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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-10-29, Collections de BAnQ.

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ans dexpénenca i votre sarwcâ J Machine à écrire.^ série Custom AP800 JJ de CANON \Pour renseignements, appelai Vol.LXXXIII — No 251 Pluie mêlée de neige Max.: 6 Détail page B-6 Montréal, jeudi 29 octobre 1992 2 CAHIERS mm Toronto 85 cents 65 4 TPS 4 TVQ Un retour difficile à Québec et Ottawa À Québec, Robert Bourassa va se hâter.lentement À Ottawa, défections et remaniement sont dans l’air Michel Venne de notre bureau de Québec COMME BRIAN MULRONEY, Robert Bourassa revient aux affaires avec un parti à recoudre et un gouvernement à remettre en marche, mais il a dans sa manche deux as que son homologue canadien n’a pas : du temps et un leadership intact.M.Bourassa sort en effet de cette campagne comme un chef incontesté, qui a conservé sur ses troupes un ascendant très fort malgré la défaite.Quel atout précieux qui s’ajoute au fait qu’il a deux ans devant lui pour relancer l’État et rapiécer son parti avant de déclencher des élections dont l’enjeu sera l’indépendance du Québec.Sa performance de la seconde moitié de la campagne, à partir du débat télévisé où le Bourassa bagarreur a rassuré les siens, lui vaut d’avoir préservé son leadership.Dans les rangs libéraux, on lui doit également d’avoir sauvé la face avec un score qu’on juge honorable de 43,4 % de OUI.Sans se presser, M.Bourassa s’attellera ces jours-ci à la tâche dans trois directions : son parti, ses députés et son gouvernement.Puis il se réserve ensuite à la mi-novembre une semaine de repos avec sa famille.1) Le parti : M.Bourassa ne pourra pas faire fi de l’indignation des militants qui n’ont pas prisé que cer-Voir page A-4 : Québec Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa UNE ÉQUIPE ministérielle remaniée qui pourrait voir Joe Clark associé à un programme économique rafraîchi : tel est le baume que le premier ministre Brian Mul-roney va tenter dans l’immédiat d’appliquer sur les plaies référendaires de son gouvernement.Après une démoralisante défaite, députés et ministres rentrent dans la capitale fédérale aujourd’hui pour faire le point sur l’après-référendum.Dans la foulée du vote de lundi, jusqu’à la moitié des conservateurs, indiquent les premiers échantillons, pour- raient être en réflexion sur leur avenir politique à l'approche du prochain rendez vous électoral.Cela inclut aussi bien des ministres comme Joe Clark, Marcel Masse, Jake Epp, Gilles Loiselle et Benoit Bouchard que de simples députés, du Québec comme d'ailleurs.Et cela inclut, bien sûr, le premier ministre fédéral lui-même.Dans ce climat, en attendant de rencontrer son caucus, Brian Mulroney et ses conseillers ont commencé à esquisser un plan qui, selon l’entourage du premier ministre, permettra tout au moins au gouvernement de tenir le coup jusqu’en janvier et jusqu'à ce que la poussière soit retombée sur son échec référendaire.Voir page A-4 : Ottawa SONDAGE GALLUP Bush n’est plus qu’à deux points de Bill Clinton d’après Reuter et AP WASHINGTON - Le président George Bush a pratiquement comblé le retard qu’il avait sur le candidat démocrate Bill Clinton, si l’on en croit un sondage d’opinion cité hier par la chaîne de télévision CNN.Ce sondage fait état d’une différence de deux points entre les deux hommes dans les intentions de vote des Américains.Ce sondage effectué par Gallup pour le compte de CNN et du journal USA Today crédite le gouverneur de l’Arkansas de 40 % des intentions de vote et le président sortant de 38 %.Le milliardaire texan Ross Perot recueille 16%.Le sondage comporte une marge d’erreur de trois points, ce qui signifie que le scrutin présidentiel de mardi prochain s’annonce, au vu de ces chiffres, extrêmement indécis.Ce sondage, effectué auprès d’un échantillon de 1217 personnes, confirme une tendance constatée lors des plus récents sondages, à savoir une remontée de George Bush.Une enquête publiée par USA Today mardi lui donnait un retard de six points.Par ailleurs, un autre sondage effectué par la chaîne de télévision ABC et rendu public hier soir révèle que Bill Clinton possède une avance de sept points sur le président George Bush dans les intentions de vote des Américains.D’après cette enquête effectuée lundi et mardi auprès d’un échantillon de 900 électeurs potentiels, le candidat démocrate obtient 42 % des suffrages contre 35 % au président sortant et 20 % au milliardaire Ross Perot.Ce sondage comporte une marge d’erreur de quatre points.À six jours du scrutin, George Bush a le vent en poupe.Ragaillardi par les bons résultats de la croissance économique américaine et de nouveaux sondages, il devait se rendre hier dans cinq villes de l’Ohio où il est à la traîne derrière Bill Clinton.De son côté, le candidat démocrate a martelé que seul son programme économique pouvait créer des emplois et il a courtisé ouvertement Ross Perot.« Les choses commencent à se resserrer», a lancé M.Bush à propos des derniers sondages dans lesquels l’écart entre les deux candidats à la Maison-Blanche n’est plus que de deux points.« Notre économie est meilleure que l’économie mondiale », a lancé George Bush lors de l’émission d’ABC Good morning America.Il en a profité au passage pour critiquer les médias qui préfèrent se concentrer sur les mauvaises nouvelles.Mardi soir, lors d’un meeting à Kettering (Ohio), il n’avait pas hésité à proclamer : « C’est une bonne croissance, et nous allons faire encore mieux.Mieux que le Japon, mieux que l’Allemagne, mieux que l’Eu-Volr page A-4 : Bush SOCIETE \ \ Vie de juré La vie de juré n’est pas une sinécure.Les avocats vous ont à l’oeil, le juge aussi.Mais de façon générale, la justice est bien servie par les jurés.Aux États-Unis, il s’est développé autour d’eux toute une industrie de la psychologie comportementale.Rien de tel au Québec, où les avocats appelés à plaider devant juge et jury ont une approche surtout intuitive de la sélection des jurés.Martine Carie explique.Page B-l FORCES numéro 99 / Automne 1 992 en kiosque et en librairie 6,25 $ Société d’édition de la revue FORCES 500, rue Sherbrooke ouest, bureau 1270, Montréal (Québec) H3A LE CENTRE-VILLE EN FÊTE PHOTO JACQUES NADEAU Depuis hier les Montréalais peuvent poser un geste humanitaire en achetant leur citrouille au profit de PUNICEF.Ils n’auront qu’à se rendre au square Phillips où ils se trouveront au milieu d’un village de sorcières.Chrétien réclame un nouveau budget et des élections Manon Cornellier de la Presse canadienne OTTAWA — Au lendemain de la mort de l’entente de Charlottetown, le chef libéral Jean Chrétien a demandé hier au gouvernement conservateur de déposer un nouveau budget et de déclencher des élections le plus rapidement possible.« Le peuple a parlé.Nous voulons que le gouvernement se réunisse dans les plus brefs délais possible et nous croyons qu’il nous faut un budget », a-t-il déclaré après une réunion de son caucus national.Comme tous les autres leaders politiques au pays, M.Chrétien a décide de reléguer le dossier constitutionnel aux oubliettes et d’adopter le mot d’ordre du jour, la relance économique et la création d’emplois.Un gouvernement Chrétien cesserait-il donc de parler de Constitution ?« Définitivement », a répondu celui qui pilota le rapatriement de la Constitution en 1982.Selon lui, beaucoup de gens ont dit NON à l’accord de Charlottetown lundi dernier afin de manifester leur grogne à l’endroit de la politique économique du gouvernement.« L’ensemble des politiques économiques conservatrices est complètement erroné.Il faut une toute nouvelle approche», a-t-il dit.« Le peuple a besoin d’air frais et a besoin d’un nouveau gouvernement pour retrouver sa confiance », a-t-il Voir page A-4 : Chrétien Dix «NON», dix raisons Le balayage de l’Ouest n’est pas dû qu’à l’effet Manning Jean Dion C’EST PRESTON MANNING qui devait bien rigoler, lundi soir, quand la Colombie-Britannique, le Manitoba et l’Alberta sont venus servir un NON cinglant, plus cinglant encore que le Québec, à l’entente de Charlottetown.Aujourd’hui, la poussée de cet homme résolument populiste, nouvel « épouvantail » de la cîasse politique canadienne-anglaise, pourrait sembler irrésistible.Mais le chef du Reform Party ne peut vraiment revendiquer tous les honneurs du balayage de son camp dans l’Ouest, ainsi qu’en témoignent des experts et les hautes instances de son propre parti.La signification exacte du NON massif exprimé par l’Ouest du pays apparaît en fait aussi peu claire que celle du rejet manifesté au Québec.Une porte-parole du comité du OUI en Alberta disait après le dévoilement des résultats, lundi, que « si vous interrogiez 10 personnes pour connaître les raisons de leur opposi- tion à l’accord, vous obtiendriez 10 réponses différentes ».Les facteurs sont nombreux et varient selon les provinces considérées.Preston Manning a lui-même associé la victoire du NON à l’émergence d’une « révolution tranquille » aux dimensions du Canada, dans le cadre de laquelle la population aurait tourné le dos à ses leaders traditionnels et fait part de son intention de « prendre une autre direction ».Il n’est pas allé jusqu’à se dire le bénéficiaire de cette nouvelle orientation, mais lui qui se définit comme étant « près du peuple » a beau jeu de laisser les suppositions courir.« M.Manning sait que le crédit pour cette victoire ne lui revient pas seul, qu’il y a une foule de motifs et que beaucoup de travail reste à faire pour rebâtir le Canada », indique cependant le directeur exécutif du Reform Party, Gordon Shaw.« Le parti a contribué à la victoire d’une manière importante, mais ce sont les gens ordinaires qui ont gagné en di-Volr page A-4 : Manning WM IK La victoire du NON servira de tremplin à Preston Manning pour les prochaines élections.L'avenir économique de Montréal enjeux et défis Pour abonnements : Téléphone : (514) 286-7600 Au sommaire de ce numéro : La fusion des deux Chambres de commerce de Montréal Une ville industrielle en profonde mutation Au confluent du capital Le défi des secteurs de pointe Vers un nouveau pacte social La nouvelle génération de jeunes entrepreneurs '+ V A-2 M Le Devoir, jeudi 29 octobre 1992 Sirros invite les autochtones à négocier Québec désigne Guy Coulombe comme négociateur spécial avec les Attikameks et les Montagnais Sans rejoindre le niveau du Québec L’étude de la langue seconde dans l’Ouest gagne en popularité Dennis Buecker de la Presse canadienne OTTAWA — La proportion de jeunes anglophones qui apprennent le français a augmenté dans les cinq dernières années, particulièrement dans l’Ouest du Canada, selon les données de Statistique Canada.En Saskatchewan, par exemple, la proportion des élèves du primaire inscrits à des cours de français a presque doublé entre 1987 et 1991, passant de 32,6% à 63,6%.Au Yukon, le pourcentage des enfants apprenant le français a atteint 73,6%; il y a cinq ans, il n’était que de 48,9%.Le Yukon obtient ainsi le second plus haut taux de participation à des cours de français au Canada, précédé du Nouveau-Brunswick, où 97 % des jeunes étudient le français.« Il se passe beaucoup de choses en enseignement du français », a déclaré hier un fonctionnaire de la Commission aux langues officielles.« L’augmentation s’est concentrée dans l’Ouest durant les dernières années.» Deux millions d’anglophones étudient le français à travers le Canada, 300 000 d’entre eux par le biais de l’immersion.Le Commissaire aux langues officielles, Victor Goldbloom, explique que cette tendance, à long terme, aura un effet positif sur l’unité nationale.« Si nous pouvons nous parler et nous comprendre, nous serons plus en mesure de travailler ensemble et de garder le Canada uni.» Mais plusieurs parents expliquent que l’intérêt pour les cours de français ne relève pas tellement de facteurs politiques.« Je crois que les cours de français sont populaires simplement parce que les parents cherchent à donner une bonne éducation à leurs enfants », a souligné Pat Brehaut, président des Parents canadiens pour le français, un organisme qui compte 18 000 membres.« Leurs décisions en matière d’éducation et leurs positions politiques n’ont que peu de choses en commun.» C’est parce qu’ils veulent que leur enfant se trouve facilement un emploi que les parents leur font suivre des cours de français.Les motifs politiques ou patriotiques sont loin derrière les considérations pratiques.Mme Brehaut ajoute que les programmes d’enseignement du français sont beaucoup mieux structurés, sont plus connus et plus aisément disponibles partout depuis quelques années, particulièrement dans l’Ouest canadien.Dans les neuf provinces anglophones, les inscriptions aux cours de français à l’école primaire sont passées de 56 % à 61 % en cinq ans.Le taux de participation aux cours de français au secondaire est resté stable, autour de 47%.Au Québec, l’anglais est un sujet obligatoire pour les étudiants de l’école française de la quatrième année jusqu’à la fin du cours primaire.Près de 97 % des étudiants québécois suivent des cours d’anglais au secondaire, de loin le taux le plus élevé du pays.Catherine Leconte et Michel Venne S’AVOUANT inquiet des propos combatifs tenus par certains chefs autochtones après l’échec référendaire de l’entente de Charlottetown, le ministre délégué aux Affaires autochtones, M.Christos Sirros, a lancé hier un « appel au leadership autochtone pour qu’on puisse chercher la collaboration plutôt que la confrontation, qu’on puisse trouver des moyens pratiques d’avancer vers l’autonomie gouvernementale ».Le gouvernement a d’ailleurs donné hier un signal concret en ce sens, en annonçant qu’il se dotait d’un négociateur spécial dans le cadre de la revendication territoriale globale du Conseil des Attikameks et des Montagnais (CAM).Il s’agit de Guy Coulombe, un haut fonctionnaire de carrière qui fut pdg d’Hy-dro-Québec de 1981 à 1988.M.Bou-rassa a ainsi accédé à la demande que lui avaient faite les dirigeants du CAM qui l'avaient rencontré en juin dernier.« C’est juste un pas », a commenté en entrevue le vice-président du CAM, Denis GUI, et « on espère que ça permettra de faire avancer le dossier plus rondement » puisque « nous croyons que M.Coulombe a les antécédents, la réputation et la confiance du gouvernement du Québec » nécessaires pour faire bouger les choses.Le CAM est en négociation depuis 1979 avec Ottawa et Québec pour ses revendications territoriales.Les parties ont signé en 1988 une entente-cadre sur les modalités de négociation, mais « ça tourne en rond, et nos populations sont fatiguées d’attendre », se plaint M.GUI.« Nous attendons toujours les offres globales que le gouvernement du Québec doit nous faire sur ce qu’il est prêt à considérer dans une convention globale de M.Guy Coulombe, négociateur spécial du gouvernement du Québec.photo archive: -•V.! j règlement des revendications.» Les Cris de la Baie James et les Naskapis du Nord-Est québécois bénéficient de telles conventions, tandis que « nous continuons de voir du développement sur notre territoire sans qu’on puisse intervenir».Le CAM est d’ailleurs en ce moment même devant la Cour supérieure à Sept-îles, dans le cadre d’une requête en injonction qu’il a déposée pour bloquer la construction par Hy-dro-Québee du barrage du Lac Robertson et faire annuler le permis gouvernemental qu’a obtenu la société d’État pour ce projet de 21 mégawatts.Quelque 150 Montagnais des villages avoisinants campent depuis plus de trois semaines à l’embouchure de la rivière des Ha ! Ha ! pour empêcher les barges de débarquer le matériel d’Hydro-Québec.M.Coulombe, dont le mandat est de représenter le gouvernement au- près du CAM, du gouvernement fédéral et des autres parties intéressées et de faire la liaison entre les différents minsitères et organismes québécois concernés, devra « faire rapport des résultats de la négociation au plus tard le 30 juin 1993 », indique le communiqué émis hier par le cabinet du premier ministre.La victoire du NON au réfédéren-dum « n’est pas un rejet des autochtones », ni « un rejet du principe de l’autonomie gouvernementale », a assuré hier M.Sirros à son arrivée à une séance du conseil des ministres.Les principes mis de l’avant lors des négociations constitutionnelles « ont fait du chemin » et permis de « sensibiliser beaucoup la population québécoise et canadienne à la situation des autochtones », ce qui, croit le ministre, « devrait nous permettre de mieux >ious comprendre».Le chef national de l’Assemblée des premières nations, Ovide Mercredi, a déclaré au lendemain du référendum qu’il estime avoir été «trop modéré» jusqu’à présent et que le temps est venu de mener une campagne de « désobéissance civile créative ».Dorénavant, a-t-il annoncé, les Amérindiens affirmeront unilatéralement leurs droits, notamment en adoptant leurs propres lois dans des domaines tels que la santé et la pêche, quitte à ce que cela les mène à des affrontements avec les Blancs.Pour M.Sirros, il est au contraire « important que le leadership autochtone, M.Mercredi en particulier, fasse appel au calme, au pragma- tisme et à la recherche de collaboration ».L’entente de Charlottetown « nous aurait permis d’accélérer l’as-’, sainissement de nos relations avec* les autochtones », a-t-il dit, mais son rejet par l’électorat « ne veut pas dire que nous devons nous laisser entraîner dans un ressac qui nous remet dans une situation de confrontation ».