Le devoir, 26 septembre 1992, Cahier D
5r Cfc^tjci le plaisir des 3635 rue Saint-Denis, angle Chenier 843-4308 Le Devoir, samedi 26 septembre 1992 Le dossier noir des Bibliothèques municipales .V ?- // PHOTO JACQUES NADEAU v*\ m-r" ¦¦ - - JS.?**-*» inti "l; ppl.Mm,lt: g J* u‘!*’Wnu iMlt 'M > *iütar lLUiili Montréal, zone sinistrée Stéphane Balllargeon N FERAIT un livre de la taille d’un dictionnaire avec la liste de tout ce qui manque au réseau des bibliothèques municipales de Montréal, en cette ville qui se définit comme la capitale culturelle du Québec.C’est bien simple, dans ce secteur, Montréal (comme tout le Québec d’ailleurs) attend encore sa Révolution tranquille, sa vaste entreprise de modernisation.« Le rattrapage est toujours à l’ordre du jour, dit Louise Laborit, présidente de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ).Rattrapage en terme de budget et de ressources, mais aussi mise à jour des principes et des habitudes des responsables du secteur.» Mme Laborit en veut pour preuve la décision de fermer les bibliothèques pendant deux semaines cet été.Deux semaines de lock-out des lecteurs pour économiser un maigre 80 000 $ sur un budget de plus de 20 millions $.Et cela dans un nêseau qui n’ouvre normalement que 34 heures par semaine, près de deux fois moins que les bibliothèques publiques d’Europe et d’Amérique du Nord.« C’est un manque d’imagination flagrant, un bel exemple à donner aux autres municipalités, ironise la présidente.Pire, c’est de l’indifférence organisée ! » En fait, les preuves de mépris ne manquent pas.Selon des statistiques colligées par François Séguin, bibliothécaire responsable de la biblio de Maisonneuve, le réseau de Montréal est en déficit de financement de 25 % par rapport à la moyenne canadienne et se place au 32e rang des 36 villes du Canada de plus de 100 000 habitants.La métropole québécoise alloue 21,66$ per capita par année à son service des bibliothèques, Toronto 48$, Régina, 44$, Vancouver 40 $, Halifax, 38$.Ce sous-financement a d’énormes conséquences.Avec un ratio d’un employé par 2276 habitants, Montréal arrive au 33e rang des grandes villes.Pour se conformer aux normes établies par le ministère des Affaires culturelles, Montréal devrait ajouter 61 employés à temps plein à son personnel actuel et plus de 160 personnes pour rattraper la moyenne d’une mare à l’autre.Il manque aussi une trentaine de bibliothécaires professionnels, si on répond aux critères de l’U-nesco.Moins d’argent et moins de professionnels donc, mais aussi moins de livres à diffuser.Montréal alloue 3,22$ per capita à l’acquisi- tion de documentation, soit 30 % de moins que ses consoeurs (29e sur 36).Comme les livres de langue française coûtent plus cher et que de toute façon une loi empêche les bibliothèques québécoises de bénéficier d’escompte, ce budget ne permet finalement d’acquérir que 0,16 livre per capita.Deux fois moins que la moyenne canadienne (30e sur 36), et à 36 % des normes établies par des organismes internationaux pour les pays in dustrialisés.Dernier indice de M.Séguin, le plus révélateur peut-être : le prêt de documents, qui permet en quelque sorte de mesurer le degré de pénétration de la biblio dans le milieu qu’elle dessert.La performance montréa laise est désastreuse : la ville arrive bonne dernière sur 36, en ne prêtant que 3,76 cio cuments per capita, soit 2,5 fois moins que la moyenne canadienne.Même Saint-Jean.Terre-Neuve dame le pion à la métropole du Québec.Le constat est triste, mais imparable, même pour un élu municipal.« Ce serait un peu ridicule de tenter d’interpréter ces chif fres », dit laconiquement Joseph Biello, con seiller du RCM, responsable du développe ment culturel et des relations interculturelles de Montréal.M.Biello tient plutôt à sou ligner que l’administration du maire Doré a d’abord réglé d’autres problèmes dans le mi lieu culturel, notamment le financement du Conseil des arts de la CUM et les relations avec les artistes.En fait, le réseau des bibliothèques a connu une expansion appréciable dans les dernières années de l’ancienne administration et les deux premières années de règne du RCM, qui a pris le pouvoir en 1986.Entre 1983 et 1988, les contributions municipales aux revenus des biblios ont fait un bond de 10,3 millions $ à 22,2 millions $.Entre 1978 et 1989, la ville a presque doublé la superficie disponible dans ce secteur en ouvrant huit nouvelles bibliothèques de quartier et en agrandissant ou en transformant une douzaine d’autres en Maison de la culture.Le réseau compte maintenant une bibliothèque centrale, sur la rue Sherbrooke est, 23 bibliothèques de quartier, un bibliobus et un service audio-visuel, comprenant une cinémathèque et une phonothèque.L’effort s’est arrêté à la fin de la dernière décennie et Montréal a recommencé à perdre du terrain.Les nouveaux technocrates de l’Hôtel de Ville ont même empiré la situation en évinçant les bibliothécaires de tous les postes décisionnels importants.Un seul exemple : depuis 1988, les biblios de quartier sont sous la gouverne de gérants de région issus du secteur du sport et du loisir.M.Séguin de la bibliothèque Maisonneuve assimile cette structure « au dillettantisme, à l’improvisation, voire au bricolage administratif ».Mme Laborit de la CBPQ mentionne quant à elle que dans un contexte de sous-financement, « les professionnels sont d’autant plus importants pour faire les bons choix ».Pour rattraper le niveau national, engager des gens compétents ou acheter des livres, Montréal devrait injecter plusieurs millions de dollars de plus par année dans son réseau.« Je n’ai pas l’impression que nous allons recevoir plus d’argent », dit au contraire Gilles Voir page D-4 : Dossier noir PIERRE NEPVEU ANDRÉ VANASSE EL: il I Pierre Nepveu PHOTO NORMAND BLOUIN La mélancolie d’une génération Marie-Claire Girard PETIT, de tous les albums de Tintin, Pierre Nepveu préférait L’he noire.Tout à fait par hasard, ignorant jouer le jeu d’une jolie coïncidence, c’est dans le pub du même nom que s’est déroulée notre entrevue, n n’a pas changé en 10 ans, depuis l’époque où je suivais un de ses cours à l’Université de Montréal; j’avais gardé le souvenir d’un professeur ouvert, chaleureux et accessible.L’écrivain l’est tout autant.Le quatrième de couverture de Des mondes peu habités mentionne que le roman traite de la condition masculine.Ce n’est pas tout à fait exact.Le héros, ou plutôt l’anti héros de Pierre Nepveu, Jérome Roy, est photographe et habite le quartier Côte-des-Neiges.Vivant dans une effrayante solitude, sa vie sera bouleversée quand sa fille de 22 ans, Léa, entrera en contact avec lui pour faire sa connaissance.Léa est le résultat de l’amour que Jérome a éprouvé pour Arlette, une Française qui travaillait à l’Exposition Universelle de 1967.Un jour, alors que Léa avait deux ans, Arlette est repartie pour Montpellier, laissant Jerome s’enliser dans un grand vide indifférent dont il croyait avoir été peut-Volr page D-4 : Nepveu Au pilori la critique Véronique Robert ANDRÉ VANASSE est un poids lourd dans le monde de la littérature québécoise.Directeur littéraire chez XYZ Éditeur après avoir régné pendant quatre ans à Québec-Amérique, c’est lui qui a lancé Louis-La Rage-Hamelin et Christian-Vamp-Mistral.Propriétaire et rédacteur en chef de Lettres québécoises, il enseigne la littérature à l’UQAM où il dirige aussi des ateliers d’écriture.Vanasse l’éditeur est réputé pour son exigence, n’hésitant pas à renvoyer même des auteurs vedettes à leurs ordinateurs.Lui-même écrivain, il a publié deux romans qui avaient été fort bien reçus par la critique et s’étaient classés finalistes à plusieurs prix.De sorte que lorsqu’André Vanasse se fait descendre un roman par la critique, la chose ne passe pas inaperçue.C’est le premier accroc dans une carrière qui n’a connu jusqu’à maintenant que le succès.« Descendre » n’est pas le mot : parlons plutôt d’un assassinat en règle.Avenue De Lorimier, paru dans la collection que l’écrivain dirige chez XYZ, raconte l’histoire d’un professeur de 50 ans, Marc, qui devient amoureux fou d’une étudiante Voir page D-4 : Vanaiae PHOTO JACQUES NADEAU André Vanasse LISE HAROU UN ENFER PRESQUE FAMILIER LES HERBES ROUGES / ROMAN LISE HAROU Un enfer presque familier Un univers où la réalité emprunte les chemins du fantasme et de l’extravagance.174 pages — 14,95 $ HUGUES CORRIVEAU L’âge du meurtre La tentation de survivre, la tentation de l’éblouissement.108 pages — 10,95 $ HUGUES CORRIVEAU L’ÂGE DU MEURTRE LES HERBES ROUGES / POÉSIE U Le Devoir, samedi 26 septembre 1992 • leplaisirdes Spleen tchèque Odile Tremblay IL EXISTE dans la littérature tchèque d’« avant Havel » tout un courant d’écrivains dissidents qui ont dénoncé le régime, chacun à sa manière.On entend encore l’écho de leurs luttes sourdes deux ans après la libération du pays, à travers les traductions de leurs oeuvres anciennes.Les Tchèques sont un peuple têtu, surtout abonné à la résistance passive, et les écrivains ont longtemps constitué leur seule voix sur la scène internationale.Le Seuil vient de publier en français Amour et ordures, le roman le plus autobiographique d’Ivan Klima, écrivain tchèque majeur qui fait sa marque depuis vingt ans sur la scène internationale.Je l’ai interviewé le mois dernier, lors d’un voyage en Tchécoslovaquie.Il m’a reçue chez lui, en banlieue de Prague, dans une espèce de H LM, perché entre un bois et un champ, habitant un des rares quartiers modernes et inesthétiques de cette ville par ailleurs si baroque et si belle.Mais s’y rendre consistait un vrai petit voyage à travers la campagne, et l’écrivain (également président du PEN tchèque) s’est révélé un hôte courtois, disert qui remontait pour moi le cours de ses souvenirs d’auteur dissident.À IVAN KLlMA Amour et ordures K O M A N ÉDITIONS DU SEUIL l’encontre de Kundera, Ivan Klima a toujours refusé de s’exiler.Il fut parmi la douzaine d’écrivains tchèques à s’être vu interdire la publication dans leur propre pays sous le régime communiste, tout en étant très connu à l’étranger, traduit et publié là-bas.Sur sa vingtaine de romans, il identifiait Amour et ordures comme son ouvrage le plus engagé politiquement, le plus revendicateur, klima ne se contente pas de glisser comme à son habitude de vagues allusions à l’oppression du régime, mais s’ouvre sur sa condition d’écrivain dissident et d’adversaire du parti.Tout à coup, au fil des pages, on y reconnaît les réalités déjà dépeintes par Kundera dans L’Insoutenable légèreté de l’être, le sort de ces intellectuels et scientifiques incapables de conserver leur profession mais condamnés à survivre grâce à des emplois de misère, désormais ouvriers, laveurs de vitres.Le héros de Amour et ordures est un écrivain en disgrâce devenu balayeur de rue, et la voix de Klima se fait intimiste, personnelle au fil de ce roman « à clé » qui nous replonge en pleines années rouges.Sur ces mêmes données socio-historiques, Kundera nous avait livré de son côté une oeuvre de poésie, de réflexion, profonde dans son insoutenable légèreté.Klima, pur conteur, est plus terre à terre, quoique philosophe lui aussi, moins scintillant que son illustre confrère.Les quelques romans que j’ai lus de lui constituaient autant de variations sur la même histoire d’adultère, homme marié pris dans la tourmente d’une passion illégitime, écartelé entre les joies calmes de la sécurité affective et les transes de l’amour.Mais son style vivant, ses réflexions sur la passion, la création, l’art constituent autant de dérivations passionnantes.Ici aussi, le thème des amours illégitimes revient.Amour et ordures raconte la vie d’un écrivain célèbre.Mis à l’écart par le régime, il néglige son essai sur Kafka pour revêtir la criarde veste orange des balayeurs de rue.Tout en triant les ordures, ses pensées dérivent vers le camp de Terezin où il fut déporté dans sa prime jeunesse (tout comme l’auteur).Il médite sur la littérature, pense à sa maîtresse qu’il est parvenu à quitter, se refusant à abandonner sa femme et ses enfants, mais qui habite toujours en lui.Chez Klima, comme chez Kafka, tout devient prétexte à métaphore : « Les ordures sont immortelles, écrit-il elles s’infiltrent dans les airs, gonflent dans les eaux, pourrissent, se décomposent, se changent en gaz, en fumée, en suie, parcourent le monde et l’ensevelissent peu à peu.» Klima n’a pas toujours, on le voit, le coeur à la fête.Surtout quand U évoque son passé d’écrivain interdit de publication.