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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 1992-08-22, Collections de BAnQ.

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Vol.LXXXIII — No 195 Éclaircies.Max.: 28.Demain: Ensoleillé Détail page A-12.Montréal, samedi 22 août 1992 Champ! DE 9H A 22H TOUS LES JUS IMPORTANTS RABAIS SUR LES DICTIONNAIRES LES PLUS POPULAIRES 4380 ST-DENIS,'TVITL 2 CAHIERS —T.30 + tpstwo DIFFICILE ENTENTE SUR LE PARTAGE DES POUVOIRS Bourassa n’obtient rien AUJOURD’HUI Jacques Godbout, derrière l’image Son film-fleuve de quatre heures, Le mouton noir, ne nous renvoie pas seulement au Québec, le mouton noir du Canada, mais à Jacques Godbout lui-même, éternel trouble-fête dans le concert des idéologies.Nathalie Petrowski l'a rencontré.Page B-1 Le Canada vole au secours de la Somalie Le Canada se joint à la communauté internationale en dépêchant en Somalie trois avions militaires destinés à acheminer l'aide humanitaire à ce pays d’Afrique aux prises avec la guerre civile et la famine.Page A-13 Bombardier perd un contrat de 150 millions $ La compagnie Bombardier a été avisée hier de l’intention de la Ville de Mexico d'accorder le contrat de voi.tures de métro à la société espagnole CAF.Il s'agit d’un contrat de 150 millions $ US pour la fabrication de 135 voitures destinées au métro de la capitale mexicaine.Page A-7 Billy Two Rivers rejette l’entente Le porte-parole du Conseil de bande de Khanawake, Billy Two Rivers, rejette l’entente sur le droit inhérent des autochtones conclue jeudi à la conférence constitutionnelle d'Ottawa.Page A-3 Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa ROBERT BOURASSA a accepté à la table de négociations multilatérales sur la Constitution, hier, une entente de principe sur le partage des compétences qui lui laisse les mains aussi vides qu’à son arrivée à Ottawa mardi.Au terme d’une journée consacrée à la seule question du partage des pouvoirs, le gouvernement fédéral et les provinces ont reconduit, avec l’accord de M.Bourassa, un ensemble de dispositions qui n’ajoute à peu près rien aux accords intervenus en l’absence du Québec au début de l’été.« C’est moins que le programme du parti, a reconnu le premier ministre du Québec au terme de la séance.C’est moins qu’on aurait souhaité mais il y a de véritables progrès ».Oka bis La SQ ne cessera pas de patrouiller la région, dit Ryan LE DEVOIR et la Presse canadienne SAINT-EUSTACHE - LA SÛRETÉ du Québec ne cessera pas de patrouiller sur les deux routes traversant la pinède d’Oka, comme le réclamait le chef du conseil de bande mohawk de Kanesatake, Jerry Pel-tier.C’est ce qu’a fait savoir hier le ministre de la Sécurité publique, Claude Ryan, à l’issue d’une discussion de plus de trois heures avec MM.Pel-tier, Ovide Mercredi, chef de l’Assemblée des premières nations, et Ghislain Picard, chef de l’APN pour le Québec.Par contre, M.Ryan a invité la SQ à examiner les modalités de patrouille sur ces deux routes où habite une majorité de Mohawks.Le ministre n’a pas voulu préciser ces modalités devant respecter les « caractéristiques particulières » de la situa- Claude Turcotte LES ÉNORMES déficits des deux principaux transporteurs aériens canadiens auront au moins eu un bon côté, celui de déclencher un nouveau débat sur l’avenir de l’aviation commerciale à Montréal.Quelques appels auprès de gens très familiers avec ce dossier donnent à penser que la discussion va très rapidement revenir au problème existentiel des deux aéroports, Dorval et Mirabel.Pour l’essentiel, cependant, Robert Bourassa a accumulé hier les fins de non-recevoir alors que les autres provinces et Ottawa ont rejeté presque en bloc toutes les demandes supplémentaires présentées par Michel Venne OTTAWA — M.Robert Bourassa paraissait démuni.Pour défendre l’accord de principe intervenu hier sur le partage des compétences, le premier ministre du Québec était à court d’arguments, devant une meute de journalistes du Québec qui lui rappelaient dans cha- Mardi dernier, une coalition s’est formée autour du maire de Montréal pour faire en sorte que la région ne perde pas « sa part relative » de l’aviation commerciale au Canada.En clair, cela veut dire qu’on ne doit pas sacrifier Montréal au profit de Vancouver et surtout de Toronto.Deux jours plus tard, M.André Vallerand, ministre du Tourisme, abordait de plein front un sujet apparemment tabou au sein de la coalition, à savoir qu’il y a un aéroport de trop dans la région et que cet aéroport est Mira- Québec sur le chapitre crucial pour lui du partage des compétences.Québec espérait surtout faire des gains en obtenant l'élimination du pouvoir fédéral de dépenser dans toutes les sphères déjà reconnues de cune de leurs questions qu’il n’avait fait aucun gain réel.Seul derrière un lutrin, les traits tirés au terme d’une journée de négociations éprouvante, il a dû admettre qu’il avait obtenu « moins qu’on aurait souhaité », même s’il était arrivé le matin à la table multilatérale avec des demandes minimales au cha- Volr page 4 : Arguments bel.Une solution acceptable à Air Canada et à Canadien International, fusion ou autre forme d’alliance, ne réglera pas le problème de Montréal, soutenait le ministre.Hier, sur un appel du DEVOIR, M.André Roy, un syndicaliste de la loge 1751 du Syndicat des machinistes, faisait le commentaire suivant : « M.Vallerand dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.» M.Roy n’est certainement pas le genre d’homme à vouloir mettre la hache à tout prix dans Mirabel, puisqu’il y a travaillé de plus compétence provinciale, incluant la santé et l’éducation.Mais cette demande a fait sursauter la plupart des premiers ministres qui lui ont réserve un accueil glacial.« Cela a été reçu avec respect et générosité », rapporte avec ironie un officiel de Colombie-Britannique.La journée avait déjà mal commencé pour Québec lorsque le premier ministre canadien a préfacé l’intervention de Robert Bourassa d’une longue diatribe contre le rapport Allaire et les 22 pouvoirs exclusifs qu’il revendique pour le Québec.« Nous avons dit au Québec de revenir dans la réalité », résume un porte-parole provincial au sujet de l’entrée en matière de Brian Mulro-ney.