Le devoir, 24 octobre 1992, Cahier A
(Iiampigm accueille LES JOURNÉES L'HEXAGONE, LES QUINZE ET VLB ÉDITEUR Rencontres - Débats - Lancements du 17 au 31 octobre 1992 4300 ST-DENIS.MONTRÉAL 044-2587 5 CAHIERS — 1.30 + tps + tvq Montréal, samedi 24 octobre 1992 Vol.LXXXIII No 247 À l’école CULTURE Le poids de la fiction Imaginez Marilyn ou Rémi Duval prendre position pour le OUI en plein téléroman, à l'heure où les cotes d’écoute sont au zénith.On crierait au scandale ! C'est un peu ce qui s'est passé chez nos voisins du Sud avec Murphy Brown.Paule des Rivières analyse.Page C-1 Annaud, ze film mékeur Il a réalisé Le roman de la rose.L'ours et La guerre du feu.Et comme tous ses films, L'amant d'après le roman de Marguerite Duras, sortira lui aussi en anglais.C’est qu'Annaud considère le français comme une langue locale.Une entrevue d'Odile Tremblay.Page C-3 de la passion À 40 ans, Marie Laberge n’est pas branchée sur les modes.Elle écoute le son de sa propre voix, grave, qui parle de solitude, d'amour fatal et de la mort au bout du tunnel.Après 20 pièces de théâtre, l'écrivaine signe aujourd'hui son second roman Quelques adieux.Paule des Rivières l’a rencontrée.Page C-1 Air Canada et Canadien devront trouver 3 milliards $ pour assurer leur relance Gérard Bérubé AIR CANADA et PWA, société-mère de Canadien International, discutent fusion.Toutes deux sont déjà affaiblies financièrement et ébranlées par une guerre de prix meurtrière.Mais les mesures de redressement proposées créeraient une montagne de dettes et un besoin de fonds dont la taille dépasse tous les •scénarios précédemment avancés.Selon l’analyste spécialisé Jacques Kava- fian, de Lévesque Beaubien Geoffrion, la situation suggère ni plus ni moins une remise en question du projet de fusion étudié par les deux transporteurs aériens nationaux.« À mon avis, la situation idéale aurait été qu’un des deux transporteurs déclarent faillite et que l’autre ramasse les éléments d’actif », dit-il.Une fois fusionnés, Air Canada et PWA afficheront une dette combinée de 4,6 milliards $ Cela devient 8,6 milliards $ si l’on effectue les ajustements comptables reliés aux contrats de location d’aéronefs.Cela crée une « montagne de dettes » que l’analyste Gord Currie, de Loe-wen, Ondaatje, McCutcheon qualifie d’« anormalement élevée».Quant à l’avoir des actionnaires, évalué présentement à 500 millions $ (donnée combinée), il fond comme neige au soleil.« J'estime que dans moins d’un an, l’avoir aura complètement disparu au rythme où vont les choses », poursuit Jacques Kavafian.Le rythme auquel l’analyste fait référence, c’est la vitesse à laquelle les déficits s’accumulent.À coup de 1,8 million et de 800 000 $ par jour respectivement, la perte prévue d’Air Canada et de PWA cette année atteindra 600 millions J.Un autre 500 millions $ viendra gonfler le déficit accumulé l’an prochain, en supposant que la fusion sera complétée.Déjà, après six mois, Air Canada affiche une perte de 293 millions $ et Canadien, de 108 niil lions $.Tout au plus prévoit-on un retour au seuil de rentabilité quelque part en 1995.Avec une dette combinée redressée de 8,6 Voir page A-4: Relança LE BILAN DU OUI Bourassa n’a pas su vendre l’entente Michel Venne de notre bureau de Québec Robert bourassa a ouvert la campagne en s’excusant auprès de son auditoire de venir ainsi l’importuner.Il la clôt en accusant ses adversaires d’avoir triché.Entre ces deux pôles, le chef du OUI a mené une curieuse de bataille référendaire, à la recherche — du début à la fin — du filon qui aurait rallié les indécis et les ambivalents, ces prudents fils de Normands.À deux jours du scrutin, M.Bourassa refuse publiquement de jeter la serviette.Mais il a déjà la tête dans le futur, soupesant ses chances aux prochaines élections, réfléchissant tout haut au sort qu’il réservera à la loi 178 en décembre 1993, jonglant avec un réaménagement de son conseil des ministres.Au cours de ces 28 jours de tournée, du Château d’Amos au Manoir Comeau, de la Chambre de commerce de Montréal à l’hôtel de ville de Causapscal, le premier ministre n’a jamais su trouver les mots pour vendre ce contrat.Ses arguments étaient avant tout périphériques et portaient sur la paix constitutionnelle, la stabilité, les risques de la souveraineté, la difficulté d’en venir à nouveau à une entente avec le reste du pays, un pays si complexe et si difficile à gouverner .L’entente elle-même est passée à l’arrière-plan : un verre à moitié plein de toute façon, un deuxième prix à la loterie, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.« Je n’ai rien obtenu d’extraordinaire » confessait-il Voir page A-4: Oui .M.fk ' ¦ ACCUEIL TRIOMPHAL À McGILL PHOTO JACQUES NADEAU e chef de l’Assemblée des Premières Nations, Ovide Mercredi, a été reçu triomphalement, hier, par quelque 10 étudiants de l’Université McGill.M.Mercredi estime qu’un NON à l’entente signifiera un NON aux droits «tochtones.Le OUI apporte une chance unique d’« abattre le statu quo » des Blancs, source des maux infligés iix autochtones.Un NON, a-t-il dit, signifie statu quo, et statu quo veut dire un retour aux barricades.