Le devoir, 20 octobre 1992, Cahier A
Bélanger, Legault Vol.LXXXIII — No 243 Ciel variable le matin.Max.: 6.Détail page B-6.Montréal, mardi 20 octobre 1992 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ L’avance du NON s’affermit et paraît décisive ?Avec un avantage d’au moins 15 points, le NON se dirige vers une victoire assurée Pierre O’Neill À MOINS qu’un événement d’une force inouie se révèle et renverse la tendance populaire, le 26 octobre consacrera la victoire du NON.Un sondage Multi Réso-LE DEVOIR, réalisé entre le 15 et le 18 octobre, démontre que les Québécois sont plus nombreux et déterminés que jamais à rejeter l’entente de Charlottetown.Effectuée auprès de 1428 Québécois, cette enquête d’opinion publique tend en effet à confirmer que les jeux sont faits, avec un écart consolidé à 15 points entre les deux camps, à une semaine seulement du référendum : le NON et le OUI recueillent respectivement 46 % et 31 % des intentions de vote, alors qu’à 16 %, le taux des indécis demeure relativement élevé.Par souci de traduire avec le plus d’exactitude possible le sentiment populaire et de mesurer la fermeté des tendances, Multi Réso a procédé en deux temps.À la première question : « Si le référendum avait lieu demain, voteriez-vous pour le OUI (l’acceptation de l’entente constitutionnelle) ou pour le NON (refus de l’entente constitutionnelle du 28 août) ?», 28 % des personnes interrogées ont répondu sûrement ou probablement OUI.Alors que 42% ont répondu sûrement ou probablement NON.Aux 22 % que cette première question a laissés indécis, les sondeurs ont demandé dans un deuxième temps : « Si aujourd’hui vous aviez à appuyer l’un des deux camps, quel camps seriez-vous le plus tenté d’appuyer ?».Le NON et le OUI ont recueilli respectivement 12 et 10 % des intentions.C’est la combinaison des SONDAGE MULTI RÉSO réponses à ces deux questions qui a permis d’établir les intentions à 46 % et 31 %, tout en diminuant à 16 % le taux des indécis.Et à 7 % celui des discrets.D’une durée de trois jours, la cueillette des données s’est déroulée après le débat télévisé, pendant que se confirmait la montée du NON dans les autres provinces et au moment même de la publication des dossiers secrets de la négociation par le magazine L’actualité.En tenant compte de ces facteurs d’influence, Multi Réso y est allé d’une projection plus globale, fondée sur la Si le référendum avait lieu demain, voteriez-vous pour le OUI ou pour le NON?NON 46% SAVENT REFUSENT DE RÉPONDRE tendance vérifiable des indécis et des discrets.Ce qui amène la maison de sondage à conclure que si le référendum s’était tenu au cours de cette période, il aurait « vraisemblablement » accordé 58 % du vote au NON et 42% au OUI.Le sondage a par ailleurs permis d’identifer les cinq facteurs susceptibles d’avoir eu une influence relativement importante sur l’intention de vote des Québécois : 70 % des partisans du OUI et 66 % des tenants du NON ont déclaré avoir fait leur choix sur la base de leurs convictions politiques; 44 % des pro-OUI et 43 % des pro-NON ont pris leur décision après une lecture attentive du texte de l’entente; 33% des pro-OUI et 12% des pro-NON ont reconnu avoir été influencés par les performances de Robert Bourassa et Jacques Parizeau dans le débat télévisé; 11 % des pro-OUI et 12 % des pro-NON ont ad- mis que la publication des multiples sondages ont probablement contribué à se faire une idée; 5 % des pro-OUI et 9% des pro-NON estiment que la montée du NON au Canada anglais a également inspiré leur choix.L’influence du débat télévisé sur les intentions de vote réside évidemment sur sa forte cote d’écoute, considérant que 68 % des Québécois ont pris place devant le petit écran pour surveiller les échanges entre les chefs des deux camps.Mais plus de la moitié n’ont pas eu la patience d’observer le spectacle jusqu’à la fin : 37 % l’ont regardé en entier et 31 % en partie.Les plus tenaces se retrouvaient chez les partisans du NON (32 %) et chez les plus âgés (58%).A l’analyse des données fourmes par Multi Réso, l’on constate par ail- Volr page A-4 : Sondage SOCIÉTÉ La renaissance