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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-10-17, Collections de BAnQ.

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3635 rue Saint-Denis, angle Cherrier 843-4308 Le Devoir, samedi 17 octobre 1992 Stéphane Baillargeon A CHAQUE ART son pays de Cocagne.Les acteurs s’imaginent triomphant sur une scène lon-donnienne, les musiciens rêvent à Carnegie Hall, les chanteurs à la Scala de Milan.Pour l’écrivain québécois, l’Eldorado est souvent parisien.Il a pour nom Minuit, toujours inhospitalier, Gallimard Ïuasi inaccessible, et surtout les !ditions du Seuil, qui donnent davantage place au rêve avec leur écurie québécoise d’une dizaine de poulains.Anne Hébert est devenue la Félix Leclerc de l’édition, le beau jour de 1960 où elle a fait paraître Les chambres de bois à Paris.« Toutes les maisons québécoises à qui j’avais soumis le manuscrit l’avaient refusé, expliquait-elle quelque part.Après quoi je suis restée fidèle aux gens du Seuil, si gentils avec moi.» Certains débarquent à Paris, tout simplement parce que personne ne veut d’eux chez eux.Appelons ça le syndrome du refuznik.Dans les années soixante, il y eut le cas Jacques God-bout recalé par les Éditions du Jour et récupéré lui aussi par le Seuil, le cas célébrissime Réjean Ducharme éliminé par Tisseyre, mais accueilli à bras ouverts par Gallimard et la critique.L’année dernière, La douce revanche de madame Thibodeau de Carole Tremblay était publié chez ce même Gallimard après plusieurs réponses montréalaises négatives.On n’y va pas que par dépit.En témoigne en 1976, Louis Caron et son Emmitouflé.« Je n’ai envoyé mon livre qu’à des maisons de Paris, où je vivais à l’époque, explique-t-il.Il en a résulté quatre propositions de contrats.» Devant un tel embarras du choix, Caron a choisi Laffont pour ses deux premiers romans.L’année dernière, le même Laffont publiait une autre primeur : Mais qui va donc consoler Mingo ?, roman de Paul Bussières peuplé d’Inuits et de banquises.Denise Bombardier estime de son côté que son premier livre, un essai sur la télé française, « ne pouvait pas intéresser un éditeur québécois.Les suivants ont naturellement suivi.Quand on a ce choix, on le prend.» Et pour cause.Car les avantages sont évidents.Ne serait-ce que celui de la pré-consécration dont parle Godbout.« On est peu nombreux a réussir.La rareté crée l’intérêt.» La presse s’échauffe, les émissions « à plogue » s’en mêlent et, souvent, les ventes déboulent.La France est un riche bassin qui offre des millions de lecteurs potentiels au Québécois qui perce.Il y a peu de Roch Voisine de la littérature.« Un succès québécois équivaut à un livre français qui a peu marché», constate Pascal Assa-thiany, président de Dimédia, représentant du Seuil au Québec.Quelques centaines de copies, quelques milliers tout au plus.« Rien de très rentable.On le fait d’abord pour élargir le cercle de circulation de l’oeuvre.» Au « happy few », la France offre un fabuleux tremplin.Denise Bombardier dit avoir vendu au-delà de 200 000 copies de son premier roman, L’enfance à l'eau bénite, en faisant le compte des traductions en plusieurs langues européennes, dont l’allemand, le roumain et le polonais.200 000 copies, presqu’autant que Les Filles de Caleb ! Ça fait rêver.« Sur le plan financier, on voit d’ici l’avantage ! souligne-t-elle.Quel auteur ne souhaite pas être lu par le plus grand nombre de gens possible ?» Les fleurs et l’argent des fleurs, mais aussi un pot de temps en temps : telle est la rançon des heureux élus.Anne Hébert pense «qu’il est mal vu de se faire publier en France ».Jacques Godbout se rappelle «qu’un certain Guy Robert» l’avait même accusé de ne pas être l’auteur de ses romans.Il s’est fait traité de « traître », on lui a reproché de manquer d’esprit de corps, un comble pour un auteur qui publie ses essais ici et travaille même pour Bo- pasted, mevotet / Quelques écrivains québécois publient à Paris.D’autres, de plus en plus nombreux, sont coédités.Faut-il offrir des Indiens pour séduire l’Hexagone?La coédition, le meilleur des deux mondes LE CLUB SÉLECT des Québécois directement publiés en France a fait très peu de place aux nouveaux membres ces dernières années.Paul Bussières et Carole Tremblay sont de rares exceptions récentes.« C’est encore plus difficile qu’avant de se faire accepter à Paris », tranche Pascal Assathiany, rejoint en Europe, où il vient de participer à la Foire du Livre de Francfort, la plus importante au monde.Le nouveau truc pour tenter de percer le marché franco-européen du livre, c’est la coédition.Francine Noël l’a compris, dont le Nous avons tous découvert l’Amérique paraît ce mois-ci en France et au Québec, sous une même griffe Leméac/Actes sud.Le livre est une réédition à peine remaniée de Babel prise deux, ou nous a vous tous découvert l’Amérique, publié chez VLB en 1990.« Ce n’est pas un nouveau livre, comme ce n’est pas une nouvelle pièce entre la première et la quinzième représentations, dit la professeure de théâtre de l’UQAM, qui avoue n’avoir que très peu remanié le texte.« Le livre a un second souffle, une deuxième chance.» Leméac collabore avec Actes Sud depuis deux ans.Cet automne, ils lancent ensemble Il pleut des rats, une traduction de Rat Palms du romancier montréalais David Homel.Les deux maisons ont déjà fait paraître Les Reines de Normand Chaurette et un premier volume du Théâtre complet de Michel Tremblay.« On collabore pour une toute petite partie de nos productions respectives, dit Lise Bergevin, directrice chez Leméac.C’est un processus tout neuf qui va demander plusieurs années, une décennie peut-être, avant de se développer vraiment à son maximum.