« M.Allaire est un gentil garçon, mais si on l’écoutait, on ne garderait Voir page A-4 : Bourassa déjà et qu’il y a trouvé des qualités.Malheureusement, les compagnies aériennes ne veulent pas venir à Montréal pour y effectuer des correspondances à cause de la distance entre Dorval et Mirabel, qui occasionne des délais, des déplacements en autobus et des coûts.Alors, tout le monde préfère aller à Toronto.Les statistiques sur le trafic aux aéroports de Montréal et de Toronto montrent d'ailleurs un écart de plus en plus marqué à partir de 1975, an-Volr page A-4 : Mirabel tion.Voir page 4 : Oka V PHOTO CP Gary Filmon, Don Getty, Roy Romanow et Mike Harcourt, respectivement premiers ministres des provinces du Manitoba, de l’Alberta, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique, s’entretiennent sur l’une des terrasses du ministère des Affaires extérieures à Ottawa, où se déroule la conférence des premiers ministres.Faut-il mettre la hache dans Mirabel ?A court d’arguments Un référendum pancanadien n’est toujours pas exclu Chantal Hébert de notre bureau d’Ottawa LA CONCLUSION d’une entente générale sur la Constituüon ne signifie pas automatiquement l'abandon du projet d’un référendum pancanadien.Conçue à l’origine comme solution in extremis à une impasse, l’idée d’une consultation populaire sur une proposition constitutionnelle pourrait maintenant être ressuscitée sous forme d’épilogue au dossier, conviennent des stratèges d’Ottawa et des provinces.En attendant, l’hypothèse référendaire est en quelque sorte en « animation suspendue » dans les couloirs du complexe Lester B.Pearson à Ottawa ou, pendant que les premiers ministres négocient encore, plusieurs supputent déjà sur les suites à donner à un accord.« C’est une excellente question », s’est ainsi borné à indiquer le ministre québécois Benoît Bouchard à qui la question à savoir s’il pourrait encore y avoir un référendum sur la Constitution a été posée hier.« J’aurai des suggestions à faire sur la suite des choses » a promis de son côté le premier ministre ontarien Bob Rae interrogé à son tour sur la participation éventuelle des Canadiens à la réforme constitutionnelle en cours.Réunis en caucus général à Drum-monville entre-temps, les députés conservateurs fédéraux du Québec vont se faire dire aujourd’hui de mettre leur organisation électorale sur le qui-vive au cas où leur gouvernement déciderait de lancer une opération référendaire cet automne.Car, en fait, aussitôt que les discussions des premiers ministres ont commencé à prendre la tournure d’une entente cette semaine, plusieurs stratèges ont commencé à soupeser les pour et les contre d’un référendum jrôur boucler le dossier.Le gouvernement fédéral en particulier est à la recherche d’un mécanisme pour s’assurer que la ratification d’un projet ne traîne pas en longueur, avec des conséquences aussi funestes que celles subies par le défunt Accord du lac Meech.D’autant plus que le Québec, par le biais de la loi 150, réclame des offres liant formellement le reste du Canada.Dans un premier temps, le gouvernement fédéral entend proposer, a déjà indiqué le ministre Joe Clark, un protocole d’entente en fonction duquel les provinces s’engageraient à procéder plus rapidement à l’adoption des amendements constitutionnels pertinents que les trois années que leur donne la Constitution pour le faire.Mais il se dégage de plus en plus, indiquent des commentaires recueillis auprès de plusieurs délégations, un courant de pensée voulant qu’une consultation populaire constitue le seul antidote a une répétition de l’expérience du lac Meech.Plusieurs des arguments invoqués en faveur de ce scénario tournent au-Volr page A-4 : Un référendum Les fêtes du 350e nous fournissaient en 92, incontournable, le thème de la série littéraire estivale.Celle que LE DEVOIR publie chaque samedi à la une, depuis maintenant trois ans.« Le Montréal de », c’est celui de dix écrivains montréalais qui racontent un quartier, évoquent un souvenir, retournent à l’enfance souvent, parlent du Montréal qu’ils portent en eux.Cette semaine, Victor-Lévy Beaulieu raconte le Rivière-des-Prairies de tous les exils.La semaine prochaine, Michel Rivard nous fera faire « le tour du bloc ».Rivière-des-Prairies, pays de toutes les blessures Victor-Lévy Beaulieu 1958.J’avais 13 ans.Avec l’un de mes frères, je m’occupais de la rocailleuse ferme familiale de Saint-Jean-de-Dieu sur les hauteurs de Trois-Pistoles, mon père ayant déjà mouvé à Montréal où, chez les bonnes soeurs du Mont-Providence, il prenait soin des oligophrènes et des hydrocéphales.Mon père souffrait d’un chronique ulcère à l’estomac.Les bonnes soeurs l’ayant guéri pour ainsi dire miraculeusement au petit lait et au jello, mon père y vit un signe du ciel : plutôt que de faire du bien aux champs et aux bêtes de Saint-Jean-de-Dieu, ne devrait-il pas apporter sa commisération et son dévouement à tous ces laissés pour compte que la Révolution tranquille n’atteignait pas encore ?De son interrogation, mon père s’ouvrit à ma mère, dans une lettre pathétique qu’elle nous lut un soir après la récitation du rituel chapelet radiophonique.Deux mois plus tard, il ne restait plus rien de la rocailleuse ferme familiale de Saint-Jean-de-Dieu, grément aratoire, bêtes et cochancetés domestiques ayant été vendus dans un encan.Deux de mes frères et moi, nous montâmes dans la vieille Dodge « 41 » de mon père et ouvrîmes la voie au vétuste camion de Jos Fortin chargé de transporter à Rivière-des-Prairies les débris de notre naufrage du Bas du Fleuve.C’est par le pont du Bout de l’île que nous fîmes notre entrée dans Montréal — une fin de soirée sombre et orageuse d’octobre.Après la traversée de la Pointe-aux-Trembles et de ses raffineries aux prodigieuses cheminées crachant le feu, la vieille Dodge, le camion de Jos Fortin et les deux autres voitures qui venaient derrière s’immobilisèrent en bordure de la Rivière-des-Prairies, à la hauteur de la 83e Avenue.Nous venions de faire trois cents milles dans de la boucane bleutée, et pour voir quoi ?Une chambranlante maison au blanc lambris de planches tout écaillé, avec des galeries bancales et quelques vitres cassées aux fenêtres.Ça ne payait pas vraiment de mine, pareil à ce qui entourait la maison : de vieux hangars en démanche, des chalets de papier brique montés sur des blocs de ciment et, au delà, la clôture barbelée de Boscoville, une maison où, soi-disant, on redressait les jeunes délinquants.Malgré tout, nous avions hâte de voir l’intérieur de la maison de notre exil.Mais ce n'était pas si simple.Nous étions 12 enfants, nous allions tous habiter au premier étage qui ne comptait que quatre pièces et, pour pouvoir signer le bail, mon père avait joliment menti au propriétaire, lui disant que sa progéniture se limitait à une fille et deux gars.Ce qui compliquait tout, c’est que le propriétaire habitait lui-même au rez-de-chaussée, d’où la ruse que mon père dut déployer pour le tromper : nous n’entrâmes dans la maison qu'à la nuit tombée, et par petits groupes de trois en nous faufilant entre les meubles que mon père et Jos Fortin transportaient.Quant à ma mère, elle bloquait de toute sa corpulence la porte du rez-de-chaussée pour que le propriétaire et sa dame n’éventent pas la mèche.C’est ainsi que nous vécûmes un an, 14 personnes se partageant ce petit quatre pièces, les moins chanceux d’entre nous devant, le soir, monter leurs lits dans la cuisine.Rien de plus et rien de moins que de la petite misère, mais que nous n’étions pas les seuls à vivre dans Rivière-des-Prairies.