Le devoir, 29 août 1992, Cahier B
Le Devoir, samedi 29 août 1992 BÜHÜBW—I JafW* > Baie-Saint-Paul 92 Pour qui l’art d’aujourd’hui ?Travaillant depuis déjà 15 jours sous les yeux curieux du public, les artistes du Symposium âe la jeune peinture de Baie-Saint-Paul en sont maintenant à mi-chemin de leur oeuvre.Ici, Baruj Salinas, de Cuba, complète une peinture qui n’a que les apparences de l’informel.Jean Dumont LA TÂCHE DE rendre compte d'un événement plébiscité, année après année, par la foule des visiteurs, encore plus s’il s’agit d’une manifestation d’art visuel, est compliquée, autant par la diversité des approches possibles que par la variété des groupes de population susceptibles d’être intéressés par l’événement.Le Centre d’art de Baie-Saint-Paul, dirigé par Françoise Labbé, fête cette année ses 10 ans d’activité en même temps que l'inauguration de son tout nouveau musée en plein coeur de la perle de Charlevoix.Plus de 40 000 visiteurs ont défilé l’an dernier au Symposium de la jeune peinture 91, si j’en juge par l’achalandage et les réactions favorables des visiteurs à mi-course de celui de cette année, le Symposium de la jeune peinture 92 ne décevra ni ses organisateurs ni ses visiteurs.La formule du Symposium est maintenant parfaitement rodée.Chaque année, les organisateurs invitent, pour une durée d’un mois, une .quinzaine d’artistes à produire chacun une oeuvre de grand format sur Un thème donné.L’an dernier c’était celui de la « Trace », cette année c’est le thème de « Terre-Terre », qui s’accorde aussi bien aux célébrations du 500e anniversaire de la fameuse « découverte » de l’Amérique, qu’aux préoccupations environnementales incontournables en cette fin de millénaire.Les artistes sont réunis dans l’Aréna de la municipalité.Ils y oeuvrent tout le jour et, chaque après-midi, les membres du public y sont admis librement, ayant tout loisir d’observer les artistes au travail, de visionner divers documents photographiques ou vidéographiques sur leurs démarches, d’assister à des conférences et de participer à des colloques sur des sujets pertinents à l’art d’aujourd’hui, de bavarder personnellement avec les créateurs ou de bénéficier des commentaires de l’équipe d’animateurs mis à leur disposition.Demander à des artistes, individualistes par définition, non seulement de produire en public et donc, d’une certaine façon de dévoiler ce qu’ils considèrent être leur moi le plus intime, mais encore de vivre en commun pendant un mois, n’est certes pas une mince exigence.Leurs conditions matérielles d’existence ont été cette année grandement améliorées.Ils disposent chacun d’une chambre individuelle dans une grande et confortable maison.Un généreux commanditaire de la ville assure à chacun d’eux la libre disposition d’une bicyclette pour la duree de leur séjour, facilitant ainsi le bénéfice de quelques instants d’une solitude indispensable.L’exposition inaugurale du nouveau musée témoigne de la vitalité des symposiums précédents.On y relève les noms de participants dont on peut voir aujourd’hui couramment les oeuvres dans nos bonnes galeries de Montréal ou de Québec.Les Christiane Ainsley, Nycol Beaulieu, Laurence Cardinal, Michèle Drouin, Jacques Leclaire, Serge Lemoyne, Lauréat Marois, Denis pellerin, Louise Prescott, Lili Richard, Dominique Sarrazin, Michel Saulnier, et bien d’autres.Est-ce à cause de cette brochette de noms considérés comme les représentants de la peinture d’aujourd’hui ?Est-ce parce que la jeune peinture est en train d’évoluer ?Est-ce parce que le choix des participants de cette année est plus proche de certaines préoccupations des organisateurs du symposium ?Je ne sais, mais la sélection de cette année me paraît témoigner d’énormes différences dans la qualité de l’art présenté, même si le fait que les productions des artistes n’en sont qu’à mi-course, rend naturellement impossible une évaluation définitive.Je m’empresse de dire qu’il s’agit là d’un point de vue personnel qui ne met nullement en cause l’intérêt majeur de cet événement pour le public en général.Pour ce dernier, et pour la justification du symposium, la possibilité d’échange avec un artiste au travail, la familiarisation avec des techniques ignorées, l’ouverture sur des préoccupations, des rêves, des façons de sentir et de penser qui ne font pas partie de la vie quotidienne, seront toujours beaucoup plus importantes que le jugement porté sur celles-ci par un milieu spécialisé, qui les inscrit dans une histoire et dans une évolution comportant nombre de données souvent ignorées du pubüc habituel, ce qui n’enlève d’ailleurs aucune légitimité à ce jugement.Pour rester au niveau des généralités, il est possible que mon apparence de malaise soit née d’un certain nombre de notions ambiguës semblant flotter dans l’ambiance de l’événement: idées glanées dans les papiers promotionnels, dans des mots entendus lors de conférences ou de colloques, dans des phrases Voir page B-2: Baie-Saint-Paul LES A TRI DES Le Soleil le sang, la mort et la vie C’est le grand événement de Tannée théâtrale.La compagnie d’Ariane Mnouchkine, le Théâtre du Soleil, est à Montréal pour jouer la tétralogie des « Atrides».C’est la première fois que la troupe vient jouer au Canada.Invitée parle Festival de théâtre des Amériques et le comité des Fêtes du 350e anniversaire de Montréal, le Théâtre du Soleil, fondé en 1964 et célèbre à travers l’Europe, s’installe pour trois semaines à l’Aréna Maurice-Richard pour donner Iphigénie à Aulisd’Euripide, Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides d’Eschyle.A vant de se rendre à New York pour s’installer du 1er au 11 octobre au Brooklyn Academy of Music.Robert Lévesque a vu la version intégrale de l’ouvrage à la Cartoucherie de Vincennes.Robert Lévesque DES MILLIERS de tragédies jouées dans les théâtres de la Grèce antique il ne reste plus aujourd’hui qu’une quarantaine de Voir page B-2: Atrides Lise Bissonnette se fait romancière PHOTO NORMAND BLOUIN Lise Bissonnette 0jm Stéphane Baillargeon Dans ses articles, les qualités de l’écrivaine ont constamment débordé les intentions de la journaliste.Au déplaisir de certains, dont René Lévesque, qui selon la rumeur, répétait qu’« elle s’écoutait écrire ».Comme un reproche de pêcher par le style, de meler l’esthétique à la critique, de pousser quelques pointes du coté du durable dans des textes tout entier consacrés à l’éphémère.D’autres, innombrables — mais sûrement moins concernés par son habitude à manier le sarcasme comme un pinceau — admirateurs de ses éditoriaux fleuves, truffés de trouvailles linguistiques et d’expressions anthologisa-bles, souhaitaient, au contraire, qu’enfin la dame se laisse emporter par sa plume enchantée, s’abandonne à l’écriture, la « vraie », celle qui résiste à l’épreuve du temps.La chose est donc faite : Lise Bissonnette lance cette semaine son premier roman, Marie suivait l'été, qui parait en coédition chez Boréal et au Seuil.111 pages bien tassées d’une merveilleuse prose poétique sur son Abitibi natale.Le temps pour la jeune Marie de rencontrer des personnages qui marqueront son destin, la serveuse Corinne, une femme libre et sauvage, l’émigré Er-vant venu de son Europe millénaire dans ce « pays-prison qui traîne ses rochers comme des boulets », où a rien n’arrive que des égratignu-res », « entre les pousses de bleuets stérilisés par la racine, et les débris de cellophane, et les mégots, et les déchirures d’un journal, jaune ».- L’idée d’écrire un roman, l’éditorialiste avoue la traîner « comme bien des journalistes, depuis très longtemps.» Dès l’entrée dans ce métier — dans son cas, comme en entre en religion — puisque dans ses souvenirs des années soixante, des phantasmes de littérature colorent les premières activités journalistiques, au Quartier-Latin de l’Umver-sjté de Montréal.« Je me sentais aussi proche de publications comme la Nouvelle Barre du Jour.Je les fréquentais en marginale, mais j’envisageais déjà, moi aussi, d’écrire « autre chose».À la longue, le journalisme l’a en quelque sorte happée.Entrée au Devoir en 1974, elle dit n’avoir jamais trouvé le temps de se consacrer à ses ambitions romanesques.Marie suivait l'été est le fruit de cinq semaines de discipline additionnées à des années de nonchalance.Des années à coucher sur papier des phrases éparses et une première ré-écriture du début de l’ouvrage autour de 1985.« C’était littéraire, mais pas très lisible, beaucoup trop hermétique.Sans aimer l’écriture formaliste, je m’étais laissée marquer par ce style où il est facile et réconfortant de ne pas se livrer.» Puis, avec son retour au Devoir en 1990, la prise de conscience qu’il fallait baliser ses ambitions.« Je venais de passer quatre années de pigiste, avec des horaires flexibles et je n’avais pas touché au roman.En juillet 91, j’ai pris des vacances à Montréal et j’ai écrit de 9 h à midi, tous les jours.» D’abord une semaine pour la nouvelle Robe, publiée l’été dernier dans nos pages, « un souvenir autobiographique trafiqué ».Le reste du temps consacré au roman, qui sera travaillé pendant les vacances des Fêtes et achevé ce printemps, en Floride.On a l’impression que de l’encre lui coule dans les veines et pourtant Lise Bissonnette avoue ne pas aimer écrire.« Je suis extrêmement consciente de l’exigence de cette discipline.» Pour ses articles, elle dit savourer « le moment d’avant », quand le texte s’organise en elle, avec le plan de route.Pour le roman, elle est allée à l’aventure.« Je me suis juré que le prochain me conduirait un peu moins par lui-même.» Ce prochain livre s’intéressera au milieu de la critique.« Un truc assez étrange, un peu fou, pour qu’on ne pense pas que c’est un roman à clé.J’ai beaucoup observé, j’ai vécu pleins de faits cocasses et je suis en train de les greffer à une histoire insolite.» Elle sait qu’on l’attend déjà au tournant.La barre est haute.Jean Barbe et Nathalie Petrowski ont goûté à la médecine de la brique et du fanal.« Les lecteurs s’attendent à ce que ce soit bon : ils ne veulent pas une oeuvre de jeunesse, même si c’est mon premier roman.(.) Je suis préparée à subir les feux de la critique, qui est nécessaire.Je vais essayer de faire la part des choses, même si une mauvaise presse me ferait beaucoup plus de peine que des reproches adressés a mes éditoriaux.» D’autres grands du Devoir l’ont récédée sur cette voie semée d’em-ûches.André Laurendeau, plus doué pour l’essai incisif que pour le roman ou le théâtre, Jean-Louis Roy avec un recueil de poèmes.Mais aucun éditorialiste ou directeur du journal n’a publié de roman alors qu’il était en poste.Lise Bissonnette a bien conscience de jouer avec le feu.Par exemple avec une ponctuation fantaisiste et des passages un peu « osés ».« Je ne suis pas pour une écriture trop linéaire, à l’ancienne, ni trop hermétique, ni pour des propos gratuits.Mais à mon avis il faut sentir que le produit est de son siècle.(.) Reste que les gens ont l’habitude de me voir commenter la constitution plutôt que d’écrire des passages de vie à saveur érotique.» C’est une chose de rapporter l’événement, débattre objectivement du dernier scandale, vilipender les arcanes d’un projet de loi.C’en est une autre de s’exposer soi-même, de révéler ce qui est enfoui au plus profond de soi.« C’est pas pareil, évidemment, même si j’ai déjà assumé des sentiments plus personnels dans mes chroniques des années 1980.Je me suis décidé à y aller, à plonger tête première.Je franchis le Rubicon et advienne que pourra.» Finalement, pour elle, le vrai test, les commentaires qui comptent vont surtout venir des proches, de ceux qui connaissent l’univers qu’elle décrit, l’Abitibi-Témiscamingue de sa jeunesse.Marie suivait Tété, n’a pourtant rien de biographique.« C’est une oeuvre de fiction, un récit.Marie, ce n’est pas moi.» Lise Bissonnette apparait sous d’autres traits dans son livre, à New York, dans un ascenseur où l’héroïne croise « une jeune femme à lunettes à l’accent français », « une sous-locataire de passage », au 135 de la 39e avenue, où la directrice a séjourné en 1980-81.L’écrivain Jacques Godbout lui a rappelé que dans un roman soit l’histoire est fausse et tous les détails sont vrais, soit les détails sont faux et l’histoire est vraie.« Je n’ai pas hésité une seconde : dans mon cas, mes souvenirs personnels alimentent certains détails mais tout le reste est inventé.J’ai adopté un style littéraire, mais j’ai travaillé en journaliste.» L’Abitibi du roman rappelle celle d’une de ses chroniques de juillet 1986, ce « greffon insolite, dérangeant le Québec dans sa trajectoire, le grain de sable de son histoire », comme elle l’écrivait dans son re-ceuil La passion du présent.