Ça ne devrait pas être tellement plus difficile pour un éditeur québécois de percer le marché français que pour un nouvel éditeur français de démarrer.En y mettant le temps, on va y arriver.» Patience, patience ! Même prudence du côté du Boréal qui refuse de faire dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas.Dans cette maison, la coédition n’est l’affaire que de quelques titres sur les 70 auteurs publiés annuellement.Marie Suivait L’été de Lise Bissonnette, devrait bientôt paraître au Seuil ainsi que Lumière des oiseaux de Pierre Morency, Appalaches d’André Pronovost et surtout Le jour n'a d’égal que la nuit, un nouveau recueil de poèmes d’Anne Hébert, après 32 années de silence dans ce domaine.Le Boréal s’associe aussi à d’autres maisons: L’Arpenteur pour La chute du corps d’Hélène Le Beau, La Découverte pour une édition de plus de L’État du Monde et bientôt pour L’Esprit du don, un essai du Québécois Jacques T.Godbout (à ne pas confondre avec son homonyme).« Le boum est loin, résume Pascal Assathiany.On vit les balbutiements de ces ententes.Des liens se sont établis au fil des ans, un petit réseau d’amitié et d’échange s’est constitué.» C’est mince, tout compte fait.Mais Paris, dit-on, n’a pas été bâti en un jour.— S.B.•i i ¦ » « ;cv • • >.i Il à) ir: ’ c ' réal ! « C’est de la Kébêtise, soupire-t-il.Du nationalisme bête, une vision Saint-Jean-Batistarde.Comme si l’éditeur était plus important que le li-, vre ! » , Carole Tremblay s’est retrouvée en pleine tempête.Après que son roi man jeunesse ait reçu bon accueil à Paris, un des trois éditeurs québécois qui avaient refusé le manuscrit a écrit aux journaux pour se plaindre , du rôle de bourrique qu’on lui faisait .jouer dans cette affaire.« Je n’ai pas • du tout honte de mon refus, se défendait-il, même si le roman a été publié • • par la suite chez le dieu Gallimard.» « On entretient un rapport très ambigu à la France, renchérit De^ nise Bombardier.Un rapport émotionnel qui finit par être extrême11 ment agaçant.De toute manière, jê ’ me fiche de ces réactions ridicules.» 1 Elle se prépare à interviewer Robert ' Charlebois.« J’ai relu les textes dèM ses chansons, qui sont vraiment for-’’ midables.Et pourtant on l’a traité dç tous les noms quand il a percé ei) ; France.Sauf que pendant ce temps-là, on envoie des équipes filmer Cér ‘ line Dion lorsqu’elle passe à un talk-show américain.» Irritant ! ; Louis Caron inverse la proposé j tion : c’est la France qui entretient! un rapport ambigu au Québec.« Ils i ont de nous des perceptions à la Jack London et ça m’enrage qu’on me renvoie une image de trappeur ou dei paysan.Ça m’enrage et ça me fait mal.Je vis à Longueuil, je ne chasse : pas pour manger, je suis monté deux fois sur un Ski-doo.» Rien à faire, on le folklorise à qui mieux mieux de l’autre côté de l’Atlantique.Et on ert redemande.L’exotisme est un coutelas à deux tranchants.Il sert en même temps j les auteurs québécois, retenus aussj ; bien pour leurs détails « typiques que pour leurs qualités littéraires :, les hot-dogs de Galarneau , les cein-l tures fléchées de Kamouraska et desj Canards de bois, et puis les Indien?: de Robert Lalonde.« Ça pogne », comme on dit.« Je pense qu’ils aiment le rapport: à la nature et une certaine sauva*; gerie de mes romans», dit l’auteur-comédien encensé récemment par le journal Le Monde.Lalonde participait cette semaine au Salon du livre de Le Mans, en France.« Ils goûtent peut-être la démesure et une autre écriture, un autre souffle francophone, », hasarde-t-il.De son côté, Louis Hamelin, qui a vu qualifier son roman Ces spectres agités d’anti Ma-ria-Chapdelaine » se méfie des généralisations: « Certains éditeurs parisiens fuient les romans trop québécois », Les écrivains d’ici essaient-ils de gommer leur « différence » quand ils publient là-bas, retranchant ?adaptant ?écrivant pointu ?En général, les concessions de formes ou de fonds sont peu nombreuses.Godbout parle de « quelques petites coquetteries éliminées.» Robert Lalonde dit « qu’on ne l’achale pas avec ça ».Bref, rien de comparable avec le nettoyage à l’eau de Javel (La Parisienne) que vient de subir Being at Home with Claude pour son adaptation française.La pièce de René-Daniel Dubois, rebaptisée Chez moi, chez Claude a été retraduite en « français de France », son intrigue transposée à Paris, alors que dans les récentes productions italienne, hollandaise et britannique le drame se déroulait à l’ombre du Mont-Royal.Rares sont les tels sommets d’adaptation.Francine Noël, qui vient de publier chez Actes Sud, (voir encadré) a accepté qu’on joigne un « petit glossaire à l’usage des lecteurs européens» pour bien leur faire comprendre qu’être « accoté », c’est « vivre en concubinage », que « buzzer », c’est « triper », et que « eâlisser patience », c’est « ficher la paix ».« C’est pour enrichir leur vocabulaire, explique-t-elle.Je ne suis pas colonisée au point de faire la fine et la belle devant des Français et de penser qu’ils savent mieux écrire que nous.On écrit différemment, voilà tout.» Gallimard a aussi placé un avertissement au lecteur dans le livre de Carole Tremblay, pourtant largement épuré de ses québécismes.Un seul astérisque expliquait qu’un beigne était un beignet.Paris vaut bien une messe______ Une année sous silence Parfois je ris tout seul Jean-Paul Dubois J PAN PAUL DI DOIS JUAN-PAUL PI BOIS Une année parfois sous silence je ris coût seul :an-paul JEAN-PAUL DUBOIS "polaroïds" roman Pour rire en silence.Un roman et un recueil de chroniques le prouvent: Jean-Paul Dubois s'y entend pour faire partager cette hilarité .Pierre-Robert Leclercq Le Monde ROBERT LAFFONT D-2 B Le Devoir, samedi 17 octobre 1992 TL1®3 Odile \) - £ Tremblay ^ Entre i les lignes CERTAINES FIGURES féminines du passé, celles d’Alma Mahler, d’Anaïs Nin ou de Milena Jesenska par exemple, ont quelque chose de magique Elles sont toujours là où l’action se passe, aux côtés de personnages hors du commun.Lou Andréas-Salomé est de celles-ci.Il fut un temps où j’achetais tout sur elle, ses mémoires, sa correspondance, des biographies, cherchant à découvrir quel magnétisme l’attirait infailliblement vers les points chauds, les vrais maîtres.Psychanalyste et écrivain, anticonformiste à une époque (le début du siècle) où la société muselait les femmes, elle exerça une influence profonde sur Nietzsche et sur Rainer Maria Rilke, avant de devenir disciple et amie de Freud.Son intelligence, son intuition, la force de son caractère la postaient là où germaient les ferments des grands bouleversements du siècle.Elle avait un beau visage