À l’époque dont je parle, Rivière-des-Prairies n’était pas encore un quartier de Montreal ; on s’y trouvait à mi-chemin entre la ville et la campagne : il y avait l’école de redressement de Boscoville puis, quelques dizaines d’arpents plus loin, ces fermes où paissaient, l’oeil sagace, les dernières vaches de l'île.Entre elles et le reste du monde, des amas de cabanes, anciens chalets rafistolés de bric et de brac par ces gens du Bas du Fleuve et de la Gaspésie qui, forcés par la pauvreté à la grande mouvance, se Voir page A-4 : Rlvière-dee-Pralrlea ¦3TÎT—«T Victor-Lévy Beaulieu SALON ICOM 1992 RÉSERVA TIONS PUBLICITAIRES (514) 842-9645 Date de tombée: le 4 septembre 1992 PARUTION le 12 septembre DANS LE DEVOIR À l’occasion du Salon international des musées ICOM 1992, un événement organisé en parallèle à la XVIe Conférence générale du Conseil international des Musées, LE DEVOIR publiera un cahier spécial le 12 septembre prochain.De format tabloïd, ce cahier présentera la liste des exposants à ce salon où on retrouvera les grands musées du monde et le programme d’animation du Salon.Il sera également question des grandes orientations de développement que prendront les musées au cours des prochaines années.f i J *** Le Devoir, samedi 22 août 1992 U A-3 « Tu t’es fait avoir.» C’est par ces mots sévères que l’influent porte-parole des Mohawks de Kahnawake, M.Billy Two Rivers, a accueilli hier Ovide Mercredi à l’entrée des négociations constitutionnelles qui se poursuivaient a Ottawa.Michel Venne envoyé spécial OTTAWA — Le porte-parole du conseil de bande de Kahnawake, M.Billy Two Rivers, a signifié hier que l’entente conclue jeudi à la table constitutionnelle sur le droit autochtone à l’autonomie gouvernementale est inacceptable aux Mohawks et sera difficile à vendre dans les autres communautés.Selon M.Two Rivers, la disposition qui prévoit que les lois autochtones devront être compatibles avec la bonne marche des gouvernements fédéral et provinciaux (la règle dite de la paix, l’ordre et le bon gouver- nement) est un morceau trop gros à avaler.Cette disposition a été incluse dans l’entente pour rassurer le Québec et Terre-Neuve sur l’étendue des pouvoirs d’un troisième ordre de gouvernement.Les porte-parole officiels de l’Assemblée des Premières Nations admettent qu'en vertu de cette disposition, une loi provinciale aussi bien qu’une loi fédérale essentielle au maintien de la loi, l’ordre et la bonne marche de l’État supplanterait une loi autochtone incompatible.Pour illustrer ce que cela signifie le chef des Premières Nations, M.Ovide Mercredi, a donné l’exemple hier d’un gouvernement autochtone qui voudrait ouvrir un dépotoir de déchets nucléaires sur son territoire.Si cette activité est incompatible avec une loi fédérale, dit-il, elle serait contestée devant les tribunaux; et serait probablement interdite.En dépit de cette disposition, le chef Mercredi affirme qu’il n’aura aucune difficulté à vendre aux chefs et aux communautés autochtones une entente « remplie de promesses » pour eux.« Pour la première fois depuis 125 ans, dit-il, les autres gouvernements acceptent de ne pas nous imposer leurs règles politiques » en s’engageant à négocier la création de gouvernements autochtones autonomes.« Nous n’aurons plus à nous battre pour toujours », a-t-il ajouté.« Les Mohawks n’ont pas l’intention d’appuyer cette entente », a déclaré M.Two Rivers à la presse, hier, en marge de la Conférence multilatérale sur la Constitution.« Cet accord est peut-être bon pour les Inuit, les métis ou les Indiens vivant hors réserve; mais il ne s’applique pas aux Mohawks », a-t-il insisté.« Nous voulons éviter de donner l’impression que le Québec obtient les moyens légaux pour établir sa juridiction sur les territoires mohawks, dit-il.Il ne l’a pas, il ne l’a jamais eue et ne l’aura jamais.» Le porte-parole amérindien soutient que le grand chef des Premiè- res Nations, M.Ovide Mercredi, qui accueillait avec enthousiasme l’entente jeudi soir, s’est fait « piéger à la douzième heure par les Wells, Bou-rassa, Rae et Mulroney » dans l’atmosphère « surchauffée » des négociations.Le porte-parole mohawk « appuie M.Mercredi ».Mais il croit que « ce qui sera difficile, ce sera de faire ratifier cette entente; aussi difficile que pour M.Bourassa de vendre à ses commettants l’accord sur le Sénat».M.Mercredi affirme que les dissidences exprimées sont fort peu nombreuses.Il soutient avoir maintenu tout au long des négociations constitutionnelles un processus dé- mocratique.Les leaders autochtones ont été consultés à chaque étape, a-t-il soutenu.En bout de ligne, laisse-t-il entendre, l’accord pourrait être soumis à l’approbation des peuples autochtones dans certaines communautés.Le premier ministre Robert Bourassa ne s’est pas formalisé de la dissidence exprimée par M.Two Rivers.« Ce n’est pas une nouvelle, dit-il.Ils ont déjà exprimé leur scepticisme à l’égard du gouvernement du Québec.» M.Bourassa ajoute que lorsque l’entente aura été ratifiée par les Québécois, il sera toujours temps « d’obtenir des garanties pour qu’elle soit respectée », dit-il.de l’être.» Le politicologue Guy Laforest, de l’Université Laval, opine : « Bourassa a obtenu des précisions sur la justiciabilité.Mais il a néanmoins abandonné au judiciaire, en dernière instance, un pouvoir de décision très important.Le judiciaire est le pouvoir le plus centralisé au pays, sur lequel les provinces ont le moins d’input.« Les autres provinces s’en accommodent parce qu’elles achètent la vision d’un Canada où l’État central joue un rôle prépondérant.Mais le Québec se place à ce chapitre dans une situation très fragile.» Une situation, ajoute M.Turp, qui témoigne d’une négociation constitutionnelle « faite à la hâte » et dont le résultat donne aux autochtones une légitimité additionnelle qui, combinée à celle acquise par le futur Sénat égal, fera inévitablement la vie dure à l’État québécois dans l’exercice du pouvoir.Ce que mettent en évidence les ententes « provisoires » sur le Sénat et les autochtones, c’est que le gouvernement Bourassa, estime M.Laforest, n’a aucune vision cohérente d’un fédéralisme compatible avec les intérêts du Québec.« On se laisse happer par une logique de négociation qui ne nous convient pas, en essayant simplement de boucher les trous ici et là.» M.Bourassa, estime-t-il, est à blâmer pour l’état de ses relations avec les autochtones du Québec.