« Je suis sûr que les inventeurs malheureux se multiplient dans le monde tout comme les poètes malheureux.» On s’arrêtera aussi à ses réflexions sur Kafka, son écrivain de prédilection, ce Pragois comme lui qu’il range parmi les auteurs tchèques même s’il a écrit toute sa vie en allemand, et en qui Klima se plaît à retrouver le spleen national : « Un homme aussi authentique que lui pouvait-il parler d’autre chose que de ce qui ébranlait tout son être, l’occupait nuit et jour, d’autre chose que de cette lutte (.contre lui-même .) qu’il menait, pour insignifiante qu’elle pût paraître face aux événements révolutionnaires dans le monde ?», demande Klima.C’est une même question qu’il pose lui aussi à travers son oeuvre.?Amour et ordures, Ivan Klima, traduit du tchèque par Claudia Ancelot, Paris, ed.du Seuil 1992, 295 p.Stéphane Baillargeon L’ANIMATRICE de l’émission Omni-Science à Radio-Québec vient d’être nommée directrice de la section jeunesse des Éditions Logiques.La créatrice du personnage de Passe-Carreau dans la série télévisée Passe-Partout veillera au choix des ouvrages destinés aux jeunes en plus de diriger les auteurs et les illustrateurs.Les premiers livres devraient paraître l’hiver prochain.Les finalistes du prix « 12-17 ».LE J U R Y franco-québécois du prix «12-17» a retenu onze finalistes parmi les 97 ouvrages présentés par les éditeurs (48 du Québec, 49 de France), pour cette récente distinction de littérature destiné aux adolescents.On compte quatre auteurs québécois Ginette Anfousse, Un terrible secret (La courte échelle), Dominique Demers, Un hiver de tourmente, La courte échelle), Daniel Semine, Le cercle de Khaleb, (Héritage), et Carole Tremblay, La douce revanche de madame Thibodeau (Gallimard).Une deuxième sélection de six titres sera publiée le 17 octobre prochain.Le ou les lauréats seront proclamés pendant la Foire du livre de Brives (6 au 8 novembre) et le salon du livre de Montréal (12 au 17 novembre), les deux manifestations qui il y a deux ans ont créé ce prix d’une valeur de 10000$.et un concours « 12-17 » LA FOIRE de Brives et le Salon de Montréal lancent aussi un concours qui s’adresse aux jeunes lecteurs des finalistes du prix « 12-17 ».On demande à des jeunes de cet âge de se mettre à deux pour proposer un commentaire écrit ou dessiné sur le livre de leur choix.Les détails du concours seront dévoilés cette semaine dans les librairies et les bibliothèques scolaires.Un jury sélectionnera deux douzaines de gagnants, 12 du Québec, 12 de France, et remettront à chacun un bond d’achat de livres d’une valeur de 100$.IIS DIS R G E S ECRITS DES FORGES POESIE 1497, Laviolette, C.P.335, Trois-Rivières (Québec) G9A 5G4 Téléphone: (819) 379-9813 — Télécopieur: (819) 376-0774 NOUVEAUTES AFOUTOU J.-M.-A.Certitudes 12,00$ BEAUSOLEIL CLAUDE Fureur de Mexico 12,00$ BOISVERT YVES Voleurs de cause 10,00$ CADET MAURICE Itinéraires d’un enchantement 10,00$ DE CORNIÈRE FRANÇOIS Tout cela 12,00$ (PRIX APOLLINAIRE - 1992) COLLECTIF Gatien Lapointe tout simplement 10,00$ DESGENT JEAN-MARC On croit trop que rien ne meurt 10,00$ DORION HÉLÈNE Les corridors du temps (réimp.) 8,00$ DOYON PAULE 48 poses 10.00$ FRANCOEUR LUCIEN Exit pour nomades (réimp.) 10,00$ GAUTHIER JACQUES La joie blessée 10,00$ GUILLEVIC Elles 12,00$ JEAN HONORÉ Aria 10,00$ KURAPEL ALBERTO Berri-Uqam 10,00$ LABRIE CHANTAL L’air des voyages 10,00$ LAMBERSY WERNER Volto subito 12,00$ LÉGER DYANE Les anges en transit 10,00$ LE GOUIC GÉRARD Trois poèmes pour trois âges.12,00$ LEMIEUX GILLES Eau lourde 10,00$ MIJANGO MÂRMOL J.R.Des traces de pleurs et de chants 10,00$ MESSAGIER MATTHIEU Une rêverie objective 12,00$ MONGRAIN SERGE Le calcul des heures 10,00$ MOORHEAD ANDREA Le silence nous entoure 12,00$ NELLIGAN ÉMILE Le récital des anges 10,00$ PONTBRIAND JEAN-N.Il était une voix.12,00$ POZIER BERNARD et Lèvres urbaines # 22 6,00$ VENAILLE FRANCK ROY BRUNO Peuple d’occasion 10,00$ ROYER JEAN Le lien de la terre 10,00$ SAID AMINA Nul autre lieu 12,00$ THIBODEAU SERGE P.Le passage des glaces 10,00$ VENAILLE FRANCK Le sultan d’Istamboul 15,00$ VILLAURRUTIA XAVIER Nostalgie de la mort 10,00$ (Traduction Claude Beausoleil) LA JEUNE POÉSIE DUREPOS FERNAND Mémoires d’un tueur de temps 10,00$ HUOT JEAN-SÉBASTIEN Chasseur de primes 10,00$ MONETTE HÉLÈNE Le diable est aux vaches 10,00$ PLEAU MICHEL Le corps tombe plus tard 10,00$ (PRIX DE POÉSIE OCTAVE-CRÊMAZIE-1992) LA POÉSIE CASSETTE ET LEPOÈME-AFF I C H E BEAUSOLEIL CLAUDE BROSSARD NICOLE CHAMBERLAND PAUL DAOUST JEAN-PAUL KURAPEL ALBERTO MICONE MARCO MIRON GASTON POZIER BERNARD Ville concrète (cassette audio) 10,00$ Amantes (cassette audio) 10,(X)$ Lointaine terre d’amour (cassette audio) 15,(X)$ Les cendres bleues (cassette audio) 15,00$ Confidcncial/Urgcnt (cassette audio) 10,00$ Speak what (affiche) 5,00$ La marche à l’amour (cassette audio) 15,00$ Le cent unième poème (affiche) 5,00$ PHOTO JACQUES GRENIER Dominique Demers, une des finalistes au prix * 12-17 ».Les finalistes du prix Molson LES MEMBRES du jury du prix Molson de l’Académie des lettres du Québec (l’ancienne Académie canadienne-française), ont quant à eux retenu cinq ouvrages parmi les 92 en lice cette année : Paul Bussières, Mais qui va donc consoler Mingo ’(Laffont), Marie Gagnier, Une île à la dérive (Québec-Amérique), Nicole Houde, Les inconnus du jardin (Pleine Lune), Madeleine Monette, Amandes et melons (Hexagone), et Paul Zumthor, La traversée (Hexagone).La remise officielle du prix aura lieu le mercredi 21 octobre, à la Brasserie Molson.Rapt d’un agent de la GRC, ami des lettres THE ABBEY BOOKSHOP, la librairie canadienne à Paris a été dépouillée de son emblème légendaire, une figurine de bois de 1,40 m de hauteur, représentant un agent de la Gendarmerie Royale du Canada.La librairie située rue de la Parcheminerie, en plein coeur du quartier latin, a offert 500 F.F.de récompense pour toute information permettant de retrouver le « Mountie ».: :t inri | i s: !_- H 5 “ “ - DICTIONNAIRE DES ARTISTES DE LANGUE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE DU NORD David Karel Musée du Québec/PU L, 962 pages DES DIZAINES de chercheurs et plus de quinze années de travail ont été nécessaires pour accoucher de cette présentation biographique de plusieurs centaines de peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres de langue française, nés avant 1901, qui ont enseigné ou pratiqué leur art quelque part en Amérique du Nord, de l’Atlantique au Pacifique, du Yucatan à la mer de Beaufort.Quelques lignes ou quelques pages sur chacun, une bibliographie complète, et en prime des listes de lieux d’activité et d’origine, des typologies par nationalité, sujet, profession, lieu de formation ou exposition.Une bible incontournable.COMMENT CHERCHER Claude Marcil & Robert, Chiasson MultiMondes/Documentor, 186 pages NE CHERCHEZ PLUS, c’est celui-là qu’il vous faut.Tous les secrets de la recherche de l’information accumulés au cours de la longue expérience des auteurs, respectivement recherchiste professionnel et professeur en techniques de la documentation.Autant les principes de base que les mille et un petits tructs à maîtriser pour s’y retrouver dans les Himalayas de documentations qui nous écrasent, ici comme ailleurs.CHARLES AB DER HALDEN Marie-André Beaudet, L’Hexagone, 234 pages LE SOUS-TITRE annonce le «portrait d’un « inconnu ».Le Charles en question est le premier auteur français a avoir publié chez lui des essais critiques sur la littérature québécoise.Cela se passait entre 1904 et 1907, au moment où Jules Fournier, clamait au contraire que notre littérature n’existait pas.La biographie du professeur Beaudet de l’Université Laval comprend aussi les textes de cette querelle Foumier-Halden.P •mil I == L— 1 L'HUMOUR LN ETAT I) ESPRIT LA BOLDUC SOIXANTE-DOUZE CHANSONS POPULAIRES Philippe Laframboise, VLB, 218 pages LE BIOGRAPHE de Marie Travers, dite La Bolduc, propose une sélection de 72 chansons parmi les plus célèbres de cette figure légendaire, experte aux turlutes, porte-parole du petit peuple québécois.Les textes composent autant de tableaux évocateurs des années dures, commencées par le K rash, terminées dans la Guerre.Délicieux.L’HUMOUR UN ÉTAT D’ESPRIT Autrement, 230 pages L’HUMOUR avec sérieux.Les collaborateurs de ce 131e numéro de la revue Autrement (série Mutations) essaient de démêler ce qu’humour veut dire.C’est un état d’esprit, une façon d’être et de sentir qu’on rencontre partout.C’est un code à usage interne, l’envers du décor, l’antichambre du non-sens, du désespoir et de l’absurde.C’est aussi le trait dominant d’une culture, l’humour anglais, amer, acide, l’humour juif, intelligent, retors, l’humour japonais, impénétrable à travers son sourire énigmatique.Bref, les mille et un visage de la planète du rire.— S.B.Renée Rowan LÀ OU VOUS RISQUEZ LE PLUS DE TROUVER plus de 100 000 titres sur tous les sujets LA NOUVELLE BOÎTE À LUNCH Louise Desaulniers, Louise Lambert-Lagacé, Les Éditions de l’Homme, 261 pages.RÉALISÉ par deux diététistes qui ont acquis leurs lettres de noblesse dans l’art de la vulgarisation, cet ouvrage s’impose comme un outil indispensable pour qui veut renouveler la boîte à lunch.Pas seulement celle de l’écolier, mais aussi celle de l’adulte.Le livre tient compte des préoccupations et des attentes actuelles.Eminemment pratique, il est complet : principes de base, planification, choix du matériel assurance-antibactériennes et surtout 50 menus et recettes pour lutter contre la monotonie.MASSAGES ET MOUVEMENTS DU DOS Éric Loison, Stéphane Rudaz, Éditions Recto Verseau, 78 pages UN PETIT LIVRE sans prétention; clair et bien illustré, qui propose des mouvements et massages pour le dos à titre préventif ou comme complément d’une démarche thérapeutique.Des exercices à pratiquer seul des massages à donner ou à recevoir.RÉPONSES AUX AÎNÉS Monique Richer, Les Éditions Québécor 245 pages CE GUIDE PRATIQUE est la somme des chroniques publiées par l’auteur dans le Journal de Montréal depuis 1989.Elle y répond, comme le suggère le titre, aux principales questions que l’on se pose à la veille de prendre sa retraite.Tout est expliqué clairement, il y a de nombreuses références et adresses.Les caractères d’imprimerie sont gros, ce qui facilite la lecture.LE NOUVEL ÂGE EN QUESTION Richard Bergeron, Alain Bouchard, Pierre Pelletier, Éditions Paulines, 191 pages TOUT le monde en parle de ce fameux Nouvel Âge : le sujet est à la mode.Mais qu’en sait-on vraiment ?LOUISE DESAULNIERS LOUISE LAMBERT LAGACÉ uiÉitnsn» rvowtéb à Cet ouvrage se donne comme objectif de décrire et d’analyser ce mouvement.Il s’adresse à tous, notamment aux chrétiens qui cherchent à discerner « ce qui est vrai et noble dans toutes les réalités humaines » et aux agents de pastorale intéressés à découvrir les éléments d’une pratique adéquate.PRÉPAREZ VOTRE ENFANT A L’ÉCOLE Louise Doyon, Les Éditions de l'Homme, 176 pages LIVRE DYNAMIQUE et stimulant pour tout parent qui souhaite développer très tôt chez l’enfant des habiletés et des comportements de base qui faciliteront son apprentissage scolaire.Il s’agit de 500 jeux psychomoteurs s’adressant à des enfants de deux à six ans, jeux simples, amusants qui requièrent du matériel qu’on trouve dans toutes les maisons : boutons, cure-dents, journaux, pailles, pinces à linge, bouts de laine.Tout peut servir si on y ajoute de l’imagination.LA CRÉATIVITÉ DES ENFANTS Marie-Claire Landry, Logiques Sociétés, 191 pages PROFESSEUR au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal, l’auteure indique dans ce guide très bien fait comment reconnaître dans la panoplie des pédagogies, ce qui permet à la créativité de s’emprimer « malgré ou grâce à l’éducation ».Le livre fourmille d’exemples concrets.558 écrivains se prononcent dans un sondage exclusif sur l'indépendance Le n* 203 comprend également des textes de: Emmanuel Aquin Flora Balzano Yves Beauchcmin François Bilodeau Paul Chamberland Antonio D’Alfonso Francine Gagnon Jacques Godbout Agop J.Hacikyan François Hébert David Homel Marie-Andrée Lamontagne René Lapierre Monique LaRue Christian Mistral Lise Noël Émile Ollivicr François Piazza Nicolae Popescu Jean Renaud Suzanne Robert Pierre Turgeon Pierre Vadeboncoeur Paul Zumthor ^ Le Devoir, samedi 26 septembre 1992 M D-3 • le plaisir des ivres Un roman inabouti AVENUE DE LORIMIER André Vanasse, Montréal, XYZ éditeur, 1992, 208 pages.Pierre Salducci PARTANT du principe que « c’est avec du vieux qu’on fait du neuf », et que « l’amour est le seul sujet dont les gens ne se lassent pas », les personnages d’André Vanasse se proposent dans Avenue De Lorimier de donner une nouvelle version d’une histoire « connue depuis la création du monde » : celle du démon de midi.Ainsi Marc, la cinquantaine et professeur en littérature québécoise à l’université, se prend-t-il d’une passion soudaine pour Julie, une de ses étudiantes d’à peine 20 ans.Il va donc quitter Estelle, sa compagne depuis 15 ans.Le scénario, comme on le voit, n’a rien d’original.Avenue De Lorimier se contente d’assumer ce classicisme sans le transcender aucunement.En effet, ni les nombreuses scènes érotiques, ni une fin particulièrement dramatique et riche en rebondissements ne parviennent à créer la surprise au sein d’une intrigue qui ne décolle pas.Pourtant, le regard d’André Vanasse ne manque pas d’à propos.L’évolution de ses personnages suit ainsi une progression cohérente, relatée avec une justesse indéniable.Tromperies, emportements, culpabilité, revanches et séparations, toutes ces étapes se collent à une certaine réalité.Sans y apporter toutefois quoi que ce soit de nouveau, ni psychologie soutenue des personnages, ni vision renouvellée de la passion chez l’homme de 50 ans, ni habileté particulière de la part du romancier.Au contraire, les clichés ont plutôt tendance à s’accumuler et André Vanasse interrompt maladroitement son histoire au moment même où elle atteint son potentiel romanesque maximal.Bousculant les événements dans les dernières pages, l’écrivain