« L’autonomie gouvernementale est un objectif que nous devons poursuivre », a -t-il affirmé.Mais concrètement, « en attendant de pouvoir reprendre la discussion sur la constitutionnalisation du droit à l’autonomie gouvernementale », le gouvernement du Québec ne peut que reprendre là où il les a laissées les négociations qu’il avait entamées avec, plusieurs nations, notamment les At-tikameks-Montagnais et les Inuit.! Ces négociations, que M.Sirros a dit vouloir « poursuivre et accélérer », ne peuvent cependant se faire, a-t-il précisé, que par délégation ou partage de pouvoirs provinciaux qui continuent néanmoins d’appartenir: constitutionnellement au Québec.« C’est sûr que dans le cas des négociations sur l’autonomie gouvernementale, ça va être sur la base des pouvoirs délégués, c’est ce que la situation actuelle nous permet de faire.» Ce qui signifie, déplore M.Gill, qu’« on reste à leur merci quant aux pouvoirs que Québec accepte ou non de nous déléguer, alors que dans le cadre d’un accord constitutionnel, on aurait eu la porte beaucoup plus grande ouverte».Les Mohawks disent adieu à Mercredi Donohue confirme la nomination de Pagé Caroline Montpetit LE MINISTRE de l’Éducation du Québec, M.Michel Pagé, sera nommé dès ce matin président-directeur général de la papetière Donohue, et devrait entrer en fonction à ce poste le 9 novembre prochain.C’est ce que le président-directeur général actuel de Donohue, M.Claude Poissant, a confirmé hier, ajoutant que le conseil d’administration de Donohue, dont il demeure président, avait terminé la sélection pour le poste de pdg tout récemment.Donnant ainsi raison aux rumeurs qui circulaient sur son compte depuis la dernière élection provinciale, M.Pagé quitte donc la politique, à 42 ans, et 19 ans après avoir été élu pour la première fois dans son comté de Saint-Basile de Portneuf.Au cabinet du premier ministre du Québec, M.Robert Bourassa, on attendait la démission officielle du ministre de l’Éducation pour commenter l’événement, admettant toutefois que la nouvelle « n’était pas une surprise », et que l’intérim du ministère de l’Éducation serait assuré dans les plus brefs délais.À ce chapitre, l’attachée de presse du premier ministre Bourassa, Mme Sylvie Godin, a déclaré qu’il serait « logique », que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, Mme Lucienne Robillard, assure l’intérim en attendant le remaniement ministériel officiel du gouvernement Bourassa, qui pourrait survenir au début de l’an prochain.Mais les annonces officielles, tant pour la démission de M.Pagé que pour l’intérim du ministère de l’Éducation, devraient pour leur part survenir aujourd’hui.Mme Godin a toutefois ajouté que le ministre Pagé quittait de toute évidence la politique pour des raisons personnelles.« Avant la dernière élection, M.Pagé avait déjà fait part au premier ministre de son intention de quitter la politique, et c’est M.Bourassa qui l’avait finalement convaincu de rester», a souligné Mme Godin.Pour sa part, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Mme Drouin a réagi à la nouvelle en faisant état des très nombreux projets lancés par M.Pagé, depuis sa nomination au ministère de l’Éducation.Mme Drouin a mentionné notamment le plan d’action pour la réussite scolaire, la réforme de la formation des maîtres, le programme d’alimen- tation pour les élèves de milieux défavorisés.« On ne pourra que déplorer son départ, a dit Mme Drouin.C’est regrettable parce qu’il avait mis en branle beaucoup de projets intéressants.C’est un homme qui était autant à l’écoute des commissaires d’écoles que de tous les intervenants du monde scolaire.Je pense entre autres aux tables de concertation qui étaient organisées pour discuter des projets d’école.Il faisait preuve d’une grande confiance envers le milieu, et de beaucoup de disponibilité.Il faudra le remplacer par quelqu’un qui sera également à l’écoute du milieu.Le ministère de l’Éducation est un ministère à la fois très important et très imposant.» Pour sa part, la présidente de la Centrale de l’Enseignement du Québec, Mme Lorraine Pagé, a réservé ses commentaires sur la démission officielle du ministre pour aujourd’hui.Père de cinq enfants, dont des triplés, M.Pagé avait été nommé ministre de l’Agriculture au moment de l’élection du Parti libéral, en 1985.En 1989, il devenait aussi leader du gouvernement en Chambre, poste qu'il a conservé lorsqu’il a été muté au portefeuille de l’Éducation, en 1990.Les Innus menacent de désobéir SHESHATSHIU, Terre-Neuve (PC) — Les Innus du Labrador brandissent des menaces de désobéissance civile depuis le refus des Canadiens d’appuyer l’accord de Charlottetown, lundi.Peter Penashue, le président de la Nation innu du Labrador, a déclaré hier que les 1000 résidants de Shes-hatshiu refuseraient désormais de payer leur compte d’électricité.« S’ils tentent de nous couper le courant, nous les empêcherons physiquement de pénétrer dans nos maisons», a averti M.Penashue.« Ça ne se passera pas comme dans le cas des bases militaires : nous ne les laisserons pas nous jeter en prison cette fois-ci.» Le dernier mouvement de protestation des Innus remonte aux années 60, lorsqu’ils avaient manifesté leur opposition au projet hydro-électrique de Churchill Falls.Les Innus, qui revendiquent une vaste partie du Grand Nord, soutiennent que les fonctionnaires ont utilisé leurs terres sans leur permission.Rollande Parent de la Presse canadienne LES LEADERS mohawks de Kane-satake et de Kahnawake et deux autres représentants iroquois de l’Ontario ont signifié hier à Ovide Mercredi de l’Assemblée des premières nations qu’il n’est plus leur porte-parole auprès du gouvernement fédéral.À l’issue de discussions menées cette fin de semaine et poursuivies hier, ces leaders autochtones ont annoncé leur intention de dorénavant négocier par le biais de la Confédération iroquoise.Au Canada, la Confédération iroquoise est constituée de 50 000 Mohawks, Oneidas, Cayagas, Senecas, Onondagas et Tuscaroras.Pour sa part, l’Assemblée des premières nations représente 630 communautés autochtones appartenant à 50 nations dont les 500 000 membres vivent sur des réserves.Cette mise au point a été faite, hier en fin d’après-midi, par les chefs Joe Norton et Billy Two Rivers (Kahnawake), Jerry Peltier (Kane-satake), Steve Stock (Wahta, Ontario) et Al Day (Onyotaaika, Ontario) dans la pinède d’Oka rendue célèbre par les affrontements s’y étant produits à l’été 1990, au départ desquels le caporal Marcel Lemay avait été tué.« Nous avons décidé qu’il était temps de dire à nos amis de l’Assemblée des premières nations qu’ils ne parlaient plus en notre nom »,*à lancé Al Day.« Le processus de négociations nous a démontré que l’Assemblée des premières nations n’est pas capable de nous représenter.Nous avons participé à la négociation nationale mais ça n’a pas fonctionné pour nous.» « Nous devons donc nous représen1 ter nous-mêmes», a-t-il dit.D’autres discussions sont prévue?à Kanesatake au cours du mois de novembre.Pour l’heure, les leaders autochtones n’entendent cependant pas couper tous les ponts avec l’Asseip’-blée des premières nations.M.Day estime que l'assemblée peut continuer de négocier avec le fédéral les programmes en matière d’éducation et de logement, par exemple.Pour Joe Norton, il importe que les six nations iroquoises décident au cours des prochaines semaines « comment nous allons amener le gouvernement à réagir.Quelles pressions nous allons faire pour éviter que la question autochotone ne soit mise sur les tablettes.» « Notre intention est d’appliquèr nos propres lois sur notre territoire, d’y exercer notre juridiction et de simultanément discuter avec les gouvernements d’Ottawa et du Québec.» » MMifà nnii HÂTEZ-VOUS ! 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IDes membres de l’Église de Scientologie de Montréal ont manifesté hier îdevant les bureaux de la Commission canadienne des droits de la • personne avenue McGill College, pour protester contre Radio-Canada ¦ qui devait consacrer en soirée un reportage sur le fonctionnement de - l'Église à l’émission Enjeux.Un porte-parole, M.Marc d'Aragon, a affirmé que l’équipe d'Enjeux a obtenu ses informations « d'un réseau criminel anti-religieux, Info-Secte », et manifeste « une inacceptable partialité ».Danny Year PERSONNE n’a le droit de banaliser la vente de l’alcool.Tel est le message presque unanime que la Régie des permis d’alcool du Québec a reçu tout au long de sa consultation publique portant sur Ja vente d’alcool la nuit dans les dépanneurs, croit la secrétaire de la Régie, Carole Robitaille.Après avoir reçu 310 mémoires et eptendu une trentaine d’organismes et d’individus, la Régie a terminé hier ses audiences qui l’ont menée à Québec, à Hull et à Montréal depuis le début d’octobre.La majorité des interventions ont prôné le statu quo actuel, soit la vente d’alcool entre 8 h et 23 h, a noté la secrétaire de la Régie.Du même souffle, la majorité des groupes ont rejeté toute prolongation des heures de vente de vin et de bière la nuit dans les dépanneurs.« Les organismes ont affirmé devant la Régie que nul ne doit banaliser la vente d’alcool.Et, selon eux, là vente d’alcool la nuit dans les dépanneurs aurait cet effet », a analysé Mme Robitaille.La Régie des permis d’alcool du Québec doit maintenant colliger les informations qu’elle a reçues.D’ici le 25 décembre, elle compte remettre ÎSon rapport de consultation au ministre de la Sécurité publique, Claude IRyan, initiateur de ces consultations.! ' Déposé en novembre 1991, le projet de loi 182 prévoyait que la vente •de boissons alcoolisés dans les dépanneurs soit autorisée à toute heure ‘de la nuit.Divers groupes commu- sident du Syndicat des policiers de Toronto.M.Art Lymer, qui s’est dit déçu que le premier ministre ne soit pas sorti de son bureau pour s’adresser aux manifestants, alors qu'en mai dernier, lors d'une manifestation i anti-police organisée par les Noirs de Toronto, il avait prononcé un discours.« 11 est temps que M.Rae tourne le dos aux groupes radicaux et nous permette de faire notre travail», a ajouté le président de l’Association canadienne des policiers.« On est tannés d’être traités comme les méchants, on en a marre de ce Political Correctness », a renchéri Jim C.archinski, de la police de Hamilton.Robert Lefebvre de la Presse canadienne QUÉBEC — Privilégiant la prévention et la réinsertion sociale aux mesures de répression, le ministre de la Sécurité publique Claude Ryan a fait la sourde oreille hier à l’aide que lui a demandée la Fraternité des policiers et policières de la Communauté urbaine de Montréal pour combattre la criminalité.« Si vous demandez plus de répression, vous êtes à la mauvaise adresse.Vous feriez mieux de changer de titulaire à la Sécurité publique », a répondu franchement le ministre Ryan au président de la Fra- ternité, M.Yves Prud'homme, qui avait réclamé quelques heures plus tôt, à l’ouverture du congrès annuel de son organisme, des solutions concrètes pour contrer le phénomène grandissant de la violence.Pour M.Prud'homme, la solution repose dans la révision du système judiciaire, notamment au chapitre des libératio'ns conditionnelles, et dans l’octroi de ressources et d’équipements additionnels pour lutter quotidiennement contre le crime.« La prévention seule, comme le propose M.Ryan, n’est qu’une goutte d’eau dans l'océan.Mais il y a tellement à faire dans le domaine de la répression », a-t-il observé devant le ministre au cours d’une conférence de presse qui a suivi l’allocution de M.Ryan.M.Prud’homme trouve malheureux que les dirigeants de la CUM aient coupé dans les derniers budgets d’équipements.« Ces gens-là ne jouent pas leur rôle ».a-t-il ajouté en dénonçant le laxisme des élus.Pour sa part, le ministre Ryan mise beaucoup sur la « table ronde » qu’il a créée il y a quelques mois pour faire le point sur les moyens de combattre la criminalité.Une quarantaine de personnes, de tous les milieux intéressés, exami nent ce qui se fait ailleurs et feront des recommandations au ministre, le Glenda Simms LE PRIX Inter Amicus/Robert S.Litvack des droits de la personne sera décerné ce soir à l’Université McGill à Mme Glenda Simms, présidente du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme.Mme Simms a été membre fondatrice de l’Organisation nationale des femmes immigrantes et de minorités visibles.Le président de l'organisation Inter Amicus, le professeur Irwin Cotier, précise que cette avocate dynamique reçoit le prix pour son travail de défense des droits des femmes, des groupes minoritaires et des peuples autochtones.Elle fit partie de la délégation canadienne non gouvernementale qui participa au forum de Nairobi (1985) marquant la clôture de la Décennie des Nations unies pour la femme.La toute première bénéficiaire du PHOTO PC ^ •• Td tcrt BOBR&Ey F & handcuff , >OL.lCE I *&JU£**£ f ^ 4 p****"r TO SERVE >taocuno< Des milliers de policiers ontariens ont défilé hier à Toronto devant Queen’s Park pour protester contre un nouveau règlement les obligeant à établir un rapport chaque fois qu’ils dégainent leur arme.printemps prochain, en vue d'établir une politique de prévention de la criminalité.M.Ryan a souligné que les États-Unis ont tenté de régler le problème en bâtissant et en agrandissant des prisons, mais que les Européens ont obtenu plus de succès en adoptant une approche plus globale de réinsertion sociale.Dans son allocution d’ouverture du congrès, le président de la Fraternité avait justement dénoncé ces interminables discussions et consultations qui sont devenues, a-t-il dit, des moyens sophistiqués de se défiler.« Depuis trop longtemps, nos élus se sont contentés de créer toutes sortes de commissions toutes aussi circulaires les unes que les autres, en espérant calmer les revendications de certains groupes de pression tout en tenant un discours vide mais politiquement correct.Quand verrons-nous le leadership politique s’affirmer ?» a demande M.Prud’homme.Selon lui, la répression est devenue un sujet tabou.