ardent et volontaire avec une tignasse de cheveux blonds.Une photo de jeunesse la montre juchée sur un âne aux côtés des philosophes Friedrich Nietzsche et Paul Rée, avec qui elle vécut aux yeux du monde un scandaleux ménage à trois (très chaste dans les faits).Toujours différente de l’image qu’elle projetait, bien plus pudique Stéphane Baillargeon L’ASSOCIATION des auteur-e-s de l’Outaouais québécois et le Salon du livre de cette région sollicitent des manuscrits pour le Prix littéraire Jacques-Poirier, ainsi nommé en l’honneur de l’instigateur du Salon.Le concours est ouvert à tout citoyen canadien adulte, à tout manuscrit inédit de tout genre littéraire, le roman, la prose, l’essai littéraire, le conte ou la poésie.Le lauréat méritera une bourse de 2500 $, la publication de son manuscrit chez VLB et une participation au Salon, en mars prochain.Le prix a été remporté la première fois l’an passé par Michel Dallaire pour Terrain Vagues.Les manuscrits doivent Propos dévastateurs DANS LE JOURNALISME professionnel — et cela s’applique aussi à la critique littéraire — il y a un code d’éthique qui prescrit au journaliste de ne pas recenser l’ouvrage d’un CONGRÈS AQPF Association québécoise des professeurs de français Congrès: 5-6-7 novembre Sheraton Laval 25e anniversaire Thème Enseigner le français Pour qui?Pourquoi?Comment?153 intenenants: 7 grandes tables rondes et 90 ateliers • primaire • secondaire • collégial • université • éducation aux adultes • classes d'accueil • volet interculturel • pré-congrès pour les conseillers pédagogiques (5 nov.) 75S Conférences Ouverture: jeudi 5 nov.20 h.Jacques Tardif Université de Sherbrooke "Pour un enseignement de plus en plus stratégique".Clôture: samedi 7 nov.12 h.Philippe Meirieu Université Lumière.Lyon 2 (France) "Les enjeux de l’enseignement du français aujourd'hui".Festivités du 25e anniversaire: Spectacle de Gilles Viencault.Banquet sous la présidence de Marie Labcrge Renseignements: AQPF à Québec 1-418-626-6817 AQPF à Montréal 595-7291 membre4185" non membre '23(7* Le voyage de Lou /.u il I il ilren s - Su I in c I.N Ht SSII \\ IC H I I k I.I «)()() Juin nu! ni» tilt lu 1111 finalement.Lou avait fait sienne la formule de Goethe qu’elle se plaisait à réciter comme un article de catéchisme : « Renoncer à faire les choses à moitié.Et les vivre résolument, jusqu’au bout, dans ce qu’elles ont de bon et de beau.» Lou Salomé est née à St-Pétersbourg en 1861 pour mourir à Gottingen en 1937.EUe passa la plus grande partie de sa vie en Allemagne, unie par mariage blanc au linguiste Friedrich Carl Andreas, découvrant l'amour physique à quarante ans avec un jeune poète débutant, de quinze ans son cadet, René Maria Rilke, à qui elle fera changer son prénom (qui lui rappelait trop sa petite soeur décédée) en Rainer.Il allait être le Chopin de la poésie, mais elle l’ignorait, fusionnée à lui comme à un gémeau : « nous étions frère et soeur, mais comme dans le passé lointain, avant que le mariage entre frère et soeur ne devienne sacrilège », écrivait-elle dans ses mémoires.Dans les lettres qu’il lui adressait de son côté, Rainer mettait le monde à ses pieds : « Je ne veux rien savoir du temps qui t’a précédée dans mes jours, ni des êtres qui y demeurent ».En 1900, en une tentative de retrouver les racines qu’elle avait abandonnées en se tournant vers le moderne Occident, Lou fit aux côtés de Rainer un voyage en Russie, sorte de rencontre mystique avec un pays quasi imaginaire qui devait les marquer profondément l’un l’autre.Au point que leurs oeuvres y feront sans cesse référence au long des années.Le journal que Lou Andréas-Salomé tint durant ce voyage, jusqu’ici inédit, vient d’être publié au Seuil sous le titre En Russie avec Rilke 1900.Plus qu’un carnet de bord, loin du recueil de confidences intimes -la relation amoureuse avec Rainer y est complètement occultée-, ce journal est une suite d’impressions sur une Russie que les voyageurs idéalisent avec une candeur touchante, appliqués à confondre la réalité et le rêve.Le couple est fasciné par les paysans russes, à ses yeux détenteurs de la sagesse suprême.Lou note leurs mots sur son calepin, s’extasie de la profondeur de leurs réflexions.« De l’artiste au petit paysan, le chemin est plus court que de l’artiste aux : classes cultivées», croit-elle.La Russie que les voyageurs traversent de Moscou à St-Pétersbourg est une icône.Ils visitent Tolstoï, mythe vivant qui reçoit ses admirateurs dans son ermitage d’Iasnaïa Poliana, et à qui Lou trouve l’air d’un petit paysan ensorcelé, d’un être magique.Cette Russsie-là, de cloches et de dorures, romanesque à souhait, créée en grande partie par leur propre imaginaire, les nourrit d’images.Au détour d’une rue se profile un poète aveugle guidé par un petit garçon, ou un pope, « curieux personnage vêtu de sombre, largement grisonnant déjà et en manteau à col, qui marchait devant nous d’un pas solitaire, comme venu d’un autre monde ».Même la Volga parle à Lou, comme lui parlent les couchers de soleil sur un Moscou qui rappelle celui de Cendrars.Ce voyage en Russie fut avant tout, on le comprend très vite, le périple intérieur de deux poètes.Lou n’est pas dupe de cette transfiguration, qui confie à son journal : « Il faut s’élever bien au-dessus du quotidien pour le vivre comme il convient, c’est-à-dire comme un collier de perles, une suite de minutes en or; chaque fois que nous y parvenons, notre vie touche à la divinité, quels que soient le lieu et la manière dont ce quotidien se réalise.» ?En Russie avec Rilke -1900 -journal inédit, texte établi par Stéphane Michaud et Dorothée Pfeiffer, traduit de l’allemand par Stéphane Michaud, Seuil, 1992,170p.parvenir au Salon du livre de l’Outaouais, 36 rue Fontaine, Hull (Qc), J8Y 2B6,au plus tard le 23 octobre.On peut obtenir les détails du concours et les formulaires d’inscription au (819) 776-0738 Où sont passés les livres québécois ?LA REVUE Lettres québécoises pose la question dans son dernier numéro : les livres québécois sont-ils là où ils devraient être, c’est-à-dire en librairie, visibles et suffisamment nombreux ?Réponse : plutôt non que oui.Sur son propre territoire, le livre québécois n’occupe que 30 % de l’espace disponible dans les librairies agréées.Bruno Roy, président de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, voudrait que les livres d’ici occupe la moitié de l’espace.Jacques Lanctôt, responsable de VLB, parle d’une partie de bras de fer entre le diffuseur et le libraire.D’autres, pointent du doigt un certain colonialisme culturel.L’article de Francine Bordeleau s’en prend particulièrement à la fameuse Loi 51, qui réglemente les achats dans le milieu.