* C’est ma continuité dans ma façon de voir cette partie du pays.J’ai voulu créer un climat géographique, physique, mais aussi rappeler une part de notre existence que les Québécois me semblent avoir très mal intégrée.On voit ça comme un Far-West superficiel, peuplé de danseuses nues, alors qu’il y a là une sorte de rencontre des mondes, un pays de nomades.» L’Abitibi de Marie suivait Tété, c’est un monde de prolétaires déracinés, un paysage aride où les maisons ont trente ans d’âge, c’est l’Amérique en nous et le monde des « autres », une église russe ortho- doxe, des Polonais et des Italiens, loin de Charlevoix et des pêcheurs, à mille lieux des fantasmes d’homogénéité culturelle et de l’imaginaire nationaleux des années soixante et soixante-dix.« Je n’ai jamais brandi de drapeau de ma vie et je me suis toujours senti mal à l’aise dans le militantisme nationaliste ou autre.J’ai toujours été sensible au côté non-homogène des choses et j’ai voulu en témoigner dans ce roman.Le Nord-Ouest québécois a vécu encore plus intensément que toutes les autres régions cette impureté prophétique qui me plait et me fascine.» « Les lecteurs s’attendent à ce que ce soit bon : ils ne veulent pas une oeuvre de jeunesse, même si c’est mon premier roman.Je suis préparée à subir les feux de la critique, qui est nécessaire.Je vais essayer de faire la part des choses, même si une mauvaise presse me ferait beaucoup plus de peine que des reproches adressés à mes éditoriaux.» ' FESTIVAL DE TROIS 3 LUNDI 31 août SOIRÉE AUTOUR D’ANNE-MARIE ALONZO LES MUSES de/et avec Pauline Julien ainsi que GAU A QU’ELLE NOMMAIT AMOUR 6e Anne-Marie Alonzo dans une adaptation scénique et une mise en lecture de France Castel avec France Castel et Monique Richard • Apparition de Germaine Dugas Mytho-maquillages de Mikie Hamilton • Photographies de Jean-Guy Thibodeau • Musique de Kathleen Dyson BILLETS LIMITÉS Animatrice: Germaine Dugas Sous la présidence d’honneur de madame Lise Bacon, députée de Chomedey, vice-première ministre et ministre de l’Énergie et des Ressources .> i ¦—.il .c — ii .i ¦ .i - TOUS LES LUNDIS DE JUILLET ET AOÛT A 20 HEURES RÉSERVATIONS: (514) 662-4442 PRIX D’ENTRÉE: 10,50$ LIEU: Maison des Arts de Laval 1395, boul.de la Concorde ouest.Laval Autobus Laval Henri-Bourassa # 35 - # 40 - # 42 RENSEIGNEMENTS: (514) 663-4028 E3 a Hydro Québec „ _ _ .Mobilité B-2p Le Devoir, samedi 29 août 1992 le cahier du lies Atrides de Mnouchkine Q Iphigénie à Aulis ; p Agamemnon O'Les Choéphores ¦OLes Euménides T * Le choeur des Atrides, formé des comédiens et des comédiennes du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine.Dans la tétralogie qu’elle réunit avec une pièce d’Euripide et trois pièces d’Eschyle,: Mnouchkine redonne au choeur de ces tragédies grecques toute son importance.Il accompagne constamment l’action, la commente, dans une chorégraphie remarquable.Treize comédiens en font partie, dont Catherine Schaub dans le rôle du Choryphée.+ Atrides textes, grands rescapés d’un naufrage de la mémoire, échappés à l’oubli; des oeuvres qui ont traversé le temps, morcelées, incomplètes, traduites, trahies, adaptées, retraduites et remodelées au gré des hellénistes et des modes théâtrales, au fil des siècles.Dans ce lot précieux qu’Ariane Mnouchkine appelle « la pointe de l’iceberg d’un esprit », il y a sept des 90 drames d’Eschyle, et 18 des 92 laissés par Euripide.La plus ancienne de ces tragédies conservées est d’Eschyle, Les Perses, écrite en 472 avant l’ère chrétienne; la plus récente, la dernière, est YOedipe à Colone de Sophocle qui date de 401 av.J.-C.Dans cette matière fondatrice du théâtre, les Grecs ont élaboré, au coeur d’une famille tragique exemplaire, que ce soit en soutien de l’idéologie de l’état ou en miroir à la réflexion politique, les rapports que l’individu entretient avec la famille, et avec la cité.Rien n’est plus actuel dans notre siècle de guerres, quand on relit les Grecs anciens."La première qualité du travail que AFiane Mnouchkine a mené avec Les Atrides, cette splendide « tétralogie » qu’elle organise en faisant précéder ;lp5 trois pièces de L’Orestie d’Eschyle (Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides) par une des pièces d'Euripide (Iphigénie à Aulis), afin de tracer depuis le début la chronologie d’une série de sacrifices, meurtres et vengeances qui marque Thistoire de la famille d’Atrée, est justement ce tracé clair, cet ensemble en quatuor où elle réunit Euri-ipiide à Eschyle avec une maestria sans excès, sans démagogie, sans ;complexe, dans un grand mouvement de danse et de musique, donnant à l'ensemble tous les caractères id’ùn ouvrage unique, d’une composi- tion entière.Le parti pris de Mnouchkine est de remonter autant que possible à la source de ces tragédies, dans le texte comme dans leur représentation.On a vu, avant elle, la tragédie grecque jouée dans l’emphase, ou les orgies de jupettes et de cothurnes, avec des accents gonflés jusqu’à la déclamation ou le cri, dans des habits modernes et le dénuement radical du lieu, mais toujours avec de grandes coupes claires dans les partitions du choeur, la plupart du temps ramené au seul choryphée.Oubliez cela, cette imagerie d’Épinal, car Les Atrides de Mnouchkine vous apparaîtront d’abord dans une grande simplicité festive, une unité de couleurs (le rouge, le noir et l’or) et une splendeur de fête barbare; il s’agit d’un spectacle intense et harmonieux, fervent, jamais démesuré ou tonitruant.La force de l’ouvrage de Mnouchkine vient de son humilité, de son uniformité et de sa subtilité.Du drame antique elle fait une fête théâtrale qui émerge, comme au-dessus de la tragédie qui gronde.On « joue » l’habit de la tragédie pour en dégager les passions et non les aviver.Là où le metteur en scène allemand Peter Stein, par exemple, a traduit la violence et la férocité de cette matière — il a signé une Orestie de sang et d’acier remarquable — Mnouchkine a plutôt choisi de traduire, dans une ronde, la tristesse et la fatalité des Atrides dans un spectacle plus soyeux que nerveux, plus festif qu’agressif.On sait peu de choses de la représentation de la tragédie grecque.Sinon que ces spectacles pouvaient durer des jours, qu’il y avait très peu d’acteurs, deux ou trois, que les choeurs étaient nombreux, comme des foules se déplaçant et chantant la complainte de ces malheurs; des intervalles comiques ou ironiques étaient placés pour divertir, détendre l’atmosphère.Ariane Mnouchkine, sans recréer cela et sans vouloir faire métier de reconstitution historique fn’y cherchez rien de cela), a tente plutôt à s’approcher le plus près possible des textes, de l’esprit des textes, matière première de sa magie théâtrale; elle a voulu retourner à l’intégralité de ces monuments du théâtre, sans couper dans les textes qui nous sont parvenus.Elle a traduit elle-même deux des trois pièces d’Eschyle, partant d’un mot à mot établi par une spécialiste du grec ancien, Claudine Bensald.La pièce d’Euripide et Les Euménides d’Eschyle ont été traduites par Jean et Mayotte Bollack, dans un même esprit de retour à l’origine, de recherche du sens premier et de ce que « cela veut dire ».Ils ont décapé les couches que les traducteurs ont accumulé dans les différentes approches, ou langues, commettant bien souvent des manipulations, inversions, corrections.C’est là, dans ce travail patient sur le texte, ce déchiffrement, que l’on trouve la première qualité de cet ouvrage théâtral remarquable.La seconde qualité est évidemment la mise en scène de l’ensemble, tout ce mouvement, ce ton, ce jeu, cette danse, cet « état du théâtre » en somme, à mi-chemin entre le non-jeu et l’émotion, entre la fête et le théâtre, qui fait de la compagnie du Soleil cette grande troupe collective, cette « compagnie », où des décennies de création collective, une approche ludique et anti-conventionnelle de la pratique du théâtre à plusieurs égards proche de la pratique des vrais amateurs — on pense au travail de Jacques Copeau, dont Mnouchkine est la grande continuatrice — une pratique amoureuse et conviviale du théâtre, pratique sacrée aussi, respectueuse de la tradi- tion foraine, ont créé un style particulier, riche, rigoureux aussi, le « style Soleil ».Imaginez l’arrivée d’une troupe de saltimbanques.Vous les verrez, ces comédiens de Mnouchkine, en arrivant à l’Aréna Maurice-Richard (il faut être là une heure avant le spectacle), dans un grand espace aménagé sous les gradins du public.À travers leurs malles, devant des miroirs, ils se maquillent, se préparent, font des exercices d’assouplissement, enfilent ces costumes plus chinois que grecs, dans un silence étonnant.Prêtres profanes ou clowns sacrés s’apprêtant à célébrer une messe étrange, à danser la furie des Atrides.Et puis il y a ceux qui vous servent à boire, à manger.Vous y reconnaitrez sans doute Mnouchkine elle-même.Le spectacle commence là, dans cette mise en train.Dans ce climat du spectacle qui va commencer.Cette attente.Que vont jouer ces acteurs ?Le destin de plusieurs générations.Une histoire qui a commencé il y a 3500 ans.En plaçant Iphigénie à Aulis d’Euripide en ouverture de sa tétralogie, Mnouchkine raconte l’histoire des Atrides dans son entier, du moins à travers les pièces conservées.Il faut savoir toutefois qu’il y a eu le crime d’Atrée, qui a fait tuer les enfants de son frère pour obtenir le trône de Mycène; crime premier, antérieur à la tétralogie, horreur originale — Atrée a fait manger à son frère non averti la chair de ses enfants — qui va couler dans le sang le destin des descendants, la fatalité des Atrides.Dans Iphigénie à Aulis, quand le spectacle Mnouchkine commence, Agamemnon, le fils d’Atrée, répète en quelque sorte la faute de son père lorsqu’il consent à immoler Iphigénie, sa fille, en sacrifice pour que le vent se lève et que sa flotte aille reprendre à Troie Hélène, la femme de son frère Ménélas.Dans Agamemnon, second volet du spectacle de Mnouchkine — alors que c’est plutôt le premier de L’Orestie d’Eschyle — Clytemnestre, la femme d’Agamemnon, qui fut bouleversée par le sacrifice de sa fille, prend sa vengeance après une longue attente de 10 ans.Elle tue Agamemnon de retour de Troie.Et prend le pouvoir avec la complicité d'Égisthe, son amant.Dans Les Choéphores, Eschyle met alors en scène la vengeance des enfants d’Agamemnon et de Clytemnestre; Electre et Oreste, qui était un poupon à la mort d’Iphigénie.Oreste est revenu, il a été exile après le meurtre de son père, et avec sa soeur il va entreprendre le pire : le meurtre de la mère, pour venger le père.Dans Les Euménides, qui est le procès d’Oreste, celui-ci sera finalement acquitté par les Purificatrices, ces Euménides qui purifient le geste d’Oreste.C’est la pacification, la vengeance remplacée par la justice, c’est la fin de la barbarie et le début de la démocratie.Mnouchkine a retenu une des particularités connues du théâtre antique grec, elle fait jouer par un minimum d’acteurs les rôles principaux de ces quatre pièces.Ainsi par exemple Simon Akbakian (remarquable comédien) va jouer à la fois Agamemnon dans Iphigénie à Aulis et Agamemnon, et jouer le fils Oreste dans Les Choéphores.Nirupama Ni-tyanandan, elle, va jouer Iphigénie dans Iphigénie à Aulis, puis Cassandra dans Agamemnon, Electre dans Les Choéphores et une Érynie dans Les Euménides.Remarquable, et inoubliable, la comédienne Juliana Cameiro da Cunha traverse la tétralogie dans le rôle de Clytemnestre.Et Brontis Jodorowsky est Égisthe, puis Le Guetteur dans Agamemnon.Catherine Schaub est le choryphée dans les trois premières pièces.Une troupe de douze ou treize acteurs fait le choeur.Ils sont tous parfaitement unis, et offrent la quintessence d’une troupe.Dans un lieu unique, vaste arène entourée d’un muret où apparaissent à peine quelques taches de sang séché, espace nu, blond et clair sur un fond bleu Méditerranée, sous une lu-' mière du jour, les acteurs de Mnouchkine jouent, chantent et dansent ces sentiments, ces bouleversements qui n’ont pas d’âge, l’an-' goisse, la colère, l’injustice, la vengeance.Dans cet univers recréé par le Théâtre du Soleil, lieu d’un monde orientalisé qui met en application la phrase d’Artaud (« le théâtre est asiatique»), la musique est primordiale.Elle est dans les textes, elle est aussi dans les cordes et les instruments imaginés par Jean-Jacques Lemêtre, dans cette musique faite de tous les mélanges de cultures, du celte au catalan, du coréen à l’indien, musique qui se joue sur place tout au long des quatre pièces et qui fait partie à part entière