( N os informations en page A-8) LE BILAN DU NON Jacques Parizeau a même osé parler de souveraineté Jean Dion BRIAN MULRONEY et Robert Bourassa sont partis en campagne en brandissant le spectre de la séparation.Un mois et demi plus tard, c’est' Jacques Parizeau qui est sorti en faisant miroiter les vertus de la souveraineté.S’il fallait résumer cette campagne bizarre, qui s’est fait dicter son rythme par les sondages et les révélations indiscrètes, il suffirait, du côté du NON, de trois mots, qui correspondent à la chronologie du débat : méfiance, prudence, et confiance.La confiance aura été le dernier temps de la marche tranquille qu’ont effectuée chacun de leur côté Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, qui ne se retrouvèrent qu’à l’occasion sur la même scène pour stimuler l’ardeur des plus grosses foules partisanes, à Trois-Rivières, à Voir page A-4: Non ¦ La campagne du OUI n’a pas levé au Canada Page A-5 ¦ Le PLQ se prépare à la purge.Page A-8 ¦ Le face à face Dion-Dufour.Page A-8 ¦ L’actualité maintient sa version.PageA-9 fpiif Encore orale, la légende de Bill Clinton (que l’on voit ci-haut en pleine campagne électorale) est racontée de Hope à Little Rock par tous ceux qui l’ont côtoyé de près ou de loin.Tout y passe : • Tout jeune, il tondait le gazon.» « Il ne manquait jamais la messe.».LA LÉGENDE DE BILL Entre Hope et Little Rock En Arkansas, on compte bien tirer profit de l’effet Clinton.Un circuit .VK«4K< Mulroney refuse de baisser pavillon Pierre Cayouette À TROIS JOURS du référendum, le premier ministre Brian Mulroney s’est acharné hier à convaincre les indécis de voter OUI.M.Mulroney refuse de baisser pavillon et continue de nier la tendance que décrivent des dizaines de sondages depuis six semaines.Il invoque plutôt ses propres sondages — sans toutefois les dévoiler — selon lesquels le pourcentage d’indécis s’élèverait à environ 40%.Le premier ministre s’en remet aux pronostics de la firme Décima Research que dirige Allan Gregg.« En 1988, un sondage annonçait que j’allais perdre mon élection.Allan Gregg est Voir page A-4: Mulroney L’aventure d’une génération pas comme les autres François Ricard ?La Génération lyrique Essai sur la vie et l’œuvre des premiers-nés du baby-boom Jamais une génération n’avait été portée par autant d’enthousiasme.Jamais une génération n’avait disposé d’autant de moyens pour réaliser ses rêves.Quel héritage laissera-t-elle?288 pages, 24,95$ —¦01— Boréal au rendez-vous des idées * A-2 B Le Devoir, samedi 24 octobre 1992 PHOTO AP ¦rJj L’astronaute canadien Steve Maclean s’est entretenu avec le centre de contrôle de la mission Columbia, hier, à bord de la navette.L’équipage a réussi à placer un satellite italien en orbite, hier, et poursuit sa mission de dix jours.Columbia a réussi à placer son satellite italien en orbite CAP CANAVERAL, Floride (Reuter) — La navette spatiale Columbia a placé en orbite hier un satellite italien dont la fonction est double : mesurer la dérive des continents dans les régions du globe les plus sujettes aux tremblements de terre et être le réceptacle d’un message terrien destiné à d’éventuels voyageurs extraterrestres.« Deux messages identiques ont été placés dans la sphère du satellite au cas où des créatures autres que terriennes viendraient à la découvrir », a dit James Hartsfield, le commentateur de la mission.Les messages ont été rédigés par l’écrivain à succès et cosmologiste Cari Sagan.Il sont enregistrés sur des disques d’acier inoxydables et décrivent le satellite, dénombrent d’un à 10 en binaire et donnent des images de la Terre d’il y a 268 millions d’années, d’aujourd’hui et telle qu’on l’imagine dans 8,5 millions d’années.C’est la durée pendant laquelle le satellite, dont le coût est de 4 million-s $ US devrait rester en orbite, à 5900 en apesanteur.La navette transporte aussi un fourneau pour produire des cristaux d’alliages impossibles à réaliser sur Terre et une planche de contreplaqué décorée comme un domino pour tester un nouveau circuit de télévision qui sera peut-être utilisé pour la construction a distance d’une future station spatiale.Quant au satellite laser géodynamique (LAGEOS II) est sphérique, d’un diamètre de 60 centimètres, et pèse 409 kilos.Équipé de 426 prismes, il est destiné à l’étude des mouvements des continents et servira de cible à des tirs laser effectués depuis la Terre.La vitesse de retour de ces rayons lumineux permettra de calculer les mouvements imperceptibles de l’écorce terrestre, particulièrement dans les régions sismiques.Cette expérience, menée conjointement par la NASA et l’Agence spatiale italienne, devrait permettre de compléter, grâce au réseau de 35 stations de mesures laser réparties dans le monde, les données obtenues 1 n rM*nminr onfnlliln F A L1/)C des phénomènes volcaniques.La NASA a été critiquée pour avoir décidé de lancer LAGEOS II lors d’une mission de navette, et non pas, comme pour son prédécesseur LAGEOS I, sur une fusée Delta, ce qui aurait coûté beaucoup moins cher.Le responsable de la navette, Leonard Nicholson, a répondu mercredi en estimant qu’il s’agissait là de « la poursuite d’un engagement », pris avant la catastrophe de Challenger en 1986.Une série d’expériences américano-canadiennes et une expérience conjointe avec la France devaient désormais être entreprises, pour cette mission prévue pour durer dix jours.L’équipage se compose du commandant James Wetherbee, du