« Chose sûre, écrit-elle, le libelle de cette loi, qui n’a jamais été doté de véritables instruments de contrôle, et qui n’a jamais été modifiée depuis dix ans, est à revoir.» Ajouts au prix 12-17 QUATRE AUTEURS québécois viennent s’ajouter à la liste déjà publiée des onze finalistes du prix 12-17 : Jean-Pierre April, N’ajustez pas vos hallucinettes (Québec/Amérique), Christine Brouillet, Un jeu dangereux (La courte échelle), François Gravel, Deux heures et demie avant Jasmine (Boréal), Esther Rochon, L'ombre et le Cheval (Paulines).Le prix d’une valeur de 10 000 $ sera remis en novembre par le salon du livre de Montréal et la Foire du livre de Brive.Mort d’Allan Bloom LE CHANTRE du traditionalisme américain est décédé la semaine dernière à l’Université de Chicago.Alland Bloom s’était fait remarquer à la fin de la dernière décennie avec son essai The Closing of the American Mind, qui a figuré sur les listes des best-sellers durant plusieurs mois.Il y défendait des positions conservatrices sur l’éducation, la musique et la morale.Pour lui, l’Université était en train de se perdre à force de s’éloigner « de ses principes de base, des grands classiques, et des valeurs éternelles ».1 DU LIVRE L’HUMILITÉ Autrement, Sept.92/189 pages La revue des vicissitudes d’une vertu.Une autre superbe réflexion de la Série Morales où sont déjà parus sept numéros sur la fidélité, la politesse, le courage, la patience.Alors, qu’est-ce que l’humilité ?Grandeur de l’infime, sagesse excentrique, liberté paradoxale, lucidité sur soi, répondent le philosophe, le poète, le marcheur et l’artiste en tentant de tracer la ligne perceptible où l’insignifiant et l’essentiel se rejoignent et s’écartent.Un étonnement, un regret, une inquiétude : un seul scientifique a répondu à l’appel, et encore, pour expliquer pourquoi l’humilité est hors le champ de sa recherche.Face à l’arrogante maîtrise technique, à l’insolente souveraineté des sciences, l’humilité est finalement de peu de poids.LA RÉVOLUTION GALILÉENNE William Shea Seuil/313 pages L’ouvrage retrace l’épisode crucial de la naissance de la science moderne et le génie de son fondateur.Le grand mérite de William Shea, professeur d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université McGill, est de rendre compte des théories passées à l’intérieur du cadre conceptuel des savants qui les ont soutenues, de les juger sur l’arrière-fond de l’image du monde qui régnait à l’époque.On suit donc Galilée dans son activité d’observateur, de philosophe, de polémiste.On assiste à l’emergence d’une science expérimentale et mathématique.On revit évidemment le drame du penseur, victime d’une brutale réaction des forces conservatrices de son temps, dans le contexte particulier de la Contre-Réforme italienne.Un livre savant et passionnant.JEANNE, FILLE DU ROY Suzanne Martel Fides/254 pages Une édition de poche pour ce roman publié pour la première fois en 1974 et qui a valu le prix de l’ACELF et le prix Alvine-Bélisle à son auteur.L’histoire est connue : Jeanne Chatel quitte la France pour faire partie du premier contingent de jeunes filles à marier embarqué pour le Nouveau-Monde.À Ville-Marie, Jeanne épouse le seigneur Simon de Rouville, « sans même avoir remarqué la couleur de ses yeux».Drame au clapier, en l’occurrence une cabane de bois où ,i s la demoiselle va découvrir « l’amour, V quart de siècle d’un cheminement : i obsessionnel, menant du message de -v « l’oeuvre nelliganienne »,à sa lecture et à sa forme, au destin 'V devenu mythe.Le fou de Nelligan > demeure tout de même lucide : « Je sais que mon écriture est résolument j • universitaire et qu’elle met en branle, à l'ancienne mode, tout le lourd appareil tant décrié ( notes, ¦ Jf i références, documentation historique, analytique, factuelle, terre à terre.) que j’ai le mauvais goût de juger nécessaire pour réduire au minimum cette part monstrueuse de hasard que je reproche opiniâtrement aux experts de déployer pour connaître Nelligan.» CORPS ET PSYCHÉ Marc-Alain Deschamps Hommes & Perspectives-EPI/312 f pages : D’abord un outil pour s’y retrouver , dans les « thérapies corporelles » qui remplissent les petites annonces et ?les babillards de notre société nouvelâgiste : la Bio-énergie, la Gestalt-thérapie, l’Intégration i posturale, les massages en tous genres, la psychothérapie .¦ holotropique de Grof (sic), 1 l’Illumination intensive (resic), la 1 somatothérapie, le rêve éveillé, la sophrologie et les dizaines de méthodes baptisées du nom de leur initiateur, Alexander, Boyensen, Feldenkrais et autres Vittoz.Ensuite, une réflexion à peine critique et une évaluation par trop ’ • , complaisante de ces thérapies dans le contexte des transformations de la société occidentale depuis les tripeuses années 1960-70.L’auteur enseigne la psychologie à l’Université René Descartes Paris V et a lui-même utiliser ces méthodes « étudiées avec la lucidité du chercheur ».— S.B.Huitième Festival international de poésie COURRIER ami.De la même façon, un chroniqueur qui a des raisons personnelles d’en vouloir à un auteur, que ces raisons soient connues du public ou non, devrait s’abstenir de faire la critique de son oeuvre, pour la simple raison qu’il ne peut plus exercer son métier de manière impartiale.Il y a empêchement majeur dans les deux cas.Monsieur Salducci s’est permis de critiquer le dernier roman d'André Vanasse, directeur des éditions X YZ, même s’il était connu du milieu que Monsieur Salducci avait été congédié de cette maison d’édition quelques mois auparavant.C’est une première faute professionnelle.Et Monsieur Salducci récidive en s’attaquant à L’eau blanche, sans avoir l’honnêteté de dire que j’avais refusé deux de ses manuscrits en tant que directeur littéraire de la collection « Littérature d’Amérique ».