mise en valeur des espaces naturels visés en tenant compte de la fragilité des espèces et des milieux.Le public sera également consulté pour étudier la possibilité de créer d’autres parcs régionaux dans Charlevoix, pour les Hautes-Gorges de la rivière Malbaie, dans Portneuf pour les lacs Long et Montauban, dans la région de Québec pour le Massif du sud et en Estrie pour le mont Sutton.Il existe déjà un réseau de parcs appelés provinciaux mais, depuis hier, on parlera désormais aussi de « parcs régionaux » basés sur un pro- cessus formel d’accréditation gouvernementale.À ce jour, les parcs régionaux ne possèdent pas de statut légal, sauf ceux de la Communauté urbaine de Montréal, et n’ont pas d’objectifs définis.Outre les 85 millions $ du gouvernement, le ministère de M.Blackburn cherchera à intéresser des commanditaires (privés) et des mécènes à investir une vingtaine de millions de dollars supplémentaires dans la mise en valeur des parcs.Avec la création de ces huit nouveaux parcs, la superficie des espaces protégés au Québec passerait de 0,4% à 3,7%.C’est en novembre dernier, lors du congrès de la réserve mondiale de la biosphère tenu dans Charlevoix, que le ministre Blackburn levait le moratoire sur la création de nouveaux parcs et annonçait son intention de doter le Québec d’un plan de développement des parcs.Cet automne, le ministère mettra en place une campagne de promotion d’envergure qui comprendra l’instauration d’un passeport qui permettrait de visiter tous les parcs du réseau.Dans le Nord du Québec, le gouvernement mettra 18 territoires en réserve (sur lesquels les quatre parcs seront aménagés) et, à ce propos, le ministre Blackburn a expliqué qu’il n’anticipe pas de problèmes avec les autochtones.Il a précisé que la Convention de la Baie James prévoit la création de tels espaces protégés et que, de toutes manières, les autochtones seront largement consultés au sujet de la réalisation du plan d’aménagement.DISPONIBLE CHEZ PARKWAY PONTIAC BÜICK G.M.C 9595 Trans-Canada (F»« * l'autoroute) St-Laurent, Québec 333-7070 4 ¦ Le Devoir, vendredi 14 août 1992 Le Musée de la civilisation de Québec à l’heure de la Transat Télévision Quatre Saisons misera sur la production locale Sylvie Moisan Collaboration spéciale QUÉBEC — Pour la troisième édition de la Transat Québec-Saint-Malo, dont le départ aura lieu le 23 août prochain, le Musée de la civilisation de Québec offre au public la possibilité de suivre le déroulement de la course en direct, grâce au Centre des communications grand public, situé au Salon des visiteurs du Musée.La réalisation de ce Centre a été rendue possible grâce à la collaboration de nombreux partenaires, dont Voile internationale Québec, responsable de l’organisation de la Transat Québec-Saint-Malo.À la fine pointe de la technologie, ce Centre des communications constitue une première au Canada.Il comporte un tableau magnétique donnant la position des concurrents au fil des heures.Une légende permettra au public d’identifier chaque participant ainsi que la catégorie de voiliers à laquelle il appartient.Grâce aux communications-radio ainsi qu’aux images qui nous feront voir les skippers en action sur leur voilier, entre Québec et Saint-Malo, on pourra suivre de très près cette compétition de calibre international.Ces images, retransmises par satellite au-dessus de l’Atlantique, seront tournées par le skipper suisse Pierre Felhman qui participe à la course à bord du Merit Cup.Des personnes-ressource seront sur place pour fournir des explications aux néophytes.Des instruments de navigation, tant modernes qu’anciens, permettront également au public de se familiariser avec le monde complexe de la navigation et de découvrir l’histoire de la Transat.S’ajoute à cela une petite exposition, présentée par la Fondation Bagatelle inc., composée de 15 bateaux miniatures, mesurant entre 3 et 10 pouces, sculptés par l’artiste Ed- mond Lecouvrie.Cette exposition, dont la Vieille Maison des Jésuites à Sillery a présentement la conservation, provient de la collection Lecou-vrie-Dérie qui compte une quarantaine de petits navires, tous sculptés dans de l’ivoire de morse et de narval rapporté du Grand Nord québécois il y a cinquante ans par le capitaine Bernier.Elle représente différents types de bateaux qui illustrent l’histoire de la navigation, allant du radeau jusqu’au transatlantique, en passant par la galère égyptienne et le vaisseau amiral du XVIIe siècle.Elle nous propose aussi les répliques de deux célébrés bateaux : La Constitution et la Bluenose, championne de 17 courses transatlantiques.Avant le départ, certains skippers qui participent à la course animeront des causeries.Ils pourront ainsi partager avec le public leur expérience de la mer et répondre aux questions qui leur seront posées.Des images des courses précédentes seront présentées sur grand écran.Toutes les rencontres auront ieu à l’Auditorium 1 du Musée, à 16 h 30, du 18 au 21 août.S’intégrant parfaitement à sa programmation estivale construite autour du thème Les voies du fleuve, le Musée offrira également au public, tout au long de la Transat, des spectacles, des activités dirigées (lectures de cartes marines et ateliers de dessins Les poissons du Saint-Laurent), des capsules théâtrales (Louis-Jolliet : l'odyssée flottante du théâtre O délire), du cinéma et des expositions.Notons en particulier la présence du chanteur Pierre Calvé, les 15 et 16 août, qui nous offrira Le Saint-Laurent en chansons, ainsi que le duo Les voix liées, les 22 et 23 août, qui interprétera des Chansons de mer inspirées de la Gaspésie.Côté cinéma, le Musée présente des films de fiction ainsi que des documentaires sur la mer.Au Cinéma du mercredi, à 19 h, le Musée présente le 12 août, Le bateau-phare (américain, 1985); le 19 août, Eric Tabarly et les autres (français, 1976); et le 26 août, Les quarantièmes rugissants (franco-allemand, 1981).De plus on nous propose tous les jours à l’Auditorium 1, à 15 h 30, des projections de films documentaires sur le fleuve et la voile.Une quinzaine d’expositions sont également présentées tant au Musée qu’à Place Royale.Mentionnons Le Saint-Laurent attention fragile une vaste exposition qui traite, entre autres choses, de la pollution dans le fleuve et l’exposition La Barque, qui retrace 250 ans d’histoire.Mais je m’en voudrais de ne pas signaler les performances à venir du porte-parole officiel de la Transat Québec-Saint-Malo, nul autre que le célèbre Capitaine Bonhomme, grand marin s’il en fut, qui nous racontera quelques-unes de ses nombreuses « histoires du fleuve ».Encore une fois (impossible de ne pas le dire) les sceptiques seront sûrement confondus ! Enfin, pour les mordus ou ceux qui songent a le devenir, mentionnons que la revue L’Escale nous livre dans son dernier numéro un dossier complet sur la troisième édition de la Transat Québec-Saint-Malo.Entre autres sujets, on y retrace l’histoire des courses océaniques et on vous explique comment s’effectue la transmission par satellite.Cette revue nous offre toujours de belles photos et un contenu bien étoffé.La dernière Transat avait duré 7 jours, 21 heures et 37 minutes.On ne peut prédire si celle-ci durera plus ou moins longtemps.Mais pour la première fois le public aura l’opportunité de la suivre de très près, ce qui aura sûrement pour effet d’augmenter son intérêt et d’attiser sa curiosité.Le Centre des communications sera accessible gratuitement au public du 13 août au 13 septembre.Quant aux autres activités, vous avez l’embarras du choix ! SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Jeunes rechange au fédéralisme canadien, évoquant à cet égard la concordance entre les positions des jeunes libéraux, le rapport Allaire et l’hypothèse soulevée à Bruxelles par le premier ministre de remplacer l'ordre constitutionnel actuel par « deux États souverains associés dans une union économique responsable à un parlement élu au suffrage universel».En outre, le porte-parole de la Commission Jeunesse, qui regroupera le tiers des délégués au congrès spécial du parti sur la Constitution, le 29 août prochain, estime que toute offre ayant pour cadre l’entente du Canada anglais du 7 juillet serait inacceptable.Il ajoute qu’une offre unilatérale du gouvernement fédéral, qui ne lierait pas formellement les provinces, devrait être considérée comme s’il n’y avait rien sur la table.M.Dumont est intraitable et refuserait de reporter le référendum même si cela permettrait au Parlement fédéral et aux législatures provinciales d’entériner une entente de principe de dernière minute.Il rejetterait également tout accord ne ralliant que sept provinces.Une entente à sept provinces permettrait de modifier la Constitution.Mais, comme le fait remarquer M.Dumont, il faut l’unanimité des 10 provinces pour accorder au Québec le droit de veto qu’il réclame.À ses yeux, le droit de veto est « une condition incontournable » des militants libéraux pour adhérer à une entente.Le jeune leader est si ferme et si peu ouvert aux compromis qu’on se demande comment il pourra vivre au sein du Parti libéral si des circonstances amenaient les partisans, sur les instances du premier ministre, à adopter une attitude plus souple envers le reste du pays.Pour M.Dumont, la décision sur l’avenir du Québec « ne relève plus des politiciens ni des stratégies (.) Le droit de décider appartient maintenant au peuple.» Le Canada anglais sait depuis 18 mois que la date butoir est fixée au 26 octobre.