pilote Michael Baker, et des spécialistes de mission Charles Veach, William Shepherd et Tamara Jernigan, tous américains.Il comprend egalement l’astronaute canadien Steven MacLean.Cadavres d’oiseaux et de loutres de khi, selon îa ixftsn.En dehors de cela, Columbia emporte également une douzaine de rats de laboratoire pour déterminer notamment la cause de la déperdition de calcium par les os en apesanteur.Des membres de l’équipage seront aussi soumis à des expériences avec îe premier saieime i./iu r.uo, placé en orbite en 1976.L’étude de la dérive des continents avait déjà permis de découvrir la présence de neuf plaques majeures qui constituent la croûte terrestre et qui se déplacent lentement en créant des zones sismiques et en produisant SUR VOTRE DROIT DE VOTE FAITES-LE SUR VOTRE BULLETIN DE VOTE Connaissez-vous vos droits et vos devoirs?Le référendum à l’école Le jour du scrutin est jour de congé pour tous les élèves qui relèvent d'une commission scolaire.Le jour du scrutin, tous les établissements d'enseignement doivent donner congé aux étudiants et aux étudiantes qui sont électeurs.Vous avez le temps.même si vous travaillez.Les employeurs et les employeuses doivent libérer tous les membres de leur personnel qui ont droit de vote durant au moins quatre heures consécutives pendant l’ouverture des bureaux de vote.Le calcul de ces heures ne doit pas tenir compte du temps normalement accordé pour les repas.Aucune déduction de salaire ni aucune sanction ne peut être imposée à un membre du personnel en raison de ce congé.L’employeur ou l'employeuse qui contrevient à ces dispositions est passible d'une amende.Un secret, c’est un secret! Il est interdit aux électeurs et aux élcctriccs de faire savoir, sur les lieux d’un bureau de vote, pour quelle option ils ont voté ou ont l'intention de voter.De plus, personne ne peut être obligé de dire pour quelle option a vote.LE DIRECTEUR GENERAI.DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Pierre-F.Côte' ( R.Vous avez le droit de voter.une seule fois! Toute personne qui vote plus d'une fois ou qui vote sans en avoir le droit commet une infraction et est passible d'une amende.Des questions?Appelez-nous! Pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à communiquer avec nous, de 9 h à 22 h, sept jours par semaine, en composant: 1800 461-0422 (sans trais) (appels en provenance de l’extérieur de la région de Québec) ou 528-0422 (appels en provenance de la région de Québec) parce qu'un vote ça compte mer à donner en Alaska ANCORAGE, Alaska (AP) - Le gouvernement américain va se débarrasser, en les offrant à toute institution ou personne intéressée, des 34 900 cadavres d’animaux amassés après la catastrophe de l’Exxon Valdez et gardés jusqu’ici dans des congélateurs.Il s’agit de 34 000 oiseaux et de 900 loutres de mer, morts englués, il y a plus de trois ans, dans la nappe de pétrole répandue en mer par îe pétrolier en mars 1989.Ces dépouilles avaient été stockées dans des camions réfrigérés, à un coût de 70 000 $ par an pour être utilisées comme pieces à conviction dans le procès contre Exxon.Mais elles furent inutiles car le gouvernement et la compagnie pétrolière sont finalement parvenus à un accord.C’est pourquoi le gouvernement a passé récemment une annonce invitant à se faire connaître les personnes intéressées par « des dépouilles complètes et intactes, des dépouilles légèrement ou gravement abîmées, des dépouilles constituées uniquement d’os, ainsi que des morceaux de dépouilles, dépareillés mais identifiables, tels que des ailes, des pattes et des crânes».James Burton, chercheur à l’Université du Wisconsin, a déclaré qu’il voulait les fémurs de 136 oiseaux, et dix loutres de mer pour ses études sur l’alimentation de l’homme préhistorique.Un groupe d’indigènes de l’île de Kodiak veut des becs de macareux pour ses costumes.La Fondation pour la protection des espèces menacées d’Aspen (Colorado) souhaite avoir 20 oiseaux et une demi-douzaine de loutres de mer pour une exposition itinérante sur les dangers de la pollution.La plupart des demandes concernent les mêmes espèces.Certaines sont particulièrement réclamées, comme le cormoran à tête rouge et le plongeur à bec jaune.Il y a 108 demandes pour ce dernier oiseau, mais les réfrigérateurs n’en contiennent que 87.Malgré l’intérêt suscité par l’offre gouvernementale, les autorités comptent que 4500 cadavres seulement trouveront preneur.Le reste sera incinéré.Sic transit gloria mundi.Un nouveau lien avec l’Alzheimer WASHINGTON (AP) - Des chercheurs américains ont découvert un lien entre une anomalie dans les gènes du chromosome 14 et la maladie d’Alzheimer, alors que seules des défaillances dans les chromosomes 19 et 21 semblaient en cause jusqu’à présent.Le Dr Gerard Schellenberg et son équipe de l’Université de Washington ont étudié plus de 200 familles dont plusieurs membres ont développé la maladie à un jeune âge.Les résul- • tats de leurs recherches ont été publiés dans le revue Science.Cette découverte confirme l’idée selon laquelle plusieurs processus, ne différant que très légèrement, sont à l’oeuvre dans l’apparition de cette maladie.CARTES D’AFFAIRES ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS 0E PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 5!