« On ne parle plus d’arrêter les voleurs, on discourt plutôt sur l’installation de grillages aux fenêtres.» « Notre tolérance est-elle devenue un manque de courage, une incapacité totale de dire ‘Non, c’est assez' ?» a encore demandé M.Prud’homme.honorée prix Inter Amicus/ Litvack, en 1987, fut la Chilienne Carmen Quintana, opposante au régime du dictateur Augusto Pinochet.La cérémonie de remise du prix se déroule à la salle Moot Court, de la faculté de droit de McGill, lors du forum Raoul Wallenberg qu’inaugurait, il y a quelques années, le prix Nobel de la paix Elie Wiesel.La conférence Wallenberg (du nom d'un diplomate suédois disparu après avoir été emmené par les Russes lors de leur avancée sur la Hongrie) accueille cette année Per Alh mark, écrivain suédois, ancien député et ministre qui se consacre maintenant à la défense des droits de la personne dans le monde.M.Alhmark a été notamment président de la Commission suédoise contre le racisme et l’antisémitisme.Le Café Campus demande un sursis Avant d’être dépassés Danny Vear LA RELOCALISATION du Café Campus, devenue nécessaire en raison des multiples pressions de l’Association des résidants de Côte-des-Neiges, coûtera quelque 3 millions $.D’ici le premier juin 1993, le nouveau Café Campus compte opérer dans ses nouveaux locaux aménagés dans un ancien poste d’alimentation d’Hydro-Québec situés à l’intersection des rues Jean-Brillant et Côte-des-Neiges.Auparavant,’deux étapes devront toutefois être franchies : l’achat du terrain et le réaménagement des j lieux.Ces informations, divers témoins les ont livrées, hier, aux membres de la Régie des permis d’alcool du Québec à l’occasion de l’audition de la I requête pour prolongation des per-{ mis d’alcool du Café Campus.Par cette requête, le Café Campus j demande à la Régie que ses permis soient prolongés jusqu’au 31 mai 1993.Cette initiative du Café Campus ne plaît guère à l’Association des résidants de Côte-des-Neiges qui se bat-I tent depuis des années pour que soit fermé le bar, considéré comme un bruyant voisin.Elle leur plaît d’autant moins que, l’an dernier, une entente était intervenue entre les rési-j dants et le bar étudiant selon laquelle le Café consentait volontairement à révoquer ses permis d’alcool dès le 1er novembre.En vertu de cette entente, le Café Campus consentait à quitter ses locaux ac-, tuels à la même date.Le problème, c’est que le Café I Campus ne peut pas déménager à | l’intérieur de ce délai puisque ces i nouveaux locaux ne sont pas encore aménagés.En octobre, le Café Cam-| pus a donc demandé un sursis jus-( qu’au 31 mai 1993.Son propriétaire a déjà consenti à renouveler le bail i jusqu’à cette date.Ce renouvellement est cependant soumis au renouvellement des permis d'alcool du Café Campus.C’est cette demande que la Régie des per-I mis d’alcool a entendue hier et eon-j tinuera d’entendre aujourd’hui.Lors de son témoignage, hier, Robert Pagé, responsable du projet de | relocalisation du Café Campus, a expliqué les démarches entreprises j pour compléter ce projet dans les meilleurs délais.La transaction est simple.La Société d’habitation et de dé-! veloppement de Montréal (SHDM) doit d’abord acquérir des mains d’Hydro-Québec le terrain et le vieux poste d’alimentation des rues Jean-Brillant et Côte-des-Neiges au coût de 1,5 million $.Retournez aux études avec une aide financière w, W «- Wmm fe: &SAÆ SPRIN T' est un programme gouvernemental d’aide financière offert par l’entremise des caisses Desjardins.SPRINT’ s'adresse aux travailleurs et travailleuses qui sont sur le marché du travail depuis au moins six ans et qui désirent suivre un programme de formation professionnelle au secondaire ou au collegia].La formation entreprise dans le cadre du programme SPRINT doit totaliser au maximum 12 mois d'études à temps plein.Renseignements Montréal : 873-2145 Autres régions : 1 800 361-4743 () Desjardins Gouvernement du Québec Ministère de la Main-d'œuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle Québec.s s A-4 U Le Devoir, jeudi 29 octobre 1992 Main-d’oeuvre : les manufacturiers et le CPQ appuient Bourassa Lia LEVESQUE de Ui Pressse canadienne LE PREMIER MINISTRE Robert Bourassa trouvera des alliés au Québec s’il décide de négocier avec le fédéral un accord administratif sur la formation de la main-d’oeuvre.Même si plusieurs lui demandaient, au lendemain du référendum, de tourner la page et de s’attaquer aux problèmes économiques, l’idée d’envisager le transfert administratif en matière de formation sourit autant au Conseil du patronat qu’à l’Association des manufacturiers et à la FTQ.Dans sa conférence de presse au lendemain du référendum, mardi, le premier ministre Robert Bourassa a noté que certains gains du Québec contenus dans l’entente de Charlottetown, comme la formation de la main-d’oeuvre, pourraient faire l’objet de discussions avec le fédéral.À l’Association des manufacturiers du Québec, M.Richard Lellir souligne qu’ « on va très rapidement se rendre compte que les questions économiques sont liées aux questions constitutionnelles » et que « l’idée de mettre les unes de côté pour s’occuper des autres, c’est tout à fait farfelu ».M.Lellir « ne peut être qu’en accord » avec le souhait formulé par le premier ministre Bourassa.« S’il y a un guichet unique à former en matière de main-d’oeuvre, c’est le gouvernement du Québec qui doit en être l’instigateur.» Même si les Québécois ont majoritairement refusé d’entériner l’accord de Charlottetown qui incluait la formation, il trouve « opportun » de la réclamer maintenant.Cela, dit-il, « contribuerait à résoudre un de nos problèmes économiques » et permettrait d'économiser de l’argent englouti dans les chevauchements et dédoublements.Même son de cloche au Conseil du patronat, où le président Ghislain Dufour salue aussi l’idée d’une entente administrative sur la formation.« C’est là où on a le plus de besoins.» Quand on disait d’arrêter de parler de constitution, de tourner la page, on voulait dire des négociations sur les structures, sur la Cour suprême, le droit de veto, explique M.Dufour.Mais si M.Bourassa veut discuter avec Ottawa du dossier de la formation, « je serai de ceux qui vont l’appuyer », avoue-t-il d’emblée.Il croit une telle entente possible, si Ottawa accepte de négocier.Du côté syndical, le président de la FTQ Fernand Daoust se dit prêt à appuyer M.Bourassa « carrément oui, sans aucun doute».« On n’a pas cessé de dénoncer la confusion, les dédoublements, le ti-raillage, le manque de coordination, d’harmonisation en matière de formation», soulignait M.Daoust.Le président de la FTQ rappelle que tous les partenaires du Forum pour l’emploi s’étaient entendus sur la nécessité de clarifier le fouillis en matière de formation.« Le Québec a toute une côte à remonter.On est déclassé (en formation).On ne peut se croiser les bras.»’ Pour M.Daoust, « on ne peut pas ne pas l’appuyer (M.Bourassa).On va aller chercher tout ce qu’on peut.» SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Ottawa Selon ses conseillers, le premier ministre remanierait ainsi légèrement son équipe ministérielle au cours des prochaines semaines.L’essentiel de l’exercice porterait sur le contingent de ministres qui pilotent le dossier économique.Le ministre aux Affaires constitutionnelles Joe Clark, qui a fait d’une réaffectation rapide sa condition pour rester en selle, pourrait hériter d’une partie de la direction économique du pays d’autant plus qu'il s’agit du nouveau dossier névralgique du gouvernement.En plus de jongler avec l’idée d’adjoindre Joe Clark au dossier, possiblement au Commerce extérieur, le premier ministre chercherait une façon de monter en grade le ministre Gilles Loiselle qui préside actuellement le Conseil du Trésor.Un superministère à vocation économique pourrait également être aménagé.Parrallèlement, le gouvernement entend désormais consacrer publiquement à l'économie autant d’énergies qu'il en a dévolues pendant des mois à la Constitution.Hier, en l’espace d’une seule et même journée, le ministre au Commerce extérieur Michael Wilson, son collègue des Finances Don Mazan-kowski et le président de la Banque du Canada John Crow y sont tous les trois allés d’interventions sur le sujet.Même si le gouvernement n’entend amorcer, selon ces trois ténors, aucun virage important, il multipliera désormais les interventions publiques au chapitre économique.Ainsi, le Comité directeur de la Prospérité dévoilera aujourd’hui le plan de relance du gouvernement sous forme de plan d’action.Le mois prochain, le gouvernement fédéral voudrait mettre en chantier un vaste programme de réfection des routes, programme convenu avec les provinces l’hiver dernier, et presque annoncé et ensuite décommandé à au moins trois reprises depuis.Encore le mois prochain, le ministre De Cotret saisira le gouvernement d’un rapport prescrivant un nouveau régime d’amincissement de la Fonction publique fédérale.Dans un geste susceptible de séduire des partisans du Reform Party de Preston Manning, on pourrait préconiser qu’une dizaine de ministères soient engloutis dans ce projet de réforme.Hier, l’opposition libérale semblait disposée à donner au gouvernement quelques semaines pour reprendre son souffle.Dans un premier temps, Jean Chrétien réclame le retour du Parlement et un nouveau budget.Mais le chef libéral a indiqué clai-, rement qu’il n’a en tête que d’un bref .répit.« Le peuple a besoin d’air frais à ce moment-ci et le peuple a besoin d'un autre gouvernement pour reprendre confiance en lui-même », a-t-il prescrit en soulignant qu’après quatre ans, une élection s’impose.4 Québec tains des leurs les combattent durant cette campagne.MM.Mario Dumont et Jean Allaire ne pourront pas réintégrer des fonctions officielles au sein du parti.Mais le chef libéral, refusera qu’on les expulse.Hier, les ministres Marc-Yvan Côté et Lise Bacon ont été sans équivoque : le premier « va se battre » pour que l’un et l’autre restent de - simples partisans pour un certain temps, dit-il ; tandis que Mme Bacon leur tient encore rigueur d'avoir flirté avec le Parti québécois.Elle répète qu’ils ont été dans l’antichambre du PQ durant cette campagne et qu’ils doivent maintenant décider dans quel parti ils veulent oeuvrer.Le ministre Daniel Johnson, dans une rare déclaration à la presse, a cependant pressé les militants libéraux de faire preuve d’ouverture.« Tous les Québécois sont des forces vives et notre responsabilité comme parti c'est d’être un rassembleur et non pas de diviser les forces, a-t-il dit à son arrivée à la réunion du conseil des ministres.À partir de là, il faut construire la tente la plus grande possible et indiquer aux gens qu’il y a de la place pour eux.» Aux dissidents, le chef libéral pro- posera de se refaire une virginité et de se rebâtir une crédibilité au sein du parti avant d’aspirer à de nouvelles fonctions.Il leur a déjà suggéré pqr contre de proposer aux libéraux des solutions réalistes et responsables.Des rapports Allaire, il n’y en aura plus de sitôt au PLQ.2) Les députés : une fois que tous auront pris quelques jours de vacances et se seront remis de leurs émotions, M.Bourassa va réunir le caucus de ses députés.On s’attend à ce que cette réunion soit l’occasion pour lusieurs d’exprimer certains griefs l’égard de l’organisation dê la campagne.Les critiques viseront en particulier l’entourage du premier ministre et la direction du parti.Mais ce caucus permettra surtout aux députés de discuter de la relance de l’action gouvernementale.Plusieurs d'entre eux croient que des projets, par exemple le prolongement de routes dans certaines régions, des initiatives en éducation, ont trop tardé.Les députés voudront qu’on mette le dossier constitutionnel sur une voie de garage et qu’on prenne les mesures pour montrer à leurs commettants que le gouvernement est prêt à réaliser des choses concrètes.3) Le gouvernement : probablement au début de l’an prochain, M.Bourassa devrait redistribuer les sièges autour de la table du conseil des ministres, en vue du combat électoral de 1994.Mais cet automne, tout porte à croire qu’il va se borner à combler par intérim la vacance créée par le départ de Michel Pagé à l’Éducation.Le moment n’est pas venu des chambardements.Doucement, il va remettre sur les rails un gouvernement mis en jachère depuis l’été, quand la Constitution a pris toute la place.Les ministres vont éteindre les feux, préparer les projets de loi nécessaires à la bonne marche des affaires de l’État, pour les faire adopter durant la courte session de quatre semaines qui s’ouvre le 24 novembre.N’attendez pas, de ce côté-ci un plan de relance économique.M.Bourassa l’a dit avant-hier : la morosité économique est planétaire et le Québec ne peut pas vivre en marge de la conjoncture internationale.Rappelons que le Québec exporte 40 % de sa production et qu’en conséquence, du moins croit-on au ministère des Finances, il y aura reprise chez nous quand l’économie se portera mieux chez nos clients, notamment aux États-Unis.Entre-temps, des membres du cabinet vont commencer à prendre leurs positions en vue d’un remaniement l’an prochain.Les hypothèses commencent à circuler allègrement à cet égard.Tout dépendra, semble-t-il, flu nombre de départs anticipés de ministres importants.On se demande entre autres, dans les cabinets ministériels, si le doyen Gérard I).Levesque, cédera sa place aux Finances avant la fin du présent mandat pour laisser à un autre ce poste prestigieux.Si c’était le cas, plusieurs donnent les Finances à Daniel Johnson, qu’on voit aussi à la Santé, à condition que M.Marc-Yvan Côté tire sa révérence.Encore hier, il a dit qu’il ne serait pas candidat aux prochaines élections.Mais il fait des mystères autour de la date de son départ.Il peut aussi bien rester jusqu’aux élections, mais prendre de nouvelles responsabilités.Par exemple comme leader du gouvernement en Chambre.Le déplacement de Daniel Johnson créerait un trou au Conseil du Trésor, où l’on voit bien André Bour-beau prendre la relève, lui-même remplacé à la Main-d’oeuvre et Sécurité du revenu par une Monique Gagnon-Tremblay qui, à l’Immigration, a livré la marchandise.La vice-première ministre Lise Bacon commence elle aussi à s’ennuyer à l’Énergie.Une rumeur lui donne la Santé et les Services sociaux, où avec sa main de fer elle pourrait s’emparer de deux patates chaudes : le déménagement de l’Ilô-tel-Dieu et la négociation à venir avec les médecins sur la répartition des effectifs médicaux en région.Gil Rémillard, après ce second échec constitutionnel (Meech et Charlottetown) pourrait bien, quant à lui, quitter les Affaires intergou vernementales canadiennes, dit-on.Et il reste à voir si M Bourassa, à un an et quelque des élections, voudra faire « monter », comme on dit, un ou deux députés au conseil des ministres pour leur permettre de se faire valoir avant les élections.À ce titre, les candidats sont très nombreux.4 Manning sant fort qu’ils n’accepteraient plus de ne pas être écoutes.C’est l’élément le plus important de cette révolution tranquille qui s’amorce : c’est le vrai monde qui assume la place qui.lui revient en politique.» Pour M.Shaw, le référendum servira quand même de tremplin au Reform pour préparer les prochaines élections.« Beaucoup de gens de l’Ouest associent la victoire du NON à notre parti.Cette campagne nous a donné l’occasion de nous faire connaître, d'augmenter notre crédibilité.Et M.Manning en a émergé avec une image de leader politique clé.» Mais à cet égard, ne sautons pas trop vite aux conclusions, prévient Donna Dasko, vice-présidente de la firme de sondages Environics, de To-' ronto, et observatrice attentive de la campagne référendaire dans l’Ouest canadien.« Le Reform Party a certainement exercé une grande influence, surtout dans les régions rurales.Mais on ne saura que dans les prochains sondages si la victoire du NON dans l’Ouest est véritablement la sienne et s’il pourra tabler sur elle pour poursuivre sur sa lancée », explique-t-elle.Le Reform, précise Mme Dasko, traîne de la patte au niveau canadien — 9 % des intentions de vote selon le dernier Gallup, ce qui est compréhensible étant donné que l’Ontario et le Québec lui échappent —, mais est nez à nez avec le NPI) et les libéraux dans les quatre provinces de l’Ouest prises ensemble.Quant à M.Manning, sa popularité correspond grosso modo a celle de son parti.Mais, ajoute Mme Dasko, M.Manning ne peut revendiquer à lui seul le triomphe du NON à l’ouest de l’Ontario.« La campagne du NON dans l’Ouest s’est faite à la base (led by a gi'assroots movement), sans véritables leaders bien identifiés.Elle n’était pas aussi bien organisée qu’au Québec, par exemple.Et à travers de nombreuses raisons de voter NON, M.Manning est simplement apparu comme la figure politique la plus en vue pour en défendre certaines.» Probablement soucieux de préserver son image future, le chef du Reform a ainsi évité de se poser en extrémiste, abordant des thèmes généraux qui faisaient consensus auprès des citoyens des Prairies et de la Colombie-Britannique : l’accord est mauvais, il constitue un chèque en blanc qui ouvre la voie à des négociations interminables, il ne précise pas le prix et les conséquences de l’autonomie gouvernementale autochtone.Rien, en somme, qui diffère foncièrement de la campagne du NON au Québec.« Preston Manning n’a d’ailleurs pas mené une campagne contre le Québec, note Mme Dasko.Il n’a pas joué, par exemple, sur la colère des citoyens de Colombie-Britannique face à la garantie de 25 % des sièges aux Communes pour le Québec.Il s’est contenté de renforcer les doutes quant à l’accord qui étaient déjà bien incrustés dans la population.Il a quasiment parlé en code, refusant de trop se mouiller, se défendant d’être anti-Québec ou anti-autochtone et réitérant qu’un NON n’amènerait pas l’éclatement du pays.» Selon Mme Dasko, il faudrait plutôt qualifier le discours réformiste de populiste, jouant haut et fort sur la hantise des Westerners à l’égard d’Ottawa et de la bureaucratie centrale.« M.Manning a souvent répété que cette entente était celle de M.Mul-roney, qui atteint des sommets d’impopularité dans l’Ouest.Autour de cet argument, il s’est contenté de récupérer à son compte la plupart des griefs que nourrit l’Ouest.Il s’est carrément faufilé.À cet égard, je ne crois pas que le résultat aurait été très différent s’il avait pris parti pour le OUI.» Pour sa part, Laurent Dobuzinskis, professeur de science politique à l’Université Simon Fraser de Vancouver, se dit d’avis que le chef du Reform a avant tout fait preuve d’une grande habileté, qui pourrait le servir dans la suite des événements.« M.Manning a bien eu une certaine influence sur la popularité du NON.Mais l’élément important réside dans le fait qu’il se retrouve aujourd’hui en bonne position pour les prochaines élections.Sa décision de se ranger du côté du NON, qui n’était pas évidente en début de campagne, fut un bon choix stratégique car il peut maintenant dire qu’il est le poli ticien le plus proche des sentiments profonds qu’éprouvent les électeurs de l’Ouest.» Aux dires de M.Dobuzinskis, le PHOTO CP Jean Chrétien a rencontré hier Pex-maire de Toronto Art Eggleton, 4 Chrétien ajouté en rappelant que les conservateurs avaient maintenant complété la quatrième année de leur mandat.