de l’ouvrage de Mnouchkine.On me demande parfois lesquelles ou laquelle des quatre pièces il faut voir.Je dis aux amateurs de théâtre qu’il faut voir l’ensemble, dans le laps de temps le plus rapproché.C’est la seule manière d’accéder à cette fête.Mais aux autres, qui ne pourraient consacrer temps ou argent à cet événement, voyez les trois premières là où les Atrides sont enferrés dans le meurtre (c’est théâtralement le plus fort), ou seulement Les Choéphores, tragique dans le tragique quand un fils tue sa mère.Quoiqu’il en soit, chacune des pièces étant en soi un tout, et chacune formant avec les autres un grand tout, à chacun son choix : le travail de Mnouchkine est un travail hors du commun, la visite du Soleil est un événement rare, libérez-vous, que diable, pour voir l’oeuvre complète ! matie de l’instinct et de l’émotion sur la pensée qui cache un anti-intellectualisme rampant ?Aimer est une chose ; comprendre en est une autre.Il nous faudra bien un jour aussi nous arrêter sur une définition de l’art, juste ou fausse, et en faire part au « public » en question.L’art ne peut être à la fois un lieu où l’on se reconnaît et qui tranquillise et celui de la recherche nécessairement inquiétante d’un futur du monde.Vous avez jusqu’au 7 septembre pour soulever ces questions et bien d’autres encore, et participer ainsi à l’intérêt de ce symposium.personne ne persuade « l’homme de la rue» que l’art conceptuel ou ins-tallatif n’est que billevisée d'intellectuel ou de critique crédule, il s’y intéressera autant qu’à une autre forme d’art.C’était visible au Symposium, où la très belle pièce conceptuelle de Nan Gonzalez attirait autant les visiteurs que les pièces plus traditionnelles.Pit qu’en est-il de cette notion d’un universalisme supposé de l’art qui traîne dans ses fontes la notion platonicienne et colonialiste du « même » ?Et de celle de la supré- » Tfuong Chanh Trung au travail.Baie-Saint-Paul prononcées par des artistes ou des ajimateurs.Citer quelques unes de cas ambiguïtés ce n’est pas y répondre: simplement poser une question eC quêter la réflexion ! Il en est ainsi de la notion de « l’homme de la rue » par exemple.Jè n’en ai personnellement jamais |, j’ai par contre souvent rencontré i publics ou des individus qui servent de prétextes à des groupes de avoir, que ce soit celui dont je fais ! ou ceux qui prétendent ne pas être.C’est tellement vrai que si Les artistes de l’édition 92 DANS LE CADRE du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique, et en accord avec son thème de « Terre-Terre », le Symposium de Baie-Saint-Paul s’est assuré cette année de la participation d’artistes des deux Amériques.Roberto Lizano est originaire du Costa-Rica.Sa formation qui couvre à la fois les arts visuels, l’ingénierie et les métiers d’art lui permet d’envisager la création artistique, avant toute chose, comme un acte de liberté.Le support le plus courant de sa peinture ?Le carton des boîtes d’emballage.Baruj Salinas, de Cuba, travaille, sous des apparences informelles, dans la tradition d’évocation des atmosphères des Turner et des Monet.Les formes que révèle cette peinture ne sont pas celles que l’oeil est habitué à percevoir.Clara Morera, également de Cuba, travaille à la lisière de deux mondes plastiques qu’elle traite avec le même humour grinçant.L’un, sombre, fait d’une peinture brutale et de collages surprenants, baigne dans la violence et la gestualité.L’autre, fait d’une peinture nette, propre et infiniment patiente, s’apparente à la tranquille naïveté d’une miniature infiniment agrandie.Soledad Salamé, native du Chili, habite actuellement aux États-Unis après avoir vécu de nombreuses années au Vénézuéla.Sa préoccupation pour le destin de notre terrestre environnement date d’avant la mode et est ancré solidement à une réalité dans laquelle elle reconnaît l’importance primordiale de l’eau.Nan Gonzalez est d’origine vénézuélienne.Son travail est d’inspiration nettement conceptuelle, et touche aussi bien à la photo, au cinéma qu’aux installations multimédia.Toute de rigueur et de précision dans le propos, le « toast à la Terre » ¦ qu’elle propose au Symposium n’en est pas moins une véritable fête de la lumière.Ena Auguste, d’Haïti, n’en est pas à sa première participation à l’événement, et sa palette réaliste est au service des arbres et des fleurs de son pays.La participation canadienne est forte de neuf artistes en provenance du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.Françoise Catellier pratique une peinture qui mêle la rigueur toujours fragile des thèmes architecturaux, à la souplesse résistante du thème de la fécondité: la femme comme véritable architecte du monde.Suzanne Chabot exprime le cri de détresse de cette fin de siècle par l’entremise du papier utilisé comme « matière » de l’oeuvre.La recherche de Willy Lemaître, qui mêle la photographie et la peinture, tourne autour de la problématique réalité-abstraction dans le paysage, ce dernier devenant non pas un fait à montrer, mais un simple prétexte à l’image et au rêve.Les formes et les symboles de Margot Pépin semblent hérités de la bande dessinée.Nombre d’entre eux sont en fait inspirés par la culture indiene, ou celle des aborigènes d’Australie où elle a eu l’occasion de séjourner.Sa production évolue de la peinture et de la gravure vers le bas-relief de bois.La peinture de Joëlle Tremblay semble avoir gardé la mémoire des grands maîtres pour explorer « le lien puissant existant entre le cri de Terre-Terre et le coras surprenant et éphémère d’une femme sur le point d’accoucher ».Truong Chanh Trung est quant à lui, on l’aura deviné d’origine chinoise.Les onze années de séjour en terre d’Amérique de ce « boat people », n’ont pas atténué chez lui le souvenir de la tourmente.Dans sa peinture gestuelle, la forme circulaire récurrente de la vague témoigne autant du drame vécu que de la mémoire de l’ancienne culture.Colin Chabot se considère un spectateur de la terre.II en note dans sa peinture, sous une forme hyperréa-liste et patiemment obsédée, comme pour retrouver un paradis perdu, le moindre plis d’une formation rocheuse ou la moindre variation de la lumière.Alexandrya Avard Eaton, originaire du Nouveau-Brunswick, se veut une apôtre des sentiments de bonheur et de joie qu’induit la contemplation des fleurs.Elle les prend donc pour sujet pour leur faire dire, dans un coup de pinceau ou un éclat de couleur, ce qu'elle pense ou ce qu’elle ressent.Les préoccupations d’Owen Ford, d’Ontario, sont quelque peu inhabituelles: l’environnement et la nuit.Il peint les croquis de ses paysages sur le motif, mais de préférence par une nuit sans lune.De retour dans l’atelier il s’attelle à la tâche d’intégrer cette image de nuit à une peinture abstraite, déjà préparée sur la toile.Plus engagée qu’il n’y paraît sa peinture parle de la nuit des temps et du « côté noir de nos esprits ».L’artiste invité du Symposium est cette année Ramon Alejandro, de France, qui malheureusement a déjà dû regagner l’Europe pour des raisons familiales.Il nous laisse, inscrites rapidement au crayon feutre en marge de son projet, quelques phrases qui en précisent l’arrière-plan socio-politique, celle-ci par exemple: « Quiconque considère que la volonté d’un chef d’état vaut plus que les simples désirs du plus commun des mortels, devra lécher les bottes des militaires.» — Jean Dumont I 4 Le Devoir, samedi 29 août 1992 ¦ B-3 -1 «• Un film candide et frais, à l’innocence sympathique Quartier Mozart, un film du Cameroun.Quand le banal dérange Une rivalité qui prend le réalisme à revers Sans un cri De Jeanne Labrune.Présenté demain dimanche le 30 août à 9 h au Parisien 4 et le 31 août à 21 h 20 au Parisien 4.En v.o.française.Alain Charbonneau REMARQUÉ plus tôt à Cannes, Sans un cri devrait plaire à ceux et celles qui ont été subjugués l’an dernier par Nord, de Xavier Beluvois, encore qu’il n’en ait ni la puissance, ni l’originalité.Comme le film de Beauvois, ce psycho drame, signé Jeanne Labrune, a le silence pour basse continue, la cellule familiale pour décor et le drame qui se noue sous les cris étouffés de chacun pour objet.Pierre (Rémi Martin) est camionneur et ne rentre que les dimanches, Anne (Lio) est couturière et travaille à son compte dans la maison de garde-barriere où ils se sont installés avec leur unique enfant, Nicolas.D’amante et d’épouse qu’elle était, Anne a progressivement fait passer son rôle de mère à l’avant-plan et re- porté son attention sur le fruit de ses entrailles.Jaloux du môme, Pierre entretient avec lui des relations difficiles, faites de ressentiments, voire de mesquineries.Hostilité qui culmine avec l’achat d’un chien de garde qui terrorise littéralement Nicolas, jusqu’au jour où ce dernier réalise qu’un chien, ça s’apprivoise .Un cinéma de la cruauté et de la peur, donc, qui n’étonne pas de la part de la réalisatrice de De sable et de sang.Évitant le pathos et la démagogie de la psychologie ordinaire, Sans un cri renoue, par delà la psychanalyse, avec la mythologie ancienne.Sur fond d’Oedipe et de sur-moi animal, ce récit d’une rivalité entre un père et son fils prend intelligemment le réalisme a revers et multiplie non-dits et ellipses avec beaucoup de doigté, comme si l’essentiel de l’action se passait hors film et qu’il fallait sans cesse lire entre les plans.Toute la vie de famille, avec ses transferts incessants, son affect blessé et ses échappatoires impossibles, y est dépeinte sans mé- nagement.Labrune est un peu au cinéma ce qu’Agota Kristof est au roman : une adepte de la perversion et de la cruauté à l’état latent.À voir, en dépit d’une mise en scène répétitive et des invraisemblances de la narration.Memento Mori De Jack Clayton, Grande-Bretagne, 98 min.Présenté aujourd'hui à 16 h 40 au Parisien 5 et le 30 août à 14 h au Parisien 5.En v.o.anglaise.« RAPPELEZ-VOUS que vous allez mourir» : c’est ce mémento morbide, répété par une voix anonyme et cruelle au téléphone, qui bientôt sème l’émoi au sein d’un groupe plus ou moins uni de personens âgées, qu’un malin cherche visiblement à effrayer pour on sait trop quelle raison.Mauvaise plaisanterie ou sinistre augure ?Le soupçon s’installe bientôt dans le groupe, mine des amitiés vieilles d’un demi-siècle et remue les cendres de souvenirs lointains et de secrets bien gardés.En- quête est menée, coupable pressenti.Mais la mort a mille visages, et autant de voix.Memento Mori se regarde comme se lit le roman de Muriel Spark, dont il est l’adaptation : avec le sourire aux lèvres.Chaleureux comme une tasse de thé et léger comme un nuage de lait, ce téléfilm sans génie, mais sans prétention aussi, est rondement réalisé par Jack Clayton (The Great Gatsby), qui met en scène une surprenante galerie de portraits.Du vieillard lubrique à la femme de chambre machiavélique, et du fils intéressé à la mère détachée, ses personnages vivent un pied dans le Londres des années 50 et l’autre dans la société victorienne qu’ils ont connue dans leur jeunesse.Adapté aux standards télévisuels, Memento Mori reste bien sûr une petite chose, qui a tout juste sa place dans un festival.Mais les dialogues sont de qualité et Maggie Smith (Death on the Nio, A Room with a view) montre qu’elle est une grande comedienne même dans les films de seconde zone.Le malheur venu du petit frère Alas de mariposa (Butterfly Wingsd) De Juanma Bajo Ulloa, Espagne, 110 minutes, sous-titres anglais.Au Parisien 2 aujourd’hui à 19h00, le 4 septembre à 13hl0 et le 6 septembre à 19h00.Francine Laurendeau ENVOÛTANT.Cette enfant n’a qu’une passion, le dessin, et ses modèles préférés sont les papillons.Mais comment fixer sur le papier la grâce de leur vol et la brillance de leurs couleurs ?La petite fille s’obstine, une petite fille mystérieuse aux yeux immenses.Une petite fille secrète dont le silence est habité par un monde intérieur envoûtant.Et l’envoûtement traverse l’écran.Et on en veut à ses parents de l’aimer aussi banalement.On en veut à sa mère et à son grand-père qui lui auraient tellement préféré un garçon.Or, voici qu’un petit frère lui naît.Elle ne demanderait pas mieux que de jouer avec lui.Mais éperdue de fierté d’avoir enfanté un mâle, sa mère l’exclut de ce nouvel amour.Et comment son père pourrait-il rétablir l’équilibre, lui qui travaille la nuit et dort le jour ?Bientôt, le drame paraît inéluctable.Cette première partie de Alas de mariposa est captivante par l’atmosphère intense et feutrée, la caméra frôleuse, l’image ambrée, la mise en scène souple et musclée, le jeu retenu de acteurs et, surtout, l’inquiétante petite fille.J’aime moins la suite, avec l’enfant devenue