> St Jacques Montreal.Québec H2Y 3X2 Fa« (514) 845-78M Tél.: (514) 98 RO BIC » Le Devoir, samedi 24 octobre 1992 B A-3 TÏriBHm Le Dr Michel Garretta au début de son procès le 22 juin dernier.J Nationair se défend bien d’être responsable de l’écrasement de son DC-8 en Arabie Saoudite Sarah Binder de la Presse Canadienne DES CADRES de Nationair contestent le rapport, divulgué hier, selon lequel la négligence et l’incompétence de la compagnie sont à l’origine de l’écrasement, en 1991, de son DC-8 en Arabie Saoudite.L’accident a fait 263 victimes.Les auteurs du rapport préliminaire de 71 pages, dévoilé par le quotidien montréalais The Gazette, concluent notamment que l’avion n’était « pas en état de prendre l’air » parce que ses pneus étaient insuffisamment gonflés.Les enquêteurs énumèrent 27 facteurs différents ayant contribué à l’accident et attribuent de nombreux manquements aux mécaniciens de Nationair, à l’équipage de l’appareil et à la compagnie elle-même.Le DC-8 s’est abîmé dans le désert environ neuf minutes après avoir dé- collé de Djeddah, tuant 14 membres d’équipage canadiens et 249 pèlerins nigérians, tous musulmans, qui revenaient d’un pèlerinage à La Mecque.En conférence de presse, M.Daniel Yves Durand, vice-président aux communications de Nationair, a souligné le caractère préliminaire du rapport, en disant qu’il était « rempli d’hypothèses et aurait normalement dû demeurer confidentiel en attendant que la compagnie inscrive ses commentaires ».Nationair a jusqu’au 16 novembre pour y ajouter ses commentaires, qui pourraient modifier « la substance du rapport final », rédigé par des enquêteurs de l’administration de l’aviation civile saoudienne, assistés du Bureau de la sécurité des transports du Canada, dont le siège se trouve à Ottawa.Nationair a reconnu que l’éclatement de pneus a contribué à l’acci- dent.Mais la société soutient que cette défaillance s’est produite après une inspection mécanique de routine à l’aéroport de Djeddah, et que l’avion était à ce moment « en état de prendre l'air».Le transporteur n’est pas d’accord avec l’accent que le rapport met sur les pneus à plat, un constat « principalement fondé sur des rapports visuels » contradictoires, a affirmé M.Shabbir Mohamed, qui a participé à l’enquête pour le compte de Nationair.Selon M.Maurice Dahan, directeur général du transporteur et principal porte-parole des cinq cadres présents à la conférence de presse d’hier, il n'est pas possible de distinguer visuellement un pneu dégonflé d’un pneu encore en état de rouler.M.Dahan a nié qu’un mécanicien ait falsifié un document pour dissimuler le fait que la pression à l'intérieur des pneus était insuffisante, et a aussi réfuté le passage du rapport qui remet en cause la compétence du mécanicien Jean-Paul Philippe.Ce dernier, qui est mort dans l’accident, n’avait pas encore de permis des | autorités canadiennes, mais ce n’était qu’une question de temps, et il détenait un permis de France et de la Federal Aviation Administration des États-Unis, a signalé M.Dahan.MM.Dahan et Jacques Moreau, le vice-président aux opérations de vol, lui-même un pilote, ont pris la défense du pilote du DC-8, critiqué pour avoir décidé de décoller apres avoir été avisé d’un possible problème avec les pneus.Le manufacturier de l’appareil ne recommande pas d’interrompre les manoeuvres de décollage en cas de , ! problèmes avec le train d’atterris^ sage, mais seulement en cas de problèmes de moteur, ont-ils dit.M.Dahan a précisé que Nationair ne possède plus un seul DC-8.Le sang contaminé en France : le principal responsable écope 4 ans d’emprisonnement PARIS (Reuter) — Le Dr Michel Garretta, ancien directeur général du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), a été condamné hier par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison ferme.Le tribunal a délivré un mandat d’arrêt contre lui en raison de son absence lors de l’énoncé du jugement.Le Dr Garretta se trouve aux États-Unis et doit désormais se constituer prisonnier s’il veut pouvoir faire appel du jugement.Jean-Pierre Allain, ancien directeur de la recherche au CNTS, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis.Il n’a pas été délivré de mandat de dépôt contre lui.Le professeur Jacques Roux, ancien directeur général de la Santé, a été condamné à quatre ans de prison entièrement assortis du sursis et Robert Netter, ancien directeur du Laboratoire national de la santé, a été relaxé.Michel Garretta a été en outre condamné à verser une amende de 500 000 FF.Le jugement dans l’affaire du sang contaminé par le virus du sida a été rendu plus de dix semaines après la fin du procès, en l’absence de Michel Garretta et du Dr Roux, gravement malade.Le tribunal s’est par ailleurs déclaré compétent pour rejeter les conclusions sur le crime d’empoisonnement déposées par certaines parties civiles.Le jugement a été rendu alors que manifestaient devant le Palais de justice des militants de l’association Act Up.Les familles des victimes estiment que la sanction infligée par une chambre correctionnelle ne peut pas conclure la tragédie que constitue la contamination après 1985 de la moitié des 2500 hémophiles français.Le drame a fait à ce jour 256 victimes.Elles vont continuer à se battre pour que l'affaire soit jugée aux assises devant un jury populaire représentatif de la société française, comme doit l’être une affaire qu’elles considèrent comme criminelle.L’opposition de droite s’est emparée de l’affaire à l’approche des élections législatives.Elle a tenté sans succès le 14 octobre de faire traduire devant la Haute Cour l'ex-premier ministre Laurent Fabius et les anciens ministres des Affaires sociales et de la Santé, Georgina Dufoix et Edmond Hervé.Les familles des victimes et les avocats de la défense ont dénoncé comme « parodie de justice » et un «procès politique» le jugement du tribunal correctionnel.