« Il négocie à la pièce, sans arriver à mettre de côté l’amertume causée par la crise d’Oka, sans parvenir à mettre de l’avant une vision intégrante des rapports entre Québec et les autochtones.» ENCAN Les Beaux Objets 1153, Mont-Royal Est coin de la Roche MARDI 25 août 1992 19h00 Succession complète Gravures, tableaux anciens, meubles de style et art déco, porcelaines, argenterie, jouets anciens, horloges, armes à feu, timbres, pièces de collection.INFO: 598-0827 Visite: lundi 24 ooût de 10h à 21 h.Le plus beau choix de mobilier et ornement pour le jardin vous est offert avec un rabais de 25% et plus.DYNBORT & MARTINEAU aménagement paysager mobilier de jardin SOLDE ANNUEL GUERIN / LIDEC numéros de télécopieurs à conserver précieusement pour la rentrée scolaire GUERIN EDITEUR ICCA (Institut Canadian das comptables agréés) 4501.rue Drolet, Montréal (Québec) H2T 2G2 télécopieur (514) 842-4923 LIBRAIRIE GUERIN UNIVERSITAIRE 335, rue Sainte-Catherine est.Montréal (Québec) H2X 3J8 télécopieur (514) 284-1849 LIBRAIRIE GUÉRIN COLLÉGIAL ET UNIVERSITAIRE 168.rue Sainte-Catherine est.Montréal (Québec) H2X 1K9 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avec I.D.Guy Taillefer BILLY TWO RIVERS peut en penser ce qu’il voudra, des politicologues et constitutionnalistes québécois sont d’avis que les autochtones ont fait des gains constitutionnels majeurs cette semaine à Ottawa.Des gains qui vont toutefois complexifier, plutôt que simplifier, les relations tendues qu’entretient le gouvernement québécois avec sa communauté mohawk.Certes, Ottawa, les provinces et Ovide Mercredi sont parvenus à une entente qui balise le droit inhérent des autochtones à l’autonomie gou-vermentale : Québec obtient la garantie que les lois des futurs gouvernements autochtones seront « compatibles » avec les siennes.Il obtient aussi, question de protéger l’intégrité de son territoire, que cette autonomie gouvernementale ne crée pas de nouveaux droits territoriaux, ce dont les Mohawks sont assurément insatisfaits.A également été intégré dans l’entente provisoire de jeudi soir un article garantissant que les initiatives législatives autochtones seront subordonnées aux responsabilités fédérales, contenues dans l’AANB, d’as- surer « la paix, l’ordre et le bon gouvernement ».Il n’en reste pas moins, soutient le constitutionnaliste Daniel Turp, de l’Université de Montréal, que la création d'un troisième ordre de gouvernement est confirmée, grâce auquel les autorités autochtones auront compétence législative dans le domaine de la culture et de l’économie.Ce qui, dit-il, ouvre la porte à une « potentialité de conflits » dans l'application des lois provinciales, fédérales et autochtones.Chaque fois, selon M.Turp, que le gouvernement québécois voudra adopter une loi, il lui faudra l'examiner « sous l’angle de son applicabilité dans les espaces où s’appliquent les droits territoriaux des autochtones».Sur la scène fédérale, Ottawa pourra toujours faire valoir sa prérogative de « bon gouvernement ».Mais les autochtones peuvent espérer — avec raison, croit le constitutionnaliste — que les tribunaux trancheront à leur avantage contre la prépondérance des lois fédérales.C’est là, justement, que le bât blesse le Québec, estime M.Turp : « Les tribunaux canadiens, et en particulier la Cour suprême, ont été le principal allié des autochtones et vont vraisemblablement continuer Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Pour comprendre le monde en mutation Études arabes Études est-asiatiques* Études italiennes Études latino-américaines Études néo-helléniques Études québécoises Études russes Renseignements : 343-7327 *343-5970 * Le casino sera implanté au Palais de la Civilisation Danny Year LE CASINO de Montréal sera implanté au Palais de la Civilisation, a appris LE DEVOIR de sources gouvernementales.Lors de sa dernière réunion, mercredi, le comité interministériel sur la localisation du casino a en effet arrêté son choix sur l’emplacement de l’Ile Notre-Dame.Au terme de discussions « difficiles », les membres du comité ont convenu, « à l’unanimité semble-t-il», ue le bâtiment de l’île Notre-Dame tait le plus sécuritaire des quatre emplacements proposés pour loger la nouvelle maison de jeux de Loto-Québec.Ce choix n’aurait d’ailleurs rien d’étonnant puisque Loto-Québec aurait toujours privilégié le Palais de la Civilisation comme emplacement de son casino.Dès le départ, l’implantation d’un casino à Montréal a été liée aux préoccupations du ministre de la Sécurité publique, Claude Ryan, concernant l’impact d’un casino sur la sécurité publique et la criminalité.Le Palais de la Civilisation serait remplacement qui y répondrait le mieux, a conclu le comité.Du même souffle, le comité a écarté le Palais des Congrès et le Stade olympique.L’autre emplacement étudie, l’aéroport de Mirabel, n’était plus dans la course depuis longtemps.Plus tôt cette semaine, le DEVOIR avait révélé que le comité interministériel avait bel et bien accepté la candidature du Manoir Richelieu pour loger le casino de Charlevoix.Avant qu’il soit remis au Conseil des ministres, le rapport complet du comité doit encore être rédigé, puis approuvé par les ministres res- ponsables du dossier, soit le ministre de la Sécurité publique, Claude Ryan, le ministre des Finances, Gérard D.Levesque, et le ministre du Tourisme, André Vallerand.Québec devra prendre la décision finale dans ce dossier.Très longue, la rencontre de mercredi a provoqué un vif débat entre les représentants du comité interministériel.Le plus difficile à convaincre, le représentant du ministère du Tourisme a maintenu jusqu’à la dernière minute que le choix de son ministre, André Vallerand, demeurait le Palais des Congrès.En bout de ligne, il s’est cependant rallié aux conclusions des autres membres du comité.Selon eux, il serait plus facile d’assurer la sécurité et la bonne tenue de l’établissement à l’île Notre-Dame puisqu'il s’agit d’un endroit à la fois isolé et facile d’accès.C’est justement parce qu’il est isolé, loin du centre-ville et des établissements hôteliers que le ministre du Tourisme a toujours rejeté le Palais de la Civilisation.Depuis sept ans, près de deux millions de personnes ont visité les expositions qui se tiennent au Palais de la Civilisation.En ce moment, l’exposition Rome, 1000 ans de civilisation connaît un succès certain.« Malgré le développement limité des îles et son faible achalandage par rapport aux autres sites consi- dérés pour l’implantation d’un casino, le Palais de la Civilisation re-.cueille de la part des touristes qué- • bécois et étrangers interrogés, sen- j siblement le même niveau d’intérêt • pour l’implantation d’un casino que j le site du Stade olympique et celui de ; Palais des Congrès », démontre un document émanant du ministère du Tourisme dont Le DEVOIR avait obtenu copie.Selon un sondage réalisé en juillet ; 1992 par Loto-Québec, 5 % des touris- • tes etrangers et 4 % des touristes québécois prolongeraient respective- ; ment de 2,5 jours et de 1,5 jour leur ; séjour à Montréal si on y retrouvait ; un casino, révèle ce même docu- ; ment.Un casino à Montréal permettra ; de retenir au Québec une partie des ; 135 millions que les Québécois qui ; jouent dépensent à l’étranger,; avance le rapport.De classe internationale, ce casino que Québec veut à l'européenne devrait entraîner des retombées de quelque 140 millions dans la région de Montréal.Il devrait créer environ 1500 emplois.