Ça, il le gomme malicieusement en feignant de n’attaquer que le professeur de création littéraire.Il se venge donc, mais d’une façon grotesque.Monsieur Salducci n’a pas une intelligence suffisante de la langue pour distinguer les fautes des emplois volontaires et des jeux sur le langage.C’est son problème, que j’avais déjà repéré dans ses critiques antérieures, et je ne lui ferai pas l’honneur d’en débattre avec lui, ni de l’ensemble de son article, d’autant plus que sa charge sombre dans le ridicule et se détruit d’elle-même à force d’outrances.L’image qu’il trouve la plus ridicule, « la cathédrale de la bouche », je l’avais empruntée de Paul Valéry lui-même, pour faire écho, ironiquement, à la préciosité de mon personnage.L’inculture de Monsieur Salducci et la hargne qui trouble sa vision l’empêchent de lire le moindre effet de sens, excepté peut-être l’accord des participes passés, à quoi se résume sans doute l’essentiel de son talent.Les papiers de Monsieur Salducci sont dévastateurs .mais surtout pour LE DEVOIR ! Noël Audet Réponse DE NOMBREUX journalistes et critiques ont vu un jour ou l’autre un de leur manuscrit se promener d’éditeur en éditeur, en étant susceptible de rencontrer un refus.Il ne me semble pas utile de les bâillonner pour autant.D’après vous, chacun de mes articles serait le reflet de sombres machinations.Si mes critiques ne sont guidées que par la vengeance, est-ce à dire que tous mes éloges sont monnayés par des pots de vin ?Apprenez que mon intégrité professionnelle est au-dessus de tout cela, et que JAMAIS ne vils motifs ne sont à l’origine de mes critiques.Je vous abandonne à votre paranoïa.— Pierre Salducci Marie-Claire Girard EN REVENANT de Trois-Rivières, dimanche 11 octobre, à l’arrière de la Renault 81 conduite par Gaston Miron, Claude Beausoleil comme autre passager, j’entends parler de l’automne alchimique, de la place des autoroutes dans la poésie et des Français qui passent leur temps au restaurant et qui ne parlent jamais des restaurants dans leurs poèmes.Les jours précédents, il y avait eu Ada Ugah, naguère ministre des Affaires culturelles du Nigéria, habillé de couleurs spectaculaires, nous récitant des poèmes à répondre, faisant participer des auditoires conquis par sa grâce et sa candeur rafraîchissantes.Serge Pey, le poète toulousain à l’accent rocailleux identique à celui de Claude Nougaro, entrant en transes en psalmodiant comme un chaman des poèmes inspirés par les mythologies sud-américaines.André Doms, le poète belge amoureux d’une Macédonienne, racontant l’émotion et les sentiments xiinicnc Vllll’ll/s mm* Lieu distinctif de l’édition littéraire québécoise 'tlWfc-,' f., vlb éditeur I l’Hexagone LA PE THE MAISON DE LA GRANDE LITTÉRATURE Fernand Ouellette COMMENCEMENTS Essais sur la peinture 168 pages 16,95 $ Un grand essai de Fernand Ouellette.La méditation d’un poète à travers quelques étapes de l’histoire de la peinture.Comment l’auteur «lit» Van Eyck, Patinir, le Greco, Vermeer, Chardin, Turner, Ingres, Corot, Pissaro, Matisse, Braque et d’autres.«Toute oeuvre d’art apparaît dans une lumière qui ne peut émaner que de la force d’un commencement.» Un enfant de Duplessis dans la tourmente! Marcel Godin LE CHEMIN DE LA LUNE 288 pages — 19,95 $ Le récit d’un jeune garçon né de parents soi-disant inconnus, recueilli par une grande famille aristocratique, dans le Québec de l’après-guerre, alors dominé par les élites traditionnelles et le clergé.Peu à peu, celui-ci découvrira qu il est lié malgré lui à une société secréte.Une grande saga familiale, une fresaue sociale qui nous transporte de Trois-Rivières en Autriche, sur des chemins mystérieux.Un livre «coup de poing»! Carole Michaud UNE VIE, RIEN DE PLUS 166 pages — Ce récit nous plonge dans le Québec profond, clérical, familial et autoritaire.L’histoire sulfureuse d’une famille bien ordinaire où l’enfance n’était pourtant pas à l’eau bénite.Un ouvrage qui, à cause de sa cruauté, de la franchise de l’auteur et de son irrespect des règles du jeu, interpelle, dérange, proteste et, du même souffle, décape l’âme québécoise.Andrée Ferretti et Gaston Miron LES GRANDS TEXTES INDÉPENDANTISTES écrits, discours et manifestes québécois 1774-1992 Anthologie 504 pages 24,95 $ Réuni par deux militants indépendantistes, mais aussi intellectuels passionnés de la question du Québec, ce choix de textes se veut représentatif de l’ensemble du discours indépendantiste tel qu’il s’est développé au cours de notre histoire.Un outil de réflexion et de référence sur l’évolution de la conscience québécoise, individuelle et collective.Le lecteur trouvera dans cet ouvrage toutes les raisons de promouvoir l’indépendance et de réfuter les arguments de ses adversaires.Un livre à lire avant le référendum.avec des mots et des images d’une violence glacée.Anise Koltz, la Luxembourgeoise à l’accent chantant, grande dame iconoclaste, demandant à Dieu de descendre de sa croix car nous avons besoin de bûches pour nous chauffer.Margaret Atwood, si timide et au français si exécrable, mais tellement attachante et pleine d’humour, nous lisant des poèmes en prose pleins de serpents et racontant qu’à 16 ans, après avoir lu La petite poule d'eau de Gabrielle Roy, elle a décidé qu’elle aussi serait écrivaine.Une semaine remplie de mots, d’images, de moments.Un niveau très élevé de poésie, une qualité d’âmes et de coeurs aussi.Un huitième Festival qui chaleureusement et simplement, donne le goût de se lancer à.corps perdu dans l’univers du langage et de se noyer dans le labyrinthe des recueils remplis de ces phrases fugaces qu’on retient parfois au passage et qui attendent sagement à l’intérieur des pages qu’on leur rende visite.Les Belles Rencontres de la librairie HERMES Dimanche 18 octobre de 13h à 15h Marco Micone Le figuier enchanté BORÉAL Samedi 24 octobre de 13h à 15h Marie La berge Quelques Adieux BORÉAL Vendredi 30 octobre de 17h à 19h Jean François Ch assay Le jeu des coïncidences dan* La Vie mode d’emploi de George* Perec HMH 1120.ave.laurier ouest outremont, montréal tél.r 274-3669 I f Le Devoir, samedi 17 octobre 1992 ¦ D-3 .,, , —.