« C’est une période considérable pour préparer des offres, dit-il.Le Québec a toujours été clair sur ses échéances.Ce n’est pas le problème du Québec si les autres n’ont pas pris ces échéances au sérieux.» Le Québec « ne peut pas compromettre son processus», ajoute M.Dumont, sur la foi de vagues promesses de résultats hypothétiques.L’échec de l’accord du lac Meech a été instructif sur la valeur des promesses du Canada, fait-il valoir.Le document de discussion sur la Constitution préparé pour le congrès des jeunes s'ouvre d’ailleurs sur cette phrase évocatrice : « Depuis 1867, pas un seul amendement coasti-tutionnel proposé par le Québec ne fut inscrit dans la Constitution ».En conclusion, les auteurs affirment que les deux visions du pays présentes au Canada sont «devenues difficilement réconciliables dans le fédéralisme canadien ».Le document montre en quoi la dernière tentative de réforme contenue daas l’entente du Canada anglais du 7 juillet ne correspond pas davantage aux positions traditionnelles du Québec et « encore moins» au programme du PLQ.Les jeunes reprochent à cet accord de proposer une « maigre décentralisation des pouvoirs », une version « diluée » de la société dis- tincte, une formule « inacceptable » de limite au pouvoir fédéral de dépenser, l’absence d’un droit de veto pour le Québec, une réforme du Sénat qui marque un « recul important » quant à l’influence du Québec dans les institutions centrales, un chapitre inacceptable sur le droit des autochtones à l’autonomie gouvernementale.M.Dumont croit que son groupe aura une influence sur le processus en cours et prend à la légère les déclarations de la ministre Lise Bacon qui disait mercredi que « à la fin, c’est le gouvernement qui décide, ce n’est pas seulement un parti.Le parti aide a tenter de faire progresser une réflexion et des idées, mais le cabinet peut décider ce qu’il veut.» Le jeune chef croit que Mme Bacon « serait la première à refuser que le gouvernement s’engage dans une orientation contraire à celle du parti ».Les déclarations de M.Dumont ont suscité des réactions du côté du Parti québécois.Le chef, M.Jacques Parizeau, prévoit, en se frottant les mains, qu’« il va y avoir de l’ambiance » au sein du PLQ dans les prochaines semaines, soulignant l’opposition entre les vieux et les jeunes de cette formation politique.Le jeune député péquiste de Gouin et ancien président des jeunes pé-quistes, M.André Boisclair (26 ans), a pour sa part lancé un appel aux jeunes libéraux pour qu’ils gardent une position ferme sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté.Les jeunes libéraux seront également conviés ce week-end à débattre de l’avenir des cégeps.Comme le révélait LE DEVOIR samedi dernier, les délégués seront appelés à adopter une résolution demandant notamment l’abolition de la sécurité d’emploi des professeurs de cégeps ainsi que le maintien de la gratuité scolaire au niveau collégial.Le premier ministre Robert Bou-rassa prendra la parole à la clôture de ces assises, dimanche.4 Baker Le secrétaire d’État adjoint, Lawrence Eagleburger, deviendra secrétaire d’État par intérim, a ajouté le président en exprimant à ce dernier son entière confiance.Les démocrates avaient, par avance, critiqué cette nomination, très largement anticipée, et estimé qu’elle faisait passer les intérêts américains en politique étrangère après des considérations politiques et prouvait le désarroi du président quant à ses perspectives de réélection.Samuel Skinner, secrétaire général de la Maison-Blanche depuis décembre dernier, a démissionné et deviendra président général du Parti républicain, un poste essentiellement honorifique.Visiblement ému, James Baker a confié aux fonctionnaires du département d’État qu’il avait pris « l’une des décisions les plus difficiles de ma vie».Globe-trotter infatigable James Baker, 62 ans, a été l’artisan de la politique extérieure américaine de l’après-guerre froide.Pendant les trois ans et demi qu’il a passés à la tête de la diplomatie américaine, l’Union soviétique a été démantelée, l’Europe de l’Est s’est redessinée, l’Allemagne a été réunifiée, les pourparlers de paix au Proche-Orient ont débuté, une coalition multinationale a vaincu l’Irak lors de la guerre du Golfe, un accord de contrôle des armements a été signé et le communisme a reculé en Amérique latine.Selon une personnalité gouvernementale, il continuera avec son conseiller Dennis Ross à superviser le processsus de paix, dont les tra- vaux reprennent à Washington le 24 août.« Nous avons désormais un processus de négociation en marche et en dernier ressort, il ne produira des résultats qui si les parties veulent parvenir à un résultat », a précisé cette personnalité sous couvert d’anonymat.James Baker, qui ne souhaitait pas particulièrement quitter son poste, n’a pu faire la sourde oreille à l’appel du président Bush, son ami depuis 35 ans.Ce dernier l’a décrit comme un homme « courageux, vif et tenace ».Dans les sondages d’opinion, George Bush a 20 à 25 points de retard sur son concurrent démocrate Bill Clinton.Alors que le scrutin du 3 novembre approche inexorablement, les républicains, découragés, ont dénonce le manque de coordination entre les responsables de la campagne présidentielle et la Maison-Blanche.George Bush a déjà fait appel à de nombreuses reprises à James Baker, notamment il y a quatre ans, lorsque ce dernier a quitté son poste de secrétaire au Trésor de Ronald Reagan pour diriger sa compagne présidentielle de 1988.À cette époque George Bush était largement derrière le candidat démocrate Michael Dukakis.Toutefois il ne semblait pas à l’époque être confronté aux difficultés politiques qui sont les siennes aujourd’hui.4 Doré les importations de textiles et de vêtements mexicains seront éliminés au bout de dix ans.Pour les créateurs de mode, le problème, c’est que la qualité des tissus nord-américains est médiocre, comparée à celle des tissus européens, notamment aux tissus italiens.S’ils veulent continuer à produire des vêtements avec des tissus de qualité, ils se trouveraient en fait exclus de la zone de libre-échange.« L’industrie du vêtement canadienne avait des exigences.Elles ont été oubliées dans l’entente », a affirmé Jean-Claude Poitras ajoutant qu’il regarderait maintenant, peut-être du côté de l’Europe, là ou ses préoccupations seraient mieux comprises.Prudent, le maire Doré a affirmé que l’accord ne semblait pas aller dans le sens de ce que « personnellement» il recommandait.Depuis un an, Montréal travaillait en collaboration avec l’industrie montréalaise du vêtement.Ensemble, ils ont fait valoir la position de l’industrie au sujet du übre-échange nord-américain.« Nous voulions assurer l’accès à des fibres de qualité provenant de l’étranger pour assurer la qualité de la fabrication à Montréal », a dit le maire.Montréal défendait que les entreprises de textiles ne concurrençant pas directement les entreprises américaines ne devaient pas faire l’objet d’une imposition de tarifs.À la suite de l’accord de mercredi, l’approvisionnement des manufacturiers montréalais serait « à toutes fins utiles » limité aux draps et aux jeans « alors que ce dont ils ont besoin, c’est du tissu de qualité pour faire du milieu et du haut de gamme ».À ce chapitre, le maire Doré perçoit à tout le moias un « problème ».Celui-ci n’est cependant pas sans solutions, croit-il.Ainsi, selon le maire, il serait toujours possible d’attirer des filatures italiennes, qui produiraient un tissu de qualité à moindre coût, à Montréal.« Elles pourraient ainsi concurrencer directement les entreprises ne produisant pas de fibres intéressantes et faire un pied-de-nez aux entreprises américaines», a conlu le maire Doré daas une envolée finale.Paule des Rivières MAINTENANT que la crise financière qui menaçait de l’engloutir est passée, Télévision Quatre Saisons (TQS) se permet d’augmenter les productions locales, notamment avec un nouveau magazine quotidien de variétés qu’animera la star de Musique Plus, Sonia Benezra.En annonçant, hier, la programmation 1992-93, le vice-president du réseau, M.Jean Fortier, a promis que le contenu canadien des émissions passerait de 50 % à 62 % aux heures de grande écoute.TQS délaisse par ailleurs les émissions policières — Urgences, Dossiers mystères et Recherché sont abandonnés et elle ne garde que le fidèle Claude Poirier et son 24/24 — et ne se lance guère davantage dans l’humour qu’elle laisse cette année à ses concurrents.Mais elle tente de devenir « la télévision des artistes d’ici », rôle qu’a longtemps tenu Télé Métropole en permettant à une panoplie de vedettes de se faire connaître et aimer du public.L’émission de Sonia Benezra, tous les jours de la semaine de 18 h30 à 19 h 30, est la locomotive de ce souhait.Également, De toutes les couleurs, émission quotidienne rem- plie de potins, de jeux et de concours, qu’anime Éric Nolin, jusqu’à récemment associé à CKOI, accueillera cette année une soixantaine d’artistes.Cette émission est produite à Québec.Y’a rien de trop beau, animée par Marcel Leboeuf et Sylvie Lauzon, la semaine à 16 h, recevra aussi des gens du show business.Le blues à Francoeur, le dimanche à 18 h, permettra aux téléspectateurs de tout savoir sur les goûts de ce musicien et poète qui, à l’occasion, fera entendre ses « bands de garage » préférés.Une émission sur les animaux et leurs relations avec les humains sera aussi produite ici, qu’animera Martin Drainville, de Scoop.Le réseau débutera sa programmation à midi tous les jours et présentera trois films quotidiennement, le plus souvent des versions de grosses productions américaines.Il a néanmoins acheté les droits télévisuels du Party du Québécois Pierre Falardeau et ceux du Pardon, qui raconte les liens qui se sont tissés entre les parents d’une enfant qui a été tuée et son meurtrier.Quelques émissions spéciales sont aussi à l’horaire, dont un spécial de deux heures sur Clémence Desrochers que préparera Pierre Brochu, celui-là même qui s’était occupé, cette année, du spécial Dodo à Radio-Canada.Un spécial sur Jean-Guy Moreau sera aussi présenté en cours d’année.Le Grand Journal, qui est présenté à 22 h 30 plutôt que 22 h depuis juin restera à son heure tardive.Le journal de 17 h reste à sa place.À ce sujet, M.Fortier a révélé hier que durant la semaine du 15 juillet, le bulletin de 17 h a battu les émissions d’information de Radio-Canada et de Télé Métropole.Le réseau continuera de présenter les matches des Nordiques.La saison commencera en beauté le 13 octobre lorsque Québec recevra Philadelphie et Eric Lindros.Télévision Quatre Saisons qui touche environ 15 % de la population à Montréal termine son année avec un leger surplus — environ 500 000 $ de son budget d’opération.Ce qui est joliment mieux que l’année prédécente où il manquait 17 millions.Depuis sa création il y a sept ans, le réseau a fait perdre environ 20 millions $ par année à CFCF inc.Mais elle s’est fait rappeler à l’ordre et espère un bud: get complètement équilibré d’ici quatre ans.Une seule émission a survécu à toutes les secousses du réseau, Caméra 92/93, qu’animera Danny Lemay.Le difficile mariage entre la vélocité et la clarté Les Concerts spirituels Scott Bradford à l'orgue Beckerath de la basilique Saint-Joseph Boëly, Offertoire pour le Jour de Pâques; Langlals, Trois Paraphrases grégoriennes op.5 (1934); Carl Philipp Emanuel Bach, Sonate en « sol mineur » no 6 H.86 (no 2); Bach, Passacaille et fugue BWV.582; Belkln, Phantoms (fantômes); Reubke, Sonate sur le psaume 94.Mercredi 12 août, Oratoire Saint-Joseph.Carol Bergeron AINSI, ce septième récital d’orgue à la basilique Saint-Joseph nous menait-il à la septième version de la colossale Passacaille et thème fugué de Bach.À elle seule, cette « pièce imposée » attise la curiosité des mélomanes et semble être la cause principale du succès que remporte cet été la série des « concerts spirituels».Un interprète assez peu connu comme Scott Bradford en a profité, même si l’intérêt de son programme tenait d’abord et avant tout à autre chose : à un chef-d’oeuvre très peu fréquenté d’un compositeur à peu près inconnu.Ontarien d’origine, monsieur Bradford travaille maintenant à Montréal comme pianiste accompagnateur et organiste à l’église St.James-the-Apostle et à la chapelle de l’Université McGill.Habile instrumentiste, il est de ceux qui peuvent mener à bien l’exécution de la redoutable Sonate sur le psaume 94 de Reubke, par exemple.Aussi, est-ce surtout pour cela qu’il valait la peine d’aller l’entendre.Fils d’Adolf Reubke, réputé facteur d’orgue allemand du XIXe siècle, Julius est mort à 24 ans (en 1858) après avoir amorcé une oeuvre dont la qualité lui ouvrait les portes d’une carrière exceptionnelle.Aujourd’hui, son souvenir ne tient pour ainsi dire qu’à cette magnifique Sonate en « ut mineur » et à une autre « en si bémol mineur » écrite pour piano.Dans ces deux pages se perçoit aisément l’influence de Franz Liszt auprès de qui le jeune musicien étudia pendant les deux dernières années de sa trop courte existence.