^- Poumon qui respire Cigarette ^qui expire Les autochtones ont fait des gains majeurs dont le Québec pourrait faire les frais Billy Two Rivers rejette l’entente au nom des Mohawks « i 1 A-4 ¦ Le Devoir, samedi 22 août 1992 SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Rivière-des-Prairies retrouvaient tout comme nous en exil.Ça formait une populace nombreuse, déculturée, pour ne pas dire barbare : quand on ne court qu’après le manger, le finassage ne devient jamais philosophie.Voilà sans doute pourquoi je ne me rendais à l’école Dominique-Savio qu’avec cet énorme poignard à ma ceinture.Je savais en jouer, à la Davy Crockett : tous les soirs, je sautais la clôture barbelée de Boscoville et à cent pas devant ce gros orme qui me cachait de mes parents, je pratiquais mon tir, heureux quand l’énorme poignard s’enfonçait de la longueur d’un doigt dans la vieille écorce.Dès qu'à l’école Dominique-Savio, je me sentais menacé, je dégainais vite, la paix ainsi vitement achetée.Aussi n’ai-je pas eu à souffrir de mes camarades comme ce fut le cas pour l’un de mes frères qu’on obligeait à planter aux quilles de longues soirées durant pour rien de plus qu’un misérable Coke.Quand mon frère se rebellait, le pire l’attendait : on le forçait à se raser le crâne, de sorte que pendant des jours, il s’enfonçait une casquette sur la tête, honteux et terrorisé.J’aurais dû prendre sa défense mais ne l’ai jamais fait : quelqu’un qui, à 15 ans, croit que les bébés viennent ail monde en sortant d’entre les seins des femmes, comment pourrait-on lui venir en aide ?Je préférais m’éloigner de lui et faire alliance ailleurs, attiré que j’étais déjà par la dissonance.Rivière-des-Prairies n’en manquait pas à l’époque et, dans Race de monde, mon premier roman, je ne me suis pas gêné pour en rendre compte.J’y ai notamment parlé du Cardinal, le plus hurluberlu des êtres que j’ai jamais connus.Il habitait une manière de hangar désaffecté non loin de chez nous, croyait à la réincarnation, lisait Shri Aurobindo et vendait des photos pornographiques — ces femmes nues, leurs gros pubis comme fourrure, que nous achetions 0,25 $ pièce.On prétendait que le Cardinal faisait aussi de la méditation transcendentale en s’assoyant tout nu sur un bloc de glace.11 avait une amie que dans Race de monde j’ai appelée Festa, une jeune Gaspésienne qui ne s’adapta jamais à Montréal et qui finit ses jours à Saint-Jean-de-Dieu, j'imagine.Pour 0,50 $, elle nous montrait ses cuisses, ses fesses et son Mont de Vénus, et nous autorisait à lui tapoter les seins.Pendant que ça se faisait, le Cardinal riait et nous demandait : « Croyez-vous qu'on pourrait lui entrer une bouteille de bière entre les jambes ?» Je ne sais pas ce que je serais devenu si j’étais resté à Rivière-des-Prairies.Peut-être me serais-je retrouvé avec les délinquants de Boscoville ou les Mongols du Mont-Providence, ces limites de mon premier territoire d’exil.Peut-être aussi aurais-je fait comme le camarade Demers, petit poisson pégreux qui a fini ses jours dans le canal Lachine, coulé creux par le bloc de ciment attaché à ses pieds — du moins est-ce là la légende qui a longtemps couru.Ou peut-être serais-je devenu policier comme plusieurs de mes autres camarades de l’école Dominique-Savio, tant il est vrai que la démocratie n’existe que pour ceux qui, par l’argent, la dominent, mais jamais pour ceux qui n’ont que leur corps à offrir.Comment savoir maintenant ?Et pourquoi savoir ?Car même de ce premier lieu d’exil, nous fûmes expulsés, mon père pourtant honnête comme pas un accusé par le propriétaire d’avoir volé des plinthes dans son hangar.Nous déménageâmes donc encore, laissant Rivière-des-Prairies pour Mortal Mort, désert de tous les déserts.On ne survit que difficilement à deux exils, ce qui explique sans doute que je tomberai malade à Mortal Mort et, pour m’en guérir, (quelle naïveté ! ) deviendrai écrivain.Mais Rivière-des-Prairies fera toujours partie de ma souffrance car ce territoire délaissé n’a jamais été autre : oligophrènes et hydrocéphales du Mont-Providence, amas de cabanes et jeunes délinquants de Boscoville et, bientôt, l’Hôtel-Dieu de Montréal qui va s’y installer, ce qui boucle définitivement la boucle — pays de toutes les blessures d’exil.+ Mirabel née de l’ouverture des installations de Mirabel.En 1974, il y avait sept millions de passagers à Dorval, en comparaison de 10,5 millions à To-, ronto.En 1984, il y avait encore 7 millions de passagers aux aéroports de Dorval (5,6) et Mirabel (1,4), contre 14,7 millions à Toronto.En 1990, on comptait 8,9 millions de passagers à Montréal et 20,4 millions à Toronto, soit un écart de 11,5 millions, qui ne fera qu’augmenter, et même de façon dramatique, si on ne fait rien pour corriger la situation à Montréal.En plus du phénomène des correspondances difficiles, qui repoussent les compagnies aériennes vers d’autres aéroports-pivots, à Toronto, mais aussi vers les « hubs » américains, il y a Air Canada qui depuis un certain nombre d’années déménage des activités à Toronto.« Ça se fait sur le bout des pieds», constate M.Roy.Présentement, Air Canada, dit-il, veut déménager de Mirabel à Toronto son département de masse et centrage.Il s’agit d’une équipe de 60 personnes ayant la responsabilité des charges et du pétrole dans les avions, dont le pilote doit être informé pour le décollage et l’atterrissage de son appareil.« Si cela part, il y aura deux ou trois autres services qui suivront.Air Canada invoque l’argument de la synergie.Avec cette logique, il arrivera un moment où il ne restera plus rien à Montréal.Déjà, chez Air Canada, on ne parle que de Toronto et Vancouver », explique M.Roy, qui dit s’inquiéter, comme tous les autres employés montréalais d’Air Canada.L’an passé, la formation des pilotes et les simulateurs de vois prenaient la route de Toronto.La Commission d’initiative et de développement économiques de Montréal (CIDEM), note que pour Air Canada l’aéroport Pearson à Toronto est de loin sa plus importante plaque tournante avec 80 vols quotidiens et 30 vols internationaux.