survole trop rapidement certains aspects importants (comme la cure de désintoxication) qui auraient mérité d’être plus approfondis parce André Vanasse Avenue De Lorimier m éditeur Romanichel» Le cher sauvage que moins conventionnels que le reste.C’est sur la déchéance de Marc et sur les conséquences de sa passion qu’il aurait fallu s’attarder, en sacrifiant les trop nombreuses scènes érotiques, inutiles et racolleuses.Par ailleurs, le style du romancier est aussi monotone que son propos.Aucun souffle ne vient renforcer l’intensité des sentiments.Alourdi par des répétitions disgracieuses ou des tournures parfois inélégantes (sans compter quelques fautes et plusieurs confusions entre le futur et le conditionnel), le texte semble avoir été écrit trop vite et aurait sûrement trouvé profit à être fignolé.André Vanasse semble avoir fait sienne la déclaration de son personnage qui prétend que «.c’était moins la valeur littéraire du texte que j’allais produire qui m'importait que de faire la paix avec moi-même .».Le résultat donne un roman inabouti, qui passe à côté de son vrai sujet.Parce que son auteur a manqué d’exigence avec lui-même, Avenue De Lorimier apparaît sans surprise, très conventionnel et, par là-même, décevant.GUANAHANI Louis Lefebvre, roman, Montréal, Boréal, 191 p.Jacques Allard QUI N’EST PAS friand de romans d’aventures ?Depuis la canonique Odyssée d’Homère jusqu’au Récit d’un naufragé (Marquez, 1970), on a tous quelque tie au trésor en réserve où aller s’échouer quand le temps se fait gris ou noir.C’est dans cette grande littérature de voyage que s’inscrit l’oeuvre naissante de L.Lefebvre.Son premier, Le Collier d’Hurracan (Quinze, 1990) finaliste au prix du Gouverneur général, nous avait merveilleusement entraînés dans la Barbade du siècle dernier, au moment de l’abolition de l’esclavage.Le récit de forme traditionnelle produisait cette magie indéfinissable où le recours à l’histoire fonde l’aventure même de la lecture.La fiction, qui ne se gênait pourtant pas de reprendre plusieurs clichés du genre, générait aisément ses effets de réel.Son enquêteur narrateur réussissait à nous faire croire à la possible résurrection (au moins littéraire) d’un descendant noir du dernier empereur de Constantinople.Dans son deuxième roman, L.Lefebvre confirme sa manière en continuant d’explorer les Antilles.Nous voici cette fois dans l’une des 700 îles des Bahamas (ou Lucayes) : Gua-nahani.C’est apparemment le San Salvador où Christophe Colomb débarque en 1492, espérant enfin accéder aux Indes du rêve européen.Bien sûr, le texte s’ancre profondément dans la houle éditoriale créée par le 500e anniversaire d’une découverte et met à ce dernier mot la grosse paire de guillemets attendue.Et, cette critique du comportement et du discours de Colon (en castillan) se fait par la voix d’Atopeian, l’« Indien», princier ramené soi-disant par le grand capitaine à Isabelle la Catholique.Apres 20 ans de tribulations, le narrateur, réfugié au monastère de San Sebastian, dicte au moine Bartholomé son propos.Sa Louis Lefebvre langue apprise à tous les raffinements d’un apprentissage culturel de la Renaissance fait sous la direction d’un autre moine, savant de Salamanque qui l’a pris en charge après sa fuite d’une Cour où il fut le jouet de princesses après avoir été celui du pouvoir.Cette figure du naturel cultivé s’inscrit bien dans notre littérature qui est née précisément dans ce type de récit d’aventures à fondement historique.On peut ainsi songer, par exemple, à Une de perdue, deux de Montréal sous la main de Dieu HISTOIRE DU MONTRÉAL François Dollier de Casson, Hurtubise-HMH, 1992, 342 pages Clément Trudel LE SULPICIEN François Dollier de Casson était sans prétention d’écrivain.Convalescent à la suite d’un séjour prolongé dans l’eau du Saint-Laurent - les glaces avaient cédé sous le poids de ce colosse breton qui avait connu la carrière militaire - il coucha en 32 chapitres les 32 premières années de Montréal, sous forme de lettre adressée à des collègues en convalescence.Cela donna une Histoire du Montréal dans le style édifiant que l’on cultivait alors, retrouvant la main de Dieu dans la plupart des péripéties de la colonie naissante.Ne en 1636, Dollier devint supérieur des Sulpiciens de la Nouvelle-France en 1671 et mourut à Montréal en 1701.Ce manuscrit de Dollier de Casson a dormi presque deux siècles dans la bibliothèque Mazarine, à Paris, avant que Papineau ne s’avise de son utilité pour notre patrimoine et n’en rapporte une copie que l’on n’imprimera qu’en 1868 (édition Margry-Vi-ger) puis en 1928, à l’initiative de l’historien torontois Flenley.Cette « nouvelle édition critique » -dans la collection Cahiers du Québec, vlb éditeur A BOLDUC IOIXANTE-DOUZE CHANSONS ’OPULAIRES dition préparée par Philippe I .aframboise roici réunies pour la première fois les hansons les plus connues de La Bolduc, notre remière chansonnière, celle qui a influencé évolution de la chanson au Québec.Un livre itiche pour turluter, chanter et célébrer.18 pages — 16,95 $ no 99 - paraît sous la responsabilité de Marcel Trudel et de Marie Ba-boyant.Elle vient corriger, en plus de 1000 notes infrapaginales, des erreurs et des passages flous, et remettre en perspective le retard énorme à publier ces Relations sulpiciennes.Sans doute en raison d’un décret du Pape Clément X qui prohibait d’imprimer des récits missionnaires pour éviter les querelles semblables à celle que suscitèrent les «rites chinois».C’est là un détail important que ne mentionne pas Jacques Mathieu dans son excellent article sur Dollier dans le Dictionnaire Biographique du Canada (tome 2) où, déjà, ressort le souci du Seigneur de 111e de Montréal de jouer de l’ironie.Trudel et Baboyant notent en introduction à cette nouvelle édition que « à une époque où disparaît ou va bientôt se retirer une génération de fondateurs (Maisonneuve, Jeanne Mance, François de Laval, Marie de l’Incarnation, madame de la Pel-trie) », Dollier de Casson a donné dans le style épique.si l’on retient la définition de l’épopée Victor Hugo: Y histoire écoutée aux portes de la légende.Dollier mêle « réalité immédiatement observable et interprétation de foi » sans tomber trop facilement dans le « merveilleux populaire », car il sait se montrer nettement sceptique sur cette tête coupée (de Jean de Saint-Père) conti- nuant de faire des reproches à ses assassins ! En cette année du 350e anniversaire de fondation de Montréal, on demeure conforté par ce Sulpicien qui prend délibérément le parti du Montréal et qui entend suppléer à l’absence de chronique sur le rôle que Montréal joue comme sauveur de la colonie tout entière.L’exactitude n’est pas toujours au rendez-vous.Maisonneuve ne fut pas de l’incursion à Montréal en 1641 !, mais il faut comprendre que Dollier entend intéresser et édifier, qu’il n’est débarqué à Québec qu’en 1666.Son histoire est donc faite d’épisodes agencés comme ceux d’un dramaturge mettant en scène divers personnages ayant fait l’histoire de Montréal, depuis le dessein formé par des Français pieux et généreux, comme Pierre Chevrier de Fancand, jusqu’aux premiers jalons concrets poses en 1641 sur la Pointe à Calliè-res désignée comme le Château.Le style de Dollier, même amputé de certains archaïsmes, est obsolète.La matière est passionnante, sur ce bourg qui en 1671 n'avait que 1500 âmes.On a dans Histoire du Montréal, si l’on veut bien faire abstraction des courants nouveaux qui valorisent économie, arts, témoignages, etc.l’essentiel de ce qui a frappé un missionnaire lucide (et concilia- teur) d’un automne à l’autre au départ des vesseaux du Canadas durant les 32 premières années de Montréal.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Samedi 3 octobre de 13h à 15h Lise Bissonnette Marie suivait l’été BORÉAL V>2 1120.ave.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 1 s IU)I 1)1, _____ A André Smith 1 CAINE À PARIS Un nouveau roman d’André Smith dans la H collection « Cahier noir ».L’histoire d’une ¦ riche héritière enlevée à Paris et qu’un privé est chargé d’éclaircir.H 182 pages — 12,95 $ DE LA GRANDE LITTÉRATURE l’Hexagone NOUVELLES DE MONTRÉAL Collectif dirigé par Micheline La France Toute la personnalité de l’écrivain tient dans le format de la nouvelle.Trente textes inédits de Emmanuel Aquin, Robert Baillie, Denise Boucher, Gaétan Brulotte, Jean-François Chassay, Jean-Paul Daoust, Louise Desjardins, Danielle Fournier, Daniel Gagnon, Nicole Houde, Naîm Kattan, Louise Maheux-Forcier, Madeleine Monette, François Piazza, Danielle Roger, France Théoret et alli.Coll.TYPO 252 pages 14,95 $ Bonny Walford PRISONNIÈRES À VIE Cet ouvrage donne à lire le récit tragique de onze femmes condamnées à perpétuité pour meurtre.Un document choc qui jette une lumière nouvelle sur les failles de notre système judiciaire.128 pages -12,95 $ Quinze- Éditeur ,ùi.i " BFACTÉ BAROQt-T 1,1 VXtatM wouvejtm Montréal tj,, .pr***n*A «lebrlino U Knanc Claude Gauvreau BEAUTÉ BAROQUE «roman moniste» Beauté baroque inaugure cette collection où deviennent enfin accessibles à tous les publics les oeuvres de Claude Gauvreau.Voici le roman de l’impossible quête, où se confondent le rêve et la réalité.Un dossier documentaire sur l’écrivain et son texte complète cette édition.Notes d’André-G.Bourassa et postface de Jean Salvy.Coll.«Oeuvres de Claude Gauvreau» 192 pages 16,95 $ Marie-Andrée Beaudet CHARLES AB DER HALDEN Portrait d’un inconnu L’histoire d’une querelle littéraire et la biographie du premier critique français de notre littérature.Des textes et des faits inédits.Pourquoi et comment Charles ab der Halden a répondu à Jules Fournier que notre littérature existait.Marie-Andrée Beaudet a mené une véritable enquête de détective qui apporte du nouveau à l’histoire littéraire.Coll.CRELIQ 234 pages 19,95 $ Lieu distinctif de l’édition littéraire québécoise CHARLES ' ABDERHAI.DEN t CUl HCCty.ij * m • I HfJUCow - trouvées (1874, HMH 1972), puisque l’on y voit, pour la première fois sans doute, un esclave (noir) nommé Trim raconter lui-même sa vie.Mais, le personnage de Boucher de Boucherville n’aura ni les ressources expressives ni l’avenir d’Atobeian : il n’est pas retenu par l’auteur dans son édition finale.Une autre représentation, celle d’un Amérindien, viendra davantage à l’esprit, plus proche cette fois du discours d’Atobeian, c’est l’Ashini de Thériault Ashim, FT- - -des, 1960) qui n’est pas par ailleurs un roman d’aventures.Plutôt un cri, une prise de parole aussi violente que belle, ce qui nous rappelle que cette figure du naturel a généralement tendance à mimer les littératures de la voix (dites aussi orales).Atobeian rappellera justement les riches mythes et légendes de sa tribu disparité.Gérard Bessette a d’ail- • leurs montré, d’une façon encore iné-1 galée, comment la parole et le récit ' venaient à l’homme primitif dans ‘ Les Anthropoïdes (La Presse, 1977).Sans aucune complaisance à l’égard 1 des valeurs dites primitives.Son roman mettait toutefois en scène des hommes en devenir.Mais, de tous les rappels que pour-, ’ rait susciter le deuxième ouvrage de Lefebvre, c’est sans doute l’image j fondamentale du « bon sauvage » qui restera.Dans le refuge qui devient sa dernière prison, le fils de cacique, , a beau devenir progressivement agressif (jusqu’à menacer de tuer r son scribe muet), il paraît trop long-, temps « parfait ».Sa sagesse originelle, à peine touchée par l'Europe de la modernité naissante, l’amène à une critique un peu facile de l’idéo-logie du progrès.Cette vision légère et idyllique d’un passé nécessairement supérieur au présent épouse, ainsi d’assez près un discours écolo-, gique marqué, ce qui indique les li-, mites de ce roman.Plaisant par la forme bien accordée au propos, Cuanahani rejoindra tous les lecteurs avides d’exotisme divertissant, même si les renvois à l’Espagne et à l’histoire antillaise restent finalement assez minces.Fit, en dépit d’une proposition humaniste de respect des autres, de l’indispensable migration intérieure à laquelle ; nous convie une époque toujours ac- ; tuelle, il laissera sur sa faim qui at- -tend aussi un point de vue critique • sur les valeurs aborigènes et leur promotion.Il est vrai que le cher sauvage nous habite tous.«Autant le dire d'entrée de jeu, ce premier roman de la directrice du Devoir contentera tous les vrais amateurs.» Jacques Allard, Le Devoir «Le premier roman de cette journaliste qui jongle depuis vingt ans avec les idées porte les marques distinctives d'une œuvre achevée.Ce livre-là fera son chemin dans l'imaginaire.Il s'offrira aux Fêtes et aux anniversaires.Il gagnera des cœurs et des prix, c'est certain.» Marie-Claude Fortin,Voir «Avec Marie suivait l’été, Mme Lise Bissonnette nous donne plus qu’un livre; elle nous donne une œuvre, c’est-à-dire la rencontre heureuse d'un style et d'un propos.» Réginald Martel, La Presse Lise Bissonnette Marie suivait |) r .r ete roman 128 pages - 15,75$ Boréal D-4 ¦ Le Devoir, samedi 26 septembre 1992 le plaisir des homme Gilles AECHAMBAULT ?LIVRES JAUNIS EN CE MOMENT PRÉCIS Dino Buzzati Carnets, Paris, Éditions Robert Laffont, 1965.LE MIRACLE de la littérature vient souvent de rencontres inopinées.Peut-être aurais-je été un homme différent si je n’avais ouvert, un jour de décembre 1965, En ce moment précis de Dino Buzzati.Depuis je n’ai jamais cessé d’y revenir.L’auteur du Désert des tartares a construit son oeuvre autour d’une obsession, celle du temps.Il était donc normal qu’il tint un journal Journaliste pendant plus de quarante ans au Corriere della Sera, il était un employé consciencieux.Son travail de reporter terminé, il ouvrait un petit cahier noir dans lequel il écrivait des notes, des nouvelles, des contes et parfois même des romans.Il arrivait que certains de ces textes parussent à la page trois du journal milanais.Il devait faire court et cette obligation ne lui pesait pas.Tant chez lui le fantastique le plus hallucinant faisait partie de la vie quotidienne.Il craignait comme pas un d’ennuyer son lecteur, aussi la brièveté du récit lui convenait-elle.