Le devoir, 12 septembre 1992, Supplément
VvwaBL* .a #» p$ Sjji ¦ £ t ci s *9 Bienvenue à ICO 92 La revue FORCES est heureuse de présenter ce grand numéro consacré à la muséologie québécoise, canadienne et internationale.FORCES, plus que jamais « la revue du Québec ».r -f SPÉCIÀ OM 92 1 2 B Le Devoir, samedi 12 septembre 1992 S^'tss ?-.Swis émoins Je nos découvertes et Je nos traditions, nos musées sont d’excellents reflets de notre culture.Ils constituent un attrait touristique important mais sont également, pour la plupart d’entre nous, des lieux d’exploration et de connaissance privilégiés.Contribuer à leur essor, c’est contribuer au développement de notre patrimoine culturel.Le Bureau fédéral de développement régional est très fier d’y participer.T Mu see de l’humour (Montréal) Musee des beaux-arts de Montréal Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal Musée des religions (Nicolet) Musée régional des mines et des arts (Abitibi) Maison du granit (IVauce) Musee agricole de Louiseville Musee des défricheurs (tteaucc) Bureau fédéral de développement régional (Québec) Federal Office of Regional Development (Québec) Canada cahier spécial ICOM 92 Le Devoir, samedi 12 septembre 1992 ¦ 3 Des minéraux à Borduas Le Québec comptait 28 musées en 1970, contre 400 aujourd'hui OY r: PHOTO JACQUES NADEAU Le Pavillon Jean-Noël Desmarals du Musée des Beaux-Arts.// * / \ / .mû T 4 Paule des Rivières UN CABIN ET de curiosités et un économusée du cheddar n’ont en apparence rien en commun.Pourtant, ils revendiquent tous deux le titre de musée, chacun dans leur siècle.Us témoignent de l’extrordinaire évolution d’une institution qui n’en finit plus de se transformer.En 20 ans, le nombre de musées au Québec est passé de 28 à plus de 400.L’appétit pour la sauvergarde du patrimoine a provoqué une véritable explosion à la grandeur de l’Occident.« Aujourd’hui, dit Sylvie Gagnon de la Société des musées québécois, c’est une vision large du musée qui a la préséance.Mais la mission reste la même, qu’il soit question de tableaux, de chevaux, de singes.Un souci de conservation est à l’origine de toute collection».Toutes ces soucis et toutes ces passions surtout feront dans quelques jours l’objet d’une grandiose réunion à Québec, avec des représentants d’institutions muséales à travers le monde.Les participants s’interrogeront justement sur les limites du musées.Us se demanderont jusqu’où l’on peut aller pour attirer le public et s’il vient un moment où une insititution cesse d’être un musée.Us entendront des dizaines de témoignages dont, notamment, celui d’un conservateur suisse qui repousse sans cesse les limites du musée.Sa dernière exposition avait pour thème « À chacun sa croix » et le carton d’invitation montrait un « skin head » d’un côté et deux diachylons en croix de l’autre.L’exposition s’articulait autour d’un thème et illsutrait, à partir du mot « croix », l’absence, le vide.Nous sommes à mille lieues d’une exposition de portraits du 17e.Le Québec n’échappe pas à cet éclatement des musées mais à sa manière et avec une intensité sans doute propre aux incertitudes politiques qui le rongent.Cependant, la tradition est préservée car dès le début de la colonisation, le Québec optait pour la diversité dans la préservation, épousant les sciences et l’art du même souffle.Naturellement, les églises catholiques furent ni plus ni moins les parents des musées.Puis vinrent les cabinets de curiosités que les Européens de passage en Nouvelle-France constituaient à leur retour dans leur vieux pays pour le plus grand plaisir de leurs concitoyens et qui furent sans doute installés en Nouvelle-France également.Au milieu du 19e, plusieurs expositions itinérantes sont présentées à Montréal, en provenance de France et d’Angleterre mais aussi des