À noter que les deux Sonates ont été enregistrées, à l’orgue et au piano, par Jean Guillou (Dorian DOR-90106).Page romantique d’envergure comme il en existe peu au répertoire de l’orgue, la Sonate en « ut mineur» apparaît également comme une « oeuvre à programme » en ce qu’elle suit les versets du Psaume 94 qui traitent de la vengeance dirigée contre les ennemis du Seigneur.En passant, il faut regretter que ces précisions n’aient pas été incluses dans le programme de la soirée où seule la Passacaille de Bach fait l’objet d’un généreux et utile commentaire.Brillante et virtuose, l’écriture instrumentale se réclame visiblement du piano « lisztien ».Elle exige ainsi un jeu instrumental d’une grande habileté et d’une grande fluidité, deux qualités qui ne font point défaut à celui de Scott Bradford.Cela dit, on a pu vérifier que la généreuse acoustique de la basilique rendait souvent difficile le mariage entre la vélocité et la clarté, notamment dans les passages exubérants.Mais dans l’ensemble, cette lec'-ture fut menée non seulement avec bravoure, intelligence et sensibilité, mais également avec un sens aigu dé la « registration».Cette connaissance du spectre sonore de l’instru1 ment permit encore de mieux sentir les limites acoustiques de la nef en fonction des besoins de chacune des pièces du programme.Attentif au jeu des couleurs — je pense à Phantoms du compositeur montréalais Alan Belkin — Bradford aborda la fameuse Passacaille de Bach sous l’angle de la variété.En énonçant le thème avec douceur, ij fit lentement émerger les Variations de la pénombre en modifiant subtilement la pigmentation.Devant nos yeux étonnés, le monument retrouva, petit à petit, sous l’accumulation des coups de pinceau, son imposante et merveilleuse structure.Jusqu’à la toute fin des négociations à trois, Québec et Ottawa ont déclaré qu’ils tenaient à protéger l’industrie du vêtement québécois.Au début juin, le ministre québécois des Affaires internationales, John Ciaccia, avait dit qu’il exigerait que le dossier du vêtement soit exclu de l’entente si Québec n’obtenait pas ce qu’il désirait.Selon les manufacturiers, cela n’a pas été fait.Présent au côte du maire de Montréal à l’occasion du lancement officiel des « Fêtes gourmandes internationales », hier, à Montréal, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Yvon Picotte, s’est montré satisfait de l’Accord nord-américain de libre-échange.« Notre système de gestion de l’offre est préservé.Le marché du porc est maintenant élargi », a-t-il affirmé tout en soulignant que le commerce de « certains fruits, certains légumes » pourrait poser problème.La création de ce vaste marché de 350 millions de consommateurs ne peut que favoriser la croissance de l’industrie agricole, a-t-il poursuivi.« Cette entente est nettement un ‘plus’ dans le domaine agricole », a-t-il conclu.4 Trois-Rivières qui ne serait pas celui envisagé par Cascades.L’opération média d’hier visait aussi à donner un électrochoc d’espoir.« Nous avons été touchés par la psychose du tout-va-mal et je suis content de voir ce qui se passe ici; cela va peut-être réveiller ceux qui dorment », a reconnu M.Jean-Claude Baumier, maire de Cap-de-la-Made-leine.Parmi les dormeurs auxquels allusion était faite, il y aurait probablement les gouvernements supérieurs, qui « s’amusent au scrabble de la Constitution et au parchesi du libre-échange», selon l’expression lancée par un autre Trifluvien.M.Pellerin s’est d’ailleurs permis de dresser la liste de travaux publics que l’on pourrait très bien entreprendre tout de suite, par exemple la construction d’un nouveau palais de justice et le prolongement de l’autoroute 55 jusqu’à la 20, ainsi que d’autres travaux de voirie.D’autres travaux importants seront entrepris bientôt, comme la construction au printemps de 1993 d’un pavillon des sports de 15 milions $ qui sera rattache à l’université.Bref, il y aurait moyen de créer de l’emploi dans la région de Trois-Rivières, a-t-on voulu faire savoir.En attendant, la région vient d’atteindre un taux de chômage de 17,1 %, environ 2 points de plus que la moyenne québécoise.Au cours des dernières années, cette région avait réussi à se glisser sous la moyenne provinciale.Pas plus tard qu’en janvier dernier son taux de chômage était de 11,9%, en comparaison de 13,1 % pour tout le Québec.La progression a donc été fulgurante en l’espace de quelques mois.C’est la situation à court terme qui pose problème, comme l’a expliqué le maire Leblanc, car à moyen et long termes la région a les moyens de très bien se débrouiller.Il reste deux importantes papetières dans la région, Krueger et Stone Consolided, qui connaissent à court terme des difficultés comme l’ensemble de l’industrie, mais M.Donald Cayouette, directeur général de Krueger, parle de projets à long terme; d’ailleurs en 20 ans le nombre des employés de cette compagnie à Trois-Rivières est passé de 450 à 1200; des investissements de 400 millions $ ont été faits l’an passé.Cascades installe pour sa part une usine de désencrage.La région s’enorgueillit d’avoir plusieurs entreprises prometteuses dans ses parcs industriels, comme Marmen, un atelier d’usinage qui investit présentement 4,5 millions! dans de l’équipement de production unique en Amérique du Nord, soit un tour-outil vertical de 35 pieds de haut qui servira à fabriquer des pièces de machinerie pour les papetières.Il y a cinq alumineries dans un rayon de 60 milles de Trois-Rivières, en n’oubliant pas le parc industriel de Bé-cancour.Malgré tout cela, la récession continentale actuelle et la situation très particulière de l’industrie des pâtes et papiers font que la région triflu-vienne subit un dur contrecoup dans la plupart de ses sphères d’activité, comme le démontre clairement la montée du taux de chômage.4 L’ONU nationales à lui faire part à l’avance de leurs intentions au cas où ils envisageraient un recours à la force.Quelques heures avant le vote du Conseil de sécurité, un producteur de la chaîne de télévision américaine ABC a été tué à Sarajevo par des tirs contre le cortège du premier ministre yougoslave, Milan Panic, venu rencontrer les chefs des communautés serbe, croate et musulmane de Bosnie avant de gagner Bruxelles.Milan Panic, qui s’en est sorti indemne, a condamné l’incident qui a coûté la vie à David Kaplan — 30e journaliste tué en 14 mois de guerre en Yougoslavie.À la veille de la réunion des présidents des six républiques de l’ex-Yougoslavie sous l’égide de la CEE, le premier ministre yougoslave n’a toutefois pu avoir qu’un court entre- tien téléphonique avec le président bosniaque Alija Izetbegovic.Alors que les combats connaissaient une légère accalmie, les pressions internationales se sont accrues pour dénoncer la purification ethnique dont sont victimes les Musulmans.Selon un correspondant de Reuter, plus de 28 000 d’entre eux seraient en danger dans le nord de la république.Devant la commission des droits de l’homme des Nations unies réunie en session extraordinaire à Genève, le vice-président bosniaque Ejup Ga-nic a accusé Belgrade de terroriser son pays.L’ambassadeur de Belgrade aujj Nations unies s’est défendu en dé mentant que la Bosnie ait créé des camps de concentration.Le Comité international de la Croix-Rouge a de son côté condamné sans appel toutes les parties au conflit, dont aucune ne respecte les Conventions de Genève sur les civils et prisonniers de guerre.Face à l’horreur de la situation en Bosnie, la diplomatie s’est mobilisée, que ce soit au plan international ou européen.Mais les puissances apparaissent divisées sur la nature et l’importance de l’intervention ainsi que sur la structure appelée à la mettre en oeuvre.\ I •• M.Lambert \a unis rappeler.| Il lra\aille sur j ! un dossier importun'.» I A vous de jouer.Ne restez pus collé sur voire chaise.Etirez-vous entre deux appels.C’est bon pour votre dos et vos dossiers.pannciPOETinn i) ECONOMIE Le Devoir, vendredi 14 août 1992 «8» w 'Lks.-*-'i3C ,«*àn4e Québec achète huit CL-415 de Canadair Robert Dutrisac LE GOUVERNEMENT du Québec a annoncé hier l’achat de huit avions amphibies CL-415 spécialisés dans la lutte contre les incendies de forêts.Fabriquée par la filiale de Bombardier, Canadair, cette flotte coûtera 155 millions $ au Trésor québécois et sa livraison s’échelonnera du printemps 1994 à la fin de 1996.Au cours d’un entretien hier, Mme Isabelle Lessard, directrice du cabinet de M.Robert Dutil, ministre des Approvisionnements et Services, a confirmé que cet achat n’a pas fait l’objet d’un appel d’offres en raison de la nature particulière des appareils dont il n’existerait aucun equivalent.Cette transaction fait suite à une lettre d’intention signée par le gouvernement il y a près de 2 ans, a précisé Mme Lessard.En automne dernier, l’État français, après maints atermoiements, avait passé une commande ferme pour 12 de ces appareils au coût de 300 millions $.Le CL-415 est une version remaniée en profondeur de l’illustre CL-215.Reconfigurés, ces appareils sont munis de moteurs tur-bopropulsés Pratt & Whitney et sont équipés de systèmes électroniques de pointe.Aux dires de Bombardier, le CL-415 est « l’avion de lutte contre l’incendie le plus perfectionné au monde ».Selon Mme Lessard, le Service aérien du gouvernement, installé à l’aé-réport de Québec, remplacera, grâce à cette commande, des CL-215 dont les plus vieux ont 22 ans d’âge.À la fin de 1996, la flotte du gouverneme-nent se composera de huit rutilants CL-415, deux CL-215T (des CL-215 dont on vient de changé les moteurs) et de huit CL-215 encore vaillants.1 Le porte-parole de Canadair, Mme Une vue du CL-415, fabriqué par Canadair, dont le gouvernement québécois a acheté huit exemplaires.Catherine Chase, a indiqué hier que cette commande, ajoutée à celle de la France, assurera 450 emplois chez Canadair et 250 emplois directs chez des sous-traitants, principalement Pratt & Whitney et Héroux.Le contenu québécois du CL-415 s’élève à 90%.« Notre programme prévoit la fa brication de 50 CL-415 d’ici la fin du siècle », a mentionné Mme Chase.À l’heure actuelle, Canadair est en pourparlers avec plusieurs clients éventuels.Entre 1969 et 1990, Canadair a fabriqué 124 avions CL-215 dotés de moteurs à pistons qu’elle a vendus à 15 gouvernements sur quatre continents.Chez Pratt & Whitney, le porte-parole de la compagnie, Mme Francine Osborne, a souligné que cette commande était une bonne nouvelle.