« J’écris avec un crayon.Un vieux bout de crayon trouvé dans une boîte, par hasard.Je l’ai taillé, et sur le peu de papier blanc qui me reste ce soir, j’écris ».Ce qu’il écrit a à voir avec la précarité des choses humaines.On se croit en santé, mais quelle est cette douleur que l’on ressent au côté droit et qui bientôt nous paralysera ?On se croit écrivain célèbre, arrivé, mais dans la Dino Buzzati ville de jeunes ambitieux écrivent des livres qui relégueront les vôtres à l’oubli.«.et nous sommes toujours les mêmes, il n’y a eu ni interruption ni cassure, il s’agit toujours de la même course pour laquelle, nous partîmes tout jeunes en misant sur le lendemain».Dino Buzzati est un écrivain hanté.Il croyait au surnaturel s’amusait en tout cas à jouer avec son angoisse existentielle.Un bruit entendu en pleine nuit lui suggère mille fantômes.Des fantômes qui ont autrement plus de présence que ceux que l’on rencontre dans les romans anglais car on reconnaît le travail qu’ils ont déjà commencé à faire en nous.Nos espoirs, nos amours, nos amitiés nous bercent.Il est bien qu’il en soit ainsi.« Et pendant ce temps les grands fleuves descendent vers la mer, lentement, des nuages inconnus passent au-dessus de déserts inexplorés et sous la corrosion des siècles de minuscules grains de pierre se détachent des temples antiques des pharaons ».Peu d’écrivains ont su mieux que lui évoquer la perfide présence du temps.Il n’est jamais loin de succomber dans le désarroi.Les personnages qu’il crée voisinent les précipices.La vie ne leur apporte aucune assurance.La mort est toujours présente, elle nous frôle.Dans les entretiens qu’il a eus avec Yves Pannafieu, peu de temps avant sa mort, il avoue : « Les adieux étaient toujours quelque chose de terriblement épuisant pour moi.Cette sensation qu’il s’agit d’une chose finie pour toujours, toujours ce sentiment du temps ».On évoque parfois Kafka au sujet de Buzzati.Le rapprochement est tentant, mais probablement abusif.Kafka n’avait rien d’un journaliste et il y a de cette écriture vive du reporter de haut vol chez l’Italien.Buzzati a voyagé quelque peu, il a écrit pour le théâtre, il a peint des toiles hallucinantes qui nous montrent parfois un petit homme écrasé par un gratte-ciel.Cet homme est pour moi un frère.À la mort de son ami Brambilla, il se sent devenir vieux.« Je suis devenu le petit homme qui va au cimetière, un soir de novembre ».Retour sur le poète à la voix blanche ?Poésie LES ATMOSPHÈRES, POÈMES ET AUTRES TEXTES Jean-Aubert Loranger, Édition présentée par Pierre Ouellet, La Différence, 1992, 127 pages, coll.« Orphée » François Dumont JEAN-AUBERT LORANGER (1896-1942), qui est aussi conteur (1), serait, dit-on, « notre premier poète moderne».À vrai dire, on l’a tellement répété qu’il est devenu difficile de voir autre chose dans sa poésie que le chaînon manquant entre Nel-ligan et Saint-Denys Gameau.Est-il seulement possible, aujourd’hui, de lire cette oeuvre poétique pour elle-même ?La récente réédition des Atmosphères (1920) et des Poèmes (1922) dans la belle collection « Orphée » en fournit en tout cas l’occa- le mopen français © McGill Vie Colloque international LA GRANDE RHÉTORIQUE *** 5-6 octobre 1992 - McGill, Pavillon Peterson 3460, rue McTavish, Montreal Renseignements: (514)398-6892 Congrès annuel de l’Institut d’histoire de l’Amérique française les 8, 9 et 10 octobre 1992 Montréal, 1642-1992 : ville de contacts et d’échanges Hôtel Delta Montréal 475 avenue Président-Kennedy INSCRIPTION AU CONGRÈS à partir de jeudi le 8, à 14h00 Frais description Banquet : réguliers étudiants réguliers étudiants 40$ 15$ 40$ 35$ À l’occasion du 350e anniversaire de la fondation de Montréal, des historiens et d’autres spécialistes des sciences humaines et sociales présenteront une trentaine de communications sur l’histoire de Montréal dans ses dimensions politiques, économiques, sociales et culturelles.La séance plénière sera consacrée à Montréal d'hier à demain avec Pierre Lamonde, Paul-André Linteau et François Ricard.Le congrès sera aussi une occasion de discuter des rapports entre la muséologie et l’histoire, et de visiter les musées McCord et Pointe-à-Callière.Remise des Prix Lionel-Groulx, Guy-Frégault et Michel-Brunet, au banquet de l’IHAF, le vendredi 9, à 20h00, à la salle Opus II.BIENVENUE À TOUS! Pour renseignements et programmes, s’adresser à : L’Institut d’histoire de l’Amérique française 261 avenue Bloomfield Outremont, Qué.H2V 3R6 (514) 278-2232 sion.Mais lire Loranger pour lui-même n’est pas simple.A supposer que je cesse de me demander si oui ou non il est moderne et le premier, comment ne pas entendre ici la voix d’Apollinaire, là celle de J ules Romains ou de tel autre unanimiste, sans compter l’aréopage convoqué par le préfacier Pierre Ouellet ?_Si bien que la question se pose bientôt de savoir où peut bien se trouver Loranger dans cette foule.Et Loranger de répondre aussitôt qu’il n’est pas là, qu’il est ailleurs, qu’il « regarde, dans la nuit, / D’autres phares sabrer l’ombre »; que face à l’immensité de cet ailleurs, tantôt passé, tantôt futur, jamais tout à fait présent, le « je » peut bien jouer à paraître « monstrueusement énorme », il reste une bien petite chose, fondue « avec l’épaisseur de l’ombre ».Cette sorte d’humilité, somme toute assez rare en poésie, met un peu Loranger à l’écart de la corporation des voleurs de feu anciens, modernes et postmodernes.La critique — de Guy Sylvestre à Pierre Ouellet, en passant par Gilles Marcotte et Philippe Haeck — a beau s’obstiner à lui faire une place au moyen d’exhumations périodiques aussi ferventes les unes que les autres, tout semble concourir à faire de LE PETIT SflLON Vieux papiers & objets d'écriture Sam.et dim., 26 et 27 sept.1992 de lOh à 181) à IESPACE IÉGOR DE SAINT-HIPPOLYTE situé au 4521, boul.St Laurent * Montréal / 212-0142,144-4011 r 17 EXPOSANTS livres et manuscrits de collection, oeuvres sur pap'er d'artistes contemporains, cartes géographiques anciennes, gravures anciennes, timbres, monaies.photographies anciennes, cartes postales de collection, livres d’art et d’érudition, Canadiana.4 Dossier noir Morel, assistant-directeur au Service des loisirs et du développement communautaire de la ville, qui lui non plus n’est pas bibliothécaire.« On manque de fonds partout et l’économie ne nous aide pas.» Même son de cloche du côté de M.Biello, qui ne parle que de certaines priorités déjà connues, la poursuite de l’informatisation des collections, pour créer un réseau municipal d’ici une dizaine d’années seulement, et surtout la relocalisation de la bibliothèque centrale.Cette opération devrait commencer vers la fin de l’année prochaine et coûter entre 50 et 70 millions %.On parle aussi d’équiper certains quartiers, comme Rivière-des-Prairies.Mais les projets sont vagues.Bref, rien de vraiment nouveau à l’horizon.Pourquoi ne pas combler le retard ?Peut-être en raison d’un leg de l’histoire, d’un effet de société : si la poésie de Loranger une oeuvre discrète, tant elle laisse toute la place, comme le dit bien Ouellet, au « Soi insondable, plus grand, en son étrangeté, que tous les moi familiers auxquels les poètes d’ordinaire s’attardent ».Car lorsque Loranger écrit que « parqué en son rêve », il est « borde de silence », ce n’est pas son rêve, mais le silence qui le sollicite : le silence de la foule et du monde, auquel se fondent aussi bien des voix anciennes qu’il plagie sans vergogne que des voix à venir — comme celles de Gameau ou de Hénault — qu’il annonce de façon étonnante.On s’égarerait donc à chercher l’originalité de Loranger, à vouloir le lire pour lui-même.Toujours, en effet, il s’efface au profit du monde avec lequel il cherche à se réconcilier, « Comme on donne aux rames / La chaleureuse poignée de mains ».Il s’agit toujours de rejoindre ce qui n’est pas soi-même.Ainsi en est-il Après un départ, quand sont tièdes / Encor les anneaux de l’étreinte / Des câbles, et que se referme, / Sur l’affreux vide d’elle-même, / Une main cherchant à saisir / La forme enfuie d’une autre main.Hanté par un «départ définitif», Loranger ne serait au fond, selon la formule de Pierre Ouellet, qu’un « passeur de parole ».C’est peut-être là, du reste, la fonction par excellence de la poésie.De ce point de vue, en tout cas, son oeuvre aurait bien l’importance que les critiques s’acharnent à faire valoir.Mais faut-il pour autant sortir Loranger de la marge où il a choisi de se tenir ?N’est-ce pas précisément en écrivain marginal que ce poète à la voix blanche peut aujourd’hui nous parler, ou mieux, que cet unanimiste aux voix multiples peut nous entendre ?1 — Les contes de Loranger, postérieurs aux recueils de poèmes, ont été réunis en 1978 par Bernadette Guilmette dans la collection du Nénuphar, chez Kides.les élus de Montréal ne s’empressent pas d’inonder leur ville de bibliothèques, n’est-ce pas parce que leurs électeurs se soucient peu des livres ?Quatre Québécois francophones sur dix, mais un seul Canadien anglais sur sept avouaient l’année dernière ne pas avoir lu de livre dans les, six mois précédant l’enquête.Quand on a fermé les bibliothèques pour; deux semaines ce tété, les protesta- ' tions n’ont pas inondé l’Hôtel de Ville.Mme Laborit reconnaît ces' faits.Elle réplique que justement une tradition ça s’établiL Ëlle cite en exemple la bibliothèque qu’elle di-) rige à Ville d’Anjou, ou plus de 50 % de la population est abonnée au grand édifice moderne, construit il y a une dizaine d’années.« La demande grimpe en proportion des améliorations que nous apportons au service, dit-elle.» « Un seul but : inscrire la bibliothèque dans les moeurs.Surtout dans notre société minée par le décrochage scolaire et l’analphabétisme.» »! .< i •¦J + Nepveu être sauvé par la naissance de son enfant.Dans ce deuxième roman, Pierre Nepveu dit s’être plongé au plus profond de lui-même.« Ce livre-là a été une façon d’assumer mon côté obscur.De plonger dans le noir de la solitude.J’ai été très actif au cours de ma vie, désireux d’aller vers du neuf, d’entrer en contact avec les gens et l’action.Mais cela constituait paradoxalement une réaction à une incroyable force d’inertie, à un immense désir de stagnation.Mon héros Jérome, dégoûté de tout, abandonne ses études.On imagine l’adolescence comme une période de découverte, mais pour moi, elle fut une époque pénible où je m’ennuyais terriblement.Entre 13 et 22 ans, j’ai vécu les pires moments de ma vie.Ma solution fut de partir enseigner à l’Université McMaster à Hamilton, en créant un contact avec les autres.Ce qui m’a sauvé du sentiment d’insignifiance qui me poursuivait.» Tout comme Pierre Nepveu fut sauvé par les mots, la poésie et la littérature, le Jérome du roman est rescapé par les photographies quotidiennes qu’il prend, une autre forme de langage.« Et une façon un peu dérisoire de fixer le temps, souligne Nepveu.La photographie pour Jérome joue le meme rôle salvateur que l’écriture pour moi.» En plus de la photographie, la paternité vient donner un peu de sens à la vie de Jérome.Se rappelant avoir tenu Léa dans ses bras, toute petite, Jérome pensera qu’« il avait gardé en lui cette sensation puissante et un peu hébétée, ce souvenir d’un grand bonheur et aussi d’un danger qu’il avait voulu fuir ».Bien sûr, l’histoire de Jérome n’est pas celle de Pierre Nepveu, mais un des résultats imprévus du livre est qu’il a adopté deux petites filles.En visite à Sao Paulo lors de son année sabbatique en 91, Pierre Nepveu et sa femme se sont laissés séduire dans un orphelinat par deux petites soeurs brésiliennes de trois ans et 18 mois.Selon ses propres paroles, Viviane et Karine ont changé complètement sa vie.Tenir dans ses bras son enfant pour la première fois fut un moment bouleversant qu’il n’oubliera jamais.Côtoyant un milieu d’intellectuels.,j où beaucoup sont sans enfant, Pierre, Nepveu s’interroge sur les blessures profondes dissimulées par ce refus de procréer.Comme si une sorte de mélancolie tenaillait ces êtres choyés issus d’une génération à qui rien n’a été refusé.Et la solitude, puisqu’on revient toujours à cela ?Pierre Nepveu avoue être fasciné par le phénomène des havres téléphoniques où des gens désespérés téléphonent à des inconnus afin de confier leurs problèmes, leur ennui et le grand vide de leur existence.Ce thème est abordé dans le roman par le biais du personnage de Jeanne, lien de survivance pour les solitudes éparses qui composent le paysage d’une grande ville.Poète avant tout, le prochain livre de Pierre Nepveu sera un recueil.Selon son propre aveu, l’écriture poétique lui a procuré une conscience ai-güe de la langue et de sa musicalité, de la forme de la phrase et de son rythme.Des phrases longues, donc, mais construites de telle façon qu’un souffle les habite et qu’on a envie de les dire à haute voix tellement elles sont belles.Elles racontent une terrible ambiguité, à la fois le refus et l’acceptation de la paternité, le choix entre un monde dépeuplé et un autre qui pourrait être finalement habité par les nécessités et les obligations de l’amour.Jérôme est l’enfant d’une époque désemparée.La nôtre.