« C’est une honte, c’est scandaleux.L’État est meurtrier et la justice est complice »,s’est exclamée la mère d'un enfant victime d’une transfusion.« Les socialistes aussi », a renchéri un homme à la lecture du jugement.Le président Jean-Louis Mazière a provoqué un tollé dans la salle d’audience en annonçant que le groupe des parties civiles qui s’était battu pour que les quatre inculpés soient jugés pour empoisonnement était débouté.« C’est le plus grand scandale médical du siècle et c’est le plus grand scandale judiciaire que la France ait connu », a déclaré Joëlle Bouchet, la mère du petit Ludovic, 15 ans.D’autres victimes se sont élevées contre le refus du tribunal de se déclarer incompétent afin de permettre un autre procès devant une cour d’assises pour des faits criminels.« Le combat continue.Nous allons déposer de nouvelles plaintes pour empoisonnement.Ce que nous voulons, et nous l’obtiendrons un jour, ce sont des poursuites pour crime », a déclaré Me Sabine Paugam.Toutes les parties civiles se sont indignées que la justice ait laissé le principal inculpé, Michel Garretta, « se réfugier aux États-Unis, ce qui lui permet d’échapper à la prison ».Michel Garretta, ancien directeur du Centre national de la transfusion sanguine (CNTS), a été condamné à quatre ans de prison ferme et un mandat d’arrêt a été délivré contre lui.Pour Jean Peron-Garvanoff, président de l’Association des Polytran-fusés, « l’absence du Dr Garretta montre le mépris dont il a toujours fait preuve envers ses victimes».« Ces gens-là savaient qu’ils allaient tuer.Ils ont été aidés depuis dix ans par ceux qui se déclarent responsables mais pas coupables, les ministres », a-t-il ajouté.Me Max Lecoq, autre avocat des parties civiles, a annoncé sa décision de « saisir le Sénat aujourd’hui » pour que les ministres de l’époque soient jugés par la Haute Cour de justice.« Il est parfaitement anormal que la Haute Cour ne soit pas saisie.La justice doit être la même pour tous », a-t-il dit.Les politiques, a-t-il poursuivi, « peuvent être jugés parce aue la composition du Sénat est différente de celle de l’Assemblée nationale et n’oubliez pas qu’il y a les élections en mars ».Les avocats de la défense ont également pris pour cible le « pouvoir socialiste » mais pour des raisons inverses de celles des parties civiles.Me Olivier Schnerb, avocat de Jean-Pierre Allain, ancien directeur de recherches du CNTS, condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis, a expliqué que son client faisait appel, ce qui a un effet suspensif et lui évite une incarcération.« C’est un procès qui a été entièrement monté par le pouvoir politique notamment contre mon client.Le fer de lance des parties civiles, Me Sabine Paugam, n’a pas un seul client qui soit recevable.L’accusation s’effondre comme un château de cartes», s’est-il indigné.« Je suis totalement abasourdi par ce jugement.Je considère que j’ai été choisi comme un bouc émissaire », a renchéri Jean-Pierre Allain dans une déclaration lue à la presse.La réaction la plus virulente contre le gouvernement est venue des avocats de Michel Garretta.« Maintenant, nous ne vivons plus dans un État de droit.C’est un jugement profondément injuste et inacceptable », a dit Me François-Xavier Charvet.Prié de dire si son client se constituerait prisonnier, comme il s’y était engagé, il a répondu : « Vous verrez bien.» Michel Garretta ne peut pas faire appel tant qu’il ne se présente pas à la justice française.Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Département de philosophie La crise contemporaine de la raison Conférence destinée au grand public donnée par M.Pierre Aubenque, philosophe et professeur émérite de l’Université de Paris IV.À l'occasion du 25e anniversaire du Département de philosophie.¦ Le jeudi 29 octobre 1992, à 17 h 30 Amphithéâtre B-2245 Pavillon 3200, rue Jean-Brillant Entrée libre Renseignements : 343-6464 (OKI) Un nouveau logiciel correcteur de troisième génération est né Jean Chartier UN NOUVEAU logiciel inaugure une troisième génération de correcteur orthographique et grammatical du français.C’est l’innovation que présente M.Richard Young, président de la firme Machina Sapiens qui met en marché ces jours-ci le logiciel appelé Le correcteur 101.M.Young soutient que ce logiciel fait une analyse complète de la phrase, il corrige et explique les corrections.