« Elle sont rares ces temps-ci », a-t-elle ajouté.La livraison de 16 moteurs (deux par appareil) d’ici la fin de 1996 « ne sera pas suffisante pour renverser la situation » chez Pratt & Whitney, estime Mme Osborne.À pleine capacité, la compagnie de Longueuil peut fabriquer 100 de ces moteurs par mois.Il y a quelque jours Pratt & Whitney prévenait ses employés de s’attendre à des mises à pied d’ici 12 à 18 mois à moins d’un revirement de situation.Ces licenciements s’ajouteraient aux 400 mises à pied effectués en avril dernier.Pratt & Whitney emploie un peu de moins de 7000 personnes à son usine de Longueuil.Groupe Spectel se restructure 4 m PHOTO ARCHIVES M.André Ménard, à gauche, et M.Alain Simard.EN BREF.Taux d’escompte % | 13 août 5.19%1 16 '87 ’88 '89 '90 ’91 ’92 août’92 JH3.Source Banque du Canada (PC) Autre baisse du taux d’escompte OTTAWA (PC) - Pour une quinzième semaine consécutive, la Banque du Canada a diminué hier son taux d’escompte.Cette baisse a été de 0,13 point.Il est donc passé à 5,19 %.La faiblesse maintenue de l’économie et le taux élevé du chômage sont deux facteurs majeurs pouvant justifier ce nouveau recul.Pour les 12 derniers mois, le taux d’escompte atteint son niveau le plus bas cette semaine, à 5,19 %.Hausse du bénéfice de Québécor LE GROUPE Québécor a annoncé hier un bénéfice net de 64 millions $ pour le second trimestre 1992, soit I, 13 $ par action ordinaire, contre un bénéfice net de 8,8 millions $ (18 cents-action) pour la même période de 1991.L’essentiel de cette hausse provient d’un gain sur dilution de 48,5 millions $ réalisé en avril dernier après l’émission d’actions par la filiale Imprimeries Québécor, a indiqué le groupe dans un communiqué.Pour l’ensemble du premier semestre, Québécor a annoncé un bénéfice net de 69,2 millions $ (1,22 $ US-action), contre II, 1 millions $ (23 cents-action) lors des six premiers mois de l’an dernier.Hormis le gain sur dilution du deuxième trimestre, le bénéfice net pour le premier semestre 1992 s’établit à 20,7 millions $, soit 37 cenLs par action ordinaire.Le chiffre d’affaires a progressé de 3,5 % à 616,4 millions $ au second trimestre, totalisant 1,211 milliard $ au premier semestre ( +3,9 % par rapport au premier semestre 1991).( AFP) La CIBC réussit dans les fonds mutuels ENTRÉE SUR le marché des fonds mutuels en 1988, la CIBC est devenue depuis une des sociétés les plus actives dans ce secteur.« Au cours des 30 derniers mois, la CIBC est passée du 16ème au 2ème rang en ce qui concerne l’actif sous forme de fonds mutuels confiés à sa gestion », a précisé hier dans un communiqué M.John Vivash, président, Placements CIBC Inc., gestionnaire des fonds.M.Vivash est d’avis qu’avec l’arrivée à l’âge mûr de la génération du baby boom, les fonds mutuels connaîtront encore une forte expansion.Et, en même temps que cette expansion, les banques porteront à 60 et 70 % leur part de ce marché, a affirmé Vivash.Serge Truffaut À LA FAVEUR du réaménagement de l’actionnariat du Groupe Spectel qui se soldera notamment par le départ de M.Daniel Harvey et de la compagnie qu’il préside, soit Spectel Vidéo, les cofondateurs et patrons de cette société, soit M.Alain Simard et M.André Ménard, vont fusionner en un ensemble intégré les filiales mises sur pied au cours des dix dernières années.Au cours des derniers jours en effet, MM.Simard et Ménard ont signé une entente de principe avec M.Daniel Harvey qui permet à ce dernier de faire l’acquisition de 100 % du capital-action de Spectel Vidéo.À la suite de cette séparation, le Groupe Spectel va se délester des opérations liées à la production d’émissions télévisuelles pour se consacrer ou se concentrer dans les activités inhérentes à la production de spectacles, d’albums, la gérance d’artistes et autres activités périphériques.Plus précisément, MM.Simard et Ménard, associés de longue date, demeurent les seuls actionnaires des entreprises suivantes : Spectra Scène, le Festival International de Jazz de Montréal, le Spectrum, les FrancoFolies, le Théâtre Olympia, les Articles Promotionnels Azur, en plus d’être co propriétaires des Disques Audiogramme, Airtech Structure et Design.Lors d’un entretien, M.Alain Simard, président de « L’Équipe Spectra », c’est ainsi que le groupe s’appelle désormais, a indiqué que les opérations de production de série dramatique et jeunesse étant soustraite du groupe, « nous aurons plus de marge de manoeuvre pour nous concentrons et développer le côté créatif de nos activités.» Les modifications effectuées tant dans la stratégie opérationnelle que dans le profil de propriété de cette entité, n’auront aucun impact négatif sur la carrière des artistes avec lesquels MM.Simard et Ménard sont liés par contrat.Pour tout ce qui a trait en effet à l’utilisation d'équi- té AVOCAT Bernard Roy devient le premier président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, ce nouvel organisme issu de la fusion de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et du Board of Trade.Diplômé de la faculté de droit de l’Université Laval, M.Roy est admis au Barreau du Québec en 1964.Il débute, à titre d’avocat, au sein de la firme Ogilvy Renault et accède au rang d’associé en 1973.Il a été premier secrétaire du premier ministre Mulroney de 1984 à 1988.Nommé au conseil d’administration de la Chambre de commerce pour l’exercice 1990-1991, il devient secrétaire du bureau de direction en 1991-92.M.Roy est membre du conseil des sociétés Imasco, Domtar, Métro-Richelieu et Canadien National.La première assemblée générale annuelle du nouvel organisme aura lieu le 17 septembre prochain.pements inhérents à la promotion audio-visuelle de tel ou tel chanteur ou chanteuse, « nous continuerons à respecter notre mandat en louant les équipements nécessaires et en engageant les compétences humaines .» Entre autres artistes, Spectra NEW YORK (Reuter) - L’endettement des ménages américains continue à freiner la consommation.Telle est la conclusion que les économistes tirent des statistiques des ventes de détail aux États-Unis publiées hier.Bernard Roy Scène représente les intérêts de Michel Rivard, Jean Leloup et Carole Laure.L’Équipe Spectra réalise un chiffre d’affaires annuel de 20 millions $ contre 25 millions $ avant cette scission.Malgré leur progression de 0,5% en juillet, les économistes retiennent leur révision en baisse pour juin, montrant une contraction de 0,3 % alors qu’une première estimation faisait état d’une hausse de 0,5 %.En faisant la moyenne de ces deux mois, on obtient une hausse de 0,1 %, j moins que la moyenne d’avril-mai et bien en deçà de l’inflation et de la j croissance démographique.Le consommateur hésite à dépenser pour deux raisons, estime Peter Greenbaum, économiste chez Smith Barney, Harris Upham & Co.La première tient à ce que ses rentrées de revenus ne sont pas particulièrement fortes.La seconde vient de ce qu’il remboursed’abord ses dettes tant sa confiance est minime avec un taux de chômage de 7,7 % le mois dernier.La contraction de 66 000 à 403 000 des nouvelles inscriptions au chômage dans la semaine au 1er août paraît positive.Mais cette variation hebdomadaire résulte surtout du caractère cyclique de l’embauche dans j l’automobile.Mike Niemira, économiste à Mit- j subishi Bank Ltd., prévoit une crois- ] sance en rythme annuel de 2,5 % au 3e trimestre.Il anticipait auparavant 3,2 %.Il base ceci sur une révision à la baisse du calendrier de la production automobile.La hausse de 0,1 % des prix à la consommation le mois dernier — le marché attendait 0,2% — montre que dans une économie à la traîne, rien ne milite pour une hausse des prix.À titre d’exemple, les prix de 1’hôtellerie ont fortement baissé, signe que « le consommateur reste chez lui », ajoute Greenbaum.Bernard Roy à la présidence de la Chambre de commerce de Montréal d'après la Presse canadienne L’endettement continue à freiner la consommation aux États-Unis Le libre-échange à trois suscite des réactions mitigées à l’étranger d'après l’Agence France-Presse PLUS DE vingt-quatre heures après l’annonce de l’accord de libre-échange en Amérique du Nord (ALENA), des réactions de prudence, d’inquiétude et même de condamnation ont été enregistrées un peu partout dans le monde.La CEE reste réservée.Tout en considérant favorablement la création d’une zone de libre-échange entre ces trois pays, les 12 souhaitent un respect des règles du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce).Celles-ci « précisent que les réglementations commerciales en vigueur dans une telle zone ne peuvent jamais être plus restrictives pour les pays-tiers », a-t-on souligné hier à Bruxelles de source communautaire.Les 12, qui ont récemment signé l’accord instituant un « espace économique européen » avec sept pays membres de l’AELE (Association européenne de libre-échange), notent que les négociations sur l’A-LENA« se sont déroulées dans le plus grand secret», selon cette source.La commission européenne « attend pour se prononcer officiellement de prendre connaissance de tous les aspects de cet accord ».Même attitude prudente mais teintée d’inquiétude au Japon — un des principaux partenaires économiques des États-Unis.Tokyo attend aussi que le GATT se prononce « le plus rapidement possible » sur la conformité de l’ALENA, a indiqué hier un responsable du ministère japonais du Commerce extérieur et de l’Industrie (MITI).La réaction chinoise va dans le même sens.« Notre position est que les regroupements économiques régionaux doivent être ouverts et non exclusifs et qu’ils doivent permettre la création d’un nouvel ordre économique mondial », a-t-on déclaré à Pékin.À Tokyo toutefois, le responsable du MITI a exprimé une inquiétude particulière pour l’industrie automobile.« Le Japon, qui est en dehors de cette zone, va être victime d’un renforcement des barrières commerciales » vers l’Amérique du nord, a-t-il dit.Une opinion que ne partagent pas les gros industriels allemands qui se frottent les mains.Pour eux, quiconque est présent dans un pays signataire de l’ALENA voit s’élargir son marché potentiel.Volkswagen, premier constructeur automobile européen, a qualifié l’accord « d’excellente nouvelle », par la voix de son porte-parole Orwin Witzel.Dans les pays en plein décollage économique comme la Corée du Sud, la réaction est virulente.Le premier ministre Chung Won-Shik, estimant que l’accord aurait « des effets considérables » sur l’environnement économique du pays, a demandé à son gouvernement des «contre-mesures efficaces» contre « l’émergence de nouveaux blocs commerciaux».Enfin le Chili a applaudi à la naissance de cette zone de libre-échange, qui doit encore être ratifiée par les trois parlements canadien, mexicain et américain.Le NAFTA, a déclaré dès mercredi à la presse le président chilien Patricio Alwyn, « ouvre les portes au Chili » pour obtenir un accord similaire avec le gouvernement américain, perspective évoquée depuis plusieurs mois par nombre de pays d’Amérique latine.Des financiers américains déposent un plan de reprise de Canary Wharf LONDRES (AFP) — Un consortium de financiers américains a présenté un plan de reprise de l’immense complexe immobilier londonien de Canary Wharf, placé en mai sous administration judiciaire après la crise de liquidité de son propriétaire, Olympia and York, a-t-on appris hier à Londres de sources bancaires.Dans le même temps, le conglomérat anglo-américain Hanson, candidat potentiel au rachat de Canary Wharf, a annoncé qu’il se retirait des discussions menées avec le cabinet comptable Ernst and Young, qui assure l’administration judiciaire de l’ensemble.