- — tT L • le plaisir des mes La nuit amérindienne COWBOY Louis Hamelin, roman, Montréal, XYZ Éditeur, « Romanichels », 1992, lis p.Jacques Allard l OURQUOI la nuit amérindienne où veut s’enfoncer Gilles Deschênes, jeune commis d’une minable pour-voirie du Nord, est-elle si séduisante ?Kst-ce son désoeuvrement ou un certain esprit d’aventure qui l’amène à promener là son oeil américain ?11 n’a rien des chasseurs de la « bête lumineuse » que nous a déjà montrés, si pitoyables, le poète cinéaste Pierre Perrault.Rien non plus de la férocité des amateurs de charivari qui hantent le roman ou- blié de Robert Goulet (The Violent Season, Signet Book, 1961).Peut-être est-il tout simplement fasciné par la nuit comme le Vincent du précédent roman (Ces spectres agités, XYZ-Flammarion 1991).Ou encore emporté dans une quête du père, de l’ami ou de l’amour comme l’était Édouard Malarmé dans La Rage (Québec/Amérique 1989), premier roman et prix du Gouverneur général.Jeune auteur né en Haute-Mauri-cie, Louis Hamelin nos propose à nouveau un tableau impitoyable de la déchéance, cette fois avec les parqués villageois de la bière et du BS, Amérindiens et blancs emmêlés jusqu’à la mort dans leur bataille pour la survie.Son narrateur, dont on ne sait pratiquement rien des orgines sinon qu’il a fait des études, promène sur le monde ravagé de ces bois du Nord le regard d’un entomologiste peu à peu tenté d’explorer cette nuit amérindienne : celle de l'agonie que traversent Cowboy, Karaté Kid, Do-nald-les-bras, Judith et autres aborigènes « mousquetaires de la muskeg », flâneurs de forêts coupées à blanc et de lacs bordés de cannettes de bière, sauteurs de trains et « snif-feurs» de naphte.C’est eux qu’il choisira comme seuls amis possibles, à l’exclusion du Vieux, de monsieur l’administrateur, de Muppet le retraité et autres figures de l’exploitation blanche qui s’étalent et se frottent au magasin ou à l’hôtel.C’est vers eux qu’il ira pour se découvrir finalement incapable de changer quoi que ce soit à la loi pourrie du milieu : le village indien n’est pas plus viable que le village privatisé qu'il rejetait, tout en en profilant.Le loisir est partout pareille- ment déliquescent, baveux d'alcool et de misère, jouxté à la mort Pour dire ce voyage interculturel, le récit du commis se donne en cinq chapitres : « Le jour de Dollard », « La Saint-Jean », « The Indepen dance Day », « Noël en judlet », « Le pow-wow », autant d’ironiques fêtes qui sont marquées par le vol, le • meurtre ou le suicide, le viol ou l’inceste, comme si tout cela allait de soi.Sauf peut-être le meurtre d’un Indien soiffard dont l’énigme structure habilement le récit par son dévoilement en creux, en italiques.La mise en parallèle des deux narrations témoignent de la réflexion qui préside à l’écriture, ici comme dans les autres romans d’Hamelin.La grande narration se donne généreusement, à l’image de la parole débordante dans cet univers du silence : « La concision est impossible dans un pays dilaté».On retrouve alors le style d’Hamelin : une pratique de la métaphore alongée, de la comparaison étonnante, un usage assez appuyé du mot scientifique (sciences de la nature) dans une expression directe du vulgaire (rarement poétisé), le tout se donnant avec la gouaille de certains polars américains où le français de la traduction nous sert l’argot parisien.Étonnante cette synthèse des langues savante et populaire, française et québécoise que l’on trouve aussi chez d’autres jeunes écrivains d’ici (voir le très bon Coyote de Michaud) où cohabitent les moutards et les camerlingues, l’hiérogrammate et le « mumbling ».Tout au long de cette narration débordante s’inscrit par ailleurs ce ré cil italique d'une très grande concision, présenté d’abord comme les no- tes personnelles du commis et fina- v lenient comme le discours progrès-sivement développé du rêve intime où la boucle du récit se ferme.Dans • ! cette opposition des styles, s’affiche ; on ne peut plus clairement une écri- f * ture qui se veut d'oppositions mêlées.Métissage.Du ne s’étonnera donc pas que parmi les références littérai- |.res données directement par le , ^ texte, on trouve tout à la fois l’/t-gaguk de Thériault (envers parfait 't ( de la figure dégénérée du primitif) et i VUlysses de James Joyce (parangon ( de toutes les libertés langagières)., ( Ou encore Rimbaud d’après qui le .t.village paraît nommé : « Mon au berge était à la Grande-Ourse.» Ou un romancier américain nommé ; .Ken Kesey (pour une chanson).Kn écrivant, Hamelin donne à lire.Kt , beaucoup.Plonge dans la nuit baro- .,, que.y* -— * Les mots de Louis Hamelin PHOTO JACQUES GRENiEH r W 4- UN CRI AU CŒUR DE NOTRE SOCIETE Sous la direction de Jacques Grand’Maison Cahiers d’éludes pastorales • 11 )4fides VERS UN NOUVEAU CONFLIT DE GÉNÉRATIONS Profils sociaux et religieux des 20-35 ans Après Le draine spirituel des adolescents, l’équipe réunie autour de J acques Grand’Mai son poursuit sa vaste enquête sur la société québécoise actuelle.Dims ce dossier, elle laisse la parole aux jeunes adultes de20à 35 ans.Leurs témoignages ne sont pas moins bouleversants que ceux de leurs contemporains plus jeunes.Ilsexprimcnt certes une quête d’espérance, de sagesse, de réalisme, mais sur un fond de désarroi intérieur.Les projets souvent déçus comme les défis et les fuites inévitables esquissent un troublant tableau du nouveau conflit de générations qui nous attend.Cahiers d'études pastorales -II, volume de dt)2 paxes, 2d,05$ Jacques (îrand’Maison Vers un nouveau conflit de générations Profils sociaux et religieux des 20-35 ans liments c’est une valeur sûre et à mesure qu’on vieillit la cote est à la hausse si tu consultes le Financial Time de l’amour.L’amour maternel étant le modèle de tous les autres, c’est un amour aussi dérangeant que rassurant, à la fois l’envahissement et le renoncement.La mère est tou- j jours importante dans la vie de l’é- , „ crivain et dans l’écriture même.Peut-être qu’on écrit toujours au ,v fond pour faire plaisir à sa mère, ,.pour