jeune fille, écrasée par la haine de sa mère et l’absence de son père.Mais le réalisateur ne relâche pas la tension, n’abdique rien de son style.Si bien qu’il parvient à nous garder sous in- fluence jusqu’au dénouement, impla-s., cable comme le destin.Et on comprend que ce premier long métrage de Juanma Bajo Ulloa, tourné au J Pays Basque, ait remporté le premier prix au dernier Festival de San Sebastian.tl El Viaje (Le Voyage) De Fermando Solanas, Argentine, 146 minutes, sous-titres français.r vOi m •fia oit 0r(L % air ">n ^nx n s 'VVi André Fournelle « L'interdit Damoclèse » Galerie Frédéric Palardy 307, Sainte-Catherine est Jusqu'au 5 septembre.Marie-Michèle Cron TAXÉ AVEC d’autres dans les années 60-70 de « terroriste culturel », André Fournelle a été de tous les .combats, défonçant les obstacles qui •interdisent l’accès au savoir, dénonçant les abus du pouvoir qui enferment l’individu dans ses lois rigides, canalisant dans ses performances et ses sculptures, la tension, le doute, le malaise, l’interdit que frappe, tel un anathème, une société à bout de souffle.Avec Marcelle Ferron qui voyagera avec lui en Europe pour étudier le verre, (et à qui il devra beaucoup me confiera-t-il), il se tiendra debout derrière les barricades dressées par les émules d’un Cohn-Bendit emporté par la vague soi-xante-huitarde.Chassé par les Rus- ses d’une Tchécoslovaquie bâillonnée, puis mis à l'index de la Biennale de Venise qu’il boycottera avec Georges Takis, entre autres, géniteur avec Serge Lemoyne du Groupe Déclic, il scandera des phrases pas très catholiques sur des textes de Claude Gauvreau à l’église Notre-Dame.André Fournelle aime prendre des risques.Et jouer avec le feu.Celui-ci n’est-il pas l’élément purificateur par excellence volé par Pro-méthée au ciel pour en faire don aux hommes ?Vulcain attendait Fournelle au tournant.C’est dans une fonderie, sur les conseils d’Armand Vaillan-court qu’il aiguise ses armes : les matériaux, bronze, zinc, aluminium s’affrontent dans le volcan et le métal incandescent lui fournit un alibi de choc.La lumière, source de vie, participe à la transformation alchimique de la matière.Fournelle l’injecte dans des sculptures organiques, des tubes néon, et leur confère des allures pop, puis dans les années 80, retournant vers ses origines (l’artiste est né en Angleterre), il se met leur :ance 71 d’e fiance 150 pases $14.95 La scandaleuse affaire Maurice Valois, prêtre abuseur Un témoignage choc inédit, sans pudeur sur l’ultime tabou québécois : La pédérastie chez les prêtres Christian-Claude Dancause en collaboration avec Jacques Lachaîne Éditions Céline, C.P.Il I.Montréal (Québec) H2K 2J6 Distributions Québec-Lit tes Uns scène de l’exposition « L’interdit Damoclèse », d’André Fournelle.à travailler sur les clôtures londoniennes de Saint-James Park, capte leurs ombres, prend des photos, enregistre les mouvements des chocs qui les accidentent et les transforment en figures dansantes et sinueuses.Embûches dans ses performances qu’il défonce allègrement (« Art et Écologie », 1983), structures claustrophobiques alors qu’elles deviennent des cages où l’artiste démontre les conséquences du destin dans la performance (« Un coup de dé jamais n’abolira le hasard», 1987), la clôture renvoie aussi à une barrière psychologique tel ce X tracé au néon qui nomme l’interdit sur la façade d’un immeuble voué à la démolition sur la rue Bleury (« Fire in yours cities», 1982).Le vocabulaire plastique qu’utilise Fournelle dans ses pièces, colonne gardienne de la mémoire qu’il modèle avec du feu, des barbelés, des incrustations de visages (« Passage », Musée d’art contemporain de Montréal, 1983) et qu’il détourne de son sens premier, l’eau, la terre, l’oiseau qui transmet l’histoire à travers le temps, s’inscrivent dans un parcours initiatique qui trouve son apogée dans « Resecare», une oeuvre synthétique exposée en 1990 à la galerie Circa.Là, le spectateur devait littéralement naviguer autour des récifs, se risquer à traverser des plaques d’acier surélevées, plaques tectoniques reproduisant le littoral de la côte est des îles anglaises, sentir le vide s’organiser autour du territoire.À la galerie Frédéric Palardy, les réminiscences de cette installation se glissent dans les trois pyramides ouvertes placées sur le sol.« L’interdit Damoclèse », jeu de mots sur l’épée qui pend au-dessus de nos mortelles têtes, inscrit le pouvoir dans les croix qui biffent des fragments d’acier, de forme carrée, disposés en aire circulaire et lévitant légèrement de la surface du plancher.Une croix de feu dont le claquement sec nous fait sursauter, s’incendie brusquement lors de notre passage devant un oeil électronique; une croix de bouquets de violettes, ces plantes résistant à l’obscurité et à l’humidité nous invitent à la méditation; une croix de lumière s’échappant d’une série d’ampoules halogène nous incite à braver la censure.Respectivement métaphores de la foule urbaine trépidente, de l’environnement naturel et de l’être humain, elles indiquent que la vie, soumise au pouvoir qui interdit la liberté, est toujours en danger.Toutes les formes géométriques se réunissent au centre de la croix, lieu du discours et de la réflexion sur un rituel qui rappelle la mort des traditions ensevelies sous les acquis de la modernité et de la technologie.Si la croix à forte connotation symbolique implique un sentiment d’urgence et une portée dramatique dans l’oeuvre de Jean-Pierre Raynaud, on ne sent alors ici, que la présence tactile d’un monde mystique.L’aura qui se dégage des croix disposées géométriquement sur un des murs en est l’indice récurrent.Et celle, noire comme la nuit, qui laisse pendre en son centre, un goupillon en bronze, rend hommage à Joseph Beuys qui disait : « Il faut penser les choses horizontalement et verticalement ».Pour rétablir l’équilibre dans le chaos, André Fournelle nous fournit des pistes.Le monde n’est pas stable : c’est une cible où l’incessante lutte entre la nature et la culture perdure.À nous maintenant, d’y plonger.La trousse de ^secours ¦Thésaurus Larousse 62,95$ ord.78,95$ Le Robert & Collins du management 39,95$ ord 49,95$ CITÉ DES ARTS ET DES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE MONTRÉAt Le Robert & Collins 29,95$ ord 36.95$ ¦Hologrammes» Réalité Virtuelle • Télévision 3D1 > Installation Multimédia • Cinéma par ordinateur « £>V0US VERREZ ÉGALEMENT du 2 au 30 août, jeu.au dim.PALAIS DE LA CIVILISATION: Ile Notre-Dame, Montréal (872-4560)— Rome 100 ans de civilisation, jusqu'au 27 septembre REGART: 57 Côte du Passage, Lévis (418-837-4099)— Lévis en oeuvre, fort sur la ville, 8 sculptures sur 8 sites, jusqu'au 31 oct.(renseignements au Centre) VIEUX-PORT DE MONTRÉAL: Hangar no 7, Vieux-Montréal— Exposition de sculptures, oeuvres de Bellemare, Fournelle, Leblanc, Tremblay.Vallée et autres artistes, |usqu'au 7 sept, mar au dim.de 11h.à 20h.Lachine, du 15 juillet au 25 oct — période estivale du mar.au dim.de 1th.à 18h„ jeu.de 11h.à20h.ge4MUSÉE DE CHARLEVOIX: 1 chemin du Ha vre, Pomte-au-Pic (418-665-4411)— « Visile en Russie • jusqu'au 18 oct — • Couturiers: Charlevoix et Vieux-Québec • jusqu'au 7 sept — t Les maîtres de l'art populaire vivant • jusqu'au 18 oct.— Ainsi que collection permanente CENTRE D'EXPOSITION DES GOUVERNEURS: 90 chemin des Patriotes, Sorel (746-792))— • Deux siècles de navigation de passagers les bateaux blancs > |usqu'au 7 sept.CENTRE D’EXPOSITION DU VIEUX-PALAIS: 186 rue du Palais, St-Jérôme (432-7171)— Exposition échange Québec-Mexico, du 9 juillet au 30 août CENTRE D'HISTOIRE DE MONTRÉAL: 335 Place d'Youville, Vieux-Montréal (872-3207)— .Place aux Montréalais » photographies, caricatures^ bandes vidéo sur les grandes périodes de l'histoire de la ville— Égalemenl l'histoire complète de Montréal de 1642 â nos jours, dans des décors théâtraux, du 15 mai au 9 nov GALERIE BARBARA SILVERBERG: 2148 Mac-Kay, Montréal (932-3987)— Oeuvres sur papier d'artistes montréalais— sculptures céramique de Claire Salzberg VILLA BAGATELLE: 1563, chemin St-Louis, Sillery (418-688-8074)— Les oiseaux bijoux, oiseaux exotiques de la collection de l'Université Laval, jusqu'au 6 sept.MUSÉE DE LA CIVILISATION: 85 Dalhousie, Québec (418-643-2158)— « Objets de civilisation • exposition permanente — ¦ La barque à voile • exposition permanente — « Mémoires • exposition permanente — Messages, exposition sur les moyens de communication entre les individus et les sociétés, en permanence — ¦ Voyages et voyageurs •, jusqu'au 27 septembre 1992 — • Être dans son assiette ¦, jusqu'au 3 janvier 1993.— t Mi-vrai, mi-faux », jusqu'au 31 janvier 1993.MUSÉE DU FJORD: 3346.boul de la GrandeSaie Sud, Ville de La Baie (418-544-7394)— Exposition permanente « Au bout du Fjord • relate les grands jalons de l'ouverture du royaume du Saguenay et la colonisation de la grande baie — Du 7 juin au 7 sept, exposition: « Des aviateurs aux pilotes de chasse: les cinquante ans de la Base de Bagotville à Ville de La Baie •, ¦ Des avions en miniature ¦, et • La photographie, ma passion; mes premiers portraits > de Claude Dallaire.GALERIE TROIS POINTS: 307 ouest Ste-Cathe-rme.ste 555, Montréal (845-5555)— Oeuvres de P Charrier, M.Cramer et A.Thézé, du 12 au 29 août WADDINGTON AND GORCE: 2155 Mackay.Montréal (847-1112)— Maitres canadiens Bellefleur, Jordi Bonet, Borduas, Jacobi, Krieghott, Riopelle, Surrey et plusieurs autres CENTRE INTERNATIONAL D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: 3576 ave du Parc.Montréal (286-0811)— Les Cent Jours d'Art Coittemporain de Montréal 1992, jusqu'au 1er nov GALÉRIE D’ART DE BOUGAINVILLE: 4511 Sl-Oenis Montréal (845-2400)— Oeuvres de VeiF leu», Demers, Savignac, Poissant, Perdreau, Houde, Caâtiri, Bordeleau, Bilodeau, Bouchard et Vézina, tout août GALERIE D’ART RELAIS DES ÉPOQUES: 234 ouest St-Paul, Vieux-Montréal (844-2133y- Artistes de la galerie- Bédard, Caslonguay, Kaufman, Soly Zéro Zoo, et sculptures de Soucy GALERIE D’ART STEWART HALL: 176 Bord ’ du Lac, Pointe-Claire (630-1254)—Oeuvres de Doris McÇarthy, du 27 juillet au 13 sept.GALERIE TERRUSCITO: 3809 St-Denis, Montréal (843-8752)— Oeuvres de Junkin, Lemm, Paré, Pflie-ger et Zak, du 24 août au 3 sept GALERIE DE L'UOAM: Pavillon Judith-Jasmin, 1400 Berri, salle J-R120, Montréal (987-8421)— Deux installations-videos, deux visions de Montréal, du fleuve et de son histoire, par quatre |eunes vtdéasles, du 28 août au 7 sept — • Pastel québécois contemporain », oeuvres de 27 artistes, du 28 août au 27 sept Maisons de la culture MUSÉE MARC-AURÈLE FORTIN: 118 St- Pierre, Montréal (845-6108)— t Fortin, le peintre de Montréal.dans le cadre du 350e anniversaire de Montréal, scènes urbaines de l'artiste— Maquette de la ville de Montréal représentant les différents quartiers des années 192530 Visites commentées tous les jours à 14h 30, du 15 mai au 12 oct.— Ouvert du mar au dim.de 11 h.