États-Unis.Puis, la fondation de l’Université McGill à Montréal donne un nouvel envol à l’intérêt muséal et, en 1882, le musée Redpath, du nom de son donateur Peter Redpath, ouvre ses portes.Les sciences naturelles y sont à l’honneur puisque le principal de l’Université est un naturaliste réputé.Auparavant, en 1847, sept peintres avaient fondé, toujours à Montréal, la Montreal Gallery of Pictures.Les peintres en arrachèrent car les collectionneurs préféraient « magasiner » en Europe mais ils tinrent bon et connurent une certaine notoriété.Plusieurs autres regroupements virent le jour, le plus souvent à la suite d’initiatives de la communuté anglophone de Montréal.Une préoccupation domine, celle d’identifier les ressources naturelles du pays, pour pouvoir A la Librairie du Musée De l'art surtout.mais de tout sur tout! ensuite les utiliser en industrie.En 1826, un doreur du nom de Pierre Chasseur, un scientifique passionné qui voyageait et avait le don de recueillir des sous auprès du public, organise une collection de sciences naturelles.La collection est ultérieurement cédée à la province — elle contient alors 700 spécimens et objets dont 448 oiseaux — puis détruite par le feu.En 1838, un avocat, Thomas Amyot, et un peintre, Joseph Légaré, fondent la Galerie de Peinture de Québec.Jean Trudel, de l’Université de Montréal, explique leur initiative dans un essai récent sur le développement des musées au Québec.Us en arrachent, laisse-t-il entendre, mais leur griffe leur survit car l’université achètera la collection.En 1875, les journaux écrivent que la galerie de l’université possède la première galerie de peinture et le plus beau musée sur le continent.Rien de moins.Les collections de sciences naturelles de l’université s’ajoutent aux tableaux pour former un patrimoine enviable, enrichi au fil des ans.Le gouvernement se mêle de plus en plus de patrimoine et parallèlement à l’arrivée de trésors comme le Musée McCord et le Jardin Botanique de Montréal, un Musée gouvernemental de l’instruction publique est fondé en 1882.Insectes, mollusques, minéraux et oiseaux sont à l’honneur.En 1938, l’on compte 19 musées dits publics.Un autre coup est donné au début des années soixante avec la création du ministère des Affaires culturelles.Le Musée du Québec développe ses collections d’art et d’ethnologie et dit au revoir aux sciences naturelles.Dans cette foulée, une nouvelle génération de musées naît.Joliette, Sherbrooke, Saint-Laurent, chaque ville veut son musée.La suite est connue : une croissance ininterrompue de petits et gros musées, présentant aussi bien l’art classique et l’art contemporain, avec, une prédilection pour des institutions modernes, qui réussissent à attirer une plus grande clientèle.Ainsi en est-il du Musée de la Civilisation de Québec, qui, à chaque exposition, redéfinit l’institution muséale.Les thèmes des expositions sont illimités.Cela peut être un pays, l’histoire de la navigation, le développement de la lumière, etc.Et le défi fut relevé car la fréquentation des musées a connu un essor remarquable.En 1979, 33 % de la population québécoise a visité un site historique, comparativement à 39 % en 1991.Les chiffres sont aussi éloquents si l’on considère la population qui a visité un musée d’art : elle est passée de 26 % en 1979 à 35 % en 1990.Cet accroissement n’est pas le fruit du hasard : les musées se sont donnés depuis dix ans des services de relations publiques et des départements des communications qui ont justement pour mission d’attirer les passants.Ce qui fait dire à Arlette Blanchet, consultante en muséologie, dans un article récent sur les institutions muséales, que plusieurs musées accordent aujourd’hui presqu’autant d’importance au marketing et à la levée de fonds qu’à la collecte et à l’exposition.C’est