À Dorval, Air Canada possède 45 % des passerelles d’embarquement et sa part du trafic y est de 42 %.Elle y loue la plupart de ses locaux, en vertu d’un bail prenant fin l’an prochain.Après avoir vendu l’édifice qui logeait ses bureaux du siège social au centre-ville, ce personnel travaille dans un nouvel immeuble à Dorval.M.Serge Lebrun, économiste des transports, qui est un consultant indépendant après avoir oeuvré pendant de nombreuses années pour diverses sociétés aériennes, trouve normal que des compagnies comme Air Canada et Canadien International procèdent à un dégraissage substantiel, qui n’est pas terminé, précise-t-il.Ses préoccupations pour l’avenir de Montréal en aviation commerciale sont ailleurs : « Le gouvernement fédéral n’a pas pu articuler une politique des transports.On ne sait pas où on s’en va.Le ministre des Transports, Jean Corbeil, manifeste une ambiguïté permanente, en se disant en faveur d’une fusion des deux compagnies, mais contre un monopole.» « Mais, insiste-t-il, les coupures de dépenses et de personnel à Air Canada et Canadien International ne sont pas le problème de fond.» Comme le montrent les statistiques, il soutient que « le glissement vers Toronto s’est accéléré avec l’arrivée de Mirabel ».Bien sûr, le bassin démographique des ethnies de la région de Toronto a joué, mais ce facteur, selon lui, ne compte pas pour plus de 7 ou 8 % par année de ce phénomène.Pour les routes de l’Atlantique-Nord, Montréal était un pivot intéressant, alors que les Américains interdisaient aux Européens de faire la navette dans plus d’une ville de leur pays.« Avec Mirabel, poursuit cet expert, on a enlevé la possibilité de faire transiter les passagers par Montréal, à cause évidemment du problème Dorval-Mirabel (autobus, bagages, délais, etc.).» Selon M.Lebrun, si la coalition veut redonner cette possibilité à Montréal, il lui faut recommander de ramener tout le trafic de passagers à Dorval, qui peut absorber les activités de transport outre-mer actuellement à Mirabel.Il mentionne par ailleurs que Aéroports de Montréal, loueur à long terme des deux aéroports, peut prendre une telle décision et non pas s’en remettre aux autorités politiques à Ottawa.Mais que deviendrait Mirabel ?Cet aéroport pourrait servir à l’industrie aéronautique, puisque Bell Helicopter et Bombardier y sont déjà présents et il pourrait développer une spécialité pour le cargo.M.Lebrun écarte l’idée d’un train très rapide entre Dorval et Mirabel, parce que cela serait très coûteux et que même avec un excellent service, les passagers pour les vols interna- tionaux ne seraient pas intéressés à ce déplacement.Pour ce qui est d’une fusion Air Canada et Canadien International, M.Lebrun est d’accord.Cette nouvelle compagnie fusionnée, fait-il valoir, serait un peu plus grande qu’Air France et un peu plus petite que British Airways, soit d’une taille égale à celle de Lufthansa, ce qui veut dire qu’il resterait au Canada une société aérienne nationale d’une force respectable.Il considère que ceux qui veulent une alliance entre PWA et American Airlines ne font que le jeu des actionnaires de PWA.M.Jacques Roy, professeur à l’U-QAM, a des opinions un peu plus nuancées, tout en croyant lui aussi qu’il faut revoir la vocation des deux aéroports.Mais, il n’est pas convaincu que la concentration à Dorval de tout le trafic des passagers donnerait une dimension de grand pivot à cet aéroport, qui pourrait se voir confier un rôle d’appui régional à Toronto.Il n’est pas non plus tout à fait rassuré sur le bien-fondé d’une navette rapide Dorval-Mirabel.Mais, comme tous les autres, M.Roy pense que le temps est venu de faire le point sur la question de l’aviation à Montréal.+ Un référendum tour de la perception qu’un tel exercice pourrait bien être devenu incontournable.Ainsi : — Il y aura de toute façon au moins deux référendums provinciaux en plus de celui du Québec, à savoir en Alberta et en Colombie-Britannique.De plus, hier, le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Ovide Mercredi, a entrouvert la porte à une consultation des peuples autochtones.« Tous les autochtones auront éventuellement l’occasion de se prononcer », a-t-il promis publiquement.Avec des sondages qui indiquent qu’une majorité importante de Canadiens entendent être consultés sur tout nouveau projet constitutionnel, les conseillers des gouvernements se demandent si la pression en vue de multiplier les consultations ne deviendra pas irrésistible.— Une campagne référendaire pancanadienne aurait pour effet de lier encore davantage les premiers ministres associés à l’entente.Contrairement au projet original du gouvernement fédéral, qui l’aurait vu partir en campagne sur une proposition de son cru, avec au mieux l’appui d’une poignée de provinces, un référendum sur une entente à onze deviendrait un exercice collectif impliquant une bonne partie de la classe politique canadienne.— Un référendum pancanadien rapide tuerait dans l’oeuf le genre de mouvement d’opposition populiste qui a été pour beaucoup dans l’échec du lac Meech.Dans l’Ouest, le Reform Party n’a pas attendu 24 heures pour partir en campagne contre les accords intervenus sur le Sénat.Escamoter un référendum devant une telle opposition serait susceptible, craint-on, de rendre l’entente encore plus suspecte.— Enfin, sur le plan strictement fédéral, le parti libéral est susceptible de se faire la voix de ceux qui tiennent mordicus à une consultation référendaire.Un cheval de bataille populaire que conservateurs et néodémocrates ne sont pas nécessairement prêts à laisser Jean Chrétien enfourcher à la veille d’un scrutin fédéral.Mais même avec un accord largement appuyé par les premiers ministres, la voie d’un référendum pancanadien est toujours truffée d’embûches.Sur le plan pratique, il n’y a par exemple aucune assurance que toutes les dispositions d’un accord constitutionnel feront l’unanimité.Dans un tel cas, on se demande quel rôle exactement joueraient les premiers ministres qui ne sont pas partie prenante de l’ensemble de l’entente.Robert Bourassa voudra-t-il, de son côté, proposer aux Québécois un projet constitutionnel sans garanties de ce qu’il passera la rampe du reste du Canada ou même faire campagne aux côtés d’Ottawa dans un tel référendum.Et si certains imaginent comme un couronnement une opération référendaire, décrite comme une formalité par certains conseillers, d’autres prédisent que les gouvernements pourraient bien devoir mobiliser toutes leurs énergies politiques pour faire passer le résultat de leurs discussions de cette semaine.En Alberta et en Colombie-Britannique, une partie de l’opinion publique est en effet déjà sur les barricades depuis l’annonce des accords relatifs au Sénat.Et toute cette semaine, les stratèges fédéraux ont pu observer un phénomène qui pourrait être précurseur des difficultés d’un référendum pancanadien.Jusqu’à présent, les éléments d’ententes qui ont des chances d’être bien vus au Québec provoquent un tollé proportionnel dans l’Ouest.+ Bourassa que la Reine et la dette et ce n’est pas ce que j’avais en tête », a ironisé dans la même veine le premier ministre Mulroney au cours de sa conférence de presse hier soir.Au bout du compte, le Québec a dû se contenter d’un engagement à négocier un « cadre » pour gouverner l’exercice du pouvoir fédéral de dépenser dans ses sphères de compétence exclusive.