+ Vanasse de 20 ans, Julie.Marc largue sa légitime avec qui il filait pourtant le bonheur parfait depuis 25 ans.À la fin de cette chronique d’un désastre annoncé, Marc a perdu tout et toutes.Au long du récit, le professeur, qui raconte ses boires et déboires à la première personne, s’étend aussi longuement sur Julie que sur leurs ébats.« Roman porno », taxe la critique, en reprochant à André Vanasse de ne pas fouiller ses personnages, d’être tombé dans le ridicule, d’avoir aligné les platitudes, raté les transitions et laissé passer des fautes d’orthographe ! J’arrive pile : André Vanasse en a gros sur le coeur.Dans son petit bureau chez XYZ, cigarette à la main, continuant d’afficher le sourire bon vivant qu’on lui connaît, il est brave.Seule une petite douleur au fond des yeux et aux coins de la bouche trahit la blessure.« Oui, ça fait mal, admet-il simplement.Tout à coup, on se sent seul devant une espèce de mécanique implacable.Ce serait mentir profondément que de dire que je riais aux éclats.» D’entrée de jeu, il se montre fair-play : « Prétendre que ces gens ont mal lu serait une ineptie.Des personnes sensées ont dit en toute honnêteté que ce livre leur déplaît.Quand on est écrivain, on accepte qu’un roman, une fois paru, ne nous appar- TRIPTYQUE C.P.5670, SUCC.C.MONTRÉAL (QUÉBEC) H2X 3N4 TÉL.: (514) 524-5900 ou 525-5957 ANNE ÊLAJME CUCHE LA PISSEUSE U mirTYQut Anne Élalne Cliche LA PISSEUSE 241 p., 19,95 $ (roman) La pisseuse est une femme, un tableau, une séquence de film interminable, une expérience religieuse, une demande, une prière, bref: un roman.La pisseuse est le nom d'un parcours vers le sens d'une image perdue: un deuil, l'invention d'un mystère.ARTIER MMES CÉRALD CÔTÉ LES 101 BLUES DU QUÉBEC (1965 - 1985) Ù TRIPTYQUE Pierre Manseau Quartier des hommes 207 p., 15,95$ (roman) Sous couvert d'une enquête policière et d'un décor de voyous déterminés, l’auteur laisse libre cours à un imaginaire nourri de blessures profondes ef de désirs tout aussi impossibles.Une écriture exceptionnelle au Québec.Gérald Côté LES 101 BLUES DU QUÉBEC (1965- 1985) 237 p., 19,95 $ (essai) Des champs de colon du sud des États-Unis aux usines de l'est de Montréal, le blues traduit une même plainte, celle du marginal, du laissé-pour-compte, de l'amoureux blessé.Et pour témoigner de la vitalité et de la qualité de ce type d'expression au Québec, une anthologie de 101 textes de blues d'ici.tienne plus.Tout en se disant au tréfonds de soi-même : le temps jugera si je me suis trompé.» Est-il surpris?« Oui.Quand on publie un roman, on s’attend toujours à une réception favorable.Il n’y a pas; un écrivain qui ne veut pas se faire' dire qu’il est génial ! J’avais fait lirej Avenue De Lorimier par plusieurs collègues.Tous m’ont dit qu’ils l’a-j vaient aimé et qu’il s’insérait bien dans la collection.Était-ce par coitf-plaisance ?» André Vanasse retient d’abord que ses détracteurs semblent se demander « où je veux en venir » dans cet ouvrage.Lui identifie un fil conducteur entre ses trois romans.« J’ai toujours pratiqué une écriture de l’excès.La Saga des Lagacé était une histoire de passions s’articulant' autour de fonctions : il y avait le scientifique, le poète, la thaumaturge, un vendeur de cravates qui devenait multimillionnaire.Dans La Vie à rebours, je me suis demandé jusqu’où pouvait aller l’invraisemblance : une fille tombe enceinte, et l’« enfant » qu’elle porte est nul autre que son amant.J’en ai conclu que le lecteur marche si c’est présenté cor-, rectement.« Pour Avenue de Lorimier, je suis parti de deux hypothèses.La première visait à reconstituer l’amour-, passion tel qu’on l’a connu depuis Tristan et Iseut jusqu’à nos jours.J’ai un peu pris pour modèle Manon Lescaut de l’abbé Prévost, où Des Grieux est emporté par une passion contre laquelle il ne peut rien.» André Vanasse précise que son roman n’a strictement rien d’autobiographique.« Un, je suis contre les amours où il y a un grand écart d’âge entre les partenaires parce que la relation est moins saine.Deux, je n’ai' jamais sniffé de coke et trois, j’hais les bars topless ! » « Ce livre est-il vraiment choquant ?La question reste en suspens.Personne ne parle de l’écriture, sauf pour dire qu’on a relevé quelques petites fautes de français.» D’accord ?pas d’accord avec certaines critiques qu’on lui a adressées ?« Dans certains cas, j’admets que c’est une lecture possible.La façon dont j’ai imaginé le livre insistait sur le corps.Contrairement à Dubrovsky dans Livre brisé, j’ai coupé beaucoup de considérations sur les choses de l’esprit, sur les fonctions du professeur, pour éviter justement que ça fasse professoral.» Après une telle douche froide, est-on tenté d’abandonner l’écriture, ne serait-ce que deux minutes ?Éclat de rire sonore.« Oui, et ensuite, comme on sait qu’on ne pourra pas vivre sans écrire, on se dit qu’on écrira sous un pseudonyme.(autre rire sonore).Chaque livre qu’on écrit est toujours un pas vers l’ouvrage parfait qu’on ne réussira jamais.D’ailleurs, si on y arrivait, il ne resterait qu’à se suicider.» Le Devoir, samedi 26 septembre 1992 B D-5 • leplaisirdes ivres Un certain boulevard du crime Robert LÉVESQUE Le ?Bloc-notes DES HISTOIRES de meurtres.Des suicides.Des règlements de compte obscurs.Un assassinat ?« Le bloc de béton me fait mal, il est trop lourd.Je lève un peu les bras, je l’abats sur sa tête ».Un cadavre ?« Un pompier chargé de la sécurité a découvert en faisant sa ronde dans les toilettes le corps de Lill affreusement mutilé ».Suivez-moi, je vous emmène vers un certain boulevard du crime; là où la mort s’écrit avec la finesse des plumes, dans le doux-amer et la strychnine d’encre.On a coupé les cheveux blonds de la morte, on les a jetés dans la rivière, algues lumineuses.On poste une lettre avant de se tuer.Ce sont deux femmes qui écrivent.Écritures perverses et codées.Que du strict dans le travail de brouilleur.Ces ouvrages de dames sont aussi soignés qu’une dentelle de fer forgé, du motif, des architectures brodées.Netteté.On pense aux structures de Victor Baltard.C’est Candy Story de Marie I Redonnet, Au corset qui tue à’Alina Reyes.Romans noirs, écritures claires.L’une écrit, l’autre aussi.Redonnet est passée maître.Reyes a encore du boulot devant elle.Mais chez ces deux écrivains du constat, qui racontent avec la neutralité des observateurs les plus fins, et pour qui l’écriture est le propos même de leurs ouvrages, on trouvera en demi-teintes un cynisme violet qui s’insinue entre les armatures apparentes d’un drame pourtant caché.Chez Marie Redonnet surtout.Avec Candy Story, une avançée dans le brouillard d’un canevas, la disciple de Samuel Beckett et de Robert Pinget se dégage de toute imitation servile des deux maîtres de Minuit ; Marie Redonnet est ici (c’est la seconde fois avec Silsie paru en 1990) parfaitement à l’aise dans son monde scriptural Un monde où le récit domine les intrigues comme un phare dans la nuit dense, des intrigues qui sont bris d’incidents incomplets, croisements de coïncidences et de rumeurs dans une histoire qui a tous les secrets et les ressorts d’une machine mfernale.Où les épidodes épars se rapprochent, se répondent, formant un climat intense dans lequel le personnage-témoin va devenir l’écrivain de cet ensemble appelé à prendre forme.Tel le personnage central de La Recherche de Proust, le narrateur qui va écrire ce qu’il vit, genèse du livre dans le livre, la jeune fille de Candy Story est romancière, s’appelle Mia et devient Candy parce que l’homme qui lui fait l’amour la surnomme Candy; elle va, à la dernière page, comprendre que « la seule chose qui me reste à faire (.) c’est d’écrire la seconde version de Candy Story ».Celle que l’on a entre les mains lorsqu’on referme le livre, morts accumulés, intrigue à peu près accomplie.Il y a plein de crimes dans Candy Story.Mia visite sa vieille mère.Ma, à la résidence de Mells-le-Château.Elle voit se casser autour d’elle un environnement jusque là flou.Elle venait de passer un an dans les Andes, avec avance sur manuscrit, pour écrire un roman qu’elle n’a pas su écrire.Elle hérite d’une maison familiale à Sise, où elle revoit les lieux de son enfance, mais soudain, complot ou fatalité, des gens meurent autour d’elle, LUI est assassinée dans les toilettes du Paradiso, l’écrivain Witz disparait en mer avec ses mémoires, etc.Dans le roman de Redonnet, où l’on efface les traces, l’aventure est aussi celle du liseur qui découvre par bribes les fils de cet univers de roman policier dans lequel Mia avance, où l’on devine des magouilles d’éditeur, des rackets de spéculateurs, des vengeances, un amour fou avec un agent d’Interpol, sans que rien ne soit organisé d’avance, sans même qu’à la fin la lumière se fasse.Du Hitchcock filmé par Jarmush.Alina Reyes, qui a quitté l’étal des bouchers, et la comptoir des ventes, fait maintenant dans le meurtre métaphysique entre jumelles de coeur.Au corset qui tue, dont elle nous fait la lourdeur d’écrire « au corps sait qui tue », au cas où nous ne posséderions pas le lacanien, ne mérite pas la charge critique que ce court récit a provoqué en France.Sans la maîtrise de Redonnet, Reyes avance avec assez d’habileté dans l’épaisseur irrationnelle d’une affaire de double.Deux amies de collège, Alice et Lucile, ont été séparées.PHOTO INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Franz Liszt Marie Laurier Alice, jumelle qui a perdu son autre à la naissance, s’est emparée de Lucile au couvent.Elles dorment ensemble, couchées l’une sur l’autre, la nuit sous les vasistas.Elles s’élèvent.Elles fuient.On les a retrouvées en Italie, au bord d’une route, violées par des camionneurs.Alice n’en est pas revenue, elle est gardée en résidence depuis.Lucile a fait sa vie.Nous sommes à Bordeaux où Lucile revient pour l’enterrement d’un oncle.Alice s’enfuit.Elles vont se rencontrer à nouveau.Alice la blanche fait l’amour aux oiseaux, et au médecin.Lucile la noire est dans un mauvais mariage.Entre les deux, il y a Hughes, un peintre qui au moment d’aimer Lucile sera chaviré par la transparence d’Alice.Lucile tue Alice avec un bloc de béton; les cheveux blonds coupés par elle vont aller faire des algues sur la rivière.Mais qui a tué qui ?Aüce et Lucile sont-elles les facettes d’une même femme décrite, écrite, décryptée ?Alina Reyes réussit avec Au corset qui tue un jeu de dissimulation/élimination.Il y a du subtil dans l’intrigue, vécue par Alice, vécue par Lucile.Sollers, qui publie ce récit à l’enseigne de « L’Infini », y a sans doute vu suffisamment de perversité et d’érotisme (il y en a) pour signer le bon à tirer.iV tîr Candy Story, Marie Redonnet, P.O.L., 138 pages.Au corset qui tue, Alina Reyes, Gallimard, 85 pages.Marie Redonnet Franz Liszt, épistolier LETTRES D’UN BACHELIER ES MUSIQUE Franz Liszt, Le Castor Astral, Collection les inattendus présentée par Rémy Strieker, 188 pages.FRANZ LISZT (1811-1886) aura marqué de son génie tout le 19e siècle, tant par son talent de musicien virtuose, de compositeur que d’humaniste.C’est surtout ce dernier aspect de sa personnalité qui transparaît dans sa correspondance à ses contemporains célèbres eux aussi — l’écrivain George Sand, le compositeur Hector Berlioz, Léon Kreutzer, musicologue français et neveu du violoniste auquel Beethoven a dédié la célèbre 'Sonate op.T, le poète Henri Heine — et d’autres de ses amis à qui il écrivait régulièrement entre 1835 et 1841.Une période de sa vie pendant laquelle il a beaucoup voyagé et abon- damment réfléchi sur la condition de l’art et de l’artiste.Rémy Strieker, professeur d’esthétique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et producteur à France-Culture a choisi parmi les plus belles épîtres de Liszt.Cela donne un charmant petit livre qui témoigne de la vaste culture de cet esthète.En compagnie de Listz, le lecteur voyage en Italie, en Autriche, en Suisse et dans son pays natal, la Hongrie, il vibre avec lui aux beautés des paysages, il partage l’humour et le romantisme omniprésents dans ces épîtres.Des lettres comme on n’en écrit plus, hélas.Pour ma part, ce sont les pages inédites consacrées aux séjours de Listz en Italie qui me touchent davantage, tant il sait en parler comme pas un.Florence, Venise, Milan, Naples prennent sous sa plume des couleurs qui ressemblent à des tableaux vivants.Ainsi la lettre qu’il écrit du lac de Côme à son ami Louis de Ron-chaud, directeur du musée du Louvre et confident de la comtesse Ma- rie d’Agoult avec qui Liszt a eu une longue liaison et trois enfants dont Cosima qui devint elle-même la femme de Wagner; « Lorsque vous écrirez l’histoire de deux amants heureux, placez-les sur les bords du lac de Côme, observe-t-il.Je ne connais pas de contrée plus manifestement bénie du ciel.» Aucun dépliant touristique ne saurait dire mieux.Fin observateur, l’atmosphère qu’il recrée de la Scala de Milan est aussi un petit bijou.Il décrit ce théâtre ouvert en 1778 et le rendez-vous de la haute société avec un humour décapant : « À Milan, on est reconnu pour étranger à cette seule question ; Allez-vous ce soir à la Scala?question superflue, oiseuse, inutile, (.) car hors la Scala point de salut!» Le virtuose a des paroles fort aimables pour Chopin qu’il va entendre dans le salon de M.Pleyel en 1841, lui qui ne se produisait que rarement en public, nous apprend-il.Une attitude qui assura au célèbre compositeur polonais une réputation supérieure aux caprices de la mode, qui le mit à l'abri des rivalités, des jalousies et des injustices.Et Liszt, généreux, de parler des mazurkas et des préludes de Chopin comme de véritables petits chefs-d’oeuvre si capricieux et si achevés pourtant.