vrai et cela ne fait que commencer, prévient Mme Gagnon de la Société des musées québécois.Elle cite une étude des Hautes Études Commerciales démontrant que les musées n’ont généralement pas de véritable stratégie de marketing mais plus simplement un service de relations publiques.Or.fait-elle valoir, si l’on veut que la population fréquente ces centaines d’institutions que nous possédons, il faut travailler un peu plus fort.Pourquoi, par exemple, ne pas organiser une « roue de fortune » avec pour prix une visite pour deux à une musée ?C’est romantique, non ?Ouvrages traitant d'une foule de sujets.Architecture Art canadien Arts décoratifs Art des Amériques Arts graphiques Biographies Catalogues d’expositions Costume / mode Cuisine/vin Design industriel Enfants / jeunesse Essais Histoire de l’art Jardins Métiers d’art Ouvrages de référence Photo / cinéma Textile Voyages et divers services des plus utiles! Certificats-cadeaux Commandes spéciales Recherches bibliographiques Services aux collectivités LIBRAIRIE DU MUSÉE 1368, rue Sherbrooke ouest Montréal (Québec) H3G 2T9 (514) 285-1600 Librairie agréée Mardi, samedi, dimanche, de11hà18h Mercredi, jeudi, vendredi, de 11 h à 21 h 10% de rabais pour les Amis du Musée y MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL 4 B Le Devoir, samedi 12 septembre 1992 cahier spécial ICOM 92 La muséologie québécoise, sa vie, son oeuvre Stéphane Balllargeon Muséologie, muséofoiie, muséomanie.Depuis quelques années, le Québec est pris d’une passion frénétique pour la chose muséale.Le domaine connaît un développement sans précédent, évident par le nombre de projets, parfois ambitieux, qui ont vu le jour.En fait, la mutation est encore plus profonde : elle concerne la raison d’être fondamentale de cette institution « au service de la société », selon la définition même du Conseil international des musées.En un mot, on a recentré l’institution autour de la diffusion des arts et de la culture plutôt que de la simple collection des oeuvres.Premier constat donc, la multiplication du nombre des institutions.La Belle Province comptait une cinquantaine de musées en 1931 et à peine plus au début des années 70, malgré l’ajout de quelques gros canons, dont le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), inauguré en 1965.En 1992, le Québec a dépassé la barre du demi-millier d’institutions à vocations muséales.L’année charnière est sans contredit 1985.L’année du succès fou de Picasso, une rencontre à Montréal, au Musée des beaux-arts de Montréal (MBA), de RamsesII au Palais de la civilisation et de Aurora Boréalisdans le cadre des Cent Jours du Centre international d’art contemporain de Montréal.L’année des nouveaux programmes gouvernementaux à Québec et à Ottawa pour favoriser l’immobilisation.En sept ans, de 1985 à 1992, des dizaines de projets de nouvelles constructions, de rénovation ou d’agrandissement ont vu le jour : on a revampé le Musée du Québec et entièrement revu le MBA, relocalisé le MACM, fondé le Musée de la civilisation, inauguré le Centre canadien d’architecture, installé plusieurs institutions près du Vieux-Port, saupoudré des Maisons de la culture sur toute 111e de Montréal, inondé le territoire québécois de centres d’interprétation et d’institutions locales, cadrant plus ou moins avec la définition traditionnelle d’un musée, souvent sans collection permanente.Cette croissance n’est pas particulière au Québec.Le mouvement est généralisé à la grandeur des pays riches.La France compte actuellement plus de 300 chantiers de rénovation, du jamais vu depuis les années 60.Le plus ambitieux, celui dit du Grand Louvre, coûtera à lui seul plusieurs centaines de millions de dollars.Au Japon, où on était en grand déficit de ce côté, on a inauguré près de 800 institutions