à 17h.MAISON DE LA CULTURE AHUNTSIC: Maison du Pressoir, 10865 rue du Pressoir, Montréal— Les enfants de Montréal, du 28 juin au 6 sept.GALERIE JEAN-PIERRE VALENTIN: 1434 ouest Sherbrooke, Montréal (849-3637)— Oeuvres de Riopelle, Lemieux, Fortin, Suzor Côté, Borduas, Pellan, Fortin, Tanobe, Joubert, et autres Musées GALERIE VERTICALE ART CONTEMPORAIN: 1897 ouest boul.Dagenais, Laval (628-8684)— Oeuvres de E Aubertin, A.Fortin, M.La-celle, P Lafond et 0 Sorrentino, du 6 au 30 août GALERIE BRENDA WALLACE: 372 ouest Ste-Cattienne.ste 508, Montréal (393-4066)— Oeuvres de Jerry Pethick et Wyn Geleynse, du 29 aoûl au 17 oet MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: 185 ouest Ste-Catherine, Montréal (847-6226)— « Pour la suite du monde » exposition internationale regroupant 29 artistes, jusqu'au 11 oct — La Collection tableau inaugural, 220 oeuvres de la collection du Musée, jusqu'au 4 oct — Muséologie installation vidéo de Louis Couturier, jusqu'au 11 oct.MUSÉE DE LACHINE: 110 chemin LaSalle, Lachine (634-3471 poste 346)— Maison LeBer-Le-Moyne Collections du Musée, mises en situation, jusqu'au 3 |anv 93— Acquisitions récentes, jusqu'au 3 |anv.93- Dessins et croquis de Adrien Hébert, jusqu'au 3 janv, 93— Pavillon Benoit Verdickt: L'art populaire urbain, conservatrice invitée Pascale Ga-lipeau, du 25 juillet au 20 sept.MUSÉE MCCORD: 690 ouest Sherbrooke.Montréal (396-7100)— Mont-Royal — Ville-Marie vues et plans anciens de Montréal— 1900: le Québec à un tournant— Formes et modes le costume à Montréal au XIXe siècle— Question de goût: arts décoratifs et beaux-arts au McCord— Le pont Victoria, un lien vital— La famille McCord une vision passionnée, exposition sur le fondateur du Musée— Premières nations du Canada expositions thématiques en coF laboration avec différentes communautés autochtones— Intitulée .Le Canada de la fin du XVIIIe siècle images reproduites é l'étranger • exposition d'estampes du XVIIIe siècle, organisée par Conrad Graham, du 13 août au 15 nov GALERIE BROCARD: 2691 Curé Labelle, Prévost (1-224-4294)— Liquidation en permanence de A/dtle.Cosgrove, Masson, Riopelle et plus de 100 artistes Canadiens, ven au dim.de 10h é 18h GALERIE CHRISTIANE CHASSAY: 372 ouest Ste-Catherine salle 418, Montréal (8750071 )— Oeuvres de Stephen Schofield et François Morelli, jus-qu'éù' 5 sept GALERIE COLBERT: 5196 Paré, Montréal (738-5209)— Oeuvres d'artistes du Québec Rita Briansky, Pierre Gilles Dubois, Colette Hébert, Carole Segal, Paul ôoulikias, Luigi Tiengo.Sculpteurs: Esther Werthéimef, Catherine Loram GALERIE WESTMOUNT: 4912 ouest Sherbrooke, Westmount (484-1488)— Exposition de sculptures de Susan Stromberg, jusqu'au 30 août.GROUPE ENTRACTE CAFÉ: 1677 est Laurier, Montréal (528-5975)— Oeuvres d'Antoinette Brind'A-mour, du 1er août au 4 sept.GUILDE CANADIENNE DES MÉTIERS D’ART QUÉBEC: 2025 rue Peel, Montréal (849-6091)— Harlan House, porcelaine, jusqu’au 19 sept L'INSPECTEUR ÉPINGLE: 4051 St-Hubert, MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS DE MONTRÉAL: Château Dufresne, angle Pie 1X et Sherbrooke, Montréal— Dentelles anciennes et contemporaines l'art dentellier en Belgique, du 12 juin au 30 août Montréal (598-7764)— Exposition de groupe Artistes des Laurentides Leblanc.Tremblay.Conn ' nnoley, Banl.Ménard, Locas.Campeau.Ross et Pelletier, du 23 août au 12 sept MUSÉE D’ART DE JOLIETTE: 145 Wilfr.d-Cor-beil.Joliette— Oeuvres suprématistes de Lazare M Khidekel— Oeuvres sur papier de Herman Heimlich— Oeuvres de Forget, Parent et Roux, du 18 juin au 6 sept MUSÉE D'ART ST-LAURENT: 615 bout Ste-Croix, Sl-Laurent (747-7367)— ¦ Arts anciens et traditions artisanales du Québec ¦ exposition perma nente MUSÉE POINTE-À-CALLIÊRE: 350 place Royale, angle de la Commune, Montréal (872- j 9150)— Musée d'archéologie et d'histoire de Mont- | réal, site historique.• Vestiges • collection perma nente d'artefacts, et animation— .Du wampum à la carte de crédit ¦ • Des couches et des couches d'histoire • expositions permanentes— • Albums d'images la fondation de Montréal.jusqu'au 31 déc .du mar au dim de 10h à 20h GALERIE DOMINION: 1438 ouest Sherbrooke, MoQtréal— Hommage é Montréal, peintures, à compter du 22 juin GALERIE ELCA LONDON: 1616 ouest Sherbrooke.Montréal (931-3646)— Grande sélection des chefs d'oeuvres Inuit LA CERVOISE: 4457, boul St-Laurent, Montréal (843-6586)— Oeuvres de Mario Mourant, du 26 août au 16 sept LA LICORNE: 4559 Papineau, Montréal (523-2246)— L'Espace Global présente Guy Boutin et Sophie Hamel, du 12 au 30 août GALERIE L’EMPREINTE: 272 est SI Paul, Montais réal (861442J)— Aquarelles de Ghislaine Phikberl et -.ferrpnnetfe d’an Les Forges Canon du 11 au 31 août GALERIE HEC: 5255 ave Decelles.Montréal (340-629B)—Oeuvres récentes de Sylvie Ste-Marie, jusqu'au 28 sept GALERIE JOCELYNE GOBEIL: 2154 rue Cres- MAISON D'ART FRA ANGELICO: 1320 Wolfe.Montréal (522-9990)— Oeuvres de 24 artistes, peintres et sculpteurs, présentées en l'honneur de la Fête des québécois et québécoises, â compter du 21 juin MAISON D'ART ST-LAURENT: 742.boul Oéca-rie, Sl-Laurent (7446683)— Oeuvres récentes de Bellefleur, Coatanroch, Alter et Yefman MAISON DES ARTS DE LAVAL: 1395 ouest MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL: 1379 ouest Sherbrooke, Montréal (2851600)— Pavit Ion Jean-Noél Desmarais Construire un art, du 20 mars au 2 mai 93— Le génie du sculpteur dans l'oeuvre de Michel-Ange, du 12 juin au 13 sept — Le spectre de la couleur, jusqu'au 4 oct — Figures dans l'espace, jusqu'en avril 94— Collection perma nente— Ouvert du mar au dim de 11h â 18h, les mer et sam |usqu'é 21h — Pavillon Benalah Gibb Nouveau parcours de l'art canadien, du 22 mai au 27 sept (MUSÊE)CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE: 1920 Balle, Montréal (939-7026)- Musée consacré â l'art de l'architecture 20,000 dessins et estampes de Maitres, 120,000 Itvres, 45,000 photographies.ainsi que des fonds d'archives importants— Regards sur paysage industriel le canal de MUSÉE DU QUÉBEC: 1 ave Wolfe-Montcalm.Québec (418-6432150)— La Collection du Musée, exposition permanente— Oeuvre de David Moore, dans la Tourelle du Pavillon Baillargé— Pavillon Gé [ rard-Morisset Naissance et persistance, la sculpture ! au Québec, 19451961, du 8 avril au 25 oct — PaviF ! Ion Baillargé L'effet Lemieux, du 4|um au 1er nov — 3e étage Anima Mundi la nature vive en Grande-Bretagne, du 11 juin au 30 août— Calices et ciboe res, objets sacrés, du 17 juin au 1er mars— 4e étage Exposition permanente dans la tourelle du pavillon Baillargé Château Carbonnieux (32 $, MV) ne nous a jamais particulièrement impressionnés même s’il s'agit d’un cru classé.Il nous a longtemps semblé extrêmement léger et insignifiant, sans personnalité.Ce n’est plus le cas avec le millésime 89.On est encore loin de la bête de concours, mais il y a une nette amélioration.De couleur rubis moyen avec une touche de grenat, il présente un très joli nez de fruit et de torréfaction et une bouche tendre, presque sucrée, très charmeuse.Ce n’est vraiment pas la grande concentration, mais le plaisir est immédiat.Classement oblige, ce vin nous semble tout de même un peu cher.16,5/20 En fait, pour 11 $ de moins, on peut mettre la main sur le Château Reynon 1990 ( 20,72 $, MV), un vin d’une qualité étonnante que Denis Dubourdieu réussit à tirer d’une appellation aussi modeste que les 1res Côtes de Bordeaux.De couleur rubis soutenu, ce vin exhale à profusion des arômes de cassis, de mûre, de vanille et de torréfaction.L’attaque est voluptueuse, le fruit est mûr, sucré, surprenamment concentré et les tannins sont d’une race qu’on ne retrouve pour ainsi dire jamais dans des vins aussi peu prestigieux.Presque de la magie ! 17/20 La magie n’était malheureusement pas au rendez-vous dans le cas du Château de l’Étoile 1989 (17,58$, MV), un vin de Graves du négociant Pierre Coste.Un peu terne et végétal au nez, ce vin est totalement dominé en bouche par des saveurs amères qui rappellent l’aspirine écrasée.Vraiment désagréable et à éviter.10/20 Les amateurs qui recherchent les vins issus du cépage merlot peuvent trouver trois vins du millésime 1989 produits par l’oenologue bien connu Michel Rolland et sa femme Dany, oenologue elle-même.Il s’agit des châteaux Fontenil (21,97 $, MV), Bertineau Saint-Vincent (22,41 $, MV) et Rolland-Maillet (22,41 $).Des trois, nous avons préféré Fontenil.Ce vin de Fronsac est une réussite comparable à celle de Reynon, mais les deux vins sont aux antipodes l’un de l’autre.Fontenil est beaucoup plus costaud, sans être rustique pour autant.La générosité l’emporte sur la subtilité.Très coloré et évident au nez avec ses arômes de fruits sucrés, de poivron et de vanille, il offre beaucoup de matière et une certaine fermeté de tannins, sans déséquilibre ni amertume.Un vin solide mais impeccable qu'il vaudrait mieux attendre trois ou quatre ans.Et un très bon rapport qualité prix.16,5/20 Bertineau Saint-Vincent est également un vin de bonne carrure.Explosif au nez, avec des arômes notamment de champignon et de cuir, il est aussi généreux que Initiation à la dégustation MUSÉE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC: 9 rue de l'Université, Québec (692-2843)— 1er étage • Ils signent l'histoire » Archives historiques du Séminaire, jusqu'au 28 sept — Québec en trois dimensions.à complet jusqu'au 12 |anv 93— Guerres et commémorations, jusqu'au 22 nov — 2e étage Les arpenteurs du ciel, jusqu'au 3 nov — Sous la loupe du géologue.150 ans d'histoire, jusqu'au 28 mars 93— 3e étage L'art religieux, erposilion perma-1 On.SeïïiS-' W:964Ër nente— Art Oriental, jusqu'au 12 oct — 4e étage Orfèvrerie, exposition permanente J Cuisine raffinée Proven | çale et méditerranéenne situé a deux pas du mu-I sée.le restaurant ou on est reconnu par son nom i Spéciaux du midi à partir de $8 50 rou>#l ¦éoùôf Bout ou H soir à partir de $17 50 Lun ven l2h l5h»Lun sa 2065 BISHOP 987-9586 l POUR : Un lieu de rendez-vous courru dans un décor léché.Une cuisine sans prétention et sans fausse note.CONTRE : Des frites à volonté.qui font engraisser à souhait ! LE BOUCHON 4448 rue Saint-Laurent tel.985-2232 Ouvert tous les jours de 11 h à I h, sauf le samedi à partir de 17 h.Terrasse.Fontenil, mais plus carré et plus rustique à notre avis.Fort recommandable tout de même.16/20 La bouteille de Rolland-Maillet, que nous avons dégustée, bien que, ne souffrant d’aucun défaut évident, ne semblait pas au meilleur de sa « forme.La couleur tendait déjà vers le grenat, le nez dégageait des odeurs de fruits assez évolués, et les tannins l’emportaient sur les autres composantes.Il faudra revoir avant de porter un jugement définitif^' ¦m : Patrice Rion : discret mais efficace ' PLUSIEURS VINGTAINES bourguignons considèrent 1990 comme le meilleur millésime des,30 dernières années.Patrice Rion, le responsable des vinifications au Domaine Daniel Rion de Prémeaux (Côte-de-Nuits), partage cet avis.Il était récemment de passage au Québec et en a profité pour faire déguster huit vins qu’il a produits en 1990 dont cinq premiers crus de Vosne-Romanée (Beaux-Monts, Les Chaumes) et de Nuits-Saint-Georges (Vignes rondes, Clos des Argillières, llauts-Pruliers).Ces cinq vins, tous surprenamment foncés pour des vins de pinot, noir, regorgent de fruit mûr, sucré, parfaitement succulent.La structure tannique de ces vins, extrêmement solide dans certains cas comme les Hauts-Pruliers et iqs .Vignes Rondes, ne masque absolument jamais le fruit.Un niveau de concentration et d’équilibre qu’on atteint rarement.Des bourgognes époustouflants que les amateurs intéressés peuvent se procurer en importation privée en composant le (514) 388-5898.La SAQ offre présentement les Nuits Saint-Georges et Vosne-Romanée génériques 1986 du Domaine Rion à 40$ l’unité.AVEC le retour de septembre, lesr ’ cours d’initiation au vin reprennent un peu partout.Nous faisons de * * même au Centre de dégustation de Montréal où nous offrons à tous ceux qui veulent apprendre à connaître ét à apprécier les vins une série de six cours pour débutants qui commenceront le mercredi 23 septembre prochain.Les personnes intéressées à s’inscrire doivent composer le (514 ) 654-8092 pour obtenir des renseignements supplémentaires._________Li- RESTAURANTS CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME Le Devoir, samedi 29 août 1992 ¦ B-13 le cahier TOURISME Spiritualité Normand Cazelais AU COLLÈGE —était-ce voici déjà si longtemps ?—, une branche aînée du scoutisme recrutait en bonne partie des adeptes du plein air.On les appelaient les routiers car elle leur proposait régulièrement, en toutes saisons, de marcher sur les V routes, poussiéreuses ou pavées, partout au Québec et même à l'étranger.C’était encore aux premiers lendemains de la révolution tranquille.La religion imprégnait toutes les activités ordinaires ou même particulières de la vie, y compris, bien entendu, le scoutisme et les routiers.Je me rappelle, le bon aumônier nous faisait lire et méditer avec application les divers chapitres d’un livre, Spiritualité de la route, 5 que j’ai égaré depuis.Cet exercice ainsi que les offices religieux imposés étaient plutôt pénibles aux ; jeunes gens vigoureux que nous étions : une telle lecture en particulier nous paraissait à la fois largement superflue et récupératrice par les autorités religieuses d’un geste simple et élémentaire, celui de marcher en groupe le sac au dos.Pourtant, si je me souviens bien, les propos du bon abbé-auteur ne faisaient pas trop prêchi-prêcha.Us allaient en fait dans le sens du titre général et tentaient de dégager comment, en alignant un pas devant l’autre, une personne pouvait regarder en elle-même et aussi s’interroger sur des aspects de Yhumaine condition si chère à monsieur de Montaigne.Car il y a, indépendamment de toute religion, qu’elle soit catholique ou non, une spiritualité de la route.Le thème du voyage dans la destinée de l’homme est universel à toutes les époques, à tous les groupes sociaux, à tous les lieux.Sumériens, Égyptiens de la civilisation du NU, anciens Chinois, Incas, mahométans, chrétiens, bouddhistes, hindous, animistes et, ma foi, des non-croyants comme les communistes ont célébré le mythe de la longue marche salvatrice.Image et symbole, le voyage a toujours fasciné les imaginations et suscité des appels au dépassement, surtout quand U se