des trains de banlieue Gouvernements et compagnies ferroviaires se proposent de relancer l’utilisation du train de banlieue dans la région de Montréal, qui traîne la patte par rapport aux grandes villes nord-américaines.Une relance qui passe par la mise en valeur des six ponts de chemin de fer — actuellement sous-utilisés — qui relient l’ile au « continent ».Jean Francoeur explique.Page B-l Chrétien refuse de tirer profit des déboires de Mulroney PHOTO JACQUES GRENIER Le rôtisseur et le premier ministre Le premier ministre ontarien Bob Rae a fait campagne hier dans les rues de Ville Émard.Cela lui a permis de rencontrer André Lyritis, rôtisseur de son métier.M Rae s’est-il fait dire que les carottes sont cuites ?Nos reportages de la campagne en page A-7.La tâche des enseignants sera revalorisée Le ministère veut corriger les lacunes de leur formation Caroline Montpetit RECONNAISSANT que la formation initiale des enseignants actuellement à l’embauche des commissions scolaires du Québec est inadéquate, le ministère de l’Éducation s’apprête à lancer une campagne de revalorisation de la tâche des professeurs, en plus de suggérer un renouvellement complet de la définition de leurs fonctions dans les écoles du Québec.C’est ce que prévoit une étude diffusée hier par le ministre de l’Éducation du Québec, M.Michel Pagé, et intitulée Faire l’école aujourd’hui et demain : un défi de maître.Depuis plus d’un an en effet, le ministère s’attarde à redéfinir les prérequis académiques à l’pbtention d’un diplôme de formation des maîtres dans les universités québécoises.Ainsi, le ministre souhaite notamment que les universités offrent aux futurs maîtres une formation de base diversifiée, qui permettrait à ces derniers d’enseigner plus d’une matière au cours de leur carrière.Depuis les années 70 en effet, comme en témoignait récemment un rapport du Conseil supérieur de l’éducation, la formation des ensei-Voir page A-4 : Enseignants "h Pierre Cayouette JEAN CHRÉTIEN refuse obstinément de tirer profit des déboires de Brian Mulroney d’ici au 27 octobre.De passage à Montréal, hier, le chef du Parti libéral du Canada a appelé les Canadiens à ne pas lier leur vote à l’opinion qu’ils ont du gouvernement Mulroney.Un sondage Angus Reid publié hier révélait qu’une vaste majorité de Canadiens, soit plus de 73 %, es- time que le premier ministre Mulroney devra démissionner ou déclencher une élection si le NON l’emporte lundi prochain.« Ce n’est pas une bonne raison de voter NON parce qu’on n’aime pas le gouvernement.Si c’était une question de voter NON parce qu’on n'aime pas le gouvernement, je serais le premier à le faire », a dit M.Chrétien devant quelque 500 membres du Cercle Canadien (Canadian Club).Voir page A-4 : Chrétien Le président Bush s’est battu bec et ongles Sylviane Tramler envoyée spéciale LITTLE ROCK - LE CAMPUS de l’université de l’État du Michigan à East Lansing a accueilli hier soir le dernier des trois débats de la campagne électorale américaine.Considéré comme le débat de la dernière chance par les partisans du président Bush pour retourner la situation en faveur de leur candidat, il a donné lieu â de vifs échanges entre les trois participants La formule hybride et souple du débat (une première partie avec un seul animateur et la deuxième avec trois journalistes) a permis que s’instaure une réelle confrontation.Le président Bush s’est battu bec et ongles pour renverser la tendance qui prédomine dans le pays et qui place le gouverneur Clinton en position de grand favori.Le président a abordé le débat avec plus de vigueur qu’il n’en avait manifesté au cours des précédents débats, cherchant manifestement à montrer aux électeurs que les jeux n’étaient pas encore faits.Il a mis en doute le bilan du gouverneur Clinton dans son État de l’Arkansas.Il a associé habilement la période de haute inflation et de taux Voir page A-4 : Bush Richard Holden, traître ou précurseur?Le député de Westmount a été étonné des réactions hostiles de sa communauté Pierre O’Neill CONSPUÉ par les anglophones et acclamé par les nationalistes francophones, le néo-péquiste Richard