« Hanson a examiné longuement comment préserver ce complexe immobilier majeur mais les obligations financières que cela représente ne correspondent pas aux objectifs d’Hanson pour ses actionnaires »», a déclaré M.Derek Bonham, directeur général d’Hanson.Les administrateurs et les onze banques créancières du projet se sont rencontrés jeudi pour discuter d’une offre de quelque 350 millions de livres présentée par MM.Sanford WeiÜ, président du groupe financier américain Primerica Corporation, Lewis Ranieri, ancien vice-président de la banque d’affaires Salomon Brothers, et Larry Tisch, qui dirige la chaîne de télévision CBS.Leur plan permettrait de terminer la première phase de construction de Canary Wharf, situé dans les anciens docks de Londres sur la Tamise, et de contribuer à la construction de l’extension d’une ligne de métro reliant les docks au centre de Londres.Ce projet aurait également le soutien de Paul Reichmann, président d’Olympia and York dont la plus grande partie de l’empire immobilier est placée sous la loi de protection des faillites aux États-Unis et au Canada, ou sous administration judiciaire en Grande-Bretagne.Depuis qu’il a été dessaisi de la gestion de Canary Wharf, Paul Reichmann tente de façon « Don Quichottes-que », selon le Wall Street Journal, de retrouver le contrôle du projet, qui était son enfant chéri.En échange, les financiers exigeraient que le gouvernement britannique s'engage à déménager 2000 fonctionnaires à Canary Wharf, et demanderaient aux locataires actuels d’y rester.Le gouvernement avait annoncé en juin qu’il allait déménager plusieurs milliers de fonctionnaires dans les docklands, où les surfaces de bureaux vides sont très nombreuses et beaucoup moins chères que dans le centre de Londres, mais n’a pas encore choisi d’endroit précis.Aucune décision n’a été prise à l’issue de cette réunion « de routine », a-t-on souligné de sources bancaires.Outre cette proposition, « plus d’une demi-douzaine d’offres ont été faites POUR OBTENIR DES CANDIDATES DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR , 842 9645 aux administrateurs » à des degrés divers d’avancement, a-t-on appris également de bonne source.Canary Wharf avait été placé sous administration judiciaire à la fin mai lorsque les onze banques créancières ont refusé d’étendre leurs lignes de crédit pour soutenir le projet d’un coût de 1,4 milliard de livres.L’engagement des onze banques est de quelque 570 millions de livres, le restant ayant été apporté par des banques canadiennes ou par la banque Européenne d’investissement (BEI).Barclays bank a une exposition estimée entre 55 et 57 millison de livres dans le projet.Canary Wharf, qui devait devenir un « Wall Street sur Tamise » selon le rêve de ses promoteurs, est encore loin d’avoir fait le plein de locataires et son avenir reste très incertain, dépendant d’un éventuel repreneur et de la construction d’une ligne de métro.boursier Or (New York-US$) - 4.50 334.10 TSE-300 MontréaLXXM Dow Jones Dollar canadien (US Cents) - 17.30 3360.45 3313.27 - 11.58 - 7.56 - .13 83.73 (PC) CARTES D’AFFAIRES ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 55 Sl-Jacques Montréal.Québec H2Y 3X2 Fax' (514) 845 7874 Tél.: (514) 98 R-O B-I C /?/ f/////Zr/ir r/r> ments des pays riches et les instan"'! ces internationales (ONU et ses ' agences spécialisées) sont en me- .sure d’y répondre.L’appel à la solidarité directe de^ t populations du Nord elles-mêmes ris:,., que de prendre trop de temps avan^'vl de se traduire en vivres et médica-ments pour ceux et celles qui s£‘," meurent.Mais sans la pression de ^ cette population, il est fort à craindre À que la Somalie continuera d’arrivefHI' très loin dans l’ordre des priorités dé.nos gouvernants.n 3 Photo Police et la rhétorique raciste Les ingénieurs, û une société secrète " Pierrôt Péladeau De la Ligue des droits et libertés LE RÉCENT rapport du Comité d’intervention sur la violence raciste concluait que « les journalistes sont de plus en plus sensibles à la complexité des problèmes soulevés par les questions raciales et interethniques.Us s’interrogent régulièrement sur la qualité de leur travail (.), notamment en regard de ces questions».Cependant, il constatait que la couverture des événements raciaux manquant parfois de mise en contexte, pouvait renforcer les idées préconçues et prêter au sensationnalisme.La publication par Photo Police de son dossier choc intitulé « Les Blancs en ont assez des Noirs » dépasse, et de loin, le sensationnalisme accrocheur, pour sombrer dans la reprise systématique d’arguments racistes.Une bonne occasion pour faire de l’éducation antiraciste.L’hebdomadaire rejette bien sûr l’accusation.Son directeur, Jacques Durand, affirme ne présenter que la vérité.Le dossier est pourtant une véritable pièce d’anthologie raciste.Une logique frelatée se cache à peine sous ce mélange de faits avérés, de demi-vérités et d’affirmations à l’emporte-pièce.On pourrait s’attarder à la valeur des analyses (dans deux dossiers du même numéro, on affirme simultanément que ce sont les gangs jamaïcains, puis les Hell’s Angels qui sont le pivot du trafic de la drogue au Québec).On pourrait s’attarder à la présentation des faits, à leur enchaînement par des affirmations douteuses, aux sous-entendus, etc.Le présent texte se concentre plutôt sur les emprunts à la rhétorique raciste.L'idée de • races».L’utilisation systématique des termes « Blancs » et « Noirs » avalise l’idée erronée et sans fondement scientifique de l’existence de « races » humaines.Il y a plus de différences génétiques, psychiques ou autres entre deux enfants nés de mêmes parents, qu’il n’en existe globalement entre « Blancs », « Noirs » et « Jaunes ».Évidemment, la catégorisation en « races » offre au racisme l’indispensable distinction entre « nous» et « les autres ».L’autre, c’est non seulement le différent, mais aussi l’étranger.La plupart des « jeunes Haïtiens» dont parle le dossier sont probablement nés au Québec ou naturalisés Canadiens.Idem pour les « Jamaïcains».Mais on le masque.Car « nous » seuls sommes « Québécois » : « Quand les Québécois ne peuvent plus sortir de chez eux par crainte d’être atteints par les projectiles d’armes à feu que s’échangent deux bandes rivales de Noirs.» La catégorisation en « race » est renforcée par l’utilisation systématique et intensive de généralisations abusives : « Les Blancs en ont assez des Noirs » ( tous les Blancs vis-à-vis de tous les Noirs ?) : « Qu’est-ce qui se passe avec les Noirs de Montréal ?» On ne parle pas de gangs criminels formés de membres provenant de telles ou telles communautés, mais des Noirs, des Jamaïcains et des jeunes Haïtiens.L’Autre est ici taré; la « race » noire souffrirait de tares psycho-sociales : « Comment expliquer l’absence totale de respect de la vie humaine, malheureusement démontrée trop souvent par certains jeunes Noirs, du manque de contrôle de leurs émotions et de leurs actes, et de cette incroyable ignorance de la communication et de la bonne entente, si ce n’est celle de la violence armée ?» Les « Blancs » seraient-ils incapables de tels comportements ?L’Autre, c’est le Mal.Et le Mal, c’est ici la criminalité, organisée ou non.À huit reprises, aux pages 3,4 et 5, on assimile les Noirs en général, ou la totalité des membres de communautés particulières, au crime organisé : « Quand les Jamaïcains prennent possession d’un quartier, ils s’y installent par la terreur, la violence, ils massacrent le mobilier et bâtissent une véritable forteresse.».« Les Jamaïcains forment un groupe social homogène, difficile à pénétrer et à infiltrer pour les policiers qui luttent contre le crime et la drogue.» On va jusqu'à la satanisation.On utilise les termes « maléfiques » et « diaboliques » pour décrire les actions de certains gangs.Qualificatifs fréquents dans la presse à sensation.Mais dans ce contexte précis, ils reprennent un élément du discours raciste, soit l’identification totale de l’Autre au Mal, voire à Satan lui-même.L’avilissement de l’Autre.L’identification d’un leader communautaire à un « Trou-de-cul » ne nécessite pas de longue démonstration sur une technique fort répandue.Plus discrète mais autant efficace est l’anonymisation.Le seul Noir vivant nommé est Dan Philip, qui ne l’est d’ailleurs que pour mieux le désigner comme cible hostile.les autres sont déjà morts.Un incident fait deux victimes.Le «Blanc» est nommé (Michel St-Ju- les).La victime noire reste anonyme.Le plus souvent les « Blancs » seront nommés et cités (surtout des policiers).Les nôtres sont dignes d’identification (dans les deux sens du terme).Les autres se fondent sous l’étiquette anonyme de «Noirs».Il est plus aisé d’haïr celui avec qui on n’a aucun rapport personnel autre que son statut d’ennemi.à moins qu’il ne soit objet exemplaire de mépris.Ici, le discours raciste rivalise avec rhétorique guerrière qu’il a souvent servi.La thèse de la conspiration.Voilà bien un thème de prédilection, que ladite conspiration soit juive, immigrante, minoritaire ou tiers-mondiste.À sept reprises, (pp.2 et 6), les journalistes de Photo Police insinuent qu’un « lobby noir» aurait réussi à empêcher la police de jouer son rôle protecteur de la population par sa manipulation de l’État-major policier.On pointe l’élite qui dirige le complot qui, bien sûr.serait à la solde du crime organisé.A cinq reprises, (pp.2 et 7), on affirme que Dan Philip et la Ligue des Noirs du Québec sont complices, voire carrément responsables de la montée de la criminalité à Montréal.Et l’on insinue, sans aucune preuve bien sûr, que la Ligue des Noirs serait financée par le crime organisé.La technique du bouc émissaire.Le dossier de Photo Police s’ouvre sur ces lignes pleines de sous-entendus : « La population grogne.Un vent de mauvaise humeur souffle et ce n’est pas uniquement en raison de la récession.(.) À la radio, il y a toujours les lignes ouvertes qui permettent à quelques-uns de se défouler.Mais la grande majorité n’y a pas accès.Mais elle n’en pense pas moins.Et ce qui revient au centre de toutes les discussions, c’est la tension montante entre les Blancs et les Noirs.» Ne reste plus qu’à affirmer que ce sont les « Noirs » qui sont la source et les responsables de cette tension.C’est l’objet précis de tout le dossier.