l’année dernière et le nombre des musées a plus que triplé au cours des trois dernières années, passant à 2400.Frank Gehry : mobilier innovateur en bois courbé Cette exposition est organisée par le Musée des Arts décoratifs de Montréal et commanditée en partie par Le Groupe Knoll.Argenterie anglaise Chefs-d oeuvre d Omar Ramsden Oeuvres de la Collection Campbell Cette exposition est circulée par le Smithsonian Institution Traveling Exhibition Service (SITES).1 1 septembre • 15 novembre mercredi au dimanche Musée des Arts décoratifs de Montréal angle Pie IX et Sherbrooke renseignements : (514) 259-2575 Le Musée d’art contemporain de Montréal.PHOTO JACQUES NADEAU Bernard Paquet “CRUXI-TOSCANA” du 10 septembre au 3 octobre 1992 3886 rue St-Hubert 281-8556 du mercredi au samedi de 12h à 17h30 GALERIE angri] AU NORD.L'ART CONTEMPORAIN CENTRE D'EXPOSITION DU VIEUX-PALAIS 185, RUE DU PALAIS SAINT-JÉRÔME J7Z 1X6 (514)432-7171 13 SEPTEMBRE -25 OCTOBRE: l • Le Je pris ou jeu Indira Nair • L’heure du thé Noces de Cana CENTRE D'EXPOSITION DE LA GARE 55, RUE PRINCIPALE NORD, C.P.1109 L'ANNONCIATION JOT 1TO (819)278-3273 /(SEPTEMBRE -15OCTOBRE: • Ibrahim Liliane Karnook CENTRE D'EXPOSITION DE MONT-LAURIER 385, RUE DU PONT, C.P.323 MONT-LAURIER J9L 3N7 (819)623-2441 5 SEPTEMBRE - 2 OCTOBRE: • Un autre gars de bois Robert Pinard • Sombre récit de la communion humaine Yvan Lessard GALERIE D'ART DU COLLEGE UONEL-GROULX 100, RUE DUQUET, C.P.333 SA1NTE-THÊRESE J7E 4J4 (514)434-7648 13 SEPTEMBRE - 8 OCTOBRE: • Espaces de réflexion lue de Verte Ce qui semble particulier au Québec, par contre, c’est la débandade dans laquelle le développement s’est fait.« On a agi sans cohésion, sans synergie entre les partenaires, dit Laurier Lacroix, professeur en muséologie de l’UQAM.Six ou sept ministères de Québec et d’Ottawa investissent de l’argent dans le secteur, mais le font sans se concerter.» Résultat : certains critiques parlent maintenant d’un trop-plein de musées dans certaines régions et les prqjets se bousculent toujours sur les tablettes gouvernementales.« Moi, je ne dis pas qu’il y en a trop, dit le professeur Lacroix.Je dis simplement qu’il nous faut un plan de développement, un programme d’ensemble, ne serait-ce que pour mieux distribuer les ressources, harmoniser les interventions à tous les niveaux.» Ceci dit, la croissance a apporté énormément à la muséologie elle-même en transformant complètement la relation du musée au public, dans le sens de la démocratisation.C’est un autre trait de la mutation en cours, encore plus fondamental pour certains spécialistes.« On observe un éclatement du musée vers la société, résume Sylvie Gagnon, directrice de la Société des musées québécois (SMQ).Autrefois, conserver était la première fonction d’une institution muséale.Maintenant, le plus grand souci, c’est d'animer les collections et les expositions au profit du plus grand nombre possible de visiteurs.» Madame Gagnon donne de multiples exemples, de la multiplication des associations d’Amis du musée au -> cahier spécial ICOM 92 Le Devoir, samedi 12 septembre 1992 ¦ 5 Autrefois, conserver était la première fonction d’une institution muséale.Maintenant, le plus grand souci, c’est d’animer les collections et les expositions au profit du plus grand nombre possible de visiteurs.développement des méthodes d'intervention pédagogique ou des services d’accueil.« Les musées s’adaptent à des publics diversifiés », renchérit Michel Côté, directeur de la diffusion et de l’éducation au Musée de la civilisation à Québec, l’institution qui détient le championnat national des efforts pour satisfaire les goûts et les besoins des visiteurs.