fait dans des conditions d’austérité et de dénouement.La marche — ou la route — est de celles-là.Au Moyen-Âge, des gens de pauvre condition mais de grande croyance se faisaient une obligation, une fois dans leur vie, de marcher, malgré maladies, temps maussades et périls de toutes sortes, vers la Terre Sainte ou, à défaut, vers des lieux sacrés appelés Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle, Mont-Saint-Michel ou autrement.Il y avait même des gens qui louaient leurs services à ceux et celles qui, en raison de leur âge ou d’autres motifs, ne pouvaient partir TOURISME / excursion Automne et patrimoine au New Hampshire Normand Cazelais I- VOUS L’AVEZ sans doute remarqué : les feux de l’automne seront , précoces cette année.Déjà, dans les Laurentides, des massifs entiers laissent apparaître des teintes claires et rougeoyantes.Si vous êtes par ailleurs tentés d’y ajouter des éclats exotiques, il vous est toujours possible de voir du côté du New Hampshire.Il est tout petit, ce New Hampshire, à peine ISO kilomètres par 300 dans sa partie la plus étendue.Assemblage de lacs, ruisseaux, rivières ' et torrents, de vallées, forêts et paysages spectaculaires, c'est l’état le plus montagneux de la Nouvelle-Angleterre : la majeure partie de son territoire s’élève à plus de 600 mètres d’altitude et culmine, à 1917 mètres, avec le mont Washington, le plus haut sommet de cette partie des Appalaches.Les forêts couvrent toujours les 4/fi de l’état, 1300 lacs en tavèlent la surface et des cours d’eau de toute taille coulent sur plus de 2000 kilomètres.En un mot comme en cent, l’automne y est resplendissant.Un petit village, du nom de Warner, cé- lèbre le tout avec son Fall Foliage Festival.Un bateau, en partance de Meridith et de Wolfeboro, propose des excursions sur le lac Winnipesau-kee, le long de ses contours fort irréguliers.Peu peuplé, le New Hampshire compte à peine 800 000 habitants, presque le tiers du Montréal métropolitain.En cet état rural dont la devise est Live free or die, la ville principale, Manchester, ne dépasse pas 100 000 âmes.Les villages, où dominent les maisons de bois, dégagent un charme d’un autre âge que bien des localités québécoises devraient leur envier.Éparpillés aux ressauts des rivières, en particulier dans le sud, de vieux immeubles industriels, des moulins tout aussi âgés, d’antiques centrales hydroélectriques viennent d’une époque où les filatures faisaient vivre les habitants de la région et attiraient une main-d’oeuvre bon marché, depuis les ports d’immigration de la côte Est et les campagnes du Québec.Mais les Franco-Américains ont une vigueur culturelle qui se conserve moins bien que le patrimoine architectural.Revenons à la nature.Le Granite State — ainsi est-il surnommé — est traversé par les White Mountains.Sur leurs sommets et versants s’y déploie l’Appalachian Trail, ample réseau de sentiers de marche de plus de 2000 kilomètres entre le Maine et 1’Alabama; ces sentiers, équipés d’abris et de lieux de repos, sont balisés et régulièrement entretenus par des clubs de montagnes regroupés en fédérations.Au New Hampshire, les hauteurs du Presidential Range s’ouvrent sur des horizons à couper le souffle.après avoir littéralement coupé les jambes.L’Appalachian Trail passe, entre autres, par le mont Washington où, en avril 1934, furent enregistrés les plus forts vents au monde, à 369 kilomètres-heure.Le brouillard y règne à peu près 300 jours par année; si vous êtes chanceux et que le ciel est clair, vous pourrez voir aussi loin qu’à Montréal.Certains y montent à pied, d’autres suivent le chemin à péage qui part de Glen House sur la route 16.D’autres encore prennent le Cog Railway, vénérable institution, construit en 1869 et toujours en activité de la fin juin à la mi-octobre, train à crémaillère qui gravit sur cinq ki- de la route et pour ainsi marcher à leur place.Marche-pèlerinage, comme l’écrivait Nadjm oud-Dine Bammate dans son superbe ouvrage, Cités d'Islam (Arthaud) : « On vient à La Mecque pour mourir à soi-même et renaître autre.Pour tous, La Mecque est la fin du voyage, la ville, le beu fortement désiré ».Marche-introspection, comme le notait Alexandre Dumas père : « Rien ne fait marcher le temps et n’abrège la route comme une pensée qui absorbe en elle-même toutes les facultés d’organisation de celui qui pense.L’existence extérieure ressemble alors à un sommeil dont cette pensée est le rêve.Par son influence, le temps n’a plus de mesure, l’espace n’a plus de distance».Le mois dernier, les médias nous parlaient d’une trentaine de pèlerins de tout âge qui marchaient, pour une autre année encore, depuis Sainte-Anne-de-Beaupré vers le sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine.Dans son édition, du 1er août dernier, l’hebdomadaire français Témoignagne chrétien a consacré deux pages au thème Vacances et spiritualité en constatant d’abord que, comme bien d’autres Occidentaux, les touristes français sont de plus en plus nombreux à fréquenter abbayes et monastères et en leur suggérant ensuite des itinéraires et voyages intérieurs en huit étapes extraites du récent Guide Mounier des chercheurs de Dieu (Éditions Plon).Ces lieux ainsi choisis sont Manrèse, à la lisière de la forêt de Meudon près de Paris, Le Bec-Hellouin, « à la pointe de l’oecuménisme », Ligugé, la plus ancienne des abbayes françaises où le postulant Paul Claudel fut écarté de la vie monastique, Sylvanès, l’abbaye d’André Gouzes, ce « dominicain fou de musique », Saint-François en Corse, Arc-en-Ciel, dans la montagne à 1200 mètres entre le Grand Bornand et La Clusaz, L’Arbresle, couvent construit en 1957 par Le Corbusier, Mazille, « à l’ombre de Cluny ».Mais on ne dit pas si la marche doit conduire d’un endroit à l’autre.Route, marche, spiritualité, monastères; ascèse, intériorité, renoncement, effort.Profonde, fondamentale, la filiation n’est pourtant pas exclusive : la marche n’est pas en soi un acte de piété ni de réflexion philosophique ou théologique et, par ailleurs, la recherche d’endroits clos, retirés du monde et de ses oeuvres n’utilise pas nécessairement ce moyen qu’est la marche.Mais la route, toute large et pavée qu’elle soit maintenant devenue pour faciliter la circulation rapide des hommes et des marchandises, trace tout de même une voie à laquelle les voyageurs d'aujourd’hui, sollicités par de pressantes valeurs matérialistes et hédonistes, restent encore sensibles.Krsl.- 7 ** *.* -T vw-'y Jfefc •- - .“.JÊb».mÊ Un des très beaux sîtes bucoliques du New-Hampshire.lomètres une pente moyenne de 25 degrés s’accentuant à 37 degrés sur la section dite de Jacob Ladder.Old Pepperseas, la première locomotive, est exposée tout près, à Bretton Woods.Et il n’y a pas que le mont Washington.Le circuit du Kancamagus Highway réserve aussi de belles surprises à quelque 900 mètres d’altitude.Ce n’est pas si loin; c’est au New Hampshire.À LA DÉCOUVERTE DU QUÉBEC CHARLEVOIX I/IIIDCDPC DCTITC MAI1CI KZIMC s arrêter à Port-au-Persil, c'est faire le MUDCnuC It 111 L IYIHUlLlIiIL détour pour retrouver le temps qui prend son temps Mais c’est aussi s'arrêter en soi-même Retourner à soi.C'est s’offrir ce lieu où pour un instant, tout recommence.L'auberge Petite-Madeleine domine tout Port-au-Persil et vous invite à venir en contempler les beautés.47,95 $/pers., occ.dble, comprenant: souper, dodo, petit déjeuner 400 Rte le Port-au-Persil, St-Siméon GOT 1X0 418.638 2460! oubcrgc la maison ^tis FORFAITS: Prix exceptionnel en semaine et fin de semaine à partir de 65 $ p p (P.A.M.) par jour, occ, dbl.30 chambres toutes catégories Salles à manger réputée, 4 fleurs de lys et 4 fourchettes Piscine intérieure, saunas, bain tourbillons.Boite à chanson.Centre de santé-beauté Boutique d'art.Au coeur du Baie St-Paul artistique, 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Mont-Ste-Anne une sympathique auberge ______________________4 fleurs de lys reconnue pour la qualité de son service.31 chambres grand confort.Accueil chaleureux et attentionné.Table 4 diamants CAA, gagnant provincial Grand Prix Québécois de la Gastronomie, cave à vin exceptionnelle Forfait Romance à partir de 89,50$ par pers , occ.double incluant: le souper, la nuit, le grand déjeuner, les pourboires Aussi disponibles forfaits golf, affaires.Réservation (418) 827-5703.Frais virés.QUÉBEC LE MANOIR DU LAC DELAGE: SÜÎSS tides.Chambres spacieuses et suites.Piscine intérieure, sauna, bains tourbillons, mini-golf, tennis, bicyclette, badminton, randonnées pédestres.FORFAIT COULEURS incluant chambre, repas du soir, petit déjeuner et accès aux activités sportives: à partir de 73,00$ p.p.par jour, occ.double.Aussi disponible: forfait incluant équitation.RÉSERVATION: (418) 848-25510U 1-800-463-2841.Pour informations publicitaires contactez: JOHANNE GUIBEAU 1-800-363-0305 — (514) 842-9645 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«Golf».«Découverte du Fjord du Saguenay», «Safari Visuel aux baleines».«Évasion au coeur des Rives», «Douces Vacances», «Réunions d'Affaires».etc Tarifs et forfaits spéciaux pour groupes.Tél.: (418) 235-4421 ou sans frais 1-800-463-5250.Fax: (418) 235-4607 Ouverture en mai ILE D'ORLÉANS Subcigr Cljaunionot Hr ïiifHIf.iii* Au bord du majestueux fleuve.Une magnifique Auberge « 4 Fleurs de lys» où vous trouverez des chambres et une salle à manger « Cuisine régionale, grillade et fruit de mer ».Forfaits disponibles.Un site unique situé à St François de l'Ilo d’Orléans.Pour information ou réservation: (418) 829-2735 fc REIMS & CHATEAUX LA FINE FLEUR DES MAITRES HOTELIERS CHARLEVOIX / CAP À L'AIGLE I A DIAICnSISIIÈDC» Sous un même toil.Un relais de campagne au con-Lrt rllioullllicnc.fort incomparable, un grand restaurant et une cave exceptionnelle.27 chambres joliment décorées dont certaines avec grande baignoire à remous, foyer ou lit à baldaquin.Piscine intérieure, sauna, tennis, plage 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B-14 ¦ Le Devoir, samedi 29 août 1992 DES IDEES, DES EVENEMENTS Un triomphe pour l’élite fédéraliste du Québec Bourassa est sur le point de dire à ses maîtres : « Mission accomplie, on les a eus ! » Claude Bariteau L’auteur est professeur au département d’anthropologie de l'Université Laval VU DE LOIN comme le triomphe de l’esprit minoritaire, l’accord constitutionnel du 22 août constituerait plutôt l’apothéose pour l’élite dirigeante du Parti libéral du Québec.En contribuant à cet accord, Robert Bourassa se serait même élevé au rang d’un véritable chef.Même s’il n’a réussi, en fait, qu’à négocier un quasi statu quo, grâce au verrouillage des quelques brèches que contenait l’accord du 7 juillet, et à l’évitement de l’insertion de règles contraignantes sur l’union économique.Après plus de 30 ans de revendications répétées, comment le chef du PLQ peut-il, sans rougir, se considérer comme un héros, lui qui a joué son va-tout dans tous les dossiers et est revenu avec des vetos sur l’accessoire, une protection antidémocratique à la Chambre des communes et des pouvoirs que le Québec avait déjà ?Devant un tel bilan, comment le milieu des affaires que représente le Conseil du patronat du Québec peut-il se réjouir, alors que ses dirigeants savent très bien que c’est un recul notoire sur l’essentiel ?Comment comprendre que le premier ministre du Canada puisse voir dans cet accord des gains incommensurables ?Alors même que Clyde Wells se réjouit de ce que ce même accord « améliore » l’entente du Lac Meech, parce qu’il contient un meilleur encadrement du concept de société distincte et rend impossible le statut particulier pour le Québec (ce que Gil Rémillard dément.en citant des textes qu’il n’ose même pas diffuser ! ).Que peut-on trouver derrière ces réjouissan- ces et ces débordements au sein de la classe politique fédéraliste du Québec ?Derrière les attaques mesquines portées à la mémoire de René Lévesque par Robert Bourassa ?Derrière le déclenchement, dans certains médias dont La Presse, d’une offensive visant à discréditer les critiques de cet accord, avant même qu’ils aient ouvert la bouche ?Quatre objectifs fondamentaux À vrai dire, peu de choses.Mais certainement des choses qui comptent.Personnellement, j’en vois quatre.Elles ne concernent aucunement le contenu de l’entente.Il s’agit (1)i du maintien du cadre économique et politique canadien; (2) de la banalisation du Congrès du PLQ; (3) du report ou d'une modification du sens du référendum prévu dans la loi 150; et (4) d’un tremplin inespéré pour Brian Mulroney et ses troupes, avant leur plongeon dans un campagne électorale.