À Berlioz qu’il enjoint d’aller faire connaître ses symphonies en Allemagne, en toute amitié, il raconte ses démarches pour faire élever un monument à Beethoven à Bonn, « digne de Beethoven », se disant prêt aussi à donner des concerts pour recueillir la somme requise.Malheureusement, la statue ne fut pas exécutée par le sculpteur Bartolini comme Liszt l’avait souhaité, Bartolini étant considéré comme « étranger».Toutes ces choses que l’on apprend en lisant ce livre ne sont inutiles qu’en apparence.EUes constituent plutôt un document exceptionnel sur la vie musicale et artistique du milieu du 19e siècle et comptent parmi les grandes pages méconnues de la littérature romantique française.HUITIÈME FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA POESIE TROIS-RIVIÈRES DU 4 AU 11 OCTOBRE 1992 Télécopieur (819) 376-0774 DIMANCHE LE 4 OCTOBRE 26.12hOO Brunch-Poésie.Soc.des Ecrivains de la Mauncie.Inv.Renaud Longchamps(Quebec) Restaurant du Parc Portuaire.Res (8191 379 4495 ou 379 9206 Prix 11,00 S.27.13hOO Atelier d ecritureen poesie Bibl.mun.Ste Thecle.Inv.H Bertrand (Quebec! 28.13h30 Cme Campus, Séminaire St Joseph Toto le héros de Jaco Van Dormael (1990) Carte de membre.29.14H00 Atelier d'écriture en poesie Bibl.mun.Trois Rivieres Inv Daniel Dargis 30.14h00 Regards entre toi et moi: poèmes inédits de Jeanne L'Archevéque-Duguay Inv D.Joyal.L Dallaire, A Tremblay Maison Rodolphe Duguay 31.14H00 Vernissage Martine Gendron Galerie Art 8 32.15hOO Vernissage Poesia de dos continentes Poemesde 30 poetes de Colombie Traduction Ricardo Serrano Bibl » mun Trois Rivieres 33.15hOO Poemes en direct Cafe Galerie l'Embuscade Inv ‘ S Pey (France),A Doms (Belgique), A.Koltz (Luxembourg).A Serhane (Maroc), A.Montiel (Mexique), A Crespo (Venezuela).J Wanderley (Brésil), P Diallo (Guinee), J M Dalpe (Ontario).A.Moorhead (Etats Unis), R.Longchamps .(Quebec) 34 15H30 Regards entre toi et moi: poemes inédits de Jeanne L'Archevéque-Duguay Inv.D.Joyal, L Dallaire.A Tremblay Maison Rodolphe Duguay 35 16h00 Poemes et estampes d'ici Vernissage Cafe Bar Le Zenob 36.17hOO Apero poesie; Cafe Bar Le Zenob Inv A Serhane (Maroc).J M Dalpe (Ontario), J.Wanderley (Brésil).A Moorhead (Etats Unis), S Pey (France), R Longchamps (Quebec) 37.17h30 Souper poesie Rôtisserie Fusee Inv A Montiel (Mexique).A Koltz (Luxembourg), A Crespo (Venezuela), A Doms (Belgique).38.18h30 Cine Campus, Séminaire St Joseph Zorba le Grec.¦ de Michel Cacoyanms (1964) Carte de membre 39.20hOO Vernissage Traduction libre a la Terrasse Cafe Bis tro Membres du RAPP Poemes de M Cliche (Quebec), .C Beausoleil (Quebec), M Juteau (Quebec).G Marchamps (Quebec) Bob Dylan (Etats Unis), J Duval (Quebec) 40.20h30Blueset Poe»ie: GROUPE Blues minute Inv S Pey (France).A Serhane (Maroc).J M Dalpe (Ontario), A Montiel (Mexique), A Moorhead (Etats Unis).D Dargis (Quebec) Bar l Odyssee Coût du billet: 5.00$ 11 c Res (819) 378 1330 41.20h30 Jean Pierre Ferland Salle JA Thompson.374 des Forges Prix 25.00$ Ros Specta entre 11hOO et 18h00 au (819) 380 9797 42.21h00 Ciné Campus.Séminaire St Joseph Toto le hero* de J.ico Van Dormael ( 1990) Carte de membre 43.23hOO Poesie ouverte Cafe Bar Le Zenob Inv J M Dalpe (Ontario).S Pey (France), A Koltz (Luxembourg), A Doms (Belgique).A Crespo (Venezuela) LUNDI LE 5 OCTOBRE 44.11hOOMatière a poesie Atelier Papyrus Inv A Moorhead (Etats Unis).J Wanderley (Brésil).A Crespo (Venezuela) 45.12hOO Poetes a l'UQTR (caf ) Inv Serge Pey (France).J M Dalpe (Ontario).A Serhane (Maroc) 46.12hOO Diner poesie: Café Mozart Inv T Chtcherbina (Rus sie) A Montiel (Mexique).A KoltzILux ).J Wanderley (Brésil).A Doms (Belgique) 47.12hOO Poly Chavigny.concours de ballons poemes.lance ment du concours de «t shirts** poesie et hommage a Jean Laprise 48.13h15 Bibl Helene Beausejour de Grand Mere Vers la planete et iris conte poétique pour enfants Inv.P Doyon (Quebec) 49.14h00 Signature Librairie Clement Morin Yves Boisvert (Quebec) 50.17hOO Apero poesie Cafe Bar Zenob Inv A MontieKMexi que), T Chtcherbina (Russie).A Doms (Belgique) A Koltz (Luxembourg), A Crespo (Venezuela).S Pey (France) 51.17h30 Souper poesie Rôtisserie Fusee Inv A Moorhead (Etats Unis).P Diallo (Guinee).J M Dalpe (Ont >.J Wanderley (Brésil).A Serhane (Maroc) 52.19hOO Vernissage Brochette t De couleurs poétiques.Membres Galerie Entr Artistes Rôtisserie Fusee Bell ® o!o XLROX I I M ?53.19h30 Cme Campus, Séminaire St Joseph: Barry Lyndon de Stanley Kubrick (1975).Carte de membre.54.20h30 Poésie-vidéo-performance.Cafe Galerie l'Embus cade Inv Groupe Inter le lieu manoeuvre poétique généralisée 55.23h00 Poesie ouverte: Cafe Bar Le Zenob.Inv A.Serhane (Maroc).A.Moorhead (Etats Unis), P.Diallo (Guinee), J M Dalpe (Ontario), A Montiel (Mexique), T.Chtcherbina (Russie).MARDI LE 6 OCTOBRE 56.11hOO Matière à poésie.Atelier Papyrus.Inv P Diallo (Guinee).T Chtcherbina (Russie), S Pey (France).A Koltz (Luxembourg) 57.12hOO Poetes a l'UQTR (caf > Inv A Doms (Belgique), A Montiel (Mexique), J Wanderley (Brésil).58.12h00 Diner de la Poesie Cafe Mozart Inv A Serhane (Maroc), A Crespo (Venezuela), A Moorhead (Etats Unis), 59.12h00 Poly Chavigny Lecture de poemes, musique et chan sons Cafe Nelligan 60.14h00 Atelier d'ecriture en poesie a la Bibl.mun.Trois Rivieres, Place de l'Hôtel de ville S Pey (France).61.14h00 Signature Librairie Clement Morin A Moorhead (Etats Unis).62 67 17hOO OUVERTURE OFFICIELLE DU FESTIVAL Centre culturel Grand Prix de Poesie de la Fondation Les Forges.Prix de Poesie Alphonse Piche.Vernissage Re trospective Galerie Michel Tetreault International.Lance ment Ecrits des Forges Presentation des poetes 68.18hOOSoupei RichardFoisy L'Artois 19h00Inv A Serhane (Maroc),T Chtcherbina (Russie), L Dupre (Quebec), J.Royer (Quebec).A Montiel (Mexique) 69.19h30 Cine Campus.Séminaire ST Joseph La belle et la béte Jean Cocteau (1946).Carte de membre 70.20h00 Souper Richard Foisy Restaurant l’Artois 71 20h30 Poesie son-lumière Centre social du Cegep Pav.des Humanités Inv Groupe 4K.S Pey (France), A Doms (Belgique) et A Koltz (Luxembourg) Prix 5,00$.3.00$ (etu diant) Billets en vente a l'entree 72.23hOO Poesie ouverte Cafe Bar Zenob Inv R Savoie(Acadie), H Corriveau (Quebec), J M Desgent (Quebec).J Royer (Que bec), L Dupre (Quebec), J Wanderley (Brésil).A Crespo (Venezuela) MERCREDI LE 7 OCTOBRE 73.11hOO Matière a poesie Atelier Papyrus Inv A Doms (Belgique), A Serhane (Maroc), A Montiel (Mexique) 74.12hOO Poetes a l'UQTR (caf >.Inv J M Desgent (Quebec), T Chtcherbina (Russie), R Savoie (Acadie) 75.12hOO Diner poesie Cafe Mozart Inv S Pey (France).H Corriveau (Quebec).J Royer (Quebec).L Dupre (Quebec) 76.12hOOPoly Chavigny film Harold et Maude Remiseprixde poesie Lancement de livres au Cafe Nelligan 77.13h15 Bibl Helene Beauseiour de Grand Mere Vers la planete et iris, conte poétique pour enfants Inv Paule Doyon (Quebec) 78.14h00 Atelier d'ecriture en poesie Bibl.mun Trois Rivieres H Corriveau (Quebec) 79.14hOOSignatureLibraineClementMorin Jean MarcDesgent (Quebec).80.17hOO Apero poesie Cafe Bar Zenob Inv 5 À 7 du Groupe Estuaire J P Daoust (Quebec).G Gaudet (Quebec).C Beausoleil (Quebec).J Duval (Quebec).Mona Latif Ghattas (Egypte/Québec) 81 17h30 Souper poesie Rôtisserie Fusee Inv A Koltz (Luxembourg) H Corriveau (Quebec), L Dupre (Quebec), A Crespo (Venezuela).J Wanderley (Brésil) 82.18h00 Souper Richard Foisy L'Artois Inv 19h00 S Pey (France), A Doms (Belgique), R Savoie (Acadie), J M Desgent (Quebec).A Serhane (Maroc) Soirée SSJB de la Mauricie 83.18h30 Cme campus.Séminaire St Joseph La manière nègre ou Aime Césaire, chemin faisant, de Jean Rene Lafond 84.20h00 Souper Richard Foisy L'Artois 85.20h00 Poetes au Vieux Presbytère de Batiscan Inv A Koltz (Luxembourg).H Corriveau (Quebec), L Dupre (Quebec), A Crespo (Venezuela).J Wanderley (Brésil) 86.20h30 Poesie-son-lumière au Centre social du Cegep.Pa villon des Humanités Inv Groupe 4K A Montiel (Mexique).J Royer(Quebec) et T Chtcherbina (Russie) Prix 5 00S.3.00$ (etudiant) Billets en vente a l'entree non i PI ‘ • t a M '\ I KM I K ¦ CEOEP _ DE Sjg mois fl nrvifMf MInIttè'» d»» AHélff» lnt»rna!ional»« RDS RADIO INC.S estuaire mip ________ES la poème en revu* CIILN55AMO d» la Maurlcla Bots-franca 87.20h30 Danse et poésie Éclats d'échos Poèmes de G Marchamps (Québec).Cafe-Bar Le Zénob.Prix: 2,99$.Res.: 378 9925 88.21h00 Cine-Campus, Séminaire St Joseph: Nelligan, de Robert Favreau (1991).Carte de membre D Dargis (Québec) lira un poeme de Nelligan.89 23hOO Poesie ouverte: Cafe Bar Zenob.Inv.: A Montiel (Mexique).J Royer(Quebec), T.Chtcherbma (Russie), S.Pey (France), A.Doms (Belgique).JEUDI LE 8 OCTOBRE 90-93 08h30 Atelier creation en poesie.École Ste Bernadette.Cap.Inv : P.Doyon (Quebec) 94.11hOO Matière à poésie.Atelier Papyrus Inv.: R.Savoie (Acadie).H Corriveau (Quebec), J M Desgent (Quebec).95.12hOO Poetes a l'UQTR (caf ).Inv.J Royer (Quebec), A.Koltz (Luxembourg).A.Crespo (Venezuela).96.12hOO Diner poesie Cafe Mozart Inv : S.Pey (France), A.Doms (Belgique).A.Serhane (Maroc).A.Montiel (Mexique), T.Chtcherbma (Russie), P.Y.Soucy (Quebec).97.12hOO Poly Chavigny: Gagnants du concours de t-shirt poe tique, au Cafe Nelligan.Spectacle.de Alain Dooms 98.14hOO Atelier d'ecriture en poesie a la Bibl mun.de Trois Rivieres: J M Desgent (Quebec).99.14h00 Signature Librairie Morin, Centre Les Rivieres: Jean Royer (Quebec).100.17h00 Apero poesie.Cafe Bar Zenob.Lancement du nu mero H 25 de la revue de poesie Arcade Inv C.Bertrand (Quebec), L.Dupre (Quebec), D.Desautels (Quebec).101.17h30Souper poesie: Rôtisserie Fusée.Inv.:S.Pey (France), T Chtcherbina (Russie), A.Serhane (Maroc), A Montiel (Mexique), J M Desgent (Quebec) 102.18h00Souper Richard Foisy L'Artois.Inv : 19h00 A.Crespo (Venezuela), J.Wanderley (Brésil), P Y.Soucy (Québec), A Koltz (Luxembourg).L'Artois, 1392 Hart 103.19h00 Signature Librairie Clement Morin, Centre Les Rivieres: Serge Mongrain (Quebec) 104.20h00 Souper Richard Fhoisy L Artois 105.21hOOSOIRÉE LE SABORD Cafe Van Houtte Inv : Louise Cotnoir (Quebec), Romeo Savoie (Acadie), Marc Arseneau (Acadie).Judith Hamel (Acadie) Musicien: Jean Vanasse 106.23hOO Poesie ouverte Cafe Bar Zenob Inv A Doms (Bel gique), J.Wanderley (Brésil).R Savoie (Acadie), H Corriveau (Quebec).P Y Soucy (Quebec) VENDREDI LE 9 OCTOBRE 107.11 hOO Matière à poésie Atelier Papyrus Inv J Royer (Quebec) 108.12hOO Poetes a l'UQTR (caf ) Inv.H Corriveau (Quebec), D Dargis (Quebec) 109.12hOÔ Diner poesie Cafe Mozart.Inv J M Desgent (Que bec).R Savoie (Acadie).J Wanderley (Brésil), A Crespo (Venezuela), A Koltz (Luxembourg) 110.12h00 Poly Chavigny Confe rence de Alain Dooms.111.14h00 Atelier d'ecriture en poesie a la Bibl.mun.Trois Rivières: P Doyon (Quebec) Reserve aux jeunes 112.14h00SignatureLibraineClementMorm Claude Beausoleil 113.17h00 Apero poesie Cafe Bar Zenob Inv 5 è 7 de la revue Lèvres urbaines Avec C Beausoleil (Quebec).M Atwood (Canada).B Pozier (Quebec).S Pey (France) 114.17h30 Souper poesie.Rôtisserie Fusee Inv A Doms(Bel gique).R.Savoie (Acadie).J Royer (Quebec), R Longchamps (Quebec).115.18h00 Souper Richard Foisy L'Artois.Inv.19h00 S.Pey (France).A Montiel (Mexique).T Chtcherbina (Russie).L Dupre (Quebec), M Atwood (Canada) L’Artois, 1392 Hart 116.18h30 Cme Campus.Séminaire St Joseph: Nalligan.de Robert Favreau ( 1991 ) Cartede membre D Dargis (Quebec) lira un poeme de Nelligan 117.19h00 Signature Librairie Clement Morin.Centre Les Ri vieres Hugues Corriveau 118 19h30 Performance/création avec Monique Juteau, Sylvie Davidson et Lise Rene College Lafleche 119.20h00 Souper Richard Foisy L'Artois 120.20h30 Jazz et poésie: Bar l Odyssee.Inv.L'ensemble Claude Bornais.Soiree Écrits des Forges Inv B.Pozier (Quebec), J M Desgent (Quebec).M Atwood (Canada).R Longchamps (Quebec).C Beausoleil (Quebec).S Pey (France), L Dupre(Quebec) J Wanderley (Brésil).Prix: 5,00$ 11 c Res (819) 378 1330 Gouveir'emem Ju Oueoec d»*s culii'é ^ • Direction régional* -• irtclaf ' Us II l a S.vtotir Sjmi lc.m Bjpli'lc Je i.i Mjuru ic 0 VÉgzakt Gouvernement du Québec Ministère de* Affaire* culture»** CONSEIL DES ARTS AGENCE DE COOPÉRATION -DU CANADA : CULTURELLE ET TTCHNOUE A