« On a mis sur pied des programmes spéciaux pour des groupes cibles, des communautés culturelles aux enfants, et on ne néglige aucun effort, technique ou humain, pour inventer de nouveaux moyens, intéresser de nouveaux segments de la population.» La tâche n’est pas simple.Une étude du musée de monsieur Côté a révélé que l’institution n’a fait essentiellement qu’élargir sa clientèle à partir du même segment socio-culturel de la population.Plus du même quoi.« Le défi de la démocratisation n’est pas encore réglé, commente laconiquement le professeur Lacroix.Il reste beaucoup de travail à faire pour attirer des gens de prime abord désintéressés par le musée.» Entre 1983 et 1989, les musées de la région de Québec ont augmenté leur fréquentation de 30%.Maintenant, un Québécois sur trois fréquente au moins une institution muséale par année.Mais, jusqu’où aller ?Les grands musées ont maintenant des services de communication où les règles du marketing prennent de plus en plus de place.Jusqu’où aller pour attirer des publics ?On peut encore voir le Triumvirat Bell Canada, téléphone à l’appui, à l’exposition Rome : 1000 ans de civilisation, sur l’île Notre-Dame.Le MBA compare les lignes élégantes du « char » de son commanditaire Lexus au tombeau de Jules II de Michel-Ange.Et cela, après avoir accueilli une expo largement commerciale consacrée à Snoopy.« Ce qui est dangereux, c’est le travail mal fait, dit Michel Côté, qui précise bien ne pas juger ces cas précis.Le marketing pratiqué au musée doit toujours respecter le produit culturel en jeu, ne jamais le dénaturer.» Reste une troisième transformation de fond, celle qui concerne la conservation des oeuvres, le travail muséologique traditionnel.Ce domaine a été révolutionné de part en part par une multitude d’innovations techniques, aussi bien pour l’entreposage et la présentation des oeuvres, que leur restauration ou leur catalogue informatisé.Le Musée d’art contemporain de Montréal a même mis sur pied un système appelé ARIIS qui permet Le Musée de la civilisation de Québec.de manipuler la collection de l’institution sur écran, de comparer plusieurs images simultanément, de scruter les détails des formes et même, éventuellement, de communiquer avec d’autres institutions partout à travers le monde, par voie de satellite.Les employés eux-mêmes ont dû s’adapter, prendre le virage à la vitesse grand V.Depuis 1979, la SMQ offre des stages de perfectionnement à quelque 400 personnes par année.On forme des techniciens dans les cégeps depuis quatre ou cinq ans.L’UQAM et l’Université de Montréal décernent des maîtrises ès muséologie depuis le milieu de la dernière décennie.« La muséomanie s’est traduite par un besoin de personnel qualifié, dit le professeur Lacroix, qui en vit lui-même un peu.Avant, on se formait sur le tas ou à l’étranger.Maintenant, le Québec est autonome de ce « point de vue.» Une question demeure : pourquoi tant de musées, pourquoi la muséomanie, ici comme ailleurs dans le monde ?Le professeur Lacroix réfléchit à cette question depuis quelques années, mais pense qu’il faudra se laisser quelques décennies de recul avant de trouver la bonne réponse.Il rappelle simplement que le seul boom comparable a eu lieu au tout début de l’aventure muséale, au moment des révolutions politique et industrielle aux sources de la modernité.« On vit probablement une crise de société comparable, dit-il.Notre rapport au monde est bouleversé et le musée en témoigne.» De toute façon, le mouvement ralentit et il ne reste que quelques secteurs à muséifier, celui des sciences notamment.Il faut maintenant consolider les acquis et trouver de l’argent pour faire vivre les musées qui existent.Et puis, pour le professeur Lacroix, il faut aussi prendre le temps de questionner le processus, par exemple le nouveau rapport à la durée en train de s’instaurer.