À l’instar du discours néo-raciste contemporain, on laisse aux lecteurs le soin de déduire que c’est le bouc émissaire désigné qui est la source des plus grands objets de grogne de la population.Le racisme existe, c’est celui des victimes.Voilà un trait particulier du néo-racisme contemporain, résumé par l’avant-dernière phrase du dossier : « Aujourd’hui, les Blancs en ont assez des injustices dont ils sont victimes, et du favoritisme que les autorités entretiennent envers les Noirs.» On ne s’encombre pas de toutes les preuves du contraire.C’est une va- riante de la thèse de la conspiration et du procédé du bouc émissaire.Ici, ce sont aussi les mécanismes institutionnels assurant la légalité et l’égalité de tous devant la loi qui seraient détournées contre les « Blancs » : « La vérité est que des Noirs, ne respectant ni foi ni lois, tentent de déstabiliser la justice pour cacher leurs opérations criminelles.» La thèse du détournement offre une explication et une cible au sentiment d’impuissance d’une population en proie à un bien réel désarroi social, économique, politique et moral.La prophétie auto-réalisatrice.Enfin, le dossier qui ouvrait sur le titre de l’article d'Yves Malette « Les gangs de Noirs sèment la terreur.et ce n’est pas fini ! » se termine sur cet avertissement global de Jean-Marc Provost : « Si personne n’intervient, il faut craindre une violente guerre raciste.» Dernier trait commun avec la rhétorique des organisations racistes qui braquent les groupes les uns contre les autres, fomentent la haine puis prophétisent la violence ! Les médias ont un rôle central à jouer dans l’identification et la solution des tensions interethniques.Ils se doivent d’en traiter directement et franchement.Les développements de bandes conflictuelles d’adolescents et de gangs criminels dans nos communautés sont de ces sujets devant être abordées de manière urgente, ouverte et approfondie.Mais le dossier choc de Photo Police n’a rien du travail journalistique.C’est pourquoi il a été promptement dénoncé par les membres de la profession.C’est une pièce de propagande raciste utilisant la xénophobie et encourageant le délire sécuritaire à des fins commerciales.L’ironie, c’est que même les publications d’organisations racistes québécoises comme Longitude 74, l’Empire invisible du KKK ou le Mouvementées jeunesses aryennes, n’osent pas être aussi crues ou utiliser des ficelles aussi grosses.Ce triste dossier aura au moins quelque valeur pédagogique s’il permettait de révéler, par sa grossièreté même, les thèmes et surtout les artifices par lesquels on arrive à exploiter diverses frustrations bien réelles, et souvent légitimes, de plusieurs secteurs de la population pour les canaliser dans la haine de l’Autre.Maintenant, à ceux qui savent lire de débusquer la rhétorique raciste pour mieux la dénoncer; et à ceux qui involontairement seront utilisés par elle, comme la Fraternité des policiers de la CUM et son président M.Prud’homme, de s’en dissocier totalement.Hortense Michaud-Lalanne MÛS par la vanité de faire savoir qu’ils appartiennent à une caste qui a changé la face du monde au XXe siècle, bien plus que les politiques et les militaires ne l’avaient fait durant les dix millénaires précédents, les ingénieurs du Canada arborent un insigne visible, le jonc d’acier porté « au petit doigt de la main qui travaille », qu’on leur remet lors d’un cérémonial secret.Depuis bientôt 70 ans, les ingénieurs canadiens s’entre-administrent une sorte d’initiation franc-maçonnique, de style héroïco-mythologique, faite pour inculquer aux membres le respect des aînés et la fierté d’avoir été admis en leur sein.Littéralement, ils s’engagent à ne jamais « envier ou déprécier leurs collègues ».En 1923, cette cérémonie très spéciale fut commandée au cerveau fertile de Kipling, l’intarissable chantre de l’exotisme à bon compte et de l’Empire britannique : dans un long poème intitulé Sons of Martha, les ingénieurs sont identifiés aux fils de la Marthe de l’Évangile, celle qui s’était plainte à Jésus d’être seule à la cuisine, pendant que sa soeur Marie se la coulait douce au salon, en compagnie de l’invité.Pour toute réponse, Jésus fit valoir à Marthe qu’elle n’avait qu’à s’en prendre à elle-même pour son zèle excessif et qu’elle aurait mieux fait d’imiter Marie, la belle paresseuse qui « avait choisi la meilleure part ! » Selon Kipling, les ingénieurs sont censés souffrir pour expier le moment d’humeur de Marthe, leur mère et modèle.Le rituel, administré sous l’égide de 1 ’Engineering Institute of Canada, fut traduit en français dans les années 60.Il met en scène Sept Gardiens, sorte de sorciers-officiels qui scandent leurs propos en martelant une enclume, tandis qu’ils font tenir une chaîne aux nouveaux diplômés, le temps de leur faire prononcer un engagement solennel touchant leur responsabilité et le secret dans lequel, paraît-il, on devrait tenir toute cette liturgie pour initiés.De nos jours, Fils de Marthe surprend par son côté macho et révèle qu'on peut encore faire fi de l’existence des femmes dans la profession.C’est là le moindre des reproches que méritent le texte de Kipling et ceux qui l’administrent.Ce qui est plus inadmissible encore, c’est d’entourer de secret, de religion et de mythologie la responsabilité des ingénieurs, c’est-à-dire un problème qui touche à la survie de l’humanité et que bien peu d’ingénieurs osent regarder en face : gérer l’ère nucléaire et la crise de l’environnement, ce n’est pas gagné, loin de là ! Et, si les ingénieurs n’adoptent pas la transparence au lieu des mythes et des vieux rites, ce sera d’ailleurs bientôt perdu pour de bon ! L’ennui, c’est que les humains mènent leur barque comme si rien ne s’était produit depuis 1923 et Kipling.Or en 1923, il y avait moins de deux milliards d’individus sur Terre, le plus gros canon s’appelait Bertha, le plus gros avion avait l’air d’un Dinky Toy.En 1923, il restait encore huit ans avant qu’on n’invente les CFC qui grugent la couche d'ozone, et seize avant qu’Einstein n’écrive à Roosevelt pour l’inciter à financer la recherche sur la bombe atomique.Les véritables points tournants de l’histoire de l’humanité sont tellement récents et méconnus que la plupart des gens qui se piquent de penser et de parler pour les autres n’en savent rien et n’en peuvent donc rien dire.Le 500e anniversaire de Christophe Colomb en Amérique et le 350e de Montréal, dont on fait si grand cas, sont mineurs en regard de ceux qui comptent : ainsi, en 1992, le Protocole de Montréal, par lequel les Nations de la Terre tentent timidement de contrer les dégâts causés à l'ozone par les CFC inventés en 1931 par un ingénieur américain, aura cinq ans.L’Hercule mythologique mis en scène devant trois milliards de téléspectateurs par la cérémonie d’ouverture des Jeux de Barcelone n’est qu’un pâle précurseur de Thomas Midgley Jr., l’ingénieur qui a transformé la planète en mettant d’abord le plomb dans l’essence, puis en inventant les CFC.Hélas, Midgley et ses inventions n’ont rien de légendaire.Ils sont tellement réels que les associations professionnelles d’ingénieurs se gardent bien d’attirer l’attention sur eux, pas plus qu’elles n’insistent sur nos problèmes nucléaires.Or, 1992, ce sont aussi et surtout les 50 ans de l’ère nucléaire qui a démarré dans le plus profond secret, avec la pile de Chicago, en 1942.Depuis, nos taxes ont subventionné de l’uranium pour Saddam Hussein et des réacteurs pour les dictateurs de plusieurs pays, dont Ceaucescu.Ceux qui ne sont pas foutus de faire tenir le toit du Stade se piquent de bâtir des centrales nucléaires ici et là, grâce aux pots-de-vin et à l’avantage qu’ils ont sur les Américains dont la loi interdit d’acheter les officiels étrangers.Après 50 ans, nos associations d'ingénieurs sont-elles prêtes à décréter la fin des cachotteries et du trafic d’influence ?Exigeront-elles l’équivalent de la législation US contre les contributions, en vertu de laquelle General Electric vient de se faire condamner à 69 millions de dollars d’amende, dont un pourcentage ira au whistle blower ?Si elles mettent trop de temps à se manifester, ces Enfants de Marthe auront contribué à la destruction de la civilisation, sans même lever le petit doigt ! L’éauioe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l'Information générale Jean Chartier, Yves d’Avignon.Jean-Denis L amoureux Louis-G L’Heureux, Bernard Morrier, Laurent Soumis; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); è l lniorm.iuln rnlhir.il.Michel Bélair (directeur).Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Nathalie Petrowski, Odile Tremblay Le pS des ^ à^ lntormatton éconminkiua Robert Dutrisac.Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truttaut.Claude Turcotte è nnfomation pollUqua : Josée Boileau, Pierre O’Neill (partis politiques).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste VOuébecl(MichelVenne (correspondant parlementaire A Québec).Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ot-teüa) Jocelvn Cou\oZ(pomue internationale) JFrançoIs Brousseau (éditorialiste politique internationale et responsable de la page Idées énvénementsV aux attaîrJs sociale* : Paul Cauchon (questions sociales).Caroline Montpetit (enseignement primaire et secondaire).Isabelle Paré (ensë/onemenf supérieur).Louls-G.Francoeur (environnement).Sylvain Blanchard (relations de travail).Clément Trudel (STCS’KXS&I (adjointe à la direction).Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis).Danielle Cantara.Thérèsl Champagne Monique Isabelle.Christiane Vaillant (clavistes).Marie-Hélène Alarie (secrétaire é la rédaction), Isabelle Bari seZréfalreé7a dation) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur).Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec).Rachel (secrora/r» a ta uirm»uunj.__-A„r!l Crennlno r.innraa Inhanno r.niKoan I nrio I nrrr.IV Chrift- tlane Legault, Lise Major (publicitaires), Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes); Johanne Brunet (secrétaire).L AD- MINISTRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables), Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Léaaré Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (secrétaire à l'administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Beniamin (directrice).Monique Corbeil (adjointe) Monique L’Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachel Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements).Louise Paquette.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur).Françoise Blanc, Manon Blanchette, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Françoise Coulombe, France Grenier, Josée Lapointe.Sylvie Laporte.Pler-rette Rousseau, Micheline Ruelland.LE DEVOIR est publié par l’Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement.Montréal H2Y 1X1 II est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, 7743, rue Bourdeau, une division de Imprimeries Québécor Inc 612 ouest rue Salnt-Jacaues Montréal L’Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par .^ ___________i___-?*7c k».