rcade «f as Budget as CAÏ 'TEL LE DEVOIR K«|poCin*di “ Muw rM Sttrto 121.20h30 Jean Laprisa au Centre Culturel.Prix: 12.00 $ t.t.c.Res : SPECTA (819) 380 9797 entre 11 et 18 hres 122.20h30 Spectacle du Groupe 4K.Poemes de Louis Jacob (Quebec).Cafe Bar Le Zénob.Prix: 2,99$.Rés (819) 378 9925 123.21h00 Ciné Campus, Séminaire St Joseph La manière nègre ou Aimé Césaire chemin faisant de Jean-René Lafond (1991).Carte de membre 124.23hOO Poesie ouverte Café Bar Zénob Inv A Koltz (Luxembourg), A Serhane (Maroc), A.Crespo (Vénézuela), H.Corriveau (Quebec), J.Royer (Quebec).SAMEDI LE 10 OCTOBRE 125.12hOODiner-poesie: Cafe Mozart.Inv.:M.Atwood (Canada), R Longchamps (Quebec), C.Beausoleil (Québec), L Dupré (Quebec).126.14h00 Atelier d'écriture en poesie a la Bibl.mun Trois Rivieres.Inv.: Bernard Pozier.127.14h00 Signature Librairie Clément Morin: Louise Bloum (Quebec) 128.14h00 Accueil et inscription.Centre culturel: 3Q POETES INVITÉS A LA GRANDE SOIRÉE QE LA POESIE 129.15h00 Reception a la Mairie 30 POÈTES INVITÉS fk LA GRANDE SQIRÉE DE LA POÉSIE ET LES POETES PRÉSENTS A TROIS-RIVIERES.130.18h30 Apéro-poesie offert p?r l'U.N.E.Q.: Cafe Bar Zenob Inv 30 POÈTES INVITÉS A LA GRANDE SOIREE DE LA POÉSIE.131.18h00 Souper poesie: Restaurant L'Artois.Inv.30 POETES INVITES A LA GRANDE SOIRÉE DE LA POESIE ecoutent Richard Foisy.132.18h30 Cme-Campus, Séminaire St Joseph Nelligan, de Robert Favreau (1991) Carte de membre Bernard Pozier (Quebec) lira un poème de Nelligan 133.20h00 Souper Richard Foisy L'Artois 134.20h30 GRANDE SOIRÉE DE LA POESIE au Ceptre cul turel de Trois-Rivieres.LES 30 POÈTES INVITÉS Prix 6,00$t t c Res ; Spectaentre 11h00et 18h00 (819) 380 9797 135 21hOO Cme Campus.Séminaire St Joseph: Nelligan de Robert Favreau (1991).Carte de membre 136.23hOO Poesie ouverte: Cafe Bar Zenob Inv R Savoie (Acadie), H.Corriveau (Quebec), J M.Desgent (Québec), L Dupre (Quebec), DIMANCHE LE 11 OCTOBRE 137.13hOO Brunch poesie Écrits des Forges Inv.Margaret Atwood (Canada) Restaurant L'Ambiance.Prix: 11,00$.Res (819)376 1270 138.13h30 Cme Campus, Séminaire St Joseph: Nelligan de Robert Favreau (1991).Carte de membre D Dargis (Quebec) lira un poeme de Nelligan 139.14h00 Rallye galeries visite des expositions du festival, des librairies et des bibliothèques 140.14h00 Atelier d'écriture en poesie a la Bibl.mun.Trois Rivieres Inv Louise Bloum (Quebec) 141.15hOO Poèmes en direct Cafe Galerie l'Embuscade Tous les poètes présents è Trois-Rivières.142.17hOO Apero poesie Cafe Bar Zenob 5 è 7 du Club Mondial des poètes.Avec D Boucher (Quebec), A.Roy (Quebec) et leurs invités.143.17h30 Souper poesie: Rôtisserie Fusee Inv B.Pozier (Quebec), S Pey (France).A Serhane (Maroc).144.18h30 Cme Campus.Séminaire St Joseph La manière nègre ou Aimé Césaire chemin faisant de Jean Rene Lafond (1991) Carte de membre 145.19h00 Souper poesie L'Ambiance.1260 Notre Dame Inv M Atwood (Canada).A Doms (Belgique), A Koltz (Luxembourg).A Crespo (Vénezuéla), J Wanderley (Brésil), R Longchamps (Quebec).146.20h30 Alternances lecture spectacle.Bar l Odyssee Inv : Hélene Dorion (Que.) et Denise Desautels (Que ).Soirée Éditions du Noroit.147.21hOO Cme Campus, Séminaire St Joseph.Nelligan de Robert Favreau ( 1991) Carte de membre Louise Blouin lira un poeme de Nelligan 148.23hOO Poesie ouverte Cafe Bar Zenob Avec S Pey(France), A Doms (Belgique).A Koltz (Luxembourg), A Serhane (Maroc), R Longchamps (Québec), A.Crespo (Vénezuela), M Atwood (Canada).POSTOMAIL Le Nouvelliste Cf) SKCTfc EXPOSITIONS 00.10 ans d’art - Mlchal Tétraault Art International.Centre Culturel du 1 au 25 octobre Migrations: livre d'art de René Derouin, poemesdeC.Beausoleil.01.Vers Azur de Reine Bouthat.Galerie d'Art du Parc, du 22 septembre au 25 octobre.02.Intérieurs de Gilles Désaulniers.Poemes: Louise Paquin.Galerie Art 8, du 6 septembre au 11 octobre.03.Traduction libre RAPP, du 2 au 18 octobre, à la Terrasse Café Bistro.04.Henri Boudreault et Poèmes en direct au Café Galerie l’Embuscade, du 4 au 11 octobre.05.Martine Gendron, du 27 sep tembre au 11 octobre, Galerie Art 8 06.Papier, poésie et riaque.Atelier Papyrus, 23 septembre au 10 octobre.Hall d'entrée Salle Expo Art du College Laflèche.07.Brochette f De couleurs poétiques.Membres de la Galerie Entr'Artistes.RôtisserieFusée, 44 Fusey.08.Corps immense de tendresse de Nichole Ouellette.Foyer de la Salle J A.Thompson, 374 des Forges du 4 au 25 octobre.09.Via Afrika de Jocelyne Du chesne Du 4 au 18 octobre.10.Poesia de dos continentes poemes de 30 poetes de Colombie Traduction: Ricardo Serrano.Du 4 au 21 octobre, Bibl.mun.de Trois Rivieres.11.Eglogues de Claudine Dontigny.Du 3 au 18 octobre, Centre de la Culture de Grand Mere.Exposition de livres de poésie en bibliothèques publiques: 12.Expoésie Bibliothèque Helene-Beausejour de Grand Mère, du 4 au 11 octobre.13.Expoésie Bibliothèque municipale Armand Goulet de Ste Anne de la Perade, du 4 au 11 octobre.14.Expoésie Bibliothèque municipale de Ste Thecle, du 4 au 11 octobre.15.Expoésie Bibliothèque municipale de Trois Rivières, du 4 au 11 octobre 16.Expoésie Bibliothèque municipale de Nicolet, du 4 au 11 octobre 17.Expoésie Bibliothèque municipale de Notre Dame de Pierreville, du 4 au 11 octobre 18.Expoésie Bibliothèque municipale de Daveluyville, du 4 au 11 octobre.19.Expoésie Bibliothèque municipale Princeville.du 4 au 11 octobre 20.Expoésie Bibliothèque municipale de Norbertville, du 4 au 11 octobre.Exposition de livres de poésie en bibliothèques scolaires: 21.Expoésie Bibliothèque Polyvalente De la-Salle, du 5 au 9 octobre.22.Expoésie Bibliothèque Polyva-lenteChavigny, du 5 au 9 octobre.23.Expoésie Bibliothèque École Les Terrasses, du 5 au 9 octobre Exposition de livres de poésie en librairies: 24.ExpoésieLibrairieClémentMorin du 5 au 10 octobre.25.Expoésie Librairie Poirier du 5 au 10 octobre.\ f D-6 ¦ Le Devoir, samedi 26 septembre 1992 Marie-Claire BLAIS A Parcours d'un écrivain Carnet 2 EN CET ÉTÉ brûlant de 1963, les délinquants noirs déciment les rues de mon quartier, ces rues, un peu à l’écart du centre de Cambridge qui pourraient ressembler aux rues de Harlem avec ces trous funèbres aux fenêtres des maisons, ces ruines béantes des façades de magasins sous d’épais grillages de fer qui ne semblent plus rien protéger; mais en ce temps d’émeutes raciales à travers le pays, l’armée, les policiers sont partout aux aguets et je verrai souvent ces adolescents à qui l’on passe des menottes aux poignets, 2ue l’on pourchasse pendant les meutes dans les rues avec les avilissants jets d’eau des boyaux d’arrosage ou que l’on aveugle des nuages d’un gaz explosif, je les verrai aussi partir vers le lieu de leur incarcération, dans ces voitures de policiers où ils cachent leurs têtes fières dans leurs blousons, le temps approche où ils reviendront peut-etre en guerriers, dans ces mêmes vides, dans ces mêmes rues où l’on entend, avec les Black Panthers les grondements de la révolution noire violente.Pendant cet été-là, rue Brooklyn où je vis, victime comme tous ceux qui m’entourent de cet été de mécontentement et de fureur, je lis James Baldwin, Richard Wright, Ralph Ellison, et je prends conscience de la plus honteuse répression de l’Histoire.Nul n’est à l’abri dans notre rue de l’énorme colère qui secoue le pays, pas même mon chat blanc qui rôde en liberté toute la nuit et dont je caresse au matin la fourrure poussiéreuse et qui un jour ne reviendra plus, car de jeunes vandales le tueront par jeu sous les planches d’un escalier, près de mon immeuble.De même, ces objets souples et fragiles, les bicyclettes seront tordues, parfois on les trouvera calcinées, accrochées aux poteaux de la rue comme de petits cadavres.L’étudiant de famille aisée qui consomme sereinement son LSD, après les cours, dans les jardins publics de l’Université de Harvard, et qui semble poser sous sa langue des morceaux de sucre, sera dévalisé dans sa chambre luxueuse, attaqué dans les rues par les gangs; en douceur, pour l’instant, le LSD, drogue de l’évasion sublime en temps de guerre, se partage parmi les professeurs et les étudiants et on loue la vélocité de ce produit que l’on appelle encore pharmaceutique.D’inquiétants désordres apparaissent peu à peu parmi les étudiants; il n’est pas rare, en revenant du cinéma le soir, ou de la bibliothèque municipale qui ferme tard, qu’un garçon fonce vers une étudiante, pointant agressivement le dard rouge de son sexe nu vers elle, sans même la voir, car le LSD a le pouvoir de les délivrer tous de leurs chaînes, violeurs ou poètes, ils sont soudain capable d’écrire comme le poète Keats, même si on ne peut voir de tous ces poèmes que quelques signes mystérieux sur une feuille blanche, un cercle, un carré, la forme d’une étoile, tels ces signes atrophiés que me montre mon ami Jack, près de la rivière Charles, ils peuvent tuer une famille entière de sang froid comme l’a fait l’assassin dont on a vu la photographie dans le journal du matin, ou composer cette musique de John Cage qu’ils ont entendue dans une salle de concert, car cette musique, c’est un peu eux-mêmes, leur discordance en cette époque celle de leur jeunesse dont l’harmonie a été brisée.Car ils sont audacieux et le LSD a l’hallucinante couleur de leurs rêves de libération les plus insensés.Miss B, Irlandaise catholique pieuse qui m’invite à me joindre à elle pendant Dois ce Robert SALETTI Essais Québécois LE TRAITRE ET LE JUIF Esther Delisle, Lionel Groulx, LE DEVOIR et le délire du nationalisme d’extrême-droite dans la province de Québec 1929-1939, L’Étincelle, « Pluralisme », 263 pages.LES LECTEURS du DEVOIR se souviennent sans doute de la récente polémique qui mit en cause la doctrine nationaliste de Lionel Groulx, polémique à laquelle contribua Esther Delisle et qui fut relancée par l’« affaire Mordecai Richler ».À l’origine de la polémique il y avait l’antisémitisme du chanoine et une pensée d’extrême-droite qui, dans les années 30, trouva dans la gazette que vous avez sous les yeux un précieux canal d’expression.L’accusation est sérieuse, comme on le voit, quand on sait le rôle que joua le journal d’Henri Bourassa dans la défense du Canada français, mais avec Le traître et le Juif Mme Delisle persiste et signe ce qu’elle croit être l’arrêt de mort de la pensée traditionaliste au Québec.En deux mots, la thèse d’Esther Delisle se résume à ceci : La pensée de Groulx est une fiction, une construction mythique, qui met en scène un héros, la nation canadienne-française, race pure et physiquement saine, un anti-héros, la juiverie internationale, et un traître, le Canadien Français individualiste, capitaliste et dégénéré.Qui plus et, L'Action nationale, les Jeune-Canada et LE DEVOIR de 1929 à 1939 furent les alliés idéologiques de l’abbé Groulx en se faisant les porte-parole de son nationalisme d’extrême-droite.On peut comprendre qu’une telle analyse ait suscité des remous jusque dans le milieu universitaire, mais pas pour les raisons que l’on pense.Que Y Appel de la race ait un fondement raciste, nul lecteur contemporain qui connaît l’histoire du XXe siècle n’en disconviendra.Que le chanoine fût un nazi en soutane, c’est aller un peu vite en affaires.Le traître et le Juif est le fruit d’une thèse de doctorat en sciences politiques et, à ce titre, soulève un certain nombre de questions qui restent pour la plupart suspendues dans le flou méthodologique qui mine l’essai.Certes, à un premier niveau, et cela bien que la recherche de traces de discours antisémite à l’époque du fascisme conquérant ne prêche pas par originalité, les preuves paraissent irréfutables et le lecteur peu familier avec les stéréotypes de l’entre-deux-guerres restera bouche bée devant la paranoïa raciste et la bêtise haineuse déployées dans les extraits, articles de journaux et commentaires cités.Mais le même lecteur, devant l’accumulation persistante des preuves tangibles, en vient très vite à soupçonner qu’il y a anguille sous roche.Les citations tombent comme des clous, pour ainsi dire, dans un effort évident pour river l’objet critique au tapis.