À son avis, « le plus tôt serait le mieux » pour la tenue des prochaines élections.Selon la chef adjointe Sheila Copps, les libéraux veulent travailler avec le gouvernement pour relancer l’économie mais ils veulent une élection rapide pour pouvoir mettre de l’avant leur programme économique.Pour le député montréalais André Ouellet, le plan libéral serait axé sur la relance économique et la création d’emplois grâce au soutien aux PME, à la stimulation du secteur privé et l’intervention de l’État.« Nous croyons que le gouvernement doit intervenir dans l’économie et soutenir l’industrie plutôt que d’a- dopter une approche de laisser-faire », a précisé M.Ouellet.La lutte au déficit et à l'inflation et la réduction de la dette ne seraient pas des priorités, a-t-il laissé entendre.« Il est essentiel à ce moment-ci de relancer l’économie.En relançant l’économie et en investissant, nous allons créer des emplois et ces employés vont créer des impôts et contribuer, sur une longue période, à réduire le déficit», a-t-il ajouté.M.Chrétien a aussi remis de l'avant une proposition faite il y a plusieurs mois et qui suggérait au fédéral de financer à parts égales la réfection des infrastructures routières et municipales.Le gouvernement fédéral concocterait actuellement avec les provinces un plan de plusieurs millions de dollars pour les routes.Dressant un bref bilan de l’épisode référendaire, M.Chrétien a dit sim- plement : « On était tous du même bord.On n’a pas gagné personne ».Mais il n’a pu éviter de lancer une flèche partisane aux conservateurs et aux néo-démocrates.Il a soutenu que les deux tiers des circonscrip tions libérales avaient voté OUI lundi dernier, signe d’un bon travail de ses députés.« Si le N PD et les conservateurs avaient fait la même chose, on aurait peut-être eu.un vote positif », a-l-rl ajouté.Il faut noter que les libéraux sont fortement représentés dans les Maritimes, dans l’Ouest de Montréal et dans la région torontoise.Pour M.Chrétien, qui fut le premier à revendiquer la tenue d’un référendum sur la Constitution, celui de lundi constitue un précédent.Tout amendement constitutionnel majeur devra à l’avenir être entériné par la population.chef réformiste s’est bien gardé de mener une campagne agressive, conscient que le moindre dérapage pouvait compromettre sa base encore fragile.Mais, ajoute-t-il, « il a toujours joué sur deux tableaux, laissant entendre d’une part qu’il était au-dessus de toutes ces discussions (il réclame un moratoire sur la Constitution), tout en ne décourageant pas d’autre part ses alliés de déblatérer contre le Québec.« Pendant ce temps, il réclamait l’égalité des provinces à travers un Sénat triple E, si important pour l’Ouest.Il avait la partie belle.» Le professeur rejoint Mme Dasko dans son analyse de l’impact qu'aura eu Preston Manning sur la campagne.« Il m’apparaît que le NON de l’Ouest en est un de rejet des élites, né d’une initiative populaire.Même sans l’intervention du Reform, il aurait gagné avec une marge tout aussi significative.M.Manning a seulement eu la clairvoyance de prendre le bon train pendant qu’il passait.» Chacun a son bout, le Reform Party et le Bloc québécois constituent donc aujourd’hui les deux seules formations fédérales à pouvoir se dire victorieuses.Ayant peu d’appuis à l'est du Manitoba, la possibilité que « l’effet Manning » balaie le Canada anglais aux prochaines élections paraît cependant plutôt mince.Mais M.Dobuzinskis craint que le Canada ne connaisse « une ère de grande instabilité avec cinq partis aux Communes sans majorité absolue.» Dans cette optique, laisse-t-il entendre, Preston Manning pourrait bien se faufiler et devenir une figure de proue de la dynamique politique canadienne, avec toutes les tensions que la chose susciterait.4 Bush rope.» La croissance annoncée mardi pour le troisième trimestre est de 2,7% en rythme annuel, soit plus que les experts ne l’avaient prédit.Bill Clinton, interviewé lors de l’émission concurrente Today sur NBC, a répliqué : « Il faut regarder les tendances sur les 10 dernières années.» La croissance est certes une lionne nouvelle, mais c’est grâce à plusieurs grosses ventes d’armements et d’autres facteurs ponctuels, a-t-il dit.Les.gens préoccupés par l’économie doivent se tourner vers moi.» Soucieux de récupérer des voix, il a annoncé qu’il emploierait des républicains, des démocrates et des indépendants dans son gouvernement.À propos de Ross Perot, il a annoncé qu’il souhaitait sa participation « d’une manière ou d’une autre dans cette administration » s’il était élu.« Il se préoccupe réellement de la réduction du budget et de la limitation des coûts et j’aimerais vraiment qu’il participe sur ces sujets.» Le candidat démocrate a poursuivi sa tournée par Houston au Texas, un des bastions des républicains qu’il a bien l’intention de leur arracher, et il devait aussi se rendre dans le Mississippi et le Kentucky.La veille, à Tampa, en Floride, il s’était décrit comme un « nouveau type de démocrate » et avait fustigé l’économie reaganienne.« Nous avons besoin d’un gouvernement qui fonctionne, qui investit, qui rend les gens responsables.» Le président sortant a lui préféré faire le forcing dans les États comme l’Ohio et le Michigan, que ses stratèges considèrent essentiels pour sa réélection mais dans lesquels les sondages le donnent derrière Bill Clinton.Quant à Ross Perot, qui devait rononcer un discours dans la soirée Denver (Colorado), il s’est défendu d’avoir monté « un arnaque » contre les républicains.D’après le Dallas Morning News, un des collaborateurs à la sécurité de M.Perot avait demandé à la police de Dallas de tendre un piège au directeur de campagne de M.Bush au Texas l’été dernier et proposé des avions et autres matériels pour faciliter l’opération.« Il n’y a jamais eu de discussion sur le financement, ni sur un avion, ni sur la fourniture de matériel.On n’a jamais discuté d’un arnaque.» Par ailleurs, contrairement à ce que l’on prévoyait encore cet été, la participation des électeurs devrait etre élevée mardi.Et ce pourrait bien être mauvais pour George Bush.Car, comme le remarque Curtis Gans, directeur de la Commission d’étude de l’électorat américain, il est traditionnel lors d’une récession que « le parti au pouvoir à la Maison-Blanche soit affecté ».La participation avait pourtant atteint un record en baisse lors des primaires (19,6% dans les États qui en ont organisé pour les deux partis, contre 22 % pour le précédent record de 1984).Il est vrai que, ces 30 dernières années, l’abstention n’a cessé d’augmenter : en 1988, seuls 57 % des Américains s’étaient rendus aux urnes, contre 60 % quatre ans plus tôt.Néanmoins, de nouveaux électeurs se sont inscrits par milliers ces derniers mois, notamment grâce aux campagnes de MTV en direction des jeunes et de Jesse Jackson auprès des Noirs.M.Gans reconnaît que cela ne signifie pas nécessairement que la participation sera élevée.Mais, note le politologue Dave Rohde, de l’Université d’Etat du Michigan, il s’agit tout de même du « meilleur indicateur » : « Pourquoi les gens s’inscriraient-ils sinon pour voter ?» Le colistier de Bill Clinton, Al Gore, a déclaré qu’il pensait que les démocrates profiteraient le plus d’une forte participation.Mais cela pourrait en fait dépendre des États.Ce devrait notamment être le cas en Louisiane, où cela signifierait probablement une meilleure participation des Noirs.Les conséquences seraient par contre moins évidentes dans un bastion républicain comme le Dakota du Nord.Un célèbre journaliste américain ’ s'en est par ailleurs pris au candidat Bill Clinton, hier.Pour Paul Greenberg, éditorialiste du quotidien Arkansas Democrat Gazette, Bill Clinton, est en effet un des hommes politiques les plus intelligents qu’il ait jamais rencontrés.Il se dit même fier que le gouverneur de l’État ait été choisi par les démocrates comme candidat à la Maison-Blanche.Puis la sentence tombe : « Bill Clinton est un homme sans conviction, mais un beau parleur qui sait y faire.Il faut se demander quels prin cipes il serait prêt à défendre s’ils devaient faire de l’ombre à sa popularité.» Honoré d’un prix Pulitzer pour ses éditoriaux contre l’ancien gouverneur ségrégationniste de l’Alabama George Wallace, Paul Greenberg à collé à Bill Clinton un surnom qui a fait mouche, « Willie l’anguille» (Slick Willie).Ce surnom remonte à la campagne de Bill Clinton en 1982 pour le poste de gouverneur de l’Arkansas face au républicain Frank White.Il se voulait flatteur à l’époque lorsque Paul Greenberg faisait campagne contre le candidat républicain.L’arme était à double tranchant.Depuis le début de l’actuelle carn-pagne présidentielle, George Bush et ses alliés n’ont de cesse d’évoquer « Willie l’anguille » et sa variante plus explicite pour décrire « Bill Clinton, un homme en qui on ne peut avoir confiance ».Le surnom lui colle à la peau et il lui faut déployer un trésor d’imagi nation pour tenter de briser une image peu flatteuse.Celle-ci est bien présente dans les pages de VArkansas Democrat Ga /.elle, principal journal de l’État, dont les éditoriaux n’épargnent guère « Willie l’anguille », tandis que sa campagne fait l’objet de repor tages méticuleux pour une audience qui veut connaître les succès de son héros local. POLITIQUE Le Devoir, jeudi 29 octobre 1992 ¦ A-5 Edmonston règle ses comptes avec le NPD Le député fédéral de Chambly n'écarte pas une éventuelle candidature à la mairie de Montréal Ouellet et Copps célèbrent déjà la prochaine défaite des conservateurs Manon Cornellier de la Presse canadienne OTTAWA — Le référendum a entraîné la mort du Parti conservateur au Québec, soutiennent les députés libéraux André Ouellet et Sheila Copps.Selon eux, la prochaine lutte électorale au Québec se fera entre les libéraux et le Bloc québécois.« Les conservateurs sont à terre au Québec.Il n’y a pas de bénévoles, pas de mouvement.Et même s’ils changent de chef, c’est toujours le même parti.J’ai l’impression qu’à la prochaine élection, ce sera une bataille entre le Parti übéral et le Bloc québécois.Le Parti conservateur au Québec est mort », a déclaré sans ambages hier l’ajointe du chef libéral, Mme Sheila Copps.« La dynamique poütique au Québec a singulièrement changé.Pour nous au Parti libéral du Canada, notre adversaire est maintenant le Bloc québécois.La prochaine élection, au Québec, se fera entre les candidats du Bloc et les candidats libéraux », a renchéri M.Ouellet à l’issue d’une réunion postréférendaire du caucus libéral national.Les deux députés ont donné une seule et même explication à leur prédiction.Les conservateurs, disent-ils, ont perdu la machine qui a créé la vague bleue au Québec et qui les a portés au pouvoir en 1984 et 1988.« Les résultats du référendum démontrent clairement que ces députés conservateurs, qui puisaient leurs organisateurs et leurs principaux supporters chez des membres du Parti québécois et chez les gens très nationalistes, ont été délaissés.Ces derniers se retrouvent sous la bannière de Lucien Bouchard », a ajouté M.Ouellet.Le chef libéral Jean Chrétien a refusé de spéculer de la sorte.Mais il a clairement fait sentir que la fin de la campagne référendaire annonçait la reprise de la partisanerie et des attaques bien senties.Interrogé sur l’avenir du premier ministre à la tête du Parti conservateur, il a répondu que la décision revenait à M.Mulroney.« Je ne veux pas qu’il démissionne.Je veux qu’on s’affronte.Je suis sûr que ce serait une bonne bataille.Mais c’est à lui de décider », a lancé M.Chrétien, visiblement en forme.Même s’il a tenté d’éviter de jeter le blâme de la défaite référendaire sur le premier ministre, il n’a pu résister de le piquer au passage.« On était tous du même bord.On n’a pas gagné personne, a-t-il dit.Mais son impopularité n’a pas aidé», a-t-il ajoute un peu plus tard.Premier partisan de la tenue d’un référendum, M.Chrétien a essayé hier de prendre ses distances de l’entente de Charlottetown.« C’était son projet, nous, nous l’avons supporté.C’est à lui d’en tirer les conclusions.Mais je n’ai pas l’intention de partir en guerre contre qui que ce soit à ce moment-ci », a-t-il soutenu.Élu lé 21 novembre 1988, le premier ministre Brian Mulroney a maintenant moins d’un an pour déclencher les élections.Après la défaite référendaire de lundi, son leadership fait l’objet de nombreuses spéculations.Jusqu’à présent, M.Mulroney et son entourage ont maintenu quril serait au rendez-vous lors de la prochaine élection.Mais s’il changeait d’avis, il devrait faire vite afin de permettre à son parti de tenir une course à la direction.Reconnu pour sa capacité d'unir son caucus et de le garder derrière lui, M.Mulroney jouit pour le moment de la fidélité de ses troupes.Aucune rébellion n’a germé dans ses rangs.Cette solidarité subira un premier test aujourd’hui alors que M.Mulroney doit rencontrer son cabinet ce matin et son caucus cet après-midi pour faire le point sur le rejet de l’entente de Charlottetown et planifier la rentrée parlementaire prévue pour le 16 novembre.Pierre O’Neill LE MALENTENDU continue de caractériser les rapports entre la direction nationale du Nouveau Parti démocratique et son unique député québécois, Phillip Edmonston, qui progresse dans la voie de la rupture.La chicane semble ouverte pour de bon.Après avoir combattu l’idée même du référendum national, après avoir exprimé sa dissidence en votant NON, le député de Chambly vient de démissionner de la fonction de critique constitutionnel de son parti, une responsabilité qu’il partageait avec le député Lome Nystrom.Dans une lettre adressée lundi dernier à son chef, Audrey McLaughlin, et dont Le DEVOIR a obtenu copie, Phillip Edmonston lui reproche de s’être associée à ce référendum « malhonnête et manipulateur », un exercice à travers lequel les députés fédéraux ont utilisé « l’argent des contribuables pour tripoter la démocratie : publicité biaisée et détournée; envois supplémentaires; utiüsation des privileges de voyages et autres».Représentant du NPD au sein de la défunte commission Beaudoin-Dobbie, Phillip Edmonston s’était farouchement opposé à la tenue d’un référendum pancanadien.Il s’est également fait le défenseur d’un Sénat régional élu sur le principe de la représentation proportionnelle, ce qui déjà était un compromis par rapport au programme offciciel du Hollande Parent de là Presse canadienne LE PRÉSIDENT de la CSN Gérald Larose accorde peu de crédibilité aux dirigeants poütiques qui proposent, au lendemain de l’échec constitutionnel, de s’occuper maintenant d’économie.À ses yeux, les deux secteurs sont intimement liés.« Ceux qui veulent nous faire croire que la Constitution n’a rien à faire avec l’économie sont soit des amateurs soit des gens qui racontent des blagues», a lancé M.Larose, hier, en conférence de presse.« Le problème constitutionnel est devenu et deviendra de plus en plus un problème économique.La struc- parti, qui préconisait depuis toujours l’abolition du Sénat.Au lendemain de Charlottetown, il a écrit une première fois à Audrey McLaughlin pour l’informer qu’il ne pourrait appuyer l’entente et qu’il ferait campagne pour le NON, essentiellement pour les raisons suivantes : le principe d’un Sénat égal et pas nécessairement élu; le manque de définition du concept d’autonomie gouvernementale des autochtones et ses conséquences possibles sur l’intégrité territoriale du territoire québécois; l’absence de dispositions devant garantir les droits des femmes.Dans la missive de lundi dernier, M.Edmonston fait valoir à Mme McLaughlin que ce fut une erreur du NPD d’appuyer l’entente de Charlottetown de façon précipitée et sans avoir eu en main les textes juridiques.« Le parti a rejoint les élites.» En début de campagne référendaire, Audrey McLaughlin a convoqué une réunion spéciale de son caucus, auquel Phillip Edmonston n’a pas été invité.Mais il s’y est quand même rendu et il a repris chacune de ses objections à l’entente, prévenant ses collègues députés que la majorité de Canadiens voteraient NON.Il s’est alors retrouvé isolé, face à un caucus anglophone et à un chef, tous partisans du OUI, qui le voyaient de plus en plus comme un adversaire politique.Rejoint hier à sa résidence de Montréal, Phillip Edmonston a indiqué son intention de participer au caucus des parlementaires, mardi ture fédérale génère la deuxième plus importante dette nationale en Occident.» « Il y a un problème constitutionnel quand la structure fédérale chevauche pour 67 % de ses programmes, 65 % de ses dépenses et 47 % de ses fonctionnaires les structures existant dans les provinces.» « Quand la structure fédérale gaspille 3 milliards $ en friction avec le Québec, il y a là un problème économique ei constitutionnel », a-t-il soutenu.