« Ce logiciel a été conçu à partir d’une théorie innovatrice dans la linguistique, dit-il, la théorie de Melcuk, du nom du théoricien russe en poste à l’Université de Montréal.» Des disciples du théoricien ont conçu le nouveau logiciel.Selon la théorie de Melcuk, chaque mot connaît une place dans la phrase et un usage dans la langue.M.Melcuk a publié La syntaxe de dépendance : Sens, texte, ainsi qu’un Dictionnaire explicatif et combinatoire du français contemporain.Ces documents ont servi de base théorique à la réflexion mais ils n’ont pas été introduits dans le contenu du logiciel comme tel, précise M.Young.La première génération de correcteurs donnait une liste de mots, et le logiciel vérifiait l’orthographe des mots à partir de cette liste.La deuxième génération de correctif a comparé les mots voisins, mais ne Vaccination contre la méningite dans Lanaudière QUÉBEC (PC) — Le ministère de la Santé et des Services sociaux a décidé de procéder à une campagne de vaccination contre la méningite dans la région de Lanaudière.Dans un communiqué publié, hier, le ministère a précisé que cette décision avait été prise à la suite de l’apparition récente de trois cas de méningite sur ce territoire.Le programme de vaccination, dont les modalités seront communiquées prochainement par le Département de santé communautaire (DSC) local, s’adressera à quelque 33 500 enfants et adolescents âgés de 1 à 17 ans.MANTEAUX DUVET $169 PARKA D'ENFANTS $99 MEILLEURS MARQUES mty a 1445 BLEURY 842 3465 JL JL AmETRO PLACE DES ARTS faisait pas une analyse complète de la phrase.La troisième génération procède à cette analyse complète de la phrase et suggère des corrections.« Il n’y avait aucun système commercial au monde à faire cela jusqu’à maintenant, affirme M.Young.Bien sûr, il y a des correcteurs en France mais aucun ne fait cette analyse complète de la phrase.» M.Young prévoit lancer ce logiciel en France dans trois mois, après réajustement en ce qui concerne notamment la féminisation excessive des termes.M.Young s’attend à vendre 4000 à 5000 exemplaires de ce logiciel au Québec.Déjà, celui-ci a été coté au plus haut dans les tests des revues spécialisées Informatique et bureautique, de même que Science et Vie Micro.C’est un logiciel conçu pour les ordinateurs Macintosh et PC et compatible avec Windows.La firme Machina Sapiens avait d’abord lancé sur le marché le logiciel Scarabée en 1985, une série de jeux d’aventures.Ce logociel a connu un succès considérable en France.On en vendit 900 au Québec et 5000 en France.Puis, on a conçu les jeux éducatifs Mecanica et Isomètre, ce dernier représentant un tuteur pour la géométrie cartésienne au cours secondaire.Toutefois, les restrictions budgétaires au ministère de l’Éducation restreignent les ventes.Machina Sapiens a aussi commercialisé le logiciel Nutritim sur la nutrition, sans compter deux logiciels pour le ministère de la Défense à Ottawa.En avril, la compagnie lançait Exploratexte, une sorte d'avant-pre-miere au Correcteur 101."" M.Tremmblay ne verra pas son' contrat renouvelé à la fin du mois, à’ toutefois précisé la porte-parole de M.Bourassa.iq De son côté, le ministre Gil Rémillard a repris sa critique du dossier de L’actualité.Dans un long commuj-niqué paru jeudi, il a affirmé qug l’article est erroné, incomplet e,t; trompeur.Il ne met cependant jamais en doute l’authenticité des dqf; cuments qu’il juge toutefois « dér suets ».«i Le directeur de L’actualité s’est dit fatigué de ces attaques répétéesi « Les journalistes devraient couvrir le contenu de l’entente de Charlotte-' town et la campagne référendaire.Ça ferait du bien ! » a-t-il dit, visible-, ment excédé de ce dernier épisode' du débat en cours.Pour la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQV le premier ministre Robert Bourassa1 se trompe de cible en attaquant fa1 crédibilité des médias.« C’est malheureux qu’on s’embaP-, que encore dans la recherche d’un-bouc émissaire pour expliquer leh'-difficultés de la campagne référer!^ daire», a commenté Alain Saulnier;1 président de la FPJQ.< que les écrivains du Québec, par la rigueur qu’ils mettront à faire leur travail contribueront à nous rendre aussi généreux envers les autres que sévères envers nous-mêmes.Je veux le croire, mais, à en juger aar le plaisir évident que les écrivains qué-aécois prennent à demeurer en famille, je n’en suis pas sûr».André Désilets Trois-Rivières, 4 octobre 1992 De la manne MONSIEUR GILLES LESAGE, dans votre éditorial du 26 septembre dernier intitulé : « La manne référendaire, Alouette », vous référez à des interventions qui auraient été faites par le premier ministre du Canada dans le projet de l’Aluminerie Alouette de Sept-îles.Dans les quelques lignes que vous consacrez au projet Alouette, vous avez trouvé le moyen de les truffer d’erreurs pour servir les intentions de votre propos.Je dois rétablir les faits pour vos lecteurs et pour donner à ce grand projet tout le crédit qu’il mérite.Tout d’abord, le premier ministre a parlé du projet Alouette pour la première fois le 14 août 1988 alors qu’il était député de Mani-couagan.Contrairement à ce que vous prétendez, M.Mulroney n’a pas annoncé le projet de l’Aluminerie Alouette durant la campagne électorale de 1988.