Holden est-il un traître ou un précurseur ?En tournant le dos à ses congénères pour joindre les rangs du Parti québécois, le député de Westmount était loin de s’attendre à une si vive réaction de sa communauté.Le « maverick » de la politique québécoise ignorait que sa contribution à la campagne référendaire serait si exigeante et périlleuse.En trois semaines, il a visité une dizaine de régions, parlant devant des auditoires épars.Du cégep au centre d’accueil pour personnes âgéés en passant par le club de cartes.L’accueil diffère d’une place à l’autre et surtout d’une culture à l’autre.De façon générale, les francophones reconnaissent le caractère courageux de sa conversion et lui témoignent leur sympathie.Les anglophones ne lui ont pas pardonné et lui manifestent leur hostilité.Du bilan d’étape qu’il trace de Richard Holden, député transfuge de Westmount.cette première moitié de campagne, Richard Holden n’est pas près d’oublier sa participation à un débat-midi du collège Vannier, cégep anglophone de Saint-Laurent.Flanqué de députés du PLQ et du Parti Égalité, il a eu droit à toute la panoplie des impertinences de l’auditoire, y compris l’accusation de traîtrise.Cette semaine les étudiants de l’université Corcordia ne se sont pas montrés plus réceptifs, mais ils n’ont pas eu recours à l’injure.À travers son tour de la Gaspésie, dont il est revenu en début de semaine, le ténor de la minorité du NON a également dû composer, dans cet arrière-pays, avec l’amertume d’intervenants anglophones.Par exemple, cette Mme Dow qui, à Gaspe, comparait les péquistes aux nazis et le Dr Camille Laurin à Hitler.Face à cette hostilité, Richard Holden demeure stoïque, encaisse et tente plutôt de comprendre, d’expliquer.Il y voit d’abord l’éloquente démonstration que les anglophones sont encore habités d’un profond sentiment d’insécurité devant tout ce qui peut contribuer à la montée du mouvement souverainiste.Voir page A-4 : Holden En montre au les 21-22-23-24 octobre 1992 chez Micro Boutique 6615, avenue du Parc, Montréal (Québec) OCoovnqht 199?Le* logeas Machina Sao*nsme Tou* Aort* ré»trvé* la Corrtciaur 101 *t 101 tari de* marqua* dt commerce rta* loqc»i* Machina Sac»*'» rt directeur Un logiciel concu et produit au Quebec par RETENIR Machina Sapiens Le logiciel professionnel de conection du français > A-2 U Le Devoir, mardi 20 octobre 1992 POLITIQUE Brian Mulroney évoque l’éventuelle défaite du OUI «Lévesque a perdu le référendum mais gagné les élections» Lia Lévesque de la Presse canadienne INTERROGÉ par l’animateur de ra- courtiers.Réorganisation à Hydro-Québec DANS un communiqué diffusé hier, Hydro-Québec a précisé que la réorganisation présentement en cours entraînera l’abolition de quelque 600 postes, mais l'entreprise^ compte absorber la croissance de sa main-d’oeuvre au cours des prochaines années à même le bassin des employés dont le poste a été aboli au cours de ce processus, qui J„‘.touche tant l’exploitation que les activités siège social.Dans le cadre , de la réorganisation, beaucoup d’employes changeront d’allégeance^ administrative, sans avoir toutefois,à déménager.Coup d oeil boursier Chez Lufthansa, on dit attendre avec impatience que Canadair produise un avion à réaction de 70 places, qui compléterait la gamme des besoins entre le 50 et le 100 places, ce dernier créneau étant occupé par le Boeing 737.Cependant, M.Robert adair, Wohl, de Canadair, mentionne qu’il n’existe pas présentement de moteurs à la fine pointe de la technologie qui pourrait convenir à un Regional Jet de 100 places.Aucun fabricant de moteurs n’a encore entrepris la conception d’un tel engin et il faudrait trois ans avant d’arriver au produit fini.Chez Lufthansa, on met une condition : « Nous voulons avoir cet avion en 1996, au plus tard ».Comme rien n’est certain encore, Lufthansa considère d’autres options, dont celle du Fokker 70.Montréal-XXM 1681,83 + 12,95 TSE-300 3225,48 + 17,78 Dow Jones 3188,45 - 14,04 Dollar canadien (US Cents) 80,35 inchangé Or (New VorK-US$) 342,70 + ,30 Foresterie Noranda termine son émission
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