« Ce ne serait pas juste de dire que le Québec en a eu moins qu’il demandait, a cependant affirmé Brian Mulroney hier soir.Le Québec a eu ce que les autres provinces ont eu.» Selon l’entente reconfirmée hier soir, deux secteurs seraient donc ajoutés à la liste des compétences exclusives des provinces, à savoir la culture et la formation de la main-d’oeuvre.Le gouvernement fédéral garde cependant la responsabilité des programmes culturels nationaux et celle de l’assurance-chômage.Le gouvernement fédéral s’engage également à se retirer de six champs de compétence provinciale qu’il occupait par le biais de son pouvoir de dépenser, à savoir les mines, les forêts, le tourisme, le logement, les affaires municipales et les .loisirs.Les provinces intéressées pourront négocier des ententes pour prendre la maitrise-d’oeuvre du développement régional.Les arrangements entre Québec et Ottawa en matière d’immigration sont constitutionals.Enfin, la disposition de l’accord du lac Meech qui permettait aux provinces de se retirer, avec pleine compensation financière de futurs programmes nationaux touchant leurs compétences exclusives a été ressuscitée.À tout cela, un seul autre engagement a été arraché hier par le Québec, celui d’harmoniser les activités règlementaires des deux paliers de gouvernement en matière de télécommunications.Selon tous les témoignages, les discussions d’hier ont occasionné les débats les plus acrimonieux de la semaine.« A cette heure-ci, a révélé un officiel d’une délégation provinciale à peine une demi-heure avant la fin de la rencontre, je ne connais pas un seul premier ministre qui n’est pas en colère».Des sources au sein de plusieurs délégations ont fait état par ailleurs de divergences profondes et de tensions visibles à l’intérieur de la délégation du Québec.Chose certaine, pour l’équipe Bourassa, la tournure des événements d’hier constitue un revers important.Plus tôt cette semaine, le Québec avait réussi à faire modifier des sections importantes des accords intervenus sans lui sur les droits autochtones et le Sénat.Mais sur le chapitre le plus central à ses revendications, le consensus des autres provinces s’est avéré immuable.De leur côté, de façon générale, les représentants des autres provinces affichaient une certaine satisfaction face aux résultats des discussions.Le premier ministre Gary Fil-mon du Manitoba explique ainsi que tous les éléments d’un gouvernement central fort ont été préservés.« Les balises au pouvoir fédéral de dépenser sont mineures, constate-t-il.Et nous n’avons vraiment rien changé aux accords du 7 juillet.» Ce matin, les premiers ministres se rencontreront de nouveau pour conclure, espèrent-ils, la ronde des discussions en cours.Deux sujets, soit un projet d’union économique canadienne et une clause « Canada » énonçant les caractérisques fondamentales du pays, sont à l’ordre du jour.En plus du partage des compétences, les premiers ministres ont conclu plus tôt cette semaine des accords de principe sur les droits autochtones et la réforme du Sénat.+ Oka Le porte-parole de la SQ présent aux réunions, M.Jean-Pierre Ga-riépy, adjoint au commandant du district de Montréal, s’est engagé à mener des consultations à ce propos auprès de la population mohawke et non-autochtone.Quant à la demande de confier la surveillance de l’ensemble du territoire de Kanesatake à un groupe relevant du conseil de bande, M.Ryan a refusé mais a promis de voir quelles tâches nara-policières pourraient être confiées à des autochtones.« Il ne peut y avoir deux corps policiers exerçant les mêmes fonctions sur un même territoire », a-t-il indiqué.M.Ryan a expliqué les tensions de la veille par une « chaîne de réactions ».Il a qualifié de « particulièrement préoccupant » le meeting de jeudi soir au cours duquel les Mohawks ont exprimé leur intention d’« instituer des barricades ».Les policiers ayant eu vent de ce projet sont arrivés nombreux, ce qui a entraîné le blocage d’une route aux deux extrémités, a-t-il expliqué.En réaction aux décisions du ministre Ryan, M.Peltier a lancé qu'il n’était pas facile de faire affaire avec le Québec et que les premiers ministres des autres provinces canadiennes étaient en train de l’expérimenter.Il a toutefois promis de consulter les gens de sa communauté et a conclu : « Aussi longtemps qu’il y a des négociations, c’est qu’il y a des progrès ».M.Peltier a finalement exprimé le souhait que le calme règne au cours du week-end et au cours des prochains jours.Interrogés à leur entrée au Centre sportif de Saint-Eustache, tous les principaux intéressés ont cependant tenu à minimiser la portée des événements survenus au cours de la nuit précédente.Seul le chef du conseil de bande de Kanesatake, Jerry Peltier, s’est montré quelque peu mordant.« Il est difficile d’obtenir la paix lorsqu'on est confronté à des provocations continuelles », a-t-il lancé, faisant allusion à la présence policière et aux altercations qui se sont récemment multipliées.« La SQ nous avait assurés qu’elle ne patrouillerait pas dans certains secteurs névralgiques.Mais elle n’a pas tenu ses promesses.» M.Peltier s’est d’autre part félicité de ce qu’un « bain de sang » ait été évité.À cet égard, M.Mercredi a donné crédit au chef mohawk, qui « a assumé son leadership et est intervenu rapidement pour empêcher l’escalade (de la violence) ».Le chef national des Premières Nations s’est dit « préoccupé » par la situation et désireux d’« établir une relation avec les autorités provinciales, une relation qui assure la paix à long terme, qui soit constructive et qui puisse être mise en oeuvre immédiatement.» M.Mercredi a de plus affirmé que les incidents de Kanesatake « n’avaient strictement rien à voir avec la Constitution ».Certains chefs amérindiens ont critiqué l’entente conclue la veille.De son côté, le ministre Ryan a assuré que la situation n’était « pas aussi explosive que certains ont pu le prétendre.On parle des barricades qui ont été érigées au cours de la nuit, mais personnellement, je préfère retenir qu’elles n’étaient plus là ce matin (hier).» Il a admis être « préoccupé, mais pas indûment inquiet » devant ces nouveaux indices de violence larvée dans la région.Pour sa part, M.Sirros a indiqué que les événements ne se comparaient en rien à ceux de 1990 tout en précisant que « le dossier autochtone est complexe et étendu.Il faut se garder d’accuser à tort et à travers toutes sortes de monde.Mais ce qui est clair, c’est que nous devons maintenant faire en sorte que les relations (entre Mohawks et policiers) se déroulent dans un cadre qui soit beaucoup plus ordonné que celui que nous avons connu jusqu’à maintenant.» Sans donner plus de détails, le ministre s’est dit d’avis que toute entente « devait comprendre l’attribution de certaines responsabilités aux autochtones ».La rencontre d’hier faisait suite au barrage par les Mohawks, au milieu de la nuit de jeudi à vendredi, de deux accès à la pinède du village d’Oka.Les incidents ont débuté vers 23 h, avant-hier, après la tenue d’une assemblée publique sur la question, lors de laquelle 300 Mohawks.s’é-taient réunis.Devant les attroupements qui ont suivi, une centaine de policiers de la SQ ont été dépêchés sur les lieux.L’arrivée de renforts s’inscrivait dans la foulée des intentions déclarées des autochtones d’ériger des guérites afin de contrôler l’accès au territoire revendiqué par les Mohawks, comme cela se fait à Kah nawake.L’a tension fut élevée, mais on n’a déploré aucun accrochage physique entre les manifestants et les forces policières.Vers quatre heures du matin, tout était rentré dans l’ordre.Mais de nouveaux incidents demeurant possibles, la rencontre d’hier soir fut convoquée.