À l’élection de l’automne 1988, j’étais candidat dans le comté de Manicouagan où se trouve Sept-îles et M.Mulroney se présentait dans le comté de Charlevoix ou se trouve Baie-Comeau, sa ville natale.Les promoteurs et les intervenants de Sept-îles avaient dû remetttre à quelques reprises l’annonce du début des travaux au cours de l’été 1989 et septembre avait été retenu bien avant le déclenche- LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le lOjanvier 1910 Directrice : USE BISSONNETTE Rédacteur en chef Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeur de l’information Benoit Aubin Directeurs adjoints de l'information PierTe Beaulieu, Roch Côté Directeur des publications spéciales Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS ment de la campagne électorale provinciale.Quant à l’inauguration des installations d’Alouette présidée par les deux premiers ministres, la date en a été fixée en novembre 1991.Ce sont les partenaires du projet qui ont décidé de la date de l’inauguration contrairement à votre prétention.Vous vous offusquez que MM.Bourassa et Mulroney inaugurent une usine qui fonctionne déjà.Vous serez sans doute surpris d’apprendre que la mise en marche d’une usine de cette envergure prend six mois.Les premières cuves d’électrolyse ont été mises en marche en juin 1992 et toutes les cuves fonctionneront en décembre prochain.Charles A.Langlois député de Manicouagan Sept-îles, 29 septembre 1992 Deux questions ROBERT BOURASSA prédit qu’un NON au référendum du 26 octobre déclenchera une « grave crise économique ».Alors, deux questions.1) Si le risque est si grave, pourquoi le courez-vous donc ?Pourquoi avoir concocté un référendum qui comporte une éventualité si extrême ?Et dire qu’il y en a qui vous trouvent d’une prudence quasi proverbiale ! 2) Si un NON risque de nous valoir l’abîme économique, pourquoi alors bâcler l’affaire au point que ne soient pas disponibles les textes de l’entente que vous soumettez aux voix ?Êtes-vous en train de nous dire que si la population en prenait connaissance elle opterait plus pour le NON ?Et dire qu’il y en a qui vous trouvent d’une démocratie exemplaire ! En fait, d’un NON s’ensuivra certainement une crise, mais ce sera celle de votre carrière politique sur l’autel de laquelle vous sacrifiez prudence et démocratie.Pas besoin de capter vos conversations cellulaires officieuses pour le comprendre; il suffit de détricoter vos sophismes officiels.Richard Gervais Québec, 28 septembre 1992 Merci madame Vézina MERCI MADAME de votre sollicitude envers les petits vieux que nous sommes, démunis, pas trop brillants, et apeurés par de stupides politiciens qui ne font qu’agiter les spectres qui leur tiennent beu de raisonnement.Cette sollicitude matemaliste (la vôtre ne peuvant pas être paternabste) est cependant superflue.La seule chose que nous attendons de nos pobticiens c’est qu’ils arrêtent de nous prendre pour des imbéciles en essayant de nous vendre leurs calembredaines usées jusqu’à la corde.Ainsi que M.Bourassa l’a fait comme d’habitude si obséquieusement, vous insistez sur le besoin de sécurité.Mais l’un et l’autre vous avez tronqué l’adage à vos fins car « si la sécurité est nécessaire à l’équilibre mental, l’acceptation du risque est essentielle à la vitabté ».Per-mettez-moi, madame, de vous dire que si nous apprécions la sécurité à sa juste valeur, nous sommes encore en vie, que diable ! Bernard Martin Chelsea, 14 octobre 1992 Daniel Latouche Et maintenant ?IL FAUT faire vite car d’ici quelques jours les résultats du référendum auront été à ce point réinterprétés que plus personne ne s’y retrouvera.C’est déjà commencé avec ce mouvement de canonisation accélérée dont est actuellement l’objet Robert Bourassa.L’homme est en bonne voie de devenir la Mère Teresa de la politique québécoise.Il doit lui-même la trouver bien bonne devant une liste de quabtés qui s’allonge d’heure en heure.Il est bien fini le temps où on l’accusait de s’être écrasé.On sait maintenant que c’est le mur qui s’est écroulé et non le premier ministre.D’ailleurs, c’est bien connu, à Charlottetown, c’est Robert Bourassa qui dirigeait les débats et qui a même forcé Clyde Wells à parler français ! Parmi ses autres qualités, mentionnons aussi sa grande humibté, son courage, sa lucidité, son stoïcisme, sa ténacité, son énergie, sa volonté, son calme, sa persévérance, etc.Bref, c’est nous qui n’avons pas été fins avec lui et qui nous apprêtons à lui faire de la grosse peine.Robert Bourassa, c’est notre Céline Dion de la politique.Serait-ce notre bon vieux complexe de la victime qui remonterait à la surface.On s’acharne sur l’homme pendant un mois, et puis on se dit impressionné par l’élégance avec laquelle il endure son calvaire.Il n’y a pas de doute, on n’aime nos pobticiens que s’ils tombent à genoux pour nous demander pardon.C’est d’aibeurs ce qu’on voudrait bien que M.Parizeau s’empresse de faire.Tant qu’il ne se résignera pas à y aber d’une petite génuflexion, nous continuerons à lui refuser notre amour.Et comme le chef de l’opposition n’a guère le genou flexible, cela risque d’être long.Chose certaine, le statut de « gagnant » de M.Parizeau cadre mal avec notre amour des perdants.Le chef péquiste doit apprendre à se donner l’air d’un chien battu.Avec un peu de pratique, il pourra y arriver.Après tout, il y a bien des types de chiens parmi lesquels choisir.S} IL NE LE FAIT pas, il y a probablement quelqu’un qui un beau jour va suggérer qu’on tienne un référendum pour réduire l’intelbgence et le vocabulaire de nos pobticiens.M.Parizeau aime les grands mots comme d’autres aiment bien les gros mots.Il