« Quand la structure fédérale développe des stratégies macro-économiques qui pénalisent des régions entières au plan de l’emploi et de la recherche et développement, il y a un problème économique et constitu- PHOTO ARCHIVES Phil Edmonston prochain à Ottawa.11 s’attend à une séance mouvementée.Pendant la campagne référendaire, le whip en chef, Ian Angus a ordonné que son ordinateur du bureau de la Chambre des communes soit débranché du réseau des députés néo-démocrates.L’enseigne du NON, qu'il avait accrochée à la porte de son bureau, a été décrochée et jetée à la poubelle.L’ancien soldat de l’armée américaine a piqué une colère et obtenu que l’on mette fin à ce sabotage.tionnel », a-t-il poursuivi.M.Larose considère toutefois que dans le système actuel, le Québec a une certaine marge de manoeuvre.« On aurait été doublement dans un corset avec Charlottetown.Là au moins on va étouffer moins vite.» « Mais il faut que l’angle d’attaque soit différent.Il faut arrêter d’embêter le reste du Canada.C’est fini ça.Prenons nos décisions.Ils vont s’ajuster», a-t-il déclaré.Ainsi, M.Larose a réitéré la demande faite au gouvernement du Québec, en mars dernier, de tenir une commission itinérante sur la fiscalité.Le chef syndical considère qu’il est anormal qu’un dr lar sur deux échappe à la fiscalité.C’est le cas des sommes placées dans des A la réunion du caucus de mardi prochain, Philüp Edmonston entend se vider le coeur.Il interviendra d’abord pour faire son post mortem de la campagne référendaire, en soulignant que tous les comtés représentés à la Chambre par des néo-démocrates ont voté NON, alors que le NPD avait fait campagne pour le OUI.Puis, il dira pourquoi il est insatisfait des orientations politiques du NPD et fera son évaluation du leadership d’Audrey McLaughlin au cours des trois dernières années.« Je vais dire ce que je pense de mon chef et de ce que j’ai vu depuis trois ans.» Faut-il comprendre que le député de Chambly remet en question son avenir politique au sein du NPD ?Tout en reconnaissant qu’il traverse une période de réflexion, Phillip Edmonston n’a pas pour l’instant l’intention de claquer la porte du parti.11 se propose plutôt de l’aider à se rebrancher sur la population.« Il faut brasser la cage du NPD, si on ne veut pas qu’il se marginalise davantage.» Dans l’hypothèse où son chef et le caucus lui indiqueraient la porte de sortie, qu’adviendra-t-il de l’avenir polit ique de Phillip Edmonston ?Il n’aurait sans doute pas d’autre choix que de terminer son mandat comme député indépendant de Chambly.Mais il n’écarte pas non plus qu’il musse se présenter contre Jean Doré a la mairie de Montréal aux prochaines élections municipales.abris fiscaux, des régimes d’épargne-retraite, a-t-il expliqué.En outre, plutôt que de se mettre à la remorque des règles du marché, le chef syndical recommande aux gouvernements fédéral et du Québec de faire montre de leadership dans l’établissement d’une stratégie industrielle.Au Québec, le chef syndical recommande notamment de développer le secteur de la transformation pour augmenter les retombées économiques des fonderies et d’inciter les dirigeants des entreprises de pâtes et papiers à établir une stratégie sectorielle commune.« Nous avons besoin de gens qui nous tirent vers l’avant et qui ont des visions intégrées», a-t-il fait valoir.Les Verts veulent définir un contenu à la souveraineté La relance économique passe par un règlement de la question constitutionnelle, soutient Larose Le référendum de lundi marque un triomphe du régionalisme étroit, note le Washington Post Louis-Gilles Francoeur LE PRÉSIDENT du Parti vert du Québec, M.Jean Ouimet, estime que le NON massif des Québécois aura fondamentalement l’avantage de leur « donner l’occasion de se demander quoi faire avec la souveraineté politique », un concept qui manque de chair, à son avis, dans l’esprit des gens ordinaires.Le Parti vert du Québec a fait campagne pour le NON, dûment enregistré à son Comité central.Son président a bénéficié d’un montant de 10 000$ pour faire le tour de la province, ce qui lui a permis de rencontrer des dizaines de groupes environnementaux et sociaux.Ce parti est néanmoins demeuré à peu près totalement ignoré de la confrérie médiatique même s’il a remporté 5,5 % des voix à la dernière élection et dépassé plus de 10 % dans plusieurs.Il se définit comme un parti souverainiste.Jean Ouimet estime que les résultats du référendum de lundi « montrent, certes, qu’il y avait beaucoup d’opposition à l’entente de Charlottetown au Québec.Mais cela masque le fait que les gens ne savent pas vraiment ce qu’il faudra faire après.» Tout au long de sa tournée provinciale, raconte-t-il, « les gens me demandaient : qu’est-ce qu’on va faire après ?Qu’est-ce que cela veut dire pour moi d’aller vers la souveraineté ?Et pour plusieurs, on déplorait déjà le fait que l’entente de Charlottetown, censée constituer la base de l’avenir du Canada, était totalement muette sur les questions d’environnement.Pire, qu’elle allait peut-être aggraver une situation de doublements que le monde.découvre de plus en plus.» Selon M.Ouimet, « le 56 % obtenu par le NON nous montre que ce ne sera pas facile de faire la souveraineté car il n’est pas sûr qu’on aurait eu hier une majorité si on avait enlevé les fédéralistes du décompte.Le monde ordinaire, c’est clair, ne veut pas donner au Parti québécois un chèque en blanc, pas plus qu’à Bou-rassa ou Mulroney.Les gens ont la sagesse de vouloir savoir où ils s’en vont.C’est là qu’à notre avis, nous arrivons avec un projet de société qui provoque l’adhésion auprès des gens à qui nous avons la possibilité de l’exposer.» L’opposition du Parti vert aux propositions de Charlottetown reposait essentiellement sur le fait que cette entente reconnaissait formellement le pouvoir d’üttawa de dépenser dans des domaines comme la forêt, les mines et les affaires municipales.« En 1867, expbque Jean Ouimet, l’article 87 de la Constitution interdisait formellement à Ottawa de mettre les pieds dans ces différentes sphères d’activité.En ce sens, Charlottetown élargissait le pouvoir d’Ottawa alors que les ténors politiques présentent aujourd’hui leurs changements comme un transfert de pouvoirs vers le Québec.» D’autre part, les pouvoirs résiduaires, qui confient à Ottawa toutes les sphères d’activités nouvelles, sont demeurés intacts même s’ils sont une des sources du fédérabsme centralisateur des dernières décennies.Cela fait de l’environnement, un nouveau domaine, un véritable cheval de Troie dans les compétences provinciales alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour transférer les ou-tils de gestion environnementaux au niveau provincial.M.Ouimet cite ici le rapport Allaire, qui plaidait pour une compétence provinciale exclusive, et les rapports de 1990 et 1991 du Vérificateur général du Canada qui demandait une redéfinition des pouvoirs fédéraux dans ce domaine en insistant pour qu’à tout le moins le domaine des mesures de correction relève des provinces.Le Parti vert se méfie de l’engouement subit pour l’économie canadienne, affiché lundi soir aussi bien par les élites politiques battues que les ténors du Parti québécois.« Tout cela peut cacher une précipitation qui pourrait avoir, une fois de plus, des conséquences sur l’environnement qu’on tentera de minimiser.On va rivaliser de grands projets.On va tenter de jouer le chômage contre les poissons dans la plus pure veine démagogique.» « En réalité, conclut M.Ouimet, il faut aller en sens inverse.Viser plus petit et plus durable en détruisant le moins possible nos ressources et nos grands écosystèmes.Valoriser l’industrie du recyclage en allant, s’il le faut, jusqu’à soutenir les prix pour la consolider.Il faut revoir le dossier de l’agriculture biologique pour lui donner au moins les avantages qu’on accorde aux alumineries pour produire leur pollution.Et jeter un regard neuf sur les fermes forestières.En somme, ne pas dépenser pour dépenser et s’entendre sur la finalité sociale des investissements qu’on veut faire.» Marie Tison de la Presse canadienne WASHINGTON — Dans leurs éditoriaux d’hier, les grands quotidiens américains déplorent la victoire du NON au référendum de lundi.Le New York Times soutient qu’il s’agit d’une occasion manquée, alors que le Washington Post interprète le résultat comme un triomphe pour le régionalisme étroit et un désaveu massif à l’endroit de la classe dirigeante nationale.De son côté, le Wall Street .Journal soutient que l’élite politique du Canada doit maintenant tenter de sauvegarder l’unité canadienne en allant au-delà du simple concept de multiculturalisme, alors que le Christian Science Monitor souhaite que les dirigeants canadiens fassent échec au séparatisme québécois avec un processus constitutionnel plus mature et plus ouvert aux sim- TORONTO (PC) — Les débats politiques à la télévision prendront peut-être une nouvelle tournure, depuis que le CRTC a reconnu, au début de la semaine, que les partis secondaires n’ont pas reçu suffisamment de temps d’antenne au cours des élections ontariennes de 1990.La décision prouve en tout cas, selon un porte-parole du parti des Verts, Greg Vézina, qu’il y a eu « collusion » entre les réseaux de télévision et les trois principaux partis politiques pour museler le public.« S’ils n’avaient pas conspiré pour tenir les petits partis à l’extérieur pies citoyens.Quant au USA Today, il rappelle que le compromis demeure toujours la meilleure façon de résoudre les problèmes canadiens et américains.Les grands quotidiens ont également fait paraître hier des analyses des résultats au référendum, souvent en première page et souvent accompagnées de cartes du Canada faisant état des pourcentages enregistrés pour chaque option.Dans son éditorial, le New York Times affirme que les Américains ne peuvent se réjouir à la perspective de disputes continuelles et de dissensions dans la maison de leur plus proche allié.L’important quotidien estime que l’entente de Charlottetown constituait un bon compromis qui aurait appuyé l’unité canadienne, renforcé les institutions démocratiques et assuré aux Américains un allié plus fort et plus stable.des débats, il y aurait peut-être eu un effet sur les élections », a déclaré M.Vezina.« Qui peut dire que le leader du Family Coalition Party ou du Freedom Party of Ontario n’aurait pas capté l’imagination du public, s’il avait pu participer au débat ?» La plainte de M.Vézina auprès du CRTC a été faite contre les réseaux Global, CBC et CFTO.Le CRTC a noté que trois des neuf partis politiques de l’Ontario — les néo-démocrates, les libéraux et les conservateurs — ont reçu un traitement de faveur au débat du 20 août Le Washington Post affirme de son côté que le grand perdant au référendum est le premier ministre Brian Mulroney lui-même.Il fait remarquer que même avec le départ probable du premier ministre, la question constitutionnelle demeurera.« L’échec du référendum signifie que ce sont les questions constitutionnelles concernant les droits régionaux, et non pas la croissance economique ou l’équité sociale, qui continueront à mener la politique canadienne et la vie publique », croit-il.Le quotidien considère que la balle est maintenant dans le camp du Québec.Il déclare que si les coûts économiques de la sécession ont toujours refroidi les ardeurs des nationalistes québécois, cette fois-ci, il pourrait être difficile d’arriver à un compromis.Le résultat pourrait être une confédération de provinces presque sou- II n’aurait peut-être pas été pratique, a signalé le CRTC, de faire participer tous les partis au débat de 90 minutes, mais les règles ont été violées parce qu’on n’a pas procuré du temps équivalent aux tiers partis à d’autres occasions.Comme exemple, M.Vézina a cité le référendum qui vient d’avoir lieu sur l’accord de Charlottetown.Les trois principaux partis politiques ont approuvé l’entente, qui n’en a pas moins été rejetée, comme l’ont prôné des partis secondaires.veraines, sous un gouvernement fédéral beaucoup plus faible.Le Wall Street Journal doute quant à lui de lu vigueur à long terme de l’idée du séparatisme au Québec, parce « qu’il y a de très bons arguments économiques contre la séparation ».Le quotidien affirme que l’entente de Charlottetown a poussé au maximum le concept du multiculturalisme officiel, et que l’élite politique canadienne doit maintenant trouver une meilleure façon de sauvegarder l’unité nationale.« Il y a toutes les raisons de croire que les électeurs aux États-Unis en ont également assez des manoeuvres sociales qui catégorisent la population en groupes, au lieu de les traiter comme des individus, indique le journal.Même les soi-disant bénéficiaires de tels programmes peuvent s’objecter à l’idée d’être vus comme des ‘intérêts spéciaux’, plutôt que comme de simples citoyens.» Le Christian Science Monitor, qui fait paraître en première page une photo couleurs du chef du Parti québécois Jacques Parizeau, soutient qu’il y a un côté positif au NON des Canadiens : la plus grande participation de la population à la démocratie canadienne.Dans son éditorial, le USA Today affirme que les Américains peuvent apprendre quelque chose de la saga constitutionnelle canadienne.Le quotidien ajoute que les frustrations exprimées par les divers groupes au Canada se retrouvent aux Etats-Unis.Le Gout de la Thaïlande- cuisine Srhatlandaise Le premier restaurant Thai landais où Ton peut apporter son propre vin.Tous les lundis, mardis et mercredis soir; la soupe du jour est incluse avec le plat principal.2229 Mont-Roy ai est Montréal, Que.H2H 1K5 Tél.: (514) 527-5035 1230 Boul.Curé Labelle 973-7902 Au nom de votre santé, Cessez de fumer! $2 Vous viendrez pour nos prix mais resterez pour notre service Tél: 625-1953 Le super combattant de neige Honda ife -v Kuno Wittmer 5 fois champion du Québec ~7^\j déclare que le vieux Bonhomme Hiver n’a -— rien pour arrêter la Civic LX ig»~/gr 5 vitesses 1993 avec sa traction avant Prix à partir de 11 5495$ trip - Ballon gonflable optionnel disponible Nous avons encore de super aubaines sur les 1992 C*v*o ACCORD B.i •Trans., prep.et taxes en sus Montreal, 1110 ru* Bleury, Tel: 879-1550 Les Verts accusent les diffuseurs de collusion 1990. A-6 ¦ Le Devoir, jeudi 29 octobre 1992 LES SPORTS Gary Carter préfère la Floride et la télé Richard Milo de la Presse canadienne LE RECEVEUR retraité Gary Carter a refusé une offre des Expos et préfère devenir l’analyste-télé des matchs des Marlins de la Floride la saison prochaine.« C’est le genre d'occasion qui ne se présente qu’une fois dans une vie », a-t-il annoncé.« Mon coeur et mon âme resteront toujours à Montréal.J’espère que les gens comprendront la situation.Je n’ai rien contre l’organisation des Expos.Ce n’est pas comme si j'abandonnais l’équipe », a dit celui qui était la vedette des messages publicitaires des Expos et de la ville de Montréal, l’été dernier.« L’argent n’a pas été le facteur déterminant même s’il s’agit d’un contrat lucratif.Je voulais faire carrière à la télévision et j’aurai même la chance de demeurer près de ma famille.» A l’annonce de sa retraite, Carter avait manifesté le désir de rester dans l’organisation des Expos comme commentateur ou instructeur à temps partiel au camp d’entraînement.« Les Expos m’ont offert un poste à la radio - un minimum de 35 matchs et un maximum de 50 matchs.C’est mon agent qui a contacté les Marlins.La décision n’a pas été facile.J’ai beaucoup prié tout comme ma femme.Mais c’est une occasion unique d’entreprendre une carrière de commentateur à la télévision.» Il a signé un contrat de quatre ans et il travaillera durant 110 matchs la saison prochaine, avec le Sunshine Network et la station de télévision WBFS de Miami.