À mon avis, tout le plaisir que ressent Robert Bourassa provient de la conviction profonde qu’il a d’avoir contribué à reproduire les bases qui ont cimenté, il y a 125 ans, le cadre canadien et, par le fait même, d’avoir assuré le maintien en place de la classe politique québécoise qui doit son existence à la pérennité du système fédéral.En effet, avec cet accord, le cadre politique et économique canadien n’a guère changé.Encore moins la place qu’y occupe le Québec, ce que reconnaissent et ce dont se réjouissent les représentants des milieux d’affaire — exception faite de ceux qui se sentent liés à la dynamique québécoise et voudraient la renforcer.Cet accord du 22 août est aussi la bouée de sauvetage que recherchait de toute urgence Robert Bourassa.Sans cette bouée, la loi 150 l’obligeait à tenir un référendum sur la souveraineté, ce qui risquait de faire éclater son parti et d’évacuer du décor canadien sa classe politique d’appartenance.Sans cette bouée, lui et son cabinet n’avaient guère d’avenir.Voilà pourquoi Robert Bourassa s’est précipité en désespoir de cause pour négocier un nouvel accord auquel s’est lié Brian Mulroney, lui-même fortement intéressé à la reproduction en sol québécois de cette classe politique dont il fait aussi partie.Il n’y a rien d’autre qui puisse expliquer sa précipitation et son acceptation de l’inacceptable.Rien d’autre derrière l’image de « grand batailleur » que cherchent à lui accoler ses maquilleurs, pour montrer qu’il a joué à l’arraché, alors qu’il s’apprête a mener sa seule vraie bataille.au Québec, contre des Québécois ! Cette bataille, il devra la mener contre les aspirations légitimes du peuple québécois à la souveraineté, en cherchant se fabriquer une fallacieuse auréole nationaliste.Aussi se présentera-t-il comme le défenseur d’une « nation » au sens ethnique du terme, claironnant qu’il a en poche un paquet de vetos à lancer, le moment venu, pour contrer toute attaque débridée visant à faire sauter les barricades qui enclavent les Québécois de souche dans une société distincte qui les « tribali-sera ».Cette image de sauveur, il la fera canonner par ses spécialistes en tir médiatique, reconnus aussi pour leur connaissance approfondie des déchirements de l’âme québécoise.Mais il lui faudra plus et il le sait.Il lui faudra des troupes sur le sentier de la guerre.Déjà, il a fait des manoeuvres en ce sens au Congrès des Jeunes Libéraux, en rappelant que les décisions importantes reviennent, dans les moments cruciaux, aux membres du gouvernement.Depuis, il a fait véhiculer ses nouvelles consignes par la voix de ses lieutenants : modification, voire retrait du référendum prévu; campement des troupes dans l’attente du signal de l’attaque.Une attaque coordonnée avec les premiers ministres provinciaux et le Parlement canadien.question de renforcer son propre pouvoir de persuasion.C’est dans cette perspective que les diri- geants du PLQ entendent orienter ce congrès, afin de le transformer en une machine à avaliser le rapport d’étape sur l’accord du 22 août.Et surtout, surtout, pas de décision claire ! Sur le parterre, on peut d’ores et déjà prévoir que sera battue toute proposition visant à prendre une décision claire sur le fond de cet accord.Comme le signalait LE DEVOIR du 26 août, les dirigeants du parti proposeront quelque chose de plus subtil : une acceptation conditionnelle, en lui accolant un brin de menace aux relents « allairistes », qui sera lancé aux premiers ministres provinciaux qui pourraient faire défaillance.Du coup, c’est le programme du Parti libéral qui sera utilisé comme moyen de pression pour faire adopter, à l’échelle canadienne, un accord qui le me ! Et les militants qui défendent ce programme.deviendront les garants de son abandon.Il fallait y penser et croire que les militants, surtout les jeunes, n’étaient que des machines à claque.Au cours de ce congrès, il y aura des sautes d’humeur, peut-être des démissions, qui seront très vite vilipendées par de nombreux préfets de discipline.Ceux-ci feront valoir qu’il importe, à ce stade-ci, de modifier le sens du référendum prévu, au nom des « intérêts supérieurs de la nation » et de la sécurité économique des Québécois.C’est ce qui a toujours été l’intention de Robert Bourassa et l’objectif qu’il a poursuivi au cours des dernières semaines, à la fois pour replacer son parti au coeur d’une problématique fédéraliste et pour permettre à Brian Mulroney de mettre de l’avant son idée fixe d’un référendum pancanadien.Si tout se passe comme prévu, les dirigeants du PLQ s’en sortiront probablement avec assez de marge de manoeuvre pour modifier la loi 150 et changer les contraintes qu’elle véhicule.Depuis la Loi des mesures de guerre et le rapatriement de la constitution au Canada sans le consentement de l’Assemblée nationale, ce geste sera l’affront le plus brutal fait au peuple québécois.Et aussi le plus odieux, parce qu’il viendra de ceux et celles qui gouvernent aujourd’hui le Québec.Un tel geste ouvrira la voie à d’autres, du même ordre.Dès qu’un gouvernement parvient à se placer au-dessus des lois, tout lui semble permis.En lançant son « Just watch me », c’est probablement ce qu’annonçait Robert Bourassa : il lui fallait trouver un moyen pour que son parti puisse se défiler.Dès lors, plus rien ne pouvait l’arrêter, les intérêts de son parti et de la classe qu’il sert primant sur ceux de la population du Québec.Bourassa doit renvoyer l’ascenseur Pourquoi agit-il ainsi et invite-t-il ses troupes à le suivre ?Peut-être parce qu’il n’a jamais cru dans les capacités des Québécois, et a toujours eu de ces derniers l’image qu’il a de lui-même : celle d’un homme gentil et futé qui — notamment par son mariage — a pu accéder à cette classe et devenir un homme ini-portant.Un homme important qui, pour le rester, doit renvoyer l’ascenseur.Il y a deux ans, suite à l’échec de l’entente du Lac Meech, j’ai pensé que la seule voie qu’avait Robert Bourassa pour réaliser ce qu’on attend de lui dans ces milieux, c’était de réinventer le Canada de 1867, après avoir jonglé avec un projet de souveraineté pour brouiller les cartes.C’est exactement ce qu’il a fait.Si tout se déroule bien, il réussira.Les hauts dirigeants du PLQ et toute la classe politique fédéraliste pourront en être fiers.Même si, pendant tout ce temps perdu, c’est la population du Québec qui aura écopé et subi le pire des sorts : celui d’être empêchée de s’exprimer et de s’émanciper, au nom des intérêts d’une classe qui se nourrit de son assujettissement.Les hauts dirigeants du Parti libéral du Québec en seront fiers aussi, parce que l’accord du 22 août 1992 ouvre la porte à toute une série de nouvelles négociations avec le gouvernement fédéral.Un accord dont le seul intérêt est de maintenir à flots les assises nationalistes d’une classe rétrograde, porteuse d’aspirations totalement déphasées, et dont le bilan des derniers mandats constitue un recul historique.De Lévesque à Trudeau Le vrai père spirituel de Robert Bourassa Alain-G.Gagnon Du département de science politique de McGill LES RÉCENTS soubresauts constitutionnels nous ramènent à la mémoire une déclaration contestée et contestable de la journaliste Lysiane Gagnon qui affirmait, en mars 1991 au moment du colloque sur les leaders politiques du Québec contemporain, que Robert Bourassa était « l’héritier de René Lévesque ».Avec le recul, force est de constater que M.Bourassa ne se situe pas dans la lignée de René Lévesque.Il y a longtemps que M.Bourassa s’est écarté des idéaux portés par René Lévesque.Ce dernier tenait davantage à l’épanouissement de la communauté nationale québécoise qu’aux gains politiques qu’il pouvait obtenir pour lui et son parti.René Lévesque était un homme d’État.Tout rapprochement entre René Lévesque et Robert Bourassa étant contre-productif, il paraît plus judicieux ici d’établir une filiation entre Pierre Elliott Trudeau et Robert Bourassa.Robert Bourassa a toujours cherché à se faire accepter par ceux qu’il trouvait plus forts que lui.Volontairement ou non, M.Bourassa a toujours cherché à se faire accepter par ceux qu’il trouvait plus fort que lui.Il a tout fait pour que l’image de « mangeur de hot-dogs » que lui avait accolée M.Trudeau à une autre époque se dissipe.Afin de redorer son blason, il se serait de plus en plus identifié à Trudeau et à ses enseignements.Au-delà du •Just watch me» que Robert Bourassa a lancé alors qu’il venait de conclure une entente avec Ottawa et le Canada anglais, comme Trudeau l’avait fait en 1970 juste avant de promulguer la loi des mesures de guerre, il y a plusieurs indices qui permettent de faire un rapprochement entre les deux hommes.Tout comme Trudeau qui avait carrément ignoré les rapports déposés par les Commissions royales d’enquete ( Laurendeau-Dunton, 1963-1969, Pepin-Robarts, 1977-1979) mises sur pied pour trouver une solution durable à la crise constitutionnelle canadienne, Robert Bourassa devait faire de même avec la Commission Bélanger-Campeau (1990-1991).L’égarement politique de M.Bourassa est d’autant plus grave que les programmes politiques des grands partis politiques provinciaux du Québec ont toujours affirmé vouloir faire duQuébec une société distincte.Rappelons à cet égard que le document préparé par Paul-Gérin Lajoie et déposé en octobre 1967 aux assises de la Fédération libérale du Québec, l’ancêtre du Parti libéral du Québec, avait été rapidement mis sur une voie d’évitement.Ce document intitulé Le Québec, une société distincte, insistait pour qu’il y ait un nouveau partage des pouvoirs pouvant permettre au Québec de prendre son élan collectif.Les derniers signes d’une conversion totale Les dernières tractations indiquent que M.Bourassa se situe en droite ligne avec la vision « fédérale » défendue par Pierre Elliott Trudeau.Tout comme M.Trudeau, Robert Bourassa s’en remet maintenant au gouvernement central pour défendre les intérêts du Québec.Il accepte de passer les quelques instruments politiques qui sont ceux du Québec à un pouvoir qui lui est essentiellement étranger.Une relecture de l’ouvrage Le fédéralisme et la société canadienne-française, qui résume bien la pensée de Trudeau, laisse penser qu’il s’agit là du livre de chevet de M.Bourassa en aurait fait son livre de chevet.Ce livre, on le sait, constitue le petit catéchisme adopté par nombre de Canadiens anglais au cours des 25 dernières années pour défendre la cause du fédéralisme centralisateur.Il est utile de reprendre un passage ici qui à la lumière des événements récents est fort révélateur : « Un des moyens de contrebalancer l’attrait du séparatisme, c’est d’employer un temps, une énergie et des sommes énormes au service du nationalisme fédéral.(.) Il faut affecter une part des ressources à des choses comme le drapeau national, l’hymne national, l’éducation, les conseils des arts, les sociétés de diffusion radiophonique et de télévision, les offices du film.» (1967, p.204).L’entente du 22 août atteste que la démarche proposée par M.Trudeau a gagné des adeptes, puisqu’il y est proposé qu’Ottawa garde le contrôle sur les institutions fédérales comme le Conseil des arts, Radio-Canada, l’Office national du film et Téléfilm.M.Trudeau, on le sait, a combattu le nationalisme sur toutes les tribunes.Il est dès lors intéressant de constater que même lui trouve des qualités au nationalisme, lorsqu’il fait avancer sa vision centralisatrice de la fédération canadienne.M.Trudeau en a de nouveau donné un exemple lors du colloque tenu à l’Université Laval sur les institutions politiques, au printemps 1984, quelques mois apres avoir décidé de tirer sa révérence comme chef du Parti libéral du Canada.Le texte qu’il y a livré a été vu comme son testament politique.M.Trudeau déclarait à cette occasion que le Canada doit procéder à son « renforcement organique », et que pour ce faire le gouvernement fédéral se doit de « préserver le pouvoir central suffisamment fort pour incarner notre vouloir-vivre collectif, arbitrer avec une légitimité politique incontestée les conflits d’intérêts entre provinces et régions, et parier au nom de tous les Canadiens et Canadiennes à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, mais en même temps».