À la fin du chapitre d’introduction, Delisle laisse tomber cette phrase révélatrice pour expliquer le grand nombre de citations qu’elle utilise : Montréal 1642-1992 Le grand passage Colloque international de littérature Du 30 septembre au 3 octobre 1992 Maison de la culture Côte-des-Neiges 5290, Côte-des-Neiges Organisé par le groupe de recherche «Montréal imaginaire» du Centre d’études québécoises et par le Département d’études françaises de l’Université de Montréal.Avec la participation de chercheurs venus de six pays: Flavio Aguiar, Danielle Bajomée, Estela Cedola, Jean-François Chassay, Patrick Coleman, Michel Condé, Maria do Carmo Campos, Claude Duchet, Madeleine Frédéric, Simon Harel, Monique LaRue, Gilles Marcotte, Alain Médam, Pierre Nepveu, Pierre Popovic, Yannick Resch, Stéphane Vachon.Responsables: Benoît Melançon (343-5665) Pierre Nepveu (343-6137) Pierre Popovic (343-2037) Informations: Maryse Saint-Pierre (343-7369) CET U que fais Esther Delisle If,moi* Irlh-v, itimull'.iiH' (I rxlH-nit i!nut< l'.I.l |iinviiu r ilr ( jurlui l'i ÜFTINCF.11 F FIIITFL'R « Je ne pouvais rendre, dans mes propres mots, la force de la haine exprimée (par l’idéologie de Groulx) ».Pour l’objectivité, on pourra toujours repasser.Par ailleurs, plus fondamentalement, c’est la méthodologie elle-même qui paraît suspecte.En dépouillant indistinctement un ensemble de textes variés, dont le statut éditorial n’est jamais interrogé et sans que ceux-ci soient places dans leur contexte historique, idéologique ou social, il n’est pas trop difficile, en effet, de retrouver a la fin de l’analyse ce qu’on y avait mis à l'entrée.La gnlle d’analyse brille alors par sa transparence suspecte.Une fois campée la définition de l’antisémitisme et du nationalisme d’extrême-droite, telle qu’on la retrouve chez des historiens du fascisme comme Léon Poliakov, Zeev Sternhell et Ernst Nolte, le travail ne consiste plus qu’à repérer et épingler les bribes de discours qui l’illustrent.Ainsi, il aurait été souhaitable que les textes cités et étudiés soient replacés dans leur contexte discursif, ce qui aurait permis de comprendre que l’antisémitisme est un trait dominant du discours social de l’époque — ce qui n’excuse rien bien sûr mais a l’avantage de montrer que l’idéologie n’est pas un système d’idées à caractère transhistorique.L’idéologie tient aussi à un impensé, sourdant ça et là, sans que l’on puisse toujours en prédire l’organisation et la destination.L’idéologie n’est pas seulement un ensemble de traits caractéristiques d’une pensée, mais une mise en forme particulière de celle-ci.Plus la lecture du Traître et du Juif progresse, plus on a la désagréable impression que l’auteur a été elle-même prise au piège d’une démonstration dont l’issue était connue d’avance.En ce sens, on veut bien que Groulx et LE DEVOIR de Georges Pelletier et d’Omer Héroux, et même d’André Laurendeau à ses débuts dans le journalisme, aient flirté avec la pensée fasciste.Si cela n’avait pour effet que de suggérer que la frontière entre la droite et l’extrême-droite, ou celle entre nationalisme et racisme, ou celle encore (plus intéressante à mon avis) entre discours et pensée, n’est pas étanche, ce serait un pas dans la bonne direction.Mais Delisle, plutôt que d’essayer de comprendre les errances de la pensée traditionaliste canadienne-française, se croit autorisé à stigmatiser les principales têtes d’affiche de cette pensée sur la base d’une analyse dite de contenu qui n’est en fait qu’un collage de citations visant à illustrer une idée, selon le principe dialectique de la thèse-rethèse-surthèse.L’objet d’analyse en sort dénaturé et l’analyse elle-même discréditée.Dommage, car l’intérêt de l’auteur pour une époque de l’histoire du Québec trop facilement stéréotypée ou refoulée, était pleinement justifié.Les liens du nationalisme canadien-français au discours social des années 30 sont encore à (re)penser.Après avoir fait ce que nous devions, il est temps de (de)voir ce que nous avons fait.IA 1 SOUS LA DIRECTION DE JEAN-PIERRE DUQUETTE Voici un album qui parvient, par le jeu de la mémoire, à recréer le film d'une histoire, à renouer le fil de l'histoire.D'aventures inédites en anecdotes insolites, un livre inhabituel sur un Montréal méconnu.Collection Cahiers du Québec / Album n° 104 21,5 cm x 28 cm Nombreuses illustrations en noir et blanc 34,95 $ / 164 pages En vente chez votre libraire »» mm i qu’elle déjeune à l’un des restaurants distingués de Cambridge (elle est sympathique à mon embarras lorsqu'elle me voit chercher mon passeport au fond de la poche en toile rouge, que je porte moi aussi suspendue à l’épaule, car nous devons sans cesse prouver que nous avons plus de 20 ans pour avoir droit à un apéritif, dans un restaurant, quand les étudiants dès qu’ils sont seuls, boivent beaucoup de bières dans leurs party privés) Miss B, le col de sa robe raide serré à son cou, me dit : « Ces jeunes, ils vont trop loin.Aucun principe ne dirige leurs vies.Cette ville est un cauchemar pour ceux qui vivent comme moi en zone urbaine.Et pourtant nous sommes de braves citoyens, nous.Et ces Noirs, pourquoi ne restent-ils pas à leurs places ?Ils ont leurs rues, leurs quartiers, pourquoi doivent-ils envahir les nôtres ?Faut-il vraiment que nous partagions tout avec eux ?Nos universités ?Nos écoles ?» Des lèvres honnêtes de Miss B, cette femme bonne et patriotique, coulent ces paroles haineuses qui me la font soudain redouter.Mais elle me dit avec les mots de l’amitié sincère : « Pourquoi hésitez-vous tant à téléphoner à vos amis américains.vos amis vous aideront, vous verrez, les Américains sont généreux .Comme vous êtes seule, venez donc chez moi, dimanche prochain.Nous déjeunerons ensemble dans le jardin s’il fait beau.» C’est dans ce jardin ordonné comme le sont souvent les jardins de la Nouvelle-Angleterre, dans ce jardin où coule une fontaine près d’une imposante statue de la Vierge, que je déjeune avec Miss B et sa mère qui me surveille de son refuge sous les arbres.Miss B, tout en cueillant des tulipes qu’elle dispose avec soin aux pieds de la statue, me parle de sa foi ardente, elle dit que les jeunes ont bien tort d’être ces athées qui vivent sans Dieu, et dans quel état lamentable est la nation à cause dç ces jeunes et de leur affranchissement qui brise toutes les règles du passé, elle est scandalisée, offensée, elle est exacerbée aussi parce qu’il est tard dans sa vie et qu’elle n’espère plus rencontrer un mari, mais les hommes ne sont plus ce qu’ils étaient autrefois sa mère l’approuve des hochements de la tête, elle est pensive, sous son chignon qui tremble, tout cela est bien affreux, dit-elle, où va donc la religion et notre pays, que devient-il .ce grand pays, il est la proie des vandales ?Je crois que c’est lors d’une discussion sur la liberté sexuelle des jeunes que Miss B me dit soudain dans ce même restaurant où elle m’avait si gentiment invitée à déjeuner, quelques semaines plus tôt : « Je n’approuve pas vos idées, je sais que ce sont les idées de votre génération, mais je n’approuve pas votre façon de penser, alors il serait préférable à l’avenir de ne plus se voir ».Mais sur cette terre neuve, la Nouvelle-Angleterre, toute expérience même cette désolante rencontre de Miss B et de son intolérance religieuse et raciale, tout devient pour moi la source d’un enseignement quotidien et dans la chambre de mon sous-sol, sur la table à carte, les carnets de notes débordent tous les jours.— M.-C.B.De l’homme dur à l’homme rose DE L’IDENTITÉ MASCULINE Élisabeth Badinter, Odile Jacob, 1992, 313 pages.L’HOMME SAUVAGE ET L’ENFANT Robert Bly, traduit de l’anglais par Christian Cler et Maxime Loiseau Seuil, 1992, 343 pages.Francine Bordeleau AINSI DONC l’homme est en pleine crise identitaire et existentielle.Il y a 30 ans, Jacques Lacan faisait du Phallus — à ne pas confondre avec le pénis — l’emblème de la Loi et de la Culture et annonçait fièrement que si « l’homme n’est pas sans l’avoir », « la femme est sans l’avoir ».Aujourd'hui, disent à leur manière Élisabeth Badinter et Robert Bly, l’homme ne sait plus quoi faire avec.en autant qu’il l’ait toujours, ce qui serait de moins en moins sûr.L'idée de Badinter c’est que depuis que le monde est monde, l’homme se trompe.Croyait-il, le pauvre, que la virilité était naturelle ?Erreur.À preuve, le « sois un homme » implique que « cela ne vas pas de soi » ; plus encore : « l’entreprise est si peu assurée que la réussite mérite d’etre relevée ».Du reste ne dit-on pas, sur le ton de la récompense, « c’est un homme », « un vrai homme ».En fait, dès la conception, l’embryon lutte pour ne pas être féminin, « le mâle se construit contre la féminité première de l’embryon », la masculinité étant marquée, on le sait, par un seul chromosome Y sur 45 chromosomes X, et féminins.Il doit ensuite lutter contre sa mère, contre ce féminin avec qui s’effectue la fusion originaire.Pour se constituer, le masculin doit dire : « Je ne suis pas elle (ma mère).Je ne suis pas comme elle.Je suis contre elle ».C’est la révélation apportée par le féminisme occidental, «moins coupable» d’avoir brouillé les repères que d’avoir montré le roi nu».S’appuyant sur la biologie, la sociologie (tout en reconnaissant le caractère réactionnaire de la sociobiologie) et la littérature, madame Badinter tente de faire la démonstration qu’« on ne naît pas homme, on le devient ».C’est bien beau, mais l’au-teure de L’un est l’autre oublierait-elle, comme n’a pas manqué de le souligner avant moi Josyane Savi-gneau (Le Monde, 18 septembre 1992), que si on ne dit pas « sois une femme » comme équivalent au « sois un homme », c’est que la locution aurait été entendue comme « ne soit personne » ?Des exemples comme celui-là, qui montrent- les raccourcis et l’esprit réducteur de Badinter, je pourrais en relever des dizaines.S’il y a crise masculine, c’est que l’homme est né du ventre d’une femme.Pour se construire (ce que la femme n’a pas à faire), il devra dès lors subir une traumatisante démarche de différenciation et de dénégation.Cela nous vaudra un long détour par l'ethnologie, au cours duquel Badinter nous montre comment, dans les sociétés primitives, les rituels de rupture d’avec la mère permettent au garçon de réussir cette construction de son identité.Détour qui sera suivi d’une pénible réflexion sur l’homosexualité : on apprend notamment que dans les sociétés antiques, elle n’était pas incompatible avec la virilité, bien au contraire.Oyez du continent noir de la « mâlitude » et du machisme : les gays ont trouvé leur soeur Térésa.On en arrive où ?Aux étapes du parcours de la virilité.Au début était l'homme «dur»; puis survint l’homme « mou », l’homme « rose » qui, apeuré, avait honte de son sexe; maintenant, qu’on se le dise, il est temps de passer à l’homme « réconcilié ».Réconcilié avec quoi ?Mais avec sa part féminine et masculine, bien sûr.Convaincu de son « identité androgynale » (belle affaire, vieille idée), l’homme pourra accomplir « la révolution paternelle ».Car tout est là : le père, jusqu’à aujourd’hui désespérément « manquant »,.pour dire comme le psychanalyste jungien Guy Corneau, du reste abondamment cité par Badinter, doit prendre le relais.La réconciliation avec le père, c’est le propos de Roberty Bly.Pour ui l’ignore, Bly est le grand chantre e la condition masculine aux États-Unis.Devenu l’inspirateur du Mèn’s Movement, il organise des weekends de « ressourcement » durant lesquels les hommes se rassemblent pour tenter de retrouver en eux le « guerrier primitif ».Grâce à des témoignages recueillis pendant une dizaine d’années, Bly en est arrivé à la conclusion que la cause de la dérive du mâle américain, d’un « désarroi atteignant aujourd’hui une ampleur qui ne peut plus être ignorée », c’est la défaillance de l’image paternelle et l’oubli de ces rites d’initiation, chers aux sociétés primitives, qui fondent l'homme et la femme.Mais étant homme, Bly dit qu’il ne se sent pas autorisé à interpréter la condition féminine et s’en tient à ce qu’il connaît.Avec ce livre construit à partir d’un conte des frères Grimm, Jean-de-Fer, et dans un style que la critique new-yorkaise a qualifié de « mytho-poétique », Bly démontre la fonction vitale des rituels.Dans ce conte, comme dans beaucoup d’autres, le jeune garçon franchit le passage qui le mène à l’état d’homme avec l’aide d’un mentor.C'est l’« homme sauvage », qui aide le garçon à sortir du monde de la mère, à rencontrer la femme, et finalement à trouver son identité masculine.Seul l’initiateur, insiste Bly qui, outre ses digressions autour des contes de fées, se promène dans l’ethnologie pareillement à Badinter, peut aider le garçon à rompre d’avec la mère.Mieux : l’auteur réitère l’importance du « meurtre de la mère », un thème qui, quoiqu’on en dise, serait bien moins présent que le meurtre du père.Au secours de Paul Auster, l'un des écrivains américains pour qui cette défaillance de l’image paternelle est un leitmotiv, faut-U appeler Sade, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il colle parfaitement au propos de Bly ?Chose sûre, en tout cas, « certains garçons (.) ont souvent appris, dès l’âge de six ans, à voir leur père à travers les yeux de leur mère, après quoi Us ont intégré à 20 ans la vision critique de la paternité — c’est-à-dire le rejet du père — qui a cours dans nos sociétés; comment s’étonner, dans ces conditions, qu’ils implorent le secours des femmes » ?L’homme « mou », Bly est contre.Les femmes aussi, d’ailleurs (Janette l’a dit), alors ça tombe bien, on devrait s’entendre.Le hic c’est que des hommes mous ou roses, sauf exception, il n’en existe plus guère.Mais convient-il encore de parler de crise masculine ?Il y a cinq ans, à la rigueur.Mais maintenant il semble plutôt que la crise soit généralisée.Ça n’est peut-être pas très original de le dire, mais à la faveur d’une foule de facteurs (une certaine démocratisation des savoirs, des mouvements sociaux comme le féminisme, la contraception, ce phénomène très contemporain qu’est la recherche du bonheur individuel.), les hommes et les femmes du XXe siècle ont gagné en libre-arbitre, et peut-être en intelligence ce qu’ils ont perdu en certitudes.A chacun de se débrouiller avec les impératifs des structures.Hommes et femmes, on en est là.De n’en pas tend- compte, Élisabeth Badinter et Robert Bly ont tous deux incommensurablement tort.
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