« Je n’ai jamais été gêné devant la caméra, a déclaré Carter.On m’a fait la remarque souvent.» PHOTO CP En suspension, dans tous les sens La Fédération canadienne de gymnastique est sur le point de suspendre Curtis Hibbert, deux fois champion du monde, pour toute une saison incluant les championnats mondiaux de l’an prochain.La Fédération invoque l'absence injustifiée de l’athlète lors d’une séance d’évaluation, mais Hibbert, qui a fait piètre performance à Barcelone, voit plutôt une vendetta contre son entraîneur Hardy Fink.Le Canada change de politique Ml Concernant les sports, bientôt D'après la Canadian Press VANCOUVER — Le ministre délégué aux Sports, Pierre Cadieux, annoncera bientôt au cabinet des ministres ses intentions concernant une nouvelle politique fédérale des sports.M.Cadieux a rencontré des journalistes dans neuf villes du Canada depuis les Jeux olympiques d’été de Barcelone afin d’écouter les diverses opinions concernant le comité — qu’il a lui même mis sur pied — chargé d’examiner le rôle et la place du sport dans la société canadienne.Le ministre délégué à la Jeunesse, la Condition physique et le Sport amateur a indiqué mercredi qu’il s’attend à ce que le Parlement soit convoqué le 16 novembre.Le comité fut formé en 1991 pour examiner les implications sur la politique canadienne du rapport de la Commission Dublin, qui a suivi la disqualification pour dopage de Ben Johnson lors des Olympiques de Séoul en 1988.Le comité, formé de trois membres, a remis son rapport en mai après avoir revu et évalué le monde du sport amateur au Canada.Le ministre Cadieux a ensuite in-, cité les divers groupes d’intérêts à réagir' avant qu’il ne prépare sa réponse finale au rapport.Le comité, qui a fait 117 recom-' mendations, était composé de Cal Best, fonctionnaire, Marjorie Black-hurst, experte en éthique et en valeurs, et Lyle Makosky, sous-minis-, tre adjoint à la Condition physique ef du Sport amateur.Le rapport final du ministre pourrait tenir compte du rôle joue par Sport Canada dans sa collaboration avec les organisations sportives nationales.EN BREF.Jim Leyland gérant de l’année de la nationale NEW YORK (AP) — Jim Leyland, qui a mené les Pirates de Pittsburgh à un troisième championnat consécutif de la section Est, a été proclamé le gérant de l’année, hier, dans la Ligue nationale de baseball.Leyland a mérité 20 votes de première place sur une possibilité de 24 et il a amassé 109 points au scrutin pour devancer le gérant-recrue des Expos de Montréal Felipe Alou.Alou, qui a pris l’équipe au mois de mai à la suite du congédiement de Torn Runnells, a mérité trois votes de première place et un total de 65 points.Victoire du Canada contre la France i SAINT-BASILE, Nouveau-Brunswick (PC) — Le Canada a mis fin à sa série de six matches contre l’équipe nationale de France en remportant une victoire de 4-2 mardi soir a Saint-Basile au Nouveau-Brunswick.Bruce Coles a dirigé l'attaque de l’équipe olympique avec deux buts et une passe.Le Canada a dominé la série, remportant cinq victoires contre une seule pour les visiteurs.Les Canadiens quittent dans quelques jours pour une tournée de huit matchs en Italie, en Autriche et en Allemagne.À quand un référendum sur le sport ?Terry Scott de la Canadian Press ET pourquoi pas un autre référendum ?Non, pas ce genre de référendum.On nous a déjà purgé politiquement lors de notre visite à l’isoloir plus tôt cette semaine.Parlons plutôt d’un référendum sur des sujets reliés aux sports, le genre de sujets pour lesquels les fans « ordinaires » ont toujours une opinion mais n’ont jamais une boite de scrutin nationale pour faire valoir leur point de vue.Ce référendum n’obligerait rien ni personne mais serait néanmoins cathartique, en permettant aux auditeurs de tribunes téléphoniques, détenteurs de billets de saison et amateurs occasionnels de s’exprimer.Pour montrer notre nature soucieuse de l’environnement, une série de questions sans équivoque, plutôt qu’une seule, sèche et attirant la polémique, apparaîtrait sur le bulletin de vote.Par exemple : Est-ce qu’on devrait permettre à Dave Windfield des Blue Jays de Toronto de compléter le mandat de Brian Mulroney en tant que premier ministre, étant donné que sa moyenne au bâton, sans mentionner sa popularité, est infiniment plus élevée ?Ou encore, cette question en deux parties : Est-ce qu’on devrait continuer à montrer Don Sherry à la télévision nationale ?Si oui, ne devrions nous pas l’obliger à se montrer uniquement avec son déguisement de samedi dernier et sa tête en forme de cône ?L’entraîneur des Maple Leafs de Toronto, Pat Burns, ne devrait-il pas se faire couper les cheveux plus souvent ?D'une certaine façon, sa splendeur vestimentaire derrière le banc des Leafs ne cadre pas avec son hirsutisme.Si Montréal revient dans le giron de la Ligue canadienne de football, est-ce que l'équipe devrait s’appeller à nouveau les Alouettes — ou le Concorde — ou ne devrait-elle pas prendre le nom de Dorénavant, en l’honneur de Roger Doré qui fait des pieds et des mains pour faire revivre le football dans la métropole ?Puisque les cotes d’écoutes de la Série mondiale de baseball déclinent depuis quelques années, aux États-Unis, ne devrait-on pas retourner, au moins partiellement, à une diffusion des matchs en après-midi, plutôt qu’après les heures de grande écoute ?Si l'actrice Jane Fonda s’endort dans un stade survolté, imaginez ce que c’est pour un jeune fanatique de baseball que de capturer toute la magie de l’événement.Maintenant que l’entraîneur du Canadien Jacques Demers a tenu une séance d’entraînement à sept heures du matin, est-ce que ce genre de pratique ne devrait pas être étendu à toute équipe de la LNII qui tire de la patte ?Ou est-il préférable de faire les séances punitives à 8h00 pour que les joueurs puissent avoir une idée de la difficulté d’être ponctuel en pleine heure de pointe ?Croyez-vous que le receveur retraité des Expos, Gary Carter, peut réussir la transition vers une nouvelle carrière d’annonceur-commentateur ?Gardez en mémoire qu’une demi-manche se déroule habituellement en moins de 10 minutes, au moment où le loquace Carter sera vraisemblablement à mi-chemin dans son premier commentaire.Est-ce qu’on devrait accorder un but dès le début d’une partie à toute équipe de la LNII qui affronte les Penguins de Pittsburgh ?Avec un Mario Lemieux en forme et les nouvelles règles qui favorisent le jeu offensif, personne ne peut prédire la quantité de dommages que peuvent infliger les Penguins aux autres équipes.Êtes-vous d’accord que Doug Flutie puisse être loué à toute équipe de la CFL qui a besoin d’un remontant, pour ajouter du piquant ?Si les joueurs de la LNH ne touchent pas de salaire et sont forcés de ne rien faire les jours où il n’y a pas de partie, tel que le souhaite le président de la Ligue Gil Stein, devraient-ils avoir droit à l’assurance-chômage ?Est-ce que le gérant des Marlins de Floride devrait être réprimandé pour avoir enfreint une règle non-écrite voulant qu’aucun changement dans la direction d’une équipe ne doil être annoncé durant la Série mondiale ?Est-ce qu’une punition équitable serait de lui interdire toute sélection parmi les joueurs des Expos, son ancien club, jusqu’à ce que les Marlins en soient rendus à faire leur dernière sélection dans chacune des rondes lors du repêchage d'expansion le 17 novembre ?Si le commissaire de la CFL est capable d’aller chercher 3 millions $ de la part d’équipes voulant faire partie de l’expansion de sa ligue, ne devrait-il pas être admis immédiatement au Temple de la renommée ?Si les Sénateurs d’Ottawa ne se mettent pas à gagner bientôt, devrait-on importer les sénateurs du Parlement pour qu'ils passent la rondelle, plutôt que des lois ?Est-ce qu'un tel référendum serait bénéfique ?Aucun X ou crochet n’est nécessaire.Vous pouvez indiquer votre réponse en dessinant une feuille d’érable — à l’endroit ou à l’envers.HOCKEY Ligue nationale Mardi Pittsburgh 7, Ottawa 2 Tampa Bay 3, Québec 4 Los Angeles 4, Islanders 3 Hier New Jersey à Hartford Buffalo à Toronto Tampa Bay à Montréal San José à Detroit Calgary à Winnipeg Minnesota à Edmonton Washington à Vancouver Aujourd'hui Los Angeles à Boston Québec à NY Rangers» 19h35 (TQS) Philadelphie à Chicago Pittsburgh à Saint-Louis Demain Ottawa à Buffalo •¦* NY Islanders au New Jersey Toronto à Detroit San José à Tampa Bay Washington à Calgary Minnesota à Vancouver Les meneurs b a pts Lemieux, Pit .14 18 32 Stevens, Pit 11 15 26 LaFontaine.Buf 7 14 21 Gilmour, Tor .6 13 19 Saklc, Qué .8 10 18 Turgeon, Isl 6 12 18 Jagr, Pit 6 12 18 Messier, Ran .5 13 18 Savard, Mtl .4 14 18 Recchi, Phi 5 12 17 Borschev., Tor 8 8 16 Andr'chuk, Buf 8 7 15 Muller, Mtl 3 12 15 Oates, Bos 1 14 15 Francis, Pit 1 14 15 Sundin, Qué .7 6 13 Lebeau, Mtl .3 10 13 Ricci, Qué 6 6 12 Kovalen., Qué .2 8 10 Schneider,Mtl 2 8 10 Nolan, Qué .6 3 9 Duchesne, Qué 3 6 9 Bellows, Mtl 6 1 7 Dionne, Mtl .3 4 7 Damph’sse.Mtl 3 4 7 LIGUE NATIONALE Conférence Prince-de-Galles Section Charles Adams Pl g P n bp bc pts BOSTON 8 6 1 1 41 26 13 MONTRÉAL 10 5 3 2 47 38 12 QUÉBEC 9 5 3 1 42 33 11 BUFFALO 8 5 3 0 40 30 10 HARTFORD 9 3 6 0 26 36 6 OTTAWA 9 1 8 0 20 47 2 Section Lester Patrick PITTSBURGH.10 8 0 2 56 31 18 NY RANGERS.10 7 2 1 41 28 15 NY ISLANDERS 10 5 4 1 39 36 11 NEW JERSEY .9 5 4 0 32 33 10 PHILADELPHIE 11 3 6 2 42 49 8 WASHINGTON.9 3 6 0 28 35 6 Conférence Clarence Campbell Section James Norris MINNESOTA.9 5 3 1 35 33 11 TORONTO ’ 9 5 3 1 35 29 11 DETROIT 9 5 4 0 37 37 10 TAMPA BAY 10 4 5 1 35 32 9 CHICAGO 9 3 5 1 25 30 7 SAINT-LOUIS.10 3 6 1 31 42 7 Section Connie Smythe LOS ANGELES 10 6 3 1 41 37 13 CALGARY 9 6 3 0 36 24 12 VANCOUVER.8 4 3 1 33 26 9 WINNIPEG 10 4 6 0 37 42 8 EDMONTON .10 1 8 1 24 50 3 SAN JOSE 9 1 8 0 22 47 2 Merci de donner à Centraide 288-1261 Centraide ECONOMIE Le Devoir, jeudi 29 octobre 1992 ^ Casa " H RNANOKI ^ V V SO est.rue Jarr> Réservai ions: (514) 181-%^! RISTORANTE o un petit détour pour une gronde gastronomie italienne» EN BREF.Augmentation des faillites OTTAWA (PC) — Le nombre de faillites personnelles et commerciales a grimpé à 6391 en septembre, en hausse depuis les derniers chiffres qui s’élevaient à 5476 faillites pour le mois d’août, a annoncé hier le ministère des Consommateurs et des Sociétés.Le ministère a précisé que 5164 consommateurs et 1227 compagnies avaient déclaré faillite durant le mois de septembre.L’année 1992 se soldera probablement par un nombre record de faillites, après deux années également difficiles à ce chapitre.Imasco hausse son bénéfice IMASCO a rapporté hier, pour le troisième trimestre clos le 30 septembre 1992, un bénéfice de 111,5 millions $, soit de 88 cents par action, comparativement à un bénéfice de 99,8 millions $, soit de 78 cents par action, durant la période correspondante de l’exercice précédent.Les ventes du réseau ont atteint 4,2 milliards $, durant le trimestre, et les revenus des compagnies d’exploitation ont été au total de 2,5 milliards $.Pour les neufs premiers mois de l’exercice, le bénéfice a été de 269,7 millions $, soit de 2,09 $ par action, comparativement à un bénéfice de 237,2 millions $, soit de 1,82 $ par action, au cours des trois premiers trimestres de l’an dernier.(PC) COGECO quadruple ses profits COGECO a rapporté hier, pour l’éxercice terminé le 31 août 1992, un bénéfice de 2114 000$, comparativement à un bénéfice de 500 000 $ au cours de l’exercice précédent.Toutefois, « après paiement des dividendes sur les actions privilégiées, le montant du bénéfice attribuable aux actions subalternes à droit de vote et aux actions à droits de vote multiples est de 378 000 $ pour l’exercice 1991-1992, comparativement à une perte de 1 299 000 $ pour l’exercice 1990-1991, soit un bénéfice de 4 cents par action cette année, comparativement à une ; perte de 14 cents par action l’an dernier », a indiqué la compagnie dans un communiqué.(PC) Oui au plan de Bramalea 7 u TÔRONTO (PC) — Les actionnaires de Bramalea ont donné leur aval au plan de restructuration présentée p.qr les dirigeants du promoteur immobilier en difficultés, mardi à Toronto.Mais Bramalea doit maintenant convaincre es détenteurs de débentures, qui valent 536 millions $.Le plan prévoit la conversion des 36 millions $ d’actions privilégiées en actions ordinaires.Les actionnaires ordinaires ont dû accepter le fait que cette conversion équivaut à une baisse de leur propriété dans Bramalea à 13 %.Tt'izec est l’actionnaire majoritaire dàns Bramalea, avec 72 % des actions.f • I Les salaires augmentent OTTAWA (PC) — Le salaire hebdomadaire moyen du travailleur Canadien a atteint 552,16 $ au mois d’août.C’était une amélioration de 3,2 % au regard d’août 1991, a fait savoir Statistique Canada mardi.La progression la plus marquée a favorisé les travailleurs du secteur public.Leur salaire hebdomadaire a augmenté en août de 3,5 % à 511,74 $, ; ('â:ajouté l’agence fédérale.Dans le Iffiècteur de la production, le salaire ! hebdomadaire moyen a grimpé à ' i 676,86 $, une hausse de 3,2 %.Dans ’ j celui de la fabrication, le salaire j moyen a progressé de 4,5 %, mais les êugmentations ont été inférieures de eaucoup dans les secteurs de la ’ ; construction, des mines et de j j l’exploitation pétrolière.Recul des Commandes aux USA H e » WASHINGTON (Reuter) - Les commandes de biens durables ont reculé de 0,4 % en septembre aux États-Unis, en données corrigées des variations saisonnières, a annoncé hier le département du Commerce.Hors commandes militaires, elles ont progressé de 0,5 %.Les économistes de Wall Street avaient prévu une hausse de 0,3 %, celle-ci atteignant 0,8 % hors commandes militaires.Par ailleurs, le département a révisé à la baisse les commandes de biens durables en août, qui ont reculé de 0,4 % et non de 0,1 % comme précémment annoncé.SEARS CANADA INC.AVIS DE DIVIDENDE Un dividende trimestriel de 6 cents par action a été déclaré pour toutes les actions de la compagnie, payables le 15 décembre 1992 à tous les porteurs d’actions, les détenant le 13 novembre 1992 à la fermeture.Par ordre du Conseil R.Vezér Secrétaire Toronto, Ontario, le 26 octobre 1992 Les frères Reichmann sont prêts y * .»y AA fr, »»r\ o \i canadiennes sont les plus a Ceder JUSQU a 90 % d O & Y taxées, après la Finlande TORONTO (PC) - Olympia & York Developments a rendii public, hier, le plan de restructuration qui constituera la base de la proposition finale sur laquelle doivent se prononcer ses créanciers, du 20 au 30 novembre.Dans ce document, la famille Reichmann se dit prête à concéder 90% de la compagnie aux créanciers, alors qu’il n’était question que de 80% dans le plan préliminaire d’août dernier.Les créanciers recevraient des obligations établies au montant qui leur est dû, ce qui les rendrait propriétaires de 90% d’O & Y.Ces obligations pourraient être entièrement remboursées à maturité.En vertu du plan, les actifs seraient partagés entre quatre compagnies (y compris O & Y), toutes capables de fonctionner de façon indépendante.L’une de ces compagnies s’occuperait des intérêts de la famille Reichmann dans O & Y.Une autre serait la propriété à 10 % des Reichmann et à 90 % d’Olympia & York.Elle administrerait l’actif immobilier du Canada.Les intérêts immobiliers des États-Unis relèveraient d’une troisième nouvelle compagnie.« Il est prévu que cette compagnie appartiendrait finalement à 51 % à la compagnie établie par les actionnaires actuels et à 49 % aux créanciers sans garantis”, a expliqué O & Y dans un communiqué.Le plan de restructuration, selon O & Y, est conçu de façon à ce que tous ceux qui y ont des intérêts puissent tirer de pius grands avantages de sa continuation que d’une liquidation forcée de ses actifs.Depuis qu’O & Y a admis, le 22 mars dernier, se trouver en « crise de liquidités», les Reichmann ont soumis plusieurs plans de restructuration.Mais ces plans ont tous été critiqués.Parmi les créanciers de la compagnie se trouve une douzaine de banques importantes, dont quatre au Canada.O & Y est propriétaire de grands complexes immobiliers comme la First Canadian Place, à Toronto, le World Financial Centre, à New York, et le Canary Wharf (à demi achevé), à Londres.La dette d’Olympia & York s’élève à 8,6 milliards $ Un pas de plus vers l’Europe à 19 Des pays de l’Est cognent maintenant à la porte de la CEE d'après AFP et Reuter LE PARLEMENT européen a ratifié hier le traité portant création de l’Espace économique européen (EEE), qui rassemblera 19 pays à compter du 1er janvier 1993.L’assemblée de Strasbourg, qui avait jeté une ombre sur le traité l’an dernier en demandant à la Cour de justice européenne de le réviser pour la deuxième fois, a croulé sous les applaudissements à l’annonce du vote — 351 oui, 16 non et 17 abstentions.Les parlements des douze pays de la CEE et des sept membres de l’Association européenne de libre-échange (Autriche, Finlande, Islande, Liechtenstein, Norvège, Suède et Suisse) doivent ratifier le traité pour qu’il entre en vigueur.