+ Arguments pitre des compétences.Aux questions posées sur les gains du Québec en matière de pouvoirs, il répondait par une allusion au droit de veto « récupéré » sur les institutions fédérales et la garantie de trois juges québécois à la Cour suprême.Comment va-t-il défendre cet accord devant ses militants ?« Je vais leur dire : regardez les faits.Voyez ce que nous avons obtenu.Ce que nous obtenons avec l’accord du lac Meech.Et que si on refuse ça, on refuse une demi-douzaine de droits de veto pour notre avenir», dit-iL Il dut convenir qu’aucun accord n’était encore conclu sur le pouvoir fédéral de dépenser dans les sphères de compétence provinciale, ce que M.Bourassa présente lui-même comme « l’élément le plus important » du programme de son parti, le rapport Allaire.« Aujourd’hui, sans arriver à une solution satisfaisante, on a pris l’engagement d’arriver à une formule qui convienne de part et d’autre », dit-il.Les négociations à ce sujet ne sont pas terminées.Les premiers ministres sont toujours à la recherche de « textes juridiques », a-t-il répété.Il s’en remet à « la volonté » de circonscrire l’intervention fédérale çt exprime « l’espoir » d’une solution satisfaisante.Toute la journée, hier, différentes formulations ont été échangées.Lie matin, M.Bourassa avait reçu un accueil glacial à ce sujet à la table, il heurtait de front les petites provinces pour qui le pouvoir fédéral de dépenser est la garantie d’une redistribution des richesses et d’une répartition relativement uniforme des services.M.Bourassa ne pouvait pas non plus se réjouir de gains qu’il aurait pu obtenir sur la mécanique de transfert de pouvoirs entre Ottawa et les provinces.Les mécanismes mis de l’avant dans le rapport Beau-doin-Dobbie, essentiellement les mêmes reproduits dans l’accord du;7 juillet, lui avait fait dire qu’il s’agit de fédéralisme dominateur.« Il y a là des principes, dit-il hier, pas des textes juridiques.On ne peut pas conclure sur l'infériorité ou la supériorité d’un pouvoir ».« C’est inégal».Son prix de consolation, c’est le transfert convenu de la compétence sur la main-d’oeuvre, moins l’assù-rance-chômage, un item sur lequel les autres provinces s’étaient déjù mises d’accord le 7 juillet.Il eri à arlé trois fois, répétant que le Qué-ec recevrait la responsabilité dfe fonds d’un milliard et quelque 4000 fonctionnaires, en vertu d’un accord à être négocié, et qui aurait fort bien pu l’être en l’absence de cette ronde constitutuionnelle.Le sujet était déjà sur le tapis avant même l’échec de l’accord du lac Meech.V M.Bourassa fit lui-même la preuve par l’absurde qu’il n’a pas besoin d’un chambardement de la Constitution pour conclure ce genre d’accord en rappelant celui intervenu entre Québec et Ottawa, l’an dernier, qui concède au Québec des pouvoirs accrus en immigration.; Sa déception était visible.Il avait perdu le pari et sa stratégie n’avait pas produit tous les résultats auxquels il s’attendait.« C’est inférieur au programme du Parti libéral », a-t-il constaté, saluant ces quelques « progrès réels ».Mais M.Bourassa a gardé la porte ouverte à une volte-face.« Il est trop tôt pour conclure de manière définitive », dit-il en rappelant que l’entente « doit être soumise au conseil des ministres et à la commission parlementaire » chargée d’évaluer les offres canadiennes.22 août par ta PC et VAP 1991: Mikhaïl Gorbatchev rentre au Kremlin après avoir été retenu prisonnier par les putschistes; le gouvernement du Québec décide de retarder d’un an le projet Grande-Baleine; la Cour suprême du Canada casse une disposition de la loi interdisant ainsi à un accusé d’agression sexuelle d’évoquer, pour sa défense, le comportement sexuel passé d’une victime.1990: Robert Bourassa et Jacques Parizeau s'entendent pour donner une direction bicéphale à la commission parlementaire élargie sur l’avenir du Québec, en confiant la présidence à Michel Bélanger et Jean Campeau.1985: un avion britannique s’écrase au décollage à Manchester: 55 morts.1984: plus de cent mille personnes manifestent à New Delhi contre la 1 politique dictatoriale de Mme Indira Gandhi, premier ministre indien.> 1978: le président kenyan Jomo Kenyatta meurt à l'âge de 80 ans.1972: la Rhodésie est invitée à se • retirer des 20es Jeux olympiques, > en raison de sa politique raciale.> 1962: le général de Gaulle échappe • à un attentat au Pelit-Clamart, dans la banlieue de Paris.Hydro-Québec présent a festival dcLi^se Du 29 septembre au lO octobre 1992 ^Montréal est i la pointe de la danse! 0 Vertigo Danse La La La Human Steps Compagnie Marie Chouinard Montréal Danse.Le Carré des Lombes.Jocelyne Montpetit.Lynda Gaudreau.Jane Mappm/William Douglas ot aussi d'autros gronda spoctaclos : • Le Ballet National du Canada (William Forsythe, John Alleyne) Trisha Brown Company, des États-Unis Laurie Booth and Company, de Grande-Bretagne Astrakan (Daniel Larrieu).de France Profitez dès maintenant des forfaits offerts par le festival et épargnez jusqu’à 40V Forfait A spoctaclos 20% de réduction à l'achat de billets pour 4 spectacles différents et plus BANQUE SArlo NATIONALE Plus 120 S 5 spectacles à la Place des Arts : 0 Vertigo Danse, La La La Human Steps, Compagnie Marie Chouinard, Le Ballet National du Canada, Trisha Brown Company Série Banquo Nationale 95 $ 4 spectacles à la Place des Arts (excluant La La La Human Steps) Sôrlo complète Hydro-Québec 285 S 17 spectacles pour les fous de danse! •vente en quantité limitée Pri» incluant tares et redevances, sauf pour le forfait 4 spectacles.Info-Danse (514) 525-1581 Billetterie centrale : Agora de la Danse 840, rue Cherrier, Métro Sherbrooke autobus 24 Place des Arts, UQAM-Marie Gérin-Lajoie Agora de la Danse, Musée d'art contemporain Complexe Desjardins (£) P
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