va devoir apprendre à parler en monosvbabes et à sourire avant, pendant et apres qu’on lui ait posé une question.L’homme a beaucoup de pain sur la planche.Et U va devoir fame vite car une fois de plus le Québec s’apprête à dire NON et cette mauvaise habitude pourrait le desservir.Nous avons d’ailleurs une bonne longueur d’avance lorsqu’il s’agit de dire NON.En 1898, nous avons dit NON à la Prohibition, en 1942 à la circonscription, en 1980 à la souveraineté-association et lundi, NON à l’accord de Charlottetown.Faut-il en conclure que les Québécois n’ont que ce mot à la bouche et qu’il faudrait être fou pour tenir un autre référendum, à moins d’être masochiste évidemment ?Je préfère conclure que les Québécois n’aiment pas les mots en « ion » : rohibition, circonscription, etc.Peut-tre cela leur rappebe-t-il cet autre mot en « ion » : rebgion.Heureusement, pour les souverainistes, leur mot magique, indépendance, a une sonorité bien particubère.Mais les fédérabstes se disent aussi la même chose pour ce qui est de leur mot favori : Canada.En même temps qu’il doit remédier à son image, M.Parizeau doit aussi s’occuper de cebe de son parti.Au sortir d’une campagne éblouissante de discipbne et de brillo organisationnel le Parti québécois n’est toujours pas plus aimé qu’il y a deux mois.Et cela n’a rien à voir avec la baisse temporaire de popularité que connaît ce parti.D’ici trois semaines tout devrait être rentré dans l’ordre sur ce plan.Le problème est plus profond.Le Parti québécois ne cherche pas à attirer les Québécois.Il veut plutôt les convaincre de son option (encore un mot en « ion » qui rime avec « religion »).L’idée que le PQ pourrait constituer une grande tente susceptible d’accueillir tous les Québécois ne leur est jamais venue à l’esprit.Avant de les accueübr, on insiste pour qu’ils laissent au vestiaire les moindres vebéités d’originabté et de différence qu’ils pourraient avoir, surtout s’U s’agit de la fameuse question nationale.POURTANT, U faudra bien que le parti réabse qu’ils sont nombreux ceux qui ont choisi de demeurer sur le perron de l’Égbse péquiste.Il y a de la place au jubé, mais ils insistent pour rester au grand air.Je ne crois pas que ce soit le curé qui les repousse ou même le sermon.C’est la chorale et l’idée d’avoir à chanter en choeur qui les agacent.Le Parti québécois se voit présenté, et ce même s’U devait perdre le référendum de lundi, avec une chance historique.Son adversaire s’apprête à radicaliser son programme constitutionnel.Ceux qui pensent qu’on va passer l’éponge sur l’épisode Allaire se trompent de parti.Avez-vous déjà vu Marc-Yvan Côté passer l’éponge ?Si le PQ pense qu’au moment de l’élection, les abairistes et les fédérabstes déçus n’auront d’autre choix que de l’appuyer, U se trompe.C’est aussi ce que le Comité du OUI pensait au début de cette campagne.À l’avenir, U suffira qu’un parti insiste pour dire aux électeurs qu’ils n’ont pas le choix pour que ceux-ci s’en inventent un.Qu’Us ne se fassent pas d’ibusion non plus sur la valeur d’avoir un programme détablé pour réussir son travail de conviction.C’est aussi ce que Brian Mulroney pensait il y a quelques semaines.Le Parti québécois n’a pas le choix.Il doit modifier son programme pour faire une place à ceux qui demeurent convaincus que la souveraineté-association, le modèle de Bruxebes ou une confédération supra-étatique demeurent les meibeures solutions pour le Québec.Au chapitre de l’attachement au Canada, le présent référendum n’a rien démontre de concluant sauf peut-être que cet attachement doit être solide puisqu’il aura résisté au crétinisme avancé du premier ministre fédéral.t~« VIDEMMENT, il n’est pas h"* question pour le PQ de se JL-a transformer en parti fédérahste ou de prendre un quelconque beau risque.Le parti est souverainiste et il doit le demeurer.On ne joue pas à l’apprenti-sorcier avec les valeurs sacrées d’un parti politique.Le Parti québécois peut cependant bouger pour ce qui est du calendrier et du processus d’accession à la souveraineté.Les Québécois et les Canadiens viennent de démontrer qu’ils n’aiment pas être bousculés.Espérons que M.Parizeau a bien compris la leçon.Le PQ peut aussi bouger au chapitre de la langue.Lui seul a la possibibté d’offrir aux Québécois non francophones un concordat hsitorique.C’est dans son intérêt de le faire sinon il ne peut espérer briser le bloc monolithique qu’il a en face de lui et qui va se ressouder de plus belle après le référendum.Le PQ a la possibilité de modifier son programme pour ce qui est de l’importance qu’il accorde à la souveraineté politique.Depuis quelques mois, on a l’impression que le parti n’a que ce mot à la bouche.Qu’est devenue l’économie ?Offrir au premier ministre de cobaborer au relèvement économique du Québec ne suffit pas.Laisser entendre qu’on va sauver tellement d’argent en mettant fin aux dédoublements qu’on pourra se payer une politique de l’emploi n’est guère convaincant non plus.Et on pourrait continuer ainsi pendant des pages à disserter sur la flexibilité stratégique dont jouit actuebemnt le parti de M.Parizeau.Au lendemain de Bélanger-Campeau, c’est M.Bourassa qui avait en main toutes les bonnes cartes.L’Histoire va-t-elle se répéter ?
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