se racheter à ses yeux ».,, Le père : « Quelqu’un qu’on découvre à l’enfance, qu’on rejette à l’adolescence puis qu’on redécouvre à ¦, l’âge adulte.C’est la figure d’auto- f rité, il faut en venir aux prises avec lui.C’est un amour qui va moins de , ¦ soi que celui porté à la mère.Il faut , l’établir.Une mère ça s’adore.Un père, ça s’apprivoise ».Les frères : «< J’en ai quatre, j’ai une expertise là-dedans.Le modèle de toute amitié, c’est le frère.J’ai été près de chacun d’entre eux à différentes époques.Il y a bien sûr des luttes fratricides, des bagarres épiques, mais l’acceptation de la nature de chacun est presque inconditionnelle.Mes meilleurs amis ce sont .mes frères ».fl L’écrivain de la famille : « C’est un j mal nécessaire, le chroniqueur des > grandeurs et des misères.Je ne suis pas une bête bizarre parce que ma r famille me connaissait bien avant • ! que je ne devienne écrivain.Dans c; ma famille, si on remonte les générations on retrouve des défricheurs, ~ des fermiers, des bûcherons, moi je .ô suis le défricheur d’un domaine nou- .veau : le langage ».Le Québec : « Quelques longueurs '¦ de piscines nous séparent de l’accep- r tation de nous-mêmes.La piscine ap- ‘ f partient à Robert Bourassa.Le Ca- • nada est un noeud de vipères, deux scorpions enfermés dans une bouteille.Je ne suis pas un nationaliste fanatique mais Bourassa est présentement un homme très dommageable pour le Québec dans une perspective historique.C’est le champion de la valse-hésitation ».Une épitaphe : « Ah, ça c’est la pire question, c’est gênant, me demander de poser un verdict sur ma .; propre existence.Bon.Il est né avec effort, a grandi avec effort, a aimé avec effort, a écrit de force.Il est , mort sans aucun effort ».Xiiles Marie-Claire Girard LOUIS RAM KLIN vient de publier son troisième roman Cowboy aux éditions XYZ.Amoureux des mots et du vocabulaire, il a accepté de se prêter au jeu des associations d’idées .Cowboy : « C’est d’abord un mythe, ensuite une image.Un mythe que nous nous sommes appropriés au Québec où nous avons une culture western sans avoir d’histoire western.Notre vrai cowboy à nous c’est le coureur des bois.Pour le roman j’ai poussé ce raisonnement au bout en appelant un Indien du Québec Cowboy ».Indien : « Un autre mythe, le début des émissions à Radio-Canada.Le nom d’équipes de baseball et de hockey aux États-Unis.Nous nous sommes accaparés des images et nous avons parqué les êtres humains dans des réserves.Les Indiens nous ont appris à explorer et à exploiter le continent et à survivre, et dans le domaine de l’occupation de l’espace nous avons tout appris d’eux.C’est une figure qui surgit maintenant du passé pour demander des comptes et qui refuse de se laisser réduire à l’état d’effigie ».Paysages : « Des rangées d’épinet-tes, des petites montagnes au profil bas, des lacs étouffés par la mousse et les tourbières, un peu miséreux.Le paysage de la forêt boréale est l’un des plus beaux que je connaisse, austère, demandant à etre conquis.C’est un espace devant être occupé et habité par le langage aussi ».Mouches noires : « C'est l’ennemi, la haine incarnée, une malédiction de la terre de Caïn.J’aime beaucoup les animaux, mais c’est sûrement la créature vivante qui a passé le plus près de me rendre fou ».Trains : « Le moyen de locomotion qui réconcilie les notions d’espace et de déplacement.Dans un train on peut se déplacer en se déplaçant, il s’agit d’un espace en soi qui franchit l’espace, un lieu avec des points de repères.J'ai des souvenirs impérissables liés au train.Comme par exemple m’être fait draguer par un Indien homosexuel de Toronto dans un train allant vers Sudbury.Il se passe toutes sortes de choses dans un train ».Carabines : « C’est beau une vieille carabine.Je suis amateur de visites dans les musées où se trouvent des vieilles pétoires et de vieux mousquets.C’est le plus animal des objets, demandant à être dompté et apprivoisé puisqu’il transporte la possibilité de la mort ».Castors : « Les cinq cennes.C’est aussi la raison première de la percée du continent par les explorateurs.C’qst un animal qui a une lourde responsabilité à porter sur ses épaules [X)pues.Kn meme temps c’est un animal exemplaire, bon père de famille, s'accouplant pour la vie.(’’est un bâtisseur.Peut-être que Robert Bou-raisa admire secrètement le castor, il çn a peut-être même un de caché Louis Hamelin dans sa piscine ».Enfants : « Ils sont très présents dans le roman.Les enfants c’est magnifique.Je ne peux pas en rencontrer sans me transformer instantanément en mon oncle.Je les aime beaucoup, trop sans doute pour en avoir moi-même présentement.Ce sont les seuls êtres à qui tu peux faire des grimaces sur la rue sans qu’ils t’envoient paître, ils vont répondre par une autre grimace ou un sourire.Je sais aussi tout ce que cela peut avoir d’exigeant.Les Indiens ont les plus beaux enfants du monde et ces enfants te regardent en te jaugeant, avec la supériorité dans leurs yeux ».Vocabulaire : « Par opposition aux ressources naturelles, c’est une ressource artificielle, c’est une jungle, un monde exotique, à la fois de la musique et de la métaphysique, c’est un objet de désir, de quête, de possession, un instrument de pouvoir.Maîtriser un mot ce n’est rien, il faut maîtriser son sens.Bref, j’aime bien le vocabulaire ».Mélancolie : « La première fois que j’ai eu conscience de l’éprouver vraiment j’étais enfant chevauchant une bicyclette CCM mauve, par une fin du mois d’août.J’ai senti que l’é- AGENDA SUCCES! «Ce livre est la dé de notre succès!» Les frères Reichman Vous avez envie de cheminer jour après jour sur le sentier périlleux de la réussite?Rien de plus simple! Les 365 lois fondamentales présentées dans l’Agenda Croc 1993 mènent en ligne droite les plus acharnés et les plus talentueuses vers le succès total et la réussite absolue! Les Éditions LOGIQUES I.'Ayrml» (’roc- 1993 - Le succès! Jocques Hurtubile • reliure spirale 224 pages ISBN 2-89381-094-2 12,95$ Distribution exclusive: l.t H il DISAIT.inc .CM’ 10.suce I) .Montreal iQuébeci ||3K 3119 Tel '5141 933-2225 FAX: .,t la volonté de son héroïne, L’asperge,,, pour le sort malheureux de son hé- ,.ros, La douleur du printemps pour la,.,, réflexion sur la vieillesse, ou Sans histoire pour la fierté triomphante,.v.; etc.Mais toutes méritent le détour.