>i i mKa*.o» i «.Ant c M,,ni Ha miMinatinn .Pnrortiitramanf nn OAAfl riAnAt at Champlain.N V US POSTMASTER send addresa changes to Insa, P Q Box 1518.Champlain.N Y.12919-1518. 14 M Le Devoir, vendredi 14 août 1992 ÉDITORIAL Les derniers doctrinaires COMME on endure la trame grésillante d’un vieux film, il nous faut revivre l’imprécision du débat sur un accord de libre-échange, avec la signature de l’entente trilatérale conclue mardi par le Canada, le Mexique et les États-Unis.Les grands syndicats américains prédisent la perte d’un million d’emplois, le président Bush en annonce 200 000 nouveaux.Les manufacturiers canadiens de vêtements affirment que 30 000 travailleurs se retrouveront au chômage.Le ministre canadien des Finances et négociateur de l’accord, M.Michael Wilson, jure qu’il n’en sera rien, et fait miroiter des lendemains remplis d’offres d’emploi, encore qu’il n’ose pas en évaluer le nombre.C’est reparti comme dans la grande guerre de 1988.Et comme en 1988, on ne s’y retrouvera pas.Dans cette ère qu’on dit de la fin des idéologies, le commerce international reste un des derniers champs d’affrontements doctrinaires.Il suffit de savoir qui signe un communiqué pour savoir à quel camp on aura affaire.L’Ontario conspue, le Québec pavoise.Le Nouveau Parti démocratique déclare la guerre totale, et le Parti conservateur triomphe au nom de la croissance.Le bruyant lobby nationaliste du Conseil des Canadiens annonce la désintégration du pays, et le Conseil canadien des chefs d’entreprise salue l’intelligence du destin.Personne ne s’embarrasse des paradoxes.En pratique, les libre-échangistes à tous crins devraient se méfier de cet accord, tandis que les protectionnistes devraient lui trouver des vertus.Car les rares analystes indépendants qui réussissent à se faire entendre dans les tranchées ne trouvent pas très orthodoxe le nouveau-né, cet Accord de libre-échange nord-américain ( ALÉNA) qui doit succéder à l’accord canado-améri-cain de 1988.De larges pans d’échanges commerciaux lui échappent, notamment dans les secteurs de la santé, des services sociaux, de la culture.Les règles touchant l’agriculture protègent les offices de mise en marché, bête noire des négociations multilatérales mondiales sur la libéralisation des échanges.Les nouvelles normes touchant l’origine des composantes de vêtements ou de voitures renforcent les protections que se donne l’Amérique du Nord contre les importations d’Europe et d’Asie, et pourraient bien contrevenir aux accords du GATT.Les restrictions touchant l’investissement étranger sont loin de s’évanouir.Bref, comme le dit l’expert québécois Pierre Pettigrew, il s’agit de « commerce géré » plutôt que de véritable libre-échange.Les nationalistes canadiens devraient donc se féliciter de cette prudence dans l’ouverture, et les forçats du marché libre devraient pleurer devant la multiplication des accrocs à leur théorie.Mais c’est l’inverse qui se produit, comprenne qui pourra.La pensée toute faite est particulièrement nuisible au Québec.Car le Canada anglais pullule au moins d’adversaires qui veulent en découdre avec le gouvernement conservateur, et qui le forceront à s’expliquer de chaque clause de l’accord.Au Québec, la quasi-unanimité risque de s’installer, comme en 1988.Le ministre québécois des Affaires internationales, M.John Ciaccia n’a pas de meilleur compère que le vice-président du Parti québécois, M.Bernard L ’irruption mexicaine met en lumière les retards québécois Landry, pour accueillir l’accord dans une joie sans mélange.La sphère politique s’entend encore une fois pour tenir le bon peuple hors du consensus expert.Dans ces conditions, il faut saluer le butoir que devient la résistance des manufacturiers canadiens de vêtements, dont la moitié sont installés au Québec et y soutiennent quelque 60 000 emplois.Non pas que leur protestation soit très convaincante.Ils s’élèvent contre les nouvelles « règles d’origine » qui, en théorie, frapperaient de tarifs les vêtements dont les composantes ne seraient pas entièrement de provenance nord-américaine, alors qu’ils font un usage intensif de fibres et tissus importés.Mais l’ALÉNA défait d’une main ce qu’elle impose de l’autre, et consent à augmenter massivement les « quotas » qui exemptent de douanes les vêtements non conformes aux « règles d’origine ».En pratique, le marché nord-américain s’ouvre encore plus largement à la production canadienne de vêtements.Ce qui fait vraiment peur aux manufacturiers, c’est bien plutôt la concurrence mexicaine, qui pourra désormais profiter des mêmes avantages.Ou on la décrie, ou on menace d’aller s’installer là-bas pour produire à moindre coût.Cette fois, l’alarme syndicale et la visibilité des milliers d’emplois en cause risquent de causer une commotion, qu’il faut espérer.Car aussi dramatique que soit la menace à court terme, elle met en lumière la dépendance continue du Québec à l’égard d’emplois de bas de gamme, pour lesquels des pays en décollage économique, comme le Mexique, devraient depuis longtemps avoir pris le relais.Sous-qualifiée, peu scolarisée, la main-d’oeuvre québécoise est l’otage des secteurs mous.Au moment où 40 % des adolescents n’obtiennent même pas de diplôme de niveau secondaire, le Québec n’a d’autre choix que de s’accrocher à des industries sans avenir dans la plupart des pays avancés.L’accord mi-chair mi-poisson conclu mardi à Washington ne brusque pas les choses, mais il serait bon qu’il ait quelque effet de choc.Pour que prenne enfin un visage la réflexion abstraite et tiède que mène le Québec sur son retard catastrophique en matière de formation de la main-d’oeuvre, et d’éducation en général.Le débat sur l’industrie du vêtement pourrait bien nous édifier : au rythme spectaculaire où le Mexique rattrape ses retards de tous ordres, investit dans son développement social et éducatif, à quel moment sa main-d’oeuvre rejoindra-t-elle le niveau de formation de la main-d’oeuvre québécoise, qui régresse au lieu de progresser ?Ce n’est pas demain la veille pour l’enseignement secondaire et universitaire, certes, mais ce pourrait être plus tôt qu’on pense.Le Mexique ne compte aujourd’hui pas plus d’analphabètes que le Québec, et il faudra rapidement cesser de voir ce peuple en pleine révolution tranquille comme une collection d’exploités des maquiladoras.Son arrivée dans notre paysage économique signifiera à terme une véritable concurrence, à armes égales.Et en matière de ressources humaines, le Québec ne s’arme pas.Plutôt que de faire assaut de lyrisme autour des lendemains qui chantent, les Ciaccia et Landry feraient mieux de profiter de l’occasion pour rappeler les Québécois à quelques dures réalités.Mais telle n’est pas la coutume ici.On préfère bomber le torse, humer le vent du large, mépriser ceux qui le craignent, et partir en chaloupe percée sans s’inquiéier de l’équipage.La ratification de l’ALÉNA s’impose probablement, mais tant mieux si elle connaît quelques soubresauts, qui obligent à penser.LISE BISSONNETTE LETTRES AQ DEVOIR Sommes-nous tous des Amérindiens ?J’AI LU avec étonnement le texte signé par M.Pierre-André Julien, Ne sommes-nous pas tous des Amérindiens ?dans LE DEVOIR du 5 août.L’auteur y présente une image grossièrement simplifiée de l’histoire des relations entre Anglo-Saxons et Amérindiens en Amérique du Nord.L’opposition qu’il établit entre la logique anglo-saxonne et l’esprit des Français ne résiste pas à l’analyse.Malheureusement, pour sa thèse, les métis du Nord-Ouest ne sont pas issus uniquement du métissage entre les francophones et les Amérindiens; ils pouvaient aussi bien être issus de pères britanniques et protestants, à l’emploi de la Compagnie de la Baie d’Hudson ou de la Compagnie du Nord-Ouest.Que l’auteur se documente un peu avant d’avoir recours à l’histoire pour faire la morale aux Canadiens anglais.Je lui propose de commencer par les très beaux textes regroupés par Jacqueline Peterson et Jennifer S.H.Brown dans The New Peoples, Being and Becoming Métis in North America (Winnipeg, University of Manitoba Press, 1985).Joanne Burgess Ottawa, 6 août 1992 Valcourt réplique DANS SON éditorial du 18 juin 1992 sur le projet de loi sur l’Immigration (C-86), Gilles Lesage reconnaît qu’on « ne saurait reprocher au gouvernement.de vouloir mieux gérer l’immigration.».En fait, il signale à plusieurs reprises dans son texte que le projet de loi que j’ai déposé le 16 juin propose des objectifs louables, en particulier une meilleure gestion des niveaux et des catégories d’immigration.Par ailleurs, il conclut que « cet ouvrage devrait être remis sur le métier », ayant laissé entendre que le projet de loi prend ses aises avec les droits fondamentaux de ceux et celles qui revendiquent le statut de réfugié.Vos lectrices et lecteurs penseront-ils que le gouvernement ne respectera pas la Charte canadienne des droits et libertés ?À quels droits fondamentaux M.Lesage fait-il allusion ?À ceux que contient la Convention de Genève sur les réfugiées et réfugiés et qui sont repris dans la loi canadienne ?Au droit à la protection ?Au droit à la réunification familiale ?Tous ces droits sont respectés dans le projet de loi et je vous renvoie au communiqué de presse émis le 16 juin par le représentant à Ottawa du haut commissaire des Nations unies pour les réfugiées et les ! réfugiés qui contient le passage suivant : « Les changements proposés sont conformes aux normes internationales en matière de j droit d’asile.» M.Lesage donne un seul exemple, celui du droit de prendre les empreintes digitales des revendicateurs et revendicatrices, et de les photographier.Puisqu’un grand nombre de ces derniers se présentent sans documents d’identité, je trouve cette disposition tout à fait normale.M.Lesage s’inquiète aussi du ton de la do- | cumentation qui accompagne le projet de loi.Elle ne serait pas assez favorable a l’im- ! migration.Je pourrais attirer son attention I sur divers passages des textes mais les faits nous offrent la meilleure preuve.Quand le ! gouvernement actuel a pris le pouvoir en 1984, le Canada accueillait cette année-là 88 239 immigrants et immigrantes.L’année dernière, nous en recevions 229 730.Je n’éviterai pas la question des mesures de contrôle du projet de loi.Elles sont justifiées en elles-mêmes mais je crois qu’il faut s’arrêter sur le ben entre contrôle et intégration.Je suis persuadé que les Canadiennes et Canadiens seront d’autant plus tolérants — dans le meilleur sens du terme — qu’ils seront convaincus que la loi est respectée.Autrement, l’appui de la population a l’égard de l’immigration s’effritera.En terminant, je voudrais assurer vos lecteurs et lectrices que le projet de loi ne sera pas « étudié et adopté à la va-vite ».Le Comité législatif mis sur pied à la seule fin de l’étudier y consacrera plusieurs semaines d’audiences au cours des prochains mois.Bernard Valcourt Ottawa, 5 août 1992 L ’amnésie collective J’AI AVALÉ votre «antidote à notre amnésie collective» (LE DEVOIR, 30 juillet 1992).