« Le Parlement européen (.) adresse un message important aux parlements de nos Etats membres», a dit à l’assemblée Frans Andries-sen, commissaire aux Relations extérieures de la CEE.Les Parlements autrichien, finlandais, norvégien et suisse ont déjà ratifié le traité, mais l’approbation définitive de la Suisse reste liée à l’issue d’un référendum fixé au 6 dé- cembre.La victoire du OUI n’est pas acquise en raison du faible soutien des régions germanophones.Le Liechtenstein a surmonté hier un risque de crise politique en fixant un référendum aux 11 et 13 décembre.L’EEE, qui étendra aux pays de l’AELE les règles ayant cours dans la CEE sur la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services, est considéré comme une étape vers l’adhésion de plusieurs pays de l’AELE à la CEE.Ce qui concerne au moins l’Autriche, la Suède, la Finlande et la Suisse.Aux termes du traité, les États de l’AELE sont appelés à créer un fonds spécial pour le développement des pays et régions économiquement les moins avancés de la CEE (Grèce, Portugal, Espagne, Irlande et Irlande du Nord).De leur côté, les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie) ont obtenu hier à Londres la promesse qu’une liste de critères concrets auxquels ils devront répondre pour intégrer la CEE leur serait rapidement fournie.Cette promesse leur a été faite à l’issue de la première rencontre du genre entre les premiers ministres hongrois, polonais, tchèque et slovaque, le président de la Commission européenne Jacques Delors et le premier ministre britannique John Major, qui assure la présidence tournante de la Communauté.Lors d’une conférence de presse conjointe, MM.Major et Delors sont convenus qu’il était « impossible de fixer un calendrier précis » pour l’entrée de ces pays dans la Communauté.Celle-ci doit d’abord régler les problèmes liés à la ratification du Traité de Maastricht et à l’intégration de pays comme l’Autriche et la Suisse.Mais M.Delors a assuré que la Commission présenterait lors du sommet européen d’Edimbourg des 11 et 12 décembre « un rapport sur les critères d’adhésion des pays d’Europe de l’Est».Des accords d’association économique, permettant l’abaissement de certaines barrières douanières, doivent entrer en vigueur début 1993 avec la Hongrie et la Pologne, la signature avec la Tchécoslovaquie ayant été retardée par la partition en cours du pays.Les cours du pétrole baissent encore LONDRES (Reuter) — Les cours mondiaux du pétrole ont enregistré un nouveau recul hier, portant leur baisse à plus de 1 $ US le baril depuis une semaine.L’OPEP, inquiète, a lancé une première mise en garde, suggérant que soit sérieusement considérée une limitation de l’offre.« Nous demandons à tous les pays de réduire leur production pour profiter au maximum du bon niveau de la demande cet hiver », a déclaré le ministre indonésien du Pétrole, Gi-nanjar Kartasasmita, à Djakarta.Le contrat décembre du pétrole brut qualité Brent a reculé hier à 19,65 $ US le baril.Il se traitait à 21 $ US il y a une semaine.Plusieurs analystes se sont déclarés étonnés par cette baisse, à la fois de son ampleur et du moment où elle survient.Ils ont mis en cause les spéculateurs, bien que les cours aient également atteint un sommet en oc- tobre de l’année dernière et aient reculé jusqu’en avril.« Les ventes sont d’ordre technique », estime un dirigeant d’une compagnie pétrolière arabe.« Les fondamentaux sont meilleurs que l’année dernière ».La production de l’OPEP en octobre est estimée, dans l’industrie pétrolière, entre 25 et 25,25 millions de barils par jour (bpj), contre environ 24,80 en septembre.On estime dans les milieux pétroliers occidentaux que ce niveau de production — une quantitésupplé-mentaire étant attendue du Koweït et peut-être d’Iran d’ici la fin de l’année — implique l’équilibre du marché et ne nécessite pas de faire appel aux stocks des compagnies.La stagnation de la demande dans une économie globalement languissante signale que le marché est parti pour aller à la baisse, au moins dans une vision à long terme des fondamentaux.L’incertitude politique en Russie signifie également qu’il sera difficile de prévoir le niveau de l’offre russe.La réunion de l’OPEP le 25 novembre prochain constitue une troisième cause d’incertitude.Claude Turcotte UNE ÉTUDE commandée par l’Association des manufacturiers du Québec (AMQ) montre que la fiscalité pour les corporations au Québec est sensiblement la même que dates la plupart des pays de l’OCDE, mais en ajoutant le taux marginal d’impôt sur les dividendes payés aux propriétaires et actionnaires, le Canada devient le pays où l’imposition du revenu de capital est la plus élevée, ce qui le place au second rang après la Finlande.L’AMQ ajoute que « si le Québec voulait augmenter sa compétitivité fiscale, il aurait intérêt à réduire les charges fixes imposées aux entreprises et à diminuer la progressivité de son impôt personnel ou encore d’augmenter son crédit d’impôt sur dividende ».En fait, les taxes sur le capital et les charges fixes (rentes, assurance-chômage, CSST, etc.) représentent 25,02% des profits corporatifs au Québec, en comparaison de 21,17 % en Ontario, de 22,1 % aux États-Unis, 28,58% en Allemagne et 18,6% au Japon.Ces charges, souligne l’AMQ, ne diminuent aucunement lorsque l’économie traverse une période creuse et que les entreprises voient leur profit diminuer ou se transformer en pertes, de telle sorte que le fardeau de ces charges fixes ne fait qu’exacerber leurs problèmes de liquidité.Cette étude, préparée par le professeur Yves Rabeau de l’UQAM, a eu comme point de départ « l’examen de la proposition syndicale d’une réforme de la fiscalité au Québec ».L’auteur consacre plusieurs pages à répondre aux arguments étalés dans un document signé par les trois grandes centrales syndicales (CSN, FTQ et CEQ) pour appuyer leur requête d’une Commission d’enquête publique sur la fiscalité.« Il est faux de prétendre que nous sommes surtaxes.Nous sommes mal taxés », soutenaient les centrales.Les informations compilées par M.Rabeau montrent que le taux effectif global d’imposition est de 65,34 % au Québec, en comparaison de 64,33 % en Ontario, 66,73 % aux États-Unis, 62,97% en Allemagne et 68,33% au Japon, en incluant un impôt municipal sur les profits dans le cas de ces deux derniers pays.Sans contester ces chiffres, M.Richard Le Hir, vice-président de l’AMQ, soutient que « sans une ré- Le déficit budgétaire américain atteint un niveau record WASHINGTON (Reuter) - Le déficit budgétaire des États-Unis a atteint le montant record de 290,2 milliards $ US à la fin de l’exercice financier, le 30 septembre, a annoncé hier le département du Trésor.Un an auparavant, il était de 269,49 milliards?US.Il aurait été encore plus important cette année si le Congrès n’avait refusé à la Maison blanche l’autorisation de renflouer des caisses d’épargne tombées en faillite, une mesure qui, d’après les experts, est à terme inévitable.forme de la fiscalité des corporations au Canada et au Québec et sans un effort véritable de la part des gouvernements pour contrôler leurs dépenses, il sera très difficile, sinon impossible, de procéder à la restructuration industrielle qui s’impose pour relever le défi de la mondialisation des marchés».Selon lui, il ne suffit pas d’être dans une situation fiscale comparable à celle des pays concurrents; il faut être en meilleure position que les compagnies étrangères.Or, la vraie différence entre la fiscalité québécoise et celle des principaux concurrents se situe dans les charges fixes et c’est là, dit-il, qu’il faut agir sur le plan fiscal.Il rappelle aussi que les gouvernements doivent diminuer leurs dépenses, ce que le Québec ne fait pas lorsque par exemple il a permis une augmentation de 3 % du nombre de postes dans la fonction publique au cours des neuf premiers mois de cette année.M.Le Hir laisse au gouvernement le choix des coupures, mais il suggère un meilleur contrôle des dépenses dans le secteur de la santé, tout en émettant l’opinion qu’il n’est pas nécessaire de donner la pension de vieillesse à quelqu’un qui vit de ses revenus personnels.Sur la question de la fiscalité, l’AMQ a au moins un allié, le Conseil du patronat, qui dans son plus récent bulletin d’information affirme que le fardeau fiscal des sociétés au Québec est en nette progression.Le CPQ s’attend à une augmentation de 8,8 % des contributions des employeurs au fonfs des services de santé, ce qui donnera un total de 3 milliards $ en 1992/1993.De plus, l’impôt des sociétés donnera des rentrées fiscales de 727 millions $, en hausse de 26,2 %.Bref, note le CPQ, les rentrées fiscales du gouvernement, en excluant la contribution des employeurs au fonds de santé, seront de 2,2 milliards $ en 1992/1993, une augmentation de 22,1 % par rapport à l’année précédente.| MontréaLXXM - m r 1764,70 I + 31,67 TSE-300 - m 3334,71 + 48,27 Dow Jones - m 3251,40 + 15,67 Dollar canadien (US Cents) | m 80,81 - 0,04 Or (New York-USS) | 1 m 339,40 + 2,00 (PC) ’ POUR OBTENIR DES ^ CANDIDATES DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR 842-9645 LAFARGE CANADA INC.AVIS DE DIVIDENDE Un dividende trimestriel de Neuf point deux sept huit deux cinq cents (9.27825') par action, sur les actions privilégiées échangeables de la Société, a été déclaré payable le 1er décembre 1992 aux détenteurs d'actions privilégiées échangeables inscrits à la fermeture des registres le 13 novembre 1992.Alain Fredette Secrétaire Le 27 octobre 1992 AUTO DIVORCE (en collaboration avec une firme de notaires) Divorce, séparation de corps, convention de rupture et garde d'enfants À L'AMIABLE FAITES-LE VOUS-MÊME À BON PRIX ET SANS DÉLAI Tel.: 671-0804 1-800-667-0505 / CONSEIL D’ADMINISTRATION 1992-1993 L'Association des cadres supérieurs est heureuse de présenter son nouveau conseil d’administration en suivi de la séance annuelle de l’Assemblée générale tenue le 18 septembre 1992 à Québec.COMITÉ ADMINISTRATIF Mariette Lavallée présidente Présidente Marlelle Lavallée Directrice des services hospitaliers et pré-hospitaliers CSSS de la région de Québec Secrétaire Gilles Dufour Directeur des ressources humaines CSS région Saguenay/Lac St-Jean/Chibougameau 2e conseiller Claude Dubé Directeur des services de réadaptation CA Cinquième saison Beauport AUTRES ADMINISTRATEURS 1re vice-présidente Huguette Dubé Directrice des soins infirmiers CH Ste-Jeanne d’Arc Montréal Trésorier Jacques Dumont Directeur adjoint des finances CH universitaire de Sherbrooke Président sortant Benoît Dumais Directeur des services professionnels CH de l’Université Laval Sainte-Foy 2e vice-présidente Richard Poulin Directeur des ressources humaines CH Jefferey Haie Québec 1re conseillère Christiane Lecompte Directrice des ressources humaines Hôpital des convalescents de Montréal Directeur général de l’Association Robert Savard ASSOCIATION DES CADRES SUPÉRIEURS DE IA SANTE ET DES SERVICES SOCIAUX 920, rue Victoria, bur.150 GREENFIELD-PARK (Québec) J4V1M9 Robert Amyot Directeur des services techniques Hôtel-Dieu de Lévis (Lévis) Denis Bélanger Directeur des ressources humaines CH régional de Rimouski (Rimouski) Micheline Boisvert Adjointe au directeur général CH de Valleyfield (Valleyfield) Richard Boucher Directeur des services hospitaliers CH de Beauceville (Beauceville-ouest) Lise Dubé Directrice des soins infirmiers CH de Portneuf (St-Raymond) Gilles Forcler Directeur des ressources humaines CSSS du Montréal métropolitain (Mtl) Joanne King Directrice des soins infirmiers Hôpital Sainte-Anne-de-Beaupré (Beaupré) Clément Lacroix Directeur des finances et du personnel Hôpital Ste-Anne-de-Beaupré (Beaupré) L’Association remercie ces personnes d'avoir accepté d'administration au développement et à la promotion périeurs du réseau de la santé et des services sociaux qu Luc Legault Directeur des communications CSSS région Saguenay/Lac St-Jean/ Chibougameau Marc-André Lemire Directeur des services professionnels CH Laurentien (Ste-Agathe-des-Monts) Richard Morin Directeur des soins infirmiers longue durée et hébergement CH régional de Lanaudière (Joliette) Jocelyne Paquette Directrice des soins de courte durée CH régional de Lanaudière (Joliette) Bernard Poullot Directeur du DSC CH régional du Grand-Portage (Rivière-du-Loup) Robert St-Pierre Directeur des services administratifs CA Anna-Laberge (Châteauguay) d'oeuvrer bénévolement comme officiers et membres du Conseil des intérêts socio-professionnels des quelque 2 000 cadres su-'elle a, par décret gouvernemental, mandat de représenter.+¦ A-8 M Le Devoir, jeudi 29 octobre 1992 ÉDITORIAL Maintenant — II UARYAÉE ACEIXl'lE LES WCMOSeKOttS Jean-Robert Sansfaçon Le cégep, ce galeux GA\ i.„„LEG8\EWNt?.nonL.movi.fâT -•* •un S9K k -i.Ai LES mauvais génies canadiens sont sortis des urnes du 26 octobre.Ils sont nombreux, connus, et toujours vigoureux : l’aliénation de l’Ouest, l’isolement de l’Atlantique, les tensions linguistiques, la rancoeur contre le Canada central, la désespérance autochtone, le ressentiment envers le Québec, le pessimisme économique permanent.Plutôt que de regarder ces monstres familiers en face, le Canada succombe à la tentation de trouver un bouc émissaire en la personne de son premier ministre.Qui n’a pas le choix.Tôt ou tard avant la prochaine échéance électorale, Brian Mulroney devra passer la main s’il veut que son parti ait la moindre chance de se refaire une popularité.Au Québec, la bouderie à son égard est conjoncturelle et curieusement amicale à travers mille désaccords.Mais au Canada, l’hostilité qu’il provoque a des accents barbares.C’est irrécupérable, et tout à fait injuste.Car pour ce qui est de l’entente de Charlottetown, M.Mulroney n’a fait que son devoir.Pas besoin d’être sorcier pour savoir qu’il espérait et préparait mieux que ce mauvais texte, concocté en juillet par son ministre au dossier, M.Clark, et les constituants du Canada anglais, puis parachevé avec le Québec dans l’improvisation à la fin d’août.S’il l’avait refusé, on lui aurait éternellement reproché d’avoir écarté un beau consensus canadien.Il l’a porté avec fougue et ce faisant il s’est perdu.Plusieurs des rédacteurs principaux se sont évaporés dès le début de la bataille et ils ne lèveront pas le petit doigt pour l’empêcher de couler aujourd’hui.Sauf M.Bourassa, aucun n’osera lui reconnaître au moins l’honneur d’avoir tenté une réconciliation Québec-Canada puisque, dans les autres provinces, le NON l’en blâmait souvent comme d’une mauvaise action.Bref, le bouc émissaire idéal.Dont le départ ne réglera évidemment rien, sauf pour la survie de son parti.Le désarroi canadien ne saurait tenir à un leader, ou à plusieurs.Voilà un pays qui n’a tout simplement plus d’idée de ce qu’il est, du genre de système gouvernemental qui doit l’encadrer, du régime économique qu’il désire, du minimum de valeurs sociales et culturelles qu’il veut défendre.La campagne référendaire a parlé en désordre de tout cela, et n’a pas vraiment tranché.Comme une plaie vivante pour en témoigner au centre, l’Ontario s’est scindée.La moitié de la province centrale et puissante, celle qui a toujours soutenu , les consensus canadiens à peu près sans mot dire, a opposé un NON à tout ce qui lui passait sous le nez.Sans même que les forces du NON y fassent vraiment campagne.Le Canada a un vrai problème.Contrairement au Québec, qui vient de canaliser ses énergies dans la voie de l’autonomisme et qui n’a plus à décider Petite bourgeoisie JE TIENS À préciser que les titres qui ont coiffé l’entrevue accordée à Monsieur Paul Cauchon, dans LE DEVOIR du mercredi 7 octobre 1992, ne sont pas de mon cru.Au cours de cette entrevue, j’ai situé la formation scolaire et professionnelle des 83 leaders de communautés ethniques que j’ai interviewées dans le cadre de la recherche commentée dans l’article de M.Cauchon.J’ai précisé que ces personnes faisaient partie de la petite bourgeoisie professionnelle et salariée, et même de la bourgeoisie industrielle, commerciale, bancaire, etc.du Québec.Or, en titrant : « Les petits-bourgeois du milieu ethnique passés au peigne fin » ou « Les petits-bourgeois du milieu ethnique examinés à la loupe », LE DEVOIR a substitué à une catégorisation sociologique bien établie une épithète « petit-bourgeois », qui dans le langage courant a une connotation préjorative indiscutable.De plus, en le liant a des expressions comme « passés au peigne fin » ou « examinés à la loupe », on laisse croire à un type d’enquête qui n’a plus rien à voir avec la démarche sociologique.Par respect pour les personnes qui m’ont fait confiance et se sont livrées à moi, je veux ici me dissocier de ces formulations.Pour terminer, je voudrais corriger une coquille.On me fait parler d’« hommes d’affaires haïtiens acquis à l’idée de la souveraineté », alors qu’il s’agit d’« hommes d’affaires d’origine italienne ».Micheline Labelle, professeure Département de sociologie Université du Québec à Montréal Montréal, 12 octobre 1992 | La voix de la qualité MADAME BISSONNETTE, ce nouveau souffle que votre plume éditoriale m’inspire, me redonne espoir sur l’issue de ces combats jamais achevés contre des bêtises, sottises et autres ignorances et confusions sciemment entretenues, ces mensonges pudiques ou pervers.Je suis d’un temps qui ne croit pas que la fin justifie les moyens.Votre analyse, votre I respect et votre ton replacent enfin les dé- J bats là où ils ont une chance d’être résolus, c’est-à-dire sur le terrain de l’intelligence, de j l’effet de reconnaître et de la dignité.Vous m’encouragez à continuer dans ces lieux où trop souvent l’image l’emporte sur l’être, la tactique et la stratégie sur le juste, la force grossière