(.,.j Placés tous deux sous le seul signe ’» > des amours vaines et des sentiments "V perdus, les recueils de Tiziana Bec-’ carelli Saad et de Monique Bosco se rl lisent avec plaisir et constituent unevt excellente occasion de renouer aveQ'Jia la production de nouvelles québécoi-;),'! ses que les éditeurs avaient plutôt! W négligée lors du printemps dernier: ; • La ville au coeur français BRÈVE HISTOIRE DE MONTRÉAL Paul-André Linteau Boréal, 166 pages Clément Trudel IL PEUT SEMBLER téméraire de consacrer moins d’une demi-page par année à l’histoire de Montréal.D’une « colonie missionnaire » à l’origine, on passe par le dynamisme d’une ville au centre de l’Empire français, puis à un relais commercial britannique.Vient ensuite le stade de métropole canadienne.La ville fut majoritairement anglophone dans la première moitié du 19e siècle, mais toujours y a battu un « coeur français ».Lorsque Toronto prendra de l’ascendant, Montréal deviendra une métropole tenant lieu de « foyer dynamique» du Québec moderne.Cette « brève histoire » de Paul-André Linteau se compare à ces exploits que réussissent parfois les auteurs des Que sais-je?, aux PUF.L’auteur se fait par obligation concis, jamais simpliste.Son survol des faits sociaux n’oublie jamais les citoyens qui financent une expansion dont ils ne récoltent pas souvent les bénéfices, écopant plutôt de mutations brusques laissant intactes les inégalités sociales.40 % de la main-d’œuvre, en 1825, est formée de ma- Paul-André l.inU\ui BREVE HISTOIRE DE .MONTREAL Boréal noeuvres et de domestiques; c’est aussi l’année d’un recensement qui enregistre un tiers de Montréalais dont le lieu de naissance est à l’étranger ! Qui a dit que la diversité ethnique était un fait de l’après-guerre ?Même lorsque Montréal accède au rang de « ville industrielle.qui a grandi trop vite », il demeure que le Union des écrivaines et écrivains québécois invite les écrivaines et écrivains a son congres «Consolidation et orientations» Les 23, 24 et 25 octobre 1992 à Montréal Thématique: Membership élargi ou restreint et structures de l’UNEQ.Corporation professionnelle ou syndicat?Droit de reprographie: gestion UNEQ ou gestion partagée?Promotion de la littérature ou promotion de l’écrivain?L’UNEQ soufTre-t-clle de montréalisme?Les écrivains pour la jeunesse.La relève des écrivains.Neutralité de l’UNEQ ou engagement social?Frais d’inscription: 16,69$ Information et formulaire d’inscription: (514) 849-8540 revenu du travailleur est insuffisant : « il faut donc combler le manque à gagner en envoyant parfois des enfants et surtout des adolescents sur le marché du travail ».Montréal a dû souvent lutter pour son émancipation vis-à-vis du pôle de Québec - ce n’est qu’en 1920 que la « succursale de l’université Laval » deviendra université autonome.C’est une ville qui a vécu des frictions menant à une situation de « ville cassée », notamment lors des deux crises portant sur la conscription, mais il ressort de ce condensé d’histoire que le Montréal du 20e siècle a eu ses têtes d’affiche populistes, ses activistes communistes ou fascistes et que tous les brassements qui s’y produisirent ont abouti à faire de Montréal une grande ville nord-américaine.Oubliées, les deux mises en tutelle que lui imposa Québec ! Place aux forces de changement qui ; ont façonné cette ville moderne que Linteau dit « fascinante » en raison de son caractère de ville d’accueil, de ville-creuset que le maire Jean Drapeau première manière a aidée à s’ouvrir davantage au monde.Paul-André Linteau sait aiguiser j la curiosité.« Pour en savoir plus », il propose une bibliographie d’une j quinzaine de titres qui nous renseigneront tant sur les milieux d’affai-j res que sur la diversité religieuse et sur la « géographie urbaine » d’un lieu qui a 350 ans de présence « européenne » et plusieurs siècles de vie iroquoienne.Quand nécessité fait loi ,• i 1 fi M NÉCESSAIRES Sylvaine Tremblay, Québec, L’Instant même, 83 pages.Pierre Salducci A PRIORI, le recueil Nécessaires de Sylvaine Tremblay est plutôt séduisant.Ce titre audacieux souligne l’aspect impérieux de l’écriture, comme si tous les textes livrés ici avaient été inspirés par une nécessité incontournable.De plus, dès les premières pages, impossible de rester insensible au style si singulier de Sylvaine Tremblay.L’auteure a bénéficié du programme de parrainage de l’UNEQ, gagnant ainsi la chance de travailler sous la gouverne de Bertrand Bergeron.L’association Bergeron-/Tremblay est d’ailleurs une heureuse initiative.Leurs deux univers se ressemblent, leurs recueils aussi.Sous la plume de Sylvaine Tremblay, on retrouve un peu de la structure syntaxique si particulière de Bertrand Bergeron.Les phrases sont cassées, syncopées, et ne se soucient pas toujours de s’enchaîner dans l’ordre habituel des mots.Sylvaine Tremblay utilise des refrains et des répétitions pour créer un rythme différent et n’hésite pas à couper ou à interrompre ses phrases de façon inattendue.Le lecteur est dérouté mais également séduit par une écriture très personnelle qui rappelé celle de Claire Dé dans Le Désir comme catastrophe naturelle.Tout cela est parfait, tant que Sylvaine Tremblay met son talent au service du récit et de l’émotion.C’est le cas de quatre de ses nouvelles : Hier qui met en scène une jeune femme hantée par la mort de sa mère, Seule oui relate l’angoisse d’une employée face au regard de ses collègues, Seul, la neige ou le retour à la maison d’un veuf qui avait tout quitté pour une nouvelle femme, et enfin Pour votre bien, saynette humoristique à la façon des romans po- liciers.Ces textes constituent de bel- •>! les réussites car chaque fois le stylé se superpose avec brio à un véritable: i souci de narration.;u ii)ii ftUfl Trop souvent en revanche, Sylvaine Tremblay a tendance à s’oriem' ?ter plutôt vers l’exercice de style que1, vers le récit narratif ce qui donne; ; tout le contraire d’une nouvelle.On a ;
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