Ça vaut 1000 placebos télévisuels sur le sujet.Les effets convalescents ont été immédiatement perceptibles.Mais j’aimerais que la journaliste Morazain soit plus explicite sur deux passages de son texte qui résument des propos plus vastes : 1 ) « Quand on dit qu’il y a trois peuples fondateurs au Canada et au Québec, on le voit nettement (.).» Placée aux trois quarts du texte, cette phrase se voit attribuer un ton d’allégation irréfutable.Les explications qui précèdent dans le texte sont fort éloquentes mais forcent l’assertion.Je suis bien prêt à la croire mais, première question, peut-on me dire de quel Canada vous parliez : celui de 1867, celui de l’Union de 1840 ?Antérieurement à ces dates on parle de colonie.La « Grande paix de 1701 » démontre, sans aucun doute, la place prise par les Amérindiens dans la colonie d’alors.Mais dans un Canada moderne qui ne réserve de place aux « peuples fondateurs » que pour les Britanniques et les Français, comment les Amérindiens peuvent-ils être LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l’information Bernard Descôteaux Directeur délégué à I administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies Directeur des publications spéciales Pierre Beaulieu FAIS CE QUE DOIS « fondateurs » d’un pays où ils ont été « exclus », comme vous le souügniez ?2) Et cette « exclusion », le texte l’aborde.Fort instructif, un paragraphe commence sur la cupidité des Sulpiciens à Oka et finit sur la spoliation des droits, du patrimoine et de l’organisation sociale des Amérindiens par l’élite d’alors.Mais par « effet de locomotive » on en vint à croire que seuls les Français (le texte est principalement orienté sur les reltations Français-Amérindiens) sont à l’origine de tous ce gâchis et de notre amnésie collective.Soit ! L’éducation étant contrôlée par l’élite, l’amnésie collective s’explique d’elle-même ! Mais la « politique de dépossession » et de la mise en réserve était de ressort gouvernemental.Pourquoi laissez-vous planer le doute de la responsabilité de ces actes sur nos ancêtres français ?Sont-ils réellement coupables ?Le texte date « l’exclusion » des Amérindiens autour de 1815.La Nouvelle-France est alors une colonie britannique depuis un demi-siècle déjà.L’apport des Britanniques dans ce drame ne serait-il donc pas indubitable ?Les réponses à ces questions aideraient sûrement les « patients » à mieux soigner leur « amnésie ».Pour une bonne guérison, il ne nous reste plus qu’à attendre un « antidote » sur le thème racial : l’apport génétique et culturel des « Canadiens-français » aux Amérindiens (et vice versa) afin de comprendre l’origine de noms comme « Ovide Mercredi » ; les métissages qui nous ont donné Louis Riel; les traits «amérindiens » de certains « Québécois de souche » dans nos réseaux d’amis; .et pourquoi il y a absence de solidarité et attaques mesquines mutuelles entre nos deux groupes (— pour avoir les faveurs du maître, « l’Anglais »—) ?Martin Lessard Montréal Diviser pour régner AINSI DONC, nous apprend LE DEVOIR du 8 août dernier, la commission-jeunesse du PLQ recommande d’abolir la sécurité d’emploi pour les professeurs de cégeps, sous prétexte que c’est la seule façon de préserver la gratuité scolaire au sein du réseau collégial.La stratégie est claire : diviser pour régner.Monter les peuples québécois et mohawks les uns contre les autres pour ralentir la poussée souverainiste en 1990 .et monter les profs et la population étudiante les uns contre les autres pour faire oublier les coupures gouvernementales.Chère commisson-jeunesse, ce qui diminue l’efficacité des cégeps et menace la gratuité scolaire, n’est-ce pas les coupures de 110 millions en dollars constants que les gouvernements péquistes et libéraux nous ont imposées depuis 1979 ?Les professeurs ont lutté, à l’époque, pour acquérir des droits syndicaux fondamentaux qui comprennent, entre autres, la sécurité d’emploi.À nous, la jeunesse québécoise, de nous battre pour un système scolaire gratuit et de qualité, du primaire à l’université.Mais, ne le faisons pas sur le dos des professeurs, qui ne sont responsables en rien des coupures gouvernementales, et qui les déplorent tout autant que nous.Guillaume Valllancourt Montréal, 10 août 1992 awes SmM WU*TOÆRl& PMùS RAvU&S PU 7 FAUT PAS EXAitRER.TOUT EST SOUS COU- I .• ya Vas t-t rvo liSe.c, t-U ¦ v Kje-V'Cr • ' Ptk’RA.IAUr» ¦ I ! C , - -T o QUM4D y a v"vjv λE- PFSAtR , OVJ TÂVf.4A RtS* UE JSÊTRE lOKTG Jean O’Neil Que d’eau ! Que d’eau ! J} IGNORE de qui est cette citation et quiconque me le dira sera dûment remercié.C’est notre professeur principal en classe de rhétorique, le brave chanoine Michel Couture, lui-même qui arpentait les trottoirs de la rue Wellington en s’émerveillant à haute et intelligible voix des exploits du gardien de buts Bill Durnan, c’est lui qui, en cours de lettres, nous racontait cela comme le comble de la turpitude.Un politicien français avait été envoyé dans le sud de son pays pour consoler la population d’une importante inondation et lui annoncer une non moins importante subvention.Sans doute avait-il dit beaucoup de choses importantes mais l’essentiel retenu de son discours est : « Que d’eau ! Que d’eau ! » Comment n’y pas penser quand on considère les problèmes d’ingénierie qu’ont affrontés les créateurs de la voie maritime du Saint-Laurent ?Pendant des millénaires, les glaciers ont accumulé de l’eau au milieu de ce continent, un peu comme des montagnes de crème glacée, puis ils se sont retirés en oubliant de faire couler l’eau du bain.L’eau du bain, c’est nous qui l’avons, sans trop nous en apercevoir, car nous avons aussi l’obligation d’écouter le baseball des Expos avec ce merveilleux Felipe Alou qui a simplement dit à ses joueurs de virer leurs culottes de bord parce que ça jouait mieux quand la fly était en avant.L’eau du bain continental, elle alimente quelques-unes des plus importantes centrales hydroélectriques de notre pays et nous vivons de cette énergie sans même nous en apercevoir sauf que, parfois, papa, mon oncle ou mon cousin partent de la maison et s’en vont quelque part pour vérifier des débits, des tensions, des voltages.Us reviennent en demandant si les Expos ont encore gagné, si toutes les bicyclettes ont été rangées au garage, si maman a eu le temps de souffler un peu entre ses tâches et, pour des raisons que nous ignorons, ils ont les yeux pleins d’eau.PARDONNERA-T-ON à un quelconque chroniqueur d’ignorer le volume d’eau d’un continent qui se déverse où il peut en vidant son potentiel énergétique dans un hymne national ?Ne nous y trompons pas, le continent, il fait pipi par chez nous.La chose avait intrigué Louis Jolliet qui y était allé voir de plus près et qui avait découvert que le continent faisait également pipi par le Mississippi.Mais, comment des explorateurs comme Jacques Cartier ont-ils pu croire qu’ils découvriraient la Chine, en remontant un déversoir de continent ?Us se sont heurtés à l’eau.Des tonnes d’eau.Encore a-t-il fallu quelques siècles pour que des ingénieurs, du monde aussi ordinaire que mon père mais un peu plus instruit sur la composante du béton et le coulissage des vannes, pour que des ingénieurs trouvent le moyen de réaliser le vieux rêve de Dolier de Jasson, premier supérieur des Sulpiciens de Montréal.Monsieur de Casson voulait creuser un canal pour permettre aux embarcations de se rendre dans le lac Saint-Louis en évitant les rapides de Lachine.Ses supérieurs européens ont trouvé que le monsieur coûtait cher à leur trésorerie et lui ont recommandé de surseoir à son projet.Son projet s’est quand même réalisé en 1825, 124 ans après sa mort et c’était la première marche franchie dans une longue étape pour remonter un véritable escalier liquide jusqu’au milieu de l’Amérique du Nord.Les autres marches ont été franchies une à une, toujours au prix d’un labeur invraisemblable : le creusage du canal de Soulanges, celui du canal de Beauhamois, et des écluses et des écluses, jusqu’au lac Érié qui était déjà devenu le coeur de l’industrie lourde nord-américaine.Le problème des ingénieurs était simple, convenons-en ?Considérons par exemple que l’édifice atteignant la plus haute altitude à Montréal est actuellement l’édifice IBM au 1250 du boulevard René-Lévesque qui culmine à 226 mètres.Roman-fleuve lËCÜfll a-"M Soit dit en passant, un règlement municipal interdit de construire plus haut que le mont Royal, 770 pieds, 230 mètres ou presque dans le détail de la circulation automobile et des ventes de trottoir.Le problème était donc le suivant : comment prendre un navire de 230 mètres et le hisser à la hauteur de l’édifice IBM ?Réponse évidente mais longuement réalisée à force de bras, d’excavatrices, de tracteurs et de quelques jurons dont personne n’a fait la comptabilité.Il suffit de l’envoyer au lac Érié.Une bagatelle de 15 écluses qui évitent des rapides, des rapides et une certaine cataracte du nom de Niagara.MESDAMES, messieurs, nous sommes en juin 1959.Sa Majesté Elizabeth II et le président américain Dwight D.Eisenhower sont à bord du yacht Royal Britannia et ils vont remonter l’escalier liquide vers le centre de l’Amérique.La première écluse, celle de Saint-Lambert est déjà un bretzel extraordinaire, non pour les navires mais pour les automobilistes qui s’y retrouvent tant bien que mal dans un spaghetti de voies aussi diverses que la pensée nationaliste.Mais, tout fonctionne à merveille et nous voici bientôt à la maison en train de lire comment ils ont réussi cela.Us ont travaillé.Us ont calibré les débits d’eau de place en place.Us ont évalué la capacité des écluses pour retenir la force de ce petit ruisseau qui draine un continent en activant toute son activité économique.Nommez-les, nommons-les.Saint-Lambert, Côte-Sainte-Catherine, Laval, Beauharnois, amont Beauhamois, Snell, Eisenhower, Iroquois et celles qui n’ont plus de nom, qui s’appellent 1, 2,3,4,5,6,7,8, qui contournent le Niagara des voyages de noces pour entrer dans le pays des jobs, sur le lac Érié.La dénivellation, c’est dit, est d’environ 175 mètres.Cela se monte tranquillement, par travail d’éclusiers consciencieux et cela ne se descend pas plus rapidement.Mais, au passage, on peut toujours regarder les rives de cette immense rivière qui réglait l’activité économique d’un continent à l’époque des marchands de fourrure qui n’avaient pas de stéréo et qui s’encourageaient simplement du rythme de l’aviron pour chanter : « Envoyons dTavant nos gens » « Envoyons dTavant ! » Avec l’électricité qu’ils produisaient, ils ont mis de la lumière dans nos cabanes et ils font rouler le métro sur des rails qui transportent quelques millions de personnes par jour vers leur travail, vers leur amour, avec un harnachement incroyable.Non, pas incroyable, encore qu’il fallait le faire, mais ce grand débit d’eau, ce legs de millénaires anciens, sans lui, où serions-nous aujourd’hui ?« Que d’eau ! Que d’eau ! » U parait que la citation serait du maréchal Mac-Mahon.D’origine irlandaise, évidemment.
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