sur le subtil et le beau.Il n’y a que trop peu de voix au Québec qui portent sur leur qualité propre la riposte aux intrigants dont semblent être tissés tous ces grands et petits pouvoirs de ce pays.La longueur de vos papiers est à l’image du rattrapage à faire dans l’analyse et le bon sens.Bruno Leblanc Montréal, 22 octobre 1992 que de degrés et de modalités, le Canada perd ses balises.La bataille constitutionnelle va déverser en vrac toutes ses options et confusions dans le champ politique, ce qui donnera au Québec de précieuses indications sur les tendances d’avenir chez son partenaire.Le scénario le plus vraisemblable, aujourd’hui, prévoit la fragmentation du prochain Parlement fédéral, selon des lignes régionales.Les sièges de l’Ouest se répartiraient entre le Reform Party et le Nouveau Parti démocratique, l’Ontario échaudée par son gouvernement néo-démocrate reviendrait aux libéraux, le Québec donnerait une majorité au Bloc québécois et des minorités aux conservateurs et libéraux, les Maritimes se divisant entre les deux grands partis, et pourquoi pas donnant des sièges au COR tenté par la scène fédérale.Quoi qu’il en soit de la carte exacte des Le Canada retrouve ses monstres, et quelques autres partis, le gouvernement central deviendrait dans ces conditions un carrefour d’intérêts régionaux, obligés à de fragiles coalitions.L’orthodoxie canadienne a toujours redouté là une catastrophe.Mais en pratique le pays pourrait enfin faire l’expérience concrète de la diversité qu’il célèbre en essayant constamment de l’étouffer.La véritable innovation, générant des relations moins contraignantes entre le Québec et le Canada, pourrait bien naître là.On ne peut surtout pas écarter le scénario contraire, qui verrait le retour aux affaires d’un Parti libéral encore nostalgique de l’ère Trudeau, âge d’or à ses yeux.Certes M.Chrétien a pris quelque distance de son prédécesseur durant la campagne référendaire, et son instinct lui dicte une approche plus souple envers le Québec s’il tient au moindre retour en grâce hors les comtés inconditionnels de la région montréalaise.Mais l’essentiel de ses appuis canadiens vient encore des milieux attachés au pays qui s’arbitrait tranquillement par les élites au centre, et se donnait bonne conscience en redistribuant quelques bénéfices dans les périphéries qu’on gardait impuissantes et qu’on espérait reconnaissantes.Cette vision tient toujours la mer, d’autant que les néo-démocrates canadiens s’y rattachent avec encore plus de rigidité que les libéraux.Si le Canada choisit cette voie, la confrontation finale avec le Québec sera inéluctable.Théoriquement, en tirant les leçons La relance du TPiM MONSIEUR LÉVESQUE, afin d’éviter que les actions posées par le Théâtre du Nouveau Monde pour redresser une situation financière toujours précaire ne soient discréditées, je dois répondre aux attaques que vous avez portées contre la direction générale et artistique de ce théâtre dans votre article paru dans LE DEVOIR du 20 octobre 1992.En sollicitant l’appui financier de tous les gens de théâtre qui participent fidèlement à nos soirées de grande première depuis nombre d’années, j’ai cru pouvoir m’adresser aux êtres humains que tous, nous continuons d’être, au-delà des conflits qui nous séparent et au nom d’un art qui est censé nous rallier.Pour replacer les choses dans leur véritable contexte, mon geste ne relève certainement pas d’un manque de fair play ou de sens politique ou même de diplomatie.Tout au plus, et je l’admets, le timing aurait pu être meilleur.Néanmoins, si nous vivons actuellement un manque de communication déplorable entre l’Association québécoise des critiques de théâtre et la majorité des théâtres qui composent Théâtres Associés Inc., ce n’est pas au TNM à porter l’odieux de la chose en faisant abstraction de ses besoins les plus légitimes.Nous avons voulu nous élever au-dessus des querelles stériles en nous adressant personnellement à ceux et celles qui oeuvrent au sein de la communauté artistique dans le seul but de solliciter la participation du milieu au plan de relance qui anime le TNM.En espérant que ces précisions vous permettront de mieux comprendre le sens de notre démarche.Lorraine Pintal Montréal, 23 octobre 1992 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : USE BISSONNETTE Rédacteur en chef Bernard Descôteaux Directeur délégué à l ’administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeur de l’information Benoit Aubin Directeurs adjoints de l’information Pierre Beaulieu, Roch Côté Directeur des publications spéciales Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS de la confusion qui brouille tellement les Canadiens entre eux, un gouvernement conservateur pourrait aussi tenter de tenir les fortifications en faisant simplement montre de pragmatisme, dossier par dossier.La thèse du Groupe des 22, têtes d’affiche de divers partis qui proposaient en juin 1991 un fédéralisme assoupli par voie non constitutionnelle, aurait aujourd’hui une séduction nouvelle.Mais on doute que le gouvernement Mulroney trouve le temps et le loisir de l’expérimenter de façon convaincante avant la prochaine élection.Le moindre de ses gestes suscitera les soupçons.Ceux des partis d’opposition désormais pressés de se rapprocher des groupes d’intérêts qui ont causé la défaite du OUI.Et ceux des mêmes groupes d’intérêts, qui se croient désormais monarques légitimes du Canada.Une telle accalmie est d’autant moins vraisemblable que les autochtones ne sont pas disposés à la trêve, si tôt dans la réflexion qui pourrait un jour leur amener justice.Et que l’Ouest, dont le NON a atteint des niveaux imparables, va s’agiter peut-être plus rapidement que le Québec pour trouver exutoire durable à sa méfiance envers le Canada central.Tout est possible, dans ce pays qui mettra du temps à se remettre de l’éclatement de l’idée harmonieuse, tolérante, pacifique qu’il se faisait de lui-même.Qui, tous unifoliés au vent, se félicitait d’avoir atteint ce but admirable en croyant pouvoir faire l’économie du règlement préalable de ses chicanes.Le NON au référendum a renvoyé au contraire une image crue, qui va jusqu’à évoquer une lutte des classes, comme si toutes les autres divisions canadiennes ne suffisaient pas.Car le camp du OUI, hors Québec, faisait littéralement le plein des élites ; il ralliait tous les grands partis fédéraux, presque tous les grands partis provinciaux, les principales organisations d’affaires, les grands syndicats, les grands médias et la quasi-totalité des médias régionaux.Cette formidable coalition n’a su venir à bout du sentiment populaire, qui l’a renversée aisément presque partout.Que se passe-t-il dans ce pays qui s’est toujours targué d’être plus égalitariste que son voisin américain ?Le Québec, à cet égard, a connu une lutte bien plus saine.Elle continue et peut même s’aviver, mais elle risque moins de servir de détonateur à des tensions étrangères à la question politique.Le mal canadien, profond, multiple, remonte à bien plus loin que Brian Mulroney.Ceux qui le lui attribuent voient court, et n’ont surtout rien compris de la leçon du 26 octobre.Ils continuent à s’enfoncer dans l’illusion, la grande, qui les a si bien menés au cul-de:sac.LISE BISSONNETTE « Parfait bilinguisme » LE MINISTÈRE de l’Énergie, des Mines et des Ressources du Canada publie depuis 1973 un périodique de vulgarisation scientifique en sciences de la Terre, la revue Géos.C’est une belle revue couleurs et des plus intéressantes.Jusqu’en 1988, cette revue publiait des articles dans la langue de l’auteur; on mentionnait cependant que le texte était disponible dans l’autre langue sur demande.Jusqu’en 1985, environ 34 % des articles émanaient d’auteurs francophones.Vers cette date, le rédacteur associé francophone et la communauté scientifique francophone ont fait des représentations de telle sorte que, de 1985 à 1988, 45 % des articles étaient rédigés par des francophones.C’est ce que l’on appelait un « bel équilibre » que le ministre qualifiait de « parfait bilinguisme».Équilibre qui a eu finalement pour conséquence, au cours des dernières années, qu’on a plutôt traduit en français les textes produits par des anglophones.De sorte que les textes en provenance d’auteurs francophones ont chuté de 45% (1986-1988) à 12% (1989-1992).C’est donc dire que sous un dehors de « parfait bilinguisme », on en est arrivé à « évacuer » purement et simplement la participation francophone sans faire de vagues ! Il suffit souvent d’examiner une « amélioration » sous un autre éclairage pour s’apercevoir qu’on se fait berner malgré les apparences les plus nobles.Jean-Marie Dubois Sherbrooke, 14 octobre 1992 Enfants à la barre DEPUIS PRÉS DE 10 ans, l'Association québécoise Plaidoyer-Victimes travaille de concert avec les intervenants du réseau judiciaire et social.Elle a développé et appuyé maintes initiatives ayant pour objectif un meilleur traitement des victimes et des témoins.Les interventions récentes du juge Tarasofsky ont surpris et interpellé nombre d’intervenants qui oeuvrent quotidiennement auprès des victimes d'actes criminels.Nous ne comprenons pas que le juge Tarasofsky ait refusé d’accorder le huis clos dans deux causes d’agression sexuelle impliquant des jeunes de moins de 18 ans.La bonne administration de la Justice ne demande-t-elle pas que les témoins puissent rendre témoignage dans un climat serein et dans une atmosphère qui leur permette de donner une version des faits aussi franche et complète que possible ?Nous aimerions croire en une Justice souple, humaine et soucieuse des besoins individuels surtout lorsqu’il s’agit de jeunes enfants.Aliène Gaudreault Présidente Association québécoise Plaidoyer-Victimes Montréal, 19 octobre 1992 QUI A EU la brillante idée de tenir une commission parlementaire sur l’avenir des cégeps une semaine après le référendum ?Quelle naïveté de croire que nos députés sont capables de sagesse et de réflexion non partisane à l’heure des règlements de compte.Enfin.Les cégeps ont 25 ans, leurs premiers diplômés devenus ingénieurs, techniciens, journalistes, artistes ou scientifiques en ont 35 ou 40.Sont-ils plus cancres, moins compétents ou moins cultivés que leurs aînés diplômés dans les années 50 ?Les cégeps ont creusé leurs sillons, pas aussi droits ni aussi profonds qu’on l’avait rêvé, avec mille détours du côté des soulèvements étudiants, des soubresauts syndicaux et des modes pédagogiques.En crise, les cégeps ?Certains le disent et souhaiteraient même les voir disparaître ou les mettre sous la tutelle des universités.Comme si nos universités n’avaient pas déjà leurs propres problèmes, aussi gros que ceux des collèges.Avant de tout foutre en l’air, commençons par juger l’arbre à ses fruits.On dit des jeunes qui sortent des cégeps qu’ils sont mal préparés à affronter le marché du travail ou l’université.Pour le marché du travail, c’est faux, 92 % des diplômés du secteur professionnel collégial trouvent un emploi rapidement après leurs études, une proportion aussi élevée que pour les diplômés universitaires.Quant au taux de satisfaction d’ensemble des entreprises à l’endroit des cégépiens, il atteindrait 87 %.LEUR plus grande faille, c’est la connaissance insatisfaisante de la langue et le niveau de leur culture générale.Or dans un cas comme dans l’autre, le problème est beaucoup plus vaste que ce que les collèges peuvent faire.Quand un jeune de 17 ans qui entre au collège répond à son premier examen que « la sience économie ces pour sauver de l’argent pareeque tout coûte chère aujourdui», un prof comme je le suis ne peut que se demander ce qu’il doit faire : le couler ou le féliciter d’avoir malgré tout réussi son diplôme d'études secondaires ?Heureusement que pour la plupart des collégiens, le problème n’est pas si grave.Depuis trente ans, on a tripoté les programmes du primaire et du secondaire autant qu’on a pu.On est passé par toutes les modes pédagogiques, la dernière balayant les précédentes du revers de la main.Rappelez-vous la vogue de l’audiovisuel, puis celle de l’informatique.Il a suffi d’un article à saveur de scandale dans un magazine populaire pour que le gouvernement commande des milliers d’ordinateurs.Avec le recul, on admettra le ridicule de la chose, le gaspillage d’encre, de salive et d’argent.Les enfants n'ont pas besoin de cours de programmation pour savoir lire et écrire, encore moins pour jouer au Nintendo.On a aussi connu la mode de l’autoévaluation, des classes à aires ouvertes, de la priorité à la langue parlJe, de l’enseignement par objectifs, des bulletins descriptifs, de l’évaluation formative.et ce n’est pas fini.Depuis trois ans, par exemple, on n’enseigne plus aux enfants de première année que I-ili s’épelle L-i-l-i, Li-li.Exil les syllabes, désormais on apprend les mots à vue, d'un bloc et quelle que soit leur longueur.Va pour les enfants qui ont une bonne mémoire visuelle et merde aux autres.Est-ce une bonne méthode, aussi infaillible qu'on le dit ?Je n’en sais rien, je sais seulement qu’on mêle encore plus les parents et que, dans dix ans, il sera trop tard pour revenir en arrière.Au collège, la dernière mode décrétée par l’armée de « pédagogos » du ministère est à « l’évaluation par compétences, incluant l’ordonnancement pédagogique des programmes de manière à assurer leur univocité ».et on fournit la patate-sauce à volonté en side order pour les profs, ces pauvres conformistes ventrus toujours réfractaires au changement.POURTANT.L’éducation ne devrait-elle pas être ce qu’il y a de plus durable dans une société, ce qui assure la pérennité des choses ?Et le système d’éducation, comme le système judiciaire, ne devrait-il pas résister à l’invasion du politique, a l’influence des modes qui sont le pain des médias et le beurre des fonctionnaires ?Nos jeunes manquent de culture.Pas tous, mais en nombre assez élevé pour qu’on prenne la chose au sérieux.Ils font de bons techniciens, mais ils parlent et écrivent comme.comme le reste de notre société, c’est-à-dire plutôt mal.Le problème n’est pas propre au Québec, il est occidental.Ces dernières années, il était même mal vu d’apporter des d voirs à la maison.Le repos, l’expression de soi, la communication.et surtout, la paix pour ces pauvres parents fatigués.Les temps ont changé.Désormais, les jeunes accèdent aux études supérieures en très grand nombre, mais sans toujours posséder la préparation ni même les aptitudes minimales requises.Ce ne sont pas nos principes égalitaires qui peuvent hausser comme par magie leur niveau culturel.Bravo pour l’accessibilité, en autant qu’on y met le prix pour éviter le nivellement par le bas.Les études n’occupent plus la place qu’elles avaient chez les jeunes, ni même chez leurs parents.Une recherche effectuée par le sociologue Ronald Gareau du cégep Ahuntsic montre qu’aux yeux des élèves eux-mêmes, « seulement 58 % des parents de statut socio-économique élevé accordent une très grande importance aux études ».Surpris ?Ajoutons à cela que 70 % des cégépiens occupent un emploi rémunéré tout en étudiant à temps plein, dont 40 % plus de 15 heures par semaine, et il ne sera pas étonnant de constater avec le Conseil supérieur de l’éducation oue le nombre d’heures consacré à l’éd.'tiona diminué.tandis que les .ux d’abandon et d’échec augmentaient.MÊME si les professeurs des cégeps sont plus expérimentés, la clientèle a tellement changé depuis 15 ans qu’il faut réformer l’organisation même des collèges.Réformer dans la continuité et non dans la rupture.Plusieurs initiatives ont déjà été prises pour mieux encadrer les jeunes, d’autres sont en préparation.Malheureusement, à l’image de notre système économique, l’éducation est devenue une marchandise parmi d’autres qui doit répondre aux besoins immédiats du marché.C’est cette tendance qu’il faut renverser.On n’y parviendra certainement pas, comme le voudraient certains, en standardisant encore davantage l’enseignement par l’imposition d’examens d’État dans toutes les disciplines.Tout le monde avec la même définition, le même graphique, la même analyse, la même critique.encore des fantasmes de « pédagogos » frustrés en mal de pouvoir.Un bon prof, c’est une courroie de transmission de la connaissance et de la culture.Mais c’est aussi un modèle qu’on envie, et non un perroquet au service d’un système.On aura beau implanter toutes les techniques d’apprentissage, tous les cours d’appoint que l’on voudra, rien de bien génial ne surgira du malaxeur scolaire tant que l’éducation n’aura pas repris la première place auprès des familles, des entreprises et des gouvernements.C’est même la seule solution pour sortir le Québec de ses problèmes économiques structuraux et réduire le nombre de ceux qui dépendent du soutien de l’État pour survivre.(À suivre) LETTRES AU DEVOIR
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