(LE DEVOIR, 2 avril 1984).Robert Bourassa, contre toute attente raisonnable, accepte cette vision trudeauiste qui possède les éléments contribuant a minoriser le Québec dans l’ensemble canadien et à éliminer la vision des deux peuples fondateurs.L’accord donné par M.Bourassa au projet d’entente du 22 août consacre la fin de l’interfédéra-lisme et la montée de l’intrafédéra-lisme.La formule de l’intrafédéralisme transfère, soulignons-le, des pouvoirs de l’Assemblée nationale vers la Chambre des communes.Cela est d’autant plus inquiétant que le Québec n’y a qu’une garantie de 25 %.Banaliser les reculs subis Par surcroît, l’entente globale conclue entre M.Bourassa et les premiers ministres canadiens ne reconnaît en rien les aspirations nationales du Québec.C’est ainsi que le concept de « société distincte » se voit banalisé, englouti dans la Clause Canada avec une demi-douzaine d’éléments.Tout comme M.Trudeau qui cherchait à minimiser le rôle du Québec dans l’ensemble canadien, M.Bourassa cherche à banaliser les reculs subis à la table constitutionnelle.Il n’est pas sans intérêt de relire un article de Claude Ryan rédigé au moment où M.Trudeau avait donné sa démission comme chef du Parti libéral du Canada et qui porte sur la conception du pays qu’il défend : « Elle minimise gravement en particulier, le rôle essentiel du Québec et de son gouvernement comme éléments moteurs de la vie française au Canada.Mû par sa vision intransigeante de l’unité canadienne, M.Trudeau s’est souvent opposé au Québec (.) Il porte aux yeux de l’histoire la responsabilité d’avoir fait échec à tous les projets de réforme constitutionnelle qui ont émané depuis vingt ans des gouvernements ou des partis politiques québécois.Dans cette perspective, l’épisode des mesures de guerre en 1970, puis celui du rapatriement unilatéral en 1982, prennent figure de symbole.» (« Une vision intransigeante du Canada », LE DEVOIR, 2 mars 1984).Les Québécois fédéralistes, souverainistes, autonomistes, ou autres sont en droit de s’attendre à la loyauté de celui à qui ils ont confié les destinées de la nation.Il est difficilement imaginable que M.Bourassa aille à l’encontre des demandes faites par la très grande majorité des intervenants aux audiences de la Commission Bélanger-Campeau qui revendiquaient davantage de pouvoirs pour l'Assemblée nationale.M.Bourassa fait fi des représentations faites et, à la manière d’un enfant battu, se satisfait de ne pas avoir tout perdu.M.Bourassa en perd que son honneur.Le Québec connaît des reculs énormes par rapport à ses demandes traditionnelles.Actualité de l’indépendantisme Pour dépasser 250 ans d’impuissance nationaliste Andrée Ferretti et Gaston Miron Extraits de l’introduction à l’anthologie Les grands textes indépendantistes, 1774-1992 à paraître en septembre à l'Hexagone COMME TOUS les textes prophétiques, le discours indépendantiste québécois est d’abord archaïque, en ce qu'il se fonde sur son dialogue avec l’origine, c’est-à-dire sur son débat critique avec tout ce qui dans le passé et le présent donne lieu à sa nécessaire existence, soit les effets destructeurs sur la nation québécoise de la Conquête anglaise et des régimes constitutionnels britanniques et canadiens qui en sont directement issus.Il trouve dans ce face-à-face lucide avec les forces adverses d’aliénation, de domination et d’exploitation, le ferment d’une pensée et d’une action affirmatives et libératrices, annonciatrices de ce qui n’est pas encore advenu et qui doit advenir.D’où sa constante modernité et son caractère toujours subversif, même quand il lui arrive de prendre figure dans des projets de société conservateurs (.) Pour les indépendantistes, la résolution de la question nationale semble donc, pour ainsi dire, déjà derrière eux.En effet, bien que toujours à réaliser, l’indépendance, dans le discours indépendantiste, non seulement n’apparaît jamais problématique, mais plutôt d’ores et déjà victorieuse.Le choix de l’indépendance signifie en soi que le traumatisme de la Conquête anglaise a été surmonté, que les rouages du colonialisme et de la domination aliénante ont été démontés et, donc, rendus inopérants, que la peur de la li- Au contraire du nationalisme traditionnel, l’indépendantisme est une présence moderne au monde.berté a été vaincue et assumées les responsabilités inhérentes à la pleine maîtrise du destin national.Tourné vers l’avenir, ouvert sur le monde D’où, à toutes les époques et dans tous les contextes de son élaboration, un discours qui propose l'indépendance comme outil de libération nationale, certes, mais egalement comme condition sine qua non de réalisation d’un projet de société conçu en regard des valeurs, richesses, compétences, aspirations et intérêts spécifiques de la nation, de quelques manières qu’ils soient compris par les uns et les autres.Ainsi, à travers ses journaux et revues, ses manifestes, mémoires, déclarations et programmes, les innombrables articles et essais de ses partisans, le mouvement indépendantiste apparaît toujours résolument tourné vers l’avenir et ouvert sur le monde.Cette volonté de présence moderne au monde de l’indépendantisme le distingue essentiellement du nationalisme, traditionnel et actuel, qui maintient le Québec dans le passé, l’enferme dans le provincialisme, l’obligeant à un perpétuel recommencement des mêmes luttes, nées des mêmes revendications, en vue des mêmes objectifs.En expulsant la Conquête anglaise hors de l’Histoire, sans l’avoir d’abord transcendée dans un présent radicalement différent, le nationalisme québécois ne peut qu’en perpétuer indéfiniment les conséquences, chague événement nouveau découlant nécessairement de l'événement crucial.Ce refoulement de la Conquête, dans un no man’s land où seul le mythe peut s’installer à demeure, piège le nationalisme québécois dans la sophistique de la bonne entente souhaitable avec le Canada anglais, déjà à l’oeuvre sous l’Union, et, depuis 1867, dans celle encore plus pernicieuse des deux peuples fondateurs ayant des droits égaux dans un État fédéral composé de deux nations égales.C’est ce refus de considérer la nation québécoise comme nation conquise, soumise à tous les aléas de la domination d’un pouvoir étatique étranger, dont le régime fédéral en train de naître ne sera que l’ultime avatar, qui rend le nationalisme québécois impuissant à assumer dans toutes ses propriétés la dimension politique de son discours d’affirmation nationale, qui l’engage sans fin dans des luttes stériles avec un adversaire considéré comme un partenaire et non comme l’ennemi objectif qu’il est pourtant.Il ne peut dès lors que s’en tenir à des déclarations d’hostilité, sans pouvoir jamais mettre ses menaces à exécution, pas plus que le pouvoir canadien ne peut se permettre, dans sa constante volonté de soumettre le peuple québécois sans le faire fuir, de dire non à la totalité des revendications de nos provincialistes.Ainsi entretenu par le nationalisme québécois, le syndrome conflictuel Canada-Québec n’obéit pas aux règles habituelles voulant que, tôt ou tard, les litiges nationaux se résolvent d’une manière ou d’une autre.Au contraire, ils ne font ici que se régénérer constant ment, à même les concessions mineures et ponctuelles de l’un et les compromis fondamentaux de l’autre, tous déter minés par le rapport de force majorité-minorité, nécessai rement défavorable au Québec.L’ensemble du discours indépendantiste élaboré depuis la Confédération et, plus particulièrement, depuis 1957 propose plus ou moins explicitement cette analyse de U perversité profonde des luttes nationalistes.(.) La « société distincte », ultime avatar du nationalisme provincialiste Avec des conséquences sans cesse aggravées, au point qu’aujourd’hui, les nationalistes provincialistes ont si corn plètement perdu la conscience du sens de l’identité natio nale et de ses attributs intrinsèques, qu’ils acceptent U réduction de la nation québécoise au statut de « sociéU distincte », sans voir, ou feignant de ne pas voir, que cette ultime dégradation de l’entité québécoise compromet soi existence plus dangereusement que jamais, meme en tan' que simple société distincte, puisqu’elle légitimise les in terventions du Canada dans le gouvernement du Québec (.) Aboutissement inévitable d’une stratégie de la survi vance qui a constamment occulté la question de l’État ei tant que seule expression moderne achevée de la nation Aboutissement qui survient précisément au moment de l’histoire universelle où l’État — en dépit des délirants hymnes capitalistes aux libres forces du marché — tient le rôle primordial dans le développement de la nation, ax< sur la mondialisation de tous les échanges.Processus engagé au cours de la Deuxième Guerre mondiale, l’interventionnisme de l’État innerve désormais tous les réseaux des relations internationales, du pouvoii politique, de l’économie et de la culture.D’où la naissance au Québec, à la fin des années 50, d’ur mouvement indépendantiste qui, depuis, n’a cessé de se développer.D’où l’évolution nécessairement de plus en plus centralisatrice du régime constitutionnel canadien D’où l’actuel affrontement décisif entre les forces fédéralistes et nationalistes, d’une part, et les forces indépendantistes, d’autre part.Car, il s’agit bien de cela : de l’indispensable maîtrise du pouvoir d’Etat.L’indépendantisme n’est pas en effet, comme le nationalisme, un mouvement ethnique assimilant les luttes pour la sauvegarde de la nation aux luttes pour la défense de la langue et autres caractéristiques et valeurs culturelles, sociales ou religieuses.L’indépendantisme, c’est une volonté et une stratégie de conquête du pouvoir d’État pour libérer la nation québécoise de toutes les tutelles qui entravent sa puissance à prendre entièrement charge d’elle-même, avec les avantages et contraintes, les réussites et échecs, les droits et devoirs inhérents à la responsabilité et,' donc, à la liberté.(.) Or, c’est parce qu’elle est essentiellement synonyme de liberté que l’indépendance est peu à peu devenue, au cours des derniers siècles, la forme quasi universelle d’organisation politique des peuples en État national souverain.Aussi n’en est-il pas un seul aujourd’hui, s'il en est privé ou s’il est menacé de la perdre, qui ne lutte pour l’acquérir, la reconquérir ou la défendre, selon des circonstances et conditions historiques propres à chacun.Le peuple québécois ne saurait sous peine de disparaître échapper à la règle.L’équipe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l’Information général# Denis Lamoureux, Louis-G.L’Heureux, Bernard Morrier, Laurent Soumis,; Jacques Grenier < I Information culturelle : Michel Bélair (directeur), Paule DesRivières, Marie Laurier, Robert Léves< (Le Plaisir des livres); à l’Information économique : Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean- POjHJqué josée Boileau, Pierre O’Neill (partis politiques), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa), Jocelyn Coulon (politique Internationale), François Brousseau (éditorialiste politique Internationale et responsable de la paqe Idées et événements), aux affaire* sociale* : Paul Cauchon (questions sociales), Caroline Montpetlt (enseignement primaire et secondaire) SRDA A rAfft lADCAinnArminf annéneii«A I ri n.i.ni , i______-a / i — ai _a_ Jean Chartier, Yves d'Avignon, Jean-I Jacques Nadeau (photographes); à ue, Nathalie Petrowskl, Odile Tremblay » i u « - • Claude (secrétaire é la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec) Rachel Rochetort (Ottawa) LA PUBLICITÉ Lise Millette (directrice),Jacqueline Avril, Francine Glngras, Johanne Gulbeau, Lucie Lacroix, Chrls- Mal°f (publicitaires), Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes); Johanne Brunet (secrétaire).L’AD-MINI8TRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables); Florlne Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Rose, Linda Thériault (secrétaire À l'administration), Raymonde Quay (responsable du tinancement privé).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Chrlstianne Benjamin (directrice), Monique Corbell (adjointe), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zulda, Rachel Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marle (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette.LE8 ANNONCES CLA8SÉE8 ET LE8 AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Françoise Blanc, Manon Blanchette, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Françoise Coulombs, France Grenier, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland.LC DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société é responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal.H2Y 1X1.Il est composé ai Imprimé par Imprimerie Dumont, 7743 rua Bourdeau, una division de Imprimeries Québécor Inc., 612 ouest rue Saint-Jacques.Montréal L'Agence Press» Canadienne est autorisée é employer et é dlttuser les Information» publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Group* Québécor Inc — ¦- -.—¦ - -• -*•- - -
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