« Le temps long, la constitution de la mémoire qui était le projet initial du musée, est en train de se muter en temps court, en un temps toujors présent, écrivait récemment Laurier Lacroix, dans un texte sur le musée de demain.(.) Assimilé à une industrie culturelle, avec ses critères de rentabilité et de performance, le musée doit faire de plus en plus vite, avec des ressources limitées.(.) Le tout est de se demander comment il peut vraiment remplir sa mission dans ces conditions ?» u cours des dix dernières années, j'ai assuré à bon nombre d'artistes d'ici une « exposition efficace » tant que sur la scène internationale.Un réseau sérieux ainsi qu'une notoriété à l'étranger sont maintenant établis.Je me permets donc, pour souligner ces dix ans, d'affixer à mon nom Art International.J'entame une nouvelle décennie, où l'innovation dans les moyens de propager l'ait sera mon occupation première.Une saison 92-93 à surveiller! Artistes représentés par Michel Tétreault Art International : Pierre Blanchette Louis-Pierre Bougie Kittie Bruneau Jacques Hurtubise Christian Kiopini Isabelle Leduc Jennifer Macklem Paul Mathieu Jean-Pierre Morin Jean Noël Jacques Payette Fabrizio Perozzi Jean-Paul Riopelle Michel Saulnier Susan G Scott Pierre-Léon Tétreault François Vincent Le Corbusier.(1887-1965) Téléphone: (514) Télécoûieur : (514) 844-8637 Avoc la participation du Ministère des Affaires culturelles 6 ¦ Le Devoir, samedi 12 septembre 1992 cahier spécial ICOM 92 Les nouveaux temples d'une religion moderne Les musées français ont accueilli 70 millions de visiteurs l'an dernier Sylvlane Tramier UNE FIÈVRE bâtisseuse s’est emparée de la muséologie française il y a quinze ans et elle ne s’est toujours pas calmée.Quinze ans, c’est l’âge du Centre Georges Pompidou, la « Machine à montrer », dont l’érection au coeur du vieux Paris signalait une désacralisation architecturale de l’institution muséale, et inaugurait une nouvelle forme de rapport entre le musée et la ville.« Le musée est une idée moderne.Il s’affirme, au coeur de la ville comme un lieu de convivialité et d’urbanité », dit Jacques Sallois, directeur des Musées de France.La formule convient parfaitement à l’immense paquebot bariolé, à « l’usine à gaz » du quartier de Beaubourg, qui abrite le Musée national d’art moderne (MNAM).Depuis la construction du Centre Georges Pompidou, la France est devenue un véritable champ d’expérimentation en matière d’architecture muséale, qu’il s’agisse de construction ou de réaménagement de locaux existants.Les années 81-91 ont été marquées par l’ouverture de quatre musées nationaux, celui de l’Orangerie des Tuileries, en 1983, du musée Picasso dans l’ancien Hôtel Salé, en 1985, du musée d’Orsay en 1986, de la Pyramide du Louvre et de ses nouveaux espaces d’accueil en 1989, première étape dans la réorganisation totale du Grand Louvre.Cette entreprise colossale de réaménagement du palais du Louvre devrait être achevée l’année prochaine, juste à temps pour venir couronner deux siècles de présence du musée dans la société française.C’est en effet le 10 août 1793, alors que la révolution bat encore son plein, et qu’elle s’emploie d’un côté à détruire les symboles de l’Ancien Régime, que paradoxalement, ouvre le premier « Museum de la République », destiné à conserver pour la postérité les vestiges de l’histoire.À Paris encore, il faut mentionner l’ouverture l’année dernière de la Galerie nationale du Jeu de Paume, située dans l’ancien musée des Impressionnistes et aujourd’hui dévolue à l’art contemporain.La Galerie nationale du Jeu de Paume ne dLspose pas d’une collection propre.Elle fonctionne selon le système d’expositions temporaires d’oeuvres rassemblées spécialement pour l’occasion.En province, on est à peine moins actif.L’essort des musées dans les régions couvre tous les domaines avec une tendance marquée pour l’ouverture à l’art contemporain ( à Bordeaux, Nantes, Nice, et Grenoble.).La France n’a pas échappé au phénomène mondial qui a vu la fréquentation des musées grimper en flèche, et leurs fonctions élargies.En même temps, les musées se sont engagés dans une réflexion nouvelle pour eux : l’examen de leurs liens avec l’économie d’un pays, d’une région, d’une ville.Écomusées, musées de société, musées industriels, musées d’histoire : tout est matière à musée.Un peu plus de mille musées sont répertoriées en France, et en 1989, le système muséal a coûté 4 600 millions de Francs ( près de 1 -> (tr ^Maîtrise en muséologie % Programme conjoint Université du Québec à Montréal et Université de Montréal Date limite pour faire parvenir une demande d’admission pour l’automne 1993 : 1er mars 1993 Conditions d’admission • Être titulaire d’un baccalauréat, ou l’équivalent, obtenu avec une moyenne cumulative d’au moins 3,0 ou 70 %, ou posséder les connaissances requises, une formation appropriée et une expérience jugée pertinente.• Connaître suffisamment l’anglais.Renseignements additionnels à joindre à la demande d’admission Une brève description (avec attestation) de l’expérience, des réalisations ou publications en muséologie ou dans des domaines connexes (maximum de trois pages) • Un texte expliquant comment des éludes en muséologie s’inscrivent dans le plan de carrière du-dc la candidat-e (maximum de deux pages) • Deux lettres de recommandation de professeurs ou d’employeurs Pour information auprès des directeurs Laurier Lacroix (UQAM) : (514) 987-8506 Jean Trudel (Université de Montréal) : (514) 343-7351 Pour obtenir un formulaire d’admission, s’adresser au bureau du registraire de l’une ou l’autre des universités.VTI Université do Montréal MM Université du Québac à Montréal J Ü % m V s î Icônes byzantines de: Rosette Mociornitza (514) 656-0188 PHOTO JEAN-CLAUDE MARSAN Le Centre Beaubourg.Du 6 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE Ciikisi iane Lemire D ai mon - Emergences Dull OCTOBRE AU 8 NOVEMBRE G IJ Y Nadiaii Edmond Leclerc DU 15 NOVEMBRE AU 13 DÉCEMBRE François Lacassi Josée Duueau ART CONTEMPORAIN Heures o’ouverture de la galerie Du MARDI AU DIMANCHE DE 12 H A 17 H toi.HUI MONICAIM.Hllll IQulBIC) 18* 38/ 18191 II I 7U7 1 cahier spécial ICOM 92 Le Devoir, samedi 12 septembre 1992 ¦ 7 aventure de l’archéolog; et de l’histoire! A T 1 0 N É D 13 C SC'i) '4; O ¦5 s b ^ "S "S O S X s s O Buren, de Gérard Garouste, d’Olivier Debré.Dans plusieurs cas, après dix ans d’existence, ces « FRAC » qui étaient conçus comme des « têtes chercheuses», vont s'institutionnaliser et parfois, donner naissance à un musée d'art contemporain.Ce qui ne va pas sans soulever des difficultés, aux yeux des artistes en particulier, qui craignent toujours un peu que l’institution muséale ne devienne « mausolée », malgré toutes les pirouettes architecturales pour les persuader du contraire.Pointe-à-Callière, un premier contact avec le monde fascinant de l’archéologie, sur les lieux mêmes de la fondation de Montréal.i Musée subventionné fuir ta ville de Montréal —-PoiNTE-À-CALUÈRE J Montréal LA CONTRIBUTION DES CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES AU DÉVELOPPEMENT DE MONTRÉAL du 15 mai au 12 octobre 1992 Tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 18 b le jeudi jusqu'à 21 b Celle exposition a été réalisée grâce à la contribution M AIL Société camdianna das postât/ Canada Post Corporation Port payé Postage paid si posté au Canada Ü mailed in Canada Réponse d’affaires Business Reply 0610348099 0610348099-H3B3K6-BR01 L'ACTUALITE 1001 B0UL DE MAISONNEUVE 0 CP 848 SUCC